Dossier 31 Education A La Paix 2022
Dossier 31 Education A La Paix 2022
ET À LA NON-VIOLENCE
EN ZONE DE CONFLIT
Les
du
dossiers
Mouvement pour une Alternative Non-violente
n°31
Septembre 2023
SOMMAIRE
1. Contexte du Projet 4
1.1. Pourquoi ce projet ? 4
1.2. Le projet 5
1.3. Partenaires de la première phase du projet 5
1.4. Partenaires de la deuxième phase du projet 7
Aux adhérent·es du MAN Lyon : Simone Bassinot, Philippe Blancher, Serge Perrin qui,
par leur participation et leur soutien à ces actions permettent qu’elles existent, à Laure
Defonte, salariée en charge du projet, et une mention spéciale à Philippe Blancher qui a
permis, par ses traductions, que les échanges se fassent confortablement.
Aux financeurs
3
1. CONTEXTE DU PROJET
Un engagement à l’international…
Depuis sa création en 1974, le MAN Lyon s’est investi dans la solidarité internationale. Dès
les années 70, il a été l’initiateur du Collectif lyonnais pour le boycott des oranges Outspan
produites dans l’Afrique du Sud de l’apartheid. Par la suite, il a régulièrement soutenu des
acteurs de la société civile engagés dans des conflits. Il a ainsi organisé des actions de
solidarité lors des guerres en Bosnie et au Kosovo.
Il a contribué à mettre en avant l’intervention civile de paix (envoi de volontaires
civil·es internationaux·les dans les zones de conflits). C’est dans cet esprit de médiation
internationale que le MAN a organisé deux rencontres entre associations israéliennes et
palestiniennes à Lyon, en 2006 et 2007. Dans le cadre de la mobilisation internationale Jai
Jagat (initiée par le mouvement indien Ekta Parishad), le MAN Lyon a initié et animé un
collectif sur Lyon, et participé aux différentes coordinations européennes. L’objectif était de
sensibiliser à et appuyer la mise en œuvre des Objectifs de Développement Durable 2030
adoptés dans le cadre des Nations-Unies, tout particulièrement l’objectif 16 (Promouvoir
l’avènement de sociétés pacifiques et inclusives aux fins du développement durable, assurer
l’accès de tous à la justice et mettre en place, à tous les niveaux, des institutions efficaces,
responsables et ouvertes à tous). Une action marquante a été l’organisation, en septembre
2020, d’une marche de Lyon au siège des Nations-Unies à Genève. La construction de
la paix par des institutions publiques efficaces est au cœur de notre démarche.
Le MAN, par son action d’éducation à la non-violence, transmet aux enfants et aux jeunes
une formation aux pratiques de résolution des conflits par les moyens de la non-violence.
Pour le MAN, éduquer et développer une culture de paix, c’est éduquer à la régulation non-
violente des conflits pour un vivre ensemble et une paix durable.
MAN Lyon a souhaité organiser des rencontres et des temps de travail autour de
l’éducation à la paix et à la non-violence en zone de violences auprès des enfants
et des jeunes, afin de mettre en commun les réflexions et pratiques et avoir un
échange d’expériences sur les outils utilisés et développés par les différentes
structures.
Dans la suite du travail réalisé autour des ODD (Objectifs de Développement Durable) en
2019 et 2020, en lien avec la marche non-violente Jai Jagat, le MAN Lyon a souhaité engagé
ce travail sur l’éducation à la paix dans la perspective des ODD 16 et 4 (Assurer l’accès
de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités
d’apprentissage tout au long de la vie).
4
1.2. Le projet
Le MAN Lyon intervient auprès des enfants et des jeunes dans les établissements scolaires
et dans les quartiers de la métropole lyonnaise pour former à la régulation non-violente des
conflits, transmettre des outils pour prévenir la violence, ouvrir des espaces de dialogue à
travers des médiations. Il nous a paru intéressant de réunir d’autres acteurs, notamment
en dehors de France, qui travaillent sur ces thématiques d’éducation à la non-violence, à
la paix et au dialogue, souvent dans des zones où il s’agit de violences différentes de ce
que l’on peut rencontrer dans nos quartiers ou nos écoles. Ceci afin d’échanger sur nos
pratiques, nos outils d’éducation et pour renforcer nos capacités.
La première phase du projet consista donc en l’organisation de trois rencontres en
visioconférence (remplaçant une rencontre en présentiel impossible du fait de la COVID
19) :
- une réunion de présentation du projet et des participant·es, le mardi 25 mai 2021 ;
- un temps de travail sur la définition du concept de Paix, le mardi 8 juin 2021 après-midi ;
- une journée de séminaire sur l’échange de pratiques et d’outils d’éducation à la paix et à
la non-violence, le jeudi 1er juillet (toute la journée).
Vous pouvez retrouver le bilan de cette première phase dans le dossier du MAN n°21 et
sur le site du MAN :
[Link]
MAN Lyon
8
2. DEUXIÈME PARTIE DU PROJET
2.2. Déroulement
La deuxième phase du projet a eu pour objectif de renforcer le réseau créé lors de la
phase 1 afin d’approfondir les échanges et d'élargir le cercle des partenaires associé·es.
