UNIVESITE DE KINSHASA
FACULTE DE DROIT
L1/LMD/A
TRAVAIL DIRIGE DU COURS D’HISTOIRE DU DROIT SUR
L’ANALYSE DE LA LOI N°90-002 DU 5 JUILLET 1990
PORTANT REVISION DE CERTAINES DISPOSITIONS DE LA
CONSTITUTION
Professeurs: Willy MAKIASHI & Félicien KALALA
Effectué par :
BUANGA MBUMBA
BUDIMBU KIESE
BUENGO NSAKALA
BUEYA TSASA DORCAS
BUKA NGONGA
BUKASA KASONGO
BUKASA KENGA
BUKASA TUJIBIKILE
BUKASA VIRGINIE
BUKASA WA BUKASA SAMUEL
BUKULU BANTAPI THEOPHILE
ANNEE ACADEMIQUE 2024-2025
Les processus de démocratisation déclenchée depuis plus d’une décennie en Afrique
passe par des chemins tortueux, plein d’embuches que les régimes africains ne savent
toujours vaincre allégrement.
A l’approche des nouvelles démocraties africaines ayant vu le jour à compter des
années 1990, est inscrit en lettre d’or, le concept de l’Etat de droit.
A l’avènement du multipartisme en Afrique dans les années 90, le concept état de
droit fait surface sur les démocraties naissances, il s’est consolidé au fil de plusieurs
arrangements politiques et conférences nationales.
On aurait donc pu croire à la prospérité de la démocratie définitivement acquise en
Afrique et en RDC. Hélas, quelques années plus tard, le continent bascule dans un
tourbillon de crises qui semble remettre en cause les vertus proclamées du
constitutionalisme.
Les constitutions sont devenues source d’inquiétude, de disfonctionnement des
institutions, d’instabilité… Face à ceci, il semble que pour résoudre ces crises, le recours
aux moyens politiques parait inévitable.
Pour le cas de la RDC, le professeur KAMUKUNYI la qualifie du « pays qui excelle dans
la production constitutionnelle ». 1Donc elle est un « Etat producteur et consommateur
des constitutions à la recherche de l’identité constitutionnelle »
Seulement, leur mise en application porte un coup dur à la quintessence même du
constitutionnalisme à travers ses trois facettes : la séparation de pouvoir, les droits et
libertés fondamentales et la constitution.
1
Kamukuny Mukinayi, A (2011), contribution à l’étude de la fraude en droit constitutionnel congolais, EUA, coll. Droit et
société, p.26.
2
Mboko Ndj’andima, J.M, « Etat de droit constitutionel . Ancrage et implications de réalisation en RDC», thèse de doctorat,
DROIT, UNIKIN, 2009-2010, p. 516.
Vunduawe –te-Pemako et MBOKO Dj’andim, J-M (2013), roit constitutionnel du Congo, l’Harmattant, vol 2, p171.
La loi n°90-002 du 5 juillet 1990, révisée par celle du n°90-008 du 25 novembre
1990 proclame que le pouvoir émanait du peule qui l’exerçait par ses représentants ou par
voie de referendum.
La présentation des circonstances ayant conduit à la révision de ce texte
constitutionnel permet de saisir la manière dont s’y est opéré l’aménagement des pouvoirs
publics.
Qu’est-ce qui a poussé à la révision de cette constitution ?
Quelles sont les réformes institutionnelles et avantages qu’a apportés cette révision
Dans les lignes qui suivent, nous essayerons de répondre aux questions énumérées ci-haut
qui feront l’objet de notre développement.
Au terme de la nouvelle loi, le chef n’est plus chef du gouvernement bien qu’il
puisse présider le conseil des ministres que dirige pourtant le premier ministre
En effet, devant la crise politique et institutionnelle qui pointait à l’horizon, le
président MOBUTU prononça, le 24 avril 1990, et conformément à la constitution, un
discours que l’on peut qualifier, en raison de l’importance des réformes annoncées,
‘’d’historique’’.
Dans cette adresse, le chef de l’Etat annonçait un certain nombre de mesures
politiques qui, sans bénéficier du même entendement par les acteurs politiques, ont quand
même été, pendant plusieurs années, au centre des discussions politiques.
Cependant, cette loi a été adoptée à un moment où le pays faisait face à des
pressions internes et externe pour une réforme politique. Cette loi
On cite, notamment, en exemple, l’introduction du pluralisme politique restreint
limité à trois partis politiques d’abord et le pluralisme intégral par la suite, le pluralisme
syndical, la dissolution du MPR, parti-Etat et son rôle dirigeant, la convocation d’une
conférence constitutionnelle et l’organisation d’une période de transition d’une année
débouchant sur la tenue des élections libres et démocratiques.
Réduisant la crise congolaise à la seule dimension constitutionnelle, le Président de
la République prit, dans un climat politique fort tendu, la décision d’instituer la
CONFERENCE CONSTITUTIONNELLE2 à la place d’une CONFERENCE
NATIONALE
SOUVERAINE réclamée par l’opposition et une bonne partie de la population.
Dans les milieux proches de la mouvance présidentielle, il a été entendu que la
conférence constitutionnelle n’était pas différente de la conférence nationale, tout
dénouement de la crise congolaise reposait, essentiellement, sur l’élaboration d’une
nouvelle constitution.
Selon ce schéma, la conférence constitutionnelle devait déterminer les options
fondamentales sur l’organisation politique de la troisième république et élaborer la
nouvelle constitution à soumettre au référendum1.
Les hésitations du pouvoir ont, visiblement, été contrariées par l’organisation, en
République du Congo voisine, d’une conférence nationale souveraine dont les décisions
sont obligatoires et imposables à tous.
