MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET UNIVERSITAIRE
INSTITUT SUPERIEUR DE GESTION
INSTITUTION PRIVEE CATHOLIQUE
CAMPUS DE TSHELA
« ISG/TSHELA »
Promotion : L2 SOINS GENERAUX
COURS D’ETHIQUE ET DEONTOLOGIE
DES PROFESSIONS INFIRMIERES
Ass. Zéphirin NLANDU
Année Académique 2024-2025
COURS D’ETHIQUE ET DEONTOLOGIE DES PROFESSIONS INFIRMIERES
L’exercice des professions d’infirmier, sage-femme et techniques médico-sanitaires
nécessite une acquisition des connaissances dans les domaines du SAVOIR, du
SAVOIR FAIRRE et du SAVOIR ETRE.
Les SAVOIRS sont obtenus à travers des enseignements théoriques basés sur des
éléments issus de la recherche scientifique et des concepts intellectuels des soins.
Les SAVOIRS FAIRE représentent les aptitudes pratiques acquisent à la suite des
traveaux pratiques et dirigés ainsi que des stages hospitaliers ou en entreprise.
Quant ‘aux SAVOIRS ETRE, ils sont obtenus au travers de l’apprentissage et de la
maitrise des règles éthiques et déontologiques relatives à l’exercice de ces
professions. Il s’agit ici d’adopter des attitudes, des comportements, et des façons
d’etre auprès de la personne soignée, de la famille du patient et des autres membres
de l’équipe de soins.
De ce fait le cours d’éthique et de déontologie aura pour objectif de permettre au
professionnel de soins de prendre en charge la personne souffrante dans le stricte
respect de la dignité humaine tout en tenant compte de ses droits et de ses
considerations psycho-sociales, anthropologiques et spirituelles.
Ce cours nous permettra de parcourir tour à tour ;
La définition des concepts éthiques
Les fondements des règles éthiques.
- Lois, traités et chartes internationaux des droits de l’Homme
- Les droits de l’enfant
- Les droits de la personne agée
- Les droits du malade
- Le code de déontologie des professions infirmières, sage-femme et
médico- sanitaire au Cameroun.
La conscience professinnelle
Les qualités professionnelles du soignant
Le secret professionnel.
La responsabilité professionnelle.
La procréation médicalement assistée et l’interruption volontaire de la
grossesse
La mort et l’accompagnement du mourant
Analyse du serment de Florence Nigthingale
I- DEFINITIONS DES CONCEPTS
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1- ETHIQUE : Synonyme de MORALE, selon le dictionnaire Larousse,
l’Ethique désigne la partie de la philosophie qui envisage les fondements
de la morale. Autrement dit, c’est l’ensemble des principes moraux qui
sont à la base de la conduite d’un individu. Lorsque ces principes moraux
se rapportent à une profession on parle de DEONTOLOGIE
PROFESSIONNELLE.
2- DEONTOLOGIE : c’est l’ensemble des principes moraux se rapportant à
une profession.
3- Bioéthique : c’est un domaine spécialisé de l’éthique qui traite des
problèmes rattachés à la procréation, aux nouvelles technologies
médicales, aux techniques de reproduction, à l’usage des drogues, aux
greffes d’organes, au coût de la santé et au droit à la santé , à la mort.
4- Le code de déontologie : c’est un texte de lois élaboré qui réglemente le
fonctionnement d’une profession et fixe des sanctions en cas de derive.
5- La loi : texte voté par un parlement édictant les règles de fonctionnement
d’une société donnée
6- Les normes : la norme représente tout comportement, tout acte ou
attitude communément accepté au sein d’une communauté donnée.
7- Les déviances : l’on désigne par déviance tout comportement hors
norme c.-à-d. anormal dont non accepté par la communauté.
8- Conscience : Faculté pour un individu de pouvoir porter un jugement sur
la valeur morale des actes humains
9- Conscience professionnelle : c’est le comportement d’un professionnel
qui remplit scrupuleusement sa tâche sans que quelqu’un d’autre ait à le
lui rappeler..
10- Croyances : c’est un processus mental par lequel un individu adhère à
une thèse de manière dogmatique et la considère comme vérité absolue
indépendamment des preuves.
11-La religion : c’est un ensemble de pratiques et croyances au cours
desquelles un individu ou un groupe d’individus entre en communication
avec une divinité supposée être supérieure
12-La culture : c’est l’ensemble des connaissances issues des croyances, de
l’expérimentation et du raisonnement qui se développent et fondent le
comportement des individus au sein d’une société.
