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Présentation DGI

La Direction Générale des Impôts (DGI) Bukavu est une entité provinciale essentielle pour la collecte des recettes fiscales en République Démocratique du Congo, jouant un rôle clé dans le financement des services publics. Son organisation est hiérarchique et décentralisée, avec des divisions spécialisées pour le contrôle fiscal, la collecte, et la gestion des litiges, tout en s'appuyant sur un réseau d'antennes locales pour une meilleure proximité avec les contribuables. Malgré son importance, la DGI Bukavu fait face à des défis significatifs liés à des ressources limitées et à une économie informelle prédominante, entravant son efficacité opérationnelle.

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Présentation DGI

La Direction Générale des Impôts (DGI) Bukavu est une entité provinciale essentielle pour la collecte des recettes fiscales en République Démocratique du Congo, jouant un rôle clé dans le financement des services publics. Son organisation est hiérarchique et décentralisée, avec des divisions spécialisées pour le contrôle fiscal, la collecte, et la gestion des litiges, tout en s'appuyant sur un réseau d'antennes locales pour une meilleure proximité avec les contribuables. Malgré son importance, la DGI Bukavu fait face à des défis significatifs liés à des ressources limitées et à une économie informelle prédominante, entravant son efficacité opérationnelle.

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2.

3 Présentation de la DGI Bukavu : Organisation et Fonctionnement


La Direction Générale des Impôts (DGI) joue un rôle capital dans l'édification et le
développement de toute nation moderne en assurant la collecte des recettes fiscales,
indispensables au financement des services publics et des infrastructures essentielles. En
République Démocratique du Congo (RDC), la DGI est une régie financière clé, chargée de
cette mission vitale. La présente section se propose d'explorer en profondeur l'organisation et le
fonctionnement de la DGI Bukavu, entité provinciale de cette administration, en soulignant ses
structures, ses processus, ses défis et les perspectives d'amélioration. Cette analyse détaillée
s'étendra sur plusieurs pages afin d'offrir une compréhension exhaustive du sujet, en intégrant
des éléments contextuels et en faisant des liens avec des notions plus larges de gestion fiscale
et de développement.
2.3.1 Aperçu général de la DGI
La Direction Générale des Impôts (DGI) a été instituée en 1985, marquant une étape
significative dans la restructuration des services financiers de la RDC. Placée sous la tutelle
directe du Ministère des Finances, sa mission fondamentale est la mobilisation des recettes
fiscales de l'État. Cela implique une série de responsabilités cruciales : la mise en œuvre
rigoureuse de la législation fiscale, l'assurance du recouvrement effectif des impôts, et une
contribution active à l'élargissement de l'assiette fiscale. Cette dernière dimension est
particulièrement importante dans un contexte où l'économie informelle est prégnante,
nécessitant des efforts constants pour identifier de nouvelles sources de revenus et formaliser
les activités économiques.
L'organisation de la DGI repose sur une structure pyramidale et décentralisée, conçue pour
optimiser son efficacité sur l'ensemble du territoire national. Elle est articulée autour de trois
niveaux principaux :
* L'administration centrale, située à Kinshasa, qui joue le rôle de centre stratégique, définissant
les grandes orientations, élaborant les politiques fiscales nationales et assurant la coordination
générale des opérations. Elle est le siège des directions fonctionnelles (législation, contrôle,
recouvrement, informatique, ressources humaines, etc.) qui appuient l'ensemble des structures
décentralisées.
* Les directions provinciales, implantées dans chaque province de la RDC, telles que la DGI
Bukavu. Ces directions sont les bras opérationnels de l'administration centrale au niveau local.
Elles sont chargées d'adapter et d'appliquer les directives nationales aux spécificités de leur
juridiction, de superviser les activités de collecte et de contrôle, et de rendre compte à
l'administration centrale. Leur rôle est essentiel pour assurer une présence et une action fiscale
cohérentes sur l'ensemble du territoire.
* Les centres des impôts et les antennes locales, qui constituent le dernier maillon de cette
chaîne administrative. Leur création vise à rapprocher l'administration fiscale des contribuables,
facilitant ainsi l'accomplissement des obligations fiscales et la fourniture de services de
proximité. Ces unités sont au cœur de la relation quotidienne entre l'administration et les
citoyens, jouant un rôle crucial dans la sensibilisation, l'enregistrement et le premier niveau de
recouvrement.
