DIAGNOSTIC DU REFLUX GASTRO-
OESOPHAGIEN (RGO)
DIAGNOSTIC DU REFLUX GASTRO ŒSOPHAGIEN (RGO)
Cible : DCEM1
Prérequis : anatomie, physiopathologie et sémiologie digestives
OBJECTIFS
- Définir le RGO
- Décrire les mécanismes physiopathologiques du RGO
- Décrire trois signes typiques et atypiques du RGO
- Citer quatre signes de gravité (d’alarme) au cours du RGO
- Citer trois principales causes de RGO par dysfonctionnement de la barrière anti reflux
et de l’hyperpression abdominale
PLAN
INTRODUCTION
1. GENERALITES
1.1. Définition
1.2. Intérêt
1.3. Rappels
1.4. Physiopathologie
2. Diagnostic positif
2.1. Signes cliniques
2.2. Signes paracliniques
3. Diagnostic de gravité
4. Diagnostic différentiel
5. Diagnostic étiologique
CONCLUSION
INTRODUCTION
Le RGO est l’une des premières causes de consultation en gastroentérologie. C’est un
mécanisme physiologique qui devient pathologique lorsqu’il s’accompagne de signes
cliniques. Le diagnostic positif est souvent aisé, reposant sur l’interrogatoire dans 80% des
cas. C’est une pathologie bénigne mais parfois invalidante. Il faut toujours rechercher les
signes d’alarme pouvant cacher une maladie grave.
Remo
1. GENERALITES
1.1. Définition
Le RGO se définit par une remontée de tout ou une partie du contenu gastrique (liquide
gastrique) vers l’œsophage ou l’oro-pharynx.
1.2. Intérêt
- Epidémiologique
Prévalence mondiale varie de 15 à 40% de la population.
La prévalence hospitalière est variable selon les pays. Au Congo, 30 % des
hospitalisations en GEMI au CHUB selon ATIPO IBARA et coll.
Il touche les sujets de tout âge avec une prédominance masculine.
Chez l’adulte, Bougouma et al au BF a trouvé un âge moyen de 28 ans et un sex
ratio de 1.
- Diagnostique :un interrogatoire bien conduit est suffisant dans 80%. La confirmation
diagnostic se fait à la pH-métrie.
- Pronostique : c’est maladie sujette à des récidives fréquentes mais généralement de
bon pronostic
1.3. Rappels
En situation normale, la jonction œsogastrique constitue une barrière anti reflux
(empêchant la remontée du contenu gastrique vers l’œsophage).
Cette barrière anti reflux est assurée par
- le sphincter inférieur de l’œsophage (SIO)
Zone de 2-3 cm situé à hauteur du hiatus diaphragmatique avec une pression
de repos entre 8-20 mmHg.
- l’Angle de His : angle aigu de moins 90°
- la poche à air gastrique
- le ligament gastro-phrénique : ligaments qui rattachent l’estomac au diaphragme
De manière physiologique, la déglutition des aliments est suivie par le relâchement du
SIO pour permettre le passage des aliments dans la cavité gastrique puis par sa
fermeture pour empêcher la remontée de ceux-ci.
1.4. Etiopathogénie
1.4.1. Facteurs de risque du RGO
Certains maladies vont perturber le fonctionnement de la barrière anti anti reflux et
entrainer le RGO.
On peut citer
o La hernie hiatale : le passage d’une partie de l’estomac dans le thorax à
travers l’orifice œsophagien.
