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Chapitre 6

Le chapitre explore l'évolution du pouvoir papal et l'impact du monachisme durant le Haut Moyen Âge, en mettant en lumière les contributions de figures clés comme le pape Grégoire le Grand. Il aborde également les tensions entre l'Église catholique et l'Église orthodoxe, ainsi que la montée du féodalisme après la chute de Rome. Enfin, il souligne l'importance de la mission chrétienne en Grande-Bretagne et les défis rencontrés par l'Église à cette époque.

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Chapitre 6

Le chapitre explore l'évolution du pouvoir papal et l'impact du monachisme durant le Haut Moyen Âge, en mettant en lumière les contributions de figures clés comme le pape Grégoire le Grand. Il aborde également les tensions entre l'Église catholique et l'Église orthodoxe, ainsi que la montée du féodalisme après la chute de Rome. Enfin, il souligne l'importance de la mission chrétienne en Grande-Bretagne et les défis rencontrés par l'Église à cette époque.

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Chapitre 6

Le Haut Moyen Âge: 590-1054 Ap. J.-C.

Objectifs du chapitre

À la fin de cette leçon, l'élève devrait:

(1) Comprendre l’évolution du pouvoir papal de l’Église catholique.

(2) Identifier les contributions et les dangers du monachisme.

(3) Saisir la portée de la croissance du pouvoir de l'Église catholique romaine.

(4) Découvrir les causes du conflit entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe

orientale.

Leçon

Le Moyen Âge est une période historique difficile à définir. Aucun journal n'a publié

un titre comme: «Aujourd'hui marque le début du Moyen Âge!». Les livres historiques

retiennent diverses dates pour le début du Moyen Âge : l'édit de Milan de Constantin en 313,

le concile de Nicée en 325, la chute de Rome en 410 ou la chute du dernier empereur romain

en 476. Dans le cadre de cette leçon, je considère l'ascension du pape Grégoire «le Grand» en

590 comme le début de cette période, car le règne de Grégoire marqua un tournant dans la

course de l'Église catholique à la suprématie.

Les historiens ne sont pas non plus unanimes sur la fin du Moyen Âge. Certains le

terminent avec les croisades en 1095 et d'autres avec la chute de Constantinople en 1453. J'ai

retenu 1517 parce que les Quatre-vingt-quinze thèses de Luther marquent le début du déclin

du pouvoir temporel de l'Église catholique romaine.

Les dates en soi ne sont pas les seules sources de difficultés, le tri des événements à

étudier pose des défis également. En guise d’un tableau complet, j'ai choisi des sujets ayant

directement rapport au développement de l'Église médiévale. En raison de cette approche,


cette leçon se dérobe à la rigueur chronologique. La chronologie ci-dessous vous aidera à

mettre en ordre les événements de cette leçon qui se porte sur le début du Moyen Âge. La

leçon 7 couvrira le reste du Moyen Âge.

Date ap. J.-C. Événements Clés

590 Grégoire devint pape

7ème siècle La montée de l'Islam

756 La "donation de Pépin" confère le contrôle d'une bonne partie de

l'Italie à l'Église catholique romaine

800 Couronnement de Charlemagne par le pape

962 Otto I est couronné Empereur du Saint empire

1054 Début du schisme Est-Ouest

Léon et Grégoire - Les «premiers papes»

Tout comme les dates du Moyen Âge ne font pas l’unanimité, il y a aussi désaccord

sur le premier pape. L’Église catholique affirme que Simon Pierre était le premier «évêque de

Rome» ou pape. Cependant, la plupart des historiens considèrent deux évêques, Léon 1er

(440-461) et Grégoire 1er (590-604), comme étant les premiers évêques à occuper un poste

similaire à celui de la papauté moderne.

