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Essais Infiltration

L'infiltromètre à disque permet de mesurer la conductivité hydraulique du sol en appliquant une pression négative sur une surface horizontale. Il utilise un vase de Mariotte pour maintenir une dépression constante et permet d'obtenir des valeurs de conductivité à différentes tensions, offrant ainsi une meilleure compréhension de la distribution des pores dans le sol. Bien que la méthode présente des avantages, elle a aussi des limitations, notamment la nécessité d'un sol horizontal et les effets de l'hydrophobie en surface.

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Essais Infiltration

L'infiltromètre à disque permet de mesurer la conductivité hydraulique du sol en appliquant une pression négative sur une surface horizontale. Il utilise un vase de Mariotte pour maintenir une dépression constante et permet d'obtenir des valeurs de conductivité à différentes tensions, offrant ainsi une meilleure compréhension de la distribution des pores dans le sol. Bien que la méthode présente des avantages, elle a aussi des limitations, notamment la nécessité d'un sol horizontal et les effets de l'hydrophobie en surface.

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Ecole de terrain de la ferme Sain (C2EA/INE/REZOC)

Notice d’utilisation de l’infiltromètre à disque (tension disc infiltrometer)


J.-P. Vandervaere (IGE)
[email protected]

En résumé :
L’infiltromètre à disque permet d’appliquer sur une surface horizontale une pression
constante (potentiel h0) légèrement négative c.a.d. légèrement inférieure à la pression
atmosphérique (= sous tension = sous succion).
La mise en dépression se fait grâce à un vase de Mariotte. La méthode la plus
répandue consiste à appliquer une série de tensions en attendant à chaque fois le
régime permanent d’infiltration. On conseille 6 ou 8 valeurs de tensions en allant vers
la saturation.
On obtient une portion de la courbe K(h) (conductivité hydraulique en fonction de la
"pression" h) sur laquelle on pourra repérer les éventuelles ruptures de pente qui
signalent une taille de pores bien présente dans le milieu.
La conductivité à saturation (Ks) peut être obtenue par extrapolation ou prise comme
la dernière valeur de K, à la tension la plus proche de zéro.
Par rapport à l’infiltromètre sous charge (h0 positif) les deux avantages sont (i) de ne
pas remanier la surface du sol (pas de détachement des fines, aucune paroi à enfoncer)
et (ii) de donner accès à K(h) et non pas seulement Ks. Les essais de type double
anneau ne sont donc pas à recommander.
Djougou, Bénin (2010)
Eléments du système :
1. Une embase destinée à être posée sur le sol
horizontal et qui est limitée à sa base inférieure par
une toile poreuse en nylon (diamètre des pores = 20
microns).
2. Un réservoir d’alimentation, gradué, et fermé en
haut (sauf pour le remplissage).
3. Un vase de Mariotte qui conduit l’air en dépression
à la base du réservoir, via un trajet en deux étapes.
4. Un sable fin de contact destiné à ce que le disque
"colle" bien à toute la surface du sol. En général on
utilise un sable tamisé à environ 100 ou 200 microns.
La petite taille des grains permet d’assurer la
saturation du sable même à h0=-10 ou -15 cm, et
l’homogénéité lui permet d’être hautement
perméable et donc, de ne pas être un facteur limitant
dans le processus.
Pour l’appareil que vous avez utilisé, h2 = 0.

J-P Vandervaere (Prof JP) A la surface du sable : h0 = h2 - h1 < 0 (2)


Pourquoi l’eau est-elle en tension ?
La seule entrée d’air se fait via le vase de Mariotte. L’air ne peut pas
passer par la toile nylon dont les pores sont trop petits, la rendant de
facto perméable à l’eau et imperméable à l’air (comme la céramique
d’un tensiomètre). Il faut donc un effort pour faire descendre l’air et
créer le passage des bulles, de même qu’avec un tuba on doit faire un
effort d’aspiration pour faire descendre l’air (le même qui permet,
inversement, d’aspirer un liquide vers le haut avec une paille).
Il n’y a pas non plus d’entrée d’air en haut du réservoir si le bouchon
est bien fermé. Cf. ampoules buvables ou Flanby…
La colonne d’eau dans le réservoir est donc en dépression.
Grâce au système de Mariotte, la tension de l’eau dans l’embase reste
toujours bien constante (la valeur de h0).

