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Droit International Public (S3) : Licence 2 Droit Et Science Politique

Le droit international public régit les relations entre les États et a évolué pour inclure de nouveaux acteurs comme les ONG et les multinationales. Il se distingue du droit international privé par son objet, mais cette distinction est parfois remise en question. Le DI est caractérisé par son anarchie et sa décentralisation, sans autorité suprême, et il est essentiel pour encadrer les relations internationales et répondre aux défis contemporains.

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Droit International Public (S3) : Licence 2 Droit Et Science Politique

Le droit international public régit les relations entre les États et a évolué pour inclure de nouveaux acteurs comme les ONG et les multinationales. Il se distingue du droit international privé par son objet, mais cette distinction est parfois remise en question. Le DI est caractérisé par son anarchie et sa décentralisation, sans autorité suprême, et il est essentiel pour encadrer les relations internationales et répondre aux défis contemporains.

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Droit International Public (S3)

Licence 2 Droit et Science Politique

Notes de cours de Dylan Lacouve

Université de Bordeaux
2015

« Je voulais lui rendre cette part d'humanité souffrante que le criminel même le plus
endurci porte en lui. Tout homme est d'abord l'enfant qu'il fut. » Robert Badinter
INTRODUCTION AU DROIT
INTERNATIONAL PUBLIC

LEÇON 1 : Introduction.
I. Le droit international public.

A) Le droit international, le droit de la société internationale.

Le droit international c’est le droit applicable à la société internationale. P-M Dupuy estime que « le
droit international est constitué par l’ensemble des normes et des institutions destinées à régir la
société internationale ».
La question qui se pose alors est la suivante : « Qu’est-ce que la société internationale ? ». La société
internationale c’est une société interétatique cad une société composée des différents états membres.
Le DI est là pour régir les rapports entre les différents états qui composent cette société internationale.
Au départ, l’idée est que le DI est un droit fait par les états pour les états.
La société internationale a beaucoup évolué, elle n’est plus exclusivement interétatique, elle a vu
émerger de nouveaux acteurs. D’abord, on va avoir les organisations internationales qui sont des
regroupements d’états (il en existe plus de 300) et qui ont une importance de plus en plus grande sur la
scène internationale. Les autres nouveaux acteurs sont les entités privées, notamment certaines grandes
multinationales mais également l’individu et les ONG qui ont de plus en plus de place. Les ONG
occupent une place de plus en plus concrète sur le plan international.

B) Distinction entre droit international public et droit international privé.

La distinction entre les deux datent du XIXème siècle, du moment où cette matière internationale s’est
densifiée, complexifiée.

1. Une distinction qui repose sur une différence d’objet.

Le droit international public régit les rapports entre les entités publiques, cad entre états et
regroupement d’états.
De son côté, le droit international privé est là pour régler les rapports, certes internationaux, mais qui
se tissent entre les personnes privées. Le droit international privé va s’appliquer à partir du moment où
on a, dans une relation entre personnes privées, un élément d’extranéité, cad que l’élément entre ces
personnes privées va dépasser le cadre international. On déborde le cadre national soit lorsqu’on a
affaire à des entités de nationalités différentes, soit parce que les relations qui sont tissées entre des
personnes privées sont tissées à l’extérieur du cadre national. Le droit international privé c’est un droit
qui vient gérer les conflits de normes.
2. Une distinction parfois remise en cause.

Aujourd’hui, cette distinction n’est pas toujours pleinement opératoire car on s’est aperçu que les
règles de DI public vont venir régler des relations privées et on s’aperçoit de plus que, à l’inverse, des
entités privées entretiennent avec les états des relations tellement étroites que leur régime juridique
tend à se rapprocher d’un régime de droit public. Par exemple, au sein de l’OMS (organisation
mondiale de la santé) on s’aperçoit que des fondations de type privé ont de plus en plus de poids et ont
un positionnement quasiment égal à celui des états.
Il n’en reste pas moins qu’en dépit de ces évolutions, la distinction entre les deux perdure et
notamment dans les universités et dans la manière qu’on a d’enseigner cette séparation disciplinaire
sur les trois premières années.

II. La naissance du droit international public

Le droit international apparaît au moment où l’Etat au sens moderne du terme va émerger c’est-à-dire
au XVème siècle.

A) Les fondements historiques du droit international

1. L’affirmation de l’Etat moderne comme mode d’exercice du pouvoir politique.

La condition historique de l’existence du DI public va être l’apparition de l’Etat comme


structure du pouvoir politique. Historiquement, en Europe, ce mouvement de centralisation du
pouvoir politique apparait au XV ème siècle. En France notamment, le phénomène est relativement net
et est en quelque sorte l’aboutissement de la dynastie des capétiens. Phénomène que l’on peut observer
au Royaume Uni, au Portugal, ou encore en Italie.

2. L’effacement de l’organisation féodale du pouvoir politique.

On observe à la fin du Moyen Age que la féodalité, fondée sur la personnalisation des rapports
politiques, est source d’instabilité et apparait de moins en moins bien adaptée aux rapports politiques
qui se dessinent à cette époque-là. Dans ce contexte d’instabilité on s’aperçoit que l’Etat
institutionnalisé est une proposition efficace car l’avantage de l’organisation étatique c’est la stabilité
et la permanence du pouvoir politique.
Par opposition au système féodal, dans l’organisation étatique, la personnalité juridique de l’Etat ne se
confond pas avec celle des gouvernants. Donc, les changements de détenteur du pouvoir vont rester
sans effet sur l’Etat lui-même. Autrement dit, la mort du monarque n’entrainera plus la division
systématique du territoire entre ses héritiers et surtout, le territoire n’est plus considéré comme un
élément du patrimoine royal. On observe que le territoire va se stabiliser et devient un élément
constitutif de l’Etat.
Très progressivement, la disparition de l’organisation féodale va laisser la place à la généralisation du
modèle étatique et ce modèle va être conforté par le sentiment d’appartenance nationale.
Ces évènements historiques vont être doublés par une réflexion doctrinale et intellectuelle sur le droit
international.
B) Les fondements théoriques du droit international.

Le droit international, pour se constituer, a dû être pensé et a dû recevoir des fondements théoriques.
Pour ne pas que les rapports inter étatiques ne soient livrés totalement à la force et à l’anarchie il a
fallu que ces relations juridiques soient pensées.
Cette idée essentielle selon laquelle les relations inter étatiques doivent être régulées par le droit et
mises à plat date du XVIème et du XVIIème siècle et elle est apparue chez des auteurs espagnols et
portugais (Victoria ; Suarez) mais également par des auteurs hollandais (Grotius, Pufendorf). Il s’agit
d’auteurs issus d’états parties à la conquête du nouveau monde.

1. L’école du droit de la nature et des gens. (XVIIème siècle)

Des idées importantes de la part des auteurs hollandais commencent à émerger. Leur pensée
s’appuie sur la reconnaissance de l’Etat souverain et sur l’idée complémentaire que cette souveraineté
doit être nécessairement limitée et ce par la seule force du droit parce que tout simplement, en droit
international, il n’existe pas d’entité supérieure à celle des états.
Ce droit, appelé « droit volontaire », est le produit de la volonté des états et cette volonté va
s’exprimer au travers d’accords qui vont être passés entre les états. Ce droit volontaire doit être
conforme au droit naturel, la volonté des états n’est pas complètement libre.

2. Les apports décisifs de Vattel et ses suites.

Vattel, auteur suisse, va au XVIIIème marquer la pensée internationale. Il va transformer ce


droit en construction en droit international classique.
Les idées véhiculées par cet auteur sont que la communauté internationale est composée d’états
souverains, égaux et indépendants et cette communauté internationale est régie par un droit autonome
destiné à régler exclusivement la conduite des états. Dans cette théorie, les états doivent être
considérés comme des personnes morales qui sont distinctes des personnes qui les dirigent mais
également des peuples qui les constituent.
Il y a la substitution d’une perspective interétatique à la perspective interindividuelle qui était
développée jusqu’ici. Et c’est à partir de ces éléments que vont être élaborés les grandes constructions
juridiques du droit international classique.
Vattel va se défendre de rompre avec l’école du droit naturel. Néanmoins, il se dégage de cette
influence du droit naturel et il va toujours privilégier le droit posé (droit positif) par la volonté de
l’Etat et non un quelconque droit naturel dont on ne connait pas le contenu.

L’œuvre de Vattel est restée sans égal, ses théories seront reprises par les juristes et les diplomates tout
au long du XIX et XXème siècle. Tout au long du XIXème et du XXème siècle il va y avoir le
rayonnement du positivisme. Vattel aura des successeurs assez nombreux.
Auteurs allemands : Jellinek ; Triepel
Auteurs italiens : Anzilotti ; Cavaglieri

Le droit international est le droit issu de la volonté des états.


Des auteurs français (comme G. Scelle) ont développé l’idée que le droit international n’était pas que
le droit de la volonté étatique mais qu’il pouvait mener sur le règne de la force et de la puissance si on
ne se limite pas à des règles supérieures. Ces auteurs ont expliqué que ces états connaissaient des
limites et des interdictions supérieures (telle que l’interdiction du génocide, des crimes de guerre…)
III. la nature du droit international public.

On se trouve dans un droit de l’horizontalité, on a des rapports de coexistences entre les Etats qui se
placent sur un pied d’égalité. Cet élément est essentiel à comprendre car il rompt de manière assez
radicale avec les schémas intellectuels mobilisés jusqu’à présent.
L’idée générale est que l’ordre juridique international est distinct des ordres juridiques nationaux
puisqu’à la différence de ceux-ci, la société internationale fonctionne sur un mode décentralisé et
qu’elle est anarchique. Ces caractéristiques vont déterminer la nature spécifique du DI.

A) Un droit international qui régit une société décentralisée et anarchique.

La société internationale est décentralisé, c’est-à-dire qu’elle est éclatée et qu’il n’y existe pas
d’autorité au-dessus des sujets qui la constituent. Il n’y existe pas d’autorité supérieure chargée
d‘élaborer les normes juridiques qui s’imposent. De la même manière, il n’existe pas non plus dans la
société internationale d’autorité supérieure habilitée à sanctionner le non-respect des normes
juridiques.

Il faut savoir que cette absence de hiérarchie est aux antipodes des systèmes de droit interne. En effet,
en droit interne, tout procède de la Constitution. Cela signifie que la production des normes juridiques
revient aux pouvoirs constitués qui ont été désignés comme tel par la constitution.
Toujours dans la Constitution, il est expliqué que c’est le juge qui est chargé de veiller au respect des
normes juridiques. Et en cas de non-respect des normes juridiques, on sait que le juge national est
habilité à sanctionner les sujets juridiques et il eut même recourir à la force publique pour obtenir
l’exécution de ses décisions.

Le système international ne fonctionne pas selon ce schéma. D’abord on s’aperçoit que la création du
droit n’appartient pas à un super pouvoir souverain et imposé. Il n’existe pas non plus, en DI, de juge
qui agirait au nom de ce super pouvoir.
En DI, ce qu’il faut savoir, c’est que lorsque la Cour Internationale intervient pour constater une
violation, cette intervention est toujours consentie par l’Etat en cause.

La société internationale est, en outre, anarchique. L’anarchie signifie l’absence de pouvoir suprême. Il
n’y a pas d’entité supérieure aux Etats. Dès lors, toute la logique de hiérarchie prévalant en droit
interne, n’est pas concevable en DI parce qu’on a un fait majeur qui est l’égalité souveraine des Etats.
Le DI est profondément spécifique.

B) Un droit spécifique.

Cette spécificité fait encore douter de l’existence même du DIP. De nombreux auteurs ont refusé la
juridicité du DI.

1. La contestation de l’existence du DI.

On pense le DI depuis le XVIème siècle et la critique existe approximativement depuis cette époque.
Pour de nombreux auteurs, la société internationale est en fait un agrégat d’Etats qui cherchent
chacun à satisfaire leurs propres intérêts. Pour les auteurs, ce n’est pas une société politique régulée
par le droit. Hobbes a, au XVIIème siècle, décrit la société internationale comme un Etat proche de
l’Etat de nature et comme le règne de la force. Cette idée a perduré.
Pour beaucoup, le DI procède de l’arbitraire des Etats et plus précisément de l’arbitraire d’un
tout petit nombre d’Etats. Et pour beaucoup, un tel droit ne peut être qualifié de droit.
Certains auteurs désignent l’inefficacité de ce droit, et va se développer l’idée selon laquelle un droit
qui ne prévient pas les violations massives des droits de l’Homme, la multiplication des conflits ne
peut pas être qualifié de droit car il est inefficace. Pour eux, la société est régit politiquement et non
juridiquement.

2. Les insuffisances de ces contestations.

Les raisonnements en faveur de l’inexistence du DI présentent des limites. Ils présentent des limites
notamment parce qu’on confond souvent le fait et le droit et on confond également et on ignore
souvent que le droit n’est autre qu'une traduction d’une politique.
Il faut garder à l’esprit que l’efficacité n’est pas un critère de juridicité, ce n’est pas parce qu’une règle
n’est pas respectée qu’elle n’existe pas. La meilleure preuve est le droit interne dans lequel des
infractions pénales sont commises tous les jours. De la même manière, ce n’est pas parce que la règle
n’est pas sanctionnée qu’elle n’existe pas. L’absence d’un juge international obligatoire et d’une sorte
de police mondiale n’empêche pas au DI d’exister. Il existe des sanctions de la règle de droit qui sont
autre que juridictionnelles et donc l’argument ne tient pas.
Il ne faut pas plaquer au DI les schémas et raisonnement que nous avons du droit interne.

