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Protection Des Reseaux Electriques Ed1 v1

Le document traite de la protection des réseaux électriques, en abordant divers schémas de liaison à la terre et les régimes du neutre. Il inclut également des études sur les courts-circuits et les méthodes de calcul associées. Ce texte est une ressource importante pour les professionnels du génie électrique, publiée par Christophe Prévé en 1998.

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Protection Des Reseaux Electriques Ed1 v1

Le document traite de la protection des réseaux électriques, en abordant divers schémas de liaison à la terre et les régimes du neutre. Il inclut également des études sur les courts-circuits et les méthodes de calcul associées. Ce texte est une ressource importante pour les professionnels du génie électrique, publiée par Christophe Prévé en 1998.

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III:R>II:S
Christophe Prévé
Protection

électriques
des réseaux
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Protection des réseaux électriques


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© Editions H E R M E S , Paris, 1998


Editions HERMES
8, q u a i d u M a r c h é - N e u f
7 5 0 0 4 Paris

ISBN 2-86601-688-2

Catalogage Electre-Bibliographie
Prévé, Christophe
Protection des réseaux électriques. - Paris : Hermès, 1998.
ISBN 2-86601-688-2
RAMEAU : réseaux électriques (circuits)
circuits électriques : mesures de sécurité
DEWEY : 621.3 : Physique appliquée. Energie électrique. Electroénergétique

Le Code de la propriété intellectuelle n'autorisant, aux termes de l'article L. 122-5, d'une


part, que les "copies ou reproductions strictement réservées à l'usage privé du copiste et non
destinées à une utilisation collective" et, d'autre part, que les analyses et les courtes citations
dans un but d'exemple et d'illustration, "toute représentation ou reproduction intégrale, ou
partielle, faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est
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Christophe Prévé
Protection

électriques
des réseaux
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EXTRAIT DU CATALOGUE GÉNÉRAL

Revue internationale de génie électrique,


rédacteur en chef, Jean-Claude SABONNADIÈRE, 1998.
Le micro-contrôleur 68HC11, Bernard BEGHYN, 1997.
Magnétisme et matériaux magnétiques pour l'électrotechnique,
Pierre BRISSONNEAU, 1997.

La maintenance basée sur la fiabilité - guide pratique d'application de la RCM,


Gilles ZWINGELSTEIN, 1996.

Le contact électrique - volume 2 - phénomènes physiques et matériaux,


coordonnateur Louis FÉCHANT, 1996.
Le contact électrique - volume 1 - l'appareillage de connexion,
coordonnateur Louis FÉCHANT, 1995.
Les supraconducteurs, Pascal TIXADOR, 1995.
Diagnostic des défaillances - théorie et pratique pour les systèmes industriels,
Gilles ZWINGELSTEIN, 1995.

Eléments de génie électrique - connaissances de base et machines statiques,


Marcel IVANES, Robert PERRET, 1994.

Les diélectriques - propriétés diélectriques des matériaux isolants, Roland COELHO,


Bernard ALADENIZE, 1993.

Dispositifs de l'électronique de puissance - volume 1, volume 2, Jacques ARNOULD,


Pierre MERLE, 1992.

Variation de vitesse, Yvon PEERS et al, 1991.

Serveur w e b : http://www.editions-hermes.fr
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Table des matières

Préface 21

Symboles graphiques des schémas 23


1. Les régimes du neutre 27
1.1. Les schémas de liaison à la terre en basse tension 29
1.1.1. Définition du schéma IT 29
1.1.2. Définition du schéma TT 30
1.1.3. Définition du schéma TN 31
1.1.4. Comparaison des schémas de liaison à la terre 32
1.1.4.1. Caractéristiques du schéma IT 32
1.1.4.2. Caractéristiques du schéma TT 34
1.1.4.3. Caractéristiques des schémas TNC et TNS 34
1.1.5. Particularités d'installation en régime de neutre isolé
basse tension 35
1.1.5.1. Installation d'un contrôleur permanent d'isolement 36
1.1.5.2. Installation d'un limiteur de surtension 36
1.1.5.3. Recherche des défauts à la terre par un générateur
basse fréquence 36
1.2. Les régimes du neutre en haute tension 38
1.2.1. Neutre mis directement à la terre 38
1.2.2. Neutre isolé 39
1.2.3. Neutre mis à la terre par résistance de limitation 40
1.2.4. Neutre mis à la terre par reactance de limitation 41
1.2.5. Neutre mis à la terre par reactance de limitation accordée 41
1.2.6. Réalisation de la mise à la terre par résistance de limitation
en haute tension 43
1.2.6.1. Mise à la terre lorsque le neutre est accessible 43
1.2.6.2. Mise à la terre par la création d'un neutre artificiel 44
6 Protection des réseaux électriques

1.2.6.3. Mise à la terre par résistance lorsque plusieurs


transformateurs fonctionnent en parallèle sur un jeu de barres 45
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1.2.6.3.1. Chaque transformateur possède une résistance


de mise à la terre non déconnectable 45
1.2.6.3.2. Chaque transformateur possède une résistance
de mise à la terre déconnectable 46
1.2.6.3.3. Aucun transformateur ne possède une résistance
de mise à la terre 46
1.2.6.4. Mise à la terre par résistance lorsque plusieurs
transformateurs fonctionnent en parallèle sur deux jeux de barres . . 46
1.2.7. Particularités d'installation en régime de neutre isolé HTA 48
1.2.7.1. Surveillance de l'isolement 48
1.2.7.1.1. Surveillance de l'isolement par une protection à
maximum de tension résiduelle 48
1.2.7.1.2. Surveillance de l'isolement par un contrôleur
d'isolement 48
1.2.7.2. Recherche du premier défaut d'isolement 50

2. Etude des courts-circuits 51


2.1. Etablissement des courants de court-circuit et forme de l'onde 52
2.1.1. Etablissement du court-circuit aux bornes de l'alimentation
du distributeur 52
2.1.1.1. Evolution des valeurs crêtes négatives 56
2.1.1.2. Conséquences du courant transitoire 57
2.1.2. Etablissement du court-circuit aux bornes d'un alternateur 58
2.1.2.1. Evolution des valeurs crêtes 61
2.1.2.2. Système de maintien du courant de court-circuit
à environ 3 I„ 62
2.2. Le court-circuit triphasé 62
2.3. Les courts-circuits déséquilibrés 64
2.3.1. Méthode des composantes symétriques 65
2.3.2. Expressions des courants de court-circuit déséquilibré 68
2.3.2.1. Valeur du courant de court-circuit monophasé-terre 68
2.3.2.2. Valeur du courant de court-circuit biphasé-isolé 68
2.3.2.3. Valeur du courant de court-circuit biphasé-terre 68
2.4. Méthode de calcul des courants de court-circuit 69
2.4.1. Impédance équivalente d'un élément à travers un transformateur 69
2.4.2. Impédance des liaisons en parallèle 70
2.4.3. Valeurs des impédances des éléments du réseau 71
2.4.3.1. Remarque générale concernant les impédances directes . . . 71
2.4.3.2. Remarque générale concernant les impédances inverses . . . 71
2.4.3.3. Impédances du réseau de distribution publique 71
2.4.3.3.1. Impédance directe 71
Table des matières 7

2.4.3.3.2. Impédance inverse 72


2.4.3.3.3. Impédance homopolaire 72
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2.4.3.4. Impédance des alternateurs 73


2.4.3.4.1. Impédance directe 74
2.4.3.4.2. Impédance inverse 75
2.4.3.4.3. Impédance homopolaire 75
2.4.3.4.4. Caractéristiques électriques typiques des alternateurs . 76
2.4.3.5. Impédance des moteurs asynchrones 78
2.4.3.5.1. Impédance directe 78
2.4.3.5.2. Impédance inverse 78
2.4.3.5.3. Impédance homopolaire 78
2.4.3.6. Impédance des transformateurs 78
2.4.3.6.1. Impédance directe 79
2.4.3.6.2. Impédance homopolaire 80
2.4.3.6.3. Caractéristiques électriques typiques
des transformateurs 82
2.4.3.7. Impédance des liaisons 83
2.4.3.7.1. Résistance des lignes aériennes, des câbles
et des jeux de barres 83
2.4.3.7.2. Reactance directe des lignes aériennes 84
2.4.3.7.3. Reactance directe des câbles 84
2.4.3.7.4. Reactance directe des jeux de barres 84
2.4.3.7.5. Reactance homopolaire des câbles 84
2.4.3.7.6. Reactance homopolaire des lignes aériennes 85
2.4.3.7.7. Capacité homopolaire des câbles 85
2.4.3.7.8. Capacité homopolaire des lignes aériennes 87
2.4.4. Contribution des moteurs à la valeur du courant de court-circuit . 88
2.4.4.1. Les moteurs synchrones 88
2.4.4.2. Les moteurs asynchrones 88
2.4.5. Exemple de calcul de court-circuit triphasé symétrique 89
2.4.5.1. Calcul du courant de court-circuit triphasé symétrique
fourni par la source d'alimentation 92
2.4.5.1.1. Défaut en A sur le jeu de barres HTA 92
2.4.5.1.2. Défaut en B sur le TGBT 92
2.4.5.1.3. Défaut en C sur le tableau BT secondaire 93
2.4.5.1.4. Défaut en D aux bornes d'un moteur 93
2.4.5.2. Calcul du courant fourni par les moteurs 94
2.4.5.2.1. Défaut en D aux bomes d'un moteur 94
2.4.5.2.2. Défaut en C sur le tableau BT secondaire 95
2.4.5.2.3. Défaut en B sur le TGBT 96
2.4.5.2.4. Défaut en A sur le jeu de barres HTA 96
!.5. Circulation des courants de défauts à la terre 97
2.5.1. Neutre isolé 100
8 Protection des réseaux électriques

2.5.1.1. Exemple en basse tension 400 V 100


2.5.1.2. Exemple en moyenne tension 20 kV 100
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2.5.2. Neutre mis à la terre par une impédance 101


2.5.3. Neutre mis à la terre par une reactance accordée 101
2.5.4. Neutre mis directement à la terre 102
2.6. Répartition du courant capacitif dans un réseau avec plusieurs départs 104
2.6.1. Valeur du courant dans le défaut 105
2.6.2. Valeur du courant vu par le dispositif de mesure du courant
résiduel situé sur le départ en défaut 107
2.6.3. Valeur du courant vu par les dispositifs de mesure du courant
résiduel situés sur les départs sains 107
2.7. Calcul et importance du courant de court-circuit minimal 108
2.7.1 .Calcul du courant de court-circuit minimal en basse tension . . . . 109
2.7.1.1. Calcul du courant de court-circuit minimal en schéma TN . 110
2.7.1.1.1. Méthode des impédances Ill
2.7.1.1.2. Méthode conventionnelle 111
2.7.1.1.3. Exemple 112
2.7.1.2. Calcul du courant de court-circuit minimal en schéma IT
sans neutre distribué 114
2.7.1.2.1. Méthode des impédances 116
2.7.1.2.2. Méthode conventionnelle 116
2.7.1.2.3. Exemple 117
2.7.1.3. Calcul du courant de court-circuit minimal en schéma IT
avec neutre distribué 119
2.7.1.3.1. Méthode des impédances 120
2.7.1.3.2. Méthode conventionnelle 121
2.7.1.4. Influence du courant de court-circuit minimal sur le choix
des disjoncteurs ou des fusibles de protection 121
2.7.1.4.1. Protection par disjoncteur 121
2.7.1.4.2. Protection par fusible 123
2.7.2. Calcul du courant de court-circuit minimal en haute tension . . . . 126
2.7.2.1. Utilisation du calcul du courant de court-circuit minimal
pour le réglage des protections 127
2.7.3. Courant de court-circuit permanent minimal en aval
d'un alternateur 127
2.7.4. Importance du calcul du courant de court-circuit minimal
pour la sélectivité des protections 128
2.8. Conséquence des courts-circuits 128
2.8.1. Effet thermique 128
2.8.2. Effet électrodynamique 130
2.8.2.1. Effet sur les appareils de coupure 132
2.8.3. Chutes de tension 132
2.8.4. Perte de stabilité des alternateurs 133
Table des matières 9

2.8.5. Fonctionnement anormal des équipements d'électroniques


de puissance 133
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2.8.6. Surtensions temporaires 133


2.8.7. Tensions de contact 134
2.8.8. Surtensions de manœuvre 134
2.8.9. Tension induite sur les circuits de télécommande 134

3. Les réducteurs de mesure 137


3.1. Les transformateurs de courant 137
3.1.1. Rappe 1 théorique 137
3.1.2. Saturation du circuit magnétique 140
3.1.2.1. Régime normal, B non saturé 141
3.1.2.2. Régime saturé 141
3.1.2.3. Charge maximale aux bornes du TC 143
3.1.3. L'utilisation des TC dans les réseaux électriques 144
3.1.3.1. Principe général d'utilisation 144
3.1.3.2. Constitution d'un transformateur de courant 145
3.1.3.2.1. TC avec une seule spire au primaire 145
3.1.3.2.2. TC avec plusieurs spires au primaire 146
3.1.3.3. Caractéristiques générales et définitions des paramètres
du transformateur de courant suivant la norme CEI 185 146
3.1.3.4. Les transformateurs de courant utilisés
pour la mesure suivant la norme CEI 185 148
3.1.3.4.1. La protection des appareils de mesure en cas de
court-circuit sur le réseau 149
3.1.3.5. Les transformateurs de courant utilisés pour la protection
suivant la norme CEI 185 151
3.1.3.5.1. Le facteur limite de précision 151
3.1.3.5.2. La précision 152
3.1.3.6. Les transformateurs de courant utilisés pour la protection
suivant la norme BS 3938 152
3.1.3.7. Correspondance entre les caractéristiques définies
par les normes CEI 185 et BS 3938 154
3.1.3.7.1. Caractéristiques de la norme CEI 185 154
3.1.3.7.2. Caractéristiques de la norme BS 3938 155
3.1.3.7.3. Correspondance entre les tensions V , V , et V . . . .
k s s2 155
3.1.3.8. Utilisation des TC en dehors de leurs valeurs nominales . . . 157
3.1.3.8.1. Exemple 157
3.1.3.9. Exemple de plaque signalétique d'un transformateur
de courant 161
3.1.4. Les capteurs de courant amagnétiques 162
3.2. Les transformateurs de tension 162
3.2.1. Principe général d'utilisation 163
10 Protection des réseaux électriques

3.2.2. Caractéristiques générales et définitions des paramètres


du transformateur de tension suivant la norme CEI 186 163
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3.2.3. Les transformateurs de tension utilisés pour la mesure


suivant la norme CEI 186 166
3.2.4. Les transformateurs de tension utilisés pour la protection
suivant la norme CEI 186 168
3.2.5. Exemple de plaque signalétique d'un transformateur de tension
pour la mesure 169

4. Les fonctions de protection et leurs applications 171


4.1. Protection à maximum de courant phase 172
4.1.1. Protection à temps indépendant 173
4.1.2. Protection à temps dépendant 173
4.2. Protection à maximum de courant terre 174
4.2.1. Mesure du courant résiduel 174
4.2.1.1. Seuil minimal de réglage de la protection 176
4.2.1.2. Insensibilisation de la protection aux harmoniques 3
et multiples de 3 177
4.3. Protection à maximum de courant phase directionnel 179
4.3.1. Fonctionnement 182
4.3.1.1. L'angle caractéristique 0 184
4.3.1.1.1. Déphasage lors d'un court-circuit triphasé symétrique 184
4.3.1.1.2. Déphasage lors d'un court-circuit biphasé 185
4.3.1.1.3. Choix de l'angle caractéristique 0 188
4.4. Protection à maximum de courant terre directionnel 189
4.4.1. Fonctionnement 189
4.4.2. Mesure du courant et de la tension résiduels 190
4.4.2.1. Valeur de la tension résiduelle lors d'un défaut monophasé
terre franc 192
4.4.3. Polarisation par la mesure du courant dans la mise à la terre du
du point neutre 193
4.4.4. Utilisation de la protection à maximum de courant terre
directionnel 194
4.4.4.1. Détection du sens du courant pour un réseau mis à la terre
par résistance de limitation 194
4.4.4.1.1. Détermination de l'angle caractéristique 0 ^
des protections et PI et P2 195
4.4.4.2. Distinguer un courant de défaut d'un courant capacitif pour
un réseau avec neutre mis à la terre par résistance de l i m i t a t i o n . . . . 198
4.4.4.2.1. Détermination de l'angle caractéristique Q TII

des protections de chaque départ 198


4.4.4.3. Détection du sens du courant pour un réseau à neutre isolé . 200
4.4.4.4. Distinguer le départ en défaut pour un réseau à neutre isolé 200
Table des matières 11

4.4.4.4.1. Détermination de l'angle caractéristique 0 ^


des protections de chaque départ 201
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4.5. Protection à maximum de courant terre directionnel pour réseau


à neutre compensé 203
4.5.1. Fonctionnement 203
4.5.2. Distinguer un courant de défaut d'un courant capacitif
pour un réseau avec neutre mis à la terre par bobine de compensation . 205
4.6. Protection différentielle à haute impédance 208
4.6.1. Principe de fonctionnement des protections différentielles
à haute impédance 208
4.6.2. Fonctionnement et dimensionnement des éléments 210
4.6.2.1. Introduction d'une résistance de stabilisation
dans la branche différentielle 211
4.6.2.2. Dimensionnement des transformateurs de courant 214
4.6.2.3. Limitation des pics de tension par une résistance non linéaire 216
4.6.2.4. Dimensionnement thermique de la résistance de stabilisation 216
4.6.2.5. Courant de défaut minimum détectable 217
4.6.3. Application de la protection différentielle à haute impédance . . . 219
4.6.3.1. Différentielle moteur 219
4.6.3.2. Différentielle alternateur 221
4.6.3.3. Différentielle jeu de barres 222
4.6.3.4. Protection différentielle de terre restreinte 225
4.6.3.4.1. Transformateur avec neutre connecté à la terre,
directement ou par une impédance de limitation 225
4.6.3.4.2. Transformateur avec neutre isolé 226
4.6.4. Remarque sur l'application de la protection différentielle
haute impédance 228
4.7. Protection différentielle à fil pilote de câbles 228
4.7.1. Principe de fonctionnement de la protection différentielle
à fil pilote 228
4.7.2. Utilité du principe de pourcentage 231
4.7.3. Problème lié à l'impédance de la ligne pilote 232
4.7.4. Problème dû aux surtensions par rapport à la terre 234
4.7.5. Problème lié à la tension induite sur le fil pilote 235
4.7.6. Problème lié à la surveillance de la ligne pilote 235
4.7.7. Autres solutions pour la transmission des informations 235
4.7.8. Méthode pour réaliser une protection triphasée économique . . . . 236
4.8. Protection différentielle transformateur 239
4.8.1. Principe de fonctionnement de la protection différentielle
transformateur 239
4.8.2. Problème lié au rapport de transformation et au mode de couplage 241
4.8.3. Problème lié au courant d'enclenchement du transformateur . . . . 242
12 Protection des réseaux électriques

4.8.4. Problème lié au courant de magnétisation lors


d'une surtension d'origine externe 242
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4.9. Protection à image thermique 243


4 . 9 . 1 . Principe 243
4.9.2. Echauffement d'une machine à partir d'un état froid 245
4 . 9 . 3 . Surcharge d'une machine à partir d'un état chaud 248
4.9.4. Particularités de certains relais de protection à image thermique . 251
4.9.5. Démarrage des moteurs et protection à image thermique 252
4.10. Protection à maximum de composante inverse 253
4.10.1. Principe 253
4 10.2. Indication de réglage pour les moteurs 255
4.10.3. Indication de réglage pour les alternateurs 256
4.11. Protection contre les démarrages trop longs et le blocage du rotor. . . 256
4.11.1. Démarrage trop long 256
4.11.2. Blocage du rotor 258
4.12. Protection contre les fréquences de démarrage trop élevées 259
4.12.1. Principe 259
4.13. Protection à minimum de courant phase 261
4.13.1. Principe 261
4.14. Protection à minimum de tension 262
4.15. Protection à minimum de tension rémanente 263
4.16. Protection à minimum de tension directe et contrôle du sens
de rotation des phases 263
4.17. Protection à maximum de tension 265
4.18. Protection à maximum de tension résiduelle 266
4.18.1. Principe 266
4.19. Protection à minimum ou à maximum de fréquence 267
4.20. Protection contre les retours de puissance réactive 268
4.21. Protection contre les retours de puissance active (code ANSI 32 P ) . . 269
4.21.1. Protection contre la fourniture de puissance active
au distributeur par les groupes de production 269
4.21.2. Protection des moteurs synchrones contre un fonctionnement
en alternateur 270
4.21.3. Protection des alternateurs contre un fonctionnement en moteur 270
4.22. Protection contre les défauts masse cuve 271
4.22.1. Principe 271
4.23. Protection contre les surcharges de l'impédance de mise à la terre
du point neutre 272
4.23.1. Principe 272
4.24. Protection de terre générale du réseau par contrôle du courant
traversant la mise à la terre du neutre 273
4.24.1. Principe 273
4.25. Protection par surveillance de la température 274
Table des matières 13

4.26. Protection à maximum de courant phase à retenue de tension 275


4.26.1. Principe 276
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4.27. Protection par détection gaz, pression, température 278


4.28. Protection contre les déséquilibres entre points neutres 279

5. Les dispositifs de coupure des surintensités 281


5.1. Les disjoncteurs basse tension 281
5.1.1. Tension assignée d'emploi U e 281
5.1.2. Courant assigné I„ 281
5.1.3. Taille d'un disjoncteur 282
5.1.4. Courant de réglage I ou I des déclencheurs de surcharge
rth r 282
5.1.5. Courant de fonctionnement des déclencheurs de court-circuit . . . 283
5.1.6. Pouvoir de coupure 285
5.1.7. Tension d'isolement 286
5.1.8. Tension de tenue aux chocs 286
5.1.9. Catégorie (A ou B) et courant de courte durée admissible 287
5.1.10. Pouvoir de fermeture 288
5.1.11. Performance de coupure de service 288
5.1.12. Pouvoir de limitation 289
5.1.12.1. Avantages de la limitation 290
5.2. Les disjoncteurs HTA 291
5.2.1. Le pouvoir de coupure assigné en court-circuit 291
5.2.2. Pouvoir de fermeture assigné en court-circuit 295
5.2.3. Courant de courte durée admissible assigné 296
5.2.4. Durée de court-circuit assignée 296
5.3. Les fusibles basse tension 297
5.3.1. Zones de fusion et courants conventionnels 297
5.3.1.1. Fusibles classe gl 297
5.3.1.2. Fusibles classe aM 299
5.3.2. Pouvoir de coupure 300
5.4. Les fusibles HTA 301
5.4.1. Définitions 301
5.4.2. Phénomène de coupure (voir figure 5-14) 303
5.4.3. Caractéristiques temps / courant des fusibles HTA 304
5.4.4. Caractéristiques du courant coupé limité 305

6. La sélectivité des protections 307


6.1. Sélectivité ampèremétrique 307
6.2. Sélectivité chronométrique 309
6.2.1. Sélectivité chronométrique avec des protections à maximum
de courant à temps indépendant 312
6.2.2. Sélectivité chronométrique avec des protections à maximum
de courant à temps dépendant 313
14 Protection des réseaux électriques

6.3. Sélectivité logique 314


6.3.1. Fonctionnement lorsqu'un défaut apparaît en A 316
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6.3.2. Fonctionnement lorsqu'un défaut apparaît en B 316


6.3.3. Application à la sélectivité mixte 317
6.4. Sélectivité directionnelle 319
6.5. Sélectivité par protection différentielle 321
6.6. Sélectivité entre fusibles et disjoncteurs 322
6.6.1. Fusible en aval d'un disjoncteur 322
6.6.2. Fusible en amont d'un disjoncteur 323

'. Protection des différents éléments du réseau 327


7.1. Protection des réseaux 327
7.1.1. Contraintes des défauts à la terre pour les réseaux avec neutre
mis à la terre par résistance de limitation 328
7.1.1.1. Les surtensions transitoires lors de l'élimination
d'un défaut phase-terre par un disjoncteur 328
7.1.1.2. Limiter les courants de défaut à la terre des machines
tournantes 329
7.1.1.3. Détecter les défauts internes phase - masse des machines
triphasées 329
7.1.1.3.1. Courant de défaut d'une machine couplée en étoile . . 329
7.1.1.3.2. Courant de défaut d'une machine couplée en triangle 330
7.1.1.3.3. Réglage de la protection à maximum de courant terre
de la machine 332
7.1.1.4. La sélectivité entre les départs 332
7.1.1.5. Sélectivité avec l'aval 333
7.1.1.6. Sélectivité avec l'alimentation du distributeur 333
7.1.1.7. Le seuil de courant maximal des protections 333
7.1.1.8. Seuil minimal de réglage des protections 333
7.1.1.9. Dimensionnement de la résistance de mise à la terre 334
7.1.1.10. Protection de la résistance de mise à la terre 334
7.1.1.11. Tenue thermique des écrans de câbles 335
7.1.1.12. Récapitulatif des contraintes des défauts à la terre pour
les réseaux avec neutre mis à la terre par résistance de limitation . . 335
7.1.2. Contrainte des défauts à la terre pour les réseaux à neutre isolé . . 336
7.1.2.1. Les surtensions transitoires lors de l'élimination
d'un défaut phase-terre par un disjoncteur 336
7.1.2.2. Les courants de défaut à la terre des machines tournantes . . 336
7.1.2.3. La sélectivité avec l'aval 336
7.1.2.4. La sélectivité entre les départs 337
7.1.2.5. Eviter les risques de ferrorésonance 337
7.1.2.6. Seuil minimal de réglage des protections 339
Table des matières 15

7.1.2.7. Récapitulatif des contraintes des défauts à la terre


pour les réseaux à neutre isolé 339
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7.1.3. Contraintes pour les défauts entre phases 340


7.1.3.1. Courant de court-circuit minimal 340
7.1.3.2. Court-circuit maximal 340
7.1.3.3. Sélectivité 340
7.1.4. Réseau à une arrivée 341
7.1.4.1. Protection contre les défauts entre phases 341
7.1.4.2. Protection contre les défauts à la terre 343
7.1.4.2.1. Neutre mis à la terre par résistance au niveau
du transformateur 343
7.1.4.2.2. Neutre mis à la terre par résistance au niveau
du jeu de barres 345
7.1.4.2.3. Neutre isolé 347
7.1.5. Réseau à deux arrivées en parallèle 349
7.1.5.1. Protection contre les défauts entre phases 349
7.1.5.2. Protection contre les défauts à la terre 352
7.1.5.2.1. Neutre mis à la terre par résistance au niveau
des transformateurs 352
7.1.5.2.2. Neutre mis à la terre par résistance au niveau du jeu
de barres 354
7.1.5.2.3. Neutre isolé 356
7.1.6. Réseau à deux arrivées en boucle 358
7.1.6.1. Protection contre les défauts entre phases 359
7.1.6.2. Protection contre les défauts à la terre 361
7.1.6.2.1. Neutre mis à la terre par résistance au niveau
du transformateur 361
7.1.6.2.2. Neutre mis à la terre par résistance au niveau du jeu
de barres 364
7.1.6.2.3. Neutre isolé 365
7.1.7. Réseau en boucle 367
7.1.7.1. Protection aux extrémités de la boucle 368
7.1.7.2. Protection par tronçon 369
7.1.7.2.1. Solution par des protections à maximum de courant
et maximum de courant directionnel 369
7.1.7.2.2. Solution économisant une protection sur deux 372
7.1.7.2.3. Solution par sélectivité logique 374
7.1.7.2.4. Cas de plusieurs sources d'alimentation situées
en des points différents 376
7.1.7.2.5. solution par protection différentielle 378
7.1.7.2.6. Comparaison entre les solutions par protection
différentielle et par sélectivité logique 379
7.1.7.2.7. Solution par protection de distance 380
16 Protection des réseaux électriques

7.2. Protection des jeux de barres 380


7.2.1. Protection d'un jeu de barres par sélectivité logique 380
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7.2.2. Protection d'un jeu de barres par une différentielle haute


impédance 381
7.3. Protection des transformateurs 382
7.3.1. Courant transitoire à l'enclenchement du transformateur 383
7.3.2. Valeur du courant côté HT lors d'un court-circuit BT pour
un transformateur triangle-étoile 385
7.3.2.1. Valeurs des courants primaires et secondaires
en fonctionnement normal 386
7.3.2.2. Détermination des valeurs des courants primaires pour un
court-circuit triphasé au secondaire 387
7.3.2.3. Valeurs des courants primaires pour un court-circuit biphasé
au secondaire 387
7.3.2.4. Valeurs des courants primaires pour un court-circuit
monophasé neutre 388
7.3.2.5. Récapitulatif 389
7.3.3. Les défauts dans les transformateurs 390
7.3.3.1. La surcharge 391
7.3.3.2. Les courts-circuits phases interne et externe 391
7.3.3.3. Le défaut à la terre 391
7.3.4. Protection des transformateurs à l'intérieur d'un site industriel . . 391
7.3.4.1. Protection spécifique contre les surcharges 392
7.3.4.2. Protection spécifique contre les courts-circuits
phases internes 392
7.3.4.3. Protection spécifique contre les défauts à la terre 392
7.3.4.4. Protection par interrupteur-fusible 393
7.3.4.4.1. La tension assignée du fusible 393
7.3.4.4.2. Le pouvoir de coupure maximal du fusible 394
7.3.4.4.3. Le courant de court-circuit au secondaire
du transformateur 394
7.3.4.4.4. Les conditions d'installation 394
7.3.4.4.5. Surcharges de brève durée du transformateur 394
7.3.4.4.6. Fonctionnement avec surcharge permanente 395
7.3.4.4.7. Courant transitoire à l'enclenchement
du transformateur 395
7.3.4.4.8. Coordination entre les fusibles et le pouvoir de coupure
de l'interrupteur pour les combinés interrupteurs-fusibles 395
7.3.4.4.9. Tension transitoire de rétablissement pour un combiné
interrupteur-fusible 397
7.3.4.4.10. Exemple de détermination du calibre des fusibles
d'un combiné interrupteur-fusible 397
Table des matières 17

7.3.4.4.11. Exemple de tableau de choix des fusibles


pour les combinés interrupteurs-fusibles SM6 de Schneider. . . . 399
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7.3.4.5. Protection par disjoncteur contre les courts-circuits p h a s e . . 400


7.3.5. Protection du transformateur d'un poste de livraison
à omptage BT 403
7.3.5.1. Protection contre les surcharges 403
7.3.5.2. Protection contre les courts-circuts entre phases 403
7.3.5.3. Protection contre les défauts internes 404
7.3.6. Exemples de protections de transformateurs 405
7.3.6.1. Transformateurs HTA/BT 405
7.3.6.2. Transformateurs HTA/HTA ou HTB/HTA 406
7.3.7. Indications de réglage des protections des transformateurs . . . . 407
7.4. Protection des moteurs 409
7.4.1. Protection des moteurs moyenne tension 409
7.4.1.1. Protection contre les surcharges 409
7.4.1.2. Protection contre les courts-circuits internes ou externes
entre phases 410
7.4.1.2.1. Protection des moteurs par des fusibles 410
7.4.1.3. Protection contre la coupure d'une phase ou l'inversion
de deux phases 412
7.4.1.4. Protection contre les défauts masse stator 412
7.4.1.4.1. Moteur alimenté par un réseau avec neutre mis
à la terre directement ou par une impédance de limitation 413
7.4.1.4.2. Moteur alimenté par un réseau avec neutre isolé . . . . 413
7.4.1.5. Protection contre les démarrages trop longs et le blocage
du rotor 413
7.4.1.6. Protection contre une baisse de la tension d'alimentation . . 414
7.4.1.7. Protection contre la réalimentation des moteurs pendant
qu'ils maintiennent une tension rémanente 414
7.4.1.8. Protection contre les fréquences de démarrage trop élevées 414
7.4.1.9. Protection contre la baisse de courant 414
7.4.1.10. Protection contre les pertes d'excitation 414
7.4.1.11. Protection contre la marche en alternateur
des moteurs synchrones 414
7.4.1.12. Protection contre les défauts masse rotor 414
7.4.1.13. Exemples de protections de moteurs moyenne tension . . . 415
7.4.1.14. Indications de réglage des protections des moteurs 417
7.4.2. Protection des moteurs asynchrones basse tension 419
7.4.2.1. Protection contre les surcharges et les courts-circuits phase 419
7.4.2.2. Autres protections 420
7.5. Protection des alternateurs 420
7.5.1. Protection contre les surcharges 421
7.5.2. Protection contre les courts-circuits externes entre phases 421
18 Protection des réseaux électriques

7.5.2.1. Alternateur équipé d'un système maintenant le courant


de court-circuit à environ 3 I„ 421
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7.5.2.2. Alternateur non équipé d'un système maintenant le courant


de court-circuità environ 3 I„ 421
7.5.2.3. Petits alternateurs protégés par des disjoncteurs
avec déclencheur magnéto-thermique 422
7.5.3. Protection contre les courts-circuits internes entre phases 423
7.5.4. Protection contre la coupure d'une phase ou l'inversion
de deux phases 423
7.5.5. Protection contre les défauts internes entre phase et masse 423
7.5.5.1. Cas du neutre mis à la terre au niveau du stator
de l'alternateur 423
7.5.5.2. Cas du neutre mis à la terre dans le réseau 424
7.5.5.3. Cas du réseau à neutre isolé 424
7.5.6. Protection contre les défauts masse rotor 424
7.5.7. Protection contre la perte d'excitation 424
7.5.8. Protection contre la marche en moteur 425
7.5.9. Protection contre une fréquence trop faible ou trop élevée 425
7.5.10. Protection contre une tension trop faible 425
7.5.11. Protection contre une tension trop élevée 425
7.5.12. Protection contre la fourniture de puissance active au réseau
de distribution publique 425
7.5.13. Exemples de protections d'alternateurs 425
7.5.14. Indications de réglage des protections des alternateurs 428
7.6. Protection des batteries de condensateurs 431
7.6.1. Définition 431
7.6.2. Phénomènes électriques liés à l'enclenchement 432
7.6.2.1. Cas d'une batterie fixe 433
7.6.2.2. Cas d'une batterie en gradins 434
7.6.3. Protection des batteries de condensateurs basse tension
de rectiphase 436
7.6.3.1. Dimensionnement thermique des matériels 437
7.6.3.2. Choix et calibrage des protections 437
7.6.3.2.1. Protection par disjoncteur 437
7.6.3.2.2. Protection par fusible 437
7.6.4. Protection des batteries de condensateurs haute tension
de rectiphase 439
7.6.4.1. Constitution des condensateurs haute tension 439
7.6.4.1.1. Condensateurs sans fusible de protection interne . . . . 439
7.6.4.1.2. Condensateurs avec fusibles de protection internes.. . 440
7.6.4.2. Schéma des batteries de condensateurs 441
7.6.4.2.1. Batterie en triangle 441
7.6.4.2.2. Batterie en double étoile 441
Table des matières 19

7.6.4.3. Dimensionnement thermique des matériels 442


7.6.4.4. Limitation du courant d'enclenchement par l'insertion
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d'une inductance de choc 442


7.6.4.4.1. Cas d'un seul condensateur 444
7.6.4.4.2. Cas d'une batterie de n + 1 gradins de condensateurs . 444
7.6.4.5. Choix et réglage des protections contre les surintensités . . . 446
7.6.4.5.1. Protection par fusible 446
7.6.4.5.2. Protection par disjoncteur équipé d'une protection
à temps indépendant à double seuil 447
7.6.4.5.3. Protection contre les défauts internes des batteries
montées en double étoile 447
7.7. Protection des alimentations sans interruption 448
7.7.1. Choix des calibres des disjoncteurs 448
7.7.2. Choix du pouvoir de coupure des disjoncteurs 450
7.7.3. Contraintes pour assurer la sélectivité 450
7.7.3.1. Sélectivité uniquement lorsque le réseau 2 est en service . . 450
7.7.3.2. Sélectivité même lorsque le réseau 2 est hors service 451

Annexe A . Calcul du courant transitoire d'un court-circuit alimenté


par le réseau de distribution publique 453

Annexe B . Calcul du courant transitoire lors de l'enclenchement


d'une batterie de condensateurs 459
B. 1. Cas d'une batterie fixe 459
B.2. Cas d'une batterie en gradins 462
Annexe C . Valeur du pic de tension et valeur efficace du courant au
secondaire d'un transformateur de courant saturé 465
C. 1. Détermination de la valeur du pic de tension 467
C.2. Détermination de la valeur efficace du courant en régime saturé 468
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Préface

Le Génie Electrique dans son ensemble et les réseaux de transport et de


distribution d'énergie électrique en particulier se sont construits tout au long de ce
siècle de manière progressive et incrémentale en étant stimulés par une demande très
forte qui jusqu'au premier choc pétrolier doublait allègrement d'une décennie à
l'autre.
Les réseaux se sont donc développés, en France cette véritable toile d'araignée
couvre avec plus d'un million de kilomètres de lignes trois fois la distance de la terre
à la lune. La production d'énergie a dépassé en 1996 les 400 milliards de
kilowattheures ce qui en moyenne correspond à la circulation à chaque seconde de
près de 50 000 mégawatts à l'intérieur de ce réseau... On mesure à travers ces
chiffres, la complexité d'un système dont la fiabilité exceptionnelle est à la hauteur
de son importance sur la vie quotidienne des citoyens et l'économie du pays

La sûreté et la disponibilité exemplaire du réseau électrique sont conditionnées


par la grande fiabilité du matériel fourni par les constructeurs mais surtout par un
système de protection très efficace qui à chaque incident d'origine interne ou externe
pallie rapidement les effets de l'incident avant d'en éliminer les causes. Ce système
de protection s'est construit progressivement à partir d'une analyse de défaillance sur
un savoir faire important chez les exploitants de réseau et chez les constructeurs du
matériel destiné à assurer la protection du réseau et de ses éléments essentiels
(disjoncteurs, moteurs, transformateurs, etc.).

Nous entrons aujourd'hui, à travers la dérégulation des systèmes électriques déjà


engagée dans plusieurs pays, dans une époque où la qualité de l'énergie va devenir
un facteur déterminant pour le client comme pour l'exploitant du réseau.

C'est pourquoi le présent ouvrage qui est un guide méthodique et précis de


l'élaboration du système de protection d'un réseau, et principalement d'un réseau
industriel, est particulièrement utile à ceux dont c'est le métier de fabriquer,
d'installer, de faire fonctionner les réseaux industriels. Les différents aspects abordés
(régimes du neutre, courts circuits, réducteurs de mesure...) permettent d'analyser les
fonctions de protection et les divers éléments qui les composent avant d'en étudier
l'application aux éléments du réseau.
22 Protection des réseaux électriques

L'auteur, M. Christophe PREVE, dévoile tout au long de ces pages un réel savoir
faire acquis chez un exploitant de réseau et, depuis quelques années, au sein de
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Schneider qui est l'un des tout premiers groupes mondiaux dans le domaine de
l'appareillage électrique et donc des protections.

Cet ouvrage est appelé à devenir une référence très appréciée des concepteurs de
matériel et des ingénieurs de bureau d'étude car il apporte une connaissance
structurée dans un domaine où il y a très peu d'ouvrages pratiques en langue
française. De même les enseignants des classes de BTS, d'IUT et des écoles
d'ingénieurs devraient y trouver un soutien efficace à leur enseignement.

Nous félicitons à la fois l'auteur pour sa réalisation et les Editions HERMES de


fournir aux professionnels de l'électricité un ouvrage de cette qualité.

Jean-Claude SABONNADIERE
Directeur du Laboratoire D'Electrotechnique de Grenoble
Vice-président de l'I.N.P.G.
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Symboles graphiques des schémas

éléments électriques du réseau

inductance ou
résistance enroulement
transformateur,
moteur ou alternateur

condensateur impédance (Z, R, L


ou C)

enroulement en étoile enroulement en


triangle

court-circuit J_ prise de terre

départ source de tension

interrupteur interrupteur fusible


sectionneur
24 Protection des réseaux électriques

fusible contacteur
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neutre artificiel ou
disjoncteur
générateur
homopolaire

transformateur transformateur de
courant

transformateur de contacteur statique


tension

batterie onduleur

redresseur moteur

générateur ou
alternateur
Symboles graphiques des schémas 25

Les fonctions de protection


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symboles code ANSI désignation


graphiques

'» 50 ou 51 C) protection à maximum de courant phase

/> protection à maximum de courant phase à


I » double seuil

/ _ 67 protection à maximum de courant phase


directionnel

50 N ou 51 N
'rsd> protection à maximum de courant terre
50 G ou 51 G
(D
67 N protection à maximum de courant terre
directionnel

87 M protection différentielle moteur


A' 87 G protection différentielle alternateur
87 B protection différentielle jeu de barres
87 N ou REF protection différentielle de terre restreinte

ou
87 T protection différentielle transformateur
1
A 87 L protection différentielle à fil pilote des
l
câbles et lignes

1> 49 protection à image thermique

T > 38 - 4 9 T protection par surveillance de la


température

46 protection à maximum de composante


inverse

51 LR protection contre les démarrages trop


longs et le blocage du rotor
26 Protection des réseaux électriques

66 protection contre les fréquences de


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démarrage trop élevées

/ < 37 protection à minimum de courant phase

>/> 81 protection à minimum et maximum de


fréquence

u < 27 protection à minimum de tension

v<
d
27 D protection à minimum de tension directe

47 contrôle du sens de rotation des phases

u > 59 protection à maximum de tension

>u> 27 et 59 protection à minimum et maximum de


tension

Ksd> 59 N protection à maximum de tension


résiduelle

50 N ou 51 N protection par détection du courant


(D circulant dans le neutre

50 V ou 51 V protection à maximum de courant phase à


(D retenue de tension

32 P protection contre les retours de puissance


active

32 Q protection contre les retours de puissance


réactive

d> protection par détection gaz, pression,


CJ température (DGPT) ou Buchholz

CPl contrôleur permanent d'isolement

(1) 50 : protection instantanée


51 : protection temporisée à temps dépendant ou indépendant
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Chapitre 1

Les régimes du neutre

Dans tout système triphasé Haute ou Basse Tension existent trois tensions
simples, mesurées entre chacune des phases et un point commun appelé "point
neutre".

Physiquement, le neutre est le point commun de trois enroulements montés en


étoile (voir figure 1.1). Lorsque le conducteur de neutre est présent, on dit que le
neutre est distribué.

Ph3

point neutre

Figure 1.1. Point neutre d'un système triphasé en étoile

Le neutre peut être accesible ou non, distribué ou non. En France, la distribution


du neutre en Haute Tension est exceptionnelle, on ne la rencontre qu'en éclairage
public, avec les tensions 5,5 kV et 3,2 kV ; par contre, elle est très fréquente aux
USA. En basse tension, la distribution du neutre est utilisée dans tous les pays.
28 Protection des réseaux électriques

Dans une installation Haute ou Basse Tension, le neutre peut ou non être relié à
la terre. On parle alors de régime du neutre.
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La connexion du neutre à la terre peut être réalisée directement, ou par


l'intermédiaire d'une résistance ou d'une reactance. Dans le premier cas, on dit que le
neutre est mis directement à la terre et dans le second cas, que le neutre est mis à la
terre par une impédance.

Lorsqu'il n'existe aucune liaison intentionnelle entre le point neutre et la terre, on


dit que le neutre est isolé.

Dans un réseau, le régime du neutre joue un rôle très important. Lors d'un défaut
d'isolement, ou de la mise accidentelle d'une phase à la terre, les valeurs prises par
les courants de défaut, les tensions de contact et les surtensions sont étroitement
liées au mode de raccordement du neutre à la terre.

Un neutre mis directement à la terre limite fortement les surtensions ; par contre,
il engendre des courants de défaut très importants. Au contraire, un neutre isolé
limite les courants de défaut à des valeurs très faibles, mais favorise l'apparition de
surtensions élevées.

La continuité de service en présence d'un défaut à la terre est également liée au


régime du neutre. Un neutre isolé permet la continuité de service lors d'un défaut à
la terre, sous réserve de respecter le décret sur la protection des travailleurs. Un
neutre mis directement à la terre ou par une faible impédance impose au contraire un
déclenchement dès l'apparition du premier défaut à la terre.

L'importance des dommages que subissent certains équipements, tels que les
moteurs et les alternateurs présentant un défaut d'isolement interne, dépend
également du régime du neutre.

Dans un réseau à neutre mis directement à la terre, une machine affectée d'un
défaut d'isolement est fortement endommagée en raison de la valeur élevée du
courant de défaut.

Dans un réseau à neutre isolé ou fortement impédant, les dommages sont au


contraire réduits, mais il faut que les équipements aient un niveau d'isolement
compatible avec le niveau des surtensions pouvant se développer dans ce type de
réseau.

Le régime du neutre a également une influence importante sur le niveau des


perturbations électromagnétiques engendrées lors d'un défaut. Les schémas
favorisant des courants de défaut élevés et leur circulation dans les structures
Les régimes du neutre 29

métalliques des bâtiments sont très perturbateurs ; au contraire, les schémas qui
réduisent ces courants et qui garantissent une bonne équipotentialité des masses le
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sont peu.

Le choix du régime du neutre, tant en Basse Tension qu'en Haute Tension,


dépend à la fois de la nature de l'installation et de celle du réseau. Il est également
influencé par la nature des récepteurs, la recherche de la continuité de service et la
limitation du niveau de perturbation subi par les équipements sensibles.

1.1. Les schémas de liaison à la t e r r e en basse tension

En France, les schémas de liaison à la terre basse tension sont régis par la norme
NF C 15-100 et des décrets ministériels. Dans la norme, le terme schéma de liaison à
la terre est utilisé plutôt que le terme régime de neutre. Mais ce dernier est encore
beaucoup utilisé par les gens de métier.

Il existe trois schémas de liaison à la terre, ils sont définis par deux lettres.

La première lettre définit la situation du point neutre par rapport à la terre :


- T le point neutre est relié directement à la terre,
- I le point neutre est isolé de la terre ou relié à la terre par une impédance
élevée.

La deuxième lettre définit la situation des masses de l'installation électrique par


rapport à la terre :
- T les masses sont reliées directement à la terre,
- N les masses sont reliées directement au conducteur de neutre.

1 . 1 . 1 . Définition du schéma IT

Le schéma IT appelé communément neutre isolé est illustré par la figure 1.2.
Le neutre est isolé ou relié à la terre par une impédance élevée (première
lettre I). Une impédance de 1 700 Q est fréquemment employée.

Les masses des récepteurs sont interconnectées soit totalement, soit par groupes.
Chaque groupe interconnecté est relié à une prise de terre (deuxième lettre T). Il est
possible qu'une ou plusieurs masses soient reliées séparément à la terre.

Dans la mesure du possible, il est recommandé d'interconnecter toutes les masses


d'une même installation et de les relier à la même prise de terre. U est toutefois
admis que des masses très éloignées les unes des autres, ou situées dans des
30 Protection des réseaux électriques

bâtiments différents, ne le soient pas. Dans ce cas, chaque groupe de masses reliées
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à la même prise de terre, et chaque masse reliée individuellement à la terre doivent


être protégés par un dispositif différentiel à courant résiduel.

Les prises de terre des masses et du neutre peuvent être ou non interconnectées
ou confondues.

Il n'est pas avantageux de distribuer le neutre car cela entraîne une diminution
des longueurs maximales des canalisations (voir § 2.7.1.3).

L'installation d'un limiteur de surtension entre le point neutre du transformateur


HTA/BT et la terre est obligatoire. Si le neutre n'est pas accessible, le limiteur de
surtension est installé entre une phase et la terre. Il protège le réseau basse tension
contre les élévations de tension résultant d'un défaut à la terre dans le poste de
transformation ou d'un amorçage entre les enroulements haute tension et basse
tension du transformateur.

1 récepteur récepteui

Z : impédance de mise à la terre du neutre


P s : limiteur de surtension
Figure 1.2. Schéma IT

1.1.2. Définition du schéma TT

Le point neutre est relié directement à la terre (première lettre T).

Les masses des récepteurs sont interconnectées soit toutes ensembles, soit par
groupes, soit individuellement et sont reliées à la terre (deuxième lettre T). La
protection est assurée au moyen de dispositifs différentiels résiduels. Toutes les
masses protégées par le même dispositif de protection doivent être reliées à la même
prise de terre.
Les régimes du neutre 31

La prise de terre du neutre et celle des masses peuvent ou non être


interconnectées ou confondues. Le neutre peut être distribué ou non.
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PH 3
PH2
PH 1
N
PE

récepteur récepteur

Figure 1.3. Schéma TT

1.1.3. Définition du schéma TN

Le point neutre est relié directement à la terre (première lettre T).

Les masses des récepteurs sont reliées au conducteur de neutre (deuxième


lettre N).

On distingue deux schémas possibles suivant que le conducteur de neutre (N) et


le conducteur de protection (PE) sont confondus ou non.

Lorsque les conducteurs de neutre et de protection sont confondus en un seul


conducteur appelé PEN, le schéma est identifié par une troisième lettre C et est
appelé TNC (voir figure 1.4).

Il est recommandé de relier régulièrement le conducteur de protection à la terre


afin d'éviter les montées de potentiel des masses en cas de défaut.
2 2
Ce schéma est interdit pour les sections inférieures à 10 m m cuivre et 16 m m
aluminium, ainsi qu'en aval d'un schéma TNS (voir NF C 15-100, § 546-2). Il est
également interdit pour les canalisations mobiles (voir NF C 15-100, § 413.1.3.2).

Lorsque les conducteurs de neutre et de protection sont séparés, le schéma est


identifié par une troisième lettre S et est appelé TNS (voir figure 1.5).

Il est recommandé de relier régulièrement le conducteur de protection à la terre


afin d'éviter les montées de potentiel des masses en cas de défaut. Ce schéma est
interdit en amont d'un schéma TNC.
32 Protection des réseaux électriques

Les deux schémas TNC et TNS peuvent être utilisés dans une même installation,
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on parle alors de schéma TN-C-S. Mais le schéma TNC (4 fils) ne doit jamais être
en aval du schéma TNS (5 fils).

récepteur récepteur

Figure 1.4. Schéma TNC

" A—L>
t I, I
récepteur récepteur

Figure 1.5. Schéma TNS

1.1.4. Comparaison des schémas de liaison à la terre

Les trois schémas de liaison à la terre diffèrent dans leur technique d'exploitation
et de protection des personnes, ils comportent chacun des avantages et des
inconvénients que nous allons comparer.

1.1.4.1. Caractéristiques du schéma IT


Technique d'exploitation :
- surveillance permanente de l'isolement,
- signalisation du premier défaut d'isolement,
- recherche et élimination obligatoires du défaut,
- coupure si il existe deux défauts d'isolement simultanés (double défaut).
Les régimes du neutre 33

Technique de protection des personnes :


- interconnexion et mise à la terre des masses,
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- surveillance du premier défaut par un contrôleur permanent d'isolement


(voir§ 1.1.5.1),
- coupure au deuxième défaut par les protections contre les surintensités
(disjoncteurs ou fusibles).

Avantages :
- solution assurant la meilleure continuité de service en exploitation,
- lors d'un défaut d'isolement, l'intensité de court-circuit est très faible.

Inconvénients :
- il nécessite un personnel d'entretien pour la surveillance en exploitation ;
- il nécessite un bon niveau d'isolement du réseau. Cela implique la
fragmentation du réseau si celui-ci est très étendu, et l'alimentation des récepteurs à
courant de fuite important par des transformateurs de séparation ;
- la vérification des déclenchements pour les doubles défauts doit être effectuée
si possible à l'étude du projet de réseau, par des calculs, et obligatoirement à la mise
en service par des mesures. Cette vérification doit être effectuée après toute
intervention sur le réseau (modification, extension ) ;
- il nécessite l'installation de limiteurs de surtension ;
- il nécessite de réaliser une équipotentialité de toutes les masses de
l'installation ; sinon il faut installer un dispositif différentiel résiduel sur chaque
groupe de masse interconnecté ;
- il faut éviter de distribuer le conducteur de neutre ; dans le schéma IT, il est en
effet recommandé de ne pas distribuer le conducteur de neutre pour les raisons
suivantes :
- si le conducteur de neutre est distribué, lorsqu'il est affecté par un défaut à la
masse, les avantages du régime IT sont supprimés car un défaut d'isolement sur une
phase provoque un double défaut et donc une coupure,
- si le neutre est distribué, il est obligatoire de le protéger contre les surcharges
et les courts-circuits,
- les longueurs maximales des circuits sont plus faibles lorsque le neutre est
distribué (voir § 2.7.1.3) ;
- la localisation des défauts est difficile sur les réseaux étendus ;
- lors d'un défaut à la terre, la tension des deux phases saines par rapport à la
terre prend la valeur de la tension composée (voir § 2.8.6). Les matériels doivent
donc être choisis en conséquence.
34 Protection des réseaux électriques

1.1.4.2. Caractéristiques du schéma TT


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Technique d'exploitation :
- coupure au premier défaut d'isolement.

Technique de protection des personnes :


- m i s e à la terre des masses, associée à l'emploi obligatoire de dispositifs
différentiels résiduels (au moins un, en tête de l'installation) ;
- toutes les masses protégées par un même dispositif différentiel résiduel doivent
être reliées à la même prise de terre ;
- les masses simultanément accessibles doivent être reliées à la même prise de
terre.

Avantages :
- le plus simple à étudier, mettre en œuvre, contrôler et exploiter ;
- il ne nécessite pas un personnel d'entretien en permanence pour la surveillance
en exploitation (seul un contrôle périodique des dispositifs différentiels résiduels
peut être nécessaire) ;
- la présence de dispositifs différentiels résiduels permet en plus la prévention
des risques d'incendie lorsque leur sensibilité est inférieure ou égale à 500 mA (voir
N F C 15-100 § 4 8 2 . 2 . 1 0 ) ;
- la localisation des défauts est facile ;

- lors d'un défaut d'isolement, l'intensité de court-circuit est faible.

Inconvénients :
- coupure au premier défaut d'isolement ;
- il faut installer un dispositif différentiel résiduel sur chaque départ pour obtenir
une sélectivité totale ;
- les récepteurs ou parties d'installation qui créent en fonctionnement normal,
des courants de fuite importants, doivent faire l'objet de mesures spéciales pour
éviter des déclenchements intempestifs des dispositifs différentiels résiduels. Il faut
dans ce cas alimenter les récepteurs par des transformateurs de séparation ou utiliser
des dispositifs différentiels résiduels à seuil élevé, compatible avec la résistance de
la prise de terre des masses.

1.1.4.3. Caractéristiques des schémas TNC et TNS


Technique d'exploitation :
- coupure au premier défaut d'isolement.
Les régimes du neutre 35

Technique de protection des personnes :


- interconnexion et mise à la terre des masses et du neutre imperatives ;
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- c o u p u r e au premier défaut par les protections contre les surintensités


(disjoncteur ou fusible).

Avantages :
- le schéma TNC permet de faire une économie à l'installation (suppression d'un
pôle d'appareillage et d'un conducteur) ;
- la protection contre les contacts indirects est assurée par les dispositifs de
protection contre les surintensités.

Inconvénients :
- coupure au premier défaut d'isolement ;
- le schéma TNC implique l'utilisation de canalisations fixes et rigides
(§413.1.3.2 de la norme NF C 15-100)
- il nécessite de relier régulièrement le conducteur de protection à la terre dans
toute l'installation, de façon à le maintenir au potentiel de la terre ;
- la vérification des déclenchements sur le premier défaut d'isolement doit être
effectuée si possible lors de l'étude par le calcul, et obligatoirement, lors de la mise
en service, par des mesures ; cette vérification doit être effectuée après toute
intervention sur le réseau (modification, extension) ;
- le conducteur de protection doit être dans les mêmes canalisations que les
conducteurs actifs des circuits correspondants ;
- il nécessite souvent de réaliser des liaisons équipotentielles supplémentaires ;
- pour le schéma TNC, les harmoniques 3 et multiples de 3 circulent dans le
conducteur de protection ;
- i l présente un risque d'incendie plus élevé. Le schéma TNC est d'ailleurs
interdit dans les locaux à risque d'incendie ;
- l o r s d'un défaut d'isolement, l'intensité de court-circuit est élevée et peut
provoquer des dommages aux matériels ou des perturbations électro-magnétiques.

1.1.5. Particularités d'installation en régime de neutre isolé basse tension

Le régime de neutre isolé basse tension impose la surveillance permanente de


l'isolement, la recherche du premier défaut d'isolement et la présence d'un limiteur
de surtension. Nous allons voir comment réaliser ces fonctions.
36 Protection des réseaux électriques

1.1.5.1. Installation d'un contrôleur permanent d'isolement (voir figure 1.6)


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Dans un réseau à neutre isolé, il faut un dispositif qui contrôle en permanence le


niveau d'isolement de façon à ne pas laisser perdurer le défaut. Ceci pour éviter une
détérioration du matériel en défaut et éviter un déclenchement dans l'éventualité
d'un deuxième défaut d'isolement. Le premier défaut doit être recherché et éliminé
par le personnel d'exploitation.

Le contrôleur permanent d'isolement réalise la fonction de contrôle de


l'isolement. Il applique une tension continue entre le neutre et la terre, ou entre une
phase et la terre si le neutre n'est pas accessible. Cette tension crée dans les
résistances d'isolement, un courant de fuite indépendant des capacités des câbles (en
courant continu, les condensateurs ont une impédance infinie). En cas de défaut
d'isolement, un courant continu traverse le contrôleur qui provoque une alarme.

1.1.5.2. Installation d'un limiteur de surtension (voir figure 1.6)


Sa fonction est d'écouler à la terre les surtensions dangereuses susceptibles
d'apparaître comme un défaut à la terre dans le poste de transformation ou un
amorçage entre enroulements HT et BT d'un transformateur.

Il est installé entre le neutre et la terre du transformateur ou entre une phase et la


terre si le neutre n'est pas accessible.

Ph i
Ph 2
Ph 3

. CONTRÔLEUR
PERMANENT
limiteur de
D'ISOLEMENT
surtension

Figure 1.6. Installation d'un contrôleur permanent d'isolement


et d'un limiteur de surtension en régime IT

1.1.5.3. Recherche des défauts à la terre par un générateur basse fréquence


Cet appareil permet la localisation sous tension des défauts à la terre
(voir figure 1.7).

Un générateur (1) basse fréquence (entre 2 et 10 Hz) injecte un courant entre le


neutre et la terre, ou entre une phase et la terre si le neutre n'est pas accessible. Lors
d'un défaut d'isolement sur un départ, un courant de fuite basse fréquence s'écoule
vers la terre.
Les régimes du neutre 37

Ce courant peut être détecté :


- manuellement à l'aide d'une pince ampéremétrique (2) reliée à un amplificateur
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sélectif (3) accordé à la fréquence du générateur ; on teste alors chaque départ,


jusqu'à ce que l'amplificateur détecte un courant ;
- par des transformateurs Tores (4) (voir figure 4.6) installés sur chaque départ ;
ceux-ci sont reliés à un commutateur de sélection (5) qui détermine le départ en
défaut. Le commutateur est relié à un amplificateur sélectif (3) accordé à la
fréquence du générateur.
Notons que l'on ne peut pas utiliser une injection de courant continu pour
localiser un défaut à la terre car un transformateur Tore ou une pince
ampéremétrique ne peuvent détecter que du courant alternatif.

L'amplificateur sélectif est généralement capable de discriminer un courant


résistif dû à un défaut d'isolement d'un courant capacitif d'un départ sain (en cas de
défaut, les départs sains voient un courant capacitif proportionnel à la capacité des
câbles, voir § 2.5).

Si l'amplificateur sélectif ne possède pas cette fonction, les courants capacitifs de


certains départs sains (les plus longs) risquent d'être aussi importants que le courant
défaut, il est alors difficile de localiser le défaut.

Les appareils Schneider de la gamme Vigilohm possèdent cette fonction, ils sont
de plus insensibles aux perturbations harmoniques.

commutateur

I s (
DON système
fixe

amplificateur

j système
portatif

Figure 1.7. Recherche d'un défaut d'isolement à l'aide d'un générateur basse fréquence
38 Protection des réseaux électriques

1.2. Les régimes du neutre en haute tension


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Les régimes du neutre en haute tension se distinguent par le mode de


raccordement du point neutre.

Ils diffèrent par leur technique d'exploitation. Nous allons comparer les
avantages et les inconvénients de chacun d'eux.

1.2.1. Neutre mis directement à la terre

Une liaison électrique est réalisée entre le point neutre et la terre (voir
figure 1.8).

Neutre

Figure 1.8. Neutre mis directement à la terre

Technique d'exploitation :
- coupure au premier défaut d'isolement.

Avantages :
- il réduit le risque d'apparition des surtensions ;
- il autorise l'emploi de matériels ayant un niveau d'isolement dimensionné pour
la tension simple.

Inconvénients :
- coupure obligatoire au premier défaut ;
- les courants de défaut sont très élevés ; les dégâts et les perturbations peuvent
être élevés ;
- le danger pour le personnel est important pendant la durée du défaut car les
tensions de contact qui se développent sont élevées ;
- il nécessite l'emploi de protections différentielles (voir § 4.6, 4.7 et 4.8) pour
ne pas avoir de temps d'élimination de défaut élevé ; ces protections sont coûteuses.
Les régimes du neutre 39

1.2.2. Neutre isolé


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Il n'existe aucune liaison électrique entre le point neutre et la terre, à l'exception


des appareils de mesure ou de protection (voir figure 1.9).

Neutre

Figure 1.9. Neutre isolé

Technique d'exploitation :
- non-coupure au premier défaut d'isolement autorisé sous réserve de respecter
le décret du 14 novembre 1988 sur la protection des travailleurs ; dans ce cas, il est
obligatoire :
- d'effectuer une surveillance permanente de l'isolement,
- de signaler le premier défaut d'isolement,
- de rechercher et d'éliminer le premier défaut d'isolement,
- de réaliser la coupure au deuxième défaut d'isolement (double défaut).

Avantages :
- il améliore la continuité de service en ne provoquant une coupure qu'au
deuxième défaut, sous réserve :
- d'être conforme au décret du 14 novembre 1988,
- que lors du premier défaut, la capacité du réseau n'entraîne pas un courant de
défaut à la terre élevé, dangereux pour le personnel et les récepteurs.

Inconvénients :
- il nécessite l'emploi de matériels dont le niveau d'isolement entre phase et terre
est dimensionné pour la tension composée ; en effet, lors d'un défaut entre une phase
et la terre, la tension des deux phases saines par rapport à la terre prend la valeur de
la tension composée (voir § 2.8.6) ; il faut donc choisir les câbles, les machines
tournantes, les transformateurs et les récepteurs en général, en conséquence ;
- il existe des risques de surtensions élevées d'origine interne, c'est pourquoi la
norme NF C 13-200 recommande de renforcer l'isolement du matériel ;
40 PROTECTION D E S RÉSEAUX ÉLECTRIQUES

- UNE SURVEILLANCE DE L'ISOLEMENT EST OBLIGATOIRE, AVEC SIGNALISATION VISUELLE ET

S O N O R E D U P R E M I E R DÉFAUT SI LA C O U P U R E N'A LIEU Q U ' A U S E C O N D ;


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- LA P R É S E N C E D ' U N P E R S O N N E L D'ENTRETIEN EST OBLIGATOIRE POUR LA SURVEILLANCE ET LA

RECHERCHE D U P R E M I E R DÉFAUT ;

- LA M I S E E N Œ U V R E D E PROTECTIONS SÉLECTIVES AU P R E M I E R DÉFAUT EST DIFFICILE ( V O I R

§ 4.4.4.4) ;
- IL E X I S T E D E S R I S Q U E S D E FERRO-RÉSONANCE.

1.2.3. Neutre mis à la terre par résistance de limitation

UNE RÉSISTANCE EST INTERCALÉE ENTRE LE POINT NEUTRE ET LA TERRE (VOIR FIGURE 1.10).

Neutre

Figure 1.10. Neutre mis à la terre par résistance

T E C H N I Q U E D'EXPLOITATION :

- C O U P U R E AU P R E M I E R DÉFAUT D ' I S O L E M E N T .

AVANTAGES :

- IL LIMITE LES COURANTS D E DÉFAUT ; LES DÉGÂTS ET LES PERTURBATIONS SONT RÉDUITS ;

- IL AMORTIT LES S U R T E N S I O N S D'ORIGINE INTERNE D A N S LA M E S U R E OÙ LE COURANT DE

LIMITATION / F EST S U P É R I E U R À DEUX FOIS LE COURANT CAPACITIF D U RÉSEAU Ic

h > 2/ C ;
- IL N ' E X I G E P A S L'EMPLOI D E MATÉRIELS ET EN PARTICULIER D E CÂBLES AYANT U N NIVEAU

D ' I S O L E M E N T PHASE-TERRE D I M E N S I O N N É P O U R LA TENSION C O M P O S É E ;

- IL P E R M E T L'UTILISATION D E PROTECTIONS SÉLECTIVES S I M P L E S .

INCONVÉNIENTS :

- C O U P U R E AU P R E M I E R DÉFAUT ;

- LA P U I S S A N C E T H E R M I Q U E D I S S I P É E D A N S LA RÉSISTANCE EST ÉLEVÉE, C E Q U I DEMANDE

U N D I M E N S I O N N E M E N T IMPORTANT D E LA RÉSISTANCE.
Les régimes du neutre 41

1.2.4. Neutre mis à la terre par reactance de limitation


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Une reactance est intercalée entre le point neutre et la terre (voir figure 1.11).

Neutre

Figure 1.11. Neutre mis à la terre par reactance

Technique d'exploitation :
- coupure au premier défaut d'isolement.

Avantages :
- il limite les courants de défaut ; les dégâts et les perturbations sont réduits ;
- i l permet la mise en œuvre de protections sélectives simples si le courant de
limitation l L est très supérieur au courant capacitif du réseau 1q : l l » le >
- l a bobine, de faible résistance, n'a pas à dissiper une puissance thermique
élevée, ce qui réduit son dimensionnement.

Inconvénients :
- il peut provoquer des surtensions importantes lors de l'élimination des défauts
à la terre par des phénomènes de résonnance entre la reactance et la capacité du
réseau ;
- coupure au premier défaut.

1.2.5. Neutre mis à la terre par reactance de limitation accordée (ou bobine de
Petersen)

Une reactance L accordée sur les capacités du réseau est intercalée entre le
point neutre et la terre de sorte qu'en présence d'un défaut à la terre, le courant dans
le défaut est nul (voir figure 1.12).
42 Protection des réseaux électriques
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Neutre

/ l L + / c = o

/ courant de défaut

/1 : courant dans la reactance de mise à la terre du neutre


lç : courant dans les capacités phase-terre

FIGURE 1 . 1 2 . Neutre mis à la terre par bobine de compensation ou bobine de Petersen

Technique d'exploitation :
- non-coupure au premier défaut d'isolement autorisé sous réserve de respecter
le décret du 14 novembre 1988 sur la protection des travailleurs ; dans ce cas, il est
obligatoire :
- d'effectuer une surveillance permanente de l'isolement,
- de signaler le premier défaut d'isolement,
- de rechercher et d'éliminer le premier défaut d'isolement,
- de réaliser la coupure au deuxième défaut d'isolement (double défaut).

Avantages :
- si l'accord entre la reactance L et la capacité C du réseau est réalisé, c'est-à-
2
dire 3 LCco = 1 , le courant de défaut phase terre est nul. Cela permet :
- l'extinction spontanée des défauts à la terre non permanents,
- le maintien en service de l'installation malgré un défaut permanent, la
coupure étant obligatoire au deuxième défaut (le respect du décret du
14 novembre 1988 est obligatoire),
- le premier défaut est signalé par la détection du passage du courant dans la
bobine. La bobine est dimensionnée pour un fonctionnement permanent.

Inconvénients :
2
- la réalisation de la condition 3 LC(û = 1 est difficile en raison de
l'incertitude qui existe sur la connaissance de la capacité du réseau. Il en résulte que,
Les régimes du neutre 43

pendant la durée du défaut, un courant résiduel circule dans le défaut ; il faut


s'assurer que ce courant ne présente pas de danger pour le personnel et le matériel ;
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- lors d'un défaut à la terre, les risques de surtension sont importants en raison de
l'existence de phénomènes de résonnance entre la reactance et la capacité du
réseau ;
- il demande la présence d'un personnel de surveillance ;
- la mise en œuvre de protections sélectives au premier défaut est difficile (voir
§4.5)
- il existe des risques de ferro-résonnance.

1.2.6. Réalisation de la mise à la terre par résistance de limitation en haute tension

1.2.6.1. Mise à la terre lorsque le neutre est accessible


Une résistance est intercalée entre la borne de sortie du neutre et la prise de terre,
soit directement (voir figure 1.13), soit par l'intermédiaire d'un transformateur
monophasé chargé au secondaire par une résistance équivalente (voir figure 1.14).
Cette solution est applicable lorsque le réseau est alimenté par un transformateur
dont le secondaire est couplé en étoile avec neutre sorti, ou par un alternateur à
neutre sorti.

Figure 1.13. Raccordement direct

Figure 1.14. Raccordement par l'intermédiaire d'un transformateur monophasé


44 Protection des réseaux électriques

1.2.6.2. Mise à la terre par la création d'un neutre artificiel


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Quand le neutre de la source n'est pas accessible (enroulement en triangle), la


mise à la terre est faite par un neutre artificiel, appelé aussi générateur homopolaire,
raccordé sur le jeu de barres.

(a) Utilisation d'un (b) Utilisation d'un


transformateur transformateur
étoile-triangle étoile-étoile
avec résistance avec résistance
dans la mise à dans le triangle
la terre du
point neutre

(c) Utilisation (d) Transformateur à


d'une bobine trois enroulements
zigzag YN(d)yn

A B C

Neutre

a b c

Figu re 1.15. Principaux schémas pour la création d'un point neutre artificiel
en haute tension
Les régimes du neutre 45

Ce neutre artificiel peut être réalisé de différentes manières :


-utilisation d'un transformateur étoile-triangle ; la résistance de limitation est
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branchée entre le point neutre du primaire et la terre, le triangle étant fermé sur lui-
même (schéma a) ;
- utilisation d'un transformateur étoile-triangle dont le point neutre primaire est
directement raccordé à la terre ; une résistance de limitation du courant de défaut est
insérée dans le triangle secondaire (schéma b). Cette solution est économiquement
préférable au schéma (a) car la résistance est en BT au lieu d'être en HTA ;
- utilisation d'une bobine zigzag ; la résistance de limitation est branchée entre le
point neutre de la bobine et la terre (schéma c) ;
- utilisation d'un transformateur à trois enroulements (schéma d) :
- le neutre du primaire couplé en étoile est directement raccordé à la terre,
- le secondaire couplé en étoile alimente des charges, par exemple les
auxiliaires d'un poste HTB/HTA,
- le tertiaire couplé en triangle est fermé par une résistance de limitation.
Les solutions les plus souvent rencontrées sont les schémas (b) et (c).

1.2.6.3. Mise à la terre par résistance lorsque plusieurs transformateurs


fonctionnent en parallèle sur un jeu de barres
Le problème est identique lorsque plusieurs alternateurs fonctionnent en
parallèle.
Il existe trois solutions que nous allons étudier et comparer.

1.2.6.3.1. Chaque transformateur possède une résistance de mise à la terre non


déconnectable

Figure 1.16. Mise à la terre directe de chaque point neutre

Le courant de défaut à la terre varie suivant le nombre de transformateurs en


service (voir figure 1.16), ce qui est gênant pour tenir les contraintes sur les
protections contre les défauts à la terre (voir § 7.1.1). De plus, il est nécessaire
d'utiliser des protections à maximum de courant terre directionnel pour localiser les
défauts survenant sur les liaisons reliant les transformateurs aux jeux de barres
(voir §7.1.5).
46 PROTECTION DES RÉSEAUX ÉLECTRIQUES

1.2.6.3.2. Chaque transformateur possède une résistance de mise à la terre


déconnectable
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Un dispositif de commutation permet d'avoir, quel que soit le nombre de


transformateurs en service, qu'un seul point neutre à la terre (voir figure 1.17). Le
système de protection est complexe car il faut faire appel à une sélectivité logique
tenant compte de la position des dispositifs de commutation et de l'état des
différentes protections contre les défauts à la terre. Cette solution est très peu
utilisée.