13-Le signe : le signe traduit un indice, une manifestation, une marque, une
preuve
14-Le préjugé : c’est une croyance ou un jugement porté par avance. Il s’agit
d’une idée préconçue.
15-Le droit : au sens judiciaire, c’est l’ensemble des lois qui règlent les
rapports entre les individus au sein d’une nation ou d’un peuple. Au sens
des libertés, le droit est ce qui revient à un individu de posséder ou
d’exiger de l’autre.
16-Le devoir : le devoir exprime l’obligation de faire ou de ne pas faire . Ainsi
il existe des devoirs positifs qui imposent l’obligation de faire ex : l’élève a
le devoir de payer sa pension, et des devoirs négatifs qui imposent
l’obligationde ne pas faire ex : ne pas répondre au téléphone en classe.
17-L’HOMME : C’est un être unique, doté des perceptions et des pulsions de
vie. Il revêt des dimensions bio-psycho-social, culturelles et spirituelles. Il
est un etre complexe paradoxalement fragile et résistant, il est en
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perpétuel devenir, en recherche d’équilibre et d’harmonie. Il est doté d’un
héritage génétique et est influencé par son héritage culturel et
environnemental. Il est seul maitre de ses actes et de ses réalisations. Il
possede des capacités d’adaptation aux changements qui peuvent
survenir en lui et/ou autour de lui.. il est appelé à développer divers savoirs
et à vivre en interaction avec les autres. VIRGINIA HENDERSON le définit
comme :« un être bio-psycho-social, culturel et spirituel ayant 14 besoins
fondamentaux » . ( voir les quatorze besoins fondamentaux de Virginia
Henderson).
18-LA SANTE : d’après l’OMS, la Santé est un état de complet bien-être
physique, mental, social et psychologique et ne s’aurai être une absence
de maladie ou d’infirmité. Il s’agit d’un état d’équilibre dynamique qui sous
entend la capacité d’exprimer ses sentiments, d’utiliser ses ressources, de
surmonter les crises, de résoudre les problèmes et de reconnaitre ses
limites.
19-LA MALADIE : D’après le dictionnaire medical, c’est l’altération de l’état
de santé se manifestant par des signes et des symptômes. L’approche
infirmière la définit comme une incapacité complète ou partielle pour un
individu d’etre autonome et indépendant vis à vis des autres par la
satisfaction de ses besoins fondamentaux. c’est un déséquilibre
biologique, psychologique, socio-culturel ou spirituel. Il peut toucher un ou
plusieurs de ces différents domaines. La maladie se définit donc en
opposition à la santé par une incapacité et/ou une difficulté à surmonter
les crises, àrésoudre des problems, à mettre en œuvre des action ou tout
simplement à s’exprimer librement. Ceci peut engendrer un effondrement
et/ou une perte du reseau de communication jusqu’à la perte du sens à la
vie.
20-SOINS INFIRMIERS : c’est un ensemble de prestations de qualité
pratiquées par une personne formée s’inspirant des concepts et des
théories de soins scientifiquement éprouvés. Le concept de soins le plus
couramment utilisé est celui de VIRGINIA HENDERSON , basé sur la
satisfaction des 14 besoins fondamentaux de l’Homme. La maladie selon
elle étant la non satisfaction de l’un au mons de ces 14 besoins. Ce qui va
entrainer une situation de dépendance ou de perte d’autonomie. -social,
culturel et spirituel.
Les soins infirmiers ont pour but :
- D’entretenir la vie,
- De maintenir, de restaurer et de promouvoir la santé.
Pour ce faire, les soins infirmiers utilisent cinq principales dimensions :
- La dimension éducative. : celle qui consiste à éduquer et
informer les patients et les communautés.
- La dimension préventive : celle qui consiste à empécher la
survenue de la maladie.
- La dimension de maintenance : celle qui consiste à promouvoir
un bon état de santé individuelle et collective.
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- La dimension curative : celle qui consiste à traiter les maladies
diagnostiquées.
- La dimension palliative : celle qui consiste à soulager les
souffrances physiques et psychologiques d’un patient en fin de
vie ou souffrant d’une maladie incurable.
21-Soins palliatifs : ce sont des soins dispensés à une personne souffrant
d’une maladie incurable souvent en phase terminale dans le but de lutter
contre la douleur et de lui procurer confort physique et un soutien
psychologique.
