Economie Forestière Recueil Actual
Economie Forestière Recueil Actual
ECONOMIE FORESTIERE
Recueil de Cours
Préparé par:
Souleymane DIALLO
Docteur d’Etat en Sylviculture Octobre 2017
1. Objet de la matière
2. Nécessité de l’économie forestière et aspects principaux
3. Économie forestière et création de richesses
Importance économique des productions forestières
Économie forestière et création d’emplois et de richesses
1. Les particularités
2. Les contraintes
3. Production forestière
Notion de biens et d'actes économiques
Production forestière
Le cycle de production
Planification de la production
Statistique forestière
Production continue - production élargie
4. Systèmes de production.
1. Rappels
1. La filière bois
Enjeux environnementaux
Enjeux économiques
Le commerce illégal de bois
Le marché du carbone
La certification forestière
2. Les produits forestiers non ligneux (PFNL)
Définition
Place des PFNL
Importance économique des PFNL
Stratégie d'aménagement des PFNL
Lectures
Glossaire
Bibliographie
1. Objet de la matière:
La forêt joue un grand rôle dans la vie de l'homme et cela depuis ses origines. Dès l'apparition de
l'homme, la forêt a été le territoire indispensable de l'approvisionnement des populations groupées
en villages. Les hommes de toutes conditions y trouvaient à proximité de chez eux les produits
divers nécessaires à leur survie.
Si depuis des temps très reculés, l'agriculture a existé et les espèces agricoles ont bénéficié de
l'amélioration génétique, les espèces forestières, par contre, ont été victimes de l'exploitation des
individus les plus vigoureux au dépend de l'amélioration. Ainsi la sylviculture est née beaucoup
plus tard au XIX-è siècle et depuis « la forêt est entrée pleinement dans le domaine des
économies nationales, puis de l'économie mondiale» (J. Cosse, 1973). La place du matériau bois
évolue tellement vite qu'il est devenu le produit principal de la forêt. Si bien qu'on assimile
l’exploitation forestière à l’exploitation du bois et par conséquent cet aspect de l'exploitation
forestière est le mieux éclairé du point de vue économique.
D'autre part la forêt a beaucoup d'autres avantages, difficiles à évaluer économiquement, liés à
l'environnement comme la purification de l'atmosphère terrestre, la protection des sols,
l'adoucissement du microclimat etc. Le problème qui se pose à l'économie forestière est d'évaluer
concrètement tous les avantages indirects de la forêt ? Ceci constitue l'objet de l'économie
forestière qui étudie la production, l'exploitation et la consommation de biens forestiers, en
conformité avec les principes économiques, c'est-à- dire atteindre un but avec le minimum de
moyens ou réciproquement, réaliser le maximum d'effets avec les moyens donnés.
Pour réaliser ces objectifs, le forestier agit avec un ensemble d'instruments comme la politique
forestière, l'aménagement, la dendrologie, l'écologie, le génie, la statistique, les estimations
forestières etc. L’économie forestière est un vaste sujet, car il concerne la forêt, mais aussi ses
différents produits et comprend deux grands volets :
- L’économie de la forêt proprement dite, avec les revenus et dépenses associées à celle ci. Ceci
implique de s’intéresser à la rentabilité des différentes productions possibles. Le bois, bien sûr,
mais aussi la chasse ou encore les produits de cueillette. L’estimation forestière en tient compte.
- L’économie des filières (bois et autres produits issus de la forêt avec leurs caractéristiques
semblables à celle du bois transformé avec les différentes utilisations, ce qui implique une
connaissance des quantités par catégorie de produit et des flux correspondants. Elle nécessite
aussi une connaissance des principales caractéristiques correspondantes des forêts.
Les autres services rendus par la forêt comprennent le stockage et la fixation du carbone, la
production d’eau potable (régulation du débit et de la qualité), la protection contre les aléas (crues,
inondations, etc.), la régulation du climat et la fertilisation des sols, etc. La plus importante de ces
services étant la protection de l’environnement qui acquiert davantage de valeur et d’attention.
Comme l'ont affirmé des économistes célèbres, l'économie, en tant que discipline, est née de la
nécessité de l'utilisation judicieuse de ressources devenues rares. Il n'y aurait pas d'économie si
les ressources indispensables existaient en quantité suffisante pour couvrir les besoins. Les
Utiliser correctement des ressources indispensables, devenues rares est davantage une affaire
économique, qu'une affaire de morale. Aussi plus vite l'économie entrera de plein pied dans le
secteur forestier, mieux cela voudra pour toute l'économie, compte tenu des potentialités du
secteur. En effet, beaucoup de produits et de services de la forêt ne sont pas appréhendés par les
statistiques, mettant à nu des difficultés pour ce faire que l’économie forestière doit résoudre.
Chaque secteur économique produit des biens indispensables aux autres secteurs de l'économie
nationale. Cette production se fait par une technologie spécifique à laquelle est liée la structure du
secteur en question: la forme des entreprises, la quantité et la qualité du personnel utilisé. Ainsi la
forêt constitue un secteur de l'économie nationale proposant une production sous forme de divers
produits forestiers dont la plupart constitue son apanage, et l'économie forestière s'occupe des
questions d'optimisation de la production forestière. Son domaine d'intervention est la forêt.
Ceci nous amène à définir la forêt comme un ensemble de composantes végétales et animales
dans un milieu donné, source de biens et de services variés». Dans toute forêt l'élément principal
est constitué par les arbres qui doivent avoir une certaine densité rendant possible l'interaction des
individus menant à des phénomènes impropres aux arbres poussant librement. La forêt par
l'interaction de ses composantes, tout en étant dépendant du milieu, agit sur ce même milieu
créant un microclimat et déterminant les phénomènes pédologiques.
Compte tenu de la situation spécifique du Mali, pays sahélien où dans la plupart des cas on parle
de couverture végétale plutôt que de forêt, nous entendrons par forêt le domaine forestier,
domaine légal d'intervention du service chargé des forêts. L'ordonnance N° 81-24/PRM du 6 Août
1981 qui détermine les tâches de ce service donne une bonne définition du domaine forestier. Il
comprend les forêts, les périmètres de reboisement, les terrains soustraits des défrichements pour
des raisons de protection, les terrains de parcours portant une végétation arborée ou arbustive, les
jachères anciennes. La loi 81-24 a été modifiée par la loi 95-004 du 18 janvier 1995 qui soustrait
les terrains de parcours du domaine forestier et introduit la notion de vocation forestière.
Autrement dit la distinction entre les domaines forestiers et de l’élevage (article 2 et 3).
D'une manière générale le domaine forestier recouvre tout le territoire national à l'exception des
terrains de culture, des jachères récentes et des terrains faisant l'objet d'un titre foncier. Autrement
dit, le secteur forestier englobe tout ce qui a trait à la gestion des ressources naturelles
renouvelables. C’est un domaine très vaste dont la gestion correcte nécessite beaucoup de
moyens.
Les activités du secteur forestier s'appliquent dans trois domaines: le domaine forestier
proprement dit, le domaine piscicole et le domaine de la faune.
La forêt au Mali est la source de multiples biens (bois, produits alimentaires, d'embouche, produits
techniques et médicinaux) faisant l'objet d'une demande croissante. La satisfaction de cette
demande implique l'organisation de l'exploitation rationnelle des produits de la forêt dans le souci
d'arrêter l'épuisement des réserves. Ceci est d'autant plus urgent que la forêt est exposée à
l'action combinée d'une exploitation abusive, due à la pression démographique et à des facteurs
climatiques défavorables. C'est pourquoi la forêt doit cesser d'être considérée comme une
source inépuisable de biens qu'on récolte sans souci du lendemain. Ainsi l'économie
forestière a un défi à relever : celui de la satisfaction des besoins croissants de l'économie
nationale en produits forestiers tout en assurant la pérennité des réserves.
Les productions forestières ont une importance économique difficile à exagérer et cela en dépit du
fait que de nombreux biens et services forestiers demeurent encore non évalués. Au Mali, la forêt
constitue une branche productive assez importante. Elle est la 4è branche productive après
l'élevage, l'agriculture vivrière et commerciale (tabl. 2).
Selon ce tableau on constate que le secteur forestier participe en moyenne pour près de 40
milliards au PIB. Cet apport est sous-estimé pour la simple raison que de nombreuses ressources
forestières échappent à toute statistique car soit auto consommées (viande, bois produits de
cueillette) soit tout simplement ignorées (plantes médicinales).
Certains produits forestiers comme les graines de karité, la gomme arabique, la cire d'abeille etc.,
font l'objet d'exportation, rapportant ainsi des devises pour la couverture des importations.
Malheureusement le volume de ces exportations est en baisse en raison de l'influence des
facteurs climatiques défavorables et de la destruction par les populations des principaux massifs.
Le secteur forestier peut contribuer le plus à la croissance économique en investissant les profits
tirés de la forêt dans d'autres industries ou secteurs qui ont un potentiel de croissance plus grand.
Le bois est certainement l'une des matières premières disponibles qui a le plus d'utilisations et la
plupart des produits du bois sont des biens intermédiaires, ils sont utilisés comme matières
premières par d'autres industries: construction, meubles etc. Les industries forestières ont donc de
fortes liaisons "aval" avec les autres parties de l'économie. Quand le bois est disponible, ou peut
être produit dans le pays, les industries forestières ont aussi des liaisons "amont" avec l'économie
contribuant à la création ou à l'expansion de toute une gamme d'autres activités économiques.
Les petites entreprises rurales constituent une source de revenus pour les pays en développement
qu’on ne peut souvent comparer qu’à l’agriculture en termes d’importance de l’emploi rural. Dans
l’ensemble de ces petites entreprises, les petites industries de fabrication, et de transformation,
notamment les petites entreprises de traitement de produits forestiers représentent une part
importante. Outre l’emploi, ces petites entreprises forestières offrent des revenus aux
entrepreneurs et à leurs familles, permettent le transfert de compétences à travers une formation
sur le tas. Il est important de noter que les gains provenant des petites industries forestières
rurales ont un effet stabilisant sur les revenus des agriculteurs.
