Developpement de Competence
Developpement de Competence
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© Droit d’auteur 2021 – Collèges et instituts Canada
Message de la présidente-directrice générale de CICan
Depuis des décennies, CICan et ses membres appuient des partenaires des quatre coins du
monde en exportant leurs savoirs et savoir-faire en enseignement et formation techniques et
professionnels (EFTP). Au fil des années, CICan a toujours eu le souci de peaufiner son
approche à partir des leçons apprises de chacune de nos expériences tout en conservant les
vecteurs suivants : répondre au besoin socio-économique du pays; travailler avec une approche
systémique pour s’assurer d’une appropriation à tous les niveaux allant du niveau ministériel en
passant par les institutions incluant le secteur socio-économique et la communauté; mettre le
partenaire dans le siège du conducteur; et finalement, utiliser les bases de l’approche par
compétences tout en s’assurant de l’adapter à la réalité du pays partenaire.
Nous avons souvent parlé de publier notre travail, d’ailleurs en 2012, pour les 40 ans de CICan
nous avons réalisé notre première publication de notre travail à l’international.
Aujourd’hui, c’est grâce à la COVID-19 que nous vous présentons avec fierté cette nouvelle
publication « Cadre de référence à la mise en œuvre d’une approche soutenant le
développement des compétences ». La COVID-19 a apporté son lot d’inquiétude, de
malades, de décès et a complètement changé nos habitudes de vie. Toutefois, la COVID-19
nous a permis de nous réinventer surtout dans notre secteur de l’éducation. Nous avons dû
réagir rapidement et être très créatifs pour poursuivre sans trop d’interruption notre important
mandat d’offrir l’éducation et la formation de qualité et ainsi, préparer la main-d’œuvre qualifiée
de demain. C’est au début de la COVID-19, en échangeant avec nos membres sur comment
nous allions appuyer nos partenaires internationaux, que l’idée de ce cadre de référence est
née. Ce document explique les principes universels de l’APC mais reflète la diversité et la
réalité canadienne avec la nuance dans ses systèmes d’éducation provinciaux et territoriaux.
Nous espérons que ce cadre de référence pourra vous permettre de découvrir le système
canadien avec ses nuances entre les provinces et territoires. Nous souhaitons également qu’il
servira de guide à tous nos membres, partenaires et membre de la communauté internationale.
Étant donné que ce guide se veut évolutif, nous vous invitons à nous partager vos
commentaires ou des réalités nuancées dans votre établissement.
Bonne lecture !
Denise Amyot
Table des matières
Page i
4.2 Relation entre ces étapes, les principes et les valeurs ................................................65
4.3 Description des compétences......................................................................................66
5. ENSEIGNEMENT ET APPRENTISSAGE ..........................................................................68
5.1 Planification- ................................................................................................................68
5.2 Approche collaborative ................................................................................................72
5.3 Approche coaching et accompagnement .....................................................................73
5.4 Mise en application des stratégies pédagogiques- .......................................................74
6. ÉVALUATION DES APPRENTISSAGES---- ........................................................................86
6.1 Fondements de l’évaluation .........................................................................................86
6.2 Évaluation des apprentissages- ...................................................................................87
6.2.1 Concepts et principes .............................................................................................87
6.2.2 Valeurs ...................................................................................................................89
6.2.3 Orientations ............................................................................................................89
6.2.4 Caractéristiques .....................................................................................................90
6.2.5 Évaluation formative versus évaluation sommative ...............................................91
6.3 Processus d’évaluation................................................................................................93
6.4 Nature de l’évaluation ..................................................................................................94
6.5 Outils - Instruments d’évaluation- .................................................................................97
7. CHANGEMENT DE PARADIGMES .................................................................................101
7.1 Pourquoi changer ? ...................................................................................................101
7.2 Dans le cadre de la gestion .......................................................................................101
7.3 Dans le cadre de la planification de la formation........................................................102
7.4 Dans le cadre de la mise en œuvre de la formation ...................................................103
7.5 Dans le cadre de l’évaluation des apprentissages .....................................................104
7.6 Un changement : passage d’une culture individuelle à une culture collaborative .......105
8. THÈMES CONNEXES .....................................................................................................106
a. Intégration et prise en compte de l’égalité de genres .................................................106
b. Intégration et prise en compte de la dimension environnementale ............................107
c. Intégration de la perspective entrepreneuriale ...........................................................108
BIBLIOGRAPHIE ....................................................................................................................109
Page ii
I – Liste des tableaux et des figures
Tableaux
Tableau 1 Comparaison des étapes de mise en œuvre de l’APC selon un modèle de gestion
centralisé et décentralisé
Tableau 2 Comparaison des processus d’élaboration et de conception des programmes de
formation
Tableau 3 Différentes stratégies pédagogiques préconisées en APC
Tableau 4 Divers outils proposés dans un contexte de formation à distance en APC
Tableau 5 Étapes du processus d’évaluation selon la perspective de l’enseignant.e et de
l’apprenant.e
Figures
Figure 1 Présentation graphique du Cadre de référence
Figure 2 Interrelations présentes entre les sections du Cadre de référence
Figure 3 Les systèmes d’éducation du Canada
Figure 4 Principales caractéristiques des compétences
Figure 5 Profil des apprenants
Figure 6 Définition de la formation bi-modale et co-modale
Figure 7 Modalités de mise en œuvre des activités selon les modes synchrone, asynchrone
et bi-modal
Figure 8 Le triangle pédagogique
Figure 9 Quelques moyens de soutenir le développement d’une relation éducative positive
Figure 10 Étapes de la planification d’une leçon par l’enseignant.e
Figure 11 Résumé des éléments à vérifier de la part de l’enseignant.e lors de sa préparation
Figure 12 Comparaison de l’évaluation externe et de l’auto-évaluation
Figure 13 Processus administratif et opérationnel d’évaluation
Figure 14 Nature de l’évaluation
Figure 15 L’évaluation pratique
Figure 16 Changements de paradigmes en APC
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II – Acronymes
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III – Mise en contexte
Avec l’arrivée de l’APC, les collèges et instituts membres de CICan ont majoritairement intégré
les principes de cette méthodologie dans la mise en œuvre de leurs projets du Programme de
partenariats des collèges canadiens (PPCC). Quand CICan, en collaboration avec les
partenaires pays, a développé l’approche Éducation pour l’emploi (ÉPE) au sein de ses
différentes zones d’intervention, l’APC fut l’approche pédagogique préconisée pour le
développement des nouveaux programmes de formation. Dans le but d’assurer l’adaptabilité
des projets de CICan aux réalités rencontrées, autant en Afrique Australe, de l’Ouest, de l’Est et
du Nord, que dans les Caraïbes et l’Amérique latine, cette approche pédagogique est décodée
et recodée afin de répondre adéquatement à la réalité socio-économique du partenaire pays
sans y perdre les fondements de l’APC.
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La vision de CICan repose sur la valorisation et le développement des compétences
locales. L’APC est décodée et recodée à la réalité du pays sans y perdre ses
fondements
Au fil des années, la méthodologie APC a évolué et s’est actualisée dans les établissements
canadiens. CICan a ainsi pris conscience de l’importance d’avoir un cadre APC pancanadien
qui tiendra compte des nuances présentes dans les différentes provinces et territoires. Le
présent cadre de référence se veut un outil d’orientation, voire un guide pour les collèges et
instituts membres de CICan, dans la mise en œuvre des projets ÉPE. Ce cadre de référence et
les principes méthodologiques présentés soutiennent la philosophie de l’APC, et ce, selon la
réalité pancanadienne et ses valeurs, dont entre autres la prise en compte de la dimension
genre, la Gestion axée sur les résultats (GAR) et le respect de l’environnement. Le tout prend
également en compte notre nouvelle situation planétaire, où le travail à distance est davantage
favorisé depuis la crise de la COVID-19.
Ces craintes et questionnements de la part des institutions canadiennes sont en relation directe
avec l’approche de gestion des projets et des programmes internationaux mis en œuvre par
CICan, soit la Gestion axée sur les résultats (GAR) qui est l’outil de de suivi utilisé entre autres
par Affaires mondiales Canada (AMC). Cette approche est un système de gestion qui s’appuie
sur le cycle de vie d’un programme ou d’un projet et y intègre dans le processus de réflexion,
les stratégies, les personnes, les ressources, les processus et les outils de mesure pour
améliorer la prise de décisions, la transparence et la reddition de comptes. En conséquence, la
réflexion des partenaires canadiens et internationaux dans la réorganisation de leurs activités
en prenant en compte les restrictions imposées par la COVID-19 ont mis l’accent sur l’atteinte
des résultats attendus, l’adaptation des mesures de rendement aux nouvelles réalités, le
maintien de standard au niveau de l’apprentissage, l’importance de s’adapter et de faire preuve
de souplesse, de même que le maintien de pratiques rigoureuses en matière de reddition de
compte (production de rapports sur le rendement et résultats obtenus).
Globalement, les échanges réalisés avec les établissements canadiens confirment que les
visions de l’APC peuvent être nuancées, que ce soit entre les intervenants institutionnels
canadiens et les partenaires internationaux. En conséquence, il est apparu important d’établir
des paramètres d’intervention donnant une souplesse et une agilité aux collèges et instituts
canadiens issus de provinces et territoires ayant des modèles de l’APC distincts afin de soutenir
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leurs interventions différenciées d’un pays partenaire à l’autre. Plusieurs variables expliquent ce
constat de ne pas imposer un modèle unique, soit le degré de centralisation des systèmes
éducatifs, le nombre d’années d’expérimentation de l’APC, la présence d’un modèle APC dans
le pays avec un processus et une terminologie précise, etc., mais plutôt de fixer les paramètres
et principes universels et transférables de l’APC pour tous les membres de CICan qui travaillent
à la réalisation des projets ÉPE.
Ce ne sont pas toutes les terminologies précises ou les schèmes d’implantation qui sont
proposés dans ce document, mais plus des exemples ou des pratiques, ou encore l’utilisation
d’un vocabulaire neutre, qui permettront une adaptation en fonction des réalités rencontrées
dans les pays d’intervention. Les éléments présentés dans les huit (8) sections de ce document
le sont à titre d’orientation/de cadrage de la démarche, puisque ce sont les fondements et les
principes retenus par CICan dans le cadre de la mise en œuvre des programmes ÉPE et des
projets qui en découlent.
Il est cependant important de noter que la mise en œuvre de l’APC dans les pays qui n’ont pas
encore adopté sa méthodologie, ou encore l’actualisation des pratiques liées à l’APC dans les
pays qui souhaitent revoir celles-ci, devront se faire en respectant les principes, les valeurs et
les fondements présentés dans ce document de cadrage. Ceux-ci sont le cadre de référence de
l’APC et de toute approche basée sur le développement des compétences, quel qu’en soit
l’appellation retenue ou le pays d’intervention. Dans le cas des pays dans lesquels la mise en
œuvre de l’APC est efficiente, le présent document pourra servir d’ouvrage de référence pour
susciter la réflexion et engager les partenaires dans un partage d’expertise. Il n’aura donc pas
pour but d’imposer un changement méthodologique et de pratiques, mais de proposer
un cadre de référence pour soutenir la réflexion des partenaires canadiens et
internationaux.
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IV – Sommaire
Le résultat principal attendu de ce cadre de référence est d’en faire un outil flexible et facile
d’utilisation. En conséquence, les sections 2 et 3 présentent plusieurs fondements et
paramètres auxquels les cinq sections subséquentes se réfèrent, alors que la section 1
présente les différences régionales de la gestion de l’éducation au Canada. Les repères
présentés au sein des trois premières sections du document sont également les éléments de
cadrage sur lesquels CICan s’appuie dans la mise en œuvre de ses projets d’appui
institutionnel. En conséquence, les définitions présentées devraient également servir de
référence aux lecteurs afin qu’ils puissent saisir la vision de CICan, de même que bien
s’imprégner des concepts présentés dans ce document de cadrage. Ces sections permettent de
bien définir le sens donné aux principes et aux éléments de vocabulaire pour qu’une
compréhension globale s’en dégage.
Outre ces trois premières sections d’orientation, les sections 4, 5 et 6 s’appuient quant à elles
sur le cycle de l’APC, c’est-à-dire de la conception de programmes à leur mise en œuvre dans
les établissements de formation, incluant l’évaluation des apprentissages. Finalement, la
section 7 s’adresse plus précisément aux changements de paradigmes engendrés par la mise
en œuvre de l’APC. Bien que le changement de paradigmes pour un thème donné soit présenté
en continu au sein de chaque section, il paraissait important de faire une synthèse afin de
souligner les éléments les plus importants à retenir, de même que les exigences associées à
ces changements. Finalement, la section 8 aborde les thèmes transversaux à l’APC, bien que
ce ceux-ci soient également abordés au sein même de chaque section, en raison de
l’importance qu’ils revêtent.
En terminant, dans le cadre du présent document, pour alléger le texte et miser sur une
harmonisation de la terminologie, il a été retenu que de façon générale l’appellation ‘’approche
par compétences (APC)’’ sera utilisée, à moins que des précisions doivent être apportées ou
que des particularités doivent être soulignées. En conséquence, la terminologie « approche
par compétences (APC) » lorsque utilisée, signifie dans le cadre de ce document « toutes
approches ou méthodologies » soutenant le développement des compétences, et ce,
quel qu’en soit les particularités procédurales ou méthodologiques. En conséquence,
l’APC fait référence au développement de compétences aussi bien dans les institutions
d’enseignement que dans le processus d’ingénierie et de développement des programmes par
compétences.
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EN RÉSUMÉ, LE CADRE DE RÉFÉRENCE POUR LA MISE EN ŒUVRE D’UNE APPROCHE SOUTENANT LE
DÉVELOPPEMENT DES COMPÉTENCES, SE DÉCLINE EN HUIT SECTIONS INTERRELIÉES
1. INTRODUCTION
8. THÈMES 2. PRINCIPES ET
CONNEXES VALEURS
7. CADRE DE 3. FONDEMENTS
CHANGEMENTS
RÉFÉRENCE PÉDAGOGIQUES
DE PARADIGMES
4. CONCEPTION
6. ÉVALUATION
ET ÉLABORATION
DES
DE
APPRENTISSAGES
PROGRAMMES
5.
