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Td4 Processus Corrige

Le document traite des marches aléatoires et du mouvement brownien, en présentant des exercices et leurs solutions. Il aborde des concepts tels que la loi des maxima d'une marche aléatoire, la loi du logarithme itéré pour le mouvement brownien, ainsi que des résultats concernant les temps d'atteinte dans les marches aléatoires. Les solutions fournissent des démonstrations et des estimations probabilistes associées à ces concepts.
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Processus aléatoires Thomas Budzinski

ENS Paris, 2016-2017 Bureau V2


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TD 4 : Marches aléatoires et mouvement brownien


Corrigé

Lundi 10 Octobre

1 Exercice à préparer pour la séance


Exercice 1 Soit (Xn )n∈N une marche aléatoire simple sur Z, et Mn = max{Xk |0 ≤ k ≤ n}.
1. Montrer que pour tous a, n ∈ N∗ on a P (Mn ≥ a, Xn < a) = P (Mn ≥ a, Xn > a).
2. En déduire une expression aussi simple que possible de la loi de Mn en fonction de celle de Xn .
3. Soit B un mouvement brownien et soit St = sup{Bs |0 ≤ s ≤ t} pour tout t ≥ 0. Montrer que S1 a
la même loi que |B1 |.
4. En déduire que St a la même loi que |Bt | pour tout t ≥ 0.
5. Est-il vrai que (St )t≥0 a la même loi que (|Bt |)t≥0 ?

Indication : L’outil à utiliser pour la première question se nomme "principe de réflexion".


Solution de l’exercice 1
1. On appelle trajectoire de type I une trajectoire de marche aléatoire de longueur n qui atteint a
et qui termine (strictement) en-dessous, et trajectoire de type II une trajectoire qui atteint a et
termine (strictement) au-dessus. Il suffit de montrer qu’il y a autant de trajectoires de type I que
de type II, ce qu’on va faire en construisant une bijection entre les deux. Soit t une trajectoire de
type I, et k le premier instant où elle atteint a. On note t0 la trajectoire t, réfléchie à partir du
temps k par rapport à la droite d’équation y = a (cf. figure). Il est facile de vérifier que t0 est de
type II, et que la transformation décrite est involutive donc bijective, ce qui permet de conclure.
2. Pour tout a ≥ 1, en utilisant la question précédente, on a

P (Mn ≥ a) = P (Mn ≥ a, Xn ≥ a) + P (Mn ≥ a, Xn < a)


= P (Xn ≥ a) + P (Xn > a)
= 2P (Xn ≥ a) − P (Xn = a)
= P (|Xn | ≥ a) − P (Xn = a) .

On en déduit P (Mn = a) = P (|Xn | = a)−P (Xn = a)+P (Xn = a + 1) pour a ≥ 1, et P (Mn = 0) =


P (|Xn | = 0) + P (Xn = 1).
3. Soit u ∈ R et f (x) = eiux . Il suffit de montrer que E [f (St )] = E [f (|Bt |)]. Or, l’application

C ([0, 1]) −→ R
x −→ sup xs
s∈[0,1]

1
t0

y=2

Figure 1 – Réflexion décrite dans la question 1 avec a = 2.

est continue (pour la norme uniforme), donc d’après le théorème de Donsker puis la question pré-
cédente :
  
Mn
E [f (S1 )] = lim E f √
n→+∞ n
 
X a
= lim P (Mn = a) f √
n→+∞ n
a≥0
 
   
X a X a
= lim  P (|Xn | = a) f √ + P (Xn = 1) f (0) + (P (Xn = a + 1) − P (Xn = a)) f √ 
n→+∞ n n
a≥0 a≥1
 
   X     
|Xn | a−1 a
= lim E f √ + P (Xn = a) f √ −f √ 
n→+∞ n n n
a≥1
    
X a−1 a
= E [f (|B1 |)] + lim P (Xn = a) f √ −f √ .
n→+∞ n n
a≥1

On peut alors conclure car


   
X a−1 a X |u|
P (Xn = a) f √ −f √ ≤ P (Xn = a) √
n n n
a≥1 a≥1
|u|
≤ √
n
−−−−−→ 0.
n→+∞

4. Il suffit d’utiliser l’invariance


√ du mouvement brownien
√ par changement d’échelle (exo 5 du TD 2) :
St a la même loi que tS1 , qui a la même loi que t|B1 | (d’après la question précédente), qui a la
même loi que |Bt |.
5. Non. Par exemple (St )t≥0 est p.s. croissant mais pas (|Bt |)t≥0 .

