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Questions Reponses Procedure Civile

Le document présente le Code de Procédure Civile, Commerciale et Administrative en Côte d'Ivoire, détaillant les compétences des juridictions, la représentation au procès, l'assistance judiciaire, et les délais pour introduire des recours. Il précise également les conditions d'action devant les tribunaux, les compétences territoriales, et les modalités de représentation des parties. Enfin, il souligne l'importance de respecter les délais légaux pour éviter l'irrecevabilité des actions judiciaires.

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Questions Reponses Procedure Civile

Le document présente le Code de Procédure Civile, Commerciale et Administrative en Côte d'Ivoire, détaillant les compétences des juridictions, la représentation au procès, l'assistance judiciaire, et les délais pour introduire des recours. Il précise également les conditions d'action devant les tribunaux, les compétences territoriales, et les modalités de représentation des parties. Enfin, il souligne l'importance de respecter les délais légaux pour éviter l'irrecevabilité des actions judiciaires.

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LE CODE DE PROCEDURE CIVILE, COMMERCIALE ET ADMINISTRATIVE

I : LA COMPETENCE DES JURIDICTIONS IVOIRIENNES

II : LA REPRESENTATION AU PROCES

III : L'ASSISTANCE JUDICIAIRE

IV : L'INTRODUCTION DE L'INSTANCE

V : LA PROCEDURE PREALABLE AU JUGEMENT

VI : LE JUGEMENT DE L'AFFAIRE

VII : LES VOIES DE RECOURS ORDINAIRES

VIII : LES VOIES DE RECOURS EXTRAORDINAIRES

IX : LES PROCEDURES D'URGENCES

X : LES ACTES DES GREFFIERS

L'ERREUR A EVITER

S'il s'avère que vous êtes engagé dans une procédure judiciaire, vérifiez par tous les moyens
que votre "Appel" ou votre "Pourvoi en cassation" a été exercé dans les délais légaux
suivants :

 matière correctionnelle : vingt (20) jours à compter du prononcé du jugement


contradictoire.

 matière civile et commerciale pour faire opposition : quinze (15) jours à compter du
jour de la signification faite à personne.

 matière civile et commerciale pour faire appel : un (01) mois à compter du jour de la
signification faite à personne.

 pourvoi en cassation devant la Chambre judiciaire de la Cour suprême : cinq (05)


jours francs après celui où la décision attaquée a été prononcée.

 en matière de recours devant la Chambre administrative de la Cour suprême : deux


(2) mois dès notification du rejet total ou partiel du recours administratif

Toute action intentée en dehors des délais ci-dessus est irrecevable.

Il est donc important dans vos procédures judiciaires de vous informer de l'exercice effectif de
ce droit.
TITRE I : LA COMPETENCE DES JURIDICTIONS IVOIRIENNES

Que désigne le terme « Tribunal »?

Au sens de la présente section, le mot Tribunal désigne indifféremment les Tribunaux de


Première Instance et les sections détachées.

La compétence du Tribunal de Première Instance s’étend sur son ressort territorial propre, à
l’exclusion du ressort territorial propre des sections qui en sont détachées.

Dans tous les cas, le Tribunal territorialement compétent pour connaître d’une demande
principale, l’est également pour connaître de toute demande accessoire, incidente ou
reconventionnelle et de toutes exceptions relevant de la compétence territoriale d’une autre
Juridiction

Articles 10 et 17 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure


Civile, Commerciale et Administrative

Qui peut être habilité à agir devant les Tribunaux Ivoiriens ?

Toute personne, physique ou morale, peut agir devant les Juridictions de la République de
Côte d'Ivoire, en vue d'obtenir la reconnaissance, la protection ou la sanction de son droit.
Toute personne, physique ou morale, peut dans tous les cas, être appelée devant ces
Juridictions à l'effet de défendre une action dirigée contre elle.

L'action n'est recevable que si le demandeur :

 justifie d'un intérêt légitime juridiquement protégé direct et personnel,


 a la qualité pour agir en justice,
 possède la capacité d'agir en justice.

De même, le ministère Public peut agir en justice soit comme Partie principale soit comme
Partie jointe.

En tant que Partie principale, il agit d'office dans les cas spécifiés par la loi et lorsque l'ordre
public est directement et principalement intéressé.

Articles 1, 2 et 3 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure


Civile, Commerciale et Administrative.

Un défendeur peut-il exiger une caution à un demandeur étranger ?

Oui. Sauf conventions diplomatiques contraires, l'étranger demandeur principal ou


intervenant, peut être tenu, si le défendeur le requiert, de fournir une caution destinée à
garantir le paiement des frais et des dommages-intérêts auxquels il pourrait être condamné, à
moins qu'il ne justifie que la valeur de ses immeubles situés en Côte d'Ivoire est suffisante
pour répondre de ses condamnations éventuelles.

Il pourra être substitué à la caution, un cautionnement dont le montant sera fixé par le juge.
Article 4 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,
Commerciale et Administrative

Quelle est la Juridiction compétente pour connaître d’une affaire civile, commerciale,
administrative ou fiscale ?

Ce sont les Tribunaux de Première Instance et leurs sections détachées, pour lesquelles
compétence n'est pas attribuée expressément à une autre Juridiction en raison de la nature de
l'affaire, qui connaissent de toutes les affaires :

 civiles,
 commerciales,
 administratives,
 et fiscales.

Outre, les attributions qui lui sont dévolues par les lois et les règlements, la Cour d'Appel est
juge d'appel des décisions rendues par toutes les Juridictions de Première Instance, sauf si la
loi en décide autrement.

Les règles de compétence d'attribution sont d'ordre public. Est nulle toute convention y
dérogeant.

Articles 5, 8 et 9 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure


Civile, Commerciale et Administrative

Sur quoi statuent les Tribunaux de Première Instances et leurs sections détachées ?

Les Tribunaux de Première Instance et leurs sections détachées statuent :

 en toutes matières et en premier ressort sur toutes les demandes dont l'intérêt du litige
est supérieur à cinq cent mille Francs (500 000 F) CFA, ou est déterminé, ainsi que sur
celles relatives à l'état des personnes, celles mettant en cause une personne publique et
celles statuant sur la compétence,

 en matière civile ou commerciale en premier et dernier ressort sur toutes les demandes
dont le litige n'excède pas cinq cent mille Francs (500 000 F) CFA

Article 6 de la loi n° 93-670 du 9 août 1993 modifiant et complétant la loi n° 72-883 du 21


décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et Administrative

Comment se détermine l'intérêt d’un litige ?

L'intérêt du litige est déterminé en considération du montant de la demande tel qu'il est fixé
dans les conclusions déposées en dernier lieu :

 s'il s'agit d'un bail non contesté ou de revenus, la valeur de l'objet du litige est
déterminée, en dépit du chiffre fixé dans la demande, par le montant annuel des loyers
ou des revenus, sauf à prendre en considération le montant réel de ces derniers lorsque
le litige concerne des loyers ou revenus portant sur une période supérieure à une (1)
année,
 lorsqu’il y a titre, le montant de la demande est déterminé par la somme portée au titre,

 les fruits, arrérages, dommages-intérêts, frais et autres accessoires, ne sont ajoutés au


principal pour servir à la détermination du montant de la demande, que s’ils ont une
cause antérieure à celle-ci,

 si la demande comprend plusieurs chefs, il convient de cumuler le montant de ces


derniers,

 lorsque plusieurs demandes, procédant de causes différentes et non connexes, sont


formées par la même Partie contre le même défendeur et réunies en une même
instance, le taux du ressort est déterminé par la valeur de chaque demande considérée
isolément. Il en est de même de la demande formée par plusieurs demandeurs ou
contre plusieurs défendeurs, collectivement, en vertu d’un titre commun.

Article 7 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,


Commerciale et Administrative

Quel est le Tribunal territorialement compétent en matière civile ?

Le Tribunal territorialement compétent en matière civile est :

 celui du domicile réel ou élu du défendeur et, en l’absence de domicile, celui de sa


résidence :
o s’il y a plusieurs défenseurs, l’action peut être portée indifféremment devant le
Tribunal du domicile ou, à défaut, de la résidence de l’un d’eux,
o si le domicile ou la résidence du défendeur sont inconnus, le Tribunal
compétent est celui du dernier domicile ou à défaut la dernière résidence
connue,
o si le défendeur est un Ivoirien établi à l’étranger, ou un étranger n’ayant en
Côte d’Ivoire ni domicile, ni résidence, le Tribunal compétent est celui du
domicile du demandeur.

Outre le Tribunal du domicile du défendeur, est également compétent :

 en matière de pension alimentaire, celui du domicile du demandeur,


 en matière de contestations relatives à des fournitures, travaux, locations, louage
d’ouvrage ou d’industrie, celui du lieu où la convention a été contractée ou exécutée,
 en matière de responsabilité civile, lorsque celle-ci résulte d’un contrat, d’un délit ou
d’un quasi délit, celui du lieu où le fait constitutif du dommage s’est produit.

Par dérogation aux dispositions ci-dessus, le Tribunal compétent est :

 celui de la situation de l’immeuble litigieux en matière réelle immobilière ou en


matière mixte immobilière,
 celui devant lequel la demande principale est pendante, en matière de garantie,
 celui du lieu de l’ouverture de la succession s’agissant des demandes entre héritiers,
des demandes formées par les créanciers du défunt avant le partage, ainsi que celles
relatives à l’exécution des dispositions à cause de mort, jusqu’au jugement définitif,
 celui devant lequel des frais ont été faits, en matière d’émoluments et de déboursés des
officiers publics ou ministériels, et s’il n’y a pas eu d’instance, celui du domicile
desdits officiers publics ou ministériels.

Articles 11 et 12 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure


Civile, Commerciale et Administrative

Devant quelle Juridiction sont portés les contentieux relatifs aux affaires commerciales ?

Le Tribunal territorialement compétent en matière commerciale est, au choix du demandeur :

 soit celui du domicile réel ou élu du défendeur et, en l’absence de domicile, celui de sa
résidence,
 soit celui dans le ressort duquel la promesse a été faite et la marchandise a été ou
devait être livrée,
 ou soit celui dans le ressort duquel le paiement a été ou devait être effectué.

Sont également applicables :

 celui devant lequel la demande principale est pendante, en matière de garantie,


 celui du lieu de l’ouverture de la succession s’agissant des demandes entre héritiers,
des demandes formées par les créanciers du défunt avant le partage, ainsi que celles
relatives à l’exécution des dispositions à cause de mort, jusqu’au jugement définitif,
 celui devant lequel des frais ont été faits, en matière d’émoluments et de déboursés des
officiers publics ou ministériels, et s’il n’y a pas eu d’instance, celui du domicile
desdits officiers publics ou ministériels.

En matière de faillite ou de liquidation judiciaire, l'instance est portée devant le Tribunal du


domicile du failli ou du bénéficiaire de la liquidation judiciaire. En matière de société, tant
qu'elle existe, elle est portée soit devant le Tribunal du siège social ou d'une succursale, soit
devant celui du domicile ou de la résidence de son représentant.

Articles 12, 13 et 14 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure


Civile, Commerciale et Administrative

Quel est le Tribunal compétent en matière administrative ?

Le Tribunal territorialement compétent en matière administrative est :

 celui du lieu d'affectation de l'agent pour tout litige d'ordre individuel intéressant les
fonctionnaires ou les agents au service de l'Etat ou d'une Collectivité publique,
 celui dans le ressort duquel se trouvent les immeubles litigieux pour les litiges relatifs
aux déclarations d'utilité publique, au domaine public et aux affectations d'immeubles,
 celui du lieu d'exécution des marchés, contrats ou concessions, pour les litiges relatifs
à cette exécution,
 celui du lieu où le fait générateur du dommage s'est produit, en matière de dommages
résultant d'une cause autre que la méconnaissance d'un contrat,
 dans tous les autres cas, celui dans le ressort duquel l'autorité qui a pris la décision
attaquée ou à signé le contrat litigieux, a son siège.

Article 15 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,


Commerciale et Administrative

Où porte-t-on les litiges relatifs à la fiscalité ?

Le Tribunal territorialement compétent en matière fiscale est celui du lieu de l'établissement


de l'impôt.

Article 16 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,


Commerciale et Administrative

Est-il possible de déroger aux règles de compétence ?

Oui. Il peut être dérogé aux règles de compétence territoriale par convention expresse ou
tacite. La convention est réputée tacite dès lors que l’incompétence du Tribunal n’a pas été
soulevée avant toute défense au fond.

Toutefois les règles de compétence territoriale sont d’ordre public lorsqu’une disposition
légale attribue compétence exclusive à une Juridiction déterminée.

Article 18 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,


Commerciale et Administrative
TITRE I : LA REPRESENTATION DES PARTIES AU PROCES

Une personne physique ou morale peut-elle assurer personnellement sa défense devant


les Juridictions Ivoiriennes ?

Oui. Toute personne physique ou morale, personnellement ou par l'intermédiaire de son


représentant légal ou statutaire, peut assurer la défense de ses intérêts devant toutes les
Juridictions.

Cependant, devant la Cour suprême, la représentation des Parties est exclusivement assurée
par les Avocats.

Articles 19 et 20 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure


Civile, Commerciale et Administrative

Quelles sont les personnes autorisées à assurer la représentation des Parties devant les
Juridictions Ivoiriennes ?

L'assistance et la représentation des Parties devant les Juridictions sont assurées par les
Avocats, sous les réserves suivantes :
 les personnes physiques peuvent toujours se faire représenter par leur conjoint et leurs
parents jusqu'au troisième degré,
 les gérants des sociétés de personne peuvent se faire représenter par un associé dans
les actions intéressant la société,
 les personnes morales privées ou publiques ne peuvent comparaître devant la Cour
d'appel qu'en étant représentés par un Avocat. Devant les Juridictions de Première
Instance, elles peuvent se faire représenter par un de leurs préposés fondés de pouvoir.

Lorsque les Avocats installés dans le ressort de la Juridiction sont en nombre insuffisant pour
représenter les Parties, celle-ci à défaut d'Avocats, peuvent se faire représenter par un
mandataire spécial agréé au préalable par le Président de la Juridiction.

Le mandat de représentation de la Partie donné au conjoint, à ses parents ou au mandataire


spécial sera justifié soit par un acte authentique, soit par un acte sous seing privé dont la
signature sera légalisée.

Articles 20, 21 et 22 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure


Civile, Commerciale et Administrative

Comment donne-t-on mandat de représentation à un Avocat ?

Le mandat de représentation donné à l'Avocat résulte soit d'une déclaration écrite, soit de la
mention qui en est faite dans l'assignation, soit d'une mention portée au registre d'audience.

Article 22 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,


Commerciale et Administrative
Est-il possible de révoquer un Avocat ?

Oui. Le mandat de représentation peut intervenir et être révoqué à tout moment de la


procédure avant la mise en délibéré du jugement de fond.
Article 24 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,
Commerciale et Administrative

Qu'est-ce qui se passe lorsque l'Avocat ou le mandataire se déporte en cours d'instance ?

Lorsqu'un Avocat ou un mandataire se déporte en cours d'instance, la Juridiction saisie doit


fixer une date de renvoi suffisamment éloignée pour permettre à la Partie intéressée de
prendre toutes dispositions utiles en vue d'assurer sa défense.

L'Avocat ou le mandataire qui se déporte doit aviser son client, le Juge et la Partie adverse de
son déport ainsi que de la date de l'audience à laquelle l’affaire sera appelée à nouveau.

Si à cette audience, la Partie ne se présente pas ni personne pour elle, l'affaire peut être
retenue et jugée sur la justification de la notification du déport.

Article 25 de la loi n° 93-670 du 9 août 1993 modifiant et complétant la loi n° 72-883 du 21


décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et Administrative

La Partie qui prend attache d’un Avocat élit-elle son domicile chez cet Avocat ?

Oui. La constitution d'un Avocat ou d'un mandataire spécial vaut élection de domicile chez
celui-ci, s'il a lui-même un domicile élu ou réel dans le ressort.

Le mandat de représentation comporte le droit, pour celui qui l'a accepté, de faire appel des
jugements rendus, sauf stipulations contraires.

Il s'étend également à l'exécution du jugement, sauf en ce qui concerne la perception du


montant des condamnations, laquelle est subordonnée à la production d'un mandat spécial par
acte authentique ou sous seing privé.

Article 26 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,


Commerciale et Administrative

Quelles sont les personnes qui ne peuvent être admises comme mandataires ?

Ne peuvent être admis comme mandataires :

 les individus privés du droit de témoigner en justice,


 ceux condamnés pour crimes ou délits, exception faite des délits dont la répression
n'est pas subordonnée à la preuve de la mauvaise foi de leurs auteurs,
 les anciens officiers publics et ministériels et les anciens fonctionnaires destitués, mis
à la retraite d'office ou révoqués.
Article 23 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,
Commerciale et Administrative

TITRE III : L'ASSISTANCE JUDICIAIRE

Qu'est-ce qu'une Assistance judiciaire ?

Une Assistance judiciaire, hors le cas où elle est de droit, est un moyen permettant à ceux qui
n'ont pas de ressources suffisantes, d'exercer leurs droits en justice à travers l’assistance d’un
Avocat, en qualité de demandeur ou de défendeur, sans aucun frais.

Article 27 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,


Commerciale et Administrative

Qui peut bénéficier d’une Assistance judiciaire ?

L'Assistance judiciaire peut être accordée en tout état de cause à toute personne physique,
ainsi qu'aux associations privées ayant pour objet une œuvre d'assistance et jouissant de la
personnalité civile.

Article 27 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,


Commerciale et Administrative

Quelles sont les affaires auxquelles l'Assistance judiciaire peut être appliquée ?

L'Assistance judiciaire est applicable :

 à tous litiges portés devant toutes les Juridictions,


 en dehors de tout litige, aux actes de Juridiction gracieuse et aux actes conservatoires.

L'Assistance judiciaire s'étend de plein droit aux procédures consécutives à l'exercice de toute
voie de recours ainsi qu'aux actes et procédures d'exécution à opérer en vertu des décisions en
vue desquelles, elle a été accordée.

Elle peut en outre être accordée pour tous actes, et procédures d'exécution à opérer en vertu
soit de décisions obtenues sans le bénéfice de cette assistance, soit de titres exécutoires.

Si la Juridiction devant laquelle l'Assistance judiciaire a été admise à se déclarer incompétente


et que par suite de cette décision, l'affaire soit portée devant une autre Juridiction, le bénéfice
de l'Assistance judiciaire subsiste devant cette dernière Juridiction.

Articles 27, 28 et 29 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure


Civile, Commerciale et Administrative

Qui prononce l’Assistance judiciaire ?

L’admission à l’Assistance judiciaire est prononcée par un bureau national d’Assistance


judiciaire compétent pour statuer sur toutes les demandes d’Assistance judiciaire.
Le bureau national d’Assistance judiciaire siège à la Chancellerie à Abidjan et est composé
ainsi qu’il suit :

 le Directeur ou le Sous-directeur des Affaires Civiles et Pénales et en cas


d’empêchement un magistrat de l’Ordre judiciaire désigné par le Garde des Sceaux,
Ministre de la Justice, Président,
 le Directeur des Affaires sociales ou son représentant,
 le Directeur général des Impôts ou son représentant,
 un Avocat établi à Abidjan et désigné pour deux (2) années par le Bâtonnier de
l’Ordre dont il relève,
 un Huissier de Justice titulaire de charge établi à Abidjan et désigné pour la même
période par le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice.

Sont désignés membres suppléants dans les mêmes conditions et pour la même période que
ci-dessus, un Avocat et un Huissier.

Le Secrétaire du bureau national d’Assistance judiciaire est assuré par un greffier ou un


secrétaire de justice, désigné par le Président.

Le bureau tient ses séances à la Chancellerie ou dans une des salles du Palais de Justice
d’Abidjan.

Il est convoqué par son Président. Il ne peut statuer valablement que si trois (3) membres au
moins y compris le Président sont présents.

Les décisions sont prises à la majorité des voix des Présidents et membres présents. En cas de
partage des voix, celle du Président est prépondérante.

Articles 1, 2, 3, 4 et 5 du Décret n° 75-319 du 9 mai 1975 fixant les modalités d’application


de la loi n° 72-883 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et
Administrative, en ce qui concerne l’Assistance judiciaire

Comment doit se présenter la demande d’Assistance judiciaire ?

La demande d’Assistance judiciaire est déposée ou adressée au bureau national par simple
lettre.

Elle peut être également adressée au juge de section ou au Procureur de la République près le
Tribunal de Première Instance dans le ressort duquel habite le requérant qui l’a fait parvenir
au bureau d’Assistance judiciaire après avoir le cas échéant invité le requérant à compléter
son dossier et à faire tous actes conservatoires pour éviter une forclusion.

La demande d’Assistance judiciaire comporte toutes indications utiles concernant :

 les nom, prénoms, profession et domicile du requérant, ou si celui-ci est une personne
morale, ses dénominations, objet et siège social,
 soit la nature du litige, l’exposé sommaire des faits et motifs invoqués par le requérant,
et le cas échéant la Juridiction saisie ou soit la nature de l’acte conservatoire ou de la
voie d’exécution, le lieu où ils doivent être effectués et un exposé sommaire des faits,
 le cas échéant, le nom et adresse de l’Avocat et des officiers publics ou ministériels
qui lui prêtent leur concours ou qui ont accepté de lui prêter leur concours au titre de
l’Assistance judiciaire.

Le requérant doit joindre à sa demande :

 un certificat d’imposition ou de non imposition délivré par le percepteur de son


domicile,
 le cas échéant, copie de la décision contre laquelle il entend exercer un recours ou du
titre dont il veut poursuivre l’exécution.

Articles 6, 7 et 8 du Décret n° 75-319 du 9 mai 1975 fixant les modalités d’application de la


loi n° 72-883 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et
Administrative, en ce qui concerne l’Assistance judiciaire

Quelle est la procédure après l’introduction d’une demande d’Assistance judiciaire ?

Dès réception du dossier, le Président du bureau d’Assistance judiciaire peut faire recueillir
tous renseignements, ordonner la production de tous documents, faire procéder à toutes
auditions qu’il estime nécessaire à l’information du bureau.