Cette seconde phase a abouti à la création d’un dossier répertoriant les outils détaillés, à
destination des enfants et des jeunes, d’éducation à la paix et de résolution non violente
des conflits. Pour cela, il a été demandé aux partenaires de remplir un document cadre
explicitant les outils utilisés (1 à 2 outils par structure) se présentant comme suit :
Nom de l’outil
Nom de l’organisation l’ayant développé et ou utilisé
Objectif à court terme
Objectif à plus long terme – dans quel processus de changement s’inscrit-il ?
Territoire d’action
Public concerné
Nombre de personnes
Temps de l’animation
Dans quel cadre est-il utilisé (scolaire …) ? 2022 Bilan Education à la paix
Matériel nécessaire
Description de l’atelier
9
Éléments supplémentaires
Ces documents remplis ont été envoyés à l’ensemble des partenaires. Suite à cela, quatre
rencontres par zoom ont été organisées au cours desquelles chaque structure expliquait sa
raison d’être et ses outils. Un temps d’échanges et de questions-réponses avec l’ensemble
du groupe a permis d’approfondir le contexte d’utilisation des outils, leur contenu, le public
visé et le processus d’utilisation.
Dans la continuité des réunions organisées lors de la première phase du projet, quatre
rencontres à distance ont été tenues au cours de cette deuxième phase :
16 mars 2022 : présentation de l’ensemble des partenaires, puis des outils du MAN et de
l’IGINP, suivie d’échanges sur ceux-ci.
14 avril 2022 : présentation et échanges autour des outils de Windows – Channels for
Communication (Windows for Peace).
23 mai 2022 : présentation et réflexions autour des outils de Génération Non-Violente et
Akademi Education Liv Ouvert.
16 juin 2022 : présentation et réflexions autour des outils de la Route de Jérusalem et de
Ziad Medoukh suivie d’échanges sur ceux-ci.
Ces quatre réunions se sont tenues dans les deux langues, français et anglais, ce qui a
permis de réunir des acteurs de régions très diverses sur le plan géopolitique.
Le MAN avait prévu la venue de Ziad Medoukh en février ou mars 2022. Malheureusement
ce dernier n’a pu venir. Il était honoré par le haut conseil de création et de créativité en
Palestine dans le même temps et n'avait pu avoir sa deuxième dose de vaccin à temps. Se
rajoutant à cela, la difficulté malheureusement habituelle pour sortir de Gaza. Il a dit être
intéressé pour venir en fin d’année 2022 et qu’il se réserve pour une tournée avec le MAN
Lyon.
2022 Bilan Education à la paix
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3. DES OUTILS D’ÉDUCATION A LA PAIX ET A LA
NON-VIOLENCE
Permettre aux élèves de régler leurs conflits par une parole respectueuse et non par la
violence tant physique que verbale.
T
erritoire d’action
Haïti
Public concerné
Élèves de 5 à 14 ans
Temps de l’animation
Cadre scolaire
Description de l’action
Il s’agit de débats animés par un·e professeur·e de philosophie. Le choix du sujet est fait
suivant le contexte et la dynamique présente au sein du groupe d’élèves. L’enseignant·e
peut proposer le sujet, mais iel accorde une large priorité aux propositions des élèves eux-
mêmes. Pour certains groupes, on tire au sort les questions dans un tambour préalablement
rempli de papiers sur lesquels sont inscrites les propositions faites conjointement par les
élèves, l’enseignant·e principal·e, la direction, voire quelques parents. Toutes les questions
sont les bienvenues. Il revient au professeur·e de les amener à leur dimension philosophique.
En effet, la mission du professeur·e n’est ni d’enseigner une doctrine ni de faire l’histoire de
la philosophie, encore moins de faire un exposé magistral. Il s'agit de faciliter les échanges
de parole soit en posant des questions contradictoires faisant objection à la réponse qu’un·e
élève apporte, soit en mettant en relief le sens et la pertinence des interventions des élèves
leur donnant ainsi confiance en eux/elles et donc les motivant à prendre la parole. Cela
ne veut pas dire qu’il n’y a aucune référence à l’histoire de la philosophie. L’enseignant·e
a toujours intérêt à faire savoir à un·e intervenant·e que d’autres avant lui/elle ont eu une
pensée similaire à la sienne et que, ce disant, iel se trouve sur la lignée d’une importante
communauté de penseur·seuses. Ceci offre l'avantage de favoriser la confiance en soi chez
l'élève.
