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Cours Successions Liberalites 2025

Le droit des successions régit la transmission des biens d'une personne décédée, avec des règles spécifiques sur la désignation des héritiers et l'application des lois en vigueur au moment de la succession. Les conditions pour succéder incluent l'existence au moment du décès et l'absence d'indignité successorale, avec des distinctions entre l'indignité de plein droit et facultative. La dévolution successorale suit des principes de hiérarchie des ordres d'héritiers et de priorité selon le degré de parenté.

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Cours Successions Liberalites 2025

Le droit des successions régit la transmission des biens d'une personne décédée, avec des règles spécifiques sur la désignation des héritiers et l'application des lois en vigueur au moment de la succession. Les conditions pour succéder incluent l'existence au moment du décès et l'absence d'indignité successorale, avec des distinctions entre l'indignité de plein droit et facultative. La dévolution successorale suit des principes de hiérarchie des ordres d'héritiers et de priorité selon le degré de parenté.

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COURS DES SUCCESSIONS ET DES

LIBÉRALITÉS
INTRODUCTION
Le droit des successions organise la transmission des biens de la personne décédée, appelée de cujus. Lorsqu’une
personne décède, ses biens ne disparaissent pas, ils se transmettent à un successeur « mortis causa ». La
succession est donc la transmission à cause de décès, par opposition à la transmission à cause de vifs ; elle peut
être rangée parmi les différents modes d’acquérir la propriété d’un bien. Le droit des successions a pour source le
Code de la Famille issu de la loi n° 72- 61 du 12 juin 1972 entrée en vigueur le 1er Janvier 1973.
Cependant, préciser que le code de la famille ne s’applique pas toujours en matière successorale en raison des
règles d’application de la loi dans le temps. Selon l’article 838 al. 1 CF, la loi applicable à la désignation des
successeurs, à l’ordre dans lequel ils sont appelés (autrement dit à la dévolution successorale), à la transmission
de l’actif et du passif à chacun d’entre eux et à l’option des héritiers, est celle en vigueur au jour de l’ouverture de
la succession.
Par ailleurs, il faut noter une différence particulière par rapport au droit français. En effet, on remarque l’article
399 al. 2 CF exige seulement que l’enfant soit né vivant, alors qu’en droit français l’enfant doit être né viable.
L’enfant viable est celui qui naît vivant et qui, en plus, compte tenu des données biologiques et médicales, pourra
vivre. Un enfant peut donc naître vivant sans être pour autant viable. Au Sénégal, il aura des droits sur le
patrimoine du de cujus ; il pourra succéder et transmettre ses droits, même s’il meurt quelques temps après sa
naissance. Animateur: Dr. Samba DABO FSJP/UCAD
INTRODUCTION
Toutefois, l’article 838 al. 2 CF dispose que le règlement successoral est régi pour le partage de l’actif et la répartition du
passif par la loi en vigueur au jour où intervient l’acte de partage. Compte tenu de ces dispositions, on peut voir coexister la
loi ancienne et la loi nouvelle. Par exemple, si une personne est décédée avant l’adoption du Code de la famille et que le
partage de la succession a lieu après l’entrée en vigueur de ce Code, la loi ancienne (le Code civil français ou le droit
coutumier) s’appliquera pour désigner les héritiers alors que le Code de la famille régira le partage. D’où l’intérêt de
connaître la date d’ouverture de la succession.
Il ressort de l’article 397 al. 1 CF que la date d’ouverture de la succession est la date du décès. Cette date pose, cependant,
problème dans l’hypothèse des comourants, c’est-à-dire des personnes qui périssent dans un même événement ou des
événements concomitants, celui, des comourants qui a survécu ne serait-ce que quelques instants, recueille la succession de
l’autre et le transmet ensuite à ses propres héritiers. En revanche, si l’ordre du décès n’est pas connu, les comourants sont
présumés décédés au même instant, aucun n’hérite de l’autre et le patrimoine de chacun est transmis à ses propres héritiers.
C’est vrai, il est souvent très difficile d’établir avec précision le moment des décès respectifs des comourants. C’est pourquoi
l’article 398 al. 1 CF décide que si l’ordre n’est pas connu, les comourants sont présumés être décédés au même instant, sauf
preuve contraire qui peut être administrée par tous moyens.
Le lieu d’ouverture de la succession (c’est le dernier domicile du défunt) est également important. D’abord, il permet de
déterminer le tribunal compétent pour connaître les actions successorales. En effet, le tribunal compétent est celui du lieu
d’ouverture de la succession sauf en matière immobilière ou de fonds de commerce). Ensuite, il permet de régler les conflits
de loi dans l’espace car la loi du lieu d’ouverture est compétente pour l’option successorale, la mise en possession des
héritiers, à l’indivision et au partage.

Animateur: Dr. Samba DABO FSJP/UCAD


CHAPITRE I. LES SUCCESSIONS DE DROIT COMUN
SECTION I. LES CONDITIONS REQUISES POUR SUCCEDER
Paragraphe I. L’existence au moment de l’ouverture de la succession
Selon l’article 399 al. 1 CF « ne peuvent succéder que les personnes dont l’existence est
certaine à l’instant du décès ». Par conséquent, l’absent ne peut succéder car son
existence est incertaine. Cette disposition est confortée par l’article 521 CF qui prévoit
que les personnes présumées ou déclarées absentes sont représentées par leurs
descendants légitimes. Cependant, « l’enfant simplement conçu peut succéder s’il nait
vivant » (Art. 399 al. 2 CF). Cet article est une application de l’adage qui prévoyait que
l’enfant simplement conçu est réputé né chaque fois qu’il y va de son intérêt. D’ailleurs,
la règle est reprise par l’article 1er CF selon lequel : « [...] l’enfant peut acquérir des
droits du jour de sa conception s’il naît vivant ».
La date de la conception est déterminée par l’article 1er du CF qui est fixée entre le 180è
me jour et le 300ème jour précédant sa naissance, c’est-à-dire entre le 6ème et 10ème
mois.
L’existence du successible est une condicon nécessaire mais insuffisante. Elle doit être
complétée par la condicon relacve à l’absence d’indignité́ successorale.
ANIMATEURDR. SAMBA
DABO FSJP/UCAD
SECTION I. LES CONDITIONS REQUISES POUR SUCCEDER
Paragraphe II. L’absence d’indignité successorale
A. Les causes d’indignité successorale
Les articles 400 et 401 prévoient expressément l’indignité de plein droit et l’indignité facultative.
1. Indignité de plein droit
L’indignité de plein droit signifie que la personne est indigne sans qu’une déchéance ne soit
prononcée en justice. Ainsi, selon l’article 400 CF « est indigne de succéder et comme tel exclu
de la succession, celui qui a été condamné en tant qu’auteur, coauteur ou complice pour avoir
volontairement donné la mort, tenté de donner la mort ou porté des coups mortels au défunt ».
2. Indignité facultative
Selon l’article 401 CF peut être déclaré indigne de succéder
a) Celui qui s’est rendu coupable envers le défunt des sévices des délits ou injures graves ;
b) Celui qui a gravement porté atteinte a ̀l’honneur, à la considération ou aux intérêts
patrimoniaux du défunt ou de sa famille.
Ces causes d’indignité sont facultatives car elles sont laissées à la libre appréciation du juge qui
peut déclarer leur auteur indigne. La loi n’exige aucune condamnation pénale préalable de
l’auteur de ces actes.
ANIMATEUR DR. SAMBA DABO FSJP/UCAD
SECTION I. LES CONDITIONS REQUISES POUR SUCCEDRER

B. Les effets de l’indignité successorale


I. Principe d’exclusion
L’indigne est exclu de la succession, il ne peut hériter du de cujus. Par conséquent, s’il avait
déjà appréhendé les biens de la succession, il devra les restituer. Cependant, les descendants de
l’indigne peuvent le représenter selon l’article 521 CF. Toutefois, en cas de représentation,
l’indigne ne peut administrer les biens dévolus à ses descendants qui le représentent.
II. Effacement de l’indignité par le pardon
Selon l’article 402 CF, le pardon accordé par le défunt fait cesser l’indignité successorale.
Cependant, le pardon n’a que des conséquences pécuniaires. Il ne remet en cause ni la
condamnation si elle a lieu, ni la poursuite. La preuve du pardon peut en être rapportée par tous
moyens.

