Chap1 2 - SC JPN
Chap1 2 - SC JPN
I.4 – Semi-conducteurs
L’atome est la plus petite parcelle d’un élément qui puisse entrer dans la composition
d’une molécule.
La molécule est la plus petite parcelle que l’on peut obtenir à l’état libre.
L’atome est constitué d’un noyau central contenant une charge positive autour duquel
gravitent des particules de charge négative appelées électrons.
Dans le noyau on distingue :
- les protons (P) de charge positive (+),
- les neutrons (N) sans charge électrique.
L’atome est électriquement neutre: le nombre de protons est égal au nombre d’électrons,
noté Ζ et appelé numéro atomique.
La charge élémentaire de l’électron est | e | = 1,6.10-19C.
Autour du noyau les électrons se fixent sur des niveaux d’énergie ou niveaux
électroniques repérés par les lettres K, L, M, N, O, P, Q. Le niveau K est le plus proche du
noyau et le niveau Q est le plus éloigné. Un niveau d’ordre n est saturé lorsqu’il contient 2.n 2
électrons.
L
r électron
K
Exemple :
- le niveau K d’ordre 1 contient au maximum: 2 électrons noyau
Entre deux niveaux consécutifs (ex. de K à L) se trouve une bande interdite aux électrons.
Le niveau périphérique est le plus externe de l’atome ; il confère à celui-ci ses propriétés
chimiques et électriques : on l’appelle niveau de valence.
Le noyau exerce une force d’attraction sur l’électron, régie par la loi de Coulomb :
Plus un électron est éloigné du noyau, plus faible est la force d’attraction ; plus faible
également est l’énergie à lui fournir pour le rendre libre.
2
I.2 – Notion de bande dans un solide
W (Energie)
BC Bande de conduction
Wc Bandes permises
Wg BI Bande interdite
Wv
BV Bande de valence
Dans ce cas, les bandes permises, supérieure (Bande de conduction BC) et inférieure (Bande
de valence BV), sont séparées par une bande interdite (BI) de largeur énergétique W g, appelée
‘’gap ‘’. La BV étant pleine, l’électron ne peut se déplacer qu’en franchissant la BI
moyennant un apport important d’énergie. Le niveau énergétique le plus bas de la BC est noté
Wc, et celui le plus haut de la BV est noté W v ; ainsi, on a : Wg = Wc –Wv. Wg est
caractéristique du matériau de base et dépend peu de la température.
- Pour les ‘’bons’’ isolants : (exemples : Silice SiO2, Carbone diamant C) : Wg > 2eV
- Pour les semi-conducteurs :( trois exemples)
Silicium (Si) : Wg 1,12 eV
3
Germanium (Ge) : Wg 0,7 eV
Arséniure de gallium (GaAs) : Wg 1,4eV
Dans un cristal, tous les niveaux permis ne sont pas nécessairement occupés. A
l’équilibre thermodynamique, le taux d’occupation d’un niveau énergétique W est donné par
la fonction de distribution de Fermi-Dirac, qui s’écrit pour les électrons :
avec,
k = constante de Boltzmann
= 1, 38.10-23 J/K = 8,63.10-5 eV/K
T = température absolue en Kelvin (K)
WF = niveau repère, appelé niveau ou énergie
de Fermi ; c’est une caractéristique du cristal.
A T = 0K
- Pour W<WF n (W) = 1 tous les niveaux W<WF sont remplis par les électrons.
- Pour W>WF n (W) = 0 tous les niveaux W>WF sont vides d’électrons.
A T > 0K
Il y a agitation thermique, ce qui entraîne un transfert d’électrons de la BV vers la BC: les
niveaux W<WF ne sont plus saturés, et ceux W>WF ne sont plus vides.
I.4 – Semi-conducteurs
a) Définition et propriétés
Ce sont des matériaux solides cristallins dont la conductivité est intermédiaire entre
celle des conducteurs et celle des isolants ; (exemples: Silicium (Si), Germanium (Ge),
Arséniure de gallium (GaAs)) .
