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Nqtice Explicative No Carte Pedologique de Reconnaissance Feuille Rey-Bouba

La notice explicative No 62 présente la carte pédologique de reconnaissance de la feuille Rey-Bouba, couvrant une superficie de 12.100 km² au Cameroun. Elle vise à améliorer la connaissance des sols et à identifier les zones favorables à l'agriculture, tout en précisant que la carte ne doit pas être considérée comme précise à grande échelle. Les travaux de terrain ont été réalisés entre 1969 et 1970, et des informations détaillées sur les sols et leur répartition sont fournies pour une utilisation dans la planification nationale ou provinciale.

Transféré par

Prosper Yada Ngaima
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Nqtice Explicative No Carte Pedologique de Reconnaissance Feuille Rey-Bouba

La notice explicative No 62 présente la carte pédologique de reconnaissance de la feuille Rey-Bouba, couvrant une superficie de 12.100 km² au Cameroun. Elle vise à améliorer la connaissance des sols et à identifier les zones favorables à l'agriculture, tout en précisant que la carte ne doit pas être considérée comme précise à grande échelle. Les travaux de terrain ont été réalisés entre 1969 et 1970, et des informations détaillées sur les sols et leur répartition sont fournies pour une utilisation dans la planification nationale ou provinciale.

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P.

BRABANT

NQTICE EXPLICATIVE
No 62

CARTE PEDOLOGIQUE
DE RECONNAISSANCE
Feuille Rey-Bouba

à 1/200.000

OFFICE DE LA RECHERCHE SCIENTIFItlUE ET TECHNIOUE OUTRE-MER

1
ORSTOM YAOUNDE

PARIS 1976
NOTICE EXPLlCATlVE
No 62

CARTE PEDOLOGIQUE
DE RECONNAISSANCE
Feuille Rey-Bouba

à 1 /200.000

P. BRABANT
Section de Pédologie
ORSTOM - YAOUNDE

ORSTOM
PARIS
1976
@ORSTOM 1976
ISEN 2 - 7099 - 0401 - 2
SOMMAI RE

GENERALITES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1

I .LE MILIEUNATUREL .............................. 5

II-LESSOLS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
LES UNITES SIMPLES ................................ 17
Les sols minéraux bruts d’érosion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
Les sols peu évolués d’érosion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
Vertisols . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
Sols brunifiés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
Les sols ferrugineux tropicaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
Les sols ferrugineux tropicaux lessivés . . . . . . ‘. . . . . . . . . . . . 31
Les sols fersiallitiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
Les sols hydromorphes . . . . . . . . . . . . . . : . . . . . . . . . . . . . 59
Les sols sodiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
LES UNITESCOMPLEXES ............................ 68
Séquences ..................................... 68
Juxtaposition de sols . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70

I l l .LES ENSEMBLES REGIONAUX


INTERETPOURLEURMISEENVALEUR .............. 73

IV .DONNEES SOMMAIRES
SURLESPROCESSUS DEPEDOGENESE ............... 79

BIBLIOGRAPHIE ..................................... 83

ANNEXES ............................................ 87
l
I

CROQUIS DE SITUATION

Fig. 1
Fig. 2 - Principaux lieux cités
1

GENERALITES

1. SITUATION GEOGRAPHIQUE (Fig. 1 et 2)


La feuille Rey-Bouba s'étend sur 12.100 km2 entre le 14e et le 15e degré
de longitude est, le 8e et le 9e degré de latitude nord. Elle constitue la partie sud-
est du bassin camerounais de la Bénoué, drainée par trois principaux affluents que
sont les mayos (1) Rey, Godi, Oldiri.
- ToutecetterégionestadministréeparlaSous-PréfecturedeTcholliré
(Département de la Bénoué).
La densité de population est de 1.65 h/kmz (2),si l'on exclut le parc du
Bouba-Njidda, inhabité (214.040 hectares).

2. MOTIVATIONS DE LA CARTOGRAPHIE
DE LA FEUILLE DE REY-BOUBA

Cette étude fait partie d'un programme d'inventaire systématique des


sols du Bassin camerounais de la Bénoué et fait suite aux travaux récents effectués
sur les feuilles Garoua (HUMBEL-BARBERY) et Poli (BRABANT-HUMBEL).

Ce programme a deux objectifs :


- un objectif scientifique qui est d'améliorer I'état des connaissances
sur la nature, la répartition des sols et sur les causes de cette répartition ;
- un objectif économique qui est de délimiter les zones les plus favo-
rables à une mise en valeur agricole, susceptible d'une cartographie à plus grande
échelle.

En fonction de ces objectifs, on a cherché à déterminer :


- les différents types de sols et leur mode d'association ;
- les aires de répartition de ces associations;
- les zones les plus favorables à une utilisation agricole en fonction de
critères uniquement pédologiques.

(1) Terme peul désignant rivières ou fleuves.


(2)D'après les données récentes de la Section de Géographie de I'O.R.S.T.0.M. (J. Boulet)
2

Parmi les résultats acquis, nous avons choisi de n'indiquer dans la notice
explicative que les informations nécessaires à la lecture de la carte et à son utili-
sation comme carte de reconnaissance.

Les informations concernant la morphologie très détaillée des sols e t les


processus génétiques feront l'objet de publications ultérieures.

Ce terme "carte de reconnaissance pédologique" exige une explicationà


l'égard d'utilisateurs non avertis. Cette carte de reconnaissance ne peut être consi-
dérée comme une carte pédologique précise telle qu'elle est réalisée à grande
échelle, 1/20.000e par exemple. C'est une carte qui donne la répartition approxi-
mative desensemblesde sols e t qui situe les zonesdepassages entre ces ensembles
avec une précision variable. Signalons aussi que la plupart des unités cartographiées
comportent un certain pourcentage d'impuretés (31,déceléessur les photographies
aériennes à 1/50.000e mais ne figurant passur la carte à 1/200.000e (4) ; cepen-
dant, elles seront toujours signaléesdans la notice.

L'utilisation normale d'une carte de reconnaissance pédologique se situe


au niveau de la planification nationale ou provinciale.

3. LA CARTE DE RECONNAISSANCE PEDOLOGIQUE.


MODALITES D'EXECUTION

La prospection fut difficile à cause du manque de voies de pénétration,


la densité moyenne des pistes carrossables étant de 0,06 km/km2. Les travaux de
terrain ont été effectués durant une partie de la saisonsèche1969, puis 1970.
Une prospection complémentaire dans le nord-est a été réalisée avec l'aide de
J. BARBERY.

Dans une première phase, des observations le long de toutes les pistes
accessibles en véhicule ont permis d'acquérir des connaissances sur la nature des
sols, puis une idée générale de leur répartition. Des critères d'interprétation ont
été décelés sur les photographies aériennes. A partir des points observés, on a
alors extrapolé aux zones avoisinantes.
Dansunedeuxièmephase,on a contrôlé sur le terrain les unités carto-
graphiques définies d'après les critères de photo-interprétation; puis, on a pros-
pecté à pied e t réalisé d'autres extrapolations à partir de ces nouvelles observations.
Les critères de photo-interprétation ont été de nouveau vérifiés par des parcours
de contrôle sur le terrain.
Dans une troisième phase, les limites d'unités cartographiques ont été
tracées sur photographies aériennes à 1/50.000e, e t reportées intégralement sur
le fond à 1/200.000e.'Enfin une synthèse a été réalisée pour regrouper certains
sols dans la même unité e t des'sols différents dans une même association pour
des motifs techniques de représentation e t pour la clarté du document. 550 profils

(3) Sols differents de celui qui figure sur l'unité cartographique de la légende.
(4) Pour des raisons d'ordre technique de représentation, invoquéespar les Services de Cartographie.
3

ont été examinés, 80 d'entre eux ont été décrits, prélevés et analysésau Centre
O.R.S.T.O.M.de YAOUNDE.

Les documents utilisés sont la carte topographique I.G.N. (1/200.000),


la carte géologique de F. SCHWOERER (1/500.000), les photographies aériennes
de l'I.G.N. (1/50.000), la carte de reconnaissance pédologique de la Benoué
(D. MARTIN). Des travaux pédologiques ou géologiques plus détaillés ont été
consultés (P. BRABANT - F.X. HUMBEL - Bureau WAKUTI).

;OUDANO-SAHELIEN
'Lmoyenne:Ooomm

LERE 70km:Glmm

ey-bouball77mm. 60km 1073mm

--- -..--_______- -----


Zone 2 0EINAMARMkm:llEQr
DEL1 1Wkm1072mm
PLmoycnnel250m
Durée saisonsiche
BAIBOKOUM80 km 13LOmm

Tchollire
PLlLlBmm
. I
/----- !(Oum
- - - - - _ _- - -.
I

, /'
I
2 8
,
I
Plaine de K o u m
'. I -

Soudana-Guineen
'. ,'
\ -
'Lmoymne 1LOOmm
turiesaison siche :

NOOK PLlSlOmm (sur 4 ans)

Fig. 3 - Pluviométrie
5

I
LE MILIEU NATUREL

LES REGIONS NATURELLES

Quand on se déplace du Sud vers le Nord de la carte, on constate d'une


facon évidente un certain nombre de modifications importantes dans le milieu
naturel : aspect général du paysage, nature de la végétation e t de la faune, régime
des cours d'eaux, pratiques culturales, mode d'habitat, rythme saisonnier.
Ces impressions subjectives sont confirmées par des données objectives
sur la climatologie, la géomorphologie et l'hydrographie.
Trois régions naturelles s'individualisent : (Fig. 3)
1 - les plateaux du sud
2 - la pénéplaine centrale
3 - le nord-ouest (rive droite du mayo Godi)
Deux régions secondaires dont l'individualisation est moins marquée se
situent dans la pénéplaine centrale :

2A - la vallée alluviale du mayo Rey e t de ses affluents


2B - le bassin de Koum.

Dansce premier chapitre, en se référera souvent à ces régions naturelles;


d'ailleurs, il y correspond une différenciation pédologique indiscutable.

1. CIimatologie (Fig. 3 e t 4)
1.l . Climat actuel
I I existe peu de données climatologiques sur la région. Desrelevés pluvio-
métriques ont été effectués à Tcholliré (14 années) à Rey-Bouba (1 1 années), à
Ndok (4 années) e t desrelevésde température à Ndok (2 années).On peut aussi
se référer aux stations les plus proches.

Trois zones climatiques se différencient :


1. Au sud, un climat soudano-guinéen : saisonsèchede 5 mois, pluvio-
métrie annuelle de 1.400 mm à 1.500 mm, température moyenne annuelle de
240C, humidité relative élevée durant toute l'année.

2. Au centre, un climat soudanien : 5 à 6 mois de saison sèche, pluvio-


métrie annuelle moyenne de 1.250 mm, une température moyenne annuelle
6

estimée à 26OC.Lepostede Tcholliré, à proximité d'un massif montagneux, ne


semblepas représentatif de cette région centrale. II semble que la pluviosité dimi-
nue et se stabilise autour de 1 .l00mm, quand on s'éloigne des reliefs.

3. Au nord-ouest, un climat soudano-sahélien : saisonsèchede 6 mois,


pluviométrie de 900 mm environ, température moyenne annuelle estimée à 28OC,
humidité relative faible ensaisonsèche.Le climat de cette région est comparable
à celui du Nord de GAROUA. La pluviométrie mesurée à Baikoua (5) pendant
4 ans est de 850 mm en moyenne.

Du nord vers le sud,' le début de la saisondespluies est de plus en plus


précoce e t le début de la saisonsèchede plus en plus tardif. La différence entre
les régions est particulièrement nette dans la comparaison des diagrammes pluvio-
métrie - évapotranspiration potentielle : excèdent ausud, fort déficit au nord,
probablement léger déficit dans la pénéplaine centrale sans chiffres pour le
confirmer.

1.2. Climat ancien


Un certain nombre d'indices témoignent de l'existence de climats diffé-
rents du climat actuel durant le quaternaire. Les épais glacis d'accumulation de
matériau arénacé grossier se sont probablement formés sousdes conditions clima-
tiques plus arides attribuées au Quaternaire moyen (J. HERVIEU, 1969).

Des formations cuirassées surmontant des altérations plus ou moins


épaisses ont été observées sous forme de buttes résiduelles dans la pénéplaine
centrale. Certains auteurs attribuent I'existence'de ces formations à un climat plus
humide, proche de celui qui règne actuellement dans les régions à sols ferrallitiques.
Mais, cette hypothèse ne nous paraît pas vérifiée.

2. Régimes phviométriques et hydriques


Au sud
P/E = 1.14 est le coefficient d'humidité annuelle, P étant la pluviométrie
annuelle e t E I'évapotranspiration potentielle ou ETP (6). L'alimentation annuelle
eneau est donc excédentaire et favorise le drainagedes sols. A I'échelle mensuelle,
>
P = ETP durant 1 mois (avril), P ETP durant 6 mois et P <
ETP durant 5 mois.

D'après les mesures hydrologiques, le ruissellement est faible (souvent


inférieur à 10 %) et il atteint rarement 15 %, même pour desaverses à forte inten-
sité. Letempsde montée est toujours long (7). Une grande partie des précipi-
tations transite donc par les sols. Des nappes permanentes, subissant d'importantes
variations saisonnières, alimentent I'écoulement debasedes rivières, qui se main-
tient toute l'année. De rares mesures ont été effectuées dans cette région avant 1971

(5)Baikoua, situé à 15 km au nord du 9e parallèle.


(6) Calculée d'après la formule de TURC.
(7)Temps de montée : intervalle de temps entre le début de l'averse et le début de la crue.
7

sur le régime hydrique des sols, mais un indice d’appréciation de ce régime consiste
en l’observation du comportement desgraminées,après la saison pluvieuse. Ici, le
flétrissement débute en décembre e t la dessication ne se termine qu’en février.

Au centre
Le flétrissement débute en novembre e t la dessication se termine en janvier,
sauf dans le bassin de Koum où ces phénomènes sont plus précoces et dans la
vallée alluviale de Rey-Bouba où ils sont plus tardifs. Pas denappespermanentes,
mais des nappes temporaires de saison pluvieuse qui disparaissent en saison sèche,
provoquant le tarissement des rivières en février.

Au nord-ouest
Le coefficient d’humidité annuelle P/E est de 0,54. L’alimentation eneau
>
est déficitaire e t le drainage des sols est faible. P ETP durant 4 mois au cours
desquels une partie de l’eau contribue à saturer des horizons souvent riches en
argiles gonflantes.

S
NORD-OUEST

F! annuelle 1510mm ÉVAPOTRANSPIRATION POTENTIELLE PL. annuelle 927


ETF! annuelle 1291rnm
Excédent +221mm
ET E T P . annuelle1673
Deficit -746
PLUVIOM~TRIE

PLUVIOMETRIE

Fig. 4 - Données climatiques


8

Le ruissellement est fort e t les temps de montée généralement courts. Les


nappes temporaires disparaissent rapidement en fin de saison des pluies e t l'écou-
lement debasecessedans le courant de novembre.
La dessication des graminées est souvent terminke en décembre quand
débutent les feux de brousse.

3. Les matériaux originels des SOUS et les rsehes-mères (Fig. 5)


La carte géologique dressée par P. SCHWOERERen 1965 a servi de docu-
ment debase.

3.1. Les dépôtsquaternaires


Les alluvions
En amont, elles se trouvent dans les vallées du mayo Rey e t de ses
affluents, à leur débouché dans les bassins sédimentaires de Koum e t de Lamé.
En aval, elles constituent de vastes plaines alluviales au débouché des
mayos Rey et Godi dans le bassin crétacé de la Bénoué.Les alluvions récentes,
mélange de sable, limon et argile, forment la levée de berge e t le lit majeur. Les
alluvions anciennes, argileuses à sablo-argileuses, constituent une terrasse dont
I'épaisseur atteint 35 m à Rey-Bouba (sondage WAKUTI).

Les glacis d'accumulation


Ce sont des dépôts d'arène quartzo-feldspathique, épais, discordants sur
le socle, situés sur les piedmonts de certains reliefs granitiques à grain'grossier ou
aux abords de rivières importantes (glacis-terrasses). Leur puissance moyenne est
de 15 m e t leur stratification est sub-horizontale.

Les dépôts colluviaux e t alluviaux de bas de pente


Ce sont des matériaux sableux ou sablo-limoneux accumulés au basdes
versants où le réseau hydrographique n'est pas chenalisé. Ces matériaux proviennent
de I'érosion récente et actuelle desversants.

3.2. Les formations cuirassées


Ce sont des concentrations ferrugineuses d'origine pédologique. On les
observe principalement dans le bassin de Koum et sur certains glacis de piedmont
qu'elles ont fossilisés e t protégés de I'érosion. Leur épaisseur atteint plusieurs
mètres dans le bassin de Koum; on peut alors les considérer comme matériau ori-
ginel pour les sols qui se différencient au-dessus.

3.3. Les matériaux dérivés du Continental Terminal


Ils sont situés au nord-est de la feuille sur le territoire tchadien. Ils sont
épais, sableux à sablo-argileux, plus ou moins rubéfiés. Leur épaisseur diminue
vers la bordure sud et ouest où affleurent desgrès ferrugineux.

3.4. Lesséries du Crétacé


Crétacé de la Bénoué
II forme la terminaison sud-est du bassin de Garoua. Ce sont desgrès
arkosiques à ciment argileux, contenant des niveaux conglomératiques à gros galets
9

mAlluvions mm] Micashistes


a nmphlbolc
mArènes d’accumulation Granite alcalin
Alteration issue de gneiss et de granite
BSérie critacé I.Benou6
Z.Kourn
3.Larne I
.1montmorillonite
Cuirasses ferrugineuses
0termrnal
m a kaolinite et rnontmoriilonlte
Materiauxderivés du continental
m a kaolinite

Fig. 5 - Matériaux originels e t roches mères des sols


10

quartzeux très émoussés. L a puissancede cette formation est de 150 m à Rey-


Bouba(sondage WAKUTI).

Crétacéde Koum
II occupe le centre de la feuille sur une longueur de 80 km e t une largeur
de 10 km. II est formé de grès arkosiques, schistes "lie de vin" e t marnes. Au
sommet de certaines collines, on observe un matériau sableux à sablo-argileux,
plus ou moins rubéfié, riche en kaolinite, épais de plusieurs mètres.

On distingue nettement le contact avec le socle sur la bordure nord ; mais


la bordure méridionale est ennoyée sous des glacis d'accumulation ou sous une
cuirrasse qui passesans transition ni accident topographique du socle granitique
aux séries sédimentaires. Une ligne sombre a été décelée sur les photographies
aériennesausudde Koum. Elle correspond probablement à un accident tectonique
situé au contact des deux formations géologiques.

CrétacédeLamé
Ce sont des arkoses à grain grossier ou des marnes à lentilles calcaires
contenant des mollusques, datés de I'Albien-Cénomanien.

3.5. Les altérations issuesdegneiss e t granite


- enaval du bassin, les altérations sont de teinte verdâtre, à caractère
argileux avec une forte proportion d'édifices gonflants de type mont-
morillonite. Cette altération occupe presque tout le paysage à l'exception
de quelques lignes de crête, portant des altérations à kaolinite e t illite ;

- au centre, les altérations sont de deux types : soit une altération


épaisse à kaolinite toujours associée à des reliefs cuirassés résiduels,
soit une altération peu épaisse, à montmorillonite dominante, sur les
pentes e t au bas des glacis ;

- en amont, les altérations sont desarênesépaisses à kaolinite occupant


la majeure partie du paysage.Dans les zonesbasses,apparaissent par-
fois des altérations verdâtres, peu épaisses, à argiles gonflantes.

3.6. Les formations cristalloph yiliennes


Les granites alcalins
Ils constituent la majorité des hauts reliefs du paysage.De texture gros-
sière, fortement diaclasés, ils sont fréquemment associés à des glacis d'accumulation
de piedmont.

Les micaschistes
Un vaste affleurement de micaschistes traverse la région entre Tcholliré
et la frontière tchadienne suivant un axe sud-ouest, nord-est. Ce sont des formations
très redressées, plus ou moins quartziques, contenant d'abondantes exsudations
de quartz,
parfois
aurifère. , .. . Ii
11

4. La végétation (Fig. 5 bis)


4.1. L a savane boisée du sud
Elle constitue la formation végétale caractéristique des plateaux du sud et
de la bordure est, bien conservée dans le sud où la densité de population est très
faible.

Les espèces principales sont : lsoberlinia doka et dalzielli, Monotes kers-


tinguii ; OK observe aussi Uapaca togoensis, Butyrospermum parkii, Daniella oliveri,
Lophira lanceolata, enfin Terminalia macroptera dans les sites mal drainés.

Les racines descendent profondément dans les arènes épaisses, toujours


humides, si bien que la savane est en feuilles toute l'année, exceptée la brève
période qui suit les feux de brousse.

Les zones montagneuses sont occupées par des fourrés montagnards où


Anogeissus leiocarpus constitue l'espèce dominante.

Penissetum purpureum .(l'herbe aux éléphants) et Borassus aegyptiaca


(le rônier) sont caractéristiques des petites vallées alluviales.

4.2. Les savanes arborées de la pénéplaine centrale


Savane à légumineuses e t combrétacées
Sur les surfaces bien drainées, on observe Combretum sp., Poupartia
birrea, Pterocarpus, Sterculia setigera, Propopis africana, Burkea, Parkia biglo-
bosa ; lsoberlia et Monotes kerstinguii forment quelques îlots de savane boisée.
Les sites mal drainés sont peuplés de Terminalia.

Savane à combrétacées dominantes


Ce sont des savanes moins denses où la taille moyenne des individus
diminue. Outre les Combretum dominants, se multiplient Sclerocaria, Bombax
costatum, Bosvellia dalzielli, Lannea. lsoberlia et Monotes ont disparu.

La zone des micaschistes est caractérisée par une association végétale très
typique, composée d'anogeissus leiocarpus et de mimosées avec un sous-bois très
dense d'arbustes e t d e lianes. ( 8 )

Sur les matériaux du Continental Terminal, on observe une savane arborée


assez dense à dominance de légumineuses.

II faut signaler la fréquence des faciès de dégradation dans toute cette


pénéplaine centrale, en particulier, dans le bassin de Koum et la région de Rey-
Bouba.

18) I I est probable que la présence de ce milieu écologique particulier, qui constitue actuellement
le domaine préféré du Rhinocéros, a été unedes causes principales du maintien de cette espèce
dans le Nord du Cameroun.
12

Savane arborée

Savana arborée

etcombrdtacies
* Koum

Savane boisée à lsoberlinia

Fourrés
montagnards

Fig. 5bis - Principaux groupementsvégétaux

4.3. La savane arbustive du nord-ouest


Sur le plateau granitique,du nord-ouest, la végétation paraît très dégradée;
elle est constituée d'arbustes ou d'arbres de petite taille, de quelques espèces épi-
neuses e t d'Anogeissus de belle taille sur des buttes.

On a observé Combretum glutinosum, Terminalia laxiflora, Anogeissus


leiocarpus, Annona senegalensis, Boswellia dalzielli, Balanites aegyptiaca, Ziziphus
mauritanica, Piliostigma Thoningii, Grewia mollis, parmi les espèces les plus
courantes.

4.4. La savane herbeuse desvallées alluviales


C'est une savane herbeuse à base d'Andropogon e t d'Hyparrhenia ; les
principales espècesarborées sont : Terminalia laxiflora, Acacia seyal, Combretum
glutinosum, Anogeissus leiocarpus, Piliostigma thoningii dans les jachères.

Leszones longuement inondées sont caractérisées par des Cypéracées


(Mimosa asperata) e t Mytragina inermis comme espèce arborée. Sur les bourrelets de
berge, on a observé localement de belles galeries forestières à Diospyros.

5. Les formes du relief (Fig. 6)


5.1. Les reliefsmontagneux
Ce sont des reliefs très escarpés dont l'altitude varie entre 900 m e t 1.ZOO 'm,
dominant la pénéplaine à laquelle ils se raccordent brutalement.
13

5.2. Lesglacis d'accumulation


I l s se raccordent soit brutalement aux montagnes (glacis de piedmont),
soit insensiblement à la pénéplaine (glacis-terrasses). En bordure des axes de drai-
nage, ils se terminent par un escarpement dû à I'érosion intense qui modèle ces
dépôts d'une facon caractéristique en pratiquant des entailles profondes e t en lais-
sant des buttes-témoins.

