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Algmultilin 3

Le document traite des endomorphismes dans un espace vectoriel, en se concentrant sur le polynôme caractéristique, les valeurs propres et les vecteurs propres. Il présente un théorème démontrant que le déterminant de la matrice associée à un endomorphisme ne dépend pas de la base choisie et fournit une formule pour le polynôme caractéristique. Des exemples illustrent les concepts abordés, y compris le calcul des déterminants et des mineurs principaux.

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Réduction des endomorphismes

3.1 Polynôme caractéristique, valeurs propres et vecteurs propres


Théorème 3.1
Soient E un espace vectoriel de dimension n > 1 sur un corps commutatif K, u un endomorphisme
de E, B = (ei )16i6n une base de E, A(u) = (aij ) la matrice de u dans la base B.
1- Le déterminant de la matrice A − XI (à éléments dans le corps K) ne dépend pas de la base B
(et par suite dépend uniquement de u).
2- Ce déterminant, que nous notons par Pu (X), est un polynôme à une indéterminée X, de degré n,
ayant pour expression

Pu (X) = (−X)n + σ1 (u)(−X)n−1 + · · · + σn−1 (u)(−X) + σn (u) (3.1)


où σn (u) est la somme des mineurs principaux d’ordre k de A.
n
P
En particulier, σ1 = aii = somme des éléments diagonaux
i=1
σn = detA = déterminant de A. 

Preuve

1- Soient B 0 = (e0i )16i6n une autre base de E, P la matrice de changement de base, P −1 son inverse.
Alors, nous savons que si A0 désigne la matrice de u dans la base B 0 , on a la relation

A = P A0 P −1 .

Considérant toutes ces matrices carrées comme des matrices à éléments dans K on peut alors écrire :

A − XI = P A0 P −1 − XP P −1 = P (A0 − XI)P −1

Par conséquent, on a
det(A − XI) = det P det(A0 − XI) (det P )−1
ce qui démontre le point 1.

2- Pour alléger la démonstration de l’expression 3.1 de Pu (X), introduisons les notations suivantes :
(V1 , . . . , Vn ) désignant les vecteurs colonnes de A,
(V10 , . . . , Vn0 ) désignant les vecteurs colonnes de A − XI,
f désigne l’application n-linéaire alternée qui à n vecteurs de k n (k = K(X)) associe leur déterminant.
0
M ···i···j···s··· (s+1···n) (où 1 6 i < j < · · · < s 6 n − 1) désigne le mineur principal, obtenu en biffant
la iième , jième · · · sième (ainsi que la iième , jième · · · sième colonne) de la matrice dont les s-premiers

1
2

colonnes sont celles de A, et les n − s colonnes suivantes celles de A − XI.

Avec ces notations, on a donc :

Pu (X) = f (V10 , V20 , V30 , . . . , Vn0 )

Comme f est n-linéaire, on obtient :


0
Pu (X) = f (V1 , V20 , V30 , . . . , Vn0 ) + (−X)M 61 (2 3 ··· n)
0 0
= f (V1 , V2 , V30 , · · · , Vn0 ) + (−X)M 1 62 (3 ··· n) + (−X)M 61 (2 3 ··· n)
nXn−1 o
0
= f (V1 , V2 , · · · , Vn ) + (−X)M 1 2 ··· 6n + (−X) M ··· 6i (i+1 ··· n)
i=1

On en déduit aussitôt, que

σn = f (V1 , , V2 , . . . , Vn ) = det A
On continue ce processus de calcul sur les termes de la somme précédente : on sépare dans ces
termes, et le terme général avec i 6 n − 2. On obtient alors :

n X o n X o
1 ··· 6i ··· n 2 1 ··· 6i ··· 6n
Pu (X) = det A + (−X) M + (−X) M
16i6n 16i6n−1
n X 0
o
+(−X)2 M 1 ··· 6i ··· 6j (j+1 ··· n)
16i<j<n−1

On entrevoit à ce stade, ce que devient cette expression quand on poursuit le processus p fois :

n X o n X o
Pu (X) = det A + (−X) M 1 ··· 6i ··· n + · · · + (−X)p−1 M ··· i1 ··· ip−1 (3.2)
16i6n 16i1 <i2 <···<ip−1 6n
n o n o
··· 6i1 ··· 6i2 ··· 6ip (ip+1 ··· n)0
X X
p ··· 6i1 ··· 6ip−1 ··· 6n p
+(−X) M + (−X) M
16i1 <i2 <···<ip−1 6n−1 16i1 <i2 <···<ip−1 6n−1

Nous venons de montrer que 3.2 est vraie pour p = 2. Supposons la vraie pour 3, · · · , p, avec
0
p < n − 1. Alors, nous pouvons continuer le processus en considérant d’une part M ···6i1 ···6ip−1 ···6n−1(n) et
le terme général de la somme de la deuxième accolade, avec ip 6 n − 2. On aura
0
M 6i1 ··· 6ip−1 ··· 6n−1 (n) = M ··· 6i1 ··· 6ip−1 ··· 6n−1 n + (−X)M ··· 6i1 ··· 6ip−1 ··· 6n−1 6n

0
M 6i1 ··· 6ip (6ip+1 n)n = M ··· 6i1 ··· 6ip ··· n o
0 0 0
+(−X) M 6i1 ··· 6ip ··· 6n + M 6i1 ··· 6ip 6ip+1 (ip+2 ··· n) + M 6i1 ··· 6ip ·6ip+2 (ip+3 ··· n) + M i1 ··· ip 6(n−1) (n)
0
X
= M 6i1 ··· 6ip ··· n + (−X)M 6i1 ··· 6ip ··· 6n + M i1 ··· ip ip+1 (ip+1 +1 ··· n)
ip <ip+1 6n−1
3.1. POLYNÔME CARACTÉRISTIQUE, VALEURS PROPRES ET VECTEURS PROPRES 3

Comme
X X X
M 6i1 6ip 6n + M 6i1 ··· 6ip−1 6n−1 n + M 6i2 ··· 6ip ··· n
16i1 <i2 <···<ip−1 6n−1 16i1 <i2 <···<ip−1 6n−2 16i1 <i2 <···<ip 6n−1

constitue la somme de tous les mineurs principaux d’ordre n − p, on peut en tenant compte de
ce fait et des calculs ci-dessus, conclure.

n X o
p 6i1 6i2 6ip
Pu (X) = det A + · · · + (−X) M
16i1 <i2 <···<ip 6n
n X X o
+(−X)p+1 M 6i1 ··· 6ip−1 6n−1 6n + M 6i1 ··· 6ip 6n
16i1 <i2 <···<ip−1 6n−2 16i1 <i2 <···<ip 6n−2
0
X
+(−X)p+1 M ··· i1 i2 ··· ip+1 ··· (ip+1 ··· n)
16i1 <i2 <···<ip+1 6n−1

ce qui montre 3.2 est encore vraie à l’ordre p + 1, en regroupant la somme des deux termes de la
première accolade.

