Cas 1
Cas 1
Département de Chimie
THÈSE
En vue de l’obtention du
Diplôme de Doctorat
Présenté par :
BENSLIMANE Salah
Thème :
ETUDE CHIMIQUE DES EAUX NATURELLES EN ALGERIE (REGION DE BATNA) :
DEVELOPPEMENT DE METHODES EXPERIMENTALES ET DE CALCULS POUR
L’ETUDE DES PROPRIETES (EQUILIBRE CALCO – CARBONIQUE, CORROSION,
DEPOTS, …) ET DU TRAITEMENT (DEMINERALISATION, CONDITIONNEMENT…)
DE CES EAUX
Remerciements
Les travaux qui ont fait l’objet de cette thèse ont été effectués aux Laboratoire de Chimie de
l’Eau et Chimie de l’Environnement LCCE de l’université HADJ LAKHDAR de Batna-1
(Algérie), sous la direction de Monsieur le professeur Kamel-Eddine BOUHIDEL.
Je souhaite à présent exprimer ma profonde gratitude aux membres du jury pour m’avoir
permis de soutenir ma thèse et pour l’honneur qu’ils me font de juger mon travail et pour
leurs rapports élogieux et critiques, mais toujours constructifs.
Marie Curie (France), pour m’avoir accueilli au sein de leur laboratoire et m’ont permis de
compléter mes travaux de recherches.
Je n’oublierai jamais l’ambiance chaleureuse et conviviale que j’ai pu vivre avec les
membres du laboratoire LCCE, durant toutes ces années, et à cette occasion je leur dirai
merci beaucoup et bonne chance à vous.
Je tiens enfin à remercier ma famille, en particulier ma mère, ma femme mon frère et mes
sœurs qui m’ont sans cesse aidé et encouragé durant mes années d‘études.
Abréviations
Abréviations
Ag Argent
Alci L’alcalinité initiale
Alceq L’alcalinité à l’équilibre
Al Aluminium
aq Aqueuse
Au Or
CA Chronoampérométrie
CCA Carbonate de calcium amorphe
CCH Carbonate de calcium hexahydraté
CCM Carbonate de calcium monohydraté
CCP Calco-carboniquement pure
CCPP Potentiel de Précipitation de Carbonate de Calcium
CEG Chronoélectrogravimétrie
CMT carbone minéral total
Cu Cuivre
Cv Carbone vitreux
D le coefficient de diffusion
ECS Électrode de calomel saturée
ENH Electrode normale à hydrogène
F Constante de Faraday
Fe Fer
HEDP Acide hydroxyethylidene 1,1 diphosphoniqoe
I La force ionique
Ieff L’indice d’efficacité
Ie L’indice d’entartrage
iH La densité de courant d’hydrogène
I0 Courant initial
IRes Courant résiduel
K1, K2 Constantes de dissociation de l’acide carbonique
K’1, K’2 Constantes apparente de dissociation de l’acide carbonique
Ke Constante de produit ionique de l’eau
a
Abréviations
KH Le constant d’Henry
Ks Le produit de solubilité
K s' Le produit apparente de solubilité
LPL Legrand-Poirier-Leroy
LSI L’indice de saturation de Langelier
L&SI L’indice de saturation de Larson-Skold
M0 Point figuratif sur l’axe des ordonnées.
M1 Point figuratif dans le domaine des eaux agressives.
M2 Point figuratif dans le domaine des eaux calcifiants.
Me Point figuratif sur la courbe d’équilibre calco-carbonique.
MEB Microscopie électronique à balayage
N La somme des normalités des anions
O&TI L’indice de saturation d’Oddo-Tomson
P La somme des normalités des cations
PAPEMP Acide polyéther polyamino phosphonate de méthylène
Pb Plomb
PBTCA Acide 2-phosphonobutane-1,2,4-tricarboxylic
PCA Polycarboxyliques acides
PCO2 La pression de CO2
pHmes pH mesuré
pHs pH de saturation
PSI L’indice de saturation de Puckorius
RSI L’indice de saturation de Ryznar
SIE La spectroscopie d’impédance électrochimique
S&DSI L’indice de saturation de Stiff-Davis
TA Titre alcalimétrique
TAC Titre alcalimétrique complet
TCa Titre calcique
te Temps d’entartrage
tg Temps de germination
TH Titre hydrotimétrique
TMg Titre magnésienne
b
Abréviations
Ve Vitesse d’entartrage
Zn Zinc
Zi La valence de l’ion (i)
β Coefficient de sursaturation.
°F Degré Français
N-P
λ=
2
γm Coefficient d'activité pour l'ion monovalent.
c
Liste des figures
d
Liste des figures
e
Liste des figures
f
Liste des figures
g
Liste des figures
Figure V.7 Courbes de CA obtenues sur une électrode d’argent dans une 118
solution CCP 30 °F à 25 °C en présence de Zn2+ à différentes
concentrations.
Figure V.9 La répartition des espèces présentées en milieu carbonate à 30°F 123
en présence de Zn2+ en fonction de pH, obtenues par notre calcule
numériques.
(b) Zn 2+ -H2O-CO32 .
h
Liste des figures
Figure VI.4 Les courbes types de précipitation par la méthode LCGE pour une 135
solution CCP 40°F, t= 30°C et de 8L.min-1 de débit de dégazage.
(a) Évolution du pH et de la concentration de calcium au cours
du dégazage.
(b) Évolution du P(CO2) et de la sursaturation au cours du
dégazage.
Figure VI.5 Évolution du pH (a) et de la concentration de calcium (b) en 137
fonction du temps pour une solution CCP 40°F à différentes
températures.
Figure VI.6 Variation du pH de précipitation pHp (a) et du temps de précipitation 137
tp (b) en fonction de la température pour une solution CCP de 40°F.
Figure VI.10 Courbes logarithmiques (a) et fraction (b) en fonction du pH pour 140
des solutions CCP 40°F contenant des ions Zn2+ obtenus par
logiciel Hydra –Medusa.
i
Liste des figures
Figure VI.13 Courbe logarithmique (a) et fraction (b) en fonction du pH pour 143
des solutions CCP 40°F contient de des ions de Cu 2+ obtenus par
logiciel Hydra –Medusa.
Figure VI.16 Courbe logarithmique (a) et fraction (b) en fonction du pH pour 145
des solutions CCP 40°F contient de des ions de Mg2+ obtenus par
logiciel Hydra –Medusa.
j
Liste des tableaux
Tableau V.2 Calcul des fractions des différentes espèces de Zn2+ présentes en 124
milieu carbonate
Tableau V.3 Les valeurs des constantes thermodynamiques d’équilibre de 124
certaines réactions dans le milieu Zn2+-H2O et Carbonate à l'état
standard.
k
Liste des tableaux
Tableau VI.4 Valeur des pH et temps de précipitation des essais sans et avec 142
Cu2+.
Tableau VI.5 Valeur des pH et temps de précipitation des essais sans et avec 145
Mg2+.
Tableau VI.6 Valeur des pH et temps de précipitation des essais sans et avec 147
2+
Co .
Tableau VI.7 Valeur des pH et temps de précipitation des essais sans et avec 148
2+
Ni .
Tableau VI.8 Valeur des pH et temps de précipitation des essais sans et avec 150
Ba2+.
Tableau VI.9 Valeurs Les valeurs des constantes de complexation logK des 151
réactions à l'état standard selon (Stumm and Morgan 1996;
Puigdomenech and Medusa 2001).
l
Sommaire
Sommaire
II.4.5. Influence des ions présents dans les eaux naturelles ............................................... 25
II.4.5.8. Effet des ions Ni2+, Cd2+, Co2+, Be2+ et Pb2+ .................................................... 31
Sommaire
III.1.1.4. Méthodes basé sur des indices de saturation des eaux ..................................... 53
V.3.4. Influence des ions Zn2+ sur la précipitation de CaCO3 .......................................... 118
V.3.6. Mécanisme d'inhibition de précipitation de CaCO3 par les ions Zn2+ .................... 120
Sommaire
V.3.7. Calcul et tracé des courbes fraction-pH des espèces Zn2+ ..................................... 123
Annexes…………………………………………………………………………………..159
Introduction Générale
Introduction générale
INTRODUCTION GÉNÉRALE
Cette thèse a donc pour but de contribuer à une meilleure connaissance de la qualité des
eaux en Algérie. Plus précisément elle s’intéresse aux volets chimiques et physico-
chimiques et à une région spécifique, la wilaya de Batna et ses eaux souterraines, les puits
exploités par l’Algérienne des Eaux (ADE) qui servent à l’alimentation partielle de la
wilaya en eau potable. Le reste des besoins est assuré par le barrage de Timgad dont la
qualité de l’eau est étudiée séparément, sur d’autres thèses de notre laboratoire.
Les eaux de la région de Batna sont, généralement, des eaux dures ou très dures avec des
conséquences parfois indésirables et très coûteuses, exigeant ainsi un intérêt plus
spécifique à ce volet de l’équilibre calco-carbonique et justifiant l’orientation de cette
thèse; en effet l’entartrage (dépôt de CaCO3) excessif des canalisations du réseau de
distribution provoque une multitude de problèmes (pertes de charges et consommation
énergétique, diminution du diamètre utile et baisse du débit chez le consommateur,
mauvaise alimentation en eau et enfin diminution de la durée de vie et remplacement
coûteux des conduites souterraines). Outre le réseau de distribution la qualité chimique de
l’eau influe sur les installations domestiques (chauffe eau, chauffage central …),
industrielles (échangeurs de chaleur (Kjellin et al. 2001; Tijing et al. 2011), chaudières,
circuits de refroidissement (El Fil et al. 2003; Tijing et al. 2010), dessalement et
adoucissement (Graveland et al. 1983; Huff 2004, 2006; Cifuentes-Araya et al. 2014; Ben
1
Introduction générale
Salah Sayadi et al. 2015) …), commerciales (laveries et douches publics, limonaderies…)
ou sanitaires (excès de nitrates ou de métaux lourds, pesticides…). Ces quelques exemples
montrent l’impact de la qualité de l’eau sur les dépenses publiques, les nuisances
engendrées et la nécessité de les prévenir et de les maîtriser. La connaissance approfondie
de ces eaux, à travers leur analyse et des recherches appropriées, constitue la principale
solution à ces problèmes issus de la qualité des eaux. Dans beaucoup de pays cette gestion
de la qualité de l’eau est confiée à des experts ayant de hautes compétences, en regard des
conséquences dramatiques d’une mauvaise qualité. L’exemple de la ville de Paris qui
gérait le gigantesque réseau de distribution de cette mégapole, en est très illustratif; en effet
la qualité de l’eau du réseau de cette ville, particulièrement l’entartrage et la corrosion, sont
suivis par des scientifiques de haut niveau (Legrand, Poirier, Leroy) dont l’expérience sur
le réseau parisien a permis l’édition d’un livre et d’un logiciel (LPL Win du nom des
auteurs) sur les dépôts de calcaire, la corrosion des canalisations, et leur prévention. Cette
approche est absente dans notre pays, espérant que cette thèse, avec d’autres constituerait
un jalon sur cette voie.
Ces digressions internationales mettent plus en valeur l’opportunité de cette thèse qui s’est
à la fois penchée sur les aspects très pratiques (évaluation de la qualité de l’eau sur 45
forages de l’ADE) et de recherche avancée (mécanisme d’apparition et surtout d’inhibition
du calcaire par les cations bivalents), un problème d’intérêt universel. Les considérations
précédentes montrent clairement l’importance de l’équilibre calco–carbonique dans les
études de qualité et justifient l’orientation de notre recherche telle que prédite dans le titre
de ce manuscrit.
2
Introduction générale
D’effectuer une étude approfondie sur l’inhibition et ses mécanismes ; l’accent sera
mis sur l’action des métaux lourds.
1. Dans le premier nous avons, tout d’abord, rapporté des généralités sur les
équilibres calco-carboniques et le phénomène d’entartrage.
2. Dans le deuxième nous avons présenté les procédés de traitement contre
l’entartrage.
3. Le troisième est consacré à la revue bibliographique des méthodes
d’équilibres calco-carboniques et le pouvoir d’entartrage.
3
Introduction générale
Références bibliographiques
Ben Salah Sayadi, I., Sistat, P., and Tlili, M. M. 2015 Assess of physical antiscale-
treatments on conventional electrodialysis pilot unit during brackish water
desalination. Chemical Engineering and Processing: Process Intensification, 88,
47-57.
Cifuentes-Araya, N., Astudillo-Castro, C., and Bazinet, L. 2014 Mechanisms of mineral
membrane fouling growth modulated by pulsed modes of current during
electrodialysis: Evidences of water splitting implications in the appearance of the
amorphous phases of magnesium hydroxide and calcium carbonate. Journal of
Colloid and Interface Science, 426, 221-234.
El Fil, H., Manzola, A. S., and Ben amor, M. 2003 Decarbonation of geothermal waters by
seeding with aragonite crystals coupled with air bubbling. Applied Geochemistry,
18(8), 1137-1148.
Graveland, A., Dijk, J. C. v., Moel, P. J. d., and Oomen, J. H. C. M. 1983 Developments in
water softening by means of pellet reactors. Journal (American Water Works
Association), 75(12), 619-625.
Huff, G. F. 2004 Use of simulated evaporation to assess the potential for scale formation
during reverse osmosis desalination. Desalination, 160(3), 285-292.
Huff, G. F. 2006 Aquifer composition and the tendency toward scale-deposit formation
during reverse osmosis desalination — examples from saline ground water in New
Mexico, USA. Desalination, 190(1–3), 235-242.
Kjellin, P., Holmberg, K., and Nydén, M. 2001 A new method for the study of calcium
carbonate growth on steel surfaces. Colloids and Surfaces A: Physicochemical and
Engineering Aspects, 194(1–3), 49-55.
Tijing, L. D., Kim, H. Y., Lee, D. H., Kim, C. S., and Cho, Y. I. 2010 Physical water
treatment using RF electric fields for the mitigation of CaCO 3 fouling in cooling
water. International Journal of Heat and Mass Transfer, 53(7–8), 1426-1437.
Tijing, L. D., Yu, M. H., Kim, C. H., Amarjargal, A., Lee, Y. C., Lee, D. H., Kim, D. W.,
and Kim, C. S. 2011 Mitigation of scaling in heat exchangers by physical water
treatment using zinc and tourmaline. Applied Thermal Engineering, 31(11–12),
2025-2031.
4
Chapitre I
5
Chapitre I Les équilibres calco-carboniques et le phénomène d’entartrage
La réaction (I.1), correspond à un système triphasé : gaz (CO2), liquide (eau) et solide
(CaCO3). C’est un système doublement hétérogène présentant deux interfaces d’échange à
travers lesquelles pourront s’effectuer les transports de matière. Le schéma représenté sur
la figure I.2 résume les interactions entre les trois phases.
6
Chapitre I Les équilibres calco-carboniques et le phénomène d’entartrage
pCO2
KH = Eq (I.1)
CO
2(aq)
L’application de la loi d’action de masse à ces deux réactions d’ionisation permet alors
d’introduire les relations suivantes :
K=
HCO H O -
3 3
+
Eq (I.2)
1
CO2
K =
CO H O
2
3 3
+
Eq (I.3)
2
HCO
3
7
Chapitre I Les équilibres calco-carboniques et le phénomène d’entartrage
A partir des équations (I.2 et I.3) il est possible de calculer les répartitions des carbonates
entre les trois formes : CO2, HCO3-, CO3= en fonction du pH :
100
CO2 % pH pK1
Eq (I.5)
1 10 102pH pK1 pK 2
pH pK1
HCO % 1 10 100.10 10
3 pH pK1 2pH pK1 pK 2
Eq (I.6)
2pH pK1 pK 2
CO % 1 10100.10 10
2
3 pH pK1 2pH pK1 pK 2
Eq (I.7)
La figure I.3 présente la répartition des espèces carbonatées en fonction du pH, à 25°C.
pK1 + pK 2
à pH= la solution est essentiellement constituée des ions HCO3-.
2
8
Chapitre I Les équilibres calco-carboniques et le phénomène d’entartrage
à pH = pK2, la solution comporte 50% des ions HCO3- et 50% des ions CO32-.
Cet équilibre, dit calco-carbonique est régi par la loi d’action de masses, établie entre les
activités des ions Ca2+ et CO32- :
KS = Ca 2+ CO32 Eq (I.8)
En combinant les réactions (I.2, I.3, I.4 et I.6) on obtient l’équilibre fondamental, R(I.1).
C’est lui qui explique qu’on peut dissoudre du CaCO3 par le CO2 et aussi que la solubilité
apparente du carbonate du calcium en équilibre avec l’atmosphère diminue quand la
température s’élève, du fait de l’évasion du CO2 (moins soluble à chaud) (Khalil 1994;
Khaled 1999).
Les valeurs des constantes K1, K2, KH et Ks sont formulées en fonction de la température T
et sont regroupées dans le tableau I.1.
9
Chapitre I Les équilibres calco-carboniques et le phénomène d’entartrage
Le carbonate de calcium solide existe sous différentes formes que l’on peut dissocier en
deux groupes (Khalil 1994; Khaled 1999; Tlili 2002; Ketrane 2010; Hadfi 2012) :
1. Les formes anhydres : la calcite, l’aragonite et la vatérite ; elles sont peu solubles
tableau I.2.
