Sujet : « Analyse des effets de l’implantation irrégulière des pépinières urbaines
informelles sur l’espace publique a Dakar. Cas des quartiers de Mermoz et Camberen »
Problematique
Face à l'expansion fulgurante de la capitale senegalaise, ou le rythme effréné de l'urbanisation
dépasse souvent la capacité planifiée. Les grandes villes africaines connaissent une pression
croissante sur leurs espaces publics. À Dakar, cette dynamique se traduit par une densification
des quartiers, une compétition accrue pour l’usage des sols, et un manque flagrant d’espaces
verts ou d’aménagements publics accessibles. Dans ce paysage urbain contraint, de nouvelles
formes d’appropriation de l’espace émergent, souvent en dehors des cadres institutionnels.
C’est notamment le cas des pépinières urbaines informelles, qui apparaissent spontanément
dans des interstices de la ville : bords de route, trottoirs, talus, ronds-points, places publiques.
Ces installations sont généralement portées par des individus ou de petits groupes, qui y
exercent une activité horticole à but commercial ou ornemental. Elles ne disposent ni de titres
fonciers ni d’autorisations administratives formelles, mais elles sont souvent tolérées par les
populations comme par les autorités locales. Toutefois, leur implantation irrégulière soulève
une série de problèmes urbains majeurs : encombrement de la voie publique, gêne à la
mobilité, conflits d’usage, dégradation du paysage urbain, insécurité, ou encore entrave à
l’aménagement planifié de la ville.
Ainsi, la multiplication non encadrée de ces pépinières dans des quartiers comme Mermoz,
zone à forte valeur foncière et résidentielle, ou Cambérène, territoire populaire en expansion,
interroge les mécanismes de gouvernance urbaine et la capacité des politiques publiques à
réguler ou intégrer ces pratiques. Loin d’être un simple phénomène marginal, l’implantation
informelle des pépinières traduit une crise silencieuse de l’espace public à Dakar, et mérite
d’être analysée de manière rigoureuse.
L’analyse de cette problématique est justifiée à plusieurs niveaux, ce qui en fait un objet de
recherche aussi pertinent qu’urgent dans le contexte dakarois.
Ces petites pépinières de rue, bien qu'informelles, représentent plus qu'un simple commerce ;
elles sont un véritable filet de sécurité pour de nombreux dakarois en quête de dignité. Jeunes
sans-emplois femmes courageuses ou paysans venus tenter leur chance en ville. Tous y
trouvent une modeste et précieuse sources de revenus. Avec peu de moins mais beaucoup de
débrouillardise, ils transforment des coins de trottoirs en jardins éphémères. Offrant aux
citadins des plantes utiles et agréables.
D’un point de vue environnemental, ces installations participent à la végétalisation de zones
fortement bétonnées, à la régulation microclimatique, à la réduction des îlots de chaleur et à
l’amélioration du paysage urbain. Leur présence offre un service écosystémique tangible ,
même s'ils sont souvent ignorés Dans une ville marquée par un déficit criant d’espaces verts
publics.
Toutefois , sur le plan des autorités urbanistiques, ces occupations irrégulières posent
problème. Implantées sans planification ni coordination, elles bloquent les voies piétonnes,
réduisent la visibilité routière, entravent l’entretien des infrastructures publiques, et entrent en
contradiction avec des projets d’aménagement en cours ou futurs. Leur présence dans des
zones stratégiques crée des tensions récurrentes avec les municipalités, les riverains ou les
commerçants.
Par ailleurs, l'absence de voix juridique autour de ces pratiques — ni formellement autorisées,
ni véritablement interdites — alimente une situation d’ambiguïté et d’inertie institutionnelle.
Ce flou complique toute tentative de régulation, et empêche la mise en place d’une politique
claire et inclusive d’aménagement de l’espace public.
Dans un contexte où la ville de Dakar cherche à renforcer son attractivité, sa résilience
climatique et sa cohésion sociale, l’étude des effets de ces pépinières informelles sur
l’occupation de l’espace public est donc non seulement pertinente, mais indispensable. Elle
permet de mieux comprendre les arbitrages quotidiens entre formel et informel, entre contrôle
et tolérance, et d’identifier des pistes pour une gestion plus juste, plus durable et plus
inclusive de l’espace urbain.
La vision unanime est que la présence irrégulière des pépinières urbaines informelles dans les
villes en développement est un phénomène qui, bien que peu réglementé, est loin d’être
marginal. À travers le monde, de nombreuses études ont mis en lumière la manière dont les
populations s’approprient l’espace public pour répondre à leurs besoins économiques, sociaux
ou environnementaux, souvent en marge des cadres de planification formelle.
Dans plusieurs grandes villes du Nord comme du Sud, ces usages informels de l’espace public
— notamment pour des activités horticoles — ont été analysés non seulement comme des
formes d’occupation illégales, mais aussi comme des stratégies d’adaptation face à la pénurie
d’espaces verts, à l’exclusion socio-spatiale ou au manque de politiques publiques inclusives.