5.3. Les reliefs cuirassés


Ce sont des buttes ou des plateaux, à sommet cuirassé sub-horizontal OU
à faible pente. Ils dominent généralement l e paysagede 10 à 15 m en s'y raccor-
dant par un escarpement presque vertical ou à pente très forte. Fréquents dans la
zone médiane du bassin, leur présence est exceptionnelle en amont (9) et rare en
aval où ils forment les points hauts dominant le paysagede 30 m à 40 m.
Ils ont été observés sur le socle, les formations sédimentaires et les dépôts
de glacis, à une altitude variant de 320 m à 420 m. L'épaisseur de la cuirasse varie
mais son faciès reste comparable d'un point à un autre.
On a constaté que la cuirasse surmontant le glacis du hoséré Tcholliré se
raccordait parfaitement au nord à la cuirasse sur socle e t au sud aux cuirasses sur
socle et sédimentaire. Au sud du bassin de Koum, la cuirassepasse indistinctement
du socle au sédimentaire e t aux dépôts de glacis. On peut alors considérer que ces
reliefs cuirassés font partie d'un même système malgré des variations d'altitude.

5.4. Les plateaux du sud et de la bordure est


Le paysage est régulièrement vallonné. Les interfluves d'une largeur de
200 m à 600 m, de forme généralement convexe, sont séparés par des talwegs
évasés.La pente des glacis varie de 3%à 8%. Seuls les axesdedrainage principaux
sont bien individualisés et entaillés dans le substratum.

5.5. La pénéplaine centrale et aval


C'est une très vaste surface aplanie d'où émergent quelques inselbergs. Le
paysage irrégulièrement vallonné est fortement disséqué par un réseau hydrogra-
phique dense. La plupart des talwegs sont occupés par des cours d'eau entaillés
dans les sols et la roche. Les glacis sont parfois dissymétriques, de forme e t de
pente variables.
Sur les grès arkosiques, les formes sont plus molles e t le paysage moins
incisé. Mais lorsque I'érosion, ayant déblayé les sols, atteint la roche-mère, on ob-
serve un paysage très tourmenté, fait d'une succession de petites collines aux pen-
tes fortes, convexes, parsemées de galets.
Quelques îlots ayant une morphologie identique à celle de la zone sud
subsistent dans la zone centrale (Parc du Bouba-Njidda).

5.6. Lepaysage du ContinentalTerminal


C'est un paysage à très larges interfluves, à pente très faible, séparés par
des bas-fonds évasés. Le passage à la pénéplaine centrale se f a i t par un escarpement
d'une vingtaine de mètres ayant l'aspect d'un front d'érosion comme celui qui en-
toure les reliefs résiduels cuirass,és.

(9) Sur le glacis d'Brosion'au pied du hosBr6 Kourouk.


14

Reliefs montagneux Pineplaine


BGlacis d'accumulationen voie derosion Paysage du cantineda1 terminal
Reliefs cuirassds
Paysage des gres et leurs formes d'irosion
Plateaux sud et est Plaine alluviale

Fig. 6 - Les formes du relief


15

5.7.Lesplainesalluviales
Elles constituent des surfaces à très faible pente d'où émergent la levée
alluviale bordant les cours d'eau et des terrasses sableuses de forme oblongue, pa-
rallèles au cours d'eau.

6. L'érosion
L a Bénoué à Garoua est à l'altitude 190 m et à 1.200 km de la mer. Pour
l'ensemble de la partie camerounaise du bassinde la Bénoué, on peut considérer
son altitude à Garoua comme niveau de base. Actuellement, elle se trouve dans
une phase active d'érosion e t entaille profondément ses alluvions dans la partie
aval. Cette action érosive tend à gagner tout le bassin.
Sur le plateau granitique du nord-ouest, I'érosion très intense s'étend à
partir de tous les axes de drainage e t gagne l'ensemble des bassins versants attei-
gnant même la plupart des lignes de crêtes.
Dans la partie centrale, elle est très active aux abords des cours d'eau et
se manifeste dans la partie aval e t médiane desbassinsversants. L'amont et les
lignes de crêtes sont plus ou moins épargnés. Là, sont localisés les reliefs cuirassés
e t les- altérations à kaolinite.
Dans la partie amont, elle se limite aux abords immédiats des principaux
axes de drainage et seule la partie aval de certains bassins versants subit une éro-
sion sensible.

7. La biodynamique
7.1 . LesTermites
Leur action dans les sots est importante bien que rarement spectaculaire.
Dans les fosses fraîchement ouvertes, on observe fréquemment leur intense activité.
Les "termitières-champignons" édifiées par le genre Cubiterme sont très caractéris-
tiques des sols cuirassés ou engorgés à faible profondeur.

7.2. Les vers deterre


Dans cette région du Cameroun, située entre le 8e et le 9e parallèle, I'acti-
vité des vers de terre est une caractéristique écologique absolument remarquable.
Sur des surfaces de plusieurs milliers d'hectares, des rejets de vers de terre forment
un recouvrement continu ou une succession de buttes arrondies dont I'épaisseur at-
teint 45 à 50 cm. Leur densité e t leur épaisseur diminue généralement ou disparaît'
parfois à la partie supérieure des glacis bien drainés. Le sommet des glacis est alors
parsemé de cailloux de quartz que l'on voit disparaître le long de la pente SOUS les
déjections devers.Dans le bas de pente, on observe les quartz grossiers dans les
profils sous 50 à 60 cm de matériau sablo-argileux homogène.
Parfois, l'action biologique s'étend à tout le glacis,en particulier dans la
zone centrale du bassin sur des sols à horizons profonds argileux et peu perméables.
KOLLMANNSPERGER (1956) a mesuré sur ces sols des quantités de rejets de surfa-
cede 210 tonnes par hectare et par an.

7.3. L'action de l'homme


II modifie l e pédoclimat e t favorise la d6gradation du sol par certaines ac-
tions non contrôlées.
16

Le défrichement e t la pratique de certaines cultures activent I'érosion. On


a vu fréquemment, dans les bas-fonds, d'abondants apports récents de sables et de
limons entraînés par les premières pluies violentes sur dessois à horizon de surface
dégradé et non protégé par la végétation naturelle.
Un défrichement intensif dessavanesboisées du sud provoque une érosion
rapide avec mise à nu des cuirasses. Après de longues périodes de jachère, la végé-
tation naturelle ne se reconstitue pas, mais elle est remplacée par des espèces de
savanedégradée : Combretum, Hymenocardia acida, Piliostigma. Le tapis graminéen
naturel est remplacé par lmperata cylindrica très vivace.
La présence de troupeaux produit dans les zones de parcours une dégrada-
tion rapide de l'horizon superficiel et augmente la sensibilité du sol à I'érosion. Cet
effet est très bien marqué sur les collines au nord de Rey-Bouba et sur la rive droite
du mayo Godi de part e t d'autre de la piste menant à Béré.Des effets de dégrada-
tion sont déjà sensibles dans le bassinde Koum où deséleveurs sont arrivés depuis
trois ans.

8. Influence des divers facteurs sur la genèsedes sols


Brièvement, on peut dire que I'hydromorphie des sols dans cette région
est en relation inverse avec la pluviosité : l'intensité de I'hydromorphie augmente
vers le nord quand la pluviosité passede 1400 mm à 900 mm.
La nature de la roche-mère joue un rôle déterminant dans la partie aval
du' bassin en relation étroite avec la teneur enbases e t la position topographique.
Ce rôle est plus atténué vers l'amont e t ne se manifeste que pour des variations
extrêmes de la composition de la roche.
L'érosion, dont l'activité au Quaternaire récent puis actuelle est intense,
paraît le facteur primordial de la distribution des grands ensembles de sols dans
le bassin.
Actuellement, le front principal d'érosion se situe dans la partie médiane
du bassin, c'est-à-dire dans le cours moyen de la Bénoué,desmayosRey e t Godi.
Les glacis, subissant cette érosion, peuvent être considérés comme formant la sur-
face la plus récente où il subsiste de nombreuses reliques d'une surface plus an-
cienne, sous forme de reliefs résiduels. Ces sols reliques ont des caractères pédolo-
giques comparables à ceux des sols occupant toute la partie amont du bassin, en-
core peu érodée, que l'on considère comme la surface la plus ancienne. En aval,
une surface d'âge intermédiaire déjà érodée depuis un certain temps e t très aplanie
a conservé quelques vestiges des reliefs reliques de la zone médiane.

A ces trois surfaces reconnues correspondent effectivement des provinces


pédologiques caractérisées chacune par un type de pédogénèse.
17

II
LES SOLS

1. La classification des sols


La classification utilisée est celle des travaux de la Commission de Pédo-
logie e t Cartographie des sols (C.P.C.S. 1967)s'inspirant de la classification Utilisée
par la section de Pédologie de I'ORSTOM (G.AUBERT 1965).(cf. annexe)

2. La légende de la carte
Les unités cartographiées se situent au niveau de la famille. Elles sont au
nombre de trente trois dont vingt sept unités simples e t 6 unités complexes (Cf.
annexe).

3. La description des profils (cf. annexepage 2, paragraphe 3)


Le vocabulaire est celui adopté par les pédologues de I'ORSTOM (IO) avec
référence aux couleurs du Code Munsell.

La morphologie des profils décrits dans la notice sera un résumé des des-
criptions détaillées sur le terrain ; ceci pour la concision de l'exposé.

LES UNITES SIMPLES

LES SOLS MINERAUX BRUTS D'EROSION

U. 1. Lithosols surrochesdiverses (Fig. 7)

Ce sont des sols à horizon (A) peu épais, contenant destracesde matière
organique, sur un matériau faiblement altéré peu pénétrable aux racines, L'érosion
plus intense que la pédogénèse empêche I'évolution du sol.

(IO)Glossaire de Pédologie - ORSTQM 1969.


18

Ils occupent les reliefs montagneux en association avec des affleurements


rocheux e t des sols peu évolués qui se développent dans les sites les mieux proté-
gés de I'érosion.
La plupart de ces reliefs, malgré l'abondance des affleurements rocheux,
sont colonisés par une végétation arborée dont les racines s'insinuent dans les dia-
clases de la roche e t entre les blocs. Ces lieux sont inhabités et servent de refuge
à la faune sauvage d'autant plus que de nombreux points d'eau existent dans les
petites vallées intérieures.

LES SOLS PEU EVOLUES D'EROSION

Ce sont des sols peu épais à horizon humifère A, sur un matériau originel
désagrégé e t plus ou moins altéré. L'érosion plus rapide que l'altération rajeunit
sans cesse les profils.
On appelle lithiques les sols peu pénétrables aux racines et régosoliques
les sols pénétrables aux racines.

SOLS PEU EVOLUES LITHIQUE§

U.2. Sols peuévolués lithiques sur roches diverses (Fig. 7)'


Ils constituent de petits affleurements dispersés, sur des granites, des gneiss
et des filons de quartz. Ils sont associés à des lithosols e t à quelques sols ferrugi-
neux à faciès jeune plus ou moins érodés (U.11).
Ils sont assez recherchés dans certaines régions pour la culture du coton
malgré leur faible épaisseur car ils constituent les sols les mieux drainés. C'est le
cas de la région de Rey-Bouba.

T CH - 12. Sol peu évolué sur granite à orthose


Novembre ; 3 k m au nord de Sorombeo ; mi-pente d'une colline ; traces
d'érosion et cailloux de quartz en surface ; arbustes et touffes de grami-
nées.
0-13cm : Sec, brun grisâtre ( 1 O Y R 5/21 : sableux ; grumeleux ; forte porosité ;
AI humectation rapide ; enracinement dense.
13 - 30 cm : Sec ; granite désagrégéavec traces de matière organique sur les cristaux
AC de quartz et de feldspaths.
30 cm : Limiteirrégulière avec le granitepeu altéré.
C

TCH-22. Sol peu évolué sur gneiss à feldspath et biotite


Décembre ; 7,5 km de Taparé vers Rey-Bouba ; tiers inférieur de pente
4% ; sous jachère récente à Pillostigma ; érosion forte ; bon drainage externe.
O - 13cm : Sec ; brun grisâtre (IO YR 5/2) ; sableux : polyédrique à grumeleux ;
AI humectation rapide ; porosité moyenne ;enracinement très dense.
13 - 36 cm : Sec : sableux ; polyédrique ; forte porosité : faible compacité ; enraci-
AC nement dense.
36 cm : Limite irrégulière avec le gneiss peupénétrableaux racines.
C
19

Caractsres analytiques
Le pourcentage de sable grossier varie de 57%à 78%, l'argile de 7% à 12%.
Le taux de matière organique est de 2,6% dans TCH-12 e t 1,7% dans TCH-22. Le
pH variede6,3 à 6,6 ; le taux de saturation est voisin de 80% pour une faible ca-
pacité d'échange (6 à 8 méq/100 g) ; la teneur en phosphore est faible (0,26

Evolution de ces sols


II apparaît parfois une faible rubéfaction d'horizons (B), sensiblement plus
argileux, dansdes profils intergrades avec les sols ferrugineux à faciès jeune (U.11).
Plus rarement, sur des roches à minéraux ferro-magnésiens abondants, il
tend à se différencier un horizon (B)de couleur brune, à structure large,dansdes
profils intergrades avec les sols bruns tropicaux (U.8).

U.3. Sols peu évolués sur cuirasse ferrugineuse (Fig. 7)


Ces sols sont localisés essentiellement dans la partie médiane du bassin où
ils occupent le sommet de reliefs résiduels tabulaires. Ces reliefs dominant le pay-
sage, sont limités par un escarpement dont le rebord est formé d'une cuirasse fer-
rugineuse continue, compacte, alvéolaire, de 80 cm à 250 cm d'épaisseur.
Ils sont associés à des affleurements de cuirasse nue e t à de rares sols hy-
dromorphes peu épais dans des petites dépressions.
La végétation comporte des touffes de graminées, des arbustes e t des es-
pèces arborées de grande taille formant des bouquets de savane arborée. Les eaux
de pluie s'infiltrent rapidement à travers la cuirasse. Mais la rétention d'eau e t la remon-
tée capillaire sont faibles, ce qui provoque un pédoclimat relativement sec. Aucun
de ces affleurements de sols n'est actuellement cultivé.
T C H -37. Décembre.; $UT unebutte cuirassée à pente 1% sud ; savane arborée peu
dense ; petites "termitières-champignons" ; affleurement decuirasse à pro-
ximité.
O - 20 cm gris-brun (IO Y R 6/21 ; sableux
: Sec, peu
argileux ; polyédrique ; nom-
A1 breux nodules
ferrugineux et cailloux de quartz ; enracinement assez
dense ; humectation rapide ; peu stable ; faible compacité.
20 cm : à la
Passage brutalcuirasse.
C

L'épaisseur de l'horizon humifère est souvent inférieure à 20 cm. Mais


dans certains cas, elle peut atteindre 40 cm à 50 cm e t un horizon plus clair.se
différencie sous l'horizon humifère au contact de la cuirasse.

Caractères analytiques
Ces sols contiennent'peu de matière organique (1,1%),peudebaseséchan-
geables (2;l méq/100 g) e t debases totales (5 méq/100 g). Ils sont acides (pH 5,9
à 6,2) e t relativement désaturés (47%).
Evolution
L'érosion décape le sol jusqu'à la cuirasse comptacte. Les buttes elles-
mêmes sont en voie de démanthlement car l'escarpement est soumis à I'érosion e t
la cuirasse se fragmente engros blocs.puis en blocs plus petits répandus à la sur-
face du sol e t toujours à faible distance de l'escarpement. Si on s'éloigne.de la
20

Lithosols Sols peu évolués d'érosion

u.5 0Sur gres arkosiques


Fig. 7
21

butte, on ne trouve que de rares fragments enfouis dans les sols du glacis.

SOLS PEU EVOLUES REGOSOLIOUES (Fig. 8)

U.4. Faciès hydromorphe sur horizon d'altération de granite et gneiss


Ces sols se forment à partir d'horizons d'altération d'anciens sols évolués,
récemment tronqués par I'érosion. L'horizon d'altération est de teinte verdâtre,
compact, à très faible porosité.

Ils sont localisés sur quelques centaines de mètres de part e t d'autre de


mayos entaillés dans la roche, sur le plateau granitique du nord-ouest e t aux abords
desmayos Bidjou et Dopsa.

Ils sont associés à des sols peu évolués lithiques e t à des sols hydromorphes
lessivés e t vertiques (U.25)ayant les mêmes horizons d'altération verdâtres e t com-
pacts.

La végétation très caractéristique est formée d'arbustes rabougris, souvent


des épineux (Balanites). Ces sols sont saturés en saison des pluies puis se dessèchent
rapidement. Ils sont peu profonds avec un horizon faiblement humifère sur un ho-
rizon à pseudo-gley. Parfois un horizon plus clair se différencie sous l'horizon de
surface. Ils ne sont jamais cultivés mais très fréquentés par la faune sauvage qui
vient profiter de petites salines affleurant B la basedes horizons d'altération.
T C H - 605 Près du confluent des mayos Lidi et Dopsa ; érosion forte en ravines ;
plage5 nues avec sable délié en surface ; drainage externe assuré ; interne
déficient ; quelques nodules calcaires en surface.
O-lOcm : Sec, gris brun (10 Y R 5/3); sableux ; lamellaire de O à 2 cm, puis mas-
Al1 sive à éclats anguleux ; humectation lente ; stable, compacité moyenne ;
faible enracinement.
10 - 25 c m : Sec ; gris brun clair (2,5 Y 6/2) à taches rouille ; argilo-sableux ; p0lV-
Al2 édrique 5 sur-structure prismatique ; humectation lente ; instable ; forte
compacit.4.
25 - 50 c m : Sec ; gris olive ( 5 Y 13/21à taches rouille ; sablo-argileux ; massive à
BC débit prismatique ; faible porosité, forte compacité.
50 cm : Passage progressifau gneiss peualtéré.
C

Caractères analytiques
II sont pauvres en matière organique (0,50%); le pH variede 4,8 à 7,l
en profondeur. Les horizons supérieurs sont pauvresenbases et désaturés mais les
horizons d'altération sont saturés avec de fortes capacités d'échange.

Evolution
Dans les endroits les plus sensibles à I'érosion, ils évoluent vers des régo-
sols. Ailleurs, les horizons supérieurs deviennent très clairs, très sableux, en contact
brutal avec l'horizon argileux. Leur morphologie rappelle alors celle des sols lessi-
vés ou des planosols.
22

IU.bl Sols peubvoluesd'irosion

MAYO DOPSA

IU.51Sols p e u évoluis d'erosion

jU .61Sols peu évolu&d'apport

u.22 U.6 U. 6 U. 6 U. 6

~ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . , . .
-- - Niveau hydrostatique de saison shche

m Granite et
gneiss

U. 1
U.22
Lifhosols
Sols hydrornorphes àgley
m Gris arkosiques

Alluvions
U2L Sots hydrornorphcs à pseudo-gleyvertiques
U.25 Sols hydromorphesàpsoudo-gluy lessivés
U hydrornorphesà
2 6 arnphigley
Sols y '? galerie
Forêt

Fig. 8 - Sols peu évolués


23

U.5. Faciès modal sur grès arkosique


Ils sont localisés sur les grèsde la Bénoué à l'est de Rey-Bouba, à I'extré-
mité est du bassin de Koum e t dans le bassin de Lamé au nord-est. Ils sont asso-
ciés à des affleurements degrès, à des sols hydromorphes vertiques (U.24) e t à
des sols peu évolués d'apport hydromorphe dans les bas-fonds.

Le paysage très caractéristique (11) est une succession de collines au som-


met arrondi, à forte pente,d'une largeur de 200 m à 300 m e t séparées par des
vallées étroites, parfois entaillées par de petits cours d'eau. La surface du sol est
, toujours jonchée degalets quartzeux très émoussés.Derares e t petites buttes es-
carpées à sommet tabulaire cuirassé dominent le niveau moyen des collines d'une
trentaine de mètres.
La végétation est une savane arbustive très clairsemée. Le ruissellement
intense laisse les marques d'une forte érosion. La strate herbacée se dessèche ra-
pidement e t la savane commence à brûler dès le 15 novembre.
Dans la région de Rey-Bouba, ces sols sont utilisés comme premiers par-
cours de saison sèche en décembre par les troupeaux de boeufs.

T C W - 502 Novembre ;à l'est de Rey-Bouba ;flancd'une colline ; pente 18 % ; quel-


ques arbustes ; savane herbeuse brûlée : galets en surface.
O - 20 cm : Sec ;grisâtre ; graveleux ; terre fine sableuse ; polyédrique très gros-
AI sière ; agrégats fragiles ; humectation lente ; peu stable ; enracinement
dense.
20 - 40 cm : Sec ; gris brun ; sablo-argileux : massive à débit prismatique grossier ;
BC nombreux feldspaths non altérés ; humectation rapide ; peu stable ;
faible porosité.
40 cm : Passagegrès
au arkosique peu altéré.
c ,
Caractères analytiques
Ces sols sont bien pourvus enbaseséchangeables (1 1 à 13 méq /l00g),
surtout en calcium ; la capacité d'échange atteint 15 à 20 méq /l00 g pour des
taux d'argile de 25% ; le pH est de l'ordre de 6.

Evoiution de ces sols


Le ruissellement intense provoque une évolution vers des sols peu évolués
' lithiquesou des lithosols par disparition de l'horizon BC.

Utilisation des sols peu évolués d'érosion


Ils présentent peu d'intérêt parce qu'ils couvrent de faibles surfaces OU
parce qu'ils se trouvent dansdespaysagessensibles à I'érosion OU déjà fortement
érodés. '

Caractères défavorables
Localisation dans des sites à forte pente ; sensibilité à I'érosion ; présence
de nombreux affleurements rocheux ou d'déments grossiers ; texture sablo-grave-
leuse ; faible capacité d'échange et faible rétention d'eau dans les sols lithiques ;

( 11 ) Comparable à celui de bad-lands.


24

compacité de l'horizon inférieur des sols régosoliques.

Caractères favorables :
En général, réserves élevées enbases ; parfois, forte teneur en matière or-
ganique ; présence d'un horizon sablo-argileux, riche enbases, à capacité d'échange
élevée e t à forte rétention d'eau,dans les s,ols régosoliques.

LES SOLS PEU EVOLUES D'APPORT (Fig. 8 e t 9)

Ils sont localisés dans le cours aval de la Bénoué, des mayos Rey e t Godi,
dans le cours amont du mayo Rey e t de ses affluents à leur débouché dans les
bassins sédimentaires de Lamé e t de Koum.
Ils sont associés à dessols hydromorphes à gley bordant les mares perma-
nentes.
Les apports récents constituent la levée de berge e t ses abords. Une partie
est inondée durant les crues e t reçoit annuellement de nouveaux apports de limons
et de sables fins.

U.6. Sols d'apport modaux


Ils se trouvent sur la levée de berge elle-même portant une galerie fores-
tière avec des espèces arborées de grande taille e t un sous-bois de fourrés denses.
Ceci constitue un milieu écologique très différent de celui de l a plaine alluviale.

T C H - 603 Février ; en borduredumayoRey ausud de Basari ; 50 mdu lit mineur


du fleuve ; sous galerie forestière dense à Anogeissus leiocarpus.
O - 27 cm , : Sec ; brunâtre (IO Y R 3/21 ; sablo-limoneux ; polyédriquefine : humec-
Al 1 tation rapide ; stable ; compacité faible ; porosité forte ; enracinement
tr6s dense.
27 - 80 cm : Frais ; brun grisâtre ; sablo-limoneux ; polyédrique grossière ; humecta-
Al 2 tion rapide ; peustable ; compacité très faible ; porosité moyenne ;
enracinement dense.
80 cm : Humide ; sablelimoneux.
fin
c
Caractères analytiques
La granulométrie est caractérisée par l'abondance du sable fin e t du iimon
grossier ; le taux de matière organique est de 3,7% sous galerie forestière, de1,3 à
1,8% après défrichement ; le pH varie de 6.5 à 7,2 ; les sols sont bien pourvus en
baseséchangeables (Ca et Mg) et enbases totales, surtout en potassium ; les quan-
tités de phosphore sont
parfois
très élevées (1,4 à 2,2 ce qui est peu
commun dans la région.

U.7. Sols d'apport hydromorphes


Ils sont situés sur le glacis à pente faible qui s'étend derrière la levée de
berge et qui est inondé annuellement. La végétation est unesavaneherbeuse à
Hypparhenia dans les plaines de la zone aval. En amont desbassinsversants c'est
unesavaneherbeuse à Pennisetum purpureum avec des rôniers (Borassus aegyptiaca).
25

La strateherbacée flétrit e t se dessècheversdemoisdeMars.


T , C H - 169 Janvier ; borduredelaBénouéaunord de Tatou ; faiblepente ; peude
traces d'activité de la faune en surface ; graminées non flétries ; mauvais
drainage.
O-10cm : Sec ; brun grisâtre ; limono-argileux ; grumeleux à polyédrique ; humec-
A l1 tationrapide ; très stable ; compacitéfaible ; forteporosité ; enracine-
ment dense.
10 80 c m
~ : Frais à humide ; brun jaunâtre ; limono-argileux ; polyedrique ; humec-
. A12gtationrapide ; peu stable ; porosité
moyenne ; faible
compacité ; taches
ocre-rouille ; enracinement moyen.
80 ~ 120 c m : Humide ;gris jaunâtre à taches rouille ; limono-sableux ; massif à débit
(Bk polyédrique ; humectation rapide ; peu stable ; compacité faible ; taches
bleuté de gley à la base.
120 cm : Sable jaunâtre fin ; particulaire ; faible compacité ; nappe à 140 c m ;
C frange capillaire remontant à 40 c m au-dessus de la nappe.