2. Les formes hydratées : le carbonate de calcium amorphe, le carbonate de calcium
monohydraté et le carbonate de calcium hexahydraté.
Tableau I.2. La solubilité des différentes variétés anhydres du carbonate de calcium (Tlili
2002).
I.3.1.1. La calcite
C’est la forme la plus stable du point de vue thermodynamique, donc elle est la plus
insoluble des trois formes anhydres. Sa maille élémentaire est rhomboédrique à faces
centrées (figure I.4, photo 1).
I.3.1.2. L’aragonite
10
Chapitre I Les équilibres calco-carboniques et le phénomène d’entartrage
I.3.1.3. La vatérite
Cette variété cristallise dans le système hexagonal et présente une grande sensibilité au
contact de l’eau à température ambiante ; ses caractéristiques sont mal connues (Khaled
1999). Cette variété cristallographique se présente généralement en lentilles et parfois en
rose de sable (figure I.4, photo 3).
Le CaCO3.6H2O peut être synthétisé au laboratoire et aussi, peut être rencontré en milieu
-1
naturel (Tlili 2002). Ce minéral est également stabilisé par ajout de 400 mg.L de
polyphosphate de sodium pour une étude aux rayons X sur monocristal (Dickens and
Brown 1970). Cette forme cristallise dans le système monoclinique, précipité sous forme
de plaquette de taille importante de l’ordre de 4 mm (figure I.4, photo 6).
11
Chapitre I Les équilibres calco-carboniques et le phénomène d’entartrage
12
Chapitre I Les équilibres calco-carboniques et le phénomène d’entartrage
I.3.2.1. La germination
Un germe est défini comme le premier embryon, d’une taille ne dépassant pas les quelques
nanomètres. La germination correspond à la formation d’une phase condensée au sein
d’une eau initialement exempte de phase solide de carbonate de calcium.
La germination est, de ce fait, la formation de la première phase solide provenant de
l’agglomération d’ions ou molécules dans une solution sursaturée, ayant tendance à croître
plutôt que de se dissoudre (Karoui 2010).
Généralement, on distingue deux types de germination : homogène et hétérogène.
La germination homogène
La germination homogène peut se produire au sein de la solution sursaturée si les hasards
du déplacement des ions sous l’effet de l’agitation thermique créent une configuration
amorçant l’empilement ordonné du futur cristal (Hort 1994; Teghidet 2012).
La germination homogène du carbonate de calcium est observée au sein d’une eau
naturelle dont le taux de saturation vis-à-vis de ce composé est supérieur à une valeur de
l’ordre de 40 (L. Legrand and Leroy 1994).
13
Chapitre I Les équilibres calco-carboniques et le phénomène d’entartrage
La germination hétérogène
La germination est dite hétérogène, si elle s’effectue sur un corps étranger (substrat, solide
en suspension, particules étrangères). Plusieurs des cas supposés de germination homogène
sont en fait des cas de germination hétérogène (Karoui 2010). Ceci est dans le sens où une
contamination par des particules étrangères est très possible.
La germination hétérogène des premiers germes de carbonate de calcium, à l’interface
liquide/solide, se produit en général bien avant que la germination homogène ne devienne
probable au sein de l’eau. En général, une germination hétérogène est plus facile, donc plus
rapide, qu’une germination homogène (Ketrane 2010; Hadfi 2012; Teghidet 2012).
14
Chapitre I Les équilibres calco-carboniques et le phénomène d’entartrage
Références bibliographiques
Dickens, B., and Brown, W. E. 1970 Crystal structure of calcium carbonate hexahydrate at
about -120.deg. Inorganic Chemistry, 9(3), 480-486.
Hadfi, A. 2012 Evaluation du pouvoir entartrant des eaux du secteur agricole du grand
agadir et mise en évidence de l'effet inhibiteur de quelques engrais phosphatés,
Thèse de doctorat Université Ibn Zohr Agadir-Maroc.
Hort, C. 1994 Contribution à l’étude des phénomènes d’entartrage : influence des solides
en contact avec le liquide sur la cinétique de précipitation, Thèse de doctorat INSA
de Toulouse, France.
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calcium carbonate monohydrate. Materials Research Bulletin, 12(11), 1095-1102.
Karoui, H. 2010 Etude de la précipitation du carbonate de calcium dans les eaux salines,
Thèse de doctorat Centre de Recherche et Technologies des eaux CERTE Tunisie.
Ketrane, R. 2010 Analyse du phénomène d'entartrage et de son inhibition: Effet des ions
majeurs présents dans les eaux du sud algérien, Thèse de doctorat Université de
Béjaia, Algérie.
Khaled, W. 1999 Procédés de lutte contre l’entartrage par les eaux géothermales du sud
Tunisien, Thèse de doctorat Université de Sfax, Tunisie.
Khalil, A. 1994 Méthodologies d'evaluation du pouvoir entartrant des eaux et de l'efficacite
des procedes antitartre, Thèse de doctorat Universite Pierre et Marie Curie Paris VI,
France.
L. Legrand, G. Poirier, and Leroy, P. 1981 Les équilibres carboniques dans les eaux
naturelles.
L. Legrand, and Leroy, P. 1994 Prévention de la corrosion et de l'entartrage dans les
réseaux de distribution d'eau, CIFEC; Neuilly.
Le Duigou, A. 1982 Contribution à l'étude des mécanismes d'entartrage. Application aux
appareils antitartre électriques., Thèse de doctorat L'école Nationale Supérieure
d'arts et Métiers Paris, France.
Ogino, T., Suzuki, T., and Sawada, K. 1987 The formation and transformation mechanism
of calcium carbonate in water. Geochimica et Cosmochimica Acta, 51(10), 2757-
2767.
15
Chapitre I Les équilibres calco-carboniques et le phénomène d’entartrage
Plummer, L. N., and Busenberg, E. 1982 The solubilities of calcite, aragonite and vaterite
in CO2-H2O solutions between 0 and 90°C, and an evaluation of the aqueous
model for the system CaCO3-CO2-H2O. Geochimica et Cosmochimica Acta,
46(6), 1011-1040.
Rola, M. 1994 Contribution à l’étude des mécanismes de l’entartrage : recherche des
conditions d’une germination homogène par ensemencement, Thèse INSA de
Toulouse France.
Sigg, L., Behra, P., and Stumm, W. 2000 Chimie des milieux aquatiques-chimie des eaux
naturelles et des interfaces dans l'environnement, DUNOD, Paris.
Stumm, W., and Morgan, J. J. 1996 Aquatic Chemistry - Chemical Equilibria and Rates in
natural Waters, John Wiley-Sons, New York.
Teghidet, H. 2012 Etude de la cristallisation contrôlée de la calcite par voie
électrochimique. Effet des ions étrangers au système calcocarbonique sur la
nucléation-croissance de la calcite, Thèse de doctorat Université Bejaia-Algerie.
Tlili, M. 2002 Etude des mécanismes de précipitation du carbonate de calcium.
Application à l’entartrage, Thèse de doctorat Université Paris V France.
16
Chapitre II
II.1. INTRODUCTION
La formation de dépôt de tartre qui se fixe sur les surfaces en contact avec une eau
naturelle, constitue un problème industriel et domestique de grande importance,
principalement quand les produits de recouvrement deviennent adhérents.
Le principal constituant des tartres est le carbonate de calcium. C’est en effet son produit
de solubilité qui est le premier atteint dans les conditions les plus courantes de formation
de dépôts. La genèse du carbonate de calcium en milieu naturel a fait l’objet de très
nombreuses études depuis Langelier (Langelier 1936) et Ryznar (Ryznar 1944).
Si un traitement antitartre est nécessaire, alors se pose la question sur le type de procédé à
adopter. Les procédés de traitement contre l’entartrage peuvent être choisis selon la
composition de l’eau et aussi à l’usage auquel elle est destinée.
17
Chapitre II Les procédés de traitements contre l’entartrage
18
Chapitre II Les procédés de traitements contre l’entartrage
19
Chapitre II Les procédés de traitements contre l’entartrage
Pour une diminution de la dureté totale de l’eau en utilisant un échangeur « résines » sous
forme cationique, préalablement chargée d’ions sodium (Na+) sous la forme (R-Na) ou
(R=Na2).
L'échange d’ions correspond aux équilibres suivants :
A l’issu de ce procédé, l’eau traitée est chargée en sels de sodium et son titre
hydrométrique est pratiquement nul (Khaled 1999).
Lorsque la résine est saturée d’ions calcium et magnésium, la régénération se fait avec une
solution concentrée de chlorure de sodium (NaCl) selon les réactions suivantes :
20
Chapitre II Les procédés de traitements contre l’entartrage
21
Chapitre II Les procédés de traitements contre l’entartrage
22
Chapitre II Les procédés de traitements contre l’entartrage
23
Chapitre II Les procédés de traitements contre l’entartrage
(SECAL) (Ketrane et al. 2009) ont une bonne stabilité chimique, une bonne résistance à la
température d'eau élevée, de haute alcalinité et sont difficiles à hydrolyser. Ils ont
également d'excellentes performances d'inhibition à la précipitation de CaCO 3. Jonasson et
al (Jonasson et al. 1996) ont montré que les phosphonates sont stables à des températures
allant de 25 à 200°C.
24
Chapitre II Les procédés de traitements contre l’entartrage
25
Chapitre II Les procédés de traitements contre l’entartrage
(House et al. 1988) montrent que la présence de Mg2+ à des rapports [Mg]/[Ca] entre 0.1 et
0.5 provoque une réduction de 50% de la croissance de la calcite.
(Karoui 2010) a étudié l’effet de Mg2+ sur la phase de germination du CaCO3 en présence
de NaCl et conclu que l’effet du magnésium sur la phase de germination est fortement
amplifié par la présence du NaCl.
Pour une concentration suffisante de Mg2+, elle éntraine géneralement la précipitation
d’aragonite, le type de polymorphe formé dépendait aussi de la vitesse de croissance du
minéral, elle-même dépendante de plusieurs autres caractéristiques de la solution de
précipitation, telles que les conditions de sursaturation et la concentration en carbonates
(Meldrum and Hyde 2001).
En outre (Chen et al. 2006) ont observé que :
L’ion Mg2+ s’adsorbe sur les cristaux déposés.
Le rapport de Mg2+ dans le dépôt formé sur la surface métallique est proportionnel
au rapport Mg/Ca dans la solution étudièe.
Les ions Mg2+ accélèrent la transformation du cristal de vatérite vers celui de la
calcite, et s’adsorbait sur la surface des vatérite et calcite provoquant ainsi la
déformation des cristaux.
Dans les eaux de mer enrichie de Mg2+, le dépôt d’aragonite a été presque totalement
inhibée (Barchiche et al. 2003), par contre et à partir des solutions synthétiques
équivalentes à l'eau de mer standard (Karoui et al. 2008) ont observé que les ions
magnésium ont été insérés dans la structure cristalline de l'aragonite en substituant les ions
calcium. (Tai and Chien 2002; Chen et al. 2005, 2006) ont montré que le temps d’induction
augmente avec l’augmentation de la concentration des ions Mg 2+ dans la solution.
L’ion Mg2+ en solution aqueuse a tendance à organiser les molécules d’eau autour de lui :
il forme aussi avec l’eau un complexe structuré en une sphère d’hydratation interne de 6
molécules d’eau liées par des liens électrostatiques (Gunther 2006).
26
Chapitre II Les procédés de traitements contre l’entartrage
27
Chapitre II Les procédés de traitements contre l’entartrage
D'autre part, (Tai and Chien 2002) ont observé que la présence de Na+ dans la solution a
peu d'influence sur le temps d'induction. En effet, une solution de CCP de 30°F
additionnée de 0.5 ou 1g/L en NaCl donne deux courbes presque confondues (Khaled
1999).
Les ions nitrates (NO3-) favorise la précipitation de CaCO3, en diminuant le temps de
gérmination (Zidoune 1996).
Morgan 1996).
Sur l’aspect environnement, plusieurs études effectuées sur la sorption des métaux
bivalents sur la calcite, ont montré que les ions de Zn2+ restent sur la surface de la calcite
sous forme de complexes. Ces complexes sont incorporés dans la structure de la calcite par
des réactions de substitution (Zachara et al. 1988; Zachara et al. 1991; Cheng et al. 1998;
Elzinga and Reeder 2002; Elzinga et al. 2006).
L’influence des ions de Zn2+ sur la précipitation de CaCO3 et sur l’entartrage a été déjà
étudiée par plusieurs des auteurs :
(Glasner and Weiss 1980) ont étudié la précipitation de la calcite en présence des
ions Zn2+ et ont montré que pour des quantités relativement importantes de Zn2+
28
Chapitre II Les procédés de traitements contre l’entartrage
ajoutées au mélange avec un rapport de mZn 2+ /mCO2- > 0.04 , la masse totale du
3
précipité de CaCO3 n’a atteint que le taux de 13.6% de la masse initiale dissoute.
D’après (Meyer 1984) la concentration de 2.10-7 mol/L des ions Zn2+ peut réduire
le taux de croissance de cristaux de calcite de 80 %.
(Coetzee et al. 1996; Coetzee et al. 1998) ont également observé que des trace des
ions Zn2+ peut inhiber sensiblement la vitesse de nucléation de CaCO3
(augmentation de temps d’induction) et était beaucoup plus efficace en présence
des ions de cuivre et de magnésium, tandis que les niveaux de concentration de
Mg2+ requis est 1000 fois plus grand pour produire des effets similaires à Zn2+.
(Macadam and Parsons 2004a) ont étudié l’effet de la concentration du fer, cuivre
et du zinc sur la précipitation de CaCO3, et ont montré que la précipitation de
CaCO3 est sensible à ces ions pour des concentrations de traces. Ils ont trouvé aussi
que le zinc est l’inhibiteur le plus efficace : pour une concentration de 5ppm la
précipitation a été réduite à 35%. Les mêmes auteurs, dans une autre étude
(MacAdam and Parsons 2009) ont étudié l’effet des ions Zn2+ et Cu2+ sur la
précipitation de CaCO3 sur une surface chauffée à 42°C et 70°C, et ont trouvé que
les ions Zn2+ sont efficaces pour inhiber la formation de tartre sur la surface en
particulier à 42°C. Pour une concentration de 0.1mg/L et de 5mg/L de Zn2+
l'entartrage a été réduit de 43 % et de 74% respectivement. tandis que les ions Cu2+
étaient moins efficaces.
L’analyse aux RX montre que l’effet inhibiteur du zinc est traduit par la formation
de carbonates mixtes de calcium et zinc de type Zn x Ca1x CO3 (Ghizellaoui et al.
2004; Ghizellaoui et al. 2007).
(Lisitsin et al. 2005; Yang 2006) ont étudié l’inhibition de l’entartrage des
membranes de l’osmose inverse (OR) par des ions Zn2+ : une concentration de
l’ordre de 2ppm en Zn2+ est capable de masquer la précipitation de CaCO3 et peut
protéger les membranes contre l’entartrage pour une eau de dureté moyenne.
Une étude récente menée par (Liu et al. 2011) a confirmé l’efficacité de l’inhibition
d’entartrage par des faibles concentrations de Zn2+ et Cu2+, une éfficacité
d’inhibition de 100% (temps d’induction 70min) pour une concentration de 0.4ppm
de Zn2+, et 0.9ppm de Cu2+.
29
Chapitre II Les procédés de traitements contre l’entartrage
30
Chapitre II Les procédés de traitements contre l’entartrage
La plupart des auteurs indiquent que les ions Fe2+ jouent un rôle important dans l'inhibition
d'entartrage (Meyer 1984; Pernot et al. 1998), mais pour certains auteurs, ils favorisent
l’entartrage (Bornhauser et al. 2000).
(Meyer 1984) a observé que l’ajout de 10 -8 mol/L seulement est suffisante a réduire de
moitié le taux de croissance du tartre. Ces observations ont été confirmées par (Peters and
Stevens 1982; Dromgoole and Walter 1990).
(Wada et al. 1995) a étudié l’influence de 7 différents cations bivalents sur la nucléation, la
croissance et la transformation de CaCO3 polymorphes où il a montré que la présence
d'impuretés cationiques du Fe2+, Mg2+, Ni2+, Cu2+, et Co2+ dans le milieu réactionnel
favorisait la formation de l'aragonite.
31
Chapitre II Les procédés de traitements contre l’entartrage
32
Chapitre II Les procédés de traitements contre l’entartrage
solutions 6.04, 6.4, 6.6, 6.9 et 7.2 sont respectivement 6.5, 7.5, 8.5, 8.9 et 9.2. Ce qui
implique la sursaturation, et donc la précipitation de CaCO3.
L’analyse morphologique menée par (Tlili 2002; Tlili et al. 2003b) montre que le CaCO3
précipite sous la variété vatérite à plus de 90% pour la solution à pHsol= 6,04. Plus le pHsol
augmente, plus la fraction de calcite devient importante et elle devient majoritaire à pHsol=
7,2. (Touzain 1996) a étudié la déposition du calcaire sur l’or dans des eaux de mer
artificielles observant que les dépots de calcaire sont formés dans des solutions où les ions
magnésium ont été supprimés pour des potentiels compris entre -0.9V/ECS à -1.2V/ECS.
