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Dossier 31 Education A La Paix 2022

Le document présente le bilan de l'action menée en 2022 par le Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN) concernant l'éducation à la paix et à la non-violence en zone de conflit. Il décrit le contexte du projet, les objectifs, les outils utilisés, ainsi que les partenaires impliqués dans les différentes phases du projet. L'accent est mis sur l'importance de former les jeunes à la résolution non-violente des conflits et à la promotion d'une culture de paix.

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Dossier 31 Education A La Paix 2022

Le document présente le bilan de l'action menée en 2022 par le Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN) concernant l'éducation à la paix et à la non-violence en zone de conflit. Il décrit le contexte du projet, les objectifs, les outils utilisés, ainsi que les partenaires impliqués dans les différentes phases du projet. L'accent est mis sur l'importance de former les jeunes à la résolution non-violente des conflits et à la promotion d'une culture de paix.

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ÉDUCATION À LA PAIX

ET À LA NON-VIOLENCE
EN ZONE DE CONFLIT

Bilan de l'action menée


en 2022

Les
du
dossiers
Mouvement pour une Alternative Non-violente

n°31
Septembre 2023
SOMMAIRE

1. Contexte du Projet 4
1.1. Pourquoi ce projet ?  4
1.2. Le projet  5
1.3. Partenaires de la première phase du projet  5
1.4. Partenaires de la deuxième phase du projet  7

2. Deuxième partie du projet 9


2.1. Les objectifs du projet  9
2.2. Déroulement  9

3. Des outils d'éducation à la paix et à la non-violence 11


3.1. Atelier de philosophie pour enfants et jeunes  11
3.2. Tribunaux scolaires  13
3.3. Contes  14
3.4. Interaction - soutien psychologique - concours  15
3.5. Marche à travers les frontières : Trace ta route  17
3.6. Marche urbaine guidée : Partage ma route  19
3.7. Questions silencieuses (activité bi-nationale / bi-lingue)  22
3.8. Savoir ou ne pas savoir (activité uni-nationale)  24
3.9. Baromètre de la violence  26
3.10. Saynètes – jeux de rôle  28

4. Analyse des échanges 30


4.1. Les points communs entre les différents outils  30
4.2. Les divergences entre les outils mobilisés  30
4.3. Impact du projet  32
2022 Bilan Education à la paix

Mouvement pour une Alternative Non-violente – Groupe de Lyon


2 MAN Lyon
187 montée de Choulans - 69005 LYON
[Link]@[Link]
REMERCIEMENTS

Aux partenaires et à leurs représentant·es qui ont participé aux échanges :


* Akademi Education Liv Ouvert
* Génération Non-Violente
* Institut des Droits de l’Homme de Lyon – IDHL
* International Gandhian Institute for Nonviolence Canada – IGINP
* La Route de Jérusalem- École de la paix
* Windows for Peace
* Ziad Medoukh

Aux adhérent·es du MAN Lyon : Simone Bassinot, Philippe Blancher, Serge Perrin qui,
par leur participation et leur soutien à ces actions permettent qu’elles existent, à Laure
Defonte, salariée en charge du projet, et une mention spéciale à Philippe Blancher qui a
permis, par ses traductions, que les échanges se fassent confortablement.

Aux financeurs

2022 Bilan Education à la paix

3
1. CONTEXTE DU PROJET

1.1. Pourquoi ce projet ?

Un engagement à l’international…

Depuis sa création en 1974, le MAN Lyon s’est investi dans la solidarité internationale. Dès
les années 70, il a été l’initiateur du Collectif lyonnais pour le boycott des oranges Outspan
produites dans l’Afrique du Sud de l’apartheid. Par la suite, il a régulièrement soutenu des
acteurs de la société civile engagés dans des conflits. Il a ainsi organisé des actions de
solidarité lors des guerres en Bosnie et au Kosovo.
Il a contribué à mettre en avant l’intervention civile de paix (envoi de volontaires
civil·es internationaux·les dans les zones de conflits). C’est dans cet esprit de médiation
internationale que le MAN a organisé deux rencontres entre associations israéliennes et
palestiniennes à Lyon, en 2006 et 2007. Dans le cadre de la mobilisation internationale Jai
Jagat (initiée par le mouvement indien Ekta Parishad), le MAN Lyon a initié et animé un
collectif sur Lyon, et participé aux différentes coordinations européennes. L’objectif était de
sensibiliser à et appuyer la mise en œuvre des Objectifs de Développement Durable 2030
adoptés dans le cadre des Nations-Unies, tout particulièrement l’objectif 16 (Promouvoir
l’avènement de sociétés pacifiques et inclusives aux fins du développement durable, assurer
l’accès de tous à la justice et mettre en place, à tous les niveaux, des institutions efficaces,
responsables et ouvertes à tous). Une action marquante a été l’organisation, en septembre
2020, d’une marche de Lyon au siège des Nations-Unies à Genève. La construction de
la paix par des institutions publiques efficaces est au cœur de notre démarche.

Un ancrage local à Lyon, auprès des jeunes et des enfants…

Le MAN, par son action d’éducation à la non-violence, transmet aux enfants et aux jeunes
une formation aux pratiques de résolution des conflits par les moyens de la non-violence.
Pour le MAN, éduquer et développer une culture de paix, c’est éduquer à la régulation non-
violente des conflits pour un vivre ensemble et une paix durable.

Dans un cadre institutionnel

Fort de son expérience dans l’éducation à la non-violence et à la paix sur le


territoire de la métropole lyonnaise, et de son investissement à l’international
auprès de différents partenaires qui interviennent également dans l’éducation, le
2022 Bilan Education à la paix

MAN Lyon a souhaité organiser des rencontres et des temps de travail autour de
l’éducation à la paix et à la non-violence en zone de violences auprès des enfants
et des jeunes, afin de mettre en commun les réflexions et pratiques et avoir un
échange d’expériences sur les outils utilisés et développés par les différentes
structures.

Dans la suite du travail réalisé autour des ODD (Objectifs de Développement Durable) en
2019 et 2020, en lien avec la marche non-violente Jai Jagat, le MAN Lyon a souhaité engagé
ce travail sur l’éducation à la paix dans la perspective des ODD 16 et 4 (Assurer l’accès
de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités
d’apprentissage tout au long de la vie).
4
1.2. Le projet
Le MAN Lyon intervient auprès des enfants et des jeunes dans les établissements scolaires
et dans les quartiers de la métropole lyonnaise pour former à la régulation non-violente des
conflits, transmettre des outils pour prévenir la violence, ouvrir des espaces de dialogue à
travers des médiations. Il nous a paru intéressant de réunir d’autres acteurs, notamment
en dehors de France, qui travaillent sur ces thématiques d’éducation à la non-violence, à
la paix et au dialogue, souvent dans des zones où il s’agit de violences différentes de ce
que l’on peut rencontrer dans nos quartiers ou nos écoles. Ceci afin d’échanger sur nos
pratiques, nos outils d’éducation et pour renforcer nos capacités.
La première phase du projet consista donc en l’organisation de trois rencontres en
visioconférence (remplaçant une rencontre en présentiel impossible du fait de la COVID
19) :
- une réunion de présentation du projet et des participant·es, le mardi 25 mai 2021 ;
- un temps de travail sur la définition du concept de Paix, le mardi 8 juin 2021 après-midi ;
- une journée de séminaire sur l’échange de pratiques et d’outils d’éducation à la paix et à
la non-violence, le jeudi 1er juillet (toute la journée).
Vous pouvez retrouver le bilan de cette première phase dans le dossier du MAN n°21 et
sur le site du MAN :
[Link]

1.3. Partenaires de la première phase du projet

Génération Non-Violente – Sénégal (Casamance)

Génération Non-Violente veut faire de tous les hommes et femmes


des bâtisseurs de paix par la non-violence en s’appuyant sur les
membres des communautés afin de préserver la dignité et la vie
de l’homme. Depuis sa création en 2008, Génération Non-Violente,
est engagée dans le processus de reconstruction de la paix en
Casamance, région affectée par un conflit armé, et qui vit dans
une situation de « ni paix ni guerre » depuis plus de trente ans. En
plus des formations en gestion et prévention des conflits et
en communication non-violente, depuis trois ans, l’association s’est engagée dans un 2022 Bilan Education à la paix
processus de guérison des traumatismes.