Pour p = n − 1 dans la première accolade, toutes les colonnes sauf une distincte de la dernière,
sont biffées. Autrement dit, cette somme représente celle des mineurs principaux d’ordre 1 de A à
l’exception de celui obtenu en biffant les (n − 1) premières colonnes (et lignes). Quant à la deuxième
accolade, elle se réduit à un seul terme

0
M 61 62 ··· 6n−1 (n) = (ann − X).

Par suite le calcul s’achève par les deux derniers termes :

n−1
X  n
X 
n−1 n−1 n−1
(−X) aii + (−X) (ann − X) = (−X) aii + (−X)n
i=1 i=1

Ainsi se termine la preuve du théorème. 

Exemple 3.1
1- Soit E = R4 , u l’endomorphisme défini, dans la base canonique par la matrice A
 
−1 1 1 0
 −1 2 1 −1 
A= 
 5 −3 −2 5 
1 −2 −2 3

Illustrons le développement effectué dans la démonstration précédente


4

det(A − XI) =
−1 1 1 0  
 −1 1 1 
−1 2 1 −1
+ (−X) −1 2 1
5 −3 −2 5
5 −3 −2
 
1 −2  −2 3 
 2−X 1 −1 −1 1 0 −1 1 0 
+(−X) −3 −2 − X 5 + 5 −2 − X 5 + −1 2 −1
−2 −2 3 − X 1 −2 3 − X 1 −2 3−X
 
 
 −1 1 1 2 1 −1 −1 1 0 −1 1 0 
= 13 + (−X) −1 2 1 + −3 −2 5 + 5 −2 5 + −1 2 −1
5 −3 −2 −2 −2 3 1 −2 3 1 −2 3
 

2 1 −1 1 −1 1
+(−X)2 + +
 −3 −2 5 −2 −1 2 
2 −X 5 2 −1 −1 0
+(−X) + +
−2 3 −  X −2 3 − X −1 3 − X 
2 1 −1 1 −2 5 2 −1 −1 0 −1 1
= 13 + 14X + (−X)2 + + + + +
−3 −2 −1 2 −2 3 −2 3 1 3 5 2
3 3
+(−X) {(−1) + (2) + (−2)} + (−X) {(3 − X)}
= −13 + 14X − 2X 3 + X 4 .
2- Soit E = R4 , u l’endomorphisme dont la matrice M (u) par rapport à la base canonique est :

1 1 1 1
1 1 −1 −1
M (u) =
1 −1 1 −1
1 −1 −1 1
(a) det M (u) = −16

(b) Les mineurs principaux d’ordre 3

1 1 1
M 1 2 3 64 = M 1 2 63 4 = M 1 62 3 4 = 1 1 −1 = −4
1 −1 1

1 −1 −1
61 2 3 4
M = −1 1 −1 = −4
−1 −1 1
(c) Les mineurs principaux d’ordre 2

1 1
M 1 2 63 64 = M 1 62 3 64 = M 1 62 63 4 = =0
1 1
1 −1
M 61 2 3 64 = M 61 2 63 4 = M 61 62 3 4 = =0
−1 1

(d) La somme des éléments diagonaux est 4. Donc Pu (X) = X 4 − 4X 3 + 16X − 16.
3.1. POLYNÔME CARACTÉRISTIQUE, VALEURS PROPRES ET VECTEURS PROPRES 5

2- Soit E = Rn , u l’endomorphisme dont la matrice M (u) par rapport à la base canonique, a tous
ses éléments égaux à 1
 
1 1 ··· 1
 1 1 ··· 1 
M (u) =  .. ..
 
.. .. 
 . . . . 
1 1 1
(a) On a det M (u) = 0.
(b) Tous les mineurs principaux (ou non) sont du même type : des colonnes identiques dont tous les
éléments sont égaux à 1. Donc tous ces mineurs sont nuls lorsque k > 2.
(c) La somme des éléments diagonaux est égale à n :

D’où

Pu (X) = (−X)n + n(−X)n−1 = (−1)n−1 X n−1 (n − X). 

Définition 3.1
Soient E un espace vectoriel de dimension finie n > 1 sur un corps commutatif K, u un endomor-
phisme de E.
On appelle polynôme caractéristique de u, le polynôme

Pu (X) = det(M (u) − XI) = (−X)n + σ1 (−X)n−1 + · · · + σn

où M (u) est la matrice de u dans une base quelconque de E. 

Définition 3.2
Soit A une matrice carrée d’ordre n à coefficients dans un corps commutatif K.
On appelle polynôme caractéristique de A, le polynôme

PA (X) = det(A − XI) 

Définition 3.3
Soient E un espace vectoriel de dimension finie n > 1 sur un corps commutatif K, u un endomor-
phisme de E. On appelle trace de u, le scalaire, noté T r(u), égal à la somme des éléments diagonaux
de M (u), où M (u) est la matrice de u dans une base quelconque de E. 

Définition 3.4
Soit A une matrice carrée d’ordre n à coefficients dans un corps commutatif K.
On appelle trace de A, le scalaire, noté T r(A), égal à la somme des éléments diagonaux. 

