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La Polarite Negative

Ce document examine la polarité négative dans le discours touristique français en se basant sur des voix adjectivales et nominales. L'analyse vise à démontrer comment ces marqueurs de subjectivité influencent la perception des destinations touristiques et contribuent à l'analyse des stéréotypes de pensée. Les résultats sont basés sur un corpus de documents authentiques en ligne, permettant de redéfinir leur rôle en tant que ressources persuasives dans le choix des destinations.

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La Polarite Negative

Ce document examine la polarité négative dans le discours touristique français en se basant sur des voix adjectivales et nominales. L'analyse vise à démontrer comment ces marqueurs de subjectivité influencent la perception des destinations touristiques et contribuent à l'analyse des stéréotypes de pensée. Les résultats sont basés sur un corpus de documents authentiques en ligne, permettant de redéfinir leur rôle en tant que ressources persuasives dans le choix des destinations.

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ISSN: 1699-4949

nº 22 (otoño de 2022)
Varia

La polarité négative dans le discours touristique français.


Marqueurs adjectivaux et nominaux

Mercedes EURRUTIA CAVERO Aránzazu GIL CASADOMET


Universidad de Murcia* Universidad Autónoma de Madrid
[email protected] [email protected]
https://orcid.org/0000-0003-1653-5635 https://orcid.org/0000-0003-2339-7429

Resumen
Apoyándonos en la teoría según la cual la subjetividad se considera gradualmente en términos
de propiedades como la afectividad, la evaluación o la objetividad (Kerbrat-Orecchioni, 2008), nos
proponemos como objetivo demostrar si ciertas voces adjetivales y nominales, marcadores de polari-
dad negativa en determinados contextos y sectores lo son también en el ámbito turístico. El análisis
realizado (datos contextuales y cotextuales) a partir de un corpus de documentos auténticos en línea,
nos permitirá determinar la contribución de dichas voces como marcadores subjetivos de polaridad,
positiva o negativa, en dicho sector, replantear su contribución al análisis de estereotipos de pensa-
miento (Palma, 2006) y redefinir su función como recurso persuasivo determinante, en ciertos casos,
en la elección de un potencial destino turístico.
Palabras clave: marcadores de subjetividad, polaridad negativa, voces adjetivales y nominales, discurso
turístico francés.
Résumé
Partant de la théorie selon laquelle la subjectivité est progressivement considérée en termes
de propriétés telles que l’affectivité, l’évaluation ou l’objectivité (Kerbrat-Orecchioni, 2008), nous
nous proposons comme objectif de démontrer si certaines voix adjectives et nominales, marqueurs de
la polarité négative dans certains contextes et secteurs jouent ce même rôle dans le domaine du tou-
risme. L’analyse effectuée (données contextuelles et cotextuelles) à partir d’un corpus de documents
authentiques en ligne, nous permettra de déterminer l’apport de ces voix comme marqueurs subjectifs
de polarité, positive ou négative, dans ledit secteur, de reconsidérer leur contribution à l’analyse des
stéréotypes de pensée (Palma, 2006) et de redéfinir leur fonction comme ressources de persuasion
déterminantes, dans certains cas, dans le choix d’une destination touristique potentielle.
Mots clés : marqueurs de subjectivité, polarité négative, voix adjectivales et nominales, discours tou-
ristique.

*
Artículo recibido el 10/04/2022, aceptado el 25/09/2022.
Çédille, revista de estudios franceses, 22 (2022), 277-310 M. Eurrutia Cavero & A. Gil Casadomet

Abstract
Based on the theory according to which subjectivity is gradually considered in terms of prop-
erties such as affectivity, evaluation or objectivity (Kerbrat-Orecchioni, 2008), we propose as an ob-
jective to demonstrate if certain adjective and nominal voices, markers of negative polarity in certain
contexts and sectors, they are also in the tourism field. The analysis carried out (contextual and cotex-
tual data) from a corpus of authentic documents online, will allow us to determine the contribution
of these voices as subjective markers of polarity, positive or negative, in said sector, rethink their con-
tribution to the analysis of stereotypes of thought (Palma, 2006) and redefine its function as a decisive
persuasive resource, in certain cases, in the choice of a potential tourist destination.
Keywords: subjectivity markers, negative polarity, adjectives and nominal voices, tourist discourse.

1. Introduction
Dans La science et l’hypothèse, Henri Poincaré (1917 : 58) écrit : « Il n’y a pas d’espace
absolu, nous ne concevons que des mouvements relatifs […] ». En effet, le principe de rela-
tivité compris par Galilée, puis calculé par Lorentz et interprété par Poincaré avant de con-
naître deux versions finales, relativité restreinte et relativité généralisée, découvertes par Eins-
tein, trouve son application dans le domaine linguistique. Il va de soi que toute unité lexicale
est, en un sens, subjective, puisque les « mots » de la langue ne sont jamais que « des symboles
substitutifs et interprétatifs des choses » (Kerbrat-Orecchioni, 1980 : 44). Contre l’illusion
« isomorphiste », la linguistique démontre que les productions discursives qu’autorisent les
langues, au niveau général, ainsi que dans les domaines de spécialité comme le tourisme,
découpent, à leur manière, l’univers référentiel sur la base d’axes sémantiques arbitraires «
programmant », de façon contraignante, les comportements perceptifs et descriptifs de la
communauté parlante. Cette constatation, reprise par de nombreux linguistes tels que Fau-
connier (1975 ; 1976), Tordesillas (1998 ; 2005), Israel (2001), Palma (2006), Hernández
(2006), Giannakidou (2011), parmi tant d’autres, reste complexe étant donné les multiples
approches à partir desquelles elle est envisagée.
Dans le but de contribuer à préciser ces productions discursives marquées par la sub-
jectivité, nous nous proposons dans ce travail de recherche de préciser la valeur d’emploi de
la polarité dans le discours touristique à partir de l’analyse des voix adjectivales et nominales.
Nous avons pour objectif de démontrer comment, dans ce domaine positivement stéréotypé,
certaines productions potentiellement à polarité négative s’y glissent tout en adoptant,
lorsqu’elles s’actualisent au sein de ce discours spécialisé, des valeurs souvent opposées à ce
que l’on pourrait penser au préalable.

2. Cadre théorique
Une brève évocation historique montre comment tout au long du temps les manières
d’approcher le phénomène de la polarité ont changé dû à de nouveaux modes d’analyse mais
surtout en raison de nouveaux centres d’intérêt apparus dans le domaine logico-linguistique.

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Toutefois les questions se répètent à la recherche de réponses satisfaisantes : Comment définir


la polarité ? Quels sont les facteurs déclencheurs de la polarité dans le secteur du tourisme ?
La polarité négative, existe-t-elle dans ce domaine de spécialité ? Afin de répondre à toutes
ces questions il est indispensable de préciser, dans un premier temps, les trois notions de base
autour desquelles est articulé ce travail de recherche : subjectivité, polarité et stéréotype.
2.1 Notion de subjectivité
La notion de subjectivité a été l’objet d’étude de l’approche cognitive et computa-
tionnelle, de l’approche sémiotique mais on trouve également des tentatives d’une définition
linguistique. Néanmoins, dû probablement au fait que la subjectivité n’est initialement pas
un concept linguistique, certains linguistes ont pu réaliser une restriction définitionnelle et
créer un concept approprié pour la description linguistique :
La subjectivité dont nous traitons ici est la capacité du locuteur
à se poser comme « sujet ». […] Or nous tenons que cette sub-
jectivité, qu’on la pose en phénoménologie ou en psychologie,
comme on voudra, n’est que l’émergence dans l’être d’une pro-
priété fondamentale du langage. Est ego qui dit ego. Nous
trouvons là le fondement de la subjectivité, qui se détermine
par le statut linguistique de la personne (Benveniste, 1958 :
259-260).
Lorsque Benveniste définit la subjectivité fondée sur le fonctionnement de la
temporalité linguistique il recourt à une approche psychologique de l’individu, tandis
qu’il définit une dichotomie entre l’expérience vécue (passé et présent) et l’expérience à
venir (prospective).
C’est toutefois sur la base d’éléments attestés et langagiers qu’il définit une expli-
cation linguistique du phénomène – à l’instar de Culioli (1999) qui insiste sur cette obli-
gation –, bien que l’analyse sous-jacente puisse relever de la psychologie ou d’un propos
relatif au fonctionnement interne du locuteur :
[Subjectivité] […] c’est le processus par lequel un locuteur se fait sujet
grâce, dans et à travers le langage qui en est la condition de possibilité
en tant qu’il offre un arsenal de formes grammaticales textualisables
permettant l’institution du sujet (LTTR13, 2013 : 6).
En effet, la langue apporte au locuteur des formes grammaticales « textualisables »
mais surtout l’instrument de son exercice. Dans cette optique, Tordesillas (1998, 2001) nous
rappelle que la subjectivité du locuteur se manifeste dans la sémantique du lexique ainsi que
dans la structure sémantique des mots et du discours. Les voix adjectivales et nominales fonc-
tionnent dans la langue comme de possibles marqueurs de la subjectivité grâce à leur signifi-
cation intrinsèque et au contact avec d’autres éléments discursifs. Plus tard, Tordesillas

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(2021 : 270-271) reflète ainsi l’évolution de la redéfinition du concept de subjectivité lin-


guistique au cours des dernières décennies :
Dans l’histoire de la pensée et pendant des siècles, il a été habituel de
considérer que la langue représentait la réalité, et, avec cela, de consi-
dérer que le sens était objectif, informatif, descriptif et normatif, le
formel présidant par ailleurs son essence et établissant de même une
relation directe entre la langue et la pensée et le principe d’un sujet
parlant unique. [...] Parallèlement à cette conception informative et
formelle, qui conduit Saussure, au début du XXème siècle, à conce-
voir la langue comme un code, un système de signes codifiés, consti-
tuant une structure et instaurant un fonctionnement moyennant des
règles, ayant comme but de représenter la réalité, indépendamment
de toute subjectivité, de toute énonciation et de tout contexte. [...] Il
s’agit de la subjectivité, de l’énonciation, du sens, situés au cœur du
développement de la linguistique contemporaine et susceptible d’ex-
pliquer le lien langage/langue et langue/discours, de relier la langue à
d’autres domaines du fonctionnement langagier et du comportement
humain, et de réfléchir sur l’image que l’activité linguistique peut
donner d’elle-même en tant qu’activité discursive et/ou sociale.
De son côté, Kerbrat-Orecchioni (1980 : 174) oppose aux lexèmes objectifs, les
lexèmes comportant des subjectivèmes particuliers, associés à des échelles, positives ou néga-
tives, de valeurs propres à chaque locuteur :
[...] toute séquence discursive porte la marque de son énonciateur se-
lon des modes et des degrés divers. La seule attitude légitime, c’est
d’admettre que toute séquence se localise quelque part sur l’axe qui
relie les deux pôles infiniment éloignés de l’objectivité et de la subjec-
tivité ; la seule entreprise rentable, c’est d’essayer d’en identifier, dif-
férencier et graduer les divers modes de manifestation. C’est dans ce
but que nous avons distingué les « subjectivèmes » affectifs, évaluatifs,
modalisateurs et axiologiques et envisagé d’autres lieux d’émergence
de la subjectivité.
Toutefois les études menées par Kerbrat-Orecchioni sur le langage évaluatif et les
adjectifs axiologiques se situent dans un courant différent de celles réalisées par James R.
Martin et Peter R. R. White. L’une s’intéresse à la subjectivité de l’énoncé et l’autre vise à
expliquer et à catégoriser le langage évaluatif qui fonctionne dans le discours même si la no-
tion d’axiologie est analysée dans les études de ces deux courants. Selon Kerbrat-Orecchioni
(1999), le langage évaluatif est une trace de la subjectivité dans un énoncé, c’est-à-dire une
évaluation qualitative o quantitative d’une cible qui concerne le jugement de valeur du sujet
parlant face à cette cible. Même si le langage affectif renvoie à une réaction émotionnelle du
sujet parlant par rapport à un objet, cette réaction n’est pas d’évaluation.