Windows – Channels for Communication (Windows for Peace) – Israël

Fenêtres - Canaux de communication (Fenêtres pour la paix)


Windows a été créée en 1991 par des citoyens palestiniens et juifs
d’Israël dans le but de publier un magazine bilingue en arabe et
en hébreu, écrit par et pour les jeunes des deux communautés.
L’objectif était de créer un espace commun dans lequel ils pourraient grandir, communiquer
et apprendre les uns des autres sur leurs réalités respectives. Progressivement, ce projet
s’est transformé en une organisation triangulaire qui incluait également des Palestiniens
de Gaza (jusqu’en 1999) et de Cisjordanie, et offrait une variété d’outils médiatiques 5
efficaces pour les programmes de résolution des conflits. C’est une structure unique car
habituellement les organisations regroupent soit des juifs et des palestiniens d’Israël, soit
des juifs et des palestiniens des territoires occupés. Une organisation triangulaire est rare.
Ces trois parties sont représentées dans toutes les activités. Windows s’est constamment
adapté et a évolué en réponse aux défis et aux circonstances qui se développent autour de
nous. Ainsi, au fil des ans, l'organisation a également proposé des programmes éducatifs
au public israélien et un soutien humanitaire aux communautés palestiniennes dans le
besoin. Ces dernières années, l’accent a été mis sur le partage de l’expérience unique de
Windows en formant des éducateurs dans des cadres formels et non formels.

La Route de Jérusalem- École de paix- France

Depuis 1972, avec la première


marche d’André Haim (fondateur de
l'association) et Wilfried Reinermann,
des marcheurs vont à pied jusqu’à
Jérusalem, à la rencontre de ceux qui
vivent tout au long de cette Route,
pour saisir plus concrètement leurs singularités. Par-delà les frontières et à travers les
conflits, la Route s’est poursuivie. Elle a pu changer d’itinéraire au fil de l’Histoire, des
Balkans notamment, et selon le désir qu’avaient les marcheurs de comprendre le monde
qui les entoure. C’est dans ce même sillon que de nouveaux marcheurs partent encore
aujourd’hui pour mieux comprendre les conflits et rechercher la paix par l’expérience de la
Route et des rencontres, et que des marches plus courtes sont organisées.

Ziad Medoukh – Gaza la Vie

Professeur de français, chercheur reconnu, poète et écrivain, il est


responsable du département français de l’université Al-Aqsa de Gaza.
Convaincu de l’efficacité de l’éducation comme forme de résistance
en Palestine, il veut sensibiliser le monde francophone aux actions
non-violentes pour dénoncer l’injustice à Gaza et partout dans le
monde. Il travaille avec des étudiants pour intervenir auprès des
enfants et des familles, pour éduquer à la non-violence et à la paix.
Il tient un blog «Gaza la vie» et a notamment écrit le livre, Être non-violent à Gaza.

Helsinki Citizen’ Assembly (HCA)– Azerbaïdjan

Basé à Baku dans la région du Haut-Karabakh, cette branche


azerbaïdjanaise de la HCA intervient autour de l’éducation à la paix.
Cependant, la guerre récente les a poussés à réorganiser leurs
2022 Bilan Education à la paix

actions autour des conséquences de la guerre. Ils travaillent à la


réconciliation entre Azerbaïdjanais et Arméniens. La présidente d’HCA
en Azerbadjan est impliquée dans la paix depuis plus de 25 ans, suite
à la première guerre avec l'Arménie (1992-1994). Leur travail pour la
paix a consisté pendant la guerre à être auprès des prisonniers et des
otages. Ils sont impliqués dans des programmes d’éducation à la paix, de négociation entre
les adversaires, avec pour objectif la réconciliation des parties.

Jai Jagat International

Le mouvement Jai Jagat a été initié par Rajagopal,


6 leader indien d’Ekta Parishad, pour sensibiliser sur
la situation des paysans en Inde particulièrement,
mais aussi à toutes les injustices et inégalités à
travers le monde en général, en s'appuyant sur les 17 ODD. Une grande marche partie de
New-Delhi en octobre 2019 devait arriver à Genève un an plus tard. Elle a été interrompue
en mars 2020 à Erevan du fait de la pandémie de la Covid. Aujourd'hui, Jai Jagat anime
des groupes de travail autour d'une transition écologique et solidaire non-violente. C'est à
ce titre que le lien est fait avec le projet du MAN Lyon.

MAN Lyon

Le Mouvement pour une Alternative Non-violente, a pour objectif de


promouvoir la non-violence et de faire valoir son apport spécifique
dans la vie quotidienne, dans l’éducation et dans la société en général.
Au départ, le MAN s’est beaucoup investi contre la militarisation de la
société. Il a soutenu et participé à toutes les grandes luttes sociales
en France, mais aussi à l’international. Aujourd’hui le MAN Lyon
développe ses actions autour de trois axes : l’éducation, les tensions
sociales et l’international.

1.4. Partenaires de la deuxième phase du projet


Le choix des nouveaux participant·es a été fait en raison de leurs actions, leurs implications
locales et les relations déjà existantes avec le MAN ou ses partenaires :

Institut des Droits de l’Homme de Lyon (IDHL)


Fondé à Lyon en 1985, l’Institut des droits de l’Homme de Lyon est un institut universitaire
d’enseignement supérieur qui dispense une formation technique et spécialisée dans
le domaine des droits des humains. Une des caractéristiques de l'IDHL réside dans sa
dimension interculturelle. L'institut accueille en effet des étudiant·es originaires de France
et du monde entier. Les étudiant·es étranger·es représentent près de la moitié de l'effectif
global. L'enseignement dispensé prend en compte cette diversité par les thématiques
abordées. L’IDHL propose également des actions de formations pour les professionnel·les
et les spécialistes désireux·ses d’approfondir leurs connaissances et leurs compétences
techniques sur des enjeux spécifiques.

Akademi Education Liv Ouvert – Haïti


L'Akademi Education Liv Ouvert est une école accueillant des enfants du préscolaire au
2022 Bilan Education à la paix

troisième cycle du fondamental (avec un niveau secondaire en perspective). Cette école a


été fondée en 2015. Elle se situe dans la commune de Croix Des Bouquets à Haïti.
La particularité de cette école est d'utiliser le créole haïtien (langue maternelle des élèves)
comme langue d'enseignement et d'apprentissage, tout en visant le multilinguisme avec
le français comme langue étrangère prioritaire. Ainsi elle adopte une approche didactique
du français le considérant comme une langue étrangère en situation de créolophonie. Pour
saisir l'originalité de cette démarche, il est important de savoir qu'Haïti a deux langues
officielles : le créole et le français. L'enseignement se fait principalement en français, alors
que cette langue est maîtrisée par un faible pourcentage de la population. La majorité des
é[Link] haï[Link] proviennent de familles créolophones et unilingues (majoritairement
analphabètes). L'enseignement et l'apprentissage en langue maternelle est indispensable 7
à l'éducation de qualité pour [Link]. C'est aussi sur la langue maternelle qu'il faut miser
pour réduire le taux de redoublement et de décrochage scolaire.
AE-Liv Ouvert travaille dans une zone difficile où l'insécurité règne de plus en plus et où les
moyens et les ressources se font de plus en plus rares. Mais, l'équipe parvient à créer un
très bon environnement d’apprentissage pour les enfants. Valoriser la langue maternelle
des élèves est un acte politique important pour la construction de la citoyenneté.

International Gandhian Institute for Nonviolence (IGINP) – Canada


L’IGINP est une organisation à but non lucratif basée à Toronto, en Ontario. Sa mission
est de promouvoir l'éducation à la paix et à la non-violence au Canada et ailleurs. Pour
cela, l’association crée des opportunités pour les éducateur∙rices et autres membres de la
communauté intéressé∙es d’apprendre à promouvoir la paix et la non-violence dans leurs
communautés. IGINP soutient également d’autres organisations sur le territoire national ou
à l’international qui promeuvent l'éducation à la paix et à la non-violence. L’institut travaille
sur des principes plus que sur des outils. Il produit différentes ressources et. La structure
mène actuellement trois projets principaux : le podcast « Speaking our peace » ; une
série webinaire« Education for justice through peace » ; un programme d’apprentissage
par l’expérience « Experiencing Gandhi ». L’association collabore avec The International
Gandhian Institute for Nonviolence and Peace basé à Madurai en Inde.
2022 Bilan Education à la paix

8
2. DEUXIÈME PARTIE DU PROJET

2.1. Les objectifs du projet


1-Promouvoir une éducation à la paix et à la non-violence pour construire une éducation
de qualité (ODD 4) en renforçant les capacités des acteurs de la société civile à développer
et utiliser des outils d’éducation à la paix, à la gestion non-violente des conflits et à la
construction du vivre-ensemble.
2-Promouvoir l’avènement de sociétés pacifiques et inclusives (ODD 16) en éduquant à
la solidarité internationale et à la paix et en réduisant les violences en milieu scolaire,
en permettant aux jeunes d’être acteurs du vivre-ensemble à travers la formation et la
sensibilisation aux outils.
3-Partager des expériences d’actions dans des zones de violence, notamment d’intervention
civile de paix à l’international, afin d’ouvrir un débat sur des techniques permettant de
construire un vivre ensemble, et d’éduquer à la paix.