La majorité des petites industries forestières produisent soit des meubles, des pièces de
charpenteries, des outils agricoles, et divers autres pièces ou articles tirés du bois (paniers, nattes,
balais, cordes etc.). Certains de ces produits alimentent avant tout les ménages ruraux et les
marchés locaux, d’autres trouvent leurs débouchés en dehors des zones rurales.
D’autre part, nombreuses sont les industries à base de bois qui sont faciles à construire, en
comparaison de la plupart des autres industries. Les scieries, les fabriques de placage et de
contreplaqués, de meubles et d'emballage en bois, impliquent des techniques relativement simples
ne nécessitant pas de grands capitaux et peuvent fonctionner de façon viable à petite échelle.
Tabl. 3. Place du secteur forestier dans le PIB et la création d’emplois en Afrique Centrale.
Pays Contribution au PIB Nombre d’emplois directs créés
Il est à noter qu'il existe nombre de petites unités de ce genre dont les besoins sont seulement
couverts à 15% par la forêt malienne, déterminant des potentialités de développement.
Enfin, la nature extensive de la foresterie, le caractère encombrant du bois et les pertes dans la
transformation favorisent la transformation du bois près des sources du bois lui-même afin de
réduire le coût du transport. Les industries forestières peuvent donc aider à la dispersion de
l'industrie et forment des pôles pour un développement intérieur dans les zones rurales du pays.
Enfin de compte, les potentialités de la foresterie pourraient contribuer à atteindre les objectifs
nationaux d'une croissance économique rapide, d'une meilleure distribution des revenus, d'une
amélioration de la balance des paiements, d'une réduction du chômage etc.
1. Les Particularités:
Chaque secteur économique en tant que tel a des particularités qui le différencient des autres
secteurs. L'économie forestière aussi a ses particularités au nombre des quelles entrent:
Ce principe de base garantira le souci de satisfaction des besoins non seulement des
générations actuelles mais aussi des générations à venir;
La prise en compte des particularités décrites rendra possible une action sensible sur la forêt la
rendant plus contrôlable et augmentant la productivité. L'intervention de la sylviculture doit avoir
pour objectif d'assurer une telle action des différents composants de la forêt pour qu'au cours de la
photosynthèse la lumière, l'eau et les substances nutritives minérales soient utilisées au maximum
de leur efficacité. Le Mali est un grand pays avec des zones aux conditions économiques et
climatiques différentes. Ces spécificités locales doivent être prises en compte lors de l'organisation
des travaux sans oublier les exigences spécifiques des espèces présentes.
Les contraintes de l'économie forestière sont des difficultés d'ordre économique. Certes, les
particularités de l'économie forestière tout en étant des difficultés d'ordre physique et technique ont
un impact économique certain.
Pratiquement toutes les forêts à l'heure actuelle ont subi l'action de l'homme. Cette action humaine
revêt un caractère soit de destruction ou de création. Dans le cas du sahel, l'action humaine a
revêtu plutôt un caractère de destruction de telle manière à mettre en péril l'existence des
populations.
Dans les activités forestières les contraintes suivantes peuvent être rencontrées:
Tabl. 3 Structure du budget d’état forestier. Évolution (sources DNEF) en millions de francs
Salaires 1980 1981 1982 1983 1984 1985 1986 1987 1988 1995
134,492 509,324 502,324 455,932 273,942 325,09 331,961 375,444 368,962 637,497
En % 82,00 85,50 91,00 93,04 93,34 87,47 87,70 90,72 91,40 80,38
Frais/ 29,484 86,077 50,77 34,080 19,541 46,542 46,542 38,387 34,724 115,616
fonct.
En % 16,00 14,50 9,00 6,96 6,66 12,53 12,30 9,28 8,60 19,62
TOTAL 163,976 595,300 553,094 490,014 293,483 371,632 378,503 413,831 403,686 793,114
La valeur modique des taxes et redevances et des prix des produits forestiers
largement en deçà des coûts de production des produits, ainsi, rendant aléatoires les
activités de reboisement.
3. Production forestière:
Un bien économique est une chose capable de satisfaire un besoin et disponible pour cette
fonction. Pour qu'il y ait un bien économique trois conditions doivent être remplies:
L'existence d'un besoin chez une personne et le rapprochement qu'elle fait entre ce besoin
et un bien capable de le satisfaire;
La possibilité pour la personne d'utiliser ce bien;
Le fait que le bien existe en quantité limité. Ainsi l'air indispensable à la vie, mais qui n'exige
aucune activité économique pour être utilisable n'est pas un bien économique.
Comme les biens et les services, que l'homme peut produire sont toujours en quantité limitée par
rapport aux besoins qui sont eux illimités, la notion d'activité économique implique donc un choix. Il
s'agit, à partir de ressources limitées, d'aboutir à la meilleure satisfaction des besoins.
L'activité économique comporte des actes de production, des actes d'échange et des actes de
consommation.
L’économie forestière en tant que secteur économique produit des biens et services, nécessaires à
la société selon un processus bien précis. On appelle processus de production un ensemble
d'actions concourant à la réalisation de la production. Toute production comprend:
une production principale
une production auxiliaire ou secondaire (production technique, matérielle, d'entretien).
Exemple: dans le processus de production du charbon de bois, on distingue:
Le charbon, qui est la production principale;
La tranchée de carbonisation, qui est la production auxiliaire, mais sans laquelle il n'y aurait
pas de charbon.
Chaque processus de production est composé de phases. Par exemple la production de bois
d'œuvre comprend:
les travaux en forêts;
le transport;
les travaux en scierie.
Les phases à leur tour sont composées d'opérations. Une opération est une série d'actions avec
les mêmes outils. En fonction de leur contenu ou de leur niveau de participation à la production,
les opérations aussi sont principales (technologiques) ou auxiliaires.
Par contre dans un processus technologique complexe le produit fini est obtenu par la
combinaison de plusieurs éléments. Par exemple la production de charbon de bois. Par
conséquent un processus technologique complexe est une somme de processus simples.
Par rapport à leur disposition dans le temps, il existe des processus continus et discontinus de
production:
processus continus: quand les opérations se suivent en séries sans arrêts involontaires.
Exemple: l'exploitation de bois de feu.
processus discontinus: avec des arrêts obligatoires. Exemple: les activités sylvicoles de
reboisement comprennent les opérations de préparation du terrain, le semis et l'entretien,
entre lesquelles il y a des arrêts indépendants de la volonté du producteur.
Au cours de la production, la matière première est traitée pendant une durée de temps bien
précise. La durée de temps entre le début du processus et le moment de la formation du produit
fini constitue le cycle de production. Naturellement le cycle de production dans le cas d'un
processus technologique discontinu comprend la durée des temps d'arrêt.
L'importance de la statistique est difficile à exagérer dans tout travail de planification. Autrement dit
il est impossible d'élaborer des plans de développement de la foresterie ne disposant pas à cet
effet de données complètes sur les superficies, la croissance et le développement des massifs
forestiers, des besoins en produits, des conditions économiques de production (moyens humains
techniques, financiers etc.).
Une analyse même brève des différents documents sur la foresterie au Mali permet de se rendre
compte de l'insuffisance des données non seulement statistiques (économiques) mais techniques
(sylvicoles) sur les principaux massifs du pays qui demeurent à ce jour insuffisamment étudiés.
Production élargie: Comme les besoins en produits forestiers sont en hausse constante
d'année en année du fait de l'accroissement démographique, la superficie boisée chaque année
doit permettre une production de bois, au terme du cycle, égale à la production escomptée qui
sera élargie d'année en année.
Ainsi l'économie forestière doit permettre une telle organisation des activités qui assure une
production continue et élargie des produits forestiers.
La production en régie : La plupart des forêts étant propriété de l'état, ce dernier dans le but
d'assurer la production fournit le capital, assure l'exploitation par ses propres agents et ainsi
court les risques de l'entreprise publique.
La production par concession : est un système par lequel l'état concède une partie du
domaine forestier à une personne physique ou morale pour sa mise en valeur.
Les concessionnaires organisent leurs activités d'exploitation comme une entreprise où ils
fournissent le capital et assurent la gestion. Ce mode de production est soumis à un cahier de
charges dans lequel sont édictées les règles et techniques d'exploitation dont l'observation est
obligatoire. Ex: SGCF TAM Voyages; Complexe forestier d’AID Sa; SEFAM Sa, etc.
La production en semi régie : est une forme intermédiaire des deux systèmes précédents.
C'est un modèle d'entreprise mixte ou l'état apporte un appui technique ou matériel à la
production d'une personne morale privée. Le capital peut être fourni par la personne morale
sous forme de main-d’œuvre, généralement encadrée par le service forestier. C’est le cas des
forêts communautaires encadrées par le service forestier. Ex: Forêts encadrées par
GEDEFOR.
La production par permis de coupe : Les permis de coupe portent sur un nombre d'arbres,
de pièces de bois de service, de stères de bois de feu ou de quintaux de charbon de bois et
des PFNL. Les permis sont délivrés par le service forestier à des particuliers, disposant d’une
autorisation à cet effet. Une redevance est perçue lors de la délivrance du permis. (voir loi 10-
028 et décret 10-388).
La production traditionnelle: est un mode de production des produits forestiers assuré par
les populations rurales pour leur consommation personnelle. Les produits sont prélevés par
elles gratuitement. Cette exploitation est encadrée par le droit d’usage (loi 10-028, chapitre I
art. 37-55).
