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Chapitre4 Cours A1 API 24 25

Ce chapitre traite des fonctions réelles d'une variable réelle et de la dérivation. Il définit le taux d'accroissement, le nombre dérivé, et explique l'interprétation graphique de la tangente à une courbe. Il présente également des propriétés des fonctions dérivées et des opérations sur celles-ci, ainsi que leur application pour étudier le sens de variation d'une fonction.

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Chapitre4 Cours A1 API 24 25

Ce chapitre traite des fonctions réelles d'une variable réelle et de la dérivation. Il définit le taux d'accroissement, le nombre dérivé, et explique l'interprétation graphique de la tangente à une courbe. Il présente également des propriétés des fonctions dérivées et des opérations sur celles-ci, ainsi que leur application pour étudier le sens de variation d'une fonction.

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C HAPITRE

4
Fonctions réelles d’une variable
réelle : Dérivation

Dans tout ce chapitre, f désigne une fonction définie sur un intervalle I , et C désigne sa courbe
représentative.

1 Taux d’accroissement d’une fonction

Définition 1.1
Soient a et b deux nombres réels dans I (a < b). On appelle taux d’accroissement de
la fonction f entre a et b, le quotient :

f (b) − f (a)
b−a

Par exemple, soit f la fonction carré x 7−→ x 2 .


f (3) − f (2) 9 − 4
Le taux d’accroissement de f entre a = 2 et b = 3 est : = = 5.
3−2 1
Interprétation graphique : Soient A et B deux points de C , d’abscisses respectives a et b.
Le taux d’accroissement de la fonction f entre deux réels a et b, a < b, est égal au coefficient
directeur de la droite (AB ).

f (b)
B

A
f (a)

a b
Figure 1

63
64 Fonction : Dérivation

2 Nombre dérivé

Soit a ∈ I , et soit h un nombre réel tel que (a + h) ∈ I .


Notons t (h) le taux d’accroissement de la fonction f entre a et a + h :

f (a + h) − f (a) f (a + h) − f (a)
t (h) = =
(a + h) − a h

Définition 2.1
Lorsque le nombre h prend des valeurs de plus en plus proches de 0, le taux d’accrois-
sement t (h) prend des valeurs de plus en plus proches d’un nombre l , alors on dira
que la fonction f est dérivable en a, et que le nombre l est le nombre dérivé de f en a.
On note (lorsqu’il existe), ce nombre dérivé f 0 (a).
Formellement, on écrit :
f (a + h) − f (a)
f 0 (a) = lim
h→0 h
f (a + h) − f (a)
ce qui signifie : « f 0 (a) est la limite quand h tend vers 0 de »
h

Exemple 2.1
Soit f la fonction carré x 7−→ x 2 . On calcule :

f (1 + h) − f (1) (1 + h)2 − 12 1 + 2h + h 2 − 1 2h + h 2
t (h) = = = = = 2+h
h h h h
Lorsque h prend des valeurs de plus en plus proches de 0, le taux d’accroissement t (h)
prend des valeurs de plus en plus proches de 2. La fonction f est donc dérivable en
a = 1, et le nombre dérivé de f en 1 est f 0 (1) = 2.

3 Interprétation graphique : tangente à une courbe

Partons de la figure 1 et posons : h = b − a. On a vu que le taux d’accroissement t (h) est le co-


efficient directeur de la droite (AB ). Quand h tend vers 0, le point B se rapproche infiniment
du point A. Ainsi, la droite (AB ) tend vers une position limite qu’on appelle la tangente en A
à la courbe C .
Illustration : Quand h tend vers 0, la droite (AB ) se rapproche de la droite T , tangente à C
en A.
Chap.4 Fonction : Dérivation K. BOUIHAT 65

B
C A C A C AB
T T T
a b a b ab
h h h

Définition 3.1
Supposons que la fonction f soit dérivable en a ∈ I . La tangente à la courbe C au point
A d’abscisse a est la droite passant par A et de coefficient directeur f 0 (a).

Propriété
L’équation réduite de cette tangente est : y = f 0 (a)(x − a) + f (a).

