SYLLABUS SEDIMENTOLOGIE THEO+Environnements Sedimentaires
SYLLABUS SEDIMENTOLOGIE THEO+Environnements Sedimentaires
0.0 INTRODUCTION
Le terme « Sédimentologie » est relativement récent dans le lexique géologique. Introduit par Wadell H. en
1932, il a été admis après d’après discussions.
Mais, actuellement, les sédiments anciens, transformés en roches sédimentaires par la diagenèse se présentent
sous forme de roches sédimentaires
Aussi rattache-t-on souvent à la sédimentologie la description de ces roches, ou pétrographie sédimentaire, bien
qu'elle constitue logiquement, avec l'étude des processus diagénétiques, un chapitre de la pétrologie.
0.1 DEFINITION
La sédimentologie est la discipline qui étudie les caractéristiques, les processus de mise en place et la disposition
des sédiments, soit lors de leurs mouvements, soit après leur dépôt, leurs phénomènes de sédimentation ou
diagénétiques.
Elle englobe l'étude des sédiments modernes tels que le sable, le limon et l'argile, ainsi que des processus qui
entraînent leur formation (érosion et altération), leur transport, leur dépôt et leur diagenèse. Les sédimentologues
appliquent leur compréhension des processus modernes pour interpréter l'histoire géologique à travers l'observation
La sédimentologie est étroitement liée à la stratigraphie, à l’étude des relations physiques et temporelles entre les
Sur le continent, une roche est soumise à l'action des facteurs physiques, chimiques et biologiques propres au
climat. Elle est désagrégée et transformée.
L’altération est donc le premier des processus qui conduisent à la formation des roches sédimentaires. Elle est
fonction du climat (donc de la végétation), de la nature de la roche (du minéral), de la structure géologique (strates,
fractures), du relief, du temps…
La destruction se fait par des mécanismes physiques produisant la fragmentation des matériaux et des réactions
chimiques donnant des solutions de lessivage (altération chimique). Les éléments solides sont déplacés sous l'effet
de la gravité, souvent par l'intermédiaire d'un fluide transporteur (eau, glace), et sous l'effet des variations de
pression atmosphérique qui produisent les vents. Apres le transport par différents agents, les particules sont
déposées dans le bassin sédimentaire ou elles seront transformées en roche sédimentaire lors de la diagenèse.
I.1 L’ALTERATION
L'altération désigne l'ensemble de deux processus en l’occurence la fragmentation mécanique d'une roche sans
transformation chimique ou minéralogique et sa transformation avec une modification de sa composition chimique
ou/et minéralogique.
L'altération permet donc la formation de la zone critique par ces deux processus d'altération mécanique et chimique
qui sont couplés. L'altération chimique implique de la dissolution (mise en solution des éléments chimiques solubles
des minéraux primaires comme le sodium et le calcium ou le silicium) et la précipitation de nouvelles phases
impliquant les éléments les moins solubles dans l'eau (les minéraux secondaires, argiles et oxydes de fer et
d'aluminium).
Avec la dissolution (par exemple des évaporites), l'hydrolyse (action des protons issus de la molécule d'eau) et
l'oxydation sont les deux autres formes d'altération chimique les plus fréquentes. Comme exemple d'altération
physique, on peut penser à la cryoclastie, c'est-à-dire l'effet de l'alternance gel-dégel sur les roches. Comme le
volume molaire de la glace est supérieur à celui de l'eau liquide, l'eau liquide qui remplit une fracture va, en gelant
faire naître des contraintes qui peuvent élargir la fracture et conduire à transformer progressivement la roche en un
amas de débris
Dès qu’une roche est amenée à la surface de la Terre, elle s’altère, l’altération est le premier des
processus qui conduisent à la formation des roches sédimentaires.
L’altération résulte de l’action des agents climatiques (eau, neige, glace…) sur les roches ou sur
tout autre objet présent à la surface de la Terre.
Un certain nombre d'agents physiques produisent la fragmentation des roches. Les variations de
température entraînent la dilatation ou la contraction des roches: soumise à des variations de volume
incessantes, un roche se fissure puis éclate. La fissuration est importante dans les roches
composées de minéraux différents n'ayant pas le même coefficient de dilatation: des microfissures
apparaissent à la limite entre les minéraux. L'eau qui pénètre dans les fissures et les pores puis gèle
avec augmentation de volume ajoute son effet. Les cristaux de glace s'accroissent
perpendiculairement à la surface de la fente et augmentent son ouverture: la roche est gélive, elle
éclate sous l'effet du gel (exemple, la craie). La désagrégation mécanique est particulièrement
importante sous les climats désertiques où les variations de température peuvent dépasser 50 °C
entre le jour et la nuit. Elle est également grande sous les climats humides dont la température varie
autour de 0 °C (action du gel et du dégel). Elle est responsable de l'accumulation des manteaux
d'éboulis caractéristiques des zones désertiques et des montagnes. La cristallisation du sel ajoute
son action le long des littoraux et dans les zones désertiques. Près des côtes, les embruns salés
pénètrent dans les pores des roches. Les cristaux de sels s'y développent et produisent des
craquelures. Les sulfates de Na et Mg sont les plus efficaces. Enfin, le transport par l'eau, et
accessoirement l'action du vent, use les matériaux et produit des éléments plus fins: limons,
poussières...
