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Nouveau RDG

Le décret n° 0100/PR/MDN du 15 janvier 2021 établit le règlement de discipline générale au sein des Forces de Défense gabonaises, définissant la mission de l'armée et l'importance de la discipline. Il précise les devoirs des militaires, les règles de la hiérarchie militaire, et les obligations de commandement et de subordination. Ce règlement vise à assurer la sécurité nationale et à maintenir l'ordre et la cohésion au sein des forces armées.

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Le décret n° 0100/PR/MDN du 15 janvier 2021 établit le règlement de discipline générale au sein des Forces de Défense gabonaises, définissant la mission de l'armée et l'importance de la discipline. Il précise les devoirs des militaires, les règles de la hiérarchie militaire, et les obligations de commandement et de subordination. Ce règlement vise à assurer la sécurité nationale et à maintenir l'ordre et la cohésion au sein des forces armées.

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PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE REPUBLIQUE GABONAISE

*************** **********

MINISTERE DE LA DEFENSE NATIONALE UNION- TRAVAIL- JUSTICE

*************** **********

REGLEMENT DE DISCIPLINE GENERALE


DANS LES FORCES DE DEFENSE
Décret n° 0100/PR/MDN du 15 janvier 2021

PROPRIETE DU SERVICE

CHANCELLERIE

Offert par l’adjudant-chef major MVE OBAME Justin Narcisse

Chef de service du personnel de la chancellerie et pension.

1
Article 1er : Le présent décret porte règlement de discipline générale dans les Forces de Défense.

Titre I : Dispositions générales


Article 2 : La loi, expression de la volonté nationale, définit la défense comme le moyen
d’assurer en tout temps, en tout lieu, en toute circonstance et contre toutes formes d’agression, la
sécurité et l’intégrité du territoire, ainsi que la vie de la population.

L’armée assure la défense par la force des armes. Sa mission et ses moyens lui sont fixés
par l’Etat.

Article 3 : l’appartenance à l’armée confère, en tout temps, aux citoyens présents sous les
drapeaux des devoirs et des responsabilités exceptionnels.

La discipline fait la force principale des armées. Elle définit l’obéissance et régit
l’exercice de l’autorité. Elle s’applique à tous sans distinction de rang, précise à chacun son
devoir et aide à prévenir les défaillances.

L’esprit militaire, qui procède de l’esprit civique, unit tous les membres des Forces de
Défense, développe en eux le sens de leurs responsabilités particulières et les incite à servir avec
loyauté et abnégation. Il se manifeste par le courage, la discipline et la solidarité. Sa plus haute
expression est le sens de l’honneur fondé sur le respect de soi-même et d’autrui, la fierté
d’appartenir à une même unité militaire et le dévouement à la patrie.

Article 4 : La formation militaire inculque à chacun la valeur et l’exigence du devoir militaire.


Elle aide à conquérir les qualités morales nécessaires pour l’accomplir en dépit des difficultés du
service et des dangers du combat.

Elle féconde la discipline dans la vie et l’action collective.

La formation concourt à créer et à maintenir dans les unités la cohésion et le moral


indispensables à l’exécution de la mission des Forces de Défense.

La cohésion repose sur l’adhésion de chacun à son devoir, sur la qualité des liens qui
unissent les membres des Forces de Défense et sur la confiance mutuelle qu’exige la solidarité
dans l’action.

Article 5 : Tout militaire doit, dans sa fonction, faire preuve de conscience professionnelle et de
discipline nécessaire à l’accomplissement de la mission de son unité.

Article 6 : Chefs et subordonnés étendent leurs relations professionnelles aux relations humaines
que la communauté de vie et d’action développe en eux. La valeur de la personne comme celle
de la fonction doivent être reconnues.

Article 7 : Conférée par la loi, l’autorité militaire implique le pouvoir d’imposer l’obéissance.
Dans l’exercice de son commandement, le chef, dépositaire de l’autorité, la maintient et la
transmet intacte. Il a le droit et le devoir de donner les ordres et de les faire exécuter. Toute
faiblesse, comme tout abus d’autorité, sont des manquements à la discipline.

2
Article 8 : La discipline faisant la force principale des armées, il importe que tout supérieur
obtienne de ses subordonnés une obéissance et une soumission entière et que les ordres soient
exécutés littéralement sans discussion ni murmure. L’autorité qui les donne en est responsable et
la réclamation n’est permise au subordonné que lorsqu’il a obéi. Toutefois, dans la mesure où les
circonstances le permettent, le subordonné peut en appeler à l’autorité compétente s’il estime
avoir reçu un ordre illégal.

Article 9 : La durée légale est le temps fixé par les textes en vigueur pendant lequel le militaire
appelé ou engagé volontaire est astreint à certaines obligations.

Pour les militaires appelés, elle est fixée à dix-huit mois. Pour les militaires engagés
volontaires, elle est de six mois.

Titre II : Des règles de la hiérarchie militaire et du commandement


Chapitre 1er : Des règles de la hiérarchie militaire

Article 10 : Conformément à la constitution, le Président de la République est le Chef Suprême


des Forces de Défense et de Sécurité.

Section 1 : De la hiérarchie militaire

Article 11 : Les Forces de Défense ont une structure hiérarchique. La hiérarchie est l’ordre des
grades. Elle est définie par le statut particulier des militaires.

Elle comprend :

❖ les militaires de rang ;


❖ les sous-officiers subalternes ou officiers mariniers subalternes ;
❖ les sous-officiers supérieurs ou officiers mariniers supérieurs ;
❖ les officiers subalternes ;
❖ les officiers supérieurs
❖ les officiers généraux ou amiraux.

Selon leur place respective dans l’ordre hiérarchique, les militaires sont subordonnés les uns

aux autres.

Section 2 : Du grade

Article 12 : Le grade consacre l’aptitude à exercer des fonctions déterminées. Il confère une
appellation, des prérogatives et comporte des obligations.

A égalité de grade, l’ordre hiérarchique résulte de l’ancienneté dans le grade.

A égalité d’ancienneté dans le grade, l’ordre hiérarchique résulte de l’ancienneté dans le


grade précédent.

A égalité d’ancienneté dans le grade précédent, l’ordre hiérarchique résulte de


l’ancienneté dans le service.

3
L’ancienneté dans le grade est le temps passé en activité dans ce grade. L’ancienneté dans
le service est le temps passé en activité depuis le recrutement.

Les officiers et les sous-officiers à la retraite, en disponibilité ou en congé exceptionnel


sans solde pour convenance personnelles, rappelés à l’activité, sont classés d’après leur grade et
leur ancienneté de service actif, dans ce grade. A égalité de grade et d’ancienneté, ils sont classés
après les officiers et sous-officiers du cadre actif. Il en est de même des officiers et sous-officiers
de réserve.

Le titulaire d’un grade a le droit et le devoir de faire respecter les règles générales de la
discipline par tous les militaires qui lui sont inférieurs dans l’ordre hiérarchique.

Article 13 : La hiérarchie générale des grades au sein des Forces de Défense est rappelée dans le
tableau ci-après :
ARMEE DE TERRE, CORPS DES
SAPEURS POMPIERS, AVIATION
LEGERE DES ARLEES, SERVICE
DE SANTE MILITAIRE, GENIE MARINE NATIONALE GENDARMERIE NATIONALE
MILITAIRE, GARDE
REPUBLICAINE

A – OFFICIERS GENERAUX

Général d’Armé Amiral Général d’Armé


Général de Corps d’Armée Vice-Amiral d’Escadre Général de Corps d’Armée
Général de Division Vice-Amiral Général de Division
Général de Brigade Contre-Amiral Général de Brigade

B – OFFICIERS SUPERIEURS

Colonel Capitaine de Vaisseau Colonel


Lieutenant-Colonel Capitaine de Frégate Lieutenant-Colonel
Commandant ou Chef de Bataillon ou Capitaine de Corvette Commandant ou Chef de Bataillon ou
Chef d’Escadron Chef d’Escadron

C – OFFICIERS SUBALTERNES

Capitaine Lieutenant de Vaisseau Capitaine


Lieutenant Enseigne de Vaisseau de 1° classe Lieutenant
Sous-Lieutenant Enseigne de Vaisseau de 2° classe Sous-Lieutenant

D – SOUS-OFFICIERS SUPERIEURS

Adjudant-chef major Maître principal major Adjudant-chef major


Adjudant-chef Maître principal Adjudant-chef
Adjudant Premier maître Adjudant

E – SOUS-OFFICIERS SUBALTERNES

Sergent-chef major Maître major Maréchal des logis-chef major


Sergent-chef Maître Maréchal des logis-chef
Sergent Second maître Maréchal des logis

F – MILITAIRES DU RANG

Caporal-chef Quartier maître de 1° classe


Caporal Quartier maître de 2° classe PAS DEMILITAIRES DE RANG
Soldat Matelot

4
Article 14 : Les officiers généraux de l’Armée de l’Air prennent respectivement les appellations
de général de brigade aérienne, général de division aérienne, général de corps d’armée aérien et
de général d’armée aérienne.

Article 15 : Les officiers généraux du Service de Santé Militaire prennent respectivement les
appellations de médecin général, médecin général inspecteur et médecin général de corps
d’armée.

Article 16 : Les militaires élèves des écoles de formation portent, selon le cas, l’appellation
d’élèves-officiers ou d’élèves sous-officiers. Ces appellations correspondent à des grades à titre
école.

Article 17 : Le subalterne s’adressant verbalement ou par écrit à un supérieur fait usage des
appellations règlementaires suivantes :

Pour les officiers :


GENDARMERIE NATIONALE ARMEE DE TERRE,
CORPS DES SAPEURS POMPIERS, AVIATION LEGERE
DES ARLEES, SERVICE DE SANTE MILITAIRE, GENIE MARINE NATIONALE
MILITAIRE, GARDE REPUBLICAINE

Général d’Armé Amiral


Général de Corps d’Armée Vice-amiral d’Escadre Amiral
Général de Division Mon Général Vice-amiral
Général de Brigade Contre-amiral
Colonel Mon Colonel Capitaine de Vaisseau
Lieutenant-colonel Capitaine de Frégate Commandant
Commandant Mon Commandant Capitaine de Corvette
Capitaine Mon Capitaine Lieutenant de Vaisseau Capitaine
Lieutenant Enseigne de Vaisseau de 1° classe
Sous-lieutenant Mon Lieutenant Enseigne de Vaisseau de 2° classe Lieutenant

Mon est l’abréviation de « Monsieur le…».

Pour les personnels féminins, l’on énonce directement le grade de l’intéressée.

L’officier du corps des commissaires est appelé « Commissaire ».

Les officiers de Marine et les officiers mariniers commandant une unité (bateau) sont appelés
commandant quel que soit leur grade par le personnel placé sous leur autorité.

Pour les sous-officiers ou officiers mariniers, caporaux ou quartiers maîtres :


ARMEE DE TERRE, CORPS DES
SAPEURS POMPIERS, AVIATION
LEGERE DES ARLEES, SERVICE DE GENDARMERIE MARINE NATIONALE
SANTE MILITAIRE, GENIE NATIONALE
MILITAIRE, GARDE
REPUBLICAINE
Adjudant-chef major Major Major Maître principal major Major
Adjudant-chef Mon Adjudant- Mon Adjudant-chef Maître principal Principal
chef Mon Adjudant Premier maître Premier maître
Adjudant Mon Adjudant Major Maître major Major
Sergent-chef major Major Chef Maître Maître
Sergent-chef Chef Chef Second maître Second
Sergent Sergent
Quartier maître de 1° classe Quartier maître
Caporal-chef Caporal-chef Quartier maître de 2° classe Quartier maître
Caporal Caporal Matelot Matelot
Soldat Soldat

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Article 18 : Le supérieur s’adressant à un subalterne fait usage des appellations suivantes :

❖ le supérieur appelle le subalterne par son grade en ajoutant nom s’il le juge à propos ;
❖ si le subalterne est isolé, le supérieur peut l’appeler par son nom ou son grade
conformément aux appellations indiquées au tableau ci-dessus.

Les soldats ou matelots sont appelés « soldats » ou « matelot ».

Chapitre 2 : Règle du Commandement et de la Subordination

Section 1 : Du Commandement et de la Subordination

Article 19 : Le Commandement est l’exercice de l’autorité. La subordination est l’état dans


lequel se trouve le personnel soumis à l’autorité d’un chef.

Le Commandement et la Subordination résultent du grade et de la fonction remplie. Ils


présentent un caractère permanent ou occasionnel.

Dans l’exercice de leurs fonctions, les militaires sont subordonnés les uns aux autres
selon l’ordre hiérarchique. Cette règle peut comporter des exceptions lorsque des militaires
reçoivent délégation d’autorité pour exercer des fonctions particulières.