Corollaire 3.1
Soit A une matrice carrée d’ordre n à coefficients dans un corps commutatif K.
La somme des mineurs principaux d’ordre k - en particulier la trace - est un invariant dans la classe
des matrices semblables à A. 
6

Preuve :
En effet, la somme des mineurs principaux d’ordre k est le coefficient de (−X)n−k dans le polynôme
caractéristique de A.
Or ce polynôme caractéristique est le même pour toute matrice semblable à A. 
Définition 3.5
Soient E un espace vectoriel de dimension finie n > 1 sur un corps commutatif K,u un endomorphisme
de E. On appelle spectre de u, dans K, l’ensemble des scalaires λ tel que u − λI n’est pas inversible
dans l’algèbre End(E). Le spectre de u dans K est noté SpK (u). Un élément λ de K est appelé valeur
propre de u, si le noyau de u − λI est non réduit à {0}. Dans ce cas, ce noyau est appelé sous-espace
propre de u associé à la valeur propre λ souvent noté Eλ . Les éléments non nuls de Eλ sont appelés
vecteurs propres de u associés à la valeur propre λ. 

Théorème 3.2
Soient E un espace vectoriel de dimension finie n > 1 sur un corps commutatif K, u un endomor-
phisme de E. Alors le spectre de u est égal à l’ensemble des valeurs propres de u, lui même égal à
l’ensemble des racines dans K, du polynôme caractéristique Pu (X) de u. 

Preuve :
Puisque E est de dimension finie, nous savons que u − λI est bijective si et seulement si, u − λI est
injective. Autrement, λ ∈ K appartient au spectre de u si et seulement si, λ est une valeur propre.
Par ailleurs u − λI n’est pas inversible si et seulement si, det M (u) − λI = 0 donc λ appartient au
spectre de u si et seulement si, Pu (λ) = 0 c’est-à-dire que λ est racine du polynôme caractéristique.

Exemples 3.1
1- Déterminer le spectre de l’endomorphisme u de R4 , défini par sa matrice M (u) dans la base
canonique :
 
1 1 1 1
 1 1 −1 −1 
M (u) = 
 1 −1 1 −1 

1 −1 −1 1
a) Nous avons vu que :

Pu (X) = X 4 − 4X 3 + 16X − 16 = (X − 2)(X + 2)(X − 2)2


= (X − 2)3 (X + 2)
Donc SpR (u) = {−2, 2}. b) Le sous-espace propre Ker(u + 2I) est l’ensemble des vecteurs
(x, y, z, t) satisfaisant :


 3x + y + z + t = 0
x + 3y − z + t = 0


 x − y + 3z − t = 0
x − y − z + 3t = 0

3 1 1
Le rang de u + 2I est égal à 3 car M 1 2 3 64 est égal à 1 3 −1 = +16
1 −1 3
3.1. POLYNÔME CARACTÉRISTIQUE, VALEURS PROPRES ET VECTEURS PROPRES 7

Par suite le noyau est de dimension 1 défini par les équations


 
 3x + y + z = −t  x = − 2t
x + 3y − z = −t ⇐⇒ y=0
x − y + 3z = t z = 2t
 

On peut prendre comme vecteur générateur le vecteur v1 = (−1, 0, 1, 2)

Ker(u + 2I) = {αv1 : α ∈ K}

c) Le sous-espace propre Ker(u − 2I) est défini par les équations




 −x + y + z + t = 0
x−y−z−t=0

⇐⇒ x − y − z − t = 0

 x−y−z−t=0
x−y−z−t=0

c’est donc le noyau de la forme linéaire définie sur R4 par

(x, y, z, t) 7−→ x − y − z − t
c’est un hyperplan de R4 , donc de dimension 3.
Une base de (Ker(u − 2I) peut donc être définie par les vecteurs

v2 = (1, 1, 0, 0) v2 = (1, 0, 0, −1) v2 = (1, 0, 1, 0)

2- Soit u l’endomorphisme de R3 (resp. C3 ) défini dans la base canonique par sa matrice M (u)
 
2 5 −6
M= 4  6 −9 
3 6 −8
a) On a det M (u) = 1; M 1 2 63 = −8; M 1 62 3 = 2; M 61 2 3 = 6; T r u = 0 d’où Pu (X) = −X 3 + 1 =
(1 − X)(X 2 + X + 1).

b) (i) Le spectre de u dans R3 considéré comme espace vectoriel sur R est {1}. (ii) Le spectre de
u dans C3 considéré comme espace vectoriel sur C est {1, j, j2 }.

c)  
 x + 5y − 6z = 0 
Ker(u − I) = (x, y, z) : 4x + 5y − 9z = 0
3x + 6y − 8z = 0
 

le rang de u − I est de 2. Puisque dim Im(u − I) + dim Ker(u − I) = dim R3 = 3, Ker(u − I) est
donc une droite d’équation.

x + 5y − 6z = 0
⇐⇒ x = y = z.
4x + 5y − 9z = 0
8

Un vecteur générateur est par exemple v1 = (1, 1, 1). L’étude spectrale de l’endomorphisme u
dans R3 s’achève là.
Par contre si nous considérons u comme endomorphisme dans C3 , ce dernier étant un espace vectoriel
sur C, on peut chercher les sous-espaces propres relatifs aux valeurs propres j, j2 .
d) Ker(u − jI) : est défini par le système d’équations


 (2 − j)x + 5y − 6z = 0
4x + (6 − j)y − 9z = 0
3x + 6y − (8 + j)z = 0

2 − j) 5
Le rang de u − jI est 2 (par exemple = −9 − 9j) 6= 0). Donc Ker(u − jI) est la
4 6 − j)
droite complexe d’équation

 
(2 − j)x + 5y − 6z = 0 3x = (2 − j)z
⇐⇒
4x + (6 − j)y − 9z = 0 3y = (j + 3)z

un vecteur générateur est v2 = (2 − j, 3 + j, 3).


e) Ker(u − j2 I) est défini par les équations


 (2 − j2 )x + 5y − 6z = 0
4x + (6 − j2 )y − 9z = 0
3x + 6y − (8 + j2 )z = 0

2 − j2 ) 5
Le rang de u − j2 I est égal à 2 ( = 9j) 6= 0). Par suite le sous-espace est égal à
4 6 − j2 )
la droite complexe


3x = (j + 3)z
3y = (2 − j)z.

On peut prendre comme vecteur générateur v3 = (3 + j; 2 − j; 3).

