Histoire Terminale Progression de Septembre 2023 - Copie
Histoire Terminale Progression de Septembre 2023 - Copie
Bibliographie :
-Atlas historique mondial, Histoire-les Arenes, novembre 2019.
-Décolonisation et problèmes de l’Afrique indépendante, Histoire Terminale, Paris, Edicef, 1991.
-Histoire, Classes de Terminales L, S, ES, Le monde de 1939 à nos jours, Paris, Bréal, Rosny, 1998.
-Histoire Term, L/ES, Paris, Nathan, 2004.
-Histoire, De 1945 à nos jours, Collection le GREHG, Hachette Lycées, 1992.
-Histoire Terminales, Hachette Éducation, 1995.
- Histoire Terminale, de 1939 à nos jours, Collection BERSTEIN-MILZA, Hatier, 1983.
-Histoire du XXe siècle 1945-1973, le monde entre guerre et paix, Serge BERSTEIN& Pierre MILZA,
Paris, Hatier, 1967.
- Historia N°875/Novembre 2019.
- Magazine Le Monde, Hors-Série, L’Empire américain, 2019.
Introduction
La durée du conflit (6 ans, de 1945 à 1939), le nombre de belligérants, l'implication des civils
dans la guerre, l'utilisation d'armements nouveaux ainsi que la politique d'extermination menée par les
nazis ont fait de la Seconde Guerre mondiale le conflit le plus meurtrier de l'histoire. Son bilan n’a
d’égal dans l’histoire humaine.
Dès lors, quel est le coût humain, matériel, économique et moral de cette guerre effroyable ?
I. UN BILAN TERRIBLE
A. Un bilan démographique effroyable
Document1
Comme le montre ce graphique, plus de la moitié des victimes de la Seconde Guerre mondiale furent des
civils. Le bilan humain de la Seconde Guerre mondiale est dramatique : entre 50 et 60 millions de morts,
plusieurs millions de blessés, 30 millions d’Européens déplacés en raison des changements de frontières.
Environ 45 millions de civils sont morts et le nombre de victimes civiles est supérieur à celui des victimes
militaires. Au total, environ 17 877 000 de militaires sont morts sur les champs de bataille européens dont 10
774 000 du côté des alliés et 7 103 000 du côté des forces de l'Axe.
Les pays les plus touchés sont l’URSS, la Chine, l’Allemagne, la Pologne, le Japon, sans compter les
millions de blessés et de déplacées. Les séquelles démographiques (déficit de naissances, surmortalité) sont
importantes mais elles vont être en partie compensées par le « baby-boom » de l’après-guerre.
Les destructions sont considérables. Si le Japon a été dévasté par les bombes, c'est en Europe que les
destructions sont les plus importantes. Les bombardements nazis et alliés ont provoqué d’importants dégâts matériels dans
les villes : Dresde, Coventry, Hiroshima, Nagasaki, Stalingrad, Leningrad, Berlin et Varsovie sont presque complètement
détruites et sont de véritables champs de ruines. Des millions de civils n’ont plus de logement et les sans-abris se comptent par
millions. Des voies de communication, des récoltes et des usines sont ravagées à cause des bombardements intensifs.
Les familles des victimes sont sous le choc car les survivants aux camps de concentration et d’extermination
éparpillés ont des difficultés à vivre comme avant à cause des souvenirs effroyables qui les hantent jours et nuits.
En 1945, on découvre l'ampleur de la Shoah provoquée par les atrocités des chambres à gaz et les fours
crématoires sur les Juifs et les Tziganes avec de 6 millions de victimes environ comme à Auschwitz où les
expériences scientifiques sur l’espèce humaine ont été légion. Ce traumatisme inédit fait naître la notion de crime
contre l’humanité. Les deux bombes atomiques, Little Boy et Fat Man lancées le 6 août à Hiroshima et le 9 août
1945 à Nagasaki entraînent la fin du conflit et l’entrée en fanfare du nucléaire.
Document 2 :
L’effort de guerre a entrainé la ruine des économies des puissances européennes et des énormes dépenses
(l’Allemagne plus de 272 milliards de dollars, l’Union soviétique, 192 milliards, le Royaume-Uni,120 milliards,
l’Italie, 94 milliards et le Japon un peu moins de 56 milliards de dollars). En dépit des dépenses de 206 milliards de
dollars effectués par les USA, leur richesse a augmenté considérablement. Les pertes sont à l’avantage des pays
neufs car l’Inde, le Canada, l’Afrique du Sud et les pays de l’Amérique latine ont bénéficié de cette guerre. La
production industrielle et agricole se sont effondrées en Europe provoquant la pénurie, l’inflation et le marché noir
poussant les Européens à implorer l’aide américaine. La Deuxième Guerre mondiale est donc une victoire à la
Pyrrhus de la Grande Alliance.
La Seconde guerre mondiale a entrainé le jugement des responsables de cette hécatombe à Nuremberg1 du 20
novembre 1945 au 1er octobre 1946 en Allemagne de 24 des principaux responsables du Troisième Reich, accusés
de complot, crime contre la paix, crime de guerre et de crime contre l’humanité. De même, le Tribunal
international pour l'Extrême Orient (Tribunal de Tokyo) a été créé par les Alliées le 19 janvier 1946. Bien
1
Ce procès aboutit à la condamnation à mort par pendaison de douze condamnés. Des peines de prison allant jusqu'à
la perpétuité sont prononcées. Enfin, Hans Fritzsche, Franz Von Papen et Hjalmar Schacht sont acquittés.
Conclusion
En somme, le coût de la Seconde Guerre mondiale fut effroyable à tous les plans : humain, économique,
moral… En 1945, l’ancien monde dominé par les puissances colonisatrices a été dévasté, dépeuplé, ruiné, traumatisé
et blessé à jamais.
TRAVAIL DE RECHERCHE :
Sujet : Le Traité de Versailles de 1919 explique-t-il à lui tout seul l’avènement de la Seconde Guerre mondiale ?
Sujet : Dans quelle mesure le bilan matériel, moral et politique de la Seconde Guerre mondiale annonce-t-il un
monde nouveau ?
Introduction
À la fin de la Guerre, l’Europe n’est plus l’Athènes du monde. En revanche, les USA et l’URSS deviennent
les seules véritables grandes puissances dès 1945.
Quel est le sort de l’Europe au lendemain de la Seconde Guerre mondiale ?
Quels sont alors les nouveaux rapports de force qui s’instaurent au lendemain de la défaite de l’Axe ?
Document unique : Les Etats-Unis remis à leur place par l’URSS à Potsdam.
Après la guerre, la puissance américaine devient multiforme car elle est à la fois militaire, économique
et culturelle et son hégémonie devient incontestable. Il y a eu peu de morts américains et aucun combat n’a lieu
sur leur sol. Ils sont devenus une puissance économique et financière qui est sortie plus riche qu’en 1939. C'est
aussi une puissance technologique et militaire.
*Sur le plan militaire en 1945, ils sont les seuls à détenir l’arme nucléaire, mais leur force de frappe est tout
aussi terrestre, maritime, aérienne et spatiale.
L’URSS qui a pourtant été saignée à blanc et qui reste dépourvue de l’arme atomique dispose de la plus
grande armée du monde d'où le nom de rouleau compresseur attribué à l'Armée rouge. L’URSS reste non
seulement une puissance militaire, elle est aussi une puissance idéologique et politique bénéficiant d'un prestige
énorme après la guerre. C'est enfin une puissance territoriale car l'Armée rouge occupe les 1/3 de l'Europe en
1945.
Conclusion
En somme, la Seconde Guerre Mondiale apparaît bien comme une période de rupture. Un nouveau
monde se construit autour de deux nouvelles puissances : les USA et l’URSS. Ces deux nouvelles puissances
vont contribuer à la reconstruction du monde tant sur le plan politique que sur le plan économique.
Objectif spécifique :
Dans le but de s’entendre pour vaincre le nazisme, la nouvelle géographie mondiale a été définie
lors d'une série de conférences de la Grande Alliance2 dès 1943 entre les trois principaux pays
alliés qui réorganisent le monde d’après-guerre.
De ce fait, en quoi les grandes conférences interalliées ont-elles eu un écho de grande portée
dans le monde au lendemain de la Guerre ?
Source : Réalisé par M. F. Ndanga à partir de Prépabac Histoire, cours et méthodes, Tle L, ES, Hatier,
2005, p. 14.
2
Union formée le 14 août 1941 composée de l’URSS, des USA et l’Angleterre.
3
Remplace le président américain Roosevelt décédé le 12 avril 1945.
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II. LA PORTEE DES GRANDES CONFERENCES TRIPARTITES
Sur le plan historique, les conférences interalliées ont un écho et une portée retentissants sur les
relations internationales même si nombre d’accords qui en résultaient ne furent jamais respectés, du fait
des relations de plus en plus conflictuelles entre l'URSS et l'Europe occidentale.
