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Histoire Terminale Progression de Septembre 2023 - Copie

Le document présente un cours d'histoire sur le monde depuis la Seconde Guerre mondiale, abordant son bilan humain, matériel, économique et moral, ainsi que la réorganisation politique qui en a découlé. Il décrit les nouveaux rapports de force avec l'émergence des États-Unis et de l'URSS comme superpuissances, et les conséquences de la guerre sur l'Europe. Enfin, il évoque les grandes conférences tripartites qui ont redéfini la géopolitique mondiale après le conflit.

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Le document présente un cours d'histoire sur le monde depuis la Seconde Guerre mondiale, abordant son bilan humain, matériel, économique et moral, ainsi que la réorganisation politique qui en a découlé. Il décrit les nouveaux rapports de force avec l'émergence des États-Unis et de l'URSS comme superpuissances, et les conséquences de la guerre sur l'Europe. Enfin, il évoque les grandes conférences tripartites qui ont redéfini la géopolitique mondiale après le conflit.

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HISTOIRE TERMINALE

LE MONDE DU MILIEU DU XXe SIECLE (1945) A NOS JOURS

Par Monsieur Ferdinand NDANGA, Professeur certifié d’Histoire-Géographie et d’Éducation civique


de Lycées et Collèges, Master en Histoire contemporaine, Option Relations internationales
Tél : [Link]/[Link]
ferdinandprnomnnang@[Link]

Cours d’Histoire-Géographie Terminales, par M. Ferdinand NDANGA Page 1


PROGRESSION DE SEPTEMBRE 2023
Chapitre 1er : Le bilan de la Seconde Guerre mondiale et la réorganisation politique
du monde
Leçon 1 : Bilan humain, matériel, économique et moral de la guerre
Leçon 2 : Les nouveaux rapports de force au lendemain de la guerre
Leçon 3 : Les grandes conférences tripartites (Téhéran, Yalta et Potsdam)
Leçon 4 : Les modifications territoriales au sortir de la Seconde Guerre mondiale
Leçon 5 : L’ONU (objectifs, organes de fonctionnement et spécialisés, œuvre)
NB : L’œuvre de l’ONU doit être abordée sous la forme de cas. Celle-ci doit mettre
en évidence ses initiatives multiformes ainsi que ses limites.
Chapitre 2 : La Guerre froide (1947-1991)
Leçon 1 : Les origines de la guerre froide : la bipolarisation du monde
Leçon 2 : Les crises de la guerre froide (1947-1953)
NB : Etudier uniquement la crise de Berlin (1948-1949) et la guerre de Corée (1950-
1953)
Leçon 3 : La Coexistence pacifique (1953-1962)
NB : Etudier uniquement les crises de Berlin (1961) et de Cuba (1962) comme
limites de la coexistence pacifique
Leçon 4 : La Détente (1962-1975)
NB : Etudier uniquement la guerre du Vietnam comme limite de la Détente
Leçon 5 : La Guerre fraîche (1975-1985)
Leçon 6 : La Nouvelle détente et l’effondrement de l’URSS (1985-1991)
Chapitre 3 : La décolonisation de l’Afrique francophone
Leçon 1 : La décolonisation du Gabon
Leçon 2 : La décolonisation de l’Algérie
Chapitre 4 : L’émergence politique du Tiers-monde
Leçon 1 : La conférence de Bandung
Leçon 2 : La naissance du mouvement des Non-alignés
Chapitre 5 : La question démocratique en Afrique Noire francophone
Leçon 1 : Les causes du renouveau démocratique en Afrique Noire francophone
Leçon 2 : Les acquis et les limites de la démocratisation de l’Afrique Noire francophone

Bibliographie :
-Atlas historique mondial, Histoire-les Arenes, novembre 2019.
-Décolonisation et problèmes de l’Afrique indépendante, Histoire Terminale, Paris, Edicef, 1991.
-Histoire, Classes de Terminales L, S, ES, Le monde de 1939 à nos jours, Paris, Bréal, Rosny, 1998.
-Histoire Term, L/ES, Paris, Nathan, 2004.
-Histoire, De 1945 à nos jours, Collection le GREHG, Hachette Lycées, 1992.
-Histoire Terminales, Hachette Éducation, 1995.
- Histoire Terminale, de 1939 à nos jours, Collection BERSTEIN-MILZA, Hatier, 1983.
-Histoire du XXe siècle 1945-1973, le monde entre guerre et paix, Serge BERSTEIN& Pierre MILZA,
Paris, Hatier, 1967.
- Historia N°875/Novembre 2019.
- Magazine Le Monde, Hors-Série, L’Empire américain, 2019.

COURS D’HISTOIRE NIVEAU TERMINALE PAR M. Ferdinand NDANGA Page 2


COURS D’HISTOIRE NIVEAU TERMINALE PAR M. Ferdinand NDANGA Page 3
Chapitre 1er
LE BILAN DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE ET LA
RÉORGANISATION POLITIQUE DU MONDE

LEÇON 1 : BILAN HUMAIN, MATERIEL, ECONOMIQUE ET MORAL DE LA GUERRE


Objectif spécifique

- Établir le coût de la guerre

Introduction

La durée du conflit (6 ans, de 1945 à 1939), le nombre de belligérants, l'implication des civils
dans la guerre, l'utilisation d'armements nouveaux ainsi que la politique d'extermination menée par les
nazis ont fait de la Seconde Guerre mondiale le conflit le plus meurtrier de l'histoire. Son bilan n’a
d’égal dans l’histoire humaine.
Dès lors, quel est le coût humain, matériel, économique et moral de cette guerre effroyable ?

I. UN BILAN TERRIBLE
A. Un bilan démographique effroyable

Document1

Source : Histoire Tles L, ES et S, Magnard, Paris, 2008, p. 12.

Comme le montre ce graphique, plus de la moitié des victimes de la Seconde Guerre mondiale furent des
civils. Le bilan humain de la Seconde Guerre mondiale est dramatique : entre 50 et 60 millions de morts,
plusieurs millions de blessés, 30 millions d’Européens déplacés en raison des changements de frontières.
Environ 45 millions de civils sont morts et le nombre de victimes civiles est supérieur à celui des victimes
militaires. Au total, environ 17 877 000 de militaires sont morts sur les champs de bataille européens dont 10
774 000 du côté des alliés et 7 103 000 du côté des forces de l'Axe.
Les pays les plus touchés sont l’URSS, la Chine, l’Allemagne, la Pologne, le Japon, sans compter les
millions de blessés et de déplacées. Les séquelles démographiques (déficit de naissances, surmortalité) sont
importantes mais elles vont être en partie compensées par le « baby-boom » de l’après-guerre.

COURS D’HISTOIRE NIVEAU TERMINALE PAR M. Ferdinand NDANGA Page 4


B. Ruines et destructions matérielles

Les destructions sont considérables. Si le Japon a été dévasté par les bombes, c'est en Europe que les
destructions sont les plus importantes. Les bombardements nazis et alliés ont provoqué d’importants dégâts matériels dans
les villes : Dresde, Coventry, Hiroshima, Nagasaki, Stalingrad, Leningrad, Berlin et Varsovie sont presque complètement
détruites et sont de véritables champs de ruines. Des millions de civils n’ont plus de logement et les sans-abris se comptent par
millions. Des voies de communication, des récoltes et des usines sont ravagées à cause des bombardements intensifs.

II. UN GRAND TRAUMATISME MORAL :


A. Les camps et la bombe atomique

Les familles des victimes sont sous le choc car les survivants aux camps de concentration et d’extermination
éparpillés ont des difficultés à vivre comme avant à cause des souvenirs effroyables qui les hantent jours et nuits.
En 1945, on découvre l'ampleur de la Shoah provoquée par les atrocités des chambres à gaz et les fours
crématoires sur les Juifs et les Tziganes avec de 6 millions de victimes environ comme à Auschwitz où les
expériences scientifiques sur l’espèce humaine ont été légion. Ce traumatisme inédit fait naître la notion de crime
contre l’humanité. Les deux bombes atomiques, Little Boy et Fat Man lancées le 6 août à Hiroshima et le 9 août
1945 à Nagasaki entraînent la fin du conflit et l’entrée en fanfare du nucléaire.

B. Un bilan économique et financier désastreux

Document 2 :

Source : Prépabac Histoire, cours et méthodes, Tle L, ES, Hatier,


2005, p. 17.

L’effort de guerre a entrainé la ruine des économies des puissances européennes et des énormes dépenses
(l’Allemagne plus de 272 milliards de dollars, l’Union soviétique, 192 milliards, le Royaume-Uni,120 milliards,
l’Italie, 94 milliards et le Japon un peu moins de 56 milliards de dollars). En dépit des dépenses de 206 milliards de
dollars effectués par les USA, leur richesse a augmenté considérablement. Les pertes sont à l’avantage des pays
neufs car l’Inde, le Canada, l’Afrique du Sud et les pays de l’Amérique latine ont bénéficié de cette guerre. La
production industrielle et agricole se sont effondrées en Europe provoquant la pénurie, l’inflation et le marché noir
poussant les Européens à implorer l’aide américaine. La Deuxième Guerre mondiale est donc une victoire à la
Pyrrhus de la Grande Alliance.

C. La naissance des tribunaux internationaux : les procès de Nuremberg et Tokyo

La Seconde guerre mondiale a entrainé le jugement des responsables de cette hécatombe à Nuremberg1 du 20
novembre 1945 au 1er octobre 1946 en Allemagne de 24 des principaux responsables du Troisième Reich, accusés
de complot, crime contre la paix, crime de guerre et de crime contre l’humanité. De même, le Tribunal
international pour l'Extrême Orient (Tribunal de Tokyo) a été créé par les Alliées le 19 janvier 1946. Bien

1
Ce procès aboutit à la condamnation à mort par pendaison de douze condamnés. Des peines de prison allant jusqu'à
la perpétuité sont prononcées. Enfin, Hans Fritzsche, Franz Von Papen et Hjalmar Schacht sont acquittés.

COURS D’HISTOIRE NIVEAU TERMINALE PAR M. Ferdinand NDANGA Page 5


qu'étant une "justice rétroactive appliquée par les vainqueurs", le Tribunal de Nuremberg a dessiné les fondements
du droit pénal international moderne.

Conclusion

En somme, le coût de la Seconde Guerre mondiale fut effroyable à tous les plans : humain, économique,
moral… En 1945, l’ancien monde dominé par les puissances colonisatrices a été dévasté, dépeuplé, ruiné, traumatisé
et blessé à jamais.

TRAVAIL DE RECHERCHE :

Sujet : Le Traité de Versailles de 1919 explique-t-il à lui tout seul l’avènement de la Seconde Guerre mondiale ?

Sujet : Dans quelle mesure le bilan matériel, moral et politique de la Seconde Guerre mondiale annonce-t-il un
monde nouveau ?

COURS D’HISTOIRE NIVEAU TERMINALE PAR M. Ferdinand NDANGA Page 6


LEÇON 2 : LES NOUVEAUX RAPPORTS DE FORCE
Objectif spécifique :

- Établir les nouveaux rapports de force politique d’après-guerre.

Introduction

À la fin de la Guerre, l’Europe n’est plus l’Athènes du monde. En revanche, les USA et l’URSS deviennent
les seules véritables grandes puissances dès 1945.
Quel est le sort de l’Europe au lendemain de la Seconde Guerre mondiale ?
Quels sont alors les nouveaux rapports de force qui s’instaurent au lendemain de la défaite de l’Axe ?

I. L’EUROPE SUR LE DECLIN : l’EFFACEMENT POLITIQUE ET ECONOMIQUE


Il est évident qu’à cause du poids des destructions, l’Europe est ruinée financièrement et moralement.
Tout lui manque après la guerre : les vivres, le charbon, les matières premières, les machines, la rareté des biens
et l’endettement très élevés handicapent les opérateurs économiques. La Seconde Guerre mondiale marque la
fin de la prépondérance des deux grandes démocraties libérales : France et Grande-Bretagne.
Son prestige et sa suprématie politique ont pris un coup énorme à la suite de cette guerre. Il ne reste que
peu de choses de ses puissances car très affaiblies.