Léon se réclama le titre de successeur de l'apôtre Pierre, se haussant ainsi à la tête de

toute la chrétienté. Dès son pontificat, l'évêque de Rome n'était plus considéré comme l'un des

évêques, mais le premier évêque dont l’autorité surpassait celle de tous les autres. Comme

nous l'avons vu dans la leçon 3, la Tome de Léon défendait la foi orthodoxe au concile de

Chalcédoine. Les évêques occidentaux acceptèrent donc sans sourciller ses revendications de

primauté.
En plus du soutien bénéficié au sein même de l’Église, Léon s’empara du pouvoir en

raison de la faiblesse des dirigeants politiques de Rome. L'empereur Valentinien III, pour

gagner le soutien politique de Léon, approuva du sceau de l'empire la prétention de

suprématie de l’évêque. Quand Attila le Hun attaqua l'Italie en 452, ce fut l’évêque et non

l'empereur qui rencontra Attila à la frontière de Rome pour le persuader de se retirer. En 455,

les vandales conquièrent Rome (de nouveau). Encore une fois, le pape Léon négocia avec le

roi des Vandales, obtenant ainsi la promesse de la protection des civils.

L’autre évêque considéré comme étant le premier pape est Grégoire «le Grand».

Grégoire, originaire de Rome, devint un homme politique puissant et finit par remplir les

fonctions de préfet (maire) de la ville. A trente ans, Dieu l'appela au ministère. Grégoire

distribua tous ses biens et prit le chemin du monastère.

En 590, Rome connut une série de catastrophes: inondations, attaques de barbares et

épidémies. Au lieu de se cacher dans le monastère, Grégoire risqua sa vie pour soigner les

malades. À la mort de l'évêque lors de la peste, Grégoire fut nommé évêque de Rome contre

son gré. Bien que Grégoire ne se soit jamais appelé pape, il revendiqua le pouvoir qui est

maintenant associé au pape catholique romain. Pour cette raison, il est souvent considéré

comme le premier pape moderne.

Personnalité Chrétienne À Connaître: Le Pape Grégoire

La contribution de Grégoire dans les missions. Une fois dans son enfance, Grégoire

fut témoin d’un débarquement d’esclaves venus d’Angleterre dans le port de son pays. Dès ce

jour, il sentit peser sur lui le fardeau d'évangéliser le peuple britannique. La Grande-Bretagne

avait été évangélisée au quatrième siècle. Cependant, au Ve siècle, des barbares anglo-saxons

l’envahirent et détruisirent les églises. En 596, Grégoire envoya un groupe de quarante moines

bénédictins pour évangéliser les Anglo-Saxons. Ils établirent une mission chrétienne et l'un
des moines du nom d’Augustin devint l'évêque de Cantorbéry, ville qui deviendrait à l’avenir

le centre du christianisme anglais.

La contribution de Grégoire au chant liturgique. Grégoire est surtout connu pour

ses réformes de la musique ecclésiale et de l’organisation de la liturgie. Jusqu'à la fin du XXe

siècle, la plupart des cantiques que l’on chantait dans les églises catholiques s'appelaient

«chant grégorien», du nom du pape Grégoire.

La direction de l'église par Grégoire. Bien que Grégoire ne fût pas un savant

intellectuel de même calibre qu’Augustin ou Jérôme, il était probablement le leader le plus

compétent à avoir occupé la fonction de pape. En outre, il éprouvait une grande sympathie

pour les besoins humains. Contrairement à Léon qui se donnait le titre de Pontifex Maximus

(«Pontife suprême»), Grégoire adopta celui de «serviteur des serviteurs de Dieu.» La grande

réputation de Grégoire repose principalement sur sa volonté et sa capacité à organiser la

bureaucratie de l’Église pour répondre aux besoins de membres.

La théologie de Grégoire. Malheureusement, les enseignements de Grégoire en

matière de théologie ont éloigné l'Église catholique des Écritures. Grégoire fut à l’origine des

doctrines les plus destructrices du catholicisme romain.


• Grégoire mit la tradition sur le même pied d'égalité que les Écritures.