C'est précisément dans ce cadre de décentralisation et de proximité que la DGI Bukavu s'inscrit
pleinement, opérant en tant que représentation provinciale de la DGI nationale. Sa performance
et son efficacité sont donc intrinsèquement liées à la robustesse de cette architecture
organisationnelle globale et à la capacité de ses différentes composantes à travailler en
synergie. Pour une compréhension plus approfondie de la DGI au niveau national, le site officiel
de la Direction Générale des Impôts de la RDC (https://www.dgi.gouv.cd/) offre des informations
complémentaires sur sa genèse, ses missions générales et sa structure globale.
2.3.2 Organisation de la DGI Bukavu
La DGI Bukavu, en tant que direction provinciale, est une entité complexe dont la structure est
pensée pour répondre aux défis spécifiques de la mobilisation des recettes fiscales dans la
province du Sud-Kivu. Son organisation est hiérarchisée et subdivisée en plusieurs services et
unités, chacun ayant des responsabilités bien définies, contribuant collectivement à la
réalisation des objectifs fixés.
a) Structure hiérarchique
Au sommet de l'organigramme de la DGI Bukavu se trouve le Directeur Provincial. Il est le
principal responsable de l'administration fiscale au niveau provincial. Ses attributions sont
vastes et stratégiques : il coordonne l'ensemble des activités de la DGI Bukavu, depuis la
planification et l'exécution des opérations de recouvrement jusqu'à la gestion des ressources
humaines et matérielles. Il est également le principal interlocuteur avec les autorités
provinciales et est tenu de rendre compte de la performance de la direction à l'administration
centrale à Kinshasa. Sa vision et son leadership sont déterminants pour l'atteinte des objectifs
de recettes et l'amélioration continue des services fiscaux.
Sous l'autorité du Directeur Provincial, on retrouve les Chefs de Centres des Impôts. Ces
derniers supervisent les centres opérationnels qui sont stratégiquement répartis dans la ville de
Bukavu et les territoires environnants. Les centres des impôts sont les points de contact directs
avec les contribuables. Ils sont responsables de la gestion quotidienne des dossiers fiscaux, de
la réception des déclarations, du calcul des impôts dus et du recouvrement. Les Chefs de
Centres des Impôts assurent la bonne application des procédures et la gestion de leurs
équipes, agissant comme des relais essentiels entre la direction provinciale et les contribuables
sur le terrain.
La DGI Bukavu est également dotée de plusieurs divisions techniques, chacune spécialisée
dans un domaine spécifique de la fiscalité, garantissant ainsi une approche multifacette de la
gestion fiscale :
* La Division du Contrôle Fiscal est l'épine dorsale de la lutte contre la fraude et l'évasion
fiscale. Sa mission principale est de vérifier la conformité des déclarations fiscales soumises par
les contribuables avec la législation en vigueur. Cela implique la réalisation de contrôles sur
pièces (analyse des documents comptables et déclarations) et de contrôles sur place (audits
fiscaux directement chez les contribuables). Cette division joue un rôle préventif et répressif,
veillant à l'équité fiscale et à la maximisation des recettes.
* La Division de la Recette est le cœur du processus de collecte des impôts. Elle est
responsable de la perception effective et de l'encaissement des montants dus par les
contribuables. Cette division interagit directement avec les banques agréées pour la
centralisation des recettes et assure le suivi des paiements. Sa bonne marche est cruciale pour
la trésorerie de l'État.
* La Division Études et Planification est chargée de l'analyse et de l'évaluation des
performances fiscales de la province. Elle collecte et traite les données fiscales, élabore des
statistiques, et réalise des études pour identifier les tendances, les potentiels de recettes non
exploités et les faiblesses du système. Sur la base de ces analyses, elle propose des stratégies
d'amélioration pour optimiser la mobilisation des recettes et l'élargissement de l'assiette fiscale.
* La Division du Contentieux gère les litiges qui peuvent surgir entre l'administration fiscale et
les contribuables. Elle examine les réclamations, les recours gracieux et les oppositions aux
avis d'imposition. Son rôle est de trouver des résolutions équitables, soit par la conciliation, soit
par la préparation des dossiers pour des procédures judiciaires, tout en veillant au respect des
droits des contribuables et des prérogatives de l'administration.
Cette structure divisionnaire permet une spécialisation des tâches et une gestion plus efficace
des différents aspects de l'administration fiscale, de la vérification à la collecte en passant par la
gestion des différends et la prospective.
b) Répartition géographique
La DGI Bukavu ne se limite pas à la seule ville de Bukavu. Sa juridiction s'étend sur l'ensemble
de la province du Sud-Kivu, une région vaste et diversifiée, comprenant des zones urbaines et
de nombreux territoires ruraux. Pour assurer une couverture efficace et une meilleure proximité
avec les contribuables dispersés, la DGI Bukavu s'appuie sur un réseau d'antennes locales.