II. L’ERE DES SUPER-GRANDS

Document unique : Les Etats-Unis remis à leur place par l’URSS à Potsdam.

Source : Historia, N° 875, 2019, p. 22.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, deux superpuissances émergent des relations


internationales et relèguent l’Europe loin derrière elles : les USA et l’URSS.

A. Les origines de la puissance des États-Unis après la guerre mondiale

Après la guerre, la puissance américaine devient multiforme car elle est à la fois militaire, économique
et culturelle et son hégémonie devient incontestable. Il y a eu peu de morts américains et aucun combat n’a lieu
sur leur sol. Ils sont devenus une puissance économique et financière qui est sortie plus riche qu’en 1939. C'est
aussi une puissance technologique et militaire.
*Sur le plan militaire en 1945, ils sont les seuls à détenir l’arme nucléaire, mais leur force de frappe est tout
aussi terrestre, maritime, aérienne et spatiale.

COURS D’HISTOIRE NIVEAU TERMINALE PAR M. Ferdinand NDANGA Page 7


*Sur le plan économique, leur espace est le seul territoire préservé des destructions du conflit de 1939-1945.
Leur industrie de guerre est très dynamique et fut rapidement convertie en industrie civile.
*Sur le plan culturelle, l’engagement des USA s’accompagne d’une contrepartie culturelle et commerciale.

B. L’Union soviétique : l’autre grande puissance

L’URSS qui a pourtant été saignée à blanc et qui reste dépourvue de l’arme atomique dispose de la plus
grande armée du monde d'où le nom de rouleau compresseur attribué à l'Armée rouge. L’URSS reste non
seulement une puissance militaire, elle est aussi une puissance idéologique et politique bénéficiant d'un prestige
énorme après la guerre. C'est enfin une puissance territoriale car l'Armée rouge occupe les 1/3 de l'Europe en
1945.

Conclusion

En somme, la Seconde Guerre Mondiale apparaît bien comme une période de rupture. Un nouveau
monde se construit autour de deux nouvelles puissances : les USA et l’URSS. Ces deux nouvelles puissances
vont contribuer à la reconstruction du monde tant sur le plan politique que sur le plan économique.

COURS D’HISTOIRE NIVEAU TERMINALE PAR M. Ferdinand NDANGA Page 8


LEÇON 3 : LES GRANDES CONFERENCES TRIPARTITES (Téhéran, Yalta et Potsdam)

Objectif spécifique :

- Cerner la portée des résolutions prises


Introduction

Dans le but de s’entendre pour vaincre le nazisme, la nouvelle géographie mondiale a été définie
lors d'une série de conférences de la Grande Alliance2 dès 1943 entre les trois principaux pays
alliés qui réorganisent le monde d’après-guerre.
De ce fait, en quoi les grandes conférences interalliées ont-elles eu un écho de grande portée
dans le monde au lendemain de la Guerre ?

I. TABLEAU RECAPITULATIF DES GRANDES CONFERENCES TRIPARTITES

Noms Dates Participants Contexte Conclusions


Conférence de 28 novembre au Churchill, Première Ouvrir un nouveau front à
Téhéran 2 décembre 1943 Roosevelt, véritable l’ouest pour soulager les
(Iran) Staline. rencontre des troupes russes, guerre future
trois grands entre l’URSS et le Japon,
durant la préparation de la stratégie
Seconde finale contre l'Allemagne,
Guerre choix de la date pour
mondiale l’opération Overlord, statut
de la Pologne.
Accords de 1er juillet 1944 au Représentants de Réorganisation de la
Bretton Woods 15 juillet 1944 44 nations du circulation monétaire,
(USA) monde création du FMI, la BIRD,
l’apogée du dollar américain.
Conférence de 4 février 1945 au Churchill, Roosevelt, Projet de capitulation de
Yalta 11 février 1945 Roosevelt, malade se rend l’Allemagne, d'élections
(Ukraine) Staline. compte du libres dans les pays
danger qu’est vaincus, futures annexions
Staline des territoires polonais,
acceptation du bout des lèvres
de la formation des
gouvernements indépendants
en Pologne, en Yougoslavie,
occupation de l’Allemagne
par les 4 vainqueurs
Conférence de 25 avril 1945 au Représentants de Charte des Nations Unies
San Francisco 26 juin 1945 50 nations

Conférence de 17 juillet au Churchill Reddition du Japon. Sort de


Potsdam 2 août 1945 puis Atlee, l’Italie, de la Pologne, de
(région de Staline, Truman3 l’Allemagne.L'Europe
Berlin) apparaît comme un enjeu

Source : Réalisé par M. F. Ndanga à partir de Prépabac Histoire, cours et méthodes, Tle L, ES, Hatier,
2005, p. 14.

2
Union formée le 14 août 1941 composée de l’URSS, des USA et l’Angleterre.
3
Remplace le président américain Roosevelt décédé le 12 avril 1945.
COURS D’HISTOIRE NIVEAU TERMINALE PAR M. Ferdinand NDANGA Page 9
II. LA PORTEE DES GRANDES CONFERENCES TRIPARTITES

Sur le plan historique, les conférences interalliées ont un écho et une portée retentissants sur les
relations internationales même si nombre d’accords qui en résultaient ne furent jamais respectés, du fait
des relations de plus en plus conflictuelles entre l'URSS et l'Europe occidentale.

Conclusion

Dans l’optique d’un nouveau monde débarrassé du nazisme, les conférences tripartites
interalliées réunissent parfois The Big Three qu'étaient Roosevelt, Churchill et Staline, afin de s’accorder
sur la conduite des opérations pour mettre fin à la suprématie des puissances de l’Axe.

COURS D’HISTOIRE NIVEAU TERMINALE PAR M. Ferdinand NDANGA Page 10


LEÇON 4 : LES MODIFICATIONS TERRITORIALES AU SORTIR DE LA SECONDE
GUERRE MONDIALE
Objectif spécifique :

- Caractériser les mutations territoriales intervenues après la guerre.

Introduction

Le monde de l’après-guerre désigne la période de l’histoire qui s’étend de 1945 à 1947. La fin
de la Seconde Guerre mondiale entraine des bouleversements territoriaux importants en Europe, en Asie
et en Afrique.

Comment se caractérisent alors les bouleversements territoriaux du monde d’après-guerre dans


ces trois continents ?

I. LES MUTATIONS FRONTALIÈRES EUROPÉENNES

Document unique : La réorganisation de la carte de l’Europe en 1945

Source : Prépabac Histoire, cours et méthodes, Tle L, ES, Hatier, 2005, p. 18.

Au cours des conférences interalliées et des rapports de force sur le terrain, les trois Grands
fixent les modalités des changements territoriaux permettant de distinguer deux catégories : les perdants
et les bénéficiaires.

1. Les perdants

- L’Allemagne vaincue, occupée, divisée en quatre zones d’occupation ainsi que Berlin sa capitale
est ramenée à ses frontières de 1937, en restituant les territoires conquis : l’Autriche, les Sudètes,
l’Alsace-Lorraine. Principale victime de ces remaniements de territoires, au total, l’Allemagne perd en
Europe 100.000 km2.

- L’Italie doit céder des territoires à la France notamment Brigue et Tende et à la Yougoslavie
(Istrie et Zadar) et le Dodécanèse à la Grèce.

COURS D’HISTOIRE NIVEAU TERMINALE PAR M. Ferdinand NDANGA Page 11


- L’Autriche est divisée en quatre zone d’occupation ainsi que Vienne sa capitale.

2. Les bénéficiaires

- L’URSS est le grand bénéficiaire des bouleversements territoriaux en Europe, avec une ouverture
sur la mer baltique. Elle gagne les pays baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie), la Finlande, reprend la
Biélorussie, de l’Ukraine ; la Ruthénie, la Bessarabie et la Bucovine nord enlevées à la Hongrie et à
la Roumanie. Elle obtient en tout 700.000 km2.

- En compensation des annexions soviétiques, la Pologne reçoit des territoires pris à l’Allemagne avec
un glissement de 200 km vers l’ouest, fixe sa frontière avec l’Allemagne sur la ligne Oder-Neisse.

II. Les bouleversements territoriaux en Asie

En Asie, les remaniements territoriaux mettent en évidence autant les perdants que les gagnants.

1. Les perdants

- Ruiné et occupé par les Américains, le Japon est le grand perdant des bouleversements de
territoires en Asie car il perd toutes ses conquêtes antérieures : la Corée, Formose, la
Mandchourie.

- La Corée est occupée par les deux Grands en 1945.

2. Les bénéficiaires

- L’URSS retrouve les territoires perdus en 1905 contre le Japon qui avait triomphé sur elle : le
sud de Sakhaline, les îles Kouriles et Port-Arthur, ses troupes occupent la Mandchourie et la
Corée du Nord.

- Les USA retrouvent leurs colonies des Philippines et leurs archipels du Pacifique : Carolines et
Mariannes. En plus du Japon, ils occupent le Sud de la Corée à Pusan.

- Quant à La Chine, en 1945, elle présente une situation compliquée. Primo, la Mandchourie
libérée du Japon est occupée par l’URSS. Le reste du territoire connaît des problèmes politiques
internes très graves avec deux leaders sous tension entre Mao Zedong et le chef du Guomindang,
Jiang. Pour accueillir les survivants des massacres nazis et les autres Juifs qui le souhaitent,
l'État d'Israël est créé en Palestine.

III. Les bouleversements territoriaux en Afrique

La nouveauté en Afrique est liée au sort des colonies allemandes et italiennes. Plusieurs d’entre
elles deviennent des territoires placés sous mandat de l’ONU (Cameroun, Tanganyika) tandis que d’autres
sont placées sous administration britannique (Libye, Somalie) ou l’Union sud-africaine (Namibie).

Conclusion

La fin de la guerre a été marquée par des modifications territoriales tous azimuts dans trois
continents afin d’anticiper sur d’éventuels conflits. Les perdants de la guerre voient les territoires arrachés
au forceps échoir aux propriétaires d’antan, à l’exception de l’URSS.

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LEÇON 5 : L’ONU

Objectifs spécifiques :

- Expliquer les origines de l’ONU

- Décrire ses composantes, son fonctionnement et son œuvre

Introduction

Malgré la volonté affirmée dans l'entre-deux-guerres d'assurer une sécurité collective, l'échec
de la SDN devient une évidence avec la marche à la guerre puis avec le déclenchement de la Seconde
Guerre mondiale. Dès le 14 août 1941, les États-Unis et la Grande-Bretagne signent la Charte de
l’Atlantique, socle principal qui entérine l’ONU.

Dès lors, comment s’explique la naissance de l’ONU ? Quelles sont ses composantes et son
fonctionnement ? A-t-elle rempli la mission que lui assigne Dag Hammarskjöld ? Que dire sur son
œuvre ?

I. UN PROJET ISSU DE LA PREMIÈRE GUERRE ET DE L’ÉCHEC DE LA SDN

A. Les origines de l’ONU

L’ONU est un projet anglo-saxon qui voit le jour le 26 avril 1945 lors de la conférence de San
Francisco et entre en fonction en 1946. Ses origines sont liées à : l’échec de la Société Des Nations
(SDN) et de la volonté des Alliés de construire un monde d’après-guerre plus sûr et plus juste. De plus,
la signature de la Charte de l’Atlantique de 1941 et toutes les conférences de la Grande Alliance ont
réaffirmé cette volonté vers une paix durable.

B. Les objectifs de l’ONU

Document 1 : Extrait de la charte de l’ONU

Article 1 : Les buts des Nations unies sont les suivants :

1. Maintenir la paix et la sécurité internationale et, à cette fin, prendre des mesures
collectives efficaces en vue de prévenir et d’écarter les menaces à la paix, de
réprimer tout acte d’agression ou autre rupture de la paix (…).

2. Développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect et
l’égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes (…).

3. Réaliser la coopération internationale en résolvant les problèmes internationaux


d’ordre économique, social, intellectuel ou humanitaire, en développant et en
encourageant le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour
tous, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion.

4. Être un centre où s’harmonisent les efforts des nations vers ces fins communes.

Source : Histoire 1ère, Programme 2011, Bordas, p. 114.

