Cours Validation
Cours Validation
et Environnement
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2. Classification générale des méthodes analytiques
2.1. Selon la nature de la méthode
🔹 Méthodes classiques (ou chimiques) sont les méthodes les plus anciennes,
ne nécessitant pas ou peu d’instruments sophistiqués.
On distingue :
Méthodes gravimétriques sont basées sur la mesure de masse d’un précipité
ou résidu (ex. : la synthèse de l’aspérine).
Méthodes volumétriques (ou titrimétriques) sont basées sur la mesure de
volume de solution titrante réagissant avec la solution titrée (ex. : titrage
acide-base, et titrage redox).
📌 Avantage : simples et peu coûteuses.
📌 Limite : moins sensibles, nécessitent une bonne technique manuelle.
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2. Classification générale des méthodes analytiques
2.1. Selon la nature de la méthode
🔹 Méthodes Instrumentales
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2. Classification générale des méthodes analytiques
2.3. Selon le statut réglementaire de la méthode
🔹Méthodes non normalisées sont des procédures développées en interne par un
laboratoire ou un chercheur, non publiées dans une norme officielle.
Objectif :
- Répondre à un besoin spécifique non couvert par une méthode officielle
- Adapter une méthode à une nouvelle matrice ou une nouvelle technologie
- Proposer une alternative plus rapide, plus sensible ou plus économique
Exemples d'applications :
- Développement d’une méthode HPLC pour un nouveau médicament
- Dosage de composés bioactifs dans des extraits végétaux
📌 Avantages : Souples à adapter aux besoins du laboratoire, rapide et moins
couteuses par rapport aux méthodes officielles.
📌Limites :
- Non acceptées dans les démarches réglementaires sans validation conforme ce
qui nécessite une validation rigoureuse avant toute utilisation officielle
- Résultats non comparables directement avec d’autres laboratoires sans
validation croisée 11
3. Critères de choix d’une méthode analytique
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4. Limites et enjeux des méthodes analytiques
Même bien choisie, une méthode présente des contraintes et risques à considérer.
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Exercice1: Classification des méthodes analytiques
Classer différentes méthodes selon leur type (classique, instrumentale, qualitative, quantitative,
normalisée, non normalisée). Complétez le tableau suivant en cochant les bonnes cases.
Méthode (exemple concret) Classique Instrumentale Qualitative Quantitative Normalisée Non normalisée
Titrage de HCl par NaOH) selon
(NF T90-016)
Détermination de teneur en
caféine dans un soda en
utilisant UV-Visible selon ISO
20481
Analyse de sucre dans le miel
par HPLC avec une méthode
interne de laboratoire
Dosage du Ca dans le lait
(Titrage de complexation par
EDTA) selon (ISO 8070)
Analyse des métaux lourds par
Spectrométrie de masse avec
plasma a couplage inductif ICP-
MS
Mesure du pH dans une eau
minérale en utilisant pH-mètre
14
selon ISO 10523
Correction Exercice1:
Non
Méthode (exemple concret) Classique Instrumentale Qualitative Quantitative Normalisée
normalisée
Titrage de HCl par NaOH) selon
✔️ ✔️ ✔️(NF T90-016)
(NF T90-016)
Détermination de teneur en
caféine dans un soda en
✔️ ✔️ ✔️ ✔️ ISO 20481)
utilisant UV-Visible selon ISO
20481
Analyse de sucre dans le miel
par HPLC avec une méthode ✔️ ✔️ ✔️
interne de laboratoire
Dosage du Ca dans le lait
(Titrage de complexation par ✔️ ✔️ ✔️(ISO 8070)
EDTA) selon (ISO 8070)
Analyse des métaux lourds par
Spectrométrie de masse avec
✔️ ✔️
plasma a couplage inductif ICP-
MS
Mesure du pH dans une eau
minérale en utilisant pH-mètre ✔️ ✔️ ✔️ ✔️ (ISO 10523)
15
selon ISO 10523
Exercice2: Limites et enjeux
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Exercice3: Choix d’une méthode adaptée
Temps et Processus long, coûteux, nécessitant des Moins long, plus ciblé, moins de ressources
ressources essais approfondis. nécessaires.