Ces antennes sont stratégiquement implantées dans les zones éloignées des centres urbains
principaux. Leur rôle est capital pour l'identification et le suivi des contribuables dans ces
régions souvent caractérisées par une économie informelle prédominante et un accès limité aux
services administratifs. Elles facilitent l'enregistrement des nouvelles entreprises et des
commerçants, la collecte des petites taxes et impôts locaux, et la sensibilisation des populations
aux obligations fiscales. Cette répartition géographique permet à la DGI Bukavu de maximiser
sa portée et de réduire les coûts et les contraintes de déplacement pour les contribuables,
contribuant ainsi à une meilleure conformité fiscale à l'échelle provinciale. La présence de ces
antennes est un facteur clé pour l'inclusion fiscale et la réduction de la fraude dans les zones
moins accessibles.
2.3.3 Fonctionnement de la DGI Bukavu
Le fonctionnement de la DGI Bukavu est guidé par des missions claires et des processus bien
définis, visant à optimiser la collecte des recettes fiscales tout en interagissant avec la
population. Cependant, cette opération est également caractérisée par des contraintes en
termes de ressources et des défis persistants.
a) Missions principales
Les missions principales de la DGI Bukavu sont multifacettes et essentielles au bon
fonctionnement de l'État dans sa juridiction :
* Collecter les impôts et taxes dus à l’État dans sa zone de compétence : C'est la mission
cardinale de la DGI. Elle englobe tous les types d'impôts nationaux applicables (impôt sur les
revenus professionnels, impôt sur les sociétés, TVA, droits d'accise, etc.) et assure leur
recouvrement conformément à la législation fiscale congolaise. Cette collecte est la pierre
angulaire du financement des dépenses publiques provinciales et nationales.
* Sensibiliser les contribuables sur leurs obligations fiscales : Au-delà de la simple collecte, la
DGI Bukavu s'efforce d'éduquer et d'informer les citoyens et les entreprises sur leurs droits et
devoirs fiscaux. Cette sensibilisation est cruciale pour améliorer le civisme fiscal, réduire la
méconnaissance des lois et encourager le respect volontaire des obligations. Des campagnes
d'information, des guides pratiques et des ateliers peuvent être organisés à cet effet.
* Élaborer des statistiques fiscales pour évaluer la performance des services : La DGI Bukavu
collecte et analyse des données sur les recettes, le nombre de contribuables, les secteurs
d'activité et les types d'impôts. Ces statistiques sont vitales pour évaluer l'efficacité des
stratégies de collecte, identifier les écarts entre les prévisions et les réalisations, et ajuster les
politiques fiscales locales. Elles servent également de base pour la planification budgétaire
future.
* Lutter contre l’évasion et la fraude fiscales par des contrôles sur place et sur pièces : La DGI
Bukavu déploie des mécanismes de contrôle rigoureux pour détecter et sanctionner les
comportements frauduleux. Les contrôles sur pièces impliquent l'examen des déclarations et
des documents justificatifs au sein des bureaux de la DGI, tandis que les contrôles sur place
consistent en des vérifications approfondies directement dans les locaux des entreprises. Cette
lutte est essentielle pour garantir l'équité fiscale et assurer que tous les acteurs économiques
contribuent à la charge publique de manière juste et proportionnelle.
b) Processus de collecte fiscale
Le processus de collecte fiscale à Bukavu, comme dans toute administration fiscale moderne,
suit une série d'étapes séquentielles et interconnectées, depuis l'identification du contribuable
jusqu'au recouvrement et au contrôle :
* Identification des contribuables : Cette première étape est fondamentale. Elle implique
l'enregistrement formel des individus et des entités exerçant une activité économique. Cela
conduit à la délivrance d'un Numéro d'Identification Fiscale (NIF), un identifiant unique qui
permet à l'administration de suivre les obligations et les paiements de chaque contribuable.
Sans une identification précise, la traçabilité et le contrôle fiscal sont impossibles.
* Déclaration fiscale : Après leur identification, les contribuables sont tenus de déclarer leurs
revenus, leurs activités et les éléments pertinents pour le calcul de leur impôt. Cette étape se
fait généralement par la soumission de formulaires spécifiques, qu'ils soient physiques ou, de
plus en plus, électroniques. La véracité et l'exhaustivité de ces déclarations sont cruciales pour
la suite du processus.
* Liquidation de l'impôt : Une fois la déclaration reçue, la DGI ou, dans certains cas, le
contribuable lui-même (pour les impôts auto-liquidés), procède au calcul des montants d'impôts
dus. Ce calcul est effectué en stricte conformité avec la législation fiscale en vigueur, en
appliquant les taux, les abattements et les crédits d'impôt appropriés aux bases imposables
déclarées.