C'est un système de production injuste dans son essence et dangereux pour la préservation des
ressources forestières. En effet les ruraux qui constituent 80 % de la population de notre pays sont
libérés de taxes forestières sur les produits qu'ils consomment, taxes qui alimentent le Fonds
Forestier National. Le danger vient du fait que, d'une part il y a évasion fiscale du Fonds Forestier,
Devant cet état de fait et compte tenu de l'importance économique du secteur, la nouvelle stratégie
de mise en œuvre de la Politique Forestière Nationale recommande:
d'intégrer la planification des secteurs forêt et pêche dans les Politiques Nationales de
planification économique; de rechercher systématiquement la participation des populations et
l'intégration des actions forestières et halieutiques aux autres actions de développement.
Cette nouvelle stratégie met l'accent sur l'implication des personnes physiques ou morales privées
dans la protection, la gestion et l'exploitation des ressources forestières et halieutiques par la
gestion mixte, la concession et la formation de domaines forestiers privés.
Il convient de noter que la formation de la valeur des produits forestiers au Mali est fortement
influencée par la politique gouvernementale car, la valeur des principaux produits est fixée par
décret (loi N°86-47/AN-RM) sous forme de taux de redevance et uniformisée sur toute l'étendue du
territoire national2.
Le prix des produits dépend d'une part de leur coût de production et d'autre part de l'utilisation à
tirer de ces produits.
La production forestière n'est pas gratuite, il y a à rémunérer du travail humain et des capitaux. Le
coût de production est la somme de toutes les dépenses engagées pour la production du produit
(dépenses, en matières premières, en matériels, amortissement de l'équipement, salaire du
personnel).
Les dépenses supplémentaires endossées, mais n'entrant pas directement dans la formation du
produit, ajoutées au coût de production forment le prix de revient.
Le prix courant est déterminé par la loi de l'offre et de la demande. Toute entreprise pour être
viable doit pouvoir vendre à un prix courant supérieur au prix de revient de son produit.
Le prix courant tel qu'il est déterminé par la loi de l'offre et de la demande laisse parfois la
production en déficit, inversement il arrive aussi que sous l'urgence des besoins, l'acheteur paie un
prix manifestement élevé.. Aussi a-t-on souvent tenté d'établir un "juste prix" qui ne laisse pas de
bénéfices scandaleux au vendeur, mais serait cependant supérieur au prix de revient.
En économie libérale, la concurrence permet de ramener le prix courant vers le prix de revient. En
économie dirigée, ce but est atteint par la fixation d'un prix maximum par les pouvoirs publics. En
matière de bois une bonne taxation est particulièrement difficile car il y a tellement de différences
de qualité pour une même essence suivant les facteurs de croissance.
La valeur d’une forêt est une notion complexe, en fonction des usages que l’on en a, de
l‘importance et de l’âge des différentes espèces d’arbres présents, de leur croissance, de la fertilité
du sol, des motifs qui amènent à faire ces calculs, etc.
2 La loi 86-47 a été modifiée par la loi 95-003 portant organisation de l’exploitation, du transport et du commerce du bois qui
fait une différentiation des types d’exploitation :1) exploitation contrôlée ; 2) exploitation orientée et, 3) exploitation incontrôlée.
La valeur du produit, c'est-à-dire la taxe perçue varie en fonction du type d’exploitation conformément au décret n° 95-422
PRM. Ainsi le stère de bois prélevé d’une exploitation incontrôlée coûte 500 FCFA dans l’orientée – 300 FCFA dans la contrôlée – 200
FCFA la stère. Le même décret fixe le prix des autres produits (bois vivant par espèces, charbon etc.…)
Parlant du bois, la valeur de la marchandise récoltée est sous la dépendance du prix des objets
qui en résulteront. Si partant d'une même quantité de bois on peut en obtenir des objets de valeurs
différentes, on en déduit différentes valeurs pour le bois lui-même. Parmi ces différentes valeurs
reliées à différentes utilisations possibles, la vraie valeur est celle qui est la plus élevée, celle
qui correspond à l'utilisation la plus avantageuse.
Le bois le plus cher du monde: Le bois de teck est un bois très cher, de l’ordre de 3 000 à 4 000
euros le m3. On en rencontre de plusieurs provenances, en naturelle et en plantation. Celui de
plantation que l’on trouve notamment en Afrique (Côte d’Ivoire, Ghana, Nigeria, Guinée, Congo
Brazza autour de Pointe Noire) est moins cher (de 10 à 15%). Et effet, le teck africain ne se trouve
qu’en petite taille car les arbres sont exploités trop jeunes et donc leurs diamètres sont petits, sa
qualité est belle, cependant « Le teck de plantation est un arbre rempli de défaut à l’intérieur ».
Extérieurement, ils sont beaux mais quand on les ouvre, c’est plein de nœud. Donc quand ils sont
débités, on est obligé pour faire du premier choix de faire des petites dimensions entre les défauts.
On en fait de la frise à parquet. Les grandes dimensions, on les obtient en teck de Birmanie,
jusqu’à 4 m sans un nœud, impeccable, ce qui fait du teck de Birmanie le bois le plus cher du
monde. Selon un importateur, le prix élevé du teck ne pose pas problème. « Nos clients ne
discutent jamais les prix car c’est du trop haut de gamme. La demande est réelle. Sinon, vous
prenez un autre bois comme l’iroko ou des bois d’Amérique du Sud comme l’ipé. Mais ces bois
n’ont pas la classe ou la qualité du teck ! »
Autre grand mouvement de fond, à travers le monde on se tourne vers l’utilisation accrue de
pellets de bois pour générer de l’énergie. Le Japon a déclaré que le nombre d’usines fabriquant
ces pellets serait multiplié par cinq ces prochaines années, tandis que la société Scanstyle au
Ghana est en train de développer des mécanismes pour réduire ses déchets de bois en utilisant la
sciure pour fabriquer des pellets destinés à produire de l’électricité qui serait revendue.
- Sciages d'Afrique (en euros la tonne), - Ayous 300 - Okoumé 290 - Sipo 475 - Padouk 540 -
Sapeli 390 - Iroko 430 - Khaya 380 - Moabi 440 - Movingui 270.
A part les différents produits offerts, la forêt de par sa présence même remplit une série de rôles
ayant une grande valeur pour la société. Des liens étroits existent entre l’Homme et les arbres
depuis l’Antiquité : ils font partie de la mythologie. C’est peut-être parce qu’il est né parmi eux et
qu’il a habité pendant des siècles au milieu d’eux. Paradoxalement, ces liens apparaissent surtout
quand la forêt est détruite : défrichements, incendies…
La forêt contribue à adoucir le climat, à réguler l'atmosphère, est un cadre de détente pour les
populations. Ces rôles sont difficiles à appréhender économiquement vu leur caractère universel.
A titre d'illustration, toutes les plantes sur la planète produisent chaque année près de 100
milliards de tonnes de phytomasse. Dans cette production 64 milliards reviennent aux plantes
terrestres. La production terrestre de phytomasse se subdivise comme suit:
les forêts - 38 milliards soit 60 % ;
les prairies et steppes - 14 milliards (22 %);
les terres cultivées - 12 milliards (18 %).
Les plantes vertes, parmi elles les forêts sont seules capables de produire les substances
organiques primaires à partir des substances inorganiques. C'est la photosynthèse au cours de
laquelle les plantes vertes absorbent du gaz carbonique et dégagent de l'oxygène enrichissant
l'atmosphère. C'est ainsi que les forêts produisent 39 % de tout l’oxygène produit par les végétaux.
Trait d’union entre les différents univers, l’arbre en constitue le pilier central. Ses racines
s’enfoncent dans le monde souterrain où il puise sa sève. Sa cime arrête les nuages et fait tomber
la pluie ; elle attire la foudre qui est une manifestation divine. Les rayons du soleil font naître ses
feuilles, ses fleurs et ses fruits. Il nourrit et abrite des milliers d’animaux et de plantes. Il est même
le séjour des esprits. La forêt génère des sentiments et même des comportements contradictoires :
elle fascine et fait peur à la fois. Elle figure le mystère, l'inconnu, nous ne voyons pas ce qu'elle
cache et ce qui s'y cache.
D'autre part, les arbres ont une grande importance culturelle. Les arbres très grands et très âgés
sont sur toute la Terre des sujets d'admiration, de vénération et de manifestations religieuses, ou
artistiques. C'est ainsi que le baobab, par exemple bénéficie d'un haut respect et est souvent
honoré et craint comme le siège d'esprit ou de forces surnaturelles considérables. D’une manière
plus générale, l’implantation des monastères et ermitages au fond des bois a pour objectif d’y
trouver la paix nécessaire à la méditation. Enfin, l’arbre sacré, présent dans tous les chefs lieux,
marque symboliquement les buttes sacrées. Cet arbre sacré perpétue le souvenir d’événements
mythologiques, chaque espèce d’arbre ayant une fonction précise ; il constitue aussi un trait
d’union avec le monde souterrain. De plus, il pouvait apparaître, aux yeux des Egyptiens, comme
la garantie, en tous lieux, de l’émergence de la crue, étant susceptible de déclencher, par un
processus religieux, au moyen de rites appropriés, un mécanisme originel au temps où les dieux
géraient le pays.
En Chine, le centre de l’univers est marqué par Kien-mou, ou « bois dressé ». Le bois est
important. Il fait partie des cinq éléments, au même titre que la terre, l’eau, l’air et le feu. Ce rôle de
lien est aussi dévolu au mûrier sacré. A la fois mâle et femelle, il symbolise l’ordre cosmique.
En Afrique, jusqu’à récemment, l’arbre sacré était le kilena du Dogon, le balanza du Bambara et
l’ase des Dahomans, l’arbre ancestral, la demeure du dieu et de l’humanité.
La forêt a un autre rôle social qui consiste à être refuge des populations en cas de guerre ou de
conflits armés.
On appelle exploitation forestière toute superficie forestière où s'effectue la production des produits
de la forêt. La réalisation de la production peut s'effectuer sur toute une surface déterminée; il
s'agit alors d'une exploitation de peuplements; si elle porte sur des arbres pris ça et là, on a affaire
à une exploitation d'arbres. Une meilleure organisation de l'exploitation privilégiera l'exploitation de
peuplements bien délimités.