3- Soit u l’endomorphisme de R4 , donné par sa matrice M par rapport à la base canonique :

 
3 1 0 0
 −4 −1 0 0 
M =
 7

1 2 1 
−17 −6 −1 0

On a
Pu (X) = X 4 − 4X 3 + αX 2 − βX + γ
3.1. POLYNÔME CARACTÉRISTIQUE, VALEURS PROPRES ET VECTEURS PROPRES 9

3 1 0
3 1
γ = det M = (−1) −4 −1 0 = =1
−4 −1
−17 −6 −1
−1 0 0 3 0 0 3 1 0 3 1 0
β= 1 2 1 + 7 2 1 + −4 −1 0 + −4 −1 0 = 4
−6 −1 0 −17 −1 0 −17 −6 0 7 1 2
2 1 −1 0 −1 0 3 0 3 0 3 1
α= + + + + + =6
−1 0 −6 0 1 2 −17 0 7 2 −4 −1

d’où

Pu (X) = X 4 − 4X 3 + 6X 2 − 4X + 1 = (X − 1)4

D’où sp u = {1}.
Ker(u − I) a pour équations


 2x + y = 0
−4x − 2y = 0


 7x +y+z+t=0
−17x − 6y − z − t = 0

7 1
Tous les mineurs d’ordre 3 sont nuls. Le mineur 6= 0. Donc u − I est de rang 2. Le
−17 −6
noyau est de dimension 2.
Il est défini par les équations

5x + z + t = 0
2x + y = 0
On peut prendre comme vecteurs générateurs

v1 = (0, 0, −1, 1) v2 = (1, −2, −5, 0) 

Théorème 3.3
Soient E un espace vectoriel de dimension finie n > 1 sur un corps commutatif K, u un endomor-
phisme de E.
Pour qu’il existe une base dans laquelle la matrice de u soit triangulaire supérieure, il faut et il suffit
que que le polynôme aractéristique Pu (X) se décompose dans K[X] en facteurs du premier degré (ce
qui est toujours le cas si K est algébriquement clos en particulier si K = C). 

Preuve :
La condition est nécessaire. En effet, soit (ei )ni=1 une base de E telle que la matrice M (u) soit
triangulaire supérieure :
10

 
a11 a12 · · · a1n
 0 a22 · · · a2n 
M (u) = 
 
.. 
 . 
0 · · · ann
Alors

Pu (X) = (a11 − X)(a22 − X) · · · (ann − X)


Réciproquement ; supposons que
n
Y
Pu (X) = (λi − X)
i=1

où (λi ) est une famille d’éléments de K, non nécessairement distincts.

Nous allons raisonner par récurrence sur la dimension de E.

Ce résultat est évident si n = 1, car toute matrice carrée d’ordre 1 est triangulaire supérieure (et
même diagonale).

Supposons que ce résultat soit établi lorsque l’espace est de dimension n − 1.

Puisque Pu (X) admet une racine λ1 dans K, il existe un vecteur v1 associé à la valeur propre λ1 .

Complétons ce vecteur v1 par n − 1 vecteurs v2 , · · · vn de sorte que le système (V1 , · · · vn ) constitue


une base de E.

Dans cette base, la matrice de u est de la forme


 
λ1 b2 · · · bn
 0 
 
 .. 
 . B 
0
où B est une matrice carrée d’ordre n−1. Désignons par u0 l’endomorphisme de l’espace vectoriel
F , ayant pour base (v2 , · · · vn ), endomorphisme dont la matrice dans cette base est égale à B. D’après
la règle de calcul des déterminants, on a
Y
det(M (u) − XI) = (λ1 − X) det(B − XI) = (λ1 − X) (λi − X)
i6=n

Donc le polynôme caractéristique de l’endomorphisme u0 est décomposé dans K[X] en facteurs


du premier degré, et d’après l’hypothèse de récurrence, il existe donc une base v20 , · · · vn0 de F telle
que la matrice de u0 soit une triangulaire supérieure B 0 .

Alors la matrice de u dans la base (v1 , v20 , · · · vn0 ) est


3.1. POLYNÔME CARACTÉRISTIQUE, VALEURS PROPRES ET VECTEURS PROPRES 11

 
λ1 b02 · · · b0n

 0 

 .. 0

 . B 
0
En effet, on a pour i = 2, . . . , n

u(vi ) = bi vi + u0 (vi ).
Alors pour tout i = 2, . . . , n
n
P  Pn n  
αji vj = αji u(vj ) = u αji bj v1 + u0 (ei )
P
u(ei ) = u
j=2 j=2 j=2
= βi0 v1 + u0 (ei )

Corollaire 3.2
Soient K un corps commutatif, A une matrice carrée d’ordre n > 1 à éléments dans K.
A est semblable à une matrice triangulaire supérieure si et seulement si, le polynôme caractéristique
det(A − XI) se décompose dans K[X] en facteurs du premier degré. 

Preuve :
Notons par u l’endomorphisme de Kn , ayant pour A pour matrice par rapport à la base canonique.
Alors Pu (X) = det(A − XI). On applique alors le théorème. 
Exemples 3.2
1- Soit u l’endomorphisme de R3 ayant pour matrice M (u) dans la base canonique
 
3 1 0
M (u) =  −4 −1 0 
4 −8 −2
On cherche une base de R3 telle que la matrice de u soit triangulaire (ou encore une matrice m0
semblable à M (u), triangulaire).

(a) On a, en remarquant que la trace de u est nulle,

Pu (X) = −X 3 − αX + δ
3 1 0
3 1
δ = −4 −1 0 = −2 = −2
−4 −1
4 −8 −2
−1 0 3 0 3 1
α= + + = −3
−8 −2 −4 −2 −4 −1

d’où Pu (X) = −X 3 + 3X − 2 = (X − 1)2 (X + 2). donc spectre de u dans R est Sp(u) = {1, −2}.
12

(b) Le sous-espace propre Ker(u − I) a pour équations

2x + y = 0
−4x − 2y = 0
4x − 8y − 3z = 0

−2 0
Le rang de u − I est égal à 2 (en regardant par exemple le mineur ) donc Ker(u − I)
−8 −3
est de dimension 1, c’est la droite

2x + y = 0
10y + 3z = 0

un vecteur générateur peut être par exemple

v1 = (3, −6, 20).

