Master : Juriste d’Affaires
Module : Cyber-droit
La conclusion du
contrat à l’épreuve
d’internet
Encadré Par :
Mr. Aloui Bouchta
Réalisé Par :
- Ziat Zineb
- Sanhaji Ayyoub
- Boukhari Bilal
- Nattach Zakaria
- Ghanmi Omar
2021-2022
Sommaire
Sommaire………………………………………………………………………...1
Introduction……………………………………………………………………...2
Partie 1 : La formation du contrat électronique……………………………..5
Chapitre 1 : Le formalisme du contrat électronique………….......................5
Section 1 : La concordance de la volonté des parties………………….......5
Section 2 : Les obstacles liés à la volonté des parties………………….......8
Chapitre 2 : Les outils juridique de la transparence du processus
contractuel.……................................................................................................12
Section 1 : L’exigence de la signature électronique et la reconnaissance du
document électronique …………………….....................................................12
Section 2 : l’adaptation de la technique de la chaîne des blocs pour les
smart contrats :( blockchain ) :…………………............................................15
Partie 2 : L’exécution du contrat électronique et le règlement des
litiges…………...................................................................................................18
Chapitre 1 : Les obligations et responsabilité des parties……………….…18
Section 1 : Les obligations des cyber-contractants………………………..18
Section 2 : La responsabilité des cyber-contractants………………..........23
Chapitre 2 : La protection du consommateur et les modes du règlement du
litige…………………………………………………………………………....27
Section 1 : Les mesures protectrices du cyber-consommateur………......27
Section 2 : Les modes du règlement des litiges…………………………...30
Conclusion……………………………………………………………………...35
Bibliographie…………………………………………………………………...36
La conclusion du contrat électronique 1
Introduction
« Les temps changent. Au commencement, le juriste voyait dans l’internet “ la mort du
droit”. Aujourd’hui, internet apporte sa signature à un renouvellement du droit »1
1. Contexte général du sujet :
Avec le développement que connait le monde, toutes les pratiques sont en train de changer,
et cela est dans la mesure où le développement technologique en est aujourd’hui un repère. Il
est alors temps de prendre le train de modernité en marche, et dématérialiser même quelques
pratiques juridiques.
Dans la pluralité des pratiques juridiques, notre sujet sera penché sur le contrat vu que « le
contrat est la loi des parties ». Et pour rester dans le même contexte du développement
technologique, nous nous intéressons au contrat électronique.
2. Définitions :
A l'heure actuelle, le contrat, qualifié de « pilier » du droit, prend, avec l’émergence de
l’Internet, une forme électronique, car il est conclu chaque jour, chaque minute, voire même
chaque seconde, partout dans le monde par celui qui navigue sur des sites Internet. Il est
défini comme étant « un accord de volontés entre deux ou plusieurs personnes destinées à
créer, modifier, transmettre ou éteindre des obligations ».
On en déduit que le contrat est un accord générateur d’obligations. Cet accord qui se noue
des relations entre deux ou plusieurs personnes dans le monde réel, est aujourd’hui se
prolifère dans le monde virtuel, ce qui a donné naissance aux contrats électroniques ou
contrats conclu par voie électronique.
En guise de définition de l’e-contrat, nous pouvons avancer le constat de Vincent Gautrais
selon lequel, le contrat électronique est « la situation par laquelle un engagement est conclu
entre deux ou plusieurs personnes qui utilisent un ordinateur branché sur un réseau de
communication comme moyen de transmettre une offre et une acceptation, éléments
constitutifs dudit contrat ». Ou encore, la définition de Raynouard qui le considère comme «
un mode de rencontre des volontés qui permet d’identifier un contrat conclu par voie
électronique, puisque la formation du contrat se cristallise à ce moment-là ». De manière plus
simple, l’e-contrat est conclu à distance sous forme électronique par lequel un commerçant ou
un prestataire de service propose à un destinataire identifié ou au public un bien ou un service
déterminé moyennant un prix.
Le contrat électronique est sans aucun doute une pièce maîtresse du processus de numérisation
d'une entreprise. Aujourd'hui, c'est même un outil indispensable pour assurer la continuité de certaines
activités.
Sans ce type de contrat, le commerce électronique serait inexistant. Naturellement, un
contrat électronique est avant tout un contrat. Il est donc soumis aux mêmes modalités de
fonctionnement que son équivalent papier. Autrement dit, tout contrat électronique doit
1L.-M. DUONG, « Les sources du droit de l’Internet : du modèle pyramidal au modèle en réseau », Recueil
Dalloz, 2010, p. 783
La conclusion du contrat électronique 2
respecter les conditions de validité d’un contrat papier, à savoir : le consentement, la capacité,
l’objet et la cause.
Trois éléments indispensables caractérisent l’échange électronique, la forme d’allure
commerciale ; la dématérialisation des raies rédaction utilisés lors des transactions et
l’internationalisation inhérente à la technologie employée.
3. Histoire et droit comparé :
La première apparition de ce type de contrat, était en États-Unis en 1996. En effet les
entreprises américaines ont privilégié l’approche d’autorégulation afin de gérer les contrats
électroniques qui devraient être régis exclusivement selon le principe de l’autonomie de
volonté des parties sans l’intervention de la législation. En contrepartie, le droit européen a
élargi sa conception traditionnelle, de telle sorte que le législateur communautaire a
harmonisé le droit des Etats membres par des règles strictes attribuant des droits individuels
aux consommateurs énoncé dans la directive européenne sur le commerce électronique et sur
la conclusion du contrat par voie électronique. En France, la loi du 21 juin 2004, dans le
dessein de solidifier la confiance dans l’économie numérique, a donné un nouveau cadre
réglementaire en matière des contrats sous forme électronique.
Au Maroc, le Dahir n° 1-07-129 de 30 Novembre 2007 portant promulgation de la loi n° 53-
05 relative à l’échange électronique des donnés juridiques, a vu le jour afin de réglementer le
domaine du commerce électronique. Il convient de signaler que, parmi les textes juridiques
qui réglementent le champ du contrat électronique, nous trouvons : le Dahir des Obligations et
des Contrats, la loi n° 53-05 précitée relative à l’échange électronique des donnés juridiques,
la loi n° 31-08 édictant les mesures de protection du consommateur, ainsi que la loi n° 09-08
relative à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à
caractère personnel…
4. L’intérêt du sujet :
L’intérêt de cette étude sur le contrat électronique est multiple. D’abord, il tient à
l’actualité de la matière à travers le monde entier et le bouleversement qu’Internet a provoqué
aussi bien en droit que dans l’économie mondiale et nationale. Ce contrat est une matière en
constante évolution puisque le moyen qui utilise, qui est Internet, est en évolution
permanente. Il s'agit d'un nouveau champ qui intéresse aussi bien les juristes que les
informaticiens et les économistes.
A savoir que les principales caractéristiques des contrats électroniques sont la
dématérialisation et l’internationalisation. Les échanges ont lieu dans un environnement
virtuel dans lesquels il n’y a ni éléments tangibles tels que le papier, ni la présente physique et
simultanée des contractants. Cette double disparition pose un problème de sécurité juridique.
Il en résulte que ces contrats peuvent présenter certaines difficultés telles que des problèmes
d’identification et d’authentification, de confidentialité des communications, de la traçabilité
du contrat, de la non-répudiation du message ou du document électronique, la preuve de
l’engagement, le paiement en ligne et la sécurisation des données, les garanties légales après
la conclusion du contrat.
5. Problématique :
La conclusion du contrat électronique 3
Arrivé à ce point, de nombreuses questions méritent d’être traitées :
• Comment se forme le contrat électronique ?
• Et à quel degré le législateur a pu instaurer une confiance numérique dans le
processus contractuel ?
6. Annonce du plan :
Afin de répondre à ces questions, il est indispensable d’analyser dans un premier temps la
formation du contrat électronique (Partie I).
Dans un deuxième temps, nous nous pencherons sur l’exécution du contrat électronique et
le règlement du litige (Partie II).
La conclusion du contrat électronique 4
Partie 1 : La formation du contrat électronique
Introduction
Naturellement, un contrat électronique est avant tout un contrat. Il est donc soumis aux
mêmes modalités de fonctionnement que son équivalent papier. À ces règles viennent
toutefois s’en ajouter de nouvelles techniques spécifiques dédies pour instaurer un processus
contractuel transparent.
Il convient donc d’analyser le formalisme général relatif à la conclusion des contrats
électroniques (chapitre1), avant d’évoquer les outils juridiques instaurés par le législateur
permettant d’instaurer un processus contractuel efficace et transparent (chapitre2).
Chapitre 1 : Le formalisme du contrat électronique
Introduction du chapitre 1
Le contrat électronique est un contrat à distance, de ce fait la rencontre des volontés des
parties se réalise à travers des outils de communication à distance, les deux contractant
manifestent leur offre et acceptation à travers les différents moyens électroniques, c’est un
contrat immédiat moderne.
On déduit alors pour qu’un contrat électronique soit conclu, certains éléments doivent être
établis à savoir l’offre et l’acceptation (Section 1), la loi 31-08 et la loi 53-05 ont ajouté des
formalités pour la conclusion des contrats en ligne entre un professionnel et un consommateur
qui sont particulièrement protectrice pour le consommateur. Mais parfois, ce contrat
électronique se trouve face à des obstacles qui peuvent mettre fin à sa validité (Section 2)
Section 1 : La concordance de la volonté des parties
Le contrat électronique tout comme le contrat sur papier, suppose pour sa formation la
rencontre d’une offre électronique (Paragraphe 1) et d’une acceptation électronique
(Paragraphe 2) par lesquelles les parties manifestent leur volonté de s’engager. Cette volonté
peut résulter d’une déclaration ou d’un comportement non équivoque de son auteur par voie
électronique.
Paragraphe 1 : L’offre électronique
« Être libre, c’est être bien informé »
Afin que le cyberconsommateur soit correctement informé avant de s’engager, le législateur
a créé un dispositif d’information concrétisé par l’existence d’une offre électronique. Donc, la
voie électronique peut être utilisée pour mettre à disposition du public des offres
contractuelles ou des informations sur des biens ou services en vue de la conclusion d'un
[Link] ce fait, l’article 14 de la Convention de Vienne énonce qu’« une proposition de
2 Dahir formant code des obligations et contrats, Art 65-3
La conclusion du contrat électronique 5
conclure un contrat adressée à une ou plusieurs personnes déterminées constitue une offre si
elle est suffisamment précise et si elle indique la volonté de son auteur d’être lié en cas
d’acceptation ».
Du point de vue doctrinal, Jacques Ghestin affirme que l’offre est « une manifestation de
volonté unilatérale, suffisamment précise, ferme et dépourvue d’équivoque, pour que
l'acceptation de son destinataire suffise à former le contrat »3.
La question à laquelle on doit répondre est la suivante : La publicité électronique peut-elle
être considérée comme une offre au sens juridique ?
Généralement, toute offre est une publicité, mais pas toute publicité peut constituer une
offre. Donc, la publicité selon VERBIEST 4représente un stade moins avancé dans le
processus menant à la conclusion du contrat électronique. Mais, cette publicité peut constituer
une offre si elle contient tous les éléments nécessaires à la conclusion du contrat.
Autrement dit, pour qu’une publicité puisse constituer une offre, il faut qu'elle désigne les
marchandises et, expressément ou implicitement, fixe la quantité et le prix ou donne des
indications permettant de les déterminer, c’est une règle spécifique aux contrats
électroniques5; dans le but d’empêcher que le destinataire de l'offre électronique ne s'engage
de manière non éclairé et irréfléchi.
En matière de commerce électronique, plusieurs outils sont à la disposition du pollicitant.
De ce fait, un vendeur peut choisir entre des moyens de communication à caractère public
(Web, forums de discussions) ou privé (courrier électronique,…).
Cependant, la difficulté qui se pose est de distinguer entre l’offre publique et l’offre privée ;
cela veut dire lorsqu’un pollicitant envoi le même courrier à un grand nombre de personnes
dont les noms et les adresses auront été recherchés sur le Web, cette pratique aura le même
caractère qu’une offre destinée à une personne déterminée, mais elle risque de lier l’offrant à
l’égard de l’ensemble des destinataires du message. Par contre, si les noms des destinataires
ne figurent pas sur le message, l’offre sera considérée comme publique et n’attachera l’offrant
qu’à l’égard du premier acceptant, conformément au principe posé par la cour de cassation
Française selon lequel « l’offre faite au public lie le pollicitant à l’égard du premier acceptant
dans les mêmes conditions que l’offre à une personne déterminée ».