22-Acharnement thérapeutique : c’est l’effort démesuré, disproportionné
qu’entreprennent certains personnels de santé pour maintenir une vie qui
n’a plus rien d’humain (coma irréversible, mort cérébrale, patient
dépendant des machines).
23-Euthanasie : c’est le fait de donner la mort par pitié à une personne qui vit
une extrême souffrance jugée insupportable ou un handicap majeur
susceptible de prolonger une vie jugée inutile
II- FONDEMENTS DES REGLES ETHIQUES
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Les règles éthiques tiennent leur source initiale dans la morale chrétienne ou
toute autre doctrine faisant la promotion de l’amour du prochain :
« AIME TON PROCHAIN COMME TOI MEMME »,
« NE FAIS PAS A AUTRUI CE QUE TU NE VEUX PAS QU’ON TE FASSE ».
Tout part du fait que les Hommes partagent une même nature au-delà de leurs
différences individuelles, ce qui leur vaut de rechercher globalement les mêmes
valeurs, la même moralité. Vu à travers sa dimension éthique, l’Homme mérite des
égards tels que le respect de sa vie, le respect ses libertés, la recherche de la vérité
et de la justice.
Les lois, traités, chartes et règlements internationaux et nationaux ont constitutes au
fil du temps les sources d’inspiration des règles éthiques de la profession de
soignant. Les nations unies ont accordé une place importante à la dignité de
l’Homme à travers la Déclaration universelle des droits de l’Homme proclamée par
l’assemblée générale des Nations Unies en 1948 qui stipule que: “Tous les etres
humains naissent libres et égaux en dignité et en droits” elle interdit
l’esclavage, le servage, les tortures et les mauvais traitements inhumains ou
dégradants.
Au niveau Africain, la Charte Africaine des droits de l’homme sera adoptee en 1981,
le 27 juin à Nairobi au Kenya. Cette Charte reconnait à toute personne humaine la
liberté de religion, de conscience, le droit à l’information et la liberté d’expression..
Elle prévoit l’institution des organes de promotion et de protection des droits de
l’Homme et des peuples, en conformité avec les orientations de la Déclaration
Universelle des droits de l’Homme des Nations Unies.
Au niveau national, le Cameroun dans le préambule de sa constitution du 18 janvier
1996 stipule: “Tous les Hommes sont égaux en droits et en devoirs”. De ce fait,
Hommes et Femmes disposent des memes droits et devoirs, ce qui rejoint l’article
premier de la Déclaration Universelle des droits de l’Homme. En 2019, le 19 juillet, le
Président de la Répiblique du Cameroun promulque la loi N°2019/014 portant
creation, organisation et fonctionnement de la commission des droits de l’Homme au
Cameroun.
LES DROITS DE L’ENFANT
En 1959, la Déclaration des droits de l’Enfant va définir la notion de
maltraitance vis à vis de l’enfant : l’enfant maltraité est celui qui est victime de
violences physiques, de cruauté mentale, des abus sexuels, de négligence
lourde ayant des conséquences graves sur son développement physique et
psychologique. Cette déclaration va s’articuler sur 10 grands principes à
savoir :
1- Tous les enfants sont égaux : ils ont le droit d’être bien traités sans qu’il
y ait de différence à cause de leur race, de leur religion, de leur pays
d’origine ou de leur sexe.
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2- Tous les enfants ont le droit de vivre en enfants, de grandir en bonne
santé, de développer leur corps, leur esprit, leur foi, et de participer à la vie
de la société.
3- Tous les enfants ont le droit d’avoir un nom et une nationalité.
4- Tous les enfants ont le droit d’être bien nourris et biens soignés.
5- Les enfants handicapés ont le droit d’être encore mieux soignés
6- Tous les enfants ont le droit d’être aimés, écoutés, compris et protégés.
7- Tous les enfants ont le droit d’aller à l’école gratuitement, de jouer et
d’avoir des loisirs.
8- Tous les enfants ont le droit d’être immédiatement secourus en cas de
catastrophes.
9- Tous les enfants ont le droit d’être protégés contre les mauvais
traitements et toute forme de négligence.
10-Tous les enfants ont le droit d’être élevés dans un esprit d’amitié, de
paix et de fraternité entre tous les peuples du monde.
