DossierPdagogique Rapportsurlexpriencedenseignement FRR
DossierPdagogique Rapportsurlexpriencedenseignement FRR
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Faten Ridene
University of Jendouba
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All content following this page was uploaded by Faten Ridene on 10 January 2024.
DOSSIER DE CANDIDATURE AU
GRADE DE MAITRE ASSISTANT
Spécialité :
Techniques de l’Audiovisuel et du Cinéma
Dossier Pédagogique
Session 2021
Rapport Pédagogique
Dr Faten RIDENE
Rapport Pédagogique
Tableau des matières enseignées entre 2016-2022 dans les deux institutions affiliées à l’Université Centrale
Années Niveaux Fréquence Durée de la Années
Institution Titre de la Matière Universitaires d’enseignement d’enseignement Spécialités séance d’expérience Objectif de la matière
hebdomadaire d’enseignement
de la matière
16-17 Initier les étudiants à la chronologie d’apparition des arts
Histoire du Cinéma 17-18 1 année BTS
ère
Semestrielle Tronc Commun 2h 2 ‘ancêtres’, menant à la naissance et au développement du
cinéma : du muet du XIXème siècle au 5D de nos jours
16-17
Genres 17-18 Initier les étudiants aux différents genres cinématographiques,
2ème année BTS Semestrielle Montage 1h30 2
Académie Cinématographiques dont chacun bénéficie de sa propre spécificité + Distinction de
d’Art de différence de montage selon genre du film cible
Carthage 16-17 Initier les étudiants à la lecture et l’analyse du film, à travers un
17-18 décryptage de la composition d’une œuvre cinématographique
Lecture et Analyse Assistanat de sur plusieurs champs d’études : esthétique (concept/décor),
2ème année BTS Semestrielle 2h30 2
Filmique Réalisation technique(cadrage, découpage séquentiel), historique,
socioculturel, spatiotemporel (mouvement de la caméra, flash-
back/ flash forward…)
17-18 1ère année licence
Esthétique de l’Image appliquée en Tronc Commun Rendre l’étudiant apte de percevoir un plan cinématographique
Semestrielle 2h 1
Filmique Audiovisuel et plus profondément que sa perception par un simple spectateur.
Cinéma
17-18 1 année licence
ère
Initier les étudiant à la production d’une œuvre audiovisuelle,
Introduction à la 18-19 appliquée en Tronc Commun
Centrale’Com Annuelle 3h 2 avec les différentes étapes de préprod/prod/post-prod par
production Audiovisuel et
lesquelles passe l’équipe d’un projet audiovisuel.
Cinéma
19-20 1ère année licence Le but de cette matière est non seulement de connaitre les
Métiers de l’Audiovisuel 20-21 appliquée en différents métiers du domaine professionnel audiovisuel, mais
Annuelle 4h 3
et du cinéma 21-22 Audiovisuel et Tronc Commun surtout savoir comment ils cotravaillent et comment ils
Cinéma innovent pour donner vie à des œuvres artistiques.
Dr Faten RIDENE
Rapport Pédagogique
Avant-Propos
Que veut dire enseigner les techniques de l’audiovisuel et du cinéma en Tunisie de nos jours ?
Devant des circonstances pareilles à la pénurie en références, de pair avec le rayonnement des nouvelles
technologies, ainsi que la maîtrise de ces dernières par les jeunes étudiants universitaires, qui depuis leur jeune
âge, trouvent les smartphones, les applications mobiles, les réseaux sociaux et les derniers cris des casques VR,
dans leur quotidien ; l’enseignant-chercheur se trouve obligé de métamorphoser ses didactiques, de la forme
primitive apprise pendant ses études et son expérience professionnelle, à des homologues plus récentes,
cohérentes et harmonieuses, et ce pour le bien des jeunes esprits qu’il enseigne. Le but étant de fuir à un tel
décalage entre l’appris et le rencontré, en essayant d’être à jour avec les nouvelles technologies, pendant son
enseignement, de pair avec ses rédactions scientifiques.