• Grégoire introduisit la doctrine du purgatoire, lieu de purification des chrétiens

après la mort.


• Grégoire enseigna que le pardon de Dieu réclame des actes de pénitence plutôt que

la foi en l'œuvre expiatoire de Christ.

• Grégoire enseigna que l'intercession des saints disparus profite aux croyants vivants.

De ce fait, il encouragea la collecte de reliques associées aux martyrs et aux saints du passé.
• Grégoire enseigna la doctrine de la transsubstantiation, l’enseignement selon lequel

les éléments de la Cène sont transformés en corps et en sang de Christ. La messe est

désormais la reconstitution de la mort de Christ au nom de l'adorateur.

Contextualisation De L'évangile

La mission de Grégoire en Grande-Bretagne fournit de précieuses leçons à l'Église

contemporaine. Augustin et les moines qui l’accompagnaient en Grande-Bretagne y

trouvèrent un public réceptif. En l’espace d’un an, le roi Ethelbert et 10 000 anglo-saxons

furent baptisés. Augustin se préoccupait de la méthode à utiliser pour amener ces nouveaux

convertis dans l'église, car il ne se contentait pas d'une conversion superficielle. En 601,

lorsqu’Augustin s’adressa à Grégoire pour lui demander des conseils à ce sujet, l’évêque lui

écrivit une lettre qui devint un classique dans toute l'histoire des activités missionnaires.

Grégoire conseilla à Augustin de contextualiser l'évangile pour le peuple anglo-saxon.

Grégoire lui dit:

«Les idoles doivent être détruites. Mais, si les temples sont bien construits, il est

louable de les détacher du service du diable et de les dédier au culte du vrai Dieu.

Il faut remplacer les sacrifices aux faux dieux («démons») par des fêtes «en l'honneur

de Dieu… Qu’ils témoignent leur gratitude au Pourvoyeur de toutes les bonnes choses. Si

nous leur permettons ces joies extérieures, ils sont plus susceptibles de trouver leur chemin

vers la vraie joie intérieure. »

Il conseilla à Augustin de faire preuve de patience envers les nouveaux convertis tout

en les guidant dans leur nouveau mode de vie. «Celui qui décide d’escalader une haute

montagne progresse à petit pas et non par des sauts ou des bonds.»

Timothy Tennent fait ressortir trois leçons ayant rapport à la contextualisation de

l’évangile telle que la lettre de Grégoire la présente:


(1) Dans La Mesure Du Possible, Il Faut Fléchir La Culture Pour Qu’elle

S’adapte au Message De L’évangile. Grégoire demanda à Augustin de détruire les idoles

païennes. Mais au lieu de détruire les bâtiments des temples, il devait les convertir en églises.

(2) Si Possible, Il Faut Substituer d’autres Pratiques Aux Anciennes Pratiques

Païennes. Grégoire comprit qu'il ne suffisait pas de condamner les pratiques païennes; il

fallait introduire de nouvelles pratiques qui honorent le message de l'évangile. Si certains d’entre nous

peuvent ne pas être d'accord avec les conseils de Grégoire, de nombreux missionnaires ont suivi son

principe au fil des siècles.

(3) Il Faut Que Les Nouveaux Convertis Apprennent Progressivement À transformer

Leur Manière De Vivre. Grégoire admit qu'il fallait accorder du temps aux convertis saxons

pour qu’ils pussent comprendre pleinement tous les aspects de la foi et de la pratique

chrétienne. Il encouragea donc Augustin à être patient avec les nouveaux croyants.

La croissance du monachisme

Il a été question dans la leçon 3 du début du mouvement monastique, mouvement qui

passa graduellement de l’état d’isolement à celui d’intégration communautaire.