ANIMATEUR DR. SAMBA DABO FSJP/UCAD


EXERCICES D’APPLICATION SUR LES CONDITIONS REQUISES POUR SUCCÉDER

Exercice 1 Jean est décédé le 5 juin 2019. Sa veuve a donné naissance à un enfant le 15 février 2020. Cet enfant est-il héritier
de jean ?
Solution : Selon l’article 399 al. 2 CF « l’enfant simplement conçu peut hériter s’il est né vivant ». L’article 1er du CF fixe la
date de la conception entre le 6ème moie et le 10ème mois qui précède la naissance.
Pour savoir si l’enfant pourra hériter, il faut déterminer la date de la conception qui se situe entre le 6ème mois et le 10ème mois
qui précède la naissance :
[15avril 2019......15mai 2019.......15juin 2019...............15juil 2019............15Aout 2019] ...........15sep 2019............15oct
2019............15nov 2019............15dec 2019............15janv 2020............15 fév 2020.
L’enfant est conçu entre le 15 août 2019 et 15 avril 2019, soit avant la dissolution du mariage de sa mère intervenue le 5 juin
2019. Ce garçon est donc issu des œuvres de Jean. Il est par conséquent son héritier.
Exercice 2
Souleymane Ndiaye et Juliette Diatta se marient le 10 mai 2010. Le 30 avril 2015, Souleymane annonce à Juliette qu’il va
épouser une seconde épouse. Il s’ensuit une violente dispute. Juliette lui donne plusieurs coups de couteau. Souleymane décède
des suites de ses blessures. En première instance, Juliette qui est condamnée à dix ans de prison pour homicide volontaire.
Malgré cette condamnation, Juliette pourrait-elle hériter de son défunt mari ?
Solution: Selon l’article 400 CF « est indigne de succéder et comme tel exclu de la succession, celui qui a été condamné en
tant qu’auteur, coauteur ou complice pour avoir volontairement donné la mort, tenté de donner la mort ou porté des coups
mortels au défunt ». Juliette a été condamnée pour avoir porté des coups mortels à son mari. Elle sera frappée d’une indignité
de plein droit si la décision de condamnation devient définitive.
Animateur: Dr. Samba DABO
SECTION II. LES PRINCIPES GENERAUX DE LA DEVOLUTION SUCCESSORALE
Il existe quatre principes généraux de la dévolution successorale. Il s’agit du principe de la
hiérarchie des ordres des héritiers, de la priorité selon le degré de parenté, la représentation
successorale et de la fente.
Paragraphe I. Le principe de la hiérarchie des ordres des héritiers
Ce principe signifie que les héritiers viennent à la succession par ordre et ils sont répartis en
quatre ordres:
vLe premier ordre comprend les descendants du défunt (les enfants et petits-enfants du défunt);
vLe deuxième ordre est composé des ascendants privilégiés (père et mère) et collatéraux
privilégiés (frères et sœurs et leurs descendants);
v Le troisième ordre est relatif aux ascendants ordinaires (aux grands-parents du de cujus);
v Le quatrième ordre renvoie aux collatéraux ordinaires (oncles, tantes, grands oncles, grandes
tantes, cousins et cousines).
Les héritiers qui appartiennent au premier ordre sont appelés avant ceux du deuxième ordre.
Ceux-ci priment sur le troisième ordre qui a leur tour priment ceux du quatrième ordre.
ANIMATEUR DR. SAMBA DABO FSJP/UCAD
EXERCICES D’APPLICATION SUR LE PRINCIPE DE LA HIÉRARCHIE DES ORDRES
Exercice 1
Le de cujus laisse son fils, ses deux filles, son père et son oncle. Procédez à sa dévolution successorale.
Solution:
Qualification des héritiers par ordre
Ø Le fils et les deux filles sont des descendants du défunt, héritiers du 1er ordre et du 1er degré;
Ø Le père est un ascendant privilégié du défunt, héritier du 2ème ordre;
Ø L’oncle est un collatéral ordinaire, héritier du 4ème ordre.
Application du principe de la hiérarchie des ordres aux héritiers
Par application du principe de la hiérarchie des ordres, les descendants du défunt, héritiers du 1er ordre excluent le père et
l’oncle, respectivement héritiers du 2ème et 4ème ordre. En outre, en cas de dévolution successorale aux héritiers de même ordre
et du même degré, le partage se fait par tête.
Par conséquent, la succession sera attribuée, à parts égales, au trois enfants du défunt. Chacun aura 1/3.
Exercice 2.
Le de cujus laisse sa tante, son cousin, son neveu et sa grand-mère.
Solution:
Qualification des héritiers
Ø La tante est une collatérale ordinaire, héritière du 4ème ordre;
Ø le cousin est un collatéral ordinaire héritier du 4ème ordre;
Ø Le neveu est un collatéral privilégié, héritier du 2ème ordre;
Ø La grand-mère est une ascendante ordinaire, héritière du 3ème ordre;
Ø Application du principe de la hiérarchie des ordres aux héritiers
Par conséquent, le neveu, héritier du 2ème ordre, exclut de la succession la grand-mère (héritière du 4ème ordre), la tante et le
cousin, (héritiers du 3ème).
Animateur: Dr. Samba DABO
SECTION II. LES PRINCIPES GENERAUX DE LA DEVOLUTION SUCCESSORALE
Paragraphe II. Le principe de la priorité selon le degré de parenté
Tous ceux qui sont font partie d’un même ordre ne sont pas nécessairement appelés à la succession. Seuls les parents les plus
proches en degré héritent. En d’autres termes, à l’intérieur d’un même ordre, les parents d’un degré plus proche du défunt
écartent de la succession ceux d’un degré plus éloigné.
L’article 255 du Code de la famille indique comment se calcule le degré de parenté. En fait chaque génération constitue un
degré dans la ligne directe et dans la ligne collatérale.
Dans la ligne directe, le fils est à l’égard du père, au premier degré ; le petit-fils au deuxième degré par rapport à son grand
parent. Dans la ligne collatérale, on remonte du parent dont on veut établir le degré de parenté jusqu’à l’auteur commun et l’on
redescend ensuite de l’auteur commun jusqu’à l’autre parent.
NB: les parents de même degré ont les mêmes droits dans la succession.
Exercice d’application
Le de cujus laisse sa nièce, la mère de celle-ci et son frère. Après avoir calculé le degré de parenté entre le défunt et sa nièce,
procédez à sa dévolution successorale.
Solution
Pour calculer le degré de parenté, on doit remonter à l’auteur commun, c’est-à-dire le grand-père de la nièce et père du défunt.
Donc, du défunt à son père, on a 1 degré. On redescend vers la sœur du défunt (mère de la nièce) pour avoir 2 degré. Enfin, on
descend encore vers la nièce, pour atteindre 3 degrés. Par conséquent, il y a 3 degrés entre le défunt et sa nièce.
En l’espèce, ce sont les collatéraux privilégiés du 2ème degré (sœur et frère du défunt) et une collatérale privilégiée du 3ème
degré (nièce) qui sont en concours. Par application du principe de la priorité selon le degré de parente, le frère et la sœur vont
exclure de la succession la nièce du défunt.
ANIMATEUR DR. SAMBA DABO FSJP/UCAD
SECTION II. LES PRINCIPES GENERAUX DE LA DEVOLUTION SUCCESSORALE
Paragraphe III. Le principe de la représentation successorale
Les descendants peuvent venir à la succession de deux façons : soit de leur propre chef, soit par
représentation. Le principe de la représentation a pour but d’éviter des « situations injustes ». Il s’agit
d’empêcher que certains membres de la famille ne soient écartés en raison du décès prématuré de leur
père et mère.
1. Domaine de la représentation
La représentation a lieu à l’infini dans la ligne directe descendante, c’est-à-dire aux héritiers du 1er
ordre. Elle est aussi admise dans la ligne collatérale, au profit des enfants et descendants des frères et
sœurs prédécédés du défunt.
2. Conditions de la représentation
Les conditions relatives au représenté : le représenté doit être prédécédé, co-décédé, présumé ou déclaré
absent.
Les conditions relatives au représentant: il doit être légitime et remplir les conditions générales requises
pour succéder.
3. Les effets de la représentation
La représentation a pour effet de mettre le représentant dans le degré, dans la place et dans les droits du
représenté. Le représentant prend la place du représenté.
Lorsqu’il y a plusieurs héritiers qui représentent le de cujus, le partage se fera par souche et non par tête.
ANIMATEUR DR. SAMBA DABO FSJP/UCAD
SECTION II. LES PRINCIPES GENERAUX DE LA DEVOLUTION SUCCESSORALE