J-P Vandervaere (Prof JP) (3)


Si l’eau ne sort pas à l’air libre, pourquoi sort-elle quand il y a contact
avec le sol ?
Quand on tient dans la main une éponge moyennement humide (non
saturée), l’eau n’en sort pas à l’air libre, elle est en tension (h<0).
Une fois posée sur un sopalin, l’eau quitte l’éponge.

Explication : l’eau dans l’éponge est à une pression moins négative que
celle qui règne dans le sopalin, le transfert se fait dans le sens des
charges décroissantes (donc ici, à l’horizontale, on peut dire dans le
sens des pressions décroissantes).

Pour l’infiltromètre à disque, on applique des pressions h0 comprises


en général entre -15 cm et -5 mm, le sol avant essai est à une pression
hydrique beaucoup plus négative  il y aura bien aspiration capillaire
par le sol (remarque : sur un sol saturé, après un orage, il n’y aura pas
aspiration, on ne peut donc pas faire d’essai sur sol saturé ou quasi-
saturé.

J-P Vandervaere (Prof JP) (4)


Déroulement d’un essai (pour une tension h0) :
Le flux est suivi grâce aux graduations du réservoir et à un chronomètre.
Si I est le volume infiltré p.u. surface (lame infiltrée), sa dérivée / au temps est le flux q p.u. surface.
Au début le flux est plus fort, les effets capillaires dominent.
Au temps longs, la capillarité s’estompe et le flux devient gravitaire.
Quand le flux semble stable modulo les petites fluctuations dues aux
erreurs de lecture, on passe à la valeur suivante de h0. Quand toutes les
pressions souhaitées ont été appliquées, l’essai est terminé.
Exemple de série de valeurs de h0 (cm) :
- 10 ; -6 ; -3 ; -2 ; -1 ; -0.5
[note : attention, si la couche de sable est importante, il faut corriger cette hauteur dans les réglages du vase de
Mariotte. Ex. si il y a 8 mm de sable (en moyenne), il faudra régler le Mariotte sur -18 mm pour avoir -10 mm au sol,
ceci parce que la couche de sable est quasi hydrostatique (perte de charge négligeable)].

J-P Vandervaere (Prof JP) (5)


Equation de Wooding (1968) : 4 F0
q  K 0 
Elle exprime que le flux stabilisé q∞ est la somme d’un terme ver cal et d’un effet de bord. R
Cet effet de bord est en 1/R où R est le rayon du disque.
Vertical Lateral
F0 est le potentiel de Kirchhoff (intégrale de K(h) entre la pression initiale dans le sol (h_ini) et la pression imposée h0).
Méthode multi-potentiel :
C’est la méthode la plus pratiquée car elle est assez stable mathématiquement bien que fondée sur des hypothèses discutables
(relation K(h) exponentielle vs. exponentielle par morceaux, sol verticalement homogène).
Il existe aussi la méthode multi-rayon ou la méthode mono-test.

En supposant que K(h) est une exponentielle décroissante : K = Ks exp (a h), il vient : F0 = ∫ _ 𝐾 ℎ 𝑑ℎ = K0 / a

Donc :  4   4 
q0  K 0 1   K exp( a h ) 1 
 R a 
0 
 R a 
S
 
On voit qu’avec deux (ou plus) valeurs de pression h0, on trouve les
S te a dy flux
deux inconnues K0 et a (voir solution graphique ci-contre). Intercept gives K [(h1+h2)/2]

Problème : la plupart du temps les valeurs de ln(q0) ne sont pas alignées. On Slope = a

ln q2
résout alors le système par paires de valeurs de h0 considérant une exponentielle
ln q1
par morceaux (un bricolage pas bien rigoureux…).
h1 h2

J-P Vandervaere (Prof JP) pre ssure he a d (h 0 ) 0 (6)