LES DROITS DE LA PERSONNE AGEE
En 2007, la Fondation Nationale de Gérontologie en France a proposé une
Charte des droits et libertés de la personne âgée en situation de dépendance
soutenue par 14 points :
1- Choix de la vie : toute personne âgée devenue handicapée ou
dépendante est libre d’exercer ses choix dans la vie quotidienne et de
déterminer son mode de vie.
2- Cadre de vie : toute personne âgée devenue handicapée ou
dépendante doit pouvoir choisir un lieu de vie, un domicile personnel ou
collectif, adapté à ses attentes et à ses besoins.
3- Vie sociale et culturelle : toute personne âgée devenue handicapée
ou dépendante doit conserver sa la liberté de communiquer, de se
déplacer et de participer à la vie en société.
4- Présence et rôle des proches : le maintien des relations familiales,
des réseaux amicaux et sociaux est indispensable à la personne âgée
en situation de handicap ou de dépendance.
5- Patrimoine et revenus : toute personne âgée en situation de handicap
ou de dépendance, doit pouvoir garder la maitrise de son patrimoine et
de ses revenus disponibles.
6- Valorisation de l’activité : toute personne âgée en situation de
handicap ou de dépendance doit être encouragée à conserver ses
activités.
7- Liberté d’expression et de conscience : toute personne âgée doit
pouvoir participer aux activités associatives ou politiques, religieuses et
philosophiques de son choix.
8- Préservation de l’autonomie : la prévention du handicap et de la
dépendance est une nécessité pour la personne âgée.
9- Accès aux soins et à la compensation des handicaps : toute
personne âgée en situation de handicap ou de dépendance doit avoir
accès aux conseils, aux compétences et aux soins qui lui sont utiles.
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10- Qualification des intervenants : les soins et les aides de
compensation des handicaps que requièrent les personnes âgées,
malades chroniques doivent être dispensés par des intervenants
formés, en nombre suffisant, à domicile comme en institution.
11-Respect de la fin de vie : soins, assistance et accompagnement
doivent être procurés à la personne âgée en fin de vie et à sa famille.
12-La recherche : elle est une priorité et un devoir pour les intervenants.
Ceux-ci doivent faire une recherche multidisciplinaire sur le
vieillissement et les maladies handicapantes liées à l’âge.
13-Droits et protection juridique de la personne âgée : toute personne
en situation de vulnérabilité doit voir protégés ses biens et sa personne.
14-L’information : l’information est le meilleur moyen de luter contre
l’exclusion de la personne âgée.
LES DROITS DU MALADE
La personne malade comme tout Homme conserve ses droits à savoir le
respect de sa dignité et de ses libertés. Ces droits sont universels et inaliénables.
Une Circulaire du 2 mars 2006 en France fixe ces droits en ces termes :
1- Toute personne est libre de choisir l’établissement de santé qui la prendra en
charge.
2- Les établissements de santé garantissent la qualité de l’accueil, des
traitements et des soins.
3- L’information donnée au patient doit être accessible et loyale.
4- Un acte de soins ne peut etre pratiqué qu’avec le consentement libre et
éclairé du patient.
5- Un consentement spécifique est prévu pour certains actes..
6- Une recherche biomédicale ne peut être réalisée sans que la personne n’ait
donné son consentement après avoir été spécifiquement informée sur les
bénéfices attendus, les contraintes et les risques prévisibles.
7- La personne hospitalisée peut à tout moment, quitter l’établissement de soins.
8- La personne hospitalisée est traitée avec égards.
9- Le respect de la vie privée est garanti à toute personne
10-La personne hospitalisée ( ou ses représentants légaux), bénéficie d’un accès
direct aux informations de santé la concernant.
11-La personne hospitalisée a le droit d’exprimer ses observations sur les soins
et sur l’accueil.
LE CODE DE DEONTOLOGIE DES PERSONNELS MEDICO-SANITAIRES en
RDC
8
Adopté par l’assemblée nationale en 1989, le code de déontologie des personnels
médico-sanitaires est contenu dans le Décret N°89-354 du 3 mars 1989.
Il comporte quatre titres :
Les devoirs des professionnels médico-sanitaires
Ces devoirs se déclinent en :
- Devoirs généraux : il s’agit du respect de la vie en toute
circonstance, quelque soit la condition sociale, la nationalité, la
religion, les opinions philosophiques et politiques dans un esprit
non mercantile.
