CHAPITRE II : LA LIAISON DES MOTS DANS
LA PRONONCIATION
* Objectifs fonctionnels généraux:
- Aider l’étudiant à s’approprier les mécanismes de la langue utilisée dans le dialogue ou le
discours.
- Créer chez les étudiants les habitudes et les attitudes d’une bonne expression.
* Objectifs fonctionnels spécifiques:
- Aider l’étudiant à maîtriser les types de liaison : obligatoires, interdites et facultatives.
- Aider l’étudiant à savoir éviter les liaisons familières dites ‘’pataquès’’.
Motivation
La liaison des mots se fait une branche particulière de la phonétique,
une discipline normative.
Car la rencontre de certains sons est désagréable à l’oreille et donne à la
prononciation une allure saccadée qui peut même amener le locuteur à
bafouiller.
D’où la nécessité de respecter à la lecture à un entretien, au discours
majustral, plus scrupuleuse à une conversation courante, les liaisons.
Définition
• La liaison est le fait de prononcer la consonne finale (latente) d’un mot
devant un mot commençant par une voyelle ou un H muet.
• P.1. Tro(p)- p-aimable ;
• P.2. Peti(t)-t-homme;
• P.3. Pet(t)-t-enfant
Remarques
• Bien qu’il soit difficile de dire avec précision quand il faut ou non faire
la liaison, on retiendra qu’elle est un signe supplémentaire de cohésion
entre les unités voisines.
• La liaison prend quelques formes variées : parmi ces formes ou types,
on observe la liaison elle-même, l’enchaînement et l’élision
Formes variées de liaison
• La liaison
• Changement de prononciation
• Certaines consonnes changent de prononciation dans les liaisons.
• S et X se prononcent z : Pa(s)-z-à pas, deu(x)-z-hommes.
• D se prononce t : Gran(d)-t-effort, Quan(d)-t-on voit …
• G se prononce k : un lon(g)-k-oubli ; un san(g)-k-humain.
Formes variées de liaison
• N.B. : En vers et dans la lecture soignée on lit également : san(g)-k-et
eau, san(g)-k-impur,… (Qu’un sang impur abreuve nos sillons-La
Marseillaise).
• F se prononce V dans neuf ans, neuf heures, parfois aussi dans neuf
hommes, mais neu(f)-f-arbres, …
Formes variées de liaison
• Après les adjectifs qualificatifs en -ain, -ein, -en, -on placés devant le
nom, la liaison produit une dénasalisation de la voyelle nasale :
• Ex : Certai(n)-n-espoir ; plei(n)-n-air ; moye(n)-n-âge ; un bo(n)-n-
auteur.
• Après les adjectifs en -in, les uns font la liaison en dénasalisant la
voyelle, les
Formes variées de liaison
• Autres le font sans dénasalisation (facultatif).
• Ex : Divi(n)-n-Homère ou Divin-n-Homère
• Après un accent, on, rien, bien, en, non la liaison se fait sans
dénasalisation.
• Ex : Aucun-n-homme, bien-n-agréable, non-n-avenir …
Liaison familière
• Familièrement une fausse liaison s’appelle :
• Cuir, quand elle est faite par addition d’un t.
• Ex : Il va-t-à la foire
• Velours : quand elle est faite par addition d’un S (z)
• Ex : J’ai-z-obtenu
Liaison familière
• Pataquès : C’est une confusion de liaisons.
• Ex : P.1. Ce n’est-pas—t-à moi.
• P.2. Ce n’est point-z-à vous.
• N.B. : dans un sens plus général, pataquès se dit de toute faute
grossière de langage
Types de liaison
• On distingue les liaisons obligatoires, les liaisons interdites et les
liaisons facultatives.
•
• Les liaisons obligatoires
• Ici la liaison se fait toujours :
• 1° : Dans la plupart des expressions toutes faites et des mots composés.
Les liaisons obligatoires
• Ex : mot-t-à mot, d’un bout-t-à l’autre, de haut-t-en bas, de mieux-z-en
mieux, d’ores et déjà, au cas-z-ou, hic et nunc
• 2° : Entre les propositions avant, devant, pendant, dans, dès, sans,
chez, sous, en et leur régime :
• Ex : Avant-t-eux, avant-t-elle, dans-z-aucun cas,…
• 3° : Après les adverbes, si peu qu’ils soient unis par les sens au mot
suivant :
• Ne jamais-z-oublier, assez-z-ouvert, trop-p-heureux, point-t-encore,
tout-t-entier.
Les liaisons obligatoires
• 4° : Entre les auxiliaires à la troisième personne et le participe passé.
• Ex : Il est-t-allé, ils auront-t-enlevé, il avait-t-oublié, qu’ils soient-
t-entrés
• De même entre les formes verbales des troisièmes personnes et
l’infinitif : il veut-t-aller.
• 5° : Entre c’est et la préposition suivie de son régime :
• Ex : C’est-t-envers vous, c’est-après cela …
Les liaisons obligatoires
• 6° : Entre l’article ou l’adjectif d’une part, et le nom ou l’adjectif
d’autre part :
• Les-z-a nnées, aux-z-autres mots, …
• Deux trois, dans les dates, peuvent être liés avec le nom du mois : le
deux-z-avril, le trois-z-octobre mais la prononciation soignée,
phonétique ou recherchée ne les lie pas.
Les liaisons obligatoires
• 7° : Entre le verbe et le nom ou l’adjectif attribut.