* Recouvrement : Il s'agit de l'étape de perception effective des impôts. Les contribuables
peuvent s'acquitter de leurs obligations fiscales directement auprès des agents de la DGI dans
les bureaux désignés, ou, plus fréquemment, via les banques agréées par l'administration
fiscale. L'utilisation des banques vise à sécuriser les transactions et à améliorer la traçabilité
des paiements.
* Contrôle et sanctions : Cette étape post-recouvrement est essentielle pour assurer l'intégrité
du système fiscal. La DGI Bukavu procède à la vérification de la véracité et de l'exactitude des
déclarations et des paiements effectués. En cas de détection d'erreurs, d'omissions ou de
fraudes, l'administration applique des sanctions prévues par la loi, qui peuvent inclure des
pénalités, des amendes ou des poursuites judiciaires. Ce processus dissuade les
comportements non conformes et renforce l'équité fiscale.
Pour une meilleure compréhension des différents types d'impôts et des procédures générales
en RDC, il est utile de consulter la législation fiscale, souvent disponible via les publications du
Ministère des Finances de la RDC.
c) Ressources humaines et matérielles
Malgré l'importance capitale de son rôle, la DGI Bukavu est, à l'instar de nombreuses
administrations publiques dans les pays en développement, confrontée à plusieurs contraintes
structurelles qui limitent son efficacité opérationnelle.
* Effectifs limités : Un des défis majeurs est le nombre insuffisant d'agents par rapport à
l'ampleur et la complexité de la tâche fiscale. Un effectif restreint signifie que chaque agent doit
gérer un volume de travail considérable, ce qui peut affecter la qualité des contrôles, la rapidité
des traitements et la capacité à assurer une présence suffisante sur le terrain. Cela peut
également entraîner une surcharge de travail et un risque accru d'erreurs ou d'omissions.
* Moyens logistiques faibles : La DGI Bukavu souffre d'un déficit criant en matière de moyens
logistiques. L'absence ou l'insuffisance de véhicules entrave la mobilité des agents pour les
contrôles sur place, la sensibilisation dans les zones éloignées et le suivi des contribuables
dans les territoires ruraux. De plus, le manque de matériel informatique moderne (ordinateurs,
serveurs) et de logiciels spécialisés pour le traitement des données fiscales est un handicap
majeur. Cela ralentit considérablement les processus, rend difficile la gestion d'une base de
données de contribuables à jour et limite la capacité d'analyse et de reporting. L'informatisation
est une nécessité impérieuse pour une administration fiscale efficace au 21e siècle.
* Faible capacité de suivi : En raison des limitations en personnel et en matériel, la DGI Bukavu
éprouve des difficultés à contrôler efficacement le vaste nombre de contribuables, en particulier
ceux qui opèrent dans l'économie informelle. Cette économie, très présente au Sud-Kivu, est
difficile à circonscrire et à taxer. Le manque d'outils de traçabilité et de suivi en temps réel rend
ardue la tâche d'identifier tous les acteurs économiques et de s'assurer de leur conformité
fiscale.
Ces contraintes combinées créent un environnement de travail difficile et limitent la capacité de
la DGI Bukavu à pleinement réaliser son potentiel de collecte de recettes.
d) Défis rencontrés
Outre les contraintes de ressources, la DGI Bukavu est confrontée à une série de défis
structurels et comportementaux qui entravent son fonctionnement optimal :
* Prolifération des pratiques d’évasion fiscale, facilitée notamment par la porosité des frontières
avec les pays voisins, en particulier le Rwanda. Les mouvements transfrontaliers de biens et de
capitaux, souvent non déclarés, créent des opportunités pour les acteurs malveillants
d'échapper à l'impôt. La contrebande et le commerce informel transfrontalier représentent des
pertes importantes pour les recettes fiscales et nécessitent une collaboration renforcée avec les
services douaniers et les administrations fiscales des pays limitrophes.
* Corruption de certains agents, qui compromet sérieusement l'intégrité et l'efficacité des
contrôles fiscaux. La corruption, qu'il s'agisse de demandes de pots-de-vin, de connivence avec
les contribuables pour minimiser les redressements ou de détournement de fonds, sape la
confiance du public, déforme la concurrence et réduit drastiquement les recettes potentielles.
Elle exige des mécanismes de contrôle interne stricts, des sanctions exemplaires et une culture
d'éthique forte.
* Méfiance des contribuables face à l’administration fiscale, perçue souvent comme opaque et
injuste. Cette méfiance est alimentée par des expériences passées de corruption, des
procédures complexes et un manque de transparence dans l'utilisation des fonds publics.
