DIPP
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→ ts les domaines. Le DI s'intéresse aux grandes q° internationales : guerre et paix, conflits internationaux,
questions diplomatiques, commerce international + protection des droits de l'Homme, de l'environnement
(COP 21).
Relations internationales, inter-étatiques (entre Etats ou entre Etat et OI), transnationales (personne privée
avec élément d'extranéité = pers de nationalité diff ou pas sur le même terri), relations entre un Etat et un
indiv qui n'a pas sa nationalité (transnationale verticale) ou entre pers de nationalité diff qui concluent un
contrat (transnationale horizontale).
Situations internes → traité qui régit le comportement d'un Etat à l'égard de ses propres nationaux. La CEDH
peut même s'appliquer entre pers privées.
Le Di s'intéresse aux relations internes (personnes privées et leur Etat ou entre personnes privées) mais règles
internes qui portent sur les relations internationales → art 52 et suivants de la Constitution déterminent qui
peut conclure des traités au nom de la France et selon quelle procédure.
Par ailleurs, des règles internes peuvent s'appliquer aux relations transnationales (mariage entre un fr et une
étrangère) + règles de conflit de lois.
Les juridictions françaises peuvent, parfois, statuer sur des litiges inter-étatiques.
Exemples : Cass, 1ère civ, 2014, République populaire de Chine c/ République de Chine (Taïwan) et autres
→ Après la Rév de 48, les 2 républiques vont se contester la propriété du terrain à Tahiti. Puisqu'elles ne se
reconnaissent pas dans l'ordre international, le litige va être trancher par la juridiction française.
Etats + organisations internationales (aussi sujet de Di) + individus (traité de protection des DH / obligations
directes aux individus comme le traité de Rome qui institue la cour pénale internationale)
→ même sujets pour le Di. Etat = sujet de DI, sujet de son propre Etat et sujet d'un autre Etat.
Ordre interne hiérarchisé (Kelsen) + instits qui produisent du droit hiérarchisées aussi
Ordre international pas hiérarchisé car souveraineté des Etats => égalité entre Etats / manière dont est formé
et appliqué le DI :
La formation du DI : souveraineté n'empêche pas les règles en DI qui s'imposent aux Etats mais ce sont des
règles auxquelles ils ont librement consenti (pas de Parlement à l'échelle mondiale) (CPJI, 1927, affaire du
Lotus )
=> Etats = créateur ET sujet de droit
Pas de hiérarchie entre les sources => ttes les normes ont la même autorité
L'application du DI : pas d'autorité sup pr juger les Etats et sanctionner la violation du DI → juridiction que
si les E y ont consenti (CIJ, 2006, Activités armées sur le territoire du Congo → « En vertu du Statut de la
Cour, sa compétence est toujours fondée sur le consentement des parties »).
Partie 1 : Les modes de formation du droit international
Formation du DI : Article 38 du Statut de la Cour Internationale de Justice → la CIJ applique
différentes sources :
« a. les conventions internationales, soit générales, soit spéciales
b. la coutume internationale
c. les principes généraux de droit
d. les décisions judiciaires et la doctrine des publicistes les plus qualifiés
CIJ, 2012, Immunités juridictionnelles de l'Etat (All c/ Italie) → litige entre All et Italie, soumis à
une juridiction internationale. Il est tranché essentiellement sur la base du droit coutumier.
Les victimes des nazis ont intenté des réclamations aux civils dev les juridictions internes qui ont
accepté de juger l'All et de la condamner au paiement mais l'All a contesté sur le plan international
en invoquant une R coutumière (immunité des E à l'étranger) → saisine de la CIJ
Idée que les coutumes trouvent leur fondement en dehors de la volonté des E : auteurs naturalistes
et objectivistes → Scelle qui transpose en DI l'objectivisme de Duguit = fondement du droit dans la
nécessité sociale qui poussent les indivs à se conduire d'une certaine manière
Variante de l'objectivisme : la doctrine du droit spontanné défendue par Roberto Ago → coutume se
constituerait d'elle-même, spontanément par opposition au droit formel (traités).
Ecole consensualiste → règles de DI ne lient leurs destinataires qui s'ils y ont consenti (Anzilotti)
=> coutume = volonté des Etats. Affaire du Lotus, 1927, CPIJ
Article 38 du statut de la CIJ → coutume = pratique (élément matériel) générale acceptée (élément
psychologique) comme étant le droit.
→ CIJ, 1986, Activités militaires et paramilitaires du Nicaragua et contre celui-ci
→ exclusion des comportements des pers privées (diff de l'analyse de Scelle qui considérait que ces
comportements pouvaient ê à l'origine des coutumes)
Exemple : délimitation des zones de pêche → pêcheurs norvégiens qui repoussent des pêcheurs
anglais car ils considèrent que telle zone est exclusive à la Norvège = pas des précédents. Mais si ce
sont les gardes côte = précédent car comportement rattachable à l'Etat
La jsp accorde plus de poids à la pratique des Etats qu'à la pratique des OI (CIJ, 1986, Acitivtés
militaires et paramilitaires au Nicaragua et contre celui-ci).
La pratique des OI peut jouer un rôle déterminant lorsque sont en cause, des règles coutumières qui
se rapportent au fonctionnement d'une OI = coutumes institutionnelles (CIJ, avis du 21 juin
1971,Conséquences juridiques pour les Etats de la présence continue de l'Afrique du Sud en
Namibie → modalités de vote au sein du conseil de sécurité de l'ONU et va admettre qu'une
révision coutumière de la Charte des Nations Unies ait eu lieu sur ce sujet. Etaient en cause, les
conséquences d'une abstention d'un membre permanent sur le vote de résolution).
Actes internes = précédents : immunités coutumières → l'arrêt du 3 février 2012, CIJ, Immunité
juridictionnelles de l'Etat, Allemagne c/ITalie
Autre affaire (affaire Obiang) fils du président de la Guinée équatoriale qui est jugé dans l'affaire de
détournements de fonds publics. Des poursuites ont été inventées en France contre lui alors qu'il
était ministre en Guinée. Mais la Cour de Cassation, dans son arrêt de décembre 2015, écarte ncet
argument : seul le président, le 1er ministre et le ministre des affaires étrangères possèdent une telle
imunité. Cette décision peut constituer un précédent.
Il peut également s'agir d'une pratique expresse mais aussi d'une pratique négative comme une
abstention d'un Etat. Exemple, Affaire Lotus qui oppose France et Turquie, 7 septembre 1927, CPJI.
Enfin, un précédent au titre de la formation de la coutume peut être constitué par un traité ou par
une série de traités internationaux concordant sur un sujet donné.
D'un côté les traités peuvent montrer la volonté qu'ont les Etats d'agir d'une manière déterminée
mais d'un autre côté, ils manifestent aussi la nécessité que soit adopté un traité pour agir de cette
manière.
→ Les controverses à l'heure actuelle entre les juges de la CPI et des Etats tiers à la CPI sur la
question de savoir si les règles énoncées dans le statut de Rome reflètent ou non le contenu du droit
international coutumier.
Problématique au cœur de l'Affaire Al Bashir (président du Soudan) → chef d'Etat poursuivi par la
CPI mais non jugé car il conteste la compétence de la Cour.