L’atelier débute généralement par des exercices de méditation - concentration guidés, visant
à aider les élèves à cultiver leur attention, à se plonger dans leur intériorité, à contrôler
leurs pulsions. Puis, la question est lancée sans entrée en matière (il s’agit de travailler la
capacité d’interprétation des élèves, de les laisser donner sens à une question, à une thèse,
un concept …). Ainsi peut-il arriver que l’interprétation d’un·e élève conduise à traiter d’une
autre question. Par exemple, lors d’un de nos récents ateliers, le/la professeur·e pose la
question suivante : "D’où vient-il qu’il existe des riches et des pauvres ?" Lors de la quête
de compréhension, une fillette de 11 ans a demandé : "Mais, existe-il vraiment des gens
qui sont pauvres ? Puisque, poursuit-elle en s’expliquant, la personne peut toujours se
créer quelque chose pour vivre ; tel que planter des graines ?" L’animateur a dû reporter
sa première question afin que le groupe débatte de celle-ci qui s’impose comme plus
fondamentale. Le débat débouche rapidement sur des fléaux socio-économiques tels que
les concurrences déloyales, le vol et la privation de moyens de production. Nos ateliers se
terminent par une synthèse, une mise en perspective faites par le/la professeur·e et/ou
2022 Bilan Education à la paix
Éléments supplémentaires
Les acquis de la philosophie pour enfants et jeunes sont implémentés dans notre école
dans la résolution des conflits et des problèmes disciplinaires (voir action suivante). Nous
établissons une pratique de jugement devant aider nos élèves à intégrer les normes et les
valeurs démocratiques. Nous appelons cette pratique le « tribunal scolaire ».
12
3.2. Tribunaux scolaires
Objectif
Territoire d’action
Haiti
Public concerné
Écolier·s de 6 à 14 ans
Nombre de personnes
65
Temps de l’animation
Indéterminé
Matériel nécessaire
Description de l’action
Les tribunaux scolaires constituent l’implémentation des acquis de nos ateliers de philosophie
pour enfants et jeunes. En effet, les débats trouvent ici un réel champ d’application : ces
tribunaux scolaires sont organisés en cas de réels conflits entre élèves, ainsi que pour
des cas d’indiscipline portant atteinte à la communauté (la salle de classe ou l’école en
général). Ils se déroulent sous forme de jeux de rôle, sans que ce soient de pures mises
en scène. Il s’agit de réelles situations de conflit qui permettent aux professeurs ou aux
membres de la direction de faire intégrer les règles de la justice.
Pour rendre cela possible, depuis 2015, l’école pratique la règle d’or suivante : celui/celle
qui, le/la premier·e, a donné un coup ou a proféré des propos portant atteinte à l’intégrité 13
d’autrui a automatiquement tort. Certes, le premier offenseur sera blâmé voire puni selon
la gravité de l’offense ; mais si la réaction de l’offensé consiste à donner des coups ou à
proférer des injures, le premier offenseur bénéficiera d’une atténuation de sa peine. Cette
approche réduit considérablement l'incidence de la violence et augmente le nombre de
plaintes. Car, personne ne souhaite être blâmé ou rappelé à l'ordre lorsqu'on a été soi-
même victime d'une infraction ou d'offense.
On écoute le/la plaignant·e, on écoute le ou la présumé·e coupable. S’il y a déclaration
contradictoire, on fait un appel à des témoins. Le mérite de l’appel à témoins est de réduire
la tentation de mentir. Très tôt dans sa vie l’enfant doit comprendre que la société possède
des mécanismes pour confronter le mensonge et faire la lumière sur les faits, et que la
vérité n’est pas totalement subjective. On écoute tout le monde, on explique le bien-fondé
de la plainte ou le cas échéant son absence de fondement ; en un mot, on tranche avec
impartialité expliquant à tout le monde pourquoi un tel à tort et un tel a raison, ou pourquoi
telle affaire n’aurait pas dû se régler en présence des autorités (entente citoyenne), ou
blâmer et punir si c’est nécessaire.
Déroulement
Différentes approches sont possibles. Soit on convoque le parent et planifie avec lui une
retenue à la maison tout en faisant semblant qu’il s’agisse d’une expulsion. S’il ne s’agit
pas d’une infraction grave devant impliquer les parents, on déclare tout simplement que
cette décision sera prise à la fin de la semaine. Dans tous les cas, on annonce aux élèves
qu’un·e tel·le est ou sera expulsé·e. Et, les réactions ne se font pas attendre. Il suffit
que l’enseignant·e ou l’un·e des responsables de l’école demande : qu’en pensez-vous ?
trouvez-vous cela juste ou injuste de l’expulser ?
Résultat : Cette stratégie nous a permis de découvrir des personnalités que nous n’aurions
jamais connues. Certain·es élèves se font connaître comme de véritables défenseur·es des
droits d’autrui, d’autres combattent par différents moyens l’expulsion de leur camarade
même s’il existait entre eux un contentieux encore non résolu.
3.3. Contes
2022 Bilan Education à la paix
GÉNÉRATION NON-VIOLENTE
Sénégal (Casamance)
Public concerné
Des collégien·nes
Nombre de personnes
3 classes de 45 élèves
Temps de l’animation
3h
Scolaire
Matériel nécessaire
Description de l’action
Avant l’atelier, on remet à chaque apprenant·e une feuille d’évaluation pour recueillir les
commentaires.
