Analyse complexe 19/03/2018 - 21/03/2018
TD 6 : F ONCTIONS MÉROMORPHES , THÉORÈME DES RÉSIDUS
Exercices : à préparer à la maison avant le TD, seront corrigés en début de TD.
Exercices : seront traités en classe en priorité.
Exercices : plus difficiles.
Exercice 1: Déterminer les bijections holomorphes de C sur lui-même. Même question en remplaçant C par C∗ .
Exercice 2: Soit U un ouvert de C, a ∈ U , f ∈ H (U \{a}).
1. Dans cette question, on suppose que Re( f (z)) ≥ 0 pour tout z ∈ U \{a}. Montrer que a est une singularité artifi-
cielle de f .
2. Dans cette question, on suppose que a est un pôle de f . Soit g une fonction entière. Montrer que a est une
singularité essentielle de g ◦ f si et seulement si g n’est pas un polynôme.
Exercice 3: On dit qu’une fonction définie sur un ouvert de C2 est holomorphe si elle est holomorphe en chaque
variable séparément. On considère les ouverts
½ ¾
2 0 2 1
U = (z 1 , z 2 ) ∈ C : |z 1 |, |z 2 | < 1 U = U \ (z 1 , z 2 ) ∈ C : |z 1 |, |z 2 | ≤
© ª
; .
2
Montrer qu’une fonction holomorphe f sur U 0 s’étend toujours en une fonction holomorphe sur U . On pourra regar-
der le développement en série de Laurent de f en la variable z 2 .
Les fonctions holomorphes en plusieurs variables se comportent donc très différemment des fonctions holomorphes sur C qui sont
l’objet du cours !
Exercice 4: Soit γ le lacet défini par γ(t ) = e i t pour t ∈ [0, 2π]. Calculer la valeur des intégrales suivantes :
z 2 − 2z + 2 1 + z2 ez cos z dz ez − 1
Z Z Z Z Z Z
d z, d z, d z, d z, , d z.
γ (2z − 1)2 γ z(3z − 1) γ z(z + 2) γ z 2 − 2z γ z n (1 + 2z)(z + 3) γ z
n
Exercice 5: (pour la semaine du 19 mars) Partiel 2017
Soit a un nombre réel strictement positif.
1 1
1. Soit ζ un nombre complexe tel que ζ4 = −1. Calculer Res( f , ζa) et Res(g , ζa), où f (z) = z 4 +a 4
et g (z) = (z 4 +a 4 )2
.
2. Calculer les intégrales : Z ∞ dx
Z ∞ dx
4
, .
−∞ + x
1 −∞ (1 + x 4 )2
Exercice 6:
1. Soit n > 1 un entier. Calculer l’intégrale : Z ∞ dx
.
0 1 + xn
2. Généralisation. Soit n un entier et α un réel tels que 0 < α + 1 < n. En utilisant le contour délimitant le morceau
de couronne {z = ρe i θ , 0 < r ≤ ρ ≤ R, 0 ≤ θ ≤ 2π/n}, calculer l’intégrale :
xα
Z ∞
n
d x.
0 1+x
Exercice 7: R
+∞ ln x
Soit a > 0. Calculer 0 x 2 +a 2
d x. On pourra considérer le bord du domaine {z|Im(z) ≥ 0} ∩ {z|² < |z| < R}.
1
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Exercice 8: Calculer la transformée de Fourier de la fonction x 7→ 1/cosh(πx) en utilisant le contour délimitant le
rectangle de sommets ±R, ±R + 2i .
Exercice 9: Calculer la valeur des intégrales suivantes :
2π t2 t 2/3
Z 2π Z +∞ Z +∞
dt dt
Z
, d t , d t , dt,
0 1 + cos2 (t ) 0 3 + 2 sin(t ) 2 2
−∞ (1 + t ) 0 (t + 1)2 (t + 2)
Z 2π Z +∞
dt cos(xt )
(avec − 1 < a < 1) d t , (avec x ∈ R).
0 1 − 2a cos(t ) + a 2 −∞ 1 + t
2
Exercice 10: Calculer les intégrales :
Z ∞ ln x
Z ∞ dx
Z ∞ ln x
p d x, p , p d x.
0 x(1 + x 2 ) 0 x(1 + x 2 ) 0 x(1 − x 2 )
Exercice 11: (pour la semaine du 26 mars)
Soit n ≥ 2 un entier. En évaluant l’intégrale de la fonction
2 /n
e 2i πz
z 7→
e 2i πz − 1
le long du contour délimitant le rectangle de sommets ±i R, ±i R + n/2 privé des cercles centrés en 0 et n/2 de rayon
² > 0, calculer la somme de Gauss :
n−1
X 2i πk 2 /n
e .
k=1
Exercice 12: On note f (z) = tan(z) − z. Où sont les pôles de f ? Où sont les zéros de f sur l’axe réel ?
A l’aide du contour C N délimitant le carré centré en l’origine de côtés de longueur 2πN (N ≥ 1 entier), montrer
que toutes les solutions de l’équation tan(z) = z sont réelles.
