Memoire de Fin D'etudes
Memoire de Fin D'etudes
(Maître-ès Sciences)
(Maître-ès Sciences)
Ce travail ne serait pas arrivé à son terme sans la collaboration de nombreuses personnalités
bienveillantes qui ont accepté d’apporter leur aide, leur critique et de nous donner du courage en
réalisant les travaux dans des conditions souvent difficiles. Nous ne saurions pas les oublier et nous
aimerons témoigner nos reconnaissances et remerciements envers eux.
C’est donc pour nous un grand honneur et un immense plaisir de les remercier :
i
Ensuite, nous tenons à remercier sans exception, tous les enseignants de la Mention Biologie et
Ecologie Végétales qui n’ont ménagé ni leur temps ni leurs efforts d’arriver à terme nos études
universitaires.
A nos guides locaux : Monsieur Tovohery (Président du VOI), Monsieur Henri, et Monsieur Jules dit
Ndrina qui ont enduré avec nous, pluies et beaux temps pendant la réalisation des travaux de terrain.
A Madame Naltine qui nous a hébergée pendant les jours où nous avons effectué les enquêtes.
A un très bon ami Manda Vahatraina FALIARIVOLA, ses partages de connaissances en cartographie
nous ont beaucoup aidés d’avoir de la compétence en traitement d’images.
Un grand merci à nos Parents (Mr Rabary et Mme Sabine), Frères (Hugo, Hyacinthe et Elie) et Sœurs
(Ninon et Colombe) qui nous ont encouragé tout au long de nos études.
Enfin, nous ne saurons pas oublier de remercier nos amis de la promotion RAVENALA 2016 et nos
proches envers les partages de connaissances et les moments agréables que nous avons passé
ensemble durant la rédaction de ce manuscrit.
Cordialement !!
ii
TABLE DES MATIERES Page
REMERCIEMMENTS.......................................................................................................................i
GLOSSAIRE..................................................................................................................................... ix
INTRODUCTION ..............................................................................................................................1
iii
II.3.1. Sites de relevé écologique ....................................................................................................10
II.3.2. Détermination des spécimens ..............................................................................................11
II.3.3. Etude de la structure verticale de la végétation ...................................................................11
II.3.4. Etude de la structure horizontale de la végétation ...............................................................12
II.4. EVALUATION DES UTILISATIONS DES RESSOURCES VEGETALES PAR LES
VILLAGEOIS ....................................................................................................................................12
ANNEXES ........................................................................................................................................... I
v
LISTE DES CARTES
Carte 1 : Carte de délimitation administrative de la Nouvelle Aire Protégée d'Ambohidray et
végétations environnantes ......................................................................................................4
Carte 2 : Localisation des sites d’enquêtes.........................................................................................13
Carte 3 : Proposition de zonage de la nouvelle Aire Protégée d’Ambohidray sur fond de
végétation .............................................................................................................................36
LISTE DES FIGURES
Figure 1: Courbe ombrothermique selon GAUSSEN .........................................................................5
Figure 2: Histogramme de distribution par âge et sexe de la population d’Ambohidray ....................7
Figure 3: Les grandes lignes directrices des méthodes d'étude ............................................................9
Figure 4 : Disposition de relevé linéaire de GAUTIER .....................................................................11
Figure 5 : Dispositif de placeau de BRAUN BLANQUET ...............................................................12
Figure 6 : Répartition du nombre des espèces recensées par famille dans la forêt de la nouvelle Aire
Protégée d’Ambohidray .....................................................................................................................19
Figure 7 : Spectre biologique de la végétation de la nouvelle Aire Protégée d’Ambohidray ............20
Figure 8 : Diagrammes de recouvrement de la végétation du Noyau dur (a), de la Zone tampon (b)
et de la Zone écotouristique (c) ..........................................................................................................21
Figure 9 : Distribution des individus par classe de diamètre dans les trois zones de conservation ...23
Figure 10: Répartition de l'utilisation des espèces .............................................................................27
Figure 11 : Relation causes à effet/pressions et menaces pesant sur le noyau dur.............................32
Figure 12 : Relation causes à effet/pressions et menaces pesant sur la zone tampon ........................33
Figure 13 : Relation cause à effet/pression et menace pesant sur la zone écotouristique .................34
vi
LISTE DES PLANCHES PHOTOGRAPHIQUES
Planche photographique 1: Doany installés dans la nouvelle aire protégée ......................................24
Planche photographique 2 : Dégradation de la forêt au voisinage de la rizière .................................28
Planche photographique 3 : Dégradation de la zone provoquée par le charbonnage de bois ............29
Planche photographique 4 : Dégradation de l’habitat dans les vallées ..............................................29
vii
LISTE DES ACRONYMES
ACCE : Arongampanihy Communication Culture et Environnement
AGR : Activités Génératrices de Revenus
ANGAP : Association Nationale pour la Gestion des Aires Protégées
BEPC : Brevet d’Etudes du Premier Cycle
CEPE : Certificat d’Etudes Primaires Elémentaires
CI : Conservation International
COS : Comité d’Orientation et de Suivi
DREF : Direction Régionale des Eaux et Forêt
DHP : Diamètre à Hauteur de Poitrine
GELOSE : Gestion Locale Sécurisée
GPS : Globale Positioning System
IDH : Intervalle de Hauteur
MBEV : Mention Biologie et Ecologie Végétales
MNP : Madagascar National Parks
PAG : Plan d’Aménagement et de Gestion
PBZT : Parc Botanique et Zoologique de Tsimbazaza
PFL : Produits Forestiers Ligneux
PFNL : Produits Forestiers Non Ligneux
PFS : Projet de Formation Sud
SAPM : Système des Aires Protégées de Madagascar
TGRN : Transfert de Gestion des Ressources Naturelles
UICN : Union Internationale pour la Conservation de la Nature
VOI : VOndronolona Ifotony
ZE : Zone Ecotouristique
ZOC : Zone d’Occupation Contrôlée
ZR : Zone de Recherche
ZRe : Zone de Restauration
ZUD : Zone d’Utilisation Durable
viii
LEXIQUE DES MOTS MALAGASY
Dina : convention collective, appliquée par la communauté elle-même. Le processus
d’élaboration, de validation et d’application est régi par la loi.
Lavaka : entaille géologique due à l’érosion. C’est un terme malagasy admis dans le
vocabulaire international.
Razana : personnes mortes depuis très longtemps considérées comme intermédiaire entre Dieu
et l’homme.
Tangalamena : personne la plus âgée dans le village qui est le premier serviteur du sampy.
Zokiolona : nom d’honneur des personnes les plus âgées dans le village.
GLOSSAIRE
Biodiversité : variabilité des organismes vivants de toute origine ainsi que des écosystèmes.
Plan d’aménagement : document de réglementation qui définit le droit d’utilisation des ressources
naturelles à l’intérieur des territoires auxquels il s’applique.
Ressources naturelles : tout bien mis à disposition d’une population par la nature et qui possède
une valeur économique.
ix
Rugosité de la canopée : rapport entre la longueur de la ligne qui relie tous les points de contact les
plus élevés de la végétation avec un jalon. Elle traduit le degré d’homogénéité et de
perturbation de la végétation.
x
INTRODUCTION
Introduction
Pour faire face à cette situation de la biodiversité Malagasy, en septembre 2003 et dans le
cadre de la poursuite des objectifs de la vision Durban, le président de la République de Madagascar
a déclaré de tripler la surface nationale des aires protégées en cinq ans, de 1,7 millions d’hectares en
2003 à 6 millions d’hectares en 2008, portant le niveau de protection jusqu’à 10% de la surface totale
du pays. Le but est de lutter contre les sources de dégradation de l’environnement et des ressources
naturelles. Le réseau d’aires protégées de Madagascar comprenait auparavant 46 aires protégées
strictes : la Réserve Naturelle Intégrale (catégorie I de l’UICN), le Parc National (catégorie II) et la
Réserve Spéciale (catégorie IV). La gestion de ces aires protégées a été confiée par l’État à
l’organisme ANGAP ou Association Nationale pour la Gestion des Aires Protégées, actuellement
dénommée Madagascar National Parks (MNP). La création de ces aires protégées ne tenait guère
compte des besoins socioéconomiques des communautés locales mais était plutôt axée sur la
conservation de la biodiversité. Les objectifs du nouveau Système d’Aires Protégées de Madagascar
(SAPM), qui inclut le réseau ANGAP ainsi que les nouvelles aires protégées émanant de la Vision
Durban sont : (1) de conserver l’ensemble de la biodiversité unique de Madagascar, (2) de conserver
le patrimoine culturel Malagasy, et (3) de maintenir les services écologiques et favoriser l’utilisation
durable des ressources naturelles pour la réduction de la pauvreté et le développement durable
(ANDRIAMALALA et GARDNER, 2010). La plupart de ces nouvelles aires protégées intègrent la
communauté locale dans la structure de gestion des ressources naturelles par le biais du transfert de
gestion des ressources naturelles (TGRN).