Associons à ce vecteur les vecteurs e2 , e3 de la base canonique : e2 = (0, 1, 0), e3 = (0, 0, 1). Il
est clair que (v1 , e2 , e3 ) forme une base de E = R3 . Dans cette base, la matrice de u est défini par
u(v1 ) = λv1 avec λ = 1 u(v2 ) = e1 − e2 − 8e3 u(e3 ) = −2e3
or v1 = 3e1 − 6e2 + 20e3 d’où 3e1 = v1 + 6e2 − 20e3 .
D’où u(v1 ) = v1 ; u(e2 ) = 31 (v1 + 6e2 − 20e3 ) − e2 − 8e3 ; u(e3 ) = −2e3 .
En fait, si on pose v2 = e3 , v3 = e2 , on a donc finalement u(v1 ) = v1 , u(v2 ) = −2v2 , u(v3 ) =
1
(v + 3v3 − 44v2 ), d’où la matrice dans cette base
3 1

1
 
1 0 3
M 0 =  0 −2 − 44 3

0 0 1
La matrice de changement de base (et son inverse P −1 ) sont données par
   1 
3 0 0 3
0 0
P =  −6 0 1  P −1 =  − 20 3
0 1 
20 1 0 2 1 0
et l’on vérifie que :

P M 0 P −1 = M
- Soit u l’endomorphisme de R ayant pour matrice dans la base canonique,
 
3 1 0 0
 −4 −1 0 0 
M (u) =  7

1 2 1 
−17 −6 −1 0
3.1. POLYNÔME CARACTÉRISTIQUE, VALEURS PROPRES ET VECTEURS PROPRES 13

On cherche une base de R4 telle que la matrice de u soit triangulaire (ou encore une matrice M 0 ,
triangulaire, semblable à M ).

Nous avons déjà calculé Pu (X) = (X − 1)4 . Par suite, 1 est une racine réelle de multiplicité 4,
donc le théorème s’applique.

Partons avec le vecteur v1 = (0, 0, −1, 1). Complétons ce vecteur par les vecteurs (e1 , e2 , e3 ) pour
former une base. Il est clair que(v1 , e1 , e2 , e3 ) sont linéairement indépendants. ((e1 = (1, 0, 0, 0), e1 =
(0, 1, 0, 0), e1 = (0, 0, 0, 1)). La matrice de u dans cette base est déterminée par

u(v1 ) = v1 , u(v2 ) = u(e1 ) = 3e1 − 4e2 + 7e3 − 17e4


u(v3 ) = u(e2 ) = e1 − e2 + e3 − 6e4 , u(v4 ) = u(e3 ) = 2e3 − e4 .

En tenant compte de la définition de v1 , v1 = −e3 + e4 , on obtient


   
1 −17 −6 −1 1 −17 −6 −1
 0 3 1 0  = 0
 
 
 0 −4 −1 0   0 B 
0 −10 −5 1 0
Considérons l’endomorphisme du sous-espace engendré par les vecteurs libres (v2 , v3 , v4 ) et ayant
3−X 1
pour matrice dans cette base B. Le polynôme caractéristique est (1 − X) =
−4 −1 − X
−(X − 1)3 .

Comme

u0 (v4 ) = v4 , on a un vecteur propre évident.


On a qu’à choisir comme nouvelle base (v4 , v3 , v2 ) : la matrice de u0 est alors
 
1 −5 −10
 0 −1 −4 
0 1 3
Par suite, dans la base (v1 , v4 , v3 , v2 ), la matrice de u.
 
1 −1 −6 −17
 0 1 −5 −10 
M (u) =   0 0 −1 −4 

0 0 1 3
On va continuer,en considérant
 l’endomorphisme u00 défini dans le sous-espace engendré par v3 , v2
1 −4
dont la matrice est . On a
1 3

Pu00 (X) = (−1 − X)(3 − X) + 4 = (X − 1)2 .


14

Le sous-espace propre dans E 00 de u00 est défini par les équations

−2x − 4y = 0
x + 2y = 0

qui est donc une droite dans E 00 défini par x = −2y. Un vecteur propre générateur est par exemple
ε3 = 2v3 − v2 , on complète ε3 par v2 . La matrice de u00 est alors

u00 (ε3 ) = ε3 u00 (v2 ) = −4v3 + 3v2 = −2(ε3 + v2 ) + 3v2 = −2ε3 + v2 .


La matrice de u00 est donc
 
1 −2
0 1
Finalement on choisit la base (ε1 , ε2 , ε3 , ε4 )

ε4 = v2 = e1 = (1, 0, 0, 0)
ε3 = 2v3 − v2 = 2e2 − e1 = (−1, 2, 0, 0)
ε2 = v4 = e3 = (0, 0, 0, 1)
ε1 = v1 = e4 − e3 = (0, 0, −1, 1)
d’où P la matrice de changement de base et son inverse
   
0 0 −1 1 0 0 0 1
 0 0 2 0  0 0 1 1 
 P −1 = 

P = 
 −1 1 0 0   0 21 0 0 
1 0 0 0 0 12 0 0
Quant à la matrice de u dans la base (ε1 , ε2 , ε2 , ε3 ), elle est défini par
u(ε1 ) = ε1 ; u(ε2 ) = u(e3 ) = 2e3 − e4 = 2ε2 − ε2 − ε1 = ε2 − ε1
u(ε3 ) = 2u(e2 ) − u(e1 ) = 2(e1 − e2 + e3 − 6e4 ) − (3e1 − 4e2 + 7e3 − 17e4 )
= e1 + 2e2 − 5e3 + 5e4 = ε3 − 5ε2 + 5(ε1 + ε2 ) = ε3 + 5ε1
u(ε4 ) = u(e1 ) = 3e1 − 4e2 + 7e3 − 17e4 = −2ε3 + ε4 − 17ε1 − 10ε2 .
D’où
 
1 −1 5 −17
 0 1 0 −10 
T =  0 0 1 −2 

0 0 0 1
On peut alors vérifier l’égalité M = P T P −1 . 

