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Droits de l’homme
Au niveau national, le terme de droits de l’homme désigne les droits revendiqués et acquis au fil
du temps par le peuple vis-à-vis de ses dirigeants tels par exemple que la « Magna Carta » ou la
Déclaration des droits de l’homme et du citoyen proclamée en 1789 dans la foulée de la
Révolution française.
Ces droits sont organisés en deux catégories différentes. Les droits économiques, sociaux et
culturels d’une part et les droits civils et politiques ou libertés publiques d’autre part. Les premiers
supposent que l’État garantisse des services, prestations et droits à l’ensemble des citoyens tels
que le droit à la santé, à l’éducation, ou au travail. Les seconds supposent que l’État s’abstienne
d’interférer ou de limiter des droits et libertés fondamentaux tels que le droit à la vie, l’interdiction
de la torture et de la détention extrajudiciaire, la liberté de conscience, d’expression,
d’association, etc.
Ces droits sont contenus dans des conventions internationales et régionales mais aussi dans des
documents techniques, de type normes minimales ou standards de traitement des individus, qui
sont adoptés par consensus sous forme de résolutions par les organes de l’ONU disposant d’un
mandat dans ce domaine (I) .
Même si les droits de l’homme sont reconnus au niveau international, c’est au sein de l’espace
national que les individus doivent les faire valoir, dans le cadre de la relation politique et juridique
qui lie l’État et ses ressortissants. C’est aussi devant les tribunaux nationaux que les individus
peuvent porter plainte contre les violations dont ils sont victimes du fait des agents de l’État ou de
leur propre gouvernement. Ceci crée des blocages plus politiques que juridiques qui illustrent les
faiblesses du système de protection internationale des droits de l’homme (II) . Il existe cependant
des possibilités de recours internationaux ou régionaux pour les violations les plus graves (III) .
Les débats concernant le droit applicable à la lutte contre le terrorisme international ont illustré la
nécessité de redéfinir les interactions et l’application de ces deux branches du droit international.
Ils ont montré que l’application sélective et l’interprétation restrictive des règles du droit
international humanitaire et des droits de l’homme conduisaient à créer des trous noirs juridiques
privant de toute protection juridique les personnes les plus vulnérables.
Les droits de l’homme jouent donc un rôle important dans les situations non ou mal couvertes par
le droit international humanitaire du fait du silence de celui-ci, de son ambigüité, mais aussi du
fait du refus par les États de reconnaître son application.
En outre, les conventions relatives aux droits de l’homme et celles relatives au droit international
humanitaire contiennent chacune un socle minimal de garanties fondamentales très similaire,
dont l’application peut être optimisée pour s’assurer que des standards minimum de protection de
la personne humaine restent applicables pour tous en toutes circonstances.
Dans les situations de troubles et de tensions internes par exemple, il est utile de pouvoir utiliser
cette complémentarité qui existe entre ces deux branches du droit international.
▸ Conflit armé international ▹ Conflit armé international ▹ Déclaration universelle des droits de
l’homme ▹ Droit international humanitaire ▹ Troubles et tensions internes ▹ Garanties
fondamentales ▹ Situations et personnes non couvertes .
Les droits fondamentaux
Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Adopté par l’Assemblée
générale de l’ONU le 16 décembre 1966 et entré en vigueur en 1976, il regroupe 168
États parties. Les droits énumérés dans ce texte protègent les droits et libertés
fondamentaux des individus contre les atteintes et empiétements des autorités de
l’État.
On distingue souvent entre les droits économiques et les libertés fondamentales. Les
premiers supposent une action des États pour pouvoir se réaliser dans le domaine social,
tandis que les secondes impliquent un devoir d’abstention de l’État pour pouvoir exister.
la liberté de mouvement ;
Elles ont été adoptées pour protéger certains droits spécifiques et interdire certains
comportements.
La Convention relative aux droits des personnes handicapées, adoptée sous l’égide
de l’ONU le 13 décembre 2006 et entrée en vigueur en 2008. Elle compte 145 États
parties.
La Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les
disparitions forcées, adoptée sous l’égide de l’ONU le 20 décembre 2006 et entrée
en vigueur en 2010. Elle lie 50 États.
Le Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux
droits des femmes, adopté en 2003 par l’Union africaine et entré en vigueur le 25
novembre 2005, qui lie 36 États.
Les problèmes d’application des conventions relatives aux droits de l’homme sont de
plusieurs natures.