Une des caractéristique les plus importante de la surface de la Terre est l'abondance de l'eau, tant
sous forme liquide que solide ou gazeuse. Les molécules d'eau sont chargées electriquement et se
comportent comme des dipôles; cette propriété est dûe à la liaison covalente asymétrique qui unit les
atomes d'hydrogène à l'oxygène. Les deux atomes d'hydrogène sont placés d'un seul coté et
engendrent une faible charge. La nature polaire de la molécule d'eau permet l'établissement de
liaisons hydrogène entre les molécules qui se disposent en groupes tétraédriques. Les propriéts de
l'eau découlent de cette structure. L'eau est un trés bon solvant car les extrémités positives ou
négatives de la molécule peuvent s'attacher aux ions négatifs ou positifs. Le groupement des
molécules d'eau en tétraèdre explique la forte tension superficielle et la capillarité, et la large plage de
température selon laquelle l'eau est à l'état liquide. L'abaissement de température diminue l'agitation
thermique des molécules et favorise les liaisons hydrogène: les molécules se groupent et la viscosité
de l'eau augmente. L'abaissement de température produit également l'augmentation de la densité,
jusqu'à 4°C; en dessous, les molécules se réarrangent progressivement en structure hexagonale
(glace) et la densité diminue jusqu'à atteindre un minimum à -22°C. Les molécules d'eau s'ionisent en
H+ et OH-.. La concentration des H+ définit le pH. A la température ordinaire, il y a seulement 10-7
moles par litre d'ions hydrogène (et autant de OH-) dans l'eau pure: le pH est neutre (pH=7). L'apport
d'ions hydrogène diminue le pH; cette acidité est produite notamment par le CO2 et les acides
humiques du sol.
Les ions hydrogène sont responsables de la destruction des réseaux silicatés: ils déplacent les
cations métalliques qui se recombinent avec les OH- (hydrolyse).
L'énergie de liaison varie selon le type d'ions concernés. Le K+ est faiblement lié à l'oxygène, le Fe++
et le Mg++ le sont moyennement; le Si 4+ établit au contraire des liaisons trés fortes. On comprend
ainsi que le quartz, tectosilicate ne comportant que des liaisons fortes entre le silicium et l'oxygène,
résiste mieux à l'altération; l'olivine en revanche, contenant des cations moins liés (Fe++ et Mg++) a
un réseau cristallin plus fragile. GOLDICH (1938) a établi l'ordre de résistance des minéraux à
l'altération:
biotite .........plagioclases Na
feldspaths K
muscovite
Résistant......................................quartz
On remarque que cet ordre évoque les suites de BOWEN: ce n'est pas un hasard. Dans un magma,
l'olivine cristallise à haute température, elle est donc particulièrement instable dans les conditions de
surface; elle est la plus labile. Le quartz, en revanche est formé à une température moins élevée, il
est plus stable. Le type de réseau cristallin intervient dans la stabilité du minéral en surface. Les
phyllosilicates, comme la muscovite, résistent mieux à l'altération. Des travaux récents ont permis
d'évaluer la vitesse d'hydrolyse d'un minéral silicaté en mesurant la vitesse de libération de la silice
issue du minéral dans le milieu . Cette vitesse est fonction de la surface de contact du minéral, du pH
et d'une constante de vitesse de libération "K" propre au minéral qui est mesurée en mole/m2/an;
voici quelques valeurs de K:
* Rayon ionique:
Si4 +: r = 0,42 A°
Al 3+: r = 0,51 A°
0 2- : r = 1,4 A°
La taille des ions détermine leur arrangement cristallin; le nombre de coordination d'un ion par rapport
à l'oxygène est le nombre d'ions oxygène qui peuvent se disposer autour de l'ion considéré:
* Charge ionique :
* Potentiel ionique:
C'est le rapport Z/r. Il détermine le comportement des ions. La classification établie par
GOLDSCHMIDT distingue 3 groupes d'ions d'après la valeur du potentiel ionique:
La répartition des charges électriques à la surface de l'ion explique son comportement vis-à-vis de
l'eau.
* oxyanions solubles: leur potentiel ionique est grand, leur surface est fortement chargée. Ces ions
dissocient les H+ des molécules d'eau et s'associent avec les O--: les ions soufre donnent des ions
sulfates (SO4)2-, les ions carbone des carbonates (CO 3)2-, les ions phosphore des phosphates
(PO4)3-...
* hydrolysats: la dissociation de l'eau est partielle en H+ et OH-. Les cations s'unissent aux OH- et
forment des hydroxydes insolubles (Fe2 O3, Al2 O 3...)
* cations solubles: leur potentiel ionique et leur densité de charge de surface sont faibles. Ils n'ont pas
d'action sur la molécule d'eau et restent dispersés.
Figure 3-4: classification des ions par Goldschmidt.
La valeur du potentiel ionique permet donc d'expliquer l'association de certains métaux dans les
minéralisations (par exemple la paragénèse plomb-zinc), le lessivage des cations solubles et des
oxyanions comme le potassium, les sulfates, l'immobilité relative des hydrolysats comme l'Al (OH)3
(gibbsite).
L'altération chimique des roches se fait en présence d'eau; elle a lieu essentiellement en climat
humide. Les réactions sont des hydrolyses, accessoirement des oxydations, des hydratations, des
décarbonatations pour les roches calcaires. Les éléments solubles sont lessivés. Les parties
insolubles restent sur place, se recombinent et forment des minéraux de néoformation,
principalement des argiles. Les organismes peuvent intervenir à tous les stades de ce processus. Ils
fournissent en particulier des matériaux minéraux ou organiques.
a) Dissolution
Ce processus physique simple intéresse les roches salines: sel gemme, potasse et gypse.
b) Oxydation et réduction
Les oxydations intéressent surtout le fer qui passe de l'état fereux à l'état ferrique.
Les réductions sont plus rares. Elles interviennent dans les milieux hydromorphes et produisent en
particulier le passage du fer ferrique au fer ferreux soluble.
c) Hydratation
C'est une incorporation de molécules d'eau à certains minéraux peu hydratés contenus dans la roche
comme les oxydes de fer; elle produit un gonflement du minéral et donc favorise la destruction de la
roche.
d) Décarbonatation
Elle produit la solubilisation des calcaires et des dolomies généralement sous l'action du CO2 dissous
dans l'eau:
e) Hydrolyse
Les hydrolyses, c'est à dire la destruction des minéraux par l'eau, sont les principales réactions
d'altération.
* L'hydrolyse est totale lorsque le minéral est détruit en plus petits composés possibles ( hydroxydes,
ions).