1. Présentation et remerciements,
2. Lecture et commentaire du conte : le faire raconter par des élèves ou leur demander
de le résumer après la lecture.
Puis, poser des questions de compréhension en lien avec les sentiments ressentis lors des
comportements violents et lors des comportements pacifiques,
3. Demander aux élèves de proposer un dessin pour un monde de paix ou d’écrire un
poème sur la paix
4. Exposer les réalisations des élèves.
En conclusion, on peut aussi proposer aux élèves de prendre une minute tous les jours
2022 Bilan Education à la paix
pour penser à un ou des gestes de paix.
Objectif
Rassurer les enfants, attirer le public, créer une ambiance de détente, encourager le
travail collectif, apporter un soutien psychologique, dépasser le traumatisme et le post- 15
traumatisme
Territoire d’action
Gaza-Palestine
Public concerné
Enfants de 6 à 10 ans
Nombre de personnes
25 enfants
Temps de l’animation
1h
Matériel nécessaire
Description de l’action
Éléments supplémentaires
Les directrices des écoles et jardins enfants, les enseignant·es et les familles demandent
2022 Bilan Education à la paix
aux jeunes animateur·rices de revenir une autre fois pour organiser davantage d’activités
d'animation dans le lieu visité.
Les jeunes essayent de proposer des chansons simples en français, ainsi que de petits
apprentissage de chiffres et de couleurs toujours en français afin d'attirer les enfants et
leur apprendre d'une façon ludique dans le cadre de ces activités d'animation.
Les jeunes animateur·rices qui organisent les séances d'animation et de soutien
psychologique pour les enfants de Gaza oublient eux-mêmes leur traumatisme et leur
quotidien dur en accompagnant les enfants.
Quelques vidéos sur ces activités et séances organisées par les jeunes de Gaza :
[Link]
16
[Link]
[Link]
3.5. Marche à travers les frontières : Trace ta route
Objectif
Territoire d’action
Public concerné
Jeunes majeur·es originaires des pays frontaliers, ou plus largement y résidant (étudiants
étrangers, migrants).
Temps de l’animation
2 semaines de marche
6 mois de préparation, puis 6 mois de témoignage
Matériel nécessaire 17
Description de l’action
Il s’agit d’une marche de 2 semaines pour traverser une frontière (la frontière franco-
italienne lors des dernières expériences) et aller à la rencontre des différentes personnes
et acteurs qui vivent et agissent de part et d’autre de cette frontière, avec des enjeux
communs et des différences. Le thème central de la marche franco-italienne était l’exil, la
traversée des frontières par les exilé·es, l’accueil de ces personnes par des organisations
aux approches très différentes.
Préparation (5/6 mois qui précèdent)
Les jeunes participent à l’organisation de la marche : sens que cela a pour eux, sens
que l’on veut donner à cette marche, itinéraire, étapes de rencontres, lieux d’accueil des
marcheur·euses, moyens de témoigner ensuite…. L’organisation se fait respectivement
dans chacun des pays traversés. Le but est que les marcheur·euses soient autonomes et
se préparent à vivre cette marche.
Ils participent à une ou plusieurs rencontres de l’association pour commencer à saisir les
objectifs et la méthodologie : simplicité de la marche, temps long, rencontre dans une
attitude de non-savoir, horizon symbolique de Jérusalem, comme lieu de conflit et de paix.
La marche
Chaque jour il est prévu : une étape de marche (entre 3 et 5 h), une rencontre programmée
(ou deux – midi et soir), qui permet idéalement d’être accueilli et hébergé pour la nuit, des
temps de discussions formels et informels entre les marcheurs, la préparation commune
des repas.
Les rencontres permettent de mieux comprendre un aspect de la réalité vécue dans le
lieu en question ; cela peut être avec des acteurs associatifs ou publics, des particuliers,
collectifs d’habitant·es, des acteurs religieux, culturels ou politiques, des historien·nes ou
autres chercheur·euses. Des rencontres imprévues se font aussi naturellement au fil du
chemin ; la marche permet cette disponibilité et ce temps long.
Dans les marches réalisées, il y a eu aussi des temps accordés à des expressions artistiques
spontanées ou plus élaborés (chant, musique, exposition de peintures réalisés par des
exilés…).
Les marcheurs prennent à tour de rôle des responsabilités dans le groupe.
Un temps fort a lieu à la frontière sur quelques jours, avec des acteurs locaux, certaines
2022 Bilan Education à la paix
des personnes rencontrées au fil du chemin, ainsi que les membres de l’association invités
à rejoindre les marcheur·euses pour ce temps.
Le retour
Les marcheur·euses sont amené·es à témoigner de ce qu’iels ont vécu : par un rendu
créatif (carnet de route, blog, enregistrements), par des temps de partage, à l’occasion des
rencontres de l’association ou d’autres événements.
Cette expérience est un tremplin vers un engagement plus durable dans l’association Route
de Jérusalem, dans d’autres associations, collectifs ou actions, voire vers la préparation
d’un départ pour la grande route jusqu’à Jérusalem.