Il est important de souligner que les conventions relatives aux droits de l’homme ne
s’appliquent pas directement dans le droit national. Pour devenir des droits directement
utilisables par les individus, ces règles doivent être transformées en lois nationales par
chaque État. Les conventions énoncent souvent des droitsgénéraux qui couvrent des
domaines très différents : civil, politique, économique, social et culturel. Ces conventions
interdisent aux États certains comportements : torture, détention arbitraire, exécution
extrajudiciaire, etc., mais ils ne créent pas d’obligations directes de moyens ou de
résultats à la charge des autorités nationales dans la plupart de ces domaines.
Leur application et leur effectivité est donc subordonnée à leur intégration par chaque État
dans son droit national et à la disponibilité de moyens matériels permettant de mettre en
œuvre des politiques sociales nationales conformes aux droits économiques et sociaux.
Ces conventions ont souvent une fonction proclamatoire de l’État vis-à-vis de ses
ressortissants. Mais elles contribuent de façon essentielle à unifier au niveau international
les règles reconnues par tous les États concernant le traitement de leurs ressortissants.
On se réfère à ce sujet à la notion de « standards de traitement des individus ». Les
conventions sont en effet complétées par la rédaction et l’adoption au niveau international
de standards minimum de traitement des individus dans des domaines précis tels que la
détention, la justice des mineurs, la déontologie médicale vis-à-vis des personnes
détenues, etc. Le fait qu’il s’agisse de règles minimales ne laisse aucune marge
d’appréciation en fonction de considérations nationales particulières.
Les conventions applicables aux droits de l’homme contiennent les engagements pris par
l’État vis-à-vis de sa propre population, les droits qu’il lui reconnaît et les garanties de
traitement qu’il s’engage à mettre en œuvre à travers l’État de droit ( rule of law ). C’est
bien sûr en temps de paix que l’État dispose de la plénitude de ses moyens pour remplir
ces obligations. Mais c’est en période de troubles, d’insécurité ou de conflit armé que
l’arbitrage entre les exigences du maintien de l’ordre et le respect de l’État de droit devient
crucial et que les individus ont besoin d’une protection renforcée. Or les conventions
internationales autorisent les États à déroger à de nombreux droits de l’homme dans
certaines situations telles que les troubles, tensions internes ou les conflits armés. En
outre, dans ces périodes de troubles et tensions internes, les garanties prévues par le
droit humanitaire ne s’appliquent pas en raison de la trop faible intensité des actes de
violence.
Les conventions relatives aux droits de l’homme ont cependant prévu deux mécanismes
de sauvegarde dans ces situations ; en listant les droits qui ne peuvent être l’objet
d’aucune dérogation quelles que soient les circonstances et en établissant une procédure
internationale de notification des dérogations.
Les conventions internationales énumèrent les droits de l’homme qui ne peuvent faire
l’objet d’aucune dérogation, quelles que soient les circonstances. On parle dans ce cas de
garanties fondamentales, de « droits indérogeables » ou de « noyau dur » des droits de
l’homme. Il est donc essentiel d’identifier au sein des droits de l’homme ceux qui sont
absolus et ceux qui ne sont que relatifs et peuvent toujours faire l’objet de limitations. Ces
garanties fondamentales existent également dans le droit international humanitaire relatif
aux conflits armés. Les garanties fondamentales des droits de l’homme et du droit des
conflits se recoupent ainsi partiellement pour assurer une protection minimale de la
personne dans toutes les circonstances.
La possibilité de restreindre l’application de certains droits de l’homme n’est pas non plus
un droit absolu des États. Elle doit respecter un double formalisme : celui de la procédure
nationale de dérogation et celui de la procédure internationale de notification des
dérogations, justifiées par des actions de défense de la sécurité et de l’ordre public
national (obligation de notification en vertu de l’article 4.3 du Pacte international relatif aux
droits civils et politiques, de l’article 15.3 de la Convention européenne des droits de
l’homme, et de l’article 27.3 de la Convention américaine relative aux droits de l’homme).
En outre, dans les cas où il existe des recours judiciaires internationaux, certains
tribunaux sont compétents pour apprécier à la fois l’existence du danger public invoqué
par l’État et la proportionnalité entre les restrictions aux droits de l’homme et ce danger
( infra Jurisprudence).
Il est important de préciser que, quand le recours à la force armée par les États dépasse la
réponse à des actes sporadiques et isolés de violence tels que les émeutes, les premiers
éléments relatifs à la qualification d’un conflit armé sont réunis. Il faut donc examiner la
possibilité d’appliquer le droit international humanitaire en complément des droits de
l’homme.