L : LOGIQUE DE COMMANDE TENANT COMPTE DE LA CONFIGURATION DU RÉSEAU

Figu re 1.17. Mise à la terre de chaque point neutre


par l'intermédiaire d'un dispositif de communication

1.2.6.3.3. Aucun transformateur ne possède une résistance de mise à la terre


Un point neutre artificiel est créé sur le jeu de barres du tableau principal (voir
figure 1.18). Ce dispositif permet d'éliminer les problèmes des solutions
correspondant aux figures 1.16 et 1.7. En effet, le courant de défaut est constant quel
que soit le nombre de transformateurs en service ; les protections à mettre en œuvre
sont simples car elles ne nécessitent pas de faire appel à des protections
directionnelles ou à une logique complexe. Lorsqu'un transformateur sous tension
n'est pas connecté au jeu de barres, il est exploité à neutre isolé. Si ce mode
d'exploitation est fréquent, il faut installer un dispositif de surveillance de
l'isolement sur ce transformateur (voir § 1.2.7.1 ).

1.2.6.4. Mise à la terre par résistance lorsque plusieurs transformateurs


fonctionnent en parallèle sur deux jeux de barres
Les deux jeux de barres peuvent être couplés ou non suivant le mode
d'exploitation, il est donc nécessaire d'installer un générateur homopolaire sur
chaque jeu de barres. Lorsque les jeux de barres sont séparés, les deux générateurs
homopolaires sont en service. Lorsque les jeux de barres sont couplés, un seul
générateur homopolaire doit être connecté (voir figure 1.19) si l'on ne veut pas que
le courant de défaut soit doublé. Une logique de commande doit alors être installée,
pour mettre hors service un des deux générateurs homopolaires lorsque le
Les régimes du neutre 47

disjoncteur de couplage est fermé. Cette logique peut être indispensable lorsque
certains récepteurs, notamment les moteurs, ne peuvent pas supporter un courant de
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défaut important.

jeu de barres principal

Figure 1.18. Point neutre artificiel sur le jeu de barres principal

jeu de barres n°l

jeu de barres n ° 2
Disjoncteur
de couplage

générateur homopolaire N°l générateur homopolaire N ° 2

Figure 1.19. Commande logique des générateurs homopolaires


pour un double jeu de barres
48 Protection des réseaux électriques

1.2.7. Particularités d'installation en régime de neutre isolé HTA


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Le régime de neutre isolé HTA impose la surveillance de l'isolement et la


recherche du premier défaut d'isolement (voir § 1.2.2 ).

1.2.7.1. Surveillance de l'isolement

Elle peut être effectuée par une protection à maximum de tension résiduelle ou
un contrôleur d'isolement.

1.2.7.1.1. Surveillance de l'isolement par une protection à maximum de tension


résiduelle (voir § 4.18)

Elle détecte une élévation du potentiel du point neutre, caractéristique d'un


défaut à la terre.

1.2.7.1.2. Surveillance de l'isolement par un contrôleur d'isolement

Le contrôleur d'isolement applique une tension continue entre le neutre et la


terre, ou entre une phase et la terre si le neutre n'est pas accessible. En cas de défaut
d'isolement, un courant continu traverse le contrôleur qui provoque une alarme.

Le contrôleur est connecté au réseau par l'intermédiaire de transformateurs de


tension, afin que la tension qui lui est appliquée ne soit pas trop importante.

Dans le cas d'un neutre accessible, il est branché entre la terre et le neutre du
primaire du transformateur de tension (voir figure 1.20).

Dans le cas d'un neutre non accessible, il est branché entre la terre et le neutre
commun des primaires des trois transformateurs de tension (voir figure 1.21).

Pour ses contrôleurs d'isolement, Schneider propose une platine standard


branchée en parallèle qui comprend :
- un condensateur permettant de fixer à la terre le potentiel du neutre des
transformateurs de tension sans shunter le courant continu injecté par le contrôleur ;
- un limiteur de surtension permettant d'écouler à la terre les surtensions ;
- une résistance permettant d'abaisser la tension supportée par le contrôleur.
Les régimes du neutre 49

Dans le cas où il existe d'autres transformateurs de tension montés en étoile dans


le même réseau, il est nécessaire d'installer :
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- un condensateur entre le neutre du primaire de ces transformateurs de tension


et la terre, pour que le contrôleur ne débite pas un courant continu par
l'intermédiaire des transformateurs de tension ; dans le cas contraire, il verrait en
permanence un défaut. La valeur recommandée du condensateur est 2.5 uF avec une
tension d'isolement de 1 600 V ;
- un limiteur de surtension permettant d'écouler les surtensions à la terre.

Lorsque deux réseaux possédant un contrôleur d'isolement peuvent être couplés,


il faut réaliser une logique pour que les deux contrôleurs ne puissent pas fonctionner
en parallèle, sinon ils débitent l'un dans l'autre et voient en permanence un défaut.

Les transformateurs de tension doivent être chargés pour éviter les phénomènes
de ferro-résonance pouvant apparaître sur un réseau à neutre isolé. C'est le rôle des
résistances r branchées au secondaire (voir figures 1.20 et 1.21).

contrôleur
d'isolement

limiteur
de surtension

Figure 1 . 2 0 . Installation d'un contrôleur d'isolement dans le cas d'un neutre accessible
50 Protection des réseaux électriques
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contrôleur

d'isolement

limiteur
de surtension

Figure 1.21. Installation d'un contrôleur d'isolement


dans le cas d un neutre non accessible

1.2.7.2. Recherche du premier défaut d'isolement


Elle peut être effectuée :
- s o i t par un système de sélectivité performant. Il nécessite l'utilisation de
protections à maximum de courant terre directionnel (voir § 4.4.4.4 ) ;
- soit par un déclenchement successif de chaque départ jusqu'à ce que le défaut
disparaisse. Cette dernière solution est déconseillée car elle entraîne des coupures
sur des départs sains et peut être néfaste à certains récepteurs.
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Chapitre 2

Etude des courts-circuits

Une installation électrique est susceptible de subir des courts-circuits dont


l'origine peut être :
- mécanique, par exemple une rupture de conducteurs ou une liaison électrique
accidentelle entre deux conducteurs par un corps étranger tel que outils ou animaux ;
- électrique, suite à la dégradation de l'isolement entre phases ou entre une phase
et la masse ou la terre, ou suite à des surtensions d'origine interne (manœuvres) ou
atmosphérique (coups de foudre) ;
- une erreur d'exploitation, par exemple la mise à la terre d'une phase, un
couplage entre deux sources de tension différentes ou des phases différentes ou la
fermeture par erreur d'un appareil de coupure.

Ces courts-circuits peuvent être fugitifs ou permanents. Les défauts fugitifs


disparaissent après l'ouverture des disjoncteurs de protection et ne réapparaissent
pas lors de la remise en service (le défaut est " brûlé "). Les défauts permanents
nécessitent la mise hors tension d'un câble, d'une machine... et l'intervention du
personnel d'exploitation.

L'installation électrique doit être protégée contre les courts-circuits et ceci sauf
exception, chaque fois qu'il y a un raccordement électrique, ce qui correspond le
plus généralement à un changement de section des conducteurs. La valeur du
courant de court-circuit doit être calculée à chaque étage de l'installation pour les
différentes configurations possibles du réseau afin de pouvoir déterminer les
caractéristiques du matériel qui doit supporter ou qui doit couper ce courant.
52 Protection des réseaux électriques

Pour choisir convenablement les appareils de coupure (disjoncteurs ou fusibles)


et régler les fonctions de protection, quatre valeurs de courant de court-circuit
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doivent être connues :


- la valeur crête du courant de court-circuit maximal (valeur de la première
crête de la période transitoire) ; elle détermine :
- le pouvoir de fermeture des disjoncteurs et des interrupteurs,
- la tenue électrodynamique des canalisations et de l'appareillage ;
- la valeur efficace du courant de court-circuit maximal. Elle correspond à un
court-circuit triphasé symétrique à proximité immédiate des bornes aval de l'appareil
de coupure. Cette valeur détermine :
- le pouvoir de coupure des disjoncteurs et des fusibles,
- la contrainte thermique que doivent supporter les matériels ;
- la valeur minimale des courants de court-circuit entre phases ; elle est
indispensable au choix de la courbe de déclenchement des disjoncteurs et des
fusibles ou au réglage des seuils des protections à maximum de courant,
notamment :
- lorsque la protection des personnes repose sur le fonctionnement des
dispositifs de protection à maximum de courant phase ; c'est le cas en basse tension
pour les schémas de liaison à la terre TN ou IT,
- afin d'assurer la sélectivité entre les protections.
- la valeur du courant de court-circuit monophasé terre ; elle dépend
essentiellement du régime de neutre et détermine le réglage des protections contre
les défauts à la terre.

2 . 1 . Etablissement des courants de court-circuit et forme de l'onde

Lors d'un court-circuit, il apparaît d'abord un courant transitoire, puis le courant


évolue vers une valeur stable. Nous allons étudier deux cas, car la forme de ce
courant transitoire est différente selon que le court-circuit est alimenté par le
distributeur d'énergie (dans ce cas, les alternateurs sont suffisamment éloignés pour
que l'on puisse négliger leurs effets) ou qu'il est alimenté par un alternateur. Dans le
cas où les deux sources fonctionnent en parallèle, les deux courants s'ajoutent.

2.1.1. Etablissement du court-circuit aux bornes de l'alimentation du distributeur

Le réseau amont d'un court-circuit peut se mettre sous la forme d'un schéma
équivalent constitué d'une source de tension alternative d'amplitude constante E
et d'une impédance en série Z (voir figure 2.1).
cc
Etude des courts-circuits 53

Z est l'impédance de court-circuit, elle est égale à l'impédance équivalente


cc

aux câbles, aux lignes et aux transformateurs parcourus par le courant de court-
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circuit. Toutes les impédances doivent être ramenées à la tension E


(voir §2.4.1.).

L'impédance Z c c est alors équivalente à une reactance et une résistance en


série :

avec X = L(o

réseau

E : tension simple efficace

Figure 2.1. Schema equivalent du reseau amont au court-circuit

Ainsi, lors d'un court-circuit on applique une tension e=E-\/2sin(cut+a) à un


circuit composé d'une reactance et d'une résistance en série.

a est l'angle d'enclenchement, il définit la phase de la tension à l'instant


d'apparition du court-circuit (voir figure 2.2).

Appelons q> le déphasage entre la tension et le courant en régime établi, on a

alors
54 Protection des réseaux électriques

On démontre que l'expression du courant de court circuit est (voir Annexe A) :


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Eyfï x
I ce ~ ' sin(co / +a-<p) - sin(cc-tp) e

instant du défaut

Figure 2.2. Décomposition du courant de court-circuit s'établissant aux bornes


de l'alimentation du distributeur

Le courant l r r est donc la somme d'un courant sinusoïdal

Eyfl
l a - s i n (eu / + a - tp)
Zce
et d'un courant apériodique tendant vers 0 de façon exponentielle.

R
£^2 x
TO /

I = —-—sin(a-(p)e
c

La valeur efficace du courant en régime établi est donc

Si l'angle d'enclenchement a =<p , la composante apériodique est nulle, le


régime est dit symétrique.
Etude des courts-circuits 55

Si a - 9 = — , la composante apériodique est maximale, le régime est dit


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asymétrique maximal ; c'est la condition qui entraîne la plus grande valeur de crête
du courant, on a alors :

r e
Le courant atteint la valeur crête maximale ( l crête) lorsque

La valeur crête maximale du courant est donc

Définissons le coefficient K caractéristique du rapport entre la valeur crête


maximale du courant transitoire et la valeur efficace du courant en régime établi :

î= Kl„

Notons que le facteur -Jï provient du fait que l'on compare un courant crête à
un courant efficace.

Il est intéressant de définir K en fonction du rapport — , caractéristique de

l'impédance du réseau amont (voir tableau 2.1 et figure 2.3).


56 Protection des réseaux électriques

En général, le rapport — est compris :


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- entre 0,05 et 0,3 en HTA,


- entre 0,3 et 0,6 en BT (à proximité des transformateurs).

R 0 0,05 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 OO


X
K 2,83 2,62 2,45 2,17 1,97 1,82 1,71 1,63 1,41
K 2 1,85 1,73 1,53 1,39 1,29 1,21 1,15 1
l î

Tableau 2.1. l'aleurs de K en fonction de —

Figure 2.3. Evolution de K en fonction de —

2.1.1.1. Evolution des valeurs crêtes négatives (valeurs absolues maximales)

on a : — = V 2 SIN TO / + • - e
'a
Etude des courts-circuits 57

Les valeurs crêtes positives apparaissent aux temps


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i = \ P + —J T avec p entier

„ 271
/ =— : période de la tension ( T = 20 ms pour f = 50 Hz )
(0

d'où :

On en déduit le tableau 2.2. qui donne les valeurs du rapport —— à chaque


'ejf
ft
période pour des rapports — égaux à 0,05 ; 0,1 ; 0,2 et 0,3.

t(ms) 10 30 50 70 00

R/X (p = 0) (P= D (P = 2) (P = 3)
0,05 2,62 2,30 2,06 1,89 1,41

0,1 2,45 1,97 1,71 1,57 1,41

0,2 2,17 1,63 1,48 1,43 1,41

0,3 1,97 1,50 1,43 1,42 1,41

/ R
Tableau 2.2. Valeurs de à chaque période en fonction du rapport —
X
'eff

2.1.1.2. Conséquences du courant transitoire


Lors d'un court-circuit sur une installation alimentée par un réseau de
distribution publique (loin des alternateurs), il apparaît un régime transitoire
contenant un composante apériodique qui dure quelques périodes (entre 20 et
80 ms).

La valeur crête du courant transitoire est 1,6 à 2,5 fois supérieure à la valeur
efficace du courant de court-circuit en régime établi. Elle détermine les forces
58 Protection des réseaux électriques

électrodynamiques que doivent supporter les canalisations et l'appareillage, et le


pouvoir de fermeture des appareils de coupure (voir § 2.8.2.).
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De plus, les disjoncteurs lorsqu'ils ne sont pas retardés ont généralement un


temps d'ouverture inférieur à la durée de la composante apériodique ; ils devront
donc être capables de la couper (voir § 5.2.1).

Pour les disjoncteurs BT, le pouvoir de coupure est défini en fonction de

c (voir tableau 5.2).

2.1.2. Etablissement du court-circuit aux bornes d'un alternateur

On suppose que le court-circuit est suffisamment proche de l'alternateur, de


façon à négliger l'impédance des câbles devant l'impédance de l'alternateur.

Les calculs sur les régimes transitoires des machines synchrones montrent que
l'expression du courant est :

a est l'angle d'enclenchement, il définit la phase de la tension à l'instant


d'apparition du court-circuit.

Le courant i(t) est maximal pour a = 0 , on a alors

£ : tension simple efficace aux bornes de l'alternateur


Xj : reactance subtransitoire

Xj : reactance transitoire
Xj : reactance synchrone

Tj : constante de temps subtransitoire

Tj : constante de temps transitoire


T a : constante de temps apériodique
Etude des courts-circuits 59

Le courant de court-circuit est donc est la somme d'un courant apériodique


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et d'un courant sinusoïdal amorti

La composante apériodique a une valeur élevée mais une durée très courte, de 10
à 60 ms, (voir tableaux 2.4, 2.5 et 2.6 indiquant les valeurs des constantes de temps
apériodiques T ) .
0

Pour la composante sinusoïdale amortie, tout se passe comme si la reactance de


la machine était variable et évoluait suivant les 3 périodes suivantes :

- subtransitoire ( Xj ) : intervenant pendant 10 à 20 ms après le début du court-


circuit,

- transitoire (X )
d : se prolongeant jusqu'à 100 à 400 ms,
- synchrone ( X d ) : reactance synchrone, à considérer après la période
transitoire.

Notons que dans l'ordre indiqué, cette reactance prend à chaque période une
valeur plus élevée : Xj < Xj < Xj , ce qui entraîne une diminution progressive
de la valeur du courant de court-circuit.

Le courant de court-circuit est donc la somme de 4 composantes illustrées par la


figure 2.4 :
- ( a ) contribution de la reactance transitoire,
- ( b ) contribution de la reactance subtransitoire,
- ( c ) contribution de la reactance synchrone,
- ( d ) contribution de la composante apériodique,
- ( e ) courant de court-circuit total.
60 Protection des réseaux électriques
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subtransitoire transitoire synchrone

Figure 2.4. Décomposition du courant de court-circuit d'un alternateur


Etude des courts-circuits 61

2.1.2.1. Evolution des valeurs crêtes


Les valeurs crêtes apparaissent aux temps :
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( = - x F avec p entier
y
2

T = : période de la tension ( T = 20 ms pour f = 50 Hz )


(U

en exprimant les valeurs X d , X d et Xd en pourcentages (voir § 2.4.3.4), on


détermine :

IN : courant nominal de l'alternateur

On en déduit le tableau 2.3 qui donne les valeurs du rapport -jL— pour
V2/„
l'alternateur de puissance 2800 kVA et de tension 6 kV de Leroy-Somer (voir
tableau 2.5).

t(ms) 10 20 30 40 50 100 110 200 210 500 510 1110 2010

11,9 -0,21 8,66 -0,46 6,65 -1,84 3,78 -1,94 2,2 -0,96 0,94 0,5 0,431

Tableau 2.3. Valeur du rapport —=— d'un alternateur 2800 kVA , 6 kV


V2 /„
Notons que le passage à zéro du courant est réalisé de justesse car la première
crête négative est proche de zéro (-0,21). Dans certains cas, il n'y a pas de passage à
zéro avant plusieurs périodes ; cela peut poser des problèmes de coupure pour les
disjoncteurs (voir § 5.2.1) et de saturation des transformateurs de courant (voir
§3.1.2).

La valeur du courant de court-circuit permanent est inférieure à la valeur du


courant nominal, cela peut poser des problèmes pour la sélectivité des protections
(voir § 4.26).
62 Protection des réseaux électriques

2.1.2.2. Système de maintien du courant de court-circuit à environ 3 /„


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Après un temps de 0,5 à 1 s, les périodes subtransitoires et transitoires sont


terminées, le courant de court-circuit est alors plus faible que le courant nominal ; il
est compris entre 0,3 et 0,5 /„ (voir tableau 2.3) et ne peut donc pas être détecté
par une protection à maximum de courant.
Cependant, ces valeurs sont théoriques car dans la pratique, les constructeurs
comme Leroy-Somer ont des systèmes pour maintenir le courant de court-circuit à
environ 3 /„ pendant quelques secondes. Ainsi, les protections à maximum de
courant peuvent fonctionner même lorsqu'elles sont retardées d'un temps supérieur à
X D pour des raisons de sélectivité.

La valeur de maintien à 3 /„ est très proche de la valeur du courant pendant la


E
période transitoire où l cc * —— • En effet, la valeur de X D étant proche de 30 %,
x
d
l cc est approximativement égal à 3 / „ .
Lorsque le courant n'est pas maintenu à 3 / „ , la protection contre les courts-
circuits peut être réalisée par une protection à maximum de courant phase à retenue
de tension (voir § 4.26).
La méthode généralement utilisée pour maintenir le courant de court-circuit à
3 /„ est une excitation compound, c'est-à-dire série-parallèle. La tension parallèle
chute lors d'un court-circuit, entraînant une baisse de l'excitation parallèle ; par
contre le courant de court-circuit est plus élevé que le courant nominal, ainsi
l'excitation série augmente. Les deux phénomènes combinés entraînent un maintien
du courant de court-circuit à 3 / „ .

2.2. Le court-circuit t r i p h a s é

C'est le défaut correspondant à la figure 2.5. En général, il provoque les courants


de défauts les plus importants. Son calcul est donc indispensable pour choisir les
matériels (intensités et contraintes électrodynamiques maximales à supporter).
L3

Figure 2.5. Court-circuit triphasé


Etude des courts-circuits 63

La méthode de calcul présentée dans ce paragraphe est la méthode des


impédances. Elle est applicable à des calculs manuels et conduit à des résultats
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suffisamment précis pour la plupart des applications.Elle aide à la compréhension


des méthodes plus précises telles que CEI 909 qui sont généralement appliquées par
les logiciels informatiques.

Un calcul détaillé de courant de court-circuit triphasé symétrique en différents


points d'un réseau est exécuté à titre d'exemple au paragraphe 2.4.5.

Le calcul du courant de court-circuit triphasé est simple en raison du caractère


symétrique du court-circuit. En effet, le courant de court-circuit a la même valeur
dans chaque phase. On peut donc faire un calcul en utilisant un schéma monophasé
équivalent du réseau amont au court-circuit (voir figure 2.1), comme on peut le faire
en régime normal.

La valeur du courant de court-circuit triphasé Icci déterminée au paragraphe


2.1.1 est:
Un
/cc3 =
ce

U n : tension composée efficace.


Zcc '• impédance de court-circuit.

L'impédance de court-circuit est égale à l'impédance équivalente aux câbles, aux


lignes et aux transformateurs parcourus par le courant de court-circuit.

Dans la pratique, on commence par déterminer l'impédance équivalente de la


source d'alimentation (alimentation par le réseau de distribution publique ou par un
alternateur), puis les impédances de chaque transformateur, câble ou ligne,
parcourus par le courant de court-circuit.

Chaque impédance doit être ramenée au niveau de tension du défaut présumé


(voir § 2.4.1). La tension à prendre en compte pour les calculs est différente selon
que le réseau où est situé le défaut présumé est en haute ou basse tension.

En basse tension, le guide pratique UTE C 15-105 prend la tension à vide


(réseau hors charge) pour le calcul du courant de court-circuit maximal :

ce
64 Protection des réseaux électriques

Uq : tension composée à vide


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Pour les réseaux 230/400 V, la valeur de la tension composée à vide est


UQ = 420 V.

En haute tension (HTA et HTB), le guide pratique UTE C 13-205 et la norme


CEI 909 (tableau I) appliquent un coefficient 1,1 à la tension nominale pour le
calcul du courant de court-circuit maximal :

cc3
S z
U„ : tension composée nominale

2.3. Les courts-circuits déséquilibrés

Les types de court-circuit déséquilibré sont :


- le court-circuit monophasé à la terre ou défaut phase-terre (voir figure 2.6),
- le court-circuit biphasé-isolé (voir figure 2.7),
- le court-circuit biphasé-terre (voir figure 2.8).

1.3

<i >

Figure 2.6. Court-circuit monophasé-terre

Figure 2.7. Court-circuit biphasé-isolé


Etude des courts-circuits 65
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Figure 2.8. Court-circuit biphasé-terre

La méthode de calcul des courants de court-circuit déséquilibré est plus


complexe que celle des courts-circuits triphasés symétriques. En effet, le caractère
déséquilibré des courants et des tensions ne permet pas l'utilisation d'un schéma
monophasé équivalent.

Par exemple, pour un défaut monophasé terre franc sur la phase 1, au lieu du
défaut :

_ v = 0 , V2 = U\2
x et Vi = U\i
- /[ = I cc , / 2 = 0 et / 2 = 0 (en négligeant le courant de charge).

La méthode de calcul généralement utilisée que nous allons décrire est la


méthode des composantes symétriques.

2 . 3 . 1 . Méthode des composantes symétriques

Elle consiste à décomposer un système de trois tensions d'amplitudes et de


phases quelconques en la somme de trois systèmes de tensions triphasées équilibrées
dits direct, inverse et homopolaire (voir figure 2.9). On peut démontrer
mathématiquement que cette décomposition existe quelles que soient les valeurs des
courants et des tensions.

Le système direct est le système de tensions de l'alimentation, 3 tensions égales


déphasées de 120 ° dans le sens des aiguilles d'une montre : V , V^j et Vyj .
Xd

Le système inverse est le système de 3 tensions égales déphasées de 120 ° dans le


sens inverse des aiguilles d'une montre : V\j , V-i, et Vy . t
66 Protection des réseaux électriques

Le système homopolaire est le système de 3 tensions phase terre égales non


déphasées : V , V q et K .
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l0 2 30

Système de 3 tensions d'amplitudes et de phases quelconques

equivalent

Système triphasé Système triphasé Système homopolaire


direct d'amplitude inverse d'amplitude d'amplitude

J sens de rotation des phases

Figure 2.9. Décomposition d'un système de 3 tensions d'amplitudes et de phases quelconques


en la somme de 3 systèmes de tensions triphasées équilibrées

Le réseau est alors équivalent à la somme de 3 schémas monophasés


(voir figure 2.10).
Etude des courts-circuits 67

Schéma monophasé Schéma monophasé Schéma monophasé


direct inverse homopolaire
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Zd Zi Zo

tension simple du réseau.


tensions des 3 systèmes direct, inverse et homopolaire.
impédances équivalentes dans les systèmes direct, inverse et
homopolaire ; elles sont appelées impédances directe, inverse et
homopolaire.

Figure 2.10. Schémas monophasés équivalents direct,


inverse et homopolaire du réseau

La source d'alimentation étant un système triphasé direct, elle apparaît comme


source de tension du schéma monophasé direct. Les schémas monophasés inverses
et homopolaires sont a priori dépourvus de source de tension.

Les valeurs des impédances Z , Z , Z sont données par les constructeurs


D T A

(câbles, lignes, transformateurs, alternateurs...) et le distributeur ou peuvent être


déterminées à partir des règles indiquées au paragraphe 2.4.3.

Malgré le caractère un peu abstrait de la méthode de calcul, ces impédances sont


mesurables facilement et ont un caractère physique concret.

Pour mesurer l'impédance directe d'un élément du réseau (câble, transformateur,


machine tournante...), on lui applique un système direct de tensions triphasées aux
bornes des 3 phases et on mesure le courant.

Pour mesurer l'impédance inverse d'un élément du réseau (câble, transformateur,


machine tournante...), on lui applique un système inverse de tensions triphasées aux
bornes des 3 phases et on mesure le courant.

Pour mesurer l'impédance homopolaire d'un élément du réseau (câble,


transformateur, machine tournante...), on lui applique une tension phase terre aux
bornes des 3 phases en parallèle et on mesure la valeur du courant.
68 Protection des réseaux électriques

2 . 3 . 2 . Expressions des courants de court-circuit déséquilibré


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La méthode de calcul permettant de déterminer l'expression des courants de


courts-circuit déséquilibré est assez longue et complexe, elle n'est pas décrite dans
ce document, on ne donne donc que les résultats.

2.3.2.1. Valeur du courant de court-circuit monophasé-terre


Pour un défaut entre la phase 1 et la terre :

Zd , Z,, Z c : sont les impédances équivalentes aux impédances directes, inverses


et homopolaires des câbles, des lignes et des transformateurs
parcourus par le courant de court-circuit.

2.3.2.2. Valeur du courant de court-circuit biphasé-isolé


Pour un défaut entre les phases 2 et 3 :

S'il n'y a pas d'alternateur, on a : Z = Zj d

et donc : II - h

2.3.2.3. Valeur du courant de court-circuit biphasé-terre


Pour un défaut entre les phases 2 et 3 :

S'il n'y a pas d'alternateur, on a : Z d = Z,


Etude des courts-circuits 69

2.4. Méthode de calcul des courants de court-circuit


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2.4.1. Impédance équivalente d'un élément à travers un transformateur

Par exemple, pour un défaut en basse tension, la contribution d'un câble HT en


amont du transformateur HT/BT est :

Cette formule est valable quel que soit le niveau de tension du câble, c'est-à-dire
même à travers plusieurs transformateurs en série.

exemple (voir figure 2.11)

RT.XT Court .circuit


(impédance au primaire)

n : rapport de transformation

Figure 2.11. Impédance équivalente des éléments à travers un transformateur

Impédance vue du point de court-circuit


70 Protection des réseaux électriques

2.4.2. Impédance des liaisons en parallèle


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Si le courant de défaut parcourt deux liaisons en parallèle d'impédances Z\ et


Z 2 , l'impédance équivalente est :

Si les impédances Z| et Z 2 sont différentes, un calcul en nombre complexe


doit être effectué.

si : Z| = Z 2 alors :

exemple (voir figure 2.12)

jeu de barres HTA

Zy : impédance des transformateurs vue du secondaire


Z( : impédance des liaisons

Figure 2 . 1 2 . Impédance équivalente de 2 liaisons en parallèle identiques

L'impédance totale est :

Pour n liaisons en parallèle de même impédance Z , on a Zeq =—


Etude des courts-circuits 71

2.4.3. Valeurs des impédances des éléments du réseau


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2.4.3.1. Remarque générale concernant les impédances directes

Z est l'impédance directe d'un élément, elle correspond à l'impédance mesurée


d

lorsqu'on lui applique un système direct de tensions triphasées aux bomes des 3
phases. Elle est identique à l'impédance Z utilisée pour le calcul des courants de
cc

court-circuit triphasé symétrique. En effet, lors d'un court-circuit triphasé


symétrique, le système direct de tensions de l'alimentation est appliqué aux
éléments du réseau parcourus par le courant de court-circuit.

On a donc la relation Z d =Zcc pour tous les éléments du réseau.

Notons que pour les machines tournantes la valeur de Z d évolue pendant le


régime transitoire du court-circuit (voir § 2.4.3.4.1)

2.4.3.2. Remarque générale concernant les impédances inverses


Le caractère symétrique des câbles, des lignes et des transformateurs entraîne
que l'impédance directe est égale à l'impédance inverse pour ces éléments.

On a donc la relation Z =Z
t d =Zcc pour tous les éléments du réseau autres
que les machines tournantes.

2.4.3.3. Impédances du réseau de distribution publique

2.4.3.3.1. Impédance directe


La connaissance du réseau amont se limite généralement aux indications
fournies par le distributeur, c'est-à-dire uniquement la puissance de court-circuit
S
cc (en MVA). On a alors :

U N : tension composée nominale du réseau

Le réseau amont est généralement considéré comme une reactance pure :

z x
d = d
72 Protection des réseaux électriques

En effet, au paragraphe 2.1.1 on montre que le r a p p o r t e s t compris entre 0,05


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et 0,3 en HTA.

Prenons, par exemple

On a alors :

d'où : X D = 0,96 Z D

On prendra donc en première approximation : Z D = XD

Notons que l'approximation ZD =XD est d'autant meilleure que le rapport

est faible.

2.4.3.3.2. Impédance inverse


Elle est égale à l'impédance directe car les alternateurs du réseau de distribution
publique sont suffisamment éloignés pour que l'on puisse négliger leurs effets :

2.4.3.3.3. Impédance homopolaire


Elle est directement liée au régime de neutre du distributeur :
- s i le neutre est mis à la terre par une bobine de Petersen, l'impédance
homopolaire est considérée comme infinie, car le courant de défaut à la terre est nul
(voir § 1.2.5);
- si le neutre est mis directement à la terre, l'impédance homopolaire est à peu
près égale à l'impédance directe ;
- si le neutre est mis à la terre par résistance, l'impédance homopolaire est à peu
près égale à 3 fois cette résistance, car les impédances du transformateur et des
liaisons sont négligeables devant la résistance de limitation. La figure 2.13 explique
la présence du facteur 3 :

ZQ =2>Z N avec

I( : courant de limitation
Etude des courts-circuits 73

Exemple de la France
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Les réseaux HTB et basse tension sont à neutre mis directement à la terre.

Les réseaux HTA sont à neutre mis à la terre par résistance de limitation à:
- l = 300/1 pour les réseaux aériens,
(

- I( = 1000/f pour les réseaux souterrains.

Pour une tension composée U =2\kV n :

pour les réseaux souterrains

pour les réseaux aériens

Pour les réseaux mixtes (aériens et souterrains), le régime de neutre est en cours
de changement vers une mise à la terre par reactance de compensation en parallèle
avec une résistance. Cette dernière maintient un courant de quelques dizaines
d'ampères afin de permettre aux protections de détecter les courants de défaut à la
terre et de limiter les surtensions.

2.4.3.4. Impédance des alternateurs


Pour les alternateurs, au lieu de donner les valeurs des impédances
caractéristiques ( X , d X' ,
d X' , X,,
d X ) en ohms, les constructeurs donnent
0

celles-ci en % ( X d (%), X' (%), X" (%), X (%), X


d d t 0 (%) ) .

On a, par définition, la relation suivante :

Les constructeurs donnent la puissance nominale apparente S„ en kVA :

d'où :
74 Protection des réseaux électriques

ou :
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U n : tension composée nominale

La résistance est négligeable devant la reactance (/? « X) pour les différentes


impédances directes, inverses et homopolaires des alternateurs.

2.4.3.4.1. Impédance directe


Au paragraphe 2.1.2, on montre que le courant de court-circuit triphasé évolue
suivant les 3 stades suivants :
n

- subtransitoire ( X d ) : intervenant pendant 10 à 20 ms après le début du


court-circuit,
- transitoire ( X d ) : se prolongeant jusqu'à 100 à 400 ms,
- synchrone ( X D ) : reactance permanente ou synchrone à considérer
après la période transitoire.

L'impédance à prendre en compte dépend donc de l'objectif du calcul :


- p o u r la vérification des contraintes électrodynamiques, le courant de court-
circuit maximal est calculé d'après la reactance subtransitoire :

- pour la vérification des contraintes thermiques, le courant de court-circuit


maximal est calculé d'après la reactance transitoire :

- pour le réglage des seuils des protections à maximum de courant phase,


notamment lorsque l'alternateur peut fonctionner ilote du réseau de distribution
publique, le courant de court-circuit minimal (voir § 2.7.2) est calculé d'après la
reactance transitoire et la reactance inverse X, :
Etude des courts-circuits 75
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Il n'est généralement pas tenu compte du régime permanent en supposant que les
dispositifs de protection coupent le courant pendant le régime transitoire. Dans le
cas contraire, on utilise une protection à maximum de courant phase à retenue de
tension (voir § 4.26). Notons que pour certains alternateurs, le courant de court-
circuit est maintenu à 3 / „ (voir 2.1.2.2) ;

- pour la détermination du pouvoir de coupure des disjoncteurs basse tension, le


courant de court-circuit maximal est calculé d'après la reactance subtransitoire :

il est en général bien inférieur au courant de court-circuit alimenté par le réseau de


distribution publique ;
- pour la détermination du pouvoir de coupure des disjoncteurs haute tension, il
faut déterminer la valeur de la composante périodique et la valeur de la composante
apériodique à l'instant d'ouverture minimal des contacts, auquel on ajoute une demi-
période de la fréquence assignée. Ces valeurs devront être transmises au
constructeur pour accord ou essais (voir § 5.2.1).

2.4.3.4.2. Impédance inverse


Le champ produit par un système triphasé inverse de courants tourne dans le
sens opposé au sens de rotation de la machine, il n'y a donc pas de réaction d'induit.
L'impédance inverse est alors la reactance propre du circuit inducteur :

Xj = X" d

2.4.3.4.3. Impédance homopolaire


Lorsque l'on applique un système de 3 tensions homopolaires sur le stator, le
flux induit sur le rotor est nul (car il n'y a pas de champ tournant), il n'y a donc pas
de réaction d'induit. Ainsi, cette impédance ne dépend que de l'enroulement
statorique, sa valeur est donc faible.

Notons que pour calculer le courant de court-circuit phase-terre, le mode de mise


à la terre du neutre de la machine est très important pour déterminer l'impédance
homopolaire Z ens de l'ensemble alternateur et impédance de mise à la terre du neutre :
76 Protection des réseaux électriques

- lorsque le neutre est mis directement à la terre Z ENS = j XQ


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-lorsque le neutre est mis à la terre par une impédance Z,


N

ZENS = 3Z N +j X 0 s 3Z N . car en général X 0 « Z N

- lorsque le neutre est isolé de la terre Z ENS = oo

Un facteur 3 apparaît devant l'impédance ZN , l'explication est donnée sur la


figure 2.13.

2.4.3.4.4. Caractéristiques électriques typiques des alternateurs

S (kVA) 75 200 400 800 1600 2500

10,5 10,4 12,9 10,5 18,8 19.1


X' D (%)

21 15,6 19,4 18 33,8


x' (%) d
30,2

X D (%) 280 291 358 280 404 292

X, (%) 13,1 11,3 15,1 11,7 22,2 21.2

* o (%) 10 2,5 3,7 3 3,7 9,1

T a (ms) 9 15 22 28 47 65

T (ms) 6 10 14 18 22 23
D

T (ms) 80 30 140 160 235 320


d

Tableau 2.4. Caractéristiques électriques des alternateurs Leroy-Somer 4pôles, tension


composée 400 V, fréquence 50 Hz
Etude des courts-circuits

S (kVA) 2200 2800 3500


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15,5 14 13
x" d (%)

25,5 24,5 23
X'd (%)

xd (%) 235 230 225

Xj (%) 17 15,5 14,5

XQ (%) 7,5 6,5 6

T A (ms) 50 54 57

T (ms) 22 24 26
D

7rf (ms) 240 260 280

Tableau 2.5. Caractéristiques électriques des alternateurs Leroy-Somer 4 pôles,


tension composée 6 kV, fréquence 50 Hz

S (kVA) 1500 2500 3250

15,5 14,5 14
X'd (%)

X' (%) 27,5 26,5 25,5


d

X d (%) 255 255 250

X, (%) 17,5 16,5 16

X 0 (%) 7,5 7 6.5

T (ms)
a
37 46 52

21 24 26
Td (ms)

Td (ms) 230 260 280

Tableau 2.6. Caractéristiques électriques des alternateurs Leroy-Somer 4pôles,


tension composée II kV, fréquence 50 Hz
78 Protection des réseaux électriques

2.4.3.5. Impédance des moteurs asynchrones


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2.4.3.5.1. Impédance directe


Elle est définie par rapport au courant de court-circuit du moteur (voir § 2.4.4.2),
c'est-à-dire son impédance au démarrage :

Sa valeur est généralement comprise entre 10 et 20 %.

2.4.3.5.2. Impédance inverse


Elle est très peu différente de l'impédance directe:

2.4.3.5.3. Impédance homoDolaire


Comme pour les alternateurs, elle ne dépend que de l'enroulement statorique, sa
valeur est donc faible. Pour les calculs de court-circuit homopolaire, on ne s'y
intéresse pas car le neutre d'un moteur est généralement isolé ; elle apparaît donc
comme infinie. Cependant, lorsque le moteur est alimenté par un transformateur à
secondaire en triangle, la mise à la terre du neutre par une résistance de limitation
peut être faite sur le neutre du stator (s'il est en étoile), l'impédance homopolaire de
l'ensemble moteur et transformateur est alors égale à 3 fois la résistance de
limitation.

2.4.3.6. Impédance des transformateurs


Pour les transformateurs, au lieu de donner la valeur de l'impédance en ohms, le
constructeur donne la tension de court-circuit U exprimée en %.
cc

Cette tension de court-circuit représente la tension en primaire qui, appliquée au


transformateur en court-circuit au secondaire, donne un courant égal au courant
nominal.

On a :

d'où :

V„ : tension simple nominale


Etude des courts-circuits 79

Les constructeurs de transformateurs donnent la puissance nominale apparente


S„ e n k V A :
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d'où :

ou :

: tension composée nominale

Pour les transformateurs équipés de changeurs de prise, la tension U à prendre n

en compte est celle obtenue pour la position principale du changeur (voir CEI 909, §
8.3.2.2).

Si on prend pour U„ la tension primaire du transformateur, on trouve son


impédance vue du primaire, et si l'on prend pour U„ la tension secondaire, on
trouve son impédance vue du secondaire (voir § 2.4.1).

2.4.3.6.1. Impédance directe

En général, en première approximation on peut prendre Zj = X.


T

Par exemple, pour les transformateurs HTA / BT, est proche de 0,3.

On a alors :

d'où : X T = 0,96 Z T

Pour les transformateurs HTB / HTA , est proche de 0,05 , on trouve :

XT = 0,999Z r

L'impédance d'un transformateur est donc souvent considérée comme une


reactance pure.
80 Protection des réseaux électriques

Lorsque n transformateurs égaux sont en parallèle, la valeur de l'impédance


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équivalente est celle d'un transformateur divisée par n :

Si les transformateurs ne sont pas égaux, il faut considérer les impédances de


chaque transformateur en parallèle. Par exemple, pour 2 transformateurs :

La valeur de la résistance du transformateur RT est déterminée à partir des


pertes dues à la charge :

Perte = 3 R T il

On a alors :

La connaissance de la valeur RT est notamment intéressante pour les petits


transformateurs pour lesquels la valeur de Rf est proche de Xj .

2.4.3.6.2. Impédance homopolaire


Pour les transformateurs, l'impédance homopolaire dépend des possibilités de
rebouclage des courants de défauts à la terre.

Le tableau 2.7 indique l'impédance homopolaire des transformateurs vue du


secondaire en fonction des modes de couplage.
Etude des courts-circuits 81

couplage du impédance homopolaire schéma


vue du secondaire équivalent
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transformateur

Z = 0 Z D +3Z N

si le neutre est neutre mis


directement à la terre
(Z =0)alors
N Z 0 = Z D \
y \ Z 0 = 10Z D

pour un transformateur à flux


+ 3 Z N

ZN

\
forcé (en général c'est le cas).
Si le neutre est mis
directement à la terre
( Z = 0 ) alors Z = 1 0 Z
N 0 D
f
LIAISON . 1 1 .
ZQ - Z + 3 Z D dans le cas N
Z 0
où le réseau en amont du
transformateur possède un
point neutre à la terre
permettant le rebouclage des
courants terre au primaire ( 1 ).

Z 0 =00 • L

y y Z 0 =00 » L

y A Z 0 =oo • T

Tableau 2.7. Impédance homopolaire des transformateurs vue du secondaire

(1) Dans ce cas, les neutres des primaires et secondaires étant à la terre, il n'y a pas
d'isolation galvanique entre le primaire et le secondaire. U y a donc propagation des
défauts monophasé-terre à travers le transformateur.
82 Protection des réseaux électriques

L'impédance de mise à la terre Z est multipliée par 3 dans le calcul de


N

l'impédance homopolaire vue du secondaire. En effet, l'impédance homopolaire est


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déterminée pour un schéma triphasé et l'on a l'équivalence des deux schémas de la


figure 2.13.
ZOR IZN

ZQ T : impédance homopolaire propre du transformateur


3 Zfj : impédance homopolaire de la mise à la terre du neutre

Figure 2.13. Impédance homopolaire de la mise à la terre du neutre

2.4.3.6.3. Caractéristiques électriques typiques des transformateurs


Pour les transformateurs HTA/BT à isolement liquide de puissance nominale au
plus égale à 2 500 kVA, les tensions de court-circuit sont indiquées dans la norme
N F C 52-112-1 (voir tableau 2.8).

Pour les transformateurs HTA/BT secs de type TRIHAL de France Transfo de


160 à 2 000 kVA, la tension de court-circuit est 6 % (voir tableau 2.9).

Puissance 100 160 250 315 400 500 630 800 1 000 1 250 1 600 2 000 2 500

en kVA
4 4 4 4 4 4 4 6 6 6 6 6 6
U cc (%)

Pertes dues
à la charge 2 150 2 350 3 250 3 900 4 600 5 5 0 0 6 500 10 700 13 000 160O0 20 0O0 25 500 32 0 0 0
à 75 °C

(W)
36,1 15,4 8,74 6.61 4.83 3,7 2.75 2,81 2.19 1.72 1,31 1,07 0,86
R T (mO)
56.7 39.1 25.4 20.3 16.1 12,9 10,3 12.3 9,85 7.88 6.16 4,93 3,94
X T (mQ)
67,2 42,0 26,9 21.4 16.8 13,5 10,7 12,6 10,1 8,07 6.30 5,04 4,03
Z T (mQ)

Tableau 2.8. Caractéristiques électriques des transformateurs HTA/BT à isolement


liquide pour une tension nominale U = 410 V n
Etude des courts-circuits 83

Puissance 160 250 400 630 800 1 000 1 250 1 600 2000
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en kVA

U cc (%) 6 6 6 6 6 6 6 6 6

Pertes dues à la
charge à 75 °C
2 300 3 400 4 800 6 800 8 200 9600 11 500 13 900 16000
(W)

R T (mfî) 15,10 9,14 5,04 2,88 2,15 1,61 1.24 0,91 0,67

XT (mO.) 63.04 40,34 25,22 16,01 12,61 10,09 8,07 6,30 5,04

Z T (mfi) 61.20 39,29 24.71 15,75 12,43 9,86 7,97 6,23 5.00

Tableau 2.9. Caractéristiques électriques des transformateurs HTA/BT SECS de


type TR1HAL pour une tension nominale U n = 410 V

2 .4.,3.7. Impédance des liaisons

2.4.3.7.1. Résistance des lignes aériennes, des câbles et des jeux de barres
Elle se calcule aisément avec la formule suivante :

L longueur de la liaison en m
S section du conducteur en mm^
P résistivité du matériau de l'âme

Afin de tenir compte de l'influence de la température du matériau pendant le


court-circuit, la résistivité p est prise égale à (voir UTE C 13-205, § C.3.1.1) :
- 1,25 fois la résistivité des conducteurs à 20 °C pour le calcul des courants de
court-circuit maximaux, soit 0,0225 Q mm^/m pour le cuivre et 0,036 Q mm^/m
pour l'aluminium.
- 1,5 fois la résistivité des conducteurs à 20 °C pour le calcul des courants de
court-circuit minimaux, soit 0,027 Ci. mm^/m pour le cuivre et 0,043 Q mm^/m pour
l'aluminium.
84 Protection des réseaux électriques

2.4.3.7.2. Reactance directe des lignes aériennes


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La reactance linéique des lignes aériennes est proche de celle du vide


u = 4 n x 1 0 7
MO" ( o ~ )-

Les valeurs à retenir sont :


- X = 0,3 fi / km pour les lignes BT ou HTA
- X = 0,4 Q / km pour les lignes HTB

2.4.3.7.3. Reactance directe des câbles


La reactance directe des câbles se calcule par la formule suivante :

en Q / km

d : distance moyenne entre les conducteurs


r : rayon des âmes conductrices
Log : logarithme décimal

Les valeurs à retenir sont :


- en basse tension :

- 0,08Q/*/w pour les cables tripolaires


- 0,09 Q.I km pour les câbles unipolaires serrés en nappe

ou en triangle
- 0,15 Q / km pour les câbles unipolaires espacés de d = 8 r

- en haute tension (HTA et HTB) : 0,1 à 0,15 Q / km

2.4.3.7.4. Reactance directe des jeux de barres


- 3
La valeur à retenir est : 0,15 x 1 0 Q / m

2.4.3.7.5. Reactance homopolaire des câbles


En HT, elle est à peu près égale à 3 fois l'impédance directe :

-^0 = Xd
Etude des courts-circuits 85

En BT, elle est proche de X D , pour les calculs on peut prendre :


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2.4.3.7.6. Reactance homopolaire des lignes aériennes


La reactance homopolaire des lignes aériennes est à peu près égale à 3 fois la
reactance directe :

XQ =1 XD

2.4.3.7.7. Capacité homopolaire des câbles (capacité entre l'âme et l'écran)


Elle est difficile à déterminer car elle dépend de nombreux paramètres comme la
nature de l'isolant, la tension, la section du câble, et si le câble est à champ radial ou
non radial.

Un câble est dit à champ non radial lorsque l'écran entoure l'ensemble des
conducteurs (voir figure 2.14), à champ radial lorsque chaque conducteur est
entouré par un écran (voir figure 2.15). Un câble unipolaire muni d'un écran est de
manière évidente à champ radial.

bourrage
âme

isolant
écran externe

Figure 2.14. Câble tripolaire à champ non radial

bourrage
ame

gaine

isolant
écran individuel

Figure 2.15. Câble tripolaire à champ radial


86 Protection des réseaux électriques

2.4.3.7.7.1. Câble à champ radial


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La capacité des câbles à champ radial est donnée par la formule suivante :

en uF / km

£ r : permittivité relative de l'isolant


D : diamètre de l'isolant sous l'écran externe
d : diamètre de l'âme
Ln : logarithme népérien

Les valeurs des permittivités relatives des principaux isolants sont indiquées
dans le tableau 2.10.

nature de l'isolant PE PR EPR PVC

2,3 2,5 2,8 6

Tableau 2.10. Permittivité relative des principaux isolants

La norme N F C 33-220 donne des valeurs approximatives en uF/km pour les


câbles à champ radial isolés à l'EPR et au PE (voir tableaux 2.11 et 2.12).

tension kV 5,5 10 20

2
section m m

35 0,29 0,21 \

70 0,35 0,26 0,17

120 0,44 0,31 0,20

240 0,58 0,41 0,26

Tableau 2.11. Capacité des câbles à champ radial isolés à l'EPR en pF / km


Etude des courts-circuits 87

tension kV 5,5 10 20
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1
section m m

35 0,27 0,17

70 0,34 0,21 0,14

120 0,42 0,26 0,17

240 0,54 0,34 0,21

Tableau 2.12. Capacité des câbles à champ radial isolés au PE en pF/km

2.4.3.1.1.2. Câbles à champ non radial


Il n'y a pas de formule simple permettant de déterminer la valeur des capacités
des câbles à champ non radial.

A titre d'exemple, pour les câbles SPIRELEC on a :


- câbles basse tension isolés au PR :
2
- 16 m m => C = 0,2 u F / k m
2
- 3 5 m m => C = 0,16 u F / k m
- câbles de tension composée 3,2 kV isolés au PVC :
2
- 10mm => C = 0,16 u F / k m
2
-25mm => C = 0,18 u F / k m
2
-35mm => C = 0,17 u F / k m
- câbles de tension composée 6 kV isolés au PVC :
2
- 16mm => C = 0,14 u F / k m
2
-50mm => C = 0,21 u F / k m
2
-95mm => C = 0,30 u F / k m

2.4.3.7.8. Capacité homopolaire des lignes aériennes (capacité entre la ligne et la terre)
Elle est de l'ordre de 5 nF / km. Elle est donc beaucoup plus faible que la
capacité des câbles ( environ 100 fois plus faible).
88 Protection des réseaux électriques

2.4.4. Contribution des moteurs à la valeur du courant de court-circuit


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Lors d'un court-circuit, les moteurs alimentent le défaut pendant une durée
correspondant à l'extinction du flux. Les courants fournis par les moteurs s'ajoutent
au courant fourni par la source d'alimentation. En négligeant les déphasages entre
les courants, la valeur du courant de court-circuit est la somme algébrique des
courants fournis par les moteurs et les sources (la somme algébrique maximise la
valeur du courant).

2.4.4.1. Les moteurs synchrones


Ils ont une contribution équivalente à celle des alternateurs car, lors d'un court-
circuit, ils marchent en alternateur. Ils sont donc équivalents à une source de
tension d'impédance interne X d ou Xd (voir 2.4.3.4.1)

2.4.4.2. Les moteurs asynchrones


Lors d'un court-circuit, ils ont un courant qui s'atténue assez rapidement, avec
une constante de temps d'environ :
- 10 ms pour les moteurs à simple cage jusqu'à 100 kW,
- 20 ms pour les moteurs à double cage et les moteurs de plus de 100 kW,
- 30 à 50 ms pour les très gros moteurs (1 000 kW) à rotor bobiné.
Ils sont équivalents à une source de tension à laquelle on attribue une
impédance transitoire X' égale à l'impédance au démarage :
M

On peut exprimer X' en pourcentage de façon identique aux impédances des


M

alternateurs (voir § 2.4.3.4) :

or :

d'où :

r| rendement du moteur
costp : facteur de puissance du moteur

K
rapport du courant nominal au courant de démarrage du moteur
l
d
P puissance mécanique fournie par le moteur
S puissance apparente du moteur (s = V J iln l j
n
Etude des courts-circuits 89

En l'absence d'information précise, on peut prendre r| coscp = 0,8 et — = 6,


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In
ce qui donne X M = 17 % .

Dans les réseaux industriels BT, le grand nombre de moteurs et la difficulté de


connaître le nombre de moteurs en service en moyenne rendent difficiles le calcul
de la contribution des moteurs. C'est pourquoi il est d'usage de considérer une
contribution globale des moteurs au courant de court-circuit. Ce courant équivalent
est pris égal à 3 fois la somme des courants nominaux de tous les moteurs installés,
chaque courant étant ramené au niveau de tension considéré.

2 . 4 . 5 . Exemple de calcul de court-circuit triphasé symétrique

Considérons un réseau de distribution publique 11 kV qui alimente par une


ligne aérienne de 1,5 km un poste HTA / BT. Le poste comporte deux
transformateurs de 1 000 kVA en parallèle reliés au tableau général basse tension
(TGBT).

Un tableau BT secondaire alimente 5 moteurs de 50 kW, tous raccordés par des


câbles identiques. Ils sont tous en service à l'instant d'apparition du défaut.

Le schéma de l'installation est dessiné sur la figure 2-16. Nous allons calculer
la valeur du courant de court-circuit triphasé symétrique fourni par la source
d'alimentation en différents points de l'installation :
- en A sur le jeu de barres HTA,
- en B sur le TGBT à 10 m des transformateurs,
- en C sur le tableau BT secondaire alimentant les moteurs,
- en D aux bornes d'un moteur.

Ensuite, nous calculerons le courant de retour des moteurs aux points D, C, B


et A.

Dans le tableau 2.13, nous déterminons les valeurs des reactances X et des
résistances R de chaque élément du réseau, à leur niveau de tension.

Pour déterminer la valeur d'une impédance à travers un transformateur, il faut


la multiplier par le carré du rapport des tensions (voir § 2.4.1).
90 Protection des réseaux électriques

reseau amont
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liaison aérienne de 1,5 km


3 x 9 5 mm cuivre
4 jeu de barres HTA

2 transformateurs 1000 kVA


WkVIA\0V d'où « = 26,8
U cc =5%

jeu de barres
2
3 barres de 400 mm cuivre
longueur 10 m

liaison 1
2
câble 3 x 400 mm Alu
unipolaires espacés en nappe
longueur 80 m

tableau BT secondaire 7Q
liaison 2
2
câble 3 x 25 mm cuivre
tripolaires
longueur 30 m

5 moteurs de 50 kW
U =400 V
n

r\ costp = 0,8

Figure 2.16. Schéma de l'installation


Etude des courts-circuits 91

Elément Calculs jf(n),


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Réf. Réf.

Réseau amont 3 2
(llx 10 )
Z=^ '— = 0,605
200x10 6
0,58 G) 0,17 3
X = 0,96 Z
R = 0,3 X

Ligne aérienne X = 1,5 x 0,3

A —
0,0225x 1500 0,45 3 0,36 0
95
2 transformateurs voir tableau 2-8 (*)
en parallèle 9 8 5 3
* = ' x,0- _ 3
4,93 x 10 3 l,10xl0~ ® 3

2 9 3
K= '* xl0-
2

Jeu de barres X = 0,\5x 10~ x 10 3

/? est négligeable 1,5 x I 0 - 3


3 =0 w

Liaison 1 JT = 0,15x 10" 3


x80
0,036 x 80 12 x 1 0 ~ 3
3 7,2 x 10" 3
©
400

Liaison 2 ^ = 0,08x 1 0 - 3
x30 3
0,0225 x 30 2,4 x 10~ 3
3 27 x lu" S

25

Moteurs 50 kW 2
. (400) 0,8
•X M ~ •> X
, 0,706 3
3
50xl0 6

Tableau 2.13. Valeurs des reactances X et des résistances R de chaque élément

(•) Ces valeurs correspondent aux impédances des transformateurs vues de la BT


92 Protection des réseaux électriques

2.4.5.1. Calcul du courant de court-circuit triphasé symétrique fourni par la source


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d'alimentation

2.4.5.1.1. Défaut en A sur le jeu de barres HTA


3
X A = I.. + ( ) = 0,58 + 0,45 = 1,03 Q

2
RA = ( ) + 'S, = 0,17 + 0,36 = 0,53 Q

Déterminons la valeur crête du courant de court-circuit (voir § 2.1.1) :

d'où :

hc.A = 1,7 x 6 022 = 10 237 À

2.4.5.1.2. Défaut en B sur le TGBT


Les impédances calculées en HTA doivent être ramenées en BT.
Etude des courts-circuits 93
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Déterminons la valeur crête du courant de court-circuit (voir § 2 . 1 . 1 ) :

d'où :

îcc B = 2 , 1 0 x 30 048 = 63 101 /5

2.4.5.1.3. Défaut en C sur le tableau BT secondaire


3 3
X c =X B + ® = (7,86 + 12) x 10~ = 19,86 x 10~ Q

3 3
Rc = B R
+ © = (1,84 + 7,2) x 10" = 9,04 x 1 0 " Q

Déterminons la valeur crête du courant de court-circuit (voir § 2.1.1) :

d'où :

4 c , C = 1,75x11113 = 19 448 À

2.4.5.1.4. Défaut en D aux bornes d'un moteur


3 3
X D = X+ C © = (19,86 + 2,4) x 1 0 " = 22,26 x 1 0 " Q
94 Protection des réseaux électriques

x 3 - 3
R D = R+
C } . = (9,04 + 27) x 10" = 36,04 x 1 0 fi
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Déterminons la valeur crête du courant de court-circuit (voir § 2.1.1) :

d'où :

hc,D = x 5 724 = 8 128 A

Le coefficient K caractérise le rapport du courant crête au courant en régime


établi. Pour un même niveau de tension, il décroît au fur et à mesure que le point de
défaut s'éloigne de la source :

La composante apériodique est donc plus importante à proximité du


transformateur.

2.4.5.2. Calcul du courant fourni par les moteurs (voir § 2.4.4.2)


On considère les moteurs comme des sources indépendantes et on néglige les
déphasages entre les courants. Le courant total est alors égal à la somme des
courants fournis par chaque moteur.

2.4.5.2.1. Défaut en D aux bornes d'un moteur


Contribution du moteur aux bornes duquel le défaut apparaît :

*D,mf = 3 =0,427 fi

R
D.mf = 3 = 0
Etude des courts-circuits 95
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Contribution des 4 autres moteurs :

x
D,mi = 3+2x3 = 432 x H T 3
Q

R
D,mi = 3 + 2x 3 =54xl0" fi 3

Le courant de court-circuit fourni par les 5 moteurs est :

1 1 2 6 6 5 A
'D,mol = D,molJ + D,mot,i =

Pour un court-circuit en D, la contribution des 5 moteurs par rapport au courant


de court-circuit fourni par la source d'alimentation est :

2.4.5.2.2. Défaut en C sur le tableau BT secondaire

x x 3
C,m = D,m + 3 = 0,427 + 2,4 x 10" = 0,429 Q

R
C,m R
= D.m + 3 = 0 + 27 x 10~ = 27 x 1 0 " Q 3 3

Le courant de court-circuit fourni par les 5 moteurs est :


96 Protection des réseaux électriques

Pour un court-circuit en C, la contribution des 5 moteurs par rapport au courant


de court-circuit fourni par la source d'alimentation est :
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/ O n 0
'=24%
l
cc.C

2.4.5.2.3. Défaut en B sur le TGBT


9 3
X Bm =X Cm + C/ = 0,429 + 12 x 10" = 0,441 Q

R R 3 3
B,m = C,m + î ° = (27 + 7,02) x 1 0 " = 34,02 x 10~ fi

Le courant de court-circuit fourni par les 5 moteurs est :

Pour un court-circuit en B, la contribution des 5 moteurs par rapport au courant


de court-circuit fourni par la source d'alimentation est :

2.4.5.2.4. Défaut en A sur le jeu de barres HTA


Les impédances calculées en BT doivent être ramenées en HTA.

2 x 2 2 3
*A.m = " B,m +" S = (26,8) x (o,441 + 4,08 x I 0 " ) = 320 Q

2 3
R
A,m=» 2 R
B.m+" 2
S = (26,8) x (34,02 + 1,015) x 1 0 " = 25,2 Q
Etude des courts-circuits 97

Le courant de court-circuit fourni par les 5 moteurs est :


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Pour un court-circuit en A, la contribution des 5 moteurs par rapport au courant


de court-circuit fourni par la source d'alimentation est :

La contribution des moteurs BT peut généralement être négligée pour un court-


circuit coté HTA. Par contre, pour un court-circuit coté BT elle peut être importante,
il faut alors en tenir compte pour le choix des appareils de coupure et le réglage des
protections.

2.5. Circulation des courants de défauts à la terre

Considérons un réseau triphasé basse ou haute tension (voir figure 2.17). Le neutre
peut être ou non mis à la terre. Le régime du neutre dépend de la valeur de l'impédance de
mise à la terre Z
N (voir § 1.2).

En l'absence de défaut, un courant triphasé équilibré circule dans les capacités du


réseau, le caractère symétrique de ces courants entraîne un courant nul dans la mise
à la terre du point neutre.

Lorsqu'une phase est mise en contact avec la terre, un courant /j s'établit entre
la phase en défaut et la terre. On voit qu'il se referme par l'impédance Z N ainsi
que par les capacités phase-terre des phases saines :

If = I +I
c N

courant se refermant par les capacités phase - terre des phases saines

i courant se refermant par l'impédance de mise à la terre du neutre


courant circulant dans le défaut
98 Protection des réseaux électriques
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Récepteur

C : capacité phase-terre d'une phase


lç : courant se refermant par les capacités phase-terre des phases saines
/^ : courant se refermant par l'impédance de mise à la terre du neutre
/y : courant circulant dans le défaut
: potentiel du point neutre par rapport à la terre
ZFJ : impédance de mise à la terre du neutre

Figure 2.17. Circulation des courants de défaut phase-terre

Pour calculer précisément ces courants, reprenons l'expression du courant de


défaut par la méthode des composantes symétriques (voir § 2.3.2) :

Pour déterminer ZQ , il faut déterminer le schéma homopolaire équivalent vu du


point de défaut (voir § 2.3.1). Le courant de défaut se referme par l'impédance de
mise à la terre du neutre et par les capacités des phases saines, le schéma triphasé
équivalent est donc celui de la figure 2.18.

Remarquons que pour ramener l'impédance de mise à la terre du neutre sur


chaque phase, il faut la multiplier par un facteur 3 (voir figure 2.13).

L'impédance homopolaire en amont du transformateur est infinie, sauf dans le


cas d'un transformateur étoile-étoile possédant un point neutre à la terre permettant
un rebouclage des courants terre au primaire (voir tableau 2.7). Il faut, dans ce cas,
tenir compte de cette impédance en l'ajoutant en série sur le schéma homopolaire
équivalent. On en déduit alors le schéma monophasé homopolaire équivalent
(voir figure 2.19).
Etude des courts-circuits 99
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Récepteur

Zjt/ : impédance de mise à la terre du point neutre


ZQI : impédance homopolaire de la liaison reliant le transformateur au point
de défaut
ZÇ,F : impédance homopolaire du transformateur (voir tableau 2.9)
C) , CI , C3 : capacités phase-terre (ou capacités homopolaires) égales à C
VQ : tension homopolaire
1 et 2 : circulation des courants de défaut à la terre

Figure 2.18. Schéma triphasé homopolaire d'un réseau affecté d'un défaut phase-terre

Figure 2.19. Schéma monophasé homopolaire équivalent

L'impédance homopolaire vue du point de défaut est donc :

Lorsque le neutre n'est pas mis directement à la terre, on peut négliger Z D et Z,


devant Z 0 (l'impédance de mise à la terre Z N est largement prépondérante),

on a alors :
100 Protection des réseaux électriques

Nous allons étudier la valeur du courant de défaut phase-terre en fonction du


régime de neutre, c'est-à-dire en fonction de Z .
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2.5.1. Neutre isolé

Dans ce cas :

on a a l o r s : (voir figure 2.19)

d'où :

l =ljCtaV„
f

Le courant de défaut est donc assez faible et ne dépend que de la capacité


phase-terre du réseau.

2.5.1.1. Exemple en basse tension 400 V


La capacité phase-terre d'un câble basse tension est de l'ordre de 0,25 uF / km
(voir §2.4.3.7.7).

Pour un réseau de 1 km, on a :

Ce courant est très faible et n'est donc pas dangereux pour les équipements
électriques du réseau.

2.5.1.2. Exemple en moyenne tension 20 kV

La capacité phase-terre d'un câble moyenne tension est de l'ordre de 0,2 uF/km
(voir §2.4.3.7.7).
Pour un réseau de 25 km, on a :

Ce courant est suffisamment faible pour ne pas être dangereux pour les câbles et
les transformateurs, par contre il peut être préjudiciable aux machines tournantes
(voir §7.1.1.2).
Etude des courts-circuits 101

2.5.2. Neutre mis à la terre par une impédance (résistance ou reactance)


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L'impédance Z v est égale à quelques dizaines à quelques centaines d'Ohms.


Elle est donc largement supérieure à ZQJ- et ZQI ,

on a alors : ZQJ- + Z QL « Z N

d'où : ( v o i r figure 2.19)

et :

Zfj est appelée impédance de limitation du courant de court-circuit phase-terre.

Dans les réseaux industriels, on limite généralement à quelques dizaines

d'Ampères (voir §7.1.1.2).

Comme dans le cas du neutre isolé (voir § 2.5.1.1), la valeur 2jCaV n est
négligeable en basse tension (< 1 A). Par contre, en haute tension, la valeur du

courant capacitif peut être proche du courant de limitation , notamment pour les

réseaux étendus.

Ce courant capacitif n'est pas dangereux pour les câbles et les transformateurs,
par contre il peut être préjudiciable aux machines tournantes. De plus, de forts
courants capacitifs peuvent rendre le système de protection plus complexe
(voir § 7.1.1.4).

2.5.3. Neutre mis à la terre par une reactance accordée (ou bobine de Petersen)
Les hypothèses de calcul sont identiques au cas du neutre mis à la terre par une
impédance, on a donc : Z 0 L +Z 0 T « Z N ,

d'où : (voir figure 2.19)

avec : Z N =j L <aN

Ltf : inductance de la bobine de mise à la terre


102 Protection des réseaux électriques
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on a donc :

La bobine de Petersen est une reactance permettant d'annuler le courant de


défaut, on s'arrange donc pour réaliser l'accord :

La capacité du réseau est difficile à connaître précisément et varie en fonction de


la configuration du réseau et des extensions. Il est donc préférable d'installer une
2
reactance variable pour maintenir l'accord 3LN Ccu = I .

Dans les réseaux de distribution publique, la reactance est obligatoirement


variable en raison des multiples configurations de réseaux possibles et des
extensions fréquentes.

Dans la pratique, l'accord n'est jamais parfait, un courant circule donc pendant la
durée du défaut. Ce courant de défaut peut être maintenu jusqu'à ce que le personnel
d'exploitation intervienne (non coupure en premier défaut). Il faut s'assurer que ce
courant ne présente pas de danger pour le matériel ou le personnel.

2.5.4. Neutre mis directement à la terre

Dans ce cas, (voir figure 2.19)

Le courant capacitif est donc négligeable devant le courant circulant dans le


neutre.

Le courant de défaut n'est limité que par les impédances du transformateur et des
liaisons, et par la résistance de défaut p , qui dans ce cas n'est pas négligeable. Le
schéma monophasé homopolaire équivalent est alors celui de la figure 2.20.

Le facteur 3 devant la résistance de défaut provient du fait que l'on a un schéma


monophasé équivalent d'un schéma triphasé, la résistance de défaut est donc
ramenée sur les 3 phases. La démonstration est identique à celle concernant
l'impédance homopolaire de la mise à la terre du neutre (voir figure 2.13).
Etude des couns-circuits 103
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p : résistance de défaut
ZQJ- : impédance homopolaire du transformateur
ZQL : impédance homopolaire de la liaison reliant le transformateur au point de défaut

Figure 2.20. Schéma homopolaire monophasé lorsque le neutre est mis directement à la terre

Le courant de défaut à la terre est très important et proche du courant de


court-circuit triphasé, surtout si la résistance de défaut p est faible :

(voir §2.3.2.1)

Z et Z, sont respectivement les impédances directes et inverses du réseau


D

amont au point de défaut. Elles sont égales à la somme de l'impédance de la liaison


reliant le transformateur au point de défaut, de l'impédance du transformateur et de
l'impédance du réseau amont au transformateur.

S'il n'y a pas d'alternateur, ZD =ZI et

Dans le cas usuel d'un transformateur triangle-étoile, ZQJ- est égal à l'impédance
directe du transformateur (voir tableau 2.7). L'impédance homopolaire ZQ L de la
liaison est proche de son impédance directe. On peut généralement négliger
l'impédance du réseau amont au transformateur, la valeur du courant de défaut est
alors :

La valeur de la résistance de défaut est souvent assez faible, le courant de défaut


est alors proche du courant du court-circuit triphasé.
104 Protection des réseaux électriques

2.6. Répartition du c o u r a n t capacitif dans un réseau avec plusieurs départs


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Comme il est indiqué aux paragraphes 2.5.1, 2.5.2 et 2.5.3, la connaissance de la


valeur totale du courant capacitif est importante. Il est de plus intéressant de
connaître sa répartition et le courant vu par les dispositifs de mesure des différents
départs et de la mise à la terre du point neutre. La connaissance des valeurs des
courants vus par les dispositifs de mesure est importante pour le choix et les
réglages des protections contre les défauts à la terre.

Considérons un réseau triphasé basse ou haute tension constitué de plusieurs


départs i , i + l , ... (voir figure 2.21). L'impédance Z est une reactance, une
N

résistance, ou de valeur infinie (cas du neutre isolé). Le neutre mis directement à la


terre n'est pas considéré car dans ce cas les courants capacitifs sont négligeables
devant le courant circulant dans le neutre (voir § 2.5.4).

Un dispositif de mesure du courant résiduel est installé sur chaque départ, il


réalise la somme vectorielle des courants circulant dans chacune des phases
(voir § 4.2.1 ) . Le courant résiduel donne la mesure du courant passant par la terre.

: courant circulant dans le défaut

N : courant circulant dans l'impédance de mise à la terre du neutre

C : courant capacitif se refermant par les capacités phase-terre du réseau

Çf : courant capacitif se refermant par les phases saines du départ en défaut

Ci : courant capacitif se refermant par les phases saines des départs sains

rsdf : courant résiduel mesuré sur le départ en défaut

rsdi : courants résiduels mesurés sur les départs sains


V\ , , Vy : tensions simples du réseau

Figure 2.21. Répartition du courant capacitifdans un réseau avec plusieurs départs


Etude des courts-circuits 105

Comme il est indiqué au paragraphe 2.5, le courant passant par le défaut est la
somme des courants se refermant par Z et se refermant par les capacités des
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phases saines du réseau. Lorsque le réseau a plusieurs départs, le courant de défaut


se referme par la capacité des phases saines de chaque départ.

2.6.1. Valeur du courant dans le défaut

La valeur du courant dans le défaut est (voir § 2.5.2.) :

C = Cy + C,-.| + Cj + Cj+| : capacité totale du réseau par phase


Cf : capacité du départ en défaut par phase
On peut déterminer l'expression de ce courant de défaut, de façon plus concrète
que par la méthode des composantes symétriques explicitée au paragraphe 2.3.1.
Nous allons utiliser la méthode vectorielle.