Coutume = usage constant et uniforme des Etats : CIJ, arrêt du 20 novembre 1950, Droit d'asile (
b) généralité de la pratique
• coutume régionale : l'affaire du droit d'asile en 1950 → l'ensemble des Etats de la région
concernée doit participer activement à la formation de la coutume
• coutume bilatérale : l'arrêt du droit de passage en territoire indien en 1960. Pratique adoptée
par les 2 Etats concernés.
c) densité de la pratique
Pas forcément pratique ancienne, peut se former dans un bref laps de temps : CIJ, arrêts de 1969,
Plateau continentalde la mer du Nord
ZEE → certains E revendiquent des zones de pêche exclusives plus larges => nouvelles coutumes
internationales qui finiront par être consacrées dans la Convention des Nations Unies sur le droit de
la mer.
Element psychologique (art 38 de la CPIJ). Diff entre coutume et usage :CIJ, arrêts de 1969, Plateau
continental de la mer du Nord
Invoquer une pratique = prouver l'existence d'une opinion juris postérieur à la règle invoquée =
prouver que les E considèrent la règle comme étant juridiquement obligatoire : arrêt Plateau Conti-
nental de la Mer du Nord de 1969.
Pas nécessaire qu'elle soit systématiquement respectée pr exister : Activité militaire et paramilitaires
au Nicaragua, CIJ, 1986.
Opinio juris postérieure difficile quand la pratique réside dans des abstentions → prouver que l'inac-
tion est motivée par la conscience d'un devoir juridique de s'abstenir (affaire du Lotus)
2. L’Opinio Juris lors de la Formation de la Règle Coutumière
Ce n’est pas la conscience de se conformer à une règle existence mais la volonté de rendre juridi-
quement obligatoire une règle qui n’existe pas encore, de créer une nouvelle règle juridique.
Exemple : ZEE : volonté des E d'Am Latine d'agrandir leur zone de pêche = volonté de faire évo-
luer le droit.
● CIJ, 1984, Golfe du Maine a estimé que « l’opinio juris peut se prouver par voie d’induction
en partant de l’analyse d’une pratique suffisamment étoffée et convaincante ».
● La preuve peut se détacher de la pratique lorsque l’on peut se référer à des déclarations di-
plomatiques, aux actes adoptés dans des conférences internationales ou au sein d’OI.
● On peut se référer également aux actes adoptés dans le cadre des conférences diplomatiques
qui sont consacrés à la conclusion de traités internationaux. CIJ,Golfe du Maine de 1984.
● On peut se référer à des déclarations diplomatiques unilatérales faites par les états pour iden-
tifier leur opinion juris.
Pb des nouveaux E vis à vis des coutumes déjà existantes → ils sont liés mais ils peuvent ê objec-
teur persistant à l'égard des coutumes formées av sa naissance
→ objection rare car :
● Raison juridique : l’état nouveau ne pourrait pas les nier sans se nier lui-même en tant
qu’état (coutumes liées à la notion de souveraineté).
● Etat nouveau = situation de faiblesse => difficile d'ê reconnu par les autres si objecteur +
Charte des Nations Unies codifie de nombreuses règles coutumières => opposabilité
Actes unilatéraux étatiques soumis aux coutumes qui régissent leur fomation. Ex : détermination
des espaces maritimes → CIJ, arrêt de 1951, Affaire des pêcheries (RU c/ Norvège)
Deux exemples :
– traité peut modifier une coutume : le recours à la force armée → les Etats pouvaient recourir
à la guerre en tant qu'instrument de politique extérieure : remis en cause avec la charte des NU en
1945 qui va poser le principe d'interdiction du recours à la force armée sauf exception
– coutume peut modifier ou mettre fin à un traité : CIJ, avis de 1971, Conséquences juridiques
pour les Etats de la présence continue de l'Afrique du Sud en Namibie → modalités de vote au sein
du conseil de sécurité de l'ONU et l'abstention des membres permanent et de ses conséquences : une
coutume institutionnelle est venue modifier les dispositions de la Charte (art 27).
Traité de codification = caractère écrit et autorité conventionnelle à des règles coutumières => traité
applicable mais coutume ne disparaît pas (CIJ, Activités militaires et paramilitaires au Nicaragua,
1984 et 1986 → Application du droit coutumier : la conclusion d'un traité entre les 2 pays n'avait
pas mis fin aux règles coutumières mais ces dernières continuent à être applicables aux Etats par-
ties aux conventions).
Les Etats non parties au traité de codification : application de la coutume seulement. Pareil entre un
Etat partie et un Etat non partie.
+ une convention internationale peut également être à l'origine de développement d'une nouvelle
règle coutumière qui aura le même contenu que le traité => opposable aux E non partie CIJ, arrêt
de 1969, Plateau continental de la mer du Nord → convention de Genève de 58 opposable à la RFA
alors que cet Etat n'avait pas ratifié cette convention si elle est consacrée par le droit coutumier.
Un traité de codification peut toujours être contredit par une règle coutumière nouvelle : Affaire
Rego Sanles.
Paragraphe 3. Rapport entre règles coutumières
Autorité égale :
– loi postérieure
– loi spéciale
→ admis par la CIJ, arrêt de 1960, Droit de passage en territoire indien : si confrontation à une cou-
tume bilatérale qui déroge à une coutume générale, c'est la coutume bilatérale qu'elle appliquera
entre les 2 Etats concernés,la coutume spéciale qui prime sur la coutume générale.
Si champs d'appli des coutumes diff (coutume locale déroge à une coutume universelle) → appli de
la coutume universelle sinon resp internationale
▻ ne vise que les accords conclus entre états + accords conclus par les OI (1986)
▻ grande variété de dénominations dans la pratique internationale => risques de confusions mais ce
qui compte c’est la nature de l’acte telle qu’elle ressort de ses dispositions et de l’intention des par-
ties.
▻ accord conclu par écrit mais il existe des règles contraignantes non écrites mais elles n'ont pas le
régime juridique des traités
▻ objet de produire des effets juridiques entre les parties pour être qualifier de traité
Pour les Etats : art 6 de la Conv de Vienne → capicité générale = aucune limite car souverain
Pour les OI : capacité limitée à certains domaines car compétences et pvrs délimités par son statut
=> capacité que si pvr confié et dans les domaines prévus dans son instrument constitutif
Objet : se mettre d'accord sur le texte du futur traité => échanges entre rpz des E ou OI
→ pas d'exigences spé (possible sans rencontre physique)
→ peut se dérouler au sein de conférences internationales spécialement réunies. Exemple : la confé-
rence internationale réunie à Rome en 1998 pour adopter le statut de la Cour Pénale Internationale.
=> procédure fixée dans un règlement adopté au début des travaux
→ au sein des OI : c'est l'OI qui fixe les règles de la négo
B - L’Adoption
Acte collectif par les E et/ou OI qui ont participé à la négo → met fin à la négo. Ap l'adoption : plus
de modifs
C - L’Authentification
= acte individuel (art 10 de la Conv de Vienne) → certifier l'authenticité du texte (signature ou pa-
raphe du traité)
Effets de la signature : traité opposable dès l'adoption (dispositions qui prévoient les modalités de
son entrée en vigueur, la procédure à respecter pr devenir partie) si pas contraire à la Constitution et
aux lois du pays
→ les rédacteurs peuvent prévoir que le traité reste en vigueur provisoirement entr eles E signa-
taires dans l'attente des formalités nécessaires à l'acquisition de partie au traité.
Différence entre existence objective et opposabilité du traité. Ap adoption : existence objective mais
pas opposable (les E doivent exprimer leur volonté de l'opposabilité)
2 situations :
- l’entrée en vigueur du traité dans l’ordre juridique international ;
- l’entrée en vigueur dans l’ordre juridique national d’un état donné.
Un traité peut obliger la France dans l’ordre international parce qu’elle l’a ratifié, tout en n’étant pas
applicable en droit français car ce traité n’a pas fait l’objet d’une publication au Journal Officiel.
