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SYLLABUS SEDIMENTOLOGIE THEO+Environnements Sedimentaires

La sédimentologie est l'étude des sédiments et des processus de leur formation, incluant l'altération, le transport et la diagenèse. Ce document aborde les processus de formation des roches sédimentaires, en mettant l'accent sur l'altération, la désagrégation mécanique et le rôle de l'eau dans ces processus. Il souligne également l'importance des facteurs climatiques et géologiques dans l'altération des roches et la formation de sédiments.

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SYLLABUS SEDIMENTOLOGIE THEO+Environnements Sedimentaires

La sédimentologie est l'étude des sédiments et des processus de leur formation, incluant l'altération, le transport et la diagenèse. Ce document aborde les processus de formation des roches sédimentaires, en mettant l'accent sur l'altération, la désagrégation mécanique et le rôle de l'eau dans ces processus. Il souligne également l'importance des facteurs climatiques et géologiques dans l'altération des roches et la formation de sédiments.

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UNIVERSITE DU BURUNDI

FACULTE DES SCIENCES


DEPARTEMENT DES SCIENCES DE LA TERRE

COURS DE SEDIMENTOLOGIE DE BAC II- GEOLOGIE


ANNEE ACADEMIQUE 2020-2021
ANNEE ACADEMIQUE 2020-2021
SIMUZEYE THEODOSE

0.0 INTRODUCTION
Le terme « Sédimentologie » est relativement récent dans le lexique géologique. Introduit par Wadell H. en
1932, il a été admis après d’après discussions.

À l'exemple de la volcanologie, de la pédologie et autres disciplines géodynamiques, la sédimentologie étudie des


« phénomènes actuels » se déroulant encore sous nos yeux, à la surface des continents, au fond des mers et à leur
frontière.

Mais, actuellement, les sédiments anciens, transformés en roches sédimentaires par la diagenèse se présentent
sous forme de roches sédimentaires

Aussi rattache-t-on souvent à la sédimentologie la description de ces roches, ou pétrographie sédimentaire, bien
qu'elle constitue logiquement, avec l'étude des processus diagénétiques, un chapitre de la pétrologie.

0.1 DEFINITION

La sédimentologie est la discipline qui étudie les caractéristiques, les processus de mise en place et la disposition
des sédiments, soit lors de leurs mouvements, soit après leur dépôt, leurs phénomènes de sédimentation ou
diagénétiques.

Elle englobe l'étude des sédiments modernes tels que le sable, le limon et l'argile, ainsi que des processus qui

entraînent leur formation (érosion et altération), leur transport, leur dépôt et leur diagenèse. Les sédimentologues
appliquent leur compréhension des processus modernes pour interpréter l'histoire géologique à travers l'observation

des processus. roches sédimentaires et structures sédimentaires.

La sédimentologie est étroitement liée à la stratigraphie, à l’étude des relations physiques et temporelles entre les

couches ou les strates rocheuses.

CHAP. I PROCESSUS DE FORMATION DES ROCHES SEDIMENTAIRES

Sur le continent, une roche est soumise à l'action des facteurs physiques, chimiques et biologiques propres au
climat. Elle est désagrégée et transformée.

L’altération est donc le premier des processus qui conduisent à la formation des roches sédimentaires. Elle est
fonction du climat (donc de la végétation), de la nature de la roche (du minéral), de la structure géologique (strates,
fractures), du relief, du temps…
La destruction se fait par des mécanismes physiques produisant la fragmentation des matériaux et des réactions
chimiques donnant des solutions de lessivage (altération chimique). Les éléments solides sont déplacés sous l'effet
de la gravité, souvent par l'intermédiaire d'un fluide transporteur (eau, glace), et sous l'effet des variations de
pression atmosphérique qui produisent les vents. Apres le transport par différents agents, les particules sont
déposées dans le bassin sédimentaire ou elles seront transformées en roche sédimentaire lors de la diagenèse.
I.1 L’ALTERATION
L'altération désigne l'ensemble de deux processus en l’occurence la fragmentation mécanique d'une roche sans
transformation chimique ou minéralogique et sa transformation avec une modification de sa composition chimique
ou/et minéralogique.
L'altération permet donc la formation de la zone critique par ces deux processus d'altération mécanique et chimique
qui sont couplés. L'altération chimique implique de la dissolution (mise en solution des éléments chimiques solubles
des minéraux primaires comme le sodium et le calcium ou le silicium) et la précipitation de nouvelles phases
impliquant les éléments les moins solubles dans l'eau (les minéraux secondaires, argiles et oxydes de fer et
d'aluminium).

Avec la dissolution (par exemple des évaporites), l'hydrolyse (action des protons issus de la molécule d'eau) et
l'oxydation sont les deux autres formes d'altération chimique les plus fréquentes. Comme exemple d'altération
physique, on peut penser à la cryoclastie, c'est-à-dire l'effet de l'alternance gel-dégel sur les roches. Comme le
volume molaire de la glace est supérieur à celui de l'eau liquide, l'eau liquide qui remplit une fracture va, en gelant
faire naître des contraintes qui peuvent élargir la fracture et conduire à transformer progressivement la roche en un
amas de débris

Dès qu’une roche est amenée à la surface de la Terre, elle s’altère, l’altération est le premier des
processus qui conduisent à la formation des roches sédimentaires.

L’altération résulte de l’action des agents climatiques (eau, neige, glace…) sur les roches ou sur
tout autre objet présent à la surface de la Terre.

L’altération est facilitée par la gravité.


Elle est fonction du climat (donc de la végétation), de la nature de la roche (du minéral), de la
structure géologique (strates, fractures), du relief, du temps…

1.1 L'ALTERATION DES CONTINENTS

1.1.1. PRINCIPAUX ASPECTS DE L'EROSION CONTINENTALE

La destruction du continent constitue la source principale des matériaux sédimentaires. Ce


phénomène intéresse aussi bien les roches magmatiques que les roches métamorphiques et
sédimentaires. Les êtres vivants y contribuent également. Les actions purement mécaniques des
agents d'érosion produisent des fragments qui sont à l'origine des roches détritiques. Les
phénomènes chimiques donnent des solutions de lessivage qui sont les sources des minéraux
néoformés des roches d'origine chimique. Les roches érodées forment un manteau d'altération
(éluvion) qui après lessivage peut donner des roches résiduelles riches en fer, en aluminium... La
contribution des organismes à cette couche, sous forme d'humus, aboutit à la formation d'un sol dont
la nature et l'épaisseur varie selon les climats. Les composants de cette pellicule d'altération sont
déblayés à leur tour et transportés sous forme solide ou en solution. Ils peuvent se déposer
temporairement dans des pièges continentaux (rivières, lacs) mais sont finalement remobilisés à plus
ou moins longue échéance pour être déversés dans le milieu marin. Ces transformations, surtout
chimiques, correspondent à une adaptation des roches aux conditions physico-chimiques de la
surface.

1.1.2. LA DESAGREGATION MECANIQUE

Un certain nombre d'agents physiques produisent la fragmentation des roches. Les variations de
température entraînent la dilatation ou la contraction des roches: soumise à des variations de volume
incessantes, un roche se fissure puis éclate. La fissuration est importante dans les roches
composées de minéraux différents n'ayant pas le même coefficient de dilatation: des microfissures
apparaissent à la limite entre les minéraux. L'eau qui pénètre dans les fissures et les pores puis gèle
avec augmentation de volume ajoute son effet. Les cristaux de glace s'accroissent
perpendiculairement à la surface de la fente et augmentent son ouverture: la roche est gélive, elle
éclate sous l'effet du gel (exemple, la craie). La désagrégation mécanique est particulièrement
importante sous les climats désertiques où les variations de température peuvent dépasser 50 °C
entre le jour et la nuit. Elle est également grande sous les climats humides dont la température varie
autour de 0 °C (action du gel et du dégel). Elle est responsable de l'accumulation des manteaux
d'éboulis caractéristiques des zones désertiques et des montagnes. La cristallisation du sel ajoute
son action le long des littoraux et dans les zones désertiques. Près des côtes, les embruns salés
pénètrent dans les pores des roches. Les cristaux de sels s'y développent et produisent des
craquelures. Les sulfates de Na et Mg sont les plus efficaces. Enfin, le transport par l'eau, et
accessoirement l'action du vent, use les matériaux et produit des éléments plus fins: limons,
poussières...

1.1.3. ROLE DE L'EAU DANS L'ALTERATION

Une des caractéristique les plus importante de la surface de la Terre est l'abondance de l'eau, tant
sous forme liquide que solide ou gazeuse. Les molécules d'eau sont chargées electriquement et se
comportent comme des dipôles; cette propriété est dûe à la liaison covalente asymétrique qui unit les
atomes d'hydrogène à l'oxygène. Les deux atomes d'hydrogène sont placés d'un seul coté et
engendrent une faible charge. La nature polaire de la molécule d'eau permet l'établissement de
liaisons hydrogène entre les molécules qui se disposent en groupes tétraédriques. Les propriéts de
l'eau découlent de cette structure. L'eau est un trés bon solvant car les extrémités positives ou
négatives de la molécule peuvent s'attacher aux ions négatifs ou positifs. Le groupement des
molécules d'eau en tétraèdre explique la forte tension superficielle et la capillarité, et la large plage de
température selon laquelle l'eau est à l'état liquide. L'abaissement de température diminue l'agitation
thermique des molécules et favorise les liaisons hydrogène: les molécules se groupent et la viscosité
de l'eau augmente. L'abaissement de température produit également l'augmentation de la densité,
jusqu'à 4°C; en dessous, les molécules se réarrangent progressivement en structure hexagonale
(glace) et la densité diminue jusqu'à atteindre un minimum à -22°C. Les molécules d'eau s'ionisent en
H+ et OH-.. La concentration des H+ définit le pH. A la température ordinaire, il y a seulement 10-7
moles par litre d'ions hydrogène (et autant de OH-) dans l'eau pure: le pH est neutre (pH=7). L'apport
d'ions hydrogène diminue le pH; cette acidité est produite notamment par le CO2 et les acides
humiques du sol.

H2 O + CO2 ------> H2 CO 3-------> H+ + (HCO3) -

Les ions hydrogène sont responsables de la destruction des réseaux silicatés: ils déplacent les
cations métalliques qui se recombinent avec les OH- (hydrolyse).