Le concept de TGRN a été développé en vue de responsabiliser les populations locales dans
la gestion des ressources naturelles de leurs terroirs. C’est ainsi que la loi 96-025 a été promulguée
pour la mise en œuvre de la GELOSE ou la gestion locale sécurisée. La loi GELOSE est une forme
de transfert de gestion des ressources naturelles depuis l’Etat aux communautés locales. Elle est
1
Introduction
La loi GELOSE préconise la gestion des ressources naturelles par la communauté de base. A
Ambohidray, les communautés ont mis en place le VOndronolona Ifotony Miara-Mitsinjo ny Ala
an’Ambohidray en 2007. Alors, l’aire protégée d’Ambohidray a été fondée selon le statut de mise en
protection temporaire délivré depuis 2008 jusqu’en 2015. Durant cette période, Conservation
International (CI) et Arongampanihy Communication Culture et Environnement (ACCE) ont géré
l’aire protégée en collaborant avec la communauté de base.
Malgré son statut de protection temporaire, la forêt subit continuellement des pressions due
aux différentes activités socioéconomiques des habitants. Ces activités sont la cause de la
transformation des marécages en rizières, le déboisement incontrôlé des vallons par l’extraction de
l’or, le charbonnage de bois et le phénomène de lavaka provoquant un ensablement des bas-fonds. En
présence de ces pressions pesant sur la forêt, des problématiques ont été constatées :
- la fréquence élevée des feux de la forêt due aux pratiques de culture itinérante sur brûlis ;
- les dégâts causés par les plantes envahissantes qui s’installent pendant la période de jachère ;
En outre, il y a un désistement de l’ACCE en 2013. C’est pour ces raisons que la Mention Biologie
et Ecologie Végétales et la communauté de base d’Ambohidray ont repris la gestion de la forêt en
affectant un statut de « Nouvelle Aire Protégée » régi par le décret n°2015-808 portant la création
globale de dix aires protégées.
D’ailleurs, très peu d’expertise et d’études approfondies sur la flore et la végétation sont
consacrées à l’aire protégée d’Ambohidray. Les documents concernant la gestion de l’aire protégée
et les études scientifiques sur la flore et sur la faune restent disparates. Ainsi, la présente étude qui
2
Introduction
Afin de mieux cerner le sujet, ce mémoire est divisé en quatre (4) grandes parties :
3
I. MILIEU D’étuDe
Milieu d’étude
Carte 1 : Carte de délimitation administrative de la Nouvelle Aire Protégée d'Ambohidray et végétations environnantes
I .1.2. Climat
D’après les données climatiques du District de Moramanga enregistrées par le service
météorologique d’Ampandrianomby pendant les années 2011 jusqu’à 2017 (Annexes 1 et 2), la
précipitation moyenne annuelle est de 1 504,61 mm et la température moyenne annuelle est 20,17 °C.
Ainsi, le District présente un climat de type humide tempéré. La courbe ombrothermique (Figure 1)
établie selon la méthode de GAUSSEN (1955) montre deux mois écosecs (septembre et octobre). Du
mois de novembre jusqu’au mois d’avril, les précipitations sont très abondantes.
4
Milieu d’étude
Au niveau pédologique, les sols sont de types ferralitiques, sol à horizon superficiel jaune sur rouge
(Annexe 3) conditionnés par un apport important de matières organiques et de l’humidité
(KOECHLIN et al., 1974). Dans les zones marécageuses se développent des sols tourbeux, riches en
sulfure (KOECHLIN et al., 1974).
I.1.4. Hydrographie
Dans la partie ouest de l’aire protégée, les réseaux hydrographiques sont beaucoup plus
importants. Un canal venant du lac d’Ambolobe s’unit avec le canal de Marofoza, dans la partie sud
de l’aire protégée. Son ensemble prend le nom de Salanary, une rivière s’écoulant jusqu’au village
d’Ambohidray.
Ambohidray fait partie de la région orientale, du domaine du centre (HUMBERT, 1965). Avec
une altitude qui varie de 900 m à 1 052 m, le milieu appartient à la zone éco-floristique orientale de
moyenne altitude de 800 à 1 800 m (FARAMALALA et RAJERIARISON, 1999).
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Milieu d’étude
L’aire protégée d’Ambohidray présente une forêt dense humide ombrophile de la série à
Weinmannia (CUNONIACEAE) et à Tambourissa (MONIMIACEAE), une forêt complexe
sempervirente, riche en espèces aux essences ligneuses, arbres et arbustes, et plus riche en plantes
basses de la strate inférieure (HUMBERT, 1965). Les sous-bois sont aussi plus abondants, plus denses
et plus difficilement pénétrables. Plusieurs espèces de fougères arborescentes y sont assez fréquentes.
Sur quelques plateaux, on rencontre des savanes caractérisées par Aristida similis Baker, A.
multicaulis Baker, Hyparrhenia rufa Stapf et des peuplements d’Erica densa Andrews.
Des formations marécageuses sont dominées par les espèces hygrophiles telles que Typha latifolia L.
et Pandanus vandamii Parkinson.
I.2.2. Faune
La forêt d’Ambohidray, les vallées, les rivières ainsi que le lac abritent beaucoup d’espèces
faunistiques qui constituent un attrait touristique et assurent un multiple rôle sur l’intégrité écologique
surtout sur la régénération du peuplement forestier. Les données concernant la liste faunistique sont
très insuffisantes. Les espèces ci-après sont des espèces rencontrées et citées par les habitants ainsi
que les données herpétologiques de MADAGASCAR VOAKAJY en Février 2017.
- Reptiles
- Batraciens
Les espèces de batraciens ont des intérêts scientifiques et sont toutes endémiques de
Madagascar. Vingt-sept espèces de batraciens ont été recensées par MADAGASCAR VOAKAJY.
Ces espèces sont données dans l’annexe 5.
- Oiseaux
Les oiseaux sont moins nombreux. Les espèces les plus fréquentes sont Streptopelia picturata
(Domohina), Numida mitrata (Akanga), Alectroenas madagascariensis (Finaingo maitso), Vinago
sp. (Finaingo), Margaroperdrix madagascariensis (Tsimpoy), Coua caerulea (Coua bleu).
6
Milieu d’étude
- Micromammifères
Les espèces de micromammifères sont des gibiers tels que Terenc ecaudatus (Trandraka),
Setifer setosus (Sokina) et Potamoecherus larvatus (Lambo).
- Lémuriens
Les lémuriens sont emblématiques de la région. Ils présentent une grande diversité et sont
endémiques de Madagascar, à savoir Microcebus lehilahitsara (Tsitsy), Cheirogaleus medius
(Matavirambo), Propithecus candidus (Simpona), Indri indri (Babakoto).
La densité de la population locale est de 22,39 habitants par km2, en 2014. Le Fokontany
d’Ambohidray concentre au total 18,52 % des habitants de la commune (PCD Morarano-Gare, 2015).
Le nombre total des habitants est de 3 420. Les hommes sont moins nombreux que les femmes
(Figure 2).
7
Milieu d’étude
Elevage
L’élevage est constitué essentiellement de bovin et de volaille. Les bœufs sont surtout utilisés
pour les travaux liés à l’agriculture. Les habitants n’en font pas trop souvent le commerce. Ils
pratiquent la technique d’élevage traditionnel ; les savanes des plateaux et des collines constituent la
zone de pâturage.
Charbonnage de bois
Nombreuses familles font le charbonnage. Cette activité constitue une source de revenus
complémentaires pour la population locale. Mais certains individus, surtout les immigrants,
pratiquent le charbonnage de bois comme leur principale source de revenus.
Artisanat
8
II. MetHODeS D’etuDe
Méthodes d’étude
Etudes préliminaires :
- Recherches bibliographiques
- Etablissement d’une pré-carte d’occupation du sol
PLAN
D’AMENAGEMENT ET
DE GESTION
9
Méthodes d’étude
La recherche bibliographique a été effectuée pour approfondir les connaissances sur le site
d’intervention et sur le thème étudié. Des ouvrages, des thèses et des publications scientifiques sur
les travaux relatifs au thème étudié et au milieu d’étude ont été consultés.
Une pré-carte d’occupation du sol a été établie à partir d’une image satellitaire Sentinel 2B
(Date d’acquisition : octobre 2017) traitée sous un logiciel QGIS. La carte a été utilisée comme un
outil de référence sur terrain ainsi que pour effectuer la vérité terrain.