2.2. Déroulement
La deuxième phase du projet a eu pour objectif de renforcer le réseau créé lors de la
phase 1 afin d’approfondir les échanges et d'élargir le cercle des partenaires associé·es.
Cette seconde phase a abouti à la création d’un dossier répertoriant les outils détaillés, à
destination des enfants et des jeunes, d’éducation à la paix et de résolution non violente
des conflits. Pour cela, il a été demandé aux partenaires de remplir un document cadre
explicitant les outils utilisés (1 à 2 outils par structure) se présentant comme suit :

Nom de l’outil
Nom de l’organisation l’ayant développé et ou utilisé
Objectif à court terme
Objectif à plus long terme – dans quel processus de changement s’inscrit-il ?
Territoire d’action
Public concerné
Nombre de personnes
Temps de l’animation
Dans quel cadre est-il utilisé (scolaire …) ? 2022 Bilan Education à la paix
Matériel nécessaire
Description de l’atelier

9
Éléments supplémentaires
Ces documents remplis ont été envoyés à l’ensemble des partenaires. Suite à cela, quatre
rencontres par zoom ont été organisées au cours desquelles chaque structure expliquait sa
raison d’être et ses outils. Un temps d’échanges et de questions-réponses avec l’ensemble
du groupe a permis d’approfondir le contexte d’utilisation des outils, leur contenu, le public
visé et le processus d’utilisation.
Dans la continuité des réunions organisées lors de la première phase du projet, quatre
rencontres à distance ont été tenues au cours de cette deuxième phase :
16 mars 2022 : présentation de l’ensemble des partenaires, puis des outils du MAN et de
l’IGINP, suivie d’échanges sur ceux-ci.
14 avril 2022 : présentation et échanges autour des outils de Windows – Channels for
Communication (Windows for Peace).
23 mai 2022 : présentation et réflexions autour des outils de Génération Non-Violente et
Akademi Education Liv Ouvert.
16 juin 2022 : présentation et réflexions autour des outils de la Route de Jérusalem et de
Ziad Medoukh suivie d’échanges sur ceux-ci.

Ces quatre réunions se sont tenues dans les deux langues, français et anglais, ce qui a
permis de réunir des acteurs de régions très diverses sur le plan géopolitique.

Le MAN avait prévu la venue de Ziad Medoukh en février ou mars 2022. Malheureusement
ce dernier n’a pu venir. Il était honoré par le haut conseil de création et de créativité en
Palestine dans le même temps et n'avait pu avoir sa deuxième dose de vaccin à temps. Se
rajoutant à cela, la difficulté malheureusement habituelle pour sortir de Gaza. Il a dit être
intéressé pour venir en fin d’année 2022 et qu’il se réserve pour une tournée avec le MAN
Lyon.
2022 Bilan Education à la paix

10
3. DES OUTILS D’ÉDUCATION A LA PAIX ET A LA
NON-VIOLENCE

3.1. Atelier de philosophie pour enfants et jeunes

Nom de l’organisation l’ayant développé et/ou utilisé

AKADEMI EDUCATION LIV OUVERT

‍Objectif à court terme

Permettre aux élèves de régler leurs conflits par une parole respectueuse et non par la
violence tant physique que verbale.

Objectif à plus long terme

• Promouvoir le développement de la pensée critique


• Amener les participant·es à interroger le monde, à s’interroger, à douter, à confronter
leurs raisonnements, à se remettre en question, à travailler ensemble sur la résolution d’un
problème et à cultiver l’impartialité
• Faciliter la prise de parole en public
• Faire réfléchir sur les problèmes sociaux fondamentaux tels que la richesse et la pauvreté,
la vie en communauté, le vol, la vengeance, les fondements de la justice, l’égalité des
sexes, etc.
• Cultiver l’écoute, la tolérance et donc le pluralisme

T
‍ erritoire d’action

Haïti

Public concerné

Élèves de 5 à 14 ans

Nombre de personnes 2022 Bilan Education à la paix

Maximum 20 élèves par classe

Temps de l’animation

50 minutes par quinzaine, tout au long de l’année scolaire

Dans quel cadre est-il utilisé ?

Cadre scolaire

L’outil est-il utilisé seul ou fait-il partie d’un parcours de formation/cours ?


11
Il s’agit d’un cours intégré au cursus, en renforcement de l’éducation à la citoyenneté.
Toutes les classes en sont bénéficiaires
Matériel nécessaire

Livres, revues, radio, TV, projecteur, PC

Description de l’action

Il s’agit de débats animés par un·e professeur·e de philosophie. Le choix du sujet est fait
suivant le contexte et la dynamique présente au sein du groupe d’élèves. L’enseignant·e
peut proposer le sujet, mais iel accorde une large priorité aux propositions des élèves eux-
mêmes. Pour certains groupes, on tire au sort les questions dans un tambour préalablement
rempli de papiers sur lesquels sont inscrites les propositions faites conjointement par les
élèves, l’enseignant·e principal·e, la direction, voire quelques parents. Toutes les questions
sont les bienvenues. Il revient au professeur·e de les amener à leur dimension philosophique.
En effet, la mission du professeur·e n’est ni d’enseigner une doctrine ni de faire l’histoire de
la philosophie, encore moins de faire un exposé magistral. Il s'agit de faciliter les échanges
de parole soit en posant des questions contradictoires faisant objection à la réponse qu’un·e
élève apporte, soit en mettant en relief le sens et la pertinence des interventions des élèves
leur donnant ainsi confiance en eux/elles et donc les motivant à prendre la parole. Cela
ne veut pas dire qu’il n’y a aucune référence à l’histoire de la philosophie. L’enseignant·e
a toujours intérêt à faire savoir à un·e intervenant·e que d’autres avant lui/elle ont eu une
pensée similaire à la sienne et que, ce disant, iel se trouve sur la lignée d’une importante
communauté de penseur·seuses. Ceci offre l'avantage de favoriser la confiance en soi chez
l'élève.

L’atelier débute généralement par des exercices de méditation - concentration guidés, visant
à aider les élèves à cultiver leur attention, à se plonger dans leur intériorité, à contrôler
leurs pulsions. Puis, la question est lancée sans entrée en matière (il s’agit de travailler la
capacité d’interprétation des élèves, de les laisser donner sens à une question, à une thèse,
un concept …). Ainsi peut-il arriver que l’interprétation d’un·e élève conduise à traiter d’une
autre question. Par exemple, lors d’un de nos récents ateliers, le/la professeur·e pose la
question suivante : "D’où vient-il qu’il existe des riches et des pauvres ?" Lors de la quête
de compréhension, une fillette de 11 ans a demandé : "Mais, existe-il vraiment des gens
qui sont pauvres ? Puisque, poursuit-elle en s’expliquant, la personne peut toujours se
créer quelque chose pour vivre ; tel que planter des graines ?" L’animateur a dû reporter
sa première question afin que le groupe débatte de celle-ci qui s’impose comme plus
fondamentale. Le débat débouche rapidement sur des fléaux socio-économiques tels que
les concurrences déloyales, le vol et la privation de moyens de production. Nos ateliers se
terminent par une synthèse, une mise en perspective faites par le/la professeur·e et/ou
2022 Bilan Education à la paix

une question sur laquelle les élèves doivent poursuivre la méditation.

Éléments supplémentaires

Les acquis de la philosophie pour enfants et jeunes sont implémentés dans notre école
dans la résolution des conflits et des problèmes disciplinaires (voir action suivante). Nous
établissons une pratique de jugement devant aider nos élèves à intégrer les normes et les
valeurs démocratiques. Nous appelons cette pratique le « tribunal scolaire ».

12
3.2. Tribunaux scolaires

Nom de l’organisation l’ayant développé et/ou utilisé

AKADEMI EDUCATION LIV OUVERT

Objectif

Éduquer à résoudre les conflits par le dialogue. Pour ce faire :


• Promouvoir l’habitude et la culture du « porter plainte », plutôt que d’avoir recours à
la vengeance personnelle et privée
• Sensibiliser au respect de l’autorité sans la confondre avec l’autoritarisme
• Apprendre à se défendre, à reconnaître ses torts, à accepter les sanctions et consentir
à la réparation, et donc responsabiliser les participant·es.

Territoire d’action

Haiti

Public concerné

Écolier·s de 6 à 14 ans

Nombre de personnes

65

Temps de l’animation

Indéterminé

Dans quel cadre est-il utilisé ?

Cadre scolaire, quand il y a de réels problèmes à résoudre.