En cas d’urgence, le Président du bureau peut prendre une décision d’admission provisoire,
dans ce cas, il réunit le bureau dans le plus bref délai pour statuer sur l’admission définitive.
L’urgence résulte notamment d’un délai pour intenter l’action, exercer la voie de recours ou
accomplir l’acte en vue desquels l’Assistance judiciaire est demandée.

Le bureau d’Assistance judiciaire peut entendre les intéressés.

Il donne à la Partie adverse, si elle n’a pas déjà été entendue, avis qu’elle peut se présenter
devant lui ou lui faire parvenir un mémoire soit pour contester l’insuffisance des ressources,
soit pour fournir des explications sur le fond et les moyens de défense.

Le bureau d’Assistance judiciaire n’est pas lié par la qualification donnée à l’instance, à l’acte
conservatoire ou à la procédure d’exécution mentionnée dans la requête.

L’absence de la part du requérant d’indication sur la qualification juridique des faits sur la
nature de l’acte conservatoire ou de la procédure d’exécution ou sur la Juridiction compétente
ne fait pas obstacle à l’admission à l’Assistance judiciaire.

Les décisions du bureau ne contiennent que l’exposé sommaire des faits et des moyens et la
déclaration que l’assistance est accordée ou refusée, sans expression de motifs dans le premier
cas, mais si le bénéfice de l’assistance est refusée, le bureau doit faire connaître la cause du
refus. La décision d’admission indique sommairement la nature des procédures ou actes en
vue desquels l’assistance est accordée.

Les décisions du bureau d’Assistance judiciaire ne sont susceptibles d’aucun recours de la


part des Parties. Elles ne peuvent être communiquées qu’à la personne qui a demandé
l’assistance, à ses conseils, au ministère Public et au Garde des Sceaux, Ministre de la Justice.
Elles ne peuvent être ni produites, ni discutées en Justice à moins qu’elles ne soient
intervenues à la suite d’agissement ayant donné lieu à des poursuites pénales.
Dans les trois (3) jours de la décision d’admission le Président du bureau d’Assistance
judiciaire, désigne l’Huissier qui doit prêter son ministère au bénéficiaire et s’il l’estime
nécessaire, demande au Bâtonnier de l’Ordre des Avocats de commettre un Avocat aux
mêmes fins.

Le Président du bureau notifie au bénéficiaire de l’Assistance judiciaire un extrait de la


décision d’admission, le nom des Avocat et Huissier commis et l’invite à se mettre en rapport
avec eux.

Il avise l’Avocat et l’Huissier de leur désignation et leur transmet copie de la décision


d’admission.

Dans le même délai de trois (3) jours, le Président du bureau transmet un extrait de la
décision d’admission au Receveur de l’Enregistrement de l’arrondissement de la Juridiction
qui, doit, statuer ou dans lequel l’acte doit être fait.

Dans le cas où l’Assistance judiciaire est refusée, le Président du bureau avise l’intéressé du
refus et lui retourne son dossier.

Articles 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15 et 16 du Décret n° 75-319 du 9 mai 1975 fixant les
modalités d’application de la loi n° 72-883 du 21 décembre 1972 portant Code de
Procédure Civile, Commerciale et Administrative, en ce qui concerne l’Assistance
judiciaire

Quels sont les effets d’une Assistance judiciaire ?

Le bénéficiaire de l’Assistance judiciaire a droit à l’assistance de tous Officiers publics ou


ministériels dont le concours lui est nécessaire. Ils sont désignés soit par le Président du
bureau d’Assistance judiciaire, soit par le Président du Tribunal du lieu de leur résidence,
d’office ou sur requête de l’assisté.

Si l’Avocat désigné pour prêter son concours à l’assisté est empêché, il saisit le Bâtonnier de
l’Ordre dont il relève qui pourvoit à son remplacement et avise le Président du bureau
d’Assistance judiciaire.

Si l’Huissier désigné est empêché, il saisit le Président du bureau d’Assistance judiciaire qui
pourvoit à son remplacement.

Le Président du bureau informe le bénéficiaire de l’Assistance judiciaire et l’invite à se mettre


en rapport avec l’auxiliaire de Justice nouvellement désigné.

L’Assistance judiciaire concerne tous les frais afférents aux instances pour lesquels elle a été
accordée et notamment :

 les droits de timbre et d’enregistrement et les taxes assimilées, soit sous forme
d’exonération prévue par les lois fiscales, soit pour ceux qui demeurent exigibles sous
forme de liquidation en débet,
 les redevances de greffe,
 les émoluments et indemnités des Avocats, Officiers publics et ministériels désignés
pour prêter leur concours,
 les honoraires afférents aux expertises ou constats,
 les taxes des témoins,
 les frais de transport des magistrats, des Officiers publics et ministériels et des experts,
 les dépenses qui en résultent sont avancées par le Trésor.

Lorsqu’il est condamné aux dépens, le bénéficiaire de l’Assistance judiciaire supporte


exclusivement la charge de ceux effectivement exposés par son adversaire, qui procède au
recouvrement des sommes qui lui sont dues, dans les formes ordinaires. L’Avocat commis ne
peut réclamer des honoraires à l’assisté.

Si le bénéficiaire de l’Assistance judiciaire n’est pas condamné aux dépens, ceux-ci sont
recouvrés par l’Etat sur la partie condamnée.

En cas de partage des dépens, il est procédé au calcul de leur totalité puis à leur partage dans
les proportions fixées par la décision.

Il est ensuite fait application à ces parts des dispositions ci-dessus.

Les frais faits à la requête de l’assisté auxquels donnent lieu les procédures suivies avec le
bénéfice de l’Assistance judiciaire sont taxés suivant les tarifs en vigueur et payés par le
Trésor dans les conditions prévues pour les frais de Justice en matière pénale.

Articles 17, 18, 19, 20, 21, 22 et 23 du Décret n° 75-319 du 9 mai 1975 fixant les modalités
d’application de la loi n° 72-883 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,
Commerciale et Administrative, en ce qui concerne l’Assistance judiciaire

Les bénéficiaires de l’Assistance judiciaire déboursent-ils de l’argent pour obtenir les


actes et expéditions qui leur sont délivrés ?

Non. Les dépositaires publics délivrent gratuitement au bénéficiaire de l’Assistance judiciaire


les actes et expéditions nécessaires à la procédure et à la mesure d’exécution au vu de la
notification de la décision d’admission.

Il est statué sur les difficultés nées à l’occasion de cette délivrance par le Président de la
Juridiction si la délivrance incombe au secrétariat ou au greffe de la Juridiction et par le
Président du Tribunal de Première Instance ou le juge de section dans les autres cas.

Ces magistrats sont saisis et statuent sans forme.

Articles 24 et 25 du Décret n° 75-319 du 9 mai 1975 fixant les modalités d’application de la


loi n° 72-883 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et
Administrative, en ce qui concerne l’Assistance judiciaire

Arrive-t-il que le bénéfice de l'Assistance judiciaire soit retiré ?

Oui. Le bénéfice de l'Assistance judiciaire peut être retiré en tout état de cause, même après la
fin des instances et procédures pour lesquelles elle a été accordée :
 s'il survient à l'assisté des ressources reconnues suffisantes,
 si l'assisté l'a obtenue à la suite d'une déclaration frauduleuse.
Dans les cas prévus ci-dessus, le retrait de l’Assistance judiciaire est prononcé par le bureau
qui a prononcé l’admission, soit d’office, soit à la demande de tout intéressé.

L’Assistance judiciaire ne peut être retirée qu’après que l’assisté ait été entendu ou mis en
demeure de s’expliquer.

Le retrait ou en cas d’admission provisoire, la décision de refus de l’Assistance judiciaire a


pour effet de rendre immédiatement exigibles les droits, émoluments et avances de toute
nature dont l’assisté a été dispensé.

Article 30 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,


Commerciale et Administrative

Articles 26, 27 et 28 du Décret n° 75-319 du 9 mai 1975 fixant les modalités d’application
de la loi n° 72-883 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale
et Administrative, en ce qui concerne l’Assistance judiciaire
TITRE IV : L'INTRODUCTION DE L'INSTANCE JUDICIAIRE

Comment se fait l'introduction d’une instance judiciaire ?

Les instances en matière civile, commerciale ou administrative sont introduites par voie
d'assignation, sauf comparution volontaire des Parties.

L'assignation est l'acte de procédure adressée par le demandeur au défendeur par


l'intermédiaire d'un Huissier de justice, pour l'inviter à comparaître devant une Juridiction de
l'Ordre judiciaire.

Article 32 de la loi n° 93-670 du 9 août 1993 modifiant et complétant la loi n° 72-883 du 21


décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et Administrative

De quelle façon doit se présenter l’assignation introductive d’instance ?

L'assignation introductive d'instance doit contenir :

 la date de l'acte avec l'indication des jour, mois, an et heure,


 le nom du requérant, ses prénoms, profession, nationalité et domicile réel ou élu et le
cas échéant, les nom, prénoms, profession et domicile de son représentant légal ou
statutaire. Si le requérant est une personne physique, la date et le lieu de sa naissance,
 le nom de l'Huissier de Justice et sa résidence,
 les nom, prénoms, profession et domicile du destinataire, et s'il n'a pas de domicile
connu au moment où l'acte est dressé, sa dernière résidence,
 la signature du destinataire ou son refus de l'apposer avec l'indication des motifs,
 le nom de la personne à laquelle l'acte est remis, s'il ne s'agit pas du destinataire,
 la signature de l'Huissier sur l'original et la copie,
 le coût de l'acte avec l'indication des émoluments de l'Huissier sur les originaux et la
ou les copies,
 l’objet de l’exploit,
 l'objet de la demande et l'exposé sommaire des moyens,
 l'indication du Tribunal qui doit connaître de la demande, la date et l'heure de
l'audience.

L'Huissier de Justice doit, en toute occasion, s'efforcer de délivrer l'exploit, à la personne


même qu'il concerne.

Il doit, dans tous les cas, mentionner sur l'exploit ses diligences ainsi que les réponses faites à
ses différentes interpellations.

Articles 33, 246 et 247 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de
Procédure Civile, Commerciale et Administrative

Quel est le délai qui doit exister entre le jour de l'assignation et le jour de la
comparution des Parties ?
Sauf consentement des Parties ou abréviation du délai par le juge, en cas d'urgence, il doit y
avoir entre le jour de l'assignation et celui indiqué pour la comparution, un délai de huit (8)
jours au moins, si le destinataire est domicilié dans le ressort de la Juridiction.
Ce délai est augmenté d'un délai de distance de quinze (15) jours si le destinataire est
domicilié dans un autre ressort et de deux (2) mois s'il demeure hors du territoire de la
République.

Les actes introductifs d'instance doivent être établis en deux (2) exemplaires dont un destiné
au ministère Public près la Juridiction saisie et déposés au greffe de ladite Juridiction dans le
délai de quarante huit (48) heures avant l’audience.

Article 34 de la loi n° 97-516 du 4 septembre 1997 modifiant et complétant la loi n° 72-833


du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et Administrative ,
modifiée par les lois n° 78-663 du 5 août 1978 et n° 93-670 du 9 août 1993

Article 41 de la loi n° 93-670 du 9 août 1993 modifiant et complétant la loi n° 72-883 du


21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et Administrative

Peut-on introduire une instance par voie de requête ?

Oui. Dans les actions personnelles ou mobilières dont l'intérêt pécuniaire n'excède pas la
somme de cinq cent mille Francs (500 000 F) CFA, l'instance peut être introduite par voie de
requête.

Article 32 de la loi n° 93-670 du 9 août 1993 modifiant et complétant la loi n° 72-883 du 21


décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et Administrative

Comment la requête des actions personnelles et mobilières dont l’intérêt pécuniaire est
inférieur à cinq cent mille Francs (500 000 F) CFA doit-elle se présenter ?

La requête peut être écrite ou orale.

Elle est présentée au greffe de la Juridiction compétente pour connaître de l'affaire, par le
demandeur en personne ou par son représentant ou mandataire.

Procès-verbal de dépôt de la requête est dressé dans tous les cas, par le greffier qui le signe
ainsi que la Partie requérante.

Si elle ne sait signer, mention en sera faite.

Ce procès-verbal contient :

 la date du dépôt de la requête,


 les nom, prénoms, profession, nationalité, domicile ou résidence du requérant et, le cas
échéant, mention de son Avocat ou mandataire,
 élection de domicile, soit au siège de la Juridiction, soit chez son Avocat ou
mandataire,
 les nom, prénoms et domicile ou résidence du défendeur ou s'il s'agit d'une personne
morale, de son représentant légal ou statutaire et à défaut de son siège,
 l'exposé des faits, l'objet de la demande et ses justifications éventuelles,
 l'indication de la Juridiction qui doit connaître de la demande, ainsi que les date et
heure de l'audience.
Toutes difficultés relatives à la recevabilité de la requête et à l'établissement du procès verbal
seront jugées en dernier ressort par le Président de la Juridiction sur simple requête du
greffier, de la Partie en cause, de son représentant ou de son mandataire.

Copie du procès-verbal est notifiée sur le champ au demandeur et aux Parties en cause par
voie administrative ou postale.

Ce délai est augmenté d'un délai de distance de quinze (15) jours si le destinataire est
domicilié dans un autre ressort et de deux (2) mois s'il demeure hors du territoire de la
République

La notification précise les jours et heures de l'audience et comporte convocation.

A défaut de comparution du défendeur, si la notification n'a pu être remise à sa personne ou


s'il n'est pas établi qu'il en a eu connaissance, la Juridiction fixe une nouvelle date d'audience
et envoie le demandeur à faire signifier sa requête par voie d'Huissier, pour la date indiquée.

Lorsque les transmissions des actes à notifier et des convocations ont lieu par voie
administrative, elles peuvent être effectuées à la diligence du greffier par un membre du
personnel attaché à la Juridiction et désigné par le Président de cette Juridiction.

Leur exécution résulte du récépissé de remise de l’acte notifié ou de la convention signée du


destinataire et de l’agent administratif, et qui précise :

 la date de l’acte, avec indication des jours, mois, an et heure,


 le nom du requérant, ses prénoms, profession et domicile,
 le nom de l’agent administratif et sa qualité,
 les nom, prénoms, professions et domicile du destinataire.

L’agent administratif doit en toute occasion s’efforcer de remettre l’acte ou la convocation à


la personne même qu’ils concernent.

Si cette remise est impossible, il mentionne sur le récépissé les difficultés rencontrées afin de
permettre le cas échéant, une nouvelle transmission.

Lorsqu’il résulte des circonstances que la voie postale peut être utilisée efficacement
notamment lorsque le destinataire possède une boîte postale, les notifications et convocations
sont adressées par lettre recommandée avec demande d’avis de réception.

Articles 35, 36, 37 et 38 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de


Procédure Civile, Commerciale et Administrative

Articles 34 de la loi n° 97-516 du 4 septembre 1997 modifiant et complétant la loi n° 72-


833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et
Administrative , modifiée par les lois n° 78-663 du 5 août 1978 et n° 93-670 du 9 août 1993
Articles 1, 2 et 3 du Décret n° 75-320 du 9 mai 1975 fixant les modalités d’application de la
loi n° 72-883 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et
Administrative, en ce qui concerne les notifications et convocations

Quel Juge préside les audiences lorsque l'affaire litigieuse excède la somme de cent
millions de Francs (100 000 000 F) CFA ?

Lorsque l'intérêt pécuniaire des actions excède la somme de cent millions de Francs (100 000
000 F) CFA, les Présidents des Juridictions et les Premiers Présidents sont tenus, hormis les
cas de récusation de présider les audiences sans pouvoir déléguer cette prérogative, sous peine
de nullité de la procédure.

En cas d'empêchement des Présidents et Premiers Présidents les rendant indisponibles pour
plus d'un (1) mois, des magistrats désignés par Ordonnance spéciale du Chef de la
Juridiction prennent ces audiences dans les mêmes conditions.

Lorsque l'empêchement est d'une durée inférieure à un (1) mois, le Vice-président du


Tribunal ou le Président du Tribunal ou le Président de Chambre le plus ancien procède au
renvoi de l'affaire.

En toute matière, le montant des dommages intérêts alloué ne peut excéder le montant de la
demande principale.

Une consignation obligatoire fixée conformément à la loi des Finances est exigée.

Article 32 de la loi n° 97-516 du 4 septembre 1997 modifiant et complétant la loi n° 72-833


du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et Administrative ,
modifiée par les lois n° 78-663 du 5 août 1978 et n° 93-670 du 9 août 1993

Peut-on comparaître sans assignation ?

Oui. Les Parties peuvent, sans assignation, ni requête se présenter volontairement devant la
Juridiction compétente, pour y être jugées, sous réserve de satisfaire aux obligations de
consignation au greffe de la Juridiction, une somme suffisante pour garantir le paiement des
frais.

Elles devront compléter cette provision, si, en cours d'instance, elle se révèle insuffisante.
Si cette insuffisance a pour origine le dépôt de demandes reconventionnelles par le défendeur,
le complément de provision sera fourni par ce dernier.

Le versement de la provision est constaté par récépissé délivré par le greffier.

La déclaration des Parties qui demanderont jugement sera inscrite au plumitif et signée par
elles. Si elles ne savent signer, mention en sera faite.

Le plumitif est un registre tenu dans chaque Chambre devant les Tribunaux de Droit commun
et d'exception, signé par le Président et par le Greffier après chaque audience. Le registre
relate tout ce qui s'est passé à une audience déterminée.
Article 39 et 43 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,
Commerciale et Administrative

Qu’est-ce qui se passe après assignation ou dépôt d’une requête ?

Le demandeur ou son Avocat saisit le Tribunal de Grande Instance en remettant au greffe une
copie de l’assignation, on parle dans ce cas d’enrôlement de l’affaire.

Devant la Cour d’Appel, l’appelant remet au greffe une demande d’inscription au rôle.

En effet, il est tenu au greffe de chaque Juridiction un registre dit rôle général, sur lequel sont
inscrites, par ordre chronologique, toutes les affaires portées devant cette Juridiction.

Ainsi, dès l'enrôlement, il sera établi au greffe de chaque Juridiction, par affaire inscrite, un
dossier qui portera :

 les noms, domiciles des Parties,


 s'il y a lieu les noms des Avocats,
 le numéro et la date de mise au rôle,
 l'objet de la demande,
 et les dates successives de renvoi de l'affaire.

Seront déposés dans ce dossier et côtés par le greffier :

 le récépissé constatant la consignation de la provision au greffe,


 l'original de l'exploit d'assignation ou copie du procès-verbal de dépôt de la requête,
auquel sera jointe, le cas échéant, la requête écrite,
 les conclusions ou notes des Parties ou de leurs conseils avec mention de la date de
leur dépôt,
 les pièces et documents visés par les Parties ou les récépissés constatant leur retrait,
 la copie des décisions prise par le juge de la mise en état,
 la copie des jugements qui seront rendus successivement par la Juridiction et celle des
procès-verbaux et rapports dressés en exécution des jugements ou des décisions rendus
par le juge de la mise en état.

Le dossier sera conservé au greffe de la Juridiction qui aura statué.

Toutefois, les pièces et documents seront restitués aux Parties sur leur demande contre
récépissé.

Toutes les copies visées ci-dessus seront établies sur papier libre et sans frais. Il sera dressé
un bordereau sur lequel mention sera faite par le greffier au fur et à mesure de la date de la
remise qui lui en sera faite, du dépôt de chacun des documents mis au dossier ou du retrait des
pièces communiquées.

Si l'instance est introduite par voie d'assignation, le demandeur doit au plus tard dans
les quarante huit (48) heures avant l'audience, en déposer l'original au greffe. Le numéro
d'ordre du rôle général sera reproduit en tête des conclusions.
Le rôle est un registre sur lequel sont inscrites, par ordre chronologique, toutes les affaires
portées devant cette Juridiction.

Article 41 de la loi n° 93-670 du 9 août 1993 modifiant et complétant la loi n° 72-883 du 21


décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et Administrative

Articles 40, 41 et 42 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure


Civile, Commerciale et Administrative

L’enrôlement d’une affaire est-il payant ?

Oui. Hormis le cas d'Assistance judiciaire, le demandeur, son représentant ou son mandataire
est tenu, lors de l'enrôlement, de consigner au greffe de la Juridiction qu’il entend saisir, une
somme suffisante pour garantir le paiement des frais.

Il devra compléter cette provision, si, en cours d'instance, elle se révèle insuffisante.

Si cette insuffisance a pour origine le dépôt de demandes reconventionnelles par le défendeur,


le complément de provision sera fourni par ce dernier.

Le versement de la provision est constaté par récépissé délivré par le greffier.

A défaut de provision suffisante, il n'est pas procédé à l'enrôlement de l'affaire ou il n'est pas
suivi sur la demande reconventionnelle.

Toutes difficultés relatives au montant des provisions sont jugées par le Président de la
Juridiction sur simple requête du greffier, de la Partie en cause, de son représentant ou de son
mandataire.

Articles 37, 43, 44 et 45 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de


Procédure Civile, Commerciale et Administrative
TITRE V : LA PROCEDURE PREALABLE AU JUGEMENT

Quelle la conséquence juridique de la non comparution d’un demandeur ?

Au jour fixé pour l’audience, l’affaire est obligatoirement appelée.

Si le demandeur ne comparaît pas, ni personne pour lui, l'affaire est rayée d'office, à moins
que le défendeur ne sollicite le jugement au fond.

Si l'affaire n'est pas inscrite au rôle, faute par le demandeur d'avoir consigné, elle sera
renvoyée à cette fin, sur la demande du défendeur et après consignation par ce dernier.
Dans les deux (2) cas, il sera statué par jugement contradictoire.

Le jugement contradictoire est le jugement rendu à l'issue d'une procédure au cours de


laquelle les Parties ont comparu et fait valoir leurs moyens de défense. Ce jugement est
insusceptible d'opposition.

En somme le jugement contradictoire est celui par lequel le jugement a lieu comme si toutes
les Parties étaient présentes, même si une des Parties est absente.

Si le demandeur se trouve dans l'impossibilité de se déplacer il peut demander à être entendu


sur commission rogatoire ou solliciter que le Tribunal statue sur pièces.

La commission rogatoire est l'acte par lequel un magistrat délègue ses pouvoirs à un autre
magistrat ou à un officier de police judiciaire pour qu'il exécute à sa place un acte
d'instruction.

Article 46 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,


Commerciale et Administrative

L’audience est-elle reportée lorsque le défendeur ne comparait pas ?