On parle d'exploitation simple si les coupes concernent une forêt arrivée à maturité. Si, au
contraire, pour des raisons culturales ou autres on exploite des arbres non arrivés à maturité, on
dit que l'exploitation est composée. Ainsi les produits qui parviennent à maturité sont les produits
principaux, tandis que ceux récoltés avant maturité sont les produits intermédiaires.
Une gestion rationnelle des forêts doit tendre à les approprier le mieux possible de façon régulière
et durable, à la satisfaction des nécessités humaines. Les soins du sylviculteur peuvent bien
assurer le bon état et la régénération des peuplements d'une forêt, mais si les opérations n'ont pas
lieu méthodiquement sur des surfaces déterminées, à des époques fixées et avec une intensité
convenable, le boisement n'assurera pas nécessairement les produits les plus avantageux, ou la
meilleure utilité sociale. Le rôle de l'économie forestière, une fois décidés les buts à atteindre, est
d'indiquer par l'aménagement des massifs, les moyens d'y parvenir.
L'aménagement, ainsi, est un ensemble de méthodes permettant en accord avec les principes de
la sylviculture de régler les exploitations de façon à tirer de la forêt d'une manière régulière le
maximum d'utilités de façons continues. De même que le rôle de la forêt s’est considérablement
diversifié, la conception de l'aménagement forestier s'est singulièrement élargie vers la satisfaction
des besoins de caractères très divers. C'est ainsi que l'économie forestière exige des forêts des
ressources ligneuses mieux adaptées à la conjoncture économique, la stabilisation du milieu
physique et écologique face aux multiples causes d'érosion et de dégradation, la satisfaction des
besoins de récréation, de loisirs et de sport.
Lorsqu'un arbre ou un massif forestier a atteint l'âge ou son abattage est le plus opportun, ils sont
dits exploitables et les conditions qu'ils remplissent alors constituent leur exploitabilité. La notion
d'exploitabilité est liée à celle des objectifs de gestion. Elle consiste à déterminer le moment où les
arbres devront être récoltés de façon que la forêt remplisse au mieux les fonctions qui lui sont
assignées. Il existe plusieurs termes d'exploitabilité.
Le choix d’un terme se traduisant par la fixation d'un diamètre et d’un âge d’exploitabilité. On
distingue les exploitabilités physique, technique, absolue, économique, financière et commerciale.
L'exploitabilité dépend évidemment des habitudes de l'essence considérée et des conditions du
milieu, si bien que l'âge d'exploitabilité d'un peuplement concret sera celui que permettent la
station et l'essence avec une sylviculture convenable.
C'est l'âge auquel un peuplement ayant atteint la limite de son développement commence à
dépérir. Son exploitation devient alors une nécessité puisque sa productivité devient nulle.
C'est le type d’exploitabilité dans lequel on recherche avant tout l'obtention d'une catégorie de
produits, répondant à une qualification précise et dont on a un besoin impérieux (par exemple
bois de feu). Ainsi l'exploitabilité technique est l'âge où le peuplement atteint le maximum de sa
production, répondant aux normes exigées par les objectifs de la production.
L'âge d'exploitabilité économique est atteint lorsque le revenu en argent est maximal : c'est
l'exploitabilité absolue en valeur. On l'appelle aussi exploitabilité sociale car étant la plus
profitable du point de vue public. Aussi la recherche du plus grand revenu monétaire par unité de
surface est admise comme but de l’exploitabilité économique. Ce faisant elle ne tient aucun
compte du temps nécessaire pour atteindre cet objectif, ni du coût d'immobilisation du capital
forestier.
Comme il peut s'avérer nécessaire de tenir compte de ces facteurs économiques, on introduisit
une autre notion d'exploitabilité.
Cette notion de rentabilité trouve son application en foresterie dans la recherche de l'exploitabilité
commerciale qui est basée sur le fonctionnement à un taux fixé d'avance. A partir de ce taux
fixé on détermine le moment où on retire le bénéfice net le plus considérable. Cette théorie est
aussi connue sous le nom de "théorie de la plus grande rente foncière". Elle est surtout utilisée
en estimation forestière lorsqu'il s'agit de vendre ou d'acquérir une forêt.
3. Critère d'exploitabilité :
Une fois retenu le type d'exploitabilité adapté à la forêt, à la nature de sa production, aux vœux du
propriétaire (où à la politique forestière définie par les pouvoirs publics), il reste à définir les
critères pratiques d'exploitabilité. On définit à la fois un âge et un diamètre d'exploitabilité. Ils
doivent être cohérents avec les objectifs poursuivis qui peuvent spécifier une fourchette de
valeurs. Le diamètre d'exploitabilité est généralement la valeur moyenne d'un assortiment, plus
exactement l'âge d'exploitabilité sera l'âge auquel ce diamètre sera atteint par les arbres d'élites du
peuplement.
1. Rappels:
Le capital est l'ensemble de toutes les valeurs engagées pour assurer la production. Dans
l'exploitation forestière, la notion de capital ne peut pas être assimilée à n'importe quelle entreprise
industrielle, car elle est originale. En effet la longueur du processus de production confère au
capital forestier un rôle d'épargne. Le capital forestier est non seulement une épargne réserve,
mais aussi une épargne créatrice.
Dans toute production forestière, une partie de la récolte est réalisée grâce aux forces naturelles,
une seconde - au travail humain et enfin une troisième - au service du capital employé. C'est ainsi
qu'on a défini quatre éléments constituant le capital de l'entreprise forestière. Ce sont le capital
fonds, le capital superficie, le capital de gestion et enfin de capital d'exploitation.
2. Le capital fonds:
Le fonds d'une forêt est la terre à laquelle s'ajoute tout ce qui lui est incorporé:
les améliorations foncières (fosse de drainage, d'irrigation, les pare-feux, les signes de limites
et les bornes, les lignes d'aménagement, les routes etc...)
- les bâtiments et équipements touristiques.
La terre est un bien fixe difficilement extensible (il y a de moins en moins de terres libres) qui a
tendance à diminuer (emprise de plus en plus grande des agriculteurs, des villes). Elle est de ce
fait l'objet de convoitises et les emprises et les défrichements se font la plupart des cas par le droit
coutumier à l'insu des autorités. L'étendue du capital fonds forestier est déterminée par
l'ordonnance 81-24/PRM modifiée par la loi 95-004 et porte sur 91 % du territoire. Ce fonds est si
vaste qu'il ne peut pas faire l'objet d'attention systématique de la part du service forestier. Les
améliorations, les bâtiments constituent des capitaux incorporés à la terre.
Le capital fonds forestier dans sa structure comprend un élément principal qui est la superficie
utile, égale à la superficie totale du fonds diminuée des superficies occupées par les améliorations
et bâtiments. C'est la superficie où s'effectue la production forestière proprement dite.
La superficie utile à son tour comprend la superficie boisée, les périmètres de reboisement et
autres espaces vides non occupés par un peuplement. La caractéristique importante du capital
fonds et de tout le secteur forestier est l'étendue de la superficie boisée qui permet de se faire une
idée sur l'importance du potentiel économique du secteur, d'apprécier le niveau d'efficacité de
l'offre de services. Les mesures de cette efficacité sont exprimées par le pourcentage de la
superficie forestière dans la superficie totale du pays, la superficie forestière par tête d'habitant etc.
3. Le capital superficie:
Il désigne l'ensemble des arbres poussant sur le fond. Au contraire du capital fonds, le capital
superficie varie au cours de la vie de la forêt. En estimation forestière une particularité du capital
superficie est relative à ce que les arbres peuvent avoir plusieurs valeurs d'utilisation et de là
plusieurs valeurs. Un bois récolté a une valeur pour celui qui l'achète, une valeur en rapport avec
l'utilisation qu'il en fera: c'est la valeur de consommation ou valeur marchande. Mais un
peuplement en croissance peut être évalué en fonction de ce qu'il deviendra dans un certain
nombre d'années. On lui attribue une valeur d'avenir.
La forêt remplit deux séries de rôles, indispensables à la communauté, mais ces deux rôles ne
sont pas toujours conciliables (rôles de production et de protection). Ceci pose la nécessité du
classement des superficies forestières et leur spécialisation. On est ainsi amené à classer le
capital forestier en forêts de production et forêts de protection.
Les forêts de production incluront les forêts de production ligneuse de qualité ou de quantité et
les forêts de production non ligneuse. Les forêts de protection à leur tour comprendront les
forêts de protection, contre les phénomènes naturels, les forêts d'agrément, les forêts à but
cynégétique, les forêts d'intérêt scientifique.
Cette classification a une importance pratique car au premier groupe sont applicables les principes
économiques de gestion et de rentabilité. Ce qui n'est pas le cas pour le deuxième groupe où le
capital superficie est conservé sur pied le plus longtemps possible et les coupes n'ont lieu que par
nécessité. La multiplicité des rôles, dévolus au capital superficie exige un aménagement, qui
détermine clairement la vocation du peuplement et la manière de gestion de sorte qu'il remplisse
au mieux ses attributions.
Au Mali, la superficie boisée demeure encore mal connue. On ne connaît avec certitude que la
superficie du domaine classé égale à moins d'un million d'ha aujourd'hui (4,426 millions d’hectares
en 1960, soit 3,6 % du territoire). L'analyse permet de se rendre compte:
- de l'insuffisance des taux de classement par région;
- que ce domaine classé est composé de réserves forestières et de faune;
Les seules données sur la superficie forestière du Mali, sont issues des résultats de l'inventaire
forestier national (1985-1991) et concernent seulement les cinq premières régions du pays
(sources DNSI 1992). D'après cet inventaire la superficie forestière s'élève à 32,6 millions
d'hectares. Autres inconnues du capital superficie: le volume des réserves de bois, la répartition
par essences de ces réserves, les réserves des autres produits et la productivité des forêts par
zones. On peut dire qu'à part le million d'hectares de forêts classées toutes les autres sont
considérées comme forêts de production sans différentiation nette. On l’appelle ''le domaine
protégé''.