Matériel nécessaire

Code disciplinaire de l’école


2022 Bilan Education à la paix

Description de l’action

Les tribunaux scolaires constituent l’implémentation des acquis de nos ateliers de philosophie
pour enfants et jeunes. En effet, les débats trouvent ici un réel champ d’application : ces
tribunaux scolaires sont organisés en cas de réels conflits entre élèves, ainsi que pour
des cas d’indiscipline portant atteinte à la communauté (la salle de classe ou l’école en
général). Ils se déroulent sous forme de jeux de rôle, sans que ce soient de pures mises
en scène. Il s’agit de réelles situations de conflit qui permettent aux professeurs ou aux
membres de la direction de faire intégrer les règles de la justice.
Pour rendre cela possible, depuis 2015, l’école pratique la règle d’or suivante : celui/celle
qui, le/la premier·e, a donné un coup ou a proféré des propos portant atteinte à l’intégrité 13
d’autrui a automatiquement tort. Certes, le premier offenseur sera blâmé voire puni selon
la gravité de l’offense ; mais si la réaction de l’offensé consiste à donner des coups ou à
proférer des injures, le premier offenseur bénéficiera d’une atténuation de sa peine. Cette
approche réduit considérablement l'incidence de la violence et augmente le nombre de
plaintes. Car, personne ne souhaite être blâmé ou rappelé à l'ordre lorsqu'on a été soi-
même victime d'une infraction ou d'offense.
On écoute le/la plaignant·e, on écoute le ou la présumé·e coupable. S’il y a déclaration
contradictoire, on fait un appel à des témoins. Le mérite de l’appel à témoins est de réduire
la tentation de mentir. Très tôt dans sa vie l’enfant doit comprendre que la société possède
des mécanismes pour confronter le mensonge et faire la lumière sur les faits, et que la
vérité n’est pas totalement subjective. On écoute tout le monde, on explique le bien-fondé
de la plainte ou le cas échéant son absence de fondement ; en un mot, on tranche avec
impartialité expliquant à tout le monde pourquoi un tel à tort et un tel a raison, ou pourquoi
telle affaire n’aurait pas dû se régler en présence des autorités (entente citoyenne), ou
blâmer et punir si c’est nécessaire.

Quand il s’agit d’atteinte spécifique à la communauté, on essaie toujours de créer une


situation dans laquelle tou·tes les élèves ne vont pas accepter l’issue mise en perspective
par l’école ; ce qui implique qu’iels débattent. Par exemple, un semblant d’expulsion (ici il
s’agit d’un vrai coup de théâtre) peut durer plusieurs jours voire une semaine, mobilisant
le parent du concerné.

Déroulement

Différentes approches sont possibles. Soit on convoque le parent et planifie avec lui une
retenue à la maison tout en faisant semblant qu’il s’agisse d’une expulsion. S’il ne s’agit
pas d’une infraction grave devant impliquer les parents, on déclare tout simplement que
cette décision sera prise à la fin de la semaine. Dans tous les cas, on annonce aux élèves
qu’un·e tel·le est ou sera expulsé·e. Et, les réactions ne se font pas attendre. Il suffit
que l’enseignant·e ou l’un·e des responsables de l’école demande : qu’en pensez-vous ?
trouvez-vous cela juste ou injuste de l’expulser ?
Résultat : Cette stratégie nous a permis de découvrir des personnalités que nous n’aurions
jamais connues. Certain·es élèves se font connaître comme de véritables défenseur·es des
droits d’autrui, d’autres combattent par différents moyens l’expulsion de leur camarade
même s’il existait entre eux un contentieux encore non résolu.

3.3. Contes
2022 Bilan Education à la paix

Nom de l’organisation l’ayant développé et/ou utilisé

GÉNÉRATION NON-VIOLENTE

Objectif à court terme

Sensibiliser aux sentiments / ressentis lors de comportements violents et informer des


attitudes et comportements pacifiques

Objectif à plus long terme

Acquérir des comportements non-violents afin de résoudre des conflits pacifiquement


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Contexte : le contexte peut évoluer et être plus large par exemple dans le cadre d’un
atelier ou d’une formation plus large
Territoire d’action

Sénégal (Casamance)

Public concerné

Des collégien·nes

Nombre de personnes

3 classes de 45 élèves

Temps de l’animation

3h

Dans quel cadre est-il utilisé ?

Scolaire

Matériel nécessaire

Texte par élève, feutres, crayons, etc.

Description de l’action

Avant l’atelier, on remet à chaque apprenant·e une feuille d’évaluation pour recueillir les
commentaires.
1. Présentation et remerciements,
2. Lecture et commentaire du conte : le faire raconter par des élèves ou leur demander
de le résumer après la lecture.
Puis, poser des questions de compréhension en lien avec les sentiments ressentis lors des
comportements violents et lors des comportements pacifiques,
3. Demander aux élèves de proposer un dessin pour un monde de paix ou d’écrire un
poème sur la paix
4. Exposer les réalisations des élèves.
En conclusion, on peut aussi proposer aux élèves de prendre une minute tous les jours
2022 Bilan Education à la paix
pour penser à un ou des gestes de paix.

3.4. Interaction - soutien psychologique - concours

Nom de l’organisation l’ayant développé et/ou utilisé

ÉQUIPE DE SOUTIEN PSYCHOLOGIQUE, avec Ziad Medoukh

‍Objectif

Rassurer les enfants, attirer le public, créer une ambiance de détente, encourager le
travail collectif, apporter un soutien psychologique, dépasser le traumatisme et le post- 15
traumatisme
‍Territoire d’action

Gaza-Palestine

‍Public concerné

Enfants de 6 à 10 ans

Nombre de personnes

25 enfants

Temps de l’animation

1h

Dans quel cadre est-il utilisé ?

Scolaire ou para-scolaire, sorties, cadre d'animation, colonies de vacances

Matériel nécessaire

Ballons, livres, cahiers, stylos, crayons, jouets, tissu, chansons, chaises

Description de l’action

Au cours de la séance, il est proposé plusieurs activités d'animation, de lecture, d'écriture,


d'écoute de chansons, de concours, d'écoute des enfants racontant leurs histoires, de jeu
et de répétition. L’objectif est d’aller à la rencontre des enfants pour leur faire oublier les
horreurs des agressions militaires israéliennes contre la bande de Gaza.
Les enfants participant·es sont souvent très attentif·ves et très intéressé·es. Ils apprécient
fortement ces activités ludiques. Ils montrent souvent une joie et un accueil excellents.
Lors de cette séance, les enfants, garçons et filles s'amusent, avec de moments de bonheur
et de rires mélangés à des applaudissements chaleureux malgré leur contexte difficile et
la tragédie vécue.

Éléments supplémentaires

Les directrices des écoles et jardins enfants, les enseignant·es et les familles demandent
2022 Bilan Education à la paix

aux jeunes animateur·rices de revenir une autre fois pour organiser davantage d’activités
d'animation dans le lieu visité.
Les jeunes essayent de proposer des chansons simples en français, ainsi que de petits
apprentissage de chiffres et de couleurs toujours en français afin d'attirer les enfants et
leur apprendre d'une façon ludique dans le cadre de ces activités d'animation.
Les jeunes animateur·rices qui organisent les séances d'animation et de soutien
psychologique pour les enfants de Gaza oublient eux-mêmes leur traumatisme et leur
quotidien dur en accompagnant les enfants.
Quelques vidéos sur ces activités et séances organisées par les jeunes de Gaza :
[Link]
16
[Link]
[Link]
3.5. Marche à travers les frontières : Trace ta route

Nom de l’organisation l’ayant développé et/ou utilisé

ROUTE DE JÉRUSALEM - ECOLE DE PAIX

Objectif

Par rapport aux conditions de paix dans le monde (ici en Europe) :


Par l’itinérance, la traversée d’une frontière et les rencontres au fil du chemin, prendre
conscience de la complexité de la réalité, notamment celles des conflits ou de la coexistence ;
dans la mesure où la réalité n’est jamais réductible aux discours médiatiques, ni mêmes
aux discours historiques.
Apprendre à adopter une attitude de « non-savoir » pour être vraiment à l’écoute de ce que
chaque personne, chaque acteur vit ou a vécu.
Pouvoir expérimenter le fait d’être un témoin et un lien entre ces différentes personnes
rencontrées.
Par rapport à la paix vécue :
Apprendre la paix par la vie commune au fil de la marche, en apprenant à connaître les
autres, leurs idées, leurs habitudes, leurs croyances et rites éventuellement.
Par rapport à la paix en soi-même :
Découvrir ce qui peut me mettre en difficulté et expérimenter un cheminement intérieur
permis par la marche.

Territoire d’action

France / Italie (pour le moment)


Balkans par la suite et autres pays jusqu’à Jérusalem.

Public concerné

Jeunes majeur·es originaires des pays frontaliers, ou plus largement y résidant (étudiants
étrangers, migrants).

Nombre de personnes 2022 Bilan Education à la paix

De 8 à 15 pour la marche, une trentaine pour la rencontre à la frontière.

Temps de l’animation

2 semaines de marche
6 mois de préparation, puis 6 mois de témoignage

Dans quel cadre est-il utilisé ?