A la température 0K, ils se comportent comme des isolants parfaits, mais deviennent
mauvais conducteurs lorsque la température augmente.
De façon comparative, la résistivité du Silicium pur est d’environ 2.10 5.cm, alors que
celle du Cuivre qui est un bon conducteur vaut 1,6.10 -6.cm, et celle du Mica qui est un
isolant est de 1017.cm.
La différence entre un semi-conducteur et un bon isolant se fait au niveau de la valeur
du ‘‘gap’’ ; elle est faible pour le semi-conducteur: Wg < 2eV.
Au plan structurel, l’atome d’un semi-conducteur possède quatre (4) électrons sur sa
couche périphérique ou couche de valence: c’est un atome tétravalent.
Exemple de l’atome de silicium :
Electron de valence
Numéro atomique : Z = 14
+
4
Noyau de charge (+)
Dans un cristal de semi-conducteur, chaque atome établit quatre (4) liaisons dites
covalentes avec ses quatre atomes voisins ; ce qui assure la rigidité du cristal.
Les électrons participant à ces liaisons sont fortement liés aux atomes du cristal.
Couche de valence
+ + + +
Liaison covalente
+ + + +
Noyau
+ + + + Cristal de semi-conducteur
Dans le cristal, l’ensemble des couches de valence constitue la bande de valence. Chaque
semi-conducteur est caractérisé par l’énergie nécessaire à son électron de valence pour se
détacher de l’attraction nucléaire, en passant de la Bande de valence (BV) à la Bande de
conduction (BC) par franchissement de la Bande interdite (BI); cette énergie correspond
évidemment au ‘’gap’’ Wg. Plus le ‘’gap’’ est faible, plus le semi-conducteur est conducteur.
d) Semi-conducteur extrinsèque
L’existence d’impuretés à l’intérieur d’un cristal semi-conducteur contribue à modifier
plus ou moins fortement ses propriétés électriques intrinsèques (WF, etc.…).
Ici nous étudions le cas où on injecte de façon délibérée dans un semi-conducteur
intrinsèque des impuretés (atomes étrangers) en infime quantité pour ne pas modifier la
symétrie du matériau de base. Ces atomes additifs se placent en position de substitution
(chacun se positionne à la place d’un atome du semi-conducteur de base): on dit qu’on dope
le semi-conducteur; Et le semi-conducteur dopé devient un semi-conducteur extrinsèque.
On distingue deux types de dopage :
d.1 – Dopage par des atomes ‘‘donneurs’’
Ici, l’atome de dopage est un atome pentavalent (ayant 5 électrons sur sa couche de
valence ; exemples : Phosphore P, Arsenic As, Antimoine Sb, …).
Dans le réseau cristallin de semi-conducteur, l’atome dopant établit quatre (4) liaisons
covalentes avec ses 4 atomes voisins de semi-conducteur. Il lui restera donc un électron
excédentaire ne participant pas à ces liaisons.
Cet électron entre en interaction avec les atomes voisins du réseau et reste très
faiblement lié à son atome. Aux températures usuelles (T > 0K), il y a ionisation de l’atome
dopant : celui-ci produit un électron libre et devient un ion positif.
Ces atomes sont dits donneurs parce qu’ils produisent un électron de conduction dans
le cristal semi-conducteur.
Pour un tel semi-conducteur, le nombre n d’électrons est supérieur au nombre p de
trous (n>p), et on obtient un semi-conducteur de type n.
Exemple du cristal de silicium dopé par un atome de Phosphore :
S S S S
Ion (+) de Phosphore
i i i i
S S P S
Electron libre
i i +
i 6
Cristal de Silicium
S S S S
i i i i
d.2 – Dopage par des atomes ‘‘accepteurs’’
Cette fois, l’atome de dopage est un atome trivalent (ayant 3 électrons sur sa couche de
valence; exemples : Bore B, Indium In, Aluminium Al, …).
A l’équilibre, chaque atome dopant établit trois (3) liaisons covalentes avec 3 de ses
atomes voisins de semi-conducteur. Il apparaît donc une vacance d’électron sur l’atome
dopant pour réaliser sa quatrième liaison.
