ETUDE SUR LA VERSIFICATION
INTRODUCTION
La versification est l’ensemble des règles et procédés qui servent à produire des vers. C’est
donc à la fois une technique et un art.
A chaque époque littéraire importante, un poète, souvent porte-parole d’un groupe ou d’une
école littéraire, publie un manifeste, en vers ou en prose, pour exposer les idées et les théories
de ce groupe sur la versification et la poésie. Cela s’appelle UN ART POETIQUE. Ainsi, les
règles de la versification ont souvent été assouplies, remises en question, rajeunies par des
poètes. Certains d’ailleurs se faisaient un code de versification individuel et ont appelé leurs
vers, vers libres. D’autres ont opté pour des licences poétiques. La licence poétique est la
liberté que donne l’expression poétique de transgresser les normes dans certaines conditions.
Les principales licences poétiques concernent l’orthographe, la grammaire, la phonétique, la
syntaxe et la rime.
Pour aborder l’étude sur la versification, observons le poème ci-dessous.
Je plante en ta faveur cet arbre de Cybèle,
Ce pin, où tes honneurs se liront tous les jours :
J'ai gravé sur le tronc nos noms et nos amours,
Qui croîtront à l'envi de l'écorce nouvelle.
Faunes qui habitez ma terre paternelle,
Qui menez sur le Loir vos danses et vos tours,
Favorisez la plante et lui donnez secours,
Que l'Été ne la brûle, et l'Hiver ne la gèle.
Pasteur, qui conduiras en ce lieu ton troupeau,
Flageolant une Eglogue en ton tuyau d'aveine,
Attache tous les ans à cet arbre un tableau,
Qui témoigne aux passants mes amours et ma peine ;
Puis l'arrosant de lait et du sang d'un agneau,
Dis : " Ce pin est sacré, c'est la plante d'Hélène. "
(Références bibliographiques)
Ce poème a une facture qui nous permet de distinguer quelques composantes fondamentales
de la versification :
❖ Il est constitué de vers dont on peut compter les syllabes : c’est le mètre
❖ La lecture fait ressortir des temps forts et des temps faibles, des arrêts et des
❖ accélérations : c’est le rythme
❖ La fin des vers comporte des sons identiques : c’est la rime
❖ Il est constitué de plusieurs groupes de vers ayant une unité de sens : c’est la strophe
❖ Il répond à certaines exigences de forme, de sens, d’écriture : c’est un poème
I. LE DECOMPTE SYLLABIQUE
Comme la musique, le vers est mesuré. L’unité de mesure dans la poésie française est la
syllabe. Le mètre est le nombre de syllabe prononcées dans un vers. On peut rencontrer quatre
types de syllabes :
● Consonne- voyelle (me, si)1
● Consonne-voyelle-consonne (coq, pour, mal)
● Consonne-consonne-voyelle (bru, pli)
● Voyelle (à, on)
● Voyelle- consonne (or, art)
Pour faire le décompte des syllabes dans un vers, il faut les séparer par des barres obliques (/).
Cette opération se nomme : scander un vers ou la scansion.
Ex1 : or / di/ na / teur
1 2 3 4
Pour scander un vers on tient compte de liaison :
EX2 : J’ai /gra/vé /sur/ le /tronc /nos/ noms /et/ no/s a/ mours : 12 syllabes
Le « s » appartient à la 11 éme syllabe
EX3 : Le/ chê/ne, un /jour, /di/t au /ro/seau2
Le décompte syllabique fait problème à cause du « e » muet, de la diphtongue et de le hiatus.
1. Le problème du « e » muet
Règle 1 : on doit compter « e » muet en fin de mot lorsqu’il est suivi d’une consonne ou d’un
« h » aspiré.
EX1 : Qui /croî/tront/ à /l’en/vi /de/ l’é/cor/ce /nou/velle
EX2 : On/ peut /ê/tre /hé/ros/ sans/ ra/va/ger/ la /terre
Règle 2 : on ne doit pas compter « e » muet en fin de mot lorsqu’il est suivi d’une voyelle ou
d’un « h » muet
EX : Et/ ce/tte honn/ê/te/ fla/mme au/ peu/ple/ non/ co/mmune
Règle 3 : on doit compter « e » muet à l’intérieur d’un mot lorsqu’il est placé entre deux
consonnes
EX : Je/ veux/ d’a/mour/ fran/che/ment/ de/vi/ser (Du Bellay)
Règle 4 : on ne doit pas compter « e » muet à l’intérieur d’un mot lorsqu’il est placé entre
voyelle et consonne
EX : Je /me/ dé/voue/rai/ donc/ s’il /le /faut /; mais /je /pense (…)
Règle 5 : on ne doit jamais compter « e » muet en fin de vers
EX : Ain/si/ tou/jours/ pou/ssés/ vers/de/nou/veaux/ ri/vages (Lamartine)
2. La diphtongue
C’est la succession de deux voyelles à l’intérieur d’un mot. Lorsque ces deux voyelles sont
prononcées en une seule émission de voix on parle de synérèse (du grec sunairesis,qui
signifie « rapprochement »).