Caractères analytiques
Cessois sont bien pourvus en matière organique (3,54% - 4,26%) qui pé- ' '

nètre profondément dans le profil (1,8% e t 1,6% à 50 cm) ; le pH est de6,6 à 6,7 ;
on remarque aussi la forte teneur en bases échangeables (dominance du Ca) e t la
capacité d'échange élevée (18 à 25 méq/l00 g en surface). Le taux de saturation
se situe entre 90% e t 100%; la teneur en phosphore est moyenne (0,80 .)'a/'

Variations autour de ce type de profil


Elles sont dues essentiellement à des variations de texture du matériau.
Dansun matériau très sableux, le profil est peu différencié, à caractères hydro-
morphes peu marqués. Dans un matériau hétérogène, on observe des contacts bru-
taux entre des horizons sableux bien drainés e t des horizons plus argileux, très
marqués par I'hydromorphie.

Utilisation des sols peu évolués d'apport


Ils constituent des affleurements bien délimités et paraissent très favorables
à une mise en valeur. Actuellement, ils sont peu cultivés.
Caractères défavorables :
Inondation périodique difficile B contrôler ; variations brutales de tex-
ture ; présence d'horizons très sableux à faible rétention d'eau.

Caractères favorables .
Grande profondeur accessible aux racines ; texture sablo-limoneuse favo-
risant la remontée capillaire ; homogénéité du profil ;faible compacité ; présence
d'une nappe e t forte remontée capillaire maintenant une certaine humidité en
toute saison ; teneur moyenne à forte en matière organique, en bases e t en phos-
phore.
26

VERTISOLS (Fig. 9)

Ce sont des sols de couleur sombre qui, en saison sèche, sont caractérisés
par des fentes de dessication en surface e t une très forte compacité. Ils sont con-
nusdans la région sous le nom de "Karal".

Les deux unités cartographiées sont situées au nord e t à l'est de Rey-Bouba,


l'une près de Kongrong, l'autre près de Polbomi. Elles sont constituées de vertisols
dominants, associés à des sols hydromorphes à pseudo-gley vertiques (U.25) et à
des sols à gley autour desmarespermanentes.Les vertisols figurent aussidans les
unités 29 et 30 où ils sont juxtaposés à des sols hydromorphes à pseudo-gley e t à
des solonetz solodisés.
Ils sont situés dans des zones presque planes, avec un microrelief formé
d'une succession de buttes et d'effondrements plus ou moins marqués. La végéta-
tion naturelle est unesavane à Acacia très typique. Ces sols sont saturés d'eau e t
submergés sous une lame, d'eau en fin desaisondes pluies par débordement des
fleuves (mois de septembre). Ils se ressuyent progressivement ennovembre pendant
que se forment les fentes de dessication.

U.7. Vertisol sodique et hydromorphe sur alluvions argileuses


T C H - 166 Février ; 1 k m à l'est du radierdeKongrong ; pente 0,596 ; belle culture
de sorgho de décrue ; fentes à la surface du sol.
O - 20 c m : Sec : gris sombre (N/4) ; argileux ; prismatique à sous-structure cubique
Alg ou polyédrique ; humectation très lente ; forte compacité ; faible poro-
sité d'agrégats ; taches rouille le long des canalicules ; enracinement
moyen.
20 - 50cm : Sec ; grissombre (5 Y 4/11 ; argileux : prismatique large ; humectation
(Bk lente ; stable ; très
forte
compacité ; faible
porosité ; enracinement
moyen : quelques taches rouille et petites concrétions noires.
50 - 100 c m : Sec ; gris sombre (5 Y 4/1) ; argileux ; cubique à faces lissées vers la
B Ca base ; humectation peu rapide ; stable ; forte compacité, faible poro-
sité ; enracinement dense : calcaire.

U.7. Vertisol sodique sur alluvions argileuses


TC H - 304 Février ; prèsdePolbomi ; zoneplane ; végétation dégradée d'Acacia ; peu
d'effondrements ; fentes de dessication en surface ; graminées mal brûlées.
O - 15cm : Sec ; brun grisâtre ; argileux ; prismatique à sous-structure polyédrique ;
AI hurnectation lente ; stable ; compacité moyenne ; porosité faible à
moyenne ; enracinement dense.
15 - 5 0 c m : Sec ; brun grisâtre ; argileux ; prisrnatique ; humectation très lente ; peu
(B) 1 stable ; compacité moyenne à forte ; agrégats à fine porosité ; aucune
trace d'hydromorphie.
50 - 120 cm : Sec, gris olive : argileux ; plaquettes obliques et structure prismatique ;
(6)2 hurnectation très lente ; peu stable ; forte compacité ; faible porosité ;
non calcaire.

l
27
28

Caractères analytiques (12)


Le taux d'argile est toujours élevé (40%à 55%) ; le pH, généralement su-
périeur à 7, peut atteindre des valeurs très élevées (9) en présence de carbonate de
calcium e t de sodium. Les deux profils ont une forte teneur enbaseséchangeables,
avec dominance du calcium. Le rapport sodium/capacité d'échange atteint 13,5%
et pourtant le profil 166 présente une morphologie typique de vertisol. La teneur
en phosphore est faible.

Evolution de ces SOIS


L'évolution des vertisols paraît étroitement liée au régime hydrologique
des plaines alluviales. La limite entre les vertisols et les sols à gley correspond à
la limite d'extension desmarespermanentesousemi-permanentesdesaison sèc ;
celle des vertisols et des solonetz solodisés à la limite approximative des eaux d
submersion en saison des pluies.
!
Utilisation
Ils sont peu étendus sur la feuille de Rey-Bouba. La plupart sont utilisés
pour la culture du sorgho de décrue (muskuari).

Caractères défavorables :
Terres difficiles à travailler ; forte compacité e t humectation lente ; struc-
ture grossière ; excès de sodium en présence de carbonate donnant un pH très éle-
vé ; pauvreté en phosphore.

Caractères favorables :
Pas de variations de texture ; fissuration ensaisonsèche favorisant l'infil-
tration des premières pluies ; forte rétention d'eau ; teneur élevée en cations échan-
geables e t en réserves minérales ;forte capacité d'échange.

SOLS BRUNIFIES (Fig. 9 e t 11)

U.8. Sols bruns tropicaux sur granite


Ils sont localisés sur le plateau granitique délimité au sud par le mayo
Godi, à l'ouest par le mayo Sina, à l'est par le mayo Ouarkla e t au nord par le
9ème parallèle.
Les sols bruns tropicaux sont l'unité dominante (60 à 75%) d'une associa-
tion de sols qui comprend :
- des sols tropicaux lessivés sur les pentes ou enbasde pente, unité asso-
ciée la plus fréquente (13) ;
- des sols peu évolués d'érosion en bordure desaxesde drainage ;
- enfin des sols ferrugineux tropicaux remaniés sur quelques lignes de
crête.

(12) Voir tableaux des résultats analytiques en annexe.


(13) Ils seront décrits ultérieurement.
29

Lepaysage est une pénéplaine, au réseau hydrographique dense, portant


une savane arbustive, souvent très dégradée. Les sols sont bien drainés en surface
et le ruissellement est particulièrement intense aux abords des talwegs, provoquant
des formes d'érosion en ravines qui atteignent la roche compacte.
En saison des pluies, des nappes perchées temporaires se forment parfois
dans les sites favorables au-dessus des horizons (B)peu perméables ; ces nappes
disparaissent dès le début de la saison sèche.
T C H - 219 Sols brun vertique
Janvier. ;.26 km de Béré vers Vaimba.; sommet de calline ;jachère à
Piliostigma ; petites termitières grises ; traces d'brosion en surface ; granite
à feldspaths et minéraux ferro-magnésiens.
O - 30 cm : Sec ; brun gris (IO Y R 4/2) ; sableux peu argileux ; polyédrique ; hu-
P.1 mectation rapide ; stable ; compacité assez forte ; porosité moyenne
à faible ; enracinement dense.
30 - 70 cm : Frais ; gris foncé ( 5 Y 5/11 ; argilo-sableux ; polyédrique grossière à
(B) sur-structure prismatique ; humectation lente ; peu stable ; compacité
forte ; faible porosité des agrégats ; faces des agrégats luisantes ; enra-
cinement dense ; aucune trace d'hydromorphie.
70 - 100 c m : Frais ; grisâtre ; nombreuxminérauxpeu altérés ; sablo-argileux ; pris-
BC matique à sous-structure cubique
et
plaquettes
obliques à la base ; hu-
mectation peu rapide ; peu stable ;forte compacité ;,
100 c m : Passage graduel àroche
la peu altérée.
C

Sols brun hydrornorphe


Dans ce cas,destaches rouille e t de petites concrétions noires apparais-
sent dans l'horizon (B). L'horizon A très sableux contenant quelques éléments
grossiers est en contact tranché avec l'horizon (B).

Sol brun peu évolué


Les horizons A ont une très faible épaisseur sur des horizons (B)massifs
ou à structure large, à caractères vertiques peu accentués. A la surface du sol ou
dans l'horizon A, on observe fréquemment des quartz grossiers.

Caractères analytiques
L'horizon (B) est toujours le plus riche en argile ; mais aucun revêtement
d'origine illuviale n'a été observé.Les quantités debaseséchangeables et les réser-
ves enbases totales sont élevées ; la teneur en matière organique est faible e t la
teneur en phosphore très faible.

Evolution
Où I'érosion est très intense, ces sols évoluent vers des sols peu évolués
quand les horizons BC arrivent à l'affleurement, après disparition des horizons A
e t (B). Sous l'influence d'un pédoclimat plus humide, il semblerait que ces sols
évoluent versdes sols tropicaux lessivés par différenciation d'un horizon E en
contact brutal avec un horizon (B) de pseudogley à très faible porosité.

Utilisation
Ils sont utilisés comme terrains de parcours par les boeufs ensaisondes
v
30

pluies e t en début de saison sèche, à l'époque desrepousses faisant suite aux feux
de brousse. Ils sont très peu cultivés ; cependant, on y a observé des cultures de
coton de très bonne venue.
L'unité cartographiée est en fait hétérogène, car les sols bruns sont asso-
ciés à d'autres sols de qualité très variable ; ils pourraient faire l'objet d'une carto-
graphie plus détaillée e t d'essais agronomiques.

Caractères défavorables :
Manque de profondeur ; sensibilité à I'érosion ; compacité ensaisonsèche ;
présencede cailloux dans l'horizon A ;teneur faible en matière organique e t en
phosphore.

Caractères favorables :
Homogénéité du profil ; bonne rétention d'eau ; forte teneur enbases
échangeables e t enbases totales ; forte capacité d'échange ; pH voisin de la neu-
tralité ; bonne structuration.

LES SOLS FERRUGINEUX TROPICAUX

Ils constituent la classe de sols couvrant la plus grande superficie sur la


feuille de Rey-Bouba.

Définition ( 14)
Ce sont des sols à horizons A, gris brun, puis gris clair, à horizons B colo-
résdans les teintes rougeâtres, surmontant un matériau d'altération plus ou moins
profond. Les horizons A sont sableux, à structure massive e t les horizons B plus
argileux à structure fragmentaire. Les minéraux de néoformation sont essentielle-
ment de la kaolinite enmélange parfois avec des argiles héritées. Le complexe ar-
gileux est moyennement désaturé (V variant de 50%à 65%).
Cette définition, généralement admise, provient surtout de l'observation
des sols issusde matériaux sableux ou sablo-argileux d'origine sédimentaire.
Les sols ferrugineux observés sur Rey-Bouba se forment sur des roches
e t matériaux divers e t parfois leur morphologie ne correspond pas à I'orthotype
défini précédemment. Nous considérons comme fondamental la dissociation des
hydroxydes de fer e t de la fraction argileuse au cours de I'évolution de ces sols.
Le fer se concentre dansdes horizons concrétionnés ou indurés, l'argile migre
dans les profils e t les séquences. Verticalement et latéralement, l'accumulation
d'argile se situe toujours sous la concentration en fer. La kaolinite est le minéral
argileux dominant ; la présence d'argiles gonflantes a été décelée dans les parties
mal drainées des profils e t desséquences. L'hydromorphie est un caractère secon-
daire très fréquent.

(14) D'après le document C.P.C.S.


LES SOLS FERRUGINEUX TROPICAUX LESSIVES

On distingue trois sous-groupes (modal, à concrétions, induré) classés en


fonction de l'intensité croissante du processus de dissociation du fer e t de l'argile.
Le caractère remanié, cité dans le document C.P.C.S. au niveau du sous-
groupe, est considéré ici comme un faciès du sous-groupe à concrétions ; en effet,
le remaniement est un processus très différent du processus d'évolution génétique
des sols ferrugineux.

1. SOLS FERRUGINEUX TROPICAUX LESSIVES MODAUX


(Fig. IO)

L'argile reste plus ou moins liée aux hydroxydes dont la ségrégation e t la


concentration sont peu marquées. L'hydromorphie, quand elle se manifeste, appa-
raît à la base du sol.
Les caractéristiques physico-chimiques sont étroitement dépendantes de
la nature de la roche mère.

U.9. Surarènedesglacis d'accumulation (Fig. 11)


Ils sont localisés sur le piedmont des hauts reliefs granitiques à texture
grossière (15), des hauts reliefs gneissiques (16) et aux abords de certaines rivières
où ils constituent desglacis-terrasses (17). D'autre part, ils ont été cartographiés
en juxtaposition avec d'autres sols dans l'unité 28 sur la bordure sud e t sud-est
dubassin de Koum.

Les sols ferrugineux sont largement dominants (80%),en association avec


des sols peu évolués dans les entailles d'érosion et de rares sols hydromorphes à
amphigley près des talwegs. L e glacis d'accumulation très épais, à pente faible, et
entaillé par de profondes ravines est limité par un escarpement très abrupt, violem-
ment attaqué par I'érosion. Quand l'horizon Box arrive à l'affleurement après éro-
sion, il se forme en surface une croûte dure très caractéristique, semblable à une
grésification.
La végétation naturelle est unesavaneboisée qui a disparu dans la plupart
des sites, particulièrement recherchés pour l'habitat jusqu'à une époque récente et
actuellement abandonnés.
La texture grossière du matériau favorise l'infiltration des eaux pluviales
qui alimentent des nappes permanentes. En saison des pluies, le niveau hydrosta-
tique remonte jusqu'à la base du sol ; ensaisonsèche, il descend profondément
dans l'arène mais continue à alimenter des sources e t I'écoulement debasedes
ruisseaux du voisinage.

(15) région de Sorornbéo, nord-est du hoséré Kourouk, nord du hoséré Balki.


(16) est du hoséré Kourn, sud du hoséré Tcholliré, nord du hoséré Mbip.
(17) Mayo Teldéné, Sénabou et Vairnba dans le Parc du Bouba-Nrjidda.
32

-..:..... Sur arène des Sur materiau quartzeux


u.9 glacis d'accumulation I'o- a kaolinjte . U l
.
m rochesdiverses
Juxtaposition
ferrugineux lessives modaux
. BSols
Sols hydmmorphes
-
Fig. 10 Sols ferrugineux tropicauxlessivés modaux
33

U.8 Sols bruns tropicaux

U.9 Sols ferrugineux tropicaux lessivés modaux

u. 9 Iu.21 u.9 I u.2 Mayo


I
l
, Nangari
I

I I
l

I
, I

+ + t I "
-\\
+ + + + + +
A . G L A C \ SD EP I E D M O N T

, u.3 ,U.IL, U.25 I u.9 I u.3 Iu.9, u.2


I , I I l I I
I I ' I
I

:
I I ' 1 ;
I
I ' I I I
I I I I
I I

P
+ + + + + +
B-GLACIS-TERRASSE

Fig. 11

U.2 Sols peu évolués d'érosion sur rochesdiverses


U.3 Sols peu évolués d'érosion sur cuirasse ferrugineuse
U.14 Sols ferrugineux à concrétions, faciès remanié
U.25 Sols hydromorphes à pseudo-gley, lessivé, vertique
S Sols tropicaux lessivés
sodiques
34

A. Sols de glacis de piedmont


TC H - 523 ' Mars ; sud deSorombéo ; glacis depiedmont ; pente 2% ; savane arborée
dense ; arène quartzo-feldspathique grossière ; termites arboricoles ; déjec-
tions de vers en surface.
O-lOcm Sec ; brun (IO YR 4/31 ;sableux ; grumeleuse grossière ; humectation
AI rapide ;stable ; compacité moyenne ; forte porosité ; enracinement
dense.
10 - 25 cm Sec ; jaune-rougeâtre (7,5YR 6/6); sableux ; polyédrique grossière ;
A2 humectation rapide ; instable ; compacité moyenne ; forte porosité.
25 - 95 cm Sec ; rouge jaunâtre ; sableux à sablo-argileux ; polyédrique ; humecta-
B, ox tion peu rapide ; instable ; compacité assez forte ; porosité moyenne ;
quelques revêtements de couleur sombre visibles dans les gros pores.
95 - 200 c m Frais ; rouge jaunâtre (5YR 5/61 ; 'argilo-sableux' ; polyédrique gras-
B2 ox sière ; humectation rapide ; très instable ; compacité faible à moyenne ;
porosité faible ; nombreux revêtements luisants (5YR 5/4).
200 - 300 cm Humide ; jaune rougeâtre (7.5YR 5/61 ; argilo-sableux à sablo-argileux ;
B3 ox. B t polyédrique peu developpée ; porosité forte ; revêtements localisés dans
les pores ; traces d'activité de la faune jusqu'à 250 cm.
300 - 400 cm Humide ; couleur hétérogène ; sablo-argileux à sableux ; massive à débit
BQ polyedrique ; compacité moyenne à forte ; quelques taches rouille à la
base.

On vient de décrire le sol ferrugineux différencié dans les quatre mètres


supérieurs. Mais, en fait, le matériau d'accumulation subit une évolution pédolo-
gique sur une profondeur bien plus grande.Dans le glacis du piedmont sud du
hoséré Tcholliré, on a observé sous le sol ferrugineux modal, une série d'horizons
lessivés e t d'accumulation se succédant jusqu'à 6 e t 8 mètres de profondeur.

Caractères analytiques
Les brusques variations dans la granulométrie dessables expriment I'hété-
rogénéité du matériau. Les teneurs les plus fortes en fer se trouvent en Blox e t
B2 ox, les plus fortes en argile, en B2ox e t B3ox - Bt. Les taux de saturation
sont élevés e t le pH neutre à faiblement acide ; les teneurs enbaseséchangeables
et totales sont moyennes ; les réserves totales sont plus élevées en potassium qu'en
calcium.

B. Solsdeglacis-terrasses (Fig. 11)

Quand ces glacis sont situés au voisinage des massifs montagneux, il est
vraisemblable que le matériau provient de l'altération desroches formant ces re-
liefs. Mais le problème de leur origine se pose quand ils sont très éloignés de ces
reliefs. C'est le cas des glacis-terrasses du Bouba-Ndjidda. Pour l'instant, on peut
associer leur présence à celle des buttes résiduelles cuirassées du voisinage, plus
ou moins démantelées, dont les caractères physico-chimiques sont comparables à
ceux des matériaux constituant ces glacis.
Tous les sites prospectés portent les traces d'une longue occupation hu-
maine, ancienne (18) ou récente.

(18)u n site arch6ologique, contenant une industrieà silex, a été reconnu au cours dela prospec-
tion dans le Parc du Bouba-Njidda sur un glacis-terrasse du mayoSénabou.
35

TC H - 546 Mars ; piste du campementvers Koum ;glacis-terrasse trèsentaillé par le


mayo Teldéné ;savane arborée ; épaisseur du dépôt : 8 à 1 O mètres ; termi-
tières arboricoles ;d6jections devers en surface.
O- 8cm Sec ;brun àgris sombre ( I O YR 6/3) ;sableux, polyédrique ougrume-
leux sous les touffes de graminées ;humectation rapide ;stable ;compa-
cité faible ; porosit6 forte;enracinement dense.
8 - 25cm Sec ;brun (7,5 Y R 5/4) ;sableux ;polyédrique grossière ; humectation
rapide ; stable à peu stable ;compacité moyenne à forte.
A2
1 5 4- 0 c m Sec ;couleur h6térogène (7.5 YR 6/6 à 5 YR 6/6) ;sableux peu argileux ;
Blox polyédrique grossière; humectation rapide ; instable ;forte porosité ;
compacité moyenne ;quelques revêtements.
40- 150cm Frais ; rouge jaunâtre ( 5 YR 4/6) ; sablo-argileux ;polyédrique moyenne ;
B20x humectation rapide ; peu stable à instable ;forte compacité ; abondants
revêtements rouges entre les grains ; rares petites concrétions, noires, ar-
rondies, à la base ;quartz grossiers au sommet.
150 - 500 cm observation sur la coupe d'érosion : horizon sablo-argileux jaune à rou-
B30x geâtre devenant plus clairvers la base.
après 500 cm matériau argilo-sableux, à pseudo-gley.

Sur les piedmonts des reliefs gneissiques, les sols sont comparables maisles
formes du paysage sont différentes. La texture, la perméabilité et la compacité du
matériau d'accumulation favorisent un modelé plus mouqui se raccorde progressi-
vement à la pénéplaine, sans escarpement.

Caractères analytiques
On remarque la forte teneur en fer de l'horizon B20x, la faible teneur en
bases échangeables, en phosphore e t la désaturation de la plupart des horizons.

Evolution
Nous pensons que cessols évoluent normalementvers une différenciation
de plus en plus marquée detype ferrugineux avec concentration du fer e t accroisse-
ment de I'hydromorphie. Mais, I'érosion très active paraît en voie de déblayer com-
plètement ces glacis dans un temps pédologique relativementcourt.

U.10. Sur matériau quartzeux à kaolinite (Fig. 10 - 13)


Ils constituent de petits affleurements dans les bassins sédimentaires de
Koum et de Rey-Bouba.
Dans le bassin de Koum, ils sont localisés sur de petites collines à pente douce,
dominant le paysage érodé qui s'étend du Mayo Rey à la bordure du plateau cuirassé.
Le matériau sableux, perméable, repose en discordance sur des schistes e t marnes
peu perméables, formant le plancher d'une nappe phréatique.
Dans la région de Rey-Bouba, ils occupent deslignesde crête ou des but-
tes qui dominent la plaine alluviale de 15 à 20 mètres.
La végétation naturelle est une savane arborée qui contraste avec la savane
herbeuse ou arbustive des sols avoisinants. Fréquemment, elle est très dégradée et
remplacéepardesespèces anthropiques (Adansonia digitata, Faidherbia albida.
Hyphaenae thebaica).
Ces sols sont très utilisés dans la région de Rey-Bouba pour la culture de
l'arachide, du mil et parfois du coton avec de faibles rendements.
36

TC H - 608 Janvier ; nord de Hamdja ; sommetd'interfluve ; sous jachère ; bon drai-


nage externe.
O- 15cm : Sec ; brun grisàtre (10 YR 5/21 ; peuhumifère ; sableux ; peustructdré ;
A1 humectation
rapide ; fine
porosité
intergranulaire ; consistante
faible.
15 - . 4 0c m : Sec ; brunclair (7,5 YR 6/41 ; sableux ; peustructuré ; consistance fai-
A2 ble ; humectationrapide ; peu stable ; fine
porosité intergranulaire.
40 - 150 c m : Sec ; brun rougeâtre ( 5 YR 6/41 ; sableux ; polyédriquemoyenne ; peu
Box nette ; consistance moyenne ; humectationrapide ; stable.
150 - 250 c m : Matériaudemême aspect prélevé à la tarrière.

Ce sont des sols profonds, bien drainés, à texture sableusehomogène.Le


pH est légèrement acide. Ils sont pauvresen matière organique, en phosphore e t
enbases.La faible capacité d'échange est celle des minéraux de type kaolinite.