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D’une manière plus ample, Martin et White (2005), dans le cadre de la linguis-
tique systématique fonctionnelle, considèrent que le langage évaluatif se manifeste dans le
discours pour exprimer l’affect, le jugement de valeur d’une cible, l’engagement du sujet
parlant dans un discours et le degré de l’évaluation. Nous appuyant sur les théories de ces
auteurs, nous caractériserons le langage évaluatif comme le langage dont la finalité est l’ex-
pression de la propre évaluation du point de vue de l’attitude, de l’opinion ou de l’affect
du sujet parlant par rapport à une cible. Pour ce faire nous centrerons notre attention sur
le langage touristique.
Calvi et Bonomi (2008 : 184) expliquent que le lexique du discours touristique com-
prend des termes qui ont pour but de transmettre des jugements de valeurs dans le but de
persuader les destinataires. Cette théorie est confirmée par l’allégation de Mapelli (2013) que
la fonction émotive ou expressive et la fonction conative ou directe sont les deux fonctions
du langage les plus utilisées dans ce discours spécialisé. Il s’ensuit que les termes valorisants,
soit affectifs ou évaluatifs, y jouent un rôle essentiel. En effet, ils évoquent une valorisation
du destinateur. Lorsque ce dernier présente ce qu’il dit d’une manière favorable ou valori-
sante, l’expression est jugée méliorative. Elle est péjorative quand il s’exprime défavorable-
ment ou d’une manière dévalorisante. Ces formulations ont une influence sur le comporte-
ment du destinataire. Le langage évaluatif peut, par conséquent, se manifester dans le discours
sous des formes diverses telles que le lexique (Ce parcours familial est un voyage savoureux dans
un monde rempli de trésors de folklore), les constructions syntaxiques telles que la comparaison
ou le superlatif (Venise, l’une des plus belles villes du monde), l’usage de certaines expressions
ou d’autres ressources linguistiques qui opèrent au niveau discursif :
[Açores] Perdues au milieu de l’Océan, ces îles regorgent de végéta-
tion, volcans, piscines naturelles, montagnes spectaculaires et cétacés !
On est loin du sable blanc et des cocotiers, plutôt des îles de pirates,
paradis perdu de tous les aventuriers. Un terrain de jeux idéal, pour
randos à volonté et baignade (https://www.sans-frontieres.fr/se-
jour/acores-colonies-etranger-ados).
Dans l’exemple ci-dessus les adjectifs perdues, spectaculaires, idéal sont considérés
comme évaluatifs puisqu’ils montrent la valeur que l’auteur de cette brochure touristique
donne aux substantifs îles, montagnes et terrain de jeux qui reposent implicitement sur la com-
paraison de la cible avec d’autres objets ciblés.
Dans certains cas, l’évaluation est intégrée dans le discours sous forme d’expression,
d’usage, de la rhétorique, de la ponctuation, etc. Voici un exemple illustratif :
Le projet Sans Frontières commun à tous
= Une éducation au voyage par le voyage.
= Un projet éducatif commun à tous les séjours SF.
= La sécurité, morale, physique et affective de tous les jeunes qui nous
sont confiés : une condition non négociable.

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= Un accompagnement avant, pendant et après le séjour par


l’équipe permanente SF (https://www.sans-frontieres.fr/infos-
pratiques/recrutement).
En règle générale, les substantifs éducation, projet, équipe, accompagnement ne sont
jamais considérés comme évaluatifs alors que dans le passage ci-dessus ils renvoient à une
trace de l’évaluation par rapport au mot projet. C’est grâce au contexte que ces mots servent
à vanter le prestige et la qualité de ces séjours itinérants organisés par la voyagiste française
Sans Frontières « hors des sentiers battus » tout à fait adaptés à la cible visée (jeunes et adultes,
touristes non conventionnels, à la recherche d’un « voyage unique »).
2.1.1. Différentes théories
Tout en étant une notion polémique, la subjectivité, a donné lieu à des théories mul-
tiples impossibles de répertorier dans leur totalité. Nous n’ébaucherons que les traits essentiels
de celles que nous considérons les plus remarquables :
– Théorie du subjectivème. Kerbrat-Orecchioni aborde l’énonciation à partir d’une
discussion du schéma de communication formulé par Jakobson (1963). Elle consi-
dère que ce schéma contient les éléments minimaux indispensables à toute analyse
de l’échange linguistique. Toutefois, elle lui reproche de ne pas comporter suffisam-
ment d’ingrédients et propose de le complexifier afin qu’il rende mieux compte du
« territoire » (Kerbrat-Orecchioni, 2008 : 58). Elle construit un cadre énonciatif en-
richi prenant en compte, outre les six facteurs fondamentaux de la communication,
les mécanismes spécifiques à l’encodage et au décodage, les compétences linguis-
tiques et culturelles propres aux interlocuteurs, leurs déterminations idéologiques,
psychologiques, les contraintes de la situation et de l’univers du discours. Par ailleurs,
« faute de pouvoir étudier directement l’acte de production, nous chercherons à iden-
tifier et décrire les traces de l’acte dans le produit, c’est-à-dire les lieux d’inscription
dans la trame énonciative des différents constituants du cadre énonciatif » (Kerbrat-
Orecchioni, 1980 : 30). Cette description du champ de l’énonciation, du « champ
lexologique » selon l’expression de Barthes (1985), est encore prématurée, et Kerbrat-
Orecchioni (1980 : 32) choisit de ne s’intéresser, au moins dans un premier temps,
qu’aux unités porteuses de ce qu’elle appelle « subjectivème », c’est-à-dire un énon-
ciateur marquant l’inscription et les modalités d’existence du seul locuteur-scripteur
dans son discours. L’auteure se propose de repérer tous les indices de la subjectivité
dans le discours (Kerbrat-Orecchioni, 1980 : 34-120). Pour ce faire elle propose une
grille où les catégories sont dégagées intuitivement à partir d’une analyse référentielle
des unités linguistiques. Tout d’abord elle fait une révision des déictiques, unités
dont les propriétés sémantiques, différentes de la référence cotextuelle ou de la réfé-
rence absolue, impliquent une prise en considération de certains éléments constitu-
tifs de la situation de communication (Kerbrat-Orecchioni, 1980 : 36). Dans une

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seconde étape, Kerbrat-Orecchioni propose dans son ouvrage une classification sé-
mantique de la subjectivité du lexique. Aux lexèmes objectifs, dont la classe dénota-
tive est relativement stable et délimitée en langue (par exemple les adjectifs de cou-
leur), elle oppose les lexèmes comportant des subjectivèmes précis, associés à des
échelles de valeurs propres à chaque locuteur. Il faut citer à ce titre parmi les adjectifs,
les adjectifs « affectifs » (amusant, drôle, sympa), les « évaluatifs » comportant des traits
« axiologiques » associés à une échelle (bien/mal) ou « modalisateurs » associés à une
échelle (vrai/faux). Ces classes lexicales ne sont pas stables puisqu’elles renvoient à des
systèmes individuels ; de plus, tout élément est susceptible de se charger de traits
subjectifs qu’il n’a pas initialement. Une démarche analogue permet de classer les
verbes et les substantifs. Enfin, elle conclut après sa recherche consistant à la réalisa-
tion d’une grille énonciative appliquée à deux corpus (textes de presse et textes litté-
raires) que sa grille théorique constitue bien une voie d’accès permettant de caracté-
riser l’inscription du locuteur dans son discours, mais qu’elle laisse échapper encore
une foule d’indices de la subjectivité dans les textes, liés, en particulier, aux genres de
ceux-ci, à leur « style » et à leur fonctionnement interne. La typologie des discours ne
saurait déboucher sur une mesure de taux de subjectivité des textes selon une échelle
quantitative unique, tant les procédés impliqués sont différents qualitativement.
Toutefois, une première démarche devrait permettre de fonder une typologie lin-
guistique partielle en cherchant les « marques énonciatives qui sont tolérées/refusées
par chaque type de discours » et en caractérisant « chaque genre par une combinaison
inédite d’énonciatèmes » (Kerbrat-Orecchioni, 1980 : 171).
– Théorie de l’évaluation (Appraisal). Le modèle de l’évaluation cognitive dans la ge-
nèse de l’émotion ou appraisal theory of emotion conçoit que l’épisode émotionnel est
conceptualisé comme un ensemble de sous-processus d’évaluations cognitives ayant
un impact sur les différentes composantes de l’émotion. Ces évaluations cognitives
sont vues comme un processus séquentiel impliqué dans la différenciation des émo-
tions ; par ailleurs, cette théorie de l’évaluation cognitive est partie intégrante du mo-
dèle des processus composants décrit par Scherer (2001). Elle a pour but de proposer
un cadre conceptuel permettant d’expliquer la différenciation des états émotionnels
comme une résultante d’une séquence évaluative d’un stimulus ou d’un événement
donné et permet de proposer des prédictions concernant des patrons ou pattern d’ac-
tivations dans différents sous-systèmes de l’organisme. Des versions préliminaires de
ce modèle ont été présentées par Grandjean, Sander et Scherer (2005).
– Modèle informatique du langage de l’évaluation : notion d’analyse automatique de la
subjectivité et de l’évaluation. Le promoteur de ce paradigme est Vernier (2011) dont
l’objectif était de créer un modèle informatique du langage de l’évaluation pour des
applications de traitement automatique des langues. Pour ce faire, l’auteur a adapté