4. Capital de gestion:
Ont lieu chaque année et ont généralement un effet portant sur une saison ou une année. Dans
cette catégorie on classe:
l'acquisition des intrants,
l'entretien des équipements
le salaire du personnel.
Les dépenses d'investissement ont un effet étalé sur plusieurs années et par conséquent sont
effectuées une fois pour une longue durée de temps.
Amortissement : la valeur initiale des dépenses d'investissement est diminuée chaque année
d'une valeur, égale à la valeur ajoutée par cet investissement à la production. Ainsi d'année en
année l'investissement est amorti d'une certaine valeur jusqu'à extinction totale ou alors jusqu'à la
fin de la production où il lui reste une valeur résiduelle. Cette valeur est déterminée par la formule
suivante:
A = (I + E + M – R)/ T; où
A - amortissement
I - valeur initiale de l'investissement
E - valeur des dépenses entretien
M - valeur des dépenses de modernisation
R - valeur résiduelle de l'investissement
T - durée de vie de l'investissement
La valeur de l'amortissement ne reste pas stable dans le temps, il y a des moments de plus ou
moins grande valeur ajouté. Cependant, par commodité, l'amortissement est déduit par tranches
égales, exprimées en pourcentage. C'est le taux d'amortissement calculé par la formule suivante:
Na = A x 100 / I , où
Na - taux d'amortissement
A - valeur de l'amortissement
I - valeur initiale de l'investissement.
5. Capital d’exploitation
Cet élément de capital n'existe pas chez le forestier qui vend sa production sur pied. Comme
l'estimation d'un peuplement sur pied n'est qu'approximative, en raison des disparités des
paramètres des arbres pris individuellement, il en ressort que la production d'un peuplement,
vendu sur pied l'est en dessous de sa valeur réelle. Par conséquent il est meilleur de vendre les
bois abattus et façonnés sur coupe. Ceci implique des dépenses pour l'abattage, le façonnage et
le débardage des arbres.
Ces dépenses ne seront rentabilisées que si on a affaire à une production organisée et continue.
En outre le forestier exploitant peut ajouter à ses activités la commercialisation des produits ce qui
impliquera la constitution d'un parc d'engins de transport qui ne sera rentable que s'il est utilisé à
plein temps.
Le secteur forestier, comme tout secteur économique produit des biens indispensables à la
société. Cependant, la production forestière ne peut être assimilée à n'importe quelle entreprise,
car elle a ses spécificités. Ces spécificités découlent à leur tour de ses particularités en tant que
secteur de production.
Le calcul économique a pour objectif l'évaluation et la prise en compte de tous les facteurs entrant
dans la production. Ceci à l'avantage de permettre de déterminer la productivité et la production,
sert de base pour l'appréciation de l'efficacité d'utilisation des ressources.
De ce fait, une meilleure appréciation d’une quelconque activité économique doit permettre
l'évaluation de tous les facteurs entrant dans la production, mais aussi la totalité de la production.
Une des particularités de la forêt est son caractère multiforme c'est-à-dire à la fois producteur de
produits forestiers divers et de services. Si les produits forestiers peuvent facilement se soumettre
au calcul économique, il en est autrement des services fournis par la forêt. En effet, il est difficile
d'évaluer le rôle de purification de l'atmosphère environnant, de protection contre l'érosion d'une
forêt donnée. Or la forêt fournit toute une gamme de services de ce genre qui demeurent à ce jour
non appréhendés par le calcul économique. Le développement de nos connaissances permettra
sûrement d'élaborer de nouvelles méthodes d'appréciation pour étendre le calcul économique à
tous les bienfaits de la forêt. C'est l'objet de l'économie de l'environnement qui se développe
rapidement.
1. La filière bois :
La filière bois désigne la chaîne des acteurs qui cultivent, coupent, transportent, transforment et
recyclent le bois, de la source (forêt, bocage, arbre épars..) à l'usager final ou à la fin de vie de
l'objet. De manière différente selon les pays et les contextes, la filière du bois peut être subdivisée
en sous-filières plus ou moins structurées sous forme communautaire, publique ou privée, tantôt
contrôlées par l'État et souvent mixtes. Les principales sous-filières sont
Côté acheteurs, le commerce international est dominé par les Etats-Unis et la Chine. Le Royaume-
Uni, la France et le Japon sont aussi de très gros acheteurs. Le Canada satisfait à une grande
partie de ses besoins, comme les pays d'Europe du Nord, mais ils sont néanmoins des
importateurs significatifs de bois exotiques. Le Brésil a interdit la vente de grumes, il n'exporte
donc que des sciages, avec une meilleure valeur ajoutée pour le pays. L'Indonésie a suivi son
exemple pour mieux valoriser son bois et répondre aux critiques internationales portant sur la
destruction anarchique de ses forêts et de leur biodiversité. La plupart des pays tropicaux,
De 1995 à 2005, la Chine, bien qu'étant l'une des zones de déforestation les plus fortes de la
planète, est devenue premier exportateur mondial de produits ligneux, pour une valeur à
l'exportation de produits bois (essentiellement transformés) de 8,63 milliards d’euros au premier
semestre 2006. Les importations de ces produits par les USA et l’Europe ont augmenté
respectivement de 1 000 et 800%. Pour se fournir en bois, la Chine est devenue un des premiers
importateurs de bois africains et le second importateur mondial de grumes de résineux, achetées à
70% en Russie. Le pays soutient aussi six grandes zones industrielles de transformation du bois
(sciages, lamellés-collés, panneaux…) hors de ses frontières, dont en Russie. Cette délocalisation
augmente l'empreinte écologique et énergétique de la filière bois. Par exemple, de 2003 à 2006,
des entreprises d’exploitation forestière chinoises ont obtenu des contrats de concessions en
Allemagne, d'où 50 000 mètres cubes de bois vers la Chine. Ce bois est transporté en Chine sous
forme brute et ramené sous forme de produits finis en Europe. Des entreprises allemandes et
italiennes du meuble ont saisi la Commission européenne d’une plainte pour dumping contre la
Chine.
Ces réformes se sont traduites par une modification du partage de la valeur ajoutée entre les
entreprises et les États en faveur de ces derniers, à travers l’alourdissement sensible de la fiscalité
forestière.
Les entreprises forestières ont donc subi successivement l’introduction des contraintes
d’aménagement, de nouvelles exigences industrielles (avec l’obligation de transformer localement
une part croissante de leur récolte), et le renforcement de la pression fiscale, qui a laminé les
De nombreuses ONG dénoncent un trafic important de ''bois illégaux'', voire d'espèces protégées
et une exploitation tournant à la déforestation qui se fait au détriment des écosystèmes forestiers
et des populations indigènes. Les freins sont nombreux: marché concurrentiel dont l’amont est
constitué de très grands groupes et de dizaines de millions de petits propriétaires, volonté de
confidentialité de certains propriétaires forestiers et entreprises privées, difficultés à mutualiser les
outils informatiques et absence de loi imposant la traçabilité dans ce secteur, manque de moyens
dans les pays forestiers équatoriaux, etc. La transparence à toutes les étapes et l'autonomisation
de la traçabilité sont des conditions de réussite (géo référencement, utilisation de codes-barres et
des puces électroniques).
La traçabilité totale de toute la chaîne logistique du bois est un des enjeux de crédibilité des labels,
d'efficience économique et de développement de la qualité de la filière bois. Elle permettrait le
contrôle du bois exporté ou importé et de ceux listés en annexe de la CITES* dont le commerce
est réglementé. Elle concerne la provenance des plants ou des graines en passant par la coupe, le
tri des grumes, le sciage, le séchage, le classement, la première ou seconde transformation, la
réutilisation, le recyclage ou la valorisation.
Chaque usine ou centrale électrique concernée dispose donc d'un quota de droit à polluer pour
une année, qu'elle s'est vue alloué ou qu'elle a acheté. Ensuite, les émissions de chaque usine
sont mesurées. Si l'usine émet plus que son quota, elle doit acheter des droits à polluer à un tiers,
de manière à ce que le total des quotas ne puisse dépasser celui alloué au pays ou au secteur. Si
l'usine émet moins que son quota, elle a la possibilité de vendre la quote-part non-utilisée de son
quota à un tiers. Si elle dépasse son quota, l'industriel paie une pénalité de 100 euros la tonne.
Typiquement, la mesure des émissions d'une usine résulte d'un calcul, sur la base de la charge de
l'usine et des émissions moyennes théoriques par unité de production. Seules les grandes
centrales avec des émissions concentrées et des flux parfaitement identifiables disposent d'outils
de mesure de leurs émissions réelles. La mesure des émissions n'est pas contrôlée par le
régulateur gouvernemental, chaque usine fournissant sa mesure. Mais le régulateur peut la
remettre en cause s'il estime qu'elle est sous-évaluée, un peu comme l'inspecteur des impôts le
ferait à l'égard d'un contribuable suspecté de ne pas déclarer la totalité de ses revenus.
Le cadre légal du marché européen du carbone appelé Système communautaire d’échange de quotas d’émission
(SCEQE). Le carbone se compte en unité de crédit appelée EUA (pour European Union Allowance). Le détenteur d'une
unité de crédit a le droit d'émettre une tonne de CO2. Pour l'instant l'allocation de quotas est gratuite. Les quotas
d'émissions baissent chaque année et en 2020 ils seront inférieurs de 21% par rapport à ceux de 2005. Environ 12 000
usines sont concernées dans les 27 états membres. A partir de 2013. Le système des 27 plafonds d’émissions
nationaux sera remplacé par un plafond unique pour toute l’Union. L’octroi gratuit sera progressivement remplacé par
la vente aux enchères : environ 50 % en 2013, et progressivement jusqu'à 100% en 2027. Cependant en l’absence d’un
accord mondial sur le climat satisfaisant, certains secteurs dont on estime que la compétitivité est menacée
continueraient à recevoir jusqu’à 100 % de leurs quotas gratuitement.