Non. Si le défendeur ne comparaît pas, ni personne pour lui, il est jugé contradictoirement.
Sont contradictoires les décisions rendues contre les Parties qui ont eu connaissance de la
procédure :

 soit parce que l'acte introductif d'instance leur a été signifié ou notifié à personne,
 soit parce qu'elles ont comparu en cours de procédure,
 soit elles-mêmes soit par leurs représentants ou mandataires,
 soit parce qu'elles ont fait valoir à un moment quelconque de la procédure leurs
moyens.

Articles 46 et 144 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure


Civile, Commerciale et Administrative

Comment se déroule l’audience lorsque toutes les Parties comparaissent ?


Si, au jour fixé pour l'audience, les Parties comparaissent où sont régulièrement représentées,
le Tribunal peut :

 soit retenir l'affaire, s'il estime qu'elle est en état d'être jugée le jour même,
 soit fixer la date à laquelle l'affaire sera plaidée et impartir les délais utiles à la
communication de pièces ou au dépôt de conclusions, ces délais devant être observés
à peine d'irrecevabilité desdites pièces et conclusions. Cette irrecevabilité sera
prononcée d'office par le Tribunal à moins que l'inobservation des délais résulte d'un
cas fortuit ou de force majeure.
Toutefois, les Parties peuvent, par requête, adressée au Président de la Juridiction,
obtenir l'évocation de l'affaire avant terme des délais fixés. La Partie qui bénéficie de
cette abréviation de délais doit en aviser l'autre dans les quarante-huit (48) heures par
exploit d'Huissier, faute de quoi, la date initiale est maintenue,
 soit renvoyer l'affaire devant le Président d'audience ou devant le juge qu'il désigne
parmi les juges de la formation de jugement pour être mise en état par ses soins.
Les décisions du Tribunal visées dans cette disposition sont des décisions de pure
administration judiciaire contre lesquelles aucun recours n'est possible. Elles seront
mentionnées au registre d'audience.
Le juge chargé de la mise en état comme il est dit dans la précédente disposition, doit
prendre toutes mesures qui lui paraissent nécessaires pour parvenir à une instruction
complète de l'affaire.

A cet effet, il peut notamment :

 inviter les Parties, leurs conseils, leurs représentants ou mandataires, à présenter sur
leurs prétentions respectives, les conclusions soit écrites, soit orales, dans ce dernier
cas elles font l'objet d'un procès-verbal,
 convoquer les Parties, leurs conseils, leurs représentants ou mandataires aussi souvent
qu'il le juge nécessaire, leur faire toutes communications utiles, leur adresser des
injonctions, leur donner acte de leur désistement, procéder à leur conciliation. S’il y
conciliation, le juge, assisté du greffier, dresse procès-verbal des conditions de
l’arrangement. Ce procès-verbal est signé par les deux (2) Parties si elles le savent et
le peuvent, sinon mention en est faite. Il vaut preuve jusqu’à inscription de faux vis-à-
vis de tous, de sa date et, des déclarations qui y sont relatées. Ce procès-verbal est
déposé au greffe. Il n’est susceptible d’aucune voie de recours. Il a force exécutoire,
 autoriser ou réclamer le dépôt de conclusions additionnelles ainsi que de toutes pièces
utiles, en original ou en copie, sauf au Tribunal à tirer toutes conséquences d'une
abstention ou d'un refus,
 procéder à une enquête d'office ou à la demande des Parties ou commettre un juge
d'autre ressort à cet effet,
 ordonner une expertise, une vérification d'écriture, une descente sur les lieux, la
comparution personnelle, déférer d'office le serment ou commettre un huissier de
Justice pour procéder à des contestations,
 recevoir ou ordonner toute intervention, prescrire la jonction de deux (2) ou plusieurs
instances instruites par ses soins, sauf au Tribunal à prescrire, le cas échéant, la
disjonction,
 statuer sur les exceptions de caution ou de cautionnement, de communication de
pièces et de nullité d'acte, ainsi que les demandes de provision ad litem,
 se prononcer sur les demandes de provision sur dommages-intérêts lorsque la
responsabilité ne sera pas contestée ou aura été établie par une décision passée en
force de chose jugée irrévocable.
 ordonner même d'office une mise sous séquestre ou toutes mesures conservatoires.

Le juge chargé de la mise en état est assisté dans ses fonctions d'un greffier.

Le juge prononce les mesures prévues aux points 4 à 9 ci-dessus et statue sur les incidents des
demandes incidentes additionnelles et reconventionnelles, les interventions, les interruptions,
reprises et péremptions d'instance et les exceptions et fins de non recevoir, par Ordonnance,
les Parties entendues ou appelées.

Ces Ordonnances ne sont pas susceptibles d'opposition.

Elles ne peuvent être frappées d'appel ou de pourvoi en cassation qu'en même temps que la
décision du Tribunal, sauf si elles ont pour effet de mettre fin à l'instance.

Elles sont exécutoires immédiatement.

Elles sont dispensées de la formalité de timbre et de l'enregistrement.

Le montant des frais résultant de l'exécution des mesures ordonnées par le juge chargé de la
mise en état est prélevé sur la provision versée par le demandeur lors de l'enrôlement et au vu
de la taxe qui en sera faite par le juge, sous réserve que la Partie soit tenue d'avancer les frais
d'expertise.

Il fixe souverainement les délais qu'il estime nécessaires pour l'exécution de chacune des
mesures qu'il prescrit en vue de l'instruction des dossiers dont il a la charge. Ces délais
doivent permettre aux Parties en cause de lui soumettre leurs moyens de telle sorte que
l'instruction de l'affaire puisse être effectuée sans aucun retard.

Si l'une des Parties n'a pas respecté le délai qui lui a été accordé ou si elle ne s'est pas soumise
aux injonctions qui lui ont été adressées par le juge, ce dernier peut, en prononçant la clôture
de l'instruction, renvoyer la procédure devant le Tribunal. Cette mesure est de droit si elle est
sollicitée par l'une des autres Parties en cause.

Toute procédure d'instruction non réglée dans un délai de trois (3) mois doit faire l'objet
d'une Ordonnance de prorogation pour une nouvelle période de trois (3) mois rendue par le
juge qui est saisi.

Cette Ordonnance doit être motivée.

Si la procédure n'est pas en état au terme du nouveau délai imparti, le Président du Tribunal
ou le juge de section peut, par Ordonnance motivée, soit accorder un dernier délai de mise en
état qu'i fixe souverainement, soit clôturer la procédure en fixant la date de l'audience de
plaidoirie.

Dès que l'affaire lui paraît en état d'être plaidée, le juge chargé de la mise en état constate
immédiatement par une Ordonnance de clôture, non susceptible de recours, que la procédure
est en état.
Cette Ordonnance qui mentionne la date à laquelle l'affaire sera plaidée, est notifiée aux
Parties par le greffier à leur domicile réel ou élu.

Le juge chargé de la mise en état établit, en outre sans faire connaître son avis, un rapport
écrit dans lequel il expose l'objet de la demande et les moyens des Parties, en précisant, s'il y a
lieu, les difficultés du litige, les questions de fait et de droit soulevées par celui-ci, ainsi que
les éléments propres à éclairer les débats.

Article 47 de la loi n° 97-516 du 4 septembre 1997 modifiant et complétant la loi n° 72-833


du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et Administrative ,
modifiée par les lois n° 78-663 du 5 août 1978 et n° 93-670 du 9 août 1993

Articles 43, 48, 50, 52, 63, 67, 100, 103, 107, 115 et 134 de la loi n° 72-833 du 21 décembre
1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et Administrative

Article 51 de la loi n° 97-517 du 4 septembre 1997 portant modification de la loi n° 72-833


du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et Administrative
modifiée par les lois n° 78-663 du 5 août 1978 et n° 93-670 du 9 août 1993

Le demandeur peut-il se désister de son action avant l'Ordonnance de clôture ?

Oui. Jusqu'à l'Ordonnance de clôture, le demandeur peut toujours se désister de son action ou
de l'instance, sous réserve de l'acceptation des autres Parties.

Les Parties peuvent toujours rectifier leurs prétentions, les préciser, les développer ou les
réduire.

Après l'Ordonnance de clôture, aucune conclusion, à l'exception de celles aux fins de


désistement, ne pourront être déposées, ni aucune pièce communiquée ou produite aux débats,
à peine d'irrecevabilité desdites conclusions ou pièce prononcée d'office par le Tribunal.

Celui-ci pourra toutefois, par décision motivée, non susceptible de recours, admettre aux
débats lesdites conclusions ou pièce si un fait nouveau de nature à influer sur la décision est
survenu depuis ladite Ordonnance, ou si un fait, survenu antérieurement n'a pu être invoqué
pour des raisons indépendantes de la volonté des Parties jugées valables.

Le Tribunal pourra également, sans modifier ni l'objet, ni la cause de la demande, inviter


oralement ou par écrit, les Parties à fournir, dans un délai fixé, les explications de droit ou de
fait, nécessaires à la solution du litige.

Aucun moyen, même d'ordre public, non soulevé par les Parties ne pourra être examiné sans
que celles-ci aient été appelées à présenter leurs observations à cet égard.

Peuvent également être retenues postérieurement à l'Ordonnance de clôture, les conclusions


relatives aux loyers, arrérages, intérêts et autres accessoires échus et aux débours faits depuis
ladite Ordonnance dont le décompte ne fait pas l'objet d'une contestation sérieuse.

Lorsqu'une demande en intervention volontaire est formée postérieurement à l'Ordonnance de


clôture, celle-ci pourra être rapportée que s'il convient de joindre l'incident au principal.
Toutefois, sans rapporter l'Ordonnance le Tribunal, pourra retenir à l'audience la demande en
intervention qu'il entend joindre au principal, lorsqu'il estimera qu'il peut être immédiatement
statué sur le tout.
Articles 52 et 53 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure
Civile, Commerciale et Administrative

Comment produit-on les pièces au cours d’une instruction ?

La production de pièces doit être effectuée dans un délai fixé dans la décision qui l'ordonne et
pendant lequel les Parties doivent, si les pièces sont en leur possession, le déposer au dossier
ou si elles ne le détiennent pas elles-mêmes faire diligence pour qu'elles y soient versées.

Toute Partie peut en prendre connaissance dès leur dépôt.

Lorsque les pièces dont la production est ordonnée font partie d'un dossier pénal ou si elles
sont détenues par une Administration publique, la décision est portée à la connaissance du
ministère Public qui est chargé de son exécution.

Lorsqu'un tiers détenteur de pièce dont la production a été ordonnée refuse de les verser aux
débats, sommation interpellative lui est faite par exploit d'Huissier de Justice à la requête du
juge chargé de la mise en état ou de la Partie intéressée.

Articles 54, 55 et 56 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure


Civile, Commerciale et Administrative

Le juge peut-il ordonner la comparution personnelle des Parties pendant l'instruction ?

Oui. La Juridiction saisie peut toujours ordonner la comparution personnelle des Parties.

La décision ordonnant cette comparution fixe la date et l'heure de la comparution. Sa


notification vaut convocation.

Les Parties peuvent être entendues en l'absence l'une de l'autre et être ensuite confrontées.
Elles répondent en personne et sans pouvoir lire aucun projet, aux questions qui leur sont
posées.

Les conseils des Parties peuvent les assister et seulement après audition par le juge, demander
à ce dernier de poser des questions qu'ils estiment utiles.

Un procès-verbal est tenu des dires des Parties comparantes.

Lecture en est donnée à chacune d'elles par le greffier avec l'interpellation de déclarer si elle a
dit la vérité et si elle persiste.

Si une Partie ajoute de nouvelles déclarations, celles-ci sont mentionnées à la suite des
auditions. Il lui en est donné lecture et il lui est fait la même interpellation.

La minute du procès-verbal est signée par le juge, le greffier et les Parties. Si l’une de celles-
ci ne peut ou ne veut signer, il en est fait mention.
Les Parties peuvent se faire délivrer expédition du procès-verbal.

Si les Parties ou l'une d'elles sont dans l'impossibilité de comparaître, le juge peut se
transporter auprès d'elles accompagné du greffier.

La Partie adverse est convoquée ainsi que le Procureur de la République dans les instances
communicables.

Si les Parties ne résident pas dans le ressort de la Juridiction, il pourra être procédé à leur
audition, sur commission rogatoire adressée au Président du Tribunal du domicile ou de la
résidence de l'une d'elles, lequel peut déléguer tout juge de son siège.

Peuvent être sommés de comparaître :

 les personnes morales admises à ester en justice, en la personne de leurs représentants


légaux ou statutaires,
 les incapables et leurs représentants légaux,
 les agents des Administrations publiques.

Les Administrations et établissements publics sont tenus de nommer un Administrateur ou


Agent pour répondre à la sommation sans préjudice du droit de sommer directement les
Administrateurs ou Agents pour être interrogés tant sur les faits qui leur sont personnels que
sur ceux qu’ils ont commis en leur qualité d’agents d’Administration ou établissent en cause.

Articles 57, 58, 59, 60, 61, 62, 63 et 64 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant
Code de Procédure Civile, Commerciale et Administrative

A quel moment le juge peut-il ordonner une expertise ?

L'expertise ne peut porter que sur des questions purement techniques. Il n'est commis qu'un
seul expert, à moins que le juge n'estime nécessaire d'en désigner trois (3).

Les experts sont choisis sur une liste nationale, arrêtée par le Garde des Sceaux, Ministre de la
Justice sur proposition des Cours d'Appel, les Procureurs généraux compétents entendus. Les
modalités d'inscription et de radiation sont fixées par Arrêté du Garde des Sceaux, Ministre de
la Justice.

L'expert ayant plus de dix (10) missions judiciaires en cours, ne peut être désigné à nouveau.
Le juge peut, par décision motivée, y déroger.

A titre exceptionnel, le juge peut, par décision motivée, choisir un expert ne figurant pas sur
cette liste. Dans ce cas et sauf dispense expresse des Parties, l'expert prête par écrit, serment
d'accomplir sa mission, de faire son rapport et de donner son avis en son honneur et
conscience.

La décision désignant l'expert doit indiquer :

 la mission qui sera précisée quant aux diverses opérations à accomplir,


 le délai imparti à l'expert pour le dépôt de son rapport,
 la Partie tenue d'avancer les frais d'expertise,
 le magistrat sous le contrôle duquel l'expert procède à sa mission.
Toute décision désignant un expert doit être notifiée à l'Inspection générale des Services
judiciaires et pénitentiaires ou à l'Inspection générale déléguée dans le délai d'un (1) mois de
son prononcé par le représentant du ministère Public près la Juridiction qui a statué.

La Partie qui sollicite l'expertise est tenue de faire l'avance des frais. Lorsque l'expertise est
ordonnée d'office, l'avance des frais est faite par le demandeur à l'instance.

Avant de commencer ces opérations, l'expert peut demander le versement d'une provision
dont le montant est taxé par le juge.

A défaut de versement par la Partie désignée ou par une autre Partie de la provision dans le
délai imparti, l'expert n'est pas tenu d'accomplir sa mission et la Partie défaillante ne peut se
prévaloir de la décision commettant l'expert.

Le juge qui constate ces défaillances rend la décision au vu des éléments d'appréciation en sa
possession.

Dès la désignation de l'expert, le greffier l'invite, par lettre recommandée à prendre


connaissance des pièces de la procédure qu'il ne peut se faire remettre qu'avec l'autorisation
du juge.

Le greffier lui remet également copie de la décision le désignant.

L'expert peut dans les cinq (5) jours qui suivent la réception de la mission qui lui a été
confiée, demander à en être déchargé, faute de quoi il est réputé avoir accepté avec toutes les
conséquences qui en découlent. Dans le cas où il demande à être déchargé de cette mission, le
juge ou son délégué pourvoit à son remplacement.

Si l'expert ne remplit pas sa mission dans le délai imparti, il sera remplacé et tenu, par simple
Ordonnance du juge exécutoire par provision, la restitution des frais frustratoires.

Les experts ne peuvent être des témoins.

Articles 65, 69, 71, 72 et 78 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de
Procédure Civile, Commerciale et Administrative

Articles 66, 67, 68 et 70 de la loi n° 97-516 du 4 septembre 1997 modifiant et complétant la


loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et
Administrative, modifiée par les lois n° 78-663 du 5 août 1978 et n° 93-670 du 9 août 1993

Les Parties peuvent-elle refuser l'admission d'un expert ?

Oui. Tout expert peut être récusé pour cause grave susceptible de mettre en doute son
impartialité. La Partie qui voudrait récuser un expert est tenue de le faire par voie de
conclusions écrites contenant les causes de récusation et les preuves si elle en a, ou l'offre de
les vérifier par témoins.
La récusation doit avoir lieu dans un délai ne dépassant pas cinq (5) jours, dont le point de
départ est la date ou la Partie a eu connaissance de la désignation de l'expert.
La récusation de l'expert est inopérante si le motif de récusation est le fait de la Partie qui
l'invoque, et ce, postérieurement à sa nomination.

L'expert procède à ses opérations, les Parties dûment appelées par lettre recommandée avec
demande d'avis de réception. Il dresse un rapport écrit détaillé de ses opérations.

Il mentionne la présence ou l'absence des Parties et reproduit leurs déclarations. Il expose son
point de vue technique en le motivant.

Si l'expertise a été faite par plusieurs experts, chacun d'eux doit produire un rapport
comportant son avis, s'ils n'ont été d'accord pour en rédiger un seul comportant l'avis de
chacun d'eux. L'avis de l'expert ne lie pas le Tribunal.

Articles 73, 74 et 75 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure


Civile, Commerciale et Administrative

Quel est le délai indiqué pour informer les Parties du dépôt du rapport de l’expert ?

L'expert mentionne au bas de son rapport les frais exposés et ses honoraires et le soumet au
juge pour taxe. Il dépose son rapport au greffe avec les pièces qu'il s'est fait remettre.

Il informe les Parties du dépôt du rapport d'expertise dans les vingt-quatre (24) heures, par
lettre recommandée.

En cas de contestation du montant des frais et honoraires d'expertise, le recours contre


l'Ordonnance de taxe est porté par voie de requête devant le Premier Président de la Cour
d'Appel qui statue par Ordonnance dans le délai de huit (8) jours.

La notification de cette requête à l'expert suspend l'exécution de l'Ordonnance de taxe.

L'Ordonnance rendue par le Premier Président peut être déférée devant le Président de la Cour
suprême qui statue définitivement sur la contestation dans les huit (8) jours de sa saisine.

Article 76 de la loi n° 97-516 du 4 septembre 1997 modifiant et complétant la loi n° 72-833


du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et Administrative,
modifiée par les lois n° 78-663 du 5 août 1978 et n° 93-670 du 9 août 1993

Comment sont menées les enquêtes judiciaires ?

S'il y a lieu d'entendre des témoins, le juge chargé de la mise en état autorise les Parties qui
invoquent leurs témoignages à les faire comparaître devant lui aux jour et heure qu'il fixe.

Il peut de même ordonner la comparution de toute personne dont l'audition lui paraît
nécessaire à la connaissance de la vérité. Ce magistrat procède personnellement à l'audition
des témoins, et recueille leur déposition sur tous les points qu'il estime nécessaires pour
l'instruction de l'affaire.

Il peut y faire procéder par voie de commission rogatoire.


Ainsi, si le témoin est de nationalité Ivoirienne résidant hors de Côte d'Ivoire, il peut être
entendu sur commission rogatoire, par l'agent diplomatique ou consulaire du lieu de sa
résidence.

Les parents ou alliés en ligne directe de l'une des Parties ou leur conjoint, même divorcé, ne
peuvent être témoins.

Néanmoins, ils peuvent, à l'exception des descendants, être entendus comme tels dans les
procès relatifs à des questions d'état, dans les causes de divorce et de séparation de corps.

Les mineurs âgés de moins de seize (16) ans sont entendus sans prestation de serment. Les
personnes frappées de l'incapacité de témoigner en justice ne prêtent pas serment et ne
peuvent être entendues qu'à titre de renseignement.

Le sourd-muet peut déposer, s'il est capable de le faire par écrit ou par signe ne prêtant à
aucune équivoque.

Les fonctionnaires publics, alors même qu'ils ne sont plus en activité de service ne peuvent,
sans l'assentiment de l'Autorité administrative de laquelle ils dépendent ou dépendaient, être
entendues comme témoins sur des faits qu'ils ont connus en raison de leurs fonctions.

Les Avocats, Médecins et autres dépositaires des secrets d'autrui ne peuvent déposer, s'ils ont,
à ce titre, connu les faits, objet de la déposition, ou obtenu des renseignements les concernant,
même s'ils ont déjà perdu cette qualité, à moins qu'ils n'aient été autorisés à divulguer le secret
par ceux qui le leur avaient confié et à condition que leurs statuts particuliers ne le leurs
interdisent pas.

Les témoins sont entendus séparément, les Parties dûment avisées et appelées.

Ils déposent sans le recours d'aucun écrit. Ils indiquent au début de leur déposition leur nom,
âge, profession et domicile.

Ils précisent s'ils sont parents, alliés ou au service de l'une des Parties. Ils prêtent serment de
dire la vérité. Lorsqu'ils déposent, les Parties ne doivent pas les interrompre.

Leur déposition terminée, le magistrat peut d'office ou à la demande des Parties, procéder à
leur audition séparée, les interpeller ou les confronter.

Les questions et les réponses sont consignées au procès-verbal ainsi que les motifs de
reproches formulés contre eux. Le juge donne lecture aux témoins, en présence des Parties de
ces motifs de reproche. La minute du procès verbal est signée par le juge, le greffier et les
témoins. Si l'un des témoins ne peut ou ne veut signer, il en est fait mention.

La minute est déposée au greffe et les Parties peuvent s'en faire délivrer expédition.

Articles 77, 78, 79, 80, 81 et 82 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de
Procédure Civile, Commerciale et Administrative
Le juge peut-il décerner une descente sur les lieux ?

Oui. Le juge chargé de ma mise en état peut, soit d'office, soit à la demande des Parties
ordonner une descente sur les lieux, aux jour et heure fixés dans l'Ordonnance.

Il est procédé à la descente sur les lieux avec l'assistance du greffier et en présence des
Parties ou celles dûment convoquées par le greffier.

Si l'objet de la visite exige des connaissances qui sont étrangères au magistrat, ce dernier
nomme un expert qui l'assiste et donne son avis.