Dans notre rapport pédagogique, nous essayerons de dresser l’état de l’art de l’enseignement supérieur des
techniques de l’audiovisuel et du cinéma , selon l’expérience d’enseignement que nous avons eue à l’université
Centrale Privée, en tant qu’enseignante vacataire pendant six ans ; tout en mettant au point la spécificité des
trois dernières années face à la pandémie mondiale du Covid-19 et son influence sur l’enseignement.
Tel que nous l’indiquons au tableau mis au début de ce rapport pédagogique, nous avons eu la chance
d’expérimenter les didactiques en tant qu’assistante vacataire en Cinéma et Audiovisuel à l’Académie d’Art de
Carthage (AAC) entre 2016 et 2018 et à l’École Centrale Supérieure Privée des lettres, des arts et des sciences
de la communication (Centrale’Com), entre 2017 et 2022 ; filières, toutes les deux, de l’Université Centrale (UC)
et membres du réseau international universitaire : HONORIS UNTED UNIVERSITIES. Et tel que nous l’avons
indiqué dans le même tableau, nous avons eu l’occasion d’enseigner six matières, à savoir : l’histoire du cinéma,
les genres cinématographiques, la lecture et l’analyse filmique, l’esthétique de l’image filmique, l’introduction
à la production, et les métiers de l’audiovisuel et du cinéma, avec un volume horaire hebdomadaire bien
évidement variable d’une matière à une autre.
Comment réussir l’enseignement d’une matière depuis la première rencontre avec les étudiants ?
La première rencontre avec une classe que nous enseignons, est différemment prise en considération d’un
enseignant à un autre : il y a ceux qui préfèrent ne perdre aucune minute de leur temps pour finir le programme
-tels qu’ils le pensent-, et commencent alors à enseigner dès leur première séance, tandis que d’autres (dont
nous faisons partie) préfèrent y créer une ambiance conviviale, avec non seulement des connaissances
transmises, mais surtout l’implantation d’un esprit de partage , de recherche et développement de dons, de
talents, de connaissances, et surtout d’esprits d’équipes et de confiance en soi chez les étudiants, et ce dans le
but de casser les barrières de timidité, de peur, de pusillanimité chez eux/elles.
Pendant chacune de nos premières séances, nous faisons un tour de table avec nos étudiant(e)s, afin de faire
connaissance avec elles/eux dans une ambiance de collectivité. Il s’agit d’un brainstorming, où nous ne nous
contentons pas de connaître leurs noms, mais nous essayons aussi de découvrir leurs cultures, connaissances,
loisirs, centres d’intérêts, ce qu’elles/ils aiment et ce qu’elles/ils détestent dans leurs études… et ce dans le but
de modeler nos plans de cours à leurs mesures. Notre but principal étant de leur donner une onde positive et
briser toute barrière de peur, nous considérons tous nos étudiants comme nos enfants, en tentant de leur ouvrir
une porte de sécurité en classe.
Cette démarche nous favorise à court terme, une facilitation des choix d’équipes, pour les tâches à faire
collectivement, où nous insistons à créer des groupes hétérogènes du point de vue force de personnalité
assurant ainsi un team building équilibré, où les équipes créées regroupent des timides avec des leaders, des
instruits avec des incultes, des garçons avec des filles… qui deviennent après distinguables par leur volonté
fréquente de participer en classe, par leurs discussions, sans peur d’être fautif, voire aptes de se corriger leurs
fautes, et c’est là où nous tentons chaque fois de les convaincre qu’on apprend par nos fautes, donc on ne doit
pas en avoir peur.
Notre tâche primordiale à travers cette méthodologie, est d’admettre que personne dans ce monde n’est idiote
telle qu’on l’aperçoit à une première rencontre. Chaque être humain dispose d’un niveau pensif intellectuel
élevé dans un certain domaine, mais qui reste en hibernation dans son inconscient, car aucun moyen ou être
ne s’installe dans son trajet pour le lui signaler et l’encourager à découvrir son talent et en profiter, ce qui mène
à l’enterrement de son intellect.
La routine dans l’enseignement est aussi un obstacle que tout enseignant doit essayer d’éliminer : pour ce fait,
notre méthodologie doit varier entre des cours, des brainstormings, des jeux de rôles (en binôme), des sorties,
des visites empiriques… dans le but de faciliter l’intégration de tous les étudiants, dès la première séance dans
l’ambiance de la classe, voire de la matière.