Considérons le schéma de la figure 2.22 dont la phase 1 est en défaut franc à la


terre (impédance de défaut nulle).

tensions phase-neutre
V
IT V
< 2T V
> 3T tensions phase-terre
: tension entre le neutre et la terre

Figure 2 . 2 2 . Valeur du courant dans le défaut


106 Protection des réseaux électriques

Les mesures des tensions par rapport à la terre sont :


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v 2T = V - V,
2

v 3T = K - F,
3

v lT =0

V
AT = ~V\

Le module de la tension du point neutre par rapport à la terre est donc égal à la
tension simple :

Vm\ = Vn

Vn : tension simple nominale


Ainsi, un courant I N circule dans la mise à la terre du point neutre :

La valeur du courant capacitif est :

l l l
C - C2 + C3

avec : I C2 = j Cco v - = jCco 27 [V - V\)


2

et: l =JC(o
Ci v 3T = y Coo (K - K,)3

d'où: I c =jCa (V -V
2 x +K - K , )
3

I =jCfô(V +Y +Y -3V )
c l 2 3 l

/ =-3yCû3K,
c car K, + V + V = 0
2 3

|/ | = 3 CcoK
c 7 n

La valeur du courant de défaut est donc :


Etude des courts-circuits 107

2.6.2. Valeur du courant vu par le dispositif de mesure du courant résiduel situé


sur le départ en défaut
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Le courant résiduel circulant sur le départ en défaut est :

= l + l + !
hsdf J\ J2 /i

Dans le dispositif de mesure du départ en défaut, les courants capacitifs / y 2 et


/ y 3 des phases saines circulent en sens inverse du courant de défaut / y i :

Le courant capacitif vu par le dispositif de mesure est donc la somme des


courants capacitifs du réseau, diminuée des courants capacitifs du départ en défaut ;
on en déduit :

C = Cj + Cj.\ + Cj + C, i + : capacité totale du réseau


Cj : capacité du départ en défaut

Ainsi, lorsqu'il n'y a qu'un départ, le dispositif de mesure du courant résiduel ne


voit passer aucun courant capacitif.

Dans le cas du neutre isolé, l f nd = 3 j{c - Cf j eu V n car ZN = oo

2.6.3. Valeur du courant vu par les dispositifs de mesure du courant résiduel situés
sur les départs sains

Le courant résiduel sur les départs sains est :

'rsdi =3jCj(0V„

C, : capacité du départ sain

Un dispositif de mesure du courant résiduel détecte donc un courant sur un


départ sain dont la valeur est proportionnelle à sa capacité. Si le seuil de réglage de
la protection à maximum de courant terre n'est pas supérieur à ce courant capacitif,
108 Protection des réseaux électriques

le départ sain risque de déclencher par "sympathie". Le moyen de se prémunir


contre cet inconvénient est d'installer des protections à maximum de courant terre
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directionnel (voir § 4.4).

2.7. Calcul et importance du courant de court-circuit minimal

Afin de protéger les personnes et les équipements électriques, il faut s'assurer


que quels que soient le type et le lieu du court-circuit, la protection directement en
amont du point de court-circuit est activée par le courant de court-circuit. La
connaissance de la valeur du courant de court-circuit minimal est donc importante
pour régler les seuils de courant des protections ou choisir les calibres des fusibles.
Il faut de plus s'assurer que la coupure interviendra dans un temps compatible avec
la protection des personnes et des matériels.

La procédure de calcul de la valeur du courant de court-circuit minimal


comporte les étapes suivantes :

Etape © déterminer le point le plus en aval protégé par le dispositif de


protection : récepteur ou dispositif de protection directement en aval.

Etape déterminer la configuration du réseau amont au dispositif de


protection entraînant un courant de court-circuit minimal :
- détermination de la source de tension configurable de plus faible
courant de court-circuit ; en général, la source de production
interne (alternateurs), si elle existe.
- détermination de la configuration entraînant l'impédance la plus
importante entre le dispositif de protection et cette source.

Etape ( D déterminer le type de court-circuit entraînant la plus faible valeur.

Etape © déterminer la longueur la plus importante de la boucle de défaut.

Etape © effectuer le calcul du courant de court-circuit, par la méthode des


impédances ou la méthode conventionnelle.

Remarque générale concernant le calcul

Pour le calcul du courant de court-circuit minimal, la résistivité des conducteurs


2
est prise égale à 1,5 fois la résistivité à 20°C, soit 0,027 Q. m m / m pour le cuivre et
Etude des courts-circuits 109

2
0,043 Q m m / m pour l'aluminium (voir UTE C 13-205, § C.3.1.1 et U T E C 15-105,
§ C.2.1.1). Le facteur 1,5 permet de tenir compte de l'influence de la température du
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matériau pendant le court-circuit.

2.7.1. Calcul du courant de court-circuit minimal en basse tension


(suivant NF C15-100)

Le courant de court-circuit minimal doit être calculé en aval de tous les


dispositifs de protection (disjoncteurs ou fusibles) pour les schémas TN et IT car
ceux-ci assurent la protection des personnes.

En schéma TT, la protection est assurée par des dispositifs à courant différentiel
résiduel dont le réglage doit satisfaire la condition suivante (voir NF C 15-100,
§413.1.4.2):

R A IA < 50 V
R A : résistance de la prise de terre des masses
/A : courant différentiel résiduel assigné du disjoncteur

Pour calculer le courant de court-circuit minimal, deux méthodes sont


applicables :
- la méthode des impédances ; elle est utilisable lorsque toutes les
caractéristiques de la boucle de défaut sont connues, y compris celle de la source
d'alimentation ;
- la méthode conventionnelle ; elle est utilisable même lorsque l'on ne connaît
pas les caractéristiques du réseau amont au dispositif de protection. Elle est
notamment valable pour les circuits situés suffisamment loin de la source
d'alimentation. Elle n'est par contre pas applicable lorsque le réseau est alimenté par
un alternateur.

La méthode conventionnelle réalise les simplifications suivantes :


- o n suppose qu'en cas de court-circuit la tension au niveau du dispositif de
protection est égale à 80 % de la tension assignée. Autrement dit, on suppose que la
partie de la boucle de défaut en amont représente 20 % de l'impédance totale de la
boucle de défaut ;
- l'influence de la reactance des conducteurs est négligée pour les sections
2
inférieures à 150 m m . 11 est tenu compte de l'influence des reactances des
conducteurs pour les fortes sections, en augmentant la résistance de 15 % pour la
2 2
section de 150 m m , de 20 % pour la section de 185 m m , de 25 % pour la section
2 2
de 240 m m et de 30 % pour la section de 300 m m ;
110 Protection des réseaux électriques

- le court-circuit est supposé franc, c'est-à-dire qu'il n'est pas tenu compte des
résistances d'arc, des résistances de contact et analogues.
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2.7.1.1. Calcul du courant de court-circuit minimal en schéma TN


La procédure comporte les étapes suivantes :

Etape © Voir § 2.7.

Etape © Voir § 2.7.

Etape ® Le type de court-circuit entraînant la plus faible valeur de courant est


le défaut phase-masse (voir figure 2.23).

Etape © La boucle de défaut est la plus longue lorsque le court-circuit est situé
au niveau du récepteur le plus éloigné ou du dispositif de protection
directement en aval.

récepteur
défaut phase-masse
récepteur

—•> circulation du courant de court-circuit

Figure 2.23. Boucle de défaut pour un court-circuit phase-masse en schéma TN

L est la longueur de circuit la plus importante à partir du disjoncteur. On voit


que le courant de court-circuit parcourt la phase sur une longueur L , le neutre sur
une longueur L , puis remonte jusqu'à la source. La distance d du disjoncteur au
point d'attache du circuit est négligée.

Etape © On effectue le calcul du courant de court-circuit.


Etude des courts-circuits 111

2.7.1.1.1. Méthode des impédances


On suppose que l'on connaît les caractéristiques du réseau amont au dispositif de
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protection.
L'impédance de la boucle de défaut est alors :

L : longueur du circuit en mètre indiquée sur la figure 2.23


SP N : section des conducteurs de phase du circuit
SM : section du conducteur de neutre du circuit
X : reactance linéique des conducteurs
p : résistivite des conducteurs prise égale à 1.5 fois celle à 20 °C
RP£,XP£ : résistance et reactance équivalentes aux conducteurs de protection
parcourus par le courant de court-circuit.
R ,X R r : résistance et reactance équivalentes aux conducteurs de phase parcourus

par le courant de court-circuit.

Le courant de court-circuit minimal est :

V n : tension simple du réseau à vide

2.7.1.1.2. Méthode conventionnelle


La valeur du courant de court-circuit minimal est calculée par la
formule suivante :

tension simple en Volt, en service normal à l'endroit où est installé le dispositif de


coupure
L longueur du circuit en mètre indiquée sur la figure 2.23
P résistivité des conducteurs prise égale à 1,5 fois celle à 20 °C
S
Ph section des conducteurs de phase du circuit
S
PE section du conducteur de protection du circuit
112 Protection des réseaux électriques

2.7.1.1.3. Exemple
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Considérons le schéma de la figure 2.24, correspondant à la configuration


entraînant le plus faible courant de court-circuit. Nous allons calculer la valeur du
courant de court-circuit minimal au niveau du récepteur.

U=20kV
Sec=250 M l'A
- 0.2
XA

S = 630 kVA
U = 4%cc

U = 400 V

\ câble tripolaire
! !
3x95 mm + / x 50 mm
aluminium
L=25m

câble tripolaire
3 x 35 mm- + 1x16 mm-
cuivre
L = 88m
récepteur

Figure 2.24. Exemple de calcul du courant de court-circuit minimal


en schéma TN

2.7.1.1.3.1. Méthode des impédances


Réseau de distribution publique :

2
= 0,2 , on a donc R\ + x \ = 0,04 XA +x\ = Z A

XA
Etude des courts-circuits 113

d'où: et R =0,\3mQ
A
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Transformateur 630 kVA, d'après le tableau 2.8 :

Z T = 10,67 mQ
XT = \Q,3\mQ
R T = 2,75 mQ

2
Câble tripolaire 3 X 95 mm + 1 x 50 aluminium :

phase :

PE :

La reactance linéique des câbles tripolaires est X( = 0,08 mQ I m


(voir § 2.4.3.7.3), on a donc :

phase : X = 0,08 x 25 = 2mQ


PE : X PE = 0,08 x 25 = 2 /wQ

On peut donc déterminer l'impédance du réseau amont au disjoncteur D :

phase: R r = 0,13 + 2,75 + 11,32 = 14,20 mQ


X r = 0,63 + 10,31 + 2 = 12,94 mQ.

PE R PE = 21,5 mQ
X PE = 2mQ

Les caractéristiques du câble en aval du disjoncteur D sont :

p =27 mQ mmVm
2
Spf, = 35 mm
2
S/y = 16 mm
X ( =0,08mfi/m
114 Protection des réseaux électriques

On a donc :
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d'où :

2.7.1.1.3.2. Méthode conventionnelle

d'où: f cc m i n = 850A

On constate que dans cet exemple la méthode conventionnelle minimise de 6 %


le résultat du calcul du courant de court-circuit minimal.

2.7.1.2. Calcul du courant de court-circuit minimal en schéma IT sans neutre


distribué

La procédure comporte les étapes suivantes :

Etape © Voir § 2.7.

Etape © Voir § 2.7.

Etape ® Le type de court-circuit entraînant la plus faible valeur de courant est


le double défaut phase-masse, le premier étant situé sur une phase
d'un circuit, le second étant situé sur une autre phase d'un autre circuit
(voir figure 2.25). Il s'agit d'un court-circuit biphasé isolé car le
courant de court-circuit circule dans les conducteurs de protection qui
ont une impédance très faible par rapport à la résistance de la prise de
terre du neutre.
Etude des courts-circuits 115

Etape ® La boucle de défaut est la plus longue pour le double défaut


apparaissant au niveau des deux récepteurs les plus éloignés des
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appareils de protection.

Ph 1
Ph2
Phi
. conducteur
de
circuit 1 protection
circuit 2

récepteur
•À
récepteur

circulation du courant de court-circuit

Figure 2.25. Boucle de défaut pour un double défaut sur les phases I et 3
en schéma IT sans neutre distribué

L\ et L sont les longueurs des circuits des deux récepteurs les plus éloignés
2

du disjoncteur. On voit que le courant de court-circuit parcourt le chemin suivant :


-longueur L 2 sur la phase 1,
- longueur L 2 sur le conducteur de protection,
- longueur L\ sur le conducteur de protection,
- longueur L\ sur la phase 3,
-remontée jusqu'à la source.

La longueur "a" entre les deux points d'attaches des circuits est négligée.

Etape © On effectue le calcul du courant de court-circuit.

Afin d'éviter de calculer un très grand nombre de courants de court-circuit


minimaux (toutes les combinaisons avec deux récepteurs), la norme UTE C15-105
réalise la simplification suivante : les deux circuits sont identiques et L\ = L = L, 2

où L est la valeur maximale de L^etL .


2

Cette simplification minimise la valeur du courant de court-circuit. Il suffit alors


de calculer le courant de court-circuit minimal au niveau du récepteur le plus
éloigné du dispositif de protection.
116 Protection des réseaux électriques

2.7.1.2.1. Méthode des impédances


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On suppose que l'on connaît les caractéristiques du réseau amont au dispositif de


protection. L'impédance de la boucle de défaut est alors :

L\ et Z-2 : longueurs des circuits I et 2


Sp/^ et Spf,2 : sections des conducteurs de phase des circuits I et 2
A. I et A.2 : reactances linéiques des conducteurs des circuits 1 et 2
Sp Ei elSp£2 : sections des conducteurs de protection des circuits 1 et 2
Pl et P2 : résistivités des conducteurs des circuits I et 2, prises égales à
1,5 fois celle à 20 °C
R, X
r R : résistance et reactance équivalentes aux conducteurs de phase
parcourus par le courant de court-circuit.

Avec la simplification supposant que les deux circuits sont identiques et que
L\ = Lj = L, on trouve :

Le courant de court-circuit minimal est :

Vn : tension simple du réseau à vide

2.7.1.2.2. Méthode conventionnelle


La valeur du courant de court-circuit minimal est calculée par la formule
suivante :
Etude des courts-circuits 117

Avec la simplification supposant que les deux conducteurs sont identiques et que
=
Z-i = Z-2 L, on obtient :
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L\ et £ 2 : longueurs des circuits 1 et 2


Sphi et 5phi : sections des conducteurs de phase des circuits 1 et 2
Xl et X2 : reactances linéiques des conducteurs des circuits 1 et 2
Sp£\ et Sp£2 '• sections des conducteurs de protection des circuits 1 et 2
Pl et p2 : résistivités des conducteurs des circuits 1 et 2, prises égales à 1,5 fois
celle à 20 °C
2.7.1.2.3. Exemple
Considérons le schéma de la figure 2.26, correspondant à la configuration
entraînant le plus faible courant de court-circuit. Nous allons calculer le courant de
court-circuit minimal au niveau du récepteur.

U = 20kV
S ce = 250 MVA
R
/=0,2

S = 630 kl A
U = 4%
cc

U = 400 V

câble tripolaire
:
3 x 95 mm aluminium
L = 25m

3x 35 mm' cuivre
:
PE : I6mm cuivre
L \ = 78 m

récepteur

Figure 2.26. Exemple de calcul de courant de court-circuit minimal en schéma IT


sans neutre distribué
118 Protection des réseaux électriques

2.7.1.2.3.1. Méthode des impédances


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Réseau de distribution publique :

d'où :

Transformateur 630 kVA, d'après le tableau 2.8 :

ZT = 10,67 mQ

X T = 10,31 mQ

R T = 2,75 mQ

2
Câble tripolaire 3 x 95 m m aluminium :

La résistance linéique des câbles tripolaires est Xe = 0,08 niQlm


(voir § 2.4.3.7.3), on a donc :

X = 0,08 x 25 = 2 mQ

On peut donc déterminer l'impédance du réseau amont au disjoncteur D :

R r = 0,13 + 2,75 + 1 1,32 = 14,20 mQ


X r = 0,63 + 10,31 + 2 = 12,94 mQ

Les caractéristiques du câble et du conducteur de protection en aval du


disjoncteur D sont :

p = 2 7 m Q mm'/m
2
Spf, = 35 m m
2
Sp E = 16 m m
X ( = 0,08mQ/m
On a donc :
Etude des courts-circuits 1 1 9
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d'où :

2.7.1.2.3.2. Méthode conventionnelle

'ce min = 83<M

On constate que dans cet exemple la méthode conventionnelle minimise de 14 %


le résultat du calcul du courant de court-circuit minimal.

2.7.1.3. Calcul du courant de court-circuit minimal en schéma IT avec neutre


distribué
La procédure comporte les étapes suivantes :

Etape © Voir § 2.7.

Etape © Voir § 2.7.

Etape © Le type de court-circuit entraînant la plus faible valeur de courant est


le double défaut à la masse, le premier étant situé sur une phase d'un
circuit, le second étant situé sur le neutre d'un autre circuit.

Etape © La boucle de défaut est aussi longue que dans le schéma 1T sans
neutre distribué, la seule différence étant que pour le second défaut le
courant de court-circuit parcourt le neutre au lieu d'une phase
(voir figure 2.25).

Etape © On effectue le calcul du courant de court-circuit.


120 Protection des réseaux électriques

Afin d'éviter de calculer un très grand nombre de courants de court-circuit


minimaux (toutes les combinaisons avec deux récepteurs), la norme UTE Cl5-105
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réalise les simplifications suivantes :


- les deux circuits sont identiques et L = Lj= L , où L est la valeur maximale
i

de L i et L , 2

- la section du conducteur de phase est prise égale à celle du neutre.

Les calculs sont identiques au cas du schéma IT sans neutre distribué avec les
différences suivantes :
- pour le récepteur dont le défaut est entre le neutre et la masse, le courant de
court-circuit parcourt le conducteur de neutre,
- la tension appliquée à la boucle de défaut est une tension simple.

2.7.1.3.1. Méthode des impédances


L'impédance de la boucle de défaut est :

Avec les simplifications :


- les deux circuits sont identiques et L\ = L = L,
2

- la section des phases est prise égale à celle du neutre ;

on trouve :

Le courant de court-circuit minimal est :


Etude des courts-circuits 121

2.7.1.3.2. Méthode conventionnelle


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La valeur du courant de court-circuit minimal est calculée par la formule


suivante :

Avec les simplifications :


- les deux circuits sont identiques et L\ = Lj = L,
- la section des phases est prise égale à celle du neutre,

on trouve :

Pour le schéma IT avec neutre distribué, on a donc un courant de court-circuit


minimal au moins fois inférieur au courant de court-circuit minimal pour le
schéma IT sans neutre distribué. Cela impose des longueurs maximales de circuit
plus faibles, c'est la raison pour laquelle la norme NF C 15-100 recommande de ne
pas distribuer le neutre en schéma IT. Dans le cas où la longueur des circuits ne
permet pas d'assurer un déclenchement au deuxième défaut, il faut installer des
dispositifs différentiels résiduels.

2.7.1.4. Influence du courant de court-circuit minimal sur le choix des disjoncteurs


ou des fusibles de protection

2.7.1.4.1. Protection par disjoncteur


La norme NF C 15-100 (§ 432) impose pour les schémas TN et 1T que le seuil
de déclenchement magnétique du disjoncteur soit inférieur au courant de court-
circuit minimal. Pour une longueur de circuit donnée et donc un courant de court-
circuit minimal imposé, il faut choisir un disjoncteur avec un seuil de
déclenchement adéquat. Ou inversement, pour un disjoncteur donné, il existe une
longueur maximale de circuit respectant la contrainte de déclenchement par le
magnétique. Cette condition est imposée afin d'assurer la protection des personnes
contre les contacts indirects.
122 Protection des réseaux électriques

2.7.1.4.1.1. Exemple 1
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Reprenons l'exemple étudié pour le schéma TN au paragraphe 2.7.1.1.3. Une


valeur de courant de court-circuit minimal de 906 A par la méthode des impédances
et de 850 A par la méthode conventionnelle est déterminée. Le seuil de
déclenchement magnétique du disjoncteur D doit donc être inférieur à 906 A ou
850 A selon la méthode de calcul utilisée.

Réciproquement, supposons que le seuil de déclenchement magnétique /,„ du


disjoncteur D soit 600 A, on peut calculer la longueur maximale autorisée du circuit
protégé par ce disjoncteur en schéma TN :

- par la méthode conventionnelle :

d'où :

- par la méthode des impédances : le calcul est plus compliqué et difficile à


faire à la main, il ne sera pas détailler. On trouve L
m = 140,6 m.
a x

2.7.1.4.1.2. Exemple 2
Reprenons l'exemple étudié pour le schéma IT sans neutre distribué au
paragraphe 2.7.1.2.3. Une valeur de courant de court-circuit minimal de 962 A par
la méthode des impédances et de 830 A par la méthode conventionnelle est
déterminée. Le seuil de déclenchement du magnétique du disjoncteur D doit donc
être inférieur à 962 A ou 830 A selon la méthode de calcul utilisée.

Réciproquement, supposons que le seuil de déclenchement magnétique /„, du


disjoncteur D soit 600 A, on peut calculer la longueur maximale autorisée du circuit
protégé par ce disjoncteur en schéma IT sans neutre distribué :
- par la méthode conventionnelle :
Etude des courts-circuits 123

d'où :
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- par la méthode des impédances : le calcul est plus compliqué et difficile à faire
à la main, il ne sera pas détaillé. On trouve L
max = 128,5 m.

En reprenant le même exemple en schéma IT avec neutre distribué, en supposant


que la section du conducteur de neutre est la même que celle du conducteur de
phase, on trouve comme longueur maximale autorisée du circuit protégé par le
disjoncteur D :

- par la méthode conventionnelle :

- par la méthode des impédances :

Pour un seuil de déclenchement fixé du magnétique du disjoncteur, la longueur


maximale autorisée en schéma TN est supérieure à celle autorisée en schéma IT sans
neutre distribué, elle même supérieure à celle autorisée en schéma IT avec neutre
distribué.

2.7.1.4.2. Protection par fusible


La norme N F C I 5 - 1 0 0 (§413.1.1.1) impose pour les schémas TN et IT que le
courant de défaut soit éliminé dans un temps compatible avec la protection des
personnes. Ce temps est déterminé par une courbe en fonction de la tension de
contact présumée. Elle est basée sur les effets physiologiques du courant électrique
sur le corps humain. Par mesure de simplification, à partir de cette courbe, il est
possible de déterminer un temps de coupure moyen en fonction de la tension
nominale de l'installation. Ce temps de coupure est indiqué dans le tableau 2.14 pour
le schéma IT et le tableau 2.15 pour le schéma TN.
124 Protection des réseaux électriques

Tension nominale Temps de coupure


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Vn 1 Un
(secondes) ( 1 )

neutre non distribué neutre


distribué

1277220 0,8 5

220/380. 230/400 0.4 0,8

400/690 0.2 0.4

580/1 000 0,1 0,2

Tableau 2.14. Temps de coupure maximaux dans le schéma IT (double défaut)


(tableau 41 B de la norme NF C 15-100. § 41)

Tension simple nominale Temps de coupure


K (secondes) ' ' '

120, 127 0.8

220, 230 0,4

380, 400 0,2

>400 0.1

Tableau 2.15. Temps de coupure maximaux dans le schéma TN


(tableau 41 A de la norme NF C 15-100, § 41)

( I ) Ces valeurs ne sont pas valables dans les locaux contenant une baignoire ou une douche.

La règle de protection consiste alors à s'assurer que le courant de défaut l d

provoque la fusion du fusible dans un temps inférieur au temps prescrit par les
tableaux 2.14 ou 2.15. Ainsi en pratique, pour une courbe de fusion du fusible
donnée (voir figure 2.27), si t est inférieur ou égal à / , la protection des
x 0

personnes est assurée.


Etude des courts-circuits 125
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Temps

fusible

courant

/Q : temps de coupure prescrit pour assurer la protection des personnes


: temps de fusion du fusible pour le courant de défaut

Figure 2.27. Protection des personnes par fusible

Si est s u p é r i e u r à / Q . n^^is inférieur à 5 s e c o n d e s , la p r o t e c t i o n est a d i n i s e p a r


l a N F C 15-100 ( § 4 1 3 . 1 . 3 . 5 ) d a n s les cas suivants :
-dans les circuits de distribution lorsque le c o n d u c t e u r de protection à
l'extrémité aval du circuit est relié directement à la liaison équipotentielle
principale ;
- d a n s les circuits t e r m i n a u x n'alimentant que d e s m a t é r i e l s fixes et d o n t le
c o n d u c t e u r de protection est relié à la liaison é q u i p o t e n t i e l l e p r i n c i p a l e . 11 faut de
plus qu'ils soient situés d a n s la z o n e d'influence de la liaison équipotentielle
principale.
126 Protection des réseaux électriques

2 . 7 . 2 . Calcul du courant de court-circuit minimal en haute tension


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En haute tension, la méthode des impédances est appliquée. La procédure de


calcul de la valeur du courant de court-circuit minimal comporte les étapes
suivantes :

Etape © Déterminer le point le plus en aval du dispositif de protection


entraînant le plus faible courant de court-circuit pour lequel la
protection doit agir.

Etape Déterminer la configuration du réseau amont au dispositif de


protection entraînant un courant de court-circuit minimal :
- détermination de la source de tension configurable de plus faible
courant de court-circuit ; en général, la source de production
interne (alternateurs), si elle existe ;
- détermination de la configuration entraînant l'impédance la plus
importante entre le dispositif de protection et cette source.

Etape © Déterminer le type de court-circuit entraînant la plus faible valeur. En


haute tension, les courts-circuits monophasés-terre sont éliminés par
les protections à maximum de courant terre ou terre directionnel. Le
neutre n'étant jamais distribué, le courant de court-circuit est minimal
pour un défaut isolé de la terre entre deux phases ; il s'agit d'un court-
circuit biphasé-isolé.

Etape © On effectue le calcul du courant de court-circuit.

D'après le paragraphe 2.3.2.2, la valeur du courant de court-circuit biphasé-


isolé est :

Vn : tension simple
Zj ,Zy : impédances équivalentes directes et inverses des câbles, des lignes et des
transformateurs parcourus par le courant de court-circuit.
Etude des courts-circuits 127

Si le réseau ne peut pas être alimenté par un alternateur, on a Z d = Z,


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et donc :

Par contre, en aval d'un alternateur, en supposant que les dispositifs de protection
coupent le courant pendant la période transitoire, le courant de court-circuit minimal
est calculé d'après la reactance transitoire X' et la reactance inverse X :
d i

Cependant, si les temporisations des protections sont élevées le courant de court-


circuit peut-être minimal pour le court-circuit triphasé (voir § 2.7.3).

2.7.2.1. Utilisation du calcul du courant de court-circuit minimal pour le réglage


des protections
Le calcul du courant de court-circuit minimal permet de régler le seuil de
courant des protections à maximum de courant phase afin de s'assurer de l'ouverture
des appareils de coupure en cas de court-circuit entre phases dans la zone protégée :
- afin d'avoir une marge de sécurité, le seuil l r des protections à maximum de
courant phase (voir § 4.1) doit vérifier la relation : l < 0,8 /
r C C i m j n ,

- u n fusible doit être choisi tel que son temps de coupure pour / c c m j n soit
inférieur à une valeur spécifiée (voir § 5.4.3).

2 . 7 . 3 . Courant de court-circuit permanent minimal en aval d'un alternateur

Il est obtenu pour un court-circuit triphasé symétrique. En effet, la valeur du


courant de court-circuit triphasé permanent est inférieure aux valeurs des courants
de court-circuit permanent biphasé isolé et monophasé (phase-neutre). Ainsi, d'après
le paragraphes 2.3.2, en tenant compte que les résistances de l'alternateur sont
négligeables devant les reactances, on a :
128 Protection des réseaux électriques
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/ 3 : courant de court-circuit triphasé permanent


c c

I c c i '• courant de court-circuit biphasé isolé permanent


I\ cc : courant de court-circuit monophasé permanent

Or, les valeurs de X, et X 0 sont très faibles devant X D (voir tableaux 2.4, 2.5
et 2.6), on peut donc les négliger. On a alors :

La valeur du courant de court-circuit permanent est donc minimale pour un


court-circuit triphasé.

2.7.4. Importance du calcul du courant de court-circuit minimal pour la sélectivité


des protections

Pour une sélectivité de type ampéremétrique, la connaissance des courants de


court-circuit minimaux et maximaux au niveau de chaque appareil de coupure est
indispensable (voir § 6.1).

2.8. Conséquence des courts-circuits

2.8.1. Effet thermique

Lors d'un court-circuit, il apparaît un courant très supérieur au courant nominal.


Il en résulte un échauffement des câbles pouvant endommager l'isolant. Le courant
de court-circuit doit donc être coupé par un disjoncteur ou un fusible en un temps
t
c suffisamment faible, afin que la température du câble n'atteigne pas une valeur
critique.

La puissance d'échauffement par unité de longueur est proportionnelle au carré


du courant :
Etude des courts-circuits 129

2
P(i) = R L I (/) en monophasé
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Rl : résistance linéique du câble

Si le courant n'a pas la forme d'une sinusoïde (voir § 2.1), l'énergie emmagasinée
par le câble est :

2
E =R L \''l (t)dt
Jo
tc = temps de coupure du courant

Si on fait l'approximation d'un courant de court-circuit l cc sinusoïdal, on a :

£ R l
= L lc 'c

l cc : valeur efficace du courant de court-circuit

L'énergie maximale que peut emmagasiner le câble dépend de la section du


conducteur, du matériau de l'âme et de la température maximale admise dans
l'isolant. Dans la pratique, on définit un coefficient k , fonction du matériau de
l'âme et de la nature de l'isolant (voir tableau 2.16). Afin de ne pas détériorer le
câble, la relation suivante doit être vérifiée :

2 2 2
k S >J C tc

et donc : ou :

l cc : courant de court-circuit en A
tj : temps de coupure de l'appareil en seconde
S : section du conducteur en mrrr

Isolant I PVC ou PE 1 PR ou EPR


Ame

Cuivre 115 135

Aluminium 74 87

Tableau 2.16. Valeur du coefficient k conformément aux normes CEI 364-4-43


et NFC 13-200
130 Protection des réseaux électriques

Exemple 1
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Un câble de 120 mm^ cuivre isolé au PR est protégé par un disjoncteur équipé
d'un déclencheur magnétique dont la temporisation est réglable à 0,1 s ou 0,2 s. La
valeur du courant de court-circuit aux bornes aval du disjoncteur est 45 kA.

Le temps maximal pendant lequel le câble sera capable de supporter ce courant


de court-circuit est :

Il faut donc régler la temporisation du déclencheur à 0,1 seconde.

Exemple 2

Une installation a un courant de court-circuit de 55 000.4 en aval du


transformateur d'alimentation. On désire installer un disjoncteur avec un réglage du
déclencheur magnétique à 0,2 s (imposé par les contraintes des récepteurs, un
moteur par exemple).

On choisit d'installer un câble en aluminium isolé au PVC. La section minimale


de ce câble doit être :

Il faut donc prendre une section de 400 mm^.

2.8.2. Effet électrodynamique

La valeur crête du courant de court-circuit maximal provoque les efforts


électrodynamiques maximaux dans les matériels du réseau. Ces efforts proviennent
des forces électromagnétiques appelées "force de Laplace".

Par exemple, l'effort linéique généré par deux conducteurs en parallèle traversés
par un courant identique / est (voir figure 2.28) :
Etude des courts-circuits 131

8
F =2xl0~ — daNlm
D
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F : en daN/m
/ : en Ampère
D : distance en mètre entre les deux conducteurs

Figure 2.28. Effort linéique généré par deux conducteurs en parallèle traversés
par un courant identique I

Les forces sont attractives si les deux courants sont de même sens et répulsives
dans le cas inverse.

Notons que cette formule simplifiée néglige l'influence de la forme des


conducteurs et le fait que leur longueur n'est pas infinie.

En régime sinusoïdal, il faut dimensionner le matériel du réseau par rapport à la


valeur crête du courant de court-circuit maximal. Celle-ci est 1,6 à 2,5 fois
supérieure à la valeur efficace du courant de court-circuit en régime établi (voir
§2.1.1).

Exemple

Deux barres d'un tableau basse tension sont distantes de 10 cm sur une longueur
de 30 cm, elles sont parcourues par un courant identique de même sens dont la
valeur crête est I cc = 100 kA . 1 0 0 kA est la valeur crête du courant de court-
circuit maximal, elle correspond par exemple à un courant de court-circuit en régime
établi de 50 kA avec un coefficient K = 2 (voir § 2.1.1).

La force attractive appliquée sur chaque barre pour le courant de court-circuit


triphasé maximal est :
132 Protection des réseaux électriques
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Si les barres sont soutenues par deux supports, chacun d'un côté de la barre, la
force appliquée sur chaque support est de 300 daN. Les conséquences de ces forces
peuvent être une déformation ou une rupture des pièces.

2.8.2.1. Effet sur les appareils de coupure (disjoncteurs, interrupteurs ou


contacteurs)
Lorsque l'on ferme un appareil de coupure sur un court-circuit triphasé, la force
électrodynamique qui apparaît sur les contacts s'oppose à leur jonction. La non
jonction des contacts provoquerait un arc risquant de détruire l'appareil si la
protection amont n'intervenait pas suffisamment vite. C'est pourquoi on définit le
pouvoir de fermeture en court-circuit des appareils de coupure de type disjoncteur,
interrupteur ou contacteur (voir §5.1.10 et 5.2.2). Ce pouvoir de fermeture est
exprimé en fonction du pouvoir de coupure en court-circuit et de la valeur crête de
ce courant de court-circuit caractérisée par un coefficient K (voir §2.1.1.).

2.8.3. Chutes de tension

Un défaut dans l'installation industrielle ou sur le réseau de distribution publique


provoque une baisse de tension souvent inadmissible par les récepteurs. Cette baisse
de tension peut entraîner des difficultés qui ne disparaissent pas forcément avec
l'élimination du défaut.

Effet sur les contacteurs

Chez certains constructeurs, les bobines destinées à fermer les contacts du circuit
sont alimentées directement par une tension prélevée sur le réseau ; les contacts
peuvent s'ouvrir lors de l'apparition du défaut et ne pas se refermer lorsque le régime
normal est rétabli.

Effet sur les moteurs asynchrones

Le couple maximal des moteurs asynchrones est approximativement


proportionnel au carré de la tension d'alimentation. Une baisse de tension peut donc
entraîner l'arrêt du moteur si le défaut persiste trop longtemps.
Etude des courts-circuits 133

De plus, si plusieurs moteurs ont fortement ralenti ou se sont arrêtés, lorsque la


tension est rétablie, ces moteurs créent un appel de courant important (même
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principe qu'au démarrage) et peuvent ainsi faire déclencher des protections ou


entraîner eux-mêmes une chute de tension. Il faut parfois prévoir un programme de
délestage et relestage après une chute de tension pour ne pas entraîner d'appels de
courant trop importants.

2.8.4. Perte de stabilité des alternateurs

Lors d'un défaut important, il y a un risque de perte de synchronisme des


alternateurs. En effet, pendant le court-circuit l'alternateur ne fournit pas de
puissance active, mais il reçoit la puissance de la machine d'entraînement,
provoquant ainsi une accélération du rotor. Une étude de stabilité dynamique du
comportement des alternateurs lors d'un défaut peut montrer la nécessité de les
séparer du réseau si le défaut n'est pas éliminé rapidement.

2.8.5. Fonctionnement anormal des équipements d'électronique de puissance

Les redresseurs et les onduleurs utilisent des thyristors qui ont besoin d'une
référence temporelle permettant d'établir les commutations à des instants
prédéterminés. Cette référence temporelle provient du système triphasé de tension.
Si pendant un défaut, la tension devient presque nulle, la référence disparaît. Cela
peut entraîner des perturbations à la réinitialisation du processus si les données n'ont
pas été mémorisées.

2.8.6. Surtensions temporaires

Lors d'un défaut phase-terre dans un réseau à neutre isolé ou mis à la terre par
une impédance de limitation (voir § 2.2), la tension entre les phases saines et la terre
devient égale à la tension composée (voir figure 2.29). Cela impose que la tenue
d'isolement avec la terre des éléments du réseau soit au moins égale à la tension
composée, et que ceux-ci supportent des surtensions transitoires pour ne pas
engendrer un défaut biphasé. Cette contrainte est importante surtout en régime de
neutre isolé ou mis à la terre par bobine de compensation, car pour des raisons de
continuité de service, les défauts monophasés terre sont détectés mais ne sont pas
éliminés immédiatement (voir § 1.2.2 et 1.2.5).
134 Protection des réseaux électriques
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v 3 =0
v = £
2 2 - £ 3

v, = £, - £ 3

Figure 2.29. Tensions entre les phases saines et la terre en présence


d'un défaut monophasé terre

2.8.7. Tensions tie contact

Lorsqu'un défaut met en présence une phase et une masse ou deux phases et une
masse, il apparaît entre la masse et la terre ou entre deux masses voisines, une
tension provenant du passage d'un courant dans le conducteur de terre. Cette tension
ne doit pas être dangereuse pour une personne en contact avec une ou plusieurs
masses. Pour s'en prémunir, il convient de respecter les prescriptions des normes
NF C 15-100 et NF C 13-200 au niveau de la mise à la terre des masses et du
conducteur de neutre ; en particulier, il faut installer une liaison équipotentielle entre
deux masses simultanément accessibles.

2.8.8. Surtensions de manœuvre

L'élimination d'un défaut consiste à couper un courant dans un circuit


généralement inductif. Cette coupure est génératrice de surtensions, appelées
"surtensions de manœuvre", dont la valeur maximale crête est estimée généralement
à deux ou trois fois la valeur efficace de la tension nominale.

2.8.9. Tension induite sur les circuits de télécommande

Un courant monophasé important dans un câble d'énergie (par exemple un court-


circuit monophasé terre lorsque le neutre est mis directement à la terre) induit une
Etude des courts-circuits 135

tension perturbatrice sur les câbles de télécommande situés à proximité. Les


courts-circuits triphasé, du fait de leur symétrie, induisent une somme de tensions
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nulle, sauf lorsque la disposition des circuits de télécommande par rapport aux
différentes phases est dissymétrique ; la tension induite n'est que très rarement
gênante dans ce cas.

La valeur de la tension induite sur un circuit de télécommande par un court-


circuit monophasé est donnée par la formule suivante :

£ = A/Û) / L Volts

CD : 27t x fréquence
L : longueur de parallélisme entre le câble d'énergie et le câble de télécommande
en mètre
/ : valeur du courant de court-circuit dans le câble d'énergie en A
M : inductance mutuelle entre les deux câbles en H/m

L'impédance mutuelle M entre les deux câbles est constituée par deux boucles
de courant face à face, le conducteur d'énergie et le sol, le conducteur de
télécommande et le sol (voir figure. 2.30). La terre peut être considérée comme un
conducteur fictif de résistance R situé à une distance D de la surface du sol.
0

Câble de télécommande

Câble d'énergie

Sol : conducteur fictif

Figure 2.30. Impédance mutuelle entre deux câbles

La valeur de RQ est donnée par l'expression suivante :

pour

Pour une résistivité du sol de l O O Q x w et une fréquence de 50 Hz , on a :


D = 935 m .
136 Protection des réseaux électriques

La valeur de l'impédance mutuelle est alors déterminée par la formule suivante :


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avec :

a : distance en mètre entre les câbles


/ : fréquence du courant du câble d'énergie
p : résistivité électrique du sol en Q x m.

En l'absence d'information précise, on peut utiliser en première approximation


une valeur p = 1 0 0 Q x m pour un sol normal en zone tempérée.

Lorsqu'un conducteur de terre accompagne le câble d'énergie, le courant de


défaut circule dans ce conducteur plutôt que dans la terre. Il en résulte une
diminution de l'impédance mutuelle et donc une réduction de la tension induite.
Cependant, la valeur du facteur réducteur est difficile à déterminer, il est donc
difficile d'en tenir compte.

La présence, sur les câbles de télécommunication, d'un écran métallique mis à la


terre permet de se prémunir efficacement contre les tensions induites.

Exemple

Un câble d'énergie et un câble de télécommande sont installés dans une tranchée


commune, ils sont distants de 30 cm, parallèlement sur une longueur de 100 mètres.
Le courant de court-circuit monophasé terre est égal à 5 000 A. La résistivité du sol
est p = 100 Q x m .

La tension induite sur le câble de la télécommande est :

E = 1,62 x 10" x 100 x n x 5000 x 100 = 253 V


6
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Chapitre 3

Les réducteurs de mesures

Les réducteurs de mesures sont l'appellation normalisée des transformateurs de


courant et de tension.

3.1. Les transformateurs de courant

Ils fournissent un courant proportionnel au courant traversant le câble afin


d'effectuer un comptage de l'énergie ou d'analyser ce courant par un dispositif de
protection.

3.1.1. Rappel théorique

circuit magnétique

Figure 3.1. ri\ > 1 transformateur de courant à primaire bobiné


138 Protection des réseaux électriques

La constitution des transformateurs de courant est similaire à celle des


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transformateurs "classiques". Un circuit magnétique (en alliage de fer généralement)


en forme de tore est entouré au primaire par n spires et au secondaire par n i 2

spires (voir figure 3.1). Le primaire peut se réduire à un simple conducteur


traversant le tore ( « , = 1 ) (voir figure 3.2).

circuit magnétique

Figure 3.2. ri\ =1 transformateur de courant tore

Soit Ip le courant traversant les n\ spires du primaire et Is le courant


traversant les « 2 spires du secondaire. Le théorème d'Ampère énonce que la
somme des Ampères tours est égale à la circulation du vecteur champ magnétique
H sur le contour du tore :

n I
l p + « Is
2 = <j"^- dl
tore
dl : élément de longueur tangent au cercle engendré par le tore (voir figure 3.1 )

Le circuit magnétique canalise le champ magnétique qui est alors tangent au


cercle engendré par le tore, on a donc H parallèle à dl (voir figure 3.1) :

d'où : it] lp + nj l = HL s

avec :

u. 0 : perméabilité magnétique du vide


p r : perméabilité relative du circuit magnétique (pour le fer p r =1000)
L : longueur du tore (2TC x rayon du tore)

On a donc :
Les réducteurs de mesures 139

L'induction magnétique B est créée par les enroulements, elle permet le


transfert d'énergie du primaire vers le secondaire. On voit que lorsque | i est très f
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grand (noyau magnétique performant) et , on

obtient alors l'équation du transformateur parfait.

Pour le transformateur réel, on pose

l m : courant de magnétisation

L'introduction de I m permet d'établir un modèle mathématique du


transformateur.

En appelan le rapport de transformation, on obtient

On peut alors représenter le transformateur de courant par le schéma électrique


de la figure 3.3.
•P
l p n h Ki (
* v /—* i , m > "i-nir '00000'

sP^es UUspires g ^ |_J


/ t r a n s formateur^ J
parfait

R CL : représente les résistances des enroulements primaires et secondaires


f. : représente les inductances de fuite du circuit magnétique, en général on a
R
'<° « ct
L m : représente l'inductance de magnétisation, elle est très élevée car la valeur de
l m doit être très faible pour se rapprocher du transformateur parfait
( u très grand)
r

R : représente la charge, on supposera qu'elle est parfaitement résistive


V S : tension au secondaire du transformateur de courant

Figure 3.3. Schéma électrique du transformateur de courant

Le primaire est une source de courant se décomposant en un courant magnétisant


/,„ le plus faible possible et un courant I traversant la charge.
s
140 Protection des réseaux électriques

3.1.2. Saturation du circuit magnétique


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Dans le paragraphe 3.1.1., on montre que la qualité du TC est liée à la valeur de


la perméabilité relative u f du circuit magnétique. Cependant, u f qui est de
l'ordre de mille pour le fer devient très faible (quelques unités) lorsque B dépasse
l'induction magnétique de saturation B sal . Or, le courant de magnétisation ou le
champ magnétique H sont liés à l'induction B par la courbe de la figure 3.4 :

pente

pente 0ur(u«-= 1.000 ^


U
t M t
' e l e r
)

n2 lm = HL

hystérésis

Figure 3.4. Courbe du courant de magnétisation


en fonction de l'induction magnétique B

La loi de l'induction nous donne la relation suivante :

avec <>| = n 2 BS

d'où :

B : induction magnétique
S : surface engendrée par les spires
«2 : nombre de spires du secondaire

Ainsi, il existe deux régimes différents suivant que B dépasse B sal ou non.
Les réducteurs de mesures 141

3.1.2.1 Régime normal, B non saturé


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Comme il est indiqué au paragraphe 3.1.1, I m est très faible et peut être négligé.
En première approximation, on peut négliger R ct et fa devant R , on a alors
V s = Rl s (voir figure 3.3),

d'où :

I (t)
p est une fonction sinusoïdale du temps,

posons : I (t)
p = I sin (eu / + (p)
p

Ip : valeur crête du courant primaire

on obtient :

B{t) = k R l p cos (co t + (p)

: constante caractérisant la constitution du transformateur de courant

B(t)= Bcos(o)/+(p)

B = k R Ip : valeur crête de l'induction.

L'induction B est donc une fonction sinusoïdale du temps. La condition Im

faible pour obtenir un transformateur presque parfait impose que B < B sal (voir
figure 3.4), c'est-à-dire kRI p < Bsal

B sal : induction à la limite de la saturation

3.1.2.2. Régime saturé

Lorsque le courant primaire I p est très élevé et tel que k RÎp > B sal , on a

B > B, sat l'induction crête dépasse l'induction limite de saturation, le courant


142 Protection des réseaux électriques

d'excitation l m devient très important (voir figure 3.4). Le transformateur de


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courant sature et l'équation nous montre que le courant Is chute

lorsque /,„ croît.

courant primaire

courant secondaire

saturation du TC

Figure 3.5. Courant secondaire d'un transformateur de courant en régime saturé


Les réducteurs de mesures 143

On observe alors que la courbe de l en fonction du temps est en forme de pics


s

(voir figure 3.5). Les pics correspondent à la période pendant laquelle le


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transformateur de courant n'est pas saturé.

Le calcul de la valeur efficace du courant I formé de pics est effectué en S

Annexe C. On remarque que malgré la saturation, la valeur efficace du courant


secondaire augmente lorsque le courant primaire augmente. Une protection à
maximum de courant mesurant la valeur efficace est donc activée même si le
transformateur de courant sature. Cependant, pour une protection à temps dépendant
(voir § 4.1.2), la temporisation réelle peut être supérieure à celle attendue pour le
courant calculé en raison de la saturation. En effet, la saturation diminue fortement
la valeur efficace du courant.

Par contre, pour effectuer une mesure correcte du courant, il faut éviter la
saturation. La condition à satisfaire est :

KRÎ P < BSAL avec

3.1.2.3. Charge maximale aux bornes du TC


La valeur de BSAL est imposée par la construction du circuit magnétique.
Prenons un courant nominal primaire / p n pour le TC, la condition de non
c a f i i r a t i r m *»ct a l n r c •

OU car RÎpn = Rnîs = nV s

On remarque donc que pour un TC de courant primaire nominal / p n , il existe


une charge maximale de fonctionnement qui ne sature pas le circuit magnétique et
permet d'obtenir une mesure correcte du courant. En conséquence, il existe une
tension secondaire maximale du TC au-delà de laquelle la saturation apparaît.

C'est pourquoi les constructeurs de TC, suivant la norme CEI 185, donnent une
puissance de précision P en VA qui impose une charge maximale par la relation
Z m a x = P. La norme BS 3938 quant à elle donne une tension de coude V K

caractérisant la tension limite avant saturation.


144 Protection des réseaux électriques

Z est la charge maximale du TC, elle comprend l'impédance du câble reliant


m a x

le TC au relais et l'impédance d'entrée du relais. Il est alors évident qu'il faut éviter
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d'avoir une distance trop importante entre le TC et le relais, et qu'il faut parfois
augmenter la section du câble de liaison afin de minimiser l'impédance totale de
charge. Cette solution est en général moins onéreuse que d'augmenter la puissance
de précision (CEI 185) ou la tension de coude (BS 3938).

3.1.3. L'utilisation des TC dans les réseaux électriques

3.1.3.1. Principe général d'utilisation


Les transformateurs de courant alimentent les dispositifs de mesure et de
protection. L'isolation galvanique sépare électriquement le circuit secondaire du
circuit primaire. Elle permet la mise à la terre du dispositif de mesure ou de
protection et assure ainsi la sécurité du personnel d'exploitation.

Le transformateur de courant est destiné à donner au secondaire un courant


proportionnel au courant primaire. Le secondaire est connecté sur une faible
impédance, le TC est donc utilisé presque en court-circuit.

Dans un TC, le rapport entre le courant primaire et le courant secondaire est


constant. Le courant secondaire est donc indépendant de la charge dans la mesure où
la saturation n'est pas atteinte. La figure 3.6. représente le schéma électrique
simplifié du transformateur de courant.

Figure 3.6. Schéma électrique simplifié du transformateur de courant

Z est l'impédance de charge du TC, on a :

P = Z x i] et Us = Z x /,

P : puissance fournie au secondaire


I s : courant au secondaire
U s : tension au secondaire

Si Z diminue alors P et U s diminuent.


Les réducteurs de mesures 145

Ainsi, si on court-circuite le secondaire d'un TC, Z = 0 , / > = 0 e t K = 0 ;


s

il n'y a pas de risque de destruction. On peut donc court-circuiter sans danger le


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secondaire d'un TC.

Par contre, si le circuit secondaire est ouvert, Z tend vers l'infini, la puissance
et la tension sont donc théoriquement infinies mais sont en réalité limitées par la
saturation et les pertes fer et cuivre du TC. Néanmoins, les pics de tension (voir
figure 3.5) peuvent atteindre plusieurs kV. Il est donc dangereux de laisser un TC en
circuit ouvert car des tensions dangereuses pour le personnel et le matériel peuvent
apparaître à ses bornes. Il ne faut donc jamais laisser ouvert le circuit secondaire
d'unTC.

3.1.3.2. Constitution d'un transformateur de courant


Le circuit magnétique, couramment appelé noyau, est généralement en forme de
tore. Le bobinage secondaire est disposé en spires autour du noyau. Le bobinage
primaire passe dans le trou du noyau, une fois pour un TC à une seule spire ou
plusieurs fois pour un TC de type bobiné. Lorsqu'il est nécessaire d'alimenter un
dispositif de mesure et un dispositif de protection, le TC possède deux noyaux et
deux bobinages secondaires indépendants. Un seul primaire traverse les deux
noyaux. On dit que le TC a deux secondaires, ou a un secondaire et un tertiaire.

Les bobinages secondaires sont enrobés dans une résine assurant l'isolation avec
le primaire et la terre.

3.1.3.2.1. TC avec une seule spire au primaire

L'appareil est dit :


- à barre passante : le primaire se réduit à une barre de cuivre traversant
l'enroulement secondaire (voir figure 3.7). On trouve ce type de TC dans les cellules
d'appareil de coupure moyenne tension ;

Figure 3.7. Transformateur de courant à barre passante


146 Protection des réseaux électriques

-traversant : ce sont les conducteurs de la cellule de l'appareil de coupure


moyenne tension qui ont la fonction de spire primaire (voir figure 3.8) ;
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Figure 3.8. Transformateur de courant traversant

- tore : il est destiné à être installé sur un câble (voir figure 3.9).

Figure 3.9. Transformateur de courant tore

3.1.3.2.2. TC avec plusieurs spires au primaire


L'appareil est dit de type bobiné (voir figure 3.10). Ils sont généralement utilisés
lorsque la valeur du courant nominal est inférieure à 400 A .

Figure 3.10. Transformateur de courant de type bobiné

3.1.3.3. Caractéristiques générales et définitions des paramètres du transformateur


de courant suivant la norme CEI 185
Le transformateur de courant doit être adapté aux contraintes liées à l'utilisation
qui peut être un dispositif de protection, de mesure ou de comptage. L'utilisation
Les réducteurs de mesures 147

prévue du transformateur de courant permet de déterminer les courants primaire et


secondaire assignés, la puissance et la classe de précision.
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Les caractéristiques des transformateurs de courant ne sont valables que pour des
conditions normales d'utilisation. Un déclassement est à prévoir en fonction de la
température ambiante et de l'altitude.

Courant assigné au primaire


Il est défini par la norme. II est choisi parmi les valeurs suivantes : 10 - 12,5 -
15 - 20 - 25 - 30 - 40 - 50 - 60 - 75 et leurs multiples ou sous-multiples décimaux.

Courant assigné au secondaire


Il est égal à 1 A ou 5 A.

Rapport de transformation (K„)

C'est le rapport entre le courant assigné au primaire et le courant assigné au


secondaire.

Exemple : 100/5 A

Puissance de précision
C'est la puissance apparente en VA à un facteur de puissance spécifié que le
transformateur peut fournir au circuit secondaire. Elle est définie pour le courant
secondaire assigné et la charge de précision sur laquelle sont basées les conditions
de précision.

Les valeurs normalisées sont : 1 - 2,5 - 5 - 10 - 15 - 30 VA.

La puissance de précision doit être choisie en fonction du besoin réel. Surcalibrer


une puissance de précision est coûteux et peut être néfaste pour les dispositifs de
mesure ou de protection car les pics de tension en fonctionnement saturé ont une
valeur plus élevée (voir figure 3.5).

Classe de précision

Elle définit les limites d'erreurs garanties sur le rapport de transformation et sur
le déphasage dans des conditions spécifiées de puissance et de courant.
148 Protection des réseaux électriques

Erreur sur le rapport de transformation


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C'est l'erreur en % que le transformateur introduit dans la mesure du courant.

erreur de courant (%) =

Erreur de phase ou déphasage

C'est la différence de phase entre le courant primaire et le courant secondaire.


Elle est exprimée en minutes.

Courant de court-circuit thermique assigné ( /,/, )

C'est la valeur efficace maximale du courant primaire que le transformateur peut


supporter pendant une seconde, son secondaire étant mis en court-circuit.

Pour déterminer un courant de court-circuit thermique l lh pendant une durée T


différente de 1 seconde, il est admis d'utiliser la formule suivante :

(l'thf *T = {l flh x|

Une durée T = 3 secondes est parfois demandée par les utilisateurs, il est dans
ce cas difficile d'obtenir des transformateurs de courant bobinés qui supportent le
courant de court-circuit pendant 3 secondes. Il est alors préférable d'utiliser des TC
traversants.

Courant dynamique assigné (/</>,,,)

C'est la valeur crête maximale du courant primaire (voir §2.1.1) que le


transformateur peut supporter, son secondaire étant mis en court-circuit.

La valeur normale du courant dynamique assigné est : /^,„ = 2,5 I lh .

3.1.3.4. Les transformateurs de courant utilisés pour la mesure suivant la


norme CEI 185
Les transformateurs de courant utilisés pour la mesure ont deux contraintes :
- avoir une précision adaptée à l'application pour le courant normal d'utilisation,
- protéger les appareils de mesure en cas de court-circuit sur le réseau.
Les réducteurs de mesures 149

La précision

Elle est définie par la classe de précision qui détermine l'erreur admissible en
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phase et en module sur une plage de 5 % à 120 % du courant primaire assigné.

Les classes de précision normalisées CEI sont 0,1 - 0,2 - 0,5 - 1 - 3 - 5 :


- les classes 0,5 et 1 sont utilisées dans la majorité des cas,
- la classe 0,2 n'est utilisée que pour des comptages précis,
- les classes 0,1 - 3 - 5 sont rarement utilisées.

Il existe un cas particulier, ce sont les transformateurs de courant à gamme


étendue. Ils peuvent être utilisés en permanence sous un courant primaire de 120,
150 ou 200 % du courant assigné. Les échauffements et leur précision sont garantis.

3.1.3.4.1. La protection des appareils de mesure en cas de court-circuit sur le réseau


Elle est définie par le facteur de sécurité FS. C'est le rapport entre le courant
limite primaire assigné (l i)
p et le courant primaire assigné ( I ) . I j est la
pn p

valeur du courant primaire pour laquelle l'erreur de courant secondaire est égale à
10 % (voir figure 3.11). Les valeurs préférentielles de FS sont 5 et 10.

transformateur
de courant idéal

transformateur
'de courant réel

Figu re 3.11. Facteur de sécurité FS des TC utilisés pour la mesure


150 Protection des réseaux électriques

La norme CEI 185 donne les erreurs maximales de courant et de déphasage en


fonction de la classe de précision et du pourcentage du courant primaire assigné
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(voir tableau 3.1).

Classe de précision % courant Erreur de courant Erreur de


primaire assigné ± % déphasage
± min.
5 0.75 30
0.2 20 0.35 15
100 0.2 10
120 0,2 10
5 1.5 90
0,5 20 0,75 45
100 0.5 30
120 0,5 30
5 3 180
I 20 1,5 90
100 1 60
120 1 60
3 50 3 pas de
120 3 limite
5 50 5 pas de
120 5 limite

Tableau 3.1. Erreurs maximales de courant et de déphasage des TC utilisés pour la mesure

Exemple de transformateur de courant utilisé pour la mesure

Caractéristiques de l'appareil : 500 / 1 A 15 VA cl 0,5

Courant primaire assigné 500 A.


Courant secondaire assigné 1 A.
Classe de précision 0,5.
Puissance de précision 15 VA.
Les réducteurs de mesures 151

Ainsi, pour un courant entre 100 % et 120 % du courant nominal, l'erreur de


courant est inférieure à 0,5 % et l'erreur de déphasage est inférieure à 30 min. Pour
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un courant entre 20 % et 100 % du courant nominal, l'erreur de courant est


inférieure à 0,75 % et l'erreur de déphasage est inférieure à 45 min.

3.1.3.5. Les transformateurs de courant utilisés pour la protection suivant la norme


CEI 185
Les transformateurs de courant utilisés pour la protection ont deux contraintes.
Ils doivent avoir un facteur limite de précision et une classe de précision adaptés à
l'utilisation.

3.1.3.5.1. Le facteur limite de précision (FLP)


Le facteur limite de précision est le rapport entre :
- le courant limite de précision / / pour lequel l'erreur est garantie inférieure à 5
ou 10 % selon que la classe de précision est 5P ou 10P (voir tableau 3.2) ;
- et le courant primaire assigné I pn .

Ainsi, l'appareil sature pour un courant d'autant plus grand que le FLP est grand.

Les facteurs limites de précision normalisés CEI sont : 5 - 10 - 15 - 20 - 30.

Classe de précision erreur au courant erreur de courant erreur de


limite de à Ipn déphasage à I p n

précision / /

5P 5% ± 1% ± 60 mn

10P 10% ± 3 % pas de limite

Tableau 3.2. Erreurs maximales de courant et de déphasage pour les TC utilisés


pour la protection
152 Protection des réseaux électriques

3.1.3.5.2. La précision
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La précision est définie par la classe de précision. Les classes de précision


normalisées CEI sont 5P et 10P. Le choix de la classe de précision dépend de
l'appareil raccordé. Le tableau 3.3 donne un exemple de choix.

Application Classe de précision

protection différentielle à haute impédance ( voir § 4.6) 5P

protection à maximum de courant phase (voir § 4.1) I0P

Tableau 3.3. Exemple de choix de classe de précision pour des TC utilisés pour la protection

Exemple de transformateur de courant utilisé pour la protection

Caractéristiques de l'appareil 1 0 0 / 1 A 15 VA 5P10

Courant primaire assigné ( I pn ) : 100 A.


Courant secondaire assigné ( l ) : 1 A. sn

Puissance de précision 15 VA.


Classe de précision : 5P.
Facteur limite de précision (FLP) : 10.

Ainsi, pour une puissance fournie de 15 VA avec un courant de 1A, l'erreur


maximale sur le courant secondaire est :
- inférieure à 1 % pour /„ = 100 A (voir tableau 3.2), c'est-à-dire inférieure à
(lsn x I %) = 0,01 A

- inférieure à 5 % pour ( I pn X FLP) = 100 X 10= 1000 A (voir tableau 3.2),


c'est-à-dire inférieure à ( I sn X 10 X 5 %) = 0,5 A

Le courant au secondaire est donc compris entre 9,5 et 10,5 A pour un courant
primaire de 1000 A (10 fois l ). pn

3.1.3.6. Les transformateurs de courant utilisés pour la protection suivant la norme


BS 3938 (classe X)
La norme BS 3938 définit de manière spécifique les transformateurs de courant
adaptés aux dispositifs de protection, sous appellation classe X.
Les réducteurs de mesures 153

La classe X est définie par le courant secondaire assigné, la tension de coude


minimale, la résistance maximale de l'enroulement secondaire du transformateur de
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courant et le courant magnétisant maximal à la tension de coude assignée.

Tension de coude assignée (V^)

A la fréquence assignée, c'est la valeur de la tension appliquée aux bornes du


secondaire qui, augmentée de 10 %, provoque un accroissement de 50 % du courant
magnétisant (voir figure 3.12).

Résistance maximale de l'enroulement secondaire ( R J cl

C'est la résistance maximale de cet enroulement, corrigée à 75 °C ou à la


température maximale de service si celle-ci est supérieure à 75 °C.

Courant magnétisant maximal (I )


m

C'est la valeur du courant magnétisant à la tension de coude assignée, ou à un


pourcentage spécifié de celle-ci (voir figure 3.12).

Figure 3.12. Tension de coude et courant magnétisant d'un TC


suivant la norme BS 3938 (classe X)
154 Protection des réseaux électriques

3.1.3.7. Correspondance entre les caractéristiques définies par les normes


CEI 185 et BS 3938
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Nous allons déterminer les correspondances des définitions des deux normes
pour les TC utilisés pour la protection.

On prend le schéma électrique du TC de la figure 3.13.

RCL : résistance maximale de l'enroulement secondaire

Figure 3.13. Schéma électrique du TC

Les inductances de fuite (. définies dans le schéma électrique de la figure 3.3


sont négligées car elles sont très faibles devant R : f.w « R .CT CL

3.1.3.7.1. Caractéristiques de la norme CEI 185

Elle définit un TC par son courant primaire assigné I pn , son courant secondaire
assigné l sn , sa puissance de précision P„ , sa classe de précision 5P ou 10P et son
facteur limite de précision K :

Ipn'Isn Pn 5 A» K OU Ipn 11 „ s P„ 10P K .

La puissance de précision du TC définit une charge nominale RN par la relation


suivante :

Elle correspond à la charge maximale (câble de liaison + résistance d'entrée du


dispositif de protection) que le TC peut supporter en maintenant ses caractéristiques
Les réducteurs de mesures 1S S

limites de fonctionnement (par exemple 5 % d'erreur à 2 0 1 s n pour un 5P 20). Cette


résistance R est implicitement définie par la norme CEI 185.
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Les classes de précision 5P et 10P garantissent respectivement une erreur


inférieure à 5 % et 10 % pour un courant limite I = K x I . Ce courant limites sn

génère une tension limite au secondaire avant la saturation du circuit magnétique.

Pour un TC de classe 5P, appelons V \ S sa tension limite, on a :

De même, pour un TC de classe 10P, appelons V S2 sa tension limite, on a :

La tension V s2 correspond à une "saturation" de 10 % et la tension V SI aune


o u r u n
saturation de 5 % (voir tableau.3.2.). On a donc VS2 > Vs\ P
transformateur de courant donné.

Pour avoir une définition précise d'un TC, il est donc important de connaître la
valeur de R . Elle est donnée par le fabricant du TC. La valeur de R est très
cl cl

variable, de 0,02 Q à 15 Q suivant les caractéristiques du TC.

3.1.3.7.2. Caractéristiques de la norme BS 3938

Elle définit la tension de coude assignée V . Cette tension appliquée aux


K

bornes du secondaire, augmentée de 10 % , provoque un accroissement de 50 % du


courant magnétisant. Cette tension de coude V correspond à la saturation du
K

circuit magnétique.

3.1.3.7.3. Correspondance entre les tensions V , K V Si et V S2

Les tensions V , V et V
K sont de même nature et correspondent à une
sl S2

tension limite avant la saturation du circuit magnétique. Leurs valeurs sont


différentes car le "coude" de saturation est arrondi et les niveaux de saturation
auxquels elles correspondent sont différentes :
V V V
K * S\ * S2 (voir figure 3.14).
156 Protection des réseaux électriques

En effet, ces trois tensions sont définies différemment :


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- 5 % d'erreur de courant (classe 5P) pour V,Si

- 10% d'erreur de courant (classe 10P) pour V S2 ,


- augmentation de 50% du courant magnétisant pour une tension égale à
augmenté de 10%.

Figure 3.14. Correspondance entre les tensions V^, Kjj et V$2

Par exemple, pour les TC de fabrication Schneider, les essais ont montré que :
- Ky| correspond à une induction de 1,6 Tesla,
- V S2 correspond à une induction de 1,9 Tesla,
- correspond à une induction de 1,4 Tesla.

= 1.6
V
S\
On a alors — et
V$2 1-9

Les valeurs déterminées dépendent du matériau utilisé pour la construction du


circuit magnétique.
Les réducteurs de mesures 157

3.1.3.8. Utilisation des TC en dehors de leurs valeurs nominales


Dans le paragraphe 3.1.3.7.3, on montre que l'utilisation d'un TC est limitée par
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une tension secondaire maximale avant la saturation.

Pour la norme CEI 185, cette tension maximale est :

Ainsi, pour une classe de précision donnée (5P ou 10P), la condition d'utilisation
limite est :

= constante

ou : = constante (1)

R cl : résistance de l'enroulement secondaire, elle est fixée par la construction du TC


Isn : courant assigné secondaire, il est aussi fixé par la construction du TC, il
permet de garantir un fonctionnement du TC sans échauffement excessif

Il y a donc une infinité de couples P„, , Kj pouvant définir le fonctionnement


d'un TC. Dans la pratique, le nombre de couples possibles est limité par l'utilisation
des valeurs normalisées CEI comme nous allons le voir dans I' exemple suivant.

3.1.3.8.1. Exemple
Considérons un appareil dont les caractéristiques sont les suivantes :
..../ 5 A 15 VA 5P 20

Le constructeur nous fournit la valeur de R a , on a alors :

R cl : 0.2 Q
: 5A
P ni : 15 VA
K, : 20
158 Protection des réseaux électriques

er
I cas
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On veut utiliser l'appareil avec une puissance de précision P n2 = 30 VA . Nous


allons déterminer son facteur limite de précision K •
2

D'après la relation (1) :

La valeur normalisée à retenir est celle immédiatement inférieure à K 2 , c'est-à-


dire 10. Ainsi, un T C 15 VA 5P 20 avec R cl = 0,2 Q convient pour un besoin
de 30 VA 5P 10.

e
2 cas

On veut utiliser l'appareil avec un facteur limite de précision K2 = 10. Nous


allons déterminer sa puissance de précision P n2 .

D'après la relation (1) :


Les réducteurs de mesures 159

La valeur normalisée à retenir est celle immédiatement inférieure à P n2 , c'est-


à-dire 30 VA. Ainsi, un TC 15 VA 5P 20 avec R = 0,2 Q convient pour un
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ct

besoin de 30 VA 5P 10.

e
3 cas

On veut utiliser l'appareil avec une classe de précision 10P et une puissance de
précision de 30 VA. Nous allons déterminer son facteur limite de précision K • 2

Dans le paragraphe 3.1.3.7.3, on montre que le fonctionnement limite d'un TC de


classe 10P correspond à un niveau de saturation plus élevé que celui d'un classe 5P.

Par exemple, pour les TC de fabrication Schneider :

V (10^) _ 1,9
S

V (SP)s 1,6

On a donc :

K = 13,6
2

La valeur normalisée à retenir est celle immédiatement inférieure à K 2 , c'est-à-


dire 10. Ainsi, un TC 15 VA 5P 20 avec R cl = 0,2 Q convient pour un besoin de
30 VA 10P 10.

e
4 cas
On veut utiliser l'appareil avec une classe de précision 10P et un facteur limite de
précision K = 1 0 . Nous allons déterminer sa puissance de précision P„ .
2 2

Dans le paragraphe 3.1.3.7.3, on montre que le fonctionnement limite d'un TC de


classe 10P correspond à un niveau de saturation plus élevé que celui d'un classe 5P.
160 Protection des réseaux électriques

Par exemple, pour les TC de fabrication Schneider :


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On a donc :

P„ = 42,5
2

La valeur normalisée à retenir est celle immédiatement inférieure à Pn2 , c'est-


à-dire 30 VA. Ainsi, un TC 15 VA 5P 20 avec Rcl = 0 , 2 Q convient pour un
besoin de 30 VA 10P 10.

e
5 cas

Le besoin de l'utilisation est exprimé par la tension de coude VK suivant la


norme BS 3938. Nous allons déterminer la tension de coude du TC 15 VA 5 P 2 0 .

Dans le paragraphe 3.1.3.7.3, on montre que la tension de coude est liée à la


tension limite V définie par la norme CEI 185, en fonction de la constitution du
s

noyau magnétique.

Par exemple, pour les TC de fabrication Schneider :


Les réducteurs de mesures 161

On a donc :
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V K = 70 V

Ainsi, pour un TC 15 VA 5P 20 avec R cl = 0,2 fi , la tension de coude V K

définie par la norme BS est égale à 70 V.

3.1.3.9. Exemple de plaque signalétique d'un transformateur de courant

caractéristiques tension du réseau


tension assignée : 17,5 kV
tenue a fréquence industrielle : 38 kV 1 mn 50 Hz
tenue a l'onde de choc. 95 kV crête -

n° de série du TC avec type de TC


année de fabrication

norme qui
caractéristiques courant
définit le TC
du réseau
lth:2SkA/1s — -
Idyn : 62.5 kA crête facteur de
sécuriê (FS)
rapport de
transformation facteur limite de
précision (FLP)

classe de
précision
1 circuit primaire
1 circuit secondaire mesure 1S1 - 1S2 puissance de
1 circuit secondaire protection 2S1 - 2S2 précision

Figure 3.15. Exemple de plaque signalétique d'un transformateur de courant


162 Protection des réseaux électriques

3.1.4. Les capteurs de courant amagnétiques


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Les capteurs de courant amagnétiques fonctionnent sur le principe de la bobine


de Rogowski. Ils délivrent à leur secondaire une tension proportionnelle à la dérivée
du courant primaire (voir figure 3.16).

r : résistance d'ajustement
E : tension de sortie

Figure 3.16. Capteur de courant amagnétique

La technique de bobinage et l'absence de noyau magnétique permettent au


capteur d'avoir les propriétés suivantes :
- absence de saturation, d'hystérésis et de flux rémanent,
- réponse parfaite en régime transitoire,
- linéarité de la caractéristique.

Les phénomènes sont fidèlement reproduits. Cependant, ils n'ont actuellement


pas une précision suffisante pour être utilisés pour un comptage tarifaire.

3.2. Les t r a n s f o r m a t e u r s de tension

Les transformateurs de tension sont constitués d'un enroulement primaire, d'un


circuit magnétique et d'un enroulement secondaire ; le tout est enrobé dans une
résine assurant l'isolation.

La théorie du fonctionnement électrique des transformateurs de tension est


analogue à celle des transformateurs de puissance. Nous n'en parlerons pas dans ce
document.
Les réducteurs de mesures 163

3.2.1. Principe général d'utilisation


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Un transformateur de tension est destiné à donner au secondaire une tension


proportionnelle à celle qui lui est appliquée au primaire. Ainsi, le rapport entre la
tension primaire et la tension secondaire est constant. La tension secondaire est
indépendante de la charge.

La figure 3.17 représente le schéma électrique simplifié du transformateur de


tension.
I,

Figure 3.17. Schéma électrique simplifié du transformateur de tension

Z est l'impédance de charge du TT, on a :

P : puissance fournie au secondaire


I
s : courant au secondaire

U s : tension au secondaire (imposée par le circuit primaire)

Si Z augmente alors P et I s diminuent.


On peut donc sans danger installer aux bornes d'un TT une impédance comprise
entre son impédance nominale et l'infini (circuit ouvert). Par contre, si Z diminue,
la puissance fournie devient excessive et le TT est détérioré par suréchauffement. Il
ne faut donc jamais court-circuiter un TT.

3.2.2. Caractéristiques générales et définitions des paramètres du transformateur


de tension suivant la norme CEI 186

Le transformateur de tension doit être adapté aux contraintes liées à l'utilisation


qui peut être un dispositif de protection ou de mesure. L'utilisation prévue du
transformateur de tension permet de déterminer la tension secondaire assignée, la
puissance et la classe de précision, et la puissance thermique limite. Comme tout
appareil, il doit supporter les contraintes du réseau liées à la tension, au courant et à
la fréquence.