Le juge peut, en outre, entendre au cours de sa visite les personnes qu'il désigne et faire en
leur présence les opérations qu'il juge utiles.

Les déclarations des témoins sont recueillies conformément aux dispositions portant sur les
enquêtes.

Le juge dresse un procès-verbal où sont mentionnés les jour, date, heure et lieu des
opérations, ainsi que leur description et les constatations faites.

La minute du procès-verbal est signée par le juge, le greffier et les Parties.

Les Parties peuvent se faire délivrer expédition du procès-verbal.

Articles 82, 83 et 84 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure


Civile, Commerciale et Administrative

Comment prête-t-on serment ?

La décision ordonnant le serment énonce les faits sur lesquels il sera reçu, et fixe la date et
l'heure où il sera prêté. Le serment est reçu dans les formes, lieux et conditions fixés par le
juge eu égard aux croyances religieuses et philosophiques de la Partie qui doit le prêter.

Il est dressé procès-verbal dont la minute est déposée au greffe.

Au cas d'un empêchement légitime et dûment constaté, le juge se transporte au domicile de la


Partie, assisté du greffier. Si celle-ci réside dans un autre ressort, la décision peut ordonner
qu'elle prêtera le serment devant le juge du lieu de sa résidence.

Dans tous les cas, le serment est fait en présence de l'autre Partie ou elle dûment convoquée
par le greffier.

Articles 85 et 86 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure


Civile, Commerciale et Administrative

Une Partie peut-elle dénier une écriture ?


Oui. Lorsqu'une Partie dénie l'écriture ou la signature à elle attribuée, dans un acte sous seing
privé ou déclare ne pas reconnaître celle attribuée à un tiers, le juge peut passer outre, s'il
estime que le moyen est purement dilatoire et sans intérêt pour la solution du litige.
Dans le cas contraire, il paraphe la pièce et ordonne qu'il sera procédé à une vérification
d'écritures, tant par titres que par témoins, et s'il y a lieu, par expert.

Les règles établies pour les enquêtes et les expertises sont applicables aux vérifications
d'écritures.

La Juridiction de jugement statue au vu des résultats de l'enquête et ordonne soit l'admission,


soit le rejet de la pièce. Elle peut, au cas où le défendeur n'aurait pas comparu à l'enquête,
tenir l'écrit pour reconnu.

Les pièces pouvant être admises à titre de pièces de comparaison sont notamment :

 les signatures apposées sur des actes authentiques,


 les écritures et signatures reconnues,
 la Partie de l'acte à vérifier qui n'est pas déniée.

Les pièces de comparaison retenues sont décrites par le juge.

A défaut ou en cas d’insuffisance des pièces de comparaison, le juge peut décerner qu’il soit
fait un corps d’écritures lequel sera dicté par l’expert, le demandeur présent ou appelé.

Articles 87, 88, 89 et 90 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de


Procédure Civile, Commerciale et Administrative

Quelle est la sanction s'il est prouvé que l'écriture déniée est du plaignant ?

S'il est prouvé par la vérification d'écritures que la pièce était écrite ou signée par celui qui l'a
déniée, le Tribunal peut prononcer à son encontre une amende de trois mille Francs (3 000 F)
CFA à dix mille francs (10 000 F) CFA, sans préjudice de tous dommages-intérêts.

Article 91 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,


Commerciale et Administrative

Un juge peut-il permettre à une Partie au procès de prouver la fausseté d'une pièce ?

Oui. Cependant, celui qui veut prouver la fausseté ou la falsification d'une pièce produite au
cours d'une procédure peut, par voie de demande incidente, solliciter l'autorisation de prouver
le faux en tout état de la procédure, en dépit de la disposition qui exclut toute conclusion après
l'Ordonnance de clôture, sauf en cas de désistement.

Le dépôt au greffe de la pièce arguée de faux préalablement visée ne varietur est ordonnée
par le juge. Ce dernier entend le demandeur sur les moyens qu'il invoque.

Le juge procède également à l'audition du défendeur et l'invite à déclarer s'il entend se servir
de la pièce arguée de faux.
Si celui-ci déclare qu'il n'entend pas s'en servir ou s'il ne fait pas de déclaration la pièce est
rejetée.
La demande d'inscription de faux est rejetée si le juge estime qu'elle est dénuée de tout
fondement ou sans intérêt pour la solution de l'affaire. Si, au contraire, elle paraît sérieuse, il
ordonne que la preuve du faux soit rapportée.

En attendant, l'acte incriminé ne peut produire aucun effet.

La preuve du faux est administrée, suivant les circonstances, par titres par témoins ou par
expert, conformément aux prescriptions relatives à la vérification d'écriture.

L'enquête terminée, la procédure est transmise à la Juridiction de jugement qui statue au vu


des résultats de l'enquête et ordonne les suppressions, lacérations, additions, rectifications
nécessaires. Elle décide le cas échéant, sur la restitution des pièces produites.

En cas de pluralité de défendeurs, le jugement est opposable à tous.

Articles 52, 92, 93, 94, 95 et 96 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de
Procédure Civile, Commerciale et Administrative

Quelle est la sanction de la production d’une fausse pièce ?

Lorsqu’une pièce est déclarée fausse alors qu’elle ne l’est pas, le demandeur qui a succombé
est passible d'une amende civile comprise entre trois mille Francs (3 000 F) CFA et dix mille
Francs (10 000 F) CFA, sans préjudice de dommages-intérêts envers la Partie et de poursuites
pénales, s'il échet.

En cas de poursuite criminelle en faux principal, il est sursis au jugement de la cause, si le


procès ne peut être jugé indépendamment de la pièce arguée de faux.

Le jugement ordonnant ou refusant le sursis à statuer est susceptible d'appel.

En cas de demande principale pendante devant une Juridiction spécialisée, la demande en


inscription de faux est formée devant le Tribunal de Droit commun par voie d'assignation et la
procédure est poursuivie comme il est dit dans les présentes dispositions.

Il est sursis au jugement de la cause par le juge saisi de la demande principale.

Articles 32, 97, 98 et 99 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de


Procédure Civile, Commerciale et Administrative

Peut-on formuler de nouvelles demandes au cours d’une instance ?

Oui. Peuvent être formulées au cours de l’instruction :

 les demandes incidentes ou demande intervenant au cours du procès,


 les demandes additionnelles ou demandes par laquelle le demandeur, en cours
d’instance formule une prétention nouvelle connexe à la demande initiale,
 les demandes reconventionnelles ou demande présentée par le défendeur qui non
content de présenter des moyens de défense, attaque à son tour en soumettant au
Tribunal un chef de demande.
Ainsi, jusqu’à la clôture de l’instruction, le demandeur peut formuler, sous formes de
demandes additionnelles, toutes prétentions se rapportant à la demande principale. Elles ne
sont recevables que si leurs causes existaient à l'époque où la demande principale a été
présentée, sauf exception prévue par la loi.

Le droit de former une demande reconventionnelle peut être exercé jusqu'à la clôture de
l'instruction sous réserve qu'un fait nouveau de nature à influer sur la décision est survenu
depuis ladite Ordonnance ou si un fait, survenu antérieurement n'a pu être invoqué pour des
raisons indépendantes de la volonté des Parties et jugées valables.

La demande n'est recevable que si elle est connexe à l'action principale, si elle sert de défense
à cette action ou si elle tend à compensation ou à la réparation du préjudice né du procès.
Les demandes additionnelles et reconventionnelles sont jugées en même temps que la
demande principale.

Articles 52, 100, 101 et 102 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de
Procédure Civile, Commerciale et Administrative

Un tiers peut-il intervenir pendant l’instruction ?

Oui. Tout tiers ayant intérêt au procès a le droit d'intervenir en tout état de cause, devant le
juge chargé de la mise en état.

Les Parties peuvent aussi assigner en intervention forcée ou en déclaration de jugement


commun celui qui pourrait user de la voie de la tierce opposition contre le jugement à
intervenir.

Le juge peut d'office et en tout état de cause ordonner l'intervention d'un tiers dans une
procédure, lorsqu'il estime que la présence de ce dernier est indispensable à l'appréciation du
litige.

La demande en intervention volontaire ou forcée est introduite selon les règles ordinaires
applicables devant la Juridiction saisie.

Articles 103 et 104 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure
Civile, Commerciale et Administrative

A quel moment le ministère Public intervient-il dans une procédure civile, commerciale
ou administrative ?

Le ministère Public peut intervenir dans toutes les instances en tout état de la procédure. Il
peut demander communication du dossier de toute affaire dans laquelle il estime devoir
intervenir.

La Juridiction saisie peut chaque fois qu'elle le juge utile, lui communiquer le dossier de toute
affaire pour conclusions.
Lorsqu'il agit comme Partie jointe, le ministère Public expose son avis sur l'affaire mais ne
peut conclure au-delà des prétentions des Parties, sauf à proposer d'office, tous moyens
d'ordre public.
Sont obligatoirement communicables au ministère Public, trois (3) jours au moins avant
l'Ordonnance de clôture ou avant l'audience, les causes suivantes :

 celles dans lesquelles l'ordre public, l'Etat ou les Collectivités publiques sont
intéressés,
 celles concernant le Droit foncier,
 celles concernant l'état des personnes ou la nationalité,
 celles où des incapables ou des absents sont en cause,
 celles concernant les récusations des magistrats, les prises à parties, les demandes en
rétractation,
 celles révélant que la demande résulte d'une infraction à la loi pénale ou concerne une
procédure de faux,
 celles pour lesquelles, l'Assistance judiciaire a été accordée,
 celles concernant tous litiges de quelle que nature que ce soit dont l'intérêt financier
est égal ou supérieur à vingt cinq millions de Francs (25000000 F) CFA,
 celles concernant la liquidation judiciaire ou la faillite.

Dans toutes les affaires communicables, le ministère Public doit présenter des conclusions par
écrit.

Dans les sections de Tribunal, les causes relatives au Droit foncier et à l’état des personnes
sont obligatoirement communiquées au Procureur de la République près le Tribunal de
Première Instance.

Articles 105 et 106 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure
Civile, Commerciale et Administrative

Une instance entamée peut-elle être interrompue ?

Oui. L'instance est interrompue et le dossier est provisoirement classé au greffe à la suite du
décès de l'une des Parties ou de la perte de sa capacité d'ester en justice, du décès du
représentant légal ou de la perte par celui-ci de cette qualité, à moins que l'affaire ne soit déjà
en état, auquel cas le Tribunal peut statuer.

Lorsqu'il a eu connaissance du décès ou du changement d'état d'une Partie, le juge de la mise


en état doit inviter à reprendre l'instance ceux qui auraient qualité pour le faire.

L'instance est reprise soit par voie d'assignation, soit à la requête de l'une des Parties à l'encore
des héritiers ou du représentant légal de l'autre, soit inversement.

A défaut, d'une déclaration expresse, l'instance est tenue pour reprise avec ceux qui ont été
appelés à la reprendre en vertu du premier acte de procédure fait par ces derniers.

L'interruption d'instance entraîne la suspension de tous les délais en cours de la nullité de tous
actes de procédure fait pendant cette interruption.
L’instance est périmée de plein droit s'il n'a été fait à son égard aucun acte de procédure
pendant trois (3) ans. Tout intéressé peut faire constater la péremption. Le délai de
péremption d'instance court contre toutes les Parties.
La péremption prononcée par la Juridiction du premier degré, emporte annulation de tous les
actes de procédure. Elle n'éteint pas l'action. L'arrêt de péremption d'instance rendu par la
Cour d'appel ou en matière de demande en rétractation emporte déchéance de la voie de
recours.

La demande en péremption d'instance doit, à peine d'irrecevabilité, être introduite contre


toutes les Parties.

La demande formée par l'une des Parties profite aux autres.

Articles 107, 108, 109, 110, 111, 112, 113 et 114 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972
portant Code de Procédure Civile, Commerciale et Administrative

Qu'est-ce que les exceptions de défense ?

Les exceptions sont nombreuses, nous avons :

 l'exception d'incompétence. Elle a pour but le renvoi de l'affaire devant la Juridiction


compétente. La Partie qui la soulève doit à peine d'irrecevabilité, indiquer la
Juridiction qui selon elle est compétente pour connaître du litige,
 l'exception de litispendance. Elle a pour objet, le renvoi de l'affaire devant un autre
Tribunal déjà saisi d'une demande ayant le même objet,
 l'exception de connexité. Elle a pour but le renvoi de l'affaire et sa jonction avec une
autre instance déjà pendante soit devant la même Juridiction, soit devant une autre,
lorsque les deux (2) affaires présentent entre elles un rapport tel qu'il paraît nécessaire,
dans l'intérêt d'une bonne Administration de la Justice, qu'une seule décision
intervienne sur les deux (2) contestations,
 l'exception de renvoi. Elle a pour objet le dessaisissement d'une Juridiction en faveur
d'une autre, pour cause de parenté, d'alliance, de suspicion légitime ou de sûreté
publique,
 l'exception de règlement de juge. Elle a pour but de faire déterminer par une
Juridiction supérieure laquelle de deux (2) ou plusieurs Juridictions inférieures doit
connaître d'une procédure dont elles se trouvent simultanément saisies,
 l'exception de communication a pièces. Elle a pour but d'exiger que soient
communiquées à la Partie qui la soulève, les pièces sur lesquelles la Partie adverse
entend fonder sa demande ou sa défense. Ces pièces sont déposées au dossier et il en
est donné connaissance sous le contrôle du juge,
 l'exception de garantie. Elle a pour but de subordonner la poursuite d'une procédure, à
la présentation d'une caution ou au dépôt d'un cautionnement,
 l'exception de nullité. Elle a pour but de faire déclarer nul, un acte de procédure,
lorsque cet acte ne réunit pas les conditions de forme prescrites par la loi. La nullité
des actes de procédure est absolue ou relative :
o elle est absolue, lorsque la loi le prévoit expressément ou que l'acte porte
atteinte à des dispositions d'ordre public,
o dans tous les autres cas, la violation d'une règle de procédure n'entraîne la
nullité de l'acte que s'il en résulte un préjudice pour la Partie qui s'en prévaut.
La Juridiction saisie doit soulever d'office la nullité absolue.

Quant à la fin de non recevoir, elle est tout moyen ayant pour objet de faire rejeter la
demande comme irrecevable, sans discuter le fondement de la prétention du demandeur.

Les exceptions, dès lors qu'elles ne sont pas d'ordre public, ne sont recevables que si elles sont
présentées simultanément avant toutes défenses au fond et aucune ne sera reçue après qu'il
aura été statué sur l'une d'elles.

Il en est de même des fins de non recevoir lorsque celles-ci ne constituent pas par elles-
mêmes de véritables défenses au fond.

Sauf le cas où le juge chargé de la mise en état est compétent pour en connaître conformément
en la mise en état, les exceptions et fins de non recevoir sont jugés par la Juridiction de
jugement, réserve faite de l'exception de règlement de juges qui relève de la Cour suprême.
Le juge des mises en état transmet à cet effet le dossier de la procédure à la Juridiction
compétente qui le lui retourne après qu'il aura été statué.

Sans préjudice des mesures de mise en état, il ne peut être fait appel des décisions statuant sur
les exceptions et fins de non recevoir, qu'après le jugement sur le fond et conjointement avec
l'appel de ce jugement, sauf si elles ont pour effet de mettre fin à l'instance

Articles 48, 115, 116, 117, 118, 119, 120, 121, 122, 123, 124, 125, 126 et 127 de la loi n°
72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et
Administrative

Est-il possible de refuser qu'un magistrat statue ?

Oui. Tout juge peut être récusé dans tous les cas où son impartialité pourrait être contestée par
l’une des Parties, notamment dans les affaires dans lesquelles :

 il est lui-même Partie ou co-intéressé, ou co-obligé de l'une des Parties ou exposé à un


recours en garantie,
 son conjoint a un intérêt, même après la dissolution du mariage,
 ses parents ou alliés en ligne directe, et en ligne collatérale, ses parents jusqu'au
sixième degré ou alliés jusqu'au quatrième degré, sont intéressés,
 il a dû agir comme représentant de l'une des Parties,
 il a été entendu comme témoin ou dont il a connu comme juge ou à propos desquelles
il a précédemment exprimé une opinion.

Il en est de même :

 s'il est créancier ou débiteur de l'une des Parties,


 si l'une des Parties est à son service,
 s'il y a procès ou des causes d'inimitié particulièrement graves entre lui et l'une des
Parties.

Tout magistrat qui connaît une cause de récusation existant entre lui et l'une des Parties doit la
déclarer au Président de la Cour d'appel, qui décide si le magistrat doit s'abstenir.
Si ce magistrat est le Président de la Cour d'Appel ou le Procureur général près ladite Cour, la
décision est rendue par le Président de la Cour suprême.
La demande en récusation doit être présentée, par requête au Président de la Cour d'Appel ou
de la Cour suprême, selon le cas, la requête n'est recevable qu'après consignation d'une
provision de dix mille Francs (10 000 F) CFA entre les mains d'un comptable du Trésor.

Elle est signée du demandeur ou de son représentant. Le Président, dès qu'il en est saisi,
provoque lui-même les explications écrites au juge récusé, et au besoin celle de la Partie
requérante.

Il statue par une décision qui n'est pas susceptible de voie de recours.

Le demandeur en récusation qui succombe est condamné à une amende civile de dix mille
Francs (10 000 F) CFA à cinq cent mille Francs (500 000 F) CFA, au montant de laquelle sera
imputé celui de la somme consignée, sans préjudice, s'il y a lieu, de l'action du juge en
dommages-intérêts.

Dans le cas contraire, la restitution de la provision est ordonnée.

Les dispositions ci-dessus sont applicables au ministère Public lorsqu'il est Partie jointe mais
il n'est pas récusable lorsqu'il est Partie principale.

La Partie n'est plus admise à récuser le juge, lorsque connaissant la cause de récusation, elle a
été entendue ou a accompli un acte de procédure ou pris des conclusions devant lui sans
invoquer la récusation.

Articles 128, 129, 130, 131 et 132 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code
de Procédure Civile, Commerciale et Administrative

Impose-t-on la conciliation aux Parties avant le jugement de l’affaire ?

Non. Toutes les instances sont dispensées du préliminaire de conciliation sauf dans les cas où
la loi en dispose autrement.

Toutefois, préalablement à l'instance, les Parties peuvent d'un commun accord ou à la


demande de l'une d'elles, comparaître volontairement, aux fins de conciliation, devant le
Président de la Juridiction.

La Juridiction saisie, peut également, d'office ou à la demande des Parties, tenter la


conciliation en tout état de la procédure.

S'il y a conciliation, le juge, assisté du greffier, dresse procès-verbal des conditions de


l'arrangement. Ce procès-verbal est signé par les deux (2) Parties si elles le savent et le
peuvent, sinon mention en est faite.

Il vaut preuve jusqu'à inscription de faux vis-à-vis de tous, de sa date et des déclarations qui y
sont relatées. Ce procès-verbal est déposé au greffe. Il n'est susceptible d'aucune voie de
recours. Il a force exécutoire.
Articles 133 et 134 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure
Civile, Commerciale et Administrative

Comment se déroule une audience en matière commerciale, civile ou administrative ?

Le rôle de chaque audience est arrêté par le Président dans les Tribunaux de Première
Instance, il est communiqué au ministère Public.

Il est affiché à la porte de la salle d'audience.

Le Président ouvre et dirige les débats. Il les déclare clos lorsque le Tribunal s'estime
suffisamment éclairé. Les Parties et leurs conseils peuvent dans la limite de leurs conclusions,
présenter des éclaircissements utiles.

Hors les cas prévus par la loi, les débats sont publics à moins que le Tribunal ne décide le huis
clos, soit d'office, soit à la demande du ministère Public ou de l'une des Parties, pour
sauvegarder l'ordre public, les bonnes mœurs ou l'inviolabilité de secrets de famille.

L'emploi de tout appareil d'enregistrement sonore, photographique, caméra de télévision ou de


cinéma, est interdit à l'intérieur des salles d'audiences, pendant le cours des débats sauf
autorisation donnée à titre exceptionnel.

Un Décret déterminera les conditions d'application de ces dispositions.

Le Président a la police d'audience. Il ordonne l'expulsion de ceux qui la troublent et entravent


la marche des débats. Si ceux-ci résistent, ils sont saisis et déposés pour vingt quatre (24)
heures à la Maison d'Arrêt où ils sont reçus sur l'exhibition de l'ordre du Président.
Celui-ci dresse séance tenante procès-verbal contre ceux qui outragent le Tribunal ou
commettent une infraction de Droit commun et les défère devant le Procureur de la
République.

Articles 135, 136, 137, 138 et 139 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de
Procédure Civile, Commerciale et Administrative

A quel moment le juge rend-il sa décision ?

Les débats clos, le Tribunal délibère immédiatement en secret.

Le jugement avec motifs et dispositif entièrement rédigés, est lu à l'audience.

Le Tribunal peut remettre la lecture du jugement à une audience ultérieure qu'il fixe. Entre
temps, il n'est reçu ni pièces, ni conclusions, ni notes.

Il peut toujours par jugement « avant-dire droit » ordonner une mesure d'instruction, lorsqu'il
estime exceptionnellement devoir y recourir.

Ce jugement n'est pas susceptible d'opposition. Il ne peut être frappé d'appel ou de pourvoi en
cassation. Il est exécutoire immédiatement et dispensé de la formalité de timbre et de
l'enregistrement.
Les jugements sont toujours rendus en audience publique, sauf si la loi décide qu'ils seront
rendus en Chambre de conseil.

L’avant dire droit ou jugement avant dire droit est une décision prise au cours de l’instance,
soit pour aménager une situation provisoire, soit pour organiser l’instruction. Une telle
décision ne dessaisit pas le juge et n’a pas d’autorité de la chose jugée au principal.

Articles 49, 140 et 141 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de
Procédure Civile, Commerciale et Administrative

Quelles sont les mentions qui doivent figurer sur un jugement ?

Tout jugement doit contenir :

 les noms, prénoms, qualité, profession et domicile de chacune des Parties, de leurs
mandataires et de leurs conseils,
 l'objet du litige,
 la mention, le cas échéant, de l'Ordonnance de clôture,
 les motifs, en fait et en droit, précédés d'un résumé des prétentions des Parties,
 le dispositif,
 la date à laquelle, il a été rendu,
 la liquidation des dépens, si elle est alors possible,
 les noms des magistrats qui l'ont rendu et du greffier qui les assistait,
 mention qu'il a été rendu en audience publique, ou en Chambre du conseil et que le
ministère Public a été entendu le cas échéant en ses conclusions.
 éventuellement, le nom du représentant du ministère Public.