Conclusion
Dans l’optique d’un nouveau monde débarrassé du nazisme, les conférences tripartites
interalliées réunissent parfois The Big Three qu'étaient Roosevelt, Churchill et Staline, afin de s’accorder
sur la conduite des opérations pour mettre fin à la suprématie des puissances de l’Axe.
Introduction
Le monde de l’après-guerre désigne la période de l’histoire qui s’étend de 1945 à 1947. La fin
de la Seconde Guerre mondiale entraine des bouleversements territoriaux importants en Europe, en Asie
et en Afrique.
Source : Prépabac Histoire, cours et méthodes, Tle L, ES, Hatier, 2005, p. 18.
Au cours des conférences interalliées et des rapports de force sur le terrain, les trois Grands
fixent les modalités des changements territoriaux permettant de distinguer deux catégories : les perdants
et les bénéficiaires.
1. Les perdants
- L’Allemagne vaincue, occupée, divisée en quatre zones d’occupation ainsi que Berlin sa capitale
est ramenée à ses frontières de 1937, en restituant les territoires conquis : l’Autriche, les Sudètes,
l’Alsace-Lorraine. Principale victime de ces remaniements de territoires, au total, l’Allemagne perd en
Europe 100.000 km2.
- L’Italie doit céder des territoires à la France notamment Brigue et Tende et à la Yougoslavie
(Istrie et Zadar) et le Dodécanèse à la Grèce.
2. Les bénéficiaires
- L’URSS est le grand bénéficiaire des bouleversements territoriaux en Europe, avec une ouverture
sur la mer baltique. Elle gagne les pays baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie), la Finlande, reprend la
Biélorussie, de l’Ukraine ; la Ruthénie, la Bessarabie et la Bucovine nord enlevées à la Hongrie et à
la Roumanie. Elle obtient en tout 700.000 km2.
- En compensation des annexions soviétiques, la Pologne reçoit des territoires pris à l’Allemagne avec
un glissement de 200 km vers l’ouest, fixe sa frontière avec l’Allemagne sur la ligne Oder-Neisse.
En Asie, les remaniements territoriaux mettent en évidence autant les perdants que les gagnants.
1. Les perdants
- Ruiné et occupé par les Américains, le Japon est le grand perdant des bouleversements de
territoires en Asie car il perd toutes ses conquêtes antérieures : la Corée, Formose, la
Mandchourie.
2. Les bénéficiaires
- L’URSS retrouve les territoires perdus en 1905 contre le Japon qui avait triomphé sur elle : le
sud de Sakhaline, les îles Kouriles et Port-Arthur, ses troupes occupent la Mandchourie et la
Corée du Nord.
- Les USA retrouvent leurs colonies des Philippines et leurs archipels du Pacifique : Carolines et
Mariannes. En plus du Japon, ils occupent le Sud de la Corée à Pusan.
- Quant à La Chine, en 1945, elle présente une situation compliquée. Primo, la Mandchourie
libérée du Japon est occupée par l’URSS. Le reste du territoire connaît des problèmes politiques
internes très graves avec deux leaders sous tension entre Mao Zedong et le chef du Guomindang,
Jiang. Pour accueillir les survivants des massacres nazis et les autres Juifs qui le souhaitent,
l'État d'Israël est créé en Palestine.
La nouveauté en Afrique est liée au sort des colonies allemandes et italiennes. Plusieurs d’entre
elles deviennent des territoires placés sous mandat de l’ONU (Cameroun, Tanganyika) tandis que d’autres
sont placées sous administration britannique (Libye, Somalie) ou l’Union sud-africaine (Namibie).
Conclusion
La fin de la guerre a été marquée par des modifications territoriales tous azimuts dans trois
continents afin d’anticiper sur d’éventuels conflits. Les perdants de la guerre voient les territoires arrachés
au forceps échoir aux propriétaires d’antan, à l’exception de l’URSS.
Objectifs spécifiques :
Introduction
Malgré la volonté affirmée dans l'entre-deux-guerres d'assurer une sécurité collective, l'échec
de la SDN devient une évidence avec la marche à la guerre puis avec le déclenchement de la Seconde
Guerre mondiale. Dès le 14 août 1941, les États-Unis et la Grande-Bretagne signent la Charte de
l’Atlantique, socle principal qui entérine l’ONU.
Dès lors, comment s’explique la naissance de l’ONU ? Quelles sont ses composantes et son
fonctionnement ? A-t-elle rempli la mission que lui assigne Dag Hammarskjöld ? Que dire sur son
œuvre ?
L’ONU est un projet anglo-saxon qui voit le jour le 26 avril 1945 lors de la conférence de San
Francisco et entre en fonction en 1946. Ses origines sont liées à : l’échec de la Société Des Nations
(SDN) et de la volonté des Alliés de construire un monde d’après-guerre plus sûr et plus juste. De plus,
la signature de la Charte de l’Atlantique de 1941 et toutes les conférences de la Grande Alliance ont
réaffirmé cette volonté vers une paix durable.
1. Maintenir la paix et la sécurité internationale et, à cette fin, prendre des mesures
collectives efficaces en vue de prévenir et d’écarter les menaces à la paix, de
réprimer tout acte d’agression ou autre rupture de la paix (…).
2. Développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect et
l’égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes (…).
4. Être un centre où s’harmonisent les efforts des nations vers ces fins communes.
La vocation première de l'ONU est de maintenir la paix dans le monde. Cet objectif général
se double d'actions qui ont pour but de faciliter et d'assurer cette sécurité collective. Il s'agit de favoriser
les relations amicales entre les nations, de les aider à travailler ensemble pour améliorer le sort des
populations. Il faut permettre aux États de lutter contre les maladies, la faim, l'analphabétisme et
encourager les droits et libertés de chacun. L'ONU se consacre également de plus en plus aux problèmes
qui touchent aux enjeux du développement parmi lesquels le développement durable et la question de
l'environnement, le secours aux populations (réfugiés politiques, catastrophes naturelles, santé), la
A. Les succès
Par l’intermédiaire des mécanismes internationaux, l’Organisation des Nations Unies est à
l’œuvre sur plusieurs fronts en tant que conscience mondiale, en tant que législateur, surveillant,
défenseur des Droits de l’Homme, institution d’appel, d’enquêtes, d’intercesseur et organisatrice des
opérations de maintien de la paix.
L’ONU est en proie à plusieurs graves difficultés qui sont : la création en 1948 de l’État d’Israël
sans l’aval des Palestiniens, l’inefficacité et l’impuissance de ses sanctions économiques durant la guerre
froide, elle ressemble à une tribune de la mafia des États. Mais son utilité est reconnue.
Conclusion : Au cours du XXe siècle, la communauté internationale a pris conscience que la paix ne se
postulait pas ni ne se décrétait, mais qu'elle dépendait de l'instauration d'une "société des nations" selon
le triptyque de la paix, de la liberté et du développement. Plus de soixante ans après, le bilan de l’ONU
apparait difficile à dresser et mérite une véritable cure de jouvence pour être en phase avec la réalité.
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Cours d’Histoire-Géographie Terminales, par M. Ferdinand NDANGA Page 15
Chapitre 2 LA GUERRE FROIDE (1947-1991)
Objectifs spécifiques :
Introduction
Après avoir vaincu ensemble l’Axe, les États-Unis et l’URSS s’engagent dans une confrontation politique,
idéologique, militaire et économique appelée guerre froide, expression employée par le financier américain
Bernard Baruch et popularisée dès 1947 par le journaliste Walter Lippmann.
Dès 1946, l’entente entre les vainqueurs se dégrade car les Occidentaux s’inquiètent de l’installation en
Europe de l’Est d’un glacis territorial protecteur et de gouvernements communistes. De son côté, l’URSS
s’inquiète du monopole atomique américain, s’indigne de la clémence des Occidentaux qui stoppent le
démantèlement industriel et la dénazification de l’Allemagne en violation des accords de Yalta. Ce climat
installe la méfiance des deux Grands.
b) La rupture de 1947
Staline réplique par la création de la Doctrine Jdanov5 le 30 juillet 1947 et dénonce « l’impérialisme
américain » puis le Kominform6 (entre le 22 et le 27 septembre 1947 en Pologne).
Source : Histoire Tles, Cours & documents, Hatier, 2005, pp. 61-63.
Sous le leadership des USA, le bloc de l’Ouest se consolide par toute une série d’alliances
diplomatiques et d’organisations militaires dans tous les continents qui resserrent les liens du « monde libre ».
Ainsi, l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) est créée le 4 Avril 1949 et est prolongée par
tout un système d’alliances comme la Ligue Arabe, l’Organisation des États Américains (OEA) l’OECE
(Organisation Européenne de Coopération Economique (O.E.C.E) en 1948 pour répartir le plan Marshall,
l’OTASE (Organisation du Traité de l’Aise du Sud-est) et le Pacte de Bagdad (avec les pays du Moyen-Orient)
renforcent le camp capitaliste par exemple.