- Devoirs envers les malades : il s’agit pour le personnel
d’assurer tous les soins en son pouvoir au malade, dans le
stricte respect des règles d’hygiène, d’asepsie et de sécurité
tout en préservant ses droits tels que prévu plus haut dans les
droits du malade.
- Devoirs en matière de médecine sociale : il s’agit pour le
personnel d’intervenir auprès des autorités lors des activités de
santé publique et communautaires ainsi que dans le cadre de la
médecine du travail.
- Devoirs de confraternité : il s’agit pour le personnel d’éviter
des scènes de confrontation entre confrères. Eviter des
contradictions publiques.
- Devoirs envers les autres professionnels de la santé : éviter
tout agissement injustifié tendant à affecter ou ternir l’image, la
compétence ou la personnalité des autres professionnels de la
santé.
Les interdictions
Les interdictions contenues dans le code de déontologie portent sur la non
aliénation professionnelle sous quelque forme que ce soit en posant des actes
de nature à déconsidérer le personnel. Ces interdictions sont plus orientées
vers des actes qui portent atteinte à la vie, à la dignité, la liberté et aux droits
des personnes ainsi qu’à l’exercice illégal de la profession en passant par
l’usurpation des titres et le monnayage des soins..
La procédure disciplinaire
Il est stipulé ici que les infractions aux dispositions du code de déontologie
relèvent de la juridiction du conseil de l’ordre constitué en chambre de
discipline conformément à la loi.
Les dispositions diverses et finales : tout professionnel de santé, avant
d’exercer doit s’inscrire au tableau de l’ordre des professionnels médico-
sanitaires et s’engager devant son conseil sous serment et par écrit qu’il va
respecter le présent code de déontologie. En cas de cessation d’exercice, le
professionnel concerné devra le notifier au conseil de l’ordre.
III- LA CONSCIENCE PROFESSIONNELLE
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Au-delà des aptitudes intellectuelles et pratiques qui constituent des savoirs et des
savoirs faires acquis par le personnel durant toute sa formation, un personnel
consciencieux remplit scrupuleusement sa tache sans que quelqu’un d’autre ait à le
lui rappeler. De ce fait, il doit ;
- arriver au travail à l’heure
- exécuter sa tache dans le stricte respect de la qualité des
soins, de la dignité humaine et des droits et libertés de la
personne.
- entretienir une bonne ambiance de confraternité et de
collaboration au sein de l’équipe de soins.
- améliorer continuellement ses compétences en vu de relever le
niveau de la profession.
- Prendre soin et entretenir le materiel et équipement de soin mis
à sa disposition
IV- LES QUALITES D’UN BON PERSONNEL SOIGNANT
les principales aptitudes qui fondent les qualités d’un bon personnel de soin :
Aptitude physique : intégrité physique, absence d’handicap majeur
Aptitudes mentales :disposer de toutes ses facultés mentales et
psychologiques.
Aptitudes intellectuelles : capacité à agir de façon intelligente et consciente,
à analyser et justifier scientifiquement les actes posés.
Aptitudes morales : justice, honnêteté, altruisme, dévouement
Maturité d’esprit : observation et prise d’initiation
Esprit d’organisation et d’économie
Respect de la personne soignée
V- LE SECRET PROFESSIONNEL
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C’est la clé de voute de la relation patient/soignant, le secret professionnel permet
d’instaurer et de maintenir un climat de confiance indispensable à la bonne prise en
charge du patient. Il a pour objectif de protéger l’intimité et la vie privée de la
personne soignée.
Champ d’application et de couverture du secret professionnel
Le secret professionnel couvre l’ensemble des informations concernant la personne
soignée. Il s’agit non seulement de ce qui a été confié au personnel par le patient,
mais aussi de ce que le personnel a lui-même vu, lu, constaté, surpris et déduit
concernant le patient relatif à sa maladie ou à sa vie privée durant et même après sa
prise en charge. Cela concerne même les informations non médicales.
Quelques exceptions
- Le secret partagé : le secret professionnel peut etre partagé
entre personnels soignants au sein d’une même équipe de
soins, à condition que ce partage d’informations participe ou
soit nécessaire pour la continuité des soins et une bonne
coordination pour une meilleure prise en charge du patient.
- Cas du patient mineur : si le mineur est consulté à la
demande des parents, ces derniers ont droit à la vérité. Par
contre le secret sera conservé lorsque le mineur vient seul en
consultation.