Au 3ème siècle, un égyptien nommé Antoine vendit ses biens, en distribua l'argent aux

pauvres et se réfugia dans une grotte où il passa le reste de sa vie. L’évêque Athanase écrivit

un document titré la vie d'Antoine qui inspira de nombreuses personnes à suivre l'exemple

d'Antoine. Simon (le Stylite) vécut trente ans au sommet d’une colonne de vingt mètres. Les

moines du désert accordaient une grande importance à l'isolement et à l'ascèse.

Vers 520, Benoît de Nursie établit un monastère à Monte Cassino. Il rédigea un guide,

la Règle, qui fut à l’origine de l’expansion du mouvement monastique. Plutôt que l'isolement,

la Règle de Benoît mettait l'accent sur la pratique quotidienne de la lecture biblique, de la


prière et le travail. Les monastères bénédictins priorisaient la communauté, l'éducation, la

mission et les travaux manuels plutôt que l’ascétisme.

En 589, des assaillants barbares brûlèrent les monastères de Benoît. Les moines

s'enfuirent à Rome. En ce moment Grégoire venait tout juste d’occuper le poste d'évêque de

Rome. Il fut particulièrement impressionné par la Règle de Benoît. En quête de missionnaires

pour l'Angleterre, Grégoire fit appel à quarante et un moines bénédictins. Tout au long du

Moyen Âge, les monastères exercèrent une grande influence sur l'Église catholique romaine.

Les erreurs du mouvement monastique sont faciles à identifier:

• Tentative de gagner la faveur de Dieu par les œuvres plutôt que par la justification

par la foi.

• L’application des exigences non bibliques en matière du célibat ayant pour résultat

l’apparition d’un code éthique pour les moines et à un autre moins rigide pour les chrétiens

ordinaires.

• Accumulation excessive de la richesse par des monastères, ouvrant ainsi la voie à

l’orgueil et la paresse. À la fin du Moyen Âge, les moines étaient caricaturés comme des

clercs gras et paresseux se nourrissant des pauvres. Malheureusement, cette caricature était

parfois fidèle à la réalité!

`L’impérialisme et le saint Empire romain

Avec la chute définitive de Rome en 476, le sort de la civilisation occidentale était en

jeu. Au cours des siècles qui vont suivre, l’ancien Empire romain serait privé de

gouvernement, de lois, d’écoles et d’un système monétaire unique. Un système féodal allait

donc naitre. Le féodalisme est le système dans lequel de riches propriétaires terriens

(«seigneurs») font cultiver leurs domaines par des paysans ou vassaux à qui ils offrent une
certaine protection en retour. Ces vassaux recevaient de la nourriture pour survivre, mais rien

de plus signifiant.

L'Europe moderne prit naissance à partir de ce chaos, principalement sous l'influence

du christianisme. Après la chute de Rome, l'Église chrétienne était la principale force

unificatrice en Europe.

Les Francs étaient une force politique originaire de l'Allemagne de l'Ouest. Bien qu'ils

aient été païens, leur chef, Clovis, se convertit au christianisme en 496. Lors du baptême de

Clovis, 3 000 membres de son armée le rejoignirent dans l’eau. En l’an 600, les Francs

contrôlaient une grande partie de l'Europe centrale.

En 324, Constantin avait établi la capitale orientale de l'Empire romain à Byzance,

renommant ainsi la ville de Constantinople. L'Empire romain oriental (également appelé

l’Empire byzantin) survivra jusqu'en 1453, année de sa destruction par des armées

musulmanes. Après la chute de Rome, les empereurs de Constantinople et les papes de Rome

allaient bientôt se chamailler. Tandis que les empereurs orientaux étendaient leur territoire à

l'ouest, le pape cherchait des alliés politiques. Le soutien des Francs à l'Église romaine

conféra un grand pouvoir politique aux papes.