À cette pactomanie américaine, l’URSS répond. Le bloc soviétique se structure en éliminant tous les
dirigeants qui refusent de s’aligner sur Moscou. En Février 1948, le "coup de Prague" installe un gouverne-
ment communiste en Tchécoslovaquie. À l’Est, le COMECON ou CAEM, Conseil d’Assistance Économique
4
Les objectifs sont multiples, comme aider financièrement l'Europe pour empêcher la pauvreté de s'installer, terrain qui
serait favorable au communisme, et permettre à l'économie des Etats-Unis qui a été modifiée pendant la guerre, de se
maintenir à un bon niveau grâce aux exportations vers l'Europe.
5
La doctrine Jdanov a été présentée par Andreï Jdanov, idéologue du régime soviétique, le 30 juillet 1947, à l'occasion de
la réunion en Pologne de tous les chefs des partis communistes d'Europe.
6
Le Kominform, abréviation de « Bureau d'information des partis communistes et ouvriers » est une organisation créée
entre le 22 et le 27 septembre 1947 en Pologne pour le contrôle des 9 partis communistes. Il disparait en 1956.
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Mutuelle est fondée en 1949, en réponse à la formation de l’OECE. Mais, ce n’est qu’en 1955 que le Pacte de
Varsovie, pendant oriental de l’OTAN est créé. Chacun des deux adversaires constitue son champ : au début des
années 1950, il est très difficile d’échapper à la logique des camps.
Conclusion
En somme, provoquée par la non application des accords des Grandes conférences tripartites de la
Grande Alliance et les évènements de 1947, la guerre froide aura mis le monde en perpétuelle tension, avec des
conflits ouverts, terriblement meurtriers, mais des crispations entre l'ouest et l'est si fortes que la fin du monde
avait été maintes fois envisagée provoquée.
Objectifs spécifiques
- Caractériser la période de 1947-1953
- Analyser les causes, les manifestations et les conséquences des crises de cette période
Introduction
De 1947 à 1953, l’antagonisme est-ouest se manifeste sur plusieurs évènements qui mettent à nu les
oppositions d’intérêts économiques, politiques, culturels, stratégiques des deux Grands.
Dès lors, comment se caractérise la période de 1947-1953 et comment analyser les mobiles, les aspects
et l’impact des crises de cette période ?
En 1948, l’Allemagne cristallise à nouveau les oppositions et une grave crise éclate à cet effet : la
première crise de Berlin. Comment en est-on arrivé là ?
Ni à Yalta, ni à Potsdam, les Alliés ne réussissent à s'accorder sur le devenir de l'Allemagne politique
économique et les réparations ou l'instauration d'un embryon de gouvernement central allemand. Contrairement
à Staline qui veut affaiblir l’Allemagne, les Occidentaux veulent relever le pays. La cause profonde du blocus de
Berlin se trouve donc dans les faiblesses inhérentes à ce régime d'occupation quadripartite qui fonctionne
mal et cela aboutit à la création de la bizone américano-britannique le 1er janvier 1947 qui constitue un
abandon de la gestion quadripartite qui nullifie les accords de 1945.
Les causes immédiates du blocus sont les initiatives prises début 1948 par les Occidentaux en vue
d’instaurer un état allemand sur leurs territoires d'occupation et l’introduction d’une nouvelle monnaie commune,
le Deutsche Mark le 20 juin 1948, en remplacement de la Reichsmark. Par cette réforme monétaire, les
Occidentaux détachent économiquement leur trizone de la zone soviétique.
Les actions des Occidentaux entraînent une réaction sans appel des Soviétiques notamment la création
du Parti Socialiste unifié d’Allemagne (SED) dans leur zone. Le 22 juin 1948, ils remettent le Reichsmark en
circulation. Le 23 juin 1948, Staline décide le blocus terrestre en bloquant la circulation routière, ferroviaire
vers Berlin-Ouest.
Pour ravitailler la population de Berlin-Ouest, Lucius D. Clay (gouverneur militaire américain pour
l’Allemagne) et Robertson organisent le pont aérien. Pendant onze mois, ils mobilisent 2 500 000 tonnes de
vivres aux Berlinois et Staline se retrouve pris dans son propre piège du fait du contournement de son blocus.
Finalement, le 12 mai 1949, l’URSS lève son blocus. Quelles conséquences en découlent de cette crise ?
La première crise de Berlin fut à l’origine d’une foultitude de conséquences dont la division de
l’Allemagne en deux États antagonistes. Le 8 mai 1949, on assiste en effet à la création de la République
Fédérale d’Allemagne (RFA ou BDR en allemand) ayant pour capitale Bonn sous la direction du parti chrétien
démocrate (CDU) de Konrad Adenauer. En réponse, le 7 octobre 1949, la République Démocratique
d’Allemagne (RDA ou DDR en allemand) est créée par les Soviétiques.
Par ailleurs, en secret, les deux Grands signent un accord tacite pour éviter un affrontement armé entre
eux. Mais, la situation de Berlin demeure à l’aune de cette période, l’objet de germes d’un nouveau conflit qui
arrivera en 1958 : la deuxième crise de Berlin.
Au terme de la Seconde Guerre mondiale, la Corée est divisée en deux parties au niveau
du 38e parallèle avec de part et d’autre la République démocratique populaire de Corée au Nord, sous
influence communiste et la République de Corée au Sud, sous influence occidentale.
Document 1 :
Source : [Link].
De 1910 à 1945, la Corée est une colonie japonaise. Associée à la défaite du Japon en 1945,
elle est libérée par les Soviétiques et les Américains qui se la partagent en deux zones d’occupation
séparées au 38e parallèle. Le 25 juin 1950, les Nord-Coréens attaquent la Corée du Sud. Forts de
600 000 soldats, ils peuvent compter sur une préparation militaire plus efficace que celle des militaires
du Sud. L’effet de surprise escompté est réussi. Aussitôt, les Nations Unies condamnent l’agression
militaire et décident l’envoi d’une force internationale pour soutenir la Corée du Sud et rétablir la
paix. L’armée onusienne, placée sous le commandement du général américain Mac Arthur, entame
une contre-offensive le 15 septembre.
La contre-offensive onusienne avance très rapidement. Elle parvient à reprendre Séoul et à franchir
le 38e parallèle pour traverser le territoire nord-coréen jusqu’à la frontière chinoise. Soutenus par des volontaires
venus de la Chine communiste, les Nord-Coréens reprennent l’offensive le 26 novembre 1950. Ils obligent la
force onusienne à se replier loin derrière le 38e parallèle. Accablée, cette dernière se plaint de la perte et de la
destruction de la majorité des villes de Corée du Sud.
En février 1951, la Chine est condamnée pour agression par l’ONU. Pour apaiser la situation, le
général Mac Arthur, partisan d’une nouvelle offensive, est remplacé par le général Ridgway. Ce dernier s’en
tient à une guerre de position. Les longues négociations trouvent finalement une issue à la mort de Staline. Le
27 juillet 1953, un armistice est signé sur le 38e parallèle : les deux Corée sont reconnues par les États-Unis
et l’URSS.
C. Le bilan de la guerre
La guerre de Corée constitue le conflit le plus meurtrier de la seconde moitié du 20e siècle. Si le camp
occidental doit déplorer la mort de 38 500 soldats de la force onusienne et 70 000 Sud-Coréens, les Nord-Coréens
et les Chinois dénombrent plus de 2 millions de personnes tuées, militaires et civils confondus. On revint encore
au 38e parallèle jusqu’à nos jours armements, les pactes militaires se prolongent en Asie avec l’OTASE, la côte
Ouest américaine se développe, les USA cessent de considérer le Japon comme ennemi, en font un porte avion
naturel en Asie orientale.
Objectifs spécifiques
- Analyser les origines de la coexistence pacifique
- Décrire les manifestations de la coexistence pacifique
Introduction
De 1953 à 1962, les relations Est-Ouest connaissent une situation inédite marquée par une accalmie
entre les deux Grands que Nikita Sergueïevitch Khrouchtchev qualifie de Coexistence pacifique et les
Occidentaux de Dégel.
Comment se caractérise cette période ? Quelles furent les tentatives qui montrent cette coexistence
pacifique ?
I. LES ORIGINES
Entre 1955 et 1962, les relations diplomatiques entre les deux Grands changent car on assiste à un
nouveau climat international se manifestant sur plusieurs plans. Ce premier condominium a surtout lieu lorsqu’en
1956, les deux Grands s’unissent pour défendre l’Égypte de Abdel Gamal Nasser sur la crise du canal de Suez.
Cette période a été caractérisée par une série d'accords qui vont engendrer une baisse des tensions. On
peut citer entre autres : la signature de l'armistice de Pan Mun Jun en 1953 sur initiative des deux Grands et
l'ONU. La multiplication des contacts diplomatiques, la rencontre à Berlin en 1954, la reconnaissance de la RFA
par l'URSS en 1955, la dissolution en 1956 du Kominform, la visite officielle aux USA et en 1960 à Paris,
l’adhésion de l'URSS à l'UNESCO en 1954, la rencontre entre John Kennedy et Khrouchtchev en mai 1961 à
Viennes consacrent la Coexistence pacifique.