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4. Quand faut-il valider une méthode ?
25
6. Qui valide?
29
9. Risques d’une méthode non validée
b. Evaluation de la justesse
Biais relatif : Le biais est la différence systématique entre la valeur moyenne obtenue
par la méthode analytique et la valeur vraie de référence. Il est généralement exprimé
en pourcentage et reflète l’exactitude de la méthode.
: moyenne des mesures
CRef : Concentration de référence
±15 % à ±20 % pour les méthodes moins critiques, où une certaine tolérance peut être acceptée
sans compromettre la validité des résultats.
Exemple : la détermination des métaux lourds dans les sols par spectrométrie d’absorption atomique
avec flamme (FAAS). En raison de la complexité de la matrice (matière organique, humidité,
interférences minérales), un biais relatif pouvant aller jusqu’à ±20 % est souvent accepté dans les
études environnementales. 37
Taux de recouvrement
Au niveau international, la plage acceptable du taux de recouvrement dépend de plusieurs
facteurs, notamment : la concentration de l’analyte, la complexité de la matrice analysée (ex. : lait,
sol, plasma), et les recommandations de l’organisme de référence. Les plages admises selon la
concentration (d’après les recommandations de l’AOAC et de la FDA) :
a. Définition :
La fidélité, aussi appelée précision, exprime la proximité entre les résultats obtenus lors d’analyses
répétées d’un échantillon homogène dans des conditions déterminées.
b. Types de fidélité:
Répétabilité (intra-laboratoire) : Correspond à la capacité d’une méthode analytique à donner des
résultats proches lorsqu'une même personne effectue plusieurs mesures en utilisant le même
équipement dans le même laboratoire, sur des échantillons identiques analysés le même jour.
Elle permet de vérifier si la méthode est stable à court terme.
Fidélité intermédiaire: Correspond à la capacité d’une méthode analytique à donner des résultats
proches lorsque des mesures sont réalisées par des personnes différentes, à des moments
différents, ou avec des équipements différents, mais toujours dans le même laboratoire. Elle est
utile pour vérifier la fiabilité d’une méthode dans des conditions réalistes d’utilisation. 40
b. Types de fidélité:
Reproductibilité (inter-laboratoire) : Correspond à la capacité d’une méthode
analytique à fournir des résultats proches lorsque des mesures sont réalisées dans
des laboratoires différents, par des personnes différentes, en utilisant des
équipements différents et à des moments différents, sur des échantillons
identiques. Elle montre si la méthode reste fiable malgré des variations
importantes.
La répétabilité et la reproductibilité sont exprimées le coefficient de variation (CV)
calculé sur plusieurs répétitions.
Exemple : deux laboratoires différents analysent le même échantillon avec la même
méthode.
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c. Evaluation de la répétabilité et la reproductibilité:
La répétabilité et la reproductibilité sont exprimées en coefficient de variation (CV) calculé sur
plusieurs répétitions.
• xi représente chaque valeur individuelle,
• μ est la moyenne des valeurs obtenues,
• n est le nombre total de valeurs,
Avec
• SD: l’écart type des réponses des blancs ou
des échantillons de faible C.
• Les Coefficients de variation sont inferieurs a 5% (Acceptable puisque nous avons analysé une
solution chimique pure) ce qui signifie que la réponse à une concentration donnée est identique
durant le même jour, ca confirme aussi que le processus d’extraction est hautement répétable.
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2.4. Linéarité
a. Définition
La linéarité est la capacité d’une méthode (quantitative) à obtenir des résultats
directement proportionnels à la concentration de l’analyte dans un échantillon, sur
une plage donnée. Cette proportionnalité est évaluée par le coefficient de
détermination qui doit être proche de 1.
b. Evaluation de linéarité
[Link]éparer au moins 4 niveaux de concentration couvrant toute la plage attendue.
[Link] chaque niveau au moins en double.
[Link] la courbe réponse en fonction de la concentration
[Link] une régression linéaire (y = a·x + b).
[Link] le coefficient de détermination (R²).
