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Relations Structures II

Le document traite des relations d'équivalence et d'ordre, ainsi que des groupes en algèbre et arithmétique. Il définit les relations d'équivalence, leurs propriétés, et donne des exemples concrets, tout en introduisant les groupes et leurs caractéristiques essentielles. Les concepts de partitions, de représentants et de relations d'ordre sont également abordés, avec des illustrations pour faciliter la compréhension.

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Relations Structures II

Le document traite des relations d'équivalence et d'ordre, ainsi que des groupes en algèbre et arithmétique. Il définit les relations d'équivalence, leurs propriétés, et donne des exemples concrets, tout en introduisant les groupes et leurs caractéristiques essentielles. Les concepts de partitions, de représentants et de relations d'ordre sont également abordés, avec des illustrations pour faciliter la compréhension.

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Algèbre et Arithmétique - Relations et Structures II

11 février 2021

Partie B : Relations et structures


1 Relations
1.2 Relations d’équivalence
On va terminer ce paragraphe sur les relations d’équivalence en donnant quelques définitions et pro-
priétés supplémentaires (qui nous serviront en particulier dans le chapitre sur l’arithmétique à venir),
qu’on illustrera par quelques exemples. On rappelle qu’on a fini le cours précédent en montrant que toute
relation d’équivalence R sur E donne une partition de E (constituée des classes d’équivalence pour R)
et que réciproquement toute partition de E correspond à l’ensemble des classes d’équivalence pour une
relation d’équivalence R sur E.
Proposition 1. On suppose ici que E est un ensemble fini non vide. On note n = |E| le nombre
d’éléments de E.
1. Soit {Ai }i∈I une partition de E, notons, pour tout i ∈ I, |Ai | le nombre d’éléments de Ai (puisque
E est fini et que les Ai sont des parties de E chaque partie Ai est finie). Alors on a
X
n = |E| = |Ai |.
i∈I

2. Soit R une relation d’équivalence sur E. On suppose que toutes les classes d’équivalence ont le
même nombre d’éléments (qu’on note k) (autrement dit on suppose que pour tous x, y éléments de
E on a |C(x)| = |C(y)| = k). Alors k divise n = |E| (autrement dit il existe un entier m ≥ 1 tel
que n = mk).
Démonstration (type 1) : Le premier point est une conséquence directe de la définition d’une
partition. Chaque élément de E appartenant à une unique partie Ai , la somme du nombre d’éléments de
toutes les parties Ai est égale au nombre total d’éléments de E (chaque élément de E est compté une et
une unique fois).
Le deuxième point est une conséquence du premier point. Notons m le nombre de classes d’équivalence
pour R (il y en a un nombre fini, puisque E est fini et que chaque élément de E est contenu dans une unique
classe d’équivalence). On considère la partition de E en classes d’équivalence {Ci }1≤i≤m (autrement dit
on note arbitrairement C1 , C2 , . . . , Cm les classes d’équivalence pour R). Alors par hypothèse on a pour
Xm m
X
tout 1 ≤ i ≤ m l’égalité |Ci | = k, et d’après le premier point on a n = |E| = |Ci | = k = mk.
i=1 i=1

Définition 2. On considère un ensemble E et une relation d’équivalence R sur E.


1. Soit C une classe d’équivalence pour R. On appelle représentant de C un élément qui appartient
à C.

2. Un ensemble (ou système) de représentants pour R est une partie de E contenant, pour chaque
classe d’équivalence C, un unique représentant de C.

1
Remarque : par construction, on a donc une bijection entre l’ensemble des classes d’équivalence pour
R et un système de représentants pour R.

On donne quelques exemples en reprenant certaines relations d’équivalence vues lors du chapitre 1.

Quelques exemples :

1. Soit E l’ensemble des gens résidant en France au 1er janvier 2021, notons R la relation sur E définie
par xRy lorsque x et y ont leur résidence principale située dans la même commune. On vérifie (...)
que R est une relation d’équivalence sur E. Alors :

• si x0 ∈ E a sa résidence principale à Clermont-Ferrand, la classe d’équivalence C(x0 ) de x0 est


l’ensemble des personnes dont la résidence principale est située à Clermont-Ferrand ;
• un représentant de C(x0 ) est une personne y dont la résidence principale est située à Clermont-
Ferrand ;
• un ensemble de représentants pour R est par exemple donné par l’ensemble de tous les maires
de France (on suppose ici que chaque maire en France a sa résidence principale dans la commune
dont il est maire !!).