Paragraphe IV. Le principe de la fente


Lorsque la succession est dévolue à des ascendants ou à des collatéraux, elle se divise (on dit
qu’elle se fend) en deux parts égales : une moitié revient aux parents de la ligne paternelle,
l’autre moitié aux parents de la ligne maternelle. La fente joue aussi entre collatéraux
privilégiés lorsque coexistent d’une part des frères et sœurs germains et d’autre part des frères
et sœurs consanguins ou utérins.
Domaine de la fente
Selon l’article 523 al. 4, la fente joue entre collatéraux privilégiés lorsque coexistent d’une
part des frères ou sœurs germains et et d’autre part des frères ou sœurs consanguins ou
utérins.
NB: Le Code de la famille n’étend pas la fente joue également à l’égard des collatéraux
ordinaires, mais il est préférable qu’elle leur soit applicable.

ANIMATEUR DR. SAMBA DABO FSJP/UCAD


SECTION III. APPLICATIONS DES PRINCIPES GENERAUX
PARAGRAPHE I. Applications des principes généraux aux parents par le sang
Les parents par le sang sont les parents légitimes et les parents naturels.
A. L’application des principes aux parents légitimes
Les parents légitimes sont répartis en quatre ordres : les descendants, les ascendants privilégiés
et les collatéraux privilégiés, les ascendants ordinaires et les collatéraux ordinaires. L’ordre
des descendants exclut tous les autres ordres.
Exemple 1: Si le de cujus n’a laissé que des descendants légitimes ; on n’applique pas la fente
puisque celle-ci ne s’applique qu’aux collatéraux privilégiés. En revanche, les descendants les
plus proches en degré de parenté excluent les descendants les plus éloignés sous réserve de la
représentation successorale. À égalité de degré, le partage se fait par tête.
Exemple 2: Si le de cujus ne laisse pas de descendants, les ascendants privilégiés et les
collatéraux privilégiés vont hériter. Cet ordre comprend d’une part, les père et mère et d’autre
part, les frères et sœurs et leurs descendants. Les père et mère qui sont des parents au premier
degré en ligne directe ne vont pas exclure les frères et sœurs du de cujus. Ici la succession se
divise en deux parties : la moitié est dévolue aux ascendants privilégiés et l’autre moitié sera
dévolue aux collatéraux privilégiés.
ANIMATEUR DR. SAMBA DABO FSJP/UCAD
SECTION III. APPLICATIONS DES PRINCIPES GENERAUX
Paragraphe II. Applications des principes aux parents naturels
Nous envisagerons d’une part les droits successoraux des enfants naturels (A) et d’autre part la
dévolution successorale de l’enfant naturel (B).
A. Les droits successoraux de l’enfant naturel
Selon l’article 533 CF l’enfant naturel a les mêmes droits successoraux qu’un enfant légitime.
Cependant, cette égalité successorale connaît des restrictions dans trois cas;
1. Restriction liée à la vocation successorale de l’enfant naturel
L’enfant naturel n’a des droits successoraux que dans la succession de ses père et mère. C’est
ce qui ressort de l’article 533 al. 1 CF selon lequel « Les enfants naturels [...] sont appelés à la
succession de leur père et mère [...] » et dans celle de ses frères et sœurs (537 CF).
2. Restriction liée à la représentation successorale
L’enfant naturel ne peut représenter son père ou sa mère. C’est ce qui ressort de
l’interprétation, a contrario de l’article 521 CF, que le représentant doit être légitime.
3. Restriction liée à l’enfant naturel de l’article 534 CF
v Détermination de l’enfant de l’article 534 CF
Il s’agit d’un enfant naturel (adultérin ou pas ) reconnu par son père biologique alors qu’il se
trouve dans un lien de mariage avec une femme autre que la mère de cet enfant.
ANIMATEUR DR. SAMBA DABO FSJP/UCAD
SECTION III. APPLICATIONS DES PRINCIPES GENERAUX
vLes droits successoraux de cet enfant
Cet enfant n’aura la plénitude de ses droits successoraux que s’il est acquiescé par l’épouse ou les
épouses de son père biologique. Ainsi, selon l’article 534 al.4 :« Lorsqu’il s’agit d’un enfant né hors
mariage, l’auteur de la reconnaissance qui était engagé dans les liens de mariage au moment de la
reconnaissance doit pour qu’elle produise son plein effet, justifier de l’acquiescement de son ou ses
épouses ».
Si l’épouse n’acquiesce pas, cet enfant aura la moitié de la part d’un enfant légitime.
B. La dévolution successorale de l’enfant naturel
1. En présence de descendants et de conjoint
Sa succession sera dévolue à ses descendants légitimes, à son conjoint survivant, à ses enfants naturels
et aux descendants légitimes de ces derniers.
2. En l’absence de conjoint et ou de descendants
Selon l’article 537 CF, si le de cujus est un enfant naturel et ne laisse ni de conjoint survivant,
ni de descendant, sa succession est dévolue pour moitié à ses père et mère et pour moitié à
ses frères et sœurs légitimes ou naturels.
NB: Les père et mère ne peuvent être héritiers que si la filiation est juridiquement établie à leur
égard.
ANIMATEUR DR. SAMBA DABO FSJP/UCAD
SECTION IV. LA DEVOLUTION DE LA SUCCESSION AUX PARENTS PAR ALLIANCE