Tout militaire qui exerce, même provisoirement, une fonction est investi de l’autorité et
de la responsabilité afférente à cette fonction.

Article 20 : Le commandement d’une unité implique, à la fois le droit et l’obligation d’exercer


l’autorité sur les personnels constituant cette unité.

Article 21 : En situation particulière regroupant les unités relevant de différents


commandements, le commandant d’unité le plus ancien dans le grade le plus élevé prend le
commandement de l’ensemble.

Ce commandant confirme les missions de ses unités. Si certaines d’entre elles ne sont
plus en mesure de les exécuter, il prend l’initiative de leur en fixer des nouvelles.

Section 2 : Du Commandement opérationnel

Article 22 : Pour la préparation et l’exécution de missions particulières, des commandements


opérationnels peuvent être constitués pour mettre en œuvre des groupements des forces
composées de plusieurs unités ou de fractions d’unités.

Section 3 : De la continuité du Commandement

Article 23 : L’exercice du commandement doit être continu.

Lorsque le titulaire d’une fonction est physiquement absent sans avoir été remplacé, cette
fonction est exercée par le premier de ses subordonnés selon l’ordre hiérarchique, si aucun ordre
de dévolution particulier n’est prévu. L’intérim peut être assuré en cas d’empêchement
momentané ou définitif du titulaire du commandement.

L’intérim est formalisé par écrit.

6
La durée maximale d’un intérim est de douze mois à l’issue de laquelle le titulaire doit
être remplacé. L’intérimaire bénéficie pendant cette période des avantages rattachés à l’emploi à
l’exclusion de l’indemnité de logement et de fonction.

Article 24 : L’action du commandement doit être permanente.

Le titulaire d’un commandement peut déléguer certaines de ses prérogatives à un ou


plusieurs de ses subordonnés.

Article 25 : A fonction égale, le commandement est assuré par le titulaire d’une lettre de service
spéciale, d’une lettre de commandement ou d’une note d’intérim.

Conformément aux statuts de certains corps, les officiers et sous-officiers de ceux-ci sont
subordonnés, quel que soit leur grade, mais seulement dans l’exercice de leurs fonction, à
l’officier titulaire d’une lettre de service spéciale, d’une lettre de commandement ou d’une note
d’intérim.

Les commandants des bâtiments ou d’aéronefs, responsables de l’exécution de la mission


et de la sécurité, ont autorité sur toutes les personnes présentes à bord.

Titre III : Des devoirs et formation des militaires


Chapitre 1er : Des devoirs généraux

Article 26 : Le militaire doit :

En tant que citoyen :

❖ se conformer aux lois ;


❖ servir avec loyauté et dévouement ;
❖ honorer le drapeau et respecter les traditions nationales ;
❖ s’interdire tout acte, propos ou attitude contraires aux intérêts ou l’honneur de la nation.

En tant que membre des Forces de Défense :

❖ observer la discipline et les règlements ;


❖ accepter les sujétions de l’état militaire ;
❖ assurer la protection du secret ;
❖ prendre soin du matériel et des installations appartenant aux Forces de Défense ou placés
sous leur dépendance.

En tant que responsable d’une fonction dans son unité :

❖ apporter son concours sans défaillance à l’autorité ;


❖ s’instruire pour tenir son poste avec compétence ;
❖ s’entraîner en vue d’être efficace dans l’action.

Article 27 : Chaque militaire doit se préparer physiquement et moralement au combat et


accomplir sa mission même au péril de sa vie.

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Article 28 : La hiérarchie impose des devoirs réciproques aux supérieurs et aux subalternes,
quels que soient leur corps d’appartenance et leur unité d’affectation.

Le supérieur doit être un exemple pour le subalterne. Celui-ci lui doit obéissance et
respect.

Un supérieur ne peut donner d’ordres à un subalterne ne relevant pas de son autorité sauf
pour faire appliquer les règles générales de la discipline.

Tout militaire, quels que soient sa qualité et son grade, doit se conformer aux instructions
ou obtempérer aux injonctions d’un militaire même subalterne si ce dernier est en service et agit
en vertu d’ordres ou de consignes qu’il est chargé de faire appliquer.

Chapitre 2 : Des devoirs et responsabilités des chefs et des subordonnés

Article 29 : Tout militaire appartient à une unité où il reçoit la responsabilité d’une fonction. Il
est de ce fait directement subordonné à un chef.

Chef et subordonné ont des responsabilités et des devoirs particuliers.

Section 1 : Des devoirs et responsabilités des chefs

Article 30 : L’autorité dont le chef est investi lui donne le droit et le devoir de prendre des
décisions. Il traduit ses décisions par des ordres précis et fermes. Il les fait appliquer par ses
subordonnés.

Article 31 : Le chef est responsable des conséquences des ordres donnés par lui et ceux
accomplis par ses subordonnés agissant en ses lieux et places.

Article 32 : Le chef a le droit et le devoir d’exiger l’obéissance de ses subordonnés. Toutefois, il


ne peut leur ordonner d’accomplir des actes dont l’exécution engagerait leur responsabilité
pénale ou des actes contraires au droit international des conflits armés et aux conventions
internationales en vigueur, notamment :

❖ les actes contraires aux lois et coutumes de la guerre définis aux articles 43,44 et 45 du
présent décret ;
❖ les actes constitutifs d’infractions criminelles ou délictuelles contre la sûreté de l’Etat, la
constitution ou la paix publique ;
❖ les actes portant atteinte à la vie, à l’intégrité, à la liberté des personnes ou au droit de
propriété, lorsqu’ils sont contraires à la loi.

Une obéissance parfaite ne peut être obtenue que si le chef exerce son autorité avec
compétence, justice et fermeté. Il s’efforce de convaincre, d’instruire en même temps que
d’imposer, en respectant les droits des subordonnés. Cette attitude facilite l’exercice des
responsabilités qui incombent à ses subordonnés.

Article 33 : Dans la limite du secret professionnel, le chef informe ses subordonnés de ses
intentions et du but à atteindre, oriente leur initiative pour obtenir leur participation active à la
mission.

8
Article 34 : Le chef transmet ses ordres par voie hiérarchique descendante. Si l’urgence, la
nécessité ou les directives particulières le conduisent à s’affranchir de cette voie, il n’informe
que les échelons concernés.

Article 35 : Le chef instruit ses subordonnés, contrôle leur progrès et la valeur des unités. Il
procède à la notation de ses subordonnés sur avis préalable de leurs supérieurs directs.

Il témoigne sa satisfaction par des récompenses, réprime les fautes par des punitions. Il
est attentif aux conditions matérielles de vie et aux préoccupations personnelles de ceux qui sont
placés sous son autorité.

Section 2 : Des devoirs et responsabilités des subordonnés

Article 36 : L’obéissance est le premier devoir du subordonné. Celui-ci exécute loyalement les
ordres qu’il reçoit. Il est responsable des conséquences de leur inexécution.

Article 37 : Le subordonné doit rendre compte de l’exécution des ordres reçus.

S’il est dans l’impossibilité d’exécuter un ordre, il rend compte immédiatement à


l’autorité qui l’a donné.

Le subordonné ne doit pas exécuter un ordre prescrivant d’accomplir un acte


manifestement illégal ou contraire au droit international des conflits armés, aux droits humains
ainsi qu’aux conventions internationales en vigueur.

Chapitre 3 : De la formation et du perfectionnement du militaire

Article 38 : La formation et le perfectionnement font parties des droits et devoirs de tout


militaire en activité.

La formation militaire tend à développer le sens du service et l’esprit de solidarité. Elle


prépare les chefs à l’exercice de l’autorité, les subordonnés à l’exécution des ordres, les unités à
l’action cohérente. La formation militaire est dispensée à l’occasion de toues les activités
individuelles et collectives. Elle concerne l’enseignement général, technique ou professionnel.

La formation militaire s’adresse à tous et suppose la participation de ceux qui la reçoivent


comme de ceux qui la dispense. Les rapports hiérarchiques et de camaraderie ainsi que les
rapports personnels qui s’établissent dans l’exécution du service lui confèrent toute sa valeur.

Ces rapports sont développés quotidiennement. Il est mis à profit certains moments de la
vie militaire, tels que l’accueil des recrues, les entretiens, les inspections et les notations pour
approfondir ces rapports.

Le perfectionnement concerne toute activité de l’enseignement professionnel visant à


améliorer le savoir-faire et le savoir-être du militaire.

9
Section 1 : De l’instruction et de l’entrainement

Article 39 : L’instruction et l’entrainement rendent les militaires et les unités aptes à remplir
leurs fonctions et à exécuter leur mission, quelles que soient les circonstances.

La pratique régulière de l’entraînement physique accroît l’endurance et la maîtrise de soi,


améliore les réflexes et prépare à l’action en équipe. Elle développe chez l’individu et dans le
groupe le dynamisme nécessaire à toutes les activités militaires.

La formation technique porte essentiellement sur la connaissance du matériel et sa mise


en œuvre. Elle donne à chacun la qualification indispensable, le sens des responsabilités et
l’exacte notion de sa place dans un ensemble.

La préparation au combat simule les conditions réelles, montre à chacun les risques, les
difficultés de la lutte et indique les moyens d’y faire face. Les exercices et les manœuvres
permettent de juger le degré de préparation des militaires et des unités.

L’instruction et l’entraînement sont les principaux moyens pour assurer efficacement la


formation et le perfectionnement du militaire.

Section 2 : De l’inspection des unités et de l’évaluation des performances du militaire

Article 40 : Les inspections permettent au commandement de constater l’état de préparation des


unités, en faisant apparaître les différences qui peuvent exister entre les objectifs fixés et les
résultats obtenus. Elles doivent être l’occasion de préciser les responsabilités des chefs et des
subordonnés.

Article 41 : L’évaluation des performances consiste à l’attribution au militaire par son supérieur
hiérarchique d’une note assortie d’appréciation générale motivée. Elle éclaire le commandement
sur la valeur, l’aptitude professionnelle et la manière de servir du militaire. Elle doit être établie
avec précision et en toute objectivité.

A l’occasion de l’évaluation, le chef fait connaître à chacun de ses subordonnés directs


son appréciation sur sa manière de servir et lui prodigue des conseils nécessaires.

Les feuilles de notes et appréciations, obligatoirement communiquées chaque année aux


intéressés, sont émargées par ces derniers.

Section 3 : De la détente et des loisirs

Article 42 : La détente est le complément indispensable du travail dont elle améliore la qualité et
le rendement. Elle assure le bon équilibre de l’individu et entretient la cohésion et le moral de la
troupe.

Les activités de détente visent à donner à chacun, dans un climat de camaraderie, la


possibilité de satisfaire ses goûts, ses aspirations physiques, morales, intellectuelle et spirituelles.

La pratique du sport individuel ou collectif complète l’instruction physique et développe


un esprit de saine émulation à l’occasion des compétitions.

Ces activités peuvent s’exercer au sein de groupes animés par leurs membres sous
l’impulsion et le contrôle du commandement. Celui-ci participe à leur organisation.

10
Section 4 : De la promotion sociale

Article 43 : L’armée tient à promouvoir socialement l’individu par l’amélioration de ses


connaissances et de ses aptitudes.

Le commandement informe les militaires des possibilités qui leur sont offertes pour
perfectionner leur instruction professionnelle. Il leur donne à cet effet les facilités compatibles
avec les nécessités du service.

Section 5 : De la formation civique

Article 44 : L’armée inculque aux gabonais, servant sous le drapeau, l’esprit de solidarité et
leurs devoirs de citoyen.

Les actes importants de la vie militaire rappelant à chacun le devoir d’assurer la défense
de la patrie. Ils doivent leur permettre de prendre conscience des obligations et des sacrifices qui
peuvent être demandés.

Chapitre 4 : Des devoirs des militaires au combat

Article 45 : La force et la cohésion des unités au combat exigent que chaque militaire participe à
l’action contre l’ennemi avec énergie et abnégation.

Section 1 : Des devoirs du combattant

Article 46 : Le chef conduit et poursuit le combat jusqu’au succès ou à l’épuisement de tous ses
moyens.

Il stimule la volonté de combattre de ses subordonnés, maintient en toute circonstance


l’ordre et la discipline, au besoin il force l’obéissance.

Le chef prend toute disposition pour qu’aucun document important ni matériel utilisable
ne tombe aux mains de l’ennemi.

Article 47 : Tout militaire combattant doit remplir sans défaillance les devoirs qui lui incombent
soit à titre personnel, soit à titre de membre d’une équipe ou d’un équipage.