Alors qu’on aurait pu croire la guerre froide terminée, celle-ci menace spécialement son « épicentre »,
Berlin, à partir du 27 novembre 1958 et affecte désormais les mondes extra-européens.
Dès 1948, l’ancienne capitale du Reich hitlérien constitue un enjeu fondamental entre l’Est et l’Ouest.
Cette ville représente depuis son partage une « tumeur cancéreuse qui doit être extirpée » pour la RDA. De plus,
l’exode quotidien de milliers de personnes fuyant légalement la RDA vers la RFA constitue, pour la RDA, une
hémorragie humaine insupportable et dangereuse pour son économie d’autant plus que depuis 1949, Berlin Est
s’est vidé de presque 3 millions d’habitants en partance à l’Ouest de la ville ou en exil, occupé par les Américains,
les Français et les Britanniques.
En 1960, à cause d’un incident diplomatique très grave, l’affaire de l’avion espion américain U2 abattu
par l’URSS, Khrouchtchev. En novembre 1961, Monsieur « K » lance un ultimatum aux Occidentaux pour
accorder à Berlin le statut de ville libre, ce qui signifierait la division officielle et définitive de l’Allemagne. Les
Occidentaux rejettent cet ultimatum.
En octobre 1961, il ordonne des excuses publiques aux Américains à Washington et vint marteler des
menaces à l’égard des Occidentaux lors de l’Assemblée générale de l’ONU et la crise s’accélère. Comment se
manifeste-t-elle concrètement ?
B. LE DÉROULEMENT
Deux grandes étapes marquent la deuxième crise de Berlin. D’abord, le Gouvernement d’Erich
Honecker prend des mesures car dès le 13 août 1961, les règles de déplacement des populations entre les deux
parties de la ville sont définies et un système de contrôle strict entre les deux Berlin prend effet. Les Berlinois de
l’Est devront désormais disposer d’autorisations spéciales pour se rendre l’autre côté.
Ensuite, au terme de trois ans de tensions, la construction par les soldats du mur de Berlin dans la nuit
du 12 au 13 août 1961 est décidée pour stopper la fuite des Est berlinois vers l’Ouest de la ville, avec seulement
deux points de passage comme Check Point Charlie par exemple. Le « mur de la honte » est condamné
verbalement par l’autre M « K », le président John Fitzgerald Kennedy qui, à Berlin déclare le 23 juin 1963 face
au mur : « Ich Bin ein Berliner ! » (Je suis un Berlinois). Ce mur d’une quarantaine de km renforce et complète
le « rideau de fer » qui partage en deux l’Europe. Ce mur engendre plusieurs conséquences.
Avec la construction du mur de Berlin, on assiste à la fin de l’exode des populations est-berlinoises vers
Berlin-Ouest et la RFA. La question allemande est le symbole même de la guerre froide en Europe.
La deuxième crise de Berlin démystifie le modèle soviétique. Pourtant, le monde va sombrer dans une
crise beaucoup plus grave que toutes les précédentes : la crise des fusées de Cuba.
Les évènements précurseurs de la crise des missiles de Cuba commencent en 1956 avec un jeune
nationaliste Cubain, Fidel Castro et ses hommes se mettent à combattre le régime dictatorial pro-américain
Fulgencio Batista. Le 31 décembre 1958, Il s'enfuit aux États-Unis et Fidel Castro, appuyé par Che Guevara
arrive au pouvoir à la tête d'une guérilla soutenue par la majorité des Cubains le 1er janvier 1959.
Le 15 avril 1961 les troupes américaines débarquent dans la « baie des cochons » pour appuyer un
groupe de conservateurs cubains anti-Castristes qui échoue. Castro entreprend alors une réforme agraire le 17 mai
1959 qui indexe la United Fruit Company, multinationale usa qui pille Cuba. Après cet échec, Cuba adhère au
CAEM. Menacé d’asphyxie, Castro se tourne alors vers l’URSS et s’aligne sur le bloc communiste et l’île devient
une nouvelle « démocratie populaire ». Un quasi protectorat américain passe au communisme, en violation de la
doctrine de Monroe de « l’Amérique aux Américains ». Après l’adhésion de Cuba au camp soviétique en juillet
1960, M. K. lance l’opération Anadyr en mai 1962 consistant à l’installation des fusées à la Havane.
Document unique :
En octobre 1962 éclate la crise des fusées après la découverte des rampes de lancement pour missiles à
moyenne portée capables d'atteindre le territoire américain à Cuba. Ne pouvant accepter le déchargement des
cargos soviétiques avec des bombes atomiques à Cuba, le président américain John KENNEDY ordonne le
blocus naval de l'île de Cuba ce qui entraine de vives tensions entre les deux Grands.
A la suite d'intenses négociations sous l'égide de l'ONU, Khrouchtchev s'incline et retire ses missiles.
En contrepartie, les américains promettent de lever le blocus, de ne pas attaquer Cuba et de démanteler leurs bases
navale et aérienne en Turquie. Cette crise a révélé la crainte de l'utilisation de l'arme nucléaire. Les EU renforcent
leur embargo sur les produits cubains notamment le sucre. Les deux pays optent pour la création en 1963 d’une
Le règlement pacifique de la crise de Cuba renforce le dialogue entre l'Est et l'Ouest. Une nouvelle ère
s'ouvre entre les deux blocs et poursuit le dégel amorcé depuis 1953. C'est la détente, phase de la guerre froide
s'étendant entre la crise des missiles de Cuba de1962 et la « guerre fraîche » de 1975.
Comment s’explique-t-elle ? Comment ce nouvel espoir s'est-il manifesté ? A-t-il vraiment garanti la
paix ou, au contraire, la "Détente" n'est-elle qu'une pause dans la guerre froide ?
Avec la crise de Cuba en 1962, Américains et Soviétiques prennent conscience de la nécessité du dialogue
direct en cas de crise. Ainsi les deux grands décident de cogérer les affaires internationales. De ce fait, la Détente
a des origines multiples notamment : l’équilibre de la Terreur (la détention de la bombe A en 49, bombe H en
53, fusées intercontinentales, satellite artificiel Spoutnik en 1957 par l’URSS), le changement de dirigeants de
part et d’autre (Leonid Brejnev puis de Johnson puis Richard Nixon) qui amorcent un apaisement, les difficultés
internes dans chaque camp (contestation de la France qui se retire de l’OTAN en 1966, les voyages de De Gaulle
à Phnom Penh, la remise en cause du dollar, le problème noir et la guerre du Vietnam, la Chine qui se sinise,
les populaires et les difficultés économiques permanentes liées aux rigidités du système, aux disfonctionnements
du CAEM l’illustrent).
Dès 1963 le « téléphone rouge » est installé entre la Maison Blanche et le Kremlin. Il permet une relation
directe entre les deux supers puissances. Les deux grands s'entendent pour limiter la fabrication de l'armement.
Plusieurs traités codifient désormais la course aux armements. Ainsi en août 1963 la signature d'un traité entre
l'URSS et les USA interdit les expériences nucléaires dans l'atmosphère pendant que les échanges économiques
Est-Ouest s’amplifient.
En juin 1968 est signé à Genève un traité de non-prolifération des armes nucléaires entre les deux grands.
En mai 1972 Moscou et Washington signent à Moscou les accords SALT 1 (stratégie Arms Limitation Talk) qui
visent la limitation des armes de destruction massive. On assiste à l'intensification des échanges économiques
entre les deux blocs. Ainsi, l'URSS livre à l'occident son gaz et son pétrole et reçoit en retour des capitaux et des
livraisons de céréales. Au niveau technologique, la coopération spatiale progresse entre l'URSS et les USA. La
Chine est admise à l'ONU en 1971. Richard Nixon se rend à Pékin l'année suivante, inaugurant ainsi une nouvelle
diplomatie : "la diplomatie Triangulaire", incluant aussi bien Moscou que Pékin. Le chancelier de la RFA, Willy
Brandt entame une politique d'ouverture vers l'Est : c’est l'Ostpolitik permettant aux deux Allemagnes (RFA et
RDA) d’harmonisent leur relation et la coopération à travers une série de traités : le Traité de Moscou (10 août
1970) qui reconnaît les frontières issues de la guerre, se reconnaissent 1972 et entrent à l'ONU en 1973. L’apogée
de la Détente arrive avec la signature des accords d'Helsinki le 1er août 1975.
III. LONSEQUENCES
Il reste que la "Détente" s'offre comme un moment aux conséquences incalculables car elle donne une
grande ouverture aux pays communistes à l'économie de marché; elle accélère la décolonisation et
l'émancipation politique du Tiers-Monde. En ce sens, la "coexistence pacifique" est l'annonce d'un "monde
nouveau.