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les recherches réalisées par Kerbrat-Orecchioni (échelle de subjectivité), les modalités


discursives pour le français de Charaudeau (1992) et la Théorie de l’évaluation de
Galatanu (2000). Reprenant le problème de la complexité de la subjectivité avancé
par Galatanu (pas indiqué par Kerbrat-Orecchioni), Vernier met en évidence le fait
que l’énonciateur extériorise souvent la subjectivité en éludant la présence explicite
dans le discours, c’est-à-dire, il l’intègre implicitement dans l’énoncé sans avoir re-
cours à l’usage de ressources linguistiques habituels (pronoms, adjectifs possessifs…).
Les différentes approches de la subjectivité exposées par les théories ci-dessus énon-
cées nous mènent à la conclusion que ce ne sont pas les formes qui permettent à la subjectivité
d’agir dans le langage ; tout au contraire, c’est la subjectivité qui agit dans le langage en s’ap-
propriant des formes comme nous le montrerons par la suite.
2.2 Notion de polarité
Subjectivité et polarité sont deux notions étroitement liées. Il va de soi que les phrases
sont objectives ou subjectives. Lorsqu’une phrase est objective, aucune autre tâche fonda-
mentale n’est requise mais lorsqu’une phrase est subjective, ses polarités (positive, négative
ou neutre) doivent être estimées.
En effet, les remarques que nous venons de faire ci-dessus nous mènent à la notion
de polarité, terme métaphorique, emprunté à la chimie qui renvoie par analogie, en linguis-
tique, à « l’état d’un système dont deux points quelconques présentent des caractéristiques
différentes ou opposées » (https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais-monolingue).
En linguistique, un élément de polarité est un élément lexical qui ne
peut apparaître que dans des environnements associés à une polarité
grammaticale particulière, affirmative ou négative. Un élément de
polarité qui apparaît dans des contextes affirmatifs (positifs) est appelé
élément de polarité positive (PPI), et celui qui apparaît dans des con-
textes négatifs est un élément de polarité négative (NPI). L’environ-
nement dans lequel un élément de polarité est autorisé à apparaître
est appelé « contexte de licence ». Dans le cas le plus simple, une dé-
claration affirmative fournit un contexte de licence pour un PPI, tan-
dis que la négation fournit un contexte de licence pour un NPI. Ce-
pendant, il existe de nombreuses complications, et tous les éléments
de polarité d’un type donné n’ont pas nécessairement besoin d’avoir
exactement le même ensemble de contextes de licence (https://string-
fixer.com/fr/Negative polarity).
Nous focaliserons notre attention sur la notion de polarité négative conformément
aux objectifs fixés dans notre recherche. Pour cela nous prendrons appui sur un corpus de
documents authentiques où les brochures touristiques occupent une place prioritaire. Une
brève révision des études menées sur la polarité négative en linguistique telles que celles de
Jespersen ([1917], 1962), Palma (2006), Hernández (2006), Larrivée (2007 ; 2012) ou

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Giannakidou (2011) révèle comment la plupart des auteurs rapprochent cette notion
d’autres phénomènes comme la négation, la quantification et la présupposition. Si pour cer-
tains auteurs la polarité négative est une notion liée à la fonction conversationnelle, pour
d’autres c’est la portée de la négation qui s’avère essentielle dans sa délimitation. Dans le cas
concret du français et de l’espagnol, on remarque un problème ajouté : le manque d’une
distinction précise entre les termes à polarité négative (TPN) et les mots négatifs. D’après
Palma (2006 : 64), « [polarité négative] Il s’agit d’un phénomène d’influence du contexte sur
la possibilité d’occurrence ou le sens d’expressions qui y sont sensibles […] On peut, prati-
quement, définir les termes à polarité négative, et les contextes à polarité négative ».
Giannakidou aborde la notion de polarité négative dans des débats qui utilisent
comme facteur déterminant la véridicité, uniquement du point de vue lexical et syntaxique,
faisant partie d’une catégorie d’expression que l’on retrouve pratiquement dans toutes les
langues : la négation. À son avis, « la sensitivité polaire est une forme de dépendance entre les
termes à polarité (TP) et le contexte : les TP seraient des expressions sensibles du fait qu’ils
dépendent de certaines propriétés du contexte pour être correctement interprétés » (Gianna-
kidou, 2011 : 1665).
Horn (2000) et Larrivée (2012) mettent en évidence la façon dont la négation peut
être marquée linguistiquement à l’aide de la morphologie (préfixes), de la syntaxe (adverbes,
coordonnants, déterminants et pronoms, modification des syntagmes et du groupe verbal),
de la sémantique (unités lexicales, collocations et locutions) et de la pragmatique (éléments
intralinguistiques et extralinguistiques).
Dans le cadre des études portant sur la théorie de l’argumentation dans la langue
(Anscombre et Ducrot, 1983), de la polyphonie énonciative (Ducrot, 1980 ; 1984) et des
topoï (Anscombre, 1995 ; 2001 ; Ducrot, [1988] 1995) plusieurs concepts associés à l’impli-
cation de la subjectivité dans la signification des mots et le sens ultime de l’énoncé ont été
repris. Ceux qui nous intéressent et sur lesquels nous attirons l’attention sont lesdits point de
vue et topoï, décrits par Tordesillas (1998 ; 2005 ; 2008 ; 2016) dans les termes suivants :
Nous concevons le point de vue comme la conception positive, né-
gative ou neutre, liée à la signification du lexique ; le topos est alors
un script de la signification, lié au lexique. [...] Elle est susceptible
d’être explicitement marquée : ainsi positive (+) comme par exemple
la signification de « vaillant » qui présente « le défi au péril » comme
quelque chose de positif (+) ; négatif (–), par ex. la signification qui
se trouve à l’origine de « couard » qui décrit « le manque de réponse
au péril » comme négatif ; ou neutre (+/–), comme « osé », susceptible
de décrire en (+) ou (–) la signification qui est à l’origine « réponse au
péril ». Nous qualifierons cette orientation de bipolaire (Tordesillas,
1998 : 48-52).
Selon l’auteure, la polarité est présente dans le lexique dès l’inscription des points de
vue dans la langue dans sa conception positive, négative ou neutre faisant partie de sa

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signification. En guise de conclusion on peut dire que les apports à la notion de polarité
négative de ces différents linguistes mettent en évidence l’inexistence d’un seul facteur ren-
dant compte de la sensitivité des TPN. Les diverses langues emploient des ressources simi-
laires pour créer ce type de combinaisons telles que les expressions que sur une échelle peuvent
dénoter les valeurs les moins élevées de ladite échelle. C’est ainsi que lesdites expressions per-
dent leur valeur référentielle et sont intégrées dans le paradigme de quantification, en fonc-
tion de la conceptualisation de la langue. En outre, ces diverses interprétations, qui se com-
binent souvent entre elles, nous permettent d’affirmer que, même si le champ d’étude de la
polarité négative reste restreint, il paraît plus complexe étant donné la prolifération d’expli-
cations, fréquemment incompatibles entre elles, et, par conséquent, difficiles à unifier en rai-
son de nouveaux modes d’analyse et notamment de nouveaux centres d’intérêt qui sont ap-
parus en linguistique au cours des dernières années. Toutefois, ces nouvelles approches, en
apparence très diverses, tournent autour des traits sémantiques du lexique, des études sur la
relation structurelle entre la négation et les éléments qui en dépendent (syntaxe), sur la prag-
matique, sur la polyphonie des énoncés négatifs ou sur les notions mentales, c’est-à-dire, les
échelles de différente nature ou les interprétations de type cognitif. Afin de contribuer à pré-
ciser cette notion, nous nous proposons de montrer, par la suite, nous appuyant sur des
exemples précis extraits de notre corpus, comment les aspects essentiels concernés par la re-
lation entre négation et polarité sont de différents ordres qui ne concernent pas seulement la
langue naturelle française mais également certains emplois restrictifs résultant de l’application
du français aux différents domaines spécialisés tels que les diverses « microlangues » (Balboni,
1989 : 258) qui composent le secteur touristique.
2.3. Notion de stéréotype
Subjectivité et polarité sont deux notions liées à celle de stéréotype. C’est à ce titre
que nous proposons ici une réflexion sommaire de stéréotype dans le but de déterminer dans
une seconde étape, à travers l’analyse des exemples extraits de notre corpus, le stéréotype tel
qu’il se manifeste par les voix adjectivales et nominales subjectives souvent employées dans
des phrases génériques correspondant à une image locale du monde exprimée par leurs au-
teurs. En transformant une expérience individuelle en vérité à valeur générale, ces phrases ne
visent pas à expliquer un concept et n’expriment pas non plus des vérités que nous pouvons
catégoriser comme générales. Les scripteurs des brochures touristiques se servent souvent im-
plicitement de termes à polarité négative comme stratégie pour stéréotyper de manière posi-
tive un groupe de gens aux dépends de l’autre. Selon Amossy et Herscheberg (2009 [1997] :
5-6), « Les notions de stéréotype, cliché, poncif, lieu commun, idée reçue, permettent d’étu-
dier les interactions sociales, la relation des discours aux imaginaires sociaux et, plus large-
ment, le rapport entre langage et société ». En effet, les « images dans notre tête » mises en
relief par Lippmann (1946 [1922],) ont fait l’objet de multiples enquêtes. Le mot « stéréo-
type », forgé en 1789 à partir des mots grecs steros, solide et tùpos, caractère, admet différentes
interprétations selon l’approche disciplinaire dont il est envisagé. Les psychologues sociaux

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en viennent à reconnaître le caractère indispensable du stéréotype « Source d’erreurs et de


préjugés » mais également « facteur de cohésion sociale », « élément constructif dans le rap-
port à soi et à l’Autre » (Fishman, 1956 ; Sillamy, 1980 ; Fischer, 1996 ; Leyens, 1999).
L’analyse de la fonction identitaire du stéréotype trouve aujourd’hui, au-delà de la psycholo-
gie sociale, un champ ample d’analyse, dans la psychologie culturelle, notamment, intercul-
turelle qui met en évidence la nécessité d’une réorganisation souvent difficile des systèmes des
stéréotypes pour la rencontre de cultures différentes. De leur côté, les études cognitives au
lieu de considérer les stéréotypes comme des généralisations abusives moralement condam-
nables, voient dans le recours au stéréotype une démarche « normale ». Selon Leyens, Scha-
dron et Vincent (1999 : 12), la catégorisation et schématisation sont indispensables à la co-
gnition. Ils font la distinction suivante :
Nous insistons sur la distinction entre les stéréotypes –le contenu so-
cial– et la stéréotypisation –le processus individuel qui prend place
dans un contexte social et qui est modelé par lui–. Les gens peuvent
se passer de certains contenus spécifiques mais pas du processus.
En linguistique la notion de stéréotypie est étroitement liée à celle de figement
puisqu’une expression stéréotypée se définit comme une expression figée qui s’inscrit régu-
lièrement dans le lexique de la langue. Les membres d’une même communauté linguistique
possèdent en commun ces expressions stéréotypées, les stéréotypes phrastiques et les stéréo-
types lexicaux. Nous centrerons ici notre attention sur cette dernière notion tout particuliè-
rement pertinente pour notre étude. D’après Anscombre (2001 : 60-61),
Le stéréotype d’un terme est une suite ouverte de phrases attachées à
ce terme qui définit sa signification. Chaque phrase du stéréotype est,
pour le terme considéré, une phrase stéréotypique. Par ailleurs, nous
parlons en tant que membres d’une communauté linguistique et,
cette communauté peut varier selon les circonstances. Il pourra donc
se faire qu’à l’intérieur du stéréotype d’un terme, certaines phrases
stéréotypiques puissent être antinomiques : ce fait n’est pas gênant
tant qu’il n’y a pas de possibilité de les utiliser simultanément dans
une même énonciation.
En accord avec cet auteur nous pensons que lorsque nous nous exprimons dans le
domaine du tourisme, nous faisons un emploi restrictif des voix nominales et adjectivales
dont les occurrences correspondent fréquemment à l’activation d’un ou de plusieurs énoncés
stéréotypiques, parfois à polarité négative, comme nous le montrerons par la suite. Toutefois,
dans la mesure où le stéréotype représente la ou les idée(s) conventionnellement attachées au
terme, il faut considérer que certains énoncés stéréotypiques, propres au discours touristique,
peuvent être erronés.