Les objectifs
18
1. Ouvrir un parcours de découverte qui permette de comprendre la complexité d’une
frontière, des migrations et de l’accueil par la marche et la rencontre de différents acteurs.
2. Construire un lien entre ces différents acteurs par-delà la frontière.
3. Ouvrir symboliquement et concrètement la frontière par notre passage à pied, à la
rencontre des personnes migrantes, qui espèrent la traverser dans l’autre sens.
4. Constituer un témoignage donnant une autre vision des personnes migrantes et invitant
chacun·e à s’engager.
5. Rassembler marcheur·euses, personnes migrantes, associations et toute personne
intéressée de part et d’autre de la frontière pour un moment de fête et de réflexion.
Itinéraire des marches franco-italiennes
Objectif
Territoire d’action
Public concerné
Nombre de personnes
Temps de l’animation
3 à 5 heures, selon le contexte et le nombre de groupes, mais peut être réduit à 2 heures
À ce jour, il n’a été utilisé que dans un cadre associatif, celui de la Route de Jérusalem et de
ses sympathisants, et un cadre professionnel (élèves en formation d’assistantes/assistants
sociaux).
Matériel nécessaire
Description de l’action
Des groupes d’une huitaine de participant·es sont guidés par une personne réfugiée, en
demande d'asile ou sans-papiers, le guide-témoin. Ils découvrent la ville, à travers les lieux
et les anecdotes qui ont marqué son arrivée ou qui structurent encore sa vie actuelle.
Les différents groupes se retrouvent en fin de journée pour un partage et éventuellement
pour une soirée autour d’un repas et de musiques qui prolongent l’échange interculturel.
Le guide-témoin est en binôme avec un guide-soutien. Il s’agit d’une personne de confiance
qui accompagne le guide-témoin dans la préparation et la conduite de la marche : préparation
du témoignage (mise en récit selon différents thèmes : arrivée, habitat, travail, santé,
2022 Bilan Education à la paix
étude, loisirs…), identification des étapes du parcours (attention, cette préparation prend
du temps et suppose des répétitions). Il coanime lors de la balade pour que le guide-témoin
soit soutenu. C’est ce guide-soutien qui veille à ce que le guide-témoin ne soit pas mis en
difficulté (par exemple par des questions intrusives), à ce que le rythme de la marche soit
adapté à toutes les personnes du groupe, à tous les éléments matériels, tels que le timing.
Éléments supplémentaires
Coordination
Prendre soin de la vision globale de la démarche, coordination
Mobilisation des guides, des co-guides et des cuisinier·es
Animation des réunions de préparation
Recherche d’un lieu…
Guide-témoin
Personne réfugiée, demandeuse d’asile prête à partager son expérience. À l’aise pour
prendre la parole devant un petit groupe (une bonne maîtrise du français permet d’avoir
2022 Bilan Education à la paix
Objectifs
Territoire d’action
Palestine - Israël
Public concerné
Tout public
Nombre de personnes
15-17
Temps d’animation
2022 Bilan Education à la paix
90 min
Matériel nécessaire
Un panier avec des papiers pliés de trois couleurs, une pour chacun des trois groupes
d’identité différente (juif d’Israël, palestinien d’Israël, palestinien de Cisjordanie)
Sur chaque papier plié, une question écrite dans la langue du groupe auquel la question
s'adresse. Les questions, rédigées par les animateur·rices, ont été soulevées par les
22
participant·es lors des activités précédentes.
Description de l'action
Éléments supplémentaires
- la plupart des sessions se déroulent au sein de son groupe d’appartenance, puis des
séminaires communs ont lieu quelques fois par an, généralement pendant un week-end.
Les séminaires communs sont animés conjointement par les trois facilitateur·rices, chacun
des participant·es peut parler la langue qu'iel a choisie (soit l'arabe, soit l'hébreu) avec une
traduction continue (non simultanée).
L'activité ci-dessus fait partie d'un programme d'un an et se déroule lors du séminaire
commun, au cours d'un week-end. Des activités de préparation sont en effet nécessaires.
Le séminaire commun se déroule à un stade avancé du programme, après l'établissement
d'une confiance initiale et après avoir partagé suffisamment d'histoires ou d'expériences de
vie qui mènent à des questions sérieuses.
A la fin de la session, après une pause, les trois groupes se réunissent séparément avec 23
leurs [Link] (dans des pièces différentes pour garantir un espace "sûr") afin
d’exprimer et « traiter » leurs ressentis, ainsi que pour soulever de nouvelles questions qui
émergent à la suite des réponses qu'iels ont entendues.
La session suivante est commune. Plusieurs options sont discutées par les [Link]
pendant la pause, mais l'objectif est de partager les sentiments qui sont apparus pendant
la session "questions" et d'en discuter.