1.2. FACTEURS CONTROLANT L'ALTERATION

1.2.1 Résistance d'un minéral à l'altération

L'énergie de liaison varie selon le type d'ions concernés. Le K+ est faiblement lié à l'oxygène, le Fe++
et le Mg++ le sont moyennement; le Si 4+ établit au contraire des liaisons trés fortes. On comprend
ainsi que le quartz, tectosilicate ne comportant que des liaisons fortes entre le silicium et l'oxygène,
résiste mieux à l'altération; l'olivine en revanche, contenant des cations moins liés (Fe++ et Mg++) a
un réseau cristallin plus fragile. GOLDICH (1938) a établi l'ordre de résistance des minéraux à
l'altération:

Labile olivine ...................................................................plagioclases Ca

augite .............................................plagioclases Ca-Na

hornblende ................plagioclases Na-Ca

biotite .........plagioclases Na

feldspaths K

muscovite

Résistant......................................quartz

On remarque que cet ordre évoque les suites de BOWEN: ce n'est pas un hasard. Dans un magma,
l'olivine cristallise à haute température, elle est donc particulièrement instable dans les conditions de
surface; elle est la plus labile. Le quartz, en revanche est formé à une température moins élevée, il
est plus stable. Le type de réseau cristallin intervient dans la stabilité du minéral en surface. Les
phyllosilicates, comme la muscovite, résistent mieux à l'altération. Des travaux récents ont permis
d'évaluer la vitesse d'hydrolyse d'un minéral silicaté en mesurant la vitesse de libération de la silice
issue du minéral dans le milieu . Cette vitesse est fonction de la surface de contact du minéral, du pH
et d'une constante de vitesse de libération "K" propre au minéral qui est mesurée en mole/m2/an;
voici quelques valeurs de K:

anorthite : 1,76 10-1

feldspath K : 5,26 10-5

muscovite : 8,09 10-6

quartz : 1,29 10-7

On retrouve plus ou moins l'ordre établi par GOLDICH.

1.2.2 Mobilité des ions

La mobilité d'un ion dépend de son rayon et de sa charge ionique.

* Rayon ionique:
Si4 +: r = 0,42 A°

Al 3+: r = 0,51 A°

0 2- : r = 1,4 A°

La taille des ions détermine leur arrangement cristallin; le nombre de coordination d'un ion par rapport
à l'oxygène est le nombre d'ions oxygène qui peuvent se disposer autour de l'ion considéré:

- Silicium : nombre de coordination 4, l'arrangement est un tétraèdre;

- Aluminium: nombre de coordination 6, l'arrangement est un octaèdre.

* Charge ionique :

la charge Z d'un ion est égale à 1+, 2+, 3+...

* Potentiel ionique:

C'est le rapport Z/r. Il détermine le comportement des ions. La classification établie par
GOLDSCHMIDT distingue 3 groupes d'ions d'après la valeur du potentiel ionique:

* Z/r < ou = 3 : les cations solubles, gros ions faiblement chargés;


* 3 < Z/r < 10 : les hydrolysats, hydroxydes insolubles;

* Z/r > 10 : les oxyanions solubles, anions complexes avec oxygène.

La répartition des charges électriques à la surface de l'ion explique son comportement vis-à-vis de
l'eau.

* oxyanions solubles: leur potentiel ionique est grand, leur surface est fortement chargée. Ces ions
dissocient les H+ des molécules d'eau et s'associent avec les O--: les ions soufre donnent des ions
sulfates (SO4)2-, les ions carbone des carbonates (CO 3)2-, les ions phosphore des phosphates
(PO4)3-...

* hydrolysats: la dissociation de l'eau est partielle en H+ et OH-. Les cations s'unissent aux OH- et
forment des hydroxydes insolubles (Fe2 O3, Al2 O 3...)

* cations solubles: leur potentiel ionique et leur densité de charge de surface sont faibles. Ils n'ont pas
d'action sur la molécule d'eau et restent dispersés.
Figure 3-4: classification des ions par Goldschmidt.

La valeur du potentiel ionique permet donc d'expliquer l'association de certains métaux dans les
minéralisations (par exemple la paragénèse plomb-zinc), le lessivage des cations solubles et des
oxyanions comme le potassium, les sulfates, l'immobilité relative des hydrolysats comme l'Al (OH)3
(gibbsite).

1.1.4. LES REACTIONS CHIMIQUES LORS DE L'ALTERATION

L'altération chimique des roches se fait en présence d'eau; elle a lieu essentiellement en climat
humide. Les réactions sont des hydrolyses, accessoirement des oxydations, des hydratations, des
décarbonatations pour les roches calcaires. Les éléments solubles sont lessivés. Les parties
insolubles restent sur place, se recombinent et forment des minéraux de néoformation,
principalement des argiles. Les organismes peuvent intervenir à tous les stades de ce processus. Ils
fournissent en particulier des matériaux minéraux ou organiques.

a) Dissolution

Ce processus physique simple intéresse les roches salines: sel gemme, potasse et gypse.

b) Oxydation et réduction

Les oxydations intéressent surtout le fer qui passe de l'état fereux à l'état ferrique.

olivine + oxygène ---------> oxyde ferrique + silice

Fe2 Si O 4 + 1/2 O 2 --------> Fe2 O 3 + Si O 2

Les réductions sont plus rares. Elles interviennent dans les milieux hydromorphes et produisent en
particulier le passage du fer ferrique au fer ferreux soluble.
c) Hydratation

C'est une incorporation de molécules d'eau à certains minéraux peu hydratés contenus dans la roche
comme les oxydes de fer; elle produit un gonflement du minéral et donc favorise la destruction de la
roche.

d) Décarbonatation

Elle produit la solubilisation des calcaires et des dolomies généralement sous l'action du CO2 dissous
dans l'eau:

Ca CO 3 + CO 2 + H 2 O ------> Ca (CO 3 H) 2 soluble

e) Hydrolyse

Les hydrolyses, c'est à dire la destruction des minéraux par l'eau, sont les principales réactions
d'altération.

* L'hydrolyse est totale lorsque le minéral est détruit en plus petits composés possibles ( hydroxydes,
ions).

Cas d'un feldspath sodique, l'albite:


(Al2 O3, 3 H2O) Na Al Si 3 O 8 + 8 H 2 O -----> Al (OH) 3 + 3 H 4 SiO 4 + Na +, OH -

albite + eau ------> gibbsite + acide silicique + ions

précipité <----------solution --------->

Les corps résultants peuvent ensuite réagir entre eux et donner des minéraux argileux.

* L'hydrolyse est partielle lorsque la dégradation est incomplète et donne directement des composés
silicatés (argiles). Ces composés diffèrent selon les conditions de milieu. L'hydrolyse partielle de
l'albite donne soit de la kaolinite, soit des smectites. (1) Formation de kaolinite:

Na Al Si 3 O 8 + 11 H 2 O-------> Si 2 O 5 Al 2 (OH) 4 + 4 H 4 SiO 4 + 2 ( Na+, OH -)

albite + eau ----------> kaolinite + acide silicique + ions

(2) Formation de smectite

2,3 Na Al Si 3 O 8 + H 2 O ---> Si 3,7 Al 0,3 O 10 Al 2 (OH) 2 Na 0,3 +3,2 H 4 SiO 4 + 2 ( Na+, OH- )

Cette 2ème réaction reste assez théorique car d'autres ions y participent, en particulier le Fer (Fe
3+).
4.3 Minéraux formés

Les nouveaux minéraux formés sont en général des phyllosilicates. Ces minéraux proviennent soit de
la transformation d'un phyllosilicate pré-existant, soit d'une néoformation à partir d'un silicate non en
feuillet à la suite du réarrangement de la structure cristalline. Les réactions ont lieu surtout dans le
sol. Les phyllosilicates formés sont des minéraux argileux de deux types:

* type 1/1: le feuillet comporte 1 couche à tétraèdres SiO 4 et 1 couche à octaèdres AlO6

* type 2/1: le feuillet comporte 3 couches, à savoir 1 couche octaèdrique comprise entre 2 couches
tétraèdriques. Lorsque les nouveaux minéraux argileux sont formés à partir des micas (muscovites,
biotites et chlorites), le réseau cristallin est plus ou moins conservé, on parle de transformation.
Lorsqu'ils sont formés à partir de silicates qui ne sont pas en feuillets (feldspaths, amphiboles,
olivine...), le réseau cristallin du minéral d'origine est complètement détruit, on parle de
néoformation.
Figure 3-3: Structure des phyllosilicates des argiles.

* Muscovite
Elle est assez stable. Sa fragmentation donne des petites paillettes de même composition chimique
appelées séricite. Son altération chimique se fait par perte progressive d'ion K+; elle donne de l'illite,
puis des argiles de 2 types selon les conditions de drainage du milieu: la kaolinite en milieu lessivé,
les smectites en milieu confiné. Les minéraux intermédiaires formés sont les vermiculites et les
interstratifiés. Corrélativement, la distance inter-réticulaire, qui sépare les feuillets d'argiles, augmente
et passe de 10 A° (muscovite, illite) à 14 A° (smectite) ou 7 A° (kaolinite; en fait on peut admettre que
2 feuillets de kaolinite sont obtenus à partir d'un d'illite, soit 2 x 7 = 14 A° également). Les ions K+
assurent la cohésion des feuillets argileux. L'altération se manifeste par l'exfoliation des feuillets, bien
visibles au microscope électronique, qui produit des particules de plus petite taille, quelques 0,1
microns, et augmente la surface de contact du minéral et la capacité d'échange des cations avec les
solutions du milieu.

* Feldspaths

Bien qu'il s'agisse de tectosilicates, leur altération est comparable à celle de la muscovite

* Biotite

Sa résistance à l'altération dépend de la teneur de Fe++ dans le cristal; son état d'altération est
exprimé par la quantité de K+ extraite du réseau. La biotite peu oxydée (surtout à Fe++) est trés
altérable et se comporte comme les autres minéraux ferro-magnésiens (pyroxènes...); elle donne en
particulier des vermiculites et smectites et de l'oxyde ferrique qui précipite. La biotite plus oxydée
(Fe+++ surtout) est plus stable.

* Autres ferromagnésiens

Leur altération est semblable à celle de la biotite peu oxydée; ils donnent de la vermiculite, des
smectites, des chlorites ou des argiles magnésiennes si le milieu est très confiné.

* Facteurs externes contrôlant l'hydrolyse

Ce sont les facteurs physico-chimiques qui participent notamment à la définition du climat:

* la concentration en SiO2 exprimée en concentration d'acide silicique H 4 SiO 4,

* la concentration en cations basiques (Na+, Ca++, K+),

* le pH déterminé en particulier par les acides organiques,

* la température dont l'augmentation régit la vitesse des réactions et la possibilité de dissolution des
ions dans l'eau,
* la vitesse de circulation de l'eau dans le milieu (drainage) exprimant les conditions de confinement
ou de lessivage.