IV. les fonctions du DIP.

Les fonctions de ce droit international vont se modifier à mesure des évolutions de la société elle-
même. Il y a d’abord des fonctions classiques qui perdurent aujourd’hui.
Droit des relations diplomatiques. Ce sont les règles relatives au droit de la guerre et de la paix.
C’est aussi le droit de la responsabilité internationale. Ce droit a permis de canaliser les relations inter-
étatiques.

Le droit international intervient dans des domaines de plus en plus divers. On s’est aperçu que des
branches nouvelles ont émergé. Le droit international économique s’est aussi beaucoup développé. On
a le droit international des droits de l’Homme, le droit pénal international, le droit international de
l’environnement. Le DI comprend aussi le DI du développement.
Le développement du DI a été très important ces dernières décennies.
LEÇON 2 : L’Etat.

Carré de Malberg définissait l’Etat comme « une communauté d’hommes fixés sur un territoire propre
et possédant une organisation d’où résulte pour le groupe envisagé dans ses rapports avec ses membres
une puissance supérieure d’action, de commandement et de coercition. » cette définition datte des
années 30 mais elle est toujours valable. Cependant, celle-ci doit être précisée.
L’Etat a une double existence : une existence interne et une existence internationale. Sa définition
va varier considérablement selon le point de vue adopté.
La définition de Carré de Malberg relève du point de vue interne. Dans cette définition, l’Etat se
définit par rapport à lui-même, c’est un pouvoir absolu d’organisation d’une société donnée sur un
territoire précis. Ce qui transparait de la définition de Malberg c’est que l’Etat est sans égal dans son
cercle de compétences.
Du point de vue international, l’Etat va devoir coexister avec d’autres Etats qui présentent les mêmes
caractéristiques que lui et la société internationale procède précisément de cette pluralité et les
relations internationales sont dominées par le principe d’égalité, ce qui va conférer à l’Etat une autre
dimension. Dans la sphère internationale, l’Etat n’est plus le pouvoir absolu. Sa puissance va être
fortement relativisée par les compétences identiques des autres Etats. L’étude du DI exige que l’entité
étatique soit comprise dans cette conception internationale.

L’Etat, à l’époque contemporaine, est concurrencé par de nouveaux acteurs, notamment par les
organisations internationales. Mais, en dépit de cette émergence de nouveaux acteurs, l’Etat demeure
le sujet principal et fondamental de l’ordre juridique international. Il est aussi le sujet primaire de
l’ordre juridique international puisque l’Etat est l’entité fondatrice. Les autres entités juridiques
comme les organisations internationales n’existent que du fait de la volonté des Etats, on dit que ce
sont des sujets dérivés.
La forme étatique a perduré dans le temps. La société internationale est aujourd’hui composée de plus
de 200 états. Et cette structure essentielle qu’est l’Etat est concurrencée par les organisations
internationales, par certaines entités privées…
La forme étatique a su changer en s’adaptant aux évolutions induites par le temps. Les caractéristiques
essentielles de l’Etat ont quand à elles perd urées. On peut observer la permanence de l’Etat et des
éléments qui lui sont attachés.

La définition de l’Etat communément admise est la suivante : l’Etat est une collectivité qui se compose
d’un territoire et d’une population soumis à un pouvoir politique organisé ; il se caractérise par la
souveraineté.

C) Les éléments constitutifs de l’Etat.

1. La population.

a. Etat et population.

Un Etat n’est pas une entité totalement abstraite. C’est certes une fiction mais qui est construite au
serice d’individus. C’est la fiction qui vient régler les rapports juridiques d’une collectivité humaine.
Un Etat ne peut exister sans population.

Au sens large, la population d’un Etat va comprendre l’ensemble des habitants qui se situent sur son
territoire. Cette définition inclue l’ensemble des étrangers, des non nationaux, qui sont domiciliés dans
l’Etat en question.
En tant qu’élément constitutif de l’Etat, la population est entendue dans un sens plus restrictif. La
population, en ce sens, est l’ensemble des nationaux. C’est l’ensemble des individus rattachés de façon
stable à l’Etat par un lien juridique qui est le lien de nationalité. Il faut comprendre que la nationalité
est le lien d’allégeance qui existe entre l’individu et l’Etat et qui a pas mal de conséquence sur le plan
international puisque ce lien de nationalité va fonder ce que l’on appelle la compétence personnelle de
l’Etat. La compétence personnelle de l’Etat est celle que l’Etat peut exercer sur ses nationaux même
s’ils ne sont pas situés sur le territoire national. L’Etat peut être habilité à agir sur le territoire d’un
autre Etat membre à partir du moment où l’un de ses nationaux est en cause.

b. Population, nation et peuple.

Il faut distinguer la population, la notion et le peuple. En droit international, ce ne sont pas les mêmes
notions.
Aucune règle de droit international n’exige qu’à chaque Etat corresponde une nation et une seule. Cela
signifie qu’un Etat peut englober plusieurs nations dont les membres auront la même nationalité, c’est-
à-dire le même lien d’allégeance envers l’Etat en question car la nation est une notion essentiellement
de rattachement affectif basée sur certains critères historiques.
Les états multinationaux sont relativement nombreux (exemple de la Russie, de la Chine, de l’Inde).
On retrouve aussi des cas multinationaux sur le continent africain, ceci est lié à la colonisation.
La nation est un sentiment d’appartenance.

Parfois, le droit international a pu utiliser ces concepts de nation ou de peuple.


Historiquement, le sentiment national s’est développé avec l’émergence et la stabilisation des états
modernes. Ce sentiment est arrivé vers le XIXème siècle, siècle qui a vu émerger le principe des
nationalités, revendiqué au plan international.
C’est un principe en vertu duquel les individus qui appartient à une même nation ont le droit de vivre à
l’intérieur d’un Etat. Le principe est l’idée de faire coïncider un Etat avec une nation. Ce principe a été
utilisé avec beaucoup de parcimonie par le droit international.
Le principe des nationalités reviendra sur le devant de la scène avec la décolonisation. Ce principe va
reprendre corps sous une autre appellation : le droit des peuples à disposer d’eux même.
En droit international, dans les années 70, le droit des peuples à disposer d’eux même ne pouvait pas
légitimer une volonté sécessionniste.

2. Le territoire.

c. Etat et territoire.

De même qu’il n’y a pas d’Etat sans population, il n’y a pas d’Etat sans territoire. C’est ce qui a été
reconnu en droit.
Il n’y a pas d’Etat sans territoire et ce principe est affirmé par le droit international.
On accorde une très forte importance au territoire en tant qu’élément constitutif de l’Etat et il y a une
très forte indépendance entre l’Etat et le territoire parce que la population de l’Etat est assise sur le
territoire et que le Gouvernement trouve ses limites dans les limites du territoire étatique.

- La relation entre territoire et population :


Cette relation est directe et nécessaire puisque la population au sens étatique au sens contemporain du
terme est une population qui est sédentaire et stabilisé l’intérieur des frontières du territoire.
Jusqu’à présent, l’idée d’un état nomade était totalement inenvisageable et on s’aperçoit que, dans le
période contemporaine, tout état a tenté de lutter contre le nomadisme de sa population.

- Le lien entre territoire et gouvernement :


Ce lien est absolument nécessaire aussi. Les conditions modernes d’exercice du pouvoir politique
exerce en effet la maitrise d’un territoire aussi petit soit-il. Donc, la possession d’un territoire en droit
international s’impose comme une condition préalable à l’existence d’un gouvernement.
Le territoire c’est l’espace sur lequel l’Etat exerce l’ensemble de ses pouvoirs, et normalement en DI
un Etat ne peut exercer ses pouvoirs en dehors de ses frontières.

- Principe de l’intégrité territoriale :


De plus, il convient de préciser que le DI contemporain n’admet des modifications territoriales que par
des moyens pacifiques, c’est ce que l’on appelle le principe de l’intégrité territoriale qui est clairement
consacré par l’art. 2 §4 de la charte des nations unies.

d. La nature juridique du territoire.

Ce sujet a longtemps animé la doctrine, mais aujourd’hui en droit international on s’accorde à dire que
le territoire est la limite du pouvoir étatique. Mais, cette théorie du territoire limite est insuffisante à
traduire toute la complexité de l’existence de l’Etat et tout ce que représente le territoire pour l’Etat.
Le territoire c’est également un titre juridique essentiel pour l’Etat, c’est ce qui va justifier sa
compétence que l’on appelle la compétence territoriale. En définir, le territoire constitue la limite de
cette action, de ce pouvoir de commandement.

e. La consistance du territoire étatique.

Le territoire est d’abord composé par l’espace terrestre situé à l’intérieur des frontières de l’Etat,
auquel on inclue les cours d’eau.
On y ajoute certains espaces maritimes qu’on appelle les eaux intérieurs et la mer territoriale.
Le territoire c’est également l’espace aérien qui se situe au-dessus du territoire terrestre et maritime de
l’Etat.

D’autres zones maritimes ne sont pas intégrées au territoire étatique, c’est ce qu’on appelle le plateau
continental ou la zone économique exclusive.
Le territoire n’est pas forcément d’un seul tenant. C’est le cas de la France avec ses territoires d’Outre-
Mer et c’est le cas de plein d’autres états.
On a eu dans l’histoire des enclaves d’un Etat dans un autre. Exemple de l’enclave polonaise de Dansy
dans l’Allemagne.

3. Le Gouvernement.

En tant que personne juridique, l’Etat a besoin d’organe pour le représenter et pour exprimer sa
volonté. Un territoire sans gouvernement au sens du droit international ne peut donc pas être qualifié
d’Etat.
Pour qu’une entité soit considérée comme un Etat, il faut qu’elle soit dotée d’un gouvernement
effectif. Cela ne signifie pas que le gouvernement soit reconnu au plan international.

f. L’exigence de l’efficacité gouvernementale.

L’efficacité gouvernementale désigne la capacité réelle d’exercer toutes les fonctions étatiques, y
compris la sécurité intérieure et l’exécution des engagements extérieurs de l’Etat. Cette exigence est
normalement une condition juridique de l’existence de l’état.
Cet argument est beaucoup mis en avant au moment de l’émergence d’un état mais une fois qu’un état
est constitué, l’effectivité gouvernementale est généralement présumée, même dans les situations
extrêmes comme les guerres civiles.
L’effectivité gouvernementale est présumée car elle va se heurter à un principe cardinal du DI qui est
le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des états. C’est-à-dire que la communauté
internationale va estimer que l’inaptitude de l’Etat n’est que temporaire.

C’est surtout dans la phase initiale de l’existence de l’état que l’effectivité gouvernementale est
vérifiée.
La reconnaissance de Gouvernement n’est pas considérée comme un élément constitutif de l’Etat.
L’effectivité du gouvernement ne se résume aux reconnaissances reçues par les autres états.
La reconnaissance de l’Etat a toutefois une portée pratique évidente et est un élément déterminant des
relations internationale parce qu’évidemment, la reconnaissance va permettre d’identifier les
détenteurs du pouvoir politique, une responsabilité international et à l’égard de l’Etat qui l’effectue, la
reconnaissance d’un Gouvernement et d’un Etat produit des effets juridiques immédiats. L’exemple
type est que ça permettra à l’Etat et ses représentants diplomatiques de bénéficier d’immunités.

Le fait de reconnaitre un Etat ou un Gouvernement est une compétence discrétionnaire de chaque Etat.
Néanmoins et normalement, cette reconnaissance doit se faire en vérifiant normalement l’effectivité du
nouveau Gouvernement.

D) Les attributs de l’Etat.

L’Etat n’est pas la seule entité à disposer d’un territoire, d’une population et d’un pouvoir politique
effectif. D’autres collectivités peuvent revendiquer ces qualités (états fédérés, communautés
autonomes…)
Le critère qui va déterminer véritablement l’Etat c’est la souveraineté.

1. La notion de souveraineté.

La souveraineté est une notion complexe, abstraite, controversée. Néanmoins, on s’accorde à assimiler
la souveraineté à la notion d’indépendance et également à la soumission directe à l’ordre juridique
international.

a. Souveraineté et indépendance.

Le lien entre souveraineté et indépendance est essentiel car il explique le caractère non hiérarchique de
la société internationale et qui explique donc ce rapport d’horizontalité qui caractérise la société
internationale.

 Souveraineté et soumission directe à l’ordre juridique international.

La souveraineté n’implique pas que l’Etat peut s’affranchir des règles du DI. Bien au contraire, l’Etat
est souverain que s’il est immédiatement soumis au DI. Ce qui caractérise l’Etat c’est cette rencontre
entre souveraineté et immédiateté internationale.
C’est cette rencontre entre souveraineté et immédiateté internationale qui permet de distinguer l’Etat
des autres sujets du DI et surtout les collectivités de droit interne.
A l’inverse, on peut avoir certaines entités qui bénéficient d’une certaine représentation à
l’international mais elles ne seront pas des entités souveraines et indépendantes.
2. Les corolaires de la souveraineté.

b. L’égalité souveraine des Etat.

L’égalité est une conséquence assez immédiate de la souveraineté. De ce point de vue-là les états sont
juridiquement égaux entre eux. Ce principe est affirmé par les textes internationaux et surtout par la
Charte des nations unies, art.2 §1 qui nous dit que « L’organisation est fondée sur le principe de
l’égalité souveraine de ses membres ».
La conséquence évidente de ce principe est que les états sont dotés des mêmes droits et obligations
internationales à l’assemblée générales des nations unies. Le DI est donc réducteur des différences
réelles qui existent entre les états. Même si les états sont inégaux à différents niveaux, ils possèdent
tous le même statut international. Par exemple, la règle de la réciprocité appartient à tous les états.