La vocation première de l'ONU est de maintenir la paix dans le monde. Cet objectif général
se double d'actions qui ont pour but de faciliter et d'assurer cette sécurité collective. Il s'agit de favoriser
les relations amicales entre les nations, de les aider à travailler ensemble pour améliorer le sort des
populations. Il faut permettre aux États de lutter contre les maladies, la faim, l'analphabétisme et
encourager les droits et libertés de chacun. L'ONU se consacre également de plus en plus aux problèmes
qui touchent aux enjeux du développement parmi lesquels le développement durable et la question de
l'environnement, le secours aux populations (réfugiés politiques, catastrophes naturelles, santé), la

Cours d’Histoire-Géographie Terminales, par M. Ferdinand NDANGA Page 13


promotion de la démocratie et des droits de l'homme. Dans cette perspective, l'ONU rédige et adopte en
1948 une Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (DUDH).

II ORGANES DE FONCTIONNEMENT DE L’ONU

A. Fonctionnement et organes principaux


Document 2 : La salle de l'Assemblée générale lors d'un
événement en 2016 Les six organes principaux de l’ONU
établis lors sa création en 1945 sont :
l'Assemblée générale, principal
organe délibérateur, décisionnaire et
représentatif des Nations Unies. C’est
son principal pouvoir législatif qui se
réunit une fois par an; le Conseil de
sécurité dont la responsabilité
principale est le maintien de la paix et
de la sécurité internationale; le Conseil
économique et social, principal
organe chargé de la coordination et du
dialogue et de la prise de
recommandations sur les questions
économiques, sociales et
environnementales, ainsi que dans la
mise en œuvre des objectifs de
développement adoptés au niveau
Source : [Link], consulté le 23/06/2022 à 7h59. international ; le Conseil de tutelle ; la
Cour internationale de Justice est
l'organe judiciaire principal de l'ONU
; le Secrétariat est au service des
B. Les organes spécialisés autres organes principaux de l’ONU,
dont il administre les politiques et les
L’ONU est accompagnée de plusieurs organismes programmes
spécialisés notamment : le PNUD (Programme des Nations
Unies pour le Développement), le FMI, la FAO
(Organisation pour l’Alimentation et l’Agriculture), l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), le HCR
(Haut-commissariat aux Réfugiés), l’UNICEF (Fonds des nations unies pour l’enfance), l’OIT
(Organisation Internationale du Travail), le GATT (accord général pour les tarifs douaniers et le
commerce) et l’UNESCO (Organisation des Nations unies pour l’Éducation, la Science et la Culture).
Son bras armé séculier est les Casques bleus proposé par le canadien Lester Pearson.

III. SUCCÈS ET ÉCHECS DE L’ONU DANS LE MONDE

A. Les succès

Par l’intermédiaire des mécanismes internationaux, l’Organisation des Nations Unies est à
l’œuvre sur plusieurs fronts en tant que conscience mondiale, en tant que législateur, surveillant,
défenseur des Droits de l’Homme, institution d’appel, d’enquêtes, d’intercesseur et organisatrice des
opérations de maintien de la paix.

B. Les contreperformances onusiennes

L’ONU est en proie à plusieurs graves difficultés qui sont : la création en 1948 de l’État d’Israël
sans l’aval des Palestiniens, l’inefficacité et l’impuissance de ses sanctions économiques durant la guerre
froide, elle ressemble à une tribune de la mafia des États. Mais son utilité est reconnue.

Conclusion : Au cours du XXe siècle, la communauté internationale a pris conscience que la paix ne se
postulait pas ni ne se décrétait, mais qu'elle dépendait de l'instauration d'une "société des nations" selon
le triptyque de la paix, de la liberté et du développement. Plus de soixante ans après, le bilan de l’ONU
apparait difficile à dresser et mérite une véritable cure de jouvence pour être en phase avec la réalité.
COURS D’HISTOIRE NIVEAU TERMINALE PAR M. Ferdinand NDANGA Page 14
Cours d’Histoire-Géographie Terminales, par M. Ferdinand NDANGA Page 15
Chapitre 2 LA GUERRE FROIDE (1947-1991)

LEÇON 1 : LES ORIGINES DE LA GUERRE FROIDE : LA BIPOLARISATION DU MONDE

Objectifs spécifiques :

- Expliquer la désagrégation de la Grande Alliance


- Analyser la rupture de 1947 et la formation des blocs opposés

Introduction

Après avoir vaincu ensemble l’Axe, les États-Unis et l’URSS s’engagent dans une confrontation politique,
idéologique, militaire et économique appelée guerre froide, expression employée par le financier américain
Bernard Baruch et popularisée dès 1947 par le journaliste Walter Lippmann.

Comment s’explique alors la désagrégation et la rupture de la Grande Alliance en 1947 et la formation


des blocs antagonistes ?

I. LA GRANDE ALLIANCE : DE LA DÉFIANCE À LA RUPTURE (1945-1947)


a) La méfiance

Dès 1946, l’entente entre les vainqueurs se dégrade car les Occidentaux s’inquiètent de l’installation en
Europe de l’Est d’un glacis territorial protecteur et de gouvernements communistes. De son côté, l’URSS
s’inquiète du monopole atomique américain, s’indigne de la clémence des Occidentaux qui stoppent le
démantèlement industriel et la dénazification de l’Allemagne en violation des accords de Yalta. Ce climat
installe la méfiance des deux Grands.

b) La rupture de 1947

Document 1 : Harry Truman proclamant sa Doctrine le 12 mars 1947.

Source : [Link], consulté le 17 février 2022 à 21h32.

Les inquiétudes américaines face à la progression communiste résultent de l’incompatibilité idéologique


du capitalisme libéral et démocratique contre le communisme perceptible en 1947, cette « année terrible »
pour la Grande Alliance.
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Pour stopper la propagation du communisme, le 12 mars 1947, le président américain Harry Truman
proclame le Containment, doctrine permettant d’endiguer le communisme. Dans cette optique, le 5 juin 1947
son Secrétaire d’État George Catlett Marshall propose l’European Recovery Program (E.R.P4 ou Plan
Marshall), une aide financière de 13 milliards de dollars de dons et prêts pour le redressement et la
reconstruction du Vieux continent acceptée par l’Ouest européen mais rejetée par l’URSS et ses satellites car
jugée intentionnelle contre le communisme.

Staline réplique par la création de la Doctrine Jdanov5 le 30 juillet 1947 et dénonce « l’impérialisme
américain » puis le Kominform6 (entre le 22 et le 27 septembre 1947 en Pologne).

II. LA FORMATION DES BLOCS

Document 2 : La mise en place de la guerre froide

Source : Histoire Tles, Cours & documents, Hatier, 2005, pp. 61-63.

Sous le leadership des USA, le bloc de l’Ouest se consolide par toute une série d’alliances
diplomatiques et d’organisations militaires dans tous les continents qui resserrent les liens du « monde libre ».
Ainsi, l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) est créée le 4 Avril 1949 et est prolongée par
tout un système d’alliances comme la Ligue Arabe, l’Organisation des États Américains (OEA) l’OECE
(Organisation Européenne de Coopération Economique (O.E.C.E) en 1948 pour répartir le plan Marshall,
l’OTASE (Organisation du Traité de l’Aise du Sud-est) et le Pacte de Bagdad (avec les pays du Moyen-Orient)
renforcent le camp capitaliste par exemple.

À cette pactomanie américaine, l’URSS répond. Le bloc soviétique se structure en éliminant tous les
dirigeants qui refusent de s’aligner sur Moscou. En Février 1948, le "coup de Prague" installe un gouverne-
ment communiste en Tchécoslovaquie. À l’Est, le COMECON ou CAEM, Conseil d’Assistance Économique

4
Les objectifs sont multiples, comme aider financièrement l'Europe pour empêcher la pauvreté de s'installer, terrain qui
serait favorable au communisme, et permettre à l'économie des Etats-Unis qui a été modifiée pendant la guerre, de se
maintenir à un bon niveau grâce aux exportations vers l'Europe.
5
La doctrine Jdanov a été présentée par Andreï Jdanov, idéologue du régime soviétique, le 30 juillet 1947, à l'occasion de
la réunion en Pologne de tous les chefs des partis communistes d'Europe.
6
Le Kominform, abréviation de « Bureau d'information des partis communistes et ouvriers » est une organisation créée
entre le 22 et le 27 septembre 1947 en Pologne pour le contrôle des 9 partis communistes. Il disparait en 1956.
COURS D’HISTOIRE NIVEAU TERMINALE PAR M. Ferdinand NDANGA Page 17
Mutuelle est fondée en 1949, en réponse à la formation de l’OECE. Mais, ce n’est qu’en 1955 que le Pacte de
Varsovie, pendant oriental de l’OTAN est créé. Chacun des deux adversaires constitue son champ : au début des
années 1950, il est très difficile d’échapper à la logique des camps.

Conclusion

En somme, provoquée par la non application des accords des Grandes conférences tripartites de la
Grande Alliance et les évènements de 1947, la guerre froide aura mis le monde en perpétuelle tension, avec des
conflits ouverts, terriblement meurtriers, mais des crispations entre l'ouest et l'est si fortes que la fin du monde
avait été maintes fois envisagée provoquée.

Sujet de type 3 : Le Plan Marshall : un acte de générosité ou une volonté de puissance ?

COURS D’HISTOIRE NIVEAU TERMINALE PAR M. Ferdinand NDANGA Page 18


.

COURS D’HISTOIRE NIVEAU TERMINALE PAR M. Ferdinand NDANGA Page 19


LEÇON 2 : LES CRISES DE LA GUERRE FROIDE (1947-1953)

Objectifs spécifiques
- Caractériser la période de 1947-1953
- Analyser les causes, les manifestations et les conséquences des crises de cette période

Introduction

De 1947 à 1953, l’antagonisme est-ouest se manifeste sur plusieurs évènements qui mettent à nu les
oppositions d’intérêts économiques, politiques, culturels, stratégiques des deux Grands.

Dès lors, comment se caractérise la période de 1947-1953 et comment analyser les mobiles, les aspects
et l’impact des crises de cette période ?

I. LA PREMIÈRE CRISE DE BERLIN (1948-1949)

Document 1 : L’Allemagne occupée après 1945

Source : [Link], consulté le 23/06/2022 à 7h59.

En 1948, l’Allemagne cristallise à nouveau les oppositions et une grave crise éclate à cet effet : la
première crise de Berlin. Comment en est-on arrivé là ?

I. Les origines de la crise

Ni à Yalta, ni à Potsdam, les Alliés ne réussissent à s'accorder sur le devenir de l'Allemagne politique
économique et les réparations ou l'instauration d'un embryon de gouvernement central allemand. Contrairement
à Staline qui veut affaiblir l’Allemagne, les Occidentaux veulent relever le pays. La cause profonde du blocus de
Berlin se trouve donc dans les faiblesses inhérentes à ce régime d'occupation quadripartite qui fonctionne
mal et cela aboutit à la création de la bizone américano-britannique le 1er janvier 1947 qui constitue un
abandon de la gestion quadripartite qui nullifie les accords de 1945.

Les causes immédiates du blocus sont les initiatives prises début 1948 par les Occidentaux en vue
d’instaurer un état allemand sur leurs territoires d'occupation et l’introduction d’une nouvelle monnaie commune,
le Deutsche Mark le 20 juin 1948, en remplacement de la Reichsmark. Par cette réforme monétaire, les
Occidentaux détachent économiquement leur trizone de la zone soviétique.

COURS D’HISTOIRE NIVEAU TERMINALE PAR M. Ferdinand NDANGA Page 20


II. Le déroulement de la crise

Document 2 : Le pont aérien

Source : [Link], consulté le 23/06/2022 à 8h06.

Les actions des Occidentaux entraînent une réaction sans appel des Soviétiques notamment la création
du Parti Socialiste unifié d’Allemagne (SED) dans leur zone. Le 22 juin 1948, ils remettent le Reichsmark en
circulation. Le 23 juin 1948, Staline décide le blocus terrestre en bloquant la circulation routière, ferroviaire
vers Berlin-Ouest.