En plus des cours que nous leurs enseignons, nous invitons nos étudiants, fréquemment et à l’avance des
prochaines séances à réaliser des petites présentations, speechs, sur un des chapitres que nous leur
enseignerions, dans le but d’augmenter leur confiance en soi, et attirer leur attention vers la matière, voire vers
leurs spécialités d’études. Chaque chapitre, de chaque matière, dispose de sa propre fiche pédagogique, ainsi
que son propre scénario.
Figure 1: Pyramide de Méthodologie (Adaptée de l'étude de National Training Laboratories Bethel, Maine, USA) (LALLEY, et al., 2007)
Avec sa variation, en fonction du prérequis, des choix méthodologiques et des estimations de chaque
enseignant, le taux de mémorisation de l’information acquise par ses étudiants, peut varier comme l’indique le
schéma ci-dessus, qui représente la Pyramide de Méthodologie, où on classe les différents types de didactiques
utilisées dans l’enseignement. Il s’agit d’une enquête établie par les National Training Laboratories (situés à
Bethel : village de l’état Maine des USA), dont le résultat installe les différentes méthodologies comme des
sections d’une pyramide, en se basant sur deux critères de classement : le premier étant la variation du taux de
mémorisation de l’information par le public de l’éducation en fonction de la pédagogie utilisée, avec sa plus
basse valeur au sommet et sa plus haute à la base; le second étant la subdivision de ces différentes didactiques
entre passives, se limitant à la réception inerte de l’information par l’audience à travers des accueils uniquement
verbaux, auditifs et/ou visuels ; et coopératives, où la communication entre l’émetteur et les récepteurs règne
au point de garantir un apprentissage collectif, une mise en pratique, ainsi qu’une application immédiate qui
garantit jusqu’à 90% de mémorisation de l’apprentissage acquis.
A travers les didactiques passives, la médiation d’un savoir suit toujours une trajectoire de communication dans
un seul sens, de l’émetteur au(x) récepteur(s), la valeur du feedback dans ce cas devient nulle, et malgré
l’utilisation d’une démonstration, le taux de mémorisation ne dépasserait jamais les 30%. La méthode
magistrale, entre-autre, avec son taux de mémorisation qui ne surpasse point les 5% de l’idée transmise par
l’orateur à son public, fut reconnue mondialement pendant des siècles, et malgré le prestige et le charme qui
distinguent une conférence magistrale, elle n’assure pas le même effet avec les conditions éducationnelles et
les évolutions technologiques de nos jours.
autant de questions que possibles pour arriver à disséquer le professionnalisme de leur domaine, et essayer de
comprendre, voir prévoir, le futur de leur spécialité.
Figure 3: Scénario d'une séance de débat en présence d’un invité (Ridene, 2017)
Les perspectives que puissent ouvrir les débats, dépassent le taux de mémorisation élevé, compte tenu la
participation active des étudiants, pour s’épanouir dans d’autres directions. Comme effet positif généralisé pour
toute matière où on organise des projections-débats, les étudiants arrivent à améliorer leur niveau, que ce soit
leur intellect, leur culture ou leur communication, au point de pouvoir devenir aptes de convaincre leurs
interlocuteurs, quel que soit le sujet qu'ils défendent : c’est aussi un moyen de briser toute barrière d’angoisse
qui puisse obstruer les soutenances de leurs projets de fin d’études, étant donné qu’un débat, en présence de
personnes expérimentées de n’importe quel domaine, représente bien un espace d’échanges ; un espace où on
apprend à écouter, à parler en pleine confiance; où on aime faire partager ses réflexions, ses émotions, ses
doutes et ses questionnements ; un espace sans maître, sans leçons, sans censure, réunissant des étudiants qui
peuvent oublier toute peur et tout risque qui puisse entraver leur progrès. Ce sont les bienfaits d’un débat,
quelle que soit la spécialité en question, et auxquelles s’ajoutent dans le champ lexical cinématographique,
l’enrichissement de leur niveau intellectuel filmique et pourquoi pas l’ouverture de perspectives de contact
avec le monde professionnel.