ENSEIGNEMENT
ET
APPRENTISSAGE
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Ainsi, le Cadre de référence est présenté selon le cycle de l’implantation et de la mise en œuvre
de l’APC. Chaque section du document fait référence à une étape du cycle d’implantation et/ou
de mise en œuvre de l’APC. Le lecteur peut donc, par l’entremise du Cadre de référence,
amorcer une réflexion et mieux comprendre les interrelations présentes entre toutes les étapes
du cycle de l’APC.
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1. INTRODUCTION
1.1 Les approches soutenant le développement des compétences
Selon une vision large ‘’d’une approche soutenant le développement des compétences’’,
on reconnait que l’apprenant.e2 doit être [Link] et au cœur de son processus
d’apprentissage. L’apprenant.e doit sélectionner, mobiliser et combiner une diversité de
ressources internes (connaissances, capacités, attitudes, savoir-faire, expérience et
qualités). Les ressources externes sont les ressources de l’environnement souvent
indispensables au développement de la compétence (réseaux professionnels, réseaux
documentaires, bases de données, documents de référence, Internet, logiciels…), mais
comprennent également la composante interpersonnelle (relations avec les pairs,
l’enseignant.e, etc.).
2 Note : La féminisation du texte par l’utilisation du point médian vise à donner davantage de visibilité au
féminin. (Voir : Guide d’écriture inclusive. Revue FéminÉtudes, Septembre 2020, p. 5)
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certes encadré.e, mais devient plus autonome dans sa démarche et le travail collaboratif
et de groupe est nettement encouragé.
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Les buts généraux de la formation professionnelle sont :
Ces buts et objectifs sont les socles sur lesquels reposent les modèles canadiens de
formation. Les valeurs soutenues sont intrinsèques aux pratiques de formation mises en
œuvre pour soutenir le développement des compétences des formé.e.s, qu’il s’agisse de
formation régulière, de formation continue (développement professionnel) ou encore de la
mise en œuvre d’un processus d’évaluation et de reconnaissance des acquis (scolaires
ou professionnels) et des compétences.
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1.3 Modèles canadiens en matière d’éducation
1.3.1 Gouvernance de l’éducation au Canada
Au Canada, il n’y a ni ministère fédéral de l’Éducation ni système national intégré
d’éducation technique et de formation professionnelle. Dans le système fédéral de
partage des pouvoirs, la Loi constitutionnelle de 18674 du Canada stipule que, dans
« chaque province, la législature pourra exclusivement décréter des lois relatives à
l’éducation ». Dans les 13 instances canadiennes – 10 provinces et 3 territoires, les
ministères de l’Éducation (selon ici une appellation large) sont responsables de
l’organisation, de la prestation et de l’évaluation de l’éducation primaire et
secondaire, de la formation technique et professionnelle et de l’enseignement
postsecondaire. Certaines provinces et certains territoires sont dotés d’au moins
deux ministères, dont les répartitions des responsabilités en matière d’éducation
sont complémentaires.
À titre d’exemples :
• un Ministère peut être responsable de l’éducation primaire-secondaire et l’autre
de l’enseignement postsecondaire et de la formation professionnelle;
• un Ministère peut être responsable de l’éducation primaire-secondaire (qui inclut
la formation professionnelle) et un autre responsable de la formation post-
secondaire, qui inclut la formation technique;
• un même Ministère est responsable de tous les paliers de l’éducation (du primaire
à l’enseignement supérieur).
À titre d’exemples :
• Territoires du Nord-Ouest : Ministère de l’Éducation, de la Culture et de la
Formation;
• Ontario : Ministère des Collèges et Universités;
• Terre-Neuve et Labrador : Ministère de l’Éducation (couvre tous les paliers);
• Manitoba : Ministère du Développement économique et de la formation.
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1.3.2 Différences territoriales
Bien qu’il y ait de très nombreuses similitudes entre les systèmes d’éducation des
provinces et territoires du Canada, il y a également des différences entre les
programmes d’études (nature, appellation, durée, etc.), les évaluations et les
politiques de reddition de comptes, et ce, en raison de nombreuses variables telles
que la géographie, l’histoire, la langue, la culture, les conditions socioéconomiques,
l’urbanisation et la ruralité, et finalement, les besoins particuliers des populations
desservies par les institutions de formation. Le caractère vaste, diversifié et
largement accessible de l’éducation canadienne atteste de l’importance accordée à
l’éducation, mais également de l’importance de l’insertion professionnelle. La figure 1
présente les différences, de même que les similitudes des systèmes d’éducation du
Canada.
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d’entrepreneuriat créés par ses partenaires et ses établissements membres, et ce,
autant au Canada qu’à l’étranger.
CICan et ses membres collaborent avec les secteurs privé et communautaires pour
former des apprenant.e.s de tous âges et d’origines diverses à partir de quelques
670 emplacements desservant des collectivités urbaines, rurales et éloignées au
Canada. L’association maintient qu’une éducation de qualité et l’accès à des
programmes de développement des compétences sont essentiels pour favoriser la
participation des Canadiens au marché de l’emploi et contribuer à la prospérité du
Canada.
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En ce sens, CICan joue un rôle fédérateur auprès de ses membres en s’engageant à
faire avancer le savoir ainsi qu’à défendre leurs intérêts et à accroître leurs
capacités. En conséquence, ceci permettra de continuer à renforcer encore
davantage le système des collèges et des instituts pancanadiens et bâtir un meilleur
pays.
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1.3.4 Gestion de l’offre de formation
Toutes ces structures de formation offrent une vaste gamme de programmes de
formation professionnelle, technique, technologique, universitaire appliqué dans
divers secteurs tels que le commerce, la santé, la mécanique et son entretien, le
bâtiment et le génie, les arts appliqués, la technologie, les services sociaux, etc.
Respectant les normes de gestion provinciale et territoriale en vigueur, une même
institution peut offrir dans certains cas plusieurs niveaux tels, par exemple, le niveau
professionnel-technique-technologique OU le niveau technique-technologique-
préuniversitaire. Certaines institutions se spécialisent et dispensent une formation
dans un seul domaine tel que les pêcheries, les arts, l’avionnerie ou l’agriculture. La
définition institutionnelle de la carte de formation s’inspire des réalités du tissu
économique territorial, mais également des besoins des entreprises présentes dans
les communautés des institutions, toutes catégories confondues.
Outre les formations de nature régulière, certains collèges offrent des programmes
d’alphabétisation et de rattrapage scolaire, des programmes de formation
préprofessionnelle et de préapprentissage ainsi que les cours des programmes
d’apprentissage enregistrés. De plus, un vaste éventail d’ateliers, de
programmes courts et de programmes de recyclage y sont offerts, ainsi que
des formations sur mesure en industrie, afin de soutenir le développement
professionnel de la main-d’œuvre et la compétitivité des entreprises.
9 Tiré de GÉRIN-LAJOIE, Fanny (2015). Éducation décentralisée: idéal inatteignable ou réalité pratique ?
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Il varie d’un peu plus de 50 % à plus de 80 %10-11 des revenus totaux de
l’établissement. Le résiduel nécessaire au bon fonctionnement de l’institution
provient de différentes sources : frais de scolarité (étudiants canadiens et
internationaux), vente de services aux entreprises (recherches, formation continue,
etc.), exportation du savoir-faire à l’international, etc. Cet exemple illustre bien les
différences territoriales en matière de gestion de l’offre de formation.
Les résultats de ces dernières sont évalués sur la base d’indicateurs de performance
reposant sur des données telles que le taux de placement des diplômés, le taux de
satisfaction des employeurs, le taux de satisfaction des apprenants, etc. Ces
indicateurs illustrent leur relation directe avec les principes et valeurs de l’APC en
plaçant l’apprenant au cœur des priorités et en orientant l’offre de formation selon les
besoins du marché du travail. Sous un autre aspect, les principes de reddition mis en
place rappellent également le lien avec les principes de la Gestion axée sur les
résultats (GAR)12 qui reposent sur des indicateurs et l’atteinte de résultats ciblés.
10Tiré de Statistique Canada. Tableau 37-10-0028-01 Revenus des collèges communautaires et des
écoles de formation professionnelle (x 1 000)
11 Tiré de Le financement des collèges (CEGEPS)-
[Link]
12 Tiré de GOUVERNEMENT DU CANADA (2020). La gestion axée sur les résultats.
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Tableau – 1 – Comparaison des étapes de mise en œuvre de l’APC selon un
modèle de gestion centralisé et décentralisé
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2. PRINCIPES ET VALEURS14
Tel que présenté dans la section précédente, les modes de gestion et de mise en œuvre de
l’APC sont différents d’une province canadienne ou d’un territoire à l’autre. Bien que des
différences soient présentes sur le plan de la gestion et que certaines variables
environnementales diffèrent, la vision des ministères, des institutions de formation ou des
organisations impliquées dans le développement et la révision des programmes demeure la
même. Cette vision se traduit donc par des principes généraux et des valeurs soutenant la mise
en œuvre efficiente de ladite approche.
2.1 Principes
A) Prise en compte de la réalité du marché du travail pour soutenir l’adéquation
formation-emploi :
Miser sur l’APC signifie que le développement des programmes de formation doit
impérativement reposer sur la réalité actuelle et future du marché du travail, en prenant
notamment en compte la situation économique, la structure et l’évolution des emplois, les
perspectives, les facteurs influençant le secteur ou l’emploi donné, la prise en compte de
la perspective environnementale, la place de l’auto-emploi dans le secteur donné, la
considération genre, etc. L’omission de ce principe ,et de ses parties prenantes, pourra
résulter en un clivage important entre l’offre de formation et la réalité du marché de
l’emploi.
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Il devient impossible de répondre aux besoins du
marché du travail sans l’avoir analysé en profondeur
L’analyse macroscopique du et sans se donner les moyens pour en suivre
marché du travail par l’évolution. Les informations recueillies par
l’entremise d’analyses l’entremise d’analyses sectorielles, d’analyse de
sectorielles et d’analyses du marché ou d’études économiques servent de base à
marché du travail permet
la planification, à la priorisation et à la réalisation
d’avoir une meilleure
compréhension de l’évolution des actions de développement et de mise à niveau
d’un secteur ou des emplois des programmes de formation mis en œuvre selon
qui lui sont associés, mais l’APC. En conséquence, l’offre de formation trouve
aussi de réalités sociales sa source et sa sortie dans le marché du travail.
telles que le profil des
employés (âge, sexe, etc.),
En se reposant sur les réalités du marché du travail,
l’évolution technologique, les
impacts environnementaux le maillage entre les mondes du travail et de la
sur la nature du travail, etc. formation est soutenu. En ce sens, le monde de la
formation répond mieux aux besoins en termes de
disponibilité et de mise à niveau des compétences
recherchées pour soutenir l’offre de produits et de
services par le secteur économique.
Le second principe s’illustre par la prise en compte de la réalité plus précise des
entreprises, en fait des employeurs, et en ausculte les moindres détails. Qu’il s’agisse de
la mise en œuvre d’analyses de situations de travail (AST), la réalisation de tables
sectorielles pour un secteur donné (ex : construction), la réalisation de tables de travail
avec une approche cluster (entreprises de divers secteurs, mais pour un même métier), le
déploiement de comités ou groupes consultatifs, la création de comités de programmes
par les institutions, etc. L’objectif premier poursuivi est d’orienter la description réelle et
actuelle du marché du travail, en vue de définir des compétences à développer.
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Divers mécanismes de consultation sont mis en œuvre
avec les employeurs et reposent tous sur l’importance Ces activités de
de s’appuyer sur les entreprises afin de définir avec consultation permettent de
exactitude la nature du travail réalisé, soit les tâches s’assurer de la prise en
en milieu professionnel, les conditions de réalisation du compte de la perspective
travail (environnement professionnel, normes et genre, ainsi que de la
réglementations en vigueur, accréditation nécessaire, dimension
etc.) ainsi que les comportements et attitudes attendus environnementale. Elles
de la part des employé.e.s. Il est par ailleurs possible vont au-delà de l’aspect
technique d’une fonction
de définir avec précision les différences présentes
de travail donnée. Les
entre les différents employeurs, selon notamment la
conditions, défis et réalités
taille de l’entreprise et son secteur d’activités, en ce qui propres aux femmes
concerne les tâches effectuées par les employé.e.s doivent être prises en
dans une fonction de travail donnée. De plus, ces considération.
initiatives de consultation des employeurs permettent
de recueillir leurs rétroactions au regard de la
formation quant aux modalités possibles de livraison : alternance travail-études, en
entreprise, avec stage et durée de celui-ci. Elles permettent également aux institutions de
formation de solliciter leur appui pour notamment l’accueil des stagiaires, leur contribution
à la livraison de la formation, le prêt de matériels et/ou équipements.
En conséquence, en misant sur une ingénierie de formation basée sur les compétences
identifiées, on comprend que la sollicitation des entreprises et des employeurs a des
impacts non seulement sur la création de nouveaux programmes, mais également sur leur
révision régulière et leur actualisation, tant des programmes que des compétences. Outre
la formation régulière, les activités de formation continue et de développement
professionnel offertes par les institutions de formation bénéficient des retombées positives
de l’implication des entreprises dans le cadre de l’APC. En ce sens, il est important que
les enseignants soient également impliqués dans les activités de consultation des
entreprises et également d’anciens étudiant.e.s. Ceci leur permet de maintenir une vision
actualisée du marché du travail et des compétences recherchées.
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En s’appuyant sur les compétences nécessaires pour
répondre aux exigences du contexte de travail présent L’ingénierie de formation
dans les entreprises, l’adéquation de l’offre de prend également en
formation avec les besoins exprimés par le secteur compte les réalités propres
aux femmes. La
productif est soutenue. Les compétences présentes
formulation des
dans les programmes de formation sont donc à l’image compétences ainsi que de
des fonctions de travail retrouvées dans les leur contexte de réalisation
entreprises, alors que les activités d’enseignement et professionnel doit
d’apprentissage prennent en compte le contexte de démontrer une sensibilité à
réalisation et les performances attendues. En la prise en compte du
genre. Ceci aura un impact
conséquence, les compétences qui n’ont pas été
ultérieur sur les stratégies
jugées pertinentes pour l’exécution de tâches ou de d’enseignement en vue de
fonctions de travail ne sont pas retrouvées dans les développer lesdites
programmes de formation. Maintenir ces compétences.
compétences dans les programmes traduirait une
vision orientée uniquement sur l’offre de formation et
non sur les réalités présentes sur le marché du travail.
