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Mayewski

Le traité de balistique extérieure par N. Mayevski explore les lois du mouvement des projectiles, en s'appuyant sur les travaux de géomètres célèbres et en intégrant des recherches sur la résistance de l'air. Il présente des chapitres détaillant la mesure des vitesses, les lois du mouvement dans le vide, et la résistance de l'air, tout en proposant des formules adaptées aux vitesses des projectiles. Ce document constitue une référence importante pour la compréhension et l'application des principes de balistique dans le tir.

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Le traité de balistique extérieure par N. Mayevski explore les lois du mouvement des projectiles, en s'appuyant sur les travaux de géomètres célèbres et en intégrant des recherches sur la résistance de l'air. Il présente des chapitres détaillant la mesure des vitesses, les lois du mouvement dans le vide, et la résistance de l'air, tout en proposant des formules adaptées aux vitesses des projectiles. Ce document constitue une référence importante pour la compréhension et l'application des principes de balistique dans le tir.

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TRAITÉ

J >K

BALISTIQUE EXTÉRIEURE

PAR

N. MAYEVSKI,
OÉXÉRAL-MAJOR DE LA eITTE DE SA MAJESTÉ L'EMPEREUR, MEMeRE DU COMITÉ DE L'ARTILLERIE,
PROFESSEUR DE eALISTIQUE À L*ACADÉMIE d'aP.TILLERIE, DOCTEUR î:s SCIESTES MATHÉMATIQUES APPLIQUÉES
DE L'UNIVERSITÉ IMPÉRIALE DE MOSCOU, ANCIES" ÉLIIVE DE CF.TTE UNIVERSITÉ ET DE L-ACADÉMIE
D*ARTILLFRIE.

PARIS.
GAUTHIER - VILLARS , IMPRIMEUR - LIBRAIRE
DU eUREAU DES LONGITUDES DE L'ÊCOLE POLYTECHNIQUE,
STJCCESSETJB DE MALLET-B ACHELIER,
Quai des Grands-Augustins, 55.
1872
(Tous droits réservés).

y
205591
SEP -1 1915

UET
• M 4-5

AVANT -PROPOS.

Des géomètres illustres et des praticiens habiles se sont


depuis longtemps occupés de la recherche des lois du mou
vement des projectiles. Galilée démontra que la courbe dé
crite par les projectiles serait une parabole sans la résistance
de l'air. Newton, Euler, Legendre et d'autres mathématiciens
se sont occupés de la solution de la question balistique, en sup
posant la résistance de l'air proportionnelle au carré de la vitesse.
Jean Bernouilly réduisit aux quadratures la question balistique
dans l'hypothèse de la résistance de l'air proportionnelle à la
nme puissance de la vitesse; puis il fut démontré que cette ré
duction est encore possible, lorsque la résistance est exprimée par
un binôme, dont le premier terme est indépendant de la vitesse
et le second proportionnel à la nme puissance de la vitesse. On

considérait le mouvement du projectile comme celui d'un point


matériel soumis à l'action de la force de la pesanteur et de la
résistance de l'air en sens contraire à celui du mouvement, ce
qui est juste pour les projectiles sphériques, dont le centre de
gravité coïncide avec le centre de figure et qui ne sont pas doués
au départ d'un mouvement de rotation.
Poisson étudia le mouvement d'un projectile sphérique
doué d'une rotation dans le cas où son centre de gravité coïn
cide avec son centre de figure et dans celui d'une faible excen
tricité. Ostrogradski commença, mais n'acheva pas ses recherches
î*
— IV —

dans le cas d'une valeur quelconque de l'excentricité des projec


tiles sphériques. Les deux géomètres considéraient la résistance
comme étant composée de deux parties: l'une, normale aux élé
ments de la surface, qui constitue la résistance proprement dite;
l'autre , perpendiculaire .à ces éléments , qui constitue le frot
tement, en admettant la première partie de la résistance pro
portionnelle au carré de la vitesse. Ils n'ont pas pris en consi
dération l'augmentation de la pression de l'air sur certaines par
ties de la surface du projectile et la diminution de la pression
sur d'autres parties — augmentation et diminution qui sont dues,
comme l'ont démontré depuis les expériences de Magnus, aux
mouvements simultanés de translation et de rotation, quand le
mouvement de rotation a lieu autour d'un axe éloigné de la di
rection du mouvement de translation. En ne tenant pas compte
de cet effet de l'air, Poisson avait conclu à la déviation en sens
contraire de la rotation de l'hémisphère antérieure du projec
tile; ce qui est en opposition directe avec ce qui se passe dans
le tir. Ostrogradski n'a fait que former les équations différen
tielles du mouvement d'un projectile sphérique hétérogène,
mais n'a pas entrepris leur intégration.
Comme l'ont démontré les expériences, la résistance de
l'air au mouvement des corps, dans le cas des vitesses em
ployées dans le tir, croit plus rapidement que le carré de la
vitesse; c'est pourquoi les recherches sur le mouvement des
projectiles sphériques dans l'hypothèse que la résistance de
l'air soit proportionnelle au carré de la vitesse, ne pouvaient
conduire à des formules qui pussent représenter, dans tous les
cas, les résultats du tir avec une précision suffisante.
Le général Didion a, le premier, imprimé en 1847 un traité
complet de balistique extérieure, basé sur une expression bi
nome de la résistance de l'air, dont le premier terme est pro
portionnel au carré de la vitesse et le second à une puissance
supérieure de la vitesse, nommément à la troisième. Ce traité,
excellent par son plan et par son exécution, a été pris par nous
V

pour point de départ, lorsque nous avons été appelé en 1858 à


professer la balistique à l'Académie d'artillerie et nous a beau
coup aidé dans la rédaction de notre traité.
L'édition russe de notre traité, publiée en 1870,. aux frais
de l'État, est divisée en douze chapitres.
Le premier chapitre traite des moyens de mesurer les
vitesses des projectiles et les durées de leurs trajets. La des
cription des appareils employés à la mesure de la vitesse des
projectiles avant l'application de l'électricité à ce but a été pui
sée dans le traité de M. Didion. La description du chronographe
électrique et de la clepsydre de M. Le-Boulengé a été faite
d'après les mémoires de l'auteur; nous n'y avons ajouté que la
détermination du degré de précision des vitesses mesurées par
le chronographe et des durées des trajets des projectiles mesu
rées par la clepsydre. Les valeurs des vitesses initiales de nos
projectiles, insérées dans les tableaux annexés à ce chapitre,
résultent de nos expériences au polygone de Volkovo, près St-Pé-
tersbourg.
Le deuxième chapitre comprend les lois du mouvement des
projectiles dans le vide. L'énoncé de ces lois est emprunté au
traité de M. Didion; nous n'avons fait qu'y ajouter l'application
des formules du mouvement parabolique à la solution de divers
problèmes du tir à l'aide des tables de tir.
Le troisième chapitre traite de la résistance de l'air au mou
vement des corps, et en particulier à celui des projectiles. Les
hypothèses faites dans les derniers temps sur le mouvement molé
culaire des gaz sont encore trop peu établies pour pouvoir
conduire à une solution assez précise de la question de la résis
tance de l'air au mouvement des projectiles. Toutes les -re
cherches faites à ce sujet n'exprimant pas avec une approxima
tion suffisante les résultats des expériences directes, nous nous
sommes bornés au calcul de la résistance basé sur la considéra
tion du choc d'un corps doué d'une vitesse de translation connue
contre l'air supposé en repos — calcul qui a pour lui la simpli
cité et qui donne le moyen de connaître la relation entre la ré
sistance de l'air sur les surfaces de révolution et les angles que
font leurs axes de figure avec la direction du mouvement. Les
bases du calcul de la résistance oblique sur les surfaces de ré
volution ont été puisées dans les Études sur la trajectoire que
décrivent les projectiles dblongs par le comte de St.-Robert. 1860.
La description des expériences sur la résistance de l'air au
mouvement des corps animés de faibles vitesses, ainsi que des
expériences faites en 1840 sur la résistance de l'air au mou
vement des projectiles a été tirée du traité de M. Didion.
Les résultats des expériences faites par M. Bashforth en An
gleterre sur les projectiles oblongs ont été déduits des données
insérées dans les Proceedings of the Royal Artillery Institution,
Woolwich. 1868. Les expériences de St-Pétersbourg sur la ré
sistance de l'air au mouvement des projectiles sphériques et
oblongs ont été faites par nous en 1 868 et 1869 et leurs résul
tats sont pour la première fois publiés dans notre traité. Afin
que les expressions de la résistance représentent, avec une
approximation suffisante , les résultats de nos expériences et
ceux des expériences anglaises, faites avec des appareils perfec-
tionnés, et que ces expressions permettent en même temps une
intégration facile, quoique par approximation, des équations dif
férentielles du mouvement, nous avons admis pour les projectiles
sphériques, dans les limites des vitesses de ôSO^'à 376,m:a la ré
sistance de l'air proportionnelle au carré de la vitesse, et nous
avons exprimé, à partir de la vitesse de 3 76m:s jusqu'aux petites
vitesses, la résistance de l'air par un binome dont le premier
terme est proportionnel cà la deuxième puissance de la vitesse et
le second à la quatrième puissance de la vitesse ; pour les projec
tiles oblongs, quand leur axe de figure coïncide avec la direction
du mouvement, nous avons admis, dans les limites des vitesses
de 510m:s à360m:s, la résistance de l'air proportionnelle au carré
delà vitesse; dans les limites des vitesses de 360m:s à 280m:a
nous l'avons admise proportionnelle à la sixième puissance de la
— vu

vitesse, et nous avons exprimé, à partir de la vitesse de 280m:s


jusqu'aux petites vitesses, la résistance de l'air par un binôme
dont le premier terme est proportionnel à la deuxième puissance
de la vitesse et le second à la quatrième puissance de la vitesse
et nous avons pu remarquer que cette dernière expression pou
vait même être employée à partir de la vitesse de 325m:s jus
qu'aux petites vitesses; ce qui simplifie la solution des problèmes
du tir de toutes nos bouches à feu actuelles de place, de siège
et de campagne, qui impriment aux projectiles, avec les charges
en usage, des vitesses initiales moindres que 325m:s.
Si l'on veut exprimer la résistance de l'air par un seul terme
proportionnel à une certaine puissance entière de la vitesse,
depuis les plus grandes jusqu'aux plus petites vitesses, on trouve,
d'après les résultats des expériences russes et anglaises, que la .
valeur la plus probable de cette puissance est égale à 3 pour les
projectiles sphériques et à 4 pour les projectiles oblongs.
N'ayant pas de solution assez exacte de la relation entre la
résistance de l'air sur les projectiles oblongs et l'angle que fait
leur axe de figure avec la direction du mouvement, nous avons
adopté, pour exprimer cette relation, les formules déduites dans
l'hypothèse que la résistance de l'air normale à chaque élément
de la surface soumis à la résistance est due au choc de cet
élément contre l'air supposé en repos.
Le quatrième chapitre comprend les recherches sur le mou
vement dans l'air des projectiles sphériques qui n'exécutent pas
de rotation. Les équations différentielles du mouvement y sont
déduites sans faire d'hypothèse particulière sur la résistance de
l'air, et on a exposé la méthode pour trouver, d'après la trajec
toire donnée, la vitesse du projectile à chaque point de la tra
jectoire et la résistance de l'air correspondante. Cet exposé
est emprunté au mémoire du comte de St-Robert: Bu mouve
ment des projectiles dans les milieux résistants. 1859. Les pro
priétés de la trajectoire dans l'air des projectiles sphériques qui
n'ont pas de rotation sont examinées , conformément au mémoire
mentionné, sans faire d'hypothèse particulière sur la résistance
de l'air, dans la seule supposition que la résistance de l'air croît
avec la vitesse, devient infinie pour une vitesse infinie et est
moindre que le poids du projectile pour une vitesse infiniment
petite. La réduction des équations du mouvement aux quadra
tures est faite dans la supposition de la résistance proportion
nelle à la nme puissance de Ja vitesse, et les formules ainsi trou

vées ont servi à établir les conditions de la similitude des tra


jectoires des projectiles sphériques qui n'ont pas de rotation.
Les équations finies exactes du mouvement ne s'obtiennent que
dans la supposition de la résistance de l'air proportionnelle à la
première puissance de la vitesse. La méthode approximative de
l'intégration des équations différentielles du mouvement pour
• toutes les expressions de la résistance déduites des résultats de
nos expériences — cette méthode est basée sur la substitution,
proposée par M. Didion, du rapport variable de l'élément de
l'arc de la trajectoire à sa projection horizontale par une cer
taine valeur moyenne de ce rapport, et la marche à suivre dans
l'intégration de ces équations est puisée dans le mémoire du
comte de St- Robert: Du mouvement des projectiles dans les
milieux résistants. 1859. Dans l'annexe à notre traité se trou
vent réunies les tables des fonctions par lesquelles les équations
approximatives du mouvement dans l'air diffèrent de celles du
mouvement dans le vide; entre ces tables celles des fonctions ez,
Fl (z) et F (z) sont extraites du traité de M. Didion , et les
autres tables, qui se rapportent aux expressions de la résistance
non traitées par M. Didion, ont été calculées sous notre sur
veillance.
Dans le cinquième chapitre est exposée la solution des pro
blèmes du tir avec des projectiles sphériques n'ayant pas de
rotation. Pour résoudre les problèmes du tir sous de petits
angles de projection, à fortes charges, nous sommes obligés de
calculer la trajectoire par parties, à cause des expressions diffé
rentes de la résistance de l'air adoptées pour les grandes et les
moyennes vitesses; mais les calculs sont beaucoup abrégés par
la supposition que les distances verticales des points de la tra
jectoire à sa tangente au point de départ sont, pour ce cas, sen
siblement indépendantes des angles de projection. L'énoncé de
cette supposition et le calcul des limites des erreurs qui en ré
sultent sont empruntés au mémoire du comte de St-Robert:
Del tiro. 1857.
Dans le sixième chapitre sont discutées les déviations des
projectiles sphériques sur les bases émises par M. Didion dans
son traité. Pour obtenir les équations du mouvement des projec
tiles sphériques excentriques, nous avons essayé d'exprimer,
pour une vitesse angulaire donnée la force déviatrice due aux
mouvements simultanés de translation et de rotation en fonction
de la vitessse de translation, en nous basant sur les résultats four
nis par le tir en Prusse du canon de 121 avec des obus excen
triques, à la charge de 0^95. N'ayant pas de résultats du tir à
différentes charges, imprimant aux projectiles des vitesses angu
laires différentes, nous n'avons pu exprimer cette force dévia
trice en fonction de la vitesse de rotation et de celle de translation.
Le septième chapitre' traite du mouvement des projectiles,
oblongs dans l'air. Les recherches sur ce sujet sont jusqu'à pré
sent peu nombreuses. Nous ne mentionnerons que celles de
M. Gautier, professeur au lycée d'Alger, et celles du comte de
St-Robert.
Le mémoire de M. Gautier, inséré dans les Annales scien
tifiques de Vécole normale supérieure, 1868, se distingue au
point de vue analytique; mais, pour simplifier les intégrations,
l'auteur fait sur la résistance de l'air des hypothèses qui ne
sont pas justifiées et qui le conduisent à des conclusions ne
concordant pas avec la réalité. Dans le n° 21 de l'année 1869
(22 novembre) des Comptes rendus hebdomadaires des séances
de VAcadémie des Sciences de Paris, M. Gautier fait une commu
nication sur son nouveau mémoire, où il est parvenu, dit-il, à
surmonter les difficultés rencontrées dans son premier travail;
mais, en tant que nous sachions, ce nouveau mémoire n'est pas
encore édité.
Le comte de St-Robert, dans ses Études sur la trajectoire
que décrivent les projectiles oblongs, 1859 et 1860, déduit, par
un procédé géométrique, la vitesse angulaire de l'axe de figure
du projectile autour de la tangente à la trajectoire, en sup
posant cette tangente immobile et le couple de la résistance
de l'air constant , et indique les formules pour le calcul de
la trajectoire en la divisant en parties correspondant à de petits
intervalles de temps, pendant lesquels on peut admettre que l'axe
du projectile se meut dans l'espace parallèlement à lui-même, et
ne considérer pendant ces intervalles que le seul mouvement de
translation, en tournant, après chaque intervalle de temps, l'axe
de figure du projectile autour de la tangente d'un angle corres
pondant à l'intervalle considéré. Le comte de St-Robert n'a
pas appliqué ses recherches au calcul d'un exemple particulier
de la trajectoire. Nous avons calculé*) la trajectoire d'un pro
jectile oblong d'après la marche indiquée par M. de St-Robert
et nous avons été induits en erreur en trouvant que l'axe de
•figure du projectile faisait plusieurs révolutions entières autour
de la tangente pendant le trajet du projectile. Nous avons relevé
cette erreur en prenant en considération, pour former les équa
tions différentielles du mouvement de rotation de l'axe de figure,
l'abaissement de la tangente et la variation du couple de la ré
sistance de l'air durant tout le trajet du projectile. Ces équa
tions font voir que, dans le cas de vitesses un peu considérables,
l'axe de figure exécute un mouvement d'oscillation autour de la
tangente et que l'amplitude de ces oscillations est toujours
moindre que tc.
Nous exposons dans le chapitre en question nos recherches
à ce sujet.
*) De l'influence du mouvement de rotation sur la trajectoire des pro
jectiles oblongs dans l'air par N. Mayevski; mémoire inséré dans le tome V
de la Revue de Technologie militaire de M. Terssen.
Le huitième chapitre comprend la solution de divers pro
blèmes sur le tir des projectiles oblongs.
Dans le neuvième chapitre sont traitées les déviations des
projectiles oblongs.
Dans le dixième chapitre sont déduites les conditions de la
similitude des trajectoires décrites dans l'air par des projectiles
semblables sphériques n'ayant pas de rotation, par des projec
tiles semblables sphériques excentriques et par des projectiles
semblables oblongs, en supposant la résistance de l'air propor
tionnelle à la nme puissance de la vitesse.

Le onzième chapitre traite de la pénétration des projectiles


dans les milieux solides et du percement des cuirasses en fer.
Les lois de la pénétration des projectiles sphériques sont énon
cées suivant le traité de M. Didion. La relation entre la résis
tance des milieux solides, la vitesse du mouvement et l'angle que
fait l'axe de figure d'un projectile oblong avec la direction du
mouvement n'étant pas connue, nous ne donnons pas de théorie
pour déterminer les lois du mouvement des projectiles oblongs
dans les milieux solides, et nous nous bornons à l'explication de
b forme du vide produit par les projectiles oblongs. La solution
des problèmes sur le tir contre les cuirasses est basée sur les
résultats des expériences anglaises décrites dans le compte rendu
par M. le capitaine Noble.
La méthode des moindres carrés et son application à l'ana
lyse des résultats du tir sont exposées dans le douzième chapitre.
L'énoncé des- principes de la théorie des probabilités est em
prunté à VEssai d'une analyse élémentaire de la théorie des. pro
babilités par M. Tchebycheff , aux Leçons autograpliiées sur la
théorie des probabilités par M. Davidoff et au mémoire de M.
Tchebycheff: Sur les valeurs moyennes, 1866. Pour la rédaction
de la méthode des moindres carrés, nous avons profité des mé
moires: Méthode des moindres carrés par Gauss, traduction de
M. Bertrand , Uéber die Méthode der kleinsten Quadrate von
Encke, Ausgleichung der Beobachtungs-Fehler von Dinger et
du Calcul des probabilités par M. Liagre. Le principe de la
moyenne arithmétique pour un très grand nombre d'observa
tions est déduit des théorèmes exposés dans le mémoire de
M. Tchebycheff: Sur les valeurs moyennes, 1866. L'application
à l'analyse des résultats du tir est en grande partie empruntée
au Calcul des probabilités appliqué au tir des projectiles par
M. Didion, 1858. Les formules de l'interpolation par la mé
thode des moindres carrés sont données par M. Tchebycheff;
nous les avons appliquées à la détermination de la projection de
la trajectoire sur le plan vertical du tir, d'après- les résultats
du tir.
Pour faciliter l'édition de notre traité de balistique exté
rieure en français, nous avons omis:
1°. Le chapitre qui traite des moyens de mesurer la vitesse
des projectiles et la durée de leur trajet, en renvoyant le lecteur
au traité de balistique de M. Didion et aux mémoires spéciaux
sur les appareils électro-balistiques.
2°. Le chapitre qui concerne les lois du mouvement des
projectiles dans le vide et l'application des formules du mouve
ment parabolique à la solution de divers problèmes du tir, à
l'aide des tables de tir.
3°. Dans le chapitre relatif à la résistance de l'air, la des
cription des expériences sur la résistance, de l'air au mouve
ment des corps sous de faibles vitesses, que l'on trouve dans le
traité de M. Didion.
4°. Les chapitres qui traitent des déviations des projectiles
sphériques et oblongs, en renvoyant le lecteur au traité de balis
tique de M. Didion.
5°. Le chapitre examinant la similitude des trajectoires que .
décrivent dans l'air les projectiles sphériques et oblongs, en
renvoyant le lecteur aux mémoires de M. de St-Robert et de
M. de Brettes.
6°. Le chapitre relatif aux recherches sur la pénétration des
projectiles sphériques et oblongs dans les milieux solides et
— XIII

sur le percement des bordages des navires cuirassés, on ren


voyant le lecteur au traité de M. Didion et au compte- rendu
par M. Noble sur le percement des plaques.
7°. Le chapitre qui comprend la méthode des moindres car
rés et son application à l'analyse des résultats du tir, en ren
voyant le lecteur aux ouvrages spéciaux et pour l'application au
tir au mémoire de M. Didion. Nous ne conservons de ce cha
pitre, sous forme d'appendice, que les formules d'interpolation
par la méthode des moindres carrés données par M. Tchéby-
cheff.
Les chapitres qui contiennent nos recherches sur le mouve
ment des projectiles oblongs dans l'air et leur application à la
solution des problèmes du tir ne sont pas une traduction des
chapitres VII et VIII de l'édition russe de notre traité; nous y
avons fait de notables changements. Nous commençons par dé
duire la vitesse angulaire de l'axe de figure d'un projectile
oblong autour de la tangente — supposée immobile et la résistance
de l'air en sens contraire de l'axe de figure supposée constante —
en intégrant les équations différentielles d'Euler du mouvement
de rotation d'un corps solide, et puis nous formons les équations
différentielles du mouvement de rotation de l'axe de figure
d'un projectile oblong considérant que durant- tout son trajet
la tangente s'abaisse et que la résistance de l'air varie. Ces équa
tions renferment des termes qui — dépendant du cosinus de
l'angle v que fait le plan vertical passant par la tangente avec
le plan passant par la môme tangente et l'axe de figure —
changent de signe. Dans l'état actuel de l'analyse, l'intégration
même approximative de pareilles équations, entre des limites
quelconques, présente des difficultés insurmontables, et il de
vient indispensable de les intégrer, même approximativement,
par parties entre des limites où les expressions trigonométriques
ne changent pas de signe. Cette intégration, qui se réduit à une
intégration d'équations différentielles linéaires du premier ordre,
fait voir que, quand la vitesse du projectile est un peu considé
rable, l'axe de figure exécute un mouvement d'oscillation autour de
la tangente, et permet d'étudier les propriétés de ce mouvement.
Ensuite nous posons les équations differentielles du mouve
ment de translation d'un projectile oblong , en prenant pour
axes des coordonnées l'abscisse des x horizontale , dans le plan
vertical du tir, l'ordonnée des y verticale et l'ordonnée des z per
pendiculaire au plan des xy. Ces équations renfermant certaines
expressions trigonométriques qui changent de signe, nous nous
bornons, pour une première approximation, dans les équations
différentielles du mouvement selon l'axe des x et celui des y aux
termes qui dépendent de la composante tangentielle de la résis
tance, ce qui permet d'obtenir, par intégration, une première
approximation de la projection du mouvement du projectile sur
le plan vertical du tir. En négligeant, pour une première approxi
mation, dans l'équation différentielle du mouvement selon l'axe
des z, le terme affecté de cosv, nous intégrons cette équation
par parties, en nous servant des résultats obtenus de l'analyse
du mouvement d'oscillation de l'axe de figure, et nous en dédui
sons une première approximation de la projection horizontale du
mouvement du projectile. !Nous appliquons ces calculs à deux
cas particuliers bien différents: l'un à un tir direct avec une vi
tesse initiale considérable et l'autre à un tir courbe avec une
petite vitesse initiale, et nous déterminons les valeurs des cor
rections fournies par les termes négligés dans les équations dif
férentielles du mouvement. Ces applications font voir la faible
influence des termes négligés sur les résultats.
Le calcul par parties de la projection horizontale du mou
vement étant trop long pour les besoins de la pratique, nous
donnons des formules simplifiées de ce mouvement, en rempla
çant les valeurs variables des expressions de l'angle que fait
l'axe de figure avec la tangente et de celui que fait le plan ver
tical passant par la tangente avec le plan qui passe par la même
tangente et l'axe de figure — en .les remplaçant par leurs va
leurs moyennes dans deux demi-oscillations moyennes de l'axe
— XV —

de figure: l'une ascendante et l'autre descendante, et en inté


grant, après cette substitution, l'équation du mouvement selon
l'axe des z, à partir de l'origine du mouvement jusqu'à la durée
qui correspond à la portée totale.
En nous basant sur l'analyse du mouvement des projectiles
oblongs , nous formons l'image du mouvement d'un projectile
oblong dans l'air.
La solution des divers problèmes sur le tir des projectiles
oblongs n'est pas plus compliquée que celle des problèmes du
tir des projectiles sphériques. Les résultats numériques que l'on
en obtient présentent une concordance suffisante avec les résul
tats directs du tir.
TABLE DES MATIÈRES.

Avant-Propos.
Préliminaires.
1. Définition et objet 1

Chapitre I.
RÉSISTANCE DE L'AIR.
2. Notions préliminaires sur la résistance des milieux. — S. Courant du
fluide qui accompagne le corps en mouvement. — 4. Influence de la
compressibilité de l'air. — 5. Variation de pression résultant de la ro
tation des corps durant leur mouvement de translation. 2

§"•
cALCUL DE LA RÉSISTANCE DE L'AIE.
6. Base du calcul de la résistance de l'air. — 7. Résistance de l'air sur
un plan
8. Résistance de l'air sur une surface de révolution dont l'axe de figure
coïncide avec la direction du mouvement. — 9. Application à une
sphère. — 10. Application à un cône 8
11. Résistance de l'air sur une surface de révolution dont l'axe de figure
fait un angle donné avec la direction du mouvement. Couple de la ré
sistance. — Centre de résistance 10
12, 13. Application à un tronc dë cône. — 14. Application à un cylîndre. —
15. Application à un plan perpendiculaire à l'axe de figure de la sur
face de révolution 16
16. Application à une demi-sphère 20
17. Résistance de l'air sur un projectile oblong dont l'axe de figure fait
un angle donné avec la direction du mouvement. — 18. Couple de la
résistance. Centre de résistance 26
2
— XVIII —

§ II.
EXPÉRIENCES SUE LA RÉSISTANCE DE l'AIR AU MOUVEMENT DES PROJECTILES.
Pag.
19. Moyen de déterminer les valeurs de la résistance de l'air correspon
dantes à différentes vitesses des projectiles 30
20. Expériences de Robins. — 21. Expériences de Hutton. — 22. Expé
riences do Metz de 1839 et 1840 33
23. Expériences de Metz de 1856, 1857 et 1858 35
24. Expériences de S'-Pétersbourg de 1868 et 1869 sur les projectiles
sphériques et oblongs, et expériences de M. Bashforth sur les projec
tiles oblongs 37
25, 26. Expressions monomes de la résistance de l'air sur les projectiles sphé
riques et oblongs dont l'axe de figure coïncide sensiblement avec la
direction du mouvement 40
27, 28. Expressions de la résistance deJ'air qui représentent, avec une approxi
mation suffisante, les résultats des expériences russes et anglaises sur
les projectiles sphériques et oblongs dont l'axe de figure coïncide sen
siblement avec la direction du mouvement, et qui permettent en même
temps d'intégrer facilement, quoique par approximation, les équations
différentielles du mouvement des projectiles 41
29. Résistance de l'air sur les projectiles oblongs, lorsque leur axe de
figure ne coïncide pas avec la direction du mouvement 43
30. Accélération de la résistance de l'air 44
31. Poids d'un mètre cube d'air 46

Chapitre II.
M0UVEMENT DANS L'AIR DES PROJECTILES SPHERIQUES QUI N'EXECUTENT
PAS DE ROTATION.

M-
ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES DU MOUVEMENT.
32. Équations différentielles du mouvement 48
33. Déterminer la loi de la résistance d'après la trajectoire que décrit le
projectile 51
§"•
DISCUSSION DE LA TRAJECTOIRE DANS L'AIR D'UN PROJECTILE SPHÉRIQUE QUI N'A
PAS DE ROTATION.
34. Propriétés de la résistance de l'air prises pour bases dans la dis
cussion de la trajectoire. — 35. Variation de la vitesse. — 36. Limite
de l'inclinaison de la trajectoire dans la branche descendante. —
Limite de la vitesse. — Tableau des limites des vitesses que peuvent
acquérir nos projectiles sphériques par leur chute dans l'air 52
37. Durée du trajet. — 38. Longueur de l'arc. — 39. Asymptote de la branche
descendante. — 40. Rayon de courbure 59
— XIX —

41. La vitesse et le rayon de courbure, pour des inclinaisons de la trajec


toire égales, mais de signes contraires, sont plus grands dans la
branche ascendante que dans la branche descendante. — 42. L'angle
de chute sur un terrain situé au même niveau que la bouche à feu est
plus grand que l'angle de projection. — 43. La vitesse au point de
chute, celui-ci étant situé au même niveau que la bouche à feu, est
plus petite que la vitesse au point de départ. — 44. L'amplitude de la
branche ascendante est plus grande que celle de la branche des
cendante 64

§111.
INTÉGRATION DES ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES DC MOUVEMENT.
45. Cas où il est facile d'intégrer l'équation différentielle du mouvement.—
46. Intégration des équations différentielles du mouvement dans le cas
où la résistance de l'air est exprimée par un monome proportionnel
à la nme puissance de la vitesse. — 47. Conditions de la similitude des
trajectoires décrites dans l'air par les projectiles sphériques qui n'ont
pas de mouvement de rotation 67
48. Équations du mouvement dans l'hypothèse de la résistance propor
tionnelle à la première puissance de la vitesse. — 49. Relation entre
la résistance, les ordonneés et les angles d'inclinaison, pour une
môme valeur de l'abscisse, quelle que soit la loi de la résistance .... 72
- 50. Méthode d'approximation pour intégrer les équations différentielles
du mouvement 74
51. Application au cas où la résistance est exprimée par un binome dont
le premier terme est proportionnel au carré de la vitesse et le second
à la quatrième puissance de la vitesse 77
52. Application au cas où la résistance est exprimée par un terme pro
portionnel au carré de la vitesse 81
53. Application au cas où la résistance est exprimée par un terme pro
portionnel à la sixième puissance de la vitesse 82
54. Application au cas où la résistance est exprimée par un terme propor
tionnel au cube de la vitesse. — 55. Application au cas où la résistance
est exprimée par un terme proportionnel à la quatrième puissance
d« la vitesse 83
56. Relation entre les fonctions par lesquelles les équations du mouvement
dans l'air diffèrent de celles du mouvement dans le vide 85
57. Usage des tables des fonctions e*, Ft (z), F(z), J) (z), 3 (z), l) (z),
3£ (z). — 58. Usage des tables des fonctions ^(z, V'), S(z, F02).—
59. Usage des tables des fonctions "V (z, V0S), Ïd(z, V0"). — 60. Usage
des tables des fonctions Z.9{Z, VJ), Z.3(Z, F02) 86
61. Détermination de la valeur de- la constante a introduite pour intégrer,
par approximation, les équations différentielles du mouvement ..... 96
62. Choix des points de division d'une trajectoire en plusieurs parties ... 98
2*
— XX

Chapitre III.
S0LUTI0N DES PROBLÈMES SUR LE TIR DES PR0JECTILES SPHERIQUE8 QUI
N'ONT PAS DE M0UVEMENT DE R0TATI0N.
I. Tir courbe à fortes charges.
63. Calcul de la trajectoire par parties. — Moyen de tenir approximative-
ment compte de la diminution de la densité de l'air avec l'accroisse
ment de la hauteur au-dessus du sol. — 64. Application au calcul de
la trajectoire d'un boulet sphérique tiré du canon de 241, avec une vi
tesse initiale de 522m:s, sous l'angle de projection de 30° 102

II. Tir courbe à faibles charges.


65. Solution des problèmes sur le jet des projectiles a de faibles charges —
66. Déterminer la portée dans le cas où le point de chute est a la
hauteur de la bouche à feu. Limite supérieure de la portée. — 67. Li
mite inférieure de la portée. — 68. Méthode d'Euler pour déterminer
la portée du tir courbe. — 69. La limite inférieure et la limite supé
rieure de la portée diffèrent peu l'une de l'autre. — 70. Déterminer la
portée dans le cas où le| point de chute n'est pas à hauteur de la
bouche a feu 109
71. Déterminer la vitesse initiale d'un projectile, tiré sous un angle de
projection donné, qui doit toucher un point donné. — 72. Déterminer
l'angle de projection sous lequel un projectile, tiré avec une vitesse
donnée, doit toucher un point donné. — 73. Déterminer l'angle et la
vitesse de chute, la durée du trajet et la hauteur totale du jet 11
74. Angle de plus grande portée. — 75. Calcul de l'angle de plus grande
portée. Application à un boulet sphérique de 241 tiré avec une vitesse
initiale de 522m:s et à un obus de 801 projeté avec une vitesse initiale
de 115m:S 118

III. Tir direct.


Il
TIR DIRECT À VITESSES INITIALES DÉPASSANT 376m:S.
76. Exposé. — 77. Les distances verticales des points de la trajectoire à
sa tangente au point de départ sont indépendantes des angles de pro
jection, lorsque le mouvement a lieu dans le vide et dans un milieu
dont la résistance est proportionnelle à la première puissance de la
vitesse. — 78. Limites entre lesquelles sont comprises ces distances
verticales des points de deux trajectoires correspondantes à deux angles
différents de projection, dans l'hypothèse d'une loi quelconque de la
résistance. — 79. Tant que les angles de projection ne sont pas grands,
on peut admettre l'indépendance de ces distances verticales et des
angles de projection pour toutes les expressions de la résistance .... 124
— XXI —

80. Calculer par parties la trajectoire sous un certain angle de projection


et déterminer, d'après les résultats obtenus, les angles de projection,
les angles et les vitesses de chute et les durées qui correspondent à diffé
rentes portées. — 81. Application au calcul de la table de tir du canon
de 273mm avec un boulet sphérique animé d'une vitesse initiale de
438m:s. — 82. Degré de précision des résultats obtenus 180
83. Dans les cas ordinaires du tir direct l'angle de projection rapporté à
la ligne qui va de la bouche à feu au point à battre, est sensiblement
indépendant de l'élévation de ce point '. 136
84. Cas où la vitesse de chute n'est pas inférieure à 376m:s. — 85. Déter
miner la vitesse initiale d'après celle que le projectile possède à une
petite distance de la bouche à feu. — 86. Pour des durées de trajets
qui ne dépassent pas 0S,15, la vitesse du projectile au point milieu du
trajet est sensiblement égale au rapport de la longueur du trajet à sa
durée 137

§n.
TIE DIBECT À VITESSES INITIALES INFÉRIEURES À 376 m:S.

87. Exposé. — 88. Déterminer la portée connaissant l'angle de projection


et la vitesse initiale. — 89. Déterminer la vitesse initiale d'un projec
tile, tiré sous un angle de projection donné, qui doit toucher un point
donné. — 90. Déterminer l'angle de projection sous lequel un projec
tile, tiré avec une vitesse initiale donnée, doit toucher un point donné. —
91. Déterminer l'angle et la vitesse de chute et la durée du trajet. —
92. Déterminer la vitesse initiale d'après celle que le projectile pos
sède à une petite distance de la bouche à feu. — 98. Déterminer l'angle
de projection rapporté à la ligne qui va de la bouche à feu au but,
lorsque l'élévation du but et l'angle de projection ne sont pas con
sidérables 189
94. Relation entre les hauteurs des hausses, les angles de projection et
les angles d'élévation du but. — 95. Relation entre les déplacements
latéraux de la hausse et les déviations latérales des projectiles. —
96. Erreur due au pointage. — 97. Erreur due à l'inclinaison des
tourillons 143

IV. Tir plongeant.


96. Exposé. — 99. Déterminer la vitesse initiale et l'angle de projection
d'un projectile qui doit passer par deux points donnés. — 100. Déter
miner la vitesse initiale et l'angle de projection d'un projectile qui doit
passer par un point donné sous une inclinaison donnée 147
101. Limite de la hauteur à laquelle on peut raser la crête d'un parapet
sous une inclinaison donnée. — 102. Limite de la hauteur à laquelle
on peut, en rasant la crête d'un parapet, toucher un point donné du
terre-plein 151
— XXII —

Clt»i>iti-o XV.
MOUVEMENT DES PR0JECTILES OBLONGS DANS L'AIR.

MOUVEMENT DE ROTATION DES PROJECTILES OBLONGS.


Pag-
103. Équations du mouvement de rotation d'un corps solide. — 104. Projec
tions de l'axe du couple de la résistance de l'air sur les axes princi
paux d'un projectile oblong. — 105. Expression du couple de la ré
sistance de l'air, quand l'angle que fait l'axe de figure du projectile
avec la tangente n'est pas grand. — 106. Équations différentielles du
mouvement de rotation d'un projectile oblong, la tangente à la tra
jectoire étant supposée immobile 154
107. La vitesse angulaire autour,de l'axe de figure du projectile est cons
tante pendant toute la durée du mouveinen*. — 108. Vitesse angu-
laire dt
^-autour de la tangente supposée immobile en fonction de l'angle*
dS
que fait l'axe de figure avec la tangente. — 109. V îtesse angulaire ^
autour de l'axe du couple de la résistance en fonction de l'angle 6,
la projection de la résistance de l'air sur l'axe de figure du projectile
étant supposée constante 159
110. Angle à que fait l'axe de figure avec la tangente en fonction du temps.—
dd
111. Vitesse angulaire^ autour de l'axe du couple de la résistance en
di
fonction du temps. — 112. Vitesse angulaire ^ autour de la tangente en
fonction du temps. — 113. Angle v que fait le plan vertical passant par
la tangente avec le plan passant par la même tangente et l'axe de
figure en fonction du temps. — 114. Équations polaires de la courbe
que décrirait le pôle de l'axe de figure sur un plan perpendiculaire à la
tangente, si elle était immobile et si la projection de la résistance de
l'air sur l'axe de figure était constante . . . 162
115. Limite de l'accroissement de l'angle S par suite de l'action du couple
de la résistance de l'air. — 116. Si la tangente à la trajectoire était im
mobile et la résistance de l'air constante, l'axe de figure du projectile
décrirait sensiblement autour de la tangente un cône circulaire avec
une vitesse angulaire moyenne constante. — Expression de cette vi-
-, . dv
tesse angulaire ^ constante 16"
117. Équations différentielles du mouvement de rotation de l'axe de figure
d'un projectile oblong, quand on prend en considération l'abaissement
de la tangente à la trajectoire et la variation de la résistance de l'air
durant le trajet du projectile . . 171
118. Intégration, par approximation, des équations différentielles du mouve
ment de rotation de l'axe de figure du projectile dans le cas du tir di
rect, pour lequel les angles S sont toujours petits. — Propriétés du
mouvement d'oscillation de l'axe de figure autour de la tangente .... 174
— XXIII

119. Oscillation moyenne de l'axe de figure du projectile 191


120. Recherche du mouvement d'oscillation de l'axe de figure d'un obus
de 41 tiré sous l'angle de projection de 10° avec une vitesse initiale
de 305m:S ■ 194
121. Intégration, par approximation, des équations différentielles du mou
vement de rotation de l'axe de figure du projectile, quand le tir a lieu
sous de grands angles de projection. — 122. Cas du tir courbe, quand
| > 1 . — 123. Oscillation moyenne de l'axe de figure. — 124. Cas du tir
courbe, quand | < 1 196

§H.
CALCUL DE LA TRAJECTOIRE D'UN PROJECTILE OBLONG DANS l'AIR.

125. Équations différentielles du mouvement de translation d'un projectile


oblong dans l'air 206
126. Intégration, par approximation, des équations différentielles du mou
vement de traslation dans le cas du tir direct. — 127. Calcul de la
trajectoire de l'obus de 41, tiré sous l'angle de projection de 10° avec
une vitesse initiale de 805m:a. — Valeurs des corrections fournies par
les termes négligés dans les équations différentielles du mouvement . . 212
128. Formules simplifiées du mouvement de translation d'un projectile
oblong dans le cas du tir direct 222
129. Intégration, par approximation, des équations différentielles du mouve
ment de translation dans le cas du tir courbe, quand f >1 . — 130. For-
mules simplifiées de ce mouvement 226
131. Intégration, par approximation, des équations différentielles du mouve
ment de translation dans le cas du tir courbe, quand |< 1. — Correc
tions fournies par les termes négligés. — 132. Calcul de la trajectoire
d'un obus de 41, tiré sous l'angle de projection de 45°, avec une vitesse
initiale de 50m:s. — 133. Formules simplifiées de ce mouvement 229

§111.
IMAGE DE LA TRAJECTOIRE DES PROJECTILES 0BL0NGS DANS L'AIR.

134. Image du mouvement de rotation de l'axe de figure d'un projectile


oblong. — 135. Image du mouvement de translation d'un projectile
oblong 236
XXIV

Chapitre V.
Solution des problèmes sur le tir des projectiles oblongs.

II.
TIR DIRECT.
136. Tir direct à vitesses initiales dépassant 360m:S. - Calculer par parties la
projection verticale de la trajectoire sous un certain angle de tir, et dé
terminer, d'après les résultats obtenus, les angles de projection, les
angles et lesvitessesde chute et lesduréesqui correspondent àdifférentes
portées. — Calculer les dérivations correspondantes à diverses portées. 241
137. Cas où la vitesse de chute n'est pas inférieure à SC0™3. — 138. Déter
miner la vitesse initiale d'après celle que le projectile possède à une
petite distance de la bouche à feu 249
139. Tir direct à vitesses initiales comprises entre 360m:S et 280m:s. —
140. Cas où la vitesse de chute n'est pas inférieure à 280m:S, la vitesse
initiale ne dépassant pas 360m:s. — 141. Déterminer la vitesse initiale
d'après celle que le projectile possède à une petite distance de la
bouche à feu 251
142. Tir direct à vitesses initiales moindres que 280m:s. Possibilité d'appli
quer les formules qui se rapportent à ce cas au tir avec des vitesses
initiales jusqu'à 325m:s. — 143. Déterminer la vitesse initiale d'après
celle que le projectile possède à une petite distance de la bouche à feu. 253
144. Comparaison des résultats fournis par les formules avec ceux du tir. . 256
S H.
TIR COURBE.
145. Tir courbe à faibles charges. — 146. Déterminer la portée connaissant
l'angle de projection* et la vitesse initiale. — 147. Déterminer la vitesse
initiale d'un projectile, tiré sous un angle de projection donné, qui
doit passer par un point donné. — 148. Déterminer l'angle de projec
tion sous lequel un projectile, tiré avec une vitesse initiale donnée,
doit toucher un point donné. — 149. Déterminer l'angle et la vitesse
de chute, la durée du trajet et la hauteur totale du jet. — 150. Déter
miner la dérivation. — 151. Comparaison des résultats fournis par les
formules avec ceux du tir 259
152. Tir à fortes charges sous de grands angles de projection 263

§ DL
TIR PLONGEANT.
153. Exposé. — 154. Déterminer la vitesse initiale et l'angle de projection
d'un projectile qui doit passer par deux points donnés. — 155. Déter
miner la vitesse initiale et l'angle de projection d'un projectile qui doit
passer par un point donaé sous une inclinaison donnée. — 156, Déter
miner la dérivation correspondante à la distance donnée 264
— XXV

p*-
157. Limite de la hauteur à laquelle on peut raser la crête d'un parapet
sous une inclinaison donnée. — 158. Limite de la hauteur à laquelle
on peut, eu rasant la crête d'un parapet, toucher un point donné du
terre-plein 265

Appendice.
FORMULES D'INTERPOLATION PAB LA MÉTH0DE DES MOINDRES CABRÉS.
Exposé 267
II.
Série qui exprime la fonction cherchée, quand il s'agit de trouver
les valeurs les plus probables des coefficients a, b, c,.. . de l'expres
sion U=a-*-bx-*-cx*-*- , et quand■ on connaît des observations les
valeurs de u = ul, u»,...un correspondantes aux valeurs équidistantes
de x=h, 2h,...nh 268
Exemple: Calculer l'équation de la trajectoire d'un projectile sphé-
rique, d'après les ordonnées observées à des distances équidistantes . . 271
§H.
Formules pour le calcul des termes de la suite qui exprime la fonc
tion cherchée, quand il s'agit de trouver les valeurs les plus probables
des coefficients a, b, c,... de l'expression U=F (r).[a-t-bx-t-cx2-t-...-^
dans laquelle F{x) est une certaine fonction de la variable #, et quand
on connaît des observations les valeurs de u=Uj . m2, ... un correspon
dantes à diverses valeurs de x = xx, xt,...xn 276
Exemple: Calculer la projection de la trajectoire d'un projectile
oblong sur le plan vertical du tir d'après les angles de projection ob
tenus dans le tir à différentes distances 278

Annexe.
Tables pour faciliter le calcul des formules balistiques.
ERRATA.
rapt. Ligne. Au lieu de: Lise?.:
g 17
10 4 (**-i-B)* H»+Jî!)
-
15 14 f i
21 27 GEGF CEGF
23 16 (1 — tang» *.cos2 L) (l—tang2ô.cos2 L)
24 4 Jr3
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XXVIII —
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1 ax aa
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1 multipliait multipliant
ga3 ga2
115 9
2V1 cos* tj> 2F2 cos2 9
' aa a2 F2 cos2 9 1 h\Iol(i a2 F2cos29\
—)
12
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aa a2 F2
V1 cos2 9\
<p\
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133 27 sin 9"' sin 93
a
141 22 e c
aL ga'
149 8 2 F,2
15 v)
150 • 19

19
159 2 COS (¿E, ,)x cos (a;, . .t)
2hRp^B 2hBa,B
162 19
14) h 11 pA sin S0
ICI 12 et 141 hRp^B sin *0
165 16 et 17)
171 3 dv
176 10 2n|xF(»)m
179 :-! [/(«)m, [/(»)]»,,
dv dv,
180 12
d7 dt
(aF,)»-*-'
184 19
2^c"— 1 2ac"— 1
214 13 sin A sin v
215 21 sin Í sin v
225 11 1-
2c )
2
229 4
apF,
280 16 ~2« 17"*
y-1 gt 1-t-
2 a (r)n
235 18 ^- — 2arc tange r — 2 arc tang e
„.»
F cos 9'„ = F' cos 9' F' cos 9".
245 —2-, F" cos 9"' =
2av* 2av*
253
aa aa
255
v
2t>9 (n2—9)fc2 (»i2—9)/>«
Complément à l'errata.

Pag*. Ligne. 4m iif» df: Lises:


an numérateur et 1 1 *v •(»-!)■
an dénominateur fti)a cos 9 At)o cos 9
12 2 2(n-l)
12 2(2n-3) 2(n— l)(n—3)

14, 15, 16, 18 2(n-+-l)


2n3—3n2—4n-+t-l -*-2(n-t-l)(»i-l)
14 —2
186 (»-!)»
4n3 — 5n2 — 6n-t-3 -+- 2 (n-i-1) (n—3)
15 -2 (n-lf
6n8—7n2—8n-+-5 -*-2(n-nl)(n-5)
16 —2 (n-D*
(2t—2)n3— (2>— l)n2—2tn-+t-(2t— 3) + 2(n-*-l)[n-(2»-3)]
18 —2 (n-lf
1!) Ces expressions font voir que, pour les de Ces expressions font
grés de la résistance n ^ 2, on a voir que
fl3, 15 4
188 8(n-Hl)
1!) 8(n-l)
191 30
192 2, 6, 9, 11
193 3, 6, 9
199 4,6,9,12,14,22,23
ii+l (n-Hl)
200 4,9,10,17,18,19
l n— 1
223 14,15, 17. 20
224 3, 4, 5
228 13, 15, 16, 19, 22
229 K 2
colonne des derivations 13; 2,6; 0,2 18; 3,6; 0,3 *)
259 du canon de 229

*) Corrigez conformément à ces nombres, sur la figure 26, la courbe des dériva ■
lions de l'obus de 229m,n-
TRAITÉ DE BALISTIQUE EXTÉRIEURE.

PRÉLIMINAIRES.

1 . Définition et objet. La Balistique (du grec jîâXXu, je lance)


est la science du mouvement des corps pesants lancés dans l'espace ,
suivant une direction quelconque. Elle s'applique particulièrement
à la recherche du mouvement des projectiles tirés des bouches à feu.
On distingue la balistique intérieure, qui a pour objet l'é
tude du mouvement du projectile dans l'âme de la bouche à feu,
tant qu'il est soumis à l'action des gaz de la poudre, de la balisti
que extérieure, qui a pour objet la recherche du mouvement du pro
jectile lorsque celui-ci est sorti de la bouche à feu, et soumis à l'action
de la pesanteur et de la résistance du milieu dans lequel il se meut.

1
CHAPITRE I

RÉSISTANCE DE L'AIR.

2. Notions préliminaires sur la résistance des milieux. Malgré


les nombreuses recherches et expériences entreprises dans le but de
déterminer la loi de la résistance des milieux au mouvement des corps
solides, les notions que nous avons sur cette résistance sont encore
bien incomplètes, à cause de la grande difficulté que présente la question.
On admet ordinairement qu'un corps, doué du seul mouvement
de translation, dans un milieu quelconque, éprouve une résistance pro
portionnelle à la projection de la surface du corps sur un plan perpen
diculaire à la direction du mouvement, et l'on distingue deux sortes
de résistances.
La première consiste dans la force nécessaire pour vaincre la
cohésion des molécules du milieu et leur frottement contre le corps
en mouvement; cette résistance est communément considérée comme
indépendante de la vitesse du corps.
La seconde naît du mouvement imprimé par le corps aux molé
cules du milieu. Cette résistance dépend de la vitesse du corps en
mouvement.
Suivant la nature du milieu, l'une ou l'autre de ces résistances
est prédominante. Dans les milieux solides, la résistance totale dépend
essentiellement des forces de cohésion du milieu, tandis que dans l'air
la résistance due à ces forces et au frottement est presque insensible,
au moins pour les vitesses qui ne sont pas très faibles.
3. Courant du fluide qui accompagne le corps en mouvement.
Un corps qui D'à que le seul mouvement de translation, et entièrement
plongé dans un fluide indéfini, pousse devant lui un certain nombre
de molécules fluides et les force à s'écarter de sa surface antérieure
avec une certaine vitesse qui doit croître avec la vitesse du corps.
Les molécules du fluide, placées sur la route du corps, se meuvent
dans certaines directions, formant des filets qui contournent le corps
et remplissent l'espace vide qui tend à se former à l'arrière du corps,
d'où résulte sur la route suivie par le corps un courant du fluide qui
l'accompagne.
Dubuat a déterminé la valeur de ce courant, pour de faibles vi
tesses des corps en mouvement, sur la considération suivante. Pour
"que les oscillations des pendules dans différents milieux fluides soient
tautochrones, il faut que les distances de leurs centres d'oscillation
à leurs axes de suspension soient proportionnelles aux accélérations de
Ja pesanteur dans ces milieux. On juge des différentes accélérations de
la pesanteur auxquelles sont soumis les corps dans divers fluides par
le poids qu'ils conservent dans ces fluides. Appelons a la distance
du centre d'oscillation à l'axe de suspension d'un pendule qui fait
dans le vide un nombre connu d'oscillations dans un temps donné;
l la distance du centre d'oscillation à l'axe de suspension d'un autre
pendule qui fait dans le fluide le même nombre d'oscillations dans
un même temps que le premier; P le poids dans le vide du corps qui
sert de pendule, n le poids du fluide déplacé par le corps ou le poids
du volume de fluide égal au volume du corps; P—II exprimera le
poids du corps dans le fluide et p—g sera le rapport des accélérations
dans le vide et dans le fluide. Si le corps dans ses oscillations dans
le fluide n'entraînait pas avec lui une partie du fluide, on aurait
p rr
l=a —p— . Mais, d'après les observations faites par Dubuat sur la
durée des oscillations de différents corps dans l'eau, ainsi que dans
l'air, la distance l était constamment moindre que celle qui résulte
de la formule. Dubuat en conclut qu'un corps entraîne dans ses
oscillations une partie du fluide. Pour déterminer le volume du fluide
1*
qui accompagne le corps, appelons Ail le poids de ce volume dans le
vide ; la masse en mouvement étant composée de la masse du corps
et de la masse du fluide entraîné, son poids dans le vide sera P-*-AIl
et dans le fluide il sera P— II, et on aura

l—a P+AQ'
on en tire
Ail a p— H P
n r n II >

où ^5 exprime le rapport du poids du fluide qui accompagne le corps


au poids du volume du fluide égal au volume du corps, ou le rapport
du volume du fluide qui accompagne le corps au volume du corps.
En faisant osciller dans l'eau, ainsi que dans l'air, des sphères
de différentes dimensions, Dubuat a trouvé que le volume du fluide
entraîné est d'environ 0,6 du volume des sphères.
Sous de grandes vitesses le volume du fluide qui accompagne le
corps est plus considérable que sous de petites; c'est ainsi que dans
le jet des obus sphériques, lancés des mortiers sous l'angle de 45°,
avec des vitesses qui donnent des portées d'environ 600 mètres, on
aperçoit quelquefois à leur partie postérieure une masse d'air noirâtre,
dont la longueur est d'au moins deux ou trois fois le diamètre de
l'obus.
Dans la recherche du mouvement des projectiles dans l'air, on
peut, à cause de leur grande densité par rapport à celle de l'air, négli
ger le poids de l'air déplacé par le projectile, ainsi que celui qui
l'accompagne, devant le poids du projectile.
4. Influence de la compressibilité de Vair. Quand un corps se
meut dans un fluide gazeux, comme l'air, qui est très compressible,
la densité de l'air est plus forte en avant du mobile et plus faible en
arrière que celle qui correspond à l'état de repos. Cette circonstance,
avec d'autres causes, fait sensiblement croître la résistance sur les
corps qui se meuvent avec des vitesses considérables, comme celles
des projectiles tirés des bouches à feu.
5. Variation de pression résultant de la rotation des corps
durant leur mouvement de translation. Les phénomènes qui ont
lieu dans l'air lors du mouvement d'un corps doué d'une rotation
sont encore plus compliqués. Il se produit dans ce cas, comme l'ont
démontré les expériences de Magnus *), une augmentation de pres
sion sur certaines parties de la surface du corps et une diminution
sur d'autres, suivant que ces parties opèrent un mouvement de rotation
dans un sens contraire au mouvement de translation ou dans le même
sens que ce dernier. Cette différence de pression est la cause des dé
viations considérables des projectiles sphériques excentriques doués
d'un mouvement de rotation autour d'un axe perpendiculaire à la di
rection de leur mouvement de translation.
Dans le mouvement des projectiles oblongs doués d'une grande
vitesse de translation et en même temps d'une grande vitesse de ro
tation autour de leur axe de figure, cet axe ne s'éloigne pas considé
rablement de la direction de la vitesse de leur centre de gravité, et
dans le mouvement des projectiles oblongs tirés avec de faibles vitesses,
leur vitesse de rotation n'est pas bien grande. Par suite, dans l'un
et dans l'autre cas la différence des pressions de l'air sur les côtés
opposés du projectile ne peut être bien grande ; nous en ferons abs
traction, ainsi que du frottement de l'air contre la surface du projec
tile, et, dans le calcul de la résistance de l'air sur les projectiles
oblongs doués d'un mouvement de rotation autour de leur axe de
figure, nous nous bornerons à considérer (comme pour les projec
tiles qui n'ont pas de rotation) la résistance qui s'exerce nor
malement sur chaque élément de la surface, soumis à l'action de la
résistance.

