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Economie Forestière Recueil Actual

Le document présente un recueil de cours sur l'économie forestière, préparé par le Dr. Souleymane Diallo, qui aborde les enjeux économiques liés à la forêt, sa production, son exploitation et la création de richesses. Il souligne l'importance de l'économie forestière pour le développement durable et la nécessité d'une gestion rationnelle des ressources forestières face à leur raréfaction. Le cours inclut des analyses sur la formation des prix, les catégories de capital et les filières des produits forestiers, tout en mettant l'accent sur la contribution du secteur à l'économie nationale.

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Economie Forestière Recueil Actual

Le document présente un recueil de cours sur l'économie forestière, préparé par le Dr. Souleymane Diallo, qui aborde les enjeux économiques liés à la forêt, sa production, son exploitation et la création de richesses. Il souligne l'importance de l'économie forestière pour le développement durable et la nécessité d'une gestion rationnelle des ressources forestières face à leur raréfaction. Le cours inclut des analyses sur la formation des prix, les catégories de capital et les filières des produits forestiers, tout en mettant l'accent sur la contribution du secteur à l'économie nationale.

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Ministère de l'Enseignement Supérieur REPUBLIQUE DU MALI

et de la Recherche Scientifique Un Peuple -Un But -Une Foi


---------
Institut Polytechnique Rural de
Formation et de Recherche Appliquée
''IPR - IFRA''

ECONOMIE FORESTIERE
Recueil de Cours

Préparé par:

Souleymane DIALLO
Docteur d’Etat en Sylviculture Octobre 2017

Economie Forestière 3-e IEF IPR-IFRA Dr. Souleymane Diallo Page 1


SOMMAIRE

I. Introduction à l'économie forestière:

1. Objet de la matière
2. Nécessité de l’économie forestière et aspects principaux
3. Économie forestière et création de richesses
 Importance économique des productions forestières
 Économie forestière et création d’emplois et de richesses

II. Cadre de l'économie forestière

1. Les particularités
2. Les contraintes
3. Production forestière
 Notion de biens et d'actes économiques
 Production forestière
 Le cycle de production
 Planification de la production
 Statistique forestière
 Production continue - production élargie
4. Systèmes de production.

III. Formation de la valeur des produits forestiers

1. Formation des prix


 Coût de production et prix de revient
 Prix courant ou valeur marchande
2. Valeur d'utilisation
3. Valeur sociale de la forêt.

IV. L'exploitation forestière

1. Notion d'exploitation et d'aménagement


2. Définition des différentes exploitabilités
 Exploitabilité physique
 Exploitabilité Technique
 Exploitabilité absolue
 Exploitabilité économique
 Exploitabilité financière
 Exploitabilité commerciale
 Critères d'exploitabilité.

V. Les catégories de capital

1. Rappels

Economie Forestière 3-e IEF IPR-IFRA Dr. Souleymane Diallo Page 2


2. Capital fonds
3. Capital superficie
4. Capital de gestion
5. Capital d'exploitation.

VI. Les filières des produits forestiers

1. La filière bois
 Enjeux environnementaux
 Enjeux économiques
 Le commerce illégal de bois
 Le marché du carbone
 La certification forestière
2. Les produits forestiers non ligneux (PFNL)
 Définition
 Place des PFNL
 Importance économique des PFNL
 Stratégie d'aménagement des PFNL

Lectures

Glossaire

Bibliographie

Economie Forestière 3-e IEF IPR-IFRA Dr. Souleymane Diallo Page 3


AVANT PROPOS :

Le secteur forestier rencontre beaucoup de problèmes. Il s’agit d’apprendre à


appréhender ces problèmes, de les analyser en vue d’y trouver des solutions.
Ce faisant, il faut apprendre à réfléchir à ces questions, s’armer
intellectuellement pour contribuer à leur résolution. Par conséquent, dans ce
cours d’économie forestière, il sera largement fait appel à votre sens de
l’analyse, à votre logique. Une qualité est à développer particulièrement – la
curiosité !
Vous devez faire preuve d’initiative pour vous documenter afin d’enrichir et
d’améliorer votre culture générale. Pour ce faire, la méthode des exposés sera
utilisée pour traiter des questions spécifiques en relation avec la thématique
économie des ressources forestières. Des contrôles de connaissances se feront
sous la forme de dissertations scientifiques et de questions de réflexion.

Economie Forestière 3-e IEF IPR-IFRA Dr. Souleymane Diallo Page 4


I. INTRODUCTION A L’ECONOMIE FORESTIERE :

1. Objet de la matière:

La forêt joue un grand rôle dans la vie de l'homme et cela depuis ses origines. Dès l'apparition de
l'homme, la forêt a été le territoire indispensable de l'approvisionnement des populations groupées
en villages. Les hommes de toutes conditions y trouvaient à proximité de chez eux les produits
divers nécessaires à leur survie.

Si depuis des temps très reculés, l'agriculture a existé et les espèces agricoles ont bénéficié de
l'amélioration génétique, les espèces forestières, par contre, ont été victimes de l'exploitation des
individus les plus vigoureux au dépend de l'amélioration. Ainsi la sylviculture est née beaucoup
plus tard au XIX-è siècle et depuis « la forêt est entrée pleinement dans le domaine des
économies nationales, puis de l'économie mondiale» (J. Cosse, 1973). La place du matériau bois
évolue tellement vite qu'il est devenu le produit principal de la forêt. Si bien qu'on assimile
l’exploitation forestière à l’exploitation du bois et par conséquent cet aspect de l'exploitation
forestière est le mieux éclairé du point de vue économique.

En dépit de l'importance croissante de la forêt, il est difficile de répondre à la question si la forêt


peut devenir une affaire industrielle et commerciale avec un bilan financier positif; vu la longueur
démesurée des placements, la limitation de la mécanisation par la nature et les conditions
forestières?

D'autre part la forêt a beaucoup d'autres avantages, difficiles à évaluer économiquement, liés à
l'environnement comme la purification de l'atmosphère terrestre, la protection des sols,
l'adoucissement du microclimat etc. Le problème qui se pose à l'économie forestière est d'évaluer
concrètement tous les avantages indirects de la forêt ? Ceci constitue l'objet de l'économie
forestière qui étudie la production, l'exploitation et la consommation de biens forestiers, en
conformité avec les principes économiques, c'est-à- dire atteindre un but avec le minimum de
moyens ou réciproquement, réaliser le maximum d'effets avec les moyens donnés.

Pour réaliser ces objectifs, le forestier agit avec un ensemble d'instruments comme la politique
forestière, l'aménagement, la dendrologie, l'écologie, le génie, la statistique, les estimations
forestières etc. L’économie forestière est un vaste sujet, car il concerne la forêt, mais aussi ses
différents produits et comprend deux grands volets :
- L’économie de la forêt proprement dite, avec les revenus et dépenses associées à celle ci. Ceci
implique de s’intéresser à la rentabilité des différentes productions possibles. Le bois, bien sûr,
mais aussi la chasse ou encore les produits de cueillette. L’estimation forestière en tient compte.
- L’économie des filières (bois et autres produits issus de la forêt avec leurs caractéristiques
semblables à celle du bois transformé avec les différentes utilisations, ce qui implique une
connaissance des quantités par catégorie de produit et des flux correspondants. Elle nécessite
aussi une connaissance des principales caractéristiques correspondantes des forêts.

Les autres services rendus par la forêt comprennent le stockage et la fixation du carbone, la
production d’eau potable (régulation du débit et de la qualité), la protection contre les aléas (crues,
inondations, etc.), la régulation du climat et la fertilisation des sols, etc. La plus importante de ces
services étant la protection de l’environnement qui acquiert davantage de valeur et d’attention.

2. Nécessité de l'économie forestière et aspects principaux:

Comme l'ont affirmé des économistes célèbres, l'économie, en tant que discipline, est née de la
nécessité de l'utilisation judicieuse de ressources devenues rares. Il n'y aurait pas d'économie si
les ressources indispensables existaient en quantité suffisante pour couvrir les besoins. Les

Economie Forestière 3-e IEF IPR-IFRA Dr. Souleymane Diallo Page 5


ressources forestières ont la faculté d'être des ressources indispensables aux populations et à
l'économie en général et d’être des ressources de plus en plus rares.

Utiliser correctement des ressources indispensables, devenues rares est davantage une affaire
économique, qu'une affaire de morale. Aussi plus vite l'économie entrera de plein pied dans le
secteur forestier, mieux cela voudra pour toute l'économie, compte tenu des potentialités du
secteur. En effet, beaucoup de produits et de services de la forêt ne sont pas appréhendés par les
statistiques, mettant à nu des difficultés pour ce faire que l’économie forestière doit résoudre.

Chaque secteur économique produit des biens indispensables aux autres secteurs de l'économie
nationale. Cette production se fait par une technologie spécifique à laquelle est liée la structure du
secteur en question: la forme des entreprises, la quantité et la qualité du personnel utilisé. Ainsi la
forêt constitue un secteur de l'économie nationale proposant une production sous forme de divers
produits forestiers dont la plupart constitue son apanage, et l'économie forestière s'occupe des
questions d'optimisation de la production forestière. Son domaine d'intervention est la forêt.

Ceci nous amène à définir la forêt comme un ensemble de composantes végétales et animales
dans un milieu donné, source de biens et de services variés». Dans toute forêt l'élément principal
est constitué par les arbres qui doivent avoir une certaine densité rendant possible l'interaction des
individus menant à des phénomènes impropres aux arbres poussant librement. La forêt par
l'interaction de ses composantes, tout en étant dépendant du milieu, agit sur ce même milieu
créant un microclimat et déterminant les phénomènes pédologiques.

Compte tenu de la situation spécifique du Mali, pays sahélien où dans la plupart des cas on parle
de couverture végétale plutôt que de forêt, nous entendrons par forêt le domaine forestier,
domaine légal d'intervention du service chargé des forêts. L'ordonnance N° 81-24/PRM du 6 Août
1981 qui détermine les tâches de ce service donne une bonne définition du domaine forestier. Il
comprend les forêts, les périmètres de reboisement, les terrains soustraits des défrichements pour
des raisons de protection, les terrains de parcours portant une végétation arborée ou arbustive, les
jachères anciennes. La loi 81-24 a été modifiée par la loi 95-004 du 18 janvier 1995 qui soustrait
les terrains de parcours du domaine forestier et introduit la notion de vocation forestière.
Autrement dit la distinction entre les domaines forestiers et de l’élevage (article 2 et 3).

D'une manière générale le domaine forestier recouvre tout le territoire national à l'exception des
terrains de culture, des jachères récentes et des terrains faisant l'objet d'un titre foncier. Autrement
dit, le secteur forestier englobe tout ce qui a trait à la gestion des ressources naturelles
renouvelables. C’est un domaine très vaste dont la gestion correcte nécessite beaucoup de
moyens.

Les activités du secteur forestier s'appliquent dans trois domaines: le domaine forestier
proprement dit, le domaine piscicole et le domaine de la faune.

La forêt au Mali est la source de multiples biens (bois, produits alimentaires, d'embouche, produits
techniques et médicinaux) faisant l'objet d'une demande croissante. La satisfaction de cette
demande implique l'organisation de l'exploitation rationnelle des produits de la forêt dans le souci
d'arrêter l'épuisement des réserves. Ceci est d'autant plus urgent que la forêt est exposée à
l'action combinée d'une exploitation abusive, due à la pression démographique et à des facteurs
climatiques défavorables. C'est pourquoi la forêt doit cesser d'être considérée comme une
source inépuisable de biens qu'on récolte sans souci du lendemain. Ainsi l'économie
forestière a un défi à relever : celui de la satisfaction des besoins croissants de l'économie
nationale en produits forestiers tout en assurant la pérennité des réserves.

3. Économie forestière et création de richesses

Economie Forestière 3-e IEF IPR-IFRA Dr. Souleymane Diallo Page 6


3.1 Importance économique des productions forestières:

Les productions forestières ont une importance économique difficile à exagérer et cela en dépit du
fait que de nombreux biens et services forestiers demeurent encore non évalués. Au Mali, la forêt
constitue une branche productive assez importante. Elle est la 4è branche productive après
l'élevage, l'agriculture vivrière et commerciale (tabl. 2).

Selon ce tableau on constate que le secteur forestier participe en moyenne pour près de 40
milliards au PIB. Cet apport est sous-estimé pour la simple raison que de nombreuses ressources
forestières échappent à toute statistique car soit auto consommées (viande, bois produits de
cueillette) soit tout simplement ignorées (plantes médicinales).

Certains produits forestiers comme les graines de karité, la gomme arabique, la cire d'abeille etc.,
font l'objet d'exportation, rapportant ainsi des devises pour la couverture des importations.
Malheureusement le volume de ces exportations est en baisse en raison de l'influence des
facteurs climatiques défavorables et de la destruction par les populations des principaux massifs.

3.2. Économie forestière et création d’emplois et de richesses

Le secteur forestier peut contribuer le plus à la croissance économique en investissant les profits
tirés de la forêt dans d'autres industries ou secteurs qui ont un potentiel de croissance plus grand.
Le bois est certainement l'une des matières premières disponibles qui a le plus d'utilisations et la
plupart des produits du bois sont des biens intermédiaires, ils sont utilisés comme matières
premières par d'autres industries: construction, meubles etc. Les industries forestières ont donc de
fortes liaisons "aval" avec les autres parties de l'économie. Quand le bois est disponible, ou peut
être produit dans le pays, les industries forestières ont aussi des liaisons "amont" avec l'économie
contribuant à la création ou à l'expansion de toute une gamme d'autres activités économiques.

Les petites entreprises rurales constituent une source de revenus pour les pays en développement
qu’on ne peut souvent comparer qu’à l’agriculture en termes d’importance de l’emploi rural. Dans
l’ensemble de ces petites entreprises, les petites industries de fabrication, et de transformation,
notamment les petites entreprises de traitement de produits forestiers représentent une part
importante. Outre l’emploi, ces petites entreprises forestières offrent des revenus aux
entrepreneurs et à leurs familles, permettent le transfert de compétences à travers une formation
sur le tas. Il est important de noter que les gains provenant des petites industries forestières
rurales ont un effet stabilisant sur les revenus des agriculteurs.

Les petites industries forestières sont caractérisées par:


- des opérations techniquement simples exigeant des compétences limitées et un capital modeste;
- une concentration en zones rurales;
- une dépendance vis-à-vis de l’entrepreneur et de sa famille pour la main d’œuvre;
- une taille réduite.

La majorité des petites industries forestières produisent soit des meubles, des pièces de
charpenteries, des outils agricoles, et divers autres pièces ou articles tirés du bois (paniers, nattes,
balais, cordes etc.). Certains de ces produits alimentent avant tout les ménages ruraux et les
marchés locaux, d’autres trouvent leurs débouchés en dehors des zones rurales.

D’autre part, nombreuses sont les industries à base de bois qui sont faciles à construire, en
comparaison de la plupart des autres industries. Les scieries, les fabriques de placage et de
contreplaqués, de meubles et d'emballage en bois, impliquent des techniques relativement simples
ne nécessitant pas de grands capitaux et peuvent fonctionner de façon viable à petite échelle.

Economie Forestière 3-e IEF IPR-IFRA Dr. Souleymane Diallo Page 7


Tabl.2. Répartition du PIB par branche d'activités.
(Source DNSI) en milliards de francs CFA.

Secteur économiques 1986 1987 1996 1999 2000

Agriculture vivrière 93,142 93,017 241,619 257,145 287,473


Agriculture commerciale 20,679 22,440 117,490 144,978 151,635
Élevage 110,806 115,346 136,583 174,549 180,136
Pêche 8,553 5,727 13,774 15,869 16,499
Sylviculture et cueillette 40,301 40,301 74,458 89,672 94,724
Total Secteur primaire 273,281 276,992 583,924 682,213 730,467
Total Secteur secondaire 67,485 67,550 205,540 292,743 316,517
Total Secteur tertiaire 187,431 226,135 443,676 568,606 612,577
PlB, TOTAL 528,179 570,677 1 319,336 1 670,699 1 799,763

Tabl. 3. Place du secteur forestier dans le PIB et la création d’emplois en Afrique Centrale.
Pays Contribution au PIB Nombre d’emplois directs créés

Valeur (%) Année Valeur (%) Année


Cameroun 6 2004 13 000 2006
Congo Brazza 5,6 2006 7 423 2007
Gabon 3,5 2009 14 121 2009
Guinée Equatoriale 0,22 2007 2 000 2007
RCA 13 2009 4 000 2009
RDC 1 2003 15 000 2007
Total - - 55 541

Tabl. 4. Superficie des concessions forestières par pays d’Afrique Centrale.


Pays Superficie forestière Superficie totale des Année
en 2010 (ha) concessions forestières (ha)
Cameroun 18 640 190 6 381 684 2009
Congo Brazza 17 116 583 12 669 626 2010
Gabon 22 324 871 9 893 234 2009
Guinée Equatoriale 2 063 850 - 2010
RCA 6 915 231 3 022 789 2009
RDC 101 822 027 12 184 130 2011
Total 168 882 754 44 151 463 -

Il est à noter qu'il existe nombre de petites unités de ce genre dont les besoins sont seulement
couverts à 15% par la forêt malienne, déterminant des potentialités de développement.

Enfin, la nature extensive de la foresterie, le caractère encombrant du bois et les pertes dans la
transformation favorisent la transformation du bois près des sources du bois lui-même afin de
réduire le coût du transport. Les industries forestières peuvent donc aider à la dispersion de
l'industrie et forment des pôles pour un développement intérieur dans les zones rurales du pays.

Enfin de compte, les potentialités de la foresterie pourraient contribuer à atteindre les objectifs
nationaux d'une croissance économique rapide, d'une meilleure distribution des revenus, d'une
amélioration de la balance des paiements, d'une réduction du chômage etc.

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II. CADRE DE L’ECONOMIE FORESTIERE :

1. Les Particularités:

Chaque secteur économique en tant que tel a des particularités qui le différencient des autres
secteurs. L'économie forestière aussi a ses particularités au nombre des quelles entrent:

 la longueur du processus de production. Exemple la production de bois de feu à base


d'essences à croissance rapide prend 7 ans, tandis que la production de bois à base
d'espèces de grande valeur demande beaucoup plus de temps.
Cette particularité de l'économie forestière détermine l'étendue des investissements. En effet le
long intervalle de temps entre les investissements et le retour de fonds sous forme de produits
forestiers impose aux planificateurs d'accorder la demande avec le rythme et l'échelle de la
production. C'est pourquoi il est important d'assurer la production rationnelle et continue des
produits de la forêt.

