Rapport Togo
Rapport Togo
Togo, 2018-2019
RAPPORT FINAL
Juillet
i 2020
TABLE DES MATIERES
i
4.2. Education ......................................................................................................................45
4.2.1. Scolarisation au primaire .........................................................................................45
4.2.2. Scolarisation au secondaire 1 ..................................................................................45
4.2.3. Scolarisation au secondaire 2 ..................................................................................45
4.2.4. Alphabétisation ......................................................................................................46
4.3. Santé ............................................................................................................................48
4.3.1. Services de santé consultés.....................................................................................48
4.3.2. Personnels de santé consultés .................................................................................49
4.4. Handicap .......................................................................................................................51
4.5. Biens durables ...............................................................................................................52
4.5.1. Possession des biens durables au niveau national .....................................................52
4.5.2. Possession de biens durables selon le milieu de résidence .........................................54
CHAPITRE 5 : PAUVRETE SUBJECTIVE ........................................................................................57
5.1. Pauvreté subjective et pauvreté monétaire ......................................................................57
5.2. Pauvreté subjective et satisfaction des besoins des ménages............................................57
5.3. Principales causes de la pauvreté des ménages ...............................................................59
CONCLUSION ...............................................................................................................................61
BIBLIOGRAPHIE ...........................................................................................................................62
ANNEXES ...................................................................................................................................... vi
ANNEXE A ................................................................................................................................. vi
ANNEXE B ............................................................................................................................... viii
ii
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1.1: Distribution de la consommation alimentaire par tête selon diverses hypothèses sur les
prix pour valoriser les quantités déclarées ....................................................................................... 6
Tableau 1.2 Comparaison loyer effectif et loyer imputé (Lomé, autre urbain et rural) .......................11
Tableau 1.3 : Hypothèses utilisés pour la construction des seuils de pauvreté ..................................12
Tableau 2.1: Indicateurs de la pauvreté monétaire selon le milieu de résidence et la région .............26
Tableau 2.2: Indicateurs de l'extrême pauvreté selon le milieu de résidence et la région ..................29
Tableau 2.3: Mesures des inégalités de dépenses ...........................................................................33
Tableau 4.1: Principaux combustibles utilisés pour la cuisine ...........................................................43
Tableau 4.2 : Taux nets de scolarisation au primaire, secondaire 1 et 2, et alphabétisation ...............47
Tableau 5.1: Répartition des ménages par pauvreté subjective selon la pauvreté monétaire et le
quintile du bien être .....................................................................................................................57
Tableau 5.2: Répartition de ménages n’arrivant pas à satisfaire quelques besoins du ménage selon la
pauvreté subjective ......................................................................................................................59
Tableau B.1: Structure du panier alimentaire national viii
Tableau B.2: Répartition des ménages par pauvreté subjective selon certaines caractéristiques du
chef de ménage .............................................................................................................................x
Tableau B. 3: Principaux indicateurs de la pauvreté monétaire, Togo, 2018 ...................................... xi
Tableau B. 4: Principaux indicateurs de l'extrême pauvreté, Togo, 2018 .......................................... xii
Tableau B. 5: Part de la population et contribution à la pauvreté, Togo, 2018 ................................. xiii
Tableau B. 6: Part de la population et contribution à la pauvreté extrême, Togo, 2018 .................... xiv
Tableau B. 7 : Résultats du modèle de régression, Togo, 2018 ........................................................ xv
Tableau B. 8: Service et personnel de santé consulté, Togo, 2018 ................................................. xvii
Tableau B.9: Proportion (%) des ménages par milieu de résidence, région et certaines caractéristiques
du CM selon les principales causes de la pauvreté des ménages ....................................................xviii
iii
LISTE DES GRAPHIQUES
iv
SIGLES ET ABREVIATIONS
v
INTRODUCTION
Limité au Nord par le Burkina-Faso, au Sud par l’Océan Atlantique, à l’Est par le Bénin et à
l’Ouest par le Ghana, le Togo, pays de l’Afrique occidentale, membre de la CEDEAO et de
l’UEMOA a une superficie de 56 600 km². Sa population, à l’instar des autres pays de
l’Afrique subsaharienne est extrêmement jeune. Evaluée à 2 719 567 habitants en 1981
(RGPH, 1981), cette population est estimée à 7 706 000 habitants en 2020 avec près de 45,0
% des moins de 15 ans. Cette jeunesse de la population induit des rapports élevés de
dépendance, qui réduisent les capacités d'épargne des ménages et contribuent à maintenir la
pauvreté. En revanche, la jeunesse, lorsqu’elle est bien encadrée, constitue un levier potentiel
d'innovations et de progrès à moyen et long terme provoquant la croissance inclusive et le
développement durable.
Depuis 2011, le Togo a connu une croissance économique moyenne de l’ordre de 5% grâce à
la reprise de la coopération internationale, à l’investissement public dans la construction
d’infrastructures économiques, à la promotion de l’emploi, etc. Dans un tel contexte, la
réduction de la pauvreté sera possible si la croissance générée est pro-pauvre.
La lutte contre la pauvreté est l’une des préoccupations majeures de tous les gouvernements et
de certaines organisations tant nationales qu’internationales. Ainsi, éliminer la pauvreté sous
toutes ses formes et partout dans le monde est l’Objectif primordial de développement durable
(ODD1) des Nations Unies. De même, dans son Agenda 2063, l’Union Africaine accorde une
place importante à la lutte contre la pauvreté.
Au Togo, bien que les tendances de la pauvreté soient à la baisse au cours de ces dernières
décennies, passant de 61,7% en 2006 à 55,1% en 2015, la pauvreté demeure une
préoccupation. Ainsi, le Gouvernement togolais a entrepris des actions phares à travers le Plan
national de développement (PND, 2018-2022) dans le but de transformer structurellement
l'économie pour une croissance forte, durable, inclusive, créatrice d'emplois décents.
La dernière étude sur le profil de la pauvreté au Togo remonte à 2015 et a été réalisée à partir
des données de l’enquête « Questionnaire unifié sur les indicateurs de base du bien-être
(QUIBB) ». Elle a permis d’analyser à la fois l’évolution de la pauvreté sur la période de 2006
à 2015 et sa décomposition selon les différentes caractéristiques sociales, démographiques et
les différentes couches au sein de la population. Le défi actuel reste l’actualisation du profil
1
de la pauvreté à partir des données fiables et d’envergure nationale, devant contribuer à
l’évaluation à mi-parcours des différents agendas, notamment le PND, les ODD et l’Agenda
2063.
L’Enquête Harmonisée sur les Conditions de Vie des Ménages (EHCVM) dont l’objectif
principal est de fournir les données pour le suivi et l’évaluation de la pauvreté et des
conditions de vie des ménages dans chacun des pays membres de l’UEMOA, remplace les
enquêtes QUIBB. Ces dernières présentent des insuffisances d’ordre méthodologique et des
limites dans la comparabilité entre pays. Ainsi, les récentes données collectées de l’EHCVM
en 2018 serviront de base de données d’analyse de la nouvelle édition du profil de la pauvreté.
Contrairement à l’édition précédente qui avait fait une analyse comparée des résultats de
QUIBB 2006, 2011 et 2015, la nouvelle édition du profil de la pauvreté ne fait pas de
comparaisons entre 2018 et les années antérieures. Ceci s’explique d’une part, par le fait de la
dissimilitude des questionnaires entres les enquêtes QUIBB et EHCVM et d’autre part, par la
différence dans la méthodologie utilisée pour la construction des agrégats de dépenses entre
ces enquêtes.
La littérature sur la pauvreté est abondante et se caractérise par des approches multiples mais
qui se résument à la pauvreté monétaire et non monétaire. Le présent document, subdivisé en
cinq chapitres, est un rapport d’analyse du profil de la pauvreté 2018 au Togo. Le premier
chapitre présente la méthodologie de l’étude. Les chapitres deux et trois portent
respectivement sur la situation de la pauvreté monétaire et des inégalités et les déterminants
de la pauvreté monétaire. Enfin, les deux derniers chapitres analysent les dimensions non-
monétaires de la pauvreté et la pauvreté subjective.
2
CHAPITRE 1 : METHODOLOGIE DE L’ETUDE
La mesure de la pauvreté consiste à produire des indicateurs de pauvreté à partir des données
d’enquête sur les conditions de vie des ménages. Elle se déroule en plusieurs étapes qui sont :
• la construction d’un indicateur de mesure du bien-être ;
• la construction d’un seuil de pauvreté et
• l’agrégation des données pour produire les indicateurs de pauvreté.
Ce chapitre explicite les choix méthodologiques retenus pour la mesure de la pauvreté à partir
des données de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages (EHCVM).
La première section porte sur la méthodologie qui explique la démarche pour construire
l’agrégat de consommation, l’approche méthodologique pour construire le seuil de pauvreté et
le passage de l’agrégat de consommation à l’indicateur de bien-être en appliquant différents
déflateurs. La définition des concepts et les sources des données sont développées
respectivement dans la deuxième et troisième section. Enfin, quelques différences entre les
QUIBB et l’EHCVM ont été relevées dans la quatrième section.
La consommation alimentaire est mesurée sur les sept jours (période de référence) précédant
le passage de l’agent enquêteur. Elle est la somme de la consommation alimentaire prise dans
le ménage (achats effectués et effectivement consommés, autoconsommation de la production
propre du ménage, cadeaux reçus et effectivement consommés) et des repas pris hors ménage.
La consommation alimentaire prise dans le ménage est annualisée en multipliant les quantités
consommées par 365/7.
Dans cette enquête, les consommations alimentaires dans les ménages sont mesurées en
quantités alors que les repas pris en dehors du ménage sont renseignés en valeurs. La question
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la plus délicate porte alors sur la valorisation de la consommation alimentaire prise dans le
ménage (achat, cadeau et don).
La conception de l’enquête permet de disposer de deux vecteurs de prix : les valeurs unitaires
des produits achetés et les prix relevés sur les marchés des localités de résidence des ménages
échantillon. La première information (les valeurs unitaires), est disponible si le produit a été
acheté dans le ménage au cours des 30 jours précédant la collecte. En effet, quand un produit
a été acheté au cours de cette période, en plus de renseigner la consommation ventilée en
achat, en autoconsommation et en don, le questionnaire renseigne aussi le dernier achat
(quantité achetée et valeur correspondante), ce qui permet de dériver la valeur unitaire
d’acquisition. Dans le cas où le produit a été acheté plus de 30 jours avant le passage de
l’agent enquêteur, la valeur des achats n’est pas renseignée et donc on ne peut pas avoir de
valeur unitaire. Evidemment, si la consommation du produit dans le ménage provient
exclusivement de l’autoconsommation et des dons, on ne dispose pas non plus de valeur
unitaire.
• Trois scénarii sont testés pour valoriser la consommation alimentaire prise dans
le ménage.
Scénario a : on combine les valeurs unitaires et les prix du marché. Pour un produit donné,
quand un ménage a acheté le produit au cours des 30 jours précédant le passage de l’agent
enquêteur, la valorisation de la consommation (y compris l’autoconsommation et les dons s’il
y a lieu) est faite en utilisant la valeur unitaire d’acquisition. Dans ce cas, on n’a généralement
pas besoin de convertir les quantités en unité standard (US) si l’unité d’acquisition et celle de
consommation sont les mêmes, ce qui est arrivé dans deux tiers des cas. Si les unités sont
différentes, il faut procéder à la conversion en US avant de valoriser la consommation.
S’agissant des ménages n’ayant pas acheté le produit au cours des 30 jours précédant la
collecte, la consommation est valorisée à l’aide des prix relevés sur les marchés. La
valorisation par les prix du marché se fait de manière séquentielle. On commence par
valoriser la consommation par le prix moyen calculé sur la région par milieu de résidence ; si
le prix existe à ce niveau géographique pour ce produit, l’exercice s’arrête. Si l’information
est absente au niveau précédent, on utilise le prix moyen calculé au niveau de la Zone agro
écologique (ZAE) par milieu de résidence. Si l’information est toujours absente à ce niveau,
on utilise le prix calculé par milieu de résidence (urbain/rural) au niveau national. Si
l’information est absente au niveau précédent, on utilise le prix moyen de la région, ensuite
4
celui de la ZAE et enfin le prix national. Il est important de souligner que tous les prix sont
calculés par vague. Autrement dit, on n’utilise pas les prix de la première vague pour valoriser
les quantités d’un ménage enquêté lors de la deuxième vague.