En particulier :

❖ il s’efforce de neutraliser l’ennemi ;


❖ il met tout en œuvre pour atteindre l’objectif désigné ou tenir le poste qui lui est assigné ;
❖ il maintient en état de fonctionnement les armes ou le matériel dont il se sert ;
❖ il s’efforce d’assurer le service des armes, matériel collectif dont le personnel a été mis
hors de combat ;
❖ il évite la capture et rejoint l’unité ou l’autorité la plus proche s’il est dans l’impossibilité
de remplir sur place sa mission ou s’il ne peut recevoir des ordres de ses chefs.

Il est interdit au combattant :

❖ d’abandonner des armes et des matériels en état de servir, sauf cas de force majeur ;
❖ d’entrer en rapport avec l’ennemi ;
❖ de se rendre à l’ennemi avant d’avoir épuisé tous les moyens de combattre.

11
Lorsque tous les chefs sont tombés, le militaire le plus ancien dans le grade le plus élevé
prend le commandement et poursuit le combat.

Section 2 : Des devoirs du prisonnier

Article 48 : Si un combattant tombe aux mains de l’ennemi, son devoir est d’échapper à la
captivité en profitant de la confusion de la bataille et de toute occasion favorable pour rejoindre
les forces amies. Il a également le devoir d’aider ses compagnons à le faire.

Article 49 : Le prisonnier doit conserver la volonté de résistance et l’esprit de solidarité


nécessaire pour surmonter les épreuves de la captivité et résister aux pressions de l’ennemi.

Il repousse toute compromission et se refuse à toute déclaration écrite, orale et en général


à tout acte susceptible de nuire à son pays et à ses camarades.

Article 50 : Le militaire fait prisonnier ne donne à l’ennemi que ses noms, prénoms, grade,
numéro matricule et date de naissance. Il peut contribuer à fournir les mêmes renseignements
pour des camarades qui ne sont pas physiquement capables de les donner eux-mêmes.

Section 3 : Des prescriptions et interdictions

Article 51 : Il est prescrit aux militaires au combat :

❖ de considérer comme combattants régulier les membres des forces armées ou milices
volontaires ennemies, y compris les résistances organisées, à condition que ces
formations aient un chef désigné, que leurs membres arborent un signe distinctif, portent
des armes d’une façon apparente et respectent les lois et usages de la guerre ;
❖ de traiter avec humanité et sans distinction toutes les personnes mises hors de combat ;
❖ de recueillir, protéger et soigner les blessés, les malades et les naufragés dans la mesure
où les circonstances le permettent ;
❖ de respecter les hôpitaux et les lieux de rassemblement des malades ou des blessé civils
ou militaires, les personnels, les formations, les bâtiments, les matériels, les transports
sanitaires et d’épargner les édifices consacrés aux cultes, aux arts, aux sciences et à la
bienfaisance ainsi que les monuments historiques, à conditions qu’ils ne soient pas
employés à des fins militaires.

Il est en outre interdit au militaire combattant :

❖ de prendre sous leur feu des blessés ou tuer un ennemi qui se rend ou est capturé ou avec
lequel un cessez-le-feu a été conclu ;
❖ de s’adonner à des actes de barbaries notamment viols, séquestration et enrôlement des
enfants ;
❖ de dépouiller les morts et les blessés ;
❖ de refuser une reddition sans condition ou de déclarer qu’il ne sera pas fait de quartier ;
❖ de se livrer à toute destruction inutile et à tout pillage ;
❖ de prendre des otages, de la utiliser comme boucliers humains, de se livrer à des
représailles ou à des sanctions collectives ;
❖ de condamner les individus en dehors des lois et procédures en vigueur ;
❖ d’attaquer ou de retenir prisonnier un parlementaire arborant le drapeau blanc ;
❖ d’utiliser tous les moyens qui occasionnent souffrances et dommages inutiles ;

12
❖ d’utiliser indûment le pavillon parlementaire, le pavillon national de l’ennemi ainsi que
les insignes distinctifs des conventions internationales ;
❖ de porter atteinte à la vie et à l’intégrité corporelle des blessés, naufragés, prisonniers
ainsi que des personnes civiles, notamment, par le meurtre sous toutes ses formes, les
mutilations, les traitements cruels, tortures et supplices,
❖ de forcer les nationaux de la partie adverse à à prendre part aux opérations de guerre
contre leur pays ;
❖ de tirer sur l’équipage et les passagers d’avions civils ou militaires sautant en parachute
d’un avion en détresse, sauf lorsqu’ils participent à une opération aéroportée ;
❖ de détruire et de saisir des navires ou des aéronefs de commerce neutres, sauf en cas de
contrebande, rupture de blocus et autres actes contraires à leur neutralité.

Article 52 : Dès leur capture les prisonniers doivent être traités avec humanité. Ils doivent être
protégés contre tout acte de violence, les insultes et la curiosité publique. Ils ont droit au respect
de leur personne et de leur honneur. Ils doivent rester en possession de leurs effets et objets
d’usage personnel, sauf les armes, équipements et documents militaires.

Article 53 : Les prisonniers doivent être évacués dans les plus brefs délais vers des points de
rassemblement situés assez loin de la zone de combat. En attendant leur évacuation, ils ne
doivent pas être exposés inutilement au danger.

L’évacuation des prisonniers doit s’effectuer dans les mêmes conditions, notamment de
sécurité, que les déplacements des troupes.

La liste des prisonniers évacués doit être établie aussitôt que possible. Chaque prisonnier
n’est tenu de déclarer, quand il est interrogé à ce sujet, que ses noms, prénoms, grade, date de
naissance, numéro matricule.

Les prisonniers malades et blessés sont confiés aux services de santé.

Titre IV : Des règles du service


Chapitre 1er : Du cérémonial militaire

Article 54 : Les cérémonies militaires ont pour but de donner la solennité qui convient à certains
évènements de la vie nationale et de la vie militaire.

Elles manifestent publiquement la valeur et le prestige des Forces de Défense et les liens
qui les unissent aux autorités et aux populations. Elles témoignent de la discipline des militaires
et de l’esprit de solidarité qui les animent. Leur signification doit être comprise de tous.

Les autorités civiles, les associations d’anciens combattants, les associations des
militaires de réserve et des anciens enfants de troupe peuvent être invitées aux cérémonies
militaires.

Section 1 : Des règles du cérémonial militaire

Article 55 : Le cérémonial militaire comprend les prises d’armes et les honneurs militaires dont
les règles sont fixées par les textes en vigueur.

13
Chapitre 2 : De l’uniforme et de la tenue civile

Section 1 : De l’uniforme

Article 56 : Tout militaire en service porte l’uniforme, sauf dérogations particulières.

Chaque composante des Forces de Défense fixe son uniforme et précise les modalités de
son port.

Article 57 : L’uniforme et les insignes doivent être réglementés. Tout uniforme et insigne non
règlementaires sont strictement interdits. Le seul insigne de poitrine autorisé est celui du corps
auquel appartient le militaire. Il est porté sur le côté droit de l’uniforme.

Les insignes rappelant la spécialité et/ou la qualification sont portés du côté gauche.

L’insigne du brevet parachutiste et la plaque patronymique sont portés au-dessus de


l’insigne de poitrine.

Article 58 : Pour les hommes, la coupe des cheveux doit être nette et sans excentricité, les
tempes et la nuque dégagés. Le port de la moustache et de la barbe est interdit, sauf prescription
médicale.

Article 59 : Le personnel féminin doit avoir :

❖ une coiffe correcte permettant le port de la coiffure militaire ;


❖ un chignon à la nuque non exagéré, avec petite attache de couleur noire ;
❖ cheveux courts de couleur naturelle ;
❖ un vernis à ongles et un maquillage discrets ;

Il est interdit au personnel féminin de porter perruque, tissage ou tout autre artifice
fantaisiste.

L’usage de la perruque ou tissage, de couleur noire, doit être court et discret permettant le
port de la coiffure militaire.

Article 60 : Les vêtements doivent être boutonnés. Il est interdit de circuler sans coiffure à
l’extérieur des bâtiments ou des casernes et de garder les mains dans les poches.

Pour le personnel féminin, les autres bijoux sont prohibés sauf les alliances et les
montres.

Les chefs ont la responsabilité de surveiller la conformité de la tenue à tous les échelons.

Article 61 : Les militaires de passage dans une garnison ne sont pas astreints à porter la tenue
fixées par le commandant d’armes, sous réserve que leur tenue soit règlementaire.

Article 62 : En dehors du service, le port de l’uniforme est interdit aux militaires qui se livrent à
des travaux ou à des occupations incompatibles avec l’uniforme.

Article 63 : Dans les Etats étrangers, l’uniforme ne peut être porté que par les militaires :

❖ en stage dans les écoles de formation ;

14
❖ en poste auprès d’une mission diplomatique ou désignés comme membres d’une mission
technique ;
❖ en mission officielle ;
❖ en transit ou en escale pour raisons de service.

Toutefois, les militaires qui assistent, à titre personnel, à une cérémonie officielle ou privée,
peuvent également porter l’uniforme sur autorisation du ministre de la Défense Nationale et
l’accord du représentant diplomatique du Gabon.

Article 64 : Le port de l’uniforme peut être prescrit aux militaires de la disponibilité et de la


réserve pour répondre à une convocation de l’autorité militaire.

Article 65 : Le port de l’uniforme peut être autorisé aux mêmes personnels, ainsi qu’aux
officiers et sous-officiers en retraite, à l’occasion des prises d’armes, réunions, fêtes et
cérémonies.

Article 66 : Le port de l’uniforme est interdit :

❖ aux officiers et sous-officiers déchus de leur grade, réformés ou mis à la retraite d’office
par mesure disciplinaire ;
❖ aux personnels placés en inactivité par mesure disciplinaire, aux personnels de réserve
mis en disponibilité, sauf s’ils sont appelés à répondre à une convocation de l’autorité
militaire ;

Article 67 : Le port de l’uniforme entraîne, pour chaque personnel, l’obligation de se conformer


aux règles de la discipline militaire.

Section 2 : De la tenue civile

Article 68 : Dans certaines circonstances le commandement peut autoriser ou prescrire le port de


la tenue civile.

Article 69 : Les militaires du rang servant pendant la durée légale fixée à l’article 9 ci-dessus
bénéficient de la même autorisation lorsqu’ils sont titulaires d’une permission de détente ou pour
évènement familial.

Des restrictions peuvent être apportées lorsque les nécessités du service ou des
circonstances particulières l’exigent.

Article 70 : Les militaires élèves des écoles de formation sont, en matière de port de la tenue
civile, soumis au régime particulier de l’école.

Article 71 : Les militaires gabonais en stage dans les écoles étrangères et en permission au
Gabon doivent répondre à toute convocation de l’autorité militaire en tenue de leur école.

Section 3 Des décorations et accessoires

Article 72 : Les décorations sont portées sous forme d’insignes complets, d’insignes de format
réduits ou de barrettes selon la tenue et suivant les prescriptions en vigueur. Elles ne sont portées
sur la tenue de combat que sur ordre particulier.

15
L’ordre dans lequel sont portées les décorations fait l’objet de l’annexe 1 du présent
décret.

Article 73 : Le port de toute décoration ou accessoire est interdit au militaire récipiendaire avant
réception officielle.

Article 74 : Le port des décorations étrangères est subordonné à une autorisation préalable. Il
n’est obligatoire que dans les cérémonies où se trouvent des personnalités étrangères et pour les
seules décorations du pays concerné.

Article 75 : La fourragère est un accessoire porté sur l’épaule droite, en tenue de cérémonie, de
ville ou de combat pour les prises d’armes seulement.

Sur la tenue n° 1 la fourragère est fixée sur le bouton placé sous la patte d’épaule côté
droit, le bout ferré est accroché sur le deuxième bouton.

Sur la tenue n° 2 et la tenue de combat, la fourragère est fixée sur le bouton placé sous la
patte d’épaule côté droit et enroulée sur l’épaule droite.

Article 76 : L’aiguillette est un ornement fait de cordons tressés, ferré aux deux bouts servant à
fermer ou à garnir l’uniforme. Elle est porté par les officiers généraux et les officiers assurant des
fonctions d’aide de camp du Chef de l’Etat, couleur or ou argent et d’aide de camp de hautes
personnalités civiles et militaires de l’Etat : Premier Ministre, Présidents des Corps Constitués,
officiers généraux, de couleur or ou argent. Elle est portée sur le côté droit de l’uniforme.