La compensation volontaire
Quand vous prenez l'avion, on vous propose parfois de compenser les émissions de votre voyage.
Quand vous gérer une entreprise engagée dans le développement durable, on vous propose, pour
votre image, de compenser vos émissions. A la base du système, des organisations qui trouvent
ou montent des projets de réduction d'émissions, généralement dans les pays en développement
et qui émettent des certificats de réductions, qui sont échangés sur le marché. Pour garantir
que vous n'achetez pas du vent, des labels se sont créés.
Certification forestière : Processus d’inspection des forêts ou des terres boisées dans le but
de voir si elles sont gérées dans les conditions requises par un ensemble de standards et de
normes. Pour évaluer le caractère durable de la GDF malgré sa complexité on a développé les
Principes Critères et Indicateurs (PCI). Ce sont des outils de suivi et de contrôle permettant de
mesurer l’état ou le degré de mise en œuvre de la gestion durable: progression, régression ou
stagnation? Les principes de GDF reposent sur l’aménagement forestier qui permet d’atteindre
ses objectifs. Le certificat atteste donc que la gestion/exploitation/utilisation d’une forêt remplit
les exigences d’une norme définie. Le développement durable fait partie des conclusions
principales du Sommet de RIO : «Tout développement doit être économiquement viable,
socialement équitable et écologiquement acceptable».
* CITES: Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages
menacées d'extinction. Élaborée le 03 mars 1973 et entrée en vigueur en 1975, veille à ce que le
commerce international des spécimens d'animaux et de plantes sauvages ne menace pas la
survie des espèces auxquelles ils appartiennent.
Les PFNL d'origine animale sont classés en 8 catégories: animaux vivants ; cuirs, peaux et
trophées ; miel sauvage et cire d’abeille ; viande de brousse ; matière première pour la préparation
de médicaments ; matière première pour la préparation de colorants ; autres produits animaux
comestibles ; autres produits animaux non comestibles. Un programme de promotion des PFNL
existe au sein de la Division des Forêts de la FAO.
2.2. Place des produits forestiers non ligneux :
Dans les pays en développement, une grande partie de la population rurale, en particulier parmi
les populations des forêts, dépend des produits forestiers non ligneux à divers égards :
- Un moyen de subsistance : Les produits forestiers non ligneux complètent la production
agricole des ménages en leur apportant des denrées nutritionnelles essentielles, des produits à
usage médicinal, du fourrage, de la paille etc. Le caractère saisonnier des produits alimentaires
forestiers contribue également à réduire les pénuries dont souffrent durant les "périodes de
famine" en particulier les cultivateurs marginaux et saisonniers et les populations des forêts.
- Une source de revenus et d'emplois locaux : Pour une utilisation commerciale, l'exploitation
commerciale de certains des produits forestiers non ligneux tels que, notamment, les résines, les
gommes, les bambous, le rotin, les graminées à fibre, les extraits de plantes médicinales ou les
feuilles ont ouvert de nouvelles perspectives laissant entrevoir la possibilité d'emplois à temps
partiel ou à temps plein, pour les hommes aussi bien que pour les femmes dans les communautés
rurales. Les activités liées à l'exploitation des produits forestiers non ligneux fournissent du travail
durant les périodes de relâche du cycle agricole et constituent un filet de sécurité contre les aléas
et en cas de nécessité urgente pour les ménages.
- Possibilité de commercialisation et d'utilisation durable : Les principaux débouchés pour le
commerce et l'utilisation des produits forestiers non ligneux sont circonscrits au niveau local, mais
du fait de leur utilisation croissante dans les zones urbaines, la demande de ces produits pour une
utilisation commerciale augmente vite. Compte tenu de cette demande accrue dans les marchés
Les PFNL sont récemment réapparus comme une ressource importante destinée à la production
de produit naturels dans les marchés urbains et leur rôle dans l’économie rurale est maintenant
reconnu. L’inventaire des ressources en produits forestiers non ligneux suppose un travail de
terrain de longue haleine consistant à compter et à mesurer les végétaux en question ce qui
permettra d’évaluer quels sont les types de plantes disponibles qui sont économiquement
importants dans une zone d’aménagement donnée. Leur abondance, leur propension à se
régénérer pour permettre une exploitation durable, leur distribution dans les divers types de forêts,
l’identification des parties entrant dans la fabrication d’un produit donné, etc. sont autant de
critères que devra prendre en compte un tel travail d’inventaire et d’évaluation, indispensable pour
opérer les choix en matière d’aménagement. Cette politique devrait également encourager la mise
en valeur d’industries primaires et d’entreprises de transformation et de commercialisation de
biens et de services tels que l’écotourisme*, en collaboration avec les intéressés au niveau local.
Les actions doivent contribuer à sensibiliser et renforcer les capacités techniques et
* Ecotourisme:
Le tourisme étant l'un des secteurs qui connaît le plus fort taux de développement dans le monde,
l'écotourisme devient un des moyens de valoriser la biodiversité à condition d’intégrer une
dimension éthique et écocitoyenne. Il faut satisfaire plusieurs critères, tels que :
Les revenus et autres bénéfices tirés de l'écotourisme doivent directement bénéficier aux
populations de l'aire concernée et à celles qui en sont riveraines, et être utilisés pour la protection,
gestion, restauration, conservation et surveillance de la nature et des zones protégées;
Les principes et critères généraux du développement durable doivent être respectés par
l'écotourisme, incluant la constitution ou l'utilisation d'infrastructures (accueil, routes, pirogues et
autres moyens de transport..) de haute qualité environnementale (HQE) et un usage minimal et
compensé des ressources fossiles ou pas, peu, difficilement ou coûteusement renouvelables,
(naturelles ou fossiles) l'encouragement du développement durable, en fournissant des emplois
aux populations locales et autochtones.
Pour de nombreux pays, l'écotourisme est devenu un secteur moteur d'une économie nationale, et
un moyen de générer des revenus (ex: Kenya, Népal, Madagascar, Costa Rica où l'écotourisme
est devenu la principale source de devises).
Dans le but d'assurer la conservation de la forêt et de permettre une exploitation soutenue qui
n'entame pas le capital forestier, le décret N° 85 404/CNR/PRES du 4 août 1985 en son article 268
stipule :'' le monopole de la coupe du bois de chauffe et de l'exploitation du charbon de bois à des
fins commerciales est réservée aux services publics forestiers. Ils peuvent faire l'objet de
concession au profit de personnes physiques ou morales privées. Cette exploitation se fait selon
un certain nombre de modes d'exploitation (régie, semi-régie, concession ou permis de coupe).
Selon le mode d'exploitation par concession des autorisations de coupe de bois de feu ou de
charbon de bois sont accordées aux personnes physiques ou morales détentrices d'une carte
professionnelle de commerçants exploitants. Ces concessions se feront à concurrence de la
différence entre les stocks prévisionnels de bois des services forestiers et les besoins en
consommation de bois évalués dans les localités considérées. Ce mode d'exploitation est soumis
à un cahier de charges qui édicte clairement les règles techniques d'exploitation. Les
concessionnaires organisent leur exploitation comme une entreprise où ils fournissent le capital et
assurent la gestion. La recherche du bénéfice est l'objectif principal de la production.
Selon le mode d'exploitation par permis de coupe, les permis sont délivrés par le service forestier
aux particuliers exerçant leurs activités en dehors des zones d'exploitation en régie, semi-régie ou
concession. Le permis n'est remis qu'après versement d'une redevance en fonction du quota
demandé. La durée de validité du permis est de 1 mois (6 mois au Mali).
Une place importante est accordée à la participation des populations locales par l'introduction
de la cogestion de l'écosystème et le partage des bénéfices pour la réduction de la pauvreté. La
loi crée les forêts communautaires par deux textes de loi les régissant : la loi N°16/2001 portant
Selon cette loi: <<La forêt communautaire est une portion du domaine forestier rural affectée à
une communauté villageoise en vue de mener des activités… pour une gestion durable des
ressources naturelles à partir d’un plan de gestion simplifié>>. L'article 2 du décret d'application
précise qu'il s'agit d'activités d'exploitation de produits ligneux et non ligneux ayant un intérêt
économique. D'autre part, ces forêts sont créées dans le domaine forestier rural à la demande d'un
village, d'un regroupement de villages, d'un canton dans l'intérêt des communautés villageoises
concernées. C'est donc une action volontariste qui suppose que la communauté a bien mûri son
projet, que toutes ses composantes sans discrimination adhèrent et sont d'accord pour gérer
ensemble la forêt. L'article 158 de la loi précise la condition: <<L'exploitation est subordonnée à un
plan simplifié d'aménagement (plan simple de gestion) et à un ou plusieurs contrats
d'approvisionnement passés avec une ou plusieurs sociétés de transformation locales>>.
L'article 159 traduit l'engagement de l'Etat << Les travaux de délimitation, de classement et
d'aménagement des forêts communautaires sont réalisés gratuitement par l'administration des
Eaux et Forêts>>. Toutefois, les articles 6 et 7 du décret reconnaissent le droit aux communautés
de réaliser ces travaux elles-mêmes, à condition qu'ils soient validés par l'administration. Les
article 160 et 161 précisent que l'exploitation peut se faire en régie et que les revenus sont la
propriété de la communauté. En promulguant cette loi, trois objectifs sont visés:
*environnemental en amenant les communautés à devenir des partenaires de la cogestion
durable; *économique en créant des emplois locaux générateurs de revenus et en développant les
micro-projets de développement local; *social en créant un esprit communautaire favorable à la
gestion des ressources forestières, en renforçant les capacités techniques et organisationnelles
des communautés et en suscitant un sentiment de réappropriation des ressources naturelles. La
création des forêts communautaires est une formidable opportunité de décentralisation de la
gestion des forêts au profit des populations locales.