Les caractéristiques des transformateurs de tension ne sont valables que pour des
conditions normales d'utilisation. Un déclassement est à prévoir en fonction de la
température ambiante et de l'altitude.
164 Protection des réseaux électriques

Facteur de tension assigné


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C'est le facteur par lequel il faut multiplier la tension primaire assignée pour
déterminer la tension maximale pour laquelle le transformateur doit répondre aux
prescriptions d'échauffement et de précision spécifiées.
Le facteur de tension est déterminé par la tension maximale de fonctionnement
de l'appareil, laquelle dépend du régime de neutre du réseau et des modes de
connexion de l'enroulement primaire du TT. Le transformateur de tension doit
pouvoir supporter cette tension maximale pendant le temps nécessaire à l'élimination
du défaut (voir tableau 3.4). Des durées assignées réduites sont admissibles par
accord entre le constructeur et l'utilisateur.

F a c t e u r de Durée Mode de connexion de Régime de n e u t r e du réseau


tension assigné assignée l'enroulement
primaire

1,2 continue entre phases quelconque


1,2 continue entre le point neutre quelconque
d'un transformateur en
étoile et la terre
1.2 continue entre phase et terre neutre mis directement à la
1.5 30 s terre
1.2 continue entre phase et terre neutre mis à la terre par
résistance de limitation avec
élimination
1,9 30 s automatique du défaut à la
terre ( 1 )
1.2 continue entre phase et terre neutre isolé sans élimination
automatique du
1,9 8h défaut à la terre (1)
1,2 continue entre phase et terre neutre mis à la terre par
reactance de limitation
accordée
1,9 8h sans élimination automatique
du défaut à la terre ( 1 )

Tableau 3.4. Valeurs normales du facteur de tension assignée

(I) L'élimination automatique du défaut à la terre signifie que le système de protection


provoque la coupure dès le premier défaut à la terre
Les réducteurs de mesures 165

Tension primaire assignée (Up)


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Suivant leur conception, les transformateurs de tension seront raccordés entre


phase et terre, ou entre phases (voir figure.3.18).

Phase 1 L
u U
T Phase 2

Phase 3

raccordement entre phase et terre raccordement entre phases


u = up

Figure 3.18. Raccordement d'un transformateur de tension

Tension secondaire assignée


Elle est égale à 100 ou 110 V pour les TT raccordés entre phases. Pour les
transformateurs monophasés destinés à être raccordés entre phase et terre, la tension
secondaire assignée doit être divisée par S.

Exemple :

Puissance de précision
Elle est exprimée en VA, c'est la puissance apparente que le transformateur de
tension peut fournir au secondaire lorsqu'il est branché sous sa tension primaire
assignée et raccordé à sa charge de précision, sans introduire d'erreur dépassant les
valeurs garanties par la classe de précision.

Les valeurs normalisées CEI sont :

1 0 - 1 5 - 2 5 - 3 0 - 5 0 - 7 5 - 100- 150 - 200 - 300 - 400 - 500 - VA.


166 Protection des réseaux électriques

Classe de précision
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Elle définit les limites d'erreurs garanties sur le rapport de transformation et sur
la phase dans des conditions spécifiées de puissance et de tension.

Erreur sur le rapport de tension

C'est l'erreur en % que le transformateur introduit dans la mesure de la tension.

erreur de tension (%) =

Erreur de phase ou déphasage

C'est la différence de phase entre la tension primaire et la tension secondaire.


Elle est exprimée en minutes.

Puissance thermique limite ou puissance d'échauffement

C'est la puissance apparente que le transformateur peut fournir en régime


permanent à sa tension secondaire assignée sans dépasser les limites d'échauffement
fixées par la norme.

3 . 2 . 3 . Les transformateurs de tension utilisés pour la mesure suivant la


norme CEI 186

Le tableau 3.5 donne la classe de précision généralement utilisée en fonction de


l'application.

Application Classe de précision

non utilisée industriellement 0.1

comptage précis 0.2

comptage usuel 0,5

comptages statistiques ou mesures 1

mesures ne nécessitant pas de grande 3


précision

Tableau 3.5. Classe de précision des TT utilisés pour la mesure en fonction de l'application
Les réducteurs de mesures 167

La classe de précision est garantie pour une tension comprise entre 80 et 120 %
de la tension primaire assignée et pour toute charge comprise entre 25 et 100 % de
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la puissance de précision assignée avec un facteur de puissance de 0,8 inductif.

Les classes de précision normalisées CEI sont 0,1 - 0,2 - 0,5 - 1 - 3 :


- les classes 0,1 et 0,2 ne sont utilisées que pour des appareils de laboratoire,
- les classes 0,5 et 1 répondent à la majorité des cas,
- la classe 3 est très peu utilisée.

La norme CEI 186 donne les erreurs maximales de tension et de déphasage en


fonction de la classe de précision (voir tableau 3.6).

Classe de précision E r r e u r de tension E r r e u r de d é p h a s a g e


±% ± minutes

0,1 0,1 5

0,2 0,2 10

0,5 0,5 20

1,0 1,0 40

3.0 3.0 non spécifié

Tableau 3.6. Erreurs maximales de tension et de déphasage


pour les TT utilisés pour la mesure

exemple de transformateur de tension utilisé pour la mesure

Caractéristiques de l'appareil :

Tension primaire = 20000 V / V3

Tension secondaire = 110V/

Puissance de précision = 100 VA

Classe de précision = 1
168 Protection des réseaux électriques

Cela signifie que pour une charge comprise entre 100/4 = 25 VA et 100 VA, et
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une tension primaire comprise entre et

"i , l'erreur de tension est inférieure à 1 % et l'erreur de

déphasage est inférieure à 40 minutes.

3.2.4. Les transformateurs de tension utilisés pour la protection suivant la norme


CEI 186

Les classes de précision CEI sont 3P et 6P. En pratique, seule la classe 3P est
utilisée.

La classe de précision (voir tableau 3.7) est garantie pour :


- les valeurs de tensions comprises entre 5 % de la tension primaire et le produit
de la tension primaire par le facteur de tension assigné (kT x U ) , n

- u n e charge au secondaire comprise entre 25 % et 100 % de la puissance de


précision avec un facteur de puissance de 0,8 inductif.

Classe de E r r e u r de tension en ± % Déphasage en minutes

précision entre 5 % de entre 2 % entre 5 % de entre 2 %


Un « et U„« et
kT x U„ 5 % de U n kT x U„ 5 % de U„

3P 3 6 120 240

6P 6 12 240 480

U„ : tension assignée
kT : facteur de tension assigné

Tableau 3.7. Erreurs maximales de tension et de déphasage pour les TT utilisés


pour la protection

Pour mesurer la tension résiduelle, une méthode consiste à connecter les


secondaires des trois TT en triangle (voir figure 4.16). Dans cette application, les
tensions secondaires nominales généralement utilisées sont :
Les réducteurs de mesures 169

100 „ 110,.
— V et V
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3 3

Exemple de transformateur de tension utilisé pour la protection

Caractéristiques de l'appareil :

100 VA cl 3P kT = 1,9 durée assignée : 8 heures

L'erreur de tension est inférieure à 3 % et le déphasage est inférieure à


120 minutes pour une charge comprise entre 25 % X 100 = 25 VA et 100 VA avec
un facteur de puissance de 0,8 inductif.

La tension maximale que peut supporter le TT est :

pendant 8 heures

3.2.5. Exemple de plaque signalétique d'un transformateur de tension pour la


mesure

fréquence type Oe TP

n'de série M 817t définition du TP


suivant norme
année de fabrication

facteur de
tension
tension assignée primaire

classe de
rapport de transformation précision

puissance
puissance d'écnauffement de précision

1 circuit primaire
1 circuit secondaire

Figure 3.19. Exemple de plaque signalétique d'un transformateur de tension pour la mesure
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Chapitre 4

Les fonctions de protection


et leurs applications

Les fonctions de protection sont réalisées par des relais ou des appareils
multifonctions. A l'origine, les relais de protection étaient de type analogique et
effectuaient généralement une seule fonction. Actuellement, la technologie
numérique est la plus employée. Elle permet de concevoir des fonctions de plus en
plus évoluées et un même appareil réalise généralement plusieurs fonctions. C'est
pourquoi, on parle plutôt d'appareils multifonctions.

Les relais de protection sont des appareils qui comparent en permanence les
grandeurs électriques du réseau (courant, tension, fréquence, puissance, impédances...) à
des seuils prédéterminés et qui donnent automatiquement des ordres d'action
(généralement ouverture d'un disjoncteur) ou une alarme lorsque la grandeur
surveillée dépasse le seuil.

Le rôle des relais de protection est de détecter tout phénomène anormal pouvant
se produire sur un réseau électrique tel que court-circuit, variation de tension,
dysfonctionnement d'une machine, etc.

Le relais peut être :


- s a n s alimentation auxiliaire (autonome) lorsque l'énergie nécessaire à son
fonctionnement est prise directement sur le circuit surveillé (voir figure 4.1).
L'actionneur doit être sensible car l'énergie prélevée sur le circuit est faible ;
- à alimentation auxiliaire lorsque l'énergie nécessaire à son fonctionnement est
prise sur une source auxiliaire de tension (continue ou alternative) indépendante du
circuit surveillé (voir figure 4.2).
172 Protection des réseaux électriques

Transformateur de courant
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Organe de coupure

Actionnncur
Relais de protection
sensible

Figure 4 . 1 . Raccordement d'un relais à maximum de courant sans alimentation auxiliaire


Transformateur de courant

Organe de coupure

Actionneur
Relais de protection

Source auxiliaire
d'alimentation

Figure 4.2. Raccordement d'un relais à maximum de courant avec alimentation auxiliaire

4 . 1 . Protection à maximum de courant phase (code ANSI 50 ou 51)

Elle a pour fonction de détecter les surintensités monophasées, biphasées ou


triphasées. La protection est activée si un, deux ou trois des courants concernés
dépassent la consigne correspondant au seuil de réglage appelé aussi seuil de
fonctionnement.

Cette protection peut être temporisée, dans ce cas elle ne sera activée que si le
courant contrôlé dépasse le seuil de réglage pendant un temps au moins égal à la
Les fonctions de protection et leurs applications 173

temporisation sélectionnée. Cette temporisation peut être à temps indépendant ou à


temps dépendant.
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4 . 1 . 1 . Protection à temps indépendant

La temporisation est constante, elle est indépendante de la valeur du courant


mesuré. Le seuil de courant et la temporisation sont généralement réglables par
l'utilisateur.

Zone de fonctionnement

1s : seuil de fonctionnement en courant (seuil de courant)


T : retard de fonctionnement de la protection (temporisation)

Figure 4.3. Protection à temps indépendant

4 . 1 . 2 . Protection à temps dépendant

La temporisation dépend du rapport entre le courant mesuré et le seuil de


fonctionnement. Plus le courant est élevé et plus la temporisation est faible (voir
figure 4.4).

Le fonctionnement de la protection à temps dépendant est défini par les normes


CEI 255-3 et BS 142. Elles définissent plusieurs types de protection à temps
dépendant qui se différencient par la pente de leurs courbes : protection à temps
inverse, très inverse ou extrêmement inverse. Par exemple, le Sepam 2000 de
Schneider propose les courbes de la figure 4.5 pour une temporisation réglée à
1 seconde (implicitement, une temporisation de 1 seconde pour / = 10 l ) . s
174 Protection des réseaux électriques
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Zone de fonctionnement

1s : seuil de fonctionnement en courant correspondant à l'asymptote verticale de la


courbe
T : temporisation pour 10 ls

Figure 4.4. Protection à temps dépendant

4.2. Protection à m a x i m u m de courant terre


(code ANSI 50N ou 51N, 50G ou 51 G)

Elle est utilisée pour détecter les défauts à la terre. La protection est activée si le
courant résiduel l = f r+ /s + /
d dépasse le seuil de réglage pendant une
i 2 3

durée égale à la temporisation choisie.

En l'absence de défaut à la terre, la somme des trois courants des trois phases est
toujours nulle. Le courant résiduel donne la mesure du courant passant par la terre
lors d'un défaut.

La protection peut être à temps indépendant ou à temps dépendant de façon


identique à la protection à maximum de courant phase (voir figures 4.3, 4.4 et 4.5).

4.2.1. Mesure du courant résiduel

La mesure du courant résiduel peut être obtenue de deux façons :


- par un transformateur de courant de type tore enserrant les trois conducteurs de
phase. Les spires du secondaire du transformateur de courant embrassent un flux
+
magnétique § r s d = <|>i + <j>2 <t>3 (voir figure 4.6).<b 1 , (J)2 et <|>3 sont
proportionnels aux courants de phase 1\, / 2 et / 3 , § r s d est alors proportionnel
Les fonctions de protection et leurs applications 175

au courant résiduel. La tresse de mise à la terre des écrans des câbles indiquée sur la
figure 4.6 doit passer à l'intérieur du tore, afin qu'un défaut interne au câble (phase -
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écran) soit détecté. En effet, dans le cas contraire, le courant de court-circuit circule
dans l'âme du câble et revient par l'écran, il n'est donc pas détecté par le tore.
- p a r trois transformateurs de courant dont les neutres et les phases sont reliés
(voir figure 4.7).

axtrémemeiit inverse

1res i n v e r s a

inversa

Figure 4.5. Courbes inverse, très inverse et extrêmement inverse à T = 1 s


176 Protection des réseaux électriques
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Origine de la liaison

Tore

:—r Tresses de mise à la lerce


récepteur

Figure 4.6. Mesure du courant résiduel par un tore

Figure 4.7. Mesure du courant résiduel par trois transformateurs de courant

4.2.1.1. Seuil minimal de réglage de la protection


Il y a un risque d'activation intempestive de la protection due à une erreur de
mesure du courant résiduel, notamment en présence de courants transitoires.

Afin d'éviter ce risque, le seuil de réglage de la protection doit être supérieur à :


- e n v i r o n 12 % du calibre nominal des transformateurs de courant lorsque la
mesure est effectuée par trois TC ;
- 1A avec une temporisation de 0,1 s, lorsque la mesure est effectuée par un
tore.
Les fonctions de protection et leurs applications 177

4.2.1.2. Insensibilisation de la protection aux harmoniques 3 et multiples de 3


La protection doit être insensibilisée aux harmoniques 3 et multiples de 3 qui
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peuvent provenir du réseau ou de la saturation des transformateurs de courant lors


d'appels de courants importants, ou au cours de régimes transitoires comprenant des
composantes apériodiques. En effet, les harmoniques 3 et multiples de 3 sont vus
par la protection comme un courant résiduel, car ils sont en phase. Nous allons le
montrer.

Considérons trois courants ;'i , i2 et / 3 équilibrés déphasés d'un tiers de


période :
/"l (/) = / cosco t

: période du signal

Déterminons les harmoniques 3 de ces trois courants en remplaçant co par


3co :

<iA3 (0= HI cos3cor

Les harmoniques 3 sont donc en phase et :

'M (0 + 7
2 « (0 + HH3 (') = 3
'A3 C O S 3 ( 0
'

On peut aussi voir graphiquement que les harmoniques 3 sont en phase (voir
figure 4.8). Il en est de même pour tous les harmoniques multiples de 3.

Ainsi, en l'absence de défaut à la terre, le courant résiduel est égal à 3 fois la


somme des harmoniques 3 et multiples de 3 qui circulent dans chaque phase. La
protection doit donc être insensibilisée aux harmoniques 3 et multiples de 3, pour
éviter les risques d'activation intempestive.
178 Protection des réseaux électriques
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harmonique 3

harmonique 3

harmonique 3

Figure 4.8. Les harmoniques 3 d'un système triphasé sont en phase


Les fonctions de protection et leurs applications 179

4.3. Protection à maximum de courant phase directionnel (code ANSI 67)


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Elle possède une fonction à maximum de courant phase définie au paragraphe 4.1
associée à une détection du "sens du courant". Pour analyser son fonctionnement,
nous allons montrer un exemple d'utilisation de cette protection.

Considérons un jeu de barres alimenté par deux sources (voir figure 4.9).

source 1 source 2

circulation du courant de court-circuit

sens de détection de la protection directionelle

P\ , P4 : protections à maximum de courant phase


P2 , P3 : protections à maximum de courant phase directionnel
/ l
c c : courant de court-circuit alimenté par la source 1
I2
cc : courant de court-circuit alimenté par la source 2

Figure 4.9. Jeu de barres alimenté par deux sources

Lors d'un défaut en A, les deux courants de court-circuit I\ et I2 cc cc

s'établissent simultanément. Les quatre protections P\ , Pl , P3 et P4 sont


traversées par un courant de court-circuit. Or, pour éliminer le défaut sans couper
180 Protection des réseaux électriques

l'alimentation des départs, seuls les disjoncteurs D\ et D2 doivent déclencher.


Pour y parvenir, on installe des protections à maximum de courant phase
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directionnel en P2 et P3 .

Le système de protection se comporte alors de la façon suivante :


- la protection P3 n'est pas activée car elle est traversée par un courant
circulant dans un sens opposé à son sens de détection ;
- la protection P2 est activée car elle est traversée par un courant circulant
dans le sens de sa détection. Elle provoque le déclenchement du disjoncteur D2 ,
le courant I est coupé ;
cc2

- un système d'inter-déclenchement provoque l'ouverture de Dl , le courant


/ c c ) est coupé ;

- la protection P4 n'est pas activée car elle est temporisée.

Le tronçon en défaut est donc isolé.


On dit que la protection détecte le "sens du courant", mais en réalité, elle détecte
le signe de la puissance active. Il faut donc connaître le déphasage cp entre la cc

tension et le courant de court-circuit.

La protection directionnelle en P3 voit un courant de court-circuit circulant du


transformateur vers le jeu de barres ; la puissance active vue par la protection est
donc positive, on a alors :

et costp c c / > 3 >0

La protection directionnelle en P2 voit un courant de court-circuit circulant du


jeu de barres vers le transformateur ; la puissance active vue par la protection est
donc négative, on a alors :

et cosip^/^O

Pour déterminer ce déphasage q> cc , il faut comparer le courant d'une phase par
rapport à une tension dite de polarisation.

Pour le courant de la phase 1, la tension de polarisation la plus fréquemment


choisie est la tension composée entre les phases 2 et 3, c'est-à-dire la tension
perpendiculaire au courant / | pour un déphasage nul (voir figure 4.10). De même,
Les fonctions de protection et leurs applications 181

pour le courant de la phase 3 , la tension de polarisation choisie est la tension


composée entre les phases 1 et 2 (voir figure 4.11).
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A /. ( pour M = 0 )

tension de
polarisation

Figure 4.10. Tension de polarisation de la phase I

tension de
polarisation

Figure 4.11. Tension de polarisation de la phase 3

La tension de polarisation est perpendiculaire au courant (pour t p c c = 0 ) , on dit


alors que l'angle de branchement de la protection est de 90 °.

Il suffit d'analyser les courants de deux phases pour détecter le court-circuit


triphasé équilibré et les trois possibilités de court-circuit biphasé (phase 1 - phase 2,
182 Protection des réseaux électriques

phase 2 - phase 3, phase 1- phase 3). En effet, quel que soit le court-circuit biphasé,
au moins une des phases est concernée.
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Le choix de la tension de polarisation s'explique de la manière suivante. Prenons


par exemple le courant de la phase I :
- lors d'un court-circuit triphasé proche de la protection, la tension vue par celle-
ci est faible, il est donc plus intéressant d'utiliser une tension composée ;
- l o r s d'un court-circuit biphasé entre les phases 1 et 2, la tension U\2 est
faible voire même nulle si le défaut est très proche de la protection. De même, lors
d'un court-circuit entre les phases 1 et 3, la tension c / 13 peut être très faible. Il est
donc préférable de prendre la tension composée ty 32 pour être sûr d'avoir une
amplitude de tension suffisante.

4.3.1. Fonctionnement

La protection à maximum de courant phase directionnel est activée si les deux


conditions suivantes sont réalisées pendant une durée égale à la temporisation
choisie :
- le courant est supérieur au seuil de réglage,
- la phase du courant par rapport à la tension de polarisation est dans une
fourchette, appelée zone de déclenchement.

La zone de déclenchement de la protection est un demi-plan. Ce demi-plan est


défini par un angle caractéristique 9 , angle entre la perpendiculaire à la droite
limite entre ces deux zones et le vecteur de polarisation. La figure 4.12 illustre la
zone de déclenchement pour 0 = 45°.

0
Les valeurs usuelles d'angles caractéristiques sont 30 °, 45 et 60 °. La valeur
généralement utilisée est 45 ° , nous verrons par la suite pourquoi.

On voit sur la figure 4.12 que le courant /j est :

- dans la zone de déclenchement pour 0-90° < f3| < 0 + 9O°

- dans la zone de non déclenchement pour 9 + 9O°<(3i<0 + 270°

Pi est l'angle entre / ( et c/ 32 , il correspond à un déphasage cpi entre /]


et K, tel que : cp, = 0, + 90 ° .
Les fonctions de protection et leurs applications 183

a) phase 1
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zone de déclenchement

N
zone de non déclenchement

b) phase 3

zone de déclenchement

zone de non déclenchement

Figure 4.12. Zones de déclenchement de la protection directionnelle


pour un angle caractéristique 9 = 4 5 °
184 Protection des réseaux électriques

De même, le courant / 3 est :


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- dans la zone de déclenchement pour G - 90° < p 3 < 9 + 90°

- dans la zone de non déclenchement pour 0 + 90° < p 3 < 6 + 270 °

B 3 est l'angle entre / 3 et U 2[ , il correspond à un déphasage 9 3 entre / 3

et K 3 tel q u e : t p = P
3 3 +90°.

4.3.1.1. L'angle caractéristique 0


L'existence de cet angle est liée au déphasage naturel du courant par rapport à la
tension lors d'un court-circuit. Nous allons étudier ce déphasage pour les deux types
de court-circuit possibles, le triphasé symétrique et le biphasé.

4.3.1.1.1 Déphasage lors d'un court-circuit triphasé symétrique


Le réseau amont au point de court-circuit est équivalent à une résistance R en
ft
série avec une reactance X . Le rapport — est compris entre 0,05 et 0,3 en
X
HTA (voir § 2.1.1). Pour chaque phase, le déphasage tp entre la tension et le
courant de court-circuit est tel que :

pour :

d'où :

0
on obtient : 73 ° < <p < 87

Avec l'angle de branchement égal à 90°, le déphasage Pi entre 1^ et U i2 est:

p, =tp-90°

On en déduit que 3° < |p ,| < 17°

Pi est négatif, /) est donc en avance sur U^j •


Les fonctions de protection et leurs applications 185

4.3.1.1.2. Déphasage lors d'un court-circuit biphasé


Le schéma électrique du réseau lors d'un court-circuit biphasé entre les phases 1
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et 2 est représenté sur la figure 4.13.

X , R impédance du réseau amont


x, r impédance du circuit protégé
tensions des phases I, 2 et 3 mesurées par les transformateurs de
tension situés à proximité du disjoncteur

Figure 4.13. Schéma électrique du réseau lors d'un court-circuit biphasé


entre les phases I et 2

Rappel mathématique
2 /
Considérons a l'opérateur rotation d e t e l que K =a ( 2 1 et V->,=aV\

2
Les expressions de a et a sont :

j est le nombre imaginaire tel que :

2 3
on a les relations suivantes : 1 + a + a = 0 et a = 1
186 Protection des réseaux électriques

•4.3.1.1.2.1. Court-circuit en A
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Le court-circuit étant situé juste en aval des transformateurs de tension, les


tensions mesurées V et K
Ml sont égales.
w 2

2
En appliquant le théorème de superposition pour les tensions Vn et a V,
n

on obtient :

on a donc :

d'où :

e t
Le déphasage entre Uyj ^i est donc

pour 0,05 < < 0,3 on obtient: 3 ° < | p , | < 17°

P | est négatif, /] est donc en avance sur Uyi .

On trouve un déphasage identique à celui du court-circuit triphasé symétrique.

4.3.1.1.2.2. Court-circuit en B

Prenons le cas limite où B est le point le plus éloigné du disjoncteur et des


dispositifs de mesures de tension. On suppose alors que X « x et R « r ,
c'est-à-dire que l'impédance du réseau amont au disjoncteur est négligeable devant
l'impédance du circuit protégé ; les tensions mesurées ne sont donc pas affectées par
le court-circuit.
Les fonctions de protection et leurs applications 187

1
On a alors: Vm = V n , V m = a V„ et V m = a V„
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La valeur du courant de court-circuit est donc :

or :

d'où :

1 e t
L'argument de a est - 120 °, le déphasage entre U MI>2 h est donc

P, = - 1 2 0 ° +

x et r sont respectivement la reactance et la résistance du circuit protégé (câble

ou ligne). La valeur de dépend du type de conducteur (cuivre ou aluminium), de la

section de l'âme et du type de liaison (câble ou ligne).

Nous allons déterminer deux valeurs extrêmes du rapport , en prenant :

- un câble HTA de 95 mrn^ en aluminium :

.t = 0,15 Çllkm

e t : ( v o i r § 2.4.3.7.1)

d'où :
188 Protection des réseaux électriques

- une ligne aérienne HTA de 240 mm^ en aluminium :


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x = 0,3 M km

et :

d'où :

Dans la plage définie par ces deux valeurs extrêmes,

on a alors :

or :

d'où: 57° < |P ,| < 9 9 °

(31 est négatif, /j est donc en avance sur •

4.3.1.1.3. Choix de l'angle caractéristique 9

On peut donc définir les zones des courants /| des courts-circuits triphasé et
biphasé par rapport à (voir figure 4.14).

On voit sur la figure 4.14 que la zone des courants de court-circuit / est de part (

et d'autre de la droite à 4 5 ° de t / 3 2 . C'est la raison pour laquelle on applique un


angle caractéristique 9 , permettant de fixer la zone de non déclenchement
0
"perpendiculairement" à la zone de court-circuit. On voit que le réglage 9 = 45
est valable pour à peu près tous les cas de figure, c'est la valeur généralement
utilisée.

0 0
Les valeurs de réglage 9 = 30 et 9 = 60 correspondent à des
applications particulières :

0
- 9 = 30 peut convenir pour les liaisons dont le rapport est élevé, c'est-

à-dire plutôt pour des lignes de section importante ;

0
- 9 = 60 peut convenir pour les liaisons dont le rapport est faible, c'est-

à-dire plutôt pour des câbles de faible section.


Les fonctions de protection et leurs applications 189

2
2
câble 95 mm Alu ligne 240 mm Alu
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ce biphasé entre A et B

3 1 7
° < 0 I < °
ce triphasé
ce biphasé en

zone de non déclenchement Zone de déclenchement

Figu re 4.14. Zones des courants I\ par rapport à Uyi


pour les courts-circuits triphasé et biphasé

4.4. Protection à maximum de courant terre directionnel (code ANSI 67 N)

Elle possède une fonction à maximum de courant terre définie au paragraphe 4.2
associée à une détection de "sens du courant".

4.4.1. Fonctionnement

La protection à maximum de courant terre directionnel est activée si les deux


conditions suivantes sont réalisées pendant une durée égale à la temporisation
choisie :
- le courant résiduel est supérieur au seuil de réglage,
190 Protection des réseaux électriques

- la phase du courant résiduel par rapport à la tension résiduelle est dans une
fourchette, appelée zone de déclenchement.
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La zone de déclenchement de la protection est un demi-plan. Ce demi-plan est


défini par un angle caractéristique Q , angle entre la perpendiculaire à la droite
RSD

limite entre ces deux zones et la tension résiduelle (voir figure 4.15). La tension de
polarisation est donc la tension résiduelle.

Zone de déclenchement

Angle caractéristique

Zone de non déclenchement

Figure 4.15. Zone de déclenchement de la protection à maximum


de courant terre directionnel

Le courant l d.A
rs active la protection tandis que le courant l r s d B ne
l'active pas.

4.4.2. Mesure du courant et de la tension résiduels

Le courant résiduel donne la mesure du courant passant par la terre, il est égal à
L a
la somme vectorielle des courants des trois phases : I rsd = I\ + Ij + h-
méthode de mesure du courant résiduel est indiquée dans le paragraphe 4.2.1.

La tension résiduelle donne la mesure de l'élévation du potentiel du point neutre


par rapport à la terre, elle est égale à la somme vectorielle des tensions phases-terre
1,2 et 3 :

Ksd =V\+Vl+Vï
Les fonctions de protection et leurs applications 191
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primaire

> secondaire
V\. K , ^3 mesures des tensions
2

' des phases 1,2 et 3

tertiaire
mesure de la tension résiduelle

tension résiduelle

Figure 4.16. Mesure de la tension résiduelle à partir de trois transformateurs de tension


dont le tertiaire est branché en triangle

La mesure peut être réalisée de deux façons :


- de façon indirecte ; à partir des mesures des tensions phases-terre 1, 2 et 3, un
ppareil réalise la somme vectorielle V = Kj + K + F
rs(i 2 3

- de façon directe; les enroulements secondaires des trois transformateurs de


msions sont branchés en triangle ouvert, aux bornes de ce triangle apparaît la
:nsion résiduelle (la tension résiduelle est réalisée de façon "électrique"). On utilise
énéralement des transformateurs à trois enroulements. Le secondaire est utilisé
our la mesure de tension de chaque phase et le tertiaire est utilisé pour la mesure de
i tension résiduelle (voir figure 4.16).
192 Protection des réseaux électriques

4.4.2.1. Valeur de la tension résiduelle lors d'un défaut monophasé terre franc
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Nous allons traiter le cas d'un neutre isolé, mis à la terre par impédance de
limitation ou mis à la terre par reactance accordée. Les protections à maximum de
courant terre directionnel ne sont de toute façon pas utilisées dans le cas du neutre
mis directement à la terre.

Considérons le schéma de la figure 4.17 dont la phase I est en défaut à la terre.

terre

VM\ • VM2 • VMl '• mesure des tensions phase-terre des phases 1. 2 et 3

Figure 4.17. Défaut monophasé terre franc sur la phase I

Les mesures des tensions phase-terre sont :

y\
M = o

V m = V - Vy
2

y Mi -vi-v\

Les tensions phase-terre des phases saines sont donc égales à la tension
composée.

La tension résiduelle V rsd mesurée est alors :

Ksd - V
M\ + y MI + y Mi

= 0 + V - K, + K - V
2 3 x

= K, + V 2 + K -3K,
3

= -3K, car K, + V2 + K =0
3
Les fonctions de protection et leurs applications 193

Ainsi, lors d'un défaut monophasé-terre franc sur une phase q , la tension
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résiduelle mesurée est V =-3V rsd .

Le module de la tension résiduelle est donc égal à 3 fois la tension simple :

V n : tension simple nominale

4.4.3. Polarisation par la mesure du courant dans la mise à la terre du point


neutre

Dans le cas du régime de neutre avec résistance de limitation, la polarisation peut


s'effectuer à partir de la mesure du courant dans la mise à la terre du point neutre. En
effet, on montre dans le paragraphe 2.5.2 que lors d'un défaut monophasé terre, le
courant circulant dans la résistance de mise à la terre du neutre est :

Pour un défaut franc, on a :

d'où :

Le courant circulant dans la mise à la terre du point neutre est donc


proportionnel à V rsd . La polarisation peut donc se faire indifféremment par V rsd

ou I„ eulre • Dans la suite du document, on utilisera systématiquement V nd pour


plus de clarté.

La polarisation par le courant circulant dans la mise à la terre du point neutre


peut être avantageuse, notamment dans les deux cas suivants :
- l o r s q u e la mesure de ce courant est plus économique que la mesure de la
tension résiduelle (un tore coûte moins cher que trois transformateurs de tension),
- le neutre est mis à la terre par une impédance faible (courant de défaut
supérieur à 300 A), la tension résiduelle est donc faible en cas de défaut résistant. La
194 Protection des réseaux électriques

polarisation par le courant circulant dans la mise à la terre du point neutre est alors
plus performante que la polarisation par la tension résiduelle.
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4 . 4 . 4 . Utilisation de la protection à maximum de courant terre directionnel

Elle est utilisée de deux façons :


- pour détecter le sens d'un courant de défaut à la terre,
- pour distinguer un courant de défaut d'un courant capacitif. Cela est nécessaire
lorsque le neutre est :
- isolé,
- mis à la terre par résistance de limitation avec un réseau assez étendu
entraînant ainsi des courants capacitifs importants lors d'un défaut phase- terre (voir
§2.5.1.2).

Elle n'est pas adaptée aux réseaux à neutre mis à la terre par reactance de
compensation.

4.4.4.1. Détection du sens du courant pour un réseau mis à la terre par résistance
de limitation
Considérons un jeu de barres alimenté par deux transformateurs dont les neutres
sont mis à la terre par des résistances de limitation (voir figure 4.18).

Lors d'un défaut en A, les deux courants de limitation I et l s'établissent


(i (2

simultanément. Les protections PI et P2 sont traversées par un courant de


défaut. Or, pour éliminer le défaut sans couper l'alimentation des départs, seuls les
disjoncteurs D\ et D3 doivent déclencher. Pour y parvenir, on installe des
protections à maximum de courant terre directionnel en PI et P2 .

Le système de protection se comporte alors de la façon suivante :


- la protection P2 n'est pas activée car elle est traversée par un courant
circulant dans un sens opposé à son sens de détection ;
- la protection P\ est activée car elle est traversée par un courant circulant
dans le sens de sa détection, elle provoque le déclenchement du disjoncteur D l , le
+ e s t C 0 U
courant I (2 + Ic\ + Ici 'c3 Pé ;
- un système d'inter-déclenchement provoque l'ouverture de D3 .

Le défaut est donc isolé.


Les fonctions de protection et leurs applications
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courant résistif/,] ou 1,2 courant capacitif pour


pour un défaut en (A) un défaut en (A)

sens de détection de la protection

Courant de défaut

Figure 4.18. Détection du sens du courant pour un réseau avec neutre mis à la terre
par résistance de limitation

4.4.4.1.1. Détermination de l'angle caractéristique 8 r s d des protections P\ et P2


La valeur du courant résiduel vu par la protection PI est (voir figure 4.18) :

+
Irsdi = - {'a 'c\ + Ici + 'Ci)
196 Protection des réseaux électriques

avec : et ICj = 3 y Ç co K„
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on a donc :

Pour un défaut franc, on a :

d'où :

Cj capacité du départ /
VN tension simple nominale
R^2 résistance de limitation du transformateur 72

La valeur du courant résiduel vu par la protection P2 est (voir figure 4.18):


l = /
rsdl (2

avec :

Pour un défaut franc, on a :

d'où :

On peut donc établir les déphasages entre le courant résiduel et la tension


résiduelle vus par les protections P\ et P2 (voir figure 4.19).

Le déphasage entre le courant résiduel et la tension résiduelle vu par la


protection P\ dépend de la valeur du courant capacitif de tous les départs par
rapport au courant de limitation. Afin d'avoir une protection la plus stable possible,
on choisit Q tel que la droite limite définissant les deux zones soit
rsd

perpendiculaire à I . rsdl
Les fonctions de protection et leurs applications 197
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Zone de non déclenchement


Zone de déclenchement

Figure 4.19. Déphasages entre le courant résiduel et la tension résiduelle vus


par les protections PI et P2

Ainsi, si IQ est le courant capacitif de tous les départs, on peut par exemple
choisir QRSD de la façon suivante :

l < h
c => 9d rs = 3 0 ° ou 15°

/Q proche de I( => 9 r s d = 45

o
ic>h => e ^=60
r

Réglage du seuil de courant

Il est réglé le plus bas possible (voir § 4.2.1.1).


198 Protection des réseaux électriques

4.4.4.2. Distinguer un courant de défaut d'un courant capacitif pour un réseau avec
neutre mis à la terre par résistance de limitation
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Considérons un transformateur avec neutre mis à la terre par résistance de


limitation et un jeu de barres alimentant plusieurs départs (voir figure 4.20).

courant résistif courant capacitif

courant de défaut

Figure 4.20. Distinguer un courant de défaut d'un courant capacitif pour un réseau
avec neutre mis à la terre par résistance de limitation

Le paragraphe 2.6 étudie la répartition des courants lors d'un défaut à la terre.
Les départs sains sont parcourus par un courant dû à la capacité des câbles. La
protection à maximum de courant terre directionnel permet de discriminer un
courant d'un départ en défaut d'un courant capacitif d'un départ sain.

4.4.4.2.1. Détermination de l'angle caractéristique 0 ^ des protections de chaque


départ

La valeur du courant résiduel vu par la protection Pf du départ en défaut est


(voir figure. 4.20) :

hsdf ~ h + !
C\ + C2 + ' C 3
l

avec: et l =3jC (ùV


Ci i n

on a donc :
Les fonctions de protection et leurs applications 199

Pour un défaut franc, on a V RSD = -IV N


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d'où :

CJ : capacité du départ I
V N tension simple nominale
RK résistance de limitation

La valeur du courant résiduel vu par la protection Pi d'un départ sain


est (voir figure 4.20) :
l
hsdi =~ Ci

'rsdi =-^jCiiOV„

Pour un défaut franc, on a V RSD = - 3 K„

d'où: Irsdi =JCJ<ÙV RSD

On peut donc établir les déphasages entre le courant résiduel et la tension


résiduelle vus par la protection du départ en défaut et les protections des départs
sains (voir figure 4.21).

Irsd i = J Q Û) V rsd

zone de non
déclenchement
4 5
Orsd = °

zone de
déclenchement

i -J(C\ +C2 + C) VI (L) RSD

Figure 4.21. Déphasages entre le courant résiduel et la tension résiduelle


du départ en défaut et des départs sains
200 Protection des réseaux électriques

Le déphasage entre le courant résiduel et la tension résiduelle vu par la


protection Pf du départ en défaut dépend de la valeur du courant capacitif de tous
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les départs sains par rapport à la valeur du courant de limitation.

Il faut choisir Q rsd de façon à ne pas avoir de déclenchement intempestif et de


façon à déclencher le départ en défaut quelle que soit la configuration du réseau,
c'est-à-dire pour un courant capacitif des départs sains variable. On choisit
généralement 8 r s d = 45 .

Réglage du seuil de courant

Il est réglé le plus bas possible (voir § 4.2.1.1).

4.4.4.3. Détection du sens du courant pour un réseau à neutre isolé


Cette utilisation est rare. En effet, pour un réseau à deux arrivées en parallèle, la
longueur des liaisons des arrivées est généralement assez faible. Les courants
capacitifs de ces liaisons sont alors petits devant les courants capacitifs des départs.
Il n'est donc pas utile d'installer des protections à maximum de courant terre
directionnel pour obtenir la sélectivité entre les deux arrivées (voir § 7.1.5.2.3).

Dans le cas rare d'un réseau à deux arrivées en parallèle de grande longueur, il
faut installer des protections à maximum de courant terre directionnel. Elles
permettent de détecter le sens des courants capacitifs et ainsi d'obtenir la sélectivité
entre les deux arrivées. L'angle caractéristique des protections des arrivées doit alors
être réglé à 90 ° puisque les courants de défaut sont uniquement capacitifs.

Un autre cas d'utilisation est celui d'un réseau à deux arrivées en boucle
(voir § 7.1.6.2.3). Les protections directionnelles sont combinées avec un système
d'échange logique. Les courants vus par les protections sont uniquement capacitifs,
l'angle caractéristique Q est donc réglé à ± 90 ° selon le sens de détection
rsd

désiré.

4.4.4.4. Distinguer le départ en défaut pour un réseau à neutre isolé


Considérons un transformateur à neutre isolé et un jeu de barres alimentant
plusieurs départs (voir figure 4.22).

Le paragraphe 2.6 étudie la répartition des courants lors d'un défaut à la terre.
Les départs sains sont parcourus par un courant dû à la capacité des câbles. La
protection à maximum de courant terre directionnel permet de discriminer un
courant capacitif d'un départ en défaut d'un courant capacitif d'un départ sain.
Les fonctions de protection et leurs applications 201

T7
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\ , 'cl + 'c2 +
\ t Ar2

; fi
1

~ c, •C 2

•i " t / c 2

_» courant capacitif

+
Courants de défaut / y = /q- + + /c2 ^C3

Figure 4.22. Distinguer le départ en défaut pour un réseau à neutre isolé

4.4.4.4.1. Détermination de l'angle caractéristique Qrsd des protections de chaque


départ
La valeur du courant résiduel vu par la protection Pf du départ en défaut
est (voir figure 4.22) :

L ! L
RSDF = CL + C2 + ' C 3

avec : /q, = 3j C co V t n

on a donc : l y rsa = 3 j[C\ + C + Cy)u> V 2 n

Pour un défaut franc, on a V rsd = -3K„

d'où : l r s d f = -j(C +C + { 2 C ) o) V
3 rsd

C, : capacité du départ /
V n tension simple nominale

La valeur du courant résiduel vu par la protection Pi d'un départ sain est


(voir figure 4.22) :

L ,
RSDI =~ CI

'RSDI =-3jCi<oV„
202 Protection des réseaux électriques

Pour un défaut franc, V RSD = - 3 V„


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d o u : C V
' hsdi = J i<* rsd

On peut donc établir les déphasages entre le courant résiduel et la tension


résiduelle vus par la protection du départ en défaut et les protections des départs
sains (voir figure 4.23).

Sur la figure 4.23, on voit qu'il faut régler l'angle caractéristique 0 ^ à 90 °.

Réglage du seuil de courant

Il est réglé le plus bas possible, c'est-à-dire I =\A


2 car la mesure est
n h l i o a f m r p m p n t p f f p r t u p p n a r u n tnrp / v o i r S 7 1 ? M

zone de non déclenchement

1
' rsd i = j C, (0 f rail

fl,.«/=90- angle caractéristique

zone de déclenchement

Ini f = - > (C| + Ct_ + C 3 )^ VrsJ

Figure 4.23. Déphasages entre courant résiduel et tension résiduelle


du départ en défaut et des départs sains

Contraintes sur la valeur des courants capacitifs des départs


Le module du courant résiduel vu par la protection Pf du départ en défaut est :

|W| = 3(C, + C 2 + C ) c o V„
3

Il faut donc s'assurer que pour un défaut apparaissant sur n'importe quel départ,
la somme des capacités de tous les autres départs entraîne un courant capacitif
supérieur au seuil de réglage, et cela quelle que soit la configuration du réseau. Par
Les fonctions de protection et leurs applications 203

conséquent, lorsque les départs sont tous de petite longueur, il n'est pas possible
d'être sélectif entre les départs en raison du seuil minimal de réglage ( / = 1 À) .
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Par exemple, considérons un réseau moyenne tension 5,5 kV constitué de câbles


2
unipolaires de 240 m m aluminium, isolés au PE. La capacité linéique homopolaire
(capacité phase-terre) des câbles est :

Q=0,54uF/*w (voir §4.2.2.1)

Pour avoir au moins 1 A de courant capacitif, la longueur minimale L m j n de


l'ensemble des câbles du réseau est telle que :

Pour obtenir la sélectivité entre les N départs d'un réseau, il faut donc que la
longueur totale de N-l départs soit supérieure à 670 m, quelle que soit la
configuration du réseau.

Lorsque cette condition n'est pas remplie, pour déterminer le départ en défaut, on
peut installer un automatisme qui déclenche successivement chaque départ et teste le
contrôleur permanent d'isolement (voir § 1.2.7.1.2) ou la protection à maximum de
tension résiduelle (voir § 4.18). Cette solution est déconseillée car elle entraîne des
coupures sur des départs sains et des surtensions pouvant provoquer un défaut
double.

4.5. Protection à maximum de courant terre directionnel pour réseau à neutre


compensé (code ANSI 67 N)

Cette protection est utilisée pour protéger les départs d'un réseau dont le neutre
est mis à la terre par bobine de compensation (ou bobine de Petersen). Elle permet
de discriminer un courant d'un départ en défaut d'un courant capacitif d'un départ
sain.

4.5.1. Fonctionnement

La protection est activée si les deux conditions suivantes sont réalisées pendant
une durée égale à la temporisation choisie :
204 Protection des réseaux électriques

- la composante active du courant résiduel est supérieure au seuil de réglage


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- cette composante est dans le sens de détection choisi.

La composante active du courant résiduel est la projection du courant résiduel


sur la droite définie par la tension résiduelle.

Sur la figure 4.24 le sens de détection est le sens opposé à la tension résiduelle.
Ainsi, le courant l ji active la protection tandis que le courant l
rS( ne l'active
r s d [

pas.

zone de déclenchement zone de non déclenchement

F i g u r e 4.24. Zone de déclenchement de la protection à maximum de courant


terre directionnel pour réseau à neutre compensé

Pour la méthode de mesure du courant résiduel et de la tension résiduelle, et


pour la valeur de la tension résiduelle lors d'un défaut monophasé terre franc, se
reporter aux paragraphes 4.2.1 et 4.4.2.

Le paragraphe 2.5.3 étudie la valeur du courant de défaut à la terre dans un


réseau avec neutre mis à la terre par bobine de compensation :

/y : courant de défaut à la terre


C : capacité totale du réseau
: inductance de la bobine de compensation située sur le neutre
V N : tension simple nominale
Les fonctions de protection et leurs applications 205

Le courant de défaut ne possède pas de composante active, la protection ne peut


donc pas être opérationnelle.
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Cependant, afin de détecter une composante active de courant lors d'un défaut,
on ajoute une résistance en parallèle avec la bobine (voir figure 4.25). Cette
résistance a une valeur élevée afin de maintenir un courant de défaut de seulement
quelques ampères.

Dans la pratique, on choisit le facteur de qualité Q de la bobine afin d'obtenir la


résistance désirée :

Figure 4.25. Résistance en parallèle avec la bobine de compensation

4.5.2. Distinguer un courant de défaut d'un courant capacitif pour un réseau avec
neutre mis à la terre par bobine de compensation

Considérons un transformateur avec neutre mis à la terre par bobine de


compensation et un jeu de barres alimentant plusieurs départs (voir figure 4.26).

Les départs sains sont parcourus par un courant dû à la capacité des câbles. La
protection à maximum de courant terre directionnel pour réseau à neutre compensé
permet de discriminer un courant d'un départ en défaut d'un courant capacitif d'un
départ sain.

La valeur du courant résiduel vu par la protection Pf du départ en défaut est


(voir figure 4.26) :

+ ! l l
l
rsdf l
= l Cl + C2 + C3

avec : et
3
la = J i c w v
n
206 Protection des réseaux électriques
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courant résistif courant capacitif

Courant de défaut / y = I( + Içj + /(-j + Ici + Iç^

Figure 4.26. Distinguer un courant de défaut d'un courant capacitif


pour un réseau avec neutre mis à la terre par bobine de compensation

on a donc : (rappel = -j )

Pour un défaut franc, on a V rsd =-3V„

d'où :

Cj : capacité du départ i
L : inductance de la bobine de compensation située sur le neutre
/?yv : résistance de limitation située sur le neutre
V n : tension simple nominale

Si l'accord est réalisé, est proche de zéro.

La projection du courant l j
rsd sur la droite définie par la tension résiduelle
V rsd est alors :
Les fonctions de protection et leurs applications 207

V
/ _ nd
p r s d f
3R
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La valeur du courant résiduel vu par la protection Pi d'un départ sain est


(voir figure 4.26) :

= I
hsdi ~ Ci
3
'n* *-3jC,ta V n

Pour un défaut franc, on a : V rsd =-3V„

d'où : l di
rs -jCjiû V rsd

La projection du courant l rsdj sur la droite définie par la tension résiduelle


V rsd est nulle.

On peut donc établir les déphasages entre le courant résiduel et la tension


résiduelle vus par la protection du départ en défaut et les protections des départs
sains (voir figure 4.27).

IrsJ i = j Ci (0 Vrsd

zone de l j j rs

zone de déclenchement zone de non déclechement

Figure 4.27. Déphasages entre le courant résiduel et la tension résiduelle


du départ en défaut et des départs sains
208 Protection des réseaux électriques

Le courant l j
rsd peut être situé au-dessus ou en-dessous de la droite définie
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par V RSDet avoir une amplitude plus ou moins importante suivant la qualité de
l'accord entre la bobine et la capacité du réseau. La capacité étant variable en
fonction de la configuration du réseau ou de la mise en service de nouvelles liaisons,
l'accord n'est jamais parfait. Pour le rendre le meilleur possible, il est préférable
d'installer une bobine à inductance variable.

Réglage du seuil de courant

Il est réglé le plus bas possible, en tenant compte de l'erreur engendrée par la
projection (voir § 4.2.1.1).
La zone possible de l j
rsd est proche de l r s d i (voir figure 4.27), notamment
lorsque l'accord n'est pas bien réalisé. C'est pourquoi la protection à maximum de
courant terre directionnel ne peut pas être utilisée, car elle risque de provoquer des
déclenchements intempestifs.

4.6. Protection différentielle à haute impédance

Le système de sélectivité par protections différentielles est expliqué dans le


paragraphe 6.5.

4.6.1. Principe de fonctionnement des protections différentielles à haute


impédance

source

défaut

mesure différentielle

n : courant entrant côté primaire et sortant côté secondaire, correspondant


aux notations PI, SI

Figure 4.28. Schéma de la protection différentielle à haute impédance


Les fonctions de protection et leurs applications 209
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he ' ^2e • he '• mesure des courants de phases I, 2 et 3 entrant dans la zone
protégée
m e s u r e
I\s ' hs > hs • des courants de phases 1, 2 et 3 sortant de la zone
protégée

Figure 4.29. Protection contre les défauts entre phases et phase-terre

neutre

'rsd,e '• mesure du courant résiduel entrant dans la zone protégée


hsd s '• mesure du courant résiduel sortant de la zone protégée

Figure 4.30. Protection uniquement contre les défauts phase-terre


210 Protection des réseaux électriques

Les secondaires des TC sont connectés de façon à débiter l'un dans l'autre ; ils
sont montés en opposition de phase, en régime normal l = I . Le courant
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e s

mesuré dans la branche différentielle est donc proche de zéro en régime normal ou
lorsque le défaut est à l'extérieur de la zone ; il est proportionnel au courant de
défaut lorsque celui-ci est à l'intérieur de la zone protégée.

Ce schéma peut être utilisé pour détecter les défauts entre phases (biphasé ou
triphasé) et phase-terre en installant une branche différentielle par phase
(voir figure 4.29).

Il peut aussi être utilisé pour détecter uniquement les défauts phase-terre en
connectant les TC des 3 phases de façon à réaliser la sommation des courants de
chaque phase ; une seule branche différentielle est alors nécessaire, elle réalise la
différence des courants résiduels (voir figure 4.30).

Rappelons que le courant résiduel Ij


rs est la somme des courants des trois
phases, il donne la mesure du courant passant par la terre (voir § 4.2.1).

4.6.2. Fonctionnement et dimensionnement des éléments

Le fonctionnement de la protection différentielle à haute impédance ne poserait


pas de problème si les courants secondaires fournis par les transformateurs de
courant étaient la fidèle reproduction des courants primaires, même pendant les
régimes transitoires.

Mais les transformateurs de courant peuvent saturer lors d'un court-circuit


extérieur à la zone protégée, même si la valeur du courant de court-circuit est
inférieure au facteur limite de précision (voir §3.1.3.5.1) ou si la tension au
secondaire correspondant à ce courant est inférieure à la tension de coude
(voir § 3.1.3.6).

En effet, le courant de court-circuit possède une composante apériodique (voir


§ 2.1.1) qui a une valeur maximale de l'ordre de 40 à 80 % de la valeur crête de la
composante alternative, sa durée est de 50 à 100 ms. Cette composante apériodique
de forme exponentielle décroissante favorise la saturation du circuit magnétique.

En effet, l'induction magnétique B(t) est proportionnelle à l cc (t) dt (voir

§3.1.2) ; l'intégrale de la composante apériodique fait croître B qui dépasse alors la


limite de saturation (voir figure 3-4).
Les fonctions de protection et leurs applications 211

La saturation des transformateurs de courant peut provoquer un déclenchement


intempestif de la protection, nous allons voir pourquoi.
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Lorsqu'un défaut se produit à l'extérieur de la zone protégée, les transformateurs


de courant des deux extrémités de la zone voient le défaut et peuvent être affectés
par la saturation. Or, les caractéristiques de ces transformateurs de courant ne
peuvent pas être parfaitement identiques, l'un peut saturer moins que l'autre ou ne
pas saturer du tout. Cela entraîne une différence de courant ( l - l * 0 ) passant
e s

dans la branche différentielle et pouvant activer la protection de façon intempestive.

4.6.2.1. Introduction d'une résistance de stabilisation dans la branche différentielle


Pour éviter un risque de déclenchement intempestif, il faut s'assurer qu'en cas de
saturation d'un ou des deux transformateurs de courant lors d'un court-circuit
extérieur à la zone protégée, le courant traversant la branche différentielle est
inférieur au seuil de réglage de la protection. Pour cela, on introduit une résistance
R dans la branche différentielle (voir figure 4.31 ) pour augmenter l'impédance du
s

circuit.

Dans les calculs qui vont suivre, pour ne pas alourdir les équations, la résistance
du relais est intégrée dans la résistance de stabilisation. Toutefois, la résistance du
relais est généralement négligeable.

source

défaut extérieur

R s : résistance de stabilisation

Figure 4.31. Introduction d'une résistance de stabilisation


dans la branche différentielle

Considérons le cas le plus contraignant, un défaut apparaît à l'extérieur de la


zone protégée, un des deux transformateurs de courant sature, l'autre pas.
212 Protection des réseaux électriques

Supposons par exemple que B est saturé et que A fournit un courant


secondaire qui est une reproduction fidèle du courant primaire.
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Reprenons le schéma de la figure 4.31 en faisant apparaître le schéma équivalent


des transformateurs de courant (voir figure 3.3) et la résistance des fils de liaison
reliant les TC à la branche différentielle. L'inductance des fils de liaison peut être
négligée car ce sont des câbles de faible section dimensionnés pour un courant
nominal inférieur à 5 A ^Lj- co « rA.

On obtient alors le schéma électrique de la figure 4.32 :


source

<

R cla . Rh
cl : résistance des enroulements des transformateurs de courant A et B
Rja • Rfb résistance des fils reliant les transformateurs de courant A et B à la branche
différentielle
'ma • 'mb courant de magnétisation des transformateurs de courant A et B
L ma . L i,
m : inductance de magnétisation des transformateurs de courant A et B
Iscc courant de court-circuit maximal ramené au secondaire des transformateurs
de courant

Figure 4.32. Schéma équivalent des transformateurs de courant et des fils de liaison

Simplifions le schéma électrique en utilisant les hypothèses :


- donc son inductance de magnétisation tend vers zéro (voir § 3.1.2.2), on la
prendra égale à zéro ;
- le transformateur A n'est pas saturé, son courant de magnétisation est très
faible (voir § 3.1.1), donc son inductance de magnétisation est très grande, on la
prendra infinie.

On obtient alors le schéma équivalent simplifié de la figure 4.33.


Les fonctions de protection et leurs applications 213

source
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défaut extérieur

Figure 4.33. Schéma équivalent lorsque B est saturé et A non saturé

En appliquant la formule du diviseur de courant entres les impédances en


parallèle R et Rp, + R ,i,, on obtient le courant qui passe dans la branche
s c

différentielle :

Supposons que le seuil de réglage de la protection soit égal à I . Pour ne pas


r

avoir de déclenchement intempestif lors d'un court-circuit extérieur à la zone


protégée, la condition à vérifier est alors :

Si on applique le même raisonnement au cas où A est saturé et B ne l'est pas,


on arrive évidemment au même type de condition :
214 Protection des réseaux électriques

La résistance de stabilisation devra donc être choisie de façon à vérifier la


condition suivante :
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avec Rf + R cl égal à la valeur maximale de Rf a +R cla et Rji + R clb :

Rf +R cl = max ( / ? /a + R cla , Rj,, + R)


clb

Dans la pratique, on prend :

car il est préférable que la valeur de Rs soit la plus petite possible. En effet,
comme l'indique le paragraphe 4.6.2.2, la valeur de R s dimensionne le
transformateur de courant.

L'ordre de grandeur de R est quelques ohms à quelques centaines d'ohms. Sa


s

valeur élevée, pour une charge de transformateur de courant, justifie l'appellation


protection différentielle haute impédance.

4.6.2.2. Dimensionnement des transformateurs de courant


Les transformateurs de courant doivent être dimensionnés de façon à obtenir une
tension suffisante aux bornes de la branche différentielle pour activer la protection
en cas de défaut dans la zone protégée.

Etudions le cas d'un défaut franc à l'intérieur de la zone protégée. Avant la


saturation éventuelle des transformateurs de courant, le schéma équivalent est celui
de la figure 4.34 .

Pour être sûr de l'activation de la protection pour un défaut dans la zone


protégée, la tension de coude des transformateurs de courant doit être supérieure à la
tension qui apparaît aux bornes des transformateurs de courant lorsque le courant
circulant dans le relais est égal à l . r

Dans la pratique, on choisit la tension de coude de façon à vérifier la condition


suivante :

V cd > k [R s + Rj + /? ,) / ,
c avec 1,5 < k < 2
Les fonctions de protection et leurs applications 215
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±1

I T. I
Figure 4.34. Schéma équivalent pour un défaut franc à l'intérieur de la zone protégée

Dans la suite du calcul, pour plus de clarté, on prendra k = 2 car c'est la valeur
la plus couramment utilisée.

On a alors la condition :

V >2(R
cd s + R f + R c l )l r

Si la résistance de stabilisation est choisie telle que :

d'où :

la condition est :

V >2(R
cd f +R )l cl scc

Ainsi, le choix d'une tension de coude vérifiant cette condition permet d'être sûr
de l'activation de la protection pour un courant de défaut supérieur à l r dans la
zone protégée.

La tension de coude déterminée dans ce paragraphe est la tension de coude V%


donnée par la norme BS 3938 ou la tension limite VS correspondant à la norme
CEI 185 (voir §3.1.3.7).
216 Protection des réseaux électriques

4.6.2.3. Limitation des pics de tension par une résistance non linéaire
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Lorsqu'un courant de court-circuit, d'une valeur proche du courant de court-


circuit triphasé maximal, apparaît à l'intérieur de la zone protégée, le transformateur
de courant est fortement saturé et des pics de tension très élevés apparaissent à ses
bornes (voir figure 3-5).

On peut démontrer (voir Annexe C) que les pics de tension ont l'amplitude
suivante :

avec V/=(R s + R/+lict)'scc

Vf est la tension qui apparaîtrait aux bornes du transformateur de courant s'il


n'y avait pas de phénomène de saturation.

Ces pics de tension pourraient endommager le transformateur de courant, la


filerie du circuit secondaire et la protection différentielle qui ne sont pas
dimensionnés pour recevoir de tels niveaux de tensions. Pour pallier ce problème,
on installe des résistances non linéaires en parallèle avec la branche différentielle
qui ont pour but de limiter la tension à une valeur admissible par le matériel basse
tension. La valeur de la tension limitée par la résistance non linéaire est
généralement comprise entre 1 et 2 kV.

4.6.2.4. Dimensionnement thermique de la résistance de stabilisation


Elle doit pouvoir supporter :
- en permanence un courant égal au seuil de réglage de la protection,
- la valeur efficace du courant de court-circuit maximal pendant le temps
maximal d'élimination du court-circuit.

On démontre que pour un transformateur de courant saturé l'expression de l jj


e

est (voir Annexe C) :

avec

Icc : valeur efficace du courant de court-circuit que l'on obtiendrait s'il n'y avait
pas de saturation

/] est la valeur efficace du courant à la limite de la saturation du transformateur


de courant.
Les fonctions de protection et leurs applications 217

On choisit, par exemple, une résistance de stabilisation dont le courant de courte


durée admissible (1 seconde) est supérieur à I jf .
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Cette formule donne une valeur précise pour un TC suffisamment saturé, c'est-à-
dire I > 3 l\, ce qui est généralement le cas.
cc

Dans le cas d'un TC faiblement saturé, c'est-à-dire /j < l < 3 I\, le calcul cc

précis de la valeur efficace (voir Annexe C) nous montre que cette formule donne
une erreur par excès comprise entre 30 % pour I = /j et 6 % pour I = 3 / | cc cc

(voir tableau C-l).

4.6.2.5. Courant de défaut minimum détectable


Nous allons déterminer le courant de défaut minimum détectable lorsque le seuil
de réglage de la protection est fixé à l . r

Le schéma équivalent lors d'un défaut intérieur, en tenant compte des courants
de magnétisation des transformateurs de courant et de la résistance non linéaire, est
celui de la figure 4.35 . Supposons que le courant de défaut I provoque un courant d

/,. dans la branche différentielle et donc une tension V = R I . s s r

La tension aux bornes de R cl + Rj est négligeable devant la tension V , car s

Rcl + Rj « R . On en déduit donc que la tension aux bornes des inductances de


s

magnétisation est à peu près égale à V , les trois courants I s ma , l m b et 1/^ ont
alors le même sens.

Appliquons la loi des nœuds au point Q ; la somme des courants entrants est
égale à la somme des courants sortants :

-
l l
s ~ sd + 'ma + RN 1
+r l
= A» ''mb

d'OÙ : /„/=/„ ) 0 + /„,A+//cV+^r

En supposant que /,„„ et l, sont égaux, ce qui est le cas si les deux
llh

transformateurs de courant sont égaux, le courant de défaut minimum détectable sur


la zone protégée est :

2/
'd =»( m + IfW + lr)

/,„ : courant de magnétisation des TC


218 Protection des réseaux électriques

n : rapport de transformation des TC


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Le courant de magnétisation /,„ à prendre en compte est le courant de


magnétisation des TC pour une tension secondaire I',=/?,l . r

source

I d : courant de défaut
/ : courant traversant la zone protégée
I m a : courant de magnétisation du transformateur de courant A
I ljm : courant de magnétisation du transformateur de courant B
lUN : courant circulant dans la résistance non linéaire
I r : seuil de réglage de la protection

I ——s : image du courant / au secondaire des transformateurs de courant


n
n : rapport de transformation des TC
V S : tension aux bornes de la résistance de stabilisation + relais AI

f
sd : 'mage du courant de défaut l d a u s e c o n d a i r e d e s transformateurs de courant

R cla . R ij
ct : résistance des enroulements des transformateurs de courant A et B
R
fa ' Rjb '• résistance des fils reliant les transformateurs de courant A et B à la branche

différentielle

Figure 4.35. Schéma équivalent tenant compte des courants de magnétisation et de la


résistance non linéaire
Les fonctions de protection et leurs applications 219

Or, on montre au paragraphe 4.6.2.2 que la tension de coude des transformateurs


de courant doit respecter la relation l' > 2V\ (dans la mesure où l'on choisit k=2).
cd
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Supposons que l'on choisisse V = 2V , le courant de magnétisation à prendre en


cJ S

compte est alors le courant de magnétisation des TC lorsque la tension au secondaire


est égal à la moitié de la tension de coude. Cette valeur peut être obtenue sur les
courbes de valeurs du courant de magnétisation données par les constructeurs de
TC.
v ,
L'ordre de grandeur du courant de magnétisation pour une tension -—• est
1,5 % du courant nominal du TC, c'est-à-dire 75 m A pour un TC de 5 A et 15 mA
pour un TC de 1 A.

Si le seuil de réglage minimal de la protection est 5 % du courant nominal, le


courant de défaut minimal détectable est alors 2xl,5%+5%=8% du courant nominal
(en négligeant le courant de fuite de la résistance non linéaire).

Lorsque la protection différentielle est utilisée pour détecter uniquement les


défauts phase-terre en connectant les TC des 3 phases de façon à réaliser la
sommation des courants de chaque phase (voir figure 4.30), le courant de défaut
minimum détectable est :

/</=«(6/ +//w+/ )
m r

En effet, un courant de magnétisation circule dans les 6 transformateurs de


courant.

On peut donc conclure que le courant de magnétisation limite la sensibilité de la


protection, il faut donc choisir des TC avec un faible courant de magnétisation
lorsque l'on désire obtenir une protection sensible aux faibles courants de défaut.

4.6.3. Application de la protection différentielle à haute impédance

Il s'agit de déterminer la valeur de la résistance de stabilisation /?, , de


dimensionner les transformateurs de courant en calculant la tension de coude
minimale et de déterminer le courant de défaut minimum détectable.

4.6.3.1. Différentielle moteur (code ANSI 87 M)


La protection différentielle est utilisable pour les moteurs dans la mesure où les
deux bornes de chaque enroulement statorique sont accessibles (voir figure 4.36).
220 Protection des réseaux électriques

Le courant maximal pour lequel la protection doit rester stable est le courant de
démarrage I qui est de l'ordre de 5 à 7 /„ s'il n'y a pas de système de démarrage
Jem
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limitant le courant.

neutre

Figure 4.36. Schéma d'une protection différentielle moteur

La condition à respecter pour ne pas avoir de déclenchement intempestif lors du


démarrage du moteur est :

Prenons par exemple

(*) R, intègre la valeur de la résistance du relais

La condition à respecter pour le dimensionnement des transformateurs de


courant est :

V , >2(R
cl f +R ) I ,
CI llt m (si on prend k=2, voir § 4.6.2.2)

Le courant de défaut minimum détectable est :

lj=n(21 +I +l )
m RN r
Les fonctions de protection et leurs applications 221

Un autre montage est possible, il consiste à installer des tores entourant les
liaisons amont et aval de chaque enroulement (voir figure 4.37).
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Figure 4.37. Protection différentielle moteur avec des tores entourant les liaisons amont et
aval de chaque enroulement

Ce montage ne nécessite pas de résistance de stabilisation car il n'y a pas de


risque de saturation des TC lors du démarrage du moteur. En effet, chaque TC
mesure la différence entre les courants des liaisons amont et aval de l'enroulement, il
n'est donc sensible qu'à un courant de défaut.

4.6.3.2. Différentielle alternateur (code ANSI 87 G)


La protection différentielle est utilisable pour les alternateurs dans la mesure où
les deux bornes de chaque enroulement statorique sont accessibles (voir figure
4.36).

Le courant maximal pour lequel la protection doit rester stable est le courant de
court-circuit de l'alternateur (voir § 2.1.2). Le temps de fonctionnement de la
protection est presque instantané car elle n'est pas temporisée. Le courant de
court-circuit à prendre en compte est donc le courant pendant la période
subtransitoire qui est de l'ordre de 5 à 10 /,, (voir tableaux 2.4, 2.5 et 2.6).
222 Protection des réseaux électriques

La condition à respecter pour ne pas avoir de déclenchement intempestif lors


d'un court-circuit en aval de l'alternateur est :
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I cca : courant de court-circuit de l'alternateur pendant la période subtransitoire

Prenons par exemple : (•)

(*) Ry intègre la valeur de la résistance du relais

La condition à respecter pour le dimensionnement des transformateurs de courant


est :

V cd >2(Rj +R ,)l a
c CC (si on prend *=2, voir § 4.6.2.2)

Le courant de défaut minimum détectable est :

/ =«(2/,„+/^+/ )
< / f

4.6.3.3. Différentielle jeu de barres (code ANSI 87 B)


La protection d'un jeu de barres peut s'effectuer en considérant que la zone
protégée n'a pas seulement deux extrémités, mais un nombre q généralement
supérieur à deux.

La protection différentielle compare la somme des courants entrant sur le jeu de


barres à la somme des courants sortant du jeu de barres. Si les deux sommes sont
égales, le jeu de barres est sain, sinon le jeu de barres est en défaut.

Par exemple, considérons le schéma de la figure 4.38.

Nous allons comparer I e X +l e2 à /, +/


v ï 2 +/ t 3 +/ ï 4 .

Pour effectuer cette comparaison, on connecte les transformateurs de courant des


deux sources et des quatre départs comme indiqué sur la figure 4.39 .

Si l'on veut réaliser une protection contre les défauts entre phases et phase-terre,
ce montage est à réaliser pour chaque phase.
Les fonctions de protection et leurs applications 223

source 1 source 2
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1 1
'e.
1r \ r

y
i

\ \ \ \

départs

Figure 4.38. Jeu de barres alimenté par 2 sources, comportant 4 départs

jeu de barres

/«2
»•
e e la

a
e
+'<2 ' « I * ''1* ''i*''*

AI

Figure 4.39. Schéma du montage d'une protection différentielle jeu de barres

Si l'on veut réaliser une protection uniquement contre les défauts phase-terre, la
sommation des courants des trois phases doit être réalisée pour chaque source et
chaque départ. Ces sommes de courant sont ensuite comparées.
224 Protection des réseaux électriques

Le courant maximal pour lequel la protection doit rester stable est le courant de
court-circuit correspondant à la somme des courants de court-circuit maximaux de
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chaque source.

Les conditions à respecter pour ne pas avoir de déclenchement intempestif lors


d'un court-circuit en aval du jeu de barres est :

Prenons par exemple : (*)

(*) /?,. intègre la valeur de la résistance du relais

La condition à respecter pour le dimensionnement des transformateurs de


courant est :

V, >2(R
d f +R )l
cl cc (si on prend k=2, voir § 4.6.2.2)

Le courant de défaut minimum détectable est :

q est le nombre de transformateurs de courant connectés à la branche


différentielle, c'est-à-dire la somme du nombre de sources et du nombre de départs
connectés au jeu de barres, sur la figure 4.38 on a q = 6 .

On constate que la sensibilité de la protection est altérée lorsque l'on désire


protéger un jeu de barres auquel est connecté un grand nombre de départs. En effet,
/,„ est de l'ordre de 1,5 % de /„ (voir § 4.6.2.5), et le seuil de réglage minimal de
la protection est 5 % de /„ .

En supposant que le seuil de réglage de la protection soit 5% de / „ , pour q = 6


le courant de défaut minimal détectable est :

/ /=(6xl,5%f5%></, =14% de /„
l 1

(en négligeant le courant de fuite de la résistance non linéaire).


Les fonctions de protection et leurs applications 225

4.6.3.4. Protection différentielle de terre restreinte (code ANS/ 87 N ou REF)


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Elle est aussi dénommée REF (Restricted Earth Fault). Elle est utilisée pour
protéger les transformateurs contre les défauts à la terre. Il existe deux montages
différents selon que le neutre du transformateur est connecté à la terre ou non.

4.6.3.4.1. Transformateur avec neutre connecté à la terre, directement ou par une


impédance de limitation
Le montage est celui de la figure 4.40 .

Figure 4.40. Protection différentielle de terre restreinte d'un transformateur avec neutre
connecté à la terre

Le courant résiduel / r ï l / est la somme des courants des trois phases, il donne la
mesure du courant de défaut à la terre traversant les TC (voir § 4.2.1).

Si le défaut à la terre est à l'extérieur du transformateur, le courant résiduel est


égal au courant qui circule dans la connexion du point neutre à la terre ; il n'y a donc
pas de courant dans la branche différentielle.

Si le défaut à la terre est interne au transformateur, le courant résiduel est de sens


opposé au courant circulant dans la connexion du point neutre à la terre ; il y a donc
un courant dans la branche différentielle. Dans ce cas, s'il existe un courant résiduel,
il est fourni par un générateur homopolaire ou par un autre transformateur avec
neutre mis à la terre.
226 Protection des réseaux électriques

Le courant maximal pour lequel la protection doit rester stable est le courant de
court-circuit triphasé au secondaire.
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La condition à respecter pour ne pas avoir de déclenchement intempestif lors


d'un court-circuit en aval du transformateur est :

Prenons par exemple : (*)

(*) intègre la valeur de la résistance du relais

La condition à respecter pour le dimensionnnement des transformateurs de


courant est :

V cd >2(Rf +R )/„.
CI (si on prend k=2, voir4.6.2.2)

Le courant de défaut minimum détectable est :

I j ^ ' m + lKN + 'r)

car il y a 4 TC connectés à la branche différentielle, donc 4 fois le courant de


magnétisation.

4.6.3.4.2. Transformateur avec neutre isolé


Le montage est celui de la figure 4.41.

Le courant résiduel / rv(/ e s t la somme des courants des trois phases, il donne la
mesure du courant de défaut à la terre traversant les TC (voir § 4.2.1).

Si le défaut à la terre est à l'extérieur du transformateur, le courant résiduel est


nul, aucun courant ne circule dans la branche différentielle.

Si le défaut à la terre est interne au transformateur, le courant résiduel est égal au


courant de défaut, il y a donc un courant dans la branche différentielle.

