E COLE N ATIONALE DES S CIENCES A PPLIQUÉES - E L J ADIDA (ENSAJ)
Mehdi FARHANE .
Les espaces vectoriels
À RETENIR :
Soit K un corps. (K = R ou C)
a) Espace vectoriel :
Un espace vectoriel sur K est un ensemble E non vide tel que :
Pour tout X et Y dans E et pour tout λ et µ dans K, on a :
— Loi + :
— E possède un élément neutre pour +, noté 0E .
— X +Y ∈ E.
— −X ∈ E ,
— La loi + est commutative.
— Loi . :
— 1.X = X ,
— (λ + µ) · X = λ · X + µ · X ,
— λ · (µ · X ) = (λµ) · X ,
— λ · (X + Y ) = λ · X + λ.Y .
b) Sous-espace vectoriel :
1) Définition :
Un sous-espace vectoriel sur K est un ensemble E non vide tel que :
Pour tout X et Y dans E et pour tout λ dans K, on a :
— X +Y ∈ E
— λX ∈ E .
2) Intersection de deux sous-espaces vectoriels
Si F et G sont deux sous-espaces vectoriels de E , alors F ∩G est un sous-espace vectoriel de E .
3) Somme de deux sous-espaces vectoriels
Soient F 1 et F 2 sont deux sous-espaces vectoriels de E . L’ensemble noté F 1 + F 2 défini par :
n ± o
F + F 2 = x ∈ E x = x 1 + x 2 où x 1 ∈ F 1 et x 2 ∈ F 2
est un sous-espace vectoriel de E .
4) Somme directe de deux sous-espaces vectoriels Soient F 1 et F 2 sont deux sous-espaces vecto-
riels de E .
Définitions :
i) On dit que F est somme directe de F 1 et de F 2 si et seulement si :
F = F1 + F2
n o
F ∩F = 0 ,
1 2 F
et on note :
F = F1 ⊕ F2 .
ii) On dit que F 1 et F 2 sont supplémentaires dans E si et seulement si :
E = F1 ⊕ F2 .
Théorème :
E = F 1 ⊕ F 2 si et seulement si tout vecteur x de E se décompose de manière unique comme
somme d’un vecteur de F 1 et d’un vecteur de F 2 , c’est-à-dire :
x = x 1 + x 2 où x 1 ∈ F 1 et x 2 ∈ F 2 .
c) Espace vectoriel engendré par une famille de vecteurs :
1) Définition :
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L’espace vectoriel engendré par la famille e 1 , . . . , e p , noté vect e 1 , . . . , e p , désigne l’ensemble
© ª
des combinaisons linéaires des éléments de e 1 , . . . , e p , c’est-à-dire :
x ∈ vect e 1 , . . . , e p ⇔ ∃ α1 , . . . , αp ∈ Rp /x = α1 e 1 + . . . + αp e p .
© ª ¡ ¢
© ª © ª
L’espace vectoriel engendré par la famille e 1 , . . . , e p , noté vect c 1 , . . . , e p , désigne l’ensemble
© ª
des combinaisons linéaires des éléments de e 1 , . . . , e p , c’est-à-dire :
x ∈ vect e 1 , . . . , e p ⇔ ∃ α1 , . . . , αp ∈ Rp /x = α1 e 1 + . . . + αp e p .
© ª ¡ ¢
2) Famille génératrice, libre, liée :
© ª
La famille e 1 , . . . , e p est une famille génératrice de l’espace vectoriel E si et seulement si
© ª
E = vect e 1 , . . . , e p .
La famille e 1 , . . . , e p est libre si et seulement si, pour tout p - uplet α1 , . . . , αp ∈ Rp tel que :
© ª ¡ ¢
© ª
E = vect e 1 , . . . , e p .
on a : α1 = . . . = αp = 0. La famille e 1 , . . . , e p est liée si et seulement si l’un des vecteurs de
© ª
cette famille s’écrit comme combinaison des autres vecteurs de cette mème famille.