Le même auteur a étudié l’influence du potentiel imposé sur le pH interfacial pour des
solutions :
[NaCl, NaCl + carbonates, NaCl + carbonates + Ca2+ et NaCl + carbonates + Mg2+ ]. Il a
constaté que le pHint augmente avec l’augmentration du potentiel imposé. Ainsi, la
déposition de CaCO3 est légèrement accélérée lorsque le potentiel devient plus cathodique
du fait de l’élévation de la sursaturation de CaCO3 à l’interface métal-solution.
Pour chaque métal ou alliage il existe un potentiel optimal (Le Duigou 1982).
33
Chapitre II Les procédés de traitements contre l’entartrage
Par la méme méthode, dans des solutions calco-carboniques pures et pour une vitesse, de
l’électrode tournante d’or, comprise entre 400 et 1500Tr/min (Ketrane 2010) ont montré
que le temps d’entartrage diminue avec l’augmentation de la vitesse de rotation de
l’électrode par un loi polynomiale de 2ème ordre.
34
Chapitre II Les procédés de traitements contre l’entartrage
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Chapitre III
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Chapitre III Les méthodes d’étude des équilibres calco-carboniques et pouvoir d’entartrage
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Chapitre III Les méthodes d’étude des équilibres calco-carboniques et pouvoir d’entartrage
P = 2 Mg 2+ + Na + + K + Eq (III.3)
N = 2 SO2- - -
4 + Cl + NO3 Eq (III.4)
2 Ca 2+ + P = N Eq (III.5)
N-P
Soit : Ca 2+ = Eq (III.6)
2
N-P
On pose λ= Eq (III.7)
2
II résulte de ce qui précède que des eaux qui présentent la même concentration en chacun
des éléments caractéristiques possèdent la même valeur de .
En appliquant à l’équation (III.2) on obtient :
2 Ca 2+ -λ = HCO3- + 2 CO32- + OH- - H+ Eq (III.8)
47
Chapitre III Les méthodes d’étude des équilibres calco-carboniques et pouvoir d’entartrage
Région I : Elle est située à gauche de la demi-droite SY parallèle à l’axe des ordonnées.
Les eaux dont les points figuratifs appartiennent à cette région sont caractérisées ainsi :
Le CMT est uniquement constitué de H2CO3, les ions HCO3- et CO32- étant en
concentrations négligeables (CMT = [H2CO3]).
Les ions H+ sont présents en concentration non négligeable, contrairement aux ions
OH- ; ([H+] >> [OH-]).
Ces eaux ont un TA et un TAC nuls.
Région II : Elle est située entre la demi-droite SY parallèle à l’axe des ordonnées et la
demi-droite SX de la pente 2.
Les eaux dont les points figuratifs appartiennent à cette région sont caractérisées ainsi :
Le CMT constitué de H2CO3 et des ions HCO3-, les ions CO32- étant en
concentration négligeable (CMT = [H2CO3] + [HCO3-).
Les ions H+ et OH- sont en concentration négligeables.
Ces eaux ont un TA nul et un TAC non nul.
Région III : Elle est située à la droite de la demi-droite SX de pente 2.
Les eaux dont les points figuratifs appartiennent à cette région sont caractérisées ainsi :
Le CMT est constitué des ions CO32- et éventuellement des ions HCO3 -.
Les ions OH- sont susceptibles d’être présents en concentration non négligeable
([OH-]>> [H+]).
Ces eaux ont un TA et un TAC non nuls.
48
Chapitre III Les méthodes d’étude des équilibres calco-carboniques et pouvoir d’entartrage
Figure III.3. Représentation l’état d’une eau (agressive ou calcifiante) par apport à la
courbe d’équilibre calco-carbonique
Le coefficient de sursaturation (β) d’une eau vis-à-vis du carbonate de calcium, est défini
par l’expression suivante :
β=
Ca CO
2+ 2-
3
Eq (III.9)
Ks
50
Chapitre III Les méthodes d’étude des équilibres calco-carboniques et pouvoir d’entartrage
Pour une valeur de (β = 40), on voit, sur les figures (III.4a) et (III.4b), l’allure des courbes
C’ représentatives des eaux qui répondent à la condition Ca 2+ CO32- = 40.KS' pour les
51
Chapitre III Les méthodes d’étude des équilibres calco-carboniques et pouvoir d’entartrage
52
Chapitre III Les méthodes d’étude des équilibres calco-carboniques et pouvoir d’entartrage
53
Chapitre III Les méthodes d’étude des équilibres calco-carboniques et pouvoir d’entartrage
Les indices de saturation de Langelier (LSI) et de Stiff-Davis (S-DSI) sont les indices
habituellement utilisés pour prédire la propension d'entartrage de l'eau par rapport au
carbonate de calcium. D'autres indices de saturation qui ont trouvé une large acceptation
sont l’indice de saturation de Ryznar (RSI), l’indice d’entartrage de Puckorius (PSI),
l’indice de Larson-Skold (L-SI), et l'indice de Oddo-Tomson (O-TI) (Sheikholeslami
2005).
54
Chapitre III Les méthodes d’étude des équilibres calco-carboniques et pouvoir d’entartrage
(Ryznar 1944) a présenté cet indice pour déterminer le risque de précipitation du CaCO 3.
Cete indice est basé sur la notion de saturation de carbonate de calcium dans l’eau à pH
donné ; il est défini par l’équation (III.13). L’indice de saturation de Ryznar (RSI) utilise la
même formule de pHS utilisée par Langelier. Les risques de précipitation ou de corrosion
selon l’indice de Ryznar (RSI) sont présentés dans le tableau (III.2).
55
Chapitre III Les méthodes d’étude des équilibres calco-carboniques et pouvoir d’entartrage
L’indice de saturation de Stiff-Davis (S-DSI), (Stiff and Davis 1952) a été établi dans
l’objectif de combler les lacunes de l’indice de saturation de Langelier qui concerne les
eaux de haute salinité, comme les eaux de mer (Sheikholeslami 2005; Prisyazhniuk 2007;
Ghobadi Nia et al. 2010). L’indice de saturation de Stiff-Davis (S-DSI) est défini par
l’équation (III.14)
( ln I +7.544)2 2
K = 2.022 exp - 0.0002 t + 0.00097 t + 0.262 Pour I <1.2 Eq (III.16)
102.6
Dans la formule de l’indice de Stiff-Davis (S-DSI) qui est analogue à celle de Langelier
(LSI), la constant (C) est remplacée par une autre (K) déterminée empiriquement et qui est
associée à la force ionique selon les équations (III.16 et III.17). L’écart entre les deux
indices augmente avec l’augmentation de la force ionique de la solution.
Similaire à l'indice de Langelier, le risque de précipitation du carbonate de calcium ou de
corrosion selon S-DSI peut être obtenu à partir du tableau (III.1).
56
Chapitre III Les méthodes d’étude des équilibres calco-carboniques et pouvoir d’entartrage
Cl- + SO2-4
L-SI = Eq (III.21)
HCO3- + CO32-
Où les concentrations des quatre espèces sont en meq/L (milliéquivalents par litre).
57
Chapitre III Les méthodes d’étude des équilibres calco-carboniques et pouvoir d’entartrage
58
Chapitre III Les méthodes d’étude des équilibres calco-carboniques et pouvoir d’entartrage
Le calcul de CCPP dépend d’équilibre chimique d’une eau (Tim Brodeur et al. 2006).
En 1983 J.R. Rossum and D.T. Merrill ont publié une méthode de calcul de la valeur CCPP
donné par l’équation (III.22) (Rossum and Merrill 1983).
59
Chapitre III Les méthodes d’étude des équilibres calco-carboniques et pouvoir d’entartrage
Alci : Alcalinité initiale, ou l’alcalinité avant l’équilibre ; est généralement déterminée par
les mesures et peut correspondre à un état de sursaturation ou sous-saturation du CaCO3.
Alceq : Alcalinité à l’équilibre ; est obtenus par les calculs d'équilibres chimiques de l'eau
analysée.
60
Chapitre III Les méthodes d’étude des équilibres calco-carboniques et pouvoir d’entartrage
sur l’équilibre CO2 dissous avec CO2 atmosphérique, équilibre régit par la loi d’Henry. De
cette manière, la précipitation du carbonate de calcium apparait dans des conditions
proches de celles rencontrées dans la nature et dans des circuits de refroidissement. La
capacité d’entartrage de l’eau est alors caractérisée en prenant des mesures de pH et de
résistivité ou du titre calcique au cours du temps. Ces paramètres permettent de déterminer
le temps de précipitation, la vitesse de précipitation et le pH de précipitation des eaux.
Initialement, lors d’une expérience PCR, les mesures de pH et de résistivité s’effectuaient
manuellement (Ledion et al. 1997; Hui and Lédion 2002; Ghizellaoui et al. 2004) figure
(III.7).
61
Chapitre III Les méthodes d’étude des équilibres calco-carboniques et pouvoir d’entartrage
bain thermostaté. La cellule est munie à la partie basse d’une arrivée d’air atmosphérique
au niveau d’un fond perforé qui assure sa dispersion uniforme dans toute la masse liquide,
et qui va dégazer le CO2 de la solution jusqu’à atteindre un pH suffisamment alcalin pour
qu’il y ait précipitation de CaCO3. Le montage expérimental associé à la méthode LCGE
est représenté dans le chapitre VI (partie expérimentale).
La cellule est munie d’un couvercle percé pour permettre le passage de :
Électrode pour mesurer le pH.
Micropipette prélèvements, de 1mL permettent le dosage de la concentration des
ions Ca2+ ou HCO3-.
Méthode de pH critique
La méthode du pH critique proposée par (Feitler 1972) consiste à accroitre le taux de
sursaturation de l’eau à étudier par apport d’ions OH - jusqu’à l’obtention de la
précipitation de CaCO3.
La neutralisation des ions hydrogénocarbonate par les ions OH - entraine la formation des
ions carbonate selon la réaction (III.2).
HCO3- + OH- CO32- + H2O R (III.2)
62
Chapitre III Les méthodes d’étude des équilibres calco-carboniques et pouvoir d’entartrage
Comme la soude est ajoutée en excès, ce processus continu avec une augmentation du pH
jusqu’à ce que la quantité de CO32- libre soit suffisante pour excéder le produit de solubilité
de CaCO3 et sa précipitation se produit. Lorsque le carbonate de calcium précipite
effectivement, la croissance rapide des cristaux de CaCO3 consomme les ions CO32-, cela
entraine la formation des ions carbonate (CO32-) par la réaction (III.3), accompagné de
production des ions H3O+, ce qui entraine une diminution de pH.
La figure (III.9) donne un exemple d'application de cette méthode, quand le pH réel excède
le pH critique, le précipité se forme dans la solution en bloc, et le pH subit une réduction
de lui-même.
Méthodes thermiques
Dans les processus réels d’entartrage dans les circuits d’eau chaude, les dépôts de
tartre sont formés principalement par des effets thermiques. En effet, le chauffage de l'eau
conduit à la diminution de solubilité du dioxyde de carbone et à l'augmentation du pH et
finalement, à la précipitation du carbonate de calcium (Hui and Lédion 2002; Hui et al.
2003). La méthode thermique provoque la formation du carbonate de calcium sur des
surfaces de différentes natures (par exemple, parois de tuyaux de divers matériaux) (Chao
2013).
63
Chapitre III Les méthodes d’étude des équilibres calco-carboniques et pouvoir d’entartrage
Chronoampérométrie (CA)
La chronoampérométrie (CA) a été la première technique utilisée dans l’analyse du
processus de l’entartrage accéléré par voie électrochimique (Lédion. J et al. 1985). Elle
consiste à mesurer en fonction du temps, le courant qui passe au travers de l’électrode
pendant l’entartrage provoqué par la polarisation cathodique. Le blocage progressif des
sites actifs de la surface de l’électrode par des cristaux isolants de CaCO 3 est détecté par la
diminution du courant dans le temps, donnant une allure décroissante à la courbe
chronoampérométrique (Ketrane et al. 2009). La courbe chronoampérométrie typique est
présentée sur la figure (III.10) et est exploitée de façon à définir un temps (t e) et un indice
64
Chapitre III Les méthodes d’étude des équilibres calco-carboniques et pouvoir d’entartrage
1000
Ie = Eq (III.23)
t e (min)
(Lédion. J et al. 1985) a proposé un critère de classification des eaux selon le domaine de
variation de (Ie).
Cet indice permet de classer les eaux comme suit :
100 < Ie < 1000 L'eau est extrêmement entartrante
15 < Ie < 100 L'eau est très entartrante
5 < Ie < 15 L'eau est moyennement entartrante
0.5 < Ie < 5 L'eau est peu entartrante.
Les valeurs de l’indice d’entartrage doivent être considérées avec précaution car elles
dépendent des conditions opératoires (nature de l’électrode, vitesse de rotation, mode de
polissage, température, …) (Khalil 1994).
En revanche, on peut utiliser cet indice d’entartrage pour comparer le pouvoir entartrant
d’eaux testées dans des conditions opératoires identiques.
(Crolet. J. L and Lédion 1988) donnent également une définition à l’indice d’efficacité Ieff
d’un traitement antitartre par l’équation (III.24).
Sur la courbe chronoampérométrie, on peut aussi noter la valeur du courant résiduel dans
la partie finale car elle est porteuse d’informations quand à la qualité du dépôt (adhérence,
compacité).
65
Chapitre III Les méthodes d’étude des équilibres calco-carboniques et pouvoir d’entartrage
Chronoélectrogravimétrie (CEG)
Cette technique résulte du couplage de la chronoampérométrie à potentiel contrôlé avec la
mesure en continue de la masse de carbonate de calcium déposée sur une électrode
indicatrice d’or. L’électrode indicatrice est constituée par un disque de quartz recouvert sur
sa face externe, en contact avec l’électrolyse, d’une pellicule d’or, et sur sa face interne
d’une piste électrique en or. Le quartz est placé entre deux plaques métalliques qui jouent
le rôle d’un condensateur. Quand une différence de potentiel leur est appliquée, elles créent
un champ électrique qui polarise le cristal (Khalil 1994; Khaled 1999; Tlili 2002).
Cette technique a été développée en milieu électrolytique au Japon pour des techniques
analytiques par (Nomura and Nagamune 1983) puis aux Etats Unis par (Bruckenstein and
Shay 1985; Bruckenstein and Swathirajan 1985; Keiji Kanazawa and Gordon Ii 1985) pour
l’électrochimie. Elle permet d’atteindre une sensibilité de 10-9 gramme lors de l’adsorption
ou du dépôt d’espèces réactives sur une surface en contact avec un électrolyte et par un
potentiel négativement imposé (Khalil 1994).
Les courbes chronoélectrogravimétriques présentent trois régions distinctes figure (III.11).
Une première région décrit la phase de germination qui correspond à l’apparition
des premiers cristaux de carbonate de calcium.
Une seconde région caractérisant la cinétique de croissance des germes formés
durant l’étape de germination.
Une troisième région représentée par un palier traduisant la passivation presque
totale de l’électrode par le carbonate de calcium.
66
Chapitre III Les méthodes d’étude des équilibres calco-carboniques et pouvoir d’entartrage
L’impédancemétrie
Selon (Touzain 1996; Ketrane 2010), les méthodes électrochimiques stationnaires ne
suffisent plus à mener une étude adéquate car elles sont limitées à la mesure du processus
le plus lent. La simultanéité des phénomènes de l’interface métal/électrolyte rend plus
complexe l’étude d’un processus électrochimique (cas de la déposition du tartre) par les
méthodes stationnaires qui s’avèrent insuffisantes. Les méthodes non-stationnaires, dites
de relaxation ou transitoire, mettent en jeu un large domaine de fréquences ce qui permet
de faire intervenir des constantes de temps très différentes.
La spectroscopie d’impédance électrochimique (SIE) a été utilisée par plusieurs auteurs
(Khalil et al. 1993; Deslouis et al. 1997; Gabrielli et al. 1997; Deslouis et al. 1998;
Deslouis et al. 2000; Barchiche et al. 2003), est une technique qui avait surtout été utilisée
jusqu’alors pour la caractérisation de l’interface entre une électrode et une solution
électrolytique.
67
Chapitre III Les méthodes d’étude des équilibres calco-carboniques et pouvoir d’entartrage
Elle consiste à imposer des perturbations de faible amplitude à une tension d’électrode, une
intensité de courant ou une vitesse de rotation d’électrode fixée initialement. L’état du
système est modifié et la vitesse à laquelle le système tend vers un nouvel état stationnaire
dépond de ces paramètres caractéristiques tels que coefficients de diffusion ou vitesse de
réactions. L’analyse en fréquence de la réponse d’une grandeur observable (intensité,
potentiel) permet alors de déterminer les paramètres qui caractérisent l’état dynamique du
système (Touzain 1996).
68
Chapitre III Les méthodes d’étude des équilibres calco-carboniques et pouvoir d’entartrage
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nucléation-croissance de la calcite, Thèse de doctorat Université Bejaia-Algerie.
Tim Brodeur, F. Scott Davis, Ryan Florence, Myung Kim, Marjorie Craig, Jim Gianatasio,
Dawn Sharp, and Lowe, a. P. 2006 From Red Water to Pump Failures-Corrosion
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Tlili, M. 2002 Etude des mécanismes de précipitation du carbonate de calcium.
Application à l’entartrage, Thèse de doctorat Université Paris V France.
