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HACHETTE UNIVERSITÉ
LANGUES ET CIVILISATIONS ANCIENNES
Collection dirigée par Marc Baratin
L'écrit
dans l'Égypte
ancienne
par
Catherine CHADEFAUD
Agrégée d'Histoire.
Docteur ès lettres et sciences humaines.
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Couverture : © Photo R.M.N. Inscription du sarcophage de
Pétosiris, prêtre d'Hermopolis, III siècle avant J.-C. (bois et
incrustations de pâte de verre et de pierre dure).
© H A C H E T T E L I V R E 1993
79, B o u l e v a r d S a i n t - G e r m a i n
F75006 Paris
I S B N 2-01-019998-7
Tous droits de traduction, de reproduction et d'adaptation réservés pour tous les
pays.
La loi du 11 mars 1957 n'autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l'article 41,
d'une part que les «copies ou reproductions strictement réservés à l'usage privé du
copiste et non destinées à une utilisation collective », et d'autre part, que les ana-
lyses et les courtes citations dans un but d'exemple et d'illustration, « toute représen-
tation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l'auteur
ou des ayants droits ou ayants cause, est illicite » (Alinéa 1 Article 40)
Cette représentation ou reproduction par quelque procédé que ce soit, sans autorisa-
tion de l'éditeur ou du Centre français du Copyright (6 bis rue Gabriel-Laumain
75010 Paris), constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et
suivant du Code Pénal.
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L'ouvrage est dédié à
Pic de La Mirandole
(1463-1494)
humaniste et philosophe italien
qui défendit l'esprit de tolérance
et à
George Orwell
(1903-1950)
écrivain anglais
auteur du roman «1984»
et de « La ferme des animaux ».
REMERCIEMENTS
Nos remerciements chaleureux s'adressent à Dimitri MEEKS, ancien
pensionnaire de l'Institut Français d'Archéologie Orientale au Caire,
Directeur de recherches au CNRS, qui a bien voulu relire notre manuscrit et
nous faire bénéficier de ses conseils et de ses suggestions.
L'auteur prend à sa charge la responsabilité des choix thématiques et des
opinions émises, les imperfections et les interprétations personnelles que cela
peut comporter.
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Introduction
«Sur les parois des murs, le globe symbolique ouvrait son envergure déme-
surée. Plus loin, Isis et Nephtys secouaient leurs bras frangés de plumes
comme des ailerons. Les uraeus gonflaient leurs gorges bleues, les scara-
bées essayaient de déployer leurs élytres, les dieux à têtes d'animaux dres-
saient leurs oreilles de chacals, aiguisaient leurs becs d'éperviers, ridaient
leur museau de cynocéphale, rentraient dans leurs épaules leur cou de vau-
tour ou de serpent comme s'ils eussent été doués de vie...»
Théophile Gautier, Le Roman de la momie, 1857.
L'ouvrage que nous proposons aux étudiants mais aussi à toute personne
curieuse de l'Antiquité orientale est une initiation à la connaissance des écrits
de l'Égypte pharaonique. Notre souhait est de donner le goût pour la civilisa-
tion pharaonique, élément du patrimoine de l'humanité et qui à ce titre,
comme la littérature grecque et latine, se doit d'être accessible à chacun par la
lecture des textes traduits et commentés.
Pour entreprendre ce voyage dans une culture aussi éloignée de nous,
quelques clefs sont utiles. Pour faciliter une lecture fructueuse, les informa-
tions sont données en trois parties distinctes.
En première partie, nous présentons le fait de l'écrit dans la civilisation
de l'Égypte ancienne, en examinant d'abord l'interêt manifesté pour les
monuments et les vestiges pharaoniques dans la perspective du déchiffrement
des hiéroglyphes par Champollion au X I X siècle. Nous exposons les grandes
lignes de ce système d'écriture et ses utilisations sur les divers supports attes-
tés par l'archéologie.
Une rapide mise au point sur les professionnels de l'écrit, leur matériel et
leurs réalisations est présentée avec des exemples à l'appui. Le propos est de
replacer l'utilisation de l'écrit dans le contexte historique et dans l'organisa-
tion de la société. Il est nécessaire de montrer le lien entre l'écrit et l'exercice
du pouvoir monarchique.
La deuxième partie de l'ouvrage réunit les informations actuellement dis-
ponibles sur les sources écrites, d'après les travaux de l'égyptologie. Une
classification permet de dégager une typologie des textes. Des références
bibliographiques permettront d'étoffer les lectures. L'objet est de proposer
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une initiation qui facilitera l'accès à des ouvrages spécialisés dont il est
nécessaire de saisir le «mode d'emploi».
La troisième partie de l'ouvrage est une brève anthologie des genres litté-
raires et de tous les autres types de documents attestés dans les sources de
l'histoire égyptienne. Les extraits sont complétés par des introductions brèves
et quelques notes de manière à permettre aux étudiants d'utiliser ensuite des
ouvrages plus spécialisés.
Une bibliographie générale, une chronologie et une cartographie fourni-
ront les points de repères principaux.
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ABRÉVIATIONS DES OUVRAGES, REVUES,
ORGANISMES ET ÉDITEURS CITÉS DANS LES NOTES
DES CHAPITRES.
AEB = Annual Egyptological Bibliography, Leiden.
ANET = Ancient Near EasternTexts relating to the Old Testament,
Princeton.
ASAE = Annales du Service des Antiquités de l'Égypte. Le Caire
BAe = Bibliotheca Aegyptiaca, Bruxelles.
BdE = Bibliothèque d'études. Une des collections publiées par l'IFAO.
BIFAO = Bulletin de l'Institut Français d'Archéologie orientale
BM = British Museum.
BN = Bibliothèque nationale ; Paris.