Article 77 : Le tour de bras est un accessoire d’habillement militaire sous la forme d’une
cordelette tressée de couleur blanche pour les officiers de gendarmerie départementale et de
couleur dorée pour le reste des officiers des Forces de Défense, verte pour les militaires du rang
et les sous-officiers de la Garde Républicaine, bleue ciel et blanche pour les militaires du rang et
les sous-officiers de l’Armée de l’Air et de l’Aviation Légère des Armées, rouge pour les
militaires du rang et les sous-officiers des autres composantes des Forces de Défense.

Il est porté obligatoirement sur les chemises et les sahariennes et peut être également
porté, sur ordre express pendant une prise d’armes, sur la tenue de combat, autour de l’épaule
droit. A son extrémité se trouve une boutonnière qui permet sa fixation sous la patte d’épaule à
un centimètre de la couture d’épaule matérialisé par un bouton. Le droit au port du tour de bras
est accordé à tous les militaires. Il est remis solennellement aux recrues au cours de leur
présentation au drapeau après la formation commune de base.

Article 78 : L’écusson de bras est un accessoire frappé aux couleurs nationales comportant au
centre une étoile. Il est porté sur l’épaule gauche, trois doigts au-dessous de la couture.

L’écusson est un accessoire sous la forme d’un petit morceau de tissu fixé sur le col de
l’uniforme indiquant le corps d’appartenance.

Chapitre 3 : Des règles de la politesse militaire

Article 79 : La politesse militaire témoigne de l’appartenance à une même communauté et


exprime la solidarité de ses membres.

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L’observation des règles de politesse militaire marque la place de chacun dans hiérarchie
et reflète l’éducation et l’esprit militaire.

Section 1 : Du salut

Article 80 : Le salut est la plus expressive des marques de la politesse militaire. Sa parfaite
exécution est de rigueur.

Le subalterne salut le premier à temps, pour que le supérieur puisse voir et rendre le salut.

Tout supérieur qui reçoit le salut d’un subordonné, a l’obligation de le rendre


correctement.

Les formes du salut des militaires isolés et sans armes sont les suivantes :

MILITAIRE IMMOBILE EN MARCHE

Prendre la position du garde à Six pas avant la personne à


vous. Regarder dans les yeux la qui on doit le salut. Regarder
personne que l’on salue en dans les yeux la personne que
relevant légèrement la tête, l’on salue en relevant
porter d’un geste vif la main légèrement la tête, porter d’un
droite ouverte au côté droit de la geste vif la main droite
coiffure, la main dans le ouverte au côté droit de la
prolongement de l’avant-bras, coiffure, la main dans le
Isolé et sans arme. les doigts tendus et joints, la prolongement de l’avant-bras,
paume en avant, le bras les doigts tendus et joints, la
sensiblement horizontal et dans paume en avant, le bras
l’alignement des épaules. sensiblement horizontal et
Ramener ensuite vivement le dans l’alignement des épaules.
bras le long du corps, le bras Le salut cesse deux pas après
gauche conservant sa position le avoir dépassé la personne.
long du corps, le poing fermé.

En groupe à l’extérieur. Le plus gradé commande «garde Le plus gradé commande


à vous! ». «garde à vous! ».

Tourner franchement la tête du Tourner franchement la tête


Sans coiffure ou embarrassé côté du supérieur, le regarder du côté du supérieur, le
des deux mains. dans les yeux en relevant regarder dans les yeux en
légèrement la tête. relevant légèrement la tête.

Conducteur d’un véhicule. Saluer sans se lever. Dispensé du salut.

Article 81 : Tout militaire isolé s’arrête, en leur faisant face, les drapeaux et étendards des unités
militaires gabonaises et étrangères.

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S’il franchit la coupée d’un navire de guerre, il salue le pavillon de l’arrière.

Présent à une cérémonie au cours de laquelle les honneurs sont rendus au drapeau ou
l’hymne national est exécuté, il salue pendant toute la durée de ces honneurs.

Article 82 : A l’intérieur des enceintes militaires et à bord de bâtiments de la marine et des


aéronefs, le salue est dû à tout supérieur hiérarchique. Il n’est échangé, en principe, qu’une fois
dans la journée.

A l’extérieur et en uniforme, le salut est dû à tout supérieur hiérarchique.

En dehors du service et en tenue civile, le salut doit être discret.

Article 83 : En tout temps et en tout lieu, le militaire interpellé par un supérieur placé avant lui
dans l’ordre hiérarchique, se porte rapidement vers celui-ci, prend la position du garde-à-vous et
le salue.

Tout militaire rencontrant en quelque lieu que ce soit une patrouille ou un détachement
échange le salut avec le chef.

Article 84 : Les conditions dans lesquelles les autorités civiles ont droit au salut des militaires
sont fixées par les textes particuliers.

Section 2 : De la manière de se présenter un supérieur

Article 85 : Tout militaire ayant à se présenter à un supérieur prend la position du garde-à-vous


salue, annonce son grade et son nom et se met à ses ordres.

Lorsqu’il est appelé par un supérieur, il se porte rapidement vers lui.

A l’intérieur des locaux, le militaire se découvre si le supérieur est lui-même découvert.

Section 3 : Des visites des officiers dans les locaux

Article 86 : Lorsqu’un officier général ou le chef de corps entre dans un local, le militaire le plus
gradé commande : « A vos rang fixe ! ».

Lorsqu’il s’agit d’un autre officier, le commandement est « fixe ! ».

Lorsqu’un officier général ou le chef de corps entre dans un local de manière inattendue,
le militaire qui l’aperçoit le premier commande : « Le général ! » ou « Le chef de corps ! ». Les
occupants du local se lèvent, gardent le silence et l’immobilité jusqu’à ce que l’officier ait
commandé : « Repos ! ».

A la sortie de l’autorité, le militaire le plus gradé commande « Garde-à-vous ! ».

Article 87 : Lorsqu’une autorité visite un lieu dans lequel la continuité de travail est de rigueur
aucun commandement n’est prononcé : le personnel continue à assurer ses fonctions.

Section 4 : Des éléments du savoir-vivre

Article 88 : Les militaires ont le devoir de respecter en toute circonstance les règles élémentaires
du savoir-vivre, notamment :

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❖ tout militaire croisant un supérieur à l’embrasure d’une porte le laisse passer le premier ;
s’il le croise dans un escalier, il lui cède la rampe et se range pour le laissez-passer ; dans
la rue il lui cède le haut du trottoir ;
❖ s’il fume, il prend sa cigarette, son cigare ou sa pipe de la main gauche quand il salue ou
s’adresse à une autre personne ;
❖ l’initiative de la poignée de main appartient au supérieur ;
❖ le militaire en uniforme ne donne pas le bras ;
❖ le militaire en uniforme salue le supérieur en tenue civile qu’il reconnait. De mettre, s’il
est en civile et rencontre le supérieur en uniforme, il se découvre s’il porte une coiffure
ou, à défaut, le salue de la tête. Les personnels féminins ne doivent pas se défaire de leur
coiffure ;
❖ tout militaire en uniforme doit s’abstenir de porter un enfant ou de pousser une voiture
d’enfant dans les milieux publics ;
❖ tout militaire circulant en voiture, ne peut, à l’intérieur d’un camp militaire, dépasser
celle conduite par un supérieur sans lui en avoir demandé l’autorisation ;
❖ tout militaire en visite de service dans une unité doit se présenter au chef de corps ou à
son représentant ;
❖ tout militaire en uniforme, amené à saluer une dame qui incarne une autorité, la salue, se
décoiffe avant de tendre la main après elle. Le reste du temps, il se décoiffe simplement
avant de tendre la main.

Chapitre 4 : Du fonctionnement de la garnison

Section 1 : De la discipline à l’intérieur des garnisons

Article 89 : Une garnison est une aire géographique à l’intérieur de laquelle stationnent des
unités et où sont implantés des établissements des Forces de Défense. Les limites de la garnison
sont fixées de façon à englober l’ensemble des unités intéressées par l’exécution de ses missions.

La garnison reçoit le nom du centre urbain le plus important compris à l’intérieur de ses
limites.

Article 90 : Sous réserve des exceptions édictées par le règlement sur le service de garnison
chaque chef de corps est chargé de faire observer les règles de discipline dans toute l’étendue de
la garnison, à l’extérieur des enceintes des établissements militaires et des bâtiments de la
Marine.

Sous-section 1 : De la résidence des militaires

Article 91 : Le commandement peut imposer aux militaires de résider, soit dans des limites
géographiques déterminées, soit à l’intérieur du domaine militaire.

Sous-section 2 : Des permissions

Article 92 : Au sens du présent décret, on entend par permission, toute absence du service
autorisée par le commandement. Elles comprennent :

❖ les permissions annuelles ou droit annuel à permission ;


❖ les permissions de courte durée ou autorisation d’absence ;
❖ les permissions pour évènements familiaux.

19
Les droits annuels à permission sont de quarante-cinq jours calendaires, par période de
référence d’un an pour tout militaire servant au-delà de la durée légale. Ces permissions sont
accordées par les autorités hiérarchiques habilitées à la demande de l’intéressé.

Article 93 : Les militaires appelés, après leur formation commune de base, peuvent bénéficier
d’une autorisation d’absence ne dépassant pas quinze jours.

Ils peuvent, en outre, bénéficier des permissions pour évènements familiaux prévues à
l’article 96 ci-dessus.

Article 94 : Les militaires de tout grade servant au-delà de la durée légale peuvent bénéficier de
permission dans la limite de quarante-cinq jours par an.

Toutefois, les officiers et les sous-officiers supérieurs, occupant les fonctions de


responsabilité jusqu’à l’échelon chef de service ou équivalent, ne peuvent bénéficier que de
trente jours continus de permission annuelle.

Les permissions n’excédant pas quarante-huit heures peuvent être accordées, en fonction
du grade et du statut, de façon occasionnelle ou exceptionnelle.

Le report des permissions annuelles ou des reliquats de permissions n’est permis que sur
le premier trimestre de l’année suivante. Le cas échéant, le militaire perd ses droits.

Article 95 : Les militaires de tout grade de retour d’un stage peuvent bénéficier d’une permission
non déductible de leurs droits annuels selon les modalités suivantes :

❖ sept jours pour un stage d’une durée inférieure à six mois ;


❖ quinze jours pour un stage d’une durée égale ou supérieure à six mois.

Article 96 : Les militaires bénéficient des permissions pour évènements familiaux, non
déductibles des droits annuels, à raison de :

❖ huit jours en cas de mariage du militaire ;


❖ quatre jours en cas de naissance d’un enfant du militaire ;
❖ dix jours en cas de décès du conjoint(e), du père, de la mère, de l’enfant, du frère ou de la
sœur du militaire.

Les militaires servant pendant la durée légale ne peuvent bénéficier de permission pour
évènements familiaux en cas de mariage ou naissance d’un enfant.

Article 97 : Pour les autres membres de la famille, l’attribution du nombre de jours de


permission est laissée à l’appréciation du chef hiérarchique habilité et est imputable sur les droits
annuels. Toutefois, la permission ne doit pas excéder cinq jours.

Sous-section 3 : Des congés de maternité

Article 98 : Une grossesse détectée pendant les vingt-quatre premiers mois de service ne donne
pas droit à un congé de maternité mais entraîne la résiliation du contrat.

En cas de maternité au-delà des vingt-quatre premiers mois de service, la future mère est
tenue, entre le quatrième et le septième mois de sa grossesse, de fournir au bureau du personnel

20
un certificat médical précisant la date présumée de son accouchement aux fins de fixation de la
date de son départ en congé et du port de la tenue civile.

L’intéressée doit cesser toute activité professionnelle six semaines avant la date présumée
de l’accouchement. Les congés de maternité de quatorze semaines son accordées par les
commandants en chef ou assimilés, sur prescription ou avis médical émanant obligatoirement
d’un médecin militaire. Ces congés ne sont pas imputables sur les droits annuels à permission.

Article 99 : Tout titulaire d’une permission égale ou supérieure à quatre jours doit se présenter à
l’arrivée et au retour auprès de l’autorité militaire de la localité de jouissance, afin de faire viser
et enregistrer le titre de permission.

Sous-section 4 : Du militaire malade au cours d’une permission de longue durée

Article 100 : Tout militaire atteint au cours d’une permission de longue durée d’une maladie
l’empêchant de rejoindre son unité, doit immédiatement se présenter en consultation à un
médecin militaire. S’il n’y a pas de médecin militaire, il pourra se présenter à un médecin civil.
Le certificat médical délivré par celui-ci doit être visé par le médecin militaire du lieu de
jouissance.

Section 2 : De la liberté d’expression et de la liberté d’association

Article 101 : Les opinions ou croyances philosophiques, religieuses ou politiques sont libres.
Toutefois, le militaire est astreint au devoir de réserve exigé par statut de militaire et dans le
respect de l’ordre public.