SI-

CALCUL DE LA RÉSISTANCE DE L'AIE.

6. Base du -calcul de la résistance de Vait: Les hypothèses


faites dans le dernier temps sur le mouvement moléculaire des gaz

*) Sur la déviation des projectiles par G. Magnus, traduction de M.Rieffel. 1863.


sont encore trop peu développées pour pouvoir conduire à une solution
assez exacte de la question de la résistance. Nous nous bornerons au
procédé ordinaire du calcul de la résistance de l'air, basé sur la con
sidération du choc d'un corps doué d'une vitesse de translation connue
contre l'air supposé en repos. Ce calcul a pour lui la simplicité, et donne
le moyen de connaître la relation entre la résistance de l'air sur les
surfaces de révolution et les angles que font leurs axes de figure avec
la direction du mouvement, ce que l'on ne peut pas déduire des résul
tats des expériences faites jusqu'à ce jour sur la résistance de l'air.
7. Résistance de Vair sur un plan. Appelons P le poids du
plan; S sa surface; v la vitesse avec laquelle il frappe l'air supposé
en repos; n le poids de l'unité de volume d'air, et g l'accélération
de la gravité.
Nous supposerons d'abord que le plan est perpendiculaire à la
direction du mouvement. Le plan parcourt dans l'élément de temps
dt le chemin vdt et déplace un volume d'air Svdt; la masse de l'air
mise en mouvement dans l'élément de temps aura pour valeur ^ Svdt.
Pendant le choc du plan contre l'air il se développe à leurs points
de contact des forces intérieures qui tendent à diminuer la vitesse
du plan et à communiquer une certaine vitesse à l'air, de sorte
qu'après un certain temps, très court, le plan et l'air qu'il met
en mouvement doivent avoir une vitesse commune, qu'ils doi
vent conserver après le choc, si l'on envisage le plan et l'air
comme des corps non élastiques. Comme pendant le choc il ne
se développe que des forces intérieures, la somme des quantités
de mouvement du plan et de l'air, qu'il met en mouvement, doit
être la même lorsque le plan et l'air ont acquis une vitesse
commune, qu'à l'origine dû choc. La quantité du mouvement du
plan avant le choc est - v; la quantité du mouvement de l'air
avant le choc est nulle, puisque avant ce choc l'air est supposé en
repos; si l'on représente par dv la diminution de la vitesse du plan
pendant l'élément de temps dt, on aura v—dv pour la vitesse du
plan à la fin du temps dt, et comme on suppose qu'après cet élément
de temps le plan et l'air qu'il met en mouvement acquièrent une vi
tesse commune, on aura pour la somme des quantités de mouvement
du mobile et de l'air, quand ils ont acquis une vitesse commune, l'ex
pression (^-+-^Svçlt\ (v—dv). En régalant à la quantité de mou
vement avant le choc, nous aurons

d'où l'on déduit la force de la résistance de l'air sur le plan S per


pendiculaire à la direction du mouvement

Si le plan S n'est pas perpendiculaire à la direction du mouve


ment, en appelant e l'angle que fait la normale au plan avec la di
rection du mouvement, on peut décomposer la vitesse v suivant le
mouvement en deux antres: l'une v cos e perpendiculaire au plan S,
dont dépend la résistance, et l'autre v sin e parallèle au plan S, avec
laquelle l'air glisse sur le plan; on peut admettre que la résistance en
est indépendante. En mettant dans l'expression de la résistance sur
un plan perpendiculaire à la direction du mouvement, au lieu de v,
la quantité v cos e, nous aurons pour la résistance normale sur le
plan S oblique à la direction du mouvement

-Sv2 cos2 s.
g

Si l'on considérait le plan et l'air comme des corps élastiques,


on aurait, d'après la théorie du choc des corps élastiques, pour la
résistance sur un plan, les expressions ci-dessus doublées.
Comme, dans le calcul de la résistance, nous n'avons pas pris en
considération plusieurs circonstances qui accompagnent le mouvement
d'un plan dans l'air, nous devons, pour obtenir des valeurs réelles
de la résistance, multiplier les valeurs obtenues par un coefficient
déduit des expériences. En appelant p la résistance normale de l'air
sur le plan S, et k le coefficient déduit des expériences, on aura
dans le cas d'un plan perpendiculaire à la direction du mouvement

o=k^S.
r g v2,'

et dans le cas d'un plan oblique à la direction du mouvement

v 9

On voit par ce qui précède qu'on peut, dans le calcul de la ré


sistance de l'air sur un corps quelconque, admettre la résistance élé
mentaire sur chaque élément de surface, soumis à l'action de la ré
sistance, proportionnelle au produit de cet élément sur le carré de la
projection normale de la vitesse.
8. Eésistance de Vair sur une surface de révolution dont Vaxe
de figure coïncide avec .la direction du mouvement. Soit ABB
(fig. 1) la courbe génératrice de la surface de révolution qui se meut
dans la direction de son axe de figure AO. Les éléments de la surface
pour lesquels l'angle e que fait la normale extérieure à l'élément
avec la direction du mouvement est moindre que l'angle droit, sont
seuls soumis à l'action de la résistance de l'air, de sorte que la
partie antérieure de la surface, soumise à la résistance de l'air,
est séparée de la partie postérieure, non soumise à la résistance,
par la circonférence B& de contact de la surface de révolution avec
un cylindre circonscrit dont la génératrice est parallèle à la direction
du mouvement. Prenons l'axe de figure OA pour l'axe des x. La
surface élémentaire mm'm", que nous nommerons do, éprouve dans
la direction Nm qui lui est perpendiculaire une résistance (n° 7) égale
à Jc-do .v2cos2 e; décomposons-la en deux: l'une k-do .p2cos3s sui-
vant la direction parallèle à l'axe de figure et l'autre k- da v2 cos2 s sin e
suivant la direction perpendiculaire à l'axe de figure; la dernière
sera détruite par la résistance égale et contraire sur la surface élé
mentaire nn'n" qui se trouve dans la même section méridienne que la
surface élémentaire mm'm" et qui fait le même angle avec la direction
du mouvement; par conséquent on n'a qu'à considérer la première
composante de la résistance k-dav2 cos3 e. Si l'on étend cette ex
pression sur toute la zone produite par la révolution de l'élément de
l'arc mm', dont la surface est 2izyds, on aura pour la résistance de
l'air sur cette zone l'expression 2izk1^v2yws3zds, ou, remarquant

que cos e=^|, cette expression deviendra 2kk^v3y~^. L'intégrale


de cette expression, étendue sur toute la partie antérieure de la sur
face, exprimera la résistance de l'air sur toute la surface de révolution.
9. Résistance de Pair sur une sphère ou sur une demi-sphère
qui se meut la partie convexe en avant et dont Vaxe de figure coïncide
avec la direction du mouvement. Prenons le centre de la sphère pour
origine des coordonnées et appelons R le rayon de la sphère. L'équa
tion du cercle générateur est
xi-*-yt=Ri.
On en tire
xdx -+- ydy — o; dy= — ^ dx;

dy»=px»;dy3=-px*; <fel=(l + %)dx* = ^dx';

J ds* Ez '

0U
0=0,5*- TC22î*

10. Résistance de Pair sur un cône qui se meut ayant son


sommet en avant et dont Vaxe de figure coïncide avec la direction
du mouvement. Prenons l'origine des coordonnées au centre de la
base du cône. Appelons R le rayon de la base; h la hauteur du cône;
X l'angle que fait sa génératrice avec son axe de figure. L'équation
de la droite génératrice est

y = {h—x) tang X = | Qi—x).


— 10 —

On en tire
dy = —*dx; dyt=~dx2;

el
I
2rifc3«r »
g" h? (h*-*-R*- (h — a;) da,

ou

r </ >i2-«-jft2 g

1 1 . Résistance de Voir sur une surface de révolution dont Vaxc


de figure fait un angle donné S avec la direction du mouvement.
Prenons (fig. 2) pour l'axe OX l'axe de figure de la surface de ré
volution et pour le plan des XY un plan passant par l'axe de figure
parallèlement à la direction de la vitesse v. Soit da l'élément mm'm"
de la surface; e l'angle NCv que fait la normale extérieure de la
surface avec la direction de la vitesse; S l'angle que fait l'axe de
figure de la surface avec la direction de la vitesse. La résistance dç
de l'air sur l'élément da de la surface sera exprimée par

dp = k-v2 cos3 e da.

Les éléments de la surface pour lesquels on a e <-£sont seuls


soumis à l'action do la résistance de l'air. Par conséquent, l'équation

ou, ce qui est tout un, l'équation

cos e = o,

jointe à celle de la surface, détermine une courbe qui divise cette sur
face en deux parties telles que la valeur de cos e sera positive pour
— 11 —

tous les points de l'une et négative pour ceux de l'autre. La première


sera la partie antérieure du corps qui est soumis à la résistance de
l'air, la seconde sera la partie postérieure qui n'éprouve pas de ré
sistance. Cette courbe de séparation entre la partie antérieure et la
partie postérieure est, en d'autres termes, la ligne de contact de la
surface dont il s'agit avec un cylindre circonscrit dont la génératrice
est parallèle à la direction de la vitesse.
Nous définirons la position de chaque point m de la surface de
révolution par sa latitude X, égale à l'angle Nms que fait la normale
en ce point avec le plan des YZ, et par sa longitude L, égale à
l'angle dièdre vAm que fait le plan des XY avec le plan méridien
passant par le point m, angle mesuré par l'angle plan Mos ou YOS.
L'élément de surface da — mm'm" est un rectangle, dont le coté
mm' — om x angle (moiri) = Op x angle (SoS'j et dont le côté
mm" = Cm x angle {mCm"). L'angle {SOS') —dL et l'angle {mCm")
=dX. En désignant par y l'ordonnée OP du point M situé sur la
courbe de la section méridienne principale et qui a pour abscisse x
la ligne MP, égale à l'abscisse mp du point m, et par y le rayon de
courbure Cm de la surface au point m, on aura le côté mm = ydL
et le côte ?«?n"= YdX, de manière que

do = y . y . dX . dL
et
dp = k ^ v2 y . y . cos2 e . dX . dL.

Cherchons les expressions des composantes parallèles aux axes


OX, OY, OZ de cette résistance normale élémentaire.
L'angle que fait la normale extérieure Nm avec l'axe OX étant
^ — X, la composante dçx de la résistance dp parallèle à l'axe OXest

dçx = dp . cos (I — X^ = fc^Vy# cos2 e sin X . dX . dL.

Pour avoir les composantes doy et dpt de la résistance dp paral


lèles aux axes OY et OZ, projetons d'abord la résistance dp sur le
plan des YZ; cette projection dp aura pour valeur
— 12 —

eZpyï= dp . cos X = h -. y2 y# cos3 e cos X d\ . dL,

et les projections de dçyt sur les axes OY et OZ seront exprimées par

dpy = dçyx . cos L =^ jr ^ W C0s2 e cos * cos • dL,


et
rfpt = . sin L=kjV2ty cos2 e cos X sin L<ZX . dL.

A cause de la symétrie de la surface de révolution par rapport


au plan des XY, à chacune des composantes dp,,., dçy, dçx qui agis
sent sur l'élément da — mm'm" de la surface, correspond une autre
composante égale qui agit sur l'élément symétrique situé de l'autre
côté du plan des XY. Par suite, toutes les composantes dçx se dé
truiront deux à deux. La force dçx qui agit sur l'élément do=mm'm"
se composera avec la force dçx qui agit sur l'élément symétrique situé
de l'autre côté du plan des XY, et donnera la force résultante élémen
taire 2 d?x parallèle à l'axe OX, située dans le" plan des XY à une
distance de l'axe OX égale à Ôq = Ô~p. cos {YOS) = OP. cos (YOS)
= y . cos L. Transportant la force élémentaire 2dçx à l'origine des
coordonnées 0, nous aurons, outre la force 2dçx, appliquée à l'origine
des coordonnées, le couple de forces (2(Zpx, — 2dçx) situé dans le
plan des XY et ayant pour moment

2d?x . y cos L.

Procédant de même avec les deux forces élémentaires dçy qui


agissent sur les deux éléments symétriques, nous obtiendrons la force
élémentaire 2dçy appliquée à l'origine des coordonnées, et le couple
(2dçyj — 2dpy) situé dans le plan des XY, ayant pour moment

et agissant dans le sens contraire au couple (2^, — 2^).


Composant toutes les forces élémentaires 2dçx en une seule force
pA suivant l'axe OX et agissant dans le sens contraire à cet axe,
composant toutes les forces élémentaires 2dçy en une seule force pB
suivant l'axe OY et agissant dans le sens contraire à cet axe, et com
— 13 —

posant tous les couples élémentaires (2dçx, — 2dçx)et(2dçy , —2dçy)


en un seul couple K situé dans le plan des XY et dont l'axe est
conséquemment dirigé suivant l'axe OZ, nous obtiendrons:

pA = 2k 3 v» || -(y cos2 e sin X . d\ . dL,

pB = 2k~-v3^-{y cos2 e cos X . cos L . (?X . dL,

K=2 JJtdpa, . 2/ cos L — dçy . x)

= 2k - 1| yî/ (y sin X — a; cos X) cos2 e . cos L . rfX . dL.

ou, en posant

K=k^Q,

nous aurons à déterminer:

Z= 2 1| y# cos2 e sin X . dX . dL.

Z= 2 ||yi/ cos2 s cos X cos L dX . dL,

Q=2^jyy (^sinX — xcosX) cos2e . cos L.dl.dL.

Si nous appelons x0 la distance du plan YZ au point où se ren


contre la direction de la résultante de la résistance avec l'axe de
figure, point que nous nommerons centre de résistance de l'air, nous
aurons
xo _
—Qy-

Les intégrales précédentes ne doivent s'étendre qu'à la partie an


térieure de la surface, où Ton a
, K
e <2
— 14 —

et dont le contour est déterminé sur cette surface par l'équation


cos s = 0.

On déduit cos s du triangle sphérique Avm, dans lequel le côté


mv — z, le côté Am — | — X, le côté Av=8, l'angle vAm = L;
et l'on a
cos e = cos 8 sin X -+- sin S cos X cos L.

L'équation
cos 8 sin X -+- sin S cos X cos L — 0

donne la relation entre la latitude et la longitude des points de la


courbe qui sépare la partie antérieure de la surface de sa partie
postérieure.
Pour déterminer la latitude du point où la courbe ci-dessus
coupe le plan des XY, il faut faire dans la dernière équation

L — TZ,

par suite cette équation devient

cos 8 sin X — sin S cos X = 0,


d'où
1 = 8,

comme on devait s'y attendre, car le point dont il s'agit est le point
B du méridien principal, où la tangente à la surface est parallèle à
la direction de la vitesse, tandis que la latitude X = N'By de ce
point est égale à 8 = xBv, puisque la normale N'B est perpendicu
laire à la tangente Bv, et By est perpendiculaire à Bx.
Pour tous les points du méridien dont la latitude X est moindre
que 8, il faudra prendre les intégrales depuis L = 0 jusqu'à la va
leur de L en fonction de X donnée par l'équation

cos 8 sin X -t- sin 8 cos X cos L = 0,

c'est-à-dire jusqu'à
L = iz — 9,
— 15 —

en désignaut par 9 l'angle dont le cosinus


tang X
G0S 9 : tangS"

Pour tous les points du méridien dont la latitude X est égale ou


supérieure à- S, il faudra prendre les intégrales depuis L=0 jusqu'à
L=tc; car, pour toutes les valeurs de X^8, les parallèles de la sur
face de révolution sont compris en totalité dans la partie antérieure
qui éprouve la résistance.
D'après cela, en désignant par X0 et X, les latitudes des extrémi
tés de l'arc de la courbe dont la révolution engendre la surface qu'on
considère, nous aurons :

1 ) Dans le cas où 8 = X0 < X1 :

x,
X = 2 j" -{y sin X(fX j cos2 e dL,
X0 o
X, *
Y = 2 j -yy cos XdX j cos2 e cos LdL,

Q= 2J {y sin X —x cos X) dk | cos2 e cos LdL ;

2) Dans le cas où 8 > X, > X0:

xt :r-9
X= 2 J sinXdXj cos2 & dL,
x0 o

y = 2 J y?/ cos XrfX | cos2 e cos LdL,


x0 o
X, it— 9
Ç = 2 J y# sin X — ic cos X) rfX | cos2 s cos LdL ;
x0 • 0
— 16 —

3) Enfin, dans le cas où X0 < S <X,:


Xj tu 9 tu—9
X = 2 1 yy sin XdX j" cos2 e dL-H 2 j v«/ sin XdX j" cos2 e dL,
do X0 o
X, tu 5 iu—9
F= 2 j yy cos XdX J cos2 e cos LdL •+. 2 [ yy cos XdX j" cos2 e cos LdL,
s o x0 o
X, TE
@= 2 1 y# (y sin X — a;cosX)dx|cos2 e cos LdL
* 0
ô TU— 9
-+. 2 J (2/ sm ^ — z cos ^) dX J cos2 e cos LdL,
X0 o
où 9 désigne l'angle dont le cosinus
tans X
C0S ç
T = tang
t—^-ï-
S
12. Résistance de Pair sur la surface latérale d'wn tronc de
cône circulaire droit à bases parallèles, qui se meut ayant sa petite
base en avant et dont Vaxe de figure fait un angle 8 avec la di
rection du mouvement. La latitude X de tous les points du cône
étant constante et égale à l'angle que fait la génératrice avec l'axe
du cône, on peut prendre le trapèze ABCD (fig. 3), formé par deux
génératrices consécutives, pour l'élément de la surface du tronc
de cône.
Représentant par B le rayon de la grande base du tronc de cône,
par r le rayon de sa petite base, par h sa hauteur et remarquant que
l'angle AOB = CoD = dL, on aura

sin X = — , cosX = — =. tang X = —r— ,

do= |(B-hr) Vh» -t- (B—rf. dL.

La résistance normale sur l'élément du de la surface étant pro


portionnelle à
d<7 . cos2 e
et ayant d'après le n° 11
cos e = cos S sin X -h sin S cos X cos L
(R— r) cos 6 -+■ h sin S cos L
Vh*-t-(R-r)*
on obtient
de . cos2 e = R-t-r
. B~" [(R — rf cos2 8

-+-2h(R — r) sin 8 cos 8 cos L -+- h2 sin2 8 cos2 IA dL.

La projection de la résistance élémentaire sur l'axe OX est pro


portionnelle à

da . cos2 e . sin X = ». \_{R — rf cos2 8

-+- 2h (R—r) sin 8 cos 8 cos L -h h2 sin2 8 cos2 il dL,

et la projection de la résistance élémentaire sur l'axe OY est pro


portionnelle à

da . cos! e . cos X . cos L = £ . pfpjg^s [(-R—r)2 cos2 S cos L -+-

-+- 2h (R—r) sin 8 cos 8 cos2 L-*-h3 sin2 8 coss L] dL.

Par suite il résulte:


1) Dans le cas où S < X,

L o

•+- 2h (R — r) sin 8 cos 8 J cos LdL -+• h2 sin2 8 j" cos2 Ld L ,


0 O -
— TZ
? = ^%f_r)* (R-^)2 cos2 8 f cos LdL-n
L o

-h 2/î (22 — r) sin 8 cos 8 j" cos2 LdL -+- h2 sin2 8 j"cos3 LdL .
O 0 -
En effectuant l'intégration, on obtient:

X = I ï£(5Êrf [> S + 2 (« - ™» •] .

r=TC J-l^-frr3iD8-cos8-

2) Dans Ze cas o«t 8 > X,

— n—9

L o
it—9 iz—9
-t- 2A (R — r) sin 8 cos S | cos LdL -+- h2 sin2 8 j cos2 LdL
0 o

F= ^yi7;)2 T(22-r)2 cos2 8 ]" cos LdL -*-


L o

-+- 2/î (2? — r) sin 8 cos 8 j cos2 LdL -t- /i2 sin2 8 j" cos3 LdL

En effectuant l'intégration, on obtient:

* = \ fë^Ff O - 9) (A2 sin2 8 -h 2 (i? - r)» cos2 8 )

h- 3A (22—r) sin 8 cos 8 sin 9

F= £ â^fg^î [» (21 - r) (ic - 9) sin 8 cos 8

-*- (2/i2 sin2 8 -t- — r)2 cos 2 8 ) sin 9 ] ,

où (n° 11)
tang X R— r
C0S9 — taïïi~*— fc. tang »'
et par conséquent
Pour trouver le centre de résistance de l'air, remarquons que la
résultante de la résistance sur chaque trapèze élémentaire, formé par
deux génératrices consécutives du cône, doit être perpendiculaire à la
génératrice et passer par le centre de gravité de ce trapèze. D'après
cela, la distance x0 du centre de résistance à la grande base du tronc
du cône est
h2 {B -+t- 2r) - 2 {R3 — r3)
X° 3A(JR-*-r)

Si 8 = 0, les formules déduites pour le cas de S < X donnent


Y— , (**-**) (R-rf
~ ht-t-iR-r)* '
Y=o.

Si les formules déduites pour le cas de 8> X donnent

"V 4 •ft2-+-(E — r)s'

y 2 h3 (R-*-r)
3 ' hï-t-lB — r)*
Pour le cas d'un cône complet, il n'y a qu'à poser dans les for
mules précédentes r — o.
13. Résistance de Vair sur la surface latérale cCun tronc de
cône circulaire droit à bases parallèles, qui se meut ayant sa
grande base en avant et dont Vaxe de figure fait un angle 8 avec
la direction du mouvement. Dans le cas de 8<X la base plane an
térieure du tronc de cône est seule soumise à la résistance de l'air;
par conséquent on a:
X = o,

Dans le cas de 8 > X, en agissant comme dans le n° précédent,


on trouve:

X = - h . htZ&-r? [(* - 9) (>>2 s^2 8 - 2 (B - rf cos2 8)

— 3A (22—r) sin 8 cos 8 sin 9l ,


2*
— 20 —

r = i »hJ:*B-rr [ (2*2 siu2 8 & ~r)2 cos2 8) sin <P

— 3A (B — r) (r — 9) sin 8 cos 8] ,

9 = arc cos (-j^=p).

La distance x0 du centre de la résistance à la petite base du


tronc de cône est
ft2 (2B -*- r) .+- 2 (i?3 — r3)
3fc (B h- r)
14. Résistance de Vair sur la surface latérale dm cylindre
circulaire, dont Vaxe de figure fait un angle 8 avec la direction du
mouvement. Pour le cylindre \ = 0, cos 9 = * = 0, par con

séquent 9 = | .

Posant 22 =r et 9 = |dans les formules du n° 12, qui se


rapportent au cas de 8 > X , nous aurons comme expression de la ré
sistance sur la surface latérale du cylindre:
X = o,
Y=$hR. sin2 8,
x0 = \h.
15. Résistance de Vair sur le plan Tzr2 perpendiculaire à Vaxe
de figure qui fait un angle 8 avec la direction Au mouvement.
Admettant, comme précédemment, que la résistance de l'air sur un
plan est proportionnelle au produit de la surface de ce plan par le
carré de la projection normale de la vitesse, on a :
X = rcr2. cos2 8,
7=o.
16. Résistance de Vair sur la surface d'une demi-sphère, dont
l'axe de figure fait un angle 8 avec la direction du mouvement.
Soit BACG (fig. 4) la demi-sphère que l'on considère; soit 8 l'angle
(vOX) que fait la direction de la vitesse v avec l'axe de figure.
— 21 —

Imaginant un cylindre dont la génératrice soit parallèle à la direction


de la vitesse et qui enveloppe la sphère, et traçant le grand cercle
DFEG perpendiculairement à la direction de la vitesse v, on voit
que la partie BvGGF de la demi -sphère est la seule soumise à
l'action de la résistance de l'air.
Au lieu de chercher directement les valeurs de la résistance sui
vant les axes OX et OY, il est plus facile de déterminer d'abord les
résistances suivant l'axe OZj parallèle à la direction de la vitesse,
et suivant l'axe OYT perpendiculaire à la direction de la vitesse et
situé dans le plan qui passe par l'axe de figure OX et par la direc
tion de la vitesse Ov.
En déterminant les résistances, il ne faut considérer que la partie
DvCGF de la surface, car c'est la seule soumise à l'action de la ré
sistance de l'air, ou bien, pour plus de facilité, il faut calculer séparé
ment les résistances suivant les axes OXl et OYl sur la surface de la
demi-sphère DvEG et sur la surface GEGF, prendre la différence
de ces résistances suivant chacun des axes et ensuite passer aux ré
sistances suivant les axes OX et OY.
Représentons la résistance sur la demi-sphère BACG, ou, ce qui
est tout un, sur la partie DvCG, suivant les axes OX et OY par

h-v»X et fcVr,
9 9 '
et suivant les axes OX, et OY1 par

Jc-tfX.
9 1 et k-^Y.;
9 1
représentons les résistances sur la demi-sphère DvEG suivant les
axes OZj et OYx par
k^v2X\ etfcS^y' ;
g 1 9 *'
représentons les résistances sur la partie GEGF suivant les axes
OXY et OY1 par

A2X'\
g 1 *tk-v*7'l,
g l>
et désignons par r le rayon de la sphère.
— 22 —

L'élément de la surface mm'm" = du est égal à


ont x angle (nom') x Om x angle (mOm"). Mais Ôm~r,
ont = Om x sin (mOv) = Om x cos (Nms) = r cos X,
l'augle (wow') =dL et l'angle (mO»»") — dX.
Par suite
da = rsdL. cos XdX.

La résistance normale sur l'élément du de la surface est pro


portionnelle à
da . cos2 s ,

et comme e = (NOv) — | — X ,
on a
da . cos2 e = r2 dL . sin2 X . cos X . d\.

La projection de la résistance élémentaire sur Taxe OX1 est pro


portionnelle à

du . cos2 e . sin X = r2 dL . sin3 X . cos X . dX,

et la projection de la résistance élémentaire sur l'axe OYf est pro


portionnelle à

da . cos2 e . cos X . cos L = r2 cos LdL . sin2 X . cos2 X . dX.

Pour obtenir les valeurs de X\ et de ï*,, il faut, après avoir


multiplié par 2 les deux expressions précédentes, les intégrer depuis
L = 0 jusqu'à L = k et depuis X = 0 jusqu'à X = |. Pour avoir
les valeurs de X'[ et de Y[, il faut, après avoir multiplié par 2 les
mêmes expressions, les intégrer depuis L — 0 jusqu'à Z = |et de
puis X= 0 jusqu'à \ = HS = \. L'arc HS = \ se déduit du
triangle sphérique rectangle (tHS par la formule

tang HS = sin GS. tang (tfGS)


ou
tang Xj = cos L . tang S.
23 —

Par suite

X/ = 2 r2JdL |*sin3 X . cos X . d\ = ^ rr2,

O 0

F/ = 2r2J"cos LdLJTin2 X . cos2 XdX = 0,

7C *1
X"î = 2r2 \dL fsin3 X cos XdX ,
0 0
X.
F[ = 2r2Jcos M.J*sin2 X cos2 XdX,
0 0
où Xj est déterminé par la condition
tang Xj = cos L . tang 8 ,
et par conséquent
Sin X. = tang a. cos .L cog . _ 1 mm,
1 Y 1 -+- tang2 S. cos2 L 1 Y 1 tang2 6. cos* i

1 1 -i- tang2 * . cos2 L


On sait que

Jj sinsX
i s. . cos XdX
« « = sin*X,
-j-l = J, . (î_i-5p__^J
tang* 6. cos* Z

Jsin2 X cos2 X<fX = \j sin2 2 X<fo — £J (1 — cos 4 X) dX


0 0 0
= Xj — ^ sin 4X, = | X, — ^ sin 2Xt . cos 2X,
=a A X, — £ sin X, cos Xj (cos 2 X, — sin2 X,)
1 » j (1—tang' a.coa2 £).tang fr.cos L
SAi S- ( 1 -i- tang2 8. cos2 X,)2
— 24

Substituant les valeurs de ces deux intégrales dans les expres


sions de 2t[ et Y"l, nous aurons

ir
cos4 LdL
- tang2*. cos2 £)2'

f
xl — li
-ï' X,C0Si^L— (1 -tang* 6 cos2£) tang a cos2 £ ,
J 1 J (1 -+- tang2* cos* £)2 WJJ

\ r2 (Xj sin L) — sin L<^


L=o J
L=o
-
f ftang2» cos2 £ — 1) tang S cos2 £ j 7-
tang2 * cos2 £)2
J

tang * . sin2 £
=K tang2 a cos2 £ dL-
J 1-*- ta.
<- 0

ri
(1 tang2 8 cos2 £ — 2) tang * . cos2 L j j
J (1-*- tang2 8.<n&L? a

5 11
1 2 tang J sin2 £ ,y j tang 3 cos2
1 £ jr
J 1 -4- tang2 6 cos2 £ J 1 -*- tang2 * cos» £ —

-
*2
— 9 f tang * . cos2 £ 1^
J (l-*-tang2 .cos2 £)2 aii

0U
— 25 —

f[=\ r'tang 8 cos2 Xd£


tang2 9 . cos2 Z tang2 * . cos2 £)2
l_o o

Posant
tang L = z,
nous aurons

d*

r; = ir2tang8 f à» 2 f ^
J sec2 J + *' J (sec2 S -+- *2)2

On sait que

fs-eWrr^l-coss,

(• dz . 1 f (sec2 6 -+-z2 — g2) de


J (sec2 S -t- *2)2 ~ sec2 S J (sec2 S z1?

co
1 f2 2*<fo
= sec2
— 6 Jf bec2 fi -+- z- sec- ô j 2 " (sec2 5 z2f

oo 2 = oo co
dz
= cos2 S j sec 2 d -t-*2 cos2 S \2 ,sec3ô-i-*2/ ÏJ sec2*-*-*2
z=o

= |cos38 — cos2S. * .|cos8 = ^cos38 ;

1 A B C
(sec2 tf-w2)2 (1 -+. z2) (sec2 S -+- *2)2 "*" sec2 J + *'+l + *'

cot2 d cot4 3 cot*d


(sec2 5 -+- *2)2 sec2 1
— 26 —

oo
dz - = _ cot2 i.j. cos3 8 — cot4 8 . |. cos 8-*-cot4 § . |
h

= *cot4 S ( 2 — 3 cos 8 -+- cos3 S ),

Substituant ces intégrales dans les expressions de X* et F^


nous aurons :

=^Tîr2 (2 — 3 cos 8 -h cos3 8),

F* ^itr2. sin3 8.

Les valeurs de X, et F, seront :

X, = X/ — X'I^^Kt* (2 -h 3 cos 8 — cos3 8),

F, = F/ — F * = - 1 TCr' . sin3 8 .

Passant des valeurs de X, et Fj aux valeurs X et F, à l'aide


des formules :

X = Xj . cos S — F, . sin 8 ,
F= Xi. sin 8 -t- F,, cos 8,

nous aurons pour la demi -sphère :

X = |tw2 (1 h- cos 8)2,

F= \ Tir2 (1 -+- cos 8) sin 8 .

La direction de la résistance normale sur chaque élément de la


surface de la demi-sphère passant par son centre, le centre de ré
sistance de l'air sur la surface d'une demi-sphère coïncide avec le
centre de la demi-sphère.
17. Résistance de Vair sur un projectile oblong dont Vaxe de
figure fait un angle donné 8 avec la direction du mouvement. Dé
composons la surface d'un projectile oblong donné en surfaces pour
lesquelles nous avons trouvé les expressions de X et de F et calcu
lons les valeurs de X et de F sous différents angles 8, pour chacune
de ces surfaces. Les sommes de ces valeurs, prises séparément pour
— 27 —

chaque angle S , donneront les valeurs de X et de Y pour toute la


surface du projectile sous différents angles 8, et nous aurons

x 9
et

Si nous représentons par B le rayon de la partie cylindrique du


projectile oblong, par X0 la valeur de X pour S = o, et si nous ap-
n x
pelons X le coefficient constant k - ^ qiù peut être déduit des ré
sultats des expériences, nous aurons pour un projectile oblong
la résistance suivant l'axe de figure et agissant dans le sens contraire
à l'axe
p. = X %r Tzffît?

et la résistance perpendiculaire à l'axe de figure, dans le plan passant


par cet axe parallèlement à la direction du mouvement

0B = X y" TZRW,
ou
x
Pb=j-Pa-
X 7
On a tracé sur la figure 5 les courbes des valeurs de ^ et de
pour les projectiles semblables à notre" obus oblong de 4 , à chemise
épaisse en plomb, en prenant pour abscisses les angles S et pour or-
données les valeurs de ^ et celles de £ . La courbe de y- fait voir

que les valeurs de y- sont sensiblement égales à l'unité depuis S = o

jusqu'à 8=40°, et même sous l'angle 8=80°, la valeur de 0,7 5.


On peut en conclure qu'il est permis de prendre les valeurs de la ré
sistance de l'air que l'on obtiendrait sur les projectiles oblongs, avec
diverses vitesses, dans le cas de 8 = o, pour les valeurs de la ré
sistance suivant Taxe de figure sous tous les angles 8, qui dans la
— 28 —

plupart des cas de tir sont bien au-dessous de 40° et sont moindres
que 80° môme pour un tir courbe sous 45° avec les plus petites
charges.
La résultante de la résistance de l'air sur un projectile oblong est

p = VpA2-+-pB»,
ou

On tirera les angles (p,A') que lait la résultante de la résistance


avec la direction contraire à l'axe de figure, de l'expression

tang (p,^') = |.

Ces angles peuvent être plus grands ou plus petits que les
angles S formés par l'axe de figure avec la direction du mouvement.
Ainsi pour un cylindre dont la hauteur est 2% fois son diamètre, les
angles (p,^') sont plus petits que les angles 8 pour toutes les valeurs
de 8 de 0 à 25°%; pour les projectiles formés d'un cylindre surmonté
d'une demi-sphère dont la hauteur est 2% fois leur diamètre, les
angles (ç,A') sont plus grands que les angles 8 pour toutes les va
leurs de 8 de 0 à 85°s/4. Pour les projectiles semblables à notre obus
oblong de 41, à chemise épaisse de plomb, la courbe des angles (ç,Ar)

est construite sur la figure 5 en prenant pour abscisses les angles 8


et pour ordonnées les angles (ç,A'); pour ces projectiles les angles (ç,Ar)
sont plus grands que les angles 8 pour toutes les valeurs de 8 de 0 à 83°.
On aura les angles (p,T') que fait la résultante de la résistance
avec la direction contraire à celle du mouvement, en retranchant les
angles 8 des angles (ç,A'). La courbe des angles (p,2") pour les pro
jectiles semblables à notre obus oblong de 41, à chemise en plomb, est
construite sur la figure 5, en prenant pour abscisses les angles S et
pour ordonnées les angles (p,!*). Pour ces projectiles la direction con
traire à celle du mouvement est comprise entre la direction contraire
à l'axe de figure et la direction de la résultante de la résistance de
l'air, pour tous les angles 8 de 0 à 83°. La résultante de la ré
sistance s'éloigne de la direction contraire à celle du mouvement avec
l'accroissement de l'angle 8 de 0 jusqu'à environ 30° et elle s'en
rapproche avec les accroissements ultérieurs de l'angle 8 jus
qu'à 8 = 83°.
18. Couple K de la résistance de Vair sur un projectile oblong
dont Taxe de figure fait un angle 8 avec la direction du mouve
ment. — Centre de résistance. Si l'on représente par d la distance
du centre de résistance de l'air au centre de gravité du projectile —
distance exprimée en rayons B du projectile — on aura, pour le
couple de la résistance, l'expression

K=d .R.çB
r = \^r
Ad .d.izR*.v2 = k. -.d.R.Yv».
g

Décomposons la surface du projectile donné en surfaces pour les


quelles on a déterminé, dans les n0s précédents, les expressions

des distances des centres de résistance à leurs bases; calculons les


distances des centres de résistance de ces surfaces au centre de gravité
du projectile ; multiplions-les par les valeurs de Y correspondantes à
ces surfaces pour un angle donné 8; faisons la somme algébrique de
ces produits et divisons-la par la valeur de Y correspondante au
projectile entier pour l'angle donné 8. Le quotient exprimera la
distance d.R du centre de la résistance de l'air sur le projectile à
son centre de gravité pour l'angle donné 8. On a construit sur la
figure 5 la courbe de d pour les projectiles semblables à notre obus
oblong de 41, à chemise en plomb, en prenant pour abscisses les
angles 8 et pour ordonnées les valeurs de d.
Pour des angles 8 très petits, le centre de résistance du projectile
entier est fort près du centre de résistance de la partie antérieure
conique ou ogivale du projectile. En effet la résistance perpendiculaire
à l'axe de figure sur la partie cylindrique est proportionnelle (n° 14) à
sin2 8,
tandis que celle sur la partie conique , pour des angles 8 très petits ,
est proportionnelle (n° 12) à
sin 8 cos 8 .
— 30 —

Le rapport de ces deux résistances est proportionnel à

sin dcos * . j. »
^-5——
sin2 S = C0to.'

c'est-à-dire à une quantité fort grande toutes les fois que 8 est très
petit. Il résulte de là que le centre de résistance du projectile entier
est pour les très petites valeurs de S, fort près du centre de résistance
de la partie antérieure conique ou ogivale du projectile. Par suite,
au commencement de la trajectoire, quand l'angle que fait l'axe de
figure du projectile avec la direction de la vitesse ou, ce qui est tout
un, avec la tangente à la trajectoire, est encore très petit, le centre
de résistance se trouve en avant du centre de gravité. A mesure
qu'augmente l'inclinaison de l'axe de figure sur la trajectoire, le
centre de résistance s'approche du centre de gravité, et peut même
l'atteindre et passer de l'autre côté pour certaines formes de projectiles.
Dans les projectiles semblables à notre obus oblong de 41, à chemise
en plomb, le centre de résistance, comme on le voit sur la figure 5,
est, pour l'angle 8= 90°, situé encore un peu en avant du centre
de gravité.
Le centre de résistance de l'air étant situé, dans tous les cas du
tir, en avant du centre de gravité, et la résistance de l'air étant
opposée au mouvement, le couple de la résistance de l'air tend à
éloigner l'axe de figure du projectile de la tangente à la trajectoire.

§ H.

EXPÉRIENCES SUE LA RÉSISTANCE DE l'AIR AU MOUVEMENT DES


PROJECTILES.

1 9. Moyen de déterminer les valeurs de la résistance de Vair


correspondantes à différentes vitesses des projectiles. Pour déter
miner la valeur de la résistance correspondante à une certaine vitesse
d'un projectile d'artillerie, on mesure la vitesse en deux points de
sa trajectoire qui ne soient pas bien éloignés l'un de l'autre. Soit P
le poids du projectile; 2R son diamètre; l la distance entre les deux
— 31

points; Fia vitesse du projectile au premier point, c'est-à-dire à


l'origine de la distance l; V la vitesse du projectile au second point,
c'est-à-dire à la fin de la distance l; g l'accélération de la gravité.
Nous aurons pour l'accroissement de la force vive du projectile

-|(F»-n.

Les forces qui agissent sur le projectile sont la pesanteur et la


résistance de l'air.
Les deux points où l'on mesure les deux vitesses du projectile
étant choisis approximativement au même niveau, on peut négliger
le travail de la pesanteur sur le chemin l.
Les vitesses V et V', à l'origine et à la fin du chemin assez
court l, ne différant pas beaucoup l'une de l'autre, la résistance varie
peu sur ce trajet, de manière qu'en nommant p la résistance moyenne
de l'air agissant en sens contraire du mouvement, le travail de cette
résistance sera sensiblement égal à

— P .1,
et nous aurons
-g(r2-F'2) = -p.J,
d'où
p yz v'2
P = 2^- Z '

La résistance de l'air étant proportionnelle à sa densité, qui varie


suivant l'état de l'atmosphère, il faut ramener les résistances obser
vées à différentes époques à une même densité d'air IIj *). Si l'on
appelle II la densité de l'air au moment de l'expérience, on aura pour
la résistance de l'air à la densité ,

?~"2^-"ff- ï

*) Nous prendrons H| = 1*, 206 qui est le poids d'un mètre cube d'air à la
pression barométrique de 0m,75, à la température 15° du thermomètre centigrade,
quand l'air est à moité saturé de vapeur.
— 32 —

et cette résistance peut être considérée comme se rapportant à la vi


tesse moyenne

En mesurant les vitesses d'un projectile en deux points de sa


trajectoire et en tirant avec des charges différentes, nous obtiendrons
les valeurs de la résistance de l'air correspondantes à diverses vitesses.
Pour pouvoir comparer les résultats obtenus avec des projectiles
de différents calibres, nous rapporterons les valeurs de la résistance
à l'unité de la surface de la plus grande section transversale du pro
jectile; et pour augmenter, dans la recherche des expressions de la
résistance, l'importance des résultats qui se rapportent aux moyennes
et aux faibles vitesses avec lesquelles les projectiles se meuvent sur
la plus grande partie de leur trajet, si celui-ci n'est pas trop.court,
nous prendrons les rapports des valeurs de la résistance aux carrés
des vitesses correspondantes. En posant
' p

nous aurons
, p n, v-v
P TzIPg ' n • l.v "

Les valeurs de ç' ainsi obtenues pour diverses vitesses serviront


à déterminer les expressions de la résistance de l'air. Si, au lieu de
supposer la résistance constante sur le trajet l, on recalculait les va
leurs de p' d'après les vitesses observées au moyen des expressions
trouvées de la résistance, on obtiendrait des valeurs qui ne différe
raient des premières, dans le cas le plus défavorable, que d'un mil
lième de leur grandeur, et on aurait une preuve qu'on peut calculer,
sans erreur sensible, les coefficients p', en admettant une résistance
constante sur le trajet assez court du projectile entre les deux points
où l'on a mesuré les deux vitesses.
On peut mesurer, au moyen des appareils électro-balistiques, les
vitesses d'un même projectile en deux points de sa trajectoire. Au
moyen du pendule balistique on ne peut déterminer la vitesse d'un
— 33 —

même projectile qu'à une seule distance de la bouche à feu; par suite,
lorsqu'on emploie le pendule balistique pour les expériences sur la ré
sistance de l'air, on est obligé de tirer contre le pendule de deux
distances différentes avec des projectiles et des charges de poids et de
diamètres égaux, et de prendre les vitesses moyennes déduites à
chacune de ces distances pour les vitesses d'un même projectile en
deux points de sa trajectoire.
20. Expériences de Robins. Les expériences exécutées par Ro-
bins en Angleterre, et décrites dans ses principes d'artillerie de 1742,
consistaient dans la mesure de la vitesse des balles sphériques tirées
d'un fusil contre uu pendule, à différentes distances, avec des charges
différentes. Les résultats de ces expériences ont fait voir que la ré
sistance de l'air croît plus rapidement que le carré de la vitesse, et
ont conduit Euler à exprimer la résistance de l'air par un binôme,
dont le premier terme est proportionnel à la seconde puissance de la
vitesse et le second à la quatrième puissance de cette vitesse *).
2 1 . Expériences de Hutton. Les expériences de Hutton ont été
exécutées à Wolwich de 1787 à 1791. Hutton a tiré des canons
de ll, 31 et 61 contre un pendule balistique à des distances qui ont
varié de I0m à 130m, et il a observé des vitesses qui ont varié
depuis 100m:s jusqu'au-delà de ôOO1™. Il résulte des valeurs de la
résistance qu'il a obtenues, que la résistance, étant approximativement
proportionnelle aux carrés des diamètres des projectiles, croit plus
rapidement que le carré de la vitesse, depuis les faibles vitesses jus
qu'à celle d'environ 440m:', et qu'elle croît approximativement comme
le carré de la vitesse depuis celle de 440m:s jusqu'à celle de 600m:".
Le général Didion remarque que l'accroissement moins rapide de la
résistance à de très grandes vitesses pouvait avoir été obtenu à
l'occasion d'un nombre de coups trop restreint et du rejet des résul
tats qui paraissaient douteux à Hutton.
22. Expériences de Metz de 1839 et 1840. Ces expériences
ont été faites par une commission composée de Mm. Piobert , Morin et

*) Nouveaux principes d'artillerie de Robins, commentés par Euler, traduits


par Lombard. 1783. Page 365.
3
— 34 —

Didion avec des boulets sphériques de 24, de 12, de 8 et des obus


sphériques de 22°, au moyen d'un pendule balistique sur lequel on
tirait, dans une même séance, de deux des distances suivantes: 15,
40, 65, 90 et 115 mètres, de manière que l'on déterminait la vi
tesse des projectiles en des points distants l'un de l'autre de 25, 50,
75 et 100 mètres. Les vitesses variaient dans les limites de 200
à 650 mètres. On tirait à chaque distance, avec la même charge,
de 3 à 6 coups et on prenait la vitesse moyenne déduite de ces coups.
On a réuni les expériences des canons de 12 et de 24, comme
les plus nombreuses, et on les a partagées en trois groupes, d'après les
valeurs croissantes des vitesses ». On a obtenu ainsi les valeurs
moyennes suivantes de v et de p' pour chaque groupe:

Vitesses v. . 337nl;,22. 428m;s81 , 5 3 5m;s15

Coefficients p' 0,0479, 0,0535, 0,0616.

Si l'on construit ces résultats en prenant les vitesses pour abscis


ses et les valeurs de p' pour ordonnées, on obtient trois points situés
sensiblement sur une même droite; le dernier point est un peu au-
dessus de la droite tracée par les deux autres.
Le général Didion a exprimé ces résultats par l'équation d'une
droite

et le comte de Saint-Kobert, de l'artillerie sarde, par l'équation


d'une courbe parabolique *)

où le mètre et le kilogramme sont pris pour unités.


Ainsi, d'après les résultats des expériences de Metz, faites en
1839 et 1840, la résistance de l'air sur les projectiles sphériques,
à la densité de l'air II, peut être exprimée:

*) Comte de Saint-Robert. Du mouvement des projectiles dans les milieux


résistants. 1859.
— 35 —

d'après M. Didion par la formule

où <& = 0,027 et /- = 435, le mètre et le kilogramme étant pris


pour unités;
et d'après le comte de Saint-Robert par la formule

P = .iU2?£v(i -♦-£),

où <A> = 0,0387 et r = 696, le mètre et le kilogramme étant pris


pour unités.
Les expériences sur la résistance de l'air au moyen du pendule
balistique ne permettant de mesurer la vitesse d'un même projectile
qu'en un seul point de sa trajectoire, il fallait, comme nous l'avons
remarqué (nc 20), prendre comme appartenant au même projectile en
deux points de son trajet les vitesses moyennes déduites du tir avec
des projectiles différents. Cette circonstance ne pouvait pas être sans
influence sur les résultats des expériences, et les expressions de la
résistance qu'on en a déduites, lorsqu'on les applique à la résolution
des questions de la balistique, donnent des résultats conformes à ceux
que l'on obtient dans le tir immédiat, lorsque les distances du tir ne
sont pas grandes; les portées avec de fortes charges et sous de grands
angles de projection, calculées d'après ces expressions de la résistance,
sont de beaucoup au-dessous de la réalité.
23. Expériences de Metz de 1856, 1857 et 1858. Les doutes
soulevés par les résultats des expériences au moyen du pendule balisti
que ont engagé le comité d'artillerie de France à proposer de faire
de nouvelles expériences au moyen de deux pendules électro-balisti
ques de M. Navez qui permettent de mesurer les vitesses d'un même
projectile en deux points de sa trajectoire. Le tir a eu lieu avec des
projectiles sphériques de canons de 81 et de 241 et d'obusier de 22%
et les vitesses ont varié de 190m:s à 560m\ Avec chaque charge,
il n'a pas été tiré moins de 20 coups; on a calculé pour chacune des
vitesses moyennes obtenues à chaque coup la valeur du coefficient p',
— 36 —

et on a déduit la valeur moyenne de ?' correspondante à la vitesse


moyenne de tous les coups tirés avec les charges de même poids.
L'intervalle entre les deux points de la trajectoire auxquels correspon
daient les vitesses mesurées était compris dans les limites de 50
à 100 mètres; la différence des vitesses pour un même trajet l crois
sant avec la vitesse du projectile, on a choisi les plus petits inter
valles pour le tir avec de fortes charges, et les plus grands pour le
tir avec de faibles charges,
Les résultats obtenus et ramenés à la densité de l'air lïj sont
résumés dans la tableau suivant:

Vitesses Valeurs de Bouches à feu. Vitesses Valeurs de


Bouches à feu. v V
?' P'
Ob. de 22e m:s Ob. de 22e 369m, S7
193 , 6 0,0212 0,0569
Can. de 81 202 , 2 0,0246 Can.de 241 385 , 1 0,0604
Can.de 24 1 205 , 8 0,0228 Can.de 81 396 , 2 0,0628
Can.
Ob. de
de 241
22e 215 , 8 0,0291
• 0.0363 Can.de 241 419 , 4 0,0622
281 , 0 Can. de 241 458 , 2 0,0640
Can. de 24' 285 , 5 0,0350 Can. de 24' 471 , 8 0,0651
Can. de
Ob. de 241
22e 318 , 3 0,0454 Can. de 241 513 , 6 0,0687
341 , 9 0,0483 Can. de 241 554 7 0,0702

Ces résultats sont construits sur la figure 6, en prenant les vi


tesses pour abscisses et les valeurs de p' pour ordonnées. Ils font voir
que la résistance qui correspond à la vitesse de 320m:s est sensible
ment égale à la résistance obtenue par les expériences antérieures de
Metz; mais avec la diminution des vitesses les résistances décroissent,
et avec l'accroissement des vitesses jusqu'à celle de 400m:s les ré
sistances croissent plus rapidement que cela ne résulte des expres
sions de la résistance obtenues des expériences antérieures de Metz.
A partir de la vitesse de 400m:' jusqu'aux plus grandes, les résistances
croissent moins rapidement que cela n'a lieu depuis les faibles vitesses
jusqu'à celle de 400m:\
La commission qui a fait ces expériences, sous la présidence du
colonel Virlet, a exprimé la relation entre les valeurs obtenues de p' et
les vitesses correspondantes par une droite (fig. 6) dont l'équation est
p' = 0,000142 .v.
— 37 —

Ainsi, d'après les résultats des expériences de Metz de 1856,


1857 et 1858, la résistance de l'air sur les projectiles sphériques,
à la densité de l'air II, peut être exprimée par la formule

p —- (Ai . kR? . .

où ot=0,000l42, le mètre et le kilogramme étant pris pour unités.