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3. Hypothèse de départ
Partant de l’hypothèse selon laquelle sous une image, souvent stéréotypée, présup-
posée positive du discours touristique, des voix adjectivales et nominales apparemment à po-
larité négative s’y glissent parfois à des finalités diverses, nous nous proposons de démêler les
valeurs implicites liées à ces unités, et d’étudier leur fonctionnement au sein de ce discours
spécialisé. L’analyse de certaines marques à polarité, inhérentes à l’emploi des voix adjectivales
et nominales au sein du discours touristique, démontrera comment l’usage de certains mo-
dalisateurs négatifs résulte efficace soit pour mettre en valeur des aspects mélioratifs des énon-
cés, soit à titre préventif, soit pour accentuer certains paramètres négatifs concernant le do-
maine touristique, la plupart d’entre eux liés à la notion stéréotypée du « tourisme de masse ».

4. Corpus et méthodologie de recherche


Pour ce faire nous avons pris appui sur une méthodologie fondée sur la linguistique
de corpus. Le moteur de recherche de la plateforme Sketch Engine, « un outil de travail sur
corpus qui sert à l’appui numérique de l’étude du fonctionnement des langues » (Kilgarriff et
al., 2014 : 34), nous a permis, dans une première étape, de créer un corpus spécialisé dans le
domaine du tourisme composé de 128 URL logées dans 30 pages web (cf. Annexe) de pro-
motion touristique, consacrées à la vente de voyages et paquets touristiques ainsi qu’à la
propre organisation du voyage. Puis, nous avons procédé à faire un échantillonnage aléatoire
des voix adjectivales et nominales comprenant 158.362 tokens. Voici le diagramme de barres
contenant un échantillon représentatif de l’usage total des unités lexicales de notre corpus :

Figure 1 : Échantillonnage représentatif des unités lexicales du corpus.

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Ce graphique contient un échantillon représentatif chiffré de l’usage total des unités


lexicales de notre corpus. En vert foncé sont comptabilisés les unités lemmatisées correspon-
dant aux substantifs, verbes, adjectifs, adverbes, pronoms, prépositions et conjonctions.
L’ordre de l’axe horizontal révèle ces quantités. Quant aux barres en vert clair, elles répondent
au nombre de toutes les unités lexicales en contexte. En ce qui concerne la recherche isolée
d’adjectifs et de substantifs les résultats ont été les suivants : 398 lemmes adjectivaux et 1652
lemmes nominaux. L’analyse quantitative, point de départ de la présente étude, nous a per-
mis de passer, dans une seconde étape, à l’analyse qualitative proprement dite qui a consisté
à faire une révision de tous les adjectifs et substantifs du corpus afin de noter la polarité isolée
et en contexte de chaque unité lexicale concernée, en fonction de ses collocations. Trois étapes
se sont donc ensuivies dans nos démarches méthodologiques : d’abord, une catégorisation
du score par rapport à ces collocations ; ensuite, une caractérisation grammaticale du score et
enfin une analyse du discours insistant sur la polarité négative au sein de ce domaine de spé-
cialité, soit déductible de l’emploi négatif ou neutre du mot concerné, soit des aspects négatifs
ou marqués neutres du message ultime de l’énoncé.

5. Analyse des données et évaluation des résultats


5.2 Voix adjectivales
5.2.1 Adjectifs subjectifs : classement
Selon notre hypothèse, les voix adjectivales mises en œuvre dans le domaine du tou-
risme participent à la construction d’une représentation discursive accomplie par l’acte locu-
toire. Comme pour les voix nominales, les jugements négatifs estimés dans des cas concrets
répondent soit à des appréciations du sujet parlant fondées sur des données objectives, même
officielles soit à des estimations arbitraires. L’étude réalisée révèle que la polarité négative dans
ce secteur est, dans la plupart des cas, liée aux centres d’intérêt précis ayant rapport avec les
effets néfastes du « tourisme de masse » et son impact sur l’environnement comme la dégra-
dation de la nature ou les désastres écologiques ; le danger provoqué par le risque des catas-
trophes naturelles telles que les séismes, les inondations, les cyclons, etc., − de là les recom-
mandations par rapport aux saisons ou aux mois les plus propices pour réaliser un certain
voyage − ; la peur de contracter quelques maladies comme le paludisme, la fièvre typhoïde,
l’encéphalite japonaise, etc., − d’où les vaccins obligatoires ou recommandés −, et notam-
ment, le fait de devenir victime de la délinquance ou d’une éventuelle attaque terroriste. Les
conseils publiés sur les sites web du Ministère des Affaires Étrangères, des Ambassades et des
Consulats ainsi que sur les sites web diplomatiques telles que France diplomatie (www.diplo-
matie.gouv.fr) sont assez stricts à ce sujet. Sous la rubrique « Risques encourus et recomman-
dations associées » les voix adjectivales à polarité négative se multiplient en référence aux pays

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comme le Sénégal, potentiellement dangereux, portant sur des axes clé tels que la délinquance
et/ou la criminalité1 :
(1) <Les déplacements interurbains sont déconseillés de nuit en raison de l’absence d’éclairage
public et de la présence de piétons sur les routes>.
(2) <Il est recommandé de ne pas porter de manière ostentatoire d’objets qui pourraient at-
tirer l’attention des voleurs à la tire et des pickpockets ; de s’abstenir de circuler en voiture
vitres ouvertes et portes non verrouillées ; de ne pas circuler à pied le soir dans les rues mal
éclairées ou peu fréquentées>.
La cybercriminalité. Des annonces sur Internet des services diplomatiques prévien-
nent le touriste de nombreuses (3) <pratiques frauduleuses>, du besoin (4) <d’être vigilant
s’agissant des affaires de chantage aux images compromettantes>.
Risques naturels :
(5) <Lors de la saison des pluies, de violents orages peuvent s’abattre sur le Sénégal, provo-
quant une soudaine montée des eaux et bloquant les voies terrestres, y compris à Dakar>. /
(6) <Il est vivement déconseillé d’utiliser son véhicule lors des épisodes orageux>. / (7) <de
nombreux volcans qui de temps en temps se réveillent>. / (8) <risques/lieux de catastrophes
naturelles>. / (9) <problèmes/désastres écologiques>. / (10) <dommages environnemen-
taux>.
Le terrorisme. Dans le contexte des attentats qui ont frappé certains pays de l’Europe
ainsi que de la zone CEDEAO (Communauté Économique des États de l’Afrique de
l’Ouest), il convient de tenir compte de la menace terroriste sur les pays Européens et Afri-
cains, tout particulièrement de l’Afrique de l’Ouest, tel qu’on peut le constater dans les énon-
cés suivants :
(11) <renforcement préventif des mesures de sécurité> / (12) <contrôle strict des visiteurs> /
(13) <protection armée> / (14) <vérification aléatoire avant l’embarquement> / (15) <zones
frontalières déstabilisées>/ (16) <axe routier déconseillé> / (17) <incidents sécuritaires> / (18)
<zone de vigilance renforcée> / (19) <quartiers chauds> / (20) <pays violent, dangereux, cor-
rompu>.
Il s’agit, en définitive, d’emplois adjectivaux à connotations péjoratives lorsqu’ils sont
associés à un certain endroit et qui dénotent la préoccupation de la part du gouvernement et
des voyagistes sur la sécurité du touriste potentiel. Certaines de ces voix adjectivales, en prin-
cipe non marquées négativement, adoptent des connotations négatives du substantif auquel
elles modifient, répondant par ce fait à une évocation subjective des événements, d’après le
locuteur. Bien des aspects évoqués tels que (21) <problèmes/désastres écologiques>, (22)
<risques/dommages environnementaux> laissent entrevoir l’évolution qui s’est produite au
cours de dernières décennies dans la conscience sociale qui met en avant des valeurs telles que

1
Pour la consultation des sources des exemples analysés tout au long du texte cf. Annexe.

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le respect de la nature et de l’environnement ; des préoccupations, auparavant moins évi-


dentes. L’analyse qualitative des adjectifs sélectionnés faisant partie de notre corpus, révèle
donc comment les énoncés dans lesquels ces voix adjectivales sont évoquées, s’inscrivent, se-
lon les contextes, dans au moins l’une de trois opérations suivantes : dénotation du réel, ex-
pression d’une stratégie argumentative, ajustement entre le sens des énoncés et leur repérage
physique, psychologique et social. Nous centrerons notre attention sur des aspects psycho-
pragmatiques. Le modèle que nous allons présenter et retravailler répond à ce critère :

Adjectifs

Objectifs Subjectifs
Célibataire/marié
Adjectifs de couleur Affectifs Évaluatifs
Mâle/femelle Poignant
Drôle Axiologiques Non Axiologiques
Pathétique Grand Bon
Loin Beau
Chaud Bien
Nombreux
Figure 2 : Classification des adjectifs (Kerbrat-Orecchioni, 1980).