EX1 : Lion, rien, vieux, violet, souriant
EX2 : Chaud/, froid/, co/mme/ la/ fiè/vre a/mou/reu/se/ me/ traite. (Ronsard)
Par contre lorsque ces deux voyelles sont prononcées en une double émission de voix, on
parle de diérèse (du grec diairesis, qui signifie « division »).
et l’inverse, la synérèse (du grec sunairesis, « rapprochement » relèvent du problème posé
par la rencontre, l’intérieur d’un mot, de deux voyelles phoniques. Ces effets métriques
portent donc sur un groupe de voyelles sonores à l’intérieur d’un mot.
1 Rencontres avec la poésie, Catherine M. Grisé (P.13)
2 Rencontres avec la poésie, Catherine M. Grisé (P.13)
EX : La / na/ti/on/ ché/rie/ a/ vi/o/lé/ sa/ foi (Racine)
NB : pour compter les syllabes d’un vers qui a une diphtongue, on commence d’abord par les
vers voisins pour identifier le mètre (nombre de syllabes). Puis on revient au vers où il y a la
diphtongue.
EX :
1 La/ fi/lle/tte aux/ vi/o/lettes
2 E/qui/vo/que à/ l’œil/ cer/né
3 Res/te/ seu/le a/près/ la/ fête
4 Et/bai/se/ ces/ vieux/ bou/quets (Francis Carco)
3. Le problème de l’hiatus
C’est la rencontre heurtée de deux voyelles soit :
- à l’intérieur d’un mot (hiatus interne)
EX : aéroport, poète, idéal, réel, cruel, cruauté, néanmoins, louange, oasis, etc.
- entre deux mots
EX1 : J’ai été
EX2 : La rue assourdissante autour de moi hurlait (Baudelaire)
II. Tableau récapitulatif des vers strophes
VERS STROPHES
On appelle un vers de : On appelle une strophe de :
1syllabe : monosyllabe 1 vers : monostique ou monostiche.
2 syllabes : dissyllabe 2 vers : distique
3 syllabes : trisyllabe
2 vers : tercet
4 syllabes : tétrasyllabe ou quadrisyllabe
5 syllabes : pentasyllabe 4 vers : quatrain
6 syllabes : hexasyllabe 5 vers : quintil
7 syllabes : heptasyllabe
6 vers : sizain
8 syllabes : octosyllabe
7 vers : septain
9 syllabes : ennéasyllabe ou nonosyllabe
10 syllabes : décasyllabe 8 vers : huitain
11sylllabes : hendécasyllabe 9 vers : neuvain
12 syllabes : dodécasyllabe ou alexandrin
10 vers : dizain
11 vers : onzain
12 vers : douzain
III. LA RIME
Disposition de sons identiques à la finale de mots placés à la fin de deux unités rythmiques;
élément de versification, procédé poétique que constitue cette homophonie. Deux mots riment
quand au moins leur dernière voyelle sonore est identique. La rime étant un marqueur de la
fin des vers, établit un parallélisme d’un vers à l’autre. Elle joue ainsi un rôle sémantique
mettant en valeur les oppositions et les équivalences entre les mots qui riment. 3
Pour étudier la rime on étudie sa disposition, son genre et sa qualité
1. La disposition
Disposition : les rimes sont Vers Auteurs
Plates ou suivies : aabb De l’air voisin du ciel, tu vois comme souvent A Jean Bap
et conso
Il passe en pluie et nue, en orage et en vent. A
Descends plus bas encore et diligemment sondes B
Le naturel divers et des eaux et des ondes : B
Ces fleuves spacieux, ces lacs, et ces ruisseaux, C
Desquels nous estimons éternelles les eaux C
…………
………………………………………………..…………………… /………..
…
Aabbcc
L’harmonie éther, dans ses vagues d’azur, A
Enveloppe les monts d’un fluide plus pur ; A
Leurs contours qu’il éteint, leurs cimes qu’il efface, B
Semblent nager dans l’air et trembler dans l’espace B
Comme on voit jusqu’au fond d’une mer en repos C
L’ombre de son rivage onduler sous les flots ;C
3 Rencontres avec la poésie, Catherine M. Grisé (P.3)
Croisées ou alternées Eva SEN
Le vent du nord souffle en rafale, A
Sur les Hameaux ; B
Il bondit, il se tord et dévale A
Des hauts coteaux. B
abab
Embrassées
C’est l’heure où panaché et de suie, A Robert D
Le toit comme une plage offre au fantôme nu B
Son ardoise où mirer le visage inconnu B
De son ardoise vivant, dans un miroir de pluie. A
abba
Redoublées Avec ses lumineux frissons A Maurice
Elle a de si douces façons A
De se pencher sur les buissons A
Et les clairières ! B
aaab
Rimes mêlées : pratiquées Deux pigeons s’aimaient d’amour tendre : A
même à l’époque classique
L’un d’eux , s’ennuyant au logis B
avec par exemple [Link] La
Fontaine Fut assez fou pour entreprendre A
Un voyage en lointain pays B
L’autre lui dit : « qu’allez – vous faire ? C
Voulez- vous quitter votre frère ? C
L’absence est le plus grand des maux : D
Non pas pour vous, cruel ! au moins que les travaux, D
Les dangers, les soirs du voyage, E
Changent un peu votre courage. E
Encor, si la saison s’avançait davantage »! E
ababccddeee
Remarque : A côté de la disposition classique, sont notées de spécificités :
La rime équivoquée : pratiquée Gal, amant de la Reine, alla, tout Marc Monnier
même par les grangs magnanime,
rhétoriqueurs du XVième siècle : Galamment de l’arène à la tour Magne à
magnanime/ Magne à Nîmes Nîmes.