5.4 Cas du Fer

La solubilité du Fe dépend de la stabilité du système Fe2+ / Fe3+. De plus, l'hydroxyde ferrique,


hydrolysat insoluble, peut être solubilisé par ionisation en pH acide.
Figure 3-5 : stabilité du système Fe2+ / Fe3+ en fonction de l'Eh et du pH pour une solution diluée à
température de 25°C et pression atmosphérique.

Figure 3-6 : solubilité du Fe3+ en fonction du pH de la solution.

On voit que dans les conditions naturelles, l'état d'oxydation du fer dépend du pH: le fer ferreux est
stable à pH acide, le fer ferrique à pH basique. Dans les milieux à l'abris de l'air (sol, fond de
marécage...) le fer est à l'état ferreux ; il passe à l'état ferrique au cours de l'altération à l'air. Il est
lessivé en partie par l'eau de pluie légèrement acide et transporté par les rivières. Arrivé dans l'eau
de mer à pH basique, sa solubilité diminue fortement et il précipite.

1.1.4. La complexolyse

C'est une variante de l'hydrolyse en présence de matière organique. Les composés organiques de
l'humus extraient les cations métalliques des réseaux cristallins. Les minéraux sont détruits; les
cations sont fixés sur les composés organiques en donnant des complexes organo-métalliques. Les
cations se liant aux grosses molécules organiques de l'humus sont surtout les ions Al 3+, Fe 2+ et Fe
3+.

. ROLE DES ORGANISMES DANS L'ALTERATION

.1 Principaux effets des êtres vivants sur les roches

Les études ont porté notamment sur l'effet des organismes adhérant à une roche: algues vertes,
diatomées, lichens, champignons, bactéries. Ceux-ci adhèrent à la surface grâce en particulier à des
organes appropriés qui pénètrent dans les fissures et exfolient les minéraux lamellaires (hyphes de
lichen exfoliant la biotite). Ils produisent une désagrégation et une microdivision de la surface de la
roche ainsi qu'une attaque chimique par sécrétion d'acide oxalique produit par les lichens comme par
les racines des végétaux supérieurs. Les cations des minéraux sont extraits par complexolyse. Sous
les lichens adhérant à la roche est mise en évidence la formation de composés mal cristallisés à
base de Si, Al et Fe, de nombreux composés à base de Ca et des gels organo-minéraux, résultats de
la complexolyse et précurseurs du sol.

7.2 Rôle de la matière organique

Elle intervient dans la complexolyse

8. BILAN DE L'ALTERATION

Une réaction générale d'hydrolyse peut s'écrire:

Minéral Primaire + Réactifs en solution -------> Minéral Secondaire + Solution de lessivage

Facteurs: composition chimique et minéralogique, température, pH, temps de contact, concentration,


drainage, granulométrie...

La destruction des édifices cristallins silicatés produit des fragments de chaine silicatées qui, au
moins dans un premier temps, restent sur place, et des ions solubles qui sont emportés par l'eau ou
lessivés. L'importance respective de l'héritage, des transformations et des néo-formations est
étroitement liée à l'intensité de l'altération et au lessivage. Pour une altération et un lessivage faible,
les argiles 2/1 se forment. Avec l'augmentation de l'intensité de ces paramètres, ce sont des argiles
1/1, plus pauvre en silice, qui sont synthétisées. Pour un fort lessivage, les cations solubles sont
entraînés et les phyllosilicates ne peuvent plus se former: il reste sur place le quartz et les oxydes de
fer et d'aluminium.

1. EROSION ET RANSPORT DES MATERIAUX

1.1. TRANSPORT PAR GRAVITE PURE

Ce mode de transport se rencontre dans les régions présentant des différences d'altitude créant des
pentes, et où la désagrégation mécanique est forte, c'est à dire essentiellement en montagne et en
régions désertiques.

Les éléments sont déplacés sur une faible distance, quelques centaines de mètres,
exceptionnellement quelques km et s'accumulent en cônes d'éboulis: Ils sont non usés et de toute
taille; les plus gros descendent plus loin et forment la frange du cône: un certain grano-classement
horizontal s'établit. La porosité des éboulis est grande et la percolation des eaux bonne. La
cimentation est rapide, surtout en pays calcaire, et donne une brèche de pente à éléments anguleux.
Fig. Photo montrant un cône d’éboulis au pied d’une falaise

Très souvent, à la suite de fortes pluies par exemple, à la gravité pure s'ajoute l'action de l'eau. Les
éboulis comprenant une phase fine d'argile forment des coulées boueuses qui glissent sur les pentes
et peuvent causer des dégâts considérables. Les éléments sont anguleux, mal classés (en vrac) et
emballés dans une matrice argileuse. Ce sont les "coulées de débris" ou "coulées de solifluxion"
aériennes qui peuvent apparaître dans tout matériel meuble à éléments fins situé sur une pente et
remobilisé par les pluies: sols, cendres volcaniques. Les coulées de solifluxion forment les colluvions
des fonds de vallée.

A
B

Fig A- schéma montrant la structure d’une coulée boueuse

B- Photo d’illustration d’une coulée boueuse

Lorsque la quantité d'eau incorporée est plus grande, les coulées sont plus fluides et passent aux
"laves torrentielles" s'écoulant dans les lits des torrents au cours d'un orage. Les eaux très chargées
en matériaux des rivières de pays désertiques ("wadi") constituent des écoulements intermédiaires
entre le courant de traction classique d'un cours d'eau et la coulée de débris.
1.2 Transport par le vent

L'air est un fluide transporteur de faible viscosité; sa charge et sa compétence seront faible: les
particules transportées ont des tailles de quelques 1/10ème de mm, quelques cm par vent violent. Le
choc des grains entre eux est plus violent que dans un transport aquatique (l'eau amortit les chocs).

Les grains présentent des traces de choc en "V" et prennent une surface dépolie. L'érosion et le
transport éolien prennent une grande importance dans le cas de sédiment meuble, non protégé par la
végétation, ni rendu plus cohérent par une imprégnation d'eau.

Ces conditions sont rencontrées dans les régions désertiques où la désagrégation mécanique produit
des matériaux de toute taille; les particules fines sont balayées (déflation), les éléments plus
grossiers restent sur place et forment les surfaces caillouteuses, des regs. Les particules de l'ordre
de 0,1 à 1 mm transportées par le vent érodent les roches qu'elles rencontrent: cette action de
"sablage" est visible aussi bien sur des panneaux entiers de roches que sur les cailloux au sol qui
prennent un aspect dépoli et présentent des surfaces planes (galets à facettes ou "dreikanter").

Elles peuvent être accumulées plus loin en dunes. Quand les poussières sont entrainées à haute
altitude, elles sont disséminées très loin: les poussières sahariennes, de quelques dizaines de
microns, tombent parfois sur la France et colorent la pluie en rouge. Les zones de plage, constituées
de matériaux sableux et soumises au vent, constituent également un domaine d'action privilégié pour
le vent.

Les grains sont prélevés sur les zones exondées (inter- et supratidales); ils sont transportés
généralement vers l'intérieur des terres et déposés en dunes littorales.

Les cendres émises par une éruption volcanique sont largement disséminées à la surface du globe
par les vents et colorent les couchers de soleil.

Dans les déserts, l'agent principal d'érosion et de transport des matériaux est le vent. Si le vent peut
agir si efficacement pour éroder et transporter les particules, c'est qu'il n'y a ni humidité, ni végétation
pour retenir celles-ci et les stabiliser. Le vent qui balaie la surface du sol entraîne donc facilement ces
particules. Les particules sont transportées selon trois modes.
Les plus grosses se déplacent par roulement ou glissement (traction) à la surface du sol, sous l'effet
de la poussée du vent ou des impacts des autres particules. Les particules de taille moyenne (sables)
se déplacent par bonds successifs (saltation). Les particules très fines (poussières) sont
transportées en suspension dans l'air (loess), souvent sur de très grandes distances.

Il en résulte deux structures importantes des déserts : les pavements de désert et les champs de
dunes.
Le vent entraîne les particules de la taille des sables, mais n'a pas l'énergie nécessaire pour soulever
ou rouler les plus grosses particules. Ainsi, ces plus grosses particules se concentrent
progressivement à mesure de l'ablation des sables pour former finalement une sorte de pavement qui
recouvre les sables et les stabilise, ce qui, par exemple, permet aux véhicules robustes de rouler
aisément.

Les sables transportés par le vent s'accumulent sous forme de dunes.

Ces dernières se déplacent, sous l'action du vent, par saltation des particules sur le dos de la dune;
elles viennent se déposer sur le front de la dune, soit par avalanche, soit parce qu'elles sont piégées
par le tourbillon que fait le vent à l'avant de la dune. C'est ce qui cause la structure interne en laminae
parallèles inclinées qui indiquent le sens du déplacement de la dune.

Le vent dépose sa charge quand sa vitesse diminue. Tout type d'obstacle peut produire une
sédimentation dans la zone protégée qu'il délimite: une touffe d'herbe, un mur ...Ces dépôts peuvent
être remis en mouvement s'ils ne sont pas fixés par la végétation.. Les dépôts sont des sables et des
poussières.

Fig. accumulation de sable en arrière d'un obstacle (ici, une touffe d'herbe).

1.1 Dépôts de sable

a) les dunes
Les corps sédimentaires les plus caractéristiques sont les dunes éoliennes. Leur hauteur est de 5 à 10 m pour une
longueur d'onde de quelques centaines de mètres au maximum. Leur forme varie en fonction du régime des vents
et de leur charge en sable. On distingue: * les barkhanes, dunes en croissant avec concavité abrupte sous le vent *
les dunes paraboliques en forme de langue (forme linguoïde) dont la convexité abrupte est sous le vent; * les dunes
transversales, rubans perpendiculaires à la direction du vent; comme précédemment, la pente sous le vent est la
plus forte; * les dunes longitudinales ou seif, parallèles au sens du vent; * les dunes d'interférence dont la structure
complexe reflète le régime changeant des vents.

Figure 5-2 : Principaux types de dunes éoliennes. (1) barkhanes;(2) dunes linguoides; (3) dunes transversales à
crêtes rectilignes; (4) dunes d'interférence.
Les accumulations sableuses de très grande taille, des dizaines de mètres de hauteur pour des longueurs d'onde
de l'ordre du kilomètre, s'appelle des draas.

Les dunes montrent une structure interne en litages entrecroisé. L'orientation des litages obliques et leur taille sont
généralement variables; leur inclinaison peut atteindre un angle de 34°.

Figure 5-3: Structure interne d'une dune éolienne; notez la forte inclinaison et la variabilité des litages (chiffrés en
degrés).

b) Les rides
Ce sont des ondulations centimétriques qui couvrent la surface des dunes. Leur crête est perpendiculaire à la
direction du vent. Comme les dunes, elles sont asymétriques. Leur longueur d'onde est de l'ordre de la dizaine de
cm pour un sable moyen.

c) caractères des dépôts sableux éoliens.