Le matériel pédagogique prend en considération les réalités propres aux femmes, par
l’entremise d’un vocabulaire inclusif, par le choix d’activités d’apprentissage qui sont
respectueuses des femmes, par le choix de matériels de protection et de sécurité, tels
des gants mieux ajustés à la taille des femmes, etc.
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E) Élaboration d’outils d’évaluation des apprentissages basés sur les
compétences retrouvées dans le programme :
Choisir d’implanter l’APC, c’est également choisir d’établir une corrélation subséquente
des stratégies de formation mises en œuvre pour développer lesdites compétences, de
compter sur la présence de matériels pédagogiques et d’équipements appropriés et
finalement, d’assurer une cohérence de l’évaluation des compétences avec ce qui est
prévu en termes d’objectifs d’apprentissage.
Les informations recueillies dans le cadre des activités et mécanismes de consultation mis
en place avec les entreprises ont permis de recueillir des informations au regard des
performances attendues dans une fonction de travail donnée. Ces informations sont
précieuses autant pour l’orientation des stratégies de formation déployées que pour
l’évaluation des apprentissages réalisés par les apprenant.e.s.
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F) Adaptation des stratégies et des pratiques soutenant le développement des
compétences
La mise en œuvre de l’APC prend en compte la
présence de pratiques et de stratégies pédagogiques Un changement de culture
valorisant une participation active des apprenant.e.s, est également nécessaire
un contexte de formation inspiré de l’environnement pour s’assurer que les
femmes ne soient pas
professionnel ainsi que la validation/l’évaluation de
confrontées à des
l’apprentissage de l’apprenant.e selon un niveau de obstacles culturels ou
performance correspondant aux attentes du marché du sociaux limitant leurs
travail. Ces trois variables sont reliées et apprentissages ou encore
indissociables pour assurer une cohérence entre les l’accès à la formation. Le
compétences attendues du secteur professionnel avec choix de stratégies
pédagogiques non
les activités de formation et d’évaluation mises en
discriminatoires pour les
place par le secteur éducatif. femmes, la manifestation
d’un comportement
Le changement de paradigmes imposé sur le plan respectueux de
pédagogique, soit de passer d’une pédagogie l’enseignant.e et l’utilisation
d’un vocabulaire approprié
traditionnelle à une pédagogie active, bien que simple
ou encore la création d’un
en apparence, ne peut s’opérationnaliser sans une climat de confiance de la
volonté réelle de tous les acteurs impliqués dans la part de l’enseignant.e sont
formation des apprenant.e.s. Il s’agit d’un véritable autant d’exemples
changement de la culture pédagogique. Les démontrant une adaptation
ressources nécessaires, quelle que soit leur nature, des stratégies
pédagogiques et des
doivent être disponibles et gérées selon des principes
pratiques prenant en
de gestion qui sollicitent également de profondes compte la perspective
transformations des schèmes de pensées en genre.
s’associant à la GAR. La création d’une osmose entre
la livraison de la formation et sa gestion est donc
essentielle en APC.
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En conséquence, un rôle important de planification est nécessaire de la part des
gestionnaires d’institutions de formation, mais également de la part des gestionnaires
directement liés à la pédagogie (directeur des études, [Link] de département,
[Link] pédagogique, etc.), des enseignant.e.s eux-mêmes ainsi que du
personnel connexe mis à contribution dans la mise en œuvre de la formation tel que les
conseillers pédagogiques. Chacun à son niveau doit s’assurer de planifier les ressources
qui lui sont associées, selon son niveau décisionnel au sein de l’institution.
Les gestionnaires d’institution devront pour leur part s’assurer d’avoir un regard global et
précis de l’ensemble des ressources nécessaires: enseignant.e.s possédant les
compétences nécessaires en nombre adéquat; espaces de formation (classe, laboratoire,
champs de pratique, etc.) aménagés adéquatement et équipés avec les matériels et
équipements nécessaires; développement de partenariats avec des entreprises ou
organisations externes pour soutenir l’accès à des équipements non disponibles à
l’institution de formation; planification budgétaire du programme prenant en compte le
nombre d’apprenant.e.s et les résultats attendus, les activités d’apprentissage et les
compétences à développer, etc. Ce ne sont ici que quelques exemples des changements
de paradigmes à adopter par les gestionnaires d’institutions qui doivent mettre en œuvre
l’APC.
La réussite des apprenantes est également au cœur des préoccupations, ce qui signifie que
des initiatives qui leur sont spécifiquement destinées doivent être prévues, ainsi que des
budgets associés. On peut ici penser à des programmes de mentorat pour les femmes, à des
programmes de bourses pour les femmes présentes dans les métiers non-traditionnels, à
l’offre de services de garderie pour les enfants en milieu scolaire, etc.
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Sans ce travail de concertation entre les divers interlocuteurs, la distribution des
ressources sera incohérente avec la vision mise en œuvre par l’APC, soit que la réussite
de l’apprenant.e est au cœur de toutes les préoccupations.
Les changements imposés par ces pratiques doivent également être accompagnés de
formation des gestionnaires afin qu’ils s’approprient adéquatement leur rôle de leader. Ils
doivent développer une vision entrepreneuriale et une dynamique d’interaction avec leur
environnement social et communautaire. Le rôle des institutions de formation ne doit
donc plus uniquement en être un de formation, mais doit progresser vers celui de pilier de
développement socioéconomique de leur communauté. Ce rôle est rendu possible par
une réponse adaptée aux besoins en matière de compétences utiles au marché du travail,
en fonction des emplois présents et des fonctions associées.
Le rôle de leader attendu des gestionnaires en est un qui soutient le changement, autant sur
le plan des pratiques institutionnelles de gestion, de culture entrepreneuriale que de culture
organisationnelle. L’institution doit mettre en place des politiques institutionnelles démontrant
son engagement pour la répression de la violence et du harcèlement envers les femmes, et
ce, qu’elles soient membres du personnel ou étudiantes. Le rôle des gestionnaires dans le
développement de telles politiques et leur mise en application subséquente est primordial
dans le contexte d’un changement de culture organisationnelle et de prise en compte de
l’égalité de genres.
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Les principes présentés mettent en évidence l’importance d’une vision globale de ce
qu’est réellement l’APC. Trop souvent, lorsque l’on fait référence à l’APC et aux
changements qui y sont associés, on les limite uniquement à l’aspect pédagogique ou
encore essentiellement à une approche qui permet de définir les compétences inhérentes
à l’exercice d’un métier et à les formuler en objectifs dans le cadre d’un programme
d’études. Au contraire, les changements de pratiques et de paradigmes inhérents à l’APC
sont beaucoup plus complexes et interdépendants qu’il n’y parait. Ces changements sont
profonds et occasionnent un virage important pour qui souhaite mettre en œuvre cette
approche.
2.2 Valeurs
En relation et en appui aux principes présentés, certaines valeurs doivent aussi être
adoptées. Celles-ci doivent être valorisées au sein de la culture institutionnelle, afin que
les changements de pratiques et de paradigmes soient une réalité.
Que ce soit pour une formation initiale menant à un diplôme, pour une formation continue
ou pour répondre au besoin de formation d’une personne en particulier, toutes ces
occasions reposent sur un désir d’acquérir de nouvelles compétences professionnelles.
En conséquence, accroître l’accessibilité peut signifier : 1) de réfléchir aux préalables
nécessaires et leur pertinence; 2) d’offrir des plages horaires de formation variables; 3) de
revoir le profil des apprenant.e.s et accroitre les opportunités pour les personnes ayant
des déficits d’apprentissage ou des incapacités temporaires ou permanentes; 4) de miser
sur une approche personnalisée et différenciée de formation; 5) de réfléchir à la
désarticulation des compétences pour certifier certains apprentissages et non la
compétence dans sa globalité, ce qui réfère à la micro-certification; 6) de limiter les coûts
pour l’apprenant.e; 7) de diminuer les distances entre l’apprenant.e et la formation (en
région, en communauté, en entreprise, en ligne, etc.); 8) de prendre en compte les
différences associées au genre dans le choix des équipements et du matériel, ou
encore des horaires de formation proposés; 9) d’ouvrir les portes aux entreprises pour
l’offre de formation, etc.
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B) Polyvalence et flexibilité : une formation fonctionnelle et polyvalente
La polyvalence et la flexibilité sont intimement reliées à l’accessibilité, puisqu’accroître la
polyvalence des institutions ou des offres de formation, tout comme leur flexibilité, est une
façon de miser sur une accessibilité accrue pour les apprenant.e.s. Miser sur la
polyvalence et la flexibilité, c’est proposer une démarche personnalisée et efficace qui
valorise le développement des personnes et/ou des entreprises, en leur permettant de
solidifier les bases sur lesquelles repose leur futur. C’est également leur offrir l’opportunité
d’accroître leur employabilité, par une réponse mieux adaptée aux besoins manifestés.
En conséquence, la formation est conçue pour mieux s’adapter aux objectifs des
personnes et des entreprises. La formation prend tout son sens, car elle est appuyée par
la réalisation et l’utilisation de situations d’apprentissage authentiques permettant de
rejoindre les intérêts et les besoins réels de chaque apprenant.e. Étant donné qu’il s’agit
d’une formation qui assure ainsi le développement durable de la main-d’œuvre, elle est
caractérisée de fonctionnelle. La formation doit proposer des formules flexibles afin de
répondre aux nouveaux besoins créés par les nombreux changements auxquels doivent
faire face les entreprises et leurs travailleurs. L’offre de services de garde pour les
enfants en milieu de travail est un exemple de flexibilité qui peut également
s’exprimer au sein des institutions de formation.
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La préoccupation face à la réussite doit également prendre en compte la
perspective genre, puisque les facteurs affectant la réussite des filles
sont parfois très différents de ceux affectant la réussite des garçons.
En APC, la formation est concrète car elle soutient l’acquisition de compétences durables
et transférables dans de nombreux contextes et de nombreuses situations. En
conséquence, elle favorise le développement de l’autonomie, la motivation et le goût
d’apprendre. Toutes ces caractéristiques sont intimement liées à la réussite ou du moins
au soutien de l’apprenant.e pour qu’il connaisse la réussite. Outre les actions mises en
place par les enseignant.e.s, il faut également prendre en compte les services d’appui à la
réussite au sein de l’institution de formation, ainsi que les particularités liées au genre.
La richesse des perspectives partenariales reflète donc une grande variété de réalités et
de pratiques, mais elles devraient toujours se focaliser sur la synergie. Il est important de
développer des collaborations où chaque partenaire apporte sa valeur ajoutée et dégage
un bénéfice, ce qui repose sur des formules consensuelles satisfaisant les deux parties
prenantes.
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précise peuvent être partagées entre des partenaires qui, de façon isolée, ne pourraient y
accéder.
G) Approche collaborative
L’APC valorise l’approche collaborative, par l’entremise des stratégies d’enseignement et
d’apprentissage déployées. Qu’il s’agisse de travail en équipe, de dyade ou d’activités
permettant l’interaction du groupe, le tout est fondé sur un principe de travail et de
mutualisation entre les pairs. L’APC est centrée sur le partage de l’information,
l’expression des attentes et la responsabilité mutuelle des personnes impliquées dans la
relation d’enseignement et d’apprentissage.
Sous un autre angle, l’approche collaborative est également suscitée chez les
enseignant.e.s. La mise en œuvre d’un programme en APC ne repose pas uniquement
sur une approche de travail individualisée des enseignant.e.s (approche par cours), mais
sur une approche ‘’programme’’. La vision du programme se doit d’être holistique et
multidisciplinaire, ce qui nécessite de la part des enseignant.e.s la valorisation du travail
d’équipe.
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travail. Les neuf compétences essentielles reconnues au Canada16 sont les suivantes :
lecture, rédaction, utilisation de documents, calcul, informatique, capacité de
raisonnement, communication orale, travail d’équipe et formation continue. Chaque
compétence se divise en plusieurs niveaux, de simple à complexe, selon les exigences
reconnues pour une fonction professionnelle donnée. Les compétences essentielles sont
donc des fondements et des compétences transversales à plusieurs programmes de
formation.
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3. FONDEMENTS PÉDAGOGIQUES17
L’APC repose sur des concepts et certaines définitions qui lui sont propres et qui sont
présentés afin de permettre au lecteur de bien saisir la portée de ce Cadre de référence, ses
limites et la philosophie qui en a soutenu la rédaction. Ces concepts orientent subséquemment
les stratégies pédagogiques mises en œuvre dans un contexte de formation, de même que les
rôles attendus de l’enseignant.e ainsi que les variables à prendre en compte lors de l’évaluation
des apprentissages. Tous les fondements pédagogiques ici présentés et résumés, sont ceux
sur lesquels reposent l’APC et ils sont par la suite réinvestis dans chacune des sections du
Cadre de référence.
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compte le contexte et l’environnement. L’apprenant.e est en cheminement dans son
processus d’apprentissage. Ce cheminement fait entre autres intervenir
l’enseignant.e qui utilise ses propres savoirs et son expérience pour donner du sens
et de la pertinence aux apprentissages. Les relations entretenues par l’enseignant.e
et le monde du travail, donc les expériences associées, vont également contribuer à
rendre signifiant le développement de la compétence par l’apprenant.e.
GLOBALEMENT
Pour développer ses compétences, l’apprenant.e doit être
[Link], motivé.e et engagé.e. L’apprenant.e doit prendre
conscience de ses acquis, de son potentiel mais également de
l’ensemble des ressources mises à sa disposition. En situation
d’apprentissage, l’apprenant.e participe à des activités variées et
effectue les différentes tâches associées à une compétence
donnée, voire à une occupation professionnelle future. Ces
activités lui permettent de consolider ses apprentissages, de les lier
et de les assimiler. En conséquence, ces apprentissages s’ajoutent
au bagage de chaque personne et lui est propre. Ainsi, par rapport
à une action, à une tâche ou à un problème en relation avec
l’exercice du métier ou de la vie courante, l’apprenant.e doit utiliser
au mieux ce qu’il sait, ce qu’il est et ce qu’il sait faire. L’apprenant.e
est appelé.e à décider en connaissance de cause, à agir en visant
une certaine autonomie et à orienter son action vers une
performance déterminée. Être ‘’compétent.e’’, c’est orchestrer une
multitude de ressources et d’informations pour intervenir dans des
contextes variés et complexes.