24. Expériences de S'-Pétersbourg de 1868 et 1860. Quelques
irrégularités observées dans la marche des premiers appareils électro
balistiques de M. Savez employés dans les expériences de Metz ont
motivé la répétition en 1868, dans notre artillerie, des expériences
sur la résistance de l'air au mouvement des projectiles sphériques, et
en 1 869 on a exécuté, d'après la décision de l'adjoint du Grand-Maitre
de l'artillerie, des expériences sur la résistance de l'air au mouvement
des projectiles oblongs. Les résistances ont été déterminées d'après les
vitesses du projectile en deux points de sa trajectoire, et ces vitesses
ont été appréciées au moyen de deux chronographes de M. Le-Bou-
lengé. Les durées mesurées par les chronographes pour obtenir les
vitesses étaient dans les limites de 0J10 à Ofl5.
Les expériences sur la résistance de l'air au mouvement des pro
jectiles sphériques ont été faites avec des canons de 61 et de 241 et
un canon à bombes de 1201, dans les limites des vitesses de 527m:s à
227°". Les résistances obtenues à de plus faibles vitesses étaient trop
variées pour qu'on pût en profiter. Avec chaque charge, il n'a pas été
tiré moins de 8 coups; on a calculé pour chacune des vitesses moyennes
obtenues à chaque coup la valeur de et on a déduit la valeur moyenne
de p' correspondante à la- vitesse moyenne de tous les coups tirés avec
la charge de même poids. L'intervalle entre les deux points de la tra
jectoire auxquels correspondaient les vitesses mesurées était compris
entre les limites de 50 à 150 mètres; les plus petits intervalles
étaient choisis pour le tir avec de fortes charges et correspondaient
aux plus grandes pertes de vitesse, qui atteignaient la valeur de40m:s;
les plus grands intervalles étaient choisis pour le tir avec de faibles
charges et correspondaient aux plus petites pertes de vitesse, qui
atteignaient la valeur de ÎO'™.
— 38 —

Les expériences sur la résistance de Fair au mouvement des pro


jectiles oblongs ont été faites avec des canons rayés de 4l *), 1 21, 241
et celui de 203mm\ Les projectiles étaient en fonte, modèles en usage,
à chemise épaisse de plomb. Les vitesses ont varié de 409m;sà 172m:s.
Avec chaque charge on n'a pas tiré moins de 8 coups. L'intervalle
entre les deux points de la trajectoire auxquels correspondaient les
vitesses mesurées était compris entre les limites de 1 50 à 234 mètres;
sur un trajet pareil Taxe de figure des projectiles s'éloigne peu de
l'inclinaison de la trajectoire, de manière que l'on peut considérer les
résistances déduites des expériences comme se rapportant au cas où
l'axe de figure des projectiles oblongs coïncide avec la direction du
mouvement. En tirant avec de fortes charges la perte de vitesse
atteignait 30m:s; la plus petite perte de vitesse obtenue avec la plus
faible charge du canon de plus fort calibre de 203mm- était de 2m:s5
pour l'intervalle de 234 mètres entre les points auxquels correspon
daient les vitesses mesurées. Le tir des canons de 229mm- et de 279mm
a été défendu, parce que le second projectile tiré dans ces expériences
avec le canon de 229mm- est allé se loger, après plusieurs ricochets, au
cimetière qui se trouve aux environs de la plaine d'épreuves. Aussi
pour compléter les données se rapportant aux projectiles de forts ca
libres nous avons profité des tableaux des vitesses décroissantes **)
déduites par M. Bashforth de ses expériences faites en 1868 au
moyen de son chronographe ; ces tableaux comprennent les vitesses
de 518m:s à 283m:s qui correspondent aux trajets de 305 en 305 mè
tres des projectiles oblongs de 1 78mm-, 203mm- et 229m"\ et qui sont
obtenues pour le cas où le mouvement des .projectiles peut être con
sidéré comme rectiligne. Nous avons calculé d'après les résultats
insérés dans ces tableaux les valeurs de la résistance correspondantes
à différentes vitesses.
Le résultats obtenus et réduits pour nos expériences à la densité
de l'air II, = lfc-, 206 sont résumés dans les deux tableaux suivants.

*) On a tiré avec deux canons de 41: l'un en usage actuellement dans l'artil
lerie de campagne et l'autre lourd, qui permet le tir à fortes charges.
**) Proceedings of the Royal Artillery Institution. Wolwich. 1868.
— 39 -

Projectiles sphériques.

Bouches à feu. Vitesses Valeurs de Vitesses Veleurs de


V Bouches à feu. V
P' P'

Can. de 61 227m:s 0,0295 Can. de 241 380m:a 0,0554


Can. de 241 234 0,0267 Can. de 61 384 0,0602
C. à bombes de 1201 262 0,0361- C. à bombes de 1201 408 0,0587
Can. de 61 278 0,0424 Can. de 61 415 0,0625
Can. de 241 287 0,0411 Can. de 241 457 0,0598
C. à bombes de 1201 330 0,0491 C. à bombes de 1201 463 0,0611
Can. de 241 341 0,0519 Can. de 61 475 0,0625
Can. de 61 342 0,0582 Can. de 241 527 0,0619

Projectiles oblongs.

Bouches à feu. Vitesses Valeurs de Vitesses Valeurs de


V Bouches à feu. V
P' P'

c. de 41 172n>:s 0,0151 C. de 203mm 329n>:s 0,0338


c. 207 0,0137 C. de 203mm angl. 332 0,0327
c. de 41 239 0,0148 C. de 229mm angl. 334 0,0332
c. de 121 247 0,0170 C. de 41 337 0,0341
c. de 241 266 0,0160 c. de 178m° angl. 340 0,0334
c. de 203mm 282 0,0163 c. de 203mm angl. 345 0,0354
c. de 203mm angl. 287 0,0184 c. de 229mm angl. 355 0,0364
C. de 229mm angl. 291 0,0247 c. de 178mm angl. 358 0,0382
C. de 203mm angl. 300 0,0230 c. de 203mm 360 0,0384
C. de 178mm angl. 302 0,0218 C. de 203mm angl. 360 0,0393
C. de 121 304 0,0221 c. de 4' 401 0,0450
C. de 4' 307 0,0158 c. de 203mm 409 0,0430
C. de 229mm angl. 316 0,0305 c. de 203mm angl. 419 0,0433
C. de 4' 317 0,0259 c. de 2-29mm angl. 420 0,0427
C. de 203mm 319 0,0174 c. de 203mm angl. 460 0,0449
C. de 203mnl angl. 320 0,0277 c. de 203mm angl. 508 0,0440
C. de 241 320 0,0299 c. de 178mm angl. 512 0,0443
C. de 178mIn angl. 322 0,0270

Ces résultats sont construits sur les figures 7 et 8, les vitesses


étant prises pour abscisses et les valeurs de p' pour ordonnées. Il en
résulte :
1°. Les valeurs des calibres n'ayant pas une influence sensible
sur les valeurs de p', la résistance de l'air sur les projectiles, dans
les limites des calibres en usage, peut être considérée comme pro
portionnelle aux surfaces des sections transversales des projectiles.


- 40 —

2°. Les valeurs de p', depuis les plus faibles vitesses obte
nues dans le tir, croissent avec les vitesses, et par conséquent les
résistances croissent plus rapidement que les carrés des vitesses; l'ac
croissement le plus rapide des résistances est compris pour les obus
oblongs dans les limites des vitesses de 280m:s à 360m:s. Depuis les
vitesses de 360m:s pour les projectiles oblongs, et depuis celles de
380 mètres pour les projectiles sphériques jusqu'aux plus grandes
vitesses, les valeurs de p' restent sensiblement constantes, et par
conséquent les résistances croissent sensiblement comme les carrés
des vitesses.
25. Expression monômes de la résistance de Voir. Si l'on
voulait exprimer p' en fonction de la vitesse par un seul terme pro
portionnel à une certaine puissance de la vitesse, on obtiendrait
0,86 comme valeur la plus probable de cette puissance pour les
projectiles sphériques, depuis les plus faibles vitesses jusqu'à celle
de 527m:s, et 1,86 pour les projectiles oblongs, depuis les plus
faibles vitesses jusqu'à celle de 420m:s, et en adoptant des nom
bres entiers pour les valeurs de ces puissances on aurait eu 1 pour
celle qui se rapporte aux projectiles sphériques et 2 pour celle qui se
rapporte aux projectiles oblongs. En cherchant la valeur la plus pro
bable du coefficient qui doit multiplier la vitesse élevée à la puissance
trouvée pour obtenir p', on aurait eu :
pour les projectiles sphériques

p' = 0,0001 40. v,

expression sensiblement la même que celle qui a été obtenue (n° 23)
aux expériences de Metz de 1856, 1857 et 1858;
et pour les projectiles oblongs

p' = 0,000000270. v\

26. Ainsi si l'on voulait exprimer la résistance de- l'air par un


seul terme depuis les plus faibles vitesses jusqu'aux plus grandes,
on aurait, d'après les résultats des expériences russes et anglaises,
à la densité de l'air II,
pour les projectiles sphériques

où, le mètre et le kilogramme étant pris pour unités,

A = 0,00014

et pour les projectiles oblongs

p=«A.rJP gV,

où, le mètre et le kilogramme étant pris pour unités,

A = 0,00000027.

27. Expressions de la résistance de Pair représentant avec


une approximation suffisante les résultats des expériences russes et
anglaises. Pour que les expressions de p' représentent avec une
approximation suffisante les résultats de nos expériences et ceux de
Bashforth, et permettent en même temps d'intégrer facilement, quoi
que par approximation, les équations différentielles du mouvement des
projectiles, nous pouvons:
Pour les projectiles sphériques exprimer p (flg. 7) depuis la
vitesse de 530m:s jusqu'à celle de 376m:s par la droite (A) dont l'é
quation est

p'= 0,061
et de la vitesse de 37 6"1s jusqu'aux faibles vitesses par la courbe (B)
dont l'équation est

Pour les projectiles oblongs nous pouvons exprimer p' (fig. 8)


depuis la vitesse de ôlOm:s jusqu'à celle 360m:' par la droite (G)
dont l'équation est

p' = 0,044,
— 42 —

de la vitesse de 360m:s jusqu'à celle de 280m:o par la courbe (D)


dont l'équation est

p = 0,0000000000026 v*,
et de la vitesse de 280m:s jusqu'aux faibles vitesses par la
courbe (Ë) dont l'équation est

p = 0,012 [i-(à)T].

28. Ainsi, d'après les résultats des expériences russes et anglaises,


nous pouvons admettre qu'à la densité de l'air II :
La résistance de Vair sur les projectiles spliériques est exprimée
depuis la vitesse de 5 30m:s jusqu'à celle de 376m;s par la formule

où, en prenant le mètre et le kilogramme pour unités.

<A>= 0,061,
et de la vitesse de 37 6m:s jusqu'aux faibles vitesses par la formule

P = JU2P£;4i-h£],

où, le mètre et le kilogramme étant pris pour unités.


= 0,012,r= 186m:s.

La résistance de Pair sur les projectiles oblongs, dont Vaxe de


fîgure coïncide avec la direction du mouvement, peut être exprimée
depuis la vitesse de 5 10m:a jusqu'à celle de 360m:s par la formule

où, le mètre et le kilogramme étant pris pour unités.


A = 0,044,
depuis la vitesse de 360m:s jusqu'à celle de 2S0'n:* par la formule

p = JUiP-U r6.
43 —

où, le mètre et le kilogramme étant pris pour unités,

A = 0,0000000000026,
et depuis la vitesse de 280m:s jusqu'aux faibles vitesses par la
formule

P = «A.*2P g- t?[l

où, le mètre et le kilogramme étant pris pour unités,


<& = 0,012, r = 488m:5.

' La distribution des points (p ,v) autour de la courbe (E) (fig. 8)


fait voir qu'on peut prolonger cette courbe, comme l'indique la ligne
pointillée, jusqu'à la vitesse de 325m:s, et qu'on peut, par conséquent,
se servir de la dernière expression de la résistance depuis la vitesse
de 325m:s jusqu'aux faibles vitesses, ce qui simplifie la solution des
problèmes du tir de toutes nos bouches à feu actuelles de place, de
siège et de campagne qui impriment aux projectiles, avec les charges
en usage, des vitesses initiales moindres que 325m:s.

29. Résistance de Vair sur les piojectiles oblongs, lorsque leur


axe de figure ne coïncide pas avec la direction du mouvement. On
ne peut pas étendre les expressions trouvées de la résistance de l'air
sur les projectiles oblongs au cas où leur axe de figure fait un angle
sensible avec la direction du mouvement. Les recherches expérimen
tales se rapportant à ce cas, du moins pour les vitesses considérables,
présenteraient de grandes difficultés, et c'est à grand' peine qu'une
solution de cette question pourrait être trouvée sans certaines hypo
thèses sur les propriétés des gaz et leur action sur les corps en
mouvement.
Nous avons fait voir (n° 17) la relation entre la résistance de
l'air sur les projectiles oblongs et l'angle 8 que forme leur axe de
figure avec la direction du mouvement, dans l'hypothèse que la ré
sistance normale de l'air à chaque élément de la surface soumis à la
résistance est due au choc de cet élément contre l'air supposé immo
bile. N'ayant pas de solution assez exacte de cette question, nous
— 44

sommes forcés d'admettre la relation obtenue, et en nous basant sur


cette relation, nous déduirons la résistance de l'air suivant la di-
rection contraire à l'axe de figure, en multipliant par ^ les ex-
pressions de la résistance obtenues de données expérimentales pour
le cas où l'axe de figure des projectiles oblongs coïncide avec la di-
rection du mouvement, et en multipliant ces expressions par v- nous
aurons la résistance de l'air suivant la direction perpendiculaire à
l'axe de figure, comprise dans le plan passant par cet axe et la di-
rection du mouvement. Mais les valeurs de ^ (M° 1 7) étant sensi-
blement égales à l'unité depuis 8 = o jusqu'à 8 = 40° et même sous
l'angle de 8 = 80° la valeur de^ étant égale à 0,75, on peut pren-
dre les expressions de la résistance de l'air obtenues des données
expérimentales dans le cas où l'axe de figure des projectiles oblongs
coïncide avec la direction du mouvement, pour les expressions de la
résistance suivant la direction contraire à l'axe de figure sous tous
les angles 8 , qui dans la plupart des cas de tir sont bien au-
dessous de 40° et sont moindres que 80°, même pour un tir courbe
sous l'angle de 45° avec les plus petites charges.
En appliquant les expressions de la résistance de l'air déduites
des résultats de nos expériences à la solution des problèmes de la
balistique, nous ferons voir que ces expressions donnent des résultats
conformes à ceux que l'on obtient dans le tir immédiat à toutes les
distances.
30. Accélération de la résistance de Vair. En appelant p et p,
les résistances de l'air sur deux projectiles différents, P et P, les
poids de ces projectiles, S et Sl les projections de leurs surfaces sur
le plan perpendiculaire à la direction du mouvement, B et Bl leurs
rayons, D et D1 leurs densités, g l'accélération de la gravité, et en
ne prenant pas en considération l'influence de la forme du projectile
et de la direction de son axe de figure sur la valeur de la résistance,
on aura pour une même vitesse des deux projectiles

Pi #i
— 45 —

et
8_
?P P

c'est-à-dire que, pour une même vitesse, la résistance de l'air est


proportionnelle à la projection de la surface du projectile sur le plan
perpendiculaire à la direction du mouvement et ne dépend pas du
poids du projectile, tandis que l'accélération de la résistance de l'air
est proportionnelle à la projection de la surface du projectile sur le
plan perpendiculaire à la direction du mouvement et est en propor
tion inverse du poids du projectile.
On a pour les projectiles sphériques

8= St = tzR?, P= $kR3D, P, = fTCi^A ,

et par conséquent

[ P _ fi,D,

c'est-à-dire que l'accélération de la résistance de l'air sur les pro


jectiles sphériques est en proportion inverse du rayon et de la densité
du projectile; on voit par là qu'à vitesses égales la perte de vitesse
dans l'unité de temps sera d'autant moindre, et que la portée d'un
projectile sphérique, toutes les autres circonstances étant égales,
sera d'autant plus grande que son diamètre et sa densité sont plus
grands.
Dans le tir direct la projection de la surface des projectiles
oblongs sur le plan perpendiculaire à la direction du mouvement ne
diffère pas beaucoup, sur tout le trajet, de la surface de la section
transversale de leur partie cylindrique, c'est-à-dire S ne diffère pas
beaucoup de rB2, et le poids d'un projectile oblong étant considérable
ment plus grand que celui d'un projectile sphérique de même section
transversale, l'accélération de la résistance sur le premier, à vitesses
égales, est beaucoup moindre que sur le second, indépendamment de
— .46 —

la forme ogivale de la partie antérieure des projectiles oblongs, qui


diminue aussi la résistance. Par suite les projectiles oblongs, à vi
tesses égales, perdent, dans un môme temps, moins de vitesse que les
projectiles sphériques non-seulement de même diamètre, mais aussi de
même poids. Ainsi, en ne tenant pas compte de la diminution de la
résistance due à la forme ogivale de la partie antérieure des projectiles
oblongs, l'accélération de la résistance, à vitesses égales, sur un obus
oblong de 4*dont le diamètre est de 84mmet le poids 5k,7, est égale à

celle éprouvée par un boulet sphérique de 203""" dont le poids est de


29k". En tenant compte de l'influence de la forme ogivale (par suite de
laquelle, pour une vitesse de400m:s, la résistance (n° 28) sur un pro
jectile oblong est moindre que sur un projectile sphérique de même
diamètre dans le rapport de 44 à 61) on trouve que l'accélération
de la résistance sur un obus oblong de 41 est égale à celle sur un
boulet sphérique de 279mm dont le poids est de 76kil. On voit par là

que le tir des projectiles oblongs doit être bien plus tendu que celui
des projectiles sphériques, par suite du plus grand poids qui correspond,
dans les projectiles oblongs, à l'unité de surface de leur section
transversale et en partie par suite de la forme ogivale de leur partie
antérieure.
31. Poids II d'un mètre cube d'air. Appelant t la température
de l'air d'après le thermomètre centigrade, H la hauteur du mercure
du baromètre exprimée en millimètres et réduite à la température 0, F
la pression de la vapeur d'eau non saturée que contient l'air à la
température t — pression mesurée par la hauteur du mercure expri
mée en millimètres — on a

I k 293
n = lk, QQQ H-jF
760(1-i-o<)'
où « = 0,00367.
Appelant H' la hauteur du mercure du baromètre à la tempéra
ture t' mesurée par le thermomètre centigrade adapté au baromètre,
on aura
#=/ï' (1— 0,00018. t').
— 47 —

La pression F des vapeurs non saturées que contient l'air à la


température t est égale à la pression des vapeurs saturées à la tempé
rature à laquelle commence la condensation de la vapeur contenue
dans l'air. La température f, est mesurée au moyen de l'hygromètre
de M. Regnault, qui consiste dans un tube de verre ajusté dans un
dé d'argent; le tube est rempli d'éther et contient un thermomètre;
par l'insufflation on détermine l'abaissement de la température de
l'éther et Ton observe la température tx du thermomètre au moment où
le refroidissement détermine sur le dé un dépôt de rosée. Connaissant
la température tx , on obtient la pression F à l'aide de la table
suivante :

h F *■ F *l F ,. F ,i F

Degrés. Millim. Degrés. Millim. Degrés. Millim. Degrés. Millim. Degrés. Millim.
—30 0,8 —7 2,5 5 6,5 17 14,4 29 29,8
—28 0,4 —6 2,8 6 7,0 18 15,4 30 31,5
—26 0,5 —5 3.0 7 7,5 19 16,3 31 33,4
-24 0,6 —4 3,3 8 8,0 20 17,4 32 35,4
—22 0,7 —3 3,6 9 8,6 21 18,5 33 37,4
—20 0,8 —2 3,9 10 9,2 22 19,7 34 39,6
— 18 1,0 —1 4,2 11 9,8 23- 20,9 35 41,8
-16 1,2 0 4,6 12 10,5 24 22,2 36 44,2
— 14 1,4 1 4,0 13 11,2 25 23,6 37 46,7
—12 1,7 2•i 5,3 14 11.9 26 25,0 38 49,3
—10 2,0 o 5,7 15 12,7 27 26,5 39 52,0
— 8 2,3 4 6,1 16 13,5 28 28,1 40 54,9

On détermine la densité de l'air dans les expériences qui exigent


une grande précision; mais dans le plus grand nombre de cas, lors
qu'on calcule le mouvement des projectiles, on pose dans les expres
sions de la résistance de l'air 11=11, = lk-, 206.
CHAPITRE II.

MOUVEMENT DANS L'AIR DES PROJECTILES SPHÉRIQUES


QUI N'EXÉCUTENT PAS DE ROTATION.

SI.

ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES DU MOUVEMENT.

32. Équations différentielles du mouvement. Un projectile qui


se meut dans l'air est soumis à l'action de deux forces, celle île la
pesanteur et celle de la résistance de l'air. En vertu d'un théorème
connu que le centre de gravité d'un corps se meut comme si toute la
masse y était concentrée, et- toutes les forces extérieures appliquées eu
ce même centre, chacune suivant sa direction, on peut considérer le
mouvement de translation d'un projectile comme celui d'un point
matériel de masse égale, auquel seraient appliquées les forces de la
pesanteur et de la résistance de l'air.
On peut prendre, sans erreur sensible, le poids du projectile dans
l'air comme égal à son poids P dans le vide, et l'accélération de la
gravité dans l'air comme égale à l'accélération de la gravité g dans
le vide.
Quand le projectile est une sphère homogène ou composée de
couches concentriques homogènes, et qu'on ne lui a imprimé au
cune rotation au sortir de la bouche à feu, la résultante de la ré
sistance de l'air est constamment tangente à la courbe décrite par le
centre de gravité et est dirigée dans le sens contraire de la vitesse.
Nous ne considérerons ici que ce cas et, en représentant par p la ré
sistance de l'air, l'accélération de la résistance sera égale à p ^ .
La courbe décrite par le projectile est plane. En effet, faisons
passer un plan vertical par un élément quelconque de la courbe; les
forces (le poids et la résistance), en vertu desquelles le centre de
gravité du projectile décrira l'élément suivant, agissent dans ce plan,
et il en résulte que cet élément y sera également compris. Appliquant
le même raisonnement à tous les éléments consécutifs de la trajectoire,
on trouve qu'elle est tout entière dans le même plan vertical, et que.
par conséquent, il suffit, pour déterminer le mouvement du centre de
gravité du projectile, d'avoir les projections des accélérations sur
deux directions.
Soit l'axe des x horizontal et Taxe des y vertical dirigé dans le
sens contraire à la pesanteur. Projetons les accélérations sur l'axe
des x et sur la normale intérieure à la trajectoire, et appelons v la
vitesse du projectile en un point quelconque de la trajectoire, t le
temps que met le projectile à parcourir le trajet de l'origine à ce point,
y le rayon de courbure et 0 l'angle que fait avec Taxe des x la tan
gente à la trajectoire en ce point.
On aura pour les projections des accélérations sur Taxe des x et
sur la normale intérieure les expressions

(1) ^=-^costf,

(2) fïï^a. .fÇ .- ;

Comme la force de la résistance ralentit le mouvement du projec


tile suivant la tangente à la trajectoire et que la force de la pesanteur,
agissant de haut en bas, abaisse le projectile, la trajectoire présente
sa concavité à l'horizon et l'angle 0 que fait la tangente à la tra
jectoire avec l'horizon reçoit constamment des accroissements négatifs,
de sorte qu'en désignant par ds l'élément de l'arc de la courbe, nous
aurons pour le rayon de courbure l'expression
En la substituant dans l'équation (2), on aura

(3) vdt~~ 9ws0 •

Les équations (1) et (3) définissent complètement le mouvement


du centre de gravité du projectile.
En représentant par y, la projection horizontale de la vitesse,
c'est-à-dire en posant

les équations (1) et (3) deviendront

(4) ...^ = -Pf cos<?,

, (5) vi% = — 9™?0-

Éliminant dt entre elles, nous aurons

w - de ~ P cos e •

L'équation (5) donne

(7) ««-Iiy '"'


g i cos2 0 '
et comme
ds — vdt = -~ dt , dx = v,dt, du = v sin •Odt = v, dt ,
cos 6 ' 1 ' " 1 cos e 1
on a

(9) dx= — I».» *

Pour déterminer toutes les circonstances du mouvement d'un


projectile d'après une expression donnée de la résistance p de l'air
— 51 —

en fonction de la vitesse, il faut premièrement intégrer l'équation


différentielle (6) du premier ordre entre les deux variables vx et 6,
ce qui donnera l'expression de la vitesse horizontale vx en fonction de
l'angle 0. Puis en mettant l'expression de i\ eu fonction de 6 dans
les formules (7), (S), (9) et (10), l'intégration de ces formules diffé
rentielles du premier ordre à une seule variable donnera les expres
sions de t, s, x et y en fonction de 6, et en éliminant 6 entre l'ex
pression de x et celle de y on obtiendra l'équation de la trajectoire.
L'intégration de l'équation différentielle (6) ne peut être effectuée
que pour certaines expressions de la résistance p en fonction de la
vitesse v.
33. Déterminer la loi de la résistance d'après la trajectoire
que décrit le projectile. Cette question inverse à la précédente est
beaucoup plus simple au point de vue analytique, car sa solution se
réduit uniquement à la différentiation.
Soit la trajectoire donnée par une équation de y en fonction de x;
on demande à déterminer la vitesse v et la résistance p en fonction de x.
Représentons par y', y", y'" la première, la seconde et la troisième
dérivée de y par rapport à x.
Pour trouver la vitesse v, remarquons que
tang 6 = y'.
Différentiant cette expression, on a

En substituant à dx sa valeur (éq. 9, n° 32) on trouve

où V—/ est une quantité réelle, car la trajectoire tournant sa con


cavité vers l'horizon, la dérivée y" est toujours négative.
Comme v = -^-=v. V\ -+- tang» 0 = v. Vin- y'2, on tire

de la dernière équation

v=Vg
Y-y" '
4*
— 52 —

Pour trouver la résistance p, prenons l'équation (6), n° 32


d«! p Cj
de P ' coae
et substituons dans cette équation la valeur de dv1 que l'on obtient

en différentiant l'expression v1 = ^zy'î lft différentielle de cette


expression est
dvx = — iVgy^==;,dx

et elle devient après la substitution à dx de son expression (9) n° 32,


i »,2 y"'

en mettant cette expression ainsi que celle de vl = |/z^" et ce^e

de cos 6 = ^ 1 ^ dans l'équation (6), if 100, on aura

§ H.

DISCUSSION DE LA TRAJECTOIRE DANS L'AIE D'UN PROJECTILE


SPHÉRIQUE QUI N*A PAS DE ROTATION.

34. Propriétés de la résistance de l'air prises pour bases dans


la discussion de la trajectoire. La nature de la trajectoire dépend
de la loi de la résistance du milieu. On peut cependant discuter la
trajectoire dans l'air d'un projectile sphérique qui n'a pas de rotation,
sans adopter d'hypothèse spéciale sur la résistance de l'air, en ad
mettant seulement qu'elle croit avec la vitesse, qu'elle devient infinie
pour v = .o et qu'elle est moindre que le poids du projectile pour
une" vitesse infiniment petite. D'après ces propriétés de la résistance
de l'air, en posant
— 53 —

on a
f(v) >o, /'(oo)=ooet/,(o)<l.

35. Variation de la vitesse. La dérivée de la vitesse par rapport


au temps ^ est égale à la somme des projections sur la tangente des
accélérations de la pesanteur et de la résistance de l'air, c'est-à-dire

(1) %=— -h sin <?].

Dans la branche ascendante de la trajection où l'angle 6 et sin 6


sont constamment positifs, la dérivée ~t est négative, de manière que
dans cette branche v et t varient en sens opposé, c'est-à-dire qu'avec
Faceroisseinent du temps t la vitesse v décroit. Partant donc d'un
point quelconque situé sur la branche ascendante la vitesse décroît
jusqu'au sommet de la trajectoire, à mesure que le temps augmente.
Dans la branche descendante, dans laquelle l'angle 0 et sin 0
dv •
sont toujours négatifs, la dérivée ^ conserve son signe négatif à
partir du sommet de la trajectoire jusqu'au point où la vitesse v
prend la valeur v qui satisfait à l'équation

(2) f(v')-*- smû = o.

Par suite, dans la branche descendante, la vitesse continue de


décroître depuis le sommet de la trajectoire jusqu'au point mentionné.
En ce point l'expression (1), à cause de l'équation (2), se réduit à

(3) di = o-

L'équation (1) donne


d2v e> . \ dv de

et en mettant au lieu de — sa valeur de l'équation (3), n° 32, on a

iJ» », g% cos1 e
— 54 —

Au point où la vitesse v satisfait à l'équation (2) et par suite à


la condition (3): -j. = o, on aura
d2t! g2 cos2 6
dt* Ë '
et comme la vitesse v, ainsi que nous allons le démontrer, ne peut
être ni nulle, ni négative, la dernière expression est toujours positive.
Par conséquent au point mentionné la vitesse atteint sa valeur
minima v'.
Pour démontrer que la vitesse v' ne peut être ni nulle, ni néga
tive, prenons l'équation (6), n° 32
d (v cos 6) r- , s

et mettons-la sous la forme


d—i(v cos e) = /j} (v)
r \ de
v cos e ' v ' cos o .

En intégrant cette expression de v =t>0 jusqu'à v et de 6 = 00


jusqu'à 6, on obtient

3 t'0 cos 60 .! ' v ' cos ô


<>o
On sait par le calcul intégral que si dans l'intégrale définie
x

les fonctions 9 (x) et f (x) sont continues entre les limites de x0 et X


et que la fonction f (x) ne change pas de signe entre ces limites, on a
x x
\9{x).f(x)dx=;K\f{x)dx,

où K est une certaine valeur de la fonction 9 (x) moyenne entre toutes


celles qu'elle prend entre les limites de l'intégration, et K a une gran
deur finie, différente de zéro, toutes les fois que la fonction 9 (x) ne de
vient pas iufinie et ne passe pas par zéro dans les limites de l'intégration.
— 55 —

En désignant par K une certaine valeur moyenne de la fonction f(v)


entre les limites ô0 et 0, nous aurons

V cos 0
log v0 C0S 0,'0 J cos 6 '

0U

V cos 6
log c0 cos e0
L*-»(ï*î)J

d"où Ton tire


A'
cos 0n tang (|
V=wo cose0

ou
cos<9rtang(JHH |)
/ cos e0 \ l — K
v = vn{
°\ cose-£ /
[cos <?r tang (| 1°)J »

et comme

, / lt 8 . cOS 6 , / TC 0n . COS 0n
tang (T -h â ) = t^î^ : tang (4^2) = 1 — sin 00'

on a
_ „ /cose0\l-JST / l - sinfljXg
^ o\cos ê / V 1 — sinfl j

En prenant pour la limite #0 une valeur telle que la vitesse v0


qui lui correspond soit très voisine de zéro, la valeur de K sera posi
tive et moindre que l'unité.
Si la vitesse v pouvait devenir nulle, l'angle 0 devrait atteindre
une valeur réelle capable d'annuler le second membre de l'équation
précédente; mais K étant plus petit que l'unité, il n'existe pas de
telle valeur de 0, et par suite la vitesse v ne peut pas devenir nulle.
Elle ne peut pas non plus être négative, car, pour le devenir, elle
devrait passer par zéro.
— 56 —

Par conséquent la valeur de la vitesse v' qui réduit la dérivée


à zéro est nécessairement plus grande que zéro.
À partir du point où la vitesse est v, la dérivée ~ devient positive,
et la vitesse croît avec le temps, jusqu'à ce qu'elle atteigne une nou
velle valeur v" qui satisfait à l'équation

(4) />")n-sin<?" = o.

La valeur v" n'est pas un maximum proprement dit, puisque, s'il


en était ainsi, la vitesse devrait recommencer à décroître à partir
de v", ce qui exigerait que ^ devînt négative ; mais ^ conserve con

stamment une valeur positive, et quand elle s'annule ( pour 0 = — |) ,


toutes les autres dérivées de v par rapport à t s'annulent aussi.
Par conséquent i/'est une limite vers laquelle converge la vitesse,
dans la branche descendante, à mesure que le temps croît.
Donc: dans la branche descendante de la trajectoire la vitesse a
une valeur minima au point où

f (v) -+- sin 0' —o,

et à partir de ce point la vitesse croît constamment dans le sens du


mouvement, en s'approchant de la limite définie par l'équation

f(v")-*-smO"=o.

36. Limite de l 'inclinaison de la trajectoire dans la branche


descendante. Limite de la vitesse. L'une des deux forces qui agis
sent sur le projectile: la résistance, ralentissant le mouvement suivant
la tangente, et l'autre: la pesanteur, abaissant constamment cette tan
gente, l'angle 6 diminue, à mesure que le temps croît. Cherchons la
limite de l'angle 0 dans la branche descendante de la trajectoire.
La dérivée de l'angle 6 par rapport à t est exprimée par l'équation
(3), n° 32, d'où l'on tire

g cos 6
— 57 —

En intégrant cette expression à partir d'un point quelconque pris


pour origine, où 6 = 9 et t = o, on a

de
gt-=\v cose'

La vitesse v entre les limites de t = o, jusqu'à £ = oo, comme


nous l'avons démontré, est finie et ne peut pas devenir nulle; par suite

(&) : v,
tang^-+-^)

où X' est une certaine valeur moyenne entre toutes celles que prend
la vitesse v dans les limites de l'intégration.
Cette équation fait voir que pour t = oo , on doit avoir

En mettant cette valeur dans l'équation (4), n° 104, on voit


que la limite vers laquelle tend la vitesse dans la branche descen
dante est définie par l'équation

/V)-i = o,

et l'on devait s'y attendre, car cette équation mise sous la forme
p — 1=0, ou p = P fait voir que la vitesse , après avoir atteint
sa valeur minima, tend dans la suite du mouvement vers la valeur
où la résistance de l'air est égale au poids du projectile.
La vitesse des projectiles dans la branche descendante à partir de
sa valeur minima jusqu'à sa valeur limite est toujours plus petite que
376m:s. Par conséquent pour déterminer la vitesse limite du projectile
il faut prendre (n° 28) l'expression suivante de la résistance de l'air

où 0,012, r= 186m;i.
— 58 —

Posant
__ P

et prenant II = II, . on a

La vitesse limite s'obtiendra de l'équation

et Ton aura

[l/l-*-Ç-l].

On a inséré dans le tableau suivant les limites des vitesses


que peuvent acquérir nos projectiles sphériques par leur chute dans
l'air.

Diamètre ites e dai


limi chute;
E -3 ï
Projectiles
2E = o » Projectiles •|U K ■I R, v"
l'air
a. « 3 .!= I CT s.
sphériques. « 1 •» sphériques S
> -S

1201 m:s 2001 m m:s


0^2695 72*48 211 0 , 3307 97 ^ 50 205
601 0, 1921 26,00 190 1201 0 , 2695 51,60 191
o 361 801
0 , 1693 17,73 182 eu 0,2413 37,38 184
00 301 rs
0, 1590 14,94 178 401 0, 1921 18,43 169
tu - ai •
24> 0, 1490 12,08 175 201 0 , 1490 8,93 157
s
o 181 0,1337 8,72 168 O 10' 0,1185 4,50 145
P3
121 0, 1185 6,06 161
61 0 , 0921 2,87 14S
— 59 —

37. Durée. Le temps que met le projectile à parcourir le trajet


du point où 6= 9 et v= V, jusqu'au point où l'angle d'inclinaison
est 0 et la vitesse v est déterminé par l'équation (5), n° 36

où K' est une certaine valeur finie, moyenne entre toutes celles que
prend la vitesse v dans les limites de l'intégration.
Pour trouver le temps que met le projectile à parcourir le trajet
du point de départ jusqu'au point où la vitesse atteint sa valeur mi-
nima, il faut déterminer la valeur de l'angle 0' qui correspond à la
vitesse minima v.
L'intégration de l'équation différentielle (6), n° 32

àvi _ Vif (v)


de cos e

donnant v en fonction de 0, on pourra à l'aide de l'équation

%= — 9 [/(») -*-sin<?] = o

trouver la valeur de 0 qui correspond à la vitesse minima v.


Ou peut intégrer l'équation différentielle (6) n° 100, quand la
résistance de l'air est exprimée par un terme proportionnel à une
puissance quelconque de la vitesse. Admettons

et supposons n un nombre entier.


Posant
P

nous aurons
— 60 —

Mettant cette expression dans l'équation (6), n° 32, et intégrant


de F jusqu'à v et de 9 jusqu'à 6, on a
vn 1

H nVn cos" 9 .+
"" e

dans le cas de n pair
e
r de sine r l n— 1 1 n— 3 1
Jcos"-H^ n |_cos" e ~*~ n — 2 " cosn—2 6 ~*~ n — 4 ' cosn~* e ' ' ' '
o
3.5. ..(n— 1) 1 "1 1.3. ..(»—!), , /it 0\

et dans le cas de n impair


e
f de — sin e f 1 n— 1 1 _ n—3 1
J cos""*-1 e n Lcos" e ' iT^2 ' cosn—2e n — 4 - cos"-«e
o
2.4. . . (n-1) 1 -1
-*~ 1.3.. . (»—2) ' cosej •

Mettant la valeur trouvée de ^ au lieu de f (v) dans l'équation

f (v)-t- sm0 = 0,
on obtient
f de l fcn
Jccs""*"1© nsinecosn6 nFncosn9'
6
ou, dans le cas de n pair
n—3 sin2 6
nsine L V n — 2 " Sltl / cos"—2 6 n -^4 ' cos"—*0

3.5. ..(»-1) sin2e-] L _ 1' ^...(n-l),^


••!»-»; lop- ^"S^~1"*) ^ kn
2.4. . . (n—2) " cos2e_, 2.4... n ° , /tc e;\ nF"cosn9
tang(J-+-f)

sinp f_i_ »— l 1 3.5... (n-1) 1 ~[


n Lcos^ip "*" n — 2' cosn_ 29 o.4...(n—2)' cos29J'
— 61 —

et dans
î-rRl-^nn'^
le cas de n impair
n—3 sin2 9
n sin 0 \_\ n—2 / cos""~2 e n — 4 ' cosn—4 e
2.4. . . (n— 1) sin2 9"]
1.3. . . (n-2)" cos 0 J
V sin 9j~ 1 n-1 1 2.4. ■ .(»—!) 1 ~j
nl'ncosn9 n |_cosn9 «—2"cosn — 29 *"* 1.3. ..[n—2)'cos!?J'

Les deux dernières équations ne peuvent être autrement satis


faites que par une valeur négative de O; et l'on devait s'y attendre,
car on sait que le point où la vitesse atteint son minimum est situé
dans la branche descendante de la trajectoire. En changeant donc
0 en — 0 dans le premier membre de chacune de ces deux équations et
puis en posant O — o et 0= |on voit que, dans le premier cas, le pre
mier membre de chacune de ces équations se réduit à -t-ooet dans le
second cas à — oo, de manière que l'angle qui satisfait à ces équa
tions et qui correspond à la vitesse minima est nécessairement plus
grand que — |, toutes les fois que l'angle de projection est plus petit

que | et est plus grand que — .


Le temps qui est nécessaire pour que la vitesse devienne un
minimum est toujours fini. En effet, l'angle d'inclinaison — O' qui
correspond au minimum de la vitesse étant toujours plus grand que— | ,
l'équation (5), n° 36 fait voir que le temps nécessaire, pour que la
vitesse devienne un minimum, est toujours fini.
Le temps nécessaire pour que la vitesse atteigne une valeur
constante, est infini. En effet, la vitesse atteint une valeur constante,
quand O — — ^, et dans ce cas l'équation (5), n° 36 fait voir que
le temps est infini.
38. Longueur de Varc. La longueur de l'arc qui correspond à
la vitesse minima v s'obtient (éq. 8, n° 32) de l'expression

}2de tai,s(ï-*-|)

tang(^-Hf)
— G2 —

où K" est une certaine valeur finie moyenne entre toutes celles que
tang(|-*-|)
prend v2 dans les limites de l'intégration, et le log ^ -7-

ayant une valeur finie, l'arc qui correspond à la vitesse rainima


est fini.
L'arc qui correspond à la vitesse limite v" est donné (éq. 8, n° 32)
par l'expression

~ I cos0 tang0

où K" est une certaine valeur finie moyenne entre toutes celles que
tang ( j -+- 1 )
prend v2 dans les limites de l'intégration , et le log Q
étant égal à 00, l'arc qui correspond à la vitesse limite est infini.
39. Asymptote de la branche descendante. On a vu (n° 36)
que la tangente extrême de la branche descendante est verticale; dé
montrons qu'elle est située à une distance finie du point de départ,
ou en d'autres termes que la branche descendante de la trajectoire a
une asymptote.
La distance au point de départ du point de l'intersection de la
tangente extrême avec l'abscisse des x est déterminée (éq. 9, 32)
par l'expression
-5 9
gx = — ^d0 = j v2d0
9 2

La valeur de v2 étant toujours finie entre les limites de l'intégra-

tion, ainsi que celle de l'intégrale dO = <?-+• |, la valeur de x


" TU
— ï
est finie. Donc la branche descendante a une asymptote verticale.


— 63 —

40. Rayon de courbure. On a pour l'expression du rayon de


courbure (éq. 2, n° 32)

ï = g cos 0 '

qui fait voir que le rayon de courbure va en diminuant jusqu'au


sommet de la trajectoire, c'est-à-dire tant que v et décroissent.

Au-delà du sommet v décroit encore,' mais cos 6 croit: on ne


peut donc à la simple inspection décider, si y continue de décr'oitre.
Pour le reconnaître prenons la première dérivée de y par rapport à 0
et examinons son signe. On a

dy 2v l dv r2 sin a
de g cos e do g cos2 ©

L'équation (6), n° 32 donne

dv 1 -,' , • ,~\
y-
de = cos
—-e v L / I v) -+- sin 0 J ;

en substituant cette valeur dans l'expression de ^, il vient

£4j^[*flf)-*-8«n<].

di
Cette expression t'ait voir qu'au-delà du sommet la dérivée^ est
positive et que par suite Y continue de décroître, mais seulement
jusqu'au point où 0 satisfait à l'équation

2/ (v) -+- 3 sin O = 0.

En ce point la seconde dérivée

est positive, et par suite le rayon de courbure atteint en ce point sa


valeur minima et va ensuite on croissant jusqu'à l'infini.
— 64 —

La valeur de ^ au point où le rayon de courbure est un mini


mum, par suite de la condition 2f {v) -+- 3 siu 0 = 0 , se réduit à

dv
de = — J vtang0.

L'angle 0 étant négatif dans la branche descendante, cette va


leur de î| est positive; donc au point où la courbure est raaxima,
v décroît avec 6, c'est-à-dire que la vitesse n'atteint pas encore son
minimum.
Par conséquent le point correspondant à la courbure maxinia est
plus voisin du sommet que le point où la vitesse est minima.
41. La vitesse et le rayon de courbure, pour des inclinaisons
de la trajectoire égales, mais de signes contraires, sont plus grands
dans la branche ascendante que dans la branche descendante. En
effet, l'équation (6), n° 32

fait voir que la vitesse horizontale v cos 0 diminue avec l'angle 0,


c'est-à-dire qu'elle va en diminuant du point de départ jusqu'au
point de chute; donc pour la même valeur de cos 6, la vitesse v est
plus grande dans la branche ascendante que dans la branche descen
dante.
On arrive à la même conclusion pour le rayon de courbure, en
examinant l'expression
»2 1
Y = (jf " cos 0 "

42. TJangle de chute Ox sur un terrain situé au même niveau


que la bouche à feu est plus grand que Vangle de projection cp.
Prenons la valeur de y donnée par l'équation (10), n° 32
e

9
L'ordonnée y étant égale à zéro au point de départ et au point
de chute, on a

-e,
o = j v2 teng 6 dO -+- j v2 tang 0 d0 ,
9 0
d'où
9 —«1
f v2t&ug 0d6= j" v2ta.ngOdO,
0 0

ou, en remarquant que l'angle 0 est négatif dans la branche descen-


-<>i
dante et mettant — 0 au lieu de 0 dans l'intégrale j" v2 tang 6dO

on aura

f v2tang 0dO — f v» tang 0 d<9.


0 0

La vitesse, pour des inclinaisons égales, mais de signes contrai


res, étant (n° 41) plus petite dans la branche descendante que dans
la branche ascendante, la fonction sous le signe de la seconde inté
grale est plus petite que celle sous le signe de la première intégrale;
pour que ces deux intégrales soient égales il faut que 0l soit plus
grand que ©. Donc l'angle de chute est plus grand que l'angle de
projection.
43. La vitesse au point de chute, celui-ci étant situé au même
niveau que la touche à feu, est plus petite que la vitesse au point
de départ. Si dans l'équation (1), n° 35

!* = -0[/>)-*-sin<?]

on met^ à la place de dt, et si l'on remarque que sin 6 .ds = dy,


V
on obtient
vdv = — gf(v) ds — gdy .
— 66 —

Intégrant à partir de v = V, s = o, y = o, on a
s
v2=V2—2g\f(v)ds—2gy.
o
En nommant V la vitesse de chute, s' la longueur de l'arc de
la trajectoire entre le point de départ et le point de chute, et remar
quant qu'au point de chute y — o, on aura

V'2 = V2—2g\f{v)ds,
o
d'où l'on voit que V < V.
Donc la vitesse au point de chute, celui-ci étant situé au même
niveau que la bouche à feu, est plus petite que la vitesse au point de
départ.
44. Vamplittide de la branche ascendante est plus grande que
celle de la branche descendante. On a

tang©1

Désignant par x la projection horizontale ou l'amplitude de la


branche ascendante, par x" celle de la branche descendante et par Y
la hauteur totale du jet, on obtient
r
dy
tang e
o
et
. Y
ii f dy r dy
X J tangô J tang© '
r o
ou, en remarquant que l'angle O est négatif dans la branche descen
dante et mettant — O à la place de O dans l'expression de x", on a
Y
J tange
— 67 —

Les angles 6 aux points qui se trouvent dans les mêmes plans
horizontaux étant (n° 43) plus grands dans la branche descendante
que dans la tranche ascendante, la quantité qui se trouve sous le
signe intégral dans l'expression de x" est plus petite que celle de
l'expression x'; or les limites des deux intégrales étant les mêmes et
la limite supérieure étant plus grande que l'inférieure, on voit que x"
est plus petit que x'.
Donc l'amplitude de la branche ascendante est plus grande que
celle de la branche descendante.

§ m.

INTÉGRATION DES ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES DU


MOUVEMENT.

45. Cas où il est facile <Fintégrer Véquation différentielle du


mouvement. Les expressions de la résistance qui ont pour base cer
taines hypothèses sur la théorie de la résistance ou les résultats des
expériences directes sur la résistance et qui permettent d'intégrer fa
cilement l'équation différentielle dn mouvement (6), n°32 — ces ex
pressions sont peu nombreuses. L'une d'elles, qui comprend le cas
le plus général, est la suivante

? = TC#2(À-Hp«;n).

Dans ce cas l'équation (6) n° 32 peut être facilement ramenée à


une équation différentielle linéaire du premier ordre.
On sait qu'on peut toujours négliger, dans l'expression de la ré
sistance de l'air, le terme indépendant de la vitesse; c'est pourquoi
nous allons nous occuper ici de l'intégration des équations différen
tielles du mouvement, en supposant la résistance exprimée par un seul
terme proportionnel à la nme puissance de la vitesse.

46. Intégration des équations différentielles du mouvement


5*
— 68 —

dans le cas où la résistance de Vair est exprimée par la for


mule
9 = &^TzR»vn *).

Posant

<A,tzR»' n
on a
p — / Kv) — fen Je» C0Sn9

et l'équation différentielle (6), n0' 32 se réduit à

dv1 1 „ ln-i-i

d'où l'on trouve en séparant les variables

dvi _ j_ de

Appelant 9 l'angle de projection, Vx la projection horizontale


Fcos9de la vitesse initiale, et intégrant entre les limites des^àFj
et de 6 à 9, on a
F,
t>,=
nF^ de n
1 kn cos"-*"^

*) On a construit sur les figures 7 et 8 les valeurs de p' correspondantes à di


verses vitesses, déduites des résultats des expériences sur la résistance de l'air
au mouvement des projectiles, et on a inséré au n° 27 les expressions de p' qui
représentent ces résultats. En remarquant que

on voit qu'il faut prendre dans la formule

pour le coefficient J\o une valeur moyenne entre toutes celles que prend ^nP_2
dans les limites des vitesses qu'on a à considérer.
— 69 —

et
cos 9
v=
r r# n1 cos e '
-il '
1 , *> n
kn I cosn-*-»e

L'intégrale qui se trouve au dénominateur s'exprime en termes


finis, et par suite la vitesse v s'exprime aussi en termes finis, toutes
les fois que n est un nombre entier.
Substituant la valeur trouvée de vï en fonction de 0 dans les
formules suivantes (n° 32)
de
ds = — -v' cosae '

dx = ■ 1 g de
g V 1 cos!e '
1 » sine de
dy=- . _
g y 1 » cos3e '
1 de
dt = g V,1 cos2 e '
on obtient les expressions
de
cos3 e
s—— a '
ml7 n de
1 ~f- kn
Jfc»1 j et)5
— «

cos2e
r „7 n de
11 ^
-H—1—
fc" —
cosn_K1e
ce
e

r<9 sin e de
cos3e
9 r «9 -1 2
i , "yi» de „
itn cos1*-*"1»
_ J _
de
cos2e
nVtn de „
1 cosn_Hle
e e <

Entre ces formules on obtient sous forme finie:


1° celle qui donne s, quand n == 2. Dans ce cas, en posant

do

on a
9
17
2^,

et

et 2° celle qui donne £, quand n = 1. Dans ce cas

d tang 8
1 tang 9 — Ç tang 0

et
* = îlog [l -+h ^l (tang 9 - tang <?)] .

Les expressions de x et de ?/ en fonction de 0 ne pouvant être ob


tenues sous forme finie dans aucun des cas particuliers, de manière
qu'il devient indispensable de calculer leurs valeurs approximative
ment; nous chercherons les expressions exactes de v, t, 6 et y en
fonction de x pour le cas de n = 1 , et pour les cas de n > 1 , où

*' f J» = i[S-;.?t»s(:4-f)]-«.^
— 71 —

l'on ne peut obtenir les expressions exactes de ces valeurs, ainsi que
pour les expressions de la résistance qui diffèrent des précédentes,
nous exposerons une méthode approximative d'intégration des équa
tions différentielles du mouvement. Quant aux formules de ce numéro,
nous en profiterons pour déduire les conditions de la similitude des
trajectoires décrites dans l'air par les projectiles sphériques qui n'ont
pas de rotation.

47. Conditions de la similitude des trajectoires décrites dans


Vair par les projectiles sphériques qui riont pas de mouvement de
rotation. Deux projectiles sphériques qui se meuvent sans rotation
dans l'air et éprouvent des résistances proportionnelles aux densités
de Fair, aux sections des grands cercles des projectiles et aux nmes

puissances de leurs vitesses, décrivent des trajectoires semblables:


1° si les deux projectiles sont tirés sous le même angle de projection,
et 2° si les vitesses des projectiles, aux points de départ, sont pro
portionnelles aux racines nmes dé leurs diamètres, aux racines nm6s de
leurs densités et inversement proportionnelles aux racines nmos des

densités de l'air dans lequel ils se meuvent.


Si ces conditions sont remplies, 1° les vitesses des projectiles
aux points homologues des deux trajectoires (c'est-à-dire aux points
où les angles d'inclinaison des deux trajectoires sont les mêmes) et
les durées que mettent les projectiles à atteindre ces points sont pro
portionnelles aux vitesses initiales des projectiles, et 2° les dimen
sions linéaires des deux trajectoires sont proportionnelles aux carrés
des vitesses initiales.
En effet, appelant R et K les rayons des projectiles, D et U
leurs densités, Il et II' les densités de l'air dans lequel se meuvent
les projectiles, F et V les vitesses initiales des projectiles, v et v' les
vitesses des projectiles aux points homologues, t et t' les durées que
mettent les projectiles à atteindre ces points, kn et k'n les coefficients

de la résistance, et posant
— 72 —

on a

fc'» o^Ttff2 ' g ff'n' _ ' ff2ir _ xpi


r~ p n,~ p — ^r3d ~ bb ~ 1^'
a,tzB? ' n jpn 22'11 n

et comme d'après les conditions de la similitude des trajectoires

w0.
on trouve

Jf» Xji ' Jfc» Jf» '


n
par suite les formules du numéro précédent donnent
»'
- = wn,

s x' y' g
sx y 0'
ce qu'il fallait démontrer.
48. Équations du mouvement dans Vhypothèse de la résistance
proportionnelle à la première puissance de la vitesse. Soit

p = <A>~izR2v.
Posant

c&TciP n '
on a

et en mettant cette valeur dans- l'équation (6), n° 32 on trouve

de , dvt
cos*a ê?'
Substituant cette expression dans l'équation (9), n° 32, et inté
grant entre les limites de o à x et de Vi à vlt on a

d'où l'on tire


(1) vx = Vx-{x
et

Mettant cette expression dans l'équation (9), n° 32, et intégrant


entre les limites de 9 à 0 et de o à a;, on trouve

(2) tang 0 = tang 9-+--^ — Jfc

1 ^-f*
0U

(3) tang 0 = tang <p ^

Mettant^ à la place de tang 6 dans l'équation (2) et intégrant


de o à y et de o à on a
(4) y = * (tang f - -h ï log ( 1 - ,

ou, en développant log ^ 1 — pr) en série, on trouve

(5) y=*tM«9— ^r— ië^î— ••••

La durée s'obtient en mettant dans l'expression

dt = ^

la valeur de v1 de l'équation (1) et en intégrant entre les limites


de o à t et de o à x; on trouve

(6) = ±log—5
p-
t
— 74

Les équations (5) et (3) fout voir que, pour les mêmes valeurs
de x, plus le coefficient | est grand, plus les valeurs de y et de tang 0
sont petites. Les angles 6 étant négatifs dans la branche descendante,
on voit que dans cette brandie, pour une même valeur de x, la valeur
absolue de 0 croît avec la valeur de ^.
49. Relation entre la résistance, les ordonnées et les angles
d'inclinaison, pour une même valeur de x, quelle que soit la loi de
la résistance. Pour appliquer les équations du mouvement déduites
dans l'hypothèse de la résistance proportionnelle à la première puis
sance de la vitesse au cas d'une loi quelconque de la résistance, il
faut égaler le coefficient constant ^ à une certaine valeur moyenne
(différente pour chacune des équations) entre toutes celles que prend
l'expression dans les limites de v = Vkv. La fonction f(v) croit

avec la résistance , ainsi que le rapport ^ (toutes les fois que le de

gré de f(v) surpasse le premier), et par suite croît aussi le coefficient


Donc, quelle que soit la loi de la résistance de l'air, à une plus grande
résistance correspond, pour une même valeur de l'abscisse x, une plus
petite ordonnée y et dans la brancheascendante un plus petit angle 0 ,
tandis que dans la branche descendante à une plus grande résistance
correspond un plus grand angle 0 (abstraction faite du signe).
50. Méthode d'approximation pour intégrer les équations diffé
rentielles du mouvement. Si dans l'équation différentielle (6), n°32

*i _ ftv\ _£l
de 1 v ' cos e 1

on peut substituer à la fonction f(v) cette autre fonction


/(oa-cos e) _ /(arQ
acos© acos©'
a étant une constante choisie convenablement, les variables peuvent être
immédiatement séparées, quelle que soit la forme de la fonction f(v).
On peut faire cette substitution sans grande erreur toutes les fois
que l'angle 0, dans toute l'étendue de la courbe que l'on considère,
varie dans des limites assez restreintes, pourvu qu'on prenne pour a
une valeur constante telle que le produit acos 6 diffère le moins
possible de l'unité pour toutes les valeurs qu'il acquiert entre 6 = 9
et 0.
Opérant cette substitution, on obtient l'équation

(1) Jfc a_te>

où les variables sont séparées.