Deux grands groupes de paramètres ont été considérés lors de cette étude pour chacune des deux
méthodes, à savoir les paramètres écologiques et les paramètres floristiques (Annexes 6 et 7)
Les caractéristiques des sites de relevé écologique sont données dans l’annexe 9 à travers trois relevés
effectués dans chaque zone.
10
Méthodes d’étude
La structure verticale est la répartition des individus suivant un plan vertical selon lequel
l’organisation des individus se fait en plusieurs niveaux. En effet, chaque niveau correspond à une
strate qui se définit comme le niveau de concentration maximale de la masse foliaire (GOUNOT,
1969).
La méthode de relevé linéaire de GAUTIER et al., (1994) est utilisée pour caractériser la
structure verticale de la végétation. Elle consiste à représenter dans l’espace la répartition des
individus sur une unité de longueur. L’étude a été effectuée le long d’un transect de 50 m. Ce transect
est matérialisé par une ficelle fixée sur deux piquets de 1m de hauteur (Figure 4). Un jalon gradué de
7m est déplacé le long de la ficelle. Les niveaux de contact des masses végétales entrant en contact
avec ce jalon sont enregistrés tous les 1 m sur un papier quadrillé (Annexe 6). La hauteur des individus
de plus de 7 m est estimée par estimation visuelle. Les données collectées permettent d’établir un
diagramme de recouvrement qui correspond au mode de stratification des individus des espèces de la
formation végétale, en se rapportant sur le mode de recouvrement des plantes par rapport à la surface
du sol et le degré d’ouverture de la végétation. Elle permet également de faire l’étude de la rugosité
de la végétation.
11
Méthodes d’étude
12
Méthodes d’étude
Les critères de choix des villages ont été basés sur leur proximité par rapport à la forêt. En
effet, on a choisi les villages d’Andreba ambany, d’Andrebakely, d’Ambohidray nord, d’Ambohidray
sud et d’Ambodiravina (Carte 2). A l’aide d’un dictaphone, d’une fiche d’enquête (Annexes 10, 11,
12, 13) et d’une série de questionnaires, un entretien individuel a été effectué dont le type est semi-
ouvert pour que l’enquêteur et l’enquêté puissent discuter librement.
13
Méthodes d’étude
Principe de zonage
Ce principe est basé sur la loi n°2015-005 portant la refonte du Code de Gestion des Aires
Protégées qui dicte un plan de zonage complet indiquant :
o le Noyau Dur qui est une zone sanctuaire d’intérêt biologique, culturel ou cultuel, historique,
esthétique, morphologique et archéologique, constituée en périmètre de préservation intégrale.
Dans cette zone, toute activité, toute entrée et toute circulation sont strictement réglementées.
o la Zone Tampon, définie comme un espace dans lequel les activités sont réglementées pour
assurer une meilleure protection du noyau dur de l’Aire Protégée et garantir la vocation de chaque
composante. Plusieurs subdivisions peuvent faire partie d’une zone tampon, telles que :
- Zone d’Occupation Contrôlée (ZOC) : une zone habitée par des populations ou zone
d’occupation humaine, située à l’intérieur de l'Aire Protégée existant antérieurement à sa
création ;
- Zone d’Utilisation Durable (ZUD) : un espace de valorisation économique où l’utilisation des
ressources et les activités de production sont réglementées et contrôlées ;
- Zone de Recherche (ZR) : une zone consacrée aux recherches biologiques et écologiques.
Néanmoins, un environnement sain et naturel doit y être préservé pour le bien-être de la faune
et de la flore ;
- Zone de Restauration (ZRe) : une zone abritant antérieurement une végétation naturelle qui
est disparue due au défrichement, au déboisement et aux plusieurs autres formes de
dégradation. L’objectif en est de rétablir l’intégrité de la flore, voire les services
écosystémiques fournis.
o la Zone écotouristique : une zone réservée aux visiteurs. Elle présente une attraction touristique
au niveau faunistique, floristique, hydrographique et paysager ainsi que quelques aménagements
et infrastructures.
o la zone périphérique : une zone contiguë à la zone tampon, dans laquelle les activités humaines
sont encore susceptibles de produire des effets directs sur l’Aire Protégée et réciproquement.
Toutes activités autres que celles déjà traditionnellement menées dans la zone périphérique doivent
faire l’objet d’une approche concertée impliquant toutes les parties prenantes et le gestionnaire de
l’Aire Protégée.
Méthode de zonage
Dans le cadre de cette étude, il s’agit d’une proposition de rectification du zonage déjà
établi depuis l’installation de la nouvelle aire protégée et de délimitation des différentes
subdivisions de la Zone tampon.
14
Méthodes d’étude
Des prises de coordonnées géographiques en longitude et latitude par un GPS de chaque zone
ont été réalisées avant de les projeter sur la carte. Il s’agit d’enregistrer dans un GPS les points
géographiques des différentes zones. Le traitement de données collectées a été effectué sous le
logiciel QGIS. Ce dernier permet d’établir la carte de zonage à l’aide de la superposition en couches
des fichiers « shape ».
Les types biologiques des végétaux sont déterminés selon la classification de RAUNKIAER
(1905) qui a été adaptée par LEBRUN (1947) pour les pays tropicaux. Ils sont définis comme les
dispositions morphologiques par lesquelles les végétaux manifestent leur adaptation au milieu où ils
vivent (DAJOZ, 1975). L’objectif en est de connaître l’importance relative de chaque type dans la
flore. Leurs subdivisions et leurs caractéristiques sont donnés dans le tableau 1.
15
II.6.1.2. Analyse de la structure verticale de la végétation
La rugosité de la canopée est donnée par le rapport entre la longueur de la ligne des hauteurs
maximales de contact en chaque point et la longueur du relevé (CHATELAIN, 1996 et RANIRISON,
2010).
𝑳𝑯𝒎𝒂𝒙
𝑹=
𝟓𝟎
Avec R : la rugosité
LHmax : la ligne des hauteurs maximales
50 : la longueur du relevé (m)
Le recouvrement est le rapport entre la proportion des points de mesure au-dessus desquels existe un
contact avec la végétation. Le degré de recouvrement des Intervalles De Hauteurs (IDH) définis par
EMBERGER et al., (1968) est déterminé suivant l’échelle de recouvrement proposée par GODRON
et al. (1983) :
16
II.6.1.3. Analyse de la structure horizontale de la végétation
La distribution des individus par classe de diamètre est étudiée selon les classes de diamètre
définies par RONDEUX (1993) qui sont souvent utilisées dans les études de forêts tropicales. On a
proposé quatre classes de diamètre: ∅ <10 cm, 10 ≤ ∅ < 20 cm, 20 ≤ ∅ < 30 et ∅ ≥ 30 cm.
Ensuite, une analyse dendrométrique exprime le potentiel en bois de la végétation. Elle est
basée par la surface terrière et le biovolume.
La surface terrière G est le recouvrement basal représenté par la surface occupée par le tronc
des arbres qui ont un diamètre supérieur ou égale à 10 cm (GOUNOT, 1969).
𝜫 𝟐
𝑮𝒊 = 𝒅
𝟒 𝑖
Avec, Gi : surface terrière en m²/ha de chaque individu i
Le biovolume V est la capacité de production en bois de la végétation obtenue dans une surface
donnée à partir de la formule de DAWKINS (1958).
𝑽𝒊 = 𝟎, 𝟓𝟑 ∑ 𝑮𝒊𝑯𝒊
Avec
17
- Si l’indice d’utilisation est entre 60 et 100 %, l’espèce est très connue et très utilisée.
- Si l’indice d’utilisation est entre 30 et 60 %, l’espèce est moyennement utilisée et
moyennement connue.
- Si l’indice d’utilisation est inférieur à 30 %, l’espèce est peu utilisée et peu connue.
Les résultats de ces analyses de données floristiques et écologiques seront utilisés comme outils de
vérification des zonages actuels en vue de proposer une mise à jour de zonage ainsi que de déterminer
l’importance biologique de l’aire protégée.
18
III. RESULTATS ET
INTERPRETATIONS
Résultats et interprétations
Dans l’ensemble des neufs relevés, on a recensé 146 espèces regroupées dans 110 genres et dans 53
familles. Les familles les plus représentées (Figure 6) sont les RUBIACEAE (13,99 %), les
EUPHORBIACEAE (6,99 %), les LAURACEAE (5,59 %), les FABACEAE (4,9 %) et les
SARCOLAENACEAE (4,9 %).
Figure 6 : Répartition du nombre des espèces recensées par famille dans la forêt de la nouvelle Aire Protégée
d’Ambohidray
Le tableau 2 montre la spécificité de chaque zone de conservation au niveau de la richesse floristique.