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b. Exemple concret (analyse d’une mycotoxine)
Enoncé: Afin d’évaluer la linéarité d’une méthode, quatre concentrations différentes de l’aflatoxine
M1 (référence) ont été injectées dans le système HPLC. Les aires des pics correspondants ont été
mesurées, puis une courbe d’étalonnage a été tracée afin de déterminer le coefficient de détermination
R2
Concentration en µg/L 1 3 5 l0
Conclusions:
Aire de pic 11220 47397 71707 160011
La relation entre la quantité injectée
et la réponse du détecteur est 180000
160000
proportionnelle. 140000
y = 16379x - 5217
R² = 0,9968
120000
Air de pic
Le coefficient de détermination 100000
80000 Air de pic
obtenu pour M1 est R² = 0,9968. 60000 Linear (Air de pic)
40000
a. Définition :
La plage de travail est l’intervalle de concentrations pour lequel une méthode analytique est
considérée comme valide, c’est-à-dire :
• Linéaire : la réponse du système (signal analytique) est proportionnelle à la concentration de
l’analyte.
• Précise : les résultats sont reproductibles à l’intérieur de cet intervalle.
• Exacte : les valeurs mesurées sont proches des valeurs vraies.
Exemple : si une méthode est linéaire, précise et exacte entre 1 µg/mL et 100 µg/mL, cette plage est
considérée comme sa plage de travail.
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2.5. Plage de travail (ou intervalle de linéarité)
b. Evaluation de la plage de travail
Préparation d’étalons : préparer au moins 5 à 7 solutions standards couvrant
l’éventail de concentrations visé.
Analyse : mesurer les réponses analytiques (ex. : absorbance, intensité de signal…).
Évaluation de la linéarité :
1. Tracer la courbe concentration vs. réponse.
2. Calculer la droite de régression (équation et R²).
3. Critère courant : coefficient de corrélation R² ≥ 0,99.
Conditions pour valider la plage de travail :
• Linéarité confirmée sur l’intervalle.
• Précision intra- et inter-journalière acceptable.
• Justesse correcte (récupérations entre 98 % et 102 %, selon les guides).
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2.6. Limite de détection (LOD) et de quantification (LOQ)
a. La limite de détection LOD
La LOD est la plus faible quantité de substance à analyser que la méthode peut détecter, elle est
généralement exprimée comme une valeur de concentration et calculée en utilisant des méthodes
statistiques,
LOD avec courbe d’étalonnage: LOD sans courbe d’étalonnage:
Conclusion:
La pente a ajuste la sensibilité de la méthode. Une pente plus faible signifie que pour une même
concentration d'analyte, la réponse mesurée sera plus faible, et donc la LOD et la LOQ seront plus
élevées. Inversement, une pente plus élevée indique une meilleure sensibilité.
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c. Exemple de calcul de (LOD) et (LOQ)
Enoncé: Dans une analyse chromatographique pour détecter l'aflatoxine M1 dans un
échantillon du lait, l'écart-type du bruit de fond (SD) est mesuré à 0,05 et la pente de la
courbe de calibration (a) est de 0,01.
• Calculer la (LOD) et la (LOQ) de l'aflatoxine M1.
Solution:
En utilisant la formule de la LOD, nous avons :
Donc, la LOD est 15 ng/mL.
Conclusion: Cela signifie que l'aflatoxine M1 peut être détectée à partir de 15 ng/mL et
quantifiée de manière fiable à partir de 50 ng/mL.
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2.7. Robustesse
a. Définition
La robustesse est la capacité d’une méthode analytique à rester fiable et précise,
même si on change légèrement certaines conditions de l’analyse (température, pH,
composition du solvant, Instrument, Débit de la phase mobile, etc…)
b. Evaluation de la robustesse
La variation de 1,25 % est inférieure à 2 %, ce qui signifie que la méthode est robuste pour une
variation de température dans cette plage.
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2.8. Stabilité
a. Définition
La stabilité d'une méthode analytique est la capacité de cette méthode à produire des résultats
fiables et cohérents lorsque les échantillons, les réactifs ou les solutions étalons sont soumis à
différentes conditions de conservation.
b. Evaluation de la stabilité: Approche basée sur la concentration
La stabilité d’une méthode est évaluée en soumettant les échantillons, réactifs ou standards à
des conditions variables telles que le temps, la température, la lumière ou l’humidité.