En l'intégrant on a

(2) tang^tang9-af^^,
ar,

l'inclinaison de la trajectoire en fonction de la vitesse.

Substituant dans la formule (9), n° 32

, î , de
ax == g v,-
1 —ri
cos20

de
la valeur de—j-rde l'équation (1), il vient
' COS20
«F,
(3) - = J=W
ar

En effectuant l'intégration on aura l'expression de ax en fonction


de avl et de aVv et on en pourra tirer l'expression de avx et celle
de ;—T5 en fonction de ax et de aV,. Soit

(4) av, = 0{ax, a F,)

et

(5) {à^ = ^^ax'aV^'


Pour trouver l'équation de la trajectoire, prenons l'équation (9),
n° 32, qui donne
de d (ax)

et en substituant la valeur de de l'équation (4), on a

d6
^-e= — agty {as, a F,) d (a»).

En intégrant et remarquant qu'au point de départ 0 — 9 et x— 0,


on trouve
tue
(6) tang<?= tang9 — ag jty{ax, a.V^d{ax),
0
l'inclinaison de la trajectoire en fonction de x.
Mettant g| à la place de tang d dans la dernière équation et inté
grant en remarquant que pour x = o, y = o, on obtient
xx ax
(7) y = xtmgy — g j d(ax) f ty(ax, aVJdiax),
0 0
l'équation de la trajectoire.
Le temps se détermine en mettant dans la formule (7), n° 32 au
lieu de^j^ sa valeur de l'équation (1). On aura ainsi

(8) f = i[^ii
ttvl
la durée en fonction de la vitesse.
Pour avoir le temps en fonction de x, il faut substituer dans
l'expression trouvée de t, à la place de vt sa valeur de l'équation (4).
ou bien , après avoir mis dans l'expression de dt = ^ = à la
place de — sa valeur de l'équation (5), déterminer le temps d'après
la formule

(9) t= f V »!»(««, aFj) d{ax).


5 1 . Application au cas où la résistance est exprimée par un
binôme dont le premier terme est proportionnel au carré de la vi
tesse et le second à la quatrième puissance de la vitesse. Dans ce cas

Posant
p n.

on a

et

L'équation (2), n° 50 devient


«F,
tang 0 = tang 9 — 2o^c I =^2ii

M,
et remarquant que

1 1 l J_ J_ avl
iaViy [i+w]" * ' -, - ' 1 + tap. '

on obtient

l'inclinaison de la trajection en fonction de la vitesse.


L'équation (3), n° 50 devient

Otî!.
et remarquant que

on obtient

l'abscisse x en fonction de la vitesse,


et cette équation donne
v - Fl

la vitesse en fonction de l'abscisse x.

Par suite l'équation (5), n° 50 devient

+ M = ^[(l^)e*-i£2],

et en mettant cette expression dans les équations (6) et (7), n° 50,


on obtient

et

y=,tangT-^,[5(l^)(^_?_l)_.^)],

e c—1 («Fi)2
tang<9 = tang9— f* ou;
i1

l'inclinaison de la trajectoire en fonction de x ,


— 79 —

et

1 OLX

l'équation de l'arc de la trajectoire que l'on considère.


L'équation (8), nD 50 devient

d (ao,)
t = 2c'

et remarquant que

(,">i)2 '
r2
on a

« = 2c - (ïfe - i? (arc tans ^ - arc tan? T1) ]

OU

-— 1 — (arc tang — arc tang ^ j


;— Vl- ■xx
2c

et en se rappelant que

v, =

on obtient

r
arctg— arctg
r2 r
V( r2 r -
t=lY
2c
le temps en fonction de x.
— 80 —

Posant
s — c » ro — r2 '

®(*,F02) = (l-+-F02)F(*)-F0»,

*?) = V(i-*-r')(?—r0;

■V (*, F02) - 1 - V0 (arc tang F0-arc tang—^


on réduit les formules obtenues aux suivantes:
L'équation de la partie de la trajectoire que l'on considère

(1) y=*tang9 — jfe9(i, F02).

L'inclinaison de la trajectoire en fonction de x

(2) tang 6 = tang 9 — & S (*, F02).

L'abscisse a; en fonction de la vitesse

(3) 35= --i-^- • Loff


a Loge—* V*{l + &P)

La vitesse en fonction de a:

(4) v=—v- "ÎS2.


v ' t?(*,F08) costf

La durée en fonction de £

(5) ; = ^S(*,F02).

L'inclinaison de la trajectoire en fonction de la vitesse

(6) . tang 0 -tag t_i. • i^-Log^^.


— 81 —

52. Application au cas où la résistance est exprimée par un


terme proportionnel au carré de la vitesse. Dans ce cas

Posant
_ P n,
° 2<A,izR2g ' n '
on a

et

Procédant comme on l'a fait au n° 51 et posant


otx
c

on trouve:
L'équation de la partie de la trajectoire que l'on considère

(1) y = *teng9— £pF(*).

L'inclinaison de la trajectoire en fonction de x

(2) tang 0 = tang 9 — Ç-» F, (*).

L'abscisse a; en fonction de la vitesse

(3)
s ' x^-^—Ue^.
a Loge ° »,

La vitesse en fonction de x
fA\ F C08(p
»
e
La durée en fonction de x

(5)
6
L'inclinaison de la trajectoire en fonction de la vitesse

tangtf = tang9—

Oji peut obtenir les formules de ce numéro directement de celles


du n° 51 en y posant r = 00.
53. Application au cas où la résistance est exprimée par un
ternie proportionnel à la sixième puissance de la vitesse. Dans ce cas

En posant
n
2AizB?g n,'
on obtient

et

Procédant comme on l'a fait au n° 5 1 et posant

J6 '

(1 +

D(«) = (i-4-*)*,

on trouve:
L'équation de la partie de la trajectoire que l'on considère

(!)•-. y — fctang 9 — |J (*).


— 83 —

L'inclinaison de la trajectoire en fonction de x

(2) tang0 = tang9 —

L'abscisse x en fonction de la vitesse

w — ^?(5f.-»)

La vitesse en fonction de x

U) F cos9

La durée en fonction de x

(5) t=^{z).

L'inclinaisson de la trajectoire en fonction de la vitesse

(6) . . . .teng^teng9— Jg-,(l_|£).

54. Application an cas où la résistance est exprimée par un


terme proportionnel au cube de la vitesse. Dans ce cas

Posant
. p_ n, •

on obtient ^

Procédant comme on l'a fait au n° 51, on trouve :


L'équation de la partie de la trajectoire que l'on considère

(1). . . .y = * tang9— |_1 -h i 2'7 (-^j J.


L'inclinaison de la trajectoire en fonction de x

(2) . . tang 6 = tang <p - ff2 [l ' • *p - A )2] .

L'abscisse a; en fonction de la vitesse

(S)--.: *=JS(£-i)-

La vitesse en fonction de x
V cos 9
(4) «" , j ot^o; cos 9"
1 +î

La durée en fonction de a;

(5) -,-1.^].

L'inclinaison de la trajectoire en fonction de la vitesse

(6) tang 0 = tang 9 -gfe (l- £,) •

55. Application au cas où la résistance est exprimée par un


terme proportionnel à la quatrième puissance de la vitesse. Dans
ce cas

Posant
• . p n,
c 2«A,tc^' n '

on obtient

et

Procédant comme on l'a fait au n° 51, on trouve


L'équation de la partie de la trajectoire que l'on considère

(1) y=*tang9-^[l^i^].
— 85 —

L'inclinaison de la trajectoire en fonction de x

(2) tang* = tang9-^[l^^].

L'abscisse x en fonction de la vitesse

P» — W7(?-0-

La vitesse en fonction de x

(4) v—— V -cos9


a?V.*x coae
1 -* c3j—

La durée en fonction de x

L'inclinaison de la trajectoire en fonction de la vitesse


(6) -W * = tans 9 - ^ ( 1 - •£) .

56. Relation entre les fonctions par lesquelles Its équations


du mouvement dans Vair diffèrent de celles du mouvement dans
le vide. Comparant les équations du mouvement trouvées dans les
n" 51, 52, 53, 54 et 55 pour différentes expressions de la résistance
de l'air avec les équations du mouvement dans le vide, on voit qu'elles
différent de celles du mouvement dans le vide par de certaines fonc
tions qui y entrent comme facteurs.
Toutes les trois fonctions

e\Fi(z),F(z),

qui entrent dans les équations du mouvement dans le cas où la ré


sistance est exprimée per un monôme proportionnel au carré de la vi
tesse, se réduisent à l'unité pour z — o, et croissent avec z. Pour
une même valeur de z > o , on a F(z) < Fl (z) < e".
— 86 —

Toutes les quatre fonctions

9(*, V»), S(z, F02), v<*,r»), % (*, F02),

qui entrent dans les équations du mouvement dans le cas où la ré


sistance est exprimée par un binôme dont le premier terme est pro
portionnel au carré de la vitesse et le second à la quatrième puissance
de la vitesse, se réduisent à l'unité pour^=o, et croissent avec z et V02.

Pour F02=o, on a 9 (z, F02) = F(z), 5 {z, F02) = Fx (z), V (z, F02)=
S (z> JV) == -^î (§)• Pour les mêmes valeurs de * et de 702 on a
9 {z, F02) < 3 (z, F02) et S (*, F03) < -y F02).
Toutes les quatre fonctions

j (*),*(*), &(*), «(*),


qui entrent dans les équations du mouvement dans le cas où la ré
sistance est exprimée par un monôme proportionnel à la sixième puis
sance de la vitesse, se réduisent à l'unité par z — O, et croissent
avec 2. Pour une même valeur de z, on a p (z) < 3 {z) et (Ê (z) < t) (z).
La même relation existe entre les fonctions qui entrent daus les
équations du mouvement dans le cas où la résistance est exprimée
par un monôme proportionnel au cube de la vitesse et dans celui où
la résistance est exprimée par un monôme proportionnel à la quatrième
puissance de la vitesse.
57. Table des fondions e1, F^z), F(«), #(*), 3 (*), D (z), « (e).
Ces tables sont insérées dans l'annexe sous lés n* III, IV, V, XII,
XIII, XIV. Elles sont à un seul argument z, et donnent les valeurs
des fonctions avec quatre décimales pour des valeurs équidistantes
de z. Elles s'étendent de z — 0 jusqu'à z = 3 pour e*, de z=0
jusqu'à z = 2,4. pour F, (z) et F(z), et de z= 0 jusqu'à 1,8 pour
Ç) (2), 3 (z), 0 (^) et (E (z). La différence constante entre les valeurs
de z est de 0,01. A côté des valeurs des fonctions, on a inscrit les
différences entre leurs deux valeurs consécutives. Les différences se
condes de toutes ces fonctions ne surpassant pas huit unités du der
nier ordre, ou peut calculer les valeurs de ces fonctions avec quatre
— 87 —

décimales pour les valeurs intermédiaires de z qui ne se trouvent


pas dans les tables au moyen de parties proportionnelles sur les diffé
rences premières sans recourir aux différences secondes *).
Exemple. Calculer F (0,3165). On trouve dans la table que
^(0,31)= 1,1 1 19, et que la différence entre F (0,31) et F (0,32)
est 0,0039. Donc

F (0,3165)= 1,1119 -h -2g. 0,0039= 1,1144.

58. Tables des fonctions 9(z, F02) et 3 (z, F02). Ces tables sont
insérées dans l'annexe sous les n* VI et VIL Elles sont à deux ar
guments z et V02 et par suite à deux entrées et donnent les valeurs
des fonctions à quatre décimales pour les valeurs équidistantes de z,
depuis z = 0 jusqu-à z= 1,6S, et pour les valeurs équidistantes
de F02, depuis F02 = 0 jusqu'à F02 = 4,2. La différence constante
entre les valeurs de z est de 0,02, et la différence constante entre
les valeurs de F02 est de 0,1. Sous l'indication àx on a inscrit les
différences entre les valeurs voisines de la fonction, relatives à la
même valeur de F02 et correspondant à un accroissement de 0,02
dans la valeur de z. La différence A„ entre les valeurs de la fonction,
relative à la même valeur de z et correspondant à un accroissement
de 0,1 dans la valeur de V02, — cette différence At, est constante et

*) Si m0, m, , ?/, sont les valeurs de la fonction «, correspondantes aux


valeurs équidistantes a;0, a;,, x2,... de la variable indépendante x, et si la diffé
rence constante entre les valeurs de x0, xlt x2:... est h, on a, en tenant compte
des différences secondes, la formule d'interpolation suivante

« = «0-+- -TT^'o h- l1 1t) TT -


Le maximum de la correction
x — x0 I , x — *0\ A2M0
h \ h ) 1.2 '
due à la différence seconde a lieu pour X ^ *° = ^ et alors la correction se ré

duit à { de la valeur numérique de A*»,,. Donc, toutes les fois que la différence
seconde est moindre que huit unités du dernier ordre, on commettra, en la négli
geant, une erreur moindre qu'une unité du dernier ordre.
— 88 —

est inscrite au pied de chaque colonne. En calculant les valeurs des


fonctions à quatre décimales pour les valeurs intermédiaires de
z et de V02 qui ne se trouvent pas dans les tables, il faut avoir re
cours aux différences secondes.
En appelant

f (*0> 0> />!> Vo)> />2> Vo)>

f(z0> Vl)> f («Il vù>

les valeurs de la fonctiou f (z, v) correspondant aux valeurs

^0 ' ^0 ' *1 > ^0» "2 > "<>>


Z0> Vl> Z\1 Vl>

Zol

des variables indépendantes z et v, en représentant par h la différence


constante entre les valeurs de z0, zl, z2, . . . . et par k la différence
constante entre les valeurs de v0, vt, vtt. . . . et en désignant

\ f(*o . *>o) = f(*i > v0) — f(z0 , v0) ,

A, f(*i , Vn) = fih > %) — f(*i , *>o) »

*tf(za, Vi) = f(*i, vj — f(*., V,),

\ f(*o » ^o) = f(*o » O — A*o ,v0),

\f(zo> vi) = f(z0, v2) — f(z0, vj,

\f(zi, v,) = f(zl, Vl) — f(z„ v0),

A AA*o>*>o) = W(*o, = àsf(z0, v,)~ AJ(z0 , v0)

= \f(Zi,v0)—bvf(*0,v0)>
on a, en tenant compte des différences secondes, la formule d'inter
polation suivante

f(z,v) = f(z0, v0) h- • A, f(z0 , v0) -h ■ A„ f (z0 , t>J

^ ^ ^ A \ f(h ^o) - 1 (i ^o^o)

Exemple 1. Calculer la valeur de 9? (z, F02) à quatre décimales


pour * = 0,8257, F02= 0,3907.

Dans ce cas f(z0, v0) = <£ (0,82; 0,3)= 1,4420;

A = 0,02; A; = 0,1 ; z — z„ = 0,0057; » — v0 = 0,0907;

\/K ^ = 0,0133; à9f(*„ v0) = 0,0340;

Wf(zo, tg=0,0143— 0,0133=0,0350— 0,0340=0,0010;


As,/K 0=0,0135-0,0133 = 0,0002; »0) = 0;

« (*, F0») = 1 ,4420 -h ^ . 0,01 33 -h ■ 0,0340

0,0057 • 0,0907
Ô^2ÔÔ nnnin
0,1000 ■ 0,001 0 - 1, • ^Ô
0,0057 • (/.1 - ô^ôp)
0,0057\ • n nnno
0,0002

= 1,4769.

Pour la facilité des opérations numériques on disposera les cal


culs de la manière suivante
«(0,82; 0,3) = 1,4420
7 133 =38
200
907
~
1000 340 = 308
57 £1.10 = 3
200 1000
— 1 1! Cl— M\ 0_ i 57 i« 9 __ n
S 200 \ 200/ ? 200 200 ' -1
«(0,8257; 0,3907) ~ = 1,4769.
— 90 —

L'emploi de la règle à ealcul pour calculer les parties propor


tionnelles abrège beaucoup les opérations.
Il suffit dans les cas ordinaires de se borner aux valeurs des
fonctions à trois décimales, et alors il ne faut pas tenir compte des
différences secondes.
Comme exemple, calculons la valeur de 9? (z, F02) à trois décimales
pour z = 0,8257 et F,2 = 0,3907.
On trouve dans la table pour .2 = 0,82 et Fo2=0,3 la fonction
<£(z, Vi)= 1,442 et les différences A, = 13,3 et A,. = 34,0.
Donc:
£(0,82; 0,3) =1,442

K-13,3 = 4
^•34,0 = 31
aj(0,8257; 0,3907) = 1,477.

Exemple 2. Calculer la valeur de 3(z, F02) à quatre décimales


pour g = 0,8257 et F02 = 0,3907.
Dans ce cas f(*0, v0) — 3 (0,82; 0,3) = 1,7142; /* = 0,02;
k = Ofl; z—z0 = 0,0057; v—vo = 0,0907; bef(z0,v0)= 0,0230;
A„/>0, v0) = 0,0549; A, Av f(z0, v0) = 0,0248 — 0,0230
= 0,0567 — 0,0549 = 0,0018; A2*/1^, 0 = 0,0234— 0,0230
= 0,0004; tfgf(z0,v0) = 0.

3(0,82:0,3) =1,7142
1-230 = 66
^•549 = 498
57 ' 1000
200 907 " 11 °Q __ -.
2I. 200
-BT-M
V 1 — 200/
A7\.4T— 2i. 200
AL. 200
lé?. *
4. o
v
3(0,8257; 0,3907)= 1,7711.

Calculons la valeur de 5(z, F02) à trois décimales pour * = 0,8257


et F02 = 0.3907.
On trouve dans la table pour #=0,82 et F02 = 0,3 la fonction
— 91 —
9
3(z, V*)— 1,714 et les différences Ag = 23,0 et At.= 54,9.
Donc:
3(0,82; 03)= 1,714
1-23,0 = 7
^54,9
KKIU = 50
3(0,8257; 0,3907) = 1,771.

59. Tables des fonctions X) (z, V2) et S (z, V02). Ces tables
sont insérées dans l'annexe sous les n03 VIII et IX. Elles sont à
deux arguments z et V2 et par suite à deux entrées, et donnent les
valeurs des fonctions à trois décimales pour les valeurs équidistantes
de z, depuis 0, jusqu'à z — 1,68, et pour les valeurs équidis
tantes de F02, depuis F0» = 0, jusqu'à F02 = 4,2. La différence
constante entre les valeurs de z est de 0,02, et la différence constante
entre les valeurs de V2 est de 0,1. Sous l'indication A* on a inscrit
les différences entre les valeurs voisines de la fonction, relatives à la
même valeur de V2 et correspondant à un accroissement de 0,02
dans la valeur de z; sous l'indication A„ on a inscrit les différences
entre les valeurs voisines de la fonction, relatives à la même valeur
de z et correspondant à un accroissement de 0,1 dans les valeurs de
V02. En calculant les valeurs des fonctions à trois décimales pour
des valeurs intermédiaires de z et de V2 il ne faut pas tenir compte
des différences secondes.
Exemple 1. Calculer la valeur de V/(z, V2) pour z = 0,8257
et V2 = 0,3907.
On trouve dans la table pour z = 0,82 et V2 = 0,3 la fonction
T>(z, V0»)= 1,628 et les différences A* = 18 et A„ = 39. Donc:

1?(0,82; 0,3)= 1,628


1S = o
hsô'39 = 35
t?(0,8257; 0,3907) = 1,668.

Exemple 2. Calculer la valeur de %(z, V2) pour z= 0,8257


et F0» = 0,3907.
On trouve dans la table pour z — 0,82 et F02 = 0,3 la fonction
&(Z, V2) = 1,297 et les différences A* = 8 et A„ = 19. Donc:

E(0,82; 03)= 1,297


r»7 e 9

S(0,8257; 0,3907) = 1,316.

60. Tables des fonctions z.<8(z, V2) et z.S(z. F0£). Il arrive


dans la solution des problèmes de tir de chercher la valeur de z,
lorsqu'on connaît la valeur de V02 et celle du produit z.^iz, V2) ou
bien celle du produit z.3(z, V2). Ou a calculé dans ce but les tables
des fonctions z.^(*, V2) et z .3(z, V2) insérées dans l'annexe sous
les n" X et XI. Elles sont à deux arguments z et V2 et par suite à
deux entrées, et donnent les valeurs des fonctions à quatre décimales
pour les valeurs équidistantes de z, depuis 2 = 0, jusqu'à z= 1,68,
et pour les valeurs équidistantes de V2, depuis V2 = 0, jusqu'à
F02 = 4,2. La différence constante entre les valeurs de z est de
0,02, et la différence constante entre les valeurs de V2 est de 0,1.
Sous l'indication A^ on a inscrit les différences entre les valeurs
voisines de la fonction, relatives à la même valeur de V2 et corres
pondant à un accroissement de 0,02 dans la valeur de z. La diffé
rence A„ entre les valeurs de la fonction, relative à la même valeur
de z et correspondant à un accroissement de 0,1 dans la valeur de
V2, — cette différence A„ est constante et est inscrite au pied de
chaque colonne.
Connaissant V2, on cherchera dans la ligne horizontale qui s'y
rapporte la valeur connue de la fonction z.^(z, V2), ou bien celle de
la fonction z 3 (z, V2), et on trouvera en tête la valeur cherchée de z.
Ainsi pour F02 = 0,3 et z<Si(z, V0') == 1,1824 on trouvera que
1,1824 étant dans la colonne z = 0,82, la valeur cherchée est
z = 0,82.
On trouvera la valeur de z à quatre décimales pour des valeurs
connues, intermédiaires de F02et de z.(S(z,V2), ou bien de z3(z,V0»)
— 93 —

qui ne se trouvent pas dans les tables, en interpolant et tenant compte


des différences secondes.
La formule de l'interpolation insérée au n° 58 donne

• A, f(»0, v0) = f(z, v) - f(z0, v0) - Ï^Sb . A. f(z0, v0)

Calculant d'abord la valeur de e~£-Azf(z0, v0) en négligeant

les termes à différences secondes, c'est-à-dire en se bornant aux trois


premiers termes du second membre de l'équation, on trouvera la va
leur approchée de et en la substituant dans le quatrième et le
cinquième termes du second membre de l'équation, on trouvera la
valeur de ^^a.AI/*(^0, v0) avec la précision désirée et on en tirera

la valeur cherchée de z.
Exemple 1. Trouver la valeur de z à quatre décimales pour
V» = 03907 et *.#(z, F02) = 1,2195.
Dans ce cas f(z, v)r=z.<£ (z, F0»)= 1,2195; v0 = 0,3;
f(z0, v0)= 1,1824 = 0,82. #(0,82; 0,3); *0 = 0,82; A = 0,02;
k = 0,1 ; v — v0 = 0,0907 ; A, f (z0 , v0) = 0,0401 ;
\f(z0, 0= 0,0279; A; Av f (z0, v0) = 0,0416 - 0,0401
= 0,0294-0,0279=0,0015; A/ f(z0, v0)=0,0407—0,0401
= 0,0006; AoV(*0 , v0) = 0, et l'on a

z<£(z, F02)= 1,2195


- 0,82.^(0,82 ; 0,3)= — 1,1824

la valeur approchée de e~g°Axf(z0, v0) = -+- 0,01 18;

la valeur approchée de '.J=^ — pp^f '_>


— 94 —

la valeur approchée de * h *° A4 f(z0 , v0) = -+- 0,01 1 8


118 .- .
401 ' îôoo ' 1 0 *

, 118/,
Ï0Ï \X 118\ ' Dft __
401/ — , " 401
118 ' 401
283 ' Dç, — "*" n
u

'-^A,/>0, ^ = -+-0,0114;

z = z0 h- g? . 0,01 14 = 0,82 -*- 0,0057 = 0,8257 .

Il suffit dans les cas ordinaires de se borner aux valeurs de z à


trois décimales, et alors il ne faut pas tenir compte des différences
secondes.
Comme exemple, calculons la valeur de z à,trois décimales pour
F0» = 0,3907 et z 9? (z, V»)= 1,220.
On voit dans la table que dans la ligne horizontale V0S = 0,3
la valeur la plus voisine de z^(z, F02)= 1,220, mais plus
petite, est 1,182 et qu'elle est dans la colonne z = 0,82. Les diffé
rences qui correspondent à la valeur de 1,182 sont AI = 40,1 et
Av = 27,9. On aura

z<£(z,V') = 1,220
— 0,82. 9? (0,82; 0,3) = — 1,182
!'"7 27,9 . =— 25
1000
^,= + 0,013;

« = «0-HgJ. 0,013 = 0,82 -+- 0,006 = 0,826 .

Exemple 2. Trouver la valeur de z à quatre décimales pour


F09= 0,3907 et z 3 (z, V02)= 1,4624.
Dans ce cas f(z, v) = z 3 (z, V2) = 1,4624; v0= 0,3;
f(z0, v0)= 1,4056 = 0,82.3(0,82; 0,3); *0 = 0,82; A=0,02;
h = 0,1 ; v — v0 = 0,0907 ; A, f(z0 , v0) = 0,0537 ; A, f(z0 , v0)
= 0,0450; A, Avf(z0, v0) = 0,0562 — 0,0537 = 0,0025 ;
— 95 —

à',f(z0, 0 = 0,0548 - 0,0537 = 0,0011 ; à\f(z0, v0)=0,


et l'on a

z3(z, F02) = 1,4624


— 0,82 .3(0,82 ; 0,3) = — 1,4056

-S-450 =- ***
la valeur approchée de * ~ *° Az f(z0, v0) = -+- 0,0160;

la valeur approchée =

la valeur approchée de ^—& Az f(z0 , v0) — -+- 0,01 60

__160 9oj_ 9- _ _
537 1000 " 0 *

^ 537V1 537 y Il
"~ . î'537
1 160 '537'
377 U~+
., _ 1

'?^^o.«o) = + 0,0154;

i = «o ■ 0,0154 = 0,82 -+- 0,0057 = 0,8257.

Calculons la valeur de z à trois décimales pour F02 = 0,3907


et z3(z, F02)= 1,462.
On voit dans la table que dans la ligne horizontale F02 = 0,3
la valeur la plus voisine de z 3 (z, VJ) = 1,462, mais plus petite,
est 1 ,406 et qu'elle est dans la colonne z=0,S2. Les différences qui
correspondent à la valeur de 1,406 sont Af = 5,37 et Av = 45,0.
On aura

z3(z, V02)= 1,462


— 0,82.3(0,82; 0,3) = — 1,406
11 7 . 45,0 =— 41
1000
g — z.
^Aî = h-0,015;

z ~ eo -*• T7 ■ °»01 5 = 0,82 -h 0,006 = 0,826.


— 96 —

6 1 . Détermination de la valeur de la constante a. Pour in


tégrer, par approximation, les équations différentielles du mouvement,
quelle que soit l'expression de la résistance, on substitue (n° 118)
à la fonction f (v), qui exprime le rapport de la résistance au poids
du projectile, cette autre fonction
/ (a v cos e)
a cos 0 '

où la constante a doit être choisie de manière que le produit a cos 0


s'éloigne le moins possible de l'unité pour toutes les valeurs qu'il
acquiert entre 6 = 9 et 6. Par conséquent a doit être égale à une
certaine valeur moyenne entre toutes celles que prend = ? dans
les mêmes limites.
Le général Didion, qui se sert de la constante a pour intégrer,
par approximation, les équations différentielles du mouvement, prend
pour la valeur de a le rapport de l'arc de la parabole compris entre
les limites 9 et 0 à sa projection horizontale. On a pour la parabole
(éq. 1, n° 37) vx = V1 et par suite les équations (8) et (9), n° 32
deviennent

s = II2 Ij^ et X=VA de


g J cos3 6 g J cos2 e '
e e
de manière que

r de *)
Jcos3 6
e
a=Z '
r de
Jcos2e
e
*) On peut faire voir facilement que la valeur de a ainsi déterminée est une cer
taine valeur moyenne des différentes valeurs de —rrr entre les limites e — <o et e.
On sait en effet que la fraction
a + a' + a"+. . . .
— 97 —

ou, posant

et remarquant que
f
ïSë = bug 9 — teag0,

on a
a_ S (<?)-£«?)
tang 9 — tang e'
LTexpression g {6) feit voir que % (0) = 0, % (— =—
et comme on a tang 0 = 0 et tang (— 0) = — tang 0, on trouve :
entre les limites 9 et 6
g_ g (9) -6 (9)
tang 9 — tang 6) '
entre les limites 9 et 0, ainsi qu'entre les limites 9 et — 9
S(9)
tang v

a a a
est moindre que la plus grande des fractions jj > , > ... et est plus grande
. , , « + «' + a"+....
que la plus petite de ces fractions, de sorte que . ., yn est une cer-

taine valeur moyenne entre les valeurs de


Donc la quantité
9
r de
Jcos' 1
a——
f d9
Jcos2©

est une certaine moyenne des différentes valeurs que


1
cos* e 1
1 cos»
côi^ë
acquiert entre les limites 9 et e.
— 98 —

entre les limites 9 et — 0

tang 9 -+- tang e '


entre les limites — 9 et — 6
tt_ g(e)-g(?)
tang e — tang 9 '
On a inséré dans la table I de l'annexe les valeurs numériques

62. Choix des points de division d'une trajectoire en plusieurs


parties. Si l'on examine la table des valeurs de a, on voit que quand
les angles sont petits, a dépasse l'unité de très peu. Ainsi, pour un
arc de 5° à 0 la quantité a dépasse l'unité de =f0 environ; pour un
arc de 10° à 0 la quantité a dépasse l'unité de ^0 environ; pour un
arc de 15° à 0 la quantité a dépasse l'unité de ^ environ. Par con
séquent lorsque le projectile est lancé avec une vitesse initiale telle que
la résistance de l'air entre les limites de cette vitesse et de la vitesse de
chute peut être exprimée par une seule formule, on peut ne pas dé
composer la trajectoire en parties, tant que les angles de projection
sont compris entre 0 et 15°, et on peut prendre pour a l'unité, quand
l'angle de projection ne dépasse pas 8°, et la valeur de quand
l'angle de projection est compris entre 8° et 15°.
La quantité a entre dans l'expression
f(av cos e)
a cos 6
qui est substituée à la fonction f(v). En égalant a à sa plus petite
valeur, l'unité, la fonction ^(""ocs°^e) sera moindre que la fonction f(v)

(toutes les fois que le degré de la fonction f(v) est plus grand que
l'unité), ou, ce qui est tout un, on prendra une valeur trop faible pour
la résistance de l'air; par suite on aura (n° 49) des valeurs trop
fortes pour les ordonnées y, et la trajectoire calculée passera au-dessus de
la trajectoire réelle. En égalant «àj^i^, on prendra une valeur trop
forte pour la résistance de l'air sur toute l'étendue de la trajectoire de
puis 0 = 9 jusqu'à 6 = — 9, et la trajectoire calculée passera au
— 99 —

dessous de la trajectoire réelle. On voit par là que pour avoir (dans


le cas où l'on ne divise pas la trajectoire en parties) les limites entre
lesquelles est comprise la portée réelle sur un terrain qui se trouve à
la même hauteur que la bouche à feu, il faut poser a = 1 pour obte
nir la limite supérieure et a = pour obtenir la limite inférieure.
Si l'on divise la trajectoire en parties, il faut prendre, comme on
sait, a= E (9) — g W . pour avojr une erreurs que l'on
' tang 9 — tang 6 *
commet en ce cas , comparons les valeurs de a aux valeurs extrêmes
de —g pour des arcs de différentes grandeurs et de différentes incli
naisons. Cette comparaison est établie dans le tableau suivant.

Tableau comparatif des valeurs de % et des valeurs ex


trêmes de —5— pour des arcs de différentes grandeurs et
cos e r
de différentes inclinaisons.
.1rsarcs
Rapport à a des Rapport à a des
1 1 différences entre ■°
is différences entre
mm 1 a et les valeurs a et les valeurs
Arcs. cos e 1 OC
ml||0 extrêmes de • 2a o. = extrêmes de
COS0 = "S COS0
m en moins en plus
en moins en plus .w
deg. deg.
60 2,0000 1,S699 Vu 60 1,3802 1/ 1/
55 1,7454 1,6485 55 1,2758
50 1,5557 1,4837 r 50 1,2019 P
45 1,4142 1,3589 45 1,1478
degrés
310
degrés.
13 40 1,3054 & | i
1,2623 I24 40 1,1073
85 1,2208 1,1870 35 1,0760
30 1,1547 Vm y.i
1,1283 30 1,0531 Vu
25 1,1034 1.0831 M 25 1,0351
20 1,0641 Î {?
1,0491 20 1,0217 ,/2S /4«
15 1,0353 1,0247 > î" 15 1,0118
10 1,0154 "l0s
1,0090 VlU 10 1,0052 t
5 1.0038 1,0013 >. 5 1,0013 /7II
0 1,0000 .402 Vnt
2,0000 0 1,0000
60 1,7730 il
50 1.5557 ■7
40 1,3054 1.4270
30 1,1547 1,2269
20 1.0641 1,1066
10 1,0154 1,0372
0 1,0000 1,0051 fe.
60 2,0000 1,6973
45 1,4142 1,2772 Y;
30 1,1547 1,0887 l
15 1,0353 1,0118
0 1,0000
— 100 —

D'après l'inspection des nombres contenus dans le tableau, on


reconnaît que, pour des arcs d'un même nombre de degrés, la valeur
de a diffère d'autant moins des valeurs extrêmes que l'inclinaison au-
dessus de l'horizontale est plus petite. Par conséquent, pour que les
différences entre les valeurs de a et les valeurs extrêmes de -;a C0S ri
soient les mêmes pour les différentes parties de la trajectoire, les arcs
doivent avoir d'autant moins d'étendue que leurs inclinaisons sont plus
grandes; ainsi le rapport de la différence entre a et^-^à a est de^g
pour les arcs de 0° à 20°, de 20° à 30e, ou de 40° à 45°; ce rap
port est de T\ environ pour les arcs de 0° à 25°, de 15° à 30°,
de 30° à 40° ou de 50° à 55°; il est de ^ au plus pour les arcs
de 0° à 30°, de 30° à 45° ou de 55° à 60°; il est de J environ
pour l'arc de 0° à 45J. Ces quantités sont les différences les plus
grandes et elles se rapportent aux extrémités des arcs; mais comme
vers le milieu de chaque arc cette différence est nulle, il s'ensuit que
le rapport de la différence entre a et (^ à a n'est moyennement que
la moitié des fractions que nous avons indiquées. Si l'on remarque,
de plus, que dans la branche ascendante la valeur de a est à l'origine
des arcs que l'on considère inoindre et à la fin de ces arcs plus grande
que » on voit que dans la branche ascendante de la trajectoire on
prend à l'origine des arcs la résistance de l'air trop faible, et qu'à la fin
des arcs on la prend trep forte; dans la branche descendante la va
leur de a est au contraire à l'origine des arcs plus grande et à la
fin des arcs moindre que ~- , de sorte que dans la branche descen
dante on prend à l'origine des arcs une résistance trop forte et à la
fin des arcs une résistance trop faible; vers le milieu des arcs la va
leur de a est égale à ; il s'ensuit que sur toute l'étendue de l'arc
que l'on considère, si elle est convenablement choisie, les erreurs
partielles se compensent à peu de chose près.
Pour avoir les limites entre lesquelles est comprise la portée
réelle, il faut, pour obtenir la limite supérieure, prendre, à la place
— 101 —

de a, les valeurs de —- qui correspondent à la fin des arcs dans la

branche ascendante et les valeurs de qui correspondent au com


mencement des ares dans la branche descendante; pour obtenir la li
mite inférieure, il faut prendre, à la place de a, les valeurs de
1 • cos d
qui correspondent au commencement des arcs dans la branche ascen
dante et les valeurs de qui correspondent à la lin des arcs dans
la branche descendante.
Lorsque les vitesses initiales ne sont pas considérables et que
les projectiles sont de fort calibre et de grande densité, comme il
arrive ordinairement dans le tir courbe des mortiers,- l'influence de
la résistance de l'air est assez faible pour qu'on puisse, sous les
angles de projection 9 qui ne dépassent pas 45", calculer la trajec
toire sans la diviser en parties, en prenant pour a la valeur •

Dans le cas de 9 = 45°, a sera moindre que de T\ de sa va


leur au commencement et à la tin du trajet, et vers le sommet a sera
plus grand que = 1 d'environ de sa valeur; nioyennenient cette
différence sera d'environ fa de la valeur de a. La simplification ayant,
pour effet de rendre la résistance de l'air trop forte seulement vers
le sommet et trop faible au point de départ et vers le point de chute,
il en résultera une portée un peu plus grande que la portée réelle.
CHAPITRE III.

SOLUTION DES PROBLÈMES SUE LE TIR DES PROJEC


TILES SPHÉRIQUES QUI N'ONT PAS DE MOUVEMENT DE
ROTATION.

I. Tir courbe à fortes charges.

63. Calcul de la trajectoire par parties. Pour calculer la tra


jectoire d'un projectile tiré sous un grand angle de projection, avec
une forte vitesse initiale, il faut, comme on l'a vu, décomposer la
trajectoire en parties, et connaître l'angle de projection 9 et la vi
tesse initiale V dont est animé le projectile de diamètre et de poids
donnés.
On sait que la résistance de l'air au mouvement des projectiles
sphériques est exprimée, n° 28, pour des vitesses qui surpassent
376œ:s, par un monôme proportionnel à la seconde puissance de la
vitesse, et pour des vitesses au-dessous de 376m:s par un binôme dont
le premier terme est proportionnel au carré de la vitesse et le second
à la quatrième puissance de la vitesse.
Soit l'angle 9 = 30° et la vitesse initiale V surpassant 376m:\

1° On choisira le premier arc de la trajectoire (fig. 9) du point


de départ 0, où la vitesse initiale est V jusqu'au point m' où la vi
tesse est 376m:" et on le calculera dans l'hypothèse de la résistance
(n° 52)
— 103 —


c L_.5«

et, le mètre et le kilogramme étant pris pour unités (n° 28),


cA, = 0,061.
On déterminera d'abord la valeur approchée de l'angle d'incli
naison 9' de la trajectoire au point m', au moyen de la formule (6),
n° 52
tang 9' = tang 9 — \ ^ ( 1 — ^) ,

en posant a = Vl = Pcos 9 , F,' = V cos 9, et ayant cette va

leur approchée de 9', on obtiendra a de la formule (n° 01)


B_ SM-ë(9') .
tang 9 — tang 9'

On aura la valeur de 9' suffisamment précise, en mettant dans


l'expression précédente de tang 9' la valeur de a et en posant, dans
V[ = F' cos 9', pour 9 sa valeur approchée.
Connaissant la valeur de 9' et celle de a, on trouve:
L'abscisse xf du point m' au moyen de la formule (3), n° 52

1 2c 1 -r Fcos9
x — T - ESgl ' h0% v cos 9' '

L'ordonnée «/' du point m' au moyen de la formule (1), n° 52

y = *' tang 9 — 2frW * F (t ) •

La durée f' du trajet du projectile du point 0 au point m' au


moyen de la formule (5), n° 52

f=ïr4-*'i(£V
F cos 9 1 \ 2c /
Le rayon de courbure au point 0 et celui au point m' au moyen
de la formule (11), n° 32
— 104 —

2°. On calculera les arcs suivants de la trajectoire dans l'hypo


thèse de la résistance (n° 51)

È1- £!.

_ p n,
c — 2<A>rB20 " n

et, le mètre et le kilogramme étant pris pour unités (n° 28).


«Ai a 0,012; r= 186m:a.

Supposons que l'on veuille diviser la trajectoire du point m' jus


qu'au point de chute en quatre arcs. On choisira le premier m'm"
depuis l'angle d'inclinaison 9' qu'on vient d'obtenir, jusqu'à l'angle
9" = 20°, le second m'm'" de l'angle 9"=20° à l'angle 9"' =— 20°,
le troisième m'V de l'angle 9"'= — 20° à l'angle 9"= — 303
et le dernier mtrM dè l'angle 9" à l'angle de chute.

Pour calculer l'arc m m" on déterminera la valeur de a' au moyen


de la formule (n° 61)

g_ tang
6 (9')
9' -6 (20°)20°
— tang

On trouvera l'abscisse x" du point /n"au moyen de l'équation (2),


n0 51. En effet, en multipliant les deux membres de cette équation
par | et observant qu'on a désigné au n° 120 la valeur de — par z,
on aura

V\)= (tang 9' - tang 9") * • ■

Après avoir calculé la valeur numérique du second membre de


cette équation et celle de F02 = a'2 L-|gg? £ on trouvera la valeur de z

au moyen de la table des z.3 (z, V02), comme on l'a exposé au n° 60.
En multipliant e par on aura la valeur de l'abscisse cherchées".
On déterminera l'ordonnée y" du point m" au moyen de la for
mule (1), n° 51

y — X tanb ? 2V'2 cos2 f l e ' r2 /•

On obtiendra la vitesse V" au point m" au moyen de la formule


(4), nJ 51

COS (p
r/iV' a'2 F'2 cos2 9' \ cos9"
U[ c ' r2 ;

On aura la durée t" du trajet du projectile du point m' au point


m" au moyen de la formule (5), n° 51

/'' - p f a'2 F'2 cos2 9'\


— K' cos 9' \ c ' r2 j"

On aura le rayon de courbure au point m" par la formule (11),


n° 32
.y"=. y"2
</ cos 9

Pour déterminer l'arc mm, on prendra (nJ 61) a = tai^o6'

et pour déterminer l'arc m'" m"' on prendra a'" = tJff Ztang2o°'


et on calculera les deux arcs de la même manière que l'arc m'ni'.
On obtiendra ainsi pour le point m'" les valeurs x", y'", V", t'",
et pour le point m'y les valeurs x'y, — y'y, V'y, t'y, *(ly.

Pour calculer le dernier arc m'yM, depuis le point m'y jusqu'au


point M situé à la hauteur b au-dessus du point de départ, obser
vons que l'ordonnée — yr du point M, rapportée au point m'y comme
origine, est connue et qu'elle est

— y = — (y-*-y -*- y —y —h)-

En substituant dans l'équation (1) n° 51 à la place de y la va


leur connue — yy de l'ordonnée du point M, à la place de V la valeur
— 106 —

connue Vir de la vitesse au point m1 , à la place de 9 la valeur


connue — y'y de l'inclinaison de la trajectoire au même point, et en
tirant la valeur de l'abscisse x = af du point M, on aura

w_ F^siny V^/~. WW, F02)


X -2&(z, F02) ly F"2sinV

et l'angle de chute —y* au point M sera déterminé par (éq. 2,n°51)

-tang 9'■ tang^-^^gC, F02).

En posant d'abord £(*, F02) = 1 et 5(z, V02)= 1, l'avant-


dernière équation donnera une valeur approchée de x'' qui, substituée
dans la dernière équation, servira à trouver une valeur approchée
de — yy. D'après cette valeur de — yr, on déterminera a."" de la

formule (n° 61)

tang9'"— tang ç^'''


on calculera z = a * et on trouvera au moyen des tables de (z, F,,2)

et de 3(2, F02) les valeurs de ces fonctions, qui, substituées dans les
expressions trouvées de xy et de — tang 9', donneront des valeurs
suffisamment précises de xr et de — yr.

On aura la vitesse de chute au moyen de l'éq. (4), n° 51, la


durée t'p du trajet du projectile du point wi^au point M au moyen

de l'éq. (5), n° 51, et le rayon de courbure au point de chute au


moyen de l'équation (11), n° 32.
On aura la portée totale

1 = ;/ + / + /' + /+/,

et la durée totale
t=t'-*-t"-*-t'"-*-t""-*-ty.

Un projectile tiré avec une forte charge, sous un grand angle de


projection, s'élevant à une hauteur très considérable, il est utile,
— 107 —

dans .le calcul de sa trajectoire, de tenir approximativement compte


de la diminution de la densité de l'air avec l'accroissement de la
hauteur au-dessus du sol. En appelant II' la densité de l'air à la
surface de la terre et négligeant la variation de la pesanteur due à la
variation de la hauteur, la densité II de l'air à la hauteur y au-dessus
de la surface de la terre sera exprimée par

n = n'e *'

où h = 8000m, et le facteur ^ , qui entre dans les expressions des

coefficients c de la résistance, deviendra


I

Pour tenir approximativement compte, dans le calcul de la tra


jectoire, de la diminution de la densité de l'air due à la hauteur y,
il faut calculer les coefficients c pour chaque arc de la trajectoire en y
y
n k
introduisant le facteur -jj, e et en prenant pour y une valeur appro
chée de la hauteur moyenne du projectile au-dessus de la terre dans
toute l'étendue de l'arc que l'on considère.

64. Application au calcul de la trajectoire d'un boulet sphéri-


que tiré du canon de 24l , avec un vitesse initiale de 522m:*, sous
Vangle de projection de 30°. Les circonstances du tir sont les sui
vantes: le poids du projectile P= 12*21; son rayon R=0m0749,
sa vitesse initiale V= 522m:s, l'angle de projection 9 = 30°, l'ac
célération de la gravité g= 9°8192, la densité de l'air n' = nr
La trajectoire est divisée en douze arcs. Les résultats du calcul sont
compris dans le tableau ci-contre :
_ 108 —

Trajectoire d'un boulet sphérique tiré du canon de 24'


avec une vitesse initiale de 522U 5, sous l'angle de pro
jection de 303.

Projection de l'arc Coordonnées


a; du projectile
N© —io *Bc_ rapportées au
O~ poiut de départ
comme origine
X,. ty y. t.
ni: s 111 ,111 s
30° 522 , 0 324,7 184,3 0 ,848 0 0 0 32040 1,01
29° 3' 376 , 0 608 ,7 314,5 2,444 324,7 184,3 0,85 16470 1,03
25° 241 , 0 415,4 173,7 2,126 933,4 498.8 3,29 6523 1,08
20° 195 , 8 299,5 97,4 1 ,700 1348,8 672,5 5,41 4452 1,10
15° 172 , 9 328 , 8 67,8 2 ,062 1648,3 769,9 7,12 3151 1,11
8° 153 , 8 306,8 22,1 2 , 104 1976.6 837,7 9,18 2432 1,12
0° 141 , 0 329,4 — 28,4 2,435 2283,4 859,8 11,28 2025 1,12
-10° 132 , 4 301 , 9 — 81 ,0 2 ,407 2612,8 831,4 13,71 1812 1,11
-20° 129 , 1 296,8 — 139 ,6 2,576 2914,7 750,4 16,12 1807 1,10
-30° 129 , 9 301 , 0 —217 ,9 3 , 008 3211,5 610,8 18,70 1984 1,08
3512,5 21,71 2388
-50c 134
-40° , 0
141 , 7 334 , 5 -338 , 1 3 , 464 3647,0
392,9
54,8 25,17 3176 1,06
-51° 16' 142 , 7 45,9 — 54 , 8 0,520 3392,9 25,69 3316 1,00

L'examen des résultats insérés dans ce tableau tait voir que la


portée horizontale, c'est-à-dire la portée sur un terrain situé au même
niveau que la bouche à feu, est de 3893"'; la hauteur totale du jet,
correspondant à 0 = 0, est de S60'"; la durée totale du trajet est de
2 h\ 7. La vitesse du projectile atteint son minimum; le point où la
vitesse atteint sa valeur minima est situé sur l'arc dont les angles
d'inclinaison sont compris entre — 20° et — 30 J. En déterminant
les valeurs de la vitesse en différents points de cet arc, on trouve que
le point où la vitesse est minima correspond à l'inclinaison 0= — 21°,
que les coordonnées de ce point sont a; — 2944"' et y = 670"'G, et
que la valeur de la vitesse minima est de 128"':s8. Le rayon de cour-
hure minimum correspond à un point situé sur l'arc dont les angles
d'inclinaison sont compris entre — 1 0° et. — 203. En déterminant
les valeurs du rayon de courhure en différents poiuts de cet arc, on
trouve que le point où le rayon de courbure est minimum correspond
à l'inclinaison 6 = — 1 5°, que les coordonnées de ce point sont
— 109 —
x =2766m et- y— 786m. 6, et que la valeur du rayon minimum est
de 1785m.

Le tir direct du canon de 241, dans des conditions se rapprochant


autant que possible de celles qui ont été adoptées pour le calcul de la
trajectoire, a donné une portée moyenne de 3979m et une durée

moyenne de 26J 1 . cette portée et cette durée étant déduites de 20 coups.

II. Tir courbe à faibles charges.

65. Solution des problèmes sur le jet des projectiles à de


faibles charges. Dans le tir courbe à faibles charges, comme en gé
néral dans le tir avec des charges qui communiquent une vitesse ini
tiale moindre que 376m:s, il faut calculer la trajectoire dans l'hypo-
thèse de la résistance (n° 5 1 )

?p=f^=Cil -*-£]'

où, si l'on pose 11 = 11,.


P
C ~ 2Ar.R-q

et, le mètre et le kilogramme étant pris pour unités (n° 28)


A =0,012; r=186m:,.

L-influence de la résistance de l'air au mouvement des projectiles


de gros calibre et de forte densité tirés avec de petites vitesses ini
tiales, étant assez faible pour qu'on puisse, même sous de grands
angles de projection, calculer la trajectoire sans la diviser en parties,
la solution de divers problèmes du jet devient facile.
Quoique, dans le tir courbe, l'angle de chute sur un terrain situé
au même niveau que la bouche à feu soit sensiblement plus grand
que l'angle de projection, on peut, néanmoins, déduire a au moyen de
la table des valeurs de a = fJ^ (Table I, annexe). Pour faciliter
le calcul des valeurs de c. on a inséré dans la table II de l'annexe les
valeurs de Rï pour les projectiles employés dans notre artillerie.
— 110 —

66. Déterminer la portée, connaissant Vangle de projection et la


vitesse initiale.
Soit le point de chute à la hauteur de la bouche à feu. On cher-
chera les valeurs de c, a, F, = Fcos9, F20=(-^)".
En faisant y = o dans l'éq. (1), n° 51, on aura

x9(z, F02) = Çsin 2 9,

ou, en remarquant que z = — ,

^(^F02) = J.^sin29.

Après avoir calculé la valeur du second membre de l'ëquation, on


trouvera la valeur de z au moyen de la table des zS$(z, V02), comme
on l'a exposé au n° 60. En multipliant z par-^ on aura la valeur de
la portée cherchée.
Soit un obus de 801 projeté sous l'angle de 45° avec une vitesse
initiale de 115m:s. Dans ce cas R = Om 1 207 ; P=36M7;
2^=40,24;c=3353^r=186m:s;a=l,1478;F02=0,2518;

~ sin 29 = 0,461 1;*=0,3906 et


la portée cherchée x — 1141m.

La portée ainsi calculée, comme on l'a exposé au n° 62, est un


peu plus grande que la portée réelle.
67. Limite inférieure de la portée. Pour faire voir que la portée
calculée par la méthode ci-dessus diffère peu de la portée réelle, dé
terminons la portée inférieure à la portée réelle et comparons-la à la
portée obtenue.
Pour déterminer la limite inférieure de la portée, on aurait pu
poser a = dans l'équation

^2)=?-y sin 29,

où*=^,ï7=(î£)»;
— 111 —

mais de cette manière on aurait obtenu une limite inférieure de la


portée qui serait assez éloignée de la limite supérieure. Par suite
nous exposerons une autre méthode pour calculer la limite inférieure
de la portée.
Supposons la résistance de l'air proportionnelle au carré de la vi
tesse, c'est-à-dire •

et posons

r2

En prenant cette valeur pour h?, la résistance de l'air ne sera


égale à la résistance réelle qu'au point de départ et sera trop forte sur
toute l'étendue de la trajectoire, de manière que la portée calculée
sera moindre que la portée réelle.
Nous déterminerons la portée dans l'hypothèse de la résistance
proportionnelle au carré de la vitesse au moyen de tables pour le tir
courbe calculées par le général Otto*) d'après la méthode d'Euler que
nous allons d'abord sommairement exposer.
68. Méthode d'Euler pour déterminer la portée du tir courbe.
Dans le cas de la résistance proportionnelle au carré de la vitesse,
l'arc s, dans les limites de 6 = 9 à 0, est exprimé par la formule
(n° 46)

Par conséquent la partie As de l'arc, aux extrémités duquel les


inclinaisons sont 0 et &, aura pour expression

*) Tables balistiques pour le tir élevé par Otto, traduit de l'allemand par
Rieffel. 1844.
— 112 —

où il faut observer que dans la branche descendante les fonctions


Ç(^) et £ (0) doivent être prises avec des signes contraires.
Si 6' diffère peu de Û, on obtiendra la partie correspondante Aa;
de l'abscisse et celle A?/ de l'ordonnée des expressions

, 2g.LogeA „ . 9^
cos 2

At = g ;,B A« = Ii0g J ■ sin


c,n -

où pour la branche descendante les fonctions % (<?') et | (0) doivent


être prises avec des signes contraires.
Le général Otto a calculé dans la branche ascendante et dans
la branche descendante, pour chacune des diverses valeurs de
|(9) = S (<!*), très proches l'une de l'autre, ou plutôt pour
2Vl
chacune des diverses valeurs de ty, les valeurs de Ax et de At) cor
respondant aux arcs d'une étendue de & — 9 = 1°, pour des valeurs
consécutives de 6 à partir de 0 = 0, et a pris les sommes consécu
tives 2Ax et 2AY] séparément dans la branche ascendante et dans la
branche descendante.
Pour trouver la portée d'après les valeurs connues de 9, V et k,
il faut déterminer -+- £ (9) = £ (9), et chercher dans la table des
| (6) (que M. Otto a calculé de minute en minute pour les valeurs
de 6 de 0 à 87°) la valeur de ^ qui correspond à la valeur calculée
de % (9) ; puis, au moyen de la table des 2Ax et 2Ay| correspondant
à la valeur trouvée de 9, chercher dans la partie relative à la branche
ascendante la valeur de 2Ax et celle de 2Ay) qui correspondent à
l'angle de projection <p, et prendre dans la partie relative à la branche
descendante la valeur de 2Ax qui correspond à la valeur précédem
ment trouvée de 2Aï). En faisant la somme de ces deux valeurs de
2Ax et en la représentant par x. on aura la portée cherchée
w-
2g. Loge *
— 113 —

Si la valeur trouvée de <J< ne se trouve pas intégralement dans


les tables, on doit déterminer la valeur de x pour deux valeurs con
sécutives de contenues dans les tables, l'une immédiatement infé
rieure et l'autre immédiatement supérieure à la valeur trouvée de 4»
et puis déterminer la valeur cherchée de x au moyen de parties pro
portionnelles.
Pour faciliter les recherches, M. Otto a dressé, au moyen de
tables des2Ax et2A7], une autre table dans laquelle il a inséré, pour
différents angles de projection de 5° en 5°, depuis 9 = 30° jusqu'à
(p=90°, les valeurs de x qui correspondent à diverses valeurs de <J>,
de 10 minutes en 10 minutes, depuis 9 = 9 -+- 1° jusqu'à 9 = 87°.
69. La limite inférieure et la limite supérieure de la portée
diffèrent peu Vune de Vaidre. On a pour l'obus de 80 , projeté sous
l'angle de 45° avec une vitesse initiale de 115m:s,

g (9) = ^ -h g(9) = 3,601 9 -h 1,1478 = 4,7497.