Les corps résultants peuvent ensuite réagir entre eux et donner des minéraux argileux.
* L'hydrolyse est partielle lorsque la dégradation est incomplète et donne directement des composés
silicatés (argiles). Ces composés diffèrent selon les conditions de milieu. L'hydrolyse partielle de
l'albite donne soit de la kaolinite, soit des smectites. (1) Formation de kaolinite:
2,3 Na Al Si 3 O 8 + H 2 O ---> Si 3,7 Al 0,3 O 10 Al 2 (OH) 2 Na 0,3 +3,2 H 4 SiO 4 + 2 ( Na+, OH- )
Cette 2ème réaction reste assez théorique car d'autres ions y participent, en particulier le Fer (Fe
3+).
4.3 Minéraux formés
Les nouveaux minéraux formés sont en général des phyllosilicates. Ces minéraux proviennent soit de
la transformation d'un phyllosilicate pré-existant, soit d'une néoformation à partir d'un silicate non en
feuillet à la suite du réarrangement de la structure cristalline. Les réactions ont lieu surtout dans le
sol. Les phyllosilicates formés sont des minéraux argileux de deux types:
* type 1/1: le feuillet comporte 1 couche à tétraèdres SiO 4 et 1 couche à octaèdres AlO6
* type 2/1: le feuillet comporte 3 couches, à savoir 1 couche octaèdrique comprise entre 2 couches
tétraèdriques. Lorsque les nouveaux minéraux argileux sont formés à partir des micas (muscovites,
biotites et chlorites), le réseau cristallin est plus ou moins conservé, on parle de transformation.
Lorsqu'ils sont formés à partir de silicates qui ne sont pas en feuillets (feldspaths, amphiboles,
olivine...), le réseau cristallin du minéral d'origine est complètement détruit, on parle de
néoformation.
Figure 3-3: Structure des phyllosilicates des argiles.
* Muscovite
Elle est assez stable. Sa fragmentation donne des petites paillettes de même composition chimique
appelées séricite. Son altération chimique se fait par perte progressive d'ion K+; elle donne de l'illite,
puis des argiles de 2 types selon les conditions de drainage du milieu: la kaolinite en milieu lessivé,
les smectites en milieu confiné. Les minéraux intermédiaires formés sont les vermiculites et les
interstratifiés. Corrélativement, la distance inter-réticulaire, qui sépare les feuillets d'argiles, augmente
et passe de 10 A° (muscovite, illite) à 14 A° (smectite) ou 7 A° (kaolinite; en fait on peut admettre que
2 feuillets de kaolinite sont obtenus à partir d'un d'illite, soit 2 x 7 = 14 A° également). Les ions K+
assurent la cohésion des feuillets argileux. L'altération se manifeste par l'exfoliation des feuillets, bien
visibles au microscope électronique, qui produit des particules de plus petite taille, quelques 0,1
microns, et augmente la surface de contact du minéral et la capacité d'échange des cations avec les
solutions du milieu.
* Feldspaths
Bien qu'il s'agisse de tectosilicates, leur altération est comparable à celle de la muscovite
* Biotite
Sa résistance à l'altération dépend de la teneur de Fe++ dans le cristal; son état d'altération est
exprimé par la quantité de K+ extraite du réseau. La biotite peu oxydée (surtout à Fe++) est trés
altérable et se comporte comme les autres minéraux ferro-magnésiens (pyroxènes...); elle donne en
particulier des vermiculites et smectites et de l'oxyde ferrique qui précipite. La biotite plus oxydée
(Fe+++ surtout) est plus stable.
* Autres ferromagnésiens
Leur altération est semblable à celle de la biotite peu oxydée; ils donnent de la vermiculite, des
smectites, des chlorites ou des argiles magnésiennes si le milieu est très confiné.
* la température dont l'augmentation régit la vitesse des réactions et la possibilité de dissolution des
ions dans l'eau,
* la vitesse de circulation de l'eau dans le milieu (drainage) exprimant les conditions de confinement
ou de lessivage.
On voit que dans les conditions naturelles, l'état d'oxydation du fer dépend du pH: le fer ferreux est
stable à pH acide, le fer ferrique à pH basique. Dans les milieux à l'abris de l'air (sol, fond de
marécage...) le fer est à l'état ferreux ; il passe à l'état ferrique au cours de l'altération à l'air. Il est
lessivé en partie par l'eau de pluie légèrement acide et transporté par les rivières. Arrivé dans l'eau
de mer à pH basique, sa solubilité diminue fortement et il précipite.
1.1.4. La complexolyse
C'est une variante de l'hydrolyse en présence de matière organique. Les composés organiques de
l'humus extraient les cations métalliques des réseaux cristallins. Les minéraux sont détruits; les
cations sont fixés sur les composés organiques en donnant des complexes organo-métalliques. Les
cations se liant aux grosses molécules organiques de l'humus sont surtout les ions Al 3+, Fe 2+ et Fe
3+.
Les études ont porté notamment sur l'effet des organismes adhérant à une roche: algues vertes,
diatomées, lichens, champignons, bactéries. Ceux-ci adhèrent à la surface grâce en particulier à des
organes appropriés qui pénètrent dans les fissures et exfolient les minéraux lamellaires (hyphes de
lichen exfoliant la biotite). Ils produisent une désagrégation et une microdivision de la surface de la
roche ainsi qu'une attaque chimique par sécrétion d'acide oxalique produit par les lichens comme par
les racines des végétaux supérieurs. Les cations des minéraux sont extraits par complexolyse. Sous
les lichens adhérant à la roche est mise en évidence la formation de composés mal cristallisés à
base de Si, Al et Fe, de nombreux composés à base de Ca et des gels organo-minéraux, résultats de
la complexolyse et précurseurs du sol.