U.ll. Sur rochesdiverses (Fig. IO)

Ils sont localisés sur des glacis d'érosion de massifs montagneux ou sur des
lignes de crêtes : ouest du hoséré Kourouk, collines dominant les mayos Duelé et
Maroum, sud de Sorombéo e t est du hoséré Koum.
Ils sont associés à des lithosols e t à des sols peu évolués d'érosion.
Lepaysage est toujours accidenté e t fortement entaillé par un réseau hy-
drographique assez dense. La végétation naturelle est une savane arborée, parfois
arbustive sur les pentes très fortes.
A la périphérie de ces zones, les pentes deviennent moins fortes en bor-
dure de la pénéplaine où dans les vallons moins encaissés, se différencient alorsdes
sols hydromorphes à pseudo-gley.
Actuellement ces sols ne sont pas cultivés ; mais, parfois, on y observe des
traces d'une occupation humaine, datant de quelques décades.
TC H - 705 Mai ; VindéTham ; pente nord 10% ; savane très dégradée ; granite à tex-
ture grossière : drainage externe rapide ; traces d'érosion.
O - 2 3c m : Sec ; brun grisàtre (IO YR 5/21 ; sablo-graveleux grossier ; grumeleuse
grossière sous touffes de graminées ; compacité faible ; porosité forte :
enracinement dense.
23 - 4 5c m : Sec ; brunjaunâtre(IO YR 6/41 ; sablo-argileux ; polyédrique grossière
A2 peu nette ; porosité forte ; faible compacité ; enracinement dense.
45 - 80 cm : Sec ; brunjaunàtre(IO YR 6/41 ; argilo-sableux ; polyédrique grossière
B ox très
nette ; revêtements argilo-ferriques
dans les vacuoles et canalicules ;
agrégats peu fragile ; absorption rapide ; faible tenue ; compacité moyen-
ne ; enracinement peu dense.
80 c m : Passage au granite
peu
altéré
riche en biotite.

Ce sont des sols peu épais, à texture sableuse grossière, bien drainés, à
horizon B nettement différencié, sansaucune trace d'hydromorphie.
Le pH est légèrement acide. Les teneurs en matière organique e t en phos-
phore sont moyennes. Lesréservesenbases totales sont relativement élevées, sur-
tout en potassium (2/3desbases totales).
L'horizon Box contient les plus fortes quantités de fer e t d'argile.
37

Variations
La profondeur du sol varie avec le site e t les modalités de I'érosion qui
modifie surtout les horizons A, parfois moins épais e t peu différenciés.
Les propriétés chimiques varient peu. Sous végétation naturelle, le taux
de matière organique atteint 3%à 4% en surface e t le pH est de 6,7 à 7.

Evolution
Ces sols paraissent très sensibles à I'érosion e t se dégradent rapidement
aprèsmiseen culture. Dans les sites protégés de I'érosion, les sols sont plus pro-
fonds, e t des taches rouille apparaissent dans les horizons B plus épais de sols in-
tergrades avec les sols ferrugineux à concrétions.

Utilisation des sols ferrugineux lessivés modaux.


Ces sols constituent des affleurements relativement homogènes. Leur po-
tentiel de fertilité varie avec la nature du matériau originel, les sols de glacis de
piedmont paraissant les plus favorables. Leur position habituelle dansdes sites
bien drainés, facile à défendre, en ont f a i t de longue date, des lieux très recher-
chés pour l'habitat e t la culture.
Depuis le regroupement des villages le long des principaux axes routiers,
la plupart ont été abandonnés. Les villages actuels de l'axe Bandjoukri-Tcholliré-
Touboro se trouvaient naguère sur les glacis de piedmont de la bordure sudde
la feuille. Leurs emplacements sont encore visibles sur les photographies aériennes.

Caractères défavorables ;
Faible profondeur sur roches acides ; abondance des affleurements rocheux ;
sensibilité à I'érosion (sols sur roches acides) ; faible rétention d'eau (sols à texture
très sableuse) ; structure massive et propriétés chimiques déficientes (sols sur maté- '
riau quartzeux).

Caractères favorables :
Sols bien drainés sans trace d'hydromorphie ; absencede discontinuité
texturale ; forte porosité ; bonnes réserves minérales, surtout en potassium ; taux
élevé de matière organique SOUS végétation naturelle ; pH faiblement acide.

2. SOLS FERRUGINEUX TROPICAUX LESSIVES


A CONCRETIONS (Fig. 12 et 13)

Ils se distinguent des sols ferrugineux lessivés modaux par une nette con-
centration du fer dans un horizon Box, un entraînement de la fraction argileuse
déferrifiée en profondeur, un accroissement de I'hydromorphie.
Deux familles ont été distinguées : sur roches acides et sur matériau d'al-
tération à kaolinite.

U.12. Sur roches acides


Ils sont localkés sur les glacis'd'érosion entourant 1es:pritklpaux massifs
8E
39

U.10 Sols ferrugineuxtropicauxlessivésmodaux


surmatériauquartzeux i kaolinite
%

LI

10 U U.16 U.2L

,
I
.:::: ..
I
e

Schistes e t g r i s . B a s s i n d e Koum

U.13 Sols ferrugineuxtropicauxlessivésconcrdtions


U.13 1 u.15 ,

Fig. 13 -
40

montagneux (19) et dans les parties surélevéesde la pénéplaine centrale (20).


Ils constituent 75%.environ de l'unité cartographique en association avec
des sols ferrugineux lessivés modaux (U.l l ) , des sols peu évolués près des affleu-
rements rocheux e t des sols hydromorphes à amphigley dans quelques vallons.
Lepaysage est plus ou moins accidenté e t parcouru parunréseau hydro-
graphiquedense.Ensaisondespluies,desnappesperchéessaturent temporai-
rement les horizons profonds. Elles subissent des fluctuations rapides e t atteignent
parfois les horizonsBox.Ensaisonsèche, la dessication gagne tout le profil. Les
piedmonts, longtemps occupés par l'homme, portent une savane très dégradée.
Ailleurs, on observe une savane arborée à Combrétacées.
Ces sols sont utilisés pour la culture du mil, du coton, plus rarement de
l'arachide, avec des résultats variables, dans les régions de Djibao, Djon, Sorombéo
et Taboum.

TCH-19 Janvier ; entreKourouk e t Landou ; sommetd'interfluve ; pente 3% nord ;


sous savane arborée peu dense ; sur gneiss à feldspaths ; déjections de vers
e t nombreux quartz à la surface du sol.
O- 12cm Sec ; gris sombre ( I O Y R 5/11 ; sablo-limoneux ; polyédrique ou gru-
1 meleux grossier sous touffes de graminées ; agrégats durs ; humecta-
tion peu rapide ; très stable ; forte porosité ; enracinement très dense.
1 2 - 25cm Sec ; brun clair (IO YR 6/31 ; très caillouteux ; terre fine limono-
A12 sableuse ; polyédrique ; forte porosité ; enracinement dense.
25 - 5 0 c m Sec ; jaune rougeâtre (7,5 YR 7/61 ; très caillouteux ; terre fine argilo-
A2 limoneuse ; forte porosité ; enracinement dense.
50 - 60 cm Sec ; brun rougeâtre (5 YR 5/4) ; caillouteux ; terre fine sableuse ;
Box polyedrique moyenne ; agrégats peu fragiles ; porosité moyenne ;nom-
breuses taches e t concrétions rouille ; faible enracinement.
60 - 80 cm Frais ; jaune rougeâtre ( 5 YR 6/6) ; caillouteux ; terre fine argilo-
etg limoneuse ; lamellaire très grossière ; humectation rapide ; peu stable ;
taches e t concrétions rouille.
80 - 120 cm Frais ; couleur très hétérogène ; peu graveleux ; sablo-limoneux ; faible
BC porosité ; compacité moyenne ; structure de la roche nettement visible.
120 cm Roche peu altérée.
C

Caractères analytiques
On remarque le pourcentage élevé du refus et le maximum d'argile dans
l'horizon Bt. La teneur en matière organique, faible sous jachère ou savane dégra-
dée (1,2%),augmentesous végétation naturelle jusqu'à 3%. Le taux de phosphore
est faible ainsi que celui desbaseséchangeables qui dépasse rarement 5 méq/lOOg.
L'accumulation du fer dans un horizon Box est très nette.

Evolution des sols


1. Une évolution versdes sols ferrugineux indurés (21) : les horizons Box

(19) nord-ouest e t sud du hosér6 Balki, est et sud du hoséré Gouingou, nord et sud du hoséré
Guerguam, sud du hoséré Kourouk, ouest du hoséré Mbip.
(20) est du hoseré Koum, est du hoséré Malougou, abords de la ligne de crête séparant le bas-
sin du mayo Lidi et celui du mayo Bidjou.
(21) L a plus fr6quente.
41

indurés commencent à s'individualiser vers l'aval des glacis en bordure des sols hy-
dromorphes debasde pente ; puis, ils se développent en gagnant sur les horizons
Box non indurés vers l'amont des glacis.
2. Une évolution versdes sols tropicaux lessivés : danscecas,ce sont les
horizons 5 t qui se développent, deviennent compacts, peu perméables, à structure
large ou massive ; les horizons A se différencient en devenant de plus en plus clair
vers le contact avec les horizons Bt et vers l'aval des glacis ; on observe alors des
sols tropicaux lessivés plus ou moins hydromorphes.

U.13 et 14. Sur matériau à kaolinite


Ce sont les sols les plus étendus de toute la région. Dans les parties amont
et médiane du bassin de la Bénoué et du mayo Rey, ils constituent la majorité des
affleurements en dehors des reliefs montagneux e t du bassin sédimentaire de Koum.
On a distingué un faciès modal e t un faciès remanié.

U. 13. Faciès modal (Fig.12 e t 13)


Ils sont localisés aux abords du 15e parallèle dans la région de Gor, .
Gouingou Madingrin, dans la région de Djon-Sorombéo e t dans tout le sud de la
carte.
Ils s'étendent largement à l'est du 15e parallèle vers la frontière du Tchad
e t au Sud du 8e parallèle dans l e bassin de la Vina.
Cette unité cartographique comporte une association de sols ferrugineux
B concrétions (70 à 75% environ), de sols ferrugineux indurés, de sols hydromorphes.
Les sols sont disposés dans un ordre bien déterminé qui varie régulièrement
avec la topographie : sols à concrétions au sommet e t sur les pentes, sols indurés
aubasdes interfluves, sols hydromorphes de part et d'autre du talweg.
Le paysage est mollement ondulé en de larges interfluves à pente moyenne
de5%,séparéspardesvallonsévasés. La végétation naturelle est unesavaneboisée
à lsoberlinia sur les interfluves, une savane arborée à Terminalia dans les vallons ;
le faciès de dégradation est une savane très clairsemée à Hymenocardia acida et à
karités.
Nous avons observe qu'après un défrichement modéré, la savane boisée
pouvait se reconstituer au bout d'une période de 40 à 50 ans. Suite à un défriche-
ment intense ou à plusieurs défrichements successifs, elle ne se reconstitue plus e t
fait place à unesavane très dégradée comme celle de la plaine Dourou au pied de
l'Adamaoua (Région de Mbé).
Des nappes phréatiques se maintiennent dans les sols tout au long de la
saison des pluies. Suivant les averses, elles subissent des variations de niveau attei-
gnant parfois la basedes horizons Box, puis elles tarissent progressivement en sai-
sonsèche ;cependant les horizons profonds des sols (horizons Bt e t BC) conser-
vent toute l'année un taux d'humidité assez élevé.
Ces sols sont largement cultivés, avec succès, en sorgho e t en coton dans
la région de Gor e t Madingrin. Dans la région de Ndok ausud, les zones cultivées
s'étendent régulièrement en donnant fréquemment de bons résultats.
42

T C H - 502 Janvier ; à Bouon ; mi-pente d'un long interfluve ; 4% nord ; granite à


biotite ; sous jachère ; quelques termitières ; drainage externe moyen.
O - 20cm Sec ; brun ( I O YR 5/3) ; sableux ; polyédrique très grossière ; agrégats
fragiles ; humectation rapide ; très stable ; compacité moyenne ; forte
activité de la faune ; enracinement dense.
20 - 35 c m Sec ; brun rougeâtre ; sableux peu argileux ; polyédrique grossière peu
nette ; fine porosité interparticulaire ; compacité faible ; humectation
rapide ; stable ; forte activité de la faune ; bon enracinement.
35 - 55 cm Frais ; rouge jaunâtre ( 5 YR 5/6) sablo-argileux ; polyédrique moyenne,
Blox nette ; agrégats .poreux, assez fragiles ;,humectation rapide ; peu stable ;
compacité moyenne ; activité de la faune ; enracinement dense.
5 51- 1 5 c m Frais ; rougeâtre (2,5 à 5 YR 5/61 ; argilosableux ; polyédrique fine
B20x très nette ; revêtements gris ou jaunâtres dans de nombreuses vacuoles ;
agrégats'peu fragiles ; humectation peu rapide ; peu stable ; compacité
faible ; quelques concrétions ferrugineuses ; traces d'activité animale ;
racines assez nombreuses.
Frais ; jaunâtre ; sablo-argileux ; polyédrique grossière ; concrétions fer-
rugineuses ; revêtements brun grisâtre à gris dans les vacuoles ; nombreux
minéraux peu altérés ; humectation lente ; instable ; peu de racines ;
activité faible de la faune.
145 - 265 cm Humide ; gris jaunâtre ; sableux peu argileux ; structure de la roche vi-
sible ; compacité moyenne ; quelques concrétions ferrugineuses peu
BCg indurées ; plages de teinte plus claire formées d'un matériau sableux
friable ; peu de racines ; activité très faible dela faune. .
265 - 315 cm H m i d e ; roche altérée friable ; sableuse ; faible compacité.
C

Résultats analytiques
La teneur en argile des horizons B varie entre 20%et 35%environ, avec
des gradients de texture toujours progressifs. Les quantités de matière organique
et de phosphore sont toujours faibles, même sous végétation naturelle ; le pH est
toujours faiblement acidesans importante variation ; peudebaseséchangeables,
le calcium étant le plus abondant ; la teneur enbases totales est toujours élevée,
surtout en potassium.

Evolution de ces sols


a) Sous végétation naturelle e t dans les conditions climatiques actuelles,
cette association de sols paraît évoluer en équilibre avec le milieu;
b) Sous l'action de I'érosion, la partie supérieure des sols hydromorphes
debasde pente disparaît e t les horizons vertiques profonds arrivent à I'affleure-
ment. Les horizons Box des sols ferrugineux s'indurent fortement vers le bas du
glacis et des blocs de cuirasse, émergeant du sol, forment une ligne continue à la
rupture de pente.
c) Après défrichement e t sous certaines cultures, I'érosion entraîne des
quantités importantes de matériau fin dans les bas-fonds e t provoque la mise à
l'affleurement des cuirasses. L'hydromorphie se développe à partir des vallons e t
gagne les interfluves.
43

U.14. Faciès remanié


Ils sont situés dans la partie médiane du bassin, du hoséré Tcholliré jus-,
qu'à la frontière du Tchad. Ils sont localisés aux parties hautes du paysage corres-
pondant à l'amont des bassins versants.
Ils se raccordent aux reliefs montagneux par des glacis d'érosion ,à pente
de 5% à 7% e t passent insensiblement dans la pénéplaine aux associations à domi-
nance de sols hydromorphes.
Les sols ferrugineux remaniés constituent l'unité dominante d'une asso-
ciation à sols hydromorphes vertiques, plus ou moins lessivés, dansunpaysagede
buttes cuirassées résiduelles.
La végétation est une savane arborée où on a observé l'espèce lsoberlinia
doka ; le paysage est moyennement ondulé e t souvent escarpé aux abords de nom-
breuses rivières enfoncées dans les altérations e t la roche.
II ne semble pas que des nappes phréatiques se maintiennent dansces sols
durant toute la saison des pluies. Cependant, la basedes profils peut être tempo-
rairement engorgée.
T C H - 526 Mars ; Parc du Bouba-Ndjidda ; nord-est du hoséré Koum ; sommet d'in-
terfluve ; sous savane arborée dense ; termitières ; déjections de vers ; cail-
loux disséminés en surface ; sur gneiss à muscovite et biotite.
O- 10 c m Sec ; brun jaunâtre (IO YR 5/4) ; graveleux (quartz et gravillons ferru-
gineux) ; terre fine sablo-limoneuse ; polyédrique peu nette ; forte po-
rosité ; faible compacité ; nombreuses racines ; activité très forte de
la faune.
I O - 35 c m Sec ; brun clair (7,5 YR 6/4) ; peu graveleux (quartz et gravillons fer-
rugineux) ; sablo-limoneux ; polyédrique moyenne nette ; agrégats fra-
A2
giles ; humectation rapide ; peu stable ; compacité moyenne ; forte
porosité ; nombreuses racines.
35 - 60cm Sec ; jaune rougeâtre ( 5 YR 6/6) ; peu graveleux ; argilo-sableux ;
Blox quelques concrétions ferrugineuses peu indurées ; polyédrique moyenne
très nette ; agrégats peu fragiles ; humectation peu rapide ; peu stable ;
compacité forte ; peu poreux ; racines.
60 - 120 c m Frais ; brun rougeâtre ( 5 YR 4/4) ; non graveleux ; argilo-sableux à
B20x argilo-limoneux ; polyédrique moyenne nette à sur-structure lamellaire
grossière ; agrégats fragiles ; humectation rapide ; peu stable ; porosité
moyenne ; compacité faible ; racines fines.
120 - 210 c m Frais ; couleur hétérogène avec taches rouille ; non graveleux ; sablo-
Bt limoneux ; structure lamellaire ; revêtements dans canalicules ; compa-
9 cité moyenne ; enracinement fin.
210 cm Passage à un gneiss peu altéré très riche en micas.
C

Ces sols présentent toujours une succession d'horizons A, graveleux, sa-


blo-limonëux en transition nette avecdes horizons B plus argileux, non graveleux,
plus ou moins rubéfiés, bien structurés. Les éléments grossiers des horizons A sont
constitués de quartz et de nodules ferrugineux très indurés.

Caractères analytiques
Les résultats analytiques indiquent une variation brutale de texture entre
l'horizon A2 e t l'horizon B,ox. Les taux de.mati8i.e organique e t de phosphore
sont peu élevés ; le p H est faiblement acide. Il y a peu de bases échangeables e t
44

le complexe absorbant est faiblement désaturé. La faible capacité d'échange indique


la présence d'argile de type kaolinite.

Evolution de ces sols


On a fréquemment observé dans cette unité cartographique des profils
intergrades avec les sols tropicaux lessivés. De plus, les termes aval desséquences
présentent souvent des horizons E lessivés e t des horizons B vertiques, assez com-
parables à ceux des séquences à sols tropicaux lessivés, vers lesquels cette unité 14
semble évoluer.
Utilisation des sols ferrugineux à concrétions
Par leur étendue et par leurs qualités, dues à leurs propriétés physiques
e t à I'économie de l'eau,ils constituent un domaine très intéressant pour une mise
en valeur agricole, surtout l'unité 13 à faciès modal.

Caractères défavorables
Abondance des éléments grossiers dans les horizons A (unités 12 e t 14)
e t discontinuité texturaleentre les horizons A e t B ; faible teneur en matière or-
ganique, phosphore e t bases échangeables ; sensibilité à I'érosion après défriche-
ment intensif.

Caractères favorables
Variations très graduelles de texture (Unité 13) ; altération épaisse, facile-
ment pénétrable aux racines ;,porosité et perméabilité fortes ; bonne aération ;
forte activité de la faune ; bonne rétention d'eau ; présence de nappes à variations
de niveaux périodiques e t régulières ;forte structuration des horizons B ; réserves
minérales assez élevées, surtout en potassium ; pH faiblement acide.

3.SOLS FERRUGINEUX TROPICAUX LESSIVES INDURES


(Fig. 14)

Ils présentent les caractères principaux des sols ferrugineux e t se distin-


guent par une forte concentration du fer dans un horizon Box induré et un en-
traînement intense d'argile de type kaolinite, qui s'accumule dans des horizons
illuviaux.
Des volumes discontinus, contenant des argiles d'altération à caractère
gonflant, apparaissent à la basedes sols tandis que les caractères hydromorphes
d'un pseudo-gley se développent vers le haut des profils.
Trois familles de sols ont été cartographiées : sur matériau d'altération
à kaolinite, sur matériaux divers et sur matériaux dérivés du Continental Terminal.

U.15. Sur matériaux d'altération à kaolinite


Ils sont localisés surtout dans la partie amont du Bassinde la Bénoué :
est de Djon, du hoséré Mbip, e t rive gauche du mayo Oldiri ; de là, ils s'étendent
largement à l'Ouest sur la feuille de Poli.
Cette unité cartographique groupe en fait les mêmes types de sols que
l'unité 13, mais en proportions différentes ; ici, les sols ferrugineux indurés repré-
45
46

sentent 70%à 75%de l'association et les sols hydromorphes s'étendent plus large-
ment de'part e t d'autre des talwegs. Le paysage est faiblement ondulé endetrès
larges interfluves à pente de 1% à 3%,rectilignes e t concaves, séparés par des val-
lons très évasés.Lepassagedes sols indurés aux sols hydromorphes est très régu-
lier et n'est marqué habituellement par aucun accident topographique. Mais, aux
abords des axes de drainage principaux, I'érosion peut modifier le modelé e t la
zonedepassage est marquée alors par une brutale rupture de pente où affleurent
des blocs de cuirasse. La végétation est une savane boisée à Isoberlinia, avec des
clairières où la cuirasse affleure. Dans les vallons, c'est une savane arborée à Ter-
minalia. Les termitières grisâtresde forme caractéristique (termitières-champignon)
sont très fréquentes e t les déjections de vers abondent sur les sols hydromorphes.
Desnappes phréatiques se maintiennent à faible profondeur durant la saison plu-
vieuse ; en saison sèche, les nappes s'assèchent dans les sols ferrugineux mais elles
se maintiennent en permanence dans les sols hydromorphes.
Aucun des affleurements cartographiés n'est cultivé ; les traces d'occupa-
tion humaine sont rares e t très anciennes.
TCH-511 Sols ferrugineux induré à cuirasse compacte
Janvier ; proximité du mayo Oldiri ; tiers inférieur d'une pente est 2% ;
sous savane à Isoberlinia ; déjections de vers et termitières à la surface du
sol ; sur gneiss à biotite.
O - 3 7c m Sec ; brun clair ( I O YR 6/31 ; sableux ; massif à débit polyédrique ;
AI agrégats peu fragiles ; humectation rapide ; stable ; enracinement dense ;
forte activitb de la faune.
37 - 50 cm Sec ; brun. clair (IO YR 6/3) ; nombreux fragments de cuirasse et de
A2 roche ferruginisée ; sableux ; massif à debit polyédrique ; agrégats fra-
giles ; humectation rapide ; peu stable ; compacité moyenne à faible ;
nombreuses racines ; aucune trace d'hydromorphie.
50 - 120 cm Passage brutal à un horizon très induré ; cuirasse alvéolaire à structure
Box lamellaire ; couleur hétérogène ; revêtements rougeâtres très indurés ta-
pissant les alvéoles de la cuirasse ; à la base, présence de sable fin et de
limon de couleur très claire dans certaines cavités ; très peu de racines.
120 - 1 5 0 c m Humide ; gris clair (7,5 Y 7/21 à taches rouille ; sablo-argileux à argilo-
Bltg sableux ; polyédrique grossière nette ;quelques concrétions rouille peu
indurées au sommet ; humectation rapide ; instable ; compacité moyen-
ne à faible ; forte porosité ; nombreux revêtements de couleur gris clair
ou gris brun ; quelques racines fines.
150 - 2 5 0 c m Humide : couleur hétérogène ; sablo-argileux ; polyédrique à sur-struc-
B2t g ture lamellaire grossière ; revêtements de couleur claire dans les canali-
cules ; taches noires non indurées à l'intérieur des agrégats ; quelques
racines fines.
250 c m Nappe phréatique de couleur laiteuse.

Les variations morphologiques concernent essentiellement I'épaisseur des


horizons A (de 5 cm à 80 cm) e t celle des horizons Box (de 50 cm à 150 cm).
On constate une forte concentration du fer dans l'horizon Box (15,2%)
e t une augmentation très nette de l'argile vers la base du profil. Les quantités de
bases échangeables e t debases totales sont faibles dans les hor.izons A et Box ;
elles augmentent toujours dans les horizons Bt.
47

Evolution
Cette association à sols ferrugineux indurés semble faire partie du même
système que celui de l'unité cartographique 13. Les deux groupent les mêmes ty-
pesde sols dans un paysage pédologique sensiblement identique. Ce système paraît
évoluer d'une manière continue e t progressive de séquences à sols peu concrétion-
nésversdesséquences à sols très indurés, avec les processus suivants :
- une séparation de plus en plus marquée du fer et de l'argile ; le fer se
concentre dans l'horizon Box, l'argile est entraînée vers les horizons B t sous-jacents.
- une désaturation croissante de l'horizon Box au profit des horizons Bt.
- une apparition progressivede minéraux argileux de type 2/1 à l'aval
desséquences et à la basedes profils.
- un accroissement des conditions d'hydromorphie, associée à un milieu
de plus en plus confiné.
- une évolution du paysage par aplanissement progressif.
Cette évolution peut être perturbée par une reprise d'érosion intense plus
rapide que I'évolution normale des sols. Ceci se produit à proximité de grands axes
de drainage enfoncés dans le substratum (22). On constate que la partie inférieure
desséquences (sols hydromorphes) disparaît, que le drainage et I'érosion s'intensi-
fient e t qu'il tend à se former des reliefs résiduels cuirassés.