Rimes Belloy, sours, Clarigny, Gagnac et la Henry Bataille,
approximatives :souffles/souffr banlieu… Le Beau
e Oh ! Les wagons éteints où l’on entend des Voyage, 1904
souffles !
La palpitation des lampes au voile bleu…
Le train qu’on croise et qui nous dit qu’il
souffre.
Rimes tripartites :aabcc Quel pur travail de fins éclairs consume P. Valery,
Maint diamant d’imperceptible écume Cimetière
Et quelle paix semble se concevoir ! marin, Elément
Quand sur l’abîme un soleil repose, de métrique
Le temple scintille et le songe est savoir. française, P.94
Rimes quadripartites :aaabcccb Baudelaire
NB : il peut arriver que la rime 1. Jour tranquille ou pas des chevaux tristes Suzanne
soit tout simplement supprimée 2. femme s’ouvre sur un paysage de feuilles Paradis, Les
noires Chevaux de
3. Le sol se mouille d’averses de toutes les
couleurs Verre, 1979
4 .Ils n’iront pas plus vite que l’heure
écoulée
5 . La pousse du riz de l’île blanche et son
corail
2. Genre ou nature
La rime étant un marqueur de la fin des vers, établit un parallélisme d’un vers à l’autre.
L’alternance des terminaisons féminines et des terminaisons masculines est souvent
parfaitement régulière. Depuis le XVI ème siècle, la poésie française
traditionnelle pratique l’alternance des rimes masculines et féminines. Si la première rime est
masculine, elle doit être suivie par une rime féminine, et vice versa.
F -------- M
M -------- F
F ------- M
M ------- F
a- Quand les deux mots rimés se terminent par un « e » muet (- e - es – ent), on est en
présence d’une rime féminine.
Exemple : mère / père
b- Quand les deux mots rimés ne se terminent pas par un « e » muet (- e - es – ent), on
est en présence d’une rime masculine.
Exemple : mer / cher
Illustration : Baudelaire, les Fleurs du mal, 1857
« Voici venir les temps où vibrant sur sa tige Féminine
Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir ;
masculine
Les sons et les parfums tournent dans l »air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige ! »
c- Mais un autre type d’alternance fondé non sur la tradition, mais sur la nature du
dernier phonème réel du vers, établit à l’époque moderne un groupement non pas par
rime masculine et féminines, mais par rimes vocaliques et consonantiques :
« L’ombre des arbres dans la rivière embrumée
Rime féminine vocalique
Meurt comme de la fumée
Tandis qu’en l’air, parmi les ramures
réelles,
Se plaignent les
tourterelles »
Rime féminine consonantique
Verlaine
3. La qualité
Le soir
Le soir ramène le silence.
Assis sur ces rochers déserts,
Je suis dans le vague des airs
Le char de la nuit qui s'avance.
Vénus se lève à l'horizon ;
A mes pieds l'étoile amoureuse.
De sa lueur mystérieuse
Blanchit les tapis de gazon.
De ce hêtre au feuillage sombre
J'entends frissonner les rameaux :
On dirait autour des tombeaux
Qu'on entend voltiger une ombre.
Tout à coup détaché des cieux,
Un rayon de l'astre nocturne,
Glissant sur mon front taciturne,
Vient mollement toucher mes yeux.
Doux reflet d'un globe de flamme,
Charmant rayon, que me veux-tu ?
Viens-tu dans mon sein abattu
Porter la lumière à mon âme ?
Descends-tu pour me révéler
Des mondes le divin mystère?
Les secrets cachés dans la sphère
Où le jour va te rappeler?
Alphonse de Lamartine, Méditations poétiques, IV, 1820
La qualité de la rime dépend du nombre de phonèmes communs. Ainsi on distingue :
⮚ La rime pauvre
La rime est pauvre quand il n’y a qu’un seul phonème commun, qui
est logiquement la dernière voyelle accentuée.