8. BILAN DE L'ALTERATION
La destruction des édifices cristallins silicatés produit des fragments de chaine silicatées qui, au
moins dans un premier temps, restent sur place, et des ions solubles qui sont emportés par l'eau ou
lessivés. L'importance respective de l'héritage, des transformations et des néo-formations est
étroitement liée à l'intensité de l'altération et au lessivage. Pour une altération et un lessivage faible,
les argiles 2/1 se forment. Avec l'augmentation de l'intensité de ces paramètres, ce sont des argiles
1/1, plus pauvre en silice, qui sont synthétisées. Pour un fort lessivage, les cations solubles sont
entraînés et les phyllosilicates ne peuvent plus se former: il reste sur place le quartz et les oxydes de
fer et d'aluminium.
Ce mode de transport se rencontre dans les régions présentant des différences d'altitude créant des
pentes, et où la désagrégation mécanique est forte, c'est à dire essentiellement en montagne et en
régions désertiques.
Les éléments sont déplacés sur une faible distance, quelques centaines de mètres,
exceptionnellement quelques km et s'accumulent en cônes d'éboulis: Ils sont non usés et de toute
taille; les plus gros descendent plus loin et forment la frange du cône: un certain grano-classement
horizontal s'établit. La porosité des éboulis est grande et la percolation des eaux bonne. La
cimentation est rapide, surtout en pays calcaire, et donne une brèche de pente à éléments anguleux.
Fig. Photo montrant un cône d’éboulis au pied d’une falaise
Très souvent, à la suite de fortes pluies par exemple, à la gravité pure s'ajoute l'action de l'eau. Les
éboulis comprenant une phase fine d'argile forment des coulées boueuses qui glissent sur les pentes
et peuvent causer des dégâts considérables. Les éléments sont anguleux, mal classés (en vrac) et
emballés dans une matrice argileuse. Ce sont les "coulées de débris" ou "coulées de solifluxion"
aériennes qui peuvent apparaître dans tout matériel meuble à éléments fins situé sur une pente et
remobilisé par les pluies: sols, cendres volcaniques. Les coulées de solifluxion forment les colluvions
des fonds de vallée.
A
B
Lorsque la quantité d'eau incorporée est plus grande, les coulées sont plus fluides et passent aux
"laves torrentielles" s'écoulant dans les lits des torrents au cours d'un orage. Les eaux très chargées
en matériaux des rivières de pays désertiques ("wadi") constituent des écoulements intermédiaires
entre le courant de traction classique d'un cours d'eau et la coulée de débris.
1.2 Transport par le vent
L'air est un fluide transporteur de faible viscosité; sa charge et sa compétence seront faible: les
particules transportées ont des tailles de quelques 1/10ème de mm, quelques cm par vent violent. Le
choc des grains entre eux est plus violent que dans un transport aquatique (l'eau amortit les chocs).
Les grains présentent des traces de choc en "V" et prennent une surface dépolie. L'érosion et le
transport éolien prennent une grande importance dans le cas de sédiment meuble, non protégé par la
végétation, ni rendu plus cohérent par une imprégnation d'eau.
Ces conditions sont rencontrées dans les régions désertiques où la désagrégation mécanique produit
des matériaux de toute taille; les particules fines sont balayées (déflation), les éléments plus
grossiers restent sur place et forment les surfaces caillouteuses, des regs. Les particules de l'ordre
de 0,1 à 1 mm transportées par le vent érodent les roches qu'elles rencontrent: cette action de
"sablage" est visible aussi bien sur des panneaux entiers de roches que sur les cailloux au sol qui
prennent un aspect dépoli et présentent des surfaces planes (galets à facettes ou "dreikanter").
Elles peuvent être accumulées plus loin en dunes. Quand les poussières sont entrainées à haute
altitude, elles sont disséminées très loin: les poussières sahariennes, de quelques dizaines de
microns, tombent parfois sur la France et colorent la pluie en rouge. Les zones de plage, constituées
de matériaux sableux et soumises au vent, constituent également un domaine d'action privilégié pour
le vent.
Les grains sont prélevés sur les zones exondées (inter- et supratidales); ils sont transportés
généralement vers l'intérieur des terres et déposés en dunes littorales.
Les cendres émises par une éruption volcanique sont largement disséminées à la surface du globe
par les vents et colorent les couchers de soleil.
Dans les déserts, l'agent principal d'érosion et de transport des matériaux est le vent. Si le vent peut
agir si efficacement pour éroder et transporter les particules, c'est qu'il n'y a ni humidité, ni végétation
pour retenir celles-ci et les stabiliser. Le vent qui balaie la surface du sol entraîne donc facilement ces
particules. Les particules sont transportées selon trois modes.
Les plus grosses se déplacent par roulement ou glissement (traction) à la surface du sol, sous l'effet
de la poussée du vent ou des impacts des autres particules. Les particules de taille moyenne (sables)
se déplacent par bonds successifs (saltation). Les particules très fines (poussières) sont
transportées en suspension dans l'air (loess), souvent sur de très grandes distances.
Il en résulte deux structures importantes des déserts : les pavements de désert et les champs de
dunes.
Le vent entraîne les particules de la taille des sables, mais n'a pas l'énergie nécessaire pour soulever
ou rouler les plus grosses particules. Ainsi, ces plus grosses particules se concentrent
progressivement à mesure de l'ablation des sables pour former finalement une sorte de pavement qui
recouvre les sables et les stabilise, ce qui, par exemple, permet aux véhicules robustes de rouler
aisément.
Ces dernières se déplacent, sous l'action du vent, par saltation des particules sur le dos de la dune;
elles viennent se déposer sur le front de la dune, soit par avalanche, soit parce qu'elles sont piégées
par le tourbillon que fait le vent à l'avant de la dune. C'est ce qui cause la structure interne en laminae
parallèles inclinées qui indiquent le sens du déplacement de la dune.
Le vent dépose sa charge quand sa vitesse diminue. Tout type d'obstacle peut produire une
sédimentation dans la zone protégée qu'il délimite: une touffe d'herbe, un mur ...Ces dépôts peuvent
être remis en mouvement s'ils ne sont pas fixés par la végétation.. Les dépôts sont des sables et des
poussières.