Scénario b : on fait exclusivement appel aux prix du marché. Dans ce cas, pour un produit
donné, on commence par valoriser la consommation par le prix moyen calculé sur la région
par milieu de résidence ; si le prix existe à ce niveau géographique pour ce produit, l’exercice
s’arrête. Si l’information est absente au niveau précédent, on utilise le prix moyen calculé au
niveau de la Zone agro écologique (ZAE) par milieu de résidence. Si l’information est
toujours absente à ce niveau, on utilise le prix calculé par milieu de résidence (urbain/rural) au
niveau national. Si l’information est absente au niveau précédent, on utilise le prix moyen de
la région, ensuite celui de la ZAE, et enfin le prix national. Il est bon de relever que comme
précédemment, tous les prix sont calculés par vague. Il est aussi important de noter que si le
choix est fait de valoriser les quantités par les prix de marché, il faut systématiquement faire
appel aux facteurs de conversion des Unités non standard (UNS) en Unités standard (US).
5
deux scénarii (a et c) au niveau de la médiane de la distribution est de l’ordre de 6% au Togo.
Cette différence entre les scénarii b et c est assez élevée (14%).
Tableau 1.1: Distribution de la consommation alimentaire par tête selon
diverses hypothèses sur les prix pour valoriser les quantités déclarées (*)
Dans le ménage
2a 61 861
P25 2b 68 148
2c 60 379
2a 99 018
P50 2b 106 971
2c 93 795
2a 154 846
P75 2b 169 117
2c 147 955
2a 125 096
Moyenne 2b 132 360
2c 120 222
2a 0,795
Coefficient de variation 2b 0,748
2c 0,818
2a 0,301
Part 2b 0,314
2c 0,291
Repas pris à l’extérieur
Moyenne 64867
2a 0,156
Part 2b 0,153
2c 0,157
De ces résultats, il en ressort que l’on a le choix entre d’une part, l’un des scénarii a ou c et
d’autre part, le scénario b. Pour prendre la décision, un bon indicateur est la part que
représente la consommation alimentaire dans la consommation totale, selon que l’on retienne
l’un ou l’autre scénario. La part de la consommation alimentaire, incluant les repas pris hors
ménage était de 52,3% au Togo selon le QUIBB de 2015. Ces statistiques sont compatibles
avec les scénarii a et c, où les parts de consommation alimentaire (incluant les repas pris dans
(*)
2a : on utilise les valeurs unitaires quand il y a achat dans les 30 jours et les prix du marché dans les autres cas
6
le ménage) varient respectivement de 45% à 59% pour le scénario a et de 45% à 53% pour le
scénario c. Du fait que les résultats doivent être harmonisés, il ressort que la part de la
consommation alimentaire est anormalement élevée pour au moins deux pays si l’on retient le
scénario b.
Sur la base de ces deux critères d’évaluation, il est logique de ne pas retenir le scénario b. La
suite des travaux se fait avec les scénarii a et c. Les quantités valorisées étant les mêmes pour
les trois scénarii, la faiblesse du scénario b réside dans la qualité des données sur les prix, qui
ne prennent peut-être pas suffisamment en compte les différences dans la qualité des produits.
L’autre éventuelle difficulté avec le scénario b est l’utilisation des UNS, une autre source de
données qui introduit nécessairement du bruit. Cette remarque va jouer pour le choix entre les
scénarii a et c ; le dernier présente l’avantage de ne pas faire appel aux UNS, c’est lui qui est
retenu.
La consommation prise hors du ménage est renseignée en valeur pour les sept jours précédant
le passage de l’agent enquêteur dans le ménage. Elle est renseignée pour chaque individu
(pour les repas pris individuellement) et pour l’ensemble du ménage pour les repas pris
collectivement par plusieurs membres du ménage. La valeur totale déclarée par le ménage est
annualisée en la multipliant par 365/7.
La valeur renseignée pendant la période de référence est multipliée par un facteur tenant
compte des fréquences, respectivement 365/7, 12, 4, 2 et 1. Le point important est de définir
les biens durables et les dépenses exceptionnelles afin de les exclure dans l’agrégation de la
consommation non-alimentaire.
7
Les biens retenus comme durables sont les moyens de locomotion (voiture, motocyclette,
vélo, etc.), les appareils électro-ménagers (téléviseur, réfrigérateur, congélateur, four, lave-
linge, lave-vaisselle, climatiseur, chaîne de musique, radio, ventilateurs, etc.), les gros
meubles (salon, table à manger et chaises, bibliothèque, autres armoires, etc.), et les appareils
électroniques et d’autres biens (ordinateur, téléphone, téléphone portable, appareils photos,
instruments de musique comme la guitare ou le piano, appareils motorisés de jardinage,
bijoux et montres de valeur, tapis, etc.).
Ces biens sont exclus du calcul de la consommation non-alimentaire car ils feront l’objet du
calcul d’une valeur d’usage. On exclut également les dépenses de fêtes et cérémonies et les
dépenses de pèlerinage qui sont considérées comme dépenses exceptionnelles.
Le seul cas où les dépenses de fêtes sont retenues est celui des dépenses d’habillement et
chaussures, des fêtes religieuses (Noël, Nouvel an, Pâques, fin de Ramadan, Tabaski, autres
fêtes religieuses). La raison de ce choix réside dans le fait que les vêtements acquis pendant
ces fêtes sont une vraie consommation du ménage et non des dépenses de prestige qui sont
des transferts à d’autres ménages.
Il est aussi important de souligner qu’il y a un débat classique de savoir si les dépenses
d’éducation (frais de scolarisation, frais de fournitures, etc.) et de santé (consultation,
examens médicaux, pharmacopée, hospitalisation) sont de l’investissement en capital humain
ou plutôt de la consommation. Le choix a été fait de les inclure, comme cela a toujours été
l’habitude dans les Etats membres de l’UEMOA. Néanmoins les dépenses pour les appareils
médicaux thérapeutiques (béquilles, chaises roulantes, prothèses dentaires, lunettes médicales
etc.) sont exclues de l’agrégat de consommation. En fait, même s’il fallait les y inclure, ce
serait plutôt comme des biens durables.
Les biens durables sont ceux qui rendent des services au ménage sur une longue période après
leur acquisition. Pour ces biens, on considère que c’est l’usage qu’on en fait qui est de la
consommation du ménage. Il faut donc estimer cette consommation que l’on appelle valeur
d’usage. Les biens retenus comme durables ont été définis ci-dessus. De plus, les biens
immobiliers (terrains, immeubles) et les biens orientés principalement vers un usage de
production économique (pirogues et hors-bords, fusil de chasse) sont ignorés.
8
Pour les biens retenus comme durables, la valeur d’usage est fonction de la valeur
d’acquisition, de l’âge du bien, du taux d’inflation, du taux d’intérêt réel et de l’amortissement
économique (dépréciation). La valeur d’acquisition et l’âge du bien ont été renseignés pendant
l’enquête ; on a pris pour tous les biens durables un taux d’inflation annuel d’un pour cent et
un taux d’intérêt réel de deux pour cent, la seule inconnue est le taux de dépréciation. Pour
chaque bien et pour chaque ménage possédant le bien, si on appelle vrempla la valeur du bien
au coût de remplacement, vacqui, la valeur d’acquisition et age l’âge du bien en années
révolues, la formule pour le calcul du taux de dépréciation (depret) est la suivante :
Ensuite on calcule le taux de dépréciation médian (mdpret) du bien pour l’ensemble des
ménages. Enfin, si on appelle s12q03 le nombre de biens d’un type donné possédé par le
ménage, s12q08 le prix d’acquisition du dernier, la valeur d’usage d’un bien donné (depan)
est obtenue en appliquant la formule ci-dessous :
La somme de cette variable (depan) pour l’ensemble des biens possédés par un ménage
fournit l’agrégat de la valeur d’usage des biens durables du ménage. Il est important de
souligner que des ajustements sont faits sur les données avant de procéder au calcul : i) pour
les biens ayant moins d’un an, on a supposé que l’âge était égale à 0.5 ; ii) pour les biens de
plus de 20 ans (moins de 3% des observations), on a limité l’âge à 20 ans ; iii) quand le
nombre de biens est non-déclaré et les autres informations présentes, on impute par le mode
du nombre d’observations du bien ; iv) on corrige la valeur d’acquisition de valeurs aberrantes
avant de procéder aux calculs (voir correction des valeurs aberrantes ci-dessous).
9
L’approche économétrique part du principe suivant : étant donné que certains ménages sont
locataires, on estime une fonction hédonique de logement pour ces ménages et cette fonction
sert à imputer un loyer fictif aux ménages propriétaires et à ceux qui sont logés gratuitement.
La variable expliquée du modèle est le logarithme du loyer, les variables explicatives sont
typiquement les suivantes : type de logement, nombre de pièces, nature des murs, nature du
toit, nature du sol, nature des toilettes, existence de l’électricité dans le logement, existence de
l’eau courante dans le logement, mode d’évacuation des ordures ménagères, mode
d’évacuation des eaux usées et d’autres variables communautaires telles que l’existence d’une
route goudronnée dans la localité, le mode de transport le plus usité dans la localité, etc. Le
modèle est estimé à l’aide de la procédure stepwise, qui consiste à introduire progressivement
les variables dans le modèle et à ne retenir que celles qui sont significatives.
Afin de tenir compte des différences dans le marché du logement, on estime séparément le
modèle pour la capitale, le reste du milieu urbain et le milieu rural. Dans la capitale et le reste
du milieu urbain, l’approche économétrique est systématiquement mise en œuvre. S’agissant
du milieu rural, le marché du logement est étroit comme le montre le faible nombre de
ménages locataires dans les échantillons. Le pourcentage de ménages locataires représente
moins de 2,5% dans cinq des huit pays, et leur effectif dans quatre des huit pays est inférieur à
100 ménages. Pour ces raisons, l’approche économétrique ne produit pas toujours des
résultats satisfaisants. Ainsi pour trois pays (Burkina Faso, Niger et Sénégal), une approche
alternative est retenue. Elle a consisté à calculer le loyer médian des locataires, selon le
nombre de pièces et ce loyer est imputé aux ménages propriétaires occupant un logement
ayant le même nombre de pièces. Pour cet exercice, étant donné le nombre réduit de ménages
locataires, la variable nombre de pièces est recodée en cinq modalités par exemple (1 pièce, 2
pièces, 3 à 4 pièces, 5 à 7 pièces, 8 pièces et plus).
Une sorte de validation est faite en comparant les distributions du loyer effectif et du loyer
imputé et les résultats sont consignés dans le tableau 1.2 qui porte sur la capitale, le reste du
milieu urbain et le milieu rural. La comparaison entre les loyers effectif et imputé montre des
écarts plutôt conséquents dans la capitale. Au niveau de la médiane, les écarts sont supérieurs
à 50% dans la moitié des huit pays. Néanmoins, ces écarts ne laissent pas toujours entendre
que l’ajustement est mauvais. En effet, si par exemple les caractéristiques des maisons des
propriétaires sont meilleures à celles des locataires, l’écart se justifie. Il a été procédé à un test
simple de moyenne dans le cas de la Côte d’Ivoire et il semble bien que dans la capitale
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Abidjan, les maisons occupées par les ménages qui sont propriétaires sont en moyenne de
meilleure qualité que les logements des locataires.
Les écarts peuvent aussi se justifier par le fait que l’ajustement du modèle n’est pas toujours
très bon ; par exemple les enquêtes ne prennent pas en compte la qualité du matériau des
logements et les disparités en matière de qualité sont plus importantes dans les capitales.
Les estimations de loyer imputé sont de meilleure qualité dans le reste du milieu urbain et en
milieu rural, tout au moins si la qualité se mesure par les écarts entre le loyer effectif et le
loyer imputé. En milieu urbain, le tableau 1.2 montre que le loyer imputé est inférieur au loyer
effectif dans la moitié des pays et dans l’autre moitié des pays c’est l’opposé. Du reste, ces
écarts sont dans un intervalle de plus ou moins 50%. Pour ce qui est du milieu rural, le tableau
1.2 montre aussi des écarts qui peuvent aller dans le sens où le loyer imputé est plus grand ou
plus faible, et les écarts sont dans un intervalle de 60 pour cent, sauf pour un pays, le Sénégal
où on enregistre un écart de 86%.
Tableau 1.2 Comparaison loyer effectif et loyer imputé (Lomé1, autre urbain et rural)
Autre
Domaine Lomé Rural
urbains
Observations 585 551 351
Minimum 12 000 12 000 12 000
Loyer
Médiane 108 000 48 000 30 000
effectif
Moyenne 154 530 64 190 36 593
Maximum 802 166 420 714 96 000
Observations 448 685 3 549
Minimum 56 144 10 610 11 272
Loyer
Médiane 197 134 72 850 47 964
impute
Moyenne 324 136 100 477 42 579
Maximum 4 181 512 1 447 872 235 759
Type Modélisation Modélisation Modélisation
Il est toujours difficile de faire la part des choses entre ce qui est une valeur aberrante (valeur
anormalement élevée ou anormalement faible) et ce qui est simplement une valeur atypique.
Une mauvaise correction des valeurs aberrantes peut réduire les vraies inégalités dans la
population. Pour cette raison, les corrections sont faites avec prudence. Les corrections ont été
1
Dans le cadre de cette étude, Lomé représente le grand Lomé qui prend en compte Lomé commune (avec ses 5
arrondissements) et Golfe urbain.
