Rappel Des Lois de L'hydraulique: Marcel GUILLON Jean-Pierre BLONDEL
Rappel Des Lois de L'hydraulique: Marcel GUILLON Jean-Pierre BLONDEL
DOCUMENTATION
05/10/2008
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Figure 1 – Fluide contenu dans une enceinte 1.4.2 Intérêt d’une méthode simplifiée
à parois mobiles (exemple)
Si la canalisation Ci est faite d’un certain nombre d’éléments
Cette expression a la même forme que l’expression (4) du débit connus montés en série (raccords, tuyaux, organes de restriction,
de compressibilité, d’où l’habitude de grouper ces deux termes en perçages, etc.), la perte de charge subie par le débit Q i dans la
dp /dt pour écrire : canalisation Ci sera évidemment égale à la somme des pertes de
charge dans chaque élément. Si, parmi ces éléments, il en est un
V dp dp V dp qui joue un rôle de réglage, il aura été conçu pour que la perte de
------ --------- + k --------- = ---------- ---------
B dt dt B ′′ d t charge dont il est responsable soit prépondérante devant toutes les
autres. Nous aurons donc une bonne connaissance de la perte de
avec B ′′ coefficient de compressibilité apparent du liquide dans
charge totale si nous déterminons :
son enveloppe, défini par la relation :
— avec une bonne précision, celle des organes de réglage ;
1 1 k — avec une précision médiocre, celle des organes de liaison.
---------- = ----- + ------
B ′′ B V C’est ce que réalise la méthode proposée maintenant.
Cette manière de faire permet d’évaluer la qualité d’une
enveloppe, pour une application donnée, par comparaison des
ordres de grandeurs de 1/B et k /V.
1.4.3 Notion d’énergie de mise en vitesse
Le coefficient de compressibilité apparent étant ainsi défini, Une masse de fluide M animée de la vitesse v possède une
l’équation générale de débit appliquée au cas simple de la figure 1 énergie cinétique :
prend la forme concise :
1
E c = ----- Mv 2
dx V dp 2
Q 1 – Q 2 = S --------- + ----------- ---------
dt B ′′ d t
Si cette masse est initialement au repos, par exemple dans un
Il faut retenir que les effets de l’élasticité des enveloppes sont loin réservoir sous pression, et qu’elle prend de la vitesse en
d’être négligeables. Le coefficient de compressibilité apparent B ′′ de s’engageant dans un orifice percé dans le réservoir, elle n’a pu
l’huile dans son enveloppe peut couramment descendre à 0,7 B ou emprunter l’énergie nécessaire qu’à sa propre énergie de pression,
même 0,5 B. égale pour un liquide incompressible à :
Enfin et surtout, il faut retenir que, pour cette raison, l’emploi de M
tuyauteries non rigides entre distributeur et chambres de vérin est E p1 = -------- p 1
ρ
à proscrire sur les systèmes hydrauliques asservis de hautes
performances. Si la transformation d’énergie de pression en énergie cinétique
s’est faite avec un rendement unitaire, l’énergie de pression du
liquide animé de la vitesse v ne vaut donc plus que :
1.4 Débits entrants et débits sortants
ρ
M 1 M
Ep2 = E p1 – E c = ------- p 1 – ----- Mv 2 = ------- p 1 – ----- v 2
1.4.1 Détermination d’un débit ρ 2 ρ 2
ou d’une perte de charge
et sa nouvelle pression statique est alors :
Soit une enceinte E où règne la pression p, reliée à un certain ρ
nombre d’enceintes voisines Ei où règnent les pressions pi , par p 2 = p 1 – ----- v 2
l’intermédiaire de canalisations Ci (comportant éventuellement des 2
orifices de restriction).
Les débits Qi s’écoulant de E i vers E ou de E vers E i dépendent Cette relation n’est qu’un cas particulier de la relation de
essentiellement : Bernoulli qui exprime, pour un fluide parfait, la conservation de
— des valeurs de p et de pi ; la pression totale entre deux sections droites d’un filet
— de la canalisation Ci ; élémentaire (article Mécanique des fluides [A 1 870] dans le
— des caractéristiques du fluide F. traité Sciences fondamentales).
