Univérsité Hassan II Année Univesitaire 2018-2019
Faculté des Sciences Aïn Chock Master : MNSA
Département de Mathématiques Session : S1
Correction d’examen d’Analyse Fonctionnelle
Mardi 15 Janvier 2019 , Durée : 2 heures
Exercice 1 Continuité des opérateurs positifs
Soit E un espace de Banach et E 0 son dual. On notera hf, xiE 0 ,E = f (x) le crochet
de dualité. On considère une application linéaire T : E → E 0 telle que
∀x ∈ E, hT x, xiE 0 ,E > 0
Notre but est de montrer que T est continue.
1. Rappeler le théorème du graphe fermé.
Réponse : Soit E et F deux espaces de Banach et T : E → F une application
linéaire.
Si le graphe de T : GT = {(x, T x) ∈ E × F/x ∈ E} est fermé dans E × F , alors
T est continue.
2. Soit (xn ) ⊂ E une suite convergeant dans E vers un point x et telle que T xn
converge vers une limite f dans E 0 . Montrer que, pour tout y ∈ E, on a
hf − T y, x − yiE 0 ,E > 0
Réponse : On a hT (xn −y), xn −yiE 0 ,E > 0 ou encore hT xn −T y, xn −yiE 0 ,E > 0.
Par passage à la limte quand n → ∞, on obtient le résultat.
3. En appliquant cette inégalité à y = x − εh avec h ∈ E et ε > 0, montrer que l’on a
∀h ∈ E, hf − T x, hiE 0 ,E > 0
Réponse : Pour y = x − εh, on a hf − T (x − εh), εhiE 0 ,E > 0 et par linéarité
εhf − T (x), hi > 0 + ε2 hT h, hi > 0 par suite hf − T (x), hi > 0 + εhT h, hi > 0
En faisant tendre ε vers 0, on obtient le résultat.
4. Appliquer le théorème du graphe fermé pour en déduire que T est continue.
Réponse : Quitte à remplacer dans la question précédente h par −h, on obtient
hf − T x, hi = 0, ceci ∀h ∈ E, d’où T x = f .
Par le théorème du graphe femé, on conclut que T est continue.
1
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Exercice 2
Soit H un espace de Hilbert muni d’un scalaire produit (.|.) et la norme correspon-
dante k.k.
Soit A : H → H un opérateur linéaire continu qui vérifie de plus, pour un certain
α > 0, la condition
(Au|u) > αkuk2 , ∀u ∈ H
Le but de l’exercice est de montrer que A est bijectif.
1. Démontrer tout d’abord que A est injectif.
Réponse : Soit u ∈ ker A, on a Au = 0 et donc 0 = (Au|u) > αkuk2 . Il vient
u=0
2. On fixe b ∈ H. Pour un ρ > 0 donné, on considère l’ application
f : u ∈ H 7→ u − ρ(Au − b) ∈ H
(a) Pour tous u1 , u2 ∈ H, en calculant kf (u1 ) − f (u2 )k2 ,montrer que
kf (u1 ) − f (u2 )k2 6 (1 − 2ρα + ρ2 kAk2 )ku1 − u2 k2
En particulier 1 − 2ρα + ρ2 kAk2 > 0
Réponse :
kf (u1 ) − f (u2 )k2 = ku1 − u2 − ρA(u1 − u2 )k2
= ku1 − u2 k2 − ρ(A(u1 − u2 )|u1 − u2 ) + ρ2 kA(u1 − u2 )k2
6 ku1 − u2 k2 − 2αρku1 − u2 k2 + ρ2 kAk2 ku1 − u2 k2
6 (1 − 2ρα + ρ2 kAk2 )ku1 − u2 k2
(b) Montrer que l’on peut choisir ρ > 0 de sorte que 1 − 2ρα + ρ2 kAk2 < 1.
α
Réponse : 1 − 2ρα + ρ2 kAk2 < 1 ⇔ 2ρα − ρ2 kAk2 > 0 ⇔ 2 > ρ > 0.
kAk2
(c) Rappeler le théorème du point fixe (de Banach) d’appliction strictement contrac-
tante.