Les jeunes rejoignent l’association le temps de la démarche.

Matériel nécessaire 17

Chaque jeune est responsable de son équipement de marche. Possibilité/intérêt d’avoir


recours à une voiture pour accompagner les marcheurs, transporter la logistique des repas
et les sacs.

Description de l’action

Il s’agit d’une marche de 2 semaines pour traverser une frontière (la frontière franco-
italienne lors des dernières expériences) et aller à la rencontre des différentes personnes
et acteurs qui vivent et agissent de part et d’autre de cette frontière, avec des enjeux
communs et des différences. Le thème central de la marche franco-italienne était l’exil, la
traversée des frontières par les exilé·es, l’accueil de ces personnes par des organisations
aux approches très différentes.
Préparation (5/6 mois qui précèdent)
Les jeunes participent à l’organisation de la marche : sens que cela a pour eux, sens
que l’on veut donner à cette marche, itinéraire, étapes de rencontres, lieux d’accueil des
marcheur·euses, moyens de témoigner ensuite…. L’organisation se fait respectivement
dans chacun des pays traversés. Le but est que les marcheur·euses soient autonomes et
se préparent à vivre cette marche.
Ils participent à une ou plusieurs rencontres de l’association pour commencer à saisir les
objectifs et la méthodologie : simplicité de la marche, temps long, rencontre dans une
attitude de non-savoir, horizon symbolique de Jérusalem, comme lieu de conflit et de paix.
La marche
Chaque jour il est prévu : une étape de marche (entre 3 et 5 h), une rencontre programmée
(ou deux – midi et soir), qui permet idéalement d’être accueilli et hébergé pour la nuit, des
temps de discussions formels et informels entre les marcheurs, la préparation commune
des repas.
Les rencontres permettent de mieux comprendre un aspect de la réalité vécue dans le
lieu en question ; cela peut être avec des acteurs associatifs ou publics, des particuliers,
collectifs d’habitant·es, des acteurs religieux, culturels ou politiques, des historien·nes ou
autres chercheur·euses. Des rencontres imprévues se font aussi naturellement au fil du
chemin ; la marche permet cette disponibilité et ce temps long.
Dans les marches réalisées, il y a eu aussi des temps accordés à des expressions artistiques
spontanées ou plus élaborés (chant, musique, exposition de peintures réalisés par des
exilés…).
Les marcheurs prennent à tour de rôle des responsabilités dans le groupe.
Un temps fort a lieu à la frontière sur quelques jours, avec des acteurs locaux, certaines
2022 Bilan Education à la paix

des personnes rencontrées au fil du chemin, ainsi que les membres de l’association invités
à rejoindre les marcheur·euses pour ce temps.
Le retour
Les marcheur·euses sont amené·es à témoigner de ce qu’iels ont vécu : par un rendu
créatif (carnet de route, blog, enregistrements), par des temps de partage, à l’occasion des
rencontres de l’association ou d’autres événements.
Cette expérience est un tremplin vers un engagement plus durable dans l’association Route
de Jérusalem, dans d’autres associations, collectifs ou actions, voire vers la préparation
d’un départ pour la grande route jusqu’à Jérusalem.
Les objectifs
18
1. Ouvrir un parcours de découverte qui permette de comprendre la complexité d’une
frontière, des migrations et de l’accueil par la marche et la rencontre de différents acteurs.
2. Construire un lien entre ces différents acteurs par-delà la frontière.
3. Ouvrir symboliquement et concrètement la frontière par notre passage à pied, à la
rencontre des personnes migrantes, qui espèrent la traverser dans l’autre sens.
4. Constituer un témoignage donnant une autre vision des personnes migrantes et invitant
chacun·e à s’engager.
5. Rassembler marcheur·euses, personnes migrantes, associations et toute personne
intéressée de part et d’autre de la frontière pour un moment de fête et de réflexion.
Itinéraire des marches franco-italiennes

3.6. Marche urbaine guidée : Partage ma route

Nom de l’organisation l’ayant développé et/ou utilisé

ROUTE DE JÉRUSALEM – ECOLE DE PAIX

Objectif

Permettre de découvrir une facette de l’accueil des personnes migrantes en France, à


travers le regard singulier d’une personne directement concernée.
Prendre conscience des coexistences multiples au sein d’une même ville, de mêmes
espaces : ouvrir le regard. 2022 Bilan Education à la paix
Favoriser la rencontre entre ces personnes nouvellement arrivées en France et des
habitant·es ou des professionnel·les de l’action sociale et culturelle, éventuellement des
élu·es de la ville.

Territoire d’action

Membres en France, en Italie et en Suisse.


A ce jour, des marches Partage ma route ont été réalisées à Lyon et, sous un format allégé,
à Paris, Valence et Turin.

Public concerné

Ce format de marche-témoignage peut permettre de former de manière originale des 19


bénévoles ou des professionnel·les qui seront amené·es à agir auprès de ou avec des
personnes exilées, de proposer une animation à l’occasion de la journée mondiale des
réfugié·es (20 juin) ouverte à tous les habitant·es de la ville, d’organiser une rencontre
inter-associative… Il peut très bien être adapté à un public d’enfants ou de jeunes.

Nombre de personnes

Plusieurs groupes d’environ huit personnes, en fonction du nombre de réfugié·es-guides

Temps de l’animation

3 à 5 heures, selon le contexte et le nombre de groupes, mais peut être réduit à 2 heures

Dans quel cadre est-il utilisé

À ce jour, il n’a été utilisé que dans un cadre associatif, celui de la Route de Jérusalem et de
ses sympathisants, et un cadre professionnel (élèves en formation d’assistantes/assistants
sociaux).

Matériel nécessaire

• Une salle pour le début et la fin de la marche


• Des plans de la ville et, si nécessaire, quelques tickets de transport en commun
• Quelques petites fournitures (feuilles en forme de pas, feutres, Patafix…)
• Ce qu’il faut pour un temps convivial, si prévu : goûter, buffet (couverts, assiettes
verres…)
• Des enceintes si un temps festif est prévu pour la soirée

Description de l’action

Des groupes d’une huitaine de participant·es sont guidés par une personne réfugiée, en
demande d'asile ou sans-papiers, le guide-témoin. Ils découvrent la ville, à travers les lieux
et les anecdotes qui ont marqué son arrivée ou qui structurent encore sa vie actuelle.
Les différents groupes se retrouvent en fin de journée pour un partage et éventuellement
pour une soirée autour d’un repas et de musiques qui prolongent l’échange interculturel.
Le guide-témoin est en binôme avec un guide-soutien. Il s’agit d’une personne de confiance
qui accompagne le guide-témoin dans la préparation et la conduite de la marche : préparation
du témoignage (mise en récit selon différents thèmes : arrivée, habitat, travail, santé,
2022 Bilan Education à la paix

étude, loisirs…), identification des étapes du parcours (attention, cette préparation prend
du temps et suppose des répétitions). Il coanime lors de la balade pour que le guide-témoin
soit soutenu. C’est ce guide-soutien qui veille à ce que le guide-témoin ne soit pas mis en
difficulté (par exemple par des questions intrusives), à ce que le rythme de la marche soit
adapté à toutes les personnes du groupe, à tous les éléments matériels, tels que le timing.

Éléments supplémentaires

Déroulement-type ajustable en fonction du temps disponible et des objectifs


12h30 - Préparatifs

20 Retrouvailles de l’équipe de préparation, derniers ajustements, motivation des "troupes",


repas ensemble
14h00 - Accueil, introduction
Accueil des participant·es, présentation du projet et de l’organisation de l’après-midi,
constitution des équipes, étiquettes-prénoms
14h30 - Marche en petits groupes
Départ des groupes de marcheur·euses.
Chaque groupe est animé / guidé par un binôme (guide-témoin + guide-soutien) et
composé d’une dizaine de participant·es
1- Le guide se présente dans sa langue maternelle et propose à chaque participant de
dire « Bonjour, je m’appelle XX » dans cette langue.
2- Marche et étapes
3- Avant de retrouver les autres, le groupe retrace le parcours sur un plan de Lyon pour
se remémorer l’après-midi
4- Chacun·e écrit quelques mots sur ce qu’il retient de la journée sur un papier en forme
de pas.
Vers 19h - Retour, remerciements
Applaudissement des marcheur·euses au fur et à mesure des arrivées
Collage des pas avec les messages sur le mur pour tracer un chemin
Remerciements
À partir de 19h30, possibilité d’organiser une soirée conviviale, avec repas-buffet du monde
à prix libre, musiques, danses, chants, conversations, court métrage…

Les missions à assurer

Coordination
Prendre soin de la vision globale de la démarche, coordination
Mobilisation des guides, des co-guides et des cuisinier·es
Animation des réunions de préparation
Recherche d’un lieu…
Guide-témoin
Personne réfugiée, demandeuse d’asile prête à partager son expérience. À l’aise pour
prendre la parole devant un petit groupe (une bonne maîtrise du français permet d’avoir
2022 Bilan Education à la paix

des échanges fluides)


Environ 3 demies journées de préparation + présence le jour J.
Guide-soutien
Personne de confiance à même de former un binôme avec le guide-témoin. Elle soutient le
guide-témoin dans la préparation et la conduite de la marche : préparation du témoignage,
identification des étapes du parcours ; co-animation lors de la balade pour que le guide
soit soutenu. C’est ce guide-soutien qui veille à ce que le guide-témoin ne soit pas mis en
difficulté, par exemple par des questions intrusives, à ce que le rythme de la marche soit
adapté à toutes les personnes du groupe, à tous les éléments matériels, tels que le timing.
Environ 3 demies journées de préparation + présence le jour J. 21
[Link](s)
Le jour J, accueillir, lancer la journée, présenter la journée, donner les informations,
accueillir les participant·es à leur retour …
Communication
Préparer un flyer, une affiche, écrire à la presse, motiver les troupes pour communiquer
dans leurs réseaux…
Cuisinier·es
Quelques volontaires pour préparer des plats la veille, seuls chez soi ou en réunissant
quelques personnes pour cuisiner ensemble, apprendre de nouvelles recettes et s’entraider.

