UFR Environnement
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TELEDETECTION ET
FORMATION
VEGETALES
Dr Kpangui Kouassi Bruno
kpanguikb@[Link]
PLAN DU COURS
OBJECTIFS DU COURS
CHAPITRE I GENERALITE SUR LA TELEDETECTION
CHAPITRE 2 : BASES DE LA TELEDETECTION
CHAPITRE 3 SYSTEME D’ENREGISTREMENT DE L’INFORMATION
CHAPITRE 4 APPLICATION DE LA TÉLÉDÉTECTION
CHAPITRE I
GENERALITE SUR LA TELEDETECTION
Définition
La télédétection désigne, au sens le plus large, est la mesure ou l'acquisition
d'informations sur un objet ou un phénomène, par l'intermédiaire d'un instrument de
mesure n'ayant pas de contact avec l'objet étudié.
La télédétection englobe tout le processus qui consiste à capter et à enregistrer
l'énergie d'un rayonnement électromagnétique émis ou réfléchi, à traiter et à analyser
l'information sous forme d’image, pour ensuite mettre en application cette
information.
Définition
Les plus anciens systèmes de télédétection sont des systèmes naturels
La télédétection moderne intègre normalement des traitements numériques mais, peut tout aussi
bien utiliser des méthodes non numériques.
En somme, la télédétection peut se définir comme l’ensemble des techniques et connaissances
utilisées pour déterminer des caractéristiques physiques et biologiques d’objets par des
mesures effectuées à distance, sans contact matériel avec ceux-ci.
Principe de la télédétection
En télédétection, l’on utilise les propriétés physiques des objets observés, en
particulier leurs propriétés optiques pour acquérir de l’information leur nature.
Cette information est portée vers le système d’observation à l’aide d’un rayonnement
électromagnétique comme la lumière qui est la manifestation visible de ce
rayonnement.
Le système d’observation qui reçoit ce rayonnement le traduit en élément
compréhensible sous forme d’images ou données chiffrées.
Principe de la télédétection
C'est l'utilisation à distance (par exemple, d'un avion, d'un engin spatial, d'un satellite
ou encore d'un bateau) de n'importe quel type d'instrument permettant l'acquisition
d'informations sur l'environnement.
On fait souvent appel à des instruments tels que les appareils photographiques, lasers,
radars, sonars, sismographes ou gravimètres.
La télédétection moderne intègre normalement des traitements numériques mais,
peut tout aussi bien utiliser des méthodes non numériques.
Processus de la Télédétection
1. Source d’énergie
2. Interaction rayonnement et atmosphère
3. Interaction rayonnement avec la cible
4. Enregistrement du signal par le capteur
satellitaire
5. Transmission, réception et traitement
Cette source d’énergie est généralement le soleil. Dans
ce cas, on parle de télédétection passive.
Il existe cependant la technologie Radar nécessite qu’un
émetteur soit embarqué sur le satellite.
Le satellite est dans ce cas lui-même source d’énergie. On
parle de télédétection active.
Origine et Historique
L’histoire de la télédétection commence en 1858 quand Gaspard Félix Tournachon dit
Nadar prend la première photographie aérienne à partir d’un aérostat au dessus
du quartier du Kremlin Bicêtre à Paris. Si l’usage de la télédétection a longtemps été
cantonné surtout au domaine militaire, l’offre et la demande ont explosé notamment
dans le domaine civil faisant ainsi écho à l’avènement de la société de l’image.
Aujourd’hui, l’imagerie spatiale s’est largement diffusée et vulgarisée.
Origine et Historique
Trois inventions majeures sont à l’origine de la télédétection
Historique
1939 – 45 : seconde guerre mondiale: la photographie aérienne est utilisée pour
localiser les positions stratégiques …
début des années 60 : l’aventure spatiale – le premier homme dans l’espace : vision
extraordinaire de la terre.
décennie 70 : programme expérimental de surveillance des récoltes (LANDSAT) ;
2000 …? Utilisation militaire médiatisée : Irak, Afghanistan
Historique
Le XIXe siècle marque le début d'une période beaucoup mieux documentée et les
inventions et découvertes s'effectuent à un rythme accéléré.
Les premiers pas : Naissance de la Photographie
L'invention de la photographie a favorisé la télédétection
1802 mise en place des concepts de base de la théorie de la couleur (théorie de Young-Von
Helmholtz) ;
1827 première photographie du milieu naturel par le français Joseph Nicéphore Niepce
(exposition de 8 heures) ;
1855 le physicien écossais James Clark Maxwell propose les assises théoriques pour la
production de photographies en couleur.
En 1891 : invention d’un système de caméra (récupérable grâce à un parachute)
La Terre vue du ciel : naissance des Plate-forme
La deuxième moitié du XIXe siècle constitue un tournant pour le développement technologique associé à la
télédétection.
1859 : La première photographie aérienne à partir d'un ballon captif à environ 400 m d'altitude au-dessus
du sud de Paris.
1887 : Les allemands prennent pour la première fois des photographies aériennes par ballon pour des fins de
cartographie forestière.