Exemple : le soir, v. 10 et 11 …rameaux
…tombeaux [o]
⮚ La rime suffisante :
La rime est suffisante quand les éléments sonores sont identiques : il s’agit de deux
homophonies nées de :
- Une voyelle suivie d’une consonne :
- Une consonne suivie d’une voyelle :
La rime foi/roi est suffisante parce qu’un son consonantique [w] et une voyelle [a] sont
présents (rime suffisante). Deux homophonies ; ici, soit voyelle + consonne dans :
silence / s'avance (v. 1 et 4)
amoureuse / mystérieuse (v. 6 et 7)
[am] dans flamme / âme (v. 17 et 20)
[ℰr] dans Mystère / sphère (v. 22 et 23) ;
soit consonne + voyelle :
[z5] dans horizon / gazon (v. 5 et 8)
[jᴓ] dans cieux / yeux (v. 13 et 16)
[ty] dans me veux-tu / abattu (v. 18 et 19)
[tyrn] dans nocturne / taciturne (v. 14 et 15).
.
NB : il ne s’agit pas de l’orthographe des mots, mais plutôt de leur prononciation. La rime
roux – poux est pauvre, tout ainsi que la rime teint – pain.
⮚ La rime riche
La rime est riche, quand plus de deux phonèmes sont identiques ; on y retrouve trois
homophonies au moins :
déserts / des airs (v. 2 et 3)
les jeux phoniques et d’autres
4. Les autres effets sonores
Le pouvoir expressif d’un son n’a de valeur que s’il est en quelque sorte activé par le poète.
Néanmoins, souvent, « le poète oublie que les mots sont des signes arbitraires. Il fait comme
si les mots, au lieu de les désigner, représentaient les choses. Il utilise ou invente leur pouvoir
représentatif » disait Jean Louis Joubert.
En effet l’activité poétique semble souvent un effort pour combler une lacune dans la langue ;
le poète à force de répéter certains phonèmes les investit lui-même d’une motivation
sémantique ; Donc c’est surtout par des répétitions de phonèmes que la poésie réalise une
expressivité sonore comme : l’assonance, l’allitération, et les autres harmonies.
⮚ L'Assonance
L'assonance au sens strict du terme est la répétition d’un même son vocalique au moins trois
fois et à l’intérieur d’un même vers.
Ex1 : Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue (Jean Racine)
EX2 : Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant (Paul Verlaine)
Dans le vers précédent, nous avons la répétition de deux voyelles deux fois, d'une voyelle
trois fois, et d'une autre paire de voyelles quatre fois.
NB : l’assonance est aussi dite oscillation lorsqu’elle est séparée d’une autre voyelle.
Exemple : dans tour à tour : [u] - [a] - [u]
⮚ L’allitération
L’allitération est la répétition d’un son consonantique au moins trois fois dans un vers.
Ex 1 : L’heure menteuse et molle aux membres sur la mousse. (Paul Valery)
L’allitération au sens plus large est le retour sensible d’un même son consonantique. Dans ce
vers de Pierre Emmanuel les [v] et les [ r] se répètent :
Rien n’ose les vêtir devant l’éternité
On parle aussi d’allitération quand ce sont des consonnes voisines par exemple, des labiales –
p – b - ; des dentales – t – d ; des labio – dentales – v – f-) qui sont rapprochées.
Souvent dans la poésie moderne le manque de rime et de mètre est compensé par l’assonance
et par l’allitération.
NB : il ne s’agit pas de l’orthographe des mots, mais plutôt de leur prononciation. La rime
roux – poux est pauvre, tout ainsi que la rime teint – pain. « La lune blanche / luit dans les
bois » [tyrn] dans nocturne / taciturne (v. 14 et 15).
NB : il ne s’agit pas de l’orthographe des mots, mais plutôt de leur prononciation. La rime
roux – poux est pauvre, tout ainsi que la rime teint – pain .
⮚ Les jeux phoniques
⮚ L’harmonie suggestive
Quand une voyelle ou une consonne est répétée et renforce le sens d’un texte, il s’agit
d’harmonie suggestive. Paul valery semble motiver l’allitération en [ l] afin de rendre plus
rendre plus sensible l’atmosphère calme et pure d’un paysage nocturne :
Sur le plan sémantique il est tentant de mettre en rapport la souffrance aigüe exprimée par le
vers suivant de Racine et l'assonance en til 'i
Tout m'afflige et me nuit et conspire me nuire
⮚ L'onomatopée ou l'harmonie imitative
C'est l'imitation des sons naturels par des sonorités verbales.
Exemple : Il tomb' de l'eau, plie, ploc, plac. (Jules Laforgue)
⮚ L'euphonie et les figures phoniques
La musicalité du poème ressort non seulement des rimes, du mètre et du rylhrne, mais aussi
de la combinatoire complexe des voyelles et des consonnes qui s'organisent en figures
phoniques, On peut faire l'analyse de ces figures en transcrivant le vers en symboles
phonétiques do mieux voir les répétitions:
Vous mourûtes aux bords où vous fûtes laissées Jean Racine)
[vu muryte zo bOR u vu fyte Iese]
Dans ce vers on remarque la prédominance de la voyelle postérieure ainsi que la répétition du
groupe (u u y), La reprise phonique des consonnes labiales [ v m b f ]
la consonne dentale [ t ] au début de la quatrième dans chaque hémistiche, ce sont encore des
figures qui dessinent ce vers.