L'offre ferme et précise entraîne certaines conséquences juridiques. Notamment, si l’offrant
a fixé un délai pour l'acceptation, il devra alors maintenir sa pollicitation jusqu'à expiration de
celui-ci6. Et, dès lors qu'une acceptation intervient pendant le délai de validité de l'offre, le
contrat sera formé.
Le pollicitant qui aurait effectué une offre sans en préciser l'échéance peut librement la
révoquer. Cependant, la jurisprudence française et Marocaine exige que le pollicitant
maintienne son offre avant l'écoulement d'un " délai raisonnable ", en général assez bref.
Ainsi, l’offrant peut limiter les effets de son offre publique à la quantité disponible des
articles proposés en inscrivant par exemple sur l'une de ses pages : "offre valable dans la
limite des stocks disponibles".
3 Jacques GHESTIN, Les obligations - le contrat : formation, L.G.D.J., Paris, 1988 à la p. 69.
4 VERBIEST (Th.), La protection juridique du cyber-consommateur, Litec, 2002, p. 59.
5 Kamel MEHDAOUI, La formation du contrat électronique international, thèse de droit, Université du Québec, p.12
6Cass. Civ. 3e, 10 mai 1968, 2 arrêts, Bull. civ., III, n°209, p. 161 : ‘’si une offre de vente peut en principe être rétractée tant
qu'elle n'a été acceptée il en est autrement au cas où celui de qui elle émane s'est expressément engagé à ne pas la retirer
avant une certaine époque’’
La conclusion du contrat électronique 6
En outre, pour qu’une offre électronique soit valablement formée, elle doit comporter
certaines mentions obligatoires sur le bien ou service, à savoir :
1. Les principales caractéristiques du bien, du service proposé ou du fonds de commerce
concerné ou l'un de ses éléments ;
2. Les conditions de vente du bien ou du service ou celles de cession du fonds de
commerce ou l'un de ses éléments ;
3. Les différentes étapes à suivre pour conclure le contrat par voie électronique et
notamment les modalités selon lesquelles les parties se libèrent de leurs obligations
réciproques ;
4. Les moyens techniques permettant au futur utilisateur, avant la conclusion du contrat,
d’identifier les erreurs commises dans la saisie des données et de les corriger ;
5. Les langues proposées pour la conclusion du contrat7 ;
6. Les modalités d’archivage du contrat par l’auteur de l’offre et les conditions d’accès
au contrat archivé, si la nature ou l’objet du contrat le justifie ;
7. Les moyens de consulter, par voie électronique, les règles professionnelles et
commerciales auxquelles l’auteur de l’offre entend, le cas échéant, se soumettre.
Toute proposition qui ne contient pas l'ensemble des énonciations indiquées au présent
Article ne peut être considérée comme une offre et demeure une simple publicité et n'engage
pas son auteur8. Ces énonciations doivent être claires et compréhensibles, afin que le
cyberconsommateur puisse comprendre le contenu du contrat.
En effet, l’Article 23 de la loi 31-08 sur la protection du consommateur dispose que :
« Toute publicité, qu’elle qu’en soit la forme, qui peut être reçue à travers un service de
communications s’adressant au public, doit indiquer sa nature publicitaire de manière claire
et sans ambiguïté, notamment les offres promotionnelles telles que les ventes en solde, les
cadeaux ou les primes ainsi que les loteries publicitaires lors de leur réception par le
consommateur... ».
Par conséquent, il y’a certaines offres qui ont une réglementation spécifique, à savoir :
- L’interdiction de la publicité en faveur du tabac ;
- L’interdiction de la publicité en faveur de l’alcool (la Société Heineken) ;
- L’interdiction de la publicité des produits à caractère pornographique ;
- La réglementation spécifique de la publicité des médicaments (Visa de publicité et
contrôle).
Dans ces hypothèses, la commercialisation de l'objet est illicite et ne peut donc en aucun cas
être convenue dans des communications commerciales par voie électronique. Il en est ainsi
des produits non conformes à l'ordre public et aux bonnes mœurs9.
Paragraphe 2 : L’acceptation électronique
Le caractère original des contrats dématérialisés et les risques pour les non-professionnels
ont conduit le législateur à intervenir, selon l’article 3 de la loi 53-05 sur l’échange
7 Art 206 de la loi n° 31-08 édictant des mesures de protection du consommateur, précitée dispose : « Tout acte rédigé dans
une langue étrangère doit être obligatoirement accompagné de sa traduction en langue arabe ».
8 Art 65-4 du Dahir des obligations et contrats
9 Virginie GESLAK, « La protection du consommateur et le contrat en ligne », université de Montpellier I, mémoire, p:25
La conclusion du contrat électronique 7
électroniques des données juridiques ayant complété l’article 65-5 du DOC qui réglemente la
forme de l’acceptation d’une offre au format électronique: « Pour que le contrat soit
valablement conclu, le destinataire de l'offre doit avoir eu la possibilité de vérifier le détail de
son ordre et son prix total et de corriger d'éventuelles erreurs, et ce avant de confirmer ledit
ordre pour exprimer son acceptation ». Après avoir réalisé ses vérifications, le destinataire de
l’offre doit exprimer son acceptation. Alors :
Comment le cyber-consommateur va-t-il pouvoir exprimer son acceptation ?
Si la dématérialisation de l’acceptation n’affecte en rien le schéma classique de la rencontre
des volontés, elle influe néanmoins sur les modalités de son expression. C’est donc
principalement sur le plan des moyens d’expression que réside l’originalité de cette
acceptation.
La solution permettra d’éviter que certaines manipulations sur Internet ne soient assimilées
injustement à une acceptation, et ne lient le consommateur.
De ce fait, l’acceptation du consommateur devant être intègre et manifestée de façon
expresse et éclairée, plusieurs situations peuvent être distinguées, dans lesquelles les
manipulations du consommateur peuvent être considérées judicieusement comme une
manifestation de sa volonté de contracter10.
Il s’agit tout d’abord du double clic, sans commande expresse et sans insertion des
coordonnées géographiques. Dans ce cas-là, un simple clic de souris serait trop ambigu pour
caractériser l’acceptation, et pourrait résulter d’un malentendu, ou d’une erreur de
manipulation. Le double clic semble donc être judicieux et il est nécessaire qu’il y ait au
moins deux clics distincts, sur deux boutons séparés : le premier sur l’icône « j’accepte l’offre
», et le second sur « confirmez-vous bien votre commande ? ».
Il s’agit ensuite du double clic avec l’insertion des coordonnées : le simple enregistrement
des coordonnées peut demeurer ambigu, dans la mesure où cela peut correspondre par
exemple à la simple volonté de recevoir des informations. On peut considérer que si
l’enregistrement est suivi d’un double clic, la volonté du consommateur aura été
expressément manifestée et ce de manière claire et non équivoque.
Finalement, pour que le contrat électronique soit valable, l’auteur de l’offre doit accuser
réception de l’acceptation de l’offre qui lui a été adressée conformément à l’article 65-5 de la
loi n°53-05. Cet accusé de réception n’emporte pas pour autant validation contractuelle des
échanges. En effet, il n’a qu’un rôle technique dépourvu de toute valeur contractuelle11. Il
permet seulement d’avoir confirmation que la commande a bien été prise en compte par le
cybermarchand. En effet, la loi précise que « l’acceptation de l’offre, sa confirmation et
l’accusé de réception sont réputés reçus lorsque les parties auxquelles ils sont adressés
peuvent y avoir accès » 12.
Il faut préciser que le cyberacheteur dispose d’un délai de 7 jours pour exercer son droit de
rétractation, à partir de la date de réception du bien ou de l’acceptation de l’offre.
Section 2 : Les obstacles liés à la volonté des parties
10 Ibid.p :62
11 M.D. TOUMLILT, « le commerce électronique au Maroc », Aspects juridiques, édition 2008, p.104.
12 L’art 3 de la loi 53-05 relative à l’échange électronique des données juridiques
La conclusion du contrat électronique 8
La volonté des parties se trouve souvent face à des difficultés qui entraînent l’invalidité du
contrat électronique. Il est primordial d’évoquer la question de l’incapacité des cyber-
contractants (Paragraphe 1), ainsi que les vices du consentement (Paragraphe 2).
Paragraphe 1 : L’incapacité du cyber-contractant
Si le contrat de vente électronique, tel qu'il a été fait état plus avant, n'entraîne aucun
bouleversement au niveau des règles juridiques gouvernant la capacité des parties, force est de
constater que l'étude de cette dernière a récemment connu un regain d'actualité en raison de
l'absence physique des parties lors de la conclusion du contrat et, partant, la difficulté, voire
l'impossibilité de s'assurer de la capacité juridique de la partie contractante qui se trouve à
l’autre extrémité du réseau, surtout si l’on tient compte du nombre élevé d’internautes
mineurs marocains13.
La capacité peut se définir comme « l'aptitude décrétée par la loi à s'obliger par un acte
juridique »14. Ainsi, la loi empêche-t-elle certaines personnes de consentir valablement à
certains types de contrats dans le but de les protéger, ou de respecter l'ordre public. En fait, la
capacité ne peut se confondre avec le consentement : une personne peut être mentalement
capable de donner un consentement mais être déclarée incapable de le faire par la loi. Dans ce
cas, son consentement pourrait être qualifié de " virtuel ". Celui-ci existe bel et bien, mais la
loi ne permet pas de lui donner les effets escomptés dès lors qu'elle empêche son
actualisation. Tel pourrait être le cas du consentement donné par un mineur, d'un majeur sous
tutelle ou sous curatelle pour les actes définis par la loi. L’e-contrat passé avec un incapable
serait alors entaché d'une nullité et dépourvu d'effets, comme si l'incapable n'avait jamais
consenti.
Certains " webmasters " se sont déjà équipés de systèmes permettant d'identifier l'âge de
leurs visiteurs. Ceux-là fonctionnent souvent par le biais d'une institution intermédiaire
(Adultcheck, Adultsign etc....) qui demande au client la délivrance d'une preuve de majorité,
le plus souvent par la fourniture du numéro d'une carte de crédit. En retour, le client reçoit un
numéro d'identification et un mot de passe qu'il pourra utiliser pour ouvrir les pages d'un site
dont le contenu pourrait être préjudiciable pour les mineurs. A l'origine, ces systèmes n'ont
pas été conçus pour former des contrats valides, mais bien plutôt pour protéger le diffuseur
d'informations préjudiciables contre des poursuites judiciaires. L'on aurait pu proposer leur
utilisation dans le but de s'assurer de la capacité d'un cocontractant, s'ils ne présentaient pas
les deux inconvénients suivants :
§ La simple délivrance du numéro d'une carte de crédit n'est pas une condition
suffisante pour s'assurer de la majorité́ d'un acteur. Nombreux sont les cas de
piratage des numéros de carte ;
§ Les commerçants ne désirent pas alourdir les procédures d'acceptation qui,
en elles-mêmes exigent souvent la délivrance d'un numéro de carte de crédit
pour effectuer le paiement du produit ou du service souhaité15 ;
13M.D. TOUMLILT, « le commerce électronique au Maroc », [Link]. p :53
14 Jean-LouisBAUDOUIN, « Les obligations », Yvon Blais, Cowansville,1989, p. 173.
15 Lionel THOUMYRE, « L’échange des consentements dans le commerce électronique », Univ de Montréal
La conclusion du contrat électronique 9
Enfin, le commerçant se souciera très rarement de la capacité de son cocontractant dès lors
que, la vente effectuée, les risques d'action en nullité de l'acte restent minimes.
Paragraphe 2 : Les vices du consentement
Au vu de ce qui précède, on constate que le législateur a multiplié les procédés juridiques
pour éviter que le consentement soit entaché d’un vice. De ce fait, si le cocontractant vient à
commettre certaines erreurs et ne bénéficie pas du droit de rétractation16, il dispose, en dernier
recours, de la possibilité de demander en justice la nullité du contrat, pour cause d’erreur
constitutive d’un vice du consentement.
De cette manière, il y’a trois vices qui peuvent être décelés au cours de la formation du
contrat ou bien juste après. L’article 39 du DOC dispose que « Est annulable le
consentement donné par erreur, surpris par dol, ou extorqué par violence ».
À ce titre, l’erreur (A), le dol (B) et la violence (C) vicient le consentement lorsqu’ils sont
de telle nature que, sans eux, l’une des parties n’aurait pas contracté ou aurait contracté à des
conditions substantiellement différentes17.
A. L’erreur :
L’erreur, premier vice du consentement énoncé par le DOC, consiste dans une fausse
représentation de la réalité, une appréciation inexacte d’un fait ou d’un acte.