Nos séances de débat en présence d’invités1, représentent, chacune, en elle-même, un mini-projet dans notre
cursus d’enseignement, compte tenu de la grande planification, les contacts qui doivent être effectués à
l’avance que ce soit avec l’université pour officialiser les évènements par planification, par réservation de salles
et de matériel nécessaire, par l’obtention d’un ordre de mission de la part de la direction, ou avec les invités
1 Notre liste de débats organisés tout au long de notre expérience d’enseignement est consultable dans le quatrième rapport-annexe de notre expérience
pédagogique.
concernés, compte tenu de leur disponibilité en fonction de leur agenda, et qui doit être compatible avec
l’horaire de notre séance de cours que nous estimons enrichir avec le dit débat, ainsi que la disponibilité des
salles de l’université, ce qui nous pousse alors à organiser tels évènements sous la forme d’une récompense
pour nos étudiants au rythme d’un rendez-vous par semestre/matière.
Nous citons comme exemples de tels évènements, sans nous y limiter, deux projections-débats que nous avons
organisé pour deux matières :
* Les Genres Cinématographiques : c’est une matière que nous avons enseignée aux étudiants de la deuxième
année du brevet de technicien supérieur, spécialité montage, à l’Académie d’Art de Carthage. Et en préparant
un évènement qui fusionne la matière à leur spécialité d’études, nous avons essayé de joindre l’utile à
l’agréable, par l’invitation de la célèbre monteuse tunisienne Kahena Aâttiya, considérée comme idole à suivre
par nos futurs monteurs, ainsi que le réalisateur tunisien Anis Lassoued, auteur du court métrage de fiction
Saba Flous (La Moisson Magique) (Lassoued, 2006) édité par Kahena Aâttiya, les invitant tous les deux à
décoder pour nos étudiants les liens possibles entre la technique du montage et le genre du film à éditer. Ce
débat était aussi instructif, pour nos étudiants, et même pour nous en tant qu’enseignante-chercheuse : nous
en avons appris beaucoup compte tenu de l’esthétique du montage, et surtout de la relation réalisateur-
monteur, couronnée par leur collaboration et partage.
Figure 4: Exemples de présence d'invités dans le cadre de séances de débats pour les matières : Histoire de Cinéma et Genres Cinématographiques ©FRR (Ridene, 2017)
* Histoire du Cinéma : Dans cette matière, nous enseignons d’habitude les importantes stations internationales
dans la chronologie cinématographique, depuis sa naissance en projection individuelle par le Kinétoscope
d’Edison-Dickson, passant par le cinématographe des frères Lumières qui ont rendu la projection publique, sans
oublier les stations phares telles que le néoréalisme italien, la nouvelle vague française, le cinéma russe censuré,
et ainsi de suite. Personnellement, et à la fin de ce module, nous avons bien insisté à réserver un ou deux
chapitres sur l’histoire du cinéma en Tunisie, dans le but de corriger la fausse vision de nos étudiants sur le
cinéma tunisien. Ce but de correction, devenu par la suite appréciation, fût vraiment atteint à travers la table
ronde que nous avons organisée avec la présence du réalisateur tunisien Ridha Behi, et la projection-débat de
sa première œuvre Seuils Interdits : un court métrage qui date depuis 1972. Durant cet évènement nous avons
bien approuvé notre hypothèse de diminution de stress, de création d’espace d’échange encourageant à
intervenir à travers tels évènements : ce débat a duré 3h30 au lieu de 120minutes. Nos étudiants, ayant brisé
l’obstacle de pusillanimité à travers cette longue discussion, ne cessèrent de poser des questions au réalisateur
et même entre eux, et ont apprécié cet évènement au point de nous le faire rappeler à chaque séance et nous
demander d’en réaliser d’autres.
Une visite empirique, comme le cas de la projection-débat, se distingue par son aspect évènementiel qui
nécessite toute une préparation administrative et logistique à l’avance, à un mois prêt. S’ajoute à l’ordre de
mission accordé par la direction de l’université, une demande qui doit être envoyée tôt à l’administration de
l’endroit concerné (musée, salle de cinéma, studio, boîte de production ou établissement public…). Une fois le
rendez-vous de sortie est confirmé (de la part de l’université pour disponibilité du bus, et de la part de l’endroit
concerné qui attribue une autorisation de visite), nous en informons nos étudiants à l’avance aussi, pour qu’ils
se préparent, étant donné -comme nous l’avons déjà dit- qu’il s’agit d’une leçon à part entière, qui prend plus
que la durée d’une séance ordinaire de deux, trois ou quatre heures (en fonction du rythme hebdomadaire de
la matière en question) puisque s’y rajoutent le temps du transport qui dépend de la distance séparant le lieu
cible de la visite, de celui de l’université.