Ce principe de base garantira le souci de satisfaction des besoins non seulement des
générations actuelles mais aussi des générations à venir;

 le caractère multiforme de la forêt c'est-à-dire que la forêt a à la fois un rôle de


production de bien matériels divers et un rôle de protection.
Ces deux aspects du rôle de la forêt ont chacun leur importance, indispensable à la société et
souvent ces rôles s'excluent posant le problème de la spécialisation des massifs;

 la dépendance vis-à-vis des facteurs naturels: la production forestière dépend de la


fertilité des sols, du climat, de la nature même de la forêt, de sa composition, facteurs dont
on doit tenir compte lors de l'organisation de la production forestière.
Une organisation intelligente de la production à son tour permettra d'agir efficacement sur la
croissance et le développement de la forêt la rendant plus contrôlable. De cette particularité
découle une quatrième qui est:
 le caractère saisonnier des travaux: cette particularité a un grand impact sur la structure
et l'organisation de la production. En effet la dépendance vis-à-vis des facteurs naturels
entraîne une discontinuité dans les activités surtout sylvicoles posant le problème de
l'utilisation à plein temps des cadres. Pour pallier à ce problème, on organise les activités
sylvicoles en hivernage et l'exploitation forestière pendant la saison sèche. Cet état de fait
justifie la nécessité de la formation de cadres de terrain de profil large;
 le premier moyen de production est la terre: dans le cas de la foresterie en plus de la
terre il faut qu'il y ait une forêt dessus. Autrement, il faudrait d'abord la créer, puis appliquer
l'économie.
 le capital et le revenu forment un tout. Ceci concerne la production de bois, principale
production forestière. En effet le revenu forestier (la production de bois) est prélevé en
même temps que le capital (les arbres) imposant de nouveaux investissements. Cette
particularité pose le problème de la création d'exploitations forestières composées de
peuplements d'âges différents permettant une exploitation continue modulée dans le
temps.

La prise en compte des particularités décrites rendra possible une action sensible sur la forêt la
rendant plus contrôlable et augmentant la productivité. L'intervention de la sylviculture doit avoir
pour objectif d'assurer une telle action des différents composants de la forêt pour qu'au cours de la
photosynthèse la lumière, l'eau et les substances nutritives minérales soient utilisées au maximum
de leur efficacité. Le Mali est un grand pays avec des zones aux conditions économiques et
climatiques différentes. Ces spécificités locales doivent être prises en compte lors de l'organisation
des travaux sans oublier les exigences spécifiques des espèces présentes.

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2. Les contraintes:

Les contraintes de l'économie forestière sont des difficultés d'ordre économique. Certes, les
particularités de l'économie forestière tout en étant des difficultés d'ordre physique et technique ont
un impact économique certain.
Pratiquement toutes les forêts à l'heure actuelle ont subi l'action de l'homme. Cette action humaine
revêt un caractère soit de destruction ou de création. Dans le cas du sahel, l'action humaine a
revêtu plutôt un caractère de destruction de telle manière à mettre en péril l'existence des
populations.
Dans les activités forestières les contraintes suivantes peuvent être rencontrées:

 les conditions difficiles de travail (conditions climatiques, éloignement, difficultés de


mécanisation etc.) rendent difficile le recrutement de la main-d'œuvre et l’utilisation du
matériel.
 de nombreuses ressources naturelles d'une importance vitale n'appartiennent à
personne et manquent, par conséquent, de la protection et du contrôle apportés
normalement par un propriétaire privé. Si cette situation était supportable lorsque les
ressources naturelles hors propriété étaient abondantes et qu'on pouvait les exploiter de
façon insouciante sans conséquence grave, tel n'est plus le cas. Ainsi, nous ne pouvons
plus désormais nous permettre pareille négligence. Cela ne veut pas dire que l'extension
de la propriété privée soit la solution à tous les problèmes rencontrés par l'économie
forestière, bien que la propriété privée puisse permettre de corriger certains. On a de
bonnes raisons de penser qu'il est impossible en pratique et peu souhaitable de conférer
des droits de propriété privée sur certaines ressources. D’abord les ressources qui
constituent l’environnement ne se prêtent pas toutes à la propriété privée car il leur manque
la possibilité d’exclusion. En d’autres termes, il est pratiquement impossible d’exclure
l’accès de certaines personnes à certaines ressources ou de les empêcher d’en bénéficier,
soit en raison d’une impossibilité physique, soit parce que pour contrôler cet accès il
faudrait mettre en œuvre des moyens extraordinairement coûteux et compliqués ou encore
parce qu’il serait inacceptable, d’un point de vue social, d’imposer des interdits à ce niveau.

Tabl. 3 Structure du budget d’état forestier. Évolution (sources DNEF) en millions de francs

Salaires 1980 1981 1982 1983 1984 1985 1986 1987 1988 1995
134,492 509,324 502,324 455,932 273,942 325,09 331,961 375,444 368,962 637,497
En % 82,00 85,50 91,00 93,04 93,34 87,47 87,70 90,72 91,40 80,38
Frais/ 29,484 86,077 50,77 34,080 19,541 46,542 46,542 38,387 34,724 115,616
fonct.
En % 16,00 14,50 9,00 6,96 6,66 12,53 12,30 9,28 8,60 19,62
TOTAL 163,976 595,300 553,094 490,014 293,483 371,632 378,503 413,831 403,686 793,114

 Le déséquilibre structurel du Budget d'Etat Forestier qui est lié au déséquilibre


structurel général de l'économie nationale compromet l'exécution systématique des actions.
Le Budget d'Etat Forestier est un budget de salaires (tabl. 3.), car les salaires absorbent
près de 85% pour 15% de crédit de fonctionnement. Si bien que l'exécution du programme
forestier est liée aux apports extérieurs de capitaux1 ;
1 Un certain effort d’investissement interne est consenti ces dernières années. En 1995 le budget comportait 58,938 millions
(7,43%) répartis en :
 21,462 : équipement des directions et services
 19,288 : reboisement
 18,188 : aménagement des forêts
Comme on le voit cet effort interne d’investissement demeure symbolique.

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Tabl. 4. Structure du personnel forestier et évolution

Dénomination 1970 1980 1985 1990 1995 2000 2021


Ingénieurs des Eaux et Forêt - 123 196 203 177 188 159
Techniciens supérieurs 9 185 369 388 316 330 277
Agents Techniques 155 197 149 208 172 283 344
(contrôleurs et préposés des
E.F)
Gardes chasses 43 34 32 24 - - 74
Moniteurs de Pêche - 44 16 - - -
TOTAL 207 583 762 823 665 601 854

 La faiblesse du personnel d'encadrement forestier et le manque de moyens


logistiques rendent difficiles le contrôle systématique des exploitations et la protection des
ressources qui sont pillées jusque dans les domaines et réserves classés. Le tableau 4
permet de se rendre compte que des mesures ont été prises pour doter le service en
cadres techniques, mais force est de constater que les mesures demeurent insuffisantes.
En 2000 on estimait le besoin réel en cadres à 1208 agents contre 601 en activités. On
constate que le besoin humain n’est toujours pas comblé en 2021. Cette faiblesse du
personnel d'encadrement, notamment les gardes forestiers, explique dans une certaine
mesure la dégradation des ressources forestières, faute de contrôle et aussi la faiblesse
des rentrées de fonds.

 Les investissements privés sont difficiles à mobiliser en direction du secteur


forestier, car à la longueur des délais il faut ajouter le taux habituellement bas de
rendements des capitaux. Le taux de rendement faible des capitaux qui, d'après J. Cosse,
est l'ordre de 3%.

 La valeur modique des taxes et redevances et des prix des produits forestiers
largement en deçà des coûts de production des produits, ainsi, rendant aléatoires les
activités de reboisement.

 Les habitudes coutumières des populations constituent un frein au développement du


secteur car elles ne voient pas la nécessité et l'intérêt d'abords pour elles-mêmes, de
préserver et conserver les ressources. La protection de l'environnement n'est pas encore
solidement ancrée dans nos mœurs.

3. Production forestière:

3.1. Notion de biens et d'actes économiques :

Un bien économique est une chose capable de satisfaire un besoin et disponible pour cette
fonction. Pour qu'il y ait un bien économique trois conditions doivent être remplies:

 L'existence d'un besoin chez une personne et le rapprochement qu'elle fait entre ce besoin
et un bien capable de le satisfaire;
 La possibilité pour la personne d'utiliser ce bien;
Le fait que le bien existe en quantité limité. Ainsi l'air indispensable à la vie, mais qui n'exige
aucune activité économique pour être utilisable n'est pas un bien économique.

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L'activité économique est l'activité humaine qui a pour objet de satisfaire les besoins des hommes
par la production de biens et de services. C'est donc essentiellement une activité de production.

Comme les biens et les services, que l'homme peut produire sont toujours en quantité limitée par
rapport aux besoins qui sont eux illimités, la notion d'activité économique implique donc un choix. Il
s'agit, à partir de ressources limitées, d'aboutir à la meilleure satisfaction des besoins.

L'activité économique comporte des actes de production, des actes d'échange et des actes de
consommation.

3.2. Production forestière:

L’économie forestière en tant que secteur économique produit des biens et services, nécessaires à
la société selon un processus bien précis. On appelle processus de production un ensemble
d'actions concourant à la réalisation de la production. Toute production comprend:
 une production principale
 une production auxiliaire ou secondaire (production technique, matérielle, d'entretien).
Exemple: dans le processus de production du charbon de bois, on distingue:
 Le charbon, qui est la production principale;
 La tranchée de carbonisation, qui est la production auxiliaire, mais sans laquelle il n'y aurait
pas de charbon.

Chaque processus de production est composé de phases. Par exemple la production de bois
d'œuvre comprend:
 les travaux en forêts;
 le transport;
 les travaux en scierie.

Les phases à leur tour sont composées d'opérations. Une opération est une série d'actions avec
les mêmes outils. En fonction de leur contenu ou de leur niveau de participation à la production,
les opérations aussi sont principales (technologiques) ou auxiliaires.

La somme des opérations technologiques donnent le processus de production technologique qui


peut être simple ou, complexe. Le processus technologique est simple quand la matière première
subit une série d'opérations pour donner le produit fini. Par exemple la production de bois de feu
comporte les opérations suivantes: l'abattage des arbres, le façonnage, le transport. Toutes ces
opérations n'altèrent pas la nature de la matière première.

Par contre dans un processus technologique complexe le produit fini est obtenu par la
combinaison de plusieurs éléments. Par exemple la production de charbon de bois. Par
conséquent un processus technologique complexe est une somme de processus simples.

Par rapport à leur disposition dans le temps, il existe des processus continus et discontinus de
production:

 processus continus: quand les opérations se suivent en séries sans arrêts involontaires.
Exemple: l'exploitation de bois de feu.
 processus discontinus: avec des arrêts obligatoires. Exemple: les activités sylvicoles de
reboisement comprennent les opérations de préparation du terrain, le semis et l'entretien,
entre lesquelles il y a des arrêts indépendants de la volonté du producteur.

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Il est nécessaire de connaître en détail le processus de production dans un souci de planification
efficace du travail, car dans le cas des technologies complexes, l'arrivage des matières
complémentaires doit être en accord avec le volume de la matière première à traiter.

3.3. Le cycle de production

Au cours de la production, la matière première est traitée pendant une durée de temps bien
précise. La durée de temps entre le début du processus et le moment de la formation du produit
fini constitue le cycle de production. Naturellement le cycle de production dans le cas d'un
processus technologique discontinu comprend la durée des temps d'arrêt.

La durée du cycle de production a son importance en planification. Elle permet de déterminer le


volume des réserves de matières premières et des autres composants, et par conséquent la valeur
du fond de roulement entre les différentes phases. La réduction du cycle de production
renforce l'efficacité de la production.

3.4. La planification de la production

Toute planification sous-entend la détermination avec précision du volume du travail et de la


production, l'ordre d'exécution des opérations, la composition et la disposition des moyens de
production et de la main-d’œuvre. L'élaboration d'une meilleure technologie de production exige la
prise en compte des conditions de production; l'utilisation de toutes les ressources disponibles,
des progrès de la science et de la technique. L'élaboration de schémas et de plans d'organisation
de la production est nécessaire.

3.5. La statistique forestière:

L'importance de la statistique est difficile à exagérer dans tout travail de planification. Autrement dit
il est impossible d'élaborer des plans de développement de la foresterie ne disposant pas à cet
effet de données complètes sur les superficies, la croissance et le développement des massifs
forestiers, des besoins en produits, des conditions économiques de production (moyens humains
techniques, financiers etc.).

Une analyse même brève des différents documents sur la foresterie au Mali permet de se rendre
compte de l'insuffisance des données non seulement statistiques (économiques) mais techniques
(sylvicoles) sur les principaux massifs du pays qui demeurent à ce jour insuffisamment étudiés.

3.6. Production forestière continue. Production élargie :

Le principe de départ pour l'organisation de la production forestière au Mali est la propriété


collective (d'état) sur tous les massifs forestiers du pays. De ce fait la production, l'exploitation et la
consommation des produits forestiers doivent s'effectuer dans l'intérêt de toute la communauté et
en conformité avec les objectifs socio-économiques du développement du pays.

Seulement dans la pratique, les ressources forestières du pays manquent de protection et de


contrôle et de ce fait sont surexploités avec les conséquences connues et vécues par tous.

Production continue: La principale particularité de l'économie forestière est la longueur du


processus de production. Si par exemple pour produire du bois de feu, où il faut 7 ans, on créait un
peuplement, cela veut dire qu'on aurait la production de bois dans 7 ans. Pour avoir une nouvelle
production de bois de feu, il faudrait créer un nouveau peuplement et attendre encore 7 ans. Il est
clair qu'une telle organisation n'arrange personne, principalement les communautés, dont les
besoins ne peuvent pas attendre d'être satisfaits. C'est là qu'intervient la notion de production

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continue, qui exige la création d'un peuplement chaque année de la première année jusqu'à la
dernière année du cycle de production.

Production élargie: Comme les besoins en produits forestiers sont en hausse constante
d'année en année du fait de l'accroissement démographique, la superficie boisée chaque année
doit permettre une production de bois, au terme du cycle, égale à la production escomptée qui
sera élargie d'année en année.

Ainsi l'économie forestière doit permettre une telle organisation des activités qui assure une
production continue et élargie des produits forestiers.

4. Les systèmes de production:

En économie forestière, le système de production est un ensemble de moyens et méthodes


utilisés pour assurer la production des produits forestiers. On distingue les systèmes suivants:

 La production en régie : La plupart des forêts étant propriété de l'état, ce dernier dans le but
d'assurer la production fournit le capital, assure l'exploitation par ses propres agents et ainsi
court les risques de l'entreprise publique.
 La production par concession : est un système par lequel l'état concède une partie du
domaine forestier à une personne physique ou morale pour sa mise en valeur.

Les concessionnaires organisent leurs activités d'exploitation comme une entreprise où ils
fournissent le capital et assurent la gestion. Ce mode de production est soumis à un cahier de
charges dans lequel sont édictées les règles et techniques d'exploitation dont l'observation est

obligatoire. Ex: SGCF TAM Voyages; Complexe forestier d’AID Sa; SEFAM Sa, etc.

 La production en semi régie : est une forme intermédiaire des deux systèmes précédents.
C'est un modèle d'entreprise mixte ou l'état apporte un appui technique ou matériel à la
production d'une personne morale privée. Le capital peut être fourni par la personne morale
sous forme de main-d’œuvre, généralement encadrée par le service forestier. C’est le cas des
forêts communautaires encadrées par le service forestier. Ex: Forêts encadrées par
GEDEFOR.
 La production par permis de coupe : Les permis de coupe portent sur un nombre d'arbres,
de pièces de bois de service, de stères de bois de feu ou de quintaux de charbon de bois et
des PFNL. Les permis sont délivrés par le service forestier à des particuliers, disposant d’une

autorisation à cet effet. Une redevance est perçue lors de la délivrance du permis. (voir loi 10-
028 et décret 10-388).
 La production traditionnelle: est un mode de production des produits forestiers assuré par
les populations rurales pour leur consommation personnelle. Les produits sont prélevés par

elles gratuitement. Cette exploitation est encadrée par le droit d’usage (loi 10-028, chapitre I
art. 37-55).

C'est un système de production injuste dans son essence et dangereux pour la préservation des
ressources forestières. En effet les ruraux qui constituent 80 % de la population de notre pays sont
libérés de taxes forestières sur les produits qu'ils consomment, taxes qui alimentent le Fonds
Forestier National. Le danger vient du fait que, d'une part il y a évasion fiscale du Fonds Forestier,

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compromettant les actions de reboisement, et d'autre par un gaspillage des ressources dû à leur
gratuité.

Devant cet état de fait et compte tenu de l'importance économique du secteur, la nouvelle stratégie
de mise en œuvre de la Politique Forestière Nationale recommande:
 d'intégrer la planification des secteurs forêt et pêche dans les Politiques Nationales de
planification économique; de rechercher systématiquement la participation des populations et
l'intégration des actions forestières et halieutiques aux autres actions de développement.

L'application de cette nouvelle politique forestière permettra :


 d'aménager des surfaces qui doivent être affectées de façon permanente à la forêt; d'obtenir le
maximum de biens et services des secteurs forêt et pêche; d'organiser les filières des produits
issus de la forêt et de la pêche; de créer les conditions pour une participation des populations à
la gestion des ressources naturelles renouvelables.

Cette nouvelle stratégie met l'accent sur l'implication des personnes physiques ou morales privées
dans la protection, la gestion et l'exploitation des ressources forestières et halieutiques par la
gestion mixte, la concession et la formation de domaines forestiers privés.

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III. Formation de la valeur des produits forestiers
Le prix est l'expression monétaire de la valeur d'un produit. La valeur d'un arbre, d'un peuplement
dépend de nombreux facteurs. Elle dépend du niveau général atteint par les prix, de la nature des
essences, de la forme et de la grosseur du tronc, de la qualité du bois etc... Elle évolue avec l'âge
ainsi qu'en fonction du traitement. Enfin elle est influencée par la politique gouvernementale dans
le domaine.

Il convient de noter que la formation de la valeur des produits forestiers au Mali est fortement
influencée par la politique gouvernementale car, la valeur des principaux produits est fixée par
décret (loi N°86-47/AN-RM) sous forme de taux de redevance et uniformisée sur toute l'étendue du
territoire national2.

1. Formation des prix

Le prix des produits dépend d'une part de leur coût de production et d'autre part de l'utilisation à
tirer de ces produits.

1.1 Coût de production et prix de revient :

La production forestière n'est pas gratuite, il y a à rémunérer du travail humain et des capitaux. Le
coût de production est la somme de toutes les dépenses engagées pour la production du produit
(dépenses, en matières premières, en matériels, amortissement de l'équipement, salaire du
personnel).

Les dépenses supplémentaires endossées, mais n'entrant pas directement dans la formation du
produit, ajoutées au coût de production forment le prix de revient.

1.2. Prix courant ou valeur marchande :

Le prix courant est déterminé par la loi de l'offre et de la demande. Toute entreprise pour être
viable doit pouvoir vendre à un prix courant supérieur au prix de revient de son produit.
Le prix courant tel qu'il est déterminé par la loi de l'offre et de la demande laisse parfois la
production en déficit, inversement il arrive aussi que sous l'urgence des besoins, l'acheteur paie un
prix manifestement élevé.. Aussi a-t-on souvent tenté d'établir un "juste prix" qui ne laisse pas de
bénéfices scandaleux au vendeur, mais serait cependant supérieur au prix de revient.

En économie libérale, la concurrence permet de ramener le prix courant vers le prix de revient. En
économie dirigée, ce but est atteint par la fixation d'un prix maximum par les pouvoirs publics. En
matière de bois une bonne taxation est particulièrement difficile car il y a tellement de différences
de qualité pour une même essence suivant les facteurs de croissance.

