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Relations Structures VI

Le document traite de l'étude des anneaux, une structure algébrique comprenant deux lois de composition interne, l'addition et la multiplication, qui doivent être compatibles. Il présente les définitions d'un anneau unitaire et d'un anneau commutatif, ainsi que des exemples d'anneaux, tels que Z et C, et discute des propriétés des éléments neutres dans un anneau. Enfin, il introduit la notion d'anneau intègre, où le produit de deux éléments non nuls est également non nul.

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Relations Structures VI

Le document traite de l'étude des anneaux, une structure algébrique comprenant deux lois de composition interne, l'addition et la multiplication, qui doivent être compatibles. Il présente les définitions d'un anneau unitaire et d'un anneau commutatif, ainsi que des exemples d'anneaux, tels que Z et C, et discute des propriétés des éléments neutres dans un anneau. Enfin, il introduit la notion d'anneau intègre, où le produit de deux éléments non nuls est également non nul.

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Algèbre et Arithmétique - Relations et Structures VI

04 mars 2021

3 Anneaux
On démarre maintenant l’étude d’une nouvelle structure algébrique : les anneaux. L’idée générale
simple est d’étudier des ensembles sur lesquels existent deux lois (une additive, une multiplicative)
compatibles entre elles. Nous allons voir ici les définitions et quelques propriétés générales sur la
notion d’anneau, notion qui sera approfondie dans l’UE ”Anneaux et Applications” de L3.
Un très bon exemple à avoir en tête pour comprendre la notion d’anneau est de penser à Z, qui
jouera pour nous le rôle d’anneau de référence (même si bien sûr nous appliquerons les résultats
généraux sur les anneaux à de nombreux exemples). Nous utiliserons en particulier les résultats
de ce chapitre lorsque nous aborderons l’arithmétique dans Z.

3.1 Définitions et premières propriétés


Dans ce module de L2, tous les anneaux considérés seront des anneaux unitaires (ce qui signifie
qu’ils satisfont la propriété 4 de la définition ci-dessous), et donc on convient ici d’appeler sim-
plement ”anneau” (sans préciser unitaire) ce qui correspond dans certains ouvrages à ”anneau
unitaire” (dans ces ouvrages, le terme ”anneau” correspond à un ensemble satisfaisant simplement
les 3 premières propriétés ci-dessous).

Définition 1. (anneau)
Un anneau (unitaire) (A, +, ·) est un ensemble A 6= ∅, muni de 2 lois de composition interne :

• une loi notée +, qu’on appelle addition ;

• une loi notée · (ou ×) qu’on appelle multiplication ou produit ;

vérifiant les propriétés suivantes :

1. (Groupe additif ) : (A, +) est un groupe abélien. On note alors 0A l’élément neutre (con-
formément à la convention de notation additive introduite dans le chapitre sur les groupes),
et le symétrique pour la loi + d’un élément a ∈ A est noté −a et est appelé l’opposé de a.

2. (Associativité de la multiplication) : la multiplication est associative dans A ; autrement


dit; pour tout (x, y, z) ∈ A3 on a (x · y) · z = x · (y · z).

3. (Distributivité) : la multiplication est distributive (à droite et à gauche) par rapport à


l’addition. Autrement dit, pour tout (x, y, z) ∈ A3 on a les égalités x · (y + z) = x · y + x · z
et (x + y) · z = x · z + y · z.

4. (Unitaire) : il existe un élément neutre pour la multiplication (qu’on note 1A ).

1
Dans la plupart des cas on s’intéressera à des anneaux commutatifs, au sens de la définition
ci-dessous.

Définition 2. (anneau commutatif )


Soit (A, +, ·) un anneau. On dit que l’anneau (A, +, ·) est commutatif si la multiplication · est
commutative dans A, autrement dit si pour tous x, y éléments de A on a x · y = y · x.
S’il existe x et y dans A tels que x · y 6= y · x, on dit que A est un anneau non commutatif.

Remarque : Si on vérifie au préalable que la multiplication est commutative dans A, pour montrer
que (A, +, ·) est un anneau (commutatif) il suffit, pour le 3ème point de la définition ci-dessus, de
montrer que la multiplication est distributive à gauche sur l’addition (avec la commutativité de la
multiplication, cela entraı̂ne qu’elle est aussi distributive à droite).
Donnons maintenant quelques exemples variés d’anneaux.
Exemples :

1. (Z, +, ·) est un anneau commutatif.