En effet, on distingue trois catégories d’erreurs en fonction de leur gravité : l’erreur
indifférente, qui ne porte pas atteinte à la validité du contrat, l’erreur qui vice le
consentement puis l’erreur obstacle qui est de nature à détruire le consentement.
Si le commerce en ligne est virtuel, il arrive parfois que la déception de l’acheteur soit bien
réelle lors de la réception de son acquisition. Ceci s’explique par le fait que l’interactivité du
réseau Internet a pour effet d’affaiblir la notion de consentement du cyber-consommateur. En
effet, il est assez facile pour l’acheteur en ligne de se tromper sur le bien qu’il achète, et ce à
plus forte raison que ce dernier n’est visualisable qu’à travers un écran d’ordinateur. Sur la
toile, l’acheteur est privé de ses attributs sensoriels lui permettant d’évaluer le produit qu’il
souhaite commander.
La jurisprudence estime, que l’erreur n’est pas une cause de rescision « lorsqu’elle ne porte
que sur des circonstances accessoires »18.
B. Le dol :
Le dol est une fraude commise tant dans la conclusion du contrat du droit commun que dans
le contrat électronique, un comportement malhonnête, une manipulation19. Il désigne
également la tromperie employée pour induire une personne en erreur afin de la déterminer à
passer un contrat20et constitue donc un vice du consentement puisqu’il provoque une fausse
représentation de la réalité.
16 Le cocontractant pourrait être privé du droit de rétractation pour plusieurs raisons : soit il s’agit d’un professionnel, soit
l’objet du contrat tombe dans une des exceptions prévues au droit de rétractation, soit le délai pour exercer ce droit est
écoulé...
17L’article 1130 du Code civil français
18CA Rabat, 30 oct. 1928, R, A, C, A, R. T.V, p:39
19 P. BREESE, Guide juridique de l’internet et du commerce électronique, Vuibert, 2000, p :204.
20 Il convient cependant de distinguer cette erreur de celle qui est spontanée et constitue, en elle-même, un vice du
consentement. Ainsi, dans le cas du dol, l’erreur est prouvée par la faute intentionnelle de l’autre partie.
La conclusion du contrat électronique 10
L’article 52 du DOC dispose que ce vice donne ouverture à rescision, qu’il ait émané « de
l’une des parties, de celui qui la représente ou qui est de complicité avec elle ». Cet article va
encore plus loin puisqu’il considère que le dol pratiqué par un tiers justifie l’annulation du
contrat électronique lorsque la partie qui en profite en a connaissance 21.
Cette sanction est tout de même conditionnée par l’emploi de manœuvres ou de réticences
qui soient « de telle nature que, sans ces manœuvres ou réticences, l’autre partie n’aurait pas
contracté »22.
C. La violence :
La violence est la contrainte exercée sur la volonté d’une personne pour l’amener à donner
son consentement. L’article 46 du DOC la définit comme étant « La contrainte exercée sans
l'autorité de la loi, et moyennant laquelle on amène une personne à accomplir un acte qu'elle
n'a pas consenti ».
Si la violence de cet article paraît peu probable dans les relations commerciales digitales, il
ne faut pas l’évacuer trop rapidement. En effet, la Cour d’appel de Paris dans un arrêt du 26
janvier 2011 a reconnu en matière d’appels malveillants que la réception d’un SMS qui se
manifeste par l’émission d’un signal sonore par le téléphone portable de son destinataire
s’assimile à un appel téléphonique. Cette jurisprudence aurait peut-être vocation à s’appliquer
aux M-commerce (Commerce Mobile), qui est en pleine expansion notamment avec la hausse
du nombre de smart phone. Mais il ne s’agirait alors pas de violence comme entendu par le
droit des contrats mais bien d’une infraction prévue et réprimée par le Code pénal.
À titre d’illustration, on trouve la pratique du spamming qui peut être défini comme étant
« l’envoi massif- et parfois répété- de courriers électroniques non sollicités, le plus souvent à
caractère commercial, à des personnes avec lesquelles l’expéditeur n’a jamais eu de
contact »23. On peut considérer cette pratique comme une contrainte et une violation des
règles relatives à la vie privée.
Conclusion du chapitre 1
Les modes d’expression du consentement dans le cadre du commerce électronique revêtent
incontestablement un caractère original. En revanche, cela n’entame en aucun cas l’aptitude
du droit positif actuel à appréhender les différents aspects sous lesquels se présentent l’offre et
l’acceptation électroniques.
Le contenu de l’offre est toujours le même, qu’il s’agisse d’un contrat électronique ou d’une
transaction conclue par voie traditionnelle. Mais, l’acceptation par contre emprunte certaines
voies insolites, elle n’en demeure pas moins un moyen comme un autre pour manifester la
volonté de conclure la transaction électronique.
21 Cette disposition nous parait de bon sens. En effet, « au moment où un contrat se négocie, un tiers peut intervenir et, au
moyen de manœuvres ou de mensonges, induire en erreur l'une des parties. Il va sans dire que le co-contractant qui tire
profit de cette intervention et qui ne fait rien pour rétablir la vérité et pour démentir, se rend complice de la déloyauté et
mérite d'être privé du bénéfice du contrat ».
22 Art. 52 du DOC
23 [Link], Op. cit, p : 96
La conclusion du contrat électronique 11
Chapitre 2 : Les outils juridiques permettant transparence
du processus contractuel à l’aune des contrats
dématérialisés
La formation des contrats s’intéresse à des questions aussi diverses que la licéité de l’objet
et de la cause des engagements pris, la capacité de contracter et la nécessité d’un
consentement libre et éclairé de la partie qui s’oblige. Telles sont, comme on sait, les quatre
conditions essentielles de la validité des actes juridiques.
En effet Les nouvelles technologies contribuent sans aucun doute au progrès que
connaissent les transactions entre les parties mais il arrive parfois qu’il y ait lieu à une
exploitation risquée, donnant lieu à un nouveau phénomène criminel, on parle essentiellement
de la cybercriminalité , dans ce cadre le législateur marocain a instauré certains mécanismes
juridiques permettant d’instaurer la transparence contractuel dans le cyber espace24 , il s’agit
en faite du mécanisme de la signature électromécanique et la reconnaissance de l’écrit
électronique )qui exigent incontestablement l’intervention d’un tiers certificateur qui est le
prestataire des services électronique,(section1) , toutefois cette intervention du tiers n’est pas
toujours admise lorsqu’on parle de la technique de la chaine des blocks le plus souvent
applicable au smarts contrats (section2)
Section1 : L’exigence de la signature électronique et la reconnaissance
du document électronique :
Ce sont 2 mécanismes fondamentaux qui permettent d’assurer une transparence contractuel
dans la sphère contractuel du numérique, le premier sert comme critère d’identification des
parties contractantes et comme moyen de preuve(paragraphe1) , le second est a son tours
considéré comme moyen de preuve par assimilation a l’écrit manuscrit(paragraphe2)
Paragraphe 1 : Le procédé de la sigature électronique
Il convient d’analyser ces types (1) et sa force probante (2)
1) Pour ce qui est des types de la signature électronique :
L’art 4 de la loi 43-20 relative aux services de confiance pour les transactions
électroniques a distingué entre 3 types de signatures électroniques :(simple ,avancé ,
qualifié )25 la différence entre ces 3 niveaux de signature réside au niveau des exigences
sécuritaires a l’authentification des signataires , on va donc essayer d’exposer ces types de
signature selon leurs niveaux de sécurité,26 y’en a a cet égard
A) la signature électronique simple : La signature “simple” est un terme vernaculaire qui
regroupe l’ensemble des systèmes de signature électronique n’ayant pas les niveaux avancés
ou qualifiés.27
24 Marie demoulin( La conclusion des contrats par voie électronique) thèse de doctorat soutenue en 2002 au Centre de
Recherches Informatique et Droit (CRID) aux Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix P:537
25 ART 4 de la loi 43-20 relative aux services de confiance pour les transactions numériques
26 [Link]
27 [Link]
La conclusion du contrat électronique 12
L’art 2 de la loi 43-20 a défini la SES comme étant un procédé fiable d’identification
électronique garantissant le lien avec l’acte auquel la signature s’attache et qui exprime le
consentement du signataire 28
B) la signature éléctronique avancée : Une signature électronique avancée emprunte les
caractéristiques d’une signature électronique qualifié fait usage obligatoire des produits de la
cryptographie et d’un certificat électronique qualifié ;et aussi parce qu’elle utilise des moyens
d’identification plus fiables que la signature électronique simple .Par ailleurs la SEA ne
bénéficie pas de la présomption de fiabilité (c’est a dire que la charge de preuve revient au
défendeur) , et elle n’est utile que pour le développement des usages a moyen enjeux
C)La signature éléctronique qualifié (sécurisée):Une signature électronique qualifiée est une
signature électronique avancée qui doit être produite par un dispositif qualifié de création de
signature électronique prévu à l’article 8 de la loi 43-20 et qui repose sur un certificat qualifié
de signature électronique tel que prévu à l’article 9 de la dite loi. 29
2) quant a la force probante de la signature électronique
Il faut préciser ici que le législateur marocain reconnaît la force probante de la signature
électronique a travers l’art 7 la loi 43-20 qui dispose en ce sens que « L’effet juridique et la
recevabilité d’une signature électronique simple ou avancée comme preuve en justice ne
peuvent être refusés au seul motif que cette signature se présente sous une forme électronique
ou qu’elle ne satisfait pas aux exigences de la signature électronique qualifiée...»30
En effet, le législateur marocain énonce tacitement a travers les dispositions de l’art 417-3 la
force probante et la valeur considérable de la signature électronique sécurisé (qualifié) en
prévoyant en ce sens:« la fiabilité d’un procédé de signature électronique est présumée ,
jusqu’a preuve contraire , lorsque ce procédé met en œuvre une signature sécurisée. Une
signature électronique est considérée comme sécurisée lorsqu'elle est créée, l'identité du
signataire assurée et l'intégrité de l'acte juridique garantie, conformément à la législation et la
réglementation en vigueur en la matière. Tout acte sur lequel est apposée une signature
électronique sécurisée et qui est horodaté à la même force probante que l'acte dont la
signature est légalisée et de date certaine ».
Dans ce cadre il faut préciser qu’ en cas de litige, la méthode de signature électronique est
jugée fiable par les tribunaux, mais il faut que les 3 conditions suivantes doivent être
satisfaites:
Premièrement, le procédé de signature électronique met en œuvre une signature électronique
sécurisée, selon l’article 6 de la loi n°53-05, relative à l’échange électronique de données
juridiques. « La signature électronique sécurisée doit satisfaire aux conditions suivantes : être
propre au signataire ; être créée par des moyens que le signataire puisse garder sous son
contrôle exclusif ; garantir, avec l’acte auquel elle s’attache, un lien tel que toute
modification ultérieure dudit acte soit détectable »31
28 Art 2 de la loi 43-20 relative aux services de confiance pour les transactions numériques
30 ART 7 de la loi 43-20
31 [Link]%2Fdroit-justice-et-mutations-technologiques
La conclusion du contrat électronique 13
Deuxièmement: le dispositif de création de la signature électronique doit avoir été certifié par
l’Autorité nationale d’agrément et de surveillance de la certification électronique
(ANASCE)32
Troisièmement, le certificat électronique doit avoir été délivré par un prestataire de services
de certification électronique agréé par l’ANASCE et doit comporter les données prévues par
la loi n°53-05 relative à l’échange électronique de données juridique
En effet En fonction du type de signature électronique, la preuve s’apprécie selon 3
fonctions :
-Lorsqu’il s’agit d’une signature simple, c’est au signataire et à l’organisme ayant réalisé la
procédure de signature numérique de prouver que le procédé est fiable.
-Lorsqu’il s’agit d’une signature avancée la signature est liée au signataire de façon univoque,
afin de permettre son identification. Il convient également de conserver les données de
création de la signature afin d’avoir la possibilité de détecter toute modification du document
signé. Cela nécessite de faire appel à un prestataire de service, qui garantit la fiabilité du
dispositif.
Lorsqu’il s’agit d’une signature qualifiée, l’art 417-3 du DOC indique que la signature
électronique est présumée fiable en droit et ce, jusqu’à démonstration de la preuve contraire.
Ceci exige de prendre en compte la confidentialité des données de création de signatures
électroniques.
Paragraphe 2 : la reconnaissance de la valeur juridique de l’écrit
électronique en droit marocain
La loi n°53-05 relative à l’échange électronique de données juridiques,
donne une définition de l’écrit électronique qui est intégrée dans l’article 417 du dahir des
obligations et des contrats relatif à la preuve littérale ou par écrit alors que cet article lui-
même n définit pas l’écrit en tant que tel mais présente une succession de documents pouvant
être qualifiés d’écrit. Cet article dispose en effet, que «la preuve littérale résulte d’un acte
authentique d’une écriture sous seing privé. Elle peut résulter également de correspondance,
des télégrammes, et des livres des parties, des bordereaux des courtiers dûment signés par les
parties, des factures acceptées, des notes et documents privés».