U.16. Sur matériaux divers (Fig. 13)


Ces sols sont localisés dans la partie médiane du bassin : plaine de Koum
e t piedmont des massifs montagneux. Ils sont toujours associés à des reliefs tabu-
laires, résiduels, se raccordant au reste du paysage par des escarpements de plusieurs
mètres. Ces reliefs sont tous situés entre les cotes 320 e t 420 mètres ; ils se raccor-
dent entre eux et passentsans discontinuité des glacis d'accumulation de piedmont
au socle, du socle aux formations sédimentaires. Le paysage pédologique est très
différent de celui de l'unité précédente. C'est un paysage très aplani où le même
type de sol s'étend sur de grandes surfaces sans variation ou avec des variations
mineures dans la morphologie. Cependant, dans quelques légères dépressions mal
drainées, on observe les caractères d'un gley ou d'un pseudo-gley marquant les ho-
rizons supérieurs du sol. Ailleurs, les horizons peuvent être temporairement engor-
gés aprèsde fortes précipitations ; mais la cuirasse, perméable, favorise I'évacuation
rapide des eaux. La végétation est une savane arborée, parfois arbustive dans les
sites trèsdégradés (région de Koum). Le pédoclimat est sec à causede la perméa-
bilité e t de la faible rétention d'eau de la cuirasse ; aussi ces sols sont .parcourus
par les feux de brousse dès la mi-novembre alors que la strate herbacée est encore
verte sur les autres sols de la région.
T C H -77 Décembre ; entreKoum e t mayoDjarendi ; pente 1% soussavane arbor& ;
sur schistes argileux "lie-devin".
O - 23 cm : Sec ; brun grisâtre ( I O YR 5/2); sableux ; massif à débitpolyedrique gros-
AI sier ; peucompact ; poreux ; humectationrapide ; stable : enracinement
dense ; aucune trace d'hydromorphie.
23 - 50 cm : Sec ; brunclair ( 7 5 YR 6/4);sableux ; massif à debitpolyedrique gros-
A2 sier ; poreux ; agrégats peu fragiles ; humectationrapide ; peustable : en-
racinement dense ; aucune trace d'hydromorphie.

(22) Observé en amont du bassin : piedmont sud des hosérés Kourouk e t Malougou.
48

50 - 90 cm : Frais ; jaune rougeâtre (5 YR 6/8)sablo-argileux ; polyédriquemoyenne


A2 - Bt 7 peu nette ; moyennementporeux ; humectationrapide ; peu stable ; en-
' racinement assezdense ;aucune traced'hydromorphie.
90 - 120 cm : Frais ; rouge jaunâtre (5 YR 516) ; sableux ; abondants nodules ferrhgi-
Blox neux ; polyhdrique peu nette ; forte
compacité ; agrégats fermes ; hori-
zon hétérogène à zones très sableuses de couleurclaireet zones plus .
argileuses de couleur rouge jaunâtre ; enracinement faible.
120 cm : Passage graduel à la cuirasse com'pacte alvéolaire.
B2 ox

Sous la cuirasse, on a observé, sur 'une coupe d'érosion, un horizon argilo-


sableux à pseudo-gley sur un horizon argileux vertique qui passe progressivement
à des schistes argileux.
Ce profil est caractérisé par I'épaisseur des horizons surmontant la cuirasse,
qui atteignent 120 cm ; en génsral, I'épaisseur moyenne varie de 30 cm à 50 cm.
L'horizon noté A2-Et ? entre 50 cm et 90 cm est un type d'horizon fréquemment
observé dans ces sols, mais sa présence est encore mal expliquée. Des études micro-
morphologiques sont en cours e t apporteront probablement des éléments de réponse.
L'épaisseur de la cuirasse est très variable selon le type de matériau : 150 cm
à 200 cm d'épaisseur sur socle, 250 à 300 cm sur glacis d'accumulation, 400 cm à
500cmsur formation sédimentaire (23). Maisquelque soit l e matériau,schistes _ '

argileux, arène quartzo-feldspathique, granite ougneiss, on observe toujours au-dessus


de la cuirasse des horizons homologues de texture sableuse e t sous la cuirasse des
horizons argileux à structure large, compacts et à faible porosité.

Caractères analytiques
Le refus de l'horizon Blox est constitué denodules ferrugineux. La teneur
est faible en matière organique, en phosphore, en bases échangeables e t enbases to-
tales.

Evolution de ces sols


Les processus pédogénétiques à l'origine de la formation de ces sols sont
probablement ceux qui se produisent actuellement dans les associations à sols ferru-
gineux indurés (formation de l'horizon Box induré). Mais leur évolution actuelle
présente des caractères originaux dûs à la forme du paysage e t à la grande épaisseur
des horizons indurés. II se produit :
1) une évolution des horizons situés au-dessus de la cuirasse en milieu per-
méable e t bien drainé :
- une érosion forte peut décaper peu à peu ces horizons et la cuirasse
parvient à l'affleurement en donnant des lithosols ou des sols peu évolués d'érosion.
- une érosion faible favorise une différenciation dans les horizons sableux
en horizon A I humifère, A2 plus clair et "Et " plus coloré, plus compact, parfois
plus argileux, sans trace d'hydromorphie.
2) une évolution des horizons situéssous la cuirasseen milieu confiné, pro-
voquant la formation d'horizons à structure large, vertiques, contenant des argiles
gonflantes. Après démantèlement de la cuirasse, ces horizons arrivent à I'affleure-
ment e t évoluent vers des associations à sols hydromorphes e t lessivés.

(23) Observé dans le bassin de Koum


1
49

U.17. Sur matériaux dérivés du Continental Terminal (Fig. 14)


Ils sont localisés dans le quart nord-est, sur la partie tchadienne de la feuille
Rey-Bouba. Leur limite correspond approximativement autracéde la frontière. Ils
s'étendent largement au nord sur la feuille de Léré où ils ont été décrits et cartogra-
phiés par C. CHEVERRY e t M. FROMAGET (1970). Lepaysage pédologique est
très homogène ; il comporte de vastes interfluves à faible pente, de 2 à 5 km de
large,séparéspardesvallonsévases où I'écoulement de l'eau n'est pas chenalisé.
La végétation est une savane boisée ou arborée à dominance de légumi-
neases.La limite de cette unité cartographique avec la pénéplaine camerounaise
de la Bénoué est marquée par un escarpement à pente moyenne ou forte au con-
tact du socle, à pente très forte au contact du bassin sédimentaire de Lamé. Des
niveaux degrès compact affleurent localement au pied de cet escarpement. Celui-
ci correspond, semble-t-il, à la limite amont du front d'érosion du bassin versant
de la Bénouédans cette région.

Les sols ferrugineux (24) constituent de vastes affleurements homogènes


associés à des sols hydromorphes dans les vallons e t à des sols peu évoiués d'éro-
sion sur les cuirasses couvrant le sommet de quelques buttes résiduelles. A partir
du Cameroun, nous avons fait deux parcours de reconnaissance e t dessondages à '
la tarière. On a constaté que l'horizon induré formé d'une cuirasse ferrugineuse
compacte était à faible profondeur près de l'escarpement et que cette profondeur
augmentait progressivement en s'éloignant vers le nord-est. Ces sols sont très utili-
sés pour la culture du coton dans la région de Libetsornou (Tchad) e t donnent,
semble-t-il, de bons rendements quand l'horizon surmontant la cuirasse est suffi-
samment épais.
On a observé :
O - 10 cm : unhorizonbrun ; sableux ; faiblementporeux ; peustructuré
1 0 - 35 cm : unhorizonbrunjaune ; sableux ; plusporeux ; massif à débitpolyé- .
drique grossier
35 - 90 cm : unhorizon rougejaunâtre ; sablo-argileux ; poreux ; polyédrique assez
nette
90 130 cm
~ : unhorizon jaunerougeâtre ; sablo-argileux ; polyedriquepeunette ;
concrétions noires à cortex jaune-rouille
130
cm : Passage à l'horizon
induré,
compact.

Le taux de matière organique est très faible ; l'acidité e t la désaturation


sont fortes. Les réserves minérales sont faibles.

Utilisation des sols ferrugineux lessivés indurés '.


Actuellement, ils sont utilisés pour certaines cultures (arachide e t coton)
sur le piedmont du hoséré Tcholliré e t dans le bassin de Koum, malgré leur médio-
cre qualité ; probablement parce qu'ils sont les sols les mieux drainés de la région.

(24) qui représentent 90% de l'unité cartoyraphique.


50

Caractères défavorables :
Présence à profondeur variable d'un horizon induré, peu pénétrable aux
racines ; texture très sableuse des horizons A ; faible capacité de rétention d'eau ;
propriétés chimiques déficientes ; sensibilité à I'érosion.

Caractères favorables :
Ils concernent les horizons surmontant la cuirasse, à condition que leur
épaisseur soit suffisante pour supporter des cultures ; ils sont perméables et bien
drainés, à texture homogène, légers et faciles à travailler.

LES SOLS FERSIALLITIQUES (Fig. 9) (25)

U.18. Sols fersiallitiques sansréserve calcique et lessivés


Ils constituent des affleurements de faible superficie, disséminés sur la
carte.
Ils ont en commun le fait d'être toujours situés dans des sites parfaite-
ment drainés e t surdesroches bien pourvues en minéraux ferro-magnésiens. II est
probable que tous les affleurements n'ont pas été cartographiés ; ceci est dû à leur
faible étendue en étroite relation avecdes variations brutales de faciès d'une roche
e t l'absencede critères sûrsde photo-interprétation. Dans la moitié nord de la
carte, ils sont situés dans les points hauts du paysage (collines, sommets d'inter-
fluves), sur des pentes de 10%à 15%. Au sud, ils sont localisés uniquement dans
les reliefs montagneux sur des pentes de 30%à 40%. Ils sont associés exclusivement
à des affleurements rocheux e t à des sols peu évolués d'érosion. Ces sols ne sont
pas cultivés dans les régions montagneuses ; mais partout ailleurs, ils ont été repérés,
circonscrits et cultivés par les populations en sorgho et en coton.
TCH-15 Novembre ; 22 k m deTaparé vers Boukma ; sommetd'interfluve à 30 mè-
tres d'une rupture de pente brutale ; sous savane dégradée ; sur gneiss à
minéraux ferro-magnésiens.
O - 5cm Sec ; brun (IO YR 5/3) ; sablo-limoneux ; grumeleuse nette ; agrégats
AI peu fragiles ; humectation rapide ; stable ; peu compact ; nombreuses
racines.
5-15cm Sec ; brun jaunâtre (IO YR 4/4) ; graveleux (quartz grossier) ; terre
A2 fine sablo à limono-argileuse ; polyédrique moyenne nette ; agrégats
fermes ; humectation peu rapide ; stable ; assez compact ; moyenne-
ment poreux ; nombreuses racines.
15 - 40 cm Frais ; brun rougeâtre (5 YR 4/41 ; peu graveleux ; argilO-hnOneUX ;
polyédrique fine ; humectation rapide ; peu stable ; peu compact ; PO-
'Ru reux ; racines ;quelques concrétions indurées e t très arrondies.
40 - 80 cm Frais ; brun jaunâtre ; sablo-limoneux ; polyédrique peu nette ; agrégats
BC fragiles ; humectation rapide ; peu stable ; peu compact ; poreux.
80 cm Passage graduel au gneiss peu altéré.
C

(25) nommes parfois "sois rouges tropicaux" au Cameroun.


51

Ce sont des sols dont I'épaisseur dépasse rarement 100 cm e t qui contien-
nent toujours un fort pourcentage d'éléments grossiers (quartz, fragments de roche)
dans les horizons A. Les horizons Bru,sont bien structurés sansaucunetrace d'hy-
dromorphie qui n'apparaît dans aucun horizon des profils.

Résultats analytiques
Le pourcentage de limons est très élevé, ce qui est fréquent dans les sols
surgneiss e t micaschistes. Ces sols sont bien pourvus en matière organique, en ba-
ses totales e t en réserves minérales (potassium surtout). La capacité d'échange est
élevée.

Utilisation
Les observations sont insuffisantes pour déceler une évolution quelconque
de ces sols. Après défrichement e t sous culture, ils paraissent sensibles à I'érosion
d'autant plus que les pentes sont fortes.

Utilisation
Ils présentent peu d'intérêt du fait de leur très faible étendue ou de leur .
position sur des pentes fortes.

Caractères défavorables
Situation sur des pentes fortes ; nombreux affleurements rocheux ; faible
épaisseur du sol ; présence de nombreux éléments grossiers.

Caractères favorables
Sols fortement drainés e t bien aérés ; bonne structuration ; capacité de
rétention d'eau suffisante ; forte teneur en matière organique et enbaseséchan-
geables. Très fortes réserves minérales ;taux de saturation élevé.

LES SOLS TROPICAUX LESSIVES (Fig. 15)

Desexamens morphologiques e t les résultats analytiques nous ont amené


à classer un certain nombre de sols dans cette catégorie, qui ne figure pasdans la
classification actuellement en vigueur. En attendant quedesétudes plus détaillées
permettent de mieux les définir, nousenavons fait une unité d'apparentement aux
sols ferrugineux tropicaux.
Les associations de sols tropicaux lessivés possèdent des caractères spéci-
fiques tels qu'elles ne peuvent être confondues avec les associations de sols ferru-
gineux tropicaux décrits précédemment. Cependant, il arrive que dans une topo-
séquence de sols tropicaux lessivés, certains profils de sols se présentent comme
des termes intergrades avec les sols ferrugineux.

Lepaysage pédologique est caractérisé par l'absence de concentration en


fer de type Box, la présence d'une accumulation abondante de produits argileux,
l'apparition de carbonate de calcium à l'aval des séquences de sols.

La morphologie des sols tropicaux lessivés est définie par :


- des horizons A,sab1eux;peu compacts, perméables, où se différencie
52

Sorombm.

Vindi Tham

Sols tropicaux lessives Toposéquences


Remanies
u.20 Sur granite et gneiss
' 0 Sols tropicaux lessivas modaux
Sols hydromorphes
. B20 t.:.:.]Sur g r i s et schistes U29 1__1Sols tropicaux lessives remanils
et hydromorphes
Hydrornorphes
u.21 &g
Fig. 15
53

un horizon E, de couleur très claire, très appauvri enplasma colloïdal, en contact


tranché ou brutal avec l'horizon sous-jacent,
- des horizons Bt, argileux à sablo-argileux, compacts, peu perméables,
à structure large, contenant des revêtements argileux et des argiles à forte capacité
d'échange,
- une hydromorphie, à caractère de pseudo-gley, qui atteint rarement
l'horizon humifère.

Les caractères analytiques sont approximativement les suivants :


- matière organique : 0,8% à 1,5%avec C/N de 15 ;
- pH : de6,3 à 6,5en A e t Bt ; parfois, légèrement inférieur à 6 en E
e t supérieur à 7.5dans les horizons BC, carbonates ;
- différence élevée entre le pH H20 e t le pH KC1 : 1,8 à 2,2 unités pH;
- baseséchangeables : le calcium est toujours le cation dominant. Certains
profils contiennent du sodium échangeable (26), d'autres en contiennent très peu.
- Sommedesbaseséchangeables : 1 3 à 3 méq/l O0 g en A e t E
environ 15 méq/l O0 g en Bt
(pour une granulométrie à 30%d'argile)
- Capacitéd'échange : 2 à 4 méq/100 g en A et E
15 à 20 méq/100 g en B t
(pour une granulométrie à 30%d'argile)
- Tauxde saturation : 50 à 65%en A e t E
proche de 100%en B t
- Fer Total 0,5 à 1,2%en A e t E
1,5 à 3,0% en B t
- Minérauxargileux kaolinite dans les horizons A e t E
montmorillonite e t kaolinite en Bt.

La distinction a été faite entre :


- les sols tropicaux lessivés modaux : leurscaractèressontsensiblement
ceuxde la définition précédente.
- les sols tropicaux lessivés remaniés : ils ont des horizons A e t E très
graveleux e t de brusques variations texturales. Ils se rapprochent le
plus de certains sols ferrugineux tropicaux.
- les sols tropicaux lessivés hydromorphes : I'hydromorphie atteint la
basedes horizons A I . En surface se manifeste une activité biologique
très importante.
- les sols tropicaux lessivés sodiques : i l s contiennent un certain pourcen-
tage de sodium dans le complexe absorbant.

U.19. Modaux surgrèsarkosiques ou alluvions


Cette unité a été cartographiée uniquement en association avec des sols
hydromorphes dansdestoposéquences (unité 28). La description enseradonnée
maintenant e t rappelée ultérieurement à propos de l'unité 28.

(26)Moyenne de- Na X 100 = 3,5 %


T '
54

T C H - 306 Avril ; entre Rey-Bouba et Polbomi ; pente 3% sud ; à mi-pente ; savane


très dégradée ; sur alluvions ;quelques déjections devers ; rares termitières
grises.
' O - 15 c m : Sec ; gris (IO Y R 5/1); sablo-limoneux ; polyédrique grossière nette ;
Al1 agrégats fragiles ; humectation rapide ; stable ; peu compact ; assez
poreux ; aucune trace d'hydromorphie ; enracinement dense ; faune
active.
1 5 - 47 cm : Sec ; gris clair (IOYR 6/21 ; sablo-limoneux ; massive à débit polyé-
Al2 drique grossier ; humectation rapide ; peu stable ; peu compact ; fine-
ment poreux ; quelques taches rouille diffuses ; enracinement dense ;
faune peu active.
47 - 59 c m : Sec ; gris très clair (IO YR 7/1 à 7/2); sablo-limoneux ; massive puis
E particulaire à la base ; très faible compacité ; fine porosité intergranu-
laire ; quelques petites concrétions noires.
Passage brutal à :
59 - 110 c m : Sec ; gris brun (2.5Y 6/2); sablo à limono-argileux ; columnaire gros-
Bt sière ; humectation peu rapide ; stable ; agrégats très durs ; très com-
pact ; peu poreux ; quelques concrétions noires à cortex rouille ; en-
racinement peu dense ; revêtements gris, visibles surtout à I'état frais.
110 - 160 cm : Frais ; gris olive ; sablo à lirnono-argileux ; prismatique à cubique gros-
B t ca sière, en plaquettes obliques à la base ; agrégats plastiques en humide,
très durs en sec ; humectation lente ; peu stable ; peu poreux ; enra-
cinement très faible ;calcaire à la base.

On remarque la discontinuité brutale, tant dans la morphologie quedans


les propriétés chimiques, entre les horizons A e t les horizons B. Les horizons B,
malgré une teneur relativement faible en argile, ont une compacité très élevée. Le
comportement à la dessication est très caractéristique : les agrégats plastiques à
I'état frais ou humide deviennent très durs après quelques minutes d'exposition à
l'air. La différence entre le pH H20 e t le pH KC1dans les horizons B t est élevée
e t caractéristique de ces sols.
PH H20 pH KC1 . .. Différence
Al1 64 5,4 1,O
A l2 1,8
66 4,8
4,9 A2 7,1 22
5,4 Bt 7.8
6,3
B t ca 8,9

U.20. Remaniéssur matériaux à argiles gonflantes


Ils sont situés en bordure de la plaine alluviale de Rey-Bouba et dans l e
bassinde Koum. Ils sont localisés aux abords deslignesdecrêtes e t dans les par-
ties amont desbassinsversants.Dans le bassinde Koum, ils occupent les glacis
raccordant l'escarpement des plateaux cuirassés aux sols hydromorphes de l'aval
(Fig. 16). Cette unité 20 est largement dominante (80%)dans une association
avecdes sols hydromorphes (U.25) e t des sols ferrugineux tropicaux remaniés
avec lesquels ils forment des termes intergrades.
Desnappesperchées se forment dans les sols durant l a saison des pluies,
vers le mois d'août, quand les horizons Bt, satqrés d'eau, deviennent imperméables
e t constituent le plancher de ces nappes.
En fin de saison des pluies, les horizons A e t E se dessèchent assez rapi-
55

U.28 Sols tropicaux Lessivés modaux et hydromorphes

Toposéquence habituelle
Toposéquence
comptite f (r ipqeuue n t e )

l
I I
I I
I l
I
Alluvions ou grhs arkosiques

u.20 sots tropicaux Lessivés remaniés

U.30 Toposiquences. S o l s hydromorphes. Sols ferrugineux


. . u.3

U 2 9 Sols tropicaux lessivés remaniés et hydromorphes

U.32 I
U 29 l u.20 , U.1L u.20
I
I u.20 u.21 ; I I

v
U 7 Vertisols
U.10ferrugineux
SolsLessivés
modaux U.zLhydrornorphes
Sols yertiques
U.V. sots ferrugineux Lessivés iconcrétions. u.25 sols hydrornorphes 1essivis.vertiqueS-sodiques
faciesremanih U . 3 2 Juxtapositiondes sols alluviaux
U.19 Sols tropicaux lessivés modaux U 3 sols peu dvolués sur cuirasse
U.21 Solstropicauxlessivdshydromorphos U 16 Solsferrugineuxlessivésindurés

Fig. 16
dement, mais les horizons Bt conservent une certaine humidité, qui descend rare-
ment au-dessousde la limite de plasticité du matériau.
T C H-7 Profil ayant des caractères de sol'ferrugineux tropical (profil intergrade).
Novembre ; Ouro Mayo Ria ; partie moyenne d'un interfluve ; pente 3% ;
savane arborée ; sur roche quartzo-feldspathique.
O - 14 cm : Sec ; brun grisâtre ; peugraveleux ; sableux , polyédrique moyenne
AI nette ; agrégats peu fragiles ; humectation peu rapide ; stable ; peu
compact ; poreux ; enracinement dense.
1 4 - 28cm : Sec ;gris brun clair (IO YR 6/2) ;graveleux ; terre fine sableuse ;
A2 polyédrique fine nette ; humectation rapide ; peu stable ; peu compact;
enracinement dense.
28 - 90 cm : Frais ; brun jaunâtre ( I O YR 6/4) ; très graveleux ; terre fine sablo-
E-BOX argileuse ; agrégats durs ; humectation rapide ; stable ; moyennement
compact ; quelques nodules ferrugineux.
90 - 130 cm : Humide ; gris olive ; peu graveleux ; argilo-sableux ; massiveen humide,
Bt cubique grossière en séchant ; agrégats plastiques devenant très durs en
séchant ; humectation lente ; stable à peu stable ; revêtements de cou-
leur claire dans les vacuoles et les canalicules ; très compact ; nodules
ferrugineux assez abondants au sommet.
130 - 180 cm : Passage très progressif à la roche altérée par un horizon compact conte-
Bta-Bc nant de nombreux minéraux peu altérés, disséminés dans une argile gris
clair plastique.

On observe une forte différenciation entre des horizons A, sableux, grave-


leux, relativement poreux e t des horizons B plus argileux, compacts à structure
massive ou fragmentaire très large. Le passage entre les deux groupes d'horizons
est très distinct sans être brutal. L'horizon A2 est peu différencié par la couleur.
L'horizon B, massif en humide, présente une structure fragmentaire et de nom-
breuses fentes après dessication.
TC H - 255 Entre Landou e t Gatougel
Profil à horizons fortement différenciés.
O - 20 cm : Brun ; sableux ; peucompact ; structuré.
Al1
20 - 50 cm
A12
50 - 70 cm : Gris clair ; peu compact ; sablo-graveleux ; quelques taches rouille :
Eg en contact brutal avec :
70 - 130 cm : Gris, bariolé ; argilo-sableux ; non graveleux ; columnaire à prismatique ;
Bt g compact ; contenant de nombreux revêtements ; plastique en humide ;
très dur à I'état sec ;rares concrétions ferrugineuses.

Lepassage est brutal entre les deux groupes d'horizons dont l'aspect e t le
comportement sont très différents.
T C H -59 EntreTcholliré e t le MayoOldiri ; profil sans horizonBt, à horizon E
en contact avec la roche peu altérée.
On observe :
O - 20 c m : Brun
foncé ; sableux ; bien
structuré ;
Al1
20 - 60 c m : Grisclair ; sablo-graveleux ; peustructuré ; peucompact ;
A 12
57

60 - 90 cm : Gristrèsclair ; sablo-graveleux ; particulaire.


, ,
E
90 cm : Passage brutal gneiss
au peu
altéré
contenant
de
nombreux
revêtements
. Ct grisâtres
dans les fissures.