Ensuite, les échantillons sont analysés à nouveau, et les concentrations obtenues sont
comparées à celles mesurées initialement. La méthode est considérée stable si ces facteurs
n'entraînent pas de variations significatives des concentrations au fil du temps, généralement
inférieure à 5 %.
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Exemple concret:
La variation est de 8 %, ce qui est supérieur à 5 %. La méthode n’est donc pas stable
après 20 jours de stockage à 4 °C. Les échantillons doivent être analysés plus tôt ou
conservés dans de meilleures conditions. 54
d. Approche basée sur la réponse instrumentale
L'objectif principal de cette approche est de suivre l’évolution de la réponse brute de l’instrument
pour une même solution sur une période donnée. Cela se fait sans recalculer la concentration de
l’échantillon à chaque mesure, mais en observant simplement les variations de la réponse mesurée
au fil du temps. En général, une méthode est considérée stable si la réponse mesurée se situe entre
95 % et 105 % de sa valeur initiale.
Techniques concernées :
UV-Visible : Absorbance
HPLC : Aire du pic chromatographique
SAA / ICP : Intensité du signal atomique
Pour évaluer la stabilité dans ce cas, on utilise la formule suivante:
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Exercice 1 : Étude de spécificité/ Sélectivité
La vitamine B9, aussi appelée acide folique, est une vitamine essentielle au bon
fonctionnement de notre organisme. Elle joue un rôle important dans la synthèse de
l’ADN et la formation des cellules. On la trouve naturellement dans de nombreux
aliments comme les légumes verts, les céréales, ou encore les légumineuses. On
souhaite doser cette vitamine dans un aliment à l’aide d’une méthode HPLC-DAD.
Cependant, d’autres composés présents, comme les sucres ou d’autres vitamines,
semblent apparaître dans la même zone de rétention que la vitamine B9, ce qui
complique l’analyse.
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Corrigé de l’exercice 1: Étude de spécificité/ Sélectivité
Le bisphénol A (BPA) est un composé chimique controversé, souvent utilisé dans les plastiques, et
potentiellement dangereux pour la santé. Un laboratoire souhaite mettre au point une méthode fiable
pour mesurer la quantité de BPA dans des bouteilles d’eau en plastique. Pour valider la justesse de la
méthode, trois niveaux de fortification (ajouts connus de BPA) sont réalisés sur des échantillons d’eau
dépourvus initialement de BPA. Les résultats obtenus sont présentés dans le tableau ci-dessous :
2. Les taux de recouvrement mesurés pour les échantillons A, B et C sont de 86,0 %, 90,4 % et 90,0 %
respectivement, valeurs qui s’inscrivent dans les intervalles d’acceptabilité définis par l’AOAC et la
FDA, soit 70-120 % pour les concentrations < 1 mg/L, 80-120 % pour 1-10 mg/L et 85-115% pour 10-
100 mg/L respectivement.
3. On conclue que les trois taux de recouvrement sont conformes aux plages recommandées par les
référentiels AOAC/FDA. La méthode peut être considérée comme juste pour l’analyse du bisphénol A dans
l’eau minérale aux concentrations testées.
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Exercice 3: Evaluation de la fidélité
Afin d’évaluer la reproductibilité d’une méthode de dosage par HPLC, un test collaboratif est réalisé
entre deux laboratoires indépendants : Laboratoire A et B. Un même échantillon contenant un principe
actif avec une concentration initial de 100mg/L est transmis à chacun des laboratoires. Dans chaque
site, l’échantillon est analysé trois fois par le même opérateur, le même jour, en utilisant le même lot de
réactifs et des conditions opératoires identiques. Les résultats obtenus, exprimés en mg/L, sont présentés
dans le tableau ci-dessous:
Laboratoire Réplica 1 Réplica 2 Réplica 3
A 98.4 98.7 98.6
B 99.1 99.3 99.2
1. Calculez la moyenne (µ) et l’écart-type (SD) pour chaque laboratoire.
2. Calculez le coefficient de variation (CV) pour chaque laboratoire.
3. Interprétez la répétabilité (fidélité intra-laboratoire) à partir des CV.
4. Calculez la moyenne globale des 6 mesures et l’écart-type global.
5. Calculez le coefficient de variation global (CV inter-laboratoire).
6. Discutez la reproductibilité inter-laboratoire de la méthode. 60
Corrigé de l’exercice 3: Evaluation de la fidélité
1. Calcul de la moyennes (µ) et de l’écart-type (SD) pour chaque laboratoire en utilisant les formules
suivantes:
Et
Laboratoire A :
Laboratoire B :
- Moyenne = 99.20 mg/L
- Écart-type = 0.100 mg/L
2. Calcul le coefficient de variation (CV) pour chaque laboratoire en utilisant la formule ci-dessous
Laboratoire A :
Laboratoire B :
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Suite du corrigé de l’exercice 3: Evaluation de la fidélité
6. Le coefficient de variation global, très faible (0,374 %), témoigne d’une excellente reproductibilité
de la méthode HPLC. Cela confirme que la méthode est fiable et performante, même lorsqu’elle est
appliquée dans des environnements de travail différents.
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Exercice 4 : Etude de la linéarité
Dans le cadre d’un contrôle qualité, un laboratoire cherche à valider une méthode de dosage
du Carbaryl, un pesticide fréquemment utilisé pour protéger les fraises contre les insectes. La GC-
FID a été utilisée pour de doser ce composé dans des extraits de fraises.
Avant de pouvoir utiliser cette méthode de manière fiable, il est nécessaire d’en vérifier la
linéarité. Pour ce faire, les analystes préparent plusieurs solutions étalons à différentes
concentrations à partir d’une solution mère de Carbaryl. Chaque étalon est ensuite injecté dans le
chromatographe, et l’aire du pic correspondant est enregistrée. Le tableau ci-dessous présente les
concentrations des étalons ainsi que les aires des pics obtenus.
Concentration (µg/Kg) Aire du pic (UA)
10 145
20 305
40 612
60 920
80 1225 64
Exercice 4 : Etude de la linéarité
1. Tracer la courbe d’étalonnage (Aire du pic en fonction de la concentration).
2. Déterminer l’équation de la droite de régression linéaire et déterminer le coefficient de détermination
R².
3. La méthode est-elle bien linéaire ? Justifier votre réponse ?
4. Calculer la réponse relative (aire/concentration) pour chaque point. Que peut-on dire de cette
réponse et qui ce que ca représente?
5. Donner deux raisons qui peuvent faire que la méthode ne soit pas linéaire.
6. Si un extrait de fraises traité donne une aire de pic égale à 980 UA, quelle est la concentration en
Carbaryl dans cet échantillon ? 1600
1400
y = 15.153x + 2.1014
Corrigé de l’exercice 4 : 1200 R² = 0.9997
200
0
0 20 40 60 80 100 120
Concentration en µg/Kg
3. Oui la méthode est bien linéaire parce que la courbe obtenue entre la concentration en
Carbaryl et l’aire du pic est une droite. De plus, et le coefficient de détermination R² = 0,9997
est très proche de 1.
4. Calcul de la réponse relative:
C (µg/Kg) Aire Aire/C
10 145 14,5
20 305 15,25
40 612 15,3
60 920 15,33
80 1225 15,31
100 1503 15,03
• Selon les résultats du tableau ci-dessus, la réponse relative est assez constante ce qui
confirme la linéarité de cette méthode. Elle représente la pente de la courbe.
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Suite du corrigé de l’exercice 4
67
Exercice 5: Évaluation de la stabilité
À t = 0 h (référence) :
Àt=2h:
Àt=4h:
Àt=6h:
À t = 24 h :
69
Suite du corrigé de l’exercice 5:
2. D’après les résultats de la question 1, on constate que la variation de l'absorbance reste faible pendant
24 heures. À la fin de cette période, la réponse reste à 95,1 % de sa valeur initiale (à t = 0 h), ce qui
montre que la méthode semble stable, car la diminution de l'absorbance est faible (moins de 5 %). Cette
stabilité est acceptable, surtout si l’objectif est de suivre la méthode sur une période de 24 h. Le
paracétamol ne subit pas de dégradation significative sous les conditions expérimentales données.