73
Chapitre III Les méthodes d’étude des équilibres calco-carboniques et pouvoir d’entartrage
74
Chapitre IV
IV.1. INTRODUCTION
75
Chapitre IV Analyses et caractérisations des eaux de la région de Batna
Notre étude a consisté en la caractérisation des eaux de la plupart des dairas environnantes.
La méthodologie d’étude est présentée dans ce qui suit.
76
Chapitre IV Analyses et caractérisations des eaux de la région de Batna
77
Chapitre IV Analyses et caractérisations des eaux de la région de Batna
Par contre la zone d’Ain Skhoune (intersection des routes vers Batna, Sétif et Constantine
forage n°43) présente une plus faible température (12°C). L’évolution de la température est
due à plusieurs facteurs, tels que la profondeur des aquifères et le gradient géothermique
(Abdennasser 2013).
34
33
3325 35 32
5 2 34
4 42 28 31
35.8 7 44 27 30
26 29
9 43 29
10
6 36 30 28
14 37 31 32
38 13 27
12 15
16 26
35.6 17 11 451 25
24
41 24
18 23
19
20 22
38 23
35.4 21
21
22 20
40
19
18
17
35.2 39 16
15
5.2 5.4 5.6 5.8 6 6.2 6.4 6.6
14
13
0 0.2 0.4 0.6 0.8 12
78
Chapitre IV Analyses et caractérisations des eaux de la région de Batna
Les conductivités les plus faibles (inferieures à 1.0 ms/cm) sont enregistrées dans la partie
Ouest et Nord-Ouest de la ville de Batna. Un cas particulier (forage n°27) présente une
conductivité faible 0.6ms/cm est située au côté Nord-Est de la ville de Batna et au
voisinage de la commune de Ain Yagout. Les autres forages présentent des conductivités
qui varient entre 1.0 et 2 ms/cm.
5
4.8
3325 35 4.6
5 2 34 4.4
4 42 28
35.8 7 44 27 4.2
26 29 4
9 43
10 3.8
6 36 30
31 32 3.6
14 38 13 37
12 15 3.4
35.6 17 11 16 451
3.2
24 3
41 2.8
19 18 2.6
20 2.4
38 23
35.4 2.2
21
22 2
40
1.8
1.6
1.4
35.2 39
1.2
5.2 5.4 5.6 5.8 6 6.2 6.4 6.6 1
0.8
0 0.2 0.4 0.6 0.8 0.6
0.4
IV.4.1.3. La carte de pH
Le pH est un paramètre important qui renseigne sur le caractère agressif ou incrustant de
l’eau. Le pH des eaux analysées est voisin de la neutralité avec un caractère plus ou moins
alcalin, il varie entre 6.7 et 7.7. Les valeurs ne dépassent pas les valeurs de l’OMS requises
pour les eaux de consommation (6.5-8.5). La plupart des eaux présentent aussi un caractère
alcalin bicarbonaté du fait que le pH est souvent inférieur à 8,3. En général le pH est lié à
la nature des terrains traversés.
Les valeurs les plus élevées de pH sont situées dans la zone Ouest de la ville de Batna
(Forage n°19 pH=7.7 et forage n°41 pH=7.6). Par contre deux forages située dans le côté
Est (Chemoura) ont des valeurs de pH inferieures à 7 (forage n°31, pH=6.7 et 32, pH=6.9)
figure (IV.4). L'origine de la baisse du pH peut être due à la dissociation de l'acide
carbonique issu de l’atmosphère et de l'activité biologique.
79
Chapitre IV Analyses et caractérisations des eaux de la région de Batna
7.7
7.65
3325 35 7.6
5 2 34
4 42 28 7.55
35.8 7 44 27 7.5
26 29
9 43 7.45
10
6 36 30 7.4
14 37 31 32
12 38 13 7.35
15
7.3
35.6 17 11 16 451
24 7.25
41 7.2
19 18 7.15
20
38 23 7.1
35.4
7.05
21
22 7
40
6.95
6.9
35.2 39 6.85
6.8
5.2 5.4 5.6 5.8 6 6.2 6.4 6.6
6.75
6.7
0 0.2 0.4 0.6 0.8 6.65
290
280
35 270
3325
5 2 34 260
4 42 28 250
35.8 7 44 27
26 29 240
9 43 230
10 220
6 36 30
14 37 31 32 210
12 38 13
15 200
35.6 17 11 16 451
190
24 180
41 170
19 18 160
20 150
38 23
35.4 140
21
22 130
40 120
110
100
35.2 39 90
80
5.2 5.4 5.6 5.8 6 6.2 6.4 6.6 70
60
50
0 0.2 0.4 0.6 0.8 40
Figure IV.5. Carte de Calcium Ca2+ des eaux souterraines de la région de Batna.
80
Chapitre IV Analyses et caractérisations des eaux de la région de Batna
Les résultats des analyses obtenus au laboratoire montrent que tous les points d’eau de la
région de Batna présentent des concentrations supérieures à 70 mg/l, elles varient entre 74
et 288 mg/l.
Les valeurs les plus élevées sont enregistrées dans le coté Est de la ville de Batna
(commune de Chemoura : forages n°31 et n°32), avec des concentrations de 289 et 200
mg/l respectivement, un cas particulier (forage n°39) présente une concentration de 241
mg/l est située dans la zone de M’doukal sur le côté Sud-Ouest de la ville de Batna figure
(IV.5). Par contre les autres forages situés dans les côtés Nord-Ouest et au le centre-ville
présentent des concentrations inférieure à 200 mg/l.
115
110
3325 35 105
5 2 34
4 42 28 100
35.8 7 44 27
26 29 95
9 43
10 90
6 36 30
14 31 32 85
38 13 37
12 15 80
35.6 17 11 16 451 75
24 70
41
65
19 18
20 60
38 23
35.4 55
21
22 50
40
45
40
35.2 39 35
30
5.2 5.4 5.6 5.8 6 6.2 6.4 6.6
25
20
0 0.2 0.4 0.6 0.8 15
Figure IV.6. Carte de Magnésium Mg2+ des eaux souterraines de la région de Batna.
81
Chapitre IV Analyses et caractérisations des eaux de la région de Batna
La comparaison des concentrations avec les normes de potabilité montre qu’une grande
partie des forages d’eau (33.3%) possède des teneurs supérieures à la norme de potabilité
(50mg/l), le forage n°39 située dans le coté Sud-Ouest de la ville présente une plus grande
teneur en magnésium 114 mg/l, les valeurs très élevées de Mg 2+, qui ne peuvent être
expliquer que par la présence de la dolomite.
La zone présentant de faible conductivité (inférieur à 1ms/cm) présente une faible
concentration de Mg2+. Le centre de la région étudiée présente des concentrations de
22mg/l (forage n°11) et 20 pour les trois forages n°16, 17 et 18.
700
3325 35 650
5 2 34
4 42 28 600
35.8 7 44 27
26 29 550
9 43
10
6 36 30 500
14 37 31 32
12 38 13 450
15
35.6 17 11 16 451 400
24
41 350
19 18
20 300
38 23
35.4 250
21
22
40 200
150
35.2 39 100
Dans le cas des eaux de la région étudiées, nous remarquons que 33.3 % des points d'eau
dépassent la norme algérienne de 150 mg/l. La carte de teneurs en Na + figure (IV.7),
montre que les concentrations varient de 7 mg/l jusqu’au 700mg/l, ceci indique qu’il y a un
grand écart de concentration entre les différents zones de la région de Batna. Les valeurs
82
Chapitre IV Analyses et caractérisations des eaux de la région de Batna
les plus élevées de Na+ 700 et 695 mg/l (forages n°31 et n°44) respectivement située dans
les deux zones ; Chemoura coté Est, et Gadaine côté Nord de la ville de Batna.
Cette élévation de concentration est liée à la nature géologique des terrains traversés riches
en sels minéraux de NaCl. La figure (IV.7) montre que le centre de la région étudiée
présente des faibles teneures en Na+, inferieure à 100ppm, (forages n°3-22) dans le côté
Ouest de la ville de Batna.
83
Chapitre IV Analyses et caractérisations des eaux de la région de Batna
560
540
3325 35
5 2 34 520
4 42 28
35.8 7 44 27 500
26 29
9 43
10 480
6 36 30
14 37 31 32
38 13 460
12 15
35.6 17 11 16 451
440
24
41 420
19 18 400
20
38 23
35.4 380
21
22 360
40
340
35.2 39 320
84
Chapitre IV Analyses et caractérisations des eaux de la région de Batna
Figure IV.10. Carte de Sulfates SO42- des eaux souterraines de la région de Batna.
85
Chapitre IV Analyses et caractérisations des eaux de la région de Batna
Figure IV.11. Carte de Chlorures Cl- des eaux souterraines de la région de Batna.
86
Chapitre IV Analyses et caractérisations des eaux de la région de Batna
zone de Laksar Bellezma (forage n°6). Cette concentration élevée de nitrates peut être
expliquée par l’utilisation intensive des engrais chimiques et les rejets d'eaux usées
domestiques ou industrielles (Djarma).
52
50
48
3325 35 46
5 2 34
4 42 28 44
35.8 7 44 27 42
26 29 40
9 43
10 38
6 36 30 36
14 37 31 32
12 38 13 34
15 32
35.6 17 11 16 451 30
24 28
41 26
19 18 24
20 22
38 23
35.4 20
18
21
22 16
40
14
12
10
35.2 39 8
6
5.2 5.4 5.6 5.8 6 6.2 6.4 6.6 4
2
0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 -2
Figure IV.12. Carte de Nitrates NO3- des eaux souterraines de la région de Batna.
87
Chapitre IV Analyses et caractérisations des eaux de la région de Batna
pH de saturation (pHs)
Le pH théorique, où il n’y a ni précipitation ni dissolution du CaCO 3, est appelé le pH de
saturation pHs Eq (IV.2) : en effet, dans ces conditions, l'eau est juste " saturée " en
CaCO3 : elle n’est ni sous-saturée (elle tendrait à en dissoudre) ni sursaturée (elle tendrait à
en déposer).
L’expression du pHs est formulée en combinant l’équation d’équilibre de la deuxième
ionisation de l’acide carbonique (Eq.I.3) avec l’èquation du produit de solubilité (Eq.I.8).
La combinaison des équations Eq. I.3 et I.8 donne :
HCO
-
K s = Ca 2+
HO K 3
= Ca 2+ γ Ca 2+ HCO3- γ HCO- 10 s 1
pH -pK
3
+ 2 3 Eq (IV.1)
pHS = pK 2 - pKS - Log Ca 2+ - Log HCO3- - Logγ HCO- - LogγCa2+ Eq (IV.2)
3
88
Chapitre IV Analyses et caractérisations des eaux de la région de Batna
0.50 0.9
(a) (b) pHmes
0.45 0.8 pHmes+0.1
pHmes+0.2
0.40 0.7
pHmes+0.3
0.35 0.6
0.30 0.5
LSI
LSI
0.25 0.4
0.20 0.3
0.15 0.2
0.10 0.1
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
Localisation Localisation
1.0 0.9
tmes (d) tmes+7°C, pHmes
(c)
0.9 tmes pHmes+0.1
t + 14°C 0.8 tmes+14°C, pHmes
t + 25°C
0.8 tmes, pHmes+0.2
t + 33°C
0.7 tmes+22°C, pHmes
0.7
tmes, pHmes+0.3
0.6 0.6
LSI
LSI
0.5 0.5
0.4
0.4
0.3
0.3
0.2
0.1 0.2
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
Localisation Localisation
Figure IV.13. Les valeurs de l’indice de saturation de Langelier (LSI) calculé pour
les eaux de la région de Batna.
(a) : Dans les conditions réelles de température et de pH.
(b) : Influence de pH.
(c) : Influence de la température.
(d) : Comparaison entre le pH et la température.
89
Chapitre IV Analyses et caractérisations des eaux de la région de Batna
0.2
S-DSI
0.0
S&DSI
-0.1 0.0
-0.2
-0.2
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
Localisation Localisation
0.2
0.2
0.0
0.0
-0.2
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
Localisation Localisation
90
Chapitre IV Analyses et caractérisations des eaux de la région de Batna
91
Chapitre IV Analyses et caractérisations des eaux de la région de Batna
6.6
RSI
6.4
6.5
6.2
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
Localisation Localisation
6.6
RSI
6.5
6.4
6
6.3
6.2
6.1
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
Localisation Localisation
Figure IV.15. Les valeurs de l’indice de saturation de Ryznar (RSI) calculé pour les
eaux de la région de Batna.
(a) : Dans les conditions réelles de température et de pH.
(b) : Influence de pH.
(c) : Influence de la température.
(d) : Comparaison entre le pH et la température.
92
Chapitre IV Analyses et caractérisations des eaux de la région de Batna
7 7
(a) (b)
pHmes
pHmes+0.1
pHmes+0.2
pHmes+0.3
6 6
PSI
PSI
5
5
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
Localisation Localisation
7
(c) tmes
t + 14°C
t + 25°C
t + 33°C
6
PSI
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
Localisation
Figure IV.16. Les valeurs de l’indice de saturation de Puckorius (PSI) calculé pour
les eaux de la région de Batna.
(a) : Dans les conditions réelles de température et de pH.
(b) : Influence de pH.
(c) : Influence de la température.
93
Chapitre IV Analyses et caractérisations des eaux de la région de Batna
8 (a) 8 (b)
pHmes
7 7 pHmes+0.1
pHmes+0.2
6
6 pHmes+0.3
5
5
L-SI
L-SI
4
4
3
3
2
2
1
1.2 1
0.8
0
0
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
Localisation Localisation
8 (c)
tmes
7 t + 14°C
t + 25°C
6 t + 33°C
5
L-SI
0
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
Localisation
94
Chapitre IV Analyses et caractérisations des eaux de la région de Batna
50 90
(a) 85 (b)
pHmes
45 80
pHmes+0.1
75
70
pHmes+0.2
40
65 pHmes+0.3
35 60
55
CCPP
CCPP
30 50
45
25 40
35
20 30
25
15 20
15
10 10
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
Localisation Localisation
80 90
(c) 85 (d)
75 tmes tmes+5°C, pHmes
80
70 tmes+5°C tmes, pHmes+0.1
75 tmes+10°C, pHmes
65 tmes+10°C
70 tmes, pHmes+0.2
60 tmes+15°C
65 tmes+15°C, pHmes
55
60 tmes, pHmes+0.3
50
55
CCPP
CCPP
45
50
40 45
35 40
30 35
25 30
20 25
15 20
10 15
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
Localisation Localisation
95
Chapitre IV Analyses et caractérisations des eaux de la région de Batna
Les deux figures (IV.18. b et c) montrent que la quantité de carbonate de calcium qui peut
être précipitée augmente avec l’augmentation du pH et de la température. Les résultats ont
aussi montré, que l’effet d’une augmentation de pH de 0.1 est équivalente à une
augmentation de température de 5°C figure (IV.18.d).
HCO = γ
-
3 HCO3-
HCO3- Eq (IV.3)
96
Chapitre IV Analyses et caractérisations des eaux de la région de Batna
1
I=
2
Ci Zi2 Eq (IV.6)
K 1'
'
HCO3- H3O+
Alors : K = Eq (IV.8)
1
CO2
Pour les équilibres de dissociation des ions HCO3-, de l’eau et de CaCO3, on établirait de
même les formules suivantes :
À partir de l’équation (I.3) on obtient :
'
CO32 H3O+
K = Eq (IV.9)
HCO3
2
H3O+ +2 Ca 2+ -λ = HCO3- + 2 CO32- + OH- Eq (IV.12)
L’expression analytique de la courbe d’équilibre peut être déterminée dans le plan {[Ca2+]-
CMT}.
97
Chapitre IV Analyses et caractérisations des eaux de la région de Batna
K' H3O+
HCO = 's
-
Eq (IV.13)
Ca 2+
3
K2
K 'e
OH- = Eq (IV.14)
H3O+
K s'
CO32- = Eq (IV.15)
Ca 2+
H3O+
2+ K'
H3O + 2 Ca -λ = 's
+
K2
Ca 2+
+ 2
K s'
Ca 2+
+
K e'
H3O+
Eq (IV.16)
K ' H 3O +
's 2+
K 2 Ca
H3O + H 3O + + 2 Ca 2+ -λ =
Ks '
Ke
'
H3O
+
Eq (IV.17)
+ 2 Ca 2+ + H O +
3
K' 1 K s'
+ 2
's
-1 H3O - 2 Ca - λ -
2+
H3O+ + K e' = 0 Eq (IV.18)
K 2 Ca
2+
Ca
2+
C
A B
Posons H3O+ = x dans l’équation (IV.18) on obtient alors une équation du second
degré de la forme : A x 2 + B x + C = 0
98
Chapitre IV Analyses et caractérisations des eaux de la région de Batna
1. [Ca2+] est inférieure à l’abscisse du point P : parmi les eaux dont la concentration
en ions calcium est égale à [Ca2+], aucune ne peut être à l’équilibre calco-
carbonique.
2. [Ca2+] est égale à l’abscisse du point P : parmi les eaux dont la concentration en
ions calcium est égale à [Ca2+], une seule eau, représentée par le point P, est à
l’équilibre calco-carbonique.