Paragraphe I. Les conditions spécifiques requises pour succéder


Outre les conditions générales, le conjoint survivant doit remplir des conditions spécifiques
pour succéder. Il s’agit:
- La validité de son titre de conjoint survivant (sauf application de la théorie du mariage
putatif).
- L’absence de divorce (cette condition va de soi, car le divorce entraîne la dissolution du
lien conjugal.
- L’absence de séparation de corps à ses torts (cette condition est moins logique parce que la
séparation de corps n’entraine pas la dissolution du mariage mais un simple relâchement du
lien conjugal).
Paragraphe II. Les droits successoraux du conjoint survivant
A. En présence de descendants légitimes
Le conjoint survivant a droit à une part d’enfant légitime le moins prenant sans qu’elle puisse
être supérieur au quart de la succession.
Exemple: Le de cujus laisse sa veuve et deux enfants légitimes. La veuve aura ¼ et les deux
enfants se partagent les ¾, chacun aura 3/8.
ANIMATEUR DR. SAMBA DABO FSJP/UCAD
SECTION IV. LA DEVOLUTION DE LA SUCCESSION AUX PARENTS PAR ALLIANCE
B. Défaut de descendants légitimes et présence d’autres héritiers
En l’absence de descendants légitimes et en présence d’autres héritiers, le conjoint survivant a
droit à la moitié de la succession.
Exemple: le de cujus laisse son veuf, son père et sa sœur. Le veuf aura la moitié. L’autre moitié
sera partagée entre le père et la sœur; chacun aura le quart.
C. En l’absence d’autre héritier
Selon l’article 532 CF, « À défaut de descendants légitimes et de parents au degré successible, la
succession est dévolue en totalité au conjoint survivant ».
C. En cas de polygamie
- En présence de descendants, chaque conjoint aura la part d’un enfant légitime le moins prenant
sans dépasser le quart de la succession
- À défaut de descendants en présence d’autres héritiers, les conjoints survivants se partagent la
moitié de la succession.
- À défaut d’héritiers, les conjoints survivant se partagent la totalité.
ANIMATEUR DR. SAMBA DABO FSJP/UCAD
SECTION V. LA DEVOLUTION SUCCESSORALE DANS LE CADRE DE LA PARENTE ADOPTIVE
Il existe deux types d’adaptation: l’adaptation plénière et l’adoption limitée.
Paragraphe I. L’adoption plénière
Dans le cadre de l’adoption plénière, l’adopté a, dans la famille de l’adoptant, les mêmes
droits qu’un enfant légitime (art. 539 CF). Autrement dit, l’adopté pourra hériter à l’adoptant
et de tous les autres membres de sa famille dans les mêmes conditions qu’un enfant légitime,
même s’ils étaient étaient en fait opposés à l’adoption. L’adopté est un héritier réservataire et il
ne peut être exclu de la succession sauf si lui-même renonce à la succession (sous réserve de
l’indignité successorale).
Au décès de l’adopté, les l’adoptant et ses membres de sa famille lui succéderont dans les
mêmes conditions que la parenté légitime.
Par contre, du fait l’adoption plénière entraîne une rupture totale entre l’adopté et sa famille
d’origine, sauf en ce qui concerne les prohibitions à mariage (article 241 CF), l’adopté n’a pas
de droit successoral dans sa famille d’origine. Et inversement, celle-ci n’a aucun droit dans sa
succession.
Paragraphe II. L’adoption limitée
L’adoption limitée n’entraine pas de rupture entre l’adopté et sa famille d’origine. Certes,
l’adopté intègre dans la famille adoptive mais il conserve des liens avec sa famille d’origine. Il
existe deux types d’adoption limitée: l’adoption limitée avec vocation successorale (A) et
l’adoption limitée sans vocation successorale (B).
ANIMATEUR DR. SAMBA DABO FSJP/UCAD
SECTION V. LA DEVOLUTION SUCCESSORALE DANS LE CADRE DE LA PARENTE ADOPTIVE
A. L’adoption limitée avec vocation successorale
1. L’héritier, adopté
L’adopté conserve ses droits successoraux dans sa famille d’origine. Il est aussi également dans la famille
adoptive: l’article 540 al. 2 : « [...] l’adopté et ses descendants légitimes ont dans la succession de l’adoptant et
dans celle de ses enfants légitimes, naturels ou adoptifs de ce dernier, les mêmes droits que ses enfants légitimes ».
Toutefois, il n’est pas héritier réservataire dans la succession des ascendants ordinaires adoptifs.
2. L’adopté, le de cujus
Si l’adopté laisse des descendants, on applique mutatis mutandis les règles générales de la dévolution : ses
descendants se partageront la succession ainsi que son conjoint survivant en tenant compte des principes généraux
de la dévolution successorale. En revanche, la dévolution de la succession de l’adopté pose problème lorsqu’il ne
laisse pas de descendants. L’article 541 CF prévoit des solutions qui tiennent compte du double lien existant entre
l’adopté et sa famille d’origine, d’une part et entre sa famille adoptive, d’autre part. Ainsi, l’article 541 CF prévoit
un droit de retour pour les biens que l’adopté avait reçu à titre gratuit de ses père et mère doivent être restitués à
ceux-ci ou à leurs descendants.
B. Adoption limitée sans vocation successorale
L’adoption limitée peut être stipulée sans vocation successorale (Art. 250 CF). Selon l’article 250 al. 1, l’adopté et
ses descendants n’ont alors aucun droit dans la succession de l’adoptant. Inversement, les parents adoptifs n’ont
aucun droit dans la succession de l’adopté. Si l’adopté meurt sans descendant, sa succession entière sera dévolue à
sa famille d’origine.
ANIMATEUR DR. SAMBA DABO FSJP/UCAD
SECTION VI. LA DEVOLUTION SUCCESSORALE EN FONCTION DE L’ORIGINE DU BIEN

Le droit de retour est consacré par l’article 541 CF dans le cadre de la succession de l’adopté,
en cas d’adoption limitée. C’est d’ailleurs le seul droit de retour légal. Il obéit à des conditions
et produit certains effets.
Paragraphe I. Les conditions du droit de retour
1. La situation familiale du de cujus
- Le de cujus doit être une personne ayant fait l’objet d’une adoption limitée avec vocation
successorale.
- l’adopté doit être décédé sans descendant
- le de cujus doit laisser ses parents d’origines (père, mère et collatéraux privilégiés ) et
adoptifs, car c’est à eux que seront restitués les biens.
2. Les biens objet du droit de retour
Il s’agit d’une part des biens donnés à l’adopté par l’adoptant ou recueillis par l’adopté dans la
succession de l’adoptant, ou des biens reçus par l’adopté par succession ou libéralité de ses
père et mère d’origine. Ces biens doivent exister en nature lors du décès de l’adopté.