Fig. accumulation de sable en arrière d'un obstacle (ici, une touffe d'herbe).
a) les dunes
Les corps sédimentaires les plus caractéristiques sont les dunes éoliennes. Leur hauteur est de 5 à 10 m pour une
longueur d'onde de quelques centaines de mètres au maximum. Leur forme varie en fonction du régime des vents
et de leur charge en sable. On distingue: * les barkhanes, dunes en croissant avec concavité abrupte sous le vent *
les dunes paraboliques en forme de langue (forme linguoïde) dont la convexité abrupte est sous le vent; * les dunes
transversales, rubans perpendiculaires à la direction du vent; comme précédemment, la pente sous le vent est la
plus forte; * les dunes longitudinales ou seif, parallèles au sens du vent; * les dunes d'interférence dont la structure
complexe reflète le régime changeant des vents.
Figure 5-2 : Principaux types de dunes éoliennes. (1) barkhanes;(2) dunes linguoides; (3) dunes transversales à
crêtes rectilignes; (4) dunes d'interférence.
Les accumulations sableuses de très grande taille, des dizaines de mètres de hauteur pour des longueurs d'onde
de l'ordre du kilomètre, s'appelle des draas.
Les dunes montrent une structure interne en litages entrecroisé. L'orientation des litages obliques et leur taille sont
généralement variables; leur inclinaison peut atteindre un angle de 34°.
Figure 5-3: Structure interne d'une dune éolienne; notez la forte inclinaison et la variabilité des litages (chiffrés en
degrés).
b) Les rides
Ce sont des ondulations centimétriques qui couvrent la surface des dunes. Leur crête est perpendiculaire à la
direction du vent. Comme les dunes, elles sont asymétriques. Leur longueur d'onde est de l'ordre de la dizaine de
cm pour un sable moyen.
Des formations gréseuses anciennes montrent les caractères d'organisation des dunes éoliennes actuelles
(variabilité, dimension, inclinaison des litages obliques). C'est le cas des Navajo Sandstones jurassiques aux U.S.A.
Les grains sont arrondis et dépolis; ils sont bien classés; la matrice argileuse est faible. Les formations dunaires
anciennes restent néanmoins rares. Les sables de Fontainebleau auraient en partie une origine éolienne. On
connait également dans des dépôts à dominance sableuse des galets ayant subi l'action érosive du vent: ces
"galets éolisés" ont une surface dépolie et une forme polyédrique ("dreikanter"). Les grès des Vosges triasiques en
contiennent localement.
La quantité de poussière transporté puis déposée par le vent peut être grande mais elle passe inaperçue et sous-
estimée parce qu'elle est largement disséminée sur le sol: une couche de quelques dixièmes de mm de poussière
répandue sur une surface de plusieurs milliers de km2 représente un tonnage considérable. Chaque année le
Sahara perd plus de 100 millions de tonnes de poussière dont une grande partie tombe dans l'océan Atlantique,
contribuant ainsi à la sédimentation océanique.
Figure 5-4: Vitesse de chute des particules dans l'air; les poussières ont une vitesse de chute très faible, elles
restent donc très longtemps en suspension et peuvent être transportées très loin par le vent.
Le calcaire est dissous en surface par les eaux d'infiltration : le loess est décalcifié et prend le nom de lehm. La
couche de loess atteint parfois 600 mètres d'épaisseur dans certaines régions comme en Chine où elle provient de
la déflation dans les déserts d'Asie centrale.
Sous climat froid et humide, la neige se transforme en glace par compaction et fusion. La glace
s'écoule comme un fluide visqueux et forme un glacier. La charge transportée dépend de
l'approvisionnement en matériaux. En montagne, le glacier peut transporter des éboulis en telle
quantité que ces derniers recouvrent et dissimulent complètement la glace.
La charge est beaucoup plus faible pour les glaciers polaires en calotte. La compétence d'un glacier
est également grande: Certains blocs dépassent plusieurs mètres. Ils sont abandonnés à la fonte des
glaces et constituent des "blocs erratiques" caractéristiques du passage des glaciers.
Les matériaux transportés sont fortement hétérométriques et ne montrent pas de classement par
taille. Les éléments ne sont pas usés par des séries de chocs entre eux, comme cela se produit dans
un transport éolien ou aquatique, mais ils peuvent être broyés entre eux ou contre les parois de la
vallée sous l'effet de la pression de la glace, jusqu'à former une "farine glaciaire" faite de quartz et
autres éléments très fins qui sont une proie facile pour l'érosion torrentielle ou éolienne. La distance
de transport est de quelques dizaines de km pour les glaciers de montagne mais elle peut dépasser
la centaine de Km pour les grands systèmes glaciaires (glaciers du Groenland).
Les matériaux transportés par les glaciers sont sédimentés lorsque la glace fond. Ils s'accumulent
donc à proximité du glacier et constituent les dépôts glaciaires. Ils peuvent être remaniés par les
eaux puis déposés: ce sont les sédiments fluvio-glaciaires et glacio-marins. En climat tempéré, les
glaciers de montagne fondent en descendant dans les vallées; les matériaux s'accumulent en une
moraine frontale qui peut être très grande et former un amphi-théatre morainique.
Si le climat change, par diminution des précipitations et/ou augmentation de la température
moyenne, une grande partie, ou la totalité, du glacier disparait: l'ensemble des matériaux des
moraines latérales et de fond est déposé dans la vallée.
Figure 5-5: Différents types de Moraines d'un glacier de montagne: (A) organisation générale; (B) coupe
transversale dans un glacier.
Figure 5-6: (A) remaniement des dépôts glaciaires. (B) dépôts laissés à la fonte d'un glacier.