1.3. Valeur d'utilisation:

La valeur d’une forêt est une notion complexe, en fonction des usages que l’on en a, de
l‘importance et de l’âge des différentes espèces d’arbres présents, de leur croissance, de la fertilité
du sol, des motifs qui amènent à faire ces calculs, etc.

2 La loi 86-47 a été modifiée par la loi 95-003 portant organisation de l’exploitation, du transport et du commerce du bois qui
fait une différentiation des types d’exploitation :1) exploitation contrôlée ; 2) exploitation orientée et, 3) exploitation incontrôlée.
La valeur du produit, c'est-à-dire la taxe perçue varie en fonction du type d’exploitation conformément au décret n° 95-422
PRM. Ainsi le stère de bois prélevé d’une exploitation incontrôlée coûte 500 FCFA dans l’orientée – 300 FCFA dans la contrôlée – 200
FCFA la stère. Le même décret fixe le prix des autres produits (bois vivant par espèces, charbon etc.…)

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La valeur peut être économique, avec notamment les éléments suivants :
- Le bois (pour l’industrie, pour ses besoins propres en bois de chauffage ou autres) ;
- Les produits forestiers non ligneux ;
- La chasse ;
- La récréation et les loisirs (promenades en famille, sentiers pédestres, etc.) ;
- Le stockage du carbone ;
- La protection des populations (lutte contre l’érosion ou contre les crues, etc.)
- La biodiversité,
- L’influence sur le microclimat local.
C’est aussi un patrimoine social et culturel

Parlant du bois, la valeur de la marchandise récoltée est sous la dépendance du prix des objets
qui en résulteront. Si partant d'une même quantité de bois on peut en obtenir des objets de valeurs
différentes, on en déduit différentes valeurs pour le bois lui-même. Parmi ces différentes valeurs
reliées à différentes utilisations possibles, la vraie valeur est celle qui est la plus élevée, celle
qui correspond à l'utilisation la plus avantageuse.

Le bois le plus cher du monde: Le bois de teck est un bois très cher, de l’ordre de 3 000 à 4 000
euros le m3. On en rencontre de plusieurs provenances, en naturelle et en plantation. Celui de
plantation que l’on trouve notamment en Afrique (Côte d’Ivoire, Ghana, Nigeria, Guinée, Congo
Brazza autour de Pointe Noire) est moins cher (de 10 à 15%). Et effet, le teck africain ne se trouve
qu’en petite taille car les arbres sont exploités trop jeunes et donc leurs diamètres sont petits, sa
qualité est belle, cependant « Le teck de plantation est un arbre rempli de défaut à l’intérieur ».
Extérieurement, ils sont beaux mais quand on les ouvre, c’est plein de nœud. Donc quand ils sont
débités, on est obligé pour faire du premier choix de faire des petites dimensions entre les défauts.
On en fait de la frise à parquet. Les grandes dimensions, on les obtient en teck de Birmanie,
jusqu’à 4 m sans un nœud, impeccable, ce qui fait du teck de Birmanie le bois le plus cher du
monde. Selon un importateur, le prix élevé du teck ne pose pas problème. « Nos clients ne
discutent jamais les prix car c’est du trop haut de gamme. La demande est réelle. Sinon, vous
prenez un autre bois comme l’iroko ou des bois d’Amérique du Sud comme l’ipé. Mais ces bois
n’ont pas la classe ou la qualité du teck ! »
Autre grand mouvement de fond, à travers le monde on se tourne vers l’utilisation accrue de
pellets de bois pour générer de l’énergie. Le Japon a déclaré que le nombre d’usines fabriquant
ces pellets serait multiplié par cinq ces prochaines années, tandis que la société Scanstyle au
Ghana est en train de développer des mécanismes pour réduire ses déchets de bois en utilisant la
sciure pour fabriquer des pellets destinés à produire de l’électricité qui serait revendue.

Prix des bois tropicaux (0ctobre 2009,):


- Grumes d'Afrique (Euros le m3) : - Acajou 205 - Ayous 190 - Iroko 257 - Moabi 270 - Movingui
165 - Padouk 310 - Sapeli 200 - Sipo 260 - Okoumé, Gabon, FAS 190

- Sciages d'Afrique (en euros la tonne), - Ayous 300 - Okoumé 290 - Sipo 475 - Padouk 540 -
Sapeli 390 - Iroko 430 - Khaya 380 - Moabi 440 - Movingui 270.

2. Valeur Sociale de la Forêt :

A part les différents produits offerts, la forêt de par sa présence même remplit une série de rôles
ayant une grande valeur pour la société. Des liens étroits existent entre l’Homme et les arbres
depuis l’Antiquité : ils font partie de la mythologie. C’est peut-être parce qu’il est né parmi eux et
qu’il a habité pendant des siècles au milieu d’eux. Paradoxalement, ces liens apparaissent surtout
quand la forêt est détruite : défrichements, incendies…

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Ces rôles de la forêt sont réunis sous le nom de rôle de protection (protection contre l'érosion et
fertilisation du sol, régularisation du régime hydrique et atmosphérique). Ces rôles peuvent être
évalués économiquement par leur incidence sur la productivité.

La forêt contribue à adoucir le climat, à réguler l'atmosphère, est un cadre de détente pour les
populations. Ces rôles sont difficiles à appréhender économiquement vu leur caractère universel.
A titre d'illustration, toutes les plantes sur la planète produisent chaque année près de 100
milliards de tonnes de phytomasse. Dans cette production 64 milliards reviennent aux plantes
terrestres. La production terrestre de phytomasse se subdivise comme suit:
 les forêts - 38 milliards soit 60 % ;
 les prairies et steppes - 14 milliards (22 %);
 les terres cultivées - 12 milliards (18 %).
Les plantes vertes, parmi elles les forêts sont seules capables de produire les substances
organiques primaires à partir des substances inorganiques. C'est la photosynthèse au cours de
laquelle les plantes vertes absorbent du gaz carbonique et dégagent de l'oxygène enrichissant
l'atmosphère. C'est ainsi que les forêts produisent 39 % de tout l’oxygène produit par les végétaux.

Trait d’union entre les différents univers, l’arbre en constitue le pilier central. Ses racines
s’enfoncent dans le monde souterrain où il puise sa sève. Sa cime arrête les nuages et fait tomber
la pluie ; elle attire la foudre qui est une manifestation divine. Les rayons du soleil font naître ses
feuilles, ses fleurs et ses fruits. Il nourrit et abrite des milliers d’animaux et de plantes. Il est même
le séjour des esprits. La forêt génère des sentiments et même des comportements contradictoires :
elle fascine et fait peur à la fois. Elle figure le mystère, l'inconnu, nous ne voyons pas ce qu'elle
cache et ce qui s'y cache.

D'autre part, les arbres ont une grande importance culturelle. Les arbres très grands et très âgés
sont sur toute la Terre des sujets d'admiration, de vénération et de manifestations religieuses, ou
artistiques. C'est ainsi que le baobab, par exemple bénéficie d'un haut respect et est souvent
honoré et craint comme le siège d'esprit ou de forces surnaturelles considérables. D’une manière
plus générale, l’implantation des monastères et ermitages au fond des bois a pour objectif d’y
trouver la paix nécessaire à la méditation. Enfin, l’arbre sacré, présent dans tous les chefs lieux,
marque symboliquement les buttes sacrées. Cet arbre sacré perpétue le souvenir d’événements
mythologiques, chaque espèce d’arbre ayant une fonction précise ; il constitue aussi un trait
d’union avec le monde souterrain. De plus, il pouvait apparaître, aux yeux des Egyptiens, comme
la garantie, en tous lieux, de l’émergence de la crue, étant susceptible de déclencher, par un
processus religieux, au moyen de rites appropriés, un mécanisme originel au temps où les dieux
géraient le pays.

En Chine, le centre de l’univers est marqué par Kien-mou, ou « bois dressé ». Le bois est
important. Il fait partie des cinq éléments, au même titre que la terre, l’eau, l’air et le feu. Ce rôle de
lien est aussi dévolu au mûrier sacré. A la fois mâle et femelle, il symbolise l’ordre cosmique.

En Afrique, jusqu’à récemment, l’arbre sacré était le kilena du Dogon, le balanza du Bambara et
l’ase des Dahomans, l’arbre ancestral, la demeure du dieu et de l’humanité.

La forêt a un autre rôle social qui consiste à être refuge des populations en cas de guerre ou de
conflits armés.

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IV L'EXPLOITATION FORESTIERE :

1. Notion d'exploitation et d'aménagement:

On appelle exploitation forestière toute superficie forestière où s'effectue la production des produits
de la forêt. La réalisation de la production peut s'effectuer sur toute une surface déterminée; il
s'agit alors d'une exploitation de peuplements; si elle porte sur des arbres pris ça et là, on a affaire
à une exploitation d'arbres. Une meilleure organisation de l'exploitation privilégiera l'exploitation de
peuplements bien délimités.

On parle d'exploitation simple si les coupes concernent une forêt arrivée à maturité. Si, au
contraire, pour des raisons culturales ou autres on exploite des arbres non arrivés à maturité, on
dit que l'exploitation est composée. Ainsi les produits qui parviennent à maturité sont les produits
principaux, tandis que ceux récoltés avant maturité sont les produits intermédiaires.

Une gestion rationnelle des forêts doit tendre à les approprier le mieux possible de façon régulière
et durable, à la satisfaction des nécessités humaines. Les soins du sylviculteur peuvent bien
assurer le bon état et la régénération des peuplements d'une forêt, mais si les opérations n'ont pas
lieu méthodiquement sur des surfaces déterminées, à des époques fixées et avec une intensité
convenable, le boisement n'assurera pas nécessairement les produits les plus avantageux, ou la
meilleure utilité sociale. Le rôle de l'économie forestière, une fois décidés les buts à atteindre, est
d'indiquer par l'aménagement des massifs, les moyens d'y parvenir.

L'aménagement, ainsi, est un ensemble de méthodes permettant en accord avec les principes de
la sylviculture de régler les exploitations de façon à tirer de la forêt d'une manière régulière le
maximum d'utilités de façons continues. De même que le rôle de la forêt s’est considérablement
diversifié, la conception de l'aménagement forestier s'est singulièrement élargie vers la satisfaction
des besoins de caractères très divers. C'est ainsi que l'économie forestière exige des forêts des
ressources ligneuses mieux adaptées à la conjoncture économique, la stabilisation du milieu
physique et écologique face aux multiples causes d'érosion et de dégradation, la satisfaction des
besoins de récréation, de loisirs et de sport.

2. Définition des différentes exploitabilités

Lorsqu'un arbre ou un massif forestier a atteint l'âge ou son abattage est le plus opportun, ils sont
dits exploitables et les conditions qu'ils remplissent alors constituent leur exploitabilité. La notion
d'exploitabilité est liée à celle des objectifs de gestion. Elle consiste à déterminer le moment où les
arbres devront être récoltés de façon que la forêt remplisse au mieux les fonctions qui lui sont
assignées. Il existe plusieurs termes d'exploitabilité.

Le choix d’un terme se traduisant par la fixation d'un diamètre et d’un âge d’exploitabilité. On
distingue les exploitabilités physique, technique, absolue, économique, financière et commerciale.
L'exploitabilité dépend évidemment des habitudes de l'essence considérée et des conditions du
milieu, si bien que l'âge d'exploitabilité d'un peuplement concret sera celui que permettent la
station et l'essence avec une sylviculture convenable.

2.1. Exploitabilité physique:

C'est l'âge auquel un peuplement ayant atteint la limite de son développement commence à
dépérir. Son exploitation devient alors une nécessité puisque sa productivité devient nulle.

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Mais de tels peuplements peuvent être conservés sur pied tant que leur état sanitaire et végétatif
leur permet de survivre. Ce type d'exploitabilité est appliqué aux forêts de protection, aux séries
artistiques et de collection.

2.2. Exploitabilité technique :

C'est le type d’exploitabilité dans lequel on recherche avant tout l'obtention d'une catégorie de
produits, répondant à une qualification précise et dont on a un besoin impérieux (par exemple
bois de feu). Ainsi l'exploitabilité technique est l'âge où le peuplement atteint le maximum de sa
production, répondant aux normes exigées par les objectifs de la production.

2.3. L’exploitabilité absolue

L'exploitabilité absolue est réalisée à l'âge ou le peuplement atteint le maximum possible de sa


production sur toute la durée de sa vie. C'est l'âge de la production matière maximale. On peut
retenir cette exploitabilité lorsque la valeur des produits dépend peu du diamètre des arbres (par
exemple le cas de la production papetière).

2.4. Exploitabilité économique:

L'âge d'exploitabilité économique est atteint lorsque le revenu en argent est maximal : c'est
l'exploitabilité absolue en valeur. On l'appelle aussi exploitabilité sociale car étant la plus
profitable du point de vue public. Aussi la recherche du plus grand revenu monétaire par unité de
surface est admise comme but de l’exploitabilité économique. Ce faisant elle ne tient aucun
compte du temps nécessaire pour atteindre cet objectif, ni du coût d'immobilisation du capital
forestier.

Comme il peut s'avérer nécessaire de tenir compte de ces facteurs économiques, on introduisit
une autre notion d'exploitabilité.

2.5. Exploitabilité financière:

Cette notion d'exploitabilité intervient lorsqu'on prend en considération le coût de


l'investissement forestier réalisé et immobilisé sous la double forme du fonds (sol forestier et
infrastructures) et du peuplement en croissance. C'est le cas notamment pour une exploitation
artificielle. L'exploitabilité financière est réalisée à l'âge auquel correspond le maximum du taux
de placement de la valeur du fond par unité de surface d'une forêt.

Ainsi on constate la différence de nature entre l'exploitabilité économique et financière:

 L’exploitabilité économique maximise la valeur de la production sans tenir compte ni du


coût de l'investissement, ni de la valeur du fonds. L'état propriétaire de forêts naturelles où
il n'a pas eu à endosser de coûts d'installation privilégiera l'exploitabilité économique qui lui
donne le plus fort revenu monétaire.

 Par contre l'exploitabilité financière cherche à maximiser le rendement du capital


immobilisé, ce qui suppose qu’on connaisse le coût de l'investissement consenti. Ainsi le
propriétaire qui considère sa forêt comme un placement financier retiendra l'exploitabilité
financière.

2.6. Exploitabilité Commerciale:

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Une affaire ou une entreprise est rentable quand les capitaux qui y ont investis fonctionnent à un
taux minimum considéré suffisamment rémunérateur.

Cette notion de rentabilité trouve son application en foresterie dans la recherche de l'exploitabilité
commerciale qui est basée sur le fonctionnement à un taux fixé d'avance. A partir de ce taux
fixé on détermine le moment où on retire le bénéfice net le plus considérable. Cette théorie est
aussi connue sous le nom de "théorie de la plus grande rente foncière". Elle est surtout utilisée
en estimation forestière lorsqu'il s'agit de vendre ou d'acquérir une forêt.

3. Critère d'exploitabilité :

Une fois retenu le type d'exploitabilité adapté à la forêt, à la nature de sa production, aux vœux du
propriétaire (où à la politique forestière définie par les pouvoirs publics), il reste à définir les
critères pratiques d'exploitabilité. On définit à la fois un âge et un diamètre d'exploitabilité. Ils
doivent être cohérents avec les objectifs poursuivis qui peuvent spécifier une fourchette de
valeurs. Le diamètre d'exploitabilité est généralement la valeur moyenne d'un assortiment, plus
exactement l'âge d'exploitabilité sera l'âge auquel ce diamètre sera atteint par les arbres d'élites du
peuplement.

La détermination d'un diamètre d’exploitabilité concret suppose la disponibilité de données sur la


croissance et le développement des forêts dans ces conditions concrètes. Il faut conclure que les
termes d’exploitabilité constituent un idéal, qui servira de guide au sylviculteur et qu'il
s'efforcera d'atteindre. Les âges et dimensions d'exploitation dépendront de la nature et de l'état
des peuplements constituant la forêt au moment où l'aménagiste la prend en charge.

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V. LES CATEGORIES DE CAPITAL :

1. Rappels:

Le capital est l'ensemble de toutes les valeurs engagées pour assurer la production. Dans
l'exploitation forestière, la notion de capital ne peut pas être assimilée à n'importe quelle entreprise
industrielle, car elle est originale. En effet la longueur du processus de production confère au
capital forestier un rôle d'épargne. Le capital forestier est non seulement une épargne réserve,
mais aussi une épargne créatrice.

Dans toute production forestière, une partie de la récolte est réalisée grâce aux forces naturelles,
une seconde - au travail humain et enfin une troisième - au service du capital employé. C'est ainsi
qu'on a défini quatre éléments constituant le capital de l'entreprise forestière. Ce sont le capital
fonds, le capital superficie, le capital de gestion et enfin de capital d'exploitation.

2. Le capital fonds:

Le fonds d'une forêt est la terre à laquelle s'ajoute tout ce qui lui est incorporé:
 les améliorations foncières (fosse de drainage, d'irrigation, les pare-feux, les signes de limites
et les bornes, les lignes d'aménagement, les routes etc...)
- les bâtiments et équipements touristiques.

La terre est un bien fixe difficilement extensible (il y a de moins en moins de terres libres) qui a
tendance à diminuer (emprise de plus en plus grande des agriculteurs, des villes). Elle est de ce
fait l'objet de convoitises et les emprises et les défrichements se font la plupart des cas par le droit
coutumier à l'insu des autorités. L'étendue du capital fonds forestier est déterminée par
l'ordonnance 81-24/PRM modifiée par la loi 95-004 et porte sur 91 % du territoire. Ce fonds est si
vaste qu'il ne peut pas faire l'objet d'attention systématique de la part du service forestier. Les
améliorations, les bâtiments constituent des capitaux incorporés à la terre.

Le capital fonds forestier dans sa structure comprend un élément principal qui est la superficie
utile, égale à la superficie totale du fonds diminuée des superficies occupées par les améliorations
et bâtiments. C'est la superficie où s'effectue la production forestière proprement dite.

La superficie utile à son tour comprend la superficie boisée, les périmètres de reboisement et
autres espaces vides non occupés par un peuplement. La caractéristique importante du capital
fonds et de tout le secteur forestier est l'étendue de la superficie boisée qui permet de se faire une
idée sur l'importance du potentiel économique du secteur, d'apprécier le niveau d'efficacité de
l'offre de services. Les mesures de cette efficacité sont exprimées par le pourcentage de la
superficie forestière dans la superficie totale du pays, la superficie forestière par tête d'habitant etc.

3. Le capital superficie:

Il désigne l'ensemble des arbres poussant sur le fond. Au contraire du capital fonds, le capital
superficie varie au cours de la vie de la forêt. En estimation forestière une particularité du capital
superficie est relative à ce que les arbres peuvent avoir plusieurs valeurs d'utilisation et de là
plusieurs valeurs. Un bois récolté a une valeur pour celui qui l'achète, une valeur en rapport avec
l'utilisation qu'il en fera: c'est la valeur de consommation ou valeur marchande. Mais un
peuplement en croissance peut être évalué en fonction de ce qu'il deviendra dans un certain
nombre d'années. On lui attribue une valeur d'avenir.