On trouve, dans la table des % (0), la valeur 9 = 69° 41',1


correspondante à S (9) = 4,7497, et la table des valeurs de x donne
pour 9 = 45° et 9 = 69° 41', 1 la valeur de x = 0,1995. On ob
tiendra la portée
•X= H14m.
x 2g . Log e
•Cette limite inférieure de la portée ne diffère pas beaucoup de la
limite supérieure égale (n° 66) à 1141m.

70. Portée dans le cas où le point de chute n'est pas à hauteur


de la bouche à feu. Soit b l'élévation du point de chute au-dessus
de la bouche. La portée sera déterminée par l'équation (n° 51, éq. 1)

b = Etang 9
£' 1

s
On résoudra cette équation au moyen de la table des valeurs de
<f}(z, Vf), en la mettant sous la forme

et essayant successivement plusieurs valeurs de z, prises dans la table,


jusqu'à ce qu'on ait trouvé deux valeurs du premier membre de l'é
quation, assez rapprochées, entre lesquelles soit comprise la valeur
de 6; on aura alors la valeur cherchée de z au moyen de parties pro
portionnelles, et on obtiendra la portée en multipliant z par c- •

71. Déterminer la vitesse initiale d'un projectile , tiré sous un


angle de projection donné 9, qui doit toucher un point donné (a,b).
Prenons l'équation (1), n° 51

6 = oteng9 — $9(*, Vf),

où* = ?,F0'=(*-p)\

En divisant les deux membres de l'équation par a, et posant

- = tan? e,

où e est l'angle d'élévation du point à battre, on aura


2r» tang q> - taug z F » _ ga a, v *\
a* ga « — * ' V0 >'

Faisant, pour abréger,


2r'z tang 9 — tange ^
"S*" * ga ~V>

et observant que (n° 51)

<£(z,Vf) = (l + Vf)F(z)-Vf
on trouve

ro y q-fw+i

Après avoir calculé la valeur de V0, au moyen de la table de F(z),


où 2 = *^, on obtient la vitesse initiale cherchée V, en multiplian

Vo Par ^^j-
Si le point à battre est à hauteur de la bouche à feu, on a
b = 0 et e = 0.
72. Déterminer Vangle de projection 9 sous lequel un projec
tile, tiré avec une vitesse initiale donnée V, doit toucher un point
donné (a, b). Prenons l'équation (1), n° 51

Remplaçant co^ dans le facteur 2VT*oszv W 1 tang29, on a

, 2 2FZ 2V*b n n

d'où l'on tire pour tang 9 deux valeurs

^,«!vw?) y ^« ^) £~S)

dont l'une correspond à un angle plus grand et l'autre à un angle


plus petit que celui de plus grande portée.

On cherchera d'abord les deux valeurs de 9 en posant


<p a r'cos"^ _ j . ceg rïeux va]eurs (}e (p serviront à calculer les
deux valeurs de 0= liîL et les deux valeurs de 9? ( — , a*F cOii ^ .

En mettant ensuite la plus grande valeur de dans l'expression de


tang 9 prise avec le signe plus devant le radical, on obtiendra la
valeur de <p supérieure à l'angle de plus grande portée, et en mettant
la plus petite valeur de 9? dans l'expression de tang 9 prise avec le
signe moins devant le radical, on obtiendra la valeur de 9 inférieure
à l'angle de plus grande portée.
8*
— 116 —

Si le point de chute est à hauteur de la bouche à feu, il faut


poser y = 0 dans l'équation (1), n° 51, et l'on aura
i. 9* ml"® a2P2cos2«>\

d'où
ni. a 93 m /«* a2P2cos29\
2 tang 9-cos29 = ^9?(^-, ^-^j
et
sin 8? = 5*

Cette expression donne deux valeurs de l'angle 9. On les cher


chera d'abord en posant 9? = 1 ; elles serviront à calculer les deux
valeurs de a = -Éi?L et les deux valeurs de 3?. Mettant ensuite dans
tang 9
l'expression de sin 2 9 la plus petite valeur de 9? on en tirera la va
leur de 9 inférieure à l'angle de plus grande portée, et en mettant la
plus grande valeur de on en tirera la valeur de 9 supérieure à
l'angle de plus grande portée.
73. Déterminer Vangle .et la vitesse de chute, la durée du
trajet et la hauteur totale du jet.
L'angle do chute est donné par la formule (éq. 2, n° 51)

tang 6 = tang 9 — S (z , V0!) .

Dans l'exemple cité au n° 66, on a x = 1141m, 9 = 45°,


V= 115m:s, z = ~ = 0,3906, F0J= ^=0,2518; on trouve,

à l'aide de la table des valeurs de 3 (z, Vu2),

S(z, F02)= 1,2796


et
tang © = — 1,1681.
d'où
0 = — 49° 26'.

La vitesse de chute est donnée par la formule (n° 51, éq. 4)

_ V C0s9
V~X)(z, V02)'ëôs0'
— 117 —

Dans l'exemple précédent, on a, à l'aide de la table des valeurs


de V (*, V0%
T)(z, F02)= 1,263
et
t7 = 99m;sO.

La durée du trajet est donnée par la formule (n° 51, éq. 5).

t = V*).

Dans l'exemple précédent on a, à l'aide de la table des valeurs


de S (*, F02),
V*)= 1,129
et
t = 15184.

Pour avoir la hauteur totale du jet, on prendra l'équation (2),


n° 51 et, en posant tang 0 = 0, on la mettra sous la forme

Cette équation servira à trouver la valeur de z, à l'aide de la


table des valeurs de z3(z, F02), comme on l'a fait voir au n°60.
En multipliant la valeur trouvée de z par |, on aura l'abscisse a/
qui correspond à la hauteur totale du jet.
En mettant la valeur x1 à la place de x dans l'équation (n° 51,
éq. 1) de la trajectoire, on aura

y' = x' tang 9 — 9 [T , -^-)

la hauteur cherchée du jet.


Dans l'exemple précédent on trouve
z5(z, F02) = 0,2306
et connaissant F02 = 0,2518, on obtient, à l'aide de la table des
valeurs de z3(z, F02),
^ = 0,2030
— 118 —

et
x =0,2030.-= 593m,0.

Ayant z = ~ = 0,2030 et V02 = 0,2518, on trouve, à l'aide


de la table des valeurs de 9(*, F0*),

F0!)= 1,0891

et l'équation de la trajectoire donne la hauteur totale du jet


y' = 308m,6.

74. L'angle de plus grande portée. Pour déterminer l'angle qui


correspond à la plus grande portée, il faut avoir l'équation de la tra
jectoire du projectile dans l'air. L'expression exacte de y en fonction
de x n'étant trouvée que dans l'hypothèse de la résistance proportion
nelle à la première puissance de la vitesse, prenons cette expression
(n° 48, éq. 4) pour discuter l'angle de plus grande portée. On aura
la portée sur un plan horizontal passant par la bouche à feu en
faisant y = o dans l'équation (4), n° 48, et l'on trouvera

(D * H 9 - y^) + £ 10g (1 -CT-S*) = 0-

Pour déterminer la plus grande portée égalons à zéro la dérivée


g- de cette équation, c'est-à-dire faisons

da._ x [g* sin 9 —r( Fcos 9 — y)] _^


d(p F sin 9 cos 9 f F cos 9 — y) — #a;cos 9

La seconde dérivée^, quand ^ = 0, est

tPx gx cos 9 ■+- V2 sin 9


d9* a; cos3 9

L'angle de projection 9, pour un point de chute à hauteur de la


bouche à feu, est toujours positif et la dérivée ^ est négative.
— 119 —

Par suite la valeur de


F2 cos <p
x — ~r. fT'

tirée de la condition^ = 0, est la valeur de la plus grande portée,


et mise dans l'équation (1) donne
(V \ I V \ Y V2
^ ~*~ A; lin 9 / ^ \ ^ k sin 9 ) le sin <p fc*
l'expression qui détermine la relation de l'angle de plus grande
y
portée et de la valeur de
En posant, pour abréger,
sin9 = *, £ =

la dernière équation devient

(2) (l+>g(l-^)-W.

Pour faire voir plus facilement la relation de l'angle de plus


grande portée 9 ou de sin 9 = z et de la valeur ^ = w, prenons la

dérivée de l'équation (2) et égalons-la à zéro, c'est-à-dire faisons

u ,[iog(i-H;)-2«/]

Pour que cette expression soit égale à zéro, il faut que ou

1° log(lh-^ = 2uz, ou 2°.. .z = 0, ou 3°. . .u = oo.

Si l'on a

1°. log(l-*-J) = 2t«,

l'équation (2) donne


1 — 2z%
— 120 —

en mettant cette valeur dans l'expression log |l + "| = 2uz, on


obtient
log (l + = 2 (1-2^)

ou

ce qui nécessite que

1 —2z2 = 0
ou que
-2 1
* — t>

et par suite, comme le fait voir l'expression m = —— , il faut que

« = 0.
Si l'on a

2° z = 0,

l'équation (2) mise sous la forme

I0g(l^^?[l0g(l-Hj)-1] = ^
donne
u = oo,
Si l'on a

U = oo

les deux termes du premier membre de l'équation (2) mise sous la


forme

M1-;) M1-;)"1 ...


u
z

se réduisent à - ; mais en prenant les dérivées par rapport à u du


— 121 —

numérateur, ainsi que du dénominateur de chacun de ces deux termes,


on obtient

2 \(il ssj e T^=*2'


z
ce qui, pour u = oo, donne

g=0

et fait voir que les conditions 2° et 3° sont identiques.


La valeur de ~ = u peut varier dans les limites

de w = 0 à m = oo

et l'on voit par ce qui précède que la dérivée ^ ne se réduit à zéro que
pour ces limites, pour lesquelles sin 9 = z prend les valeurs de

71 et 0.

Par conséquent l'angle de plus grande portée atteint sa limite


supérieure, égale à 45°, quand ^ = 0, et sa limite inférieure, égale
y
à zéro, quand ^ = 00, et s'écarte en général d'autant plus de 45

que^ est plus grand.


Pour appliquer les équations du mouvement déduites dans l'hypo
thèse de la résistance proportionnelle à la première puissance de la
vitesse au cas d'une loi quelconque de la résistance , il faut égaler le
coefficient constant ^ à une certaine valeur moyenne (différente pour
chacune des équations) entre toutes celles que prend l'expression ^
dans les limites de v = V à v. La fonction f (v) croît avec la ré
sistance, ainsi que le rapport ^(toutes les fois que le degré iaf(v)
surpasse le premier), et par suite croît aussi le coefficient ^- Donc,
quelle que soit la loi de la résistance, l'angle de plus grande portée
est d'autant plus inférieur à 45° que la résistance et la vitesse ini
tiale sont plus grandes.
— 122 —

75. Calcul de Vangle de plus grande portée. Pour calculer


l'angle de plus grande portée et la plus grande portée d'un projectile
donné, tiré avec une vitesse initiale donnée, il faut calculer plusieurs
portées correspondantes à autant d'angles de projection choisis les uns
au-dessus, les autres au-dessous de l'angle de plus grande portée, et
trouver par interpolation la valeur de la plus grande portée et de l'angle
de projection correspondant. Mais de pareils calculs, sous de grands
angles de projection, étant très longs, parce qu'ils exigent la division
de la trajectoire en parties, nous exposerons une méthode approximative
pour trouver l'angle de plus grande portée, lorsqu'on connaît la portée
sous un angle quelconque voisin de celui de plus grande portée.
Soit à trouver l'angle de plus grande portée d'un boulet sphérique
de 24', tiré avec une vitesse initiale de 522m:s. On a calculé au n° 66
la portée dans ce cas sous l'angle de projection de 30° et on l'a
trouvée de 3893m. On cherchera, dans l'hypothèse de la résistance

proportionnelle au carré de la vitesse, à l'aide des tables de M. Otto,


comme on l'a exposé aux n0s 68 et 69, en essayant plusieurs valeurs

de ^, une valeur de ^ telle qu'elle donne, sous l'angle de 30°, une


portée de 3893m. On aura pour cette valeur

et on la supposera constante pour le calcul de toutes les portées sous


des angles voisins de celui de plus grande portée. On calculera ainsi,
à l'aide des tables de M. Otto, la portée sous l'angle de 35° et celle
sous l'angle de 40°, et l'on aura

9 -30°, 9"=35°, 9"' = 40°,


a;'=3893m, z" = 3934m; x"' = dn2m.

En posant en général

(1) x = a -+- fc9 -+- c92

on déterminera les valeurs de a, b, c au moyen des trois valeurs ob-


— 123 —

tenues de x correspondantes aux trois angles 9, et, observant que


pour la plus grande valeur de a; on a

g = 6-H2c9 = 0,

on trouvera l'angle de plus grande portée

b
9 = — 25'

et on obtiendra la plus grande portée en substituant cette valeur


dans l'équation (1).

Si la différence entre les angles 9', 9", 9 " est constante et égale
à 5°, comme cela a lieu dans les tables de M. Otto, on aura, en po
sant x" — x= Ax', x" — x" = As", Ax" — Aa;' =■ AV,

l'angle de plus grande portée


9' -+t- 9" bix ■
9 = —2 &c"

et la plus grande portée

x — xr -*■ 9 —
5
Dans notre exemple Aar' = 41m, Ax"= — 22m, AV= — 63m,

l'angle de plus grande portée 9 = 35°46'.

la plus grande portée x — 3935'°.

Soit à trouver, pour second exemple, l'angle de plus grande


portée et la plus grande portée d'un obus de 801, projeté avec une -
vitesse initiale de 115 m:s. On a trouvé pour ce cas (nos 66 et 69) que
la portée sous l'angle de 45° est comprise entre 1141"1 et 1114m.
Soit 1127ni,5 la vraie valeur de la portée. On trouvera, à l'aide des
tables de M. Otto, la valeur de | pour 9 = 45° et x = 1 127m,5 et

1 on aura — = 2617 ; en supposant cette valeur constante pour le


— 124 —

calcul des portées sous les angles de 40° et de 35°, on obtiendra,


à l'aide des tables de M. Otto,

9'=35°, 9" = 40°, 9"' = 45°,


z=108r,6, a"=1120m,8, x'"=l\27m,5,
et l'on aura As = 39m,2, As" = 6m,7, AV = — 32m,5,

l'angle de plus grande portée 9 = 43° 32'


la plus grande portée x = 1 128m,9.

m. Tir direct.

§1.
TIR DIRECT À VITESSES INITIALES DÉPASSANT 376m:s.

76. Exposé. La résistance de l'air au mouvement des projectiles


sphériques est exprimée (n° 28), pour des vitesses dépassant 376n,:a,
par un monôme proportionnel au carré de la vitesse, et pour des vi
tesses inférieures à 376m:s par un binôme dont le premier terme est
proportionnel au carré de la vitesse et le second à la quatrième puis
sance de la vitesse. Par conséquent, il est nécessaire de diviser la tra
jectoire en parties toutes les fois que, la vitesse initiale dépas
sant 376m:s, la vitesse de chute est inférieure à 376m:\ Mais le tir
direct ayant lieu sous des angles de projection qui ne dépassent pas 1 5°,
on simplifie beaucoup les calculs, en ne déterminant la trajectoire par
parties que sous un seul angle de projection, soit celui de 5°, et en
rapportant les points obtenus de la trajectoire aux coordonnées obli
ques, l'une X suivant la tangente au point de départ, et l'autre Y
suivant la direction de la pesanteur. On aura les angles de projection,
les angles et les vitesses de chute et les durées des trajets correspon
dants à diverses portées d'après les points calculés de la trajectoire
sous l'angle de 5°, en admettant que pour les angles de projection
ne dépassant pas 15°, les distances verticales des points d'une tra
jectoire à sa tangente au point de départ sont indépendantes des
angles de projection. Discutons d'abord cette supposition.
— 125 —

77. Les distances verticales des points de la trajectoire à sa


tangente au point de départ sont indépendantes des angles de pro
jection, lorsque le mouvement a lieu non-seulement dans le vide,
mais encore dans un milieu dont la résistance est proportionnelle
à la première puissance de la vitesse. En effet, en mettant dans les
équations du mouvement (1), (3), (4) et (6), n° 48, obtenues pour
un milieu dont la résistance est proportionnelle à la première puis
sance de la vitesse les expressions

x — X cos 9 . y = X sin <p — Y

qui servent à la transformation des coordonnées rectangles x, y en


coordonnées obliques X, Y, on trouve

a) — (r-Ç)3.

r=-»-Xi-ff),

ou, en développant log^l — en série,

(4) * = "log
9 6 V — i*
h

Les distances verticales des points de la trajectoire à la tangente


au point de départ Y, et les durées des trajets t , comme on le voit
des équations (3) et (4), sont indépendantes de l'angle de projection 9.
Les expressions de Y et de tang 6 font voir que les distances verti
cales des points de la trajectoire à la tangente au point de départ crois
sent, et les valeurs absolues des angles d'inclinaison 0 diminuent dans
la branche ascendante et croissent dans la branche descendante avec
l'accroissement de ^ = ^y- et par conséquent avec l'accroissement de
— 126 —

la résistance, quelle qne soit la loi de la résistance, pourvu que le


degré de f (v) soit supérieur au premier.
Les équations (3) et (4), qui prouvent que les valeurs de Y et
de t ne dépendent pas de l'angle de projection 9 dans l'hypothèse de
la résistance proportionnelle à la première puissance de la vitesse, ne
font pas voir que cette indépendance a lieu pour d'autres expressions
de la résistance. En effet, pour appliquer les expressions (3) et (4)
de Y et de t à une autre loi de la résistance, la vitesse v dépendant
(éq. 1) des angles 9 et 0, il faut, pour une même valeur de X, éga
ler le coefficient ^ à une valeur moyenne qui change avec l'angle 9.
78. Limites entre lesquelles sont comprises, pour les mêmes
valeurs de X, les ordonnées Y de deux trajectoires correspondantes
à deux angles différents de projection, dans Vhypothèse d'une loi
quelconque de la résistance. Quelle que soit la loi de "la résistance,
la vitesse, la durée du trajet, l'inclinaison et l'équation de la tra
jectoire sont exprimées, en coordonnées rectangulaires, par les équa
tions (4), (9), (6) et (7) du n° 50.
Si l'on met dans ces équations

x = ZC0s9, y = Xsin9 — Y,
on obtient
(1) vcosO — ^$(aXcos9, a^C0s9),
aX cos 9
(2) t = | 1/9 (aXcos 9, aFcos 9) . d (aX cos 9),
0
aXcos 9
(3) .... tarig 6 = tang 9 — ga j" + (aX cos 9 , a V cos 9) . d (aXcos 9),
0
aX cos 9 aX cos 9
Y = g |d(aXcos9) j" 9(aXcos9, aFcos9) . d(aXcos9),
0 0
ou en posant pour abréger
aXcos9 aXcos9
g j" (i(aXcos9) J" >J) (aX cos 9 , aFcos <p).d (aXcos9) = E(aXcos 9, aFcos9),
0 0
— 127 —

on a
(4) r= -E(aXcos9, aFcoscp),
où a, comme on sait, est une certaine valeur moyenne de entre
les limites de 0 = 9 à 6.
La dernière équation fait voir que l'ordonnée Y dépend en géné
ral de l'angle de projection et de l'étendue de l'arc de la trajectoire.

différentielles du mouvement, sera moindre que f (v) (toutes les fois


que le degré de la fonction f (v) est plus grand que l'unité), ou, ce
qui est tout un, on prendra une valeur trop faible pour la résistance
de l'air; par suite on aura (n° 77) des valeurs trop faibles pour les
ordonnées Y et des valeurs trop fortes pour tang 6, de manière que la
trajectoire passera au-dessus de la trajectoire réelle. Réciproquement
on prendra une valeur trop forte pour la résistance de l'air en égalant
a à la plus grande valeur que prend sur toute l'étendue de l'arc
que l'on considère, et la trajectoire passera dans ce cas au-dessous de
la trajectoire réelle.
La plus petite valeur que peut prendre —z est l'unité. Donc on
prendra une valeur trop faible pour la résistance de l'air sur toute
l'étendue de la trajectoire, en posant

-E(Xcos9, Fcos9)
donnera pour les ordonnées Y des valeurs trop faibles, sous tous les
angles de projection 9.
La plus grande valeur que peut prendre sur toute l'étendue
de la trajectoire comprise entre 0 = <p et 6 = — 9, est — . Donc,
en posant
1
— 128 —

rexpression

(6) E (X, V)

donnera des valeurs trop fortes pour les ordonnées Y de la trajectoire


comprise entre 0 = 9 et 6 = — 9.
Cette seconde limite, comme on voit, est indépendante de l'angle
de projection.
Sous de petits angles de projection, les deux limites entre les
quelles est comprise chaque ordonnée Y de la courbe différent peu
l'une de l'autre, et l'on peut prendre l'une d'elfes pour l'expression
des ordonnées Y.
En représentant, pour la trajectoire qui correspond à l'angle de
projection 9, par 6X le plus petit des angles formés avec l'horizon par les
tangentes sur toute l'étendue de l'arc que l'on considère, et par 02
le plus grand de ces angles, on voit que les ordonnées Y sur toute
l'étendue de cet arc seront comprises entre les limites

Xcos9 Fcos9
cos el ' cos e.

De même on aura pour les limites se rapportant à la trajectoire


qui correspond à l'angle de projection 9'

et

En appelant l la limite inférieure et L la limite supérieure de la


différence entre l'ordonnée de la trajectoire sous l'angle de projec
tion 9 et celle de la trajectoire sous l'angle de projection 9', on aura

j jp/Xcosç FcosqA FcosqA


\cosej ' cose, / \ cose'2 ' cos9'2/'

? I Xcos9 Fcos9\ jg, /-Xcosq/ Fcoa9'


' \ cos02 ' coset / \ cose', ' cose'.

Si 9' = 0 et si l'on ne considère dans la trajectoire sous l'angle


— 129 —

de projection 9 que l'arc compris entre 0 = 9 et 6 = — 9, on a


&x = 0, 6X = 0, 02 = 9 et

L = 0.
La limite supérieure de la différence entre l'ordonnée de la tra
jectoire sous l'angle de projection 9 et celle de la trajectoire sous
l'angle de projection 0 étant égale à zéro, on voit que les ordonnées
Y de la dernière trajectoire sont plus grandes que celles de la trajec
toire sous l'angle de projection 9 sur toute l'étendue de l'arc de
9 à — 9.
79. Cas de petits angles de projection. Tant que les angles de
projection ne sont pas grands, les limites (5) et (6), n° 78, entre les
quelles sont comprises les ordonnées F de la trajectoire sur l'étendue
de 0 — 9 à 0 = — 9 diffèrent peu l'une de l'autre, et l'on peut ad
mettre l'indépendance des angles de projection et des distances verti
cales des points des trajectoires aux tangentes aux points de départ,
de manière que l'on peut poser
vcos0 = g3(X, V).
x
f= J r 9 (X, V). dx,
0
X
tang 0 = tang 9 — g f 9 (X, V) dX.
0
Donc, si l'on connaît, pour une trajectoire sous l'angle de pro
jection 9', l'inclinaison 0', la vitesse v' et la durée ï qui correspon
dent à l'abscisse X, on peut prendre pour la trajectoire sous l'angle
de projection 9 les expressions suivantes de 6, v et t qui correspon
dent à la même valeur de X .
tang 6 — tang & —
t/'cose'
tang 9' -+- tang 9 ,

V cOS0 '

t = i.
9
— 130 —

80. Calculer par parties la trajectoire sous un certain angle


de projection et déterminer, d'après les résultats obtenus, les angles
de projection , les angles et les vitesses de chute et les durées qui
correspondent à différentes portées. Soit 9' l'angle de projection de
la trajectoire que l'on calcule par parties.
1°. On choisira le premier arc de la trajectoire (fîg. 10) du
point de départ 0, où la vitesse initiale Fest plus grande que 37 6"1;"
jusqu'au point M où la vitesse V = 376m:s et on le calculera dans
l'hypothèse (n° 52)


n
c --•
2&TzR»g n

et, le mètre et le kilogramme étant pris pour unités (n° 28),

offc = 0,061.

On déterminera d'ahord la valeur approchée de l'angle d'incli


naison 9" de la trajectoire au point M, à l'aide de la formule (6),
n° 52

tang 9" = tang ?'—\ vjî(^ — ^î) ,

en posant a = > , F, = Fcos9', F/ = F'cos9', et ayant cette va


leur approchée de 9", on obtiendra a de la formule (n° 61)

tang9' — tang 9" "


On aura la valeur de 9" suffisamment précise, en mettant dans
l'expression précédente de tang 9" la valeur de a et en posant dans
F/= F'cos9" pour 9" sa valeur approchée.
Connaissant la valeur de 9" et celle de a, on trouve
x' = OQ à l'aide de la formule (3), n° 52

J=**.Log4g!£t,
a Loge 9 Vcos9" '
— 131 —

y' = MQ à l'aide de la formule (1), n° 52

la durée *' du trajet du projectile du point 0 au point M à l'aide de


la formule (5), n° 52

v ~ Fcos9'^i V 2e)'

On aura en coordonnées obliques, l'abscisse OP = X' du point M

cos9"
l'ordonnée MP= Y' du point M

7'=Z'sin9' — y'.

En admettant l'indépendance des angles de projection, et des dis


tances verticales des points de la trajectoire à la tangente au point
de départ,
l'angle de projection ^ déterminé de l'expression

sm<Pi = x>

doit correspondre à la portée horizontale

xl = X'cos9,.

L'angle de chute Ov la vitesse de chute v et la durée du trajet f,


seront définis (n° 79) par
tang 0l = tang 9" — tang 9' •+- tang ^ ,

P'coa9"

2°. On calculera les arcs suivants de la trajectoire sous l'angle


de projection 9' dans l'hypothèse de la résistance (n° 51)

*-«»-*['-?].
9*

= p n,
c 2<A,TC#y n

et, le mètre et le kilogramme étant pris pour unités (n° 28),


^ = 0,012; r=186m:s

Pour calculer le deuxième arc on choisira une valeur quelconque


pour X" = OP1; on aura, pour l'abscisse horizontale MQf = x" du
point M'
x" = (X"—X')ços9'.

On déterminera d'abord la valeur approchée de l'angle d'incli


naison 9"' de la trajectoire au point M' à l'aide de la formule (2),
n° 51
, m t ii gm" nt<**!' a2 F'2cos2 9"\
tangL9 =tang9 -^4^,3^-, ^)

en posant a = , et ayant cette valeur approchée de 9"', on ob


tiendra a de la formule
a_ £(»")- 6 (<T)
tang9" — tang9'" '
Connaissant la valeur de a on aura la valeur de 9"' suffisamment
précise en mettant la valeur de a dans l'expression précédente de tang 9"',
et l'on trouvera
l'ordonnée M'Q' = y" du point M' à l'aide de la formule (1),
n° 51
f =a; tans9 -2tw*It' —^— ;>

la vitesse V" au point M' à l'aide de la formule (4) n° 5 1

M c ' r2 j
la durée i" du trajet du projectile du point M au point M' à l'aide
de la formule (5), n° 51
.„ x" or faux" arr^cosVI'v
f F'cos9" ' & V c ' r2 j'
— 133 —

la durée du trajet du projectile du point de départ .0 au point ilf'sera


t'-*-t".

En coordonnées obliques, l'abscisse OP1 du point M' est «elle


que l'on a choisie X", et on aura l'ordonnée M'P* = P"du point M'

7" = T -+- (X" — X') sin 9' - y".

L'angle de projection (p2 déterminé de l'expression


Y"

correspondra à la portée horizontale


x» = X" cos 92 .
L'angle de chute â2, la vitesse de chute v et la durée totale du
trajet t2 seront définis (n° 79) par

tang 62 = tang 9"' — tang 9' -t- tang 9, ,


F"cos 9'"
v— coset— '
t2=t'+f.
3°. Pour calculer le troisième arc de la trajectoire sous l'angle
de projection 9', on choisira une nouvelle valeur X'" = OP"; on
aura pour l'abscisse horizontale M'Qf' = x'" du point M'
x"' = (X"' — X")cos9'.
On déterminera les valeurs de tang 9^, de y'", de V' cos 9^, de
f de la même manière que les valeurs correspondantes du deuxième
arc de la trajectoire.
En coordonnées obliques l'abscisse OP" du point M" est celle
que l'on a choisie X'", et on aura l'ordonnée M"P" = Y"' du
point M"
Y'" = Y" -+- (X'" — X") sin 9' - y'".

L'angle de projection 93 déterminé de l'expression

sin 9"' = IZ
— 1 34 —

correspondra à la portée horizontale

Xa = X"'C08 9a.

L'angle de chute 63, la vitesse de chute v et la durée totale du


trajet ts seront définis par

tang 0S = tang 9" — tang 9' tang ?3 ,

cosd3
± .1 lit .111
(3 = J+[ -+- t .

On continuera les calculs de la même manière.


81. Application. Dans le tableau suivant on a inséré les résul
tats du calcul de la trajectoire d'un boulet sphérique tiré d'un canon
de 273m m sous l'angle de projection 9'= 5° avec une vitesse initiale
de 438m:\
Le poids du boulet P= 72k; 48; son diamètre 2R = Om,2695;
on a pris II = nt ; 2TCj?2g = 64,71 ; la vitesse initiale V— 438° s.

Trajectoire d'un boulet sphérique tiré du canon de 273m m


sous l'angle de projection 9' =5°, avec une vitesse initiale
de 438

Abscisses suiyant la Distances verticales Inclinaison Projections


des points de la trajec
tangente au point de toire de la
à la tangente au trajectoire, horizontales Durées des
trajets.
départ. point de départ. des vitesses, 2C
X T e' t/cose

Sagènes. Mètres. Mètres. Mètr. sec. Secondes.


152,3 324,9 3,00 3°54' 375 0,802
400 853 18,45 . 1°14' 303 2,381
700 1493 91,6 — 3°33' 250 4,711
1000 2134 222,5 — 10°11' 215 7,473
1300 2774 449,7 — 18c37' 187 10,700
1600 3414 774,1 — 28°30' 163 14,354

En admettant l'indépendance des angles de projection et des


distances verticales des points de la trajectoire à la tangente au point
de départ, on a calculé, d'après les résultats obtenus, la table suivante.
— 135 —

Table de tir direct du canon de 273m m avec un boulet


sphérique animé d'une vitesse initiale de 438m:s.

Portées horizon Angles de pro Angles de chute. Vitesses de Durées.


tales. jection. chute.
X 6 V t

Mètres. Métr. sec. Secondes.


324,9 32' 35' 375 0,802
853 1°39' 2° 7' 303 2,381
1491 3°31' 5° 2' 251 4,711
2123 5°59' 9°14' 217 7,473
2738 9° 9* 14°45' 193 10,700
3324 13° 6' 21°41' 176 14,354

On peut obtenir les angles de projection, les angles et les vi


tesses de chute et les durées qui correspondent aux portées équi-
distantes, d'après les données insérées dans cette table, à l'aide d'une
interpolation graphique.
82. Degré de précision des résultats obtenus. Pour faire voir
que la table de tir direct ainsi calculée a une précision suffisante,
observons que les plus grandes erreurs doivent correspondre aux
angles de projection de 32' et de 13°6', comme à ceux qui diffèrent
le plus de l'angle de projection 9' = 5° sous lequel la trajectoire a
été calculée par parties.
En remarquant que pour la portée 324m,9 la vitesse de chute
est près de 376ro:s et par suite calculant pour cette portée l'angle de
projection 9, l'angle de chute 0 , la vitesse de chute v et la durée t,
dans l'hypothèse de la résistance proportionnelle au carré de la vi
tesse, on trouve 9 = 0°32', <? = 0°35', v= 376m:s, f = 0î802,
valeurs très proches de celles qui sont insérées dans la table.
En calculant la trajectoire sous l'angle de projection 1 3°6' et en
la partageant dans ce but en trois arcs: le premier à partir du point
de départ jusqu'au point où la vitesse est de 376m:s, le second à
partir de ce point jusqu'au point de la branche descendante où Fin-
clinaison de la trajectoire est égale et de signe contraire à l'inclinai
son au point où la vitesse est de 376m:s, et le troisième arc à partir
du dernier point jusqu'au point à hauteur de la bouche à feu, on
— 136 —

trouve x = 3375m:3, 6 = 21°49', v = 178m:s et t 141498 des


résultats qui ne diffèrent pas beaucoup de ceux qui sont insérés dans
la table.
83. Dans les cas ordinaires du tir direct l'angle de projection
rapporté à la ligne qui va de la bouche à feu au point à battre,
est sensiblement indépendant de Vélévation de ce point. Quand les
angles de projection ne sont pas grands, on peut poser a = 1 , et en
appelant a la distance horizontale et b la distance verticale du but au
point de départ, on mettra l'équation (7), n° 50 de la trajectoire,
quelle que soit la loi de la résistance de l'air, sous la forme
a a
b = a tang 9 — g j dx J v]> (x, Vx) dx.
0 0

En représentant par e l'angle d'élévation du but, c'est-à-dire


l'angle que fait avec l'horizon la ligne qui va du point de départ au
but, on a tang s = - et divisant les deux membres de l'équation de .
la trajectoire par a on obtient
a a
tang9 — tangs= | f dx J <\> (x, F,) dx,
0 0
0U

o o

Pour de petites valeurs de 9, la projection horizontale Vl de la


vitesse initiale diffère peu de la vitesse initiale V, de sorte que l'on
peut considérer le second membrè de l'égalité comme indépendant de 9,
et le produit cos 9 . cos e, qui entre dans le premier membre, diffé
rant, pour de petites valeurs de 9 et de e, peu de l'unité, on peut
poser
a a
sin(9 — e) = j[ j" dxj ty(x, V) dx.
o 0
— 137 —

Cette expression fait voir que l'angle (9 — e) formé par la tan


gente au point de départ avec la ligne qui va du point de départ au
but, c'est-à-dire l'angle de projection rapporté à la ligne qui va du
point de départ au but, est sensiblement indépendant de l'angle de
l'élévation du but, ou de la hauteur du but.
C'est sur l'indépendance de l'angle (9 — s) et de la hauteur du
but qu'est fondé le pointage des bouches à feu au moyen de la hausse.
84. Cas où la vitesse de chute viest pas inférieure à 376m-°.
Il faut dans ce cas calculer la trajectoire, sans la diviser en parties,
dans l'hypothèse de la résistance (n° 52)

- où, en posant II = Tll ,

P
C — 2.H>7c2fy

et, le mètre et le kilogramme étant pris pour unités (n° 28),

<A> = 0,061.

Si la hauteur du but n'est pas considérable, on peut poser a= 1 ,


et en appelant a et b la distance horizontale et la verticale du but au
point de départ, et e l'angle d'élévation du but, on a tang e = - et
l'équation (1), n° 52 donne

(tang 9 — tang e) . cos2 9 = F (?)


ou

*»-«J.Sî-.ft*(î)i

or, lorsque les angles 9 et s sont petits, on peut poser ^| = 1 et


l'on obtient pour l'angle de projection rapporté à la ligne qui va du
point de départ au but l'expression

8m(9-e) = £F(î).
— 138 —

On aura l'angle de chute de la formule

tang 6 — tang 9 — FJ cos2 9

La vitesse de chute sera


V cos 9
a cos 0 '

On aura la durée

t ~ Fcos9 ^> (2c) '

85. Déterminer la vitesse initiale d'après celle que le projectile


possède à une petite distance de la bouche à ftu. Si le point de la
trajectoire où l'on connaît la vitesse v est à une petite distance de la
bouche à feu, la valeur absolue de l'angle de projection 9 diffère peu
de celle de l'angle d'inclinaison 6 en ce point, de sorte que l'on peut
poser cos 9 = cos 0 et l'on obtient la vitesse initiale V, dans le cas
où v n'est pas inférieure à 376m:s, de l'expression

a
ou en développant eie en série et en négligeant devant l'unité les

termes où ^- entre à la puissance seconde et aux puissances supé


rieures, on a

86. Pour des durées de trajets qui ne dépassent pas Os,15, la


vitesse du projectile au point milieu du trajet est sensiblement égale
au rapport de la longueur du trajet à sa durée. Pour un trajet a,
qui correspond à une pareille durée, la valeur absolue de l'angle
d'inclinaison 9 de la trajectoire à l'origine dù trajet diffère peu de
celle de l'angle d'inclinaison 0 à la fin du trajet, de sorte qu'on peut
poser cos 9 = cos<?, et appelant Fia vitesse du projectile à l'origine
— 139 —

du trajet, on a, si cette vitesse est supérieure à 376m:s, l'expression


suivante de la durée t du trajet a

et la vitesse du projectile au milieu du trajet a sera

Eu éliminant V entre les deux équations, on obtient

ou si l'on observe (n° 52) que Fl (^j = î^-i et qu'on développe


2c
a
Fj et e*c en séries, en négligeant devant l'unité les termes où ^

entre à des puissances supérieures à la troisième, on aura la vitesse


au milieu du trajet a

-«*[»- * m
Cette formule sert à prouver qu'en mesurant des durées qui ne
dépassent pas les limites de OUO àO?15 on peut, sans erreur sen
sible, prendre le rapport de la longueur du trajet à sa durée pour la
vitesse du projectile au milieu du trajet.

§ H.
T1K DIEECT À VITESSES INITIALES INFÉEIEUBES A 376m:s.

87. Exposé. Quand la vitesse initiale est inférieure à376m:s, on


doit calculer la trajectoire dans l'hypothèse de la résistance (n° 51)
où, en posant H = IIj ,

et, le mètre et le kilogramme étant pris pour unités (n° 28),


<A» = 0,012; r= 186m:s.

Le tir direct ayant lieu en général sous des angles de projection


qui ne dépassent pas 1 5°, on peut calculer la trajectoire sans la di
viser en parties, et poser a = 1 , quand les angles de projection sont
compris entre 0 et 8°, et a = quand les angles de projection
dépassent 8°.
On. résout dans ce cas les problèmes sur le tir direct à l'aide des
formules insérées dans la section : tir courbe à faibles charges.
88. Déterminer la portée connaissant Vangie de projection et
la vitesse initiale.
Le point de chute étant à une hauteur b au-dessus de la bouche
à feu, on aura la portée a à l'aide de la formule (n° 70)

l . tang <p .* - gjÇr, . 9 (*, F02) . *2=6,

où * = ^,F0» = («-£)'.

En essayant successivement plusieurs valeurs de z, prises dans la


table des valeurs de 9 (z, F0!), on trouvera deux valeurs du premier
membre de l'équation, assez rapprochées, entre lesquelles est comprise
la valeur de b, et on aura la valeur cherchée de z au moyen de parties
proportionnelles; on obtiendra la portée en multipliant z par -.
Le point de chute étant à hauteur de la bouche à feu, on aura
la portée x à l'aide de la formule (n° 66)

F02) = î.£.sin29,
— 141 —

Après avoir calculé la valeur du second membre de l'équation, on


trouvera la valeur de z à l'aide de la table des z.ty {z, V02), comme
on l'a exposé au n° 60. En multipliant z par - on aura la valeur de
la portée cherchée.
89. Déterminer la vitesse initiale d'un projectile, tiré sous un
angle de projection donné y, gui doit toucher un point donné (a, b).
On déterminera la vitesse initiale à l'aide de la formule (n° 71)

où z = S, Q = K- taPg9~tange, tgi=°.
c' * a* ga » 9 a

Après avoir calculé la valeur de V0, â l'aide de la table de F(z),


on obtiendra la valeur de la vitesse initiale cherchée V, en multi
pliant V0 par —— .
Si le point à battre est à hauteur de la bouche à feu, on a
b = 0 et s = 0.
90. Déterminer V angle de projection 9 sous lequel un projec
tile , tiré avec une vitesse initiale donnée . V, doit toucher un point
donné (a, b). On a pour déterminer l'angle de projection 9 l'équation
(*° 72)

v2 1/ v2 r v2 1

où l'on n'a conservé devant le radical que le signe moins, puisque le


tir n'a lieu que sous de petrts angles de projection. On calculera
d'abord la valeur approchée de 9 en posant e — -, ^o2=72> et puis,
s'il le faut, une valeur plus précise, en cherchant a qui correspond à
la valeur trouvée de 9 et en posant 0=^, F02=° Vi™B2v.

Si le point de chute est à hauteur de la bouche à feu, on a


(n° 72)
sin 29 = F0»)
142 —

et l'on calculera d'abord la valeur approchée de 9 en posant


2=-, V02=-^, et puis, s'il le faut, une valeur plus précise,
en cherchant a qui correspond à la valeur trouvée de 9 et en po
sant * c ' F0»=^^.
0 r*
91. Déterminer Vangle et la vitesse de chute et la durée du
trajet.
L'angle de chute est donné par la formule

tang G = tang 9 — ^ 3 (*,F0*).

La vitesse de chute est donnée par la formule


V C08Ç
V — T?(*,F02) ' ëSië '

La durée du trajet est donnée par la formule

t = fi%(z,r»).

92. Déterminer la vitesse initiale 'd'après cette que le projec


tile possède à une petite distance a de la louche à feu. Si le point
de la trajectoire où l'on connaît la vitesse v est à une petite distance
de la bouche à feu, la valeur absolue de l'angle de projection 9
diffère peu de l'angle d'inclinaison 0 en ce point, de sorte que l'on
peut poser cos9 = costf, et l'on obtient la vitesse initiale V, dans
le cas où v est inférieure à 376m:s, de l'expression

S)
et comme (n° 5 1 )

V g, S)- )/(»
on a
— 143 —

a
En développant e en série et en se bornant aux membres où -
entre à la première puissance, on obtient

*«|>-é(i~$)]-

93. Déterminer l'angle de projection rapporté à la ligne qui va


de la bouche à feu au but, lorsque Vélévation du but et Fangle de
projection ne sont pas considérables. L'expression de l'angle de pro
jection d'un projectile qui doit atteindre un objet situé à une distance
et à une hauteur déterminées au-dessus de la bouche à feu (n° 90)
est plus compliquée que dans le cas où l'objet à battre est à la même
hauteur; mais elle peut devenir aussi simple dans les cas ordinaires,
ceux où l'angle d'élévation du but et l'angle de projection ne sont
pas grands. Dans ce cas, on peut poser a = 1 . En appelant a et b
la distance horizontale et la verticale du but au point de départ et e
l'angle d'élévation du but, on a tang e = -, et l'équation (1), n° 51,
après la substitution de y = b, x = a et la division des deux mem
bres par a, donne

. (tang9-tange)cos29 = 2f2<3? g,
ou

™;*-«>-S=&*(j.ï);

or lorsque les angles e et 9 sont petits , on peut poser ^| = 1 et


= , et l'on a sensiblement

sin g, £)

pour l'expression de l'angle de projection rapporté à la ligne qui va


de la bouche à feu au but — expression indépendante de l'angle d'é
lévation du but, ainsi qu'on devait s'y attendre (n° 83).
94. Relation entre les hauteurs des hausses, les angles de
projection et les angles d'élévation du but. Soit 0(fig. 1 1) le centre de
la tranche de la volée et en môme temps le point de départ du pro
— 144 —

jectile; OA le prolongement de l'axe de la bouche à feu que l'on


suppose coïncider avec la tangente à la trajectoire au point de départ;
M le point à battre, P sa projection sur l'horizontale OP\ CB la
hauteur du bouton latéral de mire au-dessus de l'axe de la bouche;
ED la hauteur au-dessus de l'axe de la bouche du point à partir du
quel on compte les hauteurs de la hausse latérale. Le prolongement
de la droite MB détermine la hauteur FE de la hausse qui convient
à la distance OM. On mène BG parallèle à l'axe AD. L'angle FID
que fait la ligne de mire FM avec l'axe de la bouche, angle égal à
celui FB6, est l'angle de mire.
L'angle de mire m est déterminé au moyen de l'angle de pro
jection AOP=y, de l'angle d'élévation du but MOP=& et de
l'angle OMB = i, sous lequel les points 0 et B sont vus du but;
le triangle IOM donne AOM= AIM-+- OMB, ou 9 — e = m -+- i,
d'où
m = 9 — e — i.

L'angle i, ayant son sommet au but et s'appuyant sur les points


0 et B, étant toujours assez petit, on peut le négliger et poser

m = 9 — e,

c'est-à-dire admettre que l'angle de mire est égal à l'angle de pro


jection rapporté à la ligne qui va de la bouche à feu au but.
En représentant BG par r, ED par B, la distance du bouton de
mire à la hausse BG par l, la hauteur de la hausse FE par h, on
aura du triangle FBG

FG = BG .tangm,
ou
h-t-R — r= l . tangwi,
d'où
h — l. tang m — (R — r),
ou bien
h = l . tang (9 — e) — (R — r).

Si BC=ED, c'est-à-dire si R = r, comme cela a lieu pour


— 145 —

toutes nos bouches à feu rayées et pour la plupart des bouches à feu
lisses, on a
A = Z.tang(9 — s).

95. Relation entre les déplacements latéraux de la hausse et


les déviations latérales des projectiles. Si la trajectoire est comprise
dans le plan vertical passant par Taxe de la bouche à feu et si la
bouche est munie d'une hausse latérale, il faut, pour atteindre (fig. 12)
le point M qui se trouve dans ce plan, déplacer la hausse à droite
d'une quantité

Ff = FB . tan? FBf: ou Ff= FB . tang OMB.

Mais l'angle OMB ayant son sommet au but et s'appuyant sur


les points 0 et B est toujours assez petit, de manière qu'on peut le
négliger, et l'on ne munit pas de point de visée mobile les hausses
latérales des bouches à feu lisses.
Si la trajectoire du projectile est à double courbure (comme celle
des projectiles oblongs) et la déviation latérale du projectile à la
distance OM = a est MM' = z, il faut pour atteindre le point M
dévier la bouche à feu de l'angle MOM' en déplaçant latéralement
le point de visée mobile de la hausse d'une quantité Ff = FB . n~ • En

représentant Ff part, posant, sans erreur sensible, nM'= MM'=z,


nB=MO = a, et observant (fig. 1 1 ) que FB = [A-t-iî— r]\
on obtient
S = î VP-*-[h-+-R— r]2.

Si R = r et si h est petit en comparaison de l, on a pour le dé


placement latéral du point de visée de la hausse

a
96. Erreur due au pointage. En représentant par àh l'erreur
dans la hauteur de la hausse, par At l'erreur dans le déplacement
latéral du point de visée de la hausse, et par a la distance du but,
on aura approximativement
10
— 146 —

la distance verticale A# du projectile au bat

et la distance latérale Az du projectile au but

97. Erreur due à l'inclinaison des tourillons. Si la bouche à.


feu tourne autour de Taxe de l'âme et le tourillon de gauche s'élève
de telle sorte que son axe fait un angle a avec la position primitive
et horizontale (fig; 13), le sommet du bouton de mire B et le point G
(fig. 11) décriront aussi un angle a et se déplaceront en G' sur la
figure 13; la hausse dont la direction coïncidait avec FEG perpen
diculaire à l'axe de la bouche et à celui des tourillons avant leur ro
tation, se déplacera en F'E'G', qui sera perpendiculaire à l'axe de la
bouche et à la nouvelle position de l'axe des tourillons, la hauteur F' G'
étant égale à FG. Pour qu'il n'y ait pas d'erreur dans le pointage par
suite de l'inclinaison de Taxe des tourillons, il serait nécessaire que
la hausse, nonobstant l'inclinaison de l'axe des tourillons, fut com
prise dans le plan vertical parallèle à l'axe de la bouche et passant
par le sommet du bouton de mire déplacé, c'est-à-dire que la direction
de la hausse coïncidât sur la figure 13 avec F" G'. Mais la hausse
s'étant déplacée en F' E', il en résulte une erreur At dans le déplace
ment latéral de la hausse égale à /<"/' et une erreur A/< dans la hau
teur de la hausse égale à F"f, et

±t=F'f= F'G'.*h\aL = (h-*-R — r)sina,

Mt=F"f=F'G' ( 1 - cos a) = 2F'G' . sin2 \ = 2 (h -+- R — r) sin2 ? .

Donc, si Ton pointe une bouche à feu, lorsque le tourillon de


gauche est au-dessus de celui de droite, sans avoir fait les corrections
correspondantes dans la hausse, le projectile touchera (n° 96) un
point situé approximativement à droite du but d'une quantité

A#= " (/* h- R — r) sin a


— 147 —

et au-dessous du but d'une quantité

Ay = j (h-+-R — r).2siuî|.

Pour le canon obusier de 121 lisse, on a R — r, l = 1 m, 732.


Soit une roue de son affût au-dessus de l'autre de Om,l 52 ; l'écarte-

raent des roues étant de 1'°, 473, on a sin a= ^ et a = 5°57'.


147o
Pour un tir à boulet avec une charge de lk,126 de poudre à canon,
à une distance de 850"', la hauteur de la hausse est /* = 0m,0864.
On aura l'erreur due à l'inclinaison des tourillons

A* = 4"',5,
-^ = 0m,2.

Pour le canon rayé de 41 on a R = r, l — 0"\12i. Soit une


roue de son affût au-dessus <le l'autre de 0m, 1 52 ; l'écartement des
roues étant de lm,473, on a sin a = ~et a = 5°57'. Pour un
14/ et
tir à obus avec une charge de 0k,614 de poudre à canon, à une
distance de 850"1, la hauteur de la hausse est h = Om, 0343. On
aura l'erreur due à l'inclinaison des tourillons
• • ^z = r,s,
Ay=0m,2.

A la distance de 1700'", la hauteur de la hausseest/«=0'u,0762,

et on aura l'erreur due à la même inclinaison des tourillons

A*= 18"', 6,
Ay=lB,l.

IV. Tir plongeant.



98. Exposé. Dans le tir direct et le tir courbe on a pour but
de toucher un point donné, et,, pour satisfaire à cette condition, on
détermine l'angle de projection pour une vitesse initiale donnée, ou
k vitesse initiale pour un angle de projection donné. Dans le tir
10*
— 148 —

plongeant, la trajectoire doit satisfaire à deux conditions (le projectile


doit passer par deux points donnés, ou bien par un point donné sous
une inclinaison donnée), et pour que ces conditions soient obtenues, il
est indispensable que la vitesse initiale et l'angle de projection aient
des valeurs déterminées.
Dans la plupart des cas du tir plongeant, la vitesse initiale est
inférieure à 376m:s; par suite, nous nous occuperons de la solution
des problèmes qui s'y rapportent dans l'hypothèse de la résistance
de l'air (n° 51)

où, en posant II = II, ,


_ P

et, le mètre et le kilogramme étant pris pour unités,


<A, = 0,012; r= 186m:s.

Lorsque les vitesses sont considérables, le tir plongeant a lieu


sous de petits angles de projection, et même lorsque les vitesses sont
petites, les angles de projection ne dépassent pas ordinairement 1 5°.
Par suite, dans les formules du n° 51 qui servent à la solution des
problèmes sur le tir plongeant on posera a = 1 .
99. Déterminer la vitesse initiale et Vangle de projection d'un
projectile qui doit passe)- par deux points donnés. Soit a et h la
distance horizontale et la verticale de l'un des points à la bouche à
feu, a' et V celles de l'autre point ; V et 9 étant la vitesse initiale et
l'angle de projection cherchés.
Puisque la trajectoire doit passer par le point dont les coordonnées
son$ a et b, on aura

6 = ateng9-^«(-?,F0»),
d'où
— 149 —

De même puisque le second point doit aussi se trouver sur la tra


jectoire, on aura

tanff© — - — -^L<ë(- V2)-

retranchant ces deux équations membre à membre, on aura

ou
2i(\-l)-v=^i.i,yf)-^{^).

Faisant pour abréger

et observant que

on obtient

" V «-[°'F(°')-°y(ï)]r ("'-°)'

Connaissant V0 on déterminera la valeur de la fonction 9 P0î)

et celle de 9? (" , Fn2j; alors, en divisant l'une par l'autre les ex

pressions de tang © — - et de tang 9 — X , on aura pour la va


leur de ©

tang 9 — —■—, r — ;— •

Connaissant 9, on déduira V, en multipliant V0 par


100. Déterminer la vitesse initiale et Vanyle de projection
d'un projectile qui doit passer par un point donné sous une incli
— 150 —

liaison donnée. Soit a et b la distance horizontale et la verticale du


point donné à la bouche à feu, et 0 l'inclinaison de la trajectoire
en ce point.
La trajectoire devant passer par le point dont los coordonnées
sont a et b, on devra avoir

fe-atang9-^«(j,F02),

d'où, en faisant -a = tans: s,

tang9-tange = -2f?^, V>).

La trajectoire devant avoir au point donné l'inclinaison 0 , on


aura (n° 51, éq. 2).

tang9-tan^ = Ç3(^n2)-

Retranchant ces deux équations l'une de l'autre, on aura

tang s - tang 0 =JS. [2 5 (f , F02) - 9 (J, F,")] ,

ou
^ (tang- e - tang- 0 ) . F0» = 2 3 ( J , F0') - 9 (f , F0a) .

Faisant pour abréger

j£(tang.-tong<?) = G,

et observant que

3(f, fo2)=(ih-t^)f0)-t7;^, r»)=(i+v/)F(i)-r0\

on obtient

K«-|/«H.l-[2F,(f)-F(f)]-
Connaissant F0, on calculera T"omet 3 [j, F0S); puis en

divisant l'expression tang 9 — tang e par celle de tang 9 — tang 0, on


aura pour la valeur de 9

2tengs.3(f,F/)-tang^.^(^F03)

Connaissant 9, on aura F en multipliant F0 par ^—- .