Des formations gréseuses anciennes montrent les caractères d'organisation des dunes éoliennes actuelles
(variabilité, dimension, inclinaison des litages obliques). C'est le cas des Navajo Sandstones jurassiques aux U.S.A.
Les grains sont arrondis et dépolis; ils sont bien classés; la matrice argileuse est faible. Les formations dunaires
anciennes restent néanmoins rares. Les sables de Fontainebleau auraient en partie une origine éolienne. On
connait également dans des dépôts à dominance sableuse des galets ayant subi l'action érosive du vent: ces
"galets éolisés" ont une surface dépolie et une forme polyédrique ("dreikanter"). Les grès des Vosges triasiques en
contiennent localement.

1.2 Dépôts de poussière

La quantité de poussière transporté puis déposée par le vent peut être grande mais elle passe inaperçue et sous-
estimée parce qu'elle est largement disséminée sur le sol: une couche de quelques dixièmes de mm de poussière
répandue sur une surface de plusieurs milliers de km2 représente un tonnage considérable. Chaque année le
Sahara perd plus de 100 millions de tonnes de poussière dont une grande partie tombe dans l'océan Atlantique,
contribuant ainsi à la sédimentation océanique.
Figure 5-4: Vitesse de chute des particules dans l'air; les poussières ont une vitesse de chute très faible, elles
restent donc très longtemps en suspension et peuvent être transportées très loin par le vent.

Les dépôts anciens de poussières éoliennes constituent les loess.

Le calcaire est dissous en surface par les eaux d'infiltration : le loess est décalcifié et prend le nom de lehm. La
couche de loess atteint parfois 600 mètres d'épaisseur dans certaines régions comme en Chine où elle provient de
la déflation dans les déserts d'Asie centrale.

1.3 TRANSPORT PAR LA GLACE

Sous climat froid et humide, la neige se transforme en glace par compaction et fusion. La glace
s'écoule comme un fluide visqueux et forme un glacier. La charge transportée dépend de
l'approvisionnement en matériaux. En montagne, le glacier peut transporter des éboulis en telle
quantité que ces derniers recouvrent et dissimulent complètement la glace.

La charge est beaucoup plus faible pour les glaciers polaires en calotte. La compétence d'un glacier
est également grande: Certains blocs dépassent plusieurs mètres. Ils sont abandonnés à la fonte des
glaces et constituent des "blocs erratiques" caractéristiques du passage des glaciers.

Les matériaux transportés sont fortement hétérométriques et ne montrent pas de classement par
taille. Les éléments ne sont pas usés par des séries de chocs entre eux, comme cela se produit dans
un transport éolien ou aquatique, mais ils peuvent être broyés entre eux ou contre les parois de la
vallée sous l'effet de la pression de la glace, jusqu'à former une "farine glaciaire" faite de quartz et
autres éléments très fins qui sont une proie facile pour l'érosion torrentielle ou éolienne. La distance
de transport est de quelques dizaines de km pour les glaciers de montagne mais elle peut dépasser
la centaine de Km pour les grands systèmes glaciaires (glaciers du Groenland).

Les matériaux transportés par les glaciers sont sédimentés lorsque la glace fond. Ils s'accumulent
donc à proximité du glacier et constituent les dépôts glaciaires. Ils peuvent être remaniés par les
eaux puis déposés: ce sont les sédiments fluvio-glaciaires et glacio-marins. En climat tempéré, les
glaciers de montagne fondent en descendant dans les vallées; les matériaux s'accumulent en une
moraine frontale qui peut être très grande et former un amphi-théatre morainique.
Si le climat change, par diminution des précipitations et/ou augmentation de la température
moyenne, une grande partie, ou la totalité, du glacier disparait: l'ensemble des matériaux des
moraines latérales et de fond est déposé dans la vallée.
Figure 5-5: Différents types de Moraines d'un glacier de montagne: (A) organisation générale; (B) coupe
transversale dans un glacier.
Figure 5-6: (A) remaniement des dépôts glaciaires. (B) dépôts laissés à la fonte d'un glacier.

En climat froid et humide, les glaciers ne fondent pas et atteignent la mer. La glace se fragmente en
icebergs qui transportent la charge solide. Ces radeaux de glace dérivent vers des zones plus
chaudes et fondent en laissant tomber les matériaux sur les fond marins: ces "pierres tombées"
s'appellent des dropstones. . Les moraines sont des dépôts hétérométriques, non classés et
comportant beaucoup de matrice. Les blocs et les galets sont anguleux, striés parfois. Les grains de
quartz sont anguleux et à cassure conchoïdale. Ces caractères sont également ceux des coulées
boueuses et il est difficile de reconnaître les anciennes moraines consolidées nommées tillites. Des
conglomérats à éléments anguleux, mal classés et riches en matrice du Précambrien de Normandie
avaient été identifiées comme des moraines de la glaciation fini-précambrienne; on les considère
maintenant comme des coulées boueuses. Dans le doute, on parle de tilloïde.

En aval des moraines, les torrents remanient les matériaux et les étalent sous forme de complexe
fluvio-glaciaire montrant un certain classement des éléments qui conservent néanmoins quelques
traces de l'action du glacier (cassures conchoïdales de haute énergie, galets striés).

Les sédiments glacio-marins comprennent les remaniements deltaïques au front des glaciers
atteignant la mer et les dépôts fins proprement marins, mis en place à une profondeur quelconque,
mais contenant des blocs, galets et graviers exotiques apportés par les glaces flottantes.

1.3 TRANSPORT PAR L’EAU


Le transport des produits issus de l'érosion peut être assuré par différents agents (le vent, les
glaciers) mais là encore, l'eau joue un rôle majeur. Il faut bien distinguer alors :

- Le transport des éléments en solution : c'est un aspect souvent négligé. Mais, en climat tempéré,
une rivière de plaine transporte plus de matériaux en solution qu'en suspension. La charge d'une
rivière est en moyenne de 120 grammes d'éléments en solution pour 510 g par m3 de suspension.

- Le transport des éléments solides : la quantité d'éléments transportés dépend des caractéristiques
du fluide (propriétés hydrodynamiques) et de celles des éléments eux-mêmes (taille, forme,
densité...).

L'eau transporte des matériaux détritiques en suspension et des éléments en solution. Sa


compétence est également bien plus faible que celle d'un glacier et dépasse rarement quelques
dizaines de cm. Les matériaux détritiques sont transportés d'autant plus loin qu'ils sont plus petits,
des milliers de km pour les grands fleuves. Il s'établit un classement longitudinal. Ils se choquent et
s'usent au cours du transport. On distingue deux grands types d'écoulement

1. l'écoulement non canalisé, ou "eaux sauvages", correspondant au ruissellement sur une pente.
Ce sont les eaux qui, après la pluie, ruissellent au hasard et s'écoulent sur une pente. Leur action, en
terme d'érosion et de transport, peut être importante si la quantité d'eau précipitée en un minimum de
temps est forte. Cependant, la longueur du trajet est généralement faible et très vite, les filets d'eau
se rassemblent et forment en chenal.

Le ruissellement apparait à la suite de fortes pluies. Il est développé en montagne, en particulier


dans les bassins de réception des torrents. Lorsque la charge est grande, ils évoluent en de
véritables coulées boueuses. Les matériaux fins sont arrachés, ceux qui sont protégés par un bloc
peuvent être épargnés, ils constituent alors un pilier sous le bloc appelé "demoiselles coiffées " ou
"cheminée de fée".
Fig. Photo montrant les cheminées de fées ou demoiselles coiffées

Sous climat désertique, les orages provoquent des écoulements en nappes, ou sheet flood, peu
chenalisés qui recouvrent de vastes surfaces mais sont très éphémères.
2. les eaux canalisées qui coulent dans un ou plusieurs chenaux en fonction de la pente on parle
généralement de torrent pour une pente et une vitesse forte, de rivière pour une pente et une vitesse
faible.

2 Caractéristiques physiques d'un écoulement

Les paramètres principaux sont la vitesse et la viscosité du fluide en mouvement; ils déterminent le
type d'écoulement.

a) La viscosité dépend de la quantité de matériaux transportés en suspension et en solution; elle a


une valeur minimale pour une eau pure. Elle conditionne la compétence du fluide. Un écoulement à
forte charge est très visqueux et peut transporter des matériaux de grande taille.

b) La vitesse est fonction de la pente et de la viscosité du fluide: sur une même pente, une eau pure
coule plus vite qu'une eau chargée. Un gradient de vitesse existe depuis le fond, où la vitesse est
nulle, jusqu'à la surface où la vitesse est maximale. Un écoulement profond, quelques mètres par
exemple, a peu d'action sur le fond.

Au contraire, un écoulement très superficiel, quelques décimètres, a une forte action érosive sur le
fond qui est proche de la surface où la vitesse est grande. A vitesse égale en surface, l'action érosive
des wadi en région aride est bien plus grande que celle des rivières de pays tempérés.
c) Le type d'écoulement est laminaire ou turbulent. Lorsque la vitesse d'écoulement est petite, les
filets d'eau sont parallèles entre eux, leur vecteur vitesse est identique: l'écoulement est laminaire. La
vitesse moyenne est égale à la vitesse instantanée. Pour une grande vitesse, il se produit des
remous, les vecteurs vitesse varient en intensité, direction et sens.

A un instant t, les particules d'eau ont des vitesses instantanées différentes: l'écoulement est
turbulent. La vitesse moyenne de l'écoulement est égale à la somme algébrique des vitesses
instantanées.

Les variations de la vitesse instantanée en un point conditionnent le déplacement d'un objet sur le
fond. Lorsque la vitesse augmente, l'objet est soulevé et entraîné, lorsqu'elle diminue, il tombe: l'objet
saute elle diminue, il tombe: l'objet saute sur le fond (saltation). Le passage de l'écoulement laminaire
à l'écoulement turbulent dépend de la valeur de la formule (nombre de Reynolds):

R = k HV/ µ

H= hauteur de l'eau V= vitesse moyenne µ= viscosité

Un grand fleuve rapide aura un écoulement turbulent.

d) Modifications d'un écoulement dans un chenal


Tout rétrécissement dans un chenal produit l'augmentation de la vitesse de l'eau et corrélativement
celle de l'érosion des berges et du fond. Un élargissement au contraire est accompagné d'une
diminution de vitesse qui favorise la sédimentation. Un torrent creuse en passant dans des gorges
étroites, il dépose des matériaux à leur sorties. Dans un chenal courbé, la vitesse est plus grande à
l'extérieur de la courbure qu'à l'intérieur: dans un méandre, la rivière creuse sa rive concave et
dépose sur sa rive convexe.