L’expression par l’état de son consentement à être lié par un traité est encadré par deux types de
règles :
- des règles internationales codifiées par la Convention de Vienne de 1969 ;
- des règles nationales propres à chaque état (qui en France ont une valeur constitutionnelle).
2 procédures :
• les procédures d’engagement différé :
• les procédures d’engagement immédiat :
→ les raisons :
– nécessité d'entrer en vigueur rapidement mais utilisée que pr les accords techniques
– volonté des exécutifs nationaux de soustraire certains traités du contrôle des parlements na-
tionaux qui pourraient s'y opposer : Traité de Versailles conclu sous WILSON qui ne sera pas rati-
fié par les Etats-Unis car le Sénat s’opposera à sa ratification.
→ consécration en DI : Conv de Vienne sur le droit des traités : art 12 → signature = authentifica-
tion et consentement
Pour qu’un traité entre en vigueur dès sa signature il suffit qu’une de ses dispositions en ce sens le
prévoit.
Procédure applicable dès qu'un traité prévoit que sa signature devra ê confirmée par un acte ulté-
rieur par les contractants => acte ultérieur = indispensable à l'entrée en vigueur du traité arrêt
de1952 dans l’affaire Ambatielos
Article 52 de la Constitution qui dit que le Président de la République négocie et ratifie les traités
internationaux et il est tenu informé de toutes négociations relatives à un accord international non
soumis à ratification. Distinction entre traités internationaux soumis à ratification du PSDT et ac-
cords internationaux négociés par le P.
→ exécutif qui se voit confier un rôle essentiel dans l’élaboration et la ratification des trai-
tés. Des procédures ont toutefois été mises en place pour associer la représentation nationale et les
autorités juridictionnelle en ce domaine.
L'article 53 → compétence de l'exécutif pour engager la France internationalement vis à vis d'un
traité. L'exception: compétence conditionnée à l'adoption d'une loi d'autorisation dans 7 catégories :
– traités de paix
– traités de commerce
– traités relatifs à l'organisation internationalementtraités qui engagent les finances de l'Etat
– ceux qui modifient les dispositions de nature législative
– ceux relatifs à l'état des personnes
– ceux qui comprennent cession, échange ou adjonction du territoire.
Refus de contrôler la régularité de la ratification des traités au regard de l'exigence posée à l'article
53 → CE, 1926, Caraco (théorie des actes de gouvernement).
Revirement de jurisprudence (CE, 1998, SARL du parc d'activités de Blotzheim) → contrôle la ré-
gularité de la ratification d'un traité à l'occasion du contrôle du décret de publication de ce traité.
→ neutralise les effets du traité dans l'ordre interne. Pas d'annulation du traité ni de la ratification
mais peut annuler ou déclarer illégal le décret de publication du traité.
=> inapplicabilité du décret en droit interne mais pas en droit international
Le Conseil constitutionnel est habilité a exercé un contrôle a priori sur la compatibilité des traités à
la Constitution avant que la France n'exprime son consentement. 2 voies ont pu être utlisées :
– La voie normale : article 54 de la Constitution qui permettait initialement à 4 autorités
de saisir le Conseil Constitutionnel (chef d'Etat, 1er ministre, Présidents AN et Sénat).
– La voie détournée (1974) : révision de l'art 61 de la Constitution qui a ouvert à 60 dépu-
tés ou 60 sénateurs la possibilité de déférer une loi au Conseil Constitutionnel.
C'est seulement si le traité était compatible avec la Constitution que la loi d'autorisation était consi-
dérée comme compatible avec la Constitution.
Il faut relever que le texte constitutionnel a évolué en 1992 (révision de la Constitution pour intégrer
Maastricht) lors de la révision de l'article 54 et on a aligné les autorités de saisine de cet article sur
celles visées à l'art 61.
Conseil constit rend des décisions déclaratoires qui constatent soit la conformité du traité à la
Constitution et dans ce cas, l'exécutif pourra approuver ou ratifier le traité, soit le Conseil constit
déclare le traité incompatible avec la Constitution et là, l'art 54 dit que « la France ne peut pas rati-
fier ou approuver le traité sauf si on révise préalablement la Constitution ».
Hiérarchie :
– Le contrôle préventif du Conseil constit => éviter un conflit entre 2 normes.
– En cas d'incompatibilité entre le traité et la constitution, les autorités françaises sont
libres soit de réviser la constitution pour ratifier le traité soit de ne pas ratifier le traité
Critères du contrôle exercé par le Conseil constit sur les traités internationaux :
– le Conseil constit contrôle que les dispositions d'un traité ne soient pas incompatibles
avec des dispositions substantielles de la Constitution
– vérifie que le traité ne porte pas atteinte aux conditions essentielles d'exercice de la sou-
veraineté nationale.
Exemple : les traités de l'UE, statut de la cour pénale international, protocole aux pactes des NU de
1966 qui abolit la peine de mort en toute circonstance, charte européenne des langues régionales →
incompatibles avec la Constitution.
Dans une situation d'incompatibilité, la ratification du traité ne peut pas être faite sans révision préa-
lable de la Constitution. 2 techniques :
• modifier les dispositions substantielles incompatibles de la Constitution
• insérer une nouvelle disposition dans la Constitution qui autorise constitutionnellement la ra-
tification du traité concerné (solution la plus retenue)
Publication par le secrétariat général de l'ONU (art 102 de la Charte) = diplomatie transparente
Pacte de la Société des Nations : si pas de publication, pas d'effet obligatoire → échec
=> Charte : si pas de publication, traité = effet obligatoire mais pas invocable dev les organes de
l'ONU → sentence arbitrale Détermination de la frontière maritime entre la Guinée Bissau et le Sé-
négal du 31 juillet 1989
- le dol ; erreur par le comportement frauduleux d'une autre partie. Nullité relative
- la contrainte : contrainte exercée sur un E pour qu'il s'engage ou sur le rpz (arrêt Compé-
tence en matière de pêcherie du 2 février 1973). Pareil si corruption du rpz de l'E. Ici nullité objec-
tive
L'article 46 de la Convention de Vienne pose le principe qui veut que la violation par un état de ses
normes internes n’affecte pas en principe la validité du consentement de cet état à être lié par un
traité. Important = consentement international
Exception : en cas de violation manifeste d’une règle d’importance fondamentale relative à la com-
pétence pour conclure des traités
Conditions de validité internes des traités : articles 53 et 54 +article 64 (si nvlle norme impérativ, les
traités en conflit avc elle sont nuls)
Ces dispositions sur le jus cogens ont été controversées → principe de légalité entre les sources du
droit international et notamment entre les traités et les coutumes invoquées par la France pour s’op-
poser à ces articles.
Quelles sont les autorités qui peuvent édicter les normes impératives qui créent le jus cogens ? Qui
assurent le respect de ces normes impératives ?
Les normes de jus cogens = celles qui sont reconnues comme telles par la communauté internatio-
nale des Etats dans son ensemble. Deux options :
– pas d'unanimité des E => normes impératives en dehors de la volonté d'un E
– unanimité des E pr que la norme soit impérative = théorie consensualiste
Qui assure le respect du jus cogens ? Qui va pouvoir établir objectivement avec une autorité
erga omnes ? Quels sont les traités qui ne respectent pas le jus cogens ?
Une réserve = acte unilatéral qui permet à un Etat, au moment où il s'engage à l'égard du
traité, de modifier le contenu de celui-ci dans son application entre lui et les autres parties.