La minute du jugement signée par le Président d'audience qui l'a rendu et le greffier est
déposée au greffe.

Article 142 de la loi n° 97-517 du 4 septembre 1997 portant modification de la loi n° 72-
833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et Administrative
modifiée par les lois n° 78-663 du 5 août 1978 et n° 93-670 du 9 août 1993

Article 143 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,
Commerciale et Administrative

La minute d’un jugement qui n’a pas été signée par le juge est-elle valable ?

Non. Si par suite de circonstances exceptionnelles le juge est dans l'impossibilité de signer la
minute, le Président de la Cour d'Appel désignera un juge pour le faire.

Dans le cas où cette impossibilité de signer est le fait du greffier, il suffit que le juge en fasse
mention en signant.

Article 143 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,
Commerciale et Administrative

A quel moment un jugement est-il considéré comme contradictoire ?


Sont contradictoires c'est-à-dire déclaré que les Parties ont comparu et fait valoir leurs
moyens de défense, les décisions rendues contre les Parties qui ont eu connaissance de la
procédure :
 soit parce que l'acte introductif d'instance leur a été signifié ou notifié à personne,
 soit parce qu'elles ont comparu en cours de procédure, soit elles-mêmes soit par leurs
représentants ou mandataires,
 soit parce qu'elles ont fait valoir à un moment quelconque de la procédure leurs
moyens.

Article 144 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,
Commerciale et Administrative

En quoi consiste le jugement par défaut ?

Sont des jugements par défaut c'est-à-dire jugement où le défenseur n'a pas comparu ou n'a
pas été assigné ou réassigné à personne ou lorsque l'affaire est insusceptible d'appel, les
décisions rendues hors les cas visés dans le jugement contradictoire.

Article 144 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,
Commerciale et Administrative

L'exécution provisoire d’un jugement peut-elle être ordonnée d'office ?

Oui. Outre les cas où elle est prescrite par la loi et sauf dispositions contraires, l'exécution
provisoire doit être ordonnée d'office, en dépit d'opposition ou d’appel, s'il y a titre
authentique ou privé non contesté, aveu ou promesse reconnue.

L'exécutoire provisoire peut sur demande, être ordonnée pour tout ou partie et avec ou sans
constitution d'une garantie :

 s'il s'agit de contestation entre voyageurs et hôteliers ou transporteurs,


 s'il s'agit d'un jugement nommant un séquestre ou prononçant une condamnation à
caractère alimentaire,
 s'il s'agit d'un jugement allouant une provision sur des dommages-intérêts en
réparation d'un préjudice non encore évalué, à la condition que ce préjudice résulte
d'un délit ou d'un quasi-délit dont la partie succombante a été jugée responsable,
 dans tous les autres cas présentant un caractère d'extrême urgence.

La garantie visée ci-dessus peut consister soit dans la soumission d'une caution personnelle,
soit dans le dépôt d'espèces ou de valeurs dont le Tribunal, sur offres du demandeur, arbitrera
le montant et la nature.

Si la Juridiction de Première Instance a omis de statuer sur l'exécution provisoire mentionnée


ci-dessus, le bénéficiaire du jugement pourra, sur simple requête, demander au Président de la
Juridiction qui a statué, de la prononcer.

Articles 145, 146, 147 et 148 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de
Procédure Civile, Commerciale et Administrative
A qui revient le paiement des frais du procès ?

Les frais engagés par le procès ou dépens sont à la charge de toute Partie qui succombe sauf
au Tribunal à laisser la totalité ou une fraction de ceux-ci à la charge d'une autre Partie, par
décision spéciale et motivée.

Les dépens peuvent néanmoins être compensés en tout ou partie, entre conjoints, ascendants,
descendants, frères et sœurs ou alliés au même degré.

Ils peuvent l'être également, si les Parties succombent respectivement sur quelques chefs.

Si la liquidation des dépens n'a été possible dans le jugement, le greffier du Tribunal est
autorisé à délivrer un exécutoire des dépens sur la taxe du Président.

Les Avocats pourront demander la distraction des dépens à leur profit, en affirmant, lors de la
prononciation du jugement, qu'ils ont fait la plus grande partie des avances.

La distraction des dépens ne pourra être prononcée que par le jugement qui en portera
mention la condamnation, dans ce cas, la taxe sera poursuivie et l'exécutoire délivré au nom
de l'Avocat, sans préjudice de l'action contre son client.

Articles 149, 150, 151 et 152 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de
Procédure Civile, Commerciale et Administrative
TITRE VI : LE JUGEMENT DE L'AFFAIRE

Impose-t-on la conciliation aux Parties avant le jugement de l’affaire ?

Non. Toutes les instances sont dispensées du préliminaire de conciliation sauf dans les cas où
la loi en dispose autrement.

Toutefois, préalablement à l'instance, les Parties peuvent d'un commun accord ou à la


demande de l'une d'elles, comparaître volontairement, aux fins de conciliation, devant le
Président de la Juridiction.

La Juridiction saisie, peut également, d'office ou à la demande des Parties, tenter la


conciliation en tout état de la procédure.

S'il y a conciliation, le juge, assisté du greffier, dresse procès-verbal des conditions de


l'arrangement. Ce procès-verbal est signé par les deux (2) Parties si elles le savent et le
peuvent, sinon mention en est faite.

Il vaut preuve jusqu'à inscription de faux vis-à-vis de tous, de sa date et des déclarations qui y
sont relatées. Ce procès-verbal est déposé au greffe. Il n'est susceptible d'aucune voie de
recours. Il a force exécutoire.

Articles 133 et 134 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure
Civile, Commerciale et Administrative

Comment se déroule une audience en matière commerciale, civile ou administrative ?

Le rôle de chaque audience est arrêté par le Président dans les Tribunaux de Première
Instance, il est communiqué au ministère Public.

Il est affiché à la porte de la salle d'audience.

Le Président ouvre et dirige les débats. Il les déclare clos lorsque le Tribunal s'estime
suffisamment éclairé. Les Parties et leurs conseils peuvent dans la limite de leurs conclusions,
présenter des éclaircissements utiles.

Hors les cas prévus par la loi, les débats sont publics à moins que le Tribunal ne décide le huis
clos, soit d'office, soit à la demande du ministère Public ou de l'une des Parties, pour
sauvegarder l'ordre public, les bonnes mœurs ou l'inviolabilité de secrets de famille.

L'emploi de tout appareil d'enregistrement sonore, photographique, caméra de télévision ou de


cinéma, est interdit à l'intérieur des salles d'audiences, pendant le cours des débats sauf
autorisation donnée à titre exceptionnel.

Un Décret déterminera les conditions d'application de ces dispositions.


Le Président a la police d'audience. Il ordonne l'expulsion de ceux qui la troublent et entravent
la marche des débats. Si ceux-ci résistent, ils sont saisis et déposés pour vingt quatre (24)
heures à la Maison d'Arrêt où ils sont reçus sur l'exhibition de l'ordre du Président.
Celui-ci dresse séance tenante procès-verbal contre ceux qui outragent le Tribunal ou
commettent une infraction de Droit commun et les défère devant le Procureur de la
République.

Articles 135, 136, 137, 138 et 139 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de
Procédure Civile, Commerciale et Administrative

A quel moment le juge rend-il sa décision ?

Les débats clos, le Tribunal délibère immédiatement en secret.

Le jugement avec motifs et dispositif entièrement rédigés, est lu à l'audience.

Le Tribunal peut remettre la lecture du jugement à une audience ultérieure qu'il fixe. Entre
temps, il n'est reçu ni pièces, ni conclusions, ni notes.

Il peut toujours par jugement « avant-dire droit » ordonner une mesure d'instruction, lorsqu'il
estime exceptionnellement devoir y recourir.

Ce jugement n'est pas susceptible d'opposition. Il ne peut être frappé d'appel ou de pourvoi en
cassation. Il est exécutoire immédiatement et dispensé de la formalité de timbre et de
l'enregistrement.

Les jugements sont toujours rendus en audience publique, sauf si la loi décide qu'ils seront
rendus en Chambre de conseil.

L’avant dire droit ou jugement avant dire droit est une décision prise au cours de l’instance,
soit pour aménager une situation provisoire, soit pour organiser l’instruction. Une telle
décision ne dessaisit pas le juge et n’a pas d’autorité de la chose jugée au principal.

Articles 49, 140 et 141 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure
Civile, Commerciale et Administrative

Quelles sont les mentions qui doivent figurer sur un jugement ?

Tout jugement doit contenir :

 les noms, prénoms, qualité, profession et domicile de chacune des Parties, de leurs
mandataires et de leurs conseils,
 l'objet du litige,
 la mention, le cas échéant, de l'Ordonnance de clôture,
 les motifs, en fait et en droit, précédés d'un résumé des prétentions des Parties,
 le dispositif,
 la date à laquelle, il a été rendu,
 la liquidation des dépens, si elle est alors possible,
 les noms des magistrats qui l'ont rendu et du greffier qui les assistait,
 mention qu'il a été rendu en audience publique, ou en Chambre du conseil et que le
ministère Public a été entendu le cas échéant en ses conclusions.
 éventuellement, le nom du représentant du ministère Public.
La minute du jugement signée par le Président d'audience qui l'a rendu et le greffier est
déposée au greffe.

Article 142 de la loi n° 97-517 du 4 septembre 1997 portant modification de la loi n° 72-
833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et Administrative
modifiée par les lois n° 78-663 du 5 août 1978 et n° 93-670 du 9 août 1993

Article 143 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,
Commerciale et Administrative

La minute d’un jugement qui n’a pas été signée par le juge est-elle valable ?

Non. Si par suite de circonstances exceptionnelles le juge est dans l'impossibilité de signer la
minute, le Président de la Cour d'Appel désignera un juge pour le faire.

Dans le cas où cette impossibilité de signer est le fait du greffier, il suffit que le juge en fasse
mention en signant.

Article 143 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,
Commerciale et Administrative

A quel moment un jugement est-il considéré comme contradictoire ?

Sont contradictoires c'est-à-dire déclaré que les Parties ont comparu et fait valoir leurs
moyens de défense, les décisions rendues contre les Parties qui ont eu connaissance de la
procédure :

 soit parce que l'acte introductif d'instance leur a été signifié ou notifié à personne,
 soit parce qu'elles ont comparu en cours de procédure, soit elles-mêmes soit par leurs
représentants ou mandataires,
 soit parce qu'elles ont fait valoir à un moment quelconque de la procédure leurs
moyens.

Article 144 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,
Commerciale et Administrative

En quoi consiste le jugement par défaut ?

Sont des jugements par défaut c'est-à-dire jugement où le défenseur n'a pas comparu ou n'a
pas été assigné ou réassigné à personne ou lorsque l'affaire est insusceptible d'appel, les
décisions rendues hors les cas visés dans le jugement contradictoire.
Article 144 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,
Commerciale et Administrative

L'exécution provisoire d’un jugement peut-elle être ordonnée d'office ?


Oui. Outre les cas où elle est prescrite par la loi et sauf dispositions contraires, l'exécution
provisoire doit être ordonnée d'office, en dépit d'opposition ou d’appel, s'il y a titre
authentique ou privé non contesté, aveu ou promesse reconnue.
L'exécutoire provisoire peut sur demande, être ordonnée pour tout ou partie et avec ou sans
constitution d'une garantie :

 s'il s'agit de contestation entre voyageurs et hôteliers ou transporteurs,


 s'il s'agit d'un jugement nommant un séquestre ou prononçant une condamnation à
caractère alimentaire,
 s'il s'agit d'un jugement allouant une provision sur des dommages-intérêts en
réparation d'un préjudice non encore évalué, à la condition que ce préjudice résulte
d'un délit ou d'un quasi-délit dont la partie succombante a été jugée responsable,
 dans tous les autres cas présentant un caractère d'extrême urgence.

La garantie visée ci-dessus peut consister soit dans la soumission d'une caution personnelle,
soit dans le dépôt d'espèces ou de valeurs dont le Tribunal, sur offres du demandeur, arbitrera
le montant et la nature.

Si la Juridiction de Première Instance a omis de statuer sur l'exécution provisoire mentionnée


ci-dessus, le bénéficiaire du jugement pourra, sur simple requête, demander au Président de la
Juridiction qui a statué, de la prononcer.

Articles 145, 146, 147 et 148 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de
Procédure Civile, Commerciale et Administrative

A qui revient le paiement des frais du procès ?

Les frais engagés par le procès ou dépens sont à la charge de toute Partie qui succombe sauf
au Tribunal à laisser la totalité ou une fraction de ceux-ci à la charge d'une autre Partie, par
décision spéciale et motivée.

Les dépens peuvent néanmoins être compensés en tout ou partie, entre conjoints, ascendants,
descendants, frères et sœurs ou alliés au même degré.

Ils peuvent l'être également, si les Parties succombent respectivement sur quelques chefs.

Si la liquidation des dépens n'a été possible dans le jugement, le greffier du Tribunal est
autorisé à délivrer un exécutoire des dépens sur la taxe du Président.

Les Avocats pourront demander la distraction des dépens à leur profit, en affirmant, lors de la
prononciation du jugement, qu'ils ont fait la plus grande partie des avances.

La distraction des dépens ne pourra être prononcée que par le jugement qui en portera
mention la condamnation, dans ce cas, la taxe sera poursuivie et l'exécutoire délivré au nom
de l'Avocat, sans préjudice de l'action contre son client.

Articles 149, 150, 151 et 152 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de
Procédure Civile, Commerciale et Administrative
TITRE VII : LES VOIES DE RECOURS ORDINAIRES

Quelles sont les différentes voies de recours ordinaires ?

Les recours sont des moyens mis à la disposition des plaideurs pour leur permettre d’obtenir
un nouvel examen du procès ou de faire valoir les irrégularités observées dans le déroulement
de la procédure.

Les voies de recours ordinaires comprennent :

 l’opposition,
 l’appel.

En quoi consiste l'opposition ?

L'opposition est une voie de recours ordinaire de Droit commun par laquelle un plaideur
contre lequel a été rendue une décision par défaut (en son absence) demande au Tribunal qui a
statué de juger à nouveau la même affaire.

Articles 34, 153 et 325 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure
Civile, Commerciale et Administrative

Existe-t-il un délai pour faire opposition ?

Oui. Le délai pour faire opposition est de quinze (15) jours, sauf augmentation d'un délai de
distance de quinze (15) jours si le destinataire est domicilié dans un autre ressort et de deux
(2) mois s'il demeure hors du territoire de la République.

Ce délai commence à courir du jour de la signification de la décision faite à personne.

Articles 34 et 154 de la loi n° 97-516 du 4 septembre 1997 modifiant et complétant la loi n°


72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et
Administrative, modifiée par les lois n° 78-663 du 5 août 1978 et n° 93-670 du 9 août 1993

Article 325 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,
Commerciale et Administrative

Quelle est la mention dont l'absence pourrait entraîner la nullité d’un acte
d'opposition ?

L'acte de signification doit, à peine de nullité, indiquer à la Partie qui a fait défaut qu'elle sera
déchue de plein droit de faire opposition à l'expiration des délais d’opposition prescrits par les
présentes dispositions.

L'opposition formée hors délai est irrecevable et sans effet sur la décision attaquée.

En plus, l'opposition doit faire l'objet d'enrôlement.


L'opposition non enrôlée à la date prévue pour l'évocation de l'affaire emporte déchéance de
plein droit lorsque le non enrôlement est imputable au demandeur à l'opposition.
La déchéance fait produire à la décision querellée son plein et entier effet. Une Ordonnance
constatant la déchéance est délivrée par le Président du Tribunal ou par le Premier Président
de la Cour d'Appel dans les huit (8) jours de saisine.

Le recours contre l'Ordonnance du Président du Tribunal constatant la déchéance est porté


par voie de requête devant le Premier Président de la Cour d'Appel qui statue dans les quinze
(15) jours de sa saisine.

L'Ordonnance ainsi rendue par le Premier Président est susceptible de recours par voie de
requête devant le Président de la Cour suprême.

Le recours contre l'Ordonnance du Premier Président constatant la déchéance est également


porté, par voie de requête, devant le Président de la Cour suprême.

Dans tous les cas, celui-ci statue dans les quinze (15) jours de sa saisine. L'Ordonnance ainsi
rendue n'est susceptible de recours.

Articles 154 et 158 de la loi n° 97-516 du 4 septembre 1997 modifiant et complétant la loi
n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et
Administrative, modifiée par les lois n° 78-663 du 5 août 1978 et n° 93-670 du 9 août 1993

Que prévoit la loi lorsque l'opposition est recevable ?

L'opposition si elle est recevable, remet la cause et les Parties en l’état où elles se trouvaient
lors de l'acte introductif d'instance.

En cas d'indivisibilité, l'opposition de l'une des Parties profite aux autres, et l'opposition
formée contre l'une des Parties ayant obtenu gain de cause est opposable aux autres.

En cas de solidarité, l'opposition d'un des coobligés profite aux autres si elle est fondée sur
des moyens résultant d'une circonstance commune à tous les coobligés.

En cas de garantie, et s'il existe entre l'action principale et l'action en garantie un lien de
connexité, l'opposition du garant profite aux garanti et réciproquement.

Les dispositions qui précèdent ne profitent pas aux Parties qui ont comparu et contre
lesquelles une décision contradictoire est passée en force de chose jugée irrévocable au jour
de l'opposition ou qui auraient régulièrement acquiescé au jugement contre lequel est formée
l'opposition.

Dans les cas visés ci-dessus, l'opposition ne profite ou n'est opposable aux Parties autre que
celles figurant dans l'acte d'opposition que dans la mesure où elles-mêmes sont intervenues ou
ont été appelées ultérieurement au cours de la nouvelle instance.

L'opposition est introduite suivant les formes et les règles établies pour la saisie de la
Juridiction qui a statué.
Si l'opposition est faite par voie d'assignation, l'Huissier de Justice remet ou adresse une copie
sans frais au greffier de la Juridiction qui a rendu la décision attaquée.
Dans tous les cas, le greffier fait mention de l'opposition sur le registre des appels et
oppositions, à la date où il a en a eu connaissance, en énonçant le nom des Parties, la date de
la décision et celle de l'opposition.

Articles 155, 156 et 157 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de
Procédure Civile, Commerciale et Administrative

L'opposition suspend-elle l'exécution du jugement ?

Oui. L'opposition suspend l'exécution si celle-ci n'a pas été ordonnée en dépit de l'opposition.
Si l'exécution provisoire a été ordonnée, la Partie condamnée peut demander par l'acte
d'opposition, la suspension des poursuites.

Dans ce cas, il est statué sur pièces à la plus prochaine audience, sur la continuation des
poursuites.

L'opposition est instruite et jugée selon les règles de procédure suivies devant la Juridiction
saisie.

Articles 159 et 160 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure
Civile, Commerciale et Administrative

Article 158 de la loi n° 97-516 du 4 septembre 1997 modifiant et complétant la loi n° 72-
833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et
Administrative, modifiée par les lois n° 78-663 du 5 août 1978 et n° 93-670 du 9 août 1993

Une décision rendue sur opposition peut-elle être attaquée par la même voie de recours ?

Non. La décision rendue sur opposition ne peut plus être attaquée par la même voie de recours
par aucune des Parties en cause.

Article 161 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,
Commerciale et Administrative

En quoi consiste l'appel ?

L'appel est la voie de recours par laquelle une Partie sollicite de la Cour d'Appel, la
réformation de la décision rendue par une Juridiction de Première Instance.

Article 162 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,
Commerciale et Administrative

Qui peut interjeter appel dans un procès ?

L'appel ne peut être interjeté que par les Parties à la décision attaquée ou leurs ayants cause ou
le représentant du ministère Public, dans les cas prévus par la loi.
L'appel ne peut être interjeté qu'à l'encontre des personnes qui ont été Parties à l'instance
ayant donné lieu à cette décision.
Aucune intervention n'est recevable, si ce n'est de la part de ceux qui auraient droit de former
tierce opposition.

Article 167 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,
Commerciale et Administrative

Quelles sont les décisions qui peuvent faire l'objet d'appel ?

Sont susceptibles d'appel :

 toutes les décisions rendues en premier ressort, contradictoirement ou par défaut,


 les jugements qualifiés en dernier ressort, lorsqu'ils auront été rendus par des juges qui
ne pouvaient prononcer qu'en premier ressort.

A l'égard des jugements non qualifiés ou déclarés à tort rendus en premier ressort, l'intimé
pourra par simple acte porter l'affaire à l'audience et demander qu'il soit statué sans délai sur
la recevabilité de l'appel.

Les décisions avant-dire droit rendues en cours d'instance, qu'elles préjugent ou non au fond
du droit ainsi que celles déclarant l'action recevable ou rejetant les exceptions mentionnées
dans les présentes dispositions ne peuvent être frappées d'appel qu'avec la décision rendue au
fond. Ces exceptions sont celles d'incompétence, d'exception de litispendance, d'exception de
connexité, d'exception de renvoi, d'exception de règlement de juge, d'exception de
communication, d'exception de garantie et d'exception de nullité.

Articles 115, 116, 117, 118, 119, 120, 121, 122, 162 et 163 de la loi n° 72-833 du 21
décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et Administrative

Comment se forme un appel ?

L'appel est formé par exploit d'huissier délivré dans les conditions prévues pour les
ajournements et contenir les mentions ci-après :

 la date de l'acte avec l'indication des jour, mois, an et heure,


 le nom du requérant, ses prénoms, profession, nationalité et domicile réel ou élu et le
cas échéant, les nom, prénoms, profession et domicile de son représentant légal ou
statutaire. Si le requérant est une personne physique, la date et le lieu de sa naissance,
 le nom de l'huissier de Justice et sa résidence,
 les nom, prénoms, profession et domicile du destinataire et s'il n'a pas de domicile
connu au moment où l'acte est dressé, sa dernière résidence,
 la signature des destinataires ou son refus de l'apposer avec l'indication des motifs,
 le nom de la personne à laquelle l'acte est remis, s'il ne s'agit pas du destinataire,
 la signature de l'huissier de Justice sur l'original et la copie,
 le coût de l'acte avec l'indication des émoluments de l'huissier de Justice sur les
originaux et la ou les copies,
 l'objet de l’exploit,
 l'indication de la Juridiction qui a statué,
 la date de ce jugement,
 le nom et l'adresse de la Partie ou des Parties intimées.
 la notification à l'intimé des obligations qui lui incombent.
Si l'appel est fait par voie d'assignation, l'huissier de Justice remet ou adresse une
copie sans frais au greffier de la Juridiction qui a rendu la décision attaquée.