Théorème 3.4 (Hamilton-Cayley)


Soient E un espace vectoriel de dimension finie n > 1 sur un corps commutatif K, u un endomor-
phisme de E, Pu (X) le polynôme caractéristique de u. Alors

Pu (u) = (−u)n + σ1 (u)(−u)n−1 + · · · + (det u)I = 0. 


3.1. POLYNÔME CARACTÉRISTIQUE, VALEURS PROPRES ET VECTEURS PROPRES 15

Preuve :
Soit B une base de E, M la matrice de u dans la base B. Il revient au même de montrer que
Pu (M ) = (−M )n + · · · + (det u)I = 0. On a aussi Pu (X) = det(M − XI). M est une matrice
carrée d’ordre n à éléments dans K. D’après un théorème de Steinitzs, que nous admettrons, K
peut être plongé dans un corps k algébriquement clos (si K = R, on prendra k= C sans faire
appel à ce théorème). Par conséquent, M peut être considéré comme matrice à éléments dans k.
Le polynôme caractéristique de M comme élément de Mn (k) reste le même que précédemment.
Appelons ũ l’endomorphisme de kn , déterminé dans la base canonique, par sa matrice M . Alors
d’après le théorème 3.3, il existe une base de kn , (ẽ1 , ẽ2 , · · · , ẽn ), telle que ũ a dans cette base une
matrice triangulaire supérieure.

ũ(ẽ1 ) = λ1 ẽ1 , ũ(ẽ2 ) = a12 ẽ1 + λ2 ẽ2 , . . . , ũ(ẽn ) = a1n ẽ1 + · · · + a1,n−1 ẽn−1 + λn ẽn

On a évidemment

Pu (X) = δũ (X) = det(M − XI) = (λ1 − X) · · · (λn − X)

Il suffit donc de démontrer que δũ (ũ) = 0. Pour cela on va prouver que δũ (ũ)(ei ) = 0 pour tout
i = 1, . . . , n. (cf remarque ci-dessous).

Considérons le produit (λ1 I − ũ)(λ2 I − ũ) · · · (λn I − ũ).


Montrons que ce produit annule les vecteurs ẽ1 , ẽ2 , . . . , ẽi . Notre résultat découlera en faisant i = n.
Notre assertion est vraie lorsque i = 1. Puisque (λ1 I − ũ)(ẽ1 ) = 0. Supposons que (λ1 I − ũ) · · · (λi I − ũ)
annule les vecteurs (ẽ1 , . . . , ẽi ) alors (λ1 I − ũ) · · · (λi+1 I − ũ) annule les vecteurs (ẽ1 , . . . , ẽi+1 ). En
effet, on a
(λi+1 I − ũ)(ẽi+1 ) = [a1,i+1 ẽ1 + a2,i+1 ẽ2 + · · · + ai,i+1 ẽi ] + λi+1 ẽi+1 − λi+1 ẽi+1
= (a1,i+1 ẽ1 + · · · + ai,i+1 ẽi )
et d’après l’hypothèse de récurrence, cette somme de vecteurs est annulée par le polynôme (en ũ) :
(λ1 I − ũ) · · · (λn I − ũ).
Pour les autres vecteurs (ẽ1 , . . . , ẽi ), on peut commuter les facteurs dans ce polynôme.

(λ1 I − ũ) · · · (λi+1 I − ũ)(ẽk ) = (λi+1 I − ũ)(λ1 I − ũ) · · · (λi I − ũ)(ẽk ) = 0

ce qui achève la démonstration.

Remarque 3.1
On peut poursuivre la démonstration à ce stade par une autre voie.
En effet, il faut montrer que le produit de n matrices triangulaires (λ1 − M )(λ2 − M ) · · · (λn − M )
est nul.
La matrice (λi − M ) est une matrice triangulaire ayant l’élément aii de la diagonale principale nulle.
En effectuant le produit (λ1 − M )(λ2 − M ) nous constatons que les deux premières colonnes du
produit sont nulles. En effet, si on pose (λ1 − M ) = (aij ) et (λ2 − M ) = (a0ij ) alors ai1 = 0 pour tout
i et a0i2 = 0 pour tout i > 2. Par suite, si on note (λ1 − M )(λ2 − M ) = (bij ), on a
16

n
X
bi1 = aik a0k1 = ai1 a0i1 = 0 pour tout i
k=1
n
X
bi2 = aik a0k2 = ai1 a0i2 = 0 pour tout i
k=1

On peut alors démontrer par récurrence sur p, et apparaître ainsi p colonnes nulles en effectuant
le produit (λ1 − M )(λ2 − M ) · · · (λp − M ). En faisant p = n, on a le résultat désiré. 

Remarque 3.2
De la démonstration du théorème 3.3 et de celle du théorème 3.4, il apparaît que pour toute valeur
propre λi , de multiplicité mi , il existe un sous-espace Fi tel que u(Fi ) ⊂ Fi et la restriction de
(u − λi I)mi à Fi est égale à 0. En effet, en reprenant la démonstration du théorème 3.3, avec λi à la
place de λ1 , on remarquera, avec les notation de ce théorème, que
Y
δu0 = (λi − X)mi −1 (λj − X)mj 
j6=1

ce qui permet de continuer le processus sur u0 , avec λi , et ainsi de suite jusqu’à épuisement de
mi . On aura constitué une base (v1 , . . . , vmi ) par rapport à laquelle la matrice de u est

 
λi
 
 

 λi 

 m
  i
M (u) = 
 λi 

 
 
 
 
 O 

Posons F = [v1 , . . . , vmi ]. Alors, en imitant la démonstration du théorème 3.4, on a


(u − λi I)(v1 ) = 0; (u − λi I)(vj ) = 0 pour 1 6 j 6 mi .
Exemples 3.3
Considérons l’endomorphisme de R3 , défini par sa matrice
 
2 5 −6
M= 4  6 −9 
3 6 −8
par rapport à la base canonique. Nous avons vu que Pu (X) = 1 − X 3 .
Par ailleurs, on troue que
3.1. POLYNÔME CARACTÉRISTIQUE, VALEURS PROPRES ET VECTEURS PROPRES 17