Il y a des limites à l’égalité souveraine des états car on a fait émerger des régimes différencié
d’exercice des droit internationaux des états et parfois sera introduit des éléments de correction et ils
désignent l’égalité de fait observé dans la communauté internationale.
Ces correctifs peuvent être au bénéfice des états les plus puissants. Cela peut aussi aller dans le sens
des plus faibles pour apporter des correctifs à leur inégalité de fait.

c. La liberté d’action des Etats.

La souveraineté signifie donc indépendance des états c’est-à-dire que normalement les états ne
peuvent être subordonnés à d’autres sujets du droit international.
Un Etat doit également être indépendant de manière interne. La liberté d’action des états implique que
les états disposent de l’autonomie constitutionnelle c’est-à-dire qu’il peut prendre la forme politique
interne qu’il souhaite que ce soit au niveau politique, économique ou social.

La liberté d’action des états n’est pas complète. La coexistence d’entités égales entraine une liberté
d’action limitée et notamment, la première limite à la liberté d’action des états est le respect du DI et
de ses grands principes (l’interdiction du recours à la force armée, l’interdiction de commettre des
exactions internationales majeurs etc…).
LEÇON 3 : Naissance et reconnaissance d’Etat : Israël-
Palestine.

A) Repères géographiques.

Les territoires d’Israël et Palestine sont situés dans la région du Moyen Orient, au sud-est de la Mer
Méditerranée et au nord-ouest de la Mer morte. Au nord, nous avons le Liban. Au nord-est nous avons
la Syrie. A l’est, on a la Jordanie. Au sud-ouest, l’Israël et la Palestine sont bordées par le territoire
égyptien.

Traditionnellement et depuis l’époque antique, la Palestine désigne le territoire qui couvre la bande
géographique qui va au sud de la Mer Rouge. Cette bande de territoire va jusqu’au Liban et la Syrie. Cette
bande a toujours été appelée Palestine dans l’Histoire.
Aujourd’hui, on appelle Palestine une certaine partie de ce territoire. Ce territoire palestinien est peuplé
essentiellement d’arabes. Ce qui correspond au territoire palestinien actuel c’est au sud la Bande de Gaza,
la Cisjordanie est la partie est de Jérusalem. Le reste est l’Etat d’Israël.
Il faut savoir que l’ensemble de ces territoires a connu des dominations successives dans l’Histoire.
L’ensemble de ces territoires ont été successivement sous domination britannique, sous domination
égyptienne, jordanienne et sous domination israélienne.

En matière de géographie humaine, il faut préciser que cette zone Israël et Palestine, n’est pas très riche en
ressource naturelle sauf les terres fertiles situées en bord de méditerranée, mais toutes ces terre fertiles
sont sous domination israélienne.
Ce territoire est une zone de carrefour commercial important mais c’est aussi le berceau des grandes
religions monothéistes.

B) Repères historiques.

La Palestine a été un lieu de dominations successives :


Domination perse, grecque, hasmonéenne, romaine, byzantine puis musulmane.
Ensuite a suivi le temps des croisades du XIème au XIIIème siècle.
Domination ottomane jusqu’au XIXème siècle.
Ces terres vont devenir au XIXème siècle un lieu de convoitise pour les européens qui vont être de plus en
plus présents mais les Turques restent toutefois très présents.
On aura des influences très fortes des voisins syriens, égyptiens, libanais très présents dans cette zone.

Les choses vont progressivement évoluer et c’est les britanniques qui, au début du XXème siècle, vont
prendre possession de ce territoire et en particulier de Jérusalem.
Dès 1917, les britanniques vont dominer l’ensemble du territoire palestinien. Dès 1917, une importante
déclaration politique va être faite, la déclaration de Balfour, ministre des affaires étrangères britanniques.
Balfour va promettre au peuple juif la création d’un foyer national juif en Palestine.
En 1921, le mandat britannique est officiellement reconnu en Palestine, sur décision de l’ancienne Société
des Nations.

Pendant cette période, la Palestine est un territoire peuplé de différentes populations qui ne coexistent pas
trop mal. On a sur ce territoire des populations musulmanes, juives et chrétiennes.
La Palestine devient au XIXème siècle une terre d’immigration pour les juifs et dès lors, les populations
juives vont en Europe être l’objet d’actes antisémites tragiques, c’est la raison pour laquelle ils vont
émigrer en terre palestinienne, venant principalement de Russie et d’Europe centrale et orientale.
Dès le milieu du XIXème siècle il va y avoir une forte influence sioniste. Le sionisme étant une idéologie
politique née à la fin du XIXème siècle qui prône l’existence d’un état laïc, juif en Palestine.
De l’autre côté on va avoir une influence panarabiste, c’est le mouvement national arabe qui revendique
l’établissement d’un état indépendant arabe sur cette terre palestinienne.

Du point de vue des faits, la société arabe est très largement dominatrice. Il y aurait à l’époque près
de 600 000 habitants arabes sur le territoire pour à peu près 85 000 juifs.
Il faut savoir que, évidemment, dans les années 20/30, l’immigration juive va augmenter, notamment avec
l’arrivée au pouvoir d’Hitler en 1933. On peut dire qu’il y a environ 250 000 juifs qui sont venus trouver
refuge en Palestine. Cette arrivée de juif va être porteuse de tentions.

A partir du milieu des années 30, la question de l’avenir de la Palestine va devenir une question centrale.
Le mouvement de grandes révoltes arabes a obligé les autorités britanniques à réagir et à faire des
propositions quant au sort de la Palestine. On va avoir deux plans politiques majeurs (un en 1937 et un en
1939).
Le premier plan proposait une partition de la Palestine entre juifs et arabes. Ce plan va déclencher des
mécontentements très violents des deux côtés.
Le deuxième plan prône l’instauration d’un état palestinien indépendant. Ce sont les sionistes qui sont
profondément déçus et qui rappellent la promesse britannique d’un territoire juif en Palestine. Ce plan ne
sera pas adopté. Mais, pendant la guerre, c’est le désordre en Palestine et les sionistes sont à la manœuvre
politique du pays et sont de plus en plus convaincus que leur avenir est en Palestine et que doit être créé
pour eux un état juif.

3. La naissance de l’Etat d’Israël.

Pendant toute la seconde guerre mondiale, on sera dans une période de grande confusion en Palestine
parce que le mandat britannique va être de plus en plus contesté. Les attentats et les agressions se
multiplient et vont être tant du fait des populations arabes que des populations juives. Ces tensions vont
très fortement se développer, d’autant plus que la population juive va être extrêmement choquée et
insatisfaite du fait que les britanniques vont faire en sorte de limiter le phénomène d’immigration juive.
En 1947, un évènement va fortement marquer les esprits en cette période de lendemain de la Seconde
Guerre Mondiale, c’est l’expulsion du navire Exodus des côtes palestiniennes par les britanniques. Ce
navire avait à son bord entre 4 et 5 milles rescapés des camps nazis. Cet évènement va être le
déclenchement des mécontentements des juifs de Palestine.
L’autorité des britanniques est de plus en plus contestée et ils vont abandonner leur mandat et quitter
l’ONU récemment fondée. C’est l’ONU qui va être en charge de cette problématique et qui va choisir ce
qui va advenir de cette zone géographique.

Pendant ces mois de 1947, on va travailler l’avenir de cette zone géographique. Un plan de partage va
finalement être proposé à l’Assemblée générale des nations unies le 29 nov. 1947 et être voté. Dans le plan
voté, deux états sont créés : un état arabe et un état juif. Chacun de ces états aura un territoire ne
comprenant pas Jérusalem car en effet, Jérusalem va être extrait de ce partage et obtenir un statut
international.
Au niveau local, les réactions ne sont absolument pas unanimes. Du côté juif, l’agence juive est assez
favorable à ce plan mais la droite nationaliste, sioniste, n’est pas du tout d’accord avec ce plan et s’y
oppose assez fortement. De leur côté, les états arabes sont relativement unanimes et rejettent absolument
ce plan car pour eux, il est absolument inconcevable que, sur leur terre, on mette en place un état juif. Ce
qu’ils rejettent également c’est le partage du territoire qui a été mise en œuvre par l’assemblée générale
des nations unies.
Ce plan de partage va être le déclencheur d’un mouvement assez inédit en droit international car quelques
mois après le vote de cette résolution, le 14 mai 1948, l’Etat d’Israël va être proclamé par le leader de
l’époque David Ben Gourion dans le respect des limites de la résolution adoptée en nov. 1947.
Le nouvel Etat créé va être reconnu par les grandes puissances et notamment par les membres permanents
du Conseil de sécurité.

La contestation va créer une réaction très violente des états arabes qui vont réagir de manière relativement
aiguë. Va suivre quasiment une année de guerre en l’Israël naissant et l’Etat arabe.
Ce qui va être assez étonnant c’est qu’on va s’apercevoir que l’Etat juif est très au point de vue de sa
défense et les forces arabes ne vont pas réussir à occuper les territoires sous contrôle juif, à l’exception de
Jérusalem.
L’ONU va tenter de remplir son rôle de pacificateur et déléguer successivement plusieurs médiateurs pour
trouver un terrain d’entente. Le premier de ces médiateurs, le Prince Bernadotte, va se faire assassiner sur
le territoire palestinien. Un second émissaire, Ralph Bunch, un américain, va parvenir à un accord
d’armistice signé en fév. 1949. Dans ces accords, Israël va obtenir un territoire légèrement plus étendu que
celui prévu par le plan initial de 1947. La bande de Gaza va être dominée par l’Egypte. Le reste de la
Cisjordanie va être sous influence jordanienne.
Suite à ces accords de 1949, il va suivre un exode massif de la population arabe qui va souvent fuir vers
les pays arabes voisins, essentiellement vers de camps de réfugiés installés en Syrie, en Jordanie et autour
de la bande de Gaza.

4. Le conflit israélo-palestinien.

La naissance de l’Etat d’Israël a été un évènement douloureux et va amener à une période politiquement
instable.

3. Les années cinquante.

On va s’apercevoir rapidement que le sort des réfugiés arabes va peser lourd sur l’avenir de la Palestine.
Les réfugiés palestiniens ne vont pas être bien accueillis par les états arabes voisins. Il y a un refus
important de leur part de l’idée de l’Etat d’Israël.
Les palestiniens vont se retrouver dans des camps où les conditions humanitaires vont être absolument
catastrophique. Les terres d’accueil vont miser sur le fait que la situation n’est que temporaire et vont
organiser la lutte armée de la résistance palestinienne et faire de ces camps de réfugiés des camps de
préparation à la future lutte nationale. C’est donc à l’extérieur du territoire palestinien que va s’organiser
cette lutte nationale et c’est à cette période que va commencer à s’organiser la lutte nationale. Du côté
arabe, la lutte va être menée par Yasser Arafat qui sera le leader de la cause palestinienne. Deux
mouvements vont se créer : le Fatah (groupe de lutte de libération nationale créé par Y. Arafat) et
l’organisation de libération de la Palestine (l’OLP). La lutte politique s’organise et va déboucher sur les
conflits des années 60.

4. La guerre des six jours et ses suites.

La guerre des six jours s’est déroulée en 1967 et est la première attaque organisée des états arabes post
armistice de 1949. Cette guerre fait suite à une longue période de tension et notamment entre l’Egypte et
l’Israël à propos du blocus de l’Egypte contre les bateaux israéliens. Cette guerre a été analysée comme
une attaque préventive d’Israël contre ses voisins arabes. On a face à l’Israël une coalition formée par
l’Egypte, la Syrie la Jordanie le Liban et l’Irak.
Israël va en très peu de temps écraser la coalition arabe alors que les états arabes étaient organisés
depuis longtemps. Ce qui a troublé les observateur c’est qu’Israël s’est révélé être une force de frappe
extrêmement forte, une puissance militaire extrêmement puissante et organisée.
La guerre des six jours aura un impact géopolitique très important puisqu’une fois de plus il va y avoir
dans cette région des mouvements d’occupation de terre qui vont être importants puisqu’Israël va
s’emparer de territoire autrefois en possession de ses voisins arabes, notamment de l’Egypte, de la Syrie et
de la Jordanie. Israël va s’emparer de la bande de gaza, s’élargir sur la Cisjordanie et prendre Jérusalem
est.

A l’issu de ce conflit, l’Onu va réagir et adopter une résolution très célèbre : c’est la résolution 242 du
Conseil de sécurité de l’ONU adopté en 1967. Cette résolution est importante parce que dans cette
résolution on demande non seulement la fin immédiate du conflit mais surtout la fin immédiate de
l’occupation israélienne faite à l’issu de la guerre des six jours. Le problème de cette résolution est
qu’elle donnait l’ordre aux israélien de quitter les terres occupées mais rien n’était dit sur le fait que les
pays devaient reprendre possession de leur territoire, on ne dit pas à qui reviennent ces territoires.
Suite à cette guerre des six jours, les tensions vont s’accroitre et la donne change puisque le Fatah va subir
de nombreuses attaques de la part des forces israéliennes mais le souci est que le Fatah va être mis en
cause par la Jordanie parce que les palestiniens vont commencer à revendiquer des droits sur les terres où
ils ont trouvé asile suite à la création de l’Etat d’Israël.

Il faut savoir qu’après la guerre des six jours, en 1970, il y a eu un épisode très tragique. Il y a eu le
fameux « septembre noir ». C’est un épisode au cours duquel des palestiniens ont revendiqué des droits
sur le territoire jordanien. Cette révolte a contrarié le roi qui a fait massacrer une dizaine de palestiniens.
C’est une période de tension extrême avec le voisin jordanien.