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3.1.2 Définitions
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• Conflit cognitif : un conflit cognitif survient lorsque les représentations mentales
ne correspondent pas aux effets observés lors de la réalisation d’une activité. La
réalité entre donc en conflit avec la représentation qu’on a d’elle, l'apprenant.e
est déstabilisé.e et se questionne, les apprentissages réalisés sont alors ancrés
plus solidement.
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• Évaluation sommative : l’évaluation sommative valide l’acquisition de la
compétence en fin de formation, et, pour cette raison est également qualifiée de
certificative ou d’évaluation de sanction. Elle a une fonction officielle,
administrative et sociale alors que l'évaluation formative a avant tout une
fonction pédagogique.
• Opérations : Actions qui décrivent les étapes de réalisation d’une tâche. Elles
permettent de préciser chacune des tâches dans un contexte réel d’exécution de
celles-ci. Les opérations sont formulées comme un objectif et débutent toujours
par un verbe d’action à l’infinitif.
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• Savoir-agir : c’est l’agencement intentionnel et efficace d'un ensemble de
« Savoirs » (acquis, intégrés, mobilisés et utilisés) dans une situation donnée.
C’est la combinaison gagnante qui permet à une personne d’assumer son rôle et
ses responsabilités avec succès dans un contexte d’action.
3.2 La compétence
3.2.1 Définition19
De multiples définitions sont associées au terme ‘’compétence’’ et interpellent
différentes dimensions ou caractéristiques de celle-ci. Si le concept de compétence
a évolué au fil du temps, il n’en demeure pas moins centré sur certains principes
fondamentaux. La définition présentée à la section 3.1.2 renvoie à un ensemble
intégré de connaissances (savoirs), d’habiletés (savoir-faire) et d’attitudes (savoir-
être). Ceci se traduit par un comportement observable et mesurable de la part de
l’apprenant.e au moment d’effectuer une tâche ou une activité de travail, mais selon
un seuil de performance préétabli, c’est-à-dire le niveau attendu au seuil d’entrée
des diplômé.e.s sur le marché du travail.
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Cette définition met l’accent sur le fait qu’il s’agit d’un ensemble intégré de
connaissances, d’habiletés et d’attitudes et non la démonstration de leur
acquisition individuelle. Un.e apprenant.e pourrait très bien connaitre toutes
les étapes pour réparer un moteur sans jamais l’avoir mis en application, et
donc, cela ne garantirait pas que le travail puisse se faire en démontrant des
attitudes et comportements sécuritaires appropriés. La prise en compte de
l’interrelation entre les trois composantes de la compétence est donc
essentielle pour que sa définition soit complète.
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En APC, il est donc primordial de s’assurer de
développer chez l’apprenant.e la maîtrise autant Reproduire une tâche avec
des compétences particulières que des succès n’est pas
compétences générales rattachées à l’exercice nécessairement une
d’une fonction de travail. Ceci facilitera son démonstration de la
compétence, s’il s’agit
insertion sur le marché du travail, mais
uniquement de reproduction
également lui fournira de meilleurs outils pour
de techniques sans avoir la
assurer son évolution en tant que [Link]. capacité de transférer les
Ceci lui permettra de jouer son rôle de [Link] acquis dans divers contextes
et d'améliorer son autonomie sur le plan de mise en application.
personnel.
3.2.2 Caractéristiques
La mise en œuvre de l’APC est directement en relation avec les caractéristiques des
compétences. Celles ici présentées sont, en partie, tirées des propos de Tardif (2006,
2017) et complémentent les informations présentées dans les sections précédentes.
Ces mêmes caractéristiques vont également orienter les changements de paradigmes
imposés par l’APC, ainsi que l’ensemble des stratégies associées à l’enseignement et à
l’évaluation. Ces thèmes sont ultérieurement repris dans les sections qui leur sont
associées.
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Figure – 4 – Principales caractéristiques des compétences20
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En ce sens, les deux types de compétences
recensées sont :
- Les compétences particulières ;
- Les compétences générales.
D’autres terminologies sont parfois utilisées pour qualifier ces deux types de
compétences. On retrouve entre autres l’utilisation de la terminologie ‘’compétence
opérationnelle’’, qui fait référence aux compétences particulières d’une discipline. Dans
le cas des compétences générales, elles sont entre autres qualifiées de compétences
transversales ou encore de compétences douces (soft skills).
Les compétences requises par les employeurs sont celles sur lesquelles reposent les
programmes élaborés selon l’APC. Ces compétences ne correspondent pas toujours
directement aux compétences réelles de chaque apprenant.e. Chacun.e développe de
façon singulière ses compétences en fonction de ses motivations, de son cadre de
référence, de la signifiance accordée à la compétence et des ressources mobilisées.
Dans cette vision et définition de la compétence, on se réfère plus précisément à des
compétences individuelles.
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le travail d’équipe, l’interdisciplinarité, le travail en réseau et la création de communautés
de pratique, soutenues généralement par les nouvelles technologies.
Ces méthodes ne prennent pas non plus en compte les besoins individuels des
apprenant.e.s, en particulier ceux des femmes. Il importe de développer des
pratiques d’enseignement qui engendrent l’égalité de traitement et la participation
des femmes en formation.
21 Adapté de AYLWIN, Ulric (1992), Les principes d’une bonne stratégie pédagogique
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Le profil des apprenant.e.s
Le choix des stratégies à mettre en œuvre n’est pas uniquement influencé par la nature
de la compétence à développer, ni par le contexte de réalisation de celle-ci. La prise en
compte notamment du profil des apprenant.e.s, de leurs caractéristiques, de leurs réalités
et de leurs acquis est importante, d’autant plus que l’APC place l’apprenant.e au cœur du
processus d’apprentissage. L’enseignant.e est continuellement placé.e devant des
groupes hétérogènes composés d’apprenant.e.s qui présentent des styles diversifiés
d’apprentissage. La figure – 5 présente le profil des apprenant.e.s rencontré.e.s.
Les apprenantes ont des réalités différentes des apprenants, notamment en raison
de certaines variables économiques ou socio-culturelles ;
Les apprenant.e.s n’ont pas toutes et tous les mêmes connaissances de départ ;
En prenant en compte toutes ces informations et en se référant aux principes, aux valeurs
et aux différents concepts déjà présentés, l’enseignant.e devrait miser sur un
apprentissage qui ne se limite pas à la mémorisation et à l’imitation. Il devrait valoriser les
activités où il est important de comprendre, de faire des synthèses, d'évaluer des
situations, d’utiliser le jugement et de découvrir.
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la formation migre de plus en plus d’un mode présentiel vers un mode hybride, voire à
distance, et ce, grâce à l’intégration de technologies.
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de proximité des apprenant.e.s et de l’enseignant.e, autre élément qui intervient
également au niveau du choix des stratégies retenues.
Ces modes modifient évidemment les rôles traditionnels de l’enseignant.e car ils laissent
un plus grand contrôle aux apprenant.e.s sur l’organisation de leurs apprentissages.
L’encadrement de la part de l’enseignant.e doit, par conséquent, s’adapter afin de
favoriser le sentiment de «présence» chez les apprenant.e.s.
Sur le plan de la nature des activités, la Figure – 7 présente quelques précisions en ce qui
a trait aux activités.
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Figure – 7 – Modalités de mise en œuvre des activités selon les modes synchrone,
asynchrone et bimodal23-24
Stratégies à distance25-26
Pour certain.e.s apprenant.e.s, la formation à distance est la solution idéale pour pallier
les contraintes familiales, géographiques, professionnelles et financières. Bien entendu,
cette flexibilité à elle seule ne comble pas toutes leurs attentes et il faut en tenir compte
dans les stratégies d’enseignement. Il faut savoir motiver les apprenants, permettre
une bonne gestion du temps et proposer une planification adéquate prenant en compte
certaines variables qui sont difficiles à contrôler à distance, comparativement au mode
présentiel. Il s’agit de facteurs clés de réussite chez les apprenant.e.s, et ce,
particulièrement dans un mode à distance.
Les formations à distance se déroulent sur Internet, par des plateformes dédiées ou par le
truchement d’outils numériques. Les supports de suivi des formations sont multiples :
smartphone, tablette ou ordinateur. Il existe plusieurs types de formations à distance et de
‘’classe virtuelle’’,tel que mentionné dans la section précédente. Les avantages des
[Link]
26 Inspiré de REFAD. Des stratégies pédagogiques basées sur l’interactivité.
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formations à distance sont qu’elles offrent une plus grande flexibilité. En effet, les
apprenant.e.s peuvent accéder aux supports de formation à toute heure et en tout lieu. De
plus, les apprenant.e.s n’ont plus à se rendre au sein de leur établissement de formation,
ce qui vient également modifier l’image liée à la formation ainsi que la nature de la relation
éducative traditionnelle.
Pour favoriser une bonne gestion du temps, l’enseignant.e peut établir un horaire précis
afin de permettre aux apprenant.e.s d’avoir une cadence de travail et de se fixer des buts
et un échéancier. Il s’avère essentiel pour l’enseignant.e de bien répartir les différentes
activités au fil du temps et d’organiser celles-ci de façon à ce que les apprenant.e.s
puissent se créer une routine de travail. Puis, en plus de proposer un échéancier,
l’enseignant.e pourra aussi fournir un encadrement particulièrement soutenu, compte tenu
du sentiment d’isolement que peuvent éprouver les apprenant.e.s à distance. Les
communications fréquentes de la part de l’enseignant.e augmentent le sentiment
d’inclusion et d’appartenance et aident ainsi à la persévérance.
En résumé
Les stratégies d’apprentissage varient selon les apprenant.e.s et pourront être influencées
par les modalités de prestation de la formation (en présentiel ou à distance). Les
enseignant.e.s doivent développer une bonne compréhension des styles d’apprentissage
et les prendre en compte dans le choix de leurs stratégies pédagogiques. Ils pourront
ainsi aider les apprenant.e.s à prendre conscience de leur propre façon d’apprendre, ce
qui peut avoir des effets bénéfiques : un apprentissage plus efficace, une capacité
d’apprendre de façon plus autonome et une meilleure adaptation dans une équipe ou
dans de nouvelles conditions d’apprentissage.
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Varier les stratégies d’enseignement et d’appui à l’apprentissage permet de rejoindre
plus d'apprenant.e.s, de soutenir leur motivation et subséquemment leur réussite. Par
contre, ces stratégies doivent prendre en compte les réalités du pays, qu’elles soient
culturelles ou encore d’ordre technique (connexion Internet, accessibilité, etc.)
27Adapté de ARCHAMBAULT, Guy (2001). 47 façons pratiques de conjuguer enseigner avec apprendre.
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Le triangle pédagogique
Le triangle pédagogique est en quelque sorte une représentation mentale qui permet
d’illustrer une relation équilibrée entre l’enseignant.e, l’apprenant.e et la compétence à
développer. Chacun de ces éléments représente une des pointes du triangle.
L’enseignant.e ne se considère pas comme l’agent.e principal.e qui assume toutes les
activités d’apprentissage, mais est plutôt l’agent.e qui crée des situations soutenant
l’apprentissage. En APC, les situations dans lesquelles évoluent les apprenant.e.s
doivent leur permettre d’intervenir, de discuter et d’interagir avec les composantes de la
compétence à développer.
COMPÉTENCE
Apprenant.e
Enseignant.e
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Figure – 9 – Quelques moyens de soutenir le développement d’une relation
éducative positive
Créer un environnement
d’apprentissage respectueux, Solliciter l’attention de
naturel, propice aux échanges et l’apprenant.e en [Link] plaçant dans
prenant en compte la perspective un rôle actif et la maintenir ;
d’intégration du genre ;
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3.5 Rôles et responsabilités de l’enseignant28
Dans une dynamique de formation selon l’APC, enseigner se traduit beaucoup plus ‘’en
faire apprendre’’. L’enseignant.e adaptera ses stratégies de préparation et de planification
de la formation, de même que de la mise en application de celles-ci et finalement des
apprentissages associés. Bien que l’on reconnaisse trois responsabilités majeures à
l’enseignant.e, soit celle de planifier, d’enseigner-animer et d’évaluer, il ne faut pas oublier
que l’enseignant.e est un être humain avant tout. Un.e humain.e avec des qualités et des
attitudes qui lui permettront d’être plus efficace dans certaines situations, alors que
d’autres contextes d’intervention la déstabilisera. Avant de présenter plus en détails les
rôles et responsabilités de l’enseignant.e, il apparaît pertinent d’aborder brièvement son
profil.
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✓ confiant : pour afficher une image de soi positive, une connaissance et une
maîtrise de ses ressources;
✓ communicateur efficace : pour être à la fois affirmatif et empathique;
✓ leader efficace : pour exercer un pouvoir d’influence positive et pour persuader ;
✓ innovateur : toujours à l’affût des nouveautés et à la recherche de façons
innovantes de faire les choses ;
✓ engagé à toujours se perfectionner, à rechercher les nouvelles façons de faire
sur le marché du travail.
Bref, pour un enseignant.e qui œuvre dans une approche dans laquelle
l’apprenant.e est placé au cœur de l’apprentissage, son comportement et son
attitude sont tout aussi important que ce qu’elle ou il sait.
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conséquence, l’enseignant.e doit faire preuve d’innovation pour soutenir
l’amélioration durable de la réussite éducative des apprenant.e.s.
✓ Être juste et [Link]
L’enseignant.e doit agir de façon juste et impartiale avec tous les apprenant.e.s :
donner le même degré d’effort pour toutes et tous, porter attention au travail de
chacun.e, encourager les apprenant.e.s de façon équitable et évaluer le travail
de façon équitable. Être juste et [Link] signifie également de prendre en
compte les réalités ou les différences qui peuvent être présentes entre les
apprenantes et les apprenants et les considérer dans les décisions prises.
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Le rôle de l’enseignant.e en APC consiste
principalement à créer des situations propices à La responsabilité de
l’apprentissage, des situations où chaque l’enseignant.e c’est, entre
apprenant.e effectue lui-même les opérations autres pour les filles,
intellectuelles nécessaires à l’apprentissage. d’être sensible à leurs
réalités, de s’assurer
Selon cette philosophie, l’art d’enseigner, c’est
qu’elles participent de
d’abord l’art de faire parler les apprenant.e.s,
façon égale aux garçons
c’est l’art de les amener à lire, comprendre, aux discussions,
penser, analyser, synthétiser et transposer leurs échanges et activités
acquis dans divers contextes et selon divers théoriques et pratiques.
scénarios.