En climat froid et humide, les glaciers ne fondent pas et atteignent la mer. La glace se fragmente en
icebergs qui transportent la charge solide. Ces radeaux de glace dérivent vers des zones plus
chaudes et fondent en laissant tomber les matériaux sur les fond marins: ces "pierres tombées"
s'appellent des dropstones. . Les moraines sont des dépôts hétérométriques, non classés et
comportant beaucoup de matrice. Les blocs et les galets sont anguleux, striés parfois. Les grains de
quartz sont anguleux et à cassure conchoïdale. Ces caractères sont également ceux des coulées
boueuses et il est difficile de reconnaître les anciennes moraines consolidées nommées tillites. Des
conglomérats à éléments anguleux, mal classés et riches en matrice du Précambrien de Normandie
avaient été identifiées comme des moraines de la glaciation fini-précambrienne; on les considère
maintenant comme des coulées boueuses. Dans le doute, on parle de tilloïde.
En aval des moraines, les torrents remanient les matériaux et les étalent sous forme de complexe
fluvio-glaciaire montrant un certain classement des éléments qui conservent néanmoins quelques
traces de l'action du glacier (cassures conchoïdales de haute énergie, galets striés).
Les sédiments glacio-marins comprennent les remaniements deltaïques au front des glaciers
atteignant la mer et les dépôts fins proprement marins, mis en place à une profondeur quelconque,
mais contenant des blocs, galets et graviers exotiques apportés par les glaces flottantes.
- Le transport des éléments en solution : c'est un aspect souvent négligé. Mais, en climat tempéré,
une rivière de plaine transporte plus de matériaux en solution qu'en suspension. La charge d'une
rivière est en moyenne de 120 grammes d'éléments en solution pour 510 g par m3 de suspension.
- Le transport des éléments solides : la quantité d'éléments transportés dépend des caractéristiques
du fluide (propriétés hydrodynamiques) et de celles des éléments eux-mêmes (taille, forme,
densité...).
1. l'écoulement non canalisé, ou "eaux sauvages", correspondant au ruissellement sur une pente.
Ce sont les eaux qui, après la pluie, ruissellent au hasard et s'écoulent sur une pente. Leur action, en
terme d'érosion et de transport, peut être importante si la quantité d'eau précipitée en un minimum de
temps est forte. Cependant, la longueur du trajet est généralement faible et très vite, les filets d'eau
se rassemblent et forment en chenal.
Sous climat désertique, les orages provoquent des écoulements en nappes, ou sheet flood, peu
chenalisés qui recouvrent de vastes surfaces mais sont très éphémères.
2. les eaux canalisées qui coulent dans un ou plusieurs chenaux en fonction de la pente on parle
généralement de torrent pour une pente et une vitesse forte, de rivière pour une pente et une vitesse
faible.
Les paramètres principaux sont la vitesse et la viscosité du fluide en mouvement; ils déterminent le
type d'écoulement.
b) La vitesse est fonction de la pente et de la viscosité du fluide: sur une même pente, une eau pure
coule plus vite qu'une eau chargée. Un gradient de vitesse existe depuis le fond, où la vitesse est
nulle, jusqu'à la surface où la vitesse est maximale. Un écoulement profond, quelques mètres par
exemple, a peu d'action sur le fond.
Au contraire, un écoulement très superficiel, quelques décimètres, a une forte action érosive sur le
fond qui est proche de la surface où la vitesse est grande. A vitesse égale en surface, l'action érosive
des wadi en région aride est bien plus grande que celle des rivières de pays tempérés.
c) Le type d'écoulement est laminaire ou turbulent. Lorsque la vitesse d'écoulement est petite, les
filets d'eau sont parallèles entre eux, leur vecteur vitesse est identique: l'écoulement est laminaire. La
vitesse moyenne est égale à la vitesse instantanée. Pour une grande vitesse, il se produit des
remous, les vecteurs vitesse varient en intensité, direction et sens.
A un instant t, les particules d'eau ont des vitesses instantanées différentes: l'écoulement est
turbulent. La vitesse moyenne de l'écoulement est égale à la somme algébrique des vitesses
instantanées.
Les variations de la vitesse instantanée en un point conditionnent le déplacement d'un objet sur le
fond. Lorsque la vitesse augmente, l'objet est soulevé et entraîné, lorsqu'elle diminue, il tombe: l'objet
saute elle diminue, il tombe: l'objet saute sur le fond (saltation). Le passage de l'écoulement laminaire
à l'écoulement turbulent dépend de la valeur de la formule (nombre de Reynolds):
R = k HV/ µ
Fig. Formation d’un méandre montrant l’erosion de la rive concave et alluvionement sur la rive
convexe ainsi que le recoupement.
DU SEDIMENT A LA ROCHE : LA DIAGENESE
Le terme « diagenèse » a été introduit, en 1868, par von Guembel pour désigner les processus qui
agissent sur les sédiments après leur dépôt, mais cette définition est trop vague et mérite d'être
précisée.
Actuellement, ce terme est utilisé par les auteurs dans des acceptions très variables. C'est ainsi que
N. M. Strakhov définit la diagenèse comme la transformation d'un sédiment en roche sédimentaire en
excluant toutes modifications secondaires qui affectent la roche sédimentaire après la formation.
L'imprécision d'une telle définition apparaît aussitôt, car une roche n'est connue que dans la mesure
où elle est accessible. Or, la « roche sédimentaire » de Strakhov est un objet virtuel, tout au moins
dans le cas de sédiments marins car selon lui le domaine de la diagenèse s'étend à une profondeur
que les techniques actuelles ne permettent pas d'atteindre, en dehors des plates-formes ou des mers
peu profondes. De plus, de nombreuses roches sédimentaires sont nées dans des conditions
inconnues dans les mers actuelles.
Les sédiments sont généralement d'origines détritiques (débris d'anciennes roches) mais ils peuvent
comporter également, en plus ou moins grandes quantités des restes d'organismes vivants (fossiles)
le plus souvent microscopiques et/ou des minéraux apparus par transformations chimiques. On fait
donc la distinction, selon le pourcentage de chacun de ces éléments entre roches détritiques,
biochimiques et chimiques.