Au niveau universel, la plupart des conventions relatives aux droits de l’homme prévoient
des mécanismes de contrôle de leur application mais restent dépourvues de tout système
de sanction internationale en cas de violation.
En cas de violation des droits de l’homme, les individus doivent se tourner vers les
tribunaux de leur propre État. Ceci suppose l’existence d’un État de droit bien établi et
d’un système judiciaire fonctionnel et indépendant car il devra statuer sur les agissements
de l’État et de ses agents.
Seules les Conventions de Genève de 1949 relatives au droit des conflits armés et la
Convention contre la torture de 1984 disposent d’un mécanisme intégré de définition et de
sanction pénale internationale des violations graves. Ceci est complété depuis 1998 par
l’existence de la Cour pénale internationale, chargée de juger les auteurs des crimes les
plus graves commis en temps de paix ou de guerre : crimes de guerre, crime contre
l’humanité, actes de génocide.
Il n’existe pas de système général de recours en cas de violations des droits de l’homme.
Un certain nombre de conventions disposent d’un organe de contrôle qui peut être saisi le
cas échéant par des États, des individus et des personnes morales (les ONG surtout). Il
s’agit le plus souvent de mécanismes plus diplomatiques que judiciaires. Ils sont chargés
de vérifier les mesures prises par l’État pour se conformer à ses obligations
internationales et peuvent recueillir des informations à cette fin. Cette vérification est axée
sur l’examen du contenu et des modifications du droit national plus que sur l’examen de
son application dans des cas concrets. On doit distinguer selon les conventions,
différents types de procédures de contrôle.
Cette procédure est obligatoire de façon périodique devant les organes suivants :
le Comité des droits de l’enfant (Convention relative aux droits de l’enfant, art. 44) ;
le Comité des droits de l’homme (Pacte relatif aux droits civils et politiques, art.
40) ;
le Comité des droits des personnes handicapées (Convention relative aux droits
des personnes handicapées, art. 35) ;
le Comité africain des experts sur les droits et le bien-être de l’enfant (Charte
africaine des droits et du bien être de l’enfant, art. 43) ;
Le Comité arabe des droits de l’homme (art. 45 et 46 de la Charte arabe des droits
de l’homme).
La possibilité de communication étatique en cas de violation des droits de l’homme par un autre
État partie
le Comité des droits de l’homme (article 41 du Pacte international relatif aux droits
civils et politiques) ;
le Comité des droits de l’homme (protocole facultatif au Pacte relatif aux droits
civils et politiques de 1966) ;
le Comité africain des experts sur les droits et le bien être de l’enfant (Charte
africaine des droits et du bien-être de l’enfant, art. 44) ;
Le Comité africain des experts sur les droits et le bien-être de l’enfant (Charte
africaine des droits et du bien être de l’enfant, art. 44).
Un individu peut porter plainte devant un organe international en cas de violation des
droits de l’homme par un État partie.
La Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, créée en 1998 suite à
l’adoption d’un protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des
peuples, peut statuer sur des plaintes individuelles (art. 5.3). Cette disposition est
prévue dans les mêmes termes (art. 8.3) sous forme d’option facultative (art. 30.f)
dans le statut de la Cour africaine de justice et des droits de l’homme adopté en
2008, qui fusionnera lors de son entrée en vigueur la Cour africaine des droits de
l’homme et des peuples et la Cour de justice de l’Union africaine.
▸ Recours individuels .
Une ONG peut porter plainte devant un organe international en cas de violations des
droits de l’homme.
Cette procédure est obligatoire devant la Cour européenne des droits de l’homme
(article 34 de la Convention européenne des droits de l’homme amendée par le
Protocole 11).
Cette procédure est facultative devant la Cour africaine des droits de l’homme et
des peuples (articles 5.3 et 34.6 du Protocole additionnel de 1998 de la Charte
africaine des droits de l’homme et des peuples, pour les ONG ayant le statut
d’observateur auprès de la Commission africaine des droits de l’homme et des
peuples).
Possibilité de plainte étatique
Un État partie peut porter plainte contre un autre en cas de violations des droits de
l’homme.
la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (article 5.1 du protocole à la
Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. En plus de la saisine par un
État membre, la Cour africaine peut aussi être saisie par la Commission africaine et
des organisations intergouvernementales africaines.