1903, un brevet pour des pigeons équipés d'une caméra miniature installée sous leur ventre
Dès 1909, Wilbur Wright prend une première photographie aérienne par avion au-dessus de Centrocelli, en Italie
L'acquisition systématique de l'information
Dès 1915, des caméras sont construites spécifiquement pour des prises de vues aériennes
Durant la guerre 1914-1918, les Forces aériennes françaises développent et impriment parfois jusqu'à 10000
photographies par nuit
Après la Première Guerre mondiale, l'intérêt pour la prise d'images aériennes s'estompe. Il demeure cependant que les
besoins au niveau civil, soit en géologie, foresterie, agriculture et cartographie ont quand même donné un souffle
suffisamment grand pour provoquer, encore une fois, des développements technologiques et diverses réalisations dignes de
mention.
- 1919 un gigantesque programme de cartographie des forêts canadiennes débute et premières détections d'information en
thermographie infrarouge (Hoffman) ;
- 1924 mise au point du premier film multicouche qui mènera à la mise en marché de la marque Kodachrome en 1935 ;
- 1931 fabrication du premier film sensible au rayonnement infrarouge ;
- 1936 prise de la première photographie aérienne montrant la courbure de la Terre à partir d'un ballon volant à plus de 23 000
m d'altitude.
Le début de l'ère spatiale
La Deuxième Guerre mondiale aura favorisé aussi le développement de technologies plus sophistiquées en ce qui concerne
les capteurs photographiques, les fenêtres spectrales utilisables, les instruments de visualisation ainsi que les techniques et
méthodes d'interprétation de ces photographies.
Entre 1944 et 1945. Construction d'une arme de représailles redoutable que les allemands ont utilisée. Elle est le
précurseur des lanceurs modernes de satellites.
1946 les américains utilisent des V2 pour prendre les premières photographies de la Terre à partir de la haute atmosphère
1956 l'américain Colwell expérimente l'infrarouge fausse couleur, réservée jusqu'alors aux militaires ; ses recherches
portaient sur la végétation (reconnaissance, classification, détection de zones de stress)
1960 les américains lancent le premier satellite météorologique en avril. Il s'agit de TIROS-1
1962 Zaitor et Tsuprun construisent un prototype de caméra photographique multibande (9 fenêtres) ; les possibilités de ce
type d'imagerie étaient connues depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale.
Les premiers satellites d'observation de la Terre
Les années 1960 auront aussi été le théâtre de la course vers la Lune entre les américains et les russes.
Cette compétition, à partir de satellites habités (Gemini, Apollo, Soyouz), aura profité grandement à la télédétection car, des
deux côtés, on a développé et expérimenté des capteurs mono et multibandes menant à ceux qui sont installés dans les
satellites d'observation de la Terre actuels.
La fin des années 1970 et surtout le début des années 1980 sont marqués, non seulement par l'arrivée de la seconde
génération des satellites américains Landsat, mais aussi par celle de compétiteurs provenant de divers pays (France, Japon,
Inde, URSS).
Aujourd'hui, le développement s'oriente vers l'amélioration des capteurs en matière de finesse (spatiale, spectrale,
temporelle), de polyvalence et de longévité.
CHAPITRE 2
BASES DE LA TELEDETECTION
Rayonnement électromagnétique (REM)
Ensemble des radiations émises par une source qui peut être soit le soleil, soit la
surface terrestre ou océanique ou l’atmosphère, ou bien encore le capteur satellitaire
lui-même, sous forme d’ondes électromagnétiques ou de particules.
Les rayonnements électromagnétiques sont plus communément appelés lumières, que
celles-ci soient visibles par l'homme (lumière blanche) ou non (Ultraviolet, Infrarouge,
rayon, etc.). Ainsi, lorsque la lumière passe travers un prisme, elle se décompose en
plusieurs couleurs constituantes (l'arcen- ciel).
Dispersion spectrale de la lumière au moyen d’un prisme
Rayonnement électromagnétique (REM)
Spectre électromagnétique
Le spectre électromagnétique représente la répartition des ondes électromagnétiques en
fonction de leur longueur d'onde, de leur fréquence ou bien encore de leur énergie.
Interactions rayonnement et la matière
Lorsqu’un rayonnement électromagnétique atteint un objet, certaines longueurs d’onde
sont absorbées tandis que d’autres sont réfléchies par l’objet (figure ci-dessous). Une
partie du rayonnement peut éventuellement être transmise à travers l’objet si celui-ci
est plus ou moins transparent, avec un changement de direction de la propagation du à
la réfraction.
Signatures spectrales : Carte d’identité des objets
En observant une image, notre cerveau parvient à différencier les éléments qui constituent le
paysage (zone d’habitat, cultures, forêt…). Cette différenciation s’opère principalement grâce aux
variations de teinte de ces différents éléments. En interceptant la surface terrestre, le
rayonnement solaire est réfléchi.
La proportion de rayonnement réfléchi, appelée la réflectance, est très variable. En effet, le
pourcentage de réflexion varie non seulement avec la longueur d’onde mais également avec la
nature des objets présents.