L’expérience prouve que, si ni p, ni pi , ni aucune pression en un
point quelconque de la canalisation Ci ne descendent à une valeur
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1.4.4 Méthode de calcul d’une perte de charge Aussi, avant de donner un certain nombre de valeurs numériques
pour ξ et λ, devons-nous préciser les définitions et les limites des
L’accélération d’un écoulement, causée par un rétrécissement du divers domaines d’écoulement qui correspondent à des ξ et λ
conduit, c’est-à-dire la transformation de pression en vitesse, se constants.
fait toujours avec un excellent rendement, alors que la trans-
formation inverse, c’est-à-dire la recompression, exige des formes
de conduit très soigneusement étudiées pour ne pas avoir un 1.4.5 Types d’écoulements
rendement lamentable. Si le rendement de la première opération
était 1 et celui de la seconde 0, la perte de charge vaudrait Nota : le lecteur se reportera également à l’article Mécanique des fluides [A 1 870] dans
exactement : le traité Sciences fondamentales.
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Figure 2 – Valeurs du coefficient de perte de charge en fonction du nombre de Reynolds Re (d’après Nikuradse)
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Il faut reconnaître cependant, dans le cas des organes de Ce résultat explique que les vitesses d’écoulement soient
restriction : pratiquement limitées à :
— que le nombre de Reynolds critique est beaucoup plus faible 8 à 10 m/s dans les tuyauteries haute pression (une perte de
que pour les tubes ; charge de l’ordre de 2 à 8 bar y est négligeable
— que la transition est beaucoup moins nette. devant les 100, 200 ou 300 bar fournis par une
En appelant respectivement L et D la longueur et le diamètre de pompe haute pression) ;
l’orifice, on peut admettre que le nombre de Reynolds critique est 2 ou 3 m/s dans les tuyauteries basse pression partant d’un
de l’ordre de 35[(L /D ) + 0,7] avec une zone de transition s’éten- réservoir légèrement pressurisé ;
dant de Re c /4 à 4 Re c . 1 à 2 m/s dans les tuyauteries basse pression partant d’un
réservoir mis à l’air libre, car, évidemment, la perte
■ Pertes de charge dans les organes de liaison (coudes,
de charge ne saurait dépasser (ni même atteindre)
embouts, raccords de liaison ou d’implantation) : ce sont aussi des
la valeur de la pression appliquée au réservoir.
pertes de charge localisées.
Il est commode, pour les calculer, de considérer un coefficient ξ
global pour l’organe de liaison étudié, coefficient correspondant à
la section de passage nominale de l’organe. Des valeurs expéri-
mentales moyennes sont données ci-après : (0)
2. Équations de forces
ou de couples
Organe de liaison
2.1 Équation générale
Raccord droit ................................................. 0,5
Les équations de forces (ou de couples) expriment l’équilibre au
Coude ............................................................. 1 sens large des éléments mobiles des organes hydrauliques sous
Raccord orientable ........................................ 2à3 l’action des forces ou des couples auxquels ils sont soumis.
Raccord orientable spécialement étudié ..... 1,5 Il est commode de séparer ces forces (ou ces couples) en deux
groupes :
Soupapes, robinets, etc. ............................... 3à6
— le groupe de celles qui sont uniquement fonction de la
position x (ou θ ) de l’élément considéré, ou fonction des dérivées
● Limite de validité : dans les organes de liaison, les écoulements successives de x (ou de θ ) ; on les appellera F (x ) [ou C (θ )] ;
peuvent aussi devenir laminaires. — le groupe de celles qui sont fonction d’autres paramètres, à
savoir des variables du système considéré, telles que des
Les nombres de Reynolds critiques ont des valeurs très diverses, pressions, des débits, des vitesses de rotation, etc., ou des para-
mais sont souvent compris entre 1 000 et 2 000. mètres extérieurs au système, tels que des ordres de commande,
des perturbations, etc. ; on les appellera F (e ) [ou C (e )].
1.4.8 Inconvénients des écoulements laminaires En désignant par M et I, respectivement, la masse et l’inertie de
l’élément mobile considéré, l’équation d’équilibre s’écrit :
À première vue, du fait de leur linéarité, les écoulements d2 x
laminaires sont plus séduisants que les écoulements turbulents. F ( x ) + F ( e ) = M -----------
-
dt 2
Mais il faut noter que les pertes de charge laminaires, fonction du
nombre de Reynolds, dépendent de la viscosité du liquide, donc de d2 θ
ou C ( θ ) + C ( e ) = I -----------
sa nature et de sa température. dt 2
Il en résulte :
— qu’une installation mise au point en ambiance laboratoire
verra son fonctionnement d’autant plus troublé par le froid qu’elle Remarque : alors que l’établissement des équations de débit
comportera plus d’éléments à écoulements laminaires ; faisait appel à des notions spécifiquement hydrauliques, il n’en
— que les systèmes, dans lesquels les valeurs des résistances est pas de même pour les équations de force. Ce sont elles pour-
hydrauliques constituent des paramètres de fonctionnement, ne tant qui causent les principales difficultés rencontrées au cours
pourront fonctionner correctement sans régulation de température, de l’étude des systèmes hydrauliques.
que si tous les éléments sont turbulents et restent turbulents
jusqu’à la température minimale de fonctionnement.