BSFE = Bulletin de la Société française d'Egyptologie.
Paris. Collège de France; Place Marcelin Berthelot
CdE = Chronique d'Égypte. Bruxelles, Fondation égyptologique
Reine Elisabeth.
CNDP = Centre National de la Documentation pédagogique. Paris
CRIPEL = Cahiers de recherche de l'institut de papyrologie et d'Egyptologie
de Lille.
GM. = Göttingen Miszellen. Gottingen.
IFAO = Institut Français d'Archéologie Orientale. Le Caire
(plusieurs collections de recherche).
JEA = Journal of Egyptian Arecheology ; Londres
JNES = Journal of Near Eastern Studies - Chicago.
JSS = Journal of Semitic Studies.
JSSEA = Journal of the Society for the Study of Egyptian Antiquities,
Toronto.
LdA = Lexikon der Ägyptologie, (publication dirigée par Helck),
Wiesbaden éd ; Otto Harrasowitz.
MAE = Manuel d'archéologie égyptienne. Paris ; éd . Picard.
P.U.F. = Presses Universitaires de France. Paris
RdE = Revue d'Egyptologie. Paris. Société française d'Egyptologie.
Revue Biblique. Paris. Ecole française biblique de Jérusalem.
éd. Lecoffre-Gabalda.
RIDA = Revue internationale du droit de l'antiquité. Bruxelles
RMN = Réunion des Musées Nationaux.
SAK = Studien zur Altägyptischen Kultur, Hambourg, éd. Helmut Buske
WdO = Die Welt des Orient, Gottingen
La bibliographie générale figure aux pages 274-279.
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PREMIÈRE PARTIE
ÉCRIRE :
COMMENT ET
POURQUOI
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Chapitre 1
UNE ÉCRITURE
RÉVÉLÉE :
«CHAMPOLLION»
SES PRÉCURSEURS ET SES HÉRITIERS
La réflexion historique se plaît à rapprocher deux dates-clés dans la dis-
parition et dans la résurgence de la civilisation pharaonique et de ses écrits:
391 après J.-C. et septembre 1822 : soit près de 15 siècles de ténèbres. À la
fin de l'Antiquité, l'empereur romain d'Orient, Théodose, résidant à Byzance,
décrète en 391 ap. J.-C. la fermeture de tous les temples païens de l'Empire.
Cette date consacre l'entrée dans les ténèbres de l'écriture égyptienne. Les
quelques fidèles de la religion polythéiste, qui avaient fait des temples et de
leurs bibliothèques des refuges du sacré, des conservatoires de la science reli-
gieuse pharaonique, et les prêtres qui assuraient encore le culte se dévouaient
aussi à l'enseignement de la langue et à la copie des textes nécessaires à la
liturgie.
Les précurseurs de Champollion.
De Manethon à Bonaparte
Avant Théodose, une catastrophe s'était déjà abattue sur la culture égyp-
tienne lorsqu'en 47 av. J.-[Link] grande bibliothèque d'Alexandrie avait brûlé.
Elle contenait des milliers de volumes, somme de toutes les connaissances de
l'Antiquité. Parmi ces «rouleaux» les écrits de Manethon étaient inestimables,
tout au moins pour la connaissance de l'Égypte pharaonique. Ce prêtre égyp-
tien avait établi en langue grecque un travail de recherche sur l'histoire et les
traditions du pays, et ce à la demande du roi Ptolémée 1 souverain grec ins-
tallé sur le trône après la conquête du pays par Alexandre le Grand. Manethon
avait eu à sa disposition les archives des temples, des bibliothèques et tous les
documents nécessaires en langue égyptienne ; il avait pu les traduire et les
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Fig 1 : Portrait de Jean-François Champollion (1790-1832)
déchiffreur des hiéroglyphes. Photo Hachette
interpréter. La perte de ces trésors d'information fut irréparable. Cependant,
des vestiges de la culture pharaonique subsistaient ça et là, tels un radeau
battu par les flots. Des écrivains, des voyageurs grecs et latins s'étaient inter-
essé à l'Égypte et continuèrent de se passionner pour la terre des pharaons.
Hérodote, voyageur grec du V siècle avant J.-C., sillonna le Nord du pays à
l'époque de l'occupation perse. Il se passionna pour la vie quotidienne et ses
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usages et voulut décrire à ses compatriotes grecs tout ce qui l'avait étonné
pendant son séjour. Il developpa maintes observations sur la religion populai-
re et accorda une grande attention au culte des animaux; il glana nombre
d'informations auprès du personnel des temples dans les villes visitées. Plus
tard, Diodore de Sicile visita l'Égypte à une période où elle était déjà très hel-
lenisée ; il s'interessa surtout au cadre géographique comme le fit l'un de ses
successeurs Strabon Le cas de Plutarque est particulier. Ce prêtre d'Apollon
de Delphes vécut au I siècle ap. J.-C. ; en visitant l'Égypte, il eut recours aux
divers ouvrages anciens dont ceux de Manethon et il rédigea un travail très
étoffé sur la légende d'Isis et d'Osiris.
D'autres voyageurs se passionnèrent encore pendant l'Antiquité pour les
textes pharaoniques ou pour la connaissance de l'environnement. Ce fut le
cas pour Galien et Dioscorides, auteurs grecs, qui recueillirent nombre d'indi-
cations sur la médecine pharaonique, tandis que l'auteur latin Pline l'Ancien
étudia avec minutie les plantes et leurs utilisations.