Théorème 3.1
Soient f une fonction définie sur une partie D → R et a ∈ D. Si f est dérivable en a,
alors f est continue en a.

f (x)− f (a)
Démonstration. Puisque f est est dérivable en a, alors f (x) = x−a (x − a) + f (a) lrsque x
tend vers a on trouve quelim f (x) = f (a) donc f est continue en a
x→a

4 Fonction dérivée
Définition 4.1
Si la fonction f est dérivable pour tout a ∈ I , alors on dit que f est dérivable sur I , et la
fonction qui à tout x de I associe le nombre dérivé f 0 (x) est appelée fonction dérivé
de f , notée f 0 .

Exemple 4.1
Reprenons la fonction carré : f (x) = x 2 . Prenons un nombre réel a quelconque, et cher-
chons à déterminer, si c’est possible, le nombre dérivé de f en a :
f (a + h) − f (a) (a + h)2 − a 2 a 2 + 2ah + h 2 − a 2 2ah + h 2
t (h) = = = = = 2a + h.
h h h h
Or, lim 2a + h = 2a.
h→0
Ainsi f est dérivable en tout nombre réel a, et f 0 (a) = 2a.
66 Fonction : Dérivation

5 Dérivées usuelles

f (x) f est dérivable sur f 0 (x)

k (nombre réel) R 0

x R 1

x2 R 2x

x n , n ∈ N∗ R nx n−1
1 1
R∗ =] − ∞; 0[∪]0; +∞[ −
x x2
p 1
x R∗+ =]0; +∞[ p
2 x

6 Opérations sur les fonctions dérivables


Soient u et v deux fonctions définies et dérivables sur un intervalle I , u 0 et v 0 leur dérivée.
Soit k un nombre réel.

f (x) f 0 (x)

f (x) = u(x) + v(x) f 0 (x) = u 0 (x) + v 0 (x)

f (x) = k × u(x) f 0 (x) = k × u 0 (x)

f (x) = u(x)v(x) f 0 (x) = u 0 (x)v(x) + u(x)v 0 (x)

1 0
v 0 (x)
f (x) = (avec v(x) 6= 0) f (x) = −
v(x) v(x)2
u(x) u 0 (x)v(x) − u(x)v 0 (x)
f (x) = (avec v(x) 6= 0) f 0 (x) =
v(x) v(x)2

6.1 Composition

Proposition 6.1
Si f est dérivable en x et g est dérivable en f (x) alors g ◦ f est dérivable en x de déri-
vée :
¢0
g ◦ f (x) = g 0 f (x) · f 0 (x)
¡ ¡ ¢
Chap.4 Fonction : Dérivation K. BOUIHAT 67

Démonstration. La preuve est similaire à celle ci-dessus pour le produit en écrivant cette
fois :
¡ ¢ ¡ ¢
g ◦ f (x) − g ◦ f (x 0 ) g f (x) − g f (x 0 ) f (x) − f (x 0 )
= ×
x − x0 f (x) − f (x 0 ) x − x0
0 0
¡ ¢
−−−−→ g f (x 0 ) × f (x 0 ).
x→x 0

Exemple 6.1
1
Calculons la dérivée de ln(1 + x 2 ). Nous avons g (x) = ln(x) avec g 0 (x) = x
; et f (x) =
1 + x 2 avec f 0 (x) = 2x. Alors la dérivée de ln(1 + x 2 ) = g ◦ f (x) est
¢0 2x
g ◦ f (x) = g 0 f (x) · f 0 (x) = g 0 1 + x 2 · 2x =
¡ ¡ ¢ ¡ ¢
.
1 + x2

Corollaire 6.1
Soit I un intervalle ouvert. Soit f : I → J dérivable et bijective dont on note f −1 : J → I
la bijection réciproque. Si f 0 ne s’annule pas sur I alors f −1 est dérivable et on a pour
tout x ∈ J :

¢0 1
f −1 (x) =
¡
¡ ¢
f 0 f −1 (x)

Démonstration. Notons g = f −1 la bijection réciproque de f . Soit y 0 ∈ J et x 0 ∈ I tel que


y 0 = f (x 0 ). Le taux d’accroissement de g en y 0 est :

g (y) − g (y 0 ) g (y) − x 0
= ¡ ¢
y − y0 f g (y) − f (x 0 )
1
Lorsque y → y 0 alors g (y) → g (y 0 ) = x 0 et donc ce taux d’accroissement tend vers f 0 (x 0 ) . Ainsi
1
g 0 (y 0 ) = f 0 (x 0 )
.