Dans tous les cas, le greffier fait mention de l'appel sur le registre des appels et
oppositions, à la date où il a en a eu connaissance, en énonçant le nom des Parties, la
date de la décision et celle de l'appel.

Toutefois, dans les actions personnelles ou mobilières dont l'intérêt pécuniaire


n’excède pas la somme de cinq cent mille Francs (500 000 F) CFA, l'appel peut être
formé par déclaration au greffe de la Juridiction qui a rendu la décision attaquée ou au
greffe de la Juridiction du domicile de l'appelant.

Le greffier dresse procès-verbal de cette déclaration sur le registre des appels et


oppositions. La déclaration doit contenir:

 les noms, prénoms, qualité, domicile de l'appelant et des intimés,


 la date du jugement et son dispositif,
 l'objet de l'appel,
 la date et l'heure de l'audience de la Cour.

Si la déclaration a été reçue par le greffier de la Juridiction du domicile de l'appelant, ce


greffier en fait parvenir immédiatement une expédition au greffier de la Juridiction qui a
rendu la décision attaquée, lequel en fait mention, à la date de la réception, sur le registre des
appels et oppositions.

Dans tous les cas, dès réception de la déclaration d'appel ou de l'expédition visée ci-dessus, le
greffier de la Juridiction qui a rendu la décision attaquée notifie la déclaration d'appel aux
Parties intéressées sur le champ au demandeur et aux Parties en cause par voie administrative
ou postale.

Articles 38 et 157, 165 et 246 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de
Procédure Civile, Commerciale et Administrative

Article 32 de la loi n° 97-516 du 4 septembre 1997 modifiant et complétant la loi n° 72-833


du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et Administrative ,
modifiée par les lois n° 78-663 du 5 août 1978 et n° 93-670 du 9 août 1993

Article 164 de la loi n° 93-670 du 9 août 1993 modifiant et complétant la loi n° 72-883 du
21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et Administrative

Quelles sont les obligations des Parties au cours d’un procès ?

Dans le délai de deux (2) mois à compter de la signification de l'appel, les Parties doivent, à
peine de forclusion (déchéance), faire parvenir au greffier de la Cour :

 les conclusions et pièces dont elles entendent se servir en cause d'appel,


 une déclaration faisant connaître si elles entendent présenter ou faire présenter devant
la Cour des explications orales.
L'appelant sera tenu, dans le même temps de faire, du versement de la provision au titre des
frais, sauf si celui-ci justifie avoir obtenu l’Assistance judiciaire.

Il devra également faire parvenir au greffe de la Cour, l'original de l'exploit, de signification


de l'appel, si celui-ci a été fait dans les formes de l'appel.

Article 166 de la loi n° 93-670 du 9 août 1993 modifiant et complétant la loi n° 72-883 du
21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et Administrative

Article 172 de la loi n° 97-516 du 4 septembre 1997 modifiant et complétant la loi n° 72-
833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et
Administrative, modifiée par les lois n° 78-663 du 5 août 1978 et n° 93-670 du 9 août 1993

Quel est le délai admis pour faire appel ?

Le délai pour interjeter appel est d'un (1) mois, sauf augmentation d'un délai de quinze (15)
jours si le destinataire est domicilié dans un autre ressort et de deux (2) mois s'il demeure
hors du territoire de la République.

Le délai prévu ci-dessus est interrompu par le décès de l'une ou l'autre des Parties. Un
nouveau délai commencera à courir contre les héritiers à compter du jour de la signification
du jugement qui leur sera faite.

Si cette signification intervient durant la période impartie aux héritiers pour faire inventaire et
délibérer, le délai ne recommence à courir qu'à l'expiration de cette période.

Dans le cas où l'une des Parties perd la capacité d'ester en justice avant l'expiration du délai
prévu ci-dessus, son représentant légal est relevé de la forclusion s'il n'a pas eu connaissance
de la décision.

Jusqu'à clôture des débats, l'intimé, qui a laissé expirer le délai d'appel ou qui a acquiescé à la
décision antérieurement à l'appel principal, peut former appel incident, par conclusion,
appuyées des moyens d'appel.

En tout état de cause, l'appel incident suit le sort de l'appel principal, sauf le cas où l'appel
principal a fait l'objet d'un désistement.

Articles 169, 170 et 325 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de
Procédure Civile, Commerciale et Administrative

Articles 34 et 168 de la loi n° 97-516 du 4 septembre 1997 modifiant et complétant la loi n°


72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et
Administrative, modifiée par les lois n° 78-663 du 5 août 1978 et n° 93-670 du 9 août 1993

Comment se déroule la procédure d'appel ?

Le greffier en chef de la Juridiction qui a rendu la décision attaquée, dès qu'il a connaissance
de l'appel formé dans les normes, doit transmettre au greffier chef de la Cour le dossier de la
procédure qui portera :
 les noms et domiciles des Parties,
 s'il y a lieu les noms des Avocats,
 le numéro et la date de mise au rôle,
 l'objet de la demande,
 les dates successives de renvoi de l'affaire.

Seront déposés dans ce dossier et côtés par le greffier :

 le récépissé constatant la consignation de la provision au greffe,


 l'original de l'exploit d'assignation ou copie du procès-verbal de dépôt de la requête,
auquel sera jointe, le cas échéant, la requête écrite,
 les conclusions ou notes des Parties ou de leurs conseils avec mention de la date de
leur dépôt,
 les pièces et documents visés par les Parties ou les récépissés constatant leur retrait,
 la copie des décisions prises par le juge de la mise en état,
 la copie des jugements qui seront rendus successivement par la Juridiction, et celle des
procès-verbaux et rapports dressés en exécution des jugements ou des décisions rendus
par le juge de la mise en état,
 la copie de l'exploit d'assignation ou de la déclaration d'appel,
 les copies des notifications de la déclaration d'appel,
 les conclusions et pièces dont les Parties entendent se servir en cause d'appel doivent
parvenir au greffe de la Cour dans le délai de deux (2) moisà compter de la
signification de l’appel.

Dès réception soit de l'original de l'exploit, soit de l'expédition de la déclaration, le greffier en


Chef de la Cour d'Appel l'inscrit sur un registre spécial et réclame à l'appelant le versement
d'une provision au titre des frais, sauf si celui-ci justifie avoir obtenu l'Assistance judiciaire.

L'acte d'appel non suivi de dépôt au greffe dans le mois de la signification emporte
déchéance de plein droit.

Une Ordonnance de constat de déchéance est délivrée par le Premier Président de la Cour
d'Appel dans les huit (8) jours suivant la saisie.

Le recours contre cette Ordonnance se fait devant le Président de la Cour suprême qui statue
dans les quinze (15) jours de sa saisine par Ordonnance non susceptible de recours.

Au jour fixé pour l'audience, si l'affaire est enrôlée, elle est obligatoirement appelée.

Lorsque les Parties ont manifesté le désir de ne pas plaider ou si l'intimé, bien que touché par
l'assignation, ne se présente pas, ni personne pour lui, l'affaire est jugée sur pièces. Dans le cas
contraire, les Parties sont entendues en leurs explications.

L'affaire ne peut être renvoyée qu'une seule fois pour motif grave.

Toutefois, les Parties peuvent, par requête adressée au Président de la Chambre saisie, obtenir
l'évocation de l'affaire avant le terme du délai ou la date de l'audience fixée.
La Partie qui en fait la demande doit en avertir l'autre dans les trois (3) jours par exploit
d'huissier. Faute de quoi, la date initiale d'audience est maintenue. Après clôture des débats,
l'affaire est mise en délibéré pour Arrêt être rendu.

Si à l'audience de renvoi des Parties ne sont pas en mesure de plaider, la Cour passe outre et
l'appel est jugé sur pièces.

Si la Cour estime que l'appel n'est pas en état d'être jugé, elle commet un conseiller qui sera
chargé de la mise en état du dossier. Il ne peut être formé en cause d'appel aucune demande
nouvelle à moins qu'il ne s'agisse de compensation, ou que la demande nouvelle ne soit une
défense à l'action principale.

Les Parties peuvent aussi demander des intérêts, arrérages, loyers et autres accessoires échus
depuis le jugement dont est appel et des dommages-intérêts pour le préjudice souffert depuis
ce jugement.

Ne peut être considérée comme demande nouvelle, la demande procédant directement de la


demande originaire et tendant aux mêmes fins bien que se fondant sur des causes ou des
motifs différents.

Les règles édictées pour la procédure devant les Tribunaux de Première Instance sont
applicables aux instances d'appel, tant devant la Cour que devant le conseiller chargé de la
mise en état, dans la mesure où elles ne sont pas contraires aux dispositions ci-dessus.

Articles 42, 165, 171, 174, 175 et 176 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant
Code de Procédure Civile, Commerciale et Administrative

Article 166 de la loi n° 93-670 du 9 août 1993 modifiant et complétant la loi n° 72-883 du
21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et Administrative

Articles 172 et 173 de la loi n° 97-516 du 4 septembre 1997 modifiant et complétant la loi
n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et
Administrative, modifiée par les lois n° 78-663 du 5 août 1978 et n° 93-670 du 9 août 1993

Quels sont les effets de l’appel ?

L'appel a pour effet de remettre la cause en l'état où elle se trouvait avant la décision
entreprise.

Il n'a d'effet qu'à l'égard de la Partie qui l'a interjeté et de celle contre qui il a été formé et la
Juridiction d'appel ne peut statuer que sur les chefs critiqués par l'appelant.

Toutefois, et par exception aux dispositions ci-dessus :

 en cas d'indivisibilité, l'appel de l'une des Parties condamnées en Première Instance


profite aux autres et l'appel formé contre l'une des Parties ayant obtenu gain de cause
en Première Instance, est opposable aux autres,
 en cas de solidarité, l'appel d'un des coobligés profite aux autres s'il est fondé sur des
moyens résultant d'une circonstance commune à tous les coobligés,
 en cas de garantie et s'il existe entre l'action principale et l'action de garantie, un lien
de connexité, l'appel du garant profite au garanti et réciproquement.

Dans tous les cas visés ci-dessus, l'appel ne profite ou n'est opposable aux Parties autres que
celles figurant dans l'acte d'appel, que dans la mesure où elles-mêmes sont intervenues ou
ont été appelées ultérieurement en cause d'appel.

Articles 177, 178 et 179 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de
Procédure Civile, Commerciale et Administrative

Un appel peut-il suspendre l'exécution d’un jugement ?

Oui. Sauf disposition contraire de la loi, l'appel interjeté dans le délai légal est suspensif, à
moins que l'exécution provisoire ait été ordonnée. L'exécution des jugements, qualifiés à tort
en dernier ressort, et celle des jugements pour lesquels l'exécution provisoire a été ordonnée
hors des cas ou conditions prévues par la loi, ne peut être suspendue qu'en vertu de défenses
obtenues.

Lorsque le premier juge a omis de statuer sur la demande d'exécution provisoire parce qu’il
s’agit :

 de contestation entre voyageurs et hôteliers ou transporteurs,


 d'un jugement nommant un séquestre ou prononçant une condamnation à caractère
alimentaire,
 d'un jugement allouant une provision sur des dommages-intérêts en réparation d'un
préjudice non encore évalué, à la condition que ce préjudice résulte d'un délit ou d'un
quasi-délit dont la Partie succombante a été jugée responsable,
 de tous les autres cas présentant un caractère d'extrême urgence.

La Cour saisie de l'appel pourra l'ordonner sur simples conclusions et avant tout examen au
fond.

Egalement, si le bénéficiaire du jugement a sur simple requête demander au Président de la


Juridiction qui a statué de prononcer l'exécution provisoire parce qu'il l'aurait omis et si ce
dernier ne l'a pas fait, la Cour saisie de l'appel, ordonnera l'exécution provisoire, même
d'office avant tout examen au fond.

Dans le cas autre que celui prévu ci-dessus, la décision ordonnant l'exécution provisoire peut
être subordonnée à la consignation préalable dans un compte ouvert par le greffier en Chef
dans un établissement ou un Organisme financier public lorsqu'il en existe au siège de la
Juridiction du quart du montant de la condamnation.

Pour obtenir la suspension de l'exécution des jugements qualifiés à tort en dernier ressort, et
celles des jugements pour lesquels l’exécution provisoire a été ordonnée, l'appelant doit
présenter au Premier Président de la Cour d'Appel une requête motivée à laquelle seront
joints, sauf si ces pièces figurent déjà au dossier d'appel, une expédition de la décision frappée
d'appel, soit une copie de l'acte d'appel, soit un certificat du greffier qui a rendu la déclaration
d'appel dans les conditions exigées par les présentes dispositions.
Une copie de la requête, avec les pièces sus énumérées, est adressée au Procureur général près
la Cour d'Appel.

Le Premier Président de la Cour d'Appel saisi peut en dépit de l'exécution provisoire, sur
réquisitions du Procureur général, décider dans les huit (8) jours qu'il soit sursis ou non à
l'exécution des jugements frappés d'appel ou des Ordonnances de référé lorsque ladite
exécution est de nature à troubler l'ordre public ou doit entraîner un préjudice irréparable ou
des conséquences manifestement excessives.

Si le Premier Président fait droit à la requête aux fins de suspension des poursuites, celles-ci
demeurent suspendues jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond par la Cour d'Appel.

Le Premier Président de la Cour d'Appel pourra, après réquisitions du Procureur général


subordonner la suspension des poursuites au versement d'une somme ne pouvant être
inférieure au quart (1/4) du montant de la condamnation.

Le non-paiement de cette somme dans le délai de huit (8) jours entraîne la continuation des
poursuites.

La somme est consignée dans un établissement ou un Organisme financier public lorsqu'il en


existe dans le ressort territorial de la Cour d'Appel dont le Président est saisi.

Si le jugement est confirmé, l'exécution appartiendra au Tribunal qui l'a rendu.

Si le jugement est infirmé en totalité, l'exécution entre les mêmes Parties appartiendra à la
Juridiction d'appel.

En cas d'infirmation partielle, la Juridiction d'appel pourra soit retenir l'exécution, soit
renvoyer au Tribunal par elle indiqué, sauf dans le cas où des dispositions spéciales
attribueraient compétence à une Juridiction déterminée.

Lorsqu'un jugement exécutoire par provision est infirmé en tout ou en partie, la Juridiction
d'appel doit ordonner la restitution de ce que l'appelant a payé ou livré en exécution de la
décision attaquée.

Si elle a omis de le faire, la Juridiction d'appel peut réparer son omission, soit d'office, soit à
la demande de toute Partie intéressée.

Articles 146, 148, 182 et 183 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de
Procédure Civile, Commerciale et Administrative

Articles 180 et 181 de la loi n° 97-516 du 4 septembre 1997 modifiant et complétant la loi
n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et
Administrative, modifiée par les lois n° 78-663 du 5 août 1978 et n° 93-670 du 9 août 1993
TITRE VIII : LES VOIES DE RECOURS EXTRAORDINAIRES

Quelles sont les voies de recours extraordinaires ?

Les voies de recours extraordinaires sont composées :


 des demandes d’interprétation et de rectification,
 de la tierce opposition,
 de la demande en révision,
 du pourvoi en cassation,
 du règlement des litiges,
 de la prise à partie.

Une partie peut-elle demander l'interprétation des termes d'un jugement au juge qui l'a
rendu ?

Oui. Le jugement dont les termes sont obscurs ou ambigus peut être interprété par le juge qui
l'a rendu à condition qu'il ne soit pas porté atteinte à l'autorité de la chose jugée et que
l'interprétation demandée présente un intérêt pour la Partie qui l'a sollicitée.

Article 184 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,
Commerciale et Administrative

Que doit-on faire lorsqu’un jugement comporte des fautes d'orthographes ou des
erreurs matérielles ?

Les fautes d'orthographes, les omissions, les erreurs matérielles de nom et prénoms, de calcul
et autres irrégularités évidentes de même nature qui peuvent se trouver dans la minute d'une
décision de Justice, doivent toujours être rectifiées, d'office ou sur requête par simple
Ordonnance du Président de la Juridiction qui statue, à condition que la rectification
demandée ne soit pas un moyen détourné de modifier le jugement et porter atteinte à l'autorité
de la chose jugée.

La décision qui ordonne une rectification est mentionnée sur la minute et sur les expéditions
qui auraient pu être délivrées.

Si le jugement est frappé d'appel, la Juridiction d'appel est compétente pour connaître de
l'interprétation ou de la rectification.

Les demandes en interprétation ou en rectification sont introduites et jugées selon les voies
ordinaires.

Articles 185 et 186 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure
Civile, Commerciale et Administrative

En quoi consiste la tierce opposition ?

La tierce opposition est une voie de recours par laquelle une personne autre que les Parties
engagées dans l'instance, peut attaquer une décision qui lui cause préjudice et demander à la
Juridiction qui l'a rendue d'en supprimer les effets en ce qui la concerne personnellement.
Lorsqu'une tierce opposition intervient dans le cours d'une instance contre une décision dont
l'une des Parties entend se prévaloir contre l'autre, la Juridiction devant laquelle cette instance
est pendante peut, suivant les circonstances passer outre ou surseoir à statuer jusqu'à ce que
celle qui a rendu la décision attaquée se soit prononcée sur le bien fondé de cette voie de
recours.

Articles 187 et 188 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure
Civile, Commerciale et Administrative

Quelle est la condition pour qu’une tierce opposition soit recevable ?

La tierce opposition est recevable tant que le droit sur lequel elle se fonde n'est pas éteint.
Elle peut être dirigée contre toute décision, quelle que soit la nature et quelle que soit la
Juridiction qui l'a rendue, même si elle a été exécutée.

La tierce opposition est formée et suivie selon les règles ordinaires applicables devant la
Juridiction saisie.

Articles 189 et 190 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure
Civile, Commerciale et Administrative

La consignation d'une somme d'argent est-elle exigée du tiers opposant ?

Oui. Le tiers opposant doit consigner la somme de cinq mille (5 000 F) CFA, montant de
l'amende à laquelle il serait condamné, si son recours est rejeté ainsi que tous droits dont la
consignation est prévue par la loi.

Sont dispensés de cette consignation :

 l'Etat,
 les bénéficiaires de l'Assistance judiciaire.

Article 190 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,
Commerciale et Administrative

La tierce opposition suspend-elle la décision attaquée ?

Non. La tierce opposition ne suspend pas l'exécution de la décision attaquée, sauf s'il en est
décidé autrement par le juge des référés.

La tierce opposition a pour effet un nouvel examen de l'affaire. Elle ne profite aux Parties
condamnées que dans le cas où l'objet du litige est indivisible.

Si la tierce opposition est rejetée, le tiers opposant est condamné à l'amende consignée sans
préjudice, le cas échéant de tous dommages-intérêts.

Si le tiers opposant se désiste de sa demande, le Tribunal peut ne pas le condamner à l'amende


et ordonner la restitution de la somme consignée.
Article 191, 192 et 193 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de
Procédure Civile, Commerciale et Administrative

En quoi consiste la demande en révision ?

La demande en révision est la voie de recours ouverte aux Parties contre les décisions
rendues en dernier ressort, non susceptibles d'opposition, dans le but de les faire rétracter par
les juges qui les ont rendues.

Article 194 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,
Commerciale et Administrative

Dans quels cas peut-il avoir ouverture d'une demande en révision ?

La demande en révision peut être introduite pour les causes ci-après :

 si la décision a été obtenue à la suite de manœuvres mensongères ou dissimulations


frauduleuses pratiquées sciemment par la Partie gagnante et découverte
postérieurement à la décision rendue,
 si l'on a jugé sur pièces et autres preuves reconnues ou déclarées judiciairement
fausses postérieurement à ce jugement alors qu'elles constituaient le motif principal ou
unique de ce jugement,
 si, depuis le jugement, et à une date certaine, l'auteur de cette requête a recouvré des
pièces décisives qui avaient été retenues par le fait de l'adversaire.

Article 195 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,
Commerciale et Administrative

Devant quelle Juridiction une demande en révision peut-elle être formée ?

La demande est formée et suivie devant la Juridiction qui a rendu la décision attaquée, selon
les règles ordinaires applicables à celle-ci.

Article 196 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,
Commerciale et Administrative

Quel est le délai pour former une demande en révision ?

Le délai pour former la demande de révision est de deux (2) mois à partir de la découverte :

 du dol c’est-à-dire des manœuvres frauduleuses pour induire l’autre Partie en erreur,
 ou du jour où le faux a été reconnu ou déclaré,
 ou du jour où la pièce a été recouvrée.

Ce délai est prescrit à peine de déchéance.

Si la Partie condamnée est décédée dans ce délai, les héritiers bénéficiant d'un nouveau délai à
compter du jour de la signification du jugement qui leur sera faite, selon les modalités se
rapportant aux voies d'exécution.
Article 197 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,
Commerciale et Administrative

Une consignation financière est-elle exigée pour une demande en révision ?

Oui. Tout demandeur en révision doit consigner la somme de dix mille Francs (10 000 F)
CFA au titre de l'amende à laquelle il serait condamné si sa requête était rejetée ainsi que tous
droits dont la consignation est prévue par la loi.

Sont dispensés de cette consignation l'Etat et les bénéficiaires de l'Assistance judiciaire.

La demande doit indiquer les moyens invoqués. Il y sera joint une expédition de la décision
attaquée. Le tout à peine de nullité.

Articles 198 et 199 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure
Civile, Commerciale et Administrative

La demande en révision suspend-elle l'exécution de la décision attaquée ?

Non. La demande en révision ne suspend pas l'exécution de la décision attaquée, sauf en


matière d'état des personnes.

La Juridiction saisie examine en premier lieu si les moyens sur lesquels repose la demande
sont fondés.

Dans la négative, la demande est rejetée et la décision attaquée est maintenue.

Dans l'affirmative, la décision attaquée est rétractée dans la limite des chefs critiqués, à
moins que les autres n'en soient dépendants. La Juridiction procède ensuite à un nouvel
examen de fond du litige.