2. Soit E l’ensemble des droites du plan, on considère la relation d’équivalence R = // (être parallèle
ou confondue). Alors l’ensemble des droites du plan qui passe par l’origine O est un ensemble de
représentants pour R.

3. sur R, on considère la relation d’équivalence R définie par θ1 Rθ2 lorsqu’il existe k ∈ Z tel que
θ2 = θ1 + k(2π). Alors l’intervalle ] − π; π] est un ensemble de représentants pour R.

4. notons E l’ensemble des couples de points du plan et R la relation d’équivalence définie par
(A, B)R(D, C) lorsque le milieu du segment [AC] est le même point que le milieu du segment [BD].
Alors un ensemble de représentants pour R est donné par {(O, M ); où M est un point du plan}.

5. sur l’ensemble Z × Z \ {0}, considérons la relation d’équivalence R définie par (a, b)R(c, d) lorsque
ad = bc. Alors un ensemble de représentants pour R est donné par

{(a, b); où b ∈ N∗ et a et b sont premiers entre eux}.

Le représentant choisi pour chaque classe d’équivalence est celui qui correspond à l’écriture sous
a
forme de fraction irréductible du rationnel .
b
ATTENTION : Il est important de ne pas confondre les ensembles suivants : un ensemble de représentants
pour R, l’ensemble des classes d’équivalence pour R et parfois un ensemble ”plus simple” en bijection
avec l’ensemble des classes d’équivalence pour R :

• un ensemble de représentants pour R est une partie de E (contenant un élément exactement de


chaque classe d’équivalence), donc un ensemble d’éléments de E ;

• l’ensemble des classes d’équivalences pour R est une partition de E, donc un ensemble de parties
de E (autrement dit une partie de P(E), l’ensemble des parties de E) ;

• parfois on peut trouver un ensemble en bijection avec les deux ensembles précédents (qui sont tous
deux en bijection) permettant de décrire un peu plus simplement l’ensemble des classes d’équivalence.

Prenons un exemple pour illustrer cette remarque : considérons la relation d’équivalence R sur
l’ensemble E des enfants nés en 2020 définie par xRy lorsque x et y sont nés dans le même pays (on
considérera les pays reconnus par l’ONU, et on admettra qu’il y a eu au moins une naissance en 2020
dans chaque pays !).

2
• un ensemble de représentants est une partie de E constituée d’enfant nés en 2020 (contenant ex-
actement un enfant né en 2020 par pays) ;

• l’ensemble des classes d’équivalence pour R est l’ensemble {Cp }p pays où, pour chaque pays p, Cp
est la partie de E constituée des enfants nés en 2020 dans le pays p ;

• l’ensemble des pays du monde, ou l’ensemble des drapeaux des pays du monde, sont des ensembles
qui sont en bijection avec les deux ensembles précédents (d’après l’ONU chacun de ces ensembles
contient 197 éléments), qui permettent de décrire les classes d’équivalence ou d’identifier chaque
représentant, MAIS qui ne doivent pas être confondus avec les ensembles précédents.

1.3 Relations d’ordre


On donne dans cette section juste quelques définitions et exemples de relations d’ordre, il n’y aura
pas d’exercices sur cette notion que nous considérerons hors-programme de cette UE cette année.

Définition 3. Soit E un ensemble, et R une relation binaire sur E. On dit que R est une relation
d’ordre sur E si R est à la fois réflexive, transitive et anti-symétrique.

Quelques exemples :

1. sur R, la relation ≤ est une relation d’ordre ;

2. si E est un ensemble, la relation ⊆ est une relation d’ordre sur P(E), l’ensemble des parties de E ;

3. sur R2 , la relation R définie par (a, b)R(c, d) si a < c ou si a = c et b ≤ d est une relation d’ordre
sur R2 (elle est appelée la relation d’ordre lexicographique).

L’intérêt des relations d’ordre est de permettre de ”comparer” des éléments et de définir un ordre. On
dit en général que si xRy on a x ”plus petit que” y. Parfois il est possible de comparer tous les éléments
deux à deux, parfois ça ne l’est pas. C’est pourquoi on donne la définition suivante :

Définition 4. Soit E un ensemble et R une relation d’ordre sur E. On dit que la relation d’ordre est
totale si pour tout (x, y) ∈ E 2 , on a xRy ou yRx. Sinon (donc s’il existe (x, y) ∈ E 2 tels qu’on a ni
xRy ni yRx), on dit que la relation d’ordre est non totale.