Nous allons citer, sans nous y limiter, deux cas de figures de visites empiriques que nous avons organisées,
pour deux différentes matières que nous avons enseignées :
* Pour le module histoire du cinéma, quand nous avons touché l’évolution technologique liée au domaine du
cinéma, depuis la projection des films muets jusqu’aux animations 3 dimensions, nous avons planifié dans ce
contexte une visite empirique à la salle du cinéma Palace (située à l’avenue Habib Bourguiba, et construite
depuis 1903), équipée à la fois de deux technologies de projection : l’ancien lecteur des bobines 16/35
millimètres et le nouveau DCP de projection numérique.
Figure 5:Visite empirique à la salle de régie du cinéma palace-Evolution du 35mm au DCP ©FRR (Ridene,
2017)
Le but de cette visite était de donner l’opportunité à nos étudiants de se rapprocher du réel de cette évolution
depuis un angle de vision expérimental : s’ils lisaient seulement un cour qui résume cette évolution, ils n’en
mémoriseraient que 10%, tandis que par une telle visite empirique, ils peuvent utiliser quatre à la fois, sur la
totalité de leurs cinq sens : la vue pour lire le texte du guide que nous leur avons préparé à l’avance pour qu’ils
se sentent plus proches de la découverte, en plus de ce qu’ils discernent et contemplent du matériel exposé à la
salle de régie, ou des gestes techniques joués devant leurs yeux par les mains d’un projectionniste et monteur
de films argentiques ; l’ouïe vue qu’ils entendent plusieurs types de son dans l’environnement qui les entoure,
en essayant de les filtrer entre du bruit spécifique à l’endroit observé et une voix humaine qui donne des
explications(celle du projectionniste, la notre et les leurs pendant toute discussion), le toucher en palpant les
bobines et les appareils, sans oublier leurs prises de vue et notes en temps réel et en pleines concentrations
avec les explications attribuées à leurs découvertes par les professionnels de l’endroit examiné (RIDENE 2018).
Et vu que la curiosité de nos étudiants, est chatouillée par de telles visites empiriques, nous les succédons par
une post-exploitation, en les appelant à préparer des présentations, suite auxquelles nous organisons une
séance de discussions en salle, pour qu’ils en fassent eux même leur cours sous notre monitoring.
Étant coopérative par leur participation, cette didactique leur permettrait, non seulement de mémoriser leur
cours à 90% près, mais aussi à avoir plus de confiance en soi, et devenir plus collaborateur, avec un travail garni
d’esprit d’équipe, au point de nous pousser à reconnaître, que nous-même en tant qu’enseignante, avons appris
des nouveautés avec eux en même temps.
Figure 7: Visite empirique aux mosaïques du musée de Bardo ©FRR (Ridene, 2017)
Nous avons essayé à travers cette visite empirique, de rendre mes étudiants aptes de décoder les différents arts
utilisés comme moyen de communication, dont la mosaïque, et ce en suivant le même processus
administratif des autres sorties, une visite au musée de Bardo. Le but de cette sortie, en plus du débarras de la
monotonie des cours en classe, était d’acquérir de nouvelles visions analytiques à travers le décryptage des
tableaux de mosaïques, en y accédant, à la fois par la vision et le toucher, ainsi que de disséquer les conditions
historiques qui influencentl’esthétique d’une œuvre de mosaïque. Nous avons permis à nos étudiants à travers
cette sortie, de créer des situations propices à l’échange et à la communication, qui promeuvent leurs bons
réflexes analytiques et investigateurs, sans oublier l’ambition de semer dans leurs esprits les principes d’union
et de partage.