ANIMATEUR DR. SAMBA DABO FSJP/UCAD


SECTION VI. LA DEVOLUTION SUCCESSORALE EN FONCTION DE L’ORIGINE DU BIEN

Paragraphe II. Les effets du droit de retour


A. L’option successorale
Le droit de retour est un véritable droit successoral. Le bénéficiaire a une option. Il peut
renoncer, accepter purement et simplement ou accepter sous bénéfice d’inventaire. Cette
option est indépendante de celle qu’il peut prendre pour la succession ordinaire de l’adopté.
B. La contribution aux dettes
Le bénéficiaire du droit de retour doit contribuer aux dettes s’il accepte la succession ultra
vires successonis.
C. La reprise des biens dans leur état matériel et juridique
Comme tout héritier, le bénéficiaire du droit de retour recueille les biens dans l’état matériel et
juridique où il les trouve au décès. Il doit par conséquent respecter les droits réels constitués
par l’adopté sur les biens et, d’une manière générale, les droits acquis par les tiers (Art. 541 al.
1. « Sous réserve des droits acquis par les tiers ») ; ainsi par exemple si le bien est grevé
d’hypothèque, celle-ci est maintenue.
ANIMATEUR DR. SAMBA DABO FSJP/UCAD
CHAPITRE II. LES SUCCESSIONS DE DROIT MUSULMAN
Les principes qui dominent la dévolution des successions de droit musulman sont très différents de ceux qui
régissent les successions de droit commun. Le Code de la famille est resté sur ce point fidèle à la tradition
coranique empruntée au rite malékite qui est la plupart des règles applicables en la matière. Ainsi, au Sénégal, pour
être soumis aux successions « musulmanes », il faut avoir opté selon l’article 571 CF.
SECTION I. L’OPTION EN FAVEUR DES SUCCESSIONS DE DROIT MUSULMAN
Le droit sénégalais des successions musulmanes ne s’applique pas automatiquement. Ces successions doivent faire
l’option d’une option par le de cujus de son vivant. Selon l’article 571 CF, les successions du droit musulman
s’appliquent aux personnes qui, de leur vivant, ont expressément ou par leur comportement, indiscutablement
manifesté leur volonté de voir leur héritage dévolu selon les articles desdites successions musulmanes. Cette option
en faveur de l’application peut être expresse (soit verbalement ou par un testament) soit tacite (une appréciation
assez difficile, car on se réfère au comportement du de cujus de son vivant par rapport à la religion musulmane).
Documents à lire:
- S. GUINCHARD, Droit patrimonial de la famille au Sénéga, LGDJ, NEA, 1980.
- A. S. SIDIBE, Le pluralisme juridique en Afrique, Paris LGDJ 1991, 158 pages.
- A. DIOUF, « L’article 571 du Code de la famille, les successions musulmanes et le système juridique
sénégalais », NAA, CREDILA 2013.
- Arrêt Cour suprême n° 62 du 3 juillet 2019, JURICAF, 22/O5/2021.
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SECTION II. LA DETERMINATION DES HERITIERS EN DROIT MUSULMAN
Paragraphe I. Les catégories d’héritiers
Il faut préciser qu’en droit musulman, il n’y a ni fente ni représentacon et les héricers peuvent
succéder jusqu’au 12ème degré. Cependant, il existe un privilège de masculinité, c’est-à-dire à
égalité de classe, de degré et de lien de parenté, la femme a la moicé de la part de l’homme.
Ce privilège s’applique en cas de concours entre les héritiers aceb de sexe différent (Art. 637
CF). Ce privilège existe également l’égard du conjoint survivant où le veuf a toujours le double
de la part de la veuve.
En outre en Droit des successions musulman, les héritiers sont répartis en trois ordres:
- Les héritiers légitimaires;
- Les héritiers aceb
- Les héritiers parents par les femmes.
A. L’ordre des héritiers légitimaires
L’article 574 distingue deux sortes d’héritiers légitimaires:
SECTION II. LA DETERMINATION DES HERITIERS EN DROIT MUSULMAN
1. Les légitimaires de sexe masculin
Les légitimaires de sexe masculin sont: le père, l’ascendant paternel quel que soit son degré, le
frère utérin et le veuf.
2. Les légitimaires de sexe féminin
Les légitimaires de sexe féminin sont: la fille, la fille du fils, la fille du petit fils né du fils, la
mère, L’aïeule maternelle ou paternelle quel que soit son degré, la sœur germaine, consanguine
ou utérine et la veuve.

B. L’ordre des aceb


Les aceb ont vocation à recueillir la totalité de la succession. C’est pourquoi, on les
appelle aussi « héritiers universels ». Mais cela ne veut pas dire qu’ils auront
effectivement toute la succession. Ils n’ont qu’une vocation. Leur part ne peut être
qu’un résidu de la succession. C’est pourquoi on les appelle aussi «héritiers résiduaires
», car ils peuvent même ne rien recevoir. En effet, lorsqu’un aceb est en concours avec
un héritier légitimaire, ce dernier prend sa part appelée « légitime », attribuée par la loi,
et l’aceb recueille ce qui reste de la succession. Il existe trois catégories d’aceb qu’il
convient d’étudier successivement.
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SECTION II. LA DETERMINATION DES HERITIERS EN DROIT MUSULMAN
1. Les aceb par eux-mêmes
L’aceb par lui-même est un parent de sexe masculin dont le lien avec le défunt n’est interrompu par aucune génération
féminine (art. 576 CF). Ce sont tous donc les hommes par les hommes. Ils sont divisés en cinq classes qui sont
exclusives les unes par les autres.
1ère classe: les descendants de sexe masculin;
2ème classe: le père
3ème classe: les autres ascendants et les frères germains et consanguins
4ème classe: les descendants des frères germains et consanguins
5ème classe: les oncles germains et consanguins et leurs descendants
2. Les acebs par un autre
Ce sont en principe des héritières femmes légitimaires qui deviennent aceb lorsqu’elles sont en présence d’un aceb par
lui-même de même rang. Il existe deux types d’aceb par un autre:
a. Les aceb par un autre proprement dit:
Ce sont des légitimaires qui deviennent aceb en présence d’un aceb de même degré et de même lien de parenté. Ces
aceb ont droit à la moitié de la part de leur cohéritier mâle. Il s’agit:
- La fille en présence du fils;
- La fille du fils en présence du fils du fils;
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- La sœur germaine en présence du frère germain
SECTION II. LA DETERMINATION DES HERITIERS EN DROIT MUSULMAN
3. Les aceb par assimilation
Il s’agit d’une part de la fille du fils qui par suite de la présence de deux ou plusieurs filles ne
peut venir à la succession comme légitimaire. Elle devient aceb en présence d’un descendant
mâle d’un degré plus éloigné. Cette hypothèse concerne la sœur germaine ou consanguine
lorsqu’elle est en concurrence avec un aïeul paternel ; elle devient alors aceb.
4. Les aceb avec un autre
Il s’agit de la sœur germaine et de la sœur consanguine. Elles sont en principe légitimaires,
mais elles deviennent aceb lorsqu’il n’existe pas de frère du même lien et qu’elles sont en
concurrence avec une ou plusieurs filles ou petites filles du défunt (art. 580 CF).
5. L’ordre des héritiers parents par les femmes non légitimaires
Il existe un certain nombre de personnes qui ne figurent ni dans la catégorie des légitimaires ni
dans celle des aceb. La plupart de ces personnes sont les parents par les femmes. Ce sont par
exemple : les enfants de la fille, les enfants des frères utérins et de l’oncle maternel