5. La guerre du Kippour : octobre 1973.

L’attaque a été menée par les états arabes, pas par tous les états arabes (Syrie et Egypte seulement). Ils
vont mener leur attaque par surprise, pendant le jeun de la fête religieuse du Kippour (fête religieuse juive)
et l’attaque tourne au départ en faveur des états arabes mais très vite, la donne va s’inverser au bénéfice
des israéliens. L’état israélien sera aidé par les états unis et l’état arabe recevra l’aide de l’union
soviétique. Il y a une vraie extension du conflit.
Une fois qu’Israël a pris le dessus, ce conflit aura un impact majeur au niveau interne en Israël avec
d’abord la démission du premier ministre de l’époque. La guerre va ouvrir sur une période de
normalisation des relations entre l’Egypte et l’Israël avec une phase de négociation et même de paix.

5. Les tensions contemporaines : les balbutiements de la paix.

Depuis à peu près 40 ans, la situation alterne entre des progrès en faveur de la paix et des épisodes les plus
tragiques. Les résultats sont quand même globalement décevants. Tout progrès est immanquablement suivi
de violences. Du coup, l’émergence d’un état palestinien souverain n’est pas un processus incontestable.

A) La normalisation des relations israélo-palestiniennes : les accords de Camp David et


le traité de paix israélo-égyptien.
Les accords de Camp David ont été signés en 1978 par le président égyptien de l’époque, le président
Sadate et le président Israélien Begin. Ce qu’il faut savoir sur ces accords de Camp David c’est que la
médiation a été faite par le biais des Etats Unis qui ont été très actifs.
Ces accords ont été suivis par la signature du premier traité de paix entre Israël et l’Egypte, c’est la
première fois depuis 1948 que l’on arrive à la négociation d’Israël avec un état arabe.

Il faut savoir que l’initiative est paradoxalement venue de l’Egypte. Les motivations de l’état égyptien sont
diverses mais réelles. Sadat, en 1977, va se rendre à Jérusalem pour rencontrer le gouvernement israélien
et négocier les futurs accords de Camp David. C’est en 1978 que se scellent les négociations en présence
du président américain de l’époque, Jimmy Carter. Les négociations ont été très tendues mais ont abouti à
deux accords relatifs à la paix au Proche Orient. L’idée que les égyptiens avancent et essaient d’adoucir
Israël est un retour à la résolution 242 avec la reconnaissance d’une autonomie progressive pour la
Cisjordanie et la Bande de gaza. Ce traité va être signé officiellement le 26 mars 1979.
L’Egypte va complètement être mise au banc par les pays arabes. En 1980, le président Sadate sera
assassiné car ses positions ne faisaient pas l’unanimité en Egypte. L’Egypte se marginalise parmi les états
de la ligue arabe et va complètement être mise de côté de la ligue arabe. Cette exclusion va être prononcée
en 1979 et cela va durer jusqu’en 1989. A cet épisode de normalisation des relations entre Israël et Egypte
va succéder une phase de tensions assez extrême et ça va être l’époque de la première intifada.

B) La guerre du Liban et la première intifada.

Ce qui se passe c’est que progressivement l’OLP va s’institutionnaliser, se renforcer. Suite à la prise
d’otage des jeux olympiques de Munich, il va y avoir une prise de conscience.
L’OLP de Yasser Arafat va être reçue officiellement en 1974 à l’ONU où cet OLP obtient un siège
d’observateur. La même année, les états arabes vont reconnaitre l’OLP comme seul représentant
légitime des palestiniens et l’organisation est admise en tant que tel au sein de la ligue arabe en 1976.
Les bases de l’OLP sont situées essentiellement au Liban, l’OLP mène des actions directes vers Israël à
partir du Liban sud, l’OLP étant aidé par des milices libanaises.
En 1982, Israël va réagir et envahir le sud du Liban afin de faire cesser cette situation d’attaques. Quand
Israël va décider d’attaquer le Liban sud, Israël va recevoir le soutien d’une partie du Liban. Cela
s’explique par la scission des libanais avec ceux qui soutiennent l’OLP et ceux qui sont anti OLP.
De son côté, l’OLP est donc aidée par une partie des libanais mais également par l’armée syrienne. Le
conflit s’élargie et s’envenime. On a eu un attentat à Londres qui procède à l’exécution d’un diplomate
israélien en 1982.
Il faudra attendre de très longues années pour qu’Israël quitte le Liban mais le Liban sud est resté une zone
très sensible depuis cette période.

La première intifada (appelée la guerre des pierres) a débuté en 1987. Il s’agit d’un soulèvement de la
population palestinienne et en particulier de la jeunesse contre l’occupation israélienne. Cette intifada n’a
pris fin qu’en 1993, avec la signature des accords d’Oslo.
La zone la plus sensible sur le territoire palestinien est Gaza, lieu de naissance de la première intifada.
L’intifada va s’étendre sur toute la Cisjordanie et va prendre une ampleur considérable. On a une période
de fort trouble dans tous les territoires.
Ce qui est très important c’est ce qui va se passer du côté palestinien, il va y avoir une vraie radicalisation,
et c’est de ce point de vu là que va naitre le Hamas (= mouvement de résistance islamique) . L’élément
majeur est la radicalisation d’une partie de la population palestinienne et celle-ci va signifier une division
de l’opinion et des intérêts en cause. Il va y avoir une radicalisation des rapports entre Israël et Palestine
parce que l’intifada va être menée de manière beaucoup plus radicale par le Hamas que ce qui avait été fait
par le Fatah ou l’OLP. La lutte va être très violente, l’armée israélienne essayant de neutraliser au
maximum les représentants les plus radicaux du Hamas. Dans le même temps, le Hamas a de plus en
plus de succès auprès de la jeunesse palestinienne, des attentats de plus en plus nombreux sont perpétrés.
L’intifada a été un facteur de consolidation de l’identité palestinienne. Cela a mené au début de l’intifada à
des initiatives très volontaristes de la part des palestiniens et en particulier en 1988 puisque l’OLP a fait
une déclaration d’indépendance de l’Etat palestinien.
On a essayé de reproduire ce qui a été fait avant mais cette fois avec plus de conviction et de volonté.
Dans les faits cela ne change rien mais politiquement et symboliquement cette déclaration est très
importante.

C) Les accords d’Oslo.

Ils sont signés en 1993 et sont le résultat de négociations secrètes menées entre israéliens et
palestiniens. Ces négociations ont eu lieu à Madrid lors d’une conférence en 1991. Une
déclaration de principe va être signée à Washington en 1993 être Yitzhak Rabin et Yasser Arafat.
C’est le président Washington qui a joué un rôle majeur.
Ces évènements posent les bases d’un futur auto-gouvernement palestinien. Ce sont les bases
d’un Etat indépendant. Cet auto-gouvernement est prévu pour Gaza et certaines zones de
Cisjordanie. Des élections sont prévues pour la désignation de ce gouvernement. Les conditions
du retrait des troupes israéliennes sont établies. Un passage est prévu entre Gaza et la Cisjordanie.
Le futur gouvernement exercera son pouvoir sur Gaza et sur une grande partie de la Cisjordanie,
sauf sur les colonies juives et sur les emplacements militaires.

Par ces accords, les sujets qui fâchaient ont été écartés. Dans un délai de trois ans à partir de
1993, trois sujets devaient être abordés et ont été écartés : la question de la situation des colonies
juives, la question des réfugiés palestiniens et le statut de Jérusalem avec la question du partage et
la question de la souveraineté sur les lieux de culte.
Il va y avoir des évènements importants qui vont suivre, comme le retour d’Arafat à Gaza qui va
créer l’autorité palestinienne et qui sera la première expérience d’auto-gouvernement. Ensuite,
Israël va évacuer les grandes villes de Cisjordanie et Arafat sera élu président de l’autorité
palestinienne et un conseil législatif est élu.

Néanmoins on arrive au bout de cette période de trois ans. La situation va nettement se crisper
dès lors que sera abordées les trois questions épineuses qui avaient été mises de côté.
En 1985 va avoir lieu l’assassinat de Rabin par un extrémiste israélien. Le Hamas de son côté
prend de plus en plus de place et de pouvoir, se manifestant par des attentats à répétition.
La situation se dégrade de plus en plus. Le début de l’année 2000 amène à la deuxième
intifada.

D) La seconde intifada.

Cette deuxième intifada trouve ses sources dans les crispations qui se sont manifestées de
1993 à 2000 mais l’évènement principal va être l’échec du sommet de Camp David II qui a
eu lieu en juillet 2000 entre Bill Clinton, Yasser Arafat et Barak. Lors de ce sommet, les
questions soulevées ne font pas l’unanimité et plusieurs points de désaccords sont soulevés : le
statut de Jérusalem, le problème des réfugiés qui revendiquent le droit au retour.
Des évènements vont venir envenimer la situation et l’évènement qui va créer un réel choc c’est
la visite d’Ariel Sharon, député de l’opposition et ancien général de l’armée israélienne. Il va se
rendre sur l’esplanade des mosquées, ce qui va être interprété comme un acte de provocation
inacceptable et c’est ce qui va déclencher les tensions.
A partir de là, la situation va se dégrader de façon manifeste, les violences vont être nombreuses
et marquantes. Les victimes de cette deuxième intifada seront nombreuses (entre 5 000 et 6 000
morts du côté palestinien).
Les conséquences politiques vont être importantes puisque depuis 2001, on est dans un
enlisement du processus de paix. La population jeune va fortement se radicaliser. La victoire de la
droite aux élections va être un moment fort, Ariel Sharon va devenir premier ministre israélien en
2001.
C’est une succession d’évènements assez négatifs qui en droit international ont été très
marquants.
En 2002, le lancement du mur de séparation entre la zone israélienne et la zone
palestinienne.
Les palestiniens, via l’ONU, vont saisir la Cour international de justice pour savoir si le droit
international avait été respecté par la construction de ce mur et la CIJ a affirmé le caractère illégal
de ce mur et surtout de son tracé fait à partir de la ligne verte prévue en 1999 qui avait été revue
depuis.
Le décès de Yasser Arafat a lieu en 2004. Et en 2006 la victoire du Hamas lors des élections en
Palestine. En 2006 aura lieu la deuxième guerre du Liban. Pendant cette période, le processus de
paix est arrêté.

Depuis il y a quand même eu certaines améliorations et notamment avec l’arrivée de Mahmoud


Abas. Des initiatives assez remarquables ont été prises depuis 2-3 ans pour faire reconnaitre
l’Etat palestinien sur la scène internationale. Les palestiniens veulent aujourd’hui être
reconnus à l’ONU en tant qu’Etat et non plus seulement en tant qu’observateur. L’ONU y
est très favorable mais le Conseil de sécurité est contre.
Les palestiniens vont essayer de faire condamner Israël pour crimes de guerre. L’autorité
palestinienne a bataillé pour faire partie de la CIJ pour pouvoir porter plainte de manière
officielle.
LEÇON 4 : Les organisations internationales.

Lorsque l’on envisage des organisations internationales, on désigne les organisations


intergouvernementales par opposition aux organisations non gouvernementales (ONG) qui regroupent
des personnes privées (médecins sans frontière par exemple). Les organisations internationales sont
des entités qui vont regrouper plusieurs états.

Les organisations internationales sont des entités relativement récentes puisque leur existence
remonte au XIXème siècle. L’existence de l’organisation internationale est liée à la révolution
industrielle et au développement des transports et des communications qui ont largement favorisé la
création d’organisations internationales à caractère technique. Cela a commencé par les commissions
fluviales qui sont des organisations internationales qui géraient la circulation et l’exploitation d’un
fleuve qui traversait différents états.
Les premières organisations internationales vont être la commission centrale du Rhin (1804), la
commission européenne de Danube (1856). On a la création d’Union administrative là pour
favoriser les échanges avec l’union postale universelle (1878). On a eu la création du bureau
international des poids et des mesures (1875).

Il y a eu plusieurs étapes chronologiques marquantes avec la première guerre mondiale puisque c’est à
l’occasion de la conférence de paix de Versailles en 1919 que sera créée la première organisation
universelle à vocation politique : la SDN (société des nations) dont le but est de favoriser la paix dans
le monde.
La deuxième guerre mondiale a été la deuxième étape marquante. Malgré l’échec de la SDN le choc
qu’a constitué la seconde guerre mondiale, la conférence de San Francisco de 1945 a donné lieu à la
création de l’organisation des nations unies qui sont le successeur direct de la société des nations.
L’ONU est une organisation politique, universelle et dont le but principal est d’assurer la paix dans le
monde. L’ONU va rapidement être entourée de nombreuses institutions spécialisées qui vont œuvrer
dans des domaines divers. Avec la création de l’ONU on va que le phénomène de l’organisation
internationale va prendre une ampleur considérable.

I) La définition des organisations internationales.

Selon une définition assez largement retenue, une organisation internationale est une association
d’états constituée par traité dotée d’une Constitution et d’organes communs et possédant une
personnalité juridique distincte de celle des états membres.
On verra que l’existence d’une organisation internationale dépend de la réunion des différents
éléments que nous venons de voir. Ce qu’il faut voir c’est que les organisations internationales doivent
être envisagées avec pragmatisme car elles sont très diverses et nous verrons donc que cette définition
n’est pas toujours opératoires et que certains organisations internationales peuvent être définie en tant
que telle alors qu’elles ne répondent pas forcément strictement à la définition donnée.

A) Les éléments de définitions de l’organisation internationale.

Il existe plusieurs éléments constitutifs de l’organisation internationale, il en existe quatre. L’inter


étatisme reste très important parce que c’est la raison d’être de l’organisation internationale.
1) Les éléments constitutifs de l’organisation internationale.