Pour que le courant de défaut ne soit pas réduit aux courants capacitifs, il faut
qu'une connexion de mise à la terre du neutre ou un générateur homopolaire existe
dans le réseau.
Les fonctions de protection et leurs applications 227
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Figure 4.41. Protection différentielle de terre restreinte d'un transformateur


avec neutre isolé

Le courant maximal pour lequel la protection doit rester stable est le courant de
court-circuit triphasé au secondaire.

La condition à respecter pour ne pas avoir de déclenchement intempestif lors


d'un court-circuit en aval du transformateur est :

Prenons par exemple : R =Rs f +Rcl -1J (•)

(*) R intègre la valeur de la résistance du relais


x

La condition à respecter pour le dimensionnnement des transformateurs de


courant est :

V >2(R
cJ f +R )l cl cc (si on prend k=2, voir § 4.6.2.2)

Le courant de défaut minimum détectable est :

^="{3/ +//w+/r)
m
228 Protection des réseaux électriques

car il y a 3 TC connectés à la branche différentielle, donc 3 fois le courant de


magnétisation.
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4.6.4. Remarque sur l'application de la protection différentielle haute impédance

Ce type de protection différentielle ne peut pas être appliqué à la protection des


câbles ou des lignes de longueur significative.

En effet, la condition sur la tension de coude des transformateurs de courant est :

l' >2(R
L<J / + R )l
cl cc (si on prend k=2, voir § 4.6.2.2)

Rcl : résistance des enroulements du transformateur de courant


Rj : résistance des fils reliant les transformateurs de courant d'une extrémité à
l'autre de la zone protégée (dans le cas d'une longueur significative le relais
serait situé à l'une ou l'autre des extrémités.

La valeur de la résistance Rj serait donc élevée pour une grande longueur, il en


résulterait une tension de coude très élevée, ce qui imposerait des dimensions de
transformateurs de courant non réalisables.

Pour réaliser une protection différentielle de ligne ou de câble de longueur


significative, l'impédance de charge des TC doit être faible et indépendante de la
longueur de la liaison, c'est le cas de la protection différentielle à fil pilote expliquée
au paragraphe 4.7.

4.7. Protection différentielle à fil pilote de câbles (code ANSI 87 L)

Le système de sélectivité par protections différentielles est expliqué dans le


paragraphe 6.5. La protection différentielle à fil pilote est à pourcentage. Elle est activée
lorsque le courant différentiel atteint un certain pourcentage du courant traversant.

4.7.1. Principe de fonctionnement de la protection différentielle à fil pilote

Les résistances R h réalisent la conversion du courant en tension. Si on suppose


que la résistance R h est faible devant R,+2 R tl , on peut dire que V s R le h e et
Les fonctions de protection et leurs applications 229
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Ra : résistance des relais de protection


Rf • résistance de la ligne pilote (aller et retour)

Figure 4.42. Schéma de principe de la protection différentielle à fil pilote

Soit V la tension aux bornes de la résistance du relais, on a alors :


a

Va=(Ye-V,> (formule du diviseur de tension)


2R +Ra f

d'où :
2R„+R,

On a donc ainsi réalisé l'élément différentiel / , - / , .

Ve est proportionnel au courant /,, , en réalisant le ratio

V a 1,-1,
[2R +R
a (

on obtient une image du pourcentage du courant différentiel l -l, t par rapport


au courant traversant l e . Ce ratio est réalisé par le relais de protection.

Lors d'un défaut à la terre extérieur à la zone protégée, le courant différentiel est
égal au courant capacitif du câble protégé (voir § 2.5). Pour éviter un risque de
230 Protection des réseaux électriques

déclenchement intempestif, notamment lorsque le câble est peu chargé, la protection


n'est activée que si le courant différentiel est supérieur à un courant minimal / .
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Ainsi, la protection est activée lorsque :

l . -1, > K l , + /„
L (voir figure 4.43)

/ 0 doit être réglé à une valeur supérieure au courant capacitif du câble.

courant
différentiel

zone de déclenchement

zone de non déclenchement

penie K

courant traversant

Figure 4 . 4 3 . Courbe de déclenchement de la protection différentielle à fil pilote

La résistance R h parcourue par le courant traversant l e réalise la tension V .,L

elle est appelée "élément de retenue". La résistance R a parcourue par le courant


proportionnel à l e - I s réalise la tension Va , elle est appelée "élément
opérationnel". On a donc le schéma fonctionnel de la figure 4.44 .

Comme indiqué précédemment, la résistance R est faible ,elle correspond à h

l'impédance de charge vue par le transformateur de courant, c'est pourquoi ce type


de relais est souvent appelé relais basse impédance.
Les fonctions de protection et leurs applications 231
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fil pilote
-
retenu

operationneli opérationnel r

relais de protection relais de protection


l e - I, > KI C + l 0

o r d r e de d é c l e n c h e m e n t ordre de déclenchement

Figure 4.44. Schéma fonctionnel de la protection différentielle à fil pilote

4 . 7 . 2 . Utilité du principe de pourcentage

Considérons un système de protection équipé de transformateurs de courant


5P20:
- l'erreur maximale à /„ est ± 1 % (voir § 3.1.3.5.1),
- l'erreur maximale à 20 /„ est ± 5 %.

Supposons que l'on veuille régler le seuil de courant différentiel à 20 % de /„ .


Si la protection n'est pas à pourcentage, pour un courant de défaut de valeur 20 /„ à
l'extérieur de la zone protégée, l'erreur de mesure en courant peut être égal à
2x0,05x20/„ =21„ , c'est-à-dire 10 fois plus que le seuil de réglage, il y a donc un
risque de déclenchement intempestif.

Par contre, si la protection est à pourcentage, l'erreur de mesure en courant est au


maximum 2 x 5 % = 10% . Si le coefficient K est supérieur à 10%, il n'y a pas de
risque de déclenchement intempestif. Notons que ce coefficient est fixé par le
constructeur et n'est donc pas réglable par l'utilisateur. Le choix de sa valeur doit
232 Protection des réseaux électriques

tenir compte de la saturation éventuelle des transformateurs de courant qui favorise


l'apparition de courants différentiels (voir §3.1.2.2)
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4.7.3. Problème lié à l'impédance de la ligne pilote

Reprenons le ratio de mesure qui réalise la fonction

différentielle à pourcentage. On voit que la sensibilité de la protection est altérée par


la valeur R, de la résistance de la ligne pilote. Plus la ligne pilote est longue et plus
la sensibilité de la protection diminue.

Un autre problème important est dû aux capacités distribuées de la ligne pilote


qui génèrent des courants capacitifs. Ces capacités distribuées peuvent être
représentées par le schéma de la figure 4.45.

re
l difficulté

En cas de défaut intérieur, c'est-à-dire lorsque V - V *Q E S , les courants qui

circulent dans les capacités — modifient la tension V aux bornes de la résistance


A

R . On démontre que plus la capacité C , est importante et plus la sensibilité de la


A

protection diminue.

e
2 difficulté

En l'absence de défaut, V = V E S et il n'y a pas de circulation de courant dans la


ligne pilote. Par contre, en raison de la capacité C de la ligne pilote, un courant
(

circule dans la résistance R du relais.


U

Ce courant est égal à :

Il risque de provoquer des déclenchements intempestifs.

Le problème des courants capacitifs de la ligne pilote étant très important, les
constructeurs ont compensé ces courants en réalisant le montage de la figure 4.46 :
Les fonctions de protection et leurs applications 233
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C/ : capacité de la ligne pilote

Figure 4.45. Représentation des capacités distribuées de la ligne pilote

transformateur transformateur

Figure 4.46. Compensation des courants capacitifs de la ligne pilote

La tension (',, , image du courant d'entrée, est appliquée au primaire d'un


transformateur avec un secondaire à point milieu. L'enroulement secondaire est
connecté à la ligne pilote et à un dipôle de compensation constitué par la capacité
234 Protection des réseaux électriques

|ui génère un courant dans R en sens inverse du courant généré par la capacité
A
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de la ligne pilote. Dans la pratique, la compensation ne peut pas être parfaite, la

résistance R A est donc traversée par un faible courant. Néanmoins, cette


compensation est généralement suffisante pour résoudre le problème des courants
capacitifs de la ligne pilote.

4.7.4. Problème dû aux surtensions par rapport à la terre

Quand un défaut à la terre apparaît dans un poste, il se produit une élévation du


potentiel des masses qui est due au passage du courant de défaut dans la résistance
de la prise de terre du poste.

L'ensemble des masses de tous les équipements étant raccordé à la même prise
de terre, l'élévation du potentiel des masses ne provoque pas de contrainte locale.
Par contre, la liaison pilote transmet ce potentiel à l'autre extrémité de la ligne
protégée, à un équipement dont la masse est au potentiel de la terre.

Le relais de protection différentielle d'une extrémité peut donc être soumis à des
tensions élevées appliquées entre la connexion des fils pilotes et la masse. C'est
pourquoi, il faut généralement interposer des transformateurs d'isolements sur les
fils pilotes qui permettent de supporter la contrainte de tension, jusqu'à des niveaux
de l'ordre de 15 kV. Pour que la compensation du courant capacitif reste bonne, il
est nécessaire d'insérer en amont du dipôle de compensation un transformateur
d'isolement rigoureusement identique à celui du fil pilote. On a alors le schéma de la
figure 4.47.

transfo transfo.
isol isol

ligne
pilote

transfo. transfo. transfo. transfo


compensation isol. isol compensation

Figure 4.47. Tenue aux surtensions grâce à des transformateurs d'isolement


Les fonctions de protection et leurs applications 235

4.7.5. Problème lié à la tension induite sur le fil pilote


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Lorsqu'un défaut monophasé terre apparaît à l'extérieur de la zone protégée avec


un courant de défaut important, la mutuelle existant entre la liaison d'énergie et le fil
pilote induit une tension (voir § 2.8.9) générant un courant parasite dans R qui a

risque de provoquer un déclenchement intempestif. Il est totalement impossible de


discriminer ce courant parasite du courant qui circule dans la ligne pilote en cas de
défaut intérieur.

Un moyen de pallier ce problème est de torsader les deux fils de la liaison pilote,
ce qui diminue fortement la tension induite. En effet, lorsque l'on croise les fils, la
tension induite est de sens opposé. Un autre moyen pour diminuer la tension induite
est d'utiliser des fils pilotes munis d'écrans.

Si ces dispositions ne sont pas suffisantes, il faut éloigner le fil pilote du câble
d'énergie, ce qui du point de vue économique est rarement réalisable car le coût
d'une tranchée supplémentaire serait prohibitif.

4.7.6. Problème lié à la surveillance de la ligne pilote

La ligne pilote est un élément assez vulnérable de la protection, notamment dans


les réseaux urbains de distribution publique où les nombreux travaux sur la voirie
risquent de provoquer son avarie.

Pour que la protection différentielle puisse être un élément fiable, il est important
de la munir d'un dispositif de surveillance capable de voir les défauts de la ligne
pilote de toute nature (coupure, court-circuit...). Pour éviter les risques de
déclenchement intempestif, il faut que le dispositif de surveillance verrouille la
protection lors d'une avarie de la ligne pilote. La protection différentielle doit alors
être temporisée pendant une durée égale au temps de transmission et de prise en
compte de l'ordre de verrouillage.

4.7.7. Autres solutions pour la transmission des informations

re
l solution

Elle consiste à transmettre les informations par des courants à des fréquences
différentes du 50 Hz (ou 60 Hz), c'est-à-dire avoir un message codé sur la ligne
pilote en utilisant des fréquences porteuses comprises entre 400 et 2 400 Hz par
exemple.
236 Protection des réseaux électriques

Cette solution apporte immédiatement les avantages suivants :


- les courants porteurs étant à des fréquences très différentes du courant à 50 Hz,
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il est très facile de s'affranchir du problème des tensions induites dans la ligne pilote
en cas de défaut sur le câble d'énergie à l'extérieur de la zone protégée, par une
technique de filtrage ;
- le codage de l'information permet de transmettre l'information de mesure de
courant indépendamment des caractéristiques R( et Q de la ligne pilote. Ce qui
permet d'avoir une protection précise et insensible à la longueur de la liaison ;
- la surveillance de l'état de la liaison à fil pilote est aisée et la protection
différentielle n'a pas besoin d'être temporisée. En effet, l'information de l'égalité des
courants est fournie par un message codé. Ainsi, lors d'une avarie de la ligne pilote,
l'information est absente mais ne provoque pas l'activation de la protection.

e
2 solution

Elle consiste à transmettre les informations de façon numérique par des liaisons à
fibre optique. Cette solution apporte les mêmes avantages que la solution
précédente. Par contre, elle est plus onéreuse car elle nécessite un appareil
permettant de convertir un signal électrique en une onde "lumineuse".

4.7.8. Méthode pour réaliser une protection triphasée économique

Pour simplifier et diminuer le coût de la protection d'une liaison triphasée, on


utilise un transformateur sommateur qui réalise une somme pondérée des courants
des TC des 3 phases. Une seule liaison à fil pilote et un seul relais de protection sont
alors nécessaires pour protéger les trois phases.

Cette protection est efficace contre tous les types de défaut sous réserve que le
régime de neutre soit de type directement à la terre ou avec impédance de limitation
(avec un courant de limitation au moins égal au courant nominal du câble).

Ce transformateur sommateur a la particularité de délivrer un courant secondaire


monophasé quel que soit le type de défaut.

Il réalise la somme :

'som =
U5 /] +1,2 / + IT,
2 par le montage de la figure 4.48.

La protection réalise la comparaison à pourcentage :


Les fonctions de protection et leurs applications 237
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avec : l s o m e = 1,5 l le + 1,2 I 2e +

'som,s = 1.5 l U * 1-2 I 2s + l i s

e t
Lorsque le défaut est à l'extérieur de la zone protégée, / s o m e = l m,s
SO

Lorsqu'un défaut apparaît à l'intérieur de la zone protégée, qu'il soit monophasé,

biphasé ou triphasé l s o m e * l s o m s et

Figure 4.48. Transformateur sommateur pour réaliser une protection triphasée


économique
238 Protection des réseaux électriques

Ce procédé permet d'utiliser une protection de type monophasé et ainsi de faire


des économies importantes. Les coefficients de pondérations choisis I ; 1,2 et 1,5
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peuvent en théorie être quelconques. En pratique, ce sont les coefficients qui


permettent d'avoir le meilleur seuil de sensibilité pour tous les types de défauts
monophasés, biphasés ou triphasés.

Le seuil de déclenchement de la protection est généralement fixé par le


constructeur à 0 , 5 6 . La protection est donc activée lorsque :

/ 0 doit être réglé à une valeur supérieure à la somme pondérée des courants
capacitifs des trois phases (voir § 4.7.1 ), c'est-à-dire /Q > 3,7 lç.

Les calculs en nombre complexe permettent de déterminer sans difficulté la


sensibilité de la protection pour chaque type de défaut. Le tableau 4.1 donne la
sensibilité de la protection pour des courants / réglés à 0 % e t 2 0 % de /„ ,
0

lorsque le neutre du réseau est mis directement à la terre.

type de défaut sensibilité en % de / „

pour /Q = 0 % de l n pour / 0 = 2 0 % de / „

phase 1 à la terre 25 38

phase 2 à la terre 21 21

phase 3 à la terre 17 25

entre phases 1 et 3 44 55

entre phases 3 et 2 74 120

entre phases 2 et 1 116 110

triphasé 57 77

Tableau 4.1. Sensiblité de la protection lorsque le neutre est mis directement à la terre
Les fonctions de protection et leurs applications 239

Notons que les constructeurs ne donnent pas la courbe de fonctionnement de la


protection. Ils donnent uniquement sa sensibilité et garantissent son bon
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fonctionnement pour des valeurs de courant de court-circuit plus élevées.

4 . 8 . Protection différentielle transformateur (code ANSI 87 T)

Le système de sélectivité par protections différentielles est expliqué dans le


paragraphe 6.5.

La protection différentielle transformateur ne peut pas être réalisée par une


différentielle haute impédance en raison des courants différentiels naturels qui
existent :
- lors de l'enclenchement du transformateur, un courant différentiel égal au
courant d'enclenchement apparaît (voir tableaux 7.4 et 7.5), sa durée est de quelques
dixièmes de secondes. Afin d'éviter une forte détérioration du transformateur lors
d'un défaut interne, la temporisation ne doit pas être supérieure à la durée de ce
courant ;
- l'action du régleur en charge provoque un courant différentiel.

Les particularités de la protection différentielle transformateur sont liées aux


caractéristiques des transformateurs :
- rapport de transformation entre le courant entrant l et le courant sortant l ,
e s

- mode de couplage entre le primaire et le secondaire,


- courant d'enclenchement,
- courant magnétisant permanent.

4 . 8 . 1 . Principe de fonctionnement de la protection différentielle transformateur

Le schéma de principe est celui de la figure 4.49.

La protection différentielle transformateur protège contre les courts-circuits entre


enroulements et entre spires d'un même enroulement qui correspondent à des
courts-circuits de type biphasé ou triphasé.

S'il n'y a pas de mise à la terre au niveau du transformateur, elle peut aussi être
utilisée pour protéger contre les défauts à la terre. Cependant, lorsque le courant de
défaut est limité par une impédance, il n'est souvent pas possible de régler le seuil de
courant à une valeur inférieure au courant de limitation. La protection contre les
défauts à la terre doit alors être effectuée par une différentielle haute impédance
(voir § 4.6.3.4).
240 Protection des réseaux électriques

Le fonctionnement de la protection différentielle transformateur est très rapide,


environ 30 ms, ce qui permet d'éviter une détérioration du transformateur en cas de
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court-circuit interne. Afin d'éviter les risques de déclenchement intempestif pour les
forts courants de défaut d'origine extérieur à la zone protégée, les protections
différentielles transformateur sont à pourcentage.

transformateur

transformateur;.) transformateur* !-

d'adaptation d'adaptation

Figure 4.49. Schéma de principe de la protection différentielle transformateur

(*) Dans la plupart des cas, les transformateurs d'adaptation ne sont nécessaires que sur un côté
du transformateur.

Les raisons sont :


- le courant différentiel dû au régleur en charge,
- les erreurs de mesure des transformateurs de courant, de façon identique aux
protections différentielles à fil pilote de câble (voir § 4.7.2).

La protection est activée lorsque l - I > e s K l +I


e 0 (voir figure 4.50).
Les fonctions de protection et leurs applications 241

le : courant entrant dans la zone protégée


l : courant sortant de la zone protégée
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I 0 : seuil de courant minimal


K : pente de la droite limite entre les zones de déclenchement et de non
déclenchement

courant
différentiel

zone de déclenchement

zone de non déclenchement

pente K

courant traversant l e

Figure 4.50. Courbe de déclenchement de la protection différentielle transformateur

4.8.2. Problème lié au rapport de transformation et au mode de couplage


Les courants primaires et secondaires sont différents en amplitude à cause du
rapport de transformation et différents en phase en fonction du mode de couplage
(par exemple, un transformateur triangle-étoile déphase de 30 °).

Il faut donc que les mesures de ces courants soient mises en forme pour que les
signaux comparés soit égaux en fonctionnement normal. Ceci est réalisé par
l'utilisation de transformateurs auxiliaires d'adaptation dont le rôle est d'égaliser les
amplitudes et les phases.

Lorsqu'un côté du transformateur est en étoile avec le neutre à la terre, les


transformateurs d'adaptation situés sur ce côté sont branchés en triangle afin
d'éliminer les courants résiduels qui seraient vus lors d'un défaut à la terre extérieur
au transformateur.
242 Protection des réseaux électriques

4.8.3. Problème lié au courant d'enclenchement du transformateur


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L'enclenchement d'un transformateur provoque un courant transitoire très élevé


(de 8 à 15 /„ ), il ne traverse que l'enroulement primaire et dure quelques dixièmes
de secondes (voir § 7.3.1). Il est donc vu par la protection comme un courant
différentiel, sa durée est nettement supérieure au temps de fonctionnement de la
protection (environ 30 ms).

Une détection basée uniquement sur la différence entre les courants primaires et
secondaires du transformateur provoquerait l'activation de la protection. Il faut donc
que la protection soit capable de distinguer un courant différentiel dû à un défaut,
d'un courant différentiel dû à l'enclenchement du transformateur.

L'expérience a montré que l'onde de courant d'enclenchement contenait au moins


2 0 % d'harmonique de rang 2 (courant à fréquence 100 Hz ), alors que ce
pourcentage n'est jamais supérieur à 5 % lors d'une surintensité due à un défaut
interne au transformateur.

Les protections différentielles transformateur doivent donc être équipées d'un


système de verrouillage de la protection lorsque le pourcentage d'harmonique de
rang 2 par rapport au fondamental (courant à 50 Hz) est supérieur par exemple à
15 %.

4 . 8 . 4 . Problème lié au courant de magnétisation lors d'une surtension d'origine


externe
Le courant de magnétisation constitue une différence entre les courants primaires
et secondaires du transformateur (voir § 3.1.1). Il est donc vu comme un courant de
défaut par la protection différentielle bien qu'il ne soit pas dû à un défaut. En régime
normal, ce courant de magnétisation est très faible et n'atteint pas le seuil de
fonctionnement de la protection.

Par contre, lors d'une surtension d'origine externe au transformateur, le matériau


magnétique sature car les transformateurs sont dimensionnés pour fonctionner à la
limite de la saturation pour la tension nominale d'alimentation. La valeur du courant
de magnétisation augmente alors de façon très significative (voir § 3.1.2.2) et le
seuil de fonctionnement de la protection peut être atteint.

L'expérience a montré que le courant de magnétisation dû à la saturation du


matériau magnétique contenait un taux élevé d'harmonique de rang 5 (courant à
fréquence 250 Hz ).

Pour éviter les risques de déclenchement intempestif lors d'une surtension


d'origine externe, il existe deux solutions :
Les fonctions de protection et leurs applications 243

- verrouiller la protection lorsqu'une élévation de tension est détectée,


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- verrouiller la protection lorsque le pourcentage d'harmonique de courant de


rang 5 dépasse un seuil prédéfini.

La protection différentielle transformateur nécessite donc des fonctions assez


complexes car elle doit être capable de mesurer des courants harmoniques de rang 2
et de rang 5 ou, pour éviter de mesurer les courants harmoniques de rang 5, elle doit
être capable de détecter les surtensions d'origine externe.

4.9. Protection à image thermique (code ANSI 49)

Elle est utilisée pour protéger les machines (moteur, alternateur,


transformateur...) contre les surcharges. Pour détecter l'existence d'une surcharge,
elle fait une estimation de réchauffement de la machine à protéger à partir de la
mesure du courant.

4.9.1. Principe

La protection détermine réchauffement E de la machine à partir d'un modèle


thermique défini par l'équation différentielle suivante :

E : échauffement
T : constante de temps thermique de la machine
/„ : courant nominal
/ : courant efficace

Nous allons démontrer l'origine de cette équation et la résoudre pour deux cas
particuliers :
- réchauffement d'une machine à partir d'un état froid,
- la surcharge d'une machine à partir d'un état chaud.

Il faut tout d'abord déterminer l'équation d'équilibre énergétique pendant un


temps dt (voir figure 4.51).

2
L'apport calorifique par effet Joule RI dt est égal à la somme de :
- l'évacuation thermique de la machine par convection avec le milieu extérieur.
Cette évacuation est proportionnelle à l'écart de température entre l'extérieur et
244 Protection des réseaux électriques

l'intérieur de la machine. Posons 9 = Tj - T , l'évacuation thermique est alors égale


e

à K 9 dt. K est la constante caractéristique de l'échange thermique ;


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- la quantité de chaleur emmagasinée par la machine par élévation de sa


température, elle est égal à m C dQ .

m : masse de la machine
C : capacité calorifique moyenne de la machine.
dQ : élément différentiel d'élévation de la température

évacuation thermique
proportionnelle à ( 7}- T )
e

machine de masse m et
de capacité calorifique moyenne C

Tj : température à l'intérieur de la machine


Te : température à l'extérieur de la machine
2
RI : apport calorifique par effet Joule pour un courant /

Figure 4.51. Equilibre énergétique de la machine

On a donc l'équation d'équilibre suivante :

2
RI dt = KQdt + mCdQ

En divisant par d t , on obtient une équation différentielle du premier ordre :

[1]
Les fonctions de protection et leurs applications 245

Nous allons montrer comment on détermine réchauffement de la machine à


partir de cette équation d'équilibre thermique, en supposant que le courant efficace
Ce document est la propriété exclusive de Yassine Nokry ([email protected]) - 26 décembre 2017 à 23:06

/ est constant. Définissons réchauffement E de la machine tel que :

9„ : différence entre la température de la machine et du milieu extérieur, lorsque


cette machine fonctionne à son courant nominal depuis un temps
suffisamment long pour que sa température soit stabilisée

Par exemple, si E = 120 % , la machine subit un surchauffement de 20 % par


rapport à son fonctionnement nominal.

Reprenons l'équation [1]. Lorsque / = /„ pendant un temps suffisamment long

pour que la température soit stable, on a

d'où :

Réécrivons [1] en divisant par 0 „ , on obtient :

ou : [2]

La protection à image thermique a pour but de déterminer réchauffement E de


la machine à partir de cette équation.

4.9.2. Echauffement d'une machine à partir d'un état froid

Lorsqu'une machine est dans un état froid, son echauffement est E = 0 car elle
est à la même température que le milieu extérieur. Supposons que la machine soit
mise en charge avec un courant constant I . Nous allons déterminer son
ch

echauffement en fonction du temps. L'équation différentielle [2] devient :


246 Protection des réseaux électriques
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1
En résolvant cette équation avec comme condition initiale E = 0 , on trouve :

Posons :

on a alors :

X représente la constante de temps thermique de la machine.

L'échauffement E évolue suivant le courbe de la figure 4.52.

Après un temps T correspondant à la constante de temps, réchauffement de la


machine a atteint 63 % de sa valeur finale.

La constante de temps thermique de la machine est donnée par les constructeurs


ou, estimée ou mesurée par l'utilisateur.

La protection à image thermique détermine l'évolution de réchauffement à partir


de la connaissance de la constante de temps T et du courant de charge.

Si on fixe un seuil de réglage £ j , on peut calculer le temps d'activation t de laa

protection pour un courant de charge constant :

I. La méthode de résolution de l'équation différentielle n'est pas explicitée dans ce document.


On peut la trouver dans les ouvrages mathématiques traitant des équations différentielles.
Les fonctions de protection et leurs applications 247
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Ln : logarithme népérien

63% Ey

Ey : echauffement final

Figure 4.52. Mise en charge d'une machine à partir d'un état froid

Exemple

Considérons un transformateur avec une constante de temps thermique


T = 45 min.. A partir d'un état froid, le transformateur est mis en charge avec un

courant l ch supérieur de 30 % au courant nominal :


248 Protection des réseaux électriques

On autorise un echauffement du transformateur £ 5 = 115% . Calculons le


temps d'activation de la protection :
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d'où : ' = 5 1 min.


a

4.9.3. Surcharge d'une machine à partir d'un état chaud

On suppose que la machine protégée fonctionne à son courant nominal /„


depuis un temps suffisamment long pour que sa température soit stable. Par
définition, à l'état initial réchauffement est E = 1 0 0 % .

La machine subit une surcharge de courant I s constante, nous allons déterminer


son echauffement en fonction du temps.

L'équation différentielle [2] devient :

2
En résolvant cette équation avec comme condition initiale E = I , on trouve :

Posons :

on a alors :

2. La méthode de résolution de l'équation différentielle n'est pas explicitée dans ce document.


On peut la trouver dans les ouvrages mathématiques traitant des équations différentielles.
Les fonctions de protection et leurs applications 249

T représente la constante de temps thermique de la machine.


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L'échauffement E évolue suivant le courbe de la figure 4.53.


surchauffe

Ej : echauffement final

E f - 1 : surchauffe

Figure 4.53. Évolution de l'échauffement E lors d'une surcharge de la machine

Après un temps T correspondant à la constante de temps, la machine a atteint


63 % de la surchauffe finale. Cette surchauffe finale serait atteinte si la machine
subissait cette surcharge pendant un temps infini (suffisamment long pour que sa
température se stabilise).

La constante de temps thermique de la machine est donnée par les constructeurs


ou, estimée ou mesurée par l'utilisateur.

La protection à image thermique détermine l'évolution de l'échauffement à partir


de la connaissance de la constante de temps T. et du courant de surcharge.

Si on fixe un seuil de réglage Es , on peut calculer le temps d'activation t a de la


protection pour un courant de surcharge I s constant :
250 Protection des réseaux électriques
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Ln : logarithme népérien

Exemple I

Considérons un transformateur avec une constante de temps thermique


T = 45 m i n . A partir d'un état d'échauffement initial E = 1 0 0 % , il subit une
surcharge de courant constante l s , supérieure de 30 % au courant nominal :

On autorise un echauffement du transformateur E s = 1 1 5 % . Calculons le


temps d'activation de la protection :

d'où : ta = 11 min

Exemple 2

Considérons un transformateur avec une constante de temps thermique


X = 35 min . On autorise un echauffement du transformateur E = 1 2 0 % . s
Les fonctions de protection et leurs applications 251

Nous allons déterminer la surcharge maximale qu'il peut admettre pendant 15


minutes sans que la protection soit activée.
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Pour t = 15 min., on a :
a

Le transformateur peut donc admettre au maximum une surcharge de 25 %


pendant 15 min, sans que la protection soit activée.

4.9.4. Particularités de certains relais de protection à image thermique

Influence de la composante inverse

Pour la détermination de l'échauffement des machines tournantes, certains


appareils tiennent compte de l'influence de la composante inverse. En effet, la
composante inverse crée un champ tournant qui induit un courant rotorique à
fréquence double. Ce courant induit provoque des échauffements importants dans le
rotor. C'est pourquoi, la protection à image thermique de l'appareil Sepam 2000 de
Schneider tient compte d'un courant équivalent :

2
l] =I +Kl}
q

/ : valeur maximale des courants des trois phases


Ij : composante inverse du courant
K : facteur de composante inverse qui correspond à un coefficient de pondération

La valeur du coefficient K est choisie parmi quatre valeurs : 0 - 2,25 - 4,5 - 9


252 Protection des réseaux électriques

Pour un moteur asynchrone, la détermination du choix de K se fait de la


manière suivante :
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- calculer

C„, C d : couple nominal et couple au démarrage


: courant nominal et courant au démarrage

g : glissement

- choisir la valeur K la plus proche de k

Constante de temps au refroidissement (moteur à l'arrêt)

Pour un moteur, le refroidissement est plus efficace en marche qu'à l'arrêt à


cause de la ventilation provoquée par la rotation.

Pour tenir compte de ce phénomène, certains appareils proposent deux


constantes de temps thermiques :
- T | constante de temps à réchauffement (moteur en marche),
- T 2 constante de temps au refroidissement (moteur à l'arrêt).

4 . 9 . 5 . Démarrage des moteurs et protection à image thermique

La protection à image thermique ne peut pas être utilisée contre les démarrages
trop longs des moteurs. En effet, le courant de démarrage d'un moteur est très élevé
(6 à 8 fois le courant nominal). Son échauffement est approximativement
proportionnel au carré du courant, il est donc très rapide au démarrage.

Pendant le démarrage, l'apport calorifique n'est pas totalement diffusé dans le


moteur. Ainsi, réchauffement local au niveau des enroulements et de l'isolant peut
être excessif. Or, la protection à image thermique considère une capacité calorifique
globale du moteur et une diffusion calorifique instantanée, elle ne tient donc pas
compte des échauffements locaux.

Il en résulte que la protection à image thermique détermine réchauffement


provoqué par le démarrage, mais ne peut pas protéger un moteur contre un
démarrage trop long ou un blocage du rotor. Il existe d'ailleurs des protections
spécifiques pour cela (voir § 4.11). Elle est donc surtout efficace pour protéger
contre les surcharges lentes.
Les fonctions de protection et leurs applications 253

4.10. Protection à maximum de composante inverse (code ANSI 46)


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Elle est utilisé pour protéger les machines tournantes (moteurs ou alternateur)
contre les déséquilibres de courant de valeur élevée qui risquent de les détériorer.

Lorsque les courants des trois phases ne sont pas équilibrés en module ou en
phase, il apparaît une composante inverse de courant (voir § 2.3.1). Le champ
tournant correspondant à la composante inverse induit un courant rotorique à
fréquence double qui provoque des pertes Joule importantes.

Le suréchauffement d'une machine par une composante inverse permanente de


faible valeur (quelques %) peut être pris en compte par une protection à image
thermique (voir § 4.9.4). Mais, en cas d'alimentation sur deux phases suite à la
fusion d'un fusible ou à la coupure d'une phase, la composante inverse a une valeur
élevée et peut détériorer la machine de façon très rapide , la protection à image
thermique n'intervient alors pas suffisamment vite.

Une protection à maximum de composants inverse permet de protéger les


machines tournantes contre ce type d'anomalie.

4.10.1. Principe

La protection détermine le courant inverse /, en effectuant le calcul suivant :

opérateur rotation de

En effet, on suppose que le courant est la somme d'un système de courant direct
e t u n
hd • hd - hd d' système de courant inverse , , hi (on suppose
qu'il n'y a pas de composante homopolaire, c'est-à-dire pas de défaut à la terre).

Les courants dans chaque phase sont :

+
h = hd hi

+
h = hd ht

+
h = hd hi
4 Protection des réseaux électriques

Par définition, pour le système direct on a (voir figure 4.54) :


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= 1
hd a hd
hd = <*hd

1 0
hd + a hd + o/w =

Pour le système inverse on a (voir figure 4.54) :

hi =

'3, = a 2
hi
+ FL2/
hi + 0/2/ 3, " 0

sens de rotation
des phases

Figure 4.54. Systèmes triphasés direct et inverse

Effectuons le calcul suivant :

2 2 2
/, +a 1 +al
2 3 =l\ +\ +a l
d Vl 2d +a l 2i +a/ w +a/ 3 /

+ 2 + + 2 2
= hd <> hd °hd hi +a ahi ^ a /,,

3
=3/ l ( car a =1

On a donc
Les fonctions de protection et leurs applications 255

Si la protection est reliée seulement aux capteurs de courant de deux phases, la


composante inverse est déterminée à partir du calcul suivant :
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2 2 2
En effet, /, - a / 3 = / w + /„ - a I 2D - a /,
3

+ 2 2 2
= hd hi - a al Xd - a a l u

3
= / ] , (1 - a) car a = 1

or : |1 - a\ = VT
d'où :

La formule ci-dessus n'est valable que si la composante homopolaire est nulle,


c'est-à-dire en l'absence de défaut à la terre dans la machine.

2 2
Dans le cas contraire, - a ljj = h (l - a) + IQ [\ - a j

/rj : composante homopolaire

La mesure n'est alors pas correcte ; cependant, ce n'est pas gênant que la
protection soit activée de façon intempestive lors d'un défaut à la terre dans la
machine.

4.10.2. Indication de réglage pour les moteurs

Pendant la durée du démarrage, le moteur absorbe une composante inverse de


courant comprise entre 20 et 30 % du courant nominal. Pour ne pas avoir de
déclenchement intempestif lors du démarrage, et obtenir des réglages satisfaisants, il
faut utiliser une protection à temps indépendant à double seuil ou une protection à
temps dépendant.
256 Protection des réseaux électriques

Protection à temps indépendant à double seuil

Seuil bas :
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/,=0,2/„

temporisation = T dem + quelques secondes

Seuil haut :

'/ = 0 , 4 / „

temporisation = 0,5 seconde

T dem : durée de démarrage

Protection à temps dépendant

Pour ne pas avoir de déclenchement intempestif lors du démarrage, la courbe de


fonctionnement de la protection doit se situer au-dessus du point de coordonnées
suivantes :

/, = 0 , 3 / „

T
T = dem

4.10.3. Indication de réglage pour les alternateurs

On utilise généralement une protection à temps dépendant avec un seuil de


réglage de la composante inverse de courant fixé à 15 % de / „ .

Le temps d'activation de la protection doit être de quelques secondes au seuil de


réglage.

4.11. Protection contre les d é m a r r a g e s trop longs et le blocage du rotor


(code ANSI 51 LR)

Le principe est basé sur une protection à maximum de courant à temps


indépendant.

4.11.1. Démarrage trop long

Lors d'un démarrage, la protection est activée si le courant de l'une des trois
phases est supérieur au seuil de courant I s pendant un temps T (voir figure 4.55).
Les fonctions de protection et leurs applications 257

Ce temps T doit être supérieur à la valeur maximale de la durée normale du


démarrage T .
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dem

L'origine du démarrage peut être détectée de deux manières :


- p a r l'information de la fermeture de l'appareil de commande,
- lorsque le courant dépasse un seuil bas (par exemple 5 % de /„ ).

démarrage trop long


activation de la protection

I , 4
démarrage normale

courant de démarrage du moteur avec son système de démarrage associé


(auto-transformateur, étoile - triangle, démarreur électronique, ...) s'il existe.

Figure 4.55. Cas d'un démarrage trop long

Indications de réglage

Le seuil de réglage du courant Is est de l'ordre de - j - , il doit être supérieur

à 1,3 /„

La temporisation T doit être supérieure de quelques secondes à la durée du


démarrage pour la tension d'alimentation la plus faible.

Certains relais ont un seuil fixe égal à 2,5 /„ ou 4 /„ . Ces seuils sont trop
élevés pour les moteurs alimentés par un système de démarrage limitant le courant
(par exemple, un démarreur électronique).
258 Protection des réseaux électriques

4.11.2. Blocage du rotor


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Pendant le démarrage, la protection est bloquée. En régime établi, la protection


est activée si le courant de l'une des trois phases est supérieur au seuil de courant Is

pendant un temps supérieur à la temporisation 7J, .

La figure 4.56 montre le cas d'un blocage du rotor pendant une durée supérieure
à la temporisation.

blocage du rotor
activation de la protection

Figure 4.56. Cas d'un blocage du rotor

Le courant à rotor bloqué lb est égal au courant de démarrage du moteur sans


le système de démarrage. En effet, celui-ci est court-circuité après le démarrage.

Pour déterminer la temporisation T , il faut tenir compte du temps de


B

réaccélération du moteur après un creux de tension. En effet, la protection ne doit


pas être activée lors d'une surintensité due à un creux de tension.

La protection contre le démarrage trop long ou le blocage du rotor peut être


réalisée par un contrôle de la vitesse du moteur.

Indications de réglage

Dans la plupart des appareils multifonctions, le seuil I des fonctionss

démarrage trop long et blocage rotor est commun. Les deux seuils sont donc
identiques.
Les fonctions de protection et leurs applications 259

Is est de l'ordre de -y- , il doit être supérieur à 1,3 /„ .


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La temporisation 7J, est de 0,5 à 1 seconde.

4.12. Protection contre les fréquences de d é m a r r a g e trop élevées (code ANSI 66)

Une fréquence de démarrage trop élevée peut être due :


- à un mauvais fonctionnement d'un automatisme de commande,
- à une action manuelle trop fréquente,
- à une série de réenclenchements sur défaut.

Les conséquences sont :


- un échauffement exagéré,
- une succession de chocs mécaniques sur les accouplements.

Une protection comptant le nombre de démarrages effectués pendant un temps


déterminé permet de protéger le moteur contre une fréquence de démarrage
suceptible de le détériorer.

4.12.1. Principe

A partir d'un état où l'intensité est nulle (moteur au repos), la protection compte
un démarrage chaque fois que l'intensité dépasse un seuil prédéterminé (par exemple
5% de / „ ) .

Le compteur est remis à zéro à l'issue d'une période 7j qui est l'intervalle de
temps pour lequel on considère que les démarrages sont successifs.

Lorsque le compteur dépasse une valeur fixée dans un temps inférieur à 7j, la
protection interdit un nouveau démarrage pendant une durée T . 2

Exemple (voir figure 4.57)

Le nombre de démarrages successifs est limité à 4. Le seuil de prise en compte


du démarrage est 5 % de /„ .
260 Protection des réseaux électriques
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activation de
la protection

\ m a r c h e possible

courant nominal
( d é m a r r a g e effectue n o r m a l e m e n t )

T 2

4 d é m a r r a g e s dans un verrouillage de l'enclenchement


temps i n f é r i e u r à 7j

Ij : courant de démarrage

Figure 4.57. Cas d'un nombre de démarrages successifs supérieur à la valeur de


limitation

Indications de réglage

La fréquence maximale de démarrage est généralement donnée par le


constructeur du moteur. Cependant, elle dépend non seulement du moteur mais aussi
de la charge, du système de démarrage et de la puissance de court-circuit au point de
raccordement du moteur. En effet, lorsqu'un moteur est alimenté par une source
avec une faible puissance de court-circuit, la chute de tension au démarrage est
importante, la durée du démarrage est alors élevée ainsi que réchauffement du
moteur.

Particularités de l'appareil Sepam 2000 de Schneider

Il offre la possibilité de limiter le nombre de démarrages par heure, en plus de la


limitation du nombre de démarrages successifs.

De plus, il offre la possibilité de limiter le nombre de démarrages à chaud. L'état


chaud du moteur correspond, par exemple, au dépassement du premier seuil de la
protection à image thermique (voir § 4.9). Le fonctionnement est identique au
démarrage à froid, avec un nombre de démarrages autorisé inférieur.
Les fonctions de protection et leurs applications 261

4.13. Protection à minimum de courant phase (code ANSI 37)


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Cette protection est utilisée pour détecter les désamorçages de pompes ou les
ruptures d'accouplement avec la charge. Le désamorçage d'une pompe aspirante
peut être dû à l'absence de liquide dans la pompe.

Le désamorçage de pompe ou la rupture d'accouplement entraînent un


fonctionnement à vide du moteur, donc une chute de l'intensité absorbée. La
protection à minimum de courant permet de détecter la marche à vide du moteur.

4.13.1. Principe

La protection est activée si le courant est inférieur à un seuil I . Elle est s

inactive lorsque le moteur est au repos, c'est-à-dire lorsque l'intensité est inférieur à
un seuil prédéterminé (par exemple 1% de /„ ).

Elle comporte une temporisation à temps constant. Le seuil de la protection est


réglé entre le courant à vide du moteur et le courant minimal normalement absorbé
(voir figure 4.58).

Iseuit
activation de la protection

temporisation

I u : courant minimal normalement absorbé par l'utilisation


/ v : courant à vide
1p : seuil prédéterminé pour lequel la protection est inactive

Figure 4.58. Cas d'un fonctionnement à vide du moteur


262 Protection des réseaux électriques

Indications de réglage
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Le seuil de courant doit être compris entre le courant à vide et le courant


minimal normalement absorbé. Le réglage de la temporisation est de l'ordre de
1 seconde.

4.14. Protection à minimum de tension (code ANS! 27)

Les baisses de tension peuvent être dues :


- à une surcharge pour un réseau alimenté par des alternateurs,
- à un mauvais fonctionnement d'un régleur en charge de transformateur ou d'un
régulateur de tension d'un alternateur

Les conséquences sont une augmentation de l'échauffement des moteurs :


- à la mise sous tension, le couple de démarrage et le couple maximal sont
proportionnels au carré de la tension. Une baisse de tension entraîne un temps
de démarrage plus long, donc un echauffement plus important, et si le couple
résistant est plus important que le couple maximal, un calage du rotor,
- en fonctionnement normal, la puissance active absorbée par le moteur est
P = -Jl U I costp . Si la tension baisse, la charge étant constante, le courant
a

augmente afin de maintenir la puissance du moteur (la valeur de costp ne varie


presque pas). Ainsi, pour des variations de tension pas trop importantes, on a
2
P = V J U I coscp = constante ; les pertes Joule sont égales à 3 RI
a et donc
l'échauffement augmentent.

La protection à minimum de tension permet de protéger les moteurs contre une


baisse de tension susceptible de les détériorer par un suréchauffement.

Elle peut aussi être utilisée :


- pour contrôler le fonctionnement des régulateurs de tension,
- pour délester les consommateurs non prioritaires lors d'une surcharge,
- pour contrôler la tension avant d'effectuer une permutation de sources.

Principe

La protection est activée si une des tensions est inférieure à un seuil Us . Elle
comporte une temporisation à temps constant.
Les fonctions de protection et leurs applications 263

Indications de réglage pour la protection des moteurs


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- seuil de réglage de la tension de 0,75 à 0,8 U„ ,


- temporisation de l'ordre de 1 seconde.

4.15. Protection à minimum de tension rémanente (code ANSI 27)

Lors d'une coupure d'alimentation, les moteurs maintiennent une tension


rémanente pendant une durée correspondant à l'extinction du flux (de l'ordre de 1
seconde). Le rétablissement rapide de la tension d'alimentation, pendant que les
moteurs fonctionnent en générateur, risque d'entraîner un couplage en opposition de
phase, ce qui provoque des phénomènes transitoires électriques et mécaniques qui
peuvent être dommageables au moteur. Ainsi, lors d'un transfert de source avec
coupure, les moteurs ne peuvent pas être immédiatement réalimentés par la nouvelle
source (même si les deux sources sont en phase).

La protection à minimum de tension rémanente interdit la fermeture de l'appareil


permettant de réalimenter les moteur tant que la tension rémanente est supérieur au
seuil de réglage.

Indications de réglage

- seuil de réglage de la tension de 20 à 2 5 % de U„ ,


- temporisation de 0,1 seconde.

4.16. Protection à minimum de tension directe et contrôle du sens de rotation


des phases (code ANSI 27 D-47)

Elle est utilisée pour protéger les moteurs.

Elle réalise deux fonctions de protection :


- c o n t r e les baisses de tension directe (voir § 2.3.1) ; la tension directe est
l'image exacte du couple moteur. Elle est donc plus précise que la mesure de
tension. Les conséquences d'une baisse de tension directe sont celles indiquées dans
le paragraphe 4.14 (protection à minimum de tension) ;
- contre une inversion du sens de rotation des phases ; un sens de rotation des
phases inverse peut être dû à une erreur de connexion des phases d'un câble
(inversion de deux phases). Cette inversion entraîne un fonctionnement en sens
inverse des moteurs ; ce qui peut être préjudiciable à l'utilisation mécanique, et par
conséquent, au moteur.
264 Protection des réseaux électriques

La protection détermine la composante directe du système de tension triphasé en


effectuant le calcul suivant :
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.2*
a = e -> : opérateur rotation de

Ce calcul permet d'éliminer la composante inverse du système de tension


triphasé. En effet, supposons que le système de tension est la somme d'un système
de tension direct V , V , V
XD et d'un système de tension inverse V , V ,
LD 3D XI 2I

K (on suppose qu'il n'y a pas de composante homopolaire c'est-à-dire pas de


3/

défaut à la terre), la tension de chaque phase est :

V\ = U + v
V
u

V
2 = VLD + VU

V)=V V 3D+ 2I

Par définition, pour le système direct, on a :


L
VID=a V XD

V3d=aV id

2
VID +a V +aV 2d 3d =0

Pour le système inverse, on a :

V =aV
2i u

VA = a 1
VXi

2
VU +aV a V =0 2i+ 3i

Effectuons le calcul suivant :

V\ + aV 2 + a Vj 2
= V ld + V + aV
Xi 2d + aV 2i
2
+a V 3d +a 2
V3i

2 2 2
= V Xd + aa Vxd + a aV xd + V + aV
Xi 2i +a K 3/
Les fonctions de protection et leurs applications 265

3
car a =1
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on a donc :

Si les capteurs de tension sont reliés entre phases, on effectue le calcul suivant :

2 2 2
En effet, U2l - a U 32 = V\ - V - a V + a K 2 2 3

v 2 2
= \ + V 2 \ - \ - a } + a VT,

= V x + aV 2 + a 2
y 3 car 1 + a +a 2
= 0

Indications de réglage contre la baisse de tension directe

- seuil de réglage de la tension de 0,75 à 0,8 V , n

— temporisation de l'ordre de 1 seconde.

Indications de réglage contre une inversion du sens de rotation des phases

Pour l'appareil Sepam 2000 de Schneider, il n'y a généralement pas de réglage, la


protection considère que le sens de rotation des phases est inverse si les deux
conditions suivantes sont réunies :
- la tension directe calculée est inférieure à 10% de V n

- la tension mesurée est supérieure à 80% de V n

4.17. Protection à maximum de tension (code ANSI 59)

Elle est utilisée pour protéger les récepteurs contre une tension anormalement
élevée.
266 Protection des réseaux électriques

Elle peut aussi être utilisée :


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- pour vérifier la présence d'une valeur de tension suffisante afin d'effectuer un


transfert de source. Dans ce cas le seuil est inférieur à U„,

- pour contrôler le fonctionnement des régulateurs de tension

Principe

La protection est activée si une des tensions composées est supérieure au seuil de
réglage. Elle comporte généralement une temporisation à temps constant.

Indications de réglage

Pour une utilisation de protection à maximum de tension, le seuil de tension peut


être réglé à 1,1 U„ avec une temporisation de l'ordre de 1 seconde.

Pour une utilisation de vérification de la présence d'une valeur de tension


suffisante, le seuil de tension peut être réglé à 0,95 U avec une temporisation de
n

l'ordre de 3 secondes. La temporisation doit être suffisamment élevée pour s'assurer


de la stabilité de la tension avant d'effectuer le transfert de source.

4.18. Protection à m a x i m u m de tension résiduelle (code ANSI 59 N)

Elle est utilisée pour détecter les défauts phase-terre. Elle permet notamment de
détecter la présence d'un premier défaut en régime de neutre isolé.

4.18.1. Principe

La protection surveille la montée du potentiel du neutre par rapport à la terre qui


est un phénomène caractéristique d'un défaut phase-terre dans le réseau. En effet,
lorsqu'un défaut à la terre apparaît dans un réseau à neutre isolé ou mis à la terre par
une impédance de limitation, le potentiel du neutre par rapport à la terre est égal à
la tension simple (voir § 2.6.1 ).

La mesure du potentiel du neutre par rapport à la terre peut être déterminée de


deux façons :
- directement par un transformateur de tension installé entre le point neutre du
transformateur et la terre (lorsqu'il est accessible);
- par la mesure de la tension résiduelle (voir § 4.4.2).
Les fonctions de protection et leurs applications 267

Rappelons que lors d'un défaut à la terre, la tension résiduelle est égal à trois fois
la tension simple (voir § 4.4.2.1).
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Indications de réglage

Le seuil de tension est réglé :


- à 10% de V lorsque la mesure du potentiel du neutre est effectuée directement,
n

- à 30% de V (10% de W„) lorsque la détermination du potentiel du neutre est


n

effectuée par la mesure de la tension résiduelle.

La temporisation dépend de la sélectivité avec les autres protections.

4.19. Protection à minimum ou à maximum de fréquence (code ANSI 81)

Les variations de fréquence du réseau de distribution publique sont extrêmement


faibles. La protection est donc utilisé pour les réseaux pouvant être alimentés par des
groupes de production fonctionnant ilotes du réseau de distribution publique.

Les variations de fréquence des groupes de production peuvent être dues :


- à une surcharge,
- à un mauvais fonctionnement du régulateur de fréquence.

Les conséquences sont :


- un mauvais fonctionnement des récepteurs synchrones (enregistreurs, horloge,...),
- u n e augmentation des pertes fer des circuits magnétiques des machines ; elles
sont proportionnelles au carré de la fréquence,
- une variation de la vitesse des moteurs qui peut entraîner des dégradations de
l'utilisation.

La protection à minimum de fréquence permet de détecter une surcharge et de


réaliser le délestage des consommateurs non prioritaires afin de rétablir la fréquence
nominale.

Principe

La protection compare la fréquence du réseau aux seuils de fréquences minimale


et maximale. Elle est désactivée lorsque la tension est inférieure à un seuil
prédéterminé (par exemple 3 5 % de U ). Elle comporte généralement une
n

temporisation à temps constant.


268 Protection des réseaux électriques

Indications de réglage
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- seuils de fréquence réglés à ± 2 Hz de la fréquence nominale,


- temporisation de quelques secondes.

4.20. Protection contre les retours de puissance réactive (code ANSI 32 Q)

Cette protection est utilisée pour détecter la perte d'excitation des machines
synchrones couplées au réseau.

La perte d'excitation d'un alternateur préalablement couplé au réseau de


distribution publique provoque sa désynchronisation avec ce réseau. Il fonctionne
alors en asynchrone en légère survitesse. Les conséquences sont un echauffement du
stator car le courant réactif peut être élevé et un echauffement du rotor car il n'est
pas dimensionné pour les courants induits.

La perte d'excitation d'un moteur synchrone entraîne une rupture du


synchronisme et un fonctionnement en asynchrone de celui-ci. Un courant induit
important circule dans le rotor et provoque un echauffement.

L'excitation des machines synchrones est réalisée par un courant continu


traversant le rotor appelé inducteur. La perte d'excitation peut être due à un défaut
dans le circuit d'alimentation continu ou à un défaut du circuit du rotor (coupure,
court-circuit, etc.).

Lors d'une perte d'excitation, la machine compense la baisse de la puissance


magnétisante du rotor en absorbant de la puissance réactive sur le réseau. La
puissance réactive de la machine est alors négative.

Principe

La protection détermine la puissance réactive Q de la machine et la compare à


< -
un seuil Elle est activée si f2 |£?j| • Elle comporte généralement une
temporisation à temps constant.

Indications de réglage

Le seuil de puissance réactive peut être réglé à 30 % de la puissance apparente :

| f t | = 0,3S„

La temporisation peut être réglée à quelques secondes.


Les fonctions de protection et leurs applications 269

4.21. Protection contre les retours de puissance active (code ANSI 32 P)


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Elle permet de détecter une inversion du signe de la puissance active en l'absence


de défaut électrique.

Elle est utilisée notamment pour :


- empêcher les groupes de production d'un site industriel de fournir de l'énergie
au distributeur ;
- protéger un moteur contre un fonctionnement en alternateur lorsqu'il est coupé
de son alimentation et entraîné par sa charge ;
- protéger un alternateur contre un fonctionnement en moteur qui peut détériorer
la machine d'entraînement.

Principe

La protection détermine la puissance active P et la compare à un seuil -\P \ • Elle


S

>
est activée lorsque / ' < - | / | . Elle comporte généralement une temporisation à
J

temps constant.

4.21.1. Protection contre ta fourniture de puissance active au distributeur par les


groupes de production

Les retours de puissance active peuvent être dus à une coupure d'alimentation sur
le réseau du distributeur, à un cycle de réenclenchement rapide ou lent au niveau du
poste source du distributeur ou à un mauvais fonctionnement des régulateurs de
puissance. Dans ce cas, les groupes de production alimentent les autres clients du
distributeur.

Les conséquences sont par exemple :


- Une surcharge des groupes de production,
- Une sélectivité défaillante si un défaut apparaît après l'inversion du signe de la
puissance active.

La protection détecte le retour de puissance active au niveau du poste de


livraison. En France, le découplage des centrales autonomes de production est régi
par le guide technique de la distribution B 61.4 de EDF.
270 Protection des réseaux électriques

Indications de réglage
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Le seuil de puissance recommandé par le guide technique B 61.4 est de 1 à 2 %


de la puissance de comptage, c'est-à-dire P = 1 à 2 % de yfT I
s nTC UNTT .

l„TC calibre des transformateurs de courant


U„JJ : calibre des transformateurs de tension

Le guide technique recommande une action instantanée, donc une temporisation


nulle.

4.21.2. Protection des moteurs synchrones contre un fonctionnement en


alternateur

Lors d'une coupure d'alimentation, les moteurs synchrones sont entraînés par
l'inertie de la charge et fonctionnent en alternateur pendant une durée dépendant de
l'inertie des parties tournantes et de la puissance de charge.

Lors d'une coupure de courte durée, par exemple lors d'un cycle de
réenclenchement rapide (1 seconde), il est important de découpler les moteurs du
réseau afin d'effectuer leur remise sous tension dans des conditions optimales. Il faut
éviter tout risque de couplage en opposition de phase, celui-ci provoquerait des
phénomènes transitoires électriques et mécaniques dommageables au moteur
(voir §4.15).

Indications de réglage

Le seuil de puissance active peut être réglé à 5% de la puissance nominale :

P = s 5%P„

La temporisation peut être réglée à 1 seconde.

4.21.3. Protection des alternateurs contre un fonctionnement en moteur

Lorsqu'une défaillance apparaît sur la machine d'entraînement d'un alternateur


(turbine, groupe diesel, ...) couplé en réseau de distribution publique, l'alternateur
fonctionne en moteur synchrone et risque de détériorer la partie entraînement.
Les fonctions de protection et leurs applications 271

Indications de réglage
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Le seuil de réglage P s est fixé :


- entre 5 % et 20 % de la puissance nominale pour un groupe diesel,
- entre 1 % et 5 % de la puissance nominale pour une turbine.

La temporisation est supérieure ou égale à 1 seconde.

4.22. Protection contre les défauts masse cuve (code ANSI 50 ou 51 )

Cette protection est destinée à protéger un transformateur contre les défauts


internes entre un enroulement et la masse. Elle est recommandée par la norme
NF C 13-200 § 551.2.2 dès que la puissance du transformateur atteint 5 M VA.

4 . 2 2 . 1 . Principe

C'est une protection est à maximum de courant, elle est installée sur la connexion
de mise à la terre de la masse du transformateur. Elle nécessite d'isoler la cuve du
transformateur par rapport à la terre, afin que le courant de défaut traverse la
protection (voir figure 4.59).

Elle est sélective, car elle n'est sensible qu'aux défauts à la masse du
transformateur. Elle peut aussi être utilisée pour protéger les tableaux contre les
défauts à la masse ; elle est alors appelée protection masse tableau.

connexion de mise à la terre


de la masse du transformateur

supports
isolants

Figure 4.59. Protection masse cuve d'un transformateur


272 Protection des réseaux électriques

Indications de réglage
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Le seuil de réglage du courant peut être fixé à 20 A. Cependant, si le régime de


neutre du coté haute tension est à impédance de limitation, le seuil de courant doit
être inférieur ou égal à 30% du courant de limitation l . Par exemple, si l = 2QA
( (

on peut choisir I = 6 A .
r

La temporisation est nulle.

4.23. Protection contre les surcharges de l'impédance de mise à la terre du point


n e u t r e (code ANSI 50 N ou 51 N)

Cette protection permet de protéger l'impédance de limitation contre les


surcharges. En effet, lorsqu'un défaut phase-terre apparaît sur le réseau, le courant
de défaut se reboucle par l'impédance de mise à la terre du point neutre (voir §
2.5.2).

Si le défaut est résistant, le courant de défaut peut être inférieur aux seuils des
protections contre les défauts à la terre et supérieur au courant permanent que peut
supporter la résistance. L'impédance de limitation est alors traversée par un courant
permanent qui peut la détériorer. Une protection à maximum de courant permet de
la protéger.

4.23.1. Principe

Une protection à maximum de courant est installé sur la connexion de mis à la


terre du point neutre (voir figure 4.60).

Figure 4.60. Protection contre les surcharges de l'impédance de mise à la terre


du point neutre
Les fonctions de protection et leurs applications 273

Indications de réglage
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Le seuil de réglage du courant doit être inférieur au courant permanent que peut
supporter la résistance. La temporisation est de plusieurs secondes.

4.24. Protection de terre générale du réseau par contrôle du courant traversant la


mise à la terre du neutre (code ANSI 50 N ou 51 N, 50 G ou 51 G)

Cette protection permet de détecter les défauts phase-terre du réseau. En effet,


lorsqu'un défaut phase-terre apparaît sur le réseau, le courant de défaut se reboucle
par la mise à la terre du point neutre (voir § 2.5.2) ; la protection de terre générale
permet de détecter ce courant et donc la présence d'un défaut à la terre.

4.24.1. Principe

Une protection à maximum de courant est installé sur la connexion de mise à la


terre du point neutre (voir figure 4 . 6 1 )

Figure 4.61. Protection de terre générale du réseau par contrôle du courant traversant
la mise à la terre du neutre

Indications de réglage

Le seuil de courant dépend du système de sélectivité.

La temporisation doit être supérieure à toutes les temporisations des autres


protections contre les défauts à la terre du réseau concerné (sauf si une sélectivité
logique est mise en place, voir § 6.3).
274 Protection des réseaux électriques

4.25. Protection p a r surveillance de la température (code ANSI 38 - 49 T)


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Elle est utilisée pour protéger les machines (transformateur, alternateur,


moteur,...) contre une température interne excessive. Elle est associée à un détecteur
de température de type thermosonde à résistance de platine insérée dans la machine
ou sur les paliers d'une machine tournante.

Les sondes thermiques donnent d'excellentes informations pour les surcharges


lentes. Elles sont donc intéressantes pour l'exploitation des machines qui peuvent,
pendant une durée limitée, supporter un courant de charge supérieur au courant
nominal. En effet, pour des variations lentes de la charge, il est tout à fait admissible
d'accepter un courant de charge supérieur au nominal, tant que la température de la
machine n'a pas atteint sa limite admissible.

Elles sont par contre inefficaces pour mesurer des surcharges brusques, du fait de
la valeur élevée de la constante de temps thermique de la machine. Elles sont donc
complémentaires avec les protections à maximum de courant.

La protection indique généralement les défauts sondes (sonde coupée ou sonde


en court-circuit). Elle possède généralement un seuil d'alarme et un seuil de
déclenchement.

Il faut utiliser des sondes 3 fils pour obtenir une précision de mesure correcte,
sinon la mesure est largement faussée par l'influence de la température sur la
résistance des fils de liaison. En effet, les sondes trois fils sont équipées d'un
voltmètre (connecté par un troisième fil) permettant de mesurer la chute de tension
dans les fils de liaison (voir figure 4.62).

La valeur de la résistance de platine thermovariable est alors :

La mesure de la résistance, caractérisant la température du milieu est donc


indépendante de la résistance des fils de liaison r . On obtient ainsi une bonne
précision de mesure.
Les fonctions de protection et leurs applications 275

sonde
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/ : courant mesuré par l'ampèremètre


V : tension mesurée par le voltmètre
E : source de tension
r : résistance des fils de liaisons

Figure 4.62. Montage d'une sonde 3 fils

4.26. Protection à maximum de courant phase à retenue de tension


(code ANSI 50 V ou 51 V)

Elle est utilisée pour protéger un alternateur contre les défauts entre phases en
aval de celui-ci. Elle est particulièrement intéressante lorsque l'alternateur ne
possède pas de système pour maintenir le courant de court-circuit à environ 3 /„
(voir §2.1.2.2).

D'après le paragraphe 2.1.2, le courant de court-circuit en aval d'un alternateur


évolue suivant les 3 périodes suivantes :
- subtransitoire ( X d ) : intervenant pendant 10 à 20 ms après le début du défaut,
- transitoire ( X d ) : se prolongeant jusqu'à 100 à 400 ms,
- synchrone (Xj) : reactance synchrone, à considérer après la période
transitoire.

La reactance synchrone intervient après une durée de l'ordre de 100 à 400 ms.
Elle a une valeur de 200 à 350 % (voir tableaux 2.4, 2.5 et 2.6). La valeur du
276 Protection des réseaux électriques

courant de court-circuit triphasé permanent est donc comprise entre


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0,3 et 0,5 /„ , dans la mesure où l'alternateur n'est pas muni d'un système permettant
de maintenir le courant de court-circuit à environ 3 /„ . Notons que la valeur du
courant de court-circuit permanent est minimale pour le court-circuit triphasé (voir §
2.7.3).

On suppose que pour des raisons de sélectivité, on désire protéger l'alternateur avec
une protection dont la temporisation est supérieure à la période transitoire. Le courant de
court-circuit vu par la protection à la Fin de la temporisation est inférieur au courant
nominal (0,3 à 0,5 /„ ), il n'est donc pas possible d'utiliser une protection à maximum de
courant phase classique. Par contre, la protection à maximum de courant phase à
retenue de tension permet de détecter ce courant de court-circuit.

4.26.1. Principe

Le seuil de courant est modifié par la mesure de la tension. Par exemple, pour
l'appareil Sepam 2000 de Schneider, le seuil de courant est modifié suivant la
courbe de la figure 4.63.

Iso : seuil de courant pour une tension supérieure à 0,8 U„

Figure 4.63. Principe de la protection à maximum de courant phase à


retenue de tension du Sepam 2000
Les fonctions de protection et leurs applications 277

Prenons l'exemple d'un alternateur d'impédance synchrone X d = 300 % , la


valeur du courant de court-circuit permanent minimal est donc :
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d'où : Iccp = 0,33 /„

L'impédance synchrone étant très élevée, les impédances des câbles et des
transformateurs en aval de l'alternateur sont négligeables, elles n'influencent donc
pas la valeur du courant de court-circuit permanent. Pour les mêmes raisons, lors
d'un court-circuit, la tension mesurée au niveau de l'alternateur est très faible, c'est-
à-dire inférieure à 0,2 U„ .

On suppose que l'on règle le seuil Iso à 1,2 /„ . Lors d'un court-circuit en
aval de l'alternateur, la tension aux bornes de celui-ci chutant à une valeur inférieure
à 0,2 U„ , le seuil de courant prend la valeur I = 0,2 l
s s o , c'est-à-dire
I = 0,24 /„ . La valeur du courant de court-circuit minimal étant égale à 0,33 / „ ,
s

la protection est activée.

La temporisation peut être à temps constant ou à temps dépendant.

Notons que la protection à maximum de courant phase à retenue de tension est


aussi appelée protection à minimum d'impédance. En effet, d'après la figure 4.63 on
U , . _,.
voit que la protection est activée pour un rapport — constant, cest-a-dire une

impédance de seuil Z . De façon physique, on peut dire que la protection mesure


s

l'impédance aval, et lorsque celle-ci est inférieure au seuil Zs , la protection est


activée. Une faible valeur de l'impédance aval est caractéristique d'un court-circuit.

Indications de réglage

Le seuil de courant Iso peut être réglé à 1,2 /„ . Le courant de court-circuit


permanent doit alors vérifier la condition suivante :

I ccp > 0,2 I so

d'où : I ccp > 0,24 /„


278 Prolection des réseaux électriques

Cette condition est vérifiée dans la mesure où l'impédance synchrone Xj est


inférieure à 415 %, ce qui est généralement le cas (voir tableaux 2.4, 2.5 et 2.6). La
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temporisation imposée par le système de sélectivité peut alors être supérieure à la


durée de la période transitoire.

4.27. Protection par détection gaz, pression, température (DGPT)

Le DGPT est un dispositif de protection utilisé pour les transformateurs à


isolement liquide. Ce dispositif détecte les anomalies au sein du diélectrique liquide
telles que émission de gaz, élévation de pression ou de température, et provoque la
mise hors tension du transformateur . Il est principalement destiné à la protection
des transformateurs immergés étanches "à remplissage total".

Détection des dégagements gazeux

Elle permet de détecter la présence d'un court-circuit interne. En effet, pour un


transformateur à isolement liquide, un court-circuit interne provoque toujours un
dégagement gazeux plus ou moins important dû à la décomposition de l'isolant
liquide sous l'action de l'arc électrique.

Détection d'une baisse de niveau du diélectrique

Elle permet de détecter une défaillance de l'étanchéité.

La détection à deux niveaux :


- visualisation en cas de faible baisse de niveau,
- action électrique sur la commande de l'appareil de coupure du transformateur
en cas de baisse importante de niveau.

Le complément de remplissage du transformateur peut facilement être effectué


par la partie supérieure du dispositif.

Détection d'une pression excessive dans la cuve du transformateur

Elle est effectuée à l'aide d'un pressostat à contact électrique. Ce pressostat est
pré-réglé en usine par le constructeur du transformateur, à une valeur comprise entre
0 et 500 millibars (valeur normale 200 millibars). Lors d'un court-circuit interne de
valeur élevée, il apparaît un dégagement gazeux qui provoque l'activation du
pressostat en quelques dixièmes de secondes.
Les fonctions de protection et leurs applications 279

Détection d'une température anormale au sein du diélectrique


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Cette détection est à la fois visuelle (thermomètre gradué de 0 à 120 °C) et


électrique (1 ou 2 thermostats). Ces thermostats (à dilatation de liquide) sont
indépendants, réglables de 30 à 120 °C (par pas de 5 °C), l'un donnant l'alarme
(réglage normal 90 °C), l'autre provoquant la mise hors tension du transformateur
(réglage normal 100 °C). L'élément sensible du thermomètre se trouve placé dans le
même doigt de gant que celui des sondes des thermostats.

Cas des transformateurs respirants

Pour les transformateurs respirants, la protection est réalisée par un relais


Buchholz.

Pour un défaut peu grave, le dégagement gazeux est recueilli en un point haut du
relais, une accumulation trop importante provoque une alarme.

Pour un défaut grave, les gaz produits en grande quantité refoulent brutalement
une partie de l'huile de la cuve vers le conservateur. Un flotteur entraîné par le flux
d'huile donne l'ordre de mise hors tension du transformateur. Ce principe conduit à
un temps de fonctionnement du relais de quelques dixièmes de secondes pour un
défaut important.

4.28. Protection contre les déséquilibres entre points neutres


(code ANSI 50 N ou 51 N)

Elle est destinée à protéger les batteries de condensateurs montées en double


étoile (voir figure 4.64).

Un condensateur unitaire est constitué d'un ensemble de plusieurs éléments de


condensateurs placés dans une même enveloppe (voir § 7.6.1). La détérioration d'un
ou plusieurs éléments de condensateur entraîne un déséquilibre qui provoque la
circulation d'un courant dans la liaison entre les deux points neutres. Ce courant est
détecté par la protection qui provoque le déclenchement de l'appareil de coupure.

Principe

La protection est activée lorsque le courant circulant dans la liaison entre les
deux points neutre dépasse le seuil de réglage. La temporisation peut être à temps
indépendant ou dépendant.
280 Protection des réseaux électriques

Indications de réglage
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Le seuil de courant est donné par les constructeurs. La temporisation à temps


indépendant peut être fixée à 0,1 seconde.

Figure 4.64. Protection d'une batterie de condensateurs montée en double étoile


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Chapitre 5
Les dispositifs de coupure des surintensités

Dans un réseau électrique, les surintensités peuvent être dues à un court-circuit


ou une surcharge. Les dispositifs de coupure permettant d'éliminer ces surintensités
sont les disjoncteurs et les fusibles. Les caractéristiques électriques basse et haute
tension de ces dispositifs étant différentes, elles seront traitées dans des paragraphes
différents.

Définitions

Courant de court-circuit présumé : c'est le courant de court-circuit en régime


établi qui apparaîtrait si l'impédance du dispositif de coupure était nulle.

Assigné : ce terme, utilisé dans les normes, a une signification équivalente à


l'ancien terme "nominal".

5.1. Les disjoncteurs basse tension

5.1.1. Tension assignée d'emploi U e

C'est la ou les tensions auxquelles l'appareil peut être utilisé.

5.1.2. Courant assigné In

C'est la valeur maximale du courant que peut supporter en permanence un


disjoncteur équipé d'un déclencheur, à une température ambiante précisée par le
constructeur, en respectant les limites d'échauffement prescrites.
282 Protection des réseaux électriques

On peut toutefois utiliser un disjoncteur à des températures ambiantes


supérieures en le déclassant. Ainsi, un disjoncteur de courant assigné 125 A à une
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température ambiante de 40 °C supporte 119 A à 50 °C et 113 A à 60 °C.

5.1.3. Taille d'un disjoncteur

Lorsqu'un disjoncteur peut être équipé de plusieurs déclencheurs de courants


assignés différents, la taille du disjoncteur correspond au courant assigné le plus
élevé des déclencheurs qui peuvent l'équiper.

5.1.4. Courant de réglage l r l h ou lr des déclencheurs de surcharge

A l'exception des petits disjoncteurs (de type Multi 9 chez Schneider) facilement
interchangeables, les disjoncteurs industriels sont équipés de déclencheurs
amovibles. De plus, pour adapter le disjoncteur aux caractéristiques du circuit et
éviter de surdimensionner les câbles, les déclencheurs sont généralement réglables.