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SECTION III. LA DEVOLUTION SUCCESSORALE ENTRE LES ORDRES DES HERITIERS
Paragraphe I. Les rapports entre les différents ordres
A. L’exclusion des parents non légitimaires par les aceb et légitimaires
Les héritiers légitimaires ou les aceb excluent de la succession l’ordre des parents non
légitimaires. Cela est prévu par l’article 643 CF qui dispose que «À défaut d’héritiers
légitimaires ou héritiers aceb les parents par les femmes sont appelés à la succession ».
B. Les rapports entre les légitimaires et aceb
Trois règles déterminent leurs rapports:
1. La règle générale: les légitimaires prennent leur part et les aceb le reliquat. Si ces
prélèvements absorbent la totalité, les aceb sont exclus. Exemple: le d cujus laisse deux
filles, sa mère et son oncle germain. Les deux fille ont droit à une légitime de 2/3 (Art.
611CF), la mère a droit à 1/3 (Art. 613CF); la succession est absorbée par les deux filles et
la mère donc l’oncle germain qui est aceb n’aura rien.
2. Exclusion entre les ordres: un aceb peut exclure un légitimaire et inversement. L’article
590 al 2 donne un exemple d’exclusion d’un légitimaire. L’article 596-1 CF donne
l’exemple d’exclusion d’un aceb par un légitimaire.
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SECTION III. LA DEVOLUTION SUCCESSORALE ENTRE LES ORDRES DES HERITIERS

3. Cumul et changement de qualité


Ø cumul de qualité: un héritier peut être à la fois aceb et légitimaire; c’est le cas du père et de
l’aïeul paternel. L’article 582 al. 1 indique que les héritiers qui appartiennent à la fois à
l’ordre des légitimaires et l’ordre des aceb succèdent soit comme légitimaires, soit comme
aceb, soit en la double qualité de légitimaire et d’aceb. Exemple: le père du défunt venant à
la succession avec la fille de celui-ci va, dans ce cas, prélever 1/6 de la succession en tant que
légitimaire et recueillir en tant qu’aceb le reliquat de cette succession déduction faite faite de
la part revenant à la fille.
Ø Changement de qualité: un légitimaire peut devenir aceb (la fille qui est légitimaire en
présence du fils devient aceb par un autre). Un aceb peut perdre sa qualité pour devenir
légitimaire: c’est le cas du père lorsqu’il est en concurrence avec le fils du défunt.
Paragraphe II. La dévolution successorale à l’intérieur de chaque ordre
Il existe deux phénomènes d’exclusion à l’intérieur de chaque ordre. Cependant, la loi garantit
une part dans la succession à certains héritiers qui ne sont jamais exclus. Il s’agit du père, de la
mère, du fils, de la fille, du veuf et de la veuve (Art. 588 CF).
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SECTION III. LA DEVOLUTION SUCCESSORALE ENTRE LES ORDRES DES HERITIERS
A. La dévolution dans l’ordre des aceb
Elle repose sur quatre règles: la hiérarchie des classes, le degré de parenté, le lien de parenté
et le privilège de masculinité.
1. La hiérarchie des classes
L’ordre des aceb est divisé en cinq classes (art. 577 CF). Les classes succèdent les unes à la
faute des autres. Les aceb d’une classe déterminée excluent ceux des classes subséquentes
(art. 633 CF). Par exemple, le père est de la 2ème classe exclut le frère germain, le frère
consanguin et les autres ascendants mâles qui sont de la troisième classe.
2. Degré de parenté
Au sein d’une même classe, on applique la règle de la proximité de degré (art. 634 CF).
Cependant, la règle de proximité de degré ne s’applique pas toujours. Ainsi, l’arrière-grand-
père (3ème degré) n’est pas exclu par les frères germains ou consanguins (2ème degré)
selon l’article 634 al. 3 bien qu’il soit d’un degré éloigné.
3. Lien de parenté
Dans chaque classe, à égalité de degré, les aceb unis au défunt par un double lien de parenté,
quel que soit leur sexe, excluent ceux qui se rattachent au défunt par un seul lien (art. 635-
2°). Ainsi, le frère germain exclut le frère consanguin, car il a un double lien de parenté avec
le défunt (ils ont le même père et même mère) alors que le frère consanguin n’a qu’un lien
de parenté avec le défunt (ils ont le même père).
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SECTION III. LA DEVOLUTION SUCCESSORALE ENTRE LES ORDRES DES HERITIERS
4. Le privilège de masculinité
À égalité de d degré ́ et de lien de parenté, on tient compte du sexe. Si les aceb en concours sont
de même sexe, le partage a lieu par tête (art.636 al. 1 CF). Si les aceb en concours ne sont pas
de même sexe, les hommes ont le double de la part des femmes (art. 637 al. 1 CF).
B. Dévolution dans l’ordre des légitimaires
Il existe des règles générales qui concernent la dévolution dans l’ordre des légitimaire.
Ø un légitimaire peut en exclure un autre. Exemple: le père exclut le grand-père paternel et la
grand-mère paternel.
Ø Lorsque les légitimaires sont en concours, il n’y a pas de rang de préférence et chacun peut
réclamer sa légitime. Toutefois, lorsque la somme de ces légitimes dépasse l’unité, autrement
quand la succession est insuffisante pour que chaque légitime reçoive la part que lui attribue
la loi, chacune des parts doit être réduite proportionnellement (art. 598 al. 2).
Ø Lorsqu’un légitimaire a doublement la qualité de légitimaire par rapport au défunt, il ne peut
hériter qu’en vertu du lien le plus avantageux (Art. 599CF).
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SECTION IV. LA DEVOLUTION SUCCESSORALE A L’ETAT

Selon l’article 644 CF « À défaut d’héri=ers légi=maires ou d’héri=ers aceb ou de parents


par les femmes non légi=maires jusqu’au 12ème degré , la succession est acquise à l’Etat
». Comme dans les successions de droit commun, l’État recueille les successions en
déshérence et administre les successions vacantes.