Le premier élément spécifique est l’inter-étatisme. Il faut comprendre que les organisations
internationales sont des sujets dérivés de droit international parce qu’elles sont créées par les états qui
sont les sujets primaires de l’organisation internationale.

Le deuxième élément à prendre en compte est le volontarisme, c’est-à-dire que les états membres de
l’organisation internationale manifeste leur volonté d’en faire partie, généralement par le biais d’un
traité internationale qui va être l’acte constitutif de l’organisation par la signature d’un traité
international qui va en être l’acte constitutif.
La dénomination de cet acte constitutif peut varier. Pour la société des nations c’était un pacte. Pour
l’ONU c’est la Charte de San Francisco. Pour le Conseil de l’Europe c’est un statut. Pour l’OIP ce sera
une Constitution.
La dénomination apporte peu, c’est toujours matériellement un traité international, c’est-à-dire un acte
juridique par lequel les états manifestent leur volonté de créer une organisation internationale.

Le troisième élément c’est l’existence d’un appareil permanent d’organes distinct de celui de ses
états membres. Ça permet de distinguer une conférence internationale.

Le quatrième critère peut se regrouper avec le troisième, c’est l’autonomie. C'est à dire que
l’organisation internationale doit être autonome. Elle va, au travers de ses organes, exister et prendre
des décisions qui ne se confondront pas avec la somme des décisions individuelles prises par les états
membres mais qui expriment la volonté propre de l’organisation en question. L’organisation devient
un acteur à part entière et elle se distingue nettement des états qui la composent et c’est là la source de
la personnalité juridique de l’organisation internationale.

2) La fonction de l’organisation internationale.

L’organisation internationale est toujours créée pour une raison particulière et c’est là la fonction de
l’organisation internationale. Il faut de ce point de vue distinguer plusieurs fonctions et donc deux
types complètements différentes : d’un côté on doit distinguer la fonction de coopération de la fonction
d’intégration. La plupart des 300 organisations qui composent la société internationale sont des
organisations de coopération.

La fonction de coopération ne touche pas à la caractéristique essentielle de la société


internationale, savoir qu’elle ne touche pas la prépondérance des souverainetés étatique. Les
organisations de coopérations se bornent à faciliter la coordination des normes ou des actions des
normes entre états.

De l’autre côté on a des organisations d’intégration dont l’exemple le plus abouti est celui de
l’union européenne. Cette fonction d’intégration est radicalement différente de la fonction de
coopération puisqu’elle vise, à terme, ou à plus court terme mais sur des thématiques ponctuelles,
à se substituer aux états qui la composent dans le cadre d’une structure nouvelle.
3) Les exceptions : les organisations internationales ne répondant pas à la définition
donnée.

L’idée est simple, les éléments de définition donnés sont acceptés par tous en doctrine mais ne rendent
pas compte de la réalité. Ils ne permettent pas d’englober la totalité des organisations internationales
existantes.
Il y a deux éléments que l’on ne retrouve pas systématiquement : l’inter étatisme et le volontarisme.

La quasi-totalité des organisations internationales est composée d’états souverains mais il faut
savoir que dans l’Histoire, des entités non souveraines ont parfois été membres d’organisations
internationales. L’exemple classique est celui de l’Ukraine et de la Biélorussie qui ont été membres de
l’ONU.
D’autres exemples perdurent. Par exemple le Québec fait partie de l’agence de la francophonie alors
qu’il est un état Fédéré du canada et non un état à part entière.
L’autre exception de l’inter étatisme, parfois des organisations internationales peuvent être membres
d’autres organisations internationales. L’exemple type est celui de l’UE qui fait partie de
l’Organisation Mondiale du Commerce mais aussi de la FAO.

Concernant le volontarisme qui se traduit par la signature d’un traité multilatéral, on sait qu’il connait
lui aussi des exceptions. Certaines organisations internationales ont été créées non pas par voie de
traité multilatéral mais par voie de résolution d’organisation internationale. C’est le cas de l’OPEP,
créé par voie de résolution internationale. L’autre exemple sont les tribunaux pénaux internationaux.

B) Les essais de classification des organisations internationales.

On essaie de les classifier car on a aujourd’hui plus d’organisations internationales que l’on a d’états et
les classer permet de mieux comprendre ce phénomène.
Quand on essaie de classer ces organisations internationales on voit bien qu’elles sont profondément
distinctes et hétérogènes.
Plusieurs critères sont retenus s pour les classifier.

1) Le critère dimensionnel.

Selon ce critère on va les classer en fonction de si leur organisation est universelle ou si elle est
restreinte.

Le premier groupe qui sont les organisations universelles sont des organisations qui ne comportent
pas tous les états qui existent mais qui ont vocation à les accueillir. Ce sont donc les organisations
particulièrement ouvertes qui peuvent accueillir l’ensemble des états. On a dans cet exemple
l’ONU.

Le deuxième groupe sont les organisations dites restreintes. Il y a celles qui ont une vocation
seulement régionales (l’UE, le CE, la Ligue des Etat arabes…). Mais on a également les OG fondées
sur une mission spécifique autre que géographique. Ça peut être celles qui sont restreintes aux pays
partageants une même histoire (ex : Commonwealth). On peut aussi avoir des organisations fondées
sur un facteur linguistique (ex : l’Agence de la francophonie). On a aussi les organisations fondées
sur une alliance politique et militaire. On a enfin les organisations fondées sur un critère
économique et qui vont partager des buts économiques et un certains fonctionnement
économique (OCDE).
2) Le critère matériel.

Ici on va distinguer les organisations en fonction de ce qu’elles font et des compétences qu’elles
exercent. On distingue les organisations à compétence générale des organisations à compétence
spéciale.

Les organisations à compétence générale sont les moins nombreuses. Compétence générale est
synonyme de compétence politique. Ces organisations ont une compétence extrêmement large et
elles sont créées pour favoriser la coopération des états dans quasiment tous les domaines. On
peut dire que l’UE est une organisation générale avec une compétence générale. Le Conseil de
l'Europe est aussi un exemple d'organisation à vocation générale car il peut agir dans tous les domaines
sauf le domaine militaire.

A côté on va trouver les organisations à compétences restreintes ou spéciales. On parle aussi


d’organisation technique dont le but va être plus précis.
Dans le traité constitutif de ces organisations le but est spécifié et va être relativement précis. Ce peut
être la santé, la culture, l’éducation, la recherche scientifique, le commerce…
La plupart des organisations à compétences sont des organisations à compétences spécialisées.

3) Le critère fonctionnel.

Quand on parle de critère fonctionnel on renvoie à la nature des fonctions qui sont remplies par les
organisations internationales. On va distinguer dans ce cadre-là les organisations normatives des
organisations opérationnelles. Certaines organisations vont ici pouvoir être normatives et à la fois
être opérationnelles.

Les organisations normatives ont pour objet d’orienter le comportement de leurs états membres afin
de permettre la réalisation de buts communs. Il s’agit d’élaborer des normes de comportement.
Dans le cadre de ce type d’organisation, le but principal c’est l’élaboration de normes : la négociation
de traités, l’adoption d’actes unilatéraux et que ce soit des traités ou des actes unilatéraux, l’ensemble
de ces normes vises à une harmonisation, à une convergence des politiques menées par les différents
états membres.

On a ensuite les organisations opérationnelles.


Elles sont créées essentiellement pour agir et mettre en œuvre de façon concrète des politiques . Des
moyens financiers sont mis à disposition de l’organisation par ses membres. L’organisation va
décider de matière autonome de l’utilisation de ces contributions financières. L’exemple type est
l’organisation mondiale de la santé ou on a encore la FAO ou l’agence spatiale européenne.

Beaucoup d’organisations mènent une action normative tout en menant des actions opérationnelles
(ex : le conseil de l’Europe).
II) Le statut juridique de l’organisation internationale.

A) La personnalité juridique de l’organisation internationale.

Une organisation internationale se définit par son caractère autonome qui lui se traduit par sa
personnalité juridique. La personnalité juridique se traduit par des effets juridiques tant au plan du
droit interne qu’au plan du droit international.

1) La personnalité juridique interne.

L’article 104 de la Charte de San Francisco qui est l’acte constitutif de l’ONU nous dit que la
personnalité juridique se traduit par « la capacité juridique nécessaire pour exercer ses fonctions et
atteindre ses buts (…) sur le territoire de chacun de ses membres ». La capacité juridique visée est
ici la capacité juridique interne qui renvoie à l’existence de l’organisation internationale.
Cette capacité juridique interne comprend le droit de contracter, le droit d’acquérir et de vendre des
biens, le droit d’ester (d’agir) en justice
Les contrats passés par les organisations internationales sont d’une extrême diversité et vont porter sur
des sommes modestes pour l’acquisition de fournitures mais elles peuvent porter sur des sommes plus
conséquentes et notamment pour l’achat ou la location de locaux.

2) La personnalité juridique internationale.

La difficulté ici est que généralement ce principe de la personnalité juridique n’est pas reconnu de
manière expresse dans l’acte constitutif de l’organisation. C’est le cas pour l’ONU, rien n’est dit sur sa
personnalité juridique internationale. Cette lacune ne signifie pas que l’organisation ne possède pas
cette personnalité juridique internationale.

La jurisprudence comme la doctrine ont très clairement affirmé que les organisations possèdent cette
personnalité juridique à condition que leur acte constitutif contienne des dispositions qui permettent de
déduire cette personnalité juridique internationale.
Il suffit, dans l’acte constitutif de l’organisation, d’une simple mention qui désigne une faculté qui
ne peut être obtenu que par un sujet de droit international (ex : la possibilité de signer ou négocier
un traité international ; la possibilité de conclure des accords relatifs aux immunités et aux privilèges
de ces agents).

Il découle de la personnalité juridique un certain nombre de droits et d’obligations.


- Il va y avoir la possibilité de présenter des réclamations internationales.
- On a encore le droit d’exercer une protection fonctionnelle à l’égard des agents
- On trouve aussi le droit de conclure des traités avec des Etats ou avec d’autres organisations
internationales dans lequel l’organisation s’installe.
- On a le droit de législation passif et actif, c’est à dire le droit d’être représenté dans une
représentation internationale ou dans un Etat. On a encore le droit pour d’autres organisations
internationales d’être représentées en son sein.
- Les organisations ont le droit de gérer leurs finances.

Il n’y a pas que des droits mais il y aussi des obligations qui découlent de cette personnalité juridique
internationale comme la possibilité de voir engager leur responsabilité au plan international. Ce qui se
passe assez souvent, c’est que les organisations, dans le cadre de leurs missions opérationnelles, vont
conclure avec les états sur les territoires desquels elles interviennent, des clauses d’exonération de
responsabilité aux termes desquels l’obligation de réparation est transférée de l’organisation à l’Etat
bénéficiaire.
B) La question des compétences de l’organisation internationale.
La pratique, pour les organisations internationales, va être plus complexe car elles ne possèdent pas de
territoire et ne détiennent pas de compétences territoriales alors que le premier chef de compétence de
l’Etat est la compétence territoriale.
Les organisations internationales possèdent des compétences personnelles très limitées qui vont
s’exercer qu’à l’égard de leurs agents et dans une perspective purement fonctionnelle. Pour déterminer
quelles sont les compétences d’une organisation internationale, il faut prendre en considération leurs
actes constitutifs parce que, assez logiquement, c’est dans les actes constitutifs des organisations
internationales que sont déterminées la ou les compétences de ces organisations.
Parfois, certaines organisations vont dépasser leurs compétences.

1) La détermination des compétences des organisations internationales.

On va avoir des principes directeurs qui vont aider à déterminer ces compétences. On va s’appuyer sur
plusieurs principes généraux qui sont déterminants pour pouvoir déterminer les compétences.

Le premier principe est le principe de spécialité.


C’est un principe de base. Les organisation internationales ne jouissent pas comme les Etats de
compétence générale et sont régie par le principe de spécialité. C'est à dire qu’elles sont dotées par
les états qui les créent de compétence d’attribution « dont les limites sont fonction des intérêts
communs que ceux-ci leur donne pour mission de promouvoir ». Cela signifie que dans le traité
constitutif de l’organisation, on va définir ses compétence et les limites de ses compétences.

Le second principe est le principe des compétences spécifiées ou compétences explicites.


Le principe de spécialité est restrictif puisque son application consiste à vérifier si une
compétence déterminée est bien prévue par l’acte constitutif d’une organisation internationale.
C’est uniquement dans cette hypothèse que l’organisation peut revendiquer sa compétence.
L’organisation n’a pas autorité pour sortir des compétences qui lui ont été clairement assignées.

On a le principe des compétences implicites.


Tout n’a pas été prévu dans les traités constitutifs d’organisation internationale et souvent,
l’évolution des situations fait que très souvent des besoins imprévisibles apparaissent.
L’organisation va être souvent amenée à agir dans des domaines où elle n’avait pas de compétence
pour agir, la question juridique qui va se poser est de savoir si elle a le droit ou non d’agir dans ce
nouveau domaine.
On autorise une organisation à exercer ce que l’on appelle des compétences implicites, c'est à dire des
compétences qui ne sont pas expressément prévues par l’acte constitutif de l’organisation mais qui
sont nécessaires aux fonctions assignées à celle-ci.

2) Contrôle et sanction de l’exercice des compétences des organisations


internationales.