2. (C, +, ·) est un anneau commutatif (on laisse au lecteur le soin de le vérifier).

3. (Mn (R), +, ·) est un anneau non commutatif.


En effet, on a déjà justifié que (Mn (R), +) est un groupe abélien. On sait que la multiplication
matricielle dans Mn (R) est associative et distributive par rapport à l’addition. La matrice
In ∈ Mn (R) est un élément neutre pour la multiplication. Enfin, si n ≥ 2, il existe des
matrices A, B dans Mn (R) telles que AB 6= BA donc l’anneau est non commutatif.

4. Soit E un espace vectoriel. Alors (End(E), +, ◦) est un anneau non commutatif (où End(E)
désigne l’ensemble des endomorphismes de E).
Détaillons un peu la vérification des différentes propriétés pour cet exemple : l’addition et la
composition des fonctions sont des lois internes sur End(E) (la composée de deux applications
linéaires étant une application linéaire), et on a :

• (End(E), +) est un groupe abélien : pour tout (f, g) ∈ (End(E))2 , on a f + g =


g +f ∈ End(E) (la somme de deux applications linéaires étant une application linéaire),
l’addition est clairement associative, l’endomorphisme nul est l’élément neutre pour +
de End(E), pour tout f ∈ End(E) l’application −f appartient à End(E) et est un
symétrique de f pour +.
• pour tout (f, g, h) ∈ End(E)3 on a (f ◦ g) ◦ h = f ◦ (g ◦ h) (c’est l’application qui à
x ∈ E associe f (g(h(x)))) donc ◦ est associative dans End(E).
• on a pour tout (f, g, h) ∈ End(E)3 les égalités (f +g)◦h = f ◦h+g◦h (c’est l’application
qui à x ∈ E associe (f + g)(h(x)) = f (h(x)) + g(h(x))) et f ◦ (g + h) = f ◦ g + f ◦ h CAR
f est linéaire (c’est l’application qui à x ∈ E associe f (g(x) + h(x)) = f (g(x)) + f (h(x))
par linéarité de f ). Remarquons que dans cet exemple, pour la distributivité à droite
on a besoin de travailler avec des applications linéaires, ce qui n’est pas le cas de la
distributivité à gauche.
• l’application idE : E → E est un élément de End(E) et on a, pour tout f ∈ End(E),
f ◦ idE = idE ◦f = f donc idE est un élément neutre pour la composition.

2
5. Soit I un intervalle de R, et notons F(I, R) l’ensemble de toutes les applications f : I → R.
Alors (F(I, R), +, ·) est un anneau commutatif, où on définit, pour f et g des éléments de
F(I, R), f + g et f · g par les relations (f + g)(x) = f (x) + g(x) et (f · g)(x) = f (x)g(x).
Remarquons qu’ici la multiplication n’est pas, comme à l’exemple précédent, la composition
de fonctions, mais le produit classique de deux applications.

6. Soit Z[X] l’ensemble des polynômes à coefficients entiers. Alors (Z[X], +, ·) est un anneau
commutatif (où les lois sont l’addition et le produit classique des polynômes).

On donne maintenant quelques propriétés générales sur les anneaux, et en particulier sur les
deux éléments neutres 0A et 1A .

Proposition 3. Soit (A, +, ·) un anneau. On rappelle qu’on note 0A l’élément neutre du groupe
(A, +) et 1A l’élément neutre pour la multiplication dans A. Alors on a dans A les propriétés
suivantes :

1. L’élément neutre pour la multiplication est unique.

2. L’élément 0A est absorbant pour la multiplication : pour tout x ∈ A on a x · 0A = 0A .

3. Si A contient au moins deux éléments, alors on a 1A 6= 0A .

4. ATTENTION : si A contient au moins deux éléments, (A, ·) n’est pas un groupe.

Démonstration (type 1) : Ces propriétés se montrent assez facilement en utilisant les


différentes propriétés définissant un anneau :

1. On raisonne de la même façon que dans la démonstration de l’unicité de l’élément neutre


dans un groupe. Soit (a1 , a2 ) ∈ A2 , supposons que a1 et a2 sont des éléments neutres pour
la multiplication. Alors on a pour tout x ∈ A l’égalité a1 · x = x, et pour tout y ∈ A l’égalité
y · a2 = y. En prenant x = a2 et y = a1 dans ces égalités, on trouve a1 · a2 = a1 = a2 , donc
a1 = a2 , ce qui montre l’unicité de l’élément neutre pour la multiplication dans A.