3. [Ca2+] est supérieure à l’abscisse du point P : parmi les eaux dont la concentration
en ions calcium est égale à [Ca2+], deux eaux, représentées par deux points, et sont
à l’équilibre calco-carbonique.
La résolution de l’équation (IV.18) conduit à deux solutions imaginaires ou deux solutions
réelles, éventuellement confondues.
Les deux solutions réelles s’expriment par la formule suivante :
2
K s' K s' K' 1
Ca 2+ -λ- ± Ca 2+
Ca 2+
-λ- - s -1 K'
Ca 2+ K 2 Ca 2+ e
H3O + = '
Eq (IV.19)
Ks 1
-1
K 2 Ca 2+
La combinaison des équations (III.1, IV.8, IV.9 et IV.11) donne la relation de carbone
minérale totale (CMT).
H3O+ H3O+
2
K s'
CMT = 1+ + Eq (IV.20)
Ca 2+ K '2 K1' K '2
Le calcul de cette expression analytique de la courbe d’équilibre calco-carbonique,
équation (IV.18) est donné par Legrand-Poirier-Leroy (L. Legrand et al. 1981; L. Legrand
and Leroy 1994) où il met en évidence l’influence de λ en traçant les courbes d’équilibre
avec des valeurs supérieures et inférieures à zéro dans le plan {CMT, [Ca 2+]}.
Dans notre cas, cette expression aura un rôle primordial étant donné la composition des
eaux que nous allons étudier.
Les valeurs des constantes utilisées dans les calculs sont regroupées dans le tableau (IV.1).
99
Chapitre IV Analyses et caractérisations des eaux de la région de Batna
Tableau IV.1. Variation des constantes utilisées en fonction de la température, pour des
températures comprises entre 0°C et 80°C (L. Legrand et al. 1981; L. Legrand and
Leroy 1994).
L’équation de constante Température
On remarque que le point figuratif M ([Ca2+] = 2.4mM, CMT = 6.63mM) de cette eau est
situé dans le domaine des eaux entartrantes (calcifiantes) par apport à la courbe d’équilibre
(C1 ; courbe d’équilibre calco-carbonique dans les conditions mesurées).
elle est dite courbe de précipitation spontanée de CaCO3 où Ca 2+ CO32- = 40KS' (L.
L’influence de la température sur les courbes calco-carboniques représentée sur les deux
courbes C2 et C3 pour une augmentation de températures de 15°C et 30°C respectivement.
100
Chapitre IV Analyses et caractérisations des eaux de la région de Batna
12
(a) 14 (b) C3 C2
10
8
C1
12
7
M
8 10 C4
Domaine Agressive 6
M
CMT mmol/l
CMT mmol/l
8
6 2.00 2.25 2.50 2.75
M
Domaine calcifiante 6
4
Point M de l'eau 4
2 X1
X2 2
0 0
0.0 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 3.0 3.5 4.0 0.0 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 3.0 3.5 4.0
2+ 2+
[Ca ] mmol/l [Ca ] mmol/l
(a) (b) C3
16 C2
12 7
M
14 C1
10
6
12
Domaine Agressive
8 C4
CMT mmol/l
CMT mmol/l
10
5
2.00 2.25 2.50 2.75 3.00
M 8
6
Domaine calcifiante M
6
4
Point M de l'eau 4
2 X1
X2 2
0 0
0.0 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 3.0 3.5 4.0 4.5 0.0 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 3.0 3.5 4.0 4.5
2+ 2+
[Ca ] mmol/l [Ca ] mmol/l
101
Chapitre IV Analyses et caractérisations des eaux de la région de Batna
8
(b) C3 C2
(a)
8 6
M
C1
6
M C4
5
6 M
Domaine agressive
CMT mmol/l
CMT mmol/l
4 4
2.00 2.25 2.50 2.75
Domaine calcifiante 4
2 Point M de l'eau
X1 2
X2
0
0
0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 3.0 3.5
0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 3.0 3.5
2+
[Ca ] mmol/l 2+
[Ca ] mmol/l
102
Chapitre IV Analyses et caractérisations des eaux de la région de Batna
50
35
(b) C3 C2
(a) Point M de l'eau
45
20
30 X1 40
C1
X2 35
15
25 M
30 10
CMT mmol/l
CMT mmol/l
20 25
Domaine Agressive 5
20 6 7 8 C4
15
M 15
M
10 10
Domaine calcifiante
5
5
0
0 -5
2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11
2+
2+
[Ca ] mmol/l [Ca ] mmol/l
103
Chapitre IV Analyses et caractérisations des eaux de la région de Batna
12 16
(a) (b) 10
C3 C2
14 9
10 C1
8
12
Domaine Agressive 7
8
6
10 M
C4
CMT mmol/l
CMT mmol/l
Domaine calcifiante
6
4 M
Point M de l'eau 4
X1
2
X2 2
0 0
1.5 2.0 2.5 3.0 3.5 4.0 4.5 5.0 5.5 6.0 1.5 2.0 2.5 3.0 3.5 4.0 4.5 5.0 5.5 6.0
2+ 2+
[Ca ] mmol/l [Ca ] mmol/l
104
Chapitre IV Analyses et caractérisations des eaux de la région de Batna
12 14
7.0
13 (b) C3 C2
(a) 6.5
C1
12
10 6.0
M
11
5.5
Domaine Agressive 10
5.0
8 9
4.5
C4
CMT mmol/l
8
CMT mmol/l
4.0
6 7 3.0 3.2 3.4 3.6
M 6
M
Domaine calcifiante
5
4
4
Point M de l'eau 3
2 X1 2
X2 1
0 0
1.0 1.5 2.0 2.5 3.0 3.5 4.0 4.5 5.0 5.5 1.2 1.5 1.8 2.1 2.4 2.7 3.0 3.3 3.6 3.9 4.2 4.5 4.8 5.1 5.4
2+
2+
[Ca ] mmol/l [Ca ] mmol/l
105
Chapitre IV Analyses et caractérisations des eaux de la région de Batna
12
10
(a) 14 (b) C3 C2
9 C1
10 8
12
Domaine Agressive 7
M C4
8 10 6
5
CMT mmol/l
CMT mmol/l
8
6 M 2.5 3.0 3.5 4.0
Domaine calcifiante 6
M
4
Point M de l'eau 4
X1
2
X2 2
0 0
0.0 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 3.0 3.5 4.0 4.5 0.0 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 3.0 3.5 4.0 4.5
2+
[Ca ] mmol/l 2+
[Ca ] mmol/l
106
Chapitre IV Analyses et caractérisations des eaux de la région de Batna
15
(a) 14 (b) C3 C2
C1
12 12
Domaine Agressive C4
10
9
CMT mmol/l
CMT mmol/l
Domaine calcifiante 8
M
6 6
M
Point M de l'eau 4
3 X1
X2 2
0 0
0.0 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 3.0 3.5 4.0 4.5 5.0 5.5 0.0 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 3.0 3.5 4.0 4.5 5.0 5.5
2+ 2+
[Ca ] mmol/l [Ca ] mmol/l
IV.5. CONCLUSION
Nous avons étudié dans ce chapitre les analyses physicochimiques ainsi que le
comportement calco-carbonique des eaux de différents forages de la région de Batna, les
résultats obtenus peuvent être présentés comme suit :
Les analyses ont montré que la plupart de ces eaux (plus de 95%) sont neutres (pH
voisin du 7), exceptés deux forages (n°31 et 32 à Chemoura) dont le pH est acide
(pH<7). La conductivité électrique de ces eaux varient entre 0.51 et 5mS/cm, les
valeurs les plus élevées sont enregistrées dans les deux zones : Chemoura (forage
n°31 CE=5mS/cm) et Gadaine (forage n° 44 CE=4.3mS/cm), ces deux forages sont
fortement minéralisés avec une dureté très élevée, respectivement 112 et 78°F.
Une étude d’évaluation du risque d’entartrage par l’indice de saturation et le tracé
des courbes d’équilibres calco-carboniques selon la méthode LPL de Legrand-
Poirier-Leroy. Les résultats de calcul, selon l’indice de Langelier et de Ryznar,
107
Chapitre IV Analyses et caractérisations des eaux de la région de Batna
montrent que les eaux de tous les forages sont entartrantes. L’indice de Langelier
est plus approprié que l'indice de Stiff-Davis pour ces eaux.
Les courbes tracées par la méthode LPL montrent que la plupart des eaux des
forages sélectionnés sont entartrantes, à l’exception des eaux de la cimenterie d’Ain
Touta n°21 et celles de Barika n°38 qui sont agressives. L’eau de N’gaous n°17 est
proche de l’équilibre, par contre celles des autres forages (n°3 de Merouana, 31 de
Chemoura, 36 de Djarma, 44 de Gadaine et 45 de la Mosquée 1 Novembre Batna)
sont très entartrantes, particulièrement celle de la mosquée. D’après les résultats
obtenus on peut conclure que le pouvoir entartrant ou agressif n’est pas
exclusivement liés aux titre de calcium ou d’hydrogénocarbonate.
108
Chapitre IV Analyses et caractérisations des eaux de la région de Batna
Références bibliographiques
109
Chapitre IV Analyses et caractérisations des eaux de la région de Batna
Vengosh, A., and Rosenthal, E. 1994 Saline groundwater in Israel: its bearing on the water
crisis in the country. Journal of Hydrology, 156(1), 389-430.
110
Chapitre V
V.1. INTRODUCTION
Le carbonate de calcium est, à la fois, mauvais conducteur thermique et électrique ; ses
propriétés d’isolant thermique constituent un sérieux inconvénient dans la pratique
industrielle (Chen et al. 2005); en effet la formation de dépôts calcaires sur la surface
métallique en contact avec l’eau engendre de nombreux problèmes dont une consommation
énergétique excessive (Kjellin et al. 2001) et même des arrêts de production. Par contre ses
propriétés d’isolant électrique ont été exploitées pour étudier les mécanismes de dépôt de
tartre; cela est à l’origine des méthodes électrochimiques d’étude de l’entartrage,
présentées dans ce chapitre, dont le principe a été déjà présenté, en bibliographie, et qui est
rappelé ci-après. Un système à 3 électrodes permet de tracer la courbe courant-temps (CA)
à potentiel réducteur constant d’une eau naturelle aérée dont on veut étudier son
comportement calco-carbonique; l’interface électrode-solution, siège de la réduction de
l’oxygène dissous, favorise l’augmentation du pH interfacial et ainsi la précipitation de
CaCO3 sur la surface de l’électrode; ce dépôt, isolant électrique, réduit l’intensité du
courant cathodique qui est immédiatement repéré sur la courbe chronoampérométrique:
c’est à la base de la méthode électrochimique qui apporte ses avantages en complétant les
méthodes chimiques d’études basées sur l’entartrage accéléré (dégazage…) et qui sont
étudiées au prochain chapitre VI.
Ce chapitre s’intéresse à l’étude de :
1. L’influence de la nature de l’électrode sur les courbes de polarisation (courant-
potentiel) ; cela permet la détermination du potentiel optimal d’entartrage.
2. L’étude de la précipitation de CaCO3 sur différentes surfaces métalliques par la
méthode chronoampérométrique (CA) :
3. L’influence de la température sur la précipitation de CaCO3 sur une électrode
métallique de zinc.
4. L’étude du mécanisme d’inhibition de la précipitation de CaCO3 par des ions Zn2+.
5. Calcul théorique et tracé les diagrammes de fraction (répartition des espèces de
Zn2+) dans le milieu carbonate.
111
Chapitre V Étude de la précipitation de CaCO 3 par la méthode électrochimique
La méthode que nous avons utilisée a été développée par (Lédion. J et al. 1985). Elle
consiste en la précipitation forcée du carbonate de calcium à la surface d’une électrode
métallique suite à une réaction électrochimique (réduction de l’oxygène O2 et alcalinisation
de l’interface).
112
Chapitre V Étude de la précipitation de CaCO 3 par la méthode électrochimique
O2 + 2H 2 O + 2e H 2 O2 + 2OH-
1ère étape :
ème
H 2 O2 + 2e 2OH -
2 étape :
113
Chapitre V Étude de la précipitation de CaCO 3 par la méthode électrochimique
0.1
(a) 0.0 (b)
0.0
-0.1
-0.1 -0.2
-0.3
I(mA)
Au
I(mA)
-0.2 Pb
Ag Al
-0.4
CV Fe
-0.3
Cu Zn
-0.5
-0.4
-0.6
-0.5 -0.7
-2.0 -1.5 -1.0 -0.5 0.0 -2.2 -2.0 -1.8 -1.6 -1.4 -1.2 -1.0 -0.8
E(V/ECS) E (V/ECS)
Figure V.2. Évolution du courant en fonction du potentiel dans une solution CCP à
30°F sur différentes électrodes métalliques à 25°C.
114
Chapitre V Étude de la précipitation de CaCO 3 par la méthode électrochimique
1.5 1.0
1.4 (a) (b)
0.9
1.3
1 Au
1.2 0.8 Zn à -1.5V
2 CV
1.1
3 Fe 0.7
1.0
4 Pb
0.9 0.6
0.8
5 Ag
0.5
I/I0
I/I0
0.7
0.6 0.4
0.5
0.3
0.4
0.3 0.2
0.2
0.1
0.1 Ires/I0
0.0 0.0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 110 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90
te
Temps (min) Temps (min)
Figure V.3. Courbe CA obtenues dans une solution CCP à 30°F sur différentes
électrodes métalliques à T=25°C.
(a) Pour un potentiel imposé de -1V/ECS.
(b) Pour un potentiel imposé de -1.5V/ECS.
115
Chapitre V Étude de la précipitation de CaCO 3 par la méthode électrochimique
grand avec le Carbone vitreux (CV). On peut dire que plus la vitesse de réduction de
l’oxygène augmente plus la vitesse de précipitation augmente et plus le temps d’entartrage
diminue.
50
46,48
40,48
40
30,44
30
Te(min)
19,42 20,58
20
10
0
Au CV Fe Pb Ag
Nature du l'électrode
116
Chapitre V Étude de la précipitation de CaCO 3 par la méthode électrochimique
1.2
1 à 25°C
1.0 2 à 30°C
3 à 35°C
0.8 4 à 40°C
I/I0
0.6
0.4
0.2
0.0
0 20 40 60 80 100
Temps (min)
Figure V.5. Courbes CA obtenues sur une électrode en Zinc dans une solution CCP à
30°F et à différentes températures.
32
30
te = f(T)
Temps d'entartrage (te) (min)
28
te = 59.04 - 1.1386T
26 2
R = 0.9975
24
22
20
18
16
14
12
24 26 28 30 32 34 36 38 40 42
Température (°C)
Figure V.6. Variation du temps d’entartrage (te) en fonction de la température sur une
électrode de Zinc dans une solution CCP à 30°F.
117
Chapitre V Étude de la précipitation de CaCO 3 par la méthode électrochimique
Cette étude est tout à fait originale parce que l’effet inhibiteur de Zn2+ n’a jamais été étudié
auparavant par la méthode électrochimique. Cette recherche vise non seulement à
confirmer l'effet inhibiteur de Zn2+, mais aussi à prouver le mécanisme thermodynamique
de l’action du zinc et des métaux bivalents.
La figure (V.7) présente les effets de Zn2+ évalués par la courbe chronoampérétrique (CA)
sur une électrode métallique d’argent (Ag).
L’efficacité d'inhibition peut être évaluée à travers la longueur du plateau de stagnation.
L'extrémité du plateau montre la diminution du courant qui illustre le début de la
précipitation du CaCO3.
L'essai à blanc (sans inhibiteur) dans la figure (V.7), (courbe (1)), montre une courbe de
CA typique où le courant de réduction de l'oxygène dissous diminue en fonction du temps
en raison de l'effet de blocage du dépôt de CaCO3 qui favorise une barrière physique contre
la diffusion de l'oxygène (Deslouis et al. 1998; Gabrielli et al. 2006; Ketrane et al. 2009;
Belarbi et al. 2014).
L'extrapolation de la partie linéaire de la courbe permet de déterminer le temps d'entartrage
conventionnel, te. Ces résultats montrent que le temps d’entartrage t e augment avec
l’augmentation de [Zn2+] (te=64min pour [Zn2+]=0, te=129.5 min pour [Zn2+]=4ppm). Cette
variation de temps d’entartrage t e en fonction de la concentration des ions Zn2+ semble
suivre une loi linéaire figure (V.8).
1.7
1.6
1: CCP 30°F
1.5 2+
1.4 2: CCP 30°F + [Zn ]=1ppm
(1) 2+
1.3 3: CCP 30°F + [Zn ]=2ppm
2+
1.2 4: CCP 30°F + [Zn ]=3ppm
2+
1.1 5: CCP 30°F + [Zn ]=4ppm
2+
1.0 6: CCP 30°F + [Zn ]=5ppm
0.9
I/I0
0.8
0.7 (2) (3) (6)
0.6
0.5 (4) (5)
0.4
0.3
0.2
0.1
0.0
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
Temps (min)
Figure V.7. Courbes de CA obtenues sur une électrode d’argent dans une solution CCP
30 °F à 25 °C en présence de Zn2+ à différentes concentrations.
