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Prophète 3

Le document traite de la conscience prophétique, mettant en lumière l'expérience personnelle des prophètes avec Dieu et l'obligation qui en découle de transmettre son message. Il souligne l'importance des oracles et des exhortations dans la communication prophétique, ainsi que les critères de véracité des prophéties. Enfin, il aborde la diversité des genres littéraires utilisés par les prophètes pour exprimer leur message, incluant des récits autobiographiques et des actes symboliques.

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Prophète 3

Le document traite de la conscience prophétique, mettant en lumière l'expérience personnelle des prophètes avec Dieu et l'obligation qui en découle de transmettre son message. Il souligne l'importance des oracles et des exhortations dans la communication prophétique, ainsi que les critères de véracité des prophéties. Enfin, il aborde la diversité des genres littéraires utilisés par les prophètes pour exprimer leur message, incluant des récits autobiographiques et des actes symboliques.

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2.

La conscience prophétique

Les textes des prophètes écrivains permettent d’accéder au témoignage


personnel d’un prophète sur sa vie et sur la source de son inspiration. Il y a
une expérience religieuse forte ; elle est vécue dans la foi, c’est-à-dire dans la
conscience de la relation personnelle entre le prophète et Dieu. La conscience
de cette relation est apparue avec force à un moment donné ; elle s’est
imposée. Cette expérience est exprimée par le mot parole.

Ainsi Amos déclare : « Le Seigneur Yahvé a parlé : qui ne prophétiserait »


(Am 3, 8). Jérémie a plus longuement explicité ce que signifie cette rencontre
avec Dieu qui suppose intimité et communion. Au chapitre 20, Il dit dans sa
prière :

7 Tu m’as séduit, Yahvé, et je me suis laissé séduire ; tu m’as maîtrisé, tu as


été le plus fort. Je suis prétexte continuel à la moquerie, la fable de tout le
monde.

8 Chaque fois que j’ai à parler, je dois crier et proclamer : « Violence et


dévastation ! » La parole de Yahvé a été pour moi source d’opprobre et de
moquerie tout le jour.

9 Je me disais : Je ne penserai plus à lui, je ne parlerai plus en son Nom ; mais


c’était en mon cœur comme un feu dévorant, enfermé dans mes os. Je
m’épuisais à le contenir, mais je n’ai pas pu.

Ce texte témoigne que la prédication du prophète est le fruit d’une rencontre


de Dieu.

De ces remarques on peut conclure que la prophétie naît dans une


expérience de la conscience de Dieu. La force de cette expérience crée une
obligation de parler ensuite au nom de Dieu et de transmettre le message. La
transmission n’est pas l’abolition de la personnalité, au contraire, la pleine
manifestation de sa richesse.

De fait les prophètes se manifestent tous comme des personnalités


d’exception. On peut parler à leur propos de « mystique » au sens de l’histoire
des religions : celui qui a rencontré Dieu. Cette rencontre n’est pas arbitraire.
Ainsi au chapitre 6, Isaïe dit qu’il a vu Dieu dans le Temple ; or le b-a-ba, le
plus élémentaire de la foi yahviste consiste à dire que le Temple est la maison
de Dieu et que Dieu est réellement présent dans le sanctuaire.

1 L’année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur assis sur un trône


grandiose et surélevé. Sa traîne emplissait le sanctuaire.

2 Des séraphins se tenaient au-dessus de lui, ayant chacun six ailes, deux
pour se couvrir la face, deux pour se couvrir les pieds, deux pour voler.
3 Ils se criaient l’un à l’autre ces paroles : « Saint, saint, saint est Yahvé
Sabaot, sa gloire emplit toute la terre. »

4 Les montants des portes vibrèrent au bruit de ces cris et le Temple était
plein de fumée.

Rien d’insolite à dire que Dieu est dans le sanctuaire ; ce qui radicalise la
position d’Isaïe est de dire qu’il a vu. Mais le propos se garde bien de décrire
Dieu — selon la logique du monothéisme qui interdit toute représentation de
Dieu.

Un élément important de la situation du prophète est le fait qu’il prononce un


oracle encadré par « ainsi parle le Seigneur : ko amar Yahvé ». Or la parole
suppose l’altérité. On peut y voir la transmission d’une expérience
personnelle qui prend ensuite forme de parole adressée à d’autres. Dire «
ainsi parle le Seigneur » c’est reconnaître que la parole que l’on prononce est
dite au nom d’un autre. Le prophète ne se prend pas pour le Seigneur, même
si quelques expressions peuvent s’entendre ainsi quand le prophète parle
directement au nom de Dieu (Is 5, 3) ou dit être « sa bouche » (Jr 15, 19).

L’emploi de l’expression « ainsi parle le Seigneur » n’est


pas reçu aveuglément dans la Bible. En effet, les livres historiques et
prophétiques montrent que les prophètes se sont situés en opposition à
d’autres prophètes parlant eux aussi au nom de Dieu. Les prophètes ont donc
été contraints de donner des critères. Jérémie, prophète persécuté, a insisté
sur ce point. Le premier critère est la réalisation de l’oracle.

L’événement prédit doit se réaliser (Jr 28, 15-17). Le deuxième critère est la
conformité à l’enseignement traditionnel (Jr 28, 7-9). Ces critères seront
repris par le Deutéronome : conformité doctrinale (13, 1-5) et réalisation des
prophéties (18, 15-22). Ces critères sont utilisés dans le Nouveau Testament
pour prouver la vérité de la reconnaissance que Jésus est le Christ, le Messie
promis.

