Normalisation
La normalisation a, traditionnellement, pour objet de fournir des normes, qui sont des
« Documents de Référence », apportant des solutions (techs) consensuelles à des
problèmes techniques se posant dans les relations Clients-Fournisseurs.
Cependant, au cours des dix dernières années, la normalisation à, profondément,
évolué, et les normes sont devenues progressivement les outils volontaires de
l’organisation des marchés, de la concurrence et de la diffusion de savoir-faire
techniques
Aujourd’hui, les normes constituent la « référence commune » pour la définition des
« exigences techniques ».
Elles sont, également, de plus en plus sollicitées dans la mise en œuvre des
« politiques » et « stratégies » industrielles.
Aussi, la pratique du « renvoi » aux normes dans le droit algérien atteste de l’intérêt
qu’elles suscitent.
I. La Norme
Dans sa définition internationale (Guide ISO / C.E.I. N° 2, N.F. E.N. 45020) ? norme
est :
« Un document, établi par consensus et approuvé par un organisme reconnu,
qui fournit, pour les usages commun et répétés, des règles directrices ou des
caractéristiques, pour des activités ou leurs résultats, garantissant un niveaux
d’ordre optimal dans un contexte donné ».
Une deuxième définition figure dans le Code du GATT (1979) sur les entraves
techniques aux échanges et dans la Directive du Conseil des Communautés
européennes du 28 mars 1983. Selon ces deux textes, une norme est :
« la spécification technique approuvée par un organisme reconnu à activité
normative pour application répétée ou continue dont l’observation n’est pas
obligatoire ».
Enfin, le Droit algérien (textes législatifs et réglementaires) fonde le statut de la
normalisation en Algérie et précise le contenu d’une norme :
« la normalisation a pour objet de fournir des documents de référence
comportant des solutions techniques à des problèmes techniques et
commerciaux concernant les produits, biens et services, qui se posent de
façon répétée dans les relations entre partenaires, économiques,
scientifiques, techniques et sociaux »
Ces trois définitions dont le contenu est très proche, apportent des éléments de
réponse aux trois préoccupations suivantes :
- Comment élabore-t-on une norme ?
- Dans quelle mesure et pourquoi, la norme n’est pas une entrave techniques
aux échanges et n’entraine pas d’effet équivalant à des restrictions
quantitatives ?
- En quoi une norme diffère-t-elle de spécifications techniques, de normes
d’entreprises et de docs réglementaires ?
1
II. Elaborer une Norme
Quelle que soit l’instance de travail, nationale régionale ou internationale, les
processus d’élaborer une norme sont les mêmes. Seules diffères, pour des raisons
évidentes, les modalités d’enquête publique (forme et délai),ainsi que le statut des
docs normatifs.
Six étapes majeures, regroupées en trois phases, marquent l’élaboration d’une
norme et un processus d’évaluation permanente permet de vérifier, à tout moment, la
pertinence du doc.
1ère Phase
Consacrer à :
- Etape première : identification des besoins,
- Etape deuxième : programmation des travaux.
Il s’agit pour l’organisme de normalisation de vérifier l’opportunité et la faisabilité
d’une norme, que la demande ait été formulée par l’un des partenaires du
système normatif ou que le besoin soit apparu à la faveur d’une veille
technologique ou économique, ainsi que le degré réel d’implication des
partenaires
Cependant, l’inscription au programme de travail ne sera effective que :
- si le besoin est réel,
- si les conditions (nécessaires à l’élaboration d’une norme) se trouvent réunies.
Cette élaboration est réalisée en tenant compte :
- des priorités que se sont fixés les partenaires du système normatif ;
- et, de leur capacité, y compris financière (à participer à l’élaboration de la
norme).
ème
2 Phase
Surtout technique, elle permet l’élaboration de la norme par les parties intéressées.
- Etape première : dont les experts siègent au sein de « Commissions de
Normalisation ».
Celles-ci doivent représentatives et réunir l’ens des partenaires (producteurs,
distributeurs, utilisateurs, consommateurs, administrateurs, laboratoires…).
- Etape deuxième : le projet de norme est au point lorsque son texte fait l’objet
du consensus des experts.
ème
3 Phase
Dite phase d’instruction, cette phase voit :
- Etape première : la validation du projet de norme. Une procédure d’enquête
publique (Enquête Probatoire pour les Normes Homologuées) et, le
dépouillement des commentaires recueillies pendant cette enquête,
permettent de s’assurer que ce projet est conforme à l’« Intérêt Général »,
qu’il ne suscite pas une opposition majeure et que les commentaires
pertinents sont pris en compte.
Cette phase d’instruction permet aux services ministériels qui n’auraient pas
participé aux travaux de formuler toute observation quant au contenu du
2
projet, à sa validité et à sa cohérence avec les textes réglementaires en
vigueur.
- Etape deuxième : le projet de norme, éventuellement, amendé, et alors
soumis à l’approbation de l’organisme de normalisation. Pour publication en
tant que norme (nationale régionale ou internationale).
Nota ben
Tout au long de sa vie, la norme fera l’objet d’enquêtes de validité pour savoir si son
texte demeure pertinent ou si sa révision s’impose.
III. Domaines d’Application des Normes
Répondant, principalement, aux besoins des industriels et étant, par définition, d’
« application volontaire » :
- Les normes techs sont à l’origine de la normalisation industrielle est
constituent l’essentiel des collections normatives (nationales). Elles assurèrent
à l’origine :
L’interchangeabilité : élément indispensable, à l’échange des produits ;
Et, l’interopérabilité : élément indispensable, au fonctionnement des
premiers grands réseaux, ex : transport ferroviaire, maritime, de l’électricité…
- Ensuite, elles furent les outils indispensables à l’ouverture des marchés et
constituèrent un élément de régulation de la concurrence en permettant,
d’abord, de définir puis d’identifier la « Qualité » d’un produit, aux fin de
certifier la conformité de celui-ci en référence à une ou à plusieurs normes,
par l’octroi d’une « Marque ».
- Ultérieurement, elles traitèrent des équipements, des ouvrages ou de certains
éléments des processus de production.
- Bien que fonder sur un contenu tech, une norme peut avoir un impact social
important du fait de son application. Les normes socio-économiques, on le
voit, touchent aux comportements des industriels, des consommateurs et des
citoyens..
Par nature, ces normes prennent une dimension sociale, économique voire
juridique qui l’emporte sur leur contenu tech. Ces normes qui touchent à des
domaines aussi variés que la sécurité du travail ou du consommateur, la santé ou
l’environnement sont en fait les « outils » d’application des grandes politiques
dans le monde. La complexité croissante des processus de production, la
mondialisation des échanges, l’irruption de nouveaux acteurs dans la vie
économique ont favorisés le développement d’un nouveau type de normes :
- les normes référentiels, propre à faciliter le dialogue entre l’offre et la
demande et la compréhension de la rt clt-frs.
C’est à cette famille que se rattachent les normes de management et
d’assurance de la qualité, les lignes directrices pour des systèmes de
management (Management de Projet, Management environnemental), les
référentiels décrivant les principales « fonctions » de l’entp, ainsi que tous les
docs-cadres de la rt clt-frs (contrat d’emploi, notice d’emploi, essais
comparatifs, etc.).
3
La normalisation des services qui s’inscrit dans ce cadre, a pour objectif
principal de doter ce secteur économique des outils d’identification de l’offre et
de la demande et des modes d’organisation qui ont fait leur preuve pour le
secteur industriel.