Pour ravitailler la population de Berlin-Ouest, Lucius D. Clay (gouverneur militaire américain pour
l’Allemagne) et Robertson organisent le pont aérien. Pendant onze mois, ils mobilisent 2 500 000 tonnes de
vivres aux Berlinois et Staline se retrouve pris dans son propre piège du fait du contournement de son blocus.
Finalement, le 12 mai 1949, l’URSS lève son blocus. Quelles conséquences en découlent de cette crise ?

III. Les conséquences de la première crise de Berlin

La première crise de Berlin fut à l’origine d’une foultitude de conséquences dont la division de
l’Allemagne en deux États antagonistes. Le 8 mai 1949, on assiste en effet à la création de la République
Fédérale d’Allemagne (RFA ou BDR en allemand) ayant pour capitale Bonn sous la direction du parti chrétien
démocrate (CDU) de Konrad Adenauer. En réponse, le 7 octobre 1949, la République Démocratique
d’Allemagne (RDA ou DDR en allemand) est créée par les Soviétiques.

Par ailleurs, en secret, les deux Grands signent un accord tacite pour éviter un affrontement armé entre
eux. Mais, la situation de Berlin demeure à l’aune de cette période, l’objet de germes d’un nouveau conflit qui
arrivera en 1958 : la deuxième crise de Berlin.

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II. LA GUERRE DE CORÉE (1950-1953)

A. Les origines de la guerre : une division sous haute tension

Au terme de la Seconde Guerre mondiale, la Corée est divisée en deux parties au niveau
du 38e parallèle avec de part et d’autre la République démocratique populaire de Corée au Nord, sous
influence communiste et la République de Corée au Sud, sous influence occidentale.

Document 1 :

Source : [Link].

De 1910 à 1945, la Corée est une colonie japonaise. Associée à la défaite du Japon en 1945,
elle est libérée par les Soviétiques et les Américains qui se la partagent en deux zones d’occupation
séparées au 38e parallèle. Le 25 juin 1950, les Nord-Coréens attaquent la Corée du Sud. Forts de
600 000 soldats, ils peuvent compter sur une préparation militaire plus efficace que celle des militaires
du Sud. L’effet de surprise escompté est réussi. Aussitôt, les Nations Unies condamnent l’agression
militaire et décident l’envoi d’une force internationale pour soutenir la Corée du Sud et rétablir la
paix. L’armée onusienne, placée sous le commandement du général américain Mac Arthur, entame
une contre-offensive le 15 septembre.

COURS D’HISTOIRE NIVEAU TERMINALE PAR M. Ferdinand NDANGA Page 22


Document 2 : Une scène d’offensive de l’armée nord-coréenne

Source : [Link], consulté le 11/11 2022 à 21h50.

B. L'enfoncement du conflit : le tournant de la guerre

La contre-offensive onusienne avance très rapidement. Elle parvient à reprendre Séoul et à franchir
le 38e parallèle pour traverser le territoire nord-coréen jusqu’à la frontière chinoise. Soutenus par des volontaires
venus de la Chine communiste, les Nord-Coréens reprennent l’offensive le 26 novembre 1950. Ils obligent la
force onusienne à se replier loin derrière le 38e parallèle. Accablée, cette dernière se plaint de la perte et de la
destruction de la majorité des villes de Corée du Sud.
En février 1951, la Chine est condamnée pour agression par l’ONU. Pour apaiser la situation, le
général Mac Arthur, partisan d’une nouvelle offensive, est remplacé par le général Ridgway. Ce dernier s’en
tient à une guerre de position. Les longues négociations trouvent finalement une issue à la mort de Staline. Le
27 juillet 1953, un armistice est signé sur le 38e parallèle : les deux Corée sont reconnues par les États-Unis
et l’URSS.

C. Le bilan de la guerre

La guerre de Corée constitue le conflit le plus meurtrier de la seconde moitié du 20e siècle. Si le camp
occidental doit déplorer la mort de 38 500 soldats de la force onusienne et 70 000 Sud-Coréens, les Nord-Coréens
et les Chinois dénombrent plus de 2 millions de personnes tuées, militaires et civils confondus. On revint encore
au 38e parallèle jusqu’à nos jours armements, les pactes militaires se prolongent en Asie avec l’OTASE, la côte
Ouest américaine se développe, les USA cessent de considérer le Japon comme ennemi, en font un porte avion
naturel en Asie orientale.

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LEÇON 3 : LA COEXISTENCE PACIFIQUE (1953-1962)

Objectifs spécifiques
- Analyser les origines de la coexistence pacifique
- Décrire les manifestations de la coexistence pacifique

Introduction

De 1953 à 1962, les relations Est-Ouest connaissent une situation inédite marquée par une accalmie
entre les deux Grands que Nikita Sergueïevitch Khrouchtchev qualifie de Coexistence pacifique et les
Occidentaux de Dégel.

Comment se caractérise cette période ? Quelles furent les tentatives qui montrent cette coexistence
pacifique ?

I. LES ORIGINES

La coexistence pacifique s'est instaurée à la faveur de trois éléments suivants : le changement


d'hommes politiques à la tête des USA et l’URSS, l’équilibre de la terreur et l’émergence politique du
Tiers-Monde. En effet, les potentiels successeurs de Staline (Malenkov, Beria et Molotov) échouent et cela
profite à l’homme de l’ombre Nikita Serguëivitch Khrouchtchev qui triomphe en 1956 au XXe Congrès du
PCUS et entame le dégel et la déstalinisation (dénonciation des dérives et œuvres de Staline en privilégiant
désormais la compétition économique et scientifique avec l’Occident). En même temps aux USA, le général
Dwight Eisenhower qui s’installe à la Maison Blanche arrive avec la volonté de modération vis à vis des
soviétiques car plus préoccupé par le bien- être de la population que par la lutte contre le communisme.
Par ailleurs, après le monopole nucléaire américain, l'URSS émerge avec la bombe atomique en 1949,
de la bombe H infiniment plus puissante en 1954 et surtout des fusées à moyenne portée et inter-continentales
(ICBM, IRBM) en 1955 et 1957. L'équilibre nucléaire rend la guerre improbable d'où la célèbre formule de
Raymond Aron « paix impossible, guerre improbable » pendant qu’en Indonésie, on assiste à l’émergence du
Tiers-Monde qui incarne le non-alignement. Ce troisième acteur vient troubler le jeu bipolaire.

II. LES ASPECTS DE LA COEXISTENCE PACIFIQUE

Entre 1955 et 1962, les relations diplomatiques entre les deux Grands changent car on assiste à un
nouveau climat international se manifestant sur plusieurs plans. Ce premier condominium a surtout lieu lorsqu’en
1956, les deux Grands s’unissent pour défendre l’Égypte de Abdel Gamal Nasser sur la crise du canal de Suez.

Cette période a été caractérisée par une série d'accords qui vont engendrer une baisse des tensions. On
peut citer entre autres : la signature de l'armistice de Pan Mun Jun en 1953 sur initiative des deux Grands et
l'ONU. La multiplication des contacts diplomatiques, la rencontre à Berlin en 1954, la reconnaissance de la RFA
par l'URSS en 1955, la dissolution en 1956 du Kominform, la visite officielle aux USA et en 1960 à Paris,
l’adhésion de l'URSS à l'UNESCO en 1954, la rencontre entre John Kennedy et Khrouchtchev en mai 1961 à
Viennes consacrent la Coexistence pacifique.

COURS D’HISTOIRE NIVEAU TERMINALE PAR M. Ferdinand NDANGA Page 24


LA DEUXIÈME CRISE DE BERLIN (1958-1961)

Alors qu’on aurait pu croire la guerre froide terminée, celle-ci menace spécialement son « épicentre »,
Berlin, à partir du 27 novembre 1958 et affecte désormais les mondes extra-européens.

A. LES ORIGINES : LA RÉSURGENCE DES SEQUELLES DE LA CRISE DE 1948-1949 EN 1958

Dès 1948, l’ancienne capitale du Reich hitlérien constitue un enjeu fondamental entre l’Est et l’Ouest.
Cette ville représente depuis son partage une « tumeur cancéreuse qui doit être extirpée » pour la RDA. De plus,
l’exode quotidien de milliers de personnes fuyant légalement la RDA vers la RFA constitue, pour la RDA, une
hémorragie humaine insupportable et dangereuse pour son économie d’autant plus que depuis 1949, Berlin Est
s’est vidé de presque 3 millions d’habitants en partance à l’Ouest de la ville ou en exil, occupé par les Américains,
les Français et les Britanniques.

En 1960, à cause d’un incident diplomatique très grave, l’affaire de l’avion espion américain U2 abattu
par l’URSS, Khrouchtchev. En novembre 1961, Monsieur « K » lance un ultimatum aux Occidentaux pour
accorder à Berlin le statut de ville libre, ce qui signifierait la division officielle et définitive de l’Allemagne. Les
Occidentaux rejettent cet ultimatum.

En octobre 1961, il ordonne des excuses publiques aux Américains à Washington et vint marteler des
menaces à l’égard des Occidentaux lors de l’Assemblée générale de l’ONU et la crise s’accélère. Comment se
manifeste-t-elle concrètement ?

B. LE DÉROULEMENT

Deux grandes étapes marquent la deuxième crise de Berlin. D’abord, le Gouvernement d’Erich
Honecker prend des mesures car dès le 13 août 1961, les règles de déplacement des populations entre les deux
parties de la ville sont définies et un système de contrôle strict entre les deux Berlin prend effet. Les Berlinois de
l’Est devront désormais disposer d’autorisations spéciales pour se rendre l’autre côté.

Ensuite, au terme de trois ans de tensions, la construction par les soldats du mur de Berlin dans la nuit
du 12 au 13 août 1961 est décidée pour stopper la fuite des Est berlinois vers l’Ouest de la ville, avec seulement
deux points de passage comme Check Point Charlie par exemple. Le « mur de la honte » est condamné
verbalement par l’autre M « K », le président John Fitzgerald Kennedy qui, à Berlin déclare le 23 juin 1963 face
au mur : « Ich Bin ein Berliner ! » (Je suis un Berlinois). Ce mur d’une quarantaine de km renforce et complète
le « rideau de fer » qui partage en deux l’Europe. Ce mur engendre plusieurs conséquences.

C. LES EFFETS MUR DE BERLIN

Avec la construction du mur de Berlin, on assiste à la fin de l’exode des populations est-berlinoises vers
Berlin-Ouest et la RFA. La question allemande est le symbole même de la guerre froide en Europe.

La deuxième crise de Berlin démystifie le modèle soviétique. Pourtant, le monde va sombrer dans une
crise beaucoup plus grave que toutes les précédentes : la crise des fusées de Cuba.

COURS D’HISTOIRE NIVEAU TERMINALE PAR M. Ferdinand NDANGA Page 25


LA CRISE DES MISSILES DE CUBA (1962)

A. Les évènements précurseurs

Les évènements précurseurs de la crise des missiles de Cuba commencent en 1956 avec un jeune
nationaliste Cubain, Fidel Castro et ses hommes se mettent à combattre le régime dictatorial pro-américain
Fulgencio Batista. Le 31 décembre 1958, Il s'enfuit aux États-Unis et Fidel Castro, appuyé par Che Guevara
arrive au pouvoir à la tête d'une guérilla soutenue par la majorité des Cubains le 1er janvier 1959.

B. Les origines de la crise : l'agression américaine

Le 15 avril 1961 les troupes américaines débarquent dans la « baie des cochons » pour appuyer un
groupe de conservateurs cubains anti-Castristes qui échoue. Castro entreprend alors une réforme agraire le 17 mai
1959 qui indexe la United Fruit Company, multinationale usa qui pille Cuba. Après cet échec, Cuba adhère au
CAEM. Menacé d’asphyxie, Castro se tourne alors vers l’URSS et s’aligne sur le bloc communiste et l’île devient
une nouvelle « démocratie populaire ». Un quasi protectorat américain passe au communisme, en violation de la
doctrine de Monroe de « l’Amérique aux Américains ». Après l’adhésion de Cuba au camp soviétique en juillet
1960, M. K. lance l’opération Anadyr en mai 1962 consistant à l’installation des fusées à la Havane.

B. La crise des fusées à Cuba

Document unique :

Source : [Link], consulté le 24/09/2022 à 21h02.