Scénario Cour-Et :
Il s’agit des cours que nous demandons à nos étudiants de réaliser eux même, en monôme, binôme ou trinôme,
selon la situation du cours., Le mot Cour-et, dont la prononciation générale reflète à la fois le mot répandu
entre les étudiants tunisiens qui ‘arabisent’ le mot pluriel français Cours en dialecte tunisien en le prononçant
Courèt, ainsi qu’une jonction de deux lexèmes : le mot cours en lui-même a une seule syllabe, avec comme
deuxième lexème, la première syllabe du mot étudiant : et
Un Cour-et débute avec notre proposition d’un thème pour nos étudiants, au moins deux semaines à l’avance
de la date prévue du dit cours, pour leur attribuer la possibilité de réaliser des recherches. Le jour J, nous les
partagens en deux équipes (hétérogènes et équilibrées comme nous l’avons déjà évoqué) : la première fait une
présentation, par son représentant, ou à tours de rôles entre ses membres, pourvue que ça ne dépasse pas une
heure, la seconde équipe est alors composée du reste de la classe, et considérée comme un jury, qui prépare
des questions à poser pour la première équipe. Par le biais d’une telle discussion, les rideaux de timidité se
soulèvent, c’est la confiance des étudiants en eux même et en leurs propres personnalités et capacités, qui crée
une concurrence loyale et transparente, embaumée de parfums d’équipe et de partage pendant chaque leçon.
représente 49% de la note finale, 51% étant le taux de la note que nous attribuons nous-même, et ce dans le
but de conserver la portée académique du dit test, dont le résultat ferait bien partie du contrôle continu de
chaque étudiant.
En résumé, la construction totale de nos cours des différentes matières que nous avons enseignées, tourne
autour l’installation de l’esprit d’équipe et de l’innovation comme une partie prise de notre didactique, qui
assure la rapidité du partage de l’information nous transmettons, à, et avec nos étudiants, par le biais d’outils
assez évolutifs tels que la toile d’araignée, les tablettes et les smartphones, qui sont devenus de nos jours un
oxygène de notre vie quotidienne. Et au lieu de faire de leurs smartphone une escapade d’un cours magistral
incompréhensible et dérangeant, en fuyant vers les réseaux sociaux, nous avons poussé nos étudiants à en faire
un outil de recherche pendant le cours coopératif épicé d’échange et d’esprit de partage.
Que le champ d’études soit en sciences exactes ou humaines, toutes les branches de l’enseignement supérieur
ont vécu une courbe sinusoïdale compte tenu l’atteinte de l’objectif de chaque élément d’enseignement ou
l’unité dont il fait partie. Et si nous voulons établir un rapport sur l’impact de pandémie sur l’enseignement
supérieur, nous pouvons trouver plusieurs facteurs qui s’interceptent ou s’associent, sur tous les champs
d’études, tels que : la disponibilité de la logistique nécessaire au bon déroulement des cours en ligne (facteur
de variation de niveaux sociaux pour disposer des éléments nécessaires -pc/tablette/connexion internet haut
débit…), la maitrise des moyens, l’impossibilité d’atteindre les objectifs de matières pratiques qui ne peuvent
être enseignées qu’en présentiel…
En tant qu’enseignante-chercheuse, nous avons dû faire face à cette situation grave, tout en essayant de
proposer des solutions et voir à quel point ces dites solutions, seraient exploitables, même pendant le rythme
normal de l’enseignement supérieur et de la recherche. Nous avons tenté entre-autre de mettre en évidence ce
que disait Albert Einstein : « L'enseignement devrait être tel que ce qui est offert soit perçu comme un cadeau
précieux et non comme une tâche difficile. ». Alors en plus des séances habituelles2 de nos cours en ligne que
2 Nous avons eu la chance depuis notre cursus académique qui précède nos études en sciences de cinéma, de tenter le cours en ligne (en tant qu’étudiante) pendant
notre master en nouvelles technologies que nous avons étudié à l’université virtuelle, ce qui nous a facilité la maîtrise de ses didactiques (dudit enseignement virtuel)
pendant la pandémie (en tant qu’enseignante).
nous avons fait de notre mieux pour rendre interactives, nous nous sommes dévouées pour garder un
minimum du rythme évènementiel avec lequel nous caractérisons toujours notre expérience d’enseignement ;
le but étant d’aider nos étudiants à avoir un nouveau souffle qui leur fait oublier le stress causé par le
confinement général, et fuir au routine quotidien des séances en ligne en y invitant un expert qui partagerait
avec eux son expérience.