Le Noyau dur a une richesse élevée en familles (28), en genres (64) et en espèces (78) par rapport
aux deux autres zones. Mais au niveau de l’espèce, le Noyau dur (78 espèces) et la Zone tampon (75
espèces) sont relativement proches.
19
Résultats et interprétations
- La rugosité de la végétation
Les différentes valeurs (Tableau 3) de la rugosité expliquent la structuration de la canopée de
la végétation des trois zones de conservation. Pour le Noyau dur, les valeurs varient de 1,75 à 1,92 ;
ce qui signifie que la végétation est bien structurée et mature. Avec la variation des valeurs de la
rugosité de 1,88 à 2, la structure de la végétation dans la Zone tampon est similaire à celle du Noyau
dur. Mais, la Zone écotouristique ayant une valeur de la rugosité entre 1,91 à 2,85 est différente par
rapport aux précédentes. La structure de la végétation au bas versant est modifiée par la présence des
chablis et la végétation en haut versant présente une formation secondaire.
Tableau 3 : Valeurs de la rugosité de la canopée dans le Noyau dur, la Zone tampon et la Zone écotouristique
Valeurs de la rugosité
Zones de conservation Bas versant Mi versant Haut versant
Noyau dur 1,92 1,85 1,75
Zone tampon 1,88 1,89 2,00
Zone écotouristique 2,85 1,91 2,30
20
Résultats et interprétations
- Recouvrement de la végétation
Un diagramme de recouvrement (Figure 8) représente la moyenne du taux de recouvrement
de chaque intervalle de hauteur des trois niveaux topographiques d’une zone de conservation (Bas
versant, Mi versant et Haut versant). Les arbres de grande taille ayant une hauteur jusqu’à 20 m tels
que Sarcolaena multifora et Leptolaena gautieri traduisent la hauteur maximale de la forêt
d’Ambohidray.
(a)
(b)
(c)
Figure 8 : Diagrammes de recouvrement de la végétation du Noyau dur (a), de la Zone tampon (b) et de la Zone
écotouristique (c)
21
Résultats et interprétations
Noyau dur :
Zone tampon :
la strate inférieure ne dépasse pas également 6 m de hauteur. Mais, son taux de recouvrement
est de 59,67 %.
la strate moyenne varie de 7 à 12 m de hauteur. Son taux de recouvrement de 75,33 %
détermine une structure peu ouverte.
la strate supérieure est comprise entre 13 à 16 m de hauteur. Son taux de recouvrement est de
20,67 %. La strate est très ouverte.
La hauteur des émergents varie de 17 à 20 m. Ce sont des arbres de grande taille qui s’élèvent
au-dessus de la canopée.
Zone écotouristique :
Les individus de la végétation d’Ambohidray se répartissent dans quatre strates bien distinctes à
savoir la strate inférieure, la strate moyenne, la strate supérieure et les émergents dont la strate
moyenne est la plus recouvrante. La végétation du noyau dur et celle de la zone tampon sont peu
ouvertes. Cette structure est conforme à celle d’une forêt dense.
22
Résultats et interprétations
Les trois graphes (Figure 9) montrent une forte proportion d’individus ayant un DHP inférieur
à 10 cm et une faible proportion d’individus dans la classe de DHP supérieure à 30 cm. Les courbes
sur les graphes représentent une forme de J renversé ; ce qui signifie que les peuplements de la
végétation dans les trois zones de conservation sont en équilibre.
Figure 9 : Distribution des individus par classe de diamètre dans les trois zones de conservation
Le tableau 4 donne la surface terrière et le biovolume dans la Noyau dur, dans la Zone tampon
et dans la Zone écotouristique. La forêt d’Ambohidray présente un faible potentiel en bois. En effet,
la surface occupée par les bois ayant un DHP supérieur ou égal à 10 cm varie de 27,97 m2/ha à 44,
34 m2/ha et la production en bois varie de 168,81 m3/ha à 280,57 m3/ha. Alors, le potentiel en bois
d’Ambohidray est faible. L’exploitation de produits ligneux avant la délimitation de l’aire protégée
explique le faible diamètre de bois dans la forêt.
Tableau 4 : Les potentiels en bois dans le Noyau dur, la Zone tampon et la Zone écotouristique
23
Résultats et interprétations
- Tabou ou « fady »
- Lieu sacré
Les Bezanozano s’établissent essentiellement selon des ordres cultuels et culturels fondés sur le «
Doany ». Ce dernier indique le lieu de rite où les habitants viennent faire l’adoration des « sampy »
tous les mois d’octobre. C’est le mois de la bénédiction nommé « Volambita ». Le Zokiolona
appelé Tangalamena dirige la cérémonie.
En effet, le Doany doit être installé sur la colline ayant la plus grande altitude ; il y en a trois (3)
dans l’aire protégée (Planche photographique 1):
24
Résultats et interprétations
Des produits forestièrs sont utilisés par les communautés villageoises en fonction de leurs
caractéristiques (forme biologique, anatomique et phytochimique). Les espèces ligneuses sont les
plus utilisées dans la vie quotidienne de la population locale car elles assurent la fourniture en bois
telle que le bois de construction, de chauffage et d’œuvre. Les espèces les plus utilisées par la
population locale (Tableau 5) sont classées selon leur indice d’utilisation par ordre décroissant.
Avec une indice d’utilisation compris entre 60% et 100%, trois espèces sont très reconnues et très
utilisées : Strychnos myrtioides (I.U=93,10 %), Ocotea cymosa (I.U=78,62 %) et Leptolaena gautieri
(I.U=73,10 %). Quatre espèces (Weinmannia rutenbergii (I.U=53,41 %), Pauridiantha paucinervis
(I.U=48,28 %), Tambourissa thouvenotii (I.U=42,06 %) et Dalbergia monticola (I .U=37,93 %)
possédant des indices d’utilisation entre 30 % et 60 % sont moyennement utilisées.
Strychnos myrtioides et Pauridiantha paucinervis sont deux espèces de plantes médicinales très
reconnues par les habitants. Les individus de ces espèces restent abondants dans la forêt.
Ocotea cymosa, Leptolaena gautieri et Weinmannia rutenbergii sont les espèces les plus utilisées
pour la construction (maison et meuble). Elles sont assez abondantes dans la forêt. Tambourissa
thouvenotii et Dalbergia monticola sont également utilisées pour la fabrication des meubles. Ces deux
espèces sont très rares dans la forêt. En effet, leur indice d’utilisation est respectivement de 42,06 %
et de 37,93 %.
Les ressources forestières de la forêt d’Ambohidray sont utilisées par la population sous
différents modes d’utilisation. La figure 10 montre la répartition des espèces par type d’utilisation.
Le graphe montre l’abondance des espèces de plantes médicinales qui sont au nombre de 38
et majoritairement des espèces forestières. Les espèces ligneuses constituent les plantes utilisées pour
la construction. Il y a 23 espèces reconnues et utilisées par les habitants comme bois de construction
de maison et 10 espèces utilisées pour la fabrication de meubles. Quatre espèces sont utilisées pour
la fabrication de matériels d’agriculture telles que la pioche et la bêche. En vannerie, quatre espèces
hydrophytes et une espèce forestière (Pandanus madagascariensis) constituent les principaux
matériels bruts. La liste des espèces les plus utilisées par les habitants est donnée dans l’annexe 14.
25
Résultats et interprétations
Tableau 5: Liste des espèces les plus utilisées par les habitants
26
Résultats et interprétations
Activités socio-économiques
Le tableau 6 donne le pourcentage des personnes par secteur d’activité. Six types d’activités
socio-économiques sont pratiqués par la population locale : agriculture, charbonnage de bois, élevage,
vannerie, commerce et charpenterie. Quarante-sept virgule quatre-vingt-dix-sept pourcent (47,97 %)
des personnes enquêtées pratiquent l’agriculture. Le riz irrigué est le plus pratiqué par les paysans.
Cependant, les produits agricoles ne peuvent pas satisfaire leur besoins annuels. Alors, dix-huit
virgule sept pourcent (18,7 %) des personnes font le charbonnage de bois pendant les périodes de
soudure pour gagner des revenus supplémentaires. L’élevage et la vannerie constituent également une
source de revenus pendant la période de soudure. Quinze virgule quarante-cinq pourcent (15,45%)
des personnes enquêtées pratiquent l’élevage de bovin, de porc et de volaille et douze virgule deux
pourcent (12,2 %) pratiquent la vannerie.