Ex : convention sur la prévention et la répression de crime de génocide (1948) → un Etat souhaite y
adhérer mais ne souhaite pas adhérer à l'art 9. Soit l'Etat renonce à la convention soit il décide de
devenir partie et il émet une réserve au moment de son engagement pour exclure l'article 9.
En pratique, ce que les Etats présentent parfois comme de simples déclarations interprétatives
peuvent constituer juridiquement une réserve au sens de la convention. Diff entre réserves (modif
les effets du traité) aux traités et déclarations interprétatives (exprimer la position officielle de l'Etat
quant à la signification qu'il prête à une disposition du traité).
→ tout dépend si volonté ou non de modif les effets juridiques
Deux hypothèses :
– les traités prévoient eux-mêmes les réserves qui peuvent être apportées ou pas par les
Etats
– le traité ne dit rien => les Etats peuvent émettre des réserves à la condition : CIJ, avis de
1951, Réserves à la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide
« une réserve ne doit pas être incompatible avec l'objet et le but du traité »
Le traité concerné crée un organe compétent pour apprécier la validité des réserves. Si la réserve ne
respecte pas les conditions posées par le traité, elle pourra être annulée sans libérer l'Etat de ses
engagements. Ex : Cour EDH, arrêt de 1988, Belilos c/ Suisse → réserve invalide et la CEDH
considère qu'elle peut annuler la réserve sans que cela remette en cause la participation de la Suisse
à la CEDDH
Le traité ne crée par d'organe compétent. Dans ce cas, c'est aux autres Etats qu'il revient d'apprécier
les réserves et les effets qu'elles produisent vont dépendre de la réaction individuelle de chacun des
autres Etats. Dans une telle situation, les Etats peuvent avoir 3 réactions :
Les effets émis par la réserve vont varier selon la réaction adoptée par les Etats.
➢ Entre l'Etat qui a émis une réserve et l'Etat qui oppose une objection aggravée, aucune
disposition du traité n'est applicable.
➢ Entre l'Etat qui a émis une réserve et l'Etat qui a accepté la réserve, le traité entre en vigueur
tel que modifié par la réserve.
➢ Entre l'Etat qui a émis une réserve et l'Etat qui a émis une objection simple, le traité entre en
vigueur dans la mesure où les deux volontés de ces Etats coïncident. L'objection empêche
seulement que la disposition visée par la réserve puisse s'appliquer entre les Etats
Section 5. Les effets du traité
En la matière on a un principe qui est qu’un traité ne produit pas d’effet juridique à l’égard d’états
tiers sauf s’ils y consentent.
A) L'extension des effets du traité à l'égard des tiers par voie d'accord collatéral
Un traité peut contenir des dispositions qui visent à affecter la situation juridique d’un état tiers.
Deux situations :
– le cas des traités qui entendent offrir des droits à un tiers ;
– le cas des traités qui entendent créer des obligations à l’égard d’un tiers.
▻ La Cour Pénale Internationale de Justice dans l’affaire des zones franches de la Haute Savoie et
du pays de Gex du 7 juin 1932 est confrontée au Traité de Vienne de 1915 et au Traité de Turin de
1960 qui avaient créer, au profit de la Suisse qui n’était pas partie à ce traité, des zones franches en
Hautes Savoie et au pays de Gex.
→ article 36 de la Convention de Vienne qui prévoit que le bénéficiaire d’une telle clause doit
l’accepter mais qu’en cas de silence celui-ci sera interprété comme valant acceptation de la clause
par le tiers.
Accords OMC → clause qui prévoit que si 2 états membres de l’OMC conviennent à une baisse de
leurs tarifs douaniers ils seront obligés d’étendre cette baisse à tous les autres membres de l’OMC.
Traités bilatéraux d’investissement = 2 états concluent un traité et ils prévoient, par une clause de la
nation la plus favorisée, que chacun d’eux bénéficiera des dispositions plus avantageuses que l’autre
pourrait accorder à un états tiers à ce premier traité. Là aussi, les états membres bénéficient de
dispositions prévues dans un traité auquel ils ne sont pas parties.
Avec la clause de la nation la plus favorisée, un traité va produire des effets à l’égard d’un état qui
n’en est pas parti.
Les traités conclus par une OI peuvent produire des effets à l’égard de ses états membres alors
même que ces derniers ne seraient pas parties à ces traités :
– l’accord de siège de l’organisation internationale : traité qui est conclu entre l’organisation
internationale et l’état sur le territoire duquel elle s’installe. Cet accord pourra être invoqué
par tous les états membres de l’organisation internationale
– par ailleurs, les accords internationaux conclus par l’organisation internationale avec des
états tiers peuvent lier les membres de l’organisation internationale => accords concluent par
l’Union Européenne obligent non seulement l’Union Européenne mais aussi ses états
membres. 43 sur 65
On laisse ici un aspect de coté : la question de l’autorité des traités par rapports aux actes
unilatéraux des organisations internationales.
Hiérarchie entre les normes de jus cogens et les traités → jamais appliquée concrètement.
Les traités et les coutumes ont une autorité égale dans l’ordre international
Autorité égale à tous les traités (articles 30 et 59). Cette égale autorité des traités soulève une
difficulté lorsque deux normes conventionnelles sont incompatible.
Risque que ces clauses soient interprétées de manière très restrictives par les juridictions → Cour
de Justice de l'Union Européenne dans une affaire KADI de 2008 contre Conseil de l’Union
Européenne. La Cour pose des limites non prévues par les traités
L’article 103 de la Charte des Nations Unies prévoit qu’en cas de conflit entre la Charte et d’autres
obligations internationales la Charte des Nations Unies prévaut.
Faiblesse : en vertu du principe de l’effet relatif des traités l’article 103 n’est opposable qu’aux états
parties à la Charte et pas aux tiers.
2 principes généraux :
– le principe de la loi postérieure ;
– le principe de la loi spéciale.
2 difficultés :
1. Un problème essentiellement théorique : Quelle solution retenir si, face à un conflit entre
deux traités internationaux, le principe de la lex posterior et le principe de la lex specialis ne
commandent pas la même solution ? Aucune solution n’est apportée en pratique.
2. Difficulté qui résulte de ce que les principes de la lex posterior et de la lex specialis peuvent
se heurter en principe à un autre principe fondamental en droit international : le principe de
l’effet relatif des traités. De grandes difficultés surgissent en pratique lorsque deux normes
internationales rentrent en conflit et qu’elles n’ont pas rigoureusement le même champ
d’application.
Etat incapable d’assurer le respect de ses engagements internationaux lorsqu’il est partie à plusieurs
traités qui sont incompatibles :
▻ Dans l’affaire Soering contre Royaume-Uni de la Cour Européenne des Droits de l'Homme, 1989
il s’agit ressortissant allemand accusé d’une double homicide aux Etats-Unis. Il se trouve au
Royaume-Uni, il est arrêté par les britanniques et les autorités américaines réclament alors son
extradition vers les Etats-Unis en application d’un traité bi-latéral d’extradition conclu entre les
Etats-Unis et le Royaume-Uni. Le ressortissant décide de contester son extradition devant la Cour
Européenne des Droits de l’Homme, son extradition serait contraire à la Convention Européenne
des Droits de l’Homme. La Cour constate que si le ressortissant est extradé vers les Etats-Unis il
risque d’être condamné à mort et la Cour Européenne des Droits de l'Homme relève que dans une
telle hypothèse il serait soumis vraisemblablement au syndrome du couloir de la mort
▻ L’affaire Le procureur contre Omar Hassan Ahmad Al Bashir de la Chambre préliminaire de la
Cour Pénale Internationale, 2011 pose le problème de l’articulation entre le Statut de la Cour Pénale
Internationale et les immunités coutumières reconnues aux plus hauts dirigeants des états. Ici le
problème se trouve dans l’examen de la situation au Darfour par la Cour Pénale Internationale.