- Cas des conjoints : si le professionnel est consulté
séparément par l’un ou l’autre des conjoints il est tenu au
respect du secret. Par contre si les deux conjoints consentent à
consulter ensemble, le professionnel s’en tiendra à leur volonté
de partager le secret ou non.
- Cas d’une réquisition administrative ou judiciaire : le
personnel soignant peut etre emmené à partager le secret
professionnel dans le cadre d’une réquisition administrative ou
judiciaire.
Les fondements du secret professionnel
Le respect du secret professionnel est une obligation à la fois morale et légale. Ce
qui suppose un fondement moral et un fondement légal.
- Fondement moral : il est relatif au respect du patient et à la
confiance que ce dernier place en l’équipe de soins. C’est ce
qui permet au patient de s’exprimer sans réserve et de
collaborer afin de faciliter sa prise en charge.
- Fondement légal : la divulgation non autorisée du secret
professionnel expose le personnel concerné à une peine
privative de liberté accompagnée d’une amende et même des
dommages et intérêts. Pour le cas du Cameroun, l’article 310
du code pénal stipule que : « est puni d’un emprisonnement
de trois mois à trois ans et d’une amende de 20000 à
100000 francs, celui qui révèle sans l’autorisation un fait
confidentiel qui lui a été confié en raison de sa profession »
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les alinéas 2 et 3 de cet article font allusion aux exceptions
mentionnées plus haut.
VI- LA RESPONSABILITE PROFESSIONNELLE
Au cours de son exercice, le professionnel de santé doit s’attendre à répondre de
ses actes et à’en assumer les conséquences. C’est cela la responsabilité
professionnelle.
L’on distingue deux grands groupes d’infraction susceptibles d’engager la
responsabilité du personnel de santé :
Les infractions par omission :
- Le refus ou la non observance des soins ou d’assistance à
personne en danger.
- La non déclaration de naissance ou de décès.
Les infractions par action :
- Trafics divers
- Usurpation de titre
- Exercice illégal
- Homicide
- Avortement
- Violation de secret professionnel.
LES FORMES OU TYPES DE RESPONSABILITES
La responsabilité professionnelle se présente sous quatre formes :
La responsabilité morale : elle découle de ce que chaque individu a des
comptes à rendre à sa conscience après chaque acte posé. La conscience
nous met face à la justice divine ou l’on ne s’aurai cacher la vérité.
La responsabilité civile : ici, le personnel mis en cause est tenu de payer les
dommages et intérêts en réparation du préjudice matériel ou psychologique
que le patient ou la famille a subit.
La responsabilité pénale : elle vise des sanctions prévues par le code pénal
en vigueur souvent assorties des peines privatives de liberté et d’amendes
sans oublier les dommages et intérêts.
La responsabilité administrative : au-delà des sanctions pécuniaires et
pénales le mis en cause coure le risque d’une sanction administrative allant
de la suspension d’exercice à la révocation d’une part, d’autre part il peut
revenir à l’administration de la structure employeur de porter la responsabilité
de l’acte posé par son personnel, en payant des dommages et interets
VII- LA PROCREATION MEDICALEMENT ASSISTEE
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Définition : La procréation médicalement assistée (PMA), est un ensemble de
pratiques cliniques et biologiques permettant d’induire une grossesse en dehors de
l’union naturelle d’un homme et d’une femme en utilisant des procédés
d’insémination artificielle, de fécondation in vitro, de transfert de gamètes et
d’embryons, de conservation des gamètes, des tissus germinaux et des embryons.
Du fait de multiples manipulations conduisant à la formation des embryons humains,
la PMA pose un réel problème de bioéthique. C’est pour ces raisons qu’elle a fait
l’objet d’une loi réglementant sa pratique au Cameroun. Il s’agit du Décret
N°2022/014 du 14 juillet 2022 relative à la procréation médicalement assistée.
CIBLES BENEFICIAIRES
La PMA est destinée ;
Aux couples dont la difficulté ou l’incapacité à concevoir présente un caractère
pathologique médicalement diagnostiqué.
Aux couples souffrant d’une maladie congénitale grave susceptible d’etre
transmise à l’enfant.
A toute personne désireuse de faire recueillir et conserver ses gamètes ou
tissus germinaux en vue de la réalisation ultérieure d’une PMA.
PRINCIPES DIRECTEURS DE LA PMA
La PMA s’effectue dans le respect de la dignité humaine, de l’éthique et de la
déontologie, de la personnalité et de la famille.