Remarque. Il peut être plus simple de retrouver la formule à chaque fois en dérivant l’égalité
¡ ¢
f g (x) = x

où g = f −1 est la bijection réciproque de f .


En effet à droite la dérivée de x est 1 ; à gauche la dérivée de f g (x) = f ◦ g (x) est f 0 g (x) · g 0 (x).
¡ ¢ ¡ ¢
¡ ¢
L’égalité f g (x) = x conduit donc à l’égalité des dérivées :

f 0 g (x) · g 0 (x) = 1.
¡ ¢

Mais g = f −1 donc
¢0 1
f −1 (x) =
¡
¡ ¢.
f 0 f −1 (x)
68 Fonction : Dérivation

Exemple 6.2
Soit f : R → R la fonction définie par f (x) = x + exp(x). Étudions f en détail.
Tout d’abord :
1. f est dérivable car f est la somme de deux fonctions dérivables. En particulier f
est continue.
2. f est strictement croissante car f est la somme de deux fonctions strictement
croissante.
3. f est une bijection car lim f (x) = −∞ et lim f (x) = +∞.
x→−∞ x→+∞
4. f (x) = 1 + exp(x) ne s’annule jamais (pour tout x ∈ R).
0

Notons g = f −1 la bijection réciproque de f . Même si on ne sait pas a priori exprimer g ,


on peut malgré tout connaître des informations sur cette fonction :¢par le corollaire ci-
0
¡
dessus
0
¡ ¢g est
0
dérivable et l’on calcule g en dérivant l’égalité f g (x) = x. Ce qui donne
f g (x) · g (x) = 1 et donc ici

1 1
g 0 (x) = 0
¡ ¢= ¡ ¢.
f g (x) 1 + exp g (x)
¡ ¢
Pour cette fonction
¡ f
¢ particulière on
¡ peut
¢ préciser d’avantage : comme f g (x) =x
alors g (x) + exp g (x) = x donc exp g (x) = x − g (x). Cela conduit à :

1
g 0 (x) = .
1 + x − g (x)

y
y = x + exp(x)
y =x

y = 12 (x − 1)
1 y = g (x)

0 1 x

¢0
Par exemple f (0) = 1 donc g (1) = 0 et donc g 0 (1) = 21 . Autrement dit f −1 (1) = 21 .
¡

L’équation de la tangente au graphe de f −1 au point d’abscisse x 0 = 1 est donc y =


1
2 (x − 1).
Chap.4 Fonction : Dérivation K. BOUIHAT 69

7 Application de la dérivation à l’étude du sens de variation


d’une fonction
L’idée est qu’autour du point de contact, la courbe et la tangente ont le même comporte-
ment. Si la fonction est croissante, sa courbe « monte », la tangente aussi, donc son coef-
ficient directeur, le nombre dérivé, est positif. Si la fonction est décroissante, alors par le
même mécanisme, le coefficient directeur est négatif.

Théorème 7.1
Soit f une fonction dérivable sur I .
– f est croissante sur I si et seulement si f 0 (x) Ê 0 pour tout x ∈ I .
– f est décroissante sur I si et seulement si f 0 (x) É 0 pour tout x ∈ I .
– f est constante sur I si et seulement si f 0 (x) = 0 pour tout x ∈ I .

Il est donc possible de déterminer les variations d’une fonction à partir du signe de sa déri-
vée.
Exemple 7.1
Soit f (x) = 2x 2 − 8x + 5 ; f est définie et dérivable sur R et f 0 (x) = 4x − 8.

On peut déterminer le signe de la dérivée et en déduire les variations de la fonction f :

x −∞ 2 +∞
signe
− 0 +
de f 0 (x)

variation
de f (x)
−3

7.1 Extremum local

Propriété
Soient f une fonction dérivable sur un intervalle I et x 0 ∈ I qui n’est pas une borne de
I . Si f 0 (x 0 ) = 0 et si f 0 change de signe en x 0 alors f admet un extremum local en x 0 .

Remarque.
L’hypothèse de changement de signe de la dérivée est très important : par exemple f (x) = x 3 a une
dérivée qui s’annule en 0 mais ne posséde pas d’extremum local en 0.