Deux mandats d’arrêt ont été émis contre le président soudanais. A partir de là on peut identifier
deux normes contradictoires :
– d’un coté les états parties au Statut de Rome sont tenus par une obligation de coopération
avec la Cour Pénale Internationale qui implique en principe qu’ils doivent arrêter Al Bashir
et le remette à La Haye s’il se trouve sur leur territoire ;
– d’un autre côté, en vertu du droit international coutumier le chef de l’état en exercice
bénéficie d’une inviolabilité absolue à l’étranger qui interdit aux états d’adopter tout acte de
contrainte à son encontre.
Le traité peut régir lui-même la q° de son extension ou de sa suspension dans ses dispositions et
dans ce cas une partie peut mettre fin à son engagement ou le suspendre dans les conditions prévues
par le traité.
En l’absence de disposition expresse dans un traité, une partie peut-elle dénoncer le traité ?
Non sauf 2 hypothèses : lorsqu’une telle possibilité résulte de l’intention des parties ou de la nature
du traité.
▻ En ce qui concerne l’intention des parties, difficile parce qu’en principe il va falloir dans le
silence du traité dégager l’intention des parties quant au droit de dénonciation unilatérale.
▻ l’exception d’inexécution = violation du traité par une autre partie = rejet du traité dans son
ensemble par un état soit la violation par un état de dispositions essentielles à la réalisation de
l’objet et du but du traité.
• Les traités multilatéraux qui mettent en place des obligations interdépendantes : violation
par une des parties atteint dans leurs droits chacune des autres parties qui sont toutes en
mesure d’invoquer une exception d’inexécution.
• Les traités multilatéraux qui créent des obligations intégrales dans lesquels les créanciers des
droits énoncés sont des tiers au traité. L’exception d’inexécution impossible.
→ On ne peut se prévaloir de la violation du traité par un autre état pour se défaire de ses
propres obligations envers ce traité.
• Les traités qui créent des régimes auto-suffisants et organisent eux-mêmes les conséquences
attachées à l’inexécution de leurs obligations. Exemple : traités constitutifs de l’Union
Européenne avec le recours en manquement lorsque les états ne respectent pas le droit de
l’Union Européenne. Pour ce type de traité on considère qu’en cas de violation du traité on
doit commencer par utiliser les procédures prévues par le traité et c’est seulement si ces
procédures échouent que l’on pourrait avoir recours à l’exception d’inexécution. La Cour de
Justice des Communautés Européennes exprime clairement que c’est inapplicable pour
l’Union Européenne.
Un état qui souhaite mettre fin à son engagement conventionnel ou le suspendre doit commencer
par le notifier par écrit aux autres parties en motivant sa décision. Les autres états doivent réagir
explicitement ou implicitement => le traité prend fin ou est suspendu. Si certains états s’opposent
→ ils doivent chercher une solution pacifique
En cas de consentement des parties, un traité peut être suspendu, éteint ou modifié.Si pas de
dispositions expresses dans le traité, 2 situations :
▻ Pour les traités bilatéraux et les traités multilatéraux à participation restreinte la suspension de
leur application nécessite le consentement de tous les états parties.
▻ Pour tous les autres traités multilatéraux, certaines des parties puissent suspendre entre elles
l’application du traité à condition que cela ne porte pas atteinte au droit des autres parties et que cela
ne soit pas contracté à l’objet et au but du traité.
La révision :
▻ Suivre la procédure de révision prévue
▻ Pour les traités à participation restreinte le consentement de toutes les parties est requis pour
modifier le traité.
▻ En cas de traité multilatéral la révision du traité entre certaines des parties est admise sauf
intention contraire des parties.
Principe : Cour Internationale de Justice, Affaire des Essaies nucléaires (Australie contre France ;
Nouvelle-Zélande contre France) de1974. L’Australie et la Nouvelle-Zélande établissent que la
France était obligée de cesser ces essais nucléaires atmosphériques dans le Pacifique Sud. Pdt
l'audience : nv psdt (VGE) qui a déclaré cesser les essaies nucléaires => déclarations imputables à
l'Etat fr si non respect
= dépend de la fonction de la personne
Quels individus peuvent engager l’état par leur déclaration unilatérale ou par leur comportement ?
▻ Pour les autorités qui peuvent engager les états ex officio au sens du droit des traités : chef de
l’état et du gouv, ministre des affaires étrangères.
Arrêt Gagnizde du CE, 2007. En l’espèce il s’agit d’un problème d’extradition et d’assurance
diplomatique qui veut que l’individu 53 sur 65 ne soit pas mal traité. Le Conseil d'Etat se réfère à
une lettre du procureur général de Géorgie et fait comme si cette lettre engageait l’état dans le cadre
de la procédure d’extradition.
→ La Cour Internationale de Justice reconnait expressément que d’autres autorités que les
représentants ex officio peuvent engager l’état par des déclarations unilatérales.
Affaire des Essais Nucléaires de 1974 : formepas décisive et le silence interprété comme constitutif
d’un acte unilatéral de droit international.
Un acte juridique = événement qui produit des effets voulus par leur auteur.
– Dans certains cas le silence peut être interprété comme une acceptation, affaire du Temple
de Préah Vihéar (Thaïlande contre Cambodge), 1964, CIJ
– Dans d’autres cas le silence peut être interprété comme un rejet, affaire SA Michelin
Italiana, 1954 et 1955, Commission de conciliation franco-italienne.
La réaction des autres états face à l’édiction d’un acte unilatéral pourra avoir deux sens différents :
– volonté d’accepter ou de rejeter la prétention de l’auteur de l’acte ;
– le jugement qu'il porte sur la validité de l’acte édicté.
= actes qui ont pour objet la formation d’une règle ou d’une situation juridique que l’auteur de
l’acte ne peut pas obtenir seul. Exemple : demande d’extradition
= actes qui ont pour objet la formation d’une règle ou d’une situation juridique que l’auteur de
l’acte peut réaliser seul. Exemple : la décision de ratifier un traité
→ réaction des E pas nécessaire pr produire des effets mais nécessaire pour la validité
→ silence = acceptation et validité
2 hypothèses :
▻ La situation dans laquelle un acte opère un constat que seul l’auteur de l’acte est habilité à
réaliser. Ex : délimitation maritime → les autres états vont pouvoir apprécier la validité de la
délimitation opérée. Silence = acceptation de la validité de la délimitation opérée.
▻ La situation dans laquelle un acte opère un constat que chaque état peut réaliser pour son
propre compte. Ex : reconnaissance d’état. Silence ne vaut pas reconnaissance
Un juge ne pourra substituer sa propre position à celle adoptée par les états que si un différend né
entre les états et que ceux-ci consentent à le soumettre à sa juridiction.
→ Si 2 E sont d’accord pour valider un acte qui est illégal, cet acte sera valide entre les états
concernés. Affaire du temple de Préah Vihéar.
→ Si deux états sont d’accord pour tenir un fait juridique comme étant existant alors que ce fait ne
s’est jamais produit en réalité alors ce faire sera réputé exister dans leurs relations juridiques.
1. Les Actes Constitutifs qui ont pour Objet de Poser des Règles
▻ Une interdiction
Un état peut créer unilatéralement une interdiction dont il sera lui-même l’assujetti. Affaire des
Essais Nucléaires (Australie contre France ; Nouvelle-Zélande contre France)
2015 : Hollande s'engage à ne pas utiliser son droit de véto en cas de crime de masse => imputable.