Les catégories que Kerbrat-Orecchioni distingue dans son ouvrage sont celles qui
constituent le niveau interprétatif du langage et qui relèvent du cadre de l’énonciation. Ces
deux paramètres de base sur lesquels repose toute production langagière répondent à l’obser-
vation selon laquelle « les propriétés pragmatiques de l’énonciation se trouveraient être sé-
mantiquement marquées » (Brockway, 1982 : 18). L’auteur divise les adjectifs évaluatifs en
adjectifs axiologiques (ex. beau, bon, bien), c’est-à-dire, ceux qui portent sur l’objet qu’ils qua-
lifient un jugement de valeur, positif ou négatif, et non axiologiques, ceux qui expriment une
évaluation qualitative ou quantitative de l’objet dénoté par le substantif qu’ils déterminent.
Cette évaluation se produit sans jugement de valeur et engagement affectif du locuteur (ex.
grand, loin, chaud, nombreux) (Kerbrat-Orecchioni, 1980 : 109). En outre, en citant Ducrot
(1975), Kerbrat-Orecchioni note que l’évaluation n’implique pas toujours un « jugement de
valeur », c’est pour cela que dans la terminologie de cette chercheuse les axiologiques consti-
tuent une sous-classe des évaluatifs.
5.2.2 Adjectifs subjectifs affectifs et évaluatifs
Selon Kerbrat-Orecchioni (1980 ; 2008), les adjectifs affectifs énoncent, en même
temps qu’une propriété de l’objet qu’ils déterminent une réaction émotionnelle du sujet par-
lant face à cet objet. Comme on a vu par de nombreux exemples ci-dessus analysés, la valeur
affective peut être inhérente à l’adjectif ou, au contraire, solidaire d’un signifiant prosodique
ou syntaxique. Ce sont souvent nos connaissances extralinguistiques celles qui permettent de
prédire, de façon très subjective, la polarité de certains termes. C’est ainsi qu’à une époque

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où on est de plus en plus conscients de la destruction de la planète, les touristes engagés avec
les thèmes environnementaux sont à la recherche d’un tourisme écologique et bien souvent,
d’un tourisme expérientiel caractérisé par la recherche de nouveaux atouts. Cela justifie la
polarité négative de certaines voix adjectivales marquant les effets néfastes du « tourisme de
masse » sur la nature et l’environnement. À la manière de la publicité sociétale, l’emploi res-
trictif de ces voix cherche à provoquer une réaction positive chez le destinataire, à le « faire
agir ».
Nous constatons donc, malgré la critique formulée par Viallon (2013), comment les
brochures touristiques analysées sont surchargées de voix adjectivales appréciatives ou affec-
tives différemment combinées avec d’autres voix servant à exprimer la polarité (positive, né-
gative ou neutre). Pour le montrer nous ferons tout particulièrement attention à l’emploi
restrictif de certaines ressources linguistiques que nous exposerons par la suite :
– Exagérations et hyperboles
Pour Argoni (2012 : 6), la valeur des adjectifs affectifs et évaluatifs est souvent mise
en relief par des adverbes. Les exagérations ou les hyperboles se succèdent dans le discours
touristique afin de mettre en exergue une destination ou un endroit précis. En effet, pour
répondre aux besoins de touristes, de plus en plus exigeants, les images stéréotypées ne suffi-
sent pas ; le voyageur potentiel doit être surpris par la nouveauté de la description, de sorte
qu’il « vive » l’expérience décrite dans la brochure. Ces appréciations sont énoncées dans le
95% des cas de manière positive ; même les adjectifs, implicitement négatifs, se caractérisent
par un emploi qui cherche à mettre en valeur un aspect positif de l’idée exprimée. Dans cette
optique se situe l’adjectif effréné dont la polarité négative est toujours associée à deux notions
étroitement liées : « consommation effrénée » ayant pour conséquence le « désastre écolo-
gique » :
(23) <Consommation effrénée et désastre écologique se combinent pour assombrir l’éclat de
la perle indonésienne si prisée des touristes occidentaux>.
Cet exemple montre comment la sensitivité polaire est une forme de dépendance
entre les termes à polarité (effrénée) et le contexte (désastre, assombrir).
Les termes à polarité négative seraient, comme l’affirme Giannakidou (2011 : 57),
« des expressions sensibles du fait qu’elles dépendent de certaines propriétés du contexte pour
être correctement interprétées » ; voici un exemple illustratif :
(24) <Bali est menacée au point qu’elle pourrait, à terme, devenir méconnaissable :
Les effets cumulés du tourisme de masse, d’une consommation effrénée et d’un désastre éco-
logique se combinent au point que les plus lucides d’entre les Balinais commencent à tirer la
sonnette d’alarme>.
Cette expression métaphorique emphatique, « sonnette d’alarme », évoquée par l’au-
teur de ce texte cherche à attirer l’attention du touriste potentiel pour le rendre respectueux
envers la nature de l’île. Cet exemple met en évidence comment valeur affective et évaluative

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coexistent à des degrés divers dans certaines voix adjectivales polysémiques qui présentent
une duplicité d’intentions. Toutefois, la notion de « territoire vierge » associé à Bali est am-
bigüe. L’idée du touriste français, européen ou autre, en quête d’exotisme et des paysages de
la nature sauvage avec son pendant humain, n’est pas seulement un cliché. Plus précisément,
c’est un cliché qui résulte d’une modalité essentielle d’interaction entre cette île et l’extérieur,
à savoir, le tourisme de masse. Bien que les images stéréotypées de certains pays, qui contri-
buent à la promotion d’une certaine destination touristique, sont souvent, comme on peut
le constater à cet exemple, fort éloignées de la réalité quotidienne, elles gardent un sens dans
la mesure où ce sont celles qui viennent chercher les touristes. Et tel qu’on peut le constater
à la lecture des sites web faisant partie de notre corpus, tout un secteur professionnel et insti-
tutionnel spécialisé dans le domaine du tourisme ne dédaigne pas, à l’occasion, à leur donner
satisfaction.
– Polysémie
La valeur polysémique de certaines voix adjectivales permet, selon le contexte d’em-
ploi, de dégager certains emplois à polarité négative. Prenons comme exemple l’adjectif cher,
I. Qui est aimé ; pour qui l’on éprouve une vive affection. Les êtres qui
lui sont chers.
(FORMULES DE POLITESSE) Cher Monsieur. — nom Mon cher, ma
chère.
(CHOSES) Cher à : considéré comme précieux par. Son souvenir nous
est cher.
(ATTRIBUT OU APRÈS LE NOM)
D’un prix élevé. ➙ coûteux, onéreux ; opposé à bon marché. Une
voiture très chère.
Qui exige de grandes dépenses. ➙ dispendieux. La vie est chère à Paris
(➙ cherté).
Qui pratique des prix élevés. Ce magasin est cher (https://diction-
naire.lerobert.com/definition/cher).
Nous pouvons le classer taxinomiquement de la façon suivante : 1er sens : amour,
couple ; 2e sens : commerce, transaction ; 3e sens : prix, cherté. Ces deux dernières notions
sont étroitement liées à tel point que nous proposons d’unifier le sens de cher en deux sens :
le premier, en rapport avec « l’amour, le sentiment amoureux » et le second, ayant trait avec
le « commerce, l’argent ». L’adjectif cher est modélisé dans le domaine du tourisme comme
ayant le second sens. Toutefois cet adjectif implique une évaluation qualitative ou quantita-
tive, selon le sens avec lequel il s’actualise dans le discours et en fonction de l’objet dénoté par
le substantif qu’il détermine.
(25) < […] auparavant les voyageurs n’étaient pas les mêmes. Si les routards constituaient
déjà une catégorie à part qui se contentait de peu, les voyageurs de l’époque étaient plutôt
aisés. En effet, voyager était un loisir assez cher. Le milieu du tourisme restait aux mains des

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agences de voyage et les compagnies aériennes nationales n’avaient pas la moindre concur-
rence. Aujourd’hui la situation est diverse>.
Dans le sens de ‘coûteux’, l’adjectif cher, à polarité négative, est employé dans ce
contexte soit pour opposer le prix des voyages à deux périodes chronologiquement diffé-
rentes, comme dans l’exemple précédent, soit afin d’évoquer positivement le service rendu
par un tour-opérateur concret, soit comme dans le cas suivant, pour se rapprocher affective-
ment du touriste par un clin d’œil complice. Dans ce dernier cas, la polarité négative reste
neutralisée :
(26) < […] Il faut voir les autres tours opérateurs et négocier directement avec eux pour qu’ils
passent vous chercher à votre hôtel. Cela vaut aussi pour tous les clubs présents dans l’hôtel
qui vous feront payer les activités bien plus chères que si vous passez par un club situé en
dehors de l’hôtel>.
– Structures comparatives opposées
Comme nous le rappellent Neveu et Roig (2019) les structures comparatives oppo-
sées y sont fréquentes :
(27) <Le Mexique, c’est un pays relativement bon marché. Certains coins sont bien plus chers
comme Tulum par exemple, mais la vie est, en générale, moins chère qu’en France. Bref, voilà
des raisons pour y retourner !>.
– Échelles graduelles
Il est à remarquer comme l’annonçaient déjà Hadermann, Pierrard et Raemdonck
(2010), le rôle des adverbes en tant que modulateurs scalaires qui favorisent la gradation sé-
mantique croissante ou décroissante :
(28) <La vie en Alaska est relativement chère>.
(29) <Dans l’Agence de voyage de nouvelle génération, Worldia, tout est en ligne, itinéraire
personnalisable, affichage des prix et dispo en temps réel, réservation en quelques clics. Moins
cher qu’une agence traditionnelle, mais qui vous permettra de créer, à votre guise, votre
voyage selon vos envies et budget>.
(30) <Le Nicaragua est maintenant un pays sûr et beaucoup moins cher que le Costa Rica>.
Cette gradation croissante (relativement chère, moins cher, beaucoup moins cher) sert à
atténuer la polarité négative implicite de l’adjectif cher mettant en évidence de possibles avan-
tages économiques qui présente un pays par rapport à l’autre.
La polarité, en principe négative, de la voix adjectivale cher dans le sens de ‘plus coû-
teux’, devient positive dans certains exemples tels que :
(31) <Vous pouvez faire Puerto Vallarta en bus de nuit dans une compagnie plus chère pour
le confort et puis pour ne pas prendre des risques>.
Dans ce contexte, l’adjectif chère devient positif sous l’effet positif des deux complé-
ments de finalité coordonnés qui le suivent et qui justifient, à ce titre, le prix additionnelle-
ment payé, car le « confort » et la « sécurité » du touriste sont des atouts « hors prix » pour
n’importe quel voyage.