Malheureusement, le christianisme chez les francs était instrumentalisé au service de

la politique plus qu’au service de la foi. Les francs admiraient l'apôtre Pierre qui voulut faire

usage de son épée. L’«évangélisation» à l’épée allait être une pratique courante tout au long

du Moyen Âge. Ils considéraient Jésus comme un seigneur de guerre glorifié, semblable à

Clovis, qui fit décapiter 4 500 personnes en une seule journée lorsqu’une tribu allemande

refusa le baptême, puis il retourna dans le camp de l’armée pour fêter Noël. Comme vous

pouvez l'imaginer, la plupart des gens sous le contrôle de Clovis avaient accepté le baptême.

Des conversions de masse furent causées par un dirigeant politique et non par un engagement

personnel envers Christ.


Un nombre élevé de laïcs qui s’étaient convertis dans ces circonstances ignoraient tout

de l'Évangile. Pour beaucoup, les supposés bénéfices octroyés par les «saints» valaient plus

que Christ lui-même. Beaucoup d’entre eux croyaient que chacun des saints procurait des

avantages particuliers: saint Antoine protégeait les porcs des fermiers; Sainte Geneviève

guérissait les fièvres; Saint Gaule faisait pondre les poules. En fait, le christianisme, au lieu

d’être une relation personnelle avec Jésus-Christ, devint une «potion magique» servant à la

résolution des problèmes terrestres.

Certains noms de personnages clés à connaitre:

Charles Martel (Le Marteau)

Charles Martel (le marteau) régna de 688 à 741. Il vainquit les musulmans à la bataille

de Tours en 732, mettant un terme à leur expansion en Europe. Il encouragea l'évangélisation

des tribus vivant à l'est du Rhin (Allemagne moderne).

Pépin III

Pépin III régna en tant que roi des francs de 741 à 768. En 756, Pépin concéda

l'essentiel du centre de l'Italie au pape Étienne. La «donation de Pépin» (ainsi que la prétendue

«donation de Constantin») constituaient les fondements du pouvoir politique de l’Église

catholique romaine à la fin du Moyen Âge.

Charlemagne

Le fils de Pépin, Charlemagne, fut couronné «empereur des Romains» le jour de Noël

de l’an 800 ap. J.-C. par le pape Léon III. Ce qui est remarquable à propos de cet événement,

c'est que le pape avait désormais suffisamment de pouvoir pour couronner un dirigeant

politique au sein de l'Empire romain. La relation entre l’Église et l’État étaient plus étroites

qu’à aucun moment de l’histoire depuis Constantin.

Cette alliance entre Léon III et Charlemagne unifia l'Empire romain occidental pour la

première fois depuis la chute de Rome. Charlemagne était connu comme l'empereur du Saint-
Empire romain, et se considérait comme le gardien de l'Église. Tandis que le pape Léon III se

considérait comme l'autorité suprême de l'Empire.

Otto I

Otto I régna de 962-973. Après la mort de Charlemagne, ses successeurs n’étaient plus

en mesure de conserver l'empire qu'il avait créé. Cependant, l'idéal d'un empire romain unifié

sous la direction conjointe de l'empereur et de l'Église attirait les papes et les dirigeants

politiques. En 962, un dirigeant allemand, Otto I, rétablit le saint Empire romain germanique

sur le modèle de Charlemagne.

D'un point de vue humain, il semblerait que l'église médiévale avait réussi. Elle avait

augmenté considérablement son pouvoir politique et son statut social. Mais ce succès eut un

coût spirituel. Pendant des siècles, une situation de tension s’établirait entre empereurs et

papes qui se disputent le pouvoir politique. La prospérité financière et le pouvoir politique

étaient devenus plus importants que l'évangile.

Le schisme de l’Église en église d’orient et d’occident

En 1054, le cardinal Humbert, représentant du pape Léon IX, entra dans l'église de la

Sainte Sagesse à Constantinople et y déposa sur l'autel une lettre d'excommunication.

L'excommunication signifiait que le pape catholique romain ne reconnaissait plus les

membres de l'Église d'Orient comme membres de la véritable Église. Ce schisme entre le

catholicisme romain à l'ouest et l'orthodoxie à l'est était l'aboutissement de plusieurs siècles de

conflit. Depuis le concile de Chalcédoine en 451, les églises d’orient évoluaient dans des

directions opposées à l’occident.