L'Égypte fut christianisée et le monachisme y naquit au I V siècle. La tra-
dition des Pères de l'Église, en Orient entretint l'interêt pour l'histoire de
l'ancienne Égypte, tant ses liens avec l'Histoire d'Israël étaient importants
certains comme Clément d'Alexandrie se passionnèrent pour l'écriture pha-
raonique
Les siècles et les invasions se succédèrent et l'Égypte devint terre de
l'Islam au début du VIII siècle. Le secret de son écriture était déjà perdu de
longue date. Seuls quelques moines chrétiens «coptes» isolés, résistèrent, à la
conversion envers l'Islam, et ils continuèrent pour les besoins liturgiques à
utiliser la langue et l'écriture copte, dernier vestige de l'Antiquité égyptienne.
Au Moyen Âge, il devint difficile pour les voyageurs d'Occident de se rendre
en Égypte, de circuler en Orient en terre d'Islam, en raison du tumulte engen-
dré par les épisodes belliqueux des Croisades. Quelques croisés, quelques
moines sillonnent cependant les confins septentrionaux du pays : Damiette,
Rosette, Le Caire, Certains d'entre eux vont voir les pyramides de Guizah :
1. Ce dernier s'intéressa aussi au culte des animaux sacrés, alors très developpé. De
manière générale la richesse des informations issues des auteurs de l'Antiquité permit par-
fois à des archéologues du XIXe siècle de renouer avec des pistes d'informations qu'on
aurait cru perdues. C'est ainsi que Mariette , en 1858 , à l'aide des documents de Strabon
ouvrit le chantier qui, à Saqqarah, devait mener à la découverte du Serapeum de
Memphis, c'est -à- dire aux tombeaux des taureaux Apis.
2. Horapollon tenta même une explicitation des signes hiéroglyphiques
3. A propos de la présence des Hébreux au temps de Moïse, au sujet de la sortie d'
Égypte, de la traversée de la mer Rouge et du long périple au Sinaï et vers la Terre
promise.
4. Dans son ouvrages les Stromates. Il voit dans les Hiéroglyphes une écriture à la
fois idéographique et symbolique.
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c e s é t r a n g e s m o n u m e n t s d o n t o n i g n o r e la s i g n i f i c a t i o n et q u i s o n t s o u v e n t
décrits c o m m e les g r e n i e r s de J o s e p h en r é f é r e n c e aux c o n n a i s s a n c e s
bibliques.
Au X V I s i è c l e , F r a n ç o i s Ier, p a r l e s a c c o r d s d i t s d e s « C a p i t u l a t i o n s »
o b t i e n t , a u p r è s d e la « S u b l i m e P o r t e » 2 u n m i n i m u m d e s é c u r i t é p o u r les v o y a -
g e u r s o c c i d e n t a u x q u i p a r c o u r e n t l e s « É c h e l l e s d u L e v a n t » a n s le c a d r e d e s
a m b a s s a d e s o u d u c o m m e r c e . L e s v o y a g e u r s se s u c c è d e n t , a i d é s p a r le c o n s u l
f r a n ç a i s p r é s e n t à A l e x a n d r i e . P r o s p e r A l p i n et P i e r r e B e l l o n s ' i n t e r e s s e n t à la
f a u n e et à la f l o r e d u p a y s et o b s e r v e n t les u s a g e s d e la vie q u o t i d i e n n e .
A u X V I I siècle, des c u r i e u x t r a v e r s e n t l ' É g y p t e p o u r se r e n d r e en
O r i e n t , c ' e s t le c a s d e J e a n d e T h e v e n o t e n 1652. D e s m i s s i o n n a i r e s c a t h o -
l i q u e s p a r c o u r e n t a u s s i le p a y s c o m m e le d o m i n i c a i n V a n s l e b e n 1672 et q u i à
cette o c c a s i o n s ' i n t é r e s s e a u x sites a n c i e n s et a u x ruines des m o n u m e n t s pha-
r a o n i q u e s . Il p o u s s a s o n p é r i p l e j u s q u ' a u S u d d u p a y s . L e j é s u i t e C l a u d e
S i c a r d p a r c o u r u t la vallée et en d r e s s a m ê m e des cartes en y m e n t i o n n a n t les
sites et les m o n u m e n t s a n t i q u e s . P l u s tard, B e n o î t d e M a i l l e t , c o n s u l g é n é r a l
d e F r a n c e e n É g y p t e , é t a b l i t e n 1 7 3 5 le p r e m i e r r e l e v é e n c o u p e d e l a p y r a m i -
d e d e C h é o p s à G u i z a h . Il r e c h e r c h a l e s a n t i q u i t é s , e n c o l l e c t i o n n a , e t e n fit
p a r v e n i r e n F r a n c e a u p r è s d u roi et d e s p a s s i o n n é s d e « c u r i o s i t é s » . A la
m ê m e é p o q u e le c o m t e d e C a y l u s fit d r e s s e r m é m o i r e et c a t a l o g u e d e s s i n é d e
t o u t e s les p i è c e s d e s a c o l l e c t i o n d ' a n t i q u i t é s , g r e c q u e s , é t r u s q u e s o u é g y p -
tiennes.
L e g o û t p o u r l ' O r i e n t s ' a m p l i f i a d a n s la s e c o n d e moitié du X V I I I siècle.
Volney, v o y a g e u r m é d e c i n , a m i de D i d e r o t et des E n c y c l o p é d i s t e s , c o n n u t u n
réel s u c c è s en p u b l i a n t « V o y a g e en Syrie et en É g y p t e » qui r é s u m a i t ses e x p e -
riences. C e m ê m e succès atteint un autre v o y a g e u r français, Savary, qui fait
é d i t e r e n 1776 ses lettres de v o y a g e .