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Par exemple, pour un orifice à palette du type de celui de la Dans cet ordre d’idées, si on veut bien se souvenir que la
figure 4a dont les caractéristiques sont les suivantes : p 1 = 100 bar, principale cause de frottements réside dans les dispositifs
S 1 = 0,2 mm2 et S 2 = 0,8 mm2, la raideur hydraulique, au voisinage de d’étanchéité, il est intéressant de classer ces derniers d’après le
p 2 = 50 bar, est de 63 N/mm. niveau des forces de frottement qu’ils introduisent.
Nous nous bornerons à évoquer ici un des phénomènes de
frottement les plus gênants et les plus déroutants rencontrés en
2.3 Frottements hydraulique, celui du collage des distributeurs.
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Exemple : considérons un distributeur ayant les caractéristiques L’allure de la courbe (figure 6) fait prévoir, et un calcul
suivantes : numérique rapide confirme, qu’il ne faut guère compter, ni sur
diamètre nominal ........................................................ 8 mm l’augmentation du jeu, ni sur la diminution de la conicité, pour faire
longueur de portée ..................................................... 10 mm disparaître le collage.
différence de pression................................................ 200 bar Un procédé extrêmement efficace serait évidemment l’inversion
jeu moyen au diamètre (∅ alésage – ∅ piston) ........ jm = 5 µm de la conicité, mais il est d’application très difficile. Le procédé le
conicité du piston (∅ entrée – ∅ sortie).................... g = 1 µm plus fréquemment employé est l’exécution de gorges de détente.
Nous en tirons : Son efficacité est illustrée sur la figure 5.
— la force radiale de référence :
( p 1 – p 2 ) D = 1 600 N
1 1
2.5 Forces hydrauliques dynamiques
τ = ----- × ----- = 0,1
2 5
d’où c = 0,225 (d’après figure 6) Les fluides exercent sur les organes hydrauliques des forces de
pression. Ces forces sont d’une détermination généralement facile
— la force radiale réelle de plaquage : lorsque les fluides sont au repos. Mais, lorsque les fluides sont en
Frad = 360 N mouvement, apparaissent des forces dynamiques qu’il est beau-
coup plus difficile de déterminer. On peut dire que ce problème,
soit, avec un coefficient de frottement de 0,15, une force résistante malgré les nombreux travaux qui lui ont été consacrés, n’a pas
axiale de 54 N. encore reçu de solution satisfaisante.
Nous nous proposons ici d’exposer succinctement le problème,
de chiffrer l’ordre de grandeur des forces en question et d’indiquer
quelques méthodes permettant d’en atténuer les effets dés-
agréables.
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Mais les jets réels ne sont presque jamais ni homogènes, ni à Si l’écoulement n’est pas homogène, on écrira, en le
filets parallèles, ni totalement amortis sur un seul élément. La force décomposant en filets élémentaires :
F 1 = ρ Qv constitue donc une limite supérieure à la force d’action
réelle F R .
■ Calcul de F 1 : on sait que la détente d’un liquide à travers un
FR x = (Q )
ρ v cos θ dQ
orifice se fait avec un très bon rendement et lui confère une vitesse Mais les organes hydrauliques sont seulement traversés par les
réelle très voisine de la vitesse théorique tirée de la relation de liquides ; ainsi dans un distributeur (corps A, tiroir B) (figure 8), le
Bernoulli : liquide passe de A en B, puis de B en A ; si le retour du liquide de B
∆p = ρ v 2 / 2 en A se fait avec une vitesse v ′ non négligeable devant v, c’est-à-dire,
Donc, en faisant seulement l’hypothèse d’un rendement de en réalité, si la force vive du jet, créée au passage de A en B dans
détente très voisin de l’unité, on obtient la valeur de F 1 : la section étranglée S, n’est pas complètement amortie sur B,
l’expression de F R x devient (en appelant θ ′ l’angle du filet fluide élé-
F 1 = Q 2 ρ ∆p (8) mentaire avec l’axe Ox à la sortie de B) :
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2.6.3 Suppression des effets de la force F R On sait que la force F R s’exerce sur l’élément B, parce que le jet
liquide mis en vitesse dans l’élément A amortit sa force vive dans
Souvent, on ne fera rien pour agir sur F R , préférant conserver l’élément B (on pourrait dire qu’il prend appui sur A pour pousser
une forme simple de distributeur et augmenter les forces de B). On cherchera donc à dévier le jet de façon qu’il amortisse cette
commande jusqu’à ce que F R soit négligeable devant elles. C’est force vive sur l’élément A, autrement dit, on cherchera à annuler le
ce que font, en particulier, les fabricants de servovalves, et nous coefficient a de l’expression (10) en créant un terme v ′ cos θ ′ égal
avons là l’explication du nombre d’étages d’amplification au terme v cos θ.