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CHAPITRE III. L’OPTION SUCCESSORALE DE L’HÉRITIER
Le décès entraîne la transmission de la succession aux héritiers qui ont le choix entre
trois partis:
- L’acceptation pure et simple
- L’acception sous bénéfice d’inventaire;
- La renonciation
Cette option successorale est réservée uniquement aux successibles qui sont
assujettis à des règles communes.
SECTION I. LES RÈGLES COMMUNES À L’OPTION SUCCESSORALE
L’option est une déclaration de volonté par laquelle un héritier confirme ou repousse
la transmission de la succession déjà réalisée par l’effet de la loi.
Paragraphe 1. L’optant
Qui peut opter à une succession? L’option appartient à toute personne à laquelle une
succession est dévolue (Art. 410 CF). Par conséquent, seul un successible peut
opter. Il s’agit principalement les héritiers ab intesta. Par ailleurs, l’article 763 al. 2
permet aussi au légataire universel saisi d’exercer l’option à une successorale.
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SECTION I. LES RÈGLES COMMUNES À L’OPTION SUCCESSORALE
Paragraphe 2. Les caractères de l’option successorale
v Caractère personnel: l’option successorale est personnelle aux successibles qui en bénéficient, en ce
sens qu’ils exercent seuls et que personne ne peut l’exercer à leur place. Caractère individuel: lorsque
plusieurs héritiers sont appelés en concours, chacun exerce l’option pour ce qui le concerne,
indépendamment des autres. De même si l’héritier titulaire de l’option décède sans avoir pris parti, ses
héritiers exercent l’option séparément, chacun pour sa part (art. 414 CF).
vCaractère indivisible: l’option concerne la transmission de la succession en bloc: on ne peut accepter
une partie et en refuser une autre. Mais dans le cas de succession anomale ( en matière d’adoption
limitée avec vocation successorale voir art. 541 CF), une même personne peut être à la fois appelée à
la succession ordinaire et avoir vocation au droit de retour; elle exerce alors l’option pour la
succession ordinaire et pour la succession anomale, chacune des succession étant indépendante de
l’autre.
v caractère pure et simple: l’exercice de l’option ne peut être assorti de condition (par exemple:
j’accepte si mes cohéritiers acceptent également) ni d’un terme (je renonce tant que l’héritier
subséquent est en vie).
v Caractère rétroactif: quand l’héritier exerce son option, tout se passe comme s’il avait pris ce parti
le jour de l’ouverture de la succession (art. 415 CF).
v Liberté de l’option: l’exercice de l’option doit précéder d’une volonté libre. En effet, L’acceptation
et la renonciation peuvent être déclarées nulles pour cause de dol, de violence ou d’erreur sur la
substance de la succession (art. 417 CF). ANIMATEUR DR. SAMBA DABO FSJP/UCAD
SECTION I. LES RÈGLES COMMUNES À L’OPTION SUCCESSORALE
Paragraphe 2. Délai de l’option
Ø Limitation de l’option dans le temps: l’option peut être exercée à partir de l’ouverture de la
succession. Mais il n’est pas possible d’anticiper ce moment. Ainsi, on ne peut pas renoncer à l’avance
une succession non encore ouverte. En outre, la faculté d’opter se prescrit par dix ans à compter de
l’ouverture de la succession. Au-delà de ce délai, il est réputé avoir renoncé à la succession à la
succession. Cependant, pour que se pose la question de la prescription, il faut supposer que l’héritier
n’a pas été sommé par un tiers de prendre parti pendant pendant tout le cours du délai.
Ø Délai de réponse à une sommation d’opter: un successible ne peut être contraint à prendre parti
avant l’expiration de trois mois à compter du jour où la succession lui est dévolue Pendant ce délai,
aucune condamnation ne peut être obtenue contre lui. Cependant, à l’expiration de ce délai de trois
mois, le successible peut être, sur la poursuite d’un créancier du défunt, d’un cohéritier ou d’un
subséquent, condamné en qualité d’héritier pur et simple à moins que le tribunal ne lui accorde un
nouveau délai. S’il ne prend pas parti à l’expiration de ce nouveau délai accordé par le tribunal, il est
réputé avoir accepté la succession purement et simplement.
NB: En cas de sommation, le successible a trois mois pour opter. En cas de silence, il est réputé avoir
accepté purement et simplement.
En l’absence de sommation, le successible a 10 ans pour opter. À défaut d’option dans cette période, il
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est réputé avoir renoncé à la succession à la succession.
SECTION II: L’ACCEPTATION PURE ET SIMPLE
L’acceptation pure et simple peut être expresse, tacite ou forcée. Elle produit aussi des conséquences;
Paragraphe 1. Les modes d’acceptation pure et simple.
A. Acceptation expresse
Il y a acceptation expresse quand le successible prend le titre ou la qualité d’héritier dans un acte authentique ou
sous seing privé ‘art. 418 CF). Donc, c’est à chaque fois que le successible se désigne dans un acte lui-même
comme héritier dans un écrit.
B. Acceptation tacite
Il y a acceptation tacite toute les fois que l’héritier accomplit un acte qui suppose nécessairement son intention
d’accepter. Il existe des actes qui font ou non présumer une acceptation tacite.
1. Actes présumant une acceptation tacite
• Les actes de dispositions sur la part d’héréditaire: Il s’agit de toute cession à titre onéreux ou gratuit des droits
dans la succession (Article 419 CF). Il y a aussi la renonciation in favorem, qui est une renonciation (même à
titre gratuit) faite par un successible au profit d’un ou de plusieurs héritiers.
• Les actes d’administrations ou de jouissance (exceptés les purs actes d’administrations et les actes
conservatoires) font présumés l’acceptation (art. 420 CF).
2. Actes ne présumant pas l’acceptation
L’article 420 liste deux catégories d’actes :
• Paiement des frais des funéraires et de dernière maladie, les actes conservatoires et pures administration tel que
la vente rendue nécessaire par l’urgence.
• la disposition des biens susceptibles de dépérir si le successible a été autorisé par la justice.
C. Acceptation forcée
Il s’agit de l’acceptation forcée à la suite de la négligence du successible: expiration du délai de 3 mois
pour accepter Art. 412 CF. si le le successible laisse passer le délai de 2 mois à compter de son
acceptation sous bénéfice d’inventaire, sans dresser l’inventaire, il est déchu de ce droit etANIMATEUR
réputé DR. SAMBA
acceptant pur et simple. L’héritier qui également recelé certains objets de la successions DABO FSJP/UCAD
SECTION II: L’ACCEPTATION PURE ET SIMPLE
Paragraphe 2. Les effets de l’acceptation pure et simple
L’acceptation pure et simple consolide définitivement et irrévocablement la transmission opérée du fait du décès.
Elle a pour conséquence d’imposer à l’héritier l’obligation de payer les dettes du défunt et les charges de la
succession, même au-delà de la valeur de l’actif qu’il recueille. On dit l’héritier est tenu ultra vires, c’est-à-dire au-
delà des forces de la succession. Elle entraine aussi une confusion du patrimoine du défunt et le patrimoine
personnel de l’héritier.
A. Obligation illimitée aux dettes et charges
Toutes les dettes du défunt deviennent dettes de l’héritier, à l’exception de celles qui étaient attachées à la personne
du défunt (par exemple, l’héritier n’est pas obligé d’exécuter le contrat de travail). Si les dettes excèdent l’actif
successoral, il doit les acquitter en prélevant, au besoin, sur ses propres biens. Il continue la personne du défunt.
L’héritier pur et simple est également tenu d’acquitter, sans limitation de chiffre, les charges de la succession. Les
charges sont les frais funéraires, les frais d’inventaires, et d’apposition des scellées, les frais de liquidation et
les droits de mutation.
L’héritier pure et simple est également tenu de payer les legs des sommes d’argent dans la limite de l’actif
successoral qu’il reçoit une fois payés les dettes et charges de la succession. On dira que l’héritier est tenu de payer
les legs de sommes d’argent qu’intra vires (dans la limite des forces de la succession).

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SECTION II: L’ACCEPTATION PURE ET SIMPLE
B. Confusion de patrimoine
Par l’effet de l’acceptation pure et simple, le patrimoine du défunt se fond dans le patrimoine de l’héritier; de
sorte que les créanciers du défunt et ceux de l’héritier ont un gage unique et exercent leurs droits en concurrence
sur cette masse des biens confondus. Cette conséquence peut être désavantageuse pour les créanciers. Si un
héritier solvable accepte purement et simplement une succession déficitaire, les créanciers personnels de l’héritier
se trouvant désormais en concours avec ceux du défunt risque de recevoir qu’un paiement partiel. Inversement, si
un créancier insolvable accepte purement et simplement une succession dont l’actif est supérieur au passif, ce sont
les créanciers du défunt qui risquent de pâtir de cette confusion de patrimoine.
Le législateur a été sensible à ces effets néfastes et offre un moyen de protection aux créanciers: la séparation des
patrimoine.
1. Notion de séparation de patrimoine
C’est une mesure de protection dont peuvent profiter les créanciers de la succession, ainsi que les légataires des
sommes d’argent. Elle leur permet d’être payé sur les biens du défunt avant les créanciers personnels de l’héritier
(article 422 CF). Les créanciers disposent d’un paiement préférentiel qu’on appelle « privilège de séparation de
patrimoine ». Toutefois, la séparation de patrimoine n’empêche pas les créanciers du défunt ou les légataires de
saisir les biens personnels de l’héritier (effet d’acceptation pure et simple), mais sur le prix de ces biens, ils
subissent le concours des créanciers personnel de l’héritier.