Un profil observédans le bassinde Koum (TCH-36) possède la même mor-


phologie : des horizons A sableux, devenant de plus en.plus clairs vers la base,en
contact brutal avec un grès arkosique à texture relativement fine.

Caractères analytiques
Ces sols sont caractérisés par de brusques variations de leur granulométrie,
desbaseséchangeables,de leur capacité d'échange et de leur pH. On remarque aussi
la différence importante entre le pH H20 e t le pH KC1dans les horizons Bt, même
pour des pH H20 faiblement acides ou neutres. Nous n'avons pas déterminé les
causesde cette différence qui ne peut être attribué à l'hydrolyse d'ions aluminium,
libérés par le chlorure de potassium, dans cette gamme de pH H20.

U.21. Hydromorphes sur matériaux à argiles gonflantes


. Ils sontsituésdans les zonesmédiane e t aval du bassin.Peu d'affleure-
ments ont pu être cartographiés en unités simples à I'échelle du 1/200.000, bien
que le paysage pédologique soit caractéristique, car ils sont peu étendus, en étroite
association avec des sols lessivés remaniés e t des sols hydromorphes à pseudo-gley.
La plus grande partie a donc été cartographiée en toposéquences dans l'unité 29.
Très localement, on a observédans cette unité 21 des vertisols en affleurements
de quelques hectares non cartographiables à 1/200.000.
Les sols lessivés hydromorphes sont localisés sur des pentes faibles et ré-
gulières, se terminant par une brutale rupture de pente aux abords des rivières for-
tement encaissées. La végétation est une savane à Terminalia, à strate herbacée
dense.La surface du sol est couverte d'une couche continue e t épaisse de déjec-
tions deversde terre. Les sols sont totalement engorgés en saison des pluies par
desnappesperchées.Les horizons supérieurs se dessèchent lentement ensaison
sèchemais les horizons inférieurs argileux restent humides ou frais toute l'année.
T C H - 4 Décembre ; entreTcholliréetTaparé ; à mi-pente, sous savane dégradée ;
altération de roche à biotite e t feldspath ; déjections de vers abondantes.
O - 15cm Sec ; horizon constitué par des déjections de vers de terre ; brun gri-
Al 1 sâtre (IO Y R 5/21 ; sableux à sablo-limoneux ; grumeleux à polyédrique ;
très poreux ; peu compact ; humectation rapide ; stable ; sans trace
d'hydromorphie ; enracinement dense.
1 5 - 40 cm Sec ; gris brun (2.5 Y 6/21 ; sablo-limoneux ; polyédrique ; moyenne-
Al2 ment poreux ; humectation rapide ; peu stable ; peu compact ; enraci-
nement dense ; aucune trace d'hydromorphie.
40 - 55cm Frais ; gris clair (2,5 Y 7/21 ; graveleux ; sableux à sablo-limoneux ;
Eg polyédrique nette ; humectation rapide ; peu stable : peu compact ;
peu poreux ; taches rouille e t quelques concrétions.
55 - 75cm Humide ; olive pâle ( 5 Y 6/3); sablo-limono-argileux ; cubique gros-
B1tg sière ; compact ; peu poreux ; taches rouille ; quelques concrétions ;
revètements peu visibles.
75 - 120 cm Humide ; gris clair (2,5 Y 7/21 ; argilo-limoneux ; cubique grossière à
B2t g prismatique ; moyennement compact ; peu de taches rouille, pas de
concrétions ; revêtements grisâtres.
58

l x ) cm - 180 cm : Matériaupeudiffbrencié, grisâtre passant progressivement à laroche


BC altérée.

TC H - 542Avril ; dans Parc duBouba-Njidda ; 3 k m à l'ouest du campement. Sous


savane arborée à Terminalia ; bas de pente ; sur roche métamorphique
riche en minéraux ferro-magnésiens ; abondantes déjections de vers de
terre
O - 22 cm : Sec ; brun grisâtre (2,5 Y 5/2) ; sableux ; polyédrique à grumeleuse ;
AI poreux. très
22 - 47 cm : Sec ; brun pâle (IO YR 6/31 ; sableux ; polyédrique ; quelques taches
rouille
Eg poreux.
; peu
47 - 80 cm : Frais ; gris clair ( 1 0 Y R 7/21 ; argilo-sableux ; prismatique ; taches e t
B l tconcrétions
g rouille ; peu
poreux ; assez compact.
80 - 125 cm : Humide: ; brun grisâtre (2,5 Y 5/21 ; argilo-sableux ; prismatique ; quel-
B2t g ques taches e t concrétions ; nombreux revêtements grisâtres ; très com-
pact ; peu poreux.
125 - 175cm : Humide ; olivepâle(5 Y 6/31 ; argilo-sableux ; polyédrique ; peupo-
Bca
reux ; très compact ; quartz grossier à la limite supérieure
de
l'horizon ;
calcaire.

Les horizons A sont toujours appauvris en colloïde e t un horizon E de


couleur très claire se développe au contact des horizons Bt, compacts, à structure
large (prismatique ou cubique), contenant des revêtements, des concrétions ferru-
gineuses et parfois, en profondeur, du calcaire.
Les caractères morphologiques dûs à I'hydromorphie ne s'observent jamais
dans l'horizon supérieur biologique qui semble évoluer rapidement sous culture.

Sols tropicaux lessivés sodiques


Ces SOIS ont été cartographiés dans l'unité8 en association avec desSOIS
bruns tropicaux dominants.

TCH -217 Janvier ; est de B&é ;bas depente ;savane à AnGgeissus leiocarpus, Combre-
tum, Piliostigma ; sur graniteà feldspath et minéraux ferro-magnésiens;
O- 20cm : Gris ( I O YR 5/21: sableux ; massif à débitpolyédrique grossier ; corn-
A 11
pact ; peu
poreux ; peu
de
racines ;

20 - 40 c m : Sec ; gris clair ; polyédriquegrossièrepeunette ; moyennementcom-


A lpact
2 ; poreux ; peu de
racines ;
40 - 60 c m : Sec ;gris très clair ( I O YR 7/1) ;sableux ; massive puis particulaire à
Eg la base ; poreux ; taches rouille diffuses ;
60 -
100 cm : Frais ; gris brunclair (2.5 Y 6/2) ; argilo-sableux ; prismatiquegros
Btg sière ; compact,
peu
poreux ; taches rouille à contours nets.
100cm ' : Horizon grisâtre, sablo-argileux
puis sableux, passant
très
graduellement
BC à la roche
peu altérée vers 140 cm.

Ce sont des sols peu épais où l'horizon E très sableux, de couleur très
claire à la base, est en contact brutal avecdes horizons B à structure très large,
parfois columnaire, très compact, avec ou sans accumulation calcaire à la base.
L'horizon E, blanchi, particulaire, d'aspect très lessivé est caractéristique.
59

Caractères analytiques
La variation du taux d'argile entre les horizons A, E e t B est très marquée
(de 9% à 30%) ainsi que celle des propriétés chimiques : baseséchangeables,capa-
cité d'échange, pH ; les taux de matière organique e t de phosphore sont toujours
faibles ; l e pourcentage de sodium échangeable par rapport à la capacité d'échange
variede 5% à 10%.

Utilisation des sols tropicaux lessivés


On constate que la plupart de ces sols sont délaissés par la culture tradi-
tionnelle ; ils possèdent, en effet, un certain nombre de défauts qui rendent leur
utilisation difficile pour les pratiques culturales habituelles. Mais, étant donné leur
grande étendue e t leur économie de l'eau qui peut être bénéfique pour certaines
cultures, ils pourraient, au moins, être l'objet d'une série d'essais agronomiques.

Caractères défavorables .-
Brusque variation des caractères morphologiques, physiques e t analytiques
entre les horizons A e t B ; présence d'éléments grossiers très abondants ;forte com-
pacité des horizons B ;contrôle difficile de la durée d'engorgement ; dessication ra-
pide des horizons supérieurs ;présence d'un horizon E très lessivé.

Caractères favorables :
pH faiblement acide ; forte teneur enbaseséchangeables e t enbases tota-
les des horizons B ; dominance du calcium e t faible teneur en sodium ; forte capa-
cité de rétention d'eau e t dessication très lente ; porosité e t forte structuration de
l'horizon de surface ; très forte activité biologique.

LES SOLS HYDROMORPHES (Fig. 17)


Ce sont des sols dont I'évolution est dominée par un excès d'eau qui peut
être temporaire ou permanent.
1 - L'excès d'eau est pro,voqué par des nappes permanentes qui subissent
des fluctuations de faible amplitude. La réduction l'emporte sur l'oxydation e t il
se forme des sols hydromorphes à gley.
2 - Parfois, les nappes permanentes subissent des fluctuations de grande
amplitude. L'oxydation l'emporte dans les horizons supérieurs alors que les hori-
zons inférieurs subissent surtout des phénomènes de réduction ; ce sont des sols
hydromorphes à amphigley. .
3 - Les nappes temporaires de saison pluvieuse disparaissent en saison sè-
che. L'oxydation domine alors sur l'ensemble du profil ; ce sont des sols hydro-
morphes à pseudo-gley.

U.22. Sols hydromorphes minéraux à gley peu profond


Ils sont situés dans les .vallées de la Bénoué, mayo Rey e t mayo Godi en
aval de Rey-Bouba. Ailleurs, ils constituent des affleurements de très faible éten-
due sur les alluvions en bordure des,rivières. Ils sont localisés dans les parties les
60

Fig. 17 Sols hydromorphes Toposéquences


i pseudo gley
Remanies sur micaschistes
a Sols hydromorphes
Sols ferrugineux

m Vertiques sur gris et schistes


Juxtapositions
BLessivés,vertiques,sodiques sur materiaux divers
'

a amphigley
0
,. U.32

m Sur mathriaux divers


m U33

Fig. 17
61

plus basses du paysage, à proximité de mares permanentes ou semi-permanentes,


qu'ils entourent d'une auréole plus ou moins large. Cette unité a été cartographiée
uniquement en association avec des sols hydromorphes à pseudo-gley, des vertisols
e t parfois des solonetz solodisés (unités 32 e t 33). La végétation est unesavane
herbacée à Cypéracées avec quelques espèces arborées, surtout Mitragyna. Les sols
sont submergés durant 5 à 6 mois de I'annéeren saison sèche le niveau de la nappe
s'abaissejusqu'à 50 ou 100 cmsous la surface du sol.
TCH - 158 Janvier ; ouest de Rey-Bouba ;zoneplane ;mare à 300 mètres ; Cypbracbes;
peu de traces d'activitb de la faune en surface.
0-15cm : Humide ; gris à gris fonce (N/4 à N / 5 ) ; toucher legèrement visqueux ;
AI G gaines rouille
le
long des canalicules de racines ;argilo-limoneux ; poly6-
drique moyenne 1 fine, nette ; humectation rapide ; stable ; plastique ;
peu poreux ; nombreuses racines
15-60cm : Humide ; brun grisâtre (2,5Y 412) ; argilo-limoneux ; massive enhumide,
(6)G fragmentaire grossièreen sec ; très plastique ; racines.
60 cm : Niveau
de la nappe.

On a observé de fréquentes variations dans I'épaisseur de l'horizon humifère


e t dans la texture qui est plus ou moins limoneuse.
Ce sol est relativement riche en matière organique e t en phosphore. L e pH
acide en surface s'élève en profondeur. L a capacité d'échange très élevée en surface
est due en partie à la matière organique.

Evolution de ces sols


Sous l'influence d'un pédoclimat plus humide, ces sols semblent évoluer
versdes sols hydromorphes plus humifères, comme les sols humiques à gley ;des
sols de ce type ont été observés sur quelques centaines de m2. Si le pédoclimat
devient plus sec,une structuration assez large apparaît dès la surface avec une évo-
lution versdes horizons vertiques. D'ailleurs, le passagedes sols à gley aux vertisols
qui leur sont fréquemment associés, se fait par une série de termes intergrades.

SOLS HYDROMORPHES MINERAUX A PSEUDO-GLEY,


A NAPPE PERCHEE

On a distingué les sols sur micaschistes, sur schistes e t grès arkosiques, sur
matériaux à argiles gonflantes.

U.23. Faciès remanié surmicaschistes


C'est une unité cartographique dont la localisation e t la plupart des carac-
tères sont très pai-ticuliers. Sa localisation est étroitement liée à l'affleurement dé-
nommé "micaschistes inférieurs à biotite" sur la carte géologique. Ceux-ci, très
hétérogènes, renferment deszones très riches en muscovite, de nombreux filons de
quartz et des intrusions de roches 'volcaniques. Ils fcrment une large bande conti-
nue, orientée nord-est sud-ouest, qui part du nord-est de Vaimba, traverse le mayo
Bidjou, la région de Landou, le mayo Rey e t se termine auhoséré Tcholliré. Ces
formations apparaissentaussisur la feuille de Poli, associéesdenouveauaumême
type de sol.
62

Les sols hydromorphes (27) situés en toute position topographique sont


associés à des affleurements rocheux, des lithosols e t des sols peu évolués. On a
observé aussi quelques profils à caractères ferrugineux, très remaniés, à horizon B
fortement concrétionné. Cette unité 23 passe brutalement à d'autres unités de sols
vers la limite de l'affleurement des micaschistes.
Ce milieu est remarquable par son pédoclimat, sa végétation et sa faune.
En saison des pluies, les sols sont rapidement engorgés, créant un pédoclimat hu-
mide qui favorise une intense activité des vers de terre, produisant une couche
continue de déjections à la surface du sol. En saison sèche, le dessèchement est
rapide e t il se;crée un pédoclimat plus aride que celui du milieu environnant. L'as-
sociation végétale e s t une savane boisée à Anogeissus leiocarpus e t mimosées,avec
un sous-bois dense d'arbustes épineux e t de lianes. L'association d'espèces animales
est celle que l'on observe généralement dans des régions plus septentrionales.

TCH-72 Décembre ; entreTcholliréetTaparé ; savane à Anogeissus et Acacia ;


pente 3% ; nombreuses déjections d e vers ;
O - 10cm Sec ; brun grisâtre ( I O YR 5/2) ; sableux à sablo-limoneux ; polyédrique
Allg grossière peu nette ;humectation rapide ,; stable ;assez poreux ; peu
compact ; taches rouille diffuses ; peu de racines,
I O - 38 c m Sec ; brun ( 1O Y R 5/31 ; sablo-limoneux ; massive à débit polyédrique
A12(g) grossier ; humectation rapide ; peu stable ; compact ; peu poreux ;
nombreuses taches rouille ; peu de racines.
3 8 -6 0 cm Sec ; brun (IO YR 6 / 3 ) ;argileux à argilo-limoneux ; polyédrique gros-
Bt? g sière nette ; hurnectation peu rapide ; peu stable ;compact ; peu poreux ;
très peu de racines ; taches et concrétions ferrugineuses.
60 - 120 c m Frais ; bariolé ; sablo-argileux ; polyédrique moyenne ; humectation peu
Btag rapide ; peu stable ; très compact ; très peu poreux ; nombreuses con-
crétions ferrugineuses et quartz grossiers.

Variations dans la morphologie


Elles sont importantes sur de faibles superficies. L e pourcentage d'éléments
grossiers, la teneur en quartz e t concrétions ferrugineuses, la profondeur des hori-
zons e t du sol lui-même sont très variables. L e pourcentage de limons peut être très
élevé e t les horizons B sont alors d'une extrême,compacité. Des contacts planiques
ont été observés entre les horizons A e t B

Possibilités d'utilisation
Ces sols ne sont jamais cultivés ou très localement sur leur bordure. Dans
la région de Tcholliré, ils sont défrichés pour le bois de chauffage e t de construc-
tion. Ils représentent un intérêt pratiquement nul pour une mise en valeur agricole.

Caractères défavorables :
Fortes variations du pédoclimat ; abondance des éléments grossiers ; très
forte compacité ; variations brutales de texture ; abondance des affleurements ro-
cheux e t des lithosols.

Caractères favorables :
Bonnes propriétés chimiques.

(27) 500h à 60% de I'unité'23.


63

U.24. Faciès vertique sur schistes et grès arkosiques


Cette unité est localisée dans le bassin de Koum sur les glacis qui s'éten-
dent en contrebas des plateaux cuirassés. Les sols sont situés dans les zones planes
en position surélevée par rapport aux glacis d'érosion les plus ré,cents, auxquels ils
se raccordent par une brusque rupture de pente. La végétation est une savane ar-
borée à Terminalia, qui fletrit assez tardivement en saison sèche, car les horizons
profonds gardent constamment une certaine humidité. Les sols sont engorgés en
saison pluvieuse par des nappes temporaires. Sous végétation naturelle, les déjec-
tions de vers sont très abondantes.
TCH-34 Janvier ; entreTcholliréetKoum ; pente 1% ; enborduredezone Brodee ;
sous savane herbacée dense ; sur schistes argileux ; couche continue de dé-
jections de vers.
O- 20 c m Sec ; brun clair (IO Y R 6/31 ; sableux ; grumeleuse nette de taille va-
All g riable ; humectation rapide ; stable ; peu compact ; très poreux ; nom-
breuses racines ; activité très forte de la faune ; taches rouille diffuses.
2 0 -6 5c m Frais ; gris clair (IOY R 6/21 : sablo-argileux ; polyédrique grossibre
A12g nette ; humectation rapide ; stable à peu stable ; peu compact ; poreux ;
taches rouille ; racines.
6 5 - 120 c m Humide ; gris brun clair (2.5 Y 6/21 ; argilo-sableux ; cubique grossière,
Btag en plaquettes obliques à la base ; humectation lente ; très stable ; très
peu poreux ; plastique ; taches et concretions ferrugineuses plus abon-
dantes au sommet de l'horizon ; peu de racines.
120- 140 c m : Humide ; rouge (IO R 4/3) ; argilo-sableux ; plaquettes obliques à faces
Bta-BC très lissées ; plastique ; tres peu poreux ; passant graduellement aux
schistes argileux rougeâtres;

Variations morphologiques
L'épaisseur du profil varie de 60 cm à 200 cm ; cette variation concerne
surtout I'épaisseur des horizons A, celle des horizons B étant à peu près constante.
Certains profils contiennent des concentrations en quartz émoussés à la limite des
horizons A et B et du calcaire à la base des horizons, B. Les sols sur grès arkosiques
possèdent des horizons B à structure prismatique ou cubique, la structure en pla-
quettes obliques étant plus fréquente sur les schistes argileux.
Leur position topographique les rend vulnérables à I'érosion qui décape
les horizons supérieurs ; les horizons B puis BC parviennent à l'affleurement et on
observe alors des sols peu évolués d'érosion à caractères vertiques ou hydromorphes
(unité 4).
Caractères analytiques
Le taux d'argile varie entre 30%et 40%dans les horizons B ; les teneurs
en bases échangeables et en bases totales sont assez faibles dans les horizons A,
moyennes à fortes dans les horizons B ; lepH, faiblement acide, peut atteindre
des valeurs élevées en profondeur (supérieures à 8,5).

U.25. Faciès lessivé, vertique ou sodique surmatériauxdivers


à argiles gonflantes
Ces sols sont caractérisés par la présence d'horizons riches en argiles gon-
flantes, peu perméables, favorisant la présence de nappes perchées. En fonction du
64

site e t du type de matériau, le caractère lessivé, vertique ou sodique se manifeste


avec plus ou moins d'intensité ; le faciès lessivé étant le plus fréquent, le faciès so-
dique le plus rare.
Ces sols ont été cartographiés en unités simples ou en unités complexes.
En unités complexes : ils sont associés à dessols ferrugineux (unités 30
et 31), à dessols tropicaux lessivés (unité 28), à des sols à gley, vertisols e t solo-
netz (unités 32 e t 33).
En unités simples : ils constituent les sols dominants d'une association
avec des sols à gley sur les bordures des plaines alluviales des mayos Rey, Bénoué,
Godi e t Sina.
L a végétation est une savane herbeuse parsemée de quelques arbres e t ar-
bustes. Les sols sont engorgés en saison pluvieuse par la remontée desnappesphréa-
tiques, le manque d'infiltration deseaux pluviales e t par la submersion en période
' decrues. L'activité biologique desversde terre est intense. Les déjections devers
forment une couche épaisse et continue sur de vastes superficies.

Faciès lessivé
II a été observé surtout surdes produits d'altération du granite e t du gneiss.
L'horizon A2 est très clair, parfois particulaire à' la base ; l'horizon B grisâtre , à ta-
ches e t concrétions ferrugineuses, contient des revêtements argileux ; la structure
est le plussouventpolyédrique,rarementcubique ou prismatique. .

Faciès vertique
II est fréquent sur les alluvions e t sur des altérations degrès arkosique.
Sousdes horizons A peu différencjés, on observe des horizons B argileux, gris olive,
prismatiques e t en plaquettes obliques, contenantdes nodules calcaires.

Facièssodique
II se forme surdes altérations de granite. Sous des horizons A peu épais
se différencie un horizon B massif ou columnaire, très compact, gris olive, à pseudo-
gley. L e rapport NaXIOO/T peut atteindre 10%.

Ces divers faciès peuvent être associés dans le même profil.


T C H - 542 Sol à facièslessivé et vertique
Janvier ;Parc du Bouba-Ndjidda ; ouest du Campement ; tiers inférieur
d'une pente 3% ; sous savane herbeuse à Terminalia ; sur altération à ar-
giles gonflantes issue de gneiss à minéraux ferro-magnésiens ; déjections
de vers abondantes.
O- 22 c m : Sec ; brun (2,5 Y 5/21 ; sableux ; polyédrique à grumeleuse grossière
Al l g trhs nette ; humectation rapide ; très stable ; poreux ; assez compact ;
taches rouille à la base ; nombreuses racines ; forte activité de la faune.
2 2 - 47cm : Sec ; brun clair (IO YI? 6/31 ; sablo-argileux ; polyédrique grossière
Al 29 nette ; humectation rapide ; stable ; peu poreux ; plus compact ; ta-
ches rouille peu nombreuses ; racines.
47 - 80 c m : Sec ;gris clair (IO YR 7/11 ; sablo-argileux ;prismatique ; humectation
A2 9rapide particulaire à la périphérie
; instable ;agrégats friables ; structure
des prismes ;peu compact ; poreux ;racines ;taches rouille.
80 - 125 cm : Humide ;brun grisâtre ; argilo-sableux ; prismatique grossière nette ;
BtgCa humectation lente ;peu stable : taches rouille e t concrétions ferrugi..
65

neuses ; revêtementsargileux ; très compact ; peu poreux ; peu de


racines ; calcaire à Ila base.
125 - 1 7 5c m : Humide ; olive (5 Y 6/3) ;argilo-sableux ;cubique e t plaquettes obiï-
' 6ta ca ques ; humectation
lente ; stable à peu stable ; compact ; peu poreux ;
calcaire.

Caractères analytiques
Dans l'ensemble, ils sont comparables à ceuxde l'unité 24 qui précède. Le
taux d'argile varie de 30 à 40%dans les horizons B. Les quantités de matière orga-
nique et de phosphore sont faibles. Les teneurs en bases échangeables e t enbases
totales sont élevées dans les horizons B, le calcium étant toujours dominant. La
forte capacité d'échange indique la présence d'argiles gonflantes.

Evolution
L'évolution des sols hydromorphes situés dans les sites mal drainés de la
plaine alluviale dépend surtout des variations du niveau des nappes e t des périodes
de submersion. Les sols formés surdes altérations de granite e t de gneiss sont si-
tués en toute position topographique, souvent en position haute par rapport aux
axesdedrainageencaissés ; ils sont alors sensibles à I'érosion : I'épaisseur des ho-
rizons A diminue, les horizons B deviennent très compacts, le contact tranché en-
tre les horizons A e t B s'accentue e t il se forme des faciès d'érosion.

U.26. Sols hydromorphes minéraux à amphigley surroches


et matériaux divers
Ces sols sont toujours situés dans des zones basses, généralement des val-
lons entre les interfluves. Quelques affleurements ont été cartographiés en unités
simples ; mais, la plupart ont une trop faible étendue pour figurer à I'échelle du
1/200.000. Ils sont généralement associés aux sols ferrugineux tropicaux (unités 12,
13, 15,16, 17). La végétation est unesavaneherbeuse avec quelquesespèces arbo-
rées (Terminalia, Butyrospermum) et arbustives (Gardenia). Les sols se différencient
dans un matériau constitué par des produits argileux d'altération ou d'illuviation e t
d'apports divers, plus sableux, entraînés dans les vallons par le ruissellement. Les
sols sont totalement engorgés durant 2 mois de l'année. A la fin de la saison des
pluies, la nappes'abaissetrès lentement vers les horizons profonds ; après plusieurs
averses,en début desaisondespluies, les nappes remontent brusquement.