IV. LE RYTHME DES VERS
C’est le retour de manière régulière d’une syllabe accentuée (temps fort), alternant
avec des syllabes non accentuées (temps faible). Le rythme de la poésie traditionnelle est basé
sur l’accentuation et les coupes syllabiques. Dans la poésie française, on trouve plusieurs
types d’accentuation4.
1. Les types d’accentuation.
⮚ L’accent essentiel : l’accent métrique
En français on n'accentue pas un vers mot par mot mais par groupe sémantique ou syntaxique.
L’accent métrique, parfois appelé accent syntaxique ou « accent grammatical »5 se place à la
fin des groupements naturels de la grammaire, dont il donne ainsi les limites. Autrement dit, il
se place sur la dernière syllabe prononcée du groupe rythmique et marque la fin d’une mesure
dans la poésie. L’accent métrique n’est donc jamais sur la première syllabe d’un mot ou d’un
groupe de mots, et jamais sur un e muet. Lié à l’intonation dans la réalisation orale de la
parole, éventuellement à la ponctuation dans l’écriture, il ne peut pas séparer des termes
grammaticalement indissociables et tomber ainsi sur un mot atone (article, adjectif possessif,
adjectif démonstratif, préposition etc.
Ex : Fontaine, ma fontaine, eau froidement présente. (Paul Valéry)
Le moment où je parle est déjà loin de moi.
Remarque : L’accent oratoire c’est un accent de présentation intellectuelle (insistance par
besoin de clarté) ou affective (appui par réaction sentimentale) appliqué à certains éléments
du discours. Il affecte le premier élément du mot, première consonne pour l’accent affectif,
première syllabe pour une accentuation didactique.
Ex : « Tout est sensible ! »
Ces accents peuvent être fixes ou mobiles.
Disposition : les rimes sont Vers Auteurs
Plates ou suivies : aabb De l’air voisin du ciel, tu vois comme souvent A Jean Bap
et conso
Il passe en pluie et nue, en orage et en vent. A
Descends plus bas encore et diligemment sondes B
4 Catherine M. Grisé, Rencontres avec la poésie, 2002. p.67.
5 Jean Mazaleyrat, Élément de métrique française, Armand colin, 2016, pour na nouvelle présentation, p.110.
Le naturel divers et des eaux et des ondes : B
Ces fleuves spacieux, ces lacs, et ces ruisseaux, C
Desquels nous estimons éternelles les eaux C
…………
………………………………………………..…………………… /………..
…
Aabbcc
L’harmonie éther, dans ses vagues d’azur, A
Enveloppe les monts d’un fluide plus pur ; A
Leurs contours qu’il éteint, leurs cimes qu’il efface, B
Semblent nager dans l’air et trembler dans l’espace B
Comme on voit jusqu’au fond d’une mer en repos C
L’ombre de son rivage onduler sous les flots ;C
Croisées ou alternées Eva SEN
Le vent du nord souffle en rafale, A
Sur les Hameaux ; B
Il bondit, il se tord et dévale A
Des hauts coteaux. B
abab
2. La typologie des accents
⮚ Les accents fixes
Il existe deux accents fixes. Le premier frappe la dernière syllabe prononcée de chaque vers.
Le second appelé accent de relais se trouve souvent après la quatrième syllabe dans les
décasyllabes et après la sixième syllabe dans les alexandrins.
Ex : Ici se préfigure // une mort lumière, (Pierre Jean Jouve).
⮚ Les accents mobiles
La place des autres accents métriques est libre ; il faut les déterminer par le sens et par la
syntaxe des vers. Dans l’alexandrin on trouve d’habitude un accent mobile dans chaque
hémistiche.
Ex : Celui / de qui la tê //te au ciel était voisine
Et dont les pieds / touchaient // à l’empire des morts.
(Jean de La Fontaine)
Il importe de préciser que dans les octosyllabes et dans les vers de six syllabes les accents
sont tous mobiles. Ainsi, pour analyser le rythme métrique d’un vers, il faut le diviser en
syllabes et noter les accents fixes et les accents mobiles.
Remarque : le repérage des accents est souvent facilité par la ponctuation.
Les coupes placées juste après l’accent permettent de séparer chaque mesure (groupe
rythmique de la suivante). Elle est symbolisée par un trait oblique (/).
La mesure désigne la partie d’un vers située entre deux coupes. La place de l’accent permet
de déterminer la longueur des mesures.
La césure renvoie à la coupe principale d’un vers. Elle est représentée par 2 traits obliques.
