Nous avons pris le fatal quai. Je commençais à ne plus voir, à ne plus entendre.
Toutes
ces voix, toutes ces têtes aux fenêtres, aux portes, aux grilles des boutiques, aux branches des
lanternes ; ces spectateurs avides et cruels ; cette foule où tous me connaissent et où je ne
connais personne ; cette route pavée et murée de visages humains… J’étais ivre, stupide,
insensé. C’est une chose insupportable que le poids de tant de regards appuyés sur vous.
Je vacillais donc sur le banc, ne prêtant même plus d’attention au prêtre et au crucifix.
Dans le tumulte qui m’enveloppait, je ne distinguais plus les cris de pitié des cris de joie, les
rires des plaintes, les voix du bruit ; tout cela était une rumeur qui résonnait dans ma tête
comme dans un écho de cuivre.
(……..)
Tout à coup la série des boutiques qui occupait mes yeux s’est coupée à l’angle d’une
place ; la voix de la foule est devenue plus vaste, plus glapissante, plus joyeuse encore ; la
charrette s’est arrêtée subitement, et j’ai failli tomber la face sur les planches. Le prêtre m’a
soutenu. — Courage ! a-t-il murmuré. — Alors on a apporté une échelle à l’arrière de la
charrette ; il m’a donné le bras, je suis descendu, puis j’ai fait un pas, puis je me suis retourné
pour en faire un autre, et je n’ai pu. Entre les deux lanternes du quai, j’avais vu une chose
sinistre.
Oh ! c’était la réalité !
Je me suis arrêté, comme chancelant déjà du coup.
— J’ai une dernière déclaration à faire ! ai-je crié faiblement.
On m’a monté ici.
Questions :
1. Contextualisation du texte : Complétez le texte à trous suivant et répondez aux questions :
a) Ce passage est tiré du livre …………… de …………….., écrit en……... C'est un ………….
dont la visée est ………………...
b) En quel siècle Victor Hugo a-t-il vécu ?
c) Quelle est la date de parution du livre ?
d) Qui est le narrateur de ce récit ?
2. a) Situer le passage dans l’œuvre ?
b) répondez aux questions :
1. Quels sont les trois lieux de séjour du condamné ? (dans l'ordre)
2. Quelle est la situation familiale du condamné ?
3. D'après votre lecture de l'œuvre, quel crime a commis le condamné ?
4. Quelle est la situation sociale du condamné ?
5. Dans quel lieu le condamné va-t-il être exécuté ?
6. Combien dure le séjour du condamné en prison ?
7. À partir de quel chapitre débute le dernier jour ?
8. Pourquoi le condamné écrit-il ?
9. À quoi servirait le journal des souffrances du condamné ?
[Link] peine le narrateur ne pouvait-il pas accepter en disant : « plutôt cent fois la mort !
»?
11.À quelle heure de la journée on vient annoncer au condamné "le dernier jour"?
[Link] est l'heure de l'exécution ?
[Link]'est-ce qui caractérise l'attitude de la foule face à la souffrance du condamné ?
[Link] quelle prison le condamné à mort est-il incarcéré six semaines ?
15.À quel spectacle le condamné a-t-il assisté dans la prison de Bicêtre ?
[Link] message est venu apporter l'huissier au condamné de la part du procureur général ?
[Link] et où le condamné doit-il être transféré après six semaines ?Pourquoi ?
3. Questions de compréhension :
1) Répondez par : Vrai ou Faux .
a) Le narrateur se sent rassuré grâce à la présence de la foule.
b) Le narrateur est capable de distinguer clairement les différentes émotions de la foule.
c) Le prêtre reste silencieux pendant le trajet.
d) Il voit clairement l’échafaud avant de descendre.
2) Quel est l'état physique et mental du narrateur au début du texte ?
Justifiez votre réponse en relevant des expressions du texte.
3) A quoi i le narrateur compare-t-il la rumeur de la foule ?
4) Qu'est-ce que la "chose sinistre" que le narrateur aperçoit entre les deux
lanternes ?
5) questions à choix multiples :
1. Le sentiment dominant du narrateur face à la foule est : a) la joie b) la
curiosité c) l'angoisse
2. L'arrêt brusque de la charrette provoque chez le narrateur : a) un sentiment
de soulagement b) l'impression qu'il va tomber c) de la colère .
3. La dernière parole du narrateur dans cet extrait exprime : a) un regret b) une
demande c) une constatation.
6) Que signifie « c’était la réalité ! » ?
II : révision des cours de technique d’expression :
A. Identifiez les figures de style présentes dans les énoncés suivants et expliquez leur effet sur
le lecteur.
a) « toutes ces voix, toutes ces têtes aux fenêtres »
b) "cette route pavée et murée de visages humains".
c) « je ne distinguais plus les cris de pitié, des cris de joie, les rires des plaintes, les voix du
bruit «
d) « J’étais ivre, stupide, insensé. »
Métonymie -énumération -antithèse-oxymore -périphrase - métaphore – euphémisme
B. Transformez les phrases suivantes au discours indirect :
1. Le prêtre a murmuré : « est ce que la foule te connait ? »
2. « On vous a monté ici. » le prêtre lui a-t-il dit
3. Le condamné demanda : »prête-moi ta veste. »
4. Il lui demande : « Qu’est-ce qui te fait peur ? »
C. Phrases complexes : identifiez les propositions subordonnées suivantes :
1. cette foule où tous me connaissent.
2. Tout à coup la série des boutiques qui occupait mes yeux s’est coupée à l’angle d’une
place.
3. je me suis retourné pour en faire un autre et je n’ai pu.
D. Question rhétorique et son rôle : (La question rhétorique peut servir à exprimer un
sentiment plus qu'une véritable question) une fausse question + une question sans réponse
.
Registres littéraires : Quels sont les 3 registres littéraires dominants dans cet extrait ?
Modalités appréciatives : Relevez deux modalités dépréciatives utilisées pour décrire la
foule.
E. Cette Hypothèse est-elle réalisable ou irréalisable ?
Si la charrette s'était brisée en chemin, peut-être que le narrateur aurait eu une chance de
s'échapper.
G . Répondez par une concession : Même si la situation du narrateur est tragique, comment
se comporte la foule à son égard ?
F. Relevez 4 mots ou expressions appartenant au Champ lexical du bruit.
Production écrite
Pour montrer que la violence n'est pas acceptable : Un jeune qui commet un acte violent doit-on le punir
sévèrement pour qu’il ne recommence pas ou chercher à comprendre et résoudre les causes de cette
violence ?
Donnez votre point de vue en s’appuyant sur des arguments