Théorème 7.2
Soit f une fonction dérivable sur un intervalle I . Soit x 0 ∈ I tel que x 0 n’est pas une
borne de I . Si f posséde un extremum local en x 0 alors f 0 (x 0 ) = 0.
70 Fonction : Dérivation

Démonstration. Supposons que f posséde un maximum local en x 0 . Alors il existe α > 0 tel
que
[x 0 − α, x 0 + α] ⊂ I et sur cet intervalle f (x) É f (x 0 ).
f (x) − f (x 0 )
On a donc ∀x ∈ [x 0 − α, x 0 [, Ê 0 et donc f g0 (x 0 ) Ê 0.
x − x0
f (x) − f (x 0 )
De même ∀x ∈]x 0 , x 0 + α], É 0 et donc f d0 (x 0 ) É 0.
x − x0
Or comme f est dérivable en x 0 , f g0 (x 0 ) = f d0 (x 0 ) = f 0 (x 0 ) donc f 0 (x 0 ) = 0.

Remarque.
Aux extrémités de I , f peut posséder un extremum local sans que f 0 s’annule : sur [0; 1] la fonction
x → x admet un maximum en 1 mais f 0 (x) = 1 6= 0.

7.2 Théorèmes de Rolle et Des Accroissements finis.


Théorèmes de Rolle
Théorème 7.3

a 6= b



f est continue sur [a, b]

si (H) : alors (C) : ∃c ∈]a, b[ / f 0 (c) = 0

 f est dérivable sur ]a, b[

f (a) = f (b)

f (a) = f (b)

a c b

Interprétation géométrique : il existe au moins un point du graphe de f où la tangente est


horizontale.

Démonstration. : on sait que f est continue sur [a, b], donc f est bornée et atteint ses bornes
(d’après le théorème des valeurs intermédiaires) inférieures m et supérieure M .
Si f est constante sur [a, b], alors ∀c ∈]a, b[, on a f 0 (c) = 0
Sinon, on doit avoir m < f (a) ou M > f (a). Si par exemple m < f (a), soit c ∈ [a, b] tel que
f (c) = m. Alors c ∈]a,b[ car f (b) = f (a) 6=m, et ∀x ∈ [a, b], on a f (c) É f (x).
f (x)− f (c) f (x)− f (c)
Donc ∀x ∈]a, c[, x−c É 0 et ∀x ∈]c,b[, x−c Ê 0
f (x) − f (c)
Or f est dérivable en c, donc lim existe, et f 0 (c) = f d0 (c) = f g0 (d ), donc f 0 (c) =
x→c x −c
0.

Remarque.
Chap.4 Fonction : Dérivation K. BOUIHAT 71

– Le point c n’est pas forcément unique.

Exemple 7.2
f (x) = sin x sur [0, 2π] ; f 0 ( π2 ) = f 0 ( 3π
2 ) = 0.

Remarque.
– La réciproque du théorème de Rolle n’est pas vraie en général.

Exemple 7.3
Soit la fonction
f : [a, b] → R f 0 (0) = 0 mais f (a) = f (b) n’est réalisé que pour a = b.
x 7→ x 3

Remarque.
– Il est nécessaire que f soit continue en a et b.

Exemple 7.4 1. f : [0, 1] → R f est dérivable sur [0, 1[ , discontinue en 1,


x 7→ x − [x]
et on a f (0) = f (1) = 0 mais ∀x ∈ [0, 1[, f 0 (x) = 1

2. On ne peut pas se contenter de l’existence de la dérivée à droite (respect. à


gauche) d’un point, il faut que la fonction f soit dérivable sur ]a, b[ tout entier :
f : [−1, 1] → R
x 7→ |x|

Remarque.
– On travaille sur un intervalle, le théorème ne marche plus sur une réunion d’intervalle.

Exemple 7.5
½
x si x ∈ [0, 1]
x ∈ [0, 1] ∪ [2, 3] 7→ f (x) =
3 − x si x ∈ [2, 3]

On a f (0) = f (3) mais la dérivée ne prend jamais la valeur 0.