hydraulique croissant avec le débit que comportent ces organes : On constate effectivement qu’avec certains profils de tiroir et de
1 pour les très faibles débits ; chambre dans la chemise, du type de ceux de la figure 12, F R est
2 pour les débits moyens de l’ordre de 50 à 1 000 cm3/s ; annulé ; bien plus, certains profils réalisent un suréquilibrage,
souvent 3 au-delà. c’est-à-dire que F R est changé de signe.
Nota : la mise au point par retouche du profil convergent-divergent de la figure 12 est
délicate et décevante, faute évidemment d’une méthode d’analyse satisfaisante de
l’écoulement.
2.6.4 Recherche de l’annulation véritable
de la force F R
(0)
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source d’intensité
Source de débit Q = Cte
(pompe volumétrique parfaite)
i = Cte
Organes passifs résistance
Q = KS ∆p 1
Orifice laminaire i = ------ ∆V
R
capacité
r x = S ∆p
S 2 d ∆p
Piston à rappel élastique dx Q = ---------- --------------
Q = S ---------- r dt d ∆V
dt i = C ---------------
dt
dx résistance
f ---------- = S ∆ p
dt S2
Piston à frottement visqueux - ∆p
Q = --------
dx f 1
Q = S ---------- i = ------ ∆V
dt R
d2 x inductance
- = S ∆p
m ------------
Piston à inertie pure dt 2 S2
Q = -------- ∆ p dt
-
∆V dt dx m 1
Q = S ----------
dt i = ----- ∆Vdt
L
capacité à la masse
Compressibilité du liquide dp
(ou élasticité d’enveloppe) Q = K ----------
dt dV
i = C ----------
dt
Quant à l’équation des forces, elle s’écrit, en posant p1 – p 2 = ∆p il est généralement possible d’associer, à un organe hydraulique
et en appelant r la raideur de l’ensemble des deux ressorts : élémentaire, un organe électrique ayant une caractéristique de
même forme mathématique.
r x = S ∆p
Bien plus, l’étude d’un système hydraulique se faisant en
L’équation caractéristique s’obtient par élimination de x : appliquant les lois des mailles et des nœuds :
S 2 d ∆p Σ ∆p = 0 le long d’une maille fermée ;
Q = --------- ------------- (11) ΣQ = 0 en un nœud,
r dt
tout à fait analogues aux lois électriques des mailles et des
nœuds :
Σ ∆V = 0 le long d’une maille fermée ;
3.2 Analogie électrohydraulique Σi = 0 en un nœud,
La relation (11), obtenue entre différence de pression et débit, est il sera possible de faire correspondre à un système hydraulique un
de même forme que la relation entre différence de potentiel et système électrique de même représentation mathématique.
courant, qui caractérise le condensateur électrique : C’est l’analogie électrohydraulique [p → V, Q → i ] qui présente le
gros avantage de conserver la topologie des circuits (une maille
d ∆V correspondant à une maille et un nœud à un nœud). Mais il ne faut
i = C -------------
dt pas oublier que l’intérêt de l’analogie est surtout pédagogique.
De façon plus générale, si on convient de faire correspondre : Le tableau 1 donne les équations caractéristiques et les analogues
électriques de quelques organes hydrauliques élémentaires.