Cet article poursuit en précisant que l’écrit peut être constitué «de tous autres signes ou
symboles dotés d’une signification intelligible, quels que soient leur support et leurs
modalités de transmission». Cette définition de l’écrit électronique est directement empruntée
au droit français (article 1316 du code civil).33
32 Art 8 de la loi 43-20
33 [Link]
La conclusion du contrat électronique 14
Section 2 : l’adaptation de la technique de la chaîne des blocs pour les
smart contrats :(technique blockchain)
Les smart contrats sont développés d’une manière générale dans le cadre d’une
[Link] cette idée général il faut préciser qu’un smart contrat est l'équivalent
informatique d'un contrat traditionnel. Cependant, à la différence d'un contrat traditionnel,
dont la conclusion et l’exécution est régie par un cadre juridique, celle du smart contract ne
nécessite l'intervention d'aucun tiers de confiance et est, en tant que protocole informatique,
régie par le code informatique. Un smart contrat est un logiciel qui ne dispose en tant que tel
d'aucune autorité juridique.
Dans ce sens Le smart contrat s'appuie sur la technologie blockchain pour sécuriser et
rendre infalsifiables les termes et les conditions de son exécution., d’ou la nécessité
d’adaptation de la technique des blockchain avec les smart contrats afin de garantir un
processus contractuel transparent35 et bien donc La relation entre les smart contrats et la
Blockchain est une relation de dépendance, c’est à dire les smart contrats n’existent que dans
un système informatisé appelé la Blockchain ou chaine de bloc en français, ce dernier peut
être définie comme un registre de stockage et de transmission d’informations, sécurisé de
manière décentralisée et non par un tiers de confiance.
D’àpres ce qui précède il nous parait évident de traiter les caractéristiques du processus
contractuel dans le système de la chaine des bloc(paragraphe1) avant d’éxposer les critères
d’admissibilité de la preuve dans le système de blockchain
Paragraphe 1 : les caractéristiques du processus contractuel dans le
système de blockchain
Le professeur «Jean Jacques Daigre»a défini ce système comme étant une technique
d’enregistrement qui repose sur la combinaison d’une informatique décentralisée et d’un
réseau de transmission comme l’internet permettant de stocker et transmettre des
informations de manière transparente, sécurisée et sans organe central de contrôle» telles sont
les avantages de ce système (1), toutefois ce dernier reste un peu risque parce qu’il échappe a
un réglementation juridique(2)
1) La Blockchain, un système technologique avec des fonctionnalités avantageuses :
Les avantages contractuelles de ce système peuvent être présentés selon 4, y’en a donc:
A) La rapidité des transactions :
La technologie blockchain permet d'effectuer des transactions monétaires entre deux
parties de manière bien plus rapide que dans le cadre classique des monnaies fiat. En effet, du
fait de l'absence de passage par un tiers, la validation ainsi que l'exécution d'une transaction
ne prennent pas plus de quelques minutes ; 10 minutes très exactement sur la blockchain
34 Stéphane BLEMUS et Claire PION, Blockchain, minibons et titres financiers, des régles ad hoc pour les chaines de bloc,
in RD bancaire et fin. N 1, janvier-février2019, P 25 ; Thiebald CREMERS, La Blockchain et les titres nominatifs, in RD
bancaire et fin. N 1, janvier-février 2019, p 34
35 [Link]
La conclusion du contrat électronique 15
Bitcoin. Lors d'une transaction classique en monnaie fiat, l'opération peut nécessiter plusieurs
jours avant d'être finalisée. Les temps de transaction très faibles font donc partie des
avantages majeurs de la technologie blockchain.36
B) La fiabilité , et la confidentiallité des traitement des donnés contractuelles :
La blockchain apparait être un instrument de représentation, d’enregistrement, de
conservation et de transmission des données d’identification des parties , et ce en raison de
son (utilisation produits de la cryptographie comme ces predécesseurs . D’ailleurs, les
données des parties du smart contract sont alors enregistrées algorithmiquement et
chronologiquement dans des fichiers constitué en blocs successifs relié les uns avec les
autres, tel que les pages successives d’un registre dématérialisé.
C) L’automatisation du processus contractuel :
Par ailleurs, le système de blockchain offre aussi une automatisation du processus
contractuel puisque Les smart contracts ce sont développé parallèlement avec le
développement du concept de blockchain, et par ce dernier les contrats s’auto-exécute.
Toutefois Il ne faut pas comprendre qu’ils s’exécutent par eux-mêmes, mais qu’ils sont
exécutés automatiquement lorsque les conditions sont réunies37 ce qui est est donc liée à une
fonction appelée en anglais (time stamping), afin d’assurer l’exécution des obligations
réciproques des parties du smart contracts, au moindre coût, à une date certaine aux données
qui y sont inscrites.
D) La décentralisation du processus contractuel(technique pair a pair) :
La décentralisation provient de l'absence d'intermédiaire de confiance lors des transactions,
en effet La mise en application de la technologie blockchain a permis, pour la première fois,
de réaliser des échanges de valeur sans avoir besoin de recourir à un tiers. Cet avantage est
sans doute le plus révolutionnaire, et le plus prometteur en termes de déclinaisons possibles
de cette technologie. L'utilisation des smart contracts, notamment sur la blockchain, permet
désormais de programmer des transactions de valeurs entre deux parties sans aucune
intervention extérieure.38
Les transactions de pair à pair ou encore la décentralisation du processus
contactuel protègent donc les utilisateurs d'un certain nombre de maux, tels que :(la
fragilisation du système, les situations de monopole et d'hégémonie, les conflits d'intérêt entre
prestataires, frais de contrôle ou de validation, frais financiers, recours à des tiers rémunérés)
2) La Blockchain, un système technologique risqué :
Cette nouvelle technologie comme toute autre, n’est plus loi d’exploitations malveillantes
de la part de cyberdélinquant39
En effet Les dilemmes de la blockchain ont été développée par les financiers, mais on peut
les transposer certainement au processus contractuel, y’en a cet égard:
- la contradiction entre la décentralisation promise par la blockchain et l’attente des
36 [Link]
37 Julien Gossa, Les Blockchain et Smart contracts pour les juristes, in Dalloz IP/IT, N 7-8, juilletaout, 2018, p395
38 [Link]
39 Jean-Paul PINTE, la Blockchain et ses risques dans le monde financier, in RLDA, N 140 supplément, septembre 2018, p
30
La conclusion du contrat électronique 16
acteurs économiques ou bien les contractants de pouvoir assigner un intermédiaire en
responsabilité en cas de défaillance. On cite que le caractère décentralisé du
système de confiance ne permet pas d’identifier un acteur juridiquement
responsable40
-Le second risque tient sur la transparence des prix qui permet de protéger le contractant
acheteur, et l’opposition entre la promesse de transparence et le désir de confidentialité. Dans
un premier temps, la transparence des prix permet de protéger l’acheteur et le vendeur
contractants des smart contracts. Si les prix affichés via la blockchain ne peuvent pas non plus
être discuté, il y a un risque de figer la cote et d’égorger la velléité pour faire une plus-value41
Paragraphe2: les critères d’admissibilité de la preuve a travers le système
de la blockchain:
Les données issues de la blockchain sont certifiées grâce au protocole et au système de
fonctionnement de cette dernière basée sur la cryptographie. En effet, la caractéristique
principale de la blockchain est de rendre fiable des inscriptions de données sans qu’un tiers
certificateur n’intervienne.
Le droit civil marocain encadre assez peu le système de la blockchain. Ainsi, il est
aujourd’hui difficile de se prononcer sur la valeur probante d’une preuve issue de la
blockchain. C’est-à-dire qu’une information issue de la blockchain qui peut servir au procès
civil ne sera pas automatiquement acceptée par le juge. Il va procéder à une appréciation
souveraine de la preuve. En d’autre terme, c’est le juge qui va estimer si la preuve blockchain
est ou non utile et fiable pour être utilisée lors d’un procès.
Toutefois, en droit commercial, la preuve peut être apportée par tout moyen. Dès lors, il est
possible d’apporter une preuve issue de la blockchain. Le juge ne doit pas effectuer de
discrimination entre les preuves. S’il le souhaite, il peut faire appel à un expert judiciaire qui
va lui traduire et lui expliquer la preuve. 42
Il convient donc d’analyser les critères d’assimilation du système de blockchain comme
mode de preuve
Il conviendra de toute évidence d’étayer la preuve de la signature blockchain par un
ensemble d’autres preuves confirmant sa validité, comme un moyen de preuve
Dans ce sens il faut préciser qu’on peut utiliser un critère d’assimilation selon lequel La
signature blockchain est une signature électronique simple de facto , mais peut difficilement
remplir les critères de la signature électronique avancée ou qualifiée sauf à prévoir des
aménagements43.
En effet la loi 43-20 reconnaît trois niveaux différents de signatures électroniques : simple,
avancé et qualifié. La blockchain semble répondre aux critères techniques de la première
puisqu’en fait le système du blockchain n’est pas fondée sur des procédés fiables
d’identification des parties , et ne bénéficie pas d’une présomption de fiabilité
40 5- Géraldine Goffaux Callebaut et Alice Barbet-Massin, idem
41 Géraldine Goffaux Callebaut et Alice Barbet-Massin, idem ; Vincent Gautrais, les sept péchés de la blockchain : éloge du
doute ! in Dalloz IP/IT, N 7-8, Juillet-août 2019, p 432 et suivant
42 le code de commerce Marocain adopte, dans le domaine commercial, le principe de liberté de preuve. L’article 334 de
cette loi précise : « En matière commerciale la preuve est libre. Toutefois, elle doit être rapportée par écrit quand la loi ou la
convention l’exigent
43 European Commission, EU blockchain Observatory and Forum, Legal and regulatory framework of blockchains and smart
contracts, 28 sept. 2019, p. 12.
La conclusion du contrat électronique 17
En tout état de cause, le principe de non-discrimination fait obstacle à la non-recevabilité en
justice d’un dispositif blockchain correspondant à une signature électronique simple au motif
qu’il ne correspondait pas aux conditions de la signature électronique qualifiée.44
Conclusion du chapitre 2
L’amplification du phénomène contractuel dans le cyber espace a tendance de décentraliser
le phénomène contractuel pour l’extérioriser a la seule relation bilatéral en faisant intervenir
un agent électronique qui a pour but d’établir un processus formel transparent pour combler a
la perte de la matérialité du contrat conclu par voie électronique , son rôle primordiale
consiste sommairement comme on l’a déjà évoqué a donner une valeur juridique a la relation
contractuel dématérialisé a travers un ensemble de procédés et techniques qui consistent
principalement en la signature électronique .
Par ailleurs, Le monde juridique a connu des changements et des transformations radicales
au niveau du droit après l’envahissement des nouvelles technologies, notamment
L’intelligence artificielle qui a ouvert une porte de la naissance des nouveaux
phénomènes juridiques tels que le smart contrat ou le contrat intelligent, le manque
de réglementation des ces programmes contractuels nécessite de sécuriser le bon
fonctionnement des smart contrats et aussi les limites de ces derniers. Il faut donc
repenser et adapter les institutions juridiques classiques a ce nouveau paradigme.
Conclusion de partie 1
En guise de conclusion de ce chapitre nous pouvons constater que le formalisme contractuel
de la conclusion du contrat électronique doit obéir aux conditions de fond de validité des
obligations, enrichies par certains critères spécifiques relatives à la concordance de l’offre et
l’acceptation, telles que nous l’avons évoqué, toutefois la dématérialisation du processus
contractuel nécessite la mise en œuvre de certains mécanismes juridiques efficaces qui
dérogent a la bilatéralité du contrat entre offrant et pollicitant , en faisant intervenir un tiers
qui assurent la sécurité de l’opération juridique a travers le mécanisme de la signature
électronique.
44 Le principe de non descrimination est annoncée par l’art 7 de la loi 43-20
La conclusion du contrat électronique 18
Partie 2 : L’exécution du contrat et le règlement du
litige
Introduction
Avec le développement du marché commercial virtuel, le consommateur marocain est
devenu de plus en plus confronter à des offres d’achat sur le réseau électronique. La
protection du cyber consommateur est devenue une priori absolue dans l’espace virtuel,
d’autant plus que la confiance aux commerces électroniques et au contrat conclu par voie
électronique se trouvaient au cœur des débats juridiques au Maroc 45(Chapitre 2). C’est dans
ce contexte que le législateur a mis à la charge des parties certaines obligations, le non-respect
de ces obligations engage la responsabilité des contractants (Chapitre 1).