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– Couplés d’adjectifs opposés


Enfin, nous avons étudié des couplés d’adjectifs opposés en tant que marqueurs po-
laires tels que grand/petit, long/court, haut/bas, faible/fort, etc. Cela nous a permis de constater
comment dans ces paires opposées ou antonymes, c’est le membre positif celui qui projette
son argument dans un degré allant d’un point plus grand vers un point plus petit. Dans le
cas de l’élément négatif, c’est l’inverse qui se produit. On pourrait parler, par conséquent,
d’échelles de deux directions car l’une est orientée positivement tandis que l’autre l’est néga-
tivement. C’est ce que Horn et al. (2000) appelle « verticalité », c’est-à-dire une version sim-
plifiée de la relation entre polarité et monotonicité qui confirme le rôle central que l’implica-
tion monotonique, croissante ou décroissante, semble jouer dans l’explication du fonction-
nement de la polarité. En effet, l’implication peut être observée dans ce domaine (les relations
antonymiques et graduelles dans les adjectifs) fortement liée à la codification lexicale. Voici
cinq exemples servant à illustrer cette notion.
Exemple 1 : négatif – positif. L’adjectif négatif apparaît 35 fois, la plupart à sens positif ; tou-
tefois, dans l’occurrence suivante nous pouvons apprécier, malgré sa valeur positive, une lé-
gère nuance négative sous-entendue lorsque nous parlons des « commentaires négatifs » car,
même s’ils restent « rares », ils existent : (32) <[touristes] leurs souvenirs de vacances […] les
commentaires négatifs restent rares>. Néanmoins lorsque cet adjectif apparaît en opposition
avec positif, ce qui arrive dans de nombreux exemples, il a pour but, dans le discours touris-
tique, de mettre en exergue les avantages d’un certain service rendu ou d’insister sur les ré-
percussions de l’activité touristique dans une certaine région. Pour cela on a recours fréquem-
ment à des structures comparatives argumentatives servant à mettre en avant les avantages et
les inconvénients :
(33) <Aujourd’hui un aller-retour à 70€ pour Cracovie est presque considéré comme cher !
La conséquence est d’abord positive : le tourisme n’est plus une activité de luxe. Sans cette
démocratisation du secteur, il aurait été impossible de voyager autant. Il s’agit probablement
de l’un des plus grands progrès de la 2ème moitié du XXème siècle. La conséquence est aussi
négative : le tourisme semble devenir une activité proche du supermarché>.
Il est à remarquer la dissymétrie dans le fonctionnement, à titre comparatif, des ad-
jectifs positif et négatif. L’adjectif négatif est ici marqué, il conserve sa valeur polaire. En re-
vanche, l’adjectif positif, non marqué, est pourvu d’une plus grande élasticité sémantique et
peut, dans certains cas, cesser d’exprimer l’idée de supériorité par rapport à une norme
moyenne : lorsqu’il s’agit simplement de comparer X et Y sans les confronter à une norme
extérieure, c’est le terme non marqué que l’on choisit. Cette dissymétrie opère également
dans le cas particulier des adjectifs dimensionnels.
D’après nous, il faut accepter l’existence de degré dans l’actualisation des valeurs sé-
mantiques : certaines s’imposent avec évidence tandis que d’autres agissent seulement sur
l’interprétation sans que le locuteur puisse être accusé de mensonge ni le récepteur de con-
tresens car, en réalité, ils interprètent différemment l’énoncé. Toutefois il faut admettre

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l’existence, dans les espaces sémantiques, de « zones marécageuses, dans lesquelles on patauge
avec aisance ou gaucherie, rouerie ou candeur, délice ou déplaisir, et avec lesquelles il faut
bien en tout cas composer » (Palma, 2006 : 64).
La gradation croissante à polarité négative ne sert qu’accentuer, comme dans les
exemples suivants, les effets du tourisme de masse : des « effets négatifs » même « néfastes »
(34) <Les effets négatifs du tourisme de masse en Islande. […] on peut se demander si ce
tourisme de masse est une aubaine pour l’Islande, pays où la nature est très fragile. De plus,
le respect des pistes est essentiel au milieu d’un environnement qui demande à être protégé>.
(35) <Les gouvernements nationaux ou les responsables locaux des sites en danger tentent
d’imposer localement de nouveaux règlements pour limiter les effets négatifs du tourisme de
masse […] La ville de Venise a fini par interdire l’entrée des immenses paquebots de croisière
dans la lacune>.
Exemple 2 : froid – chaud. Dans le cas des non axiologiques, l’usage des adjectifs évaluatifs
est relatif à l’idée que le locuteur se fait de la norme d’évaluation pour une catégorie d’objets
donnée. Ils sont à caractère gradable. Exemples : long – court ; grand – petit ; clair – obscur,
froid – chaud, etc. Prenons l’exemple suivant :
···········|···········|···········|···········|···········>
Pôle (faible) glacial froid chaud brûlant pôle (fort)
Figure 3 : Échelle de température.

Fauconnier (1975 ; 1976) lie la polarité à l’existence d’échelles pragmatiques qui


structurent le lexique. D’après cet auteur, l’utilisation comme argument, d’une extrémité
d’échelle pragmatique dans un contexte approprié prend une valeur exemplaire pour l’en-
semble de l’échelle. Cette propriété est largement indépendante de la négation. Dans cet
exemple, extrait de notre corpus, on ne remarque pas cet emploi : les adjectifs « brûlant » et
« glacial » n’apparaissent jamais en contexte pour exprimer la polarité négative mais dans leur
sens littéral. En revanche, « froid » et « chaud » sont souvent employés, variant leur interpré-
tation en fonction du contexte. Ainsi, l’adjectif chaud qualifiant le climat, la mer…, est tou-
jours évoqué comme argument de séduction selon le public ciblé ; sa polarité est positive :
(36) <Lors de votre voyage en République Dominicaine les eaux chaudes et transparentes des
Caraïbes sauront immanquablement vous séduire>.
D’autres sèmes y sont fréquemment associés (chaud, été, rallongement du jour, belles
et longues soirées) :
(37) <Voyagez à Madrid. Ne manquez pas le grand spectacle de la relève solennelle chaque
mois (prochaine édition : le 6 juin). C’est l’été, il fait chaud mais les jours rallongent : c’est le
moment de profiter de belles et longues soirées jusqu’au bout de la nuit>.
L’adjectif chaud apparaît toujours associé à la notion de relax, de détente, en référence
aux liquides soit aux bains d’eau chaude (source naturelle, eaux thermales, spa) soit aux boissons
(réconfortantes) :

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(38) <Vous avez besoin de souffler sans avoir les enfants sur le dos ? Alors, venez-vous dé-
tendre à Saint- Lary dans des bains chauds et bouillonnants, à vous dégourdir les jambes après
l’ascension au Pic du Midi […] La détente au spa thermal Aquensis, vous attend […]>.
(39) <En traversant le pays du Sud au Nord, nous n’avons croisé que quelques rares véhicules
[…] Au refuge, nous étions seuls avec notre pot d’eau chaude, assez réconfortant […]>.
L’adjectif chaud a une polarité neutre en allusion aux geysers, sources d’eau chaude
(chaud, inhérent au mot geyser) :
(40) <La zone des geysers et sources chaudes est actuellement recouverte d’une couche de
glace très glissante qui a causé plusieurs chutes. L’Agence Islandaise de l’Environnement a pro-
posé de sabler la zone pour la sécuriser>.
Par contre, l’adjectif froid acquiert, selon le contexte, différentes connotations, soit
positives : (41) <Ouvrez les yeux et suivez le guide ! Parcourez le Canada grâce à notre équipe. Dé-
couvrez les immenses étendues froides et sauvages du continent nord-américain !>.
Ou négatives :
(42) <L’Islande est souvent considérée par les touristes comme un pays gris, froid, cher>.
(43) <Si vous n’aimez pas le froid, beaucoup de pays peuvent vous accueillir pour vous per-
mettre de passer des vacances inoubliables […]>.
(44) <Faites attention à certains campings car les infrastructures ne sont pas toujours adap-
tées, l’eau froide décourage certains touristes potentiels>.
Exemple 3 : long – court. En ce qui concerne le couple long – court, on constate que l’adjectif
long est implicitement employé dans un sens positif lorsqu’il est associé à l’environnement et
au besoin de prendre des mesures pour préserver les parcs nationaux ainsi que les populations
autochtones de possibles « invasions » touristiques.
(45) <Droit d’entrée au parc national des Galápagos. L’attente est souvent longue>.
En revanche, il est employé dans un sens négatif en référence aux « longues queues »
à faire pour pouvoir avoir accès aux monuments, pour monter sur des manèges d’un parc
thématique, assister à une représentation artistique ou à un événement culturel, notamment
pendant la période des vacances. Cependant des solutions optionnelles sont offertes au-
jourd’hui aux touristes pour éviter des situations pareilles. Cela représente une rupture par
rapport à ces clichés à polarité négative auxquels on était habitués jusqu’à présent :
(46) <Finies les longues queues à faire pour monter sur les attractions. Il vous suffit pour cela
d’insérer votre billet d’entrée dans la machine FASTPASS devant l’attraction que vous sou-
haitez faire et de revenir à l’heure qui vous est allouée pour profiter de l’attraction en quelques
minutes. […] Les clients de certains hôtels Disney bénéficient d’un accès encore plus rapide
grâce au VIP FASTPASS>.
Exemple 4 : grand – petit. En ce qui concerne le couple opposé grand – petit, il est à remarquer
la polarité positive ou négative de l’adjectif grand lorsqu’il est associé à des voix nominales
matérielles et objectives telles que « grands ressorts », « grandes plages », « grands hôtels », etc.
Tout cela évidemment en fonction des préférences touristiques du locuteur. Cet adjectif est