Economie Forestière 3-e IEF IPR-IFRA Dr. Souleymane Diallo Page 22


La valeur d'avenir est égale à la valeur de consommation quand les bois sont bons à exploiter. Il
lui est inférieur quand les bois sont encore bons à conserver. La différence entre les deux valeurs
constitue "la perte d'avenir".
Une gestion rationnelle des forêts doit tendre à les approprier le mieux possible de façon régulière
et durable. Pour cela les interventions sylvicoles doivent avoir lieu systématiquement sur des
surfaces déterminées, à des époques fixées et avec une intensité convenable pour que le
boisement fournisse les produits les plus avantageux ou la meilleures utilité sociale. Sinon il les
fournira irrégulièrement, avec des oscillations dans le rendement ou des défauts qui troubleront les
revenus forestiers, l'approvisionnement du marché en produits, l'économie en général de la région.

La forêt remplit deux séries de rôles, indispensables à la communauté, mais ces deux rôles ne
sont pas toujours conciliables (rôles de production et de protection). Ceci pose la nécessité du
classement des superficies forestières et leur spécialisation. On est ainsi amené à classer le
capital forestier en forêts de production et forêts de protection.

Les forêts de production incluront les forêts de production ligneuse de qualité ou de quantité et
les forêts de production non ligneuse. Les forêts de protection à leur tour comprendront les
forêts de protection, contre les phénomènes naturels, les forêts d'agrément, les forêts à but
cynégétique, les forêts d'intérêt scientifique.

Cette classification a une importance pratique car au premier groupe sont applicables les principes
économiques de gestion et de rentabilité. Ce qui n'est pas le cas pour le deuxième groupe où le
capital superficie est conservé sur pied le plus longtemps possible et les coupes n'ont lieu que par
nécessité. La multiplicité des rôles, dévolus au capital superficie exige un aménagement, qui
détermine clairement la vocation du peuplement et la manière de gestion de sorte qu'il remplisse
au mieux ses attributions.

Au Mali, la superficie boisée demeure encore mal connue. On ne connaît avec certitude que la
superficie du domaine classé égale à moins d'un million d'ha aujourd'hui (4,426 millions d’hectares
en 1960, soit 3,6 % du territoire). L'analyse permet de se rendre compte:
- de l'insuffisance des taux de classement par région;
- que ce domaine classé est composé de réserves forestières et de faune;

Les seules données sur la superficie forestière du Mali, sont issues des résultats de l'inventaire
forestier national (1985-1991) et concernent seulement les cinq premières régions du pays
(sources DNSI 1992). D'après cet inventaire la superficie forestière s'élève à 32,6 millions
d'hectares. Autres inconnues du capital superficie: le volume des réserves de bois, la répartition
par essences de ces réserves, les réserves des autres produits et la productivité des forêts par
zones. On peut dire qu'à part le million d'hectares de forêts classées toutes les autres sont
considérées comme forêts de production sans différentiation nette. On l’appelle ''le domaine
protégé''.

4. Capital de gestion:

Pendant la durée de vie du peuplement, le propriétaire devra effectuer un certain nombre de


dépenses annuelles. Ces dépenses sont couvertes par un fonds appelé capital de gestion. La
nécessité du capital de gestion est liée à la particularité principale de l'économie forestière, à
savoir la longueur du processus de production. En effet pendant une longue période de temps,
l'exploitation forestière sans générer de revenus importants a à faire face à des dépenses qui
seront rentabilisées à l'exploitation du peuplement. Ces dépenses peuvent être celles de
surveillance, de gestion, d'entretien et d'amélioration etc, en un mot la gestion des activités
sylvicoles. Ces dépenses incluront l'acquisition des intrants, des équipements et leur entretien
ainsi que le salaire du personnel.

Economie Forestière 3-e IEF IPR-IFRA Dr. Souleymane Diallo Page 23


La valeur du capital de gestion dépend de la longueur du cycle de production, de l'étendue et de
l'intensité de la production. Dans sa structure, il comprend les dépenses d'exploitation et les
dépenses d'investissement.

4.1. Les dépenses d'exploitation:

Ont lieu chaque année et ont généralement un effet portant sur une saison ou une année. Dans
cette catégorie on classe:
 l'acquisition des intrants,
 l'entretien des équipements
 le salaire du personnel.

Productivité du travail : le travail est la composante principale et obligatoire de toute production.


C'est la valeur ajoutée à la production par l'utilisation de la main-d’œuvre. Partant de là,
l’amélioration de la rentabilité de la production peut être obtenue grâce à l'augmentation de la
productivité du travail. On appelle productivité du travail son efficacité, déterminée par la quantité
de produits, de travaux ou de services réalisés par unité de temps et par travailleur.

De manière pratique, on détermine la productivité en divisant le volume de la production exprimée


en valeurs naturelles (Unité de produits, Kg, m3, Ha) par le nombre de travailleurs ou par le temps
mis pour la production. Il existe des normes d'appréciation de la productivité élaborée pour chaque
type d'activité, permettant de déterminer le nombre et de planifier l'utilisation de la main-d’œuvre.

4.2. Les investissements:

Les dépenses d'investissement ont un effet étalé sur plusieurs années et par conséquent sont
effectuées une fois pour une longue durée de temps.

Amortissement : la valeur initiale des dépenses d'investissement est diminuée chaque année
d'une valeur, égale à la valeur ajoutée par cet investissement à la production. Ainsi d'année en
année l'investissement est amorti d'une certaine valeur jusqu'à extinction totale ou alors jusqu'à la
fin de la production où il lui reste une valeur résiduelle. Cette valeur est déterminée par la formule
suivante:
A = (I + E + M – R)/ T; où

A - amortissement
I - valeur initiale de l'investissement
E - valeur des dépenses entretien
M - valeur des dépenses de modernisation
R - valeur résiduelle de l'investissement
T - durée de vie de l'investissement

La valeur de l'amortissement ne reste pas stable dans le temps, il y a des moments de plus ou
moins grande valeur ajouté. Cependant, par commodité, l'amortissement est déduit par tranches
égales, exprimées en pourcentage. C'est le taux d'amortissement calculé par la formule suivante:

Na = A x 100 / I , où
Na - taux d'amortissement
A - valeur de l'amortissement
I - valeur initiale de l'investissement.

5. Capital d’exploitation

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Le capital d'exploitation est constitué par la somme des dépenses, engagées pour l'exploitation
d'un peuplement arrivé à maturité.

Cet élément de capital n'existe pas chez le forestier qui vend sa production sur pied. Comme
l'estimation d'un peuplement sur pied n'est qu'approximative, en raison des disparités des
paramètres des arbres pris individuellement, il en ressort que la production d'un peuplement,
vendu sur pied l'est en dessous de sa valeur réelle. Par conséquent il est meilleur de vendre les
bois abattus et façonnés sur coupe. Ceci implique des dépenses pour l'abattage, le façonnage et
le débardage des arbres.
Ces dépenses ne seront rentabilisées que si on a affaire à une production organisée et continue.

En outre le forestier exploitant peut ajouter à ses activités la commercialisation des produits ce qui
impliquera la constitution d'un parc d'engins de transport qui ne sera rentable que s'il est utilisé à
plein temps.

6. Les limites du calcul économique en foresterie :

Le secteur forestier, comme tout secteur économique produit des biens indispensables à la
société. Cependant, la production forestière ne peut être assimilée à n'importe quelle entreprise,
car elle a ses spécificités. Ces spécificités découlent à leur tour de ses particularités en tant que
secteur de production.

Le calcul économique a pour objectif l'évaluation et la prise en compte de tous les facteurs entrant
dans la production. Ceci à l'avantage de permettre de déterminer la productivité et la production,
sert de base pour l'appréciation de l'efficacité d'utilisation des ressources.

De ce fait, une meilleure appréciation d’une quelconque activité économique doit permettre
l'évaluation de tous les facteurs entrant dans la production, mais aussi la totalité de la production.

Une des particularités de la forêt est son caractère multiforme c'est-à-dire à la fois producteur de
produits forestiers divers et de services. Si les produits forestiers peuvent facilement se soumettre
au calcul économique, il en est autrement des services fournis par la forêt. En effet, il est difficile
d'évaluer le rôle de purification de l'atmosphère environnant, de protection contre l'érosion d'une
forêt donnée. Or la forêt fournit toute une gamme de services de ce genre qui demeurent à ce jour
non appréhendés par le calcul économique. Le développement de nos connaissances permettra
sûrement d'élaborer de nouvelles méthodes d'appréciation pour étendre le calcul économique à
tous les bienfaits de la forêt. C'est l'objet de l'économie de l'environnement qui se développe
rapidement.

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LES FILIERES DE PRODUITS FORESTIERS

1. La filière bois :

La filière bois désigne la chaîne des acteurs qui cultivent, coupent, transportent, transforment et
recyclent le bois, de la source (forêt, bocage, arbre épars..) à l'usager final ou à la fin de vie de
l'objet. De manière différente selon les pays et les contextes, la filière du bois peut être subdivisée
en sous-filières plus ou moins structurées sous forme communautaire, publique ou privée, tantôt
contrôlées par l'État et souvent mixtes. Les principales sous-filières sont

 le bois d’œuvre et de construction ;


 le bois de première transformation (sciages, contreplaqué, aggloméré, etc) ;
 le bois de seconde transformation (mobilier…) ;
 le bois de service ;
 le bois d’énergie ;
 la pâte à papier et de la fibre de cellulose.

Le secteur « forêt-bois » en France représente plus, en termes d’emplois, que le secteur de


l’automobile dans son ensemble : 550 000 emplois pour 100 000 entreprises essentiellement
réparties en milieu rural.

 Chiffre d’affaires de la filière forêt-bois en France : 23,1 milliards d’euros décomposé en :


 Sylviculture : 1,0 milliard d’euros (4,3 %)
 Exploitation forestière : 0,6 milliard d’euros (2,6 %)
 Scieries : 3,5 milliards d’euros (15,1 %)
 Industries : 8,4 milliards d’euros (36,5 %)
 Entreprises CMA3 : 9,6 milliards d’euros (41,5 %)
 Nombre de salariés : 550 000
 Nombre d’entreprises : 100 000

La forêt française en chiffres :

 Nombre propriétaires forestiers : 3 495 000


 Surface totale de la forêt : 16 millions d'hectares (29 % du territoire français).
 Surface de la forêt privée: 12 millions d'hectares (75 % de la surface de la forêt)
 Volume de bois sur pied (en forêt de production) : 2,5 milliards de m³
 Son rang en Europe : 4e en surface et 3e en volume
 Volume annuel de production de bois ronds : 30 000 000 m3 (4e rang européen).
 L’ONF gère un quart de la surface forestière totale.
Les sciages

 Volume annuel produit : 10 517 000 m3 (5e rang Européen)


 dont volume exporté : 1 000 000 m3
 Volume séché : 2 000 000 m3
 Volume importé : 2 600 000 m3 (dont 2 000 000 de résineux)

Côté acheteurs, le commerce international est dominé par les Etats-Unis et la Chine. Le Royaume-
Uni, la France et le Japon sont aussi de très gros acheteurs. Le Canada satisfait à une grande
partie de ses besoins, comme les pays d'Europe du Nord, mais ils sont néanmoins des
importateurs significatifs de bois exotiques. Le Brésil a interdit la vente de grumes, il n'exporte
donc que des sciages, avec une meilleure valeur ajoutée pour le pays. L'Indonésie a suivi son
exemple pour mieux valoriser son bois et répondre aux critiques internationales portant sur la
destruction anarchique de ses forêts et de leur biodiversité. La plupart des pays tropicaux,

Economie Forestière 3-e IEF IPR-IFRA Dr. Souleymane Diallo Page 26


notamment africains, exportent encore essentiellement des grumes qui leur apportent moins
d'argent que si le bois était scié et raboté sur place. Le marché de la pâte à papier est un des
débouchés de la filière, ainsi que le contreplaqué et l'aggloméré.

De 1995 à 2005, la Chine, bien qu'étant l'une des zones de déforestation les plus fortes de la
planète, est devenue premier exportateur mondial de produits ligneux, pour une valeur à
l'exportation de produits bois (essentiellement transformés) de 8,63 milliards d’euros au premier
semestre 2006. Les importations de ces produits par les USA et l’Europe ont augmenté
respectivement de 1 000 et 800%. Pour se fournir en bois, la Chine est devenue un des premiers
importateurs de bois africains et le second importateur mondial de grumes de résineux, achetées à
70% en Russie. Le pays soutient aussi six grandes zones industrielles de transformation du bois
(sciages, lamellés-collés, panneaux…) hors de ses frontières, dont en Russie. Cette délocalisation
augmente l'empreinte écologique et énergétique de la filière bois. Par exemple, de 2003 à 2006,
des entreprises d’exploitation forestière chinoises ont obtenu des contrats de concessions en
Allemagne, d'où 50 000 mètres cubes de bois vers la Chine. Ce bois est transporté en Chine sous
forme brute et ramené sous forme de produits finis en Europe. Des entreprises allemandes et
italiennes du meuble ont saisi la Commission européenne d’une plainte pour dumping contre la
Chine.

1.1. Enjeux environnementaux de l'exploitation du bois :


Le bois dispose d’avantages environnementaux incontestables car l’utiliser contribue largement à
la diminution des GES grâce à ses capacités à fixer le CO 2 à raison d’une tonne pour un mètre
cube de bois transformé.
- Matériau renouvelable: Le bois est un matériau fondamental pour le développement durable.
Une tonne de pétrole mettra des millions d'années pour se reconstituer, tandis que les bois durs
abattus légalement ou illégalement se régénéreront en 100 ans en zone tempérée et 200-700 ans
en zone tropicale.
- Matériau économe en énergie : le bois consomme peu d'énergie fossile pour sa production,
comparativement par exemple au ciment, à la terre cuite ou à l'acier qui demandent une extraction
minière, beaucoup d'énergies fossiles et génèrent une pollution significative. Pour ces raisons, le
bois est souvent présenté comme un très bon matériau écologique, mais des incertitudes et
controverses subsistent quant à la capacité des forêts cultivées à remplacer les fonctions
écologiques des forêts primaires, quant à la définition des critères et seuils de renouvelabilité et de
soutenabilité des exploitations de bois et quant à la fiabilité de la traçabilité des bois. Des
problèmes sont également non résolus concernant les produits chimiques de traitement du bois
utilisé dans la construction.
- Fonction de puits de carbone : le bois est l'une des alternatives pour absorber le gaz
carbonique, principal gaz à effet de serre responsable du changement climatique et excédentaire
dans notre atmosphère. Une tonne de bois stocke en moyenne une tonne de CO2. Plus nous
utilisons de bois comme bois d'œuvre (le bois papier et le bois énergie réémet du CO2) moins
nous émettons de CO2 dans l'atmosphère.
Au sens large, un puits de carbone ou puits CO2 est un réservoir, naturel, ou artificiel qui
absorbe le carbone de l'atmosphère et par conséquent contribue à diminuer sa quantité. Les
principaux puits étaient les processus biologiques de production de charbon, pétrole, gaz naturels
et hydrates de méthane et roches calcaires. Ce sont actuellement les océans et les formations
végétales. La séquestration du carbone désigne les processus extrayant le carbone de la
biosphère et le stockant dans un puits de carbone. La photosynthèse est le principal mécanisme
de séquestration du carbone. Le carbone est piégé dans les plantes, la chaine alimentaire, mais
aussi dans la nécromasse qui en dépendent. Le concept de puits de carbone s'est diffusé avec le
Protocole de Kyoto créé dans l'objectif de diminuer les concentrations élevées et croissantes de
CO2 et ainsi lutter contre le réchauffement. Diverses voies sont explorées pour perfectionner la

Economie Forestière 3-e IEF IPR-IFRA Dr. Souleymane Diallo Page 27


séquestration naturelle du carbone, et développer des techniques (naturelles ou artificielles) de
capture et stockage du carbone. Un puits de carbone ne vise pas à diminuer les émissions de
CO2, mais à le piéger.

1.2. Enjeux économiques de l'exploitation du bois :


L’Afrique occupe une part modeste dans le commerce international du bois d’œuvre. Ses
exportations ne représentent que 1% (panneaux, sciages) à 5% (grumes) des volumes mondiaux.
La valeur des exportations africaines ne représente que 30% de celle de la région Asie-Pacifique.
Quant au bois à usage industriel, récolté (forêts naturelles) ou produit (plantations), il ne
représente que 11% de la production du continent, le reste étant constitué de bois de chauffage.
En outre, alors que les produits miniers, le pétrole ou le gaz voient leur prix s’accroître avec leur
raréfaction progressive, celui du bois africain n’a pas évolué sensiblement depuis vingt ans, en
raison de la concurrence du bois des zones tempérées (Europe de l’Est) et des matériaux de
substitution.
Alors qu’au Brésil la plupart des forêts exploitées sont des terres privées, en Afrique centrale c’est
le régime de la concession forestière qui domine. L’attribution des permis forestiers «de gré à gré»
prédomine, suivant une logique clientéliste bien établie. Les redevances exigées sont
insignifiantes, voire inexistantes. Cette situation a permis l’installation et le développement
d’entreprises prospères, qui exploitent la forêt en prélevant les essences les plus rémunératrices
selon un mode d'exploitation sélective. Le secteur est depuis longtemps dominé par les groupes
européens (Rougier, Pasquet, Danzer, Alpi, etc), ainsi que par des sociétés familiales libanaises
(Hazim, Khoury).
Ce mode d’exploitation conduit à une surexploitation de certaines essences (des bois rouges
comme l’acajou, le sipo, le sapelli, ou des bois plus clairs comme l’okoumé). Il ne débouche pas
sur la déforestation ou de forte dégradation des massifs, du fait de récoltes de faible intensité
(généralement moins d’un ou deux arbres à l’hectare, en moyenne), mais il constitue néanmoins
un facteur d’érosion de la diversité biologique, avec des risques sérieux de raréfaction de certaines
essences. Il s’accompagne également d’un fort gaspillage de bois, tant dans l’exploitation
(nombreux arbres détruits pour en récolter un seul) que dans la transformation (souvent plus de
trois mètres cubes de grume utilisés pour en produire un de bois scié).
Sous la pression des institutions financières internationales, telle la Banque mondiale, et des
organisations de défense de l’environnement, d’importantes réformes ont été entreprises dans les
pays d’Afrique centrale, lesquels ont tous refondu leurs codes forestiers depuis le début des
années 1990. Le Cameroun a joué un rôle précurseur, avec une série de réformes parfois inédites
sur le continent. Parmi elles on peut citer:
 le principe de l’adjudication (attribution des concessions et fixation du montant de la redevance
annuelle de superficie);
 la limitation de l’exportation des grumes;
 la constitution de forêts communautaires;
 le recours à des associations internationales spécialisées pour surveiller l’exploitation
forestière;
 la présence d’un «observateur indépendant» pour apprécier le niveau de transparence des
appels d’offres.

Ces réformes se sont traduites par une modification du partage de la valeur ajoutée entre les
entreprises et les États en faveur de ces derniers, à travers l’alourdissement sensible de la fiscalité
forestière.