Fig. Formation d’un méandre montrant l’erosion de la rive concave et alluvionement sur la rive
convexe ainsi que le recoupement.
DU SEDIMENT A LA ROCHE : LA DIAGENESE

Le terme « diagenèse » a été introduit, en 1868, par von Guembel pour désigner les processus qui
agissent sur les sédiments après leur dépôt, mais cette définition est trop vague et mérite d'être
précisée.

Actuellement, ce terme est utilisé par les auteurs dans des acceptions très variables. C'est ainsi que
N. M. Strakhov définit la diagenèse comme la transformation d'un sédiment en roche sédimentaire en
excluant toutes modifications secondaires qui affectent la roche sédimentaire après la formation.
L'imprécision d'une telle définition apparaît aussitôt, car une roche n'est connue que dans la mesure
où elle est accessible. Or, la « roche sédimentaire » de Strakhov est un objet virtuel, tout au moins
dans le cas de sédiments marins car selon lui le domaine de la diagenèse s'étend à une profondeur
que les techniques actuelles ne permettent pas d'atteindre, en dehors des plates-formes ou des mers
peu profondes. De plus, de nombreuses roches sédimentaires sont nées dans des conditions
inconnues dans les mers actuelles.

Les sédiments sont généralement d'origines détritiques (débris d'anciennes roches) mais ils peuvent
comporter également, en plus ou moins grandes quantités des restes d'organismes vivants (fossiles)
le plus souvent microscopiques et/ou des minéraux apparus par transformations chimiques. On fait
donc la distinction, selon le pourcentage de chacun de ces éléments entre roches détritiques,
biochimiques et chimiques.

Les sédiments, une fois déposés, sont généralement meubles et riches en eau. la diagenèse va
correspondre à leur transformation chimique, biochimique et physique pour former des roches. Cela
se fait en plusieurs étapes, plus ou moins respectées selon la nature du sédiment :

• En superficie :

Action des êtres vivants : Les animaux fouisseurs favorisent le mélange des sédiments fins.
Protozoaires et bactéries interviennent dans la dolomitisation, la formation des phosphates, de la
pyrite, du pétrole, des charbons. Leurs rôles est donc loin d'être négligeable.

Pédogenèse : Elle intervient dans la formation de roches meubles (argile à silex, latérites) et de
roches dures (grès, meulières). Par exemple la silice dissoute sous climat humide peut cimenter les
sables en grès lors des saisons plus sèches.

Dissolution : Concerne les sédiments émergés. Les parties superficielles du sédiment sont
dissoutes par action de l'eau et entraînées en profondeur (poupées du loess).
Déshydratation : Lorsqu'un sédiment aquatique est asséché, il y a durcissement et modification de
ses propriétés physiques.

• En profondeur :

Cimentation : Les éléments dissouts par l'eau peuvent, en précipitant, cimenter les particules du
sédiment entre elles. On parle aussi de lithification

Concrétionnement : Ce sont des accumulations de minéraux particuliers ayant lieu au cours du


dépôt sédimentaire, ou ultérieurement. Selon leur forme, elles portent plusieurs noms : les
sphérolites, les nodules, les géodes, les septaria.

Epigénisation et métasomatose : L'épigénisation correspond à la transformation d'un minéral


préexistant en un autre de même composition. Il s'agit souvent d'un changement dans la structure du
minéral. Par exemple, l'aragonite, contenue généralement par les tests calcaires d'organismes, se
transforme en calcite. La métasomatose a lieu à plus grande échelle et correspond à la substitution
d'un minéral à un autre sans changement de volume. Par exemple le CaCO3 est parfois remplacé par
du sulfate de fer (ammonites pyriteuses).

Compaction : Sous l'effet de la pression des sédiments sus-jacents il y a départ d'eau. Dans un
premier temps l'eau en grande quantité tend à fuir sous l'effet de la charge supportée. Dans un
second temps ce sont les grains qui se réarrangent de façon à supporter cette charge, il y a
tassement.

Le début du phénomène est facilement repérable puisque la diagenèse commence dès la formation
d'un dépôt au fond d'une mer ou d'un bassin continental, mais il s'avère beaucoup plus difficile de
déterminer quel est le moment qui en marque la fin. Il faut exclure toutes les transformations physico-
biochimiques qui, sur les continents, transforment une roche en un sol (altération), mais il est déjà
beaucoup plus ardu de fixer la frontière entre la diagenèse et des transformations dues à des apports
extérieurs aux sédiments (hydrothermalisme par exemple).

De même, si la diagenèse paraît bien distincte du métamorphisme qui se situe dans un domaine
thermodynamique différent, certains minéraux réagissent plus vite que d'autres à la température et à
la pression et, dans les séries très épaisses, la démarcation avec le métamorphisme d'enfouissement
est difficile à préciser.

3.1 Les conditions de la diagenèse

La formation des roches sédimentaires est commandée par des paramètres physiques et chimiques
dont le groupement varié définit les différents processus de la diagenèse.

3.1.1 Paramètres géophysiques


Le début de la diagenèse se situe généralement dans un domaine de basse température : l'interface
sédiment-eau de mer est en moyenne, à l'heure actuelle, au voisinage de 2 0C et la température
moyenne à la surface de la Terre fut de 20 ± 10 0C pendant toute son histoire sédimentaire. C'est dire
que les phénomènes de diagenèse précoce sont extrêmement lents. Il faut pourtant noter quelques
exceptions : les bassins salins atteignent souvent des températures comprises entre 40 et 50 0C et la
présence de minéraux radioactifs ou l'oxydation des sulfures peuvent provoquer des échauffements
sensibles. Dans les séries très épaisses ou dans les séries plissées, c'est le début du
métamorphisme (au-delà de 250 0C) qui établit la limite de la diagenèse.

La pression augmente avec la profondeur ; sa valeur se situe entre la pression d'une colonne d'eau
de même épaisseur que celle des sédiments (pression hydrostatique) et celle de la colonne des
sédiments eux-mêmes (pression lithostatique) et varie en fonction de la porosité, c'est-à-dire des
possibilités d'évacuation des fluides

Le temps, enfin, est un paramètre fondamental qui permet aux réactions les plus lentes d'avoir un
effet non négligeable.

La limite entre la diagenèse et le métamorphisme dépend donc des qualités du bassin de


sédimentation (gradient géothermique, rapidité d'enfouissement, tectonique) et de la nature même
des sédiments : les évaporites, plus mobiles, ne peuvent pas subsister en grande abondance au-delà
d'une certaine profondeur, mais elles sont très sensibles à de faibles changements de température
qui engendrent des paragenèses nouvelles à des profondeurs beaucoup plus faibles que celles
requises par le métamorphisme classique des séries détritiques.

3.1.2Paramètres géochimiques

Le potentiel hydrogène (pH) est très variable en fonction du milieu de sédimentation, du climat, de
l'activité biologique. Généralement acide au départ, le milieu devient de plus en plus alcalin et son pH
peut atteindre des valeurs supérieures à 9 qui permettent une mobilisation sensible de la silice.

Le potentiel ionique, rapport Z/r du numéro atomique par le rayon ionique des ions, conditionne leur
solubilité et leur mobilité.

Le potentiel d'oxydo-réduction est en général positif au début (milieu oxydant), négatif dès les
premiers centimètres de profondeur (milieu réducteur) puis à nouveau positif après l'émersion des
sédiments.

Les capacités d'adsorption ou d'absorption de divers minéraux permettent leur métamorphose


chimique progressive et jouent un rôle essentiel dans l'évolution chimique concomitante des solutions
interstitielles : à cet égard, les minéraux phylliteux sont remarquables
3.2 Processus physiques

Les processus physiques sont essentiellement :

– la cristallisation à partir des fluides interstitiels : formation du ciment, des concrétions, des nodules,
des cristaux authigènes ;

– la dissolution de certains minéraux, en particulier les sels solubles ;

– le durcissement des gels, de silice en particulier (silex) ;

– la compaction sous l'influence de la pression, qui provoque le départ des fluides interstitiels, en
général vers le haut, et établit des contacts entre particules, favorisant les réactions et les soudures,
c'est-à-dire une diminution progressive de la porosité et souvent de la perméabilité. L'abaissement de
cette dernière augmente alors l'influence de la pression, qui se rapproche de sa valeur lithostatique.
L'ascension des eaux connées (nées avec les sédiments) par diminution de la porosité les met en
contact avec des minéraux avec lesquels elles ne sont pas en équilibre et vont réagir. Il y a donc une
sorte de triage chimique hiérarchisé qui constitue une véritable chromatographie naturelle.

3.3 Processus chimiques

Les processus chimiques sont de types variés :


– hydratation et déshydratation, comme dans le cycle gypse-anhydrite-gypse, processus à relier à
l'hydrolyse, particulièrement fondamentale dans l'histoire des silicates ;

– échanges d'ions, en particulier pour les minéraux phylliteux : les phyllosilicates altérés ont une
énorme capacité d'échanger des cations avec des solutions alcalines en transit. De même les
solutions acides peuvent mobiliser les bases échangeables ;

– polymérisation et dépolymérisation, surtout pour les substances d'origine organique : maturation


des charbons et des pétroles ;

– oxydation et réduction. L'oxydation a lieu dans la majorité des séries continentales et au voisinage
de l'interface sédiment-eau de mer (argiles rouge [...]

3.4 Les étapes de la diagenèse

Les divers paramètres et processus responsables de l'évolution des sédiments ne sont pas réunis de
façon aléatoire. Certains paramètres (pression, température) varient d'une manière à peu près
linéaire avec la profondeur, mais d'autres, comme le potentiel d'oxydo-réduction, définissent des
limites nettes (surface limite Eh = 0 entre la zone d'oxydation et la zone réductrice dans la diagenèse
précoce). Aussi les combinaisons des divers agents permettent-elles de distinguer plusieurs étapes
et plusieurs domaines de la diagenèse (fig. 3 et 4).

Pendant l'étape initiale (I), le sédiment à peine déposé est une vase mobile ; l'eau y permet des
échanges avec le milieu extérieur (en général l'eau de mer). C'est une zone d'oxydation, où l'activité
bactérienne est intense : les apports organiques abondants en font un véritable « humus » au pH
légèrement acide. L'épaisseur de cette zone est de 0 à 50 cm. Les carbonates y sont dissous
d'autant plus vite que les particules sont plus petites (grains d'aragonite, foraminifères, spicules
d'éponges) ; les coquilles plus grandes sont en général protégées par le periostracum chitineux. La
formation locale d'H2S est suivie d'une réaction immédiate avec Ca2+ qui engendre du gypse.