Lorsque les citoyens ne perçoivent pas de retour tangible sur leurs impôts sous forme de
services publics améliorés, leur volonté de se conformer diminue. Reconstruire cette confiance
passe par la transparence, la simplification des procédures et la lutte implacable contre la
corruption.
Ces défis sont interdépendants et nécessitent une approche holistique pour être surmontés,
combinant réformes institutionnelles, renforcement des capacités et amélioration de la
gouvernance.
2.3.4 Tentatives de réformes et perspectives
Consciente des lacunes et des défis auxquels elle est confrontée, la DGI nationale a initié
plusieurs réformes visant à moderniser son fonctionnement et à améliorer son efficacité.
Certaines de ces initiatives sont en cours de déploiement à Bukavu, offrant des perspectives
encourageantes mais aussi soulignant l'ampleur du chemin à parcourir.
Parmi les réformes clés, on peut citer :
* Introduction d’un système informatisé de gestion fiscale pour remplacer les procédures
manuelles : C'est une transformation fondamentale qui vise à passer d'un système
majoritairement manuel, sujet aux erreurs et à la lenteur, à une gestion fiscale numérique.
L'informatisation devrait permettre d'automatiser le traitement des déclarations, le calcul des
impôts, le suivi des paiements et la gestion des dossiers des contribuables. Cela devrait
améliorer considérablement la traçabilité, réduire les délais de traitement, minimiser les
opportunités de fraude et faciliter l'analyse des données. Cependant, la mise en œuvre de tels
systèmes requiert des investissements importants en infrastructure informatique, en logiciels et
en formation du personnel, ce qui reste un défi à Bukavu. Des initiatives similaires ont été mises
en œuvre avec succès dans d'autres pays africains, comme l'Office Burundais des Recettes
(OBR) ou l'Autorité Fiscale du Rwanda (RRA), qui pourraient servir de modèles.
* Campagnes de sensibilisation des contribuables pour promouvoir le civisme fiscal :
Reconnaissant que la conformité fiscale dépend aussi de la compréhension et de l'adhésion
des citoyens, la DGI a intensifié ses efforts de sensibilisation. Ces campagnes visent à informer
les contribuables sur l'importance de l'impôt pour le développement national, à clarifier les
procédures fiscales et à démystifier le rôle de l'administration. Des outils comme les médias, les
ateliers avec les associations professionnelles et les guides pratiques sont utilisés pour diffuser
le message. L'objectif est de transformer la perception de l'impôt d'une contrainte à une
contribution citoyenne.
* Collaboration avec l’Inspection Générale des Finances (IGF) pour détecter les entreprises
fictives et réduire la fraude : Le partenariat avec l'IGF, organe de contrôle supérieur, est crucial
dans la lutte contre la fraude fiscale sophistiquée, notamment la création d'entreprises fictives
utilisées pour l'évasion fiscale ou le blanchiment d'argent. Cette collaboration permet de
mutualiser les informations, de renforcer les capacités d'enquête et de mener des actions
coordonnées pour démanteler les réseaux de fraude.
Malgré l'existence de ces efforts louables, la DGI Bukavu reste à un stade embryonnaire de
modernisation en comparaison des standards internationaux et même régionaux. La transition
vers une administration fiscale pleinement numérisée et transparente est un processus long et
complexe, nécessitant des investissements continus, une volonté politique forte et un
engagement ferme de toutes les parties prenantes. Des réformes plus profondes sont
nécessaires, non seulement au niveau technique (infrastructure IT, compétences numériques
des agents) mais aussi au niveau institutionnel (lutte anti-corruption, simplification
réglementaire, amélioration de la gouvernance interne) pour accroître significativement son
efficacité et sa légitimité auprès des contribuables.
En conclusion, la DGI Bukavu, bien qu'étant un pilier essentiel de la mobilisation des recettes
fiscales dans la province du Sud-Kivu, opère dans un environnement complexe, caractérisé par
des contraintes de ressources et des défis structurels. Les initiatives de réforme actuelles sont
un pas dans la bonne direction, mais elles ne sont que le début d'un long processus de
transformation. Pour pleinement réaliser son potentiel et contribuer au développement durable
de la province, la DGI Bukavu doit s'engager dans des réformes plus audacieuses et
systémiques, qui adressent non seulement les aspects techniques mais aussi les dimensions
humaines et éthiques de l'administration fiscale. C'est à ce prix qu'elle pourra asseoir sa
crédibilité et garantir une collecte fiscale juste et efficace pour le bénéfice de tous.

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