• Ex : nous sommes-z-heureux, je suis-z-homme, …
• 8° : Entre le pronom personnel on d’une part, et le verbe ou les
pronoms en, y, d’autre part : on-n-ira, on n’en prend
• 9° : Entre le verbe et le pronom personnel, …
• Ex : Dirait-t-on, courons-z-y, cueillez-z-en.
• 10° : après quand, dont : quand-t-on vient, dont-t-il
Les liaisons interdites
• Ici la liaison ne se fait pas
• 1° : Entre des mots qui ne sont pas unis par le sens.
• La liaison ne peut donc avoir lieu dans la langue parlée, après une
pause, même légère, ni dans la lecture après un signe de ponctuation.
• 2° : Devant les mots commençant par un H ‘’aspiré(e)’’
• Ex : les /handicapés, les héros (une héroïne), les/Hollandais,
les/hangars, les/haricots, le/ hasard, la/hernie, la/hiérarchie,
les/hottentots, le/hurlement, …
Les liaisons interdites
• 3° : Devant quelques mots commençant par ‘’y’’.
• Ex : le/yaourt [‘jauRt], le/yacht [‘jͻt],(navire), le/yacht-club,
le/yéyé ou yé-yé [‘jeje], le/yoga [‘jͻga], le/yod.
• Les une heure, les onze, ils sont onze, les oui. On peut dire cependant :
il est-t-onze heures.
• 4° : Devant les interjections et en général, devant tout mot cité comme
mot :
• Les A H ! et les OH !, vous avez mis deux ‘’aussi’’ dans cette phrase.
Toutefois, la liaison se fait devant ‘’hélas’’ : - de grands-z-hélas.
Les liaisons interdites
• 5° : Après l’ S intérieur dans le pluriel des mots composés : Des char(s)
à bancs, des guet(s)-apens, des porc(s)-épics [pͻRkepik], des
moulin(s) à vent, des ver(s) à soie, des arc(s)-en-ciel.
• 6° : Dans ce cas, sauf dans les vers où la liaison est applicable. Sinon,
il n’y a pas de liaison après la seconde personne de l’indicatif présent
et du subjonctif présent quand cette personne est terminée par-es. : s,
tu continue(s) ainsi, tu chante(s) agréablement, tu porte(s) un fardeau.
Les liaisons facultatives
• Elles se manifestent dans certaines chaînes parlées.
• L’enchaînement
• L’enchaînement apparaît sur certaines consonnes finales prononcées. Il
se produit quand la consonne finale des mots, si elle est prononcée,
s’enchaîne avec la voyelle du mot suivant, à l’intérieur d’un même
groupe rythmique.
• EX: Un fil(s) à papa, quarrent huit heure
• N.B. : La consonne d’enchaînement ne change pas de nature.
Exception dans [ F ]
• F : neuf –étudiants, neuf_arbres, vif_argent
• V : neu(f)-v-ans, neu(f)-v-heures parfois dans neu(f)-v-hommes.
L’élision
• Définition
• L’élision est l’amuïssement d’une des voyelles finales, a, e, i, u, o
devant un mot commençant par une voyelle ou un h muet. Quand elle
l’est, la voyelle qui s’élide est remplacée par une apostrophe.
• Le + or : l’or, le + huissier : l’huissier.
L’élision
• Place de l’apostrophe dans l’élision
• L’élision est marquée par l’apostrophe :
• 1° Dans le pronom ce devant le pronom en et devant l’e ou l’a initial
d’une forme simple ou composée du verbe être.
• Ex : C’en est fait, c’est, ç’a été, ç’eût été, ç’aurait été
• 2° Dans ‘’entre’’, élément d’un des cinq mots suivants :
• S’entr’aimer, s’entr’apercevoir, s’entr’appeler, s’entr’avertir,
s’entr’égorger.
L’élision
• Remarque : cette création n’est pas encore considérée comme
‘’lexique’’ par les lexicographes (Robert). Ceux-ci sont plutôt d’accord
avec l’académie, abandonnant dans les mots suivants, l’apostrophe qui
marquait la suppression de l’e final de ‘’entre’’, a soudé les éléments
composants : s’entraider, entraide, s’entraccorder, s’entradmirer,
s’entraccuser, entracte, entrouvrir, …
L’élision
• 3° L’élision est facultative devant les titres d’ouvrages, car il y a
indécision entre les auteurs-écrivains. Mais ceux qui appliquent
l’élision sont plus nombreux.
• L’auteur d’« amants », à l’époque des « OBERLÉ » et d’« Au service
de l’Allemagne », Aux premières pages d’«un début dans la vie »
• 4°l’élision est fréquente dans les articles (l’ouvrier), dans les pronoms
(je, me, te, se, …), dans les mots invariables (lorsqu’en 1637 …)
L’élision
• L’élision dans la langue populaire (familière)
• Dans la langue populaire (familière), l’U et tu es fréquemment élidé.
La voyelle se mange, disaient les grammairiens d’autrefois.
• T’es pas fâchée ? …, T’as pas été trop triste ?
• Si t’as rien vue, t’es pas malin !
L’élision
• Remarque
• N.B. : L’élision n’est pas toujours marquée par l’écriture, mais aussi
par la prononciation.
• Ex : faibl(e) escorte, fidèl(e) ami, honnêt(e) homme, moll(e) oisiveté,
bonn(e) huile.