Aux températures usuelles il y a déplacement d’un électron du semi-conducteur pour
combler cette vacance, ce qui entraine l’ionisation du dopant: celui-ci devient un ion négatif
et produit un trou dans le cristal.
Ces atomes sont dits accepteurs parce qu’ils ‘’acceptent’’ un électron du semi-
conducteur et produisent un trou dans le cristal.
Pour un tel semi-conducteur, le nombre p de trous est supérieur au nombre n
d’électrons (p>n), et on obtient un semi-conducteur de type p.
Exemple du cristal de silicium dopé par un atome de Bore:
S S S S
Ion (-) de Bore
i i i i
S S B S
-
i i i Electron cédé
S S S S
Trou créé
i i i i
Cristal de Silicium
Cette
loi,
8
a) La conduction
Lorsque le semi-conducteur est soumis à une différence de potentiel V, il se crée à
l’intérieur de celui-ci un champ électrique ( ), qui engendre à son tour une
force électrique ; cette dernière entraîne le déplacement des porteurs de charge,
électrons dans le sens inverse du champ et trous dans le même sens que .
Pour un faible champ ( < 104 V/cm), le mouvement des porteurs est caractérisé par
une vitesse d’ensemble, appelée vitesse de dérive, qui est proportionnelle au champ
électrique. On a les relations suivantes :
Les coefficients de proportionnalité n et p
sont les mobilités respectivement des
électrons et des trous ; elles sont toujours
positives et exprimées en m2/V.s.
b) La diffusion
En l’absence de champ électrique dans un semi-conducteur, lorsque les porteurs de
charge sont en forte concentration à une extrémité de celui-ci, ils se déplacent par diffusion de
cet endroit vers l’autre extrémité afin d’uniformiser leur répartition dans tout le volume du
semi-conducteur. Ce mouvement d’ensemble est décrit par la loi de Fick, qui stipule que :
pour de faibles perturbations, les flux de porteurs sont proportionnels aux gradients de
concentrations. (Le flux F désigne ici le nombre de porteurs diffusant par unité de surface et
de temps, exprimé en m-2/s). On a les relations suivantes :
9
NB:
- Pour une évolution de la diffusion suivant un axe ox (de vecteur unitaire ) normal à
l’élément de surface dS, on peut écrire que :
Equation de Poisson :
Dans un semi-conducteur contenant des charges électriques (porteurs libres et ions)
dont la densité volumique est , le théorème de Gauss s’écrivait : div E =/, étant la
permittivité du matériau. E étant le gradient de potentiel, la divergence du gradient est le
laplacien ; il vient alors :
C’est l’équation de Poisson
Figure 1 Trous
Figure 2
CHAPITRE II :
JONCTION P-N
11
I- JONCTION P-N A L’EQUILIBRE THERMODYNAMIQUE
I.1 – Caractéristiques d’équilibre
x
0
Une jonction p-n est dite à l’équilibre thermodynamique lorsque sa température est
uniforme et elle n’est soumise à aucune perturbation (par exemple aucune tension extérieure
n’est appliquée).
L’existence de gradients de concentrations au niveau de l’interface de la jonction
instaure un phénomène de diffusion tendant à uniformiser les concentrations des porteurs : en
effet, les électrons majoritaires de la région n vont diffuser vers la zone p tandis que les trous
majoritaires de la région p vont diffuser vers la région n.
Ce mécanisme crée un courant de diffusion associé aux électrons et aux trous, orienté
de p vers n.