 
6 4 −9
M 2 =  5 2 −6 
6 3 −8
et
 
1 0 0
M3 =  0 1 0 
0 0 1
D’où

I − M3 = 0
On remarque que, dans ce cas, le polynôme caractéristique n’a pas toutes racines dans R.
2- Considérons l’endomorphisme de R4 , défini par sa matrice M dans la base canonique :
 
1 1 1 1
 1 1 −1 −1 
M =  1 −1 1 −1 

1 −1 −1 1
Nous avons vu que Pu (X) = (X − 2)3 (X + 2).
On a

 
−1 1 1 1
 1 −1 −1 −1 
M −2= 
 1 −1 −1 −1 
1 −1 −1 −1
 
3 1 1 1
 1 3 −1 −1 
M +2= 
 1 −1 3 −1 
1 −1 −1 3

et
 
0 0 0
(M − 2)(M + 2) =  0 0 0 
0 0 0
et à fortiori

(M − 2)3 (M + 2) = 0.
On s’aperçoit dans cet exemple qu’il y a un polynôme de degré plus petit que celui de Pu (X), ici
(X − 2)(X + 2) qui annule u. 
Définition 3.6
Soit u un endomorphisme d’un espace vectoriel E. On dit que u est nilpotent s’il existe p ∈ N tel
que up = 0. 
18

Proposition 3.1
Soit u un endomorphisme de E. Alors u est nilpotent si et seulement si, Pu = (−X)dim E . 

Preuve :
Si Pu = (−X)dim E , alors d’après le théorème de Hamilton Cayley, on a Pu (u) = (−u)dim E = 0.
Réciproquement, si up = 0, écrivons, si A est la matrice de u dans une base,

X p = (−1)n Pu Q.
Donc Pu divise X p . C’est donc une puissance de X. Comme il est de degré n, on a

Pu = (−X)n .

Proposition 3.2
Soient u un endomorphisme d’un espace vectoriel E, F un sous-espace de E tel que u(F ) ⊂ F si
v = u|F , on a Pv divise Pu . 

Preuve :
Soit (e1 , . . . , ep ) une base de F , et (ep+1 , . . . , en ) une famille de vecteurs de E telle que (ei )16i6n soit
une base de E.
Soit A la matrice de u dans cette base et B la matrice de v dans la base (e1 , . . . , ep ). Alors
   
B C B − XI C
A=  , A − XI =  
0 D 0 D − XI
Par suite :

Pu = det(A − XI) = det(B − XI) det(D − XI) = δv Q.



Théorème 3.5
Soient E un espace vectoriel sur un corps commutatif K, u un endomorphisme de E, v1 , . . . , vm des
vecteurs propres de u associés à des valeurs propres deux à deux distinctes λ1 , . . . , λm . Alors les
vecteurs v1 , . . . , vm sont linéairement indépendants. 

Preuve :
Soit F le sous-espace vectoriel engendré par v1 , . . . , vm . On a dim F 6 m. Comme u(vi ) = λi vi , F
réduit u. Soit ũ la restriction de u à F .
Comme ũ(vi ) = λi vi ,
{λ1 , . . . , λm } ⊂ spectre de ũ = {racines du polynôme caractéristique de ũ}. Comme ces valeurs sont
distinctes, on a donc m 6 d◦ Pu = dim F . Par suite dim F = m. Par suite ces m vecteurs sont
linéairement indépendants. 
Corollaire 3.3
Soient E un espace vectoriel de dimension finie n sur un corps commutatif K, u un endomorphisme
de E. On suppose que le polynôme caractéristique de u admet n racines distinctes dans K λ1 , . . . , λm .
Il existe une base de E par rapport à laquelle la matrice de u est diagonale et est exactement
3.1. POLYNÔME CARACTÉRISTIQUE, VALEURS PROPRES ET VECTEURS PROPRES 19

 
λ1 · · · 0 ··· 0 ··· 0
 
 
 0 · · · λi ··· 0 ··· 0 



 
 
 
0 ··· 0 · · · 0 · · · λn

Preuve :
Il suffit de prendre des vecteurs propres v1 , . . . , vn , respectivement associés aux valeurs propres
λ1 , . . . , λn . Alors ils sont linéairement indépendants. 
Exemples 3.4
1- Soit u l’endomorphisme de R3 , dont la matrice par rapport à la base canonique est M (u),
 
4 −3 −5
M (u) =  2 −1 −5 
−2 −3 1

(a) On a Pu (X) = det(M − XI) = −X 3 + 4X 2 − αX + β

4 −3 4 −5 −1 −5
α= + + = −20
2 −1 −2 1 −3 1

0 −9 −3
−9 −3
β = det M 0 −4 −4 = −2 = −48
−4 −4
−2 −3 1

Il est clair que 2 est racine de Pu (X). En divisant par X − 2, on trouve alors que

Pu (X) = −X 3 + 4X 2 + 20X − 48 = (X − 2)(4 + X)(6 − X)


D’où le spectre de u = {2, −4, 6}.

(b)
 
 2x − 3y − 5z = 0 
Ker(u − 2I) = (x, y, z) tel que 2x − 3y − 5z = 0
−2x − 3y − z = 0
 

Le rang est évidemment 2. Le sous-espace propre est la droite d’équation

2x − 3y − 5z = 0 − 2x − 3y − z = 0
un vecteur générateur est par exemple (1, −1, 1) = v2
 
 8x − 3y − 5z = 0 
Ker(u + 4I) = (x, y, z) : 2x + 3y − 5z = 0
−2x − 3y + 5z = 0
 
20

Il est clair que le rang est 2 : le sous-espace propre est la droite d’équation

8x − 3y − 5z = 0 2x + 3y − 5z = 0
Un vecteur générateur est par exemple v1 = (1, 1, 1)

 
 −2x − 3y − 5z = 0 
Ker(u − 6I) = (x, y, z) : 2x − 7y − 5z = 0
−2x − 3y − 5z = 0
 

Le sous-espace propre est la droite d’équation :

−2x − 3y − 5z = 0 2x − 7y − 5z = 0
Un vecteur générateur est par exemple v3 = (1, 1, −1). Par suite, la matrice de u dans la base
(v1 , v2 , v3 ) est D, et la matrice de changement de base P
     