Chapitre I : les obligations et la responsabilité des parties
Comme tout contrat, le contrat électronique, dès sa formation produit des effets juridiques à
l’égard des contractants, ce qui leurs impose d’honorer ses engagements contractuelles
(section 1), qui, à défaut engagera automatiquement leurs responsabilité (section 2).
Section 1 : Les obligations des cyber-contractants
Au moment de l’exécution du contrat il s’avère que le cyber-contractants est tenu de
respecter un certain nombre d’obligations.
Paragraphe 1 : Les obligations du cybercommerçant
Le troisième alinéa de l’article 25 de la loi 31-08 définit le cybercommerçant comme étant
toute personne physique ou morale utilisant, dans le cadre d’une activité professionnelle ou
commerciale, le réseau Internet 46. Ainsi un cyber marchand est un commerçant dont l’activité
de vente s’effectue à travers une boutique virtuelle mise à la disposition du public à travers le
réseau internet.
A. L’obligation précontractuelle d’information du cybercommerçant :
Dans le but de minimiser l’impact négatif d’adhésion imposée au contenu de ces contrats, le
législateur met à la charge de cybercommerçant l’obligation de mettre à la disposition du
cyberconsommateur un certain nombre d’information précontractuelle lui permettant de
constituer une idée claire sur le contrat qu’il sera amené à contracter sur l’espace virtuel.47
Le cybercommerçant est tenu d’afficher sur le site de sa boutique virtuelle plusieurs
informations obligatoires, qui doivent apparaître de manière claire et compréhensible,
notamment celles qui sont relatives à l’identité du cybercommerçant (a), et celles relatives à
l’offre (b), celles relatives aux conditions contractuelles(c), et enfin celles se rapportant au
prix (d).
45 MERYEM EDDEROUASSI, Le contrat électronique international, thèse en droit prive, CUGA, Grenoble,2017, p 92.
46 Loi 31-08, art : 25, al.3
47 MERYEM EDDEROUASS, Le contrat électronique international, [Link]., p : 96
La conclusion du contrat électronique 19
a. Les obligations d’information relatives à l’identité du cybercommerçant :
La loi 31-08 édictant les mesures de protection du consommateur, adopté le 7 avril 2011,
s’est alignée à la réalité des nouvelles pratiques commerciales en réglementant les contrats
conclus à distance, auxquels elle consacre tout un chapitre qui impose aux fournisseurs un
certain nombre d’obligations. Il s’agit du deuxième chapitre du titre quatre de ladite loi.48
L’article 29 du Chapitre 2 relatif aux contrats conclus à distance exige un certain nombre
des informations qui incombent à la charge du cybercommerçant et portent sur le nom et la
dénomination sociale du fournisseur, ses coordonnées téléphoniques qui permettent de
communiquer effectivement avec lui, son adresse et s'il s'agit d'une personne morale, son
siège social et, s’il s’agit d’une personne autre que le fournisseur, l'adresse de l'établissement
responsable de l'offre.
Au même titre, l’article 29 de la loi 31-08 impose au cybercommerçant de faire apparaître
son numéro d’identité fiscale lorsque ce dernier est assujetti à la taxe sur la valeur ajoutée. Ce
même article prévoit pour le cybercommerçant qui exerce une activité soumise au régime de
la licence, de faire apparaître la licence, le numéro de licence et l’autorité qui l’a délivrée.
Dans l’hypothèse où le cyber commerçant appartient à une profession réglementée, il est
tenu de fournir la référence des règles professionnelles applicables, sa qualité, professionnelle,
le pays où il a obtenu cette qualité, ainsi que le nom de l’ordre ou l’organisation
professionnelle où il est inscrit. Selon le même article, « ces informations, dont le caractère
commercial doit apparaître sans équivoque, sont communiquées au consommateur de
manière claire et compréhensible, par tout moyen adapté à la technique de communication à
distance utilisée ».49
b. Les obligations d’information relatives à l’offre :
Les informations relatives aux principales caractéristiques des produits, biens ou services
objets de l’offre constituent les premiers éléments qui doivent apparaitre. La durée de la
validité de l’offre et du prix de celle-ci, ainsi que les délais et frais de livraison sont également
des informations que le législateur a jugées obligatoires pour que le cyberconsommateur
puisse faire son choix en connaissance de cause.
A cet effet, l’article 3 de la loi 31-08 a édicté les informations que le cybercommerçant est
tenu de fournir au cyberconsommateur, et « par tout moyen approprié ». Il s’agit de toutes
« Les caractéristiques essentielles du produit, du bien ou du service ainsi que l’origine du
produit, ou du bien et la date de péremption, le cas échéant, et les renseignements
susceptibles de permettre au cyberconsommateur de faire un choix rationnel compte tenu de
ses besoins et de ses moyens ».
Ledit article impose « notamment par voie de marquage, d’étiquetage, d’affichage ou par
tout autre procédé approprié, informer le consommateur sur les prix des produits et biens et
tarifs des services, et lui fournir le mode d’emploi et le manuel d’utilisation, la durée de
garantie et ses conditions ainsi que les conditions particulières de la vente ou de la
48 Ibid., P : 93
49 Loi 31-08, art :29.
La conclusion du contrat électronique 20
réalisation de la prestation, et le cas échéant, les limitations éventuelles de la responsabilité
contractuelle ».50
c. Les obligations relatives aux conditions contractuelles :
En outre, les modalités de paiement, de livraison ou d’exécution, la durée de la validité de
l'offre et du prix ou tarif de celle-ci, le coût de la technique de communication à distance
utilisée doivent apparaître de façon claire et précise.
L’existence du droit de rétractation prévu par l’article 36 et les éventuelles exclusions de ce
droit de rétractation sont également des mentions obligatoires.
Afin que le consommateur puisse exprimer clairement son acceptation de l’offre, l’article 30
de la loi 31-08 impose au fournisseur de permettre au consommateur d’accéder facilement
aux conditions contractuelles applicables à la fourniture des produits et biens ou à la
prestation de services à distance. Ce dernier doit en effet permettre cet accès soit sur la page
d’accueil du site électronique soit sur un support de communication comportant une offre du
fournisseur afin que le consommateur accepte l’offre en toute connaissance de cause.51
d. Les obligations relatives au prix :
Toute personne pratiquant une activité du commerce électronique est tenue de mentionner le
prix du bien ou du service. Ce prix doit être indiqué clairement et sans ambigüité ainsi que les
taxes applicables et les frais annexes notamment les frais d’expédition.52
B. Les obligations liées à l’exécution du contrat :
Le commerçant en ligne est responsable de plein droit envers le cyberconsommateur de la
bonne exécution des obligations résultant du contrat à distance, que ces obligations soient
exécutées par le professionnel qui a conclu le contrat ou par d’autres prestataires de services,
sans préjudice de son droit de recours contre ceux-ci.53
Dans la plupart des cas, cette exécution s’effectue physiquement en dehors du réseau soit
par la livraison, soit par la consommation. Néanmoins, le commerçant en ligne doit respecter
un certain nombre d’obligations qui sont liées à l’exécution du contrat notamment celles
relatives à :
a. La confirmation de la commande par écrit :
Une fois que l’offre est expressément acceptée par le consommateur, le fournisseur est tenu
d’envoyer par écrit la confirmation des informations mentionnées sur le site électronique du
fournisseur relatives à son identification, à son adresse.
Sur cet écrit, doivent obligatoirement figurer les mentions suivantes : les modalités
d’exercice du droit de rétractation reconnu au consommateur, les informations relatives au
service après-vente et aux garanties commerciales. Lorsqu’il s’agit d’un contrat portant sur un
50 Loi 31-08, art :5.
51 Ibid., art : 30.
52 BOUBKER BENDAHMAN, le droit du commerce électronique : une approche de la protection du
cyberconsommateur, mémoire en droit privé, USMBA, FSJES, Fès, 2019, P : 17-18
53 Ibid.
La conclusion du contrat électronique 21
abonnement supérieur à un an ou à durée indéterminée, en plus des mentions précitées, l’écrit
doit mentionner les conditions de résiliation du contrat.54
b. L’exécution de la commande :
Selon les dispositions de l’article 39 de la loi 31-08, le fournisseur doit exécuter la
commande dans le délai maximum de trente jours à compter du jour ou le fournisseur a
confirmé la réception de la commande du consommateur.55
c. Le remboursement des frais :
L’article 40 prévoit qu’en cas d’indisponibilité du produit, bien ou service commandé, le
fournisseur est tenu d’en informer le consommateur. Lorsque l’exécution du contrat est
impossible, il est tenu de rembourser le consommateur dans les quinze jours qui suivent le
paiement. Dépassé ce délai, le fournisseur sera contraint de payer des intérêts.56
Lorsque le consommateur choisi d’exercer son droit de rétractation, le fournisseur est tenu
de rembourser au consommateur le montant total payé, au plus tard dans les 15 jours suivant
la date à laquelle ce droit a été exercé. Dépassé ce délai, le fournisseur sera contraint de verser
des intérêts de retard au consommateur. C’est ce qui est prévu par l’article 37 de la loi 31-
08.57
Paragraphe 2 : Les obligations du cyber-consommateur
« On peut pourtant être un cyberconsommateur actif sans se faire rouler dans la farine »58.
La notion du cyber-consommateur apparait dans de nombreux articles et ouvrages, sans
toutefois qu’une définition en soit donnée et même les textes ne reprennent pas la notion du
cyber-consommateur mais celle du consommateur qui est définit par l’article 2 de la loi 31-08
édictant des mesures du protection du consommateur définit ce dernier comme : «toute
personne physique ou morale qui acquiert ou utilise pour la satisfaction de ses besoins non
professionnels des produits, biens ou services qui sont destinés à son usage personnel ou
familial ». C’est la raison qui nous amène à considérer le cyber-consommateur comme un
consommateur qui contracte en ligne59, c’est-à-dire qui achète un produit ou un service en
effectuant une des étapes suivantes via Internet : recherche, choix, comparaison, commande et
paiement. Le consommateur électronique est le client connecté qui dispose de toutes les
connaissances et ressources Internet, cette personne est également un consommateur capable
d'utiliser le pouvoir d'Internet de trouver ce qui le veut à acheter.
54SOUKAINA BENCHEKROUN, Les Obligations du cyber commerçant à la lumière des dispositions de la loi
31-08 édictant les mesures de protection des consommateurs,[en ligne], Bassamat&Laraqui _cabinet
d’avocat_,2012, [consulté le 24/12/2021], disponible à
l’adresse :[Link]
obligations-du-cyber-commercant-a-la-lumiere-des-dispositions-de-la-loi-31-08-edictant-les-mesures-
dprotection-des-
consommateurs/&ved=2ahUKEwjj1Nmm3fn0AhUgDWMBHafvAE4QFnoECAQQBQ&usg=AOvVaw01_Nx6
MsEtlZtAEF52toW2
55 Loi 31-08,art:39.
56 Ibid., art :40.
57 Ibid., art :37.
58 ZOUBIDAAZOUZ, Bernard DROMEL, Régler ses litiges pour les Nuls, 2012
59 BOUBKER BENDAHMAN, MEMOIRE, Le droit du commerce électronique : une approche de la protection du cyber-
consommateur, Fsjes, Fès, 2019, p 4.
La conclusion du contrat électronique 22
Le consommateur a diverses obligations, notamment celles de prendre livraison de la
chose et surtout d’en payer le prix convenu.
En ce qui concerne la première le cyberconsommateur à une obligation de réception de
bien ou prise de la livraison, s’il ne le fait pas, le cybercommerçant n’est pas tenu
responsable de la « non » livraison, c’est-à-dire qu’il peut refuser d’exécuter ses propres
obligations, demander l’exécution forcée de la vente ou demander la résolution (annulation)
de la vente. Et en ce qui concerne la deuxième, il a l’obligation du paiement du prix au jour
et lieu convenu dans le contrat. Ainsi, le paiement est la contrepartie du transfert de propriété
pour une vente de biens ou une prestation de service.
En pratique, le professionnel du commerce électronique, en particulier de la vente en ligne,
exige le paiement par le consommateur lors de la passation de sa commande en ligne60, c’est-
à-dire au moment de la conclusion du contrat. Les modalités de paiement peuvent se faire soit
par le chèque soit par la carte bancaire.