<<Les modes de gestion qui ne sont pas réalisés et appropriés par les populations
risquent de ne pas être appliqués et sont donc non durables>>.
Objectifs de la forêt communautaires : sont fixés en réunion de concertation durant laquelle une
demande de création de la forêt est formulée; les usages et règles de gestion/normes de
compensation; les usages possibles (agriculture, exploitation du bois, chasse, pêche, cueillette,
élevage, maraîchage, pisciculture), ce qui permet de déterminer les modalités d'affectation. Des
normes réglementent la protection, l'accès, l'exploitation et les interdictions par exemple les
espèces protégées, les espèces exploitées et le nombre de pieds autorisés à la coupe, etc...
Description des séries d'affectation et du parcellaire: une fois les séries d'affectation définies,
la série de production forestière est divisée en plusieurs unités d'exploitation quinquennales, elles-
mêmes divisées en parcelles d'exploitation annuelles.
Programme d'actions: un programme d'action de 5 ans est établi par série et par unité. Propose
des actions concrètes et réalistes pour les 5 premières années.
La promulgation d’un nouveau Code Forestier le 22 août 2002 fait partie d’actions entreprises par
le gouvernement congolais ces dernières années pour améliorer la situation dans ce secteur. Dans
ce code, les principales innovations se situent à la fois sur le plan institutionnel et sur le plan de la
gestion forestière. On y trouve notamment :
La gestion participative, impliquant la concertation de tous les acteurs dans la gestion
durable
Les acteurs (secteur public et privé, ONG, communautés locales) lors des choix sectoriels
importants.
La répartition de l’espace forestier, en trois grandes catégories, avec les forêts vouées au
développement rural (forêts communautaires), à la production durable (forêts de production
permanente) et à la conservation de la nature (forêts classées).
L’aménagement durable par la mise en œuvre des plans d’aménagement durables dans
toutes les forêts de production, y compris les mesures sociales (mécanisme des ''cahiers
de charges'') et de conservation de la nature;
La conservation de la nature à travers l’accroissement du réseau de conservation jusqu’à
15% du territoire national.
Le partage des revenus à travers la mise en place d’une fiscalité plus simple, fondée sur la
transparence, et visant un partage plus équitable de la rente forestière entre les opérateurs privés,
l'Etat et les communautés riveraines par la rétrocession de 40% des revenus de la taxe de
superficie aux entités locales décentralisées pour la réalisation des infrastructures sociales.
Des incitations aux investisseurs privés avec l’introduction d’une série de mesures qui favorisent
un climat plus clair et plus transparent propice aux investissements privés pour tous les
opérateurs qui souhaitent valoriser les ressources forestières de façon responsable sur le plan
social, environnemental et fiscal.
De nouveaux concepts tels que l’inventaire forestier, l’aménagement forestier et la forêt
communautaire font désormais partie du paysage de la gestion forestière. Ainsi par exemple,
l’article 22 de cette loi stipule qu’ « une communauté locale peut, à sa demande, obtenir à titre de
concession forestière une partie ou la totalité des forêts protégées parmi les forêts régulièrement
possédées en vertu de la coutume.». Autrement dit, on donne aux communautés locales la
possibilité de participer à la gestion de leurs propres forêts. Cette réforme nécessite une mise en
application, une expérience pilote de Foresterie Communautaire, notamment l’instauration d’une
gouvernance et une d’une gestion des ressources forestières avec la participation des
communautés locales consistant à la réalisation d'activités pilotes suivantes :
Le Gouvernement ivoirien concrétise son idée par l’institution en août 1992 de la Commission
Paysans Forêts , un cadre de discussion et de dialogue entre tous les partenaires du monde rural :
populations riveraines ou à l’intérieur des forêts classées, autorités administratives, structures de
développement et structures chargées de la gestion des forêts classées. De 1992 à 1996,
soixante-neuf Commissions Paysans Forêts (CPF) ont été installées, et 2 003 délégués paysans
de soixante CPF formés pour jouer efficacement le rôle qui leur est dévolu c’est-à-dire la courroie
de transmission entre les populations riveraines et les structures chargées de la gestion des forêts
classées.
Le code forestier ivoirien réglemente les droits d’usage portant sur le sol forestier, les fruits, les
produits de la forêt naturelle et l’exploitation de certains fruits et produits de la forêt naturelle à
caractère commercial. Malheureusement, cette réglementation n'est pas respectée. Les droits
d'usage s'exercent donc de manière anarchique dans toutes les forêts, qu'elles appartiennent au
Domaine Forestier Permanent de l’Etat (DFPE) ou au Domaine de Particuliers et de Collectivités
(DPC). Il en résulte une régression de la forêt en Côte d'Ivoire où le taux de déboisement de 5,2%
dans les années 80 demeure le plus élevé d'Afrique (Banque Mondiale, 1994). L’expérience de
gestion des forêts avec la participation des populations riveraines menée par la SODEFOR pour
endiguer ce fléau, ne donne pas les résultats escomptés dans toutes les régions du pays. En effet,
les populations échappent au contrôle des structures chargées des forêts qui n’auront jamais
assez de moyens pour surveiller toutes les forêts classées, maintenant que les forêts du DPC sont
réduites à l’état de reliques et que les systèmes de gestion forestière par les institutions
traditionnelles sont érodés par les interventions étatiques.
Pour permettre aux structures chargées de la gestion des forêts d’appliquer les plans
d’aménagement rédigés au cours de la première phase du PSF, il apparaît judicieux de délimiter
dans les forêts classées des forêts communautaires réservées aux droits d’usage hormis ceux qui
portent sur le sol forestier d’autant plus qu’il existe sur toute l’étendue du territoire ivoirien 5 549
forêts sacrées qui couvrent une superficie de 36 437,61 ha rigoureusement conservées par les
communautés villageoises. La délimitation des forêts communautaires soumises au pouvoir
traditionnel au sein des forêts classées augmenterait les chances de succès de la sensibilisation
des communautés rurales. Mais, cette délimitation des forêts communautaires ne doit pas être
systématique et devrait obéir aux conditions suivantes :
La superficie totale des forêts communautaires ne devrait pas excéder 15% de la superficie de la
forêt pour ne pas être préjudiciable à l’application optimale des plans d’aménagement. Les forêts
communautaires ne sont pas des déclassements. Les pouvoirs des institutions traditionnelles de
gestion forestière y sont rétablis. Ces forêts seront soumises à un aménagement simplifié prenant
en compte les aspirations des communautés responsables, qui peuvent les étendre en dehors des
limites de la forêt classée par la mise en défens ou par des reboisements pour reconstituer les
forêts du DPC. Dans la mesure du possible, il faudrait veiller à ce que la zone d’extension soit
contiguë à la forêt classée afin que l’ensemble constitue un massif capable de jouer pleinement
ses fonctions écologiques et économiques. Sfil existe une forêt sacrée à l’intérieur de la forêt
classée ou à proximité, la forêt communautaire devra être rapprochée d’elle afin de réduire les
frais de gestion. Les recettes résultant de la vente des produits de la forêt communautaire seront
essentiellement affectées à la communauté.
Quant aux structures chargées de la gestion des forêts, cette stratégie leur permet :
- d’obtenir à moindre coût l’adhésion des communautés riveraines,
- de gérer plus efficacement la forêt par l’application stricte des plans d'aménagement dans
la zone non communautaire de la forêt classée et de bénéficier de l'appui et de l'autorité
des institutions traditionnelles de gestion forestière qui demeurent très influentes et
respectées au niveau des populations;
- d’espérer accroître la superficie des forêts (forêt classée ou forêt du DPC) pour atteindre un
des objectifs majeurs du PDF, c’est-à-dire 20% de couverture forestière au niveau national
à l’horizon 2015 contre 12% environ actuellement (forêts classées, parcs nationaux et
réserves),
- de matérialiser sur le terrain les efforts du Comité National de lutte contre les feux de
brousse,
- de commencer à mettre de l’ordre dans l’occupation de la terre, les terres impropres à
l'agriculture pourront être reboisées pour l’extension des forêts communautaires ou la
création de forêts privées.
Toutes ces actions doivent être précédée et accompagnée par une vigoureuse campagne de
sensibilisation de tous les acteurs.
Les citoyens des pays pauvres mais riches en forêts ne disposent souvent que d’informations
minimales sur la gestion de leurs forêts, ce qui les empêche de demander des comptes aux
pouvoirs publics et aux entreprises. S’appuyant sur son expérience en matière de transparence
dans le domaine des industries extractives et de l'Observation Indépendante des Forêts (OIF),
Global Witness travaille avec des partenaires dans des pays clés afin de renforcer leur capacité de
surveillance et de diffusion d’informations concernant les plans de gestion forestière, l’allocation
des concessions, les recettes et les infractions. Nous sommes en train de développer un bilan de
transparence forestière pour évaluer et comparer la diffusion officielle d’informations dans les
principaux pays producteurs de bois. En tant que coalition, nous entendons utiliser cette
information pour promouvoir des actions de plaidoyer nationales et internationales visant à une
plus grande responsabilité des gouvernements et à l’amélioration des politiques et pratiques du
secteur forestier. Les projets d'observation indépendante des forêts visent à coopérer avec des
gouvernements, la société civile et le secteur privé des pays producteurs de bois. Ces projets
fournissent des informations objectives sur les attributions de concessions et les infractions
commises dans les opérations du secteur forestier. Ces projets fournissent également des
renforcements de capacités des techniques de contrôle forestier et de suivi des contentieux. Leur
objectif est que les populations des pays concernés puissent bénéficier de façon équitable de
l'utilisation rationnelle de leurs ressources naturelles. Le personnel de suivi et les officiels
effectuent des visites d'inspections qui peuvent se dérouler de façon conjointe ou bien
indépendante. Elles visent alors plusieurs endroits : forêts, scieries, usines, ports, etc. Ces visites
s'effectuent soit de façon programmée et systématique soit pour vérifier des allégations.