Des chercheurs comme Rupprecht et Byrne (2014) ont montré que les « espaces verts
informels », bien qu’en dehors des normes institutionnelles, remplissent d’importantes
fonctions aui améliorent le cadre de vie et contribue au maintien de la biodiversité.
Au regard des villes africaines, ces pratiques prennent une dimension particulière. Face à une
urbanisation rapide et mal contrôlée, et à la faiblesse des services municipaux, les citadins
occupent spontanément les marges de la ville — ronds-points, accotements routiers, friches
ou places publiques — pour y installer des activités économiques liées au végétal. À
Johannesburg, par exemple, des études ont montré que de nombreux habitants développent
des pépinières artisanales dans les espaces interstitiels, avec l’objectif d’en tirer un revenu,
mais aussi d’améliorer leur cadre de vie.
Au niveau locale , à Dakar, capitale sénégalaise, la situation est tout aussi révélatrice.
L’expansion de la ville et la saturation des quartiers centraux accentuent la rareté des espaces
publics. Dans ce contexte, les pépiniéristes informels s’installent souvent sur les trottoirs, les
talus routiers, ou autour des infrastructures publiques pour exercer leurs activités. Des travaux
comme ceux de (Ndiaye ,2017) à Cambérène et dans plusieurs quartiers de la capitale
montrent que ces installations informelles jouent un rôle économique non négligeable pour
l’environnement, mais sont aussi source de désordre urbain. Les municipalités hésitent entre
tolérance, régulation partielle ou démantèlement. Le flou juridique dans lequel évoluent ces
pratiques crée un espace de tension entre besoins locaux et contraintes institutionnelles.
En somme, les recherches existantes permettent de mieux comprendre que l’implantation
informelle des pépinières urbaines n’est pas un simple acte d’occupation illégale, mais une
réponse populaire à des manques structurels : déficit d’espaces verts, chômage, exclusion des
politiques d’aménagement. Toutefois, leur impact sur l’occupation de l’espace public reste
insuffisamment documenté, notamment dans des quartiers spécifiques comme Mermoz
(résidentiel) et Cambérène (populaire), où la pression foncière, les logiques communautaires
et les attentes environnementales se croisent et se heurtent.
C’est dans cette perspective que se situe cette recherche : interroger les effets réels de ces
installations sur l’usage et la gestion de l’espace public à Dakar, en mobilisant les expériences
locales, les réflexions académiques et les enjeux de gouvernance urbaine.
Vue tous ces enjeux liés à l’occupation de l’espace publique à Dakar, qui est de plus en plus
solliciter par divers usagers formels et non formels. Dans un contexte de forte densité urbaine.
Parmi ces implantations informels les pépinières sont les plus fréquent et se manifeste dans
plusieurs quartiers comme Mermoz et Camberene.Dès lors il sera essentiel de se questionner
sur mes effets de ces implantations irrégulières et informelles sur la gestion et l’occupation de
l’espace public. D’où toute la pertinence de cette question ; Comment l’implantation
irrégulières des pépinières urbaines informelles influence t’elle l’occupation de l’espace
public dans les quartiers de Mermoz et Cambèrent à Dakar ?
Cadre opératoire
Objectif général
Analyser les effets de l’implantation irrégulière des pépinières urbaines informelles sur
l’occupation et la gestion de l’espace public dans les quartiers de Mermoz et Cambérène.
Objectifs spécifiques
1. Identifier les formes d’implantation des pépinières informelles dans l’espace public à
Mermoz et Cambérène.
2. Évaluer les impacts de ces implantations sur les dynamiques d’occupation, d’usage et de
circulation dans l’espace public.
3. Examiner la perception des usagers et des autorités locales sur la cohabitation entre
pépinières informelles et autres fonctions de l’espace public.
Questions générale
Quels sont les effets de l’implantation irrégulière des pépinières urbaines informelles sur
l’occupation de l’espace public à Mermoz et Cambérène ?
Questions spécifiques:
1. Où et comment les pépinières urbaines informelles sont-elles implantées dans l’espace
public à Mermoz et Cambérène ?
2. Quels sont les effets de ces installations sur l’accessibilité, la mobilité, la sécurité et les
autres usages de l’espace public ?
3. Quelle est la perception des usagers et des autorités sur cette occupation informelle de
l’espace public par les pépinières ?
Hypothèse générale :
L’implantation irrégulière des pépinières urbaines informelles contribue à une occupation
désordonnée de l’espace public, entravant certaines fonctions urbaines et générant des
tensions d’usage dans les quartiers de Mermoz et Cambérène.
Hypothèses spécifiques:
1. Les pépinières informelles sont majoritairement installées sur des portions non
réglementées de l’espace public (trottoirs, emprises routières, terrains on friche).
2. Leur présence désorganise la circulation piétonne et automobile, réduit les espaces
collectifs disponibles et altère l’ordre urbain.
3. Les habitants et autorités locales perçoivent ces installations à la fois comme une nuisance
spatiale et comme une opportunité économique et écologique mal encoders.
Tableau d’opérationnalisation des variables
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Bibliographie
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Master, Université Cheikh Anta Diop (UCAD).
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Mémoire de Master, Université Cheikh Anta Diop (UCAD).
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