70
71
1. Étapes générales d’une validation
72
1.1. Détermination du but de la méthode
Avant toute expérimentation, il est crucial de définir clairement l’objectif de la méthode
à valider:
Identifier la substance cible (dosage d’un principe actif, impureté, contaminant,
etc.);
Spécifier le type de la méthode à appliquer (qualitative ou quantitative);
Caractériser la matrice à examiner (solide, liquide, biologique, alimentaire, etc.);
Déterminer la plage de concentration visée.
Quelles sont les normes applicables ? (ex. : ISO17025, ICH Q2)
But : s'assurer que la méthode est adaptée à l'usage prévu.
Exemple : doser 5 mg/L d’un pesticide dans une eau potable avec une méthode
HPLC.
73
1.2. Choix du protocole expérimental
Cette étape consiste à élaborer un plan de validation rigoureux :
a. Sélection du matériel et des réactifs
Il est essentiel d’identifier précisément les équipements et substances utilisés lors de la validation :
Appareils : chromatographe HPLC, GC-MS, balance analytique, etc.
Matériel spécifique : type et marque de colonne, détecteur, système d’injection.
Réactifs et solvants : leur nature, leur qualité, et leur lot doivent être documentés.
Exemple : lors de la validation d’une méthode HPLC, il convient de spécifier la colonne utilisée, la
composition de la phase mobile, le débit, la température, et le détecteur employé.
b. Détermination du nombre d’échantillons et de niveaux de concentration
Le protocole doit aussi indiquer :
Le nombre de répétitions nécessaires pour évaluer la répétabilité et la reproductibilité,
Les différentes concentrations testées pour couvrir l’ensemble du domaine analytique (faible, moyen, élevé).
Exemple : pour valider la linéarité d’une méthode, on prépare en général entre 5 et 7 étalons couvrant une
gamme de concentrations croissantes.
74
1.2. Choix du protocole expérimental
c. Répartition des essais dans le temps
Afin d’évaluer la reproductibilité de la méthode, il est essentiel de planifier la réalisation des essais dans le
temps. Il convient de déterminer si :
Les essais seront effectués le même jour ou sur plusieurs jours,
Ils seront réalisés par un seul opérateur ou par plusieurs analystes,
Des périodes différentes permettront d’observer la stabilité des performances analytiques.
N.B: Le protocole doit obligatoirement être approuvé par le service assurance qualité du laboratoire avant de
commencer les essais, afin d’assurer la conformité avec les normes (ex. : ISO 17025).
76
1.4. Réalisation des essais expérimentaux
Elle vise à tester concrètement la méthode sur des échantillons représentatifs, dans des conditions
contrôlées. Ces types d’échantillons à analyser incluent généralement :
Les standards (solutions étalons) : Solutions préparées à partir de matériau de référence
certifiés, à des concentrations connues. Ils permettent d'établir la courbe d'étalonnage et
d’évaluer la justesse et la fidélité de la méthode.
Les blancs (solvant sans matériau de référence) : Permettent de détecter toute contamination
croisée ou tout signal parasite provenant des réactifs, du solvant ou du matériel.
Les échantillons fortifiés : Echantillons auxquels une quantité connue de matériau de
référence est ajoutée. Ils permettent de vérifier la récupération, l’exactitude et la linéarité dans
une matrice réelle.
Les échantillons réels non fortifiés : Permettent d'évaluer la performance de la méthode sur
des matrices complexes, dans des conditions similaires à celles de l’analyse en routine.
NB : Tous les résultats obtenus doivent être consignés dans des cahiers de laboratoire officiels,
avec les conditions expérimentales, les observations, les calculs et les résultats finaux. 77
1.5. Évaluation des performances analytiques
Une fois les essais expérimentaux réalisés, il est essentiel de procéder à l’évaluation rigoureuse des
performances de la méthode analytique et les comparées aux critères fixés dans le protocole. Si un ou plusieurs
paramètres ne respectent pas les seuils fixés :
a. Si un paramètre échoue
Identifier la cause possible :
Erreur de préparation des échantillons ?
Dysfonctionnement ou mauvais réglage de l’appareil ?
Méthode inadéquate pour le type de matrice ?
Corriger et ajuster :
Revoir les étapes critiques (préparation, calibration, temps d’analyse, etc.