Elle peut être par glissement (passage du cardia et de l’estomac) par
roulement (passage de l’estomac sans le cardia) qui n’entraine pas de RGO.
o L’incontinence du SIO : défaut de fermeture du SIO
o Ralentissement de la vidange gastrique : gastroparésie diabétique, sténose
duodénale
o L’obésité abdominale : augmentation du tour de taille supérieur à 100 cm chez
l’homme et 88 cm chez la femme en dehors de la grossesse.
o La grossesse
1.4.2. Pathogénie
Dysfonctionnent Ralentissemnt de la Hyperpression
Barrière anti reflux vigdange gastrique abdominale
Remontée du
contenu gastrique
(acide+++)
1.4.3. Conséquences
o Atteinte œsophagienne : brûlures, régurgitations
o Atteinte oropharyngée : douleur pharyngée, caries)
o Autres signes
2. Diagnostic positif
Le diagnostic du RGO se fait devant les manifestations cliniques et paracliniques
2.1. Manifestations cliniques
On distingue des signes typiques et atypiques
2.1.1. Signes typiques
- Pyrosis : brûlures rétrosternales ou retroxyphoïdiennes puis ascendante partant de
l’épigastre
- Régurgitation : remontée du contenu (liquide) gastrique (acide+++) jusqu’au pharynx
sans efforts de vomissements.
- Eructations : rejet ou expulsion de gaz de l’œsophage ou de l’estomac par la
bouche
- Syndrome postural : déclenchement ou aggravation des symptômes en antéflexion
(signe de lacet) ou en décubitus.
2.1.2. Signes atypiques
- Digestifs
o Epigastralgies : douleurs ressentie dans la région épigastriques
o Dyspepsie : sensation d’inconfort après le repas
o Hoquet : contraction brutale, violente et involontaire du diaphragme (et
muscles intercostaux)
- Extra digestives
o Respiratoires
toux chronique à prédominance nocturne,
dyspnée asthmatiforme,
pneumopathies récidivantes.
o Cardiaques
douleurs thoraciques pseudo angineuses
gène respiratoire avec orthopnée
o ORL
érythème laryngé,
enrouement de la voix,
otalgie
irritation pharyngée
o Stomatologiques
caries dentaires
ulcérations buccales
2.2. Manifestations paracliniques
2.2.1. FOGD
Elle n’est pas l’examen de certitude du RGO.
Elle est indiquée :
- Chez un Homme > 50 ans, ayant une consommation alcoolo tabagique
- RGO ancien de plus de 5 ans, jamais exploré.
- RGO avec des signes typiques persistants pendant le traitement ou récidivant à son
arrêt
- Manifestations atypiques (digestifs ou extra digestifs)
- Obésité
- RGO associé aux signes d’alarmes (diagnostic de gravité)
Elle affirme le diagnostic lorsqu’on trouve les anomalies du cardia ou la présence
œsophagite (inflammation de l’œsophage) d’origine peptique. L’œsophagite est stadifiée
selon la classification de Savary Miller en quatre stades
- Stade I : perte de substance muqueuse superficielles punctiformes (érosions) ou
larges (ulcérations), indépendantes, intéressant des plus muqueux sans être
confluentes (continues)
- Stade II : érosions ou ulcérations muqueuses continues ou confluentes mais non
circonférentielles (n’intéressant pas tout le pourtour de l’œsophage.
- Stade III : érosions ou ulcérations circonférentielles.
- Stade IV : présence de complications œsophagiennes
o Sténose : diminution du calibre de l’œsophage inférieur à 18 mm
o Hémorragie digestive : hématémèse (émission par la bouche de sang rouge
ou noir lors d’un effort de vomissement) ou méléna
o Ulcère œsophagien : perte de muqueuse profonde touchant la musculeuse
2.2.2. pH-métrie œsophagienne
L’examen permettant d’évaluer le pH du contenu gastrique remontant dans l’œsophage.
C’est l’examen de certitude du diagnostic du RGO qui est réalisé en 2ème intention.
Ses indications sont
- une FOGD non concluante chez un patient présentant des signes typiques
- manifestations atypiques du RGO.