Le rôle de la cour de justice est de contrôler que les organisations internationales ne débordent pas de
leurs compétences et qu’elles agissent bien dans le cadre des traités. Mise à part le cas de l’UE, on
peut dresser un constat de carence en la matière car la plupart des organisations internationales ne
sont pas dotées d’organe chargé de contrôler et de sanctionner l’exercice des compétences en
leur sein. Des difficultés sont susceptibles de se poser et d’entraver le fonctionnement de
l’organisation. Quand l’ONU exerce une action contre laquelle s’oppose un des états membres, on va
avoir un conflit politique. Chaque fois que l’on a eu un tel problème au sein de l’ONU on a consulté la
cour internationale de justice qui a tranché le conflit politique.
LEÇON 5 : L’Organisation des Nations Unies.

L’Organisation des Nations Unies ou L’ONU regroupe aujourd’hui la quasi-totalité des états qui
forment la communauté internationale. (193 Etats membres depuis l’admonition du Monténégro en
2006 et la République du Soudan Sud en 2011).
L’ONU a été fondée le 24 octobre 1945 par la Charte de San Francisco.
C’est une organisation très critiquée aujourd’hui car vieillissante. Elle s’articule autour de principes
particuliers dont beaucoup issus de la Seconde Guerre Mondiale. L’ONU a succédé la Société des
Nations. Le siège de l’ONU est situé à New-York mais également dans d’autres lieux, à savoir
Genève et à Vienne notamment.

Selon le préambule de la Charte de San Francisco, l’ONU pour but de « préserver les générations
futures du fléau de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie humaine a infligé à l’humanité
d’indicibles souffrances ; proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l’homme,
dans la dignité et la valeur de la personne humaine , dans l’égalité de droit des hommes et des
femmes, ainsi que des nations, grandes et petites ; créer les conditions nécessaires au maintien de la
justice et du respect des obligations nées des traités et autres sources du droit international ; favoriser
le progrès social et instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande ».

Elle a pour mission le maintien de la paix mais aussi d’autres missions beaucoup plus larges dont le
développement des relations amicales entre les Etats mais aussi avec la mise en œuvre d’une
coopération internationale destinée à résoudre les problèmes internationaux d’ordre économique,
social, intellectuel ou humanitaire.

L’ONU est une organisation ayant beaucoup évolué et a connu quatre grandes périodes :

- La Guerre Froide qui a débuté en 1945 et s’étant prolongée pendant quatre décennies. Ces tensions
ont profondément marqué le fondement de l’organisation.
- La décolonisation, période ayant suivi la Seconde Guerre mondiale et qui a marqué les années 50 et
60. Cette décolonisation a touché essentiellement l’Afrique mais également l’Asie et le Moyen Orient.
Cette période a été très marquante pour l’ONU parce qu’elle a fait augmenter considérablement le
nombre d’Etats membres de l’ONU. Ces Etats avaient d’autres préoccupations, ce qui a ouvert l’ONU
à de nouvelles préoccupations d’ordre économiques et sociales.
- La chute du mur de Berlin en 1989 a ouvert sur un troisième temps marqué par un contexte
géopolitique très instable, très incertain. Dans ce cadre-là, dans les années 90, l’ONU a été de plus en
plus sollicité et on a demandé de plus en plus l’intervention de l’organisation.
- Les attentats de 2001. Cette étape a ouvert une nouvelle révolution. L’ONU va désormais être
énormément sollicité mais pour des conflits d’un nouveau genre qui vont mettre à mal les modes de
fonctionnement traditionnels de l’organisation.

L’ONU doit endosser une action très diversifié puisqu’on va lui faire endosser un rôle humanitaire
mais aussi de nouveaux rôles comme la lutte du terrorisme mais aussi la question des réfugiés.
Les missions de l’ONU sont de plus en plus lourdes et on se demande si ses moyens d’actions sont
toujours adaptés au contexte international qui s’est profondément renouvelé. Beaucoup d’observateur
doutent de son adaptation. Beaucoup demandent depuis longtemps la réforme du mode de
fonctionnement de l’ONU, dont la question du conseil de sécurité.
Toutefois, l’organisation a fait ses preuves dans un certain nombre de domaines et quoi qu’on en dise,
l’ONU reste le forum international où toute la communauté internationale peut s’exprimer.

I) Principes et conditions d’admission.


A) Principes.

Article 2 de la Charte de San Francisco qui nous énumère les principes essentiels et les fonctions de
l’organisation. On peut citer :

- l’égalité souveraine de ses Etats membres


- le règlement pacifique des différends
- l’abstention du recours en menace ou de la force armée
- l’obligation d’assistance de la part de chaque Etat membre pour toute action de l’organisation visant
à faire respecter les principes énoncés dans la charte.
- l’obligation pour les Etats qui ne sont pas membres de l’ONU d’agir en conformité avec les principes
énumérés pour le nécessaire maintien de la paix et de la sécurité internationale.

L’article 2 ajoute un principe important qui est l’interdiction pour l’ONU d’intervenir dans les
affaires relevant de la compétence des Etats.

B) Conditions d’admission.

Le fonctionnement de l’ONU s’appuie sur une distinction très classique entre membres originaires et
membres admis. La charte a au départ été signée par 51 Etats seulement. Tous les autres Etats ont
été admis selon une procédure inscrite à l’art 4 de la charte de San Francisco. Selon cet article 4, « Les
membres de l’ONU sont admis sur recommandation sur Conseil de sécurité, après un vote de
l’Assemblée générale (la majorité des deux tiers est requise). Il doit s’agir d’Etats pacifiques
acceptant les principes et les obligation de la Charte ».

L’admission de nouveaux membres a souvent provoqué des polémiques. Par exemple, en 1955 dans le
contexte de la guerre froide, oppositions très fortes autour de l’admission de nouveaux Etats membres
provenant des deux blocs (soviétique et occidental). Ou encore des oppositions concernant la Chine et
concernant les Etats divisés (Allemagne, Corée, Vietnam).

En 1955 et soixante il faut savoir que 40 nouveaux membres furent admis et à a fin des années 70,
l’ONU comptait quelques 150 membres.
En 1990, de très nombreuses républiques soviétiques ont obtenu leur indépendance.

II) Les organes de l’ONU.

L’ONU compte six organes principaux. Il s’agit de l’assemblée générale, du conseil de sécurité et du
secrétariat. A côté de ces trois organes on a la cour internationale de justice, le conseil économique et
social et le conseil de tutelle.

1) L’Assemblée générale.

Elle est le seul organe de l’ONU au sein duquel tous les membres sont représentés.
Sa fonction est essentiellement consultative. Elle exerce des fonctions budgétaires. Elle procède à
diverses élections et elle examine toutes les questions qui sont de sa compétence au regard de la
Charte. Son rôle principal est de délibérer et de faire des recommandations sur tous les sujets
dont elle est saisie. Elle procède à toute une série d’élections ou de désignations importantes. C’est
aussi elle qui décide de l’admission de nouveaux membres sur propositions du conseil de sécurité.
C’est elle qui va élit les membres non permanents du conseil de sécurité. Elle élit les membres du
comité économique et social et participe à la désignation des juges à la Cour internationale de
justice. Elle participe à la désignation du secrétaire générale de l’ONU et enfin elle supervise
l’activité des autres organes de l’ONU.

Les décisions se font la plupart du temps à la majorité simple mais lorsque des questions importantes
se font à l’ordre du jour (admission de nouveaux membres, questions budgétaires, questions de paix ou
de sécurité), une majorité des deux tiers est requise.

L’assemblée se réunit en sessions ordinaires au rythme d’une fois par an. Mais elle peut se réunir en
sessions extraordinaires. Chaque année elle élit un nouveau président pour un an.

Le début de chaque session est marqué par un grand débat au sein de l’assemblée auquel tout le monde
peut participer et toute question d’intérêt international peut être abordée.
Le travail est délégué à six comités principaux qui vont traiter de thématiques différentes :

- désarmement et la sécurité internationale


- question économique et financière
- questions sociales humanitaires et culturelles
- questions politiques spéciales
- questions administratives et budgétaires
- questions juridiques

2) Le conseil de sécurité.

C’est un organe restreint des nations unis qui a une responsabilité particulière selon la Charte en
matière de maintien de la paix et de la sécurité internationale.

a. La composition.

Historiquement, il n’était pas composé comme il l’est aujourd’hui. De 1945 à 1965 il n’est composé
que de onze membres avec les cinq membres permanents et six membres non permanents . Les
membres non permanents étaient élus pour un mandat de deux ans. On essayait de faire ensemble
qu’ils représentent un certain groupe d’Etats de manière équilibrée. On a décidé en 1965 d’amender
la charte de l’ONU et on a porté à quinze le nombre total d’Etats au Conseil de sécurité. On a
cinq membres permanents et dix membres non permanents.

Les cinq membres permanents sont les Etat-Unis, la fédération de Russie, la Chine, le Royaume-Unis
et la France. Et on a dix membres non permanents choisis pour une représentation régionale équitable.
Sur les dix membres non permanents il y a un roulement pour l’élection. Ainsi, en octobre 2015,
cinq des membres non permanents ont été désignée : L’Ukraine, L’Egypte, le Sénégal, l’Uruguay et le
Japon. Ils viennent s’ajouter aux cinq membres désignés précédemment : l’Angola, la Malaisie, la
Nouvelle Zélande, Espagne, Venezuela.
Sur les dix, il faut cinq pays africains ou asiatiques, un Europe de l’est, deux de l’Amérique du sud,
deux Europe de l’ouest ou autre zone géographique.
La présidence est détenue tour à tour par chaque membre pour une durée de un an.
Cette composition fait énormément de débat. Les cinq membres permanents ont acquis une présence
permanente, ils détiennent l’arme nucléaire. Certains Etats postulent et ne trouvent pas logique qu’ils
ne soient pas membres permanents du conseil de sécurité comme l’Allemagne ou encore l’Inde, le
Japon ou encore le Brésil.

II) Modes de votation.


Au sein du conseil, chaque membre a droit de vote et les questions de votation se basent sur une
distinction entre les questions d’ordre procédural ou sur les questions substantielles.
Sur le plan procédural, le vote est à la majorité qualifiée de neuf de ses membres, qu’ils soient
permanents ou non sur les questions substantielles.
Sur les questions non substantielles il faut une majorité qualifiée de neuf mais il faut le vote de tous les
cinq membres permanents qui disposent donc du droit de véto. Dans la pratique, l’abstention d’un
Etat membre ne bloque pas le vote.

III) Fonctionnement.
Le conseil de sécurité a une obligation d’exercer son activité de manière continue et donc chacun des
membres du conseil est représenté en permanence au siège de l’ONU.

Tout pays, même s’il n’appartient pas à l’ONU peut porter l’attention du conseil un conflit dans
lequel il est impliqué. Lorsqu’une telle plainte est déposée, le conseil examine d’abord la possibilité
d’une solution pacifique. Dans ce cadre-là, les forces internationales du maintien de la paix peuvent
être autorisées à intervenir. Si la plainte conclu à une véritable menace pour la paix, à une violation
pour la paix ou à un acte d’agression tel que défini par l’art. 39 de la Charte de San Francisco, il peut
inviter les membres de l’ONU à mettre en place des sanctions diplomatiques ou économiques. Si
ces sanctions se révèlent inefficaces ou insuffisantes, la Charte de l’ONU autorise le conseil à décider
d’opérations militaires contre l’Etat mis en cause.

Pendant toute la Guerre Froide, les désaccords persistant entre les UE et l’union soviétique ont rendu
les décisions du conseil de sécurité inopérantes. Aucune décision substantielle ne pouvait être prise car
aucun accord ne pouvait se faire entre les deux.
Mais depuis la fin des années 80, le conseil de sécurité a pu fonctionner, notamment parce qu’on a pu
adapter la règle de l’abstention qui ne vaut pas véto.
De 1987 à 2000, le conseil de sécurité a mené plus d’opérations de maintien de la paix que de toute
son existence. L’ONU a obtenu le prix Nobel de la paix pour les opérations de maintien de la paix.
L’utilisation du véto a considérablement diminué.
L’institution a considérablement été affaiblie entre raisons de nombreux désaccords importants entre
les membres permanents. Et dans une période plus récente au moment de l’intervention en Lybie, les
accords entre les membres permanents n’étaient pas suffisants pour permettre aux Etats d’agir dans la
légalité internationale.

4. Le secrétariat.

C’est le principal organe administratif de l’organisation. Il est élu pour un mandat de cinq ans
renouvelable et son élection est acquise par un vote des 2/3 de l’assemblée générale sur
recommandation du conseil de sécurité.

Les secrétaires généraux sont principalement issus de petits pays neutres militairement et
politiquement. Le secrétaire général préside toutes les réunions en sa qualité de responsable
administratif de l’Onu et supervise la préparation du budget de l’ONU. Il exerce des fonctions
politiques importante et à, d’après la charte, la possibilité de porter à la charge de l’organisation toute
question menaçant la paix et la sécurité internationale. Il a également une fonction diplomatique
majeure et dans de très nombreuses hypothèses il joue un rôle de négociateur en chef.
Depuis 2007, le secrétaire général de l’ONU est Bam Ki MOON qui est coréen du sud. Il a succédé à
Kofi ANNAN.
Le secrétariat influence les travaux des nations unies. C’est lui qui fait fonctionner l’organisation. Il va
rédiger de nombreux rapports, des études, des enquêtes.
Le personnel du secrétariat est recruté sur des critères de mérite, souvent par concours. Mais la
nouveauté de diversifier l’origine et la nationalité des agents de l’ONU.
Les agents doivent s’engager à ne pas recevoir d’instruction de leur gouvernement d’origine.

5. Les autres organes principaux de l’organisation.

6. Le conseil économique et social.

7. Le conseil des tutelles.

8. La Cour internationale de justice.

Elle siège à la Haye.