Article 102 : Les militaires en activité doivent obtenir, par voie hiérarchique l’autorisation du
Président de la République lorsqu’il désire évoquer publiquement des questions politiques ou
mettre en cause une puissance étrangère ou une organisation internationale lors des conférences,
séminaires, colloques et stages. Ces dispositions s’appliquent à tous les moyens d’expression.

L’exercice du culte dans les enceintes militaires, à bord des bâtiments de la flotte et des
aéronefs est soumis à l’autorisation préalable du ministre chargé de la Défense Nationale.

La fonction de ministre du culte ne peut être exercée par un militaire en activité que sur
autorisation préalable du ministre chargé de la Défense Nationale.

Les militaires en activité peuvent adhérer à des associations apolitiques après en avoir
reçu l’autorisation. Toutefois, ils doivent rendre compte à l’autorité militaire des fonctions qu’ils
désirent exercer ou qu’ils exercent déjà. Le ministre chargé de la Défense Nationale peut leur
imposer d’abandonner lesdites fonctions et, le cas échéant, de démissionner desdites
associations.

Section 3 : Des pièces d’identification

Article 103 : Tout militaire en activité de service doit être porteur d’une carte d’identité ou d’une
carte d’identité spéciale en tenant lieu. En cas de perte, il doit immédiatement en rendre compte
par écrit à sa hiérarchie.

Le port d’une plaque patronymique est réglementé par une instruction de la hiérarchie
militaire.

21
Tout militaire en tenue doit, quel que soit son grade, présenter sa carte d’identité à toute
réquisition d’un supérieur, ainsi qu’à celle des officiers ou sous-officiers de la gendarmerie et de
tout fonctionnaire ou agent de police, tous en service.

Section 4 : De la détention et du port d’armes

Article 104 : Les armes ne sont portées qu’en tenue militaire. Toutefois, elles peuvent l’être en
tenue civile sur autorisation ou instruction spéciale du commandement.

Article 105 : Les militaires en activité ou de réserve de tout grade sont soumis, en matière
d’acquisition, de détention et de port d’armes, aux dispositions législatives et réglementaires en
vigueur.

Article 106 : Les officiers et sous-officiers ne peuvent faire usage des armes personnels dans le
service, les introduire dans un établissement militaire ou sur un bâtiment de la marine ou dans un
aéronef que sur autorisation du chef de corps.

Article 107 : Il est interdit aux militaires du rang de détenir dans un établissement militaire, sur
un bâtiment de la marine ou dans un aéronef, de porter, même en uniforme, une arme
personnelle. Les armes irrégulièrement détenues ou portées sont retirées provisoirement par
l’autorité militaire sans préjudices des sanctions disciplinaires ou pénales encourues par les
intéressés.

Section 4 : De la détention et de l’usage de matériels personnels

Article 108 : La détention et l’usage notamment d’appareils photographiques


cinématographiques et enregistreurs, ainsi que des postes récepteurs ou émetteurs de
radiodiffusion ou télévision, dans les enceintes et établissements militaires, à bord des bâtiments
de la marine et des aéronefs sont soumis à l’autorisation préalable du chef de corps ou du chef de
service dans les conditions fixées par l’autorité supérieure.

Article 109 : La publication ou la cession des films, de photographie ou l’enregistrement pris


dans les enceintes et établissement militaires, à bord des bâtiments de la marine et des aéronefs
est soumise à l’autorisation préalable de l’autorité supérieure.

Section 6 : Des interdictions

Article 110 : Dans les enceintes et établissements militaires, ainsi qu’a bord des bâtiments de la
marine et des aéronefs, il est interdit :

❖ d’introduire ou d’exploiter toute publication ou production à caractère politique, quelle


que soit sa forme, pouvant nuire à l’état, au moral ou à la discipline militaire ;
❖ d’organiser des manifestations sur des sujets politiques ou d’y prendre part, d’apposer
sans autorisation des affiches, de porter des vêtements et gadgets à caractère politique ou
de distribuer des tracts ;
❖ de procéder à des collectes ou souscriptions à caractère politique ;
❖ de se livrer à des jeux d’argent ;
❖ de pratiquer les prêts d’argent avec intérêts ;
❖ d’introduire sans autorisation des toxiques, spiritueux, matières inflammables ou
explosives ;

22
❖ de poser des actes contre l’honneur et l’éthique militaire, notamment l’homosexualité, la
pédophilie, le harcèlement sexuel, la zoophilie, l’inceste, la nécrophilie, l’ethnisme avéré.

Article 111 : A l’extérieur des enceintes et établissements militaires, il est interdit aux militaires
en uniforme :

❖ de se livrer à des jeux d’argent ;


❖ de fréquenter les débits de boisson ;
❖ de fréquenter les maisons closes.

Section 7 : De la correspondance militaire

Article 112 : La correspondance militaire est un ensemble de document reçus ou expédiés par
une autorité militaire. Elle doit être concise, claire et d’une présentation soignée.

Elle est rédigée dans la une forme respectueuse de la part du subalterne. Elle n’est
précédée d’aucune appellation et ne comporte pas de formule de politesse.

Lorsque la correspondance est adressée aux autorités ou organisme civils, elle doit être
conforme aux usages de la correspondance administrative civile.

Les documents et pièces utilisés dans la correspondance militaire sont établis dans les
formes prescrites par les instructions en vigueur. Le grade, le nom et la fonction du signataire
doivent y apparaître clairement.

Article 113 : En règle générale, le chef d’un échelon de commandement signe personnellement
les documents :

❖ destinés à l’autorité supérieure ;


❖ engageant sa responsabilité vis-à-vis de l’autorité supérieure ;
❖ portant une appréciation sur l’action ou l’opinion d’un subordonné ;
❖ engageant des dépenses ou une procédure pénale judiciaire ;
❖ portant décision lorsqu’il a reçu délégation.

Il peut donner à certains de ses subordonnés l’autorisation de signer les pièces du service
courant ou de routine, exiger le document d’application de ses ordres et directives généraux.

Article 114 : Toute correspondance officielle est transmise par la voie hiérarchique tant aux
autorités supérieures qu’aux autorités subordonnées, sous réserve de l’existence d’une
règlementation particulière ou d’une circonstance spéciale.

Section 8 : De la classification des documents

Article 115 : La classification des documents militaires est un procédé par lequel les documents
sont catégorisés par degré de confidentialité pour la protection du secret de la Défense Nationale.

Certains documents de correspondance officielle peuvent faire l’objet de mesures


spéciales de classification, de reproduction, de circulation ou de conservation définies par des
instructions relatives aux dispositions à prendre pour la protection du secret militaire.

23
Est réputé secret de Défense Nationale tout renseignement, objet, document ou procédé
qui doit tenu secret dans l’intérêt de la Défense Nationale, ou dont la publication pourrait nuire
gravement à la Défense Nationale.

Article 116 : Toute violation du secret de la Défense Nationale expose son auteur à des sanctions
prévues par les textes en vigueur sans préjudice des sanctions prévues par le statut particulier des
militaires.

Article 117 : Tout document militaire doit nécessairement porter l’une des indications suivantes:

❖ Très secret ;
❖ Secret Défense ;
❖ Confidentiel Défense ;
❖ Diffusion Restreinte ;
❖ Non Classifié ou Non Protégés.

L’étude détaillée des mentions de classification des documents militaires fait l’objet de
texte particulier.

Section 9 : Du mariage des militaires

Article 118 : Les militaires sont astreints au mariage monogamique. Ils ne peuvent contracter
mariage que sous réserve de l’autorisation expresse :

❖ du Président de la République pour les officiers généraux et supérieurs ;


❖ du Ministre chargé de la Défense Nationale par délégation pour les officiers subalternes ;
❖ des Commandants en chef et assimilés pour les sous-officiers et les militaires du rang ;
❖ du Chef d’Etat-Major Général des Forces Armées pour les sous-officiers supérieurs ;
❖ des Chefs d’Etat-Major ou assimilés pour les sous-officiers subalternes et les militaires
du rang.

La polyandrie est interdite. De même, il est interdit à une femme militaire de contracter
mariage avec un homme déjà marié.

En cas de mariage entre militaires, l’accord du Président de la République, Chef de l’Etat,


Chef Suprême des Forces de Défense et de Sécurité est requis lorsque les futurs époux ne sont
pas de la même catégorie hiérarchique militaire.

Article 119 : Les militaires ne sont pas autorisés à contracter mariage pendant le temps de la
durée légale de dix-huit mois du service militaire pour les appelés, pendant la durée de deux ans
pour les engagés, pendant la durée de leur scolarité pour les élèves en formation initiale.

Article 120 : Les dossiers de demande d’autorisation de mariage sont adressés par voie
hiérarchique à l’autorité compétente. Ils comprennent notamment :

❖ la demande d’autorisation de mariage du militaire indiquant la situation du futur conjoint


(Nom et prénoms, date et lieu de naissance, nationalité, adresse, profession) ;
❖ deux photos d’identité des futurs conjoints ;
❖ un certificat médical prénuptial des futurs conjoints délivrés par le médecin habilité ;
❖ une fiche individuelle d’état civil du futur conjoint ou une pièce tenant lieu
❖ un extrait de casier judiciaire de chacun des futurs conjoints ;

24
❖ un rapport d’enquête de moralité délivré par l’autorité habilitée.

Article 121 : L’autorisation du mariage du militaire quel que soit son grade avec un futur
conjoint étranger est laissé à la discrétion du Chef de l’Etat.

Dans ce cas, outre les pièces exigées à l’article 120 ci-dessus, le dossier doit également
comporter un état indiquant :

❖ le nom et l’adresse des personnes résident dans le pays d’origine du futur conjoint
pouvant, si les circonstances le permettent, fournir des renseignements sur l’intéressé ;
❖ la date de l’arrivée en territoire gabonais, les résidences successives avec les périodes de
séjour correspondantes du futur conjoint et éventuellement des membres de sa famille.

Article 122 : L’autorisation de mariage faisant l’objet des annexes 2-A, 2-B et 2-C du présent
décret, est valable six mois à compter de la date de signature. Elle ne peut être renouvelée qu’une
seule fois (annexe 2-D), sur demande de l’intéressé, transmise par voie hiérarchique. Un
exemplaire de l’autorisation de mariage est remis par l’intéressé à l’officier d’état-civil.

Les autorisations sont retournées à l’autorité qui les a délivrées en cas de non célébration
du mariage dans les délais prévus.

Article 123 : Les officiers d’état-civil ne peuvent célébrer le mariage d’un militaire sans
l’autorisation délivrée par l’autorité habilité ou en cas de régime polygamique.

Article 124: Les dossiers de demande d’autorisation de mariage présentés par les militaires sont
strictement confidentiels.

Les documents sont classés dans les dossiers dits personnels des intéressés (officiers,
sous-officiers) ou dans les pièces matricules (militaires du rang).

Section 10 : Des traditions militaires

Article 125 : Les traditions militaires sont un ensemble de valeurs dictées par les comportements
exprimant une manière de penser et d’agir, transmis de contingent en contingent, des personnels
des Forces de Défense de la République Gabonaise.

Ces traditions consistent à maintenir la fierté et l’honneur d’être militaire par la solidarité,
la bravoure et la joie de vivre ensemble. Elles visent également l’harmonie des rapports avec les
populations par une disponibilité permanente.

Sous-section 1 : Des obsèques du militaire

Article 126 : En cas de décès d’un militaire, ses obsèques sont organisées par son corps
d’appartenance.

Les obsèques du militaire comprennent notamment :

❖ les formalités administratives ;


❖ le traitement et la mise en bière du corps ;
❖ l’arrivée de la dépouille au lieu du deuil ;
❖ l’exposition du corps ;
❖ la veillée d’armes ;
❖ les honneurs funèbres militaires ;
25
❖ le transfère et l’inhumation de la dépouille.

Article 127 : La constitution du dossier du militaire décédé est du ressort des affaires sociales du
corps. Ce dossier comprend :

❖ le certificat de constatation du décès ;


❖ le certificat de non contagion ;
❖ l’acte de décès ;
❖ le permis d’inhumer ;
❖ le procès-verbal de mise en bière ;
❖ le laissez-passer mortuaire ;
❖ la décision accordant le transfert du corps.

Article 128 : Les formalités et autres modalités d’organisation des obsèques du militaire sont
fixées par arrêté du ministre en charge de la Défense Nationale.

Section 11 : De la sauvegarde de la vie des populations et de l’environnement

Article 129 : Tout militaire est tenu de préserver et sécuriser l’espace dans lequel il vit ou
exercice ses fonctions quelle que soient les circonstances, en adoptant un comportement qui le
rend acteur de la protection et de la préservation de celui-ci.