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La préparation au quotidien…le court terme !
Dans le cadre de la mise en œuvre de la formation en APC, l’enseignant.e doit
s’assurer de ne pas mettre toutes ses énergies à planifier son cours sous
forme de présentation. En fait, il doit surtout consacrer son temps à préparer
les façons d’occuper le temps des apprenant.e.s, pour que ce soit surtout elles
et eux qui travaillent avant, pendant et après le cours. Avant de débuter,
l’enseignant.e a bien révisé son matériel et maîtrise les stratégies à mettre en
œuvre.
• Le thème et les objectifs d’apprentissage sont clairs ;
• Le plan de leçon a été préparé et prend en compte l’identification, entre autres,
de stratégies adaptées aux thèmes et objectifs ;
• L’enseignant.e est prêt à expliquer clairement, à faire une démonstration, à
mettre les apprenant.e.s à l’action, etc. Un plan clair du déroulement du
scénario de formation est établi ;
• Les détails logistiques et organisationnels sont clairs et pris en compte dans les
stratégies ;
• Les stratégies sont adaptées au groupe, aux apprenantes et aux apprenants, à
leurs différences et à leurs besoins.
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EN RÉSUMÉ, PLANIFIER EN APC, C’EST :
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appuyer les apprenant.e.s, les accompagner et pour évaluer l’état de la progression
des apprentissages, mais également la dynamique relationnelle et la communication
entre les apprenantes et apprenants. L’enseignant.e peut donc vérifier la
progression des apprenantes et des apprenants, repérer celles et ceux qui ont de la
difficulté, déceler certains défis et ainsi ajuster son intervention en fonction des
réalités rencontrées.
1 2 3 4 5 6 7
Demeurer
attentif aux Vérifier la
Mettre en Appliquer les Synthétiser
Accueillir les réactions progression S'auto-
contexte la stratégies les éléments
apprenants verbales et (poser des évaluer
leçon planifiées importants
non questions)
verbales
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3.5.4 Enseigner, c’est évaluer
L’évaluation est dans son sens le plus simple, une vérification qui supporte
l’adaptation des stratégies de l’enseignant.e et guide l’apprenant.e dans son
apprentissage. Elle permet de porter un jugement à partir de critères et selon une
démarche ou un processus.
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Quels sont les principaux impacts sur l’enseignement ?
La pratique de l’évaluation peut améliorer l’enseignement et, dans leur ensemble,
les pratiques évaluatives. En APC, l’enseignant.e sera centré.e sur la fonction
formative de l’évaluation et sur la réflexion métacognitive de l’apprenant.e. Quand la
compétence sera acquise, l’évaluation sera alors utilisée pour ses fonctions
sommatives et de contrôle.
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L’ENSEIGNEMENT SENSIBLE AU GENRE (Gender-responsive)
Tel que le présente cette section, enseigner c’est notamment PLANIFIER, ANIMER-
COACHER-ACCOMPAGNER et ÉVALUER. Les enseignant.e.s jouent un rôle central
dans le processus d'apprentissage. Ces [Link].s doivent donc appliquer une
pédagogie qui tient compte de l’égalité de genres et être en mesure de développer des
pratiques respectueuses de l'égalité des sexes, afin de pouvoir répondre efficacement
aux besoins spécifiques des femmes et des hommes qui participent aux cours. Pour
favoriser davantage d’inclusivité, un effort particulier doit être déployé pour rendre le
matériel d’enseignement et les apprentissages le plus neutre possible, ainsi, il peut
s’agir de choisir des exemples donnés en classe qui permettent aux filles et aux
garçons de s’identifier aux situations à partir de leur propre réalité.
Bien souvent, les femmes demeurent sous représentées dans l’enseignement des
sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques. Elles subissent de la
discrimination ou encore de jugements culturels ne reconnaissant pas leur potentiel de
réussite. En conséquence, dans ces domaines, on constate une faible participation, de
mauvais résultats et des taux d’abandon élevés. Cet écart entre les sexes restreint le
nombre de femmes qui embrassent des carrières dans lesdits domaines, ce qui
contribue à maintenir le cycle de la sous-représentation féminine, ainsi que la présence
de modèles féminins pour les futures générations de femmes.
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4. CONCEPTION ET ÉLABORATION DES PROGRAMMES29
Pour être en mesure de former des travailleuses et des travailleurs compétent.e.s, il est
nécessaire de bien connaître les attentes et les exigences à leur égard , notamment les tâches
réalisées actuellement sur le marché du travail, de même que celles qui seront réalisées à
moyen et long termes. Les différentes étapes de l’analyse des besoins qualitatifs de formation
permettent d’acquérir cette connaissance et compréhension des exigences. Toutefois, la
conception et l’élaboration des programmes doit prendre en compte l’information recueillie et
doit permettre qu’elle se traduise dans la détermination de compétences valides, cohérentes et
significatives au regard des attentes et exigences exprimées. Ce principe de transposition en
compétences de l’information recueillie auprès du marché du travail est le fondement
même de l’APC. Pour cela, il faut que les personnes chargées de déterminer ces compétences
soient en mesure de bien analyser l’information et le fasse selon un processus reconnu.
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4.1 Comparaison des processus
À titre indicatif, sont ici présentées les principales étapes du processus de conception et
d’élaboration de programmes, selon deux scénarios de mise en œuvre de l’APC au
Canada. Les différences rencontrées le sont principalement en raison des modes de
gestion des systèmes éducatifs, tel que présenté dans la section 1. La gestion en mode
centralisé versus celle en mode décentralisé influence la mise en application de certaines
pratiques ou l’adaptation de celles-ci. La comparaison des processus dans ce Cadre de
référence a uniquement pour but de démontrer les étapes associées à chaque
méthodologie, selon le contexte de gestion, ainsi que les nombreuses similitudes
présentes. L’objectif n’est pas d’imposer une méthodologie ou des étapes, mais de
permettre la réflexion et le partage de bonnes pratiques. Les similitudes présentes,
rappelons-le, sont le résultat du respect des principes et valeurs de l’APC bien que les
modalités de gestion territoriale pour s’y rendre puissent être différentes.
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9. Élaboration des plans de leçon. 9. Élaboration des plans de leçon sous la
responsabilité de l’institution (les
enseignant.e.s).
10. Élaboration du matériel didactique par les 10. Élaboration du matériel didactique par les
enseignants. enseignant.e.s sous la responsabilité de
l’institution.
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permet à l’équipe d’élaboration du travail. Il permet de s’assurer que les diplômés
programme, d’établir des liens avec les du programme auront les compétences pour
employeurs, dans le domaine étudié. intégrer la profession. En conséquence, il joue
un rôle-conseil quant à la pertinence des
L’AST peut se réaliser par des rencontres, programmes actuels et au développement de
directement en entreprises, avec les nouveaux programmes d'études afin de
professionnels du métier, ou en groupe répondre aux besoins émergents du marché du
(groupe de discussion), dans une salle de travail et de la communauté.
réunion, avec plusieurs professionnels du
métier. Le GCP a, entre autres, les éléments de
mandat suivants (selon l’institution
L’AST vise à obtenir de l’information sur : d’appartenance) :
• La nature du travail, ses conditions • Informe des compétences techniques et
d’exécution, les exigences d’entrée sur le professionnelles exigées par les
marché du travail, les perspectives employeurs;
d’emploi et de rémunération. • Offre des suggestions quant aux nouvelles
• Les tâches et les opérations effectuées installations et aux technologies à utiliser
par la personne qui exerce le métier ou la en salle de classe et en atelier;
profession en cause. • Informe au sujet des besoins futurs de
• Les conditions d’exécution de ces tâches main-d’œuvre;
et les critères de performance. • Confirme, le cas échéant, que les
• Le processus de travail en vigueur. compétences développées dans le
• Les habiletés nécessaires et les programme sont conformes aux normes
comportements privilégiés dans le métier d'agrément ou à d'autres exigences
ou la profession. réglementaires;
• Les particularités à prendre en compte • Offre d’autres recommandations relatives à
pour la perspective genre et la place des l’amélioration du programme;
femmes dans le domaine professionnel et • Donne son appréciation des compétences
les entreprises. des diplômés.
• Oriente les travaux en lien avec la mission
et les politiques sur les fins approuvées par
le Conseil d’administration;
• Informe le Collège des changements qui
s’opèrent sur le marché du travail;
• Suggère de nouveaux créneaux de
spécialisation afin de répondre aux
nouvelles réalités professionnelles;
• Participe au processus d’évaluation de
programmes d’études au Collège;
La consultation doit avoir lieu avant/durant
le développement d’un nouveau
programme OU à une fréquence donnée
(tous les 3 ans, 5 ans) pendant la livraison
du programme OU au besoin selon
l’actualisation nécessaire
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standards qui assurent l’acquisition ou la désire, une étape pour atteindre un objectif
maîtrise de compétences. ultérieur. Il est toujours exprimé en fonction de
l’apprenant.e et précise le comportement que
Dans le contexte de l’élaboration et de la ce dernier doit maîtriser.
présentation officielle des programmes
d’études, chaque objectif est formulé sous la Le niveau de réussite : Le niveau permet de
forme d’une compétence et comprend un connaître le degré d’acquisition de
énoncé et des éléments. connaissances ou d’habiletés d’un
apprenant.e en vue de prendre une décision
Les standards : Le standard correspond au au regard de la sanction des études. Le
niveau de performance considéré comme le niveau est fixé en fonction des attentes du
seuil à partir duquel on reconnaît qu’un marché du travail et des critères de
objectif est atteint. C’est l’atteinte des performance précisés.
objectifs et le respect des standards qui
assurent l’acquisition ou la maîtrise de
compétences.
Le plan de cours est un outil de Le plan de cours est un document succinct sur
communication entre le personnel la présentation des objectifs d’un cours et qui
enseignant et les apprenant.e.s. Il contient comprend, entre autres, des indications
une présentation du cours, une planification d’ordre méthodologique, des bibliographies,
des séquences d’apprentissage, les les modalités de participation au cours et les
modalités d’évaluation, une médiagraphie et modalités d’évaluation des apprentissages. Il
toute autre information jugée pertinente par s’agit d’un contrat entre l’enseignant.e et
le département et l’enseignant.e. Un plan de l’apprenant.e.
cours doit respecter les normes prescrites
dans le plan cadre de ce cours. Il s’agit d’un
contrat entre l’enseignant.e et l’apprenant.e.
Les tableaux présentés au point 4.1 démontrent que ces principes et valeurs sont intégrés
à toutes les étapes du processus de conception et d’élaboration des programmes. La
présence du secteur privé est palpable, de même que la prise en compte de ses réalités
(tâches et fonctions professionnelles, contexte de réalisation, critères de performance,
réalités et spécificités environnementales, prise en compte de la perspective genre, etc.).
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L’approche partenariale est mise de l’avant, de même que toutes les conditions
d’adaptabilité et de flexibilité soutenant une plus grande accessibilité des apprenant.e.s.
De plus, pour être en mesure de réaliser toutes ces étapes, les institutions impliquées
dans le processus bénéficient d’une agilité de gestion leur permettant de contribuer à
l’élaboration, mais également à la mise en œuvre subséquente de ces programmes de
formation.
4.3 Description des compétences
Tel que précisé antérieurement, au Canada, la gestion de la mise en œuvre de la
formation varie en fonction des provinces et des territoires concernés. Bien que les
valeurs et les principes sous-jacents à l’APC guident cette mise en œuvre, quelques
différences sont cependant observables sur le plan de la description des compétences.
L’une de ces particularités territoriales est présentée brièvement dans cette section afin
que le lecteur puisse en avoir une meilleure compréhension.
Rappelons que cette information est avant tout présentée afin d’orienter la réflexion
et le cadrage de la démarche pour les pays qui en seraient à une première
expérimentation de l’APC ou qui s’y intéresseraient. En conséquence, dans le cas
des pays qui ont déjà une terminologie précise ou un schème d’implantation, le tout
sera respecté sans que soit imposé les particularités ici présentées.
La détermination des compétences n’est pas, règle générale, chose facile. Elle s’effectue
en franchissant différentes étapes qui ne constituent pas un processus linéaire et ne sont
ni uniques ni universelles. Ces étapes sont :
a) L’analyse de l’information
Cette première étape permet de s’assurer que l’on dispose de toute l’information nécessaire et
que chaque membre de l’équipe de conception du programme se soit approprié cette
information convenablement
b) Le regroupement de l’information
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LA FORMULATION DES COMPÉTENCES
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5. ENSEIGNEMENT ET APPRENTISSAGE32
En APC, le cheminement de l’apprentissage s’amorce sur la base du bagage personnel de
l’apprenant.e et s’enrichit de nombreux savoirs suscités par la mise en œuvre de stratégies
d’enseignement adaptées. L’apprentissage est une démarche d’appropriation personnelle de
l’apprenant.e et repose sur des ressources internes (cognitives, affectives et psychomotrices),
mais également sur des ressources externes mises à sa disposition.
5.1 Planification33-34
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La vision de l’enseignement doit donc
Le rôle de l’enseignant.e en APC changer lorsque l’APC est adoptée,
consiste à créer des situations propices l’enseignant.e ne doit pas se limiter à
à l’apprentissage pour chaque posséder et à communiquer des savoirs ou
apprenant.e. La prise en compte de la à démontrer ses compétences, car son rôle
pédagogie sensible au genre est au en APC est de « faire apprendre ».
cœur de la détermination desdites
situations. L’enseignant.e a la responsabilité de choisir
des stratégies d’enseignement et des
activités d’apprentissage adaptées aux
[Link]. L’enseignant.e doit aussi se soucier de vérifier ce que l’apprenant.e
comprend et ce que l’apprenant.e apprend et de modifier ses stratégies d’enseignement
au besoin.
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Figure – 10 – Étapes de la planification d’une leçon par l’enseignant.e
En complément de ces éléments est aussi proposée une liste de points de vérification
pour soutenir l’enseignant.e dans son processus de préparation.