La retransmission, en direct, des débats et le déballage du régime du colonel Dénis
Sassou Nguesso ont eu un effet d’entrainement sur l’autre rive du fleuve Congo, pour que
Kinshasa s’oblige à réclamer sa « Conférence Nationale Souveraine ».
Aussitôt ouverte, la Conférence Nationale Zaïroise servit de cadre à la cristallisation
des positions entre la mouvance présidentielle et l’opposition radicale.
1 Selon l’art 2 de l’ordonnance.
Réunis en cartel le 30 aout 1990, quarante de partis politiques de l’opposition
accélèrent les pressions sur le régime qui finit par reconnaitre la justesse d’une conférence
nationale, mais dont le champ d’action était limité.
Fixés pour avoir lieu le 29 avril 1991, les travaux de la Conférence Nationale ne
commencèrent effectivement que le 7 août 1991, mais l’accentuation des pressions de
l’opposition aboutit à la convocation, cette fois-ci, de la Conférence Nationale dont la
souveraineté était délibérément évitée, aucune allusion n’ayant été faite dans les
ordonnances qui l’instituèrent et la convoquèrent2.
Composée des délégués des institutions publiques, les forces sociales et politiques et
de la diaspora, la Conférence Nationale était, pour l’essentiel, compétente pour discuter de
toutes questions d’intérêt national et, notamment, l’élaboration du projet de constitution à
soumettre au référendum, la détermination du contenu de la loi électorale et du calendrier
électoral ; la réalisation de ces objectifs ne s’accommodait, certainement pas d’une
souveraineté limitée.
Après la certification de la Conférence Nationale Souveraine par le Président de la
République, il faut procéder à l’élection du bureau dudit forum et pour cela, Monsieur le
Cardinal, son Eminence Mosengo sera élu le 12 décembre 1991 lors de son élection au
bureau provisoire, la conférence dominée par les délégués des partis politiques de
l’opposition et de la société civile proches de l’opposition, il va s’ensuivre plusieurs
suspensions de la conférence dues à l’incompréhension entre le bureau provisoire dirigé
par le Cardinal Mosengo et le gouvernement du Premier Ministre jean Nguz a Karl-i-
Bond.3 Devant la crise politique et institutionnelle qui pointait à l’horizon, le président
Mobutu prononça, le 24 avril 1990, et conformément à la Constitution 4, un discours que
l’on peut qualifier, en raison de l’importance des réformes annoncées, d’historique.
2 L’ordonnance modifiée instituant la souveraineté de la CNS.
3 Banyaku Luape. (2013), Palabre politique congolaise, éd, noraf, Kin p44.
4 Aux termes de l’article 53 de la Constitution, alors en vigueur, le président de la République communique avec l’Assemblée nationale et
avec le peuple, soit directement, soit par des messages qu’il fait lire et qui ne donnent lieu à aucun débat. Il prononce, au moins une fois par
an, un discours de politique générale.
Dans cette adresse, le Chef de l’État annonçait un certain nombre de mesures politiques
qui, sans bénéficier du même entendement par les acteurs politiques 56, ont quand même été,
pendant plusieurs années, au centre des discussions politiques.
Cette loi a entrainé des modifications dans plusieurs articles de la constitution ceux relatifs
à l’organisation des institutions aux élections et à la séparation de pouvoir. Elle a
également introduit des dispositions concernant la décentralisation et la gestion de
collectivités locales, ce qui était essentiel pour une meilleure gouvernance.
Elle a accordé à Mobutu des prérogatives essentielles comme la nomination du premier
ministre, confirme le régime parlementaire et a ajouté un plus dans le pays où tous les
congolais ont bénéficié.
Les réformes institutionnelles apportées, on cite notamment, en exemple, l'introduction du
pluralisme politique limité à trois parties politique, le pluralisme syndical, la dissolution du
Mouvement populaire de la révolution, parti Etat et son rôle dirigeant, la convocation
d’une conférence constitutionnelle et l’organisation d’une période de transition, d’une
année, des bouchons sur la tenue des élections libres et démocratiques.
Parmi les mesures annoncées par le message présidentiel du24 avril 1990, on rappelle
l’introduction du multipartisme à trois parties politiques et le pluralisme syndical, la
suppression du rôle dirigeant du mouvement populaire de la révolution et de son
institutionnalisation ainsi que l’instauration d’une période de transition d’une année
La renonciation au rôle dirigeant du parti a, naturellement, convaincu du bienfondé de la
séparation entre ses organes et ceux de l’Etat, ainsi qu’à la réhabilitation des trois pouvoirs
traditionnels de l’Etat. La loi du 90-002 du 5 juillet 1990 qui porte la marque de cette
évolution précise, en effet, que les institutions de la république sont composées du
Président de la république, de l’assemblée nationale, du gouvernement et des cours et
tribunaux ; aménagement constitutionnel qui sera maintenu jusqu’à la révision le 25
novembre 1990, de la constitution aux termes de laquelle le multipartisme fut consacré
5 Lire dans ce sens, N’GBANDA NZAMBO-KO-ATUMBA H., Afrique, démocratie piégée, Paris, Éd. Equilibres Aujourd’hui, 1994, pp. 96-
6.
En définitive, la loi n° 90-002 du 5 juillet 1990 était une étape cruciale vers la
démocratisation en république démocratique du Congo, qui a marqué un tournant dans
l’histoire politique du pays concerné, apportant des changements substantiels dans le
paysage constitutionnel et institutionnel. L’analyse de son impact nécessite une évaluation
des effets à long terme sur la stabilité politique et à la protection des droits fondamentaux.