Région p
Ei Région n
Trou + + + - - -
- - - - + + + + Electron
Ion (-) +- +- +- - +
-
+
-
+
-
+ Ion (+)
+ + + + - - - +
Paire électron-trou - - - - + + + +
- les porteurs
-
Au voisinage du plan de la jonction, majoritaires, en quittant leur région
Zon e de transi tion
d’origine par diffusion, y laissent des atomes non compensés qui se trouvent ionisés
positivement du côté n et négativement du côté p. Cette couche dipolaire engendre un champ
électrique noté , appelé champ interne, et dirigé de n vers p. Le champ créé va s’opposer au
mécanisme de diffusion qui lui a donné naissance en empêchant le passage des porteurs
majoritaires trous de p vers n et électrons de n vers p. Autrement, il favorise le passage des
porteurs minoritaires électrons de p vers n et trous de n vers p. Ce mouvement des porteurs
minoritaires crée un courant de conduction dirigé de n vers p.
+ + +
A l’équilibre thermodynamique, les courants de diffusion et de conduction se
compensent. La zone proche du plan de la jonction, quasi-libre de porteurs mobiles et
contenant essentiellement+ des+ ions+ fixes est appelée zone de charge d’espace ou zone de
transition (ZT). L’existence du champ électrique dans cette zone dénote de la présence d’une
barrière de potentiel notée VD et appelée tension de diffusion ou potentiel interne.
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Le champ électrique est nul dans les zones adjacentes à la ZT (ou régions quasi-
neutres); ainsi, le potentiel y est constant et noté V n en région n neutre et Vp en région p
neutre. A l’équilibre de la jonction, on montre que :
p n
ID
+ -
V>0
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La tension externe V engendre un champ électrique qui s’oppose à l’action du
champ interne ; la barrière de potentiel, de hauteur (V D-V), s’abaisse alors pour favoriser le
passage par diffusion des porteurs majoritaires à travers la jonction. L’équilibre est ainsi
rompu et il s’en suit un accroissement considérable des courants de diffusion. Le courant
résultant, appelé courant direct ou courant passant I D circulant de p vers n, a une allure
exponentielle. En fonctionnement normal, elle obéit à la loi suivante :
UT = (kT/e) est la tension thermique
A T = 300K, UT 26 mV
Is = courant de saturation (de l’ordre de quelques nA)
p n
Ii
- +
V<0
Ainsi, le champ électrique dû à V accroît l’action du champ interne ; la barrière
de potentiel, de hauteur (VD+|V|), s’élève alors pour empêcher le passage par diffusion des
porteurs majoritaires à travers la jonction. L’équilibre est ainsi rompu et il s’en suit une
réduction considérable des courants de diffusion. Le courant résultant, appelé courant inverse
ou courant bloquant Ii circulant de n vers p, résulte du déplacement des porteurs minoritaires
(courants de conduction) et demeure très faible. Il s’apparente au courant de saturation : Ii -
Is.
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0
V (volts)
- Is
Polarisation
Inverse : V < 0
En pratique, en fonctionnement normal, l’évolution du courant direct n’est pas exponentielle.
En effet, quand le courant augmente, on ne peut plus négliger les chutes de tension dans les
régions quasi-neutres ; ceci explique en partie l’écart entre la courbe théorique (en trait plein)
et la courbe pratique (en tirets).
On déduit de cette caractéristique qu’en polarisation directe la résistance dynamique est très
faible, alors qu’elle est très forte en polarisation inverse. C’est sur cette forte dissymétrie que
repose la plupart des applications de la jonction pn.
I
VR
V
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b) Capacité statique ou de transition : CT
On considère la jonction polarisée en inverse sous la tension v. La zone de transition se
comporte comme un quasi isolant (diélectrique) d’épaisseur w, car elle est presque dépourvue
de porteurs libres. Cette zone comporte une double couche de charges statiques : +Q en région
n et –Q en région p, sous la d.d.p Vj = VD-v.
Pour toute variation Vj de la hauteur de barrière V j, il s’en suit une variation w de
w, ce qui entraîne une variation Q de la charge d’espace Q. On assimile ce comportement
réactif en régime dynamique à celui d’un condensateur caractérisé par une capacité
différentielle, appelée capacité de transition, qu’on exprime au voisinage de la polarisation v0
par :
Dans son étude, CT correspond à la capacité d’un condensateur plan d’épaisseur w0, de
section S et dont le diélectrique a une permittivité , d’où : .
gd 18
CT
Remarque :
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