Conclusion : La Détente n'est qu'un espoir de paix constamment menacé par la surenchère
idéologique ou les conflits régionaux imprévisibles. Rien d'étonnant alors si la fin des années 70 marque le retour
des tensions, l'avènement de la "guerre fraiche", avatar d'une "guerre froide" qui n'avait jamais totalement
disparu des esprits.
La guerre du Vietnam également appelée deuxième guerre d'Indochine, guerre civile vietnamienne
ou guerre des dix mille jours par les Vietnamiens fait suite à la guerre coloniale d’Indochine. Elle met aux prises
une armée américaine suréquipée et des maquisards Vietcongs sous équipés mais déterminés entre 1959 et 1975
et oppose le Vietnam du Sud de Ngo Dinh Diêm, au Vietnam du Nord d'Hô Chi Minh et aux mouvements
indépendantistes du sud, aidés par la Chine et l’URSS.
A. Les origines
C’est pour défendre la paix, l’unité, l’indépendance et la démocratie que, durant neuf
longues années, notre peuple, notre armée, nos cadres et notre gouvernement ont, d’un même
cœur, enduré de nombreuses souffrances, surmonté toutes les difficultés, mené avec
acharnement la guerre de résistance et remporté d’éclatantes victoires. [...]
La lutte de notre délégation à Genève [...] a été couronnée d’un grand succès : la
reconnaissance par le gouvernement français de notre indépendance et souveraineté nationale,
de notre unité et intégrité territoriales et son engagement à retirer ses troupes hors de notre pays
[...]. Pour rétablir la paix, les deux parties doivent, avant tout, observer le cessez-le-feu. [...]
Après le cessez-le-feu, nos troupes seront regroupées dans le Nord, et les forces françaises dans
le Sud […].
Pour remporter la victoire, il importe que le peuple, l’armée et les cadres, du nord au
sud, resserrent leurs rangs et réalisent l’unité de pensée et d’action. […] Nous consoliderons la
grande amitié qui nous unit à l’Union soviétique, à la Chine et aux autres pays amis. [...] Je
demande à tous les compatriotes, combattants et cadres de suivre strictement la ligne politique
du parti et du gouvernement [...].
La guerre du Viêt Nam trouve son origine lointaine dans la guerre d’Indochine de 1946-1954, conflit
qui naquit de situations conflictuelles à effets domino opposant la France à la Ligue pour l'indépendance du
Viêtnam du leader révolutionnaire Hô Chi Minh. Par ailleurs, les accords de Genève du 21 juillet 1954 ne
mettent fin à la présence française au Vietnam. La principale cause de cette guerre provient du découpage du
Vietnam au 17e parallèle réalisé à la fin de la guerre d’Indochine qui ne débouche pas comme prévu sur la
réunification des deux Viêtnam mais sur une exacerbation des rivalités. Cette séparation favorise un régime
autoritaire au Sud-Vietnam incarné jusqu'en 1963 par le président Ngô Dinh Diêm. Le mouvement insurrectionnel du
front national de libération (Viet Cong) qui se bat pour la réunification du Vietnam n'est donc pas seulement
idéologique, il est aussi structurel, conjoncturel et inévitable.
Document unique :
L’incident du golfe de Tonkin en 1964 marqué par l’attaque d’un destroyer américain en croisière
d’espionnage dans la zone du golfe de Tonkin par des vedettes nord vietnamiennes fournit au président Johnson
le prétexte à un engagement militaire massif contre les Nord-Vietnamiens. En vertu de la "théorie des dominos",
les USA décident de passer de l’engagement limité à un engagement illimité. Ainsi, entre 1961 et 1963, 17 000
"conseillers militaires" sont envoyés au Vietnam du Sud pour encadrer l’armée du Vietnam du Sud. Elles
accumulent raids et représailles. En 1967, on compte 500 000 soldats américains engagés dans le conflit avec
des moyens colossaux à leur disposition.
En janvier 1968, les maquisards Vietcongs lancent une grande offensives dite "offensive du Têt" (nouvel
an vietnamien, 1er février) sur les villes du sud, les bases américaines et ils entrent même dans Saigon, pour être
finalement repoussés. Le nouveau président américain, Richard Nixon, entame à partir de 1969 un lent
désengagement des forces terrestres américaines, qui passent de 500 000 à 50 000 hommes et le conflit se
vietnamise. En mars 1972, l’armée nord-vietnamienne lance une offensive générale sur le 17e parallèle. Pour
négocier en position de force, Nixon décide aussi le bombardement de la piste Hô Chi Minh, qui, du
Nord Vietnam, à travers le Laos et le Cambodge oriental, approvisionne les maquis du Vietnam du sud.
Les Nord-vietnamiens démontrent leur esprit de combativité, malgré l’écrasante supériorité
technologique américaine. Avec violence et terreur, les Américains fouillent les villages et massacrent les
populations en larguant le napalm (une épaisse essence qui provoque des malformations) mais perdent la guerre.
Elles sont à la fois politiques, économiques, humaines et morales. Ainsi, sur le plan politique,
l’opposition à la guerre se développe aux USA et favorise le développement du "syndrome vietnamien"
Sur le plan économique, cette guerre est extrêmement coûteuse (des centaines de milliards de
dollars, soit 3 % du PNB américain), occasionne les déficits et l’inflation et le dollar se déprécie suite
à une diminution assez importante des réserves d’or américaines.
Sur le plan matériel, la destruction des villes et des villages, ponts, aéroports et les ports et la
destruction des surfaces agricoles entraînant la baisse des rendements agricoles, une pénurie alimentaire dans
les deux Vietnam.
Sur le plan humain, et moral, cette guerre suscite émoi dans l’opinion américaine et internationale
; la guerre révèle les souffrances des soldats américains et les souffrances des populations
vietnamiennes, favorisant la propagande pacifiste. Les manifestations gigantesques ont lieu aux États-Unis
et dans le reste du monde, qui critiquent cette « sale guerre ». Pour les États-Unis, c’est une humiliation, un
désastre politique : tout le Viêt Nam est désormais communiste, et la guerre a considérablement entamé le
prestige de la superpuissance qui s’enfonce dans une période de doutes.
Conclusion
En 1954, après neuf ans de guerre, les accords de Genève mettent fin à l’Indochine française.
Le Vietnam est alors partagé entre le Nord, sous domination communiste et soutenu par la Chine et
l’URSS, et le Sud, sous influence occidentale. Les deux États s’engagent dans une guerre civile féroce.
Très vite, les États-Unis interviennent, bombardant les villes du Nord et luttant contre la guérilla
communiste dans le Sud. En 1975, le coût et l’impopularité de la guerre entraînent le retrait des forces
américaines et la victoire finale des communistes.
J’ai mis en œuvre un plan visant à entraîner les Sud-Vietnamiens et à retirer les forces américaines, pour
arrêter notre implication dans cette guerre dès que les Sud-Vietnamiens seraient en mesure de défendre
leur pays contre l’agression communiste. […] Je sais que certains pensent que je devrais arrêter cette
guerre tout de suite, sans me préoccuper de ce qui arrivera au Sud-Vietnam. Ce serait abandonner nos
amis. […] Je comprends les inquiétudes nombreuses qui s’élèvent dans tout le pays, attisées par les
rapports concernant des actes brutaux commis par nos troupes au Vietnam. […] Nous devrions être très
fiers de nos soldats. Ils méritent notre admiration et notre reconnaissance. Notre façon de leur prouver
cette reconnaissance, c’est de mettre fin à notre participation à cette guerre, pas dans l’échec ou la défaite,
mais en accomplissant nos objectifs : un Sud-Vietnam libre de déterminer son propre futur et une
Amérique non plus divisée par la guerre mais unie dans la paix. […] Mettre fin à la guerre, mais d’une
façon qui renforcera la confiance que le monde entier a envers les États-Unis.
Objectifs spécifiques
Contrairement à la Détente, la décennie 1975-1985 est marquée par une période de tensions plus vives
entre les deux Grands que Leonid Brejnev qualifie de « Guerre fraiche », période marquée par une multiplication
des tensions et crises politico-militaires dans le monde, notamment dans le Tiers-Monde.
Comment s’explique les origines de la guerre fraiche ? Ses grandes phases et quelles en sont ses
retombées ?
Les débuts de la Guerre fraîche s'explique par la politique agressive que mène l'URSS en Asie (toute
l’Indochine passe sous l’influence de Moscou) et en Afrique, considérée jusque-là comme une chasse gardée
occidentale ; elle profite des troubles liés aux dernières décolonisations, en particulier dans les anciens territoires
portugais (Guinée-Bissau, Mozambique, Angola…où elle achemine des milliers de soldats) et en Ethiopie où
un régime pro-soviétique remplace le Négus. Cette politique choque les Etats-Unis tant elle bouleverse
l’équilibre international. Par ailleurs, la Guerre fraîche est sous-tendue par le déclenchement de la "bataille des
euromissiles" et l'invasion de l'Afghanistan par l'armée soviétique. Enfin, il y a surtout le repli américain
consécutif à l’échec américain au Vietnam et le scandale du Watergate qui contraint le président américain
Richard Nixon à démissionner en aout 1974.