▻ Une autorisation
Un état permet à d’autres états d’adopter à son égard un comportement qui leur était jusqu’ici
interdit. Affaire du navire Wanderer (Grande Bretagne contre Etats-Unis), Sentence Arbitrale, 1921.
Les britanniques avaient adopter une législation qui autorisait la police américaine à raisonner et à
saisir les navires britanniques surpris en train de chasser le phoque quand bien même ces navires se
trouveraient en haute mer
▻ L’habilitation
Un état habilite un organe à édicter à son encontre un acte juridique que cet organe n’avait jusque là
pas le pouvoir d’adopter. Affaire Blaskic tranchée par la Chambre d’appel du Tribunal Pénal
International pour l’Ex-Yougoslavie (TPIY),1997.
2. Les Actes Constitutifs qui ont pour Objet de Poser des Situations
Peuvent se matérialiser :
– par un acte de droit national, ex : décret de naturalisation
– par un acte formellement international, ex : accréditation d’un ambassadeur
Constater une situation juridique ou une règle qui préexiste à la déclaration de son existence.
Une reconnaissance, de manière générale, est un acte juridique unilatéral par lequel un état ou une
organisation internationale atteste qu'un événement a eu lieu.
▻ La reconnaissance peut être expresse. Exemple : déclaration du président des Etats-Unis qui
reconnait l’indépendance du Kosovo.
▻ La reconnaissance peut être tacite = lorsqu’un état adopte vis-à-vis d’une entité un acte qu’il ne
peut adopter qu’à l’égard d’un état. Exemple : traité international
▻ Un cas à part de reconnaissance implicite = OI admet un nouvel état membre mais l'admission
ne vaut pas reconnaissance tacite de sa qualité étatique pour chacun des membres existants de l’OI.
A l’inverse, un état peut décider de ne pas reconnaitre la qualité étatique à une entité qui le
revendique → par déclaration spécifique ou déclaration émise par un état lorsqu’il adopte un acte
qui vaudrait normalement reconnaissance tacite = lorsqu’un état ratifie ou adhère à un traité
multilatéral auquel participe une entité dont il conteste la qualité étatique. Il peut préciser
expressément que sa participation au traité ne vaut pas reconnaissance du second état.
Quels sont les effets de l’absence de reconnaissance ? Pas de conséquence sur l’existence juridique
du nouvel état mais cela va avoir des conséquences en pratique = empêche l’adoption, entre le
nouvel état et l’état qui refuse de le reconnaitre, de tous les actes qui pourraient entrainer une
reconnaissance tacite (traité) => pas de relations diplomatiques
Actes adoptés par l'OI ou ses rpz = imputables à l'OI et à ses membres
OI = principe de spé => seulement les compétences de leur acte constitutif mais parfois
dépassement des compétences → rpz des membres de l'OI agissent collectivement = conférence
diplomatique de rpz => imputable à la somme des E concernés (AGNU)
Principe de spé mais exception = doctrine des pvrs impliqués (avis de la CIJ, 1949, Réparation de
dommages subis au service des Nations Unies) = OI a des pvrs qui résultent des compétences qui
lui ont été accordées.
Action en cas de menace contre la paix, de rupture de paix ou actes d’agression → 2 exceptions à
l’interdiction du recours à la force armée :
– en cas de légitime défense prévue à l’article 51 de la Charte des Nations Unies ;
– en cas d’autorisation du recours à la force armée du Conseil de Sécurité
Le Conseil de Sécurité a le pouvoir de réaliser une qualification (existence d’une menace contre la
paix, rupture de paix ou acte d’agression) qui l’habilite ensuite à adopter des mesures, des sanctions
pour réagir à la situation qualifiée.
Les articles 43 et suivants de la Charte prévoyaient que les Etats membres conclueraient des accords
avec l'ONU pour mettre à sa disposition permanente certaine de leur troupe = permettre au Conseil
de Sécurité de décider seul d'une intervention armée et de la diriger lui-même.
→ jamais fait => il se contente d'autoriser les Etats à recourir à la force armée
Exemple : guerre de Corée en 1950. Le Conseil de sécurité permet à certains Etats de recourir à la
force armée.
→ les décisions adoptées sur le fondement du Chapitre 7 ne peuvent être adoptées qu'à une majorité
de 9 membres du Conseil de sécurité sur 15 et elles sont soumises au droit de véto des membres
permanents mais pas des non permanents (élus pour 2 ans).
Action du Conseil de sécurité à travers le Chapitre 7 paralysée en raison de la guerre froide. 1 seule
fois en 1950 grâce à la politique de la chaise vide par l'URSS.
A partir des années 90 (chute du mur de Berlin, effondrement du bloc de l'Est), relance du Conseil
de Sécurité.
a) l'interprétation large des situations dans lesquelles le Chapitre VII peut être mis en
œuvre
L'article 39 de la Charte dit que le Conseil de sécurité peut mettre en œuvre le Chapitre VII s'il
existe une des 3 situations :
– rupture de paix
– menace contre la paix
– acte d'agression
→ Le terrorisme a aussi été qualifié de menace contre la paix : attentats de 2001, 2015
→ Les actes de piraterie maritime ont aussi été qualifiés de menace contre la paix notamment ceux
au large des côtes Somaliennes.
1ère guerre du Golfe: suite à l'invasion du Koweit par l'Irak, le Conseil adopte une douzaine de
résolutions pour imposer à l'Irak de se retirer du Koweit. Il condamne l'invasion, impose aux Etats
de ne pas reconnaître l'annexion du Koweit par l'Irak, décide des mesures d'embargo économique
contre l'Irak, de sanctions financières (gel des avoirs financiers des dirigeants). Ce n'est qu'en ultime
recours, dans une Résolution de novembre 1990, que le Conseil finit par autoriser certains Etats à
recourir à la force armée contre l'Irak si elle ne se retire pas avant le 15 janvier.
Dans certaines situations, la validité des résolutions adoptées par le Conseil a pu être questionnée.
Ex : affaire de Lockerbie puisque la Libye a contesté la validité. Il a aussi été invoqué que les
mesures étaient contraires aux droits de l'Homme et aux libertés fondamentales.
Plusieurs affaires :
• CJCE, 2008, affaire Kadi → la CJCE s'est estimée compétente pour contrôler la
conformité avec les droits fondamentaux protégés en droit de l'UE d'un règlement
communautaire qui visait à exécuter des mécanismes de sanctions ciblées décidés par le
Conseil. La CJCE a considéré que la procédure mise en place ne respectait pas les droits
fondamentaux (droit de la défense notamment) et que le réglement communautaire de
mise en œuvre de la résolution est annulable en droit de l'UE.
• Cour EDH, 2012, Nada C/ Suisse → les Etats étaient responsables au regard de la
CEDH des mesures nationales qu'ils adoptent pour assurer l'exécution des mécanismes
de sanctions ciblées du Conseil de sécurité.
Peut-on contrôler les résolutions adoptées par le Conseil de sécurité sur le fondement du
Chapitre VII ?
CIJ pas la compétence de contrôler les résolutions du Conseil de sécurité → uniquement fonction
consultative.
Il y a une juridiction internationale qui a accepté de contrôler : le tribunal pénal international pour
l'ex Yougoslavie dans l'affaire Tadic de 1995. L'accusé refuse de reconnaître la légitimité du tribunal
=> le TPIY se retrouve donc à juger la résolution de sa propre création.
