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Verlaine

Le poème 'Il pleure dans mon cœur' de Verlaine, extrait de 'Romances sans Paroles', explore la mélancolie à travers des métaphores reliant la pluie et les pleurs. Verlaine utilise une musicalité poétique et des éléments de la nature pour évoquer des sentiments complexes et universels, tout en s'éloignant des conventions du lyrisme romantique. La structure du poème, avec ses répétitions et son ambiguïté, souligne l'intensité de la douleur et l'absence de raison derrière cette tristesse.

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Le poème 'Il pleure dans mon cœur' de Verlaine, extrait de 'Romances sans Paroles', explore la mélancolie à travers des métaphores reliant la pluie et les pleurs. Verlaine utilise une musicalité poétique et des éléments de la nature pour évoquer des sentiments complexes et universels, tout en s'éloignant des conventions du lyrisme romantique. La structure du poème, avec ses répétitions et son ambiguïté, souligne l'intensité de la douleur et l'absence de raison derrière cette tristesse.

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Analyse linéaire 8.

Il pleure dans mon coeur.


Verlaine. Romances sans
paroles.
Ce poeme de Verla ine
appartient au recueil Romances
sans Paroles paru en 1874. À
cette époque, veraine est influen
cé par la musique et par la
peinture, et notamment par
limpressionnisme. Ce sont aonc
la musique et la peinture, pas les
mots en eux-mêmes, qui sont les
sources d'inspiration de Verlaine.
Le poème appartient à la
première partie du recueil, les «
Ariettes oubliées ». Une ariette,
comme la romance, c'est un
genre musical, sur lequel on peut
improviser des paroles. Ce
poème est aussi une
métaphore du chagrin : en effet,
tout le charme du poème
consiste à confondre la pluie et
les pleurs et à situer le lecteur
dans une nature sensible.
Comment Verlaine utilise-t-il la
poésie et la nature pour
représenter un sentiment
complexe et universel ?
Premier mouvement (1ere
strophe) : Un sentiment
mystérieux.
Deuxième mouvement (2me
strophe): Un sentiment musical.
Troisième mouvement (3tme
strophe) : une mélancolie sans
cause.