Le couple demandeur doit etre préalablement informé des risques possibles
de la PMA pour l’enfant et pour la mère.
Un consentement libre, éclairé et écrit est exigé du couple demandeur avant
la mise en route de la PMA.
Les dons de gamètes et d’embryons, ainsi que le transfert d’embryons sont
volontaires, anonymes et gratuits.
Toute personne impliquée dans le processus de la PMA est tenue à
l’obligation de réserve et de confidentialité.
Les bénéficiaires doivent etre vivants et âgés d’au moins vingt et un ans. Pour
la femme, l’âge limite est fixé à cinquante cinq ans.
La preuve du lien de mariage est exigée ou à défaut le rapport d’une enquête
sociale attestant de la communauté de vie des demandeurs.
Peuvent faire obstacles à l’insémination ou au transfert d’embryon :
- Le décès d’un membre demandeur du couple.
- Le dépôt d’une requête en divorce ou en séparation de corps ou
cessation de la communauté de vie constatée par un rapport
d’enquête sociale.
- La révocation par écrit du consentement par l’homme ou la
femme auprès du praticien.
- Les liens de parenté entre donneurs de gamètes d’une part et
les demandeurs d’autre part.
13
EFFETS DE LA PMA SUR LA FILIATION :
Les receveurs de la PMA ne peuvent contester leur lien de filiation avec
l’enfant qui en est issu.
Les donneurs ne peuvent exercer aucune action en reconnaissance de
parenté à l’égard de l’enfant issu de la PMA.
LES INTERDICTIONS DE LA PMA
Il est interdictit :
- Des pratiques et manipulations génétiques contre nature
pouvant aboutir à la formation des organismes génétiquement
modifiés ou des embryons hybrides à partir des gamètes et
tissus germinaux humains.
- les abus d’utilisation des gamètes et embryons formés sans le
consentement préalable des donneurs.
- L’utilisation des gamètes et embryons formés dans un but
commercial ou industriel.
- La gestation pour autrui
LES SANCTIONS
La loi N°2022/014 du 14 juillet 2022, dans ses articles allant de 51 à 61 à prévu de
lourdes sanctions d’emprisonnement et d’amendes pour tout contrevenant aux règles
éthiques prescrites pour la pratique de la PMA.
VIII- L’INTERRUPTION VOLONTAIRE DE GROSSESSE OU
L’AVORTEMENT PROVOQUE
Il s’agit de l’expulsion volontaire du fœtus normalement constitué au sein de la
femme dans le but d’interrompre l’évolution de la grossesse. Tout comme la PMA,
l’IVG pose également un problème de bioéthique et fait l’objet d’une réglementation
par le code pénal Camerounais.
En effet, l’avortement est interdit par la loi au Cameroun. Dans son article 337, le
code pénal camerounais puni de quinze jours à un an d’emprisonnement ou d’une
amende de 5000 à 200.000 francs une femme qui se fait avortée. Elle puni de un à
cinq ans d’emprisonnement et d’une amende de cent milles à deux million celui qui
procure l’avortement à une femme.
Toutefois il existe un cadre légal prévu à l’article 339 du code pénal autorisant
l’avortement dans les conditions suivantes :
- Grossesse résultant d’un viol
- Grossesse mettant en danger de mort la vie de la femme.
14
IX- LA MORT ET L’ACCOMPAGNEMENT DU MOURANT ET DE LA
FAMILLE
DÉFINITION :
c’est la fin de la vie sur terre. D’après certaines religions revelées, il s’agit d’un
passage de la vie charnelle sur terre pour une vie dans un monde, une notre forme
de vie qui va dépendre de nos oeuvres durant la vie spirituele sur terre. Ce qui fait
dire à ces religions que la mort sur terre n’est pas une fin definitive, ce n’est qu’un
passage d’une vie à une autre. D’après les animists, la mort n’est qu’un retour vers
les encetres avec qui les vivants continuent à communiquer.
En effet, l’on commence à mourir à travers nos cellules qui meurent chaque jour et
son remplacées par d’autres pour rajeunir les tissus. Ainsi la mort assure le
renouvellement et le rajeunissement de l’espèce. Cependant le phénomène de la
mort reste difficile à accepter.
En milieu hospitalier, le diagnostic de la mort se pose par le médecin devant les
signes d’arrêt cardiaque irreversible et de mort cérébrale.