En cas de blocage du Conseil de Sécurité et notamment l’exercice du droit de véto par un membre
permanent peut-on passer outre ?
On ne peut pas contourner un blocage du Conseil de Sécurité en matière de recours à la force armée
ou en ce qui concerne une intervention sur le territoire d’un état qui n’y consent.
→ guerre de Corée en 1950 : le Conseil avait pu adopter une résolution parce que l’URSS ne sié-
geait plus mais à compter du moins d’aout 1950 l’URSS réoccupe sa place et oppose désormais son
véto aux résolutions qui porteraient sur ce conflit.
=> résolution 377 A adoptée le 3 novembre 1950 (AGNU) pr revendiquer une responsabilité à part
entière pr le maintien de la paix : se reconnaît le pvr d'adopter des recommandations pr assurer la
paix et sécurité
▻ Elle est audacieuse en ce qui concerne la répartition des pouvoirs entre elle et le Conseil. Elle va
au delà de ce que prévoit la Charte en la matière.
▻ Elle est modeste car l’Assemblée Générale ne s’y reconnaissait que le pouvoir d’adopter des re-
commandations
La responsabilité de protéger est présentée comme étant fondée sur trois pilier :
- protéger les populations contre les crimes de masses, les génocides, les crimes de guerres, les
crimes contre l’humanité,..
- encourager et aider les états à s’acquitter de cette responsabilité ;
- si un état n’assure pas la protection de ses populations, la communauté internationale doit être
prête à mener une action collective destinée à protéger ces populations selon les modalités de la
Charte
Intervention en Libye en 2011 :
- une résolution 1973 du 17 mars 2011 dans laquelle le Conseil de Sécurité rappelle la responsabi-
lité qui incombe aux autorités libyennes de protéger la population => le Conseil de Sécurité auto-
risait certains états membres à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la protection
des populations civiles.
Article 38 du Statut de la Cour Internationale de Justice : principes communs aux différents sys-
tèmes juridiques nationaux qui vont être appliqués dans l’ordre international par la logique.
→ permettent aux juridictions internationales de trancher les différends en cas de silence du droit
coutumier ou du droit conventionnel. Très utilisé pr les principes procéduraux
Par exemple :le principe du contradictoire
▻ caractéristiques de l’ordre international que l’on juge essentiels comme le principe de l’égalité
souveraine des états selon lequel des limitations de souveraineté ne se présument pas. Formellement
ces principes correspondent à des normes coutumières internationales.
▻principes qui relèvent de la logique juridique, par exemple le concept d’opposabilité ou de validité
des actes juridiques, le principe selon lequel une norme postérieure déroge aux normes antérieures.
▻ les principes opposables de manière universelle à tous les états mais il s’agit de principes le plus
souvent consacrés par des coutumes universelles.
Exemple : le principe de bonne foi = principe général du droit international car il s’applique à tous
les états mais formellement il s’agit d’un principe consacré par la coutume internationale.
De fait, les principes du droit international découlent soit de la logique juridique soit d’un
autre mode de formation du droit international et en particulier de la coutume.
Jurisprudence → les décisions juridictionnelles dans l’ordre international s’imposent avec force de
vérité légale uniquement à l’égard de l’affaire jugée définie par une triple identité de partie, d’objet
et de cause => décision n'a pas autorité en droit mais référence à des jurisprudences antérieures
→ pas un mode de formation de règles nouvelles
Doctrine → certains auteurs peuvent bénéficier d’une autorité morale particulière dans l’ordre inter-
national. Pas mode de formation du droit international.
Pour exécuter ses obligations internationales, pour éviter d’engager sa responsabilité interna-
tionale, l’état doit assurer la mise en oeuvre dans son droit national de ses engagements internatio-
naux → l’Affaire de l’Alabama (Royaume Uni contre Etats-Unis), sentence arbitrale, 1872
▻ Selon l’analyse moniste, le droit international et droits nationaux seraient des sous-en-
sembles d’un ordre juridique unique global (Kelsen et Scelle)
▻ Selon l’analyse dualiste, (TRIEPEL et ANZILITTI), les ordres juridiques nationaux et in-
ternationals constituent des ordres juridiques à part entière.
→ validée en pratique
Exemple : un traité international peut tout à la fois être en vigueur dans l’ordre international et op-
posable à la France dans l’ordre international et ne pas l’être en droit français parce qu’il n’a pas été
publié que Journal Officiel de la République française ;
➢ les Etats dualistes sont ceux dans lesquels, pour donner effet aux traités internationaux en
droit interne, il est exigé que soit adopté un acte de droit national qui reprend textuellement
le contenu du traité sauf pr les coutumes
Principaux Etats dualistes : Etats-Unis, Canada, Italie, Grande Bretagne.
➢ La technique moniste consiste à régler une fois pour toute le statut du droit international
dans l'ordre interne au sein d'une clause générale insérée dans la Constitution. Cette clause
d'adaptation assure la réception automatique des engagements internationaux de l'Etat sans
requérir d'acte ponctuel de transposition.
Art 55 de la Constitution :
• n'exige pas d'acte de transposition mais il soumet l'applicabilité d'un traité en droit français à
sa publication.
→ traité international pas applicable en droit interne lorsque la décision de le publier n'est pas régu-
lière : CE, 1998, SARL par d'activités de Blotzheim.
• soumet l'application du traité à une condition de réciprocité sauf certains dont les traités re-
latifs aux droits humanitraires : CC, 1999, Statut de la Cour pénale internationale.
Traditionnellement, le juge interne renvoyait au MAE la question de l'interprétation des traités. Puis
les juridictions sont revenues sur cette jurisprudence (CE, 1990, GISTI) en estimant que le JA pou-
vait interpréter lui-même les traités.
Les actes administratifs doivent être conformes aux traités internationaux auxquels la France est
partie → contrôle par le JA : CE, Dame Kirkwood, 1952. Exception si l'acte administratif se
contente d'exécuter une obligation constitutionnelle pour lequel on ne pourra pas lui opposer l'irres-
pect des traités internationaux : arrêt Sarran, 1998.
→ Contrôle par le CC des lois de transposition : Loi relative au droit d'auteur et aux droits voisins
dans la sté de l'information, 2006.
Les juges ordinaires écartent le lois contraires aux traités internationaux y compris les lois posté-
rieures aux traités : Cour de cassation, Jacques Vabres, 1975.
CE, arrêt Nicolo, 1989 → admis aussi par le CE.
Une limite a été posée à l'admission du contrôle de conventionnalité des lois par le JA (CE, SSR,
2015) :
→ Le pb de la solution du CE c'est qu'on ne voit pas sur quel fondement il opère et on ne voit rien
qui justifie une telle décision dans le texte de la Constitution et notamment de sont art 55.
En ce qui concerne les rapports entre les traités et la Constitution, la Constitution de 58 prévoit un
mécanisme de contrôle préventif dans son art 54 duquel on ne peut pas vraiment tirer d'enseigne-
ments en ce qui concerne la hiérarchie entre traités et Constitution.
=> suprématie de la Constitution sur les normes internationales : CE, Sarran, 1998 / CCass, 2000,
Fraisse.