Ensuite, quatre virgule zéro six pourcent (4,06 %) des personnes enquêtées font le commerce
(épicerie, marché des légumes, boucherie) et une virgule soixante-deux pourcent (1,62 %) pratiquent
la charpenterie. Ce sont deux formes d’activités de source de revenus pratiquées pendant toute
l’année.
27
Résultats et interprétations
Les différents types de pressions pesant sur la forêt sont relevés à partir d’observations sur le
terrain. L’état de l’habitat et de la végétation et surtout les signes d’activités anthropiques sont
enregistrés. A Ambohidray, quatre (4) types de pressions ont été observés et collectés à savoir :
l’agriculture, le charbonnage de bois, l’orpaillage, et la plantation d’espèces exotiques.
- Agriculture
La présence de rizières à proximité de la forêt apporte une forte pression sur cette dernière.
La coupe sélective des arbres, le défrichement en bas versant suivi d’incinération des plantes abattues
augmentent la largeur de la lisière (Planche photographique 2). Les zones défrichées sont dominées
par des espèces envahissantes telles que Lantana camara, Psidium guajava et Pteridium aquilinum
qui, écologiquement entrent en compétition avec les espèces forestières.
28
Résultats et interprétations
- Charbonnage de bois
Les espèces ligneuses de la forêt sont abattues avant de mettre dans le four les parties ligneuses
(Planche photographique 3). Au niveau pédologique, les sols nus transportés dus à des actions de
pluie le long du versant provoquent l’érosion du sol et l’ensablement des vallons et des rizières.
Photo 5 : Arbres abattus pour le charbonnage Photo 6 : Etat de la zone après le charbonnage
- Orpaillage
L’extraction artisanale de l’or se trouve le long des ruisseaux dans les vallées. Les trous laissés
après l’extraction des sols diminuent le débit d’écoulement d’eau vers les marais. Ces trous sont
également la cause de la pollution de l’eau ; ce qui entraîne la dégradation de l’écosystème
marécageux. En plus, des pieds de Pandanus vandamii qui est une espèce à croissance lente sont
abattus pour avoir plus de surface exploitable (Planche photographique 4).
29
Résultats et interprétations
L’introduction d’Eucalyptus robusta dans la partie Est du noyau dur constitue une forme de
menace. La dispersion des graines dans la forêt et sa capacité de regéneration rapide facilitent
l’envahissement de l’habitat. Cette plantation d’Eucalyptus robusta est historiquement effectuée
comme sanction pour une personne qui a incendié la forêt.
Les pressions et menaces sont évaluées sur terrain par le biais d’observations directes des
dégâts existant dans un habitat ou dans une végétation tout en notant la surface dégradée. Les impacts
de chaque pression provoquent une modification de l’habitat naturel concerné. Les forêts naturelles
sont les plus exercées par les activités anthropiques telles que le défrichement, le charbonnage de bois
et la platation d’Eucalyptus dans la forêt. En effet, quatorze virgule vingt-quatre hectares (Tableau 7)
de superficie de la végétation sont modifiés au niveau de structure tant horizontale que verticale.
Toutefois, la fabrication de charbon de bois reste encore la plus importante pression dans l’aire
protégée entraînant la fragmentation de la végétation, l’ensablement des vallons et la formation des
lavaka.
30
Résultats et interprétations
31
Résultats et interprétations
Causes
Impacts
(1) : - Migration incontrôlée dans la forêt due à la Pressions et menaces
présence des concessions privées à proximités de (1) : Pollution de l’eau des ruisseaux,
(1) Orpaillage
l’aire protégée ; dégradation de l’écosystème
(2) Plantation des Eucalyptus
- Insuffisance des activités génératrices de revenus marécageux.
Stratégies
Actions
(1) : - Renforcer les agents de surveillance
(1) : - Formation de VOI sur l’application de la convention collective ou DINA ;
et de contrôle ;
- Appuyer l’application de DINA. - Formation des agents de surveillance et de contrôle ;
(2) : - Effectuer une éducation - Création d’activités génératrices de revenus (apiculture, maraîchage, …) ;
environnementale de la population - Formation et sensibilisation environnementale.
locale ;
(2) : - Restauration de la zone dégradée par les Eucalyptus ;
- Renforcer les agents de surveillance
et de contrôle. - Installation de la pépinière ;
32
Résultats et interprétations
Actions
Stratégies (1) : - Appui technique et matériels agricoles ;
(1) et (2): - Professionnaliser les paysans dans - Formation de VOI sur l’application de la convention collective ou DINA ;
leurs activités ; - Restauration des zones défrichées et dégradées ;
- Installation de pépinière ;
- Renforcer les agents de surveillance et - Création d’activités génératrices de revenus (apiculture, maraîchage, …) ;
de contrôle ;
- Intégration des habitants dans la gestion des forêts ;
- Appuyer l’application de DINA ; - Formation et sensibilisation environnementale.
(2) : - Valorisation et plantation d’Eucalyptus et de Pinus pour éviter l’exploitation des bois
- Renforcer l’éducation
forestiers ;
environnementale de la population
locale. - Amélioration du four ;
- Restauration des zones dégradées ;
- Installation de pépinière ;
- Intégration des habitants dans la gestion des forêts ;
- Formation et sensibilisation environnementale.
Figure 12 : Relation causes à effets/pressions et menaces pesant sur la zone tampon
33
Résultats et interprétations
Cause Impacts
Pression et menace
Insuffisance des activités génératrices de revenus Modification de la structure de la
(AGR). Agriculture végétation, installation des espèces
envahissantes.
Stratégies Actions
34
Résultats et interprétations
- le Noyau Dur
C’est une zone caractérisée par son habitat naturel et sa grande richesse floristique. En effet,
c’est une zone strictement protégée ou un périmètre de préservation intégrale dont la conservation est
la priorité. Toutefois, deux pressions y sont observées (introduction des espèces exotiques et
orpaillage). La zone dégradée par la plantation d’Eucalyptus dans la partie Est de cette zone est
délimitée comme une zone de restauration. Le Noyau dur s’étend sur une surface de 453 ha avec un
périmètre de 9 km ;
- la Zone Tampon
Les activités y sont permises mais réglementées pour assurer la meilleure conservation de la
biodiversité et la pérennisation de son utilisation ainsi que pour la protection du Noyau dur. La zone
tampon est subdivisée en des zones d’occupation contrôlée (ZOC), quatre zones de restauration
(ZRe), trois zones de recherche (ZR) et une zone d’utilisation durable (ZUD). Dans la ZUD, la
population dispose d’un droit d’utiliser les ressources naturelles mais sous le contrôle du gestionnaire.
Cette zone jouxte le Noyau dur du côté Ouest et s’étend sur 408,5 ha avec 10,4 km de périmètre ;
Elle se trouve dans la partie Nord de l’aire protégée avec un périmètre de 4,72 km et une
superficie de 98 ha. Cette zone possède un fort potentiel écotouristique, récréatif et paysager.
35
Résultats et interprétations
Carte 3 : Proposition de zonage de la nouvelle Aire Protégée d’Ambohidray sur fond de végétation
36
Résultats et interprétations
Le tableau 9 récapitule la proposition d’un plan de gestion des différentes zones délimitées en
vue de la conservation et de la pérennisation de l’utilisation des ressources naturelles de l’aire
protégée.
NOYAU DUR
Objectifs Assurer l’intégrité écologique ;
Protéger le maximum d’espèces floristiques et faunistiques.
Activités autorisées Recherches scientifiques, patrouille, contrôle et suivi écologique
Aménagement Installation des panneaux de signalisation et d’interdiction autour de la
zone.
Activités Développement du système de suivi écologique ;
Développement de la recherche scientifique au niveau des espèces
floristiques et faunistiques ;
Structuration des agents de surveillance et de contrôle (VOI) ;
Dotation des matériels et équipements des agents de surveillance et de
contrôle.
ZONE ECOTOURISTIQUE
Objectifs Présenter la biodiversité naturelle et culturelle ;
Augmenter la source de revenus de la population locale ;
Intégrer la population locale dans la gestion des ressources naturelles.
Activité autorisée Visite accompagnée
Aménagement Installation des panneaux de signalisation et des circuits touristiques ;
Création des sentiers botaniques interprétés ;
Construction des infrastructures d’accueil et de campement.
Activités Formation des guides touristiques au niveau de la population locale ;
Création d’une boutique artisanale gérée par la communauté locale ;
Création d’un centre d’exposition et d’interprétation de la biodiversité ;
Aménagement d’une route vers la zone écotouristique ;
Construction d’un parking pour les voitures.
37
Résultats et interprétations
ZONE TAMPON
Zone d’utilisation durable (ZUD)
Objectif Assurer les besoins de la population locale en ressources naturelles sans
compromettre la structure de la végétation et les fonctions écologiques.