Le courant de réglage /,. (ou l ) est le courant à partir duquel sont


r l h

déterminées les conditions de protection assurées par le disjoncteur. Il représente


aussi le courant maximal que peut supporter le disjoncteur sans déclenchement.

courant assigné
0.7 /„
plage de réglage

courant de réglage taille du disjoncteur

Figure 5.1. Caractéristiques d'un disjoncteur de taille 400 A équipé d'un déclencheur
320 A réglé à 0,9
Les dispositifs de coupure des surintensités 283

Cette valeur doit être supérieure au courant d'emploi et inférieure au courant


admissible dans la canalisation. Les déclencheurs thermiques sont en général
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réglables de 0,7 à 1 x l n alors qu'en technologie électronique les plages sont


généralement beaucoup plus larges (couramment de 0,4 à 1 x f ). Le réglage n'est
n

pas continu, il est réalisé par crans. 11 faut en tenir compte dans l'étude de sélectivité.
Pour les appareils à déclencheur non réglables, l r = /„ .

Exemple

Un disjoncteur de taille 400 A équipé d'un déclencheur 320 A réglé à 0,9 a un


courant de réglage : I = 320 x 0,9 = 288 A (voir figure 5.1).
r

5.1.5. Courant de fonctionnement (I )


m des déclencheurs de court-circuit

Le rôle des déclencheurs de court-circuit (magnétique ou court-retard) est de


provoquer l'ouverture rapide du disjoncteur pour les fortes surintensités.

Leur seuil de fonctionnement I m est :


- soit fixé par la norme pour les disjoncteur domestiques régis par la norme
N F C 61-410,
- soit indiqué par le constructeur pour les disjoncteurs industriels régis par la
norme CEI 947-2.

Pour ces derniers, il existe une grande variété de déclencheurs permettant à


l'utilisateur de disposer d'un appareil bien adapté aux caractéristiques du circuit à
protéger, même dans les cas les plus particuliers. Pour les disjoncteurs à seuil
réglable, le réglage n'est pas continu, il est réalisé par crans. Il faut en tenir compte
dans l'étude de sélectivité.

Le tableau 5.1 indique les valeurs moyennes des seuils de fonctionnement des
disjoncteurs pour les protections de surcharge et de court-circuit. Les figures 5.2 et
5.3 donnent les courbes de fonctionnement type d'un disjoncteur magnéto-thermique
et d'un disjoncteur électronique.

2
Certains déclencheurs possèdent en option une courbe / t - constante,
caractérisant l'effet thermique d'une surintensité sur une canalisation.
284 Protection des réseaux électriques

disjoncteurs disjoncteurs disjoncteurs industriels


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domestiques industriels CEI 947-2


NFC61-410 modulaires

type de magnéto-thermique magnéto-thermique magnéto-thermique électronique


déclencheur
protection
LR='N
fixe : / , = /„ fixe : / , = / „ long relard (LR)
surcharge réglable : 0,4 / „ < / , < /„
0,7 / „ < ; / , < /„

protection seuil bas type B seuil bas type B ou Z fixe: /„, = 7 à 10/„ court-retard (CR)
court-circuit
3 /„ I LM < 5 /„ 3.2 /„ < FIXE < 4.8 /„ réglable : réglable
- seuil bas : 2 à 5 / 1.5 / , £ / „ < 1 0 / ,
- seuil standard : S à instantané (1) fixe
/sl2à!5/„

seuil standard seuil standard type C


typeC 7 /„ <FIXE < 10 /„

>/„ < / < 1 0 / „


m

seuil haut type D seuil haut


1 0 / „ < / „ < 20 /„ type D ou K
10 /„ < FTXE< 14 /„

Tableau 5.1. Valeurs moyennes des seuils de fonctionnement des disjoncteurs pour les
protections de surcharge et de court-circuit

Figure 5.2. Courbe de fonctionnement type d'un disjoncteur magnéto-thermique


Les dispositifs de coupure des surintensités 285
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A
: plage de réglage

Figure 5.3. Courbe de fonctionnement type d'un disjoncteur électronique

5 . 1 . 6 . Pouvoir de coupure ( l at ou l)
cn

Le pouvoir de coupure est la plus grande valeur de courant de court-circuit


(courant présumé) qu'un disjoncteur peut interrompre sous une tension donnée. Il est
généralement exprimé en kA efficace symétrique, et est désigné par I (pouvoir de cu

coupure ultime) pour les disjoncteurs industriels et par I (pouvoir de coupure


cn

assigné) pour les disjoncteurs à usage domestique ou assimilé.

Les conditions de détermination du pouvoir de coupure sont fixées par les


normes, elles comportent les éléments suivants.

Une séquence de manœuvre

Le disjoncteur effectue une succession de manœuvres : ouverture puis


fermeture/ouverture sur court-circuit (cycle O-FO).

Le déphasage entre le courant et la tension

Lorsque la tension et le courant sont en phase ( costp = 1 ) , le courant de court-


circuit est facile à interrompre. Par contre, il est difficile de couper le courant
lorsque la valeur du cosip est faible. Les normes définissent donc le coscp auquel
doit être déterminé le pouvoir de coupure d'un appareil. 11 est d'autant plus faible
que le pouvoir de coupure est élevé car les disjoncteurs correspondants sont installés
286 Protection des réseaux électriques

à proximité des transformateurs et des jeux de barres dont l'impédance est


essentiellement inductive. Le tableau 5.2 donne les valeurs de costp auxquelles doit
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être déterminé le pouvoir de coupure des disjoncteurs industriels.

costp
1 eu

6kA<I <\0kA
cu
0,5

\0kA< Icu <2QkA 0,3

20 kA < l cu <WkA 0,25

5QkA< lcu
0,2

Tableau 5.2. Relation entre l c u et COStp (selon la norme CEI 947-2)

Test post coupure

Après le cycle O-FO on s'assure que le disjoncteur est encore apte à assurer un
fonctionnement réduit (tenue diélectrique, fonctionnement des déclencheurs,
aptitude au sectionnement).

5.1.7. Tension d'isolement (U, )

C'est la valeur de tension qui sert de référence pour les performances d'isolement
de l'appareil. Les essais de tenue d'isolement sont généralement effectuées à des
valeurs de tension supérieures à 2 U, . La tension maximale d'emploi U d'un e

disjoncteur doit être inférieure ou égale à Uj :

U <U
e t

5.1.8. Tension de tenue aux chocs (U ) imp

Cette caractéristique, exprimée en kV choc, traduit l'aptitude d'un matériel à


résister aux tensions transitoires susceptibles d'apparaître en exploitation.
Généralement, pour les disjoncteurs industriels U = 8 kV , et pour les imp

disjoncteurs domestiques U im = 6 kV .
Les dispositifs de coupure des surintensités 287

5.1.9. Catégorie (A ou B) et courant de courte durée admissible ( l )


cw
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t(s)

1(A)

Ir 1m Jeu

Figure 5.4. Disjoncteur de catégorie A

Ah 11. 'cw 'eu

T : retard de déclenchement
1/ : courant limite pour lequel existe le retard de déclenchement

Figure 5.5. Disjoncteur de catégorie B


288 Protection des réseaux électriques

Pour les disjoncteurs industriels définis par la norme CEI 947-2, il existe deux
catégories d'appareils :
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— ceux de catégorie A pour lesquels aucun retard au déclenchement sur court-


circuit n'est prévu (voir figure 5.4) ;
- ceux de catégorie B pour lesquels, en vue de réaliser une sélectivité
chronométrique, il est possible de retarder le déclenchement sur les courts-circuits
de valeur inférieure au courant de courte durée admissible l cw (voir figure 5.5).
Icw est le courant maximal que peut supporter therm iquement et
électrodynamiquement un disjoncteur de catégorie B pendant un temps donné par le
constructeur.

5 . 1 . 1 0 . Pou voir de fermeture (I cm )

C'est la plus grande valeur de courant pour laquelle le disjoncteur peut être fermé
sous la tension assignée dans des conditions spécifiées. Elle est exprimé en valeur
crête (voir § 2.8.2.1). Le pouvoir de fermeture est égal à K fois le pouvoir de
coupure. La valeur de K est donnée par le tableau 5.3.

I eu 1 cm - K x 1 c u

6kA< l <\Q
cu kA 1,7 x l cu

\QkA< l cu < 2 0 kA 2 x 'eu

20kA< l cu < 50 kA 2,1 x l cu

50 kA < 1^ 2,2 x l cu

Tableau 5.3. Relation entre l cu et Icm (selon la norme CEI 947-2)

5 . 1 . 1 1 . Performance de coupure de service ( I)


cs

Le pouvoir de coupure ( l cu ou l cn ) représente le courant de court-circuit


maximal que peut couper un disjoncteur. La probabilité d'apparition d'un tel courant
Les dispositifs de coupure des surintensités 289

est extrêmement faible, et en exploitation, un disjoncteur n'a en général à couper que


des courants beaucoup plus faibles.
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Par contre, il est important que ces courants, de probabilité d'apparition plus
élevée, soient coupés dans de très bonnes conditions afin de garantir, après
l'élimination de la cause du défaut, la remise en service rapide et en toute sécurité de
l'installation. C'est pour cette raison que les normes ont défini une nouvelle
caractéristique / „ pour les disjoncteurs industriels, généralement exprimée en
pourcentage (25, 50, 75 ou 100 %) de l cu .

La performance de coupure de service est vérifiée de la manière suivante :


- séquence 0 - F0 - F0 à / „ (O : ouverture, F : fermeture),
- tests post coupure pour vérifier que le disjoncteur est toujours apte à assurer un
service normal.

Pour les disjoncteurs à usage domestique / „ =k l cn . Le rapport k est indiqué


dans le tableau 14 de la norme NF C 61-410 .

5.1.12. Pouvoir de limitation

Le pouvoir de limitation d'un disjoncteur traduit sa capacité plus ou moins


grande à ne laisser passer lors d'un court-circuit, qu'un courant inférieur au courant
de défaut présumé (voir figure 5.6).

On traduit cette caractéristique par des courbes de limitation qui donnent :


- la valeur crête limitée en fonction de la valeur efficace du courant de court-
circuit présumé,
- la contrainte thermique limitée en fonction de la valeur efficace du courant de
court-circuit présumé.

Pour tous les disjoncteurs, les constructeurs fournissent les caractéristiques de


limitation sous la forme de courbes en fonction de la valeur efficace du courant de
court-circuit présumé. La figure 5.7 donne un exemple de courbe de limitation d'un
disjoncteur.

Pour les disjoncteurs à usage domestique et assimilé, la norme NF C 61-410


distingue les appareils classés et les appareils non classés. L'appartenance à une
classe de limitation remplace la fourniture des caractéristiques de limitation.
290 Protection des réseaux électriques
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l cc crête présume

lcc présumé efficace

l cc crête limité

•ce limite etticacc.

t : temps de coupure
c

Figure 5.6. Courant présumé et courant limité réel

/ „ crête
contrainte thermique
J limité (kÂ)
limitée (A' X )A
droite de non limitation

'ce en-
/ eff
c c
présumé
présumé

Figure 5 . 7 . Exemple de courbe de limitation d'un disjoncteur

5.1.12.1. Avantages de la limitation


L'installation de disjoncteurs limiteurs présente de nombreux avantages :
- réduction des effets thermiques : un échauffement moins important des
conducteurs, donc une durée de vie augmentée pour les câbles ;
- réduction des effets mécaniques : les forces de répulsion électrodynamique
(voir § 2.8.2) sont réduites, il y a donc moins de risques de déformation ou de
rupture ;
Les dispositifs de coupure des surintensités 291

- réduction des effets électromagnétiques : moins de perturbation des appareils


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électroniques situés à proximité des circuits électriques.

Ces disjoncteurs contribuent donc à améliorer la protection :


- des câbles,
- des canalisations préfabriquées,
- d e l'appareillage électrique.

Ils ralentissent ainsi le vieillissement de l'installation.

La limitation permet aussi de faire des économies grâce à la filiation. En effet,


elle permet d'utiliser en aval des disjoncteurs moins performants et donc moins
coûteux.

Exemple

Pour une valeur efficace de courant de court-circuit présumé de 150kA , un


disjoncteur limite la valeur crête du courant à moins de 10 % de la valeur calculée et
les contraintes thermiques (proportionnelles au carré du courant, voir § 2.8.1) à
moins de 1 % de celles calculées.

5.2. Les disjoncteurs HTA (d'après la norme CEI 56)

5 . 2 . 1 . Le pouvoir de coupure assigné en court-circuit

C'est la valeur maximale de courant de court-circuit que le disjoncteur doit être


capable d'interrompre.

Le pouvoir de coupure assigné en court-circuit est caractérisé par deux valeurs


(voir CEI 56, § 4 . 1 0 1 ) :
- la valeur efficace de sa composante périodique (voir § 2.1), dénommée par
abréviation : "pouvoir de coupure assigné en court-circuit",
- le pourcentage de la composante apériodique (voir § 2.1).

Le pourcentage de la composante apériodique est le rapport entre la composante


apériodique et la composante périodique à l'instant d'ouverture minimal du
disjoncteur, augmenté d'une demi-période, c'est-à-dire 10 ms à 50 Hz (voir figure 5.8).
La demi-période correspond au temps minimal d'activation d'une protection à
maximum de courant.
292 Protection des réseaux électriques
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temps d'ouverture *"


minimal du disjoncteur
de l'ordre de 40 à 60 ms)

PP' représente la valeur de la composante apériodique

représente la valeur efficace de la composante périodique

OP = I représente la durée minimale d'ouverture du disjoncteur (de l'ordre de 40 à


60 ms) augmentée d'une demi-période (10 ms à 50 Hz)

: pourcentage de la composante apériodique

Figure 5.8. Définition du pourcentage de la composante apériodique

Le disjoncteur doit pouvoir couper tous les courants de court-circuit tels que :
- la composante périodique est inférieure ou égale à la valeur assignée,
- le pourcentage de la composante apériodique est inférieur ou égal à la valeur
spécifiée.

La norme CEI 56 indique les valeurs normales du pourcentage de la composante


apériodique en fonction de l'intervalle de temps X défini à partir de l'apparition du
court-circuit (voir figure 5.9).
Les dispositifs de coupure des surintensités 293
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Intervalle de temps à partir de l'apparition du court-circuit T (ms)

Figure 5.9. Pourcentage de la composante apériodique

Pour une durée minimale d'ouverture du disjoncteur de 40 ms augmentée de


10 ms, c'est-à-dire un temps T de 50 ms, le pourcentage de composante
apériodique est 33 % . Un disjoncteur de temps d'ouverture minimal 40 ms doit
donc être capable de couper la valeur assignée pour un pourcentage de composante
apériodique égal à 33 %.

Pour un intervalle de temps T supérieur ou égal à 80 ms, la norme CEI 56


n'impose pas d'essais de coupures de courants comportant une composante
apériodique. Les disjoncteurs de temps d'ouverture minimal supérieur ou égal à
70 ms (à 50 Hz) n'ont donc pas de spécification sur la composante apériodique.

La courbe de pourcentage de la composante apériodique définie par la norme


CEI 56 (voir figure 5.9) correspond à une constante de temps d'environ 45 ms, c'est-

4 5
à-dire une équation de la forme : e avec T en ms. En effet, pour T = 45 ms , le
pourcentage de la composante apériodique mesuré sur la courbe est 37 %, c'est-à-

dire

D'après le § 2.1.1 , une constante de temps de 45 ms correspond à un rapport


294 Protection des réseaux électriques

d'où :
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Il en résulte que la valeur normale du pourcentage de la composante apériodique


définie par la norme CEI 56 convient pour un courant de court-circuit alimenté par

le distributeur (loin des alternateurs), car le rapport est normalement supérieur à

0,071, induisant ainsi un pourcentage de composante apériodique inférieur aux


valeurs définies par la norme.

Par contre, pour des disjoncteurs situés à proximité d'alternateurs de forte


puissance, la constante de temps apériodique est largement supérieure à 45 ms. Le
pourcentage de la composante apériodique à l'instant d'ouverture du disjoncteur,
augmenté d'une demi-période, est alors supérieur à la valeur définie sur la figure 5.9.

La norme CEI 56 prévoit que pour ces applications spéciales, le pourcentage


requis de la composante apériodique est en principe spécifié dans l'appel d'offres et
les essais font l'objet d'un accord entre le constructeur et l'utilisateur.

Cependant, le rapport de l'alimentation par le distributeur peut être inférieur

à 0,071 pour un court-circuit à proximité d'un transformateur HTB / HTA. Par


exemple, pour un transformateur Jeumont Schneider 90 kV / 21 kV de 36 M VA de

tension de court-circuit 1 7 % , le rapport =0,031 . Pour un court-circuit à

proximité de ce transformateur, le rapport de l'alimentation est donc proche de

0,03. Le pourcentage de la composante apériodique est alors supérieur à la valeur


normale définie par la norme CEI 56. D'après le paragraphe 2.1.1.1, pour T = 50 ms
on calcule 61 % de composante apériodique. Dans ce cas, il faut vérifier avec le
constructeur la capacité de coupure du disjoncteur.

Si la capacité de coupure est insuffisante, on peut retarder la coupure du court-


circuit par une temporisation de la protection. Ainsi, la coupure intervient lorsque la
composante apériodique est suffisamment atténuée.

Dans l'exemple précédent, avec une temporisation de la protection égale à


100 ms, on a T | = T + 100 = 150 ms . D'après le paragraphe 2.1.1.1, on calcule
23 % de composante apériodique, c'est-à-dire une valeur inférieure à la valeur
normale indiquée par la norme CEI 56 (33 % pour un temps d'ouverture minimal de
Les dispositifs de coupure des surintensités 295

40 ms). La performance demandée au disjoncteur est alors inférieure à celle de la


norme.
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5.2.2. Pouvoir de fermeture assigné en court-circuit

Le disjoncteur doit pouvoir être fermé sur un court-circuit. La contrainte


électrodynamique qu'il subit (voir § 2.8.2.) est fonction de la valeur crête du courant
de court-circuit. Cette valeur crête est définie par un coefficient K (voir § 2.1.1), tel
que la valeur crête du courant de court-circuit est égale à K fois la valeur efficace
du courant de court-circuit en régime établi.

La norme CEI 56 § 4.103 impose que le pouvoir de fermeture assigné en court-


circuit soit égal à 2,5 fois la valeur efficace de la composante périodique de son
pouvoir de coupure assigné en court-circuit. Cela signifie que le disjoncteur peut
être fermé sur un court-circuit de coefficient K < 2,5 et de valeur égale à son
pouvoir de coupure assigné en court-circuit.

D'après le paragraphe 2.1.1 :

on en déduit la valeur de — pour K = 2,5 :

Le pouvoir de fermeture est donc défini pour un courant de court-citcuit


ft
provenant d'une alimentation dont le rapport — est égal à 0,084. Lorsque le rapport

— est inférieur à 0,084, il faut vérifier que le pouvoir de coupure est supérieur à

avec

1c c : courant de court-circuit maximal du réseau


296 Protection des réseaux électriques

Par exemple, pour un court-circuit aux bornes d'un transformateur


Jeumont Schneider 90 kV / 21 kV de 36 MVA de tension de court-circuit 17 %, le
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rapport — = 0,031 . On en déduit :

Cependant, la norme ANSI impose un pouvoir de fermeture défini pour un

coefficient K =2,7 correspondant à un rapport — = 0,03 . La plupart des

disjoncteurs de Schneider satisfont aux normes CEI et ANSI, ils ont donc un
pouvoir de fermeture défini pour un coefficient K = 2,1 .

Pour des disjoncteurs situés à proximité d'alternateurs de forte puissance, il faut


calculer avec précision la valeur crête du courant de court-circuit et vérifier que le
pouvoir de fermeture du disjoncteur est supérieur à cette valeur.

5 . 2 . 3 . Courant de courte durée admissible assigné

La norme CEI 56 § 4.5 impose que le courant de courte durée admissible assigné
soit égal au pouvoir de coupure assigné en court-circuit.

5.2.4. Durée de court-circuit assignée

C'est l'intervalle de temps pendant lequel, le disjoncteur en position de


fermeture, peut supporter un courant égal au courant de courte durée admissible
assigné.

La valeur normale de la durée de court-circuit assigné est de 1 seconde (voir


CEI 694 § 4.7). Cependant, pour des raisons de sélectivité ou afin de pouvoir
effectuer des réenclenchements sur défaut, l'utilisateur peut demander une durée de
court-circuit supérieure à une seconde.

Le courant de courte durée admissible peut alors être déterminé en écrivant :

x
( Icda ) T ~ constante

fcda '• courant de courte durée admissible


T : durée de court-circuit assignée
Les dispositifs de coupure des surintensités 297

Une durée de court-circuit assignée de 3 secondes est parfois demandée par les
utilisateurs, elle est mentionnée dans la norme CEI 694 § 4.7.
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Exemple

Considérons un disjoncteur de courant de courte durée admissible 34 kA pendant


1 seconde. Supposons que l'utilisateur demande une durée de court-circuit égale à
3 secondes, le courant de courte durée admissible est alors :

2 2
i'cda) x 3 s = (34 kA) x \s

Icda = 19,6 kA

5.3. Les fusibles basse tension

Ce sont des dispositifs de protection dont la fonction est d'ouvrir tout ou partie
d'un circuit, par fusion d'un ou plusieurs fusibles, lorsque le courant dépasse une
valeur donnée pendant un temps déterminé.

Les normes définissent deux types de coupe-circuits (ou fusibles) en fonction de


l'usage :
- coupe-circuit à usage domestique permettant de recevoir des cartouches de
type B (normes NF C 61-201 et CEI 269-3),
- coupe-circuit à usage industriel permettant de recevoir des cartouches de type
gl ou aM (normes NF C 63-210 et 211, et CEI 269-1 et 2).

Les fusibles domestiques et industriels se différencient essentiellement par les


tensions d'utilisation, les tailles et les pouvoirs de coupure.

5 . 3 . 1 . Zones de fusion et courants conventionnels

Les conditions de fusion d'un coupe-circuit sont définies par les normes selon
leur classe.

5.3.1.1. Fusibles classe gl


Ces coupe-circuits permettent d'assurer la protection contre les surcharges et les
courts-circuits.
298 Protection des réseaux électriques

Les courants conventionnels de non-fusion et de fusion sont normalisés (voir


figure 5.10 et tableau 5 . 4 ) :
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- le courant conventionnel de non-fusion /„y est la valeur du courant que peut

supporter l'élément fusible pendant un temps spécifié sans fondre. Par exemple, un
fusible de 32 A traversé par un courant égal à 1,3 /„ (c'est-à-dire 4 1 , 6 A) ne doit
pas fondre avant 1 heure ;

- le courant conventionnel de fusion / 2 est la valeur du courant qui provoque la


fusion avant l'expiration du temps spécifié. Par exemple, un fusible de 32 A traversé
par un courant égal à 1,6 /„ (c'est-à-dire 52,1 A) doit fondre avant I heure.

courbe de durée
- mini de pré-arc

courbe de durée du
fonctionnement total

Pré-arc : période de fusion avant l'apparition de l'arc électrique

Figure 5.10. Zones de fusion et de non fusion pour les fusibles gl

Ces deux caractéristiques expliquent pourquoi :

- les fusibles sont mal adaptés à une protection contre les faibles surcharges
(courant conventionnel de fusion élevé),

- il est nécessaire de prendre une section de câble supérieure au courant d'emploi


afin d'éviter de détériorer le câble suite à une surcharge de longue durée inférieure
aux caractéristiques du fusible.
Les dispositifs de coupure des surintensités 299

Par comparaison, un disjoncteur industriel :


- traversé par un courant égal à 1,05 /„ ne doit pas déclencher avant une heure,
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- traversé par un courant égal à 1,25 /„ doit déclencher en moins d'une heure.

Classe Courant assigné Courant Courant


/*(A) conventionnel de conventionnel de fusion
non fusion /„y (A) h

gl I„<4A 1,5 /„ 2,1 /„

4<I <\0A
n 1,5 /„ 1,9 /„

\0<I„<25A 1,4 /„ 1,75 /„

! >25A
n u /„ 1,6 /„

Tableau 5.4. Courants assignés et courants conventionnels des fusibles

5.3.1.2. Fusibles classe aM (accompagnement moteur)

courbe de durée
,mini de pré-arc
.courbe de durée
du fonctionnement total

pré-arc : période de fusion avant l'apparition de l'arc électrique

Figure 5.11. Zones de fusion normalisées pour les fusibles aM


300 Protection des réseaux électriques

Ces coupe-circuits n'assurent que la protection contre les courts-circuits et


s'utilisent surtout en association avec d'autres appareils (discontacteurs, disjoncteurs)
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afin d'assurer la protection contre toute surintensité supérieure à 4 /„ . Ils ne sont


donc pas autonomes. Les fusibles aM n'étant pas prévus pour protéger contre les
faibles surcharges, les courants conventionnels de fusion ou de non-fusion ne sont
pas fixés. Ils fonctionnent à partir de 4 /„ environ (voir figure 5.11).

5.3.2. Pouvoir de coupure

Les fusibles se caractérisent par un excellent pouvoir de coupure, apprécié dans


le cas de courts-circuits de valeur élevée. Grâce à leur rapidité de fusion, le courant
de défaut est éliminé avant d'atteindre sa valeur maximale. C'est ce que l'on appelle
la limitation. Elle a l'avantage de réduire les contraintes thermiques et
électrodynamiques (voir § 2.8.1 et 2.8.2) provoquées par un court-circuit
(voir figure 5.12).

courant crête
présumé
courant eff. présumé

courant crête limité


par le fusible

0.01 s
0.005 s

0,02 s

Tj- : temps de fusion (pré-arc)

Ta : temps d'arc
Tlc : temps total de coupure

Figure 5.12. Limitation du courant de court-circuit par un fusible


Les dispositifs de coupure des surintensités 301

5.4. Les fusibles HTA


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Les fusibles HTA sont définis par la norme CEI 282-1. Ils sont très utilisés pour
la protection des transformateurs, des moteurs et des condensateurs. En effet, ils
comportent les avantages suivants :
- faible coût,
- limitation du courant de court-circuit.

Ce dernier point permet de limiter les contraintes thermiques et


électrodynamiques des courants de courts-circuits (voir § 2.8.1 et 2.8.2), ce qui est
un avantage par rapport aux disjoncteurs HTA.

5.4.1. Définitions

Le pré-arc
C'est la période de fusion du fusible avant l'apparition de l'arc électrique.

U„ : tension assignée

C'est la tension entre phases (exprimée en kV) la plus élevée du réseau avec
laquelle pourra être utilisé le fusible. Les tensions assignées normalisées sont : 3,6 -
7,2 - 12 - 17,5 - 2 4 - 36 (kV)

In : courant assigné (voir figure 5.13)

C'est la valeur maximale du courant que le fusible peut supporter en permanence


sans échauffement anormal.

Iy : courant minimal de coupure (voir figure 5.13)

C'est la valeur minimale du courant qui provoque la fusion et la coupure du


fusible. Les valeurs de / sont généralement comprises entre 2 et 6 /„ .
3

Il est important de remarquer qu'il ne suffit pas, pour un fusible moyenne


tension, de fondre pour interrompre le passage du courant. Pour des valeurs de
courant inférieures à / , le fusible fond mais peut ne pas couper. L'arc reste
3

maintenu jusqu'à ce qu'une intervention extérieure interrompe le courant. Il faut donc


éviter la sollicitation d'un fusible dans la zone comprise entre /„ et / . 3

/ 2 .' courant donnant des conditions voisines de l'énergie d'arc maximale


(voir figure 5.13)
302 Protection des réseaux électriques

La valeur de l 2 dépend de la conception des éléments fusibles, elle se situe


entre 2 0 et 1 0 0 /„ . Elle permet de garantir la coupure pour toute la zone de courant
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comprise entre / 3 et / | .

J : courant donnant un pouvoir de coupure maximal (voir figure 5.13)


i

C'est le courant de court-circuit présumé maximal que le fusible peut


interrompre. Il est donc nécessaire de s'assurer que le courant de court-circuit du
réseau est au plus égal au courant 1\ du fusible utilisé.

pouvoir de ooupure maximal

courant donnant des conditions


voisines de l'énergie d'arc maximale
fusion avec coupure du courant

courant minimal de coupure

fusion sans coupure du couran

courant assigné

Figure 5.13. Définition des zones de fonctionnement d'un fusible HTA


Les dispositifs de coupure des surintensités 303

5.4.2. Phénomène de coupure


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Lorsqu'un courant de court-circuit apparaît, l'élément fusible fond en quelques


millisecondes. Immédiatement, une tension d'arc apparaît, elle est opposée et
supérieure à la tension d'alimentation, elle tend à réduire la valeur du courant.

Le fusible se comporte comme une résistance variable qui est presque nulle
avant la fusion et augmente jusqu'au zéro du courant, provoquant une modification
simultanée de la valeur du courant et du déphasage entre ce dernier et la tension
d'alimentation.

Figure 5.14. Tension d'arc maximale et courant coupé limité d'un fusible HTA
304 Protection des réseaux électriques

Deux valeurs découlent de ce processus :


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- la tension d'arc maximale ( U P ),


- le courant I .
p

Il est nécessaire de réduire la tension d'arc maximale afin de limiter les


surtensions sur le réseau. Le courant I p est le courant traversant réellement le
fusible, il est appelé courant coupé limité ; il est plus faible que / | . U P et Ip sont
deux paramètres associés car un courant / p petit sera facilement obtenu avec une
tension U P grande.

Un fusible caractérisé par un courant l p petit (limitant les contraintes


thermiques et électro dynamiques en amont du fusible) et une faible tension U P

(limitant les surtensions sur le réseau lors de la coupure) est donc performant.

5.4.3. Caractéristiques temps/courant des fusibles HTA

/ = 1000 A
3

Figure 5.15. Caractéristiques temps / courant d'un fusible HTA


Les dispositifs de coupure des surintensités 305

A chaque fusible est associée une courbe de caractéristiques temps / courant.


Cette courbe donne la durée de fusion ou de pré-arc en fonction de la valeur efficace
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du courant (voir figure 5.15). Elle est tracée sur une échelle logarithmique.

Pour obtenir le temps de fonctionnement total, il faut rajouter le temps d'arc (5 à


50 ms). La partie de la courbe tracée en pointillés représente la durée de pré-arc ou
de fusion pour des courants inférieurs à / . Elle se prolonge jusqu'à atteindre une
3

durée de pré-arc de 600 secondes. La courbe est donnée avec une tolérance de ± 1 0 % .

5.4.4. Caractéristiques du courant coupé limité

La courbe de la figure 5.16 montre l'aspect limiteur du fusible pour des courants
de court-circuit de valeur élevée. La figure 5.17 donne un exemple de courbes
permettant de déterminer le courant coupé limité en fonction du courant de court-
circuit présumé.

Par exemple, pour un courant de court-circuit présumé de 4 0 kA (point A), le


fusible de courant assigné 2 0 0 A limite le courant de court-circuit à 25 kA (point B).
Par rapport à une coupure par disjoncteur, la contrainte électrodynamique (voir §

2.8.2) est diminuée d'un rapport = 2 , 6 ; la contrainte thermique (voir §

2.8.1) est diminuée d'un rapport supérieur à 2,6 car la durée du court-circuit est
beaucoup plus faible. En effet, pour un courant de court-circuit de valeur élevée, le
temps de coupure est d'environ 10 ms pour un fusible (voir figure 5.16) et d'environ
80 ms pour un disjoncteur (temps de séparation des contacts d'environ 5 0 ms ajouté
an temns d'extinction d'arc d'environ 3 0 msV
onde présumée

onde \
' limitée

valeur
crête du
courant
limité

Figure 5.16. Limitation de courant de court-circuit par un fusible


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306
Protection des réseaux électriques

Figure 5.17. Courbes de courant coupé limité


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Chapitre 6

La sélectivité des protections

La sélectivité entre les protections consiste à isoler le plus rapidement possible la


partie du réseau affectée par un défaut et uniquement cette partie, en laissant sous
tension toutes les parties saines du réseau.

Différents systèmes peuvent être mis en œuvre pour assurer une bonne
sélectivité dans la protection d'un réseau électrique :
- la sélectivité ampèremétrique (par les courants),
- la sélectivité chronométrique (par le temps),
- la sélectivité par échange d'informations, dite sélectivité logique,
- la sélectivité par utilisation de protections directionnelles ou différentielles.

6 . 1 . Sélectivité a m p è r e m é t r i q u e

Elle est basée sur le fait que dans un réseau, la valeur du courant de court-circuit
est d'autant plus faible que le défaut est plus éloigné de la source.

Une protection ampèremétrique est disposée au départ de chaque tronçon. Son


seuil est réglé à une valeur inférieure à la valeur du courant de court-circuit minimal
provoqué par un défaut sur la section surveillée, et supérieure à la valeur maximale
du courant provoqué par un défaut situé en aval (au-delà de la zone surveillée).
Ainsi réglée, chaque protection ne fonctionne que pour les défauts situés
immédiatement en aval de sa position (à l'intérieur de la zone surveillée), et est
insensible aux défauts apparaissant au-delà.
308 Protection des réseaux électriques

Cependant, en pratique, il est difficile de définir les réglages de deux protections


en cascade (tout en assurant une bonne sélectivité) lorsque le courant de court-
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circuit ne décroît pas de façon notable entre deux zones voisines. Par contre, pour
des tronçons de câbles séparés par un transformateur, ce système est
avantageusement utilisé car il est simple, de coût réduit et n'exige pas de
temporisation. L'exemple d'application le plus intéressant est le cas où deux
tronçons de câbles sont séparés par un transformateur (voir figure 6.1 ).

Figure 6.1. Deux tronçons de câbles séparés par un transformateur

La protection à maximum de courant est réglée à un seuil Ir vérifiant la


relation suivante :

< <
Ice, max, B ^r 0,8 « ce. min. A

I cc m a x g : courant de court-circuit maximal vu par la protection située en B

ramené au niveau de tension amont (voir § 2.4.1).

l c c m j n - A : courant de court-circuit minimal vu par la protection située en A

En raison de la valeur élevée de l'impédance du transformateur, le courant de


court-circuit en B ramené au niveau de tension amont est généralement très
inférieur au courant de court-circuit en A. La relation est donc facilement réalisable.
La sélectivité des protections 309

Notons que dans cet exemple la protection du transformateur n'est pas traitée.
Elle fait l'objet d'une méthode de protection spécifique (voir § 7.3.4.5).
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La sélectivité ampèremétrique entre deux protections A et B est illustrée par la


figure 6.2.

•RA c e , m i n ,A

Figure 6.2. Sélectivité ampèremétrique entre deux tronçons de câbles séparés par un
transformateur

6.2. Sélectivité chronométrique

Elle consiste à donner des temporisations différentes aux protections à maximum


de courant. Ces temporisations sont d'autant plus longues que la protection est plus
proche de la source.

Ainsi sur la figure 6.3 , le défaut représenté est vu par toutes les protections (en
A, B, C et D). Cependant, la protection située en D est activée plus rapidement que
les protections situées en C, B et A. Après l'ouverture du disjoncteur D et la
disparition du courant de défaut, les protections A, B et C ne sont plus sollicitées et
reviennent à leur état de veille.
310 Protection des réseaux électriques
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réglage temporisation

défaut

Figure 6.3. Sélectivité chronomélrique

La différence At des temps de fonctionnement entre deux protections


successives est l'intervalle de sélectivité, il comprend :

- le temps de coupure t c des disjoncteurs,


- les tolérances des temporisations 5/,
- le temps de mémoire de la protection amont t m ,
- une marge de sécurité.

At doit donc satisfaire la relation :

At > t + t
c m + 2 5 / + marge (voir figure 6.4)
La sélectivité des protections 311

Compte tenu des performances actuelles des disjoncteurs et des protections, on


prend pour Al une valeur de 0,3 s (après un examen précis, on peut parfois
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prendre 0,25 s).

Par exemple, pour des protections à maximum de courant phase à temps


indépendant du Sepam 2000 de Schneider associées à des disjoncteurs Fluarc FG1
de Schneider, on a les valeurs suivantes (voir figure 6.4) :

t = 85 ms
c

t m = 55 ms en valeurs maximales
8 t = 25 ms

Pour un intervalle de sélectivité At = 0,3 s , la marge de sécurité est 110 ms.

temps de coupure marge de temps de m é m o i r e


du disjoncteur B sécurité de la protection A

intervalle de sélectivité &i

T , 7g
A temporisation des protections A et B

Figure 6.4. Intervalle de sélectivité

De plus, pour assurer une parfaite sélectivité, les réglages des seuils de courant
doivent être tels que :
l 1
'rA > rB > 'rC > rD

KA ' hB > IrC • ^rD '• seuils de courant des protections A, B,C et D

Par expérience, on estime que la précision de la chaîne de mesure est de 10 %.


Deux protections successives A et B doivent donc vérifier la relation suivante :

0,9 l rA > 1,1 l r B


312 Protection des réseaux électriques

d'où : l rA > 1,22 J rB


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Dans la pratique, on prend un coefficient égal à 1,25.

Les seuils de courant doivent donc vérifier les relation suivantes :

>rA * 1.25 I rB

I rB > 1,25 1^
l r C > 1,25 l r D

Ce système de sélectivité a deux avantages :


- il assume son propre secours. En effet, la protection en C est activée si la
protection en D est défaillante (cependant, une partie saine de l'installation est
coupée);
- il est simple.

Par contre, lorsque le nombre de protections en cascade est grand, le temps


d'élimination du défaut le plus en amont est prohibitif et incompatible avec la tenue
des matériels au courant de court-circuit, ou avec les impératifs extérieurs
d'exploitation (par exemple, le système de protection du réseau de distribution
publique, voir § 7.1.3.3). De plus, le courant de défaut le plus élevé (le plus proche
de la source) est éliminé après la temporisation la plus longue.

Les deux types de protection à maximum de courant (temps indépendant et


temps dépendant) peuvent être utilisées.

6 . 2 . 1 . Sélectivité chronométrique avec des protections à maximum de courant à


temps indépendant

La temporisation de la protection est constante et indépendante du courant


(voir § 4.1.1). Les courbes de fonctionnement des protections A, B, C et D
«élpr-tives «nnt illustrée»; n a r la fipiirp F> S
La sélectivité des protections 313
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a / = 0,3J

A' = 03 s

&i = 03s

Figure 6.5. Sélectivité chronométrique avec des protections à maximum de courant à


temps indépendant

6.2.2. Sélectivité chronométrique avec des protections à maximum de courant à


temps dépendant

La temporisation de la protection est d'autant plus petite que le courant est élevé
(voir §4.1.2). Les courbes de fonctionnement des protections A, B, C et D
sélectives sont illustrées par la figure 6.6 .

Les réglages des temporisations sont déterminés de façon à obtenir l'intervalle de


sélectivité Al = 0,3 s pour le courant maximal vu par la protection aval. Par
exemple, pour le courant de court-circuit maximal en D, la temporisation en C doit
être supérieure à la temporisation en D d'une valeur At .

Compte tenu de l'allure des courbes de fonctionnement, pour des courants


inférieurs à ce courant maximal, l'intervalle de sélectivité augmente. La sélectivité
est donc assurée pour tous les courants supérieurs au seuil de réglage.
3 14 Protection des réseaux électriques
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Figure 6.6. Sélectivité chronométrique avec des protections à maximum de courant à


temps dépendant

6.3. Sélectivité logique

Les sélectivités ampèremétriques et chronométriques ont des inconvénients


(voir § 6.1 et 6.2). Le système de sélectivité logique a été développé dans le but de
remédier à ces inconvénients. Il permet d'obtenir une parfaite sélectivité et de
réduire considérablement le retard de déclenchement des disjoncteurs situés les plus
près de la source.

Lorsqu'un défaut apparaît dans un réseau en antenne, le courant de court-circuit


circule du point de défaut jusqu'à la source :
- les protections en amont du défaut sont sollicitées,
- les protections en aval du défaut ne sont pas sollicitées,
- seule la première protection directement en amont du défaut doit être activée.
La sélectivité des protections 315
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attente logique
attente logique
attente logique

Figure 6.7. Sélectivité logique

Dans le système de sélectivité logique, à chaque disjoncteur est associée une


protection apte à émettre et à recevoir un ordre d'attente logique. Lorsqu'une
protection est sollicitée par un courant de défaut :
- elle émet un ordre d'attente logique à la protection située directement en
amont,
316 Protection des réseaux électriques

- elle provoque le déclenchement du disjoncteur associé, si elle n'a pas reçu


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d'ordre d'attente logique par une autre protection.

La figure 6.7 décrit de façon simplifiée une distribution en antenne.

6 . 3 . 1 . Fonctionnement lorsqu 'un défaut apparaît en A

Les protections n° 1, n° 2, n° 3 et n° 4 sont sollicitées.

La protection n° 1 émet un ordre d'attente logique vers la protection amont n° 2


et un ordre de déclenchement au disjoncteur D l .

La protection n° 2 émet un ordre d'attente logique vers la protection amont n° 3


et reçoit l'ordre d'attente logique provenant de la protection n° 1, qui verrouille
l'ordre de déclenchement du disjoncteur D2 .

La protection n° 3 émet un ordre d'attente logique vers la protection amont n° 4


et reçoit l'ordre d'attente logique provenant de la protection n° 2, qui verrouille
l'ordre de déclenchement du disjoncteur D3 .

La protection n° 4 reçoit l'ordre d'attente logique provenant de la protection n° 3,


qui verrouille l'ordre de déclenchement du disjoncteur D4 .

Le disjoncteur Dl élimine le défaut en A au bout du temps :

'D\ = 'l +
'c, D\
t\ temporisation de la protection n° 1
tc pi temps de coupure du disjoncteur Dl .

6.3.2. Fonctionnement lorsqu'un défaut apparaît en B

La protection n° 1 n'est pas sollicitée. Les protections n° 2 et n° 3 sont sollicitées


et émettent un ordre d'attente logique vers l'amont. Seule la protection n° 2 ne reçoit
pas d'ordre d'attente logique. Elle émet un ordre de déclenchement au disjoncteur
D2 .
La sélectivité des protections 317

Le disjoncteur D2 élimine le défaut en B au bout du temps :


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l +t
D2 = ' 2 c,D2

temporisation de la protection n° 2
'c D2 temps de coupure du disjoncteur D2

e t
Les temporisations / | , r > H
2 >4 des protections n° 1, n ° 2 , n ° 3 et n° 4
n'interviennent pas dans la sélectivité. Les réglages peuvent être aussi courts que le
permet le temps de transmission et de prise en compte de l'ordre d'attente logique,
c'est-à-dire 0,1 à 0,2 seconde selon le matériel.

Par souci de sécurité, la durée de l'attente logique est limitée par exemple à
200 ms après la temporisation de la protection aval donnant l'ordre d'attente logique.
Cela permet à la protection amont de fonctionner en secours d'une protection ou
d'un disjoncteur aval défaillant.

Avec le système de sélectivité logique, le temps d'élimination des défauts peut


être très faible, et est indépendant du nombre de protections en cascade. Ainsi, il est
possible d'obtenir la sélectivité entre une protection amont de temporisation faible et
une protection aval de temporisation élevée, par exemple de prévoir une
temporisation plus réduite à la source que près des récepteurs.

6.3.3. Application à la sélectivité mixte (logique + chronométrique)

Dans le système de sélectivité mixte, on réalise une sélectivité logique entre


l'arrivée et les départs de chaque tableau. La liaison logique est peu coûteuse car elle
relie des protections d'un même tableau. Entre les tableaux, on réalise un sélectivité
chronométrique, ce qui évite d'installer des fils de liaison logique de grande
longueur.

La durée de l'attente logique est limitée à 200 ms après la temporisation de la


protection aval donnant l'ordre d'attente. Cette durée est suffisante pour assurer la
coupure du courant par le disjoncteur aval. Elle permet à la protection amont de
fonctionner en secours d'une protection ou d'un disjoncteur aval défaillant.

La figure 6.8 illustre la comparaison des réglages des protections pour une
sélectivité chronométrique et une sélectivité mixte.
318 Protection des réseaux électriques

sélectivité chronométrique sélectivité mixte


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logique
tableau I

logique

tableau 2
logique

tableau 3

Figure 6.8. Sélectivité mixte


La sélectivité des protections 319

Fonctionnement pour un défaut en (D


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Les protections en F, D et B émettent un ordre d'attente logique respectivement


aux protections en E, C et A qui sont temporisées à 0,1 seconde. Le disjoncteur F
déclenche après sa temporisation de 0,1 seconde.

Le non déclenchement des disjoncteurs D et B est assuré par sélectivité


chronométrique: t =tD + 0 , 3 s et
F t =t +0,3s.
B D

En cas de défaillance du disjoncteur ou de sa protection associée, la protection


en E est activée après la durée de l'attente logique, c'est-à-dire 0,1 + 0,2 = 0,3
seconde. La protection en D temporisée à 0,4 seconde est aussi activée car 0,1
seconde n'est pas un intervalle de sélectivité suffisant. Il n'y a donc pas de sélectivité
entre E et D en cas de défaillance de F, à moins d'augmenter la temporisation de D.
Cependant, la sélectivité n'est généralement pas demandée pour les cas de défaillance.

Fonctionement pour un défaut en Q)

Les protections en D et B émettent un ordre d'attente logique respectivement aux


protections en C et A. Le disjoncteur E déclenche après sa temporisation de 0,1
seconde.

Fonctionnement pour un défaut en (3)

Les protections en D et B émettent un ordre d'attente logique respectivement aux


protections en C et A. Le disjoncteur D déclenche après sa temporisation de 0,4
seconde.

En cas de défaillance du disjoncteur D ou de sa protection associée, la protection


en C est activée après la durée de l'attente logique, c'est-à-dire 0,4 + 0,2 = 0,6
seconde.

La sélectivité mixte permet donc de réduire les temporisations de sélectivité


(approximativement d'un rapport 2) à moindre coût, car les fils de liaison logique
sont à installer uniquement entre des protections d'un même tableau.

6.4. Sélectivité directionnelle

Dans un réseau bouclé, où un défaut est alimenté par les deux extrémités, il faut
utiliser des protections sensibles au sens de circulation du courant de défaut, pour
pouvoir le localiser et l'éliminer de façon sélective. On utilise pour cela des
protections à maximum de courant directionnel (voir § 4.3 et 4.4).
320 Protection des réseaux électriques

Nous allons étudier un exemple de sélectivité directionnelle pour les défauts


entre phases d'un réseau à deux arrivées en parallèle (voir figure 6.9).
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source 1 source 2

circulation du courant de court-circuit

sens de détection de la protection directionelle

Figure 6.9. Sélectivité directionnelle pour les défauts entre phases d'un réseau
à deux arrivées en parallèle

Les disjoncteurs Dl et D2 sont équipés de protections à maximum de courant


phase directionnel, D3 et D4 sont équipés de protections à maximum de courant
phase.
La sélectivité des protections 321

Lorsqu'un défaut apparaît en A :


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- les courants de court-circuit I \ et /


cc c c 2 s'établissent simultanément;
- la protection directionnelle en D2 n'est pas activée car elle est traversée par
un courant circulant dans un sens opposé à son sens de détection;
- la protection directionnelle en Dl est activée car elle est traversée par un
courant circulant dans le sens de sa détection. Elle provoque le déclenchement du
disjoncteur D l , le courant l I CC est coupé;
- Un système d'inter-déclenchement provoque l'ouverture de D 3 , le courant
I c c l est coupé;

- la protection en D4 n'est plus activée.

Le tronçon en défaut est isolé.


La sélectivité entre la protection directionnelle en Dl et la protection en D4
est chronométrique. De même, la sélectivité entre la protection directionnelle en
D2 et la protection en D3 est chronométrique.

Pour plus de détail sur la protection d'un réseau à deux arrivées en parallèle, voir
le paragraphe 7.1.5.

6 . 5 . Sélectivité par protection différentielle

Le principe de la protection différentielle consiste à comparer les courants aux


deux extrémités de la zone surveillée (voir figure 6.10). Toute différence entre ces
courants signale la présence d'un défaut. Elle ne réagit qu'aux défauts internes à la
zone surveillée ; elle est insensible à tout défaut externe. Elle est donc sélective par
nature.

Elle a les avantages suivants :


- elle peut détecter des courants de défaut inférieurs au courant nominal,
- la temporisation peut être nulle.

L'équipement protégé peut être :


- un moteur,
- un alternateur,
- un jeu de barres,
- un câble,
- un transformateur.
322 Protection des réseaux électriques

L'explication détaillée du fonctionnement des différentes protections


différentielles est donnée aux paragraphes 4.6, 4.7 et 4.8.
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zone
surveillée

Figure 6 . 1 0 . Sélectivité par protection différentielle

6.6. Sélectivité e n t r e fusibles et disjoncteurs

Deux problèmes différents de sélectivité existent selon que le fusible est situé en
amont ou en aval du disjoncteur.

6.6.1. Fusible en aval d'un disjoncteur

On considère un fusible HTA et un disjoncteur HTA équipé d'une protection à


maximum de courant. Les courbes de fonctionnement et de fusion doivent respecter
les conditions indiquées sur la figure 6.11 pour une protection à temps indépendant
ou sur la figure 6.12 pour une protection à temps dépendant.

Compte tenu de l'allure des courbes de fonctionnement et de fusion :


//
— est généralement minimal pour I d = l r

'd
-At est généralement minimal pour / = l cc m a x

Il suffit alors de vérifier que :


- l f < 0,8 ld pour l d = /,
- At > 0,2s pour / = l , c c m a x
La sélectivité des protections 323

6.6.2. Fusible en amont d'un disjoncteur


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Ce cas se produit entre l'interrupteur-fusible HTA de protection amont d'un


transformateur et les disjoncteurs BT en aval.

La norme CEI 420 concernant les combinés interrupteurs - fusibles impose que
le courant de court-circuit triphasé aux bornes du secondaire du transformateur
provoque la coupure des fusibles en un temps inférieur au temps d'ouverture de
l'interrupteur provoqué par la fusion des fusibles (40 ms - 1 0 % = 36 ms pour
l'interrupteur SM6 de Schneider, voir § 7.3.4.4.10).

Il en résulte que pour des courts-circuits basse tension à proximité du


transformateur le temps de fusion des fusibles est inférieur à environ 36 ms. Il n'est
donc pas possible d'obtenir la sélectivité entre les disjoncteurs du tableau principal
situé à proximité du transformateur et le fusible.

Si les disjoncteurs du réseau BT sont temporises, seuls ceux situés suffisamment


loin du transformateur peuvent être sélectifs avec le fusible. En effet, le courant de
court-circuit est alors suffisamment faible pour que le temps de fusion soit supérieur
à la temporisation. Pour que la sélectivité soit totale et sans risque d'altération du
fusible, il faut que le temps de fusion du fusible soit supérieur à 5 fois la
temporisation du disjoncteur pour le courant de court-circuit maximal aux bornes de
celui-ci (voir figure 6.13).

La non sélectivité du fusible avec les disjoncteurs BT proches du transformateur


est un désavantage important par rapport à la solution de protection par disjoncteur
HTA (voir § 7.3.4.5).
324 Protection des réseaux électriques
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courbe de fonctionnement
courbe de
de la protection
fusion-fusible
maximale

A'>0,2s

l l r <0.9lr

T : temporisation de la protection
l r : seuil de réglage de la protection
1 n- : valeur du courant pour laquelle le fusible coupe en un temps T

Figure 6.11. Sélectivité entre un fusible et une protection à temps indépendant


L a s é l e c t i v i t é des p r o t e c t i o n s 325

courbe de \ courbe de fonctionnement


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fusion fusible de la protection


maximale

Ir : s e u i l d e r é g l a g e d e la p r o t e c t i o n
:
Irr m a x courant d e court-circuit m a x i m a l aux bornes aval d u fusible

: courant d e fusion d u fusible


>f
: courant de fonctionnement de la protection

mini : l i e u o ù l e c o u r a n t d e f u s i o n d u f u s i b l e est l e p l u s p r o c h e d u c o u r a n t

activant la protection (pour / c o m p r i s entre / „ e t I c c < m a x )

At mini : l i e u o ù l a d i f f é r e n c e e n t r e le t e m p s d ' a c t i v a t i o n d e l a p r o t e c t i o n e t l e

temps d e fusion d u fusible est m i n i m a l e (pour / compris entre

/„ et Ice.max )

Figure 6.12. Sélectivité entre un fusible et une protection à temps dépendant


326 Protection des réseaux électriques

courbe de fonctionnement
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de la protection BT

courbe de
fusion-fusible HTA

T >5T
f

/ce, max

:
'ce max courant de court-circuit maximal vu par le disjoncteur
T : temporisation du disjoncteur
Tj : temps de fusion du fusible pour / C C - m a x

Figure 6.13. Sélectivité entre un fusible HTA amont et un disjoncteur BT aval


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Chapitre 7

Protection des différents éléments du réseau

7 . 1 . Protection des réseaux

Définition des notations

At : intervalle de sélectivité, on le fixe généralement à 0,3 s, voir § 9.2.

I rA : seuil de courant de la protection située en A

I Pir : seuil de courant de la protection située sur le départ Di

I cc m j n A : courant de court-circuit minimal vu par la protection située en A

I cc m m pj : courant de court-circuit minimal vu par la protection située sur le


départ Di

I( : courant de limitation de la résistance de mise à la terre

1Q : courant capacitif total du réseau lors d'un défaut phase-terre, c'est-à-


dire le courant capacitif créé par tous les départs du réseau
328 Protection des réseaux électriques

Ici : courant capacitif créé par le départ Di lors d'un défaut phase-terre,
l =3JC tùV
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a i H

lp : courant permanent que peut supporter la résistance de mise à la terre

I YCn : calibre du transformateur de courant

TFJ : temporisation de la protection située en H, H\ ou H2

tA : temporisation de la protection située en A, A\ ou A2

tp : temporisation des protections situées sur les départs Di

tfj : temporisation de la protection située sur la connexion de mise à la


terre du neutre

V rA : seuil de la protection à maximum de tension résiduelle déclenchant le


disjoncteur A, A\ ou A2

//} : temporisation de la protection directionnelle

IR r : seuil de courant de la protection directionnelle.

7 . 1 . 1 . Contraintes des défauts à la terre pour les réseaux avec neutre mis à la terre
par résistance de limitation

7.1.1.1. Les surtensions transitoires lors de l'élimination d'un défaut phase-terre par
un disjoncteur
L'élimination d'un défaut phase-terre par un disjoncteur engendre des surtensions
sur le réseau qui peuvent entraîner le claquage des isolants des matériels.

L'expérience a montré que lorsque la condition :

l >2l
( c

I( : courant de limitation de la résistance de mise à la terre


lç : courant capacitif total du réseau
Protection des différents éléments du réseau 329

est vérifiée, la tension transitoire ne dépasse pas 240 % de la valeur crête de la


tension simple nominale.
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Il est difficile d'obtenir une surtension transitoire inférieure à 240 % même en


augmentant le courant de limitation. Cependant, cette surtension est acceptable par
les matériels. On s'efforcera donc toujours de respecter cette condition. De plus, elle
présente l'avantage de faciliter la détection et la localisation des défauts à la terre.

7.1.1.2. Limiter les courants de défaut à la terre des machines tournantes


Afin de ne pas détériorer les machines tournantes lorsqu'elles subissent un défaut
à la terre, il est préférable que le courant limité par la résistance de mise à la terre
vérifie :
I <2QA
(

7.1.1.3. Détecter les défauts internes phase - masse des machines triphasées
Lorsqu'il se produit un défaut d'isolement entre un enroulement d'une machine
(transformateur, alternateur ou moteur) et la masse, la valeur du courant de défaut
dépend de la position du défaut par rapport au point neutre et du couplage des
enroulements.

7.1.1.3.1. Courant de défaut d'une machine couplée en étoile


Avant l'apparition du défaut, la tension qui existe entre un point quelconque d'un
enroulement et la terre est égale à x V ; x caractérise la position du défaut dans
l'enroulement, il est compris entre 0 et 1, V est la tension aux bornes de
l'enroulement.

Ainsi, lorsqu'un défaut franc apparaît à la distance x à partir du point neutre, la


valeur du courant de défaut est :

Or, les impédances de la machine et des liaisons sont négligeables devant


l'impédance de mise à la terre, on a donc :

V : tension simple nominale


n

d'où : / y = x l(
330 Protection des réseaux électriques

Le courant est donc nul lorsque le défaut se produit au point neutre ( x = 0 ) ; il


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est maximal lorsque le défaut se produit aux bornes de la machine ( x = I ).

Machine

Machine

Figure 7.1. Courant de défaut pour une machine couplée en étoile

7.1.1.3.2. Courant de défaut d'une machine couplée en triangle


On démontre que, avant l'apparition d'un défaut, la tension qui existe entre un

enroulement et la terre est minimale au milieu de l'enroulement ; elle est égale à

en ce point, V étant la tension simple du réseau.

En effet, la tension par rapport à la terre au milieu de l'enroulement entre les


phases 1 et 3 est :

car V =aV
3 x avec a = e
Protection des différents éléments du réseau 331

2
car 1 + a + a =0
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2
car a =1

Ainsi, lorsqu'un défaut franc apparaît au milieu d'un enroulement, la valeur du


courant de défaut est :

Machine

Figure 7.2. Courant de défaut pour une machine couplée en triangle


332 Protection des réseaux électriques

Or, les impédances de la machine et des liaisons sont négligeables devant


l'impédance de mise à la terre, on a donc :
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V n : tension simple nominale

d'où :

7.1.1.3.3. Réglage de la protection à maximum de courant terre de la machine


Lorsqu'un défaut d'isolement apparaît à l'intérieur d'une machine, le courant de
défaut peut être très inférieur au courant de limitation I obtenu pour un défaut
f

franc entre une phase et la terre ; par exemple, il est proche de zéro pour un défaut
au voisinage du point neutre d'une machine couplée en étoile.

Un défaut de ce type est très difficilement détectable, il n'est donc pas possible
de protéger la totalité des enroulements d'une machine couplée en étoile avec une
protection à maximum de courant terre.

Par exemple, un réglage de la protection à maximum de courant terre à 0,1 I f

permet de protéger 90 % des enroulements pour un couplage en étoile et 100 % des


enroulements pour un couplage en triangle.

7.1.1.4. La sélectivité entre les départs


Le paragraphe 2.6 étudie la répartition des courants lors d'un défaut à la terre .

La valeur du courant résiduel vu par la protection du départ en défaut est :

C : capacité totale du réseau


Cy : capacité du départ en défaut

La valeur du courant résiduel vu par la protection d'un départ sain est :


Protection des différents éléments du réseau 333

l =3jCi(û
a Vn
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C, : capacité du i*"* départ sain

Afin de ne pas déclencher lors d'un défaut sur un autre départ, le seuil de réglage
en courant I de la protection à maximum de courant terre doit être supérieur
rDi

à
ki •

Pour avoir une marge de sécurité, la condition à satisfaire est :

IrDi * 1.3 Ici

Lorsque les courants capacitifs sont importants et que les autres contraintes du
réseau ne permettent pas de vérifier cette condition, on utilise des protections à
maximum de courant terre directionnel (voir § 4.4.4.2) qui permettent de
discriminer un courant de défaut d'un courant capacitif d'un départ sain. Le seuil de
courant peut alors être réglé aussi bas que possible (voir § 4.2.1.1 ).

7.1.1.5. Sélectivité avec l'aval


Les protections des départs doivent être sélectives avec les protections situées en
aval. Si la temporisation demandée aux protections des départs est trop élevée, il
faut utiliser le système de sélectivité logique (voir § 6.3).

7.1.1.6. Sélectivité avec l'alimentation du distributeur


La temporisation maximale de la protection du poste de livraison est imposée par
le distributeur. En France, EDF impose une temporisation inférieure ou égale à 0,2
seconde (voir norme NF C 13-100 § 433.3), ce qui interdit toute sélectivité
chronométrique avec une protection située en aval. Une sélectivité logique ou
différentielle doit donc être utilisée lorsque le réseau alimenté par le distributeur
comporte plusieurs protections en cascade.

Cependant, lorsque le réseau HTA du site industriel est isolé du distributeur par
un transformateur, un défaut à la terre à l'intérieur du site ne provoque pas de
courant sur le réseau du distributeur. Il n'y a alors pas de contrainte sur les
temporisations des protections de ce réseau.

7.1.1.7. Le seuil de courant maximal des protections


Afin de s'assurer de l'activation des protections à maximum de courant terre, leur
seuil de courant doit être inférieur au courant limité par la résistance de mise à la
terre.
334 Protection des réseaux électriques

Pour avoir une marge de sécurité, la condition à satisfaire est :


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l r < 0,8 l t

7.1.1.8. Seuil minimal de réglage des protections


D'après le paragraphe 4 . 2 . 1 . 1 :
- lorsque la mesure du courant résiduel est effectuée par trois transformateurs de
courant, il faut respecter la condition :

/, > 0 , 1 2 / „ r c

1„JQ : calibre nominal des transformateurs de courant

Par exemple, pour un TC 100/5A la condition est l r > 12 A ;

- lorsque la mesure est effectuée par un tore, il faut respecter les conditions :

lr > 1A

temporisation > 0,1 seconde

7.1.1.9. Dimensionnement de la résistance de mise à la terre


Elle doit pouvoir supporter :
- le courant permanent I p qui la traverse. Ce courant peut être provoqué par un

défaut impédant ou par un faible déplacement du point neutre dû à un déséquilibre


des capacités des trois phases du réseau. On choisit généralement une tenue

permanente I p =

- le courant de limitation, pendant le temps maximal d'élimination du défaut. On


demande généralement à la résistance de supporter le courant l pendant 2 à 5 t

secondes, pour permettre d'éventuels réenclenchements sur défaut.

7.1.1.10. Protection de la résistance de mise à la terre


La protection située sur la connexion de mise à la terre du neutre (exemple
figure 7.6) ou sur le générateur homopolaire (exemple figure 7.8) fait partie du
système de protection contre les défauts à la terre du réseau ; elle permet aussi de
protéger la résistance de mise à la terre.
Protection des différents éléments du réseau 335

Si le système de sélectivité impose à cette protection un seuil de courant


supérieur au courant permanent I que peut supporter la résistance, un courant de
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défaut compris entre ces deux valeurs pourrait provoquer des dommages à la
résistance. Il faut dans ce cas ajouter un deuxième seuil à la protection ; celui-ci doit
être inférieur à l avec une temporisation de plusieurs secondes.
p

7.1.1.11. Tenue thermique des écrans de câbles

Le courant de limitation l ( doit être inférieur au courant maximal que peuvent


supporter les écrans de câbles pendant le temps maximal d'élimination du défaut.

Par exemple, le courant de courte durée admissible dans l'écran d'un câble 20 kV
2
de 240 mm isolé au PR est :
- 2 400 A pendant 1 seconde,
- 1 950 A pendant 2 secondes (annexe D.2 de la norme NF C 13-205).

Cette condition n'est pas dimensionnante pour les réseaux industriels car le
courant de limitation est très inférieur à cette valeur (voir §7.1.1.2).

7.1.1.12. Récapitulatif des contraintes des défauts à la terre pour les réseaux avec
neutre mis à la terre par résistance de limitation

Causes Contraintes
Limitation des surtensions transitoires l f >2J C

Limitation des courants de défaut à la terre l ( <20A


des machines tournantes
Détecter les défauts internes phase-masse des l pj = 0,1 I( pour couplage étoile
r

machines l Di < 0,5 I( pour couplage triangle


r

Sélectivité entre les départs I pj > 1,3 IQ, lorsque la protection n'est
r

pas directionnelle
Sélectivité avec l'aval Si la temporisation demandée aux
protections des départs est trop élevée,
utiliser la sélectivité logique
Sélectivité avec l'alimentation du distributeur Temporisation de la protection du poste de
livraison <, 0,2 seconde
Seuil maximal de réglage des protections I R < 0,8 l (
336 Protection des réseaux électriques

Causes Contraintes
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Seuil minimal de réglage des protections I > 0,12 l jQ


r n pour mesure par 3 TC
1 > 1A
r et temporisation > 0,1 s
pour mesure par tore
Dimensionnement de la résistance de mise à
la terre Tenue permanente : / „ = — p
10
Tenue de courte durée : / f pendant 2 à 5
secondes
Protection de la résistance de mise à la terre Seuil < 1 p

par la protection située sur la connexion de


Temporisation de plusieurs secondes
mise à la terre du neutre ou sur le générateur
homopolaire
Tenue thermique des écrans de câbles lf < courant admissible par les écrans
pendant le temps maximal d'élimination du
défaut

Tableau 7.1. Contraintes des défauts à la terre pour les réseaux avec neutre mis à la
terre par résistance de limitation

7.1.2. Contrainte des défauts à la terre pour les réseaux à neutre isolé

7.1.2.1. Les surtensions transitoires lors de l'élimination d'un défaut phase-terre par
un disjoncteur
Les risques de surtension sont élevés, c'est pourquoi la norme NF Cl3-200
recommande de renforcer l'isolement des matériels.

7.1.2.2. Les courants de défaut à la terre des machines tournantes


Lors d'un défaut à la terre dans une machine tournante, le courant de défaut est
égal à la somme des courants capacitifs du réseau (voir § 2.5.1). Il est préférable
qu'il ne soit pas trop important afin de ne pas détériorer la machine, c'est-à-dire
inférieur à 20 A. A la conception du réseau, on peut limiter les courants capacitifs en
fragmentant le réseau avec plusieurs transformateurs.

7.1.2.3. La sélectivité avec l'aval


Les protections des départs doivent être sélectives avec les protections situées en
aval. Si la temporisation demandée aux protections des départs est trop élevée, il
faut utiliser le système de sélectivité logique (voir § 6.3).
Protection des différents éléments du réseau 337

7.1.2.4. La sélectivité entre les départs


Le paragraphe 2.6 étudie la répartition des courants lors d'un défaut à la terre.
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La valeur du courant résiduel vu par la protection d'un départ sain est :

l Ci = 3 y C Q V„
(

La valeur du courant résiduel vu par la protection du départ en défaut est :

/ =3j(C-C )<o
f f Vn

C : capacité totale du réseau


Cy : capacité du départ en défaut

Ainsi, lors d'un défaut, tous les départs sont parcourus par un courant résiduel.

Afin de ne pas déclencher intempestivement, les départs doivent être équipés de


protection à maximum de courant terre directionnel qui permettent de discriminer le
courant capacitif d'un départ sain du courant capacitif du départ en défaut (voir § 4.4.4.4).

7.1.2.5. Eviter les risques de ferrorésonance


Les secondaires des transformateurs de tension doivent être chargés par une
résistance (voir figure 1-20 et 1-21) pour éviter les risques de ferrorésonance qui
peut apparaître lors d'une surtension phase-terre.

Les valeurs des résistances doivent être suffisamment faibles pour être efficaces.
Cependant, elles ne doivent pas être trop faibles, pour que les TT ne soient pas
surchargés et que leur précision soit conservée. Une valeur de résistance égale à 68 Q

est préconisée pour une tension secondaire de

Une autre solution consiste à utiliser des transformateurs de tension à


trois enroulements, le tertiaire étant spécialement utilisé pour la charge du TT. Le
phénomène de ferrorésonance apparaît lors de l'élévation du potentiel du neutre par
rapport à la terre, c'est pourquoi le tertiaire est monté en triangle ouvert chargé par la
résistance (voir figure 7.3). Ainsi, il ne circule aucun courant dans la résistance en
fonctionnement normal. Par contre, lors d'une surtension phase-terre, un courant
circule dans la résistance de charge ; cela évite le risque d'apparition d'une
ferrorésonance.
338 Protection des réseaux électriques

L'expérience a montré qu'il fallait dissiper une puissance supérieure à 50 W dans


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la résistance lors d'un défaut phase-terre. Pour une tension tertiaire de —V , lors
j
d'un défaut franc d'une phase à la terre, la tension aux bornes de la résistance est
égale 100 V (voir § 4.4.2). On détermine alors la valeur de la résistance :

d'où :

primaire

secondaire
v (/ (/
\ , 2 et 3 mesure des tensions
des phases 1, 2 et 3

tertiaire monté en triangle ouvert

résistance de charge

Figure 7.3. Transformateur de tension à trois enroulements, le tertiaire est chargé pour
éviter les risques de ferrorésonance
Protection des différents éléments du réseau 339

7.1.2.6. Seuil minimal de réglage des protections


La mesure est obligatoirement réalisé par un tore, car la valeur des courants de
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défaut est faible (uniquement les courants capacitifs).

D'après le paragraphe 4.2.1.1, il faut respecter les conditions suivantes :

I >1 A
r

temporisation > 0,1 seconde

7.1.2.7. Récapitulatif des contraintes des défauts à la terre pour les réseaux à neutre
isolé

Causes Contraintes

Limitation des surtensions transitoires Renforcer l'isolement du matériel

Sélectivité entre les départs Equiper les départs de protections à


maximum de courant terre directionnel

Sélectivité avec l'aval Si la temporisation demandée aux


protections des départs est trop élevée,
utiliser la sélectivité logique

Eviter les risques de ferrorésonance Charger les secondaires des TT :


- dans le cas d'une résistance sur chaque
phase, r = 68 fi pour une tension
100
secondaire égale à —i=- V
V3
- dans le cas d'un tertiaire en triangle
ouvert, puissance dissipée dans la
résistance supérieure à 50 W

Seuil minimal de réglage des protections Mesure par tore obligatoire

I>
r \ A et temporisation > 0,1 s

Tableau 7.2. Contraintes des défauts à la terre pour les réseaux à neutre isolé
340 Protection des réseaux électriques

7.1.3. Contraintes pour les défauts entre phases


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7.1.3.1. Courant de court-circuit minimal


Les protections à maximum de courant phase doivent être activées par le courant
de court-circuit minimal de la zone qu'elles protègent. En haute tension, c'est le
courant de court-circuit biphasé isolé au point le plus éloigné de la zone protégée
par la protection, avec la configuration amont minimisant la valeur du courant de
court-circuit (voir § 2.7.2 ou § 2.7.3 pour un réseau alimenté par des alternateurs
découplés de l'alimentation du distributeur).

Afin d'avoir une marge de sécurité, la condition à satisfaire pour le seuil de


réglage des protections à maximum de courant phase est :

lr <0,8 I cc m i n

Pour des raisons de sécurité, il faut que la protection agisse en secours de la


protection aval.

7.1.3.2. Court-circuit maximal


Les organes de coupure doivent être capables de couper le courant de
court-circuit maximal (voir § 2.2).

Le matériel doit supporter le courant de court-circuit maximal pendant le temps


maximal d'élimination du court-circuit déterminé par le système de sélectivité. Le
temps maximal doit tenir compte de l'éventuelle défaillance de la protection
directement en amont (un niveau de secours).

7.1.3.3. Sélectivité
La temporisation maximale de la protection du poste de livraison est imposée par
le distributeur. En France, EDF impose une temporisation inférieure ou égale à
0,2 seconde (voir norme NF C 13-100 §4.3.4), ce qui interdit toute sélectivité
chronométrique avec une protection située en aval. Une sélectivité logique ou
différentielle doit donc être utilisée lorsque le réseau alimenté par le distributeur
comporte plusieurs protections en cascade.

Les choix des temporisations doivent tenir compte de la tenue thermique des
matériels au courant de court-circuit (voir § 2.8.1). Elle est définie par les
constructeurs, elle est généralement égale à une seconde.

Les protections ne doivent pas être activées lors des surcharges normales des
récepteurs telles que les démarrages de moteurs ou l'enclenchement de
transformateurs.
Protection des différents éléments du réseau 341

7.1.4. Réseau à une arrivée


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Nous allons tout d'abord déterminer le système de protection contre les défauts
entre phases puis contre les défauts à la terre.

7.1.4.1. Protection contre les défauts entre phases

Figure 7.4. Protection contre les défauts entre phases

L'arrivée A et les départs D l , D2 et D3 sont équipés d'une protection à


maximum de courant phase (voir § 4.1).

La sélectivité entre la protection de l'arrivée A et les protections des départs Di


est de type chronométrique.