−4 0 0 1 1 1 0 1 1
1
D= 0 2 0  P = 1 −1 1  P −1 =  1 −1 0 
2
0 0 6 1 1 −1 1 0 −1

A = P DP −1
2- Soit E = C3 , et u l’endomorphisme ayant pour matrice dans la base canonique, M (u), définie par
 
1 1 0
M (u) =  −1 2 1 
1 0 −1
(a) On a

Pu (X) = −X 3 + 4X 2 − αX + β
1 1 1 0 2 1
où α = + + =6
−1 2 1 1 0 1

1 1 0 1 1 0
β = −1 2 1 = −2 2 1 = 4
1 0 1 0 0 1

Par suite

Pu (X) = −X 3 + 4X 2 − 6X + 4 = (2 − X)(X 2 − 2X + 2) = (2 − X)(X − (1 + i))(X − (1 − i))

Le spectre de u est donc {2, 1 + i, 1 − i}

(b)
3.1. POLYNÔME CARACTÉRISTIQUE, VALEURS PROPRES ET VECTEURS PROPRES 21

 
 −x + y = 0 
Ker(u − 2I) = (x, y, z) : −x + z = 0
x−z =0
 

−1 1
Le rang de u − 2I est 2 ( 6= 0), donc ce noyau est de dimension 1. C’est la droite complexe
−1 0
d’équation x = y; x = z =. Un vecteur générateur est par exemple v1 = (1, 1, 1) Ce n’est autre que
la droite (complexe) x ± iz = 0; x ± iy = 0 un vecteur générateur est donné par
 
±i
v± =  −1 
1
Par suite, dans la base (v1 , v+ , v− ), u a pour matrice diagonale
 
2 0 0
D = 0 1+i 0 
0 0 1−i
La matrice de base P et son inverse sont
 
2 0 0  
0 2 2
 1 +i −1 1
P −1

P =  1 −1 −1
 =  −2i i−1 i+1 
 4
2i −(1 + i) 1 − i
1 1 1
On vérifie que

A = P DP −1 

Théorème 3.6
Soit E un espace vectoriel de dimension finie n > 1 sur K, u un endomorphisme de E. Pour que u
soit diagonale, il faut et il suffit que que les deux conditions suivantes soient remplies.

a) Le polynôme caractéristique Pu (X) a toutes ses racines dans K.

b) pour toute valeur propre de λ, la dimension du sous-espace propre est égale à la multiplicité
de la racine λ dans Pu (X). 

Preuve :
Il est clair que ces conditions sont nécessaires. Supposons que (λ1 , . . . , λp ) soient les valeurs propres
de Pu , avec les multiplicités (m(λ1 ), . . . , m(λp )).
Pp
D’après a) on a m(λi ) = n.
i=1
D’après le théorème 3.5, la somme des sous-espaces propres est directe. D’après b), on a donc, si
E1 , . . . , Ep désignant les sous-espaces propres,

dim E1 + · · · + dim Ep = m(λ1 ) + m(λ2 ) + · · · + m(λp ) = n


22

donc E = E1 ⊕ · · · ⊕ Ep .
Par suite, en prenant une base constituée par la réunion des bases de chaque Ei , la matrice de u,
dans cette base, est la matrice diagonale désirée. 
Exemples 3.5
1- Considérons l’endomorphisme u de matrice
 
1 1 1 1
 1 1 −1 −1 
 
 1 −1 1 −1 
1 −1 −1 1
dans la base canonique de R4 .
On a vu que Pu (X) = (X − 2)3 (X + 2). Ker(u + 2I) est de dimension 1, Ker(u − 2I) est de
dimension 3. Par suite, dans la base (v1 , v2 , v3 , v4 ), la matrice de u est diagonale
 
−2 0 0 0
 0 2 0 0 
D=  0 0 2 0 

0 0 0 2
La matrice de changement de P , et son inverse P −1 sont
   
−1 1 1 1 −1 1 1 1
 0 1 0 0  1 0 4 0 0
P −1 = 
  
P = 
 1 0 1 0  4  1 −1 3 −1 
2 0 0 1 2 −2 −2 2
2- Considérons l’endomorphisme u de Rn , dont la matrice M (u), par rapport à la base canonique, a
tous ses coefficients égaux à 1.
Nous avons vu que

Pu (X) = (−X)n + (−X)n−1 n = (−X)n−1 (n − X)


donc spectre de u = {0, n}. La valeur propre n étant simple, il est clair que Ker(u − nI) est de
dimension 1.
C’est l’ensemble des vecteurs satisfaisant

 −(n − 1)x1 + · · · + xn = 0
x1 − (n − 1)x2 + · · · + xn = 0
x1 + · · · − (n − 1)xn = 0

Il est facile de voir avec le raisonnement ci-dessus que u − nI est de rang n − 1 (c’est en effet
une matrice de type v − λI avec comme ordre n − 1, ayant tous ses coefficients égaux à 1, donc son
spectre est u = {0, n − 1}.
Un vecteur générateur est donné par : v1 = (1, 1, 1, 1)

Ker u = {(x1 , . . . , xn ); x1 + x2 + · · · + xn = 0}
C’est un hyperplan de dimension n − 1, une base
3.1. POLYNÔME CARACTÉRISTIQUE, VALEURS PROPRES ET VECTEURS PROPRES 23

v2 = (1, −1, 0, . . . , 0)
v3 = (1, 0, −1, 0, . . . , 0)

vn = (1, 0, . . . , −1)
Par suite, la matrice de u dans la base (v1 , . . . , vn ) est
 
n 0 ··· 0
 0 0 ··· 0 
 
 .. 
 . 
0 0 ··· 0
La matrice P de changement de base et son inverse p−1 sont
 
1 1 ··· 1
 
1 1 1 ··· 1
 1 −1 0 · · · 0   1 1−n ··· 1
 

 1 1 ··· 1
 
 1 0 −1 · · · 0   −1 1 
P = P = 

 .
 1 0 0 ··· 0  n  ..
 
 
 ··· ··· ··· ··· 0  
 1 1 ··· 1


1 0 0 · · · −1 1 1 ··· 1 − n

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