La deuxième étape (II) correspond à une zone réductrice où la vie anaérobie domine. H 2S est
abondant, et les oxydes de fer sont transformés en FeS, puis FeS2 (marcassite en pH neutre ou
légèrement acide, pyrite en pH légèrement alcalin). Le pH peut atteindre des valeurs qui permettent
la mobilisation de la silice.
L'absence de l'étape I correspond à des sédiments réducteurs dès l'interface eau de mer-sédiment
(milieu euxinique). L'ensemble I + II est le domaine de l'influence biologique : sa limite inférieure se
situe entre 1 et 100 m.

Une troisième étape (III) marque le début de la compaction avec redistribution du matériel dans le
sédiment. C'est là que se place la formation du ciment et des concrétions.

Au-delà, dans une quatrième étape (IV), le sédiment se consolide (lithification), mais lentement, car la
déshydratation des minéraux produit de l'eau qui, mélangée à l'eau interstitielle, monte lentement
dans la série avec la réduction de la porosité. Cette étape, marquée par des recristallisations, passe
insensiblement au métamorphisme dans les séries épaisses géosynclinales, mais souvent seulement
au-delà de 1 000 m.

La dernière étape (V) groupe les transformations (surtout oxydation) accompagnant la phase
d'évolution postérieure à l'émersion des roches sédimentaires qui ne sont pas passées par un stade
métamorphique.
CHAP IIII. LES ENVIRONNEMENTS SEDIMENTAIRES

CHAP IV : CLASSIFICATION DES ROCHES SEDIMENTAIRES


4.1. ROCHES DETRITIQUES COHERENTES

4.1.1Conglomérats et brèches

Les conglomérats (appelés aussi poudingues) sont des roches


cohérentes constituées de galets arrondis à subanguleux d'un diamètre
supérieur à 2 mm et d'un liant. Le terme brèche s'applique non
seulement aux brèches sédimentaires constituées d'accumulations
d'éléments anguleux, mais aussi aux roches broyées le long des
accidents tectoniques (brèche de faille ou brèche cataclastique) et aux
projections volcaniques grossières recimentées (brèches
pyroclastiques).

Les conglomérats et brèches ne représentent qu'un à deux % des


roches détritiques et sont généralement d'extension limitée (dans le
temps et l'espace). La corrélation stratigraphique de ces unités est
difficile, car elles manquent en général à la fois de macro- et de
microfossiles.

Composition

Suite à la grande taille des constituants (plus grande que la taille


moyenne des cristaux de la plupart des roches), ce sont les fragments
lithiques qui dominent. Comme dans le cas des grès, on peut classer ces
fragments en fonction de leur résistance décroissante à l'altération:
quartzite, quartz filonien, rhyolite, roches plutoniques et
métamorphiques, calcaire, schiste. La présence de constituants
instables indique un faible transport/altération.

Texture (la texture traite des relations de grain à grain dans une roche)

Les études texturales sont effectuées directement sur le terrain (pour la


granulométrie, par exemple: même méthode que pour les grès, avec une
ligne matérialisée par une ficelle sur l'affleurement).

Le classement est généralement moins bon que dans le cas des grès.
De plus, beaucoup de conglomérats présentent une distribution
granulométrique bi- ou polymodale. C'est le cas par exemple des
conglomérats d'origine fluviatile qui ont un mode pour la matrice
sableuse et un mode pour la fraction grossière. Ces deux modes
correspondent à deux types de transport différents: traction pour les
galets et suspension pour les sables. Les conglomérats très riches en
matrice sont encore plus mal classés: ceci reflète leur mise en place par
des agents de transport à faible pouvoir de classement tels que glace,
courants de turbidité, écoulements en masse.

La forme: d'une manière générale, la forme des débris reflète plus la


nature des roches que le type d'agent de transport (granites, grès,...
donnent des galets grossièrement équidimensionnels; schiste, gneiss,
des galets allongés). Deux exceptions: les galets striés transportés par
les glaciers et les fameux "dreikanter" façonnés par le vent du désert.

L'arrondi: le degré d'arrondi dépend évidemment de la nature du


matériau de départ, du type d'agent de transport et de la durée du
transport. On a montré que des fragments de calcaire sont bien arrondis
après quelques dizaines de km de transport fluviatile. Même des roches
aussi résistantes que des quartzites sont bien arrondies après un
transport d'une centaine de km.

La morphologie de surface: contrairement aux sédiments plus fins, où


l'étude de la surface des grains exige le MEB, le microrelief des galets
est aisément observable. Il inclut les striations (glaciers), les marques
d'impact (croissants), les impressions (au cours de la compaction,
diagenèse), le poli (éolien).

La fabrique ou organisation tridimensionnelle des éléments: les éléments


de certains conglomérats possèdent une orientation d'ensemble
spécifique: on l'appelle "imbrication". Les conglomérats d'origine
fluviatile, glaciaire, marine, montrent généralement ce type d'imbrication
(souvent parallèle, rarement perpendiculaire à la direction de transport),
contrairement aux conglomérats et brèches issus d'écoulements
gravitaires.
4.1.2 Classification

Les conglomérats (et brèches) peuvent être qualifiés d'après la


dimension de leurs constituants (pisaire, ovaire, céphalaire, etc.), d'après
la diversité lithologique plus ou moins grande des galets (conglomérats
polymictiques ou polygènes d'une part; conglomérats oligomictiques ou
monogènes d'autre part), selon la provenance locale ou lointaine des
cailloux (conglomérats intraformationnels ou extraformationnels) ou
encore suivant la nature du liant ou sa proportion (orthoconglomérats:
moins de 15% de matrice, structure jointive; paraconglomérats, plus de
15%, structure empâtée à dispersée).

Prothero & Schwab (1996) proposent une classification dichotomique


d'application aisée sur le terrain (Fig. III.3). Ce schéma distingue d'abord
(1) les conglomérats et brèches intra- et extraformationnels, sur base de
la provenance des constituants. Il faut noter que dans le cas d'un
conglomérat intraformationnel, c-à-d. formé pratiquement sur place, la
matrice et les cailloux ont souvent la même lithologie. Exemples de
brèches ou conglomérats intraformationnels: conglomérats littoraux à
éléments calcaires issus du remaniement de copeaux de dessiccation;
conglomérats à éléments argileux formés par des augmentations
brutales de la vitesse de courants dans des rivières ou des canyons
sous-marins.
Fig. Exemple de galets intraformationnels: fragments de boue
légèrement indurée, érodés par les courants. Plage près de la Chapelle
Sainte-Anne, Baie du Mont-Saint-Michel, France.

On distingue ensuite (2), sur base de la teneur en matrice (valeur-pivot:


15%), les ortho- des paraconglomérats. Les premiers sont mis en place
par des écoulements d'eau qui opèrent un classement des débris. Les
galets sont déposés en période d'écoulement rapide, tandis que la
matrice fine est déposée lors de phases de ralentissement de l'agent de
transport et elle s'infiltre entre les cailloux (exemples: rivières, plages).
Les paraconglomérats par contre, sont généralement déposés par la
glace ou les glissements en masse.

L'étape suivante (3) consiste à distinguer au sein des conglomérats


(extraformationnels), les conglomérats polymictiques des conglomérats
oligomictiques. Ces derniers sont formés presqu'exclusivement de
quelques variétés de roches très résistantes: quartz filonien, quartzite,
chert. Dans les conglomérats polymictiques, on observe des éléments
de roches moins stables à l'altération comme des basaltes, des schistes
et des calcaires. Comme dans le cas des grès, ceci implique un relief
vigoureux et/ou une altération chimique faible.

Les paraconglomérats sont subdivisés (4) sur la base de la nature et de


la fabrique de leur matrice. Ainsi, on observe des paraconglomérats à
matrice argileuse ou argilo-silteuse laminaire dans lesquels les galets,
blocs, déforment les laminations proches. Ces blocs sont des
"dropstones", c-à-d. soit des éléments amenés par des icebergs ou des
débris flottants qui tombent ensuite (fonte, pourrissement du support) sur
les sédiments fins du fond marin ou lacustre, soit encore des bombes
volcaniques. Les paraconglomérats à matrice non laminaire sont soit des
tillites (d'origine glaciaire donc associés à des galets striés, dépôts
varvaires, etc.), soit des tilloïdites (formées par des glissements en
masse).

Figure : Classification des conglomérats et brèches d'après Prothero &


Schwab (1996).
4.2. Les grès

4.2.1. Généralités

Les grès sont l'équivalent consolidé des sables, c-à-d. des roches dont
les constituants détritiques ont une granulométrie comprise entre 2 mm
et 62 µm. L'examen montre d'une part une phase granulométrique
principale, la plus grossière, qui comporte les grains du grès et d'autre
part, soit une matière interstitielle qui réunit les grains et qu'on appelle le
liant, soit des fluides comme de l'eau, du pétrole, de l'air.

Ce liant peut être de nature chimique et représenter une précipitation in


situ de matière minérale (silice sous forme d'opale, de calcédoine ou de
quartz, carbonate de calcium ou plus rarement hématite, goethite, gypse,
anhydrite, etc.): on parlera dans ce cas du ciment de la roche. Si l'on
observe au contraire qu'une phase détritique plus fine occupe les
interstices entre les grains de la phase grossière, on parlera d'une
matrice intergranulaire, représentant une infiltration mécanique de
particules fines entre des grains jointifs (en trois dimensions!).

Si les grains les plus gros ne sont pas jointifs, on doit considérer que l'on
a affaire à un sédiment mal classé où les particules grossières et fines
ont été déposées en même temps: on distinguera alors entre un simple
empâtement des gros grains dans la matrice silteuse ou argileuse
(structure empâtée, caractéristique des "wackes", voir ci-dessous) ou
une franche dispersion des gros grains au sein de la matrice (structure
dispersée).

Dans les structures jointives, on peut avoir un simple ciment de contact,


conservant à la roche une porosité importante, mais le plus souvent, le
ciment comble la totalité des interstices entre les grains. Dans les
quartzites, les grains de quartz s'entourent d'une auréole
d'accroissement formée de quartz, de même orientation optique que le
grain détritique. Le phénomène de croissance syntaxique peut être mis
en évidence lorsque les grains du sable primitif possédaient un mince
revêtement ("coating") d'oxydes de fer.
4.2.2. Composition minéralogique

On peut envisager la composition minéralogique des grès sous des


aspects très différents:

• selon la nature minéralogique du liant: grès à ciment siliceux,


calcaire, ferrugineux, etc.;
• d'après la présence de constituants minéraux exceptionnels (grès
glauconifères, micacés,...);
• on peut aussi opposer les constituants stables (quartz, débris de
chert et de quartzite) aux constituants instable, c-à-d. aisément
altérables comme les feldspaths, les micas, les débris de roches
en général. Cette distinction conduit à la notion de maturité des
sédiments qui se traduit non seulement par la disparition
progressive des constituants instables mais également par
l'élimination de la matrice argileuse, par l'amélioration du
classement granulométrique et par l'augmentation du degré
d'arrondi des grains.