Il peut être statué par une seule et même décision si toutes les Parties ont épuisé leurs moyens.

Articles 200 et 201 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure
Civile, Commerciale et Administrative

Peut-on attaquer un jugement statuant sur une demande en révision par la même voie

Non. Le jugement statuant sur la demande en révision, en la forme ou au fond n'est pas
susceptible d'être attaqué par la même voie. Si la demande est rejetée en la forme ou au fond,
le demandeur est condamné à l'amende, sans préjudice de tous dommages-intérêts.

Si le demandeur se désiste, la Juridiction peut le décharger de l'amende et ordonner la


restitution de la somme consignée.

Articles 202 et 203 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure
Civile, Commerciale et Administrative
En quoi consiste le pourvoi en cassation ?

Le pourvoi en cassation est une voie de recours qui a pour but d'obtenir l'annulation de la
décision attaquée et de remettre les Parties en l'état où elles se trouvaient auparavant.

Seules les décisions rendues en dernier ressort peuvent être annulées sur pourvoi en cassation
formé par la Partie à qui elles font grief, sauf dans les cas où la loi l'interdit formellement.

Articles 204 et 205 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure
Civile, Commerciale et Administrative

Qui peut former un pourvoi en cassation ?

Ne peuvent se pourvoir en cassation que ceux qui ont été Parties à la décision attaquée ou
leurs ayants cause.

Toutefois, si le Procureur général près la Cour d'Appel apprend qu'il a été rendu une décision
contraire aux lois, aux règlements ou aux formes de procéder, contre laquelle, aucune des
Parties ne s'est pourvue dans le délai fixé, ou qui a été exécutée, il en saisit la Cour suprême
après l'expiration du délai ou après l'exécution.

Si la cassation intervient, les Parties ne peuvent s'en prévaloir pour éluder les dispositions de
la décision cassée.

Le Procureur général près la Cour d'Appel sur la réquisition qui lui en sera faite par l'Autorité
supérieure, peut soumettre à la Cour suprême les actes par lesquels les juges excèdent leurs
pouvoirs. La Cour suprême annule ces actes s'il y a lieu et l'annulation vaut à l'égard de tous.

Article 207 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,
Commerciale et Administrative

Dans quels cas il peut avoir ouverture d'un pourvoi en cassation ?

Le pourvoi en cassation n'est ouvert que dans les cas ci-après :

 violation de la loi ou erreur dans l'application ou l'interprétation de la loi,


 incompétence,
 excès de pouvoir,
 violation des formes légales prescrites à peine de nullité ou déchéance,
 contrariété de décisions rendues entre les mêmes Parties relativement au même objet
et sur les mêmes moyens,
 défaut de base légale, résultant de l'absence, de l'insuffisance, de l'obscurité ou de la
contrariété des motifs,
 omission de statuer,
 prononciation sur chose non demandée ou attribution de choses au-delà de ce qui a été
demandé.

Article 206 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,
Commerciale et Administrative
Quel est le délai pour se pourvoir en cassation ?

Le pourvoi doit être formé au plus tard dans le délai d'un (1) mois à compter du jour de la
signification de la décision entreprise, sauf augmentation d'un délai de distance de quinze
(15) jours si le destinataire est domicilié dans un autre ressort et de deux (2) mois s'il demeure
hors du territoire de la République.

Articles 34 et 208 de la loi n° 97-516 du 4 septembre 1997 modifiant et complétant la loi n°


72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et
Administrative, modifiée par les lois n° 78-663 du 5 août 1978 et n° 93-670 du 9 août 1993

Comment doit être formé le pourvoi en cassation ?

Le pourvoi en cassation est formé obligatoirement par acte d'huissier et comporte assignation
à comparaître devant la Cour suprême avec indication de date et heure d'audience.

L'enrôlement doit avoir lieu au plus tard huit (8) jours au moins avant la date d'audience. Le
Procureur général près la Cour suprême fait procéder à l'enrôlement des pouvoirs exercés
avant l'entrée en vigueur de la présente loi.

L'exploit d'huissier par lequel est formé le pourvoi en cassation sauf consentement des Parties
ou abréviation du délai par le juge, en cas d'urgence, doit faire subsister entre le jour de
l'assignation et celui indiqué pour la comparution, un délai de huit (8) jours au moins, si le
destinataire est domicilié dans le ressort de la Juridiction. Ce délai est augmenté d'un délai de
distance de quinze (15) jours si le destinataire est domicilié dans un autre ressort et de deux
(2) mois s'il demeure hors du territoire de la République.

L'exploit d'huissier par lequel est formé le pourvoi en cassation doit contenir obligatoirement :

 la date de l'acte avec l'indication des jour, mois, an et heure,


 le nom du requérant, ses prénoms, profession, nationalité et domicile réel ou élu et le
cas échéant, les nom, prénoms, profession et domicile de son représentant légal ou
statutaire, si le requérant est une personne physique, la date et le lieu de sa naissance,
 le nom de l'huissier de Justice et sa résidence,
 les nom, prénoms, profession et domicile du destinataire et s'il n'a pas de domicile
connu au moment où l'acte est dressé, sa dernière résidence,
 la signature des destinataires ou son refus de l'apposer avec l'indication des motifs,
 le nom de la personne à laquelle l'acte est remis, s'il ne s'agit pas du destinataire,
 la signature de l'huissier sur l'original et la copie,
 le coût de l'acte avec l'indication des émoluments de l'huissier sur les originaux et la
ou les copies,
 l'objet de l’exploit,
 l’élection de domicile,
 l’indication de la Juridiction qui a statué,
 la date de la décision entreprise,
 l’exposé sommaire des faits et moyens du pourvoi.

Est toutefois, pour l'application de la présente disposition, considérée comme signification à


personne, toute assignation faite dans le délai d'un (1) moisau domicile élu par la Partie ou
indiqué par elle dans la décision entreprise.
L'exploit d'huissier mentionne obligatoirement les noms, prénoms, profession du défendeur au
pourvoi, son domicile réel ou élu, à défaut sa dernière résidence connue ou son identification
telle que résultant de la décision entreprise.

S'il s'agit d'une personne morale, l'exploit doit mentionner son nom et la qualité de son
représentant statutaire ou légal, à défaut les indications et mentions résultant de l'arrêt
entrepris. L'Huissier remet ou adresse une copie sans frais de son exploit :

 au greffe de la Juridiction qui a statué,


 au Secrétariat général de la Cour suprême à destination du Parquet général près la
Cour suprême.

Les copies visées ci-dessus sont, dès réception, enregistrées sur deux (2) registres
tenus, le premier par le greffe de la Juridiction qui a statué, le second par le Secrétariat
général de la Cour suprême.

Le greffier de la Juridiction qui a statué transmet, directement au Secrétariat général


de la Cour suprême, le dossier du pourvoi après en avoir côté et paraphé toutes les
pièces, dans la huitaine qui suit :
 soit le dépôt de la requête ou de la copie de l'exploit d'huissier,
 soit de la demande qui lui en est faite par le Secrétariat général de la Cour suprême. Il
enregistre cette demande sur le registre de la Cour suprême.

Le dossier du pourvoi comprend :

 le dossier établi pendant l'enrôlement de l'affaire,


 l'expédition de la décision entreprise,
 la copie de l'exploit ou la requête en cassation et ses copies.

Dans les deux (2) mois, à compter de l'expiration du délai d'un (1) mois, le demandeur au
pourvoi formé par exploit d'huissier doit faire parvenir au Secrétariat général de la Cour
suprême, un mémoire écrit contenant l'exposé des faits et celui des moyens de cassation qu'il
invoque.

Ce mémoire est signé soit par le demandeur au pourvoi, soit s'il s'agit d'une personne morale
ou d'un incapable, par son représentant légal ou statutaire, soit par un Avocat inscrit au
barreau de la Côte d'Ivoire.

La signature par un Avocat vaut constitution et élection de domicile. Il est joint autant de
copies que de Parties en cause.

Le demandeur au pourvoi formé par requête peut, dans les délais et les conditions exigés,
compléter sa requête en cassation du mémoire ampliatif prévus ci-dessus.

Le mémoire prévu ci-dessus supplée dans tous les cas et en tant que besoin aux insuffisances
de la requête ou de l'exploit.

Les formes de procéder devant la Cour suprême sont applicables pour le surplus.
Articles 42, 213 et 246 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure
Civile, Commerciale et Administrative

Articles 211 et 212 de la loi n° 78-663 du 5 Août 1978 déterminant la composition,


l’organisation, les attributions et le fonctionnement de la Cour suprême

Articles 34, 208, 209 et 210 de la loi n° 97-516 du 4 septembre 1997 modifiant et complétant
la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et
Administrative, modifiée par les lois n° 78-663 du 5 août 1978 et n° 93-670 du 9 août 1993

Le pourvoi en cassation suspend-il la procédure ?

Non en principe. Cependant, les recours en cassation ne sont suspensifs que dans les cas
suivants :

 en matière d'état de personnes,


 quand il y a faux incident,
 en matière d'immatriculation foncière et d'expropriation forcée.

En cas de pourvoi en une matière où cette voie de recours n'est pas suspensive, le Président de
la Cour suprême ou le Vice-président spécialement désigné peut ordonner, qu'il soit sursis à
l'exécution des Arrêts rendus par les Cours d'Appel ou des jugements rendus en dernier ressort
lorsque ladite exécution est de nature à troubler l'ordre public ou entraîner un préjudice
irréparable ou la consignation dans un Organisme financier public, d'une somme ne pouvant
être inférieure au quart (1/4) de la condamnation.

Lorsque la condamnation est pécuniaire, l'examen de la requête aux fins de surseoir à


l'exécution des Arrêts ou jugements adressée au Président de la Cour suprême peut être
subordonné à la consignation préalable, dans un établissement ou un Organisme financier
public, d'une somme ne pouvant être inférieure au quart (1/4) de la condamnation.

Le Président est saisi par voie de requête, il est joint à la requête :

 une expédition de la décision attaquée ou la reproduction sur la foi des mentions de


celle-ci,
 l'exploit de pourvoi en cassation.

La requête ainsi que les pièces susvisées sont déposées au Secrétariat général de la Cour
suprême.

Si le Président autorise la suspension, il fixe à la plus prochaine audience de la Chambre


compétente, l'examen de la demande afin qu'il soit statué sur la continuation des poursuites.
Dans ce cas, la date de l'audience doit être signifiée par le demandeur au défendeur huit (8)
jours avant celle-ci, à peine d'irrecevabilité de la demande de suspension.

Si la demande de suspension des poursuites n'a pas été enrôlée, les poursuites sont
automatiquement reprises.
Article 214 de la loi n° 97-516 du 4 septembre 1997 modifiant et complétant la loi n° 72-
833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et
Administrative , modifiée par les lois n° 78-663 du 5 août 1978 et n° 93-670 du 9 août 1993

En quoi consiste le règlement de juges ?

Le règlement de juges est la décision par laquelle la Cour suprême détermine laquelle de
plusieurs Juridictions doit connaître d'une affaire

Article 215 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,
Commerciale et Administrative

Dans quel cas s'ouvre un règlement de juges ?

Il y a lieu à règlement de juges dans les cas ci-après :

 lorsque plusieurs Tribunaux de même degré se sont déclarés compétents à l'occasion


d'un même litige par des jugements ayant acquis force de chose jugée,
 lorsque plusieurs Tribunaux de même degré se sont déclarés incompétents à
l'occasion d'un même litige par des jugements ayant acquis force de chose jugée.

La procédure à suivre en cette matière est celle réglée par la loi sur la Cour suprême.

Article 216 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,
Commerciale et Administrative

En quoi consiste la prise à partie ?

La prise à partie est une procédure par laquelle un plaideur peut, dans les cas prévus ci-
dessous, agir en responsabilité civile contre un magistrat, en vue d'obtenir contre celui-ci, une
condamnation à des dommages-intérêts.

Article 217 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,
Commerciale et Administrative

Dans quels cas les juges peuvent-ils être pris à partie ?

Les juges peuvent être pris à partie :

 s'il y a dol, fraude, concussion ou faute lourde professionnelle commis soit au cours de
l'instruction, soit lors des décisions,
 si la prise à partie est expressément prévue par une disposition législative,
 s'ils refusent de juger sous prétexte du silence, de l'obscurité ou de l'insuffisance de la
loi.

L'Etat est civilement responsable des condamnations en dommages-intérêts prononcées à


raison de ces faits contre les magistrats, sauf son recours contre ces derniers.

Article 218 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,
Commerciale et Administrative
Comment introduit-on une prise à partie ?

La prise à partie est introduite au moyen d'une requête signée du demandeur, de son
représentant légal ou de son mandataire et déposée selon le cas au greffe de la Cour d'Appel
ou au Secrétariat général de la Cour suprême.

Article 219 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,
Commerciale et Administrative

Que se passe-t-il après le dépôt de la requête de prise à partie ?

Dès le dépôt de la requête de prise à partie, il est procédé à une instruction sur les faits
dénoncés, par le Président ou l'un des conseillers, qu'il aura désigné.

Le magistrat pris à partie est entendu ainsi que le demandeur, le résultat de l'instruction leur
est communiqué et un délai de quinze de (15) jours leur est accordé pour leur permettre de
présenter leurs mémoires.

La Cour suprême statue comme il est dit dans la loi sur la Cour suprême. La Cour d'Appel, au
jour fixé pour l'audience, si l'affaire est enrôlée, elle est obligatoirement appelée.

Lorsque les Parties ont manifesté le désir de ne pas plaider ou si l'intimé, bien que touché par
l'assignation, ne se présente pas, ni personne pour lui, l'affaire est jugée sur pièces. Dans le cas
contraire, les Parties sont entendues en leurs explications.

L'affaire ne peut être renvoyée qu'une seule fois pour motif grave.

Toutefois, les Parties peuvent, par requête adressée au Président de la Chambre saisie, obtenir
l'évocation de l'affaire avant le terme du délai ou la date de l'audience fixée.

La Partie qui en fait la demande doit en avertir l'autre dans les trois (3) jours par exploit
d'huissier. Faute de quoi, la date initiale d'audience est maintenue.

Après clôture des débats, l'affaire est mise en délibéré pour Arrêt être rendu. Si à l'audience de
renvoi les Parties ne sont pas en mesure de plaider, la Cour passe outre et l'appel est jugé sur
pièces.

Si la requête est rejetée le demandeur est condamné à une amende civile de vingt mille Francs
(20 000 F) CFA, sans préjudice de tous dommages-intérêts qui peuvent être attribués au
magistrat. Si la prise à partie est reconnue fondée, le magistrat est condamné aux
dommages-intérêts et aux dépens et les actes par lui accomplis y compris la décision, si elle a
été rendue, sont annulés.

Articles 219 et 220 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure
Civile, Commerciale et Administrative

Article 173 de la loi n° 97-516 du 4 septembre 1997 modifiant et complétant la loi n° 72-
833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et
Administrative, modifiée par les lois n° 78-663 du 5 août 1978 et n° 93-670 du 9 août 1993
TITRE X : LES ACTES DES GREFFIERS ET DES HUISSIERS DE JUSTICE

Comment doivent se présenter les actes des greffiers ?

Les actes des greffiers sont ceux qu’ils dressent seuls, dans les cas prévus par la loi. Ainsi :

 les procès-verbaux de dépôt de greffe. Ils sont dressés sur-le-champ par le greffier qui
en conserve minute. Ils sont datés et ils contiennent les nom et qualités du greffier
rédacteur, le nom, prénoms et domicile de la Partie requérante ou déclarante et toutes
les mentions spéciales à la nature de chaque acte. Ils sont signés par le greffier et la
Partie, si elle ne sait, il en est fait mention. Les procès-verbaux sont inscrits sur le
répertoire spécialement prévu à cet effet. Ce sont des actes authentiques qui font
preuve jusqu’à inscription de faux,

 les convocations. Elles sont adressées par lettre recommandée avec demande d’avis de
réception. Elles peuvent être transmises également chaque fois que cela est nécessaire
par la voie administrative. Un récépissé est alors signé du destinataire. Dans les cas
d’urgence, elles peuvent être exceptionnellement faites par télégramme dont
l’expédition sera justifiée par reçu. Les convocations contiennent mention des noms,
prénoms et domiciles des Parties ou de toute personne concernée, les dates, heures et
lieux pour lesquels elles sont faites ainsi que leur objet,

 les notifications. Elles sont délivrées dans les formes prévues pour les convocations.
Elles contiennent les noms, qualités et domiciles des Parties. Il y est joint la copie de
la décision notifiée.

Articles 240, 241, 242, 243, 244 et 245 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant
Code de Procédure Civile, Commerciale et Administrative

Quelles sont les mentions qui doivent figurer dans les exploits des huissiers de Justice ?

Les exploits dressés par les huissiers de Justice contiennent notamment :

 la date de l’acte avec l’indication des jour, mois, an et heure,


 le nom du requérant, ses prénoms, profession, nationalité et domicile réel ou élu, et le
cas échéant, les nom, prénoms, profession et domicile de son représentant légal et
statutaire. Si le requérant est une personne physique, la date et le lieu de sa naissance,
 le nom de l’huissier de Justice et sa résidence,
 les nom, prénoms, profession et domicile du destinataire, et s’il n’a pas de domicile
connu au moment où l’acte est dressé, sa dernière résidence,
 la signature du destinataire ou son refus de l’apposer avec l’indication des motifs,
 le nom de la personne à laquelle l’acte est remis, s’il ne s’agit pas du destinataire,
 la signature de l’huissier sur l’original et la copie,
 le coût de l’acte avec l’indication des émoluments de l’huissier sur les originaux et la
ou les copies,
 l’objet de l’exploit.

Article 246 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,
Commerciale et Administrative
Comment se fait la remise des exploits des huissiers de Justice ?

L’huissier de Justice doit, en toute occasion, s’efforcer de délivrer l’exploit à la personne


même qu’il concerne. Il doit, dans tous les cas, mentionner sur l’exploit ses diligences ainsi
que les réponses faites à ses différentes interpellations.

Lorsque l’huissier de Justice trouve au domicile indiqué dans l’exploit, la personne qu’il
concerne, il lui en remet une copie.

Si cette personne est absente de son domicile, l’huissier de Justice interpelle la personne
présente audit domicile sur ses nom, prénoms et qualité, ainsi que sur la durée de l’absence de
l’intéressé et sur le lieu où celui-ci peut être trouvé.

Si ce lieu est compris dans le ressort pour lequel l’huissier a compétence, il s’y transporte et
remet la copie de l’exploit à la personne qu’il concerne.

Si le lieu où l’intéressé peut se trouver est situé hors de la compétence de l’huissier de Justice,
ou si la personne présente au domicile déclare ne pas connaître l’adresse à laquelle peut être
touché l’intéressé la copie de l’exploit est remise à la personne présente au domicile.

Cette copie est délivrée sous enveloppe fermée portant comme seules indications, d’un côté
les nom, prénoms, adresse de l’intéressé et de l’autre le cachet de l’étude de l’huissier apposé
sur la fermeture du pli.

Il en est de même dans le cas visé ci-dessus, si l’intéressé n’est pas trouvé au lieu qui avait été
indiqué à l’huissier.

Dans ces hypothèses, l’huissier avise sans délai de cette remise la Partie que l’exploit
concerne, par lettre recommandée, avec demande d’avis de réception.

Articles 247, 248, 249 et 250 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de
Procédure Civile, Commerciale et Administrative

Qu’est-ce qui se passe lorsque l’intéressé ne veut pas réceptionner l’exploit de l’huissier
de Justice ?

Si l’huissier ne trouve personne au domicile de celui que l’exploit concerne ou si la personne


qui s’y trouve ne peut ou ne veut recevoir l’exploit, il vérifie immédiatement l’exactitude de
ce domicile.

Lorsque le domicile indiqué est bien celui de l’intéressé, l’huissier mentionne dans l’exploit
ses diligences et constatations, puis il remet une copie de cet exploit dans les formes visées
dans les présentes dispositions au chef de village ou au chef de quartier, ou au concierge ou
gérant d’immeuble collectif, ou à défaut à la mairie, en la personne du maire ou d’un adjoint,
au conseiller municipal délégué ou au secrétaire de mairie, et, dans les localités où il n’y a pas
de maire au sous-préfet ou à son secrétaire.

Il avise sans délai de cette remise la Partie que l’exploit concerne, par lettre recommandée
avec demande d’avis de réception, en l’informant qu’elle doit retirer la copie de l’exploit à
l’adresse indiquée, dans les moindres délais.
Si la personne visée dans l’exploit a quitté son domicile et si son nouveau domicile ou sa
résidence actuelle sont inconnus, la signification est faite au Parquet du dernier domicile
connu, en la personne du Procureur de la République ou de son substitut, lequel visera
l’original et fera rechercher le destinataire aux fins de remise de l’acte, s’il le retrouve.

Si la personne visée par l’exploit n’a ni domicile, ni résidence, ni lieu de travail connus,
l’huissier de Justice remet copie de l’exploit au Parquet près le Tribunal où la demande est
portée, en la personne du Procureur de la République ou de son substitut, dans les conditions
visées ci-dessus.

Si la personne visée par l’exploit habite à l’étranger, l’huissier de Justice remet une copie de
l’exploit au Parquet du domicile du demandeur, en la personne du Procureur de la République
ou de son substitut, lequel vise l’original, et en envoie la copie au ministère des Affaires
étrangères aux fins de remise au destinataire par la voie diplomatique, sauf dérogations
prévues par les conventions en matière d’entraide judiciaire.

Sont assignés :

 l’Etat, conformément aux dispositions réglementaires en vigueur,


 les établissements publics, les sociétés d’Etat et d’économie mixte en leurs bureaux en
la personne d’un chef de service,
 les communes en la personne ou au domicile du maire, de ses adjoints ou du secrétaire
général,
 les sociétés de commerce, jusqu’à la liquidation définitive, en leur siège social et, s’il
n’y en a pas, en la personne ou au domicile de leurs associés,
 les unions de créanciers en la personne ou au domicile de l’un des syndics,
 les personnes morales de Droit privé, autres que les sociétés de commerce, en la
personne de leur représentant.

Articles 251, 252, 253, 254 et 255 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de
Procédure Civile, Commerciale et Administrative

Quelles sont les significations juridiques des termes « minute », « brevet », « grosses » et
« extrait » ?