3) Bases :
Définition :
Une famille finie de vecteurs de E est une base si et seulement si elle est libre et elle engendre
© ª © ª
E . Soit c 1 , . . . , e β une base d’un sous-espace vectoriel F de E . La quantité card e 1 , . . . , e p
s’appelle la dimension de F et on note dim F . Elle ne dépend pas de la base choisie.
Propriété 1 :
Soient F et G deux sous-espaces vectoriels de E , alors :
dim(F +G) = dim F + dimG − dim(F ∩G).
Propriété 2 :
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Une famille c 1 , . . . , e p est une base de E si et seulement si elle est libre et
© ª
dim vect e 1 , . . . , e p = dim E
Théorème de la base incomplète :
Si L est une famille libre de E , alors on peut compléter L de façon a obtenir une base de E
Théorème 1 :
Si dim E = n alors toute famille libre a au moins n éléments différents.
Si dim E = n alors toute famille libre quí a n éléments différents est une base.
Si dim E = n alors toute famille génératrice a au moins n éléments différents.
Si dim E = n alors toute famille génératrice qui a au moins n éléments différents est une base.
Théorème 2 :
Une famille libre B = {e 1 , e 2 , . . . , e n } de vecteurs de E est une base si et seulement si, pour tout
x de E , il existe une famille unique {λi , i = 1, . . . , n} d’éléments de K telle que :
n
λi e i ,
X
x=
i =1
Les scalaires λi sont appellés "composantes de x dans la base B".
E XERCICE :
Soit F = (x, y, z) ∈ R3 : x − y + z = 0 .
© ª
1) Montrer que F est un R - espace vectoriel.
2) Déterminer une base de F . Quelle est la dimension de F ?
S OLUTION :
1) Nous allons montrer que F est un sous-espace vectoriel de R3 , ce qui prouvera au passage que F est
également un espace vectoriel.
0R3 = (0, 0, 0) ∈ F car 0 − 0 + 0 = 0.
Soient u = (x, y, z) ∈ F, v = x ′ , y ′ , z ′ ∈ F et λ ∈ R, montrons que u + λv ∈ F .
¡ ¢
Comme u = (x, y, z) ∈ F , on a x − y + z = 0.
Comme v = x ′ , y ′ , z ′ ∈ F , on a x ′ − y ′ + z ′ = 0.
¡ ¢
On a u + λv = x + λx ′ , y + λy ′ , z + λz ′ .
¡ ¢
Montrons que x + λx ′ − y + λy ′ + z + λz ′ = 0.
¡ ¢
On a x + λx ′ − y + λy ′ + z + λz ′ = x + λx ′ − y − λy ′ + z + λz ′ = x − y + z + λ x ′ − y ′ + z ′ = 0 + λ · 0 = 0
¡ ¢ ¡ ¢
Donc u + λv ∈ F . Ainsi F est un sous-espace vectoriel de R3 et donc un espace vectoriel.
2) On a :
n o
F = (x, y, z) ∈ R3 : x − y + z = 0
n o
3
= (x, y, z) ∈ R : y = x + z
n o
= (x, x + z, z) : x, z ∈ R
n o
= x(1, 1, 0) + z(0, 1, 1) : x, z ∈ R .
Ainsi la famille {(1, 1, 0), (0, 1, 1)} est une famille génératrice de F .
Montrons qu’elle est libre. Soient λ1 , λ2 ∈ R tels que λ1 (1, 1, 0) + λ2 (0, 1, 1) = (0, 0, 0).
Montrons que λ1 = λ2 = 0.
λ1 (1, 1, 0) + λ2 (0, 1, 1) = (0, 0, 0) ⇐⇒ (λ1 , λ1 , 0) + (0, λ2 , λ2 ) = (0, 0, 0) ⇐⇒ (λ1 , λ1 + λ2 , λ2 ) = (0, 0, 0)
=⇒ λ1 = λ2 = 0
n o
Ainsi la famille (1, 1, 0), (0, 1, 1) est libre et génératrice.
n o
Une base de F est (1, 1, 0), (0, 1, 1) .