Article 130 : L’institution militaire, les personnels militaires individuellement ou collectivement,


ont obligation de se maintenir dans un état de propreté et d’assurer l’assainissement des
domiciles et des lieux de travail même en situation opérationnelle.

Article 131 : Il est interdit d’utiliser les moyens militaires pour la chasse et la pêche.

Le braconnage est strictement interdit aux militaires.

Titre V : Des récompenses et des punitions


Chapitre 1er : Des récompenses

Article 132 : Les récompenses visent à reconnaître le mérite de tout militaire. Elles permettent
au supérieur de marquer sa satisfaction et de susciter l’émulation. Elles doivent être accordées
avec mesure et sans retard pour garder leur valeur. Elles sont attribuées notamment en cas de :

❖ actes exceptionnels de courage et de dévouement ;


❖ efficacité exemplaire dans le service ;
❖ dévouement à la collectivité.

Elles sont décernées par les autorités définies à l’article 133 ci-dessous qui doivent avoir
connaissance du militaire à récompenser.

Article 133 : Tout militaire en activité ou de réserve peut faire l’objet des récompenses indiquées
dans le tableau ci-après qui mentionne également les droits des différentes autorités en la
matière.

26
AUTORITES POUVANT ACCORDER CES RECOMPENSES
COMMANDANT
MINISTRE EN CHEF, CHEF D’ETAT-
NATURE DES DECORATIONS DE LA CHEF D’ETAT- MAJOR OU
DEFENSE MAJOR ASSIMILE
NATIONALE GENERAL
OU ASSIMILES
Décorations X
Citations X X
Témoignage de satisfaction X X
Félicitations X X X
Récompenses en nature ou en espèces X X X
Permissions exceptionnelles à titre de récompenses X X

Les décorations, citations, témoignage de satisfaction et félicitations sont inscrits avec


leurs motifs dans les dossiers et livrets matricules des bénéficiaires.

Article 134 : Les décorations sont décernées pour reconnaître des actions d’éclats, des faits de
guerre, des mérites éminents ou distingués, ou pour récompenser certains actes méritoires ou
service rendus. Certains d’entre elles accompagnent des citations. Leur attribution fait l’objet
d’une publication au journal officiel.

Article 135 : Les citations sanctionnent des actions d’éclat, des faits de guerre et
exceptionnellement des actes de courage ou de dévouement.

Elles sont décernées selon la valeur de ces actes conformément aux dispositions en
vigueur dans chaque corps.

Des citations collectives peuvent être décernées à des unités.

Les citations sont portées à la connaissance de l’ensemble des militaires relevant de


l’échelon de commandement à l’ordre duquel elles sont attribuées.

Les citations accordées par le ministre chargé de la défense Nationale font l’objet d’une
publication au Journal Officiel.

Certaines citations comportent l’attribution d’une décoration ou d’un insigne remis au


titulaire au cours d’une prise d’arme.

Article 136 : Les actes ou travaux exceptionnels sont récompensés par :

❖ les témoignages de satisfaction ;


❖ la lettre de félicitation.

Ils se traduisent par l’indication de l’échelon de commandement qui l’accorde et du motif du


témoignage ou des félicitations décernées. L’ensemble des militaires relevant de l’échelon
correspondant en est informé.

Le texte portant récompense est rendu public à l’échelon considéré.

Les félicitations et les témoignages de satisfaction collectifs peuvent être décernés à des
unités.

27
Section 1 : Des récompenses en nature et en espèces

Article 137 : Des récompenses peuvent être attribuées en nature ou en espèce par tous les
échelons de commandement en reconnaissance des résultats obtenus à l’occasion de
compétitions, d’examens divers ou d’effort particulier.

Elles peuvent également être attribuées pour reconnaître des actes méritoires ou
encourager des travaux ou recherches personnelles contribuant à l’efficacité, à l’amélioration du
service ou au perfectionnement du matériel des armées.

Article 138 : Outre les permissions visées à l’article 92 ci-dessus, les chefs de corps peuvent
accorder, à titre de récompenses, des permissions individuelles à caractère exceptionnel dans les
limites de huit jours par ans.

Section 2 : Du certificat de bonne conduite

Article 139 : Le certificat de bonne conduite est décerné directement par les commandants en
chef ou assimilés, le Chef d’Etat-Major des corps ou assimilés, aux sous-officiers et militaire du
rang appelés ainsi qu’aux militaires du rang engagés ou réengagés par condition toutefois que :

❖ les militaires du rang n’aient pas encouru un nombre total de jours de prison supérieur à
30 jours au cours de la dernière année de service ;
❖ les sous-officiers n’aient pas encouru un nombre total de jours d’arrêts simples supérieur
à 50 jours ou à 45 jours d’arrêts de rigueur au cours de la dernière année de service.

Chapitre 2 : Des punitions

Section 1 : De la classification des fautes

Article 140 : Les actes rentrant dans la catégorie ci-après et ceux mentionnés dans le barème des
punitions constituent des fautes et sont punis suivant leur gravité :

❖ manque de respect aux lois, aux autorités et aux supérieurs hiérarchiques ;


❖ manifestation publique, sous quelque forme que ce soit, d’opinion pouvant porter
préjudice aux intérêts du pays, compromettre la discipline ou créer des difficultés aux
autorités ;
❖ tentative de dissimulation d’identité en cas de faute ou en en vue de se soustraire à la
responsabilité de ses actes ;
❖ divulgation de renseignements confidentiels, manque de dignité professionnelle, ivresse,
rixe, brimade ;
❖ infractions au règlement militaire, aux consignes et aux ordres reçus ;
❖ inertie, paresse, mauvaise volonté, négligence dans le service ;
❖ inobservations des règlements de police ;
❖ port irrégulier d’insignes militaires réglementaires, port d’insignes ou d’effets non
réglementaires ;
❖ comportement à risque ;
❖ harcèlements sexuels et moraux.

En outre, pour le supérieur, à l’égard de son subordonné, les actes de faiblesse, d’abus
d’autorité, des propos injurieux ou humiliants, des actes d’injustice sciemment commise,
constituent des fautes.
28
Certaines de ces fautes peuvent, dans les cas déterminés par le code de justice militaire
entraîner la comparution de leurs auteurs devant le tribunal militaire.

Article 141 : Tout militaire ayant totalisé au moins soixante jours de prison, soixante jours
d’arrêts simples ou soixante jours d’arrêts de rigueur au cours d’une année, est traduit
automatiquement devant un conseil de discipline ou d’enquête.

Section 2 : Du droit de punir

Article 142 : Tout supérieur, quel que soit son grade, sa fonction, son corps ou son service a le
devoir de contribuer au maintien de la discipline générale en relevant les fautes commises par ses
subordonnés et s’efforçant d’y mettre fin.

Article 143 : Tout officier ou tout gradé peut infliger directement les punitions prévues au
présent règlement, au militaire fautif appartenant au même corps.

Si le militaire fautif appartient à un autre corps, l’officier ou le gradé adresse une


demande de sanction au corps concerné.

Dans ce dernier cas, le supérieur qui a constaté la faute adresse obligatoirement la


demande de sanction au chef de corps ou au chef de service du militaire fautif avec l’indication
du motif. Cette autorité transmet la demande de sanction au commandant en chef ou assimilé du
militaire à punir. Le militaire en faute est alors puni par son chef hiérarchique qui informe par
écrit l’autorité qui a demandé la sanction de la punition prononcée.

Le droit de punir appartient aux divers officiers et gradés, dans les limites fixées aux
articles 172 et 176 ci-après.

Les militaires appartenant à un corps, mis à la disposition d’un service extérieur ou d’une
unité extérieure, ne peuvent être punis directement par leur chef de service que pour les fautes
commises dans leur emploi et à l’occasion de cet emploi. Dans tous les autres cas, ils relèvent de
leur chef de corps.

Toute punition demandée fait l’objet d’un rapport sur la faute commise.

A l’intérieur des services, les officiers ont le même droit en matière de punition.

Le militaire intérimaire en matière de punition, et quel que soit son grade, a les même
droits que le titulaire de cette fonction.

Les punitions des officiers et sous-officiers supérieurs sont transmises par les chefs de
corps ou de service au commandant en chef ou assimilé. Celles des sous-officiers subalternes et
des militaires du rang sont transmises de leurs unités au chef d’Etat-Major ou assimilé du corps
d’appartenance.

Toute punition prononcée est notifiée sans délais à l’intéressé qui doit obligatoirement
l’émarger. Le taux ou sanction finale est également notifié à l’intéressé.

Le refus d’émarger expose le militaire fautif à une autre sanction. Tout compte rendu de
punition non émargé est retourné à l’autorité ayant initié la punition.

29
Les punitions ne sont pas notifiées en présence des subordonnés des militaires punis ;
elles doivent être insérées dans les dossiers réduits des intéressés.

Section 3 : De la détermination des punitions

Article 144 : Le supérieur veille à prévenir les fautes ; lorsqu’il est dans l’obligation de punir, il
s’inspire des considérations suivantes :

❖ les punitions sont infligées avec justice et impartialité ; elles ne sont jamais des actes
d’autorité personnelle du supérieur vis-à-vis de son subordonné. Le supérieur est l’agent
d’exécution des règlements militaires ; il constate et fait constater à son subordonné
fautif, le fat incriminer et prononce la sanction consécutive ;
❖ la punition doit être proportionnelle à la gravité de la faute et aux circonstances dans
lesquelles elle est commise. Le supérieur tient compte des antécédents du militaire puni,
de sa conduite habituelle, de son caractère et du temps de service accompli ;
❖ la première punition doit être prononcée avec circonspection, en raison de l’importance
qu’elle a pour la carrière du soldat ;
❖ un supérieur qui se propose d’infliger une punition à un militaire n’appartenant pas à son
unité ou à son service, doit se renseigner auprès des chefs directs de l’intéressé avant d
prononcer la punition ;
❖ certaines circonstances sont de nature à aggraver la faute en cas de :
➢ récidive collective ;
➢ faute commise dans le service, ou en présence de subordonnés.

En aucun cas, les fautes individuelles ne peuvent entraîner une punition collective.

❖ Lorsqu’un militaire s’est fait consulter par un médecin qui confirme sa maladie, il ne peut
être puni. Lorsque le médecin relève qu’il n’est pas malade, le commandant d’unité ne
prend éventuellement une sanction contre l’intéressé qu’après avoir pris en considération
ses antécédents, sa bonne volonté et l’importance du service manqué.

Article 145 : Le militaire doit se faire consulter dans une structure militaire de son unité
d’appartenance. Toutefois, en cas d’urgence il peut se rapprocher de la structure sanitaire la plus
proche pour les premiers soins. A l’issue, il devra se présenter auprès du médecin de son unité.
Le cas échéant, l’institution militaire décline toute responsabilité et la prise en charge peut être
refusée à l’intéressé.

Tout réserviste rappelé qui ne se serait pas présenté dans les délais, auprès de l’instance
militaire la plus proche, s’expose aux mêmes sanctions disciplinaires que les militaires en
activité.

Section 4 : Des modifications et de l’annulation des punitions

Article 146 : Tout supérieur hiérarchique a le devoir de s’assurer que les punitions infligées par
ses subordonnés son proportionnées aux fautes commises. Dans ce cas, il peut modifier ou
annuler ces punitions.

La punition peut être annulée si la faute commise n’est pas prouvée après enquête.

30
La levée des punitions à l’occasion d’évènements importants est une mesure
exceptionnelle qui ne peut être prononcée que par le Président de la République, chef suprême
des Forces de Défense et de Sécurité.

Section 5 : Des punitions applicables aux militaires

Article 147 : Tout manquement aux règlements constitue une faute passible d’une punition.

La punition a pour but :

❖ d’éduquer ;
❖ de dissuader ;
❖ de réparer le préjudice causé.

Sans préjudice des sanctions pénales qu’elles peuvent entraîner, la faute commise par le
militaire l’expose à :

❖ la punition disciplinaire ;
❖ la sanction professionnelle ;
❖ la sanction statutaire.

Sous-section 1 : Des punitions disciplinaires

Article 148 : Les punitions disciplinaires sont :

Pour les militaires du rang :

❖ la consigne ;
❖ la salle de police ;
❖ la prison ou cellule ;
❖ la mutation (affectation disciplinaire).

Pour les sous-officiers :

❖ l’avertissement ;
❖ l’arrêt simple ;
❖ le blâme avec inscription au dossier ;
❖ l’arrêt de rigueur ;
❖ la mutation (affectation disciplinaire).