Dans les situations de conflit, il est souvent préférable de se référer aux violations
du droit humanitaire plutôt qu’aux violations des droits de l’homme. Le droit
international humanitaire prévoit des droits plus spécifiques pour les individus. Il
définit précisément le contenu des violations graves du droit humanitaire qui
tombent sous la catégorie des crimes de guerre et crimes contre l’humanité. En
outre il offre également des mécanismes de recours judiciaires et non judiciaires
spécifiques qui sont différents de ceux prévus par les conventions sur les droits de
l’homme. Il s’agit par exemple du principe de compétence universelle qui existe en
cas de violation grave du droit humanitaire et qui ne s’applique qu’à la torture dans
le domaine des droits de l’homme.
Si les violations des droits de l’homme ne sont pas des actes isolés mais
s’inscrivent dans le cadre d’une politique de génocide, de crimes contre l’humanité
ou de crimes de guerre, le statut de la Cour pénale internationale prévoit la
compétence de celle-ci dans le cadre d’une saisine par les États parties et le
Conseil de sécurité. Le procureur de cette Cour peut également, sous certaines
conditions, entamer des poursuites sur la base des informations reçues
directement des victimes, des ONG ou de toute autre source. Les victimes
disposent devant cette Cour d’un droit de représentation et d’un droit à
l’indemnisation (art. 68, 75).
Pendant longtemps, les victimes et leurs familles n’ont pu compter que sur les
rares décisions des tribunaux nationaux ou sur des mécanismes ad hoc tels que
les commissions de vérité et de réconciliation ou des fonds mis en place dans le
cadre de l’ONU. Les statuts des deux tribunaux internationaux ad hoc pour l’ex-
Yougoslavie et le Rwanda n’avaient prévu aucun système d’indemnisation des
victimes.
Le statut de la Cour pénale internationale (art. 75) adopté en juillet 1998 prévoit la
possibilité d’indemniser les victimes de crimes de guerre, crimes contre l’humanité
et génocide. La création d’un Fonds au profit des victimes (FPV) est prévue par l’art
79.1 du statut de Rome de la CPI et a été mis en place en septembre 2002 suite à la
résolution 6 de l’Assemblée générale des États parties de la CPI. Ce fonds crée les
conditions et les règles de réparation par la communauté internationale du
préjudice subi par les victimes et leurs familles, en marge des capacités
d’indemnisation directepar les individus condamnés. Il ne s’agit pas
d’indemnisations judicaires individuelles proprement dites mais plutôt de mesures
collectives de réparation.
Il existe deux autres fonds de ce type, créés par l’Assemblée générale des Nations
unies. Il s’agit du Fonds pour les victimes de la torture, créé en 1982, et du Fonds
pour les victimes de formes contemporaines d’esclavage, créé en 1991. Ces fonds
sont alimentés essentiellement par des contributions volontaires d’États, mais ils
sont ouverts également aux organisations non gouvernementales, aux individus et
aux autres acteurs du secteur privé. Ces deux fonds sont gérés par le Haut-
Commissariat des Nations unies pour les droits de l’homme et un conseil
d’administration de cinq personnes, nommées pour trois ans renouvelables, par le
secrétaire général de l’ONU. C’est ce conseil qui débloque les sommes d’argent,
après étude des projets soumis par des ONG qui travaillent au profit des victimes
de la torture ou de l’esclavage. Les ONG sont le vecteur obligatoire de l’aide
accordée par les fonds, qui ne versent donc jamais d’argent directement aux
victimes.
▸ Réparation-Indemnisation .
Il existe également des organes de défense des droits de l’homme qui ne sont pas liés à
une convention particulière. Il s’agit notamment des différentes procédures existant au
niveau du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, particulièrement les procédures
spéciales assumées par le Conseil des droits de l’homme. Ces procédures spéciales
incluent l’examen de communications individuelles confidentielles. Un groupe de travail
sur les communications est notamment désigné pour trois ans par le Comité consultatif
du Conseil des droits de l’homme. Ce groupe a repris la procédure 1503 (sous le nom de
procédure 1503 révisée), permettant l’examen de communications confidentielles fournies
par des individus ou des groupes dénonçant des violations des droits de l’homme. Ces
procédures spéciales comprennent également le travail des rapporteurs spéciaux
nommés pour enquêter sur les violations et promouvoir le respect des droits de l’homme
dans des pays particuliers ou sur des sujets précis. Ils n’ont cependant aucune fonction
judiciaire. En cas de violations graves des droits de l’homme, leur pouvoir consiste à
enquêter, faire des rapports et à les rendre publics en dernier ressort. Ces rapports
d’enquête peuvent également être transmis par les différents organes de l’ONU au
procureur de la Cour pénale internationale pour servir de base à l’examen d’une situation
avant le déclenchement éventuel d’une procédure pénale.
