COUR D’APPEL DE BAMAKO REPUBLIQUE DU MALI
°°°°°°°°°°° UN PEUPLE – UN BUT – UNE FOI
TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE °°°°°°°°°°°
DE LA COMMUNE VI DU DISTRICT DE
BAMAKO
« AU NOM DU PEUPLE MALIEN »
AUDIENCE PUBLIQUE ORDINAIRE DU 24 JUIN 2021
N°1906/R La chambre matrimoniale du Tribunal de Grande Instance de la Commune VI
G du District de Bamako en son audience publique ordinaire du vingt-quatre
juin deux mille-vingt-et-un, tenue par :
N°1770/R Monsieur Sala GUINDO, Juge au siège, Président
C Monsieur Soumaïla DIAKITE, Juge au siège, Juge
Monsieur Mohamed SOW, Juge au siège, Juge
N°647/02/ Assistés de Maître Mohammad COULIBALY, Greffier ;
09JGT Après avis du Ministère Public ;
A rendu le jugement dont la teneur suit entre :
Korossime COULIBALY: née en 1973 à N’Golona/Kadiolo, fille de
NATURE :
Habibou et Danielle COULIBALY, Comptable, de nationalité malienne,
Divorce
domiciliée à Niamana ATT Bougou, Téléphone : 76 46 92 42 ;
DEMANDERESSE
ET
Bréhima DIAWARA: né en 1968 à Kadiolo, fils de Sambou et de Dado
DIALLO, agent commercial, de nationalité malienne, domicilié à Bamako ;
DEFENDEUR
I-FAITS ET PROCEDURE :
Le couple Bréhima DIAWARA et Korossime COULIBALY a contracté
mariage devant l’officier d’état civil du centre secondaire de Badalabougou, le
27 juillet 1997, sous l’option monogamique et le régime de la séparation des
biens. De leur union sont issus cinq enfants prénommés Ana Yougoudou,
Aicha, Issoumaël, Kadidiatou et Sambou tous DIAWARA ;
Par requête en date du 22 avril 2021, l’épouse Korossime COULIBALY a
saisi le tribunal de grande instance de la commune VI du district de Bamako
d’une action aux fins de divorce d’avec son époux Bréhima DIAWARA et le
faire comparaître pour l’audience de la tentative de conciliation du 1 er Juin
2021 devenue infructueuse.
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Autorisée à poursuivre son action au fond, la requérante a fait citer son époux
pour l’audience du 24 juin 2021 par acte de Maître Abdoul Karim TRAORE
huissier-Commissaire de justice le 7 mai 2021 pour venir entendre statuer sur
le mérite de sa requête. Advenue cette date l’affaire fut retenue, débattue et
mise en délibéré pour le 2 septembre 2021 pour la décision être rendue ;
Sur quoi, le tribunal a statué en ces termes
II-PRETENTIONS ET MOYENS DES PARTIES:
La demanderesse évoque, au soutien de son action, que si les débuts de leur
union furent heureux, qu’il en est autrement à cause du refus de son époux de
subvenir aux besoins du foyer laissant toutes les dépenses de la famille à sa
charge ;
Que son époux ne subvient pas aux besoins indispensables de la famille en
nourriture, soins médicaux, dépenses des enfants, habillement et logement ;
Que comme si cela n’était pas suffisant, son époux refuse de chercher un
travail et passe toutes ses journées à la maison ; Que lasse de supporter cela,
elle initie cet ultime recours pour mettre fin à leur union, car elle ne saurait
demeurer plus longtemps dans cette situation. Qu’elle sollicite le divorce aux
torts exclusifs de l’époux et la garde de ses enfants mineurs Sambou,
Kadidiatou et Issoumaël ;
En réplique, le défendeur, réfute certaines allégations de son épouse. Il
soutient qu’il subvient aux besoins de sa famille selon ses moyens ; Qu’il
reconnait qu’elle prend en charge certaines dépenses et d’autres non. Qu’il
s’oppose au divorce.
III- MOTIFS DE LA DECISION:
1°) Sur la recevabilité de la requête :
Attendu qu’en vertu des dispositions combinées des articles 326 du code des
personnes et de la famille et 2 du Code Procédure Civile Commerciale et
Sociale, le tribunal compétent en matière de divorce est celui du dernier
domicile commun des époux ou celui de l’époux défendeur, la requête doit
contenir des mentions obligatoires telles les nom, prénom, profession et
domicile du demandeur ;
Attendu que par requête en date du 22 avril 2021, l’épouse Korossime
COULIBALY attrait en divorce devant ce tribunal, son époux Bréhima
DIAWARA, domicilié à Niamana ;
Que ladite requête ayant satisfait aux exigences de la loi, il y a lieu de la
recevoir
2°) Sur le divorce :
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Attendu qu’au sens des dispositions de l’article 352 in fine du code des
personnes et de la famille, l’épouse peut demander le divorce lorsque le mari
refuse de subvenir à ses besoins essentiels : nourriture, logement, habillement
et soins médicaux ;
Attendu que Korossime COULIBALY sollicite le divorce pour défaut
d’entretien ;
Que dans le cas d’espèce, il est constant, tel qu’il résulte des débats que non
seulement, Bréhima DIAWARA ne subvient pas aux besoins de son épouse,
mais également reconnait qu’il ne travaille plus ; que ces comportements de
Bréhima DIAWARA s’analysent en défaut d’entretien.