Les entreprises forestières ont donc subi successivement l’introduction des contraintes
d’aménagement, de nouvelles exigences industrielles (avec l’obligation de transformer localement
une part croissante de leur récolte), et le renforcement de la pression fiscale, qui a laminé les

Economie Forestière 3-e IEF IPR-IFRA Dr. Souleymane Diallo Page 28


rentes économiques des périodes antérieures, entraîné des restructurations parfois sévères et une
concentration accrue du secteur. Parallèlement, la lutte contre le trafic de bois est devenue une
préoccupation internationale. La Commission européenne mettra en place, dès 2007, des
contrôles visant à s’assurer de l’origine légale des bois importés dans l’UE. De même, les
organisations non gouvernementales exercent une pression permanente sur les entreprises
européennes. En 1993, cent trente-six organisations issues de vingt-six pays ont ainsi mis en
place le label Forest Stewardship Council (FSC) destiné à certifier l’exploitation du bois selon des
critères écologiques.
L’industrie du bois, notamment en Afrique centrale, est extravertie où les grandes entreprises
exportent de 80% à 100% de leur production. Les consommateurs africains désargentés doivent
se rabattre sur un secteur semi-artisanal en pleine expansion (il représente près du double de la
production du secteur industriel au Ghana et au moins le quadruple en RDC), dont l’impact
écologique peut être redoutable. Enfin, les niveaux élevés de corruption et l’implication personnelle
fréquente du milieu politique et administratif dans l’économie forestière minent les systèmes de
régulation.
Les pratiques de gestion forestière et de production du bois sont de trois types:
- Le système intensif correspond aux futaies régulières et taillis à rotation courte: plantation et coupe à blanc, essences
à croissance rapide monoculturale et systématique, éventuellement de pieds clonés ou génétiquement modifiés, avec
apport d’engrais et pesticides. Les essences plantées sont des conifères pour 54% (dont 32% de pin) et des feuillus pour
32% (dont 8% d’eucalyptus et 5% d’acacia). C’est une gestion à entrée économique visant à répondre à des objectifs de
rendement et de maîtrise du gabarit du bois produit. Elle est présente partout.
- Le système de la cueillette et de l'agroforesterie, pratiqué essentiellement dans les régions tropicales, mais pas
seulement.
- La gestion globale prenant en compte la multifonctionnalité de la forêt, correspondant aux futaies irrégulières. C’est
une gestion globale intégrant biodiversité, équilibres écologiques, paysages, usages utilitaires et récréatifs de
l’homme, production de bois. Elle existe en Europe occidentale et centrale depuis plus de cent ans selon les pays, et
tend à se généraliser à l’échelle mondiale sous l’appellation labellisée Gestion durable.

1.3. Le commerce illégal du bois:


«On parle d'exploitation illégale des bois lorsque le bois est récolté, transformé ou commercialisé
en violation des lois nationales applicables dans le pays où le bois est récolté». L’UE a voté en mai
2003, un «Plan d’action contre le commerce de bois illégal» appelé FLEGT (Forest Law
Enforcement, Governance and Trade) pour amener les pays producteurs à une meilleure
gouvernance et la signature d'accords volontaires de partenariat visant à empêcher l’entrée de
bois illégal en Europe.

De nombreuses ONG dénoncent un trafic important de ''bois illégaux'', voire d'espèces protégées
et une exploitation tournant à la déforestation qui se fait au détriment des écosystèmes forestiers
et des populations indigènes. Les freins sont nombreux: marché concurrentiel dont l’amont est
constitué de très grands groupes et de dizaines de millions de petits propriétaires, volonté de
confidentialité de certains propriétaires forestiers et entreprises privées, difficultés à mutualiser les
outils informatiques et absence de loi imposant la traçabilité dans ce secteur, manque de moyens
dans les pays forestiers équatoriaux, etc. La transparence à toutes les étapes et l'autonomisation
de la traçabilité sont des conditions de réussite (géo référencement, utilisation de codes-barres et
des puces électroniques).
La traçabilité totale de toute la chaîne logistique du bois est un des enjeux de crédibilité des labels,
d'efficience économique et de développement de la qualité de la filière bois. Elle permettrait le
contrôle du bois exporté ou importé et de ceux listés en annexe de la CITES* dont le commerce
est réglementé. Elle concerne la provenance des plants ou des graines en passant par la coupe, le
tri des grumes, le sciage, le séchage, le classement, la première ou seconde transformation, la
réutilisation, le recyclage ou la valorisation.

Economie Forestière 3-e IEF IPR-IFRA Dr. Souleymane Diallo Page 29


1.4. Le marché du carbone:
Il existe trois méthodes pour inciter à réduire les émissions de CO2 et d'autres polluants : la
régulation, qui fixe des normes (par exemple le CO2 par km pour les voitures), la taxation, ou le
système de quotas échangeables. Le principe des quotas échangeables de carbone, est simple :
on fixe des quotas d'émissions pour une zone donnée, dans l'idéal pour la planète. On répartit ces
quotas entre les émetteurs de gaz à effet de serre au prorata de leurs émissions. La première
année, on distribue autant de quotas, qu'il y a d'émissions dans la zone. Les années suivantes, on
réduit les quotas, progressivement. "On" est l’Etat ou une autorité supranationale, avec au centre
les Nations Unies, plus exactement la Convention-cadre des Nations Unies sur le
changement climatique qui gère les réductions d'émissions dans le cadre du protocole de Kyoto.
L'Europe des 27 s'est dotée du premier et du plus grand marché du carbone organisé du monde.
C'est la Commision Européenne en conjonction avec les états membres qui alloue les quotas pour
chaque pays qui peuvent être considérés comme des droits à émettre, ou des droits à polluer.

L'intérêt de créer un marché du carbone


Donc lorsque vous êtes émetteur de gaz à effet de serre, vous êtes donc contraint au fil des ans,
soit à réduire, soit à acheter les quotas à d'autres émetteurs dont les réductions dépasseraient
leurs quotas et qui donc disposeraient d'un surplus. Prenons un exemple : vous êtes l'émetteur A ;
vous devez réduire vos émissions de 100 000 tonnes de CO2 ; vous calculez que ça vous
coûterait 10 millions d'euros. Supposons maintenant qu'il existe un émetteur B, pour qui la
réduction de 100 000 tonnes de CO2 est plus facilement réalisable et donc moins chère, disons 5
millions d'euros. S'offre à lui l'opportunité de réaliser cette réduction (en plus de celles auxquelles il
est obligé), et de vous vendre son surplus de quotas, avec un bénéfice, puisque même à 6 millions
d'euros vous êtes encore très largement gagnant. Et donc, si le marché fonctionne bien, les
réductions se feront là où elles sont les moins chères à réaliser et finalement le coût de la
réduction à payer par la société planétaire tendra naturellement vers la valeur la moins élevée
possible. Si le concept est somme toute assez simple, sa mise en place est en revanche plus
compliquée. Notons d'abord que le système de quotas échangeables ne concernent que les
émissions industrielles ; les particuliers ne sont pas appelés à acheter des quotas pour les
émissions de leurs voitures, leurs maisons, ou autres sources de consommation d'énergie, ce qui
limite ces systèmes à environ 40% des émissions, selon les pays. Pour les particuliers, peut être
mis en place un système de taxe carbone.

Chaque usine ou centrale électrique concernée dispose donc d'un quota de droit à polluer pour
une année, qu'elle s'est vue alloué ou qu'elle a acheté. Ensuite, les émissions de chaque usine
sont mesurées. Si l'usine émet plus que son quota, elle doit acheter des droits à polluer à un tiers,
de manière à ce que le total des quotas ne puisse dépasser celui alloué au pays ou au secteur. Si
l'usine émet moins que son quota, elle a la possibilité de vendre la quote-part non-utilisée de son
quota à un tiers. Si elle dépasse son quota, l'industriel paie une pénalité de 100 euros la tonne.

Typiquement, la mesure des émissions d'une usine résulte d'un calcul, sur la base de la charge de
l'usine et des émissions moyennes théoriques par unité de production. Seules les grandes
centrales avec des émissions concentrées et des flux parfaitement identifiables disposent d'outils
de mesure de leurs émissions réelles. La mesure des émissions n'est pas contrôlée par le
régulateur gouvernemental, chaque usine fournissant sa mesure. Mais le régulateur peut la
remettre en cause s'il estime qu'elle est sous-évaluée, un peu comme l'inspecteur des impôts le
ferait à l'égard d'un contribuable suspecté de ne pas déclarer la totalité de ses revenus.

Les bourses du carbone

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Des bourses s'établissent pour faciliter l'échange de quotas entre ceux qui émettent en dessous de
leurs quotas et ceux qui émettent au dessus, voire avec des spéculateurs qui achètent ou
revendent des quotas, par exemple en fonction des prévisions météorologiques, de l'activité
industrielle, de la hauteur probable de l'eau dans les barrages, du succès de tel accord, du
passage de telle réglementation... Le prix du quota est fixé en fonction de l'offre et de la demande,
et peut donc varier de manière très forte et rapide, en fonction de critères économiques (moins
d'émissions industrielles lors d'une crise et donc prix plus bas), mais aussi du climat. Ainsi lors
d'une année chaude la demande de consommation d'énergie fossile pour le chauffage baisse, et
fait baisser la valeur du quota.

L'Europe, le plus grand marché du carbone du monde

Le cadre légal du marché européen du carbone appelé Système communautaire d’échange de quotas d’émission
(SCEQE). Le carbone se compte en unité de crédit appelée EUA (pour European Union Allowance). Le détenteur d'une
unité de crédit a le droit d'émettre une tonne de CO2. Pour l'instant l'allocation de quotas est gratuite. Les quotas
d'émissions baissent chaque année et en 2020 ils seront inférieurs de 21% par rapport à ceux de 2005. Environ 12 000
usines sont concernées dans les 27 états membres. A partir de 2013. Le système des 27 plafonds d’émissions
nationaux sera remplacé par un plafond unique pour toute l’Union. L’octroi gratuit sera progressivement remplacé par
la vente aux enchères : environ 50 % en 2013, et progressivement jusqu'à 100% en 2027. Cependant en l’absence d’un
accord mondial sur le climat satisfaisant, certains secteurs dont on estime que la compétitivité est menacée
continueraient à recevoir jusqu’à 100 % de leurs quotas gratuitement.

La compensation volontaire
Quand vous prenez l'avion, on vous propose parfois de compenser les émissions de votre voyage.
Quand vous gérer une entreprise engagée dans le développement durable, on vous propose, pour
votre image, de compenser vos émissions. A la base du système, des organisations qui trouvent
ou montent des projets de réduction d'émissions, généralement dans les pays en développement
et qui émettent des certificats de réductions, qui sont échangés sur le marché. Pour garantir
que vous n'achetez pas du vent, des labels se sont créés.

La création de droits à polluer


Le principe de la création de droits à polluer est le suivant : pourquoi n'aurais-je pas de droits
supplémentaires à polluer chez moi, dans la mesure où je ferais des investissements pour réduire
des émissions dans un pays où le marché du carbone n'existe pas. Par exemple, j'investis dans un
barrage en Inde, j'évite là bas l'émission de 10 millions de tonnes d'émissions de CO2 par an, je
récupère autant de droits à émettre chez moi. Il existe deux mécanismes de ce type dans le
Protocole de Kyoto, on les appelle les mécanismes de flexibilité.

Le mécanisme de développement propre


Le mécanisme de développement propre, MDP est le premier mécanisme de création de crédit
d'émission. Le principe est le suivant : un pays industrialisé investit dans un projet de
développement propre dans un pays en voie de développement, et gagne des crédits d'émissions
dans son pays d'origine. Les pays qui ont la possibilité de générer des crédits d'émissions de cette
manière sont ceux qui se sont engagés à réduire leurs émissions. Ils sont listés dans l'annexe 1 du
protocole de Kyoto, et on les nomme "les pays de l'annexe 1". Ce sont les pays industrialisés et
les pays dits "en voie de transition", c'est à dire ceux qui sont encore dans un processus de
passage d'une économie centralisée planifiée, à une économie de marché (anciens pays du bloc
soviétique pour la plupart). En pratique, pour qu'un projet puisse rentrer dans le cadre du
mécanisme de développement propre, il doit être déposé auprès des Nations Unies et validé. La
validation s'attache à démontrer que sans le mécanisme MDP, le projet n'aurait aucune chance de

Economie Forestière 3-e IEF IPR-IFRA Dr. Souleymane Diallo Page 31


voir le jour, parce que non rentable, c'est le principe d'additionnalité (1). Les premiers projets
MDP ont concerné l'incinération de gaz à effet de serre puissants comme les HFC ou les oxydes
nitreux issus de processus industriels, les gaz de décharges ou le grisou des mines de
charbon dont la valorisation énergétique n'est pas intéressante. Ces gaz ont un pouvoir de
réchauffement très élevé, et les moyens à mettre en œuvre pour les réduire sont assez
rudimentaires. Ils génèrent donc des certificats de réduction d'émissions (2), en grand nombre et à
bon compte. Puis les projets se sont diversifiés, dans l'efficacité énergétique et les
énergies renouvelables. La Chine a été le plus grand bénéficiaire de ce système dans les 5
dernières années, recevant plus de 1,5 milliards de dollars pour des projets éoliens, solaires, ou de
biomasse. Viennent ensuite L'inde et le Brésil. On trouve tous les projets MDP sur le site
CDMBazaar.

Certification forestière : Processus d’inspection des forêts ou des terres boisées dans le but
de voir si elles sont gérées dans les conditions requises par un ensemble de standards et de
normes. Pour évaluer le caractère durable de la GDF malgré sa complexité on a développé les
Principes Critères et Indicateurs (PCI). Ce sont des outils de suivi et de contrôle permettant de
mesurer l’état ou le degré de mise en œuvre de la gestion durable: progression, régression ou
stagnation? Les principes de GDF reposent sur l’aménagement forestier qui permet d’atteindre
ses objectifs. Le certificat atteste donc que la gestion/exploitation/utilisation d’une forêt remplit
les exigences d’une norme définie. Le développement durable fait partie des conclusions
principales du Sommet de RIO : «Tout développement doit être économiquement viable,
socialement équitable et écologiquement acceptable».

Objectifs de la certification forestière

 Amélioration de la gestion forestière

- Intégrer la protection de l’environnement, les responsabilités sociales et la rentabilité


économique dans les systèmes de gestion forestière
- Améliorer les opérations d’aménagement par le biais de la planification, la supervision et
le suivi systématique
- Améliorer la prise en compte des aspects sociaux dans la gestion forestière:
renforcement des capacités du personnel et des ouvriers; concertation des parties
prenantes; relation avec les communautés locales
- Réaliser des opérations forestières et fournir des produits ligneux de grande qualité

 Amélioration de l’accès des produits forestiers aux marchés écologiques

- Authentifier la qualité de l’aménagement forestier grâce à la certification partie tierce


- Accroître la transparence sur la qualité des opérations forestières
- Utiliser le certificat comme un outil de communication commerciale (à l’attention des
clients et du public)
Impacts de la certification sur la gestion forestière
1- Amélioration de la prise en compte des exigences sociales
- Respect des droits traditionnels et coutumiers des populations locales
-Appui au développement local

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-Respect des droits des travailleurs
- Protection des sites d’importance historique ou culturelle
2. Amélioration de la prise en compte des exigences économiques
- performance ou rentabilité économique de l’entreprise
- maintien de la qualité des ressources forestières
- diversification de la production (promotion des essences secondaires, amélioration des
techniques de transformation,….)
- suivi de la croissance et du prélèvement
- construction des infrastructures adéquates pour rentabiliser la production….
La certification de la gestion (atteste que la gestion forestière est bonne), la certification de la
légalité (atteste que le produit est d’origine légale) et la traçabilité (atteste que le produit
provient d’une source certifiée) de l’exploitation forestière. La certification de la gestion
forestière garantit la qualité de la gestion. La certification de la chaîne de traçabilité garantit
l’origine de la matière première forestière : Produit certifié, Entreprise certifiée, Forêt
certifiée.

Pratique de la certification forestière:


Face aux constats environnementaux et sociaux de la fin des années 1980, divers acteurs internationaux se sont
organisés, à la suite de Rio, pour développer des PC&I, ainsi qu’un processus d’écocertification qui permettent
d’encadrer rapidement et efficacement les pratiques d’exploitation forestière sur le plan environnemental et social
(Smouts, 2001).C’est la procédure par laquelle une tierce partie donne une assurance ou un label commercial écrit
attestant qu’un produit, un processus ou un service est conforme à des normes spécifiques sur la base d’un audit
conduit suivant des procédures agréées.
L’OIBT a été la première organisation à soutenir cette logique en définissant des « critères de mesure de
l’aménagement durable des forêts tropicales » afin d’« encourager l’élaboration de politiques nationales visant à
assurer de façon soutenue l’utilisation et la conservation des forêts tropicales et de leurs ressources génétiques et à
maintenir l’équilibre écologique des régions intéressées » (OIBT, 1992a). Ces C&I conçus comme étant des outils
normatifs nouveaux d’aide à la décision en matière de politique forestière pour établir et suivre les principes forestiers
de Rio (Nations unies, 1992b) furent ensuite révisés en 1998 (OIBT, 1998). De nombreuses autres initiatives
internationales ont suivi celle initiée par l’OIBT. Elles ont conduit, entre 1992 et 1999, à l’établissement de neuf
processus internationaux relatifs aux systèmes de C&I, dont cinq relatifs aux forêts tropicales, impliquant plus de 150
pays en collaboration avec la FAO et divers acteurs du secteur forestiers (dont l’OIBT) (FAO, 2001c): le processus de
l’Organisation africaine du bois (OAB), le processus pour les forêts sèches d’Asie, le processus pour la zone sèche de
l’Afrique, le processus de l’OIBT, le processus de Lépatérique pour l’Amérique centrale, le processus de Montréal, le
processus du Proche-Orient, le processus paneuropéen et la proposition de Tarapoto pour la gestion durable de la forêt
amazonienne. On remarque des initiatives de la société civile. C’est le cas par exemple du programme pionnier de
certification Smart Wood lancé en 1990 par l’ONG Rainforest Alliance, qui a cherché à élaborer une certification
permettant d’identifier les produits ligneux extraits de forêts bien gérées (Tsayem Demaze, 2008). On peut également
citer les initiatives Tropenwald (Initiative Tropenwald, 1993) des importateurs et syndicats des travailleurs de bois
d’Allemagne, ou encore le programme Woodmark Scheme de la Soil Association britannique. Les PC&I développés ou
adoptés pour encadrer la certification ont pris de plus en plus d’essor au point qu’aujourd’hui, un certain nombre de
certifications, toutes différentes les unes des autres, coexistent. Deux standards, sur lesquels nous reviendrons plus loin,
ont cependant pris le leadership : le FSC et le PEFC. La certification s’appuie sur les règles de gestion durable.

* CITES: Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages
menacées d'extinction. Élaborée le 03 mars 1973 et entrée en vigueur en 1975, veille à ce que le
commerce international des spécimens d'animaux et de plantes sauvages ne menace pas la
survie des espèces auxquelles ils appartiennent.

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2. Les produits forestiers non ligneux (PFNL):
2.1. Définition:
La FAO définit les produits forestiers non ligneux comme les produits d’origine biologique autres
que le bois, tirés des forêts, des autres terres boisées et des arbres hors forêt. Les PFNL
comprennent les produits du bois spécialisés, les champignons comestibles, les baies, les noix, les
plantes médicinales, les huiles essentielles, les cônes et l’écorce. Les produits forestiers non
ligneux, tels que définis par la FAO, peuvent être :
- récoltés dans la nature, dans des forêts et sur des terres productives ou non productives de
bois marchand ;
- produits dans des forêts aménagées plus ou moins intensivement ;
- produits dans des systèmes agro forestiers.
On fait aujourd'hui un usage commercial de nombreux types de PFNL. Plusieurs systèmes de
classification existent. Ainsi, ces produits sont souvent classés selon leur utilisation prévue :
- produits ornementaux;
- produits alimentaires et nutraceutiques;
- produits pharmaceutiques et d'hygiène personnelle.