Réponse : Soit (E, d) un espace métrique complet et ϕ : E → E une
application strictement contractante :
∃k ∈ [0, 1[, ∀x, y ∈ E : d(ϕ(x), ϕ(y)) 6 kd(x, y)
Alors ϕ admet un unique point fixe.
(d) Conclure.
α
Réponse : Pour α vérifiant 2 > ρ > 0, on a 0 6 1 − 2ρα + ρ2 kAk2 < 1
kAk2
Donc l’applaction f est contractante par suite ∃!v ∈ E tel que f (v) = v
Il vient : ∀b ∈ H, ∃!v ∈ E tel que Av = b
D’où A est bijective.
2
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X
Exercice 3 On considère les espaces de Banach réels `p = {u = (un )/ |un |p < ∞}
n>1
et `∞ = {u = (un )/ sup |un | < ∞} munis de leur normes usuelles :
∞
!1/p
X
p
kukp = |un | et kuk∞ = sup |un |
n=1
Pour p ∈ [1, +∞[
1. Pour p ∈ [1, +∞[, rappeler le dual de `p .
1 1
Réponse : (`p )0 = `q avec + si p ∈]1, +∞[ et q = ∞ si p = 1.
p q
2. Considérons C le sous espace des suites convergentes
(a) Montrer que L : C → R telle que L(u) = lim un est une forme linéaire contine,
déterminer sa norme.
Réponse : L est linéaire sur C.
D’autre part ∀n ∈ N∗ , |un | 6 kuk, par passage à la limite, on obtient
|L(u)| 6 kuk donc kLk 6 1 qui est atteinte pour u = 1.
Conclusion : L est continue de norme 1.
(b) Rappeler la forme analytique du théorème de Hahn-Banach.
Réponse : Soit E un espace vectoriel sur R et soit p une semi-norme sur E.
Soit G un sous-espace vectoriel de E et g : G → R une forme linéaire telle
que : g(x) 6 p(x), ∀x ∈ G.
Alors il existe une forme linéaire f sur E prolongeant g et telle que :
f (x) 6 p(x), ∀x ∈ E.
(c) Déduire qu’il existe une forme linéaire continue f sur `∞ (N) telle que f (u) =
lim un pour toute suite u = (un ) ∈ `∞ convergente.
Réponse : L est une forme linéaire contnue sue le sev C :
∓L(x) 6 p(x) = kxk, ∀x ∈ C , d’aprés le théorème de Hahn-Banach, il
existe une forme linéaire continue f sur `∞ (N) prolongeant L avec kf k = 1.
(d) Montrer que L ne peut s’écrire sous la forme
X∞
L(u) = an un avec (an ) ∈ `1
n=0
(on pourra penser à tester une telle écriture sur les sur les suites ek = (δk,n )n =
(0, . . . , 0, 1, . . .))
Réponse : Si c’est le cas alor L(ek ) = ak , d’autre part lim ek,n = 0 donc
ak = 0 ceci pour tout k.
Par suite L = 0, ce qui est absurde.
(e) Qu’en déduire concernant `1 et le dual de `∞ .
Réponse : `1 est un sev strict du dual de `∞ .
3
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3. Convergence faible dans `1 : Théorème de Schur
Dans toute la suite E = `1 et donc E 0 = `∞ .
Soit (xk )k une suite d’éléments de E = `1 qui converge faiblement vers 0. On veut
montrer qu’elle converge fortement vers 0.
(a) Pour f, g ∈ BE 0 (c’est-à-dire, kf k 6 1 et kgk 6 1) on définit
∞
X 1
d(f, g) = |fn − gn |.
2n
n=1
i. Vérifiez que d est une métrique sur BE 0
Réponse : Vérification des trois axiomes d’une distance.
ii. Soit g ∈ BE 0 et ε > 0. Montrer qu’il existe un voisinage V (g) pour la
topologie σ(E 0 , E) (faible ∗)tel que
V (g) ∩ BE 0 ⊂ {f ∈ BE 0 /d(f, g) < ε}
Réponse : Soit f ∈ BE 0 , on a
∞ n ∞ n
X 1 X 1 X 1 X 1 1
d(f, g) = n
|fn −gn | 6 i
|fi −g i |+2 i
6 i
|fi −gi |+ n−1 .