— les pressions aux tensions ;
— les débits aux intensités,
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2 2 d∆θ d2 ∆ θ σ2 = πD2ε
e K ∆i – h S b ∆p = r r ∆θ + f f ------------- + I ---------------
- (12)
dt dt 2 Soit, en prenant la dérivée logarithmique :
∆Q ∆ σ1 1 ∆ ( p1 – p )
------------1- = -----------
- + ----- ----------------------------
Q 10 σ 10 2 ( p1 – p )0
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ou, comme σ1 est constant et en supposant, ce qui est générale- on obtient, pour les équations (12) et (13) :
ment le cas, que p1 reste constant :
e K ∆i – h S b ∆p = µ ( ) ∆ θ
∆Q ∆p
λQ
1
------------1- = – ----- --------------------- V Q0
Q 10 2 p1 – p0 + ----- ∆p + S ∆ y + --------- ∆ θ = 0
0 B θ0
écrit plus commodément :
d’où :
∆p
1 h Sb V Q0 e K
Q 1 = Q 10 1 – ----- -------------------- Q 0 λ + ---------------------------- + ----- ∆ p + S ∆y = ------------ ----------------- ∆i (14)
2 p1 – p0 θ0 µ ( ) B θ0 µ ( )
Pour le débit Q 2 , il faut évidemment tenir compte des variations Le potentiomètre, tel qu’il est défini sur la figure 14, impose
de la section de passage σ 2 laissée au fluide entre la buse et la donc une relation entre :
palette, section de passage qui, pour les faibles levées de la — une grandeur d’entrée ∆i ;
palette, est en valeur absolue proportionnelle à θ ; avec nos — deux grandeurs de sortie ∆p et ∆y.
conventions de signes, il faut écrire en réalité (comme on le voit
sur la figure 14) : La détermination de ∆p et ∆y à partir de la connaissance de ∆i et
des divers paramètres du système exige une information
∆ σ2 ∆θ ∆θ
- = – ------------ = ---------
----------- supplémentaire, la connaissance de l’impédance aval, c’est-à-dire
σ 20 θ0 θ0 la connaissance de la relation entre ∆p et ∆y, imposée par l’organe
récepteur situé en aval du potentiomètre et sur lequel nous
∆θ 1 ∆p n’avons jusqu’à maintenant fait aucune hypothèse.
d’où Q 2 = Q 20 1 + --------- + ----- --------------------
θ0 2 p0 – p2 Si le récepteur est un récepteur à pression constante, ∆p reste
pratiquement nul, la grandeur de sortie ∆y est tirée de la
En portant ces expressions de Q1 et Q 2 dans l’équation de débit relation (14) dans laquelle on aura fait ∆p = 0. La fonction
et en tenant compte de ce qu’en régime permanent caractéristique du potentiomètre est alors celle d’une commande
Q10 = Q 20 = Q 0 , on a : en débit à pression constante.
Inversement, si le récepteur est un récepteur à volume constant,
Q0 1 1 V d∆p d ∆y ∆θ la grandeur de sortie ∆p est obtenue en annulant ∆y dans la
--------- -------------------- + -------------------- ∆ p + ----- ------------- + S ------------- + Q 0 ---------- = 0 (13)
2 p1 – p0 p0 – p2 B dt dt θ0 relation (14). La fonction caractéristique du potentiomètre est alors
celle d’une commande en pression sans débit utile.
Dans les cas réels, les impédances des récepteurs sont rarement
3.3.3 Élimination de la variable interne nulles ou infinies comme ci-dessus et les considérer comme telles
n’est guère valable qu’en première approximation. Une analyse
L’équation des couples (12) contient les variables ∆i, ∆p et ∆θ, exhaustive devra prendre en compte l’équation caractéristique
l’équation des débits (13) contient les variables ∆p, ∆y et ∆θ, (en réelle de l’organe commandé.
sous-entendant évidemment et éventuellement leurs dérivées
successives). Remarque : la différence Q1 – Q2 est une fonction essentielle-
L’élimination de la variable interne au système ∆θ fournit une ment non linéaire des variables ∆p et ∆ θ. On a pu ici lui
équation (14) entre ∆i, ∆p et ∆y. substituer une expression approchée bilinéaire obtenue aisé-
En passant, pour plus de commodité, à l’écriture opérationnelle, ment par le procédé de la différentiation logarithmique.
avec opérateur de Laplace, et en posant, de plus : Dans une simulation mettant en œuvre des moyens de calcul
automatique de puissance convenable, on peut traiter
2 2
r r + f f + I 2 = µ ( ) l’expression exacte :
et
1
-----
2
1 1
--------------------- + ---------------------
p1 – p0 p0 – p2
= λ Q1 – Q2 = Q0
∆p
∆θ
1 – --------------------- – 1 + ---------
p1 – p0 θ0 ∆p
1 + --------------------
p0 – p2
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