1 mouvement
Verlaine joue avec I'écriture pour
mettre en avant la musicalité de
la poésie:
-Tout le poème repose sur une
comparaison : K I pleure dans
mon cœur // Comme il pleut sur
la
ville >». Le comparant, la pluie
sur la ville, ressemble aux larmes
du poète. C'est une émotion
musicale, un sentiment diffus,
sans raison.
La manière même de présenter
la
comparaison est très originale : <
pleurer> est devenu un verbe
impersonnel :il est employé sans
référent comme le verbe «
pleuvoir , : les deux verbes sont
melangés car ils se ressemblent
phonétiquement, c'est une
paroñomase le rapprochement
de
deux mots qui ont des sonorités
proches. Cette musicalité est en
plus renforcée par les
assonances en EU et les
alliterations en L
-Verlaine prend des libertés avec
l'écriture, pour créer des effets
précis. (Pleure) n'a pas de
sujet, du coup, le ceur du poète
subit cette tristesse comme la
météo, sans avoir aucune prise
sur
elle:c'est un sentiment dont la
cause est inconnue.
En ettet, même si la première
personne est
bien présente, elle n'a pas de
rôle sujet: « dans mon
ceur >c'est un complément
circons tanciel de lieu ; « qui
pénètre mon cœur> c'est un
complement d'objet: les
sentiments ne sont pas portés
par une personnalité particulière,
comme
an rouve habituellement dans le
lyrisme. Ici le (ceur) représente
tout être humain qui ressent
des émotons, c'est une
métaphore pour représenter le
siège universel des sentiments le
coeur,
tout le monde ena un C'est un
IyriSme à visée universelle.
-Verlaine prend ses distances
avec le lyrisme romantique et ne
décrit pas les éléments de la
nature: (sur la ville): Verlaine a
choisi un
mot qui ne rime pas, et qui n'est
justement pas un
décor naturel : il assume une
écriture qui s'éloigne des
mouvements de son époque.
-le pointd'interrogation est très
révélateur: ce n'est pas un
dialogue romantique avec la
Nature:
il s'interroge lui-même et il n'a
pas de réponse. Cette
mélancolie inexplicable et
intemporelle est
illustrée par le mot (langueur) et
le verbe (pénètre) la langueur
étant comme un liquide qui va
gonflet le cœur, elle envahit tout
l'espace disponible.
-On peut aussi reconnaître dans
cette strophe les caractéristiques
de la peinture impressionniste:
une scène du quotidien,
représentée à travers une
émotion qui transforme 1'espace,
adoucit les
couleurs, atténue les contours.
Deuxième mouvement
-Ce quatrain commence par une
apostrophe et se termine aussi
par une apostrophe : le poète
s'adresse directement au bruit de
la pluie, qui est ainsi personnifié.
Entre le début et la fin du
quatrain, le (bruit) est devenu un
(chant) le lyrisme est décentré de
la personne du poète, c’est le
monde extérieur qui chante pour
lui, l'émotion provient de l'univers
lui-même.
mon cœur) est devenu ( un
cœur): le lyrisme a donc une
dimension universelle.
bspet bēn efique e ea
malenco&le, le nee ot
yore qui mb
-le ( bruit doux) remplace les
paroles du poète. D'un point de
vue musical, on dirait que le
RorNNoe
martèlement de la pluie est imité
par la
succession des mots
monosylabiques. Ces petites
touches successives peuvent
aussi faire penser aux
techniques picturales utilisées
dans
I'impressionnisme en peinture.
(Bruit doux) forme un oxymore :
Le bruit a plutôt une connotation
négative, c'est un son
désagréable, alors que la
douceur évoque au contraire
l'harmonie. C'est une sensation
paradoxale, qui mélange le doux
et l'amer.
-Ce paradoxe se retrouve dans
les sonorités en T et S qui sont
des consonnes explosives, plutột
désagréables... Le retour du son
i évoque la plainte et insiste sur
le mot« ennui » qui appartient
au champ lexical de la
mélancolie.
-les exclamations expriment une
certaine
exaltation : dans ce sentiment
paradoxal, le plaisir et la
peine sont mêlés.
Chez Verlaine, on ne rencontre
janmais une pure tristesse ou un
pur désespoir, les opposés se
mêlent comme, par exemple,
I'antithèse par terre et sur les
toits):d'un côté la terre, le bas, de
l'autre l'air et le ciel.
-Tout au long du poème, les lieux
évoluent : dans mon coeur, sur la
ville, par terre, sur les toits.
Alors que le ceur est pénétré par
la langueur, le paysage est lui-
même complètement envahi par
la pluie.
Troisième mouIvement
-il pleure) devient comme un
refain qui se répète en boucle
renforçant ainsi I'effet de
musicalité.
-Ce quatrain e commence et se
termine avec (sans raison) La
preposition (sans) caractérise le
manque. C'est aussi le cas du
déterminant indéini (Nulle), La
question (Nule trahison ?),
Prerede d e
quoi?
soulignée par une interjection et
exprimant davantage la surprise
que l'interrogation, exprime
une émotion spontanée et non
fondée.
-Le mot (deuil) est ici synonyme
de langueur et de mélancolie,
mais il s'agit d'une mélancolie
qui atteint son comble et qui
devient synonyme de perte et de
mort: quelles sont les raisons de
VIVTe, puisque tout se termine
par la mort? On peut alors
considérer que le « deuil sans
raison »
est une périphrase, pour
implicitement le
sentiment de fatalité.
- Le verbe (s'écœurer), la
répétition du mot (ceur) dans tout
le poème et la tonalité lente dans
le
vers (dans ce caeur
quis'écceure) évoquent bien la
lassitude et l'ennui du poète.
( mon cœur) devient (un caœur)
dans la 2ème strophe puis (ce
caeur) dans la 3éne strophe : Or-
dirait que le sentiment de
souffrance est extérieur au
poète, désincarné. Verlaine veut
ilustrer un
sentiment perçu par tout le
monde, comme la pluie.
-Le dernier quatra in comnmen
ce avec une structure
présentative « C'est » qui est
imprécise,
cOHe st le poète était obligé de
montrer du doigt ce sentiment
qu'il ne parvient pas à décrire.
L'hyperbole (la pire peine) met
en avant l' intensité de la douleur
du poète, une douleur qu'il ne
parvient ni à comprendre ni à
éviter.
-le son A nous fait ressentir de
manière musicale cette
sensation de mėlancolie pénible.
-la négation du verbe (savoir)
traduit un sentiment de déception
et d'ignorance de la cause de
cette mélancolie qui devient
comme une maladie incurable.
-le sentiment de tristesse est
impossible à éviter et la maladie
devient irrémédiable : en effet,
les
sentiments les plus forts et les
plus opposés sont niés (sans
amour et sans haine) l' antithèse
et le
parallélisme montrent des
sentiments eomplémentaires et
doublement niés. Ce deuil est
donc un
sentiment aussi mystérieux que
paradoxal.
-Avec le retour de la première
personne dans le dernier vers,
on retrouve le registre lyrique :
c'est
une douleur personnelle sans
cesse recommencée. Mais en-
même temps, la première
personne du
poète-est évitée -au lieu
d'avoircje ne sais pas pourquoi
», c est l'infinitif qui est utilisé (de
ne
savoir pourquoi), avec son effet
généralisant. Le lyrisme est
nuancé, parce qu'il doit laisser la
place à une expression
universelle.
-Le superlatif est accompagné
d'un adverbe intensıf « tant de
peine » : eest une hyperbole qui
fait èchoà I'hyperbole (la pire
peine): Cette strophe met dene
l'accent sur l'intensité de la
souffrance du poète.
hlentoe.

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