Exercice 13:
1. Soit n > 1 entier et a ∈ R avec a > e. Montrer que l’équation
az n − e z = 0
possède n racines simples dans le disque unité ouvert D.
2. Déterminer le nombre de zéros du polynôme z 20 − 14z 3 + z − 2 dans la couronne {z ∈ C | 1 < |z| < 2}.
Exercice 14: Combien de zéros (en comptant les multiplicités éventuelles) les fonctions suivantes ont-elles dans
le disque unité ouvert ?
z2 1
f 0 (z) = z 10000 + − , f 1 (z) = z 7 − 6z 5 + 2, f 2 (z) = e z − 5z 3 + 2.
2 4
Exercice 15:
1. Donner le nombre de zéros (comptés avec multiplicités) du polynôme :
Q(z) = z 5 − 10z 2 + 5z + 3
dans l’ensemble {z ∈ C : |z| ≤ 3, |z − 1| ≥ 12 }.
2. Soit P (z) = z 4 + 8z 3 + 3z 2 + 8z + 3.
2
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(a) Montrer que si z ∈ i R, alors Re(P (z)) > 0, et en déduire que pour R > 0 suffisamment grand,
P 0 (z) dz
Z Z
dz =
γ1 P (z) γ2 z
où γ1 désigne le segment [−i R, i R] et γ2 le segment [P (−i R), P (i R)].
(b) On rappelle qu’il existe une unique fonction holomorphe f : D(1, 1) → C telle que f 0 (z) = 1/z et f (1) = 0.
Montrer que si R > 0 est suffisamment grand, la fonction :
P (z)
µ ¶
z 7→ f
z4
est bien définie et holomorphe sur {z ∈ C : |z[> R/2}. En déduire que :
P 0 (z) P (i R)
Z µ ¶
d z = 4i π + f
γ3 P (z) P (−i R)
où γ3 désigne le demi-cercle centré en 0, de rayon R et contenu dans {z ∈ C|Re(z) ≥ 0}.
(c) Calculer le nombre de zéros (comptés avec multiplicités) de P dans le demi-plan {z ∈ C|Re(z) ≥ 0}.
Exercice 16:
1. Soit (g n )n une suite de fonctions holomorphes sur un domaine U de C, qui converge uniformément sur tout
compact de U vers une fonction g . Montrer que si g n’est pas constante,
[ \
g (U ) ⊂ g m (U )
n m≥n
S
(et donc en particulier g (U ) ⊂ n g n (U )). Montrer que cette inclusion n’est pas une égalité.
2. En déduire que si (g n )n est une suite de fonctions holomorphes injectives sur un domaine U de C, qui converge
uniformément sur tout compact de U vers une fonction g , alors g est soit constante, soit injective.
Exercice 17:
En appliquant le théorème de Rouché à z sin z et z sin z − 1, montrer que toutes les solutions de l’équation z sin z = 1
sont réelles.
Exercice 18: (pour la semaine du 2 avril)
On pose r = p1 , Ω = D(0, 2r ), et γ(t ) = r e i t pour t ∈ [0, 2π].
3 3
1. Soit x ∈ Ω. Montrer qu’il existe un unique z 0 ∈ C tel que |z 0 | < r et z 03 + z 0 = x. On notera z 0 = f (x).
2. Montrer que, pour x ∈ Ω,
1 z(3z 2 + 1)
Z
f (x) = d z.
2i π γ z3 + z − x
3. Montrer que, pour x ∈ Ω, on a :
(3p)!
(−1)p x 2p+1 .
X
f (x) =
p≥0 p!(2p + 1)!
Exercice 19:
1. Soit U ⊂ C un ouvert simplement connexe. Soit f ∈ H (U ) telle que −1, 1 ∉ f (U ). Montrer qu’il existe g ∈ H (U )
telle que :
f = cos g .
2. Soit U ⊂ C un ouvert simplement connexe, f ∈ H (U ) telle que 0, 1 ∉ f (U ). Montrer qu’il existe h ∈ H (U ) telle que
1
f = (1 + cos π(cos πh)).
2
3
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p
3. On note R = {m ±i π−1 ln(n + n 2 − 1), m ∈ Z, n ∈ N∗ }. Montrer que h(U ) ne rencontre pas R. En déduire que h(U )
ne contient aucun disque de rayon 1.
4. A l’aide de l’exercice 16 du TD 2, en déduire que si f ∈ H (C) est telle que 0, 1 ∉ f (C), f est constante. En déduire
le "petit théorème de Picard" : une fonction entière non constante évite au plus un nombre complexe.
5. Première application. Soit f une fonction entière. Montrer que f ◦ f a toujours un point fixe sauf si f est une
translation.
Si f ◦ f est sans point fixe, que peut-on dire de z 7→ ( f ( f (z)) − z)/( f (z) − z) ?
6. Soit n ≥ 3 un entier. Montrer que si f , g ∈ M (C) sont solutions de l’équation de Fermat
f n +gn = 1
soit f et g sont constantes, soit elles ont des pôles en commun. Que dire si n = 2 ?
Pour n = 3, la théorie des courbes elliptiques montre qu’il existe effectivement des solutions méromorphes non constantes à
l’équation de Fermat.