En déployant en Europe de l'Est des missiles "SS 20" à partir de 1976, l'URSS rompt l'équilibre des
forces en Europe. Le 12 décembre 1979, les pays de l'OTAN décident de développer des programmes de missiles
équivalents, les "Pershing", installés en 1983 : c’est la crise des euromissiles caractérisée par l’America is back
de Ronald Reagan en remplacement de Jimmy Carter en 1980 qui augmente le budget militaire (2200 milliards
de dollars pour la modernisation et l'accroissement de l'armement conventionnel et stratégique). On assiste au
lancement du programme de construction de satellites anti-missiles appelé « guerre des étoiles », l’Initiative de
Défense Stratégique (IDS) lancée le 23 mars 1983 visant à édifier un bouclier spatial contre les armes nucléaires.
Ils actionnent les embargos céréaliers, l'interruption de la coopération technique ; et enfin le boycottage des jeux
olympiques de Moscou en 1980.
Les USA renouent avec la politique du Big Stick en devenant beaucoup plus interventionnistes comme
Grenade pour contrer un coup d’Etat, soutiennent des mouvements de guérilla anti-communistes en Angola avec
l’UNITA et aident Augusto Pinochet à renverser Salvador Allende au Chili.
L’URSS ayant à nouveau en face d’elle un partenaire puissant, un nouvel équilibre est créé : il peut
permettre une amélioration des relations entre les deux Grands.
Ronald Reagan a redoré l’image bafouée de l’Amérique depuis la défaite de la guerre du Vietnam et
pendant ce temps, l’URSS sombre dans des difficultés économiques très graves et s’essouffle peu à peu pour
avoir trop dépensé dans sa politique militaire agressive au Tiers-Monde au détriment des autres secteurs d’activité
du pays.
Déjà incapable de tenir et de rivaliser les USA dans la course aux armements, l’URSS de Mikhaïl
Gorbatchev initie une série de rencontres à Genève en 1985 puis à Reykjavik en 1986 et à Moscou en 1988.
Objectifs spécifiques
Le 11 mars 1985, après la mort de Konstantin Tchernenko, Mikhaïl Gorbatchev, à 54 ans seulement
arrive au pouvoir comme secrétaire général du PCUS, en rupture avec la gérontocratie qui semblait s’installer au
pouvoir en URSS depuis 1917.
Dès lors, en quoi cette arrivée occasionne-t-elle la Nouvelle détente Est-Ouest ? Comment celle-ci se
déroule et qu’est-ce qui provoque la chute de l’URSS ?
A son arrivée au pouvoir, Mikhaïl Gorbatchev hérite « d’une patate chaude » de Leonid Brejnev et de
ses prédécesseurs éphémères (Youri Andropov et Konstantin Tchernenko) n’ayant pas su redressé l’URSS
asphyxiée par d’énormes difficultés économique et financière liées au poids écrasant du budget militaire de
l’hégémonie mondiale et les difficultés du système soviétique en panne. Autant de choses qui forcent Gorbatchev
à abandonner la politique de surexpansion de l’URSS au Tiers-Monde et sa compétition avec les USA pour
régénérer le communisme.
La Perestroïka7
C’est une réforme radicale dans tous les domaines qui déborde à la fois sur l’économie et embrasse la
société, le système politique et les relations internationales qui exigent la coopération avec l’Ouest. Elle favorise
une démocratisation du parti politique (pluralisme idéologique, multipartisme), et met en danger la Nomenklatura
et la bureaucratie qui s’y opposent car elle promeut le mérite. Les Américains approuvent cette politique et cela
vaut à son auteur une reconnaissance avec le Prix Nobel de la paix en 1990.
La Glasnost
Elle exige la levée partielle du contrôle de l’Etat sur la presse (cas de l’accident nucléaire de Tchernobyl
en 1986), suppression de la censure, rétablissement de la vérité historique.
Quelque temps dès l’arrivée au pouvoir de Gorbatchev, un retour au dialogue et des négociations
s’instaurent entre les deux Grands. Gorbatchev évoque la « Maison commune européenne », dénucléarisée et
7
C’est une révolution des mentalités, des structures administratives, des organisations économiques cherchant à détruire
les privilèges pour récompenser les mérites. Elle est donc fondée sur un double choix : la pause externe comme moyen
d’une relance interne.
COURS D’HISTOIRE NIVEAU TERMINALE PAR M. Ferdinand NDANGA Page 33
neutralisée. Ils décident d’éliminer tous les missiles présents en Europe dans un délai de trois ans : c’est l’« option
zéro », premier réel traité de désarmement. En 1987, ils signent les accords de Genève sur la limitation des
armements, le Traité de Washington sur les euromissiles est signé, la visite réciproque des deux chefs d’Etat dans
les deux pays, les accords de Malte (réduction de 50% des armements stratégiques) sont signés, le retrait des
troupes soviétiques en Afghanistan en 1989, la fin des conflits périphériques, la démocratisation des élections en
URSS, la libération des dissidents comme Sakharov sont effectifs. La chute du mur de Berlin le 9 novembre
aboutit à la réunification de l’Allemagne en octobre 1990.
A partir de 1989, la contestation du modèle soviétique se développe partout dans les démocraties
populaires et se propage partout car un malaise généralisé réveille les populations civiles et déborde sur les
dirigeants soviétiques qui sont dépassés. La libéralisation politico-économique entamée par Gorbatchev a
contribué à la désagrégation de l’empire soviétique en réveillant des nationalismes endormis avec, en toile de
fond, l’indépendance des républiques baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie annexées en 1940).
Les deux politiques sont un échec car la liberté d’entreprise et l’initiative ne font pas partie de la culture
soviétique. Peu à peu, les pays du bloc soviétique se détachent de l’URSS, conduisant à la fin du PCUS. Après
avoir échappé à un coup d’Etat mené par l’armée et les apparatchiks du PCUS, Gorbatchev démissionne le 25
décembre 1991 et l’URSS disparait le lendemain en lieu et place de la Russie dont dirige Boris Eltsine. La
Perestroïka a cassé les mécanismes de l’économie planifiée et a disloqué l’empire soviétique.
Conclusion
Introduction
La décolonisation est un processus politique par lequel les anciennes colonies accèdent à l’indépendance
et ce mouvement s’est intensifié au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et le Gabon, pays colonisé par la
France n’échappa pas à cette mouvance indépendantiste.
Dès lors, comment analyser ce processus lorsqu’on connait l’enchevêtrement des forces centrifuges pour
la jeune nation gabonaise ? Quelles sont les étapes de ce phénomène au Gabon ?
De façon globale, la décolonisation du Gabon s’inscrit dans un vaste processus d’ensemble qui touche tous
les empires coloniaux au lendemain de la Seconde Guerre et est consécutive aux causes internes ou endogènes
et aux causes externes ou exogènes.
Parmi les causes de la décolonisation du Gabon, nous pouvons citer entre autres : la perte de prestige et
l’affaiblissement de la France après 1945, l’apport multiforme des colonies durant la guerre, la débâcle française
en Indochine et le soulèvement du peuple algérien qui fragilisent la domination française au sein de ses colonies,
l’anticolonialisme des deux Grands, le rôle de l’ONU qui réaffirme « le droit des peuples à disposer d’eux-
mêmes » à travers sa charte, les répercussions de la conférence de Bandung de 1955 dans les colonies.
Elles sont liées au mécontentement des peuples face aux abus des colons (travaux forcés, impôts,
brimades), l’instruction de l’élite locale indigène (René Paul Souzate, Charles Bakissi, Jean Hilaire Aubame
Eyeghe, Paul Indjedjet Gondjout, Léon Mba Minko…) déjà au fait des droits de l’Homme au Gabon où se crée
un nombre de mouvements politiques nationalistes réclamant des réformes à l'origine des soulèvements et des
révoltes matées violemment, la volonté du Gabon de se démarquer de la domination du Congo-Brazzaville.
À cela, s’ajoute le rôle crucial des religions de combats implantées dans le pays (l’Islam, le
Kimbanguisme et le Matsouanisme) qui promeuvent l’amour envers autrui sans distinction. Or, derrière la mission
civilisatrice, se cachaient une exploitation économique des colonisateurs, une inégalité sociale et juridique. Avec
autant de griefs, la colonisation avait donc les germes de sa propre destruction.