En octobre 1962 éclate la crise des fusées après la découverte des rampes de lancement pour missiles à
moyenne portée capables d'atteindre le territoire américain à Cuba. Ne pouvant accepter le déchargement des
cargos soviétiques avec des bombes atomiques à Cuba, le président américain John KENNEDY ordonne le
blocus naval de l'île de Cuba ce qui entraine de vives tensions entre les deux Grands.

C. Le dénouement de la crise de Cuba

A la suite d'intenses négociations sous l'égide de l'ONU, Khrouchtchev s'incline et retire ses missiles.
En contrepartie, les américains promettent de lever le blocus, de ne pas attaquer Cuba et de démanteler leurs bases
navale et aérienne en Turquie. Cette crise a révélé la crainte de l'utilisation de l'arme nucléaire. Les EU renforcent
leur embargo sur les produits cubains notamment le sucre. Les deux pays optent pour la création en 1963 d’une

COURS D’HISTOIRE NIVEAU TERMINALE PAR M. Ferdinand NDANGA Page 26


ligne directe, le téléphone rouge, entre Moscou et Washington, promettant un recours au dialogue direct en cas
de nouvelle crise. Le monde a ainsi frôlé pendant quelques jours, la catastrophe nucléaire mais, ces évènements
font entrer le monde dans une nouvelle ère : la Détente.

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LEÇON 4 : LA DÉTENTE (1962-1975)
Objectifs spécifiques
- Expliquer les causes et les aspects de la Détente Est-Ouest
- Décrire les manifestations de la Détente
Introduction

Le règlement pacifique de la crise de Cuba renforce le dialogue entre l'Est et l'Ouest. Une nouvelle ère
s'ouvre entre les deux blocs et poursuit le dégel amorcé depuis 1953. C'est la détente, phase de la guerre froide
s'étendant entre la crise des missiles de Cuba de1962 et la « guerre fraîche » de 1975.

Comment s’explique-t-elle ? Comment ce nouvel espoir s'est-il manifesté ? A-t-il vraiment garanti la
paix ou, au contraire, la "Détente" n'est-elle qu'une pause dans la guerre froide ?

I. LA DETENTE : DES ORIGINES MULTIPLES

Avec la crise de Cuba en 1962, Américains et Soviétiques prennent conscience de la nécessité du dialogue
direct en cas de crise. Ainsi les deux grands décident de cogérer les affaires internationales. De ce fait, la Détente
a des origines multiples notamment : l’équilibre de la Terreur (la détention de la bombe A en 49, bombe H en
53, fusées intercontinentales, satellite artificiel Spoutnik en 1957 par l’URSS), le changement de dirigeants de
part et d’autre (Leonid Brejnev puis de Johnson puis Richard Nixon) qui amorcent un apaisement, les difficultés
internes dans chaque camp (contestation de la France qui se retire de l’OTAN en 1966, les voyages de De Gaulle
à Phnom Penh, la remise en cause du dollar, le problème noir et la guerre du Vietnam, la Chine qui se sinise,
les populaires et les difficultés économiques permanentes liées aux rigidités du système, aux disfonctionnements
du CAEM l’illustrent).

II. LES MANIFESTATIONS SPECTACULAIRES

Dès 1963 le « téléphone rouge » est installé entre la Maison Blanche et le Kremlin. Il permet une relation
directe entre les deux supers puissances. Les deux grands s'entendent pour limiter la fabrication de l'armement.
Plusieurs traités codifient désormais la course aux armements. Ainsi en août 1963 la signature d'un traité entre
l'URSS et les USA interdit les expériences nucléaires dans l'atmosphère pendant que les échanges économiques
Est-Ouest s’amplifient.

En juin 1968 est signé à Genève un traité de non-prolifération des armes nucléaires entre les deux grands.
En mai 1972 Moscou et Washington signent à Moscou les accords SALT 1 (stratégie Arms Limitation Talk) qui
visent la limitation des armes de destruction massive. On assiste à l'intensification des échanges économiques
entre les deux blocs. Ainsi, l'URSS livre à l'occident son gaz et son pétrole et reçoit en retour des capitaux et des
livraisons de céréales. Au niveau technologique, la coopération spatiale progresse entre l'URSS et les USA. La
Chine est admise à l'ONU en 1971. Richard Nixon se rend à Pékin l'année suivante, inaugurant ainsi une nouvelle
diplomatie : "la diplomatie Triangulaire", incluant aussi bien Moscou que Pékin. Le chancelier de la RFA, Willy
Brandt entame une politique d'ouverture vers l'Est : c’est l'Ostpolitik permettant aux deux Allemagnes (RFA et
RDA) d’harmonisent leur relation et la coopération à travers une série de traités : le Traité de Moscou (10 août
1970) qui reconnaît les frontières issues de la guerre, se reconnaissent 1972 et entrent à l'ONU en 1973. L’apogée
de la Détente arrive avec la signature des accords d'Helsinki le 1er août 1975.

III. LONSEQUENCES

Il reste que la "Détente" s'offre comme un moment aux conséquences incalculables car elle donne une
grande ouverture aux pays communistes à l'économie de marché; elle accélère la décolonisation et
l'émancipation politique du Tiers-Monde. En ce sens, la "coexistence pacifique" est l'annonce d'un "monde
nouveau.

Conclusion : La Détente n'est qu'un espoir de paix constamment menacé par la surenchère
idéologique ou les conflits régionaux imprévisibles. Rien d'étonnant alors si la fin des années 70 marque le retour
des tensions, l'avènement de la "guerre fraiche", avatar d'une "guerre froide" qui n'avait jamais totalement
disparu des esprits.

COURS D’HISTOIRE NIVEAU TERMINALE PAR M. Ferdinand NDANGA Page 28


LA GUERRE DU VIET NAM

La guerre du Vietnam également appelée deuxième guerre d'Indochine, guerre civile vietnamienne
ou guerre des dix mille jours par les Vietnamiens fait suite à la guerre coloniale d’Indochine. Elle met aux prises
une armée américaine suréquipée et des maquisards Vietcongs sous équipés mais déterminés entre 1959 et 1975
et oppose le Vietnam du Sud de Ngo Dinh Diêm, au Vietnam du Nord d'Hô Chi Minh et aux mouvements
indépendantistes du sud, aidés par la Chine et l’URSS.

A. Les origines

Document 1 : La fin de l’Indochine française

C’est pour défendre la paix, l’unité, l’indépendance et la démocratie que, durant neuf
longues années, notre peuple, notre armée, nos cadres et notre gouvernement ont, d’un même
cœur, enduré de nombreuses souffrances, surmonté toutes les difficultés, mené avec
acharnement la guerre de résistance et remporté d’éclatantes victoires. [...]
La lutte de notre délégation à Genève [...] a été couronnée d’un grand succès : la
reconnaissance par le gouvernement français de notre indépendance et souveraineté nationale,
de notre unité et intégrité territoriales et son engagement à retirer ses troupes hors de notre pays
[...]. Pour rétablir la paix, les deux parties doivent, avant tout, observer le cessez-le-feu. [...]
Après le cessez-le-feu, nos troupes seront regroupées dans le Nord, et les forces françaises dans
le Sud […].
Pour remporter la victoire, il importe que le peuple, l’armée et les cadres, du nord au
sud, resserrent leurs rangs et réalisent l’unité de pensée et d’action. […] Nous consoliderons la
grande amitié qui nous unit à l’Union soviétique, à la Chine et aux autres pays amis. [...] Je
demande à tous les compatriotes, combattants et cadres de suivre strictement la ligne politique
du parti et du gouvernement [...].

Source : Discours de Hô Chi Minh, Viet Bac, 22 juillet 1954

La guerre du Viêt Nam trouve son origine lointaine dans la guerre d’Indochine de 1946-1954, conflit
qui naquit de situations conflictuelles à effets domino opposant la France à la Ligue pour l'indépendance du
Viêtnam du leader révolutionnaire Hô Chi Minh. Par ailleurs, les accords de Genève du 21 juillet 1954 ne
mettent fin à la présence française au Vietnam. La principale cause de cette guerre provient du découpage du
Vietnam au 17e parallèle réalisé à la fin de la guerre d’Indochine qui ne débouche pas comme prévu sur la
réunification des deux Viêtnam mais sur une exacerbation des rivalités. Cette séparation favorise un régime
autoritaire au Sud-Vietnam incarné jusqu'en 1963 par le président Ngô Dinh Diêm. Le mouvement insurrectionnel du
front national de libération (Viet Cong) qui se bat pour la réunification du Vietnam n'est donc pas seulement
idéologique, il est aussi structurel, conjoncturel et inévitable.

COURS D’HISTOIRE NIVEAU TERMINALE PAR M. Ferdinand NDANGA Page 29


B. Les phases de la guerre : l'humiliation des États-Unis

Document unique :

L’incident du golfe de Tonkin en 1964 marqué par l’attaque d’un destroyer américain en croisière
d’espionnage dans la zone du golfe de Tonkin par des vedettes nord vietnamiennes fournit au président Johnson
le prétexte à un engagement militaire massif contre les Nord-Vietnamiens. En vertu de la "théorie des dominos",
les USA décident de passer de l’engagement limité à un engagement illimité. Ainsi, entre 1961 et 1963, 17 000
"conseillers militaires" sont envoyés au Vietnam du Sud pour encadrer l’armée du Vietnam du Sud. Elles
accumulent raids et représailles. En 1967, on compte 500 000 soldats américains engagés dans le conflit avec
des moyens colossaux à leur disposition.

En janvier 1968, les maquisards Vietcongs lancent une grande offensives dite "offensive du Têt" (nouvel
an vietnamien, 1er février) sur les villes du sud, les bases américaines et ils entrent même dans Saigon, pour être
finalement repoussés. Le nouveau président américain, Richard Nixon, entame à partir de 1969 un lent
désengagement des forces terrestres américaines, qui passent de 500 000 à 50 000 hommes et le conflit se
vietnamise. En mars 1972, l’armée nord-vietnamienne lance une offensive générale sur le 17e parallèle. Pour
négocier en position de force, Nixon décide aussi le bombardement de la piste Hô Chi Minh, qui, du
Nord Vietnam, à travers le Laos et le Cambodge oriental, approvisionne les maquis du Vietnam du sud.
Les Nord-vietnamiens démontrent leur esprit de combativité, malgré l’écrasante supériorité
technologique américaine. Avec violence et terreur, les Américains fouillent les villages et massacrent les
populations en larguant le napalm (une épaisse essence qui provoque des malformations) mais perdent la guerre.

C. Les conséquences de la guerre

Elles sont à la fois politiques, économiques, humaines et morales. Ainsi, sur le plan politique,
l’opposition à la guerre se développe aux USA et favorise le développement du "syndrome vietnamien"

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(volonté de non-intervention à l’extérieur pour éviter de retomber dans semblable situation) et la
réprobation de l’opinion publique américaine. A la suite de cette humiliante guerre, Lyndon Johnson refuse
de se représenter et le monde entier apprend le massacre de 500 civils au village de My Lai.

Sur le plan économique, cette guerre est extrêmement coûteuse (des centaines de milliards de
dollars, soit 3 % du PNB américain), occasionne les déficits et l’inflation et le dollar se déprécie suite
à une diminution assez importante des réserves d’or américaines.

Sur le plan matériel, la destruction des villes et des villages, ponts, aéroports et les ports et la
destruction des surfaces agricoles entraînant la baisse des rendements agricoles, une pénurie alimentaire dans
les deux Vietnam.

Sur le plan humain, et moral, cette guerre suscite émoi dans l’opinion américaine et internationale
; la guerre révèle les souffrances des soldats américains et les souffrances des populations
vietnamiennes, favorisant la propagande pacifiste. Les manifestations gigantesques ont lieu aux États-Unis
et dans le reste du monde, qui critiquent cette « sale guerre ». Pour les États-Unis, c’est une humiliation, un
désastre politique : tout le Viêt Nam est désormais communiste, et la guerre a considérablement entamé le
prestige de la superpuissance qui s’enfonce dans une période de doutes.