Alors, dans le cadre de la matière Métiers de l’audiovisuel et du cinéma, que nous enseignons à la Centrale’Com
depuis l’année universitaire 2019-2020, et pour le chapitre du métier distributeur, nous avons alors organisé
un master class virtuel avec le CEO et co-fondateur de la plateforme tunisienne de visionnage sur demande
ARTIFY Mr Yahiya Mgarrech, qui a accepté volontiers d’y être un Keynote speaker qui parlerait aux étudiants
de son expérience autour de la distribution pendant le confinement général.
Figure 9: Master class Virtuel pendant le confinement général : Yahia Mgarrech CEO et co-fondateur de la plateforme tunisienne légale ARTIFY
Ce master class était assez vivace et dense en partage de connaissances entre l’invité et nos étudiants. Ca les a
aidés à mieux comprendre le cours autour de la distribution virtuelle que si nous leur avions enseigné la leçon
individuellement, parce qu’ils pouvaient, en tant réel, poser à l’invité, toutes les questions qui leurs étaient
venues à l’esprit, et dont nous n’aurions point été capable de répondre à sa totalité par nos propres
connaissances. De même, ce master class leur a aussi présenté une certaine échappatoire de la routine des
cours virtuels assurés pour la totalité des matières qu’ils étudiaient, et que dans certains cas, ne pouvaient point
remplacer le cours direct (cas des matières prise de vue et enregistrement sonore qui nécessitaient l’accès au
matériel de l’école pour être bien étudiées
Conclusion
Avec toutes les didactiques susmentionnées, et en continuant toujours à tenter d’améliorer notre méthodologie
d’enseignement, de pair avec les évolutions technologiques, et afin d’être jugé un bon-enseignant, nous devons
toujours modeler notre méthodologie d’enseignement avec les différents intellects et niveaux de pensée des
étudiants qui varient d’un étudiant à un autre.
Tableau 1:Variation du taux de compréhension du cours selon deux facteurs : l’expérience de l’enseignant et les niveaux des étudiants
Nous pouvons résumer à travers le tableau ci-dessus la variation du taux de compréhension d’une matière
selon deux facteurs : le taux de maîtrise des didactiques et de la matière par un enseignant, ainsi le niveau
d’intelligence d’un étudiant que nous classons en trois catégories chacun : un étudiant faible, un étudiant
moyen et un étudiant brillant, versus un enseignant avec une faible, moyenne ou forte maîtrise de ladite
didactique et du cours qu’il enseigne à ses étudiants.
Nous ne nous jugeons point perfectionnistes malgré toute l’expérience que nous avons vécue et expliquée dans
ce rapport. Un bon enseignant devrait toujours continuer à évoluer, à apprendre, à accoucher de nouvelles
didactiques qui vont avec chaque situation perçue et vécue avec ses étudiants et dans sa vie d’enseignement,
en essayant toujours d’ouvrir des perspectives d’essai et pourquoi pas atteindre, non seulement la réussite
annuelle de ses étudiants, mais aussi leur épanouissement en les aidant à découvrir leurs talons, dons, et
surtout comprendre et accepter la raison principale de réussite d’une œuvre audiovisuelle qui n’est autre que
collective, propriété de toute personne dont le nom est mentionné dans son générique de fin : c’est l’esprit
d’équipe et le partage de connaissance, de bon moments et de chagrins,. C’est la recherche de la créativité
collective, qui fait réussir un professionnel du domaine audiovisuel au point d’être un jour, puis successivement
primé dans des festivals internationaux et monter des podiums.
Rapport Pédagogique
Références
Saba Flous - La Moisson Magique. Réalisé par Anis Lassoued. Produit par Amilcar Film. 2006.
RIDENE, Faten. «La didactique des spécialités audiovisuelles, fiable pour toute autre branche Enseigner par le biais des nouvelles
technologies.» La didactique et son rôle dans le développment de la performance de l'enseignant. Mahdia-Tunisie, 2018. 18.
Ridene, Faten. «Plan du Cours du module Introduction à la Production.» Pédagogique-Enseignement, Université Centrale, Tunis, 2017, 3.