La protection en Dl détecte le défaut en sur le départ, et provoque le


déclenchement du disjoncteur Dl avec un retard t D .
La protection en A détecte le défaut en sur le jeu de barres, et provoque le
déclenchement du disjoncteur A avec un retard / A . Elle agit également en secours
en cas de défaillance de la protection d'un départ ou du disjoncteur associé.
342 Protection des réseaux électriques

La protection en D doit être sélective avec les protections situées en aval. Si la


temporisation demandée à la protection en A est trop importante, il faut utiliser le
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système de sélectivité logique (voir § 6.3).

Indications de réglage

Il faut respecter les contraintes indiquées au paragraphe 7.1.3.

i i i i i i
l 1 8
nl)i IrDi InA rA W hx.mn.Di °. hi-.min,.4

InA • InDi '• courants nominaux en A et Di

Figure 7.5. Courbe de fonctionnement des protections

Seuils de courant :

l r A < 0,8 / c c m i , A
n

IrDi - 0 , 8 Icc, min, Di

l r A > 1,25 l r D i
Protection des différents éléments du réseau 343

Temporisations : t A > tp + Al
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La figure 7.5 illustre les courbes de fonctionnement des protections.

7.1.4.2. Protection contre les défauts à la terre


7.1.4.2.1. Neutre mis à la terre par résistance au niveau du transformateur

lN~>t ,I
H rH

.courant résistif /, courant capacitif


pour un défaut en@ pour un défaut e n ©

+
courant de défaut /j - l\ + l2 + I3
c c c h
Figure 7.6. Neutre mis à la terre par résistance au niveau du transformateur

Les départs, l'arrivée et la connexion de mise à la terre du neutre sont équipés


d'une protection à maximum de courant terre (voir § 4.2).

La sélectivité entre les protections en H, A et Di est de type chronométrique.


344 Protection des réseaux électriques

La protection en Dl détecte le défaut en © sur le départ, et provoque le


déclenchement du disjoncteur Dl avec un retard t .
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La protection en A détecte le défaut en sur le jeu de barres, et provoque le


déclenchement des disjoncteurs A et H avec un retard t . A

La protection située sur la mise à la terre du neutre détecte le défaut (D dans le


transformateur, et provoque le déclenchement des disjoncteurs H et A avec un
retard / / / .

La protection en D doit être sélective avec les protections situées en aval. Si la


temporisation demandée la protection en H est trop importante, il faut utiliser le
système de sélectivité logique (voir § 6.3).

La protection située sur la mise à la terre du neutre agit en secours en cas de


défaillance de la protection en A ou du disjoncteur associé. La protection en A agit
en secours en cas de défaillance de la protection d'un départ ou du disjoncteur
associé.

Lorsque la condition 1,3 l < l ne peut pas être vérifiée pour un départ, il
Ci rDj

faut installer une protection à maximum de courant terre directionnel sur ce départ
afin de pouvoir discriminer un courant de défaut d'un courant capacitif
(voir §4.4.4.2).

Indications de réglage

Il faut respecter les contraintes indiquées au paragraphe 7.1.1.

Seuils de courant :

/,.„ > 1,25 l rA

I rA > 1,25 I rDi

l, rD * 1,3 l a

Temporisations :

t >t H A +At

t A >t +At
D
Protection des différents éléments du réseau 345

La figure 7.7 illustre les courbes de fonctionnement des protections.


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Figure 7.7. Courbes de fonctionnement des protections

7.1.4.2.2. Neutre mis à la terre par résistance au niveau du jeu de barres


La mise à la terre par résistance est réalisée par un générateur homopolaire
(voir§ 1.2.6.2.).

Les départs, l'arrivée et le générateur homopolaire sont équipés d'une protection


à maximum de courant terre (voir § 4.2).

La sélectivité entre les protections des départs, de l'arrivée et du générateur


homopolaire est de type chronométrique.
346 Protection des réseaux électriques
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'A-h A

h > 'N - h x

courant résistif I, courant capacitif


pour un défaut en @ pour un défaut en (T)

courant de défaut l't = 1' \ + I\i + I\


c

Figure 7.8. Neutre mis à la terre par résistance au niveau du jeu de barres

La protection en D\ détecte le défaut en sur le départ, et provoque le


déclenchement de disjoncteur Dl avec un retard t.
D

La protection située sur le générateur homopolaire détecte le défaut en sur le


jeu de barres, et provoque le déclenchement des disjoncteurs A et H avec un
retard ty .

La protection située en A détecte le défaut en © dans le transformateur et


provoque le déclenchement des disjoncteurs H et A avec un retard / . A
Protection des différents éléments du réseau 347

La protection située sur le générateur homopolaire agit en secours en cas de


défaillance de la protection d'un départ ou de l'arrivée A, ou des disjoncteurs associés.
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Lorsque la condition 1,3 l < l [,j ne peut pas être vérifiée pour un départ, il
Ci r

faut installer une protection à maximum de courant terre directionnel sur ce départ afin de
pouvoir discriminer un courant de défaut d'un courant capacitif (voir § 4.4.4.2).

Indications de réglage

Il faut respecter les contraintes indiquées au paragraphe 7.1.1.

Seuils de courant :

l r N > 1,25 IrDi

IrN ^ 1,25 l rA

IrDi S 1,3 Ia

Temporisations :

t >t +At
N A

t >t +At
A D

7.1.4.2.3. Neutre isolé


Nous étudions le système de protection dans le cas d'un déclenchement au
premier défaut.

Les départs sont équipés de protections à maximum de courant terre directionnel


qui permettent de discriminer le courant capacitif d'un départ sain du courant
capacitif d'un départ en défaut (voir § 4.4.4.4.). L'arrivée A est équipée d'une
protection à maximum de tension résiduelle (voir §4.18).

La sélectivité entre la protection de l'arrivée et les protections des départs est de


type chronométrique.

La protection en Dl détecte le défaut en sur le départ, et provoque le


déclenchement du disjoncteur Dl avec un retard IQ.
348 Protection des réseaux électriques
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v V
rsJ>tA- XA

'cl + 'ci + ' i 4

J
r>J— u'/^.'r/Ji

sens de détection de la courant capacitif


protection directionnelle pour un défaut en 0

courant de défaut /y = l ci + I2 + l I + I$
c C c

Figure 7.9. Neutre isolé

La protection à maximum de tension résiduelle située en A détecte le défaut en


sur le jeu de barres ou dans le transformateur, et provoque le déclenchement des
disjoncteurs A et H avec un retard / . A

La protection à maximum de tension résiduelle agit en secours en cas de


défaillance de la protection d'un départ ou du disjoncteur associé. Elle peut être
remplacée par un contrôleur permanent d'isolement (voir § 1.2.7.1.2).

Indications de réglage

Il faut respecter les contraintes indiquées au paragraphe 7.1.2


Protection des différents éléments du réseau 349

Seuil de courant :
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'rDi * IA

Seuil de tension résiduelle :

V =0,3V„
rA

Temporisations :

t >0,\s
D

t >t +M
A D

7.1.5. Réseau à deux arrivées en parallèle

Nous allons tout d'abord déterminer le système de protection contre les défauts
entre phases, puis contre les défauts à la terre.

7.1.5.1. Protection contre les défauts entre phases

Les départs Dl et D2 sont équipés de protections à maximum de courant


phase (voir § 4.1). Les arrivées A\ et A2 sont équipées de protections à
maximum de courant phase directionnel (voir § 4.3) et de protection à maximum de
courant phase. Les sources d'alimentations H\ et H2 sont équipées de
protections à maximum de courant phase.

La sélectivité entre les protections des arrivées {A\ et A2) et des départs Di
est de type chronométrique.

La sélectivité entre les protections des sources d'alimentations {H\ et H2) et


des arrivées (/M et A2) est de type ampéremétrique (voir § 7.3.4.5, protection
des transformateurs).

La protection en Dl détecte le défaut en sur le départ, et provoque le


déclenchement du disjoncteur Dl avec un retard t .
D

Les protections à maximum de courant phase en A\ et A2 détectent le défaut


en © sur le jeu de barres, et provoquent le déclenchement des disjoncteurs
A\, H\, A2 et H2 avec un retard t . A
350 Protection des réseaux électriques
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sens de détection de la . courant de court - circuit


protection directionnelle pour un défaut en 0

Figure 7 . 1 0 . Protection contre les défauts entre phases

La protection à maximum de courant phase directionnel en A\ détecte le


défaut en ( D , et provoque le déclenchement des disjoncteurs A\ et H\ avec un
retard tR . Le défaut en CD est aussi vu par la protection à maximum de courant
phase en A2 . Le non déclenchement de A2 et H 2 est assuré par une sélectivité
chronométrique :

'A *t +&t
R

La protection en H\ détecte le défaut en , et provoque le déclenchement


des disjoncteurs A\ et H\ avec un retard t H . Elle agit aussi en secours en cas de
défaillance de la protection située en A\ ou du disjoncteur associé (voir § 7.3.4.5).
Protection des différents éléments du réseau 351

Notons que les protections à maximum de courant phase directionnel situées en


A\ et A2 peuvent être remplacées par des protections différentielles transformateur
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(voir § 4.8).

Indications de réglage

Il faut respecter les contraintes indiquées au paragraphe 7.1.3.

Seuils de courant :

I r H l <0,8 / C C i min,//l

l 8 l
rH2 ^°- cc, min, H2

8
KA\ - ° , Arc, min, A\

8
h Al - °> Arc, min, A2

IrDi - O» Arc, min, D;


8

KA\ S 1 , 2 5 / ^ ,

I rA1 >\,25l rDi

IrR = 0,5 à 1

InA : courant nominal en A

Pour la coordination entre I et I , il faut se reporter au paragraphe


rH rA

7.3.4.5 traitant la protection des transformateurs avec une protection à temps


indépendant à double seuil.

Temporisations :

tA >t D + At

t >t +
A R At

Pour la coordination entre t et t , il faut se reporter au paragraphe 7.3.4.5


H A

traitant la protection des transformateurs avec une protection à temps indépendant à


double seuil.
352 Protection des réseaux électriques

7.1.5.2. Protection contre les défauts à la terre


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7. ! .5.2.1. Neutre mis à la terre par résistance au niveau des transformateurs

•, sens de detection de la courant résistif courant capacitif


J protection directionnelle pour un défaut en(T) pour un défaut en 0

courant de défaut /y = / c ) + li
c + l -^ + I^ + f(j
c

Figure 7.11. Neutre mis à la terre par résistance au niveau des transformateurs

Les départs et les connexions de mise à la terre du neutre sont équipés d'une
protection à maximum de courant terre (voir § 4.2). Les arrivées A\ et A2 sont
équipées de protections à maximum de courant terre directionnel (voir § 4.4.4.1).
Protection des différents éléments du réseau 353

La protection en Dl détecte le défaut en © sur le départ, et provoque le


déclenchement du disjoncteur Dl avec un retard t .
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Le défaut en © n'est pas vu par les protections directionnelles de terre en


A \ et A2 . Par contre, il est vu par les protections situées sur les mises à la terre du
neutre. Celles-ci provoquent le déclenchement des disjoncteurs A \ , H\, A2 et H2
avec un retard / # .

La protection à maximum de courant terre directionnel située en A \ détecte le


défaut en CD , et provoque le déclenchement des disjoncteurs A \ et H\ avec un
retard t . La protection située sur la mise à la terre du neutre du transformateur
R

77 voit le défaut en CD, le non déclenchement est assuré par une sélectivité
chronométrique :

tN >t R + At

La sélectivité entre les protections des mises à la terre du neutre et les protections
des départs Di est de type chronométrique :

t >tN D + At

La protection située sur la mise à la terre du neutre du transformateur agit en


secours en cas de défaillance de la protection située en A ou de la protection d'un
départ, ou des disjoncteurs associés .

Notons que la protection à maximum de courant terre directionnel située en A


peut être remplacée par une protection différentielle de terre restreinte (voir §
4.6.3.4.1).

Indications de réglage

Il faut respecter les contraintes indiquées au paragraphe 7.1.1.

Seuils de courant :

I rN > 1,25 I rDi

IrDi > 1.3 l C l

IrN * 1.25 I rR

l rR est réglé le plus bas possible (voir § 4.2.1.1).


354 Protection des réseaux électriques

Temporisations :
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t N >t +At
D

7.1.5.2.2. Neutre mis à la terre par résistance au niveau du jeu de barres

courant résitif courant capacitif


pour un défaut en © pour un défaut en ©

courant de défaut If = I\
c + I2c + lj
c + Ij

F i g u r e 7.12. Neutre mis à la terre par résistance au niveau du jeu de barres


Protection des différents éléments du réseau 355

La mise à la terre par résistance est réalisée par un générateur homopolaire


( v o i r § 1.2.6.2).
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Les départs, le générateur homopolaire et les arrivées Al et A2 sont équipés


d'une protection à maximum de courant terre (voir § 4.2).

La protection en Dl détecte le défaut en sur le départ, et provoque le


déclenchement du disjoncteur Dl avec un retard t .
D

Le défaut en © n'est pas vu par les protections à maximum de courant terre


situées en A\ et A2 , car le générateur homopolaire étant situé sur le jeu de barres,
le courant de défaut ne traverse pas ces protections. Le courant capacitif dû aux
câbles entre le transformateur et le jeu de barres est négligé car on suppose que sa
valeur est inférieure au seuil de la protection située en A .

La protection située sur le générateur homopolaire détecte le défaut en sur


le jeu de barres et provoque le déclenchement des disjoncteurs A\, Hl, A2 et H2
avec un retard De plus, elle agit en secours en cas de défaillance de la
protection de l'arrivée ou d'un départ, ou des disjoncteurs associés.

La protection à maximum de courant terre située en A\ détecte le défaut


en © , et provoque le déclenchement des disjoncteurs A\ et Hl avec un retard / A .

La protection à maximum de tension résiduelle située sur 72 voit le défaut


en © , le non déclenchement est assuré par une sélectivité chronométrique :

t >t +M.
H A

La protection à maximum de tension résiduelle permet de protéger le


transformateur (le défaut en © ) lorsque le disjoncteur A est ouvert.

Notons que les protections à maximum de courant terre situées en Al et A2


peuvent être remplacées par des protections différentielles de terre restreinte (voir §
4.6.3.4.1).

Indications de réglage

Il faut respecter les contraintes indiquées au paragraphe 7.1.1


356 Protection des réseaux électriques

Seuils de courant :
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IrN — 1>25 J rDi

IrDi * U l a

IrN - 1.25 I rA

Seuil de tension résiduelle :

Temporisations :

t N >t +At
D

t N >t +At
A

t >tH A + At

TA.5.23. Neutre isolé


Les départs sont équipés de protections à maximum de courant terre directionnel
qui permettent de discriminer le courant capacitif d'un départ sain du courant
capacitif d'un départ en défaut (voir § 4.4.4.4). Les arrivées A\ et A2 sont
équipées d'une protection à maximum de tension résiduelle (voir § 4.18) et d'une
protection à maximum de courant terre (voir § 4.2).

La protection en Dl détecte le défaut en © sur le départ, et provoque le


déclenchement du disjoncteur Dl avec un retard t . D

Le défaut en © n'est pas vu par les protections à maximum de courant terre


situées en A\ et A2, car la capacité de la liaison reliant le jeu de barres au
transformateur est généralement négligeable. Par contre, les protections à maximum
de tension résiduelle détectent le défaut en © sur le jeu de barres, et provoquent le
déclenchement des disjoncteurs A\,H\,A2 et H2 avec un retard t . H

La protection à maximum de courant terre située en Al détecte le défaut


en © , et provoque le déclenchement des disjoncteurs Al et Hl avec un retard
t .La
A protection à maximum de tension résiduelle située sur T2 voit le défaut
en © , le non déclenchement est assuré par une sélectivité chronométrique :

t >t +
H A At
Protection des différents éléments du réseau 357
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sens détection de la courant capacitif


protection détectionnelle pour un défaut en 0

courant de défaut / y = 1 \ + \' i + ' c 3


c c
+
^c4

Figure 7.13. Neutre isolé

La protection à maximum de tension résiduelle permet de protéger le


transformateur (le défaut en (3)) lorsque le disjoncteur A est ouvert. Elle agit
aussi en secours en cas de défaillance de la protection de l'arrivée ou d'un départ, ou
des disjoncteurs associés. De plus, si aucun départ n'est en service, un défaut en ( D
provoque un courant capacitif très faible qui risque de ne pas être vu par la
358 Protection des réseaux électriques

protection en A ; la protection à maximum de tension résiduelle agit alors en


secours.
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Les protections à maximum de tension résiduelle peuvent être remplacées par un


contrôleur permanent d'isolement (voir § 1.2.7.1.2). 11 faut, dans ce cas, réaliser une
logique pour que les deux CPI ne puissent pas fonctionner en parallèle, sinon ils
débitent l'un dans l'autre et voient en permanence un défaut. Le neutre des
transformateurs de tension doit alors être mis à la terre à travers un condensateur et
un limiteur de surtension en parallèle.

La protection à maximum de courant terre située en A peut être remplacée par


une protection différentielle de terre restreinte (voir § 4.6.3.4.2).

Indications de réglage

Il faut respecter les contraintes indiquées au paragraphe 7.1.2

Seuils de courant :

IrDi * 1 A

'rA * 13 ICA

CA : capacité entre le disjoncteur A\ (ou A2 ) et le transformateur 7"l


(ou T2)

Seuil de tension résiduelle :

V =0,3V rH n

Temporisations :

t D > 0,1 J

t >t +At
H D

t >t +At
H A

7.1.6. Réseau à deux arrivées en boucle

Nous allons tout d'abord déterminer le système de protection contre les défauts
entre phases, puis contre les défauts à la terre.
Protection des différents éléments du réseau 359

7.1.6.1. Protection contre les défauts entre phases


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sens de détection de la courant de court circuit


protection directionnelle pour un défaut en Q)

Figure 7.14. Protection contre les défauts entre phases


360 Protection des réseaux électriques

Les départs Dl, D2 et D3 sont équipés de protections à maximum de courant


phase (voir § 4.1). Les arrivées Al et A2 sont équipées de protections à maximum
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de courant phase directionnel (voir § 4.3). Les sources d'alimentation Hl et H2


sont équipées de protections à maximum de courant phase.

La protection en Dl détecte le défaut en © sur le départ, et provoque le


déclenchement du disjoncteur Dl avec un retard t D .

Le courant de défaut en © n'est pas vu par les protections à maximum de


courant phase directionnel de Al et A2. Par contre, les protections en
Hl et H2 détectent le défaut en © sur le jeu de barres, et provoquent le
déclenchement des disjoncteurs Hl et H2 avec un retard t H .

La sélectivité entre les protections en HI, H2 et les protections des départs


Di est de type chronométrique :

t >t +
H D M

La protection à maximum de courant phase directionnel en Al détecte le


défaut en ® , et provoque le déclenchement du disjoncteur Al avec un retard
t R . Le défaut © est vu par la protection à maximum de courant phase en H2 , le
non déclenchement est assuré par une sélectivité chronométrique :

t >t +
H R A/

Le défaut en © est aussi alimenté par la source Hl dont la protection


provoque le déclenchement du disjoncteur Hl avec un retard t . H

La protection à maximum de courant phase en K détecte le défaut en © , et


provoque le déclenchement du disjoncteur K avec un retard .

Lorsqu'un défaut apparaît, le courant de court-circuit se répartit dans les deux


branches en fonction de l'impédance de celles-ci et de la position du défaut. Ainsi,
pour un défaut en ® proche de Hl , le courant de court-circuit est très faible en
Al , il est par contre élevé en Hl (le courant de court-circuit se répartit au prorata
des impédances des deux chemins de circulation du courant). Le courant de court-
circuit en Al peut être inférieur au seuil de courant, la protection n'est alors activée
que lorsque le disjoncteur Hl a déclenché (la totalité du courant de court-circuit
Protection des différents éléments du réseau 361

circule alors par A\ ). Le temps d'élimination du défaut est t + t , la protection H R

située en K doit être temporisée en conséquence, c'est-à-dire / >t + t + At . K H R


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Indications de réglage

Il faut respecter les contraintes indiqués au paragraphe 7.1.3.

Seuils de courant :

I< rK 0,8 I \ fc
cc<m n<

8
I H\r - °- Icc,min,H\

8
I H2r - °' Icc, min, H2

I\ rA < 0,8 / c c m j n ; / ji

8
IrA2 - ° ' Icc, min, A2

8
IrDi - °' Icc, min, Di

IrH ^ 1.25 I r D i

IrH * 1.25 l r R

I rR = 0,5 à 1 I nA

1^ : courant nominal en A

Temporisations :
1 1 + 1 +
K-H R A'

+A/

t >t +
H D M

7.1.6.2. Protection contre les défauts à la terre

7.1.6.2.1. Neutre mis à la terre par résistance au niveau du transformateur

Les départs, la connexion de mise à la terre du neutre et les sources


d'alimentation Hl et H2 sont équipés d'une protection à maximum de courant
362 Protection des réseaux électriques

terre (voir § 4.2). Les arrivées A\ et Al sont équipées d'une protection à


maximum de courant terre directionnel (voir § 4.4.4.1).
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sens de détection de la courant résistif /


( courant capacitif
protection directionnelle pour un défaut en 0 pour un défaut e n Q

courant de défaut Ij- = l \ + l i


c c + / 3 + I(
c

Figure 7.15. Neutre mis à la terre par résistance au niveau du transformateur


Protection des différents éléments du réseau 363

La protection en Dl détecte le défaut en © sur le départ, et provoque le


déclenchement du disjoncteur Dl avec un retard tp .
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Le défaut en © n'est pas vu par les protections à maximum de courant terre


directionnel situées en A\ et A2. Par contre, les protections en H\ et H2
détectent le défaut en © sur le jeu de barres, et provoquent le déclenchement des
disjoncteurs H\ et H2 avec un retard t H .
La protection à maximum de courant terre directionnel en A\ détecte le défaut
en © , et provoque le déclenchement du disjoncteur A\ avec un retard tR . Le
défaut en © est aussi alimenté par la source H\ dont la protection provoque le
déclenchement du disjoncteur H\ avec un retard t . La protection située en
H

H2 voit le défaut en © , le non déclenchement est assuré par une sélectivité


chronométrique :

t >t +
H R At

La protection située sur la mise à la terre du neutre détecte le défaut en © et


provoque le déclenchement du disjoncteur K avec un retard t% .
La sélectivité entre les protections des départs Di , des sources H\ et H2 et
de la mise à la terre du neutre est de type chronométrique.
Lorsqu'un défaut apparaît, le courant de court-circuit se répartit dans les deux
branches en fonction de l'impédance de celles-ci et de la position du défaut. Ainsi,
pour un défaut en CD proche de H\ , le courant de court-circuit est très faible en
A\ , il est par contre élevé en H\ (le courant de court-circuit se répartit au prorata
des impédances des deux chemins de circulation du courant). Le courant de court-
circuit en A\ peut être inférieur au seuil de courant, la protection n'est alors activée
que lorsque le disjoncteur H\ a déclenché (la totalité du courant de court-circuit
circule alors par A \ ). Le temps d'élimination du défaut est t + t , \a protection H R

située en K doit être temporisée en conséquence, c'est-à-dire t >t +t +At . K H R

Indications de réglage

U faut respecter les contraintes indiquées au paragraphe 7.1.1.

Seuils de courant :

IrH > 1,25 l r D i

I rK > 1,25 I rH

IrH^&lrR
364 Protection des réseaux électriques

IrDi * 1,3 I i C
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IrR est réglé le plus bas possible (voir § 4.2.1.1 ).

Temporisations :

'K 'H + 'R + A /


t H > t D + A t

hi Ï'R+A'

7.1.6.2.2. Neutre mis à la terre par résistance au niveau du jeu de barres

sens de détection de la ^ courant résistif / . courant capacitif


protection directionnelle pour un défaut en (T) pour un défaut en (T)

courant de défaut /y = / j + /
c c 2 + l y + lç
c

Figure 7.16. Neutre mis à la terre par résistance au niveau du jeu de barres
Protection des différents éléments du réseau 365

La mise à la terre par résistance est réalisée par un générateur homopolaire (voir
§ 1.2.6.2). Le système de protection est identique au cas de la mise à la terre au
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niveau du transformateur. La protection située sur le générateur homopolaire joue le


rôle de la protection située sur la mise à la terre du neutre (voir § 7.1.6.2.1).

7.1.6.2.3. Neutre isolé

TT

<3> -VNI> 'K,KK

\ v * H:

'ff./rWlft I l -

logique logique
G

> - - f ^ l f l ^ . / M Î

Ai A2„
N

) — l ^ - l J l ' a - 7
' ^ C \'rul~-\ Q'l}< ItD\

~:C,

sens de détection de la — courant capacitif


protection directionnelle pour un défaut en 0

+
courant de défaut 1y = I' \ + t cl
c 'ci

Figure 7.17. Neutre isolé


366 Protection des réseaux électriques

Les départs sont équipés de protections à maximum de courant terre directionnel


qui permettent de discriminer le courant capacitif d'un départ sain du courant
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capacitif d'un départ en défaut (voir § 4.4.4.4).

Le défaut en © n'est pas vu par les protections à maximum de courant terre


directionnel situées en A), A2, Dl,... D4 car les courants capacitifs vus par ces
protections ne sont pas dans le sens de détection choisi. Par contre, la protection à
maximum de tension résiduelle située en K (voir § 4.18) détecte le défaut en ©
sur le jeu de barres et provoque le déclenchement du disjoncteur K avec un retard

Pour un défaut en © , les courants capacitifs issus des départs se rebouclent


par les deux liaisons en parallèle. Les valeurs de courant dans chaque liaison
dépendent de l'impédance de celles-ci et de la position du défaut (le courant
capacitif se répartit au prorata des impédances des deux chemins de circulation du
courant). Ces courants capacitifs sont donc vus par les protections directionnelles
situées en A], A2 et H2 . Pour obtenir la sélectivité entre les deux liaisons, il faut
installer un système d'échange logique entre les protections des deux extrémités de
chaque liaison. Sur la liaison qui n'est pas en défaut, les courants sont dans le même
sens et les deux protections sont activées ; le système d'échange logique verrouille
alors les ordres de déclenchement de ces protections.

Ainsi, pour un défaut en © , les protections situées en A2 et H2 voient un


courant dans le même sens, les ordres de déclenchement sont verrouillés. Les
protections situées en Al et H\ voient un courant en sens opposé, un ordre de
déclenchement est donné aux disjoncteurs A] et H\ .

La protection à maximum de tension résiduelle détecte le défaut


en © et provoque le déclenchement du disjoncteur K avec un retard t K .

La sélectivité entre les protections de l'arrivée K et des départs Di est de


type chronométrique :

t >t +At
K D

Indications de réglage

Il faut respecter les contraintes indiquées au paragraphe 7.1.2.


Protection des différents éléments du réseau 367

Seuils de courant :
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IrD, S 1 A

WCA\H\ * LRH\='RA\ * 0,2 L C

WCAIHI — 'RH2='RA2 * 0,2 L C

1ÇA\H\ '• courant capacitif de la liaison A\ —• H\

ICA2H2 '• courant capacitif de la liaison A2 —» H2

Iç : courant capacitif total du réseau.

Seuil de tension résiduelle :

^=0,3K„

Temporisations :

tK >t D + At

t =t A = 0,1 à 0,2 s
H

(Pour tenir compte du temps nécessaire aux échanges d'informations logiques).

Notons que si la longueur des liaisons A \ -> / / l et A2 —> H2 est faible,


des protections différentielles haute impédance peuvent être installées (voir § 4.6).
Elles permettent d'obtenir la sélectivité entre les deux liaisons en parallèle. Leur
seuil de courant doit être réglé au-dessus de la valeur du courant capacitif de la
liaison protégée.

7.1.7. Réseau en boucle

Dans un réseau de distribution comportant des sous-stations alimentées en


boucle, la protection peut être assurée :

-uniquement aux extrémités de la boucle ; celles-ci, sont équipées de


disjoncteurs. Par contre, les appareils de coupure des sous-stations sont des
interrupteurs. Le réseau est obligatoirement exploité en boucle ouverte. Les défauts
provoquent des coupures d'alimentation.

- par tronçon ; chaque extrémité de liaison est équipée d'un disjoncteur. En


fonctionnement normal, le réseau est exploité en boucle fermée. La plupart des
défauts ne provoquent pas de coupure d'alimentation.
368 Protection des réseaux électriques

7.1.7.1. Protection aux extrémités de la boucle


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Source

Sous station 1 Sous station 5

Sous station 2 ! Sous station 4

ouvert

Sous station 3
[V] détecteur de défaut

Figure 7.18. Protection aux extrémités de la boucle

Les extrémités de la boucle Al et Bl sont équipées de disjoncteurs et de


protections à maximum de courant phase et terre. Les appareils de coupure des sous-
stations sont des interrupteurs. Des détecteurs de défaut sont installés au niveau de
chaque interrupteur ; ils signalent le passage d'un défaut. En fonctionnement normal,
la boucle est ouverte. Sur la figure 7.18, on suppose qu'elle est ouverte en B6.
Protection des différents éléments du réseau 369

Lors d'un défaut en CD , le fonctionnement est le suivant :


- l a protection en Al détecte le défaut, et provoque le déclenchement du
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disjoncteur Al ;
- la liaison est hors tension de Al à B6 , et les sous-stations 1, 2 et 3 ne sont
plus alimentées ;
- les détecteurs de défaut situés en A2 et A3 signalent le passage d'un défaut.
Les autres détecteurs n'émettent aucun signal. Le défaut est donc localisé ;
- 'exploitant ouvre les interrupteurs A3 et A4 afin de mettre hors service la
liaison en défaut ;
- il ferme l'interrupteur B6 afin de réalimenter les sous-stations 2 et 3 ;
- il ferme le disjoncteur A1 afin de réalimenter la sous-station 1.

Après réparation de la liaison en défaut, les interrupteurs A3 et A4 sont fermés.


L'interrupteur B6 est ouvert afin d'ouvrir la boucle et de revenir dans l'état de
fonctionnement initial.

Ce système de protection permet d'éliminer et de localiser le défaut, mais il


engendre des coupures d'alimentation. Ces coupures sont de quelques secondes si un
automatisme de reconfiguration de boucle est installé. Elles sont d'au moins
plusieurs minutes ou dizaines de minutes si la reconfiguration de boucle est
effectuée manuellement par le personnel d'exploitation.

Ce système de protection est généralement utilisé par EDF sur les réseaux HTA
en boucle.

7.1.7.2. Protection par tronçon


Chaque extrémité de liaison est équipée d'un disjoncteur. En fonctionnement
normal, la boucle est fermée. Les systèmes de protection étudiés dans les
paragraphes suivants permettent d'éviter une coupure d'alimentation pour la plupart
des défauts.

7.1.7.2.1. Solution par des protections à maximum de courant et maximum de


courant directionnel
Cette solution n'est réalisable que dans le cas d'une boucle limitée à deux sous-
stations. En effet, la sélectivité chronométrique conduit à des temporisations
prohibitives pour un nombre de sous-stations plus élevé. Une extension future de la
boucle provoquera donc le changement du système de protection. Le
fonctionnement du système de protection lors d'un défaut est indiqué ci-après.
370 Protection des réseaux électriques

source
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sous-stations 1 sous-stations 2

sens de détection de la
protection directionnelle

Figure 7.19. Solution par des protections à maximum de courant et maximum de courant
directionnel

Défaut en ©

La protection à maximum de courant directionnel en B détecte le défaut et


provoque le déclenchement du disjoncteur B avec un retard t\ . La protection à
maximum de courant en A détecte le défaut et provoque le déclenchement du
disjoncteur A avec un retard t$ .

Défaut en

La protection à maximum de courant directionnel en C détecte le défaut et


provoque le déclenchement du disjoncteur C avec un retard t2 • La protection à
maximum de courant en B détecte le défaut et provoque le déclenchement du
disjoncteur B avec un retard t 4 .
Protection des différents éléments du réseau 371

Défaut en
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Les protections à maximum de courant en C et D détectent le défaut et


provoquent les déclenchements des disjoncteurs C et D avec un retard / . 3

Un défaut est vu à chaque étage de protection, la sélectivité chronométrique


impose :

t > t + At
5 4

t > t + At
4 3

t >t
3 2 + At
t >t
2 { + At

On a donc au mieux r >/i+4A/


5

En prenant At = 0,3 s , on obtient t > t + 1,2


5 i

On a par exemple :

'l =0,1 5

t = 0,4 s
2

/ = 0,7 s
3

t =\s
4

h =U 5

La temporisation / du disjoncteur A est très élevée et risque de ne pas être


5

acceptable vis à vis des contraintes thermiques des matériels au courant de court-
circuit (voir § 7.1.3.3).

Notons qu'au niveau de chaque sous-station, le temps minimal de déclenchement t2

doit être sélectif avec les protections situées en aval.

La sélectivité entre la protection de la source 5 et les protections de la boucle


doit être de type logique (voir § 7.2.1) pour que la temporisation de cette protection
ne soit pas trop importante. Une autre solution consiste à installer une protection
différentielle jeu de barres (voir § 7.2.2).

Cette méthode ne nécessite pas de liaison de télécommande, elle est simple et


peu coûteuse. Par contre, elle impose des temporisations élevées, et est limitée à
deux sous-stations.
372 Protection des réseaux électriques

7.1.7.2.2. Solution économisant une protection sur deux


' source
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sous-station 1 sous-station 2

sens de détection de la
protection directionnelle

Figure 7.20. Solution économisant une protection sur deux

Cette solution est basée sur le principe suivant : lors d'un défaut dans une sous-
station, la sélectivité entre les deux protections immédiatement en amont n'est pas
indispensable. En effet, pour un défaut en © , la sélectivité entre les points A et B
n'est pas indispensable car il n'y a pas de consommateur sur cette liaison. De même,
la sélectivité entre les points C et D n'est pas indispensable.

Par rapport à la solution du paragraphe 7.1.7.2.1, ce principe permet de diviser


par deux le nombre de fonctions de protection. De plus, la sélectivité
chronométrique impose des temporisations moins importantes. Le fonctionnement
du système de protection lors d'un défaut est indiqué ci-après.

Défaut en ©

La protection à maximum de courant directionnel en B détecte le défaut et


provoque le déclenchement du disjoncteur B avec un retard /j . La protection à
Protection des différents éléments du réseau 373

maximum de courant en A détecte le défaut et provoque le déclenchement du


disjoncteur A avec un retard / .
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Défaut en (D

Les protections à maximum de courant en C et D détectent le défaut et


a
provoquent le déclenchement des disjoncteurs C et D avec un retard ^ • ^
protection à maximum de courant en A détecte le défaut et provoque le
déclenchement du disjoncteur A avec un retard .

Défaut en (D

Les protections à maximum de courant en C et D détectent le défaut et


provoquent le déclenchement des disjoncteurs C et D avec un retard /2 .

Un défaut est vu à chaque étage de protection, la sélectivité chronométrique


impose :

t > /1 + A/
2

r > t + A/
3 2

On a donc au mieux t^ ^ l\ + 2 At

En prenant At = 0,3 s, on obtient / 3 > t\ + 0,6

On a par exemple :

/, = 0,1 s
t = 0,4 s
2

'3 = 0,7 5

La temporisation ty du disjoncteur A est acceptable vis-à-vis des contraintes


thermiques des matériels au courant de court-circuit (voir § 7.1.3.3).

Notons qu'au niveau de chaque sous-station, le temps minimal de déclenchement t^


doit être sélectif avec les protections situées en aval.

La sélectivité entre la protection de la source S et les protections de la boucle


doit être de type chronométrique ou, de préférence, de type logique (voir § 7.2.1)
374 Protection des réseaux électriques

pour que la temporisation de cette protection ne soit pas trop importante. Une autre
solution consiste à installer une protection différentielle jeu de barres (voir § 7.2.2).
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Cette méthode ne nécessite pas de liaison de télécommande, elle est simple et


peu coûteuse. Cependant, les temporisations sont élevées au-delà de deux sous-
stations. Une extension future de la boucle provoquera donc le changement du
système de protection.

7.1.7.2.3. Solution par sélectivité logique


Cette solution est réalisable avec un nombre de sous-stations élevé grâce à la
sélectivité logique (voir § 6.3) qui évite d'avoir des temporisations prohibitives.

Chaque disjoncteur de la boucle (sauf les têtes de boucle A et H) est équipé de


deux protections à maximum de courant directionnel détectant des courants de sens
différents. Deux boucles d'attente logique b\ et b2 de sens différents sont
installées. Le fonctionnement du système de protection lors d'un défaut est indiqué
ci-après.

Défaut en ©

La protection à maximum de courant en A détecte le défaut et provoque le


déclenchement du disjoncteur A. La protection à maximum de courant directionnel
en B dirigée vers le défaut est activée, un ordre d'attente logique est donné aux
protections en C, D, E, F, G et H (boucle bl ), le disjoncteur B déclenche.

Défaut en ©

La protection à maximum de courant directionnel en B dirigée vers le défaut est


activée, un ordre d'attente logique est donné à la protection en A (boucle b \ ), le
disjoncteur B déclenche. La protection à maximum de courant directionnel en C
dirigée vers le défaut est activée, un ordre d'attente logique est donné aux
protections en D, E, F, G et H (boucle b2 ), le disjoncteur C déclenche.

Défaut en ©

La protection à maximum de courant directionnel en C dirigée vers le défaut est


activée, un ordre d'attente logique est donné aux protections en B et A (boucle b \ ) ,
le disjoncteur C déclenche. La protection à maximum de courant directionnel en D
dirigée vers le défaut est activée, un ordre d'attente logique est donné aux
protections en E, F, G et H (boucle b2 ), le disjoncteur D déclenche.
Protection des différents éléments du réseau 375

• source
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illenle logique

alterne logique
sous-station 1 sous-staiion 3

logique
agique

attente
ittente
attente logique

attente logique

attente l o g i q u e

sous-station 2

sens de détection de la b l , b 2 : boucles d'attente


protection directionnelle logique

Figure 7.21. Solution par sélectivité logique

Les protections directionnelles dirigées vers les sous-stations protègent les jeux
de barres, elles doivent donc être sélectives avec les protections situées en aval. Les
376 Protection des réseaux électriques

protections directionnelles dirigées vers les câbles peuvent avoir des temporisations
identiques.
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Les temporisations des protections doivent être plus longues que le temps de
transmission et de prise en compte de l'ordre d'attente logique, c'est-à-dire 0,1 à 0,2
seconde selon le matériel.

La sélectivité entre la protection de la source 5 et les protections de la boucle


peut être de type chronométrique ou logique (voir §7.2.1). Une autre solution
consiste à installer une protection différentielle jeu de barres (voir § 7.2.2).

7.1.7.2.4. Cas de plusieurs sources d'alimentation situées en des points différents


Cette solution est réalisable avec un nombre de sous-stations et de sources élevé
grâce à la sélectivité logique (voir § 6.3) qui évite d'avoir des temporisation
prohibitives. Le schéma de la figure 7.22 possède deux sources d'alimentation.
Cependant, le principe du système de protection est identique pour un nombre de
sources plus important.

Chaque disjoncteur de la boucle est équipé de deux protections à maximum de


courant directionnel détectant des courants de sens différents. Deux boucles d'attente
logique bl et b2 de sens différents sont installées.

Le fonctionnement du système de protection lors d'un défaut est le suivant.

Défaut en ©

Les protections directionnelles en A et B dirigées vers le défaut sont activées, un


ordre d'attente logique est donné à toutes les autres protections (boucles b\ et b2 ) ,
les disjoncteurs A et B déclenchent.

Défaut en

Les protections directionnelles en B et C dirigées vers le défaut sont activées, un


ordre d'attente logique est donné à toutes les autres protections (boucles b\ et b2 ) ,
les disjoncteurs B et C déclenchent. La protection en S2 détecte le défaut et
provoque le déclenchement du disjoncteur S2.

Défaut en CD

Les protections directionnelles en C et D dirigées vers le défaut sont activées, un


ordre d'attente logique est donné à toutes les autres protections (boucles b\ et 62 ),
les disjoncteurs C et D déclenchent.
Protection des différents éléments du réseau 377

source I
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attente logique

attente logique

attente logique
sous-station 2

source 2
logique

logique
attente
attente
attente logique

attente logique

attente logique

sous-station I

sens de détection de la boucles d'attente


protection directionnel logique

Figure 7.22. Cas de plusieurs sources d'alimentation situées en des points différents

Les protections directionnelles dirigées vers les sous-stations protègent les jeux
de barres, elles doivent donc être sélectives avec les protections situées en aval. Les
protections directionnelles dirigées vers les câbles peuvent avoir des temporisations
identiques.
Les temporisations des protections doivent être plus longues que le temps de
transmission et de prise en compte de l'ordre d'attente logique, c'est-à-dire 0,1 à 0,2
secondes selon le matériel.
378 Protection des réseaux électriques

La sélectivité entre les protections des sources (SI et S2) et les protections de la
boucle peut être de type chronométrique ou logique (voir §7.2.1). Une autre
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solution consiste à installer une protection différentielle jeu de barres (voir § 7.2.2).

7.1.7.2.5. Solution par protection différentielle

source
fil pilote

fil pilote
sous-station sous-station 3
fil pilole

fil pilote

sous-station 2

AI : protection différentielle à haute impédance pour jeu de barres


AI
— : protection différentielle à fil pilote

Figure 7.23. Solution par protection différentielle


Protection des différents éléments du réseau 379

Chaque liaison est équipée d'une protection différentielle à fil pilote


(voir § 4.7). Chaque jeu de barres de sous-station est équipé d'une protection
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différentielle à haute impédance (voir § 4.6.3.3). Les disjoncteurs de tête de boucle


sont équipés de protections à maximum de courant. Elles sont activées en cas de
défaillance d'une protection différentielle ou d'un disjoncteur de la boucle.

7.1.7.2.6. Comparaison entre les solutions par protection différentielle et par


sélectivité logique

Elément d e comparaison Solution p a r Solution p a r sélectivité


protection logique
différentielle

Détection des courants de Oui, le réglage peut Non, le réglage doit être
défaut de faible valeur être inférieur au supérieur au courant
courant nominal nominal

Réglage des temporisations Instantané 0,1 à 0,2 seconde selon


le matériel

Protection de secours Protection à Sélectivité


maximum de courant chronométrique (elle est
en tête de boucle incluse dans le système
logique de l'appareil
Sepam 2000 de
Schneider)

Cas de la défaillance d'une Perte totale de la Perte seulement d'un


protection ou d'un boucle par tronçon supplémentaire
disjoncteur déclenchement en par déclenchement du
tête de boucle disjoncteur le plus
proche

Coût - Protections coûteuses - Protections peu coûteuses


- Nécessité d'utiliser - Transformateurs de
des transformateurs courant de performance
de courant performants moyenne
(tension de coude
élevée, voir § 3.1.3.6)

Tableau 7 . 3 . Comparaison entre les solutions par protection différentielle


et par sélectivité logique
380 Protection des réseaux électriques

7.1.7.2.7. Solution par protection de distance


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Les protections de distance sont réservées aux liaisons haute tension (HTB) de
grande longueur (au moins quelques kilomètres et jusqu'à plus de 1000 kilomètres).
Elles sont sélectives et ne nécessitent pas de liaison à fil pilote. Le principe de
détection du défaut est basé sur une mesure d'impédance. Ces protections sont très
coûteuses et ne sont pas utilisées dans les réseaux industriels. Dans certains pays,
elles sont parfois utilisées dans les réseaux moyenne tension (HTA) de distribution
publique.

7.2. Protection des jeux de barres

Les jeux de barres peuvent être protégés par le système de sélectivité logique
(voir § 6.3) ou par une protection différentielle haute impédance (voir § 4.6.3.3).

7.2.1. Protection d'un jeu de barres par sélectivité logique

Source
protection de secours
logique

Figure 7.24. Protection d'un jeu de barres par sélectivité logique


Protection des différents éléments du réseau 381

Une sélectivité logique est mise en place entre l'arrivée A et les départs Dl et
D2 . On suppose que la sélectivité avec les protections situées en aval impose une
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temporisation de 0,7 s sur les départs.

La durée de l'attente logique est limitée à 200 ms après la temporisation de la


protection des départs. Cela permet à la protection de l'arrivée de fonctionner en
secours d'une protection ou d'un disjoncteur aval défaillant.

Une protection de secours est mise en place en A pour intervenir en cas de


dysfonctionnement du signal d'attente logique, sa temporisation est réglée de façon à
obtenir la sélectivité chronométrique avec les départs (elle est incluse dans le
système logique de l'appareil Sepam 2000 de Schneider). Le fonctionnement du
système de protection lors d'un défaut est indiqué ci-après.

Défaut en ©

La protection en Dl émet un ordre d'attente logique à la protection en A . Le


disjoncteur Dl déclenche après sa temporisation de 0,7 seconde. En cas de
défaillance de la protection en Dl ou du disjoncteur associé , la protection en A
est activée après la durée de l'attente logique, c'est-à-dire 0,7 + 0,2 = 0,9 seconde .

Défaut en

Le disjoncteur A déclenche après sa temporisation de 0,1 seconde. En cas de


dysfonctionnement du signal d'attente logique (action intempestive), la protection de
secours est activée après sa temporisation de 1 seconde et le disjoncteur A
déclenche.

Ce système de protection est simple et peu coûteux.

7.2.2. Protection d'un jeu de barres par une différentielle haute impédance

La protection différentielle compare le courant entrant par la source à la somme


des courants sortant par les départs. Si la différence est nulle, le jeu de barres est
sain. Dans le cas contraire, il est en défaut. L'activation de la protection est
instantanée.

Une protection à maximum de courant est installée en A pour intervenir en cas


de défaillance de la protection différentielle.
382 Protection des réseaux électriques

On suppose que la sélectivité avec les protections situées en aval impose une
temporisation de 0,7 seconde sur les départs. La protection de secours en A est
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donc temporisée à 1 seconde afin de respecter l'intervalle de sélectivité


chronométrique.

Source

protection
différentielle

Figure 7.25. Protection d'un jeu de barres par une différentielle haute impédance

Afin de fiabiliser le système de protection, il faut installer des transformateurs de


courant spécifiques pour la protection différentielle.

Ce système de protection est rapide (action instantanée). Par contre, il est plus
coûteux que le système de sélectivité logique. Le paragraphe 4.6.3.3 explique le
fonctionnement de la protection différentielle haute impédance appliquée aux jeux
de barres.

7.3. Protection des transformateurs

Nous allons tout d'abord étudier les contraintes suivantes :


- les courants transitoires à l'enclenchement du transformateur,
Protection des différents éléments du réseau 383

- la valeur du courant côté HT lors d'un court-circuit BT pour un transformateur


triangle-étoile.
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Ensuite, nous étudierons la protection des transformateurs à l'intérieur d'un site


industriel, puis la protection du transformateur d'un poste de livraison à comptage
BT conformément à la norme NF C 13-100.

7 . 3 . 1 . Courant transitoire à l'enclenchement du transformateur

La mise sous tension d'un transformateur provoque une surintensité transitoire


qui dépend de la phase de la tension à l'instant d'enclenchement et de l'induction
rémanente du circuit magnétique.

L'asymétrie et la valeur crête du courant sont maximales lorsque l'enclenchement


est effectué au passage à zéro de la tension et lorsque l'induction rémanente sur la
même phase est maximale. Cette surintensité est due à la saturation du circuit
magnétique qui provoque l'apparition d'un courant magnétisant très important.

On démontre que :
fl 2 B + B
max = n r

ô m a x : induction maximale atteinte


B n : induction nominale

B r : induction rémanente qui peut atteindre 0,8 B n

Le courant transitoire a l'allure de la figure 7.26.

i (t)=!
e e

Figure 7.26. Courant transitoire à l'enclenchement du transformateur


384 Protection des réseaux électriques

L'enveloppe des valeurs crêtes du courant s'amortit suivant une loi


exponentielle :
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i (t ) : enveloppe des valeurs crêtes du courant


e

l e : valeur crête maximale, c'est-à-dire la première crête


T : constante de temps de l'amortissement

La valeur crête maximale Ie est définie par rapport au courant nominal


efficace du transformateur :

Les tableaux 7.4 et 7.5 donnent les valeurs maximales des courants
d'enclenchement et les constantes de temps de l'amortissement pour un
enclenchement côté haute tension des transformateurs de France Transfo.
L'expérience montre que dans le cas d'un enclenchement côté basse tension, le
rapport n est à multiplier par 2 et la constante de temps est à diviser par 1,5.
e

Les constructeurs fournissent généralement la valeur du courant d'enclenchement


à vide. L'expérience a montré que la valeur du courant d'enclenchement d'un
transformateur chargé est à peu près équivalente.

Puissance 100 160 250 315 400 500 630 800 1000 1250 1600 2000 2500 3150
en kVA

h 14 12 12 12 12 12 II 10 10 9 9 S g 8

'n

T en 0,20 0,22
e
0.15 0,24 0.25 0,27 0.30 0,30 0.35 0,35 0.40 0,45 0.50 0.55
secondes

Tableau 7.4. Courant d'enclenchement côté haute tension des transformateurs HTA/BT
à isolement liquide de France Transfo
Protection des différents éléments du réseau 385

Puissance en kVA 160 250 400 630 800 1000 1250 1600 2000
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h
»e=y l
10,5 10,5 10 10 10 10 10 10 9,5
n

T e en secondes 0,13 0,18 0,25 026 030 030 0,35 0.40 0,40

Tableau 7.5. Courant d'enclenchement côté haute tension des transformateurs


HTA/BT secs de type TR1HAL de France Transfo

7.3.2. Valeur du courant côté HT lors d'un court-circuit BT pour un


transformateur triangle-étoile

Considérons un transformateur triangle-étoile de rapport de transformation

(voir figure 7.27). Nous allons déterminer les valeurs des courants primaires

pour les courts-circuits triphasé, biphasé et monophasé neutre situés au secondaire.

Figure 7.27. Transformateur triangle-étoile de rapport de transformation


386 Protection des réseaux électriques

7 . 3 . 2 . 1 . Valeurs des courants primaires et secondaires en fonctionnement normal


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Figure 7.28. Courants primaires et secondaires en fonctionnement normal

Le rapport de transformation est Cependant, en raison du couplage

triangle-étoile, le rapport du nombre de spires entre enroulements primaire et

secondaire est égal À

En effet, soit / le module du courant secondaire

1
hs ~ hs = h$~

Pour un rapport du nombre spires primaire et secondaire égal à

la figure 7.28 montre que :

or :
Protection des différents éléments du réseau 387
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d'où :

7.3.2.2. Détermination des valeurs des courants primaires pour un court-circuit


triphasé au secondaire

D'après le paragraphe 2.2 :

d'où :

f
cc3, HT : courant de court-circuit triphasé côté HT
y, : tension simple au secondaire
Z : impédance directe du réseau amont au court-circuit, vue du secondaire

7.3.2.3. Valeurs des courants primaires pour un court-circuit biphasé au secondaire

Pour un court circuit entre les phases 1 et 2, le schéma équivalent est celui de la
figure 7.29 :

Figure 7.29. Schéma équivalent d'un transformateur triangle-étoile lors d'un court-
circuit biphasé
388 Protection des réseaux électriques

D'après le paragraphe 2.3.2.2 :


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I j,
cc : courant de court-circuit biphasé côté BT
V s : tension simple au secondaire
Z : impédance directe du réseau amont au court-circuit, vue du secondaire

La figure 7.29 montre que :

d'où :

7.3.2.4. Valeurs des courants primaires pour un court-circuit monophasé neutre


Pour un court-circuit entre la phase 1 et le neutre, le schéma équivalent est celui
de la figure 7.30.

D'après le paragraphe 2.7.1.1.1 :

Vs : tension simple au secondaire


^•neutre '• impédance du circuit de neutre parcouru par le courant de court-circuit
Z : impédance directe des conducteurs de phase du réseau amont au court-circuit, vue
du secondaire
Protection des différents éléments du réseau 389

/ ce, mono Icc, mono


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neutre

Figure 7.30. Schéma équivalent d'un transformateur triangle-étoile lors d'un court-
circuit monophasé neutre

La figure 7.30 montre que :

mono

-.c.mono

d'où : l
cc\ HT

'ce. mono l
cc3,HT

7.3.2.5. Récapitulatif
Le tableau 7.6 récapitule les calculs des valeurs de courant côté HT pour les
courts-circuits triphasé, biphasé et monophasé neutre situés côté BT. Il permet de
déterminer les valeurs des courants de court-circuit minimaux et maximaux côté HT
pour un court-circuit côté BT. La connaissance de ces valeurs est nécessaire pour
déterminer les seuils de réglage de la protection côté HT d'un transformateur :
390 Protection des réseaux électriques

- pour protéger le transformateur contre un court-circuit directement à ses


bornes aval et agir en secours de la protection BT ; on s'intéresse alors au courant de
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court-circuit minimal ;
- lorsque celle-ci doit être sélective (de façon ampèremétrique) avec la
protection BT ; on s'intéresse alors au courant de court-circuit maximal (voir §
7.3.4.5).

Notons que lorsque la protection HT ne contrôle que deux phases (phases 2 et 3


pour le tableau 7.6), le courant de court-circuit biphasé minimal vu par la protection

est

Phase 1 Phase 2 Phase 3

Court-circuit l
l
cc3,HT 'ccXHT cc3.HT
triphasé

Court-circuit
biphasé entre l
- " J !
ccXHT ~ — I cel. HT
ccl,HT
les phases
1 et 2

Court-circuit
monophasé 0
2
' /
(Z + Z„ ) yPÎ ( z + Z„ ETLLRE)
neutre sur la EWRE

phase 1

T a b l e a u 7.6. Valeur du courant côté HT lors d'un court-circuit côté BT pour ui


transformateur triangle-étoile

7.3.3. Les défauts dans les transformateurs

Les principaux défaut qui peuvent affecter un transformateur sont :


- la surcharge,
- le court-circuit phase (interne ou externe),
- le défaut à la terre.
Protection des différents éléments du réseau 391

7.3.3.1. La surcharge
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Elle est généralement due à l'augmentation du nombre de charges alimentées


simultanément ou à l'augmentation de la puissance absorbée par une ou plusieurs
charges. Elle se traduit par une surintensité de longue durée qui provoque une
élévation de température préjudiciable à la tenue diélectrique des isolants et à la
longévité du transformateur.

7.3.3.2. Les courts-circuits phases interne et externe


Le court-circuit interne est un défaut entre conducteurs de phases différentes ou
plus fréquemment un défaut entre spires d'un même enroulement. Dans un
transformateur à isolement dans l'huile, l'arc provoque l'émission d'un gaz de
décomposition du diélectrique liquide. Si le défaut est faible, il y a un petit
dégagement gazeux, et l'accumulation de ce gaz devient dangereuse. Un court-
circuit violent provoque des dégâts très importants sur le bobinage et la cuve, celle-
ci peut s'ouvrir et répandre l'huile enflammée et ainsi causer un incendie.

Le court-circuit externe est un défaut entre phases dans les liaisons aval. Le
courant de court-circuit provoque dans le transformateur des efforts
électrodynamiques susceptibles d'affecter mécaniquement les bobinages et de
conduire à un défaut interne.

7.3.3.3. Le défaut à la terre


Le défaut à la terre est un défaut interne entre le bobinage et la cuve ou entre le
bobinage et le noyau magnétique. Dans un transformateur à isolement dans l'huile, il
provoque un dégagement gazeux et peu causer la destruction du transformateur et
un incendie.

L'amplitude du courant de défaut dépend du régime de neutre des réseaux amont


et aval. Pour que le courant de défaut ne soit pas proche de zéro, il faut que
l'impédance homopolaire vue du point de défaut ne soit pas infinie (voir §
2.4.3.6.2). L'amplitude du courant de défaut dépend aussi de la position du défaut
dans le bobinage (voir §7.1.1.3).

7.3.4. Protection des transformateurs à l'intérieur d'un site industriel

Il s'agit de tout type de transformateur à l'intérieur d'un site industriel à


l'exception des transformateurs spécifiques pour soudeuses, four à arc, etc. Leur
installation est soumise à la norme NF C 13-200.
392 Protection des réseaux électriques

7.3.4.1. Protection spécifique contre les surcharges


Elle peut être assurer de différentes façons :
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- par surveillance de la température du diélectrique pour les transformateurs à


isolement liquide (voir § 4.25). Généralement, le seuil d'alarme est réglé à 80 °C et
le seuil de mise hors charge ou mise hors tension du transformateur est réglé à
90 °C ;
- par surveillance de la température des enroulements pour les transformateurs
secs (voir § 4.25) ;
- par un déclencheur long retard du disjoncteur installé côté basse tension.
- par une protection à image thermique (voir § 4.9).

Notons que les fusibles et les protections à maximum de courant ne protègent


pas contre les surcharges.

Lorsque les caractéristiques des récepteurs alimentés excluent la possibilité de


surcharge, on peut se dispenser de protection contre les surcharges, à moins que
d'autres conditions ne soient imposées pour la protection contre l'incendie (voir N F
C 13-200 § 551.2.4.2).

7.3.4.2. Protection spécifique contre les courts-circuits phases internes


Pour les transformateurs à isolement liquide, la protection peut être effectuée par
un détecteur de gaz et de pression (voir § 4.27) qui est sensible au dégagement de
gaz et à la surpression qui sont crées lors de l'apparition d'un arc électrique. Cette
protection est recommandée pour les transformateurs de puissance supérieure à
630 kVA (voir N F C 13-200 § 551.2.1). Une protection différentielle transformateur
protège efficacement contre ce type de défaut (voir § 4.8).

7.3.4.3. Protection spécifique contre les défauts à la terre


Elle peut être assurée de différentes façons :
- par une protection contre les défauts masse - cuve (voir § 4.22) ;
- par la protection à maximum de courant terre (voir § 4.2) située sur le réseau
amont, pour le défaut à la masse affectant le primaire du transformateur ;
- par une protection à maximum de courant terre située sur la connexion de mise
à la terre du point neutre d'un transformateur à secondaire en étoile, pour le défaut à
la masse affectant le secondaire du transformateur ;
- par la protection à maximum de courant terre située sur l'arrivée du jeu de
barres alimenté par le transformateur, si la mise à la terre du neutre du réseau aval
Protection des différents éléments du réseau 393

est réalisée sur ce jeu de barres par un générateur homopolaire (voir Figure 7.31).
Cette protection n'est efficace que contre les défauts à la terre affectant le secondaire
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du transformateur ;

\
générateur
homopolaire

Figure 7.31. Protection lorsque la mise à la terre du neutre est réalisée


sur le jeu de barres aval

- p a r une protection différentielle de terre restreinte (voir § 4.6.3.4). Cette


protection n'est efficace que contre les défaut à la masse affectant le secondaire du
transformateur.

Notons que s'il n'y a pas de mise à la terre du neutre au niveau du transformateur,
la protection différentielle transformateur à pourcentage (voir § 4.8) peut être
utilisée pour détecter les défauts à la terre. Par contre, il faut que la protection à
pourcentage soit suffisamment sensible. Ce n'est pas toujours le cas, notamment
lorsque le courant de défaut à la terre est limité par une impédance.

7.3.4.4. Protection par interrupteur - fusible


Pour déterminer le calibre du fusible, il suffit généralement de respecter les
tableaux de choix des notices techniques des matériels (par exemple, le tableau 7.8
pour le SM6 de Schneider). Dans les cas ne correspondant pas aux tableaux de choix
standards, les règles et les critères indiqués ci-après doivent être respectés pour le
choix du calibre du fusible.

7.3.4.4.1. La tension assignée du fusible

La tension assignée du fusible U j n doit être supérieure ou égale à la tension de


service ( U„ ) du réseau :

Notons qu'un fusible de tension assignée trop élevée provoquera, en cas de


fusion, des surtensions excessives sur le réseau.
394 Protection des réseaux électriques

7.3.4.4.2. Le pouvoir de coupure maximal du fusible


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Le pouvoir de coupure maximal /] du fusible (voir § 5.4.1) doit être supérieur


au courant de court-circuit maximal Icca du réseau amont :

/, > l c c a

7.3.4.4.3. Le courant de court-circuit au secondaire du transformateur

Le courant de court-circuit / c c 3 d'un défaut triphasé symétrique au secondaire


doit être supérieur au courant minimal de coupure / 3 du fusible (voir § 5.4.1) :

'cc3 - h

d'où :

//, : courant de base du transformateur (ou courant nominal)


0// :
Uce ( °) tension de court-circuit du transformateur (voir § 2.4.3.6)

7.3.4.4.4. Les conditions d'installation


La puissance thermique diffusée par le fusible en régime permanent doit
respecter les contraintes d'échauffement maximal de l'environnement du fusible. Par
exemple pour le SM6 de Schneider, la résistance à froid Rj du fusible doit
respecter la contrainte suivante :

pour une température ambiante < 40 °C

pour une température ambiante 40 °C < T < 55 °C

1,9 : coefficient obtenu après essais tenant compte des caractéristiques de la cellule
SM6
II, : courant de base du transformateur (ou courant nominal)

7.3.4.4.5. Surcharges de brève durée du transformateur


Afin de ne pas altérer le fusible lors d'une surcharge de brève durée, il faut
respecter la contrainte suivante :

/„y : calibre du fusible


Protection des différents éléments du réseau 395

7.3.4.4.6. Fonctionnement avec surcharge permanente


Si le transformateur est prévu pour fonctionner avec une surcharge permanente
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(pendant plusieurs heures), il faut respecter la contrainte suivante :

If
n — ' 3 ^surcharge

7.3.4.4.7. Courant transitoire à l'enclenchement du transformateur (voir § 7.3.1)


Conformément à la CEI 787, de façon pratique il faut vérifier que le point de
coordonnées / = 0,1 seconde et / = 10 à 12 fois le courant nominal est situé sous la
courbe de fusion du fusible.

7.3.4.4.8. Coordination entre les fusibles et le pouvoir de coupure de l'interrupteur


pour les combinés interrupteurs-fusibles
Les combinés interrupteurs-fusibles sont équipés de percuteurs qui, lors de la
fusion d'un ou de plusieurs fusibles, provoquent l'ouverture de l'interrupteur,
interdisant ainsi la marche en monophasé ou en biphasé. La norme CEI 420 (§
8.2.4) définit la coordination entre les fusibles et le pouvoir de coupure de
l'interrupteur.
caractéristique temps/courant
minimale (-6,5%) du fusible

0,9 x durée d'ouverture •


de l'interrupteur
sous l'action des
percuteurs des fusibles
(0.9 x 40 ms pour le SM6)

Pdc : pouvoir de coupure de l'interrupteur


lj : courant de transition

Figure 7.32. Coordination entre les fusibles et le pouvoir de coupure de l'interrupteur

Lors d'un court-circuit triphasé, le fusible le plus rapide fond, coupant ainsi la
première phase. Les deux autres phases sont alors parcourues par un courant réduit
396 Protection des réseaux électriques

(0,87 fois le courant triphasé voir § 2.3.2.2) qui sera interrompu, soit par
l'interrupteur (grâce aux percuteurs), soit par les deux autres fusibles.
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La norme CEI 420 définit le courant de transition I , obtenu lorsque l'ouverture


T

de l'interrupteur et la fusion de ces deux fusibles se produisent simultanément. Pour


un courant inférieur à ce courant de transition, l'interrupteur prend la relève des
fusibles, ce qui définit son pouvoir de coupure minimal.

Pouvoir de coupure (A)

Figure 7.33. Pouvoir de coupure de l'interrupteur d'une cellule SM6 de Schneider


( costp = 0,2 )

D'un point de vue pratique, le courant de transition est déterminé en portant sur
la caractéristique minimale temps / courant du fusible (sur la base d'une tolérance
sur le courant de - 6,5 % ) , un temps égal à 0,9 fois la durée d'ouverture de
l'interrupteur provoquée par les fusibles (grâce aux percuteurs). Le pouvoir de
coupure de l'interrupteur doit être supérieur ou égal au courant de transition (voir
figure 7.32)

Par exemple, le pouvoir de coupure de l'interrupteur d'une cellule SM6 de


Schneider, en fonction de la tension de service, est celui de la figure 7.32. Notons
qu'il s'agit d'un pouvoir de coupure sur court-circuit et qu'il est donc défini à
costp = 0,2 .
Protection des différents éléments du réseau 3 9 7

7 . 3 . 4 . 4 . 9 . Tension transitoire de rétablissement pour un combiné interrupteur-fusible


(conformément à la norme CEI 4 2 0 § 8 . 2 . 6 )
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Lors d'un court-circuit triphasé franc aux bornes secondaires du transformateur,


le fusible qui coupe un pôle en premier provoque des tensions transitoires de
rétablissement élevées sur les autres pôles. L'interrupteur pourrait ne pas être
capable de couper ces pôles avec de telles tensions transitoires. Pour cette raison, les
fusibles doivent être choisis de telle sorte qu'ils éliminent seuls un tel défaut sans
faire intervenir l'interrupteur. En pratique, cette condition oblige à s'assurer que le
courant de transition I défini au paragraphe 7 . 3 . 4 . 4 . 8 est inférieur au courant vu
T

du primaire :

l
h < cc3

Lorsque cette condition est vérifiée, la condition / > / (voir § 7 . 3 . 4 . 4 . 3 )


c c 3 3

l'est obligatoirement car I > / . Elle est parfois difficile à obtenir, et peut conduire
T 3

à l'impossibilité d'utilisation d'un combiné interrupteur-fusible lorsque l'on désire


respecter la norme CEI 4 2 0 .

7 . 3 . 4 . 4 . 1 0 . Exemple de détermination du calibre des fusibles d'un combiné


interrupteur-fusible
Considérons un transformateur de puissance 5 = 3 1 5 kVA, de tension composée
U = 2 0 A K , protégé par un combiné interrupteur-fusible S M 6 de Schneider. Le
n

type de fusible choisi est un Fusarc intérieur 2 4 KK . Le tableau 7 . 7 et la figure 7 . 3 4


montrent qu'un fusible de calibre 2 5 A convient.

'b V h •2/ 6 h l
cc3 Pdc

Transformateur 9,1 A 109 A 227 A


Fusarc 25 A 82 A 190 A
Interrupteur 1450 A
Source S voir figure voir figure voir figure voir voir figure
d'information Su„ 7.34 7.34 7.34 tableau 7.33
2.8

Tableau 7.7. Transformateur 315 kVA, U = 2 0 kV protégé par un fusible Fusarc 25 A


n
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398
Protection des réseaux électriques

Figure 7.34. Courbe de fusion - fusible Fusarc intérieur 24 kV


Protection des différents éléments du réseau 399

7.3.4.4.11. Exemple de tableau de choix des fusibles pour les combinés


interrupteurs-fusibles SM6 de Schneider
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Le tableau 7.8 indique le choix du calibre des fusibles de type Soléfuse et Fusarc
pour les cellules SM6 de Schneider avec une utilisation sans surcharge à
- 5 °C < T < 40 C. Les fusibles choisis satisfont aux conditions indiquées ci-avant.

Type Tension
de de Puissance des transformateurs ( k V A )
fusible service
(kV) 100 160 250 315 400 500 630 800 1000 1250 1600 2000

S 3.3 31.5 31,5 63 100 100

0 5,5 16 31,5 63 63 80 80 100 125

1 6,6 16 31,5 43 43 63 80 100 125 125

é 10 16 16 31.5 31.5 43 43 63 80 80 100

f 13,8 6.3 16 16 31.5 31.5 31,5 43 63 63 80

u 15 16 16 16 31.5 31,5 31,5 43 43 63 80

s 20 6.3 16 16 16 31.5 31,5 31.5 43 43 63

e 22 6,3 16 16 16 16 31.5 31.5 31,5 43 63 63

F 3,3 40 50 80 80 125 160 200

u 5,5 25 31,5 50 63 80 80 100 125 160

s 6,6 25 31,5 50 50 63 80 80 100 125 160

a 10 16 25 31.5 40 50 50 63 80 80 100 160 160

r 13,8 10 16 25 31.5 40 40 50 63 63 80 100 125

c 15 10 16 25 31,5 40 40 50 50 63 80 100 125

20 10 16 25 25 25 31.5 31.5 40 50 50 80 100

22 10 10 16 25 25 31,5 31,5 40 50 50 63 80

Tableau 7.8. Choix des fusibles de type Soléfuse et Fusarc pour les combinés
interrupteurs-fusibles SM6 de Schneider (Calibre en A)
400 Protection des réseaux électriques

7.3.4.5. Protection par disjoncteur contre les courts-circuits phase (avec protections
à maximum de courant)
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Considérons le schéma de la figure 7.35.

disjoncteur BT principal

disjoncteurs BT secondaires

Figure 7.35. Protection d'un transformateur contre les courts-circuits phase

Le disjoncteur HT est équipé d'une protection à temps indépendant à double


seuil. La sélectivité entre le disjoncteur HT et le disjoncteur BT principal n'est pas
utile. Par contre, il est très intéressant d'obtenir la sélectivité entre le disjoncteur HT
et les disjoncteurs BT secondaires.

Caractéristiques du seuil haut


Il protège contre les courts-circuits internes au transformateur. La sélectivité
avec les disjoncteurs BT secondaires est de type ampèremètrique (voir § 6.1). Le
courant de court-circuit minimal HT doit activer la protection. La protection ne doit
pas être activée lors de l'enclenchement du transformateur. La temporisation doit
être nulle afin d'éviter le risque d'explosion du transformateur lors d'un court-circuit
dont la valeur du courant est très élevée.

Ces conditions imposent de respecter les relations suivantes :

8
l
rh,HT ^ ° , A:c,min,HT

! 2 5 l
rh.HT- '> cc,max,BT
Protection des différents éléments du réseau 401
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t =0
n (en pratique le temps de fonctionnement minimal de la
protection, c'est à dire 10 à 20 ms).

I cc m a x gj- : courant de court-circuit BT maximal

le : courant d'enclenchement du transformateur (valeur de la première crête)


Kh HT '• s e u
" n a u t e a
d ' protection du disjoncteur HT
l cc m j n : courant de court-circuit HT minimal
t„ : temporisation du seuil haut de la protection HT

Caractéristiques du seuil bas


Il protège contre les courts-circuits côté BT :
- aux bornes aval du transformateur ou sur le disjoncteur BT principal,
- en secours du disjoncteur BT principal.

La sélectivité avec les disjoncteurs BT secondaires est de type chronométrique


(voir § 6.2). Le seuil doit être supérieur aux courants transitoires dus aux
démarrages de moteurs ou aux appels de courant qui suivent l'élimination d'un
défaut sur le réseau (voir § 2.8.3). Il doit être inférieur à la valeur minimale du
courant vu par la protection HT lors d'un court-circuit côté BT (voir § 7.3.2 pour le
cas d'un transformateur triangle-étoile). La protection ne doit pas être activée lors
de l'enclenchement du transformateur.

Ces conditions imposent de respecter les relations suivantes :

Kb,HT ^°- cc,min,BTHT


8 /

25
Kb,HT - ^ K,BT

Kb,HT ^ '.2/y r

TB >T BT +AI
402 Protection des réseaux électriques

IR BT : seuil de réglage de la protection des disjoncteurs BT secondaires (court-


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retard)
s e u D a s
Kb. HT '• '' de la protection du disjoncteur HT
t/, : temporisation du seuil bas de la protection HT
tg-p : temporisation de la protection des disjoncteurs BT secondaires

Ie e T
* : valeur du courant crête d'enclenchement du transformateur à l'instant

' = ' A

Kc. min. BT HT '• valeur minimale du courant vu par la protection HT lors d'un court-circuit
côté BT
Ifr '• courant transitoire maximal

Les valeurs des courants d'enclenchement et des constantes de temps sont


données dans les tableaux 7.4 et 7.5. La figure 7.36 illustre le fonctionnement de la
protection.

protection BT

protection HT

courant d'enclenchement
du transformateur

Kc.max.HT '• courant de court-circuit HT maximal

/„ : courant nominal du transformateur

Figure 7.36. Protection à double seuil d'un transformateur


Protection des différents éléments du réseau 403

7.3.5. Protection du transformateur d'un poste de livraison à comptage BT


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Les postes de livraison à comptage BT sont régis par la norme NF C 13-100. Ils
ne comportent qu'un seul transformateur dont le courant secondaire est inférieur ou
égal à 2000 A, c'est-à-dire une puissance inférieure ou égale à 1250 kVA pour une
tension composée de 400 V.