Dans le cas du tir plongeant l'angle 0 est négatif, et si l'on re


présente sa valeur par — Olt il faudra substituer — 0, à 0 dans
toutes les formules de ce numéro.

101. Limite de la hauteur à laquelle on peut raser la crête


d'un parapet sous une inclinaison donnée. Soit 9 le plus grand
angle de projection qu'on peut obtenir de la bouche à feu montée sur
son affût, a la distance du but, b la plus grande hauteur qu'il peut
avoir, pour que l'inclinaison de la trajectoire en ce point soit 0. La
trajectoire devant passer par le point (a, b), on a

& = atang9_J^<P(^,F0»).

L'inclinaison de la trajectoire au point (a, b) étant 0, on a

tang 0 = tang 9-^ 3 F0') ;

cette équation donne

£ (tang 9- tang/?). F0» = 3 (f, F,*);

posant pour abréger

— (tang 9 — tang 0 )=Q


— 152 —

et observant que 3 , V') = (l + F^F, (f)— F02, on obtient

Connaissant Fn, on détermine F en multipliant F. par —— et

on trouve© F02^. On obtient la valeur de b au moyen de l'équation

6-«tang-?-^q?(^F02).

Dans le cas du tir plongeant l'angle 0 est négatif, et si l'on re


présente sa valeur par — il faudra substituer — 6X à 0 dans
toutes les formules de ce numéro.
102. Limite de la hauteur à laquelle on peut, en rasant la
crête d'un parapet , toucher un point donné du terre-plein. Soient
a et 6 les coordonnées de la crête du parapet; a la distance horizontale
du point du terre-plein à la crête du parapet, (3 sa hauteur relative
au-dessous de la crête. Le projectile devant raser la crête du parapet
et toucher le point donné du terre-plein, on a, en faisant a' -— a -+- a,

6 = atang9-2^^(^F02),

6-? = a'tang9-^®(j,F02).

Retranchant ces deux équations membre à membre, on trouve

P-îfji^Sfé, F)2)-«2©(", F02)]-(«'-«)tang9,

ou

^[P^(a'_a)tang9]. F,' = F0*)-a**(î , F,').

Posant pour abréger

2|[^-H(rt'-rt)tang9] = Ç
— 153 —

et observant que

on obtient

Connaissant V0, on détermine F en multipliant V0 par et on

trouve 9? F02). On obtient la valeur de b au moyen de l'équation

6 = atanç9-.$*(*,K0»).
CHAPITRE IV,

MOUVEMENT DES PROJECTILES OBLONGS DANS L'AIR.

II.

MOUVEMENT DE ROTATION DES PROJECTILES OliLONGS.

103. Équations du mouvement de rotation d'un corps solide.


Le mouvement d'un projectile oblong, comme celui d'un corps solide,
peut être décomposé en un mouvement de translation de son centre
de gravité et en un mouvement de rotation du projectile autour de
son centre de gravité. Examinons d'abord le mouvement de rotation
du projectile en supposant son centre de gravité immobile.
Le mouvement de rotation d'un corps solide est déterminé par les
trois équations d'Euler. L'origine des coordonnées y est supposée au
centre de gravité du corps et les axes des coordonnées sont les axes
principaux centrais du corps. Tontes les forces extérieures sont com
posées en une seule force passant par le centre de gravité du corps
et en un seul couple.
Pour obtenir les équations du mouvement de rotation du corps,
on doit égaler la somme de l'expression générale de la projection de
l'axe du couple des forces tangentielles sur chacun des axes principaux
et de celle de la projection de l'axe du couple des forces centripètes
sur le même axe, à la projection de l'axe du couple des forces exté
rieures sur le même axe principal.
En représentant par A, B, C les moments d'inertie du corps au
tour des axes principaux or, y, z, par 0 la vitesse, angulaire du corps
— 155 —

autour d'un axe instantané, par p, q, r les projections de cette vitesse


sur les axes principaux, et par L, M, N les projections de l'axe du
couple des forces extérieures sur les mêmes axes, on aura pour les
équations générales du mouvement de rotation d'un corps solide

A%-*-(B — G)gr = L,

B*-*-{C-A)pr = M,

C% + {A - I!)M = N.

Un projectile oblong étant un corps de révolution, l'un de ses


axes principaux est son axe de figure, et l'on peut preudre pour les
deux autres deux perpendiculaires quelconques situées dans le plan
équatorial du projectile, car ses moments d'inertie autour de tous les
axes situés dans ce plan sont égaux entre eux. Ces moments d'inertie
sont plus grands que celui autour de Taxe de figure du projectile.
Prenant l'axe de figure du projectile pour l'axe des x, on a

B = V et B > A.

104. Projections de Vaxe du couple de la résistance de Pair


sur les axes principaux d'un projectile oblong. Dans le mouvement
des projectiles oblongs l'accroissement de pression sur certaines par
ties de leur surface et la diminution sur d'autres, qui se produisent
suivant que ces parties ont un mouvement do rotation dans un sens
contraire au mouvement de translation ou dans le même sens que ce
dernier — cette augmentation et cette diminution de pression (n° 5)
ne peuvent être bien grandes. En en faisant abstraction, ainsi que du
frottement de l'air contre la surface du projectile, on n'a à con
sidérer, parmi les forces extérieures qui agissent sur le projectile
pendant son mouvement dans l'air, que celle de la gravité et celle de
la résistance qui s'exerce normalement sur chaque élément de la sur
face du projectile, soumis à l'action de la résistance. La force de la
gravité, comme appliquée au centre de gravité du projectile, ne donne
point de couple, et la résistance de l'air donne un couple dont l'axe
— 156 —

est perpendiculaire à celui de figure du projectile et à la tangente de


la trajectoire.
Rapportons le projectile et ses axes principaux mobiles Ox, Oy, Oz
(fig. 14), dont l'axe Ox est celui de figure, aux axes fixes rectangu
laires Oxt, Oy{, Ozx, dont l'axe Oxx coïncide avec la tangente de
la trajectoire, en la supposant d'abord immobile. La ligne OiVd'inter-
section des plans yOz et yxOzx, étant perpendiculaire à l'axe de
figure Ox et à la tangente Oxx , représentera la direction de l'axe du
couple de la résistance de l'air. Cet axe sera dirigé dans le sens de ON,
car dans les projectiles oblongs le couple de la résistance de l'air (n° 1 8)
tend à éloigner l'axe de figure Ox de la tangente Oxx *). Appelant K
la grandeur de cet axe et tq l'angle NOy, ou trouve que les projections
de cet axe sur les axes principaux du projectile Ox, Oy, Oz sont
zéro, Kcos Tj et — Ksin t\.
1 05. Expression du couple de la résistance de Vair, quand îangle
S que fait Vaxe de figure du projectile avec la tangente n'est pas
grand. En représentant par pA la composante de la résistance de l'air
dans le sens contraire à celui de l'axe de ligure du projectile, par pB
la composante de cette résistance perpendiculaire à l'axe de figure et
située dans le plan passant par l'axe de figure et la tangente, et par d
la distance du centre de la résistance au centre de gravité du pro
jectile — distance exprimée en parties du rayon R du projectile, on
aura pour le couple K de la résistance l'expression

K = d.R.çB
et comme (n° 1 7)
Y
?B = X' ?A'
on a

*) Nous compterons comme positifs les axes des couples et les axes des ro
tations disposés de manière qu'un spectateur, appuyé contre l'axe et ayant les
pieds a l'origine de l'axe, voie la rotation se produire devant lui de droite à
gauche.
Sur la figure
s 5 sont tracées les courbes de ^o' de xo
~ et de d
pour les projectiles semblables à notre obus de 41 à chemise en plomb,
les angles 8 étant pris pour abscisses et les valeurs de v , ^ et ô
pour ordonnées. On a construit sur la figure 1 5 la courbe des va-
Y
leurs de ^- d qui correspondent à différents angles 8, pour les projectiles
semblables à notre obus de 41. Cette figure fait voir que quand les
angles 8 sont petits, ce qui a toujours lieu dans le cas du tir direct,
y • ô et les angles 8 peut être repré
la relation entre les valeurs de ^
sentée par
^d = h sin 8 ,
4
où, pour les projectiles semblables à notre obus de 41, on a

h = 2,7.

La courbe exprimée par cette équation est représentée sur la


figure 1 5 par des traits interrompus.
En mettant la valeur de x ■ d dans l'expression du couple K, on a

if =A..R.pAsinS.

106. Équations du mouvement de rotation d'un projectile


oblong. Il suit de ce qui a été énoncé que les équations du mouve
ment de rotation d'un projectile oblong peuvent être mises sous la
forme

A7t — V>

(I). { B^t-*-{B — A)pr = kRpAsin&.cosï],

B%t — {B — A)pq = — hRç,, sin 8 . sin tj .

En intégrant ces équations, nous supposerons qu'au moment à


partir duquel sont comptées les durées, le plan qui passe par l'axe
de figure et la tangente coïncide avec le plan fixe OxA , que l'axe
— 158 —

de figure fait à ce moment l'angle 80 avec la tangente fixe Oxx, et


que c'est dès lors qu'agit le couple de la résistance K — 7iJfpAsinS,
dans lequel nous considérerons pA comme constante.
La position des axes principaux du projectile par rapport aux axes
fixes des coordonnées est entièrement déterminée, lorsqu'on connaît
(fig. 14) l'angle xOxx — S, l'angle yON—r\ situé dans le plan zOy
et l'angle yxON—v situé dans le plan yxOzx.
En décrivant du point 0 comme centre une sphère d'un rayon
égal à l'unité, on aura: 1) l'angle dièdre yxNy = 8 que font entre
eux les deux plans zOy et zxOyx, angle compté à partir du plan zxOyx
et mesuré par l'arc xxx; 2) l'arc Ny — r\ qui mesure l'angle dièdre
xxxz' formé par les plans #,0.c et *'Omet compté à partir du plana;,Oa;;
3)Y&rGyïN=v qui mesure l'angle dièdre zx<cxx formé par les plans
zx Oxx et xOxx et compté à partir du plan zxOxx.
La rotation du corps autour d'un axe quelconque peut être pro
duite par trois rotations successives autour de trois axes qui ne sont
pas parallèles à un même plan. On peut prendre pour ces axes ou
bien les trois axes principaux du corps x, y, z, ou bien les droites
ON, Ox et Oxx . Les vitesses angulaires autour des trois axes princi
paux s,mtp, q, r; les vitesses angulaires autour des axes ON, Ox, Oxx
sont^, — d-jt, J ^. En décomposant chacune des trois dernières vi

tesses en trois autres autour des axes x, y, z, et remarquant que la


somme algébrique de ces vitesses composantes autour de chacun des
axes x, y, z est égale à la vitesse correspondante p, q, r autour du
même axe, on aura
P = 1t ' eos (0N> x) — Tf 608 (x> x) dt cos ' r) '

p=w cos (0N? y) — Tt •cos^' cos

*) La vitesse angulaire ^ est prise avec le signe — , parce que l'angle t) di-
minue, quand la rotation du corps autour de l'axe Ox est positive, c'est-à-dire quand
cette rotation a lieu de droite à gauche pour un spectateur appuyé contre l'axe
et ayant les pieds à l'origine de l'axe.
Mais: cos (ON, x) — 0, cos (x, x) = 1 , cos (xlt x) = 3,
cos (ON, y) = cos Y], cos (x, y)=0, cos (xl , y) = cos (x, y) . cos (xv )x
-+- sin ?/) . sin , j;) . cos (yxxx) = — sin S sin y] ,
cos (ON, z) — cos (90° -+- if]) = — sin 7), cos (x. *) = 0 ,
cos (xx , z) = cos (x, z). cos (x, xx)-y- sin (x , z) . sin (x , a;,) cos (zxxj
= — sin S. cos 7].
Par conséquent

Jtcos8,

(25 (Îm . . „
q = -rt cos 7) — sin y] sin ô,

r= • ^ sm Tj — ^ cos t[ sin S .

Tirant de ces trois dernières équations les valeurs de ^


ai7 dV dV
on obtient
du
^ = (/cos Y] — rsm r(.

(II). sin 8 = — sin 7] -h r cos tj) ,

— sin h = — [p sin 8 -H (g sin tj -t- »- cos Tj) cos S].

Ces trois équations avec les trois équations (1) servent à déter
miner les angles S. v et t; en fonction du temps t.
Un projectile oblong étant un corps de révolution, sa position est
entièrement déterminée par la position de son axe de figure, qui sera
connue, quand on n'aura trouvé que les deux angles 8 et v en fonction
du temps t.
107. La vitesse angulaire autour de Vaxe de figure est con
stante pendant toute la durée du mouvement. La première des
équations (I), n° 106, donne

P = P<> ,
où pn est la vitesse angulaire initiale du projectile autour de son axe
— 160 —

de figure; ce qui fait voir que la vitesse angulaire autour de l'axe de


figure est constante pendant toute la durée du mouvement.
108. Vitesse angulaire^ en fonction de Vangle 8. Multipliant
la seconde des équations (I), n° 106, par sin 8 sin i\ et la troisième
par sin 8 cos y] et faisant leur somme, on aura

A p sin 8 (q cos y] — r sin y]) -+- B ["sin 8 cos t\ ^ -+. sin 8 sin y]

— p sin 8 (j cos y] — r sin yj)J = 0.

En y substituant
P=Po
et(éq. II n° 106)

î cos ni — ramn = -di,

on obtient
„r . ( dr ■ » • dq • « dS ~\ , d cos S
B [sin 8 cos y] ^ h--8in 8 sin y) ^ — p0 sm 8 J= ^ .

Mais

^ (r sin 8 cos T] -h g sin 8 sin *)) = sin 8 cos Y) ^ -+- sin 8 sin y) ^
-H (g cos T] — r sin tj) sin 8 ^ -+- (g sin Y) h- r cos tj) cos 8 d-^f

— (éq. II) sin 8 cos 1 ^ sin 8 sin rt ~( -+- sin 8 •.^


« » di dô
-sin 8 cos 8 ^
• dr ■ ç • do 5 dS I dr\ di t.\
= sin 8 cos r) Tt -*- sm 8 sm Y] J - sm 8 Jt[— £ -+- Tt cos 8)

= sin 8 cos y] -+- sin 8 sin y) ~ — sm 8 % •

Par conséquent

7?. d (r sin 8 cos y) -h g sin S sin yj) = Ap0 d cos 8 ,


ou (éq. II)

Z?.<f(sin28 = — Ap0d cos 8.


— 161 —

Pour t = 0, on a ~ = 0, -~ = 0 et, en intégrant la dernière


équation, on obtient

B sin2S ~ =Ap0 (cos 80 — cos S),

où 80 représente la valeur initiale de l'angle S.


On en tire

/i\ dv Ap0 cosd0 — cosô


' dt "B sîn^*

109. Vitesse angulaire ~ en fonction de Vangle 8, Multipliant


la seconde des équations I, n° 106 par q et la troisième par r et
faisant leur somme, on a

4 Bd^f-t-r2) = hRçx sinS(jcos T] — r sin r\)dt

= (éq. II) — h RçAd cos è;

mais les équations (II) donnent

par conséquent

j Bd (( g f -h siir S ( | )') = - h B?Ad cos S .

Pour £ = o, on a ^ = o, ~£ = o et, en intégrant la dernière


équation, on obtient

En éliminant -s de cette équation et de l'équation (1) n° 108,


on trouve

(2).^=)/Si |/(cos3o-cos,) [l -cos**- (cos *0- co"^)].


11
— 162 —

110. Angle S en fonction du temps t. On tire de la dernière


équation
,cos S ,
a cos 4
t
J (cos *0 - cos *) [l - cos2 1 - 2fxfB (cos *o - cos *)J
cos

une intégrale elliptique de première espèce.


On peut intégrer cette expression avec une approximation suffi
sante sans avoir recours aux fonctions elliptiques. En effet, les ra
cines de l'équation

1 _ C0S2 s _ («os 80 — cosS) = o

sont

et

Le projectile étant animé d'une grande vitesse de rotation p0 au


tour de son axe de figure, on peut développer le radical en série et
négliger devant l'unité dans les expressions de cos 8 les puissances se
conde et supérieures de la fraction ; on obtient ainsi

et

cos8 = cos80 — 2^sin2«0;

par suite

l-cos^-^^tcosSo-cosS)

= .È£b C1 - 2J^f (cos 8.-HC0S 8>] ;cos S - cos Sin2 *o)


— 163 —

et
os S
d cos S
y (cob *o-cos ^cos *-cos *0-+- sin* *0^1 - 2^Af(cos *0+cos a) j
cos *0

ou, en négligeant ^p^V (cos80 -+- cos 8) devant l'unité, on a

-cos S
t= à tôt S
■A-Pô
y'-cos*0^cos*0-2^^sinM0j-+-2^c8s90-^^sin»*0jcos*-co8^*
cos 5,!
et l'on tire

cos 80 — sin2 80 — cos 8


arc cos
4Po

d'où l'on obtient

cos8 = cos80-*^^(l -eos^)sin«0.

La valeur de hBf^a™d° (l — cos étant petite, on peut

prendre son cosinus égal à l'unité et son sinus égal à elle-même, et


l'on aura
X—X fcBpA-B sin è0 /. ApJ
o_o0-H A^ yi C0S-g-

On voit ainsi que l'angle 8 est exprimé par une fonction périodi-
que, dont la période correspond au temps tl —jf 2*. Par consé
quent l'axe de figure Ox tantôt s'éloigne et tantôt s'approche de
l'axe fixe Ox1 , et les variations des distances angulaires de l'axe de
figure Ox à l'axe fixe Cte, se trouvent dans les limites 8 = 80 et
s 5. 2ApAS sin S0
5 = doh Aip-J •

111. Vitesse angulaire ^ de l'axe de figure autour de taxe du


n*
couple de la résistance en fonction du temps t. En prenant la dé
rivée de l'expression 8 par rapport à t, on a
d/S _ feEpA sinS0 ^ Ap0t
dt Ap0 B

On voit que la vitesse angulaire -j est exprimée par une fonction


périodique , et que depuis t = o jusqu'à t = -jg ■ ^ elle croît de zéro
à d°, depuis t = ^-\ jusqu'à t = ^ • r elle décroît de

£g£lfSgg à zéro, depuis t~~n jusqu'à t ~ ^ | ic elle con


tinue de décroître de zéro à — fcBp^in*°> depuis f = -J- • f tu jusqu'à

f= • 2tc elle croît de — *gp*gin*° jusqu'à zéro, et ainsi de suite.

112. Vitesse angulaire 4? rfe Z'aa;e de /w/wre Oa; autour de Vaxe


fixe Oxt en fonction du temps t.
En mettant 8 = S0-+- hH^*° (l -cos%*)dans l'équation (1)

n° 108 et en négligeant devant l'unité les termes dans lesquels


fti?lA4'°g° i} — cos^§~)enfre à des puissances supérieures à la pre

mière, on trouve

Cette quantité étant positive, l'axe de figure, lorsqu'on regarde


du pôle x au centre de gravité 0, se meut autour de l'axe fixe Ctet
de droite à gauche, si la rotation du projectile autour de son axe de
figure a lieu dans le même sens.
La vitesse angulaire ^ est une fonction périodique, dont la pé-
riode correspond à la même durée tx = ■ 2 tc que celle de la va
riation de l'angle S.
La plus petite et la plus grande valeurs de cette vitesse sont
zéro et et elle les atteint aux moments où la vitesse angulaire ^
est égale à zéro et l'angle S est égal à sa plus petite et à sa plus
grande valeur.
— 165 —

113. Angle v, que fait le plan vertical zlOxl passant par


Vaxe fixe Ox1 avec le plan x Oxx passant par le même axe fixe Ox1
et Vaxe de figure Ox, en fonction du temps t. Cet angle s'obtient
en intégrant l'expression ^ et a pour valeur

ou

114. Équations polaires de la courbe que décrit le pôle de


Vaxe de figure sur un plan perpendiculaire à Vaxe fixe Oxx. Soit
ce plan mené à une distance OT (fig. 1 6) du centre de gravité 0 du
projectile et soit OP une position quelconque de l'axe de figure.
Prenons les longueurs P'T pour les rayons vecteurs y et les angles v
pour les. longitudes de la courbe. En désignant par OP = a la po
sition initiale de l'axe de figure, on aura

P'T = y = OT. tang 8 = a cos S0 . tang S .

En mettant S — S0 -*-
W V
aux termes dans lesquels — -y-5
o V 1 —C0S —:J
mière puissance, on obtient

W?pABtang$,
Y = a sin è0-t~a AW ^l__cos"^-).

angle v (n° 113) est

En posant

p = a sin
— 166 —

on a les équations polaires suivantes de la courbe décrite par le pôle


de l'axe de figure sur un plan perpendiculaire à l'axe fixe Oa;,

v=p(P — sinft,

ou, pour de petits angles 80


Jy = ?-H>■(! — cosp),

jv = J(p-sinp).

Ces équations polaires sont celles de l'épicycloïde ordinaire dont


le rayon du cercle fixe est p et celui du cercle mobile est r, lorsque
le rapport ^ et par suite celui de - sont petits*).

*) L'épicycloïde ordinaire est une courbe AMG (fig. 17; engendrée par un
point quelconque M du cercle BCM qui roule sur le cercle fixe ABD. Cherchons
ses équations polaires, en prenant le point A pour origine du mouvement. Soit
OM=y, MOA = v, AO=p, BC=r, MCB = $, COA = a, COM=a'.
Le triangle MCO donne
Yï=(p-4-r)2-i-rî — 2(pn-r)r. cosp
ou
Y2 =(p-*-r — r cos p)2-+-r2 sin2p,
et
Y=(p-t-r — rcos
Y \ f-t-r — r cos p/

Lorsque le rapport - a une faible valeur, on peut négliger devant l'unité les
P
termes dans lesquels r Sm ^—r entre à la deuxième puissance et aux supé-
p-i-r— rcosp
rieures; on a dans ce cas
Y = p-4-r (1 — cosp).
L'angle
v = a — a'.
D'après la loi de la génération de l'épicycloïde, l'arc AB = pa est égal à l'arc
BM = rp; par suite
— 167 —

Par conséquent le pOle de l'axe de figure décrit autour de l'axe


fixe Ox1 une série d'épicycloïdes ordinaires, dont les rayons des
cercles fixes sont o sin 80 et les rayons des cercles mobiles sont
a ft2*pAiLs" **° > et l'axe de figure décrit autour de l'axe fixe un cône

qui a pour base ces épicycloïdes. A l'origine de ces épicycloïdes


(n08 111 et 1 1 2) les vitesses angulaires ^ et ^ de l'axe de figure
autour de l'axe du couple de la résistance et autour de l'axe fixe sont
égales à zéro.
115. Limite de Vaccroissement de Vangle 8 par suite de Fac
tion du couple de la résistance de Vair. La plus petite valeur de
l'angle 8 (n° 110) est 80; sa plus grande valeur, par suite de l'ac
tion du couple de la résistance, est 80 -+- 2ftgp.^ g'n 6° , de sorte que

la limite de l'accroissement de cet angle est la


2h%B;?o*° Partie de l'angle 8,

En représentant par tj la longueur du pas des rayures , exprimée


en rayons R du projectile, on a
2kV_
P. — t,R •

et
v = r- a3 — a .
P
Abaissant du point M sur la ligne OC la perpendiculaire ME, on trouve du
triangle rectangle MOE
i', = ME. = r- sin
sma'=
.
sir 3
Y
et lorsque le rapport - est petit

a = - sin 3.
Y
Par conséquent les équations polaires de l'épicycloïde ordinaire, lorsque -
est petit, sont
i y = p-t-r(l — cos 3),

v = ? (3 — sin 3) .
— 168 —

Le moment d'inertie du projectile autour de son axe de figure est

où i>. est un coefficient qui dépend de la construction du projectile.


Pour les projectiles semblables à notre obus de 41, on a jj. = 0,589,
5=2,3,
A ' ' A = 2,7,-=:7120R3.
9 .
La résistance de l'air dans le sens contraire à l'axe de figure
(ns 28 et 29), si l'on prend v- = 1 et II = IL, est pour les vitesses

au-dessus de 360 mèt:sec.

Pa = 0,044. tzR2v2;

pour les vitesses au-dessous de 325 mèt:sec. elle est


pA = 0,012 .izB?v» -+- (jlsj'J; mais cette résistance, comme le

fait voir la courbe de p' = ^jfa représentée sur la figure 8 (E), ne


croît pas beaucoup plus rapidement que le carré de la vitesse , et on
peut prendre approximativement pour son expression

Pa = 0,014 tzR2.v\

En mettant ces valeurs dans l'expression ^^7^°' on trouve:


pour des vitesses qui dépassent 360 met: sec.
sin*0 = 0000104 , «n*0

et pour des vitesses qui sont inférieures à 325 mèt:sec.


2h*Vp/sn0S° = 0,00000336 7f ^s.

Egalant successivement y) à 140 et à 82, c'est-à-dire aux limites


entre lesquelles sont compris les pas des rayures de nos bouches à
feu, on voit que, pour y]= 140, l'accroissement de l'angle S, par suite
de l'action du couple de la résistance de l'air, ne dépasse pas 0,20
de 80 quand les vitesses sont supérieures à 360 mèt:sec, et ne dépasse
pas0,064 de 80, quand elles sont inférieures à 32 5 mèt:sec; pour y)=82,
— 169 —

cet accroissement de l'angle 8 ne dépasse pas 0,070 de 80, quand les


vitesses sont supérieures à 360 mèt:sec, et ne dépasse pas 0,023 de 80,
quand elles sont inférieures à 325 mèt:sec.
116. Si la tangente à la trajectoire était immobile et la ré
sistance de Vair constante, Vaxe de figure du projectile décrirait
sensiblement autour de la tangente un cône circulaire avec une vi
tesse angulaire moyenne constante. L'accroissement de l'angle 8, par
suite de l'action du couple de la résistance de l'air, étant une très
faible partie de l'angle 80, on peut prendre, sans erreur sensible, au
lieu de la valeur variable (n° 1 10)8=V+- hR9f2pTS°(\ — cosffi)

sa valeur moyenne
S S . ft-Rp.B siu a0
5— ôoH Aïtf— '

et substituant cette expression dans l'éq. 1, n° 108, en négligeant


devant l'unité les termes qui contiennent à des puissances su- .
périeures à la première, on trouvera
dv hRpA
dt Ap0
0U
<h K
dt Ap0 sin *>
car (n° 105) K — /î#pAsinS.
Par conséquent on peut admettre que, si la tangente était immo
bile et la résistance de l'air constante, l'axe de figure du projectile
décrirait sensiblement autour de la tangente un cône circulaire avec
une vitesse angulaire constante
th _ K
dt Ap0 sin #

Cette expression a été déduite dans la supposition que K=hEçA sin 8,


c'est-à-dire pour le cas de petits angles 8.
Quand on tire soiis de grands angles de projection avec de pe
tites vitesses, les angles 8 acquièrent une grande valeur. On ne peut
plus alors admettre la proportionnalité des valeurs de ^-d aux sinus
des angles 8, mais on peut poser

d = Jsin8cos8,

où l'on a pris pour les projectiles semblables à notre obus de 41

l = 2,6

afin de représenter avec une approximation suffisante les valeurs


de ^-d dans les limites de 8 = o à 8 = 20°, les angles 8 ne dépas
sant 20° que dans le cas de tir avec de très petites charges.
La courbe exprimée par cette équation est pointée sur la figure 15.
On aura dans ce cas pour l'expression du couple de la résistance de
l'air
K — l. sin 8 . cos 8.

Si on la met dans les équations différentielles générales du mou


vement de rotation d'un projectile oblong et si on les intègre, comme
on l'a fait pour K—hRçAsm 8, en posant 8 =80-t-eet négligeant
les termes affectés des puissances seconde et supérieures de z, on ar
rive à la même expression
dv K
dt Apo sin d
de la vitesse angulaire constante, avec laquelle l'axe de figure du pro
jectile décrirait sensiblement un cône circulaire autour de la tangente,
si celle-ci était immobile et si la résistance était constante.
En mettant K = hRçk sin 8, A = j». J R3,p0 = et pf = f(v) ,
on aura pour le cas de petits angles 8

dt 2TC(iW

et en mettant K= l RçA sin 8 cos 8, A = i». | 222,^ =~ et ^ =f(v),


on aura pour le cas d'angles 8 qui varient de zéro dans de larges
limites
— 171 —

La tangente à la trajectoire étant mobile et la résistance de l'air


étant variable, la vitesse angulaire ^ varie durant tout le mouvement
du .projectile. L'angle 8v — que fait le plan passant par la position
de la tangente et par celle de l'axe de figure à l'origine de l'élément
de temps dt avec le plan passant par la même position de la tangente .
et par celle de l'axe de figure à la fin de cet élément de temps dt —
cet angle aura pour expression
<?v = . K. . dt ,
Ap0 sin S '
0U
dans le cas de petits angles 8

et dans le cas d'angles 8 qui varient de zéro dans de larges


limites
dv=2^^)cos8(fô.

117. Équations différentielles du mouvement de rotation de


Vaxe de figure d'un projectile oblong durant tout son trajet dans
Vair. Un projectile oblong décrit dans l'air une trajectoire à double
courbure .qui tourne sa concavité vers l'horizon, et la tangente à la
trajectoire, par suite de l'action de la gravité, s'abaisse durant tout
le trajet du projectile. Représentons-nous une sphère dont le centre
(fig. 1 8) est en 0. Soit OT la direction de la tangente au bout du
temps t; en menant par cette tangent* un plan vertical, ce plan sera
représenté sur la surface de la sphère par l'arc NTn. Soit OA la di
rection de l'axe de figure au bout du temps t. L'angle v, formé par
le plan vertical passant par la tangente OT avec le plan passant par
la même tangente et l'axe de figure OA, aura pour mesure l'angle
dièdre NTA, et l'angle 8 que fait l'axe de figure OA avec la tan
gente OT aura pour mesure l'arc AT. Représentons par OA' la po
sition de l'axe de figure et par OT' celle de la tangente au bout de
l'élément du temps suivant. L'accroissement de l'angle 8 par suite
— 172 —

de l'action du couple de la résistance de l'air étant (n° 115) très


faible, on peut admettre que l'arc A'T sera égal à AT = 8 et que
l'angle A'TA, que nous nommerons dv', aura pour expression (n° 1 1 6)

dv'= . "5. . dt.

En appelant ^ l'arc NT, 0 l'angle que fait la tangente OTavec


l'horizon, u l'angle que fait le plan vertical passant par la tangente OT
avec le plan vertical du tir, on aura NT= ^ = ^ — 0, d<|>= —d0,
NT=^~t-d^ = l — 0 — d0, TNT' = da, A'T' = 8 -*- di,
A'TN= v-t-dv.
Il est facile de déduire des triangles sphériques A'TT' et NTT1
les expressions de d8 et de rfv en fonction de v, v', 8 et «; mais ces
expressions sont compliquées. Pour faciliter les recherches, remar
quons que les accroissements de l'angle u sont bien plus petits que
ceux des angles 9 et v, de sorte que l'on peut, sans erreur sensible,
négliger, dans les expressions de db et dv, les termes infiniment pe
tits du premier ordre contenant le facteur ~ et négliger en outre dans
l'expression de dv le terme sin 0.da. En négligeant ces termes on
obtient
d8 — — cos v dO , .

tang a

On arrive au même résultat si l'on considère, dans la recherche du


mouvement de rotation de l'axe de figure, la trajectoire comme située
dans le plan vertical du tir. En effet, dans ce cas l'arc TT' coïncide
avec l'arc NTn, et l'on aura (fig. 18bis) TT' ~ NT — NT=—d9,
v h- rfv = AT'T; le triangle sphérique A'TT donne

cos A'T' = cos A'T. cos TT' -+- sin A'T. sin TT' cos A TT
et
sin A'TT sin A'T
un A'TT' sin A'T"
— 173 —

ou, en substituant au lieu de A'T', A'T, TT, A'TT', A'T'T leurs


valeurs S -+- d§, S, — dO, tc — v — dv, v -+- rZv, en faisant les ré
ductions nécessaires et en rejetant les infiniment petits du second
ordre, on retombe sur les expressions trouvées de rfS et de (Zv.
En considérant la trajectoire comme située dans le plan vertical
du tir, la projection de l'accélération suivant la normale intérieure
aura pour expression

où le rayon de courbure y = — , et par conséquent on aura

JL--.idt,
COS 6 V

ou, divisant les deux membres de l'équation par une valeur constante a
choisie de manière que a cos 0 diffère le moins possible de l'unité *)
sur toute l'étendue de Tare de la trajectoire que l'on considère, et
admettant a cos 6 = 1 , on obtient

dO IV

Substituant cette valeur dans l'expression de (ZS, on a

dh = — cos vtft .

Après avoir mis dans l'expression de dv la dernière valeur de d8


et la valeur de dv (n° 116), et après avoir divisé l'expression de dv
par celle de <Z8, on obtient les équations différentielles suivantes du
mouvement de rotation de l'axe de figure du projectile:
dans le cas de petits angles S

0)
cos v av

*) Les valeurs de a sont insérées dans la table I de l'annexe.


— 174 —

et dans le cas d'angles 8 qui varient de zéro dans de larges limites

*L = ?-dt.
cos v a»

118. Intégration, par approximation, des équations différen


tielles du mouvement de rotation de l'axe de figure du projectile
dans le cas du tir direct, pour lequel les angles S sont toujours
petits. Les équations différentielles du mouvement de rotation de l'axe
de figure du projectile contenant des termes qui dépendent de cosv
qui change de signe, leur intégration même approximative, entre des
limites quelconques, dans l'état actuel de l'analyse, présente des diffi
cultés insurmontables et il devient indispensable de les intégrer,
même approximativement, par parties.
Remplaçons dans les équations (1) n° 117 les quantités varia
bles v et vf(v) par certaines valeurs moyennes (v)m et [vf(v)]m, qu'elles
prennent dans les limites de l'intégration, qui doivent être choisies
de manière que cos v ne change pas de signe entre ces limites. Dans
ce cas la première des équations (1) n° 117, en remarquant que
cos vrôv = d sin v, devient
d sin v sin v
dS » tângâ'
où l'on a posé pour abréger

(D i = ^M(v)]m.

La seconde des équations (1) n° 117 devient


ds ■dt.
cosv a(«),
L'équation
d sin v sin v
dS * tang S

est une équation différentielle linéaire du premier ordre.


L'intégrale de l'équation différentielle linéaire du premier ordre

dans laquelle P et Q sont des fonctions quelconques de x, est

fPàxr ç-fPdx -i
y=e (_Je Q dx .+- Cj

En posant y = sinv, x = è, P-— ■^h, Q = q, on a

/Pdx —log siu * j


e =e

—fPdx logsinô
e =e = sin 8 ,

Je Q<lx — q I sin 8d8 = — q cos 8


et
sin v = sin
-J-=o (v — o■» cos 8 -*- C).
'

En développant sin 8 et cos 8 en séries et en se bornant aux


termes dans lesquels 8 entre à la seconde puissance, on obtient

sin v = J(-2-iS2-C).

En représentant par v, et 8{ les angles v et 8 qui correspondent


au temps tf, on a

8.sinv = |82-H8,(sinv,.-|8i).

Le tir direct ayant lieu avec des vitesses initiales assez considé
rables, la valeur de |(éq. 1) est toujours bien plus grande que l'unité.
Déterminant 8 de la dernière équation, on trouve

S = i [sin v ± VW v — 38,. (2 sin v,. — 28,)]


— 176 —

ou

(2) . . . ". S = - [siu v ± Y\ — gS. (2 sinv,— qh.) — cos2 v]

et
db = i Tc0SVdv ± Binv.cos,dv .-|
gL y 1 - q6j (2 siu v< — gS<) — cOS2 vJ

En mettant cette expression dans l'équation

cos v a (v)m ■

on obtient
v± Binvdv = -M- dt
Y!—q&i(2 sin v,—qS{) — cos2v «M»

ou, en substituant à q sa valeur (éq. 1),


^v^. <*cosv _ faffl>/(E)]m ^
V1- g*i (2 sinv,— <z,5,) — cos2 v Wm

Dans l'hypothèse de la résistance de l'air proportionnelle à

la n puissance de la vitesse on a f (v)= p = 2gCn—i >

où cn 1 = p
—=- • En supposant la trajectoire située dans le plan

vertical du tir, la projection de l'accélération suivant l'axe horizontal


des x est ^ = — fffiv) cos 6. et en substituant à f(v) la fonction
on obtient ^= — 9-f(ou;,) = — v,n , d'où l'on tire

aV- ! _r,/'(î;)=/,(aî;])=J_Jl_

[-¥("')""'']""' ' [.^Tpr

Mi • f(avù — ET '

et l'on peut substituer aux valeurs moyennes (v)m = (av1)m,


[f(v)]m = [f(™ù]m, [^/'(^)]m = [aî;1/'(av,)]m, que prennent les
— 177 —

quantités v, f(v), vf(v) dans les limites des durées de t=ti à les
valeurs que l'on obtient des expressions de a.vl , f(w,) et ai>1 . f(Wj)
en remplaçant / par Dans ce cas on a ■"|„^"t = [f (v)]m, et

par suite
rfv ^ dcosv = = Hr^ [f( , rf
VI — gd,(2sinv,— g5,) — cos2 v 2it|tF" v /J« '
et

w dt — ^ '
1:
V1 — (2 sin Vj — g3,-) — cos2 v
où le signe -h se rapporte au cas du signe positif devant le radical de
l'expression 8 et le signe — au cas du signe négatif devant le radical
de l'expression 8.
Intégrant l'avant-dernière équation entre les limites de t=ttikt
et de v = v(. à v, on obtient:
i dans le cas du signe positif devant le radical de l'expression S
,ts cOS V COS Vi
(4) . .v — vf -h arc cos . — arc cos . *
* Vl-gé\-(2 sin v,—g*,-) Y l-q6( (2 sin v,—g»<)

et dans le cas du signe négatif devant le radical de l'expression h


.. s • COS V cos vt-
(4.) . .v — v . -+- arc sin — — arc sin . '
1 * Vl-g»<(2 sin v<-g9,) V l-g*,- (2smvf-g*f)

Les formules (2), (3), (4) et (4j ne peuvent être employées, comme
on l'a remarqué, que dans des limites entre lesquelles cos v ne change
pas de signe.
Au point de départ on a v(. = = o, 8,. = 8, = o, tt = o.
Considérons Vintervalle depuis v=o jusqu'à v = | ■ Appelant ql
et [f(v)]m les valeurs moyennes q et [f(v)]m dans cet intervalle, on a
(éq- 2) '
8 = - (sinv-i- Vl — cos3v) = - sinv,
12
— 178 —

où l'on a pris le signe positif devant le radical, parée que la dérivée


s=a 2- cbs v est positive, lorsque cos v est positif, et par conséquent
l'angle 8 augmente avec le temps tant que cos v reste positif.
La dérivée (éq. 3)
d1_J^ r/7 y,
dt — 4irnF L/ WJm,

étant positive, l'angle v croit de zéro à |-


Désignaut par 8/^ \ et l'angle 8 et le temps t qui correspon-

dent à l'angle v = *-, on trouve (éq. 2)

la formule (4) donne

*_o^-o=0[A»)]mi.',,

d'où l'on tire

'l — 1»0 [/(»)]«,

Considérons l'intervalle depuis v = | jusqu'à l'angle limite


v = v» > J-
~ Appelant &et
g2et [A^LJ
[/*(v)]m les valeurs moyennes j et [f(v)]m
dans tout l'intervalle de temps , à partir de t1 , durant lequel cos v
reste négatif, on a (éq. 2)

8 = i [sin v -*-)/( ^2 — 1 )"— cos» v].

La valeur de cos v étant négative , la dérivée ? = — cos v fait


voir que l'angle 8, à partir de 8 = 8/* \ , décroit, lorsque t augmente.

La dérivée (éq. 3)

dv 211(1.7
5< Ain m
1 -+-
— 179 —

étant positive entre v = | et v=7ï, l'angle v ne peut cesser de croître

que si ~ devient imaginaire. Les quantités v et f (v) décroissant à


mesure que le temps augmente, on a q2 < qt et [f(v)] < [f(v)mi;

par suite l)3 est moindre que l'unité et la dérivée ~ n'est réelle

qu'autant que cos2 v < — 1). Par conséquent l'angle v ne peut


augmenter au-delà de la limite définie par l'équation

cosv2=-(^-l).

Ainsi l'angle limite v2 est plus petit que iz et plus grand que |.

La quantité ~ — 1 se réduisant à zéro pour ^ = 1 et l'angle

v2à|, on voit que le rapport^, qui est moindre que 1, est plus
grand que ^*).
Désignant par 8» l'angle 8 qui correspond à l'angle v=v2 et par t\
le temps depuis l'origine du mouvement jusqu'au moment où v = v2
et 8 = 82 , on trouve (éq. 2)

S2 = lsinv2;

la formule (4) donne

d'où l'on tire

2 h—hw[f(v)]m "V2-

La dérivée ^, comme on l'a observé, fait voir que

io < 8/7
(I.')-

*) S'il en était autrement, cela indiquerait que l'on ne devait choisir pour g2
que la valeur de q correspondant à un intervalle de temps moindre que tout l'in
tervalle, à partir de tlt durant lequel cos v reste négatif.
12*
— 180 —

Considérons Vintervalle depuis v = v2 jusqu'à v = La for


mule (2) donne

8 = ^ |^sin v — ]/cos2 v2 — cos2 v]j )

où l'on a pris le signe négatif devant le radical, parce que, cos v étant
négatif, la dérivée ^ = ^ cos v fait voir que l'angle 8 doit continuer
de décroître , lorsque t augmente.
On obtient de la formule (3)

dv 2r\j.V
dt sin v
V cos2 v» — cos2 V

où l'on a pris le signe — devant le radical , parce que le radical de


l'expression 8 est affecté du signe négatif.
La valeur de cos2 v2 étant moindre que l'unité et par suite
Vcos2 v» — cos* v étant moindre que sin v, le rapport M>
8 i j rr Vcos2 vj — cos2 v

est plus grand que l'unité, et la dérivée^ est négative. Par conséquent
l'angle v diminue à partir de v = v2.
Désignant par 8/* \ l'angle 8 qui correspond à v = |, et par ts

le temps depuis l'origine du mouvement jusqu'au moment où


v = | et 8 =8 2y on a (éq. 2)

8(j, 2) = i(1 cos V8) = h 0 - cos (TC ~ Vz))-

La formule (4,) donne

d'où l'on tire


— 181 —

Les expressions t\ — 11 et t2 — if2 font voir que

et

-h = î (h - y, «, - *'2 = (*» _ y.

La fonction [/"(»)]», étant plus grande que [f(v)]mi, on a

— *i ^> •

La dérivée tt, comme on l'a observé, fait voir que

•).

Considérons Vintervalle depuis v = ^ jusqu'à Vangle limite


v = v3 < | • Appelant g3 et [/"(v)]ms les valeurs moyennes g et [f(v)]m
dans tout l'intervalle de temps, à partir de f2, durant lequel cos v
reste positif, on a (éq. 2)

8 = i [ sin v — }/( 1 - g ( 1 - cos (* — v,)))8 - cos2 v] ,

et cos v étant positif, la dérivée = ^cos v fait voir que l'angle 8,


à partir de 8 = $/* \ , croît avec le temps.

La dérivée (éq. 3)

<ft j sin v
}/( 1 — Jj ( 1 — C0S (tî—v^))2 — C0S2 v

étant négative entre v = | et v = o, l'angle v ne peut cesser


de décroître que si gr devient imaginaire, ce qui a lieu quand

cos2v > ^1 — ^ (1 — cos(rc— Par conséquent l'angle v ne


— 182 —

peut diminuer au-delà de la limite déterminée par l'équation

cos v3 = 1 — jk (l — cos (tc — v8)),

et comme 1 — — cosfc — v^) est plus petit que l'unité et plus


grand que cos (n: — v^, il suit que l'angle limite v3 est plus grand
que zéro et plus petit que (k—v2).
Désignant par 83 l'angle 8 qui correspond à l'angle limite v3 et
par t'3 le temps depuis l'origine du mouvement jusqu'au moment
où v = v3 et 8 = 83, on a (éq. 2)

$, = — sinv„;

la formule (4J donne

d'où l'on tire


T3 ^ — hwlfW]^
3
La dérivée^, comme on l'a observé, fait voir que

" %*)<h-

Considérons Fintervalle depuis v=v3 jusqu'à v=~ La valeur de


cos v étant positive, la dérivée = ~ cos v fait voir que l'angle 8
doit continuer de croître avec t et que par suite il faut prendre le signe
positif devant le radical de l'expression 8 (éq. 2). La dérivée ^ (éq. 2)
est positive et par conséquent l'angle v croît à partir de v= v3.
Désignant par 3/1t \ l'angle 8 qui correspond à v=|, et par t3

le temps depuis l'origine du mouvement jusqu'au moment où v = |et


8 = 8/* \, on a (éq. 2)
U' 3)
U3) = ^(1^CoSV3)'
— 183 —

La formule (4) donne

d'où l'on tire


. j 2îC|jlV ,

Les expressions f'3 — t» et ts — t's font voir que

f• la
'3 "2_ »V [/«].,'
et
^- = ï («i - y ^ *3- f, = - y.

La fonction [At;)]m2 étant plus grande que [f{v)]m^, on a

«, — «■>*.— 'i-

La dérivée -y,
dt comme ou l'a observé, fait voir que

«3 < «/it
'(1. .).

Considérons Vintervalle depuis v= -jwso/w'à l'angle limite v4>


Représentons par S4 l'angle S qui correspond à v4 et par t\ le temps
depuis l'origine du mouvement jusqu'au moment où v=v4 et 8=84,
et appelons g4 et [f(v)] les valeurs moyennes q et [f (v)]m pendant
tout l'intervalle de temps, à partir de t3, durant lequel cos v reste né
gatif. En procédant comme on l'a fait précédemment, on trouvera d'a
près la formule (3) que l'angle limite v4 est défini par l'équation

Cos V4 =— [g (1 -H Cos V3) — 1 ]

et que cet angle , étant plus grand que ^ , est moindre que (r — v3).

La quantité ^*(l-t-cos v3) — 1 se réduisant à zéro pour^4 = i+î0SVs


et l'angle v4à|, on voit que le rapport ^ est plus grand que •
— 184 —

Cherchons la condition nécessaire pour que l'angle v4 soit moindre


que l'angle v2 ou que tc— v4 > tc-v2ou que cos(tc— v4) <cos(tc— vj.
Les expressions de cos v4 et de cos v3 donnent

cos (^-v1) = ^[2-^(1-hcosv»)]-1,

et observant que cos (tc — v2) = — 1 , la condition


cos(tc — v4) < cos(tc —v^) se réduit à la suivante

3± ^ 3i
g3 j _ <h [\ — 'h\ '

et — r étant plus grand que ^, on voit que si la condition

est satisfaite, on aura à fortiori cos (tc — v4) < cos (tc — Vj).
Mais durant le mouvement des projectiles oblongs dans l'air
^■>^>|1>....>^71^*); par conséquent cos (tc— v4)< cos(tc— Vj) et

v4 < v

*) Pour démontrer que —>—>...> ^ . supposons que la résistance


31 32 3»—i'
de l'air soit exprimée par un monôme proportionnel à la nmo puissance de la vi
tesse. Dans ce cas, comme on l'a vu, on peut prendre pour [/(«)]m< et [vf(v)]m t-
les expressions
_ WL
La formule (2) donne

L'expression t. — z 2tz2u.V
_ !" . -,— devient
hr\g[f(v)]mi
M

Pour les projectiles semblables à notre obus de 41 et pour le pas des rayu-
res t) = 82, on a = 0,0263. En se bornant aux termes qui contiennent -r-^
Aï) Ai)
à la première et à la seconde puissances, on aura

t = ^ / c \"~' 1tV
1 ftïja cos 9 yxF, / %ï)3C0S9 "
d'où l'on tire

1 ftT]ac0S9 \ fti)acos9/

L'expression <, — *, = f—27-^— devient

r2 fl — ATiacos9'V»^/ "*" Aiacos9 Vb~*"*lJ>

et, substituant à /, sa valeur, on tire


, _ Q 41tV / c X^-'/i , oH *V \
2 At]a cos 9 \aF,/ \ &ï),xcos9/'
On obtiendra de même

f3 — °Ai)acos9 \aPj \1-,_0"ATiacos<i)/'

La valeur = [»/(»)]m,- devient

Arja2 cos 9 (aVQ" 1


186 —

On obtient de la formule (4)

hW [/(*)]m/V

La valeur de cos v étant négative, la dérivée -g =^cos v fait


voir que l'angle S à partir de 8 = 8/* \ décroît lorsque le temps

augmente et que

Considérons l'intervalle depuis v = v4 jusqu'à v = Désignons


par S/* \ l'angle 8 qui correspond àv = ^, et par t4 le temps de-

puis l'origine du mouvement jusqu'au moment où v= | et 8 =8/* \

En substituant à i et à «,-t-tf_, leurs valeurs successives, on trouve


)H-1
u— 1
92 _ Ai)q cos 9 \ hrja cos 9/
Si
L /n)a cos 9 V ftï)a cos 9 / J
>i+i
— t1 — 2^aUcos9"~2 (2 n — 3) (j^cos 9) ]

5l 1 n—l'fci)acos9 (n— l)2 v*ïjacos9/'


g, 1 _ow_±1 g 4n3-5n2-6»-i-3 / tc*h \«
gT 1 M—lftT;acoS9 (n— l)2 \ftï]acos9/'
g4 , qW+1 *2h 9 6n3—7n2—8n-t-5 / *V y
<^ n— 1 Ai]acos9 (n—1)* yiTjacos 9 / '

£ , ^n-t-l tc2|x Q (2t-2)»3-(2»-l)«»-2in-t-(2t-3) / TtV \»


g,-_i n— 1 fcïjoc cos 9 (n— l)2 \/»ïjacos9/'
Ces expressions font voir que, pour les degrés de la résistance n>2, on

31 Si 3i—1
La formule (2) donne
8 (*, 4) = è (1 •*• cos v*) = i — «08 (* — v<> )•

On obtient de la formule (4,)

4 4 [/(«)lm4 v 4/

Les expressions £'4 — 13 et f4 — *'4 font voir que

'4 '3 — *1<7[/(*)]m4


1
et
t—tt = y, /4-*'4 = (*4-g.

La fonction [/"(tf)]ms étant plus grande que [f(v)]mi, on a

^4 ^3 ^ ^3 ^2 '

La valeur de cos v étant négative , la dérivée % — — cos v fait


voir que

• 8)>8(i,').

Considérons Vintcrvalle depuis v = £ jusqu'à Vangle limite


v = v5 < ^ • Désignons par g5 et [/"(tf)]m, les valeurs moyennes g et
|/(»)]m dans tout l'intervalle du temps à partir de tt durant lequel
«os v reste positif.
La formule (3) fait voir que l'angle limite v5 est déterminé par
l'équation

cosv5 = 1 — g (l — cos(t^ — v4)) ,

et comme 1 — ~(l — cos (tc — v4)^ est toujours plus petit que l'u
nité et plus grand que cos (r — v4), il suit que l'angle limite v5 est
plus grand que zéro et plus petit que (it — v4).
Cherchons la condition nécessaire pour que l'angle v5 soit plus
grand que l'angle v3 ou que cos v5 <cosv3.
— 188 —

Les expressions de cos v5, cos v4, cos v3 et cos v2 donnent

~n=>-ï{i-&['-S(>-S)]}.-^>-ï(>-î>

et la condition cos v5 < cos v3 se réduit à la suivante


j <h <h
<h ^ <u_
J 34 n ?3 / J ?2.\"| Î3
3a L g* V gi / J 3î
J «2 J 32
et = —, pétant moindre que — on voit que,
Sa L 32 \ 3i /J 33
si la condition
1 — <h 3s
_3i_ <- 34_
1 34 33
3s 3>
est satisfaite, on aura à fortiori cos v5 < cos v3.
Mais durant le mouvement des projectiles oblongs dans l'air cette
condition est toujours satisfaite *); par conséquent cos v5 < cosv3 et
vs>V • .

*) En effet, les expressions de—, donnent


3i'32' '3<_i
1 — 3ï
jL==l_4(n-l),
q±~~± x'»ti*C0«9'
3s

3<—3
v •'fttiacosqj'
.2i=l
3,-2
et

| = l-8(n-l)(^)»,
32

fe = l-8(B-1)(^)
3l-3
Désignant par S5 l'angle 8 qui correspond à l'angle limite v5 et
par t'5 le temps depuis l'origine du mouvement jusqu'au moment
où v = v5 et 8 = S5, on a de la formule (2)

S5 = — sin v. ,

et la formule (4X) donne

t's— h M<7 [/(«)W 'V5'


a
La valeur de cos v étant positive, la dérivée ^ = JUosv fait voir
que l'angle S, à partir de S = S /„ \, croît avec le temps et que

%.)<*>.
Et ainsi de suite.
Démontrons en outre que:

En effet :

\2' I gz 1 — cos (TC — v4).