Le concile de Chalcédoine reconnut l'évêque Léon de Rome comme autorité principale

de l'Église occidentale et l'évêque de Constantinople comme «l'évêque de la Nouvelle Rome»,

disposant d’une autorité égale à Léon. Dès cette période, deux leaders religieux partageaient

la suprématie de l’Église : le pape de l’Église latine de l’empire occidental et le patriarche de


l’Église grecque de l’empire oriental. À maintes reprises des conflits ont marqué le rapport de

ces deux branches du christianisme.

La Controverse Des Icônes

De nombreuses églises orientales abritaient des «icônes» bidimensionnelles. Jean de

Damas, le plus grand théologien de l'Église d'Orient, insistait sur le fait que les icônes n’étaient

l’objet d’aucune vénération dans l’Église, et que leur but était de rappeler aux fidèles qui les

regardaient que les saints d’autrefois se joignaient à eux actuellement durant la célébration du culte.96

Cependant, dans la pratique, de nombreux chrétiens ordinaires ne faisaient pas la distinction

théologique établie par Jean de Damas. Ils ne distinguaient pas l'icône de la réalité spirituelle qu'elle

était censée représenter. Les musulmans accusaient les chrétiens orientaux d’idolâtres en raison de

l’utilisation des icônes.

En 726, l'empereur Léon III de l'Empire d'orient interdit l'utilisation des icônes. Pour Léon,

c'était en grande partie une question d’ordre politique. Les icônes étaient fabriquées et distribuées par

des moines qui étaient devenus une menace pour le pouvoir politique de Léon. Un conflit éclata entre

les partisans des icônes et les «iconoclastes» qui, sous les ordres de l'empereur, devaient détruire les

icônes.

En Occident, le pape appuya l'utilisation des images dans le culte. Finalement, le

second concile de Nicée (787) se réunit pour délibérer sur la question. Les évêques statuèrent

que les icônes étaient acceptables tant que l'icône elle-même n'était pas adorée. Ils affirmèrent

que l’on pouvait les «vénérer», mais pas les adorer. L'interférence de l'église occidentale en la

matière provoqua le ressentiment de beaucoup dans l'Église orientale.

La Querelle Du Filioque

En 598, le Concile de Tolède ajouta le mot latin filioque au Credo de Nicée. Le credo

original confessait que «l'Esprit procède du Père». Mais le credo révisé se lisait: «L'Esprit

procède du Père et du Fils».


L’Église catholique romaine avança que Jean 16:7 appuyait cette modification. Mais

l'Église orientale riposta énergiquement. Elle fit valoir qu’il était impossible de modifier le

credo de Nicée approuvé par l'Église entière (occidentale et orientale) lors du concile de

Chalcédoine sans un autre concile réunissant toute l'Église.

Les théologiens occidentaux croyaient que le fait de souligner que l'Esprit procédait du

Père «et du Fils» mettait l'accent sur la divinité du Fils et la protégeait de l'arianisme. Les

théologiens orientaux croyaient que ce mot changeait la relation entre les membres de la

Trinité. Si l’Occident souligna l'unité de la divinité, l'Église orientale accentuait les personnes

individuelles de la Trinité. En 867, Mgr Photius de Constantinople condamna la modification.

La querelle du filioque consacrerait la séparation complète des deux églises en 1054.

Le Schisme De 1054

Les papes qui dirigeaient l'Église au Xe siècle étaient loin d’être comparables à Léon

Ier et Grégoire le Grand en matière de piété. Ils étaient souvent corrompus sur le plan éthique

et dégradés moralement. Cependant, une série d'empereurs du saint Empire romain germanique

s’efforçaient de réformer l'Église. En 1039, Henri III fut couronné empereur. Il était un chrétien

convaincu et résolu à faire revivre l’Église catholique.