Toutefois, La question du mode de paiement dématérialisé est centrale dans la confiance
que peuvent avoir les parties dans le processus du commerce électronique. Ainsi, Pourtant, les
cybers contractants craignent une utilisation frauduleuse du numéro de carte bancaire transmis
en ligne. Leurs réticences peuvent être regroupées en deux points : d’une part, l’insécurité,
réelle ou supposée d’Internet, les dissuade de communiquer les données relatives à leur carte
de crédit, d’autre part, le paiement anticipé préalable à la réception du bien, exigé
fréquemment, n’est pas de nature à les rassure.
C’est pourquoi la sécurisation d'un instrument de paiement comme la carte bancaire est
indispensable pour instaurer la confiance des intervenants et contribuer à l'essor du commerce
é[Link] système de sécurité se matérialise en pratique lorsque l'acheteur saisit le
numéro de sa carte bancaire et voit une clef apparaître en bas de son écran pour indiquer que
les informations seront cryptées. Commence alors un processus qui ne dure que quelques
secondes. Les informations sont envoyées à la banque qui vérifiera si la carte n'est pas perdue
ou volée ou n'a pas fait l'objet d'une opposition et si le compte bancaire de l'acheteur est
créditeur. Le titulaire de la carte devra entrer un mot de passe pour être authentifié. Le
système interroge en parallèle la banque du commerçant pour savoir si elle accepte le
paiement. Une fois le paiement accepté, un reçu électronique est adressé au serveur du
commerçant. La banque émettrice de la carte bancaire procède à la certification de l'identité
de son client et en fournit la preuve au marchand. Le commerçant a donc la garantie du
paiement et peut opérer en toute sécurité 62.
On trouve aussi de nouveau moyens pour assurer la confiance des parties à savoir le
portefeuille électronique consiste à remettre à un tiers de confiance banquier ou prestataires
des données personnelles et de paiement, lesquelles sont enregistrées et stockées sur un
compte sécurisé, afin de réaliser ultérieurement des opérations de paiement. Ainsi sécurisées,
il n’est plus nécessaire de réclamer ces données à chaque transaction, ce qui réduit le risque
60 Corinne BOUTHIER, THESE : LE DROIT COMME OUTIL DU DÉVELOPPEMENT DU COMMERCE
ÉLECTRONIQUE, L’UNIVERSITÉ DE LYON Opérée au sein de L’UNIVERSITÉ JEAN MONNET, France, 2019, p 243.
61 Karim Seffar, THESE : La régulation du commerce électronique global, Université de Montréal, 2013, p 274.
62 Ibid. p 277.
La conclusion du contrat électronique 23
de fraude en mettant un terme à leur circulation incessante, donc le rôle du tiers de confiance
consiste donc à payer des achats et/ou à recevoir des paiements d’achats63.
Section 2 : Les fondements de la responsabilité dans le cadre du
contrat électronique
Les fondements juridiques de la responsabilité dans le cadre du contrat électronique vont
transparaitre à travers l’identification des contours de la responsabilité des parties
(Paragraphe 1) ainsi que celle des intervenants qui prêtent leur concours en vue de la
conclusion dudit contrat (paragraphe 2).
Paragraphe 1 : La responsabilité des parties au contrat électronique
La loi prévoit que vous êtes responsable de la bonne exécution du contrat (le vendeur est
responsable de plein droit). Si vous ne respectez pas vos engagements, le client pourra vous
demander réparation de son préjudice, notamment en vous demandant des dommages et
intérêts sans avoir à démontrer que vous avez commis une faute en cas de l’inexécution du
contrat64. C’est-à-dire que les parties doivent exécuter leurs [Link],l’article 260 du
dahir des obligations et des contratsénonce que : « Si les parties sont convenues que le contrat
sera résolu dans le cas où l'une d'elles n'accomplirait pas ses engagements, la résolution du
contrat s'opère de plein droit par le seul fait de l'inexécution ».
Il en est ainsi de la responsabilité de l’acquéreur pour défaut de paiement et de celle du
vendeur pour non-livraison du bien ou pour livraison tardive 65, donc on peut dire que
L’inexécution contractuelle peut prendre les quatre formes suivantes :
- L’inexécution totale : lorsque l'une des parties n’exécute aucune obligation
stipulée dans le contrat c’est-à-dire un défaut complet de l’exécution ;
- L’inexécution partielle : lorsque l'une des parties n’exécute qu’une partie des
obligations qui l’est sensée l’exécuté ;
- L’inexécution tardive : lorsque d’une des parties exécute son obligation mais n’a
pas respecté les délais accordés dans le contrat ;
- L’inexécution défectueuse : lorsqu'une partie exécute son obligation dans le délai
convenue dans le contrat mais cette exécution demeure mal exécutée.
Le cas de force majeure (un fait irrésistible et imprévisible) ou bien la faute du
consommateur lui-même sont seuls susceptibles de vous exonérer de cette responsabilité66.
En revanche, l’action en garantie pour vices cachés revêt un intérêt particulier qui
commande, à notre sens, de lui consacrer quelques développements.
Le risque que l’acheteur ne se rende pas compte des vices qui affectent la chose vendue est
décuplé dans le cadre des transactions dématérialisées, les acheteurs potentiels n’ayant bien
63 Corinne BOUTHIER, THESE : LE DROIT COMME OUTIL DU DÉVELOPPEMENT DU COMMERCE
ÉLECTRONIQUE, [Link]., p 248.
64 L’article 263 du DOC précise que : « Les dommages-intérêts sont dus, soit à raison de l'inexécution de l'obligation, soit à
raison du retard dans l'exécution, et encore qu'il n'y ait aucune mauvaise foi de la part du débiteur. »
65 MOHAMED DIYAA TOUMLILT, Le commerce électronique au Maroc, Edition 2008, p 275
66 Guide du vendeur e-commerce, PROTECTION ÉCONOMIQUE, DGCCRF, France, p 23
La conclusion du contrat électronique 24
évidement pas la possibilité de voir réellement cette chose ni de s’assurer par eux-mêmes
qu’elle ne recèle aucun défaut. S’ajoute également à l’inconvénient de l’impalpabilité des
produits.
De ce fait il s’avère que la délimitation des contours de la responsabilité pour vices cachés
vise à dissiper toute confusion inhérente à la conclusion de contrats électronique 67.
Les parties ont la possibilité d’insérer dans leur contrat des clauses limitatives ou élusives
de responsabilité aboutissant à l’exonération totale ou partielle du vendeur de la chose viciée.
Ceci ressort clairement de l’article 57168. Mais la jurisprudence n’hésite pas dans certains
cas à annuler toute clause de non garantie, même en l’absence de mauvaise foi. Il a ainsi été
jugé que : « le vendeur est tenu de la garantie de plein droit prévue par l’article 532 du DOC
même si ses facteurs portent une clause excluant cette garantie, du moment qu’il ne prouve
pas que cette stipulation ait écrite portée à la connaissance de l’acheteur préalablement à la
vente »69.
Donc il est important de préciser les caractères que le vice doit impérativement revêtir :
La gravité du vice : l’article 549 du DOC dispose que : « Le vendeur garantit les vices de
la chose qui en diminuent sensiblement la valeur, ou la rendent impropre à l'usage auquel
elle est destinée d'après sa nature ou d'après le contrat. Les défauts qui diminuent légèrement
la valeur ou la jouissance, et ceux tolérés par l'usage, ne donnent pas ouverture à garantie ».
La doctrine marocaine considère que pour ouvrir droit à garantie, le vice doit être tellement
grave que si l’acheteur l’avait connu, il n’aurait pas acheté ou alors il aurait négocié le contrat
de manière différente 70. Le vice doit donc nuire à l’usage de la chose de la chose, en
entendent par-là l’usage normal que l’acheteur pouvait raisonnablement envisager, compte
tenu du prix, de la qualité stipulée et les conditions générales du marché. Il peut se rapporter
notamment aux qualités techniques de la chose ou à ses caractéristiques économiques.
Ainsi, dans un arrêt de la cour de cassation marocaine 21 décembre 1956 jugé que : « La
déclaration pour la garantie des vices doit être notamment après avoir s’assure qu’il s’agit
des vices de nature irréparables, s’il n’est pas le cas, il y a seulement lieu d’ordonner la
réparation ou le remplacement de la partie défectueuse et cela lorsque les frais de réparation
ne sont pas anormaux en égard de la valeur de la chose et ne diminue pas sensiblement la
valeur de la chose en ce sens qui ‘il répond toujours à l’usage auquel elle est destinée par
nature ou par contrat».
L’antériorité du vice : Pour donner lieu à une action en garantie, le vice doit être antérieur
ou tout au moins concomitant à la vente. Plus précisément, il doit exister au plus tard au
moment où les risques de la chose vendue sont transférés à l'acquéreur.
67 MOHAMED DIYAA TOUMLILT, Le commerce électronique au Maroc, [Link]., p 276
68 Article 571 du DOC :«Le vendeur ne répond pas des vices de la chose ou de l'absence des qualités requises :
1. S'il les a déclarés ;
2. S'il a stipulé qu'il ne serait tenu d'aucune garantie »
69 Trib. Paix Mazagan, 14 mars 1934, GTM, 1934, n°604
70 MOHAMED DIYAA TOUMLILT, Le commerce électronique au Maroc, [Link]., p279
La conclusion du contrat électronique 25
L'article 552 du DOCdispose en effet que « le vendeur ne garantit que les vices qui existent
au moment de la vente, s'il s'agit d'un corps déterminé par son individualité, ou au moment de
la délivrance, s'il s'agit d'une chose fongible qui a été vendue au poids, à la mesure, sur
description ». Ce texte apprécie donc l'antériorité du vice à la conclusion du contrat mais
prend également en compte cette antériorité à la livraison. Ces deux positions, selon une
partie de la doctrine française qui adopte le même point de vue, « ne sont pas antinomiques si
l'on relie l'obligation de garantie des vices cachés au transfert des risques lequel s'effectue dès
l'accord de volonté s'il s'agit d'un corps certain ou dès la spécification, qui a généralement lieu
lors de la livraison, s'il s'agit d'une chose de genre ».A contrario donc, le vendeur ne peut être
tenu à garantie pour des vices qui résulteraient de l'usage postérieur au transfert des risques,
c'est-à-dire de l'usure ou de la mauvaise utilisation de la chose71.
Le caractère occulte du vice : L'article 569 du DOC exige que le vice allégué parl'acheteur
revête un caractère occulte et dispose que : « le vendeur n'est point tenu des vices apparents,
ni de ceux dont I 'acheteur a eu connaissance ou qu’il aurait pu facilement connaitre ». De
cet article découle pour garantir le vice, il faut encore que le vice soit caché pour l'acheteur.
En règle générale, le vice est considéré comme caché lorsqu'il ne se révèle pas à l'occasion de
vérifications immédiates et d'investigations normales.
Notification du vice cachée au vendeur : une condition substantielle. Lorsque la vente
porte sur des choses mobilières, autres que les animaux, l'acheteur est tenu de les examiner
aussitôt après les avoir reçues. L'article 553 du DOC qui formule cette exigence fait
également obligation à l'acquéreur qui constate l'existence de vices qui affectent la chose
vendue de les notifier au vendeur. Les tribunaux marocains ont déjà eu à se prononcer sur la
nature de cette formalité à l'occasion d'espèces dans lesquelles des acheteurs, qui avaient omis
de notifier des vices cachés, soutenaient que la règle contenue dans l'article 553 n'était pas
d'ordre public et qu'aucune sanction n'était prévue en cas de non-respect de ses dispositions.
Paragraphe 2 : La responsabilité des prestataires de service de
certification
Le prestataire de services de certification est considéré comme un organisme indépendant,
qui aura à remplir une double mission. D’une part, vérifier l’identité des détenteurs des clés
publiques et génère des certificats qui formaliseront la signature, d’autre part, assurer la
publicité la plus large des certificats ainsi émis. C’est-à-dire instaurer un climat de confiance
dans le cadre des opérations dématérialisées du commerce électronique.
Il faut noter que la loi 53-05 relative à l’échange électronique de données juridiques ne
fournit aucune définition du certificat ni du prestataire de services de certification et se
contente, par le biais de l’article 15, de subordonner l’exercice de cette activité à
l’approbation de « l’autorité nationale d’agrément et de surveillance de la certification »72.
L’étude de la responsabilité des prestataires de services de certification en droit marocain
parait une nécessité impérieuse puisque d’une part, la loi 53-05 prévoit la création de ces
autorités et, d’autre part, la doctrine marocaine ne s’est pas encore attachée à définir les
contours de cette responsabilité. Pour ce faire, il faudra au préalable déterminer les
obligations mises à la charge de ces prestataires pour pouvoir dégager leurs responsabilités.