11
faites en deux temps, les valeurs trop faibles et les valeurs anormalement élevées. Les valeurs
trop faibles sont définies comme une consommation alimentaire nulle, ou une consommation
non-alimentaire nulle.
Pour ce faire, la consommation du ménage a été calculée selon quatre grandes fonctions de
consommation : i) consommation alimentaire, incluant les repas pris hors ménage ; ii)
consommation non alimentaire sans valeur d’usage des biens durables et loyer imputé ; iii)
valeur d’usage des biens durables ; et iv) loyer imputé.
Dans un deuxième temps, une correction a été faite pour les valeurs anormalement grandes.
Contrairement au cas précédent, cette correction est faite par item de consommation. On
calcule le logarithme de la consommation, ensuite l’intervalle interquartile. Une valeur est
jugée anormalement grande si elle est supérieure à la médiane du logarithme de la
consommation plus 2,5 fois l’intervalle interquartile (on appelle cette valeur le maximum
autorisée). Ces valeurs sont corrigées en remplaçant la valeur par le maximum autorisée
(trimming).
Ce choix est fait pour minimiser l’impact sur l’inégalité. L’inégalité de la dépense par tête non
normalisée, mesurée par l’indice de Gini avant et après la deuxième correction peut aller dans
un sens ou dans l’autre (tableau 3).
Togo
Déciles de la population de référence 3à8
Quantité de kilocalories de consommation 2300
Approche calcul seuil de pauvreté moyenne
Minimum des déflateurs spatiaux 0,801
Maximum des déflateurs spatiaux 1,29
Gini sans correction valeurs aberrantes 0,439
12
Gini après correction valeurs aberrantes 0,424
Sur le premier point, la population de référence doit être les ménages se situant autour du seuil
de pauvreté. L’objectif est d’avoir une population de référence ayant autant que faire se peut
les habitudes de consommation des ménages ni trop pauvres, ni trop aisés. Etant donné que les
seuils de pauvreté se situent autour de 40 pour cent dans la sous-région, l’intervalle du
deuxième ou troisième au septième ou huitième décile est un intervalle acceptable. Au départ,
pour l’harmonisation, les déciles 3 à 8 ont été retenus pour tous les ménages.
Bien qu’il soit large, cet intervalle peut ne pas être le plus pertinent. Ainsi, en prenant
systématiquement l’intervalle 3 à 8, on peut avoir un seuil de pauvreté trop bas ou trop élevé
dans certains cas. Mais trop bas ou trop élevé par rapport à quoi ? Il a été procédé à un certain
nombre de tests et l’intervalle initialement retenu a été révisé pour trois pays, le Niger, la Côte
d’Ivoire et le Sénégal.
Ayant retenu une population de référence, on construit un panier national couvrant 90 pour
cent des produits alimentaires les plus consommés sur cette population de référence, hors
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repas pris à l’extérieur3. Le panier est construit non sur la dépense nominale, mais sur la
dépense annuelle de chaque produit corrigé du déflateur spatial (voir le calcul du déflateur
spatial dans la section 3). En procédant de la sorte on s’assure que les différences dans les prix
n’affectent pas la procédure pour construire le seuil de pauvreté.
Avant d’arrêter définitivement le panier, il a été vérifié qu’il représente au moins 70 pourcents
de la consommation alimentaire de chaque région ou Zone agro écologique (ZAE). Pour
obtenir le seuil alimentaire, le panier est valorisé par les valeurs unitaires issues du fichier de
consommation, les mêmes valeurs unitaires qui ont servi à valoriser la consommation
alimentaire. Ces valeurs unitaires sont renseignées lors de l’enquête en différentes unités de
consommation non standards (bouteille, bassine, assiette, tas, etc.). Les valeurs unitaires
prélevées en UNS sont converties en US à l’aide des facteurs de conversion de l’enquête sur
les UNS qui a eu lieu avant la collecte des données principales.
Deux seuils non-alimentaires sont calculés et ils conduisent à deux seuils de pauvreté totaux.
En fait on ne calcule pas directement les seuils non-alimentaires. Quand on obtient la part des
dépenses alimentaires des ménages autour du seuil de pauvreté on calcule directement le seuil
de pauvreté total. Le premier seuil consiste à déterminer comme part de la composante non
alimentaire du seuil de pauvreté, la part de la consommation non-alimentaire des ménages
dont la consommation totale est égale au seuil de pauvreté alimentaire. Le second consiste à
déterminer comme part de la composante non-alimentaire du seuil de pauvreté, la part de la
consommation non-alimentaire des ménages dont la consommation alimentaire est égale au
seuil de pauvreté alimentaire. La seconde solution donne évidemment un seuil plus élevé que
la première.
Pour le premier des deux seuils (zref_min), on définit les ménages se situant autour du seuil
de pauvreté alimentaire comme ceux ayant une consommation totale se situant à plus ou
moins 20 pour cent du seuil de pauvreté alimentaire. Si on appelle zali le seuil alimentaire
calculé précédemment, alpha_min la part de la consommation alimentaire des ménages dont
la consommation totale est juste égale au seuil de pauvreté alimentaire, selon la définition ci-
dessus, le seuil de pauvreté minimum est donné par :
3 Les repas pris à l’extérieur ne peuvent pas être utilisés dans la construction du seuil de pauvreté. La raison en
est que l’exercice requiert une correspondance entre les quantités consommées et leur apport en calories, cette
information n’est pas disponible pour les repas pris à l’extérieur.
14
Pour le second des deux seuils (zref_max), on définit les ménages se situant autour du seuil de
pauvreté alimentaire comme ceux ayant une consommation alimentaire se situant à plus ou
moins 20 pour cent du seuil de pauvreté alimentaire. Si on appelle alpha_max, la part de la
consommation alimentaire des ménages dont la consommation alimentaire est juste égale au
seuil de pauvreté alimentaire, le seuil de pauvreté maximum est donné par :
Il a été retenu comme seuil de pauvreté la moyenne arithmétique simple des deux seuils. A
partir des données de l’EHCVM, la valeur du seuil de pauvreté du Togo est de 273 628
FCFA. Cette valeur était de 276 400 FCFA lors du QUIBB 2006. Toutefois, ces deux seuils
ne sont pas comparables du fait que les méthodologies de collecte des deux enquêtes sont
différentes.
L’agrégat de consommation n’est pas un indicateur de bien-être car il ne permet pas une
comparaison équitable entre les ménages. Les ménages étant de taille et de composition
différentes, ils font face à des prix différents en fonction du moment où les données ont été
collectées et du lieu où ils vivent. L’indicateur de bien-être doit prendre en compte tous ces
facteurs.
• Déflateur temporel
15
Le deuxième élément à considérer est le moment où les données sont collectées dans le
ménage. Entre le début de la collecte et la fin de ces travaux il y a eu 9 mois. La collecte des
données de la première vague a eu lieu dans plusieurs pays juste après les récoltes et celles
des données de la seconde vague pendant la période éloignée des récoltes. Pendant la période
de collecte, les prix à la consommation ont évolué.
La consommation est normalisée à l’aide d’un indice temporel. Pour ce faire, l’indice national
des prix à la consommation finale des ménages est un bon outil. Les pays de l’UEMOA
disposent d’indices régionaux qui auraient pu être utilisés dans cet exercice. Mais la
couverture de ces indices régionaux est limitée, ces indices couvrent plus les chefs-lieux de
régions ; les autres villes et le milieu rural sont moins bien représentés. En fait certains pays
collectent les prix régionaux pour les besoins de calcul de l’indice national, mais ne calculent
pas en tant que tel des indices régionaux. Par conséquent, on n’est pas très sûr de la qualité de
ces indices régionaux et l’indice national est plus rassurant. Pour calculer les déflateurs
temporels, si on appelle IPCi l’indice des prix à la consommation du mois i, i=1, …, n
pendant les n mois de collecte, on a calculé IPC l’indice moyen pendant la période de collecte
par :
Il a été souligné ci-dessus que le déflateur temporel est appliqué à la consommation annuelle
de chaque produit avant la construction du seuil de pauvreté. Ainsi pour un ménage k ayant
été enquêté au mois i, la dépense annuelle du produit m (depan) est normalisée par la formule
suivante :
• Déflateur spatial
Il est indiqué d’appliquer aussi un déflateur spatial afin de tenir compte des disparités du coût
de la vie entre les différentes régions et localités du pays.
16
Un candidat naturel est l’indice des prix régional ou tout au moins les prix sous-jacents à cet
exercice. Cependant comme souligné ci-dessus, les prix collectés au niveau des régions ont
une faible couverture des petits centres urbains et du milieu rural. Un test a été fait de les
utiliser comme déflateur et on a obtenu des taux de pauvreté de plus de 70 pour cent dans
certains pays ; et l’idée a été abandonnée. Les seuils de pauvreté construits pour les ZAE par
milieu ont servi à calculer des déflateurs spatiaux. L’approche pour construire les seuils de
pauvreté des ZAE par milieu est la même que celle pour construire le seuil national. Le même
panier national est retenu. Ce panier est valorisé avec les valeurs unitaires moyennes de la
ZAE par milieu pour le seuil alimentaire. Le seuil non alimentaire est également construit
dans la ZAE par milieu selon la même approche que précédemment. Autrement dit, pour le
seuil non-alimentaire, étant donné qu’on a retenu comme seuil non-alimentaire la moyenne du
seuil minimum et du seuil maximum, on procède pareillement. Si on appelle zzaej le seuil de
pauvreté de la ZAE par milieu j, def_spa le déflateur spatial de la ZAE par milieu est le ratio
du seuil de la ZAE par milieu j sur le seuil national :
=
En définitive, pour un ménage k ayant été enquêté au mois i et appartenant à la ZAE par
milieu j, si on appelle dtotk la consommation totale annuelle du ménage, hhsizek, la taille du
ménage, l’indicateur de mesure de bien-être est :
Après avoir défini un agrégat de bien-être et construit un seuil de pauvreté monétaire, il reste
à déterminer des indicateurs de mesure de la pauvreté. Ainsi, trois indicateurs sont utilisés
pour mesurer la pauvreté. Il s’agit de l’incidence ou taux de pauvreté (p0), la profondeur de la
pauvreté (p1) et la sévérité de la pauvreté (p2). Ces indicateurs font partie d’une classe
dénommée Pα (Foster, Greer et Thorbecke, 1984) dont la forme générale est :
où :
17
• Z est le seuil de pauvreté monétaire ;
• Yi la consommation annuelle (par équivalent adulte) de l’individu numéro i de la population ;
• 1 est la fonction indicatrice qui vaut 1 si la condition indiquée dans la parenthèse est remplie
(autrement dit si l’individu vit avec un niveau de consommation en dessous du seuil de pauvreté)
et 0 sinon.
L’indicateur le plus simple est l’incidence (ou le taux) de pauvreté (valeur α=0). S’il y a n
personnes dans la population et que q d’entre elles sont pauvres, c’est-à-dire qu’elles ont un
niveau de consommation annuelle Yi par adulte inférieur au seuil de pauvreté Z (donc, si Yi
<Z pour q individus), le taux de pauvreté est . L’incidence de pauvreté représente donc
La profondeur de la pauvreté mesure la gravité de la situation des pauvres et est mesurée pour
la valeur α=1. Elle indique à quel niveau au-dessous du seuil de pauvreté se situe leur
consommation. L’écart par rapport au seuil de pauvreté, qui lui est apparenté, mesure le
déficit total de tous les pauvres : leur insuffisance de ressources par rapport au seuil de
pauvreté. Autrement dit, il correspond au montant nécessaire pour amener tous les pauvres au
seuil de pauvreté. Cet écart est donc une mesure beaucoup plus parlante que la simple
comptabilisation des pauvres parce qu’elle prend en compte la répartition de ces derniers.
Cette mesure tient compte non seulement de la distance séparant les pauvres de la ligne de
pauvreté (l’écart de pauvreté), mais aussi de l’inégalité entre les pauvres. Elle attribue une
pondération plus importante aux ménages situés à plus grande distance de la ligne de
pauvreté.
La sévérité de la pauvreté représente la moyenne des carrés des écarts entre le seuil de
pauvreté et les dépenses moyennes des ménages pauvres.
18
1.2.5. La contribution à la pauvreté
Au-delà de ces trois mesures, l’étude tient compte aussi de la contribution de chaque sous-
groupe de la population à la pauvreté globale en utilisant la formule ci-après :
Avec 𝑥𝑗 la proportion du groupe j dans la proportion totale (les ménages), 𝑃𝛼𝑗 l’indice de la
pauvreté du groupe j et 𝑃𝛼 l’indice de pauvreté au niveau global.
Les données qui ont servi à l’élaboration du présent profil de pauvreté, sont issues de la
première édition de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages (EHCVM)
réalisée dans les huit pays de l’UEMOA.