Henri III fit des manœuvres pour obtenir l'élection d'un évêque allemand sur le siège

pontifical afin de contourner la politique italienne par laquelle de puissantes familles du pays

contrôlaient la papauté. En 1048, un moine allemand nommé Bruno fut élu pape Léon IX. La

volonté de réforme d’Henry attirait le nouveau pape. Ensemble, ils s’opposaient au laxisme

moral des évêques et mettaient un terme à la pratique de la simonie. Léon IX se battit pour

libérer l'Église du contrôle politique. Afin d'empêcher les prêtres de transmettre des postes

ecclésiastiques à leurs enfants, il interdit aux prêtres de se marier.

Par ailleurs, Léo estimait que le meilleur moyen d'assurer une réforme durable dans

l’Église passait par l’exercice d’un contrôle absolu sur tous les chrétiens, y compris ceux de
l'Église orientale. Il écrivit à l'évêque de Constantinople, lui annonçant que la «donation de

Constantin»99conférait au pape l'autorité sur les deux branches de l'Église.

L'évêque de Constantinople refusa de reconnaître l'autorité de Léon. En réponse, Léon

envoya son ami, le cardinal Humbert, négocier la paix entre les deux parties. Au lieu de

trouver une solution pacifique à la crise, Humbert excommunia Cérulaire, le patriarche

oriental, en le déclarant hérétique. De son côté, Cérulaire condamna le pape Léon IX et

l'Église latine.

Cette rupture, connue dans l’histoire de l’Église sous le nom de «schisme de 1054», n'a jamais

été réparée. Au moins deux fois entre 1274 et 1439, des rencontres furent organisés pour une

éventuelle réunification des deux parties. Mais à chaque reprise aucune résolution n’a été prise.

L’Église Catholique Romaine L’Église Orthodoxe Orientale

Catholique signifie «universel». Elle revendique Orthodoxe signifie «croyance correcte». Implique la

l'autorité sur tous les vrais chrétiens. fidélité aux anciens enseignements chrétiens.

L'évêque de Rome (le pape) représente l'autorité du Un patriarche supervise chaque branche de

Christ sur l'Église entière. l'orthodoxie. Le patriarche de Constantinople est

respecté par toutes les branches de l'orthodoxie, mais il

n'a aucune autorité en dehors de son propre patriarcat.

Font autorité les Écritures, les conciles, la tradition et L'autorité vient des Écritures, de sept premiers conciles

la parole des évêques. œcuméniques et des pères apostoliques.

Le célibat du clergé Le clergé est libre de se marier

Enseigne le purgatoire et l’immaculée conception de Nie le purgatoire et l'Immaculée Conception

Marie. de Marie.

Enseigne la transsubstantiation. Enseigne la transsubstantiation.

Les érudits de l’Église accordent la plus grande Les érudits de l’Eglise accentuent les rituels et la

importance à la doctrine et à l’ordre de l’Église dévotion monastique


L'évangile arrive en Russie

Le plus grand effort missionnaire de l'Église orthodoxe eut lieu en Russie. Le

christianisme orthodoxe est la religion nationale de la Russie, bien que les communistes

soviétiques aient détruit 98% des églises orthodoxes après 1917. Comme dans les cas de

Constantin et Charlemagne, la conversion de la Russie au christianisme s'est faite par

l'intermédiaire d'un puissant dirigeant politique.