3.7. Questions silencieuses (activité bi-nationale / bi-lingue)

Nom de l’organisation l’ayant développé et/ou utilisé

WINDOWS FOR PEACE - (WINDOWS – CHANNELS FOR COMMUNICATION)

‍Objectifs

1. Permettre aux participant·es de se poser mutuellement des questions qu'iels n'ont


peut-être pas le courage de poser à haute voix.
2. Permettre aux participant·es de répondre aux questions sans être dérangé·es.

‍Territoire d’action

Palestine - Israël

‍Public concerné

Tout public

Nombre de personnes

15-17

Temps d’animation
2022 Bilan Education à la paix

90 min

Dans quel cadre ?

Programmes binationaux pour les jeunes, étudiant·es. Formation des enseignant·es.

Matériel nécessaire

Un panier avec des papiers pliés de trois couleurs, une pour chacun des trois groupes
d’identité différente (juif d’Israël, palestinien d’Israël, palestinien de Cisjordanie)
Sur chaque papier plié, une question écrite dans la langue du groupe auquel la question
s'adresse. Les questions, rédigées par les animateur·rices, ont été soulevées par les
22
participant·es lors des activités précédentes.
Description de l'action

1. Une mise en confiance (jeux, activité).


2. Les groupes sont assis en cercle, selon leur identité, chaque groupe faisant face aux
autres.
3. Les [Link] expliquent le but de l'activité : trouver des réponses à leurs
propres questions. Au début, il s'agit uniquement d'écouter les réponses, puis de prendre
le temps d'y réfléchir. À ce stade, seules les questions de clarification sont posées à haute
voix. Plus tard, il y aura beaucoup de temps pour la discussion. Les participant·es sont
encouragés à noter les points, les commentaires et les questions dans leur cahier.
4. À tour de rôle, un membre de chaque groupe prend un papier plié dans le panier
(avec la couleur du groupe) et lit la question à haute voix. Tou·tes les membres de ce
groupe peuvent répondre, en proposant différents angles.
5. Vers la fin de la session, les [Link] invitent les participant·es à se lever et
à faire le tour de la salle, à secouer les mains et les jambes, à se regarder et à hocher la
tête lorsqu'iels croisent le regard d'une autre personne.
6. Les [Link] demandent aux participant·es de rester immobiles et les invitent
à s'asseoir dans le cercle de chaises le plus près possible de l'endroit où ils se tiennent
debout, afin d'assurer un mélange des groupes dans le cercle.
7. Les [Link] invitent les participant·es à s'exprimer brièvement sur ce qui a
été difficile pour eux/elles au cours de la session (pas plus d'une ou deux phrases chacun·e).
8. Les [Link] invitent les participant·es à s'exprimer brièvement sur ce qui a
été bon pour eux/elles au cours de la session (pas plus d'une ou deux phrases chacun·e).
9. Chacun des [Link] conclut brièvement, en reconnaissant les aspects
difficiles, en soulignant le comportement positif des participant·es, et en leur rappelant
qu'il y aura bientôt une autre session de ce type pour répondre au reste des questions,
ainsi qu'à de nouvelles questions

Éléments supplémentaires

Windows for Peace est une organisation tripartite composée de Palestinien·nes de


Cisjordanie, de Palestinien·nes citoyen·nes d'Israël et de Juif·ves israélien·nes. Par
conséquent, dans la plupart de ses programmes, il y a trois groupes à l'identité différente :
les Palestinien·nes de chaque côté de la ligne verte ont la même histoire jusqu'en 1948,
mais une réalité différente depuis. Chacun des groupes d'identité a son propre animateur
(issu de sa propre communauté). Les programmes "Windows" durent au moins 1 à 2 ans
2022 Bilan Education à la paix

- la plupart des sessions se déroulent au sein de son groupe d’appartenance, puis des
séminaires communs ont lieu quelques fois par an, généralement pendant un week-end.
Les séminaires communs sont animés conjointement par les trois facilitateur·rices, chacun
des participant·es peut parler la langue qu'iel a choisie (soit l'arabe, soit l'hébreu) avec une
traduction continue (non simultanée).
L'activité ci-dessus fait partie d'un programme d'un an et se déroule lors du séminaire
commun, au cours d'un week-end. Des activités de préparation sont en effet nécessaires.
Le séminaire commun se déroule à un stade avancé du programme, après l'établissement
d'une confiance initiale et après avoir partagé suffisamment d'histoires ou d'expériences de
vie qui mènent à des questions sérieuses.
A la fin de la session, après une pause, les trois groupes se réunissent séparément avec 23
leurs [Link] (dans des pièces différentes pour garantir un espace "sûr") afin
d’exprimer et « traiter » leurs ressentis, ainsi que pour soulever de nouvelles questions qui
émergent à la suite des réponses qu'iels ont entendues.
La session suivante est commune. Plusieurs options sont discutées par les [Link]
pendant la pause, mais l'objectif est de partager les sentiments qui sont apparus pendant
la session "questions" et d'en discuter.

3.8. Savoir ou ne pas savoir (activité uni-nationale)

Nom de l’organisation l’ayant développé et/ou utilisé

WINDOWS FOR PEACE - (WINDOWS – CHANNELS FOR COMMUNICATION)

Objectif

Permettre aux participant·es de réaliser et de reconnaître qu’iels ne savent pas tout, et que
ce qu’iels savent peut ne pas être vrai, les encourageant ainsi à en apprendre davantage

Territoire d’action

Palestine - Israël

Public concerné

Tout public

Nombre de personnes

4 à 40

Temps d’animation

Version courte 15-20 min. Version longue 60-90 min

Dans quel contexte est-il utilisé ?

Programmes binationaux Windows, élèves. Formation des enseignant·es

Matériel nécessaire
2022 Bilan Education à la paix

4 panneaux avec texte et plusieurs vides que les participant·es peuvent remplir si nécessaire
: 1. « Je sais et je comprends tout et je n’ai pas besoin d’en apprendre plus »
2. « Je pense que ce que je sais est vrai, mais je n’en sais pas assez »
3. « Je pense que ce que je sais est vrai, mais j’ai quelques doutes »
4. « Je ne sais pas si ce que je sais est vrai et j’ai besoin d’en savoir plus »

Description de l’action

Version courte
Activité d’échauffement préparatoire à l’atelier visant à établir une base de connaissances
24
commune.
L’animateur·rice place les 4 panneaux de chaque côté de la salle et invite les participant·es
à se déplacer, à lire les panneaux et à se tenir derrière celui qui reflète le mieux leurs
propres pensées. Si aucun des affirmations ne convient, iels peuvent en écrire une nouvelle
sur l’un des panneaux vides et le placer entre les autres panneaux, debout derrière.
Une fois que tous les participant·es ont fait leurs choix, l’animateur·rice invite les
participant·es debout derrière chacun des panneaux à expliquer leur choix. L’animateur·rice
et les participant·es peuvent poser des questions d'éclaircissement pour s’assurer que les
raisons sont claires.
Au long de l’activité, les participant·es peuvent se déplacer pour se tenir derrière un autre
panneau, et l’animateur·rice leur demandera d’expliquer ce changement.
Pour clore l’activité, les [Link] invitent les participant·es à partager leur
ressentis vis-à-vis de cette démarche, mettant ainsi de l’ordre dans leurs pensées et les
approfondissant.