TCH-24 Mai ; nordde Ndok ; dans un vallon évas6 ; près du talweg ; repousse ré-
cente de graminees ; déjections de vers formant de petites buttes espacees ;
sable délié ; pellicule discontinue, très mince, rouille en surface.
O - 2 0c m : Sec ; grissombre (5Y 5/1) ; sableux ; polyédrique grossière ; taches
Al g rouille le long des canalicules de racines ; agr6gats fragiles ; humectation
rapide ; stable ; peu compact ; nombreuses racines ; faune active.
20 - 130 c m : Sec puisfrais à la base ; gris clair (5Y 7/11 ; graveleux ; sableux à sablo-
Bfe g argileux ; taches rouille
et
concrétions ferrugineuses
(7,5 YR 6/81abon-
dantes ; poly6drique grossière ; humectation lente ; peu stable ; compact ;
peu poreux ; peu de racines.
130 - 200 c m : Humide ;jauneclair ( 5 Y 7/31 ; argilo-sableux ; prismatique grossière
Bt g nette ; plastiqueenhumide ; très dur en sec ; revêtements gris-sombre
abondants ; humectation lente ; peu stable ; compact ; peu poreux.
66

Variations morphologiques
La profondeur de l'horizon à éléments grossiers, I'épaisseur e t la texture
des horizons A sont très variables. Les éléments grossiers sont des quartz, des no-
dules ferrugineux, des fragments de cuirasse e t de roche altérée. Les horizons B
profonds à structure prismatique contiennent par contre très peu d'éléments gros-
siers.

Caractères analytiques
II existe une forte hétérogénéité dans la morphologie e t les caractères ana-
lytiques dece profil. L'horizon de surface est sableux, pauvre en matière organique,
en phosphore, en bases échangeables e t en fer. L'horizon intermédiaire e s t caracté-
risé par un refus de 56%, des teneurs moyennes en bases échangeables, un taux
élevé de fer. L'horizon inférieur est argileux, riche en bases échangeables, à forte
capacité d'échange, peu riche en fer.

Utilisation des sols hydromorphes


Actuellement, les sols hydromorphes sont peu utilisés en culture tradition-
nelle, excepté dans les abords immédiats de Rey-Bouba. Ailleurs, ils servent de ter-
rains de parcours pour les éleveurs.
Ces sols possèdent un potentiel de fertilité assez élevé e t des propriétés
physiques qui peuvent les rendre aptes à des cultures exigeantes en eau ; de plus,
ils seraient utilisables pour des cultures de saison sèche avec des aménagements
plus ou moins importants.

Caractères défavorables :
Difficultés de contrôler la submersion ou le niveau hydrostatique ;parfois
présence de quartz e t de gravillons en très grande quantité ; hétérogénéité des pro-
fils (sols à amphigley) ;propriétés chimiques moyennes à faibles des horizons les-
sivés ; excès de sodium en présence de calcaire donnant un pH très basique ; com-
pacité e t faible porosité des horizons B.

Gractères favorables I

Homogénéité des affleurements ; profondeur du sol ; présence d'eau à


faible profondeur ; maintien de l'humidité dans les horizons B ; pH acide en sur-
face favorable à certaines cultures ; richesse en bases e t en réserves minérales des
horizons B avec prédominance du calcium (sauf dans les sols à faciès sodique) ;
forte porosité de l'horizon de surface bien aéré, en relation avec une intense acti-
vité biologique.

LES SOLS SODIQUES

Ce sont des sols dont l'évolution e s t dominée par la présence de sodium


échangeable avec apparition d'une structure massive, diffuse e t une compacité très
élevéedes horizons ; le sodium occupe plus de 10%de la capacité d'échange un
horizon E blanchi se différencie au-dessusdes horizons B dans les solonetz solodi-
sés.
67

U.27. Solonetz solodisés sur alluvions


Ils ont une très faible extension e t sont localisés au nord-ouest dans les
alluvions de la Bénoué e t de ses affluents rive droite : mayos Rey, Sina, Godi,
e t Bani. Ils n'ont jamais été observés le long des affluents de la rive gauche. Les
affleurements, peu étendus, sont cartographiés en association avec des sols hydro-
morphes e t des vertisols (unité 32). La végétation est une savane arbustive très
lâche à épineux e t à Lannea humilis avecdesplagesnues ou à maigre végétation
herbacée. La topographie est plane ou la pente très faible. Les horizons de surface
sont engorgés en saison des pluies mais I'humectation n'atteint que la partie supé-
rieure des horizons B ; d'où un pédoclimat plus aride que celui du milieu environ-
nant.
TC H- 557Février ; est deBéré ; suralluvions sablo-argileuses ; nombreuxarbustes
d u genre Balanites.
O- 15cm Sec ; brun grisâtre ( I O Y R 5/2) ; sableux ; polyedrique moyenne peu
AI nette ; humectation rapide ; stable ; poreux ; peu compact ; peu de
racines.
15- 30cm Sec ; gris clair (2,5 Y 7/2); sableux ; massive à débit polyédrique puis
Eg particulaire à la base ; humectation rapide ; instable ;peu compact ;
fine porosit6 ; taches rouille diffuses.
30 - 130 cm Sec ; brun clair (IO Y R 7/3); argilo-sableux ; columnaire au sommet
Bt puis prismatique grossière ; humectation lente ; peu stable ; très com-
pact ; peu poreux ; très peu de racines.
130 - l60 c m Horizon ayant les mëmes caractères que le précedent ;calcaire B la
B t Ca base.

Les variations de texture, structure e t compacité sont très brutales entre


les horizons E e t B en contact planique.
L'horizon B est très compact à la partie.supérieure, puis la compacité di-
minue avec la taille des éléments structuraux e t l'apparition du calcaire. Dans cer-
tains profils, des structures en plaquettes obliques apparaissent à l a basedes pro-
fils. La différence entre le pH H20 e t le pH KCl e s t très élevée. Le pourcentage
de sodium échangeable atteint 27,7% à la base du profil.

Utilisation des sols sodiques

Caractères défavorables :
Faible extension ; pédoclimat sec ; compacité e t imperméabilité des hori-
zons B ; sensibilité à I'érosion en ravines ; variations brutales de texture ;faible
teneur en matière organique e t phosphore ; pH très alcalin en profondeur ; faible
capacité d'échange des horizons A.

Caractères favorables :
Forte capacité d'échange e t teneur élevée en bases échangeables e t en
bases totales des horizons B ; structure fragmentaire dans des horizons B Ca.
68

LES UNITES COMPLEXES

1. Lesséquences
Elles groupent un nombre déterminé d'unités simples, agencéesdans le
même ordre, suivant une repartition sensiblement identique. Cette répartition or-
donnée se répète périodiquement dans un mêmepaysage pédologique en fonction
de la topographie. Ce sont des toposéquences.

2. Les juxtapositions (28)


Nous les avons considérées ici comme des unités groupant un nombre va-
riable d'unités simples, habituellement agencéesdans le même ordre suivant une
répartition quelconque dépendant de paramètres pas toujours identifiés.

Remarque :
Le premier terme cité dans la dénomination deces unités représente I'uni-
t é dominante. La description des unités simples composant ces associations a été
donnée précédemment e t neserapas reprise dans ce chapitre.

SEQUENCES

U.28. (Fig. 16)


Sols tropicaux lessivés modaux (U.19)
Sols hydromorphes vertiques (U.25)

Cette unité est localisée dans la partie aval du bassin sur les basses collines
qui séparent le mays Rey du mayo Godi. La topographie est largement ondulée en
de vastes interfluves à faible pente, séparéspardes vallons'très évasés. La végétation
e s t une savane très dégradée, comportant des espèces arbustives e t quelques bou-
quets d'arbres. Le bas des glacis est temporairement inondé ensaisondes pluies à
cause du mauvais drainage e t de la submersion durant les crues.Deplus,desnap-
pes perchées peuvent se former e t atteindre le sommet des interfluves (29). La to-
poséquence habituelle comporte du sommet à la base :
- des sols tropicaux lessivés modaux, formant l'unité dominante ;
- des sols hydromorphes lessivés (peu étendus) ;
- des sols hydromorphes vertiques.

Localement, on a observé quelques toposéquences plus complètes à partir


deslignesdecrêtes :
- des sols ferrugineux tropicaux lessivés sur matériau sableux à kaolinite,
limités à la partie sommitale de l'interfluve ; (unité IO).
- des sols tropicaux lessivés modaux (les plus étendus) ;

(28) Cette définition diffère sensiblement de celle du document C.P.C.S.


(29)Le plancher de ces nappesest constitué par l'horizon Bt des sols tropicaux lessiv8s.

I
69

- des sols hydromorphes lessivés ;


1 .

- des sols hydromorphes vertiques ;


- des vertisols.
Les profils de sols tropicaux lessivés sont toujours très différenciés. Ils
comportent un horizon E, blanchi, épais, e t un horizon B à structure prismatique
ou columnaire, compact, plastique à I'état humide, très dur à I'état sec. Parfois,
les profils sont bisériés e t on observe deux horizons E séparés par un horizon B
qui peut être discontinu. Le passageaux sols hydromorphes est très progressif :
le contact entre les horizons E e t B devient.moins brutal, destaches e t concrétions
apparaissent sur l'ensemble du profil, une structure en plaquettes obliques se déve-
loppe, l'accumulation de calcaire apparaît e t se rapproche de plus en plus du som-
met des horizons B.

U.29. (Fig. 16)


Sols tropicaux lessivés remaniés e t hydromorphes (U20 e t 21) e t leurs
intergrades.
Cette unité s'&end très largement dans la partie médiane du bassin, du
nord de Vaimba jusqu'à la Bénoué avec une orientation nord-est sud-ouest ; elle
se prolonge à l'ouest sur la feuille de Poli. Le paysage pédologique est caractérisé
par la présencede buttes cuirassées résiduelles, peu nombreuses au nord-est sur le
bassin versant très érodé du may0 Ouarkla, plus nombreuses au sud-ouest le long
de la ligne de partage des eaux entre la Bénoué e t le mayo Rey. Malgré le fort
drainage externe, des nappes perchées se constituent sur la plupart des glacis du-
rant la saison pluvieuse. Ceci est dû à la faible perméabilité des horizons contenant
des argiles gonflantes. Les vers ont une très forte activité e t couvrent la surface du
sol d'une couche épaisse de déjections.
Cette unité est la plus complexe de la carte. Ceci tient d'abord au fait
qu'elle est située dans la zone du bassin où I'érosion est très active. D'autre part,
elle se trouve dans une région qui sépare deux provinces pedologiques bien dis-
tinctes ; aussi, des caractères de l'une e t de l'autre y sont souvent juxtaposées. On
y observe de nombreux termes intergrades avec les sols ferrugineux et mêmedes
profils de sols ferrugineux. Cependant, on considère l'ensemble comme un système
I . à sols tropicaux lessivés. Eneffet, il présente les caractèresspécifiquesde ce type
depaysage pédologique : absence d'horizons Box ou horizons Box envoiededes-
truction, accumulation de produits argileux gonflants e t enfin presence de calcaire.
La toposéquence habituelle comporte :
- au sommet,des sols tropicaux lessivés remaniés, intergrades vers les sols
ferrugineux remaniés,
- des sols tropicaux lessivés remaniés (les plus étendus),
- des sols tropicaux lessivés hydromorphes.
A proximité des rivières encaissées, les sols lessivés hydromorphes passent
brutalement à des sols peu évolués d'érosion (unité 4).
70

U.30. (Fig. 16)


Sols hydromorphes lessivés e t vertiques (U.25)
Sols ferrugineux
tropicaux
remaniés (U.14)

Cette unité s'étenddans la partie médiane du bassinen bordure des asso-


ciations à sols ferrugineux tropicaux. Le paysage pédologique comporte de nom-
breuses buttes-témoins à sommet cuirassé, se raccordant à de long glacis à pente
faible. Dansl'ensemble, le paysage est mollement ondulé. Les principales rivières
sont très encaissées, mais les axes de drainage secondaires sont rarement chenalisés
dansdes vallons évasés.
Le sol est couvert d'une couche épaisse de déjections de vers sauf au som-
met des interfluves e t sur le pourtour des buttes. Des nappes perchées temporaires
se forment dans la majeure partie des glacis durant la saison des pluies.

Sur les glacissans buttes résiduelles, les sols hydromorphes représentent


65% à 70%de l'association. Ils occupent les pentes e t le basdesglacisalorsque les
sols ferrugineux remaniés sont toujours au sommet.
Ceux-ci passent progressivement par une série d'intergrades aux sols hydro-
morphes lessivés et vertiques, les deux faciès étant fréquemment associés.
Sur les glacis à buttes résiduelles, les sols hydromorphes représentent au
moins 80 % de l'association. Ils se raccordent aux buttes par un court glacis, à
pente très forte, portant des sols ferrugineux remaniés.

Les trois unités 28, 29 e t 30, constituées de sols lessivés et de sols hydro-
morphes, occupent environ le tiers de la superficie de la carte, c'est à dire 400 O00
hectaresau minimum ; on estime que les surfaces cultivées ou sous jachère récente
représentent environ 5% de la superficie deces sols.

JUXTAPQSlTlQNS DE SOLS
. U.31.
Sols ferrugineux
tropicaux
modaux (U. 9 11)-
Sols hydromorphes e t leur faciès d'érosion (U.25 26)-
Les diverses unités composant cette juxtaposition ont été parfaitement
différenciées sur le terrain e t sur les photographies aériennes. A I'échelle du
1/200.000, ils ne peuvent figurer séparément à causede la disposition e t de la
faible étendue des affleurements. Cette unité occupe la plupart des piedmonts
nord des reliefs montagneux du sud-est de la feuille. Les épais glacis d'accumula-
tion qui constituent ces piedmonts subissent actuellement les effets d'une érosion
très active à partir des affluents rive gauche du mayo Rey, les mayos Djaolé e t
Kolapé.
Des parties non érodées débordent largement sur la plaine de Koum e t
masquent fréquemment le contact entre le bassin sédimentaire e t le socle, visible
seulement à la basedesgrandes entailles d'érosion.
L'unité la plus fréquente e s t celle des sols ferrugineux lessivés modaux
(U.91, qui occupent les glacis entre les entailles d'érosion, associés à des sols hydro-
morphes à amphigley. .
Dans les parties aplanies mal drainées, ce sont des sols hydromorphes à
71

horizon B vertique, peu épais.

U.32
Sols hydrornorphes à pseudo-gley (U.25) à gley (U.221, vertisols halornor-
phes (U.7) e t solonetzsolodisés (U.27).

u.33
Sols hydrornorphes à pseudo-gley (U.25) à gley (U.221, vertisols hydro-
rnorphes (U.7).

Les deux unités sont situées en aval du bassin dans les plaines alluviales
desmayosRey,Bénoué, Godi e t Sina. L'unité 32, à vertisols halomorphes e t
solonetz se trouve sur les alluvions du mayo Rey e t de ses affluents rive droite.
L'unité 33 est localisée le long du may0 Rey e t de ses affluents rive gauche.
Ces sols sont inondés ou saturés d'eau en saison pluvieuse. Les sols à
pseudo-gley se ressuyent les premiers, suivis des solonetz solodisés, puis des verti-
sols e t enfin d'une partie des sols à gley.
. Habituellement, les sols sont agencésdans un ordredéterminé ; mais,
d'importantes variations interviennent, parfois sur de faibles superficies, concer-
nant la dominance de telle ou de telle unité e t le nombre d'unités groupées dans
une succession. Les sols hydromorphes à pseudo-gley sont toujours dominants.
La série complète, susceptible de grandes variations, comporte des sols
hydromorphes à pseudo-gley (dans les sites les mieux drainés), des solonetz solo-
disés, des vertisols, des sols hydromorphes à gley dans les zones les plus basses.
Au sud du may0 Rey, la sériene comprend fréquemment que deux ter-
mes : des sols hydromorphes à pseudo-gley e t des sols hydromorphes à gley.
En bordure des buttes sableuses qui se raccordent à la plaine par une
pente plus ou moins forte, on a observé la toposéquence suivante :
- sols ferrugineux lessivés modaux ausommetdes buttes ;
- sols tropicaux lessivés modaux à horizon E, très épais, blanchi, à la
rupture de pente ;
- sols lessivés hydromorphes, à faciès planique ;
- sols hydromorphes à pseudo-gley.

L'évolution actuelle de ces sols dépend étroitement du régime hydrologique


desmayosRey et Bénoué. Nous pensons qu'une modification (éventuellement arti-
ficielle) du régime des eaux aurait probablement un effet rapide sur I'évolution de
certains sols. C'est un phénomène connu que les sols, dont I'évolution e s t dominée
par le processus d'hydromorphie, subissent des modifications rapides de leurs pro-
priétés e t de leur morphologie en fonction des variations du facteur hydrique.
73

LES ENSEMBLES REGIONAUX


INTERET POUR LEUR MISE EN VALEUR

Ce sont des ensembles homogènes à paysage pédologique caractéristique,


constitué le plus souvent d'une seule, parfois de deux associations de sols. Leur
intérêt pour une mise en valeur agricole est classé en ordre décroissant.

1. La plaine alluviale de Rey-Bsuba


C'est unedesrégions les plus intéressantes pour une mise en valeur. Elle
s'étenden aval de Rey-Bouba sur le mayo Rey e t en aval de Ouro Ria sur le mayo
Godi. Actuellement, un grand nombre de villages sont groupés dans cette région e t
situés sur des buttes sableuses bien drainées e t toujours exondées, dominant la plai-
ne d'inondation. Les sols argileux deszonesbasses permettent la culture du mus-
kuari ensaisonsèche e t les sols les plus humides assurent les pâturages de fin de
saisonsèche.
Les sols variés, profonds, ont de bonnes propriétés chimiques ; l'eau se
trouve à une profondeur toujours accessible par des moyens usuels.
L e facteur limitant est dû à la difficulté du contrôle de l'eau en période
de submersion.
Si la miseeneau du barrage de Lagdo e s t effectuée, tous ces sols alluviaux
seront submergés en permanence jusqu'aux villages de Rey-Bouba e t de Kongrong
sur le mayo Godi.

2. Les régions de l'est et du sud


Cet ensemble e s t très intéressant par son étendue, son homogénéité e t les
propriétés des sols ; de plus, il se trouve presque à l'abri des aléas climatiques (plu-
viosité de 1100 mm à 1400 mm).
C'est le domaine de la savaneboisée, formant un vaste croissant de Gor
au nord-est vers Madingrin e t Sorombéo, puis du hoséré Ndakara vers le mayo
Oldiri à l'ouest. En dehors des reliefs montagneux, de très faible intérêt agricole,
le paysage pédologique e s t très homogène e t comporte une association de sols fer-
rugineux e t de sols hydromorphes, favorable à la polyculture (mil, sorgho, coton,
riz). Les sols sont profonds, perméables, bien structurés en profondeur, à bonne
capacité de rétention d'eau e t ils sont faciles à travailler ; les sols hydromorphes
de bas-fonds ont aussi un potentiel de fertilité assez élevé e t conviendraient pour
le riz pluvial à causede leur régime hydrique de saison des pluies.
L'abondance des nappes phréatiques ne pose aucun problème d'alimenta-
tion eneaudes villages. De nombreuses petites plaines alluviales de quelques cen-
74

taines d'hectares se trouvent en bordure des rivières principales ; elles sont de très
bonne valeur agricole e t peuvent être utilisées sansaménagement pour des cultures
vivrières de saison sèche.
Les facteurs limitants sont la présence d'une cuirasse ferrugineuse compac-
te à faible profondeur sur certains glacis, les risques d'érosion après défrichement
de la savane boisée ; signalons aussi la présence de glossines, vecteurs de trypano-
somiase, qui empêchent tout élevage. Mais, on a observé que si le défrichement de
la savane atteint plusieurs Km2 d'un seul tenant e t si les galeries forestières lon-
geant les rivières sont détruites, les glossines disparaissent e t rendent possible I'éle-
vage.

3. Le plateau du nord-ouest
C'est une zone homogène, située au nord,du mayo Godi dans le triangle
Kongrong-Ouarkla-Doukroum,e t qui se prolonge au nord dans la région de Béré
jusqu'au mayo Sina.
Les sols possèdent de bonnes propriétés chimiques, leur capacité de réten-
tion d'eau est assez élevée e t ils sont relativement faciles à travailler. Une implan-
tation récente de parcelles cultivées en coton a donné d'excellents résultats. Citons
deux facteurs limitants pour la miseenvaleurde cette zone : l'intensité de I'éro-
sion qui peut devenir catastrophique par une utilisation sans précautions e t I'ab-
sencedenappe phréatique permanente pour l'alimentation eneaudes villages.

4. La zone médiane à buttes-témoins cuirassées


C'est une région peu homogène, d'intérêt très variable. Elle s'étend sur les
bassinsversantsdesmayos Lidi e t Vaimba, dans la région deLandou,au nord e t
au sud du hoséré Tcholliré.
Les buttes cuirassées e t leurs abords immédiats sont peu utilisables : pré-
sence d'horizons très indurés, de gravillons, de nombreux fragments de cuirasse,
érosion très forte.
Lessommetsde glacis à sols ferrugineux ou sols lessivés remaniés sont
assez bien drainés e t ont un potentiel chimique assez élevé mais la présence d'élé-
ments grossiers, en majorité des quartz ainsi que la discontinuité texturale entre
les horizons A e t B sont des caractères défavorables pour le travail du sol e t I'im-
plantation des racines. Les variations morphologiques (épaisseur des horizons, pro-
fondeur du sol) sont importantes d'un interfluve à l'autre e t souvent sur le même
interfluve.
Les sols hydromorphes ou lessivés hydromorphes sont plus homogènes.
Ils possèdent un horizon supérieur biologique, poreux e t bien aéré, peu d'éléments
grossiers,debonnes propriétés chimiques ; ils sont peu sensibles à I'érosion. Ils
sont engorgés temporairement par des nappes perchées dues au mauvais drainage
des horizons B. II paraît difficile d'assurer un contrôle de ces nappes. Malgré cela,
les sols possèdent suffisamment de qualités et sont assez étendus pour qu'une série
d'essais puisse y être effectuée en vue de leur mise en valeur.

5. Le Continental Terminal au nord-est


Cette zone est située en Territoire tchadien. C'est un paysage très particu-
lier avec de très longs glacis où les points d'eaux sont rares et très disséminés. Les
75

sols sont profonds, faciles à travailler e t bien drainés. Mais ils ont une faible rétention
d'eau, peu de réserves chimiques, une cuirasse à faible profondeur vers la bordure ca-
merounaise. L e défrichement e t la culture semblent provoquerune dégradation rapi-
de des propriétés physiques,en particulier de la structure.

6. Les reliefs montagneux et les glacis de piedmonts


Les montagnes e t les hautes collines portant des sols peu épais parmi des af-
fleurements rocheux sont d'unintérdt pratiquement nul pourune mise en valeur. La
plupart sont couverts d'une végétation arborée favorisant un micro-climatplus frais
que dans la pénéplaine et servent de refugeà la faune sauvage.
Par contre, les glacis d'accumulation de piedmont sont d'un intérêt certain.
Jusqu'à ces dernières années, ils ont été occupés e t cultivés. Les sols sont profonds,
peu caillouteux, bien drainés, homogènes, faciles àtravailler. Leurs propriétés phy-
siques e t chimiques sont bonnes. Ils sont peu sensibles à I'érosion en surface mais
ils subissent latéralement une érosion violente à partir desaxes de drainage.Des
sources coulent au pied des glacis, provenant des nappes phréatiques qui imprè-
gnent les arènes.
On rencontre fréquemment le long des rivi&res, en aval des entailles d'éro-
sion, des petites dépressions contenant des alluvions fertiles.

7. Le Bassin de Koum
I l s'étend de Laboum à Mayo Djarendi e t du hoséré Koum au nord jus-
qu'à la bordure des reliefs montagneux du sud. C'est une région peu favorable à
causede l'étendue des plateaux cuirassés e t des zones érodées. La cuirasse e s t très
épaisse sous des horizons sableux plus ou moins épais, très sensibles à I'érosion.
La capacité de rétention d'eau est très faible e t le pédoclimat est aride. Dans les
zonesérodées, la roche affleure parmi des sols peu épais sur des pentes relative-
ment fortes à très faible couverture végétale.
Les sols hydromorphes ont de bonnes propriétés chimiques e t une forte
rétention d'eau mais ils sont argileux, difficiles à travailler, engorgés durant de
longues périodes. De nombreux villages installés jadis dans la savaneboiséeausud,
se sont déplacés ou ont é t é regroupés le long de l'axe routier Tcholliré-Touboro
dans le bassinde Koum. Ils y cultivent les plateaux cuirassés ou leurs abords avec
des résultats très moyens, étant donné la faible valeur agricole de ces sols.