118
Chapitre V Étude de la précipitation de CaCO 3 par la méthode électrochimique
130
2+
Ts =f([Zn ])
120 Ts = 16.36 C+61.654
100
90
80
70
60
0 1 2 3 4
2+
Concentration de Zn en ppm
Ce comportement traduit un effet d’inhibition apporté par les ions de Zn2+ qui permettent
de retarder la précipitation même aux très faibles concentrations (1-5ppm). À côté de
l’augmentation des ions Zn2+ on observe un retard à la précipitation illustrée par le temps
d’entartrage. Comme ce temps t e est proportionnel à la concentration de Zn2+ nous
estimons que cela est dû à la stœchiométrie. Donc CaCO3 précipite à la disparition totale
de Zn2+.
Ces résultants de CA montrent que les ions Zn2+ jouent un rôle important sur la cinétique
de déposition de CaCO3. Ils agissent comme des retardateurs du phénomène d’entartrage et
différents mécanismes peuvent intervenir.
V.3.5. Le pH interfacial
La concentration des ions hydroxyles (OH-) à l’interface de l’électrode peut être exprimée
par l’équation Eq (V.1) (Deslouis et al. 2000) :
2/3
D i δ -
OH- = n O2 O2 + H OH Eq (V.1)
int D - F DOH-
OH
Où
119
Chapitre V Étude de la précipitation de CaCO 3 par la méthode électrochimique
( OH- =10-7.1 mol/l , pHsol = 6.9 ). Cette brève revue bibliographique nous renseigne sur
sol
les évolutions du pH interfacial ; cela va aider à mieux cerner les phénomènes qui
influencent le dépôt et l’inhibition du calcaire.
En effet l’étude bibliographique montre qu’il y a deux types d’inhibition par Zn2+ la
réduction du taux de croissance des cristaux de CaCO3 et des changements de
polymorphisme (Meyer 1984; Wada et al. 1995; MacAdam and Parsons 2004b;
Ghizellaoui et al. 2007; Zeppenfeld 2010). Cependant ces effets ne se produisent qu’ après
120
Chapitre V Étude de la précipitation de CaCO 3 par la méthode électrochimique
la précipitation du CaCO3 alors que Zn2+ retarde la précipitation et agit bien avant la
formation du CaCO3. Il a donc une action en pré–précipitation. Il est n’est pas exclu que
Zn2+ agisse aussi en post–précipitation sur la cinétique et le polymorphisme ; ces deux
mécanismes ne peuvent donc pas expliquer l’action préventative de Zn2+ qui nécessite une
autre approche explicative. Une nouvelle approche thermodynamique est ainsi proposée
dans ce travail.
Notre travail propose ainsi un nouveau mécanisme thermodynamique basé sur la spéciation
de Zn2+ en milieu carbonaté.
L'explication directe du retard de précipitation de CaCO3 est thermodynamique: La
conditions fondamentale du produit de solubilité qui est Ks = Ca 2+ CO32- n'a pas
encore été vérifiée; Après l’addition de Zn2+ on observe un retard à la précipitation qui est
illustré par un temps d’induction et un pH plus élevés : on a un retard évident à la
précipitation. L’action principale de Zn2+ est ainsi en pré–précipitation.
La non vérification du produit de solubiité Ca 2+ CO32- ≤ Ks nous indique alors qu’il y
a soit un manque de cations Ca2+ ou d’anions CO32-. Comme l’espèce Ca2+ est en forte
concentration et que sa spéciation est indépendante du pH, sa variation relative sera alors
minime; en effet les complexes CaOH+ et CaCO3 ne se forment pas dans l’intervalle de pH
étudié excluant ainsi tout effet de masquage de Ca2+. La situation est toute autre avec les
anions carbonates CO32- dont la concentration est très faible et très sensible aux variations
du pH et à la présence de cations masquants tels Zn2+; la concentration de CO32- est
influencé, à la fois, par ses propriétés acido–basiques mais aussi par sa propriété de former
des complexes stables avec Zn2+ ; ZnCO3(aq) ou Zn(CO3)2-, réduisant ainsi sa concentration
et décalant ainsi le début de précipitation.
Deux situations peuvent donc se présenter et influer directement sur la concentration de
CO32- qui va déterminer le début de précipitation:
1. En l’absence de Zn2+ : dans ce cas c’est le pH de la solution qui va déterminer le
début de précipitation ; l’augmentation du pH transforme HCO3- en CO32-
contribuant à la vérification du pKs et à la précipitation de CaCO 3.
2. En présence de Zn2+: Ce cation a une double propriété ; il est à la fois un acide de
Lewis et un complexant reconnu de CO32-. Il peut donc influer sur la précipitation
de CaCO3 de différentes manières :
Par ses propriétés acido – basiques : le couple (Zn2+/ZnOH+) a un pKa voisin
de (HCO3-/CO32-); Zn2+ entre en compétition avec HCO3- pour la consommation
121
Chapitre V Étude de la précipitation de CaCO 3 par la méthode électrochimique
des ions OH-. Comme Zn2+ est un acide plus fort que HCO3-, il va consommer
les OH- et ainsi empecher la transformation de HCO3- en CO32-, inhibant ainsi la
formation de CaCO3 .
Par ses propriétés complexantes : Zn2+ aura un effet masquant sur CO32-
formant les complexes successifs ZnCO3(aq) ou Zn(CO3)22-, réduisant la
concentrations des carbonates libres et ainsi retardant la précipitation de CaCO 3
et expliquant l’inhibition.
Cette recherche part d’une hypothèse thermodynamique différente qui reste en accord avec
la réalité expérimentale. Elle est basée sur les réactions (V.3 - V.6). Ces prédictions ont été
vérifiées par des outils thermodynamiques (énergie de Gibbs G, pKC, pKa et pKs). Zn2+
réagir avec son environnement dans la région de pH étudiée (7,0-9,0). Les données
thermodynamique et les livres de la chimie analytique (Baes and Mesmer 1976; Charlot
1983; Stumm and Morgan 1996) confirment l'existence d'espèces complexes ZnOH+ ,
Zn 2+ + OH - ZnOH + R (V.3)
Zn 2+ + 2CO32- Zn CO3 2
2-
R (V.5)
Zn 2+ + 2OH- Zn OH 2(aq)
°
R (V.6)
Le masquage de OH- par Zn2+ (réactions V.3 et V.6) et de CO32- (réactions V.4 et V.5)
confirme l’absence d'une quantité suffisante de CO32-, ce qui retarde la précipitation de
CaCO3 vers des valeurs de pH et de temps plus élevées.
La production directe et locale de OH - à l'interface de l’électrode ( OH- =10-5 mol/l )
int
selon (Tlili et al. 2003) (comme déjà expliqué dans le paragraphe V.3.5) est beaucoup plus
élevée que dans la solution. Alors les besoins en Zn2+ pour masquer les ions OH - sont
donc de l’ordre de (5 ppm=0.76.10-5 mol/l).
Cette hypothèse est justifiée par des arguments thermodynamique, et des calculs
numériques et par le logiciel Hydra-Medusa.
122
Chapitre V Étude de la précipitation de CaCO 3 par la méthode électrochimique
110
100 (1)
90 (5)
(3)
80 2+
1 Zn
2 ZnOH
+ (4)
70
3 Zn(OH)2°(aq)
Fraction%
60 -
4 Zn(OH)3 (8)
2-
50 5 Zn(OH)4
+
40 6 ZnHCO3 (2)
7 ZnCO3°(aq)
30 2- (7)
8 Zn(CO3)2
20 (6)
10
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14
pH
107 OH 105 mol/l ces concentrations sont équivalentes à des concentrations de
Zn2+ de l’ordre de micros quantité (quelques ppm). Ces ions d’hydroxydes OH - qui sont
produits à l’interface de l’électrode peuvent réagir avec Zn2+ et ainsi former l’hydro-
complexe ZnOH+ . La figure V.9 montre aussi la prédominance des complexes ZnOH+
123
Chapitre V Étude de la précipitation de CaCO 3 par la méthode électrochimique
Les diagrammes de répartition des espèces complexe présente dans le système Zn2+-H2O
et en milieu carbonates en fonction du pH obtenues par le programme Hydra Medusa
(Puigdomenech and Medusa 2001) est présenté dans la figure V.10. La comparaison entre
les deux figures (V.9) obtenues par les calculs de simulation numérique et celles obtenus
avec logiciel Hydra Medusa en figure (V.10) montrent l’efficacité de notre approche
théorique et la confirment.
Tableau V.2. Calcul des fractions des différentes espèces de Zn2+ présentes en milieu
carbonate
(a): (Baes and Mesmer 1976), (b): (Bilinski et al. 1976), (c) :(Puigdomenech and Medusa
2001), (d): (Zhang and Muhammed 2001), (e): (Zirino and Yamamoto 1972)
124
Chapitre V Étude de la précipitation de CaCO 3 par la méthode électrochimique
V.4. CONCLUSION
Ce chapitre (V) a été entièrement dédié à l’entartrage électrochimique. Il présente de
nouveaux résultats. Nous commençons par présenter les principales originalités de cette
étude électrochimique :
L’inhibition de la précipitation par Zn2+ n’a jamais été étudiée auparavant par la
méthode électrochimique ;
Ces résultats permettent de mieux comprendre les analogies et différences des deux
méthodes d’investigation. On verra plus loin que l’effet de saturation est surtout
commenté par la loi d’Henry qui n’a aucun effet à l’interface électrode-solution où sont
directement générés les OH -.
125
Chapitre V Étude de la précipitation de CaCO 3 par la méthode électrochimique
du CaCO3.
Ces conclusions ont ouvert des perspectives prometteuses telles que la comparaison de
métaux bivalents avec Zn2+ pour situer les propriétés inhibitrices de Zn2+.
126
Chapitre V Étude de la précipitation de CaCO 3 par la méthode électrochimique
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127
Chapitre V Étude de la précipitation de CaCO 3 par la méthode électrochimique
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Chapitre V Étude de la précipitation de CaCO 3 par la méthode électrochimique
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130
Chapitre VI
VI.1. INTRODUCTION
131
Chapitre VI Étude de la précipitation de CaCO3 par la méthode chimique
Toutes les expériences ont été réalisées à une température constante contrôlée par une
sonde de température. Le pH est mesuré simultanément en utilisant un pH-mètre
132
Chapitre VI Étude de la précipitation de CaCO3 par la méthode chimique
β=
Ca CO = 10
2+ 2-
3
pH-pK 2
Ca 2+ HCO3- γCa 2+ γ HCO-
3
Eq (VI.2)
Ks Ks
133
Chapitre VI Étude de la précipitation de CaCO3 par la méthode chimique
134
Chapitre VI Étude de la précipitation de CaCO3 par la méthode chimique
Sursaturation
TCa
PCO2 (atm)
32
7.5 TCa (°F) 0.006
60
30
pH
28
50
7.0 26
0.004
24 40
6.5 22
30
20
0.002
6.0 18 20
0 10 20 30 40 50 60 70 80 0 10 20 30 40 50 60 70 80
Temps (min) Temps (min)
Figure VI.4. Les courbes types de précipitation par la méthode LCGE pour une
solution CCP 40°F, t= 30°C et de 8L.min-1 de débit de dégazage.
(a) Évolution du pH et de la concentration de calcium au cours du dégazage.
(b) Évolution du P(CO2) et de la sursaturation au cours du dégazage.
135
Chapitre VI Étude de la précipitation de CaCO3 par la méthode chimique
136
Chapitre VI Étude de la précipitation de CaCO3 par la méthode chimique
42
9.0 (a) 40
(b)
38
8.5
36
34
8.0
32
TCa (°F)
7.5 30
pH
5.5 16
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 110 120 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90
80
(a) (b)
8.8
70
pHp=f (T)
tp=f (T)
pHp=-0.0232t+9.242
8.7 2 60 tp=4565.63074*exp(-T/4.6246)+11.826
R =0.967 2
R =0.99
50
8.6
Tp (min)
pHp
40
8.5
30
8.4 20
10
8.3
20 25 30 35 40 20 25 30 35 40
T (°C) T(°C)
137
Chapitre VI Étude de la précipitation de CaCO3 par la méthode chimique
38
8.0
36
7.5 34
T Ca (°F)
32
pH
6.0 24
22
5.5 20
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 110 0 10 20 30 40 50 60 70 80
Temps (min) Temps (min)
tp (min) 30 26 16
138
Chapitre VI Étude de la précipitation de CaCO3 par la méthode chimique
9.0 42
(a) (b)
40
8.5
38
36
8.0
34
2+
CCP 40°F+ 0.05ppm Zn CCP 40°F+ 0.05ppm Zn
2+
30
2+
7.0 CCP 40°F+ 0.5ppm Zn CCP 40°F+ 0.5ppm Zn
2+ 28 2+
CCP 40°F+ 0.8ppm Zn CCP 40°F+ 0.8ppm Zn
2+ 2+
6.5 CCP 40°F+ 2 ppm Zn 26 CCP 40°F+ 2 ppm Zn
2+ 2+
CCP 40°F+ 3 ppm Zn 24 CCP 40°F+ 3 ppm Zn
6.0 22
20
0 20 40 60 80 100 120 0 10 20 30 40 50 60 70 80
Temps (min) Temps (min)
40
8.75 (a) (b)
35
8.70
8.65 30
(tp) (min)
pHp
8.60
25
8.55 2+
2+ tp=f([Zn ]
pHp=f([Zn ] 20 2+
2+ tp=-20*exp(-[Zn ]/0.73339)+36.9659
8.50 pHp=-0.25401*exp(-[Zn ]/0.0.61113)+8.75004 2
2 R =0.97
R =0.961
15
8.45
0.0 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 3.0 0.0 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 3.0
2+ 2+
[Zn ] ppm [Zn ] ppm
139
Chapitre VI Étude de la précipitation de CaCO3 par la méthode chimique
Tableau VI.3. Valeur des pH et temps de précipitation des essais sans et avec Zn2+.
Figure VI.10. Courbes logarithmiques (a) et fraction (b) en fonction du pH pour des
solutions CCP 40°F contenant des ions Zn2+ obtenus par logiciel Hydra –Medusa.
La figure (VI.8.a) montre que l'addition de Zn2+ ne modifie pas la forme générale de la
courbe pH-temps mais déplace le pHp et tp vers des valeurs plus élevées. Le temps de
précipitation (tp) peut être mesuré à partir de la diminution du pH ou Ca2+ (figures VI.8.a et
b) respectivement; Elle augmente avec l’augmentation de la concentration de Zn2+ et
confirme ensuite l'effet inhibiteur des micro-quantités de Zn2+ sur la précipitation du
carbonate de calcium.
Le tableau (VI.3) montre que tp augmente de 16 min à 36 min, et le pHp augmenté de 8.46
à 8.73 pour une variation de la concentration en Zn2+ entre 0 ppm et 3 ppm.
L’évolution de pHp et tp en fonction de la concentration de [Zn2+] semble suivre une loi
exponentielle (figure VI.9.a et b).
Ces résultats confirment l’hypothèse thermodynamique proposée dans le paragraphe V.3.6
et qui constitue la principale originalité de ce travail. Cette théorie est en total accord avec
la réalité expérimentale. Elle est basée sur les réactions (V.3 - V.6) ; Zn2+ complexe OH-,
140
Chapitre VI Étude de la précipitation de CaCO3 par la méthode chimique
2003) est beaucoup plus élevée que le pH de la solution ( méthode chimique) qui est limité
par la loi d'Henry. Les besoins des ions Zn2+ sont donc beaucoup plus élevés dans la
méthode électrochimique que par la méthode chimique (LCGE).
141
Chapitre VI Étude de la précipitation de CaCO3 par la méthode chimique
42
9.0 (a) (b)
40
8.5 38
36
8.0
34
TCa (°F)
7.5 32
CCP 40°F
pH
2+
CCP 40°F + 0.1 ppmCu 30 CCP 40°F
7.0 2+ 2+
CCP 40°F + 0.5 ppmCu 28 CCP 40°F + 0.1 ppmCu
2+ 2+
6.5
CCP 40°F + 0.9 ppmCu CCP 40°F + 0.5 ppmCu
2+ 26 2+
CCP 40°F + 8 ppmCu CCP 40°F + 0.9 ppmCu
24 2+
6.0 CCP 40°F + 8 ppmCu
22
5.5 20
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 110 120 130 140 150 0 10 20 30 40 50 60 70 80
Temps (min) Temps (min)
80 9.0
(a) (b)
70 8.9
60
8.8
50
tp (min)
8.7
pHp
40
8.6
30
20 8.5
10 8.4
0 2 4 6 8 0 2 4 6 8
2+
[Cu ] (ppm) 2+
[Cu ] (ppm)
Tableau VI.4. Valeur des pH et temps de précipitation des essais sans et avec Cu2+.
142
Chapitre VI Étude de la précipitation de CaCO3 par la méthode chimique
Figure VI.13. Courbe logarithmique (a) et fraction (b) en fonction du pH pour des
solutions CCP 40°F contient de des ions de Cu2+ obtenus par logiciel Hydra –Medusa.
Les résultats de la figure (VI.11) montrent que le pH de précipitation pHp et le temps t p des
solutions contenant des ions Cu2+ augmentent avec l’augmentation de la concentration de
Cu2+ ; elle varie de 8.47 à 8.92 pour une variation de la concentration en Cu2+ entre 0 ppm
et 8 ppm. Le temps de précipitation (t p) augmente avec l’augmentation de la concentration
de l’inhibiteur, et passe de 16 min à 72 min pour les mêmes variations de [Cu2+] (tableau
VI.4). La figure (VI.12.a et b) présente la proportionnalité d’évolution de pHp et tp en
fonction de la concentration de [Cu2+] respectivement.