Depuis 1977, les deux Protocoles additionnels aux Conventions de Genève de 1949
précisent et complètent les normes relatives à la protection des personnes civiles en
temps de guerre, telles qu’énoncées par la Convention (IV) de Genève, mais aussi les
autres normes de droit international qui régissent la protection des droits fondamentaux
de l’homme en cas de conflit armé (GPI art.72 ; et GPII, Préambule). La Cour internationale
de justice (CIJ) a reconnu dans plusieurs jugements cette nécessaire complémentarité et
application conjointe du droit international humanitaire et des droits de l’homme. Ces
jugements s’inscrivent dans le cadre de l’évolution des formes de conflits armés. Ils
précisent les notions juridiques applicables aux enjeux de la guerre contre le terrorisme,
et à l’argument de sécurité nationale, mais aussi aux situations d’occupation ou de
contrôle effectif engageant la responsabilité de l’État, ainsi qu’au rôle des groupes armés
non étatiques ( infra Jurisprudence).
Trois points essentiels ressortent de ces décisions. Les droits de l’homme restent
applicables même pendant les conflits armés (1). L’application des droits de l’homme
dans les conflits n’est limitée que par les dérogations que les États décident ou non de
mettre en vigueur pendant ces situations exceptionnelles. L’application des droits de
l’homme peut sous certaines conditions être étendue à l’extérieur du territoire national ou
à des étrangers (2). Enfin, en cas d’application simultanée de ces deux branches du droit,
le droit international humanitaire est considéré comme loi spéciale ( lex specialis ) qui
prime donc sur le droit général ( lex generalis ) des droits de l’homme. Encore faut-il
aménager et interpréter cette primauté pour qu’elle reste compatible avec l’esprit du
principe d’application simultanée récemment établi (3).
Les conflits armés non internationaux, mais aussi les situations de détention,
d’occupation militaire et les formes nouvelles de lutte transnationale contre l’insécurité ou
le terrorisme fournissent les principaux cas susceptibles d’être couverts de façon
complémentaire ou simultanée par les droits de l’homme, en raison du silence ou de
l’ambiguïté du droit international humanitaire. La jurisprudence internationale a fourni ces
dernières années des éléments utiles concernant les modalités et la complémentarité
d’application du droit international des droits de l’homme et du droit international
humanitaire. Il s’agit notamment de jugements de la Cour internationale de justice et de la
Cour européenne des droits de l’homme, qui complètent ou infirment les décisions des
Cours suprêmes américaine et israélienne sur plusieurs points essentiels. Dans cette
matière complexe, il reste encore à établir et stabiliser les critères d’application et
d’interprétation de cette complémentarité ( infra Jurisprudence).
Il est aujourd’hui largement accepté que les droits de l’homme continuent à s’appliquer en
période de conflit armé, à la seule exception des dérogations qui seront formulées par les
États concernés conformément aux dispositions des conventions sur les droits de
l’homme. Cela est particulièrement important compte tenu des formes nouvelles de
certains conflits armés, notamment non internationaux, qui conduisent certains États à
contester l’application du droit international humanitaire en raison d’une application
littérale et restrictive des critères concernant la définition des conflits ou les
caractéristiques des groupes armés et combattants non étatiques. Cette application
simultanée a été rappelée par plusieurs décisions de justice, dont celles, notables, de la
Cour internationale de justice et de la Cour européenne des droits de l’homme. Il s’agit
d’une évolution essentielle car elle met un terme à l’usage abusif de certains arguments
juridiques qui ont permis d’entraver simultanément l’application des droits de l’homme et
du droit international humanitaire dans le cadre de la guerre contre le terrorisme. Ainsi,
par exemple, des détenus ont été privés de toute protection issue des conventions
relatives aux droits de l’homme au motif qu’ils étaient étrangers et détenus en dehors du
territoire national. La protection du droit international humanitaire leur a aussi été refusée
au motif qu’il ne s’agissait pas d’un conflit armé international puisque ces individus
appartenaient à des groupes armés non étatiques. Mais les garanties fondamentales
prévues par l’article 3 commun aux Conventions de Genève, applicables aux conflits
armés non internationaux, leur ont été dans le même temps également refusées, au motif
que la guerre contre le terrorisme n’était pas un conflit armé non international puisqu’elle
affectait plusieurs pays. Dans d’autres cas, les droits de l’homme ont été déclarés
inapplicables en situation de conflit armé du fait de la primauté du droit international
humanitaire ( lex specialis ) dans ces situations. C’est dans ce contexte de raisonnement
par l’absurde, vidant de toute capacité de protection ces deux branches du droit
international, qu’il faut comprendre les décisions des juges internationaux et l’abondante
production d’analyse juridique par les spécialistes de tout bord.