Objectif
Permettre aux participant·es de réaliser et de reconnaître qu’iels ne savent pas tout, et que
ce qu’iels savent peut ne pas être vrai, les encourageant ainsi à en apprendre davantage
Territoire d’action
Palestine - Israël
Public concerné
Tout public
Nombre de personnes
4 à 40
Temps d’animation
Matériel nécessaire
2022 Bilan Education à la paix
4 panneaux avec texte et plusieurs vides que les participant·es peuvent remplir si nécessaire
: 1. « Je sais et je comprends tout et je n’ai pas besoin d’en apprendre plus »
2. « Je pense que ce que je sais est vrai, mais je n’en sais pas assez »
3. « Je pense que ce que je sais est vrai, mais j’ai quelques doutes »
4. « Je ne sais pas si ce que je sais est vrai et j’ai besoin d’en savoir plus »
Description de l’action
Version courte
Activité d’échauffement préparatoire à l’atelier visant à établir une base de connaissances
24
commune.
L’animateur·rice place les 4 panneaux de chaque côté de la salle et invite les participant·es
à se déplacer, à lire les panneaux et à se tenir derrière celui qui reflète le mieux leurs
propres pensées. Si aucun des affirmations ne convient, iels peuvent en écrire une nouvelle
sur l’un des panneaux vides et le placer entre les autres panneaux, debout derrière.
Une fois que tous les participant·es ont fait leurs choix, l’animateur·rice invite les
participant·es debout derrière chacun des panneaux à expliquer leur choix. L’animateur·rice
et les participant·es peuvent poser des questions d'éclaircissement pour s’assurer que les
raisons sont claires.
Au long de l’activité, les participant·es peuvent se déplacer pour se tenir derrière un autre
panneau, et l’animateur·rice leur demandera d’expliquer ce changement.
Pour clore l’activité, les [Link] invitent les participant·es à partager leur
ressentis vis-à-vis de cette démarche, mettant ainsi de l’ordre dans leurs pensées et les
approfondissant.
Version longue
Activité d’échauffement pour un atelier sur nos sources d’information.
Une fois que les participant·es sont assis dans le cercle, l’animateur·rice permettra une
discussion autour de ces questions :
• Comment savons-nous ce que nous savons ?
• Quelles sont les sources de nos informations ?
• Quel est notre intérêt à obtenir de l’information ?
• Quels sont les intérêts de nos différentes sources ?
• Comment se fait-il que différentes sociétés, ou différentes communautés au sein des
sociétés, aient des récits différents à la fois sur le passé et le présent ?
• Quelles autres questions devrions-nous nous poser à la suite de la discussion jusqu’à
présent ?
Les participant·es poseront d’autres questions – elles seront écrites sur un tableau à feuilles
mobiles – et la discussion se poursuivra.
Éléments supplémentaires
Objectif
Faire connaître et donner des informations sur les différents types de violence : physique,
psychologique, culturelle, structurelle.
Comprendre que la notion de violence peut être relative à la culture et aux personnes : ce
qui n’est pas violent pour l’un peut être violent pour l’autre.
Apporter les définitions des différents types de violence et le besoin d’identifier « qui dit
qu’un acte est violent ? »
Faire réfléchir sur les différentes violences et sur leur acceptation sociale.
Territoire d’action
France
Public concerné
Nombre de personnes
De 4 à 30 ou plus
Temps de l’animation
20 à 30 minutes
Matériel nécessaire
2022 Bilan Education à la paix
Description de l’action
Mise en place du baromêtre : une affiche "violent" et une autre "pas violent" sont placées au
deux extrémités de la pièce. Cela créée entre les deux affiches une "échelle", un baromètre
de la violence.
Consignes
Au départ, l’animateur·rice demande aux personnes de se positionner au centre.
26 Puis l’animateur·rice donne une affirmation (voir exemples plus loin).
Les participant·es se positionnent sans discuter entre les deux affiches, selon ce que
l’affirmation leur semble plus ou moins « violente » ou « pas violente ».
L’animateur·rice interroge les personnes sur la raison de leur positionnement, en choisissant
différentes positions.
Les autres participant·es peuvent se déplacer pendant que les personnes présentent leur
point de vue et peuvent modifier leur interprétation.
Un débat peut s’instaurer entre les participant·es en fonction des réponses données.
Rappeler l’importance de l’écoute et du non-jugement.
Fin
Quand plusieurs affirmations ont été proposées entraînant le positionnement des
participant·es. Un temps de débriefing est organisé.
Préconisations
Ne pas faire durer trop longtemps les échanges sur une même phrase pour aborder plusieurs
phrases et donc plusieurs notions. L’objectif n’est pas de "convaincre" ou "d’expliquer" à
ce moment de l’exercice, mais de questionner les participant·es. Les apports et théories
viendront en même temps que le débriefing.
Ne pas aller vers des situations trop personnelles.
Exemple de questions pour lancer le débat : "En quoi est-ce violent pour toi ? As-tu déjà
reçu des gifles ? Est-ce que ça a fonctionné pour toi, pour ne pas refaire cette bêtise ?
Qu’est-ce qui se passe pour ton père / ta mère lorsqu’iel te gifle ?
