Chapitre I : L'église Apostolique
Objectifs de la leçon
À la fin de cette leçon, l'étudiant devrait:
(1) Apprécier l'importance de l’histoire de l’Église.
(2) Comprendre en quoi l’Église primitive était différente de son cadre romain.
(3) Prendre connaissance des causes de la croissance et de la persécution de l'Église primitive.
(4) Appliquer les leçons tirées de l’histoire de l’Église primitive à la vie chré- tienne actuelle.
Pourquoi faut-il étudier l'histoire de l’Église?
L’histoire de l’Église est un sujet très important à étudier. Pourquoi?
L'histoire De l’Église nous Rappelle Le Passé
Eason était un adolescent chrétien d’un zèle hors du commun vivant à Taiwan. Il
essaya un jour d’annoncer la Bonne Nouvelle de l'Évangile à un voisin d’âge mûr quand
l'homme lui répondit: «Notre culture chinoise est très ancienne. Par contre, le christianisme
est connu en Chine depuis peu. Pourquoi voudriez-vous échanger nos anciens dieux contre
une nouvelle religion?» Lorsqu’Eason se mit à entreprendre des recherches en vue de fournir
une réponse à son voisin, il découvrit que le christianisme n’est nullement une nouvelle foi, et
ce, même en Chine. Alors que le voisin d'Eason ne connaissait que les missionnaires
modernes, le message chrétien est connu en Chine depuis l’an 635 de notre ère.
Événements Clés
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L’étude de l'histoire de l’Église nous
apprend que le christianisme n'est pas une foi
nouvelle. Elle permet de mieux apprécier
l’expansion de l'Église dans le monde entier,
de découvrir comment Dieu a travaillé dans
l'histoire et de reconnaitre que malgré l'échec
de l’homme, Dieu accomplit ses desseins
pour son Église.
Date ap. J.-C.
v. 30 La Pentecôte
v. 47-57 Les voyages missionnaires de Paul
49 Le Concile de Jérusalem
64-68 Les persécutions de Néron
70 La destruction de Jérusalem
L'histoire De l’Église Guide Notre Avenir
Les leçons d'histoire de l’Église devraient guider nos décisions pour l'avenir. George
Santayana a déclaré: « Ceux qui ne peuvent se souvenir du passé sont condamnés à le
répéter.» Si nous n'apprenons pas du passé, nous répéterons les erreurs que d'autres ont
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commises. Paul s’est servi de l'histoire d'Israël en exemple pour guider les jeunes croyants de
Corinthe.
Lorsque nous analysons la réaction de l'Église primitive face à l'hérésie, nous
apprenons comment nous devons réagir aux hérésies qui menacent l'Église à l’heure actuelle.
La plupart des hérésies modernes ne sont que de nouvelles versions des hérésies du passé.
L’analyse du formalisme vide de l’Église catholique médiévale nous avertit de ne pas
permettre à une quelconque structure de remplacer la présence de Dieu dans l’église
aujourd’hui. De plus, l’étude des points forts et points faibles des missions du passé fournit de
précieux enseignements à tous ceux qui aspirent à s’investir dans l'évangélisation.
Assurément, l'étude de l'histoire de l’Église nous enseigne des leçons devant nous orienter à
l'avenir.
► Quelles sont les leçons à tirer de l'histoire du christianisme dans votre pays qui
peuvent vous guider dans la direction de votre église actuellement?
Principes d'étude de l'histoire de l’Église
Dans une étude des principaux «moments décisifs» de l’histoire de l’Église, Mark Noll
énonce quatre principes qui devraient nous guider dans une étude sur l’histoire du
christianisme. Ces principes sont tirés des paroles de Jésus à ses disciples dans Matthieu 28 et
Actes 1.8
(1) Le Principe De La Souveraineté
«Toute pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre.» Le principe de la
souveraineté enseigne que Dieu contrôle et accomplit ses desseins dans et à travers l'Église.
(2) Le principe de la mission
«Allez, faites de toutes les nations des disciples.» Le principe de la mission enseigne
que la croissance de l’Église se fait dans deux directions différentes. L'Église se développe
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vers l'extérieur alors qu'elle porte l'Évangile à toutes les nations. Elle grandit intérieurement à
mesure qu'elle apprend le vrai discipulat et se forme à l'image du Christ.
(3) Le principe de l'autonomisation
«Voici, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde.» Le principe de
l'autonomisation nous rappelle que, malgré les échecs de l'Église, Christ continue à œuvrer
dans son sein pour accomplir sa mission dans le monde.
(4) Le principe de la contextualisation
«Vous serez mes témoins… jusqu'aux extrémités de la terre.» Le principe de la
contextualisation nous enseigne que l'Évangile concerne toutes les cultures. L'Évangile n’était
pas uniquement l’affaire de l'église de Jérusalem, de l'église d'Angleterre ou de l'église
américaine. Car, au fur et à mesure que la foi chrétienne se répand dans le monde, elle affecte
toutes les cultures. L'histoire du christianisme montre que l'Évangile doit être adapté, tant sur
le plan linguistique que culturel, pour toutes les nations.
► Comment l'histoire du christianisme dans votre pays illustre-t-elle ces principes?
En étudiant ce cours, vous êtes encouragé à revenir de temps à autre à ces principes afin de
pouvoir comprendre leur application à chaque période de l'histoire de l’Église.