72 Fonction : Dérivation

7.3 Applications
• si f est dérivable sur un intervalle I et y possède deux racines distinctes (i.e. deux solutions
de l’équation f (x) = 0) alors f 0 possède au moins une racine sur I .
• si f est n fois dérivable sur un intervalle I et y possède n + 1 racines distinctes alors f (n)
possède au moins une racine sur I .¡¡ ¢n ¢
• montrer que le polynôme L n = D n X 2 − 1 (n-ième polynôme de Legendre) est scindé
sur R.
Théorème 7.4
Théorème des accroissements finis
 
 a 6= b  0 f (b) − f (a)
f (c) =
Si(H ) : f est continue sur [a, b] alors (C ) : ∃c ∈]a, b[
 soit f (b) = b −a
f (a) + (b − a) f 0 (c)
f est dérivable sur]a, b[

a c b

Interprétation géométrique : il existe au moins un point du graphe de f où la tangente est


parallèle à la droite (AB ) où A = (a, f (a)) et B = (b, f (b)).
f (b)− f (a)
Démonstration. : soit g : x 7→ f (x) − b−a (x − a)
Donc g (b) = g (a) et g est continue sur [a, b], dérivable sur ]a,b[ ; on peut donc appliquer le
f (b)− f (a)
théorème de Rolle à g : ∃c ∈]a, b[ tel que g 0 (c) = 0 Donc ∃c ∈]a, b[ tel que f 0 (c) = b−a

Remarque.
1. Ce théorème n’est autre qu’une version ”oblique” du théorème de Rolle ; il s’énonce en effet de
façon géométrique sous la forme légèrement affaiblie suivante : Toute sécante d’une courbe de
fonction dérivable sur un intervalle est parallèle à l’une des tangentes.
2. La formule
f (b) − f (a)
f 0 (c) =
b−a
s’appelle ”formule des accroissements finis”, par opposition à la définition de la dérivée
3. on peut énoncer le TAF sous la forme équivalente suivante :
 
 u 6= 0 
si (H ) : f est continue sur [x 0 , x 0 + u] . (4.1)
 
f est dérivable sur ]x 0 , x 0 + u[

alors (C ) : ∃θ ∈]0, 1[ / f (x 0 + u) = f (x 0 ) + u f 0 (x 0 + θu) (4.2)

Il faut alors bien prendre garde que le nombre θ ainsi défini dépend de u (et de x 0 !)
Chap.4 Fonction : Dérivation K. BOUIHAT 73

4. sous une forme affaiblie, on peut aussi énoncer :

si (H ) : f est dérivable sur un intervalleI alors (4.3)

(C ) : ∀x, y ∈ I ∃z ∈ [x, y] / f y − f (x) = f 0 (z) y − x


¡ ¢ ¡ ¢

Il faut ici aussi bien prendre conscience que z dépend de x et y.

Théorème 7.5 (Formule des Accroissements finis généralisés :)


soient (a, b) ∈ R2 , et f : [a, b] → R continue sur [a, b], et dérivable sur ]a, b[, g : [a, b] →
R continue sur [a, b], et dérivable sur ]a, b[. Alors ∃c ∈]a, b[ tel que ( f (b) − f (a))g 0 (c) =
f 0 (c)(g (b) − g (a)).

Démonstration. : soit h : x 7→ (g (b) − g (a)) f (x) − ( f (b) − f (a))g (x)


Donc h(b) = h(a) et h est continue sur [a, b], dérivable sur ]a,b[ ; on peut donc appliquer le
théorème de Rolle à h : ∃c ∈]a, b[ tel que h 0 (c) = 0, donc ∃c ∈]a, b[ tel que f 0 (c)(g (b) − g (a)) =
g 0 (c)( f (b) − f (a))

Règle du marquis de l’Hospital

Propriété
Soit I un intervalle de R, et soient f et g deux fonctions réelles dérivables sur I − {a},
continues sur I (en particulier en a), et telles que f (a) = g (a) = 0, et g 0 (x) 6= 0 si x 6= a.
f 0 (x) f (x)
Alors, s’il existe l ∈ R tel que lim 0 = l , alors lim = l.
x→a g (x) x→a g (x)

f 0 (y)
Démonstration. : soit ε > 0, il existe J intervalle ouvert contenant a tq. | − l | < ε, ∀y ∈
g 0 (y)
J ∩(I −{a}). Soit x ∈ J ∩(I −{a}), on applique le théorème de Rolle à G : t → f (t )g (x)− f (x)g (t ),
f (x) f 0 (c) f (x)
(G(a) = G(x) = 0). Il existe c ∈ J ∩ (I − {a}) tq. = 0 . On a donc | − l | < ε. Ainsi
g (x) g (c) g (x)
f (x)
lim =l
x→a g (x)