Conclusion
En 1954, après neuf ans de guerre, les accords de Genève mettent fin à l’Indochine française.
Le Vietnam est alors partagé entre le Nord, sous domination communiste et soutenu par la Chine et
l’URSS, et le Sud, sous influence occidentale. Les deux États s’engagent dans une guerre civile féroce.
Très vite, les États-Unis interviennent, bombardant les villes du Nord et luttant contre la guérilla
communiste dans le Sud. En 1975, le coût et l’impopularité de la guerre entraînent le retrait des forces
américaines et la victoire finale des communistes.

Document supplémentaire : Nixon défend l’engagement américain

J’ai mis en œuvre un plan visant à entraîner les Sud-Vietnamiens et à retirer les forces américaines, pour
arrêter notre implication dans cette guerre dès que les Sud-Vietnamiens seraient en mesure de défendre
leur pays contre l’agression communiste. […] Je sais que certains pensent que je devrais arrêter cette
guerre tout de suite, sans me préoccuper de ce qui arrivera au Sud-Vietnam. Ce serait abandonner nos
amis. […] Je comprends les inquiétudes nombreuses qui s’élèvent dans tout le pays, attisées par les
rapports concernant des actes brutaux commis par nos troupes au Vietnam. […] Nous devrions être très
fiers de nos soldats. Ils méritent notre admiration et notre reconnaissance. Notre façon de leur prouver
cette reconnaissance, c’est de mettre fin à notre participation à cette guerre, pas dans l’échec ou la défaite,
mais en accomplissant nos objectifs : un Sud-Vietnam libre de déterminer son propre futur et une
Amérique non plus divisée par la guerre mais unie dans la paix. […] Mettre fin à la guerre, mais d’une
façon qui renforcera la confiance que le monde entier a envers les États-Unis.

Source : Discours de Richard Nixon, 7 avril 1971.

COURS D’HISTOIRE NIVEAU TERMINALE PAR M. Ferdinand NDANGA Page 31


LEÇON 5 : LA GUERRE FRAICHE (1975-1985)

Objectifs spécifiques

- Expliquer les origines de la guerre fraiche


- Décrire ses étapes
- Analyser les conséquences de la guerre fraiche
Introduction

Contrairement à la Détente, la décennie 1975-1985 est marquée par une période de tensions plus vives
entre les deux Grands que Leonid Brejnev qualifie de « Guerre fraiche », période marquée par une multiplication
des tensions et crises politico-militaires dans le monde, notamment dans le Tiers-Monde.

Comment s’explique les origines de la guerre fraiche ? Ses grandes phases et quelles en sont ses
retombées ?

I. Les causes de la guerre fraiche

Les débuts de la Guerre fraîche s'explique par la politique agressive que mène l'URSS en Asie (toute
l’Indochine passe sous l’influence de Moscou) et en Afrique, considérée jusque-là comme une chasse gardée
occidentale ; elle profite des troubles liés aux dernières décolonisations, en particulier dans les anciens territoires
portugais (Guinée-Bissau, Mozambique, Angola…où elle achemine des milliers de soldats) et en Ethiopie où
un régime pro-soviétique remplace le Négus. Cette politique choque les Etats-Unis tant elle bouleverse
l’équilibre international. Par ailleurs, la Guerre fraîche est sous-tendue par le déclenchement de la "bataille des
euromissiles" et l'invasion de l'Afghanistan par l'armée soviétique. Enfin, il y a surtout le repli américain
consécutif à l’échec américain au Vietnam et le scandale du Watergate qui contraint le président américain
Richard Nixon à démissionner en aout 1974.

II. Les manifestations de la guerre fraiche

En déployant en Europe de l'Est des missiles "SS 20" à partir de 1976, l'URSS rompt l'équilibre des
forces en Europe. Le 12 décembre 1979, les pays de l'OTAN décident de développer des programmes de missiles
équivalents, les "Pershing", installés en 1983 : c’est la crise des euromissiles caractérisée par l’America is back
de Ronald Reagan en remplacement de Jimmy Carter en 1980 qui augmente le budget militaire (2200 milliards
de dollars pour la modernisation et l'accroissement de l'armement conventionnel et stratégique). On assiste au
lancement du programme de construction de satellites anti-missiles appelé « guerre des étoiles », l’Initiative de
Défense Stratégique (IDS) lancée le 23 mars 1983 visant à édifier un bouclier spatial contre les armes nucléaires.
Ils actionnent les embargos céréaliers, l'interruption de la coopération technique ; et enfin le boycottage des jeux
olympiques de Moscou en 1980.

Les USA renouent avec la politique du Big Stick en devenant beaucoup plus interventionnistes comme
Grenade pour contrer un coup d’Etat, soutiennent des mouvements de guérilla anti-communistes en Angola avec
l’UNITA et aident Augusto Pinochet à renverser Salvador Allende au Chili.

L’URSS ayant à nouveau en face d’elle un partenaire puissant, un nouvel équilibre est créé : il peut
permettre une amélioration des relations entre les deux Grands.

III. Les conséquences de la guerre fraiche

Ronald Reagan a redoré l’image bafouée de l’Amérique depuis la défaite de la guerre du Vietnam et
pendant ce temps, l’URSS sombre dans des difficultés économiques très graves et s’essouffle peu à peu pour
avoir trop dépensé dans sa politique militaire agressive au Tiers-Monde au détriment des autres secteurs d’activité
du pays.

Déjà incapable de tenir et de rivaliser les USA dans la course aux armements, l’URSS de Mikhaïl
Gorbatchev initie une série de rencontres à Genève en 1985 puis à Reykjavik en 1986 et à Moscou en 1988.

COURS D’HISTOIRE NIVEAU TERMINALE PAR M. Ferdinand NDANGA Page 32


LEÇON 6 : LA NOUVELLE DÉTENTE ET l’EFFONDREMENT DE L’URSS (1985-1991)

Objectifs spécifiques

- Expliquer les origines de la Nouvelle détente


- Décrire ses étapes
- Analyser ses conséquences entrainant l’effondrement de l’URSS
Introduction

Le 11 mars 1985, après la mort de Konstantin Tchernenko, Mikhaïl Gorbatchev, à 54 ans seulement
arrive au pouvoir comme secrétaire général du PCUS, en rupture avec la gérontocratie qui semblait s’installer au
pouvoir en URSS depuis 1917.

Dès lors, en quoi cette arrivée occasionne-t-elle la Nouvelle détente Est-Ouest ? Comment celle-ci se
déroule et qu’est-ce qui provoque la chute de l’URSS ?

I. Les causes de la Nouvelle détente

Du 11 et 12 octobre 1986, M. Gorbatchev et Ronald Reagan se rencontrent à Reykjavik, ce qui inaugure


une « Nouvelle détente » entre les USA et l’URSS. Plusieurs raisons expliquent cette nouvelle ère : les
difficultés économiques tous azimuts de l’URSS, les réformes multiformes, la reprise du dialogue
interrompu en 1979 et la nouvelle politique prônée par le Numéro UN soviétique.

A. Les difficultés économiques tous azimuts

A son arrivée au pouvoir, Mikhaïl Gorbatchev hérite « d’une patate chaude » de Leonid Brejnev et de
ses prédécesseurs éphémères (Youri Andropov et Konstantin Tchernenko) n’ayant pas su redressé l’URSS
asphyxiée par d’énormes difficultés économique et financière liées au poids écrasant du budget militaire de
l’hégémonie mondiale et les difficultés du système soviétique en panne. Autant de choses qui forcent Gorbatchev
à abandonner la politique de surexpansion de l’URSS au Tiers-Monde et sa compétition avec les USA pour
régénérer le communisme.

B. D’importantes réformes ou l’ouverture de la boite de Pandore

Conscient de la gravité de la situation, Gorbatchev présente une solution pour la reconstruction et le


redressement de son pays : une nouvelle politique après 20 ans d’immobilisme. Ces réformes le conduisent à la
Perestroïka (la restructuration) et à la Glasnost (la transparence), devenues nécessaires.

 La Perestroïka7

C’est une réforme radicale dans tous les domaines qui déborde à la fois sur l’économie et embrasse la
société, le système politique et les relations internationales qui exigent la coopération avec l’Ouest. Elle favorise
une démocratisation du parti politique (pluralisme idéologique, multipartisme), et met en danger la Nomenklatura
et la bureaucratie qui s’y opposent car elle promeut le mérite. Les Américains approuvent cette politique et cela
vaut à son auteur une reconnaissance avec le Prix Nobel de la paix en 1990.

 La Glasnost

Elle exige la levée partielle du contrôle de l’Etat sur la presse (cas de l’accident nucléaire de Tchernobyl
en 1986), suppression de la censure, rétablissement de la vérité historique.

II. Les manifestations

Quelque temps dès l’arrivée au pouvoir de Gorbatchev, un retour au dialogue et des négociations
s’instaurent entre les deux Grands. Gorbatchev évoque la « Maison commune européenne », dénucléarisée et

7
C’est une révolution des mentalités, des structures administratives, des organisations économiques cherchant à détruire
les privilèges pour récompenser les mérites. Elle est donc fondée sur un double choix : la pause externe comme moyen
d’une relance interne.
COURS D’HISTOIRE NIVEAU TERMINALE PAR M. Ferdinand NDANGA Page 33
neutralisée. Ils décident d’éliminer tous les missiles présents en Europe dans un délai de trois ans : c’est l’« option
zéro », premier réel traité de désarmement. En 1987, ils signent les accords de Genève sur la limitation des
armements, le Traité de Washington sur les euromissiles est signé, la visite réciproque des deux chefs d’Etat dans
les deux pays, les accords de Malte (réduction de 50% des armements stratégiques) sont signés, le retrait des
troupes soviétiques en Afghanistan en 1989, la fin des conflits périphériques, la démocratisation des élections en
URSS, la libération des dissidents comme Sakharov sont effectifs. La chute du mur de Berlin le 9 novembre
aboutit à la réunification de l’Allemagne en octobre 1990.

III. Les conséquences

A partir de 1989, la contestation du modèle soviétique se développe partout dans les démocraties
populaires et se propage partout car un malaise généralisé réveille les populations civiles et déborde sur les
dirigeants soviétiques qui sont dépassés. La libéralisation politico-économique entamée par Gorbatchev a
contribué à la désagrégation de l’empire soviétique en réveillant des nationalismes endormis avec, en toile de
fond, l’indépendance des républiques baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie annexées en 1940).

Les deux politiques sont un échec car la liberté d’entreprise et l’initiative ne font pas partie de la culture
soviétique. Peu à peu, les pays du bloc soviétique se détachent de l’URSS, conduisant à la fin du PCUS. Après
avoir échappé à un coup d’Etat mené par l’armée et les apparatchiks du PCUS, Gorbatchev démissionne le 25
décembre 1991 et l’URSS disparait le lendemain en lieu et place de la Russie dont dirige Boris Eltsine. La
Perestroïka a cassé les mécanismes de l’économie planifiée et a disloqué l’empire soviétique.

Conclusion

La guerre froide se termine par la disparition du communisme et de l’URSS. En voulant assouplir le


système soviétique, Gorbatchev a provoqué sa chute. L’effet Gorby n’a pas eu le résultat escompté, au contraire,
il a détruit l’empire soviétique, marquant ainsi la fin de la guerre froide. Pour réformer un système à bout de
souffle, Gorbatchev a pris tous les risques, tout en écartant le recours à la force. Choix visionnaire, mais fatal à
l’URSS.

COURS D’HISTOIRE NIVEAU TERMINALE PAR M. Ferdinand NDANGA Page 34


CHAPITRE 3
LA DÉCOLONISATION DE L’AFRIQUE FRANCOPHONE

LEÇON 1 : LA DÉCOLONISATION DU GABON


Objectif spécifique

- Décrire les origines et le déroulement de la décolonisation du Gabon dans l’Afrique Noire


francophone

Introduction
La décolonisation est un processus politique par lequel les anciennes colonies accèdent à l’indépendance
et ce mouvement s’est intensifié au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et le Gabon, pays colonisé par la
France n’échappa pas à cette mouvance indépendantiste.

Dès lors, comment analyser ce processus lorsqu’on connait l’enchevêtrement des forces centrifuges pour
la jeune nation gabonaise ? Quelles sont les étapes de ce phénomène au Gabon ?

I. Les mobiles d’une si longue marche vers l’indépendance

De façon globale, la décolonisation du Gabon s’inscrit dans un vaste processus d’ensemble qui touche tous
les empires coloniaux au lendemain de la Seconde Guerre et est consécutive aux causes internes ou endogènes
et aux causes externes ou exogènes.