(//). Elle se trouve souvent au centre de l’alexandrin classique qu’elle partage en deux
hémistiches de longueur égale.
Les pauses sont de brefs temps d’arrêt observés après un accent : Elles suivent les coupes et
la césure.
Ex : Mon cœur, / lassé de tout, // même de l’espérance
Coupe suivie de pause Césure
1er hémistiche 2ème hémistiche
3. Les rythmes des vers
⮚ le rythme binaire
On parle de rythme binaire si un vers est divisé en deux ou quatre mesures de même longueur.
Ainsi le mot tétramètre sera utilisé pour désigner le type de mesure de cet alexandrin
classique.
Ex1: j’ai trop vu, trop senti//, trop aimé, dans ma vie
3 3 3 3
(3+3) + (3+3)= rythme binaire régulier =tétramètre.
(3+3) + (4+2)=rythme binaire irrégulier, alterné
Ex1 : Le désert déroulait// maintenant devant nous (chateaubriand)
(6+6)= rythme binaire
⮚ Le rythme ternaire
C’est lorsqu’un vers est divisé en 3 mesures de même longueur ou sensiblement égales. On
parlera de trimètre pour désigner un alexandrin romantique découpé en 3 mesures de 4
syllabes.
Ex : Je marcherai/ les yeux fixés/sur mes pensées
4 4 4
⮚ Le rythme accumulatif
On parle de rythme accumulatif lorsque le vers compte plus de quatre accents.
Ex : Son regard est pareil au regard des statues
Et/ pour sa voix/ lointai/ne et cal/me et grave elle a
⮚ Le rythme croissant
On parle de rythme croissant lorsque les mesures sont de plus en plus longues.
Ex: Ainsi,/ de peu à peu, // crût l'empire romain
(2/4//6)
⮚ Le rythme décroissant
Les mesures sont de plus en plus courtes
Ex. Le bal reprend haleine, on s'interrompt, on fuit
(6//4/2)
⮚ Le rythme symétrique
C’est lorsque deux groupes sont divisés de la même manière en forme de miroir
Ex :
(4+2) + (2+4)
⮚ Le rythme asymétrique
EX: Les va/gues du matin// se lè/vent une à u/ne
(2+4) + (2+4)
⮚ Le rythme irrégulier
Ex1 : Natu/re, berce-le chaudement :/ il a froid. (Arthur Rimbaud)
(2+7+3)
Ex2 : Il a vécu/ tantôt gai/ comme un sansonnet
(4+3+5)
V. CONCORDANCE ET DISCORDANCE
Dès le XVIe siècle, le principe de concordance est autant l’objet de recommandations dans les
traités de versification qu’un principe, diversement mis en pratique par les poètes, pendant
toute la période classique. Ce n’est pas dire qu’on puisse pour autant dégager de ces traités
une définition claire du principe, pas plus qu’une conception unitaire (Peureux, 2009).
La plupart des traités de versification, du XVIe siècle à nos jours, se contentent de repérer
localement les cas de discordance, qu’ils décrivent comme enjambements, rejets, contre-
rejets, mais ce qui frappe avant tout, c’est que ce principe n’ait été l’objet d’aucun
développement, d’aucune étude un tant soit peu approfondie. Le principe de concordance
rythme / sens ayant pour fonction d’assurer la perception des unités métriques
Ainsi on va aborder les trois points suivants :
1. L’enjambement
Discordance entre les limites du vers et la syntaxe, qui affaiblit la pause rythmique à la rime,
contrairement au rejet.
•« simple débordement des groupements de la phrase par rapport à ceux du mètre, sans mise
en vedette d’aucun élément particulier » disait Jean Mazaleyrat
Exemple : « Et je ne hais rien tant que les contorsions
De tous ces grands faiseurs de protestations »
Molière – Le Misanthrope (vers 43-44)
Exercice : Repère les enjambements dans les vers suivants :
La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;
Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son œil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.
Charles Baudelaire – A une passante – 1857
2. Le rejet
Il y a rejet lorsqu'une partie de phrase se termine au début d'un vers. Plus particulièrement, le
rejet se compose des mots qui terminent la phrase. De manière générale, le rejet sert à mettre
ces mots en valeur grâce à sa situation particulière, au rythme, à la césure et à la ponctuation.
Exemple
Si j’ai parlé
De mon amour, c’est à l’eau lente
Qui m’écoute quand je me penche
Sur elle ; si j’ai parlé
Henri de Régnier ODELETTE IV 1897
Exercice :
Dans les strophes suivantes à quels vers repère-t-on des rejets
Avec monsieur Machin, un jeune homme cossu,
Il est juste-milieu, botaniste et pansu.
Quant aux faiseurs de vers, ces vauriens, ces maroufles,
Ces fainéants barbus, mal peignés, il les a
Plus en horreur que son éternel coryza,
Et le printemps en fleur brille sur ses pantoufles.