Dès lors qu'il est publié au JO et qu'il respecte les conditions de l'art 55, un traité international est
applicable en France. Toutefois, les juridictions françaises posent des conditions supplémentaires à
son invocabilité par les particuliers :
La disposition conventionelle doit être d'effet direct pour pouvoir être invoqué par un particulier de-
vant les juridictions. En l'état actuel de la jurisprudence, le CE dans son arrêt GISTI et FAPIL en
2012 : effet direct et ne doit pas avoir pr seul objet de régir les relation entre les Etats
Arrêt de 2015, CE, → refus de reconnaitre l’effet direct à l’article 2§1 de la Charte Sociale
Européenne => JA refuse de contrôler que l’Administration et le Parlement français respectent cette
disposition. Cette disposition interdit clairement de fixer une durée de travail qui serait
déraisonnable et applicable à une trop grande partie des travailleurs => CE s’empêche de contrôler
que les autorités nationales françaises restent dans les limites => si l’exécutif français décide
d’outrepasser cette marge de liberté, le JA refusera de contrôler une telle violation.
=> responsabilité de la France.
Il faut qu'elle ait pour objet de créer des droits au profit des particuliers.
Arrêt Argoud,1964, l’enlèvement d’Argoud a été opéré en violation des normes coutumières inter-
nationales relatives à la souveraineté territoriale de l’Allemagne.
→ la Cour de Cassation a refusé d’admettre l’invocabilité de la norme internationale coutumière re-
lative à la souveraineté de l’Allemagne.
Certaines normes coutumières ne créent des droits qu’à l’état concerné et ne peuvent pas être
invoquées par des particuliers devant les juridictions françaises sauf si la règle coutumière offre des
droits aux particuliers qui les invoque. Arrêt de 2001, affaire Kadhafi → la Cour de Cassation consi-
dère que les immunités coutumières des chefs d’états étrangers sont d’effet direct
Que doit faire le juge interne lorsqu’à l’occasion d’un litige sont invoquées devant lui deux
conventions internationales qui lient la France et qui commandent des solutions contradictoires ?
→ La France concilie les conventions d’extradition et les traités de protection des droits de
l’Homme. Les juridictions exigent que ne soit pas requise la peine de mort contre l’individu.
→ le Conseil d'Etat utilise pleinement les exceptions à l’obligation d’extrader qui sont incluses dans
les conventions d’extradition ou qui sont posées par les réserves que la France a émises lorsqu’elle a
consenti à certaines d’entre elles.
- l’extradition pourra être refusée si la remise est susceptible d’avoir des conséquences d’une gra-
vité exceptionnelle pour la personne réclamée, notamment en raison de son âge ou de son état de
santé ;
Ces réserves sont pleinement utilisées par le juge administratif afin de s’opposer à des extraditions
qui porteraient atteinte à la Convention Européenne des Droits de l’Homme tout en évitant de violer
la Convention Européenne de l’Extradition.
Les immunités garanties aux organisations internationales par les accords conclus avec leurs
états membres peuvent poser des problèmes d’articulation avec le droit d’accès à un tribunal.
La Cour Européenne des Droits de l'Homme, Waite and Kennedy contre Allemagne de 1999.
→ les immunités sont compatibles avec l’article 6 à la condition que des recours soient offerts aux
employés des OI dans leur système juridique interne.
Lorsque le juge est saisi d’une action contre une OI et qu’elle n’offre pas de recours alterna-
tif au requérant dans son système interne, le juge français écarte l’immunité de l’organisation et ac-
cepte de la juger pour éviter un déni de justice.
C’est la même posture que l’on relève en ce qui concerne les immunités d’exécution garan-
ties aux organisations internationales qui empêchent d’adopter des mesures de contrainte contre les
biens des organisations internationales qui se trouvent sur les territoires de leurs membres.
→ la Cour de Cassation considère qu’il n’y a pas nécessairement d’incompatibilité entre ces deux
ensembles de normes internationales : elle relève que les requérants qui n’arrivent pas à obtenir
l’exécution forcée du fait de l’immunité d’exécution garantie à cette OI par une convention interna-
tionale, ont la possibilité de compenser l’inexécution du jugement rendu en leur faveur en enga-
geant la responsabilité de l’état français devant les juridictions administratives → arrêt BEAC du
25 mai 2016.
→ L’application d’une norme juridique peut engager la responsabilité de l’état lorsqu’il y a rupture
d’égalité devant les charges publiques.
Affaire Cavaciuti, CE, 2015 concernant un ancien employé du HCR qui est licencié et conteste les
conditions de son licenciement. Le HCR refuse d’exécuter ce jugement et bénéficie d’une immunité
en France donc il ne peut pas obtenir la saisie des biens.
→ Refus d’engager la responsabilité de l’état français.
Cette illustration concerne les affaires qui mettent en cause la reconnaissance par les juridic-
tions judiciaires françaises des décisions de répudiation prononcées à l’étranger en particulier au
Maroc et en Algérie.
Dans plusieurs arrêts rendus le 17 février 2004 la Cour de Cassation a été amenée à se pencher sur
l’articulation entre une convention franco-marocaine de 1981 relative au statut des personnes et de
la famille et la coopération judiciaire d’une part la Convention Européenne des Droits de l’Homme
d’autre part.
▻ La convention franco-marocaine de 1981 commande aux juges français de reconnaitre les déci-
sions émanant des autorités marocaines relatives aux situations personnelles et familiales des ressor-
tissants marocains résidant en France.
▻ En même temps, la Convention Européenne des Droits de l’Homme oblige la France à assurer
l’égalité entre époux et s’oppose par là à ce qu’il soit donné effet en France aux procédures de répu-
diations comme celles qui sont mises en place au Maroc.
Que faire lorsque l’on n’arrive pas à éviter le conflit entre traités internationaux ?
Lorsque le juge français n’arrive pas à concilier les diverses normes internationales invo-
quées devant lui, il relève qu’il doit faire application des normes internationales de conflit et notam-
ment des règles relatives aux traités successifs = lex posterior ou de la lex specialis. CE, arrêt Zaï-
di, 2000
Quand les traités sont inconciliables, le droit international n’offre pas de solution => l’état
doit choisir lequel de ces engagements il respectera et lequel de ces engagements il violera.
▻ Lorsque le juge français est confronté à un tel problème, il a pendant longtemps procédé de ma-
nière empirique. Il a pu :
- soit faire prévaloir le traité le plus récent ;
- soit faire prévaloir un traité multilatéral sur un traité bilatéral (alors que normalement ils ont la
même autorité).
▻arrêt Eduardo José Kandyrine de Brito Paiva, 2011, le Conseil d’Etat a dégagé une solution de
principe : lorsque deux traités contradictoires conclus par la France avec des co-contractants diffé-
rents sont invoqués devant le JA et que les règles coutumières du droit international n’offrent pas de
solution à cette incompatibilité entre traités, le JA doit faire prévaloir le traité international que l’ad-
ministration a entendu appliqué dans le litige.
Critiques :
- Au final c’est l’administration qui choisit le droit applicable aux décisions qu’elle rend de telle
sorte que la solution proposée par le Conseil d'Etat devrait en pratique empêcher la censure des
décisions administratives qui soulèvent des conflits entre traités
- La solutio semble fondée sur l’idée que l’administration aurait fait un choix lorsqu’elle a adopté
la décision administrative contestée de telle manière qu’il serait ensuite possible pour le juge de
s’en remettre à ce choix. Il est néanmoins loin d’être certain que cela corresponde à la réalité de
l’action administrative.
- L’application de la solution proposée par le Conseil d'Etat serait en pratique très défavorable aux
engagements de protection des droits de l’Homme alors qu’on aurait tendance a priori à se dire
qu’il pourrait être légitime de les favoriser en cas de conflit avec d’autres normes internationales.
Cette solution de principe est contestable et depuis 2011 elle n’est pas vraiment appliquée
par le Conseil d'Etat qui préfère éviter au maximum les conflits.