8. La zone dessols hydromorphes surmicaschistes


(Landou - mayo Vaimba)

Elle constitue une entité naturelle caractéristique assez étendue qui vaut
d'être signalée. Sur le terrain e t sur les photos aériennes, le paysage pédologique
particulier se distingue parfaitement par la presence d'affleurements rocheux e t de
la savane arborée dense contrastant avec la savanedégradéedes sols environnants.
Les sols possèdent un potentiel de fertilite chimique assez élevé mais la
plupart des autres caractères sont défavorables.
Si on considère les vastes étendues de sols plus favorables dans la région,
cette zone est actuellement d'un intérêt très secondaire.
76

DONNEES COMPLEMENTAIRES CONCERNANT LA MISE


EN VALEUR DE CES REGIONS

Deux observations, effectuées sur le terrain, valent d'être signalées, bien


qu'elles ne soient pas d'ordre pédologique, car elles constituent des données dont
tout projet demiseenvaleur doit tenir compte. Elles concernent la répartition
des populations et la présence de glossines.

Les populations
Nous avons signalé au début de la notice que la densité de population
était de1,65 h/km2 pour tout le département de la Bénoué. Nous estimons que
cette densité est de l'ordre de 1 h/km2 sur la feuille de Rey-Bouba.
On peut distinguer, dans une première approximation, quatre îlots de peu-
plement, le reste n'étant que des petits villages isolés ou de vastes secteurs inhabités
dont la superficie peut atteindre 150.000 hectares d'un seul tenant (région entre le
hoséré Kourouk et le mayo Oldiri). Ces quatre îlots sont :
1. la région de Rey-Bouba - Doukroum ;
2. la région de Tcholliré, avec le secteur sud-ouest vers le mayo Oldiri e t
le secteur est vers le mayo Galké ;
3. la région nord-est autour de Djibao, Gor, Goingou ;
4. le bassinde Koum, entre Laboum e t Koum, puis le secteurde Mayo
Djarendi qui se prolonge le long de la route vers Djon e t Sorombéo.

Les glossines (Fig. 18)


La répartition desglossines (vecteur de trypanosomiase) est un facteur
déterminant pour tout élevage, qui pourrait être associé à une mise en valeur agri-
cole, e t par conséquent pour l'implantation humaine.
La plupart des secteurs de l a feuille Rey-Bouba sont absolument infestés
de glossines (tsé-tsé), qui pullulent dans la savaneboisée à lsoberlinia e t qui se
maintiennent dans la savane arborée de la pénéplaine centrale jusqu'à une limite
septentrionale passant approximativement par Sinassi, Landou, Boukma. Les îlots
de savane boisée à lsoberlinia de la pénéplaine centrale leur servent particulière-
ment de refuge.
Deux régions sont épargnées : le bassin de Koum e t la plaine de Rey-Bouba
avec le plateau du nord-ouest. Là, les glossines se cantonnent aux abords immédiats
des galeries forestières bordant les mayos Rey, Godi e t Sina.
79

IV

DONNES SOMMAIRES
SUR LES PROCESSUS DE PEDOGENESE

On se limitera à quelques indications générales sur les processus de pédogé-


nèse, à partir des observations réalisées au cours de l a prospection e t des résultats
de travaux partiels sur des toposéquences. Des travaux détaillés sont en cours sur
les sols de cette région. Les résultats seront publiés ultérieurement.
La feuille de Rey-Bouba fait partie d'un ensemble homogène qui ne peut
être dissocié : c'est le bassin versant camerounais de la Bénoué. Celle-ci franchit la
frontière du Nigeria à l'altitude 162 m qui peut être considérée comme le niveau
debase pour le bassin versant, actuellement dans une phase d'érosion très active
qui remonte progressivement vers l'amont. En effet, on a observéque l'extension
de I'érosion au paysage à partir des axes de drainage diminuait progressivement de
l'aval vers l'amont. Ce paramètre érosion est un facteur fondamental à l'origine de
la répartition des sols dans le bassin. En une période relativement courte, il a per-
turbé I'évolution pédologique normale des sols e t I'évolution du modelé, qui dépend
elle-même des modalités de la pédogénèse.
Trois provinces pédologiques s'individualisent (fig. 19) :
- une province pédologique amont : celle du système ferrugineux, domai-
nede la kaolinite e t des concentrations du fer ;
- une province pédologique aval : celle du système lessivé, domaine des
argiles 2/1, du lessivage des éléments insolubles e t de la lixiviation des éléments so-
lubles ;
- une province pédologique intermédiaire où desélémentsdes deux sys-
tèmes sont associés.
L'extension e t l'intensité de I'hydromorphie augmente de l'amont vers
l'aval bien que la pluviosité diminue (de 1400 mm à 900 mm).

La province amont
L'érosion se limite aux abords des axes de drainage principaux, profondé-
ment entaillés dans les altérations, e t à l'aval de certains axes de drainage secon-
daires. Ailleurs, le paysage est peu érodé. Les sols sont rubéfiés, les altérations
épaisses (5 à 8 mètres au sommet des glacis). La kaolinite est le principal minéral
argileux. Le fer s'individualise e t se concentre dans des horizons très indurés.
D'autres processus, de faible intensité, sont localisés à la partie inférieure
desglacis :
- I'hydromorphie ;
- la concentration enargiles 2/1 dansdes horizons B, compacts, vertiques;
- l'apparition de volumes lessivés.
80

111. Province intermédiaire


I Province amont II Province aval I systkrne amont dominant

à systime aval dominant

-
Fig. 19 Provinces pédologiques
81

La province aval
L e paysage est parcouru par un réseau dense d'axes de drainage recoupant
les sols e t altérations jusqu'à l'amont des bassins versants. Les affleurements rocheux
sont nombreux, donnant à l'ensemble du paysage un aspect érodé.
Les sols ont des teintes grises ou verdâtres, les altérations sont peu épaisses
(1 à 2 mètres au sommet des glacis). La montmorillonite associée à la kaolinite cons-
titue des horizons B argileux, compacts.
Des horizons éclaircis, très appauvris en fractions fines e t en éléments SOIU-
bles, en contact planique avec les horizons B, sont de plus en plus différenciés vers,
l'aval des séquences.
D'autres processus secondaires se manifestent :
- I'hydromorphie gagne l'amont desglacis e t provoque la destruction d'ho-
rizons Box résiduels ;
- l'accumulation de carbonate de calcium apparaît à l'aval desséquences.

. La provinceintermédiaire
Leréseau hydrographique est dense. L'érosion s'étend à une grande partie
du paysage. Mais les zones amont des bassins versants e t les lignes de crêtes sont
épargnées e t moins érodées.
a) Sur les reliefs résiduels situés dans les points hauts du paysage, on ob-
serve :
-des horizons rubéfiés e t une altération épaisse (5 à 6 mètres), contenant
essentiellement de la kaolinite ;
- des concentrations en fer dans les cuirasses sommitales.
b) Sur les glacis :
- des horizons gris ou verdâtres e t une altération peuépaisse à montmoril-
lonite ;
- une différenciation plus ou moins accentuée entre des horizons B argi-
leux, compacts vertiques e t des horizons A très clairs, plus ou moins lessivés en col-
loïdes e t enbases.

En examinant la répartition des sols, on constate que dans des paysages


pédologiques différents, les processus pédogénétiques sont de même nature e t ne
varient que dans leur intensité.
83

BIBLIOGRAPHIE

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SEGALEN P. 1967 .- Les facteurs de formation des sols ferrugineux tropicaux.


Communication présentée à la Réunion desPédologues de I'ORSTOM.
6-7 multigr., 13 pages.
87

ANNEXES

1. La classification des sols d'après le document C.P.C.S. (1967)


Définition des unités majeures

Classe : définie par le degré d'évolution


ou le développement du
profil, le mode d'altération des minéraux et les produits
de cette altération, la composition et la répartition de la
matière organique, la présence,de certains facteurs s'ils de-
viennent prédominants (excès d'eau ou de sels solubles).

Sous-classe en fonction du climat et de l'ambiance physico-chimique


(température, humidité, etc...).

Groupe : défini par une morphologie correspondant à u n processus


d'évolution (lessivage des colloïdes, du calcaire, etc ...l ou
par une forte variation de l'intensité de ce processus.

Sous-groupe : selon l'intensité variable du processus général d'évolution


ou par la manifestation d'un processus secondaire d'évolu-
tion (induration, hydromorphie, élargissement de la struc-
t u re).

Famille distinction faite en fonction de la nature de la roche-mère


OU du matériau originel

2. Définition des unités simples et complexes


2.1. Unités simples
a - Unités génétiques : ce sont les unités de la classification de référence.
b - Unités intergrades : cè sont les unités intermédiaires entre deux unités
de classification ; elles ont des caractères communs à l'une et à l'autre.
c - Unités d'apparentement : ces unités sont classées, sous toutes réserves
à côté d'une unité génétique en attendant que des études plus détaillées OU u n
diagnostic mieux affirmé permettent de les placer définitivement dans la classifica-
tion.
88

2.3. Unités complexes


Elles sont employées comme catégorie d'une légende de carte pédologique
quand I'échelle utilisée ne permet pas de faire apparaîtreà sa place chacune des uni-
tés simples. Elles permettent de rendre compte de certains aspects de la distribution.
des sols.
- Séquences de sols : c'est un ensemble de sols dont la succession se retrou-
ve constamment dans un ordre déterminé, sans lien génétique apparent entre eux.
- Juxtaposition de sols : c'est un ensemble de sols, chacun ayant une faible
étendue à I'échelle de la carte, dont l a coexistence ne paraît dépendre d'aucune règle
de répartition précise.

3. La description des profils


En plusdu language descriptif couramment employé,on a utilisé un test de
comportement à I'humectation qui est caractéristique de divers types d'horizons
(HUMBEL, 1971).
On dépose sur une motte des gouttes d'eau au rythme de deux par seconde
jusqu'à la formation d'un ménisque stable sur le support. La vitesse d'humectation
peut être :
- très rapide : le temps de stagnation de chaque goutte n'est pas perceptible;
- rapide : l'eau d'une goutte s'infiltre avant la chute de la suivante ;
- peu rapide : l'eau est absorbée dans un rayond'un centimètre ;
- lente : l'eau pénètre lentement en se déplaçant ;
- très lente : l'eau se déplace sans pénétrer sensiblement.
L a Stabilité à I'humectation est le comportement de I'échantillon complète-
ment humecté. II est :
- très stable : il garde forme e t cohésion, l'eau rejetée est claire ;
- stable : il ne se brise qu'à la préhension
- peu stable : il s'effondre en partie e t lentement
- instable : il s'effondre avant I'humectation complète e t perd des particules
fines en suspension dans l'eau
- très instable : il se délite rapidement e t totalement.

Nomenclature des horizons


On a adopté la nomenclature miseau point par M. GAVAUD, J.P. MULLER l

e t J.M. RIEFFEL pour la cartographie des sols de la vallée de la Bénoué (en coursde
publication).

4. Les résultats analytiques


Les méthodes analytiques sontcelles pratiquées couramment dans les labo-
ratoires de I'ORSTOM.
Les résultats analytiques seront donnésavec les abréviations suivantes :
89

R % Refus ou taux pondéral des constituants supérieurs à 2 mm


A % Argile hors refus
L % Limons horsrefus
S % Sableshorsrefus
pH H20 dans le rapport sol/eaude1/2,5
pHKC,dans le rapport sol/chlorure depotassiumde1/2,5
dPH différenceentre le pH H20 e t le pH KCI
M.O.% matière
organique
PT ol,, phosphore total
C.E. cations
échangeables
méq/100g
en
S somme
des cationséchangeablesenrnéq/100g (Ca -l-Mg 4- K 4- Na)
T capacité
d'échange
cations
de méq/100g
en
v taux de saturation du complexe
absorbant
Na
teneur
en
sodium
échangeable
en méq/100 g

Na % taux de sodium rapporté à la capacitéd'échange


loo
T
Fe203 % fer total
C03Ca% carbonate decalcium
90
TCH 166 - Unité 7

TCH
166

Alg
0.78
24.4
5.4
0,21
7.4
R

41.7
32.2
25.4
1.4
4.4

(BIg 33.4
43.4
4.1
A L

I(B)Cal 5.1 144.6 134.7120.810.6110.27


0.60
24.2
5.6
.S

22.8
0.72
0.21
8.2
M.0 PT H
PH
Caio
Mg K

1 9.0121.4 I 6.9
C.E

10.80
6.9
p
i+$
!
32.5
32.6
4.4
10.8014.4132.6
Na

132.5
S T v 0 -N

100 0.812.8
29.1 31.1

100 1 13.5
I 100
N a 0

100 0.27 0.98


29.7 30.9

13.5 I
T CO3ca

O
O

4.5 1
TCH 304 Unité 7 -
TCH PH C.E
R A L M*o S T V C03Ca
304 H20 Ca Mg K Na T
Al O 13.3 6.39.50.370.06 23.9 23.3 0.35 1 97
2.5 8.8 44.9 45.3 O

(BI1 O 39.3 53.8


5.6 12.5 7.4
11.9 0.30
0.081.1 O
5.5 100 23.4 26.0

(B12 O 53.9 5.5 41.1 130 13.7


0.08 11.0 26.4 7.8 0.8 100 24.06.6 O

TCH219 - Unité 8
TCH PH C.E
R A L S M.0 PT S T V
219 H20 Ca Mg K Na
Al 3.0 14.3 16.7 69.5 0.13 1.7
0.407.7 6.2 0.13
10.4 1.03
9.692

(B) 9.1 58.2


12.7 29.8 0.43 2.5 13.216.66.80.36
17.2
0.09 0.57
96

BC 9.9 23.4 10.4 62.2 0.2 0.35 0.43 0.44 2.616.014.217.8


100
7.6

C 8.7 22.0
8.3 82.0

TCH523 - Unité 9
T523
CH 1 I I 1
R A L S I M . 0 1 PT
PH
H20 Ca Mg
C.E .
K Na
S T V Fe20i

4.67.4 9.4 5.60.04


0.401.5 70 1.5

7.1 1.12.0 0.45


0.01
3.6 5.4 66 1.7

6.6 1.42.7 1.48


0.04
5.7 8.4
3.8 68
I I l I I I I I
5.95.40.08
0.451.53.46.5 87 4.1

5.1 4.40,lO
0,611.2 2.5 6.2 84 3.1

6.2 I 2.010.9610.3110.04 1 4.3 1 3.6 I 90 1 3.1 I


91
TCH 546 - Unité 9

TCH PH C.E
A L S T V Fe203
546 H20 Ca Mg K Na

AI 0.9 6.6
0.31 1.7
77.2 16.9 6.2 2.8 0.12 0.09
1.6 6.3 4.672 2.0
A2 5.7 75.9 0.64 0.25
16.5 7.6 6.4 0.9 0.9 0.09 0.01 2.3 6.1 38 2.4
BIOX 5.5 14.3 16.3 69.7 0.29 6.1 1,3 0.02
0.10 1.3 2.8 5.4' 3.1 51

B2OX 32 13.9 18.5


68.0 0:33 2.2 5.7
0.6 0.15 0.01 3.0 6.4 46 9.2

TCH 608 - Unité 10

TCH PH C.E
A L PT S T V Fe203
608 H20 Ca Mg K Na

AI 1.1 3.1 9.0 6.53


0.98 86.5 6.6 2.1 0.08 1.7 3.9
3.9 0.01 100 0.64
I I l l l I I I I I I I I 1 1
A2 1.1 4.6 0.56 0.22 0.67 10.4
6.6 84.3 0.44 0.06 0.01 1.5 1.275 0.71
I l I I I I I I I l I I I 1 1

Box 7.1 6.9


84.7 5.8 0.65 0.07 0.33 0.71 6.71.5 1.172 0.02 0.84

TCH 705 - Unité 11

TCH PH C.E
S T V
R A L PT Fe203
705 H20 Ca Mg K Na
AI 53.7 10.9 2.1 74.5
0.83 12.7
6.1 2.8 0.08 3.1 0.02
6 0.20
51 2.5
A2 0.93 68.3
0.51 11.8
6.0 18.1 50.3 0.05 3.24.6
0.20 1.1 7 4.3 76
27.5 15.2 56.9 0.41 6.0 0.23 0.08
3.1 4.3 7.8 9 86 5.1
Box 136.6
C 23.3 8.7 13.6 77.3 2.1

TCH19 - Unité12
92

TCH 502 - Unité13

2.3 6.7 92.6 3.7C 3.1 14.2 53 4.7

TCH526 - Unité14
PH C.E
PT S T V FeZ03
H20 Ca Mg K Na
1.8 6.30.12 1.6 0.11 0.053.7 3.6 98 8.3

TCH 511 - Unité15


TCH PH C.E
R A L S M.0 PT S T V
511 H20 Ca Mg K Na Fe203

Al 28.8 12.5
58.3 4.41.7 0.40 5.6 0.41 0.69
0.01 1.42.5 4.5 54 2.4

A2 4.0 10.0 19.5 1.2 71.3


0.34 5.8 1.9 3.7
0.31 0.71 0.94 52 12.4
~~ ~
0.01, ~.

I Box 139.7
I
[376y68.2
I I I I I I
6.0 12.5
l I
1.1
I
0.14 0.05
I I
3.7
I
6.6
I
57
l
15.2

BlQ 5.6 29.6 19.2 5.4


6.1 52.2 0.20 2.8
0.06 8.5 11.5 73 6.6
I

B2tg 2.4 18.3 26.8


55.6 6.5 87
0.10 0.15 2.512.28.010..7 6.9
93

TCH 77 - Unité 16

TC H PH C.E
77
Fi A L M’o PT
Ca K Na
S T V Fe203
H20 Mg
._._.
AI 0.1 5.5 18.0 75.6 1.0 1.2
6.3 0.26 1.1 0.04 0.01 2.4 3.8 63 1.2

66.8 18.0 1.2


0.44 14.7 0.16.2 A20.24 1.1 2.5
0,Ol 0.11 3.8 64 1.6

A2 -Et? 0.20 1 5.8


60.9 16.3 22.9 2.0 0,70 0,16 0.01 2.8 5.3 54 3.2

Blox 71.0 33.7 0.16


13.8 14.1 6.0 1.6 0.65 0.17 4.9
2.5 0.01 50 8.3

TCH 15 - Unité 18

TCH PH C.E
R A L S T V
15 H20 Ca Mg K Na

3.9 AI 34.2 18.9 3.1 44.9


0.28 6.6 0.65 0.02 10.6 11.4
3.6 6.3 93

A2 53.5 24.1 32.1 0.23


1.5 44.2 6.5 2.9 6.1 9.1
0.03 0.08 71 12.9

BR” 32.2 14.2 38.8 29.2 6.4 6.74.2 0.210.060.9 0.04 10.8 11.8 91
I -

BC 2.6 15.0 58.6 25.8 6.9 8.4 0.06


0.04 5.0 100
8.2 13.6
,

TCH 306 - Unité 19

TCH C.E
A L S M.0 PT S T V C03Ca
306 Ca Mg K Na / Fe203

All O 39.5 7.5 0.36 1.6 52.1 0.09 0.03


1.3 3.24.7 4.9 94 1.1 0
4 82 3 1.1 48 O
94

111
TCH 7 - TCH255 - Unité 20

Al 13.1
7.9
18.7
72.6
1.8 0.18
5.3
1.6
0.16
0.01
7.1
9.2
77
/C
i Ma g c [ K 1 Na v

I I
A2 38.2 13.6 0.99 0.15
70.8 15.62.5 3.3 0.05 6.0
0.12 7.6 78
E-Box 58.8 20.5
I I I I I I I
I
61.5 5.218.72.3 0.19 0.13
0.64 0.18
I I I
I
I
7.7 I
9.3
I
83
Bt 11.2 25.2 46.0
30.3 4.3 9.7 14.4 100
14.4 0.25 0.12

I I1
TCH 59 Unité 20

1 1

i
Ca Mgc[K Na

All 17.3 74.2


7.4 16.32.6
0.59
0.14
0.01
3.3
4.9
A12 56.5 55.5 25.8 18.4
E 22.7 61.0
15.7 32.5
Ct 1.5 13.9 76.3
10.7

TCH 4 - TCH 542 - Unité 21


~~ ~~

-l-k-l-
PH pH C.E
PT dpH S T V
H20 KC, Mg Ca K Na 03
All 6.0 8.1 25.5 0.18
6.4
5.3 3.11.1 1.3 0.10 0.02 4.61.4815.6
0.17
6.3
4.7 1.6 3.2 1.9
0.11
0.02
5.3 2.2
85
6.2

32.4
39.0
95

TCH C.E
R A L S M.0 PT pH pH dpH S T V
542 H20 KC, CaK Mg Na

0.12
021.23.21.2
A I5.36.5O 1.4
0.17 71.3
20.4
8.3

O5.9
Eg3.31.74.2
0.11
0.9 0.20
0.77
66.1
18.9
15.5 0.06 8.8 4.4 50

0.58

0.44

TCH 217 - Associé à l'unité 8

A L S M.0 PT
C.E
S T V ' Fe2 na% pH pH
Kd dpH
Ca Mg K Na 03 T H20

17.8 6.4
75.7 0.22 0.89 0.01 0.80 0.7 5.8
3.7 4.780 0.86 1.1 5.7 6.8
r
10.5 0.46 73.2 16.7 4.9 0.09 74 1.21.03.5 0.17
6.7 0.11 1.2 1.2 5.1 6.

9.5 16.7 2.3 74.5 0.4 6.9


4.3 3.370 0.171.1 0.07 3.9 2.0 3.9

12.5 30.8
57.1 13.6 1.114.0
0.90 0.28 1.1 95 6.4 2.6 2.4 3.8 6.2

170.1
113.518.6 I I I I I l I I I I I I l I I

TCH 158 - Unité 22

TCH 72 - Unité 23

15.3
0.35
' m l
7.19 61.7
2. 86

I I I I I
49.0
96
TCH 34 - Unité24
TCH PH C.E
R A L M*o 'T S
. T V
34
H20 Ca Mg K Na 03
Allg 5.5 0.4
28.7 65.7 1.0 6.3 0.152.6 4.7 3.7790.011.40.09 1.0

A12g 33.0 18.6 2.1 0.18 0.49 49.7 6.6


1.9 4.3 5.6 0.04 0.87 7.1 83 2.3

Btag 33.8 13.8 41.3 24.9 0.15 6.6 13.5 16.4


100 0.14
5.1 0.52 4.

Bta BC 22.1 36.2


41.8 14.9 0.86 7.9
0.37 28.8
38.18.8 26.5 100 5.9

TCH542 - Unité25
-
TCH PH C.E
R A L M'o PT S T V
542 H20 Ca Mg K Na 03

Allg O 8.3 1.4 71.3


0.17 20.4
6.5 7.1 4.6650.021.40.12 1.2

A12g O 66.0
18.9 15.5 0.7 5.9 0.20 0.06 3.34.4
0.11 0.96 8.8 50 2.1

TCH24 - Unité 26

PH C.E
M.o PT
H20 Ca Mg K Na

5.8 0.19 0.67 1.6 3.5 45 1.4 0.02 0.09


I I l I I I I I l I l I 1 1 1
Bfe g 156.0 113.3
l l
I 9.4 167.410.3310.97
I I I I
1 5.813.3
I I
1 1.8
I
10.18
I
10.05
l
I
I
5.4 1
1
7.4 I
1
72 1 11.6
1
Btg 9.5 11.1 32.2
56.3 0.08 0.32 9.0 5.94.0 0.20 13.6 13.5
.91 0.27
5.5

TCH557 - Unité 27

TCH
557
R A L M'o PT
PH
H20 Ca Mg
C.E
I K 1 Na
" Fe2 co3
03 Ca

Al 0.2 4.9 16.3 1.3 77.2 6.2 0.20 97.21.95.0


4.8 0.03 0.10 1.4
2.7 O

Eg 0.3 9.8 20.4 0.27 70.0 0.06 6.2


0.85 0.99 0.960.14 2.1 O 4.1
1.7 51.6

Bt 50.0 13.1 8.2


0.31 37.9 6.2 7.1 0.12 '0.34 2.90
2.8 14.3 12.7 100 3.9 O

Bt Ca 46.6 6.9
14.4 39.6 9.3 3.7 13.5
0.38 100 4.14.2
14.8 21.7 3.6
97

,
Al 6.2 4.8 1.4 0.6

Eg 6.2 3.9 2.3 6.0

Bt 7.1 4.3
22.5 2.8

Bt Ca 9.3 6.8 2.5 21.1


composition et impression : COPEDITH
7, rue des Ardennes - 75019 PARIS
Dépôt légal no 5056 - ler trimestre 1976
O.R.S.T.O.M.
Direction générale :
24, rue Bayard, 75008 PARIS
Service Central de Documentation :
70-74, route d'Aulnay, 93140 BOND)

O.R.S.T.O.M. Editeur
Dépot Légal : 2e trim. 197(
-
ISBN 2 - 7099 - 0401 2

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