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L Art

Le document explore la définition de l'art à travers différentes perspectives philosophiques, en soulignant que le beau est distinct de l'utile et de l'agréable. Il présente des thèses de penseurs tels que Platon, Aristote, Hegel, Nietzsche et Kant, qui discutent de l'imitation, de la création artistique, et de la durabilité des œuvres d'art. Enfin, il aborde l'impact des nouvelles techniques sur la perception de l'art et son rôle dans l'expérience humaine.

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Le document explore la définition de l'art à travers différentes perspectives philosophiques, en soulignant que le beau est distinct de l'utile et de l'agréable. Il présente des thèses de penseurs tels que Platon, Aristote, Hegel, Nietzsche et Kant, qui discutent de l'imitation, de la création artistique, et de la durabilité des œuvres d'art. Enfin, il aborde l'impact des nouvelles techniques sur la perception de l'art et son rôle dans l'expérience humaine.

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L’art

Ou commence et ou s’arrête l’art ?

A première vue, on peut dire qu’il y a art lorsqu’il y a production d’une


œuvre belle. Mais alors, on doit se demander, comme Socrate durant
l’Antiquité, qu’est-ce donc que le beau ?

Pour le définir, Kant opère des distinctions : le beau est différent de l’utile.
Contrairement à l’objet, l’œuvre belle ne répond à aucun besoin. Devant
un tableau ou une musique on ne se demande pas à quoi ça sert car on
répondra toujours : à rien.

Une œuvre ne sera pas forcément perçue de la même manière par tout le
monde : le beau est-il subjectif ? Kant avance une autre distinction : le
beau est différent de l’agréable. Une œuvre belle doit procurer plus qu’une
sensation subjective sinon je dis simplement qu’elle me plait : elle est
belle si je postule qu’elle peut l’être aussi pour les autres. Le beau est
universel.

Depuis la seconde moitié du XXe siècle les artistes ont décidés de


bousculer le beau et de nous provoquer. Mettre un urinoir dans un musée
en fait-il une œuvre d’art ? Walter Benjamin propose de changer notre
perception de l’art. Avec l’apparition des nouvelles techniques, l’œuvre
n’est plus sacré comme l’était un tableau de la renaissance car elle n’est
plus unique : elle peut être reproduite à l’infinis. On peut se demander si
elle ne devient pas aussi un pur produit commercial issu d’une industrie
qui vise à vendre le plus d’exemplaires possibles. Walter Benjamin le
prend en compte, l’œuvre perd peut-être de son aura mais elle ouvre des
champs nouveau et insoupçonnés dans les sensations qu’elles provoquent
en nous. L’art se définit alors par l’expérience qu’il nous donne à vivre.

Les thèses :

1. Platon, La République, livre X : l’art n’est qu’imitation et illusion

Dans un extrait, Platon prend l’image des trois lits. Un lit existe sous trois
facettes : son concept/ l’image qu’on s’en fait (son essence) sa
matérialisation (selon le menuisier) et son idéal (créé par l’artiste) Selon
Platon, le peintre se contente de recopier le lit du menuiser, lui-même
inspiré pas le concept. L’art est donc un mensonge, une illusion, l’artiste
ne fait que copier la conception réelle d’un concept et non le concept
même.

2. Aristote, Politique : l’art est imitation


Selon Aristote, les Hommes ont tendances à imiter (« imiter est en effet,
dès leur enfance, une tendance naturelle aux hommes ») et prennent du
plaisir à contempler ces imitations (« Apprendre est un grand plaisir […].
On se plaît en effet à regarder les images car leur contemplation apporte
un enseignement. »). De plus l’Homme aime apprendre par la
contemplation. L’art puise donc sa source dans le plaisir de l’imitation.

3. Hegel, Esthétique : distinction entre beauté naturelle et beauté


esthétique

« L’esthétique a pour objet le vaste empire du beau […] c’est la


philosophie de l’art, ou plus précisément des Beaux-Arts ». Cette définition
exclut le beau de la nature et ne considère que le beau dans l’Art. Hegel
soutient que l’esprit est supérieur à la nature et que, par conséquent, la
beauté artistique est supérieure à la beauté naturelle car elle est le fruit
de l’esprit.

4. Hegel, Esthétique : l’art n’est pas pure imitation

L’opinion courante considère que l’art doit imiter la nature. Mais cette
vision restreint l’art à ne reproduire que ce qui existe déjà dans le monde,
or l’art est création, il introduit la nouveauté. Selon Hegel « l’art, quand il
se borne à imiter, ne peut rivaliser avec la nature, et qu’il ressemble à un
ver qui s’efforce en rampant d’imiter un éléphant ». L’art est donc
médiocre quand il se borne à la simple imitation de la nature.

5. Arendt, Condition de l’homme moderne : la durabilité de l’œuvre


d’art

« L’œuvre d’art doit être soigneusement écartée du contexte des objets


d’usage ordinaires ». L’œuvre d’art, unique, n’est pas échangeable. Elle
donne à l’artifice humain sa stabilité. Elle n’a pas d’utilité pratique.

Les véritables œuvres d’art traversent les temps, demeurant souvent


inaltérées. « Leur durabilité est presque invulnérable aux effets corrosifs
des processus naturels ». Elles acquièrent un statut d’objet immortel créé
par l’homme. Il s’agit « d’une chose immortelle accomplie par des mains
mortelles ».

6. Nietzsche, La généalogie de la morale (IIIe Dissertation) : le Beau ne


relève pas d’une connaissance mais d’une promesse de bonheur

Nietzsche prend partie pour la vision de Stendhal, lequel voit dans l’art
« une promesse de bonheur » qui est à l’opposé de ce que soutient Kant
(impersonnalité et universalité). La beauté chez Nietzsche ne relève pas
d’une connaissance, n’est pas théorique, mais est une expérience
érotique.
7. Nietzsche, La volonté de puissance : l’art désigne un total
épanouissement

« Sans la musique, vivre aurait été une erreur » écrit Nietzsche. Pour ce
dernier, l’art est d’une importance vitale, il est joie et plénitude radicale,
en plus d’apparaitre comme le premier degré de l’effort vers le surhumain.
« Ce qui est essentiel dans l’art, c’est qu’il parachève l’existence, c’est
qu’il est générateur de perfection et de plénitude : l’art est
essentiellement l’affirmation, la bénédiction, la divinisation de
l’existence. « L’art, par essence, est affirmation de l’existence, création de
nouvelles valeurs.

8. Kant, Critique du jugement : le beau plait universellement sans


concept

« Le beau est ce qui est représenté, sans concept, comme l’objet d’une
satisfaction universelle. » Kant pointe la satisfaction désintéressée et
universelle comportant une ressemblance avec le jugement logique. Celui-
ci constitue par des concepts une connaissance de l’objet esthétique.
Toutefois, cette universalité est subjective et non pas logique.
L’universalité du jugement esthétique ne repose pas sur des concepts.

9. Nietzsche, Humain trop humain : le génie n’est pas une disposition


innée de l’esprit

Selon Nietzsche c’est le travail qui créé l’œuvre. « L’activité du génie ne


parait pas le moins du monde quelque chose de foncièrement différents de
l’activité de l’inventeur en mécanique. » Le génie représente un long
travail. Selon lui c’est pour éviter de l’envier que l’on a employé le terme
de génie (« Nommer quelqu’un « divin », c’est dire « ici nous n’avons pas
à rivaliser. » »). Le génie ne relève d’un miracle, d’un talent inné, il est le
fruit d’un long travail.

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