Cette collecte s’est réalisée en deux vagues, la première de septembre à décembre 2018 et la
seconde d’avril à juillet 2019. Pour chaque vague la collecte a porté sur la moitié de
l’échantillon. L’approche en deux vagues a été retenue afin de prendre en compte la
saisonnalité de la consommation (aussi bien en termes d’habitudes que de niveau de
consommation), à défaut d’une enquête dont la collecte se serait étendue sur toute l’année.
L’EHCVM a porté sur 6 171 ménages représentatifs de la population au niveau national, des
six régions et du milieu de résidence (urbain et rural). Elle a permis de collecter des
informations pour l’estimation des dépenses (alimentaires et non alimentaires) totales de
consommation de chaque ménage. Cette estimation prend en compte tous les produits
alimentaires et non alimentaires qui, peuvent être achetés par les ménages ou acquis par ceux-
ci (autoconsommation/autofourniture, rémunération d’un travail en nature, cadeaux reçus,
etc.).
L’EHCVM et le QUIBB sont deux enquêtes sur les conditions de vie des ménages. Lesdites
collectes permettent de calculer les indicateurs de pauvreté. Toutefois quelques différences
sont à noter tant au niveau de la collecte que de l’estimation des indicateurs de pauvreté.
19
1.3.1. Collecte de données
Pour la collecte de données sur les dépenses courantes des ménages (dépenses de
consommation dans le ménage et repas pris hors ménage), la période de référence est de 1
mois pour le QUIBB, alors qu’elle est d’une semaine dans les enquêtes EHCVM. En outre, en
ce qui concerne l’EHCVM, une enquête sur les unités non standards a permis de valoriser les
unités par produit consommé. Pour les dépenses non alimentaires, l’EHCVM dispose d’un
questionnaire plus détaillé, ce qui permet de collecter des informations plus complètes en
termes d’estimation des dépenses non alimentaires.
Pour le calcul du seuil alimentaire à partir du QUIBB, le panier alimentaire représente 94,2%
des produits alimentaires. Celui de l’EHCVM est fixé à 90% des produits alimentaires.
La quantité de kilocalories de consommation retenue pour le QUIBB est de 2 400, alors que
pour l’EHCVM, il a été retenu 2 300. En outre, il est à noter que les méthodologies
d’estimation de la valeur d’usage des biens durables ne sont pas les mêmes pour les deux
enquêtes. L’estimation des loyers imputés des ménages propriétaires n’a pas été faite lors de
la mise en œuvre du calcul du seuil de pauvreté en 2006 du QUIBB, alors qu’elle a été faite
avec l’EHCVM.
20
21
CHAPITRE 2 : SITUATION DE LA PAUVRETE
MONETAIRE ET DES INEGALITES
Ce chapitre consacré à l’analyse de la pauvreté monétaire, traite de : (i) la classification des
ménages selon les différents indicateurs de pauvreté, (ii) la contribution des groupes
sociodémographiques à la pauvreté, (iii) la décomposition de la pauvreté entre les effets
croissance et redistribution et (iv) l’analyse des inégalités. Il présente les résultats de ces
thématiques selon les caractéristiques telles que la région, le milieu de résidence, la taille du
ménage, le groupe socioéconomique, le sexe, l’âge, le niveau d’instruction et le statut
matrimonial du chef de ménage.
Suivant le sexe du chef de ménage (CM), les résultats du graphique 2.1 ne montrent pas une
grande disparité entre l’incidence, la profondeur et la sévérité de pauvreté. En effet, 45,6%
des ménages dirigés par un homme sont pauvres contre 45,2% de ceux dirigés par une femme.
Suivant la répartition des pauvres 79,2% des ménages pauvres sont dirigés par un homme
contre 20,8% dirigés par une femme.
22
Graphique 2.1 : Indicateurs de la pauvreté monétaire selon le sexe du CM
23
Graphique 2.2 : Indicateurs de la pauvreté monétaire selon la taille du ménage
24
L’incidence de la pauvreté selon le groupe d’âges du chef de ménage révèle que, mis à part la
tranche d’âge 15-29 ans des CM où l’incidence est faible (35,4%), l’incidence dans les autres
tranches d’âges est supérieure à 45,0% et l’écart d’incidence entre ces tranches d’âges est
moins important (Graphique 2.4).
L’incidence de la pauvreté selon le statut matrimonial du chef de ménage (CM) révèle que, les
ménages où le CM est célibataire sont moins pauvres (18,2%) que les ménages où le CM est
Marié/union libre (46,9%), Divorcé/séparé (42,1%) et Veuf/veuve (49,0%).
L’analyse des indicateurs de pauvreté sur le plan national révèle que l’incidence de la
pauvreté se situe à 45,5%, la profondeur de la pauvreté à 15,2% et la sévérité de la pauvreté à
6,9%. La dépense moyenne par équivalent adulte est de 384 698 FCFA par an.
Suivant le milieu de résidence, on note que l’incidence de la pauvreté en milieu rural (58,8%)
est deux fois plus élevée qu’en milieu urbain (26,5%). L’incidence de pauvreté est plus basse
à Lomé (22,3%) que partout ailleurs. Celle des autres milieux urbains est de 34,3%. Il est à
noter que la profondeur et la sévérité de la pauvreté sont plus élevées en milieu rural (21,0%
et 9,8% respectivement) qu’en milieu urbain (6,9% et 2,6% respectivement). Les Dépenses
25
moyennes par équivalent adulte quant à elles sont de 292 340 FCFA en milieu rural et de 517
529 FCFA en milieu urbain.
L’analyse des résultats par région indique que, mis à part Lomé (22,3%), les régions des
Savanes (65,1%), de la Kara (56,1%), Maritime (54,1%), des Plateaux (48,9%) et Centrale
(47,3%) sont, dans l’ordre de classement décroissant, les régions dans lesquelles l’incidence
de pauvreté est plus élevée que le niveau national. On note les mêmes tendances pour la
profondeur et la sévérité dans les régions. En effet, les régions où l’incidence de pauvreté est
élevée sont celles dans lesquelles la profondeur et la sévérité de la pauvreté sont aussi élevées.
En revanche, les dépenses moyennes par équivalent adulte sont plus élevées dans les régions
où l’incidence de pauvreté est basse (Lomé 568 135 FCFA, Savanes 270 685 FCFA).
26
Grand Lomé 22,3 5,4 1,9 26,5 13,0 568134,7
Les ménages dans l’extrême pauvreté ont été définis comme ceux dont le niveau de vie est
suffisamment bas pour satisfaire leurs besoins nutritionnels de base, même s’ils consacrent
tout leur revenu de consommation à la nourriture. Les sections suivantes donnent les niveaux
des indicateurs de l’extrême pauvreté sur le plan national, par milieu de résidence, par région
et suivant certaines caractéristiques sociodémographiques du chef de ménage.
L’analyse des résultats révèle que l’extrême pauvreté touche plus les ménages dirigés par un
homme que ceux dirigés par une femme. En effet, les résultats du graphique 2.6 ci-dessous,
montrent que 23,8% de ménages dirigés par un homme sont en situation d’extrême pauvreté
contre 20,4% de ceux dirigés par une femme.
Le graphique 2.7 présente les résultats de l’extrême pauvreté et de la répartition des pauvres
selon le niveau d’instruction du CM. Ces résultats montrent les mêmes tendances que celles
observées dans le cas de l’incidence de la pauvreté. Quel que soit l’indicateur de l’extrême
pauvreté considéré, la proportion évolue en sens inverse avec le niveau d’instruction du CM.
27
En effet, l’incidence de l’extrême pauvreté varie de 36,0% pour les ménages dont le chef n’a
aucun niveau d’instruction à 2,5% pour ceux dont le chef a un niveau d’instruction supérieur.
Il ressort des résultats du tableau 2.2 que l’incidence de l’extrême pauvreté est de 23,1% sur le
plan national. La profondeur de l’extrême pauvreté quant à elle se situe à 6,4% et la sévérité
de l’extrême pauvreté à 2,6%. Suivant le milieu de résidence, 5,0% est en extrême pauvreté en
milieu urbain contre 35,6% en milieu rural.
Considérant les régions, les Savanes (49,2%) et la Kara (37,5%) sont celles dans lesquelles
l’incidence de l’extrême pauvreté est plus forte. En revanche, Lomé (1,5%) semble être la
région la moins touchée.
28
Tableau 2.2: Indicateurs de l'extrême pauvreté selon le milieu de résidence et la région
L’incidence et les autres indicateurs de pauvreté mesurés au niveau national sont la résultante
de la mesure de ces indicateurs dans les différents groupes socio-économiques. L’objet de
cette section est de présenter la contribution de chaque groupe socio-économique à
l’incidence et à la profondeur de pauvreté.
29
a) Contribution à la pauvreté
30
Graphique 2.9: Part de la population et contributions à l’incidence et à la
b) Extrême Pauvreté
Au Togo, 23,1% de personnes sont en situation d’extrême pauvreté selon les résultats donnés
plus haut. La question est de savoir, quels groupes de personnes sont les plus touchés par ce
fléau.
31
D’après le graphique 2.10, les personnes vivant dans des ménages avec un homme comme
chef contribuent à plus de 80,0% à l’incidence et à la profondeur. En outre, les personnes
vivant dans des ménages avec un chef de ménage sans instruction contribuent à plus de 50,0%
à l’incidence et à la profondeur de l’extrême pauvreté (54,3% et 60,2%). On constate ainsi
que tout comme pour les indices traditionnels (indices FGT) de pauvreté, ces contributions
sont fortement liées au poids démographique.
D’après les résultats du graphique suivant, un peu plus de neuf personnes sur dix (92,9%) en
situation d’extrême pauvreté, résident dans le milieu rural. L’analyse suivant les régions de
résidence révèle que la région des Savanes qui affiche les contributions à l’incidence et à la
profondeur, respectivement 27,8% et 33,4% est celle qui regorge plus de personnes en
situation d’extrême pauvreté.
32
Graphique 2.11: Part de la population et contributions à l’incidence et à la
profondeur de l’extrême pauvreté selon le milieu de résidence et la région
Depuis quelques années, la lutte contre les inégalités constitue l’un des objectifs majeurs des
politiques de développement. Il s’agit de s’assurer d’une bonne répartition des ressources entre les
différentes couches de la société. Les inégalités seront appréciées à partir de l’indice de Gini et les
indices inter-déciles.
Les résultats de l’EHCVM montrent que les inégalités restent toujours importantes avec un indice
de Gini qui se situe à 0,385 au niveau national. Ces inégalités sont plus accentuées dans le milieu
urbain (0,374) que dans le milieu rural (0,331). En outre, le rapport inter-décile se chiffre à 5,3%
signifiant que les 10% les plus riches de la population dépensent 5,3 fois plus que les 10% les plus
pauvres.
33
Centrale 0,336 4,4 2,3
Kara 0,350 4,8 2,3
Savanes 0,349 4,5 2,2
Lomé 0,377 5,0 2,4
34
CHAPITRE 3 : DETERMINANTS DE
LA PAUVRETE MONETAIRE
Ce chapitre présente les déterminants de la pauvreté monétaire, en l’occurrence les causes. Il
est subdivisé en deux parties : la revue de littérature sur les déterminants de la pauvreté
monétaire et la spécification de modèle de régression et les résultats de la régression.
Les données souvent utilisées pour appréhender les causes de la pauvreté monétaire en
Afrique proviennent des enquêtes auprès des ménages sur leurs conditions de vie. Ainsi, pour
identifier les déterminants de la pauvreté, il n’y a pas d’unanimité autour du modèle à utiliser.
En effet, certaines études utilisent les modèles basés sur l’économétrie des variables
qualitatives (Probit, Logit) en prenant comme variable expliquée qui est de nature
dichotomique dont la valeur est 1 si l’individu ou le ménage est pauvre et 0 si non avec un
vecteur de variables explicatives (Lachaud,2000 et 2005 ; Razafindrakoto et al.,2001 ;
Nsabimana et al.,2013). En revanche, d’autres études utilisent le modèle de régression linéaire
avec comme variable dépendante, le logarithme de la dépense par tête rapportée au seuil de
pauvreté (Backiny-Yetna et al.,2009 ; Ndoye et al.,2009). Cette approche a été utilisée en
2014 dans le cadre de l’étude portant sur les « Tendances, profil et déterminants de la
pauvreté au Cameroun entre 2001-2014 ».
Ainsi, au regard de ces différentes études, le modèle de régression linéaire a été retenu pour
déterminer les facteurs explicatifs de la pauvreté monétaire au sein de la population. En effet,
ce choix se justifie par le fait que les modèles basés sur les variables catégorielles ont des
limites, notamment : a) toute l’information disponible n’est pas utilisée dans les analyses, b)
les paramètres estimés peuvent être biaisés avec des régressions catégoriques qu’avec des
régressions linéaires et c) les régressions catégoriques ne permettent pas de prévoir le
35
changement de la probabilité d’être pauvre à la suite d’un changement de la ligne de pauvreté
(Ndoye et al.,2009).