Paul Verlaine – Monsieur Prudhomme-Poèmes saturniens 1866
3. Le contre rejet
On parle de contre-rejet quand un groupe syntaxique débute à la fin d’un vers et se poursuit
sur le suivant. Il est ainsi mis en valeur.
Exemple :
Excusez ma douleur. Cette image cruelle
Sera pour moi de pleurs une source éternelle.
(Racine, ibid)
Exercice :
Dans les strophes suivantes à quels vers repère t-on des contre-rejets
Souvenir, souvenir que me veux-tu ? L'automne
Faisait voler la grive à travers l'air atone
Verlaine, « Nevermore », Poèmes saturniens
ou encore :
Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
Baudelaire, « Spleen », Les Fleurs du Mal
VI. LES DIFFERENTS TYPES DE POEMES
1. Les poèmes à formes fixes
Ils sont connus depuis l’antiquité grecque. De nombreuses règles de composition
avaient d’ailleurs été fixées. L’écriture poétique a évolué et les formes ont changé.
Toutefois, plusieurs éléments qui sont à la base d'un poème à forme fixe ont traversé
les époques.
Depuis le début de l’histoire littéraire, plusieurs formes fixes en poésie ont été
utilisées. Chacune de ces formes fixes se caractérise par des contraintes particulières
auxquelles les auteurs doivent se plier. Plusieurs formes ont été très en vogue à une
certaine époque avant de disparaître dans l’oubli au profit de nouvelles formes.
Un poème à forme fixe est un poème qui respecte une structure imposée, comme le nombre
et la répétition de vers, une certaine alternance des rimes.
Les règles concernent généralement le nombre et le type de vers et le nombre et le type de
strophes. Par contre, plusieurs règles peuvent aussi préciser le genre et la valeur des rimes
ainsi que leur disposition, la présence du narrateur dans le poème, le sujet abordé, etc.
⮚ Le sonnet
Il est introduit en France en 1538. Il est d’origine italienne. Le sonnet a tout de même été mis
en valeur par les poètes de la Pléiade. Il a connu diverses structurations.
Il comprend en principe 14 vers divisés en 2 quatrains et 1 sizain organisé en 2 tercets. Les
quatrains sont de rimes embrassées (ABBA ABBA) et le sizain a une rime tripartite ainsi
structurée (CCDEDE ou CCDEED), plus précisément, une rime suivie et deux rimes croisées
ou embrassées.
Les derniers vers ou chute du sonnet apparaissent comme une petite conclusion brillamment
formulée. Il peut s’agir, en particulier, d’une image évocatrice résumant le tableau décrit par
le poème. Cette image peut être un effet de surprise ou une sorte de morale éclairant le sens
du texte.
Exemple de sonnet :
⮚ Le rondeau
Il est constitué de 13 vers et d’un bref refrain répété deux fois. Ce refrain reprend les mots du
premier vers au milieu et à la fin du poème. Il est divisé en 3 parties dont 2 de 5 vers séparées
par une de 3 vers.
Exemple de rondeau :
⮚ Le triolet
Il comporte 8 vers bâtis sur 2 rimes. Le triolet est composé en octosyllabes. Il admet la
structure ci-après : ABAAAABA.
Exemple de triolet :
⮚ Le rondel
Un rondel est un poème à forme fixe, construit sur deux rimes et comportant un refrain, à
l'instar du rondeau et du triolet. Il est composé le plus souvent de
treize vers octosyllabiques répartis en trois strophes.
Le refrain du rondel est formé de ses deux premiers vers, que l'on retrouve à la fin de la
deuxième strophe, puis de son premier vers, que l'on retrouve à la fin de la troisième. Sa
structure peut toutefois comporter des variantes : le refrain final se compose parfois des deux
premiers vers ; les strophes comptent parfois un vers de plus ou de moins ; certains rondels
sont en vers décasyllabiques ; on trouve aussi des rondels doubles formés de quatre quatrains.
Le rondel, dont l'origine est française, a été en vogue entre les XIVe siècle et XVIe siècle avant
d'être repris par quelques poètes, en France et dans d'autres pays européens, vers la fin
du XIXe siècle.
⮚ La ballade
Elle est en vigueur depuis le Moyen-âge. Une ballade comprend 3 strophes composées sur les
mêmes rimes et terminées chacune par un refrain d’un ou de 2 vers. Les vers sont des
octosyllabes ou des décasyllabes. Si le poète opté pour les octosyllabes, il en compose 8 et s’il
opté pour les décasyllabes, il en aura 10.
Exemple de ballade :
⮚ L’ode
C’est une forme poétique composée de 3 strophes de longueurs souvent identiques. Les vers
sont des octosyllabes.
L’ode met l’accent sur l’expression des sentiments, des émotions. Il s’agit donc d’une forme
de poésie lyrique d’autant plus qu’elle est écrite à la première personne. De plus, elle utilise le
registre pathétique. Les thèmes les plus récurrents sont l’amour, la mort, l’existence, la
nature….