Application extraterritoriale des obligations relatives aux droits de l’homme
Les décisions de justice ont également rappelé l’application extraterritoriale des droits de
l’homme dans les cas où un État exerce un contrôle effectif sur un (des) territoire(s) ou
des individus étrangers. Les États sont liés par leurs obligations en matière de droits de
l’homme à l’extérieur du territoire national dans les cas d’occupation militaire directe ou
indirecte, mais aussi dans tous les cas de détention d’individus étrangers quel que soit le
lieu où ils sont détenus.
Règles d’arbitrage entre l’application des droits de l’homme (lex generalis) et du droit
international humanitaire (lex specialis)
Il existe une autre difficulté entre ces deux branches de droit : les droits de l’homme
s’appliquent sans discrimination à tous les individus alors que le droit international
humanitaire repose sur le principe de distinction entre civils et combattants. Cette
difficulté est aggravée par le fait qu’en situation de conflit armé non international le droit
international humanitaire n’octroie pas systématique le statut de combattant aux membres
de groupes armés non étatiques. Le flou entretenu sur leur statut conduit à autoriser que
ces « civils » qui participent directement aux hostilités soient pris pour cibles lors
d’attaques ou d’assassinats ciblés selon la doctrine développée par plusieurs États, mais
aussi que leur détention échappe à certaines garanties. Le flou de ces situations affaiblit
les notions de droit à la vie contenues tant dans les conventions sur les droits de l’homme
que dans le droit international humanitaire pour les civils. Il affaiblit également
l’application des garanties fondamentales concernant les détenus dans les deux branches
du droit international.
Pour réguler l’application simultanée de règles différentes, le droit utilise un principe qui
fait prévaloir la loi spéciale prévue pour une situation précise ( lex specialis ) sur la loi
générale ( lex generalis ). Le droit international humanitaire joue ainsi le rôle de loi
spéciale précisément destinée aux situations de conflit armé et devant donc prévaloir sur
les droits de l’homme dans ces situations. Mais l’application concrète de ce principe
soulève des débats qui ne sont pas encore tranchés, compte tenu du caractère récent de
cette double application.
Si l’on interprète cette règle de bonne foi et dans l’esprit du principe qu’elle pose, il est
logique de considérer que, dans les cas de conflit armé (international ou non international,
en fonction de la qualification qui sera faite de la situation conformément à la définition de
ces types de conflits), le droit international humanitaire s’applique en plus des droits de
l’homme, et ses règles priment sur celles des droits de l’homme. Comme le principe de
primauté de la loi spéciale est justifié par le fait qu’elle est plus précise et plus adaptée
que la loi générale, on peut également estimer de façon logique que quand le droit
international humanitaire prévoit des dispositions précises, celles-ci s’appliquent en
premier lieu. Par contre, dans les situations où le droit international humanitaire est
silencieux, flou ou incertain, alors la notion de loi spéciale perd son intérêt et les droits de
l’homme restent la norme de référence applicable, y compris de façon extraterritoriale
conformément au critère de contrôle effectif. Cette interprétation est conforme à l’esprit de
ces deux branches du droit international. Elle permet en outre de combler les éventuels
trous noirs juridiques issus d’interprétations trop restrictives et littérales des différentes
notions du droit international humanitaire et des droits de l’homme.
Certains États insistent sur le fait que la loi spéciale doit au contraire s’appliquer à la
place de la loi générale. Ainsi, dans les situations de conflit armé, le droit international
humanitaire devrait supplanter et abolir les obligations relatives aux droits de l’homme.
Cette thèse est en contradiction avec la jurisprudence internationale, qui a rappelé que les
droits de l’homme restent applicables en tout temps sous la seule réserve des
dérogations que l’État aura mis en œuvre du fait d’une situation exceptionnelle.