LEÇON 6 : Les conventions internationales.

Elles font partie des sources formelles du droit internationales. On a plusieurs sources formelles en
droit international qui sont prévues par l’art. 38 du statut de la cour internationale de justice.
Cet art. 38 énumère les sources sur lesquelles va pouvoir se baser le juge international pour régler
les litiges internationaux. Il dispose :

« La Cour applique :
V. Les conventions internationales soit générales soit spéciales, établissant des règles
reconnues par les Etats en litiges ;
VI. La coutume internationale comme preuve d’une pratique générale acceptée comme
étant le droit ;
VII. Les principes généraux de droit reconnues par les nations civilisées ;
VIII. Les décisions judiciaires et la doctrine des publicistes les plus qualifiés des différentes
nations, comme moyen auxiliaire de détermination de la règle de droit.
La présente disposition ne porte pas atteinte à la faculté pour la cour, si les parties sont
d’accord, de statuer ex aequo et bono »

Cinq sources différentes sont énumérées : les conventions internationales (les traitées internationaux),
la coutume internationale, les principes généraux du droit international, la jurisprudence et la doctrine
et l’équité.
Une source essentielle n’est pas citée, ce sont les actes unilatéraux. Ces actes unilatéraux peuvent être
émis soit par des Etats soit par des organisations internationales. Par des Etats, l’exemple type est une
reconnaissance d’Etat. On a encore comme exemple la promesse d’Etat.

La source privilégiée du droit international public reste la convention internationale. Cela renvoie aux
actes qui prennent formellement le nom de convention mais aussi aux traités internationaux. Le traité
désigne un accord entre deux ou plusieurs sujets de droit international qui vont reconnaitre à cet acte
une valeur juridique obligatoire. Le traité ou la convention renvoie plus ou moins au contrat en droit
interne. C’est un instrument très ancien, on a retrouvé dès lors que l’écriture s’est développée les
premières traces en Mésopotamie.
C’est un instrument écrit entouré de garanties formelles qui sont assez strictes. Pour les sujets du droit
international, le traité apparait comme un instrument stable et sûr pour fixer les modalités de la
coopération internationale. On en a dans quasiment tous les domaines de coopération internationale
(politique, économie, culture, écologie, etc…).
On a aujourd’hui pas mal de traités bilatéraux. Mais on a aussi beaucoup de traités multilatéraux qui
vont souvent avoir vocation à regrouper l’ensemble des états membres de la communauté
internationale. L’exemple évident est celui de l’ONU, signé par 193 Etats.
En raison de l’importance de cette source du droit international, les règles applicables en matière de
traité ont été codifiées au sein de la commission du droit international de l’ONU. Ce travail a donné
lieu à un traité signé en 1969 qui est encore un instrument dont on se sert beaucoup, il s’agit de la
convention de Vienne sur le droit des traités.

I) La définition des traités internationaux.


L’art 2 de la convention de Vienne nous dit en son article 2 qu’ « Un traité est un accord international
conclu par écrit entre Etat et régi par le droit international, qu’il soit consigné dans un instrument
unique ou dans deux ou plusieurs instruments connexes et quelle que soit sa dénomination
particulière ». Il y a quatre critères d’identifications d’un traité international qui sont cumulatifs.

A) L’exigence formelle.

De ce point de vu, l’art 2 de la convention de Vienne est assez explicite puisqu’il nous donne les
critères dans sa définition.

Le premier est que le traité est un instrument juridique et ce quelle que soit sa dénomination. Cela veut
dire que devrai être considéré comme un traité international toute une série d’instrument pouvant
porter une dénomination assez variable. On trouve souvent les termes de convention ou de traité le
plus souvent mais d’autres termes sont utilisés comme le terme d’accord, la charte, de pacte, de
protocole ou encore le terme de mémorandum d’accords.
La dénomination n’a pas d’impact majeur sur le contenant de l’instrument juridique international.
Ces dénominations sont équivalentes et ont pas même signification juridique en droit international et
en pratique le choix de l’une ou l’autre des dénominations répond à une stratégie et à des portées
politiques.

Secondement, un traité est normalement un acte conclu par écrit. L’écrit est un élément de définition
important.Néanmoins, cette règle connait des exceptions qui sont directement prévues par la
convention de Vienne dans son art. 3. Elle reconnait qu’il peut exister des accords verbaux auxquels
on ne peut dénier la portée juridique. Il a été décidé que certains accords verbaux puissent être
assimilés à des conventions internationales. Ces hypothèses sont assez rares, assez marginales.
Un traité est normalement un document écrit et comme nous le dit l’article 2, un traité n’est pas
forcément un instrument unique. Un même traité peut comprendre plusieurs éléments formels. C’est le
cas notamment pour les accords qui ont porté création de l’Organisation Mondiale du Commerce, les
accords de Marrakech.

B) Les parties au traité.

L’Art.2 de la convention de Viennes nous dit qu’une convention est un accord conclu entre Etats. Mais
ce n’est en fait pas forcément le cas parce que cette définition concerne les Etat et non les
Organisations internationales. Or, une convention internationale peut être conclue notamment par
une organisation internationale.

L’art. 2 ne parle que des Etats car l’objectif était initialement de codifier les règles de passation entre
Etat et ça n’est qu’en 1986 qu’on a discuté une nouvelle convention nommée aussi la convention de
Vienne et qui inclus les traités passées entre les OI qui peuvent être passés avec les Etats ou avec
d’autres OI. On a l’exemple des accords de Marrakech pour montrer la conclusion d’une convention
entre deux OI,

A l’origine un accord international est inter-étatique mais au fur et à mesure de la transformation de la


situation internationale on a autorisé les OI à conclure des traités internationaux.

C) La production d’effets de droit.


L’objectif du traité est de créer entre les parties qui l’ont conclu des engagements juridiques ayant
force obligatoire.
Vont donc être exclu de la définition d’une convention les instruments qui ne produisent pas d’effets
juridiques obligatoires. Certains Etats vont refuser de s’engager dans un processus conventionnel
pour être moins susceptible d’engager leur responsabilité. Il s’agit de ce que l’on appelle les actes
concertés non conventionnels qui sont aussi appelés les « Gentlemen’s agreements ». Ces instruments
vont être conclus par des personnes habilités à engager internationalement l’Etat ou les OI qui sont
destinés à organiser les rapports entre ceux-ci mais qui n’ont pas un effet obligatoire. Sont des actes
concertés non conventionnels ce que l’on appelle les communiqués, les arrangements administratifs…

Il va souvent être difficile de faire la distinction entre les traités et les actes concertés non
conventionnels. Le juge international doit parfois intervenir pour trancher un différend en la matière.

D) La soumission au droit international.

Le traité international est soumis au droit international.


Le premier des instruments auquel vont être soumis les Etats qui l’ont accepté sera la convention de
Vienne sur le droit des traités. La quasi-totalité des règles contenues dans la convention de Vienne
sont des règles coutumières.

Le traité n’est pas exclusivement soumis au Droit international. Il relève à la fois de l’ordre juridique
international et de l’ordre juridique interne. Les règles internes sont importantes parce qu’elles vont
notamment porter sur la procédure de conclusion et de ratification des traités. Ces règles vont avoir un
impact en Droit interne.
Le Droit interne fixe le droit international et dans le respect de ce cadre, chaque Etat fixe ses propres
procédures internes. Ces procédures sont souvent prévues dans le texte constitutionnel lui-même.

II) La formation des traités.


La négociation doit être menée par des personnes qui disposent d’une compétence pour le faire. C’est
la règle de l’habilitation.
Or, on a les accords en procédure simplifiée qui sont des traités dont la procédure de conclusion est
beaucoup plus soupe car l’étape de ratification n’est pas nécessaire. En principe, la ratification est
nécessaire en droit commun et la conclusion d’un traité se fait en trois étapes : la négociation,
l’adoption et enfin la ratification.

A) L’étape de la négociation.

C’est l’étape permettant de mettre au point le texte du futur traité.

Elle doit être menée par des personnes bien identifiées, c'est à dire par des personnes habilitées à
négocier pour l’Etat ou l’organisation internationale qu’ils représentent. Elles doivent avoir la
compétence pour négocier le traité international. De ce point de vue, il faut voir que chaque Etat soit
relativement libre de choisir son représentant aux négociations. L’essentiel c’est que les autres parties
puissent bien identifier qui est compétent pour négocier au nom de tel ou tel Etat.
Il peut s’agir de deux types de personnes. Il peut s’agir d’une personne qui occupe une fonction
particulière dans l’Etat ou dans l’organisation c'est à dire d’une personne dont la fonction garantit
l’habilitation et que l’on appelle un plénipotentiaire (chef d’Etat ou de Gouvernement ou ministre des
affaires étrangère). Ensuite, il peut s’agir de personnes qui ne sont pas habilitées de par leur fonction
mais qui ont reçu les pleins pouvoirs de la part des plénipotentiaires (délégation) (chef de mission,
ambassadeur, diplomate…).
Concernant la négociation en elle-même il n’y a pas de technique ou de forme imposée et cela peut
être très variable. Parfois la négociation se réduit à des formalités très légères dans des accords
bilatéraux peu importants. A l’opposé, pour les gros traités multilatéraux, les étapes peuvent être
lourdes, complexes, longues.
Ces traités sont précisément négociés lors de conférences internationales qui peuvent être permanentes
ou non. Ces conférences sont souvent organisées sous l’égide d’organisation internationale (Nations
Unies, Conseil de l’Europe…).
L’essentiel des accords ont préalablement déjà mis sur la table et les conférences sont souvent
seulement un rassemblement des idées.

B) L’adoption.

C’est l’authentification du traité, la signature du texte qui résulte de la négociation. Cette étape est
absolument importante puisqu’elle va clore la négociation. A partir du moment où un texte est signé il
est normalement définitivement arrêté.
Il convient de voir qu’au moment de sa signature, le texte n’a pas une véritable valeur juridique.
Néanmoins, cette procédure n’est pas dénuée de toute valeur juridique parce que les Etats vont être
obligés de ne pas agir à l’encontre du traité qu’ils viennent de signer. L’article 18 de la convention de
Viennes prévoit qu’ « Un Etat signataire ne doit pas priver un traité de son objet et de son but avant
son entrée en vigueur ». Dans le même ordre d’idée, l’Etat a normalement l’obligation de poursuivre
de bonne foi le processus de conclusion du traité en présentant le texte aux autorités nationales pour
ratification.

Il convient de préciser que, même en l’absence de ratification et d’entrée en vigueur d’un traité,
l’adoption d’un traité par un très grand nombre d’Etats peut avoir une valeur juridique réelle. Ça va
être le cas pour les conventions de codification du droit coutumier parce que dès lors que l’on va
signer le texte qui prévoit de signer les règles coutumières, cela va prouver la reconnaissance de la
coutume.

C) La ratification.

C’est l’acte par lequel l’autorité étatique constitutionnellement compétente va confirmer la volonté de
l’Etat de se lier et s’engage à l’exécuter. Autrement dit, c’est l’acte par lequel l’Etat explique
définitivement son consentement d’être lié par le traité.
De ce point de vue, l’autorité nationale compétente est généralement désignée par la constitution de
l’Etat en question. En France, l’art. 52 prévoit que c’est le Président de la République qui ratifie les
traités internationaux mais l’art. 53 précise que pour un certain nombre de traité, la ratification
nécessite l’intervention du législateur c'est à dire qu’il faut une loi de ratification et que le traité aille
devant le Parlement et soit approuvé par celui-ci.

Il convient de préciser que la ratification reste un acte discrétionnaire que l’Etat n’est pas tenu
d’exécuter. L’Etat est tenu de bonne foi de soumettre le texte à ratification mais on ne peut
obliger les autorités à le ratifier. Les EU très souvent adoptent le texte mais celui-ci ne passe que
rarement devant le Congrès (exemple du protocole de Kyoto ou de la ratification du statut de la cour
pénale internationale qu’ils n’ont toujours pas ratifiée) car le Sénat local est très conservateur.

La procédure de ratification ne vaut que pour les traités en forme solennel. Pour les traités en forme
simplifiée, la ratification ne sera pas une étape nécessaire.
Il faut voir que dans les textes constitutionnels internes les textes distinguent ratification, approbation
et acceptation. Ils n’ont aucun impact en droit international et la convention de Viennes est claire sur
ce sujet puisque son art. 11 précise que ces expressions sont équivalentes en DI.
La ratification est un acte pris en droit interne et aura un impact en droit international. Il faut savoir
que le traité ratifié doit être transmis au dépositaire du traité qui sera soit l’Etat soit l’OI qui va être
habilité, dans le cadre d’un traité, de collecter l’ensemble des ratifications et d’en tenir informés les
autres Etats ou OI parties. Précisément, l’entrée en vigueur d’un grand nombre de traités
internationaux et notamment les traités multilatéraux, dépendra du dépôt d’un certain nombre
d’instruments de ratification. Cela est fixé par le traité lui-même. L’exemple type est celui du statut de
la cour pénale internationale qui a été adopté en 1998 et qui, pour entrer en vigueur, devait réunir 60
dépôts de ratification qui ont été obtenus 4 ans après et qui n’est entré en vigueur qu’à ce moment-là et
seulement pour les Etats qui l’avaient ratifié.
On a les protocoles 15 et 16 qui ont été adoptés en 2016. Le protocole 15 est un amendement à la
ConvEDH de la convention qui demande que l’ensemble des Etats parties à la convention le ratifient.
Il fallait donc 47 ratifications. Le protocole 16 exigeait au moins 10 ratifications et celui-ci
s’appliquerait qu’aux Etats qui auraient ratifié ce protocole.
LEÇON 7 : La justice internationale.