Par ailleurs, il importe de préciser que les variables explicatives de la pauvreté dans la
littérature sont entre autres : les caractéristiques sociodémographiques du ménage (sexe, âge,
niveau d’instruction, statut matrimonial et catégorie socioprofessionnelle du chef de ménage,
taille du ménage), la localisation géographique du ménage (région et milieu de résidence), les
biens possédés par le ménage, les revenus et les transferts reçus par les ménages.
➢ Caractéristiques démographiques
Les résultats consignés dans le tableau 3.1 indiquent que le sexe du chef de ménage est un
facteur déterminant du bien-être des ménages. Dans l’ensemble, un ménage dirigé par une
femme a un niveau de consommation significativement inférieur de 63,7% à celui dirigé par
un homme. Cette différence est plus accentuée en milieu urbain (81,1%) qu’en milieu rural
(31,6%).
Les analyses effectuées au chapitre précédent ont révélé que l’incidence de pauvreté
augmente en fonction de la taille du ménage. Les résultats économétriques confirment
également cette tendance. En effet, au niveau national, la présence d’un membre
supplémentaire (âgé de 0-59 ans) dans un ménage fait baisser la consommation des membres
du ménage. Cet effet devient moins important suivant les groupes d’âge, passant de 16,7%
36
pour l’ajout d’un enfant de moins de 5 ans au ménage à 15,5% pour une personne âgée de 5 à
14 ans et à 11,2% pour une personne de 15 à 59 ans. Les mêmes tendances sont observées en
milieu urbain comme rural. Par contre, les résultats montrent que l’ajout d’une personne âgée
de plus de 60 ans à un ménage n’a pas d’influence significative sur son niveau de bien-être.
➢ Niveau d’instruction
L’analyse selon le niveau d’instruction montre qu’un ménage dirigé par un chef ayant un
niveau d’éducation supérieur, améliore sa consommation de 13,6% par rapport à un ménage
dirigé par un chef sans instruction. Cette différence est de 33,6% en milieu urbain mais reste
non significative en milieu rural. Pour ce qui concerne les autres niveaux d’instruction, les
ménages dont les chefs ont un niveau d’étude primaire ou secondaire n’ont pas une dépense
de consommation significativement différente de ceux dirigés par un chef qui n’est pas allé à
l’école.
Les résultats révèlent également que le niveau d’instruction du conjoint du chef de ménage
contribue à l’amélioration du bien-être du ménage. Ainsi, un ménage dont le conjoint du chef
a fait des études primaires, a une dépense moyenne supérieure de 4,2% par rapport à un
ménage dont le ou les conjoints du chef n’ont pas fréquenté. Cet écart devient plus important
pour un conjoint avec un niveau secondaire deuxième cycle (16,9%) et un conjoint ayant
atteint un niveau supérieur d’étude (52,1%).
Les résultats concernant la localisation spatiale montrent que toutes les régions, à l’exception
de la région Centrale, ont un niveau de consommation par équivalent-adulte significativement
différent de celui de Lomé. En effet, par rapport à Lomé, le niveau de consommation est en
moyenne plus faible dans les régions Maritime (9,4%), de la Kara (6,6%) et des Savanes
(2,3%). En revanche, la consommation dans la région des Plateaux est en moyenne supérieure
de 6,8% à celle de Lomé. Les résultats révèlent aussi que les ménages ruraux ont une dépense
de consommation plus importante que les ménages urbains même si l’écart n’est que de 7,4%.
Selon le statut de logement, la consommation d’un ménage propriétaire diffère de celle d’un
locataire. Les résultats révèlent en effet que les ménages propriétaires sans titre de leurs
logements ont une consommation inférieure de 19,7% par rapport à ceux disposant d’un titre.
La différence est encore plus marquée chez les locataires où en moyenne, la consommation du
ménage est de 24,4% plus faible que celle d’un ménage propriétaire avec titre.
37
Accès à l'électricité et à l'internet
D’une manière générale, les ménages utilisant de l’électricité (électrique et solaire) ont des
dépenses de consommation plus élevées que ceux n’ayant pas accès à de l’électricité. Ce
résultat pourrait s’expliquer par le fait que les ménages ayant un niveau de vie élevé
consomment plus d’électricité. Le même constat est fait en ce qui concerne le nombre de
membres ayant accès à l’internet dans les ménages.
Transferts monétaires
Concernant les transferts, il ressort des estimations qu’en milieu rural, un ménage qui
bénéficie d’un transfert monétaire d’une autre personne ou d’un autre ménage améliore sa
consommation de 7,9% par rapport à un ménage qui n’en bénéficie pas. Pour le cas des
transferts envoyés, quel que soit le milieu de résidence, les ménages ayant envoyé un transfert
monétaire ont relativement une dépense de consommation plus importante vis-à-vis de ceux
qui ne l’ont pas fait.
38
39
CHAPITRE 4 : DIMENSIONS NON
MONETAIRES DE LA PAUVRETE
Le présent chapitre est consacré à la dimension non-monétaire de la pauvreté encore appelée
pauvreté fondée sur les actifs. Contrairement à la pauvreté monétaire, il s’agit d’analyser la
pauvreté en termes de conditions de vie sur la base des biens durables que possède le ménage
et d’un ensemble de caractéristiques du logement. Ce chapitre est organisé autour des points
suivants : (i) caractéristiques de logement et accès aux services sociaux, (ii) éducation, (iii)
santé, (iv) handicap et (v) les biens possédés par les ménages.
Il existe des disparités suivant les quintiles de bien-être et le statut de pauvreté. Mais, il ressort
que les ménages de quintile le plus riche et les ménages non pauvres présentent les meilleurs
indicateurs en termes de qualité de mur (95,3% et 90,3%), de toit (97,4% et 95,3%) et de sol
(95,7% et 92,5%).
40
Graphique 4. 1: Caractéristiques du logement des ménages par quintile et statut de pauvreté, Togo, 2018
Il ressort globalement que la distribution illustrée par le graphique 4.2 traduit des inégalités
importantes en termes d’accès des ménages aux conditions d’hygiènes et d’assainissement au
profit des couches plus aisées.
Par exemple, concernant l’accès à une toilette saine, il varie d’une couverture négligeable de
8,7% dans le quintile le plus pauvre à 62,3% dans le quintile le plus riche. De plus, les mêmes
ménages plus riches ont un meilleur accès aux systèmes d’évacuation saine d’ordures
ménagères (54,3%), d’évacuation des eaux usées (16,3%) et d’évacuation saine des
excréments (53,1%) contrairement aux ménages plus pauvres où ces proportions sont
respectivement de 8,7% et 0,8%. L’analyse suivant le statut de pauvreté montre la même
tendance. Ces statistiques illustrent ainsi les difficultés des municipalités à répondre aux
besoins d’infrastructure des populations urbaines de plus en plus croissantes.
41
70 62,27706147
60 54,32826991
53,11200432
50 45,25637089
39,6007111 39,54311391
39,09317237
40 35,01350252
34,72025274 34,29670566
27,93871882 30,14298317
29,06794749
30 24,32863861
23,95405929
18,47144496
18,05661337 16,34933271
20 13,46426518 14,37726945
13,05803571
8,651776846 10,84687749 10,40022647
6,991502042 7,931038078 7,384180987
10 6,624544752 4,915345074
0,822894824 2,650647384 1,902451005
0
Plus Pauvres Moyens Riches Plus riche Pauvre Non pauvre Togo
pauvres
Quintile de bien-être Statut de pauvreté
Utilisation des toilettes saines
Evacuation saine des excréments
Evacuation saine des eaux usées
Evacuation saine des ordures ménagères
L’accès aux services sociaux est apprécié à travers deux indicateurs que sont l’accès à l’eau
de boisson potable et à l’électricité (Graphique 4.3). Concernant l’eau de boisson, les résultats
montrent que 68,8% des ménages contre 31,2% ont accès à un point d’eau potable. Ainsi de
façon globale, la couverture en eau potable sur l’ensemble du pays est relativement élevée
bien que des disparités s’observent entre les ménages suivant les quintiles de bien-être et le
statut de pauvreté. L’accès apparait en effet plus élevé chez les ménages de quintile plus riche
(76,2%) par rapport aux ménages de quintile plus pauvre (56,0%). Tenant compte du statut de
pauvreté, le taux d’accès à l’eau potable est aussi plus élevé chez les ménages non pauvres
(73,5%) que chez les ménages pauvres (60,3%).
En ce qui concerne l’accès à l’électricité, il se trouve que plus de la moitié (55,7%) des
ménages disposent de l’électricité. D’une part, ce résultat renseigne sur la tendance
encourageante en termes d’amélioration de l’accès à l’électricité au cours de ces dernières
années (de 45,7% en 2011 l’accès à l’électricité a augmenté passant à 48,3% en 2015 pour
atteindre 55,7% en 2018) et d’autre part, confirme que de gros efforts d’électrification sont
nécessaires au profit des couches les plus défavorisées.
42
90 82,18775556
72,8891229176,1958205 73,4742312
80 69,81063575 69,1930729 68,80184222
67,5418109
70 63,99755556
60,30967096
60 55,96615992 52,52293578 55,7034102
50
37,95889615
40 31,18564713
3022,18056782
20
10
0
Plus Pauvres Moyens Riches Plus riche Pauvre Non Togo
pauvres pauvre
Quintile de bien-être Statut de pauvreté
Le tableau 4.1 présente la répartition en pourcentage des ménages selon leur utilisation des
types de combustibles pour la cuisine. D’après les résultats, il ressort que l’énergie utilisée
reste essentiellement dominée par les combustibles polluants. Environ neuf ménages sur dix
(89,6%) recourent aux bois (ramassé et acheté) ou au charbon de bois constituant ainsi les
principaux combustibles utilisés pour la cuisine au Togo.
Le gaz, vu comme une source d’énergie alternative contre la coupe abusive du bois reste
encore faible et ne représente que 9,7%. De toute évidence, le gaz est très répandu dans les
ménages de quintile plus riche (29,5%) où il représente la deuxième source en termes de
combustible après le charbon de bois (51,0%). En revanche, l’utilisation du gaz est marginale
voire presque inexistante (0,2%) dans les ménages pauvres qui s’adonnent majoritairement à
l’utilisation de bois ramassé (77,2%).
43
pour la cuisine Charbon de bois 16,8 31,4 43,3 53,3 51,0 25,2 49,7 41,0
Gaz 0,2 1,3 2,4 7,1 29,5 0,7 14,7 9,7
Pétrole/huile 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Autres 0,3 0,1 0,4 0,3 2,1 0,2 1,0 0,7
44
4.2. Education
Le principal indicateur du niveau d’accès de la population au système éducatif est le niveau de
scolarisation des personnes en âge d’aller à l’école qui permet de se faire une idée sur la
qualité du capital humain dont dispose un pays. Il est mesuré ici à travers le taux net de
scolarisation (TNS) consigné dans le tableau 4.2 pour les niveaux primaire, secondaire 1 et
secondaire 2. Dans le même tableau, figurent les résultats liés à l’alphabétisation chez les
personnes adultes de 15 ans et plus.
L’analyse par rapport aux quintiles fait état d’un TNS relativement plus élevé dans le quintile
le plus riches. Ces résultats dénotent une fréquentation importante de l’école primaire au Togo
bien qu’il convienne de relever que la distribution des taux des variations plus ou grandes
suivant le milieu de résidence ; les TNS étant plus élevés en tout point de vue nettement en
milieu urbain par rapport au milieu rural aussi bien suivant le quintile de bien-être que le
statut de pauvreté.
Les différences selon le quintile de bien-être d’une part et d’autre part selon le statut de
pauvreté sont en effet plus remarquables. Au niveau national, le TNS passe d’un minimum de
24,5% à un maximum de 70,2% suivant le quintile de bien-être et de 29,8% à 53,8% suivant
le statut de pauvreté.
45
19,9%. Selon le milieu de résidence, le milieu urbain (32,1%) affiche un TNS quatre fois plus
élevé que celui observé en milieu rural (7,9%).
L’accès au deuxième cycle du secondaire chez les quintiles les plus pauvres, déjà faible au
niveau national (9,5%) est davantage plus faible en milieu rural (5,5%) contrairement au
milieu urbain où il s’élève à 22,6%. Cependant, dans le quintile plus riche, le TNS reste élevé
atteignant 42,9% au niveau national, 52,2% en milieu urbain contre seulement 14,0% en
milieu rural. Suivant le statut de pauvreté, on relève que la proportion des personnes qui
fréquentent le deuxième cycle du secondaire chez les non pauvres est de 26,7% contre 10,2%
chez les pauvres.