Version longue
Activité d’échauffement pour un atelier sur nos sources d’information.
Une fois que les participant·es sont assis dans le cercle, l’animateur·rice permettra une
discussion autour de ces questions :
• Comment savons-nous ce que nous savons ?
• Quelles sont les sources de nos informations ?
• Quel est notre intérêt à obtenir de l’information ?
• Quels sont les intérêts de nos différentes sources ?
• Comment se fait-il que différentes sociétés, ou différentes communautés au sein des
sociétés, aient des récits différents à la fois sur le passé et le présent ?
• Quelles autres questions devrions-nous nous poser à la suite de la discussion jusqu’à
présent ?
Les participant·es poseront d’autres questions – elles seront écrites sur un tableau à feuilles
mobiles – et la discussion se poursuivra.

Éléments supplémentaires

Il semble évident que personne ne sait tout.


Il est beaucoup plus courant de croire que ce que nous savons est la vérité, et quand il 2022 Bilan Education à la paix
s’agit de questions sensibles, en particulier en ce qui concerne l’identité et les conflits, il
est beaucoup plus difficile d’accepter que ce que nous avons appris en grandissant peut ne
pas être entièrement vrai ou même globalement inexact.
Souvent, une fois que les explications sont partagées et sans que les facilitateur·rices
ne les encouragent à le faire, la plupart des participant·es désertent le panneau 1 et se
déplacent pour se tenir derrière les autres panneaux, en particulier le panneau 4.
Dans le cadre de nos ateliers, plusieurs feuilles de paperboards sont accrochés tout autour
de la salle. Certaines d’entre elles sont le résultat d’ateliers précédents. Sur d’autres,
l’animateur·rice écrit ce qui est dit au cours de la discussion. Il y a toujours un document sur
lequel sont écrites les questions soulevées lors des ateliers précédents, et l’animateur·rice
y ajoute de nouvelles questions. Les questions à ce jour sans réponses sont toujours
présentes dans les ateliers pour rappeler que nous devons y répondre. 25
3.9. Baromètre de la violence

Nom de l’organisation l’ayant développé et/ou utilisé

MOUVEMENT POUR UNE ALTERNATIVE NON-VIOLENTE

‍Objectif

Faire connaître et donner des informations sur les différents types de violence : physique,
psychologique, culturelle, structurelle.
Comprendre que la notion de violence peut être relative à la culture et aux personnes : ce
qui n’est pas violent pour l’un peut être violent pour l’autre.
Apporter les définitions des différents types de violence et le besoin d’identifier « qui dit
qu’un acte est violent ? »
Faire réfléchir sur les différentes violences et sur leur acceptation sociale.

‍Territoire d’action

France

Public concerné

Adaptable à tout public à partir de 6 ans (phrases différentes)

Nombre de personnes

De 4 à 30 ou plus

Temps de l’animation

20 à 30 minutes

Dans quel cadre est-il utilisé ?

Tout type de cadre

Matériel nécessaire
2022 Bilan Education à la paix

2 étiquettes sur feuille : "violent" – "pas violent"


Liste de phrases.

Description de l’action

Mise en place du baromêtre : une affiche "violent" et une autre "pas violent" sont placées au
deux extrémités de la pièce. Cela créée entre les deux affiches une "échelle", un baromètre
de la violence.
Consignes
Au départ, l’animateur·rice demande aux personnes de se positionner au centre.
26 Puis l’animateur·rice donne une affirmation (voir exemples plus loin).
Les participant·es se positionnent sans discuter entre les deux affiches, selon ce que
l’affirmation leur semble plus ou moins « violente » ou « pas violente ».
L’animateur·rice interroge les personnes sur la raison de leur positionnement, en choisissant
différentes positions.
Les autres participant·es peuvent se déplacer pendant que les personnes présentent leur
point de vue et peuvent modifier leur interprétation.
Un débat peut s’instaurer entre les participant·es en fonction des réponses données.
Rappeler l’importance de l’écoute et du non-jugement.
Fin
Quand plusieurs affirmations ont été proposées entraînant le positionnement des
participant·es. Un temps de débriefing est organisé.
Préconisations
Ne pas faire durer trop longtemps les échanges sur une même phrase pour aborder plusieurs
phrases et donc plusieurs notions. L’objectif n’est pas de "convaincre" ou "d’expliquer" à
ce moment de l’exercice, mais de questionner les participant·es. Les apports et théories
viendront en même temps que le débriefing.
Ne pas aller vers des situations trop personnelles.
Exemple de questions pour lancer le débat : "En quoi est-ce violent pour toi ? As-tu déjà
reçu des gifles ? Est-ce que ça a fonctionné pour toi, pour ne pas refaire cette bêtise ?
Qu’est-ce qui se passe pour ton père / ta mère lorsqu’iel te gifle ?
Debriefing
Reprendre les réponses entendues pour apporter des éléments d’analyse : les différentes
formes de violence, l’action sur le coup de l’émotion, la justification de la violence a posteriori,
la prise en compte des émotions et des besoins… Éventuellement donner d’autres solutions
que la violence. Qui dit qu’un acte est violent ? Rappel de la loi. Bien souligner le fait que,
dans les phrases, il y a des imprécisions permettant d’imaginer différentes situations.

Variante
Ajouter « Je fais »/ « Je ne fais pas » sur une ligne perpendiculaire, et les participants se
positionnent aussi entre ces deux positions.

Liste de phrases 2022 Bilan Education à la paix

Public enfants/jeunes :
Toute la classe s’est mise d’accord pour refuser de parler à un·e des élèves.
Kevin a donné un coup de pied à Jonathan qui l’avait insulté.
Donner une gifle à un.e petit.e enfant parce qu’iel a désobéi.
Appeler régulièrement Kirikou un élève noir.
Dire à une élève : tu es la chouchoute des profs parce que tu es toujours 1ère de la classe.
Dire « nique ta mère » à un·e ami.e.
Chaque fois que Julie entre en classe, Benjamin exige que Julie lui donne son exercice déjà
fait. 27
Quand j’ai ouvert ma page Facebook je me suis rendu compte qu’il y avait une photo de
moi que je préférerais oublier et qui avait été mise sans mon accord.
Ignorer quelqu'un.
Donner un surnom à un·e élève.

Public adulte :
Surveiller le téléphone de son partenaire amoureux sans son autorisation.
Brûler une poubelle.
Brûler une voiture.
Bousculer dans la queue.
Conduire en ayant bu.
Mettre de côté quelqu’un car iel n’a pas la même opinion politique.
Porter sur soi un gros couteau

3.10. Saynètes – jeux de rôle

Nom de l’organisation l’ayant développé et/ou utilisé

MOUVEMENT POUR UNE ALTERNATIVE NON-VIOLENTE

Objectif

Expérimenter sa posture face à un conflit, expérimenter les effets des émotions, et


s’entraîner à se mettre à la place de l’autre.
Permettre de voir comment se jouent les interactions entres les personnages, quels sont
les conséquences sur l’autre, en particulier émotionnelles, des paroles dites, des actes
posés.
Permettre d’essayer de nouvelles attitudes par rapport à ce que l’on fait par habitude ou
par tempérament.
Illustrer les différentes attitudes face au conflit.

Territoire d’action
2022 Bilan Education à la paix

France

Public concerné

Enfants à partir de 8 ans, jeunes et adultes

Nombre de personnes

À partir de 4 personnes

Temps de l’animation

28 20 minutes environ (5 à 8 minutes de jeux et 10 minutes de débriefing), idéalement à deux


reprises (voir plus loin)
Dans quel cadre est-il utilisé ?

Cadre scolaire, animation (centre aéré, séjour de vacances) et formation pour adultes

Matériel nécessaire

Installer sommairement un décor qui symbolise le lieu de la saynète (avec table, chaises...)

Description de l’action

Précision
On appelle saynètes ou jeux de rôle des petites mises en situation de la vie quotidienne, à
distinguer du théâtre forum qui est un jeu de rôle préparé et joué par des professionnel·les
ou des personnes "formées", et où le public va pouvoir remplacer un personnage.
Descriptif :
L’intervenant·e demande des volontaires pour jouer une saynète devant le groupe.
Préconisation : ne pas hésiter à mobiliser les personnes les plus timides
Il y a les 2 protagonistes du conflit et peut-être des tierces personnes. L’intervenant·e
distribue les rôles, expliquant à chacun·e des éléments de contexte, sans le dire aux
autres et au reste du groupe (utilisation de consigne sur des petits papiers). Il propose que
les personnes changent de prénom pour la saynète, afin que ce soit bien un "personnage"
et non eux-mêmes ; il les incite à parler fort et à se positionner pour que le groupe puisse
bien les voir.
Le groupe joue un rôle d’observateur : une partie écoute ce que les personnages vont dire,
d’autres observent les attitudes corporelles, les gestes, la communication non-verbale.
L’intervenant·e donne le top départ et lance le jeu de rôle.
Fin :
C’est l’intervenant·e qui arrête le jeu qui peut durer 5-8 minutes environ, suivant comment
évolue la situation. On félicite et on applaudit les personnes qui ont joué.
Débriefing :
C'est le moment le plus important de l’exercice.
On interroge d’abord celles et ceux qui ont joué, en faisant la distinction entre leur personne
(leur vrai prénom) et leur personnage (le prénom choisi) : "est-ce que ça va maintenant ?",
"qu’est-ce que vous avez vécu au niveau des émotions ?", "qu’est-ce que vous aviez
l’intention de faire ?", "qu’avez-vous fait, qu’elles ont été les effets des interactions ?",
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"qu'est ce que vous avez dit", "qu’est-ce qui était facile dans ce rôle ?", "qu’est-ce qui était
difficile ?".
Ensuite seulement on donne la parole aux observateur·rices qui partagent ce qu’iels ont
vu.
Le débat peut s’instaurer.
Éventuellement nous proposons que cette même saynète soit jouée une deuxième fois par
d’autres volontaires, qui vont essayer d’aller vers une résolution non-violente du conflit.
On finit avec un apport théorique sur les différentes attitudes face aux conflits.