8/v n\ 34"l-cos(7r-v2)'

j 9i—s
de sorte que — 4 est inférieur à l'unité d'une quantité qui a pour fac-
j g<—î

teur-r— , tandis que ——- n'est inférieur à l'unité que d'une quantité qui a
*») g|—2
2 3,-3
pour facteur ( jjj"jY j Par conséquent

j g«—3 ?i

j g> — t 9«—2 '


1i—2 ?l—3
— 190 —

on a vu que cos(tc-vJ<cos (it -vj; par suite 1 — cos(iî—v4)> 1 -cos(tt-v2)


et comme — > 1 , on voit que &/n \ > 8/* \

2° »/1t „\>s/

En effet:

8/*
7-
\2' 3^/ _ql l-+t-C03v3_ i— q2
?1 \C 1— ^
g, / _

en posant— = 1 on diminue le numérateur de sorte que 1-^1 — —V— i

etcomme— = — >1, ouvoitque-r^—->let8/1t \>8/1t \-

et ainsi de suite.
Cet examen fait voir que, dans le cas du tir direct, l'axe de
figure du projectile a un mouvement d'oscillation autour de la tan
gente de la trajectoire. L'angle v, que fait le plan vertical passant
par la tangente avec le plan passant par la même tangente et l'axe
défigure, augmente d'abord de zéro à^, et l'angle 8 que fait l'axe
.de figure avec la tangente croît lentement de zéro jusqu'à une cer
taine limite 8/* \. Ensuite l'angle v continue d'augmenter jusqu'à

une certaine limite v2 moindre que it , tandis que l'angle 8 diminue


jusqu'à une certaine valeur 82. L'angle v, après avoir atteint la li
mite v2, diminue jusqu'à |, et l'angle S continue de décroître jusqu'à
une certaine limite S/* \. Au-delà l'angle v continue de diminuer
[ï> 2)
jusqu'à une certaine limite v3 plus grande que zéro et moindre
que tc — v2, tandis que l'angle 8 augmente jusqu'à une certaine va
leur 83. L'angle v, après avoir atteint la limite v3, augmente de
nouveau jusqu'à |, et l'angle 8 continue de croître jusqu'à une cer
taine limite 8/* \plus grande que la limite S/s \ qu'il avait at-
lï» 3j " (%> 1)
teinte lors de l'augmentation précédente de l'angle v. Ensuite l'angle v
continue d'augmenter jusqu'à la limite v4 moindre que v2) tandis que
l'angle 8 diminue jusqu'à une certaine valeur 84. L'angle v, après
avoir atteint la limite v4, diminue jusqu'à |, et l'angle 8 coutinue de
décroître jusqu'à une certaine limite 8 \ plus grande que la

limite 8 /x \ qu'il avait atteinte lors de la diminution précédente de


U' 2)
l'angle v. Au-delà l'angle v continue de diminuer jusqu'à une cer
taine limite v5 plus grande que v3 et moindre que 7c—v4, tandis que
l'angle 8 croît jusqu'à une certaine valeur 85. L'angle v après avoir
atteint la limite v5 augmente de nouveau et l'angle 8 continue d'aug
menter; et ainsi de suite.
Les durées t.2 — tx, t3 — tt, ti — 13,. . ., qui correspondent cha
cune à deux valeurs successives de l'angle v égales à|, vont en aug
mentant.
Les valeurs des angles limites v», v3, v4. . . . ne dépendant que
des rapports ^ , , |* . . . . et ceux-ci ne dépendant que des quantités
[jl, h, 7), n, et de a cos ç qui ne diffère pas beaucoup de l'unité, on
voit que les angles limites v2, v3, . . . sont les mêmes pour des pro
jectiles semblables tirés des bouches à feu ayant les pas des rayures
proportionnels aux calibres, et que par suite les valeurs de ces angles
limites sont, pour une même expression de la résistance, indépen
dantes des vitesses initiales, pourvu que celles-ci soient assez consi
dérables, comme cela a toujours lieu dans le tir direct.
119. Oscillation moyenne de Vaxe de figure. Si l'on se borne
dans les expressions de ^ , ~ , aux termes qui contiennent ^
à la première puissance, on aura
cos (tc —v2) = cos v3 = cos (tc — vj = cos v5 = . . . . = cos v,
192

et
sin v, = 1/ 8 ; •î -
' f n — 1 hr\a. co
coa 9

On peut appeler une pareille oscillation de l'axe de figure —


oscillation moyenne.
Dans chaque demi-oscillation moyenne les valeurs de sin v seront

comprises
r entre les limites de 1 et de 1/8
f ^4 î———
n — 1 hr^a cos 9 .
Les angles S seront exprimés:
dans le mouvement ascendant de l'axe de figure par

8 = I rsin v _ i/sinî v _ 8 1±1 -^—1


q \_ y n— 1 cos 9J

et dans le mouvement descendant de cet axe par

» = I ["gin v ]/ sin2 v— 8 j-^—] ,


q[_ f n — 1 fti)oi cos 9_| '
où:
2= M{v)l

et [vf (v)]m est une valeur moyenne du produit vf (v) sur toute l'é
tendue de la trajectoire; le produit vf(v) étant sensiblement égal
(n°ll)à
\ («F,)»+'

on peut poser

ln+1

ou
— 193 —

Les angles S/ qui correspondent aux angles limites v = auront


pour valeur

« q w n — 1 hria cos q?

Les angles 8/* \ qui correspondent à l'angle v= ^ dans le

mouvement ascendant de l'axe de figure auront pour valeur

Qf a j q n—l fti)a cos 9 '

et les angles qui correspondent à l'angle v= £dans le mouve-

ment descendant de cet axe auront pour valeur

n-t-1 n'y.
n — 1 h r, a cos -,).

On aura pour la durée moyenne t, correspondante à deux valeurs


successives de l'angle v égales à |, l'expression

où [^(«)]mest la valeur moyenne de la fonction /"(v) sur toute l'éten


due de la trajectoire; la fonction f (v) étant sensiblement égale
<n° 118) à
1
_" '
n — 1 /ïFA»-' rt-"l
i-
on peut poser

ou
«1^ r-j 1 -

13
— 194 —

120. Exemple. Recherche du mouvement d'oscillation de l'axe


de figure d'un obus de 4l tiré sous l'angle de projection de l(f
avec une vitesse initiale de 305m. On peut admettre, pour faciliter

les calculs, que la résistance de l'air suivant l'axe de figure est ex


primée fn° 115) par

pA = 0,014.7cflV,

et en posant
•y _ 0,014.gnW.g'
Jl/ —
on aura

P . Igc '
pour l'obus de i\ c= 3514:"'.
En calculant la projection verticale de la trajectoire dans l'hypo
thèse que la résistance de l'air est tangentielle à la trajectoire et est
en grandeur égale à la composante de la résistance suivant l'axe de
figure, ce qui donne, comme on le verra plus loin, une approximation
suffisante, on aura la portée au moyen de la formule (1) n° 52, en y
faisant y — d, et cette portée sera de 2516'°; la durée du trajet
(éq. 1, n° 52) sera de 9;92.
Dans l'hypothèse de la résistance proportionnelle au carré de la
vitesse on peut prendre (n° 118) pour vm , [f(v)]m et [v(fv)]
les expressions

Le temps depuis l'origine du mouvement jusqu'au moment


oùv^-=£(n° 118)

. 2nVF
~ hng [/(.)]mi
— 195

sera exprimé par


^ 4itV c

d'où l'on tire

t -^co^c n_2^t |/i_4^_"|.

L'intervalle de temps depuis le moment où v = * jusqu'au mo

ment où v est de nouveau égal à | (n° 118)

sera exprimé par

2 i ftrjacos9 aK, [_ ic y 2 ,/J

d'où l'on tire

2 ti2h "FjL Ai)a cos 9\ Je '/ y fli)acos9\ 2c 1 /J

On aura de même

_2ATja cos9 _c f. 0 *V (,,*vi* \ l/7~V^ /i7*F»7"M


l3— jcV ar,L "AT;aco89\ 4c 2/ f Atjb cos 2c »/J'

On a calculé successivement, d'après ces formules, les durées


f,, *2, et *6; la durée /0 a été obtenue de 105582. Les valeurs
de ïu • -?6 ont été calculées au moyen de la formule

_ ^ , , M] _ fripa' eus 9 (aV^F

Les valeurs de v», v3,. . .v8; 8/» .y*.»*/* A» V* • •*•»'/* -V


1,2' I V.2' "j \2' I
f2, t'3,. . Y, ont été obtenues au moyen des formules du n° 118.
13*
— 196 —

On a inséré dans le tableau suivant les valeurs numériques qui


caractérisent le mouvement d'oscillation de Taxe de figure de l'obus
de 4l, tiré avec la vitesse initiale de 305m:s, sous l'angle de pro
jection de 10°, d'un canon dont le pas des rayures est tj = 82.

1i
3t
ït—I
Secondes
74,31fi 0 0
01,273 l1 90° 1° 32/
2,342 l 0,8461 133° 49' 0 39
2,711 1 62,881 1)0° 0 17
3,085 l 0,8383 42° 6' 0 44
4,308 I 52,715 90° 1 54
5,478 i 0,8298 116° 28' 1 10
6,116 1 43,745 . 90° 0 44
6,766 , 0,8197 56° 5<>' 1 20
8,178 35;858 90° 2 28
9,585 i 0,8074 104° 21' 1 55
10,582 1 28,950 90° 1 29

121. Intégration, par approximation, des équations différen


tielles du mouvement de rotation de F axe de figure du projectile,
quand le tir a lieu sous de grands angles de projection . Les angles 8
peuvent varier dans de larges limites, lorsque le tir a lieu sous de
grands angles de projection. Prenons les équations (1J n° 117 et
substituons-y aux quantités v et vf (v) certaines valeurs moyennes
qu'elles prennent dans les limites de l'intégration qui doivent être
choisies de manière que cos v, cos 8, tang 8 ne changent pas de signe
entre ces limites. Dans ce cas la première des équations (1,) n° 1 1 7
devient
d sin v = q cos 8^ ■ sin v
dS tang * '
où l'on a posé pour abréger

0) o=^[vf(v)]m.

Cette équation est une équation différentielle linéaire du premier


ordre, dont l'intégrale est
sinv = J_(?sins8-+-C).
sin S \2 /
En désignant par v(. et 8f les angles v et 8 qui correspondent au
temps t0 on a

sin 8 . sin v = § sin2 8 -*H sin 8t (sin v4 — |sin 8i),

d'où l'on tire

(2). .sin8= l~ j^sinv^t VI —q sin 8, (2 sin vt —g sin 8,) — cos»vJ.

Cette équation ne diffère de l'équation (2) n° 118 qu'en ce


qu'elle ne contient que sin 8 et sin 8,. au lieu de 8 et 8..
La seconde des équations (1,) n° 1 17 devient

Le tir courbe ayant lieu avec des charges considérables et avec de


très petites charges, la valeur de | peut être plus grande que l'unité,
égale à l'unité, ou plus petite que l'unité.
122. Cas du tir courbe quand % > 1 .
En prenant la différentielle de l'équation (2), nJ 121 on a

e j» 1 r t _i_ sin v cosv dv ->


cos 8 «8 = - cos v 8v ± =
îL y 1 — q sin 9,- (2 sin vt- — q sin — cos* v J
et en la substituant dans l'équation

c08 v a (»)m '


on obtient
-i_ frfvzp dc°3V 1 - [f di.
cos 9 L V 1 — 3 sin *j (2 sin ^ — q sin ,*,) — cos2 vJ ^ L' v /Jm

L'intégration de cette équation serait très difficile, si l'on substi


tuait à cos 8 sa valeur en fonction de v tirée de l'éq. (2) »° 121.
Pour faciliter les recherches, remplaçons cos 8 par sa valeur moyenne
(cos 8)m qu'il prend dans les limites de l'intégration depuis t = tt
jusqu'à t et depuis v = v(. jusqu'à v, limites qui, comme on l'a ob
servé, doivent être choisies de manière que cos v et cos 8 ne changent
pas de signe entre elles. On obtient ainsi:
— 198 —

dans le cas du signe. positif devant le radical de l'expression sin 8


, n, cos v cos v.
(o). .V—V,-«-arcc03 —arc cos—-
* Y1—gsin *<(2sinv<— ijsinrt,) Y1 —gsinA,(2sinvi—çsin*,)
_^g[^(«)]m(cQB*)m/-/ /ï

et dans le cas du signe négatif devant le radical de l'expression sin 8


/O
( O, n). .V—V,-t-arc sin
. — —COS 1 .
—arc sin cos v,-' —
* VI—7sin*,(2sin»,—gsinrt<) T 1—5sinrt,(2sinv,—5 sin*,)
_^g[/(«)lm(os *)miy /-v

Ces équations ne diffèrent des équations (4) et (4,) du n° 118


qu'en ce qu'elles ne contiennent dans leurs premiers membres que
sin 8,. au lieu de Srf et dans leurs seconds membres que l (cos 8)m
au lieu de h.
En considérant les mêmes intervalles que ceux du n° 118, on
obtient

v, = o , sin = o, t = o ;
tc • j. 2, 2îiyr
v_ 2, o/^ ^_ ?i , f, — ^ (cog

cos v2 = - (2J — 1 ), sin 82= l sin v2, f, _ *l= J 0, _ g;

v = ^, sin 8/ît - = — ( 1 — cos(r - v„) ), t„ — t. — , r,, rr^r—^—•


2' (^,2) ït\ 2 ' 2 1 M/(«)lmt(«>s*)mt'

cos v3= 1 - jfe ( 1 - cos (n - v2)) , sin 88 = i sin v3 , - f2 = 1» (tt - g ;

w = ^> snl S/n \= — (1 -H C0S v,), L — = 1 r 2,t. ^ ÏT-;


2 (|. 3} <hv *' s 2 '*i<7Ï/(«')]fli.,(cos*)m.s'

Ces formules font voir que tous les angles 8 sont moindres que^,
et que les propriétés du mouvement d'oscillation de l'axe de figure
dans ce cas sont les mêmes que celles déduites au n° 118.
123. Oscillation moyenne de Vaxe de figure. Si l'on se borne
— 199

dans les expressions . . . . aux termes qui contiennent ^


à la première puissance, on aura

cos (r. — v2) = cos v3 = cos {r. — v4) = cos v5 . = C0S v.


_ i _ 4 n .*- 1
n — 1 Jt](x cos 9
et
sin
3111 •V,/ = 1/ ^
y h n — 1; ii)«t
; ccos 9

Dans chaque demi-oscillation moyenne de Taxe de figure les


valeurs de sin v seront comprises entre les limites de 1 et de

' H — 1 1 1) O C0S ?
Les angles S seront exprimés:
dans le mouvement ascendant de l'axe de figure par

sin 8= -Tsinv
q L — l/sin2v
r — 8—
«——4;———~L
1 1 1) a cos 9j '

et dans le mouvement descendant de cet axe par

sin 8 = - sm v -+- 1/ sur v — S -, ^ !-—- ,

où:

et [v/-(i')]m étant une valeur moyenne du produit u/» sur toute l'é
tendue de la trajectoire, on peut poser (n° 1 1 9)

Les valeurs de sin S, et de cos S, qui correspondent aux angles


limites v = v, auront pour expressions

'1/0" + ' TC^


,ind/= , K »ïr=TT *t)°ccos9
sm

* , 4 n-t- 1
cos "/ g* n— 1 itiacos9
— 200 —

Les valeurs de sin 8/1t , et de cos 8/TC xqui correspondent à


U'°) U'a)

l'angle v = ^ dans le mouvement ascendant de l'axe de figure auront


pour expressions
■ s __ 4 n -t- 1 TC-V
(I ' a)— * '*~T 'T'a °0S(P '

eos 8/„ \ = 1 ,
U' a)

et les valeurs de sin 8/TC \et de cos S/TC \qui correspondent à

l'angle v= ? dans le mouvement descendant de cet axe auront pour


expressions
t I/o . n -»- 1 it2u \
8111 8/("2,d\
tc \ = -1 \ 2 i " - 1r;!i)acos<f>/
— ),' •

v /, 2\ 8 m -»- 1 n*|i
cos 8/n \= 1 « )-+--? n ~—
(I'd) 9 "

On aura pour la durée moyenne t, correspondante à deux valeurs


successives de l'angle v égales à * , l'expression

2tc2|xF
Ï1.<7 [/(»)lm(c08*)m'
dans laquelle:
les valeurs de cos 8 étant comprises dans l'intervalle d'une demi-
oscillation ascendante de l'axe de figure entre les limites de 1 et de
1 — ^ W~î i^cos 9 ' et dans l'intervalle d'une demi-oscillation des

cendante de cet axe entre les limites de 1 — 4 , et de


ç2 n — 1 ÎT)a cos 9
( 1 —£)-*- £ î^r h^Eoh ' 011 p8nt prendre pour (cos 8)m la movenne
arithmétique de ces quatre valeurs et par suite poser

(cos8)m=l-^;
— 201 —

[f(v)]m, étant une valeur moyenne de la fonction f(v) sur toute l'é
tendue de la trajectoire, on peut poser (n° 119)

w»)]-=$rij !—xi-

124. Cas du tir courbe, quand^^ 1 . La formule (2) n° 121


donne, depuis l'origine du mouvement oïl 8 = o, v = o, jusqu'aux
valeurs quelconques de 8 et v comprises entre zéro et ^ ,

sin 8 = - sin v
3
et par conséquent

(4) sinv = |sinS,

cosv = "|/l— (|)2sin28.

Pour | = 1, on a 8 = v; pour | < 1 , on a $ > v et l'angle 8


2
atteint | avant l'angle v.
2
En mettant la valeur de cos v dans l'expression (n° 121)

— = -i—dt
on obtient

(5). as
- a («)m
y^i— (l)W»'

L'intégrale da = F (8 , §) est une intégrale el-


Vi- (§)**.,» 1 2;
0
liptique de première espèce dont l'amplitude est 8 et l'angle du mo-
— 202 —

dule 8 — arc sin | • Legendre a calculé des tables de cette intégrale.

au moyen desquelles, connaissant la valeur de 1 et la valeur de |


et par suit* celle de 0, on trouve la valeur correspondante de 8.
L'angle v est déterminé par l'éq. 4.
En se basant sur la transformation de Landen, à défaut de
tables, on peut, sans grande erreur, poser:

dans le cas de| > 0,75

rs
T/Hiv^n = log tang G ^'
y 1 — (1) sin2 8 J-*~2

où i}> est lié avec 1 "angle 8 par la relation

1—|
sin (2 ^ — 8) = | sin 8 ou tang (S — <];) = tang <\> ,

et dans le cas de| < 0,75

ri
y— = , arc tang r . ■
|/l-(?)2sin^ l+}/l-(92)2 l->/l-(l)2 tang*8

En mettant dans la formule (5) la valeur approcbée de l'intégrale


dans le cas de | > 0,75, on tire

l'\ 29 t gt
2 ' a (v\m
(6) 4> = | — 2 arc tang c

et étant connu on obtient S à l'aide de l'équation

l — q-
(7) tang (8 -4»)= ?tang^.
— 203 —

Pour|= ] on <Jf = S et l'on voit que S ne peut atteindre |

qu'après un temps infini. Pour | =0,75 l'angle 8 est moindre que",


quand ^ < 69° 18' et par suite (éq. 6) quand

Log cot 10° 21'


0,875-S-<-LoJ
« !'1m I-og e
0U
0,875. 4;< 1,7,

et cette condition est toujours remplie, lorsque le tir a lieu sous des
angles de projection qui ne dépassent pas
• 40 *).

*) Kn effet, le cas que l'on considère supposant une petite vitesse initiale, on
pent prendre pour la résistance de l"air (t!° 120) l'expression proportionnelle au
v2
carré de la vitesse, c'est-à-dire poser /(») = 2^ et ''on Peu' "î-'S''*?01"' devant
x V2
l'unité, les termes qui contiennent - et — h des puissances supérieures à la pre
mière. En calculant la projection verticale de la trajectoire dans l'hypothèse que
la résistance de l'air est tangentielle à la trajectoire et est en grandeur égale à la
composante de la résistance suivant l'axe de figure, ce qui donne pour des angles
de projection qui ne dépassent pas 45°, comme on le verra plus loin, une approxi
mation suffisante pour la pratique, on aura la portée sur un terrain à hauteur de
la bouche à feu au moyen de la formule (1), n° 52, en y faisant y = 0, et l'on
obtiendra
V2 sin 2 9
— r7

c ax
g 1
observant (n° 52) que F^^?) = —\ 1 x 9— et développant cette fonction en
2Ye")
série, en négligeant devant l'unité les termes qui contiennent x- à des puissances
supérieures à la première, on aura
V2sin29 /, oue\

d'où l'on tire


x _ V1 sin29 / , a F» gin 2 y\
— 204 —

En mettant dans la formule (5) la valeur approchée de l'inté


grale dans le cas de | < 0,75, on trouve

1—y 1— (I) tang2S

On obtiendra la durée au moyen de la formule (5) n° 52

*=f;MS)

et en développant F, ^ — J : ■ en série, on aura


20

En substituant à a; sa valeur et en négligeant devant l'unite les termes qui


contiennent — k des puissances supérieures à la première on trouve
gc
. 27sin 9 / , a F2 sin 2g \

Les valeurs de v, f (v), vf (v) étant


(a F,)3 1

2c \ 2<
on peut poser

>F,), dt
2gct
0

C)*=^log(l^5,), [/(•)], («F,)* l


2flic

En développant log^l-*- ^* en série et en substituant à * sa valeur, on


obtient
— 205

d'où Ton tire

(8) tang 8 =

"YHV

'YHîî^YHîîUA

L'avant -dernière équation fait voir que l'angle <5 est moindre
que^, quand

t < K.

Cette condition est toujours satisfaite, lorsque le tir a lieu sous

Ml = (i- , ff(»)]. - IJf ( 1 - ,

La valeur de ? =2^p [»/(r)]m donne

q ttia'^cos 9 (aVy)2 / , SaV*sin29\


2 8it|x ~ijç" \l 4tjc /'
d'où l'on tire
YH 9 /i 6tc|x sin 2 y g\
Sic lTia-,cos39"2 \ fr)as cos* 9 ' 2 ) '

En posant | =0,75 et en mettant cette valeur de — dans les expressions


de t et (v)m, on trouve que la condition .

0,875 Jfc < 1,7


se réduit à la suivante

0,875
' 4^(l
a* cos 9 \ + ,^-f)<
(i)a3 cos3 9/ 1,7
'
qui est toujours satisfaite, quand 9 = 45°.
— 206 —

des angles de projection qui ne dépassent pas 45° *).


Donc, lorsque fî^ 1 et le tir a lieu sous des angles de projection
qui ne dépassent pas 45°, les angles h et v, croissant à partir de
zéro, n'atteignent pas*, et la dérivée^ = cos v fait voir qu'il
n'y a pas de. mouvement d'oscillation de l'axe de figure.

$11.

calcul de la trajectoire d'ijn projectile oblong dans


l'air.
125. Équations différentielles du mouvement de translation
d'un projectile oblonij dans Pair. Prenons pour origine des coordon
nées le lieu du centre de gravité du projectile à son départ de la
bouche à feu; pour l'axe des x l'horizontale qui est située dans le
plan vertical passant par la tangente au point de départ et qui est
dirigée dans le sens du tir; pour Taxe des y la verticale dirigée de
bas en haut; pour l'axe des z l'horizontale qui est perpendiculaire au
plan des xy et qui est dirigée à droite du spectateur, placé au point
de départ et observant la trajectoire. Soit 0(fig. 19) le lieu du centre
de gravité du projectile après le temps t. Menons par le point 0 les

*) En effet, en mettant la valeur de


V1 8itp. g /. (i îc(jl sin 29 q\
gc îï)a4 cos3 9 2 \ Ir^3 cos' 9 2 / .
dans les expressions de

f = 2^ ^_î^8) ot de {v)m = . Fj( 1-^p)

on trouve que»la condition

se réduit à

qui est toujours satisfaite, quand 9 5: 45°.


— 207 —

axes des coordonnées x, y, z parallèles à ceux du point de départ et


figurons-nous une sphère dont le centre est- en 0. Soit OT la di
rection de la tangente et OA celle de l'axe de figure. Désignons par v
la vitesse du projectile au point 0, dirigée suivant OT; par 0 l'angle
que fait la tangente OT avec le plan horizontal zx ; on aura yT= " — 0\
représentons par u l'angle xyT que fait le plan vertical passant par
la tangente avec le plan des xy, par h l'angle AOT que fait l'axe de
figure avec la tangente, angle égal à l'arc AT; par v l'angle ATy
que fait le plan vertical passant par la tangente avec le plan passant
par la même tangente et l'axe de figure; par y l'accélération de la
gravité; par Pie poids du projectile.
En faisant abstraction du frottement de l'air contre la sur
face du projectile ainsi que de l'augmentation de pression sur cer
taines parties de sa surface et de la diminution sur d'autres, qui
résultent du mouvement simultané de translation et de rotation,
on n'o. à considérer, parmi les forces extérieures qui agissent sur le
projectile pendant son mouvement dans l'air, que celle de la gravité
et celle de la résistance de l'air qui s'exerce normalement sur chaque
élément de la surface du projectile, soumis à l'action de la résistance.
Les résistances normales de l'air sur chaque élément de la sur
face soumis à l'action de la résistance se réduisent (n° 17) à la ré
sultante P située dans Te plan TANTA' qui passe par l'axe de figure
du projectile et la tangente et qui fait, dans la plupart des cas, avec
la direction OA', contraire à l'axe de figure, un angle çOA' plus
grand que l'angle S = AT formé par l'axe de figure et la tangente.
Décomposons dans le plan TAT'A' la résistance résultante p en deux:
l'une p, dans le sens OT contraire à celui de la tangente et l'autre pn
dans le sens ON perpendiculaire à la tangente. La projection de p,
sur l'axe x sera égale à — p, cos (Ta;), et comme le triangle yTx donne
cos (Tx)= cos 0 cos o, on a — p, cos (Tr)= — ç, . cos 0 cos u. La projection
de p<sur l'axe y sera égale à— p, .cos(t/T) = — Pi.sintf. La projec
tion de p< sur l'axe z sera égale à— p, . cos (Tz) et comme le triangle yTz
donne cos (T?) = cos 0 . cos (zyT) — cos 0 . cos — a J = cos 6 sin u
on a — pf . cos (Tz) = — p, cos 0 sin u.
208 —

La projection de çn sur l'axe x sera égale à pn . cos (Nx) ;


mais le triangle NTx donne cos (Nx) — sin (Tx) . cos (NTx)
= sin (Tx) . cos (v -+-yTx) = sin (Tx) [cos v . cos (yTx) — sin v sin (yTx)] ,
le triangle^Tzdonne cos(#a;)=o=sin 6 cos (Ta;)-HC0stfsin(ra;) . cos(yTx)
et on a vu que cos (Tx) = cos 0 cos u; par suite on a p„.cos (Nx)
= — pn cos v sin 0 cos o — pn sin v sin o. La projection de pn sur l'axe y
sera égale à pn.cos(.Afy); mais le triangle NyT donne cos (Ny)
= cos<?cosv; par suite pncos(2Vy) = pncosvcostf . La projection
de pn sur l'axe z sera égale à pn cos (Nz) ; mais le triangle NTz
donne cos (Nz) — sin (Tz) . cos (NTz) — sin Tz . cos {yTz — v)
= sin (Tz) [cos (yTz) . cos v -+- sin (yTz) . sin v] , le triangle yTz donne
cos (yz) = o = sin 0 . cos (Tz) -+- cos 0 . sin (Tz) . cos (ylfe) et
on a vu que cos (Tz) = cos 6 . sin « ; par suite on a pn cos (Ne)
= pn sin v cos 6) — pn cos v sin 6 sin «.
Les projections de la vitesse v sur les axes x, y, z seront égales
à v cos 6 cos <a, v sin 0. v cos 0 sin o ; nous les désignerons par v, , v , vt.
Les équations différentielles du mouvement de translation sui
vant les axes x, y. z seront

dvl pjcosecosu p„cosv sin e cos u> pnsinvsin<.>


"dt ~ ~9 P 9 p 9 j> i

dvu sin e p„ cos t cos e

dv. p>cosdsinu +9 -^-p


-df'-=-VÎL—p p„ sin v cos u p„ cos v sin
9~n p e sin w

Mais p< = p cos (p, T'), p„ — p sin (p, T) et la composante de la


résistance en sens contraire de Taxe de figure pA = p cos (p, A'), de
sortfl que

e' " °Acos(p, A'y °n P*cos(p,i4'j

En mettant ces expressions dans les équations du mouvement et


désignant ^ par f(v), ces équations deviennent

dvl .cosfp.r) vsin(p,7") ,, ,8in(p,2"') .


-jf=-a/(.»)—7——fiosecosa~gf(r)
at 'cos(p,A') —f.T7-'cosvsin0cosu-flf(»)—)—-rj-'sinvsino)
w wcos(p,A') ^ v 'cos(p,A')
— 209 —

àv« I. ,. , cos(p, 2") . \ . sin(p, T')

dv. ,. ,cos(p,ï") „ . _ .sin(p,X') . - .sin(p,T')


^=-^(„)c-5iip77f08e8mw^

La figure 5 représente les courbes des angles (p, T') et (p, -4')
en fonction des angles 8 pour les projectiles semblables à notre obus
de 41. A l'aide des valeurs des angles (ç, T) et (p, A') on a calculé
celles des rapports °°s ((pp' ^ et "p° ((p' ^ que l'on a construites sur les

figures 20 et 21, en prenant les angles 8 pour abscisses et les rap-


Ports coMp TJ) et co8(p' ao Pour ordonnées. La courbe des valeurs

de c°g[p'^?) fait voir que, pour de petits angles S, ces valeurs sont
très proches de l'unité et que, par suite, dans le tir direct on peut
prendre = 1. Dans le tir courbe, quand | > 1 , les angles 8,

pour des valeurs de | qui surpassent à peine 3, sont inférieurs à 20°,

de sorte que dans ce cas la valeur moyenne de ^| ^' ^ diffère peu de


l'unité et on peut la prendre égale à l'unité. Dans le tir courbe,
quand |^ 1, les angles 8 varient dans de larges limites; mais dans
ce cas, qui suppose de petites vitesses initiales, la résistance de l'air
varie peu dans le trajet du projectile et l'on peut, pour faciliter les
calculs, prendre, au lieu de la valeur variable °°s ^' qui est assez

bien représentée par la formule ^^-^j = 1 -+- 3,2 S2, sa valeur


moyenne

P = J](1~h3,2 8VS= 1 h- 1,07 S2.


0
La relation entre les valeurs de 8in|p' T.l et les angles 8 peut être
c08(p, A ) ° f
exprimée, dans le cas de petits angles 8, par
sin(p, T) _ l%
eoa(f,A') — KO>
14
— 210 —

où pour les projectiles semblables à notre obus de 41

fc=2,05.

La droite exprimée par cette équation est représentée sur la


figure 21 par des traits interrompus.
La relation entre les valeurs de ^° jft ^ et les angles 8 peut être
exprimée, dans le cas d'angles 8 qui varient dans de larges limites, par

^4^
cos tp, A1) = ^118(508 8,»

où l'on a pris, pour les projectiles semblables à notre obus de 41,

wi = 2,1

afin de représenter avec une approximation suffisante les valeurs


de sin {p T2 dans les limites de 8 = o à 8 = 20°, les angles 8 ne dé
cos (p, A') ' °
passant 20° que dans le cas de tir avec de très petites charges.

La courbe exprimée par cette équation est pointée sur la figure 21 .

Les dérivations des projectiles oblongs du plan vertical du tir


étant toujours petites relativement aux abscisses x et les angles u
que font les plans verticaux passant par les tangentes avec le plan
vertical du tir ayant toujours une faible valeur, on peut poser cos u= 1
et sin 6) = tang u = 6>.
Les équations différentielles du mouvement de translation de
viennent : ,

dans le cas du tir direct

~ = — gf(v) cos 0 — kgh . cos vf(v) sin 0 — kgh. sin v. af(v),

(1).... <= —g (\ -+-f(v) sin 0^j -+- kgS . cos vf(v) . cos 0 ,
dt
d^=—gaf{v) cos d-*-kgh . sin v . f(v)—kg8 . cos v . o . f(v)sin 6,
— 211 —

dans le cas du tir courbe, quand f > 1


2
rff,
dtï = — p/(»)cose—m<;sin*cos*cosv/(») sine—m</sin*cos*sinv.u/(«),

(2).... _jj^=—y(l -4t-/(„)sine)-+-m^ 8in * cos <* cos v/(»)cose,

-^ = -ptû/(t!)cose+mpsin»cos*sinv./(»)-»»p8in*co8dcos'*.u/(«)sine,

dans le cas du tir courbe, quand \ < 1


1
dv
C*l7i -
-jr—
dt- —9?/(v)cosS — mgsmS cos* cosv/(f)sine-»np sin* co&S sinv <*/(»),

(3)... ^ = — 0 3/ (e) sin -i- m (7 sin 5 cos * cos vf(v) cos 0 ,

=—pp»/(î;) cos e-wmj sin d cos * sin v/ (v)—m g sin * cos S cos v . u>f (v) sin0.

Ces équations différentielles avec celles du mouvement de l'axe


de figure (n° 117) déterminent entièrement le mouvement d'un pro
jectile oblong.
Les équations (1) et (2) contenant des termes qui dépendent
de cosv qui change de signe pendant le trajet du projectile, leur
intégration, même approximative, depuis l'origine du mouvement
jusqu'au point de chute, dans l'état actuel de l'analyse, présente des
difficultés insurmontables, et il devient indispensable de les intégrer,
même approximativement, par parties. Pour faciliter les calculs nous
nous bornerons, dans les équations différentielles du mouvement sui
vant l'axe des x et celui des y, aux termes qui dépendent de la com
posante tangentielle de la résistance et de la gravité, et dans l'équa
tion différentielle du mouvement suivant l'axe des z aux deux pre
miers termes de son second membre. Nous calculerons, comme cor
rections, les termes négligés qui ont une très faible influence sur les
résultats, et, pour se faire une idée plus nette de leur influence, nous
déterminerons les corrections en appliquant les calculs à un exemple
particulier.
Les termes des équations (3), lorsque les angles de projection ne
14*
— 212 —

dépassent pas 45°, ne changent pas de signe; mais dans ce cas, qui
suppose une petite vitesse initiale et une faible perte de vitesse sur
tout le trajet du projectile, on peut aussi, pour première approxi
mation, se borner dans les équations différentielles du mouvement
suivant les axes des x et des y aux termes qui dépendent de la com
posante tangentielle de la résistance et de la gravité, et dans l'é
quation différentielle du mouvement suivant l'axe des z aux deux
premiers termes de son second membre, en calculant les termes négli
gés comme corrections.
126. Intégration, par approximation, des équations différen
tielles du mouvement de translation dans- le cas du tir direct.
En se bornant dans la première et la seconde des équations (l)n° 125
aux termes qui dépendent de la composante tangentielle de la résis
tance et de la gravité et dans la troisième de ces équations aux deux
premiers termes de son second membre, on obtient

*g=—9(l-*-f(v)smd),

— 9<->f(v) cos 0-*-kgh sin v/"(v) .

Les deux premières équations différentielles déterminent sur le


plan vertical du tir le mouvement de translation du projectile comme
celui d'un point matériel, dont la masse est égale à celle du projec
tile, et qui est soumis à l'action de la force verticale de la gravité et
à celle de la résistance dirigée en sens contraire de la tangente et
égale en grandeur à la composante de la résistance dans le sens con
traire à l'axe de figure. Par suite les équations finies du mouvement
sur le plan vertical du tir, qui se déduisent de ces- équations diffé
rentielles, sont données par les formules obtenues dans le chapitre II
pour les expressions de la résistance de l'air, qui se rapportent aux
projectiles oblongs et où l'on doit prendre pour la fonction f (v) le
rapport ^ de la résistance de l'air dans le sens contraire à l'axe de
figure au poids du projectile.
— 213 —

La troisième équation
* différentielle,' après
r la substitution de a. cos e
à la fonction f (v) dans le premier terme de son second membre et
de f(<w^*) à la fonction f{v) dans le second terme, devient

% = [*« . sin v — \ tyfiavj.

Les formules (2), (4) et (4,) du n° 118, obtenues pour les


angles S et v, ne pouvant être employées que dans des limites entre
lesquelles cos v ne change pas de signe, on ne peut intégrer la der
nière équation que par parties, et encore on n'aurait pu ramener les
intégrales qu'aux quadratures dont le calcul serait très difficile. Pour
faciliter les calculs et obtenir des résultats suffisamment exacts, nous
allons intégrer cette équation par parties dans les limites de ktt
qui correspondent au commencement et à la fin de chaque demi-oscil
lation de Taxe de figure, en prenant, dans ces intervalles, au lieu du
produit variable 8 . sin v et de l'angle variable u, leurs valeurs
moyennes. Nous aurons ainsi

î U
vz. = vz ,_i -+- \_k (S . sin v)m — ± omJ g J f{*vj dt ,
'« —i

U—î U—i
dz de dt vz
» = tango = ai = â'5i=v

U U u
ou, en substituant à <j j" f (avjdt et à g j" dt \f{avj fleurs valeurs
—1 U—1 'i— l
que l'on obtient en intégrant l'équation différentielle du mouvement

*) a est une constante choisie de manière que le produit a cos 0 diffère le


moins possible de l'unité dans les limites de l'arc de la trajectoire que l'on con
sidère. Les valeurs de a sont données dans la table I de l'annexe.
— 214 —

= — gf(v)cos0, après y avoir remplacé la fonction f (v) par

a cos 6 ' on trouve

(1) ....»f|=^-H[*(d.rin»).-i©J«(»I)4 ,

(2). .#f=*,—i-«>f(._i(**-*,—1 )+ [w.sin v)m- i u m j a{vi)<_j xi~xi—î

(3)

Le produit 8 . sin v est toujours croissant ou décroissant dans tout


l'intervalle de chaque demi-oscillation *); par suite on peut prendre

*) En effet, eu représentant par l'angle limite ■» d'une demi-oscillation,


on a (n° 118) dans le mouvement ascendant de l'axe de figure

(a). . . S = sin v — Vsin2 v — sin2 v;


et dans le mouvement descendant de cet axe

(6) ... 8 = sin v -h Vsin2 v— sin2 v, .

Multipliant Péq. (a) par sin* et prenant la dérivée du produit à . sin v par
rapport àsinv, on obtient
& (S . sin v) 0 • 2 sin2 v — sin2 vj _
—S—■
dsmv u SI11 V — Vsin2 v — sin2 vj=. \

sinv variant dans l'intervalle d'une


i demi-oscillation de sinvj à 1, on trouve, en
développant (sin2 v—sin2 vj) 2 en série ,
rf(à.sinv) lsin4v/ r^"^sin2vj 3.5 3 sin*vj 3.5.7 4 sin6v( 3.5.7.9 5 sin* vj
dsinv — -4sin3vL ~*~ sin2 v+2~3'Î2* sin4 v"*"2.3.4'5\2"2' sin6 v H"2.3.4.5'(T2V sin» v "*""

quantité négative.
Par suite, durant le mouvement ascendant de l'axe de figure , sin v croissant
dans l'intervalle de vj > - àv = 5, le produit i. sin v y est décroissant, et sin v

décroissant dans l'intervalle de v = ^ à vj < ^ , le produit 6. sin v y est croissant.


— 215 —

pour (8 . sin v)m la moyenne arithmétique des valeurs de S . sin v qui


correspondent (n° 1 1 8) au commencement et à la fin de chaque demi-
oscillation. L'accroissement de l'angle « étant faible durant une demi-
oscillation, on peut prendre pour «m la valeur de correspondante
à la fin de la demi-oscillation précédente.
Les équations (1), (2) et (3) définissent la projection de la tra
jectoire sur le plan horizontal.
Nous déterminerons les corrections fournies par les termes négli
gés en appliquant les calculs à l'exemple suivant.
127. Calcul de la trajectoire de Tobus de é\ tiré sous Vangle
de projection de 10°, avec une vitesse initiale de 305m i. On peut
poser dans ce cas (tîb 115)

où pour l'obus de 41 ou a c = 351 4°.


Le tableau du n° 120 contient les valeurs numériques qui ca
ractérisent le mouvement d'oscillation de l'axe de figure de l'obus
de 41 dans ce cas.
Les abscisses x qui correspondent aux durées insérées dans ce
tableau seront déterminées au moyen de l'équation (5) n° 52
xr
c
1 — F, *\2c) F,"

Multipliant l'éq. (6) par sin * et prenant la dérivée du produit S . sin v par
rapport à sinv, on obtient
d(9.sinv) n • 2 sin2 v — sin* vi
—~—'-
dsinv — 2 sin v -+- Vsin2 v — sin*
==:v,
sin v variant dans l'intervalle d'une demi-oscillation de sin vj à 1, cette dérivée
est positive.
Par suite durant le mouvement descendant de l'axe de figure, le produit A. sin v
croît avec sin v dans l'intervalle de vj < ^ à v = jj. et décroit avec sin v dans l'in-
tervalle de v = ^ à vj >• \.
— 216 —

qui donne

Les ordonnées y qui correspondent à ces abscisses sont données


par la formule (1) n° 52, et les angles 6 par la formule (2) n° 52.
Les projections de la vitesse sur l'axe des x sont déterminées
par la formule (4) n° 52 ou par la formule (n° 118)

v =_Z!
l-H^J*
2c r

En substituant dans les équations (1), (2) et (3) du n° 126


à vl et à x leurs valeurs en fonction de t, ces équations deviennent

U-tj-i 2c
L Te '•->

Pour calculer vz , zx, o1 on mettra dans ces formules (tableau


du n° 120) = 1J273; = = 0, = % = 0,
= = 0 , «m = u<_, = o0 = 0 ; la valeur de S . sin v qui
correspond à t0 = 0 est zéro ; la valeur de 8 . sin v qui correspond
à t\ = 1;273 est arc l°32'.sin 90°= 0,02676, de sorte que
(S . sin v)w = 2io2o?«ZÊ _ 0,013 38. Les formules donneront
^ = 0m,2719; o,= 5' = 0,001517.

Pour déterminer vg , z2, a., on mettra dans les formules


«2=2;342, = = 1 f 273, = v2 =0m:,,4317,

»m = = «1 = 0,001517; la valeur de 8 . sin v qui correspond


à^= 1;273 est arc 1°32'. sin 90° =0,02676; la valeur de S. sin v
— 217 —

qui correspond à*2==2î342 est arc0°39'.sin 133°49'=0,008186,


de sorte que (8 . sin v)m = o'02676 ± 0,00819 = 0,01 748. Les formules
donneront vz = 0m:s,8418; *2=0m,9817; «2 = ll'=^0,003087.

Ainsi de suite.
On a inséré dans le tableau suivant les valeurs numériques qui
caractérisent le mouvement de translation de l'obus de 41, tiré avec
la vitesse initiale de 305m:s, sous l'angle de projection de 10°.

t X y e »* u

os m: Qm
300 , 0 0"' 10° 0' ()m:s 0m 0'
1,273 284 , 6 378 58,6 7 38 0,432 0,272 5
2,342 272 , 7 680 93,0 5 24 0,842 0,982 10
2,711 268 , 7 782 102,0 4 38 0,883 1,296 11
3,085 264 , 9 883 109,5 3 51 0,923 1,635 12
4,308 253 , 0 1205 123,6 1 9 1,389 3,047 19
5,478 242 , 7 1499 122,7 — 1 33 1,878 4,981 27
6,116 237 , 3 1655 116,3 — 3 5 2,006 6,208 29
6,768 232 , 2 1810 106,0 — 4 39 2,134 7.560 32
8,178 221 , 7 2134 69,6 — 8 9 2,709 n;ooo 42
9,585 212 , 1 2444 15,3 — 11 45 3,332 15,254 54
10,582 205 , 8 2656 — 33,6 —14 20 3,609 18,704 1° 0

Examinons les corrections qu'introduisent dans les valeurs de


x, y, z les termes négligés dans les équations (1) n° 125v
Le second terme du second membre de la première des équations
(1) n° 125 donne pour l'abscisse x, entre les limites de tt_x à tv
la correction

— dt j S.cosv/"(v)sin Odt;
'<—i '»—i
en substituant à cos v et à 8 leurs plus grandes valeurs absolues
(cos v)max et hmax dans les limites de l'intégration, la valeur absolue
de cette correction sera toujours moindre que

k n

'«-— t *i—l
— 218 —

en mettant au lieu de ^ J dt J f(v)ûuOdt sa valeur que Ton obtient


U—i '<—i
en intégrant deux fois l'équation ^ = — g (1 f (v) s\n 0), la
dernière expression devient

w,J^L{[(^^M-j(Hj](*HMH»ri(-il}

En prenant successivement pour les intervalles les durées de


chacune des deux demi-oscillations consécutives de l'axe de figure durant
lesquelles cos v conserve le même signe, on peut calculer la limite supé
rieure et l'inférieure entre lesquelles est comprise la correction. Mais si
on calcule dans cet exemple la limite de l'erreur pour la durée entière
^=10;582, euposanti,._j=0,etpar suite (v,). ^ tangtf^^Fjtang<p,
y,_i=0 et en faisant cos v=l et (tableau du n°T20) 8=2°28'=0,043 1 ,
qui est la plus grande valeur de S sur tout le trajet du projectile, on
aura même dans ce cas une correction égale à 3m,9 que Ton peut

négliger par rapport à la portée totale.


Le troisième terme du second membre de la première des équa-
tions(l)n° 125 donne pour l'abscisse a-, entre les limites de t = o à t,
la correction
t t
— kg] dt §S.smv.(df(v)dt;
0 0
en prenant pour sin v l'unité et pour S et « leurs plus grandes va
leurs entre les limites de l'intégration, la valeur absolue de cette
correction sera toujours moindre que
t t
M— uma*ff\ dt\f{v)dt;
0 0
t t t t
en mettaut au lieu de g j" dt J f(v)dt =g J dt | f{w^ dt sa valeur
0 0 0 0,
que l'on obtient en intégrant deux fois l'équation = — gf{v) cos 0,
— 219 —

après y avoir substitué f^'] à la fonction f(v), la dernière expression


devient

Pour la durée entière #=10;582 on a (tableau du n° 120)


» tnux = 2°28' = 0,0431
' ;' umn:B
max = 1°=■ 0,01
7 75 et la dernière ex-
pression devient égale à 0m,8, de sorte que la correction en portée
est moindre que 0m,8 et on peut la négliger.

Le second terme du second membre de la seconde des équations (1)


n° 125 donne pour l'ordonnée y, entre lés limites de tt_x à t( la
correction
U U
kg j dt j" S . cos v f(v) cos 0 dt ;
'i-i *<—i
en substituant à cos v et à 8 leurs plus grandes valeurs al)solues
(cosv)))taa. et hmax daDS les limites de l'intégration, la valeur absolue
de cette correction sera toujours moindre que
t, f,
k*m0xl.(w)maxg f dt f f(v) cos 6. dt;
U—i 'i —i
U u
en mettant au lieu te g j" dt | f(v) cos 0 .dt sa valeur que l'on obtient
U—i *»—i
en intégrant deux fois l'équation = — gf (v) cos 0, la dernière
expression devient

*»««(«»»)«.«(«.i)i-i[(«r-«,.-.)-agi^J]-

En prenant successivement pour les intervalles #,-/<_1 les durées


de chacune des deux demi-oscillations consécutives de l'axe de figure
durant lesquelles cos v conserve le même signe, nous calculerons la
limite supérieure et l'inférieure, entre lesquelles est comprise la
correction.
— 220 —

Dans les limites de = 0 àt, = 1J273 (tableau du n° 120)


l'angle v varie de zéro à|, de sorte que cos v est toujours positif et
la plus grande valeur de cos v est l'unité et sa plus petite valeur
zéro; la plus grande valeur de 8 est 1°32'= 0,0269; —
a,.= 378œ; (v1)._i = 300:,:,. .

La limite supérieure de la correction dans cet intervalle est


-»-0m,215;

la limite inférieure de la correction dans cet intervalle est zéro.


Dans les limites de £f_, = 1?273 à 2?71 1 l'angle v varie
de 90° à 133°49'et de 133°49' à 90°, de sorte que la valeur ab
solue de cos v est comprise entre 0 et 0,692; la plus grande valeur
de S est 1 °32'= 0,0269 ; = 378,u, xf= 782m, (v,) ._ =284m:,,6.

Observant que cosv est négatif dans cet intervalle, on aura:


la limite supérieure de la correction égale à zéro;
la limite inférieure de la correction égale à — 0m,196.

Entre les limites de ff_, = 2f 7 1 1 à ti = 4*308 on aura:


la limite supérieure de la correction égale à -+- 0m,31 1 ;

la limite inférieure de la correction égale à zéro.


Entre les limites de *f_,= 4^308 à ti= 6J116 on aura:
la limite supérieure de la correction égale à zéro:
la limite inférieure de la correction égale à — 0m,222.

Entre les limites de = 6U16 à tt = 8J178 on aura:


la limite supérieure de la correction égale à+ 0m,469;

la limite inférieure de la correction égale à zéro.


Entre les limites de = 8*178 à tt = lOf.582 on aura:
la limite supérieure de la correction égale à zéro;
la limite inférieure de la correction égale à — 0m,238.

On voit que la correction de l'ordonnée y sur tout le trajet du


projectile est comprise entre les limites
0"'j215--h 0,u,311 -+-0,u,469 = T,0

et
— 0m,196 — 0m,222 — 0m,238 = — 0m,7.
— 221 —
La correction de lm de l'ordonnée y correspond, pour l'angle de

chute de 14°20', à une correction de 4° de la portée totale, que l'on


peut négliger, d'autant plus que la correction réelle de l'ordonnée y
est bien moins grande que ses limites.
Le troisième terme du second membre de la troisième des équa
tions (l)n° 125 donne pour l'ordonnée*, entre les limites de^, htt
la correction

— kg | dt | 8. cosv. u.f(v) sin Odt;

en substituant à cos v, à 8 et à a leurs plus grandes valeurs absolues


dans les limites de l'intégration, la valeur absolue de cette correction
sera toujours moindre que

**max(W)max°max9Ï *t $ f(v)sm0 dt,


*»—î U—i
ou que

Mmax^M^max "mat (£(«i Un8ei—l ~\(ê<-*t—1)J(<<-t<-1) - (y.—y<—1)J.

En prenant successivement pour les intervalles tt — t{_x les du


rées de chacune des deux demi-oscillations consécutives de l'axe de
figure durant lesquelles cos v conserve le même signe, on peut calculer
la limite supérieure et l'inférieure, entre lesquelles est comprise la
correction. Mais si on calcula la limite de l'erreur pour la durée
entière tt = 10;582, en posant = 0 et en faisant cos v = 1,
$ = 2°28'=0,0431 eto,=r=0,0175, qui sont les plusgrandes
valeurs de cosv, 8 etu sur tout le trajet du projectile, on aura même
dans ce cas une correction égale à Om,07 que l'on peut négliger par

rapport à la dérivation totale.


Cet examen fait voir que l'on peut, sans erreur sensible, omettre
les termes négligés dans les équations différentielles (1) n° 125 du
mouvement de translation d'un projectile oblong.
— 222 —

On a construit sur les figures 22 et 23 la projection verticale


et la projection horizontale de la trajectoire de l'obus de 41 tiré avec
une vitesse initiale de 305m:s, sous l'angle de projection de 10°, en
prenant pour les valeurs de x, y, z celles qui sont insérées dans le
tableau de ce numéro. Les ordonnées y sont prises à une échelle 8 fois
plus grande que celle des abscisses x, et les ordonnées z à une échelle
50 fois plus grande que celle des abscisses x.
128. Formules simplifiées du mouvement de translation d'un
projectile oblong dans le cas du tir direct. On voit par ce qui précède
qu'on peut calculer avec une précision suffisante la projection de la
trajectoire sur le plan vertical du tir au moyen des formules obtenues
dans le chapitre II pour les expressions de la résistance de l'air qui
se rapportent aux projectiles oblongs, et où l'on doit prendre pour la
fonction f(v)le rapport^ de la résistance de l'air dans le sens con
traire à l'axe de figure au poids du projectile.
On déterminera la projection horizontale de la trajectoire au
moyen des formules (1), (2), (3) n° 126; mais les calculs que l'on
a à exécuter sont longs.
On peut, avec une approximation suffisante pour la pratique,
obtenir la projection horizontale de la trajectoire en intégrant l'é
quation différentielle du mouvement suivant l'axe des z

% = [*« . sin v — l ©] gfiavj

depuis l'origine du mouvement jusqu'au temps qui correspond à la


portée totale, prenant au lieu de l'angle variable <a sa valeur moyenne um
sur toute l'étendue de la trajectoire, et substituant au produit va
riables . sin v sa valeur moyenne durant deux demi-oscillations moyennes
de l'axe de figure: l'une ascendante et l'autre descendante. On obtient
ainsi <
», = [* (S • sin v)m — \ ©J g j /(o»,) dt ,
0
t t
*=[*(«. sin v)m — i ow] g J dt j f(av,) dt,
0 o
— 223 —

t t t
ou, en mettant au lieu de g ^'f{a.v^dt et de g j" dt J f(avj dt leurs
0 0 0
valeurs que l'on tire de l'équation^1 = — gf(v)cos0 en l'intégrant,

après
« •y avoir substitué a cos S à la fonction ■f(v),
\ / » on trouve

f, = [*(8.Binv)m-iom]Wl(^-l),

" =? = «in v)m - £ »J « - 1)•

Prenant pour um la moyenne arithmétique des valeurs de o0=0


et de a, on aura

»m = i[A(«.8inv)m-loJa(^-.l),

d'où l'on tire


5-1
«m = ^.sinv)ma|j— •

Les valeurs du produit 8 . sin v étant comprises (n° 119)


dans l'intervalle d'une demi -oscillation moyenne ascendante de
l'axe de figure entre les limites de . ^ttt^~^ ^ • * et de

Ir/i^îT gKZ.yV^T^ *2|X , et dans l'intervalle d'une


] T n — lftiiacos9 f n — 1fc*) a cos 9
demi-oscillation moyenne descendante de cet axe entre les limites

de W^ZZKZ.r/^ZZKI et dei(2-4^s-^-Yl,
q y n — 1 Atjacos9 f n — 1 rtTjacos9 q\ n— lrtTjacos9/ '
on peut prendre pour (i . sin v)m la moyenne arithmétique de ces
quatre valeurs, et par suite poser

(J . sin v)m = £ ( 1 h-8 £\ h^^) "


— 224 —

En mettant les valeurs de <am et de (8 . sin v)m dans les expres


sions de vz, z et u , on trouve

^-1
(1)
K ' v,* = -q\ 1-+-8 n — 1ÎT—-—
Aîja cos 9/)a.v.
1 1 Kt

(2) z = *(i+8n + ] W, I El,

F-L-l
(3) ^ï^^n— S^)tt^ '
-l--+hl


(éq.l,nM18) ^^ffl",

(n°H9). . . .[vf(v)]m= ^ [l » xl,

L p-T^nrJ
pour des vitesses initiales dépassant 325m:"on peut prendre (n° 26)

n = 4 et 2c3 = o 00000027 Te i?v et Pour ^es ^sses initiales moindres


que 325i,:s on peut prendre (n° 120) n=2 et 2c = 0,ou^bv

pour les projectiles semblables à notre obus de 4 V = 0,589,


h = 2,7, fc = 2,05,
Tj est le pas des rayures exprimé en rayons du projectile ;
a est une certaine valeur moyenne de la sécante trigonométrigue
de l'angle 0 d'inclinaison de la trajectoire; les valeurs de a sont
insérées dans la table I de l'annexe.
En calculant au moyen de ces formules simplifiées la dérivation
de l'obus de 41 tiré avec une vitesse initiale de 305",:',, après une
durée du trajet de 10J582, on trouve *= 15m,4; une solution plus
précise a donné (n° 127) *= 18m,7.