0.06
Exemple d’essai avec 4 pressions appliquées :
0.05
millet field, sandy soil, Niger, R = 125 mm
Les 4 valeurs de flux q0 obtenues permettent de
calculer 3 valeurs de K aux centres des intervalles de 0.04
pression. Si l’évolution est bien progressive, on peut
0.03 - 10
estimer 2 autres valeurs de K (soit 5 en tout) en - 40
rajoutant les extrémités des 1er et dernier 0.02 - 100
- 100 - 70
intervalles.
0.01
Dans cet exemple c’est le cas, a varie peu, les ln(q0)
sont assez bien alignés. 0
0 2000 4000 6000 8000
t (se c)

Ici la courbe K(h) est


bien régulière, le
modèle exponentiel
est bien adapté, Ks
peut être estimé entre
1 et 1.2e-3 cm/sec.
Soit 40 mm/h environ.
J-P Vandervaere (Prof JP) (7)
EN CONCLUSION (1/3)

Une méthode bien meilleure que celle du double anneau (en charge).
Appareillage léger, utilisant peu d’eau, ne perturbant que peu ou pas le sol et donnant accès à une petite
portion de la courbe K(h). Les macropores ne sont pas actifs aux fortes succions,
l’activation des pores se faisant progressivement à mesure que h0 se rapproche de 0.
On explore ainsi véritablement la distribution de rayon des pores en place :
pour h0 = -15 cm, la limite de rayon de pore actif est environ r = 100 microns (loi de Jurin), pour h0 = -1 cm, elle
passe à r = 1.5 mm. A cette dernière pression h0, on peut donc considérer que le sol est saturé et K peut être assimilé
à Ks.
La méthode multi-potentiel est la plus fiable et la plus utilisée.
Le rayon de 10 cm est un bon compromis entre représentativité de la surface échantillonnée (que l’on veut maximale)
et nécessité d’un bon contact avec le sable et le sol (irréalisable pour un très grand disque).

J-P Vandervaere (Prof JP)

(8)
EN CONCLUSION (2/3)

L’appareillage a ses limitations :


§ Il faut un sol horizontal sinon la pression appliquée n’est plus homogène. Dans les pentes, il faudra donc creuser des
placettes horizontales et négliger l’effet des différences de capillarité amont vs. aval.
§ En surface, on rencontre souvent des problèmes d’hydrophobie liés à la
présence de matière organique. Celle-ci se mouille mal au début (angle de
mouillabilité non nul, voire supérieur à /2) puis de mieux en mieux avec
l’humectation progressive.
On a alors des flux qui ré-augmentent après avoir diminué et l’interprétation des
courbes de flux devient difficile.
§ Pour l’équation de Wooding, le sol devrait être homogène, isotrope et de
teneur en eau initiale uniforme. C’est une hypothèse presque toujours fausse !!

J-P Vandervaere (Prof JP)


(9)
EN CONCLUSION (3/3)

Après une demi-journée de pratique, on est opérationnel. Il faut


deux personnes pour le démarrage mais après quelques minutes
un opérateur peut travailler seul sur l’essai.

Prévoir un peu de souplesse sur le timing de la journée car on ne


contrôle pas à l’avance le temps de stabilisation des flux.

L’infiltromètre à disque est un vrai jeu d’enfant !...

J-P Vandervaere (Prof JP)

Cuernavaca, Mexique (2003)


(10)
VOTRE TRAVAIL POUR LE RAPPORT ECRIT ET LA SOUTENANCE
Vous expliquerez rapidement le fonctionnement des appareils (infiltromètres, tensiomètres à bougie poreuse,
tensimètre) et l’objectif des mesures.
Infiltrométrie :
Vous présenterez les courbes de flux au cours du temps (voir un exemple page 7 de ce document) et vous les
commenterez. N’oubliez pas le rapport de section.
Vous présenterez les courbes de flux stabilisés en fonction de la tension (potentiel matriciel) et vous les
commenterez. Et enfin, les courbes de conductivité, commentées également.
N’hésitez pas à aller demander les valeurs de Ksat des autres groupes pour calculer les moyennes et écart-types
pour la prairie et pour le sol cultivé.
Tensiométrie :
Montrez l’évolution de la mesure au cours du temps pour dire si la valeur était stable ou non.
Vous présenterez le profil de pression (ou potentiel matriciel h) et le profil de charge hydraulique H. Commentez
chacun.
Bon courage et prenez plaisir à présenter. Soyez passionnés pour être passionnants !!

J-P Vandervaere (Prof JP)


(11)

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