Passons en revue les constituants majeurs des grès:

• le quartz: c'est, en raison de sa résistance à l'altération, de loin le


constituant le plus fréquent des grès. Diverses tentatives ont été
réalisées quant à la détermination de la provenance des quartz,
mais en général, les résultats ont été décevants. On peut dire
néanmoins que les quartz monocristallins à extinction ondulante
proviendraient de précurseurs plutoniques ou métamorphiques,
alors que les quartz à extinction uniforme proviendraient de roches
volcaniques ou de grès recyclés. Les quartz provenant de grès
recyclés possèdent souvent une relique d'un ciment syntaxique
précipité durant un ancien épisode de lithification. La
cathodoluminescence peut également aider à distinguer entre
quartz de provenances différentes (Götte & Richter, 2006, p. ex.);
• les feldspaths: suite à leur fragilité (clivage) et leur grande
altérabilité, les feldspaths forment rarement plus de 10 à 15% des
grès. Une proportion importante de feldspaths dans un grès doit
donc être considérée comme "anormale". Elle peut indiquer soit un
climat où l'altération chimique est faible (aridité, gel permanent),
soit la présence de reliefs, responsables d'un transit rapide des
sédiments vers le bassin;
• les fragments lithiques: comme les roches plutoniques ont
tendance à se désagréger avant leur incorporation dans le
sédiment, les fragments lithiques les plus fréquents sont des
morceaux de roches volcaniques, de schistes, de cherts;
• les micas et les minéraux des argiles: les micas sont fréquents
dans les grès. Leur granulométrie les range dans les fractions
silteuse et sableuse. Les argiles forment la matrice. Il est
généralement difficile de déterminer si leur minéralogie est
originelle (matériel détritique) ou est le résultat de la diagenèse.

4.2.3. Granulométrie

Plusieurs méthodes existent suivant les classes granulométriques et le


fait que l'on étudie un sédiment meuble ou consolidé. Dans ce dernier
cas, en dehors de situations exceptionnelles où il est possible de
désagréger le sédiment sans l'altérer (grès à ciment calcaire soluble
dans l'HCl), il faut renoncer à faire des analyses granulométriques par
tamisage; on ne peut que procéder à des comptages linéaires sous le
microscope, de la façon suivante:

• le long d'une ligne, on mesure les longueurs interceptées par tous


les grains dont la longueur apparente La est égale ou supérieure à
une valeur donnée;
• la somme des longueurs interceptées, pour une même gamme de
longueurs apparentes (par exemple: de 0,1 à 0,2 mm; de 0,2 à 0,3
mm, etc.) représente la fréquence de cette catégorie.

Les résultats obtenus par cette méthode sont cependant entachés


d'erreurs dues au caractère aléatoire des sections de grains et à
l'accroissement des grains par précipitation syntaxique. Au terme d'une
étude comparative des granulométries apparentes et réelles de
différents sédiments, Friedman (1962) a établi un graphique permettant
de comparer la distribution apparente d'un grès sous le microscope à
celle qui serait déterminée par tamisage du sable correspondant.

Actuellement, l'utilisation de méthodes automatiques basées sur


l'analyse d'image permet des développements intéressants dans ce
domaine (augmentation de la précision, du nombre d'analyses,...).

4.2.4. Classification

La plupart des classifications modernes font intervenir la


composition minéralogique du grès et sa teneur en matrice fine. La
classification la plus utilisée semble être celle proposée par Dott en 1964
(Fig. III.2). Pour combiner la composition minéralogique des grès
(évaluée sur un diagramme triangulaire quartz-feldspath-fragments
lithiques) avec la teneur en matrice fine (<30 µm), Dott a choisi de diviser
les grès en trois grands groupes: les arénites, les wackes et les
mudrocks.
Figure : Classification des grès suivant Dott (1964). Le petit triangle à
droite suggère une classification des greywackes lithiques sur base de la
nature des fragments rocheux.

Sans diminuer l'intérêt de cette classification, il faut néanmoins souligner


les points suivants:

• il s'agit d'une classification pétrographique; elle ne tient pas compte


de toutes les données de terrain, souvent très importantes dans
l'interprétation d'un grès: structures sédimentaires, géométrie du
corps sédimentaire, autres faciès associés latéralement et
verticalement;
• elle requiert normalement un comptage de points (500 points en
général);
• les grains autres que le quartz, les feldspaths et les fragments
lithiques ne sont pas pris en compte;
• la matrice est définie comme la fraction inférieure à 30 µm. A vrai
dire, une matrice représente la fraction granulométrique plus fine
comblant les interstices entre les plus gros grains d'un sédiment.
Le terme implique donc une taille relative et une disposition
particulière et non pas une granulométrie particulière;
• les teneurs limites en matrice qui délimitent les domaines des
arénites, des wackes et des mudrocks ont été choisies
arbitrairement et varient en conséquence d'un auteur à l'autre. Il
est clair que ces valeurs arbitraires deviendraient inutiles si l'on
prenait en considération la structure d'agrégat: structure jointive
pour les arénites et structure empâtée pour les wackes.

Nonobstant ces remarques, cette classification a l'avantage d'être très


utilisée et elle permet de distinguer quatre grandes familles de roches,
correspondant à des origines distinctes, les arénites quartziques, les
arkoses, les arénites lithiques et les wackes.

Les arénites quartziques sont constituées essentiellement de grains de


quartz, chert, quartzite associés à quelques minéraux lourds résistants.
Leur couleur est claire. Ce sont des sédiments matures, c-à-d.
débarrassés des constituants instables, généralement bien triés et dont
les grains possèdent un bon arrondi. Ce type de sédiment s'observe
depuis la base de la zone d'action des vagues de tempête jusqu'au
milieu continental: plages, dunes, barrières, rides, etc... Le matériau
provient typiquement de l'érosion de zones continentales stables à relief
faible.

Les arkoses ou arénites feldspathiques sont composées principalement


de quartz et de feldspath. Ce sont des roches claires, souvent roses ou
rougeâtres. L'orthose et le microcline sont plus abondants que les
plagioclases quand la croûte continentale représente la source principale
du sédiment; dans le cas contraire, une source volcanique doit être
suspectée. On y observe aussi des micas et des fragments de roches.
Les arkoses ne sont pas des sédiments aussi matures que les arénites
quartziques: elles sont généralement plus grossières et moins bien triées
que ces dernières (sauf certaines arkoses éoliennes de milieu
désertique). Beaucoup d'arkoses sont des sédiments continentaux, de
type cône alluvial, "point bar" de rivière, voire plage. La présence du
feldspath implique, comme dit plus haut, un climat aride (désertique ou
arctique) et/ou un relief accusé (soulèvements récents, failles actives).
Certaines arkoses sont des "reliques", accumulées en tout début de
transgression marine et surmontées par des arénites quartziques.

Les arénites lithiques sont constituées de fragments de quartz et


de roches diverses. Le mélange de quartz et de débris divers leur donne
un aspect "poivre et sel". Les feldspaths sont généralement peu
abondants, les micas sont communs. Ces sédiments s'observent aussi
bien dans des cônes alluviaux que des turbidites. Il s'agit de dépôts
immatures, à proximité de reliefs vigoureux.

Les wackes (graywackes): ce sont des roches généralement


sombres, constituées d'une matrice et de grains de quartz, de chert, de
calcaire, de roches volcaniques, de schiste, de feldspath (souvent
anguleux). Il s'agit de sédiments immatures, mis en place par des
courants de turbidité. On y retrouve en effet les granoclassements et les
autres structures sédimentaires produites par ce type d'agent de
transport et de dépôt. Il faut faire attention au caractère primaire de la
matrice et veiller, pour l'interprétation, à ce qu'il ne s'agisse pas plutôt
d'une arkose dont les grains de feldspath ont été complètement altérés.

Pour les sédiments mixtes, comprenant à la fois des grains de


quartz et de carbonate ou de la boue calcaire et siliciclastique, la
classification de Mount (1985) est recommandée.

4.3. Les sédiments argileux et silteux

Ces sédiments représentent entre 50% et 80% de la colonne


stratigraphique. Leur étude pétrographique et leur classification est
moins élaborée que celle des grès et des calcaires, en raison de leur
granulométrie très fine, en partie sous le pouvoir de résolution du
microscope. Leur importance économique est cependant grande, avec
des applications industrielles multiples comme la fabrication des ciments,
des briques, des céramiques, etc.

4.3.1. Composition
La composition des roches silto-argileuses est relativement
constante: le shale moyen comprendrait 30% de quartz, 10% de
feldspath et 50% de minéraux argileux (ou de micas), avec les 10%
restants constitués de carbonates ou d'oxydes de fer.

Les minéraux argileux sont le produit de l'altération de roches


sédimentaires, métamorphiques et ignées. Ces dernières ne contiennent
pas de minéraux argileux préexistants, mais un de leurs constituants, les
feldspaths, sont aisément dégradables en argiles.

La nature des minéraux argileux (diffraction X) des roches


détritiques a souvent été utilisée comme indicateur de
paléoenvironnement ou de diagenèse.

4.3.2. Classification

Ces roches appartiennent au grand groupe des "mudrocks"


(littéralement "roches de boue") des géologues anglais. Ce groupe
comprend tous les sédiments siliciclastiques constitués majoritairement
d'éléments de la taille des silts (1/16 à 1/256 mm ou 0,062 à 0,004 mm)
et des argiles (< 1/256 mm ou 0,004 mm).

Le tableau suivant est une proposition de classification, basée sur les


travaux de Lundegard & Samuels (1980):

sédiments faible métamorphisme


indurés
meubles métamorphisme plus élevé

silt siltite quartzite

2/3 silt

NON LAMINAIRE: argillite (pas de


CLIVAGE:
mudstone, siltite clivage)
mud slate, schiste
argileuse?
silto-argileux CLIVAGE:
LAMINAIRE et schist, ardoise,
FISSILE (// à S0): phyllade
mudshale, siltite
argileuse?

1/3 silt

NON LAMINAIRE:
argillite (pas de
claystone,
CLIVAGE: clivage)
clay argilite?
slate, schiste CLIVAGE:
(argile) LAMINAIRE et argileux
schist, ardoise,
FISSILE (// à S0):
phyllade
clayshale

Ce tableau montre que le vocabulaire français est moins précis


que le vocabulaire anglo-saxon: nous manquons de mots pour désigner
les shales et les mudstones (notons que ce terme anglais peut amener
la confusion avec les mudstones calcaires).