Réaliser à nouveau les essais après correction.
b. Cas d’échec multiple
Si plusieurs paramètres échouent malgré les ajustements, la méthode est considérée non validée.
Dans ce cas, il peut être nécessaire de revoir le protocole, ou de changer la méthode ou les conditions
expérimentales. 78
1.6. Traitement des résultats obtenus
Une fois les essais réalisés, les données brutes sont analysées statistiquement pour :
a. Calculs statistiques de base
Calculer les moyennes,
Déterminer l’écart-type (SD),
Calculer le coefficient de variation (CV).
b. Évaluer les erreurs
Erreurs systématiques : déviation constante dus à un appareil mal calibré ou à une
méthode inadaptée (étalon mal préparé). Elles affectent l’exactitude,
Erreurs aléatoires : fluctuations imprévisibles liées à des incertitudes expérimentales
(ex. : petites variations d’injection). Elles affectent la fidélité.
c. Tracer des courbes d’étalonnage
Courbe d’étalonnage : indispensable pour les méthodes quantitatives.
d. Outils statistiques utilisés
Régression linéaire : pour modéliser les relations linéaires
ANOVA (Analyse de la variance) : Pour vérifier si les variations entre jours sont
significatives.
Test de Student, test de Fisher : pour évaluer la significativité des écarts entre groupes.
79
1.7. Documentation et conclusion: Rapport
La dernière étape consiste à rédiger un rapport de validation complet qui regroupe toutes les
données, observations et interprétations.
a. Contenu obligatoire du rapport
Contexte de la méthode: Objectifs, domaine d’application, type d’analyse, matrice étudiée.
Description du protocole expérimental: Méthodologie, paramètres validés, conditions
opératoires, matériel utilisé.
Résultats expérimentaux: Données brutes et résultats traités (moyennes, écarts-types, CV…).
Interprétation statistique: Outils utilisés (régression, ANOVA, etc.), comparaison aux critères
d’acceptation.
Conclusion finale: Méthode validée ou non, limites identifiées, recommandations éventuelles.
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b. Vérification qualité et archivage
Le rapport doit être :
Relu, validé et signé par un responsable qualité,
Archivé de façon sécurisée,
Disponible en cas d’audit (interne ou externe).
c. Rôle réglementaire du rapport
Le rapport constitue une preuve documentaire officielle :
De la validité de la méthode,
Du respect des normes en vigueur (ex. ISO 17025),
De la traçabilité et reproductibilité des résultats.
NB. Le rapport de validation constitue une preuve réglementaire officielle de la performance et de
la fiabilité de la méthode. Il garantit la traçabilité, la conformité aux exigences normatives (ex.
ISO/IEC 17025) et la crédibilité scientifique des résultats produits.
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d. Exigences qualité et administratives du rapport
Le rapport doit être vérifié et approuvé par l’AQ et au minimum inclure les éléments suivants :
Une numérotation unique du document (identifie clairement le rapport dans le système
documentaire)
Le nom et l’affiliation de l’auteur; du/des vérificateur(s), des approbateurs (au minimum un
responsable CQ et un responsable AQ).
La référence au protocole de validation (Indiquer où les données originales sont archivées et
accessibles.)
Nom de la méthode, son principe et l’utilisation qui en sera faite.
La description détaillée de la méthode ou une référence à un document (Ex. Norme, article
scientifique…)
Le matériel et les équipements utilisés durant la validation avec références pour la traçabilité
La référence aux données brutes (Indiquer où les données originales sont archivées et accessibles)
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1.8. Suivi post-validation (monitoring)
Même après validation, une méthode doit être surveillée régulièrement pour garantir la
stabilité de ses performances dans le temps.
a. Vérification périodique des performances
Contrôles réguliers (ex. : fidélité, justesse),
Revalidation partielle en cas d’écart ou de changement critique,
b. Surveillance continue
Utilisation de cartes de contrôle et d’échantillons de référence,
Détection rapide des dérives analytiques (modification des performances d’une
méthode, qui peut fausser les résultats sans que cela soit immédiatement visible)
c. Adaptation du protocole
Si changement de matériel, réactif ou matrice,
Mise à jour nécessaire avec réévaluation de certains paramètres,
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