2 Loi du logarithme itéré pour le mouvement brownien


Exercice 2 Soit B un mouvement brownien. Le but de cet exercice est de montrer que presque sûrement :
Bt
lim sup = 1,
t→+∞ h(t)

2
√ 2
−x /2
e√
avec h(t) = 2t ln ln t. On rappelle que P (B1 > x) ∼ 2π x
quand x → +∞.
1. Soit ε > 0 et S comme dans l’exercice précédent. En utilisant l’exercice précédent, estimer P S(1+ε)n > (1 + ε)h ((1 +
pour n ∈ N.
Bt
2. En déduire lim supt→+∞ h(t) ≤ 1 p.s.
q
r−1 n
3. Soit r > 1. Montrer qu’il existe une infinité de n tels que Brn − Brn−1 ≥ r h(r ).
Bt
4. En déduire lim supt→+∞ h(t) = 1 p.s.

Solution de l’exercice 2

1. On utilise successivement l’exercice 1, le fait que Bt a la même loi que tB1 et la majoration
2
P (B1 ≥ x) ≤ e−x /2 :
 p 
P S(1+ε)n > (1 + ε)h ((1 + ε)n ) = P |B(1+ε)n | > (1 + ε) 2(1 + ε)n ln ln(1 + ε)n

 p 
= P |B1 | > (1 + ε) 2 (ln n + ln ln(1 + ε))
2
≤ 2e−(1+ε) (ln n+ln ln(1+ε))

1
≤ (1+ε) 2 .
n

2. D’après Borel-Cantelli, on a donc S(1+ε)n ≤ (1 + ε)h ((1 + ε)n ) pour n assez grand. Soit donc t > 1
et n tel que (1 + ε)n−1 ≤ t < (1 + ε)n . Si t est assez grand, alors

St ≤ S(1+ε)n ≤ (1 + ε) h ((1 + ε)n ) ≤ (1 + ε) h ((1 + ε)t) ∼t→+∞ (1 + ε)3/2 h(t).


Bt
On en déduit lim supt→+∞ h(t) ≤ (1 + ε)3/2 p.s. Comme c’est vrai pour tout ε > 0, on obtient la
borne supérieure voulue.
3. On raisonne de manière similaire :
! !
r − 1√ n
r r
r−1 n
P Brn − Brn−1 ≥ h(r ) = P B(r−1)rn−1 ≥ 2r ln ln rn
r r
 p 
= P B1 ≥ 2 (ln n + ln ln r)
1 1
∼n→+∞ √
√ .
2π ln ln r n ln n
n q o
Comme n n√1ln n diverge et les événements Brn − Brn−1 ≥ r−1 n
P
r h(r ) sont indépendants (par
indépendance des incréments de B), on peut conclure par Borel-Cantelli.

4. D’après la question 2, pour n assez grand on a Brn−1 ≥ −2h rn−1 . En combinant cette observation
avec la question 3, il existe une infinité de n tels que
r
r−1
h (rn ) − 2h rn−1

Br n ≥
r
r !
r−1 2
∼n→+∞ − h (rn ) .
r r
q
Bt r−1 2
On a donc lim supt→+∞ h(t) ≥ r − r p.s., et ce pour tout r > 1, d’où le résultat en faisant
tendre r vers +∞.

3
3 Marches aléatoires et fonctions harmoniques
Exercice 3 Soit S une marche aléatoire simple sur Z et a, b ≥ 0. On note

Ta,b = inf{n ∈ N|Sn = −a ou Sn = b}.

1. Montrer qu’il existe A, c > 0 tel que P (Ta,b ≥ n) ≤ Ae−cn pour tout n ∈ N. En déduire que
E [Ta,b ] < +∞.
2. En s’inspirant de la méthode vue en cours pour calculer la loi de STa,b , calculer E [Ta,b ].
3. En déduire que si Tb = inf{n ∈ N|Sn = b}, alors E [Tb ] = +∞ pour tout b 6= 0.
Solution de l’exercice 3
1. L’idée est de montrer qu’avec très grande probabilité, on a à un moment a + b pas consécutifs vers le
haut. On note Xn = Sn − Sn−1 pour tout n ≥ 1. Soit n ≥ a + b. Si Xn+1 = Xn+2 = · · · = Xn+a+b =
+1, alors Sn+a+b − Sn = a + b donc Sn ≤ −a ou Sn+a+b ≥ b, et dans les deux cas Ta,b ≤ n + a + b.
On a donc
 
P (Ta,b ≥ k(a + b)) ≤ P ∀i ∈ [[0, k − 1]], Xi(a+b)+1 , . . . , Xi(a+b)+a+b 6= (1, . . . , 1)
k−1
Y  
= P Xi(a+b)+1 , . . . , Xi(a+b)+a+b =6 (1, . . . , 1)
i=0
 k
1
= 1− .
2a+b
1/(a+b)
On en déduit le résultat en prenant e−c = 1 − 2a+b
1
et A assez grand. Le fait que E [Ta,b ] <
∞ en découle immédiatement. On obtient même la (très mauvaise) borne

E [Ta,b ] ≤ (a + b)4a+b .