Activité autorisée Collecte des produits forestiers (PFNL ou PFL).
Aménagement Installation des panneaux de signalisation et d’interdiction.
Activités Délimitation d’une zone de transfert de gestion des ressources naturelles;
Elaboration d’un plan d’aménagement et de gestion de la zone de transfert de
gestion des ressources naturelles ;
Elaboration de DINA ;
Formation de la communauté de base sur le diamètre moyen exploitable ;
Formation sur les procédures d’octroi d’autorisation ;
Formation et réalisation du suivi-écologique et suivi-évaluation des impacts
de l’utilisation des ressources naturelles dans la zone.
Zone d’occupation contrôlée
Objectifs Améliorer les productions agricoles ;
Stabiliser l’occupation du sol.
Activités autorisées Occupation actuelle
Activités Développement du système de contrôle des activités agricoles ;
Elaboration d’une carte d’occupation du sol et enregistrement des propriétaires
de chaque terrain ;
Renforcement des règlementations de l’utilisation des terres cultivées.
Zone de recherche
Objectif Développer la connaissance sur la biodiversité du site.
Activités autorisées Recherche scientifique, collecte et capture règlementées des espèces.
Aménagement Installation des panneaux de signalisation autour de la zone ;
Installation des campements.
Activités Collaboration avec les instituts de recherche scientifique ;
Renforcement de la connaissance des guides locales sur les espèces
floristiques et faunistiques ;
Utilisation d’un cahier de charge stipulant l’objectif de la recherche, la
recommandation par rapport à la recherche.
Enrichissement des échantillons dans l’école laboratoire.
38
Résultats et interprétations
Zone de restauration
Objectif Restaurer les services écosystémiques perturbés ;
Augmenter la surface occupée par la forêt.
Activités autorisées Plantation d’espèces sauvageons et des espèces les plus utilisées par la
population locale ;
Suivi du processus écologique.
Aménagement Installation des panneaux de signalisation et d’interdiction autour de la
zone ;
Installation d’un pare-feu autour de la zone.
Activités Collaboration avec des partenariats ;
Création d’une pépinière ;
Formation de la population locale sur la pratique de la restauration ;
Développement d’un système de responsabilité de contrôle et de suivi de
la restauration.
39
IV. Discussions et
recommandations
Discussions et recommandations
IV.1. DISCUSSIONS
IV.1.1. Sur les formations végétales de la nouvelle aire protégée
La nouvelle Aire Protégée d’Ambohidray est floristiquement riche avec un nombre élevé
d’espèces (146), de genres (110) et de familles (53). Cette richesse est plus faible par rapport à celle
de la forêt ombrophile de Daraina (RANIRISON, 2010) avec 497 espèces réparties dans 231 genres
et 85 familles. L’existence des espèces représentantes des forêts sèches et des forêts humides est la
cause de la valeur élevée en nombre de taxons de Daraina. Avec trois cent dix espèces (310) reparties
dans 156 genres et 70 familles, les forêts primaires de Maromizaha (Corridor biologique
d’Ankeniheny Zahamena) (RAMANAHADRAY, 2009) est plus riche que l’aire protégée
d’Ambohidray ; dans laquelle le prélèvement de produits forestiers entraînant la disparition de
certaines espèces explique cette différence.
La richesse floristique d’Ambohidray est comparable à celle de l’Aire Protégée de Zahamena avec
192 espèces réparties dans 86 genres et 50 familles (ANDRIAMALALA et al., 2010). Elle est
également équivalente à la richesse floristique de la forêt dense humide sempervirente de
Fanongoavana dans le District de Manjakandriana (RABEARISON, 2015) avec 137 espèces, 108
genres et 56 familles.
La surface terrière de la forêt d’Ambohidray (37 m2/ha) est relativement équivalente à celle de la forêt
ombrophile de Daraina (RANIRISON, 2010), de la forêt de Zahamena (ANDRIAMALALA et al.,
2010) et de la forêt de Fanongoavana (RABEARISON, 2015 avec respectivement 30,82 m2/ha, 44,4
m2/ha, 58,5 m2/ha et 47, 36 m2/ha.
40
Discussions et recommandations
Les enquêtes ethnobotaniques qui étaient menées permettent de constater que la population
locale ne comprenne pas les objectifs de la conservation de la forêt, les impacts apportés par la
conservation au regard de l’amélioration de leurs conditions de vie ainsi que le bien être humain. Elle
pense que la forêt est une propriété privée de la communauté de base (ou VOI). D’après eux, cette
dernière est la seule et unique entité qui a le droit d’exploiter la forêt. C’est pourquoi les habitants
provoquent intentionnellement des dégâts dans la forêt.
Le noyau dur est entouré par trois propriétés privées au Nord (Propriété de RATSIMAVOLO),
à l’Est (Propriété de RAVONJIARIVELO) et au Sud (Propriété de RAVANDISON). L’exploitation
de ces forêts constitue également une menace pour la diversité biologique de la nouvelle aire protégée.
Ainsi, la délimitation d’une nouvelle zone qualifiée de zone de protection entre le Noyau dur et les
propriétés privées est nécessaire pour renforcer la protection de l’aire protégée.
En outre, la présence d’une route traversant la forêt au niveau de la zone tampon pose un
problème sur la fragmentation de la forêt. Cette route existait avant la création de l’aire protégée et
n’est pas encore régie par une réglementation. Elle est utilisée pour le transport des charbons venant
de la forêt privée située à l’Est de l’aire protégée. Alors, un fort contrôle est nécessaire pour réduire
la sortie clandestine des bois.
IV.2. RECOMMANDATIONS
D’après les résultats obtenus, quelques points sont suggérés dans le but de renforcer et de
développer parfaitement la conservation des ressources naturelles et de bien gérer la nouvelle aire
protégée d’Ambohidray. De ce fait, un plan de gestion de la nouvelle aire protégée est élaboré sous
forme d’un cadre logique (Tableau 10). La structure de gestion est proposée dans l’annexe 11.
Objectif global : Gérer l’aire protégée d’Ambohidray en vue de sa préservation durable et bénéfique
à la population riveraine.
41
Discussions et recommandations
Action 1 : Garantir la protection à long terme, de la richesse et de l’originalité des habitats naturels de la biodiversité de la nouvelle aire protégée.
Objectif : Eradiquer toutes formes de dégradation de la biodiversité de ce site.
Activités Résultats attendus Indicateurs Moyens de Responsables Hypothèses critiques
vérification
Organiser des contrôles Système de responsabilité Rapport des La motivation et la
Nombre de
périodiques des délits et de contrôle établi ; contrôles ; compétence des
contrôles ; Fokontany et
de l’utilisation durable Atténuation de toutes Carte de contrôleurs seront
Nombre de formes VOI
des ressources naturelles formes de pressions recouvrement de nécessaires.
de pressions
végétation
Renforcer la capacité de Agents locaux Seuls les gens qui ont
suivi écologique des compétents ; bien acquis les
Liste des agents
agents locaux en Suivi écologique compétences issues
Nombre d’agents de travaillés dans les
respectant les règles participatif MBEV des formations
suivi écologique activités de suivi
régissant les différentes peuvent être
écologique
zones de la nouvelle aire sélectionnés pour le
protégée suivi.
Mettre en œuvre la Réintroduction des Nombre d’espèces Rapport de Les graines
restauration de la zone espèces forestières forestières plantation ; d’Eucalyptus dans le
dégradée par Eucalyptus Elimination d’individus restaurées ; Carte de sol sont difficiles à
MBEV et VOI
dans la partie Est du d’Eucalyptus dans la zone Absence d’individus recouvrement de éliminer.
Noyau dur d’Eucalyptus dans la végétation
zone
42
Discussions et recommandations
Action 2 : Maintenir les services écologiques et favoriser la gestion durable des ressources naturelles pour la réduction de la pauvreté de la
population locale.
Objectif : Utiliser rationnellement les ressources naturelles tout en conservant l’état de santé de l’habitat.
43
Discussions et recommandations
Développer et Activités Nombre d’agents Liste des agents Tous les habitants ne
renforcer génératrices de touristiques, touristiques peuvent pas bénéficier
l’écotourisme revenus fournies des activités fournies
MBEV et VOI
par l’écotourisme par l’écotourisme sauf
les gens impliqués dans
la gestion de la forêt.