Le RGO est défini par une chute du pH œsophagien < 4 pendant une durée minimale de
10 sec et le nombre de reflux à pH < 4 supérieur à 5 en 24 heures
Voir score de DE MEESTER
o % de temps total passé à pH < 4 (critère majeur)
Pathologique si > 5% du temps total, >3% de la période nocturne et >
8% de la période diurne
o Nombre de reflux à pH < 4 (pathologique si > 5)
o Nombre de reflux durant plus de 5min
o Durée du reflux le plus long
2.2.3. pH impédancemétrie œsophagienne
Technique qui permet de préciser le contenu du reflux (liquide ou gazeux, acide ou
alcalin. Elle est indiquée en cas persistance des signes malgré un traitement anti-acide
bien conduit.
2.2.4. Autres examens : bilan préthérapeutique
Pour résumer, le diagnostic positif du RGO est évoqué cliniquement à l’interrogatoire,
affirmé à l’endoscopie digestive haute et confirmé à la pH-métrie oesophagienne.
3. Diagnostic de gravité
3.1. Signes d’alarme
Les signes suivants doivent rechercher systématiquement faire chercher une maladie
grave telle qu’un cancer de l’œsophage.
- Dysphagie : sensation de blocage ou d’arrêt de la progression du bol alimentaire
après la déglutition.
- Anémie microcytaire : diminution de la concentration en hémoglobine, du volume
globulaire moyen et de la teneur moyenne en hémoglobine inférieure aux valeurs
normales.
- Hémorragie digestive
o Hématémèse
o Méléna
- AEG : signes associant une perte de poids, une anorexie (manque d’appétit), une
asthénie (fatique ne disparaissant pas au repos), une anémie.
3.2. Œsophagite sévère
Elle se définit par une classification de Savary Miller supérieure ou égale au stade II.
3.3. La présence d’une muqueuse de métaplasie intestinale ou endobrachy-
oesophage (EBO)
C’est une transformation intestinale de la muqueuse œsophagienne malpighienne
Il s’agit plus d’une complication de l’œsophagite que du ROGO
4. Diagnostic différentiel
- Crise d’asthme
Gène respiratoire prédominant à l’expiration, sifflante, souvent associée à une des
épisodes de toux répétée, en slaves.
- Angine de poitrine ou angor
Douleurs rétrosternales, constrictive (l’impression que le thorax est pris en étau), très
intense, irradiant vers la mâchoire gauche ou le membre thoracique gauche ou à
l’épigastre.
- Dyspnée laryngée
Gène respiratoire prédominant à l’inspiration donnant une sensation de mort
imminente.
- Hystericus globus : sensation permanente ou intermittente de striction ou de gorge
serrée le plus souvent dans un contexte d’angoisse ou de peur.
5. Diagnostic étiologique
Le diagnostic étiologique passe par une triple enquête : interrogatoire, examen clinique et
examens paracliniques.
5.1. Interrogatoire
- Chirurgie oeso gastrique ou bariatrique pour le traitement de l’obésité
- Antécédent de maladie ulcéreuse gastroduodénal
- Port des vêtements serrés
5.2. Examen clinique
- Mesure du tour de taille
- Calcul de l’IMC
5.3. Examens paracliniques
- Biologie
o Bêta-HCG
o Glycémie
o Hémoglobine glyquée
- Morphologie
o FOGD
o Radiographie ASP
o Echographie abdominale
o TDM thoraco-abdominale : compression gastrique, hernie hiatale par
glissement
o Scintigraphie gastrique : vidange gastrique
5.4. Etiologie (voir chapitre étiopathogénie)
Causes de dysfonctionnement Ralentissement de la Causes d’hyperpression
de la barrière anti reflux vidange gastrique abdominale
Hernie hiatale par glissement Gastroparésie diabétique Obésité abdominale
Incontinence/béance cardiale Sténose antro pylorique Grossesse
Œsophage abdominal court Anneau gastrique TFI (Constipation)
Chirurgie bariatrique Compression gastrique Constriction abdominale
(gastrectomie partielle) externe (vêtements)
CONCLUSION
Le diagnostic de RGO se fait surtout à l’interrogatoire. La FOGD est l’examen de première
intention et obéit à des indications qu’on doit connaitre. Il faut toujours rechercher les signes
de gravité.