En 980, le prince Vladimir hérita la couronne de Kievan Rus (Ukraine actuelle). Au

début, il adopta les croyances païennes de son père. Cependant, il envoya bientôt des

émissaires étudier les grandes religions - Islam, Judaïsme, Catholicisme romain et Orthodoxie

Orientale. Les émissaires furent émerveillés par la beauté de la cathédrale de Constantinople et

la complexité de la liturgie orientale. Après avoir assisté à un service orthodoxe, ils écrivirent: «Nous

ignorons si nous étions au paradis ou sur la terre. Nous savons uniquement que Dieu habite parmi ce

peuple et que leur service est plus noble que les cérémonies des autres nations. »

En 988, l'empereur byzantin octroya la main de sa sœur à Vladimir comme épouse, à condition

qu’il se convertît à la foi orthodoxe orientale. Étant donné que Vladimir était déjà attiré par la liturgie

orientale, il se convertit. Il fit venir des missionnaires de l’Église orientale dans le pays et promut le

christianisme en tant que religion officielle du pays. Comme dans le cas de la conversion de Clovis, la

conversion de Vladimir fut suivie d'une vague de conversion au sein de la population. Bien que la

conversion de Vladimir fût le résultat d’une décision politique, tout semble confirmer que la foi de

l’empereur était authentique.


Événements clés de l'histoire de l'Église

Date ap. J.-C. 101 Événements Clés

590 Grégoire Ier devient évêque de Rome.

7ème siècle La montée de l’Islam

787 Le Deuxième Concile de Nicée affirme que les icônes peuvent être

«vénérées», mais pas «adorées».

800 Couronnement de Charlemagne par le pape Léon III.

857 Photius, évêque de Constantinople, entre en conflit avec le pape à

propos de l'addition de la phrase «et le fils» au crédo de Nicée.

962 Otto I est couronné empereur du Saint Empire romain germanique.

1054 Schisme entre les églises orientales et les églises occidentales.

Personnages clés de l'histoire de l'Église

Augustin de Canterbury (décédé entre 604 et 609): missionnaire en Angleterre

envoyé par le pape Grégoire le Grand. Il converti le roi Ethelbert de Kent et devint le premier

archevêque de Cantorbéry.

Charlemagne (v. 742-814). Premier « empereur du Saint-Empire romain ». Il

encouragea l'éducation, la réforme ecclésiastique et l'unité dans l'Empire.

Grégoire le Grand (v. 540-604). Favorisa l’expansion du pouvoir papal. Il envoya le

premier groupe missionnaire en Angleterre sous la direction d’Augustin de Cantorbéry.

Léon le Grand (mort en 461): évêque de Rome de 440 à 461. Son Tome publié en 449

fit l’apologie de la christologie orthodoxe et avait été confirmé par le concile de Chalcédoine

en 451.
Conclusion

Les conflits affrontés par l’Église au début du Moyen Âge mettent en évidence

certains outils utilisés par Satan dans ses efforts pour égarer l'Église. Considérables furent les

efforts du pape Grégoire pour servir sa génération, mais il enseignait des fausses doctrines

telles que le purgatoire. Beaucoup de moines croyaient sincèrement que des jeûnes extrêmes

et des pratiques ascétiques attiraient la faveur de Dieu. Avec de telles fausses doctrines, Satan

éloigna l'Église du Moyen Âge du message du Nouveau Testament.

Aujourd'hui, il est impératif que nous nous protégions des attaques de Satan. Les

évangéliques ne retourneront probablement pas à la doctrine du purgatoire. Mais ils sont

nombreux à être attirés par de faux enseignements sur les dons spirituels, l'évangile de la

prospérité et des idées eschatologiques non bibliques. L'histoire de l'Église médiévale met en

exergue le caractère dangereux des fausses doctrines.

Les luttes entre l’Église occidentale et l’Église orientale montrent également la

tendance humaine à la division. Alors qu’il est de notre devoir de nous séparer de ceux qui

enseignent des doctrines hérétiques, il faut comprendre que le schisme de l’Église occidentale et

l’Église orientale résultait non pas d’un engagement à la vérité, mais des conflits personnels, des

agendas politiques et des luttes de pouvoir. Il ne faut pas que nos conflits personnels divisent l’Église

de Jésus-Christ. Le Royaume de Dieu est supérieur à mon agenda personnel !


Bibliographie

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