On distingue deux grandes catégories de PFNL: d'origine végétale et d'origine animale.


Les PFNL d'origine végétale sont classés en 8 catégories: aliments ; fourrage ; matière première
pour la préparation de médicaments et de produits aromatiques ; matière première pour la
préparation de colorants et de teintures ; matière première pour la fabrication d’ustensiles, d’objets
d’artisanat et pour la construction ; plantes ornementales, exsudats et autres produits végétaux.

Les PFNL d'origine animale sont classés en 8 catégories: animaux vivants ; cuirs, peaux et
trophées ; miel sauvage et cire d’abeille ; viande de brousse ; matière première pour la préparation
de médicaments ; matière première pour la préparation de colorants ; autres produits animaux
comestibles ; autres produits animaux non comestibles. Un programme de promotion des PFNL
existe au sein de la Division des Forêts de la FAO.
2.2. Place des produits forestiers non ligneux :
Dans les pays en développement, une grande partie de la population rurale, en particulier parmi
les populations des forêts, dépend des produits forestiers non ligneux à divers égards :
- Un moyen de subsistance : Les produits forestiers non ligneux complètent la production
agricole des ménages en leur apportant des denrées nutritionnelles essentielles, des produits à
usage médicinal, du fourrage, de la paille etc. Le caractère saisonnier des produits alimentaires
forestiers contribue également à réduire les pénuries dont souffrent durant les "périodes de
famine" en particulier les cultivateurs marginaux et saisonniers et les populations des forêts.
- Une source de revenus et d'emplois locaux : Pour une utilisation commerciale, l'exploitation
commerciale de certains des produits forestiers non ligneux tels que, notamment, les résines, les
gommes, les bambous, le rotin, les graminées à fibre, les extraits de plantes médicinales ou les
feuilles ont ouvert de nouvelles perspectives laissant entrevoir la possibilité d'emplois à temps
partiel ou à temps plein, pour les hommes aussi bien que pour les femmes dans les communautés
rurales. Les activités liées à l'exploitation des produits forestiers non ligneux fournissent du travail
durant les périodes de relâche du cycle agricole et constituent un filet de sécurité contre les aléas
et en cas de nécessité urgente pour les ménages.
- Possibilité de commercialisation et d'utilisation durable : Les principaux débouchés pour le
commerce et l'utilisation des produits forestiers non ligneux sont circonscrits au niveau local, mais
du fait de leur utilisation croissante dans les zones urbaines, la demande de ces produits pour une
utilisation commerciale augmente vite. Compte tenu de cette demande accrue dans les marchés

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urbains de nouvelles opportunités s'ouvrent pour la production élargie dont la tendance dominante
est la surexploitation des ressources. À mesure que les marchés locaux s'agrandissent, les
produits forestiers non ligneux passent à une situation dictée par la demande de production
compétitive où les coopératives et les petites entreprises locales offrent de meilleures possibilités.
À mesure que les ressources en produits forestiers non ligneux se raréfient, l'accès devient plus
difficile aux populations les plus pauvres du fait de la concurrence d’autres exploitants et des
intermédiaires, ainsi que des redevances imposées par l'État. Les mesures gouvernementales
doivent éviter la surexploitation des ressources naturelles et instaurer l’équité dans la distribution
des richesses aux cueilleurs et aux industries de transformation primaires au niveau local.
- Valeur culturelle et spirituelle : Les populations rurales vénèrent les forêts, qui sont la demeure
d'esprits sacrés. Leur culture est étroitement liée à la conscience de ce que la forêt, comme entité
bienfaisante, leur permet de subvenir à leurs besoins matériels en même temps qu'elle répond à
leurs aspirations spirituelles et culturelles, comme le manifestent leurs chants, danses et rites. Ce
qui préserve la richesse des produits forestiers non ligneux et garantit leur utilisation durable par
les populations rurales.

2.3. Importance économique des produits forestiers non ligneux:


Les produits forestiers non ligneux jouent un rôle déterminant dans l'économie rurale puisqu'ils
garantissent la sécurité alimentaire, les soins médicaux ou l'emploi, à un nombre très vaste de
personnes. Qui plus est, de nombreuses entreprises industrielles de taille petite et moyenne sont
apparues récemment dans les pays en développement. Elles élaborent des produits médicinaux et
cosmétiques dans des registres traditionnels à partir de substances extraites des plantes, mais en
ayant recours aux technologies modernes et aux contrôles de qualité.
Il faut mener des études pour rendre compte de l'importance des produits forestiers non ligneux
dans les économies nationales. De plus, les produits finis tels que les produits pharmaceutiques, la
pâte à papier, les matériaux de construction, les huiles alimentaires et essentielles, les tannins, les
colorants, les résines, les fibres, les gommes, etc. ne sont pas répertoriés comme des PFNL dans
les registres nationaux ou internationaux, ce qui a pour effet un désintérêt et un soutien budgétaire
limité au développement de ce secteur vital. Beaucoup de pays ne disposent pas encore de
politique clairement définie sur l’aménagement des PFNL, leur récolte et développement durable à
l’exception de certains présentant un caractère commercial important comme la gomme arabique
au Soudan et certaines huiles essentielles et plantes médicinales présentes dans les contrées qui
ont fait l’objet d’un aménagement. Les plantes médicinales sont les plus importants parmi les
produits qui font l’objet d’une commercialisation à l’échelle internationale. Ce sont de 35 000 à 70
000 des 250 000 espèces connues de plantes supérieures qui sont utilisées à des fins
médicinales.

2.4. Stratégie de l'aménagement durable des PFNL:


La production sylvicole des PFNL est à la fois du domaine de la foresterie et de l’agriculture. La
majorité des espèces sont actuellement prises dans un processus dynamique de domestication qui
remplace progressivement les pratiques traditionnelles de récolte et de chasse en forêt, pour aller
vers des cultures plus intensives d’exploitation agricole. Les interventions sylvicoles vont de la
satisfaction des besoins de subsistance jusqu’à la production de produits de base en vue d’une
transformation industrielle et d’une commercialisation internationale. Selon plusieurs études
récentes, la production pourrait même, dans certaines forêts, être à terme plus rentable que la
conversion de la forêt en pâturages ou terres agricoles. Pour cela, il faut des structures
institutionnelles appropriées pour tous les stades du développement de la production et de la
commercialisation du produit. Aujourd’hui on prend heureusement de plus en plus conscience des
diverses valeurs et utilités des forêts (bois, PFNL, satisfaction des besoins locaux et gains
supplémentaires commerciaux). Pour maximiser ces bénéfices, il faut procéder à un
aménagement des sites d'intérêt selon les étapes suivantes:

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 La nécessité de nouveaux systèmes sylvicoles: une nouvelle orientation pour passer du
système actuel axé sur un seul produit, par exemple le bois, à la production et à la
régénération de produits multiples dont les PFNL au même titre que le bois. Des
techniques sylvicoles innovantes devront être mises au point en s’appuyant sur des
techniques d’aménagement mixtes, notamment la plantation de fertilisation, l’introduction
de variétés améliorées et les plantations à plusieurs niveaux ou d’autres techniques pour
permettre l’exploitation de produit multiples.
 Les droits fonciers : les droits des populations locales et des habitants de forêts doivent
être préservés. Les populations locales ont seulement le droit de récolter certains des
produits forestiers non ligneux pour leur consommation personnelle, soit gratuitement, soit
en versant une modeste redevance. Cependant, le commerce de la plupart des produits
commercialisés importants a été nationalisé ou bien se trouve dans les mains
d’intermédiaires autorisés. Il faut en conséquence clarifier sans plus attendre la question
des droits fonciers et codifier ce qui touche aux droits traditionnels, aux modèles
d’utilisation des ressources, aux conditions d’occupation des territoires, aux concessions et
aux privilèges des communautés locales et des habitants des forêts. C’est ainsi qu’on
assurera l’engagement de tous les participants dans la préservation et l’aménagement
durable de la forêt.
 L’aménagement à un niveau micro-économique : les populations locales ne touchent
généralement rien des bénéfices de l’exploitation commerciale des produits forestiers non
ligneux. En conséquence de quoi elles ne sont guère impliquées dans la protection et
l’aménagement durable. La concession de droits de propriété foncière donnant accès aux
ressources et ouvrant droit à une part des profits de l’exploitation commerciale aux
populations locales induira un sens de la propriété et un intérêt de la communauté dans
l’aménagement durable des forêts.
 Mesures de conservation : le développement de techniques d’exploitation durable peut
prendre beaucoup de temps en études et en recherche. Il est donc essentiel que les
produits forestiers non ligneux disponibles dans les différentes zones écologiques soient
préservés dans un réseau des zones protégées établies comme des sanctuaires et des
parcs nationaux.
 Évaluation des ressources en PFNL : les produits forestiers non ligneux sont largement
utilisés comme nourriture, fourrage, fibres, plantes médicinales, matériaux de construction,
produits cosmétiques, etc. Cependant, avec le début de la révolution industrielle, le bois a
pris beaucoup plus d’importance et les produits forestiers non ligneux sont demeurés des
produits d’intérêt seulement local à l’exception de quelques produits phares exploitables
commercialement.

Les PFNL sont récemment réapparus comme une ressource importante destinée à la production
de produit naturels dans les marchés urbains et leur rôle dans l’économie rurale est maintenant
reconnu. L’inventaire des ressources en produits forestiers non ligneux suppose un travail de
terrain de longue haleine consistant à compter et à mesurer les végétaux en question ce qui
permettra d’évaluer quels sont les types de plantes disponibles qui sont économiquement
importants dans une zone d’aménagement donnée. Leur abondance, leur propension à se
régénérer pour permettre une exploitation durable, leur distribution dans les divers types de forêts,
l’identification des parties entrant dans la fabrication d’un produit donné, etc. sont autant de
critères que devra prendre en compte un tel travail d’inventaire et d’évaluation, indispensable pour
opérer les choix en matière d’aménagement. Cette politique devrait également encourager la mise
en valeur d’industries primaires et d’entreprises de transformation et de commercialisation de
biens et de services tels que l’écotourisme*, en collaboration avec les intéressés au niveau local.
Les actions doivent contribuer à sensibiliser et renforcer les capacités techniques et

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institutionnelles des pays et faire en sorte qu’ils intègrent la sylviculture des PFNL dans la gestion
durable des forêts.
Sylviculture et lutte contre la pauvreté
Les études se multiplient, attestant la validité de la sylviculture à petite échelle par les
communautés locales, à la fois sur le plan social et environnemental. De nombreux produits et
services que la sylviculture met à disposition (nourriture, combustibles, remèdes et fibres,
exploitation par la culture vivrière et l’élevage sous couvert forestier) contribuent à la sécurité
alimentaire dans des régions à faible potentiel agricole, aux économies des ménages et à
certaines économies nationales. Sur le plan environnemental, il a été noté que ce type de
sylviculture à petite échelle était un excellent garant du maintien de la biodiversité, ce qui
peut, de plus, contribuer à la subsistance des populations en fournissant des produits alimentaires
variés et équilibrés. Une mauvaise exploitation des forêts dans les régions pauvres peut être
générateur de désastres tant économiques, qu’écologiques, voire sanitaires. En effet, la
sylviculture est associée aux maladies infectieuses émergentes comme le VIH, la fièvre jaune. Les
variations du couvert forestier (déforestation, fragmentation) ainsi que la mobilité humaine sont les
facteurs principaux pointés du doigt comme étant potentiellement responsables de l’émergence
des maladies dans les populations humaines.

* Ecotourisme:
Le tourisme étant l'un des secteurs qui connaît le plus fort taux de développement dans le monde,
l'écotourisme devient un des moyens de valoriser la biodiversité à condition d’intégrer une
dimension éthique et écocitoyenne. Il faut satisfaire plusieurs critères, tels que :

- la conservation, nécessaire à la préservation de la biodiversité et de ses fonctions... à travers


la protection, voire la restauration des écosystèmes.
- l'éducation des voyageurs sur l'importance de la conservation;
- le respect de la diversité culturelle et ses liens avec l'environnement;
- la minimisation des impacts négatifs sur la nature et la culture;

Les revenus et autres bénéfices tirés de l'écotourisme doivent directement bénéficier aux
populations de l'aire concernée et à celles qui en sont riveraines, et être utilisés pour la protection,
gestion, restauration, conservation et surveillance de la nature et des zones protégées;
Les principes et critères généraux du développement durable doivent être respectés par
l'écotourisme, incluant la constitution ou l'utilisation d'infrastructures (accueil, routes, pirogues et
autres moyens de transport..) de haute qualité environnementale (HQE) et un usage minimal et
compensé des ressources fossiles ou pas, peu, difficilement ou coûteusement renouvelables,
(naturelles ou fossiles) l'encouragement du développement durable, en fournissant des emplois
aux populations locales et autochtones.
Pour de nombreux pays, l'écotourisme est devenu un secteur moteur d'une économie nationale, et
un moyen de générer des revenus (ex: Kenya, Népal, Madagascar, Costa Rica où l'écotourisme
est devenu la principale source de devises).

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LECTURES:

1. COÛT DE LA TRANSFORMATION DES GRUMES AU GABON:


Le gouvernement gabonais vient d’annoncer que « dès 2010 » plus aucune grume ne pourrait être
exportée du Gabon sans avoir été transformée au préalable. L’objectif du gouvernement est « de
créer davantage de richesse nécessaire à juguler le chômage des jeunes et des femmes et
d’exporter des produits finis et semi-finis à forte valeur ajoutée ». L’objectif est légitime mais la
mesure est-elle appropriée ?
La valeur ajoutée n’est pas toujours où l’on croit
Pourquoi les gouvernements de nombreux pays tropicaux sont-ils conduits à décréter une
interdiction d’exporter des grumes alors que le bois brut est en général déjà significativement taxé
lorsqu’il sort du pays ? Il existe toujours une certaine proportion, plus ou moins large, de grumes
pour laquelle la transformation locale est moins rentable que l’exportation en l’état. Cette situation,
paradoxale en apparence, découle d’une moindre efficacité des unités de transformation locale par
rapport aux meilleures usines installées dans des pays étrangers.
Pour des raisons diverses – qualité de la main d’œuvre, performance des installations, proximité
des marchés qui permet de valoriser et d’écouler de nombreux sous-produits… – la rentabilité de
ces unités étrangères est meilleure et elles peuvent ainsi payer plus cher le bois en grumes que ne
le peuvent les entreprises locales (et ce malgré les coûts d’expédition du bois brut à l’étranger).
Cette situation se reflète souvent dans les prix relatifs : Ainsi au Gabon, un m3 de grume de qualité
sciage se vendra autour de 160 € à l’exportation, tandis que ce même bois scié se vendra environ
350 € le m3. Mais comme il faut en moyenne 3 m3 de grumes pour faire 1 m3 de sciage, on voit
immédiatement que transformer en bois scié les 3 m3 de grumes que l’on aurait pu exporter
entraîne un coût d’opportunité puisque la valeur de la « matière première » excède celle du produit
transformé, et ce sans même compter les coûts associés à la transformation ! La situation est plus
contrastée en ce qui concerne le déroulage du bois : avec des prix entre 500 et 650 € le m3 et des
rendements matière de 50% (2 m3 de grumes pour 1 m3 de contreplaqué), et même si le prix de
l’okoumé de qualité déroulage se vend jusqu’à 190 €/m3, les possibilités de gain net dans la
transformation sont plus élevées. Mais il faut compter avec tous les coûts de fabrication, et le fait
que les importations de contreplaqués du Gabon à l’entrée en Europe sont taxées à hauteur de
6,5% du prix CIF (prix au port de destination) depuis début 2008, car le Gabon n’a pas signé de
nouveaux accords de partenariat économique (APE) avec l’Union Européenne. Comme ni les
grumes ni les placages ne sont soumis à ces droits c’est donc une incitation indirecte à limiter la
fabrication au niveau primaire (grumes ou placages) sans aller au produit fini (contreplaqué).
Ceci est valable du point de vue de l’entrepreneur. Mais qu’en est-il du point de vue de l’économie
gabonaise, c'est-à-dire si l’on considère la valeur ajoutée ? Certains des coûts de l’entreprise –
comme les salaires, les cotisations sociales et les taxes payées au Gabon – sont de la valeur
ajoutée pour le pays. Mais transformer est-il toujours synonyme de plus de valeur ajoutée ?
Dans l’exemple précédent sur le sciage, on voit bien qu’il est plus probable que la transformation
se traduise simplement par de la destruction de valeur plutôt que de la valeur ajoutée : il y a très
probablement plus de salaires, taxes, cotisations sociales et bénéfices associés à la vente de 3 m3
de grumes (160 x 3 = 480 €) que dans les 350 € d’un m3 de bois scié, donc plus de valeur ajoutée
avec l’exportation de grumes de qualité que de bois scié dans des conditions de transformation qui
ne permettent pas de valoriser suffisamment la matière. A condition, bien sûr, qu’il existe un
marché d’exportation pour ces grumes. Si la qualité des grumes n’est pas au rendez-vous et qu’il
n’est pas rentable de les exporter, alors les scier – même avec un mauvais rendement matière –
sera un choix économiquement plus pertinent.