Debriefing
Reprendre les réponses entendues pour apporter des éléments d’analyse : les différentes
formes de violence, l’action sur le coup de l’émotion, la justification de la violence a posteriori,
la prise en compte des émotions et des besoins… Éventuellement donner d’autres solutions
que la violence. Qui dit qu’un acte est violent ? Rappel de la loi. Bien souligner le fait que,
dans les phrases, il y a des imprécisions permettant d’imaginer différentes situations.
Variante
Ajouter « Je fais »/ « Je ne fais pas » sur une ligne perpendiculaire, et les participants se
positionnent aussi entre ces deux positions.
Public enfants/jeunes :
Toute la classe s’est mise d’accord pour refuser de parler à un·e des élèves.
Kevin a donné un coup de pied à Jonathan qui l’avait insulté.
Donner une gifle à un.e petit.e enfant parce qu’iel a désobéi.
Appeler régulièrement Kirikou un élève noir.
Dire à une élève : tu es la chouchoute des profs parce que tu es toujours 1ère de la classe.
Dire « nique ta mère » à un·e ami.e.
Chaque fois que Julie entre en classe, Benjamin exige que Julie lui donne son exercice déjà
fait. 27
Quand j’ai ouvert ma page Facebook je me suis rendu compte qu’il y avait une photo de
moi que je préférerais oublier et qui avait été mise sans mon accord.
Ignorer quelqu'un.
Donner un surnom à un·e élève.
Public adulte :
Surveiller le téléphone de son partenaire amoureux sans son autorisation.
Brûler une poubelle.
Brûler une voiture.
Bousculer dans la queue.
Conduire en ayant bu.
Mettre de côté quelqu’un car iel n’a pas la même opinion politique.
Porter sur soi un gros couteau
Objectif
Territoire d’action
2022 Bilan Education à la paix
France
Public concerné
Nombre de personnes
À partir de 4 personnes
Temps de l’animation
Cadre scolaire, animation (centre aéré, séjour de vacances) et formation pour adultes
Matériel nécessaire
Installer sommairement un décor qui symbolise le lieu de la saynète (avec table, chaises...)
Description de l’action
Précision
On appelle saynètes ou jeux de rôle des petites mises en situation de la vie quotidienne, à
distinguer du théâtre forum qui est un jeu de rôle préparé et joué par des professionnel·les
ou des personnes "formées", et où le public va pouvoir remplacer un personnage.
Descriptif :
L’intervenant·e demande des volontaires pour jouer une saynète devant le groupe.
Préconisation : ne pas hésiter à mobiliser les personnes les plus timides
Il y a les 2 protagonistes du conflit et peut-être des tierces personnes. L’intervenant·e
distribue les rôles, expliquant à chacun·e des éléments de contexte, sans le dire aux
autres et au reste du groupe (utilisation de consigne sur des petits papiers). Il propose que
les personnes changent de prénom pour la saynète, afin que ce soit bien un "personnage"
et non eux-mêmes ; il les incite à parler fort et à se positionner pour que le groupe puisse
bien les voir.
Le groupe joue un rôle d’observateur : une partie écoute ce que les personnages vont dire,
d’autres observent les attitudes corporelles, les gestes, la communication non-verbale.
L’intervenant·e donne le top départ et lance le jeu de rôle.
Fin :
C’est l’intervenant·e qui arrête le jeu qui peut durer 5-8 minutes environ, suivant comment
évolue la situation. On félicite et on applaudit les personnes qui ont joué.
Débriefing :
C'est le moment le plus important de l’exercice.
On interroge d’abord celles et ceux qui ont joué, en faisant la distinction entre leur personne
(leur vrai prénom) et leur personnage (le prénom choisi) : "est-ce que ça va maintenant ?",
"qu’est-ce que vous avez vécu au niveau des émotions ?", "qu’est-ce que vous aviez
l’intention de faire ?", "qu’avez-vous fait, qu’elles ont été les effets des interactions ?",
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"qu'est ce que vous avez dit", "qu’est-ce qui était facile dans ce rôle ?", "qu’est-ce qui était
difficile ?".
Ensuite seulement on donne la parole aux observateur·rices qui partagent ce qu’iels ont
vu.
Le débat peut s’instaurer.
Éventuellement nous proposons que cette même saynète soit jouée une deuxième fois par
d’autres volontaires, qui vont essayer d’aller vers une résolution non-violente du conflit.
On finit avec un apport théorique sur les différentes attitudes face aux conflits.
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4. ANALYSE DES ÉCHANGES
L’ensemble des partenaires du projet travaille avec la jeunesse, mais à des âges différents.
Ziad Medoukh, Génération non-violente, l’Akademi Liv Ouvert et le MAN travaillent avec
des enfants. Windows est davantage centrée sur les adolescents. L’IDHL et la Route de
Jérusalemen sont en lien avec des étudiant·es et jeunes adultes. Enfin, l’IGINP travaille
avec des adultes qui sont en lien avec des jeunes enfants.