2 2 2 2 2
n=1 i=1 i=n+1 i=1
1
On choisit δ > 0 et n > 1 tels que δ + <ε
2n−1
( ou encore δ = ε/2 et 1/2n < ε)
le voisinage V (g) = {f ∈ BE 0 , |hf − g, ei i}| < δ répond à la question.
iii. On rappelle le théorème d’Alaoglu :
La boule-unité BE 0 est compacte pour la topologie σ(E 0 , E) .
Conclure que BE 0 est compact pour la topologie correspondantes à la
métrique d.
Réponse :
D’aprés la question précédente l’injection canonique
j : (BE 0 , σ(E 0 , E)) → (BE 0 , d) est continue. Or le théorème d’Alaoglu
donne la compacité de BE 0 pour σ(E 0 , E), donc BE 0 est compact pour la
métrique d.
(b) Étant donné ε > 0 soit
Fp = {f ∈ BE 0 /|hf, xk i| 6 ε, ∀k > p}.
[
i. Vérifier que Fp est un fermé de (BE 0 , d) et que Fp = BE 0
p>1
Réponse : (BE 0 , d) est un espace métrique compact donc complet.
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\
Fk = {f ∈ BE 0 /|hf, xk i| 6 ε} compact pour σ(E 0 , E), donc l’est pour
k>p
(BE 0 , d) et par suite c’est un fermé.
[
Puiisque hf, xk i → 0 pour tout f ∈ BE 0 , alors Fp = BE 0 .
p>1
ii. Rappeler le théorème de Baire (cas d’une réunion de fermés).
Réponse : Théorème de Baire
Dans un espace métrique complet, la réunion d’une famille
dénombrable de fermés d’intérieur vide est encore d’intérieur vide.
iii. Prouver qu’il existe des g ∈ BE 0 , une constante α > 0 et un entier p0 tel
que
[f ∈ BE 0 et d(f, g) < α] ⇒ [f ∈ Fp0 ].
[
Réponse : On a Fp = BE 0 6= ∅, par le thm de Baire, on conclut
p>1
o
z}|{
∃p0 ∈ N∗ tel que Fp0 6= ∅. par suite il existe g ∈ BE 0 , α > 0 tel que
[f ∈ BE 0 et d(f, g) < α] ⇒ [f ∈ Fp0 ].
(c) Fixer un entier N tel que (1/2N −1 ) < α.
i. Pour f = (g1 , g2 , . . . , gN , ±1, ±1, . . .), montrer que d(f, g) < α.
∞
X 1 1
Réponse : On a d(f, g) 6 2 i
= N −1 < α
2 2
i=N +1
ii. Prouver que
N
X
kxk k1 6 ε + 2 |xkn | ∀k > p0 .
n=1
Réponse : On a d(f, g) < α donc f ∈ Fp0 , d’où ∀k > p0
∞
X N
X ∞
X
k
|hf, x i| = fn xkn = gn xkn + (±xkn ) 6 ε
n=1 n=1 n=N +1
Il suit que
∞
X ∞
X N
X
|xkn | 6 ε + |gn ||xkn | 6 ε + |xkn |
n=N +1 n=1 n=1
et ainsi
∞
X N
X
|xkn | 6 ε + 2 |xkn | , ∀k > p0
n=1 n=1
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(d) Conclure.
Réponse : Pour chaque n, on a xkn → 0 quand k → ∞.
XN ∞
X
Donc |xkn | → 0 et ∃p1 > p0 tel que ∀k > p1 , |xkn | 6 2ε.
n=1 n=1
Finalement kxk k1 → 0.
(e) En utilisant une méthode similaire, prouver que si (xk ) est une suite dans `1
telle que pour chaque f ∈ `∞ , la suite(hf, xk i)k converge vers une certaine
limite, alors (xk ) converge vers une limite fortement dans `1 .
Réponse :
Étant donné que ε > 0, soit
0
Fp = {f ∈ BE 0 /|hf, xk − xk i| 6 ε, ∀k, k 0 > p}.
Par la même méthode que ci-dessus, on trouve les entiers p0 et N tels que
N
k0
X
k
kx − x k1 6 ε + 2 |xkn | , ∀k, k 0 > p0
n=1
Il suit que la suite (xk ) est de Cauchy dans `1 , donc converge.