Si certains pays sont passés par la violence à l’arraché (Algérie, Indochine…) pour être indépendants, le
Gabon a obtenu la sienne par négociation ou par consentement au cours de cinq phases notamment la Conférence
de Brazzaville de 1944, l’Union française de 1946, la loi-cadre Gaston Defferre du 23 juin 1956, la
Communauté française et le référendum de 1958. De ce fait, la mise en place de l’Union française8 le 27
septembre 1946 avait pour mission de permettre aux colonies d’élire les députés au Parlement français. Le 15
décembre 1946, le Gabon élit une Assemblée composée de Jean Hilaire Aubame, Mathurin Anguilé, René
8
L’Union française fut une organisation politique de la France et de son empire colonial créée par la Constitution
de la Quatrième République.
Cours d’Histoire-Géographie Terminales, par M. Ferdinand NDANGA Page 35
Paul Sousatte, Paul Indjendjet Gondjout, Edouard Mosssot, Paul Evouna, Paul Flandre et Régnault
représentent le Gabon dès 1947 à cet effet. À la suite de l’Union française, on assiste à la mise en place de la loi-
cadre Defferre9 qui établit une décentralisation du pouvoir de la métropole vers les territoires de l’Union
française et une déconcentration administrative. Suite aux élections organisées au Gabon le 31 mars 1957, le
Bloc Démocratique Gabonais de Paul Gondjout, l’Union Démocratique et Sociale Gabonaise de Jean Hilaire
Aubame et une liste d’indépendants, Paul Gondjout devient Président de la nouvelle Assemblée et traite avec la
France du transfert des pouvoirs avant l’entrée en scène de son Co-leader Léon Mba qui, alors maire de Libreville
en 1957, fut élu par l’Assemblée Territoriale, Vice-président du Gabon.
Cependant, le 1er juin 1958, l’arrivée de Charles de Gaulle au pouvoir accélère la décolonisation de
l’empire français et remplace la loi-cadre Defferre par la Communauté française10. Sans perdre de temps, il
convoque aux urnes les peuples africains le 28 septembre 1958 pour le référendum afin d’accepter ou de refuser
la nouvelle Constitution qu’il propose. Le OUI l’emporte largement au Gabon. Le 19 février 1959, le Gabon vote
sa première Constitution. C’est le 17 août 1960 que le Gabon devient indépendant et en 1961, Léon Mba est élu
Président de la République le 12 février 1961 pour 7 ans.
9
A l’initiative de Gaston Defferre et Félix Houphouët-Boigny, c’est la loi n°56-619 du 23 juin 1956 autorisant le
gouvernement français à mettre en œuvre les réformes et prendre les mesures propres à assurer l’évolution des territoires
sous domination.
10
La Communauté française fut créée en 1958 et est l’association politique entre la France et les Etats de son empire
colonial, alors en voie de décolonisation. Elle remplace l’Union française.
COURS D’HISTOIRE NIVEAU TERMINALE PAR M. Ferdinand NDANGA Page 36
LEÇON 2 : LA DECOLONISATION DE L’ALGERIE
Objectif spécifique
Introduction
L'Algérie est un territoire particulier de l'Empire colonial français au statut de département, la métropole la
considère comme un prolongement naturel du territoire métropolitain et abrite un melting-pot de peuples.
Dès lors, comment s’explique cette confrontation entre le FLN (front de libération nationale) et la France ?
Quelles sont les phases de ce conflit et quelles conséquences en découlent ?
I. Un contexte favorable
En 1954, la France doit accorder l'indépendance à l'Indochine, à l'issue d'un conflit terrible et à la défaite
de Diên Biên Phu. À peine le sort de cette ex-colonie est-il scellé que la métropole se trouve confrontée aux
insurrections en Algérie. L'enjeu pour la France est tout autre dans ce territoire au statut particulier. Il est
inconcevable pour le régime d'envisager la perte de ce joyau de l'empire colonial. Très rapidement, les évènements
dégénèrent dans une guerre qui ne dit pas son nom.
Du 1er novembre 1954 au 3 juillet 1962, une guerre très meurtrière éclate en Algérie, un territoire particulier,
la plus ancienne conquête coloniale annexé en 1830 et divisée en trois départements, qui sont gérés par le
ministère de l'Intérieur. Parmi les possessions françaises, la seule colonie de peuplement où vivent plus d'un
million de personnes d'origine européenne, les pieds-noirs. À côté de ceux-ci, on trouve neuf millions d'Arabes et
de Kabyles, c'est-à-dire de Berbères algériens (les Berbères sont les premiers habitants de l'Afrique du Nord à
l'Antiquité). Malgré le statut de citoyen accordé à tous en 1944, les inégalités demeurent profondes marquant la
vie économique et sociale et on signale une même représentativité à l'assemblée algérienne. Ainsi, les emplois
de fonctionnaires sont avant tout réservés aux colons ainsi que les meilleures terres, l'éducation, est réservée aux
pieds-noirs à la différence des jeunes arabes et kabyles dont le taux de scolarisation n'est que de 14 %. Ces inégalités
expliquent la naissance précoce d'un mouvement nationaliste. Celui-ci est à l'origine d'une montée de la
contestation et de la violence sensibles au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. L'insurrection et le début de
la guerre datent du 1er novembre 1954 avec la vague d'attentats (70 au total et sabotages touchant la population
civile européenne et indigène). On parle de la Toussaint rouge. L'objectif est clairement annoncé : obtenir
l'indépendance.
Document unique :
L'échec indochinois, l'obligation de défendre une population européenne et ses intérêts encouragent la
métropole à s'engager dans une lutte sans merci contre l'ALN. « L'Algérie c'est la France » déclare Pierre Mendès
France. Il est impossible de l'abandonner. Cependant, les opérations militaires demeurent difficiles à organiser face
à un ennemi qui combat en menant des actions de guérilla, en se cachant dans les zones montagneuses. Le pouvoir,
incapable de trouver de solution politique à la situation, décide également de laisser carte blanche à l'armée pour
décider des stratégies à adopter. Dès lors, l'engrenage de la violence est inévitable. La crise culmine en 1958. Des
manifestations ont lieu à Alger et un Comité de salut public est créé par les pieds-noirs pour s'opposer à l'idée des
négociations avec le FLN. La situation insurrectionnelle fait chanceler le régime politique. Le président René Coty
décide de nommer le Général de Gaulle président du Conseil qui exige, le 1er juin 1958, le changement de
constitution et de régime. La Ve République de De Gaulle oriente rapidement sa politique vers la négociation avec
le FLN.
Dès 1959, de Gaulle propose la voie de l'autodétermination aux Algériens. Un référendum est organisé le
8 janvier 1961 et est soutenu par une majorité de français. Mais les partisans de l'Algérie française se radicalisent :
l'OAS, l'organisation de l'armée secrète, est créée cette même année. Les accords d'Évian organisant
l'indépendance de l'Algérie sont finalement signés le 18 mars 1962. Elle devient officielle le 5 juillet.
Introduction
Du 18 au 24 avril 1955 en Indonésie, a lieu la Conférence de Bandung. Elle fait suite au mouvement de
décolonisation. Quelles sont les motivations de cette Conférence, ses acteurs, ses résolutions et sa portée ?
À l’initiative des cinq premiers pays indépendants : Inde, Pakistan, Ceylan (Sri Lanka), Birmanie et
Indonésie, la conférence de Bandung réunit les pays asiatiques et africains. Grâce à l’action de 5 personnages
charismatiques dont le premier ministre de l’Union Indienne Jawaharlal Nehru, Zhou Enlai, Abdel Gamal Nasser,
Sukarno (Indonésie) et Tito. Elle marque un tournant dans l’histoire de la décolonisation. Elle s’inscrit dans le
contexte historique marqué par l’extension de la guerre froide en Asie.
Les pays signataires ont manifesté le désir d’indépendance, la lutte des Arabes contre Israël ; la
condamnation de l’apartheid et lutte contre le sous-développement. Elle prend fin sur un accord de cinq principes à
savoir : respect de la souveraineté de tout Etat, égalité des Nations, non-agression, non-ingérence dans les affaires
intérieures, coexistence pacifique.
La détermination des pays du Tiers Monde par leur position stratégique et leur richesse n’échapperont pas
à la convoitise des deux blocs. Moscou fera des nouveaux États indépendants les relais de sa doctrine en Asie et en
Afrique. Malheureusement, à Bandung, trois tendances s’opposent : les non-engagés (Nehru et Nasser) condamnent
Conclusion
Au courant des années 1950, on assiste à un réveil de nouveaux États, ils le font à Bandung en Indonésie
en 1955 et condamnent le colonialisme et la guerre froide.
Introduction
Au milieu des années cinquante, les jeunes États issus de la décolonisation refusent de s’allier à l’un ou
l’autre camp. C’est de cette position de rejet de la logique de blocs que naît le non-alignement.
Comment est né ce mouvement, quelles sont ses actes et à quels handicaps s’est-il heurté ?