ETAPES PSYCHOLOGIQUES DE LA MORT
Une fois informé qu’il souffre d’une maladie incurable donc l’issue fatale plus ou
moins imminente est la mort, la personne passe par cinq étapes décrites par Kubler
ROsse:
La denegation: il s’agit d’un déni ou un refus. Au cours de cette première
étape, le malade trouve que ce n’est pas possible et demande pourquoi lui. Il
commence à faire le tour des praticiens espérant entendre une version
contraire.
La révolte: le patient s’irrite, devient colereux et enragé. Il éprouve un
sentiment d’injustice, car pour lui celà ne doit arriver qu’aux autres et pas à lui.
Il devient exigent vis à vis des autres (personnel soignant, famille…) comme
s’ils en étaient cause. Il veut garder une maitrise sur sa vie qui lui échappe.
Le marchandage: il revoit les moments de sa vie passée et cherche à établir
un lien avec sa maladie, il fait une auto-évaluation de ses oeuvres en rapport
avec Dieu. Il essaie de regler ses affaires avant de mourir, et évoque des
regrets.
La depression: elle precede l’acceptation qui est la dernière étape. Au cours
de cette étape, soit le malade verse dans la litanie des souvenir, soit il plonge
dans un silence évitant toute communication.
L’acceptation: ici le patient accepte l’abandon de la vie, il veut etre seul,
n’accepte plus les regards des visiteurs.
L’ACCOMPAGNEMENT DU MOURANT : RÔLE DU SOIGNANT
L’approche de la mort constitue le moment ou plus que jamais le personnel soignant
a besoin d’apporter de l’aide au mourant et à sa famille. Il devra:
- Garder le contact avec le mourant ;être attentif et disponible
- Ne pas le mentir ( il a droit à la vérité)
- L’écouter et lui permettre d’exprimer ses sentiments, ses angoisses, et
communiquer effectivement avec lui ;
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- Eviter de prononcer des paroles déplacées auprès du mourant ;
- Continuer à maintenir son confort, son état de propreté et le respect de son
intimité ;
- Lutter contre la douleur par l’administration des medicaments prescrits à cet
effet.
- Comprendre et accepter le comportement du mourant, ses refus, ses
réactions
- Eviter toute dispute entre le mourant et sa famille ;
- Eviter de manifester de la pitié ou de la tristesse auprès du mourant,
- Veiller à la satisfaction des besoins spirituels du mourant (appeler le ministre
du culte quand la personne est encore consciente si elle le demande)
Après le décès :
- Retirer tous les objets de soins (sondes, perfusions,…)
- Obstruer les orifices naturels avec du coton ;
- Habiller le corps selon les désirs de la famille et le recouvrir d’un drap propre ;
- Ranger les effets du défunt et les remettre à sa famille.
LE SERMENT DE FLORENCE NIGHTINGALE
Il s’intitule comme suite:
« JE M’ENGAGE SOLENELLEMENT DEVANT DIEU ET EN PRESENCE DE
CETTE ASSEMBLEE, A MENER UNE VIE INTEGRE et A REMPLIR
FIDELEMENT LES DEVOIRS DE MA PROFESSION,
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JE M’ABSTIENDRAI DE TOUTE PRATIQUE DELICTUEUSE OU
MALFAISANTE.
, JE NE PRENDRAI NI N’ADMINISTRERAI VOLONTAIREMENT AUCUN
REMEDE DANGEREUX ,
JE FERAI TOUT POUR ELEVER LE NIVEAU DE MA PROFESSION
JE GARDERAI AVEC TOTALE DISCETION, LES CHOSES PRIVEES QUI
ME SERONT CONFIEES OU TOUS LES SECRETS QUE LA PRATIQUE DE
MON SERVICE ME FERAIT EVENTUELLEMENT CONNAITRE
JE COLLABORERAI LOYALEMENT AVEC LES AUTRES MEMBRES DE
L’EQUIPE DE SANTE
JE ME DEVOUERAI AU BIEN ETRE DE CEUX QUI SERONT LAISSES A
MA CHARGE SANS DISCRIMINATION AUCUNE »
Florence NIGHTINGALE est une infirmière Britannique, pionnière des soins infirmiers
née le 12 mai 1820 et décédée le 13 aout 1910. Elle est l’auteur de ce serment qui
vient sacraliser la profession infirmière en meme temps qu’il place l’infirmier face à
ses responsabilités et ses obligations vis-à-vis du malade selon le code de
déontologie professionnelle.
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