Pour les officiers :

❖ l’avertissement ;
❖ l’arrêt simple ;
❖ la réprimande ;
❖ le blâme avec inscription au dossier ;
❖ l’arrêt de rigueur ;
❖ la mutation (affectation disciplinaire) ;
❖ l’arrêt de forteresse.

31
Sous-section 2 : De la sanction professionnelle

Article 149 : La sanction professionnelle applicable au militaire est la mise en disponibilité par
retrait d’emploi. Elle n’est applicable qu’aux seuls officiers.

Sous-section 3 : Des sanctions statutaires

Article 150 : Les sanctions statutaires sont des sanctions prises à l’issue d’un conseil de
discipline, d’enquête ou spécial pour des fautes graves commises dans le service contre
l’honneur et pour mauvais manière habituelle de servir.

Paragraphe 1 : Des sanctions statutaires applicables aux officiers

Article 151 : Les sanctions statutaires ne peuvent être prononcées à l’endroit d’un militaire qu’à
l’issue d’un conseil d’enquête ou de discipline. (Contradictoire au statut particulier qui stipule
qu’un militaire peut être radié sans consulter le conseil de discipline ou d’enquête en cas de
perte des droits civiques ou toute condamnation définitive, même assortie du sursis, prononcée contre
lui pour crime. Lire article 97 du statut particulier des militaires).

Les sanctions statutaires applicables aux officiers sont les suivantes :

❖ la radiation du tableau d’avancement ;


❖ l’exclusion temporaire sans solde pour une période maximum de six mois;
❖ la mise en disponibilité par retrait d’emploi ;
❖ la révocation entraînant la radiation des cadres sans pertes des droits à pension ;
❖ la révocation entraînant la radiation des cadres avec perte des droits à pension.

Article 152 : La radiation du tableau d’avancement est prise à l’issue d’un conseil d’enquête
ou de discipline. L’autorité décide après avis du conseil, conformément aux textes en vigueur. A
la suite de cette décision, le militaire puni est rayé du tableau d’avancement.

Article 153 : L’exclusion temporaire sans solde est une sanction qui a pour conséquence
d’exclure, le militaire puni, du service courant avec suspension de solde par mesure
conservatoire, pour une durée maximale de six mois. Les émoluments suspendus ne font pas
l’objet de rappel. Durant la suspension, le militaire perd son droit au traitement à l’exclusion des
suppléments pour charge de famille.

Au cours de cette période, le militaire n’exerce aucune fonction. Il reste soumis aux lois
règlements et obligations qui régissent l’institution militaire.

Article 154 : La mise en disponibilité par retrait d’emploi est une sanction statutaire prise à la
suite d’une faute professionnelle grave. Elle est applicable aux officiers qui n’ont pas acquis de
droit à pension de retraite à jouissance immédiate. Elle entraîne l’interdiction d’exercer une
activité dans sa qualification et le militaire mis en cause ne peut faire l’objet d’une affectation.

Article 155 : La révocation entraînant la radiation des cadres sans pertes des droits à
pension de retraite est une sanction qui exclut définitivement le militaire concerné des effectifs
de l’armée sans perte de ses droits à pension.

32
Article 156 : La révocation entraînant la radiation des cadres avec pertes des droits à
pension de retraite est une sanction qui exclut définitivement le militaire concerné des effectifs
de l’armée avec perte de ses droits à pension.

Cette sanction n’est prononcée qu’en cas de perte des droits civiques, de mesures
d’indignité nationale, de condamnation prononçant l’incapacité d’exercer à jamais une fonction
publique ou de destitution prononcée par jugement.

Article 157 : La mise en disponibilité par retrait d’emploi ne peut être prononcée que pour une
durée maximale de trois ans, pendant laquelle le militaire mis en cause perçoit une solde réduite
de deux tiers et ne bénéficie plus des droits à l’avancement. Le temps passé dans cette position
n’est pas pris en compte pour la constitution des droits à pension de retraite.

Toutefois, l’intéressé conserve le bénéfice des suppléments pour charges de famille

Article 158 : Pendant toute la durée de la mise en disponibilité par retrait d’emploi, le militaire
ne peut bénéficier ni de l’ouverture ni de la liquidation des droits à pension de retraite. Il peut
néanmoins exercer une activité rémunérée en dehors de l’armée.

Il peut être rappelé à l’activité à tout moment lorsque les circonstances l’exigent.

Paragraphe 2 : Des sanctions statutaires applicables aux sous-officiers

Article 159 : Les sanctions statutaires applicables aux sous-officiers sont les suivantes :

❖ radiation du tableau d’avancement ;


❖ la rétrogradation ;
❖ l’exclusion temporaire sans solde pour une période maximum de six mois ;
❖ la révocation entraînant la radiation des cadres sans pertes des droits à pension ;
❖ la révocation entraînant la radiation des cadres avec perte des droits à pension.

Article 160 : La rétrogradation est une sanction statutaire ayant pour effet de retirer au militaire
son grade, en lui conférant le grade immédiatement inférieur à celui qu’il détenait
antérieurement.

Le militaire rétrogradé perd, pour compter de la date de prise d’effet de la décision de


rétrogradation, ses droits au commandement, à la solde, aux indemnités et au port des insignes de
son ancien grade.

Il prend rang dans le nouveau grade à la date de prise d’effet de l’acte administratif de
rétrogradation.

La rétrogradation doit s’accompagner d’un changement d’unité.

Paragraphe 3 : Des sanctions statutaires applicables aux militaires du rang

Article 161 : Les sanctions statutaires applicables aux militaires du rang sont les suivantes :

❖ radiation du tableau d’avancement ;


❖ la rétrogradation de grade;
❖ l’exclusion temporaire sans solde pour une période maximum de six mois ;
❖ la résiliation de l’engagement ;

33
Paragraphe 4 : Des dispositions communes

Article 162 : En cas de faute grave commise par un militaire, celui-ci peut être immédiatement
suspendu à titre conservatoire par l’autorité ayant pouvoir disciplinaire.

Durant la suspension, le militaire perd son droit au traitement, à l’exclusion des


suppléments pour charge de famille.

La situation du militaire suspendu doit être définitivement réglée dans un délai de quatre
mois à compter du jour où la décision de suspension a pris effet. Lorsqu’une décision n’est
intervenue à l’expiration de ce délai, l’intéressé reçoit à nouveau l’intégralité de sa rémunération
sauf s’il est l’objet des poursuites pénales.

Article 163 : Si le militaire suspendu n’a subi aucune sanction ou si, à l’expiration du délai
prévu à l’alinéa précédent, aucune décision n’a pu être prise à son égard, il a droit au
rétablissement de sa rémunération, à compter de la date où la décision de suspension a pris effet.

Toutefois, en cas de poursuites ou de condamnations pénales, la situation du militaire est


régie par les textes en vigueur.

Les procédures et sanctions disciplinaires ou statutaires sont indépendantes des


procédures et sanctions pénales.

Article 164 : La procédure disciplinaire est l’ensemble des opérations relatives à l’établissement
des documents en vue de l’organisation d’un conseil d’enquête ou de discipline.

Les délais des procédures sont les suivants :

✓ Conseil d’enquête ou de discipline : deux mois


✓ Conseil d’enquête ou de discipline nécessitant une enquête supplémentaire : trois mois ;
✓ Conseil d’enquête ou de discipline pour absence prolongée ou désertion nécessitant un
procès-verbal de recherches : six mois.

Section 6 : Des modes d’exécution des punitions

Article 165 : Les militaires du rang punis de consigne continuent à faire leur service. A leurs
moment de liberté, ils sont tenus de rester au cantonnement et de répondre aux appels des punis.
Ils sont employés aux corvées.

Article 166 : Les militaires du rang punis de salle de police continuent à faire leur service et
prennent leurs repas dans leur unité. Ils sont enfermés dans les locaux disciplinaires après le
repas du soir jusqu’au réveil et, les jours de repos, pendant toute la journée, sauf aux heures des
repas. Ils sont employés aux corvées dans les mêmes conditions que les consignés.

Article 167 : Les militaires du rang punis de prison continuent, à l’exception de ceux qui sont en
instance de traduction devant un tribunal militaire, participent à l’instruction dans leur unité, sauf
lorsque, pour des nécessités de discipline le chef de corps décide autrement. Dans ce cas, ils sont
chargés des corvées les plus contraignantes. En dehors des corvées ils restent enfermés autant
que possible en isolement.

34
Article 168 : Les fautes commises par les militaires du rang en prison peuvent être transformées
en punition de cellule. La cellule aggrave celle de prison ; elle est prononcée pour un nombre de
jours déterminé, en remplacement d’un même nombre de jours de prison ; elle est subie par
périodes successives de trois jours au maximum, séparées par un jour de prison. Les soldats
punis de cellule sont toujours isolés et restent constamment enfermés.

En prison ou en cellule le militaire reçoit le même repas que les hommes de son unité.

Article 169 : Les militaires du rang enfermés dans les locaux disciplinaires ne peuvent avoir sur
eux ni tabac, ni briquet, ni allumettes, ni aucun objet dangereux dont ils pourraient faire usage.
Ils sont fouillés avant d’entrer dans les locaux disciplinaires. En outre, les sommes d’argent dont
ils sont porteurs son retirées et placées sous scellé dans la caisse du corps. Les conditions de
détail du retrait et de la restitution de ces sommes font l’objet d’instructions spéciales du chef de
corps.

Le couchage des militaires punis est composé :

✓ dans la salle de police : d’une paillasse et d’une couverture ;


✓ dans la prison : d’une seule couverture.

Les effets de couchage affectés aux locaux disciplinaires forment une catégorie spéciale et
sont marqués d’un signe distinctif. Ces effets doivent être fréquemment désinfectés par le service
de santé du corps.

Article 170 : Dans les circonstances exceptionnelles nécessitant une instruction ou une enquête,
le chef de corps peut apporter au régime de la prison des modifications qu’il juge utiles.

Article 171 : L’hygiène et l’état de santé des militaires enfermés dans les locaux disciplinaires
doivent faire l’objet d’une attention particulière ; les mesures nécessaires sont prévues,
notamment pour que ces militaires prennent chaque jour les soins de propreté indispensables et
pour qu’ils puissent être secourus sans retard en cas de maladie ou d’accident. Des rondes
doivent être prévues, s’il y a lieu, à cet effet, dans les locaux disciplinaires.

Les responsables des casernes prennent toutes les dispositions nécessaires pour que le
personnel féminin ne soit pas enfermé dans la même cellule que le personnel masculin.

35
Article 172 : Les autorités hiérarchiques peuvent infliger les punitions figurant au tableau ci-
dessous, aux sous-officiers et militaires du rang :

AUTORITES POUVANT INFLIGER DES SOUS-OFFICIERS MILITAIRES DU RANG


PUNITIONS

Caporal et caporal chef 02 jours de consigne

Sergent ou Maréchal des logis


Sergent-chef ou maréchal des logis chef 02 jours d’arrêts simples 04 jours de consigne
Sergent-chef major ou maréchal des logis chef major
Adjudant 02 jours d’arrêts simples 04 jours de consigne
02 jours de salle de police
Adjudant-chef et adjudant-chef major 03 jours d’arrêts simples 06 jours de consigne
03 jours de salle de police
Sous-lieutenant et lieutenant 04 jours d’arrêts simples 08 jours de consigne
04 jours de salle de police
Avertissement 15 jours de consigne
Commandant d’unité ou chef de service 15 jours d’arrêts simples 15 jours de salle de police
08 jours d’arrêts de rigueur 08 jours de prison
Capitaine hors de son unité 08 jours d’arrêts simples 08 jours de consigne
08 jours de salle de police
15 jours d’arrêts simples 15 jours de consigne
Officier supérieur dans son unité ou service 15 jours de salle de police
10 jours d’arrêts de rigueur
10 jours de prison
Commandant de Région ou de Légion 15 jours de consigne
10 jours d’arrêts de rigueur 15 jours de salle de police
Directeur général ou assimilé
10 jours de prison
10 jours de consigne
Officier supérieur hors de son unité ou service 08 jours d’arrêts simples 10 jours de salle de police
08 jours de prison
20 jours de consigne
Chef de corps des grandes unités 30 jours d’arrêts simples 20 jours de salle de police
15 jours d’arrêts de rigueur 15 jours de prison dont 08
jours de cellule
30 jours de consigne
Avertissement
Chef d’Etat-Major ou assimilé et officier général 30 jours de salle de police
45 jours d’arrêts simples
30 jours de prison dont 15
30 jours d’arrêts de rigueur
jours de cellule
Commandant en chef ou assimilé 45 jours d’arrêts de rigueur 50 jours de prison
30 jours de cellule
60 jours de prison dont
Ministre de la Défense Nationale 60 jours d’arrêts de rigueur 30 jours de cellule

La correspondance avec les grades de la Marine figure à l’article 13 ci-dessus.