A. Origines et localisation
L’expression non-alignement vient du premier ministre indien Jawaharlal Nehru qui l’utilise en 1954 à
Colombo est une organisation internationale qui se définissent comme n'étant alignés ni avec ni contre aucune grande
puissance mondiale née le 1er septembre 1961. De ce fait, le refus de s’engager dans la guerre froide, le souhait de
rompre avec les puissances colonisatrices et de se développer rapidement, le désir de s’affirmer comme une force de
proposition dans les instances internationales, sont les principales motivations qui conduisent les nouveaux États
d'Afrique et d'Asie au « non-alignement ».
B. Les objectifs
Pour eux, le retrait du Tiers dans la logique des blocs peut constituer un fait pour arrêter l’extension de la
guerre froide. Les leaders soutiennent que le non-alignement est l’expression de l’affirmation de la présence du Tiers
Monde et de sa diplomatie dans la politique mondiale.
Conclusion
Au finish, de nombreux pays nouvellement indépendants épris de neutralisme finissent par créer le
mouvement des non-alignés, symbole de leur commune volonté vers la construction d’un monde multipolaire à la
faveur de la Conférence de Bandung de 1955 et celle de Belgrade en 1961.
Objectif spécifique
- Analyser les causes du renouveau démocratique en Afrique noire francophone
- Dresser l’état des lieux de la pratique de la démocratie en Afrique noire francophone
Introduction
À la fin des années 1980 et au début des années 1990, le règne des partis uniques semble révolu en
Afrique noire francophone. A la suite de l’ouverture des conférences nationales, les scrutins à des opposants
jusque-là écartés se multiplient sur le continent après le discours de la Baule, un cap vers le multipartisme est
franchi.
Dès lors, en quoi les années 1990 ont-elles été un tournant pour le renouveau démocratique en Afrique
noire francophone ?
Alors que pendant les 30 années précédentes, l’Afrique est gouvernée par des systèmes autocratiques
durs, (Idi Amin Dada en Ouganda, Jean Bedel Bokassa en Centrafrique…), au début des années 1990 cependant,
on assiste à un déferlement de démocratisations sans précédent dans les pays d’Afrique noire francophone.
Il est consécutif à une convergence de faits internes et externes notamment : la chute du mur de Berlin
en 1989, la Conférence nationale au Bénin11 et sa suite en Afrique, le discours tutélaire de la France à la Baule le
20 juin 1990 où François Mitterrand déclare « qu’il n’y a pas de développement sans démocratie et il n’y a pas
de démocratie sans développement », la recrudescence des régimes dictatoriaux mégalomanes, la prise de
conscience des d’étudiants, des syndicats contre ces régimes à l’origine des émeutes, des manifestations et des
11
Les émeutes qui naissent au Bénin mobilisent les étudiants, les professeurs d’université et fonctionnaires, rejoints par
plusieurs groupes religieux forçant le président Mathieu Kérékou la première conférence nationale souveraine en Afrique
noire francophone.
Nouveau cours d’Histoire-Géographie par. Ferdinand NDANGA Page 43
grèves dans nombre de pays, l'arrivée au pouvoir de Gorbatchev en URSS à l’origine de l’effondrement de
l’empire soviétique et du Vent de l’Est, entre autres.
Après la tempête et l’effervescence des démocraties en Afrique noire francophone des années 1990,
force est de constater qu’il y a de plus en plus de démocratures électives 12 et des démocraties molles où les
gens votent, possèdent des institutions comme une cour suprême mais où tout fonctionne mal, où le système est
corrompu, où les élections permettent de maintenir en place le clientélisme et le népotisme comme en RDC ou
au Kenya où les dirigeants s’agrippent au pouvoir en tripatouillant les constitutions débouchant sur la
contestation des résultats matés par l’armée comme le Gabon en 2016.
Depuis quelques années, on assiste à une fatigue du vote avec la montée de l’abstention pourtant, lors
des premiers scrutins, les gens vont voter mais, par la suite, ils se lassent, ne croyant plus que les élections
constituent un moment important de la vie politique. C’est le cas en Afrique centrale, citadelle par excellence
des démocratures électives et des démocraties molles et démocratures électives où le bœuvotantisme ethnique
reste d’actualité.
Ainsi, au Tchad, à Djibouti, au Togo ou au Gabon, aucune alternance politique n’a été observée depuis
l’instauration du multipartisme : Faure Gnassingbé et Ali Bongo Ondimba ont succédé à leur père avec la
bénédiction de la France, tandis qu’Ismaïl Omar Guelleh a pris la suite de son oncle.
Conclusion
Après le déferlement du Vent de l’Est, l’Afrique noire francophone est rentrée dans la mouvance du
multipartisme politique après un règne sans partage des régimes à partis uniques. Mais, de nos jours, la
démocratie demeure un simple effet à la mode en Afrique noire où les dirigeants en poste se sont mués en fins
stratèges aux entourloupes.
11. Il s’agit de régimes autoritaires ayant survécu aux vagues de libéralisme et d’élections multipartites comme en
Ouganda, au Rwanda, au Zimbabwe ou en Guinée Equatoriale).
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LEÇON 2 : LES ACQUIS ET LES LIMITES DE LA DEMOCRATISATION DE L’AFRIQUE NOIRE
FRANCOPHONE
Objectifs spécifiques
Introduction
La démocratie ayant pour vocation de protéger les citoyens contre l'arbitraire ou l'abus du pouvoir en
promouvant l’égalité des droits entre les citoyens, en Afrique noire francophone, de nombreux acquis ont été
constatés même si beaucoup reste à faire.
De ce fait, en quoi la démocratisation de l’Afrique noire francophone est-elle à l’origine de nombreux acquis ?
N’a-t-elle pas d’handicap dans cette partie du continent ?
Le mérite de l’instauration de la démocratie en Afrique noire francophone est d’avoir solennellement affirmé
le caractère universel des principes et règles qui fondent toute démocratie et qui s’articulent autour de la primauté du
suffrage universel, de la séparation des pouvoirs, de l’indépendance de la justice, de la garantie des libertés
d’expression et du respect des droits de l’homme.
Au-delà de certaines réalisations, il est possible de résumer les progrès ainsi réalisés en trois grandes
tendances : la consécration d’une démocratie constitutionnelle marquée par l’avènement d’une Constitution écrite
et adoptée par référendum, l’édification progressive de l’État de droit, l’organisation d’élections disputées et le
retour du pluralisme politique. Ce dernier a occasionné le renouvellement du personnel politique sans faire
disparaître les dinosaures pour autant et l’émergence d’une multitude d’associations appartenant à la société civile
devenue un levier de contre-pouvoir exerçant une forte influence sur le monde politique comme le mouvement « Trop
c’est trop » au Burkina Faso. L’Afrique est devenu un vaste chantier constitutionnel depuis le début des années 1990.
Document unique :
“Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire (…). Jamais il ne
s'élance vers l'avenir (...). Dans cet univers où la nature commande tout, l'homme reste immobile au milieu
d'un ordre immuable où tout est écrit d'avance. (…) Il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour
l'idée de progrès”.
Il y a de cela plusieurs décennies, Réné Dumont s’indigne et constate aux lendemain des indépendances que
« L’Afrique noire est mal partie ». En 2007, devant un parterre de chefs d’Etats africains médusés, Nicolas Sarkozy
fait un constat accablant l’Afrique. Pourquoi le continent africain a toujours du mal à consacrer l'idée de l'alternance
pacifique au pouvoir ? S’il y a bien un fait implacable et indubitable au-delà de tout ce qu’on dit, c’est que l’Afrique
noire n’a jamais vraiment compris la démocratie et ça explique pourquoi elle n’a jamais profité des fruits de la
démocratisation.
De ce fait, la démocratisation africaine se limite aux élections qui d’ailleurs ne sont ni libres ni équitables.
La démocratie en Afrique noire est le plus souvent réduite à la propagande électorale et à des élections. Réduire la
démocratisation au processus électoral constitue un obstacle majeur à la réalisation d’un progrès et d’un
développement réels. La lutte pour le pouvoir parmi les élites du pays prive, pour ainsi dire, le peuple de la
Pour y arriver, il faudrait : une éducation des masses car 80% des électeurs africains sont illettrés, naïfs
et ne votent souvent que par tribalisme et régionalisme. Le civisme n’est pas encore bien développé en Afrique.
Il convient également de noter que l’UA et la CEDEAO déploient aujourd’hui fréquemment des équipes pour
surveiller de manière indépendante les élections dans les pays membres.
Multipartisme et démocratie en Afrique noire ressemblent fort à un luxe car ici on ne pratique que «la
politique du ventre ». Elle doit lutter contre l’impunité, l’ethnicité, la peur, l’exclusion, développer le civisme,
reconnaître le mérite du travail. Voilà des attitudes qui feraient que la politique ne soit plus une carrière alléchante
pour s’enrichir.
Conclusion
En Afrique noire, la démocratie peine à éclore et en particulier en Afrique centrale où sommeille
d’innombrables dictateurs prêts à mourir au pouvoir. Pour s’en sortir, un accent doit être mis dans l’éducation
des jeunes et lutter contre le tribalisme.