Appuyer Amélioration du Quantité annuelle Registre des produits Direction régionale de L’application de
l’aménagement des rendement de récoltes agricoles par an l’agriculture et de l’agriculture plus stable
terrains agricoles agricole l’élevage et MBEV demande beaucoup
Promouvoir un d’argents.
système d’agriculture
plus stable (semences
sélectionnées,
techniques agricoles
modernisées)
Professionnaliser les
paysans dans leurs
activités
Création des activités Augmentation de Taux de revenus de Résultats des enquêtes Direction régionale de Les activités pratiquées
génératrices de revenus des chaque ménage sur les revenus de l’agriculture et de dans la forêt peuvent
revenus (apiculture et habitants chaque ménage l’élevage modifier la structure de
maraîchage) la végétation.
44
Discussions et recommandations
Tableau 10: Cadre logique dans la gestion de la nouvelle aire protégée (Suite)
45
Discussions et recommandations
Action 4 (suite)
Rechercher le Financement des Nombre de Liste de partenaires Un partenaire financier ne
financement des travaux de recherche et partenaires financiers peut pas financer plusieurs
MBEV
projets de recherche et de développement financiers projets.
de développement
Développer et Gestion des ressources Comité locale de Structure de gestion de La gestion environnementale
appliquer la bonne naturelles par la gestion de la zone la zone d’utilisation DREEF, communautaire nécessite une
pratique de gestion communauté locale d’utilisation durable MBEV et compétence de la
environnementale durable VOI communauté locale
communautaire
La nouvelle aire protégée d’Ambohidray est caractérisée par sa grande richesse floristique.
Les Asteropeiaceae et les Sarcolaenaceae sont deux familles endémiques de Madagascar recensées
dans la forêt. Ambohidray est riche en unités de végétation (forêts naturelles, formations herbeuses,
peuplement d’Eucalyptus robusta, peuplement de Pinus ceussia, peuplement de Pteridium aquilinum,
peuplement d’Ericaceae et Broussaille de Weinmannia rutembergii) et en zones humides (lac et
marais). L’aire protégée est également dotée d’une grande richesse faunique. La présence d’un
périmètre ayant un atout touristique (Lac d’Ambolobe) et des sites culturels marqués par la présence
des Doany constituent le potentiel écotouristique de ce site. Ainsi, la première hypothèse est vérifiée.
De nombreuses études peuvent être menées dans la nouvelle aire protégée d’Ambohidray afin
de renforcer les arguments envers l’importance de sa conservation et de développer la conservation
de sa biodiversité:
47
-
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50
ANNEXES
Annexes
Mois Janv. Févr. Mars Avr. Mai Juin Juill. Août Sept. Oct. Nov. Déc.
2011 23,4 °C 23,95 °C 22,9 °C 22,9 °C 20,25 °C 18,55 °C 16,2 °C 17,05 °C 17,8 °C 20,05 °C 22,05 °C 23,55 °C
2012 22,8 °C 23,75 °C 22,8 °C 21,75 °C 19,35 °C 16,85 °C 16,05 °C 16,65 °C 17,6 °C 20,35 °C 21,95 °C 22,25 °C
2013 23,7 °C 23,45 °C 23,05 °C 21,1 °C 19,6 °C 16,05 °C 15,8 °C 16,15 °C 18,35 °C 20,25 °C 23,05 °C 23,25 °C
2014 23,2 °C 22,8 °C 22,45 °C 21,35 °C 19,3 °C 17,75 °C 16,5 °C 17,25 °C 18,2 °C 22,3 °C 22,85 °C 24,05 °C
2015 23,05 °C 23,1 °C 23,1 °C 20,95 °C 18,6 °C 16,65 °C 15 °C 16,55 °C 17,4 °C 19,65 °C 21,25 °C 22,05 °C
2016 23,05 °C 23,1 °C 23,1 °C 20,95 °C 18,6 °C 16,65 °C 15 °C 16,55 °C 17,4 °C 19,65 °C 21,25 °C 22,05 °C
2017 23,05 °C 23,1 °C 23,1 °C 20,95 °C 18,6 °C 16,65 °C 15 °C 16,55 °C 17,4 °C 19,65 °C 21,25 °C 22,05 °C
Somme 162,25 °C 163,25 °C 160,5 °C 149,95 °C 134,3 °C 119,15 °C 109,55 °C 116,75 °C 124,15 °C 141,9 °C 153,65 °C 159,25°C
M.A 23,18 °C 23,32 °C 22,93 °C 21,42 °C 19,19 °C 17,02 °C 15,65 °C 16,68 °C 17,74 °C 20,27 °C 21,95 °C 22,75 °C
Source : Service météorologique d’Ampandrianomby, Antananarivo, Madagascar
I
Annexes
Année Janv. Févr. Mars Avr. Mai Juin Juill. Août Sept. Oct. Nov. Déc.
2011 293,6 mm 244,5 mm 231,7 mm 87,1 mm 60,2 mm 19,6 mm 15,4 mm 28 mm 19,5 mm 75,7 mm 91,4 mm 231,3 mm
2012 210,6 mm 352,4 mm 180,7 mm 172,8 mm 84,9 mm 58,7 mm 33,8 mm 24,9 mm 27 mm 43,8 mm 139,3 mm 193,4 mm
2013 291 mm 265,1 mm 210,7 mm 46,2 mm 44,5 mm 21,2 mm 22,2 mm 31,8 mm 7,8 mm 125,6 mm 158,1 mm 306,9 mm
2014 303 mm 268,6 mm 156,7 mm 42,1 mm 53,1 mm 36,3 mm 85 mm 21,1 mm 19 mm 35,8 mm 191,6 mm 295,6 mm
2015 402,5 mm 565,1 mm 225,8 mm 29,2 mm 52,3 mm 41,8 mm 29,9 mm 27,9 mm 51,3 mm 52,1 mm 144,8 mm 303,7 mm
2016 231,5 mm 183,9 mm 276,6 mm 76,8 mm 89,2 mm 24,7 mm 38,4 mm 16,8 mm 11,5 mm 47,7 mm 105,6 mm 53,8 mm
2017 99,7 mm 220,2 mm 304,5 mm 130,1 mm 67,1 mm 68,8 mm 74,3 mm 72,4 mm 29,5 mm 76,4 mm 180,6 mm 166,5 mm
Somme 1831,9 mm 2099,8 mm 1586,7 mm 584,3 mm 451,3 mm 271,1 mm 299 mm 222,9 mm 165,6 mm 457,1 mm 1011,4 mm 1551,2 mm
M.A 261,7 mm 299,98 mm 226,67 mm 83,47 mm 64,47 mm 38,73 mm 42,71 mm 31,84 mm 23,66 mm 65,3 mm 144,49 mm 221,6 mm
Source : Service météorologique d’Ambandrianomby, Antananarivo, Madagascar
II
Annexes
III
Annexes
IV
Annexes
Annexe 5: Liste herpetofaune de la NAP Ambohidray inventoriée par Madagascar Voakajy (2017)
Annexe 5: Liste herpetofaune de la NAP Ambohidray inventoriée par Madagascar Voakajy (Suite)
Andriambe cours d'eau Amphibiens Boophis pyrrhus Préoccupation mineure -18,6131 48,32684 1036 m
Andriambe cours d'eau Amphibiens Mantidactylus [Link] -18,6131 48,32684 1036 m
Andriambe cours d'eau Amphibiens Mantella crocea En danger -18,6131 48,32684 1036 m
Andriambe cours d'eau Reptiles Mantidactylus melanopleura Préoccupation mineure -18,6132 48,32711 1036 m
Andriambe cours d'eau Amphibiens Guibemantis liber Préoccupation mineure -18,6134 48,32726 1035 m
Andriambe cours d'eau Amphibiens Spinomantis aglavei Préoccupation mineure -18,6137 48,32784 1035 m
Andriambe cours d'eau Reptiles Ithycyphus perineti Préoccupation mineure -18,6137 48,32784 1035 m
Andriambe cours d'eau Amphibiens Mantella crocea En danger -18,6144 48,32809 1035 m
Andriambe cours d'eau Amphibiens Mantella baroni Préoccupation mineure -18,6144 48,32809 1035 m
Andriambe cours d'eau Amphibiens Guibemantis liber Préoccupation mineure -18,6144 48,32809 1035 m
Andriambe cours d'eau Amphibiens Boophis madagascarensis Préoccupation mineure -18,6144 48,32809 1035 m
Andriambe cours d'eau Amphibiens Boophis luteus Préoccupation mineure -18,613 48,3264 1036 m
Andriambe cours d'eau Amphibiens Aglyptodactylus madagascarensis Préoccupation mineure -18,6122 48,32856 1037 m
Andriambe cours d'eau Amphibiens Heterixalus betsileo Préoccupation mineure -18,6122 48,32856 1037 m
Andriambe cours d'eau Reptiles Sanzinia madagascarensis Préoccupation mineure -18,6122 48,32856 1037 m
Andriambe Forêt Amphibiens Scaphiophryne marmorata Vulnérable -18,6181 48,31773 1109 m
Andriambe Forêt Amphibiens Blommersia wittei Préoccupation mineure -18,6181 48,31773 1109 m
Andriambe Forêt Amphibiens Mantidactylus opiparis Préoccupation mineure -18,6181 48,31773 1109 m
Andriambe Forêt Amphibiens Aglyptodactylus madagascarensis Préoccupation mineure -18,6181 48,31773 1109 m
Andriambe Forêt Amphibiens Heterixalus betsileo Préoccupation mineure -18,6181 48,31773 1109 m
Andriambe Forêt Amphibiens Mantella crocea En danger -18,6174 48,31858 1115 m
Andriambe Forêt Amphibiens Blommersia [Link] -18,6174 48,31858 1115 m
Andriambe Vallée Amphibiens Boophis madagascarensis Préoccupation mineure -18,6132 48,32428 1039 m
Andriambe Vallée Amphibiens Boophis goudoti Préoccupation mineure -18,6128 48,32609 1039 m
Andriambe Vallée Amphibiens Mantella crocea En danger -18,6109 48,32515 1040 m
Andriambe Vallée Amphibiens Boophis pyrrhus Préoccupation mineure -18,6108 48,32543 1039 m
Andriambe Vallée Amphibiens Guibemantis aff. albolineatus -18,6106 48,3254 1038 m
Andriambe Vallée Reptiles Uroplatus phantasticus Préoccupation mineure -18,6108 48,32538 1037 m
VI
Annexes
VII
Annexes
VIII
Annexes
IX
Annexes
Tableau 2: Caractéristiques stationnelles des trois relevés écologiques effectués dans la Zone tampon
Tableau 3: Caractéristiques stationnelles des trois relevés écologiques effectués dans la Zone écotouristique
X
Annexes
Quel est le nom de votre ethnie ? Pouvez-vous parler des cultures et traditions distinguant
votre ethnie ?