(Lédion et al. 2002; Ghizellaoui et al. 2004; Ghizellaoui et al. 2007; Liu et al. 2011) ont
étudié l’influence des ions Cu2+ sur la précipitation de CaCO3 et ont montré que l’effet
inhibiteur traduit par la formation de carbonates mixtes de calcium et cuivre du type
Cu x Ca1-x CO3 , ceci permet de bloquer la croissance des germes formés. On peut dire que
cette explication d’inhibition est cristallographique et intervient après la précipitation du
CaCO3 ; elle a lieu donc en post précipitation. Notre travail propose un nouveau
mécanisme thermodynamique qui intervient avant la formation des cristaux.
L'explication directe du retard à la précipitation de CaCO3 est basée sur la formation de
complexes stables ( CuHCO3+ , CuCO°3(aq) et CuOH+ ) par les réactions (VI.3-5) dans la
143
Chapitre VI Étude de la précipitation de CaCO3 par la méthode chimique
1996; Parsiegla and L. Katz 2000; Hlavackova 2005) confirment l'existence d'espèces
complexes CuHCO3+ , CuCO°3(aq) et CuOH+ .
Cu 2+ + CO32- CuCO3(aq)
°
R (VI.4)
Une série d’essais a été effectuée ; les ions Mg2+ ont été introduits sous forme de sel
soluble MgSO4,7H2O à differentes concentrations de Mg2+ (40, 100 , 150, 200, 300, et 500
ppm). La comparaison des courbes d’évolution du pH et [Ca 2+] en fonction du temps est
répresentée sur la figure (VI.14). Les valeurs de pHp et tp en fonction de [Mg2+] sont
récapitulées dans le tableau VI.5.
42
(a) (b)
8.5 40
38
8.0 36
34
7.5 32
CCP 40°F 30
TCa (°F)
28
7.0 2+
CCP 40°F +100ppm Mg
2+
26 CCP 40°F +40 ppm Mg )
2+
CCP 40°F +150ppm Mg
2+
24 CCP 40°F +100 ppm Mg
6.5 2+
CCP 40°F +200ppm Mg
2+
22 CCP 40°F +150 ppm Mg
2+
CCP 40°F +300ppm Mg
2+ 20 CCP 40°F +200 ppm Mg
6.0 2+
CCP 40°F + 500ppmMg
2+ 18 CCP 40°F +300 ppm Mg
2+
16 CCP 40°F +500 ppm Mg
5.5 14
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 110
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90
Temps (min) Temps (min)
144
Chapitre VI Étude de la précipitation de CaCO3 par la méthode chimique
Tableau VI.5. Valeur des pH et temps de précipitation des essais sans et avec Mg2+.
95
8.62 (a) 90 (b) 2+
85
tp=f([Mg ])
2+ 2+
8.60 pHp = f ([Mg ]) 80 tp= 0.08264[Mg ]+194775
2
8.58
75 R =0.9932
70
8.56 65
60
55
tp (min)
8.54
pHp
50
8.52 45
40
8.50 35
30
8.48
25
8.46 20
15
8.44 10
0 100 200 300 400 500 0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500 550
2+ 2+
[Mg ] ppm [Mg ] ppm
Figure VI.15. Variation de pH de précipitation pHp (a) et temps de précipitation t p (b)
en fonction [Mg2+], pour des solutions CCP 40°F à 30°C.
Figure VI.16. Courbe logarithmique (a) et fraction (b) en fonction du pH pour des
solutions CCP 40°F contient de des ions de Mg2+ obtenus par logiciel Hydra –Medusa.
En comparant les différentes courbes, on notera que la même allure est observée en
absence et en présence des ions Mg2+.
Les résultats obtenus montrent que t p augmente de 16 à 88 min pour une variation de la
concentration en Mg2+ entre 0 ppm et 500 ppm. Notons les valeurs extrêmement élevées
des concentrations d’inhibition de Mg2+, comparées à celles de Zn2+ et Cu2+ qui sont de
145
Chapitre VI Étude de la précipitation de CaCO3 par la méthode chimique
l’ordre du ppm. Cette différence mérite une discussion spécifique sous l’angle de notre
approche thermodynamique et des explications cinétiques et cristallographiques relevées
dans la littérature.
L’augmentation de t p est interprétée de différentes manières :
Cinétique : L’effet de la force ionique ; lorsque la force ionique augmente, les
coefficients d’activité et la mobilité des ions diminuent ce qui provoque
l’abaissement de la probabilité de former des germes (Khaled 1999).
Cristallographique : Précipitation de CaCO3 sous forme d’aragonite en présence de
Mg2+ (Meldrum and Hyde 2001; Barchiche et al. 2003). Une autre étude (Tlili
2002) est axée sur la substitution du calcium par le magnésium dans le réseau de la
calcite et formation de carbonates mixtes de calcium et magnésium de type
Mg x Ca1-x CO3 .
Mg 2+ + CO32- MgCO3(aq)
°
R (VI.7)
146
Chapitre VI Étude de la précipitation de CaCO3 par la méthode chimique
9.0 42
(a) (b)
40
8.5
38
8.0 36
34
7.5
TCa (°F)
32
CCP 40°F
pH
2+ 30
CCP 40°F
7.0 CCP 40°F+0.007ppm Co 2+
2+
CCP 40°F+0.007ppm Co
CCP 40°F+0.05 ppm Co 28 2+
CCP 40°F+0.05 ppm Co
6.5 2+
CCP 40°F+0.1ppm Co 26 2+
2+
CCP 40°F+0.1ppm Co
CCP 40°F+ 3 ppm Co 2+
6.0
24 CCP 40°F+ 3 ppm Co
22
5.5 20
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 0 10 20 30 40 50 60 70 80
Temps (min) Temps (min)
Tableau VI.6. Valeur des pH et temps de précipitation des essais sans et avec Co2+.
tp 16 20 24 26 32
Figure VI.18. Courbe logarithmique (a) et fraction (b) en fonction du pH pour des
solutions CCP 40°F contient de Co2+ obtenus par logiciel Hydra –Medusa.
147
Chapitre VI Étude de la précipitation de CaCO3 par la méthode chimique
Les résultats obtenus montrent que le temps de précipitation augmente avec l’augmentation
de la concentration des Co 2+ ; tp augmente de 16 à une 32 min pour une variation de la
concentration de Co 2+ entre 0 et 3ppm ; par contre le pH de précipitation (pH p) n’a que
légèrement varié (8.47-8.64) (tableau VI.6).
En effet, lorsqu’on observe que l’ajout de (0.1 à 3 ppm de Co 2+) n’a pas d’effet sur la force
ionique. Ce qui nous permet de négliger son effet.
Comme pour Zn2+ et Cu2+ nous utilisons l’explication thermodynamique pour justifier
l’effet inhibiteur de ce métal lourd.
La figure VI.18 montre la formation de complexes stables entre les ions de Co 2+ et les
anions OH-, HCO3- et CO32-, dans la plage de pH de précipitation de 7 à 9 ; ces complexes,
plus stables, empêchent la formation de CO32- et ainsi retardent la précipitation de CaCO3 à
des valeurs de t p plus élevées.
9.0 42
(a) (b)
40
8.5
38
8.0 36
34
7.5
TCa (°F)
32
CCP 40°F CCP 40°F
pH
2+ 30 2+
7.0 CCP 40°F+0.05ppm Ni CCP 40°F+0.05ppm Ni
2+ 28 2+
CCP 40°F+0.5ppm Ni CCP 40°F+0.5ppm Ni
6.5 2+ 2+
CCP 40°F+3ppm Ni 26 CCP 40°F+3ppm Ni
2+ 2+
CCP 40°F+4ppm Ni 24 CCP 40°F+4ppm Ni
6.0
22
5.5 20
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 0 10 20 30 40 50 60 70 80
Tableau VI.7. Valeur des pH et temps de précipitation des essais sans et avec Ni2+.
148
Chapitre VI Étude de la précipitation de CaCO3 par la méthode chimique
Figure VI.20. Courbe logarithmique (a) et fraction (b) en fonction du pH pour des
solutions CCP 40°F contient de des ions de Ni2+ obtenus par logiciel Hydra –Medusa.
149
Chapitre VI Étude de la précipitation de CaCO3 par la méthode chimique
9.0 42
(a) (b)
40
8.5
38
8.0 36
34
7.5
TCa (°F)
32
pH
CCP 40°F
2+ 30 CCP 40°F
7.0 CCP 40°F+0.05ppm Ba 2+
2+ 28
CCP 40°F+0.05ppm Ba
CCP 40°F+0.1ppm Ba 2+
6.5 2+ CCP 40°F+0.1ppm Ba
CCP 40°F+1ppm Ba 26 2+
CCP 40°F+1ppm Ba
24
6.0
22
5.5 20
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
Temps (min) Temps (min)
Tableau VI.8. Valeur des pH et temps de précipitation des essais sans et avec Ba2+.
Figure VI.22. Courbe logarithmique (a) et fraction (b) en fonction du pH pour des
solutions CCP 40°F contient de des ions de Ba2+ obtenus par logiciel Hydra –Medusa.
150
Chapitre VI Étude de la précipitation de CaCO3 par la méthode chimique
La comparaison des résultats d’inhibition de précipitation de CaCO 3 par les ions Zn2+,
Cu2+, Ni2+, Co2+, Ba2+ et Mg2+ montre que :
La formation des complexes stables entre les ions métalliques (M2+) ajoutés et les anions
OH-, CO32- et HCO3- retardent la précipitation de CaCO3. La stabilité des complexes en
fonction du pH dépend de la nature des ions M2+ (tableau VI.9).
On peut dire que plus la constante de complexation (logK) augmente, plus le pH de
stabilité du complexe diminue et l’inhibiteur devient plus efficace (tableau VI.9).
Tableau VI.9. Valeurs Les valeurs des constantes de complexation logK des réactions
à l'état standard selon (Stumm and Morgan 1996; Puigdomenech and Medusa 2001).
logK
Réaction Zn2+ Cu2+ Ni2+ Co2+ Mg2+ Ba2+
M2+ + OH- MOH+ 6.5 6.4 4.5 4.8 2.56 0.53
VI.4. CONCLUSION
La cinétique de précipitation du carbonate de calcium sous l'effet du dégazage de CO 2 a été
étudiée dans ce dernier chapitre VI. D’après les résultats précédents on peut conclure que :
La méthode chimique de dégazage contrôlé est essentiellement commandée par la
loi d’Henry ; en effet l’équilibre CO2 atmosphérique-solution aqueuse ne peut pas
permettre des pH théoriques supérieurs à 8.35 ;
Les influences classiques (température, agitation…) sont confirmées ; par contre
l’étude de l’inhibition par les cations bivalents a révélé du nouveau ;
En effet il est à noter l’effet remarquable de micro quantités de métaux lourds
(moins du ppm), alors que Mg2+ n’influe qu’à de très fortes doses (centaines de
ppm) et que Ba2+ n’a aucun effet.
Zn2+ est très efficace en dessous de 2 ppm ; au-delà on a un effet de saturation
expliqué par la loi d’Henry ;
L’explication thermodynamique de l’effet inhibiteur des cations bivalents est
totalement confirmée : la formation de complexes, MOH+ et MCO3,
151
Chapitre VI Étude de la précipitation de CaCO3 par la méthode chimique
152
Chapitre VI Étude de la précipitation de CaCO3 par la méthode chimique
Références bibliographiques
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solution composition. Journal of Crystal Growth, 213(3–4), 368-380.
153
Chapitre VI Étude de la précipitation de CaCO3 par la méthode chimique
154
Conclusion générale
Conclusion générale
CONCLUSION GÉNÉRALE
Cette recherche s’est intéressée à l’étude chimique des eaux naturelles; partant de la
détermination de la composition de ces eaux (base de données des principaux paramètres),
l’objectif était de développer des méthodes expérimentales et de calcul pour évaluer la
qualité et les propriétés de ces eaux afin de permettre de prévenir et de maîtriser les
problèmes majeurs (entartrage, corrosion …) qui entravent la bonne marche du traitement,
du dessalement, du réseau de distribution d’eau et des installations techniques et
détériorent des équipements réduisant ainsi la durée de vie des infrastructures et
occasionnant des dépenses exorbitantes.
La thèse s’est plus spécifiquement penchée sur l’évaluation de la qualité chimique des eaux
de la région de Batna. Comme ces eaux, particulièrement souterraines, sont riches en
calcaire il est tout naturel d’axer les recherches sur une étude approfondie de l’équilibre
calco–carbonique. Ce problème a donc été étudié dans le détail, allant des méthodes
empiriques (Langelier, Ryznar …) aux logiciels modernes ainsi qu’aux méthodes
expérimentales les plus récentes et les plus sophistiquées (chimiques, électrochimiques…).
L’étude de l’inhibition des dépôts de calcaires par les cations bivalents et l’explication de
ses mécanismes ont constitué un volet scientifique de la plus haute importance. En effet les
mécanismes de cet effet inhibiteur constituent une énigme jusqu’à aujourd’hui ; cette thèse
a fortement contribué à l’élucidation de ce puzzle et constitue donc une percée dans la
compréhension théorique et la mise en œuvre pratique de ce type d’inhibiteurs.
155
Conclusion générale
Une campagne d’analyse des eaux de forage de la région de Batna. Les eaux de 45
forages de la compagnie ADE (Algérienne Des Eaux), de la Wilaya de Batna exceptées
les agglomérations alimentées par les eaux du barrage de Timgad, ont été
systématiquement évalués. Cela s’est concrétisé par :
L’analyse de onze paramètres (pH, conductivité…) pour chacun des 45 forages
étudiés (Gadaine, Chemorah, Mdoukal, N’gaous…) soit plus de 490 analyses. Cela
constitue une base de données de la plus grande importance dont la collecte et le
traitement ont permis de tracer une carte de la qualité de l’eau et d’en prévoir les
propriétés et les conséquences sur le réseau et les différentes utilisations
potentielles.
Le tracé d’une carte préliminaire de la qualité chimique et physico-chimique de
l’eau de la région de Batna. Cette pratique est courante dans beaucoup de pays,
espérons, que des études pareilles se multiplient dans les différentes régions
d’Algérie. C’est une base importante dans la maitrise des ressources en eau.
La détermination systématique des propriétés entartrantes et agressives de ces
eaux ; cela va permettre aux exploitants du réseau d’effectuer les corrections
chimiques nécessaires pour atteindre l’équilibre et protéger les infrastructures.
Les résultats pratiques suivants illustrent cette vaste campagne d’échantillonnage :
Des eaux carrément saumâtres au Nord (Gadaine) et au Est (Chemoura) de
la ville de Batna ;
Des eaux très dures (TH ≥ 50°F) dans la partie Nord-Est (Gadaine,
Chemoura, Ain yagout, Lazrou, Ain Skhoune, Djarma et Boumia ) et dans
la partie Sud-Ouest (Barika et M’doukal) de la ville de Batna et aussi centre
ville de Batna .
Des eaux à forte teneur en sulfates caractérisent les zones de Nord-Est
(Gadaine, Ain yagout et Chemoura) et Sud-Ouest (M’doukal, Barika et
Eldjezzar) de la ville de Batna indiquant les régions à géologie gypseuse ;
Des eaux à fortes teneurs en nitrates (≥ 30mg/l ) dans les régions de Laksar
Bellezma, Djarma et Chemoura ; indiquant probablement des pollutions
d’origine agricole ou avicole ;
156
Conclusion générale
Des exceptions où l’eau est à très faible salinité et dureté (Forage n°27 à Ain
Yagout) malgré le voisinage de ressources voisines fortement saumâtres.
Les calculs, les abaques et les méthodes de prévision indiquent le caractère
plus ou moins entartrant de toutes les eaux ; cependant il est à relever des
contradictions entre les méthodes suggérant ainsi une étude plus
approfondie sur l’applicabilité de ces méthodes empiriques et numériques.
157
Conclusion générale
158
Annexes
Annexes
Annexe 1
L’alcalinité
À l’inverse de l’acidité, l’alcalinité d’une eau correspond à la présence de bases et de sels
d’acides faibles. Dans les eaux naturelles, l’alcalinité résulte le plus généralement à la
présence d’hydrogénocarbonates ( HCO3- ), carbonates ( CO32 ) et hydroxydes ( OH ).
On distingue comme pour la mesure de l’acidité, deux titres qui sont le titre alcalimétrique
ou titre alcalimétrique simple (TA) et le titre alcalimétrique complet (TAC).
Le TA et le TAC étant mesurés successivement sur un même échantillon, les deux
méthodes de dosage seront présentées en même temps. Il convient tout d’abord de préciser
les conditions et la signification de ces mesures.
Réactifs
1. Acide chlorhydrique ou sulfurique 0,02 N.
2. Solution de phénolphtaléine 0,5 %.
3. Solution de vert de bromocrésol 0.25%.
Mode opératoire
Détermination du TA
Prélever 100 ml d’eau à analyser dans une erlenmeyer. Ajouter 1 à 2 gouttes de solution
de phénol phtaléine. Une coloration rose doit alors se développer. Dans le cas contraire le
TA est nul, verser ensuite doucement l’acide dans la fiole à l’aide d’une burette, en agitant
constamment, et ceci jusqu’à décoloration complète de la solution. Soit V 1 le volume
d’acide utilisé pour obtenir le virage.