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Figure – 11 – Résumé des éléments à vérifier de la part de l’enseignant.e lors de sa
préparation
J’observe les réactions verbales et non verbales des apprenant.e.s – celles et ceux qui
comprennent ou qui comprennent moins bien.
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5.2 Approche collaborative35
Une approche de travail collaboratif, collectif et
L’APC est une approche multidisciplinaire des enseignant.e.s est nécessaire. En
qui met l’accent non pas favorisant le travail d'équipe des enseignant.e.s, cela
sur la ‘’livraison de cours’’, garantit une planification globale de la mise en œuvre
mais sur le développement du programme d’études et ceci permet une meilleure
des compétences. articulation des compétences.
Quels sont les changements positifs mis en place dans la gestion d’un programme
d’études, à la suite de la création d’un comité de programme ?
• Développement d’une vision globale et partagée du programme ;
• Compréhension commune du contenu de chaque compétence, particulière ou
générale ;
• Travail multidisciplinaire des enseignant.e.s : les forces de chacun sont mises à
contribution ;
• Développement des compétences de l’apprenant.e selon une approche concertée ;
• Valorisation du co-teaching ou d’approches collaboratives d’enseignement ;
• Partage des stratégies d’enseignement, des défis, des bonnes pratiques ;
• Présence d’une vision globale du programme, ce qui inclut la formation fondamentale
et les disciplines contributives ;
• Etc.
35 Adapté de AYLWIN Ulric (2000), La différence qui fait la différence…ou l’art de réussir dans
l’enseignement
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L’APC génère des changements sur le plan des approches
d’enseignement, la vision de l’enseignant.e à titre de
diffuseur de la connaissance est mise de côté au profit d’une
valorisation d’une approche d’accompagnement et de
coaching. Ce changement de pratiques est fortement
soutenu par le travail collaboratif des enseignant.e.s et leur
capacité de développer les relations entre les compétences
d’un même programme.
L’enseignant.e croit que d’être [Link] pendant son enseignement, garantit que les
apprenant.e.s l’écoutent et comprennent.
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5.4 Mise en application des stratégies pédagogiques37-38
Le contexte de formation doit prendre en considération
Une stratégie pédagogique entre autres le milieu, les enjeux, les caractéristiques
peut se définir comme des apprenant.e.s (profil, nombre, parcours, réalités
l’ensemble des moyens, particulières des apprenantes, etc.), les ressources
des outils, des activités, présentes, les objectifs d’apprentissage, le temps, etc.
des ressources utilisés
Pour l’enseignant.e, il ne suffit donc pas de faire une
pour adapter une méthode
simple sélection de la méthode en tant que telle, il doit
pédagogique donnée au
contexte de formation
aussi prendre en compte les facteurs cognitifs,
rencontré. sociaux, économiques, culturels, etc. qui soutiennent
la réussite de l’apprentissage de l’apprenant.e.
interventions/pedagogie-sensible-au-
genre/#:~:text=Doter%20les%20enseignants%20de%20connaissances,sensibles%20au%20genre%20e
n%20classe.
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En raison de la multitude de stratégies présentes, mais surtout de celles qui doivent être
valorisées dans un contexte d’APC, un échantillon est présenté dans les pages suivantes.
Les stratégies pédagogiques identifiées sont directement en relation avec les principes et
valeurs de l’APC, elles reposent donc principalement sur le travail individuel, les activités
interactives ou encore celles valorisant le socioconstructivisme. Ces stratégies peuvent
être mises en œuvre soit dans le cadre de la formation en présentiel ou, encore, dans le
contexte de la formation à distance. Il est également possible de combiner plus d’une
stratégie, et ce, en fonction du profil des apprenant.e.s, de leurs réalités, de la nature du
contenu de formation, etc.
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Tableau – 3 – Différentes stratégies pédagogiques préconisées en APC40-41
Cette stratégie peut se combiner à un exposé, à un travail en groupe, à des exercices, à une
étude de cas ou un encadrement individuel/de groupe.
2. Remue-méninge
Le remue-méninge permet une génération d’idées qui stimule la réflexion créative lors de la Surtout utilisé pour le démarrage de projets.
recherche de solutions pour un problème donné. Il s’agit de produire le plus d’idées possible Utiliser dans un groupe restreint
dans un minimum de temps sur un thème donné, et ce, sans critiquer et sans juger. Cette d’apprenant.e.s pour soutenir l’efficacité de la
méthode de recherche d’idées en groupe privilégie la quantité d’idées, la spontanéité et stratégie et la participation.
l’imagination.
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3. Coaching entre pairs
Dans une situation de coaching entre pairs, les apprenant.e.s apprennent l’un de l’autre. [Link] Méthode qui est axée sur la recherche et la
coach est en relation directe avec le ou les apprenant.e.s coachés et doit donc mettre à mise en application de ses solutions propres
contribution ses habiletés et ses connaissances. Il-Elle doit donc également être en mesure – permet le développement de l'autonomie
de juger de la performance (connaissances et habiletés) de ses pairs afin de leur fournir de l’apprenant.e.
l’appui nécessaire. [Link] coach utilise ses expériences ou ses forces en mettant également à L’enseignant.e doit lui-même assurer un rôle
contribution ses pairs. Grâce à cette méthode, les apprenant.e.s ont la possibilité d’apprendre de coach à l’apprenant.e qui assume cette
non seulement de leurs erreurs, mais également de leurs forces. De plus, l’alternance du rôle responsabilité, afin d’éviter la dérive.
de coach entre les apprenant.e.s permet de développer chez celles-ci et ceux-ci l’aptitude à
se concentrer sur le problème à identifier et l’action à entreprendre. Cette méthode permet
autant au coach qu’au coaché d’évoluer vers un changement positif.
4. Démonstration
Exécution d’actions et d’opérations de la part de l’enseignant.e devant les apprenant.e.s ou de La démonstration est plus difficilement
la part des apprenant.e.s devant leurs pairs. Permet d’illustrer un principe, un processus ou un applicable avec de grands groupes. Elle ne
mouvement quelconque. La démonstration consiste le plus souvent en la présentation de convient pas non plus à l’utilisation de
ressources telles que des maquettes, des appareillages divers, d’une technique appliquée ou matériel ou d’objets trop petits. La
d’un processus, des films, des diaporamas, etc. Lors de la démonstration, l’enseignant.e peut démonstration n’est pas une stratégie
questionner les apprenant.e.s de sorte à souligner les points importants de la démonstration. complète en soi, elle requiert des activités
À la fin, un résumé de la démonstration pourra être fait et, si désiré, la démonstration pourra complémentaires pour favoriser
être refaite par les apprenant.e.s (l’un ou l’ensemble). l’apprentissage (pratique, manipulations de
l’apprenant.e, lecture, etc.).
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6. Études de cas
Méthode qui consiste à proposer à un petit groupe (ou à un apprenant.e) un problème à Méthode qui permet une application des
résoudre dans un domaine de spécialisation donné et à le guider dans la résolution de ce connaissances dans un contexte réel ou
problème. Le but premier de cette méthode est d’inciter les apprenant.e.s à s’engager dans s’inspirant de la réalité du travail. Favorise un
des démarches de résolution de problèmes et de favoriser ainsi l’assimilation de ces apprentissage par les pairs et permet une
démarches. Le rôle de l’enseignant.e consiste alors à diriger la discussion dans le sens de rétroaction et un coaching de l’enseignant.e.
l’exécution des étapes de la résolution d’un problème. Peut amener l’apprenant.e à généraliser à
outrance à partir de situations particulières
s’il ne parvient pas à se dégager du cas
étudié. Méthode qui repose sur la cohésion
du groupe et des qualités d’animation de
l’enseignant.e.
7. Jeux éducatifs
Méthode d’enseignement dans laquelle des activités d’apprentissage sont créées dans le La conception et la production de jeux sur
cadre de jeux déjà existants ou inventés pour la circonstance. La compétition suscitée alors mesure, répondant aux objectifs
chez les joueurs-joueuses (les apprenant.e.s) les stimule et rend plus agréables les activités d’apprentissage, exigent beaucoup de temps,
d’apprentissage. et des habiletés particulières. L’enseignant.e
doit bien gérer le groupe pour éviter la
compétition malsaine entre les apprenant.e.s.
Celle-ci se fait au détriment de
l’apprentissage.
8. Jeux de rôles
Méthode d’enseignement qui consiste à simuler une situation (inspirée d’un contexte réel du Le jeu de rôles exige beaucoup de temps
métier) dans laquelle des relations interpersonnelles ont lieu et à faire assumer, dans le autant pour la préparation que pour la
cadre de cette situation, différents rôles en vue d’une observation de la part de réalisation. Il peut dégénérer en véritables
l’enseignant.e. Le jeu de rôles se distingue de la simulation par le caractère subjectif de la débats idéologiques guidés par l’émotion.
vision qu’on propose de la réalité. L’apprenant.e interprète un rôle de façon spontanée et a Peut être compromis par le refus ou la
une grande liberté d’action quant à la manière d’interpréter le rôle. Dans la simulation, il y a réticence de certain.e.s à participer, d’où la
un souci de compréhension objective, dans le jeu de rôles, c’est le domaine des perceptions nécessité d’avoir un.e enseignant.e
et donc, de la subjectivité. possédant de bonnes habiletés d’animation.
9. Mentorat
Tout comme que le coaching, le mentorat est une relation d’accompagnement de personne à L’utilisation du mentorat exige une bonne
personne. Généralement, le mentor est un.e apprenant.e qui possède déjà des habiletés et préparation des [Link] de la part de
des compétences et qui agit auprès d’un.e autre apprenant.e dont les habiletés et les l’enseignant.e. Autant [Link] mentor que [Link]
compétences sont moindres (par exemple : un apprenant.e qui a développé de bonnes mentoré.e doivent bien en comprendre les
habiletés pour une technique, peut agir à titre de mentor d’un.e apprenant.e qui connait plus objectifs. Le mentorat suscite le
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de difficultés). L’apprenant.e mentor doit démontrer du respect pour [Link] mentoré.e et être développement de l'autonomie de la
prêt à partager ses connaissances. [Link] mentoré.e pour sa part doit avoir une conception personne, y compris vis-à-vis du mentor.
positive du mentorat et être prêt.e à recevoir les conseils, les connaissances,
l’accompagnement que lui propose [Link] mentor (en l’occurrence un.e autre apprenant.e).
L’utilisation pédagogique du mentorat doit se définir en fonction d’objectifs d’apprentissage
précis et être bien encadrée par l’enseignant.e.
11. Projet
L’approche projet permet de placer l’apprenant.e face à des difficultés qu’[Link] doit Le projet est une stratégie pédagogique
surmonter ou encore des problèmes qu’[Link] doit résoudre. Ceci fait en sorte que d’intérêt étant donné son caractère global et
l’apprenant.e est confronté.e à des contenus à comprendre, définir, assimiler, réutiliser. contextuel. Il permet également le
L’apprenant.e doit également élaborer, concevoir, analyser, synthétiser, etc. L’approche développement des habiletés de travail
projet permet le passage d’une séquence traditionnelle (cours, exercices, contrôle), à une autonome, mais également celles du travail
séquence inversée (confrontation à un défi - recherche d’information (auto-formation) – de groupe. Il favorise la communication et les
solution). échanges interpersonnels.
L’enseignant.e a ici un rôle d’accompagnement. [Link] est là pour apporter des outils variés Si un ou plusieurs groupes, voire tous,
et discuter avec les apprenant.e.s de la méthodologie, organiser les apprentissages n’aboutissent pas à une solution, il faut
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nécessaires à la réalisation du projet, aider à régler les problèmes de fonctionnement des s’assurer que les apprenant.e.s prennent
groupes, s’assurer de l’aboutissement du projet et de sa présentation et s’assurer enfin que conscience qu’il y a des problèmes qui
tous les points pédagogiques ont été traités. peuvent dépasser leurs compétences.
L’enseignant.e doit placer des échéances et
des contraintes, afin que tous les
apprenant.e.s soient impliqué.e.s.
12. Simulations
Cette méthode vise à recréer en classe une situation représentant la réalité de manière Il existe un risque de simplification de la
objective et à laquelle l’apprenant.e pourrait être confronté.e. La simulation permet aux réalité ou dans des simulations trop
apprenant.e.s de mettre en pratique leurs habiletés et leurs apprentissages dans un complexes, une certaine confusion et un
environnement plus encadré que dans le jeu de rôle. Selon la nature de la simulation, manque de confiance peuvent être observés
l’apprenant.e peut parfois observer les conséquences des décisions qu’il a prises. Dans chez l’apprenant.e.
certains cas, on combinera les caractéristiques des simulations à celles des jeux éducatifs pour Certain.e.s apprenant.e.s peuvent demeurer
susciter davantage l’intérêt de l’apprenant.e. ancré.e.s à des situations très spécifiques et
limitatives plutôt que de développer leur
habileté à analyser la situation globale et à
prendre du recul. La conception et la
production de simulations sur mesure
supposent certaines habiletés particulières
de l’enseignant.e et nécessite beaucoup de
travail.
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Plusieurs des méthodes et stratégies présentées dans le tableau-3 peuvent être mises en
application et ne sont pas influencées par la distance, car elles sont des stratégies
pédagogiques interactives. En revanche, il n’est pas possible à distance de créer des
espaces physiques de rencontre de groupe de façon instantanée, comme ce serait le cas
en mode présentiel. En conséquence une infrastructure numérique adaptée, flexible et
stable qui servira de lieu de réunion, aussi bien des apprenant.e.s avec les enseignant.e.s
qu’entre les pairs doit être prévue. Grâce à la panoplie d’outils technologiques présents, il
est possible d’adapter techniquement ces stratégies à la distance, d’autant plus qu’elles
misent sur l’interactivité et qu’elles offrent maintenant la possibilité de créer des salles de
travail entre petits groupes durant les présentations virtuelles.
En ce sens, le choix de la formation asynchrone, peut laisser penser qu’il y a une certaine
dépersonnalisation, voire anonymisation de l’activité d’apprentissage. La perception du
parcours solitaire, bien qu’un facteur motivationnel dans certains cas, peut représenter un
enjeu menant au décrochage pour d’autres. Mettre en place une stratégie basée sur
l’interactivité doit donc se faire de manière réfléchie à la lumière du contexte et des
objectifs de la formation à donner. Il faut également communiquer à l’avance sur la
manière dont la formation sera dispensée afin que les apprenant.e.s fassent un choix
éclairé et soient davantage préparés.