4.2.4. Alphabétisation
Le taux d'alphabétisation qui mesure l’aptitude des adultes âgés de 15 ans et plus à lire et à
écrire s’établit à 66,5%. Il s’agit là d’une bonne performance, pour un pays situé en Afrique
Subsaharienne où ce taux se situe généralement en deçà de 50%. Ce taux est tout
naturellement plus élevé chez les ménages non pauvres (75,1%) et dans le quintile le plus
riche (85,5%). La tendance est la même selon le milieu de résidence où les taux sont
respectivement 59,0% et 67,5% en milieu rural et respectivement 86,7% et 91,8% en milieu
urbain.
46
Quintile de bien-être Statut de pauvreté
Plus Plus Non
pauvres Pauvres Moyens Riches riche Pauvre pauvre Togo
Taux net de
scolarisation au 91,5 93,4 91,8 91,3 96,6 92,9 93,0 92,9
primaire ajusté
Taux net de
scolarisation au 39,0 51,2 53,9 59,7 74,7 46,9 62,9 57,8
secondaire 1 ajusté
Taux net de
Urbain scolarisation au 22,6 18,0 24,6 29,3 52,2 19,1 37,1 32,1
secondaire 2 ajusté
Taux net de
scolarisation au
50,9 57,0 59,4 66,9 76,0 54,6 68,1 64,0
secondaire (1 & 2)
ajusté
Taux d'alphabétisation
71,4 77,1 79,6 84,6 91,8 75,4 86,7 84,2
(15 ans et plus)
Taux net de
scolarisation au 78,3 83,9 85,0 87,3 87,1 80,6 86,4 82,6
primaire ajusté
Taux net de
scolarisation au 21,5 27,1 38,6 43,7 59,3 24,4 43,4 31,4
secondaire 1 ajusté
Taux net de
Rural scolarisation au 5,5 6,4 7,6 11,3 14,0 5,8 10,5 7,9
secondaire 2 ajusté
Taux net de
scolarisation au
30,1 34,2 47,2 50,7 56,3 32,3 50,2 39,4
secondaire (1 & 2)
ajusté
Taux d'alphabétisation
41,4 48,9 54,5 59,8 67,5 45,4 59,0 51,8
(15 ans et plus)
Taux net de
scolarisation au 80,2 86,6 87,5 89,4 94,2 83,2 89,7 86,2
primaire ajusté
Taux net de
scolarisation au 24,5 34,6 44,6 52,6 70,2 29,8 53,8 41,5
secondaire 1 ajusté
Taux net de
Togo scolarisation au 9,5 11,2 16,1 21,6 42,9 10,2 26,7 19,9
secondaire 2 ajusté
Taux net de
scolarisation au
34,1 42,1 52,5 59,9 70,7 38,3 60,3 49,9
secondaire (1 & 2)
ajusté
Taux d'alphabétisation
46,5 58,1 64,9 74,0 85,5 53,0 75,1 66,5
(15 ans et plus)
Tableau 4.2 : Taux nets de scolarisation au primaire, secondaire 1 et 2, et alphabétisation
47
4.3. Santé
Sur le plan national, plus de la moitié (54,7%) des individus qui ont un problème de santé se
font consulter dans les dispensaires, alors qu’un peu plus d’un individu sur trois (33,2%) vont
dans les hôpitaux/cliniques.
Parmi les pauvres, 71,8% consultent plus dans les dispensaires et 15,7% dans les
hôpitaux/cliniques. Quant aux non pauvres 47,1% consultent dans les dispensaires et 41,1%
dans les hôpitaux ou les cliniques.
Selon les quintiles de pauvreté, les plus riches ont plus tendances à se référer aux
hôpitaux/cliniques (55,4%) tandis que les plus pauvres se réfèrent davantage aux dispensaires
(74,2%).
Graphique 4. 4: Consultation des services de santé selon le statut de pauvreté et le quintile de pauvreté
En milieu urbain, 48,9% des pauvres qui ont un problème de santé se font consulter dans les
dispensaires et 30,4% dans les hôpitaux/cliniques. Quant aux non pauvres dudit milieu, ils
ont tendance à se référer aux hôpitaux/cliniques (58,9%).
En ce qui concerne le milieu rural, quel que soit le statut de pauvreté, les individus se réfèrent
plus aux dispensaires (79,8% pour les pauvres et 71,3% pour les non pauvres) en cas de
48
problème de santé. Seulement 10,7% des pauvres et 20,1% des non pauvres en milieu rural
consultent les hôpitaux/cliniques.
Dans l’ensemble, 46,8% des personnes ayant un problème de santé consultent un infirmier et
43,2% un médecin. Selon le statut de pauvreté, 57,5% des pauvres souffrant d’une maladie
voient un infirmier et près de la moitié (49,4%) des non pauvres se font ausculter par un
médecin.
Selon le quintile de pauvreté, les plus pauvres (61,0%) consultent les infirmiers alors que les
plus riches (60,7%) se font consulter par des médecins.
49
Graphique 4. 6: Personnel de santé consulté selon le statut de pauvreté et le quintile de pauvreté
L’analyse selon le milieu de résidence montre qu’en milieu rural, quel que soit le quintile, les
individus qui ont un problème de santé se font consulter par un infirmier. En effet, 61,5% des
plus pauvres et 51,2% des plus riches ont recours à un infirmier.
Contrairement au milieu rural, les individus du milieu urbain qui ont un problème de santé ont
tendance à consulter un médecin (49,5% des plus pauvres et 70,4% des plus riches).
50
4.4. Handicap
Au niveau national, les individus non pauvres présentent plus des handicaps tout niveau
(16,9%) et des handicaps majeurs (5,0%) que les individus pauvres (11,0% et 3,3%).
L’analyse du quintile de pauvreté montre également que les couches les plus aisées présentent
plus des handicaps.
Lorsque qu’on considère le handicap tout niveau, cette proportion passe de 9,7% dans le
quintile le plus pauvre à 21,9% celui du plus riche. En ce qui concerne les handicaps majeurs,
cette proportion passe respectivement de 3,2% à 5,5%.
51
4.5. Biens durables
Sur le plan national, quel que soit le niveau de pauvreté des ménages, plus de sept ménages
sur dix possèdent un téléphone portable. En effet 76,8% des ménages pauvres disposent au
moins d’un téléphone portable contre 90,4% pour les ménages non pauvres. Pour ce qui
concerne les télévisions, dans l’ensemble, 35,7% des ménages en possèdent. Selon le statut de
pauvreté, cette proportion varie de 48,0% chez les ménages non pauvres à 13,3% chez les
ménages pauvres.
Une très faible proportion des ménages possède des ordinateurs (5,4% dont 8,2% pour les non
pauvres et 0,4% pour les pauvres), des tablettes (1,5% dont 2,1% pour les non pauvres et
0,5% pour les pauvres) et des voitures (3,0% dont 4,6% pour les non pauvres et 0,1% pour les
pauvres).
Graphique 4. 9: Possession des biens durables au niveau national et selon le statut de pauvreté
52
❖ Possession des biens durables au niveau national et selon le quintile de vie
L’analyse selon le quintile de pauvreté montre que plus les ménages sont riches, plus ils
possèdent des biens durables tels que le téléphone mobile, la télévision, le décodeur,
l’ordinateur ou la voiture. En ce qui concerne la possession de téléphones mobiles, la
proportion varie de 70,7% à 94,4% des ménages les plus pauvres aux ménages les plus riches.
Par rapport à la télévision, la proportion des plus riches (63,3%) qui en dispose est dix fois
importante que celle des plus pauvres (6,8%). Les biens tels que les décodeurs, les
ordinateurs, les voitures sont l’apanage des ménages les plus riches.
53
4.5.2. Possession de biens durables selon le milieu de résidence
L’analyse selon le milieu de résidence montre qu’en dehors du fait que la proportion des biens
durables possédés par les pauvres soit inférieure à celle des non pauvres et ce quel que soit le
milieu de résidence. Les ménages pauvres du milieu urbain possèdent des téléphones mobiles
à hauteur de 90,3% alors que cette proportion est de 72,2% pour ceux du milieu rural. Pour les
non pauvres du milieu urbain, cette proportion dépasse de 14,2 points de pourcentage ceux du
milieu rural (82,1%).
En ce qui concerne la possession de télévision par les pauvres du milieu urbain (37,1%), elle
est sept fois plus élevée que celle du milieu rural (5,2%). Il existe également une forte
disparité entre les ménages non pauvres du milieu urbain (68,1%) et ceux du milieu rural
(19,5%). En revanche en ce qui concerne la possession des motos, il est observé quel que soit
le milieu de résidence, il existe presque une parité entre les ménages pauvres et les ménages
non pauvres.
54
Graphique 4. 11: Possession de biens durables selon les milieux de résidence et le statut de pauvreté
L’analyse de la possession de bien durable selon les quintiles de pauvreté révèle des disparités
entre le milieu urbain et le milieu rural. Globalement, quel que soit le quintile, à exception de
la possession de motos, les ménages du milieu urbain possèdent plus des biens durables que
les ménages du milieu rural.
55
Graphique 4. 12:Possession de biens durables selon le milieu de résidence et le statut de pauvreté
56
CHAPITRE 5 : PAUVRETE SUBJECTIVE
La pauvreté subjective consiste à évaluer les perceptions des ménages sur leur situation de
bien-être. Ce chapitre met en évidence d’une part, la relation entre la pauvreté monétaire et la
pauvreté subjective et d’autre part, les liens entre la pauvreté subjective et la satisfaction des
besoins des ménages. Aussi, présente t- il l’appréciation du niveau de vie des ménages selon
certaines caractéristiques sociodémographiques du chef de ménage et les principales causes de
la pauvreté selon le ménage.
Lors de l’EHCVM, il a été demandé aux enquêtés leur appréciation de leur condition de vie.
Les résultats du tableau 5.1 montrent que parmi les enquêtés qui se sont déclarés pauvres,
41,7% sont pauvres monétairement tandis que 58,3% des enquêtés se sont déclarés pauvres
alors qu’ils sont non pauvres monétairement. Par ailleurs, parmi les ménages qui se
considèrent pauvres, près de 40,0 % d’entre eux ont un quintile de bien être riche (riche ou
plus riche).
Pauvreté subjective
Pauvre Non pauvre
Pauvreté monétaire
Pauvre 41,7 19,2
Non pauvre 58,3 80,8
Quintile du bien être
Plus pauvres 19,5 6,9
Pauvres 21,0 11,4
Moyens 20,6 15,3
Riches 19,9 24,5
Plus riches 19,0 41,9
Dans l’ensemble, les ménages qui se considèrent pauvres ont eu des difficultés à faire face à
certaines dépenses courantes. Un peu plus de huit ménages sur dix ont eu des difficultés à
effectuer des dépenses pour les livres et fournitures scolaires (80,7%), à faire face aux
dépenses de maladie (80,4%) et à payer l’éclairage de la maison (81,1%).
57
Parmi les ménages qui se considèrent pauvres, 77,5% ont eu des difficultés à faire face au
payement de leurs loyers au cours des douze derniers mois au niveau national contre
seulement 22,5% parmi ceux qui se considèrent comme non pauvres. Au niveau des régions,
c’est dans la région de la Kara (80,7%) qu’on constate la plus forte proportion des ménages
qui se considèrent pauvres et qui ont eu des difficultés à payer leur loyer au cours des douze
derniers mois. La région Centrale est la région dans laquelle parmi les pauvres déclarés,
71,8% ont eu des difficultés à payer leurs loyers. On note une variation importante entre les
ménages dont le chef a le niveau primaire qui se déclarent pauvres et qui ont eu des difficultés
à payer leur loyer (84,0%) et ceux dont le chef a le niveau supérieur (73,7%).
Dans l’ensemble, 81,1% des ménages qui se considèrent pauvres ont eu des difficultés pour
s’éclairer contre seulement 18,9% des non pauvres. Cette proportion varie suivant le milieu de
résidence allant de 84,6% pour les ménages ayant eu des difficultés à s’éclairer en milieu
urbain à 76,3% pour ceux ayant eu les mêmes difficultés en milieu rural.