7.3.5.1. Protection contre les surcharges


Elle est peut être assurée de différentes façons :
- par surveillance de la température du diélectrique pour les transformateurs à
isolement liquide (voir § 4.25). Généralement, le seuil d'alarme est réglé à 80°C et le
seuil de mise hors charge ou mise hors tension est réglé à 90°C;
- par surveillance de la température des enroulements pour les transformateurs
secs (voir § 4.25);
- par le déclencheur long retard du disjoncteur installé côté basse tension;
- par une protection à image thermique (voir § 4.9).

La norme NF C 13-100 (§ 432) indique que ces dispositifs peuvent provoquer,


soit le déclenchement du disjoncteur basse tension, soit le déclenchement de
l'appareil de coupure amont (interrupteur-fusible ou disjoncteur). Mais il est
préférable de déclencher simultanément les appareils de coupure amont et aval.

7.3.5.2. Protection contre les courts-circuts entre phases


Elle est réalisée par des fusibles haute tension. La norme N F C 13-100 (§ 433.2)
détermine le choix du courant assigné l j a du fusible en fonction :
- du courant de base I b du transformateur,
- du courant de court-circuit l cc aux bornes de l'enroulement secondaire
ramené au primaire.

Le courant assigné du fusible doit satisfaire la relation suivante :

Ces deux conditions permettent de protéger le transformateur en évitant la fusion


des fusibles par les courants transitoires apparaissant à l'enclenchement du
transformateur (voir § 7.3.1).
404 Protection des réseaux électriques

Le tableau 7.9 indique le choix du calibre des fusibles de type Soléfuse en


fonction de la puissance du transformateur et de la tension de service, les valeurs
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données satisfont aux conditions indiquées précédemment. La CEI 282 recommande


de remplacer les trois fusibles après la fusion de l'un d'entre eux.

Lorsque le poste est raccordé à un réseau aérien ou lorsque l'installation est


sensible à un fonctionnement en régime déséquilibré, il est recommandé que la
fusion d'un seul élément fusible provoque la coupure des trois phases. Cette fonction
est réalisée par un combiné interrupteur - fusible.

Rappelons que pour un transformateur triangle-étoile :


- la fusion d'un seul fusible provoque le fonctionnement d'une seule phase côté
basse tension;
- la fusion de deux fusibles provoque le non fonctionnement des trois phases
côté basse tension.

Tension Puissance des transformateurs (kVA)


Type de
de
service fusible
100 160 250 315 400 500 630 800 1000 1250
(kV)

20 Soléfuse 6.3 16 16 16 43 43 43 43 43 63

15 Soléfuse 16 16 16 43 43 43 43 43 63

10 Soléfuse 16 31,5 31.5 63 63 63 63

5,5 Soléfuse 31.5 63 63 63 63

Tableau 7.9. Choix des fusibles Soléfuse (Calibre en A) - utilisation sans surcharge à 20
°C< T<40°C

7.3.5.3. Protection contre les défauts internes

La norme NF C 13-100 (elle renvoie à la norme NF C 13-200, § 551.2.1)


recommande, pour les transformateurs de puissance supérieure à 630 kVA
immergés dans un diélectrique liquide, d'installer un dispositif de protection par
détection de gaz et de baisse de niveau (un DGPT, voir § 4.27) qui provoque
l'ouverture de l'appareil de coupure haute tension (interrupteur - fusible).
Protection des différents éléments du réseau 405

7.3.6. Exemples de protections de transformateurs


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7.3.6.1. Transformateurs HTA/BT

HTA

Figure 7.37. Protection d'un transformateur HTA/BT de faible puissance

Figure 7.38. Protection d'un transformateur HTA/BT de forte puissance


406 Protection des réseaux électriques

7.3.6.2. Transformateurs HTA/HTA ou HT B/HT A


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HTH ou HTA

Figure 7.39. Protection d'un transformateur HTA/HTA ou HTB/HTA de faible puissance

HTH mi HTA

Figure 7.40. Protection d'un transformateur HTA/THA ou HTB/HTA de forte puissance


( I ) protection différentielle de terre restreinte (voir § 4.6.3.4)
(2) protection différentielle transformateur (voir § 4.8)
Protection des différents éléments du réseau 407

7.3.7. Indications de réglage des protections des transformateurs


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Type de défaut Réglages


Surcharge Disjoncteur basse tension : seuil thermique > 1,2 /„

Image thermique

- E = 120%
s

- la constante de temps dépend de la taille du transformateur et du type


(sec ou liquide)
Surveillance de la température du diélectrique pour les
transformateurs à isolement liquide
Pour les transformateurs à huile minérale (classe 01) :
- seuil alarme 95 °C
- seuil mise hors charge ou hors tension 100 °C
Surveillance de la température des enroulements pour les
transformateurs secs
Les seuils dépendent de la classe thermique du transformateur ; pour
les TRIHAL de France Transfo (classe F), ils ne sont pas réglables :
-seuil alarme 150°C
- seuil mise hors charge ou hors tension 160 °C
Défaut à la terre Masse cuve

- seuil = 20 A ou seuil = 0,3 I ( (si 0,3 l ( < 20 A )

- temporisation faible, voire nulle


Protection à maximum de courant terre située sur le réseau amont
-seuil < 1 0 % du courant maximal de défaut terre (voir § 7.1.1.3.3) et
supérieur au seuil minimal de réglage (voir § 4.2.1.1)
- la temporisation est dépend du système de sélectivité
Protection différentielle de terre restreinte

seuil de l'ordre de 10 % de /„ , pas de temporisation


408 Protection des réseaux électriques

Type de défaut Réglages


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Court-circuit Fusible
phase
- voir tableau 7.8 pour les transformateurs à l'intérieur d'un site
industriel protégés par une cellule de type SM6 de Schneider.
- voir tableau 7.9 pour les transformateurs de poste de livraison à
comptage BT

Disjoncteur avec
protections à maximum de courant
seuil haut :

] 2 5 f 8 f
' 'ccmax.BT ^ rh,Hr ^ ° » cc,min,HT

l r h M T > \ ï ±

t =0 h

seuil bas :
8
1,2 l T r < l HT
rbj ^ °' 'cc.mm.BTHT

25,
'rb,HT ^ l< r.BT

t b >t B T +M

protection différentielle à pourcentage


sans régleur :

pente = 1 5 % , seuil minimum de fonctionnement = 30 % de /„

avec régleur :

pente = 30 % . seuil minimum de fonctionnement = 30 % de /„

Tableau 7.10. Indications de réglage des protections des transformateurs


Protection des différents éléments du réseau 409

7.4. Protection des moteurs


Une protection moteur regroupe l'ensemble des dispositifs permettant d'éviter
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des détériorations importantes dues à un défaut dans le moteur ou à un


fonctionnement anormal de l'alimentation ou de la charge.

les principaux défauts qui peuvent affecter un moteur asynchrone sont :


- la surcharge,
- le court-circuit interne ou externe entre phases,
- la coupure d'une phase ou l'inversion de deux phases,
- le défaut masse stator,
- les démarrages trop longs ou le blocage du rotor,
- la baisse de la tension d'alimentation,
- la réalimentation des moteurs pendant qu'ils maintiennent une tension
rémanente importante,
- une fréquence de démarrage trop élevée,
- la baisse du courant,
- le défaut masse rotor (pour les moteurs à rotor bobiné).

En plus des défauts énumérés pour les moteurs asynchrones, les principaux
défauts qui peuvent affecter un moteur synchrone sont :
- les ruptures de synchronisme,
- la perte d'excitation,
- le défaut masse rotor,
- la marche prolongée en asynchrone au démarrage,
- la surcharge et le court-circuit dans les enroulements d'excitation,
- la marche en alternateur.

7.4.1. Protection des moteurs moyenne tension

7.4.1.1. Protection contre les surcharges


Les surcharges se manifestent par des surintensités qui, si elles se prolongent,
provoquent des échauffements excessifs entraînant un vieillissement accéléré du
moteur.

La protection peut-être assurée :


- soit par une protection à image thermique (voir § 4.9),
- soit par surveillance de la température (voir § 4.25).
410 Protection des réseaux électriques

7.4.1.2. Protection contre les courts-circuits internes ou externes entre phases


Les courts-circuits externes peuvent apparaître au niveau des bornes ou dans le
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câble d'alimentation entre l'appareil de coupure et le moteur. Les courts-circuits


internes peuvent apparaître entre deux spires de phases différentes ou d'une même
phase, à la suite de la dégradation des isolants. Ces défauts produisent des
surintensités importantes entre phases.

La protection peut être assurée de différentes façons :


- par une protection à maximum de courant phase à temps indépendant. Le seuil
de courant l r doit être réglé au dessus du courant de démarrage l d e m , par exemple
Ir =1,3 l d e m ; la temporisation est de l'ordre de 0,1 seconde;
- par une protection différentielle à haute impédance (voir § 4.6.3.1). Elle est
réservée aux moteurs dont la puissance est supérieure à 2 MW environ ;
- par fusible (voir § 7.4.1.2.1 ).

7.4.1.2.1. Protection des moteurs par des fusibles


Il convient de rappeler que des fusibles protègent un moteur contre les
surintensités supérieures au courant de démarrage. Ils n'assurent donc pas la
protection contre les surcharges.

Le calibre des fusibles est déterminé en fonction :


- du courant nominal /„ ,
- du courant de démarrage Idem ,
- de la durée de démarrage T dem ,
- du nombre de démarrages par heure maximal,
- du nombre de démarrages successifs maximal.

Pour déterminer le calibre des fusibles, on calcule le courant fictif de


démarrage / J , par l'application de coefficients multiplicateurs issus de
nombreuses expériences :

l x 2 x k
'/ = dem

k = 1,2 si le courant de démarrage du moteur est la valeur théorique donnée par le


constructeur, car cette valeur est donnée à 20 % près, conformément aux normes.
k = 1 si la valeur du courant de démarrage est issue d'une mesure.
Protection des différents éléments du réseau 411

Sur les courbes de fusion des fusibles, on reporte le point correspondant au


courant lj et au temps Tjem . Le calibre choisi est celui dont la courbe est à
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droite de ce point. Ainsi, sur la figure 7.41 il faut choisir le calibre 2 5 0 A.

Cette méthode de détermination permet de garantir la non détérioration du


fusible pour un nombre de démarrages par heure inférieur ou égal à 6 et un nombre
de démarrages successifs inférieur ou égal à 2 .

Figure 7.41. Détermination du calibre des fusibles de protection d'un moteur

Dans le cas où le nombre de démarrages par heure est supérieur à 6 ou le nombre


de démarrages successifs est supérieur à 2 , on applique la méthode indiquée ci-après
permettant de déterminer le calibre des fusibles par excès.

Nombre de démarrages par heure supérieur à6

On détermine un temps de démarrage fictif 7^, :


412 Protection des réseaux électriques

N n : nombre de démarrages par heure maximal.


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Pour déterminer le calibre du fusible, on reporte 7^, à la place de Tdem sur


les courbes de fusion des fusibles.

Nombre de démarrages successifs supérieur à 2

On détermine un temps de démarrage fictif Tj : s

Ns : nombre de démarrages successifs maximal

Pour déterminer le calibre des fusibles, on reporte Tj à la place de


s sur
les courbes de fusion des fusibles.

Nombre de démarrages par heure supérieur à 6 et nombre de démarrages successifs


supérieur à 2

Pour déterminer le calibre des fusibles, on reporte la valeur maximale de Tjj, et Tj- S

à la place de Tdem sur les courbes de fusion des fusibles.

Lorsque le démarrage du moteur n'est pas direct (démarreur électronique, auto


transformateur...), le courant de démarrage peut être assez faible, par exemple 3 / „ .
La méthode indiquée peut alors déterminer un calibre des fusibles inférieur à 1,3 / „ .
Dans ce cas, il faut choisir le calibre des fusibles supérieur ou égal à 1,3 /„ .

7.4.1.3. Protection contre la coupure d'une phase ou l'inversion de deux phases


Elle est assurée par une protection à maximum de composante inverse
(voir § 4.10). La protection contre l'inversion de deux phases peut être effectuée par
une protection de contrôle du sens de rotation des phases (voir § 4.16).

7.4.1.4. Protection contre les défauts masse stator


Cette protection est indispensable pour répondre au décret du 14 novembre 1988
sur la protection des travailleurs. Son choix doit être fait en fonction du régime de
neutre du réseau alimentant le moteur.
Protection des différents éléments du réseau 413

7.4.1.4.1. Moteur alimenté par un réseau avec neutre mis à la terre directement ou
par une impédance de limitation
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La protection est réalisée par une protection à maximum de courant terre (voir
§ 4.2). Le seuil de courant peut être réglé à 10 % du courant maximal de défaut à la
terre (c'est à dire 10 % du courant de limitation pour un neutre mis à la terre par une
impédance de limitation). Ce seuil permet de protéger 90 % des enroulements d'un
moteur couplé en étoile et 1 0 0 % des enroulements d'un moteur couplé en triangle
(voir § 7.1.1.3.3). La temporisation peut être fixée à 0,1 ou 0,2 seconde.

Il est préférable d'effectuer la mesure par un tore. En effet, si la mesure est


effectuée par 3 transformateurs de courant, il faut installer une résistance de
stabilisation. Elle permet d'éviter les déclenchements intempestifs dus à la saturation
des transformateurs de courant lors du démarrage du moteur. La valeur de la
résistance de stabilisation est identique à celle déterminée pour la protection
différentielle à haute impédance (voir § 4.6.3.1).

7.4.1.4.2. Moteur alimenté par un réseau avec neutre isolé

Le courant de défaut est uniquement constitué des courants capacitifs l c du


réseau (voir § 2.5.1).

Si le courant I est faible, c'est-à-dire inférieur ou égal à la précision de


c

mesure du courant résiduel (voir § 4.2.1.1), on ne peut pas utiliser une protection à
maximum de courant terre. On utilise alors la protection commune à l'ensemble du
réseau, c'est-à-dire un contrôleur permanent d'isolement (voir § 1.2.7.1.2) ou une
protection à maximum de tension résiduelle (voir § 4.18).

Si le courant l c est important, c'est-à-dire largement supérieur à la précision


de mesure du courant résiduel, on peut utiliser une protection à maximum de
courant terre. Le seuil de courant peut alors être réglé à la valeur minimale(l A pour
une mesure du courant par un tore) avec une temporisation de 0,1 à 0,2 seconde.

Si la longueur du câble entre la protection et le moteur est importante, il faut


utiliser une protection à maximum de courant terre directionnel afin de ne pas avoir
de déclenchement intempestif lors d'un défaut sur un autre départ (voir § 4.4.4.4).

7.4.1.5. Protection contre les démarrages trop longs et le blocage du rotor


Le courant de démarrage n'est pas admissible par le moteur pendant un temps
très supérieur à la durée normale du démarrage. La durée admissible du courant de
démarrage est de l'ordre de 5 à 20 secondes, suivant la taille du moteur et le nombre
de pôles. Le blocage du rotor provoque un courant à peu près égal au courant de
414 Protection des réseaux électriques

démarrage direct (6 à 8 fois le courant nominal). Le fonctionnement de la protection


contre les démarrages trop longs et le blocage du rotor est expliqué au paragraphe
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4.11.

7.4.1.6. Protection contre une baisse de la tension d'alimentation


Elle est réalisée par une protection à minimum de tension (voir § 4.14)).

7.4.1.7. Protection contre la réalimentation des moteurs pendant qu'ils maintiennent


une tension rémanente
Elle est réalisée par une protection à minimum de tension rémanente
(voir §4.15).

7.4.1.8. Protection contre les fréquences de démarrage trop élevées


Le fonctionnement de cette protection est expliquée au paragraphe 4.12.

7.4.1.9. Protection contre la baisse de courant


Elle est utilisée pour détecter les désamorçages de pompes ou les ruptures
d'accouplement avec la charge. Elle est réalisée par une protection à minimum de
courant phase (voir § 4.13).

7.4.1.10. Protection contre les pertes d'excitation


Elle est réservée aux moteurs synchrones. Elle est réalisée par une protection
contre les retours de puissance réactive (voir § 4.20).

7.4.1.11. Protection contre la marche en alternateur des moteurs synchrones


Elle est réalisée par une protection contre les retours de puissance active
(voir §4.21.2).

7.4.1.12. Protection contre les défauts masse rotor


Moteurs asynchrones à rotor bobiné

Le rotor est à neutre isolé, sa protection est donc réalisée par un contrôleur
d'isolement (voir § 1.2.7.1.2). Celui-ci met hors tension le moteur dès qu'il détecte
un défaut d'isolement afin d'éviter un risque de défaut double qui pourrait détériorer
le rotor.

Moteurs synchrones

Le circuit d'excitation du rotor est à courant continu ; il est généralement isolé de


la masse. Sa protection peut alors être réalisée par un appareil à injection de courant
Protection des différents éléments du réseau 415

alternatif basse fréquence (2,5 à 10 Hz) qui détecte les défauts d'isolement. Le rotor
est mis hors tension et le moteur hors service dès que l'appareil détecte un défaut
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d'isolement afin d'éviter un risque de défaut double qui pourrait détériorer le rotor.

7.4.1.13. Exemples de protections de moteurs moyenne tension

Moteur asynchrone commandé par contacteur

jeu de barres

Figure 7.42. Protection d'un moteur asynchrone commandé par contacteur

En fonction du type de charge, les protections complémentaires suivantes


peuvent être installées :

- démarrage trop long et blocage du rotor,


- fréquence de démarrage trop élevée,
- minimum de courant phase.

Moteur asynchrone commandé par disjoncteur

En fonction du type de charge, les protections complémentaires suivantes


peuvent être installées :
- démarrage trop long et blocage du rotor,
- fréquence de démarrage trop élevée,
- minimum de courant phase.
416 Protection des réseaux électriques

jeu de barres
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InJ >

Figure 7.43. Protection d'un moteur asynchrone commandé par disjoncteur

Moteur synchrone ou asynchrone de forte puissance


jeu de barres

(1) protection contre les retours de puissance réactive pour détecter une perte d'excitation
(uniquement pour les moteurs synchrones)

Figure 7.44. Protection d'un moteur synchrone ou asynchrone de forte puissance

En fonction du type de charge, les protections complémentaires suivantes


peuvent être installées :
- démarrage trop long et blocage du rotor,
- fréquence de démarrage trop élevée,
- minimum de courant phase.
Protection des différents éléments du réseau 417

7 . 4 . 1 . 1 4 . Indications de réglage des protections des moteurs


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Type de défaut Réglages


Surcharge Protection à image thermique
- constante de temps pour moteur < 1 MW : T = 10 min

-constante de temps pour moteur > 1 MW : T = 20 min

- echauffement maximal autorisé : E = 115 %s

Surveillance de la température
le seuil dépend de la classe thermique du moteur
Court-circuit Protection à maximum de courant phase à temps indépendant
interne ou
I = 1,3 l^ern ' temporisation = 0,1 seconde
externe entre r

phases Protection par fusible


voir § 7.4.1.2.1 pour la méthode de détermination du calibre des fusibles
Protection différentielle haute impédance
I = 5 à 1 5 % de /„
r

Protection différentielle à pourcentage


l =5à
r 1 5 % de /„
Coupure d'une Protection à maximum de composante inverse
phase ou temps indépendant à double seuil :
inversion de
deux phases -1 e r
seuil: f = 0,2 /„ , temporisation = T^em + quelques secondes
e
- 2 seuil : I = 0,4 /„ , temporisation = 0,5 seconde
t

temps dépendant : courbe de fonctionnement de la protection au-dessus du


point de coordonnées /,• = 0,3 /„ et T = Tj em

Masse stator Régime de neutre directement à la terre ou avec impédance de limitation


- protection à maximum de courant terre : I = 10 % de I(
r

- temporisation = 0,1 à 0,2 seconde


Régime de neutre isolé
- si /(7 est faible : protection à maximum de tension résiduelle :

le réglage est imposé par le réseau (en général V = 0,3 V„ )


r

- s i lç est important : protection à maximum de courant terre ou courant


terre directionnel ; seuil réglé au minimum (voir § 4.2.1.1)
418 Protection des réseaux électriques

Type de défaut Réglages


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Démarrage trop Démarrage trop long


long ou blocage
du rotor - I r = (il doit être supérieur à 1,3 / „ )

- temporisation = Tj em + quelques secondes

Blocage du rotor

l r = , temporisation = 0,5 à 1 seconde

Baisse de la Protection à minimum de tension


tension
il = 0 , 7 5 à 0,8 U , temporisation = 1 seconde
d'alimentation r n

Tension protection à minimum de tension rémanente


rémanente
U r = 20 à 25 % de U n , temporisation = 0,1 seconde

Fréquence de Protection contre les fréquences de démarrage trop élevées


démarrage trop
- nombre de démarrages successifs à chaud et à froid limité
élevée
- nombre de démarrages par heure limité.
Les réglages diffèrent suivant les constructeurs, le système de démarrage et
la puissance de court-circuit au point de raccordement.
Baisse de Protection à minimum de courant phase
courant
- courant à vide < l r < courant minimal normalement absorbé

- temporisation = 1 seconde
Perte Protection contre les retours de puissance réactive
d'excitation
(moteur \Q \ = 0,3 S„ , temporisation = quelques secondes
S

synchrone)
Marche en Protection contre les retours de puissance active
alternateur
P = 5 % P„ , temporisation = 1 seconde
s

Masse rotor Moteurs synchrones


Contrôleur d'isolement à injection de courant alternatif basse fréquence
(2,5 à 10 Hz)
Moteurs asynchrones à rotor bobiné
Contrôleur d'isolement à injection de courant continu

fableau 7.11. Indications de réglage des protections des moteurs


Protection des différents éléments du réseau 419

7.4.2. Protection des moteurs asynchrones basse tension


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En basse tension, il n'y a pas de moteurs synchrones.

7.4.2.1. Protection contre les surcharges et les courts-circuits phase


Les deux protections sont assurées par les associations indiquées dans le
tableau 10.11.

Sectionneur- Disjoncteur / Disjoncteurs Contacteur-


fusible/contacteur contacteur / moteur / disjoncteur
/ relais thermique relais thermique contacteur ACPA*')

•J L " V
J H 4
\
\ >
l
- gamme de puissance - gamme de puissance - solution simple et - économie de mise
très large large compacte pour les en oeuvre
petites puissances
- permet la réalisation - évite - absence de
de tous les types de l'approvisionnement maintenance
démarrages des cartouches -
- sécurité élevée
fusibles
- solution éprouvée
- pouvoir de coupure
- identification des
- pouvoir de coupure élevé
déclenchements dus
élevé
aux courts-circuits - durée de vie
ou aux surcharges électrique élevée

Tableau 7.12. Matériel de protection contre les surcharges et les courts-circuits phase
des moteurs asynchrones basse tension
420 Protection des réseaux électriques

relais thermique de protection contre les surcharges


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relais magnétique de protection contre les courts-circuits


phases

O ACPA appareils de connexion, de commande et de protection auto-


coordonnés

Le choix des fusibles, disjoncteurs, contacteurs et relais thermiques est défini


dans les catalogues en fonction du type de moteur.

Par exemple :
- fusible AM (accompagnement moteur)
- disjoncteur avec déclencheur magnétique de type MA

7.4.2.2. Autres protections


Les gros moteurs basse tension peuvent être protégés de façon similaire aux
moteurs moyenne tension par les protections suivantes :
- surveillance de la température (voir § 4.25),
- image thermique (voir § 4.9),
- démarrage trop long ou blocage du rotor (voir § 4.11),
- coupure d'une phase ou inversion de deux phases (voir § 4.10),
- c o n t r ô l e u r permanent d'isolement (voir § 1.2.7.1.2) ou dispositif différentiel
résiduel (pour les défauts phase - masse).

7.5. Protection des alternateurs

Le système de protection d'un alternateur a pour objectif de protéger la machine


contre les défauts internes et de protéger le réseau contre des dysfonctionnement
pouvant le perturber.

Les principaux défauts qui peuvent affecter un alternateur sont :


- la surcharge,
- le court-circuit externe entre phases (sur le réseau),
- le court-circuit interne entre phases,
- le défaut interne entre phase du stator et masse,
- le défaut entre le rotor et la masse,
Protection des différents éléments du réseau 421

- la coupure d'une phase ou l'inversion de deux phases,


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- la perte d'excitation,
- la marche en moteur,
- une fréquence trop faible ou trop élevée,
- une tension trop faible ou trop élevée,
- la perte de l'alimentation du distributeur lors d'un fonctionnement couplé à
celui-ci.

7.5.1. Protection contre les surcharges

Les surcharges se manifestent par des surintensités qui, si elles se prolongent,


provoquent des échauffements excessifs entraînant un vieillissement accéléré de
l'alternateur.

La protection peut être assurée :


- soit par une protection à image thermique (voir § 4.9),
- soit par surveillance de la température (voir § 4.25).

7.5.2. Protection contre les courts-circuits externes entre phases

Les courts-circuits externes sont les défauts apparaissant sur le réseau alimenté
par l'alternateur. Le type de protection dépend de la présence ou non d'un système
permettant de maintenir le courant de court-circuit à environ 3 /„ pendant
quelques secondes (voir § 2.1.2.2).

7.5.2.1. Alternateur équipé d'un système maintenant le courant de court-circuit à


environ 3 /„
La protection peut être assurée par une protection à maximum de courant phase à
temps indépendant (voir § 4.1.1). Le seuil de courant doit être compatible avec les
protections aval. Cependant, il peut être réglé jusqu'à 2,5 fois le courant nominal. La
temporisation est la plus courte possible permettant la sélectivité avec les protections
aval.

7.5.2.2. Alternateur non équipé d'un système maintenant le courant de court-circuit


à environ 3 /„
La protection est assurée par une protection à maximum de courant phase à
retenue de tension (voir § 4.26). Le seuil de courant peut être fixé à 1,2 /„ . La
422 Protection des réseaux électriques

temporisation est la plus courte possible permettant la sélectivité avec les protections
aval.
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Notons que la mise en place d'un système de sélectivité logique (voir § 6.3) peut
permettre une temporisation courte. Le courant vu par la protection est alors élevé
(période transitoire de l'alternateur, voir § 2.1.2) ; il est ainsi possible d'installer une
protection à maximum de courant phase classique.

7.5.2.3. Petits alternateurs protégés par des disjoncteurs avec déclencheur magnéto-
thermique
Le seuil thermique doit être réglé à une valeur supérieure au courant nominal,
par exemple à 1,2 / „ .

Choix el réglage du déclencheur magnétique

Le temps de fonctionnement du déclencheur magnétique est de l'ordre de 10 à 20 ms.


La valeur minimale du courant de court-circuit à l'instant de déclenchement est donc
le courant de court-circuit biphasé isolé pendant la période transitoire.

D'après le paragraphe 2.3.2.2, le courant de court-circuit biphasé isolé est :

Les résistances de l'alternateur étant négligeables devant les reactances, le


courant de court-circuit pendant la période transitoire est :

Or, la valeur de Xj est inférieure à X (voir tableaux 2-4). On peut donc, en


d

première approximation, prendre comme valeur minimale du courant de court-


circuit biphasé :

ccb. min

Le seuil de réglage du déclencheur magnétique doit être inférieur à I CCD

<
'm 'ccb. min
Protection des différents éléments du réseau 423

7.5.3. Protection contre les courts-circuits internes entre phases


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Les courts-circuits internes peuvent apparaître entre deux spires d'une même
phase ou de phase différentes, à la suite de la dégradation des isolants. Ces défauts
produisent des surintensités importantes entre phases.

La protection peut être assurée :


- soit par une protection différentielle à haute impédance (voir § 4.6.3.2)
- soit par une protection différentielle à pourcentage

7.5.4. Protection contre la coupure d'une phase ou l'inversion de deux phases

Elle est assurée par une protection à maximum de composante inverse (voir
§ 4.10). La protection contre l'inversion de deux phases peut être effectuée par une
protection de contrôle du sens de rotation des phases (voir § 4.16).

7.5.5. Protection contre les défauts internes entre phase et masse

La méthode de protection dépend du régime neutre et de l'emplacement de la


mise à la terre pour les régimes de neutre mis directement à la terre ou par
impédance de limitation. De plus, l'alternateur fonctionne découplé du réseau
pendant les périodes de démarrage et d'arrêt, ou lors d'essais. Le régime de neutre
peut alors être différent selon que l'alternateur est couplé ou découplé du réseau. Les
protections doivent donc être adaptées aux deux cas.

Le régime de neutre mis directement à la terre est déconseillé, car en cas de


défaut interne entre phase et masse, le courant de court-circuit à la terre est très
important et risque d'endommager fortement l'alternateur. 11 en résulte que si un
alternateur alimente directement (sans transformateur d'isolement) le réseau basse
tension :
- il est déconseillé d'installer un schéma TN,
- pour le schéma TT, il faut vérifier que les résistances des prises de terre
limitent suffisamment la valeur du courant de défaut à la terre,
- le schéma IT ne pose pas de difficulté particulière pour les défauts internes à la
masse car la valeur du courant de défaut à la terre est très faible.

7.5.5.1. Cas du neutre mis à la terre au niveau du stator de l'alternateur


La protection peut être assurée :
- soit par une protection différentielle à haute impédance, de manière identique
au cas du transformateur (voir § 4.6.3.4.1),
424 Protection des réseaux électriques

- soit par une protection à maximum de courant située sur la connexion de mise
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à la terre du point neutre.

7.5.5.2. Cas du neutre mis à la terre dans le réseau


On suppose que le point neutre du stator de l'alternateur est isolé. La protection
peut être assurée :
- par une protection à maximum de courant terre (voir § 4.2) située au niveau du
disjoncteur de protection de l'alternateur pour protéger celui-ci lorsqu'il est couplé
au réseau. Le seuil de courant peut être réglé à 10 % du courant maximal de défaut à
la terre (c'est-à-dire 10 % du courant de limitation pour un neutre mis à la terre par
une impédance de limitation). Ce seuil permet de protéger 90 % des enroulements
d'un alternateur couplé en étoile et 100 % des enroulements d'un alternateur couplé
en triangle (voir § 7.1.1.3.3). La temporisation peut être fixée à 0,1 seconde ;
- par un contrôleur permanent d'isolement (voir § 1.1.5.1 et 1.2.7.1.2) ou par une
protection à maximum de tension résiduelle (voir § 4.18) pour protéger l'alternateur
lorsqu'il est découplé du réseau. En effet, celui-ci est alors en régime de neutre isolé.

7.5.5.3. Cas du réseau à neutre isolé


La protection est assurée par un contrôleur permanent d'isolement (voir § 1.1.5.1
et 1.2.7.1.2) ou par une protection à maximum de tension résiduelle (voir § 4.18).
Notons que le dispositif de surveillance de l'isolement du réseau protège l'alternateur
lorsqu'il est couplé au réseau. Cependant, il est nécessaire d'installer un dispositif de
surveillance propre à l'alternateur pour le protéger lorsqu'il fonctionne découplé du
réseau.

7.5.6. Protection contre les défauts masse rotor

Le circuit d'excitation du rotor est à courant continu ; il est généralement isolé de


la masse. Sa protection peut alors être réalisée par un appareil à injection de courant
alternatif basse fréquence (2,5 à 10 Hz) qui détecte les défauts d'isolement. Le rotor
est mis hors tension et l'alternateur hors service dés que l'appareil détecte un défaut
d'isolement afin d'éviter un risque de défaut double qui pourrait détériorer le rotor.

7.5.7. Protection contre la perte d'excitation

Elle est réalisée par une protection contre les retours de puissance réactive (voir
§ 4.20). Cependant, cette protection est inefficace lorsque l'alternateur est découplé
du réseau de distribution publique.
Protection des différents éléments du réseau 425

7.5.8. Protection contre la marche en moteur


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Elle est réalisée par une protection contre les retours de puissance active
(voir § 4.21.3).

7.5.9. Protection contre une fréquence trop faible ou trop élevée

Elle est réalisée par une protection à minimum ou maximum de fréquence (voir
§4.19).

7.5.10. Protection contre une tension trop faible

Elle est assurée par une protection à minimum de tension (voir § 4.14).

7.5.11. Protection contre une tension trop élevée

Elle est assurée par une protection à maximum de tension (voir § 4.17).

7.5.12. Protection contre la fourniture de puissance active au réseau de


distribution publique

Elle est assurée par une protection contre les retours de puissance active (voir
§4.21.1).

7.5.13. Exemples de protections d'alternateurs

Alternateur de petite puissance

On suppose que le neutre est mis à la terre dans le réseau, directement ou par une
impédance de limitation.
426 Protection des réseaux électriques
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Figure 7.45. Protection d'un alternateur de petite puissance

Alternateur de moyenne puissance

On suppose que ie neutre est mis à la terre dans le réseau, directement ou par une
impédance de limitation.

Figure 7.46. Protection d'un alternateur de moyenne puissance


Protection des différents éléments du réseau 427

Bloc alternateur et transformateur


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Figure 7.47. Protection d'un bloc alternateur et transformateur


428 Protection des réseaux électriques

7.5.14. Indications de réglage des protections des alternateurs


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T y p e de défaut Réglages

Surcharge Protection à image thermique

- échauffement maximal autorisé : E = 115 à 120 %


s

- constante de temps : dépend de la taille de l'alternateur

Surveillance de la température

T : dépend de la classe thermique de l'alternateur


S

Protection par déclencheur magnéto-thermique pour protéger les


petits alternateurs

seuil thermique = 1,2 /„

Courts-circuits Alternateur avec maintien du courant à 3 /„


externes entre
Protection à maximum de courant phase à temps indépendant :
phases
- seuil de courant compatible avec les protections aval et inférieur
à 2,5 /„

- temporisation : sélectivité avec l'aval

Alternateur sans maintien du courant à 3 /„

- Protection à maximum de courant phase à retenue de tension


lr = 12 I„ :
- temporisation : sélectivité avec l'aval

Protection par déclencheur magnéto-thermique pour protéger les


petits alternateurs

VJ V
2X d
Protection des différents éléments du réseau 429

Type de défaut Réglages


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Courts-circuits Protection différentielle à haute impédance


internes entre I = 5 à 15 % de /„ , pas de temporisation
r

phases
Protection différentielle à pourcentage

- pente = 37,5 % , seuil minimum = 30 % de /„


- pas de temporisation

Coupure d'une Protection à maximum de composante inverse à temps dépendant


phase ou - l = 1 5 % de /„
r

inversion de
- activation de la protection en quelques secondes au seuil de réglage
deux phases

Courts-circuits Neutre mis à la terre au niveau du stator de l'alternateur


internes entre
Protection différentielle à haute impédance :
phase du stator l = 20 % de /„ , pas de temporisation
r

et masse
Protection à maximum de courant sur la connexion de mise à la terre
du point neutre :

I = 10 % de I( , temporisation : sélectivité avec l'aval


r

Neutre mis à la terre dans le réseau


Protection à maximum de courant terre au niveau du disjoncteur de
protection de l'alternateur :
I = 1 0 % de I( , temporisation = 0,1 seconde
r

Protection à maximum de tension résiduelle (ou contrôleur permanent


d'isolement) lorsque l'alternateur est découplé :
V j = 30 % de V , temporisation = quelques secondes
rs n

Neutre isolé

Protection à maximum de tension résiduelle (ou contrôleur permanent


d'isolement) :
V = 30 % de V , temporisation = quelques secondes
rsd n
430 Protection des réseaux électriques

T y p e de défaut Réglages
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Masse rotor Contrôleur d'isolement à injection de courant alternatif basse


fréquence (2,5 à 10 Hz)

Perte Protection contre les retours de puissance réactive


d'excitation
- \Q \ = 0,3 S„ (puissance apparente)
S

- temporisation = quelques secondes

Marche en Protection contre tes retours de puissance active


moteur
- P = 1 à 5 % de P
s n pour une turbine
- 5 à 20 % de P n pour un groupe diesel
- temporisation > 1 seconde

Fréquence trop Protection à minimum ou maximum de fréquence


faible ou trop
élevée - f r = ±2 Hz de la fréquence nominale
- temporisation = quelques secondes

Tension trop Protection à minimum de tension


faible
- U= r 0,75 à 0,8 U„
- temporisation en fonction de la sélectivité et des contraintes du
réseau

Tension trop Protection à maximum de tension


élevée
utilisation pour protéger contre une tension anormalement élevée :
U r = 1,1 U n avec une temporisation de l'ordre de 1 seconde.

utilisation pour vérifier la présence d'une tension suffisante :


U r = 0,95 U n avec une temporisation de l'ordre de 3 secondes.

Fourniture de Protection contre les retours de puissance active


puissance
active au réseau - P = 1 à 2 % de V 3 l
s n T C U nTT

de distribution
- 1 fc n '• calibre des transformateurs de courant
publique
- U„TJ '• calibre des transformateurs de tension
- temporisation nulle

Tableau 7.13. Indications de réglage des protections des alternateurs


Protection des différents éléments du réseau 431

7.6. Protection des batteries de condensateurs


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7 . 6 . 1 . Définition

Elément de condensateur

Dispositif constitué par deux électrodes séparées par un diélectrique (voir


figure 7.48).

Condensateur unitaire

Ensemble de plusieurs éléments de condensateurs connectés en série et en


parallèle, placés dans une même enveloppe et reliés à des bornes de sortie (voir
figure 7.48).

condensateur unitaire

élément de condensateur

Figure 7.48. Représentation d'un condensateur HT unitaire et des éléments de


condensateur

Batterie de condensateurs (ou batterie)

Ensemble de condensateurs unitaires raccordés de façon à être commandés par


un même appareil de coupure.
432 Protection des réseaux électriques

Batterie en gradins
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Association de plusieurs batteries dites en "gradins", chaque gradin est


commandé séparément.

4 gradins

Figure 7 . 4 9 . Batterie en gradins

7.6.2. Phénomènes électriques liés à l'enclenchement

L'enclenchement d'une batterie de condensateurs provoque un courant transitoire


très élevé. Son amplitude et sa fréquence dépendent des caractéristiques du réseau
amont et du nombre de batteries de condensateurs.

Le réseau amont est considéré comme une inductance pure L a telle q u e :

S cc : puissance de court-circuit au point de raccordement du condensateur


U n : tension composée nominale
l c c : courant de court-circuit triphasé symétrique au point de raccordement du
condensateur
w : pulsation du réseau (2n x 50)

La liaison reliant l'appareil de coupure (contacteur, disjoncteur ou interrupteur) à


la batterie de condensateurs est considérée comme une inductance pure de valeur
0,5 u / / / m , ce qui correspond à une impédance de 0,15 Q / km à 50 Hz (voir
§ 2.4.3.7.3).
Protection des différents éléments du réseau 433

Notons que négliger les résistances devant les inductances est justifié par la
valeur très élevée de la fréquence des courants transitoires (voir § 7.6.2.1 et
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§ 7.6.2.2).

7.6.2.1. Cas d'une batterie fixe


Le schéma monophasé équivalent est celui de la figure 7.50.

La : inductance du réseau amont


L : inductance de la liaison reliant l'appareil de coupure à la batterie de
condensateurs

Figure 7.50. Schéma monophasé équivalent d'une batterie fixe

On démontre que l'expression du courant crête d'enclenchement est (voir Annexe B) :

U„ : tension composée nominale

L'inductance L ne représente que quelques métrés de câble, elle est donc


négligeable devant L a , on en déduit :

La fréquence propre de ce courant est :


434 Protection des réseaux électriques

Sa durée est équivalente à la durée de la période transitoire d'un court-circuit,


c'est-à-dire quelques dizaines de ms (voir § 2.1.1).
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Comparons ce courant avec le courant nominal de la batterie :

d'où :

En posant :

on obtient :

et :

f : fréquence du réseau (50 Hz)

Exemple

Considérons une batterie fixe de 250 kVAR, de tension composée U„ = 5,5 kV,
alimentée par un réseau de puissance de court-circuit maximal S cc = 250 MVA :

7.6.2.2. Cas d'une batterie en gradins

Le schéma monophasé équivalent pour (n + l) gradins de condensateurs est


celui de la figure 7.51.
Protection des différents éléments du réseau 435
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LA : inductance du réseau amont


L : inductance de la liaison reliant l'appareil de coupure à la batterie de
condensateurs

Figure 7.51. Schéma monophasé équivalent d'une batterie en gradins

Le courant crête d'enclenchement I e est maximal lorsque n gradins sont en


m e
service et que l'on enclenche le ( « + l ) ^ . En effet, les gradins en service se
déchargent dans le gradin enclenché, les inductances L étant très faibles, ce
courant d'enclenchement est très important (il est indépendant de l'inductance du
réseau amont).

On démontre que l'expression du courant crête d'enclenchement est (voir


Annexe B ) :

U„ : tension composée nominale

La fréquence propre de ce courant est :

Sa durée est très courte, elle est de l'ordre de 1 ms.

Comparons, ce courant avec le courant nominal d'un gradin


436 Protection des réseaux électriques

d'où :
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f : fréquence du réseau (50 Hz)

Exemple

Considérons une batterie de 3 gradins de 350 kVAR, de tension composée


U„ = 5,5 kV , distants de 5 mètres de leur appareil de coupure associé.

on a :

d'où :

donc :

et :

Ce courant transitoire n'est pas admissible par les condensateurs et les appareils
de coupure, il faut installer des inductances pour limiter le courant d'enclenchement
(voir § 7.6.4.4).

7.6.3. Protection des batteries de condensateurs basse tension de rectiphase

Les caractéristiques des condensateurs étant spécifiques à chaque constructeur,


nous donnons en exemple le cas de la protection des condensateurs de rectiphase.

7.6.3.1. Dimensionnement thermique des matériels (appareils de coupure et câbles)


La surcharge admissible des batteries de condensateurs est de 30 % (gamme
standard). Les tolérances sur les valeurs des condensateurs peuvent conduire à une
majoration du courant de 5 % (la norme NF C 54-108 autorise une tolérance de
15 % ) . Compte tenu de l'effet cumulé des deux phénomènes, il faut dimensionner les
matériels pour un courant égal à 1,3 x 1,05 = 1,37 fois le courant nominal des
batteries de condensateurs.
Protection des différents éléments du réseau 437

7.6.3.2. Choix et calibrage des protections


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Dans le paragraphe 7.6.2, on montre que la valeur crête du courant


d'enclenchement d'une batterie de condensateurs peut être très élevée (surtout pour
une batterie en gradins). Dans la pratique, les batteries de condensateurs basse
tension de Rectiphase sont équipées d'un contacteur avec une résistance de
limitation du courant d'enclenchement.

Cette résistance permet :


- d e ne pas atteindre le courant maximal crête admissible par les batteries de
condensateurs, c'est-à-dire 100 fois leur courant nominal ;
- de ne pas atteindre le courant d'enclenchement maximal admissible par les
appareils de coupure (contacteur, disjoncteur ou interrupteur).

La protection des condensateurs basse tension peut être réalisée par des fusibles
ou des disjoncteurs.

7.6.3.2.1. Protection par disjoncteur

D'après le paragraphe 7.6.3.1, le calibre doit être supérieur à 1,37 I ncapa ; le


seuil thermique peut être réglé à cette valeur.

Kcapa '• courant nominal de la batterie de condensateurs

7.6.3.2.2. Protection par fusible


Cas d'une batterie fixe

Pour ne pas avoir de risque de fusion des fusibles après un grand nombre
d'enclenchements, le calibre doit être supérieur à 1,6 I • ncapa

Cas d'une batterie en gradins

Le calibre du fusible de chaque gradin doit être supérieur à 1,6 l n c a p a .


'ncapa courant nominal d'un gradin

Le calibre du fusible de la batterie doit être supérieur à 1,4 J .


nbat

Inbat courant nominal de la batterie


438 Protection des réseaux électriques
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fusible de la batterie

fusible d'un gradin

Figure 7.52. Protection par fusible d'une batterie en gradins

On peut remarquer que le coefficient de majoration du calibre du fusible de la


batterie est 1,4 au lieu de 1,6 (pour une batterie fixejcar les gradins ne sont pas
enclenchés simultanément.

Cas des condensateurs munis d'inductances anti-harmoniques ou de filtres


Le calibre des fusibles est choisi en fonction du courant efficace nominal (tenant
compte des harmoniques).

Rappelons que la valeur du courant efficace est :

/] : valeur du courant fondamental


Ij : valeur du courant harmonique de rang i

Le calibre du fusible de chaque gradin doit être supérieur à 1,4 l e c a p a

I e c a p a '• courant efficace nominal d'un gradin

Le calibre du fusible de la batterie doit être supérieur à 1,2 l e b m

le b a l : courant efficace nominal de la batterie


Protection des différents éléments du réseau 439

Notons que les coefficients de majoration des calibres des fusibles sont inférieurs
au cas où il n'y a pas d'inductances anti-harmoniques ou de filtres. En effet, les
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inductances limitent le courant d'enclenchement.

7.6.4. Protection des batteries de condensateurs haute tension de rectiphase

Les caractéristiques des condensateurs étant spécifiques à chaque constructeur,


nous donnons en exemple le cas de la protection des condensateurs de rectiphase.

7.6.4.1. Constitution des condensateurs haute tension


Les condensateurs haute tension sont constitués à partir d'éléments mis en série
pour tenir la tension, et mis en parallèle pour obtenir la capacité voulue. Il existe
deux types de condensateurs selon qu'ils possèdent ou non des fusibles de protection
internes.

7.6.4.1.1. Condensateurs sans fusible de protection interne


La défaillance du condensateur est due au claquage d'un élément interne. Le
défaut d'un élément provoque la mise en court-circuit d'un groupe d'éléments en
parallèle. Il s'ensuit une élévation de la tension sur les autres groupes d'éléments en
parallèle (voir figure 7.53).

défaut interne,
court-circuit d'un groupe J

Figure 7.53. Condensateur sans fusible de protection interne


440 Protection des réseaux électriques

Il n'y a pas de dispositif de protection à l'intérieur du condensateur, le défaut ne


sera donc éliminé que par la mise hors tension de la batterie provoquée par la
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détection d'une surintensité.

Ce type de condensateur est utilisé :


- e n batterie triangle protégée par des fusibles ou des protections à maximum de
courant,
- en batterie double étoile avec une protection contre les déséquilibres entre
points neutres (voir § 4.28).

7.6.4.1.2. Condensateurs avec fusibles de protection internes


Chaque élément est protégé par un fusible. En cas de défaut d'un élément, celui-
ci est isolé (voir figure 7.54). Il s'ensuit une faible variation de la capacité, et le
courant augmente légèrement.

É É
défaut interne,
élément isolé

Figure 7.54. Condensateur avec fusibles de protection internes


Protection des différents éléments du réseau 441

Ce type de condensateur n'est utilisé qu'en montage double étoile (voir


figure 7.56). Le relais de déséquilibre est réglé afin que la défaillance d'éléments
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condensateurs provoque le déclenchement de la batterie lorsque la tension sur les


autres éléments devient trop importante.

La protection par fusibles internes augmente la fiabilité des batteries de


condensateurs car la défaillance d'un élément ne conduit pas systématiquement au
déclenchement de la batterie.

7.6.4.2. Schéma des batteries de condensateurs


7.6.4.2.1. Batterie en triangle

Dans ce type de schéma, les condensateurs avec fusibles internes ne sont jamais
utilisés car leur pouvoir de coupure n'est pas prévu pour couper les courants de
court-circuit des réseaux.

Figure 7.55. Batterie en triangle

7.6.4.2.2. Batterie en double étoile


La batterie est divisée en deux étoiles. Lorsqu'un condensateur est en défaut, il
apparaît un courant de déséquilibre dans le circuit de neutre. Ce courant est détecté
par une protection appropriée (voir § 4.28). Ce type de batterie permet l'utilisation
de condensateurs avec ou sans fusibles internes.
442 Protection des réseaux électriques
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Figure 7.56. Batterie en double étoile

7.6.4.3. Dimensionnement thermique des matériels (appareils de coupure et câbles)


Compte tenu des surcharges admissibles et des tolérances sur les valeurs des
condensateurs, les matériels doivent être dimensionnés pour un courant égal à 1,43
fois le courant nominal de la batterie de condensateurs.

7.6.4.4. Limitation du courant d'enclenchement par l'insertion d'une inductance


de choc
Les condensateurs haute tension ne possèdent pas de contacteur avec résistance
de limitation du courant d'enclenchement (contrairement à la basse tension). Afin
d'assurer la pérennité des matériels, la valeur du courant d'enclenchement doit être
inférieure à :
- la valeur crête maximale du courant admissible par les condensateurs
•capa, m a x >
- la valeur crête maximale du courant d'enclenchement des appareils de coupure
pour un nombre de manœuvres spécifiés l e n c \^ .

La valeur crête maximale du courant admissible par les condensateurs est égale à
100 fois la valeur du courant nominal. Le tableau 7.14 donne les courants
d'enclenchement maximaux et le nombre de manœuvres maximal des appareils de
coupure Merlin Gerin.
Protection des différents éléments du réseau 443

utilisation avec le n o m b r e utilisation avec ie


maximal d'enclenchement c o u r a n t maximal
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d'enclenchement

Appareil Désignation N o m b r e maxi. I encl. N o m b r e de I encl.


de manoeuvres correspondant manoeuvres max
(N max.) à N max à
k I encl. max kÂ

Disjoncteur SF1 10000 10 3 500 15

SF2 10 000 13 2 000 25

LF1 10 000 13 2 000 25

LF2 10 000 13 2 000 25

LF3 10 000 13 2 000 25

Contacteur Rollarc 80 000 2 15 000 4

Interrupteur ISI'I 10 000 10 3 500 15

Tableau 7.14. Courants d'enclenchement maximaux et nombre de manœuvres maximal


des appareils de coupure Merlin Gerin

Lorsqu'une de ces conditions n'est pas remplie, il faut insérer une inductance de
:hoc £ entre le condensateur et l'appareil de coupure (voir figure 7.57) afin de
limiter la valeur du courant d'enclenchement. Notons que l'inductance de la liaison
reliant l'appareil de coupure à la batterie de condensateur (0,5 uH/m) est négligeable
devant l'inductance de choc (de l'ordre de 100 uH).

Figure 7.57. Insertion d'inductances de choc pour limiter le courant d'enclenchement


444 Protection des réseaux électriques

Cette inductance permet de limiter le courant d'enclenchement à une valeur


inférieure au courant admissible par le condensateur et l'appareil de coupure.
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La condition qui doit être satisfaite est :

le < min(/ c o / ) a m a x ,/ „ e c / jvj

7.6.4.4.1. Cas d'un seul condensateur

II n'est généralement pas nécessaire d'insérer une inductance de choc car le


courant d'enclenchement n'est pas très important (voir § 7.6.2.1), sauf dans le cas où
la puissance de court-circuit du réseau S est élevée et la puissance de cc

compensation Q est faible.

D'après l'expression de du paragraphe 7.6.2.1, on détermine

l'inductance de choc lorsqu'elle est nécessaire.

Soit I e,e.max
cr la plus petite valeur entre f , capa max et l e n c L N :

= m n
I crête, max ' {j capa. max > lend. N )

il faut prendre :

£ : uH
U n : tension composée en kV
Q : MVAR
Scc : MVA
Icrête, max • ^ crête

7.6.4.4.2. Cas d'une batterie de n + 1 gradins de condensateurs

Le courant crête maximal d'enclenchement est généralement très élevé (voir


§ 7.6.2.2), l'insertion d'une inductance de choc s'avère donc souvent nécessaire.
Protection des différents éléments du réseau 445

D'après l'expression de du paragraphe 7.6.2.2, on détermine


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l'inductance de choc lorsqu'elle est nécessaire.

e t
Soit I ê, ,max
cr e la plus petite valeur entre I pa,max ca l nd,N
e

= m n
Icrête,max ' {jcapa,max. > ^encl,N)

il faut prendre :

£ : uH
Q : puissance réactive d'un gradin de condensateurs en MVAR
I crête,max '• kA crête
n : nombre de gradins

Les conditions sur le dimensionnement de l'inductance sont :


- courant permanent nominal : 1,43 l„ capa ,
- tenue thermique aux surintensités : 30 à 50 I ncapa pendant 1 seconde,

- t e n u e électrodynamique : valeur crête du courant d'enclenchement, elle est


inférieure ou égale à min ( / c a / M ) m a x , î i,\)
enc •

Exemple

Reprenons l'exemple du paragraphe 7.6.2.2, une batterie de 3 gradins de


350 kVAR, de tension composée U = 5,5kV , distants de 5 mètres de leur appareil
n

de coupure associé.

On suppose que :

- =
I capa, max ' ^0 I pQ
nca

on a : Q= ^>U I n ncapa
446 Protection des réseaux électriques

d'où :
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Dans le paragraphe 7.6.2.2, on montre que :

d'où :

Le courant crête ne peut donc être supporté ni par la batterie ni par l'appareil de
coupure. Il faut donc insérer une inductance de choc.

100 I n c a p a = 3670 A , c'est donc la condition la plus restrictive,

il faut alors prendre :

£ > 24,5 \xH

Une inductance de valeur normalisée 50 uH convient.

7.6.4.5. Choix et réglage des protections contre les surintensités


La protection contre les surintensités peut être réalisée par un fusible ou par un
disjoncteur équipé d'une protection à temps indépendant à double seuil.

7.6.4.5.1. Protection par fusible


Le courant d'enclenchement, même limité par l'inductance de choc, peut
entraîner la détérioration des fusibles. Pour déterminer le calibre du fusible, il faut
calculer la valeur crête du courant d'enclenchement, comme indiqué un paragraphe
7.6.2, et déterminer la constante de temps de ce courant transitoire. La méthode est
assez complexe, elle nécessite de connaître la résistance du réseau amont et la
résistance des fusibles. Il existe des logiciels de calcul permettant de déterminer le
calibre des fusibles.

Dans la pratique, on trouve des calibres de 1,8 à 2,5 fois la valeur du courant
nominal de la batterie de condensateurs.
Protection des différents éléments du réseau 447

7.6.4.5.2. Protection par disjoncteur équipé d'une protection à temps indépendant à


double seuil
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Seuil bas : l rb

Il protège contre les surcharges. Il doit être réglé à une valeur supérieure à 1,43 fois le
courant nominal de la batterie de condensateurs :

Kb — lncapa

La temporisation 7j peut être réglée à plusieurs secondes.

Lorsque le courant n'est pas sinusoïdal, la protection contre les surcharges doit
mesurer la vraie valeur efficace du courant :

/ | : valeur du courant fondamental


/ , : valeur du courant harmonique de rang /

Seuil haut : l rh

U protège contre les courts-circuits. Il doit être réglé à une valeur inférieure au
courant de court-circuit minimal :

Irh <0,8 / c c > m i n

Les calculs montrent que la durée du courant d'enclenchement est faible (surtout
dans le cas de batteries en gradins). Elle est toujours inférieure à 200 ms. La
temporisation 7J, peut donc être fixée à 0,2 seconde.

7.6.4.5.3. Protection contre les défauts internes des batteries montées en double
étoile
Elle est réalisée par un relais de protection contre les déséquilibres entre points
neutres (voir § 4.28) qui permet de détecter la circulation d'un courant dans la
liaison entre les deux points neutres. Ce courant, crée par la détérioration d'éléments
condensateurs, caractérise un défaut interne. Le seuil de réglage est donné par les
constructeurs. La temporisation peut être fixée à 0,1 seconde.
448 Protection des réseaux électriques

7.7. Protection des alimentations sans interruption (ASI)


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Le schéma d'une ASI avec un seul onduleur est représenté par la figure 7.58.
Nous allons déterminer le choix et les réglages des disjoncteurs D l , D2 , D3 et
D cc permettant d'assurer la protection contre les courts-circuits de manière
sélective.

tableau
général BT

réseau 1

Figure 7.58. ASI avec un seul onduleur

7.7.1. Choix des calibres des disjoncteurs

Calibre de D2

Il est déterminé par le courant d'utilisation lu :

l S
cal.D2 K

Calibre de D cc

Il est déterminé par le courant maximal lb m a x débité par la batterie :

l cal,Dec — A), max

Calibre de D l

Il est déterminé par le courant maximal d'entrée ly du redresseur lorsque la


batterie est en recharge :
Protection des différents éléments du réseau 449

{
cal,Dl - h
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A titre indicatif, le tableau 7.15 donne les valeurs de /„ , I b m a x et /i pour


les ASI de type GALAXY de Merlin Gerin, pour une autonomie de 10 min. et
15 min.

Les valeurs indiquées correspondent aux conditions suivantes :


- à pleine charge d'utilisation sous costp = 0,8 ,
- pour une tension nominale du réseau 1 égale à 4 0 0 V.

Pour des tensions nominales du réseau 1 égales à 3 8 0 V et 4 1 5 V, il faut


multiplier les valeurs des courants I\ et I respectivement par 1,05 et 0,96.
u

puissance /, (A~) 4 (A~> ^b, max ~)


nominale

(en kVA) en en recharge en recharge


floating autonomie autonomie
10 min. 15 min.

40 65 80 81 58 102

60 97 120 121 87 152

80 130 170 172 116 204

100 162 211 213 145 252

120 195 252 254 173 303

160 257 326 327 231 404

200 321 404 411 289 505

250 402 507 513 361 631

300 482 608 617 433 757

Tableau 7.15. Courants absorbés par les ASI de type GALAXY de Merlin Gerin
450 Protection des réseaux électriques

Calibre de D3
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Il est déterminé par le courant nominal de chaque départ. Le paragraphe 7.7.3


indique la condition à satisfaire sur le calibre du disjoncteur D3 pour assurer la
sélectivité avec le disjoncteur D2 .

7.7.2. Choix du pouvoir de coupure des disjoncteurs

Les disjoncteurs D l , D2 et D3 doivent avoir un pouvoir de coupure supérieur


ou égal au courant de court-circuit maximal au point de raccordement de l'ASl. Le
disjoncteur D ccdoit avoir un pouvoir de coupure en courant continu supérieur au
courant de court-circuit de la batterie.

7.7.3. Contraintes pour assurer la sélectivité

Assurer la sélectivité consiste, en cas de défaut sur un départ, à déclencher D3


sans déclencher D2 ni déclencher l'onduleur par auto-protection. Les méthodes de
sélectivité sont différentes selon que la sélectivité est exigée ou non même lorsque
l'utilisation est alimentée par l'onduleur seul, c'est-à-dire lorsque le réseau 2 est hors
service.

7.7.3.1. Sélectivité uniquement lorsque le réseau 2 est en service


L'étude de sélectivité se ramène à une étude classique entre un disjoncteur amont
D 2 et un disjoncteur aval D 3 . En effet, un court-circuit en aval d'un départ
provoque, du fait des séquences de fonctionnement automatiques de l'ASI, le
basculement sur le réseau 2 dans un temps très court (< 1 ms) grâce au contacteur
statique. Les disjoncteurs D 2 et D3 voient donc le courant de court-circuit du
réseau 2.

Lorsque le défaut est éliminé par le disjoncteur D 3 , les séquences de


fonctionnement automatiques de l'ASI provoquent le retour sur le réseau 1 sans
coupure grâce au contacteur statique.

Le réseau 2 peut bénéficier d'une alimentation de secours par un groupe


électrogène. La sélectivité doit alors être réalisée dans les deux cas d'alimentation,
par le groupe et par le réseau.

La liaison reliant le réseau 2 au contacteur statique peut être équipée d' un


transformateur d'isolement BT / BT, ce qui réduit la valeur des courants de
Protection des différents éléments du réseau 451

court-circuit au niveau des départs. Il est alors encore plus aisée d'obtenir la sélectivité
entre D2 et D 3 .
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7.7.3.2. Sélectivité même lorsque le réseau 2 est hors service


L'utilisation est alimentée par l'onduleur qui doit être capable de fournir un
courant de court-circuit permettant de faire déclencher le disjoncteur D3 de
calibre le plus élevé.

Lors d'une surintensité, les onduleurs fonctionnent en limiteur de courant crête.


Par exemple, les onduleurs de Melin Gerin limitent le courant crête à 2,33 fois le
courant nominal pendant 1 seconde. Au-delà de 1 seconde, l'onduleur se met hors
service par auto-protection. Ainsi, un court-circuit sur un départ provoque un
courant limité par l'onduleur pendant la durée d'élimination du défaut par le
disjoncteur D3 (de l'ordre de 20 ms). Après l'élimination du défaut, l'onduleur
reprend son fonctionnement normal.

La sélectivité est assurée si le courant limité est suffisant pour déclencher le


disjoncteur D3. Il faut donc que le seuil magnétique du disjoncteur (voir § 5.1.5)
soit inférieur au courant crête limité par l'onduleur. Généralement, il faut choisir un
seuil bas, par exemple un déclencheur de type B suivant la norme CEI 947-2

Notons que lorsque l'onduleur fonctionne en limiteur, il fournit un signal carré,


la valeur crête limitée est donc égale à la valeur efficace limitée.
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Annexe A

Calcul du courant transitoire d'un court-circuit


alimenté par le réseau de distribution publique

Le schéma équivalent du réseau amont lors d'un court-circuit franc est celui de la
figure A . l .

E (t) : tension simple


R, L : résistance et inductance équivalentes aux câbles, aux lignes et aux
transformateurs parcourus par le courant de court-circuit ramenées à la
tension E

Figure A.l. Schéma équivalent lors d'un court-circuit franc

On suppose qu'à l'instant d'apparition du court-circuit, la phase de la tension est a .


454 Protection des réseaux électriques

Le courant / ( / ) est déterminée par l'équation différentielle suivante :


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E(/) = 0 pour /<0


avec :
pour />0
E(t) = E sin (ça / +ct)
Nous allons résoudre cette équation différentielle par les transformées de
Larjlace. Elle devient :

E{p)=R/(p)+ L[p/{p)-i{t=0)]

On suppose que le courant est nul (négligeable) avant le défaut, donc


/ (/ = 0) = 0 ,

d'où : E{p)=R/{p) + Lp/(p)

Les tables de transformées de Laplace nous donnent :

y (/) sin (co / + a)

d'où :

Pour inverser la transformée de Laplace /(p) , il faut l'écrire sous la forme


suivante :
Annexe A 455

Grâce aux mathématiciens, on sait qu'elle peut s'écrire sous cette forme. Nous
allons donc chercher les valeurs des coefficients A , B et C .
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Recherche du coefficient C

En multipliant les deux termes de l'équation par et en prenant

, on obtient :

Posons :

Soit (p le déphasage entre la tension et le courant en régime établi, on a alors :

et

d'où :

Recherche du coefficient A

Si l'on fait tendre p vers l'infini, on obtient l'équation suivante :

terme en
456 Protection des réseaux électriques

d'où :
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Recherche du coefficient B

Si l'on fait tendre p vers 0, on obtient l'équation suivante :

1 1
en utilisant 1 - sin op = cos (p , on obtient :
Annexe A 4 5 7

Détermination de l'expression de i(t)


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On peut donc écrire /(/?) sous la forme suivante :

Les tables de transformée de Laplace nous permettent de déduire / (/) :


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Annexe B

Calcul du courant transitoire lors de


l'enclenchement d'une batterie
de condensateurs

B.l. Cas d'une batterie fixe

Le schéma monophasé équivalent lors de l'enclenchement d'une batterie fixe est


celui de la figure B.l.

£(/) : tension simple


La inductance du réseau amont
L inductance de la liaison reliant l'appareil de coupure à la batterie de
condensateurs

Figure B.l. Schéma équivalent lors de l'enclenchement d'une batterie fixe


460 Protection des réseaux électriques

Nous allons montrer que la fréquence du courant transitoire apparaissant à


l'enclenchement est très élevée (voir exemple du § 7.6.2.1). Il est donc justifié de
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négliger la résistance du réseau amont devant son inductance :

Ra « 2 n /o L a car / 0 » 50 Hz

De même, la résistance de la liaison reliant l'appareil de coupure au


condensateur est négligeable.

La fréquence du réseau (50 Hz) est négligeable devant la fréquence du courant


transitoire. On peut donc considérer, que lors de l'enclenchement, un échelon de
tension est appliqué pendant toute la durée du courant transitoire.

Dans le pire des cas, la valeur de l'échelon est égale à la valeur crête de la
tension sinusoïdale :

V3

U„ : tension composée

Le courant /'(/) est déterminé par l'équation différentielle suivante :

avec: [£(/) = 0 pour r<0


(£(/) = £ pour />0

Nous allons résoudre cette équation différentielle par les transformées de


Laplace. Elle devient :

l^
P + L)lp!( )-l(i = P 1
0)]
<~p
+ ± l { p ) - * ^
p

Avant l'enclenchement, le courant est nul et on suppose que la tension aux


bornes du condensateur est nulle,

d'où : / (t = 0) = 0 et V (t = 0) = 0
c
Annexe B 461

on a donc :
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d'où :

Posons :

on en déduit :

Les tables de transformée de Laplace nous permettent de déduire /(r) :

d'où :

La valeur crête maximale du courant d'enclenchement est donc :

et sa fréquence est :
462 Protection des réseaux électriques

B.2. Cas d'une batterie en gradins


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Le schéma monophasé équivalent lors de l'enclenchement d'une batterie en


gradins est celui de la figure B.2.

n +I

La : inductance du réseau amont


L : inductance de la liaison reliant l'appareil de coupure à la batterie de
condensateurs

Figure B.2. Schéma équivalent lors de l'enclenchement d'une batterie en gradins

Le courant crête d'enclenchement l e est maximal lorsque n gradins sont en


eme
service et que l'on enclenche le [n + \) , car les gradins en service se déchargent
dans le gradin enclenché. L'inductance du réseau amont est très grande devant
l'inductance L , on néglige donc le courant fourni par la partie amont (le réseau).

Dans le pire des cas, on suppose qu'à l'instant d'enclenchement, la tension aux
bornes de chaque condensateur en service est :

Le schéma équivalent est celui de la figure B.3.


Annexe B 463
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Ê : condition initiale de tension aux bornes des condensateurs en service

Figure B.3.

Le schéma comporte n branches en parallèle d'impédance

impédance équivalente est donc (voir § 2.4.2) :

Le schéma devient celui de la figure B.4.

Figure B.4.
464 Protection des réseaux électriques

Il y a deux inductances en série :


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et deux condensateurs en série :

On obtient alors le schéma de la figure B.5.

Figure B.5.

Ce schéma est de la même forme que dans le cas d'une batterie fixe. En
reprenant l'expression du courant crête pour le cas d'une batterie fixe (voir § B.l), il
vient immédiatement :

d'où :

et :
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Annexe C

Valeur du pic de tension et valeur efficace du


courant au secondaire d'un transformateur de
courant saturé

Considérons un courant primaire dont la valeur crête I lp est à la limite de la


saturation du transformateur de courant.

Soit Ijp la valeur crête d'un courant primaire supérieur à î\ p . Ijp provoque
donc la saturation du TC.

Soient l\ et 7 2 les valeurs crêtes des courants au secondaire du TC


correspondant à I\ p et l^p par le rapport de transformation. Ij est la valeur
théorique que l'on obtiendrait s'il n'y avait pas de phénomène de saturation.

Les courbes de courant ont l'allure de la figure C. 1 (voir figure 3.5).

D'après le paragraphe 3.1.2.1, l'induction magnétique B est proportionnelle à

La surface sous la courbe de courant est donc proportionnelle à B. Le

courant /] étant à la limite de la saturation, la surface S\ située sous la courbe /]


est proportionnelle à l'induction magnétique de saturation.
466 Protection des réseaux électriques
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(sans saturation)

Figure C l . Allure des courbes de courant au secondaire du TC

Posons x = a) / , on a :

La surface S 2 sous la courbe / 2 est :

xs : angle de saturation correspondant à l'instant de saturation

Le courant / 2 saturant le TC à l'angle x , s la surface S2 est proportionnelle à


l'induction magnétique de saturation, on a donc :

S =S,
2

d'où :
Annexe C 467

C l . Détermination de la valeur du pic de tension


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Connaissant l'angle de saturation, on peut déduire la valeur du pic de courant :

On suppose que le transformateur de courant a une charge résistive R + Rj


(voir § 4.6), la valeur du pic de tension est donc :

R : résistance du relais de protection ou résistance de stabilisation


Rct : résistance des enroulements du transformateur de courant
Rj : résistance des fils reliant le transformateur de courant au relais de protection
Vjc : valeur de la tension de coude du transformateur de courant (valeur efficace)
Vj : valeur efficace de la tension qui apparaîtrait aux bornes du TC s'il n'y avait
pas de phénomène de saturation

On en déduit :
468 Protection des réseaux électriques

C.2. Détermination de la valeur efficace du courant en régime saturé


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Sur une alternance, on a par définition :

d'où : avec

Cette formule est assez compliquée, nous allons la simplifier en supposant que le
transformateur de courant est fortement saturé. x s est alors proche de zéro, d'où :
sin x s x pour x < x s .

En reprenant la méthode permettant de déterminer x s , il vient :


Annexe C 469

En écrivant S = S] , on obtient :
2
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d'où :

on a donc

d'où:

or :

On en déduit :

d'où :

La formule ainsi déterminée est valable pour un TC fortement saturé. Pour un


courant à la limite de la saturation, c'est-à-dire / 2 = I\ , on voit que = 1,3 / 2 ;
l'erreur d'approximation est donc de 30 %. Par une application numérique, résumée
dans le tableau C l , on voit que l'approximation est bonne pour / 2 > 3 / | , et
qu'elle donne toujours une valeur par excès.
470 Protection des réseaux électriques
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Igff approchée erreur


11 leff
en %
l\ vraie

1 1 1,3 +30

1,3 1,26 1,44 + 14

2 1,41 1,55 + 10

3 1,62 1,71 + 6

5 1,89 1,94 + 3

10 2,28 2,31 + 1.3

Tableau C l . Comparaison entre la vraie valeur efficace et la valeur approchée

Pour un TC fortement saturé, la valeur efficace du courant est proportionnelle à

/ 2 à la puissance . Ainsi, malgré la saturation la valeur efficace du courant

augmente. Une protection à maximum de courant efficace est donc activée même si
le TC sature. Cependant, pour une protection à temps dépendant (voir § 4.1.2), la
temporisation réelle peut être supérieure à celle attendue pour le courant calculé en
raison de la saturation. En effet, la saturation diminue fortement la valeur efficace

du courant (puissance
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CET OUVRAGE A ÉTÉ COMPOSÉ


PAR LES ÉDITIONS HERMÈS
R E P R O D U I T ET A C H E V É D ' I M P R I M E R
PAR L ' I M P R I M E R I E FLOCH À M A Y E N N E
EN JUIN 1998.
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D É P Ô T L É G A L : JUIN
N° D ' I M P R I M E U R : 4 3 9 3 6 .
1998.
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Protection des réseaux électriques est destiné aux ingénieurs, aux
teehniciens de bureau d'études et aux exploitants travaillant dans le
domaine de l'électricité. Il contient les intormations théoriques et
pratiques permettant de c o n c e v o i r et de régler le s y s t è m e de
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protection d'un réseau électrique. Il comporte .sept parties :


- les régimes du neutre,
- l'étude des courts-circuits (maximaux, minimaux, à la terre, régi-
mes transitoires),
- les transformateurs de courant et de tension,
- les fonctions de protection et leurs applications (maximinn de cou-
rant phase, terre, diiectionnel, différentiel, image thermique, retour
de puissance active et réactive),
- les disjoncteurs et les fusibles,
- la sélectivité (ampcremétrique, chronométrique, logique, entre
fusible et di.sjoncteur),
- la protection des transformateurs, des moteurs, des alternateurs,
des jeux de barres, des condensateurs, des réseaux en boucles et des
réseaux à deux arrivées.

Les explications pratiques sur le fonctionnement des protections et


les tableaux lécapitulatifs de réglage rendent cet ouvrage accessible
à tout IccteiH" quel que soit son ni\eau de connaissance, et en loni
un outil de travail quotidien.
1

L'auteur

Christophe Prévé est ingénieur de l'Ecole Supérieure d'Electricité. Il


est expert dans la division protection et contrôle commande des
réseaux électriques de Schneider.

Editions HERMES
8, quai du Marché-Neuf
75004 Paris
9 "782866"01 6883"

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