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Bien que l’évolution de la qualité de la formation à distance soit marquante
au cours des dernières années, la conception que l’on s’en fait n’est
toujours pas la même que celle accordée à la formation en présentiel.
Certain.e.s choisissent la formation à distance pour la flexibilité qu’elle
donne et l’opportunité de l’allier à des activités personnelles (rôles
parentaux, rôles professionnels dans un emploi à temps partiel, etc.). Le
choix de cette option traduit le souhait de suivre la formation à son rythme
de manière plus individualisée afin de la faire coïncider avec son planning
personnel.
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Tableau – 4 – Divers outils proposés dans un contexte de formation à distance en APC
OUTILS OBSERVATIONS
1. Le forum de discussion
La création de communautés virtuelles
Le forum de discussion dans le cadre d’une formation à distance repose sur les mêmes
d’apprentissage qui évoluent ensemble vers un but
principes que ceux décrits dans le contexte d’un forum réalisé en présentiel. Dans le cas
commun est un des principaux avantages du forum
de la formation à distance, le forum de discussions réunit un groupe d’usagers.gères et leur
de discussion.
permet d’échanger en ligne, en mode asynchrone (en temps différé), des messages en
Le forum de discussion peut favoriser chez
mode texte.
l’apprenant.e si le forum est encadré: une meilleure
communication écrite; le développement de
La plupart des forums sont organisés en thèmes de discussion. Dans ces forums les
capacité de raisonnement, d’analyse, de synthèse
apprenant.e.s explorent en collaboration une idée, un concept ou une théorie ou encore
et d’argumentation; les prises de décision et le
doivent répondre à des questions en présentant des arguments ou des opinions sur le
développement de l’autonomie; la capacité à
thème présenté. Ces thèmes sont développés en fils de discussion et affichés selon la
travailler en collaboration avec ses pairs, dans un
dynamique des échanges en réponse au message principal.
contexte virtuel; l’autoévaluation et l’évaluation par
les pairs; l’ouverture d’esprit; le sens de l’éthique.
L’enseignant.e qui a pour intention pédagogique de mettre en place une stratégie
d’apprentissage collaboratif42 valorisant le forum de discussions, devra planifier le
Il faut faire attention à la dispersion des idées et
développement de thèmes qui demande aux apprenant.e.s d’explorer en collaboration une
aussi mettre en place des stratégies (suivi,
idée, un concept ou une théorie ou encore la prise de position sur une thématique donnée.
récapitulation, résumés, synthèse des idées, etc.)
de convergence. Un autre inconvénient est la
surcharge des messages. L’évaluation de la
participation des apprenant.e.s implique une
analyse qualitative et s’applique difficilement au
grand groupe.
42Inspiré de WALCKIERS, Marc et Thomas DE PRAETRE (2004). L’apprentissage collaboratif en ligne, huit avantages qui en font un must.
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activités, des discussions en direct ou encore valoriser le questionnement, comme il le
ferait dans un contexte d’enseignement en présentiel. Plusieurs stratégies valorisées en
présentiel sont également ici valables pour maintenir l’attention et l’intérêt des
apprenant.e.s.
D’autres outils tels que le clavardage (chat) peuvent se greffer pour le transfert de fichiers
ou l’enrichissement des échanges. Le clavardage est un outil de communication synchrone
qui permet une interaction en simultanée entre les usagers.gères. Il est possible de
visualiser en direct les messages transmis par les autres apprenant.e.s ou l’enseignant.e et
d’y répondre tout de suite. Cet outil convient bien aux échanges nécessitant une rétroaction
immédiate entre membres d’un groupe restreint.
3. Le Wiki
Le caractère collaboratif de cet outil propose à
Un wiki est un outil d’édition qui permet, à une communauté virtuelle d’apprentissage, une
l’apprenant.e une nouvelle façon de s’investir dans
écriture collaborative de documents par le biais d’une communication asynchrone. Toute
son apprentissage.
modification apportée au document est systématiquement archivée dans une base de
données avec la date de modification et le nom de l’auteur.e. Ainsi, il est possible
Le wiki possède des faiblesses : contenu étant
d’observer l'évolution de chaque page et de se rendre compte de la contribution de chaque
modifiable il y a un risque de mauvaise
membre de la communauté virtuelle. Le wiki met en marche une intelligence collective et
manipulation et donc de perte d’information; se
permet de décentraliser le savoir et les pouvoirs. Apprenant.e.s et enseignant.e.s sont
construit au fur et à mesure et manque quelquefois
engagé.e.s dans une sorte de découverte d’un espace qui se construit par interaction. Le
de structure; peut y avoir un problème de droit
recours au wiki s’inscrit dans un parcours évolutif. Le wiki offre la possibilité de créer et
d’auteur.e, à qui appartient le document? un
d’enrichir collectivement des connaissances sur un sujet donné à partir d’un environnement
mauvais encadrement du groupe de la part de
Web.
l’enseignant.e peut entraîner des résultats
médiocres et une très faible participation.
4. Le blogue
Le blogue permet de développer l’expression écrite
Un blogue est un outil d’édition qui permet de créer une sorte de journal de bord en ligne.
et le sens critique. Il développe l’autonomie et
Le blogue est constitué de textes ou d’éléments médiatiques ou d’hyperliens publiés à un
engage les apprenant.e.s à l’écoute de points de
rythme régulier (quotidien en général). Certains enseignant.e.s utilisent le blogue comme
vue différents des leurs.
support de cours. Le blogue peut sembler être un outil individuel, mais au même titre que le
wiki et le forum de discussion, il entraîne une dynamique d’échange, de débats et de
Certains inconvénients du blogue : toutes les
réflexion. C’est un outil de partage d’idées qui peut favoriser le travail collaboratif et la
informations consignées ne peuvent être modifiées;
construction de projets coopératifs.
la mise à jour doit se faire régulièrement afin que le
blogue ne tombe pas dans l’oubli; l’information est
éparpillée.
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5. Partage de vidéos (You Tube)
L’intérêt de cet outil est la possibilité de diversifier
YouTube est un service de partage de vidéos qui permet aux [Link] d’envoyer
les moyens d’acquisition de connaissances. En
des fichiers vidéo sur le site, d’en télécharger et de les visualiser. YouTube offre également
revanche, cette technologie est généralement un
la possibilité de commenter ces vidéos à travers des conversations qui généralement sont
complément au cours de nature plus magistrale.
reliées à des blogues. Dans un contexte pédagogique, il est possible de limiter l’accès à un
groupe donné par l’exigence d’un mot de passe pour accéder aux vidéos.
6. Portfolio électronique (E-portfolio)
Le E-portfolio doit être évalué en tant qu’instrument
Le portfolio version numérique E-portfolio joue le même rôle que le portfolio conventionnel.
qui fournit les preuves d’un apprentissage.
Il est une collection informatisée « d’objets » qui montre l’histoire d’apprentissage d’un.e
apprenant.e. Il rassemble les résultats de ses acquis et apprentissages, de ses
L’enseignant.e qui se lance dans l’exploitation d’un
expériences professionnelles, de ses productions et de toute autre trace pertinente de ses
E-portfolio devra prendre en considération le facteur
réalisations qui font foi de sa compétence. La collection se présente sous forme de textes,
temps. La gestion et l’encadrement entraînent de
de productions ou de multimédias.
nombreuses tâches supplémentaires : formation
Le E-portfolio permet à l’enseignant.e de mieux comprendre les différences individuelles et
des apprenant.e.s à l’utilisation de cet outil,
ainsi d’adapter son enseignement aux apprenant.e.s. Il peut également entraîner la
rencontre périodique de chaque apprenant.e pour
communication entre l’enseignant.e et l’apprenant.e et renforcer la collaboration. Les
les rétroactions, suivi et évaluation de chaque E-
résultats des travaux et des réflexions des apprenant.e.s permettent à l’enseignant.e de
portfolio.
réfléchir sur ses propres pratiques pédagogiques et ainsi, l’amener à faire des ajustements
ou revoir ses stratégies, si nécessaire. Finalement, il permet à l’enseignant.e de s’engager
dans des démarches pédagogiques innovantes centrées sur l’apprenant.e.43
43 Inspiré de LACROIX, Marie-Ève et Pierre POTVIN (2009). Les pratiques innovantes en éducation.
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6. ÉVALUATION DES APPRENTISSAGES44-45-46-47-48
L’évaluation des apprentissages et de l’acquisition d’une compétence ne peuvent être réalisées
aléatoirement car un processus doit être respecté, qu'il s'agisse de l'évaluation formative ou de
l'évaluation sommative. L’enseignant.e demeure responsable de la mise en œuvre du
processus d'évaluation des apprentissages et gère les modalités d’application dans le cadre de
l'évaluation formative ou de l'évaluation sommative.
pratique.
47 Inspiré de LEROUX, Julie Lyne et Nathalie BIGRAS (2003). L’Évaluation des compétences : une réalité
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6.2 Évaluation des apprentissages49-50
L’apprenant.e, l’enseignant.e et le personnel d’appui à la mise en œuvre d’un programme
évoluent au sein d’un système dont la finalité ultime est la réussite de l’apprenant.e,
c’est-à-dire l’apprentissage et le développement des compétences professionnelles
reconnues par l’évaluation sommative.
Pour cette raison, les programmes développés selon l’APC présentent également les
critères qui permettent une évaluation rigoureuse et équitable de tous les apprenant.e.s.
Ces critères ne doivent donc pas être trop généraux ni trop détaillés, ils doivent être
fondés sur les compétences à développer, la complexité de celles-ci, l’environnement et le
contexte de réalisation de l’évaluation des apprentissages, mais également doivent
prendre en compte les informations recueillies du marché du travail lors des exercices de
consultation.
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En fonction de la complémentarité des fonctions de l’évaluation, certains
principes y sont associés :
• l’évaluation remplit une fonction pédagogique et s’inscrit dans une logique de
complémentarité avec l’enseignement. Elle devrait donc être calquée sur ce qui
s’est fait en apprentissage et ne devrait pas représenter une surprise pour les
apprenant.e.s ;
• l’évaluation a comme première fonction
l’aide à l’apprentissage, elle doit donc En ce sens, la perspective genre ou
générer une rétroaction de qualité de d’inclusion ne doit pas être négligée
afin d’assurer que l’appui à
la part de l’enseignant.e.
l’apprentissage est bien présent et
L’enseignant.e indiquer à l’apprenant.e
équitable pour tous les apprenantes
les éléments nécessaires à la et apprenants
poursuite du développement de ses
compétences. Les occasions
d’autoévaluation et d’évaluation par les pairs doivent également être prévues;
• le thème lié à une situation d’évaluation, les modalités de mise en application et
les documents utilisés ne doivent pas créer des obstacles pour l’apprenant.e.
L’enseignant.e doit donc planifier adéquatement l’évaluation et apporter des
précisions sur les termes, sujets, schémas, etc. lors d’une situation d’évaluation
ou encore répondre aux questions de clarification au début de l’évaluation ;
• les connaissances, habiletés, attitudes évaluées doivent avoir fait l’objet d’un
enseignement. Les caractéristiques des tâches évaluées, doivent avant tout
avoir fait l’objet d’un enseignement ;
• le temps dédié à l’apprentissage devrait être supérieur au temps consacré à
l’évaluation. L’évaluation devrait s’appuyer sur des informations jugées
déterminantes pour la reconnaissance des compétences à un niveau donné ;
• les critères d’évaluation doivent être connus et compris par les apprenant.e.s. Le
type de question ou les productions attendues de la part des apprenant.e.s
doivent également avoir fait l’objet d’un enseignement auprès d’eux ;
• le matériel autorisé doit être connu de l’apprenant.e, préalablement à l’évaluation
(par exemple : l’accès à un livre de référence, au dictionnaire, à la calculatrice,
etc.) ;
• les outils d’évaluation doivent être choisis avec soin.
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6.2.2 Valeurs
L’évaluation est un levier pour la réussite des apprenant.e.s et elle mise sur le
développement de leur plein potentiel, quels que soient leurs capacités ou leurs
besoins particuliers. Les valeurs associées à l’évaluation en APC constituent une
assise aux pratiques de tous ceux qui interviennent en évaluation des
apprentissages.
Ces valeurs devraient toujours guider les orientations ou les décisions en matière
d’évaluation.
• La justice implique, en premier lieu, la détermination et le respect des droits
individuels (modalités, appel, reprise, etc.) ;
• L’égalité se définit par la possibilité pour chaque apprenant.e de bénéficier de
conditions et d’exigences uniformes d’évaluation ainsi que de moyens identiques
ou équivalents ;
• L’équité justifie une approche différente ou différenciée d’évaluation pour
prendre en considération des caractéristiques individuelles ou communes à
certains groupes. Être équitable, c’est donner à chacun.e les meilleures
occasions de réussite.
• La cohérence suppose que l’évaluation est en relation directe avec
l’enseignement et les apprentissages associés ;
• La rigueur se traduit par une évaluation soucieuse d’exactitude et de précision –
démarche méthodique et décisions éclairées ;
• La transparence suppose que les normes et les modalités d’évaluation sont
connues et comprises de tous. En APC, l’évaluation n’est pas un piège. ;
• La faisabilité, signifie que l’évaluation respecte le contexte de réalisation de la
compétence tout en prenant en considération les ressources réellement
disponibles dans les institutions de formation. La faisabilité concerne également
la réalité ‘’temporelle’’ associée à la durée de l’évaluation.
6.2.3 Orientations
Un certain nombre d’orientations peuvent être retenues à titre de socle à partir
duquel le système d’évaluation ou la politique d’évaluation des apprentissages sera
mis en place. Ces orientations sont cohérentes avec l’APC, sa philosophie et ses
valeurs. À titre d’exemples, voici quelques orientations qui pourraient être introduites
dans une politique institutionnelle d’évaluation des apprentissages.
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• L’évaluation des apprentissages doit reposer sur le jugement professionnel de
l’enseignant.e ;
• L’évaluation des apprentissages doit être en conformité avec les référentiels ou
les curricula des programmes de formation ;
• L’évaluation sommative doit rendre compte de l’acquisition des compétences et
ainsi garantir la valeur sociale des diplômes et certificats remis ;
• La reconnaissance des acquis doit permettre la reconnaissance des
compétences d’une personne, indépendamment des conditions de leur
acquisition.