Elle dépend de la composition, de l’humidité de l’objet, de même que des conditions
atmosphériques et d’éclairement. L’importance de la réflectance selon la gamme de longueur
d’onde forme la « signature spectrale ».
Chaque surface possède ainsi une signature spectrale - quantité d'énergie émise ou réfléchie
en fonction de la longueur d'onde qui lui est propre et qui permettra son identification sur les
images satellitaires.
Signatures spectrales : Carte d’identité des objets
Figure 8 :Signatures spectrales des surfaces naturelles dans le domaine du visible, du proche infrarouge et de
l'infrarouge moyen
Facteurs modifiant la réflectance des végétaux
✓ l’épaisseur des feuilles
✓ la face des feuilles : face inférieure plus
réfléchissante
✓ l’âge des feuilles
✓ la teneur en eau
✓ les déficiences minérales
✓ les pathologies
✓ les autres organes
✓ le port des feuilles
✓ l’orientation des rangs
✓ le stade de développement de la culture
Facteurs modifiant la réflectance des végétaux
Ces propriétés spectrales varient ainsi avec la saison, l’état sanitaire et les actions anthropiques. Les
changements physiologiques qui accompagnent la croissance d'une plante, depuis la phase de
maturation jusqu'à sa sénescence, qu'elle soit naturelle (stades phénologiques) ou liée au stress, influent
fortement sur la signature spectrale de la végétation
Figure 9: réflectance de l'eau de mer en fonction Figure 11 : Variations de la signature spectrale en fonction
de sa teneur en chlorophylle (en mg.m-3) de l'état physiologique de la végétation
CHAPITRE 3
SYSTEME D’ENREGISTREMENT DE
L’INFORMATION
Les capteurs
Les principaux équipements utilisés en télédétection sont les plates-formes, les capteurs
ainsi que le support électrotechnique nécessaire à la production d'une image numérique.
En télédétection, les capteurs sont des appareils capables de recevoir le rayonnement qui
vient de la terre et de le transformer en un signal permettant la mémorisation de
l’information.
Un capteur passif ou optique enregistre le rayonnement naturel,
émis ou réfléchi par un objet suite à l’éclairement par le soleil
(principale source d’énergie électromagnétique reçue sur Terre).
Dans ce cas l’on parle de télédétection Passive.
Notion de résolution
La résolution spatiale indiquant la taille (surface) du plus petit objet perceptible
dans une image (pixel).
✓ Haute résolution spatiale: 0.5 - 4 m
✓ Moyenne résolution spatiale 4 - 30 m
✓ Faible résolution spatiale 30 - 1000 m
Notion de résolutions
La résolution spectrale représente l’aptitude d'un capteur à employer de petites
fenêtres de longueurs d'onde (Usah et Singh, 2013).
C’est la plus petite largeur de la bande spectrale enregistrée par le capteur
Mode panchromatique
Faible résolution spectrale
Mode multispectral
Haute résolution spectrale
Notion de résolutions
La résolution radiométrique d'un système de télédétection décrit sa capacité de reconnaître de
petites différences dans l'énergie électromagnétique. Plus la résolution radiométrique d'un capteur est
fine, plus le capteur est sensible à de petites différences dans l'intensité de l'énergie reçue.
La résolution temporelle est le temps que prend un satellite pour réaliser un cycle orbital complet
(Bonn et Rochon, 1993). Il s’agit donc du temps qu’il faut au satellite pour observer à nouveau
exactement la même scène à partir du même point dans l’espace.
Plates-formes
En télédétection, une plate-forme se définit comme étant tout objet mobile ou immobile qui peut contenir
des instruments (détecteurs ou capteurs) servant à enregistrer des informations spatiales et spectrales
provenant d'objets divers.
Pour enregistrer adéquatement l'énergie réfléchie ou émise par une surface ou une cible donnée, on doit
installer un capteur sur une plate-forme distante de la surface ou de la cible observée :
Cas des satellites
Nous sommes passés d'un satellite d'observation de la Terre (ERTS-1) à une possibilité
de plus de trente en l'an 2000.
Cas des satellites
La trajectoire effectuée par un satellite autour de la Terre est appelée orbite. L'orbite
d'un satellite est choisie en fonction de la capacité des capteurs qu'il transporte et des
objectifs de sa mission.
Comment choisir ses données
Comment choisir ses données
CHAPITRE 4
APPLICATION DE LA TÉLÉDÉTECTION
Les exemples des applications liées à la télédétection
spatiale sont très nombreux, on peut citer :
▪ La gestion des catastrophes (inondations, déversement
d'hydrocarbures, incendies de forêts, etc.);
▪ Le gestion des ressources naturelles;
▪ Occupation du sol;
▪ Géosciences;
▪ Cartographies (planimétrie, altimétrie, documents
pseudo-cartographique,etc.);
▪ Météorologie;
▪ Océanographie;
▪ Glaciologie;
▪ Urbanisme et aménagement du territoire;
▪ Agriculture;
▪ Environnement;
▪ Etc.
Merci de votre aimable attention