2. Pour tout −a ≤ x ≤ b, on note f (x) = Ex [Ta,b ], l’espérance de Ta,b pour une marche aléatoire
simple issue de x. On a f (−a) = f (b) = 0 et, pour −a < x < b :
f (x − 1) + f (x + 1)
f (x) = 1 + .
2
Autrement dit, la dérivée seconde discrète de f est constante, égale à −2. Une solution particulière
de cette équation est −x2 . Il est donc naturel d’introduire g(x) = f (x) + x2 . La fonction g est alors
harmonique, donc il existe u et v tels que g(x) = ux + v pour tout x, soit f (x) = −x2 + ux + v. En
utilisant les conditions aux bord, on obtient

f (x) = (b − x)(x + a),

d’où E [Ta,b ] = ab.


3. Par symétrie, il suffit de traiter le cas b > 0. Pour tout a > 0, on a Tb ≥ Ta,b donc

E [Tb ] ≥ E [Ta,b ]
= ab
−−−−−→ +∞,
a→+∞

donc E [Tb ] = +∞.


Remarque Le résultat de la dernière question pouvait aussi s’obtenir en utilisant l’exercice 1. En effet,
on a P (Tb ≤ n) = P (Mn ≥ b), donc on peut calculer la loi de Tb .
Exercice 4 (Marche aléatoire biaisée)
On se donne p > 21 . Soient (Xi )i≥0 i.i.d. avec P (Xi = −1) = 1 − p et P (Xi = +1) = p. Pour tout
n ≥ 0, on écrit Sn = X1 + · · · + Xn . Soient a, b ≥ 0. On note Ta,b = inf{n ∈ N|Sn = −a ou Sn = b.}.

4
1. Déterminer la loi de STa,b .
2. En déduire la loi de min{Sn |n ≥ 0}.
3. Reprendre l’exercice 3 pour la marche aléatoire biaisée.
Solution de l’exercice 4

1. On sait que STa,b ne peut valoir que −a ou b. Il suffit donc de calculer P STa,b = b . On pose donc
f (x) = Px STa,b = b . De même que pour la marche simple, on a f (−a) = 0 et f (b) = 1 et, pour
tout −a < x < b :
f (x) = pf (x + 1) + (1 − p)f (x − 1),
soit
1−p
f (x + 1) − f (x) = (f (x) − f (x − 1)) .
p
Si on pose c = f (−a + 1), on a donc
 x+a
1−p
f (x + 1) − f (x) = c .
p
A partir de là, on peut exprimer les f (x) en fonction de c et, en utilisant f (b) = 1, obtenir c =
  a+b −1
2p−1 1−p
p 1 − p . On trouve finalement
 a
 1 − 1−p p
P STa,b = b = f (0) =  a+b .
1 − 1−pp

2. Soit a > 0. Si T−a < +∞, alors il existe b > 0 tel que S tape −a avant b, donc tel que STa,b = −a.
L’événement {T−a < +∞} est donc l’union croissante des événements {STa,b = −a} pour b > 0,
d’où

P (T−a < +∞) = lim P STa,b = −a
b→+∞
 a
1 − 1−p p
= lim 1 −  a+b
b→+∞
1 − 1−p p
 a
1−p
= .
p
1−p
On en déduit que − min{Sn |n ∈ N} est une variable géométrique de paramètre p .
3. La propriété E [Ta,b ] < +∞ se prouve de la même manière que dans le cas non biaisé. En posant
f (x) = Ex [Ta,b ], on obtient cette fois la relation
f (x) = 1 + pf (x + 1) + (1 − p)f (x − 1)
pour −a < x < b, soit
   
1 1
p f (x + 1) − f (x) + = (1 − p) f (x) − f (x − 1) + .
2p − 1 2p − 1
On peut donc calculer f comme dans la question 1. On obtient
 a
p
a + b 1 − 1−p a
E [Ta,b ] = f (0) = a+b − .
2p − 1 2p − 1

p
1 − 1−p
Par convergence monotone, on en déduit
b
E [Tb ] = < +∞.
2p − 1

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