Certains juristes, inspirés par les décisions récentes de la Cour européenne des droits de
l’homme, vont plus loin et souhaitent que, dans chaque situation où le droit international
humanitaire et les droits de l’homme sont applicables, ce soit systématiquement la règle
la plus favorable et protectrice pour les individus et la plus contraignante pour les États
qui soit appliquée, indépendamment de la règle de primauté de la lex specialis .
Malgré la qualité des intentions, cette pratique a pour conséquence de créer une
incertitude sur le droit immédiatement applicable à une situation donnée. Elle risque de
favoriser les contestations et de repousser la décision sur le droit applicable à
l’examen ex post facto de chaque cas d’espèce par un juge international. Ceci n’est pas
compatible avec l’esprit du droit international humanitaire, qui cherche à éviter les
controverses juridiques dans les situations de crises et de conflits et à garantir
l’application immédiate de règles minimales, simples et indiscutables. Il est capital d’éviter
que la complexification des arguments et des concepts juridiques conduise à fragiliser et
retarder l’application des règles essentielles à la survie et à la protection des individus
dans les situations de crises et de conflit.
▸ Cour internationale de justice (CIJ) ▹ Cour européenne des droits de l’homme ▹ Territoire
occupé ▹ Torture et traitements cruels inhumains et dégradants .
Jurisprudence
« La protection offerte par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques ne
cesse pas en temps de guerre, si ce n’est par l’effet de l’article 4 du pacte, qui prévoit qu’il
peut être dérogé, en cas de danger public, à certaines des obligations qu’impose cet
instrument. Le respect du droit à la vie ne constitue cependant pas une prescription à
laquelle il peut être dérogé. En principe, le droit de ne pas être arbitrairement privé de la
vie vaut aussi pendant des hostilités. C’est toutefois, en pareil cas, à la lex
specialis applicable, à savoir le droit applicable dans les conflits armés, conçu pour régir
la conduite des hostilités, qu’il appartient de déterminer ce qui constitue une privation
arbitraire de la vie », § 25.
Dans cet avis consultatif, la CIJ reprend sa jurisprudence concernant la licéité de l’emploi
ou de la menace de l’arme nucléaire et l’applique au respect des pactes internationaux
relatifs aux droits de l’homme dans les situations d’occupation militaire couvertes par le
droit international humanitaire. Elle précise les critères d’application simultanée des deux
branches du droit, notamment en cas d’application extraterritoriale de droits de l’homme
aux populations des territoires occupés par un État étranger.
« Dans les rapports entre droit international humanitaire et droits de l’homme, trois
situations peuvent dès lors se présenter : certains droits peuvent relever exclusivement
du droit international humanitaire ; d’autres peuvent relever exclusivement des droits de
l’homme ; d’autres enfin peuvent relever à la fois de ces deux branches du droit
international. Pour répondre à la question qui lui est posée, la Cour aura en l’espèce à
prendre en considération les deux branches du droit international précitées, à savoir les
droits de l’homme et, en tant que lex specialis , le droit international humanitaire », § 106.
« Le champ d’application du Pacte relatif aux droit civils et politiques […] peut être
interprété comme couvrant seulement les individus se trouvant sur le territoire d’un État
dans la mesure où ils relèvent en outre de la compétence de cet État. Elle peut aussi être
comprise comme couvrant à la fois les individus se trouvant sur le territoire d’un État et
ceux se trouvant hors de ce territoire, mais relevant de la compétence de cet État », § 108.
La Cour observe que « […] en adoptant la rédaction qu’ils ont retenue, les auteurs du
pacte n’ont pas entendu faire échapper les États aux obligations qui sont les leurs
lorsqu’ils exercent leur compétence hors du territoire national », § 109. Elle juge donc «
que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques est applicable aux actes
d’un État agissant dans l’exercice de sa compétence en dehors de son propre territoire »,
§ 111. Elle observe que « […] les territoires occupés par Israël sont soumis depuis plus de
trente-sept ans à la juridiction territoriale d’Israël en tant que puissance occupante. Dans
l’exercice des compétences dont il dispose à ce titre, Israël est tenu par les dispositions
du Pacte international relatif aux droits économiques sociaux et culturels », § 112.