Exemples :

1. sur R, la relation ≤ est une relation d’ordre totale (on a toujours soit x ≤ y, soit y ≤ x) ;

2. si E contient au moins deux éléments, la relation d’ordre ⊆ est non totale (on peut trouver deux
parties A et B de E telles que A n’est pas incluse dans B et B n’est pas incluse dans A, il suffit par
exemple de prendre x et y deux éléments distincts de E et de poser A = {x} et B = {y}).

3. sur R2 , la relation d’ordre lexicographique est une relation d’ordre totale : en effet, prenons deux
éléments (a, b) et (c, d) de R2 : si a 6= c, alors on a soit a < c (auquel cas par définition on
a (a, b)R(c, d)), soit c < a (auquel cas par définition on a (c, d)R(a, b)). Si a = c, alors on a
forcément b ≤ d (auquel cas par définition on a (a, b)R(c, d)) ou d ≤ b (auquel cas par définition on
a (c, d)R(a, b)). On a donc montré que dans tous les cas de figure on a (a, b)R(c, d) ou (c, d)R(a, b).

2 Groupes
On va dans cette section étudier une structure algébrique, la notion de groupe. Comme on va l’illustrer
dans les exemples en cours et en TD, on trouve des groupes dans de très nombreux domaines des
mathématiques. L’étude des groupes est un des objectifs du L3 maths (il y a une UE spécifique in-
titulée ”Groupes et applications”). Dans ce chapitre, on va donner un certain nombre de définitions

3
et d’exemples de groupes, donner des propriétés générales sur les groupes, on étudiera aussi quelques
résultats spécifiques sur les groupes finis (les groupes qui ont un nombre fini d’éléments) qui nous servi-
ront en particulier dans le chapitre sur l’arithmétique.
On commence par donner les définitions, qu’on illustrera ensuite par un certain nombre d’exemples.

Définition 5. (loi de composition interne)


Soit G un ensemble non vide. On appelle loi de composition interne sur G (on dit aussi parfois
opération interne sur G) une application ∗ : G × G → G. Autrement dit, pour tous x, y éléments de G,
l’image du couple (x, y), notée x ∗ y, est un élément de G.

Définition 6. (groupe)
Soit (G, ∗) un ensemble non vide muni d’une loi de composition interne (autrement dit on suppose
avoir défini sur G une loi de composition interne notée ∗). On dit que (G, ∗) est un groupe si les trois
propriétés suivantes sont vérifiées :

1. la loi ∗ est associative dans G : pour tout (x, y, z) ∈ G3 , on a x ∗ (y ∗ z) = (x ∗ y) ∗ z ;

2. la loi ∗ admet un élément neutre dans G : il existe un élément e ∈ G tel que pour tout x ∈ G on
a les égalités e ∗ x = x ∗ e = x.

3. chaque élément de G admet un symétrique pour la loi ∗ : pour tout x ∈ G, il existe x0 ∈ G tel que
x ∗ x0 = x0 ∗ x = e.

Définition 7. (groupe abélien)


Soit (G, ∗) un groupe. Si la loi ∗ est commutative dans G (autrement dit si on a, pour tous x, y dans
G, la relation x ∗ y = y ∗ x) on dit que le groupe (G, ∗) est abélien (on dit aussi commutatif).
Si la propriété précédente n’est pas vérifiée (autrement dit s’il existe deux éléments x et y dans G tels
que x ∗ y 6= y ∗ x) on dit que le groupe (G, ∗) est non abélien (on dit aussi non commutatif).

Voyons maintenant quelques exemples (et contre-exemples) de groupes.


Exemples :

1. (R, +) est un groupe abélien.


En effet, la loi + est associative dans R, elle admet 0 comme élément neutre dans R (on a en effet,
pour tout x ∈ R, 0 + x = x + 0 = x) et tout réel x admet −x comme symétrique pour la loi + (on
a en effet, pour tout x ∈ R, x + (−x) = (−x) + x = 0). Cela nous prouve que (R, +) est un groupe.
De plus, on a pour tous x, y réels la relation x + y = y + x, donc (R, +) est un groupe abélien.

2. (N, +) n’est pas un groupe.


En effet, la loi + est bien associative et possède un élément neutre dans N, mais la 3è propriété
(existence du symétrique) n’est pas vérifiée : 0 est bien un élément neutre, mais pour tout n 6= 0
dans N (par exemple n = 1) il n’existe aucun m ∈ N tel que n + m = 0. En revanche, (Z, +) est un
groupe abélien (car tous les entiers relatifs admettent bien un symétrique dans Z pour la loi +, et
la loi + est clairement commutative dans Z).