M a i s c ' e s t en 1798 q u ' u n n o u v e a u d e s t i n s ' o u v r e p o u r la c o n n a i s s a n c e de
l ' É g y p t e , d e sa c i v i l i s a t i o n et d e s o n é c r i t u r e . B o n a p a r t e , e n v o y é p a r L e
Directoire, déploie en É g y p t e sa stratégie p o u r lutter contre l'influence
anglaise d a n s un r o y a u m e qui s u p p o r t e m a l l'autorité d u Sultan. L o r s de la
c a m p a g n e d ' É g y p t e , B o n a p a r t e est a c c o m p a g n é d ' u n g r a n d n o m b r e de mili-
t a i r e s e t d e t e c h n i c i e n s c e r t e s , m a i s a u s s i d e s a v a n t s e t d ' a r t i s t e s . Ils g l a n e n t
m a l g r é les c o m b a t s u n e f o i s o n d ' i n f o r m a t i o n s d a n s t o u s les d o m a i n e s p o s -
sibles. L e r e p é r a g e et la c o n n a i s s a n c e d e s m o n u m e n t s a n t i q u e s y g a g n e n t
1. Joseph, venu d'Israël qui, en Égypte à la suite de l'interprétation du songe de pha-
raon devint responsable des greniers, afin d'assurer sa subsistance à la population
pendant la période de 7 ans de famine. Voir dans l'Ancien Testament, Genèse, ch. 41,
v. 14 sq.
2. Le sultan de Constantinople. La ville était désormais désignée par le nom
Istamboul.
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Fig. 2 : À la découverte de la grande pyramide de Guizah, pendant la Campagne de
Bonaparte en 1798. D'après la Description de l'Égypte, vol. V, [Link]. Photo Hachette, D.R.
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a v e c les t r a v a u x de J o m a r d , de D e n o n et de leurs p r o c h e s C ' e s t p e n d a n t
cette c a m p a g n e q u ' e s t d é c o u v e r t à Rosette, d a n s le delta, la Pierre inscrite
d ' u n décret en trois l a n g u e s ; d o c u m e n t capital qui servit plus tard au déchif-
f r e m e n t d e s H i é r o g l y p h e s . L ' e n s e m b l e d e s i n f o r m a t i o n s r é u n i e s et d e s
p l a n c h e s descriptives p a r u t dans un m o n u m e n t a l o u v r a g e la « D e s c r i p t i o n de
l'Égypte»
L ' É g y p t e p a s s i o n n e alors les O c c i d e n t a u x , le style « R e t o u r d ' É g y p t e »
fait fleurir les sphinx sur le mobilier, les tissus, les bijoux. O n se p a s s i o n n e
p o u r les m y s t è r e s e n c o r e à d é v o i l e r et ce g o û t c o ï n c i d e avec l ' â g e r o m a n -
tique. En 1813, le v o y a g e u r suisse B u r c k h a r d t , déguisé en m a r c h a n d , sillonne
le sud du pays et d é c o u v r e en N u b i e le site rupestre d ' A b o u S i m b e l q u ' i l est
le p r e m i e r à e x p l o r e r d i f f i c i l e m e n t , tant la f a ç a d e est e n s a b l é e . En 1816,
l'Italien Belzoni visite le site à la d e m a n d e du consul anglais Salt. Partout on
r e c h e r c h e des statues et des objets rares p o u r les collections.
Cette m o d e voit aussi s ' a b a t t r e en É g y p t e a v e n t u r i e r s peu s c r u p u l e u x ,
v o l e u r s et « m a r c h a n d s d ' a n t i q u i t é s » . Avant q u e ne s ' é b a u c h e n t les premiers
chantiers de fouilles, les sites a r c h é o l o g i q u e s sont s a c c a g é s et pillés. C ' e s t
dans cette a t m o s p h è r e q u e s ' a n n o n c e n t les travaux de C h a m p o l l i o n .
L e 14 s e p t e m b r e 1822, J e a n - F r a n ç o i s C h a m p o l l i o n e x u l t e de j o i e en
a n n o n ç a n t à son frère aîné que ses longs t r a v a u x sur le d é c h i f f r e m e n t des hié-
r o g l y p h e s viennent d ' a b o u t i r . L e 22 du mois sa lettre adressée à M. D a c i e r est
la c o n f i r m a t i o n officielle de ce q u ' i l vient de d é c o u v r i r sur l ' a l p h a b e t des hié-
r o g l y p h e s p h o n é t i q u e s . Il faut attendre la publication de 1824 « P r é c i s du sys-
tème h i é r o g l y p h i q u e » p o u r c o n n a î t r e l ' a m p l e u r et la réussite du labeur intense
de ce j e u n e c h e r c h e u r
C h a m p o l l i o n , fils de libraire, c o n n u t à Figeac une enfance d ' a u t o d i d a c t e
ou p r e s q u e p e n d a n t la t o u r m e n t e r é v o l u t i o n n a i r e . O n r e m a r q u a très tôt son
g o û t et ses c a p a c i t é s p o u r les l a n g u e s , le g r e c , le latin certes, m a i s aussi
l ' h é b r e u et très vite une passion p o u r la philologie. Ses études sérieuses furent
1. DENON publia à son retour en 1802 le Voyage dans la Basse et dans la Haute
Egypte qui eut un grand retentissement.
2. Sur les conditions historiques de la campagne d'Égypte et sur les travaux des
membres de l'expédition , on se reportera à LAURENS et collab ; L'Expédition
d'Égypte, 1798-1801 - éd. Colin, 1990, chap. 1 et p. 30 sq. et sur les aspects scienti-
fiques de l'expédition au chap. 11.
3. La biographie la plus étoffée a été rédigée par H. HARTLEBEN, Champollion , sa vie
et son œuvre, traduction française 1983, Paris, éd. Pygmalion ( Berlin, 1906). Sur le
contexte d'ensemble ( et à propos des détracteurs de Champollion) voir LACOUTURE,
Champollion une vie de lumière, Paris, Grasset, 1988. Pour un ouvrage illustré sur la
vie et l'œuvre se reporter à DEWACHTER, Champollion, un scribe pour l'Égypte, Paris.