2. Soit x ∈ A. Pour tout y ∈ A, on a par distributivité à gauche de la multiplication sur


l’addition la relation x · (y + 0A ) = x · y + x · 0A . Comme 0A est l’élément neutre pour la
loi +, on en déduit x · y = x · y + x · 0A . On ajoute de chaque côté l’opposé (c’est-à-dire le
symétrique pour la loi +) de x · y et on obtient 0A = 0A + x · 0A , autrement dit x · 0A = 0A .

3. Montrons ce résultat par contraposée. Supposons que 1A = 0A . Alors, d’après le point


précédent, on a pour tout x ∈ A l’égalité x · 0A = 0A . Par ailleurs, pour tout x ∈ A, on a
x · 1A = x puisque 1A est un élément neutre pour la multiplication. L’hypothèse 1A = 0A
montre alors que pour tout x ∈ A on a x = 0A , ce qui montre que A ne contient qu’un seul
élément. Par contraposée, on a bien montré que si A contient au moins 2 éléments alors
1A 6= 0A .

4. Puisque 0A 6= 1A d’après le point précédent, le point 2 montre que pour tout x ∈ A on a


x · 0A = 0A 6= 1A . On en déduit que 0A n’admet pas de symétrique pour la multiplication
dans A, ce qui justifie que (A, ·) n’est pas un groupe.

On donne maintenant une définition supplémentaire sur les anneaux. Comme on le verra il est
beaucoup plus facile de travailler et de simplifier certaines expressions dans un anneau intègre.

3
Définition 4. (anneau intègre)
Soit (A, +, ·) un anneau commutatif non vide. On dit que A est un anneau intègre lorsque, pour
tout (x, y) ∈ A2 , on a x · y = 0A ⇔ (x = 0A ou y = 0A ).
Remarque : L’implication (x = 0A ou y = 0A ) ⇒ x · y = 0A est vraie dans tout anneau
puisque 0A est un élément absorbant. L’intérêt de travailler dans un anneau intègre est l’implication
x·y = 0A ⇒ (x = 0A ou y = 0A ), permettant de dire que si un produit est nul, alors nécessairement
l’un des termes du produit est nul. La contraposée de cette implication est aussi parfois utile :
dans un anneau intègre, si x et y sont deux éléments non nuls, alors leur produit est non nul.
Exemples : Reprenons les exemples précédents :
1. (C, +, ·) et (Z, +, ·) sont des anneaux intègres ;
2. (Mn (R), +, ·), ou encore (End(E), +, ◦) ne sont pas des anneaux intègres : ils ne sont en effet
pas commutatifs, et ne vérifient pas la relation d’intégrité x · y = 0A ⇒ (x = 0A ou y = 0A ) ;
3. F(I, R) est un anneau commutatif mais n’est pas un anneau intègre (si I n’est pas réduit à
un point)  partition de I, et définissons f : I → R et g : I → R par
 : soit en effet (I1 , I2 ) une
1 si x ∈ I1 0 si x ∈ I1
f (x) = et g(x) = Alors f et g sont deux éléments de F(I, R),
0 si x ∈ I2 1 si x ∈ I2
différents de l’élément neutre
F pour l’addition 0F (I,R) (car I1 et I2 sont non vides) et on a
f · g = 0F (I,R) (car I = I1 I2 ) ce qui montre que l’anneau F(I, R) n’est pas intègre.
4. (Z[X], +, ·) est un anneau intègre. En effet, le produit de deux polynômes est nul si et
seulement si l’un des deux est le polynôme nul (on peut par exemple utiliser comme argument
qu’un polynôme a un nombre fini de racines sauf s’il s’agit du polynôme nul).