L'objectivité et la crédibilité de l'OIF, en tant que tierce partie, viennent compléter l'application
officielle de la loi forestière. L'OIF peut ainsi améliorer la transparence en contribuant au
développement d'un cadre législatif et réglementaire valable visant à une gestion forestière
responsable.
Deux missions de faisabilité ont été menées en juillet et octobre 2000, dans le but d'identifier la
nature et l'étendue des activités illégales dans le secteur forestier camerounais. Les deux missions
de faisabilité ont confirmé l'existence d'activités illégales à grande échelle par différentes
compagnies d'exploitation forestière de premier plan et de corruption de haut niveau dans
l'administration forestière. Ces missions ont démontré en outre qu'un travail de terrain efficace et
une observation professionnelle apportaient une information objective quant aux infractions
commises dans le secteur forestier. Ces infractions étant susceptibles de donner lieu à des
poursuites, celles-ci contribuaient à dissuader les opérateurs illégaux, qui jusqu'alors agissaient en
toute impunité. Le travail de Global Witness en tant qu'Observateur Indépendant au Cameroun a
entrainé des améliorations significatives dans le domaine de l'application de la loi forestière.
L'Observateur Indépendant a travaillé avec l'Unité Centrale de Contrôle (UCC) sur le terrain et a
également été en relation constante avec le ministère responsable, le MINEF. L'UCC a fait preuve
d'une responsabilité croissante, et d'une réelle volonté de dresser les procès-verbaux des
infractions. La discipline et l'efficacité de l'UCC se sont considérablement améliorées.
Les informations fournies par l'Observateur Indépendant servaient également à démontrer aux
responsables camerounais la nécessité de sanctions à l'encontre des activités d'exploitation
forestière illégales. En dépit de plus d'une centaine de rapports de missions de terrain, les progrès
pour engager des poursuites contre les responsables des infractions ainsi que de ceux qui étaient
susceptibles d'avoir mal géré le système de contrôle ont toutefois été d' une lenteur décevante.
Inertie dans le suivi des contentieux et la condamnation aux amendes appropriées demeure bien
sûr le défi le plus important pour le MINEF et les autres agences gouvernementales concernées.
Le mode de calcul du montant des dommages demeure opaque. Les amendes sont parfois
payées en retard, et des règlements à l'amiable sont toujours possibles. Tout ceci infirme le
Malgré une société civile bien engagée, organisée et informée, la coopération entre les ONG
locales et le MINEF se limite à des meetings formels et occasionnels. L'Observateur Indépendant
a recommandé que des observations des activités forestières par les citoyens puissent contribuer
de manière significative à la capacité d'application de la loi forestière. Les villageois et les ONG
fournissent des sources d'informations inestimables à propos de tout ce qui se passe dans les
forêts, qu'il s'agisse d'exploitation illégale, d'intimidations ou d'abus aux droits de des populations.
Des questions sérieuses demeurent, les plus notables concernant la capacité d'application de la
loi, des incohérences de procédure, le manque de clarté dans le processus de contrôle, et la
validité du système d'attribution des allocations en lui-même. Dans certains cas, les titres
d'exploitation ont été attribués sans aucun respect des droits communautaires et en violation du
décret du décembre 2001 affirmant la participation des communautés locales au développement
des forêts communautaires.
En outre, les villageois qui s'élèvent contre l'exploitation illégale à l'œuvre sur leurs terres n'ont eu
aucun moyen tangible de faire en sorte que leurs droits sont respectés, mais sont souvent frustrés
par la collusion des officiels du secteur forestier avec le secteur privé. Ils sont souvent confrontés à
des intimidations de toutes sortes lorsqu'ils essaient de faire respecter leurs droits. Suite à l'action
d'observation on dénote une modification de la nature des actes illégaux. Par exemple,
l'exploitation au-delà des limites des titres a été diminuée, en revanche, l'abattage des arbres d'un
diamètre trop petit à l'intérieur des concessions, ainsi que la surexploitation des quotas demeure
conséquente. En parallèle, l'enlèvement frauduleux de bois et l'exploitation illégale dans des forêts
communautaires est devenu un problème de plus en plus sérieux. L’intervention d’un Observateur
Indépendant Forestier permanent ne pourra avoir lieu que sur condition de la mise en place
préalable d’un système de contrôle forestier efficace et régulier, fondé sur la transparence et
assuré d’un budget conséquent pour conduire à bien les opérations de contrôle. Ce, en
considération du fait que l’Observateur Indépendant vient en appui au contrôle. Sa présence
n’aurait aucun sens si, au préalable, aucun système de contrôle régulier n’existe.
Ces types de formations végétales qui se répartissent entre les différentes zones climatiques du
pays se caractérisent surtout par leur densité (taux de couverture du sol) et leur productivité (voir
tableau, d'après A.L. Berthé, 1985):
Avec une superficie totale estimée à 106 000 km2, les formations végétales ligneuses couvriraient
environ seulement 10% de la superficie du pays. Ce taux apparaît très faible pour un pays soumis
à divers aléas climatiques et subissant l'influence du désert.
Forêts denses, galeries for. 5 000 plus de 80% 120 0,7 – 1,5
Zone 1: désertique à potentialités forestières quasi nulles et densité de population très faible. Il
s'agit des cercles de Kidal, Ménaka, Bourem, Tombouctou et Goundam.
Zone 2: sahélienne et soudano-sahélienne à population et potentialités forestières faibles. Ce sont
les cercles de Gao, Ansongo, Gourma Rharous, Koro, Bankass, Bandiagara, Douentza, Nara,
Kolokani, Diéma, Nioro et Yélimané.
Zone 3: sahélienne et soudano-sahélienne à population relativement dense et potentialités
Naturelles particulières. C'est la zone du Delta Central avec les cercles de Mopti, Djenné,
Ténenkou, Youwarou, Diré, Niafunké, Macina.
Zone 5: savanes soudaniennes arborées et boisées à potentialités faibles à moyennes, à
population faible mais croissante avec les cercles de Kayes, bafoulabé, Banamba, Dioila, Kati,
Kolokani, Ségou, Barouéli, Niono, Bla, san, Tominian, Koutiala, sikasso et Bougouni.
Zone 6: savanes soudaniennes et soudano-guinéennes boisées à forte potentialités forestières et
à population faible. Les cercles de Kéniéba, Kita, kangaba, Yanfolila, Kolondiéba, Kadiolo et
Yorosso.
Toutes ces zones, dans le sens de la disponibilité en bois, se caractérisent par la pénurie à
l'exception de la zone 5 (M.N. Kéîta, 1982).
Les résultats de cette étude soulignent la nécessité de l'aménagement des formations forestières.
Cependant, le Service Forestier n'aura jamais suffisamment ni les ressources matérielles et
financières nécessaires, ni les moyens humains. C'est donc dans un véritable cadre de
concertation par l'action simultanée de l'ensemble des services techniques spécialisés (Elevage,
Agriculture, Conservation de la Nature) avec la participation des populations concernées peut
être envisagée une véritable gestion des espaces forestiers et c'est essentiellement en milieu
rural, dans le cadre de projets de développement intégrés, que l'aménagement des formations
naturelles peut donner de meilleurs résultats.
PLANIFICATION: instrument permettant d'améliorer le déroulement d'un projet et de minimiser les risques
d'échec. La planification globale est la définition des objectifs à atteindre et la formulation des activités en
tenant compte des risques. La planification détaillée désigne la définition des activités et sous-activités ainsi
que la détermination des moyens à mettre en œuvre.
SUIVI ET EVALUATION: moyen de contrôle de l'état d'avancement du projet aux plans quantitatif et
qualitatif permet de comparer les indicateurs prévisionnels et les indicateurs réellement constatables en vue
de procéder à des ajustements.
SCHEMA DE PLANIFICATION DU PROJET: tableau permettant une présentation synoptique des éléments
essentiels de la conception du projet.
PLAN D'OPERATION: concerne les activités prévisionnelles du projet et couvre une période déterminée.
Pour le court et le moyen terme, il décrit les activités, fixe le cadre temporel, spécifie les ressources
nécessaires et définie les responsabilités pour chaque activité.
CONCERNES: sont les couches socio-professionnelles, les organismes et les groupes sociaux à caractère
formel ou informel dont les intérêts sont touchés par les activités du projet.
SOURCES DE VERIFICATION: précisent le lieu où l'on peut obtenir les informations concernant tel ou tel
indicateur.
APPROCHE SYSTEMIQUE: est un outil de travail permettant d'aborder l'étude de la réalité d'une manière
pratique. Un système est un moyen de modélisation de la réalité qui a pour but d'en regrouper les éléments
de manière organisée et simplifiée. C'est un ensemble d'éléments interdépendants qui forment une unité et
fonctionnent ensemble. Pour tout système 4 caractéristiques doivent être définies: les limites, la structure, la
fonction et l'état. C'est uniquement quand les trois premières caractéristiques sont connues qu'un système
est correctement décrit.
1. Abou Lamine BERTHE. Le rôle des populations dans l'aménagement des formations végétales
ligneuses naturelles. Bamako, 1985-23p
6. Gittinger J.P. Analyse économique des projets agricoles. Editions Economica, 2è édition, Paris, 1985.
547p.
12. Note sur l'organisation de l'exploitation forestière. Réunion des Directeurs Régionaux, Directeurs
d'opérations et Chef de projets des Eaux et Forêts. Tabacoro, 28-31 Octobre 1992. DNEF, 1992.
14. Programme de Lutte contre la Désertification et l'avancée du désert 1985-2000. DNEF, 1984.37p.
18. Tournier J., Ponchon M. Manuel de sciences économiques et humaines. 3è édition Baillière, Paris, 1975.
396p.