Certaines structures agissent dans le cadre d’un conflit armé comme c’est le cas en Israël,
en Palestine, en Casamance ou en Haïti (gangs). La France et le Canada ne sont pas dans
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une situation de conflit armé, mais connaissent toutefois de multiples formes de violence
au sein de leur territoire (physique / structurelles / culturelles...). La différence de contexte
d’intervention a un impact sur l’action en elle-même. En effet, Rutie – représentante de
Windows for Peace – explique "une des différences entre travailler dans un pays en guerre
et dans un pays qui n’est pas en guerre est la manière dont les personnes sont liées à la
violence. En Palestine et Israël, l’une des parties est très puissante et utilise la violence
quotidiennement. Il ne semble donc pas très juste d’attendre des personnes "opprimées",
cibles de cette violence, de résister de manière non-violente quand on ne demande pas au
gouvernement qui utilise cette violence d’arrêter. La question de non-violence n’est donc
pas une question de légitimité ou de moralité, mais bien une question d’efficacité qui va
servir la cause."
30 Mais cette opinion est à relativiser par rapport à des démarches de formation à l’utilisation
de moyens de pressions non-violents pour construire un rapport de force.
La différence de contexte et de public change les approches
Windows for Peace part du conflit entre des communautés qui se vivent comme
"adversaires", voire « ennemies », afin de permettre une réconciliation par une connaissance
de l'autre et des histoires vécues. L’association travaille sur le conflit en lui-même et sur
ces notions d’adversaires et d’ennemis.
Ziad Medoukh, du côté palestinien, se donne pour mission de développer la résilience
de la communauté, en particulier des enfants, victimes du conflit : travail sur la culture
palestienne, danses et chants. Il fait connaître la culture gazaouie au-delà des frontières,
en particulier par le lien avec la langue française. Il travaille à la cohésion de la communauté
palestinienne à travers l’aide des étudiants des villes aux paysans de la campagne. Ainsi,
alors que Windows for Peace parle beaucoup du conflit israélo- palestinien, Ziad en parle
peu, si ce n’est par l'intermédiaire des dessins, mais pour faire sortir les traumatismes
vécus par les enfants.
Génération non-violente, en Casamance, quant-à-elle, développe une approche
éducative post-conflit en travaillant auprès de la société civile victime des exactions
passées et de cette situation de ni guerre ni paix. Elle accompagne la jeunesse à travailler
sur les conséquences que le conflit peut avoir sur elle. Ceci dans un but préventif – éviter
l’apparition ou la recrudescence du conflit en enseignant des outils permettant d’adopter
une posture non-violente.
En Haïti, Liv Ouvert travaille également sur l’apprentissage d’une posture non-violente pour
résoudre les conflits, et plus globalement restaurer des idées de respect, de responsabilité
et de justice, dans une socité dominée par les gangs. Par ailleurs, l’école primaire en créole
haïtien est une réponse à la violence structurelle de la sélection par la maîtrise du français.
La Route de Jérusalem - Ecole de Paix est davantage centrée sur l’éducation au dialogue,
à la reconnaissance de l’autre afin d’anticiper les sources de conflits et les prévenir et de
favoriser le vivre-ensemble.
Les actions de l’IGINP s’articulent également autour de l’ouverture à l’Autre en enseignant
des concepts permettant le développement d’une société non-violente dans son sens large.
Dans une lignée similaire, à travers les outils présentés ici, le MAN enseigne aux jeunes
le concept et les formes de violence ainsi que les moyens de l’éviter, en travaillant sur les
émotions et les besoins. Il s’agit d’une démarche préventive face à des violences inter-
personnelles.
Ainsi, les partenaires interviennent en amont du conflit afin de le prévenir, en cours de
conflit afin d’accompagner sa résolution ou favoriser la résilience, ou à la fin du conflit afin
de réconcilier des populations.
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L’éducation à la non-violence met en avant la capacité à gérer les conflits qui apparaissent
entre les personnes, les communautés, les États. Sont mis en avant des méthodes qui
respectent les principes non-violents (respect profond de l’intégrité des êtres vivants et
de l’environnement). Elle met en avant la dimension politique des conflits (analyse des
enjeux et des rapports de force), comme la dimension personnelle (gestion individuelle des
émotions et des besoins).
La mise en réseau
Ce projet a permis de mettre en contact des acteurs travaillant sur des thématiques
similaires, avec des référentiels de gestion des conflits proches, mais dans des contextes
géopolitiques très divers. Il a donc créé un espace propice aux échanges entre les
partenaires. Il a permis de montrer que, même si l’approche donnée à l’éducation à la paix
et à la non-violence dépendait du contexte d’intervention, des convergences et des sources
d’inspiration pouvaient être trouvées dans chacune des expériences.
Ce projet a aussi permis au MAN de renforcer ses liens avec des associations déjà
partenaires, mais aussi de créer de nouveaux liens.
Suites du projet
Ce projet a permis au MAN d’entamer une réflexion sur l’utilisation de ses propres outils et
d’en découvrir de nouveaux qu’il souhaite intégrer lors des ateliers de sensibilisation dans
les écoles.
L’enjeu est aussi de développer ces outils dans le but d’une sensibilisation aux problématiques
de solidarité internationale sur le territoire de la Métropole de Lyon.
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