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Bref, plus de transformation ne veut pas nécessairement dire plus de valeur ajoutée. Le
contreplaqué semble le mieux placé en termes de valeur ajoutée, compte tenu des prix relatifs
indiqués. Mais il faut garder à l’esprit que celui-ci incorpore des quantités importantes de colle,
consommable importé qui représente environ 110 € par m3 de contreplaqué. De ce point de vue,
la fabrication de feuilles de placages (première transformation) vendues entre 330 et 360 € le m3
qui permet des rendements matière de 65% et plus, et qui n’utilise pas de colle, peut parfois
apporter plus de valeur ajoutée que le contreplaqué, ce dernier étant pourtant un produit de
seconde transformation.
Des pertes fiscales compensées par des emplois ?
Le dilemme auquel se heurte les gouvernements dans cette situation est de devoir choisir entre
une diminution des recettes fiscales – l’exportation des grumes est toujours ce qui rapporte le plus
de taxes, surtout si comme au Gabon actuellement les produits transformés ne paient pas de
taxes d’exportation – et les emplois que pourrait créer la « transformation forcée » induite par
l’interdiction d’exporter des grumes. Compte tenu de l’efficacité insuffisante d’un grand nombre
d’unités de transformation, la compétitivité de nombreuses entreprises qui vont devoir transformer
intégralement leur production va baisser, ce qui limitera les embauches possibles.
Une (mauvaise) manière de rétablir la compétitivité-prix de ces entreprises à l’efficacité insuffisante
serait de baisser très fortement l’ensemble de leurs impôts et taxes. Mais ce serait perdre encore
plus d’un côté (les recettes restantes) ce que l’on souhaite gagner de l’autre (les emplois). En
outre, cela conduirait à une industrialisation fondée sur des coûts d’utilisation de la ressource
forestière artificiellement bas, induisant une compétitivité plus fondée sur la possibilité de produire
bon marché (en restant inefficace) que de transformer plus efficacement la matière première. On
ose espérer que la mesure de « compensation des pertes des industriels » annoncée ne
consistera pas en une baisse drastique des taux des taxes forestières.
A terme, un risque d’apparition de surcapacités de transformation
Pratiquement tous les pays qui ont adopté de telles mesures d’interdiction d’exporter des grumes
ont connu quelques années plus tard un problème de surcapacités de transformation. L’interdiction
favorise un segment d’industriels (les gros transformateurs) au détriment des exploitants qui ne
transforment pas ou peu. Ces derniers ne pouvant plus écouler leurs grumes sur le marché
international, n’ont d’autres choix que de les transformer ou, s’ils ne peuvent investir, de les vendre
aux industriels de la place, lesquels sont en position de force pour « faire les prix ». Cette baisse
des prix d’achat aux exploitants, qui parfois s’accompagne d’une baisse des taxes imposées à
l’industrie (toujours dans l’optique de favoriser l’industrialisation), conduit à une croissance de la
transformation fondée sur une disponibilité abondante (au moins au début) de bois bon marché.
Mais du côté de la ressource boisée, la fin progressive du premier cycle d’exploitation de la forêt
qui se traduit par la raréfaction des grands arbres des essences les plus prisées (l’okoumé dans le
cas du Gabon), conduit à une contraction des volumes récoltés. La progression des plans
d'aménagement, qui imposent de nouvelles contraintes en relevant souvent les diamètres
minimaux d’exploitation, contribue également à cette contraction.
En d’autres termes, on risque d’avoir d’un côté une croissance « extensive » des capacités de
transformation permise par le faible coût de la matière, et de l’autre une tendance à la baisse des
volumes récoltables (à moins d’un élargissement significatif de la gamme des essences prélevées,
qui sera sans doute néanmoins insuffisant). Arrive un moment où les deux courbes se croisent, et
où les capacités de transformation excèdent le volume de récolte soutenable. Et comme il est très
coûteux, socialement, de supprimer des capacités de transformation excédentaires (impacts sur
l’emploi), ce décalage persistant se traduit en surexploitation et exploitation illégale. Telles ont été
les trajectoires de nombreux pays du sud-est asiatique, à commencer par l’Indonésie, mais aussi
du Ghana.

Economie Forestière 3-e IEF IPR-IFRA Dr. Souleymane Diallo Page 39


Un meilleur compromis est-il possible ?
Pour que se développe une transformation plus efficace, il faut que les entreprises investissent.
Or, la mesure d’interdiction totale d’exporter des grumes retire aux entreprises un segment
rentable, celui qui a été le moins affecté par la crise et qui est le plus générateur de trésorerie,
donc de possibilités d’investissement. En outre, la crise économique a durement touché les filières
exportatrices du bois en Afrique centrale, et les entreprises ont essuyé de lourdes pertes qui
obèrent pour un bon moment leurs capacités d’investissement.
Une politique judicieuse d’accompagnement de la sortie de crise serait, à rebours de l’annonce du
gouvernement gabonais, de favoriser une relance provisoire des exportations de grumes afin de
permettre aux entreprises de reconstituer leur trésorerie et de se désendetter pour retrouver
rapidement des capacités d’investissement. Puis de mettre en place un système de droits
transférables d’exportation des grumes à l’image du marché des permis d’émissions de gaz à effet
de serre.
Quel serait son principe ? Avant cette mesure d’interdiction, le Gabon avait l’objectif de transformer
75% de sa récolte en 2012, ce qui signifie que 25% au plus de grumes pourraient être exportés. Si
l’on prend pour base une production annuelle d’environ 3 millions de m3, cela représente 750 000
m3 de grumes exportables au niveau du Gabon. Comment les répartir au niveau des opérateurs
économiques ? Ces deux dernières années, le Gabon a distribué (gratuitement) des quotas aux
entreprises suivant des critères imprécis, suscitant de nombreuses contestations de la part
d’opérateurs se jugeant lésés, situation compliquée par la volonté du gouvernement de maintenir à
flot la SNBG (Société nationale des bois du Gabon, qui a longtemps détenu un monopole sur les
exportations de grumes d’okoumé) en lui attribuant un montant généreux de quotas.
Une formule simple, transparente et efficace existe : celle de la mise aux enchères de droits
d’exportation jusqu’à concurrence des 750 000 m3 exportables. Le gouvernement, à travers une
agence spécialisée, mettrait aux enchères différents volumes de permis d’exportation en début
d’année. Ces permis seraient transférables entre les agents économiques, sur simple déclaration à
l’agence spécialisée qui tiendrait un registre des échanges des permis. Le produit de la vente aux
enchères viendrait remplacer les taxes d’exportation et l'administration pourrait décider un prix-
plancher (mise à prix) en deçà duquel les permis sont retirés des enchères.
Faut-il, comme on l’entend parfois, redouter l’apparition de « spéculateurs » qui rafleraient tous les
permis mis aux enchères pour ensuite les revendre très cher aux entreprises exportatrices ? Un tel
spéculateur serait bien imprudent d’acquérir au prix fort des permis d’exportation sans disposer du
bois ! En effet, rien n’obligerait les forestiers à passer sous les fourches caudines d’un tel
spéculateur et à lui vendre leur bois : ils peuvent choisir de transformer plus eux-mêmes, de
vendre à un industriel de la place, de stocker…
Le volume des permis d’exportation mis aux enchères pourrait varier d’une année sur l’autre. La
première année, la quantité mise en marché devrait être un peu inférieure aux exportations de
grumes de l’année précédente (en 2008 le Gabon a exporté 1,6 millions de m3 de grumes), puis
être réduite progressivement selon un calendrier connu de tous par avance afin que les
entreprises puissent avoir la visibilité nécessaire pour programmer leurs investissements. A moyen
terme, il est préférable de toujours garder un certain volume de droits d’exportation du bois brut
pour éviter des coûts d’opportunité élevés sur certaines segments de grumes (par exemple le
sciage inefficace d’une grume de qualité tranchage) et prévenir les risques de surcapacités de
transformation. Et si, à long terme, l’industrie gabonaise améliore sensiblement son efficience,
alors le choix de la transformation s’imposera spontanément et les exploitants forestiers
préfèreront vendre leurs grumes aux usines locales qui seront, cette fois, en mesure de leur offrir
des prix rémunérateurs.
Alain Karsenty, économiste au CIRAD.

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2. SYSTEMES D'EXPLOITATION DES RESSOURCES FORESTIERES AU BURKINA

Dans le but d'assurer la conservation de la forêt et de permettre une exploitation soutenue qui
n'entame pas le capital forestier, le décret N° 85 404/CNR/PRES du 4 août 1985 en son article 268
stipule :'' le monopole de la coupe du bois de chauffe et de l'exploitation du charbon de bois à des
fins commerciales est réservée aux services publics forestiers. Ils peuvent faire l'objet de
concession au profit de personnes physiques ou morales privées. Cette exploitation se fait selon
un certain nombre de modes d'exploitation (régie, semi-régie, concession ou permis de coupe).

Selon le mode d'exploitation par concession des autorisations de coupe de bois de feu ou de
charbon de bois sont accordées aux personnes physiques ou morales détentrices d'une carte
professionnelle de commerçants exploitants. Ces concessions se feront à concurrence de la
différence entre les stocks prévisionnels de bois des services forestiers et les besoins en
consommation de bois évalués dans les localités considérées. Ce mode d'exploitation est soumis
à un cahier de charges qui édicte clairement les règles techniques d'exploitation. Les
concessionnaires organisent leur exploitation comme une entreprise où ils fournissent le capital et
assurent la gestion. La recherche du bénéfice est l'objectif principal de la production.

Selon le mode d'exploitation en semi-régie où l'Etat apporte un soutien technique à la production


d'une personne morale privée, les recettes réalisées se répartissent entre le Trésor public et le
groupement. Par exemple dans le cas des débiteurs de Tiogo, pour un stère de bois vendu sur les
lieux de coupe au prix officiel de 1610 F CFA le stère, 300 F vont au Trésor, 200 F sont retenus au
titre de fonds de roulement et 1110 F vont aux débiteurs.

Selon le mode d'exploitation par permis de coupe, les permis sont délivrés par le service forestier
aux particuliers exerçant leurs activités en dehors des zones d'exploitation en régie, semi-régie ou
concession. Le permis n'est remis qu'après versement d'une redevance en fonction du quota
demandé. La durée de validité du permis est de 1 mois (6 mois au Mali).

3. SYSTEMES D'EXPLOITATION DES RESSOURCES FORESTIERES AU NIGER


Toutes les forêts au Niger appartiennent à l'Etat. Le service de l'environnement autorise
l'exploitation par les particuliers en leur délivrant un permis de coupe dont la redevance est de 350
F CFA le stère et de 400 à 600 F CFA le pied exploité. Le bois à usage familial est cédé
gratuitement à titre de droit coutumier.

4. LA FORESTERIE COMMUNAUTAIRE AU GABON


En 2001 au Gabon a été édictée la loi N° 016/01 de reforme du secteur forestier. Selon cette loi, le
domaine forestier comprend deux domaines: le domaine forestier permanent de l'Etat (DFPE) et le
domaine forestier rural (DFR). Cette nouvelle loi établit la cohérence avec les conventions
internationales dont le pays est signataire. L'ensemble de ces conventions tend vers une gestion
durable des forêts basée sur l'aménagement. L'article 3 de la loi est explicite à ce sujet << La
gestion durable du secteur des eaux et forêts est l'exploitation durable de la forêt, de la faune
sauvage et des ressources halieutiques fondée sur :
 la protection des écosystèmes et la conservation de la biodiversité;
 la valorisation des ressources et des écosystèmes;
 la régularité et la durabilité de la production;
 l'inventaire continu des ressources;
 l’aménagement des ressources naturelles

Une place importante est accordée à la participation des populations locales par l'introduction
de la cogestion de l'écosystème et le partage des bénéfices pour la réduction de la pauvreté. La
loi crée les forêts communautaires par deux textes de loi les régissant : la loi N°16/2001 portant

Economie Forestière 3-e IEF IPR-IFRA Dr. Souleymane Diallo Page 41


code forestier (articles 156 à 162) et son décret d'application (N° 1028/PR/MEFEPEPN du
01/12/04) fixant les conditions de création des forêts communautaires.

Selon cette loi: <<La forêt communautaire est une portion du domaine forestier rural affectée à
une communauté villageoise en vue de mener des activités… pour une gestion durable des
ressources naturelles à partir d’un plan de gestion simplifié>>. L'article 2 du décret d'application
précise qu'il s'agit d'activités d'exploitation de produits ligneux et non ligneux ayant un intérêt
économique. D'autre part, ces forêts sont créées dans le domaine forestier rural à la demande d'un
village, d'un regroupement de villages, d'un canton dans l'intérêt des communautés villageoises
concernées. C'est donc une action volontariste qui suppose que la communauté a bien mûri son
projet, que toutes ses composantes sans discrimination adhèrent et sont d'accord pour gérer
ensemble la forêt. L'article 158 de la loi précise la condition: <<L'exploitation est subordonnée à un
plan simplifié d'aménagement (plan simple de gestion) et à un ou plusieurs contrats
d'approvisionnement passés avec une ou plusieurs sociétés de transformation locales>>.

L'article 159 traduit l'engagement de l'Etat << Les travaux de délimitation, de classement et
d'aménagement des forêts communautaires sont réalisés gratuitement par l'administration des
Eaux et Forêts>>. Toutefois, les articles 6 et 7 du décret reconnaissent le droit aux communautés
de réaliser ces travaux elles-mêmes, à condition qu'ils soient validés par l'administration. Les
article 160 et 161 précisent que l'exploitation peut se faire en régie et que les revenus sont la
propriété de la communauté. En promulguant cette loi, trois objectifs sont visés:
*environnemental en amenant les communautés à devenir des partenaires de la cogestion
durable; *économique en créant des emplois locaux générateurs de revenus et en développant les
micro-projets de développement local; *social en créant un esprit communautaire favorable à la
gestion des ressources forestières, en renforçant les capacités techniques et organisationnelles
des communautés et en suscitant un sentiment de réappropriation des ressources naturelles. La
création des forêts communautaires est une formidable opportunité de décentralisation de la
gestion des forêts au profit des populations locales.

5. LE PLAN SIMPLE DE GESTION AU GABON

<<Les modes de gestion qui ne sont pas réalisés et appropriés par les populations
risquent de ne pas être appliqués et sont donc non durables>>.

Le Plan Simple de Gestion (PSG) comprend les parties suivantes:


 Description de l'entité de gestion de la forêt communautaire sollicitée;
 Localisation de la forêt et description de la zone (plan de situation de la forêt);
 Description de la forêt.

Objectifs de la forêt communautaires : sont fixés en réunion de concertation durant laquelle une
demande de création de la forêt est formulée; les usages et règles de gestion/normes de
compensation; les usages possibles (agriculture, exploitation du bois, chasse, pêche, cueillette,
élevage, maraîchage, pisciculture), ce qui permet de déterminer les modalités d'affectation. Des
normes réglementent la protection, l'accès, l'exploitation et les interdictions par exemple les
espèces protégées, les espèces exploitées et le nombre de pieds autorisés à la coupe, etc...

Description des séries d'affectation et du parcellaire: une fois les séries d'affectation définies,
la série de production forestière est divisée en plusieurs unités d'exploitation quinquennales, elles-
mêmes divisées en parcelles d'exploitation annuelles.

Programme d'actions: un programme d'action de 5 ans est établi par série et par unité. Propose
des actions concrètes et réalistes pour les 5 premières années.

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Droits d'usages coutumiers: Clé de répartition des revenus: salaire des travailleurs, frais de
fonctionnement (achat, utilisation, entretien, réparation et amortissement du matériel), financement
du plan de développement local

Plan de développement local: investissements socio-économiques de la communauté


(éducation, santé, amélioration des conditions et du cadre de vie.
Les 5 premières parties contiennent les éléments légaux auxquels sont ajoutés la clé de répartition
des revenus tirés et le plan de développement local. La clé de répartition des revenus permet à la
communauté de s'accorder avant le début de l'exploitation sur l'utilisation des revenus pour limiter
les risques de conflits. Le plan de développement local permet d'identifier les objectifs de
développement de la communauté villageoise et de programmer dans le temps les différentes
actions.

6. LA GESTION FORESTIÈRE COMMUNAUTAIRE EN RDC:

La promulgation d’un nouveau Code Forestier le 22 août 2002 fait partie d’actions entreprises par
le gouvernement congolais ces dernières années pour améliorer la situation dans ce secteur. Dans
ce code, les principales innovations se situent à la fois sur le plan institutionnel et sur le plan de la
gestion forestière. On y trouve notamment :
 La gestion participative, impliquant la concertation de tous les acteurs dans la gestion
durable
 Les acteurs (secteur public et privé, ONG, communautés locales) lors des choix sectoriels
importants.
 La répartition de l’espace forestier, en trois grandes catégories, avec les forêts vouées au
développement rural (forêts communautaires), à la production durable (forêts de production
permanente) et à la conservation de la nature (forêts classées).
 L’aménagement durable par la mise en œuvre des plans d’aménagement durables dans
toutes les forêts de production, y compris les mesures sociales (mécanisme des ''cahiers
de charges'') et de conservation de la nature;
 La conservation de la nature à travers l’accroissement du réseau de conservation jusqu’à
15% du territoire national.
Le partage des revenus à travers la mise en place d’une fiscalité plus simple, fondée sur la
transparence, et visant un partage plus équitable de la rente forestière entre les opérateurs privés,
l'Etat et les communautés riveraines par la rétrocession de 40% des revenus de la taxe de
superficie aux entités locales décentralisées pour la réalisation des infrastructures sociales.

Des incitations aux investisseurs privés avec l’introduction d’une série de mesures qui favorisent
un climat plus clair et plus transparent propice aux investissements privés pour tous les
opérateurs qui souhaitent valoriser les ressources forestières de façon responsable sur le plan
social, environnemental et fiscal.
De nouveaux concepts tels que l’inventaire forestier, l’aménagement forestier et la forêt
communautaire font désormais partie du paysage de la gestion forestière. Ainsi par exemple,
l’article 22 de cette loi stipule qu’ « une communauté locale peut, à sa demande, obtenir à titre de
concession forestière une partie ou la totalité des forêts protégées parmi les forêts régulièrement
possédées en vertu de la coutume.». Autrement dit, on donne aux communautés locales la
possibilité de participer à la gestion de leurs propres forêts. Cette réforme nécessite une mise en
application, une expérience pilote de Foresterie Communautaire, notamment l’instauration d’une
gouvernance et une d’une gestion des ressources forestières avec la participation des
communautés locales consistant à la réalisation d'activités pilotes suivantes :

Economie Forestière 3-e IEF IPR-IFRA Dr. Souleymane Diallo Page 43


 Implication effective des parties prenantes dans la finalisation des textes d'application de la loi
forestière et de vulgarisation des textes déjà adoptés.
- Assister les populations et les sociétés d’exploitation forestière à négocier et à respecter les
cahiers de charges.
- Réaliser une expérience de zonage dans un site pilote (LISALA, BUMBA, dans la province de
l'Equateur à l'extrême nord du pays).
- Mettre en œuvre une expérience pilote de gouvernance et de gestion concertée des
ressources forestières avec les communautés locales (FAO, 2005).

7. LA GESTION FORESTIERE COMMUNAUTAIRE EN COTE D'IVOIRE:

Depuis 1988, le Gouvernement de la République de Côte d’Ivoire a mis en place un Plan


Directeur Forestier (PDF) 1988-2015. Dans ce document, il est souligné que la participation
effective des populations reste une des conditions indispensables pour le succès de la politique
forestière ivoirienne.

Le Gouvernement ivoirien concrétise son idée par l’institution en août 1992 de la Commission
Paysans Forêts , un cadre de discussion et de dialogue entre tous les partenaires du monde rural :
populations riveraines ou à l’intérieur des forêts classées, autorités administratives, structures de
développement et structures chargées de la gestion des forêts classées. De 1992 à 1996,
soixante-neuf Commissions Paysans Forêts (CPF) ont été installées, et 2 003 délégués paysans
de soixante CPF formés pour jouer efficacement le rôle qui leur est dévolu c’est-à-dire la courroie
de transmission entre les populations riveraines et les structures chargées de la gestion des forêts
classées.

Le code forestier ivoirien réglemente les droits d’usage portant sur le sol forestier, les fruits, les
produits de la forêt naturelle et l’exploitation de certains fruits et produits de la forêt naturelle à
caractère commercial. Malheureusement, cette réglementation n'est pas respectée. Les droits
d'usage s'exercent donc de manière anarchique dans toutes les forêts, qu'elles appartiennent au
Domaine Forestier Permanent de l’Etat (DFPE) ou au Domaine de Particuliers et de Collectivités
(DPC). Il en résulte une régression de la forêt en Côte d'Ivoire où le taux de déboisement de 5,2%
dans les années 80 demeure le plus élevé d'Afrique (Banque Mondiale, 1994). L’expérience de
gestion des forêts avec la participation des populations riveraines menée par la SODEFOR pour
endiguer ce fléau, ne donne pas les résultats escomptés dans toutes les régions du pays. En effet,
les populations échappent au contrôle des structures chargées des forêts qui n’auront jamais
assez de moyens pour surveiller toutes les forêts classées, maintenant que les forêts du DPC sont
réduites à l’état de reliques et que les systèmes de gestion forestière par les institutions
traditionnelles sont érodés par les interventions étatiques.