7.4 Sens de variation sur un intervalle


Théorème de Lagrange

Théorème 7.6
Soit I un intervalle réel infini, et f : I → R une application continue sur I , et dérivable
o
sur I . Alors :
o
(i) ∀x ∈ I , f 0 (x) Ê 0 ⇐⇒ f croissante sur I
o
(ii) ∀x ∈ I , f 0 (x) É 0 ⇐⇒ f décroissante sur I
o
(iii)∀x ∈ I , f 0 (x) = 0 ⇐⇒ f constante sur I .
74 Fonction : Dérivation

Démonstration. :
o
(i) (⇒) Si ∀x ∈ I , f 0 (x) Ê 0, on prend (a, b) ∈ I 2 avec a < b. Alors le théorème des accroisse-
ments finis appliqué à f ⇒ ∃c ∈]a, b[ tel que f (b) − f (a) = (b − a) f 0 (c). Comme f 0 (c) Ê 0, on
obtient f (b) Ê f (a), donc f croissante sur [a, b], donc f est croissante sur I .
(i) (⇐) trivial, en utilisant la définition de dérivée (ne relève pas du TAF) : soit x 0 Ê x, x−x 0 É 0
f (x) − f (x 0 )
et f (x) − f (x 0 ) É 0, donc Ê 0, d’où en passant à la limite f 0 (x 0 ) Ê 0 (de même si
x − x0
x 0 É x).

Remarque.
le résultat prédédent n’est pas généralisable sur une réunion d’intervalles.

Exemple 7.6
Soit la fonction f : R∗ → R ∀x ∈ R∗ , f 0 (x) < 0
x 7→ x1
Cette fonction n’est pas décroissante sur R∗ car f (−1) < f (1).

7.5 Existence et séparations des racines

Théorème 7.7
soient I un intervalle réel infini, et f : I → R une application dérivable sur I , ayant n
zéros sur I (n Ê 2). Alors f 0 admet au moins (n − 1) zéros sur I , séparés par ceux de f .

Démonstration. : soient (a 1 , ..., a n ) les n zéros de f tels que a 1 < a 2 .. < a n−1 < a n . Soit i ,
1 É i É n ; f est dérivable sur [a i , a i +1 ], donc continue sur [a i , a i +1 ], et f (a i ) = f (a i +1 ). Donc
par le théorème de Rolle, ∃c i ∈]a i , a i +1 [ tel que f 0 (c i ) = 0. On a donc l’existence de n − 1 réels
de I tels que ∀i , 1 É i É n − 1, f 0 (c i ) = 0, et a 1 < c 1 < a 2 < c 2 < ... < a n−1 < c n−1 < a n .

7.6 Inégalité des accroissements finis


Théorème : Inégalité des accroissements finis

Théorème 7.8
Soient a et b deux réels tels que a < b et soit f une fonction continue sur [a; b] et
dérivable sur ]a; b[.
• S’il existe m et M deux réels tels que ∀x ∈]a; b[, m É f 0 (x) É M alors

m(b − a) É f (b) − f (a) É M (b − a)

• S’il existe K ∈ R tel que ∀x ∈]a; b[, | f 0 (x)| É K alors

| f (b) − f (a)| É K |b − a|

On utilisera principalement cette inégalité dans l’étude des suites récurrentes.


Chap.4 Fonction : Dérivation K. BOUIHAT 75

8 Dérivées d’ordre supérieur


8.1 Définitions
Définition 8.1
Soit I un intervalle et f : I → R.
• On dit que f est deux fois dérivable sur I ssi f est dérivable sur I et f 0 est dérivable
sur I . La dérivée de f 0 est appelée la dérivée seconde de f et est notée f 00 .
• Pour n Ê 1, on dit que f est n fois dérivable sur I si f 0 est n − 1 fois dérivable et si
f (n−1) est dérivable. La dérivée de f (n−1) est appelée la dérivée n−ième de f et est
notée f (n) .
• Convention : on pose f (0) = f .

Définition 8.2
Soient f : I → R et n ∈ N. On dit que f est de classe C n sur I si f est n fois dérivable sur
I et si f (n) est continue sur I . On note C n (I ) l’ensemble des fonctions de classe C n sur
I.