Est qualifié de « minute », l’original d’un jugement, d’un Arrêt, d’une Ordonnance, ou de tout
autre acte public établi en la forme authentique, que l’Officier public ou ministériel compétent
garde en sa possession pour en assurer la conservation et en délivrer des grosses, expéditions,
copies ou extraits.

Est réputée « minute », le second original conservé par les huissiers de Justice.

Est qualifié de « brevet », l’acte authentique dont l’original est délivré directement aux Parties
dans les cas où la loi le prévoit.

La reproduction littérale des « minutes » est qualifiée copie simple lorsqu’elle n’est ni signée,
ni certifiée conforme à l’original, ni revêtue du sceau de l’Officier public ou ministériel. Elle
ne vaut qu’à titre de renseignements.
Elle est qualifiée « expédition » lorsqu’elle est certifiée conforme à l’original par l’officier
public ou ministériel, signée par celui-ci et revêtue de son sceau.

Est qualifiée de « grosse », l’expédition revêtue de la formule exécutoire.

Est qualifié « extrait », la copie partielle de l’analyse de l’un des actes visés ci-dessus,
délivrée par le dépositaire de la « minute ». En aucun cas, un extrait ne peut être revêtu de la
formule exécutoire.

La forme des « grosses », « expéditions », « copies » ou « extraits » et l’emploi des divers


moyens de reproduction pour les obtenir sont fixés par Décret.

La reproduction littérale des « minutes » sous la forme de « grosses », « expéditions »,


« copies » ou « extraits » est toujours collationnée avec le document reproduit sous la
responsabilité de celui qui l’établit.

La formule exécutoire à apposer sur les « minutes » ou les « grosses » des décisions de Justice
ou des actes en la forme authentique est ainsi intitulée, lorsque le titre doit être exécuté contre
des personnes de Droit privé.

La formule exécutoire est dans tous les cas signée du greffier ou du notaire dépositaire de la
« minute », revêtue du sceau de la Juridiction ou de l’étude. Il y est fait mention de la date de
sa délivrance et de la personne à qui le titre est remis.

La reproduction littérale de toutes pièces autres que les actes visés par les présentes
dispositions, est qualifié copie simple, lorsqu’elle n’est ni signée, ni certifiée conforme, ni
revêtue du sceau de l’officier public ministériel.

Elle est qualifiée copie certifiée, lorsqu’elle est certifiée conforme à l’original par l’Officier
public ou ministériel, signée par celui-ci et revêtue de son sceau.

Les greffiers en chef sont tenus de délivrer expédition ou copie des actes dont ils doivent
conserver la « minute », à quiconque en fait la demande, sans Ordonnance de justice sauf si la
loi en dispose autrement et sous réserve du paiement préalable des droits qui leur sont dus, le
cas échéant.

Toutefois, lorsque les débats préalables à une décision judiciaire se sont déroulés en Chambre
de conseil, il ne peut être délivré aux Parties autres que les intéressés, leurs héritiers ou ayants
droit à titre universel qu’un extrait ne mentionnant que le dispositif de la décision rendue.

Si la décision judiciaire n’a pas été rendue en audience publique, il ne peut être délivré
expédition ou copie qu’aux seuls intéressés, à leurs héritiers ou ayants droit.

Il ne peut être délivré qu’une seule « grosse » d’un même acte ou décision. Toutefois,
lorsqu’il y a plusieurs créanciers, chacun d’eux peut obtenir la délivrance d’une « grosse ».

La Partie qui, avant d’avoir pu faire exécuter la décision rendue à son profit est dans
l’impossibilité de se servir de la « grosse » peut en obtenir une seconde par Ordonnance du
Président du Tribunal du lieu où l’acte a été établi ou la décision rendue.
Elle fera sommation aux autres Parties intéressées d’être présentes à la délivrance qui en sera
faite aux heure et jour indiqués.

Mention sera faite de cette Ordonnance au bas de la seconde grosse.

En marge de la minute, mention est faite par le greffier de la délivrance de toute expédition ou
de toute « grosse » avec la date de la délivrance et le nom de la personne à laquelle elle a été
faite.

Articles 256, 257, 258, 259, 262, 263, 264, 265 et 266 de la loi n° 72-833 du 21 décembre
1972 portant Code de Procédure Civile Commerciale et Administrative
TITRE IX : LES PROCEDURES D'URGENCES

En quoi consiste le référé ?

Le référé fait partie des procédures d'urgence.

C'est une procédure contradictoire grâce à laquelle une Partie peut, dans certains cas, obtenir
des décisions rapides d'un juge qui ne se heurte à aucune contestation sérieuse et qui justifie
l'existence d'un différend.

Devant qui sont portés les cas d'urgence ?

Tous les cas d'urgence sont portés devant le Président du Tribunal de Première Instance ou le
Premier Président de la Cour d'Appel qui a statué ou devant connaître de l'appel ou le
Président de la Cour suprême en cas de pourvoi intenté ou d'Arrêt rendu par l'une des
Chambres de ladite Cour.

Toutefois, les Ordonnances relatives aux difficultés d'exécution d'une décision de Justice et
aux délais de grâce sont rendues sur réquisitions du Procureur de la République ou du
Procureur général près la Juridiction qui a statué.

La requête à laquelle sont annexées les pièces justificatives en double exemplaire est motivée.
Le requérant transmet, par ministère d'huissier, une copie du dossier de sa requête au
défendeur qui est invité à faire valoir, par écrit, ses observations au Parquet saisi dans un délai
de huit (8) jours.

Les recours contre les Ordonnances prises en cette matière par les Présidents des Juridictions
de Première Instance sont portés dans un délai de huit (8) jours à compter de la notification
devant le premier Président de la Cour d’Appel dont ils dépendent, par requête déposée au
greffe.

Les recours contre les Ordonnances prises par les Premiers Présidents des Cours d’Appels
sont portés devant le Président de la Cour suprême par requête déposée au secrétariat de ladite
Cour dans un délai de quinze (15) jours.

Les Ordonnances prises en cette matière par le Président de la Cour suprême sur réquisitions
du Procureur général près ladite Cour ne sont susceptibles d’aucun recours.

Article 221 de la loi n° 97-516 du 4 septembre 1997 modifiant et complétant la loi n° 72-
833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et
Administrative, modifiée par les lois n° 78-663 du 5 août 1978 et n° 93-670 du 9 août 1993

Les Ordonnances de référé peuvent-elles faire grief à une décision rendue par une
Juridiction supérieure ?

Non. Les Ordonnances de référé ne peuvent faire grief à une décision rendue par une
Juridiction supérieure.

Ainsi, les Ordonnances de référé prises dans les matières réglées par une décision d'une
Juridiction supérieure sont de plein droit nulles et de nul effet.
Article 222 de la loi n° 97-516 du 4 septembre 1997 modifiant et complétant la loi n° 72-833
du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et Administrative,
modifiée par les lois n° 78-663 du 5 août 1978 et n° 93-670 du 9 août 1993

Qui exerce les fonctions de juge des référés ?

Les fonctions de juge des référé sont exercées respectivement par :

 le Président du Tribunal de Première Instance ou de la section détachée,


 le Premier Président de la Cour d'Appel,
 ou le Président de la Cour suprême et en cas d'empêchement, par le ou les Vice-
présidents du Tribunal ou de la section détachée par l’un des Présidents de Chambre
de la Cour d'Appel ou par l’un des Vice-présidents de la Cour suprême.

Article 222 de la loi n° 97-516 du 4 septembre 1997 modifiant et complétant la loi n° 72-
833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et
Administrative, modifiée par les lois n° 78-663 du 5 août 1978 et n° 93-670 du 9 août 1993

Comment peut-on exercer une action en référé ?

Les Instances en matière de référé sont introduites par voie d'assignation, sauf comparution
volontaire des Parties.

Toutefois, dans les actions personnelles ou mobilières dont l'intérêt pécuniaire n'excède pas la
somme de cinq cent mille Francs (500 000F) CFA, l'instance peut être introduite par voie de
requête.

Lorsque l'intérêt pécuniaire des actions excède la somme de cent millions de Francs (100 000
000 F) CFA, les Présidents des Juridictions et les Premiers Présidents sont tenus, hormis les
cas de récusation de présider les audiences sans pouvoir déléguer cette prérogative, sous peine
de nullité de la procédure.

En cas d'empêchement des Présidents et Premiers Présidents les rendant indisponibles pour
plus d'un (1) mois, des magistrats désignés par Ordonnance spéciale du Chef de la Juridiction
prennent ces audiences dans les mêmes conditions.

Lorsque l'empêchement est d'une durée inférieure à un (1) mois, le Vice-président du


Tribunal ou le Président du Tribunal ou le Président de Chambre le plus ancien procède au
renvoi de l'affaire.

En toute matière, le montant des dommages intérêts alloué ne peut excéder le montant de la
demande principale.

Une consignation obligatoire fixée conformément à la loi des Finances est exigée.

Ainsi, il est tenu au greffe de chaque Juridiction un registre de rôle général sur lequel sont
inscrites, par voie chronologique, toutes les affaires portées devant cette Juridiction.
L'instance introduite par voie d'assignation oblige, le demandeur au plus tard dans
les quarante huit (48) heures avant l'audience, à déposer l'original au greffe. Le numéro
d'ordre du rôle général sera reproduit en tête des conclusions.

Dès l'enrôlement, il sera établi au greffe de chaque Juridiction, par affaire inscrite, un dossier
qui portera :

 les noms, domiciles des Parties,


 s'il y a lieu les noms des Avocats,
 le numéro et la date de mise au rôle,
 l'objet de la demande,
 et les dates successives de renvoi de l'affaire.

Seront déposés dans ce dossier et côtés par le greffier :

 le récépissé constatant la consignation de la provision au greffe,


 l'original de l'exploit d'assignation ou copie du procès-verbal de dépôt de la requête,
auquel sera jointe, le cas échéant, la requête écrite,
 les conclusions ou notes des Parties ou de leurs conseils avec mention de la date de
leur dépôt,
 les pièces et documents visés par les Parties ou les récépissés constatant leur retrait,
 la copie des décisions prise par le juge de la mise en état,
 la copie des jugements qui seront rendus successivement par la Juridiction et celle des
procès-verbaux et rapports dressés en exécution des jugements ou des décisions rendus
par le juge de la mise en état.

Le dossier sera conservé au greffe de la Juridiction qui aura statué. Toutefois, les pièces et
documents seront restitués aux Parties sur leur demande contre récépissé.

Toutes les copies visées ci-dessus seront établies sur papier libre et sans frais.

Il sera dressé un bordereau sur lequel mention sera faite par le greffier au fur et à mesure de
la date de la remise qui lui en sera faite, du dépôt de chacun des documents mis au dossier ou
du retrait des pièces communiquées.

Hormis le cas d'Assistance judiciaire, le demandeur, son représentant ou son mandataire est
tenu, lors de l'enrôlement, de consigner au greffe de la Juridiction, une somme suffisante pour
garantir le paiement des frais.

Il devra compléter cette provision, si, en cours d'instance, elle se révèle insuffisante. Si cette
insuffisance a pour origine le dépôt de demandes reconventionnelles par le défendeur, le
complément de provision sera fourni par ce dernier. Le versement de la provision est constaté
par récépissé délivré par le greffier.

A défaut de provision suffisante, il n'est pas procédé à l'enrôlement de l'affaire ou il n'est pas
suivi sur la demande reconventionnelle.

Toutes difficultés relatives au montant des provisions sont jugées par le Président de la
Juridiction sur simple requête du greffier, de la Partie en cause, de son représentant ou de son
mandataire.
Si le cas requiert célérité, le défendeur peut être assigné ou convoqué immédiatement sur
autorisation du juge lequel peut statuer même en son hôtel et ce, même un dimanche ou un
jour férié.

Dans les cas de difficultés surgissant au cours d’une opération ou d'une exécution judiciaire,
l'Officier public ou ministériel consigne cette difficulté au procès-verbal et appelle les Parties
devant le juge, Mention de la convocation est faite au procès-verbal dont une copie est remise
aux Parties. Elle vaut assignation.

Dans les deux (2) cas prévus ci-dessus, l'affaire pourra être enrôlée en dépit de l'exigence de
la somme servant de garantie au paiement des frais, sous réserve de régularisation dans le
délai de quarante-huit (48) heures de la mise au rôle.

L'affaire est instruite et jugée en audience publique sauf le cas où le juge statue en son hôtel.
Si l'affaire n'est pas en état d'être jugée immédiatement, le juge ordonne les mesures à
accomplir dans le délai qu'il fixe et convoque verbalement les Parties à l'audience qu'il
désigne.

Le juge des référés statue par Ordonnance. Sa décision ne peut en aucun cas porter préjudice
au principal.

Les Ordonnances de référés doivent contenir les indications ci-après :

 les noms, prénoms, qualité, profession et domicile de chacune des Parties, de leurs
mandataires et de leurs conseils,
 l'objet du litige,
 la mention, le cas échéant, de l'Ordonnance de clôture,
 les motifs, en fait et en droit, précédés d'un résumé des prétentions des Parties,
 le dispositif,
 la date à laquelle, il a été rendu,
 la liquidation des dépens, si elle est alors possible,
 les noms des magistrats qui l'ont rendu et du greffier qui les assistait,
 mention qu'il a été rendu en audience publique ou en Chambre du conseil et que le
ministère Public a été entendu le cas échéant en ses conclusions,
 éventuellement, le nom du représentant du ministère public.

Dans les référés sur procès-verbaux et dans ceux d'extrême urgence qui se tiennent en l'hôtel
du juge, l'Ordonnance est inscrite soit à la suite du procès-verbal, soit à la suite de l'acte
introductif et la minute est remise à la Partie qui l'a obtenue, à charge par elle de la rétablir au
greffe après son exécution.

L'Ordonnance de référé est exécutoire par provision.

L'exécution de cette Ordonnance a lieu sans garantie consistant soit dans la soumission d'une
caution personnelle, soit dans le dépôt d'espèces ou de valeurs dont le Tribunal sur offres du
demandeur, arbitrera le montant et la nature, sauf si le juge en a décidé autrement.

Dans ce cas, la garantie est constituée conformément au Droit commun.


Dans le cas d'extrême d'urgence, le juge peut ordonner l'exécution sur minute et avant
enregistrement.

Article 32 de la loi n° 97-516 du 4 septembre 1997 modifiant et complétant la loi n° 72-833


du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et Administrative,
modifiée par les lois n° 78-663 du 5 août 1978 et n° 93-670 du 9 août 1993

Articles 37, 40, 42, 43, 44, 45, 147, 223, 224, 225 et 226 de la loi n° 72-833 du 21 décembre
1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et Administrative

Articles 41 et 227 de la loi n° 93-670 du 9 août 1993 modifiant et complétant la loi n° 72-
883 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et Administrative

Article 142 de la loi n° 97-517 du 4 septembre 1997 portant modification de la loi n° 72-
833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et Administrative
modifiée par les lois n° 78-663 du 5 août 1978 et n° 93-670 du 9 août 1993

Peut-on exercer un recours contre les Ordonnances en référé ?

Oui. Les recours contre les Ordonnances prises en matière de difficultés d’exécution d’une
décision de justice et aux délais de grâces par les Présidents des Juridictions de Première
Instance sont portés dans un délai de huit (8) jours à compter de la notification devant le
Premier Président de la Cour d'Appel dont ils dépendent, par requête déposée au greffe.

Les recours contre les Ordonnances prises par les Premiers Présidents des Cours d'Appel sont
portés devant le Président de la Cour suprême par requête déposée au Secrétariat de ladite
Cour dans un délai de quinze (15) jours.

Par contre, les Ordonnances prises en cette matière par le Président de la Cour suprême sur
réquisitions du Procureur général près ladite Cour ne sont susceptibles d'aucun recours.

Article 221 de la loi n° 97-516 du 4 septembre 1997 modifiant et complétant la loi n° 72-833
du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et Administrative,
modifiée par les lois n° 78-663 du 5 août 1978 et n° 93-670 du 9 août 1993

L’opposition à une Ordonnance de référé est-elle possible ?

Non. Les Ordonnances de référé ne sont pas susceptibles d'opposition.

Cependant, en cas d'appel, il doit être porté devant la Cour d'Appel dans les formes de Droit
commun.

Le délai d'appel est réduit à huit (8) jours. Le délai entre la date de la signification de l'acte
d'appel et celle fixée pour l'audience est de huit (8) jours au moins, sans pouvoir
excéder quinze (15) jours.

Dans le délai de huit (8) jours à compter de la signification de l'appel, les Parties doivent, à
peine de forclusion, faire parvenir au greffe de la Cour d'Appel :

 les conclusions et pièces dont elles entendent se servir en cause d'appel,


 une déclaration faisant connaître, si elles entendent présenter ou faire présenter devant
la Cour, des explications orales.

Les procédures de référé ne peuvent faire l'objet que d'un seul renvoi.

Article 228 de la loi n° 97-516 du 4 septembre 1997 modifiant et complétant la loi n° 72-
833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et
Administrative, modifiée par les lois n° 78-663 du 5 août 1978 et n° 93-670 du 9 août 1993

Que fait le ministère Public lorsqu'une Ordonnance en référé est de nature à porter
atteinte à l'ordre public ?

Lorsque l'exécution d'une Ordonnance de référé est de nature à porter atteinte à l'ordre public,
notamment économique ou social, le ministère Public peut requérir la suspension de ladite
Ordonnance jusqu'à ce qu'il soit définitivement statué sur le recours intenté contre cette
Ordonnance.

Article 228 de la loi n° 97-516 du 4 septembre 1997 modifiant et complétant la loi n° 72-
833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et
Administrative, modifiée par les lois n° 78-663du 5 août 1978 et n° 93-670 du 9 août 1993

Les Parties peuvent-elles proposer au juge d’évoquer le fond du litige sans nouvelle
assignation ?

Oui. Quelle que soit la décision rendue par le juge des référés, et même avant toute décision,
les Parties peuvent convenir que leur litige sera évoqué au fond, sans nouvelle assignation,
devant la nouvelle Juridiction de Droit commun du même ressort, sauf le cas d'incompétence
d'attribution d'ordre public.

Cet accord résultera suffisamment de la déclaration orale qui sera faite par les Parties ou par
leurs représentants ou conseils et qui sera consignée au registre d'audience. Après renvoi à
date fixe, la procédure est alors suivie sans autre formalité.

Le juge des référés statue sur les dépens si l'instance en référé ne se rattache pas à une
instance principale.

Il les réserve si le référé se rattache à une instance principale déjà intentée ou si l'évocation du
litige est demandée dans les conditions ci-dessus.

Articles 229 et 230 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure
Civile, Commerciale et Administrative

Qu'est-ce qu'une Ordonnance sur requête ?

Une Ordonnance sur requête est une décision que rend un magistrat sur la demande d'une
Partie présentée en la forme d'une requête et sans qu'aucune autre Partie appelée pour y
contredire éventuellement.

Article 231 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,
Commerciale et Administrative
Dans quel cas peut-on obtenir une Ordonnance sur requête ?

Toute requête, non prévue par un texte particulier ou une disposition spéciale, lorsqu'elle tend
à voir ordonner toute mesures propres à sauvegarder les droits et intérêts qu'il n'est pas
permis de laisser sans protection, est présentée au Président du Tribunal de Première Instance
ou à son délégué, ou au juge de section de Tribunal qui y répond à charge de lui en référer, en
cas de difficulté.

La requête doit être présentée par écrit et assortie de toutes justifications.

Articles 231 et 232 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure
Civile, Commerciale et Administrative

Les Ordonnances sur requête ont-elles besoin d'être motivées ?

Non. Les Ordonnances sur requêtes n'ont pas besoin d'être motivées, sauf dans le cas où elles
rejettent la demande.

Lorsqu'elles ne sont pas susceptibles d'appel, elles sont inscrites au bas de la requête et
doivent être revêtues de la signature du magistrat qui les a rendues.

Elles portent le sceau du Tribunal et sont mentionnées séance tenante par le greffier, sur un
registre spécial. Elles sont dispensées de la formalité de l'enregistrement.

Lorsqu'elles sont susceptibles d'appel, elles sont rédigées en forme de minute.

Article 234 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,
Commerciale et Administrative

A partir de quelle période les Ordonnances sur requêtes sont-elles exécutoires ?

Les Ordonnances sur requête sont exécutoires sans délais et le cas échéant par provision.
Le juge peut, en cas d'extrême urgence, statuer en son hôtel sur les requêtes qui lui sont
présentées.

Les Ordonnances ainsi rendues sont exécutoires en dépit de l'inscription du refus d'appel au
bas de la requête et de la signature du magistrat qui les a rendues.

Formalités seront rendues ultérieurement à la diligence du bénéficiaire.

Articles 234, 235 et 236 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de
Procédure Civile, Commerciale et Administrative

Le juge peut-il rétracter l'Ordonnance sur requête qu'il a rendue ?

Oui. Le juge peut, dans tous les cas et après audition des Parties, rétracter les Ordonnances sur
requête qu'il a rendues notamment lorsqu'elles portent atteinte aux droits des tiers.

L'Ordonnance qui statue sur la demande en rétractation est rendue comme en matière de
référés.
Article 237 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,
Commerciale et Administrative

Quel est le délai accordé au bénéficiaire d’une Ordonnance sur requête pour la faire
exécuter ?

L'Ordonnance sur requête non exécutée ou non suivie de l'acte de procédure dont elle est le
préliminaire dans le mois de sa date est considérée comme non avenue.

Une nouvelle Ordonnance peut être sollicitée si les raisons qui ont motivé la première requête
existent encore.

Article 238 de la loi n° 72-833 du 21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile,
Commerciale et Administrative

Une Ordonnance sur requête est-elle susceptible d'appel ?

Oui. Outre les cas prévus par la loi, l'Ordonnance sur requête est susceptible d'appel
lorsqu'elle rejette la requête.

L'appel est formé par requête adressée au Premier Président de la Cour d'appel et déposé au
Secrétariat de celle-ci dans les quinze (15) jours à compter de la date de l'Ordonnance, non
compris les délais de distance.

Est également susceptible d'appel, l'Ordonnance qui statue sur une demande en rétractation.

Article 239 de la loi n° 93-670 du 9 août 1993 modifiant et complétant la loi n° 72-883 du
21 décembre 1972 portant Code de Procédure Civile, Commerciale et Administrative

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