Pour permettre aux structures chargées de la gestion des forêts d’appliquer les plans
d’aménagement rédigés au cours de la première phase du PSF, il apparaît judicieux de délimiter
dans les forêts classées des forêts communautaires réservées aux droits d’usage hormis ceux qui
portent sur le sol forestier d’autant plus qu’il existe sur toute l’étendue du territoire ivoirien 5 549
forêts sacrées qui couvrent une superficie de 36 437,61 ha rigoureusement conservées par les
communautés villageoises. La délimitation des forêts communautaires soumises au pouvoir
traditionnel au sein des forêts classées augmenterait les chances de succès de la sensibilisation
des communautés rurales. Mais, cette délimitation des forêts communautaires ne doit pas être
systématique et devrait obéir aux conditions suivantes :

 niveau d’avancement de la prise en main,


 sensibilisation des populations concernées,
 nature et situation des villages bénéficiaires.

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En conséquence, la constitution d’une forêt communautaire peut être envisagée lorsqu’une forêt
est prise en main et que la population riveraine est suffisamment sensibilisée pour sa gestion
durable. Il s’agit de répondre d’abord à un besoin des communautés riveraines d’exercer leurs
droits d’usage (hormis les droits sur le sol forestier), en l’absence de forêts du DPC : droits sur les
fruits, le bois mort, droits pour les cérémonies traditionnelles culturelles et surtout droits de
prélever des plantes médicinales quand on constate que la dévaluation du franc CFA en 1994 a
rendu les prix des médicaments pharmaceutiques inaccessibles à la majorité des populations
rurales.

La superficie totale des forêts communautaires ne devrait pas excéder 15% de la superficie de la
forêt pour ne pas être préjudiciable à l’application optimale des plans d’aménagement. Les forêts
communautaires ne sont pas des déclassements. Les pouvoirs des institutions traditionnelles de
gestion forestière y sont rétablis. Ces forêts seront soumises à un aménagement simplifié prenant
en compte les aspirations des communautés responsables, qui peuvent les étendre en dehors des
limites de la forêt classée par la mise en défens ou par des reboisements pour reconstituer les
forêts du DPC. Dans la mesure du possible, il faudrait veiller à ce que la zone d’extension soit
contiguë à la forêt classée afin que l’ensemble constitue un massif capable de jouer pleinement
ses fonctions écologiques et économiques. Sfil existe une forêt sacrée à l’intérieur de la forêt
classée ou à proximité, la forêt communautaire devra être rapprochée d’elle afin de réduire les
frais de gestion. Les recettes résultant de la vente des produits de la forêt communautaire seront
essentiellement affectées à la communauté.

La mise en œuvre de cette stratégie de forêt communautaire a de multiples avantages.

 Pour les communautés riveraines de la forêt classée :


- une reconnaissance concrète de leur qualité de copropriétaire de la forêt,
- une responsabilité dans la gestion de la forêt et un rétablissement du pouvoir des
institutions traditionnelles de la gestion forestière (chefs de terre, chefs de lignées,
coutumes liées à la terre),
- une prise en compte directe de leurs intérêts à court, moyen et long terme (recettes,
droits d’usage),
- un moyen de lutte contre les feux de brousse.

 Quant aux structures chargées de la gestion des forêts, cette stratégie leur permet :
- d’obtenir à moindre coût l’adhésion des communautés riveraines,
- de gérer plus efficacement la forêt par l’application stricte des plans d'aménagement dans
la zone non communautaire de la forêt classée et de bénéficier de l'appui et de l'autorité
des institutions traditionnelles de gestion forestière qui demeurent très influentes et
respectées au niveau des populations;
- d’espérer accroître la superficie des forêts (forêt classée ou forêt du DPC) pour atteindre un
des objectifs majeurs du PDF, c’est-à-dire 20% de couverture forestière au niveau national
à l’horizon 2015 contre 12% environ actuellement (forêts classées, parcs nationaux et
réserves),
- de matérialiser sur le terrain les efforts du Comité National de lutte contre les feux de
brousse,
- de commencer à mettre de l’ordre dans l’occupation de la terre, les terres impropres à
l'agriculture pourront être reboisées pour l’extension des forêts communautaires ou la
création de forêts privées.

Toutes ces actions doivent être précédée et accompagnée par une vigoureuse campagne de
sensibilisation de tous les acteurs.

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8. LE CONTRÔLE INDEPENDANT DE L'EXPLOITATION FORESTIERE EN AFRIQUE:

Les citoyens des pays pauvres mais riches en forêts ne disposent souvent que d’informations
minimales sur la gestion de leurs forêts, ce qui les empêche de demander des comptes aux
pouvoirs publics et aux entreprises. S’appuyant sur son expérience en matière de transparence
dans le domaine des industries extractives et de l'Observation Indépendante des Forêts (OIF),
Global Witness travaille avec des partenaires dans des pays clés afin de renforcer leur capacité de
surveillance et de diffusion d’informations concernant les plans de gestion forestière, l’allocation
des concessions, les recettes et les infractions. Nous sommes en train de développer un bilan de
transparence forestière pour évaluer et comparer la diffusion officielle d’informations dans les
principaux pays producteurs de bois. En tant que coalition, nous entendons utiliser cette
information pour promouvoir des actions de plaidoyer nationales et internationales visant à une
plus grande responsabilité des gouvernements et à l’amélioration des politiques et pratiques du
secteur forestier. Les projets d'observation indépendante des forêts visent à coopérer avec des
gouvernements, la société civile et le secteur privé des pays producteurs de bois. Ces projets
fournissent des informations objectives sur les attributions de concessions et les infractions
commises dans les opérations du secteur forestier. Ces projets fournissent également des
renforcements de capacités des techniques de contrôle forestier et de suivi des contentieux. Leur
objectif est que les populations des pays concernés puissent bénéficier de façon équitable de
l'utilisation rationnelle de leurs ressources naturelles. Le personnel de suivi et les officiels
effectuent des visites d'inspections qui peuvent se dérouler de façon conjointe ou bien
indépendante. Elles visent alors plusieurs endroits : forêts, scieries, usines, ports, etc. Ces visites
s'effectuent soit de façon programmée et systématique soit pour vérifier des allégations.
L'objectivité et la crédibilité de l'OIF, en tant que tierce partie, viennent compléter l'application
officielle de la loi forestière. L'OIF peut ainsi améliorer la transparence en contribuant au
développement d'un cadre législatif et réglementaire valable visant à une gestion forestière
responsable.

Deux missions de faisabilité ont été menées en juillet et octobre 2000, dans le but d'identifier la
nature et l'étendue des activités illégales dans le secteur forestier camerounais. Les deux missions
de faisabilité ont confirmé l'existence d'activités illégales à grande échelle par différentes
compagnies d'exploitation forestière de premier plan et de corruption de haut niveau dans
l'administration forestière. Ces missions ont démontré en outre qu'un travail de terrain efficace et
une observation professionnelle apportaient une information objective quant aux infractions
commises dans le secteur forestier. Ces infractions étant susceptibles de donner lieu à des
poursuites, celles-ci contribuaient à dissuader les opérateurs illégaux, qui jusqu'alors agissaient en
toute impunité. Le travail de Global Witness en tant qu'Observateur Indépendant au Cameroun a
entrainé des améliorations significatives dans le domaine de l'application de la loi forestière.

L'Observateur Indépendant a travaillé avec l'Unité Centrale de Contrôle (UCC) sur le terrain et a
également été en relation constante avec le ministère responsable, le MINEF. L'UCC a fait preuve
d'une responsabilité croissante, et d'une réelle volonté de dresser les procès-verbaux des
infractions. La discipline et l'efficacité de l'UCC se sont considérablement améliorées.

Les informations fournies par l'Observateur Indépendant servaient également à démontrer aux
responsables camerounais la nécessité de sanctions à l'encontre des activités d'exploitation
forestière illégales. En dépit de plus d'une centaine de rapports de missions de terrain, les progrès
pour engager des poursuites contre les responsables des infractions ainsi que de ceux qui étaient
susceptibles d'avoir mal géré le système de contrôle ont toutefois été d' une lenteur décevante.
Inertie dans le suivi des contentieux et la condamnation aux amendes appropriées demeure bien
sûr le défi le plus important pour le MINEF et les autres agences gouvernementales concernées.
Le mode de calcul du montant des dommages demeure opaque. Les amendes sont parfois
payées en retard, et des règlements à l'amiable sont toujours possibles. Tout ceci infirme le

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but premier de ces amendes : décourager les éventuels contrevenants. De plus, en dépit du
mécanisme institutionnel mis en place pour faciliter la coopération interservices, l'échange
d'information concernant le recouvrement des taxes et l'exploitation illégale a été clairement
insuffisant.

Malgré une société civile bien engagée, organisée et informée, la coopération entre les ONG
locales et le MINEF se limite à des meetings formels et occasionnels. L'Observateur Indépendant
a recommandé que des observations des activités forestières par les citoyens puissent contribuer
de manière significative à la capacité d'application de la loi forestière. Les villageois et les ONG
fournissent des sources d'informations inestimables à propos de tout ce qui se passe dans les
forêts, qu'il s'agisse d'exploitation illégale, d'intimidations ou d'abus aux droits de des populations.
Des questions sérieuses demeurent, les plus notables concernant la capacité d'application de la
loi, des incohérences de procédure, le manque de clarté dans le processus de contrôle, et la
validité du système d'attribution des allocations en lui-même. Dans certains cas, les titres
d'exploitation ont été attribués sans aucun respect des droits communautaires et en violation du
décret du décembre 2001 affirmant la participation des communautés locales au développement
des forêts communautaires.
En outre, les villageois qui s'élèvent contre l'exploitation illégale à l'œuvre sur leurs terres n'ont eu
aucun moyen tangible de faire en sorte que leurs droits sont respectés, mais sont souvent frustrés
par la collusion des officiels du secteur forestier avec le secteur privé. Ils sont souvent confrontés à
des intimidations de toutes sortes lorsqu'ils essaient de faire respecter leurs droits. Suite à l'action
d'observation on dénote une modification de la nature des actes illégaux. Par exemple,
l'exploitation au-delà des limites des titres a été diminuée, en revanche, l'abattage des arbres d'un
diamètre trop petit à l'intérieur des concessions, ainsi que la surexploitation des quotas demeure
conséquente. En parallèle, l'enlèvement frauduleux de bois et l'exploitation illégale dans des forêts
communautaires est devenu un problème de plus en plus sérieux. L’intervention d’un Observateur
Indépendant Forestier permanent ne pourra avoir lieu que sur condition de la mise en place
préalable d’un système de contrôle forestier efficace et régulier, fondé sur la transparence et
assuré d’un budget conséquent pour conduire à bien les opérations de contrôle. Ce, en
considération du fait que l’Observateur Indépendant vient en appui au contrôle. Sa présence
n’aurait aucun sens si, au préalable, aucun système de contrôle régulier n’existe.

9. SITUATION DES FORMATIONS VÉGÉTALES LIGNEUSES DU MALI


Sur le territoire du Mali on rencontre:
- les formations arbustives;
- les formations arborées;
- les forêts claires et savanes boisées;
- les forêts denses sèches et galeries forestières;
- les jachères de formation forestière (jachères arborées).

Ces types de formations végétales qui se répartissent entre les différentes zones climatiques du
pays se caractérisent surtout par leur densité (taux de couverture du sol) et leur productivité (voir
tableau, d'après A.L. Berthé, 1985):

Avec une superficie totale estimée à 106 000 km2, les formations végétales ligneuses couvriraient
environ seulement 10% de la superficie du pays. Ce taux apparaît très faible pour un pays soumis
à divers aléas climatiques et subissant l'influence du désert.

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Formation Superficie, Taux de Capital sur pied, Productivité
km2 couverture m3/ha annuelle, m3/ha

Forêts denses, galeries for. 5 000 plus de 80% 120 0,7 – 1,5

Forêts claires, savanes bois 30 000 plus de 40% - 0,6 - 1,0

Formations arborées 36 000 10 à 40% - 0,25 – 0,6

Formation arbustives 58 000 - - 0,05 – 0,25

Jachères arborées 25 000 - 6 à 10

TOTAL 106 000

L'exploitation du bois constitue un des facteurs importants de déboisement. Le bilan-programme


du secteur forestier établi avec le CILSS montre que seule la région de Kayes peut satisfaire
globalement ses besoins en bois et ce jusqu'en 1985 seulement. Quant à l'étude FAO ''sur les
disponibilités en bois de feu en région sahélienne (1982), elle distingue six zones:

Zone 1: désertique à potentialités forestières quasi nulles et densité de population très faible. Il
s'agit des cercles de Kidal, Ménaka, Bourem, Tombouctou et Goundam.
Zone 2: sahélienne et soudano-sahélienne à population et potentialités forestières faibles. Ce sont
les cercles de Gao, Ansongo, Gourma Rharous, Koro, Bankass, Bandiagara, Douentza, Nara,
Kolokani, Diéma, Nioro et Yélimané.
Zone 3: sahélienne et soudano-sahélienne à population relativement dense et potentialités
Naturelles particulières. C'est la zone du Delta Central avec les cercles de Mopti, Djenné,
Ténenkou, Youwarou, Diré, Niafunké, Macina.
Zone 5: savanes soudaniennes arborées et boisées à potentialités faibles à moyennes, à
population faible mais croissante avec les cercles de Kayes, bafoulabé, Banamba, Dioila, Kati,
Kolokani, Ségou, Barouéli, Niono, Bla, san, Tominian, Koutiala, sikasso et Bougouni.
Zone 6: savanes soudaniennes et soudano-guinéennes boisées à forte potentialités forestières et
à population faible. Les cercles de Kéniéba, Kita, kangaba, Yanfolila, Kolondiéba, Kadiolo et
Yorosso.
Toutes ces zones, dans le sens de la disponibilité en bois, se caractérisent par la pénurie à
l'exception de la zone 5 (M.N. Kéîta, 1982).
Les résultats de cette étude soulignent la nécessité de l'aménagement des formations forestières.
Cependant, le Service Forestier n'aura jamais suffisamment ni les ressources matérielles et
financières nécessaires, ni les moyens humains. C'est donc dans un véritable cadre de
concertation par l'action simultanée de l'ensemble des services techniques spécialisés (Elevage,
Agriculture, Conservation de la Nature) avec la participation des populations concernées peut
être envisagée une véritable gestion des espaces forestiers et c'est essentiellement en milieu
rural, dans le cadre de projets de développement intégrés, que l'aménagement des formations
naturelles peut donner de meilleurs résultats.

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GLOSSAIRE:
PROJET: ensemble d'activités visant des résultats précis en vue de réaliser un objectif défini à l'avance.

PLANIFICATION: instrument permettant d'améliorer le déroulement d'un projet et de minimiser les risques
d'échec. La planification globale est la définition des objectifs à atteindre et la formulation des activités en
tenant compte des risques. La planification détaillée désigne la définition des activités et sous-activités ainsi
que la détermination des moyens à mettre en œuvre.

PROBLEME: désigne un état négatif réel existant.


OBJECTIF: est un état positif à réaliser à terme.
STRATEGIE: les grandes lignes d'actions pour conduire les activités du projet le plus efficacement possible
dans un contexte donné.
APPROCHE: ensemble de mesures cohérentes concernant un domaine d'activités ou un volet précis du
projet.
SUPPOSITIONS IMPORTANTES: sont des facteurs externes généralement non influençables par le projet
ou dans une mesure très limitée.

INDICATEURS OBJECTIVEMENT VERIFIABLES: permettent d'indiquer ou de mesurer avec objectivité


l'état d'avancement du projet. Ils servent de guide pour apprécier correctement la conduite d'une activité, la
réalisation des objectifs, etc.

SUIVI ET EVALUATION: moyen de contrôle de l'état d'avancement du projet aux plans quantitatif et
qualitatif permet de comparer les indicateurs prévisionnels et les indicateurs réellement constatables en vue
de procéder à des ajustements.

SCHEMA DE PLANIFICATION DU PROJET: tableau permettant une présentation synoptique des éléments
essentiels de la conception du projet.

PLAN D'OPERATION: concerne les activités prévisionnelles du projet et couvre une période déterminée.
Pour le court et le moyen terme, il décrit les activités, fixe le cadre temporel, spécifie les ressources
nécessaires et définie les responsabilités pour chaque activité.

RISQUES: sont des situations/conditions préjudiciables au succès du projet.

EFFETS: impact du projet sur les concernés et les unités organisationnelles.

ORGANISMES: ce sont les unités organisationnelles à l'extérieur du projet.

CONCERNES: sont les couches socio-professionnelles, les organismes et les groupes sociaux à caractère
formel ou informel dont les intérêts sont touchés par les activités du projet.

SOURCES DE VERIFICATION: précisent le lieu où l'on peut obtenir les informations concernant tel ou tel
indicateur.

RESULTATS: sont les sous-objectifs à court ou moyen terme.

APPROCHE SYSTEMIQUE: est un outil de travail permettant d'aborder l'étude de la réalité d'une manière
pratique. Un système est un moyen de modélisation de la réalité qui a pour but d'en regrouper les éléments
de manière organisée et simplifiée. C'est un ensemble d'éléments interdépendants qui forment une unité et
fonctionnent ensemble. Pour tout système 4 caractéristiques doivent être définies: les limites, la structure, la
fonction et l'état. C'est uniquement quand les trois premières caractéristiques sont connues qu'un système
est correctement décrit.

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Référence Bibliographique

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ligneuses naturelles. Bamako, 1985-23p

2. Belov S. La sylviculture. Moscou, 1983. 352p.

3. Dorfman R. et autres. Economie de l'environnement. Calman-levy, 1975. 316p.

4. FAO. Une introduction à la planification du développement forestier. Document présenté au Séminaire


CILSS. FAO, 1983. 89p.

5. FAO. Petites entreprises forestières. Etudes FAO n° 79, 1988. 222 p

6. Gittinger J.P. Analyse économique des projets agricoles. Editions Economica, 2è édition, Paris, 1985.
547p.

7. Ivaniouta B. et autres. Economie forestière. Moscou, 1983. 272p.

8. Kalinine L. et autres. Fondement d'exploitation forestière, de dendrométrie et de protection de


l'Environnement. Moscou, 1985. 319p.

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10. Modibo SIDIBE. Les défrichements, causes et conséquences Bko, 29p

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12. Note sur l'organisation de l'exploitation forestière. Réunion des Directeurs Régionaux, Directeurs
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13. Politique forestière nationale. DNEF

14. Programme de Lutte contre la Désertification et l'avancée du désert 1985-2000. DNEF, 1984.37p.

15. Rapports annuels DNEF 1980-2005.

16. Savas E.S. La privatisation. Nouveaux Horizons, Paris, 1990 326p.

17. Textes forestiers. DNEF « Lino». 56p.

18. Tournier J., Ponchon M. Manuel de sciences économiques et humaines. 3è édition Baillière, Paris, 1975.
396p.

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