Cour suprême d’Israël, The Supreme Court Sitting as the High Court of Justice, The
Public Committee against Torture in Israel, HCJ 759/02, 11 décembre 2005
Cour suprême des États-Unis, Rasul et al. v. Bush, President of the United
States , et al. , 542 US 466, opinion du 28 juin 2004
Dans l’affaire Rasul v. Bush, la Cour suprême américaine a affirmé que les ressortissants
étrangers détenus par les autorités américaines à l’extérieur du territoire américain dans
la base de Guantanamo étaient couverts par le droit américain et pouvaient à ce titre
contester leur détention devant les cours fédérales américaines, au motif que les États-
Unis exercent sur ce lieu une juridiction et un contrôle exclusifs.
Cour européenne des droits de l’homme (CEDH)
« Dans certaines circonstances, le recours à la force par des agents d’un État opérant
hors de son territoire peut faire passer sous la juridiction de cet État […] toute personne
se retrouvant ainsi sous le contrôle de ceux-ci. […] Dès l’instant où l’État, par le biais de
ses agents, exerce son contrôle et son autorité sur un individu, et par voie de
conséquence sa juridiction, il pèse sur lui […] une obligation de reconnaître à celui-ci les
droits et libertés » contenus dans la Convention européenne des droits de l’homme, § 136-
137.
« Le principe voulant que la juridiction de l’État contractant soit limitée à son propre
territoire connaît une autre exception lorsque, par suite d’une action militaire - légale ou
non -, l’État exerce un contrôle effectif sur une zone située en dehors de son territoire.
L’obligation d’assurer dans une telle zone le respect des droits et libertés garantis par la
Convention découle du fait de ce contrôle, qu’il s’exerce directement, par l’intermédiaire
des forces armées de l’État ou par le biais d’une administration locale subordonnée. […]
Du fait qu’il assure la survie de cette administration grâce à son soutien militaire et autre,
cet État engage sa responsabilité à raison des politiques et actions entreprises par elle.
L’article 1 (de la Convention) lui fait obligation de reconnaître sur le territoire en question
la totalité des droits matériels énoncés dans la Convention et dans les Protocoles
additionnels qu’il a ratifiés, et les violations de ces droits lui sont imputables », § 138. La
Cour rappelle ainsi la décision qu’elle avait rendue dans son arrêt du 10 mai 2001 dans
l’affaire Chypre contre Turquie (§ 77).
Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), affaire Aksoy c. Turquie, requête
n° 21987/93, arrêt (Chambre), 18 décembre 1996
Dans cet arrêt, la Cour rappelle qu’« il incombe à chaque État contractant responsable de
la “vie de [sa] nation”, de déterminer si un “danger public” la menace et, dans
l’affirmative, jusqu’où il faut aller pour essayer de le dissiper. […] Les États ne jouissent
pas pour autant d’un pouvoir illimité en ce domaine. La Cour a compétence pour décider,
notamment, s’ils ont excédé la “stricte mesure” des exigences de la crise ». Les mesures
de dérogations prises doivent être strictement exigées par la situation et proportionnées
au danger, § 68.
Physician for Human Rights v. the Commander of IDF forces in the West Bank , HCJ
2117/02, 30 mai 2004
« Judicial review does not examine the wisdom of the decision to carry out military
operations. The issue addressed by judicial review is the legality of the military
operations. Therefore we presume that the military operations carried out in Rafah are
necessary from a military viewpoint. The question before us is whether these military
operations satisfy the national and international criteria that determine the legality of
these operations. The fact that operations are necessary from a military viewpoint does
not mean that they are lawful from a legal viewpoint. Indeed, we do not replace the
discretion of the military commander in so far as military considerations are concerned.
That is his expertise. We examine their consequences from the viewpoint of humanitarian
law. That is our expertise » [arrêt uniquement disponible en anglais, NdlR ], § 9.
Public Committee against Torture in Israel v. The government of Israel , HCJ 769/02,
11 décembre 2005
Dans cet arrêt relatif à l’examen de la politique israélienne d’assassinats ciblés dans le
cadre de la lutte contre le terrorisme après la seconde Intifada, la Cour suprême
israélienne confirme sa jurisprudence de 1999 sur le contrôle judiciaire de la
proportionnalité des dérogations, en affirmant qu’il est nécessaire de trouver un équilibre
entre les besoins en termes de sécurité et les droits individuels : « not every sufficient
means is also legal. The ends do not justify the means […] That balancing casts a heavy
load upon the judges, who must determine - according to the existing law - what is
permitted, and what is forbidden » [arrêt uniquement disponible en anglais, NdlR ], § 63.
Consulter aussi
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