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4. ANALYSE DES ÉCHANGES

4.1. Les points communs entre les différents outils


Nous pouvons dégager plusieurs points communs entre les outils utilisés :
1) L'utilisation d'exercices corporels et le travail sur le ressenti pour mieux assimiler des
idées différentes.
2) La prise de recul, le questionnement de ce que chacun sait ou croit savoir et ne sait
pas, le temps accordé à l’écoute des propos, du vécu, de l’expérience de l’autre.
3) Le travail sur le long terme. En effet, l’éducation tend à opérer des changements sur
les nouvelles générations. L’évolution des modes de pensées, d’actions, de réflexions est
un processus long.
4) La transmission d’outils pratiques opérée grâce à la mise en situation qui permet
de vivre une expérience personnelle. En effet, les outils sont présentés dans le cadre
d’expérimentations. Ce processus permet une meilleure compréhension et intégration de
l’outil par le public.
En fait la plupart de ces activités intègrent le développement de compétences de base
en termes d’écoute, de réflexions, de maîtrise de soi, et aussi d’affirmation de soi.
Compétences de base qui ne sont pas toujours transmises ou acquises, parfois connues de
façon théorique, mais non expérimentées et pratiquées.

4.2. Les divergences entre les outils mobilisés

Divergences liées au public ciblé

L’ensemble des partenaires du projet travaille avec la jeunesse, mais à des âges différents.
Ziad Medoukh, Génération non-violente, l’Akademi Liv Ouvert et le MAN travaillent avec
des enfants. Windows est davantage centrée sur les adolescents. L’IDHL et la Route de
Jérusalemen sont en lien avec des étudiant·es et jeunes adultes. Enfin, l’IGINP travaille
avec des adultes qui sont en lien avec des jeunes enfants.

Divergences liées au contexte d’intervention

Certaines structures agissent dans le cadre d’un conflit armé comme c’est le cas en Israël,
en Palestine, en Casamance ou en Haïti (gangs). La France et le Canada ne sont pas dans
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une situation de conflit armé, mais connaissent toutefois de multiples formes de violence
au sein de leur territoire (physique / structurelles / culturelles...). La différence de contexte
d’intervention a un impact sur l’action en elle-même. En effet, Rutie – représentante de
Windows for Peace – explique "une des différences entre travailler dans un pays en guerre
et dans un pays qui n’est pas en guerre est la manière dont les personnes sont liées à la
violence. En Palestine et Israël, l’une des parties est très puissante et utilise la violence
quotidiennement. Il ne semble donc pas très juste d’attendre des personnes "opprimées",
cibles de cette violence, de résister de manière non-violente quand on ne demande pas au
gouvernement qui utilise cette violence d’arrêter. La question de non-violence n’est donc
pas une question de légitimité ou de moralité, mais bien une question d’efficacité qui va
servir la cause."
30 Mais cette opinion est à relativiser par rapport à des démarches de formation à l’utilisation
de moyens de pressions non-violents pour construire un rapport de force.
La différence de contexte et de public change les approches

Windows for Peace part du conflit entre des communautés qui se vivent comme
"adversaires", voire « ennemies », afin de permettre une réconciliation par une connaissance
de l'autre et des histoires vécues. L’association travaille sur le conflit en lui-même et sur
ces notions d’adversaires et d’ennemis.
Ziad Medoukh, du côté palestinien, se donne pour mission de développer la résilience
de la communauté, en particulier des enfants, victimes du conflit : travail sur la culture
palestienne, danses et chants. Il fait connaître la culture gazaouie au-delà des frontières,
en particulier par le lien avec la langue française. Il travaille à la cohésion de la communauté
palestinienne à travers l’aide des étudiants des villes aux paysans de la campagne. Ainsi,
alors que Windows for Peace parle beaucoup du conflit israélo- palestinien, Ziad en parle
peu, si ce n’est par l'intermédiaire des dessins, mais pour faire sortir les traumatismes
vécus par les enfants.
Génération non-violente, en Casamance, quant-à-elle, développe une approche
éducative post-conflit en travaillant auprès de la société civile victime des exactions
passées et de cette situation de ni guerre ni paix. Elle accompagne la jeunesse à travailler
sur les conséquences que le conflit peut avoir sur elle. Ceci dans un but préventif – éviter
l’apparition ou la recrudescence du conflit en enseignant des outils permettant d’adopter
une posture non-violente.
En Haïti, Liv Ouvert travaille également sur l’apprentissage d’une posture non-violente pour
résoudre les conflits, et plus globalement restaurer des idées de respect, de responsabilité
et de justice, dans une socité dominée par les gangs. Par ailleurs, l’école primaire en créole
haïtien est une réponse à la violence structurelle de la sélection par la maîtrise du français.
La Route de Jérusalem - Ecole de Paix est davantage centrée sur l’éducation au dialogue,
à la reconnaissance de l’autre afin d’anticiper les sources de conflits et les prévenir et de
favoriser le vivre-ensemble.
Les actions de l’IGINP s’articulent également autour de l’ouverture à l’Autre en enseignant
des concepts permettant le développement d’une société non-violente dans son sens large.
Dans une lignée similaire, à travers les outils présentés ici, le MAN enseigne aux jeunes
le concept et les formes de violence ainsi que les moyens de l’éviter, en travaillant sur les
émotions et les besoins. Il s’agit d’une démarche préventive face à des violences inter-
personnelles.
Ainsi, les partenaires interviennent en amont du conflit afin de le prévenir, en cours de
conflit afin d’accompagner sa résolution ou favoriser la résilience, ou à la fin du conflit afin
de réconcilier des populations.
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Éducation à la paix ou éducation à la non-violence ?

L’ODD n°4 met en avant la promotion de l’éducation à la paix et à la non-violence. Ces


deux formes d’éducation sont souvent assimilées l’une à l’autre. De fait, elles forment
ensemble une éthique de vie : comment bien vivre avec soi-même et avec les autres,
forcément différents. Pourtant les chemins mobilisés sont différents.
L’éducation à la paix met en avant l’absence de guerre ou de conflit ouvert, la nécessité de
limiter le poids des armes, la négociation pour trouver des solutions. Elle porte davantage
sur les capacités des communautés à trouver des issues sans guerre ou conflits. La notion
de paix, comme vu lors de la première année du projet (dossier 29), intègre aussi une
vision de bien-être personnel, de rapports sans violence. 31

L’éducation à la non-violence met en avant la capacité à gérer les conflits qui apparaissent
entre les personnes, les communautés, les États. Sont mis en avant des méthodes qui
respectent les principes non-violents (respect profond de l’intégrité des êtres vivants et
de l’environnement). Elle met en avant la dimension politique des conflits (analyse des
enjeux et des rapports de force), comme la dimension personnelle (gestion individuelle des
émotions et des besoins).

4.3. Impact du projet

La mise en réseau

Ce projet a permis de mettre en contact des acteurs travaillant sur des thématiques
similaires, avec des référentiels de gestion des conflits proches, mais dans des contextes
géopolitiques très divers. Il a donc créé un espace propice aux échanges entre les
partenaires. Il a permis de montrer que, même si l’approche donnée à l’éducation à la paix
et à la non-violence dépendait du contexte d’intervention, des convergences et des sources
d’inspiration pouvaient être trouvées dans chacune des expériences.

Ce projet a aussi permis au MAN de renforcer ses liens avec des associations déjà
partenaires, mais aussi de créer de nouveaux liens.

Suites du projet

Ce projet a permis au MAN d’entamer une réflexion sur l’utilisation de ses propres outils et
d’en découvrir de nouveaux qu’il souhaite intégrer lors des ateliers de sensibilisation dans
les écoles.
L’enjeu est aussi de développer ces outils dans le but d’une sensibilisation aux problématiques
de solidarité internationale sur le territoire de la Métropole de Lyon.
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