 Les causes externes ou endogènes de la décolonisation du Gabon

Parmi les causes de la décolonisation du Gabon, nous pouvons citer entre autres : la perte de prestige et
l’affaiblissement de la France après 1945, l’apport multiforme des colonies durant la guerre, la débâcle française
en Indochine et le soulèvement du peuple algérien qui fragilisent la domination française au sein de ses colonies,
l’anticolonialisme des deux Grands, le rôle de l’ONU qui réaffirme « le droit des peuples à disposer d’eux-
mêmes » à travers sa charte, les répercussions de la conférence de Bandung de 1955 dans les colonies.

 Les causes internes ou exogènes de la décolonisation du Gabon

Elles sont liées au mécontentement des peuples face aux abus des colons (travaux forcés, impôts,
brimades), l’instruction de l’élite locale indigène (René Paul Souzate, Charles Bakissi, Jean Hilaire Aubame
Eyeghe, Paul Indjedjet Gondjout, Léon Mba Minko…) déjà au fait des droits de l’Homme au Gabon où se crée
un nombre de mouvements politiques nationalistes réclamant des réformes à l'origine des soulèvements et des
révoltes matées violemment, la volonté du Gabon de se démarquer de la domination du Congo-Brazzaville.
À cela, s’ajoute le rôle crucial des religions de combats implantées dans le pays (l’Islam, le
Kimbanguisme et le Matsouanisme) qui promeuvent l’amour envers autrui sans distinction. Or, derrière la mission
civilisatrice, se cachaient une exploitation économique des colonisateurs, une inégalité sociale et juridique. Avec
autant de griefs, la colonisation avait donc les germes de sa propre destruction.

II. Les grandes phases du processus d’indépendance du Gabon

Si certains pays sont passés par la violence à l’arraché (Algérie, Indochine…) pour être indépendants, le
Gabon a obtenu la sienne par négociation ou par consentement au cours de cinq phases notamment la Conférence
de Brazzaville de 1944, l’Union française de 1946, la loi-cadre Gaston Defferre du 23 juin 1956, la
Communauté française et le référendum de 1958. De ce fait, la mise en place de l’Union française8 le 27
septembre 1946 avait pour mission de permettre aux colonies d’élire les députés au Parlement français. Le 15
décembre 1946, le Gabon élit une Assemblée composée de Jean Hilaire Aubame, Mathurin Anguilé, René

8
L’Union française fut une organisation politique de la France et de son empire colonial créée par la Constitution
de la Quatrième République.
Cours d’Histoire-Géographie Terminales, par M. Ferdinand NDANGA Page 35
Paul Sousatte, Paul Indjendjet Gondjout, Edouard Mosssot, Paul Evouna, Paul Flandre et Régnault
représentent le Gabon dès 1947 à cet effet. À la suite de l’Union française, on assiste à la mise en place de la loi-
cadre Defferre9 qui établit une décentralisation du pouvoir de la métropole vers les territoires de l’Union
française et une déconcentration administrative. Suite aux élections organisées au Gabon le 31 mars 1957, le
Bloc Démocratique Gabonais de Paul Gondjout, l’Union Démocratique et Sociale Gabonaise de Jean Hilaire
Aubame et une liste d’indépendants, Paul Gondjout devient Président de la nouvelle Assemblée et traite avec la
France du transfert des pouvoirs avant l’entrée en scène de son Co-leader Léon Mba qui, alors maire de Libreville
en 1957, fut élu par l’Assemblée Territoriale, Vice-président du Gabon.

Cependant, le 1er juin 1958, l’arrivée de Charles de Gaulle au pouvoir accélère la décolonisation de
l’empire français et remplace la loi-cadre Defferre par la Communauté française10. Sans perdre de temps, il
convoque aux urnes les peuples africains le 28 septembre 1958 pour le référendum afin d’accepter ou de refuser
la nouvelle Constitution qu’il propose. Le OUI l’emporte largement au Gabon. Le 19 février 1959, le Gabon vote
sa première Constitution. C’est le 17 août 1960 que le Gabon devient indépendant et en 1961, Léon Mba est élu
Président de la République le 12 février 1961 pour 7 ans.

9
A l’initiative de Gaston Defferre et Félix Houphouët-Boigny, c’est la loi n°56-619 du 23 juin 1956 autorisant le
gouvernement français à mettre en œuvre les réformes et prendre les mesures propres à assurer l’évolution des territoires
sous domination.
10
La Communauté française fut créée en 1958 et est l’association politique entre la France et les Etats de son empire
colonial, alors en voie de décolonisation. Elle remplace l’Union française.
COURS D’HISTOIRE NIVEAU TERMINALE PAR M. Ferdinand NDANGA Page 36
LEÇON 2 : LA DECOLONISATION DE L’ALGERIE

Objectif spécifique

- Analyser les origines, le déroulement et les conséquences de la guerre d’Algérie

Introduction

L'Algérie est un territoire particulier de l'Empire colonial français au statut de département, la métropole la
considère comme un prolongement naturel du territoire métropolitain et abrite un melting-pot de peuples.

Dès lors, comment s’explique cette confrontation entre le FLN (front de libération nationale) et la France ?
Quelles sont les phases de ce conflit et quelles conséquences en découlent ?

I. Un contexte favorable

En 1954, la France doit accorder l'indépendance à l'Indochine, à l'issue d'un conflit terrible et à la défaite
de Diên Biên Phu. À peine le sort de cette ex-colonie est-il scellé que la métropole se trouve confrontée aux
insurrections en Algérie. L'enjeu pour la France est tout autre dans ce territoire au statut particulier. Il est
inconcevable pour le régime d'envisager la perte de ce joyau de l'empire colonial. Très rapidement, les évènements
dégénèrent dans une guerre qui ne dit pas son nom.

II. Aux origines de la guerre : l'Algérie, un territoire au statut à part

Du 1er novembre 1954 au 3 juillet 1962, une guerre très meurtrière éclate en Algérie, un territoire particulier,
la plus ancienne conquête coloniale annexé en 1830 et divisée en trois départements, qui sont gérés par le
ministère de l'Intérieur. Parmi les possessions françaises, la seule colonie de peuplement où vivent plus d'un
million de personnes d'origine européenne, les pieds-noirs. À côté de ceux-ci, on trouve neuf millions d'Arabes et
de Kabyles, c'est-à-dire de Berbères algériens (les Berbères sont les premiers habitants de l'Afrique du Nord à
l'Antiquité). Malgré le statut de citoyen accordé à tous en 1944, les inégalités demeurent profondes marquant la
vie économique et sociale et on signale une même représentativité à l'assemblée algérienne. Ainsi, les emplois
de fonctionnaires sont avant tout réservés aux colons ainsi que les meilleures terres, l'éducation, est réservée aux
pieds-noirs à la différence des jeunes arabes et kabyles dont le taux de scolarisation n'est que de 14 %. Ces inégalités
expliquent la naissance précoce d'un mouvement nationaliste. Celui-ci est à l'origine d'une montée de la
contestation et de la violence sensibles au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. L'insurrection et le début de
la guerre datent du 1er novembre 1954 avec la vague d'attentats (70 au total et sabotages touchant la population
civile européenne et indigène). On parle de la Toussaint rouge. L'objectif est clairement annoncé : obtenir
l'indépendance.

COURS D’HISTOIRE NIVEAU TERMINALE PAR M. Ferdinand NDANGA Page 37


II. Les grandes phases : une guerre qui ne peut éviter l'indépendance

Document unique :

L'échec indochinois, l'obligation de défendre une population européenne et ses intérêts encouragent la
métropole à s'engager dans une lutte sans merci contre l'ALN. « L'Algérie c'est la France » déclare Pierre Mendès
France. Il est impossible de l'abandonner. Cependant, les opérations militaires demeurent difficiles à organiser face
à un ennemi qui combat en menant des actions de guérilla, en se cachant dans les zones montagneuses. Le pouvoir,
incapable de trouver de solution politique à la situation, décide également de laisser carte blanche à l'armée pour
décider des stratégies à adopter. Dès lors, l'engrenage de la violence est inévitable. La crise culmine en 1958. Des
manifestations ont lieu à Alger et un Comité de salut public est créé par les pieds-noirs pour s'opposer à l'idée des
négociations avec le FLN. La situation insurrectionnelle fait chanceler le régime politique. Le président René Coty
décide de nommer le Général de Gaulle président du Conseil qui exige, le 1er juin 1958, le changement de
constitution et de régime. La Ve République de De Gaulle oriente rapidement sa politique vers la négociation avec
le FLN.

III. Les conséquences

Dès 1959, de Gaulle propose la voie de l'autodétermination aux Algériens. Un référendum est organisé le
8 janvier 1961 et est soutenu par une majorité de français. Mais les partisans de l'Algérie française se radicalisent :
l'OAS, l'organisation de l'armée secrète, est créée cette même année. Les accords d'Évian organisant
l'indépendance de l'Algérie sont finalement signés le 18 mars 1962. Elle devient officielle le 5 juillet.

COURS D’HISTOIRE NIVEAU TERMINALE PAR M. Ferdinand NDANGA Page 38


CHAPITRE 4 L’ÉMERGENCE POLITIQUE DU TIERS MONDE

LEÇON 1 : LA CONFÉRENCE DE BANDUNG


Objectif spécifique
- Caractériser la conférence de Bandung

Introduction

Du 18 au 24 avril 1955 en Indonésie, a lieu la Conférence de Bandung. Elle fait suite au mouvement de
décolonisation. Quelles sont les motivations de cette Conférence, ses acteurs, ses résolutions et sa portée ?

I. Les voies conduisant à l’émergence politique du Tiers Monde

Document unique : Les Etats participants à la Conférence de Bandung

Source : Google. Com, consulté le 23 juin 2020 à 13h42.

A. Période, acteurs et contexte historique de la Conférence de Bandung

À l’initiative des cinq premiers pays indépendants : Inde, Pakistan, Ceylan (Sri Lanka), Birmanie et
Indonésie, la conférence de Bandung réunit les pays asiatiques et africains. Grâce à l’action de 5 personnages
charismatiques dont le premier ministre de l’Union Indienne Jawaharlal Nehru, Zhou Enlai, Abdel Gamal Nasser,
Sukarno (Indonésie) et Tito. Elle marque un tournant dans l’histoire de la décolonisation. Elle s’inscrit dans le
contexte historique marqué par l’extension de la guerre froide en Asie.

B. Les résolutions de Bandung

Les pays signataires ont manifesté le désir d’indépendance, la lutte des Arabes contre Israël ; la
condamnation de l’apartheid et lutte contre le sous-développement. Elle prend fin sur un accord de cinq principes à
savoir : respect de la souveraineté de tout Etat, égalité des Nations, non-agression, non-ingérence dans les affaires
intérieures, coexistence pacifique.

II. Les limites

La détermination des pays du Tiers Monde par leur position stratégique et leur richesse n’échapperont pas
à la convoitise des deux blocs. Moscou fera des nouveaux États indépendants les relais de sa doctrine en Asie et en
Afrique. Malheureusement, à Bandung, trois tendances s’opposent : les non-engagés (Nehru et Nasser) condamnent

COURS D’HISTOIRE NIVEAU TERMINALE PAR M. Ferdinand NDANGA Page 39


la politique des blocs ; les pro-occidentaux (le Pakistan, Turquie, Irak) affichent leur tendance pro-occidentale et les
deux pays communistes, la Chine et le Vietnam du Nord) étaient les procommunistes.

Conclusion
Au courant des années 1950, on assiste à un réveil de nouveaux États, ils le font à Bandung en Indonésie
en 1955 et condamnent le colonialisme et la guerre froide.

Nouveau cours d’Histoire-Géographie par. Ferdinand NDANGA Page 40


LEÇON 2 : LA NAISSANCE DU MOUVEMENT DES NON-ALIGNÉS
Objectif spécifique
- Expliquer la naissance, les actions et les limites du mouvement des non-alignés

Introduction

Au milieu des années cinquante, les jeunes États issus de la décolonisation refusent de s’allier à l’un ou
l’autre camp. C’est de cette position de rejet de la logique de blocs que naît le non-alignement.
Comment est né ce mouvement, quelles sont ses actes et à quels handicaps s’est-il heurté ?