Gallimard, coll.«La Découverte», 1990. On pourra aussi consulter le catalogue de
l'exposition Mémoires d'Egypte, Paris , BN, 1990/91.
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Fig. 3 : Vivant Denon, qui participa à la rédaction de la Description de l'Égypte,
et fonda le Musée Napoléon (futur département des Antiquités du Louvre).
Photo Roger Viollet
prises en mains par son frère aîné Jacques-Joseph qui le fit entrer en 1804 au
Lycée de Grenoble récemment créé par Napoléon. C'est alors que Jean-
François a la chance de rencontrer l'illustre mathématicien Fourier, alors pré-
fet de l'Isère, et qui avait accompagné l'expédition de Bonaparte en Egypte
en 1798. Son enthousiasme devient «boulimie» de science et de lecture. Il
cherche à se procurer nombre de livres relatifs à l'Égypte, l'Orient et la Bible.
Son esprit est alors attiré par la langue copte qui, pendant l'Antiquité clas-
sique, continua à transcrire en caractères grecs, ce que les derniers Egyptiens
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parlaient au temps de l'occupation gréco-romaine. Champollion a l'intuition
que cette langue est peut-être le cheminement indispensable vers l'égyptien
hiéroglyphique Il se passionne aussi pour l'éthiopien ancien et ne dédaigne
pas d'ouvrir une grammaire de chinois, ou de se jeter dans l'étude du
syriaque ou de l'arabe. Sa méthode était le plus souvent de décortiquer les
mots, les étymologies et de passer ainsi d'un peuple ou d'une civilisation à
l'autre. Il partait souvent de ses connaissances en mythologie grecque ou
romaine pour aller ensuite explorer des domains nouveaux.
En 1807, Champollion entreprend avec tous les matériaux déjà accumulés
un dictionnaire de la géographie de l'Orient et l'élaboration d'une cartogra-
phie permettant de retrouver des toponymes anciens, c'est-à-dire des noms de
lieux permettant une réflexion sur la géographie historique. À peine sorti du
Lycée, il rédige deux communications qui sont très remarquées à l'Académie
de Grenoble. Champollion se rend enfin à Paris, où son frère souhaite l'aider
à parfaire ses études auprès de spécialistes de renom dans le domaine de
l'orientalisme. Il bénéficie alors des enseignements de l'École publique des
Langues orientales (crée en 1795). Il suit les cours de Langlès, de Sylvestre de
Sacy. C'est à partir de 1809 que Champollion commence son travail sur le
décret trilingue de la Pierre de Rosette, dont il a pu obtenir une copie
Devenu Docteur ès lettres en 1810, Champollion rentre à Grenoble où il
obtient un poste de professeur d'histoire au Lycée impérial. Ses relations, ses
opinions politiques républicaines lui valent l'exil et l'assignation à résidence
en 1814, lors de l'épisode qui précède les «Cent Jours». Il est autorisé à quit-
ter Figeac et à reprendre ses fonctions à Grenoble en 1817. Ses convictions
politiques républicaines et son caractère quelque peu «rugueux» lui valent de
perdre son emploi. Il se rend à Paris en 1821 et se consacre totalement à ses
recherches. Quelques érudits s'étaient déjà acharnés sur l'inscription trilingue
de la Pierre de Rosette. Sylvestre de Sacy avait identifié l'emplacement des
noms propres dans le texte démotique. Le physicien anglais Thomas Young
avait tenté de trouver des équivalences à certains signes et son concurrent
suédois Akerblad avait fait quelques hypothèses ; on avait fini par se limiter à
un aspect de l'inscription hiéroglyphique qui intriguait au plus haut point :
des groupes de signes qui apparaissaient entourés par un cartouche. D'après
le texte grec, ces groupes de signes notaient probablement le nom du roi
«Ptolémée». Comment l'écriture égyptienne avait-elle procédé pour transcrire
ce nom grec ? Force était de constater, pour Champollion comme pour ses
1. Mais le lien avait-il déjà été fait par Peiresc en 1679 ? cf. AUFRERE, La momie et la
tempête, p. 235 sq.
2. À la suite de l'échec de la campagne d'Égypte, les Anglais avaient confisqué tout
le matériel et les objets découverts par l'expédition française. Les dossiers et docu-
ments furent enfin remis aux savants pour permettre la publication de la Description
de l'Egypte, mais la Pierre de Rosette demeura au British Museum.
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Fig. 4 : Le cartouche de la reine Cléopâtre et son commentaire sur un manuscrit aC
dbesm
oi'udhtaleupnm
P
tedhroH
suC
m
nD
c'elitouc.R
[Link]èncliroeéhtle
prédécesseurs, que là où le nom grec comportait dix lettres (Ptolemaios), on
ne comptait que sept signes égyptiens dans le cartouche. Champollion
concentra son attention sur le nom de la reine «Cléopâtre (Kleopatra) qui
figurait dans le texte grec mais aussi qu'il avait vu sur un obélisque provenant
de Philae.