La mise en œuvre de ces critères introduit un élément essentiel à la théologie


du Nouveau Testament : la progression de la foi et la purification des
pratiques religieuses (disparition de la magie, de l’extase, des sacrifices…).
Les prophètes tracent une histoire du salut qui est une révélation progressive
de la foi. Il faut se garder de mettre tous les textes au même niveau, comme
s’il s’agissait d’un catéchisme.

3. Le genre littéraire

L’expression « ainsi parle le Seigneur » invite à une étude du genre littéraire


prophétique dont on a vu la naissance tant dans les livres historiques que
chez les premiers prophètes écrivains. Une première remarque s’impose : les
formes littéraires sont très variées, comme on l’a vu chez le premier prophète
écrivain Amos.
3.1. L’oracle
La notion la plus générale employée pour les prophètes est le mot « oracle ».
Le terme désigne une déclaration solennelle faite au nom de Dieu au sujet
d’un événement, heureux ou malheureux, qui doit survenir.

À l’origine l’oracle est une formulation brève. Le livre d’Amos en donne


l’exemple. L’oracle est encadré par des formules d’introduction ou de
conclusion comme « ainsi parle Yahvé » qui est analogue à des formules
employées par des souverains ou autres messagers. La fin des oracles est
annoncée par les mots « nehum yahvé ».

L’oracle est souvent motivé au plan moral. Le motif précède la déclaration


des oracles de malheur. On le voit au chapitre 9 d’Osée :

10 Comme des raisins dans le désert, je trouvai Israël, comme un fruit sur un
figuier en la prime saison, je vis vos pères ; mais arrivés à Baal-Péor, ils se
vouèrent à la Honte et devinrent des horreurs, comme l’objet de leur amour.

11 Éphraïm, comme l’oiseau s’envolera sa gloire : plus d’enfantements, plus


de grossesses, plus de conception. 12 Même s’ils élèvent leurs fils, je les en
priverai avant qu’ils soient hommes ; oui, malheur à eux quand je
m’éloignerai d’eux !

Ou encore au chapitre 12 on lit avec l’annonce du malheur la raison du


malheur : « 2 Si Galaad n’est qu’iniquité, eux ne sont que fausseté ; à Gilgal
ils sacrifient aux taureaux, c’est pourquoi leurs autels seront comme des
monceaux de pierres sur les sillons des champs. » C’est là un trait du
Yahvisme : le comportement de Dieu n’est pas arbitraire. Pour les oracles de
bonheur, l’attention est attirée sur l’avenir et la déclaration suit l’oracle ; au
chapitre 11 la justification est dans la bonté de Dieu : « 9 Je ne donnerai pas
cours à l’ardeur de ma colère, je ne détruirai pas à nouveau Éphraïm, car je
suis Dieu et non pas homme, au milieu de toi je suis le Saint, et je ne viendrai
pas avec fureur. »

Le style des oracles oriente l’attention sur le futur. Pour cette raison le
message prophétique a une dimension eschatologique qui ira en se
développant comme nous le verrons plus loin.

3.2. L’exhortation
L’oracle n’est pas le seul moyen de communication. Il y a aussi l’exhortation
qui commence par l’appel : « Écoutez ! ». L’exhortation se fait dans un
contexte d’appel à la conversion. Le message est un appel au « cœur », à la
réflexion, à la possibilité de choisir et donc d’éviter le malheur et d’accéder à
la bénédiction.

Une telle manière de s’exprimer est liée à la théologie de l’alliance qui place
entre Dieu et le peuple élu une relation de confiance et de liberté.
3.3. Autres moyens d’expression
Les deux grands moyens d’expression évoqués sont complétés par d’autres
qui s’y articulent. Les récits autobiographiques. Cette manière se trouvait
chez Michée (1 R 22, 17-21). Ce genre littéraire se développera dans
l’apocalyptique. Les descriptions occupent une place plus importante après
l’Exil. Le mode lyrique se développe dans le deuxième Isaïe. La réflexion
sapientielle est présente chez Jérémie. Le genre apocalyptique développera
certains traits, comme on le verra.

Les paroles sont accompagnées par des actes symboliques. Ils sont faits pour
frapper l’imagination des auditeurs. Ahias déchire son manteau neuf (1 R 22,
29-30) ; Néhémie agite son manteau (Ne 5, 12-13). La symbolique de la
cruche est présente chez Jérémie au chapitre 18 et au chapitre 19 où Jérémie
brise une cruche :

1 Alors Yahvé dit à Jérémie : Va t’acheter une cruche de potier. Prends avec
toi des anciens du peuple et des anciens des prêtres.

2 Sors en direction de la vallée de Ben-Hinnom qui est à l’entrée de la porte


des Tessons. Là, tu proclameras les paroles que je te dirai.

3 Tu diras : Écoutez la parole de Yahvé, rois de Juda et habitants de


Jérusalem. Ainsi parle Yahvé Sabaot, le Dieu d’Israël : Voici que j’amène un
malheur sur ce lieu. Les oreilles en tinteront à quiconque l’apprendra […]

10 Tu briseras cette cruche sous les yeux des gens qui t’auront accompagné

11 et tu leur diras : Ainsi parle Yahvé Sabaot : Je vais briser ce peuple et cette
ville comme on brise le vase du potier, qui ne peut plus être réparé.

Plus encore, la vie même du prophète devient un signe. Comme pour Osée
dans sa vie conjugale. Ce thème se développera — c’est une clef de
compréhension des chants du Serviteur du Deutéro-Isaïe. Isaïe lui-même
disait : « Voici que moi et mes enfants que Dieu m’a donné, nous sommes des
signes et des présages en Israël » (8, 18).

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