Pour reconnaître facilement l'influence de la longueur du pas des


— 225 —

rayures et de la vitesse du projectile sur les dérivations, admettons


que la résistance de l'air soit proportionnelle au carré de la vitesse.
Dans ce cas
• r.
v, = -

ou, en développant le logarithme en série et se bornant aux deux


premiers termes de la série, ce qui est possible, lorsque t n'est pas
grand, on trouve

(!-$,.>
et l'on a (n° 119, pour n = 2)

r ri \-i (a^i)3 4c
[*/>)],»= «ny

de sorte que

En mettant les valeurs de v, , a; et g- dans l'éq. 2 et admettant


a2 cos 9 = 1 , on trouve

— i°fii(>-»,3)*(ii$,.)r.

Cette équation fiiit voir que, pour des projectiles semblables, la


dérivation latérale diminue lorsque la longueur du pas des rayures
augmente, et que la dérivation croît un peu plus rapidement que les
carrés des durées. En observant que t = £-F1 (j^J, on voit aussi
que la dérivation est en raison inverse du carré de la vitesse initiale
du projectile et croît un peu plus rapidement que les carrés des
distances. Le coefficient c étant proportionnel au rapport du poids du
15
— 226 —

projectile à sa section transversale, la dérivation diminue lorsque ce


rapport augmente, et le coefficient ]l étant proportionnel au moment
d'inertie du projectile autour de son axe de figure, la dérivation
augmente avec ce moment. •
129. Intégration, par approximation, des équations différentielles
du mouvement de translation dans le cas du tir courbe, quand ^>1.
En procédant avec les équations (2) n° 1 2 5 comme on l'a fait au n° 1 26
avec les équations (l) n° 125, on trouvera que les équations finies du
mouvement sur le plan vertical du tir sont données par les formules
obtenues dans le chapitre II pour les expressions de la résistance de
l'air qui se rapportent aux projectiles oblongs, et où l'on doit prendre
pour la fonction f(v) le rapport^ de la résistance de l'air dans le sens
contraire à l'axe de figure au poids du projectile.
Pour déterminer la projection horizontale de la trajectoire, on
aura les expressions

(2). . .*,=*<_, +»f (*»—*<_!>*- ["«(sin * cos 6 sin v)m - 1 mm~\ a(v,\ U,-t,•_,) - SSZS=l"|
L J ,_1L (%_iJ

;3> ».= 4'

où l'on peut choisir les intervalles t{ — t(_x de manière qu'ils cor


respondent aux durées des demi-oscillations de l'axe de figure.
On peut reconnaître, au moyen des formules des »os 121 et 122,

que le produit sin S cos S sin v est toujours croissant ou décroissant


dans tout l'intervalle de chaque demi-oscillation ; par suite on peut
prendre pour (sin S cos 8 sin v)m la moyenne arithmétique des valeurs
de sin S. cos 8. sin v qui correspondent (n° 122) au commencement et
à la fin de chaque demi-oscillation. L'accroissement de l'angle © étant
faible durant une demi-oscillation, on peut prendre pour t»m la va
leur u,._, correspondante à la fin de la demi -oscillation précédente.
227

On se convaincra par un exemple particulier, en procédant comme


on l'a fait au n° 127, que l'on peut négliger, sans erreur sensible,
les corrections fournies par les termes qui ont été omis dans les
équations différentielles du mouvement de translation.

1 30. Formules simplifiées du mouvement de translation d'un pro


jectile oblong dans le cas du tir courbe, quand | > 1 . La projection
de la trajectoire sur le plan vertical du tir peut être calculée, avec une
précision suffisante, au moyen des formules obtenues dans le chapitre II
pour les expressions de la résistance qui se rapportent aux projectiles
oblongs, et où l'on doit prendre pour la fonction f(v) le rapport |* de
la résistance de l'air dans le sens contraire à l'axe de figure au
poids du projectile.
On peut, avec une approximation suffisante pour la pratique, ob-
teuir la projection horizontale de la trajectoire en intégrant l'équation
différentielle du mouvement suivant l'axe des z

depuis l'origine du mouvement jusqu'au temps qui correspond à la


portée totale, prenant au lieu de l'angle variable o sa valeur moyenne om
sur toute l'étendue de la trajectoire, et substituant au produit va
riable sin 8 cos h sin v sa valeur moyenne durant deux demi-oscillations
moyennes de l'axe de figure: l'une ascendante et l'autre descendante.
On obtient ainsi

v,
o

Z
o o

0U , en mettant au lieu de g f f(av^dt et de g f dt \ f(avj dt leurs


O 0 0
15*
— 228 —

valeurs que l'on tire de l'équation-^ =—9f(p)cmd en l'intégrant,

après y avoir substitué £^ à la fonction f(v), on trouve

Vl = [m (sin 8 cos 8 sin v)m — \ ©J ow, — 1 ),

«= (sin 8 cos 8 sin v)m — \ oJ aF, (* — ^r) >

o = St = [m (sin 8 cos S sin v)m — I©m]a(Zj—l).

Prenant pourum la moyenne arithmétique des valeurs de o0=0


et de «, on aura

°m= 3 [m (Sin S C0S 8 Sin v)m — ï "m] a —1)'

d'où l'on tire

wm = m (sin 8 cos 8 sin v)m a ^

Les valeurs du produit sin 8 cos 8 sin v étant comprises (n° 1 23) dans
l'intervalle d'une demi-oscillation moyenne ascendante de Taxe de figure

entre les limites de ^ ,-^-et deVs^r^-


qn— Uïiacos9 qf n— 1 Zï]icos9 l/s"^^-,
f n-1 îirçacosip'
et dans l'intervalle d'une demi-oscillation moyenne descendante de
cet axe entre les limites de \ )/i • )/8 ^

et de \ [2 (l - - 4 (l— £) fif^f] , on peut prendre


pour (sin S cos 8 sin v)m la moyenne arithmétique de ces quatre valeurs,
et par suite■ poser

(sin 8 cos 8 sin vV = ip(l-i)-H8(l-H A) S±I .


/m 2(/L\ g / V 2g2/n — 1 Jïja cos s>J
En mettant les valeurs de a„ et de (sin 8 cos S sin v) dans les
expressions de v%, z et «, on trouve

«-•".=ï[('-?)-8(-2T.)^7^]-,|^.
— 229 —

W-+t- 1 7C2(1
(2)....*
n — 1 it)a cos 9.

« -+t- l lt2|X
(3)...o
n — 1 ?Tja cos 9.

(éq. 1, n°121)

(n° 119) [fA»)]m = 1


1
2jr<
1
(*nr.
pour des vitesses initiales au-dessus de 325m:,on peut prendre

1 = 2,6, m = 2,1,
ï) est le pas des rayures exprimé en rayons du projectile ;
a est une certaine valeur moyenne de la sécante trigonométrique
do l'angle 0 d'inclinaison de la trajectoire; les valeurs de a sont
données dans la table I de l'annexe.
Dans ce cas, comme dans celui du tir direct, la dérivation latérale
diminue, lorsque- le pas des rayures et le rapport du poids du projectile
à sa section transversale augmentent, et cette dérivation croît avec le
moment d'inertie du projectile autour de l'axe de figure, et augmente
un peu plus rapidement que les carrés des durées, qui sont en raison-
inverse du carré de la vitesse initiale du projectile et croissent un
peu plus rapidement que les carrés des distances.
131. Intégration, par approximation, des équations différen
tielles du mouvement de translation dans le cas du tir courbe,
quand | <f 1 . En se bornant dans la première et la seconde des
équations (3) n° 125 aux termes qui dépendent de la composante
— 230 —

tangentielle de la résistance et de la gravité et dans la troisième de


ces équations aux deux premiers termes de son second membre,
on obtient

ty=-g(l-fif(v)im0),

^ = — g$af(v) cos 0 -+- mg sin 8 cos 8 sin v f(v).

Ce cas supposant une petite vitesse initiale, on peut poser (n° 120)


p
2C nÔ,014itE*âr
ai a _ in î

et les deux premières équations différentielles donneront

(1) ^ztang9-^F»

pour le point de chute à la hauteur de la bouche à feu on aura

m ^

(3) -•«=£*'.(!£).

;*> — TOiM'-l?')- -

(5) ....tang<?=togï-«F,(îfï),

2c

Les valeurs de v et de vf(v) étant


— 231 —

on peut poser

(V) = f * \vf(M = W f 1

o
0U

(7) « = g^(l-^>

rvfiv)] =wl^i

et
fftï a — *** CQ8 9 («F,)» X^ 4c 1
K) • 4^ - se h+^ty

Pour déterminer p, connaissant la vitesse initiale et l'angle de


projection, on commencera par calculer, eu posant 0=1, la valeur
de x par la formule (2), celle de t par la formule (3), celle de (v)m
par la formule (7), celle de q par la formule (8) et celle de 8 au
moyen de la formule (5) n° 124. Cette valeur de 8 servira à calcu
ler (n° 125)
0= 1 1,07 S2.

Connaissant fi, ou obtiendra, pour la valeur trouvée de t des va


leurs plus approchées de x, y, 6, vlt (v)m, g et 8; l'équation (4)
n° 124 donnera la valeur de v.
Observant que (éq. 4, n° 124) 8in8==-smv, on voit que l'é
quation différentielle suivant l'axe des e peut être mise sous la forme

^ = [fsin»8cos8-^]^,).

Les angles <a étant toujours petits et le produit sin2 8 cos 8, dans
les limites deS = oàS = ^, ayant sa plus petite valeur égale à
zéro et sa plus grande ne dépassant pas 0,385, on ne fera pas une
grande erreur, si l'on intègre la dernière équation depuis l'origine
— 232 —

du mouvement jusqu'à la valeur trouvée de t en substituant à a et


à sin2 8 cos 8 leurs valeurs moyennes «m et (sin8 8 cos 8)m sur toute
l'étendue de la trajectoire. On obtiendra ainsi

i-RfOtfiiiB«i.-|..]|r1(«-f)I

Substituant àoffl la moyenne arithmétique des valeurs de o0=0


et de t», on trouve

».=i[f(»i.,»"«»»).-!«..]î($-i).

d'où l'on tire

»m=f(8in'8co8 8)wïft— ;

posant approximativement (sin2 8 cos 8)m= i j" sin2 8 cos 8 dS , on trouve


0
(sin28cos8)m = !ig£

Mettant les valeurs de e»m et de (sin3 8 cos8)m dans les expres


sions de vx, z et o, on obtient

r«_i
w ^=f-^-r^^-7'

(10) ^ = f-^"^/vF4'

.ai) • »=?-j^-;|^-
— 233 —

Les ternes négligés dans les équations (3), n° 125 donnent pour
les valeurs de x, y, z les corrections suivantes.
Le second terme du second membre de la première des équations
(3), n° 125 donne pour l'abscisse x la correction

Lx = — j (sin S cos 8 cos v)m ^ Vl tang 9 — | t — yj ,

où l'on peut approximativement poser


a ■
(sin i cos * cos v)m= ^sin * cos 9 l-(^Jsia?6^m= i | sin S . V'i— ^^sin2* . d sin i
o

Le troisième terme du second membre de la première des équa


tions (3) n° 125 donne pour l'abscisse x une correction dont la va
leur absolue est moindre que umax . z et que l'on peut toujours né
gliger.
Le deuxième terme du second membre de la deuxième des équa- •
tions (3) n° 125 donne pour l'ordonnée y la correction
= -*- m (sin 8 cos 8 cos v)m a F, [t —

où l'on peut approximativement poser

(sin 8 cos 8 cos v)m = ^ [l - ( 1 - (§)' sin2 8) j/ !_(§)» sin»*].

Le troisième terme du second membre de la troisième des équa


tions (3) n° 125 donne pour l'ordonnée z une correction dont la
valeur absolue est moindre que omax . Aa; que l'on peut toujours
négliger.
132. Exemple. Soit un obus de 41 tiré sous l'angle de pro
jection de 45°, avec une vitesse .initiale de 50m:s. On a pour cet
obus (n° 120) c = 3514m. En posant 0=1, on trouve z=247m,

t=l\\ 49, | =0,735, S=70°15' et par conséquent p=l+-l,07S2=2,3.


— 234 —
Pour*=7|149 et 0=2,3 on obtient ar=240m,7,#=— 2m,0,
e = — 47°1 6',. vt = 32m,l 5, | =0,680, S=73°18', v=40°39',
a = 56', 2=2m,0.

Les termes négligés dans les équations- (3) n° 125 donnent les
corrections
àx= — lm,ll, A«/=-+-4œ,22.

On voit ainsi qu'à la durée t = 7J149 correspondent


z= 240m,7 — lm,l = 239m,6, y = — 2m,0-+-4m,2 = 2m,2,

z = 2m,0.

La portée sur un terrain à la hauteur de la bouche à feu est


m 21U 2 ni
approximativement égale à 2 3 9 , 6 = 241 , 6 et la durée qui »
correspond à cette portée est approximativement de 7 s, 1 49-<-241 '6~239 ,2

= 7|224.
En comparant la durée et la portée horizontale calculées pour
p = 2,3 à celles qui ont été obtenues pour p = 1 on vorfc qu'elles
ne diffèrent pas beaucoup entre elles, de sorte qu'on peut, dans le cas
du tir courbe sous des angles de projection qui ne dépassent pas 45°,
môme avec de petites vitesses initiales, calculer la projection verticale
de la trajectoire en supposant la résistance de l'air dirigée dans le
sens contraire au mouvement et égale en grandeur à la composante
de la résistance dans le sens contraire à l'axe de figure.
En calculant la dérivation latérale e pour 0 = 1 , on la trouve
de 2m,2 et elle diffère peu de£=2m,0 qui a été obtenue pour p=2,3,

de sorte qu'on peut calculer la dérivation latérale, avec une approxi


mation suffisante pour la pratique, en posant $ = 1 .
133. Formules simplifiées du mouvement de translation d'un
projectile oblong dans le cas du tir courbe, quand | ^ 1 . La pro
jection de la trajectoire sur le plan vertical du tir peut être calculée
avec une approximation suffisante pour la pratique au moyen des for
mules obtenues dans le chapitre II pour les expressions de la ré
— 235 —

sistance de l'air qui se rapportent aux projectiles oblongs, et où l'on


doit prendre' pour la fonction f (v) le rapport^ de la résistance de
l'air dans le sens contraire à l'axe de figure au poids du projectile.
La projection horizontale de la trajectoire peut être déterminée
par les formules suivantes

Zi_l
mq siu3 S v,

mq 8»n»a F t — —
E) ,
Z— 3 S aVlV{,

Zi_i
«= 3 —ï~
* (Xtï1 >

0U
?ï|,x2 cos 9 (otV,)J 4c

2c = • P
0,014 *BV
on trouvera la Valeur de S, à l'aide des tables d'intégrales elliptiques,
au moyen de la relation

et à défaut de tables on pourra calculer la valeur approchée de 8,


dans le cas de | > 0,75 au moyen des équations

1—§
tang (« — <J0= - tang ,

1— ?2 gt
<J, = ï_2aretange 2 a(e)m,
— 236 —

et dans le cas de | < 0,75 au moyen de l'équation

tang S =

^•-(DHf^.-d)^]

pour les projectiles semblables à notre obus de 41, it = 0,589,


2 = 2,6, m — 2,1,
t) est le pas des rayures exprimé en rayons du projectile,
a est une valeur moyenne de la sécante trigonométrique de
l'angle 0 d'inclinaison de la trajectoire; les valeurs de a sont données
dans la table I de l'annexe.
L'expression de q fait voir que le cas | < 1 a lieu pour des va-
yt
leurs de — d'autant moindres que la longueur du pas des rayures est
plus grande.

§IH.

IMAGE DE LA TRAJECTOIRE DES PROJECTILES OBLONG S DANS L'AIR.

134. Image du mouvement de rotation de l'axe de figure d'un


projectile oblong. Tandis que le centre de gravité du projectile décrit
une certaine trajectoire dans l'air, le projectile tourne autour de son
axe de figure avec une vitesse angulaire sensiblement égale à la vi
tesse angulaire initiale, et l'axe de figure a un mouvement de ro
tation autour de la tangente qui s'abaisse pendant toute la durée du
mouvement.
Le sens du mouvement de rotation de l'axe de figure dépend du
sens de la rotation du projectile autour de son axe de figure et du
sens de l'axe du couple de la résistance de l'air. Ordinairement dans
les bouches à feu rayées la rotation du projectile a lieu de droite à
gauche autour de l'axe de figure, si l'on regarde du pôle au centre
— 237 —

de gravité du projectile ou, ce qui est tout un, de gauche à droite, si


l'on regarde dans le sens du mouvement de translation du projectile,
et le centre de résistance de l'air se trouve en avant du centre de
gravité, de sorte que le couple de la résistance de l'air tend à éloigner
la pointe du projectile de la tangente à la trajectoire.
Dans ces conditions l'axe de figure commence à se mouvoir autour
de la tangente dans le sens de la rotation du projectile autour de son
axe de figure *).
Si la vitesse initiale n'est pas très faible, le mouvement de l'axe
de figure autour de la tangente est un mouvement d'oscillation.
L'angle v que fait le plan vertical passant par la tangente avec le
plan passant par la même tangente et l'axe de figure augmente
d'abord de zéro à-^et l'angle S que fait l'axe de figure avec la tan
gente croît lentement de zéro jusqu'à une certaine limite \.

Ensuite l'angle v continue d'augmenter jusqu'à une certaine limite v2


moindre que ic, tandis que l'angle 8 diminue jusqu'à une certaine
valeur 82. L'angle v, après avoir atteint la limite v2, diminue jus
qu'à ~t et l'angle 8 continue de décroître jusqu'à une certaine li
mite 8/ K \. Au-delà l'angle v continue de diminuer jusqu'à une

certaine limite v3 plus grande que zéro et moindre que k — v2, tan
dis que l'angle 8 augmente jusqu'à une certaine valeur 83. L'angle v,
après avoir atteint la limite v3, augmente de nouveau jusqu'à^, et
l'angle 8 continue de croître jusqu'à une certaine limite 8/1t \ plus
\2'3j
grande que la limite 8/* \ qu'il avait atteinte lors de l'augmen
tï' /
tation précédente de l'angle v. Ensuite l'angle v continue d'aug- -
menter jusqu'à la limite v4 moindre que v2, tandis que l'angle 8 di
minue jusqu'à une certaine valeur S4. L'angle v, après avoir atteint

*) Si le centre de la résistance était en arrière du centre de gravité du pro


jectile, son axe de figure commencerait à se mouvoir autour de la tangente dans
le sens contraire à la rotation du projectile autour de son axe de figure.
— 238 —

la limite v4, diminue jusqu'à |, et l'angle S continue de diminuer


jusqu'à une certaine limite \plus grande que la limite \

qu'il avait atteinte lors de la diminution précédente de l'angle v.


Au-delà l'angle v continue de diminuer jusqu'à une certaine limite v,
plus grande que v3 et moindre que x: — v4, tandis que l'angle 8 croît
jusqu'à une certaine valeur 85 . L'angle v après avoir atteint la limite v5
augmente de nouveau et l'angle 8 continue d'augmenter; et ainsi de
suite. Les durées des oscillations successives vont en augmentant.
Les valeurs des angles limites v2, v3. . . . sont les mêmes pour des
projectiles semblables tirés des bouches à feu ayant les pas des rayu
res proportionnels aux calibres et sont indépendantes des vitesses
initiales des projectiles.
Si les vitesses initiales sont très faibles, l'angle v croissant depuis
zéro n'atteint pas^, et l'angle 8, pour les angles de projection qui
ne dépassent pas 45°, ne dépasse pas non plus", de sorte que l'axe
de figure, tournant autour de la tangente, n'a pas de mouvement
d'oscillation.
135. Image du mouvement de translation oVun projectile
dblong dans Vaïr. Si la résultante p de la résistance de l'air était
constamment dirigée en sens contraire de la tangente à la trajectoire,
cette trajectoire, nonobstant le mouvement de rotation de l'axe de figure
autour de la tangente, serait tout entière dans le même plan vertical ;
car si l'on fait passer un plan vertical par un élément quelconque de
la courbe, la force de la pesanteur, ainsi que la résistance de l'air,
agissent dans ce plan; il en résulte que le second élément y est
également compris, et ainsi de suite.
Mais la résultante p de la résistance de l'air fait avec la direction
contraire à l'axe de figure, pour les projectiles formés d'un cylindre sur
monté d'une surface ogivale, dans les cas ordinaires du tir, un angle -
plus grand que celui que fait l'axe de figure avec la tangente, et cette
résultante p, étant toujours située dans le plan qui passe par l'axe de
figure et par la tangente, ne se trouve pas, pendant le mouvement de
rotation de l'axe de figure autour de la tangente, dans le plan vertical
— 239 —

qui passe par la tangente, et par suite la trajectoire que décrit le


centre de gravité du projectile est à double courbure.
Décomposons la résultante p de la résistance en trois autres ré
sistances: l'une dirigée en sens contraire de la tangente, l'autre per
pendiculaire à la tangente dans le plan horizontal et la troisième per
pendiculaire à la tangente dans le plan vertical. La composante de la
résistance en sens contraire de la tangente ralentit le mouvement "de
translation du projectile. L'axe de figure du projectile étant toujours
à droite du plan vertical passant par la tangente, la composante hori
zontale de la résistance, qui agit perpendiculairement à la, direction
de la tangente, fait dévier le centre de gravité du projectile à droite,
et cette déviation latérale est connue sous le nom de dérivation laté
rale *). La composante de la résistance qui agit dans le plan vertical
perpendiculairement à la direction de la tangente, relève le centre de
gravité du projectile, quand l'axe de figure se trouve au-dessus de
la tangente, et l'abaisse, quand l'axe de figure se trouve au-dessous
de la tangente **).
Dans le cas du tir courbe avec de très faibles vitesses initiales
*) Si le centre de résistance se trouvait en arrière du centre de gravité, l'axe
de figure du projectile serait toujours à gauche du plan vertical passant par la
tangente, et le centre de gravité du projectile dévierait à gauche.
Si l'angle que fait la résultante de la résistance avec la direction contraire a
l'axe de figure du projectile était moindre que celui que fait l'axe du projectile
avec la tangente, les déviations latérales auraient lieu dans le sens contraire.
**) Si l'angle que fait la résultante de la résistance avec la direction contraire
à l'axe de figure était moindre que l'angle que fait l'axe de figure avec la tangente,
la composante de la résistance qui agit dans le plan vertical perpendiculairement
à la direction de la tangente, abaisserait le centre de gravité du projectile, pen
dant que l'axe de figure se trouverait au-dessus de la tangente, et le relèverait
pendant que l'axe de figure se trouverait au-dessous de la tangente.
Si le centre de résistance coïncidait avec le centre de gravité, le couple de
la résistance serait nul; il n'y aurait pas de mouvement do rotation de l'axe
de figure; l'axe de figure resterait, pendant le trajet du projectile, parallèle à
lui-même dans l'espace et serait constamment dans le plan vertical qui passe par
la tangente; et comme la résultante de la résistance de l'air serait aussi dans ce
plan, la trajectoire serait plane et la composante de la résistance perpendiculaire
à la direction de la tangente relèverait ou abaisserait le centre de gravité du pro
jectile, selon que l'angle que fait la résultante de la résistance avec la direction
contraire à l'axe de figure serait plus grand ou plus petit que celui que fait l'axe
de figure avec la tangente.
— 240 —

l'angle v est bien moindre que l'angle 8 qui, sous un angle de pro
jection voisin de 45°, atteint au point de chute une valeur pas trop
éloignée de |, et par suite- le projectile rencontre le sol le culot en
avant. Avec un accroissement de vitesse initiale l'angle v augmente
et le projectile tombe sur le flanc. On peut arriver, par une augmen
tation de vitesse initiale, à faire tomber le projectile la pointe en
avant *). Lorsque les vitesses initiales ne sont pas très faibles, les
angles que fait l'axe de figure avec la tangente ne sont pas grands;
pour des vitesses initiales considérables, comme celles que l'on em
ploie dans. le tir direct, ces angles sont petits, et, si les portées ne
sont pas trop petites, l'axe de figure du projectile fait plusieurs oscil
lations autour de la tangente pendant toute la durée du mouvement
du projectile. L'amplitude de ces oscillations est toujours moindre
que 7C et diminue, à mesure que le temps augmente, tandis que leur
durée croit avec le temps.

*) Soit (Fig. 24) ZEN le plan vertical mené par la tangente OT au point de
chute; cette tangente fait l'angle EOT — TE = 6 avec l'horizon. Soit TAT' le
plan passant par la même tangente et par l'axe de figure OA du projectile au
point de chute — axe qui fait avec la tangente l'angle AOT = AT = d; le plan
TAT' fait avec le plan vertical .Z-.H 7" l'angle ATE=v. Faisons passer par la
tangente OT le plan vertical ZAN. Le projectile rencontrera le sol la pointe en
avant, si l'arc AN est moindre que — .
A
Le triangle sphérique ANT donne
cos^2V=cos TA.cosNT-t-ùnAT.sinNT. cosNTA
ou
cos AN = cos ô.sin B — sin à cos 0 cos v.

Pour que le côté AN soit moindre que sou <lue 008 AN soit positif, il faut que
2
cos 6 . sin (9 > sin S cos 6 cos v,
ou que
C0S v < ^ tange
- 6 ■.
tang S
Si cette condition est satisfaite, le projectile rencontre le sol la pointe en avant.
Si cos v = |"°8 9 le projectile tombe sur le flanc. Si cos v > ta°8^ , le projectile
tang o tang S '
rencontre le sol le culot en avant.
CHAPITRE Y

SOLUTION DES PROBLÈMES SUR LE TIR DES


PROJECTILES OBLONGS.

IL

TIE DIRECT.

136. Tir direct à vitesses initiales dépassant 360m:s. La ré


sistance de l'air dans le sens contraire à l'axe de figure des projec
tiles oblongs est exprimée (n° 28) pour des vitesses dépassant 360m:'
par un monôme proportionnel au carré de la vitesse, pour des vitesses
comprises entre 360m:s et 280m:,par un monôme proportionnel à la
sixième puissance de la vitesse, et pour des vitesses inférieures à
2£Om:a par un binôme dont le premier terme est proportionnel à la
deuxième puissance de la vitesse et le second à la quatrième puissance
de la vitesse.
Par conséquent il est nécessaire de calculer la projection de la
trajectoire sur le plan vertical du tir par parties toutes les fois que,
la vitesse initiale dépassant 360m:s, la vitesse de chute est inférieure
à 360m;s. Mais le tir direct ayant lieu sous des angles de projection
qui ne dépassent pas 15°, on simplifie beaucoup les calculs, en ne
déterminant la projection verticale de la trajectoire par parties que
sous un seul angle de projection, soit celui de 5°, et en rapportant
les points obtenus de la trajectoire aux coordonnées obliques: Tune X
suivant la tangente au point de départ et l'autre Y suivant la di
rection de la pesanteur. On aura les angles de projection, les angles
16
et les vitesses de chute et les durées des trajets correspondants à di
verses portées d'après les points calculés de la projection verticale de
la trajectoire sous l'angle de 5°, en admettant (n° 79) que, pour les
angles de projection ne dépassant pas 15°, les distances verticales des
points d'une trajectoire à sa tangente au point de départ sont indé
pendantes des angles de projection.
Soit 9' l'angle de projection sous lequel on calcule la projection
verticale de la trajectoire par parties.
1° On choisira le premier arc de la trajectoire (fig. 25) du point
de départ 0 où la vitesse initiale V est plus grande que 360m:a jus
qu'au point M où la vitesse F' = 360m:s et on le calculeja dans

l'hypothèse (n° 52)

P 1W 2gc>

p n,
° 2J\oKR2g' n
et (n° 28)
<& = 0,044.

On déterminera d'abord la valeur approchée de l'angle d'incli


naison 9* de la trajectoire au point M, à l'aide de la formule (6) n° 52

tang 9" = tang 9' — \ ^ ( 1 — ,

en posant a = -^p, Vl — Fcos9', Vl = F'cos9', et ayant cette


valeur approchée de 9", on obtiendra a de la formule (n° 61)

tang 9' — tang 9"

On aura la valeur de 9" suffisamment précise, en mettant dans


l'expression précédente de tang 9" la valeur de a et éu posant dans
V\ — F'cos9"pour9" sa valeur approchée.
— 243 —

Connaissant la valeur de 9" et celle de a, on trouve

x' = l'aide de la formule (3) n° 52

a Loge"""» F'cos9"'
y' = i¥#à l'aide de la formule (1) n° 52

la durée t' du trajet du projectile du point 0 au point M à l'aide de


la formule (5) n° 52
/' s' r> /«^\
1 — Fcos9;jti\ 2c )•

On aura, en coordonnées obliques, l'abscisse OP=X'du point M

cos 9 '
l'ordonnée MP= Y' du point M

r = X'sm9' — y'.

En admettant l'indépendance des angles de projection et des


distances verticales des points de la trajectoire à la tangente au point
de départ,
l'angle de projection 9, déterminé de l'expression
y
sm 9, =

doit correspondre à la portée horizontale


xl = X' cos 9, .

L'angle de chute 0lt la vitesse de chute v et la durée du trajet £,


seront définis (n° 79) par

tang 6l — tang 9" — taug 9' -+- tang 9t ,


V cos 9"
V =: cos 01— ',

h = *.
16*
2°. On calculera les arcs suivants de la trajectoire sous l'angle
de projection 9' jusqu'au point M{,) où la vitesse est égale à 280m:,

dans l'hypothèse de la résistance (n° 53)

c5 =

et (n° 28)
A =0,0000000000026.

Pour calculer le deuxième arc on choisira une valeur quelconque


pour X" — OP; on aura pour l'abscisse horizontale MQ' = x"
àv point M'

x"=(X"—X')cos9'.

On déterminera d'abord la valeur approchée de l'angle d'incli


naison 9'" au point M\ en posant a = col- 0, à l'aide de la formule
(2) n° 53

tang 9"' = tang 9" - r„^,,„ 3 (*) ,


2q5F'-»cos4 9", g*
^— 35 j

et ayant cette valeur approchée de 9'", on obtiendra a de la formule

tang 9" — tang 9'" "

Connaissant la valeur de a, on aura la valeur de 9"' suffisamment


précise en mettant la valeur de a dans l'expression précédente de
tang 9"', et l'on trouvera:
l'ordonnée M'Q' = y" du point M' à l'aide de la formule (1)
n° 53

la vitesse V au point M' à l'aide de la formule (4) n° 53

Fcos9'
F*cos9*=

la durée £" du trajet du projectile du point M au point M' à l'aide


de la formule (5) n° 53

la durée du trajet du projectile du point de départ 0 au point M' sera

t' + t".

En coordonnées obliques, l'abscisse OP du point M' est celle


que l'on a choisie X", et on aura l'ordonnée M'F1 = Y" du point M'

r'=T-*- (X" - X') sin 9' — y".

L'angle de projection 92 déterminé de l'expression

Y"
sin <P2 == x"

correspondra à la portée horizontale

x2 = X" cos 92 .

L'angle de chute 62, la vitesse de chute v et la durée totale du


trajet t2 seront définis (n° 79) par

tang 0 , = tang 9"' — taug 9' tang 92 ,


— 246 —

On continuera les calculs de la même manière jusqu'au point


ilfu._0où la vitesse V(i) n'est pas de beaucoup plus grande que280"1:\
3°. Pour calculer le i-n 1 arc de la trajectoire du point MKi_u
où la vitesse est VU) et l'inclinaison ©(,■_,_,) jusqu'au point M(i) où la
vitesse est F,1H_i) = 280m:s, on déterminera d'abord la valeur ap
prochée de l'angle d'inclinaison 9(f_,_2) au point M(i) à l'aide de la
formule (6) n° 53
fane o - tan» © 9— ( 1 - FV-i>c0,*.','n-tA
tang©(i._2)-tana ^ cog6 ^— ^ cog6 ^—j j,

en posant a. = cog — —-, cos ©(>.^_n = cos 9(<^.2)> et ayant cette va


leur approchée de %-^), on obtiendra œ de la formule

tang 9(,^_,) — tang 9(<^2) *

On aura la valeur de 9(,_1_2) suffisamment précise en mettant dans


l'expression précédente de tang 9(<^2) la valeur de a et en substituant
dans F^^cos6©^^ à ©(<_^2) sa valeur approchée.
Connaissant la valeur de ©(^^ et celle de a, on trouve

x(J_tmi)= Qw à l'aide de la formule (3) n° 53

y(t4.„ == iHf(t) Q(f) à l'aide de la formule (1) n° 53


_ 2aS7*(0 cos4tj»(<^.oa!(<-t-1)
0 ? '

la durée du trajet du projectile du point jusqu'au


point 2f(0 à l'aide de la formule (5) n° 53
— 247 —

la durée du trajet du projectile du point de départ 0 jusqu'au


point MU) sera

En coordonnées obliques, l'abscisse OP(i)^=X(M) du point M(i)


sera

cos 9'
l'ordonnée MU) PU) = du point M{() sera

7M = rM (Z^,— sin 9' - ylM).

L'angle de projection <pM déterminé de l'expression

correspondra à la portée horizontale

L'angle de chute la vitesse de chute « et la durée totale


dn trajet seront définis (n° 79) par

tang âM = tang 9(t _2) — tang 9' tang 9,.^ ,

cos e<^, '

4°. On calculera les arcs suivants de la trajectoire sous l'angle


de projection 9', à partir du point M{i) où la vitesse est F((._1_1)= 280m;a

dans l'hypothèse de la résistance (n°51)

ou
c- l .g»

et (n° 28)
<A> = 0,012, r = 488m!\
— 248 —

Pour calculer le i -+- 2 arc on choisira une valeur quelcon


que pour = OPw+-1>; on aura pour l'abscisse horizontale
Mw Qu+xi^Bu+a du point Jf(t+J)

= — 3^.1)) cosq»'.

On déterminera d'abord la valeur approchée de l'angle d'incli


naison epu._1_3) au point ilf^,,, en posant a= cos — —-, à l'aide de la
formule (2) n° 51

tang = tang 9(^2)- W-^L-. 3 F.'),

m\ g — a*(l-K) T7 2 — y2(<_n) cos2 9(<H_2)


— c ' 0 — r2 '

et ayant cette valeur approchée de on obtiendra a de la formule

tang 9(<^-2)—taug9(<^_3) *

Connaissant la valeur de a, on aura la valeur de %_^) suffisam


ment précise en mettant la valeur de a dans l'expression précédente
de tang 9(f^_3), et l'on trouvera:
l'ordonnée M^^Q^^ = ?/(f_^2) du point à l'aide de la
formule (1) n° 51

yw-« = %n, tang ^ - 5 r^S^fe^ * t'» V^>

la vitesse F(i+2) au point il/(j+n à l'aide de la formule (4) n° 51

la durée du trajet du projectile du point itf(t) au point M^x)


à l'aide de la formule (5) n° 51
— 249 —

la durée du trajet du projectile du point de départ 0 jusqu'au


point M(i^ sera

t'-*-t"-t-

En coordonnées obliques , l'abscisse OP^^ du point est celle


que l'on a choisie X(,.^_2, , et on aura l'ordonnée P^iy— ïy^jj
du point M(i^

Y«+2) = r«+« -*" (x«-2) - siu ?' — yM'

L'angle de projection (p,.^.2 déterminé de l'expression

sin9. 2 = |^

correspondra à la portée horizontale

L'angle de chute 6t 1 3, la vitesse de chute v et la durée totale


du trajet tt^_2 seront définis (n° 79) par

tang 0,.^_2 = tang <p(fHj) — tang 9' -+- tang 9,.^,

COS '

On continuera les calculs de la même manière.


5°. On déterminera les dérivations latérales z qui correspondent
aux portées d'après les formules du n° 128.
137. Cas où la vitesse de chute n'est pas inférieure à 360m:\

Il faut dans ce cas calculer la trajectoire, sans la diviser en parties,


dans l'hypothèse de la résistance (n° 52)
— 250 —

où, en posant II = II,

et (n° 28)
<A> = 0,044.

Si la hauteur du but n'est pas considérable, on peut poser a=l,


et en appelant a et 6 la distance horizontale et la verticale du but au
point de départ et e l'angle d'élévation du but, on a tange = -, et
l'on obtient pour l'angle de projection (9 — s) rapporté à la ligne qui
va du point de départ au but l'expression (n° 84)

sin«p-.) = ^F(;-).

Si le point de chute est à hauteur de la bouche à feu, on


a 6 = 0 et s = 0.
m
On aura l'angle de chiite de la formule

tang<? = tang<P-^£r?F1(j).

La vitesse de chute sera


V cos 9
a cos©
2c
e

On aura la durée

t ~ Fcôsi> ^1 (.2c) '

On déterminera la dérivation latérale z d'après les formules


du n° 128.
138. Déterminer la vitesse initiale d'après celle que le pro
jectile possède à une petite distance de la bouche à feu. Si l'on
— 251 —

connaît la vitesse v à une petite distance de la bouche à feu, et si


cette vitesse n'est pas inférieure à 360m:s, on obtient la vitesse ini
tiale V de l'expression (n° 85)

139. Tir direct à vitesses initiales comprises entre 360m:*


et 280"'*. La résistance de l'air dans le sens contraire à l'axe de
figure des projectiles oblongs étant exprimée (n° 28) pour des vitesses
comprises entre 360m:* et 2SOm:s par un monôme proportionnel à la
sixième puissance de la vitesse et pour des vitesses inférieures à280m:a
par un binôme dont le premier terme est proportionnel à la deuxième
puissance de la vitesse et le second à la quatrième puissance de la
vitesse, il est nécessaire de calculer dans ce cas la projection verticale
de la trajectoire en la divisant en parties, comme on l'a fait aun° 136
pour le deuxième et les arcs suivants de la trajectoire.
On déterminera les dérivations latérales z qui correspondent aux
diverses portées d'après les formules du n° 128.

1 40. Cas où la vitesse de chute n'est pas inférieure à 38(f -%


la vitesse initiale ne dépassant pas 360ms. On calculera la pro
jection verticale de la trajectoire, sans la diviser en parties, dans
l'hypothèse de la résistance (n° 53)

pi = m =

où, en posant II = II

et (n° 28)
0,0000000000026.

L'élévation du but n'étant pas considérable, on peut poser ct=l.


En appelant a et h la distance horizontale et la verticale du but au
— 252 —

point de départ et e l'angle d'élévation du but, on a tange = - et


l'angle de projection (9 — e) rapporté à la ligne qui va de la bouche
à feu au but sera déterminé par l'équation

sin(9 — i) = $i$(*),


2V*a

Si le point de chute est à la hauteur de la bouche à feu , on


a b = o et

sin29 = ftï)(*).

On obtient l'angle de chute de la formule

tang 0 = tang 9 — v,^g,9 3 (z) .

La vitesse de chute sera

_ V. cos 9

On aura la durée

Kcosip v '

Ou déterminera la dérivation latérale z d'après les formules


du n° 128.

141. Déterminer la vitesse initiale d'après celle que le pro


jectile possède à une petite distance de la bouche à feu. Si le point
de la trajectoire où l'on connaît la vitesse v est à une petite distance
de la bouche à feu, et si cette vitesse n'est pas inférieure à 280m:fl,
on obtient la vitesse initiale V de la formule

r=v.\)(z)
— 253 —

et comme (n° 53)


■■»-(»*!?)•,

on a

En développant^ — ^^yen série et en se bornant, par suite

de la petite valeur de aux deux premiers termes de la série,


on obtient

142. Tir direct à vitesses initiales moindres que280mv>. Possi


bilité d'appliquer les formules qui se rapportent à ce cas au tir
avec des vitesses initiales jusqu'à 335m:s. La courbe (E) représentée

sur la figure 8 par un trait continu exprime la relation de p'=^^j


et des vitesses v à partir de v= 280m:s jusqu'aux petites vitesses;
l'équation de cette courbe est (n° 27)

P' = 0,012 -H

La distribution des points (p', v) autour de la courbe (E) fait


voir qu'on peut la prolonger, comme l'indique la ligne pointillée, jus
qu'à la vitesse de 325m:s et qu'on peut se servir de la dernière ex
pression de p' depuis la vitesse de 325ms jusqu'aux faibles vitesses.
Par conséquent on peut résoudre les problèmes du tir de toutes
nos bouches à feu actuelles de place , de siège et de campagne , qui
impriment aux projectiles, avec les charges en usage, des vitesses
initiales moindres que 325m:s, en adoptant pour la résistance de l'air
dans le sens contraires à l'axe de figure des projectiles l'expression

*
— 254 —

où, en posant II = IIj ,

_ P

et
<A = 0,012, r = 488m:s.

Les angles de projection n'étant pas très grands dans le cas du


tir direct, on peut calculer la trajectoire sans la diviser en parties,
et poser a = 1 quand les angles de projection sont compris entre
0 et 8°, et a = ^ quand les angles de projection dépassent 8°.
Le point de chute étant à une hauteur b au-dessus de la bouche
à feu, on aura la portée a à l'aide de la formule (n° 88)

c- tang 9 . z • 9? (*, F02) . z» = b,

où' = ^F0î=(^)2.

En essayant successivement plusieurs valeurs de z, prises dans


la table des valeurs de 9? (*, F02), on trouvera deux valeurs du pre
mier membre de l'équation, assez rapprochées, entre lesquelles est
comprise la valeur de b et on aura la valeur cherchée de z au moyen
de parties proportionnelles; on obtiendra la portée en multipliant
8 Par \ •
Le point de chute étant à la hauteur de la bouche à feu, on
aura la portée x à l'aide de la formule (n° 88)

^(*,F02) = ^sin29,-

Après avoir calculé la valeur du second membre de l'équation,


on trouvera la valeur de z à l'aide de la table des z^(z, V02), comme
on l'a exposé au n° 60. En multipliant z par c- on aura la valeur de

la portée cherchée.
— 255 —

La vitesse initiale d'un projectile, tiré sous un angle de pro


jection 9, qui doit toucher un point donné (a, b), sera déterminée au
moyen de la formule (n° 89)

y =V F& ,
Ko y Q-F(e)+i'

Après avoir calculé la valeur de V0 à l'aide de la table de F{z),


on obtiendra la valeur de la vitesse initiale cherchée V, en multi
pliant
r V.O par
* ——a cos 9 ■
Si le point à battre est à la hauteur de la bouche à feu , on
a b = o et s = o.
L'angle de projection (9 — e) rapporté à la ligne qui va de la
bouclw à feu au but est donné par la formule (n° 93)

sin(9— .) = J£®(*, F0i

Le point de chute étant à la hauteur de la bouche à feu, on a


(n° 90)
sin 2 9 F02). .

A l'aide des deux dernières formules on calculera d'abord la va-


« v2
leur approchée de 9 en posant z — -, V02 = et puis, s'il le faut,
une valeur plus précise, en cherchant a qui correspond à la valeur
, , de
trouvée , 9 et en posant, z = aa
— , y,-
V*= a a2 V2 js—-
cos* 9 •

L'angle de chute est donné par la formule

tang 0 = tang 9-^(«, V») .

La vitesse de chute est donnée par la formule

V cos 9
V==V(z, Vo2)'ïôs0'
La durée du trajet est donnée par la formule

On déterminera la dérivation latérale z d'après les formules du


n° 128. Si les vitesses sont faibles au point que l'on ne puisse pas
négliger 3 devant l'unité, on calculera les dérivations z à l'aide des
formules du n° 130.

143. Déterminer la vitesse initiale d'après celle que le pro


jectile possède à une petite distance de la bouche à feu. Si l'on
connaît la vitesse v en un point de la trajectoire à une-petite distance
de la bouche à feu, et si cette vitesse est moindre que 280m:s, on aura

la vitesse initiale de la formule (n° 92)

144. Comparaison des résultats fournis par les formules avec


ceux du tir. Pour comparer les résultats fournis par nos formules avec
ceux du tir, on a calculé, pour différentes distances et différentes
charges, les angles de projection de nos canons rayés de tous les ca
libres, ainsi que les durées des trajets et les dérivations latérales des
projectiles de 241 (152mm) tirés avec la charge de 2^,866 de poudre
à canon et de ceux de 229mm tirés avec la charge de 21k,294 de
poudre prismatique. Les résultats obtenus sont insérés dans les
tableaux suivants, où l'on a mis en regard les angles de projection
et les durées obtenus dans le tir. Les dérivations observées sont
ponctuées sur la figure 26 et les courbes des dérivations calculées sont
représentées sur cette figure en traits continus, les portées étant
prises pour abscisses et les dérivations pour ordonnées.
projDecitsltena.nces Obtenus tir.dansle
[Angles
de 13°31' 331■ ■°23■
iV3■7m:s
niteisale
131.
fonte
de
Canonen (Sagènes.!
J CalcMuèltérs.es. 1*,■3■ 1301 '. 3°■3■ ■°■■
Charge
DRAYÉS.
PORTÉES
IPFNOS
DE
ANGLES
DES
POUR
CANONS
ROÉJRECNTIEONS
133■ 137
3■3

133 3■■ 33

deprojection Obtenus dansletir.


Angles 17° ■°33■ 3°31■
■' ■°3■■ ■°32■ ■■
3° 3■
■° 1■°33■ 11°■■
11°33■
■■■
33
I
V■3m:a
initeisale Vi233m:a
niteisale iV17■m:s
niteisale 3'
■° iV1■m:s
niteisale
Calculés■ m:8
121.
Canon
de
bronze
en 1■°■4■ ■°■3■ 3°37' 1*13■
Charge ■°2■' 3°33■ ■■
■° 1■°
3■
V273
initeisale ■°22' ge,■7
Charge
■°13'
Mètres.
Sagènes. 1^,*3
Charge »,313
Charge »,311
Charge
TABLEAU 331■ 1330 137 133 137 137 133 ■■■
Distances 1■33

173■ 33 3■■ 73 3■■ 7■■ 3■0 73 33

derojection Obtenus tir.dansle


pAngles 17°3■ 3■
■° 3°
3' 1'
7°37'3° I■33|
1■°3■■
1■c3■■
I
17■■ 3■
7'
■°
33
■■■ 13■
I
■■
737°■33 3■
11°
3'
1|
■1°■■
3■■
tiale
26■'n:s I
■°37'
■°31'
■■■
■0
i313m:»
Vniteisale
Calculés. 17°23■ ■°1■■ 3°
11' 7°37' 3°
■■ Charge
■*,■1■
iV3ni2t3e"isa»l:e» Charge
■*,■*Vi171»:»
niteisale Vi32^»
niteisale
31.
de
Canon
■*,313
Charge ■*,3"
Charge
1*,,3
Charge Vites e
ini
Mètres!
Sagènes. 132■ 137 133 137
Distances
■33
13■■ 33 33 73 33

derojection. Obtenus lansletir.


pAngles 1■°17■ 3°33■ 3°37■ ■°31■ ■31■ 332■ 1■°37■ 3°63■ '°3■'
1j
|
33
■■°34■■■
m:s Vi23■m:s
niteisale ■°33' iV13■m:a
niteisale
iV313m:»
niteisale H°3■ ■° ViI77m:9
niteisale
Calculés. ■*■1■
Charge 2■ ■°■■■ 3°33■
1| ■32■
■1.
de
Canon 3°■3' Charge
■*
3■3 ■*,3■7 1■°2■'
Charge 1 ■*,1■2
Charge
Vi272
niteisale ■°33' |■°
3'
■*,6,
Charge 1
133
Sagènes.
Mètres 3333 17■7 333 133 137 |137 133 ■■■
Distances

13■■ 3■■ 73 33 73 3■■ 1


7■■|
■■
■3
— 258 —

Canou de 241 Canon allégé de 203œ.i Canon de côte de 2031»-11

Angles de Angles de Angles de


projection. projection. Distances projection.
Distances Distances
3

w -3 <»

Charge 7k,780 Charge 12k,899


Charge 2^,866 (poudre prismatique) (poudre prismatique)
Vitesse initiale 324m:a Vitesse initiale 316m:s Vitesse initiale 421m:s
2450 5227 22°48' 22°23' 2563 5468 22° 2' 23° 0' 1200 25601 5°32' 5°26'
1500 3200 11° 4' 11°11' 1859 3966 14° 0' 14° 0' 1000 2134 4°26' 4°23'
900 1920 5°57' 6° 7' 1000 2134 6°42' 6°38'
500 1067 3° 6' 3° 7' 500 1067 3°10' 3°10'
Canon de côte 229«»-m
Charge 6k,142
Charge 2*, 252 (poudre prismatique) Angles de
Vitesse initiale 284m:a Vitesse initiale 282m:! projection.
Distances
700 14931 5°47' 1 5°46' 700 14931 5°40' 5C32' S| agènes.j j
Mètres, Calculés. Obtenus dans
le
tir.
500 1067| 4° 0' 8°52' 500 1067| 3°58' 3°58'

Charge 2^,047 Charge 4*,504


(poudre prismatique)
Vitesse initiale 270m:s Vitesse initiale 236m*
Charge 21^,294
1740 3712 19°52' 19°39' 700 14931 8° 9' 8° 4' (poudre prismatique)
900 1920 8°31' 8°37' 500 1067! 5°41' 5°48' Vitesse initiale 405m:s
500 1067 4°26' 4°30' 1800 3840 9°33' 9°30'
900 1920 4° 0' 4° 0'
Charge 1^,638 Charge 3*276 300 640 1°10' 1°11'
(poudre prismatiqne)
Vitesse initiale 239m:s Vitesse initiale 193m:s
700 14931 8°iri 8° 16' 700 149312°23' 12°32'
500 1067| 5°39' 1 5°34' 300 1067 | 4°59' 4°50'

Charge 1^,024 Charge 2^,047


(poudre prismatique)
Vitesse initiale 184m:s Vitesse initiale 142m:s
700 I 1493114° 7' |13°50' 500|1067|16°20'|16°51'
300 1 640| 5°34'| 5°31' 300 640 9°17' | 8°57'

Charge 0*614
Vitesse initiale 136m:s
300 j 640jl0°19'|10°19
— 259 —

Tableau des durées et des dérivations latérales pour différentes portées


des canons de 24* et de 229mm.

Canon de 24'. Canon de 229m«*>.


Pas des rayures en rayons du projectile Pas des rayures en rayons du projectile
t) = 120. t) = 120.
Vitesse initiale 324»™. Vitesse initiale 405m:s.
Durées du trajet calcu- létres. Durées du trajet calcu les.
en secondes. en secondes.
Distances BQ 2 S Distances 2 a
Calaiculé ObsVervé w5m aa> Cal«nculée Obstaer éi .2
t» wSD i3 CBca
Sagènes. Mètres >■ M
-euI— -QS
_ Sagénes. Mètres.
-te
a a -M
2450 5227 22,82 25,2 49 1800 3840 11,95 _ 13
1500 8200 11,88 12,9 13 900 1920 5,43 5,3 2,6
900 1920 6,59 6,6 4 300 640 1,65 1,6 0,2
500 1067 3,48 3,4 1

§ H.

TIR COURBE.

145. Tir courbe à faibles charges. Dans le tir courbe à faibles


charges, comme en général dans le tir avec des charges qui communi
quent une vitesse initiale moindre que 280m:s, il faut calculer la tra
jectoire dans l'hypothèse de la résistance de l'air (n° 51)

où, en posant 11 = 11,,

P
C— 2&Ti R2g

et(*°28) Jt= 0,012; r = 488m\

Par suite de la faible influence de la résistance de l'air sur le


mouvement des projectiles de gros calibre et de fortes densités tirés avec
17*
— 260 —

de petites vitesses initiales, on peut même sous de grands angles de


projection (s'ils ne dépassent pas 45°) calculer la trajectoire sans la
diviser en parties et prendre pour a la valeur

tang 9

146. Déterminer la portée connaissant Vangle de projection et


la vitesse initiale.
Si le point de chute est élevé d'une quantité b au-dessus de la
bouche à feu, on obtiendra la portée à l'aide de l'équation (n° 70)

Stws».#— rfÇp-Jfr, vïï.f^b,

En essayant successivement plusieurs valeurs de z, prises dans la


table des 9(z, Vf)> on trouvera deux valeurs du premier membre
de l'équation, assez rapprochées, entre lesquelles est comprise la va
leur de 6; on aura la valeur cherchée de z au moyen de parties pro
portionnelles, et on obtiendra la portée en multipliant z par^.
Si le point de chute est à la hauteur de la bouche à feu, on
a (n° 66)
'*(g, F0î) = ï.^.sin29,

où* = ^TV=^.

Après avoir calculé la valeur du second membre de l'équation,


on trouvera la valeur de z au moyen de la table des z.<8(z, Vf),
comme on l'a exposé au n° 60. En multipliant z par £ on aura la va
leur de la portée cherchée.

147. Déterminer la vitesse initiale d'un projectile, tiré sous


— 261 —

un angle de projection donné, qui doit passer par un point donné


(a, b). Ona(n° 71)

V — l/ JW

. = -,
ohz aa Q = ^
2r2 tanggV
<o — tang e >tange
■ - 6
= -.

Après avoir calculé la valeur de F0, au moyen de la table de F(z),


ou obtient la vitesse initiale cherchée V, en multipliant V0 par - c^g •
Si le point à battre est à la hauteur de la bouche à feu, on
a b = o et e = o.
148. Déterminer Tangle de projection 9 sous lequel un projec
tile, tiré avec une vitesse initiale donnée, doit toucher un point
donné (a, b). On a (n° 72)

où le double signe devant le radical fait voir qu'il y a deux valeurs


de l'angle 9 qui satisfont aux conditions du problème, l'une plus
grande et l'autre plus petite que l'angle de la plus grande portée.
On cherchera d'abord les deux valeurs de 9 en posant 9 (3, V02)= 1 ;
ces deux valeurs de 9 serviront à calculer les deux valeurs de a et les