71 ibid., p 282
72 ibid.p 119
La conclusion du contrat électronique 26
Il faut souligner que le rôle des prestataires de services de certification consistait à garantir
l’identité et l’intégrité de l’acte auquel se rattache la signature. Cette fonction est remplie par
la délivrance de certificats électroniques. Il s’agit en quelque sorte d’une certification
d’identité, le certificat étant en fait « la carte d’identité numérique du signature »73.
Pour que les prestataires de services de certification puissent exercer leurs fonction ou
obligations, ils doivent d’être agrées par l’autorité officiels (article 15 de la loi 53-05).
L’article 21 de la loi 53-05 édicte une série d’obligations qu’on peut citer parmi elles :
vérifier, d'une part, l'identité de la personne à laquelle un certificat électronique est délivré et
de s'assurer au moment de la délivrance du certificat électronique que les informations qu'il
contient sont exactes aussi que le signataire qui y est identifié détient les données de création
de signature électronique correspondant aux données de vérification de signature électronique
contenues dans le certificat. Il doit informer, par écrit, la personne demandant la délivrance
d'un certificat électronique des modalités et des conditions d'utilisation du certificat et des
modalités de contestation et de règlement des litiges.
Toute violation des diverses obligations précitées est de nature à entrainer la responsabilité
des prestataires de services de certification74 (manquement des obligations).
L’article 29 de la loi 53-05 punit d’une amende de 10.000 à 100.000 DH et d’un
emprisonnement de trois mois à un an, quiconque aura fourni des prestations de services de
certification électronique sécurisée sans être agréé dans les conditions prévues à l'article 21 ou
aura continué son activité malgré le retrait de son agrément ou aura émis, délivré ou géré des
certificats électroniques sécurisés en violation des dispositions de l'article 2075. Et selon
l’article 36, le non-respect de l’obligation d’information et d’administration lors que le
prestataire décide de mettre fin à ses activités est punissable d’une amende de10.000 DH à
100.000 DH et d'un emprisonnement de trois mois à six mois.
Il ressort donc, que la loi 53-05 a plus ou moins traité la responsabilité pénale des
prestataires en essayant de prévoir les infractions que ces derniers étaient susceptibles de
commettre.
En ce qui concerne la responsabilité civile, cette loi ne donne qu’une brève illusion, et ça à
travers l’article 24 qui dispose que les autorités de certification « sont responsables, dans les
termes du droit commun, de leur négligence, impéritie ou insuffisance professionnelle tant
vis-à-vis de leurs cocontractants que des tiers ».
Conclusion du chapitre 1
Tout manquement aux engagements commis par une partie au contrat électronique, ne
saurait demeurer sans conséquences, tel est le cas du défaut d’accomplissement d’une
obligation contractuelle, de l’exécution tardive ou de la mauvaise exécution des engagements.
Le champ d’application de la responsabilité issue du contrat électronique ne se limite pas
73 Ibid.,p 334
74 Ibid.p 339
75 Article 20 de la loi 53-05 : « Seuls les prestataires de service de certification électronique agréés dans les conditions fixées
par la présente loi et les textes pris pour son application peuvent émettre et délivrer les certificats électroniques sécurisés et
gérer les services qui y sont afférents »
La conclusion du contrat électronique 27
uniquement aux parties (vendeur et acheteur), mais touche également les auxiliaires à savoir
les prestataires de services de certification.
Chapitre 2 : La protection du consommateur et les modes
de règlement des litiges
Ces dernières années, grâce à l’évolution de l’usage des Technologies de l’Information et de
la Communication au Maroc, le secteur du e-commerce est en pleine expansion. Quelles sont
alors les mesures prises pour protéger le cyberconsommateur marocain ? (Section1). Et en cas
d’inexécution, nous assistons à un abondant contentieux résolu par des voies judiciaires et
extrajudiciaires (Section 2).
Section 1 : Les mesures protectrices du cyber-consommateur
Dans un souci d’instaurer un climat de confiance numérique, la loi n°31-08 édictant des
mesures de protection du consommateur a été publiée au bulletin officiel n°5932 du 7 avril
2011 a pour objectifs : d’assurer l’équilibre dans les relations contractuelles liant le
consommateur et le fournisseur, d’instaurer les règles générales de protection du
consommateur pour préserver ses droits et assurer la transparence des transactions
économiques le liant avec le fournisseur, d’arrêter un ensemble de mécanismes permettant au
consommateur de faire valoir ses droits et lui reconnaître son rôle d’acteur économique et de
reconnaître au mouvement associatif en matière de protection des droits des consommateurs
le droit de sensibiliser et d’encadrer les consommateurs76.
Paragraphe 1 : les droits du cyber-consommateur
Dans le cadre du droit da la protection du cyber-consommateur, ce dernier jouit de plusieurs
droits qui peuvent être présentés comme suit :
A. Le droit au choix :
Avant la conclusion de tout contrat à distance, le fournisseur a l’obligation de rappeler au
consommateur ses différents choix et lui permettre de confirmer sa demande ou la modifier à
sa guise. C’est-à-dire, tout fournisseur, de produit ou de service, doit fournir au
consommateur les renseignements ou les outils susceptibles de lui permettre de faire un choix
rationnel compte tenu de ses besoins et de ses moyens. En revanche, tout consommateur, de
produit, de bien ou de service, a le droit de choisir, librement et en connaissance de cause, le
produit, le bien ou le service qui correspond le mieux à ses moyens et ses besoins.
B. Le droit d’information :
Le droit d’information est une mesure protectrice précontractuelles. Pour que le
consommateur puisse faire un choix rationnel, conformément à ses besoins et à ses moyens,
Le fournisseur doit lui fournir toutes les informations nécessaires. C’est ce qui est prévue
expressément par les articles 3, 5 et 29 de la loi 31-08.
76 Ministère de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies, Guide du consommateur, AWB EDITONS,
2012, p : 4
La conclusion du contrat électronique 28
C. Le droit de rétractation :
Le droit à la rétractation dans un contrat de consommation conclu via internet est parmi les
garanties que les législations modernes ont règlementées afin de protéger le libre
consentement du consommateur, ainsi qu'il lui donne la chance de repenser.
Afin de garantir plus efficacement la protection du cyberconsommateur, ce droit protège ce
dernier en tant que partie faible au contrat contre ses propres emballements, contre des
décisions insuffisamment réfléchies qui le conduiraient à un achat intitule ou sans rapport
avec ses ressources 77. Le consommateur dispose d’un délai de sept jours pour exercer son
droit de rétractation, de trente jours pour exercer son droit de rétractation, si le fournisseur
n’honore pas son engagement de confirmer par écrit les informations prévues par les articles
29 et 32, et cela sans avoir à se justifier, ni à payer de pénalités, à l’exception, le cas échéant,
des frais de retour. Ces délais courent à compter de la date de réception du bien ou de
l’acceptation de l’offre pour les prestations de services78.
Toutefois, il y a certaines limites à ce droit, puisqu’il ne peut être exercé, sauf si les parties
en sont convenues autrement, pour les contrats :
1. De fourniture de services dont l'exécution a commencé, avec l'accord du
consommateur, avant la fin du délai de sept jours francs ;
2. De fourniture de produits, biens ou de services dont le prix ou le tarif est
fonction de fluctuations des taux du marché financier (achat d’or) ;
3. De fourniture de biens confectionnés selon les spécifications du consommateur
ou nettement personnalisés (vêtements confectionnés sur mesure), ou qui, du
fait de leur nature, ne peuvent être réexpédiés ou sont susceptibles de se
détériorer ou de se périmer rapidement sauf produits alimentaires avec une
date de durabilité minimale ;
4. De fourniture d'enregistrements audio ou vidéo ou de logiciels informatiques
lorsqu'ils ont été descellés par le consommateur ;
5. De fourniture de journaux, de périodiques ou de magazines.
A cet égard, l’exercice de droit de rétractation oblige le fournisseur de rembourser le
consommateur du montant total payé, au plus tard dans les 15j suivant le jour de l’exécution
de ce [Link] mesure est de nature à encourager le développement du “e-commerce”80.
D. Le droit à la représentation et à l’écoute :
La loi 31-08 permet au consommateur de bénéficier du droit à la représentation et du droit
d’écoute. En cas de litige avec un fournisseur, le consommateur peut être représenté par une
association de protection du consommateur pour le procès ou pour le règlement à l’amiable.
Les associations de protection du consommateur (ACP) assurent l’information, la défense et
la promotion des intérêts de celui-ci et concourent au respect des dispositions de la loi. Ces
associations doivent avoir pour objet exclusif la protection des intérêts du consommateur et
être régies par des statuts conformes à la réglementation en vigueur.
E. Le droit à la protection des droits économiques :
77 BOUBKER BENDAHMAN, le droit du commerce électronique : une approche de la protection du
cyberconsommateur, [Link]., p 21
78 Loi
31-08, art 36
79 Ibid.
art 37
80 MEHDI KETTANI, ASPECTS JURIDIQUES DE LA CONFIANCE NUMÉRIQUE, DLA Piper Casablanca, p 9
La conclusion du contrat électronique 29
Dans ce cadre, le consommateur est protégé contre toutes les clauses abusives.
En ce qui concerne les clauses abusives : conformément à l’article 15 de la loi 31-08, ce
sont celles qui créent au détriment du consommateur un déséquilibre significatif entre les
droits et obligations des parties au contrat. Ainsi, peuvent être considérées comme
abusives celles qui :
• Suppriment ou réduisent dans les contrats de vente, le droit à la réparation du
consommateur en cas de manquement par le fournisseur à l’une quelconque de ses
obligations ;
• Excluent ou limitent la responsabilité légale du fournisseur en cas de
mort d’un consommateur ou de dommages corporels causé à celui-ci, résultant d’un
acte ou d’une omission du fournisseur ;
• Prévoient un engagement ferme du consommateur, alors que l’exécution de
l’engagement du fournisseur est assujettie à une condition dont la réalisation dépend
de sa seule volonté ;
• Autorisent le fournisseur à résilier le contrat de façon discrétionnaire si la même
faculté n’est pas reconnue au consommateur, ainsi que de permettre au fournisseur de
retenir les sommes versées au titre de prestations non encore réalisées par lui, lorsque
c’est le fournisseur lui-même qui résilie le contrat ;
Ces clauses contenues dans les contrats conclus entre le fournisseur et le consommateur sont
nuls et de nul effet, mais le contrat reste applicable dans toutes ses autres dispositions s’il peut
subsister sans la clause abusive précité. 81
Paragraphe 2 : Le rôle MIICEN82 dans la vérification de l’application de
la loi 31-08
Plusieurs actions ont été mises en œuvre pour la réalisation des objectifs et ambitions de la
confiance numérique. En ce qui concerne le cadre législatif et précisément le volet de la
protection du consommateur, la loi n° 31-08 vient encadrer les dispositions relatives aux
relations entre les fournisseurs et consommateurs y compris celles relatives à la vente en
ligne.
En 2015, le MIICEN a démarré la mise en place d’une cellule de contrôle des sites
marchands pour s’assurer de l’application des dispositions de la loi n° 31-08 pour le volet
relatif aux ventes à distance. Ainsi, l’année 2016 a connu le renforcement des contrôles par la
conduite de 103 contrôles dont 96 ayant fait l’objet d’envoi de lettres de sensibilisation et
d’avertissement aux opérateurs concernés.
Le retour était positif et certains fournisseurs ont répondu favorablement quant à leur
volonté de remédier à la situation et de corriger les non-conformités signalées. Le recontrôle a
permis de s’assurer du respect des engagements tenus.
Les secteurs d’activités ayant fait l’objet du contrôle sont :
ü Les Sites généralistes ;
81 Ministère de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies, Guide du consommateur, [Link]., p 23
82 Ministère de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie Numérique
La conclusion du contrat électronique 30
ü La Beauté, santé ;
ü Les Deals (achat de coupons de réduction) ;
ü L’Électronique et l’Électroménager.
Les contrôles effectués ont fait apparaître de nombreux écarts au regard des dispositions de
la loi n° 31-08 et qui portent sur :
§ L’absence de traduction du contrat en langue arabe ;
§ L’absence d’information sur le droit de rétractation ;
§ L’absence de l’identité et des coordonnées du fournisseur ;
§ La présence d’une clause d’attribution de compétence exclusive au tribunal du lieu du
siège du professionnel ;
§ La présence d’une publicité trompeuse ou de nature à induire en erreur ;
§ L’absence de rappel des CCV83 avant validation de l’offre ;
§ L’absence d’information sur les délais de livraison ;
§ La difficulté d’accès aux CCV à partir de la page d’accueil ou absence de CCV ;
§ Le délai de remboursement en cas d’indisponibilité du produit supérieur à 15 jours ;
§ Le non-respect des dispositions en matière de soldes (période non définie) ;
§ Le défaut d’affichage des prix en DH.