Exemple d’ode :
⮚ L’Élégie
L'élégie s’écrit en alexandrins ou en décasyllabes. Les vers sont composés en rimes plates.
L’auteur s’y exprime souvent à la première personne. Il y met en exergue des thèmes tels que
la fuite du temps sans, l’amour, la mortsa souffrance et s’en plaint. Cette souffrance peut être
consécutive à la mort ou à l’inconstance de la femme aimée.
Suite…..CF capture.
⮚ Le pantoum
Il est d’origine malaisienne. Les romantiques l’ont importé en France.
Le pantoum comporte des quatrains où les vers 2 et 4 deviennent les vers 1 et 3 du quatrain
suivant. Il s’écrit en rimes croisées.
⮚ La fable en vers
Une fable désigne un récit en vers ou en prose. Il est généralement court. La fable se spécifie
en ce qu’elle donne le plus souvent une leçon de vie. Elle est également plaisante. Ces deux
caractéristiques donnent à la fable sa dimension, à la fois, didactique et divertissante.
L’histoire narrée est imaginaire et met en évidence des animaux parlant, des êtres humains
ou d’autres espèces, mais personnifiés.
Ses caractéristiques premières, quant à sa composition, sont la candeur et l’allégorie. La leçon
de morale est évoquée à l’exposition ou au dénouement de la fable. Toutefois lorsque la leçon
est implicite, le lecteur cherche à la ressortir de façon intelligente.
Exemple de fable
2. Les poèmes en vers libres
⮚ Le poème en vers libres
Le poème en vers libres se libère des règles de la poésie classique. Il crée des effets de
musicaux nouveaux. Il est né à la fin du XIXe siècle.
Il doit sa particularité à deux procédés essentiels :
-L’absence de la rime : La rime n’est pas systématique dans un poème en vers libres. Le poète
remet l’accent sur le principe des échos entre les mots qui composent tout le poème.
Une métrique irrégulière. Le vers libre s’affranchie de la métrique classique. Le nombre de
syllabes de chaque vers n’est plus régulier. Ce qui donne au poème des rythmes nouveaux.
3. Le poème en prose
Le poème en prose a émergé depuis le milieu du XIXe siècle.
Charles Baudelaire définit cette forme poétique en ces termes : « Une prose poétique,
musicale, sans rythme et sans rime, assez souple et assez heurtée pour s’adapter aux
mouvements lyriques de l’âme, aux ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la
conscience ».
Elle s’identifie par trois caractéristiques fondamentales :
-La structure narrative : Le poème s’assimile à la prose par sa structure narrative. La strophe
est structurée tel un paragraphe.
-Le jeu sur les sonorités : Les sonorités du poème en prose sont composées de sorte à susciter
la rêverie. Des échos, des assonances et des allitérations se mettent en place.
-L’importance des images : Les Images octroient une cohésion au poème en prose. Elles
traversent tout le poème et lui assurent un unité thématique et poétique.
4. Les Formes poétiques typographiques
⮚ L’acrostiche
L’acrostiche est une forme poétique dans laquelle on peut lire le nom de l’auteur, celui du
dédicataire ou même le sujet dans un mot formé des initiales de chaque vers.
Vous portâtes, digne Vierge, princesse,
Iésus régnant qui n’a ni fin ni cesse.
Le Tout-Puissant, prenant notre faiblesse,
Laissa les cieux et nous vint secourir,
Offrit à mort sa très chère jeunesse ;
Notre Seigneur tel est, tel le confesse :
En cette foi je veux vivre et mourir.
Poème de François Villon, extrait du Grand Testament.
5. Poème en avalanche ou « Boule de neige »
Il désigne un jeu dans la composition d’un poème dont le premier mot compte une lettre, le
deuxième deux lettres, le troisième trois lettres, et ainsi de suite.
Ex :
O (1)
Un (2)
Rat (3)
Cris ! (4)
Joues (5)
Blêmes (6)
Courses (7)
Eperdues (8)
Moqueries (9)
Ricanantes (9)
Poursuivent (10)
L’effarouchée ! (11)
6. Le calligramme : poèmes graphiques
Le calligramme est consécutif à une volonté de mettre sur pieds une forme visuelle
particulière du poème sur la page. Le calligramme renvoie à un poème dont les lettres et les
mots forment un dessin se rapportant directement au contenu du poème. Les dessins mettent
en évidence souvent des objets ou des animaux, des petites scènes, ou même tout simplement
des formes géométriques.
Apollinaire a été le premier à employer le mot « calligramme » en 1918. Il a été par la suite
usé au XVIIIe siècle et même au XVIe siècle par François Rabelais.
Exemple de Calligramme :
BIBLIOGRAHIE
Catherine M. Grisé, Rencontres avec la poésie, 2002
Jean Mazaleyrat, Élément de métrique française, Armand colin, 2016, pour na nouvelle
présentation.
Michèle Aquien, La versification appliquée aux textes, 5ème édition,