De Jérusalem jusqu’aux extrémités de la terre
Jésus dit à ses disciples: « Mais vous recevrez une puissance, le Saint Esprit survenant
sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et
jusqu'aux extrémités de la terre. »9
À la fin du premier siècle, l'Église s'était répandue dans tout l'Empire romain. Étaient
présents le jour de la Pentecôte des gens venant de diverses régions qui s'étendaient sur une
grande partie de l'Empire ; ceux qui acceptaient de se faire convertir ramenèrent l'Évangile
dans leur pays d'origine. Selon la tradition de l'Église, Thomas se rendit en Perse et en Inde
pour y prêcher l'Évangile. La Chine a sans doute reçu l'Évangile au cours du premier ou du
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deuxième siècle grâce au commerce avec l'Inde.10 L'Église primitive s’était engagée corps et
âme dans la Grande Commission de Jésus.
Qui Étaient Les Chrétiens?
Après la résurrection, il y avait beaucoup de réponses à la question «Qui sont les
chrétiens?». Rome répondit: «Les chrétiens sont une secte juive».11 Pour de nombreux Juifs:
«Les chrétiens sont des apostats ayant abandonné la foi véritable.» Mais la réponse des
chrétiens était: «Nous sommes la réalisation des promesses de Dieu envers Israël. Nous
sommes des adeptes du Messie promis.»
En l’an 49 de notre ère, l'Église primitive fut confrontée à la question «Qui sont les
chrétiens?» au Concile de Jérusalem. Alors que les gentils étaient introduits dans l'église par
la prédication de Pierre, Paul et Barnabas, ainsi que d'autres apôtres, l'église discutait des
conditions dans lesquelles chacun devenait une partie du corps de Christ. Certains croyants
«qui appartenaient au parti des pharisiens» ont fait valoir que les croyants païens devaient
respecter toutes les exigences de la loi mosaïque. Pierre a répondu en témoignant que Dieu
avait purifié «leurs cœurs par la foi» en dehors de la circoncision. En fin de compte, les
dirigeants de l'église ont convenu que les croyants païens n’étaient point obligés de respecter
les principes de la diététique juive et la circoncision.
Le concile de Jérusalem fournit un modèle pour les prises de décisions ultérieures dans
l'Église. Pour les générations suivantes qui auront à affronter des problèmes difficiles, Actes
15 souligne:
• L'autorité de l'Écriture. Toutes les interdictions d’Actes 15 sont tirées de Lévitique
17-18. Elles concernaient tous à la fois les Juifs et les «étrangers qui séjournent au milieu
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d’eux».13 Les apôtres ne choisirent pas ces exigences au gré du hasard. Ils étudièrent les
Écritures pour découvrir ce que la loi exigeait des païens vivant en Israël.
• L'autorité du Saint-Esprit. La décision du Concile de Jérusalem n'était pas guidée par
la culture environnante. Mais il est écrit qu’«il a paru bon au Saint-Esprit et à nous…».14 Au
mieux, l’Église a été guidée par la direction du Saint-Esprit plutôt que par des pressions
politiques et culturelles. Lorsque l’Église a failli de suivre cet exemple, elle rate également
l’occasion de vivre à la hauteur de sa vocation d’être la lumière et le sel de la terre.
• L'autorité des dirigeants de l'Église. Ce dernier point était particulièrement important
lors de conflits ultérieurs provoqués par certaines sectes ayant rejeté l'autorité ecclésiale.
À la fin du premier siècle, le judaïsme et le christianisme étaient vus comme des
confessions de foi distinctes. Les juifs n'autorisaient plus les chrétiens à adorer dans les
synagogues. Les chrétiens adoraient le premier jour plutôt que le septième jour de la semaine.
Le christianisme n'était plus considéré comme une secte juive.
Le Début De La Persécution
Le livre des Actes fait état des premiers conflits entre les dirigeants juifs et l'Église.
Cependant, il a fallu attendre l’an 64 de notre ère pour assister à la première persécution
généralisée des chrétiens perpétrée par l'Empire romain.
Rome permettait à ses sujets d'adorer n'importe quel dieu pourvu qu'ils admissent la
divinité de l'empereur romain. Pour la plupart des gens du premier siècle, cela ne constituait
pas un problème, puisque les païens étaient majoritairement des polythéistes. Seuls les juifs et
les chrétiens étaient monothéistes.
Afin de maintenir la paix dans la province de Judée, Rome autorisait les Juifs à adorer
uniquement Jéhovah. Puisque les dirigeants romains considéraient le christianisme comme
faisant partie de la foi juive, ils accordaient aux chrétiens la même liberté de culte que les
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juifs. Cependant, après 64 après JC, Rome commença à voir le christianisme comme une
religion distincte devant faire allégeance au culte de l'empereur.
Deux événements jouèrent un rôle déterminant dans la persécution des chrétiens.
D'abord, en 64 après JC, un incendie ravagea une grande partie de la ville de Rome. De
nombreux citoyens accusèrent l'empereur Néron d'avoir été à l’origine de l'incendie.
Néron accusa en retour les chrétiens (qui étaient déjà impopulaires) d'avoir allumé le
feu. Dès lors une période de persécution intense vit le jour. Entre 64 et la mort de Néron
survenue quatre ans plus tard, Paul, Pierre et beaucoup d'autres chrétiens furent martyrisés par
Rome.
Le second événement ayant provoqué la persécution des chrétiens fut la destruction de
Jérusalem en 70. Bien que Rome ait toléré la religion juive, il existait une tension constante
entre les Juifs et Rome. Après la reconstruction du temple en 64 ap. J.-C., des milliers
d’ouvriers juifs se trouvaient au chômage. Le ressentiment déboucha sur une insurrection en
66. Quatre ans plus tard, l'armée romaine sous les ordres du général Titus conquit Jérusalem
après un long siège. Le temple fut détruit, des synagogues incendiées et les Juifs furent
dispersés. À partir de ce moment, les Juifs et les chrétiens étaient persécutés dans tout
l'Empire romain.
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