A l’instar de ce que nous avons vu sur les groupes, on va maintenant définir la notion de sous-
anneau, qui va là encore permettre souvent de vérifier qu’un ensemble (A, +, ·) est un anneau en
montrant que c’est un sous-anneau d’un anneau connu, ce qui sera plus rapide.
Définition 5. (sous-anneau)
Soit (A, +, ·) un anneau. Une partie B ⊆ A est un sous-anneau de A lorsqu’elle vérifie les
propriétés suivantes :
1. L’élément neutre pour la multiplication 1A appartient à B ;
2. (B, +) est un sous-groupe du groupe (A, +), ce qui signifie que pour tout (x, y) ∈ B 2 on a
x−y ∈B ;
3. B est stable par la loi ·, ce qui signifie que pour tout (x, y) ∈ B 2 on a x · y ∈ B.
Proposition 6. Si (A, +, ·) est un anneau et si B ⊆ A est un sous-anneau de A, alors (B, +, ·)
est un anneau.
Démonstration (type 1) : On vérifie que les propriétés définissant un anneau sont satisfaites
pour B :
1. La loi + est une loi de composition interne sur B (puisque (B, +) est un groupe en tant que
sous-groupe de A), et par hypothèse la loi · est une loi de composition interne sur B (puisque
B est stable par la loi ·) ;
2. par hypothèse, le groupe (B, +) est un groupe abélien (puisque c’est un sous-groupe du
groupe abélien (A, +)) ;

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3. la multiplication est associative dans A, et distributive à droite et à gauche sur l’addition
dans A. Ces propriétés sont donc vérifiées dans B puisque B ⊆ A ;

4. par hypothèse il existe un élément neutre pour la loi · dans B puisque B contient 1A .

Cela prouve que (B, +, ·) est un anneau.


Exemple : On note Z[i] = {a + ib où (a, b) ∈ Z2 }. Alors (Z[i], +, ·) est un anneau (on l’appelle
l’anneau des entiers de Gauss).
Pour le montrer, on vérifie que Z[i] est un sous-anneau de C :

1. On a bien 1 ∈ Z[i] car 1 = 1 + 0i ;

2. Soit x et y deux éléments de Z[i]. Alors par définition il existe (a1 , b1 , a2 , b2 ) ∈ Z4 tels que
x = a1 + ib1 et y = a2 + ib2 . On a alors

(a) x − y = (a1 + ib1 ) − (a2 + ib2 ) = (a1 − a2 ) + i(b1 − b2 ) ∈ Z[i] car (a1 − a2 , b1 − b2 ) ∈ Z2 ;
(b) x · y = (a1 + ib1 ) · (a2 + ib2 ) = (a1 a2 − b1 b2 ) + i(a1 b2 + b1 a2 ) ∈ Z[i] car on a a1 a2 − b1 b2 ∈ Z
et a1 b2 + b1 a2 ∈ Z.

Cela prouve que Z[i] est un sous-anneau de C, donc (Z[i], +, ·) est un anneau.
Remarque : Si (A, +, ·) est un anneau, et si B est un sous-anneau de A, alors on a les
propriétés suivantes :

• si A est commutatif, alors B est commutatif (attention, la réciproque n’est pas vraie en
général !)

• si A est intègre, alors B est intègre (attention, la réciproque n’est pas vraie en général !)

En effet, les deux propriétés (commutativité et intégrité) se traduisent par une relation satisfaite
par tous les éléments de A (pour tous x, y éléments de A, x · y = y · x pour la commutativité ou
x · y = 0A ⇒ (x = 0A ou y = 0A ) pour l’intégrité). Si cette propriété est vraie pour tous éléments
x, y de A, elle est a fortiori vraie pour tous éléments x, y de B (puisque B ⊆ A).
Attention cependant : même si A n’est pas commutatif, il peut exister des sous-anneaux
commutatifs B de A. De même, même si A n’est pas intègre, il peut exister des sous-anneaux B
de A intègres. Le fait de trouver un sous-anneau B de A commutatif (ou intègre) ne permet pas
de savoir si A est commutatif (ou intègre).

La fois prochaine, on continuera notre rapide étude des anneaux en définissant les éléments
inversibles d’un anneau, les morphismes d’anneaux et les corps.

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