Répartition des manquements relevés lors des contrôles :
La Division de Protection du Consommateur envisage de poursuivre son action sur l’année
2017 afin de s’assurer de la mise en conformité des sites marchands vérifiés et étendre les
contrôles à d’autres acteurs de la vente à distance (cybercommerçants faisant l’objet de
réclamations émises par les consommateurs et cybercommerçants choisis dans le cadre du
plan de contrôle de l’année 2017).
À cet effet, les professionnels sont invités à se conformer aux dispositions de la loi n°31-08.
Pour en savoir plus en matière de vente ou achat en ligne, des fiches pratiques et dépliants ont
été mis à la disposition des consommateurs sur le portail « [Link] ».
83 CCV :Conditions contractuelles de vente
La conclusion du contrat électronique 31
Par ailleurs, les consommateurs peuvent signaler leurs problèmes survenus lors d’achats
effectués via internet par le dépôt de leur réclamation en ligne sur ce portail.84
Section 2 : modes de règlement des litiges résultant du contrat
électronique
« Nous ne pouvons pas arrêter le progrès et l’innovation, alors pourquoi ne pas rejoindre le
processus ? »85
Face à l’expansion des achats sur Internet, divers modes de règlement se sont développés
afin de résoudre les différends portant sur ces transactions et pour répondre au besoin d’accès
à la justice exprimé par les consommateurs en ligne86.
Paragraphe 1 : Les modes judiciaires
Le règlement judiciaire des litiges électroniques pour la détermination de la loi applicable
aux contrats à distance exige au préalable de trouver un élément de rattachement à partir
duquel le contrat en cause sera localisé au territoire d’un ou plusieurs pays.
Cependant, la localisation des contrats à distance reste complexe en présence d’un contrat
électronique, par essence immatériel qui échappe à une localisation précise surtout lorsque la
formation et/ou l’exécution du contrat intervient en ligne.
En outre, pour localiser le contrat électronique, il suffit parfois d’élargir la portée de certains
critères de rattachement déjà existants pour résoudre le problème de son immatérialité.
La règle de l’autonomie constitue la solution idéale en matière de conflit de lois pour les
contrats à distance sous réserve, toutefois que le contrat présente le caractère international, et
le respect de l’ordre public de l’État du for, elle exige, au préalable, qu’un choix exprès de la
loi applicable soit fait.
Paragraphe 2 : Les modes extrajudiciaires
« Il n’est meilleure justice que celle que les parties s’administrent elles mêmes »87
Face à ces difficultés concernant la loi applicable et la méthode adoptée pour en déterminer,
il parait souhaitable de rechercher une justice appropriée aux litiges cybernétiques et
notamment le cyber justice alternative qui apparait la forme privilégiée.
84 INTERGOVERNMENTAL GROUP OF EXPERTS ON COSUMER LAW AND POLICY (IGE Consumer), Contribution
by Ministère de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie Numérique Morocco, Comment le Maroc
protège-t-il ses e-consommateurs ?2nd SESSION, 3-4 July 2017, Room XVII, Palais des Nations, Geneva.
85 Mirèze Philippe, Conseillère spéciale à la Cour internationale d’arbitrage.
86 MALICKA K. AYEVA, Maîtrise en Prévention et règlement des différends, Projet de fin d’études, Université de
Sherbrooke, Québec, 2019, p 3
87 [Link] et [Link], , Adages du droit français LITEC, 3ème édition, 1999, p. 435, cité dans : « Le juge du
contrat électronique international»,de MARIEM REKIK, Mémoire en droit privé, Faculté de Droit de Sfax, 2013, p :87
La conclusion du contrat électronique 32
Dans ce cas, aux traits traditionnels du règlement extrajudiciaire s’ajoutent la séduction des
nouvelles technologies de l’information. L’objectif recherché était non seulement que le litige
pourra se dénouer de façon extrajudiciaire, mais surtout que ce dénouement sera obtenu de
façon très rapide, à distance et à coût réduit afin de créer un système plus approprié au monde
virtuel88.
Ces modes alternatifs de règlement des différends menés en lignes regroupent
essentiellement l’arbitrage en ligne (a), la médiation en ligne (b), et la négociation en ligne
(c).
a. L’arbitrage en ligne :
L’arbitrage électronique, appelé arbitrage en ligne, arbitrage cybernétique ou encore
arbitrage virtuel résulte de la combinaison l’arbitrage classique avec l’utilisation des
nouvelles technologies de communication afin d’aider les parties à la résolution de leurs
litiges survenus dans le contexte du commerce électronique.
L’arbitrage électronique, tout comme l’arbitrage traditionnel, repose sur l’intervention d’un
tiers investi d’un pouvoir de décision, il constitue de ce fait la forme la plus contraignante des
modes alternatifs de règlement des différends. L’arbitrage virtuel se caractérise en principe
par l’absence de tout support écrit et l’absence d’un tribunal palpable.
La pratique de l’arbitrage électronique montre deux modes d’arbitrage en ligne :
Il pourra s’agir d’un arbitrage électronique obligatoire, ou aussi d’une autre forme
d’arbitrage qui est plus répandue sur le net, il s’agit de l’arbitrage non contraignant (Non-
Binding arbitration).89
Au Maroc, l’arbitrage est régi par les dispositions de la loi n°08-05 relative à l’arbitrage et
dans le même contexte, le projet de loi n°95-17 sur l’arbitrage et la médiation vient de
répondre aux appels des investisseurs lassés des procédures administratives et judiciaires
compliquées.
b. La médiation en ligne :
La médiation en ligne ou cyber médiation, n’est en substance que la transposition en ligne
d’une procédure classique de médiation dont la communication entre les différents
intervenants s’effectuerait par des voies essentiellement électroniques. En effet, la médiation
ne consiste pas à rechercher la solution la plus exacte possible au regard de la règle de droit
mais la solution la plus apte possible à permettre la convergence d’intérêts des deux parties.
Le succès de la médiation en ligne se concrétise par un accord résumant les engagements
des différentes parties, qui constitue une transaction au sens du droit de contrat et qui a une
force obligatoire et doit être exécuté d’une manière spontanée par les colitigants.90
Au Maroc, la médiation est régie par loi n°08-05 traduisant une justice moderne et souple.
88 Ibid.
89 Ibid. p : 92-93
90 Ibid. p : 90
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c. La négociation en ligne :
La négociation est la recherche d’un accord dans l’intérêt des parties avec l’aide d’un tiers
qui s’appelle le négociateur. Toutefois, le mouvement des « modes électroniques de règlement
des litiges » a développé deux mécanismes de négociation en ligne :
La première est la négociation automatisée : La négociation automatisée constitue la
méthode de résolution des litiges qui repose sur la recherche d’une transaction extrajudiciaire
sans intervention d’un tiers, par offres successives et comparées.
La seconde est la négociation en ligne assistée par ordinateur : Elle vise une transaction
extrajudiciaire sans l’intervention de tiers durant la procédure, conclue à la suite de
communication en ligne, c’est une procédure dans laquelle les parties négocient à l’aide
d’outils informatiques (des plateformes de communication, des logiciels de communication à
télécharger, des sites web sécurisés, des logiciels interactifs), qui guident les parties vers des
agendas et des solutions types ou encore des formules types de transaction.91
Conclusion du chapitre 2
La protection de l'e -consommateur doit donc être la « pierre angulaire » des préoccupations
du législateur concernant Internet, afin que celui-ci puisse bénéficier en toute sécurité des
formidables possibilités que lui offre le progrès technique, sans subir le pouvoir absolu des
cybermarchands et d’instaurer une confiance numérique entre ces parties.
Conclusion de partie 2
A partir de ces dernières années, et avec le développement du domaine du commerce
électronique qui trouve une large expansion et une grande importance dans le monde entier vu
son importance qui commence à se construire dans la pratique notamment avec le
développement des moyens électroniques et numériques qui permet une facilité d’en
effectuer, le législateur s’est préoccupé de mettre en place un arsenal juridique bien précis qui
traite toutes les situations, problèmes, ainsi que les litiges qui peuvent exister entre les parties.
C’est pourquoi il accorde aux cybers contractants des droits et met à leur charge un certain
nombre d’obligations qui doivent respecter sous peine d’engager leur responsabilité ainsi que
celle des intermédiaires intervenants dans le contrat électronique.
L’ensemble des efforts effectués par le législateur ainsi que par les organes qui veillent sur
la bonne application de ces dispositions étant pour objet principal d’instaurer un climat
confort et une confiance numérique qui doit être concrétiser dans les transactions de e-
commerce, ainsi pour protéger la partie la plus faible dans le contrat qui est le
cyberconsommateur notamment par la loi 31-08 qui vise la protection du consommateur.
Ces efforts ont été renforcés également au niveau de règlement de litiges par la mise en
œuvre des modes règlement à distance qui prouve son efficacité notamment lors de la période
de Covid-19 durant laquelle les personnes faisaient souvent recours à ce type d’opérations à
91 Thomas Schultz, « la régulation en réseau du cyberespace », Revue interdisciplinaire d’études juridiques N°55,2005, p :
31 à 90, consulté le : 24/12/2021, disponible à l’adresse : [Link]
[Link]
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distance de pour satisfaire leurs besoins. Mais le problème qui se pose jusqu’aujourd’hui c’est
que : face à ces enjeux situés dans la pratique et au développement accéléré de ce domaine,
Est-ce que le législateur a réussi à réaliser cette confiance dans le cybermarché
marocain ?
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Conclusion
Pour conclure, la loi est présente tout au long du processus de contractualisation par voie
électronique.
Le législateur a encadré la période précédant la conclusion du contrat électronique. Il ne s'agit
pas uniquement d’une simple tendance à mettre en exergue l’obligation d’information au sein
du corpus législatif, mais plutôt une conscience collective que dans un mode de conclusion du
contrat électronique, l’information constitue un chemin certain vers un consentement libre et
éclairé.
Toutefois, les obligations d’informations précontractuelles ne manquent pas de susciter
quelques difficultés et le défi à relever reste toujours de trouver le juste équilibre entre
garantir la communication des informations pertinentes avant la conclusion du contrat
électronique et éviter que les exigences prescrites ne provoquent l’effet inverse indésirable.
Dans le secteur économique, Internet est actuellement devenu un vecteur de vente majeur qui
permet d'estomper les frontières et d'accéder en quelques clics, à un marché planétaire
d'acheteurs directs.
Ainsi le commerce en ligne se présente aujourd'hui comme un enjeu stratégique qui permet
aux entreprises à travers le monde de produire, d'acheter et de commercialiser leurs produits
et services dans les quatre coins du monde 24h/24 et à moindre coût.
À savoir que ces contrats électroniques ne sont pas fondamentalement éloignés des contrats
spéciaux que l'on connait. On retrouve des qualifications communes et les régimes juridiques
sont en grande partie transposables. Le seul spécifié réside dans la manière électronique de
contracter.
Le contrat électronique n'est donc pas un nouveau contrat sui generis mais un nouveau moyen
de contracter.
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Bibliographie
• Ouvrages généraux
ü Jacques GHESTIN, Les obligations - le contrat : formation, L.G.D.J., Paris,
1988
ü Jean-Louis BAUDOUIN, « Les obligations », Yvon Blais, Cowansville,1989
• Ouvrages spéciaux
ü MohmmedDIYAA TOUMLILT, Le commerce électronique au Maroc, Edition 2008
ü M.D. TOUMLILT, « le commerce électronique au Maroc »,
ü VERBIEST (Th.), La protection juridique du cyber-consommateur, Litec
ü Zoubida AZOUZ, Bernard DROMEL, Régler ses litiges pour les Nuls, 2012
• Thèses et mémoires
ü Boubker BENDAHMAN, « le droit du commerce électronique : une approche de la
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ü Corinne BOUTHIER, « LE DROIT COMME OUTIL DU DÉVELOPPEMENT DU
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• Revues :
ü Thomas Schultz, « la régulation en réseau du cyberespace », Revue interdisciplinaire
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• Articles
ü Mehdi KETTANI, ASPECTS JURIDIQUES DE LA CONFIANCE NUMÉRIQUE,
DLA Piper Casablanca
ü INTERGOVERNMENTAL GROUP OF EXPERTS ON COSUMER LAW AND
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• Webographie
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• Lois
ü Dahir formant code des obligations et contrats
ü La loi 53-05 relative à l’échange électronique des données juridiques
ü Code civil français
ü La loi 43-20 relative aux services de confiance pour les transactions numériques
ü La loi 31-08 relative à la protection du consommateur
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