I. Les origines et les objectifs

A. Origines et localisation

Document unique : Le mouvement des non-alignés à l’entame de ce mouvement

Source ; [Link], consulté le 24/07/2022 à 17h54

L’expression non-alignement vient du premier ministre indien Jawaharlal Nehru qui l’utilise en 1954 à
Colombo est une organisation internationale qui se définissent comme n'étant alignés ni avec ni contre aucune grande
puissance mondiale née le 1er septembre 1961. De ce fait, le refus de s’engager dans la guerre froide, le souhait de
rompre avec les puissances colonisatrices et de se développer rapidement, le désir de s’affirmer comme une force de
proposition dans les instances internationales, sont les principales motivations qui conduisent les nouveaux États
d'Afrique et d'Asie au « non-alignement ».

B. Les objectifs

Pour eux, le retrait du Tiers dans la logique des blocs peut constituer un fait pour arrêter l’extension de la
guerre froide. Les leaders soutiennent que le non-alignement est l’expression de l’affirmation de la présence du Tiers
Monde et de sa diplomatie dans la politique mondiale.

II. Les actions concrètes

La recherche de l’unité entre pays du tiers monde devrait passer par :


 Le non-alignement avec la conférence de Belgrade du 1er au 6 septembre 1961 à l’initiative du président
Yougoslave Tito à Belgrade où les leaders refusent de s’aligner sur l’un des blocs en s’intégrant à des alliances. Cette

Nouveau cours d’Histoire-Géographie par. Ferdinand NDANGA Page 41


Conférence intervient dans un contexte où les Deux Grands hésitent entre la coexistence pacifique et la détente. Des
conflits marquent les pays du Tiers Monde : la crise de Suez en 1956, la crise des missiles de Cuba de 1959-1962.
 Il passe aussi par la demande d’un nouvel ordre économique international.
 Par la voie révolutionnaire : l’échec des tentatives d’émergence politique, par conférences internationales et
unions régionales incite certains comme Che Guevara à mener une lutte révolutionnaire contre l’impérialisme.

III. Les limites


Peu à peu, devant les difficultés économiques se font jour et dans ces conditions, il devient compliqué
de se maintenir à l’écart des deux grandes puissances. Cet éclatement est aussi politique et est dû aux conflits Sud-
sud. L’Iran et l’Irak rivalisent de cultures : l’Arabisme et l’Islamisme, la Guerre du Golfe en 1990-1991, le Tchad et
la Lybie guerroient jusqu’en 1987, le Vietnam envahit le Cambodge en 1978. Enfin l’éclatement du Tiers-Monde est
aussi religieux.

Conclusion
Au finish, de nombreux pays nouvellement indépendants épris de neutralisme finissent par créer le
mouvement des non-alignés, symbole de leur commune volonté vers la construction d’un monde multipolaire à la
faveur de la Conférence de Bandung de 1955 et celle de Belgrade en 1961.

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Chapitre 5 :
LA QUESTION DÉMOCRATIQUE EN AFRIQUE NOIRE
FRANCOPHONE

LEÇON 1 : LES CAUSES DU RENOUVEAU DEMOCRATIQUE EN AFRIQUE NOIRE


FRANCOPHONE

Objectif spécifique
- Analyser les causes du renouveau démocratique en Afrique noire francophone
- Dresser l’état des lieux de la pratique de la démocratie en Afrique noire francophone

Introduction

À la fin des années 1980 et au début des années 1990, le règne des partis uniques semble révolu en
Afrique noire francophone. A la suite de l’ouverture des conférences nationales, les scrutins à des opposants
jusque-là écartés se multiplient sur le continent après le discours de la Baule, un cap vers le multipartisme est
franchi.
Dès lors, en quoi les années 1990 ont-elles été un tournant pour le renouveau démocratique en Afrique
noire francophone ?

I. Les origines du renouveau démocratique en Afrique noire francophone

Document 1 : Electeurs faisant la queue à Kinshasa le 30 décembre 2018.

Source : Franceinfo Afrique, Consulté le 7/7 :2020 à 12h13.

Alors que pendant les 30 années précédentes, l’Afrique est gouvernée par des systèmes autocratiques
durs, (Idi Amin Dada en Ouganda, Jean Bedel Bokassa en Centrafrique…), au début des années 1990 cependant,
on assiste à un déferlement de démocratisations sans précédent dans les pays d’Afrique noire francophone.
Il est consécutif à une convergence de faits internes et externes notamment : la chute du mur de Berlin
en 1989, la Conférence nationale au Bénin11 et sa suite en Afrique, le discours tutélaire de la France à la Baule le
20 juin 1990 où François Mitterrand déclare « qu’il n’y a pas de développement sans démocratie et il n’y a pas
de démocratie sans développement », la recrudescence des régimes dictatoriaux mégalomanes, la prise de
conscience des d’étudiants, des syndicats contre ces régimes à l’origine des émeutes, des manifestations et des

11
Les émeutes qui naissent au Bénin mobilisent les étudiants, les professeurs d’université et fonctionnaires, rejoints par
plusieurs groupes religieux forçant le président Mathieu Kérékou la première conférence nationale souveraine en Afrique
noire francophone.
Nouveau cours d’Histoire-Géographie par. Ferdinand NDANGA Page 43
grèves dans nombre de pays, l'arrivée au pouvoir de Gorbatchev en URSS à l’origine de l’effondrement de
l’empire soviétique et du Vent de l’Est, entre autres.

IV. L’état des lieux de la démocratie en Afrique noire francophone

Document 2 : Le président camerounais, Paul Biya, accroché au pouvoir depuis 1982.

Source : Ludovic Marin, AFP, Lyon, le 10/10/2019.

Après la tempête et l’effervescence des démocraties en Afrique noire francophone des années 1990,
force est de constater qu’il y a de plus en plus de démocratures électives 12 et des démocraties molles où les
gens votent, possèdent des institutions comme une cour suprême mais où tout fonctionne mal, où le système est
corrompu, où les élections permettent de maintenir en place le clientélisme et le népotisme comme en RDC ou
au Kenya où les dirigeants s’agrippent au pouvoir en tripatouillant les constitutions débouchant sur la
contestation des résultats matés par l’armée comme le Gabon en 2016.
Depuis quelques années, on assiste à une fatigue du vote avec la montée de l’abstention pourtant, lors
des premiers scrutins, les gens vont voter mais, par la suite, ils se lassent, ne croyant plus que les élections
constituent un moment important de la vie politique. C’est le cas en Afrique centrale, citadelle par excellence
des démocratures électives et des démocraties molles et démocratures électives où le bœuvotantisme ethnique
reste d’actualité.
Ainsi, au Tchad, à Djibouti, au Togo ou au Gabon, aucune alternance politique n’a été observée depuis
l’instauration du multipartisme : Faure Gnassingbé et Ali Bongo Ondimba ont succédé à leur père avec la
bénédiction de la France, tandis qu’Ismaïl Omar Guelleh a pris la suite de son oncle.

Conclusion

Après le déferlement du Vent de l’Est, l’Afrique noire francophone est rentrée dans la mouvance du
multipartisme politique après un règne sans partage des régimes à partis uniques. Mais, de nos jours, la
démocratie demeure un simple effet à la mode en Afrique noire où les dirigeants en poste se sont mués en fins
stratèges aux entourloupes.

11. Il s’agit de régimes autoritaires ayant survécu aux vagues de libéralisme et d’élections multipartites comme en
Ouganda, au Rwanda, au Zimbabwe ou en Guinée Equatoriale).
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LEÇON 2 : LES ACQUIS ET LES LIMITES DE LA DEMOCRATISATION DE L’AFRIQUE NOIRE
FRANCOPHONE

Objectifs spécifiques

- Analyser les acquis de la démocratisation en Afrique noire francophone


- Examiner les limites de cette dernière dans ces pays

Introduction

La démocratie ayant pour vocation de protéger les citoyens contre l'arbitraire ou l'abus du pouvoir en
promouvant l’égalité des droits entre les citoyens, en Afrique noire francophone, de nombreux acquis ont été
constatés même si beaucoup reste à faire.
De ce fait, en quoi la démocratisation de l’Afrique noire francophone est-elle à l’origine de nombreux acquis ?
N’a-t-elle pas d’handicap dans cette partie du continent ?

I. Les acquisitions de la démocratie en Afrique noire francophone

Le mérite de l’instauration de la démocratie en Afrique noire francophone est d’avoir solennellement affirmé
le caractère universel des principes et règles qui fondent toute démocratie et qui s’articulent autour de la primauté du
suffrage universel, de la séparation des pouvoirs, de l’indépendance de la justice, de la garantie des libertés
d’expression et du respect des droits de l’homme.
Au-delà de certaines réalisations, il est possible de résumer les progrès ainsi réalisés en trois grandes
tendances : la consécration d’une démocratie constitutionnelle marquée par l’avènement d’une Constitution écrite
et adoptée par référendum, l’édification progressive de l’État de droit, l’organisation d’élections disputées et le
retour du pluralisme politique. Ce dernier a occasionné le renouvellement du personnel politique sans faire
disparaître les dinosaures pour autant et l’émergence d’une multitude d’associations appartenant à la société civile
devenue un levier de contre-pouvoir exerçant une forte influence sur le monde politique comme le mouvement « Trop
c’est trop » au Burkina Faso. L’Afrique est devenu un vaste chantier constitutionnel depuis le début des années 1990.

II. Les limites de la démocratisation de l’Afrique noire francophone

Document unique :

“Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire (…). Jamais il ne
s'élance vers l'avenir (...). Dans cet univers où la nature commande tout, l'homme reste immobile au milieu
d'un ordre immuable où tout est écrit d'avance. (…) Il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour
l'idée de progrès”.

Source : E. Gyiamah Boadi, Le recul de la démocratie en Afrique de l’Ouest, 2021.

Il y a de cela plusieurs décennies, Réné Dumont s’indigne et constate aux lendemain des indépendances que
« L’Afrique noire est mal partie ». En 2007, devant un parterre de chefs d’Etats africains médusés, Nicolas Sarkozy
fait un constat accablant l’Afrique. Pourquoi le continent africain a toujours du mal à consacrer l'idée de l'alternance
pacifique au pouvoir ? S’il y a bien un fait implacable et indubitable au-delà de tout ce qu’on dit, c’est que l’Afrique
noire n’a jamais vraiment compris la démocratie et ça explique pourquoi elle n’a jamais profité des fruits de la
démocratisation.

De ce fait, la démocratisation africaine se limite aux élections qui d’ailleurs ne sont ni libres ni équitables.
La démocratie en Afrique noire est le plus souvent réduite à la propagande électorale et à des élections. Réduire la
démocratisation au processus électoral constitue un obstacle majeur à la réalisation d’un progrès et d’un
développement réels. La lutte pour le pouvoir parmi les élites du pays prive, pour ainsi dire, le peuple de la

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participation à la gouvernance du pays, laissant l’État et l’économie à la merci de dirigeants jouissant d’une totale
impunité.

III. Les voies menant à la démocratie

Pour y arriver, il faudrait : une éducation des masses car 80% des électeurs africains sont illettrés, naïfs
et ne votent souvent que par tribalisme et régionalisme. Le civisme n’est pas encore bien développé en Afrique.
Il convient également de noter que l’UA et la CEDEAO déploient aujourd’hui fréquemment des équipes pour
surveiller de manière indépendante les élections dans les pays membres.
Multipartisme et démocratie en Afrique noire ressemblent fort à un luxe car ici on ne pratique que «la
politique du ventre ». Elle doit lutter contre l’impunité, l’ethnicité, la peur, l’exclusion, développer le civisme,
reconnaître le mérite du travail. Voilà des attitudes qui feraient que la politique ne soit plus une carrière alléchante
pour s’enrichir.

Conclusion
En Afrique noire, la démocratie peine à éclore et en particulier en Afrique centrale où sommeille
d’innombrables dictateurs prêts à mourir au pouvoir. Pour s’en sortir, un accent doit être mis dans l’éducation
des jeunes et lutter contre le tribalisme.

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