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toujours positif dans « grand plaisir », « grand succès », « grand rêve », « grand plan », en
définitive, lorsqu’il modifie des noms abstraits, subjectifs, positifs. Il est à polarité négative
lorsqu’il agit comme modificateur de certains substantifs subjectifs, abstraits, à forte charge
négative comme « grand échec », « grande déception », « grand dommage », que l’on trouve
sur certains documents touristiques, à titre préventif, insérés dans des structures syntaxiques
précédées de « pour éviter/si vous ne voulez pas (un grand échec) il faut […] » ainsi qu’en
rapport avec le « tourisme de masse » :
(47) <Les indicateurs n’incitent pas à l’optimisme : des centaines d’hôtels absorbent une
grande partie des réserves d’eau douce. Chaque chambre d’un quatre-étoiles en consomme
300 litres par jour. Bali devra faire face à une crise de ressources en eau potable>.
(48) <Bali, où le tourisme a défiguré une grande partie du littoral, reste encore un lieu em-
preint de magie>.
De son côté petit, exprime toujours une valeur affective comme le montrent les
exemples suivants : (49) < En été, la visite des musées de Valencia est presque une étape
obligatoire, pour trouver un petit coin de fraîcheur mais aussi parce que la qualité des expo-
sitions permanentes vaut le détour>. (50) <la visite du petit jardin secret>. (51) <acheter un
petit souvenir>. (52) <se faire un petit plaisir>. L’emploi de cet adjectif apparaît pour la plu-
part associé aux traditions, à la culture (53) <la visite du petit temple au village>, à l’exaltation
des valeurs identitaires ; dans ces usages il est marqué d’une forte polarité positive. Toutefois,
sa polarité est neutre lorsqu’il est lexicalisé :
(54) <à Copenhague nous avons visité la petite sirène>.
(55) <nous avons pris le petit déjeuner à l’hôtel>.
Puis, dans de rares cas, il exprime une polarité négative, en référence à l’avenir :
(56) <Dans quelques années, le pays va complètement changer. Regardez l’exemple des
grands magasins parisiens qui ne sont plus faits pour les parisiens mais pour les touristes (aisés)
asiatiques ou américains. Il est évident que le pays sera détruit petit à petit. C’est dommage !>.
Exemple 5 : ancien, vieux - moderne, nouveau. Enfin ces couples adjectivaux opposés illustrent
bien la notion de stéréotype déjà avancée précédemment. Comme nous rappellent Amossy
et Herschbert, il y a des stéréotypes de pensée liés à la valeur axiologique et à la cible de
l’évaluation dans le contexte touristique, c’est à dire « des stéréotypes concernant la culture
regardante et des stéréotypes référés à la culture regardée » ([1997], 2009 : 59). Le concept
du stéréotype dépend de la norme sociale et culturelle de l’énonciateur qui évalue une cible
appartenant à d’autres cultures. Penons comme exemple illustratif les adjectifs « ancien »,
« vieux » et leurs opposés « moderne », « nouveau/nouvel/nouvelle ». Dans le livre de Moha-
med Ahmed Le tourisme et les voyages dans l’Égype Ancienne (2017), l’adjectif « ancien » est
employé comme adjectif qualificatif. Toutefois cet adjectif porte souvent une valeur axiolo-
gique dans le contexte touristique comme montrent les exemples ci-dessous :

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(57) <Lors du parcours de la Basse-Normandie une visite obligatoire est celle de la plus an-
cienne église catholique, de la fin du XIIe siècle, Notre-Dame de Turqueville, dans le dépar-
tement de la Manche>.
(58) <Situé à côté de Lyon, cet établissement sans prétention mais agréable, propose des bun-
galows ventilés déjà anciens alignés sur un ample terrain>.
(59) <Il n’est pas forcément intéressant de rester dormir ici, cet établissement bas de gamme,
trop vieux, manque sérieusement d’entretien et n’est guère recommandable>.
Il est évident que dans des guides touristiques, certaines remarques ont pour but de
souligner l’importance d’un lieu ou d’un objet. Ainsi, nous remarquons très souvent que le
procédé du superlatif et l’approche lexicale complète une valeur axiologique. En consultant
le contexte de l’exemple (57), l’auteur n’utilise pas l’adjectif « ancien » dans la structure du
superlatif seulement pour décrire l’état de l’église mais pour énoncer son évaluation positive
sur celle-ci : cette église, construite il y a longtemps, est devenue une authentique œuvre d’art.
Au contraire, dans l’exemple (58) des bungalows ventilés déjà anciens, l’adjectif « ancien »
modifié par l’adverbe « déjà » porte une valeur négative. Dans cet exemple la valeur négative
de « vieux » est renforcée par le groupe adjectival « bas de gamme » (59). D’après le repérage
des adjectifs « ancien » et « vieux » dans notre corpus nous pouvons conclure que, dans les
discours touristiques, les adjectifs liés à l’âge d’un objet ou d’un lieu, tels qu’ « ancien » et
« vieux », portent sémantiquement une valeur axiologique. Ils expriment une polarité positive
quand ils se réfèrent aux sites touristiques à des objets anciens à valeur historique. Par contre,
lorsqu’ils sont liés au contexte de la commodité, des équipements ou du logement, ces adjec-
tifs deviennent négatifs. Ils s’opposent dans ce contexte à « moderne » et à « nouveau ». C’est
dans ce sens que le cas des adjectifs « ancien » et « vieux » peuvent être considérés comme
stéréotypes de pensée du discours touristique. En guise de conclusion et en fonction de tous
ces exemples que nous venons d’analyser, nous réaffirmons avec Laffont (1994 : 31) que les
adjectifs comme tous les autres mots de la langue fonctionnent comme des « praxèmes »,
c’est-à-dire qu’ils connotent, à des degrés divers, les différentes pratiques caractéristiques de
la société qui les manipule. En effet, les adjectifs comme tous les autres mots d’une langue
sont souvent marqués du point de vue culturel. Le poids culturel du lexique d’une langue
n’apparaît pas seulement dans sa globalité, dans un cadre contrastif, c’est-à-dire de confron-
tation entre langues mais également au niveau de la propre langue car, comme nous le rap-
pelle Galisson (1995 : 6), « la culture est mobilisée et actualisée dans et par les mots de tous
les discours dont le but n’est pas l’étude de la culture pour elle-même ». Il n’est pas indispen-
sable la mise en contraste de deux langues pour qu’on puisse parler de « lexiculture ». Dans
cette même lignée Pruvost (1999 : 405) écrit : « Le vocabulaire palpite au gré de la culture
qui le sous-tend dans un réseau sans cesse irrigué sémantiquement par la civilisation environ-
nante ». Dans le secteur touristique, les adjectifs charrient toutes sortes de jugements inter-
prétatifs « subjectifs », inscrits dans l’inconscient linguistique de la communauté qui les em-
ploie. Prenons comme exemple le Nunavik québécois, une « percée » francophone dans

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l’Arctique canadien, où l’interprétation du sens des adjectifs « froid » et « chaud » n’a rien à
avoir avec celle d’un Français ou d’un Belge ou celui des adjectifs « dangereux » et « sécuri-
taire », dont leur interprétation varie considérablement dépendant du pays voire de la région
ou de la ville où ils sont actualisés ; citons à titre comparatif le degré de dangerosité qui peut
entrainer faire une promenade sur la corniche d’une ville comme Dakar au Sénégal ou la faire
dans une autre ville comme La Rochelle, en France. Nous retrouvons donc derrière l’emploi
de ces adjectifs l’influence du contenu socioculturel inscrit dans les documents ici analysés.
Enfin, un autre exemple nous permettra de bien illustrer cette notion, nous faisons référence
aux adjectifs « poli » et « impoli ». Le thème de la politesse est classé dans la sous-catégorie
sanction sociale éthique variable selon la culture et les traditions de chaque communauté.
Dans notre corpus touristique, nous trouvons des cibles d’une évaluation à travers l’adjectif
axiologique « impoli » :
(60) <En France, il est convenu de terminer son assiette. Cela montre aux maîtres de maison
ou au chef cuisiner que le repas servi a été apprécié. Mais, en revanche, il est impoli de finir le
plat, à moins d’avoir été invité à le faire par le maître ou la maîtresse de maison. Ces derniers
s’abstiendront de mettre la pression à leurs invités avec la traditionnelle formule ‘il faut finir’.
Dans les pays asiatiques, terminer son assiette signifie que l’on a encore faim. Cela indique à
l’hôte qu’il n’a pas préparé suffisamment de nourriture. C’est une offense à son hospitalité. Il
faut donc laisser un peu de nourriture au coin de l’assiette>.
Le choc culturel existe entre deux pays francophones comme le Maroc où (61) <Il
est impoli de porter, dans les zones rurales, les vêtements moulants ou très décolletés, les jupes
courtes pour les femmes et les shorts pour les hommes. Même si les Marocains ont l’habitude
des touristes, une tenue de ce type peut choquer> et la France où cette attitude serait au-
jourd’hui impensable. Cela nous mène à affirmer que ces « praxèmes » véhiculent souvent
des normes de référence, propres à l’énonciateur francophone, que les destinataires acceptent
positivement ou négativement. En outre, les valeurs affectées aux contenus socio-culturels
véhiculés par les textes ici analysés peuvent être considérées en tant que facteurs d’interpréta-
tion conformes à la culture du public ciblé et non pas comme des « distorsions culturelles »
ou des « intrusions dans la culture d’origine », compréhensibles pour Carrell (1990 : 18) par
la non-coïncidence entre les schémas de contenu en présence. À notre avis, c’est justement
cette « non coïncidence » ce qui captive l’intérêt du destinataire – touriste potentiel – qui se
sent attiré par « l’inconnu », par des « valeurs exotiques » qui l’incitent à la rêverie.
3.2 Voix nominales
La polarité négative dans la signification des voix nominales est présente dans le dis-
cours touristique. Dans un discours touristique d’une agence de voyages dont l’objectif prin-
cipal est la vente de paquets de vacances ou de promotions de voyages, les propriétés séman-
tiques de la polarité déterminent le comportement des autres éléments de la phrase et par
ailleurs, contribuent à une compréhension concrète du sens ultime du discours. Tel que Cor-
blin (1994) l’explique, nous concevons un item lexical négatif déclenchant la présence d’une

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négation dans la représentation sémantique de la phrase. Les substantifs de la langue française


peuvent être aussi définis à partir de leur rôle de marqueurs de subjectivité faisant véhiculer
une tendance significative dans leur emploi.
Les traits de subjectivité sont notoires dans des cas comme <une consommation effré-
née>, <un problème d’insécurité>, <le danger de mort>, <le tourisme de masse>, <le manque
de budget>, <le manque de parkings>, <des limites temporaires> ou <un impact négatif>.
Parmi ceux qui sont conçus dans une échelle d’affectivité ou d’évaluation lexicale selon la
terminologie orecchionienne, l’emploi de ces subjectivèmes est dû à multiples dérivations
d’une pensée subjective et des stéréotypes appartenant à l’ensemble d’une communauté lin-
guistique. Les jugements négatifs appréciés dans ces cas concrets sont motifs d’une apprécia-
tion du sujet parlant et non d’une objectivité interne dans la signification. C’est ainsi que ces
subjectivèmes sont compris lors de son usage avec un autre élément du discours, notamment
les voix adjectivales. Le trait le plus présent dans ces occurrences est l’axiologique selon le
cadre descriptif de Kerbrat-Orecchioni. Pour qualifier une unité lexicale en relation avec le
signifiant et le dénoté. Ainsi, la production de certains cas comme <consommation effrénée>
ou <impact négatif> projette un jugement évaluatif de dépréciation sur le dénoté sans lequel
les voix nominales n’auraient pas de référence subjective. Voyons les exemples suivants :
(62) <Consommation effrénée et désastre écologique se combinent pour assombrir l’éclat de
la perle indonésienne si prisée des touristes occidentaux>.
(63) <Les difficultés de la protection des espèces animales emblématiques de l’Afrique comme
le rhinocéros ou l’éléphant inquiètent les professionnels du tourisme, qui redoutent qu’elles
ne freinent le flot des visiteurs étrangers sur le continent. À l’évidence, elles ont un impact
négatif − a résumé cette semaine le patron de l’Association du tourisme africain (ATA), Na-
ledi Khabo>.
La comparaison avec d’autres occurrences des substantifs « consommation » et « im-
pact » font fleurir la polarité, en sens de point de vue positif ou neutre selon Tordesillas
(2005 ; 2016), qui interviendrait dans la signification intrinsèque de la langue comme vecteur
directeur :
(64) <J’ai parlé de ce rapport avec une jeune d’origine franco-costaricienne qui a étudié le
développement durable et travaille dans un lodge du secteur de l’écotourisme pour savoir s’il
y avait eu des progrès sur cette question. Selon elle, cela continue malheureusement, compte
tenu de l’expansion agricole et urbaine du Costa Rica, qui ne respecte pas les règles de pro-
tection des sources de captage d’eau pour la consommation humaine>.
(65) <Les changements affectent aussi les comportements des médias, et donc l’image des
pays arabes et donc le comportement des touristes (par exemple, l’impact médiatique des
manifestations de rue)>.
(66) <Cette année plus que jamais on entend beaucoup parler de commerce local, de valori-
sation des produits locaux, de consommation responsable, d’écologie. Nous avons la chance
de vivre dans un département où la gastronomie et l’art de vivre font partie intégrante de la
culture locale, les touristes nous envient alors profitons de nos richesses !>.