Détermination du TAC
Utiliser l’échantillon traité précédemment ou le prélèvement primitif s’il n’y a pas eu de
coloration. Ajouter 2 gouttes de solution de vert de bromocrésol et titrer de nouveau avec
le même acide jusqu’à disparition de la coloration bleu et apparition de la couleur jaune.
Soit V2 le volume d’acide 0,02 N versé depuis le début du dosage.
159
Annexes
Annexe 2
Dureté ou titre hydrotimétrique (TH)
La dureté (titre hydrotimétrique) d’une eau est définie comme la quantité d’ions calcium
Ca2+ (dureté calcique) et magnésium Mg2+ (dureté magnésienne) présents dans cette eau.
Réactifs
1. Solution de Noir ériochrome (NET) à 0.5%.
2. Solution de Bleu Eriochrome (BET) à 0.1%.
3. Solution tampon pH=10.
4. Solution d’hydroxyde de sodium NaOH à 2N.
5. Solution d’EDTA 0.02N.
Mode opératoire
Détermination du TH
Introduire 100 mL d’eau à analyser dans une erlenmeyer, ajouter 4 mL de solution tampon
et trois gouttes de solution de NET. La solution se colore en rouge foncé ou violet, le pH
doit être de entre 9.5 et 10. En maintenant une agitation, verser la solution d’EDTA
rapidement au début puis goutte à goutte lorsque la solution commence à virer au bleu.
160
Annexes
Vérifier que la coloration ne change plus par l’addition d’une goutte supplémentaire
d’EDTA. Noter V : le volume d’EDTA utilisé pour obtenir le virage.
Annexe 3
Titrage gravimétrique des chlorures par la méthode de Mohr
La méthode de Mohr, aussi appelée méthode argentométrique, est une méthode de
détermination des ions chlorures en milieu neutre ou légèrement alcalin qui utilise le
nitrate d’argent comme titrant, en présence de chromate de potassium qui joue le rôle
d’indicateur.
La fin de la réaction est indiquée par l’apparition de la teinte rouge caractéristique du
chromate d’argent.
Réactifs
1. Acide nitrique pur.
2. Carbonate de calcium pur.
3. Solution de chromate de potassium à 10 %.
4. Solution de nitrate d’argent 0,1 N.
161
Annexes
Mode opératoire
Annexe 4
Réactifs
1. Solution Stabilisante
Acide chlorhydrique pur 15 ml.
Éthanol 50 ml.
Chlorure de sodium 37.5 g.
Glycérol 25 ml.
Eau distillée q.s.p 250 ml.
2. Solution de Chlorure de Baryum
Chlorure de baryum 30 g.
Acide chlorhydrique 1 ml.
Eau distillée q.s.p 100 ml.
3. Solution mère de sulfates 1g/l à partir de Na2SO4
Na2SO4 1.479 g.
Eau distillée q.s.p 100 ml.
162
Annexes
Mode opératoire
Dans un tube, introduire successivement 20 ml d’eau à analyser, puis compléter à 100 ml
d’eau distillée. Ajouter 5 ml de la solution stabilisante et 2 ml de chlorure de baryum.
Agiter énergiquement pendant 1 min, et faire les lectures au spectromètre à la longueur
d’onde de 420 nm.
Annexe 5
Principe
Cette méthode peut être utilisée pour les eaux destinées à la consommation humaine
contenant une très faible quantité de matières organiques.
La mesure de l’absorbance en UV à 220 nm permet une détermination rapide de la
concentration en nitrates d’une eau.
Du fait de l’absorbance des matières organiques dissoutes à 220 nm, mais également à
275nm, une seconde mesure à 275 nm peut être réalisée pour corriger l’absorbance obtenue
à 220 nm.
163
Annexes
Réactifs
1. Solution étalon de nitrates à 10 mg/l N-NO3
Nitrate de potassium 0.07218 g, préalablement séché à 105°C pendant 24 h.
Eau distillée q.s.p 1000 ml.
2. Acide chlorhydrique à 1 mol/l.
Lire l’absorbance à 220 nm, en utilisant de l’eau distillée pour régler le zéro d’absorbance
et en utilisant des cuves en quartz.
Mode opératoire
Prélever une prise d’essai de 50 ml de l’eau à analyser.
Filtrer si nécessaire pour éliminer le trouble du aux matières en suspension.
Ajouter 1 ml d’acide chlorhydrique à 1mol/l et mélanger fortement.
Lire l’absorbance à 220 nm dans les mêmes conditions que pour la gamme étalon.
164
Annexes
Annexe 6
Réactifs
1. Acide nitrique.
2. Solution étalon de sodium à 1 g/l.
3. Solution étalon de potassium à 1 g/l.
Mode opératoire
Effectuer les lectures au spectromètre de flamme à la longueur d’onde de 589 nm pour le
sodium et 766,5 nm pour le potassium. Régler le zéro de l’appareil avec de l’eau déionisée.
Se reporter à la courbe d’étalonnage.
165
Annexes
Annexe 7
ville)
2 Ain Djasser (Ain omdjra) 23.4 7.16 1.27 46.00 26 20
166
Annexes
omdjra)
3 Merouana (ville) 366 96 49 21 2 76 45 24
167
Annexes
28 Ain yagout (f Draa 317 124 66 375 7.4 293 617 15.5
boultif)
29 Ain yagout (f Dahr 342 128 110 369 0.8 438 617 22.5
azem)
30 Boumia (f Ain 427 132 54 98 2.6 55 241 2.5
Eroumane)
31 Chemoura (f 561 289 97 700 21 263 1312 20.3
Aberkane)
32 chemoura (f Gassese) 378 200 90 349 13 587 521 33.5
168
Annexes
Novembre
Annexe 8
1 Univ CUB (Batna 45.00 2.66 0.43 6.45 2.19 5.58 0.14
centre ville)
2 Ain Djasser (Ain 15.00 1.42 0.15 6.86 1.71 5.88 -0.15
omdjra)
7 Zana wlad sbaa 34.00 2.71 0.43 6.65 0.23 5.98 0.19
169
Annexes
20 Ras elma (Ain touta) 22.00 1.66 0.22 6.79 0.86 5.89 -0.05
26 Seriana (forage Taga) 25.00 1.81 0.26 6.79 0.32 5.91 0.01
27 Ain yagout (f thaouit) 12.00 1.73 0.24 7.07 0.89 6.67 0.00
28 Ain yagout (f Draa 22.00 1.83 0.26 6.75 4.50 5.95 -0.08
boultif)
29 Ain yagout (f Dahr 22.00 1.74 0.24 6.77 4.72 5.89 -0.11
Azem)
33 Ain djasser(f Tbalgha) 17.00 1.64 0.22 6.95 2.27 6.22 -0.07
34 Zana elbida (forage 2) 16.00 1.54 0.19 6.93 2.39 6.12 -0.10
170
Annexes
43 Ain skhoune (f1) 22.00 1.50 0.18 6.82 2.52 5.80 -0.05
Annexe 9
Signification thermodynamique
Calcul des fractions (répartition des espèces) de Zn2+ en milieu carbonate.
Zn 2+ + H2O ZnOH+ + H+ R1
ZnOH + H +
K1 = Eq 1
Zn 2+
Zn 2+ + 2H2O Zn OH 2(aq ) + 2H +
R2
Zn OH ° H +
2
2(aq)
K2 = Eq 2
Zn
2+
Zn 2+ + 3H2O Zn OH 3 + 3H+
R3
Zn OH H +
3
3
K3 = Eq 3
Zn
2+
Zn 2+ + 4H2O Zn OH 4 + 4H+
2
R4
Zn OH 2 H +
4
4
K4 = Eq 4
Zn
2+
Zn 2+ +HCO3- ZnHCO3+ R5
171
Annexes
ZnHCO3+
K5 = Eq 5
Zn 2+ HCO3-
Zn 2+ +CO32- ZnCO3( aq ) R6
ZnCO°3(aq)
K6 = Eq 6
Zn 2+ CO32-
Zn 2+ +2CO32- Zn CO3 2
2-
R7
Zn CO3 2
K7 =
2
2
Eq 7
Zn 2+ CO32-
ZnCO3(s) Zn 2+ + CO32- R8
Ks = Zn 2+ CO32- Eq 8
L L
H2CO3 HCO3- + H+ R9
HCO3- H +
Ka1 = Eq 9
H 2CO3
HCO3 CO32 + H+ R 10
CO32 H +
Ka 2 = Eq 10
HCO3
172
Annexes
H + H +
2
CO32-
Alors l’équation (Eq 12) devient : CO = 2-
3
T
Eq 13
L αH
Ks
D’après l’équation (Eq 8) donne : Zn 2+ = Eq 14
L CO32-
L
Ks α H
Zn 2+ = Eq 15
L CO32-
T
On exprime les différentes espèces du zinc en fonction de Zn2+ et H+ à partir des équations
de (Eq 1 à 7) et on les remplace dans le bilan de masse dans l’équation (Eq 16) on obtient :
Zn 2+ K1 Zn 2+ K 2 Zn 2+ K 3 Zn 2+ K 4
Zn +
2+ L
+ L
+ L
+ L
2 3 4
+
Zn =
L
2+ H
H +
H +
H +
T
Eq 17
+ Zn HCO3 K 5 + Zn CO3 K 6 + Zn CO3 K 7
2+ 2+ 2- 2+ 2- 2
L L L
Zn 2+ K1 Zn 2+ K 2 Zn 2+ K 3 Zn 2+ K 4
Zn 2+ + L
+ L
+ L
+ L
L H + + 2 + 3 + 4
H H H
Zn 2+ =
T
Zn 2+ CO2- H + K
+ L 3 5 2+ 2-
+ Zn CO K + Zn 2+
CO 2- 2
K
L 3 6 L 3 7
Ka 2
Eq18
173
Annexes
K K K K
1+ + + + 2 + + 3 + + 4
1 2 3 4
H H H H
α ZnOH
Eq 20
Zn 2+ = Zn 2+
T L
CO 2- H + K CO 2- K CO 2- 2 K
+ T + T + T
3 5 3 6 3 7
α H Ka 2 αH α H2
α 2-
CO3
T
Zn 2+ = Zn 2+ α ZnOH + αCO2-
L 3
Eq 21
Zn 2+ =
T
Ks α H
CO32-
α ZnOH + αCO2-
3
Eq 22
T
Les fractions (pourcentages) des espèces de Zn2+ présentes en solution sont déterminées à
partir des équations suivantes :
Zn 2+
Zn % =
2+ L
100 Eq 23
L Zn 2+
T
174
Annexes
ZnOH + Zn 2+ 10pH-pK1
ZnOH % =
+
100 = L
100 Eq 24
Zn
2+
Zn 2+
T T
Zn OH ° Zn 2+ 102pH-pK 2
Zn OH % =
° 2(aq)
100 = L
100 Eq 25
2(aq)
Zn 2+ Zn 2+
T T
Zn OH - Zn 2+ 103pH-pK3
Zn OH % =
- 3
100 = L
100 Eq 26
3
Zn
2+
Zn 2+
T T
Zn OH 2 Zn 2+ 104pH-pK 4
Zn OH 2
% = 4
100 = L
100 Eq 27
4 Zn 2+ Zn 2+
T T
Zn CO3 2- Zn 2+
CO 2- 2
10-pK7
Zn CO3 2-
% = 2 100 = L 3 T
100 Eq 30
2 Zn 2+ Zn 2+ α 2H
T T
175
Résumé
Cette thèse de Doctorat porte sur la chimie de l’eau ; elle s’est plus spécifiquement
intéressée à l’analyse et à l’évaluation de la qualité chimique et physico–chimique des eaux
souterraines de la région de Batna (Algérie). Ces eaux, destinées à l’alimentation en eau
potable, ont été prélevées des forages de l’Algérienne Des Eaux (ADE). Deux grands
volets ont donc été étudiés :
Une analyse systématique de 11 paramètres sur 45 forages dans un rayon de 100 km.
Cela constitue une banque de données fiables, très précieuse pour exploiter le réseau,
assurer une eau de qualité,… Elles ont permis le tracé d’une carte préliminaire de la
qualité de l’eau et l’évaluation de sa qualité chimique illustrée par ces exemples
concrets :
Des eaux saumâtres au Nord – Est (Gadaine, Ain Yagout, Chemoura) et au Sud
– Ouest (M’doukal) de Batna. Ces données pourraient être très utiles pour des
projets d’études de la corrosion, du dessalement, de l’irrigation…
Des eaux à taux de nitrates élevés nécessitant une prospection de leur origine,
des moyens de traitement et de leur impact sanitaire
Des eaux à caractère entartrant pour la majorité des forages. Cette propriété est
fortement liée à l’équilibre calco-carbonique dont l’impact technico–
économique (bouchage du réseau, corrosion, détérioration des infrastructures
énergétiques…) est immense et bien connu justifiant l’orientation du reste de la
thèse vers une étude approfondie des dépôts de calcaire.
Une étude approfondie des dépôts de calcaire et de leur inhibition caractérisée par :
Une étude systématique du caractère entartrant ou agressif des eaux de
différents forages. L’application des méthodes d’évaluation (LPL, Langelier,
Ryznar…) a permis d’en définir le caractère.
Une recherche sur l’influence des paramètres et leurs mécanismes à travers les
méthodes modernes chimiques et électrochimiques de l’entartrage accéléré.
Une étude spécifique sur l’action inhibitrice des cations bivalents ; une nouvelle
théorie sur l’action de Zn2+ est proposée.
Abstract
This doctoral thesis deals with water chemistry; it focuses more specifically on the analysis
and evaluation of chemical and physico-chemical quality of groundwater in the region of
Batna (Algeria). The drinking water supply samples were taken from the Algerian water
company (ADE) boreholes. Two main aspects have been studied:
A systematic analysis of 11 parameters for 45 boreholes within 100 km radius. This
constitutes a reliable database, which is very valuable for exploiting the water supply
network, ensuring the water quality,…etc. it allowed the drawing of a preliminary
water quality map and the evaluation of its chemical quality illustrated by these
concrete examples :
From brackish water samples in the north - east (Gadaine, Ain Yagout, Chemoura)
and in the south - west (M'doukal) of Batna. These data could be useful for
corrosion studies, desalination and irrigation projects...
Water with high nitrate levels requires origin prospecting, treatment means and
their health impact.
Scaling water for most boreholes. This property is strongly linked to the calco-
carbonic equilibrium, that its technical and economic impact (network clogging,
corrosion, energy infrastructure decay, etc.) is huge and well-known, justifying the
orientation of the rest of the thesis towards a deep study of scaling.
An in-depth study of scaling and its inhibition characterized by:
A systematic study of the scaling or aggressive nature of the water from different
boreholes. The application of the evaluation universal methods (LPL, Langelier,
Ryznar, etc.) allows the identification of this character.
Research on the influence of parameters and their mechanisms through accelerated-
scaling chemical and electrochemical methods.
A specific study on the bivalent-cation inhibitive properties; A new theory on the
Zn2 + behavior is proposed.
الملخص
تركز هذه األطروحة على كيمياء الماء .حيث تهتم تحديدا بتحليل وتقييم الجودة الكيميائية والفيزيوكيميائية
للمياه الجوفية في منطقة باتنة (الجزائر) .اخذت عينات من ابارالجزائرية للمياه ( )ADEالخاصة بالمياه
الصالحة للشرب.
إجراء تحليل منهجي ل 45بئرا .وهذا يشكل قاعدة بيانات موثوقة ،لتشغيل الشبكة ،وضمان
نوعية المياه ...فقد سمح برسم خريطة لنوعية المياه وتقييم جودتها الكيميائية:
مياه مالحة في الشمال-الشرقي (قداين ،عين ياقوت ،الشمرة) والجنوب-غربي لمدينة
باتنة (أمدوكال) .يمكن أن تكون هذه البيانات مفيدة جدا للمشاريع البحثية (التآكل ،وتحلية
المياه ،والري .)...
مياه ذات مستويات عالية من النترات تتطلب استكشاف عن أصلهم ،وتجهيز وسائل
العالج ،ودراسة تأثيرها الصحي.
مياه ذات طبيعة كلسية بالنسبة لغالبية االبار .هذه الخاصية ترتبط بقوة بالتوازن
الكالكوكاربوني واثاره االقتصادية الضخمة والمعروفة (انسداد الشبكة ،التآكل ،وتدهور
البنية التحتية )...مما يبرر توجيه بقية األطروحة نحو دراسة عميقة لترسيب الكلس.
دراسة معمقة على ترسب الكلس وتثبيطه تتميز بما يلي:
دراسة منهجية على طبيعة مياه (كلسية ،غير كلسية) مختلف اآلبار .بتطبيق أساليب
التقييم ( )... Ryznar ،Langelier ،LPLالتي تسمح بتحديد هذه الطبيعة.
بحث حول آليات تثبيط ترسب الكلس من خالل الطرق الكيميائية والكهروكيميائية
الحديثة.
دراسة محددة بتأثير الكاتيونات ثنائية التكافؤ .واقتراح نظرية جديدة حول آلية التثبيط
بااليونات . Zn2+