Graphique 5. 1 : Proportion des ménages ayant déclaré être pauvre et qui ont
58
Tableau 5.2: Répartition de ménages n’arrivant pas à satisfaire
quelques besoins du ménage selon la pauvreté subjective
Difficultés
à payer à faire face aux à faire face aux frais de dépenses livres-
à faire face à
éclairage de la dépenses de dépenses de scolarité des fournitures
son loyer
maison maladie transport enfants scolaires
Non Non Non Non Non Non
Pauvre Pauvre Pauvre Pauvre Pauvre Pauvre
pauvre pauvre pauvre pauvre pauvre pauvre
Ensemble 77,5 22,5 81,1 18,9 80,4 19,6 80,9 19,1 80,7 19,3 80,7 19,3
Milieu résidence
Urbain 77,5 22,5 76,3 23,7 74,6 25,4 77,0 23,0 77,0 23,0 76,9 23,1
Rural 77,4 22,6 84,6 15,4 84,7 15,3 83,8 16,2 83,4 16,6 83,5 16,5
Région
Maritime 76,0 24,0 83,5 16,5 83,5 16,5 84,0 16,0 83,0 17,0 83,7 16,3
Plateaux 74,1 25,9 81,3 18,7 81,7 18,3 80,0 20,0 80,1 19,9 79,6 20,4
Centrale 71,8 28,2 83,7 16,3 81,9 18,1 84,5 15,5 83,9 16,1 83,4 16,6
Kara 80,7 19,3 85,0 15,0 83,7 16,3 82,3 17,7 82,7 17,3 82,4 17,6
Savanes 87,4 12,6 83,8 16,2 82,8 17,2 81,8 18,2 82,1 17,9 83,6 16,4
Grand Lomé 78,5 21,5 76,3 23,7 75,0 25,0 77,9 22,1 77,5 22,5 76,9 23,1
Sexe du CM
Masculin 78,2 21,8 80,5 19,5 78,7 21,3 79,6 20,4 79,4 20,6 79,4 20,6
Féminin 75,9 24,1 82,6 17,4 84,3 15,7 83,9 16,1 83,6 16,4 84,0 16,0
Niveau d'instruction du CM
Aucun 81,2 18,8 88,1 11,9 89,7 10,3 88,3 11,7 88,2 11,8 88,2 11,8
Primaire 84,0 16,0 81,8 18,2 82,2 17,8 82,3 17,7 81,1 18,9 81,7 18,3
Secondaire 1 73,7 26,3 75,4 24,6 73,3 26,7 75,5 24,5 76,8 23,2 75,7 24,3
Secondaire 2 74,1 25,9 77,1 22,9 71,1 28,9 72,9 27,1 71,8 28,2 70,9 29,1
Supérieur 73,7 26,3 66,9 33,1 58,1 41,9 67,5 32,5 52,3 47,7 58,0 42,0
Situation matrimoniale du CM
Jamais marié 77,4 22,6 81,8 18,2 78,9 21,1 81,5 18,5 86,9 13,1 82,0 18,0
Marié 76,7 23,3 79,6 20,4 78,3 21,7 78,6 21,4 78,9 21,1 79,1 20,9
Divorcé/Séparé 79,7 20,3 80,1 19,9 81,5 18,5 83,8 16,2 81,0 19,0 80,8 19,2
Veuf(ve) 80,5 19,5 88,2 11,8 90,1 9,9 89,4 10,6 87,2 12,8 88,6 11,4
Groupe d'âges du CM
15-24 ans 78,8 21,2 78,3 21,7 73,6 26,4 77,3 22,7 80,5 19,5 76,3 23,7
25-35 ans 76,7 23,3 79,2 20,8 79,0 21,0 79,8 20,2 80,5 19,5 80,0 20,0
36-59 ans 77,9 22,1 81,3 18,7 80,3 19,7 80,5 19,5 79,9 20,1 80,1 19,9
60 ans et plus 76,7 23,3 84,9 15,1 85,4 14,6 85,5 14,5 84,4 15,6 85,1 14,9
59
gestion/corruption (42,1%) sont les trois principales causes de pauvreté des ménages.
Néanmoins, la mévente de produits agricoles (20,2%) et le manque de terres (16,2%) sont
aussi perçus dans des proportions non négligeables comme principales causes de la pauvreté
des ménages.
L’analyse selon le milieu de résidence révèle que le manque d’emplois est plus exprimé par
les ménages citadins (87,0%) que les ménages ruraux (58,2%). La cherté de la vie et la
mauvaise gestion/corruption évoluent dans les proportions similaires. Cependant, le manque
de terres, la sécheresse fréquentes/inondations et la mévente de produits agricoles sont plus
exprimés par les ménages ruraux que ceux du milieu urbain, respectivement 25,8 contre 5,1 ;
20,5 contre 2,7 et 31,9 contre 6,7 (Tableau B.3, annexe).
Graphique 5.2 : Proportion (%) des ménages selon les principales causes de la pauvreté des ménages
60
CONCLUSION
Ce rapport, basé sur les données de l’EHCVM, a présenté le profil de la pauvreté au Togo en
2018 en traitant des aspects monétaire et non monétaire du phénomène. S’agissant de la
pauvreté monétaire, l’étude montre que l’incidence de pauvreté se situe à 45,5%. Les résultats
révèlent de grandes disparités entre le milieu rural (58,8%) et le milieu urbain (26,5%). Par
ailleurs, les inégalités demeurent aussi importantes dans le pays avec l’indice de Gini qui se
situe à 0,385 au niveau national. En outre, le rapport interdécile se chiffre à 5,3% signifiant
que les 10% les plus riches de la population dépensent 5,3 fois plus que les 10% les plus
pauvres. Quant à l’extrême pauvreté, elle touche essentiellement les ménages ruraux (35,6%)
qui sont sept fois plus affectés que ceux du milieu urbain (5,0%).
61
BIBLIOGRAPHIE
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(Développement, Institutions et Mondialisation).
62
ANNEXES
ANNEXE A
Personnel de l’EHCVM
vi
Equipe de relecture du rapport
vii
ANNEXE B
Tableau B.1: Structure du panier alimentaire national
viii
Code Dépense totale du Dépense totale Part
N° Produit alimentaire
produit produit alimentaire (%)
39 91 Concentré de tomate 7 480 479 000 1,56
40 95 Niébé/Haricots secs 21 000 479 000 4,38
41 101 Sésame 3 980 479 000 0,83
42 104 Manioc 6 890 479 000 1,44
43 105 Igname 35 700 479 000 7,45
44 106 Plantain 1 810 479 000 0,38
45 112 Gari, tapioca 6 830 479 000 1,43
46 114 Sucre (poudre ou morceaux) 5 300 479 000 1,11
47 118 Sel 3 170 479 000 0,66
48 119 Piment 14 600 479 000 3,05
49 120 Gingembre 2 850 479 000 0,59
50 121 Cube alimentaire (Maggi, Jumbo, ) 7 980 479 000 1,67
51 123 Afintin (Moutarde africaine) 4 330 479 000 0,9
ix
Tableau B.2: Répartition des ménages par pauvreté subjective
selon certaines caractéristiques du chef de ménage
Pauvreté subjective
Pauvre Non pauvre
Milieu résidence
Urbain 41,8 59,1
Rural 58,2 40,9
Région
Maritime 19,0 12,9
Plateaux 22,5 17,7
Centrale 9,1 9,4
Kara 12,2 10,8
Savanes 10,1 8,9
Lomé 27,1 40,3
x
Tableau B. 3: Principaux indicateurs de la pauvreté monétaire, Togo, 2018
Groupe socio-économique du CM
Salariés du Public 14,0 4,0 1,6 4,8 1,5 610241,5
Salariés du Privé 28,6 8,2 3,4 10,8 6,8 503355,2
Agriculteurs indépendants 65,2 23,6 11,2 41,1 58,9 262773,9
Autres indépendants 34,3 9,5 3,7 31,1 23,4 434289,3
Autres actifs 31,2 12,8 6,4 2,4 1,6 477753,8
Apprentis, aides familiaux 48,3 17,1 8,1 2,2 2,3 360615,9
Chômeurs 37,9 8,2 2,1 0,6 0,5 546239,3
Inactifs 32,5 10,9 5,1 6,9 5,0 504490,7
Taille du ménage
1-2 14,4 3,6 1,4 9,6 3,0 749758,6
3-4 33,8 9,3 3,7 25,6 19,0 424648,8
5-6 49,7 16,4 7,3 32,8 35,7 340480,8
7-8 58,5 21,3 10,1 17,7 22,7 295372,4
9-10 55,2 20,4 9,7 6,8 8,3 282885,8
11 et plus 67,7 26,0 13,1 7,5 11,2 277511,8
Niveau d'instruction du CM
Aucun 59,6 22,0 10,6 34,7 45,5 283397,5
Primaire 50,4 15,8 6,9 26,9 29,8 333821,1
Secondaire 1 37,5 11,6 4,8 23,1 19,1 409188,6
Secondaire 2 22,8 5,7 2,2 9,0 4,5 498778,3
Supérieur 8,6 1,8 0,5 6,2 1,2 917372,2
Groupe d'âges du CM
15-29 35,4 10,7 4,5 10,9 8,5 450574,0
30-44 48,5 16,2 7,3 41,8 44,5 363479,0
45-64 45,0 15,2 7,0 38,7 38,3 387892,9
65 et plus 46,2 16,4 7,6 8,6 8,7 389800,3
Situation matrimoniale du CM
Célibataire 18,2 5,1 1,9 4,6 1,8 691888,2
Marié/Union libre 46,9 15,7 7,2 79,9 82,3 365950,0
Divorcé/séparé 42,1 13,5 5,9 5,0 4,6 453964,3
Veuf/ve 49,0 16,4 7,4 10,5 11,3 360249,3
xi
Tableau B. 4: Principaux indicateurs de l'extrême pauvreté, Togo, 2018
Groupe socio-économique du CM
Salariés du Public 5,5 1,0 0,4 4,8 1,2
Salariés du Privé 8,2 2,2 0,8 10,8 3,9
Agriculteurs indépendants 40,6 11,7 4,9 41,1 72,5
Autres indépendants 10,2 2,2 0,7 31,1 13,7
Autres actifs 15,8 5,0 2,0 2,4 1,7
Apprentis, aides familiaux 24,9 8,1 3,4 2,2 2,3
Chômeurs 0,0 0,0 0,0 0,6 0,0
Inactifs 15,9 4,8 2,0 6,9 4,8
Taille du ménage
1-2 4,8 1,1 0,4 9,6 2,0
3-4 12,7 2,9 1,0 25,6 14,0
5-6 23,6 6,2 2,4 32,8 33,5
7-8 33,7 9,9 4,1 17,7 25,8
9-10 34,3 9,9 4,0 6,8 10,2
11 et plus 44,4 14,8 6,5 7,5 14,5
Niveau d'instruction du CM
Aucun 36,0 11,1 4,8 34,7 54,3
Primaire 23,5 5,9 2,1 26,9 27,5
Secondaire 1 14,6 3,5 1,2 23,1 14,6
Secondaire 2 7,6 1,7 0,6 9,0 3,0
Supérieur 2,5 0,3 0,1 6,2 0,7
Groupe d'âges du CM
15-29 17,0 4,1 1,5 10,9 8,1
30-44 24,7 6,8 2,7 41,8 44,8
45-64 22,5 6,5 2,7 38,7 37,7
65 et plus 25,3 7,3 2,9 8,6 9,4
Situation matrimoniale du CM
Célibataire 6,2 1,3 0,4 4,6 1,2
Marié/Union libre 24,2 6,8 2,7 79,9 83,7
Divorcé/séparé 17,5 4,4 1,6 5,0 3,8
Veuf/ve 24,8 6,8 2,8 10,5 11,3
xii
Tableau B. 5: Part de la population et contribution à la pauvreté, Togo, 2018
Région
Maritime 16,4 54,1 18,0 8,0 19,5 19,5 19,1
Plateaux 21,8 48,9 15,5 6,7 23,5 22,2 21,2
Centrale 9,9 47,3 15,5 6,8 10,3 10,1 9,7
Kara 12,3 56,1 21,3 10,5 15,1 17,2 18,8
Savanes 13,1 65,1 25,3 12,5 18,7 21,7 23,7
Lomé 26,5 22,3 5,4 1,9 13,0 9,3 7,5
Milieu de résidence
Urbain 41,0 26,5 6,9 2,6 23,9 18,6 15,8
Rural 59,0 58,8 21,0 9,8 76,1 81,4 84,2
Sexe du CM
Masculin 79,0 45,6 15,3 6,9 79,2 79,5 79,7
Féminin 21,0 45,2 14,8 6,7 20,8 20,5 20,3
Typologie du ménage
Unipersonnel 3,8 7,0 2,1 1,0 0,6 0,5 0,5
Couple sans enfant 1,7 12,2 2,9 0,9 0,4 0,3 0,2
Couple avec enfant 38,4 47,7 15,3 6,8 40,2 38,6 37,6
