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L'affaire ORABANK TCHAD c/ Monsieur KODJIBAYE MIANGARKHOH concerne une saisie conservatoire sur les avoirs de la SHT, contestée par la banque et finalement annulée par la CCJA. La Cour a cassé l'arrêt de la Cour d'appel de N'Djamena, confirmant que la décision sur l'incompétence du juge ne constituait pas un titre de paiement. Selon l'article 164 de l'Acte uniforme, le créancier doit avoir une décision exécutoire pour obtenir le paiement des sommes saisies.

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L'affaire ORABANK TCHAD c/ Monsieur KODJIBAYE MIANGARKHOH concerne une saisie conservatoire sur les avoirs de la SHT, contestée par la banque et finalement annulée par la CCJA. La Cour a cassé l'arrêt de la Cour d'appel de N'Djamena, confirmant que la décision sur l'incompétence du juge ne constituait pas un titre de paiement. Selon l'article 164 de l'Acte uniforme, le créancier doit avoir une décision exécutoire pour obtenir le paiement des sommes saisies.

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Cette semaine : l’affaire ORABANK TCHAD c/ Monsieur

KODJIBAYE MIANGARKHOH
CCJA, 2 ème chambre, arrêt n° 007/2024 du 25 Janvier
2024
CONTEXTE JURIDIQUE
En vertu de la grosse d’un jugement rendu par le Tribunal de
grande instance de N’Djamena, le sieur KODJIBAYE
MIANGARKHOH a fait pratiquer saisie conservatoire sur les
avoirs de la Société des Hydrocarbures du Tchad (SHT) entre les
mains d’ORABANK TCHAD. Ladite saisie, convertie par la suite
en saisie-attribution de créances, a été dénoncée à la débitrice.
Celle-ci l’a contestée devant la même juridiction qui rendant sa
décision, a ordonné la mainlevée de la saisie-attribution. Le
créancier a alors interjeté appel, et a obtenu l’infirmation du
jugement attaqué par la Cour d’appel de N’Djamena.
Statuant à nouveau, la Cour a déclaré le premier juge
incompétent pour connaître de la contestation élevée contre
ladite saisie. C’est fort de cette décision que le créancier a sollicité
de la banque le paiement des fonds saisis. Se heurtant à sa
résistance il l’a alors assignée en paiement des causes de la saisie.
Il a été débouté de sa demande. Mais sur recours du créancier
saisissant, la Cour d’appel de N’Djamena a infirmé la décision
attaquée, puis condamné ORABANK TCHAD au paiement des
causes de la saisie et autres dommages-intérêts.
C’est cet arrêt qui a fait l’objet de pourvoi devant la Cour
Commune de Justice et d’Arbitrage (CCJA). En effet, il est
reproché à l’arrêt, en violation de l’article 164 de l’Acte uniforme
relatif aux voies d’exécution, d’avoir condamné ORABANK
TCHAD à payer les causes de la saisie sur le fondement d’une
décision déclarant l’incompétence du premier juge.
LA SOLUTION DE LA CCJA
La Haute Juridiction a cassé l’arrêt attaqué et confirmé en
toutes ses dispositions le jugement du premier juge qui avait
débouté le sieur KODJIBAYE MIANGARKHOH de sa
demande de condamnation aux causes de la saisie.
La Juridiction communautaire rappelle qu’ORABANK
TCHAD a été condamnée à payer les causes de la saisie au
motif qu’elle aurait refusé de libérer les sommes saisies entre
les mains du créancier.
Or, la décision dont se prévalait le sieur KODJIBAYE
MIANGARKHOH n’avait statué que sur la compétence de la
juridiction saisie.
Par conséquent, la question relative à la contestation de la
saisie restait entière .
CE QU’IL FAUT RETENIR
Aux termes de l’article 164 de l’Acte uniforme relatif aux voies
d’exécution, le créancier doit procéder au paiement :
- soit sur la présentation d’un certificat de non contestation
délivré par le greffe ,
- soit sur la présentation d'une décision exécutoire de la
juridiction compétente rejetant la contestation,
- soit à la demande du débiteur qui consent à une exécution
volontaire.
Ainsi un arrêt déclarant incompétent le juge pour connaître de
la contestation relative à la saisie, n'est pas constitutif d'un
titre emportant obligation de paiement par le tiers saisi.

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