Comme cette base possède deux éléments, la dimension de F vaut 2 : dim(F ) = 2.
Ce qu’il faut retenir du cours :
1) Tout sous-espace vectoriel est un espace vectoriel.
2) F est un sous-espace vectoriel d’un R - espace vectoriel E si :
a) 0E ∈ F ,
b) pour tout u, v ∈ F et λ ∈ R, u + λv ∈ F .
3) Une famille est une base si elle est une famille libre et génératrice.
4) La famille f 1 , f 2 est génératrice de F si ∀ f ∈ F, ∃λ1 , λ2 tels que f = λ1 f 1 + λ2 f 2 .
© ª
5) La famille f 1 , f 2 est une famille libre si λ1 f 1 + λ2 f 2 = 0 ⇒ λ1 = λ2 = 0.
© ª
6) La dimension d’un espace vectoriel est égal au nombre de vecteurs d’une de ses bases.
E XERCICE :
Soient (x 1 , x 2 , x 3 , x 4 ) une famille libre d’un espace vectoriel E .
1) Montrer que la famille (a i )1⩽i ⩽4 définie par a 1 = x 1 , a 2 = x 1 + x 2 , a 3 = x 1 + x 2 + x 3 . a 4 = x 1 + x 2 +
x 3 + x 4 est une famille libre de E .
2) Montrer que la famille (b i )1⩽i ⩽4 définie par b 1 = x 1 − x 2 , b 2 = x 2 − x 3 , b 3 = x 3 − x 4 . b4 = x4 − x1 est
une famille liée de E .
S OLUTION :
1) Montrons l’implication λ1 a 1 + λ2 a 2 + λ3 a 3 + λ4 a 4 = 0E ⇒ λ1 = λ2 = λ3 = λ4 = 0.
λ1 a 1 + λ2 a 2 + λ3 a 3 + λ4 a 4 = 0
⇐⇒ λ4 x 1 + λ2 (x 1 + x 2 ) + λ3 (x 1 + x 2 + x 3 ) + λ4 (x 1 + x 2 + x 3 + x 4 ) = 0
⇐⇒ (λ1 + λ2 + λ3 + λ4 ) x 1 + (λ2 + λ3 + λ4 ) x 2 + (λ3 + λ4 ) x 3 + λ4 x 4 = 0
Comme (x 1 , x 2 , x 3 , x 4 ) est une famille libre, on en déduit que : (λ1 + λ2 + λ3 + λ4 ) = (λ2 + λ3 + λ4 ) = (λ3 + λ4 ) =
λ4 = 0
et donne que : λ4 = 0, λ3 = −λ4 = 0, λ2 = −λ3 − λ4 = 0, λ1 = −λ2 − λ3 − λ4 = 0
et donc que : λ1 = λ2 = λ3 = λ4 = 0.
Ainsi la famille (a i )1⩽i ⩽4 est libre.
2) On a b 1 + b 2 + b 3 + b 4 = x 1 − x 2 + x 2 − x 3 + x 3 − x 4 + x 4 − x 1 = 0, donc il existe des λ4 , λ2 , λ3 , λ4 non tous
nuls tels que λ1 b 1 + λ2 b 2 + λ3 b 3 + λ4 b 4 = 0E . Ainsi la famille (b i )1⩽i ⩽4 est liée.
Ce qu’il faut retenir du cours :
1) (a i )1⩽i ⩽4 est une famille libre de E si on a l’implication :
λ1 a 1 + λ2 a 2 + λ3 a 3 + λ−4 a 4 = 0E ⇒ λ1 = λ2 = λ3 = λ4 = 0.
2) (b i )1⩽i ⩽4 est une famille liée de E s’il existe des λ1 , λ2 , λ3 , λ4 non tous nuls tels que
λ1 b 1 + λ2 b 2 + λ3 b 3 + λ4 b 4 = 0E .