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SECTION II: L’ACCEPTATION PURE ET SIMPLE
2. Les conditions de la séparation de patrimoine
Les créanciers personnels de l’héritier n’ont pas le droit de demander la séparation de patrimoine. Celle-
ci est un droit qui n’appartient qu’aux créanciers et légataires du défunt. Mais c’est une mesure
individuelle : un créancier peut invoquer la séparation de patrimoine alors que les autres négligent de
l’invoquer. En, outre le créancier peut l’invoquer pour un ou plusieurs biens déterminé.
Toutefois, dans les cas prévus par l’article 424 CF, la séparation de patrimoine joue de plein droit. Il
s’agit de l’acceptation sous bénéfice d’inventaire, de la vacance déclarée de la succession et la faillite
après le décès.
3. Effets de la séparation de patrimoine
Dans le cadre de la séparation de patrimoine, les créanciers successoraux et les légataires des sommes
d’argents seront payés par préférence aux créanciers personnels de l’héritier.
En revanche, la séparation de patrimoine ne crée aucun droit de préférence dans les rapports respectifs
des créanciers et légataires du défunt. Elle ne règle que leur situation vis-à-vis des créanciers personnels
de l’héritier.

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SECTION III: L’ACCEPTATION SOUS BENEFICE D’INVNETAIRE
L’acceptation à concurrence de l’actif net permet à l’héritier de limiter son obligation aux dettes et aux charges.
Paragraphe I. Conditions de l’acceptation à concurrence de l’actif net
l’acceptation à concurrence de l’actif ne peut être qu’expresse. Elle se fait par une déclaration au greffe du tribunal du
lieu d’ouverture de la succession. Cette déclaration doit être suivie d’un inventaire fidèle et exacte des biens de la
succession. L’inventaire doit être déposée dans un délai de deux mois à compter de la déclaration d’acceptation à
concurrence de l’actif net. Ce délai pourrait être prolongé par le juge sur la demande de l’héritier justifiant des motifs
sérieux et légitimes retardant la clôture de l’inventaire (Article 429 CF).
Si le dépôt de l’inventaire n’a pas eu lieu à l’expiration du délai de deux mois ou de sa prolongation, l’héritier est déchu
de son acceptation sous bénéfice d’inventaire et est réputé acceptant pur et simple (Art. Art. 412 al. 2 CF).
Paragraphe II. Les effets de l’acceptation à concurrence de l’actif net
A. La séparation du patrimoine personnel de l’héritier et du patrimoine du défunt
1. A l’égard de l’héritier
Il n’est tenu des paiements des dettes de la succession qu’à concurrence de la valeur des biens qu’il a recueillis. Il ne peut
être poursuivi que pour les dettes dont il serait personnellement tenu (par exemple pour faute grave commise dans
l’administration de la succession). En outre, le patrimoine de l’héritier demeure distinct du patrimoine héréditaire. Les
deux patrimoines appartiennent à l’héritier, mais ils sont séparés, chacun d’eux est le gage des créancier différents. Par
conséquent; même dans la limites des forces de la succession, l’héritier ne peut être poursuivi par les créanciers du défunt
ou les légataires sur ses biens personnels.
Si l’héritier est le créancier du défunt, sa créance n’est pas éteinte par la confusion et l’héritier en poursuivra le
recouvrement sur les biens héréditaires.
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SECTION III: L’ACCEPTATION SOUS BENEFICE D’INVNETAIRE
2. À l’égard des créanciers héréditaires et des légataires des sommes d’argent
Ici la séparation de patrimoine profite aux créanciers et légataires du défunt. Ils seront payés sur les biens héréditaires avant les
créanciers personnels de l’héritier. Cette séparation de patrimoine se distingue de celle qui est demandé par les créanciers en
cas d’acceptation pure et simple:
v cette séparation de patrimoine a lieu de plein droit par l’effet de l’acceptation sous bénéfice d’inventaire. Les créanciers
successoraux et les légataires n’ont pas à l’invoquer;
v Elle présente le caractère d’une mesure collective. Elle profite à tous les créanciers et légataires de la succession et s’étend à
la succession entière;
v Les créanciers du défunt n’ont pas d’action sur les biens personnels de l’héritier;
v L’héritier conserve tous les biens qu’il avait antérieurement et aucune exception ne être opposée de ce chef;
v Enfin, la séparation des patrimoines issue de l’acceptation sous bénéfice d’inventaire à la cause qui l’a produite. En cas de
déchéance ou de renonciation de l’héritier de l’acceptation bénéficiaire les héritiers et les créanciers conservent néanmoins
leur privilège à l’encontre des créanciers personnels de l’héritier sur les biens de la successions.
B. Administration et liquidation de la succession par l’héritier
1. Administration
L’héritier bénéficiaire administre les biens de la succession à charge à charge de rendre compte aux créanciers et légataires. Il
peut faire, à ce titre, les actes rentrant dans les pouvoirs du tuteur agissant seul et, avec autorisation de justice, les actes qui
dépassent ces pouvoirs. Mais dans l’exercice de cette activité, l’héritier n’agit pas comme représentant des créanciers. C’est
pourquoi il ne répond que des commises commises dans son administration.
2. La liquidation
L’héritier bénéficiaire poursuit la réalisation des biens de la succession dans la mesure nécessaire pour acquitter les créances et
les legs. Néanmoins, l’héritier bénéficiaire ne peut faire aucun paiement aux créanciers ou légataires avant l’expiration du délai
de trois mois à compter du jour de la déclaration sous bénéfice d’inventaire.
Après l’apurement de son compte, l’héritier bénéficiaire n’est tenu sur ses biens personnel qu’à concurrence des sommes dont il
se trouve reliquataire.
NB: La nomination d’un administrateur judiciaire peut être parles créanciers ou l’héritier dans les conditions prévues par les
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articles 439 et suivants du CF.
SECTION IV. LA RENONCIATION DE LA SUCCESSION
En renonçant à la succession, le successible devient un tiers, un « étranger » à cette succession. C’est ce qui justifie
d’ailleurs que le renonçant peut être représenté par son descendant légitime.
Paragraphe I. Exercice de la renonciation
Pour renoncer à une succession il faut adresser une déclaration au greffe du tribunal dans le ressort duquel la
succession est ouverte. Elle peut être tacite lorsque l’héritier a laissé s’écouler le délai de dix ans (10) ans pour
opter. C’est pourquoi cette renonciation a un caractère provisoire, car la loi accorde à l’héritier un droit de repentir
pendant ce délai de 10 ans. Mais cette faculté de rétractation n’est offerte au renonçant qu’autant que le délai de la
prescription de 10 ans de l’option (article 416 CF) n’est pas accompli et que la succession n’a pas été accepté par
d’autres héritiers (article 446 CF).
Par ailleurs, la renonciation in favorem (au profit d’un ou de plusieurs héritiers) ne se confond pas avec la
renonciation pure et simple de la succession, c’est plutôt une forme d’acceptation pure et simple de la succession
(article 419 CF).
Paragraphe II. Effets de la renonciation
La renonciation entraîne l’effacement de la qualité d’héritier (article 445 CF). En conséquence, les descendants
légitimes du renonçant ne pourront pas le représenter dans la succession.
La succession sera dévolue aux autres héritiers qui se trouvent dans le même ordre ou aux représentants de ces
derniers, et à défaut d’héritiers se trouvant dans le même ordre, la succession sera dévolue aux héritiers
subséquents. ANIMATEUR DR. SAMBA DABO FSJP/UCAD

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