Que de tout ce qui précède, il est établi le défaut d’entretien constitutif de
cause de divorce au sens de l’article sus indiqué ; Que la dégradation de
l’atmosphère conjugale incombe exclusivement à l’époux ; Que dès lors il y a
lieu de recevoir l’épouse en sa demande et de prononcer en conséquence le
divorce de leur couple aux torts exclusifs de l’époux ;
3°) Sur la garde des enfants mineurs et le droit de visite
Attendu que l’article 369 du code des personnes et de la famille précise en
substance que la garde des enfants mineurs est confiée à l'époux au profit
duquel le divorce est prononcé à moins que le tribunal, soit d’office, soit sur la
demande de la famille ou du ministère public, n'ordonne pour l’intérêt des
enfants que la garde de tous ou de quelques-uns soit confiée soit à l’autre
époux ou à une tierce personne ;
Attendu que Korossime COULIBALY et Bréhima DIAWARA sollicitent tous
les deux la garde de leurs enfants mineurs prénommés Issoumaël, Kadidiatou
et Sambou tous DIAWARA ;
Qu’en l’espèce, le divorce est prononcé au profit de la demanderesse, il y a
lieu de confier la garde desdits enfants mineurs à la mère tout en accordant en
application des dispositions de l’alinéa 2 de l’article 370 du code des
personnes et de la famille des droits de visite au père qui pourra les exercer
tous les deux week-ends du mois du vendredi à 18 heures au dimanche 18
heures ainsi que pendant la moitié des vacances scolaires ;
4°) Sur la part contributive du père aux charges des enfants :
Attendu que les père et mère doivent contribuer aux charges de leurs enfants
en proportion de leurs revenus au sens des dispositions de l’article 370 du code
des personnes et de la famille ;
Attendu que la garde des enfants mineurs communs a été confiée à la mère, il
convient de condamner le père à payer à celle-ci, la somme mensuelle de dix
mille (10.000) francs CFA par mois et par enfant à titre de part contributive
aux charges d’entretien et d’éducation des enfants mineurs ;
5°) Sur la transcription et la mention de la décision:
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Attendu qu’en application des articles 150 et 155 du code des personnes et de
la famille, il convient d’ordonner la transcription de cette décision dans les
registres d’état civil du centre secondaire de Badalabougou à Bamako où le
mariage a été célébré ;
6°) Sur les dépens :
L’époux ayant succombé à la procédure, il y a lieu de mettre les dépens à sa
charge conformément aux dispositions de l’article 332 du code des Personnes
et de la Famille.
PAR CES MOTIFS,
Statuant publiquement, contradictoirement à l’égard de toutes les parties, en
matière matrimoniale, après débats en chambre du conseil et en premier ressort
;
En la forme, reçoit Korossime COULIBALY en sa demande de divorce
comme étant régulière ;
Au fond, déclare son action bien fondée et y faisant droit ;
-Prononce le divorce du couple Bréhima DIAWARA et Korossime
COULIBALY aux torts exclusifs de l’époux ;
-Confie la garde des enfants mineurs Issoumaël, Kadidiatou et Sambou, tous
DIAWARA, à la mère ;
-Accorde des droits de visite au père qui pourra les exercer tous les deux
week-ends du mois du vendredi à 18 heures au dimanche 18 heures ainsi que
pendant la moitié des vacances scolaires ;
-Condamne Bréhima DIAWARA à payer à Korossime COULIBALY la
somme mensuelle de dix mille (10.000) francs CFA par enfant à titre de part
contributive à l’entretien et l’éducation de leurs enfants mineurs;
-Ordonne que la décision soit transcrite sur les registres de l’état civil du
centre secondaire de Badalabougou à Bamako où le mariage a été célébré ;
-Dit que mention sera faite en marge de l’acte de mariage des époux et sur
l’acte de naissance de chacun d’eux conformément à l’article 150 du code des
personnes et de la famille ;
Met les dépens à la charge du défendeur
Ainsi fait jugé et prononcé publiquement par ce tribunal, les jour, mois et an
que dessus.
ET ONT SIGNE LE PRESIDENT ET LE GREFFIER