Les shales sont donc des argiles compactées, plus ou moins


riches en silts, présentant une fissilité parallèlement à la stratification. En
Belgique, on utilise souvent sur le terrain, le terme "schiste" (="slate") qui
doit s'appliquer à une roche indurée, souvent de granulométrie fine,
affectée d'une schistosité (c-à-d. d'un clivage dû à une dissolution et/ou
une réorientation des minéraux sous l'effet des pressions tectoniques).
On devrait utiliser pour être plus correct, l'appellation "schiste argileux".
Les termes ardoise ou phyllade impliquent un métamorphisme: la plus
grande partie des minéraux ont recristallisé, des espèces nouvelles sont
apparues. Les minéraux ainsi développés sont allongés dans des plans
perpendiculaires à la pression tectonique ou lithostatique. Parallèlement
à ces plans, la roche se débite en fines plaquettes luisantes, d'aspect
finement cristallin.
L'analyse granulométrique proprement dite ne peut être pratiquée
que sur des sédiments meubles. La détermination des différentes
classes est basée sur des techniques appliquant la loi de Stokes.

A la classification granulométrique des sédiments s'ajoutent d'autres


caractéristiques, celles-ci résultant soit d'analyses microscopiques, soit
d'observations macroscopiques:

- la coloration, en cassure fraîche pour les roches indurées (utiliser


éventuellement une échelle de teintes). Il s'agit d'une caractéristique
importante qui renseigne sur l'état d'oxydation du fer (Fe3+ rouge; Fe2+
vert) et sur la présence de matière organique (schistes noirs);

- la présence de bioturbations, de laminations;

- la minéralogie de la fraction silteuse (quartzitique, feldspathique,


micacée, chloritique).

Les lutites :
Roches terrigènes de granulométrie fine. Elles caractérisent les milieux
sédimentaires calmes.
La limite hydrodynamique de la traction des particules : 31μm
- Au-dessus de 31μm, les particules peuvent être transportées sous
l’action d’un faible courant par traction sur le fond ;
- En dessous de 31μm, elles se déposent en milieu calme par
décantation, en même temps que l’argile.

Les pélites sont des roches en général fortement colorées (vert, brun,
rouge, gris,…) friables, à débit esquilleux à feuilleté.
Pour différencier pélites (siltite) et argilites sur le terrain : test buccal.
Après absorption, un fragment de pélite grince sous les dents.

Les argilites représentent des roches de couleur extrêmement variable,


parfois vives, souvent très feuilletées et friables. Elles sont douces au
toucher et happent la langue.

Les environnements sédimentaires Mémoire des systèmes terrestres

Introduction Rappel… • Météorisation: les débris restent sur place. •


Érosion: les matériaux (roches, cailloux, sables, limons, argile…) sont exportés. •
Transport: les matériaux sont transportés par un agent (gravité,
glace, courant fluvial, vent, courants marins, ...). Important: une partie reste sur
place et est représentative du moyen de transport Le
partie reste sur place et est représentative du moyen de transport. Le
milieu de transport est donc aussi un environnement sédimentaire. •
Sédimentation: les matériaux sont déposés avant d’être ultimement
consolidés et de devenir des roches sédimentaires.

Introduction Les environnements sédimentaires •


Ce sont des milieux où se déposent les sédiments.
Les sédiments ont des caractères (granulométrie, stratification,
compaction, déformation, fossiles) propres à leur environnement de dépôt.
Les milieux sédimentaires contiennent des couches successives (des séquences
sédimentaires) qui enregistrent les changements
séquences sédimentaires) qui enregistrent les changements
dynamiques, écologiques ou climatiques.
Souvent, les séquences contiennent des fossiles ou des restes
organiques qu’on peut dater par des méthodes relatives ou absolues.

Introduction Schéma des principaux milieux sédimentaires glaciaire lacustre

fluvial

éolien

littoral

Plateau deltaïque q

talus

glacis

Courants de turbidité

Introduction Les principaux milieux sédimentaires 1‐ Pentes ‐ versants ‐ talus

6‐ Marges glaciaires: ‐ moraines ‐ dépôts fluvio‐glaciaires ‐ dépôts glaciolacustres

2‐ Lits fluviaux 3‐ Deltas

7‐ Milieux éoliens: dunes 4 Lacs 4‐ 8‐ Milieux organiques: tourbières 5‐ Mers ‐


milieu littoral ‐ marges continentales ‐ fonds océaniques

Introduction Quelques définitions •


Structures sédimentaires: éléments géométriques particuliers à l’intérieur intér d’un
un dépôt (strates, couches, structures dépôt (strates couches structures
entrecroisées, laminaires, ondulées, structure massive, granoclassement, ...). •
Figures sédimentaires: éléments de détail des structures
sédimentaires (rides, plis, figures de courant, ...) •
Faciès sédimentaire: somme des éléments descriptifs, aboutissant
à l’aspect particulier d’un dépôt. C’est la somme des résultats de
l’environnement sédimentaire.

29/11/2011

1er exemple: L’environnement sédimentaire lacustre


L’environnement sédimentaire lacustre

• Les caractéristiques d’un lac varient selon le climat, l’apport des cours d’eau, la
géologie, de la végétation riveraine et de l’activité biologique. •
Plus profond au centre que sur les bordures ; lac oligotrophe ; glaciaire.

29/11/2011

L’environnement sédimentaire lacustre La sédimentation dans les lacs

• Sédimentation deltaïque aux embouchures, sédimentation pélagique, courant de


turbidité, thermocline, hydrodynamisme. •
La sédimentation lacustre dépend fortement de la localisation des deltas.

L’environnement sédimentaire lacustre La sédimentation dans les lacs

http://www.u‐picardie.fr/~beaucham/cours‐sed/sed‐5.htm

• Aux embouchures: sédiments fins (silt et sables fins) ; présence de chenaux.


Dépend de l’hydrodynamisme du cours d’eau •
Sur les pentes et le fond: dépôts très fins (argiles) souvent laminés avec lits de
sables provenant des courants de turbidité ; possibilité de varves.

29/11/2011

L’environnement sédimentaire lacustre La sédimentation dans les lacs

• Plus épais de sédiment quaternaires là où c’est plus profond (surcreusement


glaciaire) • Sédiments fins laminés avec lits de sable • Fond plat • Profil sismique

L’environnement sédimentaire lacustre Le lac du Bourget

Carte bathymétrique Projet de maitrise de Grégoire Ledoux

29/11/2011

L’environnement sédimentaire lacustre Le lac du Bourget

Profil sismique

Projet de maitrise de Grégoire Ledoux

L’environnement sédimentaire lacustre

Lœss (sédiment d’origine éolienne)


Sédiments glacio‐lacustres (varves)

Saint‐Hedwidge‐de‐Roberval

29/11/2011

L’environnement sédimentaire lacustre

Varves du lac glaciaire Ojibway, Abitibi

L’environnement sédimentaire lacustre Pris d’une carotte de sédiment dans un lac

29/11/2011

L’environnement sédimentaire lacustre La paléolimnologie / les diatomées

L’environnement sédimentaire lacustre La paléolimnologie – les diatomées

Chaque espèce de diatomée reflète les conditions du milieu dans lequel elle vivait.

29/11/2011

2ème exemple: L’environnement sédimentaire éolien

Dunes: sable Lœss: sable très fin et silt

L’environnement sédimentaire éolien Modes de transport éolien

• Zone source: prise en charge par le vent Z i h l t • Déplacement: ‐


lent : via les rides de sables/creep (roulement, traction) ‐
rapide : par petits bonds successifs (saltation) •
L’impact d’un grain de sable au sol peut engendrer la mise en suspension des
grains frappés qui sont ensuite pris en charge par le vent

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29/11/2011

L’environnement sédimentaire éolien Le déplacement d’une dune

Une dune est active si elle n’est pas fixée par la végétation : elle avance.

L’environnement sédimentaire éolien Asymétrie et sens du vent

Dune barkhane
Crête, pente douce (face au vent), pente raide (face sous le vent), surface
de glissement, migration.

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29/11/2011

L’environnement sédimentaire éolien Les différents types de dunes : dune barkhane

Souvent isolée, forme en croissant, peut se former à partir d’un buisson, d’un bloc, …
, pente
raide concave, lorsque la dune atteint une certaine taille, elle se déplace dans le sen
s du vent (m/an), les bras migrent plus rapidement que le corps central.

L’environnement sédimentaire éolien Structure interne d’une dune barkhane

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L’environnement sédimentaire éolien


Les différents types de dunes: les dunes transversales

arbres

Champ de dunes, perpendiculaires au sens du vent, rarement rectilignes,


région riche en sable, peu de végétation, prend parfois la forme barkhane

L’environnement sédimentaire éolien


Les différents types de dunes : dune longitudinale

Champ de dunes, crêtes longues et rectilignes, parallèles aux vents dominants,


vents puissants et sable abondant.

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29/11/2011

L’environnement sédimentaire éolien Les différents types de dunes : dune en étoile

Forme complexe résultant de la convergence de plusieurs rides + ou ‐ rectilignes ;


point de rencontre de vents convergents ; chaque branche évolue séparément.

L’environnement sédimentaire éolien

Ondulations centimétriques, asymétriques, les rides sont un moyen de


transport des grains

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L’environnement sédimentaire éolien


Great Sand dune monument, Colorado, U.S.A. Dune en étoile

L’environnement sédimentaire éolien L’érosion éolienne

Ventifact: roche polie et façonnée par l’abrasion éolienne

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29/11/2011

L’environnement sédimentaire éolien L’érosion éolienne

Dallage de blocs et cailloux (lag)

L’environnement sédimentaire éolien L’érosion éolienne

Aire de déflation dans une dune côtière (parabolique)

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29/11/2011

L’environnement sédimentaire éolien

Tempête de poussière

L’environnement sédimentaire éolien

Poussière éolienne transportée en haute altitude du Sahara


au‐dessus de l’Atlantique (image par satellite).

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29/11/2011

L’environnement sédimentaire éolien

Accumulation de lœss Lœss: dépôt d’origine éolienne ; argile, silt et sable


fin ; surtout dans région froide (périglaciaire)

L’environnement sédimentaire éolien

Source du lœss: érosion éolienne du sandur en eaux basses

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L’environnement sédimentaire éolien L’étude du lœss en paléoclimatologie

Courbe d’accumulation du lœss datée au C‐14


Identification des périodes venteuses et des périodes humides

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