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La comparaison entre les cartouches des deux souverains lui permit de
faire des conjectures sur les signes hiéroglyphiques qu'il espérait isoler pho-
nétiquement pour les sons «P,-T,-L». Chemin faisant, Champollion s'aperçut
qu'en égyptien il peut donc exister plusieurs hiéroglyphes de forme différente
pour noter un même s o n En progressant dans ses comparaisons et remplace-
ments, il réussit à identifier douze signes hiéroglyphiques en valeur alphabé-
tique. Le fait d'avoir compris que certains signes hiéroglyphiques pouvaient
prendre une valeur phonétique et pas seulement idéographique, était le pre-
mier succès du chercheur. Mais ce dernier s'était aperçu que la masse des
signes hiéroglyphiques de la Pierre de Rosette présentait un nombre beaucoup
plus grand que le total des lettres nécessaires pour écrire le même texte en
grec. Il imagina donc que dans la masse des signes hiéroglyphiques certains
avaient des valeurs phonétiques certes, mais bien d'autres jouaient un rôle
pour noter des idées
C'est alors que Champollion utilisa la masse de ses connaissances et de
ses acquis en langue copte, pour chercher à transcrire certains groupes parmi
les objets dessinés sur les hiéroglyphes. À la même époque il eut aussi la
chance d'examiner une copie du zodiaque du temple de Denderah : sur cette
représentation circulaire du ciel et de ses constellations, il fut intrigué par la
répétition après chaque groupe de mots du signe de l'étoile. C'est ainsi qu'il
en vint à supposer l'existence de déterminatifs c'est-à-dire de signes hiérogly-
phiques qui ne se prononcent pas mais qui aident à définir ou à compléter le
sens d'un mot.
Champollion eut aussi à la même époque communication de quelques
copies de monuments qui lui permirent, avec les connaissances déjà acquises,
de déterminer la lecture des cartouches des rois Thoutmosis et Ramsès
C'est en Italie que Champollion souhaite trouver la confirmation de sa
découverte en essayant de traduire les inscriptions de la collection d'objets
égyptiens récemment acquise par le roi de Piemont-Sardaigne et installée à
Turin. Grâce à l'aide d'un mécène, proche de Louis XVIII, le duc de Blacas,
le chercheur est ébloui par la richesse de cette collection et travaille
d'arrache pied pendant son séjour de l'été 1824. L'étude des statues mais
aussi des papyrus hiératiques vient confirmer la solidité de ses connaissances.
Champollion retourne en Italie et intervient à Livourne car il a décidé de
l'acquisition par Charles X, pour le musée royal du Louvre, de la collection
1. Ils sont dits «homophones»;
2. Ce fragment de plafond est conservé au Musée du Louvre, voir Fig. 48 infra.
3. Il s'agissait de copies transmises par son ami l'architecte Huyot . Le cartouche de
Ramsès était relevé d'après une inscription d'Abou Simbel. Dans les deux cartouches
il détermina le signe qui transcrit le son «ms» (mes) ; il avait déjà operé le rapproche-
ment avec le copte «mice» (mettre au monde, naître).
4. Collection acquise auprès du consul Drovetti.
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Fig. 5 : La Pierre de Rosette décret trilingue (de haut en bas : hiéroglyphes, démotique
et grec ) ptolémaïque que déchiffra Champollion. Le monument, découvert par les savants
de l'expédition de Bonaparte fut confisqué par les Anglais en 1801,
il est conservé depuis cette époque au British Museum. Explorer, Crédit FPG international.
d 'objets égyptiens du consul anglais Salt. Peu après, Champollion est nommé
conservateur de cette collection et en organise l'exposition
1. Sur les activités de Champollion conservateur et sur le choix des objets présentés,
on se reportera au Catalogue de l'exposition « Mémoires d'Egypte », Paris, BN,
1990/91, p. 143 sq . (avec illustrations).
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Son g r a n d e s p o i r est d é s o r m a i s de se rendre en É g y p t e et de c o l l e c t e r
i n f o r m a t i o n s et i n s c r i p t i o n s p o u r d é v e l o p p e r l ' é t u d e de la l a n g u e et de la
g r a m m a i r e é g y p t i e n n e s en c h e r c h a n t les m o n u m e n t s les plus anciens. L'orga-
nisation d ' u n e e x p é d i t i o n officielle et son f i n a n c e m e n t sont difficiles. Enfin,
en 1828, une m i s s i o n f r a n c o - t o s c a n e dirigée p a r C h a m p o l l i o n et c o m p o s é e
d ' u n e dizaine de p e r s o n n e s quitte Toulon. L e séjour dure quinze mois d ' u n
l a b e u r h a r a s s a n t p o u r visiter le p l u s g r a n d n o m b r e de sites et ce j u s q u ' e n
Nubie. L a m o i s s o n d ' i n s c r i p t i o n s , de r e l e v é s de b as- r el i ef s (avec l ' a i d e de
Rosellini) est a b o n d a n t e
À son retour, C h a m p o l l i o n n ' a pas la c h a n c e d ' e x p l o i t e r la richesse de la
d o c u m e n t a t i o n réunie, sa santé est délabrée. N o m m é p r o f e s s e u r au Collège de
France, il ne p e u t d o n n e r q u e q u e l q u e s cours. A p r è s sa m o r t en 1832, son
frère J a c q u e s - J o s e p h a c h è v e de trier les d o c u m e n t s et les m a n u s c r i t s préparés
afin de les faire p u b l i e r à titre p o s t h u m e ; c ' e s t le cas p o u r la G r a m m a i r e
é g y p t i e n n e où le c h e r c h e u r r é s u m e de la m a n i è r e suivante sa d é c o u v e r t e de la
langue et de l'écriture des p h a r a o n s : « C ' e s t un système complexe, une écritu-
re tout à la f o i s f i g u r a t i v e , s y m b o l i q u e et p h o n é t i q u e , d a n s un même texte,
une m ê m e p h r a s e , j e d i r a i s p r e s q u e d a n s le m ê m e mot».
Les héritiers de Champollion
Après la disparition de Champollion, des érudits de plusieurs pays
d'Europe se passionnent pour la lecture des travaux posthumes de Champollion
publiés par les soins de son frère aîné. Il convient de mieux connaître les collec-
tions royales et princières déjà réunies en Europe, mais aussi d'aller questionner
les sites et de tenter de découvrir de nouveaux objets, d'explorer des tombes, de
dégager des temples et de relever ainsi toutes les nouvelles inscriptions. Les tra-
vaux et les tentatives sont très disparates.