Les sédiments, une fois déposés, sont généralement meubles et riches en eau. la diagenèse va
correspondre à leur transformation chimique, biochimique et physique pour former des roches. Cela
se fait en plusieurs étapes, plus ou moins respectées selon la nature du sédiment :
• En superficie :
Action des êtres vivants : Les animaux fouisseurs favorisent le mélange des sédiments fins.
Protozoaires et bactéries interviennent dans la dolomitisation, la formation des phosphates, de la
pyrite, du pétrole, des charbons. Leurs rôles est donc loin d'être négligeable.
Pédogenèse : Elle intervient dans la formation de roches meubles (argile à silex, latérites) et de
roches dures (grès, meulières). Par exemple la silice dissoute sous climat humide peut cimenter les
sables en grès lors des saisons plus sèches.
Dissolution : Concerne les sédiments émergés. Les parties superficielles du sédiment sont
dissoutes par action de l'eau et entraînées en profondeur (poupées du loess).
Déshydratation : Lorsqu'un sédiment aquatique est asséché, il y a durcissement et modification de
ses propriétés physiques.
• En profondeur :
Cimentation : Les éléments dissouts par l'eau peuvent, en précipitant, cimenter les particules du
sédiment entre elles. On parle aussi de lithification
Compaction : Sous l'effet de la pression des sédiments sus-jacents il y a départ d'eau. Dans un
premier temps l'eau en grande quantité tend à fuir sous l'effet de la charge supportée. Dans un
second temps ce sont les grains qui se réarrangent de façon à supporter cette charge, il y a
tassement.
Le début du phénomène est facilement repérable puisque la diagenèse commence dès la formation
d'un dépôt au fond d'une mer ou d'un bassin continental, mais il s'avère beaucoup plus difficile de
déterminer quel est le moment qui en marque la fin. Il faut exclure toutes les transformations physico-
biochimiques qui, sur les continents, transforment une roche en un sol (altération), mais il est déjà
beaucoup plus ardu de fixer la frontière entre la diagenèse et des transformations dues à des apports
extérieurs aux sédiments (hydrothermalisme par exemple).
De même, si la diagenèse paraît bien distincte du métamorphisme qui se situe dans un domaine
thermodynamique différent, certains minéraux réagissent plus vite que d'autres à la température et à
la pression et, dans les séries très épaisses, la démarcation avec le métamorphisme d'enfouissement
est difficile à préciser.
La formation des roches sédimentaires est commandée par des paramètres physiques et chimiques
dont le groupement varié définit les différents processus de la diagenèse.
La pression augmente avec la profondeur ; sa valeur se situe entre la pression d'une colonne d'eau
de même épaisseur que celle des sédiments (pression hydrostatique) et celle de la colonne des
sédiments eux-mêmes (pression lithostatique) et varie en fonction de la porosité, c'est-à-dire des
possibilités d'évacuation des fluides
Le temps, enfin, est un paramètre fondamental qui permet aux réactions les plus lentes d'avoir un
effet non négligeable.
3.1.2Paramètres géochimiques
Le potentiel hydrogène (pH) est très variable en fonction du milieu de sédimentation, du climat, de
l'activité biologique. Généralement acide au départ, le milieu devient de plus en plus alcalin et son pH
peut atteindre des valeurs supérieures à 9 qui permettent une mobilisation sensible de la silice.
Le potentiel ionique, rapport Z/r du numéro atomique par le rayon ionique des ions, conditionne leur
solubilité et leur mobilité.
Le potentiel d'oxydo-réduction est en général positif au début (milieu oxydant), négatif dès les
premiers centimètres de profondeur (milieu réducteur) puis à nouveau positif après l'émersion des
sédiments.
– la cristallisation à partir des fluides interstitiels : formation du ciment, des concrétions, des nodules,
des cristaux authigènes ;
– la compaction sous l'influence de la pression, qui provoque le départ des fluides interstitiels, en
général vers le haut, et établit des contacts entre particules, favorisant les réactions et les soudures,
c'est-à-dire une diminution progressive de la porosité et souvent de la perméabilité. L'abaissement de
cette dernière augmente alors l'influence de la pression, qui se rapproche de sa valeur lithostatique.
L'ascension des eaux connées (nées avec les sédiments) par diminution de la porosité les met en
contact avec des minéraux avec lesquels elles ne sont pas en équilibre et vont réagir. Il y a donc une
sorte de triage chimique hiérarchisé qui constitue une véritable chromatographie naturelle.
– échanges d'ions, en particulier pour les minéraux phylliteux : les phyllosilicates altérés ont une
énorme capacité d'échanger des cations avec des solutions alcalines en transit. De même les
solutions acides peuvent mobiliser les bases échangeables ;
– oxydation et réduction. L'oxydation a lieu dans la majorité des séries continentales et au voisinage
de l'interface sédiment-eau de mer (argiles rouge [...]
Les divers paramètres et processus responsables de l'évolution des sédiments ne sont pas réunis de
façon aléatoire. Certains paramètres (pression, température) varient d'une manière à peu près
linéaire avec la profondeur, mais d'autres, comme le potentiel d'oxydo-réduction, définissent des
limites nettes (surface limite Eh = 0 entre la zone d'oxydation et la zone réductrice dans la diagenèse
précoce). Aussi les combinaisons des divers agents permettent-elles de distinguer plusieurs étapes
et plusieurs domaines de la diagenèse (fig. 3 et 4).
Pendant l'étape initiale (I), le sédiment à peine déposé est une vase mobile ; l'eau y permet des
échanges avec le milieu extérieur (en général l'eau de mer). C'est une zone d'oxydation, où l'activité
bactérienne est intense : les apports organiques abondants en font un véritable « humus » au pH
légèrement acide. L'épaisseur de cette zone est de 0 à 50 cm. Les carbonates y sont dissous
d'autant plus vite que les particules sont plus petites (grains d'aragonite, foraminifères, spicules
d'éponges) ; les coquilles plus grandes sont en général protégées par le periostracum chitineux. La
formation locale d'H2S est suivie d'une réaction immédiate avec Ca2+ qui engendre du gypse.