Remarque.
C 0 (I ) est l’ensemble des fonctions continues sur I et C 1 (I ) est l’ensemble des fonctions dérivables
sur I dont la dérivée est continue.

Définition 8.3
Soit f : I → R. On dit que f est de classe C ∞ sur I si pour tout n ∈ N, f est n fois
dérivable sur I . On note C ∞ (I ) l’ensemble des fonctions de classe C ∞ sur I .

Exemple 8.1
Les fonctions polynômes et la fonction exponentielle sont de classe C ∞ sur R.
1
La fonction x → est de classe C ∞ sur R+∗ et R−∗ .
x
La fonction x → ln x est de classe C ∞ sur R+∗ .

8.2 Opérations sur les dérivées d’ordre supérieur

Propriété
Soit I un intervalle. Pour tout n ∈ N, C n (I ) est un espace vectoriel et C ∞ (I ) est aussi
un espace vectoriel.

Propriété
Soient f et g deux fonctions dérivables n fois sur un intervalle I . Alors f g est dérivable
n fois sur I et :
n µ ¶
(n)
X n (k) (n−k)
(f g) = f g formule de Leibniz
k=0
k
76 Fonction : Dérivation

Propriété
Le produit de deux fonctions de classe C n (resp. C ∞ ) sur I est une fonction de classe
C n (resp. C ∞ ) sur I .

Propriété
1
Si f est une fonction de classe C n (resp. C ∞ ) sur I qui ne s’annule pas sur I alors
f
est de classe C n (resp. C ∞ ) sur I .

Propriété
Soient I et J deux intervalles, f : I → R et g : J → R deux fonctions telles que f (I ) ⊂ J .
Si f et g sont de classe C n (resp. C ∞ ) alors g ◦ f est de classe C n (resp. C ∞ ) sur I .

9 Convexité
9.1 Définition
Définition 9.1
Soit f : I → R une fonction de classe C 1 sur I .
• On dit que la fonction f est convexe sur I ssi la courbe représentative de f est au-
dessus de ses tangentes en tout point de I .
• On dit que la fonction f est concave sur I ssi la courbe représentative de f est en-
dessous de ses tangentes en tout point de I .

Remarque.
On utilise rarement la définition pour montrer qu’une fonction est concave ou convexe. On utilisera
plutôt la caractérisation par les dérivées puis on utilise le fait que la courbe est au-dessus ou en-
dessous de ses tangentes.

Définition 9.2
Soient f : I → R une fonction de classe C 1 sur I et x 0 ∈ I . On dit que le point
M (x 0 , f (x 0 )) est un point d’inflexion de C f ssi la tangente à C f en x 0 traverse la courbe.

9.2 Convexité et dérivées


• Soit f : I → R une fonction de classe C 1 sur I .
• f est convexe sur I ssi f 0 est une fonction croissante sur I .
• f est concave sur I ssi f 0 est une fonction décroissante sur I .
• Soit f : I → R une fonction de classe C 2 sur I .
• f est convexe sur I ssi f 00 Ê 0 sur I .
• f est concave sur I ssi f 00 É 0 sur I .
• Soient f : I → R une fonction de classe C 2 sur I et x 0 ∈ I . Le point M (x 0 , f (x 0 )) est un point
d’inflexion de C f si et seulement si f 00 (x 0 ) = 0 et f 00 change de signe en x 0 .
Chap.4 Fonction : Dérivation K. BOUIHAT 77

9.3 Applications
– Montrer que : ∀x ∈ R, e x Ê x + 1.
On pose f (x) = e x . f est de classe C 2 sur R et f 00 (x) = e x > 0 donc f est convexe sur R. Par
définition la courbe de f est donc située au dessus de ses tangentes.
Or l’équation de la tangent en 0 est y = f 0 (0)x + f (0) = x + 1 donc on peut dire que pour
tout x ∈ R, e x Ê x + 1.
– Montrer que : ∀x ∈ R+∗ , ln x É x − 1.
1
On pose g (x) = ln x. g est une fonction de classe C 2 sur ]0; +∞[ et g 00 (x) = − 2 < 0. g est donc
x
une fonction concave sur ]0; ∞[. Par définition la courbe de g est donc située en dessous de
ses tangentes.
Or l’équation de la tangente en 1 est y = g 0 (1)(x − 1) + g (1) = x − 1 donc on a pour tout x > 0,
ln x É x − 1.

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