Les punitions commencent dès qu’elles sont infligées. A l’expiration de la punition le


service habilité du corps libère les militaires enfermés.

36
Section 7 : De l’enregistrement des punitions

Article 173 : Les punitions des militaires sont enregistrées dans le registre prévu à cet effet et
classées dans les dossiers des intéressés.

Chaque unité doit ouvrir et tenir à jour un registre des punitions pour son personnel. Les
modèles des registres figurent en annexe IV et V.

Article 174 : Le droit de recours est admis. Seules peuvent être formulées des réclamations
individuelles écrites. Pour réclamer, la punition doit avoir reçu un début d’exécution. Le militaire
puni doit être entendu par celui qui l’a puni. Ce dernier suit la déclaration du puni avec calme et
bienveillance avant d’y donner suite.

Si le subordonné croit devoir persister, il peut en référer par la voie hiérarchique à


l’autorité supérieure.

En cas d’irrecevabilité du recours, le subordonné s’expose à une nouvelle sanction.

Section 8 : De la notification et de l’exécution des punitions

Article 175 : Tout militaire faisant l’objet d’une punition est reçu par son chef hiérarchique
direct qui lui en fait notification.

Après avoir pris connaissance des faits qui lui sont reprochés, le militaire mis en cause a
l’obligation d’émarger et de dater son compte rendu de punition en y indiquant ses déclarations
s’il le souhaite.

Le refus d’émarger entraine obligatoirement une autre sanction. Tout recours doit être
obligatoirement annoncé sur le compte rendu de punition. Il peut être joint immédiatement ou
suivre par voie hiérarchique.

En dehors des cas de refus d’émarger, toute autre punition non émargée n’est pas
règlementaire et doit être retournée à l’autorité l’ayant initiée, pour émargement obligatoire.

Le délai entre la constatation de la faute et la date de l’émargement du compte rendu par


le militaire puni ne doit pas dépasser soixante jours. Passé ce délai, la punition est nulle et sans
effet.

37
Article 176 : Les autorités hiérarchiques peuvent infliger les punitions figurant au tableau ci-
dessous, aux officiers

AUTORITES POUVANT INFLIGER DES NATURE DES PUNITIONS TAUX


PUNITIONS

Commandant d’unité ou chef de service Avertissement

Avertissement
Officier supérieur hors de son unité ou service
Arrêts simples
Arrêts de rigueur 08 jours

Arrêts simples
Officier supérieur dans son unité ou service 08 jours
Arrêts de rigueur

Commandant de région ou de légion Arrêts simples 15 jours


Directeur général ou assimilé Arrêts de rigueur 10 jours

Avertissement
Réprimande
Chef de corps
Arrêts simples 30 jours
Arrêts de rigueur 15 jours
Avertissement
Réprimande
Officier général, Chef d’Etat-Major ou assimilés
Arrêts simples 45 jours
Arrêts de rigueur 30 jours

Avertissement
Réprimande
Commandant en chef, Chef d’Etat-Major Général
ou assimilé Arrêts simples 50 jours
Arrêts de rigueur 45 jours

Arrêts de rigueur 60 jours


Ministre chargé de la Défense Nationale Arrêts de forteresse 45 jours

Arrêts de rigueur 90 jours


Président de la République Arrêts de forteresse 60 jours

Section 9 : Des avertissements du chef de corps et des arrêts

Article 177 : Les avertissements sont donnés aux sous-officiers soit en particulier, soit en
présence d’un militaire plus élevé en grade ou plus ancien que le gradé puni. Leur forme est
laissée à l’appréciation des officiers qui les infligent.

Article 178 : Les sous-officiers punis d’arrêts simples font leur service. En dehors du service, ils
sont tenus de rester dans la casernes s’ils y sont logés et à leur domicile, s’ils logent à l’extérieur
de la caserne.

Article 179 : Les sous-officiers punis d’arrêts de rigueur cessent leur service et sont enfermés
dans un local spécial du corps auquel ils appartiennent, appelé « salle ou chambre d’arrêts ». Ils
peuvent sortir pendant une heure par jour. Les punitions d’arrêts de rigueur sont exécutées selon
le système de trois jours d’arrêts de rigueur suivis par un jour d’arrêts simples.

38
Article 180 : Lorsque l’intérêt de la discipline l’exige, le chef de corps peut décider que la
punition soit exécutée entièrement sous le régime des arrêts de rigueur. Cette mesure ne doit être
appliquée qu’exceptionnellement. Le régime des arrêts de rigueur ne peut être maintenu plus de
soixante jours.

Article 181 : Les militaires non officiers, en instance de comparution devant un tribunal militaire
sont, suivant la décision du chef de corps, laissés libres ou mis dans les limites susvisées au
régime des arrêts simples ou de rigueur.

Article 182 : Les militaires non officiers, en instance de comparution devant un conseil de
discipline, subissent néanmoins la punition dont ils ont pu être l’objet pour le motif qui justifié
leur comparution devant ce conseil ou pour tout autre motif.

Section 10 : Des punitions des militaires en permission ou en congé

Article 183 : Lorsqu’un militaire en permission encourt une punition de prison ou d’arrêts de
rigueur, la permission est suspendue. Le militaire est prévenu aussitôt dans les conditions
prévues par le présent décret.

S’il se trouve dans une ville de garnison, l’autorité militaire peut le faire incarcérer
immédiatement dans les locaux disciplinaires d’un corps de troupe ou le renvoyer directement à
son corps pour y subir sa punition.

Article 184 : Tout militaire qui, à l’issue d’une période d’exercice, doit subir ou n’a pas achevé
une punition d’arrêts de rigueur, de prison ou de cellule, est retenue au corps jusqu’à ce que cette
punition soit terminée.

Section 11 : Des conseils de discipline, d’enquête, et spécial

Article 185 : Les conseils de discipline, d’enquête et spécial sont des organes consultatifs
constitués spécialement pour donner un avis sur une sanction statutaire applicable à un militaire
du rang, à un sous-officier ou à un officier.

Article 186 : La procédure du conseil de discipline ou d’enquête doit obéir à l’établissement de :

➢ l’ordre d’envoi devant le conseil de discipline (annexe VI-A), délivré par les
Commandants en Chef, le Directeur Général du Service de Santé Militaire ou le
Directeur Général du Génie Militaire pour les militaires du rang et les sous-officiers ;
➢ l’ordre d’envoi devant le conseil de discipline (annexe VI-A), délivré par le Chef d’Etat-
Major Général des Forces Armées pour les sous-officiers supérieur ;
➢ l’ordre d’envoi devant le conseil de discipline (annexe VI-A), délivré par les Chefs
d’Etat-Major ou assimilés pour les militaires du rang et les sous-officiers subalternes ;
➢ l’ordre d’envoi devant le conseil d’enquête (annexe VI-B), délivré par le Ministre de la
Défense Nationale pour les officiers subalternes ;
➢ l’ordre d’envoi devant le conseil spécial et d’enquête (annexe VI-B), délivré par le
Président de la République pour les officiers généraux et les officiers supérieurs.

Article 187 : Les ordres de constitution et de convocation des conseils d’enquête et spécial sont
délivrés par le Ministre de la Défense Nationale.

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Les ordres de constitution et de convocation des conseils de discipline sont délivrés par
les autorités citées à l’article 186 ci-dessus selon les mêmes modalités.

Article 188 : Le conseil de discipline ou d’enquête se tient au sein d’un établissement militaire et
est composé d’un officier rapporteur d’un grade supérieur à celui du militaire traduit devant le
conseil et de cinq membres ci-après :

• un officier supérieur ou officier du grade de capitaine, président ;


• deux officiers supérieurs ou subalternes ;
• deux militaires d’un grade supérieur ou d’une ancienneté supérieure dans le grade à celui
du militaire traduit devant le conseil.

Article 189 : Le conseil spécial se tient au sein d’un établissement militaire et est composé d’un
officier général rapporteur d’un grade supérieur à celui du militaire traduit devant le conseil et de
cinq membres ci-après :

• un officier général, président ;


• deux officiers généraux ;
• deux militaires d’un grade supérieur ou d’une ancienneté supérieure dans le grade à celui
du militaire traduit devant le conseil.

Les membres du conseil spécial sont désignés parmi les officiers généraux des Forces de
Défense.

Article 190 : Les membres du conseil de discipline et d’enquête des militaires sont choisis dans
le même corps que le militaire poursuivi ou dans ou dans un autre corps des Forces de Défense.

Article 191 : Les étapes de convocation d’un militaire du rang :

• le constat de la faute (le compte-rendu de punition ou le procès-verbal de recherches


infructueuses pour le cas des absences prolongées en service) ;
• l’ordre d’envoi ;
• l’ordre de constitution et de convocation (désignation des membres du conseil)
• l’enquête de l’officier rapporteur.

Article 192 : Le conseil de discipline se réunit après le dépôt du rapport à son président. Un
message fixant la date de la tenue du conseil sera établi.

Article 193 : La procédure du conseil de discipline depuis l’ordre d’envoi jusqu’à la délibération
ne peut excéder soixante jours.

Article 194 : L’autorité compétente transmet à l’officier rapporteur le dossier du personnel


militaire concerné ainsi que les documents relatifs à la faute justifiant la convocation devant le
conseil de discipline.

Article 195 : Le militaire intéressé est convoqué dans les plus brefs délais par l’officier
rapporteur qui lui signifie les faits qui lui sont reprochés, lui donne communication des
documents en sa possession, recueille ses explications ou justifications, prend note des témoins
que le militaire désire faire entendre à sa décharge.

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Article 196 : L’officier rapporteur peut, s’il s’estime insuffisamment éclairé par le dossier et les
déclarations du militaire, procéder à l’audition des témoins à charge ou faire une descente sur les
lieux de la commission des faits pour procéder à toutes constatations utiles.

Article 197 : Après enquête, l’officier rapporteur en dresse un rapport, qu’il transmet au
président du conseil avec l’ensemble du dossier ainsi qu’éventuellement les divers documents
qu’il aurait pu lui-même recueillir.

Article 198 : Le conseil ne peut se tenir qu’en présence des membres désignés et de l’officier
rapporteur. Toutefois, en cas d’absence ou d’empêchement d’un des membres, celui-ci est
remplacé par un autre militaire de même grade de son unité désigné par l’autorité habilité et
relevant de la même unité que le militaire mis en cause.

Article 199 : Dès réception du rapport et du dossier du militaire traduit, le président du conseil
désigné propose à l’autorité habilité la date de la tenue du conseil. L’autorité convoque
également les différents témoins à charge signalés à l’officier rapporteur ainsi que le militaire
concerné.

Le militaire mis en cause peut se faire assister d’un défenseur militaire des Forces de
Défense de son choix.

Le conseil se réunit en présence du militaire concerné, ou se tient part défaut en cas


d’absence de l’intéressé s’il a été régulièrement notifié ou s’il est en absence prolongée ou
déserteur.

L’officier rapporteur donne lecture de son rapport.

Il est procédé ensuite à l’audition séparée des témoins, ainsi qu’à l’examen des divers
documents et pièces fournis, en présence du militaire.

Enfin, le militaire est entendu, ainsi que son défenseur ? Ceux-ci ont la parole en dernier.

Lorsque tous les membres du conseil estiment être suffisamment éclairés sur les faits, le
président prononce la clôture des débats.

Article 200 : Le militaire concerné et son défenseur se retirent de la salle de réunion. Le conseil
délibère à huis clos.

L’avis est donné à la majorité de voix et à bulletin secret.

A l’issue du conseil, il est dressé un procès-verbal de réunion en trois exemplaires


(annexes VII-A et VII-B), signé de tous les membres et adressé sans délai à l’autorité habilitée
accompagné de l’ensemble des pièce du dossier transmis à la hiérarchie par le service du
personnel.

Section 12 : De voie de recours

Article 201 : Le militaire sanctionné dispose d’un droit de recours conformément aux
dispositions des textes en vigueur.

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Titre VI : Des dispositions diverses
Article 202 : Des textes règlementaires déterminent en tant que de besoins, les dispositions de
toute nature nécessaires à l’application du présent décret.

Article 203 : Le présent décret qui prend effet à compter de la date de signature abroge toutes
dispositions antérieures contraires, notamment celles des décrets n° 012553/PR du 27 août 1982
portant organisation de la Gendarmerie Nationale et n° 000884/PR/DN du 24 août 1979, portant
règlement de discipline générale dans les Forces Armées, sera enregistré, publié selon la
procédure d’urgence et communiqué partout où besoin sera.

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