3. (R, ×) n’est pas un groupe.


En effet, la loi × (le produit dans R) est bien associative et possède 1 comme élément neutre, mais
là encore la 3è propriété (existence du symétrique) n’est pas vérifiée : il existe x ∈ R (il faut prendre
x = 0) qui ne possède aucun symétrique dans R pour la loi × (en effet, pour tout y ∈ R, on a
0 × y = 0 6= 1).

4
4. (R∗ , ×) est un groupe abélien.
En effet, comme on l’a vu ci-dessus la loi × est associative et possède 1 commme élément neutre
1
dans R∗ . De plus, pour tout x ∈ R∗ , il existe un y ∈ R∗ (en l’occurrence c’est y = qui est bien
x
défini car x ∈ R∗ ) tel que x×y = y ×x = 1. Ainsi, (R∗ , ×) est un groupe, et comme la multiplication
est commutative dans R (et donc dans R∗ ) c’est un groupe abélien.

5. (Z \ {0}, ×) n’est pas un groupe.


En effet, la loi × est bien associative et admet un élément neutre dans Z \ {0} (il s’agit de 1), mais il
existe des entiers relatifs qui n’admettent pas de symétrique pour la loi ×. Par exemple, 2 n’admet
pas de symétrique dans Z \ {0} car pour tout n ∈ Z \ {0} on a 2 × n 6= 1. En fait, on peut facilement
se convaincre (on y reviendra dans le chapitre sur les anneaux et sur l’arithmétique dans Z) que les
seuls éléments de Z qui admettent un symétrique pour la loi × sont 1 et −1.

6. (Mn (R), +) est un groupe abélien.


En effet, on sait que l’addition est associative (et commutative) sur Mn (R). Il existe un élément
neutre pour l’addition dans Mn (R), il s’agit de la matrice nulle (celle dont tous les coefficients
sont égaux à 0). Enfin, pour tout A = (ai,j )1≤,i,j≤n appartenant à Mn (R), il existe un symétrique
B ∈ Mn (R) de A pour la loi +, avec B = (bi,j )1≤,i,j≤n définie pour tous i, j par bi,j = −ai,j (d’ailleurs
on note −A cette matrice symétrique de A pour la loi + dans Mn (R)).

7. (GLn (R), ×) est un groupe non abélien.


On rappelle que GLn (R) désigne l’ensemble des matrices de Mn (R) qui sont inversibles (autrement
dit qui ont un déterminant non nul). On vérifie d’abord que le produit matriciel est une loi de
composition interne sur GLn (R) : si A et B sont des matrices de GLn (R), alors A × B est bien
une matrice de GLn (R) (on peut par exemple le justifier grâce au déterminant, puisque det(AB) =
det(A) det(B) 6= 0 puisque par hypothèse det(A) et det(B) sont non nuls). La multiplication
matricielle est associative (remarquons d’ailleurs que ce résultat est techniquement pénible à vérifier),
la matrice identité In ∈ GLn (R) vérifie, pour tout A ∈ GLn (R), la relation A × In = In × A = A,
donc joue le rôle d’élément neutre pour × dans GLn (R). Enfin, vu que toute matrice A ∈ GLn (R)
est inversible, par définition cela signifie qu’il existe une matrice B ∈ GLn (R) telle que A × B =
B × A = In , ce qui prouve que toute matrice A de GLn (R) admet un symétrique pour la loi ×.
Ainsi, (GLn (R), ×) est un groupe. Il n’est pas abélien (si n ≥ 2) car on sait qu’il existe des matrices
inversibles qui ne commutent pas dans GLn (R).

8. Soit E un ensemble, notons S(E) l’ensemble des bijections de E dans E (une telle bijection est
appelée une permutation de E). Alors (S(E), ◦) est un groupe non abélien.
La composée de deux bijections de E dans E est une bijection de E dans E, la composition est
donc une loi de composition interne sur S(E). Elle est associative. L’application idE (application
identité, qui est définie par idE (x) = x pour tout x ∈ E) est une bijection et vérifie, pour tout
f ∈ S(E), f ◦ idE = idE ◦f = f , donc est un élément neutre pour la loi ◦ dans S(E). Enfin, pour
tout f ∈ S(E), vu que f est bijective elle admet une bijection réciproque g (souvent notée f −1 )
vérifiant f ◦ g = g ◦ f = idE , ce qui montre que tout élément de S(E) admet un symétrique pour la
loi ◦ dans S(E).

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