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(67) < Ces effets sont plutôt des effets de moyen terme mais l’annonce de changements no-
tables dans ces domaines peuvent avoir un impact rapide pour améliorer le climat de con-
fiance dont la reprise de l’activité touristique a besoin>.
Ainsi, <consommation humaine> ou <impact médiatique> seraient compris par un
auditoire cible comme des subjectivèmes à polarité neutre, en étant les adjectifs « humaine »
et « médiatique » ceux qui neutralisent la gradation interne des substantifs. Outre ces occur-
rences, <consommation responsable> et <impact rapide> sont conçus dans un sens positif dé-
terminé par les adjectifs « responsable » et « rapide ».
Voyons d’autres exemples de discours touristique où la subjectivité langagière et la
polarité sont présentes :
(68) <Des activités gratuites peuvent faire le choix d’une destination. Présenter les bons plans
et offres promotionnelles, mais attention aux limites temporelles de ces informations>.
(69) <Les Balinais restent des gens profondément attachés à leur religion et à leur culture, ils
passent beaucoup de temps dans les temples, respectent les rites. Mais le tourisme de masse
bouleverse les pratiques>.
(70) <Bali, à partir des années 1970, est vraiment devenue une destination touristique, ex-
plique Wayan Suardana, responsable de l’ONG Walhi, qui bataille pour la préservation de
l’environnement. Mais au début, il s’agissait plutôt de tourisme culturel. Aujourd’hui, on
assiste à un tourisme de masse. Et c’est bien le problème !>.
Les <limites temporelles> relèvent d’un emploi aussi affectif qu’évaluatif en sachant
que l’énoncé cité avertit aux touristes d’une alerte et en supposant que l’opinion stéréotypée
du sujet parlant soit réalisée au niveau de la structure lexématique est portée sur l’action d’une
limitation ou d’un impact bouleversant une situation d’origine à un changement cible
(Jamrozik, 1988). Une dernière occurrence de voix nominale à caractère objectif est l’unité
<tourisme de masse>, elle est sous-entendue par certains dans sa signification neutre et par
d’autres comme un problème survenu de la publicité et de l’abus des vacanciers. D’autres
occurrences comme <combattre les clichés>, <la crainte permanente> ou <une grande retom-
bée> apparaissent dans la portée de ce qui est stéréotypiquement considéré négatif et qui, en
réalité, peut être compris comme un marqueur polarisé :
(71) <Pas facile, effectivement, de combattre les clichés, mais c’est mot après mot, réflexion
après réflexion, un échange sincère après l’autre… que les généralités tombent au profit de
l’individu rencontré>.
(72) <La crainte permanente de se faire arnaquer fausse la relation, crispe les rencontres … et
au final empêche de profiter pleinement de son voyage>.
(73) <La première étape est de définir sa cible (backpacker, CSP++, famille, LGBT, ...) car
tous les blogs n’ont pas le même public. Ensuite, il faut travailler avec les plus populaires pour
assurer une plus grande retombée>.
On déduit que les stratégies différentes de communication dans un discours peuvent
apprécier des marqueurs polarisés entraînant la validation du contenu stéréotypique associé
au lexique (Palma, 2006). <Combattre les clichés>, <la crainte permanente> ou <une grande

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retombée> sont émis par un ou plusieurs locuteurs en tenant compte des voix des énoncia-
teurs, c’est-à-dire, d’une communauté linguistique, voire culturelle. En ce sens, un stéréotype
touristique vient marquer sur l’appréciation de subjectivèmes cliché, crainte ou retombée. <Le
manque de budget> ou <le manque de parking> peuvent donner un sens interprété et donc
une polarité différente. Le manque de budget ne permet pas de séjourner et le manque de
parking peut le faire mais il faut garer la voiture ailleurs. Les exemples en contexte sont :
(74) <Le manque de budget n’est pas une excuse !>.
(75) <L’Île de Skye n’est pas seulement la plus grande île d’Ecosse, mais c’est aussi la plus
accessible. En effet, un pont la relie au continent. Il est ainsi très facile d’accéder à ses mer-
veilles pour les milliers de touristes. Le manque de parkings impose aux voitures un stationne-
ment anarchique le long de la route>.
Nous considérons qu’il y a un facteur commun aux deux occurrences de
« manque » : l’emploi lexical implique une polarité négative scalaire, plus ou moins impor-
tante pour atteindre l’objectif du sujet parlant. Partant de cette possibilité, d’autres cas
comme le « danger de mort » ne fournit pas le même statut lexical au substantif « danger ».
Il semble nécessaire pour interpréter les deux occurrences la configuration négative dans sa
signification au même niveau scalaire, cela présuppose au même titre l’état affectif du danger :
(76) <Une vague a happé six personnes qui furent en danger de mort avec une eau à zéro
degré. Elles ont eu la chance d’être secourues par un guide local qui les a tirées de l’eau gla-
cée>. Un dernier exemple binaire permettant la polarité négative et la classification axiolo-
gique est un problème d’insécurité : (77) <Vous avez tort, le Mexique est considéré comme un
pays avec des problèmes d’insécurité, mais il n’y a pas d’attaques dans tous les coins>. La nature
du groupe peut être très différente mais il suffit que l’association soit possible entre les deux
substantifs pour que le point de vue négatif demeure. Les problèmes et les limites amènent
des circonstances adverses qui ne positivent pas le résultat désiré par le sujet parlant. Décrire
les processus internes de la langue au niveau du lexique entretient des traits significatifs pro-
cédant de la polarité conçue dans la signification même de la particule substantivée. Nous
avons donné un aperçu de différentes occurrences possibles qui peuvent se poser à propos de
la subjectivité négative dans la substantivité concernant le discours de la publicité touristique.
Parler de la signification de subjectivèmes et de la subjectivité intrinsèque autour du concept
de polarité entraîne une description du sens du lexique (Tordesillas, 2008). L’explication
sémantique comprend des traits affectifs et évaluatifs décrivant la signification interne des
voix nominales. Il nous reste à vérifier d’autres types de discours touristique d’ordre social
afin de peaufiner les recherches attendues et étant donné la rare variété récupérée de substan-
tifs à polarité négative.

4. Conclusions
Dans ce travail de recherche nous nous sommes intéressées à la possible existence
d’un lexique à polarité négative dans le domaine du tourisme. Nous avons repéré à cet effet

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les voix adjectivales et nominales de notre corpus, et nous avons observé, d’après les occur-
rences analysées, si dès une perspective sémantique les ressources linguistiques, marqueurs de
la polarité négative des mots, étaient d’application ou non au sein du discours touristique.
Pour parvenir à tel résultat nous avons classé, par notation manuelle, les potentielles
voix adjectivales et nominales à polarité négative dans ce secteur spécialisé. Les résultats de
cette expérience ont mis en évidence que, parmi les 398 adjectifs et les 1652 substantifs, il
n’y a qu’une petite quantité, environ 5 % des cas, difficilement mesurable de voix adjectivales
et nominales à polarité négative compte tenu de la pluralité polysémique de certaines occur-
rences.
Notre hypothèse se vérifie lorsqu’une visée stéréotypée peut être alors déclenchée
par l’emploi particulier de ces voix, conçues dans un premier moment à caractère négatif
mais neutre ou positif dans une deuxième étape qui détermine en fin de compte le sens
ultime de l’énoncé. L’emploi de ces voix adjectivales et nominales dans un système d’ex-
traction d’informations montre, par conséquent, que les résultats de la classification du
lexique, présent dans les documents touristiques ici analysés, sont notamment positifs.
La négativité resterait neutre et dans la majorité des cas ne servirait qu’à renforcer la po-
sitivité des occurrences, apparemment négatives, tel que nous avons constaté par de nom-
breux exemples ci-dessus cités. En fonction de tout cela, nous réaffirmons comment la «
subjectivité » du discours est marquée au niveau linguistique car « Delimitamos la natu-
raleza según las líneas establecidas por nuestra lengua. Ningún individuo, por muy libre
que se considere, puede describirla con absoluta imparcialidad dadas las limitaciones im-
puestas por su interpretación» (Whorf, 1971: 72).
En ce qui concerne les choix linguistiques dans le domaine du tourisme nous
pouvons conclure que l’emploi des voix adjectivales et nominales dans ce discours spé-
cialisé se fonde sur une double norme : interne à l’objet support de la qualité et spécifique
du locuteur ; c’est-à-dire, interprétative, dans l’opération dénotative et énonciative, dans
l’opération expressive. Des facteurs psycho-pragmatiques, logiques et sociaux, assez di-
vers, interviennent dans la sensitivité polaire, comme on a pu le constater, déterminant
les déclencheurs ou éléments favorisant le sens positif ou négatif, les éléments compatibles
avec le sens des mots ou items à polarité positive ou négative, le propre sens positif ou
négatif ainsi que d’autres sens en relation avec lui, en tant que cause et conséquence de
la présence des deux aspects précédents.
Par ailleurs, notamment dans un domaine multidisciplinaire comme le touristique,
il faudrait ajouter des notions liées à la fonction conversationnelle, où des échelles sont utili-
sées pour obtenir des effets rhétoriques particuliers faisant référence à un point scalaire mini-
mum qui transforme l’expression en une proposition maximalement emphatique.
Enfin, nous constatons comment les voix adjectivales et nominales à polarité néga-
tive qui s’y glissent parfois dans le discours touristique, sauf dans les discours informatifs pu-
bliés par des organismes officiels de consultation recommandée avant l’organisation d’un

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voyage, ont, dans la plupart des cas, une fonction très concrète : mettre en avant la positivation
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