La deuxième étape (II) correspond à une zone réductrice où la vie anaérobie domine. H 2S est
abondant, et les oxydes de fer sont transformés en FeS, puis FeS2 (marcassite en pH neutre ou
légèrement acide, pyrite en pH légèrement alcalin). Le pH peut atteindre des valeurs qui permettent
la mobilisation de la silice.
L'absence de l'étape I correspond à des sédiments réducteurs dès l'interface eau de mer-sédiment
(milieu euxinique). L'ensemble I + II est le domaine de l'influence biologique : sa limite inférieure se
situe entre 1 et 100 m.
Une troisième étape (III) marque le début de la compaction avec redistribution du matériel dans le
sédiment. C'est là que se place la formation du ciment et des concrétions.
Au-delà, dans une quatrième étape (IV), le sédiment se consolide (lithification), mais lentement, car la
déshydratation des minéraux produit de l'eau qui, mélangée à l'eau interstitielle, monte lentement
dans la série avec la réduction de la porosité. Cette étape, marquée par des recristallisations, passe
insensiblement au métamorphisme dans les séries épaisses géosynclinales, mais souvent seulement
au-delà de 1 000 m.
La dernière étape (V) groupe les transformations (surtout oxydation) accompagnant la phase
d'évolution postérieure à l'émersion des roches sédimentaires qui ne sont pas passées par un stade
métamorphique.
CHAP IIII. LES ENVIRONNEMENTS SEDIMENTAIRES
4.1.1Conglomérats et brèches
Composition
Texture (la texture traite des relations de grain à grain dans une roche)
Le classement est généralement moins bon que dans le cas des grès.
De plus, beaucoup de conglomérats présentent une distribution
granulométrique bi- ou polymodale. C'est le cas par exemple des
conglomérats d'origine fluviatile qui ont un mode pour la matrice
sableuse et un mode pour la fraction grossière. Ces deux modes
correspondent à deux types de transport différents: traction pour les
galets et suspension pour les sables. Les conglomérats très riches en
matrice sont encore plus mal classés: ceci reflète leur mise en place par
des agents de transport à faible pouvoir de classement tels que glace,
courants de turbidité, écoulements en masse.
4.2.1. Généralités
Les grès sont l'équivalent consolidé des sables, c-à-d. des roches dont
les constituants détritiques ont une granulométrie comprise entre 2 mm
et 62 µm. L'examen montre d'une part une phase granulométrique
principale, la plus grossière, qui comporte les grains du grès et d'autre
part, soit une matière interstitielle qui réunit les grains et qu'on appelle le
liant, soit des fluides comme de l'eau, du pétrole, de l'air.
Si les grains les plus gros ne sont pas jointifs, on doit considérer que l'on
a affaire à un sédiment mal classé où les particules grossières et fines
ont été déposées en même temps: on distinguera alors entre un simple
empâtement des gros grains dans la matrice silteuse ou argileuse
(structure empâtée, caractéristique des "wackes", voir ci-dessous) ou
une franche dispersion des gros grains au sein de la matrice (structure
dispersée).
4.2.3. Granulométrie
4.2.4. Classification
4.3.1. Composition
La composition des roches silto-argileuses est relativement
constante: le shale moyen comprendrait 30% de quartz, 10% de
feldspath et 50% de minéraux argileux (ou de micas), avec les 10%
restants constitués de carbonates ou d'oxydes de fer.
4.3.2. Classification
2/3 silt
1/3 silt
NON LAMINAIRE:
argillite (pas de
claystone,
CLIVAGE: clivage)
clay argilite?
slate, schiste CLIVAGE:
(argile) LAMINAIRE et argileux
schist, ardoise,
FISSILE (// à S0):
phyllade
clayshale
Les lutites :
Roches terrigènes de granulométrie fine. Elles caractérisent les milieux
sédimentaires calmes.
La limite hydrodynamique de la traction des particules : 31μm
- Au-dessus de 31μm, les particules peuvent être transportées sous
l’action d’un faible courant par traction sur le fond ;
- En dessous de 31μm, elles se déposent en milieu calme par
décantation, en même temps que l’argile.
Les pélites sont des roches en général fortement colorées (vert, brun,
rouge, gris,…) friables, à débit esquilleux à feuilleté.
Pour différencier pélites (siltite) et argilites sur le terrain : test buccal.
Après absorption, un fragment de pélite grince sous les dents.
fluvial
éolien
littoral
Plateau deltaïque q
talus
glacis
Courants de turbidité
29/11/2011
• Les caractéristiques d’un lac varient selon le climat, l’apport des cours d’eau, la
géologie, de la végétation riveraine et de l’activité biologique. •
Plus profond au centre que sur les bordures ; lac oligotrophe ; glaciaire.
29/11/2011
http://www.u‐picardie.fr/~beaucham/cours‐sed/sed‐5.htm
29/11/2011
29/11/2011
Profil sismique
Saint‐Hedwidge‐de‐Roberval
29/11/2011
29/11/2011
Chaque espèce de diatomée reflète les conditions du milieu dans lequel elle vivait.
29/11/2011
10
29/11/2011
Une dune est active si elle n’est pas fixée par la végétation : elle avance.
Dune barkhane
Crête, pente douce (face au vent), pente raide (face sous le vent), surface
de glissement, migration.
11
29/11/2011
Souvent isolée, forme en croissant, peut se former à partir d’un buisson, d’un bloc, …
, pente
raide concave, lorsque la dune atteint une certaine taille, elle se déplace dans le sen
s du vent (m/an), les bras migrent plus rapidement que le corps central.
12
29/11/2011
arbres
13
29/11/2011
14
29/11/2011
15
29/11/2011
16
29/11/2011
Tempête de poussière
17
29/11/2011
18
L’environnement sédimentaire éolien L’étude du lœss en paléoclimatologie