Monoparental nucléaire 9,3 43,1 14,3 6,5 8,8 8,7 8,9
Monoparental élargi 9,2 49,3 16,5 7,4 9,9 10,0 9,9
Famille élargie 37,6 48,3 16,9 7,8 40,0 41,9 42,9
Taille du ménage
1-2 9,6 14,4 3,6 1,4 3,0 2,3 1,9
3-4 25,6 33,8 9,3 3,7 19,0 15,6 13,7
5-6 32,8 49,7 16,4 7,3 35,7 35,3 34,5
7-8 17,7 58,5 21,3 10,1 22,7 24,8 26,0
9-10 6,8 55,2 20,4 9,7 8,3 9,1 9,6
11 et plus 7,5 67,7 26,0 13,1 11,2 12,9 14,3
Niveau d'instruction du CM
Aucun 34,7 59,6 22,0 10,6 45,5 50,3 53,6
Primaire 26,9 50,4 15,8 6,9 29,8 28,0 27,0
Secondaire 1 23,1 37,5 11,6 4,8 19,1 17,6 16,1
Secondaire 2 9,0 22,8 5,7 2,2 4,5 3,4 2,8
Supérieur 6,2 8,6 1,8 0,5 1,2 0,7 0,5
Statut de pauvreté
Pauvre 45,5 100,0 33,4 15,1 100,0 100,0 100,0
Non Pauvre 54,5 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Statut matrimonial
Célibataire 4,6 18,2 5,1 1,9 1,8 1,5 1,3
Marié/Union libre 79,9 46,9 15,7 7,2 82,3 82,7 83,2
Divorcé/séparé 5,0 42,1 13,5 5,9 4,6 4,4 4,3
Veuf/ve 10,5 49,0 16,4 7,4 11,3 11,3 11,3
xiii
Tableau B. 6: Part de la population et contribution à la pauvreté extrême, Togo, 2018
Région
Maritime 16,4 21,8 5,0 1,7 15,5 12,7 10,5
Plateaux 21,8 25,1 6,2 2,2 23,8 21,2 18,4
Centrale 9,9 25,8 6,3 2,3 11,0 9,6 8,7
Kara 12,3 37,5 11,4 5,1 20,0 21,8 24,3
Savanes 13,1 49,2 16,5 7,4 27,8 33,4 37,3
Lomé 26,5 1,5 0,3 0,1 1,8 1,2 0,7
Milieu de résidence
Urbain 41,0 5,0 1,1 0,4 8,9 7,1 6,2
Rural 59,0 35,6 10,1 4,1 91,1 92,9 93,8
Sexe du CM
Masculin 79,0 23,8 6,6 2,7 81,5 81,6 81,6
Féminin 21,0 20,4 5,6 2,3 18,5 18,4 18,4
Typologie du ménage
Unipersonnel 3,8 2,8 0,8 0,4 0,5 0,5 0,5
Couple sans enfant 1,7 4,8 0,7 0,2 0,3 0,2 0,1
Couple avec enfant 38,4 21,9 6,0 2,4 36,5 35,9 36,0
Monoparental nucléaire 9,3 20,9 5,6 2,3 8,5 8,1 8,2
Monoparental élargi 9,2 22,3 6,4 2,5 8,9 9,1 9,0
Famille élargie 37,6 27,8 7,9 3,2 45,4 46,2 46,2
Taille du ménage
1-2 9,6 4,8 1,1 0,4 2,0 1,6 1,4
3-4 25,6 12,7 2,9 1,0 14,0 11,4 10,3
5-6 32,8 23,6 6,2 2,4 33,5 31,8 30,7
7-8 17,7 33,7 9,9 4,1 25,8 27,3 28,0
9-10 6,8 34,3 9,9 4,0 10,2 10,5 10,5
11 et plus 7,5 44,4 14,8 6,5 14,5 17,3 19,1
Niveau d'instruction du CM
Aucun 34,7 36,0 11,1 4,8 54,3 60,2 65,2
Primaire 26,9 23,5 5,9 2,1 27,5 24,6 21,6
Secondaire 1 23,1 14,6 3,5 1,2 14,6 12,6 11,0
Secondaire 2 9,0 7,6 1,7 0,6 3,0 2,3 2,0
Supérieur 6,2 2,5 0,3 0,1 0,7 0,3 0,2
Statut de pauvreté
Pauvre 45,5 50,6 14,1 5,7 100,0 100,0 100,0
Non Pauvre 54,5 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Statut matrimonial
Célibataire 4,6 6,2 1,3 0,4 1,2 1,0 0,7
Marié/Union libre 79,9 24,2 6,8 2,7 83,7 84,5 84,9
Divorcé/séparé 5,0 17,5 4,4 1,6 3,8 3,4 3,1
Veuf/ve 10,5 24,8 6,8 2,8 11,3 11,2 11,2
xiv
Tableau B. 7 : Résultats du modèle de régression, Togo, 2018
Milieu de résidence
Urbain réf
Rural 0.074***
Région
Lomé réf réf
Maritime -0.094*** 0.096* réf
Plateaux 0.068** -0.036 0.223***
Centrale 0.052 0.176*** 0.167***
Kara -0.066* -0.096* 0.066*
Savanes -0.023 -0.055 0.119***
Sexe du CM
Masculin réf réf réf
Féminin -0.637*** -0.811*** -0.316***
Age du CM
Age 0.002 0.030** -0,008*
Age au carré 0,000 -0,000* 0,000*
Niveau d'instruction du CM
Sans instruction réf réf réf
Primaire -0.020 -0.015 0.001
Secondaire 1 -0.027 0.021 -0.037
Secondaire 2 -0.068* 0.030 -0.105**
Supérieur 0.136** 0.336*** -0.081
GSE du CM
Salariés du public réf réf réf
Salariés du privé -0.025 -0.015 -0.127
Agriculteurs indépendants -0.063 -0.191*** -0.117
Autres indépendants 0.017 0.016 -0.016
Autres actifs 0.004 0.015 -0.076
Apprentis, aides familiaux -0.039 0.075 -0.159*
Chômeurs 0.113 -0.171 0.256
Inactifs 0.001 0.131 -0.224**
Emploi secondaire du CM
Non réf réf réf
Oui 0.110*** 0.062 0.119***
Handicap du CM
Non réf réf réf
Oui 0.011 0.016 0.032
xv
Variables explicatives National Urbain Rural
GSE du conjoint
Salariés du public réf réf réf
Salariés du privé 0.000 0.007 0.054
Agriculteurs indépendants -0.105 -0.217 -0.095
Autres indépendants -0.018 0.008 0.008
Autres actifs -0.048 0.152 -0.300
Apprentis, aides familiaux -0.042 0.054 -0.054
Chômeurs -0.117 -0.008 -0.274
Inactifs 0.014 0.098 -0.046
Composition du ménage
Age 0-4 -0.167*** -0.184*** -0.173***
Age 0-4 au carré 0.011 0,002 0.018***
Age 5-14 -0.155*** -0,180*** -0.139***
Age 5-14 au carré 0,012*** 0,019*** 0.009**
Age 15-59 -0,112*** -0.118*** -0.088**
Age 15-59 au carré 0,009*** 0.013*** 0.010*
Age 60 et plus -0,068 0.006 -0.068
Age 60 et plus au carré -0.021 0,003 -0.033
Statut du logement
Propriétaire avec titre réf réf réf
Propriétaire sans titre -0.197*** -0.160***
Locataire -0.244*** -0.187***
Autre -0.244*** -0.183***
Accès à l'électricité
Non réf réf réf
Oui 0,069** 0.105*** 0,077*
Accès à l'internet
Nombre de personnes ayant accès 0,176*** 0.217***
Nombre de personnes ayant accès au carré -0,007 -0.021
Transferts
Transfert reçu 0,023 -0.081* 0.079***
Transfert envoyé 0,182*** 0,220*** 0.182***
0.533*** -0,239 0.625***
Constante
N 3626 1083 2543
R² 0,475 0,429 0,352
Légende : réf=référence ; * p<0,1 ; ** p<0,05 ; *** p<0,01
xvi
Tableau B. 8: Service et personnel de santé consulté, Togo, 2018
Service de santé Dispensaire 74,2 71,3 58,2 50,8 33,5 71,8 47,1 54,7
consulté Autres 11,3 12,5 13,5 11,8 11,0 12,4 11,9 12,0
Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
Médecin 24,7 31,0 41,5 45,5 60,7 29,2 49,4 43,2
Personnel de Infirmier 61,0 55,7 49,5 44,5 32,8 57,5 42,0 46,8
santé consulté Autres 14,3 13,2 9,0 10,1 6,5 13,3 8,6 10,0
Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
xvii
Tableau B.9: Proportion (%) des ménages par milieu de résidence, région et certaines caractéristiques du CM selon les principales causes de la pauvreté des ménages
Raisons de la pauvreté
Mévente de
Manque Pas Manque Manque de Manque Manque Sécheresses Mauvaise Cherté de Autres
produits Paresse
d'emplois d'instruction de terres troupeaux de routes eau/pâturages fréquentes/Inondations gestion/corruption la vie raisons
agricoles
Ensemble 71,6 9,8 16,2 4,4 11,8 3,4 12,2 42,1 48,6 20,2 9,7 14,9
Milieu de résidence
Lomé 89,0 8,3 1,4 0,0 2,3 0,2 0,9 55,7 60,3 3,8 10,4 22,5
Autres urbains 83,2 12,0 12,2 2,6 10,2 1,9 6,3 48,8 53,3 12,4 11,8 11,7
Ens. Urbain 87,0 9,6 5,1 0,9 5,0 0,7 2,7 53,3 57,9 6,7 10,9 18,8
Rural 58,2 10,0 25,8 7,4 17,8 5,8 20,5 32,2 40,4 31,9 8,7 11,6
Région
Maritime 70,5 6,1 11,6 1,5 13,3 1,0 18,7 42,5 42,6 22,8 6,3 14,6
Plateaux 58,6 13,0 21,2 2,4 20,4 4,7 22,2 27,3 46,5 38,2 8,0 9,1
Centrale 74,7 15,1 19,2 4,3 20,2 3,7 9,4 59,8 34,5 30,4 10,2 3,4
Kara 62,9 11,8 26,1 5,5 17,7 7,4 13,0 35,1 43,0 24,9 14,2 13,0
Savanes 54,9 6,8 44,8 25,9 5,5 10,4 16,5 22,3 46,7 12,3 11,1 17,8
Lomé commune 89,0 8,3 1,4 0,0 2,3 0,2 0,9 55,7 60,3 3,8 10,4 22,5
Groupe socio-économique
du CM
Salariés du Public 83,2 14,0 7,6 0,4 8,3 2,6 7,8 56,8 50,6 6,2 9,5 16,2
Salariés du Privé 85,2 10,1 5,4 0,8 7,6 1,0 5,0 55,6 52,4 6,8 8,6 23,1
Agriculteurs indépendants 52,2 9,7 30,3 9,2 18,4 6,8 23,5 27,9 35,5 40,0 7,8 11,8
Autres indépendants 81,1 9,5 9,0 1,7 8,3 1,2 5,9 46,8 56,8 10,5 11,4 15,7
Autres actifs 84,8 10,1 8,2 2,3 5,5 2,1 7,5 46,0 57,3 10,5 13,3 16,4
Apprentis, aides familiaux 74,0 12,2 18,5 7,4 16,6 2,5 9,7 37,9 45,0 17,8 8,0 11,0
Chômeurs 95,9 6,9 1,0 0,0 2,4 0,0 0,0 55,6 67,8 0,0 15,7 20,5
Inactifs 77,3 8,0 12,1 2,9 9,3 3,7 9,1 50,3 57,7 12,5 11,0 11,5
Sexe du CM
Masculin 70,4 9,5 17,8 5,1 12,8 3,9 12,3 43,2 45,7 20,5 9,3 15,1
Féminin 74,6 10,5 12,0 2,4 9,3 2,2 12,1 39,1 55,8 19,2 10,7 14,5
xviii
Niveau d'instruction du CM
Aucun 59,3 11,2 26,8 9,2 14,0 5,7 18,6 29,2 44,2 28,5 9,1 12,6
Primaire 70,3 7,7 15,4 3,5 13,8 3,3 13,2 40,5 48,2 24,1 9,6 14,2
Secondaire 1 78,7 10,2 11,5 1,7 10,7 2,4 8,7 47,6 52,0 14,3 9,7 15,4
Secondaire 2 83,4 9,9 7,0 1,2 9,2 1,7 7,0 57,8 50,5 10,6 9,3 14,2
Supérieur 87,7 9,8 2,9 0,1 4,0 0,7 1,8 60,3 53,8 5,1 12,5 25,6
Situation matrimoniale du
CM
Jamais marié 83,7 10,7 7,1 1,3 8,4 2,0 5,4 53,7 52,0 11,0 10,6 14,7
Marié 69,2 9,5 18,6 5,4 12,9 4,1 13,2 40,0 46,3 21,5 9,5 15,6
Divorcé/Séparé 75,8 11,4 10,2 1,9 8,9 1,3 9,8 50,9 57,2 15,2 8,1 10,8
Veuf(ve) 70,0 9,7 16,0 3,4 11,2 3,0 15,1 36,8 51,7 24,9 10,7 14,2
Groupe d'âges du CM
Moins de 15 ans 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
15-24 ans 78,5 11,3 11,5 3,2 13,3 3,5 8,5 47,0 48,7 11,6 13,4 11,1
25-35 ans 76,8 11,5 15,2 3,9 10,7 2,7 10,2 42,5 46,6 17,9 9,7 16,5
36-59 ans 69,8 9,2 16,3 4,3 12,6 3,8 13,0 42,0 50,1 21,4 8,6 15,1
60 ans et plus 67,5 8,9 18,6 5,7 11,0 3,4 14,4 40,5 45,5 22,6 11,2 13,9
xix