6.2.4 Caractéristiques
L’évaluation selon l’APC se distingue par quatre grandes caractéristiques qui sont en
relation directe avec les principes mêmes de l’évaluation, ses valeurs et les
stratégies qui auront été mises en œuvre lors de l’enseignement et du soutien de
l’apprentissage.
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C) Une notation dichotomique : l’atteinte partielle ou graduée d’un critère
d’évaluation est une information importante en évaluation formative. En
évaluation sommative, l’évaluation devra permettre de décider du succès ou de
l’échec de l’apprenant.e pour une compétence donnée. Un critère ne peut pas
être réussi partiellement puisqu’il a été jugé comme essentiel à la démonstration
de la compétence.
•l’évaluation formative l’informe du progrès dans ses apprentissages. Elle guide, elle
motive, elle renseigne. Elle lui permet de constater ce qu’il a appris et d'ainsi mieux
se préparer pour l'évaluation sommative.
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En revanche, si l’évaluation formative constitue un
L'évaluation formative doit
outil de renforcement et de consolidation
donner à l'apprenant.e de exceptionnel, les résultats obtenus lors de celle-ci
l’information constructive ne peuvent en aucun cas servir ou être intégrés
et non se réaliser dans un aux résultats de l’évaluation sommative. Étant
cadre de jugement sévère. donné que l’évaluation formative est un outil
d’appui à l’apprentissage, elle peut ne pas se
limiter à l’intervention seule de l’enseignant.e.
Il convient enfin de noter que l’évaluation sommative n’est d’aucune façon une
réplique ou une répétition d’évaluations formatives antérieures auxquelles certaines
données auraient été modifiées. L’évaluation sommative doit mesurer à cet effet un
véritable transfert d’apprentissage.
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La reconnaissance officielle de l'acquisition d'une compétence se fait par
l’évaluation sommative. En conséquence, cette évaluation doit permettre :
Évaluation
formative
Le tableau 5 - résume les étapes du processus d’évaluation mais avec la prise en compte
des rôles associés à l’enseignant et ceux attendus de l’apprenant.
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Tableau – 5 – Étapes du processus d’évaluation selon la perspective de
l’enseignant.e et de l’apprenant.e
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Dans le contexte de l'évaluation d’une
compétence particulière (technique / Les savoir-faire et savoir-être sont
spécifique), l'évaluation doit porter sur la fortement sollicités afin que
démonstration de l'acquisition de la l’enseignant.e puisse juger de la
compétence. En conséquence, sont ici maîtrise de la compétence de la part de
l'apprenant.e., et ce, en se référant aux
prises en compte les connaissances, les
critères de performance retenus.
habiletés et attitudes de l'apprenant.e.
En contrepartie, dans le cas des Comme c’est le cas pour l’évaluation des
compétences générales, l’évaluation compétences particulières, l’évaluation se
en contexte d’aide à l’apprentissage, réalise à l’aide d’instruments d’évaluation
a essentiellement pour objectif de
variés et à partir de critères d’évaluation
rendre compte de leur progression.
déterminés. Sur le plan de l’évaluation
Elle permet une collecte de
sommative, l’évaluation de la compétence
comportements et d’attitudes
observables en contexte de générale se réalise souvent par l’entremise
réalisation de tâches, à différents des compétences particulières. Les
moments de l’apprentissage, et ce, de compétences générales étant transversales,
façon non formelle ou formelle. elles devraient s’exprimer et se développer
par l’entremise des compétences
particulières.
Les apprentissages de base (connaissances) devraient avoir été évalués sous forme d’aide
à l’apprentissage (évaluation formative) tout au long de l’acquisition de la compétence. Il
s'avère inutile de passer beaucoup de temps lors de l'évaluation sommative sur les
connaissances simples, il faut que la tâche à évaluer soit suffisamment complexe et
intégrative pour prendre en compte l'acquisition des éléments de base. L’évaluation,
notamment sommative, devrait surtout s’attarder au raisonnement, à la capacité
d'adaptation, aux techniques, à la démonstration d’habiletés se traduisant par des actions
concrètes et mesurables, etc. Au moment de l'évaluation, il est essentiel de ne pas réduire
l’évaluation de la compétence à quelques aspects, sans prendre en compte l’ensemble de
ses dimensions. L'évaluation doit être multidimensionnelle, car la compétence est par sa
définition multidimensionnelle.
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Figure – 14 – Nature de l’évaluation
• l'épreuve pratique est celle à laquelle la majeure partie du temps devrait être
accordée dans le cadre d’une évaluation en APC. Elle permet de juger
concrètement de l'atteinte de la compétence en misant sur l’observation
Évaluation d’habiletés, de réalisation de processus, de comportements sécuritaires, de
pratique productions tangibles, etc.
En conséquence, l’évaluation pratique repose sur deux principes présentés à la Figure 15.
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Figure -15 – L’évaluation pratique
52Inspiré de LEROUX, Julie Lyne (2017). Évaluation à distance des connaissances et des compétences :
un processus, une approche, des ressources pour bien accompagner les enseignants.
53RINGUET, Sophie et Julie Lyne LEROUX (2016). L’outil réseau -Processus d’évaluation des
compétences à distance : des ressources pour les enseignants du collégial.
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1. La grille d’évaluation – d’observation
La grille est un l'outil de prédilection pour l'épreuve pratique,
notamment pour l’évaluation des compétences spécifiques
ainsi que des comportements associés à certaines
compétences générales. Elle est un outil utilisé dans un
contexte de démonstration de la compétence. Elle peut être
adaptée à l'évaluation d'un produit ou d'un processus (et des
comportements inhérents au respect de celui-ci - par exemple
la mise en application des normes de sécurité et des pratiques
respectueuses de l'environnement). La même grille peut être
utilisée en évaluation formative (par l’enseignant.e, les pairs ou en autoévaluation) afin de
familiariser l'apprenant.e aux éléments d'observation de l’enseignant.e, aux critères de
performance utilisés, à la pondération accordée, etc. et en conséquence, lui partager les
éléments sur lesquels il sera formellement évalué lors de l'évaluation sommative. Dans un
contexte de stage professionnel, une grille adaptée à la réalité du stage, aux habiletés et
comportements attendus de l’apprenant.e, peut être utilisée. Dans ce contexte, la grille est
remise à la personne responsable du stage en entreprise qui peut réaliser l’évaluation de
l’apprenant.e, pendant et à la fin de son stage.
2. Le journal de bord 54
Le journal de bord est un outil simple où l’apprenant.e note ses
réflexions, que ce soient des questions, des commentaires ou
des constatations, bref ce qui est appris. Après une journée de
formation ou une semaine complète, l’apprenant.e note des
remarques positives ou négatives, les apprentissages, les
problèmes vécus, les aspects à améliorer, ses points forts, son
cheminement par rapport à son programme, les attitudes à
développer, les écarts à combler, etc.
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Le portfolio55
Un portfolio, est traditionnellement reconnu comme étant un
dossier personnel dans lequel les acquis de formation et les
acquis de l'expérience d'une personne sont définis et
démontrés en vue d'une reconnaissance par un établissement
d'enseignement ou un employeur. Il est possible d’utiliser le
portfolio dans un contexte d’évaluation d’une compétence, un
peu selon les mêmes fondements que ceux présentés pour le
journal de bord.
3. Le projet synthèse
Bien qu’il s’agisse d’une production écrite, le projet synthèse,
dans certains cas peut être un outil d’intérêt pour que
l’apprenant.e réalise une synthèse des apprentissages
réalisés, de même que l’intégration de ces mêmes
apprentissages en proposant des solutions pertinentes à une
situation problématique. L’utilisation du projet synthèse doit
permettre d’évaluer l’analyse, le jugement et la capacité de
raisonnement de l’apprenant.e. En conséquence, l’apprenant.e
sera amené.e à présenter les différentes étapes menant à la
solution d'un problème dans des conditions se rapprochant de celles rencontrées dans le
monde du travail (analyse, conception, développement, implantation, évaluation).
55Inspiré de NIZET, Isabelle et Julie Lyne LEROUX. (2015). L’évaluation des apprentissages et du
portfolio.
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4. La carte conceptuelle
La carte conceptuelle permet de représenter graphiquement
des concepts qui gravitent autour d’un sujet, de préciser les
relations qui les unissent et de les hiérarchiser. Aussi appelé
schéma de concepts ou carte de connaissances, cet outil est
classifié à titre ‘’d’idéateur’’. La carte conceptuelle permet de
développer des habiletés de synthèse et permet à
l’apprenant.e d’illustrer visuellement sa compréhension
d’une question ou d’un concept. Selon les objectifs de la
carte ainsi que les outils de conception utilisés (manuels ou
informatiques), les cartes conceptuelles peuvent prendre
différents aspects. Dans un contexte d’évaluation formative ou sommative, d’intégrer la
carte conceptuelle permet à l’enseignant.e de vérifier l’intégration des notions abordées
par l’apprenant.e. De plus, la carte conceptuelle constitue un outil efficace pour exploiter
le travail collaboratif en classe comme à distance.
5. Le stage professionnel
Durant le stage, la personne responsable de la supervision en entreprise sera appelée à
évaluer le stagiaire. Cette évaluation passera par un questionnaire et/ou une grille
d’évaluation pour l’évaluation des compétences des apprenants lors du stage. Le stage en
soi est une réelle évaluation de l’ensemble des connaissances et compétences de
l’apprenant.e, mais également de l’intégration de celles-ci et de ses capacités de transfert
et d’adaptation dans un réel contexte professionnel. Le stage professionnel permet
d’évaluer l’apprenant.e dans un contexte réel d’intervention et en collaboration avec le ou
la [Link] œuvrant dans le milieu. Cette personne peut se prononcer sur le
niveau de développement des compétences de l’apprenant.e, sur sa progression pendant
le stage, sur ses comportements professionnels et, finalement, sur sa préparation à
intégrer le marché du travail.
Cette façon de voir qui n’est pas uniquement basée sur une approche
disciplinaire est un changement de paradigmes important. Elle est l’interface
entre la planification et l’évaluation des apprentissages.
L’évaluation, qu’elle soit dans un cadre formatif ou sommatif, devra également reposer sur
des critères mesurables et observables inspirés du marché du travail, et recueillis lors des
exercices de consultation des entreprises. En conséquence, l’évaluation dans un contexte
d’APC implique également un changement de paradigme sur le plan de la prépondérance
de la prise en compte des critères de performance des entreprises et de l’implication de
celles-ci pour l’évaluation de l’apprenant.e (par exemples : lors du stage professionnel,
lors de présentation de projets synthèse et d’application, etc.)
Gestion
Culture Planification
collective formation
Nouveaux
paradigmes
La clé, en matière de prise en considération du genre, est d’établir une façon de penser
qui tient compte des divers besoins, situations et priorités des apprenantes et des
apprenants. Il ne s’agit pas « d’ajouter une composante pour les femmes » à une
intervention existante, ni d’en arriver à une représentation des deux sexes. Il s’agit plutôt
d’effectuer le travail de façon efficace, de raffiner l’analyse, de soutenir le processus
décisionnel, de raffermir la mise en œuvre de la formation, d’améliorer les
communications et surtout de développer chez les enseignant.e.s, mais également les
apprenant.e.s une culture d’intégration. Ces futurs diplômé.e.s sont également de futurs
agent.e.s de changement en milieu de travail.
Selon une perspective plus globale et misant sur le développement des habiletés
générales, il est aussi possible de définir des « compétences entrepreneuriales »
transversales à l’ensemble des programmes de formation. Ces compétences se
définissent comme étant l’ensemble des « savoir-agir » grâce auxquels une personne
réalise avec succès des tâches dans un esprit entrepreneurial, quel que soit le secteur
d’activités ou la sphère de vie où ces compétences sont exercées. Cette définition de
compétences entrepreneuriales est donc plus englobante et mise sur un développement
des habiletés générales, telles que le leadership, le désir d’entreprendre, la collaboration
et non uniquement sur une définition de l’entrepreneuriat au sein de la création d’une
nouvelle entreprise. Selon cette vision, les compétences entrepreneuriales sont beaucoup
plus transversales et peuvent être applicables à diverses situations de vie professionnelle
et personnelle.
AYLWIN, Ulric. Les principes d’une bonne stratégie pédagogique. Pédagogie collégiale, vol. 5,
no 4, mai 1992, p. 11 à 15
AYLWIN, Ulric (2000). La différence qui fait la différence...ou l'art de réussir dans
l'enseignement. Association Québécoise de pédagogie collégiale. Montréal, 178 p.
LASNIER, François. (2000). Réussir la formation par compétences. Guérin, éditeur ltée.
LEROUX, Julie Lyne (2015). Évaluer les compétences au collégial et à l'université : un guide
pratique. Montréal : Éditions Chenelière/AQPC, Collection PERFORMA. 686 pages.
LEROUX, Julie Lyne (2010). L’évaluation des compétences au collégial : un regard sur des
pratiques évaluatives. CEGEP de St-Hyacinthe. 326 pages.
LEROUX, Julie-Lyne et Nathalie BIGRAS (2003). L’Évaluation des compétences : une réalité
accessible dans nos collèges. Regroupement des collèges PERFORMA.
MICHAUD, Nathalie (2010), document power point portant sur les courants pédagogiques,
Cégep St-Jean-sur-Richelieu.
NIZET, Isabelle et Julie Lyne LEROUX. (2015). L’évaluation des apprentissages et du portfolio.
Communication dans le cadre de la Journée réflexive sur le portfolio dans le cadre du Mois de
la pédagogie universitaire. Enseigner, apprendre : voyage au CENTRE de la classe, Université
de Sherbrooke, Sherbrooke.
PERRENOUD, Philippe. (1999). Dix nouvelles compétences pour enseigner. Paris, EF Éditeur,
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l'éducation. [Link]
UNESCO. Draft amendments to SISTER Guidelines for the formulation of 38C/5 Regular
Programme Workplans (Activity/Office)—the part related to Gender Equality Marker (GEM).
[Link]
_01.pdf
UNESCO. Intercultural Dialogue. Intégrer l'égalité des sexes dans le Curriculum : découvrez la
pédagogie sensible au genre du FAWE!
[Link]
[Link]/fr/nos-membres
Établissements membres de CICan au Canada
[Link]/fr/nos-membres