Est-ce que vous avez un lieu sacré dans l’aire protégée ? Quels sont les tabous de ce lieu ? Est
ce qu’ils sont toujours respectés ? Si non, pour quelle raison ? Durant quelle période vous y
allez faire du rite ? Quelles sont les importances de l’existence de ce lieu dans votre vie
quotidienne ?
ETHNOBOTANIQUE
Quelles sont les plantes que vous utilisez pour la construction depuis la forêt ? Pour la
fabrication des meubles ? De quelle quantité ?
Est-ce que vous allez directement à l’hôpital lorsqu’il y a un malade dans la maison ?
Si non, quelles sont les plantes que vous utilisez pour traiter la maladie ? Les parties
utilisées ? Quelles est la maladie traitée ?
Comment est la disponibilité actuelle de ces produits prélevés dans la forêt ? Cela vous suffit-
il pour combien de temps ?
Est-ce que vous prélevez ces produits de la forêt à tout moment ou saisonnièrement ?
Comment trouvez-vous l’état actuel de la forêt par rapport à la situation d’avant ? Qu’est ce
qui explique cet état actuel de la forêt ? A votre avis, quelles sont les solutions que vous
proposez pour résoudre ces problèmes ?
D’après vous, quels sont les services environnementaux apportés par la forêt ? Actuellement,
est-ce qu’elle est toujours capable d’assurer ces services ?
Par conséquent, est-il important de conserver la forêt ? Quelle est votre responsabilité dans la
conservation de la forêt ?
XI
Annexes
Avez-vous aperçu des avantages depuis l’installation de la nouvelle aire protégée ? Qu’est-ce
que vous attendez de la nouvelle AP dans l’amélioration de vos conditions de vie ?
SOCIOECONOMIQUE
Du côté agriculture, où cultivez-vous ? Quels sont les produits cultivés ? Comment sont les
rendements ? Est-ce que vous vendez vos récoltes ? Comment survivez-vous lors de la
période de soudure ?
Du côté élevage, qu’est-ce que vous élevez ? Quelles techniques déployez-vous ? L’élevage
est-il pratiqué comme gain d’argent ou simplement domestique ?
Est-ce que vous pratiquez de l’artisanat ? Types artisanaux pratiqués ? Quels sont les produits
bruts que vous utilisez ? Où est ce que vous les trouvez ? Si produits forestiers, disponibilité
dans la forêt ? Est-ce qu’il est pratiqué pendant toute l’année ? Où est ce que vous vendez les
produits artisanaux ?
XII
Annexes
XIII
Annexes
Village :
Age :
Sexe :
Profession :
Type Localisation Tabous Respecté/Non
XIV
Annexes
Autres Observations :
XV
Annexes
XVI
Annexes
XVII
Annexes
Annexe 15: Proposition d’une structure de gestion de la nouvelle aire protégée d’Ambohidray
DREF, Décision,
Direction régionale de l’agriculture et de l’élevage Contrôle,
Chef de la région d’Alaotra Mangoro, Suivi,
Comité Chef du district de Moramanga Evaluation
d’orientation
et de suivi Maire de la commune de Morarano,
(COS)
Représentants des partenaires financiers,
Gestionnaire de l’aire protégée,
Secteurs privés
XVIII
Annexes
XIX
Annexes
XX
Annexes
XXI
Annexes
XXII
Annexes
XXIII
Title: PROPOSAL OF A DEVELOPMENT AND MANAGEMENT PLAN FOR THE NEW
PROTECTED AREA OF AMBOHIDRAY (Moramanga District, Alaotra-Mangoro Region)
ABSTRACT
The new protected area of Ambohidray has rich flora and fauna. It is found in the mid-altitude Eastern
eco-floristic zone located in the Alaotra-Mangoro region. Following the habitat degradation in the
area, this study was undertaken in order to develop a strategic plan for managing the new protected
area. Gautier's linear method and the surface survey using the method of Braun Blanquet were
adopted to study the structure of the vegetation and to establish a floristic list. Interviews were
conducted to determine the socio-economic context of the local population. The inventory from the
nine surveys identified 146 species in 53 families; among which are Asteropeiaceae and
Sarcolaenaceae, two endemic families of Madagascar. The vegetation recovery rate can reach up to
78,3 %. It is a characteristic of a dense forest. The total basal area of the vegetation is 37 m²/ha.
Regarding the socio- economic aspect, agriculture, charcoal making and farms are the main income
source activities of the local population. Such activities are the origin of the degradation of the
vegetation. These informations were used in the establishment of a zoning plan. The hard core covers
453 ha and represents the potential for floristic diversity of this site. The buffer zone covers 408,5 ha.
An area of 98 ha is an ecotourism potential of the protected area. The development and the
management plan proposed in this study need to be applied for guarantee the integrity of the protected
area. However, it is important to make further research on ecological studies to ensure the protection
and conservation of its biodiversity.
Key words: Ambohidray, biodiversity, new protected area, development plan, management plan
RESUME
La nouvelle aire protégée d’Ambohidray présente une grande richesse en flore et en faune. Ce milieu
appartient à la zone éco-floristique orientale de moyenne altitude située dans la Région Alaotra-
Mangoro. Suite à la dégradation de l’habitat dans cette zone, cette étude a été entreprise afin
d’élaborer un plan stratégique de gestion de la nouvelle aire protégée. La méthode de relevé linéaire
de Gautier et la méthode de placeau de Braun Blanquet ont été adoptées afin d’étudier la structure de
la végétation et de dresser une liste floristique. Des entretiens ont été menés en vue de connaître le
contexte socioéconomique de la population locale. L’inventaire effectué dans les neufs relevés ont
permis de recenser 146 espèces réparties dans 53 Familles ; parmi lesquelles, les Asteropeiaceae et
les Sarcolaenaceae sont deux Familles endémiques de Madagascar. Le taux de recouvrement de la
végétation atteint de 78,3 %. C’est une caractéristique d’une forêt dense. La surface terrière globale
de la végétation est de 37 m2/ha. L’agriculture, le charbonnage de bois et l’élevage sont les principales
activités et sources de revenus des habitants. Ces activités socioéconomiques sont à l’origine de la
dégradation de la végétation. Les informations obtenues ont permis d’établir un plan de zonage. Un
noyau dur d’une superficie de 453 ha représente le potentiel en diversité floristique de ce site. La zone
tampon s’étend sur 408,5 ha. Une zone de 98 ha constitue un potentiel écotouristique de l’aire
protégée. Le plan d’aménagement et de gestion proposé dans cette étude doit être appliqué pour
garantir l’intégrité de l’aire protégée. Cependant, il est important de mieux approfondir les études
écologiques pour assurer la protection et la conservation de sa biodiversité.
Mots clés : Ambohidray, biodiversité, nouvelle aire protégée, plan d’aménagement, plan de gestion