Dans le cadre de la communauté internationale contemporaine, l’interdiction de l’emploi du recours à


la force est considérée comme une norme impérative. Les Etats sont tenus de régler pacifiquement les
différends qui les opposent. Cette obligation est inscrite dans la charte de San Francisco aux articles 2
et 33. Néanmoins, les Etats sont libres de choisir le règlement pacifique de leur choix.
On s’aperçoit que les moyens mis à disposition des Etats pour régler leurs différends sont tout à fait
variés et ils peuvent choisir le mode de règlement qu’ils souhaitent à moins qu’ils se soient au
préalable engagés à se soumettre à tel ou tel mode de règlement.

L’idée est qu’il existe deux types de mode de règlement des différends qui sont mis à disposition des
Etats. On a d’un côté les modes juridictionnels et de l’autre les modes non juridictionnels.
Ces modes non juridictionnels ont un succès évident auprès de la communauté internationale car
très souvent les Etats sont réticents à se soumettre à un système rigide et contraignant . Parmi les
modes de règlements non juridictionnels on va trouver la négociation diplomatique, la médiation et ce
que l’on appelle les bons offices. Les bons offices c’est mettre les parties en présence pour leur
permettre de discuter et de s’entendre. On a encore l’enquête. On a également en droit
internationale ce que l’on appelle la conciliation. On peut aussi avoir recours à des accords régionaux
pour régler un différend.
Dans toutes ces hypothèses, la solution va être proposée aux Etats qui sont en différend et cette
solution va être acceptée ou non aux Etats qui ont le choix.
A l’opposé, lorsque l’on a recours à des procédés juridictionnels, la solution va être imposée par un
tiers aux Etats qui sont en litige.

Que l’on soit dans le cadre des règlements juridictionnel ou non juridictionnel des différends, la
logique est la même. L’idée est que la justice internationale est fondée sur le consentement des parties.
Mis à part dans des cas très isolés, il n’y a pas de recours obligatoire des Etats à la justice
internationale. Un Etat souverain n’est soumis au jugement d’un tiers que s’il y a consenti.

Deux types d’organes sont susceptibles de rendre des décisions juridiques obligatoires. Soit ce que
l’on appelle des tribunaux arbitraux soit à une juridiction permanente.
Pour ce qui est du recours à l’arbitrage, c’est un mode de règlement très répandu en droit international
parce que c’est un mode de règlement des différends très souple et ils vont choisir des règles sur
lesquels devra se positionner l’arbitre pour régler le litige.

I) Un phénomène de juridictionnalisation de la vie internationale.

Ici, l’idée est également assez simple, il faut voir que dans la vie internationale contemporaine, le
recours au juge est encore relativement exceptionnel et elle est subordonnée à l’idée de consentement
des Etat.
On a vu le mode juridictionnel des règlements des différends a largement progressé. On observe qu’il
existe de plus en plus de juridictions internationales mais cette multiplication des juridictions
internationales n’est pas sans poser problème puisqu’il y aura des difficultés.
A) La multiplication des juridictions internationales.

1) Au plan régional.

C’est seulement à l’échelon régional que la création des juridictions internationales s’est
manifestée avec le plus de force. Ces juridictions ont des champs de compétence et des pouvoirs
assez variés.
La CEDH s’est créée dans le cadre de la Conv.EDH. Elle est mise en place de manière concrète en
1953. La création de cette Cour a été assez remarquable puisqu’elle a servi d’exemple et elle a été en
quelque sorte extrapolée dans d’autres systèmes régionaux et on trouve la Cour interaméricaine des
droits de l’homme et on trouve l’équivalent sur le continent africain avec la cour africaine des droits
de l’homme. Dans le cadre de la ligue arabe on a une juridiction qui se met en place et qui est relative
aux problématiques liées aux droits de l’homme.
Ces juridictions sont compétences pour vérifier que les Etats respectent bien les engagements souscrits
au titre des conventions relatives aux droits de l’homme.

Les compétences de la Cour de Justice de l’UE sont très diversifiées et sont beaucoup plus riches
que celles des autres cours internationales. Elle doit vérifier si les Etats respectent bel et bien les
traités communautaires.

2) Au plan universel.

Dans la plupart des organisations de la famille des nations unies ont été créées des juridictions qui sont
administratives. Ces juridictions sont censées juger les différends intervenus entre les organisations
elles-mêmes et leurs fonctionnaires.

La première juridiction administrative qui ait vue le jour est le tribunal administratif de
l’organisation internationale du travail (1927). Elle a progressivement ouvert sa compétence à
d’autres familles des nations unies (UNESCO, OMS, FAO).
La seconde qui a été créée est le tribunal administratif des nations unies (TANU) qui a été créé
en 1949 suite à une résolution de l’assemblée générale des nations unies. Sa fonction est de régler
les différends entre le secrétariat général de l’ONU avec ses agents.

On a eu à coté la création de juridictions plus classiques. Ces dernières décennies on en a eu pas mal
d’exemples. Dans le cadre des nations unies on a eu la création des deux tribunaux pénaux
internationaux avec d’abord le tribunal pénal international pour l’ex Yougoslavie et ensuite le tribunal
pénal pour le Ruanda. Elles ont été mises sur pied au début des années 90 pour traiter des violations
graves commises vis-à-vis du droit international humanitaire. Ces juridictions n’étaient pas
permanentes, elles sont ad-hoc elles ont été spécialement créée pour régler un conflit bien précis.
B) Les problèmes posés par la multiplication des juridictions internationales.

A long terme, la multiplication des juridictions internationales peut poser un certain nombre de
difficultés.

La principale de ces difficultés ce sont celles liées à l’éclatement des solutions juridictionnelles au plan
international. L’idée est qu’à mesure que se développent les juridictions internationales se développent
les risques d’atteinte à la cohérence et à l’unité des principes de droit international.
Le risque également est d’avoir plusieurs interprètes pour une seule et même convention.
L’exemple type est la convention de Genève de 1951 sur le droit des réfugiés, il n’y a pas de juge
international prévu pour faire appliquer cette convention, c’est le juge interne qui en est chargé. En
matière d’asile, la Cour de justice de l’UE statut régulièrement sur cette convention et sur la définition
du statut de réfugié.S’il y a contrariété des jurisprudences cela peut poser questions pour le justiciable.
L’exemple type c’est la contrariété de jurisprudence entre le juge français, le juge de la cour
européenne des droits de l’homme et le juge de l’union européenne.

On doit prendre en compte que l’évolution liée à la multiplication des juridictions internationale
bouleverse l’équilibre international. La Cour internationale de justice devrait assumer un rôle central
d’unification et d’interprétation des principes, elle devrait développer un rôle d’unification en matière
d’identification et d’interprétation des règles internationales. Elle a perdu un peu ce rôle de vue mais
ce n’est qu’à cette condition qu’elle pourra sauvegarder son autorité auprès des autres juridictions
internationales.

II) La Cour internationale de justice.

La Cour internationale de justice a succédé à l’ancienne Cour permanente de justice internationale


(CPJI) qui avait été créée sous l’égide de la société des nations en 1921.
Elle fait partie des organes principaux de l’ONU. Cela a des conséquences importantes c’est-à-dire
que tout membre des nations unies devient automatiquement membre du statut de la Cour
internationale de justice.

A) L’organisation de la Cour internationale de justice.

C’est une juridiction permanente. Elle est composée de 15 juges qui doivent normalement représenter
la diversité culturelle et géographique qui caractérise l’Organisation des Nations Unies. Les juges
doivent tous avoir une nationalité différente, ils doivent être indépendants et posséder une compétence
notoire en droit international.
Il existe en plus de ces 15 juges des juges ad-hoc, spécialement nommés pour une affaire particulière.
Le système des juges ad-hoc est un système qui veut que, lorsque une affaire est soumise à la CIJ par
des Etats qui n’ont pas de juge de leur nationalité au sein de la CIJ, on leur reconnait la faculté de
désigner un juge ad-hoc et ce juge est là non pas pour défendre l’Etat au titre duquel il a été choisi
pour pouvoir expliciter aux autres juges le système juridique de l’Etat de la partie en question.

Les juges de la CIJ sont élus par un vote simultané de l’assemblée générale et du conseil de
sécurité et sont élus pour une période de 9 ans renouvelable.

B) La compétence de la CIJ.
De ce point de vue-là il faut faire attention car la CIJ exerce deux types de compétences distinctes :
une compétence contentieuse et une compétence consultative.

1) La compétence contentieuse.

Cette compétence est subordonnée à l’acceptation des parties. C’est un principe absolument
fondamental et ce consentement peut être exprimé de différentes manières.
Cette acceptation peut d’abord naitre par la voie du compromis. Dans cette hypothèse un accord
est conclu entre les parties au différend pour précisément soumettre ce différend à la CIJ. Les parties
au différend vont déterminer ensemble l’objet du différend et les règles que la Cour devra appliquer.
La compétence de la Cour peut également être fixée par traité. Ce peut être un traité général ou
spécial, bilatéral ou multilatéral.

La troisième hypothèse est la plus complexe. La compétence de la CIJ peut également être établie
sur la base de ce que l’on appelle la clause facultative de compétence obligatoire, clause prévue
par l’art. 6 §2 du statut de la CIJ.
Ce mécanisme permet à un Etat de prendre l’engagement de soumettre à la Cour les litiges qui
l’opposeraient à un autre Etat qui aurait lui-même souscrit à cette compétence obligatoire de la Cour.
Cette clause implique la réciprocité, on ne peut l’appliquer que si un Etat l’a lui-même accepté. Les
Etats avaient pour habitude d’accepter cette clause pour faire bonne figure mais d’émettre des réserves
très restrictives par la suite de façon à ce qu’elle ne puisse être pratiquée.

Dans le cadre de la compétence contentieuse, seuls les Etats peuvent être attraits devant la Cour.

2) La compétence consultative.

La compétence consultative devant la Cour internationale de justice est réservée exclusivement aux
organisations internationales. Cette compétence est assez fondamentale car elle permet à la Cour de
jouer un rôle très important dans le droit des organisations internationales depuis 1945.
Cette compétence concerne en premier lieu l’organisation des nations unies elle-même. En application
de la charte de San Francisco, l’assemblée générale et le conseil de sécurité de l’ONU peuvent
demander à la CIJ un avis sur toute question juridique. Cette possibilité a souvent été utilisée,
notamment au début de la mise en place de l’organisation des nations unies.
Néanmoins, toutes les institutions spécialisées de l’ONU peuvent saisir la CIJ.

Les avis rendus dans le cadre de cette compétence consultative ne sont pas obligatoires mais revêtent
une importance déterminante, notamment pour les questions liées à l’interprétation des dispositions de
la Charte des Nations Unies.

C) Le fonctionnement de la CIJ.
1) La saisine.

La Cour au contentieux ne peut être saisie que par un Etat et dans sa requête, l’Etat doit indiquer
l’objet du différend, les moyens de droit sur lesquels il prétend se fonder et parmi ces moyens doit être
développée une partie substantielle de la requête sur la compétence de la cour. Il y a les moyens qui
vont fonder la compétence de la Cour et les moyens qui vont être les arguments du requérant sur
l’objet précis du litige.
Dans la requête il faut également préciser la nature de la demande faite au juge et un résumé des
faits et des moyens sur lesquels repose la demande. Dans les conclusions, le requérant doit formuler
clairement les demandent qu’il formule.
D) La procédure et le fonctionnement.

Deux textes sont essentiels de ce point de vue : le statut de la CIJ mais également le règlement
intérieur de la CIJ.
Tout au long de la procédure, les parties sont représentées devant la cour, généralement par des agents
gouvernementaux qui peuvent être assistés de Conseil. Il peut arriver que l’une des parties refuse de
participer à l’instance, ce qui a été le cas de la France ou encore de l’Iran. Dans une telle hypothèse, la
Cour statut en l’absence des parties.
Au cours de l’instance principale, l’intervention d’un Etat tiers est possible parce qu’on peut
avoir un Etat tiers qui va être particulièrement motivé par la teneur même du différend qui ne le
concerne pas directement. Mais, pour faire admettre son intervention, il doit démontrer qu’un intérêt
juridique le concerne directement.

Quant au déroulement de la procédure il faut noter que deux phases se succèdent et se distinguent. Une
phase d’abord écrite et une phase ensuite orale avec une instance et une audience. Le président
dispose de pouvoirs important dans la conduite du procès et dans la détermination des règles de
procédure (délai, gestion de l’administration des preuves…).
Il est intéressant de savoir que la cour a fixé des mesures conservatoires à l’attention des parties. Ces
mesures ont un caractère provisoire en attendant la solution du litige au fond et depuis un arrêt
Lagrand, ces mesures provisoires ont un caractère provisoire.

Le droit applicable par la Cour est déterminé dans l’art 38 du statut de la CIJ. Ce sera les conventions,
les coutumes.

D) L’arrêt.

L’arrêt de la CIJ est adopté à la majorité des juges présents. Il y a trois parties dans l’arrêt :

- individualisation de l’affaire avec présentation des faits et arguments des parties


- l’exposé des motifs : argumentation juridique de la Cour
- le dispositif : conclusions de la Cour

Les juges peuvent, comme devant la CEDH, exprimer leurs opinions individuellement, qu’ils soient
d’accord ou non. Et enfin, l’arrêt de la CIJ est évidemment obligatoire, il jouit de l’autorité
relative de chose jugée, c’est-à-dire que l’arrêt n’oblige que les parties au litige et pour le seul cas
tranché. La plupart des arrêt de la CIJ sont effectivement respectés.

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