On aime aussi à orner les capitales occidentales de quelque «aiguille» de
granit ; à Paris l'obélisque acquis à Louqsor est dressé sur la place de la
Concorde en 1836
1. Partout Champollion constate les déprédations faites sur les monuments antiques :
les pierres des temples servent aux chauffourniers , des habitants des villages vien-
nent récuperer des blocs pour leurs maisons, les chèvres et leurs bergers s'abritent
dans les tombes ... Avant de quitter le sol de l'Égypte il adresse un mémoire au
Pacha avec une liste des monuments à protéger d'urgence.
2. Lettres écrites d'Egypte et de Nubie , 1833 – Monuments de l'Égypte et de la
Nubie, 1835/45, 4 vol.; in folio, 507 planches ― Grammaire égyptienne, 1836 et le
Dictionnaire égyptien en écriture hiéroglyphique en 1841, d'après les manuscrits
autographes.
3. Un bref résumé de l'histoire du transfert de l'obélisque figure par exemple dans la
revue L'Histoire, n° 51, décembre 1982, «L'obélisque: de Louqsor à la Concorde»,
pp. 86-88.
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Fig. 6 : Extrait du tableau des hiéroglyphes de la Grammaire
égyptienne de Champollion.
A gauche, les signes hiéroglyphiques, au centre l'équivalent en hiératique, à droite
l'équivalent en copte. Le n° 21 figure le four du potier et le signe entre dans la composition
du verbe «être chaud», le n° 32 figure le signe «hotep» (soit un pain placé sur une natte)
utilisé dans l'écriture signifiant «être satisfait». Photo Hachette, D.R.
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D u côté français, É m i l e Prisse d ' A v e n n e s , ingénieur, architecte et excel-
lent dessinateur, travaille c o m m e i n g é n i e u r civil p o u r M e h e m e t - A l i et finit à
ce titre par se p a s s i o n n e r p o u r le p a y s q u ' i l visite, il a b a n d o n n e son poste et
se c o n s a c r e à l ' a r c h é o l o g i e . Il a c h è t e et n é g o c i e toutes sortes d ' a n t i q u i t é s
d o n t c e r t a i n e s d e s t i n é e s au L o u v r e . Il a m a s s e d e s d o c u m e n t s et p u b l i e
H i s t o i r e de l ' a r t égyptien d ' a p r è s les monuments, depuis les temps les p l u s
reculés j u s q u 'à la d o m i n a t i o n r o m a i n e
À la m ê m e p é r i o d e Prisse d ' A v e n n e s a un c o n c u r r e n t é n e r g i q u e en la per-
s o n n e de R i c h a r d L e p s i u s qui s ' e s t c o n s a c r é à l ' é t u d e des h i é r o g l y p h e s et qui
tente d ' a c q u é r i r de beaux objets p o u r le c o m p t e du roi de Prusse et du M u s é e
de Berlin. Il m è n e plusieurs c a m p a g n e s de fouilles et p u b l i e un m o n u m e n t a l
o u v r a g e les D e n k m ä l e r a u s Aegypten u n d A e t h i o p i e n illustré de planches très
descriptives incluant de n o m b r e u x relevés de textes.
E n A n g l e t e r r e , la p a s s i o n d e l ' é g y p t o l o g i e p r e n d f o r m e l o r s q u e
W i l k i n s o n , après de longues fouilles à T h è b e s , publie son o u v r a g e M a n n e r s
a n d c u s t o m s o f A n c i e n t E g y p t i a n s en insistant surtout sur la vie quotidienne.
U n c h a n g e m e n t i m p o r t a n t intervient à p r o p o s du respect des sites m a i s
aussi de leur c o n n a i s s a n c e par la carrière d ' u n français A u g u s t e Mariette. L e
h a s a r d voulut q u e ce p r o f e s s e u r de collège, né à B o u l o g n e sur mer, eut à clas-
ser des a r c h i v e s de N e s t o r L ' H ô t e , l ' u n de ses c o u s i n s qui avait travaillé
c o m m e d e s s i n a t e u r a v e c C h a m p o l l i o n . L a p a s s i o n de l ' E g y p t o l o g i e m e n a
Mariette à c h a n g e r d ' a c t i v i t é s et à se r e t r o u v e r à la r e c h e r c h e de manuscrits
coptes : m i s s i o n c o n f i é e par le M u s é e du L o u v r e F i n a l e m e n t Mariette tenta
seul des fouilles, dans des c o n d i t i o n s financières difficiles puis il d é b u t a en
1850 de g i g a n t e s q u e s travaux à Saqqarah. L a d é c o u v e r t e du S e r a p e u m décida
de sa carrière et il ne quitta plus le terrain.
S o n a c t i v i t é i n f a t i g a b l e est à la s o u r c e de la c r é a t i o n du S e r v i c e des
A n t i q u i t é s de l ' É g y p t e . En 1858, L e vice-roi Saïd P a c h a lui accorde toutes les
facilités et l ' a u t o r i t é n é c e s s a i r e p o u r o r g a n i s e r l ' e x p l o i t a t i o n des sites, leur
s u r v e i l l a n c e et la l u t t e c o n t r e le p i l l a g e . Il c o n s e r v e c e t t e r e s p o n s a b i l i t é
j u s q u ' à sa mort, il est alors r e m p l a c é par le Français M a s p e r o Entre temps,
Mariette a crée le M u s é e a r c h é o l o g i q u e de Boulaq, ensuite transferé au Caire.
M a s p é r o fut actif sur les sites j u s q u ' à la guerre de 1914. C ' e s t à lui que revint
d ' e x p l o i t e r l ' e x t r a o r d i n a i r e matériel mis au j o u r lors de la d é c o u v e r t e en I881,
1. Sur sa c a r r i è r e , cf. r é s u m é dans la revue L ' H i s t o i r e , n° 30, j a n v i e r 1981,
«Centenaire : Auguste Mariette, professeur-pacha», pp. 70 et 75.
2. Les responsables du Service des Antiquités de l'Égypte furent tous français
jusqu'en 1954, période à laquelle le gouvernement Nasser choisit désormais de nom-
mer un fonctionnaire égyptien. Le dernier responsable français fut le chanoine
Étienne Drioton.
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Chéti ( voir Khéti) Neferronpe vizir 258
Clément d'Alexandrie 15 Nemrod 183
Diodore de Sicile 15. 60 Neneoferkaptah 230
Dioscoride 15 Neshi 215
Djedjefhor ( = Hordjedef) 135 Nes-Min 188
Djéhouty ( = Thoutii) général 129. 22 Neferty 128, 141
Djehoutymose 200, 202 Ophoïs-hotep 195
Eratosthène 150 Ounamon 129, 225, 226
Eusèbe de Césarée 150 Ouni 100
Flavius-Josephe 150 Padibastet 259
Galien 15, 158 Pahéri 256
Hâpydjefa. nomarque 88, 164, 254 Panehesy 87
Hékanakht 145, 252 Paser vizir 86, 89 (Fig. 38), 232
Hérodote 14 Pentaour 98. 265
Hippocrate 158 Pepiankh 185
Hirkhouf 143 Petêsis 130, 141
Horapollon 15 Petosiris 101, 213. 239 (et couverture du
Hori 243 livre)
Horos 260 Pinedjem . premier prohète d'Amon 199, 200
Ikhernofret 104 Pline l'Ancien 49
Imhotep architecte 59, 60 (Fig. 20), 135, 158, Plutarque 15
264 Ptahemwia 190
Imouthès= Imhotep (voir supra) Ptahhotep 64 (Fig. 25), 67, 135
Iouefankh 117 Pthashepsès 100
Iouny 88 Rahotep 64 (Fig. 24)
Iouya 116 Ramose 242
Ipouour ( = Ipou-Our) 141 Rekhmirê ou Reckhmirê vizir 52, 65. 67, 86,
Ipouy 262 (Fig. 57) 131 (Fig. 45), 160, 187, 188, 213
Kagemeni 135 Satni-Kamoïs ( prince) voir index n° 3 supra
Kakheperre-Seneb 142 Sendjemib (= Senedjemib) 143, 169
Khéti 136, 137 Senenmout 63 (Fig. 23)
Manéthon 13, 15, 150 Sennedjem 62 (Fig. 21 )
Ménandre 136. 239 Sétaou vice-roi de Nubie 88
Menkheperrê 243 Sinouhe 128, 136, 143, 159, 223
Mès 85 Sisenê 129
Metjen 88 Smendès, grand prêtre 129, 199, 226
Minnakhte 256 Souty 87
Strabon 15
Nakhti nomarque 110, 209 (Fig. 52)
Naunakhte 89 Tchay 160
Nebounefer 257 Thoutii voir Djéhouty supra
Nebounnef 191 Tounroï 150
INDEX n° 5 Dacier 18
NOMS DE POPULATIONS Denon 18, 19 (Fig. 3)
Drovetti 22
Asiatiques 73, 265 Fourier (mathématicien) 19
Assyriens 130, 265 François 1er 16
Hébreux ( dont Moïse et Joseph) 15, 16 Gautier (Théophile) 7, 30
Hittites 74, 98, 178, 265 Jomard 18
Hyksôs 141, 144, 186, 265 Leconte de Lisle 227
Libyens 183,265 Legrain 27
"Neuf Arcs" 78, 172 Lepsius 26, 117
Perses 14, 130, 265 Maillet ( Benoît de) 16
"Peuples de la Mer" 178, 265 Mariette 15, 26, 27, 29 (Fig. 7), 221, 229
Nubiens 73, 171,187 Maspéro 26, 27, 112
Timihou 223 Mehemet-Ali 26
Tjéhénou 223 Montet 27
Moret 118
Naville 117
INDEX n° 6 Orientalistes ( les artistes ) 28, 29
NOMS DE PERSONNES Prisse d'Avennes 26, 30, 51 (Fig. 18), 135,
(du XVIème au début du XXème siècle, 150,233
dont gouvernants, diplomates, voya- Rosellini 24
geurs, fouilleurs et "marchands", cher- Sacy ( Sylvestre de) 20
cheurs, artistes, écrivains)
Saïd Pacha 26
Akerbläd 20 Salt 18, 23
Savary 16
Alpin (Prosper) 16
Sicard 16
Bellon (Pierre) 16
Belzoni 18 Thevenot ( de) 16
Vansleb 16
Birch 112
Volney 16
Bonaparte (à propos de l'Expédition
d'Egypte) 16, 17 (Fig. 2), 23 (Fig. 5), 175, Wilkinson 26
176 Young (Th.) 20
Bruyère 27
Budge 117
Burckhardt 18 INDEX n° 7
Carter (H.) et Carnarvon (Lord) 27 CHOIX DE QUELQUES TERMES
EGYPTIENS TRANSCRITS
Caylus (comte de) 16
Champollion [Link]çois (déchiffreur des
Hiéroglyphes) 13, 14 (Fig. 1), 18 sq, 25 Akhet ( nom de saison) 183, 246 (Fig. 56),
253
(Fig.6), 40, 52, 151, 227
Champollion Jacques-Joseph, secrétaire de Akh-Menou ( "salle des fêtes